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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 312

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 9 mai 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 312
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 9 mai 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Français]

Les comités de la Chambre

Industrie et technologie 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 18e rapport du Comité permanent de l'industrie et de la technologie, intitulé « Budget principal des dépenses 2024‑2025 ».

[Traduction]

Pétitions

Le programme de revenu de base garanti  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui une pétition qui souligne qu'un revenu de subsistance garanti assurerait un revenu mensuel de subsistance à tous les Canadiens ayant un numéro d'assurance sociale. Il établirait un seuil de revenu minimum en dessous duquel aucun Canadien ne pourrait se trouver et refléterait les différences du coût de la vie dans chacune des régions du pays.
    Les pétitionnaires ajoutent qu'un revenu garanti pourrait remplacer l'ensemble disparate actuel de programmes fédéraux et provinciaux d'aide au revenu par une seule prestation financière nationale universelle. Il pourrait être...

[Français]

    Je suis désolé. L'honorable député de Saint‑Hyacinthe—Bagot invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, mon collègue est très près, mais j'ai du mal à l'entendre. Il y a un petit bruit de fond assez fatigant.

[Traduction]

    J'invite le député de Kitchener-Centre à recommencer sa pétition.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de présenter ce matin une pétition qui tombe à point compte tenu du débat d'hier soir. Elle demande l'établissement d'un revenu garanti.
    Les pétitionnaires demandent la mise en place d'un revenu de subsistance garanti pour tous les Canadiens ayant un numéro d'assurance sociale. Ils soulignent que cela permettrait d'établir un seuil de revenu en dessous duquel aucun Canadien ne pourrait se trouver; de créer un cadre national qui remplacerait l'éventail actuel de programmes d'aide fédéraux et provinciaux; de réduire la pauvreté et, par le fait même, le fardeau des services sociaux, des forces de l'ordre et des soins de santé, ce qui entraînerait des économies supplémentaires pour le gouvernement et les contribuables; et, plus important encore, de fournir un filet de sécurité sociale et financière à tous les Canadiens. Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de mettre en œuvre un revenu de subsistance garanti pour tous les Canadiens.

Les produits de santé naturels  

     Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter aujourd'hui une pétition au nom des propriétaires de petites entreprises qui travaillent dans l'industrie des produits de santé naturels et de l'approvisionnement des aliments et des produits naturels.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement de réduire les formalités administratives et d'éliminer les modifications réglementaires qui augmenteront les coûts liés à l'étiquetage et à l'octroi de licences pour des produits aussi simples que la vitamine C et le dentifrice sans fluor. Les pétitionnaires souhaitent que le gouvernement du Canada ne s'immisce pas dans leurs affaires. Ils demandent que les produits de santé naturels ne soient pas visés par davantage de formalités administratives gouvernementales.

Hong Kong  

    Monsieur le Président, je suis ravi de présenter aujourd'hui une pétition au nom de Hongkongais qui résident actuellement au Canada.
    Les pétitionnaires sont préoccupés par les mesures d'aide aux ressortissants de Hong Kong au Canada, communément appelées « volets A et B ». Ils écrivent qu'en janvier, sur plus de 15 500 demandes de résidence permanente reçues, environ 7 500 avaient été acceptées, ce qui laissait plus de 8 000 demandes en attente de traitement. En raison de l'insuffisance des cibles d'admission, le délai de traitement a dépassé les 6,5 mois fixés, et certains demandeurs attendent jusqu'à un an ou plus.
    Les pétitionnaires pressent le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté de reconnaître la crise humanitaire en cours, de respecter et de faire respecter les lignes directrices relatives au traitement prioritaire telles qu'elles ont été établies et de fixer des cibles d'admission supplémentaires pour la voie d'accès pour les Hongkongais afin de réduire efficacement l'arriéré.

  (1005)  

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
     Des voix: D'accord.

Ordre du jour

[Ordre du jour]

[Traduction]

Privilège

Le renvoi au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre  

[Privilège]
    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 8 mai, de la motion.
    Monsieur le Président, mon collègue de l'Alberta pourrait-il exposer très clairement la menace que représentent les gouvernements étrangers pour les députés canadiens qui veulent simplement défendre les droits de la personne et la justice, ainsi que la paix, l'ordre et le bon gouvernement au Canada?
    Monsieur le Président, comme je l'ai précisé dans mon discours d'hier soir, il y a quelques heures à peine, ce débat est particulièrement opportun en ce moment. Hier soir, nous avons appris que le premier ministre Eby, en Colombie-Britannique, avait annoncé une cyberattaque complexe contre certaines infrastructures informatiques gouvernementales dans cette province. Cela témoigne non seulement des risques auxquels font face les députés, mais aussi, en fin de compte, de la nécessité pour les Canadiens de se sentir libres de s'engager dans leur processus démocratique et d'y participer activement.
     Très souvent, à mon avis, ce qui se passe ici est un signe de ce qui est possible et de ce qui pourrait se produire dans tout le pays. Il faut veiller à ce que le gouvernement soit réactif. Le fait que le gouvernement était au courant, mais qu'il ne nous a pas renseignés, est fort problématique. Il est crucial que les députés et la population canadienne puissent compter sur les lignes de communication. Cela inclut les groupes de la diaspora, dont certains peuvent être vulnérables à ce type d'attaques.
    Monsieur le Président, nous avons eu ce débat hier soir. Il s'agit d'une importante question de privilège.
     Nous avons pris connaissance des renseignements contenus dans le rapport préliminaire de la commission Hogue, qui, grâce aux pressions soutenues du NPD, a pris la forme d'une enquête publique. À l'époque, lorsque des cas clairement documentés d'ingérence étrangère ont été présentés, concernant la députée de Vancouver-Est ou le député de Wellington—Halton Hills, les députés n'ont pas été informés. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à cette question de privilège, car le gouvernement a omis d'informer 18 députés qu'ils ont été victimes d'une cyberattaque.
     Y a-t-il des cas où il est approprié pour le gouvernement de ne pas divulguer des informations importantes telles que celles-là lorsque des députés sont concernés? Y a-t-il des cas où il est approprié qu'il ne mette pas en place des protocoles pour que les députés que cette ingérence étrangère cible en soient effectivement informés?
    Monsieur le Président, cela souligne la nécessité de veiller à ce que des processus et des protocoles soient mis en place. Nous devons toutefois éviter de croire qu'il nous faut chercher une solution à quelque chose qui est manifestement un échec de leadership. À maintes reprises, nous avons vu le gouvernement n'agir que lorsqu'il a été poussé, contraint de réagir.
     Il y a eu des discussions à la suite du rapport de la juge Hogue et dans le cadre des conversations subséquentes concernant l'ingérence dans les élections, afin de garantir la sécurité de notre infrastructure démocratique et de permettre aux députés de faire le bon travail qu'ils accomplissent.
     J'insiste à nouveau sur le fait que les députés ne sont pas les seuls à devoir s'inquiéter. Tous les Canadiens doivent veiller à ce que leur voix soit protégée dans notre processus démocratique, car c'est le cœur même de la démocratie.

  (1010)  

    Monsieur le Président, lors du débat d’hier, j’ai mentionné que j’étais l’un des 18 parlementaires ciblés par cette attaque de reconnaissance à partir de pixels de la part d’APT31. Comme je l’ai révélé, il ne s’agissait pas de n’importe quel groupe de cyberpirates dans le sous-sol de leur mère. C’étaient en fait des agents du renseignement travaillant pour l’un des gouvernements infranationaux que le gouvernement de Pékin adore utiliser pour cibler les législateurs. J’ai été ciblé en raison de mon travail au sein de l’Alliance interparlementaire sur la Chine.
     Je voudrais poser une question au député, parce qu’il vient de parler un peu de l’incidence sur la liberté d’expression et sur les groupes dissidents. D’autres députés nous en ont également parlé. Cette mesure a un effet néfaste sur les groupes de la diaspora au Canada et sur leur interaction avec les députés. Par conséquent, cela a une incidence directe sur nos devoirs parlementaires et sur les privilèges parlementaires qui nous permettent de faire notre travail au nom des Canadiens.
     Le gouvernement qui est chargé de notre protection, ainsi que de la protection de nos appareils et infrastructures numériques, a choisi de ne pas nous informer que nous avions été ciblés, alors qu’il a la responsabilité morale et éthique de le faire. Le député pense-t-il que le fait de savoir que des députés ont été ciblés par des gouvernements étrangers et que le gouvernement a choisi de ne rien faire à ce sujet nuit à l’interaction entre les gens et les bureaux des députés?
    Monsieur le Président, le député a raison. Il y a un effet néfaste, et celui-ci ne se limite pas aux circonstances dont nous débattons dans le cadre de cette motion de privilège.
     Nous voyons de plus en plus souvent un gouvernement qui refuse d’agir, qui choisit de ne pas agir et, dans certains cas, nous l’avons appris, qui n’agit pas parce que cela ne serait pas dans son intérêt politique. Nous devons veiller à ce que les personnes qui se présentent dans nos bureaux de circonscription, les parlementaires — qui doivent être en mesure de faire leur travail efficacement, notamment en défendant les intérêts des personnes les plus vulnérables dans le monde — et tous les Canadiens soient en sécurité. Cela inclut les membres des communautés de la diaspora, qui pourraient également subir des répercussions de leurs activités politiques au Canada sur les membres de leur famille et d’autres personnes restées dans leur pays d’origine.
     C’est très grave, car la liberté d’expression et les libertés associées à notre démocratie doivent être protégées à tout prix.
    Monsieur le Président, j'étais également l'un des 18 parlementaires ciblés par le groupe APT31. Ce qui est vraiment troublant, dans tout cela, c'est que non seulement nous avons été ciblés parce que nous faisons partie de l'IPAC, l'Alliance interparlementaire sur la Chine, mais aussi parce que certains étaient également actifs dans des communautés de la diaspora et, dans mon cas, en tant que ministre du cabinet fantôme pour la défense nationale, et traitaient des renseignements de nature délicate.
     Souvent, les membres des communautés de la diaspora viennent nous voir ou nous envoient des courriels pour nous parler de certaines questions qui les préoccupent, que ce soit ce qui se passe dans le régime communiste de Pékin, la corruption et les violations des droits de la personne en Ukraine de la part de la Fédération de Russie, comme dans mon cas, ou les kleptocrates du Kremlin, ou encore, bien sûr, la théocratie et les auteurs de violations des droits de la personne à Téhéran. Les membres de la diaspora nous envoient des courriels et, si le piratage d'APT31 avait réussi, des renseignements sensibles sur l'identité de personnes qui sont venues au Canada pour demander l'asile et qui sont maintenant chez elles au Canada auraient pu être mis en péril. Ces personnes auraient pu être ciblées encore plus que ce que signalent la commission sur l'ingérence étrangère et la juge Hogue.
     Des dictatures et des régimes autoritaires, comme la République populaire de Chine, tentent de nuire à nos institutions démocratiques et ciblent des ressortissants chinois ici même au Canada. Mon collègue pourrait-il nous expliquer qu'il ne s'agit pas seulement d'une attaque contre notre privilège parlementaire ou contre nous, en tant que parlementaires, mais contre tous les Canadiens et toutes nos institutions démocratiques?
    Monsieur le Président, je reconnais que mon collègue déploie de grands efforts pour que l'Ukraine ait tout ce dont elle a besoin pour se défendre à un moment où son intégrité territoriale est compromise par un dictateur. Je sais que la Russie et le régime de Vladimir Poutine sont un autre exemple de tentatives d'ingérence dans la démocratie canadienne. Je sais que Poutine, comme beaucoup d'autres, a fait l'objet de sanctions. Cela montre bien que les habitants de ce pays méritent d'être protégés.
     Il est regrettable que le gouvernement ne soit contraint d'agir qu'après y avoir été poussé, et que nous ayons été mis au courant de cette situation par nos alliés américains. Des mesures doivent être prises. Toutefois, au bout du compte, nous avons besoin d'un gouvernement qui traite la sécurité nationale ainsi que la liberté des Canadiens avec tout le sérieux qui s'impose.

  (1015)  

    Monsieur le Président, je me joins à ce débat et, d'emblée, je tiens à dire que j'appuie sans équivoque la motion de privilège dont nous sommes saisis. La réalité est que, d'après ce que nous apprenons et constatons, l'ingérence étrangère est un phénomène bien réel. Elle se produit sous nos yeux. En fait, elle se produit depuis un certain temps déjà.
     Dans son rapport provisoire, la commissaire Hogue a indiqué que des activités d'ingérence étrangère avaient eu lieu lors des élections de 2019 et de 2021. Nous avons également appris que ces activités prennent différentes formes. Bien que je sois choquée d'apprendre que des membres sont ciblés cette fois-ci par des cyberattaques potentielles, nous savons que différentes tactiques d'ingérence étrangère ont été utilisées par le passé.
     Nous savons que le député de Wellington—Halton Hills a été l'une des premières personnes dont nous avons appris que sa famille avait été ciblée. Il l'a appris non pas parce que le gouvernement l'a dûment informé, mais parce qu'il y a eu des fuites dans les médias. Ce n'est que parce que les événements se sont enchaînés que nous avons été informés que nous étions également ciblés. J'ai appris bien plus tard que j'étais la cible d'activités d'ingérence étrangère de la part de la Chine, alors que cela faisait déjà un certain temps. J'ai appris qu'en fait, je serais une cible permanente, ce qui signifie que je serai toujours ciblée, d'après ce que j'ai compris de la situation.
     Nous apprenons maintenant que 18 autres députés ont été visés par des cyberattaques. C'est la réalité. L'audience publique demandée par le NPD est extrêmement importante. Dans le rapport provisoire, j'ai été choquée par ce que certains témoignages nous ont appris.
     Kenny Chiu, l'ancien député de Steveston—Richmond‑Est, a été visé par des activités d'ingérence étrangère. Nous ne saurons jamais si ces activités auraient pu modifier le résultat de l'élection dans cette circonscription, mais quoi qu'il en soit, des activités d'ingérence étrangère ont eu lieu, et même les agences gouvernementales les ont observées. Elles disposaient de cette information. En fait, dans mon cas, lors des élections de 2021, on a souligné que l'incident qui a eu lieu pendant la campagne dans Vancouver‑Est pourrait bien avoir été une activité d'ingérence étrangère de la part de la Chine. Cependant, aucun de ces renseignements n'a été communiqué, ni à moi, ni à Kenny Chiu, ni à qui que ce soit d'autre, en fait.
     Alors que le gouvernement affirme avoir formé des équipes de communication et chargé différentes agences de réaliser ce travail, il y a lieu de se demander pourquoi aucune d'entre elles n'a informé les personnes les plus touchées. C'est exactement le cas ici avec 18 députés qui sont touchés par des cyberattaques en provenance de Chine. On se demande comment cela est possible. Comment se fait-il que le gouvernement dispose de plusieurs agences, mais que les personnes les plus touchées ne soient même pas informées?
     Quel est l'objectif des activités d'ingérence étrangère en provenance de la Chine et d'ailleurs? Leurs auteurs veulent perturber notre système démocratique. Ils veulent envoyer un message à ceux qui sont ciblés d'une manière ou d'une autre. Dans son rapport, la commissaire a noté que la communauté de la diaspora est particulièrement vulnérable et ainsi prise pour cible, mais que fait-on pour la protéger? Je ne vois pas beaucoup d'action du côté du gouvernement. Son système de communication est un échec colossal dans ce dossier.

  (1020)  

     Comme je le disais, les activités d'ingérence étrangère prennent différentes formes. Je dois également soulever une question concernant le seuil que le gouvernement fixe, à l'interne, pour déterminer s'il y a lieu d'agir. Le seuil est fixé à un niveau si élevé qu'il ne se passera pratiquement rien. Des ministres ont témoigné à propos de ce seuil. Je pense que l'un des critères consiste à savoir si l'ingérence modifierait ou non le résultat d'une élection. Si la barre est placée si haut, cela signifie-t-il que toutes les autres activités qui n'ont peut-être pas changé le résultat d'une élection n'ont pas eu lieu? Cela signifie-t-il qu'il n'y a pas eu d'ingérence étrangère? Bien sûr que non.
     La question qui se pose au gouvernement est la suivante: Quelles mesures prendra-t-il pour contrer les activités d'ingérence étrangère? Prendra-t-il ces activités suffisamment au sérieux pour les réprimer et envoyer un message clair aux acteurs concernés, à savoir que le Canada ne tolérera pas ce type d'ingérence? Quelles mesures seront prises pour protéger les personnes touchées?
     Je suis députée. À bien des égards, je dirais qu'en tant que députés, nous sommes privilégiés. Dans une certaine mesure, nous bénéficions d'un certain degré de protection, ce qui n'est pas le cas des simples citoyens. Ils ont absolument besoin de protection, et c'est ce qu'ils méritent.
     La fin de semaine dernière, j'ai assisté à un événement réunissant des Hongkongais. Il y avait beaucoup de monde. C'était une célébration de la culture des Hongkongais, de leurs pratiques, de leur sens des affaires et de leur esprit d'entreprise. Des élèves du secondaire avaient crocheté de petits objets sympas qu'ils vendaient sur une table. De nombreux artisans proposaient leurs articles. Certaines personnes portaient des masques parce qu'elles craignaient d'être prises pour cible.
     Au Canada, le gouvernement a subi de fortes pressions. Je lui ai demandé d'adopter une mesure d'immigration spéciale, un programme de sauvetage pour les Hongkongais qui tentent d'échapper aux poursuites judiciaires et à la loi draconienne sur la sécurité nationale. Plus récemment, l'article 23 a été adopté à Hong Kong, où les détentions et arrestations arbitraires se multiplient. Le gouvernement doit donc prendre des mesures d'immigration spéciales pour les Hongkongais.
     De nombreux Hongkongais sont venus au Canada pour y trouver la sécurité. Ils ont demandé la résidence permanente, en se prévalant de la mesure spéciale. Au début, le gouvernement traitait ces demandes dans un délai de six mois. Aujourd'hui, ce délai est rendu à 21 mois. Les permis d'études et les permis de travail de certains demandeurs ont déjà expiré. Les gens craignent de devoir retourner à Hong Kong et de se retrouver sans statut.
     Heureusement, le gouvernement a finalement annoncé cette semaine la prolongation du programme. Il aurait pu toutefois être encore plus efficace s'il avait simplement renouvelé automatiquement les permis de travail et les permis d'études arrivant à expiration. Au lieu de cela, il a décidé de faire passer tout le monde par une nouvelle série de demandes, en dépensant les maigres ressources d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada au lieu de les consacrer au traitement rapide des demandes de résidence permanente. C'est typique du gouvernement: il trouve toujours un autre moyen d'être moins efficace.

  (1025)  

     Je tenais à soulever ce point, parce qu'il est primordial de veiller à ce que les Hongkongais puissent se rendre dans un lieu sûr sans être renvoyés à Hong Kong.
     Je voudrais revenir sur la question de l'ingérence étrangère. Comme je l'ai mentionné, cela peut se produire de différentes manières. Dans mon cas, il s'est produit à ma connaissance un événement en particulier où je soupçonne de l'ingérence étrangère, parce que les informations fournies ne concordent pas. J'ai déposé une plainte auprès d'Élections Canada. J'ai informé le Service canadien du renseignement de sécurité. J'ai signalé la chose à la GRC. Toutefois, je ne pense pas que ces organismes aient pris l'affaire au sérieux. Je ne pense pas qu'ils aient mené une enquête sérieuse.
     Ensuite, Élections Canada a classé l'affaire et estimé qu'il n'y avait pas eu d'ingérence étrangère, même si on n'a pas suivi le cheminement de l'argent et même si, en arrière-plan, j'ai su que j'étais une cible permanente. Nous avons appris dans les médias et ailleurs qu'il existe une caisse occulte de 250 000 $ destinée aux activités d'ingérence étrangère en provenance de Chine. Comment les organismes peuvent-ils savoir, sans enquête approfondie, qu'il n'y a pas eu d'ingérence étrangère dans ce cas?
     Je sais qu'il est fort probable qu'à lui seul, l'incident survenu lors des élections de 2021 n'en aurait pas modifié le résultat. J'aurais quand même été élue parce que j'ai gagné avec une très grande marge. Toutefois, là n'est pas la question, n'est-ce pas? Le fait est que, selon moi, il y a eu des activités d'ingérence étrangère et qu'il aurait fallu mener une enquête approfondie. Le gouvernement a créé de nombreuses agences pour examiner ces enjeux. Lorsqu'elles ont eu connaissance du problème, pourquoi ne m'ont-elles pas informée, en temps réel, de la situation?
     Dans le cas de Kenny Chiu, une campagne de mésinformation et de désinformation a été menée sur WeChat. Il n'en a pas été informé non plus. Les agences et le gouvernement examinaient les activités d'ingérence étrangère, et ils le savaient. Ont-ils fait quelque chose? Non. Si nous juxtaposons cela à ce qui s'est passé avec le premier ministre à l'époque, il y a eu une campagne de désinformation à son sujet sur Facebook. Qu'ont fait les agences gouvernementales? Elles ont appelé Facebook pour discuter de cette campagne de désinformation. Qu'a fait Facebook? Elle l'a supprimée. Je veux dire ceci: pourquoi tout le monde ne serait-il pas traité sur un pied d'égalité? Ce n'est pas ce qui se produit, et c'est la vérité.
     Au cours de l'enquête, nous avons appris que, dans le cas de WeChat, le gouvernement n'a peut-être pas donné suite parce que c'était la communauté sino-canadienne qui était touchée, comme si les Canadiens d'origine chinoise ne méritaient pas la même protection contre les activités d'ingérence étrangère. C'est absolument horrible.
     Je tiens également à soulever un point à l'intention des députés à propos des conséquences potentielles. Dans son rapport, la juge Hogue a clairement indiqué qu'en ce qui concerne l'ingérence étrangère, les conséquences sur les élus suscitent de vives inquiétudes. On peut lire dans le rapport qu'en réalité, les acteurs de l'ingérence étrangère ciblent les élus qui s'expriment contre certains États étrangers tels que la Chine en les muselant, et qu'il existe également des campagnes de mésinformation et de désinformation. Bien sûr, l'objectif est de miner leur crédibilité, et c'est ce que nous avons vu lors des deux dernières élections. Il convient de souligner que la Commission a déclaré qu'une partie des effets pour les élus, et une partie de l'objectif est de modifier potentiellement les comportements et les messages.

  (1030)  

     Une question me taraude. Nous savons à la Chambre des communes qu'il y a cinq questions qui empoisonnent nos relations avec la Chine, dont celle du génocide des Ouïghours. Il y a aussi celle du Falun Gong, à Taïwan, et ainsi de suite. Je voudrais cependant parler pour un moment du génocide des Ouïghours.
     Nous avons eu un vote à la Chambre au cours duquel certains députés se sont abstenus de voter. Ils étaient présents avant le vote et ont participé au débat, mais au moment de voter, ils ont disparu comme par magie. C'est le cas du député de Don Valley—Nord. Or, la commissaire arrive à des conclusions fort accablantes au sujet de la nomination du député de Don Valley—Nord.
     Le premier ministre a dit qu'il n'était pas au courant de tout cela. Supposons que ce soit le cas. À présent qu'il est au courant, quelle mesure prend-il par rapport à la conclusion de la commissaire, qui a déclaré que des activités d'ingérence étrangère ont peut-être influé sur le résultat de cette nomination le concernant? Si le premier ministre pense qu'il n'y a pas de problème, comme il continue de le dire, pourquoi le député de Don Valley—Nord n'est-il pas de retour dans le caucus libéral?
     Il est ressorti de l'audience autre chose que je trouve choquant. Le premier ministre y a déclaré ne pas lire de documents classés très secrets. Quel chef de gouvernement ne lit pas de documents classés très secrets qui touchent à la sécurité nationale? C'est curieux.
     Laissons cela de côté un instant. Le premier ministre a déclaré ne pas avoir été informé, sauf que, sur ce point, il est contredit par le directeur du SCRS qui dit qu'en fait, lui et ses collaborateurs ont été informés, qu'ils ont été tenus au courant. Mystérieusement, ils ne semblent pas le savoir.
     Il y a beaucoup à faire. Il y a une grande question sur laquelle repose l'enquête, à savoir: qui a su quoi et quand, et qu'a fait le gouvernement à partir de là? J'attends toujours le rapport final et je suis impatiente de le recevoir.
     La prochaine étape de l'enquête portera très précisément sur les conséquences et les problèmes relatifs à cette diaspora, qui n'a d'ailleurs pas eu l'occasion de participer pleinement à la première étape de l'enquête.
     Il y a beaucoup à faire et le gouvernement n’a aucune excuse pour ne pas prendre les mesures nécessaires pour contrer les activités d’ingérence étrangère. L’audience a révélé que la Chine est le pays le plus habile dans les activités d’ingérence étrangère visant le Canada. Elle a également révélé que tous les autres pays réagissent et sont bien plus avancés dans la lutte contre ce problème, mais ce n'est pas le cas du Canada.
     Pour mes collègues qui viennent d’apprendre qu’ils sont visés, c’est indéniablement une question de privilège. Nous devons étudier ce problème, faire toute la lumière et être clairs sur ce qui doit être fait et sur les mesures qui doivent être prises, car notre processus démocratique est menacé. Nous tous, les 338 députés de la Chambre, sommes menacés, tout comme le travail que nous accomplissons. Nous ne pouvons laisser aucun pays nous menacer ainsi. Nous devons faire front, être unis dans le refus de toute ingérence étrangère et dire à ses acteurs que nous ne les laisserons pas essayer de nous abattre. Voilà ce que nous devons faire à la Chambre des communes.

  (1035)  

    Monsieur le Président, le gouvernement prend très au sérieux l’ingérence étrangère. Nous le voyons dans les mesures législatives et dans d’autres ressources. Nous avons eu toutes sortes de discussions. Des rapports ont été déposés au Parlement. Nous avons continué de présenter des projets de loi, comme cette semaine même. Bref, nous prenons la question très au sérieux.
     Nous savons aussi que le Canada fait partie des pays qui sont la cible d’ingérences étrangères. Plus d’un acteur persiste à essayer de saper les démocraties et nous savons pertinemment qui ils sont.
     Voici la question que je pose à la députée. Il est important que ce texte soit renvoyé au comité de la procédure et des affaires de la Chambre et c’est dans notre intérêt à tous. La députée pense-t-elle qu’il est important de travailler sur un consensus et d’essayer de tirer parti du travail du comité de la procédure et des affaires de la Chambre afin de présenter un front uni dans la lutte contre l’ingérence étrangère?
    Monsieur le Président, je souligne que le gouvernement aurait supposément pris ce problème tellement au sérieux qu’il s'est traîné les pieds avant de présenter ce projet de loi. Le registre des agents étrangers devait être déposé l’an dernier. En fait, une source m’a dit qu’on avait déjà rédigé ce projet de loi l’an dernier. Les consultations étaient terminées. Malgré cela, on nous présente enfin ce projet de loi des mois plus tard. On ne peut pas dire que le gouvernement est à la hauteur dans la lutte contre l’ingérence étrangère.
     Quant aux personnes qui en sont touchées, bien qu’étant au courant de ce problème depuis longtemps, le gouvernement ne s’est même pas donné la peine de les informer et ce, même s’il risquait de mettre la famille d’un député en danger. Ensuite, il n’a rien fait jusqu’à ce qu’il y ait une fuite. Cela ne m’inspire pas tellement confiance face aux mesures que prend le gouvernement pour lutter contre l’ingérence étrangère. Nous avons maintenant de nouveaux renseignements qui devraient inciter le gouvernement à intervenir. Nous verrons s’il le fera.
     Pour ce qui est de travailler en collaboration, oui, bien sûr, mais pas dans le but de cacher de l’information. Je tenais à souligner cela.

[Français]

     Monsieur le Président, jusqu'au début de 2023, le gouvernement libéral niait tout à fait qu'il y avait de l'ingérence. Nous avions beau poser des questions, ça n'existait pas, point final. À force de se battre, les partis d'opposition ont réussi, en mars 2023, je crois, à faire nommer un rapporteur, mais ce dernier ne faisait absolument pas l'unanimité. Cela a été un échec. Présentement, on a Mme Hogue, qui semble faire un travail exceptionnel.
    Après tout ce que ma collègue vient de dire, je suis tellement sensible à sa situation. J'aimerais qu'elle puisse me donner des qualificatifs et mettre des mots précis sur ce qu'elle vit relativement à ce gouvernement, qui nous a bernés pendant des années, puisqu'il avait des informations très pertinentes en lien avec l'ingérence étrangère.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je crains d’être expulsée de la Chambre si j’utilise ces qualificatifs, car ils seraient non parlementaires.
     Cependant, je vais vous dire une chose. Le gouvernement dormait aux commandes. La commissaire nous a appris que notre pays est loin d’être le seul ciblé par des activités d’ingérence étrangère, mais qu'il traîne vraiment de l'arrière. Le gouvernement n’était pas aux aguets, malgré les avertissements qu’il recevait constamment. Voilà la réalité. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Nous apprenons que de plus en plus de députés sont ciblés.
     Je tiens à ajouter qu’il va falloir prendre d’autres mesures aussi. Nous voyons par exemple ce qui se passe avec TikTok aux États‑Unis, qui s’efforcent d'empêcher les activités d’ingérence étrangère que des individus peuvent mener sur cette plateforme. Que fait le gouvernement libéral? Rien. Je trouve que cela en dit long.

  (1040)  

    Monsieur le Président, la réalité est que le Canada est ciblé et que le gouvernement n’agit pas avec transparence.
     Une chose devrait tous nous préoccuper, c’est le fait qu’un si grand nombre de députés ont été mis au courant de cette ingérence étrangère par les médias. Ce n’est pas de cette façon que nous devrions apprendre que nous sommes ciblés.
     Ma collègue pourrait-elle nous suggérer des solutions? En ce qui concerne le registre des agents étrangers, les communautés ethniques sont très inquiètes de se voir ciblées. Elles voudraient pouvoir se sentir en sécurité. Quelles solutions envisage-t-on? Quelles mesures exactement le gouvernement doit-il prendre?
    Monsieur le Président, tout d’abord, le projet de loi qui a été déposé doit être adopté avant les prochaines élections et mis en œuvre. C’est une pièce maîtresse de ce qui doit être fait.
     Bien entendu, nombre d’éléments de ce projet de loi figureront dans la réglementation. Nous ne savons même pas à quoi ressemblera le mandat de la commission. Gardons aussi à l’esprit que ce n’est pas la panacée. C’est un outil pour lutter contre les activités d’ingérence étrangère.
     Je dirais également ceci à propos du comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Le travail qu’il doit faire n’est pas fait parce qu’il est ressorti de l’enquête qu’il y avait des informations contradictoires. Katie Telford a déclaré au comité qu’évidemment, le premier ministre avait lu tous les documents confidentiels. Ensuite, à l’audience, le premier ministre a déclaré qu’il n’en avait lu aucun.
     Qui ne dit pas la vérité? Nous devons faire la lumière à ce sujet. Nous ne les laisserons pas noyer le poisson. Nous devons tirer cette question au clair, demander des comptes et, surtout, voir à ce que les mesures nécessaires soient prises pour lutter contre l’ingérence étrangère.
    Monsieur le Président, nous pouvons nous réjouir qu'un débat se tienne actuellement à la Chambre, comme vient de nous le montrer la députée de Vancouver—Est. Nous avons la chance de pouvoir réfléchir à ce qu’elle nous a dit ce matin.
     Je suis très préoccupé d’entendre qu’il existe deux poids, deux mesures pour les députés face à l’ingérence étrangère, et j’aimerais beaucoup qu’elle en dise plus. Je comprends qu’elle souhaite voir l'étude du projet de loi C‑70 avancer rapidement. Je crains toutefois que le gouvernement se contente de cela. Il nous dira que tout sera réglé et que le projet de loi C-70 remédiera à tous les problèmes d’ingérence étrangère dont nous avons parlé.
     La députée peut-elle nous dire dans quelle mesure elle pense que c’est le cas ou pas? Pour faire suite à la question de notre collègue, la députée de North Island—Powell River, la députée de Vaincouver—Est peut-elle aussi nous dire dans quelle mesure elle aimerait que le gouvernement en fasse plus et qu'il agisse plus rapidement en réponse aux graves préoccupations dont elle nous a fait part relativement à l’ingérence étrangère?
    Monsieur le Président, pour ce qui est des problèmes relatifs au projet de loi, il faudra bien sûr suivre le processus à la Chambre et renvoyer le projet de loi au comité afin que des gens issus des diasporas soient invités à donner leur point de vue. Pour en avoir discuté avec des membres du public, je sais qu'un grand nombre de Canadiens sont soulagés que cette mesure législative ait enfin été présentée.
     Mais il va falloir s'assurer, et c'est très important, que cela ne donne pas lieu à une campagne de désinformation au sujet du contenu du projet de loi. C'est vraiment très important. Cependant, il y a encore beaucoup de travail pour mettre ces mesures en place.
     Je tiens aussi à rappeler que ce projet de loi n'est pas, en soi, une solution à toutes les activités d'ingérence étrangère. On sait déjà qu'il créera des délits susceptibles de donner lieu à des poursuites, mais de nombreuses dispositions dépendent d'autres décisions que peut prendre le gouvernement, notamment en ce qui concerne les investitures.
     Parlant des investitures, et j'ai déjà mentionné l'effet possible de celle qui a eu lieu à Don Valley Nord, la question est de savoir ce que le gouvernement décidera à ce propos. Il y a aussi le fait que les différentes agences du gouvernement ne sont pas vraiment indépendantes et qu'elles devront donc actualiser leurs procédures en matière d'activités d'ingérence étrangère.

  (1045)  

    Monsieur le Président, le travail que nous faisons à la Chambre est important. C'est la seule institution démocratique au niveau fédéral. L'autre chambre ne l'est pas, puisque ses membres sont nommés. Le premier ministre et son Cabinet ne le sont pas non plus, car ils sont nommés.
     Au Canada, nous n'élisons pas les gouvernements. Nous n'élisons pas les premiers ministres. Nous élisons un Parlement, c'est-à-dire une assemblée législative nationale de 338 députés qui prennent des décisions au nom des Canadiens qu'ils représentent. Au Canada, selon notre régime constitutionnel, nous prenons nos décisions non pas à la pointe de l'épée, mais dans le cadre d'un débat. C'est donc avec des mots que nous influons sur les votes des motions et des projets de loi qui concrétisent les décisions prises par le Parlement.
     Par conséquent, il est absolument essentiel de protéger les députés dans l'exécution de leurs devoirs, ainsi que de protéger leur liberté d'employer les mots autorisés dans cette Chambre et de prendre les mesures qu'ils jugent nécessaires, qu'il s'agisse d'un projet de loi, d'une motion ou d'une question administrative dont la Chambre a été saisie. Les députés doivent être à l'abri de toute ingérence, de toute coercition et de toute menace. C'est la raison pour laquelle le texte dont nous sommes saisis aujourd'hui revêt une importance capitale. Le travail que nous faisons à la Chambre est essentiel, tout comme ce que nous avons fait en 2020 et en 2021.
     Le 18 novembre 2020, la Chambre a adopté une motion demandant au gouvernement d'interdire à Huawei l'accès à notre réseau national de télécommunications de base ainsi que de présenter un plan solide pour lutter contre l'ingérence étrangère. La motion a finalement exercé une pression suffisante sur le gouvernement pour qu'il prenne la décision tardive d'interdire à Huawei l'accès à notre réseau national de télécommunications.
     Des mois plus tard, au début de l'année 2021, plus précisément le 22 février 2021, la Chambre a adopté une motion reconnaissant que la répression par la République populaire de Chine de quelque 12 millions d'Ouïghours dans la province du Xinjiang, dans l'Ouest de la Chine, constituait un génocide au sens de la Convention sur le génocide de 1948. C'est important, car la motion a mené à une action coordonnée entre les États‑Unis, le Royaume‑Uni et le Canada pour imposer des sanctions à un certain nombre d'individus et à une entité du Xinjiang en réponse à ces violations flagrantes des droits de la personne.
     Ce que nous avons fait a eu de l'importance, et la République populaire de Chine l'a remarqué. En effet, celle-ci a mis en œuvre un éventail complet de mesures contre des députés de la Chambre, certaines légitimes et d'autres pas. Elle a entrepris une action diplomatique légitime. Elle a pris des mesures légitimes de contre-sanctions et ce n'est pas cela qui est remis en question. Ce qui est en cause, c'est qu'elle a illégitimement enfreint le droit international et ciblé des députés de la Chambre.
     La juge Hogue, comme l'a souligné le député qui m'a précédé, a expliqué comment la République populaire de Chine s'est ingérée dans les élections de 2021. Le Service canadien du renseignement de sécurité a conclu clairement qu'il y a eu une ingérence de la Chine dans les élections de 2021, et c'est exactement ce qu'a constaté la juge Hogue dans son rapport initial du 3 mai, la semaine dernière.
     La République populaire de Chine a également ciblé de manière illégitime six députés de la Chambre, qui ont soulevé la question de privilège dont nous sommes saisis et dont nous débattons aujourd'hui.
     Ces députés ont subi des cyberattaques de la part de la République populaire de Chine. Dix-huit parlementaires canadiens ont fait l'objet de cyberattaques, dont six députés de la Chambre. Ils ont été victimes de ces attaques parce qu'ils sont membres de l'Alliance interparlementaire sur la Chine et tout simplement parce qu'ils font leur travail en défendant la primauté du droit international et en critiquant les violations flagrantes du droit international par la Chine. On pense notamment au génocide contre le peuple ouïghour, qui enfreint la Convention sur le génocide de 1948, et à la répression illégitime et illégale de la République populaire de Chine à Hong Kong, qui enfreint la Déclaration commune sino-britannique de 1997, laquelle garantissait les droits et les libertés des Hongkongais pendant 50 ans à compter de 1997. On pense aussi à la violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer par la République populaire de Chine, qui harcèle d'autres États, des navires de pêche et d'autres navires en mer de Chine méridionale. La République populaire de Chine enfreint également le système commercial établi en vertu des règles de l'Organisation mondiale du commerce et elle ne respecte pas le statut de nation la plus favorisée qu'elle a obtenu en 2000.

  (1050)  

     À la suite des attaques dont ont été victimes ces six députés, nos organismes de contre-espionnage et le Groupe des cinq ont commencé à prendre des mesures. Ils ont commencé à surveiller les agissements d'APT31, un groupe de pirates informatiques à la solde du département de la sécurité d'État de la province du Hubei, qui relève du ministère de la Sécurité d'État de la République populaire de Chine. Il s'agit d'un puissant service secret qui surveille non seulement les habitants de la République populaire de Chine, mais aussi ceux de pays étrangers.
     Le FBI a découvert cette opération de piratage menée par APT31 en 2022 et en a immédiatement informé le Centre de la sécurité des télécommunications, qui fait partie de l'appareil de sécurité nationale du gouvernement canadien. Celui-ci a, à son tour, fait son travail. Il a transmis les renseignements aux fonctionnaires du Parlement, et c'est là que les choses se sont gâtées. Bien que je ne doute absolument pas que les responsables et le personnel des services informatiques de l'Administration de la Chambre des communes aient fait leur travail pour garantir l'intégrité de nos systèmes informatiques, ce n'est pas la question qui nous occupe aujourd'hui. La question qui se pose à nous aujourd'hui est celle de la transparence. La question est de savoir pourquoi six députés qui ont été la cible d'une cyberattaque de la part de la République populaire de Chine n'en ont pas été informés au moment où le gouvernement du Canada en a pris connaissance.
     Le gouvernement nous répète sans cesse que nous devons être vigilants. Nous ne pouvons pas l'être si nous ne disposons pas des renseignements. Si cette motion est adoptée, le comité de la procédure et des affaires de la Chambre devrait chercher à savoir pourquoi ces six députés n'ont pas été informés au moment où le Centre de la sécurité des télécommunications et les fonctionnaires parlementaires en ont été informés. En fin de compte, cela relève non seulement de la responsabilité de l'organe exécutif du gouvernement et du Centre de la sécurité des télécommunications, mais aussi de la responsabilité du Président de la Chambre et des fonctionnaires dont il est responsable.
     Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les membres élus des assemblées législatives nationales sont régulièrement informés des menaces d'ingérence étrangère qui les visent. C'est un fait. Cela ne s'est pas produit dans le cas présent, et cela ne s'est pas produit par le passé. L'argument des cotes de sécurité, selon lequel les fonctionnaires parlementaires étaient au courant de ces attaques il y a deux ans, mais ne pouvaient pas en informer les députés parce que ceux-ci n'avaient pas la cote de sécurité, ne tient pas la route.
    Philippe Dufresne, ex-légiste et conseiller parlementaire, a donné des avis juridiques aux comités de la Chambre à de nombreuses reprises indiquant que l'article 18 de la Loi constitutionnelle de 1867 est clair: les députés ont un droit absolu d'accès aux documents et aux informations que rien ne peut restreindre — ni les lois adoptées par le Parlement ni l'opinion que peut avoir le gouvernement du Canada au sujet de documents classifiés. Par conséquent, dès que les fonctionnaires du Parlement ont été informés de l'affaire, ils auraient dû transmettre l'information aux députés concernés.
    Pour conclure, j'invite les députés à appuyer la motion afin que le comité de la procédure et des affaires de la Chambre puisse étudier l'affaire et s'assurer que, la prochaine fois qu'un service de renseignement d'un des pays du Groupe des cinq communiquera des renseignements à l'appareil du renseignement canadien, que ce soit le Centre de la sécurité des télécommunications, le Service canadien du renseignement de sécurité, l'unité du renseignement du ministère de la Défense nationale ou toute autre entité au sein de cet appareil, concernant le fait que des députés seraient ciblés par un État étranger ou par des acteurs non étatiques, les députés concernés seront informés sans tarder de la situation afin de pouvoir se protéger et protéger leur famille contre la menace.

  (1055)  

    Monsieur le Président, j'encourage les personnes qui suivent le débat sur cette question à lire attentivement le contexte dans lequel le Président a fait son exposé. Je tiens à assurer à ceux qui suivent le débat que le gouvernement prend très au sérieux l'ingérence étrangère et qu'il continuera de le faire. On le verra dans les mesures que nous avons prises pratiquement de 2016 jusqu'à la semaine dernière.
     Cela dit, je me tourne vers mon collègue d'en face et je soutiens en fin de compte que le Canada est relativement bien placé pour faire preuve de leadership dans ce dossier.
     Nous voulons que la question soit renvoyée au comité de la procédure, qui a la possibilité et la capacité de présenter, espérons-le, un rapport qui aura l'appui de toutes les entités politiques à la Chambre. Mon collègue d'en face pourrait-il nous dire si, à son avis, il serait bon que le comité de la procédure nous remette un rapport avec l'appui de toutes les entités politiques à la Chambre?
     Ne croit-il pas que cela donnerait une impression beaucoup plus forte, collectivement, que nous travaillons ensemble pour lutter contre l'ingérence étrangère?
     Monsieur le Président, je pense que les partis de l'opposition à la Chambre ont agi de façon très responsable dans le traitement des renseignements sur les menaces d'ingérence étrangère qui nous ont été signalées au cours des deux dernières années.
     Lorsque ces histoires ont été exposées au grand jour, ce n'est pas parce que le gouvernement a informé les députés ou les comités de la Chambre de ces menaces d'ingérence étrangère. Elles ont été exposées parce qu'elles ont fait la une de journaux comme le Globe and Mail.
     Lorsque nous avons pris connaissance de ces renseignements, en même temps que le reste de la population, nous les avons traités de façon très objective et responsable. En fait, je ne me souviens pas d'avoir entendu beaucoup de questions à la Chambre au sujet de Don Valley-Nord ou de Steveston—Richmond-Est au cours de la dernière année et demie, parce que nous n'étions pas certains des faits. Ce n'est que le 3 mai, la semaine dernière, lorsque la juge Hogue a rendu public son rapport initial dans lequel elle précise avoir découvert certaines irrégularités dans ces circonscriptions, que nous avons commencé à soulever des questions, parce qu'elle avait reçu les preuves et tiré des conclusions fondées sur son jugement.
     Je pense que, dans toute cette affaire, nous, de l'opposition, avons été très responsables dans la façon dont nous avons traité cette information. Je ne m'attends pas à ce qu'il en soit différent si cette question est renvoyée au comité de la procédure et des affaires de la Chambre.

[Français]

     Monsieur le Président, je veux moi aussi affirmer tout mon soutien au député, qui a vécu de très près l’ingérence et les menaces sur sa propre famille. Je pense que tous nos collègues ici partagent ces mêmes émotions. Cela dit, il faut maintenant que les émotions deviennent des actions. Je pense que le député sera d’accord avec moi.
    La semaine dernière, il y a eu un rapport sur l’ingérence étrangère. J’aimerais que mon collègue me dise s’il trouve ce rapport satisfaisant, lui qui, si je ne m’abuse, siège au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international.
    Je pense que nous subissons tous des cyberattaques, par ailleurs. Nous avons juste à nous connecter sur les réseaux sociaux pour voir une grande quantité de robots et de faux comptes venir inonder les réseaux. Nous nous doutons que cela provient de l'étranger.
    Mon collègue, qui siège au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, peut-il nous dire, étant donné que nous apprenons souvent par les médias et à la dernière minute qu'il y a eu de l'ingérence, où nous devons commencer à tourner les yeux et à regarder à l’avance pour anticiper les coups à l’avenir?
    Monsieur le Président, je pense que le rapport initial de la juge Hogue est un bon commencement. Elle va présenter un deuxième rapport en décembre, à la fin de cette année. Je vais continuer de travailler avec la commission pour m'assurer que le deuxième rapport est très fort et qu'il contient des recommandations fortes pour bâtir un système de sécurité nationale qui va protéger nos institutions démocratiques.
    Je suis d'accord aussi pour dire que le gouvernement doit agir. Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité a sonné l'alarme en 2018. Cette année-là, il a dit publiquement qu'il y avait un problème lié à la sécurité nationale ici, au Canada, particulièrement en ce qui a trait à la République populaire de Chine. C'était il y a six ou sept ans. Le gouvernement a mis trop de temps à présenter une mesure, à entreprendre des actions. Comme mon honorable collègue du NPD l'a dit, on a mis trop de temps à présenter un projet de loi visant à créer un registre des agents étrangers.
    Il y a beaucoup d'autres choses à faire et je pense que le gouvernement doit les faire.

  (1100)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue a parfaitement raison. Tout au long de l'audience avec la commissaire, tous les partis ont travaillé sans esprit partisan. Nous avons fait de notre mieux pour collaborer avec la commission afin de trouver la vérité.
     La commissaire a fait remarquer qu'il y a un risque réel que les politiciens modifient leurs positions ou leurs messages à la suite d'activités d'ingérence étrangère. Le député peut-il nous dire ce qu'il en pense?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue pour tout le travail qu'elle accomplit dans le dossier de l'ingérence étrangère de la République populaire de Chine. Ce travail est très constructif.
     La députée souligne à juste titre que la juge Hogue a conclu que la République populaire de Chine s'était ingérée dans les élections de 2019 et de 2021. C'est incontestable. C'est une conclusion de fait de la juge Hogue. Elle a également conclu que les renseignements relatifs au député de Don Valley North nous laissaient croire que l'ingérence de la République populaire de Chine aurait pu avoir une incidence sur la personne qui a été élue pour représenter Don Valley North ici. Elle a déclaré: « C'est important ».
     Elle a également conclu, en ce qui concerne la circonscription de Steveston—Richmond Est, qu'il était raisonnable de croire que les opérations de désinformation de la République populaire de Chine dans Steveston—Richmond-Est « ont eu des répercussions sur les résultats dans cette circonscription ». Encore une fois, ce sont les conclusions de la juge Hogue. Elles auraient pu avoir des répercussions sur les résultats dans certaines circonscriptions. Il s'agit en grande partie d'opérations de désinformation.
     Comme mon collègue l'a dit plus tôt, nous avons découvert que le gouvernement n'avait rien fait au sujet de ces campagnes de désinformation dans la circonscription de Steveston—Richmond-Est, mais elles ont attiré l'attention lorsqu'un message a été publié sur Facebook par le Buffalo Chronicle. Un fonctionnaire du Bureau du Conseil privé a immédiatement appelé Facebook, en utilisant tout le poids et la menace du gouvernement du Canada, pour demander à Facebook de retirer ce message pendant les élections. Cela nous montre à quel point les règles du jeu sont inégales en ce qui concerne la gestion par le gouvernement de l'ingérence étrangère pendant la période électorale.
    Monsieur le Président, nous savons que les libéraux ont gardé le silence et étaient au courant de l'ingérence étrangère dans les élections de 2019 et de 2021 parce que c'était avantageux pour eux sur le plan électoral d'agir ainsi. Un certain nombre de députés de l'opposition ont été victimes de piratage par la République populaire de Chine, ce qui était potentiellement avantageux pour le gouvernement sur le plan politique.
     Serait-ce la raison pour laquelle le gouvernement a gardé le silence?

  (1105)  

    Monsieur le Président, je pense que nous devons disposer d'une gamme complète d'outils, et c'est ce que les experts ont dit au gouvernement.
     Le gouvernement doit mettre en œuvre une gamme complète d'outils pour contrer ces menaces d'ingérence étrangère, et l'un des outils qu'il doit commencer à utiliser, et pour lequel il n'excelle pas, est la transparence. Le gouvernement doit nous informer, ainsi que le public, des menaces d'ingérence étrangère signalées par les services du renseignement afin que nous disposions de l'information nécessaire pour garantir que nous devenions plus résistants en tant que Parlement et en tant que société face aux menaces émanant d'États autoritaires.
     La Chambre est-elle prête à se prononcer?
    Des voix: Le vote!
    Le vice-président: Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée à l'unanimité.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)


Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — La légalisation des drogues dures  

    Que, étant donné que depuis que le premier ministre néo-démocrate–libéral est en fonction, les surdoses mortelles d’opioïdes au Canada ont augmenté de 166 % selon les dernières données disponibles, la Chambre demande au premier ministre de:
a) rejeter de façon proactive la demande de la Ville de Toronto pour que le gouvernement fédéral rende légales des drogues dures mortelles comme le crack, la cocaïne, l’héroïne et la méthamphétamine;
b) rejeter le vote de la Ville de Montréal demandant au gouvernement fédéral de rendre légales des drogues dures mortelles;
c) refuser toutes demandes en cours ou futures des provinces, des territoires ou des municipalités pour que le gouvernement fédéral approuve la légalisation de drogues dures mortelles sur leurs territoires;
d) mettre un terme au financement des stupéfiants avec des fonds publics et d’utiliser cet argent pour financer les programmes de traitement de la dépendance aux drogues.
    — Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon.
    Il y a environ deux ans, j'ai visité le quartier Downtown Eastside de Vancouver, et ce que j'ai vu m'a à la fois choqué et étonné. Mon choc se passe d'explications. Quiconque met les pieds là constate le carnage: nos concitoyens gisant face première sur la chaussée, en proie à une surdose. Encore plus nombreux sont ceux qui se tiennent debout, la tête entre les jambes, repliés à s'en tordre l'échine, dans cette position qui est courante chez les personnes saturées de fentanyl et qui, dans bien des cas, les laissera recourbés pour le reste de leur vie. Ces vies sont souvent écourtées, car consommer du fentanyl, c'est jouer à la roulette russe: chaque fois qu'on en consomme, on risque de cesser de respirer.
    Il y avait l'odeur indubitable d'un trop grand nombre de personnes combiné à trop peu de salles de bain. Les campements s'étendent d'un pâté de maisons à l'autre. Le policier qui m'accompagnait a pointé une tente du doigt et m'a dit qu'il s'agissait du siège social des « Nations unies », un groupe qui se qualifie de gang et qui est la source d'approvisionnement en armes à feu et autres armes meurtrières pour la rue. Des gens crient à tue-tête, complètement déchaînés, dans un état statique de quasi-surdose. Toutes ces choses sont stupéfiantes lorsqu'on en est témoin, même si l'on s'y attendait compte tenu des statistiques.
    Nous savons que ce qui se passe dans le quartier Downtown Eastside est le fruit d'une expérience menée par des administrations municipales et des gouvernements provinciaux néo-démocrates. Or, le premier ministre, après avoir vu les résultats de cette expérience, veut maintenant l'étendre à l'ensemble du pays. Il a obtenu ce qu'il voulait, car ces villages de tentes sont maintenant monnaie courante dans toutes les régions du pays. Dans votre province, monsieur le Président, Halifax compte 35 campements de sans-abri. Il y a 35 campements dans la belle, pittoresque et paisible ville d'Halifax. Tous les Canadiens connaissent un tel campement dans leur collectivité, même si cela aurait été impensable il y a neuf ans.
    Le lien évident entre cette politique et les résultats que je viens de décrire apparaît aujourd'hui dans des articles rédigés par les rares journalistes qui commencent, enfin, à avoir le courage d'en révéler la cause. Je cite un article du National Post, où l'on peut lire: « Mme Miller affirme que sa fille Madison lui a dit qu'on pouvait aller voir un toxicomane pour lui demander des dillies et en obtenir des flacons, car les toxicomanes allaient dans les pharmacies les faire remplir pour les vendre ensuite aux enfants. » « Dillies » est un terme d'argot désignant l'hydromorphone financée par le gouvernement.
    Voici ce qu'on peut lire dans un article du National Post du 11 mars:
     « J'ai eu plusieurs patients qui n'avaient pas consommé de drogues depuis longtemps et qui n'ont tout simplement pas pu résister à la tentation de cette hydromorphone très bon marché qui circule maintenant dans les rues », déclare le Dr Michael Lester, un médecin de Toronto spécialiste des dépendances. « Tous les médecins spécialisés en toxicomanie à qui j'ai parlé m'ont dit que, tous les jours, dans leur cabinet, ils doivent composer avec des cas dus au détournement d'hydromorphone, que ce soit de nouveaux patients qui sont dépendants à ce médicament, ou leurs propres patients qui en abusent. »
    Global News a également fait un travail journalistique remarquable et courageux à ce sujet et a montré que le prix des comprimés d'hydromorphone dans les rues de Vancouver est passé de 10 $ à 25 ¢ depuis que le gouvernement a commencé à subventionner la substance et à la distribuer à grande échelle. On rapporte que des revendeurs de drogue attendent à l'extérieur des pharmacies que des personnes qui ont une ordonnance pour le médicament fourni dans le cadre du programme d'approvisionnement soi-disant sécuritaire leur livrent immédiatement la substance, qu'ils peuvent ensuite revendre pour financer d'autres drogues dévastatrices. Après, bien sûr, des surdoses se produisent quand les consommateurs franchissent le palier suivant.

  (1110)  

     Le premier ministre a toutes les preuves qu'il faut. Il a la preuve que le nombre de surdoses mortelles a augmenté de 166 % au Canada depuis qu'il est au pouvoir. La situation est pire là où les politiques radicales des libéraux et des néo-démocrates ont été accueillies à bras ouverts, notamment en Colombie‑Britannique, où la hausse atteint 380 %. Le gouvernement de la Colombie‑Britannique a enfin admis son erreur il veut annuler la politique, mais seulement à cause de l'élection qui approche. Toutefois, Toronto et Montréal demandent toujours cette même politique de décriminalisation des drogues dures, illicites et non réglementées, qui a causé un tel carnage en Colombie‑Britannique, une demande que le premier ministre refuse obstinément d'écarter.
     J'ai dit que j'ai été étonné et sous le choc. Ce qui m'a étonné pendant ma visite dans le Downtown Eastside, ce sont les gens qui m'y ont accueilli. Ce n'était pas des toxicomanes. Ce n'était pas des policiers. C'était un petit peloton de militants qui, curieusement, savaient que je m'en venais. Mon arrivée n'avait pourtant pas été annoncée ni publiée dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Ces personnes étaient là pour me filmer, pour me suivre et pour me lancer des bêtises, et tant mieux pour eux. Je peux vivre avec cela. Je le fais tous les jours.
    Par contre, j'étais perplexe. Qui paie pour tout cela? D'où vient l'argent qui sert à toutes les revendications de ce genre? Il s'avère qu'il y a beaucoup d'argent à faire. Voici le titre d'un article: « Un professeur et un ancien responsable de la santé publique fondent une entreprise pour produire légalement de l'héroïne à des fins thérapeutiques ».
     Martin Schechter, qui a dirigé l'étude, appelée Initiative nord-américaine sur les médicaments opiacés, ou NAOMI, et Perry Kendall, le premier médecin hygiéniste en chef de la Colombie‑Britannique, s'efforcent de changer la situation.
    Frustrés par l'inaction du gouvernement, les deux hommes ont créé une entreprise nommée FPP [...] ou Fair Price Pharma, dont l'objectif est d'assurer un approvisionnement national d'héroïne injectable abordable à des fins de traitement.
    Depuis 2016, plus de 5 500 Britanno-Colombiens sont morts de surdoses ou en raison de substances illicites, dont 170 en mai.
    Le Dr Schechter, qui est aussi professeur à l'École de santé publique et de santé des populations de l'Université de la Colombie‑Britannique, a dit dans un courriel que la crise des surdoses [reposait sur] le refus d'élargir l'accès à l'héroïne légal — un traitement économique [...] et éprouvé — malgré le besoin criant d'un approvisionnement sûr, [ce qui a poussé] les deux médecins à agir.
    [Ils ont dit que leur entreprise] vise à établir une installation réservée à la fabrication du produit pour le vendre à un prix abordable aux fournisseurs de santé intéressés, y compris dans les autres provinces.
    Le Dr Kendall et lui doivent rencontrer ce mois-ci la Direction des médicaments pharmaceutiques de Santé Canada, qui réglemente les médicaments sur ordonnance, pour déterminer les essais et les données nécessaires pour obtenir une licence [...] Ils estiment qu'ils auront besoin d'environ 3 millions de dollars pour lancer le produit.
     Bien sûr, ils gagnent de l'argent. Plus tard, ils se sont plaints. « Les médecins de la Colombie-Britannique se plaignent que leur “approvisionnement sûr” en héroïne n'est pas prescrit pendant la crise des surdoses ». Ils ont commencé à faire pression pour obtenir plus d'argent.
     Voici ce que l'on peut lire dans d'autres articles de presse. Perry Kendall, l'ancien directeur de la santé publique provincial jusqu'en 2018, est un partisan de l'approvisionnement sûr. Il a fondé Fair Price Pharma pour distribuer de l'héroïne.
     Mark Tyndall, qui a été directeur adjoint de la santé publique de la Colombie-Britannique et directeur médical exécutif, est le fondateur du projet MySafe.
     Comme je l'ai dit, Martin Schechter ne travaillait pas directement pour le gouvernement de la Colombie-Britannique, mais il était responsable des recherches qui ont abouti à ce que l'on appelle l'approvisionnement sûr. Il a fondé Fair Price Pharma.
     Ce sont ces entreprises qui gagnent réellement de l'argent et qui intimident les opposants à leur projet. Cette situation est en train de devenir une gigantesque gloutonnerie qui s'autoalimente et qui doit cesser. Son but est de gagner de l'argent et non d'offrir un service au public.
     C'est pourquoi les conservateurs sensés cesseraient de financer les stupéfiants durs, interdiraient les drogues dures et investiraient l'argent dans des services de traitement et de rétablissement qui nous rendraient nos proches, débarrassés de la drogue.

  (1115)  

    Monsieur le Président, j'ai entendu les paroles du député de Carleton aujourd'hui.
     Je n'ai qu'une question très simple à lui poser. Il a cité un grand nombre de titres et d'articles de journaux. Il a parlé de gens courageux. Pourquoi le chef de l'opposition ne rencontre-t-il pas Moms Stop the Harm, une organisation de mères qui ont perdu leurs enfants à cause de la crise des surdoses et qui sont courageuses, en ce moment, au nom de leurs enfants?
    Monsieur le Président, j'ai rencontré des familles qui ont souffert de la crise de la toxicomanie. Nous avons rencontré des gens. Ce que nous essayons de faire, cependant, c'est de rencontrer les organisations qui sortent les gens de la drogue et qui sauvent des vies.
     Notre approche consiste à rencontrer les responsables des centres de rétablissement, qui m'ont tous dit que les politiques radicales de la ministre tuent en fait les gens, qu'elles n'arrêtent pas les méfaits, mais qu'elles les perpétuent. Cette ministre et le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique ont perpétué les méfaits parce que le système des entreprises, des sociétés pharmaceutiques et des groupes militants qui profitent de cette crise l'ont entretenu.
     Elle devrait avoir honte d'injecter encore plus d'argent dans ces sociétés pharmaceutiques, ces soi-disant fonctionnaires de la santé publique, qui passent ensuite à l'univers lucratif de la vente d'opioïdes durs dans nos rues.
     Avec ce gouvernement conservateur plein de bon sens, nous allons réellement mettre fin aux méfaits de la drogue en ramenant nos proches à la maison, libérés de l'emprise de la drogue.

[Français]

    Monsieur le Président, le chef de l'opposition a dit dans son discours que la Ville de Montréal avait voté en faveur de la décriminalisation des drogues. Or, comment se fait-il qu'au point b) de la motion conservatrice, on lit plutôt « légalisation »? C'est ma première question.
    Ma deuxième question est la suivante. Est-ce que le chef de l'opposition peut nous expliquer de manière neutre et objective la différence entre légalisation, décriminalisation et déjudiciarisation?
    Monsieur le Président, il n'y a pas vraiment de différence. C'est un jeu de mots auquel jouent les extrémistes pour ne pas devoir défendre leur bilan. Chaque fois qu'ils introduisent une mesure qui échoue, ils changent le nom de cette mesure. Originalement, ils appelaient cette mesure « approvisionnement sécuritaire ». Maintenant, ils l'ont changé pour « approvisionnement réglementé ». Ils utilisent les mots « légalisation » et « décriminalisation » pour faire des distinctions qui n'existent pas dans le vrai monde. C'est la réalité.
    En Colombie-Britannique, on a permis aux gens d'utiliser de la méthamphétamine, du crack, de l'héroïne et d'autres drogues dures dans les hôpitaux, le transport en commun et les parcs pour enfants. C'était 100 % légal. Peu importe le nom qu'on lui donne, c'est ça, la légalisation.
    Le Bloc québécois l'appuie, parce que le Bloc fait partie de la « gaugauche » qui appuie tous les programmes radicalement idéologiques du gouvernement et des néo-démocrates.

  (1120)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens d'abord à offrir mes condoléances à toutes les familles touchées par cette crise aussi terrible que tragique.
    Tout à l'heure, nous avons entendu parler des mères, qui connaissent certainement mieux que quiconque les dangers de l'approvisionnement en drogues toxiques. Elles savent aussi ce que c'est que de soutenir une personne aux prises avec des problèmes de toxicomanie. Elles savent de quoi elles parlent. Elles comprennent la situation et elles la connaissent bien.
    Au comité, nous avons entendu le témoignage de Petra Schulz, de l'organisme Moms Stop the Harm. Elle vient de l'Alberta, où le taux de mortalité liée aux drogues toxiques par habitant est le plus élevé au pays. Cet organisme a demandé à rencontrer le chef de l'opposition officielle. Or, en dépit des demandes répétées de cet organisme, il est le seul chef de parti qui refuse de rencontrer ses représentants, de les regarder droit dans les yeux et de les écouter.
    Le chef de l'opposition officielle pourrait-il expliquer à Moms Stop the Harm et aux mères de partout au pays pourquoi il refuse de discuter avec cet organisme?
    Monsieur le Président, c'est faux. J'ai rencontré des mères de partout au pays qui sont touchées par les surdoses et qui partagent le point de vue de presque tous les survivants de surdoses et de toxicomanie. Ces personnes sont presque unanimes dans leur opposition au programme radical néo-démocrate—libéral de distribution de drogues dures.
    Ces personnes souhaitent que leurs proches suivent un traitement et se rétablissent afin qu'ils puissent rentrer chez eux à la fois libérés de leur dépendance, heureux et en santé. Voilà l'avenir prometteur que nous leur offrons.
    Le député de Courtenay—Alberni invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, il s'agit d'une question très sérieuse. J'ai posé une question sérieuse et j'ai obtenu une réponse condescendante...
    Je ne sais pas si c'est une question de débat ou non parce que je n'ai pas bien entendu. Cependant, je suppose qu'il s'agissait d'une question de débat.
    Nous reprenons le débat. Le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon a la parole.
    Monsieur le Président, lorsque j'avais 10 ans, j'ai vécu une expérience semblable dans Gastown, en Colombie‑Britannique; c'est un quartier de Vancouver situé près du Downtown Eastside. Même si j'étais jeune à l'époque, je me rappelle que, quand j'y suis allé en voiture pour la première fois avec ma mère, j'ai été bouleversé par le chaos et le désespoir qui y régnaient. Quiconque se rend dans ce quartier de Vancouver peut voir à quel point c'est un endroit chaotique. Malheureusement, la crise de la toxicomanie s'est maintenant propagée dans tout le pays et dans toutes les collectivités de la Colombie‑Britannique. Les gens sont en difficulté. Des gens meurent. Il faut que cela change. Malgré cela, il y a 15 mois, le gouvernement libéral—néo-démocrate a lancé une politique cinglée de légalisation des drogues dures qui a mené à une situation où il y a encore plus de criminalité, de chaos, de drogues et de désordre, surtout en Colombie‑Britannique.
    La crise de la dépendance aux opioïdes s'est certes aggravée ces dernières années, mais le problème n'est pas nouveau. En 2009, Doctors of BC, anciennement connue sous le nom de la BC Medical Association, a publié un document d'orientation intitulé « Faire un pas en avant: améliorer les soins en matière de dépendances en Colombie‑Britannique ». Ce document contient 10 recommandations, dont celle de « reconnaître officiellement la dépendance comme une maladie chronique traitable dans le cadre de la charte des soins primaires de la Colombie‑Britannique et du programme de gestion des maladies chroniques de la province ».
    Les recommandations précisent, et c'est essentiel, qu'il faut « créer et financer 240 nouvelles places flexibles de désintoxication sous surveillance médicale » et « financer la création de 600 nouvelles places de traitement des dépendances dans l'ensemble de la province ».
    Quinze ans plus tard, la disponibilité des places en centre de traitement ne s'est pas améliorée. En fait, la situation n'a fait qu'empirer. Cependant, ce document ne suggère nulle part que la légalisation de drogues telles que le fentanyl, l'héroïne, le crack et la méthamphétamine aiderait les Britanno-Colombiens.
    Aujourd'hui, la principale cause de décès chez les jeunes de 10 à 18 ans dans ma province est la surdose, c'est-à-dire l'intoxication aux drogues. Pensons-y bien. En 2023, plus de 2 500 Britanno-Colombiens ont perdu la vie à cause de surdoses de drogues illicites. Plus de six Britanno-Colombiens perdent la vie chaque jour à cause de drogues mortelles. Depuis 2016, 42 000 personnes ont perdu la vie à cause de la crise des opioïdes au Canada, et, depuis que le premier ministre est entré en fonction, les décès par surdose d'opioïdes ont augmenté de 166 %.
    Le principal argument avancé par le gouvernement pour soutenir cette politique irresponsable de légalisation et de décriminalisation était qu'elle réduirait la stigmatisation entourant la toxicomanie. En réalité, elle n'a fait que l'aggraver. Les Canadiens sont des gens bien. Ils sont compatissants, mais cette compassion s'évapore rapidement à mesure que la criminalité et le chaos augmentent parallèlement aux politiques radicales du gouvernement. Voici un exemple.
    En octobre dernier, l'association de soccer d'Abbotsford a publié une lettre ouverte adressée à la Ville d'Abbotsford, où elle déplorait l'état de ses terrains et réclamait un changement. On pouvait y lire ceci:
     L'état des installations sportives de la ville, en particulier des terrains de soccer, est tout à fait lamentable.
    Ensuite:
    Les membres de l'association de soccer d'Abbotsford constatent une augmentation du nombre de personnes ayant des troubles liés à la toxicomanie qui traînent sur les terrains du [centre de loisirs de Matsqui], ce qui a entraîné une augmentation de la présence d'instruments liés à la consommation de drogue sur les terrains et dans les allées environnantes, notamment des seringues et des aiguilles, ainsi que des éclats de pipes à crack et de bouteilles d'alcool.
    Il n'est pas acceptable qu'un parent ou un enfant connaissent de telles conditions en se rendant à une activité sportive.
    De plus, la lettre mentionne que c'est le plus souvent dans des parcs municipaux que les enfants se blessent avec des aiguilles souillées et que les enfants « reproduisent les comportements » qu'ils voient autour d'eux. Autrement dit, ce qui se passe au centre de loisirs de Matsqui normalise la consommation de drogues, et les enfants sont exposés à cela.
     Le gouvernement savait dès le départ que sa politique cinglée consistant à autoriser la consommation de drogues dans les espaces publics mettrait des enfants en danger, mais il l’a quand même mise en œuvre. C’est une honte et un manquement total à son devoir de protection des enfants.
     À la Légion de Mission, les vétérans doivent ramasser les seringues souillées et demander aux gens d’arrêter de fumer du crack sur leur propriété, tous les jours. Il en va de même pour tous les commerces du centre-ville de Mission. C’est comme si le gouvernement libéral avait créé une taxe sur le crack parce que leurs vitrines sont fracassées et qu’ils doivent s’équiper en matériel contre les matières dangereuses pour nettoyer les lieux en raison de la présence potentielle de fentanyl.

  (1125)  

     À Mission, une clinique pour toxicomanes dirigée par la Dre Larina Reyes-Smith offrait des soins aux toxicomanes, le dépistage des infections transmissibles sexuellement, une aide psychosociale et plus encore. La Dre Reyes-Smith est une fervente partisane d’un accès accru aux traitements de désintoxication et au traitement des troubles mentaux plutôt que du modèle dit d’approvisionnement sécuritaire dont le gouvernement et la province de la Colombie-Britannique font la promotion. En octobre, elle est venue me voir bouleversée parce qu’elle a été contrainte de fermer sa clinique en raison des coûts élevés et du manque de soutien du gouvernement provincial, qui ne comprenait pas son approche de soins complets, ni la qualité des soins qu’elle prodiguait à ces personnes qui cherchaient désespérément à se libérer de la drogue et à vivre une vie meilleure.
     Des médecins continuent de faire entendre leur voix, affirmant qu'il faut appliquer la même structure de financement aux traitements qu'aux soins primaires pour qu'ils soient facturés au régime d’assurance maladie provincial, car en ce moment, ce n'est malheureusement pas le cas. Même dans les centres de désintoxication financés par l’État, les patients doivent payer de leur poche une indemnité journalière, ce qui rend l’accès à ces traitements salvateurs extrêmement difficile pour les toxicomanes.
     Pourquoi ne cherche-t-on pas à augmenter le nombre de médecins spécialisés dans les dépendances, au lieu de légaliser des drogues dures et de laisser les gens mourir seuls? Pourquoi ne pas mettre l’accent sur la mise en place de l’infrastructure dont nous avons désespérément besoin pour faire face à la crise?
     La crise des opioïdes ne se limite pas à la Colombie-Britannique. L’automne dernier, Belleville, en Ontario, a déclaré l’état d’urgence après que 23 personnes ont fait une surdose en deux jours. Belleville est à peine plus grande que Mission. Dans une ville d’un peu plus de 50 000 habitants, 23 personnes ont fait une surdose en un peu moins de 48 heures. Prenons encore un moment pour absorber cette information. Il s’agit là d’un phénomène normalisé au Canada. Treize surdoses ont eu lieu en deux heures seulement.
     Le gouvernement envisage maintenant de permettre à d’autres villes et provinces de commettre la même erreur que la Colombie-Britannique. En tant que Britanno-Colombien, j’ai peur que le premier ministre étende cette politique cinglée et que d’autres gouvernements provinciaux fassent la même erreur que la nôtre. C’est pourquoi les conservateurs demandent aujourd’hui au gouvernement de prendre quatre mesures. La première consiste à rejeter de manière proactive et claire la demande de la Ville de Toronto au gouvernement fédéral de légaliser les drogues dures mortelles comme le crack, l’héroïne et la méthamphétamine.

  (1130)  

[Français]

    Deuxièmement, la motion demande de « rejeter le vote de la Ville de Montréal demandant au gouvernement fédéral de rendre légales des drogues dures mortelles ».

[Traduction]

     Troisièmement, le gouvernement fédéral devrait refuser aux provinces, aux territoires et aux municipalités toute demande actuelle et future de légaliser des drogues dures mortelles sur leur territoire. Quatrièmement, il faut mettre fin aux stupéfiants financés par les contribuables et réaffecter cet argent à des programmes de traitement de la toxicomanie et de rétablissement.
     Chaque jour, 22 Canadiens perdent la vie dans le cadre de cette crise mortelle, et le gouvernement ne fait qu'aggraver le problème. Par conséquent, je demande à tous mes collègues d'appuyer la motion que nous avons présentée aujourd'hui et de mettre fin une fois pour toutes à l'expérience cinglée et mortelle de la légalisation des drogues dures afin que nous puissions nous concentrer sur l'accès au traitement, au rétablissement et au soutien dont les gens ont désespérément besoin.
     Les Canadiens aiment vivre dans un pays pacifique. Ils aiment vivre dans un pays où l'ordre règne. Cette idéologie radicale les en empêche. Ramenons les membres de nos familles à la maison.
    Monsieur le Président, je suis vraiment heureuse que mes collègues d'en face parlent de traitement. Le traitement est crucial. C'est un élément essentiel des mesures et des politiques que nous appliquons pour endiguer la crise des surdoses. Cependant, le geste est plus éloquent que la parole. Mon collègue s'engagerait-il à maintenir le financement du traitement, contrairement au gouvernement conservateur précédent, qui a réduit des deux tiers le financement du traitement de la toxicomanie?
    Monsieur le Président, la prémisse de cette question est complètement fausse. Sous l'ancien premier ministre Stephen Harper, le financement des soins de santé aux provinces a augmenté progressivement. Nous n'avons jamais réduit le financement des soins de santé. Nous avons répondu aux demandes présentées à l'époque par les provinces et les territoires.
    Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à exprimer mes condoléances à tous ceux qui ont perdu un être cher dans le cadre de cette crise des substances toxiques. Personnellement, j'ai perdu mon cousin Peter pendant cette crise. Il était dans la vingtaine. J'aimerais vraiment que nous parlions de solutions afin d'aider les gens.
     Je me demande si mon collègue peut expliquer pourquoi il adopte cette approche, alors que nous savons qu'en Colombie-Britannique, où l'approche est axée sur la personne et comporte de multiples facettes, le taux de mortalité a diminué de 11 % au cours de ces 12 derniers mois. Si nous comparons cela à l'Alberta, qui a un modèle axé uniquement sur le traitement — le traitement étant bien sûr un pilier important —, nous constatons que c'est là que le taux de mortalité par habitant est le plus élevé de toutes les provinces. En fait, Lethbridge a un taux de mortalité trois fois plus élevé que la Colombie-Britannique.
     Le nombre de personnes qui meurent si tragiquement en Colombie-Britannique par rapport à l'Alberta contredit-il ce que mon collègue a dit dans son discours?
    Monsieur le Président, comme je l’ai souligné dans mon intervention, la crise actuelle ne se limite pas à la Colombie-Britannique. À mon avis, la vraie question que la députée de Nanaimo—Ladysmith doit se poser est de savoir pourquoi son premier ministre idéologiquement extrémiste, M. Eby, a fait un virage à 180 degrés sur cette politique. Cela touche l’essence même de mon intervention, à savoir que les parents ne veulent pas que la toxicomanie soit normalisée dans nos communautés. Les parents veulent pouvoir fréquenter le centre-ville de Nanaimo, de Mission ou d’Abbotsford et se rendre à un centre de loisirs sans craindre d’être exposés à la méthamphétamine.
    Monsieur le Président, je suis heureux de voir que les conservateurs ont pris conscience de la crise des drogues toxiques dans notre pays. En ce qui concerne les solutions, la réalité est que l’Alberta a déjà fait tout ce qui est demandé dans la motion, et l’Alberta a le plus grand nombre de décès par habitant au pays.
     Le député va-t-il rencontrer les mères qui ont perdu leurs enfants à cause de drogues toxiques afin que nous puissions trouver de vraies solutions à une vraie crise?
    Monsieur le Président, j’aimerais que le député de Kitchener-Centre me suive d’un peu plus près sur les médias sociaux. J’ai rencontré des dizaines de parents qui ont perdu leurs enfants à cause de la crise des surdoses.
     En fait, l’an dernier, j’ai rencontré une mère dont le fils avait fait une surdose alors qu’il se trouvait dans un centre de désintoxication parce que la consommation de drogues y était autorisée. Cette mère a perdu son enfant. Par la suite, pour le premier anniversaire de sa mort, je me suis rendu à une réception qu’elle avait organisée au Diamond Head Motor Inn de Mission pour offrir un repas à certaines personnes que son fils avait l’habitude de fréquenter. J’ai demandé à des toxicomanes et à d’anciens toxicomanes si l’approvisionnement sécuritaire faisait une différence. Ils m’ont répondu: « Le gouvernement est tout simplement ridicule, car nous ne faisons que vendre la drogue. Ce qui se passe est une farce, une grosse farce ». Ils le savent et nous le savons. Nous devons y mettre un terme.

  (1135)  

[Français]

    Monsieur le Président, un peu plus tôt, le chef du Parti conservateur a refusé de nous expliquer la différence entre la légalisation et la décriminalisation. Cette dernière ne permet pas de consommer de la drogue partout comme on veut, elle permet de s’assurer que la personne qui a un problème de consommation n’est pas systématiquement envoyée dans le système carcéral et qu’elle peut recevoir les soins adéquats. Tout ça part du fait que l’on considère qu’une dépendance ou une toxicomanie est un problème de santé publique.
    J’aimerais simplement savoir…
    Je dois interrompre l’honorable députée.
    Je crois que nous avons un problème d'interprétation. Je veux m’assurer que l’honorable député de Mission-Matsqui-Fraser Canyon comprend ce que je dis en français. J'espère que l’interprétation fonctionne.
    Cela fonctionne maintenant. L’honorable députée de Saint‑Jean a la parole.
    Monsieur le Président, le chef du Parti conservateur a refusé de répondre à la question d’un de mes collègues, qui lui demandait de nous donner la définition de la légalisation par opposition à celle de la décriminalisation. C'est important dans le débat que nous avons présentement.
    La décriminalisation ne permet pas systématiquement de consommer de la drogue partout. Elle permet, dans des cas de problèmes de consommation, qu’on s’assure que la personne ne va pas nécessairement en prison, mais qu’elle peut recevoir des soins adéquats. Nous considérons que la toxicomanie est un problème de santé publique.
    J’ai une question simple pour le député: pour lui, la toxicomanie est-elle un problème de santé publique?
    Monsieur le Président, la députée du Bloc québécois n’a pas écouté mon discours aujourd’hui. J’ai dit que c’était un problème. Dans le rapport de 2009, que j’ai mentionné, il est indiqué que le gouvernement doit commencer à traiter les problèmes de dépendance comme les autres maladies chroniques.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Thunder Bay—Supérieur-Nord.
     Je prends la parole pour les familles qui ont perdu les êtres qui leur étaient les plus chers à cause d’une surdose. Je prends la parole pour les parents à qui j’ai parlé et qui ont perdu des enfants ainsi que pour les voisins qui ont perdu des amis. Je prends la parole pour les personnes dont j’ai entendu les histoires dans tout le pays, les personnes qui vivent ce drame ou qui l'ont déjà vécu. Je parle au nom des nombreux intervenants que j’ai rencontrés, qui sont appelés à faire ce travail en première ligne et qui luttent contre cette crise chaque jour. Je pense aux mères qui m’ont appris que la réduction des méfaits et les soins de santé nous appartiennent, à tous, partout, que les morts ne peuvent pas se rétablir ou suivre un traitement et qu’ensemble, nous pouvons changer les choses.
     Chaque conversation que j'ai eue avec ces gens a mis en évidence la nécessité d’un éventail complet de soins de santé, y compris la réduction des méfaits, pour répondre aux besoins des personnes là où elles se trouvent, avec dignité et compassion. Ce sont ces voix qui nous poussent à nous battre pour sauver des vies. Comme parlementaires, nous avons pour mission de faire entendre ces voix. Nous devons donc les écouter.
     Cependant, le chef de l’opposition continue de refuser de rencontrer les mères, les pères, les familles et les communautés qui sont nombreux à avoir besoin que nous les écoutions afin de mieux façonner les politiques de lutte contre la toxicomanie. Il refuse d'apprendre ce que ces gens peuvent lui enseigner. Le chef de l’opposition se sert des personnes les plus vulnérables de la société qui ont besoin de soins de santé essentiels comme arme politique. Il les déshumanise. Il le fait pour semer la peur et pour ramener les politiques inefficaces de l’époque de la guerre contre la drogue. Ce n’est pas ainsi qu'un vrai chef de file se comporte.
     Nous devons regarder la crise en face, en examiner les contours de près et prendre les mesures nécessaires. Nous devons en profiter maintenant pour utiliser tous les outils dont nous disposons en vue de lutter contre la crise, car l’inaction n’est pas une solution. Les drogues toxiques distribuées dans la rue changent constamment. Elles sont de plus en plus mortelles et tuent chaque jour des personnes qui nous sont chères. C’est la présence accrue du fentanyl parmi les drogues illégales qui est à l’origine de la crise complexe et omniprésente des surdoses. Aucune communauté n’est épargnée. La crise touche tous les groupes ethniques, sans égard à l’âge, au sexe, à la région géographique et au statut socioéconomique. À l'avenir, tout plan d’action devra reposer sur une perspective globale. Il n’existe pas de solution universelle pour résoudre le problème actuel.
     C'est pourquoi, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous inspirons de la nouvelle Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances pour nous attaquer à la crise des surdoses et aux autres méfaits de la consommation de substances. C'est le modèle canadien, fondé sur une approche compatissante, globale et axée sur la personne. L'approche est holistique; elle établit un équilibre entre la santé, le bien-être social et la sécurité publique. Elle reconnaît que nous devons continuer à faire plus pour aider les gens et assurer la sécurité de nos milieux de vie, ce qui comprend un ensemble complet de mesures de soutien et de services équitables et culturellement adaptés pour les Canadiens, que ce soit pour la prévention, la réduction des risques, le traitement ou le rétablissement.
     Nous devons accorder une grande priorité aux enfants et aux jeunes, en leur fournissant les outils et le soutien nécessaires pour prévenir ou retarder la consommation de substances psychoactives ou réduire les taux de consommation de ces substances. Nous voulons freiner la consommation de substances dès le début et assurer la sécurité de nos collectivités.
     Pour chaque politique et chaque programme relevant de la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances, nous examinons les risques et les avantages potentiels sous les angles de la santé publique et de la sécurité publique. Nous sommes également prêts à ajuster nos méthodes en fonction de ce qui se passe sur le terrain et de ce qui fonctionne. Gouverner, c'est décider. Il peut arriver que nous ne réussissions pas du premier coup, mais nous devons à ceux que nous servons et que nous essayons de sauver de faire tout ce qui est en notre pouvoir.
     Nous collaborons avec nos partenaires pour lutter contre les organisations criminelles qui se livrent au trafic et à la production de drogues illicites. Nous tirons profit de tous les outils à notre disposition pour mettre fin à cette crise nationale de santé publique. Dans ce travail, nous avons soutenu et continuerons à soutenir les provinces et les territoires, ainsi que les communautés et les organisations autochtones pour leur permettre de fournir l'ensemble des ressources requises.

  (1140)  

     Faisant suite aux sommes records investies l'an dernier dans les soins de santé, pour les services de santé mentale et le traitement de la toxicomanie notamment, le budget de 2024 comprend 150 millions de dollars affectés à un nouveau fonds de traitement d'urgence, qui sera offert aux municipalités et aux communautés autochtones afin qu'elles puissent offrir une intervention rapide aux besoins émergents et essentiels liés à la crise des opioïdes, comme à Belleville.
     Cet engagement s'ajoute au milliard de dollars que nous avons directement investi pour nous attaquer à cette crise, reconnaissant que tous les ordres de gouvernement ont un rôle à jouer pour aider les Canadiens et sauver des vies. Collectivement, les nouveaux investissements que nous faisons aideront les provinces et les territoires à élargir la prestation, en temps opportun, de services de santé mentale et de services aux toxicomanes qui soient de qualité et accessibles partout au pays, ainsi qu'à réduire les méfaits, à prévenir les surdoses, à réduire la stigmatisation et à sauver des vies.
     En ce qui concerne la lutte contre la toxicomanie, notre priorité absolue reste la protection de la santé et du bien-être de la population canadienne. Pour ce faire, nous avons besoin d'une approche qui place la santé au premier plan tout en assurant la sécurité de la population, une approche qui soit compatissante, équitable, axée sur la collaboration et fondée sur des données probantes. Le travail des organisations communautaires est un élément clé de cette équation. Grâce au Programme sur l'usage et les dépendances aux substances, nous aidons les organisations communautaires, qui sont des intervenants de première ligne, à mettre en œuvre des mesures innovantes de prévention, de réduction des risques, de traitement et de rétablissement, ainsi que d'autres interventions en santé fondées sur des données probantes, dont le besoin se fait cruellement sentir. Ces organisations locales ont la confiance de leur collectivité et les connaissances directes qui sont nécessaires pour avoir une incidence réelle sur la vie des gens.
     Nous savons que le principal vecteur de la crise des surdoses au Canada est l'approvisionnement toxique et imprévisible en drogues illicites, qui est contaminé par le fentanyl. Chaque jour, il est probable que beaucoup de gens ne savent même pas ce qu'ils consomment ou quelle quantité ils en consomment. Dans un premier temps, nous devons donner aux gens la possibilité d'accéder aux services de santé et aux services sociaux dont ils ont besoin pour améliorer leur bien-être. Une fois décédée, la personne ne peut plus se rétablir.
     Les programmes contre lesquels votent les députés de l'opposition sont des soins de santé. Comment peuvent-ils s'opposer à ce que les Canadiens consultent un médecin? Pourquoi ne font-ils pas confiance aux médecins pour prendre les meilleures décisions en consultation avec leurs patients? Les gens qui consomment des drogues sont des êtres humains comme les autres. Ce ne sont pas des chiffres, ce ne sont pas des figurants dans une vidéo. Ce sont des êtres humains qui ont besoin de notre compassion. C'est pourquoi nous mettons en œuvre un programme novateur de réduction des méfaits fondé sur des données probantes, y compris des sites de consommation supervisée, la vérification des drogues et la fourniture de naloxone. Tous ces outils sont nécessaires et bien plus encore, parce que pour faire face à cette crise complexe et en constante évolution, nous devons continuer d'essayer des approches nouvelles et novatrices. C'est ainsi que nous pourrons faire le nécessaire pour aider à sauver des vies et à mieux aiguiller les personnes qui consomment des substances vers les soins de santé et les services sociaux, pour que celles qui sont prêtes puissent recevoir les soins dont elles ont besoin.
    Je conclurai sur un principe aussi simple qu'évident: c'est une crise de santé publique, pas une crise de la criminalité. Le chef de l'opposition y a cru à un moment donné quand il a déclaré que la dépendance aux opioïdes est une maladie et que les personnes qui en souffrent sont des victimes. Or, les victimes n'ont pas leur place en prison. C'est ce que les défenseurs des droits de la personne et les experts nous rappellent chaque jour. Notre principal objectif est de sauver des vies et d'améliorer la santé tout en assurant la sécurité publique. Nous devons réduire les obstacles aux soins de santé, et non les renforcer et perpétuer la stigmatisation de la criminalisation.
     Je suis fière du modèle global que notre gouvernement met de l'avant, un modèle qui aide à réduire la stigmatisation et qui favorise l'accès à une gamme de services fondés sur des données probantes. Parlons aussi de la bravoure des travailleurs de la santé, des experts et des travailleurs de première ligne qui sont sur le terrain chaque jour, qui sont à la hauteur de la tâche et qui voient qui a besoin de notre aide. Nous continuerons d'appuyer leur travail et celui des provinces, des territoires et d'autres administrations. Nous le devons.
     Nous allons continuer d'appuyer une approche qui permettra de détourner les gens de la consommation de drogues, mais qui les éloignera aussi du système pénal pour les diriger plutôt vers les soins de santé et les services sociaux, parce qu'on ne peut pas détourner le regard. Nous ne pouvons pas forcer ceux qui ont besoin de notre compassion et de soins de santé à suivre un traitement dont ils ne veulent pas, ce qui ne fait que transférer le problème à quelqu'un d'autre. Il n'a jamais été aussi important que tous les ordres de gouvernement travaillent ensemble parce que, quand les gens obtiennent le bon soutien, il y a de l'espoir, et nous pouvons ainsi sauver des vies.

  (1145)  

    Monsieur le Président, dans mon intervention, j'ai parlé de la Dre Reyes-Smith qui essayait d'offrir à ses patients les services complets dont elle estimait qu'ils avaient besoin. Je souligne qu'elle faisait partie des auteurs du rapport de 2009 dont j'ai également parlé. La Dre Reyes-Smith a un statut de petite entreprise, comme tous les autres médecins en Colombie-Britannique. Or, les médecins doivent travailler dans le cadre d'un système de financement qui ne leur permet pas d'offrir des soins complets.
     Pourquoi le gouvernement du Canada, avec les 4,5 milliards de dollars qu'il n'a pas encore débloqués pour la santé mentale, n'essaie-t-il pas de changer le système pour permettre une solution novatrice qui autorise un médecin britanno-colombien à offrir des services complets et à traiter la crise de la dépendance liée à la santé mentale plus comme une question de soins primaires que comme une consultation ponctuelle avec un patient?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de reconnaître qu'il s'agit d'un problème de santé, contrairement au chef de l'opposition, qui continue de déshumaniser et de criminaliser les personnes qui ont besoin de soins de santé.
     C'est une excellente occasion de souligner notre approche globale, qui est une approche complète du problème de la toxicomanie au Canada. C'est une approche à quatre piliers qui comprend la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et l'application de la loi, et aussi la guérison. Nous savons que respecter le cheminement de chacun et proposer toute une série de soutiens, avec tous les outils dont nous disposons, c'est exactement ce que nous faisons.

[Français]

    Monsieur le Président, j'écoutais tantôt la réponse du chef conservateur à un de mes collègues qui lui demandait de faire la différence entre la légalisation, la décriminalisation et la déjudiciarisation. Celui-ci lui répondait que c'était une question de jouer sur les mots, qu'il n'y avait aucune différence, qu'on inventait des différences selon les situations.
    Qu'est-ce que la ministre pense de l'ignorance du chef conservateur?

  (1150)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, là est bien le problème. Le chef de l'opposition et le parti d'en face présentent des raisonnements qui n'ont rien à voir avec la réalité de la situation à laquelle nous devons remédier aujourd'hui. Décriminaliser, c'est faire en sorte que quelqu'un qui consomme des substances ne fasse pas l'objet de poursuites. Ce n'est pas légaliser les nombreuses drogues qu'il a mentionnées. C'est ouvrir une porte à quelqu'un qui a du mal à se faire soigner, plutôt que stigmatiser cette personne.
     Pourquoi vouloir criminaliser nos proches? Pourquoi ne pas vouloir les faire bénéficier de soins de santé?
     C'est précisément pourquoi nous avons tous les outils dont nous disposons et pourquoi nous travaillons en collaboration avec les provinces pour nous attaquer à ce problème, parce que nous devons respecter le cheminement de chacun et saisir l'occasion de sauver des vies.
    Monsieur le Président, 42 000 personnes sont mortes depuis le début de la crise des opioïdes, ce qui est plus que le nombre de Canadiens qui ont perdu la vie pendant la Deuxième Guerre mondiale. C’est d’autant plus inacceptable que nous dépensons moins de 1 % de ce que nous avons dépensé pour lutter contre la COVID-19. Nous ne sommes pas à la hauteur.
     Au Portugal, plus de 1 000 personnes mourraient mortes d’une surdose. En l’espace de deux ans, le nombre de morphinomanes était passé de 250 à 35 000. Le pays a fait appel à l’armée, et il a construit des laboratoires et des centres de traitement pour que les gens puissent se faire soigner sur demande, pour des traitements qui pouvaient durer jusqu’à un an. Il a investi dans des programmes de désintoxication. Ce pays a réussi à faire de cette crise un enjeu sanitaire parce que c’est ce que c’est, un enjeu sanitaire, et il a cessé de criminaliser les gens.
     Le gouvernement prétend vouloir intégrer et coordonner les services, avec une approche humanitaire. Mais où est son plan? Quel en est l’échéancier? Quelles en sont les ressources? Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas déclaré une urgence sanitaire nationale? Pourquoi?
    Monsieur le Président, je remercie le député de ses efforts inlassables dans ce dossier et de son travail en collaboration avec les députés de ce côté-ci de la Chambre pour trouver une solution à cette crise de surdoses et de drogues toxiques.
     Depuis 2016, nous avons investi des sommes considérables dans cette crise. Rien que dans le dernier budget, nous proposons d’allouer 150 millions de dollars dans un Fonds d’urgence pour le traitement. Nous avons signé des ententes bilatérales avec toutes les provinces et tous les territoires, dont les volets principaux sont la santé mentale et la toxicomanie, parce que la solution à cette crise passe par les soins de santé. De cette façon, les provinces et les territoires seront mieux en mesure d’adapter leurs services de santé à la situation.
    Monsieur le Président, je me réjouis que nous ayons ce débat aujourd’hui, car je pense à tous ceux qui pleurent la perte d’un ami ou d’un membre de leur famille, des gens comme Carolyn Karle, à Thunder Bay, qui a perdu sa fille Dayna qui participait à un programme de désintoxication depuis bientôt un an. Dayna a fait une rechute, un soir, avec de l’alcool. Ensuite, elle a pris de la drogue qu’elle croyait être de la cocaïne, mais elle est décédée ce même soir d’une surdose d’opioïdes. Après cette perte tragique, la mère a décidé d’aider les gens qui souffrent de toxicomanie, une maladie chronique et récurrente, comme nous ne le savons que trop, mais qui se traite.
     Les troubles qui accompagnent la toxicomanie sont connus depuis très longtemps. Le nombre de surdoses d’opioïdes est en augmentation depuis deux décennies, mais depuis la pandémie, le nombre de décès a atteint le chiffre alarmant de 22 personnes par jour. Cela signifie que, chaque jour, 22 cercles d’amis et de familles se retrouvent dévastés. La crise des opioïdes est caractérisée par la souffrance et le besoin désespéré de faire quelque chose. Les solutions faciles qui prônent la répression de la criminalité ont montré qu’elles sont inefficaces pour réduire les méfaits et sauver des vies. L’incarcération ne change rien face à la souffrance et à ces pertes de vie.
     Malheureusement, nous débattons aujourd’hui d’une idée dépassée qui a, en fait, contribué à la crise actuelle. Il s'agit d'une idée qui consiste à ignorer le problème, à faire fi de la science et à revenir loin en arrière, à une époque où l'on parlait des drogues de manière à la fois nocive et ignorante. C'est une idée qui ne ferait que susciter encore plus de honte et de dégoût chez les toxicomanes. Le Parti conservateur n’a pas à s’inquiéter. Je n’ai encore rencontré personne aux prises avec un problème de drogue qui n’éprouvait pas déjà ces sentiments, et je n’ai encore rencontré aucun parent endeuillé qui ne ferait pas tout en son pouvoir pour aider son enfant à comprendre à quel point sa vie est précieuse et pour l'aider à chercher à se libérer de sa dépendance.
     Il n’y a pas de solution miracle pour traiter la toxicomanie et réduire les méfaits que ce problème cause à la population et aux communautés. Au début des années 2000, j’ai été l’auteure de la stratégie antidrogue de Thunder Bay. En collaboration avec les professionnels des traitements, les agents d'application de la loi, les travailleurs de soutien et les spécialistes de la prévention en santé publique, nous avons fondé notre stratégie sur des études internationales qui disent que pour sauver des vies et réduire les méfaits causés aux personnes et aux communautés, nous devons nous appuyer sur quatre piliers interreliés: la prévention, le traitement, l’application de la loi et la réduction des méfaits. Nous avons même ajouté un cinquième pilier, le logement, car il est devenu évident qu’il était essentiel d’avoir un chez-soi pour guérir. Je souligne que les députés conservateurs ont également voté contre les approches relatives au logement.
     L’automne dernier, le gouvernement a lancé une version renouvelée de la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances. Celle-ci propose une politique de lutte contre les drogues qui se veut à la fois exhaustive, concertée, bienveillante et fondée sur des données probantes. En s’appuyant sur les conseils découlant de cette stratégie et d'un large éventail de professionnels, le gouvernement du Canada a annoncé plus de 1 milliard de dollars de financement, dont près de 600 millions de dollars dans le cadre du Programme sur l’usage et les dépendances aux substances de Santé Canada. Cette mesure soutient les travailleurs de première ligne pour le traitement, la réduction des méfaits, la prévention et la lutte contre la stigmatisation. Ces fonds vont directement aux personnes et à leurs familles pour leur permettre de guérir. Ils servent aussi à financer des initiatives de recherche et de surveillance et aident à renforcer la capacité de la police en vue de lutter contre la production et le trafic de drogues illicites.
     La toxicomanie est un problème complexe, et les Canadiens consomment des drogues pour toutes sortes de raisons. Toute personne qui consomme de la drogue ne souffre pas nécessairement de dépendance. En fait, il s’agit bien souvent de consommateurs occasionnels, et c’est pourquoi l’approvisionnement en substances toxiques est tellement dangereux.
     Pour les personnes souffrant de dépendances, les services de traitement voulus n’existent parfois pas ou ils ne sont pas abordables. Les obstacles au traitement sont souvent invisibles. Certaines personnes font face à des problèmes particuliers, selon leur situation particulière. Les groupes marginalisés sont souvent victimes de stigmatisation ou de préjugés, et sont donc plus à risque, ce qui est le cas des jeunes, des Autochtones, des communautés racialisées et des personnes LGBTQ+.
     Il est très difficile de demander de l’aide. La société juge encore durement les personnes souffrant de dépendances et emploie des termes comme « toxicomane », terme que nous entendons bien trop souvent dans la bouche du chef de l’opposition et qui s'inscrit dans une tendance à jeter l'opprobre sur les gens. La honte qui en résulte est toxique, elle aussi. Elle pousse à la consommation solitaire, au silence et au retrait de la famille et de la collectivité.
     Chacun s’affranchit de ses dépendances à sa façon. Je demande à tous les députés s’ils ont déjà été aux prises avec une substance ou un comportement problématique. Est-ce qu’ils mangent trop? Est-ce qu’ils achètent trop? Ont-ils déjà eu l’impression d’avoir une dépendance au jeu? Je pourrais leur poser encore beaucoup d'autres questions. N'oublions pas nos propres passes difficiles, car cela nous donne une idée des raisons pour lesquelles des gens souffrent d'une dépendance et suscite en nous de l’empathie face à la difficulté de s’en sortir.

  (1155)  

     Je peux dire aux députés que toutes les personnes qui ont perdu un proche et que j’ai rencontrées feraient tout pour avoir une autre chance de garder cette personne en vie. Il n’y a pas de solution universelle à cette crise. Il nous faut diverses formes d'aide, peu importe qu’une personne consomme des substances, qu'elle cherche des façons de s'en sortir ou qu'elle soit prête à entreprendre le cheminement vers son rétablissement.
     C’est pourquoi la réduction des méfaits est très importante. Nous ne pouvons pas traiter une personne qui est morte. Les mesures de réduction des méfaits, comme les centres de consommation supervisée et les services de surveillance en personne ou à distance, la naloxone à emporter à domicile et les technologies de vérification des drogues, font que les personnes restent en relation avec les services et savent que leur vie a de l'importance.
     En 2016, il y avait un seul centre de consommation supervisée au Canada, et Stephen Harper a essayé à plusieurs reprises de le faire fermer. Heureusement, les tribunaux ont convenu que la vie des consommateurs de drogues compte aussi.
     Depuis, en cherchant avant tout à sauver des vies, nous avons approuvé la création de 41 centres de consommation en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et au Québec. Les employés de ces centres y ont prévenu plus de 53 000 surdoses, et ont reçu plus de 4,5 millions de visites. Cela fait beaucoup de personnes qui veulent vivre, mais cette motion dit qu’elles ne méritent pas ce soutien, qu’on ne devrait pas leur donner une autre chance de vivre plus sainement.
     Nous soutenons également un réseau de 45 centres et services de traitement dans la majorité des communautés des Premières Nations et des Inuits partout au Canada; 82 sites qui offrent un traitement global et 75 équipes de mieux-être mental qui servent 385 communautés des Premières Nations et des Inuits.
     Bien que l’opposition conservatrice cherche à faire croire le contraire, la réduction des méfaits est effectivement un traitement. Lorsque les gens se sentent considérés et soutenus, ils créent des liens. Lorsque les gens utilisent une aiguille propre ou s’injectent une substance sous la surveillance d’une infirmière, cela signifie qu’ils veulent vivre. Sur les sites de consommation supervisée au Canada, plus de 424 000 personnes ont été orientées vers des services sociaux et de santé. La réduction des méfaits est un pont vers des jours meilleurs.
     Le chef de l’opposition veut revenir à l’époque de la guerre contre la drogue, mais ce qu’il propose en réalité, c’est une guerre contre les consommateurs de substances, les personnes et leurs familles, des gens qui souffrent et des gens qui espèrent un avenir meilleur.
     Aujourd’hui, je tiens à dire cela pour défendre les familles endeuillées par la perte d’un être cher. Je le dis pour les parents, comme mon cher ami Calvin Fors à Thunder Bay, qui a perdu son jeune fils à la suite d’une surdose accidentelle; nous nous souvenons de Reilly. Qu’il n’y ait plus de décès comme ceux de Reilly ou de Dayna, tel doit être notre objectif. La compassion est importante, les faits probants sont importants et les liens sont importants, et la cruauté n’aidera pas les gens à guérir. Cela n’a jamais été le cas, et nous en avons la preuve éclatante.

  (1200)  

    Madame la Présidente, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a déclaré que l’approvisionnement en drogues toxiques était l’une des principales causes de décès. Nous sommes d’accord sur ce point. Toutefois, comme la députée l’a fait remarquer, l’un des quatre piliers, c’est l’application de la loi.
     Combien d’accusations ont été portées en vertu du Code criminel pour le trafic de fentanyl?
    Madame la Présidente, je suis extrêmement reconnaissante aux agents de la paix qui œuvrent au quotidien avec des personnes qui consomment des substances. Ce sont les membres de la société qui travaillent le plus dur, et nous pouvons tous les remercier.
     En fait, il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de participer à une sortie avec des policiers, à la période de Noël. Sur les 14 appels à l’aide, 12 concernaient des problèmes liés à la consommation de substances, y compris à l’alcoolisme. Ces personnes vivaient les moments les plus sombres de leur vie.
     Les policiers les ont aidées et les ont mises en contact avec des services de santé mentale. Ils ont déclaré à maintes reprises qu’ils avaient besoin d’une série de mesures de soutien pour les personnes qui se débattent de cette manière. C’est un travail bouleversant et il y a des gens qui le font tous les jours. Je remercie ces policiers.

[Français]

    Madame la Présidente, je salue ma collègue. J'ai été à l'écoute de son témoignage, qu'elle a rendu avec beaucoup d'émotion. Je la soutiens et je suis tout à fait en phase avec sa réflexion.
    Le dossier des opioïdes n'est pas un dossier simple. Il s'agit d'un dossier complexe qui mérite autant de nuances qu'il y a d'enjeux et qu'il y a de personnes qui vivent des expériences négatives avec la consommation de drogues dures. Je trouve que le Parti conservateur a l'habitude de prendre beaucoup de raccourcis, dans toutes sortes de sujets. Je trouve toutefois déplorable que, dans ce sujet, on prenne des raccourcis aussi simplets que ceux qui nous sont évoqués.
    J'aimerais que ma collègue nous dise quelle réponse elle pourrait donner à la population, qui attend impatiemment que nous offrions tous les outils disponibles aux intervenants, afin que nous puissions, à la Chambre, faire partie de la solution en votant contre la motion. Celle-ci est trop simple et contient trop de raccourcis de la part du Parti conservateur.
    Madame la Présidente, c'est très triste pour trop de familles dans ce pays et dans beaucoup de municipalités.

[Traduction]

     Je suis heureuse que la députée ait demandé ce que nous pouvons faire. Je suis également heureuse qu’elle ait appelé à voter contre la motion. En votant contre, nous dirons à ces familles en difficulté qu’elles comptent, ces familles qui font tout pour que leurs proches restent en vie un jour de plus.
     Chaque consommateur de substances psychoactives du pays a des liens avec d’autres personnes. Ceux d’entre nous qui n’ont jamais eu à s’inquiéter d’un proche à cause de sa consommation de substances sont extrêmement chanceux. Ce n’est certainement pas mon cas. J’ai vu beaucoup de personnes souffrir énormément durant ma vie. À chaque instant, nous savons qu’un avenir meilleur les attend si elles peuvent simplement tenir un jour de plus.
    Madame la Présidente, la crise des opioïdes a dévasté la région de la Baie‑James. On a déclaré des états d'urgence. On a également déclaré des états d'urgence pour la crise sanitaire et la crise du suicide. Tous les piliers de la santé sont essentiels.
     Je souhaite interroger la ministre sur sa décision d'abandonner l'hôpital Weeneebayko. Cela fait 20 ans qu'on négocie la mise en place de soins de santé intégrés adéquats à la Baie‑James. Je me suis entretenu avec le grand chef Alvin Fiddler et avec le grand chef Leo Friday. J'ai parlé avec la cheffe nationale. Ils se demandent tous comment le gouvernement libéral peut abandonner ce projet, auquel tant d'années de travail ont été consacrées pour garantir que nous n'offrons pas des soins de santé de troisième ordre aux Cris de la Baie‑James.

  (1205)  

    Madame la Présidente, tout d'abord, la sortie de cette crise ne repose pas seulement sur les soins de santé. Elle repose sur le renforcement de la communauté, qui passe par le processus de réconciliation. Elle repose sur l'équité et l'éducation. Elle repose sur de meilleurs services de soutien afin que les gens puissent s'épanouir pleinement, ce qui va dans le sens des nombreuses mesures que nous avons mises en œuvre en tant que gouvernement.
     Je répondrai directement à la question du député en disant que je n'abandonne pas cet engagement. Nous ferons construire cet hôpital.

[Français]

     Madame la Présidente, dans ce débat, aujourd'hui, il ne faudrait pas oublier les plus de 42 000 personnes qui sont décédées. Il ne faut pas oublier non plus leurs familles, qui ont souffert de la descente aux enfers que ces gens ont pu vivre. Je souhaite un débat respectueux, qui évite l'instrumentalisation politique et idéologique des gens qui souffrent, des gens qui sont malades.
     Je souhaite que nous soyons en mode solution, mais en respectant, en entendant et en écoutant le travail des gens de première ligne. Au Comité permanent de la santé, depuis déjà quelques semaines, on entend des témoins, des experts, des gens qui travaillent avec des gens aux prises avec une dépendance. Ils viennent nous décrire la situation.
     Ce qu'on peut dire, aujourd'hui, c'est que la toxicomanie, la polytoxicomanie, n'est pas un problème simple. Ce n'est pas un problème judiciaire, d'abord et avant tout. C'est un problème de santé publique complexe et aiguë. La dépendance aux drogues, tout le monde s'entend là-dessus, j'espère, est une maladie plus que sournoise. Elle est chronique et de nature multifactorielle.
    À une certaine époque, on pouvait dire des gens aux prises avec une dépendance qu'ils descendaient lentement aux enfers. Voilà que l'introduction d'un opioïde de synthèse, le fentanyl, vient écourter de façon tragique cette descente aux enfers. C'est pour cela qu'il faut, à mon avis, parler davantage, en 2024, d'une crise des drogues illicites. C'est ça qui cause des surdoses.
    La question n'est pas simple, et il ne faut pas aller vers des raisonnements simplistes. De 50 % à 70 % des dépendances sont liées à des problèmes de santé mentale primaires. Il faut donc avoir plus d'accès à la première ligne. Je vais y revenir tantôt, mais cela vient rejoindre l'investissement en santé qui ne se fait pas. On ne peut pas régler un problème, parler d'un problème, trouver des solutions à un problème ou mesurer les solutions à un problème si on confond les outils conceptuels pour le régler.
    Je suis complètement renversé ce matin. J'ai toujours pensé que les conservateurs et le chef de l’opposition entretenaient sciemment un flou à propos des termes, qu'ils voulaient laisser croire aux gens que tous les autres partis, à part eux, étaient pour la légalisation des drogues dures. Ce n'est pas rien.
    Si, dans un examen de criminologie 101, on demandait à une personne voulant être admise à la faculté de criminologie la différence entre la légalisation, la décriminalisation et la déjudiciarisation et qu'elle répondait ce que le chef conservateur a répondu tantôt, soit que c'est du pareil au même, que c'est juste une question de synonymes, qu'on change les mots, mais que cela veut dire la même chose, elle ne serait pas admise.
    Comment pouvons-nous parler d'un problème quand nous ne comprenons même pas les outils conceptuels qui nous permettent de décrire et de parler de la réalité? Il n'y a personne à la Chambre, actuellement, qui pense qu'il faut légaliser les drogues dures dans le contexte de crise des drogues illicites.

  (1210)  

    Le problème, et on va le voir tantôt à l’analyse de la motion conservatrice présentée ce matin, c’est qu’on a introduit le concept de légalisation des drogues partout. La légalisation des drogues, ça implique la production commerciale de la substance. On retire du Code criminel toutes les infractions relatives aux drogues pour permettre la consommation de la drogue. Elle pourrait donc être le fait d’une production commerciale vendue pignon sur rue, achetée et consommée librement, comme ça s’est fait pour le cannabis. Peut-on convenir qu’on est très loin de ça?
    Quand on parle de la décriminalisation de la possession simple aux fins de consommation personnelle d’une personne qui est aux prises avec une dépendance à la drogue, on est loin de ce que je viens de dire. Peut-on en convenir? Si on ne convient pas de ça, où s’en va le débat? De quoi parle-t-on au juste?
    Éviter de criminaliser la consommation de drogues, et éviter ainsi de faire entrer dans un processus judiciaire un malade aux prises avec sa dépendance, ce n’est pas légaliser la drogue. C’est faire en sorte de pouvoir le déstigmatiser et lui permettre, entre autres choses, un accès aux services et à des ressources. En effet, pour pouvoir amener les gens en cure de désintoxication, quand telle est leur volonté, encore faut-il avoir un contact avec ces gens. Or, s’ils se cachent pour consommer de la drogue, si, à cause de leur emploi, ils ne peuvent pas en parler en raison de la stigmatisation, pensons-nous qu’ils vont demander de l’aide ouvertement, alors que ça peut leur porter préjudice de façon criminelle? Si, par malheur, ils tombaient sur un comprimé d’un laboratoire illicite, ils pourraient en crever.
    Ce qu’il faut savoir, c’est que cette maladie, elle implique la rechute dans le processus de désintoxication, et ça, on ne veut jamais en parler. On s’imagine qu’on amène quelqu’un en cure de désintoxication et que le problème est réglé. Non, parce que la rechute fait partie du processus de guérison.
    C’est un problème complexe. Imaginons qu'on arrive à faire en sorte que quelqu’un accepte d'aller en cure de désintoxication. La rechute fait partie du processus. Imaginons qu'on ne lui donne plus accès à des sites de consommation supervisée, comme voulaient le faire les conservateurs en 2011 sous Harper. La Cour suprême avait dit non et elle a dit c’était important parce que ça portait atteinte à la sécurité de la personne malade aux prises avec un problème de consommation. Or, si une personne rechute et qu'elle n'a pas accès à ces sites, elle prendra de la drogue illicite et elle aura moins de tolérance à la drogue parce qu’effectivement, les opioïdes, ça crée une tolérance. Elle pourra en crever. On parle de la réduction des méfaits et les gens qui travaillent sur le terrain disent que, parfois, dans la réduction des méfaits, les sites de consommation supervisée sont importants. Pourquoi est-ce le cas? C’est parce qu’il y a de la drogue illicite. Ils peuvent aller la faire tester pour voir s’il y a du fentanyl dedans.
    Bien sûr, il faut régler les problèmes de cohabitation. Les gens qui n’ont pas de problème de consommation ne doivent pas non plus écoper. Toutefois, cela ne remet pas en question toute une stratégie fondée d’abord et avant tout, faut-il le rappeler, sur la prévention. Il ne s'agit pas seulement de prévenir la consommation de drogues. Il s'agit aussi de prévenir la rechute, de prévenir la stigmatisation et de favoriser la réinsertion sociale.
    Dans ma circonscription, il y a un projet incroyable qui vient d'être mis en place: la remise à neuf de l’organisme Uniatox. Je suis un peu émotif. Cet organisme, pour la première fois, va travailler en prévention de la rechute. Il n’y a pas beaucoup de projets comme celui-là.

  (1215)  

    Si on avait une vision totalement simpliste, on dirait qu'on ne touche pas à la réduction des méfaits. On dirait que les gens doivent aller en désintoxication et que, en tant que grands garçons ou grandes filles, ils doivent ensuite s'arranger avec leurs troubles dans la vie. Il ne faut pas faire ça, car il va y avoir des rechutes. Il y a des gens qui, avec ces centres de consommation supervisée, arrivent à stabiliser leur consommation.
    La réduction des méfaits est un des axes des quatre piliers — j'ai aussi parlé de prévention. Dans cette crise des opioïdes où les gens crèvent d'une seule pilule, ce n'est pas en disant qu'on va recriminaliser la chose qu'on va régler le problème, car cela n'a strictement rien à voir. Je pourrais aller dans la rue et avoir accès à une pilule du marché illicite. Cela n'a rien à voir avec la décriminalisation.
    Il y a beaucoup de surdoses en Colombie‑Britannique, en Alberta, en Ontario et au Nouveau‑Brunswick. Il y en a un peu moins au Québec, selon les statistiques auxquelles j'ai eu accès, mais il faut faire attention avec ça. La réduction des méfaits implique également un approvisionnement sécuritaire. Pourquoi? C'est parce qu'il faut sauver des vies, parce que le marché illicite tue. À ce que je sache, le quatrième pilier qu'on appelle l'application de la loi est très peu efficace encore.
    D'ailleurs, depuis 50 ans, l'approche répressive et guerrière face à la drogue n'a rien réglé. Quand on compare le modèle des États‑Unis à celui du Portugal, on voit que les États‑Unis sont loin derrière. Pourtant, existe-t-il un pays plus hostile à la décriminalisation de la possession simple et à la déjudiciarisation? Je n'ai pas encore parlé de déjudiciarisation, mais c'est ce que le projet de loi C‑5 prévoyait: des mesures de déjudiciarisation.
    Pour poursuivre la comparaison entre les États‑Unis et le Portugal, il faut savoir qu'il y avait au Portugal 1 million d'héroïnomanes, un problème de santé publique incroyable concernant la transmission du VIH. On a décriminalisé, mais on n'a pas mis la charrue avant les bœufs. On ne s'est pas juste donné bonne conscience en déjudiciarisant et en ne faisant rien. Il faut injecter de l'argent, doubler les mesures de soutien, avoir plus de travailleurs sociaux, d'intervenants de première ligne et de travailleurs de rue. Il faut avoir plus de centres d'approvisionnement contrôlé, s'adapter et corriger constamment le tir.
    Je vois les gens dire que le projet pilote en Colombie‑Britannique est épouvantable. C'est bien sûr épouvantable, mais est-ce la décriminalisation qui est épouvantable? Non, c'est le fait qu'ils sont aux prises avec une crise que personne ici ne serait capable de régler en un tour de main. Il faut que tout monde travaille ensemble. Oui, les gens de la Colombie‑Britannique devaient ajuster le tir, mais la décriminalisation n'implique pas nécessairement de pouvoir consommer n'importe où et en tout lieu. On peut réglementer ça. J'imagine que c'est ce vers quoi ils s'en vont. On ne peut pas non plus nier les problèmes de cohabitation.
    Je me suis fait un petit aide-mémoire portant sur l'axe juridique. On nous donnait cela en criminologie, à l'époque. À un bout de l'axe juridique, il y a la criminalisation. À l'autre bout de l'axe, il y a la légalisation. Voilà le spectre. Du côté de la criminalisation, il y a la peine de mort. Y a-t-il une peine plus élevée que la peine de mort? Il y a ensuite l'incarcération, puis des amendes.

  (1220)  

     Ensuite, tranquillement, on entre dans le spectre de la déjudiciarisation, de la décriminalisation. Il peut s'agir de la consommation supervisée, de la possibilité de déjudiciariser la personne devant les tribunaux, des interventions ciblées des policiers, des mises en garde officielles, des sanctions administratives, des amendes. Il peut s'agir aussi de la décriminalisation de la possession simple, ce qui n'est pas encore la légalisation. Ensuite, on arrive à la réglementation de la vente au détail, à la production commerciale, et donc, à la légalisation. C'est ça, la légalisation. On peut se dire que cela constitue un axe.
     Quand j'entends le chef de l'opposition dire que c'est la même chose, je dois lui dire que non, ce n'est pas la même chose. Il y a des tableaux qui existent. Il faut lire un peu. C'est comme si je disais que la peine de mort était la même chose que l'incarcération. Non, il y a des mesures différentes, différenciées, dans l'axe de la décriminalisation, c'est-à-dire des mesures de déjudiciarisation. C'est ce que Montréal et le Québec ont privilégié, la déjudiciarisation.
    Dans le projet de loi C‑5, il y avait un point important qui prévoyait une mesure de déjudiciarisation pour les infractions de possession simple. Cela a donc permis, entre autres choses, la mise en œuvre de ce projet pilote en Colombie-Britannique, qui a eu lieu en janvier 2023 et qui vient de se terminer. Est-il vraiment terminé? La réponse est oui et non, parce que j'imagine qu'ils vont faire les correctifs nécessaires.
    Pour ceux qui ne le savent pas, cette crise a pris de l'ampleur depuis 2016, puis elle a connu un pic pendant la pandémie. Pourquoi? C'est parce que les gens étaient isolés. Quand on fait une surdose, puis qu'on est tout seul, on ne peut pas s'administrer de la naloxone. Quand on ne consomme pas dans un site de supervision contrôlée, on ne peut pas non plus avoir de la naloxone.
    La motion, elle est fausse. Examinons le point a).
    
a) rejeter de façon proactive la demande de la Ville de Toronto pour que le gouvernement fédéral rende légales des drogues dures mortelles comme le crack, la cocaïne, l’héroïne et la méthamphétamine;
    L'affirmation est fausse, parce qu'en janvier dernier, la Ville de Toronto a présenté une nouvelle mouture de son plan de décriminalisation des drogues à Santé Canada et la Ville travaille sur la décriminalisation et non sur la légalisation.
b) rejeter le vote de la Ville de Montréal demandant au gouvernement fédéral de rendre légales des drogues dures mortelles;
    Encore une fois, Montréal travaille en déjudiciarisation, de concert avec les corps policiers, avec la santé publique de façon à ce que les intervenants de première ligne, tout le monde ensemble, coordonnent leurs travaux. Il y a des problèmes, certes, mais il faut qu'ils s'ajustent et ils vont s'ajuster. Cependant, on est loin de la décriminalisation et on est aussi loin de la légalisation.
c) refuser toutes demandes en cours ou futures des provinces, des territoires ou des municipalités pour que le gouvernement fédéral approuve la légalisation de drogues dures mortelles sur leurs territoires;
    Encore une fois, on est dans le champ, vraiment dans le champ. Ce n'est pas la légalisation, c'est la décriminalisation, et encore là, certains n'ont pas demandé de décriminalisation. Certains ont réfléchi à la question, se sont ravisés et favorisent davantage la concertation des intervenants du milieu, avec des mesures de déjudiciarisation, pour éviter d'engorger les tribunaux de gens qui, dans le fond, ne devraient pas être en prison, mais devraient se faire traiter, parce que les prisons ne sont pas des lieux thérapeutiques. Les gens disent de concert qu'ils vont continuer de travailler de cette manière et qu'ils vont essayer progressivement de régler les problèmes de cohabitation qu'ils peuvent avoir.
d) mettre un terme au financement des stupéfiants avec des fonds publics et d’utiliser cet argent pour financer les programmes de traitement de la dépendance aux drogues.
    C'est comme si on était en train de dire qu'on finance la crise des opioïdes et des surdoses. Ce n'est pas ça qu'on fait. Ce programme a été mis en place pour éviter les morts et, selon les données probantes, l'approvisionnement sécuritaire crée effectivement une baisse des surdoses présentement. Imaginons ce que la crise pourrait être s'il n'y en avait pas.
    Je dois m'arrêter là.

  (1225)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'apprécie beaucoup la manière et le ton que le député a employés pour parler de ce qui est un problème très grave au Canada aujourd'hui. En l'écoutant, j'ai pensé au fait que nous devons reconnaître que pour faire face à cette crise, nous devons adopter une approche multidimensionnelle. J'ai pensé à l'importance de travailler avec les professionnels de la santé, les premiers répondants, les communautés et les différents ordres de gouvernement pour veiller à bien faire les choses. Le député pourrait-il nous dire à quel point il est important de mener des consultations et de travailler en collaboration pour sauver des vies, et pourrait-il nous faire part de toute autre observation qu'il souhaiterait formuler à ce sujet?

[Français]

     Madame la Présidente, je n'ai pas parlé du plan québécois qui se déploie en quatre axes: faire davantage en prévention, faire davantage en traitement antagoniste des opioïdes, faire davantage et mieux en réduction des méfaits et travailler à l'application de la loi pour démanteler les laboratoires clandestins.
    On veut que les substances qu'on appelle les précurseurs, c'est-à-dire ce qu'il faut pour faire une drogue de contrefaçon et une drogue qui tue, soient interdites. Dans ces laboratoires, du fentanyl et d'autres substances sont ajoutés aux drogues. Les gens ne sont pas capables de même tolérer une première dose. Il faut pouvoir démanteler cela et pouvoir les interdire.
    Le fédéral devrait mettre de l'argent dans les systèmes de santé du Québec et des provinces pour qu'ils soient capables de s'occuper de leur monde, de le soigner. Aussi, il serait temps de légiférer en matière de précurseurs.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député parle du soi-disant approvisionnement sûr et de la réduction des méfaits, en disant qu'il faut en faire plus, qu'il faut plus d'exemples de ces mesures et qu'il faut plus de programmes pour en élargir la portée, et cetera. Je le renvoie à la Colombie-Britannique. Après à peine un an, le gouvernement néo-démocrate de cette province, qui était un fervent partisan de cette mesure, s'est soudain ravisé et a voulu faire marche arrière aussi vite que possible. Il a fait preuve de gros bon sens en déclarant qu'il n'était pas vraiment judicieux de distribuer gratuitement des drogues dans l'espace public. Le hasard faisant bien les choses, ce premier ministre sera bientôt en campagne électorale. Les gens sont pleins de bon sens et, devant les protestations des électeurs, il se devait d'agir ainsi.
     L'un des points clés du soi-disant approvisionnement sûr est la fourniture gratuite par le gouvernement de drogues dures, d'hydromorphone. C'est ce qui s'est passé en Colombie-Britannique. Nous savons que ces drogues gratuites sont vendues à des jeunes, surtout. Lorsqu'elles se retrouvent entre les mains de jeunes, elles créent de nouveaux toxicomanes.
     Le député pense-t-il que ce plan est bon et est-il favorable à ce que le gouvernement fédéral fournisse gratuitement des drogues qui se retrouvent entre les mains d'enfants?

[Français]

    Madame la Présidente, dire qu'il faut faire davantage en réduction des méfaits n'implique pas nécessairement qu'il faut faire davantage en matière d'approvisionnement sécuritaire. Cela veut dire qu'il faut ajuster l'approvisionnement sécuritaire. Il faut avoir plus de moyens pour que cela ne se retrouve pas au mauvais endroit. Or, l'approvisionnement sécuritaire ne tue pas. Ce qui tue, ce sont les drogues illicites du marché illicite de la contrefaçon des drogues.
    Mon collègue a amené l'idée que l'approvisionnement sécuritaire se retrouve dans les cours d'école. Cette idée a aussi été entendue au Comité permanent de la santé. Or, les experts rencontrés prétendent que cela ne repose sur aucune donnée probante. Je l'invite à déposer le document officiel qui nous permettrait de voir les données probantes, en lien avec la vente du détournement des drogues d'approvisionnement sécuritaire dans des cours d'école, et non pas un article de journal seulement.

  (1230)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue qui défend une politique fondée sur des données probantes, une politique qui repose sur des faits. Nous entendons les conservateurs semer la panique morale à propos de l'approvisionnement sûr, entre autres, et tomber dans la désinformation.
    C'est dommageable en période de crise sanitaire. La présidente de l'association des chefs de police de la Colombie-Britannique nous a dit que le détournement de l'approvisionnement sûr est au pire minime. Elle a indiqué que c'est en fait le fentanyl et les drogues toxiques qui tuent les gens. Elle a affirmé sans équivoque que les produits pharmaceutiques ne représentent qu'une faible portion de ce qu'on trouve. En réalité, on trouve encore moins d'hydromorphone. Il s'agit littéralement d'une fraction de ce qui se retrouve dans la rue. Les gens meurent à cause du fentanyl.
    Mon collègue peut-il parler du danger d'une politique de santé idéologique fondée sur la panique morale et la désinformation, et de ses conséquences néfastes non seulement pour les victimes, mais pour l'avenir de notre pays et de notre système de santé?

[Français]

    Madame la Présidente, ce que je devrais dire pour prolonger ma réponse de tantôt, c’est que la réduction des méfaits existait bien avant la crise des surdoses qu’on est en train de vivre maintenant. Quand les conservateurs disent que la réduction des méfaits est à l’origine de ce qu’on est en train de vivre, c’est faux.
     Ce qui est problématique, c’est la crise de surdoses de drogues illicites. Les gens qui travaillent sur le terrain ont dit qu'il fallait faire quelque chose, par exemple pour la mère qui est venue nous voir et qui a dit que, si son fils qui était en sevrage avait pu avoir accès à un programme d'approvisionnement sécuritaire, il ne serait pas mort. En effet, il avait perdu cette tolérance qu’il avait, puisqu’il avait vécu un sevrage, et il est tombé sur une drogue illicite. Il est mort tout de suite, sans pouvoir poursuivre son intention de redevenir un citoyen, un bon citoyen, comme il le disait.
    J’éviterais d’exacerber le débat. Je peux accuser les conservateurs de bien des maux, mais je ne vais pas faire ça. Je veux juste qu’on s’explique, qu’on puisse se donner l’heure juste et qu’on puisse parler de faits probants et de données probantes sans idéologie politique, et surtout pas sur le dos des gens qui sont morts, de leur famille et des gens qui souffrent présentement de toxicomanie.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Montcalm de son discours, qui était comme toujours éclairant, parce qu’il est lui-même éclairé et très connaissant de ses dossiers. C’est un plaisir de l’entendre.
    Ce matin, nous avons été plusieurs à essayer de faire dire aux conservateurs quelle était la différence entre la décriminalisation, la légalisation et la déjudiciarisation. Ils n’ont pas voulu répondre à cette question. Par contre, on a eu un début de réponse lorsque j'ai demandé à un de mes collègues si on assistait à une crise de santé publique, et qu'il m'a répondu que les toxicomanes étaient des malades chroniques.
    Ma question est simple: à partir du moment où on considère que les toxicomanes sont des malades chroniques, comment peut-on faire autre chose que de décriminaliser leurs comportements si on veut s’assurer qu’ils peuvent recevoir des traitements adéquats plutôt que de les envoyer en prison?
    Madame la Présidente, effectivement, la décriminalisation, le projet pilote de la Colombie‑Britannique, n’a rien à voir avec les surdoses, mais permettait effectivement de faire en sorte que ces gens ne se retrouvent pas emprisonnés et devant les tribunaux.
    Il faut cependant faire attention. Oui, c’est vrai, mais on peut déjudiciariser la consommation de drogues aussi, parce qu’en concertation avec des projets du milieu, on peut faire en sorte aussi que les policiers interviennent, qu'ils aient le pouvoir d’intervenir, mais qu'ils ne judiciarisent pas l’individu. C’est peut-être vers ça que retourne la Colombie‑Britannique.
    Toujours est-il qu’on s’entend sur quelque chose: il faut soigner ces gens, mais, surtout, il faut avoir les moyens de le faire et arrêter de se donner bonne conscience parce qu’on aurait déjudiciarisé l’individu, alors qu'on le laisse dans la rue tout seul avec son problème. Il faut investir massivement en santé. À cet égard, le gouvernement a été un séraphin et les conservateurs le sont aussi. Ça prend des augmentations des transferts en santé, parce que ce sont les provinces et le Québec qui s’occupent de ces gens et qui ont à les traiter. Ils crient famine actuellement. Il ne faudrait pas décrédibiliser tout ce qui se fait de bon pour prendre soin de ces gens avec des moyens du bord qui ne sont pas adéquats. Ça, il faudrait l’entendre dans notre débat.

  (1235)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est un honneur et un privilège de prendre la parole aujourd'hui au sujet de l'importante crise sanitaire qui a cours, soit celle des drogues toxiques. Dans ma province, c'est la principale cause de décès chez les personnes âgées de moins de 59 ans.
     Ce problème n'est pas seulement présent dans mon milieu, mais aussi dans celui de tous les habitants de ma province, et c'est une terrible tragédie. Des drogues toxiques hautement contaminées font rage dans tout le pays et tuent des gens tous les jours. Plus de 20 personnes meurent chaque jour. Comme je viens de l'île de Vancouver, je peux parler personnellement aux députés des répercussions que ce problème a sur tous les membres de ma communauté. Personne n'est épargné là où je vis. Je n'ai pas assez des doigts de mes deux mains pour compter le nombre d'enfants de mes amis qui sont morts, sans parler de mes amis eux-mêmes. C'est une terrible tragédie qui se produit, et nous pouvons faire mieux à cet égard.
     Nous entendons ce grand débat sur le choix à faire entre la réduction des méfaits ou le traitement et la guérison. Cependant, nous devons agir sur les deux plans, car ils vont de pair. Nous ne pouvons pas aider les personnes qui sont mortes, comme me le rappelle constamment ma bonne amie de Vancouver‑Est. Nous devons aller de l'avant avec des politiques fondées sur des données probantes ou des politiques générées et soutenues par des données probantes.
     Or, les données montrent que ce que nous faisons ne fonctionne pas. C'est ce que l'on constate dans tout le pays. Nous sommes aujourd'hui confrontés à de nouvelles substances qui sont hautement toxiques et addictives. Jamais auparavant dans notre histoire nous n'avons connu une période aussi difficile en ce qui concerne les substances dangereuses. Elles sont évidemment mortelles, parce qu'elles ne sont pas réglementées; elles sont fabriquées, commercialisées et vendues par le crime organisé.
     Nous avons reçu un certain nombre de rapports d'experts sur la manière dont nous devrions réagir à cette crise, notamment de l'Association canadienne des chefs de police et du Groupe d'experts sur la consommation de substances, créé par Santé Canada pour informer la classe politique sur la manière de réagir à cette terrible crise. Tous sont d'accord pour dire qu'il faut cesser de criminaliser les personnes qui consomment des substances, car cela cause plus de tort et repose sur la stigmatisation. Nous devons offrir un approvisionnement de substances plus sûres pour remplacer les drogues toxiques de la rue. Nous devons miser davantage sur le traitement et le rétablissement, rencontrer les gens là où ils sont avec ces systèmes prêts à être déployés, et investir dans la sensibilisation et la prévention. Toutefois, ce n'est pas ce que nous avons fait. Comme je le dis tout le temps: les libéraux adoptent une approche progressive face à une crise sanitaire, ce qui coûte des vies. Les conservateurs répandent de la désinformation, ce qui est mortel dans une crise sanitaire. Nous devons aller de l'avant et écouter les experts.
     Je vais parler un peu de ce qui se passe réellement et des faits concernant certaines des préoccupations que nous entendons de la part des conservateurs. C'est leur motion aujourd'hui, alors je m'adresserai principalement à eux.
     Les conservateurs ont créé une panique morale. Ils lèvent des fonds en instrumentalisant des tragédies familiales. C'est absolument incroyable. C'est tellement dommageable. S'ils voulaient vraiment aider les gens, ils proposeraient des solutions concrètes, mais je n'ai rien entendu de tel dans leurs discours aujourd'hui.
     J'ai proposé au chef de l'opposition officielle d'aller rencontrer les mères des victimes de la crise. Moi, je les ai rencontrées, je les ai écoutées, et j'ai appris beaucoup de choses. Elles savent mieux que n'importe qui à quel point la drogue est toxique. Elles savent à quel point il est difficile d'aider quelqu'un qui est confronté aux affres de la toxicomanie en cherchant à s'y retrouver dans un système de santé complètement dysfonctionnel. Elles sont bien placées pour le savoir.
     Les conservateurs s'emploient à provoquer une panique morale autour de ce dossier. J'aimerais dire quelques mots sur ce qui se passe vraiment dans l'Ouest du Canada, car nous n'entendons pratiquement que les points de vue des députés conservateurs.
     Est-ce que ma province, la Colombie‑Britannique, en fait assez? Non, pas du tout.

  (1240)  

     Est-ce qu'il y a une province ou un territoire qui en fait assez? Non, mais ils ont besoin d'un partenaire fédéral. Vancouver, en Colombie‑Britannique, est l'épicentre d'une consommation massive de drogue depuis plus d'un siècle. Cela remonte à la crise des opioïdes de 1908. Ce n'est donc pas nouveau pour nous, mais ce qu'il y a de nouveau, c'est la toxicité de la drogue. C'est difficile d'être l'endroit où cette terrible tragédie a commencé.
     Quand les libéraux provinciaux étaient au pouvoir, en 2014, la Colombie‑Britannique est passée de 7,9 à 30,3 morts pour 100 000 habitants en l'espace de quatre ans à peine, soit une augmentation de 383 %. Les chiffres ont continué à grimper, passant de 30,3 en 2017 à un sommet de 47 morts pour 100 000 habitants. C'est absolument catastrophique. Depuis 11 ou 12 mois, on enregistre une diminution de 11 % du nombre de décès. C'est la trajectoire actuelle en Colombie‑Britannique. Je ne m'en réjouis pas, mais c'est quand même un soulagement.
     C'est une tragédie. Chacune de ces morts, sans exception, aurait pu être évitée. On pousse un soupir de soulagement parce qu'on se situe maintenant dans la bonne trajectoire, mais il faut que le nombre de morts diminue beaucoup plus rapidement. Il faut travailler de concert, en toute solidarité. La province est passée de 7,4 à 6,2 morts par jour. Aujourd'hui, 6 familles vont recevoir un appel.
     Regardons ce qui se passe en Alberta. Le gouvernement conservateur s'est fait élire en 2019. On comptait à l'époque 15 décès sur 100 000 habitants, et il y en a maintenant 41 sur 100 000 habitants. L'Alberta affiche le plus grand nombre de décès par habitant au pays. Le taux de mortalité en Alberta monte en flèche. Je vais donner quelques exemples. À Lethbridge, qui a fermé le centre de consommation supervisée, le taux de mortalité est de 137 sur 100 000 habitants. C'est plus du triple du taux qu'affiche la Colombie‑Britannique. Medicine Hat compte 63,7 décès, soit plus de 50 % de plus qu'en Colombie‑Britannique. Selon les médias, Fort McMurray a vécu une année record. S'il n'y a pas de centres de consommation supervisée, où iront les gens? Ils consommeront en public, dans des ruelles et dans des toilettes d'entreprises, et ils mourront seuls chez eux. Nous savons que ce problème de drogues toxiques est mortel.
     Je pourrais parler de la Saskatchewan. Nous entendons constamment des députés, soit de Lethbridge, soit de Fort McMurray, pointer du doigt la Colombie‑Britannique. Ce n'est pas ce que je fais en ce moment. J'essaie simplement de présenter certains faits pour que nous puissions tenir une conversation en bonne et due forme. J'y reviendrai tout à l'heure.
     Pour ce qui est de Regina, le député de Regina—Qu'Appelle a pointé du doigt la Colombie‑Britannique au lieu de venir ici pour aider les gens de Regina. C'est terrible, alors que des gens meurent dans sa circonscription. Le taux de mortalité dans sa ville est de 66 sur 100 000 habitants. Ce chiffre nous vient directement du service de police de Regina.
     Ces deux provinces conservatrices sont en tête du pays par leurs taux de mortalité qui montent en flèche. Prenons l'exemple de l'Alaska, un État républicain, qui a enregistré une augmentation de 45 % l'année dernière. Ces deux provinces et cet État n'ont pas de politique de réduction des méfaits, d'approvisionnement sûr ou de décriminalisation. Ces députés dénoncent l'approvisionnement sûr et la décriminalisation, mais que se passe-t-il dans leur province, avec leur pensée à sens unique ciblant seulement le rétablissement et leur refus d'écouter les experts? Ils traitent les gens de cinglés. Ce qui est cinglé, c'est d'ignorer les experts, les données probantes, la science et les faits. Voilà ce qui est cinglé.
     Aux États‑Unis, sous la direction de Donald Trump, le nombre de décès causés par des drogues toxiques a doublé dans 30 États. Cependant, les conservateurs disent que tout cela est la faute de la Colombie‑Britannique, du NPD ou du Parti libéral. Cela n'a rien à voir avec le fait d'être néo-démocrate, libéral ou conservateur. C'est un problème sociétal. Les solutions aux problèmes ne découleront pas d'une idéologie. Elles doivent se fonder sur des données probantes appuyées par des experts et être dirigées par des experts et non par des politiciens. Je n'ai jamais assisté à une crise de santé réglée par des politiciens.

  (1245)  

     C'est un dossier qui, nous le savons, est depuis longtemps sous-financé. Les libéraux ont dépensé moins de 1 % pour répondre à la crise des drogues toxiques. Pourquoi? À cause de la stigmatisation. Les conservateurs contribuent-ils à cette stigmatisation? Absolument. Nous devons fuir ce danger. Nous devons veiller à écouter les experts.
     À présent, nous parlons d'un approvisionnement sûr. Le modèle consiste à remplacer l'approvisionnement en drogues toxiques. C'est ce que recommande l'Association canadienne des chefs de police. Le parti de la loi et de l'ordre ne veut pas écouter la police. La police a témoigné devant le comité de la santé. Elle a déclaré que 85 % des décès causés par les drogues toxiques sont liés au fentanyl. De la cocaïne a été trouvée dans le sang des victimes. Toutefois, selon la police, l'hydromorphone, dont l'approvisionnement est sûr, n'est pas ce qui tue les gens. En fait, des traces de cette substance ont été trouvées dans 3 % des analyses de drogues toxiques en Colombie‑Britannique.
     La prescription de substituts pharmaceutiques aux drogues toxiques de rue permet d'éloigner les gens de ces drogues de rue et de les aider à rester en vie afin qu'ils puissent se stabiliser et recevoir un traitement et des soins réguliers. À l'heure actuelle, il n'y a aucun moyen de savoir d'où viennent les drogues achetées dans la rue, même si un revendeur affirme qu'il s'agit d'un produit provenant du programme de produits de remplacement prescrits.
     Le coroner en chef de la Colombie‑Britannique a indiqué qu'il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de décès chez les jeunes ni du nombre de diagnostics de troubles liés à l'utilisation d'opioïdes, contrairement à ce que prétendent les conservateurs. Le programme de produits de remplacement prescrits vise à aider les personnes les plus exposées au risque de décès ou d'effets néfastes causés par l'approvisionnement en drogues toxiques illicites à stabiliser leur consommation.
     L'approvisionnement sûr n'a pas fait augmenter le nombre de personnes souffrant de troubles liés à la consommation d'opioïdes. En fait, nous avons constaté une diminution de la mortalité toutes causes confondues et de la mortalité par surdose; une réduction du nombre de surdoses et de l'utilisation d'opioïdes non réglementés par les personnes ayant accès au programme d'approvisionnement sûr; une diminution des coûts des soins de santé et du nombre de visites à l'hôpital; une mobilisation accrue des services de santé et des services sociaux; une amélioration de la santé physique et mentale; une amélioration du bien-être et de la stabilité sociale; une réduction de la consommation de drogues toxiques provenant de l'approvisionnement illicite de substances dans les rues; un meilleur contrôle par les personnes de leur consommation de drogues; une réduction du nombre d'injections; une diminution de la participation à des activités criminelles. Le détournement de l'hydromorphone ne contribue pas à la mortalité liée aux opioïdes. En réalité, nous avons appris que, pour les personnes qui ont accès à un approvisionnement sûr dans le cadre du programme, le risque de mourir de l'une de ces causes a été réduit de 61 %, et le risque de mourir d'une surdose, de moitié. Si elles y ont eu accès quatre jours ou plus, leur risque de surdose a encore été réduit de 89 %.
    Je veux reparler de ceux qui souffrent le plus. Ce sont les populations autochtones qui sont les plus touchées. L'épidémie d'opioïdes et la crise des drogues toxiques sont un autre exemple des écarts considérables, entre les Autochtones et les non-Autochtones, en matière d'efficacité des soins de santé. Les Autochtones sont touchés de façon disproportionnée et sont bien plus à risque de mourir à cause des drogues toxiques. En Alberta, ils sont sept fois plus susceptibles d'en mourir, en Colombie‑Britannique, ils le sont cinq fois plus et, dans certaines communautés autochtones, ils sont jusqu'à 36 fois plus susceptibles d'en mourir que la population générale. C'est ce qu'on nous a récemment dit au comité de la santé.
    Je vais lire une citation de Judith Sayers, la présidente du Conseil tribal de Nuu-chah-nulth. Elle siège au conseil de justice des Premières Nations de la Colombie‑Britannique. Elle a déclaré:
     Nous voulons travailler avec la province dans la lutte contre cette crise et faire partie d'une stratégie de collaboration [...] Le conseil de justice des Premières Nations de la Colombie‑Britannique se joint à ses partenaires du domaine de la santé et affirme qu'il faut traiter la crise des drogues toxiques comme un enjeu de santé publique et non comme une question de justice pénale. Le système de justice pénale n'est pas la solution à un problème qui doit plutôt être réglé grâce à la guérison.
    Nous devons mettre fin à cette approche coloniale et écouter les Autochtones, qui sont plus susceptibles de mourir à cause de cette crise.
    Je vais vous lire une citation d'un policier à laquelle, encore une fois, le parti de la loi et de l'ordre veut faire la sourde oreille. Le sous-commissaire de la Gendarmerie royale du Canada a déclaré ceci:
    Comme on l'a dit, dans certains de nos sites de consommation sous supervision ou de prévention des surdoses, il n'y a pas de salles d'inhalation ou il n'est pas possible d'inhaler. Nous constatons que la plupart des décès par surdose sont liés au fentanyl et à l'inhalation. Nous devons donc fournir des espaces qui le permettent, je pense, mais il ne faut pas que quelqu'un doive parcourir quatre kilomètres en autobus et traverser la ville pour trouver cet espace. Ces espaces doivent être facilement accessibles.
    Cela va à l'encontre du modèle de Lethbridge.

  (1250)  

    Je vais parler de Fiona Wilson, présidente de l'association des chefs de police de la Colombie‑Britannique. Elle est chef adjointe du service de police de Vancouver. Elle a dit: « [C]'est le fentanyl, qui est responsable de 85 % des décès [...] [S]elon les données du coroner, ce sont [ces substances] qui tuent les gens. Les gens ne meurent pas après avoir consommé des produits détournés de l'approvisionnement sécuritaire, et ils ne meurent pas non plus à cause des médicaments d'ordonnance détournés. » Elle a aussi dit: « [L]a triste réalité, c'est que sept personnes meurent tous les jours en Colombie‑Britannique à cause de la crise des drogues toxiques. Ces personnes ne meurent pas à cause des médicaments d'ordonnance détournés, mais à cause de l'approvisionnement en drogues toxiques qui envahissent nos rues. » Enfin, elle a dit: « [...] [N]ous sommes tous d'accord avec l'idée de ne pas criminaliser des gens qui ont un problème personnel de consommation de drogues. Cette époque est révolue. Nous appuyons l'approche axée sur la santé. [...] [N]ous sommes tout à fait conscients que la crise ne se réglera pas à coup d'arrestations. Les arrestations ne sauveront pas des vies. Elles peuvent même causer passablement de tort [...] » C'est la police qui le dit.
    Je vais parler de mon voyage au Portugal. Je suis allé au Portugal l'été dernier, à mes frais, et j'ai eu la chance de voir l'ambassade du Portugal préparer un itinéraire complet pour que je puisse m'y rendre et apprendre.
    Pourquoi ai-je choisi d'aller au Portugal? Mon bon collègue du Bloc a parlé du Portugal, et je le remercie de ses observations. J'y suis allé pour apprendre des choses. Dans ce pays, le taux de mortalité lié aux drogues, principalement les drogues injectables, était de plus de 1 000 personnes sur une population de seulement 10 millions d'habitants. Comme nous le savons, l'héroïne avait des répercussions sur la population du pays. Au Portugal, il y avait plus de 100 000 héroïnomanes chroniques. Comme mon collègue l'a indiqué, plus de 1 million de gens avaient essayé l'héroïne. Le Portugal a réussi à ramener ce nombre à 23 000 consommateurs chroniques. Il a fait passer le nombre de décès de 1 000 à 60.
    J'ai pensé qu'il serait prudent que j'aille au Portugal pour rencontrer ses dirigeants et apprendre d'eux. Voici comment ils ont réagi à leur urgence sanitaire lorsqu'ils ont décidé de la traiter comme telle, plutôt que comme un problème d'ordre criminel. En deux ans, le nombre de gens consommant de la méthadone est passé de 250 à 35 000. Comment s'y sont-ils pris? Ils ont fait appel à l'armée pour construire des laboratoires. Ils ont fait appel à l'armée pour réduire les coûts, construire les laboratoires et sauver des vies. Voilà comment on réagit à une urgence sanitaire. Ils ont construit des centres de traitement partout au pays pour qu'il n'y ait pas d'attente ni d'obstacles au traitement, et les traitements sont couverts par le système de santé universel, contrairement au modèle albertain. Bonne chance pour obtenir rapidement un traitement en Alberta: c'est impossible.
    Des témoins, dont Petra Schulz de l'organisme Moms Stop the Harm, nous ont parlé haut et fort des lacunes du système, et il y a bel et bien des lacunes dans notre système.
    Le Portugal a également consacré beaucoup d'argent au rétablissement, car nous savons que les rechutes font partie du processus de rétablissement. Là-bas, les gens sont immédiatement pris en charge. À la fin de leur traitement, ils sont suivis pendant quatre ans, grâce aux investissements faits à cet égard par le pays. Nous savons que l'établissement de liens contribue grandement à gérer le traumatisme sous-jacent. Le Portugal s'est assuré que les gens ont un logement, a décriminalisé la consommation de drogues et l'a traitée comme un problème de santé.
    Je suis le porte-parole du NPD en matière de santé mentale et de réduction des méfaits. Or, pour notre parti, la réduction des méfaits ne repose pas uniquement sur les centres de consommation supervisée et l'approvisionnement sûr. Ce sont effectivement des éléments essentiels. Cependant, le logement et tous les différents déterminants sociaux de la santé réduisent également les méfaits. La réduction des méfaits devrait être notre objectif.
    Les libéraux parlent d'être à la hauteur de la tâche. Or, ils n'ont pas réagi comme le Portugal. Ils n'ont pas agi rapidement. Nous avons besoin d'une approche concertée, intégrée et compatissante comme celle du Portugal.
    Le Portugal a créé un groupe d'experts. Ce groupe d'experts est devenu l'organisme de surveillance dont le gouvernement s'est doté pour aller de l'avant. Je vais expliquer aux députés pourquoi les politiciens portugais sont des héros: ils se sont enlevés du chemin. Ils ont décidé qu'il s'agissait d'une question de santé et ont laissé les experts prendre l'initiative. Ils sont allés de l'avant avec leur politique et l'ont mise en œuvre. Le rôle des politiciens consistait à faire en sorte qu'ils disposent des ressources nécessaires. C'était cela, la tâche des politiciens.
    Ce n'est pas ce que nous faisons aujourd'hui. Nous devons en arriver là, car nous savons que plus de 20 personnes vont mourir aujourd'hui. Plus de 20 mères vont recevoir un appel. Cela doit cesser. Il faut mettre un terme à la désinformation, aux activités de financement et à la panique morale. Les gens doivent rencontrer les mères. Le chef conservateur est le seul chef qui refuse de rencontrer les représentantes de Moms Stop the Harm. Il est incapable de s'expliquer. Elles sont informées.
    Le gouvernement libéral doit s'attaquer à ce problème et se montrer à la hauteur, comme il l'a dit. Il doit augmenter les ressources et se montrer à la hauteur de la situation.

  (1255)  

    Madame la Présidente, je remercie le député pour son travail continu dans ce dossier, pour ses connaissances approfondies et pour les relations qu’il entretient avec des personnes qui s’efforcent de sauver des vies.
     Je suis heureuse qu’il ait parlé de Moms Stop The Harm. J’ai rencontré des représentants de Moms Stop The Harm et de diverses organisations dérivées composées de parents. Le mot « mères » figure dans le nom, mais il y a certainement des pères dans ces groupes, ainsi que d’autres membres de la famille.
     Avez-vous entendu parler de Moms Stop The Harm et d’autres groupes semblables, de membres de familles qui travaillent dur pour aider à assurer la sécurité d’autres familles? Avez-vous entendu ce qu’ils pensent du discours que tiennent les conservateurs?
    Je rappelle à la députée que je n’ai pas à être remerciée, puisque c’est le député qui a fait le discours.
     Le député de Courtenay—Alberni a la parole.
    Madame la Présidente, je voulais en savoir plus sur ces questions, car elles causent beaucoup de tort à ma collectivité et j’en suis profondément affecté également.
     J’ai parcouru le pays, me rendant dans 13 villes différentes. J’ai rencontré des mères à chaque arrêt et à chaque endroit, elles m’ont dit la même chose: nous devons écouter les experts et nos décisions doivent être fondées sur des faits probants. Ces mères souhaitent que le gouvernement agisse comme il le ferait dans le cas d’une urgence nationale de santé, qu’il déclare une urgence de santé publique et qu’il remette sur pied le groupe de travail composé d’experts.
     Il n'y a pas eu de sommet, de rencontre des premiers ministres, sur cette crise qui a entraîné la mort de 42 000 personnes. Mais il y a eu un sommet sur les vols de voitures. Je ne dis pas que cette dernière question n'est pas importante, mais la question dont nous sommes saisis constitue sans contredit une urgence sanitaire.
    Qu'en est-il des mesures d’urgence prises par les libéraux? Qu’ont dit les mères au sujet des conservateurs? Elles veulent rencontrer le chef conservateur. Il a peur de les regarder dans les yeux et d’entendre la vérité. Il a peur parce qu’il sait que ce qu’il fait est immoral, que la désinformation qu’il répand est immorale. Il sait que ce qu'il avance ne repose pas sur des faits probants. Les mères, elles, présentent des faits: leurs enfants sont morts.
    Madame la Présidente, il est difficile de parler d’un sujet comme celui-ci, car tant de jeunes meurent partout au pays. Il y a eu une augmentation de 166 % des décès entre 2015 et 2024, soit depuis que le premier ministre est au pouvoir. C’est de cela qu’il est question. Des êtres chers sont morts.
     Le député a politisé son discours en disant que notre chef avait peur de rencontrer des mères, alors qu’il a rencontré des mères partout au pays. C’est tout à fait indigne du député. J’ai beaucoup de respect pour le député, mais son discours était indigne de lui.
    Une voix: Oh, oh!
    M. Warren Steinley: Le leader à la Chambre du NPD peut crier autant qu’il le veut.
     Madame la Présidente, Mme Nickie Mathew a rencontré les membres du Comité de la santé et a dit qu’il y avait eu une augmentation de 22 % du nombre de jeunes Britanno-Colombiens qui utilisent de l’hydromorphone, conséquence de l’approvisionnement sûr. En Colombie-Britannique, il y a une augmentation de 22 % de jeunes qui décèdent avec de l’hydromorphone dans leur sang.
     Comment le député peut-il affirmer que l’approvisionnement sûr ne nuit pas aux jeunes de la Colombie-Britannique et ne les tue pas?
    Madame la Présidente, le député vient de Regina, où il y a 66 décès par 100 000 habitants. C’est plus de 50 % de plus qu’en Colombie-Britannique. Des jeunes meurent dans sa collectivité parce qu’ils ont accès à des drogues de rue non réglementées. Saskatoon, où l’on vend des brownies pour garder les centres de consommation supervisée ouverts, enregistre la moitié moins de décès que Regina.
     En ce qui concerne les jeunes, il est extrêmement rare qu’on leur prescrive des produits pharmaceutiques de remplacement, et c’est toujours dirigé par des médecins.
     Pour répondre à la question du député, les jeunes peuvent avoir accès aux drogues de la rue n’importe où, n’importe quand. Les rues sont inondées de drogues. Les services de police nous disent que ce n’est pas l’approvisionnement sûr qui tue les jeunes, et qui rend les jeunes toxicomanes. La dépendance chez les jeunes n’a pas augmenté depuis que l’approvisionnement sûr a été mis en œuvre. C’est un fait; ces données ont été publiées.
     Les conservateurs ne croient pas aux données publiées, évaluées par des pairs. Ils n’en ont que pour les anecdotes. C’est ce qu’ils font. Ils les répètent, et c’est nuisible et dangereux. Cela coûte des vies au pays.

  (1300)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours passionné et éclairant.
    Nous entendons les conservateurs, avec leur motion, essayer de nous donner l'impression que leur proposition va tout régler, que du jour au lendemain il n'y aura plus de fentanyl dans les drogues illicites qu'on trouve dans la rue, que du jour au lendemain les problèmes de toxicomanie vont avoir été réglés, et qu'on aura un taux de succès de 100 % pour les quelques procédures de traitement qu'ils suggèrent.
    Cela me donne l'impression qu'au mieux, ils sont dans la pensée magique, mais qu'au pire, et c'est l'impression que j'en ai, ils sont dans une reprise purement partisane d'un enjeu de société et ils essaient de marquer des points politiques cheap avec la misère du monde.

[Traduction]

    Madame la Présidente, les preuves de l'efficacité de la politique des conservateurs sont là. L'Alberta est en tête du classement national du taux de mortalité par habitant due aux drogues toxiques, et ce taux monte en flèche. En Saskatchewan, il monte en flèche. L'Alaska a le même programme sans approvisionnement sûr ni décriminalisation.
     Les conservateurs veulent montrer du doigt la Colombie-Britannique. Il leur suffit de se rendre à Lethbridge, où un centre de consommation supervisée a été fermé. Si le gouvernement fédéral veut en ouvrir un, la province de l'Alberta lui imposera une amende de 10 000 $ par jour pour sauver des vies. Il devra payer 10 000 $ par jour pour ouvrir une installation destinée à mettre fin à la consommation publique et à exposer les gens à des services qui leur permettront de rester en vie en faisant tester leurs drogues s'ils en consomment et qui les mettront en contact avec des traitements et des services de rétablissement. Cependant, les conservateurs ne veulent pas cela. En fait, la première ministre de l'Alberta va même bloquer la recherche et l'étude des avantages cruciaux d'un approvisionnement sûr. La situation est incontrôlable. Le gouvernement fédéral doit intervenir. La crise fait rage dans ces provinces.
     Nous savons comment les conservateurs agiront s'ils accèdent au pouvoir et comment ils géreront cette crise. En gros, ils disent que les gens n'ont d'autre choix que d'aller dans des centres de traitement et de rétablissement, où ils vont attendre ou mourir. C'est la seule option.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue pour son militantisme et son soutien inlassables, et pour avoir fait entendre la voix des experts sur le terrain et des familles.
     Avant de devenir députée, j'ai travaillé dans le domaine de la santé mentale et de la toxicomanie, directement auprès des jeunes, des familles et des personnes qui les soutiennent afin de leur apporter un soutien global. Il ne suffisait pas d'offrir aux jeunes uniquement un traitement, un logement ou du soutien en matière de santé mentale. Il était essentiel de fournir aux jeunes le type de soutien global axé sur la personne dont ils ont besoin pour surmonter leurs difficultés. L'autre élément est la culture, la tradition et les liens avec la famille. Nous devons envisager un soutien global axé sur la personne.
     Le député pourrait-il nous faire part de l'importance d'une approche à niveaux multiples pour soutenir les personnes qui luttent contre la toxicomanie et nous expliquer en quoi c'est la voie à suivre pour éviter d'autres décès?
    Madame la Présidente, ma collègue a de l'expérience. Elle a travaillé sur le terrain, en première ligne, avec les jeunes, en voyant les obstacles et en naviguant dans un système dysfonctionnel. Elle comprend également l'importance du contact humain, du soutien par les pairs, des investissements essentiels et d'une approche intégrée, coordonnée et compatissante. Cependant, tout cela doit être financé, doit être soutenu par le gouvernement.
     À l'heure actuelle, les gens se demandent pourquoi ils devraient payer pour toutes les mesures de réduction des méfaits, de traitement, de rétablissement et d'aide au logement. Je peux dire aux contribuables qui nous regardent qu'ils paient pour tout cela, et pas juste un peu. Ce point est essentiel lorsque nous abordons la question de la prévention, en particulier en ce qui concerne les jeunes. Nous devons renforcer la prévention et la sensibilisation. Nous devons soutenir les personnes sur le terrain qui font le travail difficile. Nous devons appuyer le soutien par les pairs et veiller à ce que notre approche soit coordonnée, intégrée et pleine de compassion.
    Madame la Présidente, on trouve un site d’injection sécuritaire dans ma circonscription de Kingston et les Îles. À Belleville, une heure plus loin sur l’autoroute 401, il n’y en a pas. Comme nous l’avons appris par les bulletins de nouvelles dans tout le pays il y a seulement quelques mois, Belleville a été le théâtre de plus de 12 surdoses en 24 heures. C’est extrêmement alarmant et très effrayant.
     Je reconnais que mon exemple est, au mieux, anecdotique, mais je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi une région qui dispose d’un site d’injection sécuritaire ne vit pas la même situation que celle qui existe un peu plus loin le long de l’autoroute 401, où il n’y a pas de site d’injection sécuritaire. Le député pourrait-il nous dire ce qu’il en pense?

  (1305)  

    Madame la Présidente, je peux citer l’exemple de Lethbridge, où le taux de mortalité est de 137 pour 100 000 habitants; la ville a fermé le site d’injection sécuritaire. Imaginez que vous soyez le parent d’un enfant à Lethbridge, où il n’y a pas d’approvisionnement sécuritaire, où l’on n’est pas favorable à la décriminalisation et où l’on a fermé des sites de consommation sécuritaire, ou un parent à Belleville qui a besoin de sites de consommation sécuritaire. La police affirme que nous avons besoin de sites de consommation sécuritaire plus nombreux, et non le contraire. Ces sites sauvent des vies.
     Nous devons écouter les experts et réagir de toute urgence. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer en ce qui concerne les sites de consommation sécuritaire.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec la whip en chef de l’opposition, qui est ma whip en chef de l’opposition préférée.
     Mes pensées vont tout d’abord à ceux qui souffrent, les parents, les frères, les sœurs et les membres de la famille concernée. Nous sommes de tout cœur avec eux. Je tiens à ce que ceux qui nous regardent sachent qu’il existe une meilleure solution.
     C’est un carnage. Il y a des corps dans les rues, dont la peau a été perforée par des armes, dont les veines sont remplies de produits chimiques dangereux. Autour d’eux, des débris et des scènes inimaginables de souffrance humaine. Nous voyons cette scène dans tout le pays et plus en Colombie-Britannique que partout ailleurs au pays aujourd’hui.
     Il ne s’agit pas d’une scène de film d’horreur, mais de la situation dans nos rues. Il n'est pas question de violence ou d'effets spéciaux dans une scène imaginée par un réalisateur primé . C’est la réalité. On croirait regarder le pire de ce que la télévision a à nous offrir: le gouvernement en train de distribuer sans frais de la drogue. Franchement, cela revient à investir dans des soins palliatifs donnés dans la rue.
     Inutile de regarder beaucoup plus loin que le débat que nous tenons aujourd'hui pour comprendre à quel point les libéraux et les néo-démocrates se sont éloignés du consensus sur le sujet. Après neuf ans de gouvernement libéral—néo-démocrate, et après neuf ans de drogues, de désordre, de chaos et de criminalité, les députés défendent et moussent activement la légalisation de drogues dures, comme le crack, l'héroïne et la méthamphétamine dans les hôpitaux, les parcs et les autobus. À l'évidence, ce n'est plus le Parti libéral que nos mères ont connu. Il a un point de vue extrémiste sur cette question et sur bien d'autres.
     Malgré ce qu'on observe tous les jours dans nos collectivités, les gens qui gisent face contre terre sur le trottoir, les campements de tentes à perte de vue, les aiguilles qui jonchent les terrains de jeux et le transport en commun, les députés libéraux—néo-démocrates continuent de faire preuve de pureté idéologique, même si les données probantes, les intervenants, les membres de leur propre parti, les mères et les pères et les membres de la collectivité leur disent que leur expérience extrémiste a échoué. Il n'est pas difficile de trouver les raisons de cet échec. Elles sont partout. Au-delà des scènes dont nous sommes témoins dans les parcs, nos communautés et nos propres quartiers, les faits et les témoignages sont partout.
     Depuis que le gouvernement a accordé son soutien à l'expérience socialiste du premier ministre Eby et à son projet de légaliser la consommation de drogues dures comme l'héroïne dans les lieux publics, le nombre de décès par surdose a augmenté de 380 %. Cela représente six personnes par jour dans une seule province. La consommation de drogues est devenue tellement incontrôlée dans les hôpitaux qu'on n'a pas tardé à devoir autoriser la consommation de drogues même à côté de patients atteints de cancer et de nouveau-nés. Imaginons notre grand-mère couchée dans une chambre voisine de celle où un homme fume de la méthamphétamine. Voilà où nous en sommes. Sans oublier que le taux de criminalité en Colombie‑Britannique a augmenté sept années sur huit depuis que le premier ministre est au pouvoir.
     Le problème que pose le prétendu approvisionnement sûr n'existe pas seulement en Colombie‑Britannique, il se pose partout. Grâce au gouvernement qui inonde les rues d'opioïdes, des drogues puissantes et dangereuses qui coûtaient 50 $ par comprimé se vendent désormais moins de 2 $ au coin de la rue.
     Les personnes aux prises avec des dépendances peuvent vendre leur ordonnance de fentanyl quelques minutes après l'avoir obtenue, puis utiliser l'argent pour acheter des drogues encore plus dures et plus puissantes. En conséquence, de plus en plus de personnes sont aspirées dans le cycle violent de la dépendance. Des jeunes de 14 ans meurent de surdoses parce que des amis, des voisins et même des inconnus rencontrés sur Internet les ont incités à essayer ces drogues qui sont faciles à obtenir et à vendre et dont on devient facilement dépendant. La ministre a nié l'existence de cette situation.
     Nous voyons bien que ce que ces députés libéraux—néo-démocrates proposent n'est pas un approvisionnement sûr, mais un approvisionnement dangereux. C'est dangereux pour ceux qui consomment ces drogues, parce qu'au lieu de les soigner, on leur donne des drogues en quantités inouïes, alors qu'ils doivent attendre des mois pour trouver une place dans un centre de désintoxication, dans pratiquement toutes les villes. C'est dangereux pour ceux qui essaient de se libérer de leur dépendance, car les rechutes et les tentations sont d'autant plus fréquentes qu'on peut trouver facilement du fentanyl dans la rue. C'est dangereux pour les collectivités en général, car les enfants doivent faire attention de ne pas marcher sur des seringues dans les terrains de jeux et les infirmières cessent d'allaiter leurs bébés, de crainte de les contaminer après avoir passé toute la journée à soigner des gens qui se droguent ouvertement à l'hôpital.

  (1310)  

     Malgré tout cela, les libéraux et les néo-démocrates sont décidés à poursuivre jusqu'à la mort, littéralement, un programme qui est un véritable fiasco. C'est la marque d'un gouvernement qui n'écoute personne et qui stigmatise tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui, tout en affirmant que deux et deux font cinq. C'est aussi emblématique d'un gouvernement qui rabaisse fondamentalement la valeur et la dignité de quiconque voudrait guérir. Ce gouvernement propose l'aide médicale à mourir à d’anciens combattants qui ont défendu notre pays, divise les Canadiens entre vaccinés et non vaccinés, et les traite de misogynes. Ce gouvernement préfère bourrer les gens de pilules plutôt que les aider à se soigner.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous estimons que la vie de chaque être humain compte, et que, avec de l'aide, des soins et de la compassion, n'importe qui est capable de se reprendre en main. C'est un discours qu'on n'entend jamais à la Chambre. On ne nous parle jamais de la capacité des gens à guérir. C'est pour cela que nous nous opposons à ce plan malavisé qui consiste à légaliser les drogues gratuites. Et c'est pour cela que le ministre de la Santé d'un gouvernement conservateur investira dans des traitements et pas dans le crack, dans des programmes de désintoxication et pas dans l'héroïne.
     Toutefois, avant l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement conservateur plein de bon sens, il y a un problème encore plus urgent à régler. Non contents du succès de leur programme de distribution de drogues, les libéraux et les néo-démocrates veulent mettre les bouchées doubles. S'ils n'en avaient pas l'intention, ils l'auraient dit. Ils n'ont toujours pas rejeté les demandes de Montréal et de Toronto de faire exactement ce qui s'est fait en Colombie‑Britannique, ce qui aura exactement les mêmes conséquences. Le ministre de la Santé a dit que leur demande était en veilleuse, et je suppose qu'elle le restera très exactement jusqu'au lendemain des prochaines élections.
     Je suis députée d'une circonscription de la région de Toronto, et je connais tous les problèmes que nous avons avec les drogues illégales. Je sais les ravages qu'elles font, et j'imagine ce que leur légalisation signifierait. Les gens consommeraient de la drogue en public et il y aurait plus de violence dans les transports publics. Il y aurait plus de misère humaine dans les rues, dans les parcs, dans les hôpitaux, dans les autobus et dans le métro. Il y aurait plus de crimes, de désordre, de chaos et de drogue dans des quartiers jusqu'alors tranquilles.
     Tout cela se répand à cause de la ministre de la Santé mentale et des Dépendances, qui est de Toronto et qui trahit ses propres concitoyens qui veulent aller travailler, élever une famille et simplement vivre en paix. Cette ministre ne protégera pas ses concitoyens de la consommation irresponsable de drogues, elle n'a pas protégé les personnes mêmes qui l'ont élue, et ce n'est pas la première fois que cela se produit.
     Je pensais que, même dans ce monde insensé, plus de gens auraient le courage et l'intelligence de regarder ce qui se passe, en Colombie‑Britannique et partout ailleurs, et de s'opposer à ces programmes irrationnels de distribution gratuite des drogues dont l'inefficacité a été prouvée. Deux mille cinq cents personnes sont mortes en Colombie‑Britannique, soit six personnes par jour, et les preuves continuent de s'accumuler après neuf années de cette coalition libérale—néo-démocrate.
     Les libéraux ont carrément perdu la tête dans ce dossier. Pire encore, si, il y a 10 ans, quelqu'un avait accusé le premier ministre de légaliser la consommation de crack dans une chambre d'hôpital, je l'aurais traité de fou et j'aurais dit qu'il ne ferait jamais cela. Or, voilà où nous en sommes aujourd'hui, et cette conduite a été légale jusqu'à ce qu'on demande d'y mettre un terme et pendant les 11 jours qu'il a fallu au gouvernement pour répondre à la demande. Par ailleurs, il n'a pas encore écarté la possibilité pour d'autres villes. Je considère qu'il est dérangé. J'estime que cette expérience est insensée, mais c'est la réalité. Ce qui est plus insensé encore, n'ayons pas peur des mots, et c'est la politique la plus insensée du gouvernement à ce jour, c'est que les libéraux diront que nous tenons des propos insensés, ce qui est le summum de la manipulation.
     J'attends avec impatience le jour où la ministre de la Santé mentale et des Dépendances, la députée de York-Centre, ne sera plus autorisée à distribuer gratuitement des drogues, où les gens, dans leurs moments les plus difficiles, pourront obtenir l'aide et les traitements dont ils ont besoin pour pouvoir ramener à la maison leurs proches libérés de l'emprise de la drogue, et où les collectivités, les enfants et les quartiers seront pleinement protégés contre ce fléau.
     Les libéraux ont des points de vue extrêmes et tous ceux qui nous regardent doivent savoir que ces mesures ne sont rien d'autre que de l’extrémisme. Le Parti libéral est devenu un parti extrémiste et ses politiques sont extrémistes.

  (1315)  

    Madame la Présidente, nous voyons le même genre de stigmatisation avec le langage utilisé par la députée d'en face. Ils parlent de films d'horreur, ce qui suscite la peur de personnes en difficulté dont la situation m'attriste profondément.
     Je voudrais interroger la députée sur son postulat, qui est en fait celui de retourner à une guerre ratée contre les consommateurs de substances. Telle est l'approche qu'elle préconise. En fait, c'était l'approche du gouvernement de Stephen Harper. C'était aussi celle de nombreux autres gouvernements conservateurs. Cependant, nous n'avons pas constaté de réduction, même dans les pays qui livrent une guerre encore plus extrême aux consommateurs de substances, en leur imposant des peines d'emprisonnement à vie et, malheureusement, dans quelques cas, des peines de mort.
     La députée peut-elle m'expliquer comment cette nouvelle proposition des conservateurs fonctionnerait, alors que des données probantes du monde entier montrent qu'elle impose un lourd fardeau aux familles et aux consommateurs de substances?
    Madame la Présidente, c'est exactement ce dont je parle, du point de vue extrémiste selon lequel un traitement équivaut à une guerre. Je tiens à dire quelque chose à la députée. Heureusement que mes parents m'ont entourée. Celles et ceux avec qui j'ai travaillé et mes amis croyaient dans ma propre guérison. Dieu merci, j'ai suivi un traitement. Dieu merci, l'approvisionnement sécuritaire n'existait pas.
    Une voix: Oh, oh!
    Mme Melissa Lantsman: Madame la Présidente, la ministre hausse le ton parce qu'elle sait qu'elle a tort. C'est une extrémiste. Dieu merci, l'approvisionnement sécuritaire n'existait pas parce que je ne serais pas assise au premier rang du Parlement aujourd'hui, si cela n'avait tenu qu'à elle.
    Madame la Présidente, j'aimerais attirer l'attention des députés conservateurs sur le fait que les morts ne se font pas désintoxiquer. J'ai probablement passé l'essentiel de ma vie politique à me battre pour une approche à quatre piliers qui comprend la prévention, la réduction des méfaits, les services de police et les traitements pour enrayer la crise des opioïdes. Les statistiques montrent, et les chiffres ne mentent pas, que l'Alberta est actuellement la province qui compte le plus grand nombre de décès par intoxication aux drogues. L'Alberta n'a pas de décriminalisation. C'est la réalité.
     Qu'est-ce qui est plus important? Est-ce que c'est, pour les conservateurs, de se livrer à leurs jeux politiques aux dépens de personnes en difficulté et de mères qui perdent leur enfant, ou est-ce qu'il est plus important pour eux de donner la priorité aux faits qu'on leur présente et d'adopter une approche à quatre piliers qui comprend la réduction des méfaits qui sauve la vie de Canadiens?
     Madame la Présidente, parlant d'approche politique, je signale que la députée est idéologiquement opposée à l'Alberta et qu'elle se sert des décès survenus dans cette province pour se faire du capital politique. C'est scandaleux.
    Si la députée parle de désintoxication et de traitement, c'est exactement ce dont j'ai parlé. Il n'y a rien de tout cela dans les plans du gouvernement. Si c'était le cas, nous ne serions pas en train d'avoir cette conversation. Si des fonds étaient réellement alloués au traitement de la toxicomanie au Canada, les familles, les mères, les pères et les personnes à qui la députée a parlé pourraient finalement ramener leurs proches à la maison, libérés de la drogue.

  (1320)  

    Madame la Présidente, la coalition néo–démocrate—libérale a beaucoup parlé de l'approche fondée sur les quatre piliers aujourd'hui, mais ses députés n'ont rien dit au sujet de l'application de la loi. Nous avons demandé à maintes reprises combien d'arrestations ont été effectuées pour mettre fin à la circulation illégale de fentanyl et si le Code criminel a été invoqué pour empêcher les drogues illégales de tuer des gens. Les députés libéraux et néo-démocrates sont incapables de dire quoi que ce soit à ce sujet. Comment cela se fait-il?
    Madame la Présidente, c'est parce qu'ils croient à la légalisation. S'ils n'y croyaient pas, ils l'auraient dit. S'ils n'y croyaient pas, ils auraient dit quelque chose au sujet des demandes de Toronto et de Montréal qui ont abouti sur leur bureau.
     Les gens qui nous regardent à la maison devraient connaître leur position idéologique à ce sujet. Ils veulent que cela se produise. Le concept de consensus est étranger aux libéraux. Il fût un temps où il n'était pas possible de fumer du crack dans un hôpital ou dans un autobus, ou de s'injecter des drogues dans une aire de jeux pour enfants, et c'est tout à fait normal. C'est un parti extrémiste qui a causé cette crise qui sévit au Canada, et les libéraux passeront à l'histoire pour avoir fait ce très mauvais choix.
    Madame la Présidente, le premier ministre, avec l'aide et l'encouragement du NPD, a passé neuf ans à mettre en œuvre sa vision radicale du Canada. Il voudrait faire croire à tout le monde que ce programme est normal.
     Le nombre d'utilisateurs des banques alimentaires est à un niveau record, le prix de l'essence est hors de contrôle et les jeunes Canadiens ont abandonné leur rêve d'accéder un jour à la propriété en raison de la crise du logement. Le gouvernement censure Internet en contrôlant ce que les gens peuvent voir ou dire en ligne. Il y a eu une augmentation de 39 % du nombre de crimes violents — sitôt les délinquants arrêtés, sitôt ils sont relâchés, pour être arrêtés de nouveau plus tard le même jour —, sans parler de la légalisation de la méthamphétamine, de la cocaïne, de l'héroïne et des opioïdes en Colombie‑Britannique. Les parents craignent que leurs enfants ne marchent sur des seringues usagées dans les aires de jeux pour enfants. Rien de tout cela n'est normal. Ce sont les résultats des politiques radicales du premier ministre néo-démocrate—libéral. Il ne laissera en héritage que la criminalité, le chaos, la drogue et le désordre. Les résultats de son expérience de légalisation des drogues dures et de sa politique sur les stupéfiants financée par les contribuables sont tragiques, mais ils étaient tout à fait prévisibles.
     Depuis 2015, plus de 42 000 Canadiens sont morts d'une surdose de drogue. Les décès par surdose d'opioïdes ont augmenté de 186 % partout au Canada depuis que le premier ministre est au pouvoir. Un nombre record de 2 500 Britanno-Colombiens sont morts d'une surdose de drogue l'an dernier. C'est 380 % de plus en neuf ans. Cela représente six décès évitables, chaque jour, d'amis et de collègues, de mères et de pères, de fils et de filles. Chacun d'eux avait une histoire à raconter, et chacun de ces décès est une tragédie. Ce sont tous des êtres humains comme nous.
     La surdose est maintenant la principale cause de décès en Colombie‑Britannique, et elle dépasse maintenant la criminalité, les accidents et les maladies réunis. C'est aussi la première cause de décès chez les jeunes de 10 à 17 ans. J'ai des petits-fils de 11 ans qui sont des jumeaux. Cette tragédie me concerne à titre personnel, et ce n'est pas normal.
     L'histoire de Kamilah Sword, 14 ans, de Port Coquitlam est déchirante. Kamilah a tragiquement fait une surdose dans sa chambre à coucher en août 2022. Selon son père, le coroner a trouvé trois drogues dans son organisme: de la MDMA, de la cocaïne et de l'hydromorphone. L'hydromorphone est un opiacé prescrit en vertu du soi-disant programme d'approvisionnement sûr de la Colombie‑Britannique.
     Les amis de Kamilah ont déclaré avoir vu des enfants aussi jeunes que 11 ans consommer de l'hydromorphone. C'est complètement inacceptable. Le prix de vente de l'hydromorphone dans la rue a chuté de près de 90 %, passant de 20 $ à 2 $ par pilule. Essentiellement, n'importe quel enfant peut s'en procurer.
    Combien d'autres enfants devront mourir avant que le gouvernement ne change de cap? La motion conservatrice pleine de bon sens que nous présentons aujourd'hui à la Chambre demande au premier ministre de mettre fin à ce programme d'approvisionnement dangereux et de rediriger cet argent vers des programmes de traitement et de rétablissement pour les toxicomanes. C'est une question de bon sens. C'est une question de compassion. L'approche radicale du gouvernement néo-démocrate—libéral aggrave la crise de toxicomanie et ne fait rien pour placer les personnes qui luttent contre la toxicomanie sur la voie de la guérison. Cela devrait toujours être l'objectif. L'approche du gouvernement ne fait qu'augmenter la quantité de drogues dures qui circulent dans nos rues. C'est une approche qui tue nos concitoyens, détruit nos familles et déchire nos collectivités.
    L'excédent de drogues gratuites fournies dans le cadre de ce programme se retrouve entre les mains du crime organisé, qui les revend ensuite à des enfants. Si on les obtient gratuitement, toute vente est un bénéfice.
    Les gens qui travaillent en toxicomanie confirment que la plupart des utilisateurs de ces drogues soi-disant sûres détournent ces dernières et les revendent dans tout le pays. C'est du trafic de drogue financé par le gouvernement.
    C'est de la folie, non? À Prince George, la police a mené une opération de surveillance de 10 jours visant une femme qui se tenait tous les matins devant une pharmacie IDA du centre-ville et qui échangeait ses soi-disant drogues sûres contre des drogues plus dures. La police a rapporté des dizaines de transactions de main à main. Le gérant de la pharmacie a déclaré à la GRC que des patients recevaient jusqu'à 28 pilules d'hydromorphone par jour, ce qui, à la revente, équivaut à environ 480 $. Il a également indiqué que de nombreux patients sont accostés à l'extérieur de la pharmacie par des personnes qui souhaitent se procurer ces drogues sûres. Cette folie est le fruit de l'imagination des grandes sociétés pharmaceutiques.

  (1325)  

    L'expression « approvisionnement sûr » est le jargon de vente des grandes sociétés pharmaceutiques, leur propagande, pour obtenir des contrats du gouvernement et remplir les poches de l'industrie, qui sont déjà pleines à craquer. Soyons clairs: l'approvisionnement sûr est un mensonge. Le fentanyl n'a rien de sûr. Le gouvernement radical néo-démocrate—libéral a acheté le gros mensonge, et les Canadiens en paient maintenant le prix en argent et en pertes de vie.
    Les Canadiens ont le droit de savoir combien leur coûtent les politiques qui alimentent la crise. Le gouvernement refuse de rendre publics ses contrats avec les grandes sociétés pharmaceutiques, dissimulant ainsi le coût faramineux de cette expérience irresponsable. Le gouvernement radical n'a rien compris. Ses politiques tuent des Canadiens et, de toute évidence, il s'en fiche. Malgré les décès, la criminalité et le carnage, le premier ministre n'exclut pas la possibilité de reproduire l'expérience ratée de la Colombie‑Britannique en matière de drogues dans d'autres régions du pays.
    Notre motion demande au premier ministre de rejeter de façon proactive la demande présentée par la Ville de Toronto en vue de légaliser des drogues dures mortelles comme le crack, la cocaïne, l'héroïne et la méthamphétamine. La motion lui demande également de rejeter toute demande future des provinces, territoires et municipalités qui cherchent à obtenir l'approbation du gouvernement fédéral pour légaliser des drogues dures sur leur territoire. Nous n'avons pas besoin d'exporter ailleurs le chaos causé par la crise des drogues en Colombie‑Britannique.
    Le premier ministre n'aurait jamais dû accorder une exemption irresponsable à la Colombie‑Britannique en y autorisant les gens à consommer des drogues dures au vu et au su de tous dans les lieux publics. Les parcs, les plages, le transport en commun, les terrains de sport, les cafés et les terrains de jeu de la Colombie‑Britannique sont devenus des cauchemars infestés de drogues. Une fillette de deux ans a été hospitalisée après avoir mis une seringue usagée dans sa bouche dans un parc. Même les hôpitaux, qui étaient autrefois un symbole de sécurité, sont devenus des lieux anarchiques où les travailleurs de la santé et les patients sont mis en danger.
    Le syndicat des infirmières et infirmiers de la Colombie‑Britannique a sonné l'alarme pour ses membres. Des patients et des membres du personnel ont été exposés à des drogues dures dangereuses. On fumait même de la méthamphétamine dans une unité quelques heures après la naissance d'un nouveau-né. Cela me brise le cœur. Cela devrait briser le cœur de tout le monde. Une infirmière de Campbell River a dit avoir été exposée à la fumée de drogues dures à six reprises. Comment diable le gouvernement peut-il laisser pareille chose se produire? Je n'arrive pas à croire que je doive dire cela, mais les hôpitaux devraient être des sanctuaires de guérison et de soins, et non des endroits où règnent l'anarchie et le chaos.
    Après neuf ans, le gouvernement extrémiste néo-démocrate—libéral n'en vaut pas la drogue, le désordre et la mort. Seul un gouvernement conservateur plein de bon sens mettra fin à la consommation non supervisée et non prescrite de drogues dures dans les hôpitaux. Nous mettrons fin aux stupéfiants financés par les contribuables qui tuent nos enfants et empoisonnent nos collectivités. Nous nous concentrerons sur le traitement des Canadiens aux prises avec une dépendance, en leur offrant une voie vers le rétablissement afin que nous puissions ramener nos proches à la maison, libérés de l'emprise de la drogue.
    Il faut redonner espoir à la population. Contrairement au gouvernement radical néo-démocrate—libéral, nous n'abandonnerons pas les gens. C'est une question de compassion et de bon sens. Il faut mettre fin à l'expérience extrême et mortelle sur les drogues et ne jamais la répéter.

  (1330)  

[Français]

    Madame la Présidente, ce matin, j'ai demandé au chef de l'opposition officielle s'il pouvait m'expliquer la différence entre la légalisation, la décriminalisation et la déjudiciarisation. Sa réponse a été: « [I]l n'y a pas vraiment de différence. C'est un jeu de mots [...] ».
    Je sais que ma collègue a eu une brillante carrière dans le milieu du droit. Elle est avocate de formation. Elle a même été secrétaire du ministre de la Justice.
    Peut-elle regarder la caméra et dire à tous ses collègues du Barreau et autres qu'elle partage les propos du chef de l'opposition voulant que ces trois concepts juridiques soient une et même chose et qu'il n'y ait pas vraiment de différence?
    Si ce n'est pas le cas, peut-elle expliquer à son chef quelle est la différence? Cela peut être utile quand on veut être premier ministre.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie le député pour son éloge inattendu de mon ancienne carrière juridique, que j'ai maintenant laissée loin derrière moi.
    Je n'ai aucune hésitation à soutenir mon chef et la position de mon parti. Comme il est énoncé sans équivoque dans la motion, nous dénonçons la conception extrémiste que défend le gouvernement néo-démocrate—libéral par rapport à cet enjeu. Nous reflétons l'opinion majoritaire au sein de la population. Nous proposons des positions pleines de bon sens et empreintes de compassion au sujet de la drogue et des surdoses mortelles qui ont endeuillé trop de communautés et de familles. Je suis très claire sur notre position à ce sujet.
    Madame la Présidente, comme je suis un député de Toronto, je me sens obligé de dire que je voterai en faveur de la motion. Les neuf centres d'injection de Toronto se situent soit dans mon quartier, soit dans un quartier avoisinant. Je représente aussi des parents qui ont dû apprendre quoi faire quand leurs enfants se font piquer par une aiguille. Ce n'est pas normal. Ce n'est pas une expérience qu'un parent devrait vivre.
     J'ai été soulagé lorsque le gouvernement de la Colombie-Britannique a décidé de faire demi-tour. Toutefois, je m'inquiète en voyant le médecin hygiéniste de Toronto redoubler d'efforts et la mairesse néo-démocrate de Toronto préconiser la décriminalisation. Je suis curieux de savoir ce que ma collègue pense du fait qu'ils continuent à s'entêter, malgré toutes les preuves qui nous démontrent à quel point c'est devenu dangereux.
    Madame la Présidente, j'ai peine à croire que je suis obligée de dire ces choses-là et d'expliquer pourquoi les gens ne devraient pas fumer du crack et en souffler la fumée au visage de nos travailleurs de la santé et d'autres patients. J'ai peine à croire que je doive expliquer qu'un enfant de 2 ans qui prend une seringue usagée sur un terrain de jeu court un danger mortel ou extrêmement grave. En Colombie‑Britannique, les parents se serrent les coudes. Ils passent les terrains de jeu des enfants au peigne fin avant les parties de soccer tellement ils ont peur qu'un enfant tombe sur une seringue ou se fasse piquer.
     C'est une question de bon sens. C'est de la compassion.
    Madame la Présidente, le nombre de décès en Alberta a atteint un record l'année dernière. Ma collègue pourrait-elle nous dire pourquoi?
    Madame la Présidente, je ne peux pas parler pour l'Alberta.
    Madame la Présidente, j'ai deux questions très simples à poser à ma collègue après avoir entendu son discours.
     Je me demande si elle pourrait nous dire combien d'autres personnes devront mourir avant que les conservateurs commencent à écouter les experts en santé, à cesser de s'entêter et à permettre aux experts en santé d'offrir un soutien complet aux gens qui en ont besoin. De plus, ce qui est tout aussi important, combien encore de collectes de fonds les conservateurs vont-ils faire jusqu'à ce qu'ils aient assez d'argent pour cesser de recueillir des fonds sur le dos de ceux qui meurent tragiquement dans cette crise des substances toxiques?
    Madame la Présidente, je rejette catégoriquement la prémisse de la question de ma collègue, et je n'accepte pas ses sous-entendus.
     Ce sont des êtres humains. Ce sont des enfants. Ce sont des mères et des pères, des fils et des filles qui sont en danger. Nous sommes plongés dans une crise où des gens meurent de surdoses d'opioïdes et d'autres drogues dans notre pays. Je viens d'une province où la situation est tellement hors de contrôle que le gouvernement provincial a dû revenir devant le gouvernement libéral fédéral pour lui demander de traiter cette crise en toute priorité, parce que c'est le chaos.

  (1335)  

    Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir et un honneur de prendre la parole à la Chambre. Aujourd'hui, je vais parler d'un sujet très important qui, je le sais, a touché de nombreux Canadiens d'un océan à l'autre, y compris dans ma circonscription, Vaughan—Woodbridge.
     Avant d'entrer dans le vif du sujet, je dirai qu'à titre de député, nous avons l'occasion de rencontrer beaucoup de gens dans nos circonscriptions et, malheureusement, d'aller au salon funéraire et d'assister à des funérailles. Je pense que je suis allé sept ou huit fois au salon funéraire au cours des deux dernières semaines. Néanmoins, il y a une expérience que je n'oublierai jamais. Il y a quelques années, je suis allé au salon funéraire pour rendre hommage à un jeune homme de 25 ans qui avait succombé à une surdose d'opioïdes. Cette expérience m'a marqué. Je ne souhaite à personne de vivre ce que ce jeune homme et sa famille ont vécu avant le décès de celui-ci. Aucun d'entre nous ne souhaite cela.
     Notre tâche, en tant que législateurs, est de travailler pour le bien de nos concitoyens et de tous les Canadiens. Le débat que nous tenons aujourd'hui est très sérieux, parce qu'il a une incidence sur des familles et sur des vies.
     Avant de passer à mon discours proprement dit, j'aimerais dire que je partagerai mon temps de parole avec mon ami et collègue, le député de Vancouver Granville.
     J'interviens pour parler d'une question très importante pour les Canadiens, et en particulier pour nos amis et nos proches les plus vulnérables du pays.

[Français]

    Le Canada est au cœur d'une crise de surdoses, avec une moyenne de 22 décès par jour. Cette crise affecte les individus, les familles et les communautés dans tout le pays.
    L'approche du gouvernement du Canada face à la crise est guidée par la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances, qui promeut à la fois la santé et la sécurité publiques. Cette stratégie repose sur les principes de compassion, d'équité et de collaboration. Elle promeut une approche globale de la crise, reconnaissant que des personnes différentes ont besoin d'outils et de soutiens différents pour faire face à la consommation de substances.
    L'approche de notre gouvernement consiste à perturber et à démanteler l'offre de drogues illégales tout en soutenant une gamme complète d'actions intégrées visant à prévenir le risque et à aider les gens à accéder aux services dont ils ont besoin, au moment et à l'endroit où ils en ont besoin. Cela implique des investissements importants pour soutenir les provinces, les territoires et les communautés.
    Nous savons que la consommation de substances est avant tout un problème de santé. Il est important de réduire la stigmatisation et d'éliminer les obstacles à l'accès aux soins afin de réduire les risques de surdoses et d'autres préjudices. Les programmes et services de réduction des risques constituent une étape critique et nécessaire dans le continuum des soins, afin de fournir des mesures immédiates et vitales face à un approvisionnement en drogues toxiques et illégales.
     La toxicité croissante de l'offre de drogues illégales signifie que cette offre est entachée d'opioïdes puissants comme le fentanyl et d'autres drogues comme les benzodiazépines et les tranquillisants pour animaux. Cela signifie que les personnes qui consomment des drogues sont plus exposées aux risques de surdoses et aux dommages qu'il y a seulement quelques années.
    Il est prouvé que les mesures de réduction des risques sauvent des vies. Elles constituent une ligne de vie pour soutenir les personnes, y compris celles qui sont confrontées à la stigmatisation, à l'insécurité du logement ou à l'itinérance, ou à des retards et autres obstacles dans l'accès au traitement. De plus, certains services de réduction des risques, comme les sites de consommation supervisée, aident les personnes qui consomment des substances à établir des liens avec d'autres services de santé et d'autres services sociaux, y compris le traitement et le rétablissement.
    Notre gouvernement soutient une gamme complète de mesures de réduction des risques, notamment des programmes de naloxone, des services de vérification des drogues, des sites de consommation supervisée et des fournitures propres.

  (1340)  

    La naloxone peut sauver des vies en inversant temporairement les effets d'une surdose d'opioïdes. C'est pourquoi nous nous efforçons de rendre la naloxone plus accessible aux Canadiens.
    Par exemple, nous avons fourni un financement de 26 millions de dollars dans le cadre du Programme sur l'usage et les dépendances aux substances, ou PUDS, de Santé Canada pour accroître la formation à la sensibilisation aux surdoses d'opioïdes et améliorer l'accès à la distribution de ce médicament qui sauve des vies. En décembre 2023, ces investissements auront permis de former plus de 2 millions de personnes sur la façon de réagir aux surdoses. Ils auront aussi permis de distribuer plus de 92 000 trousses de naloxone par voie nasale dans tout le Canada.
    En raison de la toxicité croissante de l'offre de drogues, les personnes qui en consomment ne savent pas toujours ce qu'elles prennent. Les services de vérification des drogues peuvent jouer un rôle essentiel en fournissant aux individus des informations cruciales afin qu'ils puissent faire des choix éclairés susceptibles de réduire le risque de surdose.
    En date d'avril 2024, Santé Canada a autorisé des services de vérification des drogues dans 29 sites de consommation supervisée ainsi que dans 6 sites de vérification des drogues autonomes. Depuis 2018, le PUDS a également financé 10 projets de vérification des drogues pour aider à établir des preuves pour cette mesure de réduction des risques et fournir des services de vérification des drogues précieux aux communautés locales.
    Les sites de consommation supervisée offrent un espace sûr pour consommer des drogues en utilisant des produits propres et en ayant accès à des soins sans se faire juger. Nombre de ces sites offrent un accès à des services de contrôle des drogues et de soutien par les pairs qui peuvent aider les personnes à prendre la décision de suivre un traitement et à accéder à d'autres formes de soutien. Ces sites réduisent la propagation des maladies infectieuses et la pression sur les services d'urgence. Les sites de consommation supervisés ont été visités plus de 4,4 millions de fois. Plus de 53 000 surdoses ont été traitées et plus de 424 000 personnes ont été orientées vers des services sociaux et des services de santé. Ces orientations soutiennent les individus sur la voie de la guérison et du bien-être.
    Chacun mérite de se sentir en sécurité dans sa communauté. C'est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires et les parties prenantes pour garantir la sécurité des communautés tout en fournissant ces services vitaux. Cette crise est en constante évolution. Cela nous oblige à envisager et à mettre en œuvre des mesures novatrices de réduction des risques, afin de lutter contre l'offre de drogues illicites toxiques.
    C'est pourquoi nous finançons un grand nombre de projets innovants et fondés sur des preuves par l'intermédiaire du PUDS. Ce programme a fourni plus de 600 millions de dollars pour financer plus de 400 projets pilotes depuis 2017. Grâce à des investissements de 144 millions de dollars du budget de 2023, le PUDS pourra continuer à soutenir les organisations communautaires à but non lucratif et les organisations communautaires autochtones, ainsi que les municipalités, les provinces et les territoires afin de répondre aux besoins des Canadiens par le truchement du continuum de soins, de la prévention au traitement, en passant par le rétablissement et la réduction des risques.

[Traduction]

     Enfin, le débat que nous tenon aujourd'hui est très sérieux. On ne parle pas de solutions rapides et faciles ou de slogans, mais de la vie des Canadiens les plus vulnérables. Les personnes concernées peuvent avoir des problèmes de santé mentale et, bien sûr, de toxicomanie. Le débat porte sur les stratégies de réduction des méfaits et les traitements qu'il faut mettre en place, ainsi que sur les soins et l'affection dont ces personnes ont besoin pour surmonter les obstacles qu'ils rencontrent actuellement dans leur vie.
     J'attends avec impatience les questions et les commentaires de mes collègues, et j'espère que les questions seront pertinentes.

  (1345)  

    Madame la Présidente, le député devrait être content, car ma question est pertinente.
     L'expérience a déjà été tentée. La ville de Portland, en Oregon, a décriminalisé l'approvisionnement sûr. La Colombie‑Britannique a tenté l'expérience. Les surdoses ont explosé. Ce n'est pas un phénomène nouveau.
     Je sais que les députés du NPD sont très contrariés parce que les politiques néo-démocrates ne répondent pas aux attentes des Canadiens et que des gens meurent...
    Le député de New Westminster—Burnaby invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, le député induit sciemment la Chambre en erreur. Les chiffres sont...
    Cela relève du débat.
    Je vais laisser le député de Regina—Lewvan terminer sa question.
    Madame la Présidente, les députés néo-démocrates sont très contrariés parce qu'ils ont laissé tomber les Canadiens. Cette façon de faire a déjà été tentée et elle a échoué. Il existe des exemples de ces échecs.
    Pourquoi les libéraux se battent-ils si fort pour continuer de suivre une voie qui entraînera la mort de plus de Canadiens, et ce, à cause de l'approvisionnement sûr? Mettons en place quelque chose de mieux pour les Canadiens.
    Madame la Présidente, le député et moi nous soucions de nos concitoyens. Nous voulons faire en sorte qu'ils vivent pleinement leur vie. Toute stratégie relative au traitement de dépendances nécessite quatre piliers: la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et l'application de la loi. Il faut une approche holistique.
     Malheureusement, le député et ses collègues font fi de ce que l'ancien conseiller de l'ancien premier ministre a déclaré, à savoir que le plan proposé par l'opposition officielle n'en est pas un. C'est un plan voué à l'échec, et ce n'est pas l'approche à adopter face à un problème aussi grave, qu'il ne faut pas politiser, contrairement à ce que fait le parti de l'opposition.
    Madame la Présidente, les familles et les collectivités continuent de souffrir à cause de la crise des drogues toxiques. J'ai parlé avec beaucoup de mères, de pères et d'amis qui ont perdu des proches. Non seulement les discours des conservateurs sur le sujet sont nuisibles, mais ils coûteront des vies. Il est inadmissible de prétendre qu'il faut choisir entre la réduction des méfaits et les traitements, alors que nous faisons face à une urgence nationale.
     Étant donné que nous faisons face à cette urgence nationale, pourquoi le Parti libéral n'a-t-il pas déclaré une urgence nationale de santé publique au sujet de la crise des drogues toxiques et créé de réponse pancanadienne?
    Madame la Présidente, la députée de Victoria a tout à fait raison. Les conservateurs essaient de créer de faux choix, comme ils essaient de le faire avec l'économie et l'environnement, alors que nous savons que les deux vont de pair.
     Sur la question dont nous débattons aujourd'hui, nous avons besoin de la réduction des méfaits et des traitements, qui doivent aller de pair. C'est d'ailleurs sur ces politiques que nous travaillons. Nous collaborons avec les provinces. La Colombie‑Britannique a fait une demande, et cette solution n'a pas fonctionné pour elle. Nous avons examiné la situation. La réponse que nous avons donnée à la Colombie‑Britannique tient compte de cette situation, et c'est ce que nous continuerons de faire.
     Nous travaillerons en collaboration avec toutes les provinces, les services de police et les organismes qui s'occupent de traitements et de prévention. C'est la façon canadienne de faire les choses. C'est la bonne façon et la façon intelligente d'agir. C'est ainsi que nous obtiendrons des résultats.

[Français]

    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue du discours qu'il a prononcé il y a quelques instants et à le féliciter pour la qualité de son français.

[Traduction]

     Le député a demandé qu'on lui pose une question de fond, et je vais lui en poser une.
     Le gouvernement a attendu plus de 10 jours avant d'accéder à la demande de la province. Pourquoi a-t-il attendu aussi longtemps?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question très importante. Je comprends très bien le sens de sa question.

  (1350)  

[Traduction]

     Quand n'importe quel ordre de gouvernement ou n'importe quel gouvernement au Canada présente une demande, qu'il s'agisse du Québec ou de la Colombie‑Britannique, il faut y donner suite rapidement et apporter une réponse. Il y avait un délai de traitement. Ce n'est pas moi qui décide de ce délai, mais je suis heureux de voir que le gouvernement a pris une décision à propos de la demande présentée par la Colombie‑Britannique et le premier ministre David Eby.
    Madame la Présidente, il est important pour moi, en tant que député de la Colombie-Britannique, de prendre la parole sur cette question.
     Je voudrais commencer par parler des victimes de la crise des opioïdes, et en particulier, des personnes qui ont perdu la vie à cause de drogues contaminées. Ce sont les enfants de conservateurs, de libéraux, de néo-démocrates, de verts et de personnes qui n'ont aucune affiliation à un parti politique. Ce sont des personnes qui ont une famille, des piliers de la société, des personnes qui vivent des difficultés, des gens qui ont du mal à s'en sortir ou des gens qui ne sont pas nécessairement en difficulté. Ce sont des Canadiens ordinaires qui ont perdu la vie ou qui ont perdu des proches à cause des drogues contaminées en circulation dans les rues de nos villes. De Calgary à Vancouver, en passant par Toronto et Halifax, c'est un problème qui touche nos collectivités partout au pays.
     Chaque fois qu'une province veut trouver des façons de sauver des vies, le gouvernement fédéral est là et sera là pour travailler avec elle. Dans le cas de la Colombie-Britannique, comme l'a fait remarquer mon ami de Vaughan—Woodbridge, une demande a été présentée par la province. Elle reposait sur quatre piliers. Il y avait des attentes quant au déroulement. Les choses ne se sont pas déroulées comme le souhaitait la Colombie-Britannique. La province a donc demandé des modifications à sa demande. Elle a officialisé la demande vendredi de la semaine dernière et, ce lundi, la demande a été acceptée. Il faut que tous ceux et celles qui nous regardent et que tous les députés comprennent que, lorsque les formalités liées à la demande ont été effectuées le vendredi, il a fallu la fin de semaine pour obtenir la réponse. Il s'agit là d'une distinction importante, parce qu'il ne faut pas induire les Canadiens en erreur sur ce qui s'est passé. Cela n'a pas pris 11 jours. C'est la première chose.
     La deuxième chose qu'il faut souligner, c'est que, lorsque nous parlons de cet enjeu, il est très facile d'essayer de le politiser, comme les députés d'en face ont choisi de le faire. Cependant, voyons les faits.
     En Colombie-Britannique, un programme pilote a été mis en place pour tenter de sauver des vies. L'Alberta et la Saskatchewan n'avaient pas de programme pilote de ce genre et, par conséquent, ne suscitaient pas l'intérêt du chef de l'opposition. Selon cette logique, ces provinces n'auraient pas dû avoir le moindre problème.
     En fait, l'Alberta a connu une augmentation de 25 %, avec quatre décès par jour. Pour la Saskatchewan, c'est une année record pour le nombre de décès. Quand on regarde les chiffres dans les provinces que dirigent les conservateurs, il n'y a pas de quoi être fier. Nous devons donc arrêter de parler de ce sujet comme d'un problème néo-démocrate, libéral ou conservateur: c'est un problème de santé publique. Il s'agit d'une crise de santé publique.
     Il ne s'agit pas de judiciariser les toxicomanes. L'opposition cherche à engranger du capital politique sur le dos des membres les plus vulnérables de notre société, vu qu'ils ne sont probablement pas en mesure de se défendre. De ce côté-ci de la Chambre, nous ne ménagerons jamais nos efforts pour appliquer une approche de santé publique basée sur la science. Nous collaborerons avec les pouvoirs publics pour employer les meilleurs moyens possible afin de résoudre la crise. Ce ne sont pas toutes les solutions qui seront parfaites, comme l'a constaté le gouvernement de la Colombie-Britannique. Cela dit, il ne cherchait pas la perfection. Je ne pense pas que qui que ce soit le fasse. Il s'agit simplement de sauver des vies.
     Je sais pertinemment que certains conservateurs sont fermement convaincus de la nécessité de se pencher sur la question de l'approvisionnement sûr. Il y a des conservateurs qui estiment que pour lutter contre la toxicomanie et résorber la crise, il faut adopter une approche axée sur la santé publique. Ben Perrin, qui a conseillé Stephen Harper pendant des années, est l'un des principaux partisans d'une approche sensiblement différente de ce que le chef conservateur propose.
     C'est important dans ce dossier de prêter l'oreille à des gens de tous les horizons, d'écouter l'histoire des personnes qui sont mortes et des familles qui sont en deuil. On ne peut pas suivre un traitement si on est mort. J'ai parlé avec des parents de ma circonscription dont l'enfant est mort à cause de drogues contaminées. Ils auraient aimé que leur enfant ait eu accès à un approvisionnement sûr pour se désintoxiquer. Malheureusement, ces enfants — des jeunes, des étudiants, des pompiers, des médecins, des infirmiers — ne pourront jamais obtenir de traitement.

  (1355)  

    C'est important de prendre conscience de la différence fondamentale entre l'idée fantaisiste que l'opposition cherche à croire, à savoir que l'on distribue de la drogue à qui mieux mieux, et une démarche médicale éprouvée qui aide les gens à rester en vie afin qu'ils puissent recevoir les traitements dont ils ont besoin.
     Si nous estimons, en tant que Canadiens, que notre travail et notre devoir consistent à défendre nos concitoyens, à les aider à surmonter des périodes difficiles ainsi qu'à trouver des solutions innovantes et créatives aux problèmes de santé publique, alors nous avons l'obligation de collaborer avec les pouvoirs publics. Nous avons l'obligation de travailler avec les provinces, les territoires et les municipalités pour trouver des solutions.
     Je veux que les gens se rappellent qu'au départ, la demande jouissait de l'appui des forces de l'ordre, du Service de police de Vancouver, de la Ville de Vancouver et du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique. Ce n'est pas une initiative concoctée strictement par un ordre de gouvernement. Elle est le fruit de longues discussions, d'un travail assidu, d'une réflexion approfondie et d'une volonté sincère de sauver des vies.
     Le fait qu'elle ait été mise sur pause ne va pas à l'encontre de ces principes et il ne diminue en rien le fait que les provinces, les territoires et les villes qui n'ont pas mené ce projet pilote déplorent un nombre sans précédent de morts attribuables à la crise des opioïdes.
     Si nous voulons avoir une discussion sérieuse à la Chambre, nous devrions parler des moyens de travailler ensemble, sans partisanerie, pour poser les questions nécessaires. Que nous disent les professionnels de la santé et que souhaitent les forces de l'ordre? Comment nous assurer que la sécurité publique fait bien partie de la conversation? Faisons-nous également tout ce qu'il faut pour tenir compte des personnes dont la vie est menacée et les inclure?
     Si nous prenons ce débat au sérieux, l'opposition ne devrait pas dire qu'elle va faire ceci et cela en termes absolus, car ce n'est pas ainsi que les politiques publiques fonctionnent. Ce n'est pas ainsi que les gens sérieux fonctionnent. Les gens sérieux examinent la complexité des questions graves et acceptent que des choses vont fonctionner et d'autres pas. Toutefois, lorsqu'elles ne fonctionnent pas, la question devrait être de savoir comment nous pouvons les analyser pour les améliorer.
     De ce côté-ci de la Chambre, nous allons toujours faire confiance aux données scientifiques, travailler avec les forces de l'ordre, travailler avec les professionnels de la santé, parler aux victimes pour connaître leurs points de vue et convenir ensemble de politiques publiques fondées sur des faits et non sur des chimères.
     En Colombie-Britannique, comme en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario, en Nouvelle-Écosse et dans tout le reste du pays, des gens pleurent des êtres chers à cause de drogues contaminées. Les gens attendent des gouvernements qu'ils travaillent ensemble pour résoudre cette crise. Lorsque les partis d'opposition ou quiconque choisit de se servir de la douleur et de la mort d'autrui comme ballon politique, nous devons, en tant que Canadiens, dire haut et fort que ce n'est pas acceptable.
     Nous devrions travailler dur pour trouver des solutions, et non prétendre que les slogans vont sauver des vies. Où que ce soit dans le monde, aucun slogan n'a permis de sauver une vie. En revanche, ce qui a fonctionné, c'est quand les gens se sont penchés sérieusement sur les questions de santé publique et qu'ils ont travaillé ensemble pour trouver des solutions.
     Je suis fier d'appartenir à un gouvernement qui prend cette question au sérieux, qui veut faire en sorte que les gens suivent un traitement, qu'ils reçoivent l'aide dont ils ont besoin, et qui veut le faire d'une manière qui tienne compte de la réalité sur le terrain et de la réalité des collectivités qui attendent désespérément que les dirigeants de ce pays collaborent à cette importante solution.
     Des députés d'en face, du Nouveau parti démocratique, ont consacré du temps, des efforts et de l'énergie à cette question. Je salue leur travail et je les félicite. Nous continuerons à faire de même de notre côté. Toutefois, si nous voulons résoudre cette crise, nous devrons tous ramer dans la même direction et non pas instrumentaliser la vie des victimes d'une crise sanitaire à des fins politiques.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

La Fondation Jean Ip

     Monsieur le Président, je souhaite aujourd'hui rendre hommage à la Fondation Jean Ip, un organisme à but non lucratif basé à Richmond qui représente une source d'espoir et de soutien pour les étudiants défavorisés.
     Le programme de bourses d'études de la Fondation Jean Ip vise à contribuer à l'élimination des obstacles à l'éducation et à offrir des bourses pour aider les étudiants à poursuivre des études postsecondaires au Canada et à atteindre leurs objectifs scolaires sans contraintes financières. La fondation a commencé à attribuer des bourses annuelles à des étudiants en Colombie-Britannique par l'intermédiaire des districts scolaires locaux.
    Aujourd'hui, la Fondation Jean Ip a élargi la portée de son mandat. Ainsi, elle propose un programme de bourses qui s'étend à tout le Canada, et offre des bourses allant jusqu'à 10 000 $ à des étudiants qui éprouvent des difficultés financières. La Fondation Jean Ip renforce ainsi son engagement à rendre l'enseignement supérieur plus accessible et plus abordable. J'encourage tous les jeunes Canadiens à saisir cette occasion et à poser leur candidature au programme de bourses de la Fondation Jean Ip avant le 31 mai, c'est-à-dire avant la fin du mois. La fondation permet d'alléger le fardeau financier de l'enseignement supérieur et d'ouvrir la voie à de nouvelles possibilités pour de nombreux étudiants.
    Je remercie les membres de la Fondation Jean Ip pour leur dévouement...
    La députée de Fort McMurray—Cold Lake a la parole.

La journée de la vychyvanka

     Monsieur le Président, dobryi den. Le troisième jeudi de mai, c'est la journée de la vyshyvanka. Aujourd'hui, nous exprimons notre solidarité avec l'Ukraine et la communauté canado-ukrainienne en portant fièrement des vyshyvankas et des rubans de l'Ukraine.
    Les Ukrainiens portent depuis des siècles des vyshyvankas soigneusement confectionnées avec des broderies colorées et des motifs traditionnels qui représentent le patrimoine unique de chaque région d'Ukraine. Après plus de 800 jours d'agression génocidaire russe, cette année, la journée de la vyshyvanka prend une signification particulière. Créée à l'origine par les mouvements étudiants de Tchernivtsi, cette fête de la culture et du patrimoine ukrainien est aujourd'hui célébrée partout sur la planète.
    Au fur et à mesure que cette célébration a évolué et s'est développée, le soutien à l'Ukraine a lui aussi évolué. Comme les mailles de la vyshyvanka, chaque contribution, peu importe son ampleur, est importante pour l'effort de guerre. Ici, au Canada, nous devons envoyer à l'Ukraine toutes les munitions que nous avons produites et que nous pouvons produire et lui envoyer immédiatement les roquettes CRV7 que le pays nous a demandées il y a plus de six mois.
    Au nom des conservateurs du Canada, je réaffirme notre engagement inébranlable à soutenir l'Ukraine jusqu'à sa victoire. Bonne journée de la vyshyvanka. Slava Ukraini.

La santé sexuelle et reproductive

    Monsieur le Président, aujourd'hui, sur la Colline du Parlement, le lobby anti-choix défile pour réclamer le contrôle des droits génésiques des femmes. Les conservateurs se joignent à lui, appuient ses revendications insidieuses, célèbrent l'annulation de l'arrêt Roe contre Wade et vilipendent les réalisations d'Henry Morgentaler. Ils ne veulent pas que nous ayons accès à l'avortement et ils ont voté contre le fait d'offrir aux Canadiens des choix en matière de contraception. Ils importent les tactiques politiques clivantes qui ont cours de l'autre côté de la frontière, aux États‑Unis, et contaminent la population du Canada.
    Le gouvernement libéral ne rouvrira pas le débat sur l'avortement. Pourquoi les députés conservateurs continuent-ils de présenter des pétitions, des projets de loi et des motions à cette fin? Le programme des conservateurs est clair. Le chef de l'opposition a même dit qu'il utiliserait la disposition de dérogation pour bafouer nos droits. Cette violation des droits vient d'un parti qui prétend défendre les libertés. Cela ne m'a pas échappé. Je ne veux pas vivre dans un pays où mes droits sont restreints et je me battrai.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous nous battrons tous pour empêcher le Canada de retomber dans des temps moyenâgeux.

[Français]

La Semaine nationale de la police

    Monsieur le Président, du 12 au 18 mai se tient la Semaine nationale de la police sous le thème « Mieux se comprendre: la police et le citoyen ».
    Cette semaine est l’occasion de valoriser le travail de nos policiers et de nos policières qui travaillent chaque jour pour protéger la population et qui s’assurent que nous pouvons vivre dans des communautés sécuritaires.
    Le travail des forces de l’ordre a trop souvent mauvaise presse et certains stéréotypes font encore beaucoup d’ombre au travail de nos héros du quotidien. Ils sont également confrontés à des situations difficiles qui peuvent avoir un impact sur leur bien-être et sur leur santé mentale.
    C’est pourquoi je tiens, au nom du Bloc québécois, à remercier tous les policiers et toutes les policières pour leur travail essentiel et à saluer leur courage et leur dévouement.
    Soyons reconnaissants et mettons tous les efforts pour rebâtir et améliorer la confiance entre la police et le citoyen. J’invite donc toute la population à rencontrer leurs policiers locaux, qu’ils soient issus des corps de police municipaux, autochtones, de la Sûreté du Québec ou de la GRC, pour échanger et bâtir des ponts.
    Je souhaite à tous et à toutes une bonne Semaine nationale de la police.

  (1405)  

Les programmes du gouvernement

     Monsieur le Président, pour continuer à investir dans les Canadiens, il est nécessaire d’avoir une économie forte. Au Canada, nous avons un taux d’inflation qui a chuté à 3 %, nous avons un taux de crédit AAA et nous avons un taux de chômage qui demeure très bas. De plus, le Fonds monétaire international et l’Organisation de coopération et de développement économiques prévoient que le Canada connaîtra la plus forte croissance économique du G7.
    Pour ces raisons, je suis tellement fier de notre gouvernement, parce que nous avons mis en place des programmes comme le nouveau programme pour les personnes handicapées, le nouveau programme pour les soins dentaires, le nouveau programme d’assurance-médicaments, le nouveau programme national d’alimentation scolaire, le nouveau programme d’apprentissage pour les jeunes et finalement le nouveau programme de régime de retraite du Canada.
    C’est la raison pour laquelle le Canada est le meilleur pays au monde.

[Traduction]

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, chaque année, les Canadiens paient plus pour obtenir moins à cause des déficits inflationnistes et du fardeau fiscal accablant qu'impose le gouvernement libéral. La taxe sur le carbone des libéraux fait des ravages chez les retraités, les familles de travailleurs et les petites entreprises.
    Aujourd'hui, au Nouveau-Brunswick, nous payons le litre d'essence plus de 62 ¢ de plus que les ménages du Maine, l'État américain voisin. Cette différence de prix est entièrement attribuable aux taxes canadiennes.
    L'année prochaine, en raison de la taxe sur le carbone des libéraux, cette différence de prix entre le Nouveau-Brunswick et le Maine sera presque de 70 ¢ le litre. D'ici 2030, les libéraux prévoient faire grimper le prix de l'essence de 50 ¢ le litre. Cette taxe coûtera aux Canadiens des milliers de dollars de plus chaque année. Les familles sont obligées de payer plus cher pour vivre au Canada à cause d'un premier ministre indifférent et dogmatique.
    Les libéraux ne valent pas le coût de la taxe sur le carbone. Il est temps de faire de cette taxe un enjeu électoral. Demandons à la population de se prononcer. Débarrassons-nous des libéraux.

Les World Dwarf Games

    Monsieur le Président, c'est un plaisir de prendre la parole à la Chambre pour rendre hommage à Brooklyn Wolfrey, une remarquable athlète championne du Labrador qui a remporté six médailles d'or et trois médailles de bronze.
    Brooklyn est une athlète de 15 ans de Rigolet, au Nunatsiavut. Elle a participé aux World Dwarf Games en 2017, où elle a remporté deux médailles d'or en natation et au hockey. Cette année, elle a participé aux World Dwarf Games, à Cologne, en Allemagne, dans les disciplines du badminton, du soccer, de la course, du tennis de table, du basketball et de la natation.
    Elle a remporté quatre médailles d'or et trois médailles de bronze pour le Canada, et elle a gagné le cœur des gens du Labrador, des Canadiens et de toute la planète.
    Elle était l'une des 500 athlètes de plus de 20 pays qui ont participé aux World Dwarf Games. Brooklyn a été l'une des étoiles de la compétition. C'est une athlète incroyable, une jeune personne remarquable et un modèle pour tous ceux qui la connaissent.

Marina Clemens

    Monsieur le Président, le nom Marina Clemens est synonyme du chemin Drouillard et de Ford City. C'est là que Marina a fondé l'organisme Drouillard Place et consacré sa vie à bâtir une communauté où chacun prend soin de ses voisins et des plus vulnérables. Elle défendait farouchement le logement abordable et se faisait la championne des sans-abri de notre communauté.
    Lorsque nous avons célébré l'aménagement de 145 logements sur la ruelle Meadowbrook, le premier projet résidentiel à être réalisé dans notre collectivité depuis 30 ans, sa réponse allait droit au but; elle disait qu'il fallait construire encore plus de logements.
    Son fils Jason dit que sa mère vivait sa foi et faisait toujours passer les gens en premier. Jamais elle ne demandait en quoi cela l'avantagerait. Marina Clemens est décédée cette semaine, et Windsor a perdu une très grande cheffe de file.
    Quiconque cherche la voie à suivre n'a qu'à se rendre à Ford City. Il y trouvera sa rue, son chemin Drouillard renommé « voie Marina Clemens ». C'est la voie de l'altruisme.

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, après neuf ans, le gouvernement néo-démocrate—libéral n'en vaut tout simplement pas le coût. Les Canadiens voient le recours aux banques alimentaires atteindre un niveau record depuis qu'il est au pouvoir, et près de 60 % des Canadiens consomment des aliments périmés ou gâtés.
    Le premier ministre, appuyé par sa coalition avec le NPD, a décidé d'augmenter la taxe sur le carbone de 23 %. C'est révoltant. Contrairement au premier ministre, la plupart des Canadiens n'ont pas de fonds en fiducie. Par conséquent, cette augmentation n'a pas seulement poussé plus de gens à recourir aux banques alimentaires, elle a aussi ralenti les dons. Avec moins de dons et une demande plus forte, les banques alimentaires sont obligées de fermer leurs portes.
    Les personnes âgées qui espéraient trouver un peu de répit dans le récent budget doivent faire longuement la file aux banques alimentaires simplement pour joindre les deux bouts. Les conservateurs, qui font preuve de gros bon sens, aboliront la taxe, construiront des logements, redresseront le budget et feront échec au crime pour que les Canadiens puissent se nourrir d'aliments sains et salubres dans la dignité.

  (1410)  

Des vœux d'anniversaire

    Monsieur le Président, je prends la parole à la Chambre aujourd'hui pour rendre hommage à Jerry Fishman, un entrepreneur et un électeur dévoué. Jerry célébrera son 95e anniversaire le 13 mai.
    En 1956, il ouvre Jerry's Budget Centre au coin des rues Jane et Wilson. En 1973, il réinstalle son magasin au 1625, avenue Wilson et le renomme Jerry's for Fashion.
    Je profite de l'occasion pour souligner le dévouement exceptionnel et indéfectible de Jerry envers son entreprise et ses clients. Jerry ouvre encore le magasin tous les matins, accueille ses clients et continue de servir sa collectivité. J'offre mes meilleurs vœux à Jerry à l'occasion de cet anniversaire spécial.
    J'espère qu'il passera une journée très heureuse, entouré de ses êtres chers, et qu'il continuera à nous inspirer tous par sa vitalité, sa passion et sa joie de vivre.
    Joyeux anniversaire, Jerry.

Le député d'Edmonton‑Centre

    Monsieur le Président, le ministre de l'Emploi pointe depuis trop longtemps les autres du doigt sans être lui-même irréprochable. En effet, nous avons appris la semaine dernière que le ministre ne s'est pas dissocié de son entreprise d'équipement de protection individuelle ni de sa société de lobbyisme, ce qui le place manifestement en conflit d'intérêts. En comptant toujours parmi les administrateurs de son entreprise d'équipement de protection individuelle, il contrevient au code d'éthique. De plus, l'ancienne société de lobbyisme du ministre, qu'il a offerte à son ami et collègue, a réussi à obtenir de six ministères fédéraux, y compris son propre ministère, des millions de dollars en subventions fédérales pour l'Aéroport international d'Edmonton.
    Cet homme, qui prétend se préoccuper uniquement des intérêts des Albertains et des Canadiens, affiche enfin ses couleurs. On sait maintenant qu'il ne pense qu'à lui-même. Comment le ministre ose-t-il se présenter à la Chambre, jour après jour, en prétendant défendre les Albertains alors qu'il dénigre la première ministre et qu'il profite de la population? Les Albertains n'ont pas été dupes, et les Canadiens ne le sont maintenant plus.

[Français]

Les finances

    Monsieur le Président, après neuf sous ce gouvernement, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois n'arrivent plus à joindre les deux bouts. La crise du coût de la vie a comme conséquence qu'il est presque impossible de louer un appartement en plus de payer l'épicerie.
    Hier, les membres d'un jeune couple québécois ont été obligés de retourner vivre chez leurs parents, puisqu'il est impossible pour eux d'économiser pour acheter une maison tout en payant leur loyer. On est rendu là avec ce gouvernement qui dépense sans compter. Deux adultes avec des emplois à temps plein n'ont même pas les moyens d'avoir leur propre chez-soi. La SCHL rapporte même que trois fois plus de Canadiens repoussent l'achat d'une propriété, puisque les taux d'intérêt sont simplement trop élevés.
    Pendant que trop de jeunes Canadiens abandonnent le rêve d'acheter une maison, le Bloc québécois, lui, aggrave la situation en votant, avec les libéraux, 500 milliards de dollars de crédits budgétaires. C'est justement ces dépenses de bureaucratie qui nous ont plongés dans cette crise inflationniste. Voter pour le Bloc québécois coûte cher et les Québécois l'ont aussi compris. Les libéraux et les bloquistes n'en valent pas le coût.

Le 40e anniversaire du Pavillon Marguerite de Champlain

    Monsieur le Président, c'est avec fierté que je me lève aujourd'hui pour souligner le 40e anniversaire du Pavillon Marguerite de Champlain, une ressource inestimable pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants dans la Rive‑Sud, en face de Montréal.
    Au cours de ces quatre décennies, ce sont plus de 10 000 femmes et enfants qui ont bénéficié du soutien de cet organisme, que ce soit par l'entremise de ses services d'hébergement, d'écoute téléphonique vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, de consultation individuelle, d'ateliers de groupe, d'interventions familiales ou autres.

[Traduction]

     Le Pavillon Marguerite de Champlain se distingue par sa capacité à offrir un accompagnement et des services dans les deux langues officielles du Canada aux femmes victimes de violence conjugale de toutes les origines culturelles. Je félicite la fondatrice et directrice du Pavillon, Deborah Pearson, ainsi que toute son équipe pour cet important anniversaire. Je leur suis reconnaissante de faire la différence dans la vie de tant de femmes et d'enfants de notre région.

  (1415)  

La Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie

    Monsieur le Président, les néo-démocrates se joignent aux milliers de personnes sur la planète qui soulignent la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, une journée pour sensibiliser le public aux droits des personnes 2ELGBTQI et, malheureusement, aux atrocités qu'elles subissent toujours mondialement. De Stonewall à Edmonton, la communauté queer continue à grandement contribuer à créer une société meilleure et plus juste. Elle nous montre la force de la résilience d'une communauté et nous rappelle notre quête incessante de justice et de liberté pour tous.
    La communauté trans a le droit d'être heureuse, mais ce bonheur est menacé par des mouvements d'extrême droite qui cherchent à diviser avec la haine, animés par une soif de pouvoir et une volonté de détruire les droits des autres. Tous les députés ont la responsabilité de dénoncer le sectarisme qui menace la sécurité de nos concitoyens. Même s'il peut être avantageux sur le plan politique de miser sur les attaques et la division, je serai clair: nous sommes là pour de bon.

[Français]

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, encore une fois, le cirque des antichoix est en ville. La grotesque démonstration d'intimidation à l'égard des femmes, des élus et des médecins est de retour.
    Chaque année, ces gens viennent nous rappeler le mépris qu'ils ont à l'égard des femmes, du corps des femmes, des droits des femmes. Chaque année, ils viennent avec la bénédiction d'un paquet de députés conservateurs, à qui ils donnent leur vote et leur argent. Ces réactionnaires misogynes, je veux qu'ils sachent que le corps des femmes appartient aux femmes, qu'il n'appartient qu'à elles. C'est leur choix, point. Elles n'ont pas à se justifier, ni à s'expliquer, ni à s'excuser. C'est leur corps à elles, point. Ils auront beau être des milliers et des milliers d'antichoix, on ne permettra pas que ce qui arrive dans un paquet d'États américains se produise ici. Ce monde se dit pro-vie, alors que ce sont simplement des anti-femmes. Ils auront beau se pavaner avec fierté, c'est une honte de les voir.

[Traduction]

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, la course à la direction du Parti libéral est en cours, et Mark Carney, le favori, est le premier à prendre le départ.
    Au Sénat, il a confirmé et promis qu'il maintiendrait la taxe punitive sur le carbone du premier ministre. Lorsqu'on lui pose des questions sur la responsabilité financière, il répond qu'il ne modifiera aucune politique. Mark Carney poursuivra donc la tradition libérale qui consiste à augmenter les impôts, à dépenser davantage et à appauvrir les Canadiens.
    Or, les Canadiens n'ont tout simplement pas besoin d'un autre libéral qui fait augmenter le coût de la vie. Chose certaine, que ce soit avec M. Taxe-sur-le-carbone Carney ou le premier ministre actuel, les Canadiens continueront de souffrir.
    Plus les libéraux dépensent, plus la situation empire. En revanche, les conservateurs pleins de gros bon sens aboliront la taxe, construiront des logements, redresseront le budget et feront échec au crime. Ramenons le gros bon sens chez nous.

Les soins de santé pour les femmes

    Monsieur le Président, lorsque l'arrêt Roe c. Wade a été invalidé aux États‑Unis, des députés conservateurs s'en sont réjouis et ont juré de faire la même chose au Canada.
    Tous les jours, on entend parler des problèmes de santé potentiellement mortels auxquels des Américaines doivent faire face. La semaine dernière, le chef de l'opposition a admis qu'il est prêt à déroger unilatéralement à la Charte pour mettre en œuvre des politiques souhaitées par les conservateurs.
    Des députés conservateurs de cette Chambre n'ont pas tardé à dire aux femmes de l'ensemble du pays qu'ils sont d'avis que les politiciens conservateurs devraient prendre des décisions concernant les soins de santé pour les femmes.
    Aujourd'hui, pendant que des députés conservateurs se joignent aux gens qui manifestent sur la Colline du Parlement pour qu'on fasse reculer les droits des femmes, nous allons nous battre pour que les femmes puissent disposer de leur propre corps comme elles l'entendent et pour protéger les droits des femmes garantis par la Charte. Nous nous battrons pour protéger la liberté des femmes de prendre leurs propres décisions en matière de soins de santé.
    Qui, à la Chambre, se battra à nos côtés?

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

  (1420)  

[Traduction]

Les finances

    Monsieur le Président, après neuf ans sous le régime du premier ministre néo-démocrate—libéral, les Canadiens s'appauvrissent. Ses déficits inflationnistes font grimper l'inflation ainsi que les taux d'intérêt.
     En effet, lorsque le premier ministre emprunte des milliards sur les marchés pour financer ses folles dépenses, les taux d'intérêt augmentent pour tout le monde. Il y a un nouveau rapport de la Banque du Canada qui est choquant. Les paiements hypothécaires moyens augmenteront de plus de 20 % au cours des deux prochaines années.
    Comment diable les familles canadiennes sont-elles censées trouver des centaines de dollars supplémentaires pour faire leurs paiements hypothécaires?
     Je demande aux députés de faire très attention à leur langage.
     Monsieur le Président, comme c'est la première fois que j'ai l'occasion de m'exprimer à la Chambre aujourd'hui, je voudrais parler d'une menace très grave qui pèse sur les Canadiens.
     La semaine dernière, le chef conservateur a déclaré qu'il allait ignorer les droits que nous confère la Charte. Cette semaine, un député conservateur a affirmé à la Chambre qu'il s'opposait au droit des femmes au libre choix. Aujourd'hui, des députés conservateurs sont dehors à contester le droit des femmes au libre choix.
    Nous connaissons maintenant la vérité. Les conservateurs comptent s'attaquer à nos droits garantis par la Charte. Ils veulent s'attaquer aux droits de toutes les femmes du Canada.
    Des voix: Oh, oh!
    Chers collègues, je suis certain que nous voulons tous entendre le député de Regina—Qu'Appelle. Je prie le député de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, qui est respecté à la Chambre, de bien vouloir s'abstenir d'intervenir tant qu'il n'a pas la parole.
    Le député de Regina—Qu’Appelle a la parole.
    Monsieur le Président, rien de cela n'est vrai. La ministre cherche désespérément à détourner l'attention de son propre bilan. Elle tente de réconforter les Canadiens en affirmant que tout va bien parce qu'elle n'a pas encore utilisé au maximum la carte de crédit nationale.
    Cependant, les dépenses et les emprunts ont des conséquences. En fait, l'établissement financier Desjardins a conclu que la production par habitant a chuté dans toutes les provinces l'an dernier, ce qui représente le déclin le plus généralisé du niveau de vie de base de l'histoire canadienne, exception faite de la pandémie, et qui coûte aux familles canadiennes 4 200 $ par mois.
     Quelqu'un de l'autre côté de l'allée pourrait-il couper la carte de crédit nationale avant que plus de Canadiens ne fassent faillite?
    Encore une fois, je demande aux députés d'attendre d'avoir la parole avant d'intervenir. Je demanderais à la députée d'Orléans, qui est aussi une députée respectée, de ne prendre la parole que lorsqu'on s'adresse à elle.
    La vice-première ministre et ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, il y a eu beaucoup de cris de l'autre côté de la Chambre pendant que je parlais.
    C'est parce que les conservateurs craignent que les Canadiens commencent à comprendre leur vrai plan. Les Canadiens voient bien qu'ils fréquentent des suprémacistes blancs et qu'ils ne les dénoncent pas. Les Canadiens voient bien qu'ils s'apprêtent à mettre en pièces la Charte des droits.
    Nous savons maintenant que le premier droit auquel les conservateurs vont s'attaquer est le droit des femmes au libre choix, comme l'extrême droite l'a fait au sud de la frontière. Mais nous ne les laisserons pas faire.
    Monsieur le Président, nous n'avons aucune leçon à recevoir d'un gouvernement qui bafoue la liberté d'expression en tentant de contrôler Internet et ce que les Canadiens peuvent voir et publier en ligne.
    Les quelques libéraux qui espèrent que, lorsque le premier ministre sortant s'en ira enfin, un nouveau chef libéral viendra à leur secours seront amèrement déçus. Hier, au Sénat, Mark « taxe carbone » Carney a poursuivi sa course à la direction du Parti libéral en défendant le même programme radical, en soutenant la taxe sur le carbone du premier ministre actuel et étant incapable de réduire les dépenses inutiles d'un seul sou.
    Si Mark « taxe carbone » Carney ne le fera pas et que le premier ministre actuel ne le fera pas non plus, y aura-t-il quelqu'un de l'autre côté du parquet pour abolir cette taxe et redresser le budget?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je suis vraiment ravie d'entendre le leader parlementaire du Parti conservateur parler des droits des Canadiens et de leur importance.
    Je suis une femme. Je suis une mère. Le droit le plus fondamental de toute femme et de toute fille au Canada, c'est le droit de disposer de son corps. Il est temps que les conservateurs se lèvent et disent clairement s'ils vont défendre le droit des femmes au libre choix, car lorsqu'on les écoute en parler, ils disent vouloir y mettre fin.

[Français]

Le logement

    Monsieur le Président, vous allez être content de nous, parce qu'aujourd'hui, en comité, il y a eu une parfaite collaboration entre l'opposition et le gouvernement. Grâce au député de Mégantic—L'Érable, le ministre du Logement sait qu'au Québec, le 1er juillet, c'est la journée du déménagement. Ça fait 50 ans que ça existe. Grâce à nous, le ministre du Logement le sait maintenant.
    Ce n'est pas parce que je dis ça avec le sourire que c'est agréable, bien au contraire. Le 1er juillet est la pire journée de nos vies, comme l'ont dit d'ailleurs des gens qui travaillent auprès de ceux qui en arrachent.
    Aujourd'hui, la Banque du Canada confirme que les gens vont payer plus cher leur loyer et leur hypothèque. Qu'est-ce que le gouvernement va faire pour les aider?
    Monsieur le Président, je suis très contente qu'un député du Québec pose une question aujourd'hui.
    Évidemment, je ne suis pas québécoise, mais j'admire les féministes et les femmes du Québec. Les Québécoises comprennent toujours l'importance du droit de choisir pour chaque femme, partout au Canada. Est-ce que les députés du Québec du Parti conservateur sont prêts à réaffirmer le droit de chaque femme du Canada?
     Monsieur le Président, toutes les femmes du Québec, toutes les femmes du Canada, tous les hommes du Québec et tous les hommes du Canada souffrent des politiques inflationnistes de ce gouvernement. C'est ça qui touche tous les Canadiens. La réalité, aujourd'hui, c'est que la Banque du Canada a dit que le prix des prêts hypothécaires et des loyers allait augmenter en raison des dépenses inflationnistes.
    J'ai une question toute simple. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans ce gouvernement qui va nous expliquer clairement comment des dépenses de 500 milliards de dollars, appuyées par le Bloc québécois, vont faire diminuer l'inflation?
    Monsieur le Président, je suis tellement contente que le député de l'opposition soulève la question des droits des Canadiens et des Canadiennes, des droits des Québécois et des Québécoises.
    Ce qui touche chaque femme au Canada, les Québécoises et les Canadiennes, c'est notre droit de contrôler notre propre corps. Cette semaine, une députée conservatrice à la Chambre a dit qu'elle était contre cela. Il y a des députés sur la Colline qui disent la même chose. Qu'est-ce que les députés du Québec disent?

Les langues officielles

    Monsieur le Président, revenons sur les graves insultes du député libéral concernant la défense du français.
    On a eu droit ce matin à ses excuses forcées aux deux témoins qu'il a intimidés. C'est trop peu, trop tard. Maintenant qu'on sait exactement ce qu'il pense des Québécois qui s'inquiètent du déclin du français, il n'a plus d'affaire à la présidence de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Il n'a pas d'affaire à voyager comme un prince à l'étranger pour parler au nom des Québécois.
    Est-ce que le premier ministre va faire la seule chose possible, à savoir demander son départ? Les Québécois n'ont plus confiance en lui.
    Monsieur le Président, je veux commencer en remerciant la députée du Bloc québécois qui a parlé il y a quelques minutes de l'importance des droits des femmes au Canada. Elle était très éloquente et nous appuyons cela.
    Nous comprenons et nous sommes d'accord qu'il y a un recul du français partout au Canada, au Québec et dans les autres provinces. C'est pourquoi notre gouvernement appuie le français dans tout le pays.
     Monsieur le Président, le premier ministre en a rajouté.
    Il a affirmé que, si le Bloc québécois réplique à ce député, c'est parce que, selon lui, nous, les bloquistes, n'aimons pas les francophones hors Québec. Selon lui, ne pas faire le tapis quand on nous insulte, ce serait attaquer les minorités linguistiques. Autrement dit, selon lui, les Québécois qui refusent de se faire traiter d'extrémistes, et j'en passe, ce sont des francophobes. Il y a des limites à dire n'importe quoi.
    J'ai des petites nouvelles pour lui au nom des Québécois. Nous ne nous laisserons pas piler dessus. Le député n'a pas d'affaire à nous représenter à l'international. C'est fini.
    Est-ce que le premier ministre va lui montrer la porte?

  (1430)  

     Monsieur le Président, je ne suis ni Québécoise ni francophone, mais je veux vraiment assurer à mon collègue d'en face que, pour notre gouvernement, le français partout au pays est très important.
    Nous comprenons qu'il y a un déclin du français au Québec et partout au pays et c'est pourquoi notre gouvernement appuie les francophones au Québec et les francophones partout au pays. Nous allons continuer d'investir dans la langue française au Canada et dans le monde.

Le secteur de l'alimentation au détail

     Monsieur le Président, partout, les locataires en arrachent pour joindre les deux bouts. L'épicerie coûte cher, les loyers coûtent cher. Les gens croulent sous les dettes de cartes de crédit et cela a des répercussions sur leur santé mentale.
    Pendant ce temps-là, les libéraux comme les conservateurs protègent les profits des PDG des grandes épiceries. Pourquoi? C'est peut-être parce qu'ils ont reçu 150 000 $ en dons de Loblaws, Metro et Empire. C'est un retour d'ascenseur: les PDG des grandes épiceries remplissent les coffres des libéraux et des conservateurs; les libéraux et les conservateurs protègent les coffres des PDG des grandes épiceries. Si les gens n'ont pas 150 000 $ pour ces partis, c'est tant pis pour eux. Qu'ils s'endettent pour remplir leur frigo.
    Je demande aux libéraux si c'est beau, la vie merveilleuse des gens riches et célèbres.
     Monsieur le Président, comme quelques autres députés à la Chambre, nous comprenons que nous devons investir aujourd'hui pour appuyer les Canadiens et les Canadiennes. C'est ce que nous faisons.
    Nous comprenons aussi que, pour le faire d'une manière responsable sur le plan fiscal, nous devons demander aux mieux nantis de payer leur juste part. C'est ce que nous faisons.
    Nous comprenons qu'il faut plus de compétition dans le secteur de l'épicerie. Nous faisons cela aussi.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les Canadiens ont du mal à se nourrir et ils se demandent pourquoi le gouvernement ne baisse pas le prix des aliments. C'est peut-être parce que les libéraux et les conservateurs ont obtenu 150 000 $ des familles et des PDG des grandes chaînes d'épiceries Loblaw, Metro et Empire. Les deux partis savent exactement qui paie leurs factures.
    Les Canadiens méritent un gouvernement qui leur accorde la priorité plutôt qu'aux PDG des grandes chaînes d'épiceries. Pourquoi les libéraux favorisent-ils les profits des PDG au lieu de réduire les coûts pour les Canadiens?
    Monsieur le Président, le gouvernement comprend parfaitement que la priorité du moment est d'investir dans le Canada et les Canadiens, d'investir dans le logement, l'abordabilité et la croissance économique. Néanmoins, nous savons qu'il faut procéder de façon responsable sur le plan financier. C'est pourquoi nous demandons aux mieux nantis de contribuer un peu plus, en augmentant le taux d'inclusion des gains en capital.
    Nous savons que le Canada doit accroître la concurrence dans le secteur de l'épicerie. À cet effet, nous avons apporté à la Loi sur la concurrence une modification qui n'a lieu qu'une fois par génération.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après neuf années sous la gouverne du premier ministre libéral—néo‑démocrate, le Canada est devenu un pays de locataires. Les libéraux ont dépensé 89 milliards de dollars pour une caisse noire pour le logement qui n’était qu’un prétexte pour une séance de photos, et qui a eu pour effet de faire doubler les loyers et les hypothèques. Le rêve d'accéder à la propriété s'est envolé pour une génération complète. Les Canadiens tirent le diable par la queue à cause des taxes et des loyers plus élevés, et la hausse de cette arnaque qu'est la taxe sur le carbone fait en sorte qu'il est encore plus difficile pour les Canadiens de payer le loyer et l'épicerie.
    Était-ce juste de la part du gouvernement d'augmenter de 23 % cette arnaque qu'est la taxe sur le carbone, alors que 70 % des Canadiens lui ont dit de ne pas le faire?
    Monsieur le Président, si mon estimé collègue se préoccupe des hausses de taxes, je lui suggère de parler au chef de son propre parti, qui propose d'augmenter les taxes sur la construction de nouveaux appartements en rétablissant la TPS sur les appartements en location au pays. Le plan des conservateurs consiste à augmenter les taxes sur la construction immobilière. Leur plan consiste à sabrer le financement des collectivités qui comptent construire des habitations. Le chef conservateur a déclaré aux médias qu'il considère que le gouvernement ne devrait pas intervenir dans le dossier du logement.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous allons procéder aux investissements nécessaires afin de résoudre la crise du logement. J'espère que les conservateurs appuieront cette décision.
    Monsieur le Président, nous n'avons aucune leçon à recevoir du pire ministre de l'Immigration et du Logement de l'histoire du Canada.
    Aujourd'hui, Mark « taxe sur le carbone » Carney prône le même programme radical dans sa campagne à la direction du Parti libéral que l'actuel premier ministre. Il ne dénoncera pas la taxe libérale sur le carbone et ne s'engagera pas à réduire d'un sou le gaspillage libéral. Qu’il s’agisse de M. Carney ou du premier ministre actuel, les déficits inflationnistes se poursuivront, et tout comme l’arnaque de la taxe sur le carbone, aucun d’entre eux n’en vaut le coût.
    Y a-t-il un autre candidat à la direction du Parti libéral qui prendra la parole aujourd'hui, qui fera preuve de bon sens et qui déclarera qu'il abolira enfin cette taxe?

  (1435)  

    Monsieur le Président, on peut comprendre pourquoi les conservateurs veulent jeter de la poudre aux yeux. Les deux dernières semaines ont été très difficiles pour eux. Premièrement, ils se rassemblent avec des extrémistes blancs. Ensuite, leur chef dit qu'ils vont appliquer la Charte des droits à la carte et qu'ils vont retirer des droits aux gens selon leur bon vouloir. On apprend maintenant que des gestes criminels auraient été posés dans la course à l'investiture d'une candidate conservatrice, notamment une fraude liée à l'identité et la présentation de fausses informations.
    Quand les conservateurs défendront-ils la loi et l'ordre?
    Monsieur le Président, le gouvernement néo-démocrate—libéral a rendu la vie encore plus inabordable pour les Canadiens en augmentant de 23 % la taxe sur le carbone, une décision cinglée. L'essence, l'épicerie et tout le reste sont de plus en plus...
     Des voix: Oh, oh!
    C'est l'une des rares fois où je ne peux pas entendre notre collègue d'York—Simcoe. Je demande aux députés de ne pas élever la voix et de ne pas interrompre le député d'York—Simcoe ou n'importe quel député qui a la parole.
    Je demande au député d'York—Simcoe de reprendre depuis le début.
    Monsieur le Président, le gouvernement néo-démocrate—libéral a rendu la vie encore plus inabordable pour les Canadiens en augmentant de 23 % la taxe sur le carbone, une décision cinglée. Le prix de l'essence, de l'épicerie et de tout le reste rend la vie de plus en plus chère, en particulier pour les habitants des petites collectivités rurales, où parcourir de longues distances en voiture est une simple réalité de la vie. Le directeur parlementaire du budget a confirmé que les Canadiens se porteraient mieux sans la taxe sur le carbone.
    Le premier ministre prendra-t-il la parole aujourd'hui pour admettre devant les Canadiens qu'il n'en vaut tout simplement pas le coût?
    Monsieur le Président, je suis quelque peu déçu d'entendre un député avec qui je m'entends très bien débiter de telles faussetés à la Chambre.
    En réalité, la tarification de la pollution constitue non seulement un moyen efficace de lutter contre les changements climatiques, mais aussi de rendre la vie plus abordable. C'est le directeur parlementaire du budget et 300 économistes de partout au pays qui le disent. Il s'agit non seulement d'un moyen de lutter contre les changements climatiques, mais aussi de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. C'est une bonne politique climatique et économique pour le Canada.
     Monsieur le Président, nous savons qu'il s'agit de désinformation. Les Canadiens qui examinent leur compte en banque savent que la taxe sur le carbone leur nuit. Après tout, le gouvernement continue de classer les petites localités et les collectivités rurales comme des zones urbaines, ce qui rend leurs habitants inadmissibles au remboursement accordé aux Canadiens des régions rurales et les oblige à payer davantage en taxe sur le carbone au premier ministre déconnecté de la réalité.
    Les libéraux pénalisent-ils les Canadiens des régions rurales et les divisent-ils en fonction de critères géographiques, ou pensent-ils réellement que Pefferlaw se trouve dans le centre-ville de Toronto?
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Je sais que nous aimons tous la circonscription d'York—Simcoe et toutes les localités qu'elle renferme, mais je demande aux députés de bien vouloir se taire afin que nous puissions écouter la réponse.
    Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a la parole.
    Monsieur le Président, j'invite mon collègue à lire le projet de loi C‑59, qui doublerait le supplément pour les régions rurales. Je l'invite à lire la lettre signée par 300 économistes du pays qui affirment que huit Canadiens sur dix reçoivent plus d'argent qu'ils n'en paient. Au lieu de simplement tronquer les faits, il devrait faire ses devoirs.

[Français]

Les services publics et l'approvisionnement

     Monsieur le Président, depuis 2015, il y a eu une augmentation de 109 000 fonctionnaires fédéraux. De plus, le gouvernement octroie 21 milliards de dollars par année à des consultants externes. Ça n’a pas de bon sens. On paie en double.
    Ce n’est pas dans le budget qu’on vote pour engager des consultants à Ottawa, c’est par les crédits budgétaires, dont le Bloc québécois a soutenu les 500 milliards de dollars.
    Le premier ministre s’engage-t-il à renvoyer tous ces consultants et à se fier à l’expertise de ses milliers de nouveaux fonctionnaires?

  (1440)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Je pense que l’ensemble des membres de la Chambre peut remercier l’excellent travail des gens qui font partie du service public au pays. Ils sont parmi les meilleurs au monde.
    Nous avons non seulement présenté, dans le dernier budget, un plan pour la croissance, un plan pour l’investissement dans les familles et un plan pour l’investissement dans l’avenir du pays, mais la vice-première ministre et ministre des Finances a aussi présenté un plan pour la réduction des dépenses.
    Nous serons toujours rigoureux et responsable avec les finances publiques. Nous allons aussi prendre le temps de remercier tous ceux et toutes celles qui travaillent au nom des Canadiens.
    Monsieur le Président, c’était exactement l’objectif de ma question. On a 109 000 nouvelles personnes qui ont été engagées; félicitations à eux. Cependant, pourquoi continue-t-on de payer des consultants pour 21 milliards de dollars par année?
    La question est simple: va-t-on annuler les contrats des consultants pour 21 milliards de dollars afin de se servir du service professionnel des nouveaux fonctionnaires, oui ou non?
    Monsieur le Président, les conservateurs ne manquent jamais une occasion d’offusquer, de menacer, voire de proposer des coupes vicieuses dans notre fonction publique.
    Il est certain que le gouvernement s’est occupé des choses. Il s’est occupé de l’aide pour nos aînés, il s'est occupé de l’aide aux garderies, il s'est occupé des soins dentaires et il s'est occupé de la nutrition scolaire. Ça prend des effectifs pour faire ça, les mêmes effectifs que les conservateurs se proposent de ravager, de couper et de mettre à pied.

CBC/Radio‑Canada

    Monsieur le Président, nous ne sommes pas les seuls à nous inquiéter d'un rapprochement entre la CBC et Radio‑Canada.
    Hier, l'Assemblée nationale du Québec a voté unanimement une motion demandant au diffuseur public de protéger l'autonomie des services en français et de travailler à les consolider. Il faut consolider l'autonomie, pas rapprocher la CBC de Radio‑Canada.
    Quand on parle de rapprocher les deux secteurs, comme le fait Catherine Tait, on parle de soumettre Radio‑Canada à la vision de la CBC. Cela ne fonctionne pas. C'est ce qui a mené à la démission de Michel Bissonnette.
    Comment la ministre entend-elle protéger l'indépendance de Radio‑Canada face à la CBC?
    Monsieur le Président, pour protéger Radio‑Canada et protéger la CBC, la seule façon de faire est de donner l'appui à la CBC et à Radio‑Canada. C'est ce que nous allons faire, de ce côté-ci.
    De l'autre côté, les conservateurs vont faire des coupes. Radio‑Canada va couper dans la CBC. La question pour les députés du Bloc québécois est de savoir s'ils vont rester avec nous pour donner l'appui à Radio‑Canada et à la CBC ou s'ils vont soutenir les conservateurs.
    Monsieur le Président, il n'y a personne le moindrement intelligent dans le secteur de la radiodiffusion au Canada qui pense que le Bloc québécois se range avec les conservateurs dans ce dossier-là. Il faudrait changer cette cassette. Cela ne fonctionne pas.
    Mardi, la présidente de CBC/Radio‑Canada a été très claire lors de sa comparution en comité. Si les conservateurs coupent la CBC, cela va causer un tort important aux communautés francophones et même à Radio-Canada au Québec. En fait, elle confirme qu'il y a des vases communicants.
    Évidemment, on ne veut pas de coupes à la CBC, et, évidemment, le Bloc québécois est favorable à un radiodiffuseur public fort.
    La ministre doit présenter son plan de modernisation. Va-t-elle y inclure une cloison étanche pour empêcher que Radio‑Canada soit victime de coupes éventuelles à la CBC?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député d'en face a soulevé un point important. Soutenir l'existence d'un radiodiffuseur public fort est ce que nous ferons de ce côté-ci de la Chambre. C'est ce que le gouvernement actuel a fait et ce qu'il continuera à faire.
    La ministre travaille activement pour qu'un plan soit mis en place pour la CBC. Cela dit, ce qui est vraiment important, c'est que de ce côté-ci de la Chambre, nous croyons en la mission de CBC/Radio-Canada, une société qui se doit d'être indépendante, d'être forte et de donner une voix aux Canadiens d'un océan à l'autre, contrairement aux conservateurs, qui veulent simplement affaiblir le radiodiffuseur ou, pire encore, le fermer.

[Français]

    Monsieur le Président, d'un côté, la présidente de CBC/Radio‑Canada, Catherine Tait, assure que la programmation et la direction ne seront pas touchées par un rapprochement de la CBC et de Radio‑Canada. De l'autre, on comprend que tout est déjà rapproché, sauf la programmation et la direction.
    Son plan de rapprochement, dit-elle, vise à harmoniser les secteurs et à trouver des solutions ensemble. Trouver des solutions ensemble, cela ne fonctionne pas. Cela veut dire que la direction de la CBC impose sa vision à Radio‑Canada.
    Pourquoi la ministre refuse-t-elle de protéger l'indépendance de Radio‑Canada face à la direction anglophone de la CBC?

  (1445)  

     Monsieur le Président, c'est critique. Nous avons un diffuseur public ici, au Canada, pour pérenniser le fait français d'un océan à l'autre. C'est critique pour les communautés francophones en situation minoritaire, comme à Edmonton, comme à Peace River, comme à Corner Brook, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
    Le français est un fait important pour notre identité canadienne. Le diffuseur public est là pour pérenniser le fait français et il est capable de communiquer en français d'un océan à l'autre.

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après neuf ans, les Canadiens du Nord ne mangent pas à leur faim, et la situation empire à cause de la taxe sur le carbone.
    En 2018, 57 % des familles du Nunavut vivaient dans l'insécurité alimentaire, comparativement à la moyenne nationale de 12,7 %. Ce pourcentage a maintenant atteint le niveau astronomique de 69 % et il figure parmi les pires des pays développés. Près de 70 % des Nunavummiuts ne mangent pas à leur faim chaque jour.
    Le premier ministre sait que la taxe sur le carbone provoque la faim chez les habitants du Nord. Pourquoi n'abolit-il pas tout simplement la taxe sur le carbone?
    Monsieur le Président, le député d'en face a du front tout le tour de la tête. Au cours des huit dernières années, lui et son parti ont voté contre toutes les initiatives visant à aider les familles de la classe moyenne. Lorsque nous avons proposé des services de garde à 10 $ par jour, il a voté contre. Lorsque nous avons proposé le programme de soins dentaires pour les enfants, qui a aidé 55 000 enfants dans sa province, il a voté contre. Lorsque nous avons proposé l'Allocation canadienne pour enfants, il a voté contre. Lui et son équipe devraient avoir honte.
    Monsieur le Président, s'il faut avoir du front tout le tour de la tête pour défendre les intérêts des habitants du Nunavut, je suis prêt à les défendre tous les jours. Depuis que le ministre est chargé des affaires qui concernent le Nunavut, la situation dans ce territoire s'aggrave au lieu de s'améliorer, et il le sait.
    Je suis allé dans une épicerie d'Iqaluit il y a quelques semaines. Une boîte de soupe poulet et nouilles de Campbell coûte plus de 6 $. Une petite boîte de thon coûte plus de huit dollars. Les pommes McIntosh coûtent trois dollars chacune. Une bouteille d'un litre de ketchup coûte plus de 13 $.
    Pendant que le ministre défend la hausse de la taxe sur le carbone, les habitants du Nunavut sont affamés. Pourquoi ne pas tout simplement abolir cette taxe?
    Monsieur le Président, il y a deux ans, au Nunavut, j'ai annoncé un nouveau financement de 143 millions de dollars pour Nutrition Nord. Le député a voté contre. Les conservateurs ont voté contre. Le budget de cette année prévoit 23 millions de dollars pour Nutrition Nord ainsi que 101 millions de dollars pour la Subvention pour le soutien aux chasseurs-cueilleurs et la Subvention pour les programmes alimentaires des communautés.
    Je veux savoir si les conservateurs vont voter pour ou contre ces mesures.
    Monsieur le Président, après neuf ans sous la gouverne du premier ministre néo-démocrate—libéral, plus de deux millions de Canadiens ont recours à une banque alimentaire chaque mois. La cheffe de la direction de Banques alimentaires Canada affirme que les banques alimentaires sont de moins en moins viables et qu'un nombre croissant ferment leurs portes parce qu'elles n'ont plus de nourriture. Malgré cela, le premier ministre est plus déterminé que jamais à faire grimper le coût des aliments. Il refuse d'écouter les millions de Canadiens qui veulent abolir sa taxe extrême.
    Si le premier ministre ne veut pas nous écouter, pourquoi n'écoute-t-il pas au moins la cheffe de la direction de Banques alimentaires Canada, ou peut-être les millions de Canadiens qui l'exhortent à éliminer sa taxe extrême sur le carbone pour réduire le prix des aliments?
    Monsieur le Président, je suis très fière de faire partie d'un gouvernement qui croit que tous les enfants devraient avoir accès à de la nourriture à l'école. C'est pourquoi nous avons annoncé notre programme national d'alimentation en milieu scolaire, qui permettra à 400 000 enfants de plus d'avoir accès à de la nourriture à l'école.
    Je ne comprends pas pourquoi les conservateurs s'opposeraient à une telle mesure. Qu'y a-t-il de controversé dans l'idée de voir à ce que les enfants aient quelque chose à manger? Les enfants méritent de pouvoir apprendre le ventre plein.

Les femmes et l’égalité des genres

    Monsieur le Président, les droits génésiques sont menacés, notamment par les conservateurs, qui ont voté contre la gratuité des contraceptifs, qui ont présenté des projets de loi dans le but de légiférer de façon insidieuse et qui ont déposé des pétitions visant à violer le droit à l'avortement.
    Cependant, les libéraux ne font pas mieux. Ils n'ont rien fait pour maintenir l'accès aux soins liés à l'avortement, surtout au Nouveau‑Brunswick, où il n'y a pas une seule clinique d'avortement.
    Quand le gouvernement fera-t-il respecter la Loi canadienne sur la santé et protégera-t-il le droit à des services d'avortement sûrs?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec la députée d'en face pour dire que nous devons protéger le droit à l'avortement dans notre pays. Ce matin, je l'ai vue sur la Colline du Parlement avec des personnes qui se battent pour avoir le choix, qui se battent contre des gens qui sont là pour nous enlever nos droits.
    J'admets qu'il reste encore beaucoup à faire. La situation n'est pas encore parfaite. Nous y arriverons. De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes déterminés à y arriver.

  (1450)  

Les personnes handicapées

    Monsieur le Président, si quelqu'un est contraint de négocier pour sa dignité, c'est que sa dignité est déjà compromise. C'est ce que nous avons entendu aujourd'hui lors du tout premier Sommet national sur l’accessibilité du transport aérien.
    Sous les libéraux, on a vu des gens forcés de sortir des avions en se traînant par terre ou en se faisant transporter sur des chariots de nourriture. Aujourd'hui, le ministre a dit qu'il pourrait intervenir, mais qu'il préférait laisser faire les grands PDG ou, comme il les a appelés, les « gars ». Cette approche n'a pas fonctionné ces 20 dernières années.
     Pourquoi le ministre libéral ne veille-t-il pas à ce que les personnes handicapées soient traitées avec dignité?
    Monsieur le Président, ce matin, ma collègue et moi-même avons participé à ce sommet que nous avons organisé. Il y avait des personnes handicapées qui avaient eu de mauvaises expériences et qui en représentaient d'autres. Elles étaient là pour avoir des discussions franches et ouvertes. Nous avons également discuté avec les compagnies aériennes, les aéroports, l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien et l'Agence des services frontaliers du Canada. Nous avons parlé à tous ces organismes. Pourquoi? Parce que nous devons trouver des solutions. Ce que nous avons vu dans le passé ne doit plus se reproduire. Il nous faut des solutions concrètes. Nous y travaillons.
    Les conservateurs ont simplement fermé les yeux. Ils n'ont jamais rien fait. Nous ferons mieux, beaucoup mieux, tous ensemble.

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, les droits génésiques des femmes sont menacés partout dans le monde, et nous entendons les tactiques et les discours utilisés par les défenseurs anti-choix aux États‑Unis se répandre au Canada et au Parlement.
    La vice-première ministre pourrait-elle parler aux femmes, aux filles et à tous ceux qui se soucient d'elles dans notre pays et leur dire ce que le gouvernement fédéral fait pour défendre leur corps et leurs droits?
    Monsieur le Président, la semaine dernière, le chef conservateur s'est vanté de croire en une charte des droits à la carte. Cette semaine, les conservateurs ont révélé le premier droit qu'ils veulent abolir. Premièrement, un député conservateur s'est levé à la Chambre et a dit qu'il voulait abolir le droit des femmes au libre choix. Aujourd'hui, des députés conservateurs sont dehors en train de dire la même chose.
    Aux États‑Unis, l'extrême droite a aboli le droit des femmes au libre choix dans de nombreux États. Nous ne les laisserons pas faire la même chose au Canada.

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre néo-démocrate—libéral n'en vaut ni le crime, ni le chaos, ni les drogues, ni le désordre.
    Les familles de la Colombie‑Britannique ont souffert de la politique cinglée des libéraux qui consiste à légaliser des drogues dures comme le crack, la cocaïne, l'héroïne et la méthamphétamine. On devrait mettre fin à cette politique expérimentale cinglée sur les drogues dures, et non l'étendre à Toronto, à Montréal ou ailleurs.
    Les conservateurs ont présenté une motion pour mettre fin à la légalisation de drogues dures et meurtrières, et faire en sorte que le gouvernement refuse toute demande en cours ou future et réachemine l'argent vers des programmes de traitement et de rétablissement.
    La ministre appuiera-t-elle la motion conservatrice visant à mettre fin à la politique expérimentale radicale et ratée du gouvernement en matière de drogues?
    Monsieur le Président, il nous faut prendre un moment afin de reconnaître pourquoi la question est si importante pour chaque famille à qui la crise tragique des surdoses causée par l'approvisionnement en drogues illégales toxiques a fait perdre un être cher.
    Le fentanyl tue des personnes qui meurent seules. Nous avons besoin de politiques efficaces. Nous devons tenir compte de la situation des collectivités et comprendre qu'il s'agit d'une question de santé publique.
    Les conservateurs veulent continuer à faire des membres de ces familles des criminels plutôt que de leur offrir des mesures de réductions des méfaits, de prévention et de traitement. Nous sommes déterminés à sauver des vies et à offrir des soins de santé aux gens.
     Monsieur le Président, selon les dernières données, depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre néo-démocrate—libéral il y a neuf ans, le nombre de décès par surdose d'opioïdes a malheureusement augmenté de 166 % au Canada. En Colombie‑Britannique, les décès par surdose sont maintenant la principale cause de décès chez les jeunes de 10 à 18 ans.
     Des médecins spécialisés en toxicomanie ont affirmé publiquement qu'on détourne les drogues légales vers les jeunes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, aujourd'hui, la ministre des Enfants a refusé de dire si elle protégeait les enfants contre les politiques cinglées de son gouvernement en matière de drogues.
     Les conservateurs demandent qu'on mette fin à la vente de stupéfiants financés par les contribuables et détournés vers les enfants. La ministre des Enfants protégera-t-elle les enfants et appuiera-t-elle la motion des conservateurs?

  (1455)  

     Monsieur le Président, la députée d'en face ne semble pas vouloir reconnaître que, dans des provinces comme l'Alberta, où on a sabré dans un continuum complet de soins, y compris la réduction des méfaits, des gens meurent à une vitesse faramineuse. Ce détournement est illégal, et la députée le sait très bien.
     Nous sommes déterminés à offrir un continuum complet de soins pour aider ceux qui ont besoin de soins de santé. Nous ne voulons pas en faire des criminels ni les forcer à suivre un traitement, mais plutôt leur offrir l'aide dont ils ont besoin. Elle devrait avoir honte.
    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre n'en vaut pas la criminalité, le chaos, la drogue et le désordre. Grâce à ses politiques cinglées sur la drogue, qui ont légalisé des drogues dures comme le crack, la méthamphétamine et l'héroïne, 22 Canadiens par jour perdent la vie des suites d'une surdose de drogue. Le premier ministre a même légalisé la consommation de drogue à la vue de tous dans les parcs, les terrains de jeu et les écoles.
    Le premier ministre fera-t-il preuve de compassion en appuyant notre motion qui vise à interdire les drogues dures et en soutenant les traitements afin que nous puissions ramener nos êtres chers, désintoxiqués, à la maison?
    Monsieur le Président, je suis stupéfaite que les députés d'en face continuent d'induire les Canadiens en erreur. Pour régler à la crise des surdoses et mettre un terme aux morts tragiques causées par le fentanyl illégal dans nos rues, il faut réduire les méfaits, il faut miser sur la prévention, il faut offrir des traitements et il faut faire appliquer la loi.
    Nous collaborons avec toutes les instances concernées dans le but de fournir des soins de santé. Pourquoi les conservateurs pensent-ils encore qu'il est acceptable de judiciariser des êtres chers qui ont besoin d'aide?
    Monsieur le Président, après neuf ans de politiques cinglées de la part du premier ministre, le nombre de surdoses a augmenté de 166 %, et les opioïdes sont devenus la première cause de décès parmi les enfants en Colombie‑Britannique.
    La police de Vancouver a déclaré au Parlement que les drogues fournies dans le cadre de l'approvisionnement sûr des libéraux se retrouvent sur le marché noir pour être ensuite vendues aux enfants, ce qui crée une nouvelle génération de toxicomanes.
    Tout à l'heure, la ministre des Enfants a dit que les enfants qui meurent à cause des opioïdes ne sont pas son problème. Je pose donc la question: de qui sont-ils le problème? Qui va protéger les enfants? Qui mettra fin à la légalisation du fentanyl, de la méthamphétamine et du crack?
    Monsieur le Président, nous pleurons tous ces morts. C'est la réalité. Tous les parents du pays qui ont perdu un enfant sont dans le deuil. C'est de cela qu'il s'agit. On parle de personnes qui sont dans la rue aujourd'hui et qui espèrent survivre jusqu'au lendemain. Leurs parents, qui sont loin d'eux, espèrent eux aussi qu'ils survivront jusqu'au lendemain.
    Voilà pourquoi nous travaillons avec des scientifiques et des médecins, car notre objectif est de sauver des vies, même celles que les conservateurs ne jugent pas dignes d'être sauvées.

[Français]

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, ce n'est pas le sang neuf qui manque dans la fonction publique. Il y a 109 000 fonctionnaires de plus depuis que les libéraux gouvernent. En effet, il y a 109 000 fonctionnaires de plus, ce qui représente une hausse de 42 %, et pourtant le recours aux consultants externes explose. Il y a plus d'employés et plus de consultants, mais il n'y a personne qui reçoit plus de services. C'est plus pénible que jamais de fournir un passeport ou de traiter un dossier d'immigration. Tout ce qui augmente, ce sont les ingérences dans les compétences du Québec.
    Au lieu de dépenser en fou pour empiéter sur les compétences du Québec, le gouvernement peut-il juste faire sa job et s'assurer de l'efficacité de l'appareil fédéral?

[Traduction]

    Pendant que le député posait sa question, il y avait des conversations des deux côtés de la Chambre. Les députés qui veulent discuter entre eux ont accès à de nombreux outils pour le faire. Notamment, ils peuvent transmettre une note par l'intermédiaire des pages. Je prie donc les députés de ne pas parler en même temps que la personne qui a la parole, car c'est difficile d'entendre la question et, en l'occurrence, c'était une question pertinente qui se devait d'être posée.

[Français]

    L'honorable leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Monsieur le Président, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous tenons debout pour une fonction publique forte et nous croyons dans la mission d'un gouvernement fort qui offre de l'aide aux Canadiens, qui fait en sorte que nous ayons des programmes destinés à aider nos aînés et nos enfants, qui supervise les approbations des pharmaceutiques, et ainsi de suite. On n'est jamais surpris de voir que les conservateurs menacent la fonction publique en brandissant une hache. On ne doit pas se surprendre non plus que le Bloc québécois, qui ne croit pas dans l'État fédéral, fasse la même chose.

  (1500)  

    J'invite la députée de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis à poursuivre sa discussion ailleurs. J'encourage tous les députés à ne pas discuter sur le parquet de la Chambre des communes.
    L'honorable député de Lac‑Saint‑Jean a la parole.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le ministre de l’Immigration rencontre ses homologues demain, et ce ne sont pas les demandes qui manquent. Le Québec exige la répartition de l'accueil des demandeurs d'asile avec les provinces, la baisse de l'immigration temporaire, l'approbation par Québec de ses candidats, des exigences de francisation dans les programmes fédéraux, sans oublier 1 milliard de dollars pour rembourser l'accueil des demandeurs d'asile. Si Québec n'obtient pas de réponse à ses demandes, il a promis un référendum.
    Est-ce que, demain, le ministre va donner des réponses à ces demandes, ou est-ce qu'on va le retrouver dans le camp du non dans un référendum sur l'immigration au Québec?
     Monsieur le Président, aussi sympathique soit-il, le député d'en face ne sera pas surpris de savoir qu'il n'est pas invité à la conférence à laquelle je participerai demain avec mes collègues responsables dans les provinces. Évidemment, la coordination est de mise avec mes collègues afin de nous assurer d'agir responsablement en ce qui a trait aux résidents temporaires, à l'accès à la permanence et à la citoyenneté canadienne et aux demandeurs d'asile. Alors, mon collègue va devoir retenir son souffle un petit peu plus longtemps.

Le logement

    Monsieur le Président, après neuf ans de ce premier ministre, le Québec se dirige, et je cite, vers la pire crise du 1er juillet de son histoire. Les dépenses inflationnistes de ce premier ministre, appuyées par le Bloc québécois, ont doublé le coût des loyers et forcent des citoyens, comme cette dame dont on parle dans les journaux, à vivre dans leur minifourgonnette. Au Québec, tout le monde sait que le 1er juillet va être catastrophique, mais le ministre du Logement a confirmé ce matin qu'il n'en sait rien.
    Est-ce que le premier ministre peut nous dire combien de Québécois se retrouveront à la rue le 1er juillet à cause de l'ignorance de son ministre?
    Monsieur le Président, notre collègue parle de ministres responsables du logement et il pose une question qui débute par « combien ». On sait que, durant tout son mandat en tant que ministre responsable du logement, le chef conservateur n'a créé que six logements abordables partout au pays.
    C'est maintenant très connu. Ce sont six logements abordables que l'ancien ministre responsable du logement et chef conservateur a créés dans l'ensemble du pays, comparativement aux 8 000 qui ont été créés par les municipalités du Québec. Malheureusement, le chef conservateur insulte les municipalités du Québec en les traitant d'incompétentes.
    Monsieur le Président, combien de logements le fonds d'accélération du ministre du Logement a-t-il permis de construire au Québec pour loger les Québécois le 1er juillet? La réponse, c'est zéro.
    Alors que le 1er juillet arrive à grande vitesse, après neuf ans d'échecs de ce premier ministre, après les milliards de dollars en crédits budgétaires votés par le Bloc québécois pour permettre aux libéraux de faire des annonces, le ministre n'est pas capable de dire aux Québécois combien de logements seront prêts pour le 1er juillet. La crise est grave. Des gens pensent même au suicide parce qu'ils n'ont pas de logement.
    Est-ce que le premier ministre va admettre son échec et enfin construire des logements, pas juste de la bureaucratie, pour loger les Québécois?
     Monsieur le Président, mon collègue pose une excellente question. Combien de logements sommes-nous en train de créer au Québec avec les 1,8 milliard de dollars provenant du gouvernement canadien et du gouvernement du Québec? Ce sont 8 000 logements. Nous sommes très heureux de le dire publiquement.
    Malheureusement, ça se compare très mal avec les six logements que le chef conservateur a construits alors qu’il était ministre responsable du logement. Ce n’était pas dans une circonscription, c’était à l’échelle de tout le pays.

Les finances

    Monsieur le Président, après neuf ans de ce gouvernement bloquiste-libéral, parce que le Bloc québécois a voté pour 500 milliards de dollars de crédits budgétaires et de dépenses centralisatrices et inflationnistes qui ont fait gonfler le prix de tout, le logement, les taux d’intérêt, la nourriture, tout coûte plus cher, même voter Bloc québécois.
    Quand ce premier ministre, appuyé du Bloc québécois, cessera-t-il son gaspillage pour que les Québécois puissent recommencer à se loger sous un toit de maison et non sous le toit d’une fourgonnette?
    Monsieur le Président, les gens qui nous regardent à la maison ont dû avoir les oreilles qui chauffaient. On parle d’un bloc libéral maintenant.
    Or, ce que les Canadiens comprennent, c’est que, de notre côté de la Chambre, nous ne bâtissons pas des logements avec des slogans. Nous ne faisons pas croître une économie avec des publicités comme nous le voyons de l’autre côté de la Chambre. Nous ne bâtissons pas l’avenir en posant des questions. Nous bâtissons un pays en investissant. C’est exactement ce que nous faisons en investissant dans les familles, en investissant dans le logement et en investissant dans la croissance économique.
    Le Canada, c’est le pays du 21e siècle. Soyons fiers.

  (1505)  

Les femmes et l'égalité des genres

     Monsieur le Président, nos sœurs au Sud de la frontière n’ont plus le droit à un accès sécuritaire à l’avortement. Si nous pensons que nous sommes immunisés ici contre cette tentative de contrôler les femmes, nous ne le sommes pas.
    Simone de Beauvoir nous disait qu’il suffit d’une crise économique, politique ou religieuse pour que nos droits, les droits des femmes, soient remis en question. Ce n’est jamais un acquis.
    La ministre du Tourisme et ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec peut-elle nous rassurer que, au Canada, notre gouvernement protégera toujours nos droits et nos libertés?
    Monsieur le Président, partout dans le monde, le Canada est vu comme une terre de promesses et de libertés. À 18 ans, lorsque je suis retournée au Chili, j'ai réalisé que j'étais enceinte, sans droit et sans choix.
    Pour une deuxième fois, le Canada m’a sauvée en me permettant d’obtenir un avortement légal, sécuritaire et un avenir que j’avais choisi. À ce moment-là et aujourd’hui, pour moi, comme pour tant de femmes, cette liberté canadienne prend tout son sens.
    Pourquoi les conservateurs veulent-ils s’attaquer à la liberté de choisir des femmes?

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, le ministre de l'Emploi est le plus récent député libéral à être empêtré dans un scandale d'éthique. Il travaillait secrètement, par des moyens détournés, à faire du lobbyisme auprès de son propre gouvernement par l'entremise de sociétés à numéro. Il était payé pour le faire.
    Après neuf ans de gouvernement néo‑démocrate—libéral, le premier ministre ne vaut tout simplement pas le coût ou la corruption de son ministre de l'Emploi. Lorsque ce dernier a comparu devant le comité, il a tenté d'induire les Canadiens en erreur au sujet du montant qu'il avait reçu pour faire du lobbyisme en catimini, mais il se fera de nouveau traîner devant devant le comité et il devra dire la vérité.
    Combien le ministre a‑t‑il été payé?
    Monsieur le Président, le ministre a déjà répondu à toutes ces allégations, y compris celles que le député n'oserait jamais répéter à l'extérieur de la Chambre des communes. Il faut dire que les deux ou trois dernières semaines n'ont pas été bonnes pour le Parti conservateur. Après la rencontre avec le groupe Diagolon et, maintenant, la remise en question du droit au libre choix, il n'est pas surprenant que les conservateurs veuillent faire diversion.
    Ils n'ont aucune solution à proposer. Ils ne font que lancer des slogans sur le logement, les garderies et bien d'autres sujets.
    Le Parti conservateur a eu quelques semaines très pénibles, alors il noie le poisson.
    Monsieur le Président, les libéraux donneraient n'importe quoi pour avoir la chance de vivre une semaine comme celle que vient de connaître le Parti conservateur.
     J'invite les députés libéraux à consulter les résultats de nos collectes de fonds, à consulter les sondages et, bien entendu, à consulter les journaux. Ils constateront ainsi qu'un autre de leurs ministres est empêtré dans un scandale d'éthique, comme le premier ministre, qui s'est fait prendre à contrevenir à la loi, ou encore le ministre de la Sécurité publique, qui s'est lui aussi fait prendre à enfreindre la loi et qui a ensuite essayé de nommer sa belle-sœur au poste de commissaire à l'éthique.
    Les libéraux semblent ne pas pouvoir se retenir. Le ministre de l'Emploi a fait du lobbyisme illégal. Il a encaissé des chèques tout en faisant puiser 110 millions de dollars à même la poche des contribuables. Les libéraux sont-ils d'accord pour que la GRC lance une enquête?
    Monsieur le Président, la Coalition Campagne vie publie une liste de députés conservateurs qu'elle juge suffisamment anti-choix et anti-LGBT pour qu'elle les soutienne aux élections.
     Le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes a obtenu leur bénédiction, ce qui fait de lui l'un des 80 députés conservateurs qui refuseraient aux femmes le libre-choix et qui dénaturerait la Charte canadienne des droits et libertés pour en faire un menu à la carte.
    Quand le chef de l'opposition fera-t-il volte-face en s'engageant à ne pas remettre le droit à l'avortement à l'ordre du jour à la Chambre?

  (1510)  

La sécurité publique

    Monsieur le Président, un délinquant sexuel dangereux se trouvait dans un établissement à sécurité moyenne. Il devait se faire hospitaliser, alors il aurait dû être escorté par un garde.
    Toutefois, les autorités n'ont pas voulu payer pour qu'un garde l'accompagne. Selon le Toronto Sun, on a réduit son niveau de sécurité de moyen à minimal et on l'a autorisé à s'absenter temporairement de la prison. Cet homme serait sous le coup d'une ordonnance judiciaire qui lui interdit, à sa mise en liberté, de se trouver en présence d'enfants.
    Pourquoi a-t-on laissé un délinquant sexuel sans surveillance dans un hôpital? Les libéraux semblent trouver cela drôle. Pourquoi refusent-ils de répondre pas à cette question?
     Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre, chers collègues.
    Le ministre de la Sécurité publique a la parole.
    Monsieur le Président, quand mon collègue exagère et qu'il déforme une série d'éléments qu'il sait être trompeurs, il ne contribue certainement pas à rassurer les Canadiens.
    Il sait que nous avons un système correctionnel rigoureux où les délinquants sont confiés aux pénitenciers fédéraux appropriés, en toute sûreté, en fonction d'une évaluation faite par des fonctionnaires professionnels. Le critère le plus important, c'est bien sûr la sécurité du public.
    Nous veillerons toujours sur la sécurité du public en détenant les délinquants dangereux dans les prisons fédérales appropriées, en toute sûreté.

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, nous constatons que, partout dans le monde, les droits des femmes et des filles reculent ou sont bafoués, notamment en ce qui concerne la santé sexuelle et génésique.
    Les Canadiens sont fiers de leurs droits et de leurs libertés. Les femmes sont maîtresses de leur avenir et de leur corps. C'est un droit de la personne qui leur revient. Cependant, nous savons aussi que nous ne pouvons pas considérer ces droits comme acquis, surtout compte tenu de la montée des discours antiavortement et des promesses menaçantes des conservateurs.
    La ministre des Affaires étrangères peut-elle réaffirmer l'engagement du gouvernement à ce que le Canada reste un chef de file, tant sur la scène nationale qu'internationale? Lorsqu'il s'agit de promouvoir...
    La députée a dépassé le temps de parole dont elle disposait.
    Nous allons revenir sur ce point à la fin de la période des questions. Cependant, les députés comprendront qu'il est difficile pour le Président d'écouter plusieurs choses en même temps.
    La ministre des Affaires étrangères a la parole.
    Monsieur le Président, j'assure à toutes les femmes de la Chambre, à toutes les femmes du Canada et à toutes les femmes du monde que le gouvernement libéral sera toujours là pour défendre le libre-choix. Aucun gouvernement, aucun politicien, aucun juge, personne ne devrait pouvoir enlever ce droit aux femmes: personne.
    Que les députés ne s'y trompent pas: le chef conservateur et ses députés essaient de politiser le corps des femmes et ils sont prêts à faire ce qu'il faut pour contrôler les femmes, dans le but de satisfaire leur base électorale d'extrême droite.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous serons toujours là pour épauler les femmes et pour défendre le libre-choix des femmes.

Le changement climatique

    Monsieur le Président, selon les derniers rapports, les émissions des grandes entreprises du secteur pétrolier et gazier ont recommencé à augmenter — quelle surprise —, et voilà que l'Impériale annonce une augmentation massive de sa production grâce à un cadeau de 34 milliards de dollars du gouvernement, et j'ai nommé l'oléoduc TMX. Les émissions de 900 000 barils de bitume brut par jour menaceront les communautés autochtones du littoral. Or, comme si ce n'était pas assez, le gouvernement entend retirer les émissions des gaz à effet de serre des évaluations environnementales.
    Le ministre de l'Environnement peut-il admettre que la promesse qu'il a faite à la COP 26 concernant le plafonnement des émissions n'était qu'un coup de publicité?

  (1515)  

    Monsieur le Président, je rappellerais à mon collègue que, pas plus tard que la semaine dernière, le Rapport d'inventaire national a été publié et indique que les émissions au Canada ont diminué de 44 millions de tonnes par rapport à ce qu'elles étaient avant la pandémie. Il s'agit de la plus importante réduction des 25 dernières années. C'est l'équivalent du retrait de 13 millions de véhicules à essence des routes du pays. Notre plan fonctionne.
    Cependant, je suis d'accord avec le député, il faut en faire plus au Canada pour la lutte contre les changements climatiques. Si seulement le Parti conservateur du Canada pouvait le comprendre.

La diversité et l'inclusion

     Monsieur le Président, les manifestants contre Israël et la guerre avec le Hamas ont établi un campement illégal à l'Université de Toronto. La plupart de ces manifestants professionnels ne sont même pas des étudiants de l'Université de Toronto. De la propagande haineuse, des menaces et des slogans antisémites sont adressés aux étudiants légitimes. Selon les médias, le campement est financé par des sympathisants du Hamas qui dirigent une fausse manifestation à l'appui d'une organisation terroriste reconnue.
    Le gouvernement fait-il enquête sur les entités canadiennes pro-Hamas qui détournent des fonds pour appuyer des manifestations antisémites et illégales au Canada?
     Monsieur le Président, les autorités locales exercent leurs pouvoirs dans cette affaire. De ce côté-ci de la Chambre, nous protégerons toujours la liberté d'expression garantie par la Charte. Toutefois, cette liberté ne doit pas s'étendre à la haine et à l'intimidation.
    Dans de telles circonstances, le gouvernement continuera de faire tout en son pouvoir pour combattre la haine et unir les gens.

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, comme c'est jeudi, j'aimerais savoir si le leader du gouvernement à la Chambre peut informer la Chambre des travaux prévus pour le reste de la semaine et pour celle suivant la semaine de travail dans les circonscriptions, c'est-à-dire à compter du 20 mai.
    De plus, je me demande si vous pouvez informer la Chambre sur un ou deux points très importants. La Chambre a adopté une motion ordonnant au premier ministre de tenir une conférence sur la taxe sur le carbone dans un délai déterminé après l'adoption de la motion. Comme il reste environ une semaine au gouvernement, le leader du gouvernement à la Chambre peut-il dire aux Canadiens quel jour le premier ministre tiendra cette conférence sur la taxe sur le carbone avec les premiers ministres provinciaux, sur quelle chaîne nous pourrons la regarder et si le gouvernement écoutera les 70 % de Canadiens et les 7 premiers ministres provinciaux sur 10 qui veulent l'abolition de la taxe?
    Monsieur le Président, je sais que le gouvernement considère cette question avec le même sérieux que les conservateurs mettent à trouver leurs slogans, mais je passerai à l'ordre du jour des séances de la Chambre.
    Ce soir, nous reprendrons le débat sur le projet de loi C‑59, Loi d'exécution de l'énoncé économique de l'automne 2023. Demain matin, nous étudierons la motion d'initiative ministérielle no 39 concernant le projet de loi sur l'assurance-médicaments. Nous reprendrons le débat sur le projet de loi C‑59 dans l'après-midi.
    À notre retour, après la semaine dans nos circonscriptions, nous reprendrons le débat sur le projet de loi C‑69, la loi d'exécution du budget. J'aimerais également informer la Chambre que le jeudi 23 mai sera un jour désigné.

[Français]

    En ce qui concerne la prolongation des heures de séance, j'aimerais demander que l'heure de l'ajournement quotidien de la prochaine séance soit minuit, conformément à l'ordre adopté le mercredi 28 février.
    Enfin, conformément à l'article 81(4) du Règlement, je voudrais désigner le jeudi 23 mai pour l'examen en comité plénier du budget principal des dépenses du ministère de la Justice. Par ailleurs, le débat sur le budget principal des dépenses du ministère de la Santé aura lieu dans la soirée du mercredi 29 mai.
    Conformément à l'ordre adopté le mercredi 28 février, la demande du ministre pour prolonger ladite séance est réputée adoptée.

  (1520)  

[Traduction]

    La députée de Lethbridge a la parole.

Privilège

L'allégation de désignation indue d'une députée  

[Privilège]
    Madame la Présidente, je prends la parole pour faire un ajout à la question de privilège que j'ai soulevée le 1er mai concernant le retrait de mes paroles du hansard.
    La question que je vous soumets aujourd'hui est la suivante: est-il approprié que le Président de cette assemblée, de la Chambre des communes, ou que toute personne autorisée à parler en son nom, commente publiquement une question de privilège sur laquelle il doit se prononcer?
    J'aimerais expliquer pourquoi je pose cette question. Il a été porté à mon attention que le bureau du Président a effectivement communiqué avec les médias au sujet de ma question de privilège. En fait, de nombreux articles, dont un que j'ai ici et qui se trouve à la une du National Post...
    Je suis désolée, mais la députée sait qu'elle ne doit pas pointer des articles ou les brandir, car ils deviennent alors des accessoires. Je prierais donc la députée de s'en tenir au point qu'elle a soulevé.
    Madame la Présidente, de nombreux articles, dont un publié à la une du National Post, que je viens de montrer à la Chambre, ont rapporté une déclaration officielle du porte-parole officiel du Président, ce qui nécessite l'approbation de ce dernier. Vu que le Président n'a pas encore rendu sa décision, je trouve que c'est particulièrement douteux, et les Canadiens aussi.
    Le 1er mai dernier, quand CTV News a demandé au Président de commenter sa décision d'expulser le chef de l'opposition officielle, il a bien réagi en répondant qu'il serait injuste de sa part de commenter ce qui s'était passé à la Chambre.
    Toutefois, le même jour, le porte-parole officiel du Président a publié une déclaration au sujet de ma question de privilège. Je trouve étrange que le Président ait jugé qu'il était approprié de commenter une question en suspens, mais pas une autre. À bien des égards, celle qui me concerne est plus grave. En effet, il s'agit d'une question de privilège officielle qui requiert une décision en bonne et due forme, alors que la question dont le Président s'est abstenu de parler ne requiert aucune décision.
    À la une du National Post du 2 mai, le jour suivant celui où j'ai soulevé ma question de privilège, on a publié la déclaration suivante de la part du bureau du Président, une déclaration, encore une fois, approuvée par le Président. Elle se lit comme suit: « Les “bleus” sont un compte rendu non officiel, et il n'est pas rare que des changements soient apportés pendant le processus d'édition et de révision. Parfois, des observations sont retirées lorsqu'il y a beaucoup de bruit et qu'on ne peut pas entendre clairement ce qui a été dit. » Cette déclaration vient du porte-parole du bureau du Président, Mathieu Gravel.
    Dans les propres mots du Président — et je les répète —, il est « injuste pour le Président de commenter ce qui se passe à la Chambre ». Pourtant, son bureau a publié une déclaration officielle.
    La question que je soumets à l'examen de la présidence aujourd'hui est la suivante: pourquoi une déclaration officielle au sujet de ma question de privilège a-t-elle été remise aux médias?
    J'ai hâte de recevoir une réponse lorsque la présidence rendra sa décision officielle au sujet de ma question de privilège.
    Je remercie la députée de Lethbridge d'avoir fourni des renseignements supplémentaires. Nous en tiendrons certainement compte dans le cadre de notre examen de la question.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. J'ai été vraiment déçue qu'on utilise le mot « toxicomanes » pour décrire les personnes qui sont aux prises avec la consommation de substances. Dans sa question à la Chambre, la députée de Peterborough—Kawartha a encore utilisé ce terme péjoratif, comme l'a fait son chef à maintes reprises, pour miner la valeur des personnes qui consomment des substances. Je lui demande de retirer ses paroles et de présenter ses excuses à la Chambre.
     Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. La ministre a eu l'occasion de faire valoir son point de vue. Je lui demande simplement d'attendre. Malheureusement, à ce stade-ci, je ne peux pas demander à la députée de se rétracter, mais nous pourrons certainement le faire à la prochaine séance.
    Donnez-moi une seconde.
    Le recours au Règlement visait à demander à la députée de retirer ses paroles. Après un examen plus approfondi et des discussions avec les greffiers, je préfère attendre de consulter les « bleus » pour voir ce qui a été dit et s'il est nécessaire de demander à la députée de retirer ses paroles. Nous en reparlerons à la Chambre au besoin.
    Le leader à la Chambre de l'opposition officielle a la parole.

  (1525)  

    Madame la Présidente, je prends la parole pour ajouter quelques éléments aux observations de ma collègue de Lethbridge.
    Pour tenter de déterminer qui a modifié la transcription du hansard le jour où la députée de Lethbridge a été expulsée par le Président, on a posé certaines questions au service de l'Administration de la Chambre responsable des transcriptions du hansard. On a demandé notamment qui a donné l'ordre de modifier le compte rendu officiel, quelles lignes directrices étaient en place au moment où la décision a été prise, de même que d'autres renseignements connexes. Je ne passerai pas en revue toutes les questions qui ont été posées. Cependant, le service responsable du hansard a répondu que, étant donné que la question de privilège a été soulevée à la Chambre, il s'abstiendrait de répondre aux questions de ma collègue et laisserait plutôt le Président y répondre.
    Par conséquent, je veux simplement m'assurer que, lorsque le Président rendra sa décision, il répondra aux questions qui ont été posées à l'Administration de la Chambre.
    Apporter des changements importants au compte rendu officiel est grave. La suppression des quatre mots « je retire mes propos » est importante parce que, ce jour-là, le Président a expulsé la députée de Lethbridge et l'a privée de la capacité d'exercer ses fonctions et ses droits parlementaires pour le reste de la journée. Empêcher un député de participer à un débat, de se prononcer lors de votes ou d'exercer d'autres types de fonctions parlementaires connexes, ce n'est pas une mince affaire. Même s'il ne s'agit que de quatre petits mots, la question est en soi très sérieuse.
    Par conséquent, je tiens à signaler à la présidence que nous nous attendons à ce que les questions qui ont été posées directement à l'Administration de la Chambre des communes soient traitées dans la décision de la présidence.
    Je remercie le député de ces renseignements supplémentaires. Nous en tiendrons certainement compte dans nos délibérations sur cette question.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — La légalisation des drogues dures  

     La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue et ami le député de Baie de Quinte.
    Après neuf ans, le premier ministre et sa coalition néo-démocrate ne valent pas la drogue, le désordre, les décès et la destruction qu'ils ont répandus. La criminalité et le chaos règnent dans les rues, et les politiques dangereuses et extrêmes en matière de drogues qui ont été mises en place par le gouvernement néo-démocrate—libéral ont fortement aggravé la situation.
    Depuis que le premier ministre néo-démocrate—libéral est arrivé au pouvoir, le nombre de surdoses d'opioïdes au Canada a augmenté de 166 %. En Colombie‑Britannique, le nombre de décès liés aux drogues a augmenté de 380 % entre 2015 et 2023, passant de 529 à 2 546. Ces chiffres, ce sont des personnes: des êtres chers, des frères et sœurs, des mères et des pères, des cousins, des amis, des membres de la famille et des voisins. Chaque vie perdue est une tragédie. Cependant, il faut absolument dénoncer l'augmentation de 380 % qui a été enregistrée depuis que le premier ministre a commencé à mettre en œuvre ses politiques dangereuses et extrêmes en matière de drogues en Colombie‑Britannique. Il est important de le souligner.
    En Colombie‑Britannique, de plus en plus de gens meurent tandis que les drogues financées par les contribuables envahissent les rues. Nous voyons des terrains de jeu littéralement jonchés de pipes à crack, d'aiguilles souillées et d'accessoires pour la consommation de drogues. Pendant ce temps, les libéraux ont lié les mains des forces de l'ordre, ce qui fait qu'il est presque impossible pour la police de faire son travail et d'assurer la sécurité des collectivités. Nous avons clairement entendu que le mécanisme inefficace de légalisation des drogues mis en place par les libéraux en Colombie‑Britannique a enlevé des outils aux policiers, ce qui a rendu nos rues plus dangereuses.
    Le personnel infirmier doit gérer la présence de fumée de méthamphétamine dans les hôpitaux où il travaille. Par ailleurs, une infirmière a dû faire le choix difficile de cesser d'allaiter ses jumeaux plus tôt qu'elle ne le souhaitait parce qu'elle avait été exposée à des drogues dangereuses et mortelles sur le lieu de travail et qu'elle craignait que cela ne nuise à ses précieux petits bébés.
    Pendant l'année qui a suivi la décision du premier ministre de légaliser la possession de crack, d'héroïne, de méthamphétamine, de fentanyl et d'autres drogues dures, 2 500 de Britanno-Colombiens, un nombre record, ont perdu la vie à cause d'une surdose. L'an dernier, l'ancienne ministre de la Santé mentale et des Dépendances, Carolyn Bennett, a promis aux Canadiens que les libéraux mettraient fin à leur essai si celui-ci ne respectait pas les indicateurs de santé et de sécurité publiques établis. Quinze mois plus tard, il est clair que nous échouons sur les deux tableaux. Le premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique a dû supplier le gouvernement fédéral d'accéder à sa demande de sauver la province de cette politique ratée. Il a fallu 11 jours au gouvernement néo-démocrate—libéral pour donner suite à la demande pressante du gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique. Il a ainsi vidé de sa substance sa politique extrême et a reconnu son échec.
    Maintenant, les conservateurs pleins de bon sens demandent au premier ministre de tenir compte de leur lettre pleine de bon sens et de rejeter catégoriquement la demande de Toronto de légaliser les drogues dures, afin de prévenir une autre tragédie comme celle constatée très clairement en Colombie-Britannique. Le premier ministre doit faire preuve de leadership, rejeter complètement cette politique ratée et déclarer clairement qu'il ne permettra pas que cette politique dangereuse de légalisation des drogues dures soit mise en place dans quelque collectivité que ce soit au pays. Il ne doit absolument pas exporter cette politique ratée dans d'autres villes, comme Montréal ou Toronto.
    C'est vraiment préoccupant, car de nombreuses collectivités d'un bout à l'autre du pays ont adopté des résolutions en faveur de la légalisation. Il vaut la peine de noter que cela s'est passé après que le gouvernement extrémiste néo‑démocrate—libéral eut accordé du financement à un organisme appelé Moms Stop the Harm, qui s'est empressé de lancer une campagne nationale de lobbying auprès des municipalités et des communautés autochtones dans le but de demander au gouvernement fédéral d'élaborer un plan incluant « la réglementation juridique des drogues pour assurer un approvisionnement sécuritaire [et] la décriminalisation de la possession de drogues pour usage personnel ».

  (1530)  

    En somme, le gouvernement fédéral a financé un groupe de pression pour faire son sale boulot, s'en servant comme façade afin de faire avancer sa dangereuse politique. Pire, de nombreux médecins spécialisés dans les dépendances de partout au pays ont déclaré que le soi-disant approvisionnement sûr des néo‑démocrates—libéraux continue d'alimenter le problème de la dépendance. Partout au pays, des médecins courageux réclament la fin immédiate des programmes qui inondent les rues de puissants stupéfiants financés par les contribuables.
    Toutefois, ce qui me rend perplexe, c'est que lorsqu'on commence à examiner ce soi-disant approvisionnement sûr afin d'aller au fond des choses, il devient clair que quelqu'un doit en tirer un profit. D'où vient tout cet argent? D'où provient l'argent qui permet aux activistes de promouvoir cette cause? Quelqu'un se fait probablement beaucoup d'argent.
    Je vais décrire quelques personnes. La première, c'est le Dr Perry Kendall. Il a été le premier administrateur en chef de la santé publique de la Colombie‑Britannique, poste qu'il a occupé de 1999 à 2018. Il semble qu'en 2017, alors qu'il était toujours administrateur en chef de la santé publique, le Dr Kendall ait exercé son influence pour façonner la réglementation de Santé Canada en vue de faire approuver l'utilisation de la diacétylmorphine, c'est-à-dire de l'héroïne, pour le traitement des troubles liés à la consommation d'opiacés. En 2020, après avoir quitté son poste d'administrateur en chef de la santé publique, le Dr Kendall a cofondé une entreprise nommée Fair Price Pharma pour fournir de la diacétylmorphine, c'est-à-dire de l'héroïne, aux personnes susceptibles de faire une surdose.
    En 2021, Fair Price Pharma a importé 15 kilogrammes de diacétylmorphine achetée auprès d'un fournisseur européen autorisé. Fair Price Pharma a ensuite obtenu, à titre de distributeur autorisé par le gouvernement fédéral, un permis afin d'importer de l'héroïne. Dès que le Dr Kendall est entré en fonction, Fair Price Pharma s'est mise à déplorer le fait que trop peu de gens consommaient cette drogue. Le titre d'un article dit: « Le premier administrateur en chef de la santé publique de la Colombie‑Britannique réclame un approvisionnement sûr en héroïne ».
    Parlons maintenant du Dr Martin Schechter. Le Dr Schechter a joué un rôle de premier plan dans deux études canadiennes réalisées à Vancouver, l'Initiative nord-américaine sur les médicaments opiacés, ou NAOMI, et l'étude sur l'évaluation de l'efficacité à long terme des opioïdes, ou SALOME, lesquelles ont servi de fondement aux arguments présentés pour justifier l'approvisionnement soi-disant sûr. Comme par hasard, le Dr Schechter est l'autre cofondateur de nul autre que Fair Price Pharma.
    Bref, Martin Schechter et le Dr Kendall ont cofondé une entreprise qui a engrangé des profits grâce au fameux approvisionnement sûr. Il y a aussi le Dr Tyndall. Il est l'ancien directeur médical en chef du B.C. Centre for Disease Control et l'ancien sous-ministre provincial de la Santé, à l'époque du Dr Kendall. Le Dr Tyndall a par la suite mis sur pied la MySafe Society, qui assure un soi-disant approvisionnement sûr en hydromorphone à partir de distributrices.
    En juillet 2023, MySafe a reçu 1,3 million de dollars du Programme sur l'usage et les dépendances aux substances de Santé Canada, qui s'est ajouté aux 3,5 millions de dollars déjà accordés. À ce moment-là, un autre article a été publié en Colombie‑Britannique sous le titre « Des médecins de la Colombie‑Britannique mécontents: en pleine crise de surdoses, l'approvisionnement sûr en héroïne reste sur les tablettes ». C'est extrêmement troublant: après avoir milité pour l'approvisionnement sûr, des médecins engrangeraient des profits grâce à la mise sur pied d'entreprises vouées à résoudre le problème.
    Il est important de le dire: les conservateurs seront à l'écoute des experts et ils mettront fin aux programmes gouvernementaux d'approvisionnement en drogue. Nous raviverons l'espoir en proposant un plan plein de gros bon sens en matière de désintoxication et de réadaptation. Les conservateurs sont d'avis que c'est possible de se réadapter, que ce devrait être l'objectif. Nous sommes convaincus que tous les toxicomanes canadiens méritent la chance de reprendre leur vie en main. Si le premier ministre permet à Toronto, à Montréal ou à d'autres villes de légaliser les drogues dures comme il l'a fait en Colombie‑Britannique, le seul résultat, ce sera qu'un plus grand nombre de Canadiens vulnérables finiront par vivre dans la misère et la détresse.
    Nous devons redonner de l'espoir à tous les Canadiens. Les conservateurs pleins de bon sens cesseront le financement par les contribuables des drogues dangereuses dites sécuritaires. Nous interdirons les drogues dures. Nous investirons dans les services de désintoxication et de traitement. Nous ramènerons nos proches chez nous, libérés de l'emprise de la drogue.

  (1535)  

    
    Madame la Présidente, je ne sais guère par où commencer dans ce débat. Il est tellement pénible d'entendre les conservateurs déformer et falsifier délibérément les informations sur ce qui se passe en Colombie‑Britannique et sur le rôle de groupes tels que Moms Stop The Harm.
    Le nombre de décès par surdose a diminué en Colombie‑Britannique au cours des trois derniers mois. Il est désormais inférieur de 11 % à ce qu'il était l'an dernier. Nous constatons les effets positifs des programmes mis en place en Colombie‑Britannique. Oui, le gouvernement de la Colombie‑Britannique a demandé un ajustement en ce qui concerne la consommation de drogue en public. Il n'a pas dit que le programme était un échec. Il n'abandonne pas le programme. Il n'a pas supplié qu'on y mette fin.
    En fait, des groupes comme Moms Stop The Harm et d'autres personnes qui ont perdu des êtres chers veulent savoir ce que les conservateurs proposent dans des provinces comme l'Alberta, où le taux de mortalité par surdose est désormais plus élevé qu'en Colombie‑Britannique.
    Que proposent les conservateurs pour assurer la sécurité des Albertains?
    Madame la Présidente, il est intéressant de constater que, en Colombie‑Britannique, il y a eu plus de surdoses mortelles au cours des trois premiers mois de 2024 que durant toute l'année 2015. Chaque jour, on y compte plus de six décès attribuables à une surdose. En tant que législateurs, nous avons tous la responsabilité de faire ce qu'il faut pour mettre en place un système de soins axé sur le rétablissement qui donnera de l'espoir aux personnes aux prises avec une dépendance et leur offrira des traitements.
    La Colombie‑Britannique n'a pas modifié légèrement le programme; elle l'a carrément aboli, admettant qu'il s'agit d'un échec lamentable. Elle exhorte maintenant le gouvernement fédéral à la sortir de ce regrettable fiasco. Malheureusement, je n'ai aucune leçon à recevoir du gouvernement de la Colombie‑Britannique sur la façon de gérer la crise de la toxicomanie qui sévit à l'heure actuelle.

  (1540)  

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue du NPD. Il y a beaucoup d'éléments à décortiquer dans ce discours et, franchement, nous n'avons pas assez de temps pour le faire. La députée a parlé, essentiellement, d'une théorie du complot selon laquelle des fonctionnaires auraient profité financièrement de l'horrible crise.
    La députée serait-elle prête à parler à son chef du fait que les conservateurs sont en train de se servir de la question pour recueillir des fonds, et à lui demander si c'est acceptable?