Passer au contenu
Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
Passer à la navigation dans le document Passer au contenu du document

44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 305

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 30 avril 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 305
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 30 avril 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Français]

Le commissaire à l'environnement et au développement durable

    Il est de mon devoir de déposer sur le bureau, conformément au paragraphe 7(5) de la Loi sur le vérificateur général, les rapports du printemps 2024 du commissaire à l'environnement et au développement durable.
    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ces rapports sont réputés renvoyés en permanence au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.

[Traduction]

Les voies et moyens

Avis de motion 

    Monsieur le Président, conformément à l'article 83(1) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer un avis de motion des voies et moyens portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 16 avril 2024.
    Conformément à l'article 83(2) du Règlement, je demande que l'étude de la motion soit inscrite à l'ordre du jour.

Patrimoine canadien

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le neuvième rapport du Comité permanent du patrimoine canadien, qui porte sur le projet de loi C‑316, Loi modifiant la Loi sur le ministère du Patrimoine canadien et le Programme de contestation judiciaire.
    Le Comité s'est penché sur le projet de loi et, conformément à l'article 97.1(1) du Règlement, demande une prolongation de 30 jours de séance pour l'examiner.
    Conformément à l'article 97.1(3)a) du Règlement, une motion portant adoption du rapport est réputée avoir été proposée, la question est réputée avoir été mise aux voix et un vote par appel nominal est réputé avoir été demandé et reporté au mercredi 1er mai 2024, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

Le Régime de pensions du Canada

    demande à présenter le projet de loi C‑387, Loi modifiant le Régime de pensions du Canada.
     — Monsieur le Président, je suis extrêmement fière de prendre la parole aujourd'hui pour présenter un projet de loi d'initiative parlementaire qui protégerait non seulement les pensions des Albertains, mais aussi celles de tous les Canadiens. Les Canadiens ont cotisé au Régime de pensions du Canada; leurs pensions, ils les ont gagnées. Les aînés canadiens ont travaillé pour ces pensions.
    En Alberta, ces pensions sont actuellement menacées. De nombreux concitoyens en Alberta m'ont fait part de leur profonde inquiétude concernant le plan de Danielle Smith qui vise à retirer l'Alberta du Régime de pensions du Canada.
    Je suis honorée que mon collègue le vaillant député d'Edmonton Griesbach appuie mon projet de loi. J'ai hâte de discuter de ce projet de loi avec tous les députés et d'obtenir leur appui.
    Le projet de loi renforcerait la Loi sur le Régime de pensions du Canada afin de permettre aux millions de Canadiens qui y cotisent et qui reçoivent des prestations d'avoir leur mot à dire sur l'avenir de leur régime. Il protégerait le Régime de pensions du Canada contre les politiciens qui voudraient mettre en péril leur retraite.
    Les Canadiens doivent pouvoir jouir d'une sécurité financière à la retraite, et le Régime de pensions du Canada est un élément essentiel de cette sécurité. Cependant, nous savons qu'il est menacé par le Parti conservateur. Danielle Smith menace de retirer l'Alberta du RPC, ce qui nuira aux Albertains, mais aussi à tous les Canadiens.
    Compte tenu des attaques en règle que le chef de l'opposition officielle lance contre le Régime de pensions du Canada depuis de nombreuses années — depuis l'époque où il fréquentait l'école secondaire, en fait —, nous devons faire valoir très clairement que la protection des pensions des Canadiens doit être une priorité.
    Ce projet de loi permettrait à chaque province d'avoir son mot à dire sur la santé et la sécurité du Régime de pensions du Canada et redonnerait aux Canadiens le pouvoir de protéger leur pension du RPC. Le NPD continuera de se battre pour les pensions.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

    Le député de Kingston et les Îles invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, les députés n'ont pas souvent l'occasion de présenter une telle mesure législative, et je trouve extrêmement irrespectueux que des députés conservateurs crient à la députée de « faire son travail ».
    Pourriez-vous s'il vous plaît demander...
    Je remercie le député de son intervention, mais la présidence a donné l'occasion à la députée d'Edmonton Strathcona de poursuivre son intervention, ce qu'elle a fait.
    Le député de Vancouver Granville invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je me suis levé tout à l'heure pour déposer un document, mais la présidence ne m'a peut-être pas vu.
    Je demande le consentement de la Chambre pour déposer le document.
     D'accord?
     Des voix: D'accord.

Les droits de la personne

     Monsieur le Président, j'ai le plaisir de déposer, dans les deux langues officielles, le rapport officiel du Canada dans le cadre de son quatrième examen périodique universel, ainsi que sa réponse officielle aux recommandations formulées par les États membres des Nations unies.
    L'examen périodique universel est un processus d'examen par les pairs mené devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Dans le cadre de cet examen, le bilan de chaque pays en matière de droits de la personne est examiné par d'autres États membres des Nations unies. Il s'agit d'une occasion importante pour les pays de discuter de leur cadre national en matière de droits de la personne, ainsi que des mesures prises pour promouvoir et protéger les droits de la personne sur leur territoire.
    Le Canada est fermement engagé dans le processus d'examen périodique universel et il a collaboré étroitement avec les provinces, les territoires, les partenaires autochtones et la société civile pour préparer ces documents, que j'ai le plaisir de présenter à la Chambre.

  (1010)  

Pétitions

Le transport aérien  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition signée par des concitoyens d'Abbotsford et de Surrey, dans la grande région de la vallée du Fraser. Des habitants de la Colombie‑Britannique veulent qu'on offre un vol direct vers Amritsar, en Inde. Le Canada compte une importante diaspora de la région du Pendjab. Les pétitionnaires demandent un vol direct pour pouvoir faire des affaires et voir leur famille beaucoup plus rapidement qu'à l'heure actuelle.

Le crédit d'impôt pour les premiers intervenants  

    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo.
    Je prends la parole pour présenter une pétition, et je tiens à saluer le député de Courtenay—Alberni, mon ami et collègue, qui m'a transmis cette pétition, car elle concerne les habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo.
    Les pétitionnaires demandent que le crédit d'impôt pour les pompiers volontaires passe de 3 000 $ à 10 000 $.
    Je remercie le député de Courtenay—Alberni d'avoir attiré mon attention sur cette pétition, que je présente au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo.

L'aquaculture  

    Monsieur le Président, tout d'abord, j'aimerais remercier mon collègue pour ses bons mots et pour ses efforts dans ce dossier.
    C'est un honneur de présenter cette pétition au nom de mes concitoyens de Tofino, d'Ahousaht et de Clayoquot Sound.
     Ils mentionnent des préoccupations concernant les stocks de saumons sauvages juvéniles en migration, qui sont gravement menacés par des agents pathogènes, des polluants et des poux de mer provenant des piscicultures à enclos ouverts. Ils font valoir que le saumon sauvage soutient les traditions culturelles des Premières nations et des écosystèmes complexes, y compris les forêts côtières, qui produisent l'oxygène que nous respirons.
    Ils demandent au gouvernement fédéral d'éliminer l'aquaculture en cages en filet dans les eaux de la Colombie‑Britannique d'ici 2025, notamment par une loi visant à faire cesser immédiatement le transfert de saumoneaux infectés par l'orthoréovirus pisciaire dans les piscicultures à enclos à filet ouvert et à compléter la transition de ce type de pisciculture vers des installations terrestres de pisciculture en parc clos sécuritaires d'ici 2025.
    Ils demandent aussi un plan de transition incluant un montage financier qui indemniserait les Premières Nations et les entreprises qui seraient touchées par le retrait des piscicultures à enclos ouverts.
    La montaison du saumon du Pacifique sur la côte de la Colombie‑Britannique est dans un état critique. Il est très important que le gouvernement fédéral écoute ces pétitionnaires.

L'agriculture et l'agroalimentaire  

    Monsieur le Président, j'ai deux pétitions à présenter aujourd'hui.
     La première provient d'habitants de Lanark—Frontenac—Kingston; je ne sais pas au juste pourquoi ils m'ont demandé de la présenter. Quoi qu'il en soit, la pétition attire l'attention du gouvernement sur l'abattoir situé à l'Établissement de Joyceville. Les éleveurs qui ont signé la pétition sont préoccupés. Par le passé, ils pouvaient amener leur bétail à l'abattoir de l'Établissement de Joyceville, mais cet abattoir a été fermé parce que la dernière personne qui le dirigeait a annulé leur contrat. Les éleveurs doivent maintenant transporter leurs bêtes à l'extérieur de la région.
    Ils prient le gouvernement fédéral de lancer un processus de demandes de propositions afin de permettre l'accès à l'abattoir, pour qu'on puisse continuer à l'utiliser et à appuyer les options locales. Ils demandent au gouvernement de rouvrir l'abattoir.
    J'ignore pourquoi le député de Lanark—Frontenac—Kingston n'a pas présenté cette motion, mais je le fais au nom des habitants de sa circonscription.
    Le député de Kingston et les Îles sait fort bien que, lors de la présentation des pétitions, on ne doit faire aucun commentaire au sujet des autres députés parce qu'ils n'ont pas la possibilité de se défendre.
    Je demande au député de retirer cette partie de son intervention.
    Monsieur le Président, je retire mes propos au sujet du député.

  (1015)  

L'Accord de libre-échange Canada-Ukraine  

    Monsieur le Président, j'ai une autre pétition signée par des Canadiens. Il s'agit d'une question qui a déjà été soulevée, mais je crois néanmoins qu'on doit écouter ce qu'ils ont à dire.
    Les pétitionnaires attirent l'attention du gouvernement sur le fait que l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine aidera l'Ukraine à se reconstruire après avoir repoussé l'invasion illégale de Vladimir Poutine. Ils attirent l'attention du gouvernement sur le fait que le Parti conservateur du Canada n'appuie pas l'Ukraine. Je ne fais que reprendre la teneur de la pétition.
    Par conséquent, ils demandent au gouvernement du Canada et à tous les parlementaires de confirmer leur engagement indéfectible envers l'Ukraine en adoptant rapidement la mise à jour de l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine, ce qui, comme nous le savons, est déjà fait.

La santé reproductive  

    Monsieur le Président, j'ai eu la grande chance dans ma vie d'avoir six enfants. Ils sont assurément l'une des plus belles facettes de ma vie, mais, malheureusement, ce ne sont pas tous les Canadiens qui ont cette chance. En fait, un Canadien sur six, à un moment ou à un autre de sa vie, est confronté à un problème de fertilité.
    J'aimerais présenter une pétition de 5 300 signatures au nom de Fertility Matters Canada. Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'élaborer une stratégie nationale en matière de fertilité et de collaborer avec les provinces pour concrétiser une vision équitable en matière de fertilité au Canada.

Questions au Feuilleton

     Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Le budget]

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier de la ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 29 avril, de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, je suis heureuse d'avoir aujourd'hui l'occasion de parler de la motion des voies et moyens sur la politique budgétaire. Plus précisément, je suis reconnaissante de pouvoir commenter publiquement un autre budget déplorable des libéraux qui prouve à quel point ils sont déconnectés de la réalité.
     Neuf ans de budgets déficitaires: voilà pourquoi les Canadiens sont aujourd'hui aux prises avec un tel gâchis. Le budget de 2024 montre par ailleurs qu'en neuf ans, le premier ministre n'a tiré aucune leçon de ses erreurs. Il s'entête à proposer des déficits inflationnistes qui font grimper les taux d'intérêt et le coût de la vie, au détriment des Canadiens. En gonflant sans cesse la dette massive qu'il a creusée, il met en péril des emplois et des programmes sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. À vrai dire, après neuf ans de cette gouvernance désastreuse, le Canada consacrera maintenant plus d'argent à sa dette qu'à la santé de la population.
    Les échecs du gouvernement libéral sont manifestes dans ce budget. Le gouvernement a repoussé les problèmes, il les a remis à plus tard, et maintenant, il en paie le prix. Le logement, la criminalité, l'immigration, l'inflation, et j'en passe, sont des problèmes qui ont été créés par le gouvernement. Ils ne sont pas apparus du jour au lendemain. Le gouvernement connaissait leur existence depuis des années, mais les libéraux ont fait l'autruche et se sont contentés de consacrer plus d'argent à des politiques inutiles afin d'appuyer leur idéologie clivante et destructrice. Maintenant que ces questions sont devenues de véritables crises, les libéraux reconnaissent qu'il y a peut-être un problème. Toutefois, plutôt que de s'y attaquer, ils ont décidé de dépoussiérer leurs vieilles politiques pour essayer de faire croire aux Canadiens qu'ils agissent. Il est difficile de savoir s'ils surestiment simplement l'effet positif de leurs politiques ou si leurs intentions sont carrément malhonnêtes.
     Dans ce budget, le plan du gouvernement visant à réaffecter des propriétés fédérales afin de fournir des milliers de logements ne donne pas grand-chose. Comme le rapporte Blacklock's, le gouvernement libéral a trouvé moins de 400 propriétés fédérales vacantes, dont beaucoup ne peuvent pas être utilisés pour la construction de logements. Parmi ces propriétés figurent des stationnements de Parcs Canada, un ancien champ de tir de la Défense nationale et un terrain vacant situé près d'un phare isolé de la Garde côtière. Le gouvernement libéral promet depuis 2015 de procéder à l'examen des terrains fédéraux. Pendant la campagne électorale de cette année-là, le programme du Parti libéral comprenait la promesse suivante: « Nous dresserons l'inventaire de tous les terrains et immeubles fédéraux inoccupés qui pourraient être adaptés, et offrirons quelques-uns de ces terrains à bas prix pour que soient construits des logements abordables dans les communautés où il existe un besoin criant. »
     En 2024, après avoir créé une crise du logement, les libéraux ont décidé d'aller de l'avant et de commencer enfin l'examen des propriétés gouvernementales. Leur budget comprend l'énoncé suivant: « Le gouvernement procède à un examen rapide de son portefeuille de terrains fédéraux afin de trouver plus de terrains où construire des logements. » J'aurais peut-être dû inclure la définition du mot « rapide » dans mon discours. Ils espèrent que les Canadiens ont oublié que ce qu'ils tentent de présenter comme une nouvelle initiative est en fait une promesse vieille de neuf ans. Mis à part le fait que cette mesure est une ancienne promesse présentée de nouvelle façon, elle ne règle pas la crise du logement.
     Le premier ministre demande aux Canadiens de croire qu'il va construire des milliers de logements dans d'anciens stationnements et dans des champs de tir. C'est la preuve qu'il ne sait plus quoi faire. Il veut faire croire aux Canadiens qu'après avoir négligé le problème ou mis en place des politiques qui l'ont aggravé pendant neuf ans, il va maintenant rendre le marché du logement plus équitable. C'est lui qui a volé le rêve d'une génération d'accéder à la propriété. C'est lui qui est responsable de l'effondrement du système. Aujourd'hui, après avoir tout bousillé, il veut faire croire aux Canadiens qu'il trouvera, d'une manière ou d'une autre, des moyens de tout réparer comme par magie. Il a eu amplement d'occasions de rendre la vie plus abordable, des occasions qu'il n'a jamais saisies.
     Les conservateurs lui ont donné l'occasion de réduire les taxes ou d'éviter d'augmenter les taxes de tous les Canadiens, mais il a maintenu son plan et a augmenté la taxe sur le carbone. Il poursuit également ses efforts pour vider de sa substance et bloquer le projet de loi C‑234, qui supprimerait la taxe sur le carbone pour les agriculteurs. Il continue d'augmenter les dépenses dans l'espoir que les Canadiens ne verront pas qu'il tente pitoyablement d'acheter leurs votes.

  (1020)  

     Les Canadiens ne sont pas dupes et ils en ont assez des dépenses irresponsables de la coalition néo-démocrate—libérale qui alimentent l'inflation. Au lieu de se servir de ce budget pour montrer qu'il comprend les effets de ses politiques désastreuses sur les Canadiens, le gouvernement s'entête à mettre en œuvre ces mêmes politiques inefficaces. L'ajout de 40 milliards de dollars en nouvelles dépenses ne fera qu'alimenter l'inflation. Le gouvernement a renoncé à ses promesses répétées de rigueur budgétaire et il continue de dépenser de façon irresponsable, privant les Canadiens d'un bel avenir pour s'attirer des gains politiques à court terme.
     Comme bon nombre de mes collègues, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec mes concitoyens la semaine dernière. J'ai relevé trois grands thèmes à la suite de la présentation du budget. J'ai exposé dans mon discours que les déficits et les dépenses excessives sont la préoccupation principale dont on m'a parlé. Sous la coalition néo-démocrate—libérale, le coût de l'appareil gouvernemental a grimpé en flèche, et le gouvernement a continué de dépenser pour ses projets favoris. L'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants en souffrira gravement. Le premier ministre n'en vaut pas le coût pour quelque génération que ce soit.
    On m'a aussi parlé des dépenses excessives. Beaucoup de gens suivent ce qui se passe au sein des comités parlementaires, et plus précisément du comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, dont je suis membre. Les Canadiens sont scandalisés par les contrats de sous-traitance gigantesques accordés à des proches du Parti libéral. Ils n'en reviennent pas de l'ampleur de la corruption que les conservateurs ont mise au jour, qui atteint un niveau historique alors que le gouvernement néo-démocrate—libéral tentait de la camoufler.
     Le favoritisme, qui est généralisé au sein du gouvernement libéral, a permis de détourner des dizaines de millions de dollars vers des proches du Parti libéral et leurs entreprises. Cette situation est un affront, surtout pour les Canadiens qui composent avec la crise du coût de la vie qui a été créée par le premier ministre. Les Canadiens en demandent trop, mais il est clair que les amis du premier ministre n'en recevront jamais assez.
     Enfin, mes concitoyens sont très préoccupés par l’attachement profond du gouvernement à la taxe sur le carbone, qui n’aide en rien l’environnement et augmente le coût de tout. À l'approche du printemps, les habitants de ma circonscription constatent le coût total qu'a atteint la taxe sur le carbone dans les Prairies pendant l'hiver.
     La taxe sur le carbone fait grimper le coût de l'essence et du chauffage domestique, qui sont essentiels pour les Canadiens qui vivent dans les régions rurales du pays. L'augmentation de ces coûts s'étend aux aliments et à d'autres biens, et les entreprises la transmettent aux consommateurs. La notion du transfert du coût de la taxe sur le carbone des entreprises aux consommateurs est facile à comprendre, mais il semble que les gens qui occupent les banquettes ministérielles sont les seuls à ne pas la saisir. Ces coûts supplémentaires exercent une pression accrue sur les Canadiens qui ont du mal à composer avec la crise du coût de la vie créée par les libéraux, et le budget ne fait rien pour alléger cette pression.
     En conclusion, je n'étonnerai personne en disant que je ne peux appuyer ce budget. Il ne fait que perpétuer les mauvaises politiques de la coalition néo-démocrate—libérale, laquelle refuse d'ailleurs de reconnaître ses échecs. Après neuf ans, au lieu d'avoir l'humilité d'admettre ses erreurs, elle refuse d'assumer la moindre responsabilité et continue de rejeter le blâme sur autrui. Les Canadiens souffrent, et le gouvernement refuse de les aider.
     Après les prochaines élections, les conservateurs formeront de nouveau un gouvernement axé sur le gros bon sens. Ces élections ne sauraient venir trop tôt pour les Canadiens.

  (1025)  

     Monsieur le Président, parlant d'admettre ses erreurs, la députée convient-elle que le chef de l'opposition ne devrait pas côtoyer Diagolon?
    Monsieur le Président, alors que nous débattons aujourd'hui du budget, nous constatons les résultats catastrophiques de la manie de dépenser du gouvernement.
     Comme je l'ai dit, en neuf ans, ce gouvernement a présenté neuf budgets déficitaires. Les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts, et le gouvernement n'offre aucune solution. Ce député et son parti devraient commencer à écouter les Canadiens pour comprendre leurs besoins.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai apprécié le discours de ma collègue.
     Bien sûr, nous ne nous entendons pas sur beaucoup de choses. Par contre, on nous avait dit que le Parti conservateur serait un parti décentralisateur. Or, hier, lorsqu'il a eu la chance de le prouver, le Parti conservateur a malheureusement voté contre un amendement proposé par le Bloc québécois et qui demandait tout simplement à la Chambre de respecter la Constitution canadienne et les champs de compétences du Québec et des provinces.
    Ma question est donc très simple. Pourquoi avoir voté contre un amendement venant du Bloc québécois et demandant simplement de respecter la Constitution canadienne?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les conservateurs croient effectivement que le gouvernement fédéral doit respecter la compétence des provinces. Le gouvernement actuel tente sans cesse d'empiéter sur elle. Les Canadiens méritent un gouvernement qui n'est pas tentaculaire et qui n'essaie pas de microgérer leur vie.
    Monsieur le Président, j'aime bien la députée, mais, bien sûr, elle a vécu, comme tous les Canadiens, la sombre décennie du gouvernement Harper où la gestion financière a essentiellement été jetée par-dessus bord: 116 milliards de dollars en liquidités pour aider le secteur bancaire à soutenir ses profits; selon le directeur parlementaire du budget, 30 milliards de dollars par année, soit 300 milliards de dollars sur une décennie, accordés à des paradis fiscaux à l'étranger en raison des fameux traités d'allégement fiscal du gouvernement Harper, qui ont essentiellement éliminé la capacité fiscale du gouvernement fédéral. Les conservateurs n'ont de leçons à donner à personne en matière de gestion financière. Leur gestion financière était terrible.
    Cependant, j'aimerais poser une question très simple à la députée au sujet du régime universel d'assurance-médicaments. Dans sa circonscription, il y a 17 000 diabétiques, et ils paient jusqu'à 1 000 $ par mois pour leur médication. Comme les députés le savent, le risque d'accident vasculaire cérébral, de crise cardiaque ou de décès est quatre fois plus élevé pour les diabétiques que pour les autres Canadiens. Pourtant, les conservateurs bloquent, à chaque étape, les mesures de soutien au régime universel d'assurance-médicaments qui permettraient d'offrir jusqu'à 1 000 $ par mois à 17 000 personnes de sa circonscription. Ma question est simple: pourquoi les conservateurs font-ils obstacle à cette médication qui pourrait sauver des vies et améliorer la qualité de vie de concitoyens de la députée?
    Monsieur le Président, je dirai simplement ceci. À mon avis, les néo-démocrates ont vendu leur âme pour désespérément s'accrocher au pouvoir. Ils ont abandonné leurs électeurs pour satisfaire la vanité de leur chef. Lorsque viendra le temps de voter sur le budget dont nous sommes saisis, le NPD devra prendre une grande décision. Défendra-t-il les intérêts des Canadiens et agira-t-il comme un parti de l'opposition en demandant enfin des comptes au gouvernement libéral pour son bilan catastrophique, ou demeurera-t-il dans cette coalition?

  (1030)  

    Monsieur le Président, notre collègue pourrait peut-être expliquer à la Chambre, aux Canadiens et aux députés d'en face — ceux qui nous écoutent peut-être, bien qu'après neuf ans, il est probable qu'ils ne nous écoutent toujours pas — les souffrances que vivent les gens de sa circonscription en raison des politiques insensées que le gouvernement actuel impose aux travailleurs canadiens de sa circonscription.
    Monsieur le Président, je suis ravie d'avoir l'occasion de répéter quelques points que j'ai fait valoir dans mon discours. Comme je l'ai dit, nous constatons les résultats du penchant malsain du gouvernement pour les dépenses. Après neuf ans de gouvernement libéral et neuf budgets déficitaires, les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts. Le gouvernement n'a aucune solution. Nous observons des millions de Canadiens avoir recours aux banques alimentaires. Le prix des maisons a doublé. Le coût des loyers a doublé. Les Canadiens ont désespérément besoin de changement.
    Monsieur le Président, j'ai passé la semaine dernière dans ma circonscription, Medicine Hat—Cardston—Warner, et dans les environs, et deux choses m'ont paru évidentes. La première, c'est que le printemps est enfin arrivé. Les gens profitent des activités de plein air et s'occupent de leurs pelouses et de leurs jardins. Les agriculteurs et les éleveurs sèment et font vêler leurs animaux. La deuxième, c'est que malgré la floraison printanière, les perspectives économiques étaient totalement sombres pour la plupart des gens. La raison en est l'état des finances de notre pays après neuf années de règne des libéraux et l'évolution inquiétante des dépenses inutiles et d'une dette en augmentation constante.
     Parlons des dépenses déficitaires. Lorsque le gouvernement dépense plus d'argent qu'il n'en reçoit des contribuables canadiens, ce sont des dépenses déficitaires. Les gouvernements n'ont pas d'argent, sauf celui qu'ils nous prennent. L'appétit insatiable du gouvernement pour les dépenses signifie qu'il cherche à imposer des taxes et à les augmenter sur presque tout, même sur notre empreinte carbone. Comme nous le savons, le coût de cette empreinte a augmenté de 23 % cette année, et le premier ministre et son ministre de l'Environnement radical sont bien décidés à continuer à la rendre encore plus coûteuse.
     Même avec toutes ces taxes supplémentaires, les libéraux continuent de dépenser trop. Sous la direction de l'actuel premier ministre, le Canada a vu ses dépenses déficitaires augmenter de manière importante. En 2015, notre dette fédérale s'élevait à 616 milliards de dollars, montant accumulé depuis la création du pays en 1867. Aujourd'hui, elle a doublé, pour atteindre 1,2 billion de dollars, ce qui représente plus de 30 000 $ par Canadien, à cause de l'actuel premier ministre, qui a emprunté plus que tous les premiers ministres précédents réunis.
     En fait, les contribuables canadiens devront payer 54,1 milliards de dollars d'intérêts rien que pour assurer le service de notre dette nationale cette année. Le paiement des intérêts est supérieur à ce que le gouvernement dépense pour les transferts annuels en santé aux provinces. C'est aussi à peu près le montant que le gouvernement perçoit au titre de la TPS — peut-être faudrait-il dire plutôt TSD pour taxe sur le service de la dette.
     L'intention présumée derrière ces dépenses était de créer des voies ensoleillées, de faire croître la classe moyenne et d'instaurer l'équité pour toutes les générations. Ce sont de belles paroles, mais en réalité, lorsqu'un premier ministre ne se soucie pas de politique monétaire, les mauvais résultats remplacent rapidement les belles paroles.
     Le coût du logement a doublé. Jamais les taux d'intérêt n'ont augmenté à un rythme aussi rapide dans notre histoire. Les paiements hypothécaires, les mises de fonds et les loyers ont doublé. Le coût de l'essence, des produits alimentaires et du chauffage a explosé, et les gens n'ont pas les moyens de se nourrir, de se chauffer ou de se loger.
     Cette dette croissante signifie que les générations futures de Canadiens devront payer des impôts et des intérêts plus élevés. C’est pourquoi, comme la plupart des Canadiens, j’ai hoché la tête lorsque j’ai su que ce gâchis budgétaire s’intitulait « Une chance équitable pour chaque génération ».
     Il n’y a absolument rien d’équitable dans le fait que les libéraux gaspillent l’argent des Canadiens pour acheter l’appui du NPD. C’est une façon de dépenser pour nourrir leur dépendance au pouvoir. Il n’y a rien d’équitable dans le fait d’accumuler des dépenses entachées de scandales, de modifier la date des élections pour avoir droit à leurs prestations de retraite avant de partir et de laisser ensuite nos enfants et nos petits-enfants payer la facture.
     Les conservateurs ne sont pas les seuls à critiquer les années de dépenses déficitaires du premier ministre. Des économistes et des intervenants du secteur financier ont prévenu les libéraux que leurs dépenses sont la principale cause de l’inflation élevée au Canada. L’actuel gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a prévenu qu'en raison de ces dépenses excessives, il sera plus difficile pour la Banque d’abaisser les taux d’intérêt. Même l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et partisan libéral David Dodge affirme que le budget fédéral nuit à la lutte contre l’inflation et que celui de 2024 il pourrait bien être le pire budget depuis celui de 1982.
     Et qui dirigeait le pays à l’époque? Un autre Trudeau.
    Toujours à propos d'inflation, ce qu'a dit Milton Friedman, économiste et statisticien américain, il y a plus de 40 ans est encore vrai aujourd'hui. Le premier ministre et la ministre des Finances devraient peut-être l'écouter. Je le cite:
     L'inflation, c'est comme l'alcoolisme. Dans les deux cas, quand on commence à boire ou quand on commence à imprimer trop d'argent, on ressent d'abord des effets positifs; les effets négatifs n'arrivent que plus tard. On peut donc être fortement tenté d'exagérer dans les deux cas, c'est-à-dire de consommer trop ou d'imprimer trop d'argent. Dans le cas du remède, la situation est inversée: quand on arrête de boire ou d'imprimer de l'argent, les effets négatifs se font sentir en premier et les effets positifs arrivent plus tard. C'est pourquoi il est si difficile de continuer d'appliquer le remède [...] Tous les pays qui ont maintenu, avec courage et persistance, une politique visant à ralentir l'expansion monétaire ont réussi à juguler l'inflation tout en ayant une économie vigoureuse.

  (1035)  

     Outre le problème de l’inflation que le premier ministre et la ministre des Finances ont créé au Canada, nous sommes également confrontés à la tendance inquiétante à la baisse de la productivité. Or, pendant que le gouvernement continue de dépenser, notre productivité nationale ne suit pas le rythme. Notre productivité se mesure à l’efficience avec laquelle nous arrivons à produire des biens et des services. Une productivité élevée est essentielle pour améliorer notre qualité de vie, augmenter nos salaires et maintenir un avantage concurrentiel à l’échelle mondiale. Cependant, la productivité du Canada a diminué, ce qui indique que nous ne maximisons pas notre potentiel.
     Je vais vous lire ce que la sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, a souligné dans un récent discours à Halifax. « En 1984, la valeur générée par heure dans l’économie canadienne représentait 88 % de celle générée dans l’économie américaine. Déjà, ce n’est pas très bon. Or, en 2022, ce chiffre avait baissé à 71 % ».
     De plus, selon un récent article du Financial Post, depuis que le gouvernement actuel est au pouvoir, la productivité du travail a diminué en moyenne de 0,8 % par année. Comment le gouvernement peut-il, à en juger par l’ensemble du budget, planifier en fonction d’une forte croissance de la productivité du travail, compte tenu des données récentes? En réalité, on nous a présenté un budget « truqué », dans lequel on invente des chiffres pour en arriver à un budget présentable.
     Les libéraux voient la productivité comme un simple chiffre qu’ils peuvent manipuler pour rendre leur budget un peu moins répugnant. Cependant, la productivité n’est pas qu’un simple chiffre; elle permet de savoir dans quelle mesure nous pouvons maintenir notre qualité de vie. Nous devons relever ces défis de front, en commençant par exiger de nos dirigeants une reddition de comptes et une gestion financière prudente. Cela commence par le respect du secteur d’exploitation des ressources dont nous sommes fiers, ainsi que de tous les emplois qu’ils fournissent à des familles, au lieu d’en faire le bouc émissaire.
     Par exemple, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Allemagne a demandé au Canada d’être un fournisseur de confiance de gaz naturel liquéfié. D’autres pays l’ont demandé également. Quelle est la réponse de notre premier ministre? C’est, essentiellement: « Désolé les amis, aucune analyse de rentabilité ne soutient pareil projet ici au Canada. » Nous pouvons voir ce qui s’est passé. Nos voisins américains ont pris les devants et en récoltent les fruits. Leur productivité a augmenté de 2,6 % l’année dernière, tandis que les libéraux étaient contents de voir la nôtre diminuer.
     Depuis 2019, le PIB américain par habitant a augmenté de 7 %, tandis que celui du Canada a baissé de 2,8 %. C’est le plus mauvais rendement de l’économie canadienne par rapport à celle des États-Unis depuis 1965. Statistique Canada a récemment publié un rapport confirmant que les Canadiens se sont appauvris sous le gouvernement actuel. Notre PIB par habitant est aujourd’hui inférieur de 7 % à ce qu’il devrait être, ce qui signifie que les Canadiens ont perdu l’équivalent de 4 200 $ par personne. Avec les libéraux au pouvoir, ces chiffres ne devraient pas nous surprendre.
     Nous devons également investir efficacement dans des domaines qui stimulent réellement la productivité, comme la formation professionnelle, la technologie et l’innovation. Nous devons veiller à ce que les dépenses entraînent une croissance réelle et durable, et pas seulement une solution rapide et temporaire. Il s’agit de trouver un équilibre pour répondre à nos besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures et des Canadiens à répondre aux leurs. Nous devons trouver un équilibre entre l’investissement dans notre pays et la garantie que nous ne sommes pas irresponsables et que nous n’accumulons pas imprudemment une montagne de dettes dont il serait impossible de descendre.
     Monsieur le Président, le chemin à prendre exige du courage, un leadership et de la discipline. En préconisant des dépenses responsables, en investissant judicieusement dans notre avenir et en stimulant notre productivité, nous pouvons faire en sorte que le Canada reste un pays prospère et dynamique pour les générations à venir. C’est maintenant qu’il faut agir. C’est maintenant qu’il faut redresser le budget pour que la santé financière du Canada, sa productivité et l’espoir des Canadiens ne soient pas seulement rétablis, mais qu’ils puissent s’épanouir. Les conservateurs sont prêts et aptes à faire en sorte que cela se produise.

  (1040)  

    Monsieur le Président, je sais que le député a des antécédents dans la police et qu'il a reçu de nombreux prix pour son travail dans ce domaine avant d'arriver à la Chambre. Je pense que c'est une grande réussite et je l'en félicite. Cependant, que pense-t-il du fait que le chef de l'opposition s'associe à Diagolon?
     Monsieur le Président, très honnêtement, la question ne mérite pas de réponse, car c'est faux.
    Répandre de la mésinformation et de la désinformation, ce qui semble se produire souvent en face, n'aide pas notre dialogue. Cela ne répond certainement pas aux questions que se posent les Canadiens sur ce que le gouvernement fait de l'économie et sur la manière dont nous allons sortir du gâchis qu'il a créé pour le reste des Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, le Bloc québécois, depuis 2019, a toujours voté contre les budgets libéraux. Il va continuer à le faire pour ce budget-ci, notamment parce qu'il ne contient aucun plan pour réduire le financement d'une industrie qui fait des profits incroyables et sans précédent, soit l'industrie pétrolière.
    Est-ce que mon collègue va voter contre le budget parce qu'il est, comme nous, contre le financement des pétrolières avec l'argent du peuple?

[Traduction]

     Monsieur le Président, je peux confirmer que mes collègues et moi-même voterons sans équivoque contre ce budget, mais pas à cause de ce que le député a avancé. Il suffit à quiconque au Canada de regarder le montant des recettes que le secteur de l'énergie génère pour notre pays afin de soutenir la croissance de nos infrastructures et les dépenses dont nous avons besoin pour maintenir notre pays à flot. Dès lors, la raison avancée par le député est fallacieuse.
     La vérité, c'est que le secteur de l'énergie contribue largement à notre PIB et à nos revenus, que le gouvernement se plaît actuellement à dépenser.
    Monsieur le Président, je sais aussi que mon collègue était un agent de police estimé. Nous avons entendu les chefs de police de la Colombie-Britannique et de tout le pays. En ce qui concerne la crise engendrée par les drogues toxiques, les chefs de police la considèrent comme une question de santé. Ils ne veulent pas revenir à la criminalisation des personnes dans ma province; cependant, ils ont demandé des outils pour faire face à la consommation en public. Selon eux, ce n’est pas la déjudiciarisation, mais bien le fentanyl toxique qui tue les gens. Ils ont réclamé davantage de centres de consommation supervisée. En Alberta, le nombre de décès est monté en flèche, avec une augmentation de 17 % des décès par surdose. En Colombie-Britannique, l’augmentation est de plus de 5 %.
     Petra Schulz, de l’organisation Moms Stop the Harm, est venue hier à Ottawa pour demander une fois de plus de rencontrer le chef du Parti conservateur. Voilà 10 ans aujourd’hui qu’elle a perdu son fils Danny.
     Mon collègue va-t-il exhorter son chef, le seul chef de ce pays qui n’a pas rencontré Moms Stop the Harm, à rencontrer les mères d’êtres chers perdus à cause de la crise engendrée par les drogues toxiques? Soutient-il les chefs de police de la Colombie-Britannique?
    Monsieur le Président, ce que je soutiens, c’est un plan efficace qui améliore réellement le bien-être des Canadiens. Un tel plan n’inclut pas l’expression « centres de consommation supervisée », car ces centres sont une utopie.
     Il y a quelque temps, je me suis rendu sur la rue East Hastings, dans le Downtown Eastside, pour parler à des toxicomanes. Ils se tuent sous les yeux des gens. Je leur ai posé des questions. Ils m’ont répondu que les gens ne voulaient pas qu’ils se soignent, que le système ne voulait pas qu’ils recouvrent la santé. Ils qualifient les personnes qui passent en voiture et s’occupent d’eux de « proxénètes de la pauvreté ». Pourquoi? Parce qu’ils s’en moquent. Ils disent ne pas fréquenter les centres de consommation parce qu'ils ne correspondent pas à l’idée que les gens se font d’eux.
     La réalité est que nous avons une crise des surdoses dans ce pays. Rien qu’en Colombie-Britannique, 2 511 personnes sont mortes l’an dernier. C’est inacceptable. Si cela s’est produit, c’est à cause des politiques de lutte contre la drogue. Il nous faut une approche équilibrée, des traitements et des services d’aide aux toxicomanes. Nous avons besoin de toutes ces choses. Les dépenses inutiles dans un budget gouvernemental comme celui-ci ne nous permettent pas de disposer de ce genre d’argent. Les fonds sont détournés vers les services que le gouvernement croit utiles, mais l’approvisionnement sûr n’est pas la réponse à ce problème.

  (1045)  

    Monsieur le Président, je suis très heureux de prendre la parole pour faire part aux Canadiens, en particulier à mes concitoyens de Richmond Centre, de l’importance du budget de 2024. Je partagerai mon temps de parole avec le député de Vancouver Granville.
     Le budget de 2024 est une feuille de route qui trace la voie vers un avenir plus prospère, plus juste et plus durable, un avenir qui n’est pas seulement pour les jeunes adultes, mais pour les générations futures. Il s’articule autour de quatre axes principaux: construire plus de logements plus rapidement, réduire le coût de la vie, être équitable envers chaque génération et construire une économie générationnelle résiliente aux changements climatiques.
     Dans le budget de 2024, notre gouvernement propose un plan audacieux et financièrement responsable pour le logement au Canada afin de générer 3,87 millions de logements d’ici 2031. Le logement est une nécessité et constitue le fondement de la stabilité et du bien-être des personnes et des familles. Alors que nos collectivités en Colombie-Britannique et dans l’ensemble du pays se développent, le Canada devrait connaître la plus forte croissance parmi les pays du G7 en 2025. Le gouvernement fédéral prend des mesures concrètes pour favoriser la croissance de nos collectivités et de notre économie. Dans le budget de 2024, le gouvernement fédéral débloque la construction de logements sur les terres publiques afin d’utiliser nos ressources fédérales et de répondre aux priorités des Canadiens en matière de logement. Nous proposons 1,1 milliard de dollars de fonds fédéraux pour convertir des espaces sous-utilisés, des terres publiques, en habitations.
     Nous proposons également 15 milliards de dollars supplémentaires pour le Programme de prêts pour la construction d’appartements, ce qui porte le financement total du programme à plus de 55 milliards de dollars. Cet investissement devrait permettre de construire plus de 30 000 logements au Canada, ce qui porterait la contribution totale du programme à plus de 131 000 nouveaux logements d’ici 2032. Tout en stimulant la construction de logements à la grandeur du Canada, nous affectons plus de 6 milliards de dollars au lancement du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement. En plus d’accélérer la construction, le Fonds permettrait de moderniser et d’aménager des infrastructures pour l’eau, les eaux usées, les eaux pluviales et les déchets solides, ce qui favoriserait directement l’offre de logements et contribuerait à augmenter la densification. Cela signifie aussi plus de logements à proximité des transports en commun, un gage d’accessibilité. Grâce au budget de 2024, nous tirons parti du Fonds pour le transport en commun fédéral pour prendre des mesures qui débloquent directement l’offre de logements là où elle est le plus nécessaire. Pour construire le tout, nous proposons d’augmenter le nombre de travailleurs de la construction en créant de nouvelles occasions pour les apprentis et en reconnaissant les titres de compétences étrangers.
     Dans le budget de 2024, nous facilitons également la location ou l’accession à la propriété pour les Canadiens en lançant des initiatives telles que le Fonds de protection des locataires, la nouvelle Charte canadienne des droits des locataires, le régime d’accession à la propriété du Canada et une version actualisée de la charte hypothécaire canadienne. Nous veillons à ce que les locataires canadiens bénéficient d’une meilleure protection tout en leur permettant d’utiliser leur dossier de loyer pour obtenir du crédit, et bien d’autres choses encore.
     Notre plan en matière de logement donne suite à une initiative importante qui consiste à créer une assurance nationale contre les inondations, une filiale de la Société canadienne d'hypothèques et de logement chargée de la réassurance contre les inondations. Cela aiderait les collectivités de ma circonscription, Richmond‑Centre, en améliorant la prévention des inondations et l’assurance en cas de sinistre. Cela contribuerait à mettre en confiance de nombreuses familles canadiennes à Richmond.
     Plus important encore, nous avons tous constaté l’impact considérable du Fonds pour accélérer la construction de logements dans les collectivités à travers le Canada. Je suis très fier et heureux d’avoir pu annoncer, en janvier dernier, des accords bilatéraux avec la Ville de Richmond pour accélérer la construction de plus de 1 000 logements au cours des trois prochaines années et de 3 100 logements au cours de la prochaine décennie. Ces accords prévoient 35,9 millions de dollars pour éliminer les obstacles à la construction plus rapide des logements dont nous avons besoin. Dans le budget de 2024, nous prévoyons un financement complémentaire de 400 millions de dollars pour renforcer encore plus l’impact du Fonds pour accélérer la construction de logements.

  (1050)  

     Le budget rend le logement plus accessible et abordable pour les Canadiens dans tout le pays. Il donne également au Canada les moyens d’avoir une économie encore plus compétitive, notamment en affichant la plus forte croissance parmi les pays du G7 en 2025. En outre, le budget de 2024 est également un plan visant à réduire le coût de la vie pour les Canadiens, et nous continuons à exercer notre leadership en veillant à ce que chaque génération dispose de l’aide dont elle a besoin pour réussir.
     Le Régime canadien de soins dentaires continue d'être déployé, offrant un accès aux soins de santé bucco-dentaire à plus de 9 millions de Canadiens non assurés admissibles. Dans le budget de 2024, nous tissons un filet de sécurité sociale encore plus solide. Nous lançons la première phase du régime national d’assurance-médicaments, qui apportera un soutien immédiat à plus de 3 millions de Canadiens atteints de diabète, de même qu'à plus de 9 millions de femmes et de Canadiens de genres divers en leur offrant une couverture gratuite pour certains médicaments.
     Pour les parents canadiens, le programme national d’alimentation en milieu scolaire fournira chaque année des repas nutritifs à plus de 400 000 enfants dans tout le pays, ce qui permettra à la famille moyenne participante d’économiser jusqu’à 400 $ par an et par enfant en frais d’épicerie.
     Pour les Canadiens handicapés, pour la toute première fois, nous débloquons 6 milliards de dollars dans le cadre de la prestation canadienne pour les personnes handicapées, afin d’apporter une aide supplémentaire qui touchera plus de 600 000 Canadiens handicapés à faible revenu.
     Nous continuons de travailler en collaboration avec les provinces et les territoires pour améliorer notre système de santé et de services sociaux. D'ailleurs, nous avons prévu plus de 7 milliards de dollars au titre du Transfert canadien en matière de santé et plus de 2 milliards de dollars au titre du Transfert social canadien à la Colombie-Britannique en 2024-2025. Ces deux transferts aideront la Colombie-Britannique à renforcer son système de santé et à accroître l’impact de programmes sociaux tels que le programme de garderies à 10 $ par jour.
     Le budget de 2024, c'est une chance équitable pour chaque génération. Il vise à réduire le coût de la vie et à faire en sorte que toutes les générations bénéficient du filet de sécurité sociale du Canada. Nous aidons les jeunes Canadiens en augmentant les bourses et prêts d’études, le soutien au loyer, ainsi que celui pour la santé mentale, l’emploi et l’entrepreneuriat. Avec le Programme de la sécurité de la vieillesse, nous versons plus de 80 millions de dollars en prestations à plus de sept millions d’aînés, rien que cette année.
     Le budget de 2024 annonce un changement fiscal au traitement des gains en capital afin que le régime fiscal canadien soit plus équitable. Nous augmentons le taux d’inclusion des gains en capital, mesure qui ne touchera que les 0,13 % des contribuables les plus riches. L’impôt sur le revenu des particuliers qui s'applique aux gains en capital n’augmentera pas pour 99,87 % des Canadiens. Grâce à l’exonération cumulative des gains en capital, 88 % des entreprises canadiennes, en particulier des petites entreprises, seront exonérées de l’impôt sur les gains en capital.
     Le budget de 2024 se veut équitable pour chaque génération. L’équité, c'est aussi d'avoir une économie et une planète qui permettront à nos enfants, à leurs enfants et à leurs petits-enfants de réussir et de prospérer. C’est sur cette planète que nous continuons de bâtir une économie générationnelle résistante aux changements climatiques et que nous assurons l’avenir de l’économie canadienne dans des secteurs innovants, comme l’intelligence artificielle, les véhicules électriques, la recherche, les carburants renouvelables et les infrastructures vertes. Nous savons qu’il est urgent de lutter contre les changements climatiques et de bâtir une économie résistante à ces changements. Le budget de 2024 vise à minimiser les conséquences des changements climatiques et à préserver le bien-être des générations futures.
     Le budget de 2024 s’inspire de l’approche d’Équipe Canada en laquelle le gouvernement libéral a toujours foncièrement cru. Nous travaillerons en collaboration avec les provinces, les territoires, les municipalités, le secteur privé et les communautés autochtones. Nous ne marginaliserons aucune personne qui veut faire ce qu’il faut pour les Canadiens. Au contraire, nous serons là pour les soutenir. Poursuivons dans la voie de la transformation, saisissons les occasions qui se présentent et travaillons ensemble pour bâtir un avenir meilleur pour tous les Canadiens.

  (1055)  

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement de Justin Trudeau...
     Des voix: Oh, oh!
    Le député sait très bien qu'il ne peut pas désigner les députés par leur nom à la Chambre. Il pourrait peut-être se rétracter et recommencer.
    Monsieur le Président, je reconnais que je ne dois pas désigner un député par son nom à la Chambre.
    Après neuf ans de ce premier ministre, le budget ne fait que nous mettre encore plus dans le pétrin. Le prix des logements a doublé. La taxe sur le carbone a fait grimper tous les prix. On assiste à une recrudescence de la criminalité qui sème le chaos partout au pays. Quand le premier ministre cédera-t-il sa place pour que nous puissions faire campagne sur la taxe sur le carbone?
    Monsieur le Président, notre pays a traversé une pandémie, et bien des vies ont été perdues, non seulement à cause de la pandémie, mais aussi à cause de la crise des opioïdes qui sévit encore.
    J'aimerais poser une question, même si je sais que ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent. Que pouvons-nous faire de mieux? Si la situation est aussi chaotique que le parti de l'opposition l'affirme, comment pourrions-nous travailler ensemble à la Chambre pour en faire plus pour les Canadiens, afin d'améliorer leur sort?

[Français]

     Monsieur le Président, la ministre des Pêches et collègue du député de Richmond‑Centre s’amuse à dire aux médias de chez nous que je n’ai pas lu le budget.
    Non seulement j’ai lu le budget, mais j’ai même lu les petits cas de figure que le gouvernement utilise dans son budget pour expliquer une mesure budgétaire qu’il annonce. Mon collègue a parlé d'une mesure proposée par le gouvernement, soit la création d'une filiale de la Société canadienne d’hypothèques et de logement pour offrir une assurance nationale contre les inondations. Il veut investir 15 millions de dollars là-dedans.
    J’ai trouvé d'une insensibilité assez particulière le cas de figure que le gouvernement a utilisé pour expliquer cette mesure. En effet, il prend l'exemple d'un couple qui possède une maison dans une zone à risque élevé d'inondation et qui s'appelle Josh et Fiona. Comme on le sait, Fiona est le nom de la tempête qui a ravagé ces dernières années des centaines de maisons ainsi que des ports au Canada, en particulier dans les Maritimes et aux Îles‑de‑la‑Madeleine.
    Je me dis qu'en reprenant le nom de la tempête pour présenter un cas de figure dans le budget, le gouvernement est bien déconnecté d’une famille qui a peut-être perdu sa maison à cause d’une inondation.
     Mon collègue est-il d’accord avec moi pour dire qu’on a peut-être manqué un peu de sensibilité ici?

[Traduction]

    Monsieur le Président, au cours des dernières années, les changements climatiques ont eu de nombreux effets dévastateurs sur notre pays, et pas seulement avec les inondations sur la côte atlantique. En Colombie‑Britannique, ce n'est pas encore la saison des feux de forêt, mais ceux-ci ont déjà commencé. La députée pose une bonne question que nous pourrions explorer lors de nos délibérations sur le budget en comité, afin de mieux aider les Canadiens dans les efforts de rétablissement et de reconstruction à la suite d'une situation dévastatrice comme les inondations causées par l'ouragan Fiona.

  (1100)  

    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de choses à dire sur le budget. Je vais me concentrer sur un aspect, celui qui consiste à sortir les gens de la pauvreté, plus particulièrement les personnes handicapées.
    Je suis on ne peut plus déçue du budget. Pour les personnes handicapées, le budget ne prévoit qu'une aide de 6 $ par jour. Voilà à quoi équivaut la prestation pour les personnes handicapées. Elle ne sortirait pas les personnes handicapées de la pauvreté; elle les rendrait plutôt légèrement moins pauvres.
    Pendant ce temps, le gouvernement ne s'attaque pas aux grandes sociétés et il ne propose pas un impôt sur les bénéfices exceptionnels, dont les ressources permettraient de venir en aide aux personnes les plus vulnérables de notre société.
    Le député demandera-t-il au gouvernement de défendre les intérêts des personnes handicapées et de veiller à les sortir véritablement de la pauvreté, et pas seulement avec l'aide de 6 $ par jour prévue dans le budget de 2024?
    Monsieur le Président, le budget prévoit un investissement de 6 milliards de dollars pour les Canadiens handicapés. Ce n'est pas le seul élément sur lequel travaille le gouvernement. Il reste encore beaucoup à faire, et c'est la première mesure que propose le gouvernement en vue de soutenir les Canadiens handicapés.
    Il est important que nous examinions vraiment ce financement et ses effets sur les gens, et aussi que les provinces et les territoires ne récupèrent pas ce montant. Il y a assurément encore du travail à faire, et je suis ici pour soutenir pleinement les Canadiens handicapés.
    Monsieur le Président, c'est toujours un privilège de prendre la parole à la Chambre, surtout aujourd'hui où je parlerai du budget de 2024. Comme nous le disent nos concitoyens, les budgets ne se résument pas à des chiffres. Ce sont des engagements envers le bien-être et la prospérité de l'ensemble des Canadiens.
     Je tiens d'abord à souligner l'incidence de ce budget sur la circonscription de Vancouver Granville. Nous savons tous que Vancouver est un symbole de diversité, d'innovation et de possibilités, et il est réconfortant de voir que cela transparaît dans les engagements pris dans ce budget à l'égard de Vancouver Granville, de Vancouver et de la Colombie-Britannique.
     Quand j'ai été élu pour la première fois, un membre du conseil d'administration du centre communautaire hellénique de ma circonscription m'a appelé. Vancouver compte depuis longtemps une des plus grandes communautés grecques du Canada, et le centre hellénique de ma circonscription est un endroit incroyable qui réunit les Canadiens, pas seulement de la communauté grecque, mais de toutes les communautés, en offrant un lieu de rassemblement dans l'ouest de la ville. C'est à la fois un centre communautaire et un lieu de culte. J'ai plaidé la cause de la communauté pour voir ce que nous pouvons faire pour améliorer ce centre, car c'est un endroit qui permet à des Canadiens de tous les horizons et de tous les milieux de se réunir.
     Les membres du conseil d'administration sont intéressants. Ce ne sont pas de partisans acharnés. Certains sont libéraux, d'autres conservateurs. Tony Papajohn, un libéral, et Alex Tsakumis, un conservateur notoire, font partie des dirigeants. Ces deux personnes ont à cœur l'intérêt de leur communauté. Ils sont venus me trouver, moi, leur député, pour me dire qu'ils souhaitaient que nous cherchions ensemble un moyen de travailler avec le gouvernement pour que leur communauté et les personnes qui fréquentent cet endroit aient accès à un centre fantastique.
     En mars, la ministre des Finances est venue sur place et a convenu que le centre communautaire est une institution locale qui doit continuer de servir la collectivité, et c'est exactement ce que le budget de 2024 propose de faire. Il propose de donner 5 millions de dollars pour faire en sorte que la communauté hellénique de Vancouver dispose de l'espace et des ressources dont elle a besoin pour continuer de prospérer.
     Les deux personnes qui font partie de l'équipe dirigeante, un libéral et un conservateur, ont fait savoir très clairement qu'ils avaient besoin de cet endroit. Ils expriment aussi très clairement leur appui aux gouvernements qui défendent leur communauté. Je suis tellement fier de savoir que ces deux personnes, et la communauté qu'elles représentent, appuient ce budget et ces mesures qui aideront leur communauté.
     Il est dommage que les députés d'en face choisissent de voter contre un établissement qui n'est pas seulement nécessaire, mais qui constitue un élément essentiel du tissu urbain de Vancouver Granville. J'espère que chaque électeur de Vancouver Granville s'en souviendra. La population n'oubliera pas la manière dont nous traitons les gens chez eux au moment décisif.
     Je suis donc très heureux que le budget de 2024 prévoie également un partenariat financier pour un musée en Colombie-Britannique, au moment où nous cherchons à faire entendre la voix de gens issus de la diversité. Ce musée mettra en lumière l'histoire, la culture et la contribution des Canadiens d'origine sud-asiatique.
     La communauté sud-asiatique en Colombie-Britannique, et dans la circonscription de Vancouver Granville, est un élément important du tissu social. Le fait que la vie de ces gens soit racontée, que leur voix soit entendue et que leur histoire soit intégrée à celle de notre pays est d'une importance cruciale pour que nos jeunes et les générations suivantes puissent comprendre les communautés qui les entourent et qu'ils côtoient.
     Nous nous engageons également, dans ce budget, à être un partenaire financier du centre culturel philippin. La communauté philippine est un élément dynamique et prospère de la société de Vancouver et, pendant trop longtemps, ses membres n'ont pas eu voix au chapitre. Je tiens également à remercier le député de Vancouver Kingsway qui défend leurs intérêts activement depuis de nombreuses années. Le gouvernement prend des mesures afin que cette communauté ait accès à un lieu de rassemblement où elle peut célébrer son histoire et nous la raconter à sa façon, telle qu'elle s'inscrit dans l'histoire de notre pays.
     Les arts jouent un rôle important dans l'histoire de Vancouver Granville et de Vancouver. Le Vancouver Fringe Festival est un élément important de l'histoire culturelle de notre ville. Au début de l'année, j'ai rencontré le directeur général du Vancouver Fringe Festival, et il m'a parlé des difficultés du festival à assurer le maintien de ses activités. Je suis ravi que ce budget permette d'aider cette organisation et d'autres comme elle à maintenir ses activités, à prospérer et à faire progresser le travail essentiel qu'elles accomplissent pour offrir des pièces de théâtre formidables à nos concitoyens.
    Vancouver est aussi un centre d'innovation. J'ai grandi dans l'industrie de la technologie, et je tiens à ce que le gouvernement continue d'investir dans son innovation, non seulement à Vancouver Granville, mais partout au pays. L'investissement de 2,4 milliards de dollars dans la recherche sur l'intelligence artificielle soutient entre autres la création d'entreprises dans ce domaine, l'appui aux jeunes entreprises qui assureront notre avenir par le maintien et l'expansion de la place avantageuse que le Canada s'est taillée dans ce domaine, ainsi que le soutien fourni aux travailleurs dont l'emploi sera touché par l'intelligence artificielle. Voilà ce que fera le budget de 2024.
     Comme de nombreux Canadiens, j'ai été heureux d'entendre l'ancien chef de l'opposition, M. Erin O'Toole, affirmer que cette mesure est essentielle pour maintenir et accroître la position de chef de file du Canada dans le domaine de l'intelligence artificielle. Malheureusement, mes collègues d'en face ont l'intention de voter contre cette mesure.

  (1105)  

     Jusqu'à maintenant, mes collègues d'en face ont voté contre les collectivités, contre les communautés diversifiées, contre la technologie, contre le renforcement du rôle de leader des secteurs technologiques canadiens et contre les intérêts des Canadiens.
     Je dis cela, parce que le manque de logements abordables est l'un des problèmes les plus importants auxquels Vancouver et de nombreuses villes du pays font face. L'abordabilité du logement a une incidence majeure: elle est au cœur de la stabilité, du bien-être et de la dignité des particuliers et des familles. Les générations actuelles et futures ont besoin de cette stabilité. Les initiatives du gouvernement dans ce domaine sont efficaces. Depuis que je suis député, j'ai vu 5 500 logements financés uniquement à Vancouver Granville.
    Pensons-y un peu: nous avons construit plus de 5 000 logements uniquement à Vancouver Granville. Comparons cela aux six logements que l'actuel chef de l'opposition a construits lorsqu'il était ministre du Logement. C'est plus de 5 000 contre 6 dans une seule circonscription.
     Nous voulons tous que nos enfants soient sur un pied d'égalité. Cependant, mes collègues d'en face ont l'intention de voter contre les fonds que nous versons dans le logement. Nous effectuons cet investissement en collaboration avec des organismes sans but lucratif et d'autres organismes communautaires pour construire des logements abordables non seulement à Vancouver Granville, mais partout au pays. Je ne sais pas comment ces collègues peuvent regarder leurs concitoyens en face et leur dire qu'ils vont voter contre des mesures qui favorisent leur bien-être et leur santé, ainsi que leur capacité à se loger. En investissant dans l'abordabilité du logement, nous ne répondons pas seulement aux besoins immédiats. Nous jetons les bases d'un avenir plus équitable et plus prospère pour les générations à venir.
     Je voudrais également aborder la question de la haine. Ces dernières semaines et ces derniers mois, nous avons assisté à une montée alarmante de la haine dans ce pays. Nous voyons des dirigeants, comme le chef de l'opposition, fréquenter des personnes qui soutiennent Diagolon et des groupes suprémacismes blancs. Il n'est donc pas étonnant que les conservateurs veuillent s'opposer au financement que le gouvernement propose, notamment 7,3 millions de dollars destinés à l'envoyé spécial pour la lutte contre l'antisémitisme et 7,3 millions de dollars destiné au représentant spécial pour la lutte contre l'islamophobie. Les conservateurs veulent voter contre un financement de 5 millions de dollars pour un musée de l'Holocauste à Montréal. Ils veulent voter contre un financement de 5 millions de dollars pour la préservation de la mémoire de l'Holocauste. Dans ma circonscription, les conservateurs ont déjà voté contre le financement du centre communautaire juif et contre le financement du centre d'éducation sur l'Holocauste.
     Quant à l'idée qu'ils se soucient des communautés, disons plutôt qu'ils se soucient d'eux-mêmes. Si les conservateurs tenaient à lutter contre la haine et contre la montée de l'antisémitisme, de l'islamophobie et de la haine anti-asiatique dans ce pays, ils ne voteraient pas contre les mesures de près d'un quart de milliard de dollars prévues dans ce budget pour lutter contre la haine. Dans ce pays, nous devons nous soutenir les uns les autres. Nous devons nous porter à la défense de ceux dont la capacité de se faire entendre est réduite. Nous devons travailler ensemble pour y parvenir.
    Quand le chef de l'opposition parle de ses lois, des lois qu'il adopterait, et déclare qu'il serait le juge de ce qui est constitutionnel et de ce qui ne l'est pas, je ressens un profond malaise. Nous vivons dans un pays qui repose sur l'état de droit, qui a confiance en sa constitution et en ses institutions. Les Canadiens de partout au pays accordent de la valeur à nos institutions et y sont attachés. Ils se soucient de la sécurité publique. Ils tiennent à ce que les communautés se sentent en sécurité.
     Nous avons des dispositions budgétaires qui visent à assurer la sécurité de notre pays, qu'il s'agisse de la lutte contre la haine, de l'appui à nos forces armées ou du financement visant à garantir que nous sommes des acteurs forts au sein de l'OTAN dans la lutte contre la Russie et dans le soutien à l'Ukraine. Quand on défend ce type de mesures tout en mettant de l'argent dans les poches des Canadiens ordinaires, tout en finançant des programmes d'alimentation scolaire et tout en travaillant à la construction de plus de logements, je vois mal comment on peut voter contre un budget dont l'objectif est d'assurer l'équité pour tous. Pourtant, c'est ce que font les conservateurs.
     J'invite tous les députés à faire un peu d'introspection et à se demander s'ils votent pour défendre l'intérêt des Canadiens ou s'ils votent pour soutenir un chef qui ne se soucie pas du sort des Canadiens. Les députés de tous les partis devraient regarder ce que le budget propose et appuyer ce budget équitable pour tous les Canadiens.

  (1110)  

    Monsieur le Président, que pense mon collègue du fait que la TPS soit maintenant appelée la TSD, c'est-à-dire la taxe sur le service de la dette, puisque chaque fois que les Canadiens achètent quelque chose, la somme versée en TPS doit être entièrement consacrée au service de la dette?
    Monsieur le Président, je rappelle au député que, lorsqu'ils étaient au pouvoir, les conservateurs ont pris la décision populiste de réduire la TPS plutôt que de réfléchir aux conséquences financières. Les conservateurs répondront que c'était il y a de nombreuses années, mais je rappellerais au député d'en face que ce sont les décisions prises par les conservateurs à cette époque — comme de sabrer les budgets du logement, de la santé et de tout ce qui tient à cœur aux Canadiens — que nous avons dû corriger au cours des dernières années. C'est pourquoi nous investissons dans les Canadiens, pas pour remplir les poches du 1 % le plus riche. C'est ce que les députés d'en face voudraient faire. Nous voulons soutenir tous les Canadiens.
    Monsieur le Président, pas plus tard qu'hier, le Canada a été l'hôte de la quatrième série de discussions du Comité intergouvernemental de négociation sur la pollution par le plastique pour essayer de faire bouger les choses. Nous savons que les conservateurs ont présenté un projet de loi visant à rétablir l'utilisation des pailles en plastique parce que, selon leurs dires, c'est bon pour l'environnement et la santé. Une histoire pareille, ça ne s'invente pas. Je ne l'ai pas lue dans le Beaverton. Non. Il s'agit bel et bien d'un projet de loi déposé au Parlement.
    Nous savons que, chaque jour, l'équivalent de deux camions à ordures remplis de plastique est déversé dans les océans. Le plastique nous étouffe, et pourtant, dans le budget, les libéraux veulent se débarrasser du Fonds pour les engins fantômes, un fonds de 10 millions de dollars qui commençait à donner des résultats sur nos côtes, surtout en Colombie-Britannique. Ce fonds soutenait l'économie de la restauration et offrait des emplois aux Autochtones d'un bout à l'autre du pays. C'était un programme de calibre mondial.
    Mon collègue de la Colombie-Britannique pourrait peut-être expliquer pourquoi le gouvernement souhaite supprimer ce programme très important, qui était également essentiel à la protection de l'économie bleue.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député du travail soutenu qu'il a fait à titre de député de la Colombie-Britannique et des efforts qu'il a déployés pour faire avancer de nombreux dossiers sur lesquels nous avons travaillé ensemble.
    Les budgets que le gouvernement a présentés ces dernières années, y compris celui‑ci, contiennent des dispositions extraordinaires à l'égard de nos océans et de notre environnement. Je ne saurais me prononcer pour d'autres, mais je n'ai personnellement aucun problème à utiliser une paille en papier ou à boire sans paille, ce qui semble être la principale préoccupation des députés d'en face.
    Toutefois, pour répondre à la question de mon ami sur l'importance de protéger nos océans, il ne fait aucun doute que nous devons effectivement tous en faire plus. C'est ce que les dispositions de ce budget nous permettront de faire, et ce, de différentes façons. Par l'intermédiaire du Fonds de restauration et d'innovation pour le saumon de la Colombie-Britannique, nous avons mis de l'avant des dispositions afin de faciliter la protection de nos cours d'eau. Ce travail va se poursuivre. Je me réjouis à l'idée de travailler avec le député d'en face et d'autres personnes afin de veiller à ce que nous continuions à protéger nos océans, non seulement sur la côte de la Colombie-Britannique, mais à la grandeur du pays.
    Monsieur le Président, mon collègue a abordé de nombreux aspects importants du budget. J'aimerais qu'il nous parle de ce que ce budget fera pour stimuler la croissance économique du Canada et des investissements que ce budget permettra de faire dans la fabrication d'avant-garde et les technologies de pointe, comme l'intelligence artificielle, pour que le Canada soit bien disposé à participer à cette nouvelle économie fondée sur le savoir que nous observons dans le monde actuel.

  (1115)  

    Monsieur le Président, j'aimerais aborder deux points. Le premier est le financement important que nous avons mis de l'avant pour la recherche. La recherche doit être financée dans les universités, partout au pays. Les universités doivent en effet continuer d'innover, et le financement que nous fournirons garantira que nos établissements d'enseignement supérieur sont en mesure de mener la recherche de pointe nécessaire pour que les jeunes Canadiens puissent envisager un avenir dans lequel nos institutions fourniront un leadership éclairé en sciences, en mathématiques, en technologie et en sciences sociales, grâce auquel le Canada demeurera un chef de file reconnu.
     En ce qui concerne l'intelligence artificielle, comme je l'ai dit, 2,4 milliards de dollars sont prévus pour les entreprises en démarrage, pour l'innovation, pour le réoutillage des entreprises et pour la croissance, ainsi que pour les travailleurs qui seront touchés par l'arrivée de l'intelligence artificielle au pays et sur le marché du travail. Ces investissements ne sont pas futiles. Ils sont importants. Ils sont réfléchis. Ils sont effectués dans un esprit de collaboration avec le secteur privé pour consolider la position du Canada comme chef de file dans le domaine de l'intelligence artificielle. Ainsi, le Canada continuera d'être un chef de file mondial dans l'utilisation positive de l'intelligence artificielle, non seulement pour la croissance économique, mais aussi pour le développement social.
    Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un plaisir de faire entendre la voix des gens de Chatham-Kent—Leamington à la Chambre. Je prends la parole aujourd'hui au sujet du budget de 2024.
     On dit souvent que la folie consiste à faire la même chose encore et encore et à s'attendre à un résultat différent. Encore une fois, ce budget consiste à taxer davantage et à dépenser encore plus. C'est le neuvième budget de ce gouvernement, ou plutôt son huitième, puisqu'il ne s'est pas donné la peine de venir à la Chambre pendant la pandémie. Il a simplement continué à dépenser.
     Je ne prétends pas être un expert financier, mais j'ai travaillé dans des entreprises et j'en ai dirigé. Quand j'empruntais des fonds, on s'attendait à ce que je les rembourse. J'ai également eu le privilège de travailler avec plusieurs organisations et de les présider. J'ai donc eu l'occasion de rendre des comptes à d'autres au sujet de leur argent et de les aider à atteindre leurs objectifs collectifs. La gestion responsable de ses propres fonds et, ce qui est encore plus important, de ceux des autres, mène à la croissance et à la prospérité de son entreprise, de son organisation ou, en l'occurrence, de son pays.
    Nul besoin de me croire sur parole quand je dis que ce budget est une preuve de folie. Voyons ce que d'autres ont à dire à son sujet.
     Dans tout le pays, de nombreuses personnes sonnent l’alarme au sujet du budget. Aaron Wudrick et Jon Hartley, de l’Institut Macdonald‑Laurier, affirment que les projections de croissance pour le Canada sont « anémiques », à 1,2 %, contre 2,7 % pour les États‑Unis, principalement en raison de la baisse du niveau d’investissement des entreprises. L’OCDE confirme ce pronostic sévère en prévoyant que le Canada aura la plus faible croissance du PIB réel par habitant de toutes les économies avancées d’ici 2060.
     Notre propre directeur parlementaire du budget a prévu que le Canada connaîtra « une faible croissance économique en 2024 » en raison d’une politique monétaire restrictive résultant de l’augmentation des déficits budgétaires. En outre, Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget, affirme que les calculs ne tiennent tout simplement pas la route pour ce qui est de prévoir que la fonction publique fédérale diminuera de 5 000 équivalents temps plein sur quatre ans en raison des départs naturels. Selon lui, les libéraux ont fait trop de promesses, trop d’engagements et trop d’annonces pour que cela ait un gramme de crédibilité. Il affirme que nous pouvons nous attendre à ce que la fonction publique continue de croître, et non à ce qu’elle diminue.
     Voici un autre point de vue: l’ancien gouverneur libéral de la Banque du Canada, David Dodge, a prévenu que ce budget serait le pire depuis 1982, et je ne dirai pas qui siégeait dans cette enceinte à l’époque.
     Le Canada n’atteindra pas le même niveau de croissance que les autres pays développés avant 2060. Pourquoi? Parce que les dépenses incontrôlées du gouvernement ont créé un trou noir économique dont nous ne pourrons pas sortir avant 36 ans, selon les dires de certains. Là encore, les députés ne sont pas tenus de me croire sur parole.
     Passons maintenant à la déclaration plus récente d’une représentante de la Banque du Canada. Carolyn Rogers, première sous-gouverneure de la Banque du Canada, a déclaré, lors d’un récent discours à Halifax: « Vous connaissez ces panneaux qui disent “En cas d’urgence, brisez la vitre”? Eh bien, il est temps de briser la vitre ». Selon elle, l’un des facteurs qui contribuent à cette situation est la faiblesse des taux de productivité au Canada. Elle a ajouté que l’un des principaux problèmes qui pèsent sur les taux de productivité au Canada est le manque d’investissement des entreprises.
     Si les investissements des entreprises ont diminué au Canada depuis 2014, ils ont continué à augmenter dans d’autres pays, notamment aux États‑Unis. Par conséquent, au Canada, le PIB par heure travaillée, principale mesure de la croissance de la productivité, est l’un des plus faibles de l’OCDE. Ce budget ne fera que poursuivre cette tendance, puisqu’il n’incite pas les entreprises à investir.
     Un autre représentant de la Banque du Canada, Tiff Macklem, le gouverneur actuel, partage cet avis et affirme que ce budget n’a pas beaucoup modifié la trajectoire budgétaire du gouvernement et qu’il est peu probable qu’il influe sur la trajectoire macroéconomique du gouvernement à court terme. Pourquoi toutes ces déclarations concernant la croissance économique? Pourquoi est-ce important? Ne devrions-nous pas nous contenter d’aider les gens?
     La croissance économique est ce qui permet à un gouvernement de mettre en œuvre des programmes sociaux de manière responsable et durable. Une gestion financière irresponsable est exactement ce qui compromet la capacité d’un gouvernement à maintenir un filet de sécurité sociale solide et à créer les conditions financières qui permettent aux Canadiens de prospérer, principalement une inflation faible et prévisible et des taux d’intérêt plus bas.

  (1120)  

     Même Mark Carney, qui est pressenti comme chef du Parti libéral et dont on vante souvent les mérites, a déclaré que ce budget ne mettait pas suffisamment l’accent sur la croissance économique. L’ancien ministre libéral des finances, Bill Morneau, dans son livre concernant le premier ministre, annonçait régulièrement de gros chiffres pour dépenser davantage, parce que les gros chiffres paraissent bien. Je conviens que les gros chiffres paraissent bien pour une personne lorsqu'ils se rapportent à son compte en banque, mais ils sont moins agréables à avoir lorsqu'ils viennent s’ajouter à la dette publique.
     L’ancien ministre libéral des finances, John Manley, a déclaré que, tandis que la Banque du Canada tentait de freiner l’inflation en augmentant les taux d’intérêt, le premier ministre appuyait sur l’accélérateur de l’inflation avec ses dépenses, alors que ce sont elles qui avaient fait grimper les taux d’intérêt au départ.
     Le premier ministre semble déterminé à détruire le tissu économique de du pays pour faire des gains politiques, sans se soucier des générations futures dont il est en train d'hypothéquer l'avenir. Il refuse d’entendre raison, et c’est l'idée principale de mon discours. Il refuse même d’écouter ses collègues libéraux. Il a alourdi la dette plus que tous les premiers ministres précédents réunis. Elle s’élève aujourd’hui à 1 255 milliards de dollars, et il n’existe aucun plan pour rééquilibrer le budget ou pour freiner les déficits inflationnistes.
     Doug Porter, économiste en chef à la Banque de Montréal, a bien résumé la situation en faisant l'éloge de la croissance et en nous prévenant que ce n'est pas l’augmentation des dépenses publiques qui devrait être au cœur de la croissance. Or, que fait le budget de 2024? Il prévoit 40 milliards de dollars de nouvelles dépenses, qui continueront à faire grimper le coût des biens que nous achetons et les taux d’intérêt que nous payons.
     Cette année, le premier ministre et son gouvernement libéral obligent les Canadiens à dépenser 54 milliards de dollars uniquement pour assurer le service de sa dette. C’est le même montant que la TPS rapporte au gouvernement. Parfois, lorsque nous parlons de millions et de milliards, de dettes et de déficits, nous avons du mal à comprendre ce que cela signifie dans notre vie quotidienne. Alors, voici comment on peut se représenter la situation. On peut dire que la taxe sur les produits et services est devenue la taxe sur le service de la dette. Au lieu que la taxe sur les produits et services génère des recettes permettant à l'État de financer les programmes sociaux, chaque sou issu de cette taxe est désormais affecté au service de la dette du premier ministre. La taxe sur les produits et services est devenue la taxe sur le service de la dette. Ce sont précisément les déficits et la dette qui ont alimenté l’inflation et qui ont provoqué la hausse des taux d’intérêt nécessaire pour juguler l’inflation.
     Selon la Banque Scotia, la Banque du Canada n’aurait pas eu à hausser les taux d’intérêt au-delà de 3 % si les dépenses publiques n’avaient pas alimenté l’inflation. Autrement dit, les taux sont plus élevés de 2 points de pourcentage qu’ils ne devraient l’être. Pourquoi est-ce important? Les Canadiens font directement les frais de la piètre gestion du gouvernement libéral. Le coût du logement a doublé, tout comme les paiements hypothécaires et les loyers.
     Le Financial Post nous explique que 3,4 millions de Canadiens vont renouveler leur hypothèque d’ici 2025 et qu’au total, il se renouvellera pour 900 milliards de dollars de prêts hypothécaires dans les trois prochaines années. Plus de Canadiens vont devoir rogner sur des choses essentielles, comme la nourriture ou les vêtements, pour pouvoir payer leur loyer ou rembourser leur prêt hypothécaire.
     En 2015, les libéraux ont été élus en promettant de petits déficits temporaires inférieurs à 10 milliards de dollars par an. Ils ont été élus en promettant à jamais une inflation stable et de faibles taux d’intérêt. Ils ont été élus en promettant des jours heureux. Les députés s’en souviennent-ils? Neuf ans plus tard, il est évident que le premier ministre n’est assurément pas à la hauteur, et le budget ne résout en rien les problèmes auxquels les Canadiens font face.
     Malgré le pessimisme que j'ai évoqué dans mon intervention et qui est en grande partie exprimé par des libéraux et par des autorités indépendantes, je garde espoir. Je fais confiance aux Canadiens parce que nous nous sommes déjà relevés de pareilles catastrophes dans le passé et que nous pouvons encore le faire. Après la Deuxième Guerre mondiale, au cours de laquelle beaucoup de familles ont perdu des leurs, de nombreux soldats ne sont pas rentrés au pays ou sont revenus blessés, mais beaucoup sont revenus après avoir sauvé la démocratie et ont entrepris de sauver notre économie lourdement endettée par l’effort de guerre. Les excédents budgétaires record enregistrés après la guerre ont permis de résorber la dette et une longue période de prospérité économique a suivi.
     Aujourd’hui, l’espoir pointe à l’horizon. Un gouvernement conservateur supprimera la taxe sur l'agriculture et la nourriture en faisant adopter immédiatement le projet de loi C‑234 dans sa version originale. Nous construirons les logements, mais nous n’alourdirons pas l’administration. Nous plafonnerons les dépenses en appliquant la règle d’un dollar pour un dollar afin de réduire les taux d’intérêt et de faire reculer l’inflation. Avec un gouvernement conservateur, mes enfants et mes petits-enfants sauront que s’ils travaillent fort, ils pourront devenir propriétaires. C’est chez eux, chez nous, chez moi. Ramenons le bon sens chez nous.

  (1125)  

    Monsieur le Président, le député d’en face a beaucoup parlé de l'importance de prendre des décisions financières judicieuses, et je suis d’accord avec lui là-dessus. En tant qu’ancien homme d’affaires, je sais que cela devrait tous nous tenir à cœur. Ma question est donc la suivante.
     Dans ce budget, nous prévoyons 2,4 milliards de dollars pour stimuler l'innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle. Selon l'ancien chef des conservateurs, il était important d'investir pour que le Canada puisse être dans le peloton de tête en intelligence artificielle.
     Ce budget entreprend aussi de réparer les dégâts causés par les conservateurs lorsque, contrairement à nos engagements envers l'OTAN, ils ont réduit nos dépenses militaires jusqu'à ce qu'elles soient inférieures à 1 % du PIB. Pour y parvenir, nous prévoyons 73 milliards de dollars destinés à répondre aux besoins des Forces armées canadiennes. Ce sont deux éléments essentiels du budget. Le député peut-il me dire s’il appuie ces dispositions du budget, oui ou non?
    Monsieur le Président, le gouvernement fait depuis longtemps des annonces sur les budgets et sur d'autres sujets. Souvent, il en résulte des dépenses accrues, mais on ne voit pas de bon résultat. Les familles comme les entreprises savent qu’elles doivent s'en tenir à leurs priorités et sacrifier certaines choses qui ne seraient pourtant pas mauvaises. Elles doivent faire de tels sacrifices, pour garantir leur vitalité à long terme et pour rétablir l'équilibre. Or, c’est ce que le gouvernement ne fait pas. En revanche, il n’a pas son pareil pour les séances de photos et les annonces de bonnes intentions.
     Je suis un homme de chiffres. Je viens du monde de l’entreprise. Que disent les chiffres? Ils me disent que nous dépensons maintenant 54 milliards de dollars pour le service de la dette et que cette situation a été engendrée par de bonnes intentions ayant donné de piètres résultats. Nous avons vu la taille de la fonction publique exploser. Le gouvernement aurait dû prendre des décisions et s'en tenir aux priorités, mais il ne l'a pas fait. Ce sont les personnes que le gouvernement prétend aider qui souffrent le plus.

[Français]

    Depuis 2019, le Bloc québécois a voté contre tous les budgets libéraux, y compris toutes les mises à jour libérales du budget.
    Encore une fois, le Bloc québécois votera contre le budget libéral, entre autres parce que, malgré les profits records de l'industrie pétrolière, on continue de la financer avec l'argent du peuple. Mon collègue ne trouve-t-il pas indécent qu'on continue à financer les pétrolières qui font des profits records avec l'argent du peuple?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis un conservateur. Je crois que les mécanismes de l'économie de marché constituent le moyen le plus efficace de transférer la valeur des biens et des services, mais les marchés ne fonctionnent que lorsqu’il y a un équilibre des forces en présence. Je viens du secteur agricole, mais cela vaut pour quantité de secteurs. Le meilleur moyen de dégager des profits suffisants qui permettent de continuer d’innover, c’est d’avoir une économie de marché fonctionnelle qui encourage la concurrence. Il arrive que ce ne soit pas le cas dans notre pays, compte tenu de sa taille. Nous avons des oligopoles, des oligopsones et des monopoles, et je n’entrerai pas dans les détails. Cependant, certaines structures sont nécessaires au fonctionnement du marché. Il nous reste du travail à faire à ce sujet, au pays, dans certains domaines, en particulier dans le secteur dont je viens, à savoir l’agriculture et l’alimentation.
    Monsieur le Président, il est certain que le député éprouve des difficultés du fait qu'il porte sur ses épaules le bilan du parti de la triste décennie Harper, au cours de laquelle nous avons enregistré chaque année des déficits records alimentés entre autres par les 116 milliards de dollars accordés aux banques et les 30 milliards de dollars qui s’envolaient chaque année vers des paradis fiscaux grâce au tristement célèbre traité de Harper sur les paradis fiscaux. En réalité, les conservateurs sont mal placés pour donner des leçons aux autres puisque leur bilan est absolument déplorable.
     En ce qui concerne le régime d’assurance-médicaments et l'aide dont profiteraient les diabétiques de sa région, y compris 17 000 personnes dans sa circonscription. Les Canadiens diabétiques paient jusqu’à 1 000 $ par mois pour leurs médicaments. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. S’ils ne peuvent pas payer leurs médicaments, ils courent quatre fois plus de risques de subir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Les conservateurs bloquent l'adoption du régime que le NPD a poussé le gouvernement à établir et qui permettrait aux gens d'obtenir cet important remède qui sauve des vies.
     La question toute simple que je pose à mon collègue, que je respecte beaucoup, est la suivante: pourquoi les conservateurs bloquent-ils l'accès à cet important remède qui pourrait grandement améliorer le sort de 17 000 de ses concitoyens?

  (1130)  

    Monsieur le Président, j’ai déjeuné ce matin avec des représentants de l’industrie de l’assurance qui m’ont expliqué exactement ce qu’ils pensaient de ce régime d’assurance-médicaments. Ils ont dit que les sommes engagées dans ce seul budget permettraient de fournir tous les médicaments nécessaires aux personnes qui ne sont pas couvertes par d’autres régimes d’assurance-médicaments. Ils ont ensuite souligné les risques que nous courrions si les gens quittaient leurs régimes actuels pour passer à un régime public. L’argent irait dans les caisses de l’État au lieu d’aider réellement les personnes non assurées. Si le mot « déplorable » signifie qu'on atteint l'équilibre budgétaire avant de passer le témoin au gouvernement suivant, je n'ai pas d'objection à ce qu'on me qualifie de « déplorable » tous les jours.
    Monsieur le Président, les habitants d'Edmonton Manning ont été très clairs dans les courriels que j'ai reçus ces deux dernières semaines.
    Franks dit qu'il faut que nous arrêtions de dépenser comme si l'argent poussait dans les arbres et que nous ne pouvons pas nous permettre une telle dette. Trevor me dit que la pression fiscale au Canada est complètement ridicule et se demande jusqu'où cela ira. David m'a demandé de faire pression sur le premier ministre pour qu'il commence à réduire la dette du Canada et à équilibrer le budget. Mariette dit que ce budget endette davantage nos enfants. Michael évoque le dégoût profond que lui inspire le dernier budget fédéral.
    Le sentiment est partagé par tous: ce budget est un désastre. Je ne peux que conclure que personne, au sein du gouvernement, n'en a vraiment examiné la teneur. Peut-être que les membres du gouvernement étaient trop occupés à regarder la télévision pour penser à gérer le pays.
     Je dois avouer que je ne regarde pas beaucoup la télévision. Lorsque je le fais, je regarde des documentaires ou du sport en direct. Les téléréalités et les jeux télévisés sont deux catégories d’émissions que j’évite complètement. À mon avis, les téléréalités ne reflètent pas du tout la réalité. Quant aux jeux, ils ne me semblent pas tellement réels.
     Par conséquent, je dois admettre que je n’ai jamais regardé l’émission Êtes-vous plus fort qu'un élève de 10 ans?, dont la version canadienne-anglaise a été diffusée il y a plus de 15 ans et n'a compté que cinq épisodes. Des questions tirées de manuels scolaires de niveau primaire étaient posées aux participants afin de déterminer s'ils étaient plus intelligents qu’un élève de 5e année. Le premier prix était d’un million de dollars, non imposable. L’idée offusque probablement les députés libéraux parce qu'ils pensent qu'aucune somme d'argent ne devrait être à l'abri de l'impôt.
     Les participants à l’émission devaient répondre à des questions sur l’histoire, la géographie et la culture du Canada. Cependant, l’histoire, la géographie et la culture n’étaient pas les seules matières dans l’émission. Il y avait aussi les mathématiques, ce qui explique peut-être qu'aucun député libéral n'ait participé à l’émission. Le budget de 2024 montre très clairement que les libéraux sont loin d’être aussi forts en mathématiques qu’un élève de 5e année.
     En cinquième année, les mathématiques sont assez simples: addition, soustraction, multiplication et division. Ce n’est pas sorcier. Les élèves de 5e année savent que, s’ils reçoivent une allocation hebdomadaire de leurs parents, ils doivent dépenser judicieusement cet argent. Le bon sens leur dit qu’ils ne peuvent pas dépenser plus que ce qu’ils ont. Pour un enfant de 10 ans, il n'est pas possible de dépenser jusqu'à être déficitaire.
     Si l'enfant dépense tout son argent, il se fait dire par papa et maman qu'il doit attendre la semaine prochaine pour en recevoir de nouveau. Les parents ne sont pas des banques. Ils doivent vivre selon leurs moyens et attendent de leurs enfants qu’ils apprennent à faire de même, d’autant plus qu’ils se sentent financièrement sous pression puisque le gouvernement les écrase sous un fardeau fiscal toujours plus lourd.
     Si les enfants veulent un jouet tout neuf qui coûte plus que leur allocation hebdomadaire, ils doivent apprendre à économiser jusqu’à ce qu’ils aient les moyens de l’acheter. Les magasins sont plutôt réticents à faire crédit à un enfant de 10 ans, surtout s’il n’a pas appris la valeur de l’épargne.
     En examinant ce budget, j’aimerais que la ministre des Finances puisse remonter dans le temps et redevenir une élève de 5e année. Il est évident qu’elle et le Parti libéral n’ont pas appris certaines leçons importantes dans l’enfance, et maintenant, ce sont tous les Canadiens qui paient pour leur incapacité à comprendre les notions élémentaires de mathématiques.
     Un élève de cinquième année pourrait nous dire que l'argent n’apparaît pas comme par magie. Il ne pousse pas dans les arbres. Les billets de banque ne se ramassent pas sur le trottoir. Un élève de cinquième année pourrait nous dire que dépenser plus d'argent pour payer les intérêts de la dette nationale que nous n'en dépensons pour les soins de santé, c'est courir au désastre. Bref, ce n'est pas en augmentant la dette qu'on résout le problème.
     Je n'entrerai pas ici dans les détails de la théorie économique. Toutefois, le premier ministre a demandé aux Canadiens de lui pardonner de ne pas penser à la politique monétaire, et j'aurais probablement tort de m'attendre à ce que son caucus s'intéresse davantage à ces questions.
     Je dois cependant dire qu'il y a eu quelques changements au cours des huit dernières années dans la façon dont le gouvernement s’acquitte de sa responsabilité de gérer les finances de la nation. Le gouvernement ne pense plus qu'il est possible de sortir des chiffres de nulle part, de les mettre dans une feuille de calcul et de produire comme par magie un budget qui s'équilibre de lui-même.

  (1135)  

     Des élèves de cinquième année pourraient nous dire qu'un déficit n'est pas qu'une simple ligne sur une feuille de papier. C'est une dette, de l'argent emprunté qui doit être remboursé à un moment donné. Ils nous diraient également que jusqu'à ce que cette dette soit remboursée, des intérêts seront facturés.
     En termes simples que même un libéral pourrait comprendre, un déficit budgétaire coûte de l'argent. Si des intérêts doivent être payés sur une dette, il y a moins d'argent pour les choses que le gouvernement est censé faire pour les Canadiens, comme financer les soins de santé.
     Où le gouvernement trouve-t-il l'argent pour payer ses dettes? Il augmente les impôts. Autrement dit, il fait payer aux Canadiens quelque chose qu'ils n'ont pas demandé et il s'attend, pour une raison ou une autre, à ce qu'ils soient heureux de payer.
     Le discours des parents qui expliquent à leurs enfants de cinquième année combien il est important de vivre selon ses moyens est mis à mal par un gouvernement qui ne cesse de dépenser, tout en s'attendant à ce que quelqu'un d'autre en paie la facture.
     Ce budget augmentera les dépenses du gouvernement et les impôts et ne nous rapprochera pas plus de l’équilibre budgétaire que ce que nous avons connu en près de neuf ans de mauvaise gestion financière libérale. Apparemment, les partenaires de la coalition libérale au NPD approuvent ce tracé tout désigné vers la ruine économique. Ce budget prévoit 40 milliards de dollars de nouvelles dépenses coûteuses que les Canadiens ne peuvent pas se permettre.
     En 2022, la ministre des Finances avait dit que le budget serait équilibré d’ici 2027. En 2023, elle a reporté cet objectif à 2028. Pourquoi les libéraux n’admettent-ils pas tout simplement qu’ils n’ont aucune idée de la façon d’équilibrer le budget, puisque la magie ne fonctionne pas?
     Avant l’élection des libéraux en 2015, leur chef avait laissé entendre que son gouvernement enregistrerait peut-être de modestes déficits, soit environ 10 milliards de dollars par année, avant de rétablir l’équilibre budgétaire dont il avait hérité du gouvernement conservateur précédent. Or, nous savons tous ce qui s’est passé. Des déficits records successifs ont créé une dette nationale sans précédent dans l’histoire du Canada. Avec ce dernier budget, le gouvernement libéral—néo-démocrate est plus loin que jamais de son objectif.
     Nous avons maintenant un gouvernement qui consacrera plus d’argent l’an prochain au service de la dette qu’aux soins de santé. Cela n’a aucun sens, sauf peut-être pour les députés d’en face.
     Le PIB par habitant du Canada est maintenant inférieur à ce qu’il était il y a six ans. Alors que d’autres pays ont fait croître leur économie, les Canadiens sont maintenant plus pauvres. La solution du gouvernement consiste à annoncer des dépenses inflationnistes et plus de taxes. Il serait temps pour certains de refaire leurs mathématiques de cinquième année.
     Il y a toutefois une lueur d’espoir, car nous aurons bientôt un gouvernement conservateur composé de députés qui sont effectivement plus intelligents qu’un élève de cinquième année. Les conservateurs équilibreront le budget, et la ministre des Finances dépensière et son patron financièrement inconscient ne seront plus qu’un mauvais souvenir.
     Le plan du gros bon sens des conservateurs permettra d’éliminer la taxe sur le carbone, d’équilibrer le budget et de construire des maisons, et non d'alourdir la bureaucratie, et il fera baisser le coût de la vie pour les Canadiens. Même un élève de cinquième année sait que le gouvernement libéral n’en vaut pas le coût.

  (1140)  

    Monsieur le Président, comme la plupart des députés, lorsque je passe une semaine dans ma circonscription, j'en profite généralement pour visiter quelques écoles. La semaine dernière, j'ai eu la chance de me rendre à l'école publique de Martin Street. J'y ai rencontré de brillants élèves de cinquième année. Le député d'en face a laissé entendre que les élèves de cinquième année ne sont pas intelligents ou ne devraient pas s'attendre à ce que nous les consultions. Je suis complètement en désaccord...
    Des voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Les conservateurs semblent avoir été offensés par cette observation et chahutent le député en remettant en question son affirmation selon laquelle les élèves de cinquième année sont très bien informés et peuvent apporter leur contribution. Vous pourriez peut-être demander aux conservateurs de limiter autant que possible leur chahut afin que le député puisse poser sa question sans être dérangé.
    Cela relève du débat.
    Le député de Prince George—Peace River—Northern Rockies a la parole.
    Monsieur le Président, ce que mon collègue voulait faire valoir, c'est que les élèves de cinquième année prennent des décisions financières plus judicieuses que le gouvernement. C'est ce qu'il voulait dire.
    Ces échanges relèvent davantage du débat.
    Le député de Courtenay—Alberni souhaite intervenir au sujet du même recours au Règlement.
    Monsieur le Président, il est très difficile de prendre la parole de ce côté‑ci de la Chambre sans se faire chahuter par les conservateurs. Il est presque impossible d'entendre même son voisin de banquette. Il faut vraiment régler ce problème.
    Je comprends, mais j'entends aussi beaucoup de chahut de tous les côtés de la Chambre. Je rappelle à tout le monde ici présent — et cela comprend les conservateurs, les néo‑démocrates, les libéraux, les verts et les bloquistes —, qu'à l'occasion...
     Des voix: Oh, oh!
    Parlant de chahut à la Chambre, je rappelle aux députés qu'ils ne devraient pas chahuter le Président. Je leur rappelle également de faire preuve de discernement dans leurs discussions et, bien sûr, de baisser le ton à la Chambre.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, ce que j'essaie de dire, c'est qu'un élève moyen de cinquième année sait qu'il est improductif de chahuter, d'insulter et de dénigrer les gens en fonction de l'étendue de leurs connaissances.
    Le député ne sait‑il pas que c'est à la Banque du Canada et au gouverneur de la Banque du Canada qu'il incombe de réfléchir à la politique monétaire et d'étudier les questions qui s'y rattachent? Le fait d'en parler et d'y réfléchir n'est pas nécessairement un rôle qui échoit au gouvernement. Je sais que les conservateurs ont fait grand cas de la déclaration du premier ministre selon laquelle c'est en fait le travail de la Banque du Canada de parler de la politique monétaire et de réfléchir à ces questions et que c'est le travail du gouvernement fédéral de façonner la politique économique et la politique budgétaire, et de prendre des décisions en matière de dépenses.
    Les élèves de cinquième année de l'école publique de Martin Street connaissent la différence, et les conservateurs devraient peut-être s'inspirer de l'instruction civique que reçoivent ces élèves, car c'est dans ce cadre que l'on nous enseigne les compétences des différentes institutions du gouvernement et du pays.
    Monsieur le Président, on pourrait pardonner au député d'en face ses propos. C'est comme si le premier ministre lui demandait de vendre un radis comme s'il s'agissait d'une fraise. Ils essaient de convaincre les Canadiens de leur mauvaise gestion et de leur incapacité à équilibrer le moindrement le budget. Telle est la situation. D'un point de vue philosophique, si le premier ministre ne pense pas à la responsabilité financière et à la politique financière ou monétaire, à quoi pense-t-il? Ce...
    Des voix: Oh, oh!
    Le problème, c'est que les députés continuent à chahuter tout le monde sans arrêt.
    Le député d'Edmonton Manning a la parole.
    Monsieur le Président, les libéraux se plaignent du chahut des conservateurs. Ils chahutent parce qu'ils n'acceptent aucune logique, aucune réalité, aucune vérité. C'est à ce type de gouvernement que nous avons affaire. Si leur premier ministre ne pense pas à la politique monétaire, cela signifie que nous sommes dans le trouble, et nous sommes bel et bien dans le trouble à cause de ce genre de raisonnement.

  (1145)  

    Monsieur le Président, les élèves de cinquième année en savent certainement beaucoup. Les élèves de la circonscription du député d'Edmonton Manning m'ont posé une simple question mathématique, que je poserai au député.
    Le député a affirmé que les conservateurs aboliraient la taxe sur le carbone. Calculons une partie de cette taxe qui s'applique au carburant en Alberta. La taxe sur le carbone du gouvernement du Canada est de 3 ¢. La taxe sur le carburant du Parti conservateur uni de l'Alberta est de 4 ¢, mais le coût de l'essence a augmenté de 20 ¢. Qui s'enrichit donc avec les 13 ¢ dont le député ne parle jamais? Qui reçoit ces 13 ¢? Le député pourrait-il faire ce calcul?
    Monsieur le Président, je ne pense pas qu'il est question de deux types d'habitants. Je reçois de nombreuses plaintes de Canadiens, d'Albertains et d'habitants de ma circonscription et de la circonscription du député, qui est voisine de la mienne, au sujet de la taxe sur le carbone.
    Le député doit convaincre ses concitoyens au sujet de la taxe sur le carbone et leur expliquer pourquoi la vie est devenue aussi folle depuis sa hausse. Son parti et lui ont aidé le gouvernement à faire augmenter le coût de la vie pour les Canadiens, ainsi que le coût des aliments. Si le député peut convaincre les habitants de sa circonscription en Alberta, je serai satisfait.
    Monsieur le Président, moi aussi, j'ai reçu beaucoup de lettres de mes concitoyens au sujet des mêmes problèmes. Ils disent à quel point ils sont dégoûtés par le budget. En réalité, ils considèrent qu'il est inéquitable. Ils parlent notamment de la façon dont le gouvernement promeut l'équité, alors que les libéraux ont omis de mentionner que, lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir, la dette nationale s'élevait à 600 milliards de dollars. Maintenant, elle s'élève 1,2 billion de dollars. En outre, en examinant le budget, on constate que, dans cinq ans, la dette nationale augmentera encore de 280 milliards de dollars. Cela ne me semble pas équitable pour la génération Z et les milléniaux, qui devront payer la note dans cinq ans.
    Mon collègue peut-il nous dire ce qu'il en pense?
    Monsieur le Président, il n'y a aucune équité dans le fait de rendre la vie des gens misérable. Il n'y a aucune équité dans le fait de rendre la vie des gens inabordable. Il n'y a aucune équité lorsque les gens n'ont pas les moyens d'acheter de la nourriture pour leurs enfants. Il n'y a aucune équité dans les gestes que pose le gouvernement, et il doit y mettre fin. C'est ce que les Canadiens nous demandent. C'est ce que mes concitoyens me demandent.
    Monsieur le Président, je suis très heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour présenter certaines observations au sujet de ce budget très important, qui est en réalité un cadre de travail pour l'avenir.
    Je suis très heureuse de partager mon temps de parole avec la députée de Dorval—Lachine—LaSalle, une ancienne membre du comité du commerce international. Elle nous manque, mais elle est passée à autre chose.
    Au cours de la fin de semaine, j'ai discuté du budget avec mes concitoyens, d'autres dirigeants communautaires, des membres de ma famille et des amis, car...
    Je sais qu'il y a certains débats en cours à la Chambre. Je demanderais aux députés qui tiennent ces débats en aparté d'aller les poursuivre dans les antichambres. Bien entendu, ils ne m'écoutent pas, puisqu'ils discutent entre eux.
    Peut-être que le député d'Edmonton Griesbach et le député d'Edmonton Manning pourraient poursuivre leur conversation à l'extérieur. Ce serait fantastique, car une députée a réellement la parole.
    La députée de Humber River—Black Creek peut poursuivre.
    Monsieur le Président, dans ce genre de débat, il arrive très souvent que nous soyons tous fortement attachés aux différentes positions que nous adoptons sur un sujet aussi important que ce budget. Ce budget serait le modèle à suivre pour les années à venir dans notre pays et il permettrait d'améliorer considérablement la vie de tous les Canadiens.
     Comme je l'ai déjà mentionné, je me suis entretenue avec des habitants et des décideurs de ma circonscription. Beaucoup d'entre eux estiment que le budget va dans la bonne direction et qu'il améliorera la vie des Canadiens. En fin de compte, nous devons garder en tête la raison de notre présence ici et l'objectif de notre travail.
     Les budgets préparent l'avenir, et l'avenir reflète les besoins des Canadiens. Il s'agit non seulement d'investir dans les programmes sociaux, mais également dans les entrepreneurs et les PME, en leur fournissant les outils dont ils ont besoin pour développer leurs activités et en mettant tout en œuvre pour assurer la croissance de notre pays.
     La semaine dernière, il y a eu des annonces au sujet de Honda. Ce sont les investissements de ce genre qui créeront des milliers d'emplois. Souvenons-nous des années où la situation était très difficile. Les gens étaient au chômage et ils cherchaient éperdument à trouver un emploi pour pouvoir faire vivre leur famille sans avoir à recourir à l'assurance-chômage. Aujourd'hui, une prodigieuse abondance d'emplois s'annonce, non seulement dans l'immédiat, parce que notre économie se porte très bien, mais également à l'avenir, grâce aux investissements dans l'usine de production de véhicules électriques Honda, à Alliston. Voilà ce que l'avenir réserve aux Canadiens.
     Beaucoup d'emplois seront créés pour d'innombrables Canadiens, qui pourront ainsi s'acheter une maison et agrandir leur famille. Cela se traduira par un Canada prospère. Notre pays se trouve donc en excellente position. Malgré ce que dit l'opposition officielle, à savoir que notre situation est épouvantable, le Canada est en excellente position. Nous sommes toujours dans le peloton de tête du G7 et nous nous en sortons très bien. Néanmoins, il reste beaucoup à faire. Je pense que ce budget constitue une feuille de route qui définit avec précision ce dont nous avons besoin pour faire avancer le pays.
     Je suis heureuse de voir toutes les initiatives du budget de cette année qui répondent directement aux préoccupations des Canadiens de partout au pays, et en particulier les résidants de Humber River—Black Creek. J'ai souvent parlé de mes concitoyens et des messages qu'ils me demandent de transmettre à la Chambre des communes, autant sur le besoin de programmes sociaux que sur l'augmentation de l'Allocation canadienne pour enfants.
     Les aînés m'expliquent souvent à quel point les temps sont durs. Même avec les hausses considérables que nous avons accordées depuis 2015, ils tirent encore le diable par la queue. Toutefois, pour remédier à l'augmentation du coût de la vie, nous avons apporté des changements afin de les aider au moyen de divers programmes, comme le remboursement de la taxe sur le carbone, que tous les aînés reçoivent.
     Les conservateurs continuent de dire que c'est inacceptable, que cela ne devrait pas exister et que nous devrions éliminer la taxe sur le carbone. Cependant, nous ne pouvons pas empêcher la flambée des feux de forêt. Il faut que les gens prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de notre pays. Nous devons opérer les changements qui s'imposent afin de protéger nos systèmes.
     Le budget de 2024 contribuerait à faire baisser le coût de la vie pour toutes les générations de Canadiens en élargissant l'accès au logement abordable, en faisant baisser les dépenses du quotidien et en stimulant notre économie. Je suis sûre que les gens qui suivent la période des questions ou qui s'intéressent à ce qui se passe à la Chambre savent que nous avons parlé d'investir des millions de dollars dans le logement, car les besoins sont là depuis longtemps. Ils auraient dû être comblés il y a longtemps.
     Je me souviens d'ailleurs qu'à l'époque de Paul Martin, au moment de créer la fonction de ministre national du Logement, le sujet avait été longuement débattu. Des gens disaient que nous allions créer ce poste pour que l'État se relance en affaires dans le secteur du logement. Malheureusement, le gouvernement de l'époque a été défait à la suite d'un vote de confiance sur une motion budgétaire, alors nous n'avons pu présenter le projet de loi à cet effet qu'après avoir repris le pouvoir, en 2015.
     J'aurais bien voulu que l'on commence par désigner un ministre du Logement pour qu'il prenne tout de suite ce dossier en main. Cependant, comme le savent les ministériels, tout prend du temps. Il a fallu pas mal de temps avant que nous ayons enfin un ministre du Logement et qu'il se concentre sur les besoins en faisant le nécessaire pour favoriser la construction de logements abordables , c'est-à-dire des logements à la portée de toutes les bourses, de façon à élargir le parc de logements disponibles.

  (1150)  

     Une chose que nous faisons dans ce budget pour répondre à ce besoin de logement est l'introduction de l'amortissement sur 30 ans pour les acheteurs d'un premier logement. Oui, nous avons des milliers d'acheteurs. J'ai plusieurs petits-enfants qui cherchent à acheter une maison, et ils doivent faire face à un taux d'intérêt que nous ne contrôlons pas. J'avais un amortissement sur 25 ans, comme certaines personnes à la Chambre actuellement. Il s'agit ici d'une période de 30 ans, ce qui réduirait considérablement les paiements, et les taux d'intérêt aideront mes petits-enfants, ainsi que beaucoup d'autres gens, à acheter un logement. Il est vraiment important de permettre aux Canadiens d'acheter plus facilement leur premier logement.
     Nous lançons également un fonds de protection des loyers de 1,5 milliard de dollars pour protéger les logements et les appartements abordables. Nous en entendons tous parler lorsque nous retournons dans nos circonscriptions et que nous entendons des histoires d'immeubles d'habitation transformés en condominiums coûteux. C'est une véritable perte de ce que nous appelons le logement abordable et le logement locatif abordable. Tout le monde ne veut pas acheter un logement. Certaines personnes veulent un logement locatif de qualité et abordable.
     De nombreuses propriétés, en particulier les plus anciennes dans des circonscriptions comme Humber River—Black Creek, sont souvent réaménagées et arrivent sur le marché à un prix très élevé. C'est une perte de logements locatifs abordables. Le fonds canadien de protection des loyers, doté de 1,5 milliard de dollars, a pour but d'empêcher que cela ne se produise. Il protégerait ce niveau de logements abordables afin que nous ayons plus d'appartements pour les personnes âgées, les familles et les étudiants.
     Nous avons également infusé plus de souplesse dans l'Initiative fédérale de logement communautaire. Cela garantirait l'accès au financement pour maintenir l'abordabilité pour les locataires à faibles revenus et les membres de coopératives. Il y a, je crois, quatre coopératives dans ma circonscription. Elles connaissent un franc succès. Je parle souvent aux gens qui y logent. Il y a une longue liste d'attente pour entrer dans ces coopératives. Une fois que les gens sont là, franchement, ils sont très à l'aise. Ils aiment leurs voisins et ne veulent pas déménager. La réponse n'est pas qu'ils doivent déménager; la réponse est qu'il faut plus de logements coopératifs sur le marché.
     Lorsque des gens ayant différents revenus partagent le même immeuble, cela permet de renforcer les communautés. Cela permet également d’offrir des logements abordables à un grand nombre de personnes. Certaines personnes n'auraient jamais les moyens de payer le genre de loyers que l'on voit sur le marché à l’heure actuelle. Si une personne paie des millions de dollars, cela signifie qu’elle se débrouille très bien, et nous lui souhaitons de pouvoir continuer à le faire. L’Initiative fédérale de logement communautaire fournirait 150 millions de dollars pour 47 000 logements et garantirait que ces logements demeureront disponibles dans le futur.
     Comme les députés peuvent le constater, je me concentre sur le logement, et ces investissements sont extrêmement importants pour Humber River—Black Creek. Les gens n’ont nulle part où déménager. Les personnes âgées veulent vendre leur maison, ce qui permettrait d’offrir un logement agréable et abordable aux acheteurs d’une première maison, mais elles n’ont nulle part où aller. Elles ne veulent pas aller dans une maison de retraite. Elles veulent simplement trouver un logement locatif sûr qui leur permettrait de continuer de profiter pleinement de leurs dernières années.
     Je suis très fière d’avoir l’Université York dans ma circonscription, Humber River—Black Creek, que de nombreux étudiants considèrent comme leur chez-soi. Plus de 3 000 étudiants vivent sur le campus de l’Université York. Un grand nombre de logements y ont été construits. Tout cela est destiné à loger les étudiants, mais au fur et à mesure que l’université grandit, les besoins grandissent eux aussi.
     J’ai abordé quelques sujets, principalement le logement, mais j’aimerais en parler plus en profondeur. Je serai heureuse de répondre à des questions sur l’assurance-médicaments et sur le nouveau programme de soins dentaires, qui est si bien accueilli à Humber River—Black Creek. Nous vivons une période passionnante. C’est une période difficile à manœuvrer pour le gouvernement, mais je pense que ce budget est un bon pas en avant, et j'ai bien hâte de répondre aux questions.

  (1155)  

    Madame la Présidente, la députée a beaucoup parlé du logement et du nombre incroyable de séances de photos, des milliards de dollars servant à justifier toutes les séances de photos que le gouvernement néo-démocrate—libéral a réalisées pour parler du logement. J’ai une question très simple à poser à la députée, et je suis sûr qu’elle peut répondre à la Chambre et à tous les Canadiens.
     À ce jour, combien de maisons le gouvernement néo-démocrate—libéral a-t-il réellement construites avec les milliards de dollars servant à alimenter les séances de photos?
    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue pour son soutien au projet de loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires, qui est en cours d'examen au Sénat. Je l’inviterais à parler aux sénateurs conservateurs et à leur demander d’adopter le projet de loi C‑284, Loi prévoyant l’élaboration d’une stratégie nationale sur les soins oculaires.
     Je passe maintenant à la question qu’il m’a posée sur le logement. Ce n’est un secret pour personne qu'il faut des années pour construire des logements, mais nous en construisons depuis plusieurs années. Environ 1 000 unités ont été construites dans l’Ouest de Toronto au cours des deux dernières années. Ces logements sont déjà construits et accessibles. Il y en aura beaucoup plus, mais nous savons tous que construire des logements prend du temps.

  (1200)  

[Français]

     Madame la Présidente, j'ai écouté avec intérêt l'allocution de la députée.
    Il est sûr que personne ici ne va nier le fait qu'il y a une crise du logement. Ça fait longtemps que nous en parlons, et ça fait longtemps que nous illustrons la problématique. Le gouvernement avait une stratégie nationale sur le logement. Est-ce que le fait d'en parler maintenant est un aveu d'échec vis-à-vis de sa propre stratégie? Dans les faits, ce sont les provinces, nos villes et nos municipalités qui sont maîtres d'œuvre du logement.
    Ce que je veux surtout dire à propos du budget, c'est que, même si vous aviez énuméré toutes les mesures, il ne passe pas bien la rampe sur le plan des sondages. Vous n'avez pas fait « wow ». En effet, ce n'est pas « wow ».
    Il y a beaucoup d'ingérence dans les champs de compétence des provinces et du Québec. Par contre, dans vos propres champs de compétence, comme la pension de la Sécurité de vieillesse et l'assurance-emploi, il n'y a rien. Il n'y a aucun engagement du gouvernement à enfin éliminer une fois pour toutes la discrimination faite aux personnes aînées de 65 à 74 ans. Il n'y a aucun engagement du gouvernement à réformer le régime d'assurance-emploi, qui laisse pour compte des milliers de chômeuses et de chômeurs.
    Qu'est-ce que le gouvernement a à dire sur son non-investissement dans ses propres programmes?
    L'honorable députée vient de commencer à parler directement au gouvernement, et je voudrais lui rappeler qu'elle doit adresser tous ses commentaires et toutes ses paroles à la présidence.
    L'honorable députée de Humber River—Black Creek a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, quand on parle de logement, on sait que c'est un dossier très complexe qui relève des municipalités. Il incombe aux municipalités de collaborer avec les promoteurs pour que les logements soient construits. Pendant trop longtemps, trop de municipalités ont dressé des obstacles à la construction de ces nouveaux logements. Les gens font preuve d'esprit de clocher, ils ne veulent pas d'immeubles d'appartements, de condos dans leur voisinage. Ils veulent que rien ne change. C'est admirable, mais le monde est en pleine expansion. L'immigration est un outil important dont doit se servir le Canada. Nous devons favoriser l'immigration, mais pour ce faire, il faut construire des logements. Les municipalités doivent le faire.
    Madame la Présidente, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a très mal géré les finances. Il a permis que 30 milliards de dollars s'envolent chaque année vers des paradis fiscaux, il a accordé des subventions massives aux PDG des sociétés pétrolières et gazières et il a sauvé les banques. Malheureusement, le gouvernement libéral a maintenu bon nombre des mauvaises pratiques de gestion financière dont nous avons été témoins sous le gouvernement Harper.
    Les subventions massives aux entreprises ont commencé sous les conservateurs et semblent se poursuivre sous les libéraux. Pourquoi les libéraux ne veulent-ils pas y mettre un frein?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue d'avoir soutenu le projet de loi relatif à la stratégie nationale sur les soins oculaires.
    Nous savons tous que les entreprises canadiennes doivent prospérer. Elles emploient des milliers et des milliers de personnes. Elles doivent générer des profits. Je suis heureuse qu'elles gagnent de l'argent, car nous utilisons les revenus pour financer les programmes dont nous parlons et pour nos investissements dans le Canada. Cet argent vient des entreprises. Il ne vient pas du gouvernement.

[Français]

     Madame la Présidente, c'est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui pour discuter du budget de 2024, notre plan pour une chance équitable pour chaque génération.
    Notre gouvernement a la ferme conviction que tout le monde mérite de réussir, incluant nos jeunes. Malheureusement, nous constatons qu'il est difficile pour un trop grand nombre de jeunes Canadiens de réussir aussi bien que leurs parents. On peut voir que les jeunes ne sont pas récompensés pour leur travail acharné, comme les générations précédentes, et que leur chèque de paie ne leur permet tout simplement pas de faire face à l'augmentation du coût de la vie à l'heure actuelle.
    Évidemment, dans ce contexte, nos jeunes ont de plus en plus de difficulté à épargner suffisamment pour réaliser leurs rêves. Il va sans dire que cela préoccupe notre gouvernement. C'est pourquoi nous allons de l'avant dans le budget de 2024 avec de nombreuses mesures pour nous assurer que nos jeunes ont une chance équitable de réussir et leur donner les moyens de réaliser leurs propres rêves. Pour assurer l'équité, nous devons notamment nous soutenir mutuellement à tous les stades de la vie et investir les uns dans les autres. Nous croyons que les enfants méritent d'avoir le meilleur départ possible dans la vie.
    Toutefois, aujourd'hui au Canada, près d'un enfant sur quatre ne mange pas à sa faim, ce qui nuit à sa santé, à son apprentissage et à son épanouissement. On comprendra que c'est très problématique. C'est pourquoi nous proposons dans le budget de 2024 la mise en place d'un nouveau programme national d'alimentation scolaire. Grâce à un investissement de 1 milliard de dollars sur cinq ans, nous souhaitons fournir des repas à 400 000 enfants chaque année, ce qui serait en plus des enfants qui bénéficient déjà de programmes d'alimentation scolaire. Je suis très heureuse que nous puissions donner ce coup de pouce à nos enfants alors qu'ils débutent dans la vie.
    Par ailleurs, c'est aussi dans l'optique d'offrir aux enfants le meilleur départ possible dans la vie que nous avons créé un système d'apprentissage et de garde des jeunes enfants à l'échelle du Canada. En ce moment, l'ensemble des provinces et des territoires offrent déjà ou sont sur le point d'offrir des services de garde à 10 $ par jour. Avant l'instauration du système, les frais de garde étaient aussi élevés qu'un loyer ou même une hypothèque. Il était donc plus difficile de fonder et de soutenir une famille. Cela poussait bien des parents, en particulier des mères, à faire des choix impossibles entre leur carrière et les frais de garde. C'était déchirant.
    Il est intéressant de constater que la participation des femmes au marché du travail a atteint un niveau record avec l'instauration de notre système. Encore aujourd'hui, cependant, trop peu de familles ont accès à des places en garderie à un prix abordable. C'est pourquoi nous en créons davantage et mettons de l'avant des mesures pour favoriser leur création.
     Ainsi, notre gouvernement propose dans le budget de lancer un nouveau programme de prêts pour l'expansion des services de garde, qui accordera 1 milliard de dollars en prêts à faible coût et 60 millions de dollars en subventions non remboursables. Ce programme permettra aux fournisseurs de services de garde publics et à but non lucratif de créer de nouvelles places et de rénover leurs garderies actuelles. Nous proposons d'offrir l'exonération du remboursement des prêts d'études des éducateurs de la petite enfance dans les régions rurales et éloignées, ce qui représente un investissement de 48 millions de dollars sur quatre ans.
    Toujours afin de nous assurer que nos jeunes ont une chance équitable de réussir, nous proposons aussi dans le budget de 2024 des mesures pour former les jeunes Canadiens et leur permettre d'acquérir des expériences de travail enrichissantes. Par exemple, nous proposons d'allonger d'un an l'augmentation de la bourse canadienne pour étudiants à temps plein, la faisant passer de 3 000 $ à 4 200 $ par année, ainsi que les prêts d'études canadiens sans intérêt, qui passeraient de 210 $ à 300 $ par semaine.

  (1205)  

    Aussi, nous proposons d'investir plus de 207,6 millions de dollars en 2025‑2026 dans le Programme de stages pratiques pour étudiants afin de permettre la création de plus d'opportunités de stage en milieu de travail pour les étudiants. Il s'agit d'une excellente façon pour les étudiants postsecondaires de commencer leur carrière et d'acquérir leur première expérience dans la vie professionnelle.
    Lorsque nous parlons de récompenser le travail acharné, il est bien entendu aussi question de pouvoir se loger. Nous comprenons bien que le logement est l'une des principales sources de préoccupation pour les jeunes à l'heure actuelle. C'est particulièrement vrai pour les locataires, qui ont l'impression que tout joue contre eux. C'est pourquoi nous proposons dans le budget de 2024 des mesures pour soutenir et protéger les locataires. Par exemple, nous souhaitons lancer un nouveau fonds de protection des locataires d'une valeur de 15 millions de dollars, qui apporterait un financement à des organisations d'aide juridique et de défense des droits des locataires.
     Nous voulons faire en sorte que la cote de crédit des locataires tienne compte des paiements de loyer effectués à temps. Les locataires méritent que leur cote de crédit tienne compte de l'argent qu'ils ont consacré à leur loyer au fil des années, en particulier lorsqu'ils font une demande d'hypothèque pour l'achat de leur première habitation.
    Cela m'amène à parler du rêve de bien des jeunes Canadiens d'acquérir une première propriété. Alors que ce rêve peut maintenant sembler hors de portée pour trop de jeunes Canadiens, nous comprenons bien que la difficulté à épargner pour une mise de fonds et à obtenir un prêt hypothécaire abordable fait partie des plus grandes pressions auxquelles les jeunes Canadiens font face maintenant. C'est pourquoi nous souhaitons apporter des améliorations à la charte hypothécaire canadienne pour faciliter l'accès à la propriété.
    Dans le budget, nous proposons de faire passer de 35 000 à 60 000 $ la limite de retrait au Régime d'accession à la propriété, ou RAP, pour les personnes qui épargnent en vue d'une mise de fonds pour leur première propriété. Cette augmentation permettra aux personnes qui achètent leur première propriété d'utiliser les avantages fiscaux de cotisation à un REER, soit un régime enregistré d'épargne-retraite, pour économiser jusqu'à 25 000 $ de plus pour leur mise de fonds. Cette version améliorée du régime fonctionnera parallèlement au compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété du gouvernement, ou CELIAPP, qui permet aux gens de verser jusqu'à 8 000 $ en cotisations par année jusqu'à concurrence d'un montant de 40 000 $ pour leur première mise de fonds. Je suis bien heureuse de constater que plus de 750 000 Canadiens ont ouvert un compte d'épargne depuis son lancement, il y a seulement un an. Ensemble, ces deux régimes faciliteront l'épargne en vue d'une mise de fonds et amélioreront l'accès à la propriété.
    Nous souhaitons également autoriser une période d'amortissement du prêt hypothécaire de 30 ans pour les acheteurs d'une première propriété nouvellement construite à partir du 1er août 2024. Nous améliorerons la charte hypothécaire canadienne, y compris des attentes liées à des mesures d'allégement hypothécaire permanent, s'il y a lieu, afin d'aider encore plus les personnes aux prises avec des difficultés liées à leur prêt hypothécaire. De plus, toujours dans le but d'aider davantage les personnes qui souhaitent acheter leur première propriété, le budget de 2024 propose que les gens qui ont retiré ou qui retireront un montant de leur RAP entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025 auront droit à une période de grâce de remboursement prolongée de trois ans. Ces acheteurs auront maintenant jusqu'à cinq ans pour commencer le processus de remboursement.
    Notre gouvernement a un plan pour construire davantage de logements plus rapidement, les rendre plus abordables, développer les secteurs du logement communautaire et faciliter la location ou l'achat d'une propriété.

  (1210)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement dépensera désormais plus d'argent pour le service de la dette que pour les transferts en matière de santé.
    Dans son discours, notre collègue a passé beaucoup de temps à parler des jeunes. Dans ma province, la Colombie‑Britannique, les surdoses sont la principale cause de décès chez les jeunes. Le gouvernement ne ferait-il pas mieux de lutter contre les surdoses et la crise des opioïdes plutôt que de dépenser des milliards de dollars pour sa politique désastreuse sur la drogue?

  (1215)  

    Madame la Présidente, le gouvernement investit dans les Canadiens. Il investit dans les jeunes. Il investit dans l'avenir de tout le monde. Une partie de cet argent sert aussi à lutter contre les surdoses. En effet, le gouvernement consacre une somme considérable à combattre ce fléau pour notre société. Nous continuerons de nous battre pour les Canadiens et de répondre à leurs besoins. Nous ferons absolument tout ce qui est en notre pouvoir.

[Français]

    Madame la Présidente, j’ai bien apprécié le discours de ma collègue.
    On s'est rendu compte que, ce budget, c'est en majeure partie de l’ingérence dans les champs de compétence du Québec et des provinces.
    Maintenant, parlons de quelque chose qui concerne strictement le gouvernement fédéral. Je parle de l’évasion fiscale. On nous dit souvent que le gouvernement va aller chercher le plus de revenus possible. Pourtant, il y a des dizaines de milliards de dollars qui échappent aux revenus du gouvernement en raison de l’évasion fiscale qui se fait ici, sur le territoire canadien.
    Ma question pour ma collègue est toute simple: quelle mesure y a-t-il dans ce budget pour récupérer les sommes que l’on perd à cause de l’évasion fiscale?
    Madame la Présidente, j'apprécie la question de mon collègue.
    À ce sujet, comme il le sait, il y a beaucoup de programmes qui ont été mis en place pour contrer l’évasion fiscale. Nous allons continuer d'essayer d’empêcher l’évasion fiscale pour que tout le monde paie sa juste part quand vient le temps de payer des impôts et de contribuer à la société canadienne.

[Traduction]

    Madame la Présidente, demain, ce sera le Jour de deuil national. Chaque année, nous honorons les personnes tuées ou blessées au travail. Je veux saluer le Syndicat des Métallos de Port Alberni, qui a organisé une activité dans ma circonscription dimanche, et les acteurs du mouvement syndical qui ont organisé des activités à Courtenay et à Parksville.
    Tout en rendant hommage à ces travailleurs, il ne faut surtout pas oublier de soutenir les personnes qui ont subi un accident professionnel. Nous le savons: si un travailleur blessé au travail ne reprend pas ses fonctions dans les 12 mois qui suivent, il a seulement 1 % de chance de le faire un jour. En ce moment, 1,2 million de travailleurs canadiens ne travaillent pas. Il faut libérer leur potentiel en leur offrant des mesures d'adaptation de façon les aider à reprendre immédiatement le travail après un accident professionnel.
    L'Université Pacific Coast offrait un programme inédit dans ce domaine. Il s'agissait d'un programme sur la gestion de l'incapacité au travail que le gouvernement avait mis en œuvre, mais qu'il n'a pas renouvelé. Le gouvernement renouvellera-t-il le programme sur la gestion de l'incapacité de l'Université Pacific Coast ou abandonnera-t-il les travailleurs?
    Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné dans mon discours, le budget de 2024 comprend la nouvelle prestation canadienne pour les personnes handicapées destinée à s'ajouter aux prestations provinciales et territoriales afin d'améliorer le bien-être financier de plus de 600 000 personnes handicapées en âge de travailler. Ce n'est qu'un début. Nous continuerons à mettre en place d'autres programmes afin d'aider les travailleurs dans cette situation, ainsi que les personnes handicapées, pour qu'ils puissent eux aussi avoir à l'avenir une chance équitable de vivre au Canada.
    Madame la Présidente, c'est un plaisir de prendre la parole pour parler du budget de 2024.
     Il est intéressant de noter que ce que nous entendons souvent de la part de nos collègues d'en face, c'est: « Qui est à l'origine de ce gâchis? À qui la faute? Quel est le problème? Lorsque nous saurons qui a fait tout cela, nous aurons de gros problèmes ». Nous savons clairement qu'après neuf ans de coalition entre les néo-démocrates et les libéraux, c'est à eux que revient la faute. C'est leur faute.
     J'ai trois enfants, qui sont maintenant adultes, et deux petits-enfants. Lorsque mes enfants étaient petits, il y avait une émission pour eux qui s'appelait Le monde de Lounette, et c'est peut-être là que les libéraux trouvent leurs idées. Lounette disait: « Qui a fait ce grand désordre? » et regardait autour d'elle, se demandant qui l'avait fait. Bien sûr, nous savions tous qui avait fait ce grand désordre. Plus tard dans l'émission, il fallait « tout ranger en 10 secondes », et c'est peut-être ce que les libéraux essaient de faire ici: mettre de l'ordre dans leur désordre. Cependant, dans l'émission, bien sûr, ils cachaient des choses sous les coussins du canapé, etc., mais tout le monde savait que le désordre était toujours là, et je pense que c'est là où nous en sommes. Les Canadiens savent qui a fait le gâchis et qu'il y a toujours un gâchis, même si les libéraux ont juste caché des choses ici et là.
     Les Canadiens savent que la dette dépasse aujourd'hui 1,2 billion de dollars, un chiffre difficile à imaginer pour la plupart d'entre nous. Qu'est-ce qu'un billion de dollars? À quoi cela ressemble-t-il? L'un de mes grands collègues, le député de Prince George—Peace River—Northern Rockies, a produit une vidéo fantastique pour mettre les choses en perspective. J'encourage tous les députés de la Chambre à la regarder. Qu'est-ce que 100 000 $? Qu'est-ce que 1 million de dollars? Qu'est-ce que 1 milliard de dollars? À quoi cela ressemble-t-il? Qu'est-ce qu'un billion de dollars? Quelle est la différence?
     Il est peut-être plus facile de comprendre que la dette s'élève à près de 31 000 $ par Canadien. Nous l'avons entendu à de nombreuses reprises ce matin dans les discours éloquents qui ont été prononcés ici, et nous savons que le service de la dette coûte aujourd'hui 54 milliards de dollars. Lors d'une émission de radio ce matin, j'ai dit que, bien sûr, cela représentait plus de 1 milliard de dollars par semaine. Les gens pensent souvent que nous parlons de 54 millions de dollars, mais non; il s'agit bien de 54 milliards de dollars, ce qui est plus que ce que le gouvernement fédéral consacre aux transferts de santé aux provinces qui tentent de payer les soins de santé, ce dont je parlerai plus en détail. Le budget prévoit 40 milliards de dollars de nouvelles dépenses pour un gouvernement qui a le pied fermement appuyé sur l'accélérateur de l'inflation. Continuer à dépenser coûte cher aux Canadiens.
     En fait, il y a des problèmes que les libéraux refusent d'aborder. Le premier ministre s'est levé à la Chambre et a parlé des 7 500 nouveaux médecins, infirmiers et infirmiers praticiens mentionnés dans les budgets ensoleillés d'autrefois. Nous savons aujourd'hui que près de 7 millions de Canadiens n'ont pas accès aux soins primaires. Nous savons que les temps d'attente n'ont jamais été aussi longs depuis 30 ans. En 2015, le temps d'attente moyen entre la consultation d'un médecin de famille et l'obtention de soins spécialisés était de 18,3 semaines. Je précise que 2015 était une année charnière. En 2017, le temps d'attente est passé à 21,2 semaines. En 2019, il était de 22,6 semaines et en 2022, de 27,4 semaines. Comme je l'ai dit précédemment, ce sont les pires temps d'attente depuis 30 ans.
     Des gens au Canada sont morts pendant qu'ils étaient sur des listes d'attente. Même si mes collègues libéraux refusent de reconnaître les faits, ce qui ne m'étonne pas, l'an dernier, 17 000 Canadiens sont morts en attente d'une intervention ou d'un diagnostic, et ce ne sont pas toutes les provinces qui déclarent ces chiffres. Si l'on extrapole, on comprend que plus de 30 000 Canadiens sont morts en attendant une intervention ou un diagnostic au Canada.
     Les chiffres ne s'améliorent pas pour une chirurgie gynécologique, pour laquelle le temps d'attente acceptable est de 9,9 semaines. En 2015, l'attente était de 16 semaines, et en 2022, elle avait doublé pour atteindre 32,1 semaines. Le temps d'attente pour une neurochirurgie en 2015 était de 27,6 semaines, et en 2022, de 58,9 semaines. Le temps d'attente aux urgences en 2013 était de 2,5 heures, et en 2021-2022, il était d'au moins quatre heures.

  (1220)  

     Nous savons aussi que de nombreuses personnes ont souffert en attendant dans les salles d'urgence. Mes collègues de ce côté-ci et moi-même entendons ce que disent les gens qui nous appuient. Ils nous disent presque tous les jours en personne, par courriel ou par téléphone qu'ils en ont assez du système en place, qui ne fonctionne pas pour eux. Néanmoins, le gouvernement continue de dépenser pour d'autres priorités.
     Les libéraux parlent d'assurance-médicaments. Ce qu'ils ont annoncé, à la grande joie, j'en suis sûr, de leurs maîtres néo-démocrates, c'est une maison terminée, alors qu'ils n'ont même pas encore consulté un architecte. Les gens se présentent déjà à la pharmacie pour obtenir leurs médicaments gratuitement. Bien sûr, ce que nous savons, c'est que le gouvernement néo-démocrate—libéral créera une nouvelle agence au coût de 90 millions de dollars, et de plus de 30 millions de dollars par année, et qu'il mènera un processus de consultation. À un moment donné, il pourrait y avoir un plan qui, nous le savons, sera inférieur aux plans actuels.
     Nos collègues du NPD veulent souvent entendre parler de la protection qu'assurera ce merveilleux régime. Or, nous savons que même avec la prétendue liste de médicaments qui a été annoncée, ce régime couvrira en fait moins de la moitié des types d'insuline qui sont déjà couverts en Colombie-Britannique. Comme mes collègues du Bloc le savent très bien, les soins de santé sont de compétence provinciale, et non fédérale.
     Prenons un autre programme: le régime de soins dentaires. Les libéraux ont organisé de nombreuses séances photos pour tenter d'expliquer à quel point il est formidable. L'Ontario Dental Association, dans une campagne publicitaire, a clairement dit aux Canadiens qu'il ne s'agissait pas d'un nouveau régime gratuit, contrairement à ce que la coalition néo-démocrate—libérale a annoncé. Les Canadiens devront plutôt payer de leur poche 40 à 60 % des coûts. Nous savons que de nombreux journaux ont déclaré que ce régime manquait de mordant, ce qui est choquant de la part d'un gouvernement qui a essayé de mettre en place en six mois un régime qui aurait dû prendre sept ans.
     Lorsque nous examinons ce régime, nous constatons que les Canadiens sont induits en erreur par le gouvernement actuel et qu'ils ne comprennent pas qu'ils devront payer de leur poche. Grâce à de nombreuses consultations auprès d'associations dentaires provinciales, nous savons aussi que les dentistes refusent de s'inscrire au régime en raison du lourd fardeau administratif que le gouvernement y a associé.
     Malheureusement, nous savons que 2 millions de Canadiens fréquentent chaque mois les banques alimentaires. Nous savons que le coût du logement a doublé. Malgré les milliards de dollars annoncés, la coalition néo-démocrate—libérale fédérale n'a construit aucun logement. Nous savons que l'augmentation des impôts et des dépenses inflationnistes fait grimper le coût de tout et nous savons également que l'ancien gouverneur libéral de la Banque du Canada David Dodge affirme qu'il s'agit du pire budget en 40 ans. Comme beaucoup de mes collègues l'ont souligné, inutile de rappeler qui était au pouvoir en 1982.
     Nous savons très bien qu'il existe des options pour les Canadiens, et nous savons que les Canadiens doivent faire entendre leur voix, ce qu'ils font tous les jours auprès de nous qui siégeons de ce côté-ci de la Chambre. Nous savons que les Canadiens sont mécontents. Nous savons qu'ils souffrent. Nous savons qu'ils n'ont pas assez d'argent chaque mois pour payer leurs factures. Nous savons que les Canadiens sont prêts pour un changement, et nous sommes éternellement reconnaissants de leur soutien.
     Il n'est donc pas surprenant que, pour toutes les raisons que j'ai évoquées, il me soit absolument impossible de soutenir le budget. Je suis heureux de dire que je ne soutiendrai pas le budget de 2024.

  (1225)  

    Madame la Présidente, le député se montre très critique envers le gouvernement en essayant de lui attribuer les temps d'attente pour voir un médecin, mais vers la fin de son discours, il a dit que cela ne relevait pas de notre compétence, alors il semble y avoir une certaine contradiction. Ce n'est rien de nouveau. Il y a beaucoup de contradictions au sein du Parti conservateur du Canada.
    Je pense par exemple à Diagolon, un groupe d'extrême droite. Il s'avère que le chef du Parti conservateur tient des rencontres avec les gens de Diagolon. Les conservateurs se demandent ensuite pourquoi les Canadiens considèrent que le Parti conservateur penche tellement à droite. Au bout du compte, tout reviendra encore à sabrer les services publics. Quand les conservateurs disent qu'ils vont redresser le budget, n'oublions pas que ce qu'ils vont faire en réalité, c'est mettre la hache dans des programmes, y compris en matière de santé. Je m'insurge contre bien des choses que le député dit lorsqu'il tente de montrer qu'il se soucie de...

  (1230)  

    Le député de Cumberland—Colchester a la parole.
    Madame la Présidente, je n'ai pas parlé de mettre la hache dans quoi que ce soit dans mon intervention.
     Je me suis contenté de revenir sur les propos du premier ministre, qui est un libéral, comme le député, et non un conservateur, comme moi. C'est lui qui avait dit que le gouvernement ferait venir 7 500 médecins, infirmiers et infirmiers praticiens. Or, le gouvernement n'a rien fait de tout cela. Il n'a rien fait de tout ce dont j'ai parlé dans mon intervention.
     Comme je l'ai dit, je pense que les Canadiens savent faire la différence. Quand on annonce des choses à grands coups de séances de photos, ils ne sont pas dupes et ils en ont assez.
     Les Canadiens sont prêts pour un changement, et nous savons que, de ce côté-ci de la Chambre, nous serons prêts à incarner ce changement.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. J'aimerais connaître son opinion concernant un aspect du budget. Il n'y a rien dans ce budget pour s'occuper de la situation de nos aînés, pour essayer de corriger ce qui a déjà été fait. En effet, on a créé deux classes d'aînés: ceux de 65 à 75 ans et ceux de 75 ans et plus.
    Or il y a un projet de loi, soit le projet de loi C‑319, qui a été examiné et adopté à l'unanimité en comité, puis déposé à la Chambre en mars dernier. Celui-ci est en attente d'une troisième lecture, de son passage au Sénat et de la sanction royale. J'aimerais savoir si mon collègue et son parti entendent voter en faveur du projet de loi C‑319 pour qu'il soit adopté rapidement.
    Sinon, dans l'éventualité où le parti conservateur formait le prochain gouvernement, quelle serait la position de ce gouvernement en regard de la situation des aînés?

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous savons que la coalition libérale—néo-démocrate est à court de temps et d'idées, mais le même scénario se répète sans cesse: dès que, de ce côté-ci de la Chambre, les conservateurs proposent des idées fantastiques, la coalition cherche à s'en emparer pour les incorporer dans ses propres budgets.
     C'est exactement ce qui s'est passé avec l'énoncé économique de l'automne dernier, où les libéraux ont repris une de mes idées.
     Je l'admets, c'était une excellente idée. Comme je l'ai dit, on sait que le gouvernement néo-démocrate— libéral est à court d'idées et de temps. Or, si nous faisions savoir ce que nous entendons faire dans l'avenir, il est fort probable que le gouvernement récupérerait nos merveilleuses idées destinées à aider les Canadiens.
    Madame la Présidente, les conservateurs continuent de nous répéter que les résidants de la Colombie-Britannique sont assurés pour les médicaments contre le diabète.
     Pourtant, voici ce qu'écrit Becky, qui habite dans ma circonscription: « Nos dépenses pour l'insuline et les dispositifs de mon fils s'élèvent à un peu plus de 11 000 $ par an. C'est parfois tellement cher que la pharmacie m'appelle pour me prévenir du prix de la commande, comme si nous avions le choix. Sans cela, mon fils mourra. Un régime national d'assurance-médicaments changerait la donne pour nous. »
     Pourquoi les conservateurs tentent-ils de faire obstacle à l'assurance-médicaments, empêchant ainsi Becky et son garçon d'y avoir accès pour l'insuline?
    Madame la Présidente, ce que les conservateurs signalent aux électeurs, c’est que la coalition néo-démocrate—libérale, et plus précisément l'élément néo-démocrate de cette coalition, a vendu son âme dans le but de soutenir son chef. Tout ce qu'a fait le NPD au cours des neuf dernières années, c'est de continuer d'appuyer le gouvernement libéral, et les difficultés persistantes...
    Le député de New Westminster—Burnaby invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, le Président a déjà statué que les faux titres tels que celui que le député s'efforce d'utiliser ne sont pas appropriés à la Chambre des communes. Il n'y a pas de coalition, et le député sait pertinemment...
    Je crois comprendre que le député a fourni des renseignements supplémentaires. Le Président n'a pas encore rendu de décision à ce sujet, mais il le fera.
    Le député de Cumberland—Colchester a la parole.
    Madame la Présidente, je pense que les interventions que tente de faire le NPD en tant qu'élément de la coalition néo-démocrate—libérale montrent très clairement qu'il essaie strictement d'assurer son propre avenir politique au Canada. Encore une fois, les électeurs canadiens ne sont pas dupes. Ils ne se laissent pas distraire par le mince voile qu'affiche l'élément néo-démocrate de la coalition.
    Ils ne seront plus dupes de ses tactiques douteuses.
    Le député a utilisé un mot qui peut poser problème. Je lui demanderais de choisir ses mots avec beaucoup de soin à la Chambre.
    Le député de New Westminster—Burnaby invoque le Règlement.

  (1235)  

    Le député devrait se rétracter et s'excuser.
    Je demande au député de retirer le mot qu'il a employé.
    Madame la Présidente, je ne vois pas très bien à quel mot vous faites allusion, mais...
    Je parle du mot anglais qui commence par la lettre « s ».
    Madame la Présidente, je ne sais pas trop quel est ce mot en « s ». Je m'excuse de ne pas savoir lequel...
    Le député pourrait s'approcher du fauteuil. Je ne vais pas répéter le mot, mais le député peut s'approcher du fauteuil pour que je le lui dise. Il pourra ensuite présenter ses excuses.
    Nous reprenons le débat. Le député de Cypress Hills—Grasslands a la parole.
    Madame la Présidente, c'est toujours un honneur et un privilège de prendre la parole à la Chambre au nom des fantastiques habitants du Sud‑Ouest de la Saskatchewan.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Vous avez demandé à un député de s'approcher du fauteuil. J'espère qu'il s'exécutera.
    Je vais lui laisser quelques minutes pour le faire.
    Le député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, en tant que député de la Colombie-Britannique, je tiens à vous dire que je vous appuie dans votre rôle et que je crois que vous pouvez présider la Chambre sans avoir besoin de multiples rappels de la part d'autres députés de la Colombie-Britannique.
    Je vous en sais gré.
    J'invite le député de Cumberland—Colchester à venir me voir.
    Nous reprenons le débat. Le député de Cypress Hills—Grasslands a la parole.
    Madame la Présidente, c’est fantastique de pouvoir prendre la parole une fois de plus au nom des Saskatchewanais, et plus particulièrement des habitants du sud-ouest que j’ai le privilège de représenter.
     D’emblée, je voudrais parler du mois de mai, le Mois de la sensibilisation à la sclérose en plaques. L’une des principales demandes de la communauté de la sclérose en plaques, en particulier de SP Canada, est que le gouvernement finance à hauteur de 15 millions de dollars la recherche sur la maladie ainsi que la prévention et la réparation tissulaire pour les personnes atteintes de la sclérose en plaques.
     D’habitude, je ne me lève pas pour demander au gouvernement de dépenser plus d’argent, car nous savons que les libéraux n’ont pas leur pareil lorsqu’il s’agit de dépenser des tonnes d’argent sans rien livrer en retour. Toutefois, dans ce cas précis, nous savons que les coûts pour le gouvernement et les pertes de salaire des personnes atteintes de sclérose en plaques s’élèvent à plus de 3,4 milliards de dollars. Un investissement de 15 millions de dollars permettrait au gouvernement et aux contribuables de réaliser des économies considérables. Il permettrait également d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de sclérose en plaques.
     Je tenais simplement à commencer mon intervention sur le budget en le mentionnant. Si les libéraux étaient vraiment à l’écoute des souhaits des Canadiens, ils auraient pu inclure cette mesure dans leur budget afin de s’assurer qu’ils s’emploient réellement à améliorer la vie des Canadiens. Le Canada a le taux le plus élevé au monde de personnes atteintes de sclérose en plaques, et ma femme en fait partie.
     Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que le budget ne prévoit qu’un montant très faible pour l’agriculture. En fait, je crois que l’agriculture est mentionnée pour la première fois à la page 156 du budget et il n’en est question que sur une page et demie.
     L’un des points du budget concerne le report d'impôt pour les éleveurs de bétail. Je voudrais en parler brièvement parce que beaucoup d’éleveurs de ma circonscription sont confrontés à des conditions de sécheresse depuis plusieurs années, ce qui n’a rien de nouveau. Nous vivons dans le sud-ouest de la Saskatchewan, une région du pays qui n’a pas la réputation d’être pluvieuse. Nous ne recevons pas régulièrement de la pluie, nous avons donc l'habitude des épisodes de sécheresse.
     Il y a un programme gouvernemental appelé le report de l’impôt pour les éleveurs de bétail. La municipalité rurale doit d'abord déclarer que la situation est catastrophique. Ensuite, le gouvernement examine les précipitations et le pourcentage de fourrage produit au cours de l’année pour voir s’il est tombé sous la barre des 50 %, je crois. Il y a tout un processus à suivre pour mettre en œuvre ou déclencher le report de l’impôt pour les éleveurs de bétail. Les producteurs auraient besoin de précisions à ce sujet pour mieux savoir à quoi s'en tenir. Un autre problème, cependant, c’est que le report de l’impôt ne peut être utilisé que pour une année. On sait qu’en Saskatchewan, il faut parfois plus d’un an pour régénérer un pâturage. Beaucoup de producteurs et d’organismes, comme l’Association canadienne des bovins et l’Association des éleveurs de bovins de la Saskatchewan, disent qu’il serait beaucoup plus utile d’allonger la période de report de l’impôt à trois ans. Cela permettrait de mieux protéger l’environnement et de régénérer les pâturages adéquatement.
     Je représente la circonscription de Cypress Hills—Grasslands. Elle porte le nom de Grasslands, ou prairies, parce qu’elle fait partie de la région où se trouve la plus vaste superficie de prairie indigène encore intacte au pays. Cette région n’a pas été perturbée. Nos bovins y broutent depuis des années. Le bison y régnait auparavant. Depuis, on l’a réintroduit dans ces prairies. Les bovins ont toujours régné sur ces prairies.
    Pour les éleveurs qui ont des prairies indigènes dans leur ranch, la capacité de préserver celles-ci, quand ils font leur rotation, a une valeur inestimable. Lorsque les éleveurs vendent leur troupeau, ils bénéficient d’un report d’impôt d’un an. S’ils sont forcés de se réapprovisionner et de dépenser davantage pour le bétail afin de le ramener sur leurs terres, ces terres se dégraderont. Une période de trois ans permettrait aux pâturages de se régénérer adéquatement. Même s’il ne pleut pas beaucoup, cette période de trois ans permettrait une meilleure régénération des pâturages. On protégerait ainsi l’environnement tout en permettant aux producteurs d'acheter du bétail, de régénérer les terres et de conserver ces espèces maîtresses dans les prairies.

  (1240)  

    C’est ce qui se passe avec le report de l’impôt pour les éleveurs. Si le gouvernement écoutait vraiment les associations de producteurs qu’il mentionne dans le budget, c’est quelque chose dont il parlerait et qu’il chercherait à mettre en œuvre. Neuf ans plus tard, il ne l’a certainement pas fait.
     Une autre chose à ce sujet, qui occupe environ une page de la page et demie consacrée à cette question dans le budget, c’est l’engagement du gouvernement à entamer des consultations, une fois de plus, sur l’interopérabilité. C’est très étonnant qu’il en soit question. J’ai eu le privilège de parrainer le projet de loi C-294, Loi modifiant la Loi sur le droit d’auteur (interopérabilité). Il y a en Saskatchewan et, à vrai dire, dans tout le pays, nombre d’excellents fabricants de séries partielles qui fabriquent de très bons produits agricoles. Ils fabriquent aussi des produits pour d’autres secteurs, mais je me concentrerai sur le secteur agricole.
     Il est étrange que ce sujet soit inclus dans la section « Une épicerie abordable » du budget. Le gouvernement comprend enfin que lorsque l’on traite l’agriculture avec respect et qu’on laisse les producteurs produire des aliments de la manière la plus économique, si on leur laisse le choix, ils pourront produire des aliments plus efficacement, ce qui, à terme, aura une incidence positive sur le prix du panier d’épicerie qui deviendra, je l’espère, plus abordable.
     Cependant, le projet de loi C-294 a été déposé il y a plus de deux ans et il n’a toujours pas reçu la sanction royale. La Chambre l’a adopté il y a un an maintenant, et rien n’a été fait pour l’instant. Dans le budget de 2023, le gouvernement disait qu’il allait entamer des consultations. Il n’en a encore rien fait. En 2024, il s’engage à nouveau à lancer des consultations, en juin. Il a un calendrier précis à cet égard, mais étant donné ses antécédents en la matière, nous attendrons de voir ce qui se passera vraiment.
     Il serait encore mieux que le projet de loi C-294 reçoive la sanction royale. La Chambre des communes l’a adopté à l’unanimité. À l’étape de l’étude en comité, nous avons pu accepter un amendement favorable proposé par les députés ministériels qui le fait concorder un peu plus avec certaines priorités du gouvernement, mais le rend aussi plus conforme au droit. C’est important parce que nous voulons autant de certitude que possible, même si nous avions fait un travail juridique dans la préparation du projet de loi. Nous avons accepté cet amendement favorable. Il ne s’agit pas d’un projet de loi controversé, mais d’un texte qui fera avancer les choses. Il aura un effet sur toute l’économie.
     Si le gouvernement veut tenir des consultations, je vais simplifier les choses. Ce que le gouvernement peut faire, c’est revenir en arrière et lire le rapport produit par la direction gouvernementale qui s’appelait autrefois Diversification de l’économie de l’Ouest, et qui s’appelle maintenant PrairiesCan. Le gouvernement peut lire le rapport qui a été publié en 2020 sur cette question. Ce qu’il y trouvera, c’est l’incidence économique de la fabrication de matériel agricole dans tout le pays. Il ne s’agit pas d’une question qui ne concerne que le sud de la Saskatchewan, mais bien l’ensemble du Canada.
     Le gouvernement peut lire ce rapport. Il pourra voir la valeur en dollars qui est attribuée à cette activité. Il pourra voir comment chaque province en profite. C’est un exercice d’édification de la nation. Il n’a même pas à tenir de consultations, puisque cela a déjà été fait. Le ministère a déjà produit le rapport. Le gouvernement peut le lire. Les consultations sont terminées.
     Nous comptons sur le Sénat pour adopter le projet de loi C-294 et lui donner la sanction royale le plus rapidement possible.
     Si le gouvernement veut influer sur le prix du panier d’épicerie, il pourrait aussi faire adopter le projet de loi C-234 dans sa forme initiale. Le projet de loi est revenu du Sénat avec un énorme amendement qui a vidé de sa substance le projet de loi initial, qui avait pour objectif de mettre en place une exemption, pour tous les bâtiments agricoles, visant tous les types de carburant, ce qui est important lorsqu’on pense aux serres, aux étables à vaches laitières, aux poulaillers et aux porcheries. La taxe sur le carbone entraîne des coûts énormes pour l’exploitation de ces installations. Par conséquent, l’adoption du projet de loi C-234 dans sa mouture initiale aurait d’énormes répercussions sur l’économie canadienne. Elle aurait une incidence énorme sur le prix des aliments.
     L’élimination de la taxe sur le carbone dans son intégralité serait également bénéfique, si l’on tient compte des coûts de transport et des coûts pour les épiceries. Comme c’est un énorme préjudice, l’abolition de la taxe sur le carbone serait également très avantageuse, et je ne vois rien de cela dans le budget non plus.

  (1245)  

    Avant que nous passions aux questions et observations, je voudrais m'excuser auprès du député de Cumberland—Colchester. Je lui ai demandé de retirer ses propos à cause d'un mot en particulier. J'ai cru entendre, depuis le fauteuil, le mot qui commence par « s » en anglais, mais le mot qu'il a employé était plutôt « shady ». J'ai fait les vérifications nécessaires et je présente mes excuses au député. Il n'a pas à retirer ses paroles.
    Nous passons aux questions et observations. Le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, les conservateurs aiment s'imaginer qu'ils représentent les Canadiens des régions rurales. Dans l'énoncé économique de l'automne, nous avons doublé le supplément pour les régions rurales de la remise sur le carbone. L'énoncé économique de l'automne ne peut toujours pas être adopté parce que le Parti conservateur continue de faire de l'obstruction.
    En ce qui concerne le projet de loi d'initiative parlementaire auquel les conservateurs font constamment référence, avec les amendements du Sénat, il ne faut pas oublier que c'est, là encore, le Parti conservateur qui a le pouvoir de faire en sorte que le projet de loi soit soumis à la Chambre, mais il refuse de le faire.
    D'un côté, les conservateurs critiquent le gouvernement, mais de l'autre, leurs agissements empêchent les collectivités rurales d'obtenir plus d'allégements d'Ottawa.
    En fait, madame la Présidente, nous avons demandé le consentement unanime pour adopter le projet de loi dans sa version initiale, mais la députée libérale de Waterloo a refusé. Peut-être que le secrétaire parlementaire peut lui en demander la raison.
     En ce qui concerne le doublement du supplément pour les régions rurales, il est certes fantastique que les citoyens reçoivent plus d'argent, mais cela ne règle toujours pas le problème du gouvernement qui enlève de l'argent aux citoyens pour ensuite le leur rendre. Quand on tient compte des coûts cachés de la taxe sur le carbone dans toute l'économie, on n'arrive tout simplement pas au montant que les citoyens paient, en particulier les citoyens qui vivent dans les régions rurales. C'est en fait un aveu d'échec de la part du gouvernement que d'avoir même dû doubler le supplément.

[Français]

    Madame la Présidente, depuis 2019, et même depuis 2015, le Bloc québécois n'a jamais voté en faveur d'un budget libéral ni en faveur de ses mises à jour.
    Nous allons continuer ainsi et nous allons voter contre ce budget. Une des raisons pour lesquelles nous allons voter contre ce budget, c'est le maintien des subventions aux industries pétrolières, lesquelles font des profits records. Mon collègue ne trouve-t-il pas qu'il est indécent de financer l'industrie pétrolière, qui fait des profits records, avec l'argent du peuple dont il se préoccupe prétendument?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le comité des ressources naturelles a, en fait, étudié les subventions au secteur pétrolier et gazier. Il a conclu qu'il n'y a pas de subvention, exception faite de l'achat par le gouvernement de l'oléoduc Trans Mountain, ce qu'il n'avait d'ailleurs pas à faire, car s'il avait laissé les promoteurs du secteur privé le construire eux-mêmes au lieu de s'en mêler, l'oléoduc aurait coûté beaucoup moins cher. Aucun des témoins qui ont comparu devant le comité n'a mentionné l'existence de la moindre subvention.
     Il est important que nous ayons à ce sujet une véritable discussion fondée sur des faits. Je sais que le Bloc québécois n'aime pas le secteur pétrolier et gazier canadien. Libre à lui, d'ailleurs. C'est son affaire. Songeons, toutefois, aux recettes que le secteur pétrolier et gazier apporte à nos collectivités et à nos petites villes, aux sommes versées par ce secteur qui paient en particulier pour nos écoles, nos hôpitaux, nos services de police et nos infrastructures. Faire disparaître ce secteur du Canada, comme le Bloc québécois le souhaite, ferait aussi disparaître le modèle de financement des écoles, des hôpitaux, des infrastructures et des services de police. Pourquoi diable ferions-nous cela?

  (1250)  

    Madame la Présidente, dans tout le Canada, les Premières Nations sont aux prises avec une crise du logement, une crise qui ne s'est pas produite par hasard, mais qui résulte d'années de sous-financement du logement dans les réserves par les conservateurs et les libéraux. La vérificatrice générale a révélé dernièrement le sous-financement des Premières Nations du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta à cause de données de recensement incorrectes.
     Le député est-il d'accord pour dire que le gouvernement fédéral doit investir beaucoup plus de fonds dans le logement, dans les réserves notamment, et dans les Prairies où il y a un sous-financement chronique en raison de données de recensement erronées?
    Madame la Présidente, nous pourrions discuter de cette question pendant des mois, car elle est très importante, mais comme je dispose d'un temps de parole limité, je dirai que l'inexactitude des données de recensement prouve que personne ne fait confiance au gouvernement. Personne ne veut lui fournir des renseignements exacts parce que personne ne lui fait confiance. Peut-être que si le gouvernement s'efforçait de renforcer la confiance plutôt que de la détruire, nous disposerions de données plus justes, et les programmes comme le logement dans les réserves seraient financés adéquatement.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec la dynamique et travaillante députée de Châteauguay—Lacolle.
    Je prends la parole aujourd'hui au sujet du budget de 2024. Ce budget représente une avancée importante vers l'atteinte des objectifs que le gouvernement s'est fixés pour rehausser la qualité de vie des Canadiens et bâtir un pays plus fort et plus sûr. Le plan du gouvernement est de bâtir un Canada qui fonctionne mieux pour tous, mais particulièrement pour les jeunes, afin qu'ils puissent avoir des chances équitables de vivre une vie confortable au sein de la classe moyenne.
    Le ratio de la dette nette du Canada par rapport à son PIB est nettement inférieur à celui de nos pairs au sein du G7. Nos déficits diminuent, et nous sommes l'un des deux seuls pays du G7 à avoir obtenu la cote AAA d'au moins deux des trois experts indépendants en matière de crédit.
    Dans mon discours aujourd'hui, j'expliquerai que notre plan comprend la prise de mesures audacieuses dans le but d'accroître et d'accélérer la construction d'habitations et de rendre la vie plus abordable.
     On ne saurait trop insister sur le besoin urgent d'augmenter le nombre de logements dans notre pays. Chaque Canadien, quel que soit son milieu d'origine, devrait avoir la possibilité de trouver un chez-soi sûr et abordable. Chaque génération mérite un avenir équitable et sain, qu'il s'agisse des enfants, des parents ou des grands-parents. Pour faire de cet avenir une réalité, nous nous attaquons à un défi générationnel en matière de logement. C'est pourquoi nous injectons 400 millions de dollars de plus dans le Fonds pour accélérer la construction de logements, doté de 4 milliards de dollars et qui permettra déjà d'accélérer la construction de plus de 750 000 logements au cours des 10 prochaines années, grâce à des accords conclus avec près de 180 municipalités, provinces et territoires, y compris Surrey, en Colombie-Britannique.
     Nous construirons plus d'appartements destinés à la location plus rapidement grâce à un financement supplémentaire de 15 milliards de dollars en nouveau financement de prêts pour le Programme de prêts pour la construction d'appartements, ce qui portera la contribution totale du programme à plus de 131 000 logements neufs au cours des 8 prochaines années. Dans le budget de 2024, le gouvernement propose un nouveau programme de prêt pour la construction d'un logement accessoire, ce qui permettra aux propriétaires d'avoir accès à des prêts à faible intérêt pouvant atteindre 40 000 $ pour ajouter des logements accessoires à leur maison, que ce soit pour un nouveau locataire ou pour un membre de la famille.
     Grâce au nouveau Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, le gouvernement accélérera la construction et l'amélioration des infrastructures nécessaires à la construction de logements. Pour les personnes qui achètent leur première propriété, nous améliorerons le Régime d'accession à la propriété en augmentant la limite de retrait permis de 35 000 $ à 60 000 $, ce qui leur permettra d'utiliser les avantages fiscaux d'un REER pour économiser jusqu'à 25 000 $ de plus pour leur mise de fonds. Nous offrirons des incitatifs aux établissements d'enseignement du Canada afin qu'ils puissent construire davantage de logements pour étudiants en leur permettant de bénéficier de l'élimination de la TPS pour les nouvelles résidences étudiantes.
     Pour construire plus de logements, nous devons disposer de la main-d'œuvre nécessaire et fournir les ressources humaines requises. C'est pourquoi nous proposons de simplifier la reconnaissance des titres de compétences étrangers en construction et de créer davantage de possibilités d'apprentissage pour aider les travailleurs qualifiés à construire plus de logements.
     Le budget de cette année créera dans notre économie une croissance qui entraînera tout le monde avec elle. Nous lancerons un nouveau programme national d'alimentation scolaire afin d'élargir la portée des programmes provinciaux et territoriaux existants en matière d'alimentation scolaire et de pouvoir fournir des repas sains à plus de 400 000 enfants chaque année. Ainsi, les enfants n'arriveront pas à l'école le ventre vide.

  (1255)  

     Avec la mise en œuvre du programme national d'assurance-médicaments, le gouvernement jette les bases d'un programme qui garantira que le coût des médicaments n'est pas un obstacle pour les gens qui sont atteints de maladies comme le diabète.
     En matière de sécurité publique, au Canada tout le monde a le droit de se sentir en sécurité. Aucune personne ne devrait se sentir ciblée pour ce qu'elle est ou pour la religion dans laquelle elle croit. La liberté de pratiquer sa religion sans discrimination et sans persécution est un droit garanti par la Charte, et le gouvernement prend des mesures pour faire respecter ce droit.
     Afin d'aider les gens à pratiquer leur religion en toute sécurité, le Programme de financement des projets d'infrastructure de sécurité fournit du financement à des organismes afin de protéger des communautés exposées à des crimes motivés par la haine en renforçant la sécurité physique de leurs lieux de rassemblement. Dans le cadre du Plan d'action du Canada pour lutter contre la haine, le budget de 2024 propose de fournir un financement de 32 millions de dollars sur six ans, et de 11 millions de dollars par la suite, à Sécurité publique Canada afin d'améliorer davantage le Programme de financement des projets d'infrastructure de sécurité. Nous réduirons les formalités administratives afin que les organisations aient accès plus facilement et plus efficacement au soutien dont elles ont besoin pour leur sécurité.
     Le gouvernement s'est engagé à investir dans la classe moyenne, et le budget continue de le prouver.
     C'est aujourd'hui le dernier jour du mois d'avril, ce qui signifie également que c'est le dernier jour du Mois du patrimoine sikh. Grâce à un projet de loi d'initiative parlementaire que j'ai présenté et qui a reçu la sanction royale il y a cinq ans aujourd'hui, le Canada est le seul pays au monde où le Mois du patrimoine sikh est inscrit dans la loi. Cela étant dit, je suis très fier du travail accompli par les membres du caucus sikh, et en particulier par le député de Steveston—Richmond Est.
     Le caucus libéral a travaillé fort pour assurer le financement de trois projets qui sont devenus prioritaires dans différentes régions au Canada. Le financement pour ces projets s'élève à près de 20 millions de dollars, dont 1,8 million de dollars sont destinés à l'Indus Media Foundation pour lui permettre d'achever son court-métrage sur l'expérience commune de cette communauté et des Canadiens relativement à l'effort de guerre déployé lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, qui a déclenché l'établissement des sikhs au Canada. Ce projet, dirigé par Steve Purewal, présentera les contributions de cette communauté à l'histoire de la colonisation du Canada et incitera les générations futures à revendiquer fièrement une identité patriotique.
    Le budget de 2024 témoigne de notre engagement indéfectible envers le bien-être et la prospérité de tous les Canadiens. Il s'agit d'une feuille de route complète qui répond aux besoins pressants de notre pays en rendant la vie plus abordable pour les particuliers et les familles. Quand j'assiste au Nagar Kirtan chaque année à Surrey ou quand je fais du porte-à-porte dans Surrey—Newton, les gens se réjouissent toujours des mesures qui sont prises pour rendre la vie plus abordable. Qu'il s'agisse des garderies à 10 $ par jour, des soins dentaires ou de l'assurance-médicaments, toutes les politiques que nous mettons en place pour aider la classe moyenne et les gens qui en ont le plus besoin sont très appréciées.
    J'exhorte tous les députés à appuyer la mise en œuvre rapide de ce budget et à travailler ensemble pour que la vision transformatrice décrite dans le budget de 2024 se concrétise.

  (1300)  

[Français]

    Madame la Présidente, dans le budget présenté par le gouvernement, il est écrit: « Afin que nos rues restent sécuritaires, aujourd’hui et dans l’avenir, le gouvernement fédéral a interdit les armes à feu de style arme d’assaut en 2020 ».
    D’abord, c’est faux. Le gouvernement a interdit des armes à feu de style arme d’assaut, mais pas toutes. Il y a encore plusieurs modèles en circulation. De plus, il indique qu’il va investir 30,4 millions de dollars sur deux ans pour mettre en vigueur son programme de rachat d'armes, d'abord celles détenues par des détaillants et des particuliers. En 2021, le directeur parlementaire du budget disait que le programme libéral de rachat des armes à feu allait coûter au minimum 750 millions de dollars. Encore là, il disait que c’était difficile à estimer. Selon des experts, cela pourrait coûter 2 milliards de dollars.
    Je me demande ce que le gouvernement vient faire avec ses 30 millions de dollars. Mon collègue peut-il m’expliquer quelle est la pensée du gouvernement concernant cet investissement?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement a fait preuve de leadership en ce qui a trait à l'interdiction des armes d'assaut de type militaire.
    Ce dossier est également très important pour les gens de ma circonscription. Ils étaient très reconnaissants quand nous avons interdit les fusils d'assaut. Même si le Parti conservateur n'a jamais appuyé cette mesure ni le programme de rachat, c'est quelque chose qui nous tient à cœur. Nous sommes déterminés à racheter ces armes et à les retirer de la circulation afin que les gens soient en sécurité.
    Madame la Présidente, tout d'abord, j'aimerais souligner que les armes de type militaire ne sont utilisées que par les militaires. Je ne vois absolument pas de quoi parle le député à cet égard.
     S'il y a une chose que nous n'appuyons absolument pas, ce sont les dispositions budgétaires concernant l'approvisionnement sûr en Colombie‑Britannique. Le gouvernement de la Colombie‑Britannique a demandé à Ottawa d'apporter des changements à cet accord précis. Les conservateurs ne croient pas que la décriminalisation aide les gens. Nous voyons des familles qui sont touchées. Des infirmières ont déposé des plaintes parce que la présence de drogues dans les hôpitaux met leur vie en danger. Le désordre règne dans les rues. On ne peut plus s'arrêter aux arrêts d'autobus parce que des gens y consomment de la drogue.
     J'aimerais connaître la position du député à ce sujet. Est-il en faveur d'un approvisionnement sûr? Veut-il maintenir la décriminalisation actuelle, l'exemption au Code criminel, pour la Colombie‑Britannique?

  (1305)  

    Madame la Présidente, j'aimerais demander au député de la Colombie‑Britannique s'il appuie l'interdiction des fusils d'assaut pour rendre nos collectivités plus sûres. Est-il en faveur de l'interdiction des armes de poing pour rendre nos collectivités plus sûres? Dans mon quartier, toutes les forces de police se sont unies pour soutenir ces initiatives.
     Je voudrais également dire à mon collègue que les sites de consommation supervisés fonctionnent. Ces sites offrent un milieu sécuritaire aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale. C'est ce que me disent les premiers intervenants, mais je suis sûr que le député ne les écoute pas.
    Madame la Présidente, le Canada connaît une crise du logement. Le NPD a forcé le gouvernement libéral à prendre certaines mesures à cet égard dans le budget de 2024. Toutefois, ce n'est pas suffisant. Le gouvernement donne d'une main et prend de l'autre. Les subventions au loyer proportionnées au revenu que la Société canadienne d'hypothèques et de logement finance pour les provinces et les territoires prendront fin pour un grand nombre de ces programmes. Nous allons donc perdre des milliers de logements à cause de la fin des subventions au loyer proportionnées au revenu.
     Le député va-t-il demander au gouvernement de renouveler ces subventions de la SCHL pour tous les organismes à but non lucratif?
    Madame la Présidente, je tiens à remercier la députée de Vancouver‑Est pour le travail passionné qu'elle accomplit pour ses concitoyens, certes, mais aussi pour les personnes qui en ont le plus besoin.
     En ce qui concerne les investissements dans le logement, il s'agit du premier budget qui fait des investissements historiques en la matière, des investissements que nous continuerons à faire pour que le logement abordable puisse être le rêve des générations futures.

[Français]

    Madame la Présidente, c'est un grand plaisir pour moi de me lever aujourd'hui à la Chambre pour représenter les gens de Châteauguay—Lacolle, bientôt Châteauguay—Les Jardins de Napierville.
    Le budget de 2024, déposé le 16 avril dernier, propose une série de mesures pour faciliter la vie de toutes les Canadiennes et tous les Canadiens. Il répond aux besoins d'aujourd'hui, mais regarde aussi vers demain. C'est pourquoi nous parlons d'une chance équitable pour chaque génération. Nous avons entendu et écouté les citoyens de partout au pays et le budget de 2024 reflète les besoins qui ont été exprimés. J'ai écouté mes concitoyens et je suis très fière de dire que ce budget accorde une place importante au logement, à la santé et à l'inclusion. Il nous propose un Canada où les jeunes peuvent avancer, où les jeunes familles peuvent trouver un logement abordable, où les personnes âgées peuvent vieillir dans la dignité et où tout le monde peut réussir.
    Un des besoins criants est celui du logement. Le budget propose toute une série de mesures qui contribueront à construire plus de logements. On sait que, le meilleur moyen de rendre les prix des logements plus abordables, c'est de construire plus de logements plus rapidement. Nous réduisons la paperasserie, accélérons le développement, convertissons des terrains publics en logements et utilisons des techniques innovantes pour construire plus efficacement les logements. En d'autres termes, nous changeons la façon de construire des logements au Canada.
    On peut penser aux terrains des quelque 1 700 bureaux de poste qui pourront être mis à profit et où on pourrait ajouter des logements sans compromettre les services de Postes Canada. Pour les locataires, en particulier les millénariaux et les membres de la génération Z, nous facilitons l'accès à la propriété. Nous allons les aider à épargner pour le versement initial sans payer d'impôts. Nous accordons aux locataires un crédit pour les paiements de loyer, afin qu'ils aient plus de chances d'obtenir un premier prêt hypothécaire. Nous protégeons les logements abordables et en créons des milliers d'autres dans le Canada.
    Ces mesures s'ajoutent au programme CELIAPP, que nous avons annoncé l'an dernier et grâce auquel des dizaines et des milliers de jeunes Canadiens et Canadiennes ont déjà commencé à épargner pour une mise de fonds pour une première propriété. Ce programme permet d'épargner jusqu'à 8 000 $ par année, qui sont déductibles d'impôt. Après cinq ans, on peut retirer le montant sans qu'il soit imposé. C'est un programme formidable. Je conseille à tous les jeunes qui nous écoutent aujourd'hui d'ouvrir un compte CELIAPP dans une institution financière près de chez eux. Ce programme va apporter un changement incroyable dans la vie des jeunes familles qui, jusqu'ici, ont trouvé que la mise de fonds était le premier obstacle à l'achat d'une première maison.
    Ces nouveaux logements demandent également la construction d'infrastructures d'approvisionnement en eau, en traitement des eaux usées et en évacuation des eaux pluviales. Nous comprenons que les municipalités vont devoir assumer des coûts supplémentaires importants en raison de la construction de ces nouveaux logements. Le budget de 2024 lance le nouveau fonds canadien pour les infrastructures liées au logement et propose de verser 6 milliards de dollars sur 10 ans à compter de 2024‑2025 à Infrastructure Canada afin d'accélérer la construction de ces infrastructures. C'est vraiment une bonne nouvelle pour notre région.

  (1310)  

[Traduction]

     Notre engagement envers une chance équitable pour chaque génération se manifeste aussi dans notre lutte contre l'itinérance. Je suis sûr que je n'apprends rien aux députés quand je dis que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tout le monde au Canada. C'est pourquoi le programme communautaire Vers un chez-soi: la stratégie canadienne de lutte contre l'itinérance est si important. Il vise à prévenir l'itinérance et à réduire le nombre de sans-abri au Canada. Ce programme fournit des fonds aux collectivités urbaines, autochtones, rurales et éloignées pour les aider à répondre à leurs besoins locaux en matière d'itinérance.
     Le budget de 2024 propose de fournir plus de 1 milliard de dollars en budget supplémentaire sur 4 ans, à partir de 2024‑2025. Il prévoit également 250 millions de dollars sur 2 ans pour répondre à la question urgente des campements et de l'itinérance.
     Vers un chez-soi soutient les objectifs de la Stratégie nationale sur le logement, en particulier pour aider les Canadiens les plus vulnérables à conserver un logement sûr, stable et abordable et pour réduire l'itinérance chronique à l'échelle nationale de 50 % d'ici l'exercice 2027‑2028. C'est cela l'équité.

[Français]

    Nous rendons la vie moins coûteuse et renforçons le filet de sécurité sociale du Canada pour chaque génération. Les services de garde d'enfants à 10 $ par jour, qui existent depuis longtemps chez nous, au Québec, permettent déjà aux parents d'économiser des milliers de dollars par an et donnent aux jeunes Canadiens la sécurité nécessaire pour fonder leur propre famille.
    De nouveaux programmes comme les soins dentaires et le programme national d'alimentation scolaire aideront également les Canadiens. En passant, les conservateurs parlaient justement ce matin des élèves de cinquième année. Je me demande s'ils sont prêts à dire non à ces enfants qui ont faim lorsqu'ils arrivent à l'école le matin. Il faudra leur poser cette question: pourquoi vont-ils voter contre notre budget, qui offrira à ces jeunes une bonne nutrition tous les jours?
    Nous sommes également très fiers de notre programme de soins pharmaceutiques, notamment pour l'insuline et les moyens de contraception, qui aideront les Canadiens à économiser encore plus. J’ai eu récemment l’occasion de faire une tournée dans ma circonscription pour parler du programme canadien de soins dentaires et je peux témoigner du besoin de ce programme dans nos communautés. Les gens se sont inscrits massivement. Ce programme améliorera la vie de nombreux aînés, qui sont nos parents, nos grands-parents et qui trop souvent négligent involontairement leur santé buccodentaire parce qu’ils n’en ont pas les moyens. On sous-estime les conséquences d’une mauvaise dentition sur la santé générale des gens. Ce programme aidera aussi à désengorger les urgences, car une grande partie des urgences sont justement en lien avec la santé dentaire.

  (1315)  

[Traduction]

    Des recherches scientifiques ont récemment établi un lien entre une mauvaise hygiène buccodentaire et certains problèmes de santé, notamment les maladies parodontales, les maladies des gencives, le diabète et diverses maladies cardiaques et respiratoires. Ces constatations soulignent l'importance d'une bonne hygiène buccodentaire.

[Français]

    Nous développons l'économie grâce à l'innovation et à l'équité. Nous avons un plan qui augmentera les investissements, améliorera la productivité et encouragera les innovations révolutionnaires, ce qui créera de bons emplois et maintiendra le Canada à la pointe de l'économie. Cela inclut l'élargissement et la mise en œuvre des principaux crédits d'impôt pour l'investissement économique afin de développer l'économie propre, d'assurer l'avantage du Canada en tant que leader dans le domaine de l'intelligence artificielle et d'investir dans l'amélioration des subventions améliorées pour la recherche. Tout cela est vraiment important. Nous allons aider les gens à développer un meilleur potentiel dans leur vie tout en créant un environnement économique qui va leur donner des opportunités. Nous avons besoin de cette jeune génération, c'est sûr et certain.
    Je vois que mon temps de parole achève. En terminant, j'aimerais mentionner une chose très importante, entre autres pour les agriculteurs de ma région. Nous avons annoncé des mesures pour aider les producteurs agricoles en soutenant le plafond de la partie sans intérêts des prêts du Programme de paiements anticipés. J'ai hâte d'entendre les questions de mes collègues et de pouvoir en parler davantage.
    Madame la Présidente, je remercie ma chère collègue de son témoignage. Depuis neuf ans, le gouvernement injecte de l'argent dans des programmes, ce qui fait en sorte que la dette augmente sans cesse. On sait aussi que la productivité est en chute libre au Canada. On injecte de l'argent, on injecte de l'argent et on injecte de l'argent. Cependant, on se rend compte que les banques alimentaires sont pleines, que le coût de l'épicerie a doublé, que les gens ne sont pas capables de se loger et qu'on a de la difficulté à payer l'hypothèque.
    J'aimerais poser une question à ma collègue. Quand aurons-nous des résultats?
    Madame la Présidente, je trouve un peu étonnant que ça vienne d’un député de la province du Québec, parce qu’on a vécu des années d’austérité, de compressions dans les services et de coûts supplémentaires pour des programmes sociaux ou des infrastructures pour les municipalités. On sait ce que ça a donné: on a vécu une période vraiment difficile au Québec.
    C’est le rôle d’un gouvernement, surtout du gouvernement fédéral, d’investir dans l'économie pour justement s’assurer que tous les Canadiens et Canadiennes de partout au pays ont une qualité de vie qui est souhaitable.
    Madame la Présidente, dans Manicouagan, on a énormément de besoins dans le domaine des pêches.
    Dernièrement, nous avons été très malmenés et je dirais que l’avenir nous apparaît sombre. Il y a eu bien sûr la question des travailleurs étrangers temporaires mexicains, qui n’étaient pas au rendez-vous en raison des mesures du gouvernement. Ce dernier ne pense pas qu’il y a une industrie de la pêche chez nous et a donc oublié que ça nuisait à la pêche. Il y a bien sûr toute la question des crevettes et le fait que les crevettiers ne peuvent pas sortir cette année. La ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne ne veut même pas racheter leurs permis et ne veut rien leur donner comme compensation.
     Bref, le budget est évidemment très mince en matière de pêche. J’aimerais connaître l’avis de ma collègue sur le plan de son gouvernement pour les pêches, qu'elle en fasse une analyse, et qu'elle me dise quels sont les bons coups du gouvernement dans le budget et si elle croit vraiment qu’il est visionnaire en la matière. De mon côté, je trouve que c’est de l’improvisation, des demi-mesures et qu’on ne va nulle part. La pêche reste malmenée.

  (1320)  

    Madame la Présidente, j’apprécie beaucoup la question de ma collègue du Bloc québécois parce qu’elle demande justement comment le gouvernement fédéral peut aider les producteurs dans le domaine de la pêche dans la province du Québec.
    Justement, nous sommes là pour soutenir l’industrie et pour l’aider. Nous avons prévu de l’argent dans le budget pour faciliter l’arrivée des travailleurs temporaires. Nous savons qu’il y a toujours des problèmes, mais j’ai confiance en notre ministre des Pêches, qui est quelqu’un qui représente les Îles‑de‑la‑Madeleine.

[Traduction]

    Madame la Présidente, les libéraux ont promis que leur prestation mettrait fin à la pauvreté des personnes handicapées. Ma bonne amie, la députée de Port Moody—Coquitlam, défend d'ailleurs très vigoureusement la communauté des personnes handicapées.
    Les néo-démocrates s'attendaient à une prestation pour les personnes handicapées qui sortirait véritablement les gens de la pauvreté. Or, on leur offre plutôt 200 $, soit 6 $ par jour. Dans bien des régions, ce n'est même pas assez pour un billet d'autobus.
     La députée pourrait-elle expliquer aux personnes handicapées pourquoi le gouvernement n'a même pas pu leur offrir une prestation qui correspondrait au seuil de la pauvreté dans notre pays, afin qu'elles puissent au moins avoir un revenu minimum de 2 000 $ par mois pour essayer de joindre les deux bouts?
    Madame la Présidente, je tiens à assurer au député que je défends avec ardeur la prestation pour les personnes handicapées.
    Ayant touché un peu à ce domaine au cours de ma carrière, j'avoue toutefois que je suis douloureusement consciente que le simple fait de mettre en place une prestation fédérale ne réglera pas le problème. Nous devons travailler en étroite collaboration avec les provinces et les autres régimes en place. La pire chose que nous puissions faire, c'est de mettre en place une prestation fédérale qui aurait comme conséquence que les provinces et d'autres régimes privés retirent leur appui.
    Je suis convaincue que cette nouvelle prestation est un bon point de départ. C'est un grand jour pour la communauté des personnes handicapées.

[Français]

    Madame la Présidente, d'emblée, j'aimerais indiquer que je désire partager mon temps de parole avec mon collègue de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères pour intervenir sur ce budget.
    C'est un budget qui est un peu difficile à qualifier et qui est un peu difficile à décrire. J'aillais dire qu'il démontre une fois pour toutes qu'il existe un fossé profond entre les attentes du Québec, les besoins du Québec et le respect des compétences du Québec, auxquels les Québécoises et les Québécois sont attachés, et les attentes des neuf autres provinces et des trois territoires quant à ce que devrait faire le gouvernement fédéral, mais le gouvernement fédéral nous donne beaucoup d'occasions d'en refaire la démonstration. Un exemple de ce fossé culturel, profond et historique entre ce à quoi nous nous attendons en tant que Québécois et ce à quoi le reste du pays s'attend en matière d'action fédérale, c'est le traitement médiatique qui a été fait du budget. Quand on regarde le traitement qui a été fait de ce budget dans le Canada anglais, on voit que les analystes ont parlé essentiellement de la question du taux d'inclusion de taxes sur le capital.
     Comme on le sait, il y a des gens qui font de gros gains en capital. On achète par exemple un bien, on le revend plusieurs années plus tard et on fait plus de 500 000 $ de profit. C'est vrai que ces gens font beaucoup de sous dans certains cas. Pour la tranche au-dessus de 500 000 $ de profit, on a dit à ces personnes qu'elles vont devoir contribuer un peu plus. Évidemment, le gouvernement est capable d'aller chercher un bon coup de revenu de cette manière-là. De façon artificielle, par un coup d'argent, cela lui permet de respecter sa promesse en matière de dette par rapport au PIB. Les analystes du Canada anglais parlent de cela en se demandant: est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise taxe? Quel sera l'effet sur l'investissement? Est-ce équitable? Le gouvernement libéral a-t-il fait la bonne chose? Dans tous les grands médias, on a vu les analystes parler de cela.
    Moi aussi, comme économiste, je me suis posé cette question. Je lis les médias anglophones et je me suis laissé prendre au piège. Entre députés, on discute à savoir si c'est une mauvaise taxe ou si c'est une bonne mesure. Vient toutefois un moment où notre intellect, en tant que Québécois, nous amène ailleurs. Indépendamment des nouvelles sources de revenus qu'Ottawa a trouvées, on finit par se demander ce qu'ils vont faire avec cela. On se rend compte que ces milliards de dollars, qu'Ottawa est allé chercher avec une mesure fiscale qui est possiblement bien efficace, ne servent pas à rétablir l'équilibre budgétaire après des mesures pandémiques qui ont coûté très cher, ne servent pas à rétablir l'équité entre les générations, mais servent exclusivement à piétiner le Québec, à s'ingérer dans les affaires du Québec et à aller se mêler non seulement de ce qui ne regarde pas Ottawa, mais à aller se mêler de compétences dans lesquelles Ottawa est notablement mauvais. On peut penser à la santé, aux soins dentaires, au logement, et ainsi de suite.
    Ce n'est pas très difficile de préparer un discours sur ce budget quand on est Québécois parce que, des ingérences, on en trouve d'un bout à l'autre du budget. En voici un exemple que je qualifierais d'historique: dans ce budget, le gouvernement fédéral décide d'aller s'ingérer dans la grille de tarification d'Hydro‑Québec. Lorsqu'il est question de logement, on est comme habitué; il a fait cela graduellement. La violence des conditions en santé pour les patients, on la connaît. L'accord avec le NPD, on en connaît les conséquences. Le fédéral est maintenant rendu à donner des conditions à Hydro‑Québec. Comment cela s'est-il fait?
    Cela s'est fait parce que, dans le passé, quand Ottawa donnait des subventions pour l'énergie et pour l'énergie propre, on excluait le Québec. On disait au Québec qu'on le gardait hors de ça parce que le Québec avait une société d'État fournissant à peu près 100 % de l'électricité au Québec. On lui disait qu'il n'aurait pas droit à un sou. Maintenant qu'il y a beaucoup de députés du Bloc québécois, les libéraux savent que des Québécois vont se lever à la Chambre. Ce ne sont pas des conservateurs, des députés libéraux d'arrière-ban ou le seul député québécois du NPD qui vont faire cela. Ils ont donc dit, dans le budget de l'année passée, que le gouvernement du Québec ou Hydro‑Québec allaient pouvoir demander des subventions pour l'énergie verte. C'était la première fois que cela arrivait, alors on a été surpris. Cependant, on n'avait pas les conditions. Il faut savoir que pas un sou n'a été déboursé.
    Dans le budget de cette année, que retrouve-t-on? On retrouve les conditions. En échange de subventions pour qu’Hydro‑Québec ait des projets, notamment éoliens ou solaires, le gouvernement fédéral exige qu’Hydro‑Québec ajuste sa tarification pour que 100 % de la subvention soit octroyée au consommateur.

  (1325)  

    C'est impossible. Moi, quand j'achète mon électricité, quand je reçois ma facture d'Hydro-Québec, je ne sais pas si ça vient de la Romaine ou si ça vient d'une éolienne en Gaspésie. On ne sait pas d'où ça vient. C'est impossible à appliquer, ce qui fait que le Québec va fort possiblement être encore une fois de facto exclu.
    Maintenant, le secrétaire parlementaire, qui me regarde avec un œil ouvert plus grand que l'autre, comme d'habitude, se dit que ce n'est pas volontaire et que lui et ses collègues ne veulent pas nuire au Québec. Toutefois, c'est encore symptomatique du fait qu'ils ne comprennent pas, parce qu'ils ne sont pas bons là-dedans. Ils ne sont pas compétents dans l'énergie. Alors, pourquoi ont-ils créé cette subvention sous cette forme-là? Ils se sont dit qu'ils allaient demander aux provinces polluantes de faire des projets verts. Il y a beaucoup d'entreprises privées là-dedans, mais le gouvernement veut s'assurer qu'elles ne se mettent pas de l'argent dans les poches. Il va donc leur dire de développer des projets, mais de s'assurer que l'énergie verte coûte moins cher pour que les gens l'achètent et que la transition se fasse. C'est essentiellement ça, le projet. Ensuite, comme le gouvernement veut appliquer des mesures uniformes et qu'il ne reconnaît pas la différence du Québec, on se retrouve avec un programme qui va nuire au Québec et qui est littéralement une violation des compétences du Québec.
    Cependant, ça, ce n'est rien. Ce que le gouvernement appelle propre dans le reste du Canada, c'est du nucléaire. Le nucléaire, c'est propre. Les minicentrales qui servent à raffiner le sable bitumineux avec moins de sable bitumineux pour pouvoir le garder pour exporter plus de sable bitumineux, ça, c'est vert. Ça, il va le subventionner, puis le faciliter. Il va s'arranger pour que les prix pour les consommateurs baissent. Le gaz naturel est vert pour le gouvernement. Les subventions vont aller directement au gaz naturel, si tant est qu'il y ait une stratégie de captage du carbone et des technologies qui n'existent pas, excepté dans la tête des libéraux. On est donc encore dans des mesures qui nuisent au Québec et on en rajoute.
    Pour les transferts en santé, il n'y a toujours pas d'entente avec Québec. Le gouvernement fédéral gérait jadis un hôpital au Québec. C'était un hôpital militaire dans le West Island de Montréal. Quand ça a été transféré au gouvernement du Québec, on a su entre les branches que gérer un hôpital coûtait trois fois plus cher pour Ottawa que pour le gouvernement du Québec. Toutefois, les gens d'Ottawa ont le culot de venir nous dire comment gérer le système de santé. Pourquoi? C'est parce qu'ils veulent se faire voir et ils veulent une feuille d'érable dans le coin du chèque. C'est la même chose pour l'assurance-médicaments, puisque cent pour cent des Québécois ont une assurance-médicaments. Nous avons déjà une panoplie de programmes au Québec. L'argent devrait être versé au Québec. C'est la même chose pour les soins dentaires, puisque tous les dentistes du Québec pour les enfants sont enregistrés dans le système automatisé du Québec. Si on voulait appliquer rapidement ces programmes sans que les gens aient à débourser l'argent directement, Ottawa aurait versé l'argent au Québec pour que le Québec fasse comme bon lui semble dans ce dans quoi il est bon. Toutefois, Ottawa ne fait pas ça parce qu'il veut sans arrêt se faire voir.
    C'est la même chose pour le logement. Il est sûr que le gouvernement fédéral peut-être de bonnes intentions, mais l'enfer est pavé de bonnes intentions. À chaque fois que ce gouvernement s'est mêlé de logement, il y a eu moins de logements. Il a fait sa stratégie nationale du logement en ne reconnaissant pas que le Québec était la seule province qui avait depuis des décennies des programmes permanents de construction de logements sociaux et de coopératives, entre autres, dont les conditions et les modalités étaient connues par le milieu. Puisque le gouvernement fédéral ne reconnaît pas ça, qu'est-ce que nous avons gagné à cause de notre excellence? Nous avons gagné trois ans et demi, presque quatre, de négociations, des années perdues avec des gens qui couchent dans leur voiture, des gens en région chez qui on voit la crise du logement s'étendre. Les libéraux continuent de nous dire que le gouvernement fédéral devrait se mêler de ça en multipliant les conditions. Dans ma circonscription, il y a un projet de logement collectif qui a été en attente pendant huit ans à cause de la complexité de ces conditions.
    Qu'est-ce que nous demandons, au Bloc québécois? Nous demandons un droit de retrait avec pleine compensation financière. Je conclus là-dessus. Nous demandons que le Québec ait son argent dans ses propres champs de compétence.
    N'importe quel député qui travaille pour le Québec devrait être d'accord avec ça. Nous avons été beaux joueurs: nous l'avons demandé hier au moyen d'un sous-amendement. Cependant, l'ensemble du caucus conservateur du Québec a dit non au Québec. Il a tourné le dos au Québec. C'est ce que les membres de ce caucus sont prêts à faire pour un jour avoir un ministère: ils sont prêts à ramper. C'est la même chose pour le NPD et le Parti libéral. Il y a un seul parti qui défendra toujours les intérêts et les compétences du Québec: le Bloc québécois. Le jour de l'élection, les gens s'en souviendront.

  (1330)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député a soulevé de nombreux points, mais il a oublié de mentionner l'élément clé pour le Québec, c'est-à-dire les entreprises axées sur le savoir au Québec et plus particulièrement à Montréal. Les entreprises de l'industrie de l'intelligence artificielle qui se trouvent à Montréal, par exemple, sont des chefs de file mondiaux. Pour donner quelques exemples, le budget prévoit 2 milliards de dollars pour le Fonds d'accès à une puissance de calcul pour l'IA, et 200 millions de dollars pour aider des secteurs comme l'agriculture, la fabrication et les ressources minérales à utiliser l'intelligence artificielle dans leurs activités.
    Le député ne reconnaît-il pas que ce budget assurerait la croissance de l'économie québécoise du savoir et des entreprises du secteur du savoir afin que le Québec puisse être un chef de file mondial en matière de technologie?

[Français]

    Madame la Présidente, mon collègue a le culot de venir vanter une prétendue politique industrielle qui favoriserait le Québec, après que Honda, à grands coups de fonds fédéraux, a encore accaparé des fonds publics pour concentrer l’industrie de l’automobile en Ontario, après qu’une usine de batteries en Ontario a reçu six fois plus de fonds fédéraux que le Québec et après que la supergrappe des sciences de la vie a contribué, par le programme du Parti libéral, à dévitaliser notre secteur pharmaceutique.
    Il a le culot de nous parler de l’intelligence artificielle quand le ministre de l’Industrie a déposé une loi qui était tellement inadéquate qu’on en est à peu près à deux pouces d’amendements déposés par le ministre lui-même deux ans plus tard.
    Si c’est ça le point central du budget qu’il essaie de me vendre, j’ai une raison de plus de ne pas l’acheter.

[Traduction]

    Madame la Présidente, au cours des neuf dernières années, nous avons vu que le pays ne peut pas se permettre le budget du premier ministre. Je me demande si la députée a quelque chose à ajouter sur les dépenses déficitaires. Les conservateurs ont remarqué que la totalité de la TPS qui sera perçue au cours de l'année à venir ne servira qu'à rembourser les intérêts sur la dette nationale. Je me demande si la députée a quelque chose à dire à ce sujet.

  (1335)  

[Français]

    Madame la Présidente, pendant la pandémie, il a fallu, de façon parfois bien imparfaite, aider l’ensemble des secteurs pour qu’ils ne s’effondrent pas. Où étaient les conservateurs quand ces dépenses ont été engagées? Ils étaient assis autour de la table avec le ministre Morneau à dépenser des dizaines, sinon des centaines de milliards de dollars. À la place du député, quand il parle des neuf ans du gouvernement actuel, je me garderais une toute petite gêne.
    Il a toutefois raison sur un point, c’est que le gouvernement fédéral va chercher des revenus supplémentaires. Moi, ce n’est pas tant le service de la dette qui me dérange, quoique c’est problématique, mais c’est le fait qu’on utilise ces revenus pour violer les compétences du Québec, pour violer la Constitution, pour marcher sur le Québec et pour s’ingérer dans à peu près tout et rien, plutôt que transférer l’argent au Québec et laisser les Québécois être responsables de leurs propres programmes. C’est contre cela que les députés de l’opposition officielle devraient s’indigner.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député a parlé de fiscalité et de la question des impôts. Ce que je ne vois pas dans le budget de 2024, c’est un impôt sur les bénéfices exceptionnels, par exemple. Nous savons que le taux d'inflation est élevé et que les gens ont des difficultés en raison du prix des aliments. Nous remarquons aussi qu'on accorde un passe-droit au secteur privé. En fait, les conservateurs et les libéraux ont favorisé cette pratique et refusé d'augmenter le taux d'imposition des sociétés. Si le gouvernement le faisait passer de 15 % à 20 %, cela rapporterait 16 milliards de dollars par année au Trésor pour soutenir un éventail de mesures.
    Le député demanderait-il au gouvernement de faire ce qui est juste pour tous les Canadiens, c'est-à-dire instaurer un impôt sur les bénéfices exceptionnels?

[Français]

    Madame la Présidente, c'est drôle, quand on entend les députés du NPD, c’est comme si les revenus qu’ils voudraient trouver servaient à acheter de la vertu.
    Chaque dollar que le NPD demande en nouvelle taxation sert à acheter un nouveau soulier et une nouvelle semelle pour marcher sur le Québec, pour faire des programmes dans les compétences du Québec, en santé, en éducation, pour les déjeuners, pour les dents et pour les médicaments. J’ai l’impression que la députée ne comprend pas ce qu’est la Constitution.
    Je trouve ça triste de ne pas l’avoir apportée dans les deux langues officielles, parce que j’aurais déposé la Constitution, avec l’article 92, qui dit ce que sont les compétences du Québec et des provinces, pour que ma collègue le sache.
    Ces revenus supplémentaires pour marcher sur le Québec, je ne suis pas certain de ce que j’en pense.
    Une voix: Oh, oh!
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement.
    Je comprends que, dans un contexte parlementaire, il arrive parfois que nos propos ne plaisent pas. C'est la nature de notre travail. Or je viens d'entendre la députée dire le mot « disgusting » après mon intervention. Je pense que c'est inacceptable et qu'elle devrait retirer ses paroles.
    Je n'ai pas entendu ce qui a été dit. Bien sûr, nous pouvons écouter la bande audio pour voir si cela a été enregistré.
    L'honorable députée de Vancouver-Est a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je trouve offensant que le député insinue que je ne connais pas la Constitution. Je suis Canadienne. J'ai lu la Constitution et je suis fière de la Constitution. Le fait qu’on laisse entendre que je ne la connais pas...
    Cela relève du débat. Assurément, je vais demander qu'on écoute l'enregistrement pour savoir ce qui a été réellement dit. Je ne l'ai pas entendu de mon fauteuil. Nous procéderons à partir de là.
    Le député de Drummond a la parole, pour un autre rappel au Règlement.

[Français]

    Madame la Présidente, je comprends effectivement que ce que mon collègue de Mirabel disait peut être offensant pour la députée. Or, je pense que c'était tout à fait dans les normes parlementaires de dire qu'une députée ne semblait pas comprendre ce qu'étaient les compétences des provinces.
    Cela étant dit, quand la députée de Vancouver a dit le mot « disgusting », elle l'a dit à micro fermé. C'est à ce sujet que mon collègue de Mirabel a invoqué le Règlement. Ma collègue de Vancouver, en se levant pour défendre son point, a répété le mot « disgusting ». Je pense que la nature même du mot devrait faire l'objet de ce débat.

  (1340)  

    Comme je l'ai dit, je n'ai pas vraiment entendu le mot. Je comprends ce que le député a mentionné. Si c'est le mot qui a été utilisé, je veux m'assurer que les gens s'assurent d'utiliser des mots qui sont acceptables à la Chambre. Je peux demander à l'honorable députée de retirer ce mot, et nous pourrons continuer le débat.

[Traduction]

    La députée de Vancouver‑Est est-elle prête à retirer le mot qu'elle a employé?
    La députée de Vancouver‑Est a la parole.
    Non, madame la Présidente, parce que je trouve offensant qu'on insinue que je ne connais rien à la Constitution. Je trouve cela condescendant. Je trouve personnellement dégoûtant que l'on puisse insinuer une telle chose.
    Je rappelle aux députés d'être extrêmement prudents. Je vais faire examiner l'enregistrement pour voir comment le mot a été utilisé.
    Encore une fois, je rappelle aux députés de faire très attention aux mots qu'ils emploient. Je ne connais pas le contexte. Je sais quel mot a été employé, mais je ne sais pas s'il a été employé pour qualifier le député ou ce qu'il a affirmé de dégoûtant. Je vais écouter ce qui a été dit, puis je ferai part de ma décision à la Chambre.
     Le député de Rivière‑du‑Nord a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, en tout respect, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de réécouter les bandes audio, car nous avons tous entendu la députée répéter le mot trois fois.
    La question qui se pose est de savoir si à votre avis « disgusting » est un mot acceptable à la Chambre ou pas. Si ce n'est pas acceptable, vous devez agir maintenant. Chaque fois que vous avez donné l'occasion à la députée de s'expliquer, elle a dit, à tort ou à raison, c'est à vous d'en décider, que c'était ce qu'elle avait dit, qu'elle le croyait et que c'était approprié dans les circonstances.
    Je vous demanderais d'assumer ce qu'elle nous dit et de décider si à votre avis c'est acceptable à la Chambre que quelqu'un dise que ce qu'il entend est « disgusting » ou si ce n'est pas acceptable…
    Je remercie l'honorable député et les autres députés qui ont fait des interventions.
    Le mot en soi n'est pas inacceptable. Ce qui est important, c'est la manière dont on utilise le mot. Comme je l'ai dit, utiliser ce mot pour parler d'un événement n'est pas la même chose que d'utiliser ce mot pour parler d'une personne. Voilà ce que j'ai mentionné tout à l'heure. Le mot en soi n'est pas inapproprié pour la Chambre, c'est la façon dont on utilise ces mots à la Chambre qui est importante. Comme je l'ai dit, je vais écouter l'enregistrement pour déterminer si on a entendu la façon dont cela a été dit et je reviendrai à la Chambre si c'est nécessaire.
    L'honorable député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a la parole.
     Madame la Présidente, comme nous discutions du budget, mon discours d'aujourd'hui portera sur le récent budget que le gouvernement libéral a déposé il y a deux semaines exactement.
    Avant de parler du budget lui-même, je voudrais prendre le temps de faire un pas ou deux en arrière. Je voudrais parler du contexte dans lequel ce budget a été présenté. On peut imaginer que le gouvernement était conscient que les sondages n'étaient pas à son avantage durant la période précédant la présentation du budget. Les gens du Parti libéral étaient sûrement conscients que la popularité du premier ministre était en chute libre. Dans un tel contexte, j'imagine que des gens se sont rencontrés dans une salle pour avoir des discussions et déterminer ce qu'ils pouvaient faire à ce sujet.
    On est donc arrivé avec une solution. On s'est dit que la situation était tellement désastreuse qu'il fallait faire oublier aux gens le désastre dans lequel on était. On a donc décidé de faire diversion, de parler d'autre chose, d'amener les gens ailleurs pour qu'ils évitent de regarder le bilan, la situation et pour qu'ils regardent plutôt ce qu'on allait annoncer et proposer à la place.
     Comme on le sait, les libéraux ne réinventeront pas la roue. Leur solution a été de faire une invasion massive dans les champs de compétence du Québec, tout simplement, question d'être originaux. On peut peut-être dire qu'ils ont été originaux, malgré tout, parce qu'ils n'étaient jamais allés aussi loin que dans ce budget.
    Ils se sont dit qu'ils allaient promettre tellement de milliards de dollars que tout le monde serait content et que personne ne se rendrait compte de quoi que ce soit. Ce serait tellement gros que les gens n'y verraient que du feu. Eh bien, ça n'a pas fonctionné. Les stratèges libéraux se sont dit que les égoportraits ne fonctionnaient plus et qu'il fallait essayer le striptease budgétaire pour faire les choses différemment. Finalement, nous sommes ici pour dénoncer tout ça.
    Au Bloc québécois, nous avons fait des propositions au gouvernement. Plutôt que l'approche qu'il a prise, nous aurions aimé, par exemple, voir de l'argent pour les aînés âgés entre 65 ans et 75 ans, qui ne bénéficient pas de la même pension de la Sécurité de la vieillesse que ceux de 75 ans et plus. Nous pensons que tout le monde devrait avoir droit à une pension qui a du bon sens et qui permet de payer les dépenses. Tout le monde a un loyer et de la nourriture à payer. Les retraités, peu importe leur âge, ont des dépenses qui se ressemblent.
    Eh bien non, ça n'a pas été ça, la décision des libéraux. Nous avons fait d'autres propositions. Par exemple, nous avons proposé d'arrêter le financement des pétrolières. Les libéraux disent qu'ils vont le faire un jour. En 2015, quand ils ont été élus, cette promesse était dans leur plateforme. Maintenant, c'est encore dans leur plateforme. Ce sera peut-être toujours dans leur plateforme en 2050 ou en 2100.
    Malheureusement, nous étions malgré tout réalistes. Quand nous avons proposé ces éléments, nous nous doutions que les libéraux allaient faire autre chose. Nous avons tout de même tenté notre chance en espérant qu'ils allaient nous écouter et faire ce que nous demandions.
     À tout le moins, nous voulions qu'ils fassent une chose. Nous connaissons l'habitude des libéraux d'empiéter sur les champs de compétences qui ne sont pas les leurs. Nous leur avons dit que, s'ils faisaient ça, ils devaient donner un droit de retrait avec pleine compensation pour le Québec. Encore là, la réponse a été non. Je pense que le résultat du vote est encore plus éloquent: ça a l'air que les autres partis à la Chambre sont aussi d'accord sur la position des libéraux là-dessus.
    La raison pour laquelle ils ont dit non n'est pas compliquée, c'est parce que les seules compétences qui intéressent les libéraux, ce sont celles qui ne sont pas les leurs. En fait, ils ont réglé le problème avec leur budget: les champs de compétences n'existent plus pour le gouvernement libéral. Ce n'est pas compliqué. Ils ont fait disparaître la Constitution à papa. Pouf!
     Être premier ministre du Canada, ce n'est pas assez. Le député de Papineau a décidé qu'il allait devenir premier ministre des dix provinces, des trois territoires, puis en plus de ça, de toutes les municipalités d'un bout à l'autre du pays. Ce n’est pas pire, hein? C'est ça, ce budget. On a un premier ministre qui est le nouveau roi autoproclamé du Canada. C'est lui qui va gérer le système de santé au Québec. Il va débarquer dans les CHSLD, puis il va leur dire comment ça se gère, un CHSLD. ll va débarquer dans les bureaux de dentistes et il va leur dire comment on gère les bureaux de dentistes aussi, même si Québec a déjà des programmes pour aider les gens. Il va débarquer, par exemple, dans les hôpitaux pour dire aux gens comment gérer leurs hôpitaux, mais tout en leur disant qu'il ne leur donnera pas plus d'argent.

  (1345)  

    Il va en fait débarquer à peu près partout. Il va débarquer dans les villes. Il va décider des nouvelles règles d'urbanisme qui doivent s'appliquer dans nos villes. Il va même décider de taxer des terrains, ce qui n'est pas rien. Il va taxer les terrains dans les villes, pourtant un champ de compétence municipal. En fait, il va même aller jusqu’à gérer la cafétéria dans les écoles, on est rendu loin!
     En fait, ses affaires ne l’intéressent pas pantoute. Ce qui l’intéresse, ce sont nos affaires. C’est un peu comme le petit Joe Connaissant à l’école, qui disait toujours aux autres comment ça allait marcher, mais dont les affaires ne marchaient jamais. Il ne faut pas demander à Ottawa d’imprimer un passeport: ça ne l’intéresse pas et il n’en est pas capable. Qu’on ne lui demande pas non plus de gérer les frontières: ça ne l’intéresse pas plus et il n’en est pas capable. Quand ça relève d’Ottawa, ça ne l’intéresse pas. Ce n’est pas compliqué.
    En fait, depuis des années, j’avais de la misère à comprendre la fascination du premier ministre pour la monarchie. Maintenant, je commence à comprendre un peu plus. En fait, le roi, c’est quelqu’un qui n’est pas redevable au peuple. Il n’est redevable à personne, sinon qu'à lui-même et à Dieu, parce que c’est grâce à ce dernier qu’il est là. Ça peut être Allah, Bouddha ou Yahvé, ça dépend comment on veut l’appeler. Il est donc redevable à ce qui est plus haut; d’où l’idée de combattre, par exemple, la laïcité et la loi 21 et l’idée des hypothèques islamiques dans le budget. Dans le fameux monde postnational libéral, chaque religion a ses propres banques avec ses propres règles. Ce n’est pas à l’État d’établir les règles, non, c’est aux religions. Si on est chrétien, on va aller à la banque chrétienne, si on est musulman, on va aller à la banque islamique et, si on est juif, on va aller à la banque juive. N’est-ce pas beau, le vivre-ensemble? On va appeler ça la ségrégation positive: une post-nation monarchique et théocratique.
    On comprend que je fais des blagues, mais je ne trouve pas trop jolie la direction que ce gouvernement prend. Cependant, ce qui est triste, c’est que ce ne sont pas des blagues, parce que c’est dans le budget. C’est ça, la direction que ce gouvernement prend. On comprendra qu’à peu près n’importe quel Québécois qui lit ce budget et qui regarde ça va se dire qu'il veut sortir d’ici, parce que ça n’a pas de bon sens. Il est clair que ça nous prend l’indépendance parce que, sinon, ça ne sera pas long avant de ne même plus avoir de compétences provinciales. On n’aura plus de gouvernement du Québec et on n’aura plus de villes. Il ne va rester que le gouvernement à Ottawa, qui va décider de tout.
    Or, est-ce que le monde se fout tant que ça des compétences? C’est ça qu’il faut se demander en définitive, parce que c’est ce que le premier ministre nous dit. Il prétend que les gens se fichent des compétences, mais moi, je n'en suis pas si sûr.
    Regardons comment le gouvernement gère ses affaires, et prenons l'exemple de l'application ArriveCAN. Ça devait coûter 80 000 $ pour la concevoir, mais le montant final a été de 60 millions de dollars, et on n’est même pas encore sûr si c'est le vrai chiffre. On a eu deux gars dans leur sous-sol qui ont réussi à amasser 250 millions de dollars de contrats gouvernementaux et qui s'en sont mis plein les poches aux frais des contribuables. On a des soldats qui doivent aller acheter eux-mêmes leurs bottes parce que le gouvernement n’est pas capable de leur en fournir. On a un système de paye Phénix qui n’est pas capable de payer les fonctionnaires. On a des quais fédéraux et des gares de trains qui tombent en ruine. Je pense que le monde voit ces affaires et je pense que le monde ne se fout pas tant que ça des incompétences du gouvernement. Ça commence à paraître pas mal dans les sondages.
    On voit que la tentative de diversion du gouvernement pour nous faire regarder ailleurs alors que son bilan est horrible, ça ne marche pas pantoute. Ce qu’on voit, en fait, c’est un gouvernement complètement désorienté et qui a perdu la carte. On lui donnerait une boussole qu'il ne saurait même pas quoi faire avec.
    C’est pour ça que nous allons voter contre ce budget. C’est pour ça que le Bloc québécois va être sur son chemin. C’est pour ça aussi que nous, membres d'un parti indépendantiste, tenons à ce que le Québec soit respecté, que ses champs de compétence lui appartiennent et qu'il puisse prendre ses propres décisions sans constamment se les faire imposer par un autre gouvernement. Ce n’est pas à Ottawa de décider comment le Québec va gérer ses villes et ses hôpitaux. Ce n’est pas à Ottawa de décider ça. C’est même dans la Constitution du gouvernement qu’il ne doit pas gérer ça. Lui s’en fiche, mais pas nous. Nous allons le faire, notre pays.

  (1350)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis déçu que le Bloc ait décidé de voter contre le budget et les mesures budgétaires. Après avoir écouté le député d'en face, le mieux que je puisse dire, c'est que le gouvernement fédéral se soucie suffisamment de la situation pour mettre en place un régime d'assurance-médicaments, consacrer 200 milliards de dollars sur 10 ans aux soins de santé et fournir des repas à des centaines de milliers d'enfants. Le député ne reconnaît-il pas que le gouvernement national a un rôle à jouer au Canada, en matière d'éducation et de logement?
     Je suis très fier que le premier ministre soit venu rencontrer le premier ministre de la province et le maire à Winnipeg pour y faire une merveilleuse annonce sur le logement. Il n'y a rien de mal à ce que les gouvernements travaillent ensemble pour améliorer le sort des Canadiens. Pourquoi le Bloc insiste-t-il tant pour ne pas offrir les services que les Canadiens veulent, et pourquoi ne veut-il pas que le gouvernement fédéral y contribue?

[Français]

    Madame la Présidente, le député d'en face vient de faire la démonstration éloquente de la position de son gouvernement, c'est-à-dire celle d'une fuite en avant, de ne pas regarder la réalité, de ne pas regarder les affaires dont il a à s'occuper, puis de dire aux autres comment mener leurs affaires. La réalité, c'est que des garderies, nous en avons au Québec. Des écoles, nous en avons au Québec. Des hôpitaux, nous en avons au Québec. Ce n'est pas parfait, mais nous nous en occupons. Le gouvernement fédéral, il n'en a aucun. Ce n'est pas lui qui s'en occupe. Ce n'est pas lui qui gère ça.
    Qu'est-ce qu'ils ont à venir nous dire comment nous allons gérer ça? Pourquoi est-ce qu'un Canadien serait meilleur qu'un Québécois pour gérer?
    Une voix: Oh, oh!

  (1355)  

[Traduction]

     Si le secrétaire parlementaire a une autre question, il doit attendre le moment approprié pour la poser.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Courtenay—Alberni a la parole.
    Madame la Présidente, mon bon ami Joshua Charleson, de la nation Hesquiaht, ancien chef élu de cette nation qui travaille pour la Coastal Restoration Society est en ville pour parler de l'importance d'une économie de la restauration lorsqu'il s'agit de nettoyer nos voies navigables et nos océans.
     Nous avions un programme historique, le Fonds pour les engins fantômes, un programme de classe mondiale que le gouvernement libéral a supprimé du budget. Il était essentiel pour éliminer des produits comme le polystyrène et les engins de pêche qui infectent et dévastent notre écosystème. En ce qui concerne la sécurité alimentaire, il a eu un impact très important sur les Autochtones en particulier, sur leurs besoins traditionnels et culturels, et sur l'économie bleue. Je sais que mon collègue vit au bord d'une voie navigable et qu'il se préoccupe beaucoup de l'environnement. Est-il également déçu que le gouvernement libéral ait supprimé ce programme historique? Alors que nous venions à peine de conclure une convention internationale avec les Nations Unies sur la lutte contre la pollution par le plastique, qu'a fait le gouvernement? Il a supprimé des programmes historiques. Ce n'est pas du leadership.

[Français]

    Madame la Présidente, je n'ai pas l'impression que la question de mon collègue porte sur le budget. Je ne connais pas le programme auquel il fait référence, mais cela va me faire plaisir d'en discuter avec lui après mon intervention et ce débat, s'il y a possibilité de le faire.
    La question que je me pose, c'est pourquoi on a systématiquement et toujours un gouvernement du NPD — ou plutôt un parti du NPD, mais c'est presque un gouvernement qu'on a là — qui décide de demander au gouvernement en place d'intervenir toujours plus dans les compétences que sont celles du Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'apprécie le débat que nous tenons aujourd'hui, mais j'aimerais demander à mon collègue s'il peut nous faire part de quelques réflexions sur l'état des finances de notre pays. De plus en plus, d'éminents économistes du monde entier nous disent que si nous continuons sur cette lancée, les générations futures de Canadiens en souffriront beaucoup.

[Français]

    Madame la Présidente, si je m'inquiète, comme mon collègue, des déficits monstrueux du gouvernement, qui n'a pas de plan nécessairement de retour à l'équilibre budgétaire, le ratio dette-PIB n'est pas nécessairement des plus apeurants pour autant.
    Je peux comprendre que mon collègue ait une inquiétude, mais je m'inquiète plus de voir de l'argent fédéral utilisé à des fins qui ne relèvent pas du fédéral et servir dans des champs de compétence qui ne sont pas ceux du gouvernement. Mon inquiétude, finalement, c'est qu'Ottawa nous étouffe toujours un peu plus et que les Québécois n'en aient pas plus pour leur argent.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je crois qu'il me reste environ une minute avant le début de la période des questions. J'aimerais d'abord dire que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Saint-Laurent.
     Avant de passer à mes observations sur le budget, que je ne présenterai qu'après la période des questions, j'aimerais rendre hommage à un membre de la communauté italo-canadienne qui est malheureusement décédé il y a quelques semaines. Corrado Paina, de la Chambre de commerce italienne de l'Ontario, était une personne chère à notre communauté. Il a tant fait pour notre collectivité. C'était un ami, un mentor et une personne que j'ai beaucoup aimé fréquenter. Corrado Paina était unique en son genre. Nous sommes allés à la célébration de sa vie vendredi matin, et plusieurs centaines de personnes de notre communauté étaient là pour célébrer une personne remarquable qui a tant donné à notre communauté.
     En 2017, Corrado Paina a aidé à organiser un voyage en Italie pour les représentants d'entreprises italo-canadiennes, une activité à laquelle j'ai participé lorsque le premier ministre s'est rendu en Italie pour le G7. Beaucoup plus que cela, c'était quelqu'un avec qui j'aimais me promener le long de la rue College, au centre-ville de Toronto, et parler de politique, d'économie et de philosophie. Au cours des neuf dernières années, il m'a toujours donné de précieux conseils et a toujours été un grand ami. Il nous manque, à moi et à beaucoup d'autres.
     [Le député s'exprime en italien.]
[Traduction]
    Je sais que Corrado Paina regarde bon nombre d'entre nous de là-haut et qu'il nous dit de continuer à faire du bon travail pour notre collectivité et pour tous les Canadiens.
    J'ai hâte de reprendre le débat sur le budget après la période des questions.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Madame la Présidente, les événements douloureux qui se déroulent à Gaza affectent grandement beaucoup de gens au Canada, surtout les membres des communautés musulmanes et juives. Nous devons trouver des moyens d’exprimer pacifiquement nos désaccords tout en respectant la liberté d'expression ainsi que le droit de manifester et de se sentir en sécurité à l’école et dans les lieux de culte.
     Bien des gens m’ont fait part de leur inquiétude face à la menace qui pèse sur les droits que leur confère la Charte. On s’efforce dans notre pays de marginaliser et de réduire au silence les voix propalestiniennes, ainsi que de redéfinir et d’étiqueter à tort les symboles culturels, tel que le keffieh, comme des symboles terroristes. C’est inacceptable. Il est malhonnête et honteux de faire l’amalgame entre le soutien au peuple palestinien et le soutien à une organisation terroriste.
     Comme la plupart des Canadiens, la plupart des manifestants demandent un cessez-le-feu, une aide humanitaire et le retour des otages et des prisonniers. À l'heure où le gouvernement met à jour sa stratégie de lutte contre le racisme, je lui demande instamment de se pencher sur le racisme antipalestinien et anti-arabe et de le définir.

La Journée de la Constitution de la Pologne

    Monsieur le Président, je prends la parole en tant que député d’origine polonaise pour me joindre à la diaspora polonaise canadienne afin de célébrer la Journée de la Constitution de la Pologne. Cette journée commémore l’adoption de la Constitution le 3 mai 1791, l’une des premières constitutions modernes de la planète. Elle montre que, malgré l’occupation, la guerre et les communistes, la défense de la liberté de la démocratie chez les Polonais a perduré à travers les siècles.
     La semaine dernière, le Canada et l’Alberta ont eu l’honneur d’accueillir le président polonais qui a exprimé l’enthousiasme de son pays pour un partenariat avec le Canada, notamment en ce qui concerne notre avenir énergétique. Du gaz naturel liquéfié à l’hydrogène en passant par le nucléaire, l’avenir est assurément prometteur. Lorsque je me suis entretenu avec le président Duda, nous avons tous deux réfléchi à la façon dont nos peuples prospèrent lorsque nous agissons.
    À l'occasion de célébration de la Journée de la Constitution de la Pologne et, pour la première fois au Canada, du Mois du patrimoine polonais, rappelons-nous les principes de la démocratie, des droits de la personne et de la liberté que la Constitution de 1791 symbolise. Je souhaite une heureuse Journée de la Constitution à toutes les personnes d’origine polonaise au Canada et dans le monde entier.

L'organisme Trace the Lace

     Madame la Présidente, Ottawa et d'autres villes sont aux prises avec un nombre de décès sans précédent attribuables aux opioïdes et aux benzodiazépines de confection. Ces nouvelles substances nécessitent que nous actualisions nos stratégies d'intervention.
     Nos enfants sont plus que de simples numéros. Chaque augmentation du nombre de décès par surdose représente un enfant, un membre de la famille ou un ami de quelqu'un. Il est essentiel d'obliger les trafiquants de drogue responsables de ces tragédies à rendre des comptes. S'ils ne subissent pas de conséquences, ils persisteront à inonder nos rues de leurs produits et à mettre nos jeunes en danger.
     Je tiens à remercier Natalie Bergin, Jayne Egan et Janet Tonks d'avoir pris l'initiative et de s'être organisées afin de lutter contre ce problème important. Elles ont mis sur pied un organisme, Trace the Lace, afin que justice soit rendue aux enfants qui sont morts à cause de ces drogues. Faisons notre part pour soutenir Trace the Lace.

[Français]

Le 50e anniversaire de l'École Chavigny

    Monsieur le Président, mon école secondaire, l'École Chavigny, fête cette année son 50e anniversaire.
    L'école a accueilli ses premiers élèves au cours de l'année scolaire 1974. À l'époque, c'était encore la polyvalente Chavigny. Lors de son inauguration, l'école était située dans un champ, loin de tout, au bout de ce qui s'appelait encore Trois-Rivières-Ouest.
    De nos jours, près de 2 000 élèves fréquentent l'école annuellement et un quartier de la ville de Trois-Rivières porte son nom. L'école se distingue notamment par son programme d'art dramatique, un programme au cours duquel les élèves développent leurs compétences en appréciation, en création et en interprétation de plusieurs œuvres théâtrales. Les finissants en théâtre ont l'honneur de représenter annuellement le Québec dans le cadre d'un festival de théâtre à l'étranger. Dans cet esprit, l'école Chavigny, membre du réseau ArtDraLa, accueille aussi le Festival international de théâtre francophone AQEFT. Une grande célébration aura lieu le 4 mai prochain pour souligner son 50e anniversaire.
    Je salue Jonathan Bradley, le directeur de l'école, en souhaitant qu'il ne trouve jamais mon dossier disciplinaire.

Louise Bourgault

    Monsieur le Président, engagée et dynamique sont les qualificatifs qui décrivent le mieux Louise Bourgault.
    À la tête de la Chambre de commerce et industrie de Sherbrooke pendant 18 ans, lorsqu'on croisait Louise dans un événement professionnel, elle n'avait jamais l'air de se sentir obligée d'y être en raison de sa fonction. Le plaisir qu'elle semblait avoir à faire son travail en disait long sur l'importance qu'elle accordait à sa mission: le développement économique de Sherbrooke.
    À plusieurs reprises, nous avons collaboré sur différents dossiers et son professionnalisme était sans faille. Toujours ouverte aux propositions d'initiative, je me souviens plus particulièrement de son implication dans le projet de forum sur la relance économique que nous avions organisé ensemble après les premiers mois de la pandémie.
    Récemment, elle quittait ses fonctions afin de profiter d'une retraite bien méritée. Je lui souhaite de s'épanouir pleinement dans ses projets personnels et je la remercie au nom des Sherbrookoises et des Sherbrookois de son dévouement pour le développement économique de Sherbrooke.

  (1405)  

[Traduction]

Mark Snider

    Monsieur le Président, la citation suivante est tragique. Ces mots ne devraient jamais être prononcés, mais ce sentiment est trop souvent exprimé: « Je ne suis pas en colère contre mon bon garçon, je ne suis pas en colère contre ceux qui l’ont fait souffrir encore plus qu’il souffrait déjà. Je suis attristée pour ces personnes parce qu’elles ne comprennent pas la maladie mentale et j’espère qu’elles en prendront conscience. J’ai le cœur brisé et je suis frustrée que nous ne disposions pas des ressources nécessaires pour les personnes qui vivent avec une [maladie] mentale et pour celles qui voient leurs proches souffrir. Chaque jour, j’ai du mal à accepter que même si j’ai fait de mon mieux, cela n’a pas été suffisant. Je n’ai pas réussi à garder mon fils en vie. »
     Confrontée à la pire situation qu’une mère puisse imaginer, Louri a décidé d’honorer la mémoire de son fils Mark en sensibilisant le public à la terrible maladie qui l’a emporté.
     La maladie mentale, la santé mentale et le suicide touchent des personnes de tous les âges et de toutes les professions. Ces enjeux nous touchent tous, souvent au moment où nous nous y attendons le moins.
     Il incombe à chaque élu dans cette enceinte de donner les outils nécessaires à nos professionnels de la santé pour lutter contre la maladie mentale sous toutes ses formes.

La fédération juive d'Ottawa

    Monsieur le Président, je prends la parole pour souligner les 90 ans d’existence de la fédération juive d'Ottawa. Les origines de la fédération remontent à 1934, dans un contexte de montée de l’antisémitisme et des problèmes économiques causés par la Grande Dépression.
     Dès le début, les congrégations Agudath Achim, Adath Jeshurun, Mackzikei Hadas et B’nai Jacob ont reconnu le pouvoir de l’unité, comprenant qu’elles étaient plus fortes ensemble. Grâce au leadership de visionnaires tels que le rabbin A. H. Freedman, Casper Caplan, Archibald Jacob Freiman, Thomas Schwartz, Norman Zagerman et le rabbin Reuven Bulka, la fédération a laissé une marque incroyable sur notre communauté d’Ottawa. Depuis 2005, la fédération a amassé plus de 107 millions de dollars pour la communauté juive. Elle a distribué gratuitement des milliers de livres juifs à Ottawa, et ce n’est pas tout.
     L’histoire de la fédération juive d'Ottawa témoigne de la force et de la résilience de la communauté juive face à l’adversité. Dans les périodes de tension, comme aujourd’hui, la fédération continue de mener la lutte contre les préjugés, la discrimination et l’antisémitisme.
     Félicitations à la fédération juive d'Ottawa pour sa contribution au développement et au service de la communauté.

Le Mois mondial de lutte contre le paludisme

    Monsieur le Président, avril est le Mois mondial de lutte contre le paludisme. Le paludisme continue de faire des ravages dans le monde et, malheureusement, notre pays n'est pas épargné. En effet, le paludisme tue encore près de 500 Canadiens chaque année.
     Lorsque survient une tragédie, certains transforment leurs souffrances en un mouvement de sensibilisation. C'est le cas d'Olugu Ukpai, d'Halifax, qui s'est donné comme mission d'éradiquer le paludisme après avoir perdu sa fille de 16 mois, Goodness Olugu Ukpai, des suites de cette maladie.
     M. Ukpai joue un rôle central dans la sensibilisation au paludisme en organisant des séances de tam-tams pour sensibiliser le public à ce problème urgent. M. Ukpai et les membres de sa famille, les frères et sœurs de Goodness, sont célèbres chez eux au sein de l'inspirant groupe des Halifax Multicultural Drummers, et ils ont dirigé la commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 16 avril dernier à Halifax, avec des invités spéciaux et des joueurs de tam-tams de diverses régions du continent africain. Des artistes et des membres de la communauté se sont rassemblés pour appuyer la cause et engager Halifax dans la lutte contre cette maladie.
     La sensibilisation au paludisme s'intensifie, et nous devons maintenir cet élan. Je tiens à exprimer ma gratitude à Olugu Ukpai pour son dévouement indéfectible.

  (1410)  

L'économie

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, se nourrir, se chauffer et se loger n'a jamais coûté aussi cher.
    Le premier ministre fait semblant que tout va bien, mais ce n'est pas le cas. Il est complètement dans le déni.
    Pensons au coût de l'épicerie et du logement. Le coût de la vie n'est plus abordable pour qui que ce soit. Les déficits records du premier ministre ont fait grimper les taux d'intérêt à des sommets vertigineux, et le rêve d'accéder à la propriété est tout simplement réduit à néant.
    Alors que les Canadiens peinent à se maintenir à flot, qu'a fait le premier ministre? Il les a fait couler à pic en augmentant la taxe sur le carbone de pas moins de 23 %, ce qui a fait grimper le prix de l'essence, de l'épicerie et de tout le reste.
    Au Canada, des millions de personnes ont recours aux banques alimentaires. Ce n'est plus le pays dans lequel j'ai grandi. J'ai peine à le reconnaître.
    Il est évident que le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût. Les choses n'étaient pas ainsi avant l'arrivée du premier ministre. Elles ne seront plus les mêmes non plus après son départ, car les conservateurs feront baisser les prix en abolissant la taxe et en redressant le budget.

Les ambulanciers canadiens

    Monsieur le Président, les Canadiens savent que, lorsqu'ils demandent une aide médicale d'urgence, une équipe d'ambulanciers compatissants et compétents est prête à intervenir. Les Canadiens s'attendent à des soins de santé solides et adaptés, et les ambulanciers font partie intégrante de nos équipes d'intervention d'urgence.
     Aujourd'hui, nous avons l'honneur d'accueillir une délégation d'ambulanciers de l'Association des paramédics du Canada sur la Colline du Parlement pour discuter des priorités en vue de faire reconnaître les ambulanciers pour les soins essentiels qu'ils prodiguent. Représentant près de 30 000 ambulanciers au Canada qui ont répondu à plus de 3 millions d'appels de service, l'Association des paramédics du Canada milite en faveur de l'avancement des services paramédicaux pour s'assurer qu'ils sont accessibles, adaptés, proactifs et sûrs.
     Les ambulanciers sont essentiels à la sécurité de nos collectivités. Le gouvernement se réjouit à l'idée de poursuivre son travail avec l'Association des paramédics du Canada afin de servir les Canadiens et de leur offrir les services de premiers répondants qu'ils méritent.

Le coût de la vie

    Monsieur le Président, après neuf années à dépenser sans compter, tout ce que le premier ministre et son gouvernement néo-démocrate-libéral ont réussi à faire, c’est d’empirer la vie des Canadiens.
     Tandis que les familles de tout le pays ont du mal à joindre les deux bouts, le premier ministre continue de dépenser plus d’argent emprunté que jamais. Le prix de l’essence a augmenté de façon spectaculaire en raison de la taxe sur le carbone qui ajoute près de 20 ¢ le litre. Dans certaines régions du pays, cela fait des années qu'il n'a pas été aussi élevé. Les agriculteurs, ceux-là mêmes qui nourrissent le Canada et le monde doivent payer des milliers de dollars de plus chaque année pour mener leurs activités à cause de la taxe sur le carbone, qui a augmenté de 23 % au début du mois et qui continuera d’augmenter.
     Compte tenu des dépenses inflationnistes du premier ministre, qui font grimper le coût de tout et qui gardent les taux d’intérêt à un niveau élevé, il n’est pas étonnant que les Canadiens s’appauvrissent. Il doit abolir la taxe sur les agriculteurs et les produits alimentaires en adoptant le projet de loi C-234 dans sa version initiale.
     Les Canadiens ont besoin d’aide et, malheureusement, ils ne l’obtiendront pas de l’actuel premier ministre qui n’en vaut tout simplement pas le coût.

Les surdoses de drogue au Canada

    Monsieur le Président, la principale cause de décès chez les enfants en Colombie-Britannique est la surdose.
     Les surdoses sont responsables de plus de décès en Colombie-Britannique que les homicides, les suicides, les accidents et les maladies naturelles combinés. Depuis 2016, plus de 42 000 Canadiens ont tragiquement perdu la vie à cause de surdoses.
     Après neuf ans, les politiques extrémistes du gouvernement néo-démocrate—libéral en matière de drogues ont littéralement transformé nos quartiers en zones de guerre, et les chiffres ont triplé. Incroyablement, le gouvernement veut aller encore plus loin et légaliser la cocaïne, la méthamphétamine, l’héroïne, le crack et le fentanyl. On consomme des drogues dures dans les terrains de jeux, les parcs, les cafés et même dans les hôpitaux.
     Le NPD de David Eby a enfin admis que les politiques extrémistes du premier ministre en matière de drogues ont totalement échoué, laissant dans leur sillage des vies ruinées et des familles endeuillées. Le premier ministre doit mettre fin dès aujourd’hui à son expérience ratée en matière de drogues ou, mieux encore, se retirer et laisser un gouvernement conservateur plein de gros bon sens financer le traitement et la guérison afin de ramener nos proches à la maison.

[Français]

Le Mois de la sensibilisation au cancer

    Monsieur le Président, en cette dernière journée du Mois de la sensibilisation au cancer, j'aimerais porter à la tribune non seulement mon histoire personnelle, mais aussi celle de milliers de Lavallois. Depuis février 2013, je vis chaque jour avec de la gratitude pour ma rémission. Cependant, le cancer continue d'avoir des conséquences sur des vies, y compris sur celle de ma chère sœur Nina, qui est actuellement en traitement.
    Laval possède une communauté résiliente, pleine de courage et de détermination. Chaque année, des familles, des amis et des voisins luttent contre cette maladie dévastatrice. Dans la lutte contre le cancer, chaque histoire est un rappel poignant de notre lutte commune. Chaque instant compte, chaque action a des effets et l'espoir d'une cure est une bouée à laquelle on s'accroche. Engageons-nous avec conviction pour que notre avenir soit un avenir sans cancer.

[Traduction]

    Nina, je t'aime, ma sœur.

  (1415)  

L'itinérance

    Monsieur le Président, la crise de l’itinérance dans le nord de l’Ontario est devenue un drame social.
     Les municipalités, les organismes et les systèmes de soins de santé sont à bout de souffle, mais le gouvernement dit aux organismes de première ligne de se préparer à des compressions massives. Le programme Vers un chez-soi est une bouée de sauvetage indispensable pour les collectivités du Nord, mais le gouvernement a dit au district de Cochrane, qui comprend Timmins, de se préparer à une réduction de 52 % de son financement. Sault Ste. Marie subira des compressions de 60 %, tandis que Sudbury et Nipissing subiront une réduction de 70 %. Cela va dévaster notre région et mettre en danger des personnes vulnérables.
     Dans le budget de 2024, les libéraux se sont vantés des sommes qu’ils allaient investir dans le logement et les mesures pour les sans-abri. Les belles paroles ne permettront pas d’assurer la sécurité des gens. Le gouvernement fait fi des appels à la clarté lancés par les municipalités du nord de l'Ontario. C'est inacceptable.
     Les gens qui vivent au nord posent une question simple à leurs députés libéraux: vont-ils se battre pour annuler ces compressions et veiller à ce que davantage de fonds soient mis sur la table pour lutter contre le cauchemar de l’itinérance dans le nord de l’Ontario?

[Français]

Gilles Perron

     Monsieur le Président, j'aimerais souligner aujourd'hui la contribution remarquable d'un de mes prédécesseurs comme député du Bloc québécois de Rivière-des-Mille-Îles, l'honorable Gilles Perron.
     Quand j'ai décidé de me présenter, Gilles m'a dit que si je n'usais pas une paire de chaussures pendant ma campagne électorale, je ne méritais pas de gagner. De plus, il me disait de bien profiter du soir de ma victoire, parce que dès le lendemain, on retourne en campagne électorale.
     Pendant plus de onze ans, Gilles en a usé des paires de chaussures pour aller à la rencontre de ses concitoyens. Cependant, sa plus grande contribution politique, c'est que, grâce à lui, on reconnaît enfin aujourd'hui le syndrome de stress post-traumatique chez les anciens combattants. On parle d'un moment historique pour les gens qui ont défendu notre démocratie.
    À quelques pas de son dernier souffle, je promets à Gilles d'honorer son legs politique au service des blessés invisibles. Pour Rivière-des-Mille-Îles, j'userai encore mes chaussures en pensant à lui.
    Gilles, nous vous aimons.

[Traduction]

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, après neuf ans, le gouvernement néo-démocrate—libéral ne vaut pas les drogues, le désordre, la mort et la destruction. En Colombie-Britannique, de plus en plus de gens meurent parce que les drogues mortelles financées par les contribuables envahissent les rues. Les terrains de jeux des enfants sont jonchés de seringues et de pipes à crack, et il est impossible pour les forces de l’ordre de faire leur travail et d’assurer la sécurité des collectivités.
     Un an après que le premier ministre a rendu légaux le crack, l’héroïne, le fentanyl, la méthamphétamine et d’autres drogues en Colombie-Britannique, un nombre record de 2 500 Britanno-Colombiens ont perdu la vie à cause de la toxicomanie. L’année dernière, l’ancienne ministre des Dépendances nous a assuré que le gouvernement mettrait fin à cette expérience mortelle si les indicateurs de santé publique et de sécurité n’étaient pas atteints. Les deux signalent un échec, et le premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique supplie aujourd’hui le premier ministre de les sauver de cette politique ratée, mais la ministre des Dépendances refuse de prendre des mesures immédiates.
     Aujourd’hui, le premier ministre veut étendre sa politique ratée de drogues mortelles à la plus grande ville du Canada, Toronto, malgré l’opposition du premier ministre de la province.
     Combien de Canadiens devront encore mourir avant que les néo-démocrates et les libéraux mettent enfin un terme à cette politique de décriminalisation des drogues qui a échoué?

Le coût de la vie

    Monsieur le Président, le budget de 2024 promet d’offrir une vision du Canada plus juste et plus abordable pour chaque génération.
     Dans ma circonscription, Mississauga—Erin Mills, les habitants, en particulier les jeunes, méritent d’avoir une chance équitable d’acheter leur propre maison. C’est pourquoi le budget de 2024 propose un plan ambitieux d’investissement dans davantage d’initiatives de logements abordables afin de libérer 3,87 millions de logements supplémentaires d’ici 2031 pour les Canadiens.
     Le budget de 2024 investit également un milliard de dollars dans le programme national d’alimentation en milieu scolaire au profit de plus de 400 000 enfants canadiens, afin qu’aucun enfant de ce pays n’aille à l’école le ventre vide. Comme nous le savons, à ventre plein, esprit vif.
     De nombreux aspects du budget de 2024 contribuent à renforcer la classe moyenne, et j’encourage tous les membres de la Chambre à soutenir ce budget.

Questions orales

[Questions orales]

  (1420)  

[Français]

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, après neuf ans, ce premier ministre n'en vaut pas le crime et les drogues.
    Ses politiques extrêmes et radicales sur les drogues, appuyées par le Bloc québécois, ont fait tripler le nombre de morts par surdose. Dans le Journal de Montréal, on lit aujourd'hui « Seringues au sol, scènes dégradantes et débordements: un décor chaotique près d'un centre d'inhalation supervisé à deux pas d'une école à Montréal ».
    Quand va-t-il renverser ses politiques radicales qui causent la mort?
    Monsieur le Président, la crise des opioïdes est terrible et fait des ravages partout au pays. Cependant, ce qu'elle exige en termes de réponse, ce n'est pas plus d'idéologie conservatrice. Ce sont des réponses basées sur la compassion, sur les soins de santé, sur la science et sur les processus qui ont fait leurs preuves.
    Nous allons continuer de travailler en partenariat avec les provinces et avec les communautés pour répondre à cette crise de santé publique de façon rigoureuse et compatissante. C'est ce à quoi les Canadiens s'attendent.

[Traduction]

    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre n'en vaut pas la drogue et les décès. Sa politique extrême et radicale sur la drogue a fait grimper de 380 % le nombre de décès par surdose en Colombie-Britannique. Au cours de l'année qui a suivi sa décriminalisation du crack, de l'héroïne et d'autres drogues dures dans les hôpitaux, les autobus municipaux, les cafés et les parcs où les enfants jouent, il y a eu un nombre record de 2 500 décès.
    Le premier ministre va-t-il se rendre à la demande du gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique et recriminaliser ces drogues?
    Monsieur le Président, je viens de répondre à cette question.
    La question à laquelle le chef de l'opposition n'a pas répondu, lui, c'est pourquoi il a choisi de continuer de courtiser des groupes nationalistes d'extrême droite comme Diagolon. Il refuse de dénoncer ces extrémistes qui ne croient pas que les Canadiens devraient vivre ensemble. Ils appellent plutôt à la guerre et disent aux gens de suivre leur instinct en conséquence.
    Le chef du Parti conservateur du Canada sollicite activement le soutien de groupes de nationalistes blancs. C'est troublant. Il doit prendre la parole et présenter des excuses maintenant.
    Des voix: Oh, oh!
    Chers collègues, la période des questions vient tout juste de commencer. Essayons de faire preuve de retenue.
    Je demanderais au député de St. Albert—Edmonton de laisser les députés poser des questions et y répondre.
    Le chef de l'opposition a la parole.
    Monsieur le Président, je condamne toujours l'extrémisme et le racisme, y compris de la part de l'homme qui a passé la première moitié de sa vie adulte à être raciste, à se déguiser avec d'affreux costumes racistes...
     Des voix: Oh, oh!
    Le chef de l'opposition sait que les attaques personnelles directes sont inappropriées.
     Des voix: Oh, oh!
     Le Président: Je demande à tous les députés de garder leur calme.
    Je vais demander au chef de l'opposition de reformuler sa question et de recommencer depuis le début.
    Monsieur le Président, je condamne également l'extrémisme d'un premier ministre qui donne des centaines de milliers de dollars pour lutter contre le racisme à une personne qui hait les Juifs et qui a suggéré de leur tirer une balle dans la tête. Je condamne un premier ministre qui permet au Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui a assassiné 55 Canadiens, de continuer à opérer en toute légalité. Je condamne un premier ministre qui permet la consommation ouverte de crack, d'héroïne et de méthamphétamine et la présence d'armes dans les chambres d'hôpitaux, ce qui met en péril les infirmières, et dans les autobus scolaires à côté des enfants.
    Le premier ministre va-t-il annuler ses politiques extrémistes qui causent des décès?
    Monsieur le Président, le chef d'en face nous montre un parfait exemple de leadership honteux et mou. Il serre la main de nationalistes blancs, puis sollicite activement le soutien des membres de ces groupes qui...
     Des voix: Oh, oh!

  (1425)  

     À l'ordre, s'il vous plaît.
    Si la députée de Lethbridge a des problèmes avec la présidence, elle doit contester la décision de la présidence; toutefois, comme elle le sait, le fait de contester la décision de la présidence est contraire au Règlement de la Chambre. Je demande à la députée de bien vouloir retirer ses propos.
    Monsieur le Président, j'ai dit que la présidence agissait de manière disgracieuse...

Désignation d'un député

    Madame Thomas, je dois vous désigner par votre nom pour n'avoir pas respecté l'autorité de la présidence.
    Une voix: Elle a retiré ses paroles.
    Le président: Conformément aux pouvoirs que m'accorde l'article 11 du Règlement, je vous ordonne de vous retirer de la Chambre et de toute participation par vidéoconférence pour le reste de la séance d'aujourd'hui.
    [Et Mme Thomas s'étant retirée:]
    Pour en revenir au point initial, je vais demander au premier ministre de recommencer et de bien vouloir, à l'instar de ce que j'ai demandé au chef de l'opposition, reformuler sa question d'une manière qui ne remet pas en question le caractère d'un député en particulier.

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, le chef de l’opposition nous montre encore une fois ce qu'il est prêt à faire pour gagner des votes en se livrant à des attaques personnelles. Il serre la main du dirigeant d'un groupe nationaliste blanc, il courtise activement les membres de ce groupe pour obtenir leur appui et s'imagine qu'il peut s'en tirer. Ce groupe préconise la violence contre les Canadiens 2ELGBTQI+, contre les hindous et les sikhs, et contre les musulmans et les juifs. Diagolon s'oppose à tout ce que nous défendons en tant que Canadiens et, pourtant, il ne dénonce pas ses membres ni ce qu'ils préconisent. C'est honteux.
    Monsieur le Président, c'est faux, comme tout ce que dit le premier ministre. Il se sert de la peur et du mensonge, et de cette dernière distraction, parce qu'il ne veut pas accepter le fait qu'il est devenu tellement extrême et radical que même le NPD de la Colombie‑Britannique prend ses distances en ce qui concerne la décriminalisation du crack, de l'héroïne, de la méthamphétamine et d'autres drogues dures dans les chambres d'hôpital, ce qui oblige des infirmières à cesser d'allaiter leurs bébés de peur que l'air contaminé se retrouve dans leur lait maternel.
    Pourquoi n'interdit-il pas ces drogues?
    Monsieur le Président, le chef de l'opposition refuse toujours de condamner ces groupes. Un chef qui a besoin de l'appui d'un groupe de nationalistes blancs d'extrême droite pour recueillir des fonds et s'approcher du pouvoir n'est pas digne d'une charge publique. Il est en politique depuis 19 ans. Il agit en toute connaissance de cause et il croit pouvoir s'en tirer à bon compte. Il a fait le choix de courtiser des nationalistes blancs. Ce n'est pas un accident. Il fait aussi le choix de persister, dans sa quête de votes, à ne pas les condamner et à ne pas condamner tout ce qu'ils représentent.
    Une voix: Oh, oh!
    Pour la deuxième fois, je demande au député de St. Albert—Edmonton de s'abstenir d'intervenir tant qu'il n'a pas la parole.
    Le chef de l'opposition a la parole.

  (1430)  

    Monsieur le Président, le premier ministre fait le choix de mettre en œuvre des politiques extrémistes qui tuent 2 500 Britanno‑Colombiens chaque année. Depuis que le NPD lui a demandé de faire marche arrière concernant la politique radicale des libéraux, qui était aussi celle des néo-démocrates, 22 Britanno‑Colombiens sont morts par suite d'une surdose de drogue, mais il continue de laisser les drogues tuer des gens dans les hôpitaux et les transports en commun.
    Quand mettra-t-on fin à la politique cinglée de ce premier ministre cinglé?
    Non, ce n'est pas acceptable. Il se passe ici aujourd'hui un certain nombre de choses qui ne sont pas acceptables. Je demande à tous les députés de bien vouloir garder leur calme.
    Je vais demander deux choses. Premièrement, je demande au chef de l'opposition de retirer le terme qu'il a employé, qui est considéré comme non parlementaire.
    Monsieur le Président, je remplace le mot « cinglé » par « extrémiste ». Le premier ministre est un...
    Je demande encore une fois au chef de l'opposition de se contenter de retirer ce commentaire.
    Monsieur le Président, je vais le remplacer par « radical ». C'est ce qui qualifie la politique du premier ministre.
    Non, je ne demande pas un remplacement: je demande au député de se contenter de retirer son commentaire.
    Monsieur le Président, je remplace le mot « cinglé » par « extrémiste ».
    Je demande pour la dernière fois au chef de l'opposition de bien vouloir se contenter de retirer son commentaire.
    Monsieur le Président, je me contente de retirer ce mot pour le remplacer par l'autre adjectif que j'ai mentionné.

Désignation d'un député

     Monsieur Poilievre, je dois vous désigner par votre nom pour n'avoir pas respecté l'autorité de la présidence.
    Conformément aux pouvoirs que m'accorde l'article 11 du Règlement, je vous ordonne de vous retirer de la Chambre pour le reste de la séance d'aujourd'hui.
    [Et M. Poilievre s'étant retiré:]

  (1435)  

    Le deuxième point que je souhaitais soulever, c'est que j'ai entendu quelqu'un chahuter à l'autre bout de la Chambre. Je n'ai pas pu voir de qui il s'agissait, mais je demande à tous les députés de se comporter d'une manière digne de la Chambre.
    Le premier ministre a la parole.

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, si le chef de l’opposition veut parler d'extrémisme, il faut rappeler qu'il y a une semaine, il s'est rendu dans un campement de Diagolon. Diagolon trouve inacceptable qu'au Canada, les minorités bénéficient des mêmes protections que tout le monde et que ces droits soient protégés par la Charte.
    Pas plus tard qu'hier, une semaine après la rencontre du chef conservateur avec...
     Des voix: Oh, oh!
    Je demanderais au député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes de ne prendre le micro que lorsqu'on lui permet de poser une question.
    Il reste 15 secondes au premier ministre pour terminer sa réponse.
    Monsieur le Président, cette association du chef de l’opposition avec Diagolon et son dégoût pour les droits protégés par la Charte l'ont amené, pas plus tard qu'hier, soit une semaine après sa rencontre avec des membres de Diagolon, à prononcer un discours dans lequel il a promis d'outrepasser la Charte des droits et libertés, les droits des Canadiens et notre système de justice. Cette déclaration...
    Le député de Beloeil—Chambly a la parole.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, je me permets de vous féliciter pour avoir fait preuve de gros bon sens.
    Si la présidence veut davantage de questions, nous sommes prêts à en poser plein.
    Force est d’admettre que de programmes de rachat des armes à feu en système de paie Phénix, en émission de visas, en McKinsey et en GC Strategies, le gouvernement a une gestion très chaotique. Plutôt que de faire ingérence dans les compétences du Québec et des provinces, pourquoi ne se contente-t-il pas de faire des transferts sans condition?
    Monsieur le Président, en tant que premier ministre, j'ai la responsabilité de me préoccuper de tous les Canadiens d'un bout à l'autre de ce pays. En tant que député de Papineau et fier Québécois, je vais certainement me pencher sur le sort de mes concitoyens québécois aussi. C'est pour cela que nous travaillons main dans la main avec les provinces d'un bout à l'autre du pays pour fournir les services, les soins et l'appui dont les Canadiens ont besoin dans ces moments difficiles.
    Nous allons continuer d'être là pour investir dans les communautés, pour investir dans les Canadiens et pour investir dans leur avenir en partenariat avec les provinces et les municipalités.

Les relations intergouvernementales

    Monsieur le Président, nous en parlerons du « main dans la main avec les provinces », mais, après des fariboles dignes de Pinocchio, voilà que les conservateurs votent avec les libéraux. Ils partagent avec eux l'obsession d'empiéter sur les compétences des provinces.
    Malgré une demande de tous les premiers ministres — « main dans la main », mon œil —, les libéraux et les conservateurs votent contre une motion sur le respect des compétences du Québec.
    Puis-je faire une suggestion tant aux conservateurs qu'aux libéraux? S'ils s'intéressent au Québec, qu'ils lisent le programme du Bloc québécois.
     Monsieur le Président, le programme du Bloc québécois consiste à créer des chicanes entre le Québec et Ottawa.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes là pour investir dans l'avenir des Québécois. Nous sommes là pour investir dans les familles, dans les aînés. Nous sommes là pour offrir des soins dentaires, à partir de demain, aux aînés du Québec comme à ceux de partout au Canada. Nous sommes là pour investir pour davantage de places en garderie et pour travailler avec le gouvernement du Québec sur des investissements dans des technologies vertes et dans un avenir plus prospère pour tous.
    Nous sommes là pour travailler, non pour nous chicaner, et nous allons continuer de le faire.

  (1440)  

Le logement

    Monsieur le Président, quelle journée! Je suis content que les adultes soient toujours dans cette pièce.
    Une personne sur quatre est incapable de vivre dignement au Québec. C'est énorme. C'est 2 millions de personnes. Le seuil minimum pour vivre à peu près correctement, 25 % des Québécois vivent en dessous. Ils sont trop serrés pour se payer ce dont ils ont besoin. Pendant ce temps, les libéraux donnent des cadeaux aux pétrolières.
    Sachant que l'habitation est la plus grosse dépense des familles, quand est-ce que les libéraux vont bâtir des logements que les Québécois seront capables de se payer?
     Monsieur le Président, c'est justement la raison pour laquelle nous avons mis l'accent, dans ce dernier budget, sur la création d'une chance équitable pour chaque génération.
    Une grande partie de ces investissements du budget de 2024 est justement axée sur l'habitation, sur le logement abordable, pour assurer que les jeunes, les millénariaux et la génération Z peuvent entrevoir un avenir dans lequel ils vont pouvoir acheter une maison, se payer un loyer et voir ce loyer utilisé activement pour bâtir une cote de crédit qui va leur permettre d'avoir une hypothèque.
    Nous sommes là pour investir avec le plan le plus ambitieux en matière de logement que le Canada n'ait jamais vu.

[Traduction]

Les pensions

    Monsieur le Président, les Canadiens méritent de prendre leur retraite avec dignité et ils peuvent le faire grâce au Régime de pensions du Canada, qui jouit d'une renommée mondiale. Or, Danielle Smith tente de soustraire l'Alberta à ce régime, et le chef du Parti conservateur a passé toute sa carrière à s'en prendre aux pensions des travailleurs alors qu'il bénéficie lui-même d'une pension de l'État.
    Les néo-démocrates ripostent: aujourd'hui, j'ai présenté un projet de loi pour mettre le Régime de pensions du Canada à l'abri des conservateurs et donner leur mot à dire aux Canadiens et aux Albertains quant à l'avenir de leur régime.
    Les libéraux appuieront-ils mon projet de loi ou se rangeront-ils du côté des conservateurs, qui sont obnubilés par les compressions?
    Monsieur le Président, nous sommes heureux que le NPD se rallie à nous dans la lutte pour protéger le Régime de pensions du Canada. D'ailleurs, l'une des toutes premières choses que nous avons faites en tant que gouvernement — c'était environ six mois après notre arrivée au pouvoir — a été de renforcer le Régime de pensions du Canada au bénéfice des générations futures.
     Nous continuerons à faire obstacle aux conservateurs qui, depuis des décennies, s'insurgent contre le Régime de pensions du Canada. Le projet de l'Alberta de démanteler le Régime de pensions du Canada, ce qui mettrait en péril les pensions de millions d'Albertains âgés, est absolument irresponsable.
    Nous continuerons à défendre le Régime de pensions du Canada et nous serons pour ce faire heureux de nous joindre à tous les députés de la Chambre.

[Français]

Les relations intergouvernementales

    Monsieur le Président, Dieu fasse que le premier ministre reste parmi nous en ce mardi.
    Le premier ministre a dit qu'il travaillait main dans la main avec les provinces et qu'il voulait surtout s'assurer que tout le monde a de bons services de la part du gouvernement canadien, et ce, pour les citoyens de l'ensemble du Canada. Dans un certain nombre de secteurs, cela relève des provinces.
    Est-ce que je comprends que le premier ministre dit que lorsque c'est le Québec ou les provinces qui livrent les services, c'est moins bon que quand c'est Ottawa qui livre les services?
     Monsieur le Président, je suis inquiet pour mes amis du Bloc québécois. En fait, je ne les reconnais plus.
    Ils nous disaient au début que le logement, c'était important, mais les conservateurs leur disent de voter contre et ils votent contre.
    Ils sont venus ici et ils nous ont dit que les aînés, c'était important, mais les conservateurs leur disent de voter contre et ils votent contre.
    Ils disent que la lutte contre les changements climatiques, c'est important. Les conservateurs leur disent de voter contre, ils votent contre.
    Je suis inquiet. Le parti souverainiste, à force d'écouter les conservateurs, est en train de perdre sa propre souveraineté.
    Monsieur le Président, je comprends qu'il y avait moins de préparation, mais, hier, les conservateurs, les libéraux et même le NPD — je dis « même » parce que ça va un peu ensemble — ont voté contre un amendement du Bloc québécois qui disait que le budget était correct, car nous ne sommes pas des mauvais joueurs, mais qu'il fallait respecter les compétences du Québec et des provinces.
    Tous ceux qui s'appellent fédéralistes dans la cabane ont voté contre le Bloc québécois. J'espère que même le ministre a compris ça.

  (1445)  

     Monsieur le Président, quelque part, le Bloc québécois a floué les Québécois.
    Ils ont se sont fait élire en disant qu'ils allaient à Ottawa pour défendre le logement, mais ils votent contre. Ils ont dit qu'ils allaient à Ottawa pour défendre la lutte contre les changements climatiques, mais ils votent contre. Ils vont à Ottawa pour défendre les aînés et les jeunes, mais ils votent avec les conservateurs et votent contre.
    Est-ce que le Bloc québécois se rend compte qu'aujourd'hui, il devient une succursale: la succursale séparatiste du Parti conservateur?

Les langues officielles

    Monsieur le Président, Québec vient d'annoncer 603 millions de dollars pour freiner le déclin du français. La majorité des sommes servira à la francisation des travailleurs étrangers temporaires.
    C'est une bonne nouvelle pour la vitalité de la langue française, mais ça ne suffira pas, parce que la majorité des travailleurs étrangers relèvent exclusivement du gouvernement fédéral par le truchement du Programme de mobilité internationale et le fédéral n'a aucune exigence linguistique. Puisque les libéraux reconnaissent le déclin du français, ils doivent aussi fournir leur part d'effort.
    Est-ce que le gouvernement va écouter la demande du Québec et intégrer des exigences de connaissance du français pour les travailleurs étrangers sous sa responsabilité?
    Monsieur le Président, c'est clair que nous voulons appuyer la francisation. Nous avons versé 5,4 milliards de dollars au Québec depuis 2015, justement pour la francisation au Québec, puis ça marche bien.
    Je sais que le Bloc québécois est perçu comme une machine à chicane, mais je souligne quand même l'apport du député d'en face, quand il a milité pour s'assurer que les époux, les conjoints, les conjointes, les gens qui viennent ici pour étudier en sciences de l'infirmerie pourront rester ici. Ça va augmenter le nombre de gens qui sont ici de façon temporaire, mais c'est le bon travail que nous pouvons faire parce que le gouvernement du Québec l'a exigé.
    Puis, nous avons travaillé avec le Bloc québécois pour nous assurer de renforcer le système de soins au Québec.

[Traduction]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le délai de traitement des dossiers prioritaires dans le cadre du programme des voies d'accès à la résidence permanente pour les résidents de Hong Kong est passé de 6 à 21 mois. Les retards dans le traitement des demandes de résidence permanente ont pour conséquence que des permis de travail et des permis d'études vont expirer, que des couvertures d'assurance-maladie prendront fin et que des enfants ne pourront plus poursuivre leurs études. Des Hongkongais seront renvoyés dans leur pays où, en raison de la loi draconienne sur la sécurité nationale, ils seront confrontés à une recrudescence des détentions et des arrestations arbitraires.
    Le ministre reviendra-t-il à la moyenne de 6 mois pour le traitement prioritaire dont bénéficient les résidents de Hong Kong et renouvellera-t-il automatiquement leur permis de travail ou d'études pendant qu'ils attendent une décision?
    Monsieur le Président, nous restons solidaires de la population de Hong Kong. Nous travaillerons sur les délais de traitement. Nous continuons d'accompagner les personnes qui demandent l'asile au Canada, et cela ne changera pas.

La santé

    Monsieur le Président, depuis des décennies, les gens de la Baie‑James peinent à venir à bout du sous-financement des services de santé. C'est du racisme systémique. Toutes les régions méritent des services hospitaliers adéquats. Un hôpital digne de ce nom était enfin sur le point d'être bâti dans la région sanitaire de Weeneebayko, mais voilà qu'à la dernière minute, les libéraux se sont retirés. Même Doug Ford amène la province à la table.
    La ministre expliquera‑t‑elle pourquoi elle a imposé autant de contraintes à l'autorité sanitaire pour ensuite se contenter de lui dire que les libéraux n'avaient pas l'intention de financer ce projet dont les gens ont grandement besoin?
    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de ses années de militantisme et je tiens à le rassurer en lui disant que j'ai parlé de ce projet avec le grand chef Fiddler pas plus tard que la semaine dernière. Nous travaillons avec la province et la région pour que tout le monde ait accès à des soins de qualité, peu importe l'endroit où l'on vit.

La diversité et l'inclusion

    Monsieur le Président, la désinformation, l'extrémisme, la haine et la violence sont en hausse partout dans le monde, y compris ici, au Canada. Je sais que le gouvernement prend très au sérieux la lutte contre l'extrémisme de droite. Il est donc honteux que le chef de l'opposition fraie et se fasse prendre en photo avec des membres de factions que nos organismes de sécurité nationale qualifient de groupes d'extrême droite qui sont enracinés dans le nationalisme blanc et qui font la promotion de la haine et de la violence.
    Le gouvernement pourrait-il dire à la Chambre à quel point il est important de condamner et de réprimer ces groupes d'extrême droite en raison de la menace réelle qu'ils représentent?

  (1450)  

    Monsieur le Président, alors que, dans le budget, nous investissons 273 millions de dollars dans le tout premier plan d'action du Canada pour lutter contre la haine, le chef de l'opposition officielle alimente la haine en s'acoquinant avec des partisans de l'extrémisme blanc d'extrême droite...
    La présidence a rendu des décisions sur le fait de prêter des intentions aux députés. Je demande donc à la ministre de bien vouloir corriger sa déclaration de manière à respecter tous les députés.
    Monsieur le Président, tandis que le gouvernement choisit très ouvertement le vivre-ensemble, le chef de l'opposition choisit très ouvertement de courtiser des extrémistes de droite. C'est extrêmement irresponsable et c'est dangereux. Il doit des excuses aux Canadiens et il doit dénoncer ses propres rapprochements avec ces groupes.

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le Québec n'atteindra pas ses objectifs de francisation s'il fracasse chaque année des records de personnes à franciser.
    Le Québec ne peut pas continuer à accueillir 54 % des demandeurs d'asile de tout le Canada tout entier. C'est une question de justice sociale pour les personnes qu'on n'arrive plus à loger, plus à éduquer, et, même, parfois plus à nourrir. Oui, la société québécoise est aussi une question d'intégration, parce qu'on a le devoir de fournir à ces gens tous les outils nécessaires pour un accueil réussi.
    Est-ce que le ministre va enfin annoncer une répartition équitable des demandeurs d'asile entre le Québec et les provinces?
    Monsieur le Président, des fois, je me demande si le Bloc québécois ne confond pas volonté et capacité d'accueil.
    Ce qui est clair, c'est que le Québec fait plus que sa juste part. Cependant, 54 %, c'est un chiffre qui est exagéré. Si on regarde tous les volets humanitaires qu'accueille le Québec, ça descend à 24 ou 25 %. Oui, le Québec en fait plus. Il est clair qu'il faut faire un travail plus concerté avec le gouvernement du Canada, mais ça prend ce partenariat entre le Canada et le Québec qu'on a et sur lequel on va continuer à travailler.
    Monsieur le Président, la volonté d'accueil est réelle.
    Le Québec n'arrivera pas à contrer le déclin du français si le fédéral travaille dans le sens inverse. Ottawa est responsable des deux tiers de l'immigration temporaire au Québec avec le Programme de mobilité internationale et les demandeurs d'asile. Le fédéral ne prend pas ses responsabilités, que ce soit en francisation des travailleurs ou en accueil des demandeurs d'asile. Ottawa est le grand responsable de la hausse fulgurante des besoins de francisation au Québec et il ne fait rien.
    Les libéraux répètent constamment qu'il faut en faire davantage pour protéger le français. Pourquoi refusent-ils d'en faire davantage pour protéger le français?
    Monsieur le Président, ce qui est très clair, c'est que nous serons là pour le Québec pour en faire davantage pour appuyer le fait français au Québec, notamment avec 54 milliards de dollars que nous avons contribués depuis 2015. Ce n'est pas rien.
    Je pourrais lancer une question au député d'en face: s'il pense qu'on devrait accueillir plus de demandeurs d'asile d'Haïti, est-ce qu'il accepterait d'en prendre plus au Québec?

Le logement

    Monsieur le Président, c’est dans ce contexte beaucoup plus civilisé et parlementaire que j’annonce que le budget de 2024 présente un plan générationnel visant à construire plusieurs millions de logements pour les Canadiens.
    Nous savons déjà que les travailleurs de métiers spécialisés seront la clé du succès de la construction de ces nombreux logements. De plus, la conférence des Syndicats des métiers de la construction du Canada a lieu en ce moment ici même, dans la région de la capitale. Comment le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles peut-il nous assurer que notre gouvernement dispose de la main-d’œuvre nécessaire pour accomplir ce travail partout au pays?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue de Madawaska—Restigouche de sa question.
     J’étais de passage hier à la conférence des Syndicats des métiers de la construction du Canada afin de discuter avec les gens de la façon dont nous allons contrer la crise du logement au Canada. Le budget de 2024 prévoit des dizaines de millions de dollars pour financer la formation et l’apprentissage des travailleurs d’un océan à l’autre afin qu’ils construisent les logements des Canadiens pour les prochaines décennies. Les métiers spécialisés seront le moteur de cet effort. Nous allons garantir qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin pour accomplir le travail.

  (1455)  

L'Agence des services frontaliers du Canada

    Monsieur le Président, La Presse nous apprenait récemment l’existence du programme de marchandises surannées et excédentaires de l’Agence des services frontaliers du Canada. En gros, c’est un programme qui vise à donner de l’argent aux commerçants qui jettent leurs marchandises en trop. On parle de marchandises non périssables.
    Par exemple, imaginons que j’ai un commerce de jeans. J’importe un nouveau modèle et je me retrouve avec des invendus qui sont démodés. J’ai deux choix: ou bien je les jette aux vidanges et Ottawa me rembourse les frais de douanes, ou bien je les donne à un organisme de bienfaisance, et je n’ai pas une cenne. C’est une belle invitation au gaspillage.
    Qui à Ottawa trouve que ça, c’est une bonne idée?
     Je n'étais pas au courant des faits relatifs à un cas particulier. S’il nous demande si nous sommes en faveur de ce genre de gaspillage, je partage, je crois, son opinion. La réponse, évidemment, est non.
    C’est avec plaisir que je parlerai à l’Agence des services frontaliers du Canada pour voir si c’est possible de trouver une autre solution.
    Monsieur le Président, en tout cas, aujourd’hui, le niveau moyen des questions a drastiquement augmenté, mais pas celui des réponses.
    C’est plus de 20 millions de dollars que l’Agence des services frontaliers du Canada a remboursés à des commerces pour qu’ils jettent leurs marchandises aux poubelles après avoir pris soin de les rendre inutilisables, alors que les banques alimentaires sont surchargées de demandes parce que les temps sont durs.
    Ottawa finance le gaspillage au détriment de la solidarité sociale. Ça n’a pas de sens. Le ministre de la Sécurité publique va-t-il revoir ce très mauvais programme qui pénalise la générosité et encourage le gaspillage?
    Monsieur le Président, c’est absolument sûr que nous allons revoir précisément les faits que mon honorable collègue a présentés parce que je partage évidemment son inquiétude concernant cette situation.
    Ce sera avec plaisir, comme je l’ai dit, que je ferai le suivi avec l’Agence des services frontaliers du Canada. J’ai bien hâte de le faire.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, avril est le Mois de la sensibilisation au cancer. Même si le mois tire à sa fin, les campagnes de sensibilisation axées sur le cancer demeurent aussi pertinentes que jamais.
    Selon la Société canadienne du cancer, deux Canadiens sur cinq recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie. On estime que, en 2023 seulement, 239 000 Canadiens ont reçu un nouveau diagnostic de cancer.
    Le ministre de la Santé peut-il informer la Chambre des mesures que prend le gouvernement pour soutenir les Canadiens touchés par le cancer?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de Scarborough—Agincourt de ses efforts soutenus pour défendre cette cause.
    Elle sait très bien, comme tous nos collègues et moi, que très peu d'entre nous vivront leur vie sans être touchés par le cancer. Il est impératif que nous fassions tout ce que nous pouvons.
    Je prends un instant pour saluer la Société canadienne du cancer, la Société du cancer du sein du Canada et toutes les personnes qui travaillent sans relâche pour faire avancer cette cause. Au cours des cinq dernières années, nous avons investi 1 milliard de dollars dans la recherche de pointe ainsi que dans l'amélioration de la prévention et du traitement du cancer. Nous prenons des mesures essentielles en matière de prévention. Ensemble, nous pouvons vaincre le cancer.

Le ministère des Pêches et des Océans

    Monsieur le Président, la localité de Port Renfrew, dans ma circonscription, compte sur la pêche récréative, qui est le principal moteur économique de la région, avec des recettes estimées à 26 millions de dollars par saison.
    Cependant, les libéraux envisagent de mettre un terme à cette importante activité économique sans toutefois fournir de données crédibles pour justifier l'arrêt de la pêche. Cette décision va nuire à l'économie locale et dévaster la collectivité, y compris la Première Nation des Pacheedahts.
    C'est une honte. Pourquoi les libéraux mettent-ils en péril l'économie de Port Renfrew avec ces fermetures de pêche injustifiées et punitives?
    Monsieur le Président, il y a quelques semaines, je suis allé en Colombie-Britannique pour parler à de nombreuses Premières Nations au sujet d'une foule d'enjeux importants pour elles et leurs collectivités. Je sais que cette pêche dite récréative est tout aussi importante d'un point de vue alimentaire et cérémoniel, d'un point de vue culturel et dans une perspective économique. Je vais sous peu organiser une rencontre avec le député d'en face afin que nous puissions discuter de cela.

  (1500)  

La fiscalité

    Monsieur le Président, pour la plupart des Canadiens, aujourd'hui, c'était la date limite pour produire une déclaration de revenus, et grâce aux pressions du NPD, les riches paieront sensiblement davantage. Contrairement au chef conservateur, qui, lorsqu'il était au pouvoir, a donné 60 milliards de dollars aux entreprises, les néo-démocrates préfèrent financer des services publics essentiels, comme les soins dentaires et l'assurance-médicaments.
    En cette ère de cupidité omniprésente des entreprises, les libéraux, comme d'habitude, continuent de passer sous silence la nécessité d'une véritable équité fiscale. Nous avons encore un système qui permet aux riches entreprises d'éviter de payer 30 milliards de dollars en impôts en un an.
    Le gouvernement a-t-il une idée du montant dont les Canadiens les plus riches priveront le Canada cette année?
    Monsieur le Président, ce budget vise l'équité pour toutes les générations. Il s'agit de faire les investissements essentiels dans le logement, dans l'abordabilité et dans la croissance économique.
     Nous sommes d'accord sur l'idée qui sous-tend la question, c'est-à-dire que pour financer ces investissements, il faut demander à ceux qui réussissent le mieux dans la société de contribuer un peu plus. C'est pourquoi, dans le budget, nous proposons d'augmenter le taux d'inclusion des gains en capital. Nous espérons que tous les députés appuieront cette mesure.
    Chers collègues, cela nous amène à la fin des questions indiquées par les différents whips à la Chambre. La période des questions va maintenant se poursuivre pendant encore cinq minutes, et nous donnerons la parole à d'autres députés qui se lèveront, tout en maintenant un certain équilibre.

[Français]

     L'honorable député de Kitchener-Centre se lève, mais, malheureusement, il n'est pas prévu qu'un député indépendant pose de question aujourd'hui.
     Je cède la parole à l'honorable députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.

Les armes à feu

    Monsieur le Président, le gouvernement a fait connaître sa décision de reporter une fois de plus le programme de rachat obligatoire des armes d'assaut. Comme la Société canadienne des postes refuse de recevoir les armes prohibées et comme, une fois de plus, Ottawa a négligé de planifier ce programme, les libéraux ont décidé de reporter tout ça à 2025, avec pour résultat que ce sont sans doute les conservateurs qui décideront de l'avenir de ce programme.
    Pourquoi ne s'occupent-ils pas sérieusement de leurs responsabilités plutôt que de mettre ça entre les mains des conservateurs?
     Monsieur le Président, je remercie notre collègue de la question. Comme elle le sait très bien, au gouvernement, nous partageons complètement son appui pour un programme de rachat des armes à feu de type militaire. Je ne partage pas cependant son pessimisme face aux prochaines élections fédérales.
    La bonne nouvelle, c'est que nous sommes déjà au travail afin d'élaborer un programme de rachat qui sera en place cette année et l'année prochaine. Nous nous sommes engagés à racheter ces armes à feu et c'est précisément ce que nous allons faire.
    Monsieur le Président, s'il n'y a pas de programme de rachat des armes d'assaut d'ici un an, on aura perdu une décennie de travail et on continuera de mettre en péril la sécurité de la population pour une autre décennie. Les libéraux n'ont pas le droit de trahir leur engagement à ce point-ci. Ils n'ont pas le droit de manquer de courage. Ils n'ont pas le droit de pelleter la responsabilité des armes d'assaut à des irresponsables qui veulent les garder en circulation.
     J'en appelle au sens de l'État du ministre de la Sécurité publique: va-t-il bouger avant qu'il soit trop tard?
     Monsieur le Président, je le répète encore une fois, nous avons absolument l'intention de respecter l'engagement que nous avons pris auprès des Canadiens pour le rachat de ces armes que nous avons rendues illégales.
    Nous allons continuer de travailler d'une façon très précise afin de nous assurer que l'engagement que nous avons pris il y a plusieurs années de mettre en place un programme efficace de rachat sera bel et bien tenu. Nous n'allons pas nous arrêter avant d'avoir fini ce travail.

[Traduction]

Les pensions

    Monsieur le Président, le comité consultatif sur la pension a approuvé la retraite après 25 ans de service pour les agents de l'Agence des services frontaliers du Canada. Ces femmes et ces hommes de première ligne défendent et appliquent la loi, en plus de veiller à la sécurité du commerce et des déplacements au pays. Ils ne sont pas traités sur un pied d'égalité avec les autres agents. Pourquoi la présidente du Conseil du Trésor ne fait-elle rien à propos de cette cause pour l'égalité?
    La présidente du Conseil du Trésor interviendra-t-elle pour assurer un traitement équitable pour les femmes et les hommes de première ligne qui nous protègent?

  (1505)  

    Monsieur le Président, en fait, dans le cadre du processus de conciliation, le gouvernement du Canada et l'Alliance de la fonction publique du Canada participent à des audiences de la Commission de l'intérêt public, de concert avec le groupe des services frontaliers. Nous attendons la décision de cet organe. Nous croyons que les négociations sont la meilleure façon de parvenir à une entente.
    Nous sommes impatients de lire le rapport de la Commision de l'intérêt public et de collaborer étroitement avec nos pendants. Nous avons bon espoir que les recommandations de la commission fourniront aux deux parties un plan pour progresser, comme ce fut le cas lors d'autres interventions de la commission dans le passé.

Les personnes handicapées

    Monsieur le Président, partout au pays, les personnes handicapées vivent dans la pauvreté de façon disproportionnée. En réponse à leurs revendications, le gouvernement s'est engagé, en 2021, à mettre en place une prestation canadienne pour les personnes handicapées.
     Après des années de plaidoyer, la proposition du budget de 2024 ne correspond en rien aux demandes de la communauté des personnes handicapées. Personne n'a demandé 200 $ par mois. Personne n'a demandé l'utilisation du crédit d'impôt pour personnes handicapées. Personne n'a demandé à attendre jusqu'en juillet 2025.
    La ministre pourrait-elle nous dire qui a demandé ce qui est proposé comme prestation canadienne pour les personnes handicapées?
    Monsieur le Président, la prestation canadienne pour les personnes handicapées est une étape importante de notre engagement indéfectible à créer un Canada plus inclusif et plus juste. Dans le budget de 2024, nous avons engagé plus de 6 milliards de dollars à titre d'investissement initial pour la prestation canadienne pour les personnes handicapées. Il s'agit de la toute première prestation fédérale conçue pour les personnes handicapées.
    Nous reconnaissons qu'il y a encore du chemin à faire et nous travaillerons avec les provinces et les territoires pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de récupération des autres prestations pour les personnes handicapées.
    Il s'agit de la prochaine étape du parcours de la prestation canadienne pour les personnes handicapées, et non de la destination.
     Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je demande le consentement unanime de la Chambre pour la tenue d'un débat exploratoire sur la politique de décriminalisation des drogues et sur les surdoses de drogues toxiques plus tard aujourd'hui.
    Des voix: Non.

Recours au Règlement

Les questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, c'était toute une période des questions. Je suis certaine que, comme moi, bien des députés reconnaîtront vos efforts pour maintenir le décorum dans ces circonstances difficiles.
    Ce dont je veux parler, en tout respect, c'est du fait qu'on identifie, à tort, les députés du Parti vert qui siègent ici en tant qu'indépendants. Je voudrais demander, monsieur le Président, que votre bureau réfléchisse à notre rôle et considère que la pratique consistant à accepter une liste des intervenants de la part des whips des partis de l'opposition n'est pas une règle de la Chambre, mais une coutume et une pratique courante. La règle veut que vous soyez le seul à pouvoir donner la parole aux députés et que vous soyez le seul à pouvoir décider qui a attiré votre attention.
    Si vous êtes disposé à le faire, monsieur le Président, je vous proposerais de voir ce qui se fait au palais de Westminster, où des demandes écrites sont présentées à la présidence la veille d'une séance, de façon à assurer le maintien de l'ordre à la Chambre et à éviter que les whips des partis prennent le contrôle pour répondre à leurs exigences partisanes plutôt que de travailler au maintien du décorum.
    Je remercie la députée de Saanich—Gulf Islands de son intervention qui, comme toujours, a été éclairante. La présidence tiendra compte de ces informations.

Ordres émanant du gouvernement

[Le budget]

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier de la ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un privilège de prendre la parole à la Chambre. Normalement, je dirais que c'est la Chambre la plus honorable, mais après les événements d'aujourd'hui, je n'en suis plus tout à fait certain.
    Le budget de 2024 contient des mesures qui permettront de continuer à bâtir une économie forte, une économie inclusive.
    L'un des secteurs dont j'aimerais parler se trouve ici, en Ontario, et c'est celui de l'automobile. C'est un secteur dont je me suis occupé pendant 15 ans dans le secteur privé avant de me lancer dans la vie publique.
    Ce que nous avons annoncé la semaine dernière et ce que nous avons fait en collaboration avec Honda change la donne pour le secteur de l'automobile ici au Canada. Cela change la donne pour Honda. Il s'agit du plus grand investissement jamais réalisé par Honda en Amérique du Nord, soit 15 milliards de dollars pour construire une usine d'assemblage de véhicules électriques, une usine de fabrication de batteries, une usine de traitement de matériaux actifs cathodiques et de précurseurs de matériaux actifs cathodiques, une usine de séparateurs de batteries et une nouvelle usine d'assemblage qui, en 2028, aura une capacité de production de 240 000 véhicules électriques par année.
    C'est un vote de confiance sans équivoque envers l'économie canadienne. C'est un vote de confiance sans équivoque envers les travailleurs canadiens. C'est ce qu'il faut faire pour bâtir une économie concurrentielle et une économie qui fonctionne pour tous les Canadiens.
    Ce n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat des efforts ciblés du gouvernement pour attirer des investissements commerciaux au Canada. En ce qui concerne le secteur de l'automobile, ces efforts ont réussi à attirer près de 46 milliards de dollars partout au Canada — et pas seulement en Ontario, en Colombie-Britannique ou au Québec. Les retombées dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des véhicules électriques se font sentir dans tout le Canada. Là encore, le gouvernement a adopté une approche ciblée dans le budget de 2024. Un crédit d'impôt de 10 % a été instauré pour les actifs, les batteries et les matériaux actifs de cathodes dans la chaîne d'approvisionnement des véhicules électriques.
     Cette mesure s'inscrit dans la foulée des investissements suivants: 7 milliards de dollars par Volkswagen à St. Thomas, 7 milliards de dollars par Northvolt au Québec, 5 milliards de dollars par Stellantis et LG Energy Solutions dans la belle ville de Windsor, 1,8 milliard de dollars promis par Ford pour transformer son installation, et j'en passe. Le secteur canadien de l'automobile construit 1,5 million de véhicules par année. Il soutient 550 000 emplois directs et indirects au pays et rapporte environ 18 milliards de dollars. Stellantis, Ford, General Motors, Toyota et Honda comptent des usines au Canada. Nous avons réussi à obtenir un engagement de la part de Honda, qui permettra d'offrir aux générations actuelles et à venir plus de 4 000 emplois, dont plus de 1 000 nouveaux emplois à temps plein, et nous pouvons multiplier ce chiffre par 5 ou 7, littéralement sur des décennies, sans compter tous les emplois qui seront créés dans le secteur de la construction.
    Je vais maintenant aborder un sujet qui me tient à cœur. J'ai lu les projections du Fonds monétaire international pour les économies du monde entier. La Revue financière a été publiée ainsi que les perspectives économiques mondiales. Pour 2025, la croissance économique du Canada devrait être la meilleure du G7, avec un taux de près de 2,5 %, ce dont nous pouvons être très fiers. Si nous sommes en tête du peloton, c'est parce que nous faisons des investissements stratégiques au Canada. Nous investissons de façon stratégique dans les Canadiens. Un pays confiant investit dans ses citoyens. C'est toujours ce que fera un pays confiant, et c'est ce que nous allons continuer à faire.
    En ce qui concerne certains enjeux dont j'entends beaucoup parler, je voudrais vous renvoyer à un article du Financial Times d'il y a environ une semaine dans lequel le FMI affirme que le déficit américain expose l'économie mondiale à d'importants risques. Il y est question du cadre budgétaire du Canada, de sa gestion des finances publiques et de la cote de crédit AAA que lui attribuent toutes les agences de notation: Moody's, S&P et Morningstar DBRS.
    Je peux entendre des murmures de l'autre côté. Je comprends que lorsqu'il s'agit d'être poli et de respecter les règles de bienséance, certains doivent parfois suivre des cours d'appoint. Il est regrettable de voir qu'ils y sont contraints.
    Lorsqu'on examine le bilan financier du pays, on voit que le solde des prêts-emprunts nets du Canada est de -1,1 % du PIB, comparativement à -7,1 % pour les États-Unis, -3,7 % pour le Royaume-Uni, -3,2 % pour l'Italie et -1,3 % pour l'Allemagne. Le cadre financier du Canada est le plus solide du G7. Il est le plus solide du G20. Ce n'est pas pour rien que nous avons la cote AAA. Ce n'est pas pour rien que, lorsque nous examinons le cadre financier de notre pays, nous avons un bilan solide et robuste.
    Tels sont les faits. Les députés d'en face peuvent ergoter autant qu'ils le veulent. Ils n'aiment peut-être pas la science et les données. Ils n'aiment peut-être pas examiner les données financières, mais ce n'est pas mon cas. Nous continuerons à le faire. C'est très important.

  (1510)  

    Je tiens à soulever un autre point, qui pourrait surprendre certains députés d'en face et certains députés de mon parti. Je suis très heureux que l'oléoduc Trans Mountain soit maintenant en service. Le doublement du réseau stimulera la croissance économique au Canada: cette année, il contribuera à hauteur d'environ 0,5 %. Pour une économie de 3 billions de dollars, 0,5 % représente un bon montant. Les retombées économiques de l'oléoduc dépasseront largement le coût de sa construction et la dette qui s'y rattache actuellement, c'est indéniable. L'oléoduc réduira l'écart de prix entre le cours du pétrole West Texas Intermediate et celui du pétrole Western Canada Select. Pour le moment et pour de nombreuses années à venir, le pétrole qui provient de l'Alberta et qui passe par la Colombie‑Britannique sera vendu à un prix plus élevé. Selon certaines estimations, il est question d'une augmentation de 9 $. Nous percevrons des milliards de dollars en recettes fiscales pour soutenir les travailleurs canadiens partout au pays.
    Nous avons fait cet investissement, et j'en suis très fier. Il a permis de remplacer près de 1 500 wagons servant au transport du pétrole brut. Il permet d'offrir un accès à moindre coût aux marchés étrangers et d'augmenter les prix pour les producteurs d'ici. Nous devons en être fiers. Encore une fois, cette mesure permet de réduire l'écart de prix par rapport à la concurrence, de sorte que nous gagnons maintenant plus d'argent. Rien que pour le deuxième trimestre de l'année en cours, la Banque du Canada estime que cet investissement stimulera la croissance économique de 0,25 % et générera des recettes de plus de 70 milliards de dollars pour les entités concernées, ainsi que des dizaines de milliards de dollars en recettes fiscales pour payer les services dont nous avons besoin.
    Trevor Tombe, l'un des économistes avec qui je m'entretiens assez souvent ces jours-ci, a publié un excellent article aujourd'hui sur les raisons pour lesquelles il est si important que nous ayons un débouché supplémentaire pour les ressources du Canada. Nous décarbonons l'économie et nous devons le faire de manière à ce que la transition assure un bon avenir aux Canadiens. Les fonds reçus nous permettront de réinvestir dans l'économie pour la rendre plus verte et pour que le réseau électrique soit entièrement décarboné d'ici 2035.
    Enfin, en ce qui concerne le logement, nous construirons des habitations dans les années à venir et nous en construisons en ce moment. Le logement est un dossier très important pour les habitants de la zone du 905, où j'habite. Nous voyons les travaux dans le centre métropolitain de Vaughan. Partout dans la région, nous voyons des constructeurs de bâtiments résidentiels se mettre au travail. Je rends visite aux ouvriers en construction hors pair formés au centre de formation de la section 183 de l'Union internationale des journaliers d'Amérique du Nord ou au conseil régional des charpentiers et au centre de formation de la section 27, et je tiens à les saluer, car ils s'acquittent de la tâche ardue de bâtir nos collectivités et les infrastructures qui s'y trouvent.

  (1515)  

Privilège

Les réponses du gouvernement aux questions inscrites au Feuilleton — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
     La présidence souhaite faire une déclaration sur la question de privilège soulevée le 10 avril 2024 par la députée de Lambton—Kent—Middlesex concernant la réponse du gouvernement à la question no 2340 inscrite au Feuilleton.
    Ce jour-là, la députée a fait valoir que la réponse à la question no 2340, réponse qui avait été déposée le lundi 8 avril 2024, ne correspondait pas aux annonces faites précédemment par le gouvernement.

[Français]

    Le 11 avril 2024, le député de Cowichan—Malahat—Langford est intervenu à ce sujet. C'est lui qui avait soumis la question écrite. Il a ajouté que la réponse fournie par le gouvernement le 29 janvier 2024 à une autre de ses questions, soit la question no 2142, comportait également des incohérences.

[Traduction]

    Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a reconnu que les deux réponses contenaient des renseignements inexacts imputables à des erreurs administratives. Il a promis que le gouvernement déposerait sans tarder des réponses révisées aux deux questions afin de régler le problème. Ces réponses ont été déposées hier. Compte tenu des explications, des excuses et des réponses révisées fournies par le secrétaire parlementaire, j'estime que l'affaire est close.
    La présidence constate toutefois que c'est la deuxième fois au cours des dernières semaines de séance que le gouvernement est contraint de déposer des réponses révisées après que des députés se sont plaints d'avoir reçu de l'information inexacte. J'ose espérer qu'il s'agit d'erreurs isolées. J'invite néanmoins le gouvernement à agir promptement pour renforcer ses mécanismes de vérification internes et faire en sorte que pareilles erreurs ne se reproduisent plus. La présidence est très consciente de cet enjeu et s'attend à ce que les droits et les privilèges des députés soient respectés.
    Je remercie les députés de leur attention.

  (1520)  

Le budget

L'exposé financier de la ministre des Finances  

[Le budget]
    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, certaines parties du discours du député étaient absolument justes. L'achèvement de l'oléoduc Trans Mountain créera une activité économique considérable pour le Canada. Ce projet est bloqué depuis beaucoup trop longtemps par le processus du gouvernement; il faut que les choses bougent. Je remercie le député de l'avoir reconnu ici, à la Chambre des communes. Il appuie depuis longtemps l'industrie pétrolière et gazière du Canada, et je suis heureux que son point de vue soit représenté sur les banquettes de son parti. Il était toutefois analyste de données dans le domaine des finances avant de devenir député, et je remets en question ses chiffres concernant la performance économique du Canada.
    La ministre des Finances arrive à un certain chiffre en se livrant à des pirouettes, c'est-à-dire en incluant dans le bilan financier du Canada tout un tas d'actifs qui ne sont pas des actifs du gouvernement du Canada, comme l'argent de l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada, qui appartient aux Canadiens auquel on ne touchera pas, ainsi que le Régime de rentes du Québec, dont l'argent appartient aux Québécois et qu'on ne leur retirera pas. Inclure ces éléments, c'est...
    Nous sommes dans une période de questions et réponses de cinq minutes. Afin que tous les députés aient l'occasion de s'exprimer, je demanderais au député de poser sa question.
    Monsieur le Président, comment le député justifie-t-il l'utilisation de statistiques trafiquées qui donnent l'impression qu'il est efficace?
    Monsieur le Président, je considère le député comme un ami et un collègue, et j'ai toujours du plaisir à bavarder avec lui.
    Je répondrai que les statistiques du FMI existent et que le député peut consulter celles concernant la dette brute et la dette nette du gouvernement. Les normes sont établies par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ces normes sont couramment acceptées. Ce sont des principes.
    La situation financière du Canada est évaluée par les agences de cotation. J'ai travaillé pour une agence de cotation pendant un certain nombre d'années avant de me lancer dans le secteur obligataire. Je comprends très bien la situation. Notre cote de crédit AAA, qui est la même depuis les années du ministre des Finances Martin, n'est pas accordée sans raison. Nous avons un bilan solide, ce dont nous devrions tous être fiers et qui, je le sais, tient à cœur aux Canadiens.
    Monsieur le Président, je suis certain que le député a entendu des commentaires de citoyens mécontents du montant dérisoire de la prestation canadienne pour les personnes handicapées prévue dans ce budget. Ce n'est pas seulement le montant qui est en cause, c'est aussi le processus par lequel le gouvernement est arrivé à ce montant. Je vais vous lire ce que le Réseau national pour les personnes ayant un handicap a déclaré: « On a annoncé ces détails programmatiques spécifiques sans consulter la communauté des personnes ayant un handicap et ils ne respectent pas la devise “rien sur nous sans nous”. »
    Mon collègue n'est-il pas d'accord pour dire que le montant de la prestation canadienne pour les personnes handicapées aurait dû être plus élevé pour permettre aux gens de se sortir de la pauvreté et, qui plus est, que ce montant aurait dû être fixé en consultation avec les personnes les plus concernées?
    Monsieur le Président, en tant qu'ancien résidant de Prince Rupert, qui se trouve dans la circonscription de Skeena—Bulkley Valley, représentée par le député, je tiens à dire à mon collègue et ami que je vais aborder cette question de façon très personnelle. Nous avons un petit neveu, Ethan, qui est atteint d'une maladie génétique rare. Au Canada, probablement une personne sur cinq ou six est atteinte de cette maladie. Je suis bien au fait des dépenses que mon frère et ma belle-sœur doivent assumer pour leur fils. Elles ne se calculent pas seulement en milliers de dollars; dans les dernières années, elles se sont élevées carrément à des centaines de milliers de dollars. Je sais à quoi ils doivent faire face, alors je comprends le sentiment exprimé par mon collègue.
    Je dirais que la Prestation canadienne pour les personnes handicapées fait avancer les choses, et nous poursuivrons nos efforts. Cette mesure ainsi que le crédit d'impôt pour personnes handicapées aident les Canadiens handicapés à obtenir le soutien dont ils ont besoin pour vivre dans la dignité et s'accomplir pleinement avec les capacités que Dieu leur a données.
    Je tiens à offrir mes salutations, mes prières et un gros câlin à mon petit neveu.
    Madame la Présidente, je dirai au député de Vaughan—Woodbridge qu'il est très troublant que cela vienne d'un député qui a participé plus que quiconque à la vulgarisation du projet du pipeline de Kinder Morgan, qui est un intervenant dans le processus de l'Office national de l'énergie, qui a lu toute la documentation présentée par le promoteur privé et qui sait très bien que la construction du pipeline n'est pas terminée. Le pipeline n'a pas obtenu l'autorisation de l'organisme de réglementation, il n'aura pas de système de détection des fuites avant un an et il reste encore plusieurs kilomètres à construire. Pourtant, selon des députés, l'énoncé budgétaire et la ministre des Finances, la construction du pipeline est terminée et c'est une bonne nouvelle, sans compter qu'ils suggèrent de façon fantaisiste que nous obtiendrons plus d'argent par baril une fois que le bitume dilué aura été chargé dans des pétroliers Aframax.
    J'aimerais demander au député de Vaughan—Woodbridge s'il serait prêt à faire pression sur le gouvernement pour qu'il fournisse à chaque député une analyse coûts-avantages — qui, je crois, n'a jamais été présentée — pour l'achat du pipeline TMX.

  (1525)  

    Madame la Présidente, nous croyons tous à l'atteinte de la carboneutralité d'ici 2050. Nous croyons tous à la décarbonation de l'économie. En même temps, nous devons comprendre que nous aurons besoin d'exploiter les ressources que sont le pétrole et le gaz naturel, que ce soit in situ pour le pétrole et le gaz naturel classique ou dans l'Ouest canadien...
     Nous devons reprendre le débat, malheureusement.
     La députée de Saint-Laurent a la parole.
    Madame la Présidente, c’est avec plaisir que j’interviens dans ce débat en faveur du budget de 2024.
     Le budget vise à rendre notre pays plus équitable pour tous, pour toutes les générations. Étant l’une des plus jeunes députées de cette assemblée, j’ai entendu d’innombrables fois des personnes de mon âge ou plus jeunes dire à quel point il leur était difficile de visualiser l’avenir qu’elles avaient toujours imaginé pour elles-mêmes.
     Les générations du millénaire et Z sont les premières générations dont les membres ne font pas mieux que leurs parents. Ils ont grandi avec la promesse que s’ils réussissent à l’école et travaillent dur, ils trouveront un bon emploi et mèneront une belle vie. L’économie actuelle prouve que tout cela est difficile. Nombreux sont ceux qui ont réussi à l’école et qui ont un bon emploi, mais qui ont encore du mal à joindre les deux bouts.
     Beaucoup de mes amis, de mon âge ou plus jeunes, vivent encore chez leurs parents parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer leur propre logement. À l’heure actuelle, les loyers sont tellement chers que cela n’en vaut tout simplement pas la peine. Les jeunes Canadiens ont du mal à obtenir un prêt hypothécaire et certains demandent à leurs parents de se porter garants, et ce, s’ils ont la chance d’être issus d’une famille suffisamment aisée pour donner cette garantie.
     Il faut que cela change. L’épine dorsale de notre économie, c’est notre jeunesse. Les jeunes sont notre présent et notre avenir et ils méritent que leur dur labeur soit récompensé. Ils méritent d’avoir au moins les mêmes chances que leurs parents et leurs grands-parents pour pouvoir mener une belle vie.
     C’est pourquoi notre gouvernement a mis en place, au cours des deux dernières années, le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété afin de permettre aux Canadiens d’épargner plus facilement pour leur première maison. À ce jour, plus de 750 000 Canadiens ont ouvert un compte afin d’épargner de l’argent pour accumuler une mise de fonds plus rapidement, avec l’aide d’un allégement fiscal.
     Le budget de 2024 propose une aide supplémentaire pour que les Canadiens puissent se payer une maison plus rapidement. Tout d’abord, nous savons que pour que les logements deviennent plus abordables, il faut augmenter l’offre. Le budget de 2024 comprendrait un investissement supplémentaire de 15 milliards de dollars en nouveaux prêts pour le programme de prêts pour la construction d’appartements, ce qui porterait le financement total du programme à 55 milliards de dollars depuis 2017. Ce nouvel investissement permettrait de construire plus de 30 000 logements supplémentaires dans tout le pays.
     Le budget de 2024 accorderait aussi un financement complémentaire au Fonds pour accélérer la construction de logements afin d’augmenter plus rapidement l’offre de logements. Le fonds collaborerait avec les municipalités pour alléger les formalités administratives et accélérer la création d’au moins 100 000 logements au Canada. L’investissement prévu dans le budget de 2024 est de 400 millions de dollars sur quatre ans et permettrait d’accélérer la construction de 12 000 logements en trois ans.
     Une autre mesure qui serait prolongée de deux ans est l’interdiction aux étrangers d’acheter des logements au Canada. Les personnes qui ne sont pas des citoyens canadiens ou des résidents permanents continueront à se voir interdire l'achat de logements au Canada, car cette pratique a fait augmenter la valeur de nos maisons.
     Si la construction de nouveaux logements est une solution à plus long terme pour faire baisser le coût du logement, le budget de 2024 vise à aider par d’autres moyens les jeunes Canadiens à acheter et à conserver leur premier logement. Le budget propose d’améliorer la charte hypothécaire canadienne de plusieurs façons. Il autoriserait une augmentation de cinq ans de la période d’amortissement, soit un amortissement sur 30 ans pour les acheteurs d’un premier logement neuf et permettrait à un plus grand nombre de jeunes Canadiens d’être admissibles à un prêt hypothécaire et d’avoir les moyens de payer leurs mensualités hypothécaires.
     Pour ceux qui ont déjà un prêt hypothécaire qui arrive à échéance, le renouvellement de ce prêt aux taux d’aujourd’hui semble assez décourageant. Toutefois, le gouvernement canadien s’efforcera de mettre en place un allégement permanent de l’amortissement afin de protéger les propriétaires qui répondent à des critères précis. Les propriétaires admissibles pourront réduire le montant de leurs versements hypothécaires mensuels à un montant qu’ils peuvent se permettre aussi longtemps qu’ils en auront besoin. Ils auraient ainsi la possibilité de rester plus longtemps dans leur logement.
     Bien que le logement soit l’un des points les plus importants du budget de 2024, j’aimerais me tourner vers quelques autres grandes mesures de soutien pour les Canadiens que ce budget financerait. Je ne m'attarderai pas au programme national d'alimentation en milieu scolaire pour les enfants, car j’en ai déjà parlé en long et en large dans cette enceinte. Je suis absolument ravie que cet investissement d’un milliard de dollars pour aider les enfants à manger un repas sain à l’école ait vu le jour. Le seul projet de loi d’initiative parlementaire que j’ai eu l’occasion de présenter dans cette enceinte, depuis que je suis députée, portait sur ce même programme, parce qu’en tant qu’enseignante, je sais qu'on en a cruellement besoin.
     Le budget de 2024 propose un investissement d’un milliard de dollars sur cinq ans pour que le gouvernement fédéral collabore avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones en vue d’élargir l’accès aux programmes d’alimentation en milieu scolaire, le soutien commençant dès la nouvelle année scolaire. Le programme devrait fournir des repas à plus de 400 000 enfants chaque année et permettre à une famille moyenne participante qui a deux enfants d’économiser jusqu’à 800 $ par an en frais d’épicerie. Les familles à faible revenu seront celles qui en bénéficieront le plus.

  (1530)  

    Ce qui est aussi incroyablement important, c'est que le gouvernement fédéral a récemment présenté un projet de loi qui contribuerait à rendre les médicaments essentiels plus accessibles et plus abordables pour les Canadiens. Il s'agit d'une étape décisive en vue de mettre en place un régime national d'assurance-médicaments complet, inclusif et financièrement viable. Le projet de loi C‑64, Loi sur l'assurance médicaments, énonce l'intention du gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces et les territoires pour offrir une couverture universelle à payeur unique pour un certain nombre de médicaments sur ordonnance destinés à la contraception ou au traitement du diabète. Le budget de 2024 propose donc d'investir 1,5 milliard de dollars sur cinq ans pour aider le Canada à soutenir le lancement du régime national d'assurance-médicaments.
    Nous devons aussi prévoir plus de mesures d'aide pour les personnes handicapées qui se heurtent à d'importants obstacles sur le plan de la sécurité financière. Dans le budget de 2024, on propose d'affecter un financement de 6,1 milliards de dollars sur six ans et de 1,4 milliard de dollars par année par la suite à la nouvelle prestation canadienne pour les personnes handicapées, dont les paiements aux Canadiens admissibles commenceraient en juillet 2025. La prestation canadienne pour les personnes handicapées offrirait un soutien important aux personnes handicapées, en plus de leur assurer plus d'équité. Cette prestation viendrait combler une lacune dans le filet de sécurité sociale du gouvernement fédéral. Elle vise à compléter, et non à remplacer, les mesures provinciales et territoriales existantes en matière de soutien du revenu.
    J'ai été par ailleurs ravie de voir que le budget de 2024 maintient le soutien en santé mentale pour les jeunes. Le budget propose un investissement de 500 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2024-2025, dans le but de réduire le temps d'attente et d'offrir plus d'options aux jeunes qui ont besoin de soins de santé mentale. C'est très important, car 32 % des jeunes qui demandent de l'aide en santé mentale n'ont pas accès à des soins en raison des coûts. Qu'il s'agisse de problèmes de santé mentale causés par la pandémie ou par l'économie de l'après-pandémie, la génération Z a besoin de cette aide supplémentaire, et le gouvernement est là pour la lui fournir.
    Nous savons que la réussite actuelle et future du Canada dépend du succès de ses jeunes générations, mais trop de jeunes ont l'impression que la sécurité, la prospérité et le confort auxquels les gens de la classe moyenne pouvaient aspirer en travaillant fort sont maintenant hors de portée. Même avec l'augmentation de l'aide financière, bon nombre d'étudiants ont encore besoin d'une aide supplémentaire pour couvrir la hausse des coûts. Le budget de 2024 annonce l'intention du gouvernement de prolonger d'un an la hausse des bourses d'études canadiennes à temps plein, qui passeront de 3 000 $ à 4 200 $ par année, et des prêts d'études canadiens sans intérêt, qui passeront de 210 $ à 300 $ par semaine, à partir de la nouvelle année scolaire. Grâce à ce changement, le montant des bourses d'études canadiennes aura doublé par rapport au montant de 2014.
     Les bourses pour les étudiants à temps partiel, en situation de handicap ou ayant des personnes à charge seraient également augmentées proportionnellement. La bonification des bourses aiderait 587 000 personnes aux études et la bonification des prêts sans intérêt, 652 000 personnes aux études, pour un total combiné s'élevant à 7,3 milliards de dollars pour l'année scolaire à venir. Cependant, même si les bourses et les prêts d'études fédéraux sont censés aider à couvrir le coût du logement, la formule utilisée pour estimer les coûts du logement de la population étudiante n'a pas été mise à jour depuis 1998.
    Le budget de 2024 propose de moderniser les allocations de logement qui servent à déterminer les besoins financiers dans le cadre du Programme canadien d'aide financière aux étudiants. Cette nouvelle approche fournirait une aide supplémentaire à environ 79 000 personnes aux études chaque année. Le gouvernement encouragerait également les établissements d'enseignement postsecondaire à construire davantage de logements pour la population étudiante et à fournir le financement à faible coût nécessaire, de sorte que plus de personnes aux études puissent se trouver un chez‑soi abordable.
    Pour faciliter la transition entre les études et le monde du travail, les possibilités d'apprentissage en milieu de travail, comme les programmes d'alternance travail-études et les stages, sont un moyen éprouvé pour les étudiants de niveau postsecondaire d'acquérir les précieuses compétences, l'éducation et l'expérience pratique dont ils ont besoin pour obtenir des emplois bien rémunérés dans des domaines importants et en plein essor.
     Afin de créer davantage d'occasions d'apprentissage en milieu de travail à l'intention des étudiants de niveau postsecondaire, le budget de 2024 propose d'accorder 207,6 millions de dollars au Programme de stages pratiques pour étudiants, qui a déjà créé plus de 192 000 stages de travail pour les étudiants de niveau postsecondaire depuis 2017‑2018. Ainsi, le gouvernement investirait pour créer davantage d'occasions d'emploi pour les jeunes afin de leur permettre d'améliorer leurs compétences et d'acquérir une expérience professionnelle pertinente, ce qui sera essentiel pour assurer la réalisation du potentiel de croissance économique du Canada dans les années à venir.
    Afin de créer 90 000 possibilités de stage et de soutien à l'emploi pour les jeunes, le budget de 2024 propose d'affecter 351,2 millions de dollars à la Stratégie emploi et compétences jeunesse. Cela comprend 200,5 millions de dollars pour Emploi d'été Canada, notamment dans les secteurs qui font face à une grave pénurie de main‑d'œuvre, et 150,7 millions de dollars pour la Stratégie emploi et compétences jeunesse.
    Bien entendu, nous ne pouvons pas laisser de côté les jeunes Canadiens qui choisissent de travailler à leur compte et de lancer leur propre entreprise, un élément important d'une économie en croissance. Afin de permettre aux jeunes entrepreneurs d'acquérir ce qu'il leur faut pour réussir, le budget de 2024 propose de verser 60 millions de dollars sur cinq ans à Futurpreneur Canada. Cet organisme national à but non lucratif offrira aux entrepreneurs en devenir un accès à du financement, à du mentorat et à d'autres formes de soutien afin de les aider à lancer et à développer leurs entreprises.
    Je vois que mon temps de parole est écoulé, alors je vais conclure en disant une fois de plus que je soutiens le budget de 2024.

  (1535)  

    Madame la Présidente, une génération de jeunes est devenue très consciente du fait que le gouvernement a mis leur avenir en péril.
    Voici ce que j'aimerais demander à la députée. Compte tenu de toutes ces dépenses que les gens espèrent voir se concrétiser, qu'a fait le gouvernement pour faire en sorte que les fonds soient disponibles? Combien de consultants a-t-il congédiés, et combien de vrais dollars a-t-il mis de côté pour faire ces choses au nom des jeunes Canadiens?
    Madame la Présidente, je regrette que mon écouteur n'ait pas fonctionné pour la première partie de la question de la députée, mais je pense avoir compris l'essentiel. Je pense que le gouvernement présente ce budget avec les meilleures intentions du monde pour aider les Canadiens alors qu'ils en ont le plus besoin.
    Les jeunes Canadiens se trouvent dans une situation que les générations précédentes n'ont pas connue à leur âge. De toute évidence, nous devons accélérer la cadence pour aider les Canadiens en tenant compte de leur situation afin de leur offrir le soutien dont ils ont besoin pour vivre la vie qu'ils méritent.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aurais aimé faire un commentaire sur la vie qu'a eue la génération X, une génération tellement oubliée qu'on lui a donné le nom d'une inconnue en algèbre. Cela dit, je vais y aller plutôt avec le budget, qui est un exemple flagrant d'ingérence et de non-respect de la loi des lois, c'est-à-dire la Constitution canadienne, qui est le contrat liant le gouvernement fédéral aux autres ordres du gouvernement du Canada que sont le Québec et les provinces canadiennes.
    Quand le gouvernement a-t-il l'intention de respecter sa propre Constitution?
    Madame la Présidente, je pense que les Canadiens ont besoin d'aide en ce moment. Je pense que toutes les provinces, les territoires et le gouvernement du Canada devraient travailler ensemble afin de fournir cette aide nécessaire aux Canadiens.
    Ce serait donc vraiment génial d'avoir la coopération de toutes les provinces pour qu'on puisse donner cette aide aux gens qui en ont le plus besoin.

[Traduction]

    Madame la Présidente, demain marque le début du Mois de la sensibilisation à la sclérose en plaques. Hier, j'ai rencontré des personnes qui font de la sensibilisation à la sclérose en plaques. L'une d'entre elles est atteinte de cette maladie. Elle m'a dit que sa sœur en est également atteinte, mais qu'un seule des deux est admissible au crédit d'impôt pour personnes handicapées. L'une vit dans une région rurale du Canada et l'autre, dans une région urbaine. La sœur qui vit en milieu urbain a obtenu le crédit, mais pas celle qui vit en milieu rural.
    Il y a de nombreuses inégalités dans le système de santé, et nous savons que la prestation canadienne pour les personnes handicapées, qui est cachée derrière le crédit d'impôt pour personnes handicapées, est inaccessible en plus d'être inéquitable.
    Je me demande si la députée peut s'engager à ce que le gouvernement élimine l'obstacle qui rend la prestation canadienne pour les personnes handicapées inaccessible et inéquitable.
    Madame la Présidente, je remercie la députée d'avoir soulevé ce problème. Je n'étais pas au courant de la situation de son amie. Bien entendu, je ne peux prendre aucun engagement au nom du gouvernement, mais je peux néanmoins promettre de travailler avec la députée pour porter cette question à l'attention du gouvernement afin que de faire changer les choses.

  (1540)  

    Madame la Présidente, compte tenu de tout ce qui a été dit sur ce que le budget contiendrait, les organismes à but non lucratif de ma circonscription avaient l'espoir qu'il prévoirait davantage d'argent pour construire des logements sociaux, des logements hors marché. Cependant, ce que nous y trouvons, c'est l'Initiative pour la création rapide de logements, avec sa maigre enveloppe annuelle de moins de 250 millions de dollars pour les cinq prochaines années, pour l'ensemble du pays, des fonds qui sont d'ailleurs censés être répartis.
    La députée pourrait-elle nous dire si elle est préoccupée par le manque de financement prévu dans le budget, malgré tous les beaux discours sur le logement? Le budget ne prévoit pas suffisamment de fonds pour permettre aux organismes à but non lucratif de construire les logements hors marché dignes et financièrement accessibles dont on a besoin partout au Canada.
    Madame la Présidente, il est évident que le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures pour favoriser la construction du plus grand nombre possible de logements pour les Canadiens. Je serais heureuse de collaborer avec le député pour au moins porter ces questions à l'attention du gouvernement.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Huron—Bruce.
    Juste avant de commencer, j'aimerais féliciter ma nièce pour l'obtention de son diplôme. Elle a travaillé dur et elle mérite tout ce que l'avenir lui réserve. Sa tante Tracy est fière d'elle.
    Je prends la parole aujourd'hui au nom des habitants de Kelowna—Lake Country pour discuter du budget de 2024. Le budget, c'est l'un des textes législatifs les plus importants à être débattus chaque année à la Chambre des communes. Le gouvernement néo-démocrate—libéral a décidé, pour la neuvième année de suite, de proposer un budget déficitaire. La semaine dernière, j'étais dans ma circonscription. J'ai eu des rencontres avec des entreprises et des organismes sans but lucratif, et j'ai assisté à toutes sortes d'activités. Certaines journées, une rencontre n'attendait pas l'autre, car des gens avaient pris rendez-vous avec moi. Absolument personne ne m'a dit qu'il était satisfait du budget des libéraux.
    Un résidant m'a dit que le budget n'apportera finalement pas grand-chose. Une résidante m'a raconté que sa famille vit dans la région de l'Okanagan depuis des générations, mais que toute sa parenté élargie pense maintenant à quitter le Canada étant donné que personne ne peut y améliorer son sort. Quelqu'un d'autre m'a expliqué que des gens qui respectent toutes les règles et qui sont relativement prospères parce qu'ils ont du cœur à l'ouvrage sont pris à la gorge par le gouvernement. Un homme d'affaires m'a quant à lui affirmé qu'il a perdu tout espoir de financer sa retraite grâce à sa petite entreprise.
    Pendant neuf ans, le gouvernement libéral, appuyé par le NPD, a choisi avec lui de doubler la dette fédérale, qui est en passe de mener à une crise multigénérationnelle de l'endettement pour les enfants d'aujourd'hui et de demain. Ensemble, ces partis ont choisi de soutenir financièrement des consultants externes grassement payés, alors même que les ministères fédéraux répondent de moins en moins de leurs services, d'autant plus que de nombreux ministères ne respectent pas leurs propres normes de service minimales. Ils ont choisi ensemble d'augmenter la pression fiscale, notamment en relevant la taxe sur le carbone, la taxe d'accise et les charges sociales.
    Quel est le résultat du soutien du NPD à l'endroit du gouvernement libé