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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 291

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 19 mars 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 291
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 19 mars 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Traduction]

La commissaire à l'intégrité du secteur public

    Conformément au paragraphe 38(3.3) de la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles, il est de mon devoir de déposer sur le bureau un rapport sur le cas préparé par la commissaire à l'intégrité du secteur public.

[Français]

    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires.

[Traduction]

La vérificatrice générale du Canada

    Il est également de mon devoir de déposer sur le bureau, conformément au paragraphe 7(3) de la Loi sur le vérificateur général, les rapports du printemps 2024 de la vérificatrice générale du Canada.

[Français]

    Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement, ces documents sont réputés renvoyés en permanence au Comité permanent des comptes publics.

[Traduction]

Le commerce international

    Monsieur le Président, conformément à l'article 32(2) du Règlement et selon les modalités prescrites dans la politique modifiée sur le dépôt des traités au Parlement, qui exige une transparence accrue, je suis heureuse de présenter à la Chambre des communes les objectifs du gouvernement du Canada pour la négociation d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Équateur.
    Le gouvernement du Canada compte entreprendre les négociations avec l'Équateur dès que possible, mais conformément à la politique, les négociations commenceront au plus tard dans 30 jours.

Environnement et changement climatique

    Monsieur le Président, conformément à l'article 32(2) du Règlement et à la politique actuelle sur le dépôt des traités au Parlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, les traités intitulés « Amendements aux annexes I et II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction », adoptés à Panama du 14 au 25 novembre 2022, et « Amendements à l'annexe III de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction », notifiés le 16 novembre 2020, le 24 mars 2021, le 15 mars 2022, le 24 mars 2022, le 13 octobre 2022, le 3 novembre 2022, le 25 novembre 2022, le 3 février 2023, et le 20 février 2023.

[Français]

Les comités de la Chambre

Ressources humaines, développement des compétences, développement social et condition des personnes handicapées 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 15e rapport du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, concernant le projet de loi C‑319, Loi modifiant la Loi sur la sécurité de la vieillesse (montant de la pleine pension), que moi-même et l'ensemble des députés de ma formation politique, le Bloc québécois, portons.
    Le Comité a étudié le projet de loi et a décidé d'en faire rapport à la Chambre sans proposition d'amendement.
    Je remercie sincèrement le Comité de son travail et de m'avoir permis de remettre ce rapport ce matin.

  (1005)  

Langues officielles  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le quatrième rapport du Comité permanent des langues officielles, intitulé « Séance d'information par la ministre du Patrimoine canadien au sujet de son mandat et de ses priorités ».
    Je remercie le Comité de ce court rapport, que je suis bien fier de remettre aujourd'hui.

[Traduction]

La Loi sur les transports routiers

    — Monsieur le Président, j'ai l'honneur de prendre la parole aujourd'hui pour présenter mon projet de loi d'initiative parlementaire, qui vise à modifier la Loi sur les transports routiers.
    Ce projet de loi vise à harmoniser les règles sur les dispositifs de consignation électroniques du Canada avec celles de nos voisins du Sud. Il propose une exception pour les conducteurs transportant des animaux de ferme ou des insectes, comme les abeilles domestiques, dans un rayon de 240 kilomètres du point d’origine ou de destination d’un trajet.
    Ce projet de loi conservateur plein de bon sens donnerait aux conducteurs transportant des animaux de ferme la souplesse dont ils ont besoin pour protéger le bien-être des animaux si des imprévus au moment du chargement ou du déchargement, ainsi que durant le trajet, les amenaient à dépasser le nombre d'heures de conduite autorisées.
    Je tiens à remercier les intervenants de ma circonscription que j'ai rencontrés et avec qui j'ai collaboré pour présenter ce projet de loi. Je remercie également le Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire d'avoir recommandé les dispositions du projet de loi dans son 16e rapport.
    Les conservateurs soutiendront toujours les producteurs agricoles canadiens afin de protéger le bien-être des animaux et de rapporter au Canada les aliments de la meilleure qualité au monde.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Pétitions

L'aide médicale à mourir  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui une pétition signée par plus de 16 460 Canadiens de toutes les provinces et de deux territoires, dont de nombreux Yukonnais.
    Les pétitionnaires demandent au ministre de la Justice de modifier le Code criminel afin d'établir un cadre précis pour les demandes anticipées d'aide médicale à mourir. Cette modification s'appliquerait aux personnes qui ont reçu un diagnostic de problème de santé grave, irrémédiable et entraînant une diminution des capacités et qui souhaiteraient obtenir l’aide médicale à mourir lorsqu’elles auront atteint un état avancé de déclin, lorsque leurs souffrances deviendront intolérables, mais que leurs capacités réduites les empêcheront de donner un consentement au moment de l’acte.

Le transport ferroviaire  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition au nom des habitants de Lillooet.
    Depuis l'arrêt du service ferroviaire vers Lillooet en 2002, le tourisme a chuté de 82 %. Les résidants de ma circonscription demandent au gouvernement fédéral de rétablir le service ferroviaire vers le village de Lillooet pour répondre à leurs besoins économiques et médicaux.

Le programme d’échange de seringues  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition que je présente aujourd'hui est signée par des agents correctionnels qui demandent au gouvernement du Canada de mettre fin à son expérience ratée d'échange de seringues dans les prisons, notamment dans celles de ma circonscription.
    Ce programme n'améliorera pas les résultats en matière de santé. C'est ce qu'ont dit les professionnels. Les agents correctionnels en réclament donc l'annulation immédiate.

Le Centre aquatique régional Lets'emot  

    Monsieur le Président, je présente cette troisième pétition au nom des résidants de l'est de la vallée du Fraser. Elle concerne le Centre aquatique régional Lets'emot.
    Des résidants du district de Kent et de Harrison Hot Springs, des membres des Premières Nations de Seabird Island, de Cheam, de Skawahlook, de Popkum et de Peters, des Stó:lô, des Sts'ailes, des Sq'éwlets, ainsi que des habitants des circonscriptions électorales C et D du district régional de la vallée du Fraser veulent un centre aquatique régional. Ils veulent simplement avoir la même chose que les citoyens des grandes collectivités: une piscine.

Les routiers  

    Monsieur le Président, j'interviens pour présenter une pétition signée par des Canadiens qui demandent au gouvernement de s'attaquer aux problèmes auxquels sont confrontés les routiers au Canada.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'adopter des lois et des règlements pour protéger ces travailleurs. Ils demandent notamment d'établir une charte des droits des routiers prévoyant l'adoption de contrats transparents dans l'industrie, le droit pour les chauffeurs de connaître leur salaire, un taux de rémunération plancher obligatoire par kilomètre pour les chauffeurs et les propriétaires-exploitants, le paiement obligatoire d'une compensation pour les périodes de repos, les temps morts et les annulations, l'accès aux salles de bain là où les chauffeurs livrent leurs marchandises, le plafonnement des frais de courtage et l'installation obligatoire de haltes routières équipées de toilettes dans tout le pays pour assurer la sécurité et le bien-être des conducteurs. Les pétitionnaires demandent également au gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces et les territoires pour mener à bien l'aménagement de voies doubles sur la Transcanadienne.
    Les routiers travaillent fort pour nous apporter ce dont nous avons besoin au quotidien. Ils méritent d'être traités équitablement, d'être bien rémunérés et de jouir de conditions de travail sécuritaires. La pétition reconnaît les services inestimables que les routiers nous rendent et elle vise à faire en sorte que ces derniers aient les droits et les protections qu'ils méritent.

  (1010)  

La Russie  

    Monsieur le Président, je suis heureux de pouvoir présenter ce matin une pétition signée par plus de 600 Canadiens de toutes les régions du pays.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'inscrire la Russie sur la liste des États qui soutiennent le terrorisme. Cette mesure permettrait aux Canadiens de poursuivre la Fédération de Russie en justice pour obtenir des dommages et intérêts. Elle enverrait également le message que la Russie doit être traitée comme un paria sur la scène internationale en raison de son invasion illégale de l'Ukraine.
    J'aimerais également ajouter que cette mesure ne coûterait rien aux contribuables. Je suis heureux d'avoir l'occasion de présenter cette pétition aujourd'hui.

La Journée de la langue espagnole  

     Monsieur le Président, c'est avec grand plaisir que je présente une pétition à cette respectable chambre au nom des membres des communautés hispanophones du Canada, y compris ceux de ma circonscription, Davenport.
    Le Canada est fier de compter plus de 1,2 million d'hispanophones, qui présentent une grande diversité culturelle et ethnique. Pour les personnes d'origine hispanique et latino-américaine qui ont choisi de s'installer au Canada, la langue espagnole revêt une signification profonde, car elle constitue un lien vital avec leur patrimoine, leur identité et leurs traditions.
    Cette pétition a recueilli des milliers de signatures et bénéficie du soutien des communautés hispanophones de l'ensemble de notre grand pays. Elle demande que le Canada proclame le 23 avril Journée de la langue espagnole au niveau fédéral. Cette date a été choisie en mémoire du grand écrivain et homme de lettres espagnol, Miguel de Cervantes. Cette désignation constituerait un geste symbolique de solidarité et de reconnaissance, qui permettrait à la communauté hispanophone de prospérer et de contribuer au tissu multiculturel de la société canadienne.

Le crédit d'impôt pour les premiers intervenants  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition au nom des habitants de ma circonscription. Ils demandent au gouvernement du Canada d'appuyer le projet de loi C‑310, qui modifierait la Loi de l'impôt sur le revenu afin d'augmenter le montant des crédits d’impôt pour les services de pompiers volontaires et de volontaires en recherche et sauvetage.

La liaison aérienne à destination de l'Inde  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter une autre pétition concernant la liaison aérienne entre le Canada et l'Inde. Comme les députés le savent, la communauté indo-canadienne a connu une croissance importante au cours de la dernière décennie. C'est sans doute la communauté qui connaît la plus forte croissance au Canada à l'heure actuelle. Cette croissance jumelée à la demande pour des vols internationaux, même de la part de personnes qui ne font pas partie de la communauté indo-canadienne, fait croire que l'augmentation du nombre de vols directs du Canada vers l'Inde serait une bonne chose.
    D'un point de vue personnel, les pétitionnaires insistent beaucoup sur le fait que des vols en partance de Winnipeg à New Delhi ou à Amritsar seraient souhaitables.

Hong Kong  

    Monsieur le Président, je n'ai qu'une pétition à présenter aujourd'hui.
    Il est extrêmement troublant de voir que l'article 23 a été adopté à Hong Kong. Il s'agit là d'une autre attaque dévastatrice contre le peuple de Hong Kong. L'article crée une disposition qui pourrait valoir jusqu'à 14 ans d'emprisonnement à quiconque omet de rapporter qu'une personne manifeste une intention de commettre un acte de trahison. La disposition fait fond sur la loi sur la sécurité nationale de 2020, mais se veut un autre geste d'oppression qui mérite que le gouvernement le condamne. Le gouvernement devrait aussi demander la libération de Jimmy Lai.
    Je présente une pétition portant sur la situation à Hong Kong et qui demande au gouvernement du Canada de reconnaître la politisation de l'appareil judiciaire à Hong Kong. Ce faisant, il pourrait créer un mécanisme par lequel les gens de Hong Kong reconnus coupables d'infractions liées au mouvement prodémocratie pourraient fournir des explications sur ces condamnations. Ainsi, ils ne seraient pas jugés inadmissibles à venir au Canada au regard des dispositions criminelles de la Loi sur l'immigration.

  (1015)  

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — La taxe sur le carbone  

    Que, étant donné que 70 % des provinces et 70 % des Canadiens sont contre la hausse de 23 % de la taxe sur le carbone du premier ministre prévue le 1er avril, la Chambre demande à la coalition entre les libéraux et les néo-démocrates d’annuler immédiatement cette hausse.
    — Monsieur le Président, après huit années, on constate que le premier ministre néo-démocrate—libéral n'en vaut pas le coût. Alors que le premier ministre entend faire grimper le coût de littéralement tout, les conservateurs pleins de bon sens se concentrent sur l'élimination de la taxe, la construction de logements, le redressement du budget et la lutte contre la criminalité.
    Aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur le premier objectif parce que, le 1er avril, le premier ministre réserve un bien mauvais poisson d'avril aux Canadiens. Comme si les prix n'étaient pas déjà trop élevés, le premier ministre, déconnecté de la réalité, s'apprête à augmenter la taxe sur le carbone de 23 %, une hausse vertigineuse qui doit entrer en vigueur dans quelques semaines seulement.
    Je parle au nom de tous mes collègues conservateurs lorsque je dis que nous comprenons les difficultés que vivent les travailleurs canadiens. Nous le voyons dans nos circonscriptions. Je suis allé dans des épiceries où des gens bien vêtus, qui semblent avoir un emploi et les moyens de se nourrir, se rendent dans l'allée des viandes, prennent un paquet de bœuf, le contemplent longuement, puis le remettent à sa place parce qu'ils n'ont pas les moyens de l'acheter. Voilà à quoi ressemble la vie après huit années sous la direction du gouvernement libéral.
     Le 1er avril, ces prix vont encore augmenter. Les conservateurs pleins de bon sens se battent toute la semaine pour s'opposer à la hausse et pour convaincre le premier ministre et ses partenaires de coalition néo-démocrates de ne pas augmenter la taxe davantage, à tout le moins. La première chose que nous pouvons faire pour aider les Canadiens est de limiter cette taxe punitive et de ne pas aggraver la situation.
     Je vais m’attacher à briser quelques mythes concernant la taxe sur le carbone. Si les députés se souviennent bien, le premier ministre avait promis que la taxe sur le carbone aurait plusieurs effets. Tout d’abord, il a dit qu’elle n’aurait pas d’incidence sur les recettes, qu’elle aiderait le Canada à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et que les Canadiens se trouveraient en meilleure posture grâce à un système de remboursement qu’il avait mis au point.
     Je veux maintenant signaler à la Chambre que je partagerai mon temps de parole avec le député de Stormont—Dundas—South Glengarry.
     Ce sont les trois piliers sur lesquels le premier ministre a construit sa taxe sur le carbone: neutralité des recettes, réduction des émissions et aide au Canada dans l’atteinte de ses cibles, et il donnerait plus qu’il ne recevrait des Canadiens. Brisons ces trois mythes.
     D’abord, la taxe n’est pas sans incidence sur les recettes. Le gouvernement conserve un pourcentage important de la taxe sur le carbone. En fait, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la FCEI, estime que la taxe sur le carbone coûte à elle seule 2,5 milliards de dollars aux petites entreprises, soit 2,5 milliards de dollars retirés de l’économie, et les coûts que cela représente pour ces entreprises sont répercutés sur les consommateurs. Le gouvernement conserve une bien plus grande part de la taxe sur le carbone que ce qu’il distribue. Ce mythe est complètement démoli. Ce pilier a été complètement démoli.
     En ce qui concerne la réduction des émissions, voyons ce que les experts disent du plan du gouvernement libéral. Il ne l’a pas aidé à atteindre une seule cible en matière d’émissions. L’indice de rendement de la lutte contre les changements climatiques classe le Canada au 62e rang sur 67. Le Canada a en fait perdu plusieurs places dans ce classement sous le gouvernement libéral, après huit ans de règne du premier ministre. Le Canada se classe désormais derrière des pays comme le Kazakhstan, l’Algérie et le Bélarus. Ces pays ont un meilleur rendement que le Canada sous ce gouvernement. Le commissaire à l’environnement a déclaré que ce gouvernement accumulait les échecs; c’est le commissaire à l’environnement que le premier ministre a nommé. Son propre organe de surveillance de l’environnement a conclu que ce gouvernement accumulait échec sur échec. Il est manifeste que ce n’est pas un plan environnemental, mais un plan fiscal.
     Examinons l’impact sur les familles, qui est le troisième mythe selon lequel les Canadiens seraient en meilleure posture s’ils payaient cette taxe. Ce mythe a été complètement brisé. Nous savons que cette taxe augmente le coût du carburant, du chauffage et des produits alimentaires. Voyons quelques détails.

  (1020)  

     À partir du 1er avril, la taxe sur le carbone ajoutera 17 ¢ à chaque litre d’essence et 21 ¢ à chaque litre de diésel. Ce sont des coûts astronomiques auxquels les Canadiens n'ont tout simplement pas les moyens de faire face. Les experts en alimentation, qui surveillent le secteur de l’épicerie et le prix des produits en magasin, affirment que les Canadiens devront payer 700 $ de plus en épicerie cette année, avant même de prendre en considération la hausse de la taxe sur le carbone.
     Si on tient compte de tous les coûts secondaires, on voit le stratagème ridicule des remises que les libéraux essaient de vendre aux Canadiens. D’une manière ou d’une autre, comme par magie, si les gens paient les frais plus élevés de la taxe sur le carbone, le gouvernement prendra l’argent, le fera circuler à Ottawa, puis le recrachera en divers endroits à divers moments et, d’une manière ou d’une autre, les Canadiens se trouveront en meilleure posture. Le seul problème, c’est qu’une fois que l’on examine ce système, il s’effondre presque instantanément.
     Les libéraux ont fait quelque chose de très rusé. C’était très intelligent, mais très rusé. Ils ont conçu le remboursement de la taxe sur le carbone de manière à ne tenir compte que des coûts directs, c'est-à-dire uniquement ce qui s'affiche comme étant la taxe sur le carbone sur une facture, que ce soit pour l’essence ou pour le mazout. On ne voit que cet élément. C’est la seule chose que le système de remboursement prend en compte. Cependant, il ne tient pas compte de la manière dont tous ces coûts dans l’économie sont transmis aux consommateurs. Nous payons cette hausse de la taxe sur le carbone chaque fois que nous achetons quelque chose qui a dû être cultivé ou fabriqué, transporté, refroidi ou réfrigéré, réchauffé ou chauffé. Chaque fois qu’un détaillant doit payer la taxe sur le carbone sur ses factures de chauffage ou de services publics, tout cela est transféré aux consommateurs et les Canadiens en font les frais.
     Le système de remboursement n’englobe absolument rien de tout cela, mais il n'est pas nécessaire de me croire sur parole. Je sais que de nombreux Canadiens diront que les libéraux ont leur histoire à raconter et que les conservateurs ont leur point de vue. Voyons ce que pensent des experts indépendants de cet aspect du plan concernant la taxe sur le carbone.
     L’organisme de surveillance budgétaire indépendant et non partisan du premier ministre, le Bureau du directeur parlementaire du budget, a effectué cette analyse et a passé en revue tous les chiffres. Il a réparti les familles canadiennes en différents groupes qu’il appelle des quintiles. En gros, il a pris tous les salariés canadiens et les a répartis en différents groupes selon le revenu. Les salariés du troisième quintile, c'est-à-dire les Canadiens qui ont un revenu moyen, perdraient 1 400 $ en Alberta et 929 $ en Saskatchewan une fois la taxe sur le carbone pleinement en vigueur. Au Manitoba, ils perdraient 1 000 $. En Ontario, ils perdraient 1 200 $. Les Néo-Écossais perdraient 1 100 $ et les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard perdraient 1 100 $. Quant aux habitants de Terre-Neuve-et-Labrador, ils perdraient 680 $, même après la mise en place du système de remboursement. Nous parlons ici des Canadiens de la classe moyenne.
     Si nous considérons les salariées de la tranche de revenus juste en dessous de ce groupe, ils seraient en plus mauvaise posture également. Leur situation n’est pas meilleure. Ces familles paient toujours plus que le remboursement, mais c'est le groupe à revenu moyen qui se démarque. La perte représente près de 100 $ par mois que les familles canadiennes ne peuvent tout simplement pas se permettre. Elles n’ont pas les moyens de payer leur épicerie et de se chauffer, alors elles ne peuvent pas se permettre de payer des coûts plus élevés à cause de la taxe sur le carbone. Je répète que ce sont des analyses indépendantes de l’organisme de surveillance budgétaire du premier ministre.
     Le dernier point que je soulèverai est l’incidence de la taxe sur le carbone sur l’inflation. Le gouvernement essaie de dire que la taxe sur le carbone n’est pas un facteur d’inflation important. Voyons ce que dit le gouverneur de la Banque du Canada lui-même. Je vais citer très brièvement des témoignages au comité, puis je céderai la parole.
     M. Tiff Macklem, le gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré au comité que l’élimination de la taxe sur le carbone ferait baisser l’inflation de 0,6 point de pourcentage. Mon collègue de Northumberland lui a demandé de préciser, car 0,6 % peut sembler peu. Cependant, lorsque l’inflation est de 3,8 %, avec un objectif de 2 %, et si la Banque du Canada peut commencer à réduire les taux d’intérêt une fois que l’inflation se rapproche de l’objectif, cela signifie que 0,6 % représente environ un tiers du 1,8 point de pourcentage que le Canada doit retrancher à l’inflation pour revenir à l’objectif, afin que les taux d’intérêt puissent être baissés. Autrement dit, la taxe sur le carbone est responsable d’environ un tiers de l’inflation supplémentaire qui frappe les Canadiens et oblige la Banque du Canada à maintenir des taux d’intérêt élevés. Si le gouvernement supprimait la taxe sur le carbone, il ferait un tiers du chemin pour ramener l’inflation à l’objectif fixé, ce qui signifie que les taux d’intérêt et les prix pourraient baisser.

  (1025)  

     Cette semaine, les conservateurs vont se ranger du côté de 70 % des Canadiens, qui s’opposent à cette hausse de la taxe sur le carbone, et de 70 % de premiers ministres, qui s’y opposent aussi. Nous allons nous battre pour mettre un terme à cette hausse afin de pouvoir supprimer la taxe.
    Monsieur le Président, nous avons vu l’ancien chef du Parti conservateur se contorsionner pour tenter de justifier des statistiques afin que les conservateurs puissent continuer à faire de la désinformation.
     Soyons très clairs. Il y a une taxe sur le carbone, et il y a une remise sur le carbone. C’est aussi simple que cela. Plus de 80 % des gens recevront plus en remise qu’ils ne paieront en taxe. L’ancien chef du Parti conservateur a beau faire des pirouettes et déformer les faits, c’est la réalité.
     Pourquoi les députés conservateurs ne font-ils pas le tour du Canada pour dire qu’ils vont éliminer la remise sur le carbone? Ils savent très bien que le plan conservateur diminuerait le revenu disponible de plus de 80 % des gens.
    Monsieur le Président, il est amusant de constater que c’est le député qui se perd dans des contorsions.
     Il faudrait présenter la remise sous le bon angle, peut-être à la deuxième pleine lune du mois, et si elle était présentée sous le bon angle, on pourrait peut-être trouver quelqu’un qui s’en trouverait en meilleure posture. Ce n’est pas mon opinion. C’est celle de l’organisme indépendant de surveillance budgétaire.
     Je peux dire à tous mes collègues qui participent au débat aujourd’hui que les libéraux vont faire cela toute la journée. Ils vont commencer à parler uniquement des coûts directs de la taxe sur le carbone, mais nous savons que toutes les analyses des experts démontrent que lorsqu’on prend en compte tous les coûts, les détaillants doivent augmenter leurs prix, les expéditeurs doivent augmenter leurs prix, les producteurs doivent augmenter leurs prix et les entreprises doivent payer des salaires plus bas parce qu’elles paient une part plus importante de taxe sur le carbone. Si l’on tient compte de tous ces facteurs, on constate que les Canadiens s'en tirent moins bien.
     Le directeur parlementaire du budget a montré que 60 % des Canadiens paient beaucoup plus que ce qu’ils reçoivent. Le cinquième quintile, le quatrième quintile et le troisième quintile des salariés à revenu moyen voient leur situation se dégrader de plusieurs centaines de dollars, même après la prise en compte du programme de remise.

[Français]

    Monsieur le Président, la motion conservatrice d'aujourd'hui est très courte, concise et claire. On s'appuie sur des chiffres, et j'imagine que le Parti conservateur est très rigoureux et qu'il ne sort pas des chiffres d'un chapeau. Il prétend que 70 % des Canadiens sont contre la hausse de la taxe de 23 % qui va avoir lieu le 1er avril. Toutefois, si on regarde ce sondage, on se rend compte qu'il portait sur la mesure gouvernementale d'exemption du mazout de la loi sur la tarification du carbone, et non sur l'existence de la loi elle-même.
    Est-ce que le Parti conservateur aurait oublié de préciser cela dans sa motion?
    Monsieur le Président, ce n'est pas du tout le cas. Nous avons entendu les cris des Canadiens qui souffrent en raison de cette taxe punitive.

[Traduction]

     Nous savons que les Canadiens sont opposés à la taxe carbone, surtout à la hausse de cette taxe, et les sondages ne sont pas les seuls à le dire. En effet, 70 % des premiers ministres provinciaux ont demandé au gouvernement de renoncer au moins à la hausse de la taxe prévue pour le 1er avril.
     Le premier ministre a une attitude très clivante. Il se plaît à braquer les Canadiens les uns contre les autres. Il se plaît à diviser les régions et les provinces, mais s’il y a une chose qu’il a réussi à faire, ce qui est rare en politique canadienne, c’est à créer un consensus entre les premiers ministres provinciaux, d’est en ouest, qu’ils soient libéraux ou conservateurs. Il a réussi à les unir contre son infâme projet de majoration la taxe.
     Cette majoration va avoir pour conséquence de rendre tout plus cher, ce qui ne manquera pas d’aggraver la situation des Canadiens. Ils vont devoir payer plus, et à la fin du mois, ils auront encore moins d’argent dans les poches. Le programme de remboursement ne couvre pas la hausse de la taxe. C’est la réalité.
     En pleine crise du coût de la vie, alors que des jeunes retournent vivre chez leurs parents, que des gens sont contraints de vivre sous une tente ou que d’autres doivent faire un choix entre le chauffage et la nourriture, le gouvernement libéral devrait, à tout le moins, renoncer à toute hausse de la taxe afin d’éviter que les prix augmentent davantage.

  (1030)  

    Monsieur le Président, je suis d’accord avec les conservateurs pour dire que la taxe sur le carbone n’a pas contribué à réduire les émissions, parce que les libéraux s'en remettent aux sociétés d’exploitation des sables bitumineux pour faire ce qui s'impose. Avec l’Alliance nouvelles voies et le plan pour atteindre la carboneutralité, nous observons que les émissions ont diminué partout sauf dans le secteur pétrolier, où elles continuent à augmenter.
    Pour ce qui est de la taxe sur le carbone, Suncor, qui a fait 78 milliards de dollars de profits l’an dernier, paie un quatorzième de ce que paie M. Tout‑le‑Monde lorsqu’il fait le plein d’essence. Nous subventionnons ces entreprises depuis des années, et nous continuons de le faire alors qu’elles font brûler notre planète et n’ont nullement l’intention de faire ce qui s'impose. Les libéraux se sont fait duper, car ils se sont imaginé que Rich Kruger, Suncor, Imperial et les autres entreprises d’exploitation des sables bitumineux voulaient sincèrement protéger la planète. Toutes mes excuses, je retire ce que j’ai dit, car nous savons que les conservateurs se moquent éperdument, eux aussi, de faire brûler la planète.
    Monsieur le Président, mon collègue le commissaire du politburo aimerait bien m’interdire de parler. Si son projet de loi est adopté et que je répète ce que je viens de dire à l’extérieur de la Chambre, je risquerais la prison. C’est tout à fait dans la mentalité du NPD. Ses députés veulent contrôler la liberté d’expression, étouffer le débat et imposer leurs opinions.
     Cela dit, il a parlé de ce qui se passe à l'étranger. Avec le plan environnemental du gouvernement, il faut se rappeler ce qui s’est passé lorsque nos alliés européens sont venus nous demander du gaz naturel liquéfié propre afin de ne plus dépendre du gaz russe: ce député néo-démocrate et son parti se sont ralliés au gouvernement libéral pour leur refuser notre aide. C’était une honte.
    Monsieur le Président, le premier ministre a fait un excellent travail ces derniers temps pour unir le pays. Les Canadiens se révoltent contre lui et contre les hausses de taxes qui ne cessent de s'accumuler. Après huit ans, les Canadiens savent qu’ils en ont assez. Ils ne peuvent plus supporter le coût du premier ministre. Il est en train d’unir le pays contre lui et contre les hausses de taxes constantes auxquelles les Canadiens sont confrontés.
     Soixante-dix pour cent des Canadiens s’opposent à la hausse prochaine de la taxe sur le carbone, prévue le 1er avril comme un cruel poisson d’avril. La taxe sur le carbone augmentera de 23 % à un moment où des millions de Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts. La douleur et les augmentations de taxes sans fin sous le premier ministre, que le NPD soutient à chaque étape, font toutes partie du plan visant à quadrupler la taxe sur le carbone dans les années à venir.
     Soixante-dix pour cent des Canadiens et sept premiers ministres provinciaux d'un bout à l'autre du pays sont unis contre cette nouvelle hausse de taxe. La situation est devenue si grave que le premier ministre libéral de Terre‑Neuve‑et‑Labrador a interpellé le premier ministre et exigé qu’il annule cette nouvelle augmentation. Même le parti libéral provincial du Nouveau‑Brunswick et celui de Kathleen Wynne, en Ontario, s’y opposent. Le Parti libéral de l’Ontario en a assez du premier ministre. Il est si toxique et si impopulaire qu’il unit le pays contre lui. Même le Parti libéral de l’Ontario ne se contente pas de dire non à la hausse; il abolirait complètement la taxe. Lorsque le parti de Kathleen Wynne ne soutient même plus la taxe sur le carbone, on sait que les libéraux sont sur la mauvaise voie. La grande révolte des Canadiens contre la taxe est bel et bien en cours.
     Les chiffres sont éloquents. Je vais en présenter quelques-uns qui illustrent les difficultés auxquelles les Canadiens sont confrontés. Sept cents dollars, c’est ce qu’une famille de quatre personnes au Canada devra payer de plus sur sa facture d’épicerie en 2024. Cela ne tient même pas compte de l’augmentation de la taxe sur le carbone. Cette dernière augmentation, de 23 %, va faire grimper encore plus le coût de la nourriture, du chauffage et du plein d’essence.
     Les choses vont de mal en pis. À maintes reprises ces dernières années, hélas, les banques alimentaires du pays nous ont signalé une augmentation du nombre de visites qu'elles reçoivent. Les libéraux et les néo-démocrates ne cessent de répéter qu’ils ont un plan, qu’il fonctionne et qu’il est utile. Il n’en est rien. Selon le rapport récent d’un organisme d'aide alimentaire, les banques alimentaires du pays se préparent à une fréquentation record en 2023. Elles s’attendent à ce qu’un million de Canadiens de plus se rendent dans les banques alimentaires cette année. C’est de la folie.
     Le premier ministre et le NPD font la sourde oreille en continuant à doubler, voire quadrupler, la taxe sur le carbone et en pensant que la situation ne va pas empirer. La situation est devenue si grave pour les organismes caritatifs que, l’année dernière, 36 % d’entre eux ont dû refuser des personnes parce qu’ils étaient à court de ressources. Les libéraux et les néo-démocrates, cette coalition coûteuse, sont à peu près les seuls au pays — et ils sont très peu nombreux — à ne pas encore être au courant de la réalité.
     Les Canadiens en ont assez des hausses d’impôt. Ils ne peuvent pas se permettre une augmentation du prix de l’essence de 61 cents le litre dans les années à venir. Cette hausse fait grimper le coût de la vie. Elle fait grimper le prix des produits alimentaires et le coût d'exploitation des entreprises. Elle les fait fuir du pays. Malgré l’abondance de grandes terres agricoles au Canada, des entreprises et des épiceries importent maintenant des aliments d'un peu partout dans le monde au lieu d'acheter des aliments produits au Canada, près de chez nous, alors que les libéraux assomment les serriculteurs avec la taxe sur le carbone et les agriculteurs avec un montant astronomique de taxe sur le carbone. Ce sont des centaines de milliers de dollars que doit payer une entreprise de séchage de céréales de ma circonscription, et le gouvernement veut quadrupler la taxe. C’est assez!
     Nous savons que les calculs et les promesses des libéraux sont complètement erronés. C’est pourquoi le budget ne s’équilibre pas. C’est parce que leurs calculs n’ont jamais aucun sens.

  (1035)  

     C’est plein de sens pour le Canadien moyen, qui sait que la taxe fait grimper les dépenses de son ménage. Elle fait grimper les paiements hypothécaires. Elle fait grimper la facture d’épicerie. Elle fait grimper la facture de chauffage. Cette taxe fait en sorte qu'il coûte plus cher d’avoir une voiture et d’emmener ses enfants au hockey ou de sortir comme le font généralement les Canadiens.
     Les libéraux avaient promis que la tarification du carbone coûterait 50 $ la tonne. La taxe ne devait pas dépasser cette limite. Ils n’ont pas tenu parole et ils ont triplé la taxe pour la porter à environ 170 $ la tonne alors qu’elle ne devait pas dépasser 50 $ la tonne. Ils avaient promis des remises pour les entreprises. En dépit de tout ce que les entreprises canadiennes, notamment les petites entreprises, paient en taxe sur le carbone, le gouvernement ne leur accorde aucune remise. Pour ce qui est des remises accordées aux ménages, nous savons, comme le directeur parlementaire du budget l'affirme, que les remboursements ne couvrent pas le coût de la taxe sur le carbone que paient les familles. Quant aux entreprises, elles ne reçoivent rien.
     Les libéraux n’ont pas tenu leur promesse et ils essaient maintenant de nous faire croire à leurs arguments et à leur petit tableau, en affirmant que les Canadiens s’en tirent mieux grâce aux remises qui leur sont versées.
     C’est absurde. Personne n'est dupe et le directeur parlementaire du budget ne l'est pas non plus. Dans son rapport, les faits sont exposés clairement. Dans les provinces canadiennes où il est possible de récupérer un certain montant en remise, la famille moyenne de quatre personnes perd des centaines de dollars, peu importe où elle vit. En 2024 et 2025, les familles de l’Ontario accuseront une perte moyenne de 627 $, celles de l’Alberta, 911 $, et celles du Manitoba, 502 $. Et la liste continue. Plus le gouvernement augmente la taxe sur le carbone, plus la perte, l’endettement et les difficultés des familles canadiennes s'alourdissent.
     Il est important de s'informer des subtilités des mesures proposées par les libéraux et leurs partenaires de coalition, les néo-démocrates. Ils ne donnent jamais de réponse directe. Si vous regardez n’importe quelle période de questions, vous constaterez qu'ils ne donnent jamais de réponse directe.
     Au cours des prochaines années, la taxe sur le carbone va quadrupler. Voici pourquoi. Les libéraux ne se contentent pas d’imposer une seule taxe sur le carbone; ils en imposent deux. La première atteindra 37 ¢ le litre d’essence au cours des prochaines années. Les remboursements, comme je viens de le confirmer, ne couvrent même pas ce montant. Une deuxième taxe sur le carbone sera ensuite imposée partout au pays. Les libéraux utilisent un méli-mélo de termes pour la désigner. Ils ont changé le nom pour « norme sur les combustibles propres ». Il s’agit en fait d’une deuxième taxe sur le carbone pour laquelle personne n'aura droit au moindre remboursement. Elle atteindra 17 ¢ le litre d’essence au cours des prochaines années.
     Comme si cela ne suffisait pas, et c’est ce qui attise la colère des Canadiens, c’est que les libéraux et les néo-démocrates n’imposent pas qu'une seule taxe sur le carbone. Ils en imposent une deuxième, qui est elle même taxée. Ils imposent la TPS et la TVH sur la première et la deuxième taxe sur le carbone, si bien qu'elles s'élèvent à 61 ¢ le litre. Ils sont déconnectés de la réalité.
     C’est le comble, à mon avis, qui démontre à quel point les libéraux et les néo-démocrates sont déconnectés de la réalité après huit années sous la gouverne de ce premier ministre. Au cours de la dernière année, comme je l’ai mentionné, les Canadiens se sont mobilisés plus que jamais contre la taxe sur le carbone et contre la dernière augmentation prévue pour le 1er avril. La semaine dernière, le Cabinet du premier ministre a publié un article intitulé « Y a-t-il un manque de communication au sujet de la taxe sur le carbone? »
     Je suis désolé. Cet article ne venait pas du Cabinet du premier ministre, mais bien de CBC/Radio-Canada. Je pense que c’est probablement le Cabinet du premier ministre qui a fourni l’information à CBC/Radio-Canada pour tenter de se défendre. Là encore, les libéraux affirment depuis un an qu’il s’agit d’un simple problème de communication, qu’ils n’ont pas su bien expliquer cette mesure.
     Les Canadiens se connaissent. Ils savent qu’ils n’ont pas les moyens d’avoir ce premier ministre. Ils n’ont pas les moyens de payer la taxe sur le carbone. Ils ne peuvent pas se permettre l’augmentation de 23 % prévue pour le 1er avril, qui va quadrupler au cours des prochaines années. S’il s’agissait d’un simple problème de communication, il aurait été réglé, car le premier ministre adore les séances de photo. Il adore les points de presse et toutes ces salades de mots accrocheuses.
     Au cours de la dernière année, les gens ont eu plus que jamais recours aux banques alimentaires, qui s'attendent à un million de visites de plus en 2024. Les gens n’arrivent pas à payer leur hypothèque. L’économie va de plus en plus mal. La seule chose que le premier ministre a faite au cours des derniers mois a été de renommer la taxe sur le carbone. Cela démontre à quel point les libéraux sont déconnectés de la réalité.
     Le problème de cette taxe sur le carbone, qui ne cesse cruellement d'augmenter, ne se situe pas au niveau de la communication. Il s'agit d'un problème fiscal. Les Canadiens ont fini par le comprendre. Ils en ont assez. Il est temps de réagir.

  (1040)  

     Dites non à la hausse. Abolissez la taxe et donnez enfin un répit aux Canadiens.
    Monsieur le Président, je peux comprendre l’argument selon lequel la taxe carbone serait inflationniste. Le problème, c’est que cela ne semble pas être l’avis des experts.
     Par exemple, en septembre, le gouverneur de la Banque du Canada a déclaré que la taxe sur le carbone ne contribuait à l’inflation que pour 0,15 point de pourcentage. Selon une étude d’Options politiques réalisée en 2023, les taxes sur le carbone ont entraîné une hausse des prix à la consommation de 0,6 % entre 2018 et 2023. Statistique Canada, dans une étude effectuée en Colombie-Britannique, a estimé que seulement 0,33 % de la hausse du coût des denrées alimentaires était attribuable à la taxe sur le carbone.
     Je ne sais pas exactement d’où les conservateurs tirent leurs statistiques, mais j’aimerais qu’ils en citent quelques-unes.
    Monsieur le Président, les Canadiens sont d’accord avec l'approche conservatrice pleine de bon sens qui crée un consensus partout au pays. Ils savent qu'elle est sensée.
     Nous ne pouvons pas taxer l’agriculteur qui cultive les denrées, le camionneur qui les transporte, et les magasins qui les vendent. S’ils n’obtiennent pas de remboursement, ils répercutent ce coût sur le consommateur. Le gouverneur de la Banque du Canada a déclaré que la taxe sur le carbone augmente l’inflation. Personne ne le croit alors que les remboursements ne couvrent même pas la première taxe sur le carbone, qui est en passe d’atteindre 61 ¢ le litre. Nous ne pouvons pas imposer ce coût supplémentaire aux agriculteurs, aux camionneurs et aux entreprises.
     Les libéraux taxent même les grands méchants chasse-neige polluants — privés et publics. Ils imposent une taxe sur le carbone sur le déneigement dans ce pays. Ils imposent cette taxe sur tout, ce qui fait grimper les coûts. On ne peut pas additionner ces coûts et toutes ces taxes et s’attendre à ce qu’ils s’évaporent. Ils font grimper l’inflation. Ils font grimper les coûts des activités commerciales et le coût de la vie. C’est juste du gros bon sens.

[Français]

    Monsieur le Président, pour nous, c’est vraiment le jour de la marmotte.
    On a l’impression que chaque fois qu’il y a une journée de l’opposition des conservateurs, ça parle de la taxe sur le carbone encore une fois. Il y a d’immenses et de nombreux enjeux dont on pourrait parler ce matin, mais on parle encore de la taxe sur le carbone. Ça n’a aucun bon sens.
    Mes amis et collègues conservateurs parlent souvent des dépenses inflationnistes du gouvernement. Selon le Fonds monétaire international, en 2022, le gouvernement a envoyé 50 milliards de dollars à l’industrie pétrolière en dépenses directes et indirectes. Rappelons qu'en 2022, les cinq grandes pétrolières ont fait ensemble 200 milliards de dollars de profits. Cela se rajoute au fait qu’on prévoit dans le budget libéral, d’ici 2035, dépenser 80 milliards de dollars de crédits d’impôt aux pétrolières. C'est sans compter les 34 milliards de dollars que va coûter Trans Mountain.
    Mon collègue pense-t-il que toutes ces dépenses sont des dépenses inflationnistes, oui ou non?

  (1045)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Bloc québécois est comme la girouette de la politique canadienne. On ne peut jamais savoir quelle position il adoptera.
     C’est ce député qui s’est levé à la Chambre pour dire qu’il voulait augmenter radicalement la taxe sur le carbone. Il adore la coalition libérale-néo-démocrate. Le Bloc québécois se joint à elle. Il est déconnecté du réel et se tient à l’écart, et nous n’arrivons plus à le comprendre, comme c’est le cas de ce député du Bloc québécois.
     Les députés du Bloc québécois envoient à Ottawa un montant de 17 ¢ le litre en plus du prix de l’essence pour cette seconde taxe sur le carbone. Ils imposent une seconde taxe sur le carbone à la province de Québec et envoient tout cet argent à Ottawa. Qu’est devenu le Bloc québécois?
     Le député dit qu’il y a des sujets plus intéressants à discuter, mais selon moi, compte tenu du besoin de dire non à la hausse prévue pour le 1er avril et du mécontentement qu'elle suscite auprès de 70 % des Canadiens, dont sept premiers ministres, contrariés par ces hausses de taxes incessantes, il doit retourner dans sa circonscription pour parler à de vraies personnes. Elles lui diront que les Québécois en ont, eux aussi, assez de ces hausses.
    Monsieur le Président, j’aime bien le député, mais il est évident qu’il ne se souvient pas de la décennie noire, la décennie Harper, au cours de laquelle les conservateurs ont rendu la vie de nos concitoyens extrêmement difficile. Les personnes âgées ont été forcées de travailler plusieurs années de plus avant de toucher leur pension. Des services ont été supprimés. Je vois les conservateurs réagir parce qu’ils savent à quel point leur bilan a été déplorable. Ils ont agi de façon absolument scandaleuse. Sous leur direction, 30 milliards de dollars par année ont été versés à des paradis fiscaux à l’étranger. Ils ont également versé de l’argent à des PDG de sociétés pétrolières et gazières. Ils ont ravagé le Canada.
     L’indice de rendement de la lutte contre les changements climatiques dont le député de Regina—Qu’Appelle a parlé tout à l’heure a vraiment retenu mon attention. Revenons à 2014. En 2014, sous le gouvernement Harper, qui niait la réalité des changements climatiques, nous nous classions au quatrième rang parmi les pays qui affichaient le pire rendement climatique. Or, nous savons que les changemetns climatiques coûtent des milliers de dollars aux Canadiens chaque année. Tous les Canadiens font les frais des changements climatiques.
     Ma question est toute simple: pourquoi les conservateurs nient-ils l'existence des changements climatiques?
    Monsieur le Président, je suis fier du gouvernement conservateur précédent, sous la direction duquel les Canadiens avaient les moyens de se loger et de se nourrir alors qu'aujourd'hui des millions de nos concitoyens doivent se tourner vers les banques alimentaires. Je suis fier du précédent gouvernement conservateur, sous lequel il n’y avait pas de campements de tentes qui poussaient partout au pays, comme c’est le cas depuis quelques années sous les libéraux.
     Je tiens à ce que tout le monde sache que le NPD porte l’entière responsabilité de cette situation, car il a appuyé le premier ministre. Je ne peux pas attendre les prochaines élections, pour plusieurs raisons, quelle qu’en soit la date. De nombreux Canadiens disent « mieux vaut plus tôt que plus tard, de grâce », car voici ce que le NPD propose pour aider les aînés en difficulté à Burnaby, en Colombie-Britannique: instaurer une taxe sur le carbone de 61 ¢ le litre, faire grimper le coût des aliments, de l’essence, du loyer et de la perte d'une propriété immobilière. Le NPD est complice tant à l’échelle provinciale que fédérale.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. C'est de la désinformation pure et simple, et le député le sait fort bien. La Colombie-Britannique n'a pas de taxe fédérale sur le carbone. Le député doit donc retirer ses paroles.
    Il ne s'agit pas d'un rappel au Règlement, mais d'une question de débat.
    Le député de Timmins—Baie James invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je vais simplement contester les propos de mon collègue, pour qui j'ai énormément de respect, car je pense qu'il a tort de dire que le député en question sait qu'il fait de la désinformation. Je crois plutôt qu'il se contente de lire ce qu'on lui impose.
    Il ne s'agit pas d'un rappel au Règlement. Le député de Stormont—Dundas—South Glengarry a la parole.
    Monsieur le Président, j'aime toujours entendre le NPD. J'apprécie les interventions de ses députés, qui prouvent à quel point ils adorent la taxe sur le carbone. Ils ne voient aucun inconvénient à la quadrupler. Ce sont les Canadiens qui décideront aux prochaines élections. J'ai bien hâte.
     Je suis heureux d’avoir l’occasion d’expliquer encore une fois en quoi la tarification du carbone est la façon la plus efficace de lutter contre les changements climatiques et de réduire leurs effets dévastateurs sur la santé et la sécurité des Canadiens. J’ai eu l’occasion de débattre à la télévision à quelques reprises avec mon collègue, le chef conservateur déchu, le député de Regina—Qu’Appelle. Lui et moi avons eu quelques débats sur cette question, et je suis fier de dire que les Canadiens méritent que des mesures soient prises pour faire face aux coûts astronomiques associés aux changements climatiques.
     De plus, aujourd’hui, les nouvelles font état de l’inflation, qui se situe à environ 2,8 % par rapport au sommet de 8,1 % atteint en juin 2022. Au cours des trois derniers mois, l’inflation des aliments et des biens a été négative. Le coût du panier d’épicerie revient à la normale. C’est une tendance vraiment encourageante, et il convient de souligner qu’elle se produit dans le contexte de notre lutte contre les changements climatiques et de la réduction de nos émissions en même temps.
     En 2023, le Canada a connu une saison record de feux de forêt. Une plus grande superficie a brûlé, plus du double du record historique, et des centaines de milliers de Canadiens ont dû être évacués de leurs foyers. Je me souviens que, quand j’étais petit, nous parlions du réchauffement de la planète, et il y avait toujours des images d’ours polaires et de la forêt amazonienne. Or, les changements climatiques ne sont désormais plus dans un avenir lointain; ils ont cours en ce moment même. Nous avons pu les observer dans le ciel d’Ottawa l’été dernier pendant que nous travaillions ici. Les personnes asthmatiques ne pouvaient pas venir travailler. Les gens ne quittaient pas leur maison. Il y avait des alertes de détresse respiratoire. Au total, la superficie brûlée a atteint 18 millions d’hectares, soit 2 fois et demie le record précédent établi en 1995 et plus de 6 fois la moyenne des 10 dernières années.
     Le Bureau d’assurance du Canada a également conclu que les réclamations annuelles moyennes pour les phénomènes météorologiques violents réglées par les assureurs au Canada pourraient plus que doubler au cours des 10 prochaines années, et passer de 2,1 milliards de dollars par année, soit le montant actuel, à plus de 5 milliards de dollars par année, ce qui se traduira forcément par l'augmentation des primes. Les changements climatiques ne sont pas gratuits, et la pollution ne devrait pas l’être non plus. Il y a des coûts bien réels associés à l’incendie de sa maison ou au fait d’avoir à fuir sa maison et son emploi en raison d’un ordre d’évacuation.
     Nous savons également, grâce aux travaux des experts et des chercheurs, que le moyen le plus efficace de lutter contre les changements climatiques, c'est de tarifer les émissions de carbone polluantes, qui sont la principale cause du dérèglement climatique anthropique. Les conservateurs, en face, peuvent bien s'époumoner à nier l'existence des changements climatiques, comme ils le font toujours, cela ne change rien à la réalité.
     Les émissions sont en train de diminuer au Canada. En effet, nous avons inversé la tendance à la hausse désastreuse héritée en 2015 du gouvernement Harper. Les émissions ont alors cessé d'augmenter. Nous y sommes parvenus en tarifant la pollution par le carbone. Nous avons réduit nos émissions, ce qui encourage les réductions dans l'ensemble de l'économie, tout en laissant aux ménages et aux entreprises la marge de manœuvre nécessaire pour décider des changements qu'ils vont apporter. Cela incite également les entreprises canadiennes à développer et à adopter de nouveaux produits, procédés et services à faible teneur en carbone.
     Toutefois, les députés ne sont pas obligés de me croire lorsque je dis que le Canada procède de la bonne manière. Un certain monsieur, William Nordhaus, récipiendaire du prix Nobel d'économie de 2018 pour ses travaux sur la tarification du carbone et la macroéconomie, a déclaré que le Canada s'y est bien pris pour tarifer le carbone. Selon lui, le modèle canadien est à la fois efficace et abordable pour les consommateurs tout en faisant baisser les émissions dans l'ensemble de l'économie.
     Il en est ainsi parce que la majeure partie des recettes du régime fédéral de tarification de la pollution retourne directement dans les poches des Canadiens. Dans les provinces où la taxe sur les combustibles s'applique, 8 ménages sur 10 continuent de recevoir plus d'argent en retour tous les trimestres grâce à la remise canadienne sur le carbone qu'ils n'en ont payé au titre de la tarification fédérale de la pollution. Ainsi, pour l'année financière qui commencera le 1er avril prochain, une famille de 4 personnes recevra, sous forme de remise canadienne sur le carbone, 1 800 $ en Alberta, 1 200 $ au Manitoba, 1 120 $ en Ontario, 1 504 $ en Saskatchewan, 760 $ au Nouveau‑Brunswick, 824 $ en Nouvelle‑Écosse, 880 $ à l'Île‑du-Prince‑Édouard et 1 192 $ à Terre‑Neuve‑et-Labrador.
     Lorsque j'ai participé à l'une des émissions télévisées que j'ai mentionnées plus tôt avec le chef conservateur évincé, le député de Regina—Qu'Appelle, je lui ai demandé s'il avait encaissé son chèque, qui aurait été d'environ 1 300 $, puisque sa famille de plus de quatre personnes habite en Saskatchewan, mais il a refusé de répondre. Les conservateurs refusent obstinément de reconnaître que le programme de remise est un moyen efficace de lutter contre la crise du coût de la vie et de faire baisser les émissions polluantes. Plus important encore, pour huit ménages sur dix, le montant de la remise représente plus que ce qu'ils ont payé dans le cadre du régime fédéral de tarification de la pollution. Rappelons-nous que le gouvernement fédéral ne conserve aucun des revenus tirés de la redevance fédérale sur les carburants. Tout est reversé dans la province ou le territoire où elle a été perçue.

  (1050)  

     La tarification du carbone fonctionne, et les changements climatiques sont une réalité; et tant pis si les conservateurs poussent les hauts cris et s'ils radotent leurs slogans et les lignes rédigées par leur équipe de campagne. Nous savons qu’il existe de nombreuses façons de faire baisser le coût de la vie au Canada. C’est pourquoi l’inflation fléchit. Le prix du panier d'épicerie baisse depuis quelques mois. C’est vraiment une bonne nouvelle.
     Selon les économistes, le taux d'inflation dans divers domaines, dont l'alimentation et les télécommunications, est carrément négatif depuis quelques mois. Cela s’inscrit dans le contexte de la tarification du carbone. Les conservateurs affirment que la tarification des émissions de carbone fait grimper l’inflation, mais alors, comment se fait-il que l’augmentation de la tarification la pollution depuis trois ans soit associée à une baisse du taux d'inflation? Nous savons qu’il existe de nombreux moyens de faire baisser le coût de la vie. C'est d'ailleurs l’une des principales préoccupations du gouvernement depuis qu'il a été porté au pouvoir, en 2015. Les gouvernements sérieux doivent avoir un plan pour protéger le pouvoir d'achat et l’environnement tout en luttant contre les changements climatiques, notamment en faisant baisser les émissions .
     Les conservateurs parlent beaucoup des banques alimentaires ces derniers temps. C'est un sujet important. Je suis bénévole dans des banques alimentaires. Je soutiens de nombreux organismes de lutte contre la pauvreté et je rencontre fréquemment leurs représentants. Ces derniers ont beaucoup de très bonnes recommandations à formuler au gouvernement. Ils en ont sur la mise en place d’un revenu de base universel et l’élargissement de programmes comme l’Allocation canadienne pour enfants. Ils recommandent notamment de faire baisser le prix des services de garde d'enfants. L’assurance-médicaments est également dans leur mire. Ils veulent que les Canadiens puissent obtenir des soins vitaux sans avoir à choisir entre payer leurs factures ou leurs frais médicaux.
     C’est ce à quoi nous travaillons. Aucune banque alimentaire, aucun organisme de secours alimentaire, aucun expert en élimination de la pauvreté ni aucun économiste n’a mis en cause la tarification de la pollution pour expliquer la perte de pouvoir d'achat ou l’inflation. Nous apportons donc notre aide là où elle est le plus efficace; nous l'apportons aux personnes qui en ont le plus besoin.
     Comme bon nombre de mes concitoyens de Milton, les habitants des régions rurales sont confrontés à des réalités qui leur sont propres. Les mesures que nous avons adoptées contribuent à laisser encore plus d’argent dans les poches des familles qui doivent composer avec la hausse du prix de l'énergie étant donné qu’elles vivent hors des grandes villes, avec des coûts de chauffage domestique et de transport plus élevés. Nous avons été très clairs sur le fait que nous continuerons à mettre en œuvre notre régime de tarification de la pollution tout en continuant à remettre plus d’argent dans les poches des ménages canadiens.
    Récemment, grâce au projet de loi C‑59, la loi de mise en œuvre de l’énoncé économique de l’automne, que nous avons adoptée hier soir, nous avons pris des mesures pour faire avancer le plan financièrement responsable du gouvernement en vue de bâtir une économie plus verte et plus solide. Il prévoit des mesures destinées à créer des emplois bien rémunérés, à stimuler la croissance et à bâtir une économie verte qui profite à tout le monde en faisant progresser le plan du Canada pour à la fois lutter contre les changements climatiques et réduire les émissions, ainsi que pour faire en sorte ce que les familles arrivent à payer leurs factures. Pour le gouvernement, redonner leur pouvoir d'achat aux Canadiens tout en protégeant l’environnement sera toujours une priorité, comme c'est le cas aujourd’hui.

  (1055)  

     Je voudrais parler de deux choses. La première concerne le respect d’un engagement électoral. Le gouvernement a été porté trois fois au pouvoir sur l’engagement de lutter contre les changements climatiques et de réduire les émissions. Par trois fois, nous avons fait campagne en promettant de tarifer la pollution. L’hypocrisie des conservateurs, c’est que selon leur programme de 2021, lorsque Erin O'Toole les dirigeait, ils prévoyaient tarifer les émissions de carbone, sauf que le chef conservateur aujourd'hui évincé, le député de Regina—Qu’Appelle, est revenu à sa promesse électorale de 2019 en disant que le Canada devrait être autorisé à augmenter ses émissions. Il l’a répété hier encore à la télévision. Il a répété à maintes reprises que le Canada devrait être autorisé à augmenter ses émissions, ce qui aggraverait les changements climatiques tout en faisant une croix sur le rôle du Canada en tant que chef de file dans la lutte contre les changements climatiques à l’échelle mondiale.
     Nous devons respecter nos engagements; c'est une question d'intégrité. Or, tous les conservateurs, pendant la campagne, se sont engagés à tarifer les émissions de carbone. Malheureusement, ils ont enlevé leur veste pour la retourner, ils ont montré la porte à Erin O’Toole et ils en sont revenus à l'engagement électoral que le chef évincé du Parti conservateur, le député de Regina—Qu’Appelle, avait pris en 2019, c'est-à-dire fermer complètement les yeux sur les changements climatiques.
     Le deuxième point dont je souhaite traiter, c'est celui de la maturité politique. En 2015, les émissions étaient en hausse. Nous avons fait campagne en nous engageant à inverser cette tendance, à faire baisser les émissions et à jouer un rôle de premier plan dans la lutte mondiale contre les changements climatiques. Pour leur part, les conservateurs ont fait campagne en s’engageant à ne rien faire dans le dossier de l’environnement. En matière d'environnement, c'est l'immobilisme total. La position officielle de leur parti sur les changements climatiques, c'est que leur intensification n'a rien d'anthropique. Cela nous oblige à nous regarder dans le miroir en nous demandant quel est notre plan.
     Depuis deux ans et demi, les conservateurs répètent qu’ils aimeraient supprimer la taxe. Ils ont apposé leur slogan sur des autocollants pour pare-chocs et des molletons à capuchon. C’est désormais leur marque de commerce: supprimer la taxe. La maturité politique exigerait qu’ils proposent alors une idée ou un plan pour remplacer la taxe. Supprimer la taxe, c'est bien beau, mais par quoi vont-ils la remplacer? Je demanderais aux conservateurs de nous exposer leur plan de lutte contre les changements climatiques.

  (1100)  

    Monsieur le Président, c'est avec joie que je prends la parole afin de poser une question dans le cadre du débat qui nous anime.
    Le député d'en face parle de maturité politique et de respect des engagements. Se rend‑il compte que, selon son programme électoral, il a promis de ne jamais augmenter la taxe sur le carbone au‑delà de 50 $ la tonne? C'est un engagement qu'il a pris envers les habitants de Milton. Après ce discours de pacotille, il n'est pas étonnant que le député soit en chute libre dans les sondages.
    Le député fait des pieds et des mains pour tenter de savoir: « A‑t‑il pris l'argent? » Il a demandé au député de Regina—Qu'Appelle si celui-ci avait encaissé son chèque de remboursement de la taxe sur le carbone. Déjà. c'est l'argent des Canadiens. Ce sont eux qui l'ont gagné.
    Les libéraux essaient de discuter de la meilleure façon de rendre leur argent aux Canadiens. Or, si on a l'intention de le rendre par la suite, pourquoi ne pas tout simplement s'abstenir d'office de le percevoir? Qu'on laisse les Canadiens garder l'argent qu'ils ont gagné.
    Monsieur le Président, je n'ai pas entendu de question dans la déclaration du député. Toutefois, je vais revenir sur une chose qu'il a dite. En 2019, il a fait campagne en s'engageant, avec Erin O'Toole, à tarifer le carbone. Il a fait du porte‑à‑porte.
    Une voix: Ce n'était pas en 2019.
    M. Adam van Koeverden: Monsieur le Président, c'était en 2021. Je m'excuse. Je me suis trompé parce qu'en 2019, aucun d'entre eux n'a même mentionné le changement climatique alors que le chef qui a échoué, le député de Regina—Qu'Appelle, a fait campagne sur son engagement à ne pas tenir compte du changement climatique. Les conservateurs ont compris qu'il s'agissait d'une occasion manquée, et Erin O'Toole s'est rendu compte que pour devenir premier ministre de ce pays un candidat devait avoir un plan pour réduire nos émissions et lutter contre le changement climatique.
    Le député d'en face est manifestement amnésique, ou bien il a choisi de revenir sur son engagement à tarifer le carbone. J'ai une question à lui poser. Le montant que sa famille recevra au titre de la Remise canadienne sur le carbone est de 1 504 $. Cette somme permet de remédier aux problèmes d'abordabilité des membres de sa collectivité. Il s'agit également d'une mesure incitative qui motive les Canadiens à réduire leurs émissions.
    J'espère que le député se joindra à moi pour s'assurer que sa collectivité connaît l'existence de ce montant de 1 504 $...
    Nous allons passer aux questions et aux commentaires.
    L'honorable députée de Victoria a la parole.
    Monsieur le Président, on dirait que les conservateurs n’ont aucun plan pour lutter contre la crise climatique. Ils n’arrivent même pas à en reconnaître l’existence.
     Cependant, les libéraux n’ont pas réussi à communiquer leur solution miracle en matière de tarification du carbone. Pour doubler la remise accordée aux Canadiens des régions rurales et tenter de regagner du terrain, ils vont augmenter la tarification du carbone pour les petites entreprises. Les libéraux doivent déjà 3,6 milliards de dollars à de petites entreprises et à des groupes autochtones.
     Pourquoi les libéraux ne feraient-ils pas payer aux grandes sociétés pétrolières et gazières ce qu’elles doivent en instaurant un impôt sur les profits excessifs? Pourquoi les libéraux ne le font-ils pas?
    Monsieur le Président, je dis toujours que c’est rafraîchissant quand j’ai l’occasion de discuter de la façon dont nous luttons contre les changements climatiques avec la députée de Victoria.
     Au lieu de devoir écouter les conservateurs nier l’existence des changements climatiques et refuser l’occasion qui s’offre à nous de jouer un rôle de chef de file dans la réduction de nos émissions et la lutte contre les changements climatiques, nous avons une occasion rafraîchissante de discuter avec les néo-démocrates de la façon dont nous luttons contre les changements climatiques.
     Je suis d’accord avec la députée. Les profits excessifs de l’industrie pétrolière et gazière sont carrément obscènes. De plus, ce qu’elle fait avec les sables bitumineux est un désastre environnemental. J’ai eu l’occasion de visiter Fort McMurray, et nous avons également entendu des témoignages au comité de l’environnement sur l’empoisonnement du site de Kearl par des fuites de bassins de résidus.
     Le secteur pétrolier et gazier doit rendre davantage de comptes. Il doit payer pour le gâchis qu’il cause. Nous devons veiller à ce que la responsabilité et l’intégrité soient présentes dans toutes les facettes de notre économie.
     Je le répète, je trouve rafraîchissant de parler à la Chambre de la manière dont nous allons lutter contre les changements climatiques, et non d'établir si nous allons lutter contre les changements climatiques, comme c’est toujours le cas avec les conservateurs.
    Monsieur le Président, je tiens à réitérer un point soulevé par mon collègue de ce côté-ci de la Chambre, à savoir que le premier ministre a dit que la taxe sur le carbone ne dépasserait pas 50 $ la tonne.
     J’ai récemment lu le livre de Jody Wilson-Raybould, dans lequel elle dit avoir pris conscience du fait que les libéraux diront tout ce qu’ils doivent dire pour se faire élire. Il est évident qu’il s’agit là d’une autre promesse rompue de leur part.
     Le député de Milton a parlé des émissions. J’ai une question très simple à lui poser: croit-il que les familles qui chauffent leur maison, qui mettent de l’essence dans leur véhicule pour conduire leurs enfants au hockey ou pour se rendre au travail, ou qui nourrissent leur famille, rejettent des émissions?
    Monsieur le Président, c’est un fait qu’au Canada, il fait froid en hiver et pas mal chaud en été. Bon nombre des produits que nous consommons viennent de très loin, ce qui implique des coûts de transport. Les Canadiens ont donc une certaine empreinte carbone.
     Certes, nous pourrions augmenter notre empreinte carbone. Nous pourrions laisser les émissions de carbone exploser sans nous en préoccuper, et tant pis pour les changements climatiques.
    Cependant, nous pouvons faire autrement. Nous pouvons opter pour une thermopompe. Nous pouvons acheter des véhicules moins énergivores. Nous pouvons acheter des fruits, des légumes et de la viande en circuit court. Ce sont là autant de façons de diminuer notre empreinte carbone, et nous aidons les Canadiens à faire de tels choix.
     En Saskatchewan, d’où vient ma collègue, la remise s’élève à 1 504 $.

  (1105)  

    Monsieur le Président, il est regrettable que nous en soyons encore à discuter de ce sujet, qui a déjà fait l’objet de multiples débats, mais nous avons ainsi découvert le fond de la pensée de la députée de Carlton Trail—Eagle Creek: lorsque le député de Milton a dit, on ne peut plus raisonnablement, qu'il nous faut un plan pour lutter contre les changements climatiques, elle a répondu non. Le voilà, le plan du Parti conservateur.
    Une voix: Vous me faites dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit que vous n’avez pas de plan. À la Chambre, il faut dire la vérité.
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, elle m’interpelle parce qu’elle est profondément vexée que je l'aie démasquée, ce qui prouve bien son climatoscepticisme. Elle espère pouvoir me faire taire. Elle essaie de crier plus fort que moi.
    Monsieur le Président, j’invoque le Règlement. J’essaie de suivre cette discussion lamentable, mais les députés se lancent des invectives intempestives, ce qui envenime encore plus le débat que d’habitude. Je vous demande donc de les laisser exposer leurs arguments moisis pour que ce soit consigné au hansard une fois pour toutes et que le débat reprenne sereinement.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. J'aimerais que vous nous disiez s'il est acceptable d'invoquer le Règlement lorsqu'un député induit clairement la Chambre en erreur à propos de ce qu'un autre député a dit pendant le débat.
    J'invite les députés à ne pas prêter d'intentions aux autres députés et à ne pas déformer ce qu'ils ont dit pendant leurs discours. Il nous incombe à tous de nous traiter les uns les autres comme des députés honorables en cette enceinte. Je veux que les députés puissent débattre de manière raisonnable.
    Monsieur le Président, au sujet du même rappel au Règlement, le député d'en face a clairement induit la Chambre en erreur à propos de ce que ma collègue a dit. Je crois qu'il vous revient, à titre de Président, de lui demander de retirer des propos qui visaient manifestement et directement à déformer ce qu'une députée de ce côté-ci de la Chambre a dit.
    C'est une habitude pour ce député-là. Vous le savez, et il est temps que quelqu'un le rappelle à l'ordre. C'est ce que je vous demande de faire, monsieur le Président.
    Monsieur le Président, la députée a crié ce que j’ai dit qu’elle avait dit. Vous pouvez consulter le hansard et l’enregistrement. Je serai heureux de me rétracter si ce n’est pas ce que la députée a dit. C’était fort et clair, et cela a été enregistré dans le hansard. Je vous suggère de vérifier, car c’était très clair.
     Permettre à d’autres députés de contester ce que j’ai entendu semble hypocrite de leur part. Ils n’ont rien entendu et on ne les a pas invectivés. J’étais assis à côté de la députée. C’est absurde.
    C’est la raison pour laquelle nous donnons la parole à une personne, et qu'une période de questions et d’observations permet ensuite aux gens d'exprimer clairement leur position sur le sujet dont nous parlons. J’invite les députés à ne pas mettre de mots dans la bouche des autres. Il semble que cela se produise très souvent dans cette enceinte, et cela ne devrait pas se produire. Je demande aux députés de choisir leurs mots avec discernement. Nous retournerons écouter l’enregistrement si c’est ce que nous devons faire pour savoir qui a dit quoi et quand.
     Je vais demander au secrétaire parlementaire de poursuivre, mais je le mets en garde. Il pourrait peut-être passer au point suivant.
    Monsieur le Président, une fois de plus, les conservateurs disent tout haut ce qu’ils pensent tout bas, c’est-à-dire qu’ils nient l’existence des changements climatiques, une menace existentielle pour l’humanité. Ils reviennent sans cesse avec des slogans. J’ai déjà dit que leur seul plan environnemental consiste à recycler les slogans dans cette enceinte. Ils représentent des circonscriptions partout au pays, des circonscriptions qui sont en proie à la sécheresse ou qui ont souffert d’incendies, d’inondations et d’ouragans, des phénomènes qui ont été exacerbés par les changements climatiques. Que font-ils? Ils chahutent, se moquent et nient. Ils ne proposent aucun plan pour l’avenir et ils induisent les Canadiens en erreur sur ce qui fait réellement augmenter les prix.
     La forte augmentation dont souffrent les Canadiens, surtout dans le domaine de l’alimentation, est liée aux changements climatiques. Au cours des deux ou trois dernières années, j’ai demandé à plusieurs députés conservateurs de m’expliquer pourquoi les prix des denrées alimentaires aux États-Unis ont augmenté au même rythme qu’au Canada. Ils ont augmenté au même rythme, même s’il n’y a pas de prix national de la pollution aux États-Unis.
    Une voix: Oh, oh!
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, les conservateurs me chahutent encore. Ils ne peuvent même pas accepter l’évidence qu’ils ont sous les yeux, à savoir que les changements climatiques sont en cause. Ils ne peuvent pas l’accepter de la part des agriculteurs de leurs propres circonscriptions. Je l’ai vu dans la région de Niagara avec la perte de vignes.

  (1110)  

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Il est important de dire les choses avec justesse, puisque nos délibérations sont versées au compte rendu pour la postérité.
    Mon collègue affirme que les conservateurs chahutaient. Personnellement, je n'ai entendu que des grognements. Je crois qu'il aurait intérêt à être juste lorsqu'il décrit la réaction des conservateurs.
    Ce n'est pas un recours au Règlement. Je comprends que le député tente de détendre l'atmosphère à la Chambre, mais essayons de discuter avec sérieux de la motion à l'étude aujourd'hui.
    Monsieur le Président, je m'attendrais à ce que le député prenne ce débat un peu plus au sérieux, car je sais que ce sujet lui tient à cœur.
    Je parlais des agriculteurs de ma région. Il y a quelques années, l'industrie viticole de Niagara a essuyé la perte de 25 % de ses vignes. Celle de la Colombie‑Britannique enregistre des pertes catastrophiques. Je sais que certains députés représentent ces agriculteurs. Comme je l'ai dit, on connaît des incendies de forêt et des inondations historiques. Ce sont les Canadiens qui en paient les frais, et que leur disent les conservateurs en réponse? Ils n'ont aucun plan. Ils ne proposent aucune solution, et les coûts vont continuer d'augmenter. Les gens risquent de ne plus pouvoir souscrire une assurance. C'est vrai, parce que le prix des assurances va augmenter. Or, cela passe sous silence.
     C'est drôle. La première fois que j'ai entendu un politicien conservateur ne serait-ce que mentionner le remboursement, c'est lorsque le premier ministre de la Saskatchewan a tenté de rassurer les résidants de la Saskatchewan qui craignaient de perdre leur remboursement en leur assurant que ce ne serait pas le cas. Cela prouve que les Canadiens y tiennent. Les conservateurs omettent entièrement cet aspect du régime de tarification de la pollution. Ils n'en parlent pas, et ils inventent des chiffres concernant le coût du régime, même s'ils savent pertinemment qu'il procure un net avantage aux Canadiens, notamment ceux à faible revenu.
     Si nous réduisons le prix de la pollution, ce sont les sociétés pétrolières qui en profiteront le plus, et elles ne partageront pas ces économies. Comme nous l’avons constaté, les pétrolières font des profits records. C’est une industrie du secteur primaire. Elles ne vont pas partager ces profits avec nous. Les conservateurs défendent les grandes pétrolières, ce qui est vraiment désolant.
     Je pense que certains d’entre eux comprennent que nous sommes confrontés à une crise climatique, mais pourquoi n’ont-ils aucun plan à proposer? Ils ont tous fait campagne sur la tarification de la pollution. Il y a quelques années, ils n’avaient aucun problème à faire du porte-à-porte pour dire qu’ils allaient tarifer la pollution. Je n’étais pas particulièrement d’accord avec leur plan, mais c’était bien de voir que tous les partis du pays, y compris tous les députés ici présents, faisaient campagne sur la tarification de la pollution, sachant pertinemment que nous avons besoin d’un plan environnemental.
     Ce soir, nous allons rendre hommage au regretté premier ministre Brian Mulroney. Dans tous les discours prononcés hier, on a parlé de lui comme d’un grand homme d’État. En tant que Canadiens, nous avons été chanceux de l’avoir à la barre pour travailler avec les États‑Unis et d’autres pays afin de faire avancer les choses, que ce soit au sujet de l’apartheid ou de divers enjeux environnementaux. L’un de ces enjeux était la tarification de la pollution. Nous nous souvenons tous, j’en suis certain, du fléau des pluies acides, de ses répercussions, des préoccupations des Canadiens et de la façon dont ce problème a été réglé.
    Une voix: Ce n’était pas avec une taxe sur le carbone.
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, le député m’a crié que ce n’était pas avec une taxe sur le carbone.
     La solution a été de tarifer la pollution, de tarifer ce dont nous ne voulions pas afin d’en avoir moins. C’est de la dissonance cognitive. Ils n’arrivent pas à se faire à l'idée que cela fonctionne. Ils ont beau chahuter et essayer de me faire taire, mais cela a fonctionné. L’ancien premier ministre Mulroney a collaboré avec ses homologues américains. Je les vois en train de rire; c’est incroyablement choquant.
     Quoi qu’il en soit, cela a fonctionné. Le gouvernement conservateur de l'époque a travaillé avec les premiers ministres provinciaux sans égard à leur allégeance politique. Il a travaillé avec le premier ministre libéral de l’Ontario et avec le président des États‑Unis. Il a travaillé avec les pays du monde entier pour mettre un prix sur la pollution afin d’éliminer le fléau des pluies acides. Nous avons vu que ce n’était pas un problème. Le Canada peut être un chef de file, et c’est ce que nous avons choisi d’être, au lieu de suivre l’exemple des conservateurs et de simplement nier cette terrible menace qui pèse sur nous.
     En 2015, le Canada était en voie d’atteindre 815 mégatonnes d’émissions d’ici 2030. Les conservateurs n’avaient aucun plan de lutte contre les changements climatiques. On pouvait polluer sans frais. Il n'y avait aucune limite à la pollution que les sociétés pétrolières et gazières étaient autorisées à émettre.

  (1115)  

     Notre dernière mise à jour prévoit que nos émissions s’élèveront à 467 mégatonnes en 2030, soit 43 % de moins que ce qu’elles devraient être. J’aurais pensé que, dans cette enceinte, nous pourrions tous convenir que nous n’aimons pas la pollution. J’aurais pensé que ce serait un consensus auquel nous pourrions tous nous rallier. Hélas, ce n’est pas le cas. Grâce à notre travail, nos émissions ont diminué de 7 % depuis 2015 et ce, pour la première fois de l'histoire, et nous sommes en voie d'atteindre nos objectifs climatiques.
    Parfois, je parle d’eux comme de mes deux électeurs préférés, Hannah et Ethan, mon fils et ma fille. Ils ont sept et cinq ans. Je suis déçu que nous n’ayons pas de discussions sur ce que sera leur avenir en 2030 ou 2050. Nous avons devant nous un parti qui veut seulement que les compagnies pétrolières fassent des profits dans l’immédiat. J’espère que nous pourrons avoir ce débat durant le reste de la journée.
     Monsieur le Président, c’est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des résidents de Kamloops—Thompson—Cariboo.
     Tout d’abord, j’aimerais souhaiter un joyeux anniversaire à mon père.
     Sur une note plus sombre, je tiens également à rendre hommage à la mémoire d’une électrice, Mme Gemma Bittante, qui est décédée récemment. Elle était un pilier de ma vie, un pilier de la communauté italienne et elle nous manquera beaucoup. Elle a fait des heures et des heures de bénévolat et m’a préparé des hot-dogs alors que je n’étais qu’un petit élève de maternelle. Que la lumière perpétuelle brille sur elle. Je souhaite à sa famille le meilleur en cette période difficile.
     J’ai écouté avec attention le discours de mon collègue. Il a parlé du fait de décourager — c’est le terme que j’emploie et non celui qu’il a utilisé — certains comportements, et c’est ceux que nous taxons.
     À mon avis, le problème avec la taxe sur le carbone, c’est qu’on ne peut pas dissuader les gens de manger, et la taxe sur le carbone a une incidence sur le prix des aliments. On ne peut pas non plus dissuader les gens qui habitent en zone rurale d'utiliser un véhicule automobile.
     Comment pourrait-on arriver de cette manière au résultat souhaité par le parti libéral, quand, dans le monde réel, les gens ont besoin de faire les choses auquel il essaye de mettre un frein?
    Monsieur le Président, une fois de plus, on ne parle pas du remboursement alors qu’il couvre les problèmes évoqués par le député. Les agriculteurs ne sont pas soumis à la taxe. Le diesel agricole est exempté de la taxe sur la pollution.
     On peut encourager les constructeurs automobiles, par exemple, par des mesures incitatives. L’industrie automobile est l’une des plus innovantes au monde en matière d’écologisation. Nous disposons de véhicules beaucoup plus économes en carburant, précisément grâce aux initiatives des pouvoirs publics et à la réglementation visant à rendre les voitures moins polluantes.
     Je sais qu’ils aimeraient se débarrasser de ce genre de choses, mais je crois sincèrement que le député, qui vient d’une province frappée par les graves conséquences du changement climatique, veut voir des actions plutôt que d’entendre dire que nous ne nous en soucions pas, ce qui semble être la position du Parti conservateur actuellement.

  (1120)  

[Français]

     Monsieur le Président, l'ex-ministre de l'Environnement Mme Catherine McKenna, qui a travaillé à la mise en place de la taxe sur le carbone, a fait une sortie dans les médias, hier.
    Elle a dit que le gouvernement libéral avait mal vendu sa propre mesure environnementale et économique et qu'il était dommage que les conservateurs aient complètement pris le contrôle du message. Elle se demandait comment cela avait pu se produire.
    Selon ce qu'elle a dit, la ministre des Finances ne serait apparemment pas très chaude à l'idée des mesures environnementales et serait plutôt du côté des pétrolières. Il s'agit d'éléments qui sont sortis dans les médias, récemment.
    Mon collègue peut-il me dire ce que les libéraux attendent pour reprendre le contrôle du message et défendre la mesure qu'ils ont mise en place, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre?
    Soit dit en passant, cette mesure ne va pas faire le travail à elle seule. Le gouvernement devrait mettre en place d'autres mesures pour que nous puissions réussir à atteindre nos cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Québec nous montre que la tarification de la pollution est efficace, elle qui l’a instaurée bien avant la tarification fédérale et bien avant notre élection. Certains députés conservateurs actuels étaient députés du parti conservateur de la Colombie-Britannique à l'époque où ce parti a instauré la tarification de la pollution dans cette province parce qu’il savait que c'était une mesure efficace.
     Je pense que nous devrons tous mettre la main à la pâte pour dissiper la désinformation véhiculée par le Parti conservateur du Canada sur cette question, pour nous soucier du climat, pour nous soucier de nos enfants et des générations futures, ou du moins pour que les conservateurs nous présentent quelque chose qui a l'air d'un plan.
     Quelqu’un a dit que la tarification de la pollution était une panacée. Ce n’est pas le cas, mais de leur côté, les conservateurs n’ont rien à offrir. Nous pourrions peut-être exiger qu’ils offrent quelque chose pour expliquer aux Canadiens ce qu’ils vont faire.
    Monsieur le Président, nous avons vécu la triste décennie des années Harper. Le Canada se classait au quatrième rang des pires pays au monde pour ce qui est des émissions liées aux changements climatiques. Le prix des maisons a doublé sous les conservateurs. Le taux de fréquentation des banques alimentaires a doublé sous les conservateurs. Des gens ont été forcés de travailler de plus en plus longtemps à mesure que l’âge de la retraite était repoussé. C’était une bien triste période.
     Voici ma question pour les libéraux. Pourquoi ont-ils perpétué de nombreuses pratiques du gouvernement Harper? Les libéraux ont continué de faire des cadeaux énormes aux PDG du secteur pétrolier et gazier. Ils représentent effectivement une amélioration par rapport au bilan absolument déplorable des conservateurs qui nient l’existence de changements climatiques, mais ils pourraient en faire tellement plus.
     La réalité, c’est que les libéraux devraient prendre des mesures que le NPD préconise en sa qualité de chef de file à la Chambre des communes, comme l’imposition d’une taxe sur les profits excessifs, l’élimination des subventions au secteur pétrolier et gazier et les investissements dans les énergies propres.
     Pourquoi les libéraux ne prennent-ils pas les moyens qu'ils savent nécessaires pour que nous puissions vraiment lutter contre les changements climatiques?
    Monsieur le Président, c’est ce que nous faisons. Nous mettons fin aux subventions au secteur des combustibles fossiles. Nous mettons en œuvre des plans sérieux concernant les technologies et d'autres questions. Nous ne contentons pas d'une simple tarification de la pollution, mais nous suivons un plan exhaustif. Nous y travaillons et nous sommes heureux de collaborer avec le NPD dans ce domaine. Nous agissons concrètement depuis 2015 et nous continuerons de le faire.

[Français]

    Monsieur le Président, à l'instar de ma collègue d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, avec laquelle je partagerai mon temps de parole, je trouve que c'est une motion un peu étrange. C'est une motion basée sur un sondage. Ce n'est pas une motion basée sur les faits. C'est une motion qui induit les Québécois et les Canadiens en erreur. On dit que la hausse de la taxe sur le carbone prévue le 1er avril aura lieu immédiatement, alors que c'est échelonné jusqu'en 2030 ou 2031.
    Que l'on me comprenne bien: ce n'est pas notre travail de dire aux partis de l'opposition quoi faire avec leurs journées d'opposition. Or les conservateurs sont obsédés par la taxe sur le carbone, ne sont pas capables de dormir la nuit, n'ont pas de contenu sur autre chose, alors ils se concentrent là-dessus. C'est leur décision. Néanmoins, leur motion pourrait au moins contenir des faits. Ce serait déjà une bonne base.
    Ce n'est pas une motion basée sur la science. Le Parti conservateur aurait pu parler du réchauffement climatique et proposer des solutions de rechange, mais il ne l'a pas fait. Ce n'est pas non plus une motion fondée sur le respect du Québec, car il n’est écrit nulle part dans la motion que la taxe fédérale sur le carbone ne s'applique pas au Québec. Je vais donc le redire pour que les conservateurs le comprennent bien: la taxe sur le carbone ne s'applique pas au Québec, ni directement ni indirectement, ni par règlement ni par la bande. Enfin, ce n'est même pas une motion de saine gestion de fonds publics, parce qu'on ne s'attaque pas, dans cette motion, aux 83 milliards de dollars de subventions aux pétrolières que le gouvernement a engagés.
    Hier, dans le discours un peu gênant que le chef de l’opposition a prononcé en l'honneur de M. Mulroney, on a dit que M. Mulroney avait réduit la taille de l'État. Les conservateurs ont la chance de déposer une motion pour réduire la taille de l'État de 83 milliards de dollars, mais ils ne le font pas parce que ce sont des marxistes-léninistes pétroliers. La motion qui est soumise à notre étude a été essentiellement écrite et déposée par une personne incompétente qui, dans n'importe quel milieu de travail où les faits, la connaissance et la rigueur sont de mise, serait congédiée. Nous en tirons nos propres conclusions.
    Maintenant, je veux prendre un moment de sérénité pour adresser mes remerciements à la députée de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis. Je pense que c'est le moment approprié pour le faire. À l'époque du gouvernement Charest — on sait qu'elle est libérale — , cette députée faisait partie du conseil des ministres qui a voté l'ensemble des décrets concernant la mise en place du système québécois d'échange de permis d'émission. Grâce à la députée aujourd'hui conservatrice de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis, que je remercie sincèrement du fond du cœur, la taxe sur le carbone ne s'applique pas au Québec.
    Elle ne s'applique pas directement. Elle ne s'applique pas par règlement, pas plus que par le Règlement sur les combustibles propres, que les conservateurs ont appelé leur deuxième taxe sur le carbone en essayant d'induire les Québécois en erreur. On a un règlement plus contraignant et les entreprises de chez nous savent qu'on va continuer d'être cohérent, qu'on va l'appliquer. Nos entreprises ont déjà commencé à se conformer, et cela fonctionne.
    La dernière trouvaille des conservateurs pour induire les Québécois en erreur est de dire que cela s'applique par la bande au Québec. À les écouter parler, c'est bien juste si le verre d'eau qui est devant moi n'est pas fait de propane et que le citron n'a pas été fabriqué avec du diésel de l'Alberta. Ils disent que tout ce qu'on achète est fait en Alberta.
    On a même atteint un record du monde récemment. Comme on le sait, il y a des travaux parlementaires à faire ici. On doit prendre cela au sérieux, le travail du Parlement. Hier, dans les réunions de comités, où on est censé travailler sur les dossiers importants pour les Québécois et les Canadiens, les conservateurs ont paralysé les travaux avec des motions sur la taxe sur le carbone pour nous dire que cela s'appliquait aux Québécois. Au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, ils ont présenté des motions sur la taxe sur le carbone concernant des immigrants, alors que cela ne s'applique pas au Québec et qu'ils ne sont même pas au Canada. Les conservateurs sont rendus là...

  (1125)  

[Traduction]

    Le député de Calgary‑Centre invoque le Règlement.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis un député de Calgary et je siège au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration. Nous n'avons pas reçu de motion de la part de mon parti au sujet de la taxe sur le carbone. Mon collègue peut-il corriger ses propos?
    Je pense qu'on pourrait réserver cette intervention pour la période des questions et des observations.
    Monsieur le Président, oui, cela a été déposé. Cela n’a peut-être pas été débattu, mais cela a été déposé.
    Je vais dire quelque chose qui va plaire encore plus au député de Calgary, qui aime ce genre de truc. Les conservateurs ont déposé une motion sur la taxe sur le carbone au Comité permanent de la condition féminine. J'invite tout le monde à penser à cela, à prendre un temps de réflexion. Les conservateurs ont déposé une motion sur la taxe sur le carbone au Comité permanent de la condition féminine.
    Toutefois, ce n'est rien: ils ont débattu hier de motions sur la taxe sur le carbone au Comité permanent de l’industrie et de la technologie, où le député de South Shore-St. Margarets a demandé aux PDG de compagnies de télécommunications quel serait l’effet de la taxe sur le carbone sur les factures de téléphonie cellulaire. Les PDG des plus grandes compagnies le regardaient comme s’il arrivait directement d’une autre galaxie. Ils leur ont dit que cela n’avait aucun effet sur les factures de téléphonie cellulaire des Québécois. Or, il a réitéré et continué, comme si un comité, c’était comme de la torture: plus on fesse, plus ça parle. Il s'est fait dire encore une fois que ça n’avait pas d’effet.
    Cependant, le record du monde a été atteint au Comité permanent des langues officielles. Le député de Portneuf-Jacques‑Cartier a débattu deux motions au Comité permanent des langues officielles. Le député de Portneuf-Jacques‑Cartier, c’est le seul individu sur les 42 millions d'individus au Canada qui parle du français au diésel. C’est le seul au Canada, parce qu’il veut quêter un siège de ministre, qui est prêt à tout, notamment à ramper, et qui croit au bilinguisme au propane. C’est le seul au Canada. Ça ne s’invente pas. Il y en a des listes comme ça.
    C’est un parti qui n’a aucun respect pour les institutions parlementaires, pour l’intelligence des Canadiens et des Québécois et aucun respect pour les faits. C’est un parti qui ne respecte rien. Pendant ce temps-là, on ne s’attaque pas aux subventions aux compagnies pétrolières. On dit qu’on veut réduire la taille de l’État, tant et aussi longtemps que ça ne s’attaque pas au pétrole.
    Il y a deux sortes de conservateurs qui font que nous avons ce genre de débats. Il y a la première gang, soit les créationnistes pour qui l’origine de la biologie humaine, c’est Adam et Ève avec la petite feuille de vigne, la pomme, le serpent et tout ça. Ils pensent que la Terre est plate et que le changement climatique n’existe pas. On les fait taire, mais ils existent et sont nombreux. Ces gens pensent des faussetés, mais je pense qu’ils sont quand même de bonne foi.
    Il y a aussi les autres membres de ce parti, notamment la gang de conservateurs du Québec, les pro-Charest, les anciens libéraux et les anciens de l'Action démocratique du Québec. Ces gens ont appuyé le système québécois et, aujourd’hui, ils veulent devenir ministres. Que nous disent-ils? Ils nous disent d’abord que ce n’est pas un plan environnemental, mais un plan fiscal, alors que n’importe quelle personne qui a fait une deuxième année B en fiscalité s’est fait enseigner que dans un système fiscal moderne, la fiscalité a des impacts sur l’environnement. Ces députés mentent aux Québécois.
    Ils nous disent que cela ne fonctionne pas parce que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté. Ils ne sont pas capables de comprendre que, sans tarification appropriée, les émissions auraient augmenté plus vite. Ces gens-là ont un permis de conduire et sont incapables de savoir la différence entre ralentir et reculer. Jamais je ne leur prêterais mon auto. Ce sont des gens qui disent que, puisque la Chine n’a rien fait, on ne fera rien. Ce sont des conservateurs qui décident de s’inspirer de la Chine communiste pour faire des politiques. On attend après les communistes. Quelle sera la prochaine étape? Vont-ils féliciter Poutine pour sa réélection? On est quasiment rendu là. Ce sont des conservateurs incohérents. La raison pour laquelle ils font ça est très simple: ils exploitent le désarroi des gens.
    C’est pour ça que la motion d'aujourd'hui porte sur un sondage et non sur des faits. Cela nous dit de quelle façon ils réfléchissent et de quelle façon ils font de la politique. Cela nous dit ce qu’ils pensent de l’intelligence des gens et de quelle façon ils vont gouverner quand le temps va venir. Ce sera par sondage.
    Pendant ce temps, au Québec, on a fait le virage. On l’a fait de façon intelligente parce qu’on s’est rendu compte que le monde faisait la transition et que l’Ouest canadien ne pouvait pas se séparer du reste du monde; pas plus que le Québec ne pouvait le faire. Nous pouvons toutefois nous séparer du Canada, cela dit, et nous devrions le faire.
    Qu’a-t-on fait? On a misé sur l’environnement et la transition. Aujourd’hui, ça fonctionne et les entreprises de partout dans le monde viennent au Québec pour s’installer avec de l’énergie propre parce que leurs clients, d’ici quelques années, vont demander des biens décarbonés. De plus, on en est à se demander si on va avoir assez de mégawatts d’énergie propre pour les accueillir, créer de l’emploi et faire de la croissance économique. On a créé cinq grappes industrielles au Canada avec les supergrappes et l’argent du pétrole. D’ici 10 ans, on serait capable d’en créer 47 nouvelles.

  (1130)  

    Pendant ce temps, les conservateurs veulent vivre dans l'âge de la pierre. Ils veulent vivre dans le passé.
    Si on me demande si j'appuie cette motion, je laisse mes collègues déduire la réponse. Je pense que les gens intelligents sont capables de deviner que le Bloc québécois va voter contre cette motion.
    Monsieur le Président, j'apprécie les commentaires très à point de mon collègue du Bloc québécois. J'aimerais faire une correction: hier, quatre motions, et non deux, ont été débattues au Comité permanent des langues officielles concernant les langues officielles au diésel.
    J'aimerais savoir ce que pense mon collègue de l'ancienne plateforme électorale des dernières élections de la formation conservatrice. Selon lui, comment les conservateurs peuvent-ils réconcilier cette plateforme électorale par rapport à la lutte contre les changements climatiques et à leur discours d'aujourd'hui qui est complètement incongru?
    Monsieur le Président, en raison de ma présence à la Chambre pour ce débat, je ne serai pas en mesure d'être aux funérailles de M. Mulroney. Je profite de l'occasion pour adresser mes sincères condoléances à la famille et exprimer tout mon respect pour M. Mulroney qui était un progressiste conservateur et qui croyait au marché. Il savait que les incitatifs étaient en mesure de changer des comportements. C'est pour cela que pour les pluies acides, M. Mulroney était très fier du Protocole de Montréal. On a mis en place un mécanisme d'échange des permis d'émission.
    Tantôt, un député conservateur a crié que ce n'était pas une taxe sur le carbone. C'est un mécanisme de prix. Ces deux mécanismes ont des avantages et des inconvénients, mais ils reposent sur le marché.
    Les conservateurs ne croient plus au marché. Ils croient en l'utilisation de fonds publics pour verser cet argent à des entreprises qui sont leurs amies. Si c'est cela le Parti conservateur, je pense que beaucoup de gens qui ont voté pour eux dans le passé vont se questionner.

  (1135)  

    Monsieur le Président, j'ai entendu le discours de mon collègue du Québec. Il était très intéressant et très passionnant. Or, est-ce qu'il vit dans le monde réel? Je n'en suis pas certain.
    Il a dit que les conservateurs ont profité des ennuis des gens. C'est intéressant. La cause des ennuis des gens serait-elle la taxe sur le carbone elle-même? Le coût de la vie augmente. L'inflation augmente aussi. Est-ce que la relation entre les deux serait la cause des ennuis des gens au Canada? Va-t-il continuer d'éviter des ennuis aux gens du Canada?
    Monsieur le Président, mon collègue n'a pas posé la question quand le prix de l'essence a baissé à l'Action de grâces l'année passée. Il était trop occupé par le prix de la dinde.
    Puisqu'il l'a demandée tout à l'heure, je vais donner à mon collègue la liste des comités où les conservateurs ont déposé hier des motions et où ils ont paralysé les réunions avec la taxe sur le carbone: le Comité permanent de la défense nationale, le Comité permanent des pêches et des océans, le Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, le Comité permanent de la science et de la recherche, le Comité permanent des anciens combattants, le Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités, le Comité permanent de la condition féminine, le Comité permanent de l'industrie et de la technologie, le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, le Comité permanent des ressources naturelles, le Comité permanent des finances, le Comité permanent de la santé, le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, le Comité permanent des langues officielles et le Comité permanent des affaires autochtones et du Nord. Voilà tout ce qu'ils ont paralysé hier.
    C'est la démonstration et la quantification du peu de respect qu'ils ont pour les institutions qu'on a.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. J'ai beaucoup aimé le français au propane ou au diésel. C'est une belle image de l'obsession un peu maladive des conservateurs de s'attaquer au prix sur la pollution. C'est une obsession qui est aveugle face à la crise climatique qui, elle, est réelle et a des conséquences sur les feux de forêt, les sécheresses et les inondations.
    Qu'est-ce que mon collègue du Bloc québécois pense de l'absence de plan climatique et environnemental des conservateurs?
    Monsieur le Président, il manque un élément dans la plateforme conservatrice: le principe selon lequel chacun doit fournir sa part d'efforts.
    La logique qui est derrière l'absence de plan du Parti conservateur du Canada, c'est de dire que comme la Chine est rétrograde, on va être rétrograde. Comme les autres ne sont pas bons, on ne va pas être bon. La logique des conservateurs, surtout de leur nouveau chef, c'est de prendre le pire et de se comparer au pire, car c'est leur seule façon d'avoir l'air bon. Je pense que ce n'est pas le type d'excellence auquel les partis politiques nous ont habitués.
    Évidemment, nous avons tous nos différends. Je pense qu'à une certaine époque, dont celle de M. Mulroney, le Parti progressiste-conservateur avait beaucoup plus de hauteur et beaucoup plus de cohérence.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue qui a pris la parole juste avant moi. Je rêve d'avoir sa prestance et de pouvoir faire le même type de discours que lui.
    Cela dit, je tenterai davantage d'exposer les faits qui ont été rapportés récemment par Radio‑Canada, notamment, au sujet de toute cette histoire de la taxe sur le carbone. Je trouve cela hyper pertinent pour le débat d'aujourd'hui.
    Comme mon collègue l'a mentionné, le Parti conservateur présente aujourd'hui une motion assez concise en se basant sur les chiffres provenant d'un sondage mené auprès de Canadiens. La motion est rédigée ainsi:
    Que, étant donné que 70 % des provinces et 70 % des Canadiens sont contre la hausse de 23 % de la taxe sur le carbone du premier ministre prévue le 1eravril, la Chambre demande à la coalition entre les libéraux et les néo-démocrates d’annuler immédiatement cette hausse.
     Le Parti conservateur prétend que 70 % des Canadiens sont contre cette hausse de la taxe sur le carbone. Je suis donc allée lire le sondage pour voir si tout cela était bien vrai. Je me suis rendu compte que le sondage portait sur la mesure gouvernementale qui visait à exempter le mazout de la loi sur la tarification du carbone et non sur l'existence même de la loi.
     Le Parti conservateur a donc choisi de faire parler les chiffres en sa faveur, peut-être parce que cela faisait un beau slogan de dire « Abolir la taxe ». Toutefois, ce n'est pas réellement vrai de dire que 70 % des Canadiens sont contre la hausse de 23 % qui va entrer en vigueur le 1er avril, car cette hausse sera graduelle. Il est vrai que la taxe sur le carbone atteindra un certain montant à un certain moment, mais ces montants seront répartis sur plusieurs années, jusqu'en 2030. Ce qu'on prétend ici est un peu tiré par les cheveux. Comme mon collègue juste avant moi le mentionnait, c'est entre autres pour ces raisons que le Bloc québécois est contre la motion conservatrice.
    Je suis allée chercher d'autres chiffres. C'est amusant parce que je retrouve les mêmes chiffres, soit 70 % et 23 %, mais pour des raisons complètement différentes. Je me suis rendu compte que 70 % du PIB mondial dispose d'un prix du carbone. C'est plus de 48 pays partout sur la planète qui ont une taxe sur le carbone ou un marché des quotas carbone. C'est vraiment rendu la norme dans la majorité des pays industrialisés de mettre un prix sur la pollution, et c'est ce que le Canada a fait il y a quelques années.
    Pour ce qui est des 23 %, c'est assez simple. On dit dans la même étude que 23 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète sont couvertes par un prix sur la pollution. Je trouvais bien amusant de retrouver ces mêmes chiffres, mais à des sauces différentes. Évidemment, ces chiffres ne sortent pas d'un chapeau; c'est le ministère de la Transition énergétique de la France qui les a publiés. Il est parfois intéressant de voir ce que les autres pays font, au lieu de se plaindre de ce qu'on a chez soi.
    Dans la motion conservatrice, on « demande à la coalition entre les libéraux et les néo-démocrates d'annuler immédiatement cette hausse. » C'est intéressant, parce que c'est la première fois qu'on parle ainsi de la coalition en français. Normalement, les conservateurs tiennent un double langage lorsqu'ils parlent de la coalition. En anglais, ils disent que c'est une coalition entre les libéraux et les néo-démocrates, alors qu'en français, lorsqu'ils s'adressent aux gens du Québec, ils disent que c'est une coalition entre le Bloc québécois et le Parti libéral. Malheureusement pour eux, la motion n'a pas pu traduire cette nuance. On parle seulement d'une « coalition entre les libéraux et les néo-démocrates ».
    Revenons à cette fameuse hausse de la taxe sur le carbone. En effet, elle atteindra 170 $ en 2030. Pour l'instant, elle est fixée à 65 $ la tonne. Contrairement à ce que le Parti conservateur fait croire, ce n'est pas le Bloc québécois qui dit qu'il faut augmenter le prix de la pollution par le carbone pour que le Canada atteigne ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Non, c'est le directeur parlementaire du budget qui le dit. Le Bureau du directeur parlementaire du budget est une institution assez respectée. Je pense que le Parti conservateur devrait croire ces chiffres qu'avance le directeur parlementaire du budget. Il n'y a pas si longtemps, ce dernier disait que pour atteindre les cibles de l'Accord de Paris en 2030, il faudrait augmenter le prix du carbone jusqu'à 239 $ la tonne. La taxe sur le carbone est un outil dont s'est doté le Canada pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, et cet outil devrait justement favoriser les personnes qui sont un peu plus conservatrices économiquement. On s'explique donc mal pourquoi les conservateurs en ont tant contre ce prix sur la pollution.
     Fannie Olivier de Radio‑Canada publiait il y a quelques jours une analyse qui s'intitulait: « À quoi ressemblerait un Canada sans prix sur le carbone? ».

  (1140)  

    Le Parti conservateur fait planer la menace d'abolir cette taxe dès le jour où il formerait le gouvernement.
    Retournons en 2016 quand le premier ministre a profité d'un débat sur la ratification de l'Accord de Paris pour annoncer qu'il imposerait un prix sur le carbone. Il a dit aux provinces qu'elles devraient se conformer. Il leur donnait deux ans pour ce faire. Ensuite, il commencerait à imposer une taxe de 10 $ par tonne qui augmenterait progressivement. Évidemment, quelques ministres provinciaux de l'Environnement ont mal digéré cela. Au Québec, cela ne nous a pas fait un pli, parce que nous avions déjà un système qui existait: le système de plafonnement et d'échange de droits d'émission. C'est le marché du carbone que nous avons avec la Californie et qui fonctionne bien depuis 2013. La tarification du carbone n'a donc pas d'incidence. Mon collègue avant moi l'a bien expliqué. La taxe sur le carbone ne s'applique pas au Québec malgré ce que plusieurs pensent, parce qu'on a malheureusement fait circuler de la fausse information à ce sujet. La taxe a même été contestée en Cour suprême par quelques provinces, sans succès. Il y a vraiment un bras de fer avec les provinces.
    Il faut dire que le gouvernement libéral, comme j'en parlais tout à l'heure, a mal vendu sa mesure environnementale. Récemment, il a lui-même créé une brèche dans sa propre loi en exemptant pendant trois ans le mazout pour le chauffage, afin de calmer la grogne dans les provinces atlantiques. Cela n'a pas accru sa popularité, malheureusement.
    Que ferait-on si demain matin il n'y avait plus de taxe sur le carbone au Canada? Ce que note le professeur de la faculté de droit de l'Université McGill Sébastien Jodoin, c'est que les conséquences seraient notables, à commencer par celles sur le portefeuille de plusieurs citoyens. C'est intéressant. En effet, les conservateurs nous disent souvent que les gens n'ont plus d'argent dans leurs poches, qu'ils sont pauvres, que la taxe sur le carbone appauvrit le pauvre monde. Or, on apprend que 80 % des Canadiens qui versent la taxe reçoivent du gouvernement fédéral un remboursement plus grand que ce qu'ils paient. Advenant l'abolition de la tarification du carbone, ils auraient donc moins d'argent dans leurs poches à ce moment-là. C'est intéressant.
    Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal dit que « le grand paradoxe, c'est que la majorité des Canadiens dans les provinces qui paient la taxe fédérale gagnent de l'argent avec cela. [L'abolir] appauvrirait les Canadiens. » C'est intéressant. C'est un discours qu'on n'entend malheureusement pas souvent du côté du Parti conservateur. Évidemment, l'enlever aurait aussi un impact sur les gaz à effet de serre. On essaie de réduire nos émissions de gaz à effet de serre avec cette mesure. Son élimination aurait des conséquences à court, moyen et long terme.
    La taxe sur le carbone utilisée actuellement par le gouvernement du Canada vise à réduire le tiers des émissions au pays d'ici 2030. Il faut dire que comme cela va, nous ne sommes pas près d'atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre pour 2030. J'irais même jusqu'à dire qu'il faudrait d'autres mesures, à commencer par l'argent qu'on donne aux pétrolières et aux gazières. Ces entreprises font des milliards de dollars de profits par année et on continue de prendre l'argent des contribuables et de le donner à ces gens. Je pense qu'on pourrait prendre cet argent pour aider les gens à faire face au coût de la vie. On pourrait investir dans les énergies vertes, notamment l'éolien, le solaire et l'hydroélectricité au Québec. On a besoin d'investir dans ces secteurs économiques qui sont bons pour la planète. Il faudra trouver d'autres moyens. Si le Parti conservateur abolit la tarification du carbone, il faudra trouver d'autres moyens de combattre les changements climatiques, qui sont bien réels.
    Je reviens sur les 23 % des émissions de la planète qui sont désormais couvertes par une taxe sur le carbone ou un système d'échange de quotas d'émissions. Ce sont aussi des données de la Banque mondiale. Dans son article, Fannie Olivier dit que le nombre de pays qui se sont dotés d'une taxe telle que celle-là a beaucoup augmenté dans les dernières années. On parle de près d'une cinquantaine de pays ou d'États qui ont fait le saut. On peut penser au Vietnam ou même à la Turquie. Ce serait vraiment aller à l'encontre de ce qui se fait sur la scène internationale si on abolissait la taxe sur le carbone.
    J'aurais encore bien des choses à dire, mais je vois que mon temps de parole est écoulé. Je vais donc m'arrêter ici.

  (1145)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Conformément à l'article 43(2)a) du Règlement, j'aimerais informer la Chambre que les périodes d'intervention restantes du Parti conservateur seront partagées en deux.

[Français]

    Monsieur le Président, j’ai une question importante pour ma collègue du Bloc québécois.
    Selon ce qu'elle a indiqué, la taxe sur le carbone devrait être de 239 $ par tonne plutôt que de 170 $ par tonne. A-t-elle tenu compte de taxe sur le carbone implicite créée par les subventions aux usines de batteries? Le gouvernement libéral a versé à peu près 45 milliards de dollars à des compagnies étrangères jusqu'à maintenant dans le cadre de ces subventions.
    Est-elle d’accord sur le chiffre donné par le gouvernement du Québec, qui a déterminé que la taxe sur le carbone implicite s'élevait à 800 $ par tonne, un montant qui provient des poches des contribuables canadiens?

  (1150)  

    Monsieur le Président, il ne faudrait quand même pas mal me citer. Ce que je disais, relativement aux 239 $ la tonne, c’est ce que propose le directeur parlementaire du budget. Ce n’est pas le Bloc québécois qui le propose, c’est le directeur parlementaire du budget.
    Ce qu’il dit, c’est qu’avec la taxe actuelle, environ 8 ménages canadiens sur 10 reçoivent plus d’argent qu’ils en dépensent avec la tarification. Cela me semble assez clair.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie la députée et l'intervenant qui l'a précédée; bon nombre de leurs observations étaient pertinentes.
    Ma question porte sur la propagation de la désinformation. Si l'on jette un coup d'œil sur les médias sociaux, on y trouve beaucoup d'informations qui ne sont tout simplement pas vraies.
    La députée peut-elle nous dire ce qu'elle pense des répercussions qui se font sentir sur une politique publique judicieuse lorsque l'opposition officielle répand de la désinformation au détriment de la politique elle-même?

[Français]

    Monsieur le Président, la désinformation est de plus en plus un fléau. Maintenant, on le vit relativement à cette mesure gouvernementale.
    Si j’avais un conseil à donner au Parti libéral, le parti qui a le pouvoir en ce moment, ce serait de reprendre le contrôle du message sur ses propres mesures gouvernementales, environnementales et économiques. Comment se fait-il que le Parti conservateur fasse de l'abolition de la taxe sur le carbone son slogan pour sa prochaine campagne sous prétexte que c’est ce qui appauvrirait les Canadiens? On est d’accord sur le fait que la taxe sur le carbone ne contribue pas tant que cela à l’inflation. Ce serait 0,1 % de contribution à l’inflation.
    L’ancienne ministre de l’Environnement et du Changement climatique Catherine McKenna dit que c’est censé être une bonne mesure environnementale et économique. Pourquoi les libéraux ne le disent-ils pas? Pour ma part, je les invite à en parler.
    Monsieur le Président, je suis très heureux de travailler avec ma collègue au Comité permanent de la sécurité publique et nationale.
    Maintenant, il y a une chose que je comprends mal. Au Québec, il y a une bonne compréhension des répercussions des changements climatiques. Il n'y a aucun doute sur le fait que ceux-ci ont des répercussions, que l'existence de ces changements climatiques coûte très cher aux Québécois et aux Québécoises et qu'il faut agir.
    Or, il y a des députés conservateurs au Québec qui nient l’existence des changements climatiques. On a un Parti conservateur qui refuse systématiquement de mettre en place la moindre politique pour contrer les changements climatiques. C’est ça que je comprends mal.
    Je veux savoir si ma collègue peut m’expliquer pourquoi les députés conservateurs du Québec peuvent nier les changements climatiques.
    Monsieur le Président, personne ne s’explique cela vraiment. Aucune personne saine d'esprit au Québec ne pense que les changements climatiques n’existent pas. Nous les vivons concrètement. Je le vis dans ma circonscription avec l’érosion côtière. C’est un fléau et il faut en faire plus pour combattre ça.
    L’une des premières choses qu’on peut faire, c’est de mettre un prix sur la pollution, mais c’est aussi de cesser de subventionner les entreprises pétrolières, qui polluent énormément.
    Dans le projet de loi C‑59, sur lequel nous avons voté hier, il y a encore des milliards de dollars en crédits d’impôt pour ces entreprises pétrolières, qui font des milliards de dollars de profits. Si on prenait tout cet argent et qu’on aidait les Canadiens à faire face à la hausse du coût de la vie, il me semble qu’on serait plus avancé. Il me semble qu’on serait plus avancé si on investissait dans les économies et les énergies vertes.
    Je m’arrête là. J’espère que le NPD va soutenir ces mesures.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Rosemont—La Petite-Patrie.
     Les conservateurs semblent ignorer que la crise climatique est en cours et qu’elle coûte des milliards de dollars aux Canadiens. Cette crise entraîne des pertes de récoltes pour les agriculteurs, elle pénalise les collectivités autochtones, qui doivent évacuer leurs maisons à chaque saison de feux de forêt, elle fait perdre aux Britanno-Colombiens leurs maisons et leurs moyens de subsistance lors d’inondations extrêmes, sans compter les pertes de vies, notamment celle de proches, lors de dômes de chaleur records.
     L’urgence climatique est bien réelle. Les conservateurs refusent de présenter un plan pour s’y attaquer; ils préfèrent aider les PDG des grandes sociétés pétrolières et gazières au lieu d’aider réellement les Canadiens en difficulté. L’Alberta a déclaré le début de la saison des feux de forêt en février. L’été dernier, les enfants ne pouvaient pas jouer dehors à cause de la fumée dans l’air. Les gens ne pouvaient pas sortir sans s’étouffer à cause de la poussière et de la fumée.
     À la fin de 2023, 18,5 millions d’hectares de forêts avaient brûlé, forçant des milliers de personnes à quitter leur domicile. De nombreuses personnes ont tout perdu. Pour mettre la situation en contexte, la pire saison d’incendies de forêt jusqu’alors avait brûlé 7,6 millions d’hectares, c’était en 1989. Aujourd’hui, ce sont 18,5 millions d’hectares qui ont brûlé, soit plus du double de la superficie totale du Portugal. Ces incendies s’aggravent en raison de la sécheresse massive qui touche des régions entières du pays. Le sol est tellement sec que, lorsque les incendies se déclarent, ils continuent à brûler et rien ne les arrête.
     Les conséquences ne touchent pas seulement nos forêts. Les agriculteurs de tout le Canada sont confrontés à cette sécheresse terrible. Au Canada à l'heure actuelle, notamment en Alberta, l’état d’urgence a été décrété en raison de la sécheresse. Des négociations sont en cours au sujet de la gestion de l’eau, et on discute pour savoir qui aura le droit d’utiliser l’eau. Les agriculteurs ne peuvent pas compter sur les pluies naturelles et les risques de mauvaises récoltes sont énormes.
     Dans ma province, la Colombie-Britannique, le gouvernement provincial se prépare déjà à un été catastrophiquement sec. Hier, un fonds de 80 millions de dollars a été annoncé pour aider les agriculteurs à investir dans des infrastructures hydrauliques.
     Les conservateurs imputent le coût élevé des produits alimentaires à la taxe sur le carbone, mais qu’en est-il des mauvaises récoltes? Qu’en est-il des conditions dévastatrices auxquelles les agriculteurs sont confrontés en raison de la crise climatique? Que font les conservateurs pour résoudre la crise de l’eau qui afflige nos agriculteurs? Je note que c’est un gouvernement provincial néo-démocrate, et non un gouvernement conservateur, qui a annoncé la création d’un fonds pour les infrastructures hydrauliques.
     Les conservateurs n’ont aucun plan pour s’attaquer à la crise climatique. Ils n’ont aucun plan pour mettre fin aux incendies de forêt. Ils vont laisser nos enfants continuer à s’étouffer dans la fumée en été, pendant que des communautés entières seront forcées de fuir leurs maisons. Les conservateurs pensent qu’il est normal de laisser les plus gros pollueurs s’en tirer à bon compte en brûlant littéralement notre planète.
     Je voudrais parler de la taxe sur le carbone. De toute évidence, les conservateurs veulent s’en débarrasser. Ils veulent que les plus gros pollueurs, les grandes sociétés pétrolières et gazières, puissent polluer gratuitement. Pendant ce temps, ils supprimeraient les remboursements qui remettent de l’argent dans les poches des Canadiens. En éliminant ces remboursements dont bénéficient la plupart des Canadiens, ce sont les Canadiens à faible revenu qui seront les plus touchés.
     Cela dit, le système de tarification des libéraux a permis aux plus gros pollueurs, aux plus grandes entreprises, de payer moins que les autres. Le problème de la configuration actuelle de la taxe sur le carbone — et le directeur parlementaire du budget a publié plusieurs rapports qui le confirment — est que 80 % des Canadiens récupèrent plus d’argent qu’ils n’en paient. C’est un fait que les conservateurs continuent d’ignorer sciemment.
     Même si les conservateurs ne se soucient que de leur portefeuille, s’ils nient la réalité du changement climatique, s’ils font fi du fait que la crise climatique est un enjeu qui a une incidence sur le portefeuille, ils devraient vouloir accorder aux Canadiens un allégement de leur facture de chauffage. Ils devraient vouloir faire payer aux grandes sociétés pétrolières et gazières ce qu’elles doivent. Cependant, lorsque le NPD a présenté une motion à cet effet en demandant la suppression de la TPS sur le chauffage domestique — y compris pour le chauffage électrique —, les conservateurs et les libéraux ont voté contre.

  (1155)  

     La motion réclamait également un impôt sur les bénéfices excédentaires des grandes sociétés pétrolières et gazières, une mesure que la vaste majorité des Canadiens appuient, comme le montrent les récents sondages. Pour rendre la vie encore plus abordable, le NPD proposait de rendre les thermopompes gratuites pour les Canadiens à revenu faible ou moyen. Lorsqu'il s'agit de s'attaquer à la crise climatique et à la crise du coût de la vie, le NPD est le seul parti qui propose des solutions.
     Les Canadiens veulent de vraies solutions. Ils ont du mal à joindre les deux bouts et ont besoin d'aide. La suppression de centaines de dollars de remboursement pour une minuscule réduction de la tarification du carbone, qui les laisse dans une situation pire qu'avant, n’est pas la solution. Ils ont besoin de mesures qui les aideront à payer leur épicerie, leur loyer, les services de garde d'enfant et leurs médicaments.
     Les conservateurs ne rendront jamais les habitations plus abordables sur le marché. Ils ne se battront jamais pour un régime national d'assurance-médicaments, pour fournir des médicaments aux personnes qui en ont besoin. Ils se battront contre l'assurance-médicaments. Ils ne s'attaqueront jamais aux PDG des chaînes de magasins d'alimentation, aux dirigeants des grandes sociétés pharmaceutiques, aux promoteurs immobiliers ou aux PDG des grandes sociétés pétrolières et gazières, parce que ce sont eux qui composent leur corps dirigeant. En effet, la moitié de l’organisation nationale des conservateurs est composée de lobbyistes issus de ces secteurs, des lobbyistes qui affluent aux événements organisés par le chef de l'opposition et qui paient pour y avoir accès. Cependant, ce sont les mêmes dirigeants d’entreprises et les mêmes PDG qui s'acoquinent avec le gouvernement libéral.
     Les Canadiens veulent un gouvernement qui veille sur eux, mais les libéraux et les conservateurs veillent aux intérêts des PDG et des lobbyistes. Les Canadiens veulent également un gouvernement qui s'attaquera aux incendies de forêt, aux inondations, aux sécheresses, aux dômes de chaleur mortels et aux urgences liées au climat auxquelles ils font face. Les Canadiens ont peur de l'avenir. Bien que les libéraux disent croire aux changements climatiques, ils invitent les PDG des compagnies pétrolières et gazières à participer à l'élaboration de leur plan pour le climat. Ils édulcorent des politiques essentielles telles que le plafonnement des émissions provenant des hydrocarbures et refusent de retirer les bénéfices excédentaires aux grandes sociétés pétrolières.
     Les Canadiens sont frustrés par la taxe sur le carbone, parce que le gouvernement libéral ne prend pas les mesures nécessaires pour lutter contre la crise climatique. En effet, le gouvernement libéral a déclaré l'urgence climatique en 2019, puis il a acheté un oléoduc dès le lendemain.
     Plus récemment, bien que les libéraux nous promettent depuis des années d'éliminer les subventions nationales pour les combustibles fossiles, qui font que des milliards de dollars sont distribués aux grandes sociétés pétrolières et gazières, ils nous ont présenté, après de nombreux retards, un plan truffé d'échappatoires, qui permet aux PDG des grandes sociétés pétrolières et gazières de continuer à se remplir les poches, à faire des profits records et à accepter les subventions gouvernementales.
     Lorsqu’il a été question de plafonner les émissions issues du pétrole et du gaz, il y a quelques mois à peine, les libéraux ont tellement édulcoré le plafonnement qu’il n’est même pas à la hauteur de leur propre plan climatique, pourtant faible, ni des objectifs issus de l'Accord de Paris. On a l’impression que le plan de réduction des émissions des libéraux repose entièrement sur la tarification du carbone. Or, ce n’est pas une solution miracle.
     Ensuite, les libéraux ont tellement mal communiqué avec les Canadiens que ceux-ci sont évidemment frustrés. Ils paient plus cher pour l'essence, le chauffage, l'épicerie et les médicaments. Tout ce qu’ils entendent, c’est la désinformation dont les conservateurs les abreuvent, mais la réalité est que les libéraux ne font pas grand-chose pour aider les Canadiens ordinaires à s'affranchir des combustibles fossiles.
     Notre équipe néo-démocrate sait que la crise climatique est un enjeu qui touche le portefeuille. Nous avons proposé de nombreux moyens de rendre la vie plus abordable et de lutter contre la crise climatique. Nous devons supprimer la TPS sur le chauffage domestique, donner aux Canadiens des thermopompes et investir dans le transport en commun. Nous devons corriger le programme pour des maisons plus vertes et veiller à ce que les grandes sociétés pétrolières et gazières paient ce qu’elles doivent.
     Les libéraux comme les conservateurs manquent de courage pour s’attaquer aux grandes sociétés pétrolières et gazières, mais pas nous. Les Canadiens veulent un gouvernement qui s’occupe d’eux.

  (1200)  

    Monsieur le Président, la députée a parlé du programme pour des maisons plus vertes, un programme du gouvernement libéral. Lorsqu’elle parle des thermopompes, c’est là encore un programme du gouvernement libéral. Il y a beaucoup de choses, comme l’électrification des véhicules. Le gouvernement offre de nombreuses mesures incitatives. Toutefois, ma question porte sur autre chose.
     Les conservateurs diront que les habitants de Winnipeg‑Nord ne bénéficieront pas du remboursement de la taxe sur le carbone, alors que 80 % des gens recevront plus d’argent qu’ils n’en paient. Ils disent qu’ils vont abolir la taxe en Colombie‑Britannique, mais il n’y a pas de taxe sur le carbone dans cette province. Je me demande si la députée pourrait parler du problème de la désinformation.
    Monsieur le Président, je commencerai par parler rapidement des thermopompes, car le député a aussi commencé par ce sujet. Le Programme de prêts pour des maisons plus vertes était truffé de problèmes. De nombreux Canadiens à revenu moyen ne parvenaient pas à comprendre le système et n’avaient pas les moyens de payer sur‑le‑champ. Les Canadiens à faible revenu étaient tout simplement exclus. C’est pourquoi les néo-démocrates ont forcé le gouvernement, par le biais de l'entente de soutien et de confiance, à inclure un engagement à offrir aux Canadiens à faible revenu des mesures d’efficacité énergétique. Nous continuerons de faire pression sur le gouvernement. Il est regrettable qu’il ait annulé ce programme et qu’il n’ait pas proposé pour le remplacer un plan qui aiderait effectivement les Canadiens à faible et moyen revenu à chauffer leur maison de manière efficace.
     En ce qui concerne la désinformation, il est terriblement décourageant et attristant de voir les conservateurs parcourir le Canada, non seulement en inventant des faits sur le fonctionnement de la tarification du carbone, à moins que ce ne soit un roman qu'ils racontent généreusement aux Canadiens, mais aussi en prétendant qu'il y a une taxe fédérale sur le carbone dans la province où j'habite, la Colombie-Britannique. Les députés du Bloc viennent de dire que c'est la même chose dans leur province. Je suis sûre que le chef de l’opposition est au Québec et qu’il dit qu’il va supprimer la taxe. Il ne rend pas service à notre démocratie et aux Canadiens. Les Canadiens méritent mieux.

  (1205)  

    Monsieur le Président, je me demande si ma collègue se rend compte que la consommation de charbon dans le monde a atteint un niveau record l’an dernier. En 2024-2025, nous atteindrons un autre record.
     Je vais citer le premier ministre Furey, le premier ministre libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, qui a dit: « Le problème de cette taxe est que les options de rechange sont limitées à l’heure actuelle à Terre-Neuve-et-Labrador […] Si aucun changement ne peut être apporté, à quoi sert la taxe? » Elle ne sert à rien.
     Ce qui ferait avancer les choses, ce serait de réduire les formalités administratives et de raccourcir le processus d’approbation pour la construction de mines afin d'en extraire des métaux comme le lithium, le nickel, le cuivre et le reste ainsi que des métaux de terres rares nécessaires à la transition verte. Le délai d’approbation pour la construction d’une nouvelle mine destinée à l’extraction de ces métaux précieux nécessaires à la transition est de 18 ans. Aux États-Unis, ce délai a été réduit de 40 % et en Australie, de 25 %.
     J’aimerais savoir quel est le plan de la coûteuse coalition néo‑démocrate-libérale pour réduire les délais d’approbation pour l’extraction des métaux verts.
    Monsieur le Président, il s’agit là d’un exemple parfait de plan climatique conservateur.
     J’ai entendu hier les conservateurs et les libéraux se disputer pour savoir qui construirait le plus de pipelines et qui pourrait les faire approuver dans les plus brefs délais. Ce n’est pas un avenir pour le Canada. Une fois de plus, nous voyons les conservateurs nier la réalité de la crise climatique, refuser de s’y attaquer et de saisir le moment, alors que les Canadiens s’inquiètent non seulement de leur avenir, mais aussi de la situation actuelle.
     Le député a parlé du charbon. Les exportations de charbon thermique ont triplé depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel. Peut-on imaginer un gouvernement qui, après s'être engagé à éliminer progressivement le charbon thermique et à mettre fin aux exportations, triple plutôt celles-ci. Il ne dit pas aux Canadiens que c’est ce qu’il a fait. Il attend qu’une députée néo-démocrate trouve cette information et la rende publique. Voilà pourquoi j’ai déposé une motion à la Chambre visant à interdire les exportations de charbon thermique.
     Il faut s'attaquer à la crise climatique en agissant d'une manière qui montre notre désir de l'emporter.

[Français]

    Monsieur le Président, on peut reprocher bien des choses au Parti conservateur et à ses représentants à la Chambre, et je ne manque pas de le souligner chaque fois que c'est possible, mais je veux quand même commencer cette allocution en disant qu'il y a une chose qu'on ne peut pas leur reprocher: leur absence de détermination. Il y a une certaine cohérence dans leur obsession à l'égard du prix sur la pollution ou de la taxe sur le carbone. Une chose est sûre, ils ne lâchent pas le morceau. Ils nous reviennent constamment avec cette lubie de ne rien faire pour la lutte contre les changements climatiques, contre cette crise climatique qui affecte toute la planète.
    Tous les jours, toutes les semaines, nous recevons des nouvelles qui nous annoncent à quel point la situation est pire que ce que les experts croyaient, pire que ce que les experts du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, ou GIEC, nous disent depuis des années. Donnons des exemples qui sont très récents et absolument effrayants.
    Commençons par le prix sur la pollution ou la taxe sur le carbone, qui est appliquée depuis quelques années dans certaines provinces. Je rappelle que cela ne s'applique pas au Québec, malgré ce que disent mes collègues conservateurs du Québec, qui prétendent qu'un camionneur qui aurait fait le plein d'essence en Ontario pourrait en ressentir les effets. C'est minime. C'est même presque insignifiant. On a déjà établi depuis des années une bourse sur le carbone au Québec, qui est un outil un peu différent d'un prix sur la pollution ou d'une taxe sur le carbone.
    Ce que ne disent jamais les conservateurs et ce que disent très mal les libéraux, c'est qu'il y a un programme de compensation financière pour les familles de la classe moyenne ainsi que pour les travailleurs et les travailleuses les plus démunis dans les provinces où cette taxe sur le carbone s'applique.
    Selon le directeur parlementaire du budget, qui est tout de même une autorité et une sommité sur la Colline du Parlement, 80 % des ménages canadiens dans les provinces où cela s'applique récupèrent davantage qu'ils ne paient en taxe sur le carbone, un outil légitime d'indicateur de prix pour changer des comportements.
    Je trouve d'ailleurs très drôle que les conservateurs refusent depuis des années d'utiliser une règle de marché pour être capables d'avoir un changement de comportements de la part des individus, des grandes entreprises, ou alors des deux.
    Pour les individus les plus démunis, ceux qui en arrachent en ce moment pour payer leur loyer ou leur épicerie, il y a une compensation financière. Le directeur parlementaire du budget nous dit que 80 % des ménages canadiens toucheront plus d'argent que ce qu'ils paieront. Les conservateurs n'en parlent pas et les libéraux, je ne sais pas pourquoi, ne sont pas capables de l'expliquer. Il s'agit d'une communication politique vraiment affreuse.
    En ce qui concerne les ménages dont le revenu est de moins de 50 000 $ par année, selon les modélisations de Statistique Canada, 94 % de ces personnes recevront des remises ou une compensation dépassant le coût de la taxe sur le carbone sur leurs achats quotidiens ou hebdomadaires. On n'entendra évidemment jamais un conservateur le dire. Je trouve cela absolument dommage, parce que ce sont des faits, et je pense qu'on devrait se baser sur les faits quand on a des débats à la Chambre.
    Le contexte dans lequel le Parti conservateur nous présente cette 29e motion sur la taxe sur le carbone est très particulier. Aux informations, on nous indique que la planète s'en va vers un mur. On nous dit qu'on s'en va dans une mauvaise direction. Cela a des conséquences. L'absence de plan climatique des conservateurs est perturbante. Leur inaction est troublante. C'est comme s'il y avait un aveuglement volontaire.
    Je vais maintenant lire de grands extraits d'un article de l'Agence France‑Presse qui a été publié sur le site de La Presse ce matin et qui nous apprend des choses fort inquiétantes. Je commence par ceci:
    Records battus concernant la chaleur des océans, l'élévation du niveau de la mer, le recul des glaciers... 2023 a conclu la décennie la plus chaude jamais enregistrée, poussant la planète « au bord du gouffre », a alerté l'ONU mardi.
    Le mardi dont on parle, c'est aujourd'hui. L'étude est sortie ce matin.
    Un nouveau rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU, montre que des records ont été battus, voire dans certains cas « pulvérisés », s'agissant des niveaux de gaz à effet de serre, des températures de surface, du contenu thermique et de l'acidification des océans, de l'élévation du niveau de la mer, de l'étendue de la banquise antarctique et du recul des glaciers.

  (1210)  

    C'est à peu près la tempête parfaite, le cocktail parfait pour que cela s'accélère. Avec nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour éviter des catastrophes naturelles, pour éviter que des gens suffoquent, pour éviter que des gens meurent de la pollution, cela risque de s'accélérer en ce moment.
    Je continue de lire l'article:
    La planète est « au bord du gouffre » alors que « la pollution par les combustibles fossiles provoque un chaos climatique sans précédent », a alerté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
    « Il est encore temps de lancer une bouée de sauvetage aux populations et à la planète », selon lui, mais il faut agir « maintenant ».
    Le rapport confirme que 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne à la surface du globe de 1,45 oC au-dessus du niveau de référence de l'ère préindustrielle.
     L'objectif de l'Accord de Paris était de limiter cette augmentation du réchauffement climatique à 1,5 o Celsius par rapport à la température en 1830 ou en 1850. En 2023, on est rendu à une augmentation de 1,45 o Celsius. C'est fini, on va franchir la limite du 1,5 o Celsius. On va essayer de se rabattre sur une augmentation de 2 o Celsius maximum. Or, à ce rythme-là, non seulement on ne fait pas des gains, mais on recule, et on recule plus vite qu'on pensait.
    « Chaque fraction de degré du réchauffement climatique a un impact sur l'avenir de la vie sur Terre », avertit le chef des Nations unies.
    « La crise climatique est LE défi déterminant auquel l'humanité est confrontée et elle est inextricablement mêlée à la crise des inégalités, comme en témoignent l'insécurité alimentaire croissante, les déplacements de population et la perte de biodiversité », a renchéri le secrétaire général de l'OMM […]
    L'année 2023 marque la fin de la décennie la plus chaude enregistrée depuis 1850, comme je le disais un petit peu plus tôt. C'est catastrophique.
    L'an dernier, près d'un tiers de l'ensemble des océans dans le monde était sous l'emprise d'une vague de chaleur marine. À la fin 2023, plus de 90 % des océans de la planète avaient connu des vagues de chaleur à un moment ou à un autre de l'année […].
    Par ailleurs le niveau moyen de la mer à l'échelle du globe atteint un niveau record en 2023, ce qui traduit la poursuite du réchauffement des océans (expansion thermique) ainsi que la fonte des glaciers des nappes glaciaires.
    Il y a une augmentation du niveau de la mer parce que les glaciers fondent. Notamment, il y a un gros bout de l'Antarctique qui est en train de se détacher. S'il fond, ce sont des mètres de plus qu'on va devoir ajouter au niveau moyen des océans. Alors, on va se le dire très franchement, pour le Bangladesh, cela va poser de petits problèmes. Pour la ville de Londres, cela va poser des petits problèmes. Pour la ville de New York, cela va poser de petits problèmes. Ce que propose le Parti conservateur, c'est de continuer, de foncer. Selon ce parti, tout va bien aller, on va trouver une baguette magique technologique et on va tout capter le carbone avec un gros aspirateur qui va passer partout. Ce n'est pas comme cela que cela fonctionne. Cette technologie n'est pas éprouvée.
    Je pourrais parler des feux de forêt de l'année dernière. Il y avait des nuages partout, en Ontario, en Colombie‑Britannique, au Québec, au-dessus de Montréal. Cela sera pire l'été prochain. Il n'y a pas eu assez de précipitations et il n'y a pas eu assez de neige cet hiver. Alors, la sécheresse va augmenter et le nombre de feux de forêt va augmenter l'été prochain. C'est partout sur la planète.
     Je vais citer un article de RTL info qui date d'il y a quelques jours et qui porte sur la situation à Rio de Janeiro, au Brésil. On peut y lire ceci:
    Les habitants de Rio de Janeiro recherchent des « espaces ouverts » et l'ombre dans un parc alors qu'une nouvelle vague de chaleur s'abat sur le Brésil, avec des températures record.
    C'était la situation dimanche dernier à Rio de Janeiro.
    La vague de chaleur qui touche l'Amérique latine depuis le début de l'année a fait grimper la température ressentie à un niveau record de 62,3 o C au Brésil ce week-end […]
    Ce n'est pas vivable. Évidemment, les gens risquent de tomber malades. Ils risquent de mourir. Tous les professionnels de la santé qui sont préoccupés par la crise climatique et l'environnement nous le disent, c'est une question de vies humaines. C'est une question d'économie également. Il y a des compagnies d'assurance qui refusent de couvrir des habitations et des maisons qui sont trop près de l'eau. Les sécheresses, les inondations, les feux de forêt, tout cela existe. Tout cela va se multiplier. Ce sont les Québécois et les Canadiens qui vont en payer le prix dans leur vie et dans leur corps. Malheureusement, il n'y a aucune solution de la part du Parti conservateur.

  (1215)  

    Madame la Présidente, je salue mon collègue de Rosemont-La Petite‑Patrie et je le remercie de son discours.
    J’aurai l’occasion tout à l’heure d’en dire davantage sur ce que nous proposons depuis maintenant des années concernant les changements climatiques, car, oui, nous reconnaissons que les changements climatiques sont réels et qu’il faut agir correctement. Or, après huit ans de gouvernement libéral, les résultats ne sont pas là.
    Que pense mon collègue de l’action de son voisin, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique qui, après huit ans de gouvernement libéral, a fait que le Canada est classé 62e sur 67 par l’ONU en matière d’efficacité contre les changements climatiques?
    Est-il conscient que la taxe libérale sur le carbone met le Canada au 62e rang, que le Canada n’a jamais réussi à atteindre ses objectifs depuis huit ans et qu’on est bien loin des cibles ambitieuses de l'Accord de Paris, alors que ce gouvernement et son voisin libéral, député de Laurier-Sainte‑Marie, n’ont fait strictement rien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre?
    Que pense-t-il de son voisin?
    Madame la Présidente, si j’ai dit que le Parti conservateur n’est pas très bon en matière de lutte contre les changements climatiques, ce n’est pas parce que j’ai dit que le député de Laurier-Sainte‑Marie était vraiment formidable sur cette question. Je dois donner raison à mon collègue sur l’échec du gouvernement libéral dans les huit dernières années en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques. Même l’ancienne ministre de l’Environnement libérale Catherine McKenna est très critique envers ce gouvernement.
    Je voudrais rappeler, comme ma collègue de Victoria l'a fait tantôt, que dans sa lettre de mandat, on disait au ministre actuel de l’Environnement de cesser l’exportation de charbon thermique. Or, on a vu l’exportation de charbon tripler de la part de ce gouvernement libéral, alors qu’il est supposément un champion de la lutte climatique. C’est complètement hypocrite de la part des libéraux.

  (1220)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’ai posé une question à la collègue britanno-colombienne du député. Je me concentrerai davantage sur la question elle-même, qui porte sur la façon dont le chef du Parti conservateur parcourt le pays et répand littéralement de l’information douteuse et que beaucoup qualifieraient d’intentionnellement trompeuse. Pensons par exemple à la Colombie-Britannique, où la taxe sur le carbone ne s’applique pas, et à la province d'où vient le député, où la taxe sur le carbone ne s’applique pas non plus. Il dit à des gens comme ceux qui habitent ma circonscription, qui est au Manitoba, que, par rapport à la taxe sur le carbone, la remise sur le carbone n'apporte pas un avantage net, en dollars, alors que plus de 80 % de ces gens reçoivent plus que ce qu’ils paient en réalité.
     Je me demande si le député pourrait nous dire ce qu’il pense de la désinformation que l’opposition officielle propage sans cesse.

[Français]

    Madame la Présidente, même si le bilan des libéraux concernant la lutte contre les changements climatiques est pitoyable, mon collègue a absolument raison sur le fait que le Parti conservateur, notamment le chef du Parti conservateur, donne de fausses informations aux citoyens et aux citoyennes.
    Je mets au défi le député de Carleton et chef du Parti conservateur de citer le directeur parlementaire du budget qui dit que 80 % des ménages canadiens vont recevoir en remises et en compensations davantage d’argent que ce qu’ils ont payé avec la taxe sur le carbone. Je mets au défi le chef du Parti conservateur de dire ça à la Chambre de manière haute et claire.
    Madame la Présidente, j’ai apprécié le discours de mon collègue de Rosemont-La Petite‑Patrie, qui fait toujours des discours passionnés sur la lutte contre les changements climatiques. Je suis d’accord avec lui.
    La seule chose, c’est que le NPD est difficile à suivre. Dans les deux derniers budgets, le gouvernement, dont il vient de noircir le bilan, a mis en place six crédits d’impôt qui totalisent 83 milliards de dollars d’ici 2035. Or, le NPD, qui déchire sa chemise sur les changements climatiques et sur le fait que les libéraux n’en font pas assez, a voté en faveur.
    Comment mon collègue peut-il concilier ces deux affaires?
    Madame la Présidente, le NPD ne s’est pas gêné pour critiquer ces mesures, qui sont des subventions cachées aux compagnies pétrolières et gazières. Nous déposons, par l'entremise de mon collègue de Timmins-Baie James, un projet de loi important pour empêcher la publicité des compagnies pétrolières et gazières, au même titre qu’on a empêché la publicité pour les cigarettiers.
    En même temps, nous avons forcé les libéraux à faire des choses qu’ils n’avaient jamais faites auparavant et qui vont aider M. et Mme Tout-le-Monde; par exemple, les gens qui gagnent moins de 70 000 $ par année vont avoir accès à un dentiste.
    J’ai fait 15 présentations dans des résidences d'aînés dans Rosemont-La Petite‑Patrie. Les gens sont extrêmement contents de notre travail, parce que nous livrons des résultats concrets qui vont changer la vie des gens. Sans faire de mauvais jeu de mots, grâce à ça, nous allons changer la face du monde.
    Madame la Présidente, alors que les conservateurs de gros bon sens se concentrent sur leurs priorités conservatrices, soit réduire les taxes et les impôts, bâtir des logements, réparer le budget et stopper les crimes, le premier ministre n'en vaut pas le coût après huit ans.
    Après huit ans de ce premier ministre, tout coûte plus cher. Deux millions de Canadiens font maintenant la file dans les banques alimentaires. Il y a quelques jours, des policiers de Montréal ont été obligés d'intervenir à cause du chaos qui régnait dans une banque alimentaire qui n'avait pas assez de nourriture pour nourrir les gens affamés. Je ferai remarquer que ces gens sont affamés alors qu'ils vivent au Canada.
    Après huit ans d'augmentation de taxes et de déficits inflationnistes, les gens ne peuvent plus payer leur loyer. Le coût du logement a doublé. À Montréal, la ville du premier ministre, le coût du logement a triplé à cause des politiques inflationnistes du premier ministre. Pourtant, le premier ministre a investi 89 milliards de dollars dans le logement. Après huit ans de ce premier ministre, nous vivons une crise de la criminalité, de vols d'auto, d'extorsion et de violence causée par des récidivistes criminels.
    Après huit ans, ce premier ministre n'en vaut pas le coût. Il veut simplement augmenter les taxes et les impôts sur le dos des Québécois et des autres Canadiens, et il le fait, je le souligne, avec l'appui du Bloc québécois. Le Bloc québécois veut radicalement hausser la taxe sur l'essence et le diésel sur le dos des Québécois dans les régions. Avec l'appui du Bloc québécois, le premier ministre veut détruire certaines industries de ressources naturelles.
    Le 1er mai, il y aura un décret pour fermer le secteur forestier pour des raisons qui n'ont pas de sens. Ce décret empiète sur les champs de compétences du Québec. C'est la raison pour laquelle le Parti conservateur de gros bon sens appuie la proposition du député de Louis-Saint-Laurent qui vise à éliminer le double processus d'approbation pour les projets d'exploitation des ressources naturelles. Nous voulons que le Québec ait le pouvoir de décider de la manière dont il veut protéger l'environnement et les emplois. Nous faisons confiance aux Québécois, alors que le premier ministre et le Bloc québécois centralisateur essaient de concentrer tout le pouvoir à Ottawa en détruisant les emplois au Saguenay et ailleurs au Québec. Nous sommes le seul parti de gros bon sens.
    Quand nous disons que le premier ministre n'en vaut pas le coût, c'est parce qu'il prétend que l'augmentation des taxes a pour but de protéger l'environnement. Voici le titre d'un article paru dans le Journal de Montréal aujourd'hui: « Pour la première fois, le Canada est le pays le plus pollué d'Amérique du Nord ». Cela survient après qu'on ait appris que le Canada est 62e sur 67 pays en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques.
    Toutes ces taxes, toutes les attaques contre nos ressources naturelles n'ont fait rien pour améliorer l'environnement. Elles ont simplement causé de la misère pour les Canadiens et les Québécois. Heureusement, le Parti conservateur a un plan de gros bon sens, qui vise à réduire les taxes et impôts, à bâtir des logements, à réparer le budget et à stopper les crimes. C'est cela, le gros bon sens. C'est ce que nous allons offrir.

  (1225)  

[Traduction]

    Soit dit en passant, je partagerai mon temps de parole avec le député de Louis-Saint-Laurent. Vous aurez donc l'occasion d'écouter avec joie non seulement le reste de mon discours, madame la Présidente, mais aussi les formidables observations de mon collègue. Ce sera un réel plaisir de l'entendre.
    Après huit ans, le premier ministre néo‑démocrate—libéral n'en vaut pas le coût. Il ne vaut pas le coût de la nourriture, qui a subi la pire inflation en plus de 40 ans, à tel point que 2 millions de personnes — un nombre record — font la queue devant les banques alimentaires de tout le pays. L'autre jour, le chaos a éclaté dans une banque alimentaire de Montréal, où la police a dû intervenir, car la nourriture avait manqué alors que de nombreuses personnes attendaient toujours, le ventre vide. Le tiers des organismes de bienfaisance refusent leurs services à des Canadiens parce qu'ils n'ont plus les ressources nécessaires pour les nourrir après huit ans sous la gouverne du premier ministre néo‑démocrate—libéral.
     Après huit ans, nous avons maintenant un groupe Facebook, « Dumpster Diving Network », le réseau des fouilleurs de poubelles, où 8 000 Canadiens échangent des conseils sur les façons de plonger dans une poubelle et d’en extraire des aliments pour se nourrir parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des produits d’épicerie. Comme les étagères de la banque alimentaire locale sont vides, les gens doivent fouiller les poubelles. C’est l’économie de poubelle que le premier ministre néo-démocrate—libéral nous a léguée après huit ans. Il ne vaut pas le coût des aliments.
     Il ne vaut pas le coût du logement, qui a doublé après huit ans de financement des barrières bureaucratiques locales qui bloquent la construction de logements, et d’impression d’argent qui fait gonfler les prix du logement.
     Après huit ans, il ne vaut pas le coût des taxes. Il punit le travail. Les gens font de l’argent, et il le prend. Il punit les gens qui se lèvent le matin et travaillent dur en prélevant de l’argent sur leurs chèques de paie, des chèques qui ont moins de pouvoir d’achat parce qu’après huit ans de doublement de la dette et d’impression de 600 milliards de dollars d’argent frais, il a provoqué la pire inflation depuis quatre décennies. Cela a fait grimper en flèche les taux d’intérêt, qui obligent aujourd’hui de nombreux Canadiens à vendre leur maison ou à risquer la faillite, un dénouement de plus en plus fréquent. En fait, le rythme d’augmentation des faillites est vertical. Si nous regardons les graphiques, nous voyons qu’ils grimpent d’un trait, car de plus en plus d’entreprises font faillite parce que les dépenses inflationnistes du premier ministre ont fait grimper en flèche les taux d’intérêt sur leurs dettes.
     C’est dans cet environnement misérable que le premier ministre néo-démocrate—libéral propose une nouvelle hausse cruelle de la taxe. Il prévoit de le faire le jour du poisson d’avril. Il s’agit d’une hausse de taxe du poisson d’avril. Tout comme lui, cette taxe n’en vaut pas le coût.
     Examinons les faits.
     Les néo-démocrates—libéraux et leurs amis des médias achetés ont répandu beaucoup de désinformation sur les aspects économiques de la taxe sur le carbone, affirmant que les gens s’en tirent mieux en payant la taxe. Voici les faits établis par le bureau du directeur parlementaire du budget. Cette année, les Albertains paieront en moyenne 2 943 $ par famille, alors qu’ils ne toucheront que 2 032 $ de remise. Cela représente un coût net de 911 $. Autrement dit, ils paient environ 50 % de plus que ce qu’ils récupèrent. En Saskatchewan, la famille moyenne paiera 2 618 $ cette année et ne recevra que 2 093 $ de remise, soit un coût net de 525 $. Au Manitoba, elle paiera 1 750 $ et ne récupérera que 1 250 $, soit un coût net de 500 $.
     En Ontario, la famille moyenne paiera 1 674 $ et ne récupérera que 1 047 $, soit un coût net de 627 $. En Nouvelle‑Écosse, elle paiera 1 500 $ et récupérera 963 $, soit un coût net de plus de 500 $. À l’Île‑du‑Prince‑Édouard, elle paiera 1 605 $ et ne récupérera que 1 055 $, soit un coût net de 550 $. À Terre‑Neuve, elle paiera 1 874 $ et ne récupérera que 1 497 $, soit un coût net de 377 $.
     Je mets au défi les médias libéraux qui ont diffusé cette désinformation de communiquer avec le directeur parlementaire du budget, de lui soumettre tous ces chiffres et de lui demander si j’ai raison. Nous l’avons déjà fait et il a confirmé que c’était le cas.

  (1230)  

     Pourquoi est-ce important? Parce que nous devons mettre un terme à la désinformation, une désinformation qui a non seulement pollué le débat, mais qui a poussé d’innombrables personnes à s’adresser aux banques alimentaires parce qu’elles n’avaient pas les moyens de payer leurs factures, une désinformation qui prendra de plus en plus d’importance lorsque le premier ministre quadruplera la taxe sur le carbone. L’écart entre le coût de la taxe et la remise que les gens obtiennent augmente massivement, forçant davantage de personnes à vivre dans ces horribles campements de tentes parce qu'elles ont perdu leur logement, forçant des personnes âgées à choisir entre manger et se chauffer alors qu’elles grelottent, affamées, dans le froid, dans leurs modestes logements.
     Cette désinformation est dangereuse. Elle doit être rectifiée, car la vérité, c'est que la taxe sur le carbone est exactement comme le premier ministre. Elle n’en vaut pas le coût.
     Seuls les conservateurs pleins de bon sens diront non à la hausse du 1er avril. Après les élections dont l'enjeu sera la taxe sur le carbone, nous supprimerons la taxe. Ramenons le gros bon sens chez nous.
    Madame la Présidente, je me demande si le chef du Parti conservateur pourrait fournir une explication. Quand il parle de diffusion de la désinformation, je dirais qu’en définitive, il est le roi de la désinformation sur les réseaux sociaux.
     Pourquoi le chef du Parti conservateur demande-t-il à ses députés de ne pas participer à des tribunes politiques? J’étais à CTV hier, et il n’y avait aucun conservateur. J’ai participé à d’autres tribunes à CBC, et il n’y avait aucun conservateur. C’est un moyen pour les Canadiens de découvrir ce que les conservateurs ont à dire. Cependant, quand vient le temps de leur parler, les conservateurs sont introuvables parce qu’ils savent qu’ils ont plus de comptes à rendre quand ils participent à ces tribunes politiques.
     Pourquoi le chef conservateur favorise-t-il l’absence de députés conservateurs à des tribunes et à des assemblées publiques?

  (1235)  

    Je tiens à rappeler aux députés qu’ils ont accordé leur attention au chef de l’opposition officielle et qu’ils ne l’ont pas interrompu. Je leur demande de faire de même lorsque d’autres intervenants ont la parole. Je pense qu'ils peuvent leur accorder ce respect.
     Je sais aussi que le chef de l’opposition officielle est tout à fait capable de répondre aux questions et aux observations et qu’il n’a pas besoin d’aide.
     Le chef de l’opposition officielle a la parole.
    Madame la Présidente, quand les libéraux disent que nous devons tous passer plus de temps à parler aux médias contrôlés par l’État qui les protègent, on sait qu'ils sont en train de perdre le débat sur la taxe sur le carbone. Nous savons que l’une des raisons pour lesquelles les libéraux ont aidé Bell à augmenter le coût de la téléphonie cellulaire et d’autres services est que Bell est propriétaire de CTV, qui leur rend la pareille avec une merveilleuse propagande libérale.
     Notre priorité sera de parler aux vraies gens, à ceux qui ont du mal à payer leurs factures après huit années où le premier ministre, le premier ministre néo-démocrate-libéral, a doublé le coût du logement et maintenant quadruplé la taxe sur le carbone. Les vrais Canadiens connaissent les coûts. Les médias libéraux peuvent faire tout ce qu’ils veulent pour tenter de dissimuler le fait qu’il s’agit d’une ponction fiscale et d’une arnaque. Nous contournerons les médias contrôlés par l’État en adressant directement notre message aux Canadiens: nous disons non à la hausse et allons abolir la taxe.
    Madame la Présidente, le chef de l’opposition officielle voudrait nous faire croire qu’il s’intéresse aux Canadiens et qu’il veut leur rendre la vie plus abordable, mais nous savons qu’il a voté contre un programme scolaire national. Nous savons qu’il a voté contre notre motion visant à supprimer la TPS sur le combustible de chauffage. Il a voté contre le programme d’assurance dentaire. Il a voté contre le programme de garderies. Pas plus tard qu’hier, il a eu l’audace de voter contre une aide humanitaire pour les Palestiniens qui meurent de faim.
    Il ne s’intéresse pas aux Canadiens. Il ne s’intéresse pas aux populations des autres pays. Il a déjà dit qu’il supprimerait l’aide étrangère. Qu’il supprimerait tous les programmes qui rendent la vie plus abordable. Il répète toujours la même rengaine parce qu’il n’a rien d’autre à offrir aux Canadiens, et ces derniers le savent bien.
    Madame la Présidente, voilà encore une autre attaque partisane vicieuse de la part d’une députée néo-démocrate aux abois. En effet, cette députée de l’Alberta est en train de se faire lâcher par son propre parti provincial. Le NPD de l’Alberta est tellement embarrassé par ses prises de position qu’il a décidé de prendre ses distances avec le NPD fédéral. En fait, le NPD provincial de l’Alberta sait que le parti de la députée a trahi les Albertains en signant un accord de coalition avec le premier ministre le plus anti-Alberta depuis 40 ans.
     Maintenant, elle va voter pour une taxe carbone qui va coûter 2 943 $ aux électeurs de sa circonscription. Autrement dit, chaque famille de sa circonscription va payer près de 3 000 $ de taxe carbone parce que la députée aura voté pour une majoration de la taxe, aux côtés du premier ministre libéral et contre les électeurs de sa circonscription.
     Seuls les conservateurs pleins de bon sens défendent les intérêts des Albertains en voulant annuler la hausse et supprimer la taxe.
    Madame la Présidente, j’ai vérifié le hansard et, au cours des dernières années, un total de 36 députés libéraux, en fait 37 puisqu’un député l’a répété aujourd’hui, ont affirmé que la taxe carbone n’avait aucune incidence sur les recettes. Qui dit le contraire? Ce sont les comptes publics puisque, l’année dernière, on a appris que 670 millions de dollars provenant de la taxe sur le carbone avaient servi à financer des programmes du gouvernement.
     Peut-on alors vraiment dire que la taxe sur le carbone n’a aucune incidence sur les recettes, comme le prétendent les libéraux?
    Madame la Présidente, non, car on voit bien que c’est le gouvernement qui gagne au détriment des contribuables. Les recettes publiques liées à la taxe sur le carbone sont supérieures aux remboursements distribués aux Canadiens. Et ce n’est pas tout. Selon le Bureau du directeur parlementaire du budget, la taxe sur le carbone nuit gravement à l’activité économique parce que ce n'est pas seulement le coût de la taxe elle-même que les Canadiens doivent payer. Lorsqu’on combine le coût économique et le coût fiscal de la taxe sur le carbone pour une famille moyenne, on voit que ce sont les Canadiens qui sont les perdants.
     Cela dit, il y a tout de même une bonne nouvelle: lorsque les conservateurs pleins de bon sens seront en mesure d’annuler la hausse et de supprimer la taxe, ce sont les Canadiens qui seront les gagnants.

  (1240)  

    Madame la Présidente, je suis très heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet de cette motion, mais je dois dire que c'est un véritable défi que d'être à la hauteur de mon chef en ce qui concerne cet enjeu précis.

[Français]

    Les Canadiens sont encore une fois confrontés à une décision malheureuse du gouvernement: aller chercher encore plus d'argent dans les poches des contribuables canadiens.
    Le plan libéral prévoit que dans quelques jours à peine, le 1er avril prochain, la taxe sur le carbone va augmenter. On ne parle pas d'une petite augmentation de 3 ou 4 % qui est collée à l'inflation. Non, on parle d'une augmentation de 23 %. L'augmentation aussi fulgurante d'une taxe, c'est du rarement vu, voire du jamais vu. C'est la taxe libérale sur le carbone, avec l'appui et le concours aveugle du NPD, malheureusement, ainsi qu'avec l'enthousiasme du Bloc québécois qui souhaite ardemment que les taxes sur le carbone augmentent radicalement. C'est leur choix. C'est leur décision. Ce n'est pas la nôtre.
    Au moment où on se parle, les Canadiens en arrachent. On a vu de tristes situations à Montréal où la police a dû intervenir parce que des centaines et des centaines de gens étaient impatients d'aller au comptoir alimentaire. Pourtant, le Canada est un pays du G7. Montréal est la capitale de la francophonie en terre d'Amérique; malheureusement, elle est en proie à de telles situations malheureuses. Ce n'est pas le Canada que j'aime. Le Canada doit faire beaucoup mieux.
    Pendant que les gens croulent sous les difficultés financières, pendant qu'on voit que le prix des maisons a triplé et que le prix des loyers a triplé, voilà que ce gouvernement, pour aider les contribuables, veut augmenter la taxe sur le carbone le 1er avril. Ce n'est pas le bon choix.
    Certains vont dire qu'il faut faire face aux changements climatiques. Oui, nous reconnaissons que les changements climatiques sont réels et qu'il faut y faire face, mais avec des mesures pragmatiques et non dogmatiques. Quel est le bilan du gouvernement? Rappelons-nous quand les libéraux se sont fait élire en 2015. Ils étaient tout fiers de dire « Canada is back ». Rappelons-nous que quelques semaines après les élections, le premier ministre arrivait tout fier et tout heureux à Paris en disant que le Canada était de retour et qu'enfin on allait avoir de vraies mesures pour contrôler la pollution dans le monde et que le Canada serait un leader. Le fondateur d'Équiterre, qui est aujourd'hui ministre et qui est actuellement poursuivi par Équiterre, disait qu'il était fier d'être Canadien et de voir le premier ministre parler ainsi.

[Traduction]

     Le Canada est‑il de retour? Le Canada est loin derrière. C'est la réalité.

[Français]

    Après huit ans de gouvernement libéral, après huit ans à se faire faire la leçon par le premier ministre libéral, après huit ans à imposer et à augmenter la taxe libérale sur le carbone, quel est le bilan de ce gouvernement? Le résultat est nul. Aucune cible établie n'a été atteinte, sauf pendant la COVID‑19. J'espère que son plan n'est pas de fermer l'économie, comme on a dû le faire lors de la COVID‑19, pour baisser les émissions de gaz à effet de serre.
    Le Canada ne fait pas partie des 13 pays qui ont atteint les objectifs de l'Accord de Paris. Le Canada est en fait classé au 62e rang sur 67 pays en matière d'efficacité de lutte contre les changements climatiques. Après toutes ces annonces, après toutes ces paroles, après tous ces engagements, après toutes ces cibles ambitieuses, le gouvernement canadien, le Canada libéral de ce gouvernement, est classé au 62e rang sur 67. Il n'est pas classé ainsi par l'IEDM, par l'Institut Fraser ou par le Parti conservateur, mais bien par l'ONU. Tous les ans, l'ONU fait un bilan qui est déposé lors de la COP. À la dernière COP qui a eu lieu à Dubaï, le Canada s'est classé au 62e rang. J'aurai d'ailleurs l'occasion un peu plus tard, en comité parlementaire, de parler de cette visite du ministre là-bas. Nous ne disons pas cela de gaieté de cœur. Cela nous fait mal de dire cela, mais c'est la réalité. Les libéraux étaient trop concentrés sur une approche dogmatique plutôt que pragmatique.
    Si leur taxe libérale sur le carbone fonctionnait, on le saurait. Or, elle ne fonctionne pas. C'est pourquoi, le chef conservateur, député de Carleton et chef de l'opposition officielle a fait mention d'un article qui est publié aujourd'hui dans le Journal de Montréal et qui s'intitule « Pour la première fois, le Canada est le pays le plus pollué d'Amérique du Nord ». On y apprend que les 13 villes les plus polluées en Amérique du Nord sont toutes au Canada. Voilà le bilan libéral après huit ans de ce gouvernement donneur de leçons. Personne ne se réjouit de cette réalité, mais c'est la réalité.
    Nous estimons, et nous ne sommes pas les seuls à le penser, qu'il faut mettre de côté la taxe libérale sur le carbone.

  (1245)  

    Sept premiers ministres provinciaux au Canada ne peuvent pas tous se tromper en même temps. Sept premiers ministres provinciaux ont demandé au gouvernement libéral de mettre un terme à cette politique qui va créer de l'inflation et qui, surtout, va apporter moins d'argent dans les poches des contribuables. Parmi ces premiers ministres, il y a le premier ministre très libéral de Terre‑Neuve. C'est un homme que personnellement je ne connais pas, mais qui constate lui-même, et comme tous les Canadiens, que c'est franchement une très mauvaise idée d'augmenter une taxe de façon si pharaonique. C'est une hausse de 23 % à une période où tout le monde en arrache, que ce soit en matière de logement, de coût de la vie ou de prix de la nourriture. Aujourd'hui, on ne parle même plus du prix de la nourriture, on parle malheureusement d'incidents qui arrivent dans les comptoirs alimentaires. Ce n'est pas le Canada que nous voulons.
    C'est pourquoi, nous, les conservateurs, visons essentiellement des approches pragmatiques; en effet, les changements climatiques sont réels et il faut y faire face. Notre chef, dans son allocution lors de notre convention nationale de septembre dernier à Québec, ce que nous appelons ici « le discours de Québec », a fait état de la vision que nous avons et des piliers vers lesquels nous allons orienter notre action concernant la lutte contre les changements climatiques.
    Cela s'est fait lors d'un congrès conservateur national. Quelque 2 500 délégués de partout au Canada représentant les 338 circonscriptions étaient rassemblés chez nous, à Québec. J'en suis très fier d'ailleurs. Si je précise exactement le cadre politique partisan de cette annonce, c'est parce que, souvent, les annonces dont on ne veut pas parler sont faites un vendredi après-midi, à 16 heures, dans un petit communiqué. On dit merci, bonsoir et personne n'en parle. Cependant, là, c'est un discours majeur dans l'histoire de notre parti.

[Traduction]

    En anglais, je dirais que le discours que notre chef a prononcé devant 2 500 membres et sympathisants de notre parti — des gens venus des 338 circonscriptions du pays tout entier pour assister à ce congrès — était un véritable jalon. Ce discours marquant, le « discours de Québec », était très important. Nous avons mis la table pour le prochain gouvernement, pour peu qu'on nous en confie les rênes. Nous serions honorés de recevoir l'appui des Canadiens.

[Français]

    Ce plan environnemental s'articule autour de quatre piliers. L'objectif fondamental est de réduire la pollution. La démonstration a été faite par le gouvernement que ce n'est pas en la taxant qu'on va réduire la pollution. Nous estimons qu'il faut des mesures très pratiques et non pas dogmatiques.
    Le premier pilier serait d'accorder des incitatifs fiscaux aux entreprises pour la haute technologie afin de réduire la pollution. Ce sont les entreprises qui créent les gaz à effet de serre. Ce sont les entreprises qui savent pourquoi elles créent de la pollution. C'est aux entreprises de prendre les décisions. Ce sont elles qui savent pourquoi elles font de la pollution et qui savent comment la réduire. Il faut les inviter à le faire, les inciter à le faire par des incitatifs fiscaux.
    Le deuxième pilier de l'action conservatrice en matière d'environnement serait de donner le feu vert aux énergies vertes. Nous avons besoin plus que jamais des énergies vertes que ce soit en matière d'éolien, de solaire, d'hydroélectricité, de géothermie, de nucléaire. Nous avons besoin de ces énergies vertes. Il faut donner le feu vert à ces dernières. Je suis content de voir que les collègues d'en face sourient en entendant cette proposition. Nous avons déposé le projet de loi C‑375 qui veut permettre justement d'accélérer le processus. Je suis heureux de savoir que les libéraux vont voter en faveur, et le député de Kingston et les Îles a sûrement l'occasion d'expliquer pourquoi il trouve que c'est une excellente idée.
    Le troisième pilier serait l'avantage canadien. Ici, au Canada, il y a tout ce qu'il faut pour faire face aux changements climatiques, ainsi que tout ce qu'il faut en matière de ressources naturelles, d'énergies, de savoir-faire, mais encore faut-il les utiliser. Je suis du Québec. HEC Montréal a publié son État de l'énergie au Québec il y a quelques semaines. On y apprend qu'il y a une augmentation de 7 % de la consommation des sources d'énergie fossile au cours de la dernière année. Ce qui m'inquiète le plus, c'est que 48 % de cette consommation vient d'énergies des États‑Unis, plus précisément du Texas et de la Louisiane. Je n'ai rien contre ces deux États, mais tant qu'à avoir des énergies fossiles, autant se servir de celles des Canadiens plutôt qu'envoyer des millions de dollars à l'étranger.
    Le quatrième pilier, et fort probablement ce qui est la base de tout cela, serait de travailler main dans la main avec les Premières Nations pour faire face aux changements climatiques.
    Nous nous opposons donc à l'augmentation radicale de la taxe sur le carbone le 1er avril. Sept premiers ministres provinciaux ne peuvent pas avoir tous tort. Au contraire, ils ont raison. J'aimerais que ce gouvernement donne un break aux citoyens canadiens et abandonne son idée d'augmenter la taxe libérale sur le carbone.

  (1250)  

[Traduction]

    Nous passons aux questions et observations.
    Le moment est venu pour le leader adjoint du gouvernement à la Chambre d'y aller d'une observation. On ne doit pas le faire lorsque quelqu'un d'autre a la parole.
    Le leader adjoint du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, le député a beaucoup parlé du chef, mais je pense qu'il est un peu trop humble. Il a lui aussi été chef. En effet, il a été chef de l'ADQ, au Québec, qui est devenue plus tard la CAQ.
    Lorsqu'il était chef, il a voté avec l'Assemblée nationale du Québec pour mettre en place un mécanisme de plafonnement et d'échange, qui est une autre forme de tarification de la pollution, et la mesure a été adoptée à l'unanimité. D'ailleurs, le député est la dernière personne qui est intervenue à ce sujet à l'Assemblée nationale, et il a dit ceci: « [Ce] qui nous satisfait, c'est qu'il y aura un registre des émissions des gaz à effet de serre, et que ces informations soient publiques nous confirme la volonté de transparence qui nous rassemble tous ici, dans cette Chambre. » C'est ce que le député a dit juste avant de participer à un vote unanime pour instaurer la tarification de la pollution au Québec.
    Je me demande si le député peut expliquer à la Chambre pourquoi il a changé aussi radicalement d'avis. A-t-il cessé de croire au système pour lequel il a voté?
    Madame la Présidente, j'ai déjà vu le député faire beaucoup mieux. Toutefois, pour répondre tout d'abord à sa citation, je peux la répéter sans hésitation, parce qu'elle n'a rien à voir avec la tarification de la pollution. Nous parlions du registre des émissions de gaz. Cela n'a rien à voir avec cette politique. C'était il y a 11 ans.
    Depuis, après plus de 10 ans d'application d'un système de plafonnement et d'échange — et je ne cite pas mes propos, mais ceux du ministre de l'Environnement du Québec —, nous savons que 233 millions de dollars quittent le Québec en direction de la Californie.
    Je ne pense pas que la Californie soit un pays du tiers monde.

[Français]

    Ce n'est pas un pays en émergence.

[Traduction]

    Je ne pense pas qu'elle ait besoin de l'argent du Québec. Je pense que le Québec peut gérer seul cette situation.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aimerais poser une question à mon collègue. Supposons qu'il est devant jury pour dire toute la vérité.
    Est-ce que, demain matin, si on abolit la taxe sur le carbone ou qu'on s'oppose à son augmentation, on ne retrouvera plus de gens dans les banques alimentaires, le prix des loyers chutera radicalement, le monde se portera mieux, le coût de l'épicerie diminuera et on contribuera au changement climatique?
    Est-ce réellement ce que mon collègue veut faire croire aux Québécois et aux Canadiens?
    Madame la Présidente, je remarque que la députée a utilisé le mot « radicalement ». C'est d'ailleurs le mot que son confrère de Longueuil—Saint-Hubert a utilisé lorsqu'il a dit que le gouvernement et les gouvernements devraient augmenter radicalement les taxes sur le carbone.
    Je présume que la députée et tous les députés du Bloc québécois sont très heureux de voir que la taxe libérale sur le carbone va augmenter de 23 %. Peut-être même que ce n'est pas assez, selon eux, et que cela devrait encore augmenter.
    Les gens sont rendus à devoir faire la file devant les comptoirs alimentaires. Cela frappe tous les Canadiens et tous les Québécois, dans toutes les circonscriptions. Aucune circonscription n'est confrontée plus qu'une autre à cette réalité.
    Il y a heureusement des bénévoles qui travaillent très fort, comme ceux que j'ai eu l'occasion de rencontrer et de soutenir en fin de semaine. Quand ces gens sont là, est-ce une bonne idée d'augmenter les taxes et d'aller chercher encore plus d'argent dans leurs poches alors qu'ils en arrachent déjà assez? La réponse est non.
    Si certains trouvent que c'est une bonne idée, ils n'ont qu'à continuer de voter pour les députés du Bloc québécois. Ceux-ci veulent augmenter radicalement les taxes sur le carbone, mais pas nous.
    Madame la Présidente, j'aime beaucoup mon collègue, mais nous avons vécu les années Harper au cours desquelles les files d'attente pour les banques alimentaires ont doublé et au cours desquelles le coût du logement a doublé. Nous avons également entendu les mêmes discours que celui que le député vient de prononcer.
    En 2006, les conservateurs nous disaient qu'ils s'occuperaient de l'environnement. Or qu'est-il arrivé? Nous sommes devenus le quatrième pire pays au monde pour ce qui est des émissions qui contribuent au changement climatique. Le gouvernement conservateur a été désastreux sur le plan de l'environnement.
    La question pour mon collègue est simple, et je sais qu'il est sincère. Pourquoi s'allie-t-il avec le Parti conservateur, qui nie les changements climatiques?

  (1255)  

    Madame la Présidente, j'ai également beaucoup de respect pour mon vétéran collègue qui occupe évidemment de bonnes fonctions à la Chambre. Cependant, il a tout faux. J'ai commencé mon discours en disant justement que les changements climatiques sont réels et qu'il faut s'y attarder. Il faut s'y attaquer de façon constructive et efficace. Nous ne croyons pas que la taxe libérale sur le carbone va régler cette situation. Ce n'est pas une approche dogmatique comme celle des libéraux, appuyés par le NPD et le Bloc québécois, d'augmenter radicalement les taxes qui va faire quoi que ce soit. Il faut plutôt faire des actions concrètes pour réduire la pollution.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Winnipeg-Nord .
    La seule chose que les conservateurs veulent supprimer, ce sont les remboursements que les gens reçoivent. Ils n'ont aucun intérêt à aider les Canadiens à subvenir à leurs besoins, surtout en cette période difficile, et nous l'avons constaté lors de divers votes. Nous l’avons vu avec les initiatives que le chef de l’opposition a prises cette semaine, ce qu’il a dit et ce qu’il a demandé à ses députés de faire. J'en parlerai dans un instant. Ce qu'ils veulent vraiment supprimer, c'est la Remise canadienne sur le carbone. C'est tout.
    Au cours du présent exercice, la Remise canadienne sur le carbone fournit ou fournira en moyenne à chaque famille les montants suivants: 1 800 $ en Alberta; 1 200 $ au Manitoba; 1 500 $ en Saskatchewan; 825 $ en Nouvelle-Écosse; 880 $ à l'Île-du-Prince-Édouard; 1 192 $ à Terre-Neuve-et-Labrador; 760 $ au Nouveau-Brunswick et, dans ma province, l'Ontario, 1 120 $. C'est une moyenne.
    Je vais donner aux députés les données brutes montrant que les gens bénéficient de la Remise canadienne sur le carbone et que les remboursements qu'ils reçoivent sont plus élevés que la taxe qu'ils paient.
    J'en ai profité pour faire les calculs applicables à mon cas personnel. J'ai trouvé toutes mes factures de gaz d'Enbridge pour chauffer ma maison en 2023. J’ai calculé le montant de la taxe fédérale sur le carbone qui a été ajouté à chaque facture. La somme est de 379,93 $ pour l'année 2023. J'ai une voiture électrique, mais je voulais être aussi juste que possible, alors j’ai cherché à savoir quelle quantité de carburant le citoyen moyen doit mettre dans le réservoir de sa voiture. La moyenne est de 1 667 litres. J'ai ensuite multiplié cette quantité par la taxe fédérale payable en 2023 sur chaque litre, ce qui m'a donné 238 $.
    Supposons que, parce que je vis dans une maison où il y a deux voitures, il faut multiplier ce nombre par deux. Après avoir tout calculé, en tenant compte de ce que j’ai payé à Enbridge pour la taxe sur le carbone et de ce que j’aurais payé en achetant de l’essence dans une station-service, le montant total de la taxe sur le carbone que j’ai payée en 2023 est de 855 $. Le remboursement de la taxe sur le carbone pour mon ménage est versé directement dans mon compte bancaire, et lorsque j’ai regardé mon relevé bancaire, j'ai pu voir que le montant que j'ai reçu en 2023 est de 885 $. Avant même de tenir compte des initiatives que j'aurais pu prendre, et j'en ai pris, par exemple, j'ai une voiture électrique, mais avant même de tenir compte des initiatives...
     Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: J’entends les conservateurs me chahuter. Je ne nommerai personne, car ce ne serait pas juste, mais il est arrivé, à la Chambre, que des députés conservateurs s’approchent et me chuchotent à l'oreille qu'ils conduisent désormais une voiture électrique et qu'ils l’adorent. Bien sûr, ils ne le diraient jamais ouvertement à la Chambre des communes, car cela irait à l’encontre de tout leur discours. Afin de protéger l’identité de ces personnes, je ne donnerai aucun nom, mais je prends un malin plaisir à les entendre me chahuter pendant que j'en parle.
     Avant même d’essayer de faire quoi que ce soit pour améliorer mon empreinte carbone, les calculs de base montrent que je suis déjà bien placé. En réalité, 94 % des ménages dont les revenus sont inférieurs à 50 000 $ par an bénéficient de remises supérieures à leurs dépenses en taxes sur le carbone. J’ai montré aux députés que pour un ménage de quatre personnes possédant deux véhicules, c’est déjà très plausible.
     Quand on commence à se prévaloir de certaines des nombreuses initiatives du gouvernement fédéral et de nombreux gouvernements provinciaux visant à rendre les maisons plus écoénergétiques, à installer des thermopompes, par exemple, pour abandonner les combustibles fossiles, on constate bien vite que, si j’installe une thermopompe dans ma maison, les 379 $ que j’ai payés en 2023 n’existent plus et que je recevrai plus de 380 $ par mois. Si on ajoute à cela les diverses autres initiatives dont je pourrais me prévaloir et les choix que je pourrais faire, je serais encore plus avantagé. Il est très clair que la grande majorité des Canadiens reçoivent plus qu’ils ne paient.

  (1300)  

    Aujourd’hui, j’ai été très soulagé d’entendre le leader à la Chambre, le député de Regina—Qu’Appelle, commencer à parler de remises. Je l’ai d'ailleurs entendu à plusieurs reprises. C'est un début. Plus tôt dans la journée, je l’ai entendu admettre que, d’après ses renseignements, 40 % des ménages bénéficient d’une remise plus importante. Je pense que nous sommes arrivés à un stade où nous pouvons essayer d’éduquer le député de Regina—Qu’Appelle. Je ne pense pas que nous soyons très loin de pouvoir le faire passer de ces 40 % au chiffre réel de 80 %. Au moins, les conservateurs commencent à revoir leur position.
     Il ne faut toutefois pas s'y méprendre: les conservateurs veulent supprimer la Remise canadienne sur le carbone, qui est de l’argent mis dans les poches des Canadiens, qui les aide à lutter contre les effets des changements climatiques et qui les incite à faire des choix plus écoénergétiques pour leur maison ou leur voiture. Il suffit de passer d’un véhicule à essence à un véhicule hybride pour commencer à réaliser des économies. Il n’est même pas nécessaire d'opter pour un véhicule entièrement électrique. Encore une fois, cela ne fait qu’augmenter le montant excédentaire que l’on reçoit par rapport à ce que l’on paie.
     Je ne veux pas donner l'impression que les conservateurs sont intéressés de quelque manière à aider les Canadiens. Cela a déjà été dit dans cette enceinte. Le 14 mars, le chef de l'opposition a envoyé une lettre à ses députés pour leur dire que les conservateurs interviendraient à la Chambre et forceraient la tenue de votes auxquels ils pourraient s'opposer sur de nombreux points, afin de perpétuer leur faux discours selon lequel la grande majorité des gens ne reçoivent pas plus en retour que ce qu'ils paient.
     Parlons de certains de ces points. Peut-être que les conservateurs agiront plus intelligemment lorsque nous aurons un marathon de votes. Peut-être choisiront-ils plus stratégiquement ce contre quoi ils pourraient voter, parce qu'ils se préparent à voter contre des choses qui sont basées sur la communication du chef de l'opposition et qui reposent sur un argument fallacieux, à savoir que la tarification de la pollution ne met pas plus d’argent dans les poches des Canadiens.
     Les conservateurs se préparent cette semaine à voter, une fois de plus, contre trois motions qui concernent l'Ukraine. Ces motions prévoient plus de 15 millions de dollars pour de l'équipement, 130 millions de dollars pour l'opération Unifier et 285 millions de dollars pour l’opération Réassurance. Ils vont voter contre une mesure pour les membres de la GRC qui ont été blessés dans l'exercice de leurs fonctions qui représente un coût de 20 millions de dollars. Plus de 1 million de dollars sont consacrés aux programmes pour lutter contre l’itinérance et 12,5 millions de dollars sont destinés à la collecte d'armes d'assaut interdites. Les députés voteront contre le programme de thermopompes dont j'ai parlé tout à l'heure, qui fournit plus de 40 millions de dollars de subventions aux Canadiens. Il y a une stratégie de lutte contre le racisme, une table ronde sur les jeunes filles autochtones disparues et assassinées et une table ronde sur les personnes LGBTQ+, qui représente plus de 1 million de dollars, et bien sûr, il y a l'allocation canadienne pour le logement, qui représente plus de 100 millions de dollars.
     Le chef de l'opposition prétend que les gens ne récupèrent pas plus que ce qu'ils paient pour la tarification du carbone, alors que c'est le contraire pour la grande majorité d'entre eux. Il est prêt à s'appuyer sur ce discours erroné et, pour ce faire, à voter contre tous les points que je viens d'énumérer.
     J'encourage vivement les membres du Parti conservateur du Canada à examiner attentivement la situation et à réfléchir au chemin parcouru ces dernières années, depuis Stephen Harper, qui s'est prononcé en faveur d’une tarification de la pollution, jusqu'à leur dernier chef et leur dernière campagne électorale, au cours de laquelle ils ont parlé d'une tarification de la pollution. Il est temps pour eux de se regarder sérieusement dans le miroir et de réfléchir à ce qu'ils défendent exactement. En réalité, la seule chose qu'ils défendent actuellement, c'est la désinformation.

  (1305)  

    Madame la Présidente, le député a parlé des véhicules électriques et de l'offre d'options à l'avenir, et je pense qu’il est toujours possible d’en faire plus pour l’environnement. Ils en ont fait très peu en huit ans. Le Canada se classe au 63e rang sur 68 pays pour ce qui est de l'atteinte des cibles environnementales. Les libéraux ont donc échoué. Au fond, ils ont un plan fiscal.
    Il y a un peu plus de deux ans, ma femme et mes enfants ont été pris dans une tempête avec mon ami. La tempête était si violente qu'ils se sont retrouvés dans le fossé. S’ils avaient été dans un véhicule électrique — ils sont restés dans le fossé pendant huit heures et demie et personne ne pouvait les atteindre —, ils seraient morts de froid. Heureusement que mon ami avait fait le plein. Un véhicule électrique n'aurait pas duré aussi longtemps à -30 degrés Celsius.
    Que vaut pour lui la vie de ma famille alors qu'il impose des choix aux Canadiens?
    Madame la Présidente, le député voudrait peut-être un jour prendre l’avion pour se rendre à Toronto. Je serais heureux d’aller le chercher à l’aéroport Pearson et de l'amener jusqu'à Ottawa pour qu'il puisse faire l'essai d'un véhicule électrique. Ainsi, il pourrait comprendre que ce qu’il vient de dire est inexact. Les personnes dont il a parlé voyageaient dans une voiture dont le réservoir à essence était plein et elles auraient pu faire fonctionner le chauffage pendant huit heures. C’est très bien.
    Si la pile de mon véhicule électrique est pleinement rechargée, je peux faire fonctionner le chauffage pendant des jours. Ce n’est pas le chauffage qui vide la batterie d’une voiture électrique, c’est la conduite elle-même, comme c’est le cas pour un véhicule à combustion. Le commentaire du député est fondé sur un mème largement diffusé qui repose sur des informations erronées. Je n’arrive pas à croire qu’il en ait parlé à la Chambre des communes. Je sais de quel mème il s’agit. Il est faux et il contribue à la désinformation. Si la pile de mon véhicule électrique est pleinement rechargée et que je me retrouve coincé dans un fossé, la pile pourrait durer pendant trois ou quatre jours si j’utilise seulement le chauffage.
    Je rappelle au député de Regina—Lewvan qu’il a eu l’occasion de poser une question. S’il veut ajouter un commentaire, il doit attendre le moment approprié.

[Français]

    L'honorable député de Longueuil-Saint‑Hubert a la parole.
    Madame la Présidente, moi, je remets toujours un peu en question les choix du gouvernement en matière budgétaire…
    Des voix: Oh, oh!

[Traduction]

     Les députés de Kingston et les Îles et de Regina—Lewvan semblent vouloir se renvoyer la balle. Comme je le disais, ce n'est pas le moment. Je suis certaine que le député de Kingston et les Îles veut entendre la question qu'on lui pose afin de pouvoir y répondre. Encore une fois, si quelqu'un a des questions ou des observations, il doit attendre le moment opportun.

[Français]

    L'honorable député de Longueuil-Saint‑Hubert a la parole.
    Madame la Présidente, en fait, ma question vise un peu à remettre en question les choix du gouvernement. Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas dans ce pays, mais parlons seulement des choix budgétaires du gouvernement libéral.
    En ce moment, il y a une crise de l'itinérance. Au Québec, on voit cette crise depuis les cinq dernières années. D'ailleurs, depuis que le fédéral a lancé la Stratégie nationale sur le logement, il y a deux fois plus d'itinérance sur le territoire du Québec. Il y en a aussi à Toronto, à Vancouver, à Calgary et à Edmonton. C'est vraiment important. Il n'y a qu'un seul programme fédéral qui s'occupe de l'itinérance, c'est le programme Vers un chez-soi. Maintenant, on apprend que le programme, pour les deux prochaines années, va être réduit de 3 %. Ça a l'air un peu niaiseux, cette réduction de 3 %. On sent que les libéraux veulent montrer aux conservateurs qu'ils sont capables de rigueur budgétaire, alors ils font des compressions un peu partout, notamment dans les services pour les itinérants.
    Or, on a annoncé, dans les derniers budgets, 83 milliards de dollars de crédits d'impôt aux compagnies pétrolières d'ici 2035 et on fait une réduction de 3 % dans les services pour les itinérants. J'aimerais que mon collègue m'explique cela.

[Traduction]

    Madame la Présidente, si le député se soucie des itinérants et des initiatives proposées par le gouvernement, je l'inviterais à ne pas être tenté de voter contre tous les crédits faisant l'objet d'une opposition conservatrice. Comme je l'ai indiqué, deux d'entre eux, le programme Vers un chez-soi, qui s'attaque à l'itinérance, et l'Allocation canadienne pour le logement, risquent de passer à la moulinette à cause des crédits faisant l'objet d'opposition par le chef de l’opposition.
    Bien qu'il dise que nous subventionnons l'industrie des combustibles fossiles, la réalité, c'est que nous avons éliminé progressivement les subventions aux combustibles fossiles. La seule façon dont nous continuons à subventionner l'industrie des combustibles fossiles, c'est en contribuant au nettoyage des puits de pétrole orphelins. Le député pense peut-être que ce problème ne nous concerne pas et que parce qu'il s'agit d'entreprises d'il y a 50 ans, nous devrions laisser les puits là et clore le dossier. Malheureusement, les gouvernements de l'époque n'ont pas jugé bon de prévoir des fonds pour éventuellement nettoyer ces puits, alors la société doit maintenant en payer les frais. C'est la triste réalité. Toutefois, nous devons le faire dans l'intérêt de l'environnement.

  (1310)  

    Madame la Présidente, je pense qu'il faut envisager des mesures qui iraient bien au-delà des subventions. Nous savons qu’en Grande-Bretagne, le gouvernement conservateur au pouvoir a instauré un impôt sur les bénéfices exceptionnels du secteur pétrolier et gazier. Nous n'arrivons même pas à convaincre les libéraux d'en faire autant. Les libéraux ont même mis fin au programme de Prêt canadien pour des maisons plus vertes, auquel certains de mes concitoyens souhaiteraient avoir accès. Des entrepreneurs m'ont dit qu'ils devront faire des mises à pied alors qu'ils ont employé des gens et soutenu les Canadiens qui voulaient bien faire.
    Voici les questions que j'adresse à mon collègue: le gouvernement instaurera-t-il un impôt sur les bénéfices exceptionnels du secteur pétrolier et gazier? Va-t-il non seulement financer le programme de Prêt canadien pour des maisons plus vertes, mais aussi lui affecter des ressources suffisantes pour un cycle budgétaire complet, afin que tous les Canadiens puissent y avoir accès?
    Madame la Présidente, si le NPD proposait une motion de l'opposition visant à prélever un impôt sur les bénéfices exceptionnels du secteur pétrolier et gazier, je voterais en sa faveur.
    Madame la Présidente, je suis heureux de pouvoir parler de l’importante question de la tarification de la pollution et de la remise sur le carbone.
     J’aimerais aborder sous un angle un peu différent la question de l’isolement actuel du Parti conservateur du Canada. Lorsque nous examinons la question de la tarification de la pollution, nous constatons qu’elle a été instaurée en 2015 à Paris, où le monde s’est uni et a dit non seulement que les changements climatiques sont réels, mais aussi que nous devons adopter une orientation politique à l’échelle mondiale pour essayer de limiter les émissions et, au bout du compte, les réduire afin d’assainir l’environnement à l’échelle mondiale.
     Au fil des ans, nous avons été témoins d’une forte participation de la part des pays du monde entier. Par exemple, l’Union européenne, qui est composée de nombreux pays, dont la France, l’Italie et bien d’autres, a conclu l’accord vert, qui porte essentiellement sur la tarification de la pollution. Des pays comme l’Irlande, l’Angleterre et le Mexique font aussi leur contribution. On entend souvent dire que les États-Unis n’appliquent pas de tarification de la pollution, mais ce n’est pas tout à fait exact parce que beaucoup d’États américains en appliquent une.
     Non seulement le Canada applique une tarification nationale de la pollution, mais les provinces de la Colombie-Britannique et du Québec ont aussi leur propre tarification. À la Chambre des communes aujourd’hui, le Parti libéral, le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert sont favorables à une tarification de la pollution. L’ancien chef conservateur, Erin O’Toole, y était favorable. Il faut maintenant voir la position actuelle du Parti conservateur. Les conservateurs se sont isolés pour dire qu’ils n’appuient pas la tarification de la pollution, même si, sous la direction de leur ancien chef, Erin O’Toole, tous les conservateurs, y compris le chef actuel, ont fait la promotion d’une tarification de la pollution. C’est dans leur plateforme.
     Depuis que le nouveau chef a été nommé, il n’y a pas si longtemps, nous avons constaté que l’élément d’extrême droite du Parti conservateur a pris le contrôle. Le mouvement des conservateurs MAGA a pris le contrôle par l’entremise de la direction actuelle du Parti conservateur. Pour cette raison, les conservateurs ont changé d’avis. Ils disent maintenant qu’ils ne sont pas favorables à une tarification de la pollution. Le monde est en train de changer et il comprend l’importance d’une politique judicieuse, mais le Parti conservateur est irresponsable et dit aujourd’hui non à la tarification de la pollution.
     L’Angleterre dit aujourd’hui aux pays du monde entier qu'ils doivent disposer d'un mécanisme de tarification de la pollution pour y exporter leurs produits, sinon ils devront payer des droits supplémentaires sur les marchandises destinées à l’Angleterre. C’est une chose qu’elle est en train de faire et qu’elle va mettre en place. Que pense réellement le Parti conservateur d’une tarification sur la pollution et de l’impact que cela aura sur le commerce?
     On l'a vu avec l’accord commercial entre le Canada et l’Ukraine, où les conservateurs étaient prêts à l’utiliser comme unique raison, ou du moins l'une des deux raisons, de s'opposer à l’accord entre le Canada et l’Ukraine, parce que ce dernier mentionne une tarification sur la pollution. Quand on y pense, l’Ukraine a mis en place un prix sur la pollution en 2011. L’Ukraine souhaite pouvoir conclure un accord commercial formel avec l’Union européenne, qui impose également une tarification sur la pollution.

  (1315)  

     Cependant, les dirigeants conservateurs et les députés d’en face font l'autruche et ne reconnaissent pas les bonnes politiques. Je peux dire que ce n’est pas dans l’intérêt des Canadiens, tout comme ce n’était pas dans l’intérêt des Canadiens quand le Parti conservateur a voté contre l’accord commercial entre le Canada et l’Ukraine. Telle est la réalité. Les déclarations et l’orientation politique du Parti conservateur, et de sa faction d’extrême droite, se font au détriment d’une bonne politique publique, qui sera là pour les générations futures de Canadiens et d’autres. Le Canada a besoin d’accords commerciaux. Nous avons besoin du commerce international; c’est une bonne chose.
     Le reste du monde reconnaît que l’environnement est important et que la tarification sur la pollution est un outil efficace, mais le chef de l’opposition officielle affirme qu’il va éliminer la tarification de la pollution. Quelle approche rétrograde par rapport au reste du monde! Ce n’est pas une politique publique responsable.
    Les conservateurs se concentrent plutôt sur la création de slogans creux qui, selon eux, leur apporteront des voix. Ils croient pouvoir tromper les Canadiens. Voilà l’essentiel. Ils n’ont aucune confiance dans la capacité des Canadiens à comprendre la réalité; on le voit dans ce qu’ils disent aux Canadiens.
     La question que j’ai posée aujourd’hui au chef de l’opposition officielle était la suivante: pourquoi le Parti conservateur ne participe-t-il pas aux débats politiques sur CTV ou CBC? Les Canadiens continuent de regarder ces réseaux.
    Un député nous dit que les Canadiens ne les regardent plus.
     Monsieur le Président, CTV et CBC seraient d’un autre avis, et moi aussi. Je pense que CTV et CBC jouent un rôle très important dans le débat public depuis des générations. Le chef du Parti conservateur affirme que ce sont des organisations financées par l’État. N’est-il pas stupide et ridicule de dire ce genre de choses? Le chef de l’opposition ne se contente pas de le dire ici à la Chambre; il le dit aussi à l’extérieur de la Chambre, tandis qu’il choisit d’éviter de rendre des comptes sur quelques-unes des stupidités qu’il dit et qui induisent les gens en erreur.
     Il se rend dans les provinces de la Colombie-Britannique et du Québec pour essayer d’y donner l’impression fausse qu’elles ont le même type de régime de taxe sur le carbone que le Manitoba, les provinces de l'Atlantique, l’Alberta et d’autres provinces. Ce n’est tout simplement pas vrai. Il essaie de dire aux habitants des provinces où il y a une taxe sur le carbone, une taxe fédérale sur le carbone, qu’ils paient beaucoup plus sous le régime de la taxe carbone que ce qu’ils reçoivent.
     Là encore, nous avons dit très clairement, comme le député de Kingston et les Îles l’a souligné dans son exemple précis, que la grande majorité des gens reçoivent plus d’argent sous forme de remboursement qu’ils ne paient de taxe sur le carbone sur l'essence et le chauffage de leur maison. Le directeur parlementaire du budget a été très clair à ce sujet. Plus de 80 % des gens toucheront plus d’argent qu’ils n’en paieront directement sous forme de taxe sur le carbone. C’est indiscutable. Les députés de tous les partis politiques, à l’exception des conservateurs, le reconnaissent.

  (1320)  

     Qu’est-ce que cela signifie? Lorsque le chef du Parti conservateur parcourt le pays pour dire aux gens qu’il supprimera la taxe sur le carbone, cela signifie également qu’il se débarrassera des remboursements. En disant qu’ils supprimeront la taxe sur le carbone, les conservateurs disent à plus de 80 % de mes électeurs que leur revenu disponible sera moindre à cause de cette mesure. Je trouve que le discours propagé par le chef de l’opposition officielle un peu partout au pays est honteux.
    Madame la Présidente, tout récemment, Dan Kelly, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, s’est dit horrifié par le nouveau plan du gouvernement sur les remboursements aux petites entreprises. Ce sont les petites entreprises qui sont les plus touchées par la taxe sur le carbone, mais elles n'ont droit à quasiment aucun remboursement. En fait, le gouvernement leur avait promis davantage que ce qu’elles reçoivent en réalité.
     Le député est-il d’accord pour qu’on améliore la situation des petites entreprises, ou bien préfère-t-il qu’on les laisse dépérir?
    Madame la Présidente, le député d’en face est en train de me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit que plus de 80 % des électeurs que je représente, et j’ai insisté sur le « plus », recevaient un remboursement supérieur à ce qu’ils paient en taxe sur le carbone. C’est la réalité. Le député d’en face, en posant sa question, n’a pas contesté ce fait, car il sait bien que c’est la vérité. Cela dit, le chef du Parti conservateur dit qu’il va supprimer la taxe et supprimer le remboursement. Mais cela veut dire que plus de 80 % des électeurs que je représente se retrouveront avec moins d’argent dans leur poche.
     Cela montre qu’ils cherchent à tromper la population. Et c’est la raison pour laquelle les conservateurs ne veulent pas participer à des débats politiques, car ils savent très bien qu’ils seraient alors obligés de rendre des comptes, étant donné les sornettes qu’ils débitent sur les médias sociaux.

[Français]

    Madame la Présidente, je ne sais pas si mes collègues du Canada anglais sont conscients que, depuis ce matin, ce qu'on entend à la Chambre, c'est un immense plaidoyer pour l'indépendance du Québec. Au Québec, nous sommes préoccupés par la lutte contre les changements climatiques. Notre province est d'ailleurs celle où les émissions de gaz à effet de serre sont les moins importantes, parce qu'on a mis en place des mesures, parce qu'on mise sur l'hydroélectricité et sur les batteries.
    Depuis ce matin, on entend deux choses. D'une part, on entend que le gouvernement dépense beaucoup d'argent depuis des années et est le pire au monde. On a le pire bilan en matière de lutte contre les changements climatiques, malgré des milliards de dollars qu'on lance tout à fait inutilement, avec le concours du NPD, qui appuie le gouvernement la plupart du temps. D'autre part, il y a les conservateurs qui disent qu'ils vont en faire encore moins.
    On a ici tout le Canada ensemble qui dit que, peu importe si on dépense ou on ne dépense pas, on n'arrive à rien. C'est vraiment un immense plaidoyer pour l'indépendance du Québec. J'espère que tous les Québécois regardent ce débat aujourd'hui et qu'ils en prennent acte.

  (1325)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’espère que notre débat est suivi par des téléspectateurs de toutes les régions du pays.
     Le Manitoba, comme le Québec, investit beaucoup dans l’énergie hydraulique et dans l’énergie verte. Il existe des possibilités dans pratiquement toutes les régions du pays. Jamais nous n’avons vu autant d’investissements dans des emplois plus verts, dans toutes les régions du pays. Le gouvernement fédéral donne des incitatifs et encourage ce type de développement. Très franchement, je mets au défi les députés de l’opposition de nommer un gouvernement qui a favorisé la création d’un plus grand nombre d’emplois verts dans l'économie du pays.
    Madame la Présidente, le député a beaucoup parlé de la désinformation diffusée par les conservateurs, et je suis d'accord, mais le député conservateur lui a posé une question très juste sur les petites entreprises.
     Nous savons que le gouvernement fédéral doit actuellement 3,6 milliards de dollars aux petites entreprises et aux groupes autochtones. Il s'agit de remboursements que le gouvernement a promis aux petites entreprises et qu'elles attendent toujours. Le gouvernement a également déclaré qu'il allait donner moins aux petites entreprises parce qu'il a doublé les remboursements destinés aux Canadiens vivant en milieu rural. Pourquoi ferait-il payer les petites entreprises pour cela alors que nous pourrions faire payer les grandes sociétés pétrolières et gazières? Le système de tarification fondé sur le rendement est injuste. Suncor paie 14 fois moins que le Canadien moyen pour la tarification du carbone. Pourquoi ne pas faire payer aux grandes sociétés pétrolières ce qu'elles doivent?
    Madame la Présidente, je crois que les Canadiens, dans leur ensemble, reconnaissent le principe selon lequel les pollueurs doivent payer. Le gouvernement l'a reconnu et, en fin de compte, en prenant des mesures très importantes, il a tarifé la pollution. Aujourd'hui, la mesure est orientée ainsi. Nous avons continué à aller dans la bonne direction à tous les égards.
    Madame la Présidente, c’est un plaisir pour moi de prendre la parole aujourd'hui au nom des habitants de Coast of Bays—Central—Notre Dame et, en fait, au nom de tous les habitants de ma magnifique province de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
     Ce qui n'est pas un plaisir, c'est ce que Justin Trudeau a fait...
    Le député se souviendra qu'il ne doit pas nommer par leur nom les personnes qui siègent à la Chambre des communes, quel que soit le poste qu'elles occupent.
     Je suis certaine que l'honorable député de Coast of Bays—Central—Notre Dame se rétractera et reviendra sur la bonne voie.
    Madame la Présidente, après huit années de la coûteuse coalition néo-démocrate—libérale et sous la direction du premier ministre, le pouvoir d'achat des Téneliens s'est carrément effondré.
     Aujourd’hui, la secte de la décarbonation entend augmenter la taxe sur le carbone de 23 % le 1er avril prochain. C’est un poisson d'avril de plus parmi la longue série de blagues cruelles qui nous attendent jusqu’en 2030, lorsque la tarification du carbone atteindra 61 ¢ le litre.
     Samedi, la station de radio Voice of the Common Man, que la plupart des gens appellent VOCM, a réalisé un sondage. Selon ce sondage, 90 % des Terre-Neuviens et des Labradoriens sont opposés à l’augmentation de 23 %, le 1er avril, de la taxe sur le carbone. On peut se demander pourquoi les Téneliens sont si opposés à l’augmentation de la taxe sur le carbone de la coûteuse coalition. C’est tout simplement parce que Terre‑Neuve‑et-Labrador est une zone géographique très reculée. Pour que quoi que ce soit arrive à Terre‑Neuve, il faut du carburant. La nourriture, les matériaux de construction et même le carburant: tout n'arrive qu'au moyen de carburant.
     L’industrie de la pêche est durement touchée, qu’il s’agisse des transformateurs qui utilisent du carburant pour faire cuire le crabe, des sociétés de camionnage qui le transportent ou des pêcheurs qui prennent le volant pour déplacer leur matériel. La taxe sur le carbone a des répercussions considérables. Elle influe sur le prix que touchent les pêcheurs pour leurs prises.
     Elle a des conséquences dans l’industrie minière. Une mine de ma circonscription a fermé ses portes, en grande partie à cause du coût élevé du carburant.
     Les conséquences sont graves dans les industries forestière et touristique. Les gens n'ont plus les moyens de se rendre à Terre‑Neuve-et-Labrador.
     La Présidente sait très bien combien il en coûte pour se rendre à Terre‑Neuve‑et-Labrador, car je sais qu’elle a de la famille dans un village exceptionnel de ma circonscription, Belleoram. La Présidente est bien consciente de l’effet paralysant du prix élevé du carburant.
     Lorsqu’il en coûte plus cher aux pêcheurs pour pêcher le poisson ou les fruits de mer ainsi qu'aux transformateurs pour les traiter, qu'il en coûte plus cher aux agriculteurs pour cultiver des légumes, du blé ou je ne sais quoi et qu'il en coûte plus cher aux camionneurs pour acheminer ces produits jusqu’aux épiceries, qui paient elles-mêmes leur électricité plus cher, en fin de compte, c’est le consommateur qui paie la note.
     Soixante-dix pour cent des Canadiens sont opposés à l'augmentation de 23 % de la taxe sur le carbone, et sept premiers ministres canadiens se sont prononcés contre cette mesure. Parmi eux, ce grand partisan et ami d’enfance du premier ministre qu'est le premier ministre libéral de Terre‑Neuve, Andrew Furey, vient de lui envoyer une lettre pour l'implorer de suspendre cette augmentation. Il a écrit: « Je vous demande respectueusement d’envisager de suspendre l’augmentation de la taxe sur le carbone prévue pour le 1er avril. »
     Nous verrons s’il écoutera. Le premier ministre Furey a appuyé la taxe sur le carbone, mais il voit maintenant la lumière. Son bon ami, le premier ministre du Canada, ne cesse pourtant de rompre la promesse qu’il a faite aux Canadiens de maintenir le prix du carbone à 50 $ la tonne. Le nouvel objectif est, bien entendu, 170 $ la tonne.
     De plus, les libéraux ne cessent de se vanter en disant que la taxe sur le carbone est sans incidence sur les recettes. Ce n’est pas vrai. Les gens ne sont pas obligés de me croire sur parole, parce que le chien de garde qu'est le directeur parlementaire du budget nous dit que les Canadiens paieront plus cher en taxe sur le carbone que ce qu’ils recevront en remboursements. Parallèlement, la coalition libérale-néo-démocrate n’a pas atteint un seul objectif sur le front des changements climatiques et elle ne les atteindra pas.
     Le député de St. John's Sud—Mount Pearl ne cesse de parler de l’argent sonnant que les Terre-Neuviens et les Labradoriens auront dans les poches. Des augmentations comme celle du 1er avril, qui est le prélude d'une augmentation totale de 61 cents le litre d’ici 2030, ne profiteront à personne. Permettez-moi de dire à la Chambre ce que les Terre-Neuviens et les Labradoriens auront dans les poches. Ce sera leurs mains qu'ils auront dans les poches parce qu'ils vont geler dans leurs maisons. Ils n’ont pas les moyens de se chauffer. Des maisons où il fait froid, c’est tout ce que nous aurons.
     La semaine dernière, le premier ministre Furey a dit que le problème que pose cette taxe, c’est que Terre-Neuve-et-Labrador ne dispose que de possibilités limitées de changement. Alors s'il n'est pas possible de faire des changements, le premier ministre de ma province se demande ce que la taxe leur apportera vraiment.

  (1330)  

     Augmenter la taxe sur le carbone n’apportera rien de plus que le néant actuel. Le chef conservateur plein de gros bon sens et moi-même avons fait une tournée à Terre-Neuve-et-Labrador l’an dernier. Nous sommes allés dans Labrador. Nous sommes allés dans St. John's-Est et aussi dans St. John's-Sud—Mount Pearl. Nous sommes allés dans Avalon, dans Bonavista—Burin—Trinity, dans ma merveilleuse circonscription, Coast of Bays—Central—Notre Dame, ainsi que dans Long Range Mountains. Nous avons entendu les gens nous dire on ne peut plus clairement que le coût de la vie est tout simplement inabordable ces temps-ci.
     Pas plus tard que la semaine dernière, lors d’une rencontre avec la Community Food Sharing Association de St. John's, nous avons fait un constat très troublant. La demande a bondi de plus de 40 % depuis trois ou quatre ans. L’Association essaie de sauver les banques alimentaires qui sont sur le point de fermer leurs portes parce qu’elles n’arrivent pas à trouver les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de la population. Nous avons entendu parler de leurs luttes. Nous avons entendu les appels à l’aide, comme ceux qui ont été lancés par la banque alimentaire.
     Si les six députés de la coalition néo-démocrate—libérale de Terre-Neuve-et-Labrador entendent les mêmes appels, ce qui est certainement le cas, nous espérons vraiment qu’ils écouteront les demandes des gens qui les ont élus, des gens qui les ont envoyés ici. Ils les ont élus pour exprimer leur voix à la Chambre. Ils font beaucoup de chemin chaque semaine. Je regarde mon collègue, le député de Bonavista—Burin—Trinity. Je voyage souvent en avion avec lui. L’endroit où il vit est loin d’ici. C’est tout un périple. Il fait part à la Chambre des préoccupations des gens de Bonavista—Burin—Trinity. Je suis certain que les gens de Clarenville, de New-Wes-Valley et d’autres endroits dans sa circonscription espèrent qu’il se souviendra des difficultés qu’engendreront pour eux la hausse de la taxe sur le carbone à compter du premier avril et les autres hausses jusqu’en 2030. J’espère que mon collègue et ses cinq collègues de la coalition néo-démocrate—libérale appuieront notre motion visant à mettre fin à la hausse de la taxe sur le carbone lorsque le vote aura lieu cette semaine.
     Il y a de l’espoir, car si les six députés de la coalition qui représentent Terre-Neuve-et-Labrador continuent de négliger leurs électeurs, ils auront à payer le prix qui leur sera infligé par les gens qui les ont élus pour venir ici, pour les représenter et pour être leur voix à Ottawa. S’ils continuent de ne pas être leur porte-parole et de voter contre les motions des conservateurs, comme celle dont la Chambre est saisie et qui vise à dire non à la hausse, le prix à payer ne sera pas une tarification de la pollution. Il se traduira par une réduction du nombre de sièges néo-démocrates—libéraux à la Chambre. Nous les implorons, comme le font les électeurs de leur circonscription, de voter avec les conservateurs, de dire non à la hausse et d'entendre notre appel.
     Très bientôt, les conservateurs guidés par le gros bon sens élimineront la taxe, construiront des maisons, mettront fin à la criminalité et équilibreront le budget.

  (1335)  

    Madame la Présidente, mis à part les slogans, permettez-moi de lancer un appel au député qui vient de prendre la parole. Le 15 avril, les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador, dont bon nombre de ses électeurs, verront un chèque déposé dans leur compte. Une famille de quatre personnes recevra 298 $. Si l’on additionne ces montants, on obtient bien plus de 1 000 $ pour l’année. Si le député vote pour cette motion, il s’oppose en fait à ce que ce chèque de remboursement soit déposé dans leur compte.
     Le directeur parlementaire du budget a clairement indiqué que 80 % des Canadiens reçoivent plus en remboursement que ce qu’ils paient en réalité. C’est un fait. Je le dirai sur CTV dans le cadre d’une tribune politique. Le député d’en face ne le fera pas.
     Le député admettra-t-il pourquoi il veut priver ses électeurs de ces chèques de remboursement?
    Madame la Présidente, je ne comprends pas pourquoi mon collègue d’en face se bat contre le directeur parlementaire du budget, nommé de façon indépendante, qui est le chien de garde de cet endroit. À Terre-Neuve-et-Labrador, le ménage moyen paiera 1 874 $ cette année. Le remboursement sera de 1 497 $, ce qui représente une perte nette de 377 $ pour chaque ménage.
    Y a-t-il un nouveau calcul? Je ne pense pas que les mathématiques aient changé. Nous pourrions remonter jusqu’aux Grecs; les mathématiques sont restées les mêmes.
    J’entends des remarques des deux côtés de la Chambre alors que ce n’est pas le moment. Je demande aux députés de bien vouloir s’abstenir de le faire.
     Nous poursuivons les questions et observations. La députée d’Edmonton Strathcona a la parole.
    Madame la Présidente, la semaine dernière était une semaine de relâche. Je me suis rendue dans 15 résidences pour personnes âgées et j’ai parlé à des personnes âgées de toute ma circonscription. Elles étaient, de toute évidence, absolument ravies du régime d’assurance dentaire du NPD, qui inclut les personnes âgées.
     J’ai écouté le député dire qu’il voulait rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, mais son parti vote contre des choses comme le régime d’assurance dentaire. Son parti vote contre des choses comme le programme national d'alimentation en milieu scolaire pour les enfants. Son parti vote contre des mesures telles que la suppression de la TPS sur le chauffage domestique. Chaque fois que nous proposons une idée intelligente qui rendrait la vie plus abordable pour les Canadiens, les conservateurs votent contre.
     Lorsque j’ai parlé aux personnes âgées de ma circonscription, elles se sont montrées très préoccupées par l'éventualité d’un gouvernement conservateur. Elles m’ont demandé ce que je ferais pour que ces gens-là ne soient jamais portés au pouvoir.

  (1340)  

    Madame la Présidente, la députée devrait passer une journée à mon bureau de circonscription à Grand Falls-Windsor, à écouter les appels téléphoniques et à lire les courriels que nous recevons de la part d'aînés et de gens qui sont absolument dégoûtés par ce programme de soins dentaires bidon. Personne n'y trouve son compte.
    Parlant de nos concitoyens, songeons aux gens de la circonscription de la députée. En Alberta, ils paieront cette année 2 943 $ en taxe sur le carbone. Leur remboursement sera de 2 032 $, ce qui représente une perte nette de 911 $ pour la famille moyenne de sa circonscription. La députée a de quoi être fière.
    Il y avait encore des échanges et des discussions en parallèle. Je rappelle aux députés de faire preuve de respect. Personne d'autre que le député à qui j'accorde la parole ne devrait parler.
    Le député de Longueuil—Saint-Hubert a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, dans la dernière année, j’ai fait une tournée au Québec par rapport à la problématique du logement. Je me suis promené partout aux quatre coins du Québec. J’ai rencontré plus de 70 organisations qui représentent 15 000 membres. Ce sont des gens qui travaillent auprès des personnes les plus vulnérables: les femmes victimes de violence conjugale, les gens qui vivent avec une déficience intellectuelle. On a parlé des questions de logement et d’itinérance. Personne, je dis bien personne, ne m’a parlé de la taxe sur le carbone pour régler la situation des gens qui n’ont pas d’abri ou de logement. On m’a dit qu'on avait besoin d’investissements, qu'on avait besoin d’investir dans le logement social et les personnes les plus vulnérables. Personne ne m’a parlé de la taxe sur le carbone.
    Quand j’entends mes collègues conservateurs dire qu’ils sont proches des démunis et des gens qui s’occupent des gens, je n’en reviens pas qu’ils disent ça.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je ne sais pas ce que mon collègue ne comprend pas au sujet de la taxe sur le carbone, mais bon nombre des produits que consomment les gens de sa circonscription entrent au Canada à partir de Vancouver. Ces produits sont transportés d'un bout à l'autre du pays, et la taxe sur le carbone est appliquée au carburant qui sert à expédier le tout, de la Colombie-Britannique jusqu'à la Belle Province. Ce sont les consommateurs du Québec qui paient pour toutes ces choses, comme le grain nécessaire à la confection de leurs merveilleux pains. Le député le sait pertinemment. Il sait aussi que les conservateurs pleins de bon sens ont un plan pour construire des logements. Nous allons faire ce qui s'impose et même aider cet homme de sa circonscription.
    Madame la Présidente, c’est toujours un véritable privilège et un honneur de prendre la parole à la Chambre des communes et de représenter les habitants extraordinaires, étonnants et travailleurs de Peterborough—Kawartha.
     Aujourd’hui, nous avons une motion de l’opposition très importante, présentée par le député de Carleton, le chef officiel de l’opposition, le prochain premier ministre du Canada, pour protéger et aider les Canadiens.
     En réalité, la vie n’a jamais été aussi chère après huit années de ce premier ministre libéral-néo-démocrate. Il s’est égaré il y a si longtemps que les arbres lui cachent la forêt. Il a refusé d’entendre ce qui se passe réellement à l’extérieur de ce bâtiment.
     La motion présentée aujourd’hui est la suivante: « Que, étant donné que 70 % des provinces et 70 % des Canadiens sont contre la hausse de 23 % de la taxe sur le carbone du premier ministre prévue le 1er avril, la Chambre demande à la coalition entre les libéraux et les néo-démocrates d’annuler immédiatement cette hausse. »
     Les téléspectateurs pourraient se dire que si 70 % des Canadiens sont d’accord avec cette mesure, comment la coalition libérale-néo-démocrate peut-elle accepter une chose dont personne ne veut? Ce sont les calculs et la logique des libéraux. De plus, les libéraux diront aux gens qu’ils obtiendront plus avec leur remboursement de la taxe sur le carbone, ce qui n’a aucun sens. Il n’y aurait même pas de remboursement s’ils ne prenaient pas l’argent au départ. Cela n’a aucun sens. La famille moyenne de l’Ontario va payer près de 1 700 $ au titre de la taxe sur le carbone, et ce, uniquement cette année. En 2030, ce sera 3 583 $. Il s’agit d’un mensonge depuis le premier jour.
     Le premier ministre a promis qu’au départ, cette taxe ne dépasserait jamais 50 $ la tonne. Aujourd’hui, elle devrait atteindre 170 $ la tonne. Le premier ministre a déclaré que la taxe sur le carbone serait sans incidence sur les recettes, mais le directeur parlementaire du budget confirme que les Canadiens paient plus qu’ils ne reçoivent en remboursement. Le premier ministre a déclaré que la taxe sur le carbone contribuerait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais le gouvernement libéral n’atteindra pas ses propres objectifs environnementaux d’ici 2030. Pourquoi les gens le croient-ils? Ils ne le croient pas, et pourquoi le croiraient-ils? Il dit une chose et en fait une autre. Il double la mise et laisse son ego prendre le dessus, car il est bien plus important d’avoir raison que d’écouter les Canadiens qui souffrent vraiment.
     Selon l’étude « L’insécurité alimentaire chez les familles canadiennes », qui est fondée sur les données de l’Enquête canadienne sur le revenu 2021, près de 50 % des mères célibataires vivant sous le seuil de la pauvreté souffrent de l’insécurité alimentaire. Que se passera-t-il avec cette hausse de la taxe carbone du 1er avril si déjà la moitié des mères célibataires sont aux prises avec l’insécurité alimentaire?
     La semaine dernière, j’ai eu la chance d’aller dans la belle province du Nouveau-Brunswick, et j’en profite pour saluer la côte Est et les gens extraordinaires qui y vivent. J’ai rendu visite à de nombreuses banques alimentaires dont le nombre a doublé ou triplé en un an. Les gens qui utilisent ces banques alimentaires sont des étudiants, des personnes âgées, des travailleurs de la classe moyenne et des familles de militaires en service actif.
     J'ai eu peine à croire ce que m’a dit Jane, de la banque alimentaire d’Oromocto, à savoir qu’environ 50 familles de militaires en service actif avaient recours à la banque alimentaire. Je lui ai demandé depuis quand, et elle m’a répondu que cela remontait à quatre ou cinq ans. D’autre part, ces familles doivent payer un loyer pour se loger. Avec quoi les maisons sont-elles chauffées? Au gaz naturel. Qu’est-ce qui frappe le gaz naturel? La taxe sur le carbone.
     Il y a mieux encore. Non seulement la coalition libérale—néo-démocrate fait payer aux gens la taxe carbone, mais elle taxe la taxe carbone. C’est ignoble. Le directeur parlementaire du budget a indiqué que la taxe sur le carbone appliquée au propane et au gaz naturel utilisés pour le chauffage et la climatisation des serres et des bâtiments de ferme et pour le séchage du grain coûtera aux agriculteurs près d’un milliard de dollars d’ici à 2030. Quelqu’un a-t-il visité une exploitation agricole? Je ne sais pas si les députés le savent, mais les agriculteurs n’ont pas beaucoup d’argent. Ils ont souvent beaucoup d’actifs, mais très peu de liquidités. Si nous mettons les agriculteurs en faillite, nous mettons les Canadiens en faillite et nous leur enlevons les moyens de se nourrir.

  (1345)  

     Je n’ai jamais rien vu d’aussi insensé. Nous devons nous demander ce que fait le gouvernement et ce qui le motive à le faire. Nous devons nous demander ce qui se passe.
     Selon le rapport canadien sur les prix des aliments, le coût des aliments pour une famille de quatre personnes devrait augmenter de 700 $ en 2024. Selon un rapport de Second Harvest, 36 % des organismes de bienfaisance ont dû refuser des gens, faute de ressources. De plus, 101 communautés des Premières Nations poursuivent le gouvernement libéral en justice au sujet de la taxe sur le carbone. Ils se réveillent. Le gouvernement se contente de se draper dans la vertu.
     Voici ce que me dit Barbara dans une lettre: « Je chauffe ma maison au propane et j’ai un poêle à bois. Non seulement nous payons la taxe sur le carbone, mais nous payons aussi la TVH sur la taxe sur le carbone. C’est une double taxation. J’ai beau demander des explications par téléphone, par écrit et en personne, je n’arrive pas à obtenir de réponses. » Barb n’est pas la seule personne que la coalition libérale—néo-démocrate ne veut pas entendre.
     À la période des questions hier, au cours d’un échange entre le chef de l’opposition et la ministre des Finances, cette dernière a dit que les libéraux n’avaient aucune leçon à recevoir des conservateurs parce qu’ils seront toujours là pour aider les moins vulnérables. Était-ce un lapsus? Je n’en suis pas sûre.
     Permettez-moi de vous lire quelques commentaires que j’ai reçus. Les collègues libéraux d’en face ont souvent tendance à dire que les conservateurs inventent des choses. Ils adorent jeter de la poudre aux yeux des Canadiens ou sélectionner le cas d'une personne qui est représentative de leurs préjugés et miser sur leur optimisme aveugle. Ils prétendent que la situation n’a jamais été aussi bonne, que tout va merveilleusement bien. Nous savons que ce n’est pas vrai.
     Voici ce que m’a écrit une mère de famille: « Bonjour Michelle. Je vis à Peterborough. Je suis mariée et mère de quatre enfants (de 15 mois à 13 ans). La hausse des dépenses engendrée par la taxe sur le carbone et les huit années de gouvernement libéral du premier ministre est en train de détruire ma famille. Mon mari occupe un emploi qui était normalement très enviable à Peterborough, mais aujourd’hui, nous avons du mal à joindre les deux bouts. Avant, nous dépensions 400 $ pour l’épicerie et nous avions assez de nourriture pour un mois. Maintenant, nous avons de la chance si nous réussissons à tenir le coup une semaine. Je n’ai pas les moyens d’acheter de nouvelles lunettes. Mon mari n’a pas les moyens d’aller chez le dentiste. Et je ne vous parle pas du prix des préparations pour bébé et des couches! Tout cela est carrément la faute des libéraux incroyablement corrompus du premier ministre et de la coalition néo-démocrate. Nous vous serions très reconnaissants de nous aider et de défendre notre cause comme vous le pouvez. Aidez-nous s’il vous plaît. »
     Bob Bolton a écrit ceci: « Michelle, la TAXE SUR LE CARBONE n’aurait jamais dû voir le jour, nous avons beaucoup d’arbres pour régler le problème. Merci. ».
    Meaghan Ireland Danielis a dit: « En tant que mère de trois enfants et propriétaire d'une petite entreprise, avec un conjoint qui occupe un emploi à temps plein et un emploi à temps partiel, il est déjà difficile de mettre de la nourriture sur la table et de payer les factures. Cette augmentation de la taxe va encore faire grimper les prix de tous les produits. Je ne sais pas comment les gens sont censés survivre, et encore moins prospérer. C'est une situation inquiétante. J'espère vraiment que le prochain gouvernement pourra trouver un moyen de nettoyer un peu le terrible gâchis qui a été fait. Je le sais, tu le sais Michelle [...], les gens souffrent et il n'y a pas de raison à cela. Tout a été chamboulé et l'accent n'est pas mis sur les bonnes choses. J'ai toujours été une fière Canadienne et une patriote. Ces dernières années, pour la première fois, j'ai envisagé la possibilité de quitter mon beau pays, le Canada. J'ai perdu espoir et je sais que je ne suis pas la seule à réagir de la sorte. »
    Elle n'est pas la seule, puisque 70 % des Canadiens vivent la même chose qu'elle. Les familles de la classe ouvrière n'ont pas les moyens de mettre de l'essence dans leur voiture, de mettre de la nourriture dans leur réfrigérateur ou de chauffer leur maison. C'est la réalité. Tous les conservateurs le savent. Pour une raison ou une autre, les gens qui sont de l'autre côté de la Chambre — ceux qui sont aux commandes du pays — ne le reconnaissent pas; ils n'arrivent pas à l'admettre...

  (1350)  

    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. La députée fait un discours passionné sur sa circonscription, mais il y a tellement de bruit dans la salle qu'il est impossible de l'entendre à l'avant de la Chambre.
    Je l'ai déjà signalé au sergent d'armes et il va s'en occuper.
    La députée de Peterborough—Kawartha a la parole.
    Madame la Présidente, je reçois des milliers de commentaires. Les députés peuvent visiter ma page Facebook, les lire et peut-être se joindre à ces gens.
     En réalité, nous les entendons et nous nous battons pour eux. Nous savons que les Canadiens ne veulent pas que le premier ministre leur impose sa hausse de taxe. Nous avons des solutions sensées pour éliminer la taxe. Les conservateurs se rangent du côté des Canadiens, se battent pour eux et leur promettent de rendre la vie plus abordable.
    Madame la Présidente, le 15 avril, les Canadiens recevront des chèques de remise sur le carbone. Les députés du Parti conservateur disent qu’ils vont supprimer la taxe, mais en éliminant la taxe, on se débarrasse aussi des remises sur le carbone. De nombreux Canadiens intègrent désormais ces remises dans leur budget. Quatre fois par an, de façon régulière, les Canadiens reçoivent une remise et bon nombre d’entre eux en tiennent compte dans leurs dépenses et leurs budgets. En outre, la grande majorité d’entre eux reçoivent plus d’argent sous forme de remise que ce qu'ils versent en taxe sur le carbone. C’est la vérité et la réalité.
     La députée pourrait-elle nous dire clairement si le Parti conservateur est prêt à supprimer les remboursements qui seront déposés le 15 avril?
    Madame la Présidente, il est très difficile de donner un sens à la logique et aux mathématiques des libéraux, qui nagent dans les illusions. C’est un véritable défi. Leur argument consiste à dire qu’ils vont accorder un remboursement. S’ils ne prenaient pas l’argent, il n’aurait pas besoin de le rembourser. Les gens n’ont pas d’argent à donner. Pour une famille moyenne en Ontario, la taxe sur le carbone coûtera un peu moins de 1 700 $. Ce qu’elle va récupérer, c’est un peu plus de 1 100 $. C’est ce qu’indique le directeur parlementaire du budget. Ce sont des calculs, de vrais calculs, et c’est la réalité.
     Pourquoi les libéraux essaient-ils de jeter de la poudre aux yeux des Canadiens? Les Canadiens connaissent la vérité. Ce sont eux qui fréquentent les banques alimentaires et ce sont eux qui n’ont pas les moyens de vivre à cause des libéraux.

  (1355)  

    Madame la Présidente, en juin, j'ai demandé au directeur parlementaire du budget ce qui se passerait si nous supprimions la taxe sur le carbone et la remplacions par des subventions et des règlements et ce qui se passerait si nous ne faisions rien. Les États-Unis ont clairement indiqué qu'il y aurait un ajustement à la frontière pour le carbone, et j'ai demandé quelles en seraient les conséquences pour ces huit Canadiens sur dix.
    Il a répondu que les conséquences dépendraient de ce qui est fait exactement pour remplacer la taxe sur le carbone, mais si nous parlons seulement d'un ajustement à la frontière américaine, cela mènerait probablement à un ralentissement économique, qui pourrait être majeur, selon l'importance de l'ajustement imposé par les États-Unis. On peut s'imaginer qu'un ajustement important pourrait avoir des répercussions négatives considérables sur les secteurs plus énergivores. Il a déclaré qu'il en résulterait une hausse de l'inflation aux États-Unis et qu'au Canada, l'effet serait probablement inverse, c'est‑à‑dire que cette mesure viendrait réduire l'activité économique et les prix. L'effet serait donc opposé, ce qui n'est guère mieux. C'est ce qu'il a indiqué. On pourrait même dire que c'est pire parce que cela réduirait l'activité économique.
    Ma collègue a fait campagne sur la tarification de la pollution. Comme elle le sait, j'essaie toujours de trouver des solutions. Que proposent les conservateurs comme solution de remplacement de la taxe sur le carbone pour que les Canadiens ne subissent pas les conséquences d'un mécanisme d'ajustement à la frontière pour le carbone avec les États-Unis, le Royaume‑Uni et l'Union européenne?
    Madame la Présidente, je demande au député d'en face et à tous les députés qui posent cette question s'ils ont visité une exploitation agricole récemment. Dans le Rapport sur les prix alimentaires de 2023, on estime que la taxe sur le carbone coûtera 150 000 $ à une ferme ordinaire de 5 000 acres d'ici 2030. Quiconque a visité une ferme sait que les agriculteurs sont les gardiens de nos terres. Ils sont plus innovateurs, plus créatifs et plus écologiques que quiconque. Ils possèdent toute la technologie nécessaire. Ils savent comment s'occuper des terres parce qu'ils en sont les gardiens.
    Voici la question que je pose en retour: que se passera-t-il lorsque les exploitations agricoles auront disparu parce qu'il ne sera plus possible aux agriculteurs de faire cela? Pour répondre à la question, je me fierais aux agriculteurs et à leur technologie, à leur esprit d'innovation et à leur lien avec la terre, qui aident véritablement l'environnement, et non à une taxe qui punit les Canadiens.
    Madame la Présidente, aujourd'hui, à la réunion du Comité permanent de la condition féminine, la députée de Peterborough—Kawartha a présenté une motion réclamant que l'on mette fin à la taxe sur le carbone pour que les mères seules puissent avoir les moyens de nourrir leur famille. Les bloquistes, les néo-démocrates et les libéraux ont tous voté contre la motion. Est-ce de cela que le gouvernement se soucie? Il se moque des mères seules. Il ne se soucie guère de la manière dont elles arriveront à nourrir leurs enfants, car ses députés n'ont pas voté dans le même sens que nous.
    La députée peut-elle nous dire comment nous allons aider ces pauvres mères seules?
    Madame la Présidente, oui, il était choquant d'ajourner le débat sur quelque chose qui est si facile à faire, pour aider et écouter les Canadiens. Je répète qu'il s'agit de 70 % des Canadiens. Nous savons que la taxe sur le carbone a des effets disproportionnés sur les plus vulnérables: les mères seules, les personnes à faible revenu, les aînés et les étudiants. Toutes ces personnes ont recours aux banques alimentaires dans des proportions historiques. Jamais dans l'histoire la situation n'a été aussi grave. Il faut remplacer celui qui aime se faire appeler le premier ministre, abolir cette taxe et rendre la vie abordable pour les Canadiens.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Madame la Présidente, les agriculteurs et les éleveurs canadiens sont des gardiens responsables des terres, et ils sont unis dans leur objectif de nourrir la population canadienne et celle du monde entier. Ils sont également en première ligne face aux changements climatiques, dont ils doivent souvent affronter les effets dévastateurs, notamment les sécheresses, les inondations et les feux de forêt.
    Les graves sécheresses de 2021 ont entraîné une baisse de 27 % de la production céréalière canadienne. La sécheresse de 2023 devrait réduire la récolte de céréales de 6,5 %, les Prairies étant particulièrement touchées. Cette année s'annonce comme une continuation de cette tendance. Une écrasante majorité de Canadiens, y compris les agriculteurs, s'inquiètent à juste titre des répercussions des changements climatiques, et nous les entendons.
    Tandis que les conservateurs continuent de nier la réalité des changements climatiques et le rôle qu'ils jouent dans l'augmentation du prix des aliments, nous aidons l'industrie agroalimentaire à s'adapter à ces changements grâce au partenariat agricole canadien, au cadre Agri-relance et à la Stratégie nationale d'adaptation.
    Nous serons toujours là pour les agriculteurs.

  (1400)  

Le prix de l'intendance environnementale

    Madame la Présidente, je prends la parole pour rendre hommage aux gardiens des prairies, aux défenseurs de l'environnement traditionnels et aux protecteurs de nos pâturages. Je parle évidemment des producteurs agricoles de l'ensemble du pays.
    Aujourd'hui, je suis fier de rendre hommage à Doug et Linda Wray, du Wray Ranch, près d'Irricana, en Alberta, qui ont reçu le prix de l'intendance environnementale de 2023, décerné par l'Association canadienne des bovins. Leur intérêt pour l'agriculture durable montre que le secteur agricole canadien peut être un chef de file en matière d'efficacité et d'agriculture écologique tout en produisant les meilleurs aliments du monde. L'engagement de la famille Wray à l'égard de la santé des sols se voit aux pratiques qu'elle emploie, comme les méthodes culturales de conservation du sol, la gestion des pâturages et le pâturage en balles ou en andains. Cela se traduit par des améliorations importantes, comme un sol plus riche à teneur accrue en matières organiques ainsi qu'une diminution de l'érosion.
    Je les félicite d'avoir reçu ce prix qui récompense l'intendance environnementale. J'espère que la famille Wray continuera pendant des générations d'exploiter la ferme familiale et d'incarner l'excellence dont le secteur agricole canadien fait preuve tous les jours.

Taïwan

    Madame la Présidente, alors que nous accueillons sur la Colline du Parlement aujourd'hui l'honorable Kelly Hsieh, sous-ministre des Affaires étrangères de la République de Chine, célébrons l'amitié qui unit le Canada et Taïwan.
    Je prends la parole pour reconnaître Taïwan comme un intervenant important et un partenaire précieux pour le Canada et la communauté internationale. La signature de l'accord sur la protection des investissements étrangers entre le Canada et Taïwan en décembre 2023 a démontré l'engagement du Canada à renforcer ses liens économiques avec la région indo-pacifique.
    Néanmoins, l'adhésion de Taïwan à l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste serait une réalisation encore plus grande. Taïwan est un acteur économique important dans la région indo-pacifique. Elle promet la croissance économique, la diversification commerciale et la stabilité régionale. En adhérant aux principes du libre-échange, Taïwan peut contribuer à un ordre international prospère et fondé sur des règles. En appuyant l'adhésion de Taïwan à l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, le Canada démontrerait son engagement à promouvoir ces principes dans la région.
    Accueillons le...
    Le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a la parole.

[Français]

Julien Lévesque et Laurence Brière

    Monsieur le Président, nous avons de grands athlètes au Québec. Je suis heureux de me lever à la Chambre pour souligner la victoire de deux sportifs de chez nous, le Bouchervillois Julien Lévesque et sa partenaire Laurence Brière, qui forment un duo d'enfer de patinage artistique.
    Quelle ne fut pas ma joie de voir l'image de ces deux jeunes, rayonnants, arborant le drapeau fleurdelisé et avec autour du cou la médaille des championnats canadiens.
    Ce couple de Québécois, qui compétitionnait dans la catégorie « novice » à Waterloo en Ontario, l'a emporté face à l'ensemble des athlètes des provinces canadiennes. C'est un témoignage éclatant de leur talent, mais aussi de la capacité des gens de chez nous à rayonner parmi les meilleurs au monde.
    Julien et Laurence ont toute notre admiration et ils peuvent être certains que nous porterons une grande attention à la suite de leur cheminement. Je leur dis bravo, nous sommes fiers d'eux.

[Traduction]

Les femmes dans le milieu des affaires

    Monsieur le Président, le 8 mars dernier, j'ai eu l'immense plaisir de rencontrer et de célébrer des dirigeantes communautaires de ma circonscription, Saint-Léonard—Saint-Michel.
    Ces femmes ont parlé de leur histoire, de leurs défis et de leurs réussites. Elles se sont distinguées dans leur secteur d'activités ou leur profession, en plus d'être tous les jours des sources d'inspiration et des modèles pour les autres femmes.

[Français]

    Je suis particulièrement reconnaissante des efforts de notre gouvernement afin d'encourager les femmes, mais aussi de soutenir activement la participation des femmes sur le marché du travail, notamment avec la toute première Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat et plusieurs autres mesures qui ont permis aux femmes d'entrer sur le marché de travail, et ce, en nombre record.

[Traduction]

    Continuons de célébrer les femmes à l'occasion de la Journée internationale des femmes et tous les autres jours. Poursuivons nos efforts afin de leur offrir des possibilités d'épanouissement et de réussite.

  (1405)  

[Français]

La Journée internationale de la Francophonie

     Monsieur le Président, demain, le 20 mars, sera la Journée internationale de la Francophonie. Cette année, l'Organisation internationale de la Francophonie a placé cette journée sous le thème: « Créer, innover, entreprendre en français ».
     C'est à titre de président de la Commission des affaires parlementaires de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie que je veux lancer une invitation. Nous sommes plus de 321 millions de locuteurs français dans le monde. Nous avons des efforts à faire quotidiennement pour faire grandir la langue française. Chez nous, au Canada, comme au Québec, le déclin est une triste réalité et nous nous devons d'être vigilants et de faire ce qu'il faut pour renverser la vapeur.
     Mon parti, le Parti conservateur du Canada, reconnaît le déclin du français. Nous allons continuer à poser des actions concrètes pour freiner la décroissance de celle-ci partout au Canada.
    Demain, j'invite les francophones et les francophiles à poser un geste concret dans leur environnement pour promouvoir notre langue, le français.
    Soyons des ambassadeurs proactifs. Célébrons notre belle langue tous les jours. Créons, innovons et soyons fiers de notre langue, le français.

[Traduction]

Ilyas Mullabhai

    Monsieur le Président, les gens de Don Valley-Ouest sont profondément attristés par la perte d'Ilyas Mullabhai, un ami cher, un collègue apprécié et un conseiller de confiance.
    L'engagement indéfectible d'Ilyas envers la promotion d'initiatives communautaires est bien connu. Il a apporté une aide déterminante à la société islamique de Toronto pour établir un nouveau centre religieux et un espace communautaire qui offrira un environnement sûr et inclusif aux musulmans de notre région.
    J'ai eu le plaisir de collaborer étroitement avec Ilyas, notamment dans nos efforts communs pour défendre des initiatives jeunesse. Le travail que nous avons fait ensemble pour le programme Emplois d'été Canada à Masjid Darus Salam a aidé une génération de jeunes à acquérir de précieuses compétences, à gagner un salaire équitable et à se préparer à des études postsecondaires.
    Ilyas se dévouait à servir son prochain. Cet engagement était ancré dans sa foi en l'humanité et ses convictions religieuses. J'offre mes condoléances à son fils Arshad et à sa famille. Il nous manquera.

Le Norouz

    Monsieur le Président, à l'approche de la soirée qui marque l'arrivée du Norouz, précisément à 23 h 6 min 26 s ce soir, nous nous rassemblons pour célébrer une tradition ancrée dans le renouveau de la Terre et dans la revitalisation de notre esprit. Ce festival ancien, empreint de symbolisme et de joie, nous invite à accueillir la nouvelle année avec espoir et optimisme.
    Dans l'esprit de cette célébration, contemplons la sagesse du poète persan Khayyam, dont les paroles font écho à l'essence du Norouz.
    [Le député s'exprime en farsi.]
[Traduction]
    La poésie de Khayyam saisit avec élégance l'essence du Norouz et nous exhorte à laisser le passé derrière nous et à accueillir la promesse de nouveauté du présent. Au moment où nous saluons la nouvelle année, ces paroles nous poussent à ouvrir notre cœur pour embrasser l'avenir en célébrant le Norouz comme un symbole de renouveau, d'unité et de valeurs partagées. Cette tradition ancienne nous met sur la voie d'un avenir plus brillant et plus harmonieux.

Les collectivités d'York—Simcoe

    Monsieur le Président, c'est ridicule. Les collectivités rurales d'York—Simcoe n'ont pas droit au supplément pour le remboursement de la taxe sur le carbone en milieu rural parce que le gouvernement considère qu'elles font partie de la région de Toronto. En outre, pas une seule collectivité du Nord de la région d'York n'a reçu d'argent du Fonds pour accélérer la construction de logements, au sujet duquel les libéraux font un énorme battage, alors que Toronto a reçu un demi-milliard de dollars.
    Les gens de Georgina, d'East Gwillimbury, d'Aurora, d'Uxbridge et de Bradford et les Chippewas de Georgina Island ont bien compris le message. Selon les libéraux, ils ne font pas partie de la région de Toronto quand vient le temps du financement pour le logement, mais ils en font partie quand vient le temps de déterminer l'admissibilité au supplément pour les régions rurales.
    Les libéraux sont déconnectés de la réalité. Ils vont augmenter la taxe sur le carbone de 23 %, alors qu'elle ne fait rien pour l'environnement. Leur fonds pour le logement ne mènera à aucune mise en chantier, pas même dans les régions en forte croissance comme York—Simcoe.
    Assez, c'est assez. Les conservateurs diront non à la hausse, aboliront la taxe et construiront des logements abordables pour les Canadiens.

L'industrie bovine

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage avec fierté à l'industrie bovine canadienne, aux éleveurs et aux producteurs de bœuf de tout le pays qui aident à nourrir les gens d'ici et du monde entier avec des produits de qualité.
    Cette semaine, des représentants de l'industrie sont à Ottawa, à l'occasion de la réception annuelle de l'Association canadienne des bovins. Je pense à des champions dans ma circonscription, Kings—Hants, des gens comme Dean et Catherine Manning, la famille Oulton et Ryan Knowles de la Hants County Meat Company. Je leur suis reconnaissant de tout le travail qu'ils font dans nos collectivités, à l'échelle locale, pour offrir d'excellents produits.
    En tant que jeune parlementaire, je tiens également à souligner le travail du Conseil canadien des jeunes de l'industrie bovine. J'ai d'ailleurs eu la chance de rencontrer hier quelques-uns de ses membres: Kimberly Landsdale, Charlene Yungblut, Scott Gerbrandt et Patrick Sullivan. J'aimerais les remercier du travail qu'ils font pour aider les jeunes agriculteurs de partout au pays. Je remercie également les représentants qui sont à Ottawa aujourd'hui.
    En qualité de parlementaires, prenons le temps de célébrer tout ce qui est bon pour l'industrie bovine canadienne.

  (1410)  

L'application ArriveCAN

    Monsieur le Président, les Canadiens continuent de poser des questions sur l'affaire ArriveCAN, et les conservateurs continuent de faire pression pour obtenir des réponses.
    La semaine dernière, nous avons appelé à comparaître GC Strategies, une entreprise de technologie de l’information composée de deux personnes qui n'a effectué aucun travail réel, mais qui a néanmoins reçu un tiers des 60 millions de dollars de contrats accordés dans le cadre de l'application ArriveCAN. Après s'être dérobées à l'obligation de rendre des comptes — au point d'être menacées d'arrestation —, ces deux personnes ont finalement comparu devant le comité.
     Bien que les deux associés soient restés évasifs, les députés ont pu apprendre qu'ils ont empoché 2,5 millions de dollars, mais pour faire quoi? L'un des associés, Kristian Firth, a déclaré qu'il avait travaillé en moyenne deux à quatre heures par jour, à raison de 2 600 dollars l'heure. Son associé a déclaré qu'il n'avait jamais eu la moindre idée du déroulement du processus entourant ArriveCAN et qu'il se contentait de gérer les habilitations de sécurité de leurs sous-traitants, travail qu'il ne faisait d'ailleurs pas correctement.
    Le gouvernement libéral doit ouvrir grand les oreilles. Il doit expliquer pourquoi il a gaspillé des millions de dollars. Les Canadiens veulent récupérer leur argent. Le gouvernement doit donc s'expliquer et rembourser ces pertes.

[Français]

La taxe sur le carbone

    Monsieur le Président, après huit ans de ce gouvernement libéral, partout au Québec, des manifestations d’agriculteurs ont lieu à cause de la taxe sur le carbone et conséquemment de la baisse de leur revenu net. Le Bloc québécois choisit de les ignorer et même de les punir.
    Effectivement, le Bloc québécois veut radicalement augmenter les taxes libérales sur l’essence et les aliments. Il veut le faire le 1er avril. Cet engagement semble être une blague, un poisson d’avril, mais ce n’est malheureusement pas le cas.
    L’Union des producteurs agricoles m’a confirmé en personne la semaine dernière l’impact dévastateur que va avoir cette augmentation de 23 % sur tous les Canadiens, en particulier sur les producteurs agricoles de ma région.
    À quoi sert le Bloc québécois? Cela sert à punir les Québécois et à agraver les conditions de vie déjà compliquées des agriculteurs.
    Tous les Canadiens espèrent que le gouvernement ainsi que le Bloc québécois annuleront cette taxe absolument bouleversante.

[Traduction]

Le Norouz

    Monsieur le Président, nous célébrons aujourd'hui l'équinoxe de printemps, que l'on appelle également le Norouz. Cette célébration marque la nouvelle année pour les Iraniens, les Afghans, les ismaéliens, les baha'is, les zoroastriens et plus de 300 millions de personnes à l'échelle mondiale. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se réjouissent de l'arrivée du printemps et de la promesse d'une nouvelle année.
    Je suis certain que tous les députés se joindront à moi pour souhaiter une bonne année aux personnes qui célèbrent le Norouz dans tout le Canada.
    Joyeux Norouz.

Les Jeux olympiques spéciaux d’hiver du Canada

    Monsieur le Président, il y a quelques semaines, des athlètes canadiens se sont réunis à Calgary à l'occasion des Jeux olympiques spéciaux d’hiver du Canada, et les participants d'Algoma—Manitoulin—Kapuskasing nous ont fait honneur.
     Originaires de l'île Manitoulin, le capitaine Tyler Madahbee et les membres de l'équipe Dylan Danville, Dayne Tipper, Austin Recollet et William Leclair ont remporté l'or à l'épreuve de curling, et Matthew Bedard a gagné trois médailles de bronze à l'épreuve de raquette. Adam Cormier, d'Elliot Lake, a remporté une médaille d'argent à l'épreuve de quilles en équipe et une médaille de bronze à l'épreuve de quilles en simple.

[Français]

    Chaque année, les entraîneurs, les bénévoles et les employés font des Jeux olympiques spéciaux un événement dont tous peuvent être fiers. Il est important que nous reconnaissions tout ce qu’ils font pour soutenir et encourager nos athlètes.

[Traduction]

    Le serment des Jeux olympiques spéciaux est le suivant: « Que je sois victorieux, mais si je n’y parviens pas, que je sois courageux dans l’effort. » Nos athlètes olympiques spéciaux qui ont participé aux jeux d'hiver de cette année continuent d'illustrer ce serment.
    Je félicite Tyler, Dylan, Dayne, Austin, William, Matthew et Adam. Ils ont fait preuve de force, de détermination et de courage au cours de ces compétitions difficiles. Nous sommes tous très fiers de leur réussite.

[Français]

Le 80e anniversaire de l'Institut maritime du Québec

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui afin de souligner le 80e anniversaire de l'Institut maritime du Québec de Rimouski.
    C'est le 24 mai 1944 qu'a été fondée cette grande institution nationale, sous l'impulsion de M. Jules‑A. Brillant. Quatre-vingts ans plus tard, l'Institut maritime du Québec demeure l'unique centre de formation de la main-d'œuvre maritime au Québec, le plus important au Canada, et la seule institution francophone de ce genre en Amérique du Nord. Depuis sa fondation, l'Institut maritime du Québec forme des générations de marins et d'experts, contribuant à l'industrie maritime sur tous les océans.
    Je remercie les artisans d'hier à aujourd'hui, qui font rayonner cette grande expertise bas-laurentienne et québécoise reconnue partout dans le monde. Je souhaite une longue vie à ce trésor national qu'est l'Institut maritime du Québec ainsi qu'un joyeux 80e anniversaire.
    Ne manquons pas d'être au rendez-vous le 6 avril prochain, lors du grand banquet festif, pour célébrer tous ensemble.

  (1415)  

[Traduction]

La taxe sur le carbone

    Monsieur le Président, l'atmosphère est habituellement bon enfant le 1er avril, une journée où les Canadiens s'amusent en jouant des tours inoffensifs.
    Ce n'est pas le cas du premier ministre néo-démocrate—libéral qui, sans aucune compassion, jouera un tour cruel aux Canadiens en augmentant encore une fois la taxe sur le carbone qui s'applique sur tout — une hausse qui s'élèvera cette fois-ci à 23 %. Soixante-dix pour cent des Canadiens s'opposent à cette taxe, et tous les premiers ministres des provinces de l'Atlantique, y compris le premier ministre libéral de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, se sont joints aux conservateurs pleins de bon sens pour exiger que le gouvernement abolisse la taxe.
    Deux millions de Canadiens doivent avoir recours à une banque alimentaire tous les mois. C'est ahurissant. Des organismes de bienfaisance sont maintenant à court de ressources et d'argent pour aider les Canadiens. Un sage Néo-Écossais a dit un jour que personne ne croirait que le gouvernement, après avoir perçu son argent, lui en remettra plus. Ce n'est tout simplement pas vrai. Aujourd'hui, à l'Assemblée législative de la Nouvelle‑Écosse, tous les partis politiques ont voté à l'unanimité: ils demandent à tous les députés fédéraux de la province d'annuler la hausse de la taxe sur le carbone et d'abolir cette taxe.

La remise sur le carbone

    Monsieur le Président, l'arrivée de la saison des impôts est une excellente nouvelle.
    Quand les Canadiens produiront leur déclaration de revenus, ils recevront la Remise canadienne sur le carbone. Dans les provinces où elle s’applique, comme l’Ontario, où j'habite, cette initiative permettra à la plupart des Canadiens de recevoir encore plus d'argent qu'ils n'en paient dans le cadre du système de tarification du carbone.
    L'abordabilité est une priorité dans tout ce que fait le gouvernement fédéral. Grâce à la Remise canadienne sur le carbone, nous mettons directement de l'argent dans les comptes bancaires des familles canadiennes. Les familles comptent sur ces chèques, en particulier les Canadiens à faible et à moyen revenus, qui en ont le plus besoin.
    Malheureusement, les députés conservateurs veulent éliminer ces remises, sur lesquelles comptent les Canadiens à faible et à moyen revenus, mais nous ne les laisserons pas faire. Les familles canadiennes peuvent en être certaines.

Questions orales

[Questions orales]

[Français]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, les conservateurs ont un plan de gros bon sens pour réduire les impôts et les taxes, pour bâtir des logements, pour réparer le budget et pour stopper le crime. Pourtant, le premier ministre n'en vaut pas le coût après huit ans.

[Traduction]

    Après huit longues années, le premier ministre et sa taxe sur le carbone n'en valent pas le coût. Le directeur parlementaire du budget confirme que, dans toutes les provinces, les Canadiens paient beaucoup plus en taxes qu'ils ne reçoivent sous forme de remise sur une taxe qui augmentera de 23 %.
    Aujourd’hui, les conservateurs pleins de bon sens demandent au premier ministre d’accorder à son caucus un vote libre sur notre motion visant à dire non à la hausse.

[Français]

    Monsieur le Président, huit familles sur dix partout au pays, dans les régions où nous avons mis un prix fédéral sur la pollution, reçoivent plus d'argent avec ce prix sur la pollution.
    Ce que le leader de l'opposition est en train de proposer, c'est non seulement d'enlever les chèques qui sont donnés aux familles pour aider avec le coût de l'épicerie, du loyer et des répercussions des changements climatiques, mais aussi de ne rien faire pour lutter contre les changements climatiques et pour bâtir un avenir plus fort.
    Nous sommes là pour aider les Canadiens avec des chèques. Nous sommes là pour lutter contre les changements climatiques.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les Néo-Écossais comprennent qu'après huit ans, le premier ministre néo-démocrate—libéral n'en vaut pas le coût, et ils ont raison. Selon le directeur parlementaire du budget, la taxe sur le carbone du premier ministre coûtera 1 500 $ à une famille moyenne en Nouvelle-Écosse.
    Voilà pourquoi l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, où siègent des libéraux, des conservateurs et des néo-démocrates, a voté à l'unanimité en faveur d'un appel à tous les députés fédéraux de la province de dire non à la hausse et donc de voter avec les conservateurs plein de bon sens.
    Le premier ministre permettra-t-il un vote libre pour que les Néo-Écossais puissent voter pour les habitants de leur circonscription plutôt que pour le chef de leur parti?

  (1420)  

    Monsieur le Président, en Nouvelle-Écosse, une famille de 4 personnes reçoit environ 824 $ par an en compensation de la tarification de la pollution.
    En fin de compte, grâce à la Remise canadienne sur le carbone, huit Canadiens sur dix partout au pays ont plus d'argent dans leurs poches. Le chef de l’opposition veut priver les familles canadiennes du chèque de la Remise canadienne sur le carbone, alors que le solde est positif pour huit familles sur dix même avec la tarification de la pollution.
    C’est un moyen de lutter contre les changements climatiques, de bâtir un avenir plus sûr et plus prospère, et de rendre plus d’argent aux Canadiens, de l'argent dont le chef de l'opposition veut les priver.
    Monsieur le Président, le premier ministre fournit enfin des chiffres utiles. Il dit que le remboursement qu'il offre aux Néo‑Écossais est de 850 $. Eh bien, le directeur parlementaire du budget a confirmé que les taxes sur le carbone coûtent 1 500 $ à la famille néo-écossaise moyenne. Donc, le premier ministre veut percevoir pour 1 500 $ de taxes sur le carbone auprès de la famille moyenne en Nouvelle‑Écosse et ne lui redonner que 850 $.
    Tout le monde sait que la taxe sur le carbone, à l'instar du premier ministre, n'en vaut pas le coût. Le premier ministre laissera-t-il les députés libéraux voter comme ils l'entendent sur la motion d'aujourd'hui?
    Monsieur le Président, encore une fois, le chef de l’opposition veut éliminer les chèques de la Remise canadienne sur le carbone qui sont livrés dans les boîtes aux lettres des Néo‑Écossais et des familles partout au pays où la tarification du carbone s'applique. Pourtant, dans huit cas sur dix, ces familles sont avantagées par la tarification de la pollution et la Remise canadienne sur le carbone.
    Le chef de l'opposition veut priver les Canadiens de ces chèques et veut que le Canada en fasse beaucoup moins pour lutter contre les changements climatiques, dont les Canadiens ressentent pourtant l'impact aux quatre coins du pays. Il n'offre aux Canadiens ni plan pour l'avenir ni la moindre somme d'argent.
    Monsieur le Président, la révolte contre la taxe s'étend maintenant à l'Ontario, où la cheffe du Parti libéral a changé son fusil d'épaule et affirme, elle aussi, être contre la taxe sur le carbone du premier ministre. Peut-être que c'est parce qu'elle a lu le rapport du directeur parlementaire du budget qui indique que les Ontariens paieront 1 674 $ pour la taxe, soit au-delà de 600 $ de plus que le remboursement que reçoivent les habitants de la province.
    Le premier ministre laissera-t-il ses députés de l'Ontario voter librement sur la motion de gros bon sens des conservateurs qui vise à dire non à la hausse?
    Monsieur le Président, les familles de l'Ontario doivent faire face à la hausse des prix à l'épicerie et à la hausse des loyers, et nous versons la Remise canadienne sur le carbone, qui vient améliorer leur sort. Huit familles canadiennes sur dix reçoivent plus sous forme de remise que ce qu'elles ont payé en tarification de la pollution. La tarification de la pollution permet à la fois de réduire les émissions, de rendre l'économie plus propre pour l'avenir et de redonner plus d'argent aux Canadiens.
    Les conservateurs veulent qu'on arrête d'envoyer des chèques de la Remise canadienne sur le carbone. Nous allons continuer d'aider les familles à combattre la crise de l'abordabilité et de lutter contre les changements climatiques.
    Monsieur le Président, les chiffres proviennent directement du directeur parlementaire du budget. Selon lui, le coût de cette taxe pour la famille moyenne en Ontario est de 1 674 $, alors que le remboursement n'est que de 1 047 $. Les Ontariens paient donc plus qu'ils ne reçoivent en retour, à l'instar des Britanno-Colombiens, dont le gouvernement néo-démocrate administre la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement fédéral. Le Vancouver Sun rapporte aujourd'hui que, selon le budget présenté par le NPD dans cette province, la taxe sur le carbone rapportera 9 milliards de dollars sur trois ans, mais seulement 3 milliards de dollars seront remboursés. Le coût net de la taxe sur le carbone s'élève donc à près de 6 milliards de dollars.
    Le premier ministre permettra-t-il aux députés libéraux de la Colombie-Britannique de se prononcer librement au moment du vote?
    Monsieur le Président, voilà un exemple concret qui montre que le chef de l'opposition officielle n'a que faire des faits, comme peuvent le constater notamment les Canadiens qui suivent la scène politique et qui écoutent la période des questions, ainsi que les journalistes dans les tribunes. Le chef de l'opposition ne s'intéresse ni aux données probantes ni au fonctionnement de la fédération canadienne. Il souhaite simplement avancer des arguments spécieux pour se faire du capital politique.
    En réalité, le régime britanno-colombien de tarification de la pollution a été mis en place un en 2008 et il continuera d'être administré par la province et non par le gouvernement fédéral.

  (1425)  

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, le gouvernement et le Canada sont gavés gras dur au déséquilibre fiscal.
    Le gouvernement canadien perçoit plus en taxes et impôts que ce que ses responsabilités demandent. Le Québec et les provinces perçoivent moins en taxes et en impôts que ce que leurs responsabilités commandent. Évidemment, il n’est pas question de hausser les impôts.
    Le gouvernement et le premier ministre reconnaissent-ils que le déficit extrêmement important du Québec est en fait fabriqué de toutes pièces par le gouvernement du Canada?
    Monsieur le Président, dans cette fédération canadienne, le gouvernement fédéral est là pour travailler avec les gouvernements provinciaux pour fournir ce dont les Canadiens ont besoin d’un bout à l’autre de ce pays.
    Nous avons fait des investissements records en santé, des investissements en soins dentaires et des investissements en transferts pour les provinces pour pouvoir offrir les services dont elles ont besoin.
    Je comprends que le chef du Bloc québécois veut en faire un débat sur la souveraineté du Québec. La réalité, c’est que nous travaillons très bien ensemble. Nous allons continuer de nous assurer que tous les Canadiens, d’un bout à l’autre de ce pays, prospèrent.
    Monsieur le Président, nous allons lui donner une chance, nous n’en ferons pas un débat sur la souveraineté du Québec, sauf qu’il doit 6 milliards de dollars au Québec en santé et 1 milliard de dollars au Québec en immigration pour l’accueil des réfugiés. Ça fait 7 milliards de dollars sur un déficit total de 11 milliards de dollars. Il fait l’unanimité contre lui et il étouffe littéralement le Québec.
    Utilise-t-il 1 milliard de dollars en immigration et 6 milliards de dollars en santé pour mettre le Québec au pas et faire des Québécois des Canadiens comme les autres, et du Québec une province comme les autres?
    Monsieur le Président, on comprendra tous à la Chambre que quand je m’engage envers le Québec et les Québécois, je ne m’engage pas envers le chef du Bloc québécois, mais envers le premier ministre du Québec.
    Je peux dire que, vendredi passé, nous avons eu une très bonne conversation. Nous travaillons ensemble sur l’immigration, sur les soins de santé et sur la croissance économique. Nous ne serons pas toujours d’accord sur tout, mais nous allons être d’accord sur le besoin de travailler ensemble de façon constructive et non de créer des chicanes, ce qui est la raison d’être du Bloc québécois.

[Traduction]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, après des décennies d'échecs de la part des libéraux et des conservateurs, les communautés autochtones continuent de vivre dans des logements surpeuplés qui ont désespérément besoin de réparations. Les libéraux ont promis d'adopter un train de mesures pour améliorer considérablement la situation d’ici 2030, mais le rapport que la vérificatrice générale a publié aujourd’hui indique clairement qu'ils renieront encore une autre promesse faite aux Autochtones.
    Le gouvernement libéral cessera-t-il de gaspiller des millions de dollars au bénéfice des consultants privés pour plutôt faire de ce grave problème une priorité dans le prochain budget?
    Monsieur le Président, nous remercions la vérificatrice générale de son rapport et, bien entendu, nous examinons attentivement toutes ses recommandations afin que notre feuille de route réponde efficacement à ces préoccupations.
    En ce qui concerne la coopération ou les partenariats avec les Autochtones, que ce soit en matière de logement ou de services de police, la consultation est au cœur de tout ce que nous faisons. Nous sommes déterminés à travailler en partenariat avec les Premières Nations pour faire progresser nos priorités.

[Français]

    Monsieur le Président, les communautés autochtones vivent dans des logements trop peuplés qui ont désespérément besoin d'être réparés. Le rapport de la vérificatrice générale aujourd'hui montre que 80 % des besoins en logement ne sont pas comblés.
     Le premier ministre n'accepterait jamais ça à Toronto. Pourquoi le premier ministre a-t-il un standard plus bas pour les communautés autochtones?

  (1430)  

    Monsieur le Président, ce que le chef du Nouveau Parti démocratique est en train de dire est tout simplement faux. Nous avons investi des sommes historiques pour travailler avec les communautés autochtones sur le logement, sur les services et les soins de santé et pour donner de l'aide pour créer de la prospérité économique. Il y a encore beaucoup de travail à faire, nous le reconnaissons tous. Cependant, le progrès que nous avons fait sur la réconciliation et sur le partenariat avec les peuples autochtones va continuer.
    Nous remercions la vérificatrice générale de ses recommandations. Nous allons continuer de travailler main dans la main avec les communautés autochtones pour atteindre des résultats.

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, la hausse de 23 % de la taxe sur le carbone qui entrera en vigueur le jour du poisson d'avril frappera particulièrement durement les Néo-Écossais. La taxe du premier ministre coûtera 1 500 $ à la famille moyenne de la Nouvelle‑Écosse, soit beaucoup plus que ce que celle-ci recevra en remboursements.
    C'est pourquoi l'Assemblée législative de la Nouvelle‑Écosse a adopté à l'unanimité, avec l'appui des trois partis, une motion demandant aux députés fédéraux de cette province de voter dans le même sens que les conservateurs pour dire non à la hausse.
    L'un d'entre eux est le député de Kings—Hants, le président du comité de l'agriculture, qui étudie en ce moment les répercussions douloureuses de la taxe sur le carbone sur les agriculteurs.
    La question s'adresse au président du comité de l'agriculture. Votera-t-il avec nous afin de dire non à la hausse?
     Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre.
    Bien sûr, on peut poser des questions au gouvernement sur des questions administratives et, bien sûr, aux présidents de comités. Il est important que les Canadiens comprennent, cependant, que les questions posées à un président de comité doivent porter sur les dossiers dont ce comité est saisi à ce moment. Après consultation, on se rend compte que ce n'est pas le cas de la question que pose le député.
    Je vois que le ministre du Logement se lève.
    Monsieur le Président, ce que le député laisse entendre est faux. Nous avons des données concrètes qui montrent que, dans les provinces où le système s'applique, les familles reçoivent chaque année des centaines de dollars de plus que ce qu'elles paient en redevances sur les combustibles.
    Les conservateurs prétendent se soucier de l’abordabilité, mais ils s’opposent aux mesures visant à mettre plus d’argent dans les poches des familles. Ils prétendent se soucier de l'abordabilité, mais ils s'opposent aux mesures qui protègent les pensions des aînés. Ils prétendent se soucier de l'abordabilité, mais ils votent contre des mesures destinées à éliminer les intérêts sur les prêts d'études canadiens.
    Nous ferons tout en notre pouvoir pour rendre la vie plus abordable, notamment en laissant plus d'argent dans les poches des familles tout en luttant contre les changements climatiques.
    Monsieur le Président, la censure parlementaire qui est à l'œuvre prouve tout ce qu'il faut savoir sur ce dossier et sur tout le reste au sein du gouvernement.
    J'ai posé une question au député de Kings—Hants, le président du comité de l'agriculture, qui étudie en ce moment les répercussions douloureuses de la taxe sur le carbone, mais les occupants des banquettes avant de la Chambre l'ont fait taire. Ils lui ont dit de s’asseoir et de se taire parce qu’ils avaient un meilleur porte-parole qui interviendrait à sa place au nom du Cabinet du premier ministre.
    Ma question s'adresse au député de Kings—Hants, qui préside le comité de l'agriculture. Son comité étudie comment la taxe sur le carbone nuit aux agriculteurs. Choisira‑t‑il, par son vote, de dire non à la hausse?
    Monsieur le Président, si le député a des doutes au sujet du député de Kings—Hants, je peux le rassurer en lui disant que sa collectivité le considère comme un champion. Il a lancé une pétition récemment pour s'opposer au gouvernement conservateur de la Nouvelle-Écosse et faire en sorte que des changements soient apportés au secteur agricole dans sa collectivité.
    Chaque fois que les conservateurs posent une question en matière d'environnement, c'est pour trouver une façon d'en faire moins.
    La députée de Renfrew—Nipissing—Pembroke a laissé entendre que les débordements de la rivière des Outaouais devaient être attribués à l'absence de réglementation.
    Le député de Cariboo—Prince George a laissé entendre que le changement climatique n'était pas dû à la pollution industrielle, mais à une augmentation de la chaleur corporelle causée par l'accroissement de la population.
    Le député de Red Deer—Lacombe a rendu visite à des écoliers pour leur dire que le dioxyde de carbone était de la nourriture pour les plantes.
    Ce...
    Le chef de l'opposition a la parole.
    Monsieur le Président, il a tout à fait raison. Il s'agit d'une blague, d'un poisson d'avril. La plaisanterie s'adresse aux contribuables canadiens, en particulier aux Néo-Écossais, qui devront payer 1 500 $ de plus une fois que cette augmentation de la taxe sur le carbone entrera en vigueur. Il dit que le député de Kings—Hants est un champion. Est‑il un champion qui ne peut même pas parler, qui est réduit au silence par ses propres collègues? Le député va‑t‑il...
    Des voix: Oh, oh!

  (1435)  

    À l'ordre.
    Le chef de l'opposition a la parole.
    Monsieur le Président, ce ministre censuré pourrait-il briser le silence et nous dire ceci: choisira-t-il, par son vote, de dire non à la hausse pour ses concitoyens ou choisira-t-il de les exploiter le jour du poisson d'avril?
    Monsieur le Président, les conservateurs souhaitent répandre de fausses informations pour duper les Canadiens et les amener à voter pour eux. Comme le démontrent les données, je parle bien ici non pas de projections, mais de données concrètes, les habitants de ma province reçoivent plus d'argent chaque année grâce aux remboursements que ce qu'ils paient en redevances sur les combustibles. Tout ce que font les conservateurs...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre.
    L'honorable ministre a la parole.
    Monsieur le Président, chaque fois que les conservateurs ont l'occasion de s'exprimer à la Chambre, ils préconisent l'une des deux choses suivantes: faire moins pour l'environnement ou priver d'argent les familles de ma collectivité. Je n'appuierai ni l'une ni l'autre.
    Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre plus d'argent dans les poches des familles et servir les générations futures.
    Monsieur le Président, ma question s'adresse au député silencieux de Kings—Hants. On lui a demandé d'expliquer pourquoi il votait en faveur d'une taxe sur le carbone de 1 500 $ par famille qui ne génère qu'une remise de 963 $. Je lui ai expressément demandé de répondre, mais ses maîtres au Cabinet du premier ministre le musèlent.
    Une fois de plus, est-ce que le président du comité de l’agriculture, le député de Kings—Hants, va prendre la parole aujourd'hui et nous dire s'il votera de sorte à dire non ou oui à la hausse de la taxe?
    Monsieur le Président, le chef de l'opposition connaît parfaitement les règles de cet endroit et sait que les députés de ce côté‑ci de la Chambre sont heureux et fiers de parler des mesures d'abordabilité et des mesures que nous mettons en place pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens.
    Puisque nous abordons ce thème, j'ai une question à poser à un membre du comité de la défense, le député de Selkirk—Interlake—Eastman. Pourquoi a‑t‑il trahi le peuple ukrainien en votant contre l'accord de libre-échange?
    Monsieur le Président, les habitants de Kings—Hants, en Nouvelle-Écosse, découvrent qu'ils n’ont pas voix au chapitre au Parlement, car le député a été réduit au silence. Le premier ministre est terrifié à l'idée qu'il prenne la parole et qu'il s'éloigne de son texte. Il est au courant de la volonté unanime de l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, où libéraux, conservateurs et néo-démocrates ont adopté une motion demandant à tous les députés fédéraux de la province de voter contre la hausse.
    Le député de Kings—Hants, qui préside le comité de l'agriculture, va-t-il, oui ou non, défendre les agriculteurs de sa circonscription et voter avec nous afin de dire non à la hausse?
    Monsieur le Président, chaque jour, le député de Kings—Hants défend les agriculteurs, il défend ses concitoyens, il défend les Néo-Écossais et il défend les Canadiens.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes extrêmement fiers de l'avoir comme collègue. Il sait que les habitants de Kings—Hants n'ont pas besoin de compressions. C'est la seule chose que les conservateurs ont à leur offrir, comme à tous les Canadiens d'ailleurs.

  (1440)  

    Monsieur le Président, le député de Kings—Hants participe aujourd'hui au Programme de protection des témoins.
    Il ne peut tout simplement pas prendre la parole, puisque son whip lui fait signe de s'abstenir. C'est exactement ce qui vient de se passer il y a quelques instants, quand je lui ai posé une question légitime en sa qualité de président du comité de l'agriculture, un comité qui étudie les effets dévastateurs de la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs de sa circonscription et de tout le pays.
    Pour la sixième fois, va-t-il se retirer du Programme de protection des témoins et annoncer s'il votera en faveur de notre motion visant à dire non à la hausse?
    Monsieur le Président, les conservateurs adorent dénigrer le Canada. Ils répandent la peur et les faussetés.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous croyons au Canada et aux Canadiens. C'est pourquoi je me réjouis d'annoncer de bonnes nouvelles aux députés: le taux d’inflation pour février, qui a été publié ce matin, est de 2,8 %; il est inférieur aux attentes et se situe dans la fourchette cible établie par la Banque du Canada. C’est le deuxième mois consécutif, puisqu'en janvier, le taux d’inflation se situait à 2,9 %, dans les limites de la cible.
    Notre plan fonctionne.

[Français]

La santé

    Monsieur le Président, dans 12 jours, Ottawa éliminera 1 milliard de dollars en santé si le Québec n'accepte pas des conditions dans son propre champ de compétence; 12 jours alors qu'on parle de sommes sur lesquelles le Québec et Ottawa se sont entendus depuis plus d'un an.
    Si la priorité du fédéral était les patients, cet argent serait transféré depuis longtemps. Or non, dans 12 jours, c'est le couperet ou les conditions. C'est le fédéral qui prend en otage les personnes malades avec l'argent qu'elles paient en impôt.
    Pourquoi ne pas simplement prioriser les patients et verser l'argent dès maintenant, sans condition?
    Monsieur le Président, c'est bizarre. Le Bloc québécois cherche tout le temps la chicane. Pourtant, quand je parle avec le ministre Dubé et le gouvernement du Québec, c'est clair que le gouvernement du Québec veut travailler dans un esprit de coopération avec notre gouvernement pour améliorer la santé de chaque Québécois et de chaque Québécoise. C'est la raison pour laquelle il va y avoir une entente avec Québec avant la fin du mois.
    Monsieur le Président, on parlerait de relations intergouvernementales tendues si seulement il existait une relation. Le fédéral est plutôt entré dans sa phase du « non »: non à la hausse des transferts en santé sans condition, non au droit de retrait de l'assurance dentaire et de l'assurance-médicaments, non au soutien de l'accueil des demandeurs d'asile.
    Finalement, la seule chose à laquelle le fédéral ne dit pas non, c'est l'argent de nos impôts. Or, les Québécois ont le droit d'avoir leur mot à dire sur ce que le fédéral fait avec leur argent.
    Pourquoi est-ce si difficile de dire oui? Pourquoi est-ce si difficile de simplement respecter la volonté du Québec?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois est devenu le champion du « non »: non à la collaboration, non au partage d'information, non au fait de s'asseoir ensemble, non au fait d'arriver à des résultats, non pour travailler pour les Québécois.
    Il voudrait que ce soit un échec, mais ce n'est pas le cas. On est capable de s'asseoir et de travailler ensemble. Le ministre de la Santé fait un travail extraordinaire. Il a des rencontres régulières avec son homologue à Québec.
    Les députés du Bloc québécois ne sont pas autour de la table. Ils n'ont aucune idée de ce qui se passe là-bas. Tout ce qu'ils veulent, c'est la chicane et dire que cela ne fonctionne pas.
    Or cela fonctionne. On travaille ensemble pour tous les Québécois.
    Monsieur le Président, on n'est peut-être pas au gouvernement, mais on a simplement énuméré quelques mesures budgétaires, parce que c'est aussi non aux pleins pouvoirs en immigration pour le Québec, non à la loi 21 sur la laïcité de l'État, non aux demandes anticipées d'aide médicale à mourir.
    C'est presque par principe: même quand cela ne coûte pas un sou, le fédéral dit non au Québec. Quel contraste en cette semaine où l'on rend hommage à Brian Mulroney, qui prônait un fédéralisme d'honneur et d'enthousiasme pour les Québécois.
    Est-ce que le gouvernement réalise à quel point dire non à tout et dire non tout le temps, c'est exactement faire l'inverse?

  (1445)  

    Monsieur le Président, c'est seulement le Bloc québécois qui dit non tout le temps. Le Bloc québécois cherche les problèmes. Il cherche la chicane.
    De notre côté, nous cherchons une solution, ensemble, avec Québec. C'est pour nous assurer que l'information est présente dans chaque province et dans chaque territoire. Je suis tellement fier de voir qu'il y a une entente avec chaque province et chaque territoire pour augmenter la qualité des soins de santé partout au pays.
    C'est notre objectif de travailler dans un esprit de coopération, pas de jouer un jeu partisan.

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, l'an dernier, dans ma circonscription, un producteur local du nom de Kolk Farms s'est vu contraint de payer 62 000 $ en taxe sur le carbone, juste pour son gaz naturel. Je répète: 62 000 $. Ce que le gouvernement libéral—néo-démocrate ne comprend pas, parce qu'il est tellement déconnecté de la réalité, c'est que ce sont les Canadiens qui paient la facture lorsqu'ils font l'épicerie pour nourrir leur famille. Les Canadiens ont déjà de la difficulté à joindre les deux bouts. Et maintenant, le 1er avril, ils vont écoper d'une autre hausse de 23 %.
    Le premier ministre va-t-il annuler la hausse et abolir la taxe?
    Monsieur le Président, je veux rappeler à la députée d'en face qu'il y aura, pour les régions rurales, un supplément à la remise sur le carbone. Une famille de quatre personnes en Alberta recevra 2 160 $. Une famille de ma circonscription qui vit à la campagne recevra 1 430 $.
    Mes amis, nous comprenons la situation. C'est pourquoi nous sommes là pour aider les gens en leur offrant la remise sur le carbone. C'est pourquoi nous les aidons au moyen de la prestation pour la garde d'enfants. Nous sommes là pour les aider avec le logement. Nous sommes là aussi pour les Canadiens qui habitent en zone rurale.
    Monsieur le Président, ce qui saute aux yeux, c'est que les libéraux entretiennent une relation dysfonctionnelle avec la vérité. La réalité, c'est que les Canadiens payent plus d'argent qu'ils n'en reçoivent. Par exemple, une famille moyenne de l'Alberta paye 2 943 $, mais elle ne reçoit que 2 032 $, ce qui veut dire qu'au bout du compte, elle se retrouve des milliers de dollars dans le rouge. Voilà combien les gens doivent verser au gouvernement et combien le gouvernement leur soutire.
    Pourquoi le gouvernement fait-il ça aux Canadiens alors qu'ils ont déjà de la difficulté à payer leurs factures, à joindre les deux bouts et à nourrir leurs familles?
    Monsieur le Président, je ne sais pas trop ce qui se passe avec les conservateurs à la Chambre. Peut-être qu'ils ont suivi le président du comité de l'agriculture dans le programme de protection des témoins. Quand il s'agit de défendre les intérêts des Albertains et de leur pension, où se trouve le député d'Edmonton Mill Woods? Où se trouve...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre, s'il vous plaît.
    Je vais demander à tout le monde de permettre aux députés de s'exprimer afin que la présidence puisse entendre la question ou la réponse et que les députés qui ne parlent pas l'autre langue officielle puissent entendre la traduction.
    Le ministre a la parole.
    Monsieur le Président, où sont les députés conservateurs à la Chambre lorsqu'il s'agit de défendre les Albertains et de leur assurer une retraite digne? Ils ne disent pas un mot sur le Régime de pensions du Canada. Ils ne disent pas un mot pour défendre les Albertains.
    Ils ont été muselés par leur chef et ils ne défendent pas les Albertains, malgré la tentative désastreuse de Danielle Smith de retirer des Canadiens du Régime de pensions du Canada. Les conservateurs brillent par leur absence. Nous sommes ici pour...
    Des voix: Oh, oh!
    Chers collègues, essayons de nous en tenir au temps imparti en respectant les députés qui ont la parole.
    Je suis certain que tout le monde aimerait entendre la question du député de Tobique—Mactaquac.

  (1450)  

    Monsieur le Président, je vais vous dire ce que font les députés albertains. Ils défendent les gens de leurs circonscriptions en votant pour exprimer une absence de confiance envers le gouvernement, qui doit être remplacé.
    Après huit années de gouvernement libéral—néo-démocrate, plus de 50 familles de militaires en service actif ont recours à la banque alimentaire que je viens de visiter à Oromocto, au Nouveau-Brunswick. Les militaires de ces 50 familles servent à la base de Gagetown, la plus grande base militaire au Canada. Cette situation est absolument honteuse et tout à fait inacceptable. Comme si cela ne suffisait pas, les libéraux augmentent maintenant la taxe sur le carbone, une mesure punitive, inefficace et inutile.
    Quand les libéraux écouteront-ils enfin les Canadiens, manifesteront-ils un peu de respect à l'égard des meilleurs éléments de notre pays et aboliront-ils la taxe?
    Monsieur le Président, je suis vraiment étonnée de cette sortie du député de Tobique-Mactaquac, alors que les conservateurs ont voté contre une augmentation de traitement pour les employés du ministère de la Défense nationale qui travaillent dur. L'automne dernier, lors du marathon de votes qui a duré toute la nuit, ils ont également voté contre l'augmentation du budget de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique.
    J'aimerais bien demander au député ce qu'il va dire aux électeurs au sujet des 106 projets que le gouvernement a financés dans sa circonscription et contre lesquels il a voté. Comptez sur moi pour leur dire que nous défendons les intérêts des petites entreprises des régions rurales du Nouveau-Brunswick et du Canada atlantique.
    Monsieur le Président, je leur dirai avec grand plaisir que je votais pour exprimer mon absence de confiance dans un gouvernement qui doit être remplacé.
    Le gouvernement a causé la crise de l'inflation avec ses dépenses inconsidérées, et maintenant, il veut faire grimper la taxe sur le carbone, qui s'applique à l'essence, au chauffage et aux aliments, de 23 % le 1er avril. Si les libéraux se préoccupaient vraiment des Canadiens, surtout de ceux qui ont tant sacrifié pour servir notre pays, ils écouteraient les nombreux Canadiens — en fait, plus de 70 % de nos concitoyens — qui leur demandent de les laisser respirer et d'abolir la taxe.
    Monsieur le Président, il y a tellement de cris à la Chambre aujourd'hui que je peux pardonner au député d'en face d'avoir raté la bonne nouvelle annoncée aujourd'hui: grâce au dur labeur des Canadiens — et les temps ont été durs, sans contredit —, l'inflation est retombée dans la fourchette cible de la Banque du Canada en février. Cela suit les chiffres pour janvier. C'est une bonne nouvelle pour les Canadiens, qui ont vécu une période difficile.
    Nous soutenons le Canada et les Canadiens. Tout ce que les conservateurs veulent faire, c'est couper, couper et encore couper.

Le logement

    Monsieur le Président, les Edmontoniens vivent une double crise du logement: les loyers augmentent plus vite que dans le reste du pays, et le taux d’inoccupation est à son plus bas depuis 10 ans. Or, ce n'est pas avec les slogans des conservateurs que l'on construira des logements abordables, et les libéraux ne font rien pour régler le problème qu’ils ont créé.
    En revanche, le fonds de protection des locataires des néo-démocrates contribuerait à préserver le parc de logements abordables et il donnerait aux locataires l’espoir dont ils ont besoin. Les libéraux s'engageront-ils à inclure ce fonds dans le budget afin que les Edmontoniens ne se retrouvent pas sans logis?
    Monsieur le Président, je remercie le député de ses efforts dans ce dossier.
    J'ai récemment eu l'occasion de me rendre à Edmonton pour rencontrer le maire et le ministre provincial de l'Alberta, en compagnie de mon collègue le député d'Edmonton‑Centre. Nous ne ménageons aucun effort pour augmenter le financement destiné aux organismes communautaires qui viennent en aide aux Canadiens qui n'ont pas de toit sur la tête. Tout récemment, nous avons également eu l'occasion de conclure un accord assorti d'une enveloppe de 175 millions de dollars pour la construction de milliers de logements à Edmonton, dont des logements locatifs additionnels, ce qui contribuera à faire baisser le prix des loyers tout en continuant de soutenir les personnes qui cherchent un endroit où habiter.
    Il n’y a pas de solution miracle à la crise du logement, mais nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour mieux résoudre cette crise en travaillant de concert avec Edmonton et l'Alberta.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, l'Union européenne déclare que M. Nétanyahou laisse délibérément des enfants mourir de faim à Gaza, qu'il fait de l'inanition une arme de guerre. Les groupes de défense des droits de la personne dénoncent le fait que des journalistes, des civils, des hôpitaux et des travailleurs humanitaires soient pris pour cibles, et les Nations unies ont accusé le Canada de complicité parce que nous fournissons des armes militaires à Israël. Hier soir, le Parlement a demandé que l'on cesse d'apporter une aide militaire au gouvernement de Benyamin Nétanyahou; pourtant, de nombreux contrats d'approvisionnement en matériel militaire sont encore en vigueur.
    La ministre va-t-elle respecter le Parlement en nous disant si, vu les ententes, des armes à feu Colt fabriquées à Kitchener et des véhicules blindés Roshel fabriqués à Brampton, entre autres, seront envoyés à Israël, oui ou non?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à dire que j'étais très fier d'être un parlementaire hier. Quatre des cinq partis à la Chambre ont uni leurs efforts pour trouver une solution viable en définissant pour le Canada une position qui conviendrait aux Canadiens. Nous continuerons à préconiser un cessez-le-feu. Nous continuerons à ne pas vendre d'armes, comme nous l'avons promis, et nous continuerons à veiller à ce que les otages soient ramenés là où ils devraient être: chez eux.
    J'invite les conservateurs à s'impliquer autant que nous dans ce dossier.

  (1455)  

Les services de garde

    Monsieur le Président, tout le monde sait à quel point il est important que les familles des Territoires du Nord‑Ouest aient accès à des services de garde d'enfants florissants et de qualité. Étant donné l'augmentation du coût de la vie, l'accès aux services de garde est essentiel. Les familles de ma circonscription et d'ailleurs dans le Nord attendent avec impatience la mise en œuvre du régime.
    Ma question à la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social est la suivante: que fait-on pour les Territoires du Nord‑Ouest et les habitants du Nord en général?
    Monsieur le Président, c'était merveilleux de me trouver dans les Territoires du Nord‑Ouest avec mon collègue. J'ai rencontré Jude, de la Yellowknife Day Care Association, Jennifer, du Collège Aurora, et de nombreuses autres personnes qui m'ont dit directement que notre régime pancanadien rend la vie plus abordable.
    À compter du 1 er avril prochain, les familles ténoises verront leurs frais de garde passer à 10 $ par jour en moyenne, ce qui leur permettra d'économiser jusqu'à 9 000 $ par année par enfant. Ce sont des économies mensuelles importantes pour les mères et les pères des Territoires du Nord‑Ouest, autant d'argent qu'ils peuvent ainsi consacrer à répondre aux besoins fondamentaux de leur famille.

[Français]

La tarification du carbone

     Monsieur le Président, « ils sont affamés, ils sont comme ça ». C'est l'explication de la responsable d'une banque alimentaire à Montréal à la suite des interventions des policiers dans les files d'attente, après des bousculades parce qu'il manquait de nourriture. Voici le Canada après huit ans de ce premier ministre. Les banques alimentaires sont débordées et elles crient famine parce que la nourriture coûte trop cher. La solution libérale, c'est d'augmenter la taxe sur le carbone le 1er avril avec l'appui du Bloc québécois, ce qui va augmenter encore plus le prix de la nourriture. Cela coûte cher de voter pour le Bloc québécois.
    Quand le premier ministre va-t-il mettre fin à la faim et annuler la hausse de taxe de 23 % le 1er avril?
     Monsieur le Président, « [l]a survie de notre planète est en jeu. Je ne peux ignorer ce défi de l'urgence climatique et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. » Je cite les mots du premier ministre Legault. Il est fier du système de tarification du carbone propre au Québec. Les Québécois et Québécoises sont fiers de cela. Les conservateurs veulent le démolir. Nous ne leur permettrons pas de le faire.
    Monsieur le Président, la survie de plus en plus de familles québécoises et de familles de travailleurs québécois est en jeu en ce moment parce que la nourriture coûte trop cher. Pourquoi la nourriture coûte-t-elle trop cher? Le Québec importe des aliments du reste du Canada. Les agriculteurs qui cultivent ces aliments paient la taxe sur le carbone. Les transformateurs alimentaires paient la taxe sur le carbone. Les camionneurs qui transportent ces aliments paient la taxe sur le carbone. Qui peut deviner qui paie la facture finale? Ce sont les familles du Québec. La taxe sur le carbone que le « Bloc libéral » veut radicalement augmenter coûte cher aux Québécois aussi.
    Quand va-t-on mettre fin à cette folie?
    Monsieur le Président, alors que les conservateurs jouent avec les mots, on vient d'apprendre que l'ONU vient de déclarer que l'année 2024 pourrait être l'année la plus chaude de l'histoire. Ce qu'on entend du côté des conservateurs, c'est de ne rien faire. La planète sonne le signal d'alarme. C'est pourquoi, de ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer d'investir pour combattre les changements climatiques. Nous allons continuer d'investir dans les familles canadiennes. Nous allons continuer d'investir dans les Canadiens malgré le fait que les conservateurs veulent ignorer les changements climatiques au pays.
    Monsieur le Président, après huit ans de gouvernement libéral, les Canadiens sont de plus en plus nombreux à fréquenter les banques alimentaires. Les gens sont si affamés que la tension monte dans les files d'attente; tellement, que la police doit intervenir pour rétablir l'ordre pendant la distribution de la nourriture. Le gouvernement libéral, appuyé par le Bloc québécois, va malgré tout augmenter encore une fois la taxe sur le carbone le 1er avril, et ce n'est pas un poisson d'avril.
    Cela coûte cher de voter pour le Bloc québécois. À part accentuer la souffrance des Québécois, à quoi ça sert de voter pour le Bloc québécois?

  (1500)  

    Monsieur le Président, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui nous regardent à la maison et qui n'en reviennent simplement pas lorsqu'ils voient à quel point la désinformation du côté conservateur est maintenant sans limite. La députée qui vient de poser une question a voté en faveur de la tarification du carbone au Québec. Elle s'est prononcée en faveur de la lutte contre les changements climatiques. Elle faisait partie d'un gouvernement qui était un leader nord-américain en matière de lutte contre les changements climatiques et aujourd'hui, sous les pressions de son chef climatosceptique, elle revire sa chemise de bord, elle recule sur tous ses principes. C'est inacceptable.
    Monsieur le Président, je l’invite à lire le discours de notre chef lors de son passage à Québec à l'occasion du congrès conservateur.
    L’inflation a déjà atteint un niveau plus que dévastateur, entraînant un coût de la vie jamais vu depuis 40 ans…
    À l'ordre. Je demande aux députés de bien vouloir garder le silence pour que la présidence puisse entendre la question.
    J'invite l’honorable députée de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis à recommencer sa question.
    Monsieur le Président, l’inflation a déjà atteint un niveau plus que dévastateur, entraînant un coût de la vie jamais vu depuis 40 ans.
    Pouvons-nous croire qu’au Canada, des citoyens sont aujourd’hui incapables de se nourrir? C’est une honte, et le Bloc québécois soutient fièrement une augmentation de 23 % de la taxe sur le carbone. Ça coûte déjà trop cher de se nourrir, mais ça coûte encore plus cher de voter pour le Bloc québécois.
    Le gouvernement peut-il faire preuve de compassion et annuler sa nouvelle hausse de la taxe sur le carbone prévue pour le 1er avril?
    Monsieur le Président, peut-on me rappeler si le discours de Québec est celui où le chef de l’opposition attaquait la mairesse de Montréal et le maire de Québec? Est-ce le discours où il disait que les changements climatiques n’existaient pas et où les conservateurs ont voté? Ou est-ce le discours où il disait qu’il allait abandonner les familles, les aînés, les jeunes et les étudiants et où il a dit qu’il allait faire des compressions un peu partout? J'aimerais qu’on me rappelle quel est ce discours. Peut-être y avait-il tout ça dans le même discours à Québec cette fois-là.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, l’augmentation unilatérale des cibles d’immigration du Québec par le fédéral, c’est une perte de souveraineté historique pour l’État québécois. Lorsque le Québec fixe ses seuils à 50 000, c’est 50 000, non pas 60 000 ou 70 000.
    Si une fois les seuils fixés, le ministre voulait augmenter la réunification familiale, il aurait dû collaborer avec Québec. Par exemple, il aurait pu proposer d’enfin alléger la tâche du Québec quant aux demandeurs d’asile. Or non, il n’a jamais collaboré. Il a voulu forcer le Québec à augmenter ses cibles, qu’il le veuille ou non.
    À quand une approche collaborative au lieu d’un ton condescendant?
    Monsieur le Président, hier, j’avais demandé à la députée de bien lire l’Accord Canada‑Québec. J’aurais dû être un peu précis. Je demande simplement de lire l’article 13 pour avoir plus de clarification.
    C’est clair qu’il y a une collaboration qui est très intense avec Québec et que nous avons tous nos responsabilités à assumer. J’accueille favorablement la sortie récente de la ministre Fréchette. Nous allons continuer de travailler ensemble sur nos priorités, qui sont communes après tout.
    Monsieur le Président, pour mettre cela au clair, personne n’est contre la réunification familiale. On est juste contre l’imposition au Québec de politiques irresponsables du fédéral.
    Si le ministre avait voulu, il aurait négocié des compromis. Or regardons son bilan. Il augmente de force les cibles d’immigration du Québec. Il est largement responsable de la hausse record de l’immigration temporaire. Il est aussi responsable du nombre démesuré de demandeurs d’asile que le Québec accueille sans répartition.
    Dans les trois catégories, Ottawa hausse unilatéralement l’immigration au Québec, sans égard pour notre capacité d’accueil et sans financement supplémentaire.
    Est-ce planifié ou est-ce une perte de contrôle?
    Monsieur le Président, imaginons qu’on est médecin, qu’on nous dit d’accueillir 10 patients et qu’on nous en envoie 20. C’est ridicule et c’est ça, la situation dans laquelle se trouvent les familles québécoises.
    Ce que j’entends du Bloc québécois, c’est du mépris envers les familles québécoises. Que disent-ils à leurs citoyens qui s’attendent à être réunifiés avec leurs proches qui sont à l’étranger? Ça déchire les familles québécoises. Ça déchire les familles canadiennes.
    On va travailler ensemble avec le Québec pour rectifier la situation.

  (1505)  

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après huit années de gouvernement néo‑démocrate—libéral, on constate que le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût. Lorsque la taxe sur le carbone a été annoncée, le gouvernement a promis aux petites entreprises un remboursement substantiel. Le gouvernement dispose maintenant de 2,5 milliards de dollars en revenus perçus, alors que le nombre de faillites monte en flèche et que les entreprises souffrent de la hausse des taxes et de l'inflation.
    Étant donné que le premier ministre a rompu sa promesse concernant le remboursement de la taxe sur le carbone, pourquoi n'annule-t-il pas tout simplement la hausse, n'abolit-il pas la taxe et ne rembourse-t-il pas les petites entreprises?
    Monsieur le Président, le député qui vient de parler représente la Colombie‑Britannique, et cette province est fière, à juste titre, de faire figure de chef de file au Canada et dans le monde en matière de tarification de la pollution depuis 2008. Elle a mis sur pied un système provincial que les Britanno-Colombiens appuient. De deux choses l'une, soit que le Parti conservateur ignore cette réalité, soit qu'il manque de respect envers la population de la Colombie‑Britannique.
    En ce qui concerne les petites entreprises, l'argent versé leur reviendra très bientôt.
    Monsieur le Président, le gouvernement n'a pas seulement trahi les petites entreprises avec la taxe sur le carbone. Il doit plus de 1 milliard de dollars en remboursements promis aux communautés des Premières Nations et métisses. Dans ce qui semble être un cruel poisson d'avril, les collectivités des régions rurales et éloignées vont subir une hausse de 23 % de la taxe sur le carbone le 1er avril. Cela signifie des coûts plus élevés pour chauffer les écoles, les bureaux des conseils de bande et les entreprises.
    Je vais poser la question une fois de plus: quand le gouvernement va-t-il annuler la hausse, abolir la taxe et redonner leur argent aux communautés éloignées, rurales, autochtones et métisses?
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de respect pour le député de la Colombie-Britannique, mais je suis vraiment déçue de constater qu'il ne semble pas comprendre le fonctionnement de la tarification du carbone dans sa province. Il n'y a pas de filet de sécurité fédéral en Colombie-Britannique. Il n'y a pas de filet de sécurité fédéral pour les entreprises et les habitants de la Colombie-Britannique.
    La Colombie-Britannique possède un système de tarification de la pollution exceptionnel, que la province a elle-même instauré en 2008. Les Britanno-Colombiens en sont fiers, à juste titre d'ailleurs.
    Monsieur le Président, 100 000 $, ce n’est pas une bagatelle. Richard, un agriculteur de la région de Shuswap, a payé ce montant en taxe sur le carbone pour exploiter sa ferme au lieu d’acheter de la nourriture pour élever de la volaille et nourrir les Canadiens. Or, le premier ministre néo-démocrate—libéral veut augmenter la taxe sur le carbone de 23 % dans le cadre de son plan visant à la quadrupler.
    Après huit ans, on constate que le premier ministre n’en vaut pas le coût. Quand va-t-il renoncer à la hausse et abolir la taxe pour laisser les agriculteurs cultiver et redonner aux Canadiens les moyens de se nourrir?
    Monsieur le Président, je suis fière de faire partie d’un gouvernement qui comprend que les changements climatiques sont réels et qu’ils ont des répercussions sur les agriculteurs d’un océan à l’autre. Dans le cadre de mes déplacements, j’ai constaté de mes propres yeux les conséquences des ouragans et de la sécheresse. La crise climatique entraîne des coûts pour nos agriculteurs. Je suis fière de faire partie d’un gouvernement qui lutte contre les changements climatiques pour que ma petite-fille puisse me dire un jour: « Mamie, tu as essayé de faire changer les choses ». Les changements climatiques sont bien réels et ils affectent tout le monde.
    Le député de Kings—Hants...
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: À l'ordre. Les députés semblent très enthousiastes à l'idée d'écouter leur collègue.
    Le député de Kings—Hants a la parole.

Le changement climatique

    Monsieur le Président, je me réjouis que les conservateurs se soient levés, mais la question que je vais poser ne leur plaira peut-être pas.
    Le député de Carleton parle des agriculteurs de Kings—Hants. Il leur met toutefois des bâtons dans les roues, puisqu'il empêche que le projet de loi C‑234 soit mis aux voix à la Chambre. Je demande donc au député de Carleton de laisser le vote avoir lieu, afin de soutenir les agriculteurs.
    Cela dit, ma question s'adresse au ministre. Pourrait-il parler à la Chambre, et aux résidants de la Nouvelle-Écosse, des ajustements que nous avons apportés au filet de sécurité fédéral afin de soutenir les Canadiens des régions rurales, y compris des programmes que nous avons instaurés en matière d'abordabilité du chauffage domestique et de thermopompes, contrairement aux gens d'en face?

  (1510)  

    Monsieur le Président, au cours des 18 derniers mois, les gens de notre province, la Nouvelle-Écosse, ont ressenti les effets des changements climatiques plus que toute autre région du pays, en raison des feux de forêt, de l'ouragan Fiona et des inondations survenues dans la circonscription du député. Le député a toujours été un ardent défenseur des collectivités rurales et du secteur agricole.
    Grâce à ses efforts, nous avons doublé le remboursement que reçoivent les ménages des régions rurales de la Nouvelle-Écosse. Grâce à ses efforts, nous offrons de couvrir le coût des thermopompes pour permettre aux gens d'économiser entre 1 500 $ et 4 700 $ par année. Toujours grâce à ses efforts, le gouvernement provincial renonce à une politique qui aurait une incidence sur les viticulteurs de sa région. Je suis fier d'être à ses côtés aujourd'hui et je le serai pendant des années...
    Le député d'Edmonton Mill Woods a la parole.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, après huit années de politiques laxistes du gouvernement néo-démocrate—libéral en matière de criminalité, de plus en plus de Canadiens dans l'ensemble du pays sont victimes de crimes violents. Le Toronto Star rapporte que les détournements de voitures ont plus que doublé en 2024 et qu'il y a déjà eu davantage d'introductions par effraction dans le but de voler une voiture que durant toute l’année dernière. Les Canadiens sont non seulement inquiets pour leurs propriétés privées, ils le sont également pour la sécurité de leur famille.
    Cette semaine, j'ai rencontré certaines familles à Brampton qui veulent savoir quand le premier ministre va renoncer à ses politiques laxistes en matière de criminalité et protéger les Canadiens contre les véritables crimes violents.
    Monsieur le Président, le gouvernement cherche toujours à protéger les Canadiens contre le crime. C'est pourquoi nous collaborons avec les corps policiers, les autorités municipales et les provinces pour faire absolument tout ce qu'il faut pour mettre fin à ces activités criminelles de plus en plus violentes. Je me suis entretenu avec le premier ministre de l'Ontario et des chefs de police de l'ensemble du pays. La GRC collabore avec ses partenaires dans ces administrations. Cette semaine seulement, l'Agence des services frontaliers du Canada a saisi 68 véhicules au port de Montréal.
    Nous allons continuer de faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité des Canadiens.
    Monsieur le Président, les libéraux ont présenté le projet de loi C‑5 et le projet de loi C‑75, qui permettent aux criminels d'obtenir une mise en liberté sous caution et d'être relâchés, parfois le même jour. Résultat: les petits entrepreneurs d'un peu partout au pays doivent non seulement composer avec des hausses de taxes, comme celle de la taxe libérale sur le carbone, mais ils doivent aussi payer pour des mesures de sécurité supplémentaires afin de protéger leur entreprise et leur famille du vol, du crime organisé, de l'extorsion, des fusillades et des incendies criminels.
    Voilà ce qu'est la nouvelle réalité pour les entreprises et les familles du Canada, après huit ans sous l'actuel premier ministre. Il n'en vaut ni le coût, ni la corruption, ni les crimes. Quand cela va-t-il s'arrêter?
    Monsieur le Président, je respecte le député d'en face, mais ce que je respecte plus que tout, c'est le fait qu'il était absent lors du vote sur le projet de loi C‑75. Cette mesure législative a véritablement alourdi les peines en cas de déclaration de culpabilité par procédure sommaire pour les vols de voitures. La plupart de ses collègues ont voté contre cette mesure. Il était absent, je l'excuserai donc sur ce point.
    En ce qui concerne les peines minimales obligatoires, j'aimerai parler d'un homme appelé Ben Perrin. Le député se souvient peut-être de lui. Il était le principal conseiller de Stephen Harper. Ben Perrin a déclaré officiellement que les peines minimales obligatoires étaient une grossière erreur, une erreur judiciaire qui perpétue le racisme systémique. C'est pourquoi nous les avons annulées. J'aimerais que les députés d'en face se mettent au diapason.

[Français]

    Monsieur le Président, les vols d'autos ont presque doublé à Toronto comparativement à la dernière année, et 2024 vient juste de commencer. Où vont les véhicules volés? Ils vont au port de Montréal.
    En passant, je tiens à saluer les efforts des policiers de la Sûreté du Québec en février dernier. Cela dit, le fédéral doit en faire davantage pour les aider. C'est pourquoi notre chef a proposé de modifier le Code criminel afin de ramener des peines plus sévères pour les voleurs d'autos et pour fournir les ressources nécessaires aux ports pour les aider à stopper le crime.
    Est-ce que le gouvernement libéral est conscient que sa stratégie pour contrer les vols d'autos ne fonctionne pas?
    Monsieur le Président, en ce qui a trait aux crimes dans nos communautés et aux vols de voitures, nous avons priorisé ces enjeux avec les investissements que nous avons faits au port de Montréal. Il y a quelques semaines, nous avons annoncé un montant de 28 millions de dollars pour les vols de voitures. De plus, il y avait un montant de 121 millions de dollars pour aider les policiers. Il y avait aussi une quinzaine de millions de dollars pour aider l'Agence des services frontaliers du Canada à la frontière comme telle.
    Nos investissements sont les actions qu'il faut faire pour combattre cet enjeu extrêmement important et pour promouvoir la sécurité de nos communautés.

  (1515)  

[Traduction]

Les soins dentaires

    Monsieur le Président, je pense que personne dans notre pays ne devrait jamais passer ses journées à souffrir parce qu'il n'a pas les moyens de voir un dentiste. La santé buccodentaire, c'est la santé tout court.
    Des aînés de Dartmouth—Cole Harbour m'ont dit que le nouveau régime canadien de soins dentaires allait véritablement améliorer leur qualité de vie, mais les conservateurs s'en moquent. Les conservateurs ont voté contre le régime de soins dentaires pour les Canadiens, et nous savons qu'ils préconisent toujours les compressions plutôt que les investissements dans les soins.
    Le ministre des Services aux citoyens peut-il faire savoir aux Canadiens combien de personnes ont demandé à bénéficier du programme et combien d'aînés perdront leur accès aux soins dentaires si les conservateurs arrivent à leurs fins?
    Monsieur le Président, je suis très heureux d'informer mon collègue que, grâce à ses efforts, plus de 1,5 million de Canadiens ont pu s'inscrire à notre programme de soins dentaires. Aujourd'hui, les personnes âgées de 70 ans et plus peuvent s'inscrire, et les enfants et les personnes handicapées pourront le faire à partir du mois de juin. Au total, nous prévoyons que 9 millions de Canadiens en bénéficieront.
    Je ne comprends pas pourquoi les conservateurs veulent priver de soins dentaires plus d'un Canadien sur cinq. Si nous travaillons tous ensemble, les Canadiens peuvent s'assurer que les conservateurs n'auront jamais cette possibilité.
    Avant de donner la parole à la députée de Victoria, je demande au député de Wellington—Halton Hills, qui est un député chevronné, de ne pas crier ses commentaires et de laisser les députés qui ont la parole donner leur réponse.
    La députée de Victoria a la parole.

Le changement climatique

    Monsieur le Président, « c'est comme si un éléphant était assis sur ma poitrine ».
    C'est ainsi qu'un enfant d'Edmonton décrit la qualité de l'air en ce moment. Actuellement, le Canada affiche la pire qualité de l'air en Amérique du Nord. Nos enfants respirent des toxines nocives, et la situation ne fera qu'empirer avec la saison des feux de forêt de cette année. Cependant, les libéraux font comme si de rien n'était et brisent leurs promesses en matière de lutte contre les changements climatiques tout en versant des milliards de dollars aux plus grands pollueurs du pays. Quant aux conservateurs, ils ne peuvent même pas s'entendre sur l'existence des changements climatiques.
    Les libéraux cesseront-ils de faire passer les intérêts des PDG du secteur pétrolier et gazier avant la santé et la sécurité de nos enfants?
    Monsieur le Président, c'est exactement ce que nous faisons. Le Canada est le premier et même le seul pays du G20 à avoir éliminé progressivement les subventions aux combustibles fossiles, et ce, deux ans avant tout le monde. C'est le seul pays à s'être engagé à éliminer le financement public qui subventionne les combustibles fossiles. Nous avons affiché le meilleur rendement de tous les pays du G7 en matière de réduction des gaz à effet de serre entre 2019 et 2021. Nous travaillons pour lutter contre les changements climatiques. Nous travaillons à améliorer la qualité de l'air partout au pays.

Le transport aérien

    Monsieur le Président, la fin de semaine dernière, Flair a annulé un de ses vols de retour au Canada et laissé plus de 100 passagers coincés dans un autre pays. Elle n'a pas communiqué avec eux et ne leur a pas offert de nourriture ni proposé de billets de retour avec d'autres compagnies aériennes. Ces passagers ont dû rentrer au Canada par leurs propres moyens.
    Si cette situation donne une impression de déjà vu, c'est parce que la même chose s'est produite il y a deux ans et que les libéraux avaient promis de tenir tête aux PDG des grandes compagnies aériennes.
    Le ministre peut-il expliquer à ces passagers pourquoi on les a laissés tomber à ce point, malgré le nouveau régime soi-disant amélioré de droits des passagers aériens?
    Monsieur le Président, nous défendrons toujours les Canadiens et les droits des passagers. Il n'y avait rien à cet égard avant notre arrivée au pouvoir. Nous sommes en contact avec Flair et avec d'autres compagnies aériennes pour voir ce que nous pouvons faire.
    Nous serons toujours du côté des passagers aériens.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

  (1520)  

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l’opposition — La taxe sur le carbone  

    La Chambre reprend l’étude de la motion.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Kings—Hants.
    Comme toujours, je suis absolument ravie de prendre la parole au nom des habitants de Davenport. Je vais parler de la motion de l’opposition présentée aujourd’hui par les conservateurs sur l’abordabilité et la tarification de la pollution. J'aimerais commencer par quelques observations personnelles, puis je passerai au discours que j’ai préparé.
    Comme les députés le savent, la crise climatique est bien réelle. Les émissions de carbone ont une incidence sur le climat. Si le Canada n’accélère pas ses efforts pour réduire rapidement ses émissions dès maintenant, les coûts seront encore plus élevés pour les Canadiens plus tard. Attendre avant d'agir entraînera des conditions climatiques plus difficiles et plus imprévisibles à l’échelle mondiale.
    La semaine dernière, j'ai eu le bonheur de recevoir le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles dans ma circonscription. La question de la taxe sur le carbone a été soulevée par un habitant de Davenport, qui a demandé: « Étant donné la crise de l'abordabilité qui afflige les Canadiens et l'augmentation du prix de la pollution prévue le 1er avril, les gens devraient-ils croire le chef de l'opposition lorsqu'il tente de convaincre un grand nombre de Canadiens que la tarification de la pollution nuit aux Canadiens? ».
    Le ministre a répondu qu'il y a les faits et qu'il y a les perceptions, que la tarification de la pollution est le moyen le plus efficace du point de vue économique pour réduire les émissions de carbone, et que, si l'on interrogeait 100 économistes, 99 et demi d'entre eux diraient que c'est vrai. Il a ajouté que la façon dont nous avions structuré le système était de rendre la taxe sur le carbone abordable pour les Canadiens. Ainsi, huit familles canadiennes sur dix récupèrent plus d'argent qu'elles n'en paient, et ce, de manière inversement proportionnelle au revenu. Ceux qui vivent avec les moyens les plus modestes reçoivent beaucoup plus d'argent qu'ils n'en ont payé. Les personnes qui reçoivent moins d'argent qu'elles n'en paient sont celles qui vivent dans des maisons de 6 000 pieds carrés, qui ont un Hummer dans leur entrée et un bateau dans leur cour arrière. En fin de compte, s'ils paient plus, c'est parce qu'ils polluent davantage.
    Il a également été noté que le premier ministre de la Saskatchewan avait décidé de cesser d'accorder des remises de la taxe sur le carbone pour le chauffage domestique. La conséquence directe de cette décision est la diminution du remboursement pour les habitants de la Saskatchewan, et les personnes qui en souffrent le plus sont celles qui vivent avec des revenus modestes. Ce premier ministre a appauvri les pauvres à cause de ses choix.
    La motion dont nous sommes saisis propose de faire la même chose pour tous les Canadiens.
    En 2023, le Canada a enregistré des records en matière de feux de forêt: pendant la saison, la superficie incendiée a plus que doublé par rapport au record précédent, ce qui a entraîné l'évacuation de centaines de milliers de Canadiens de leur domicile. La superficie totale brûlée a dépassé les 18 millions d'hectares, soit deux fois et demie le record précédent établi en 1995, et plus de 6 fois la moyenne des 10 dernières années.
    Dans son rapport de 2020 sur les risques climatiques et leurs répercussions sur l'industrie de l'assurance au Canada, le Bureau d'assurance du Canada a également conclu que « les réclamations moyennes annuelles pour phénomènes météorologiques violents payées par les assureurs au Canada pourraient plus que doubler au cours des 10 prochaines années, passant de 2,1 milliards de dollars à 5 milliards de dollars par année, et doivent être accompagnées d'une augmentation du revenu des primes ». Il est évident qu'il y a des coûts bien réels lorsque des gens perdent leur maison à cause d'un incendie ou doivent quitter leur maison et leur emploi en raison d'un ordre d'évacuation.
    Des experts et des résultats de recherche nous ont également appris que la façon la plus efficace de lutter contre les changements climatiques est de mettre un prix sur les émissions polluantes de carbone, qui sont la principale cause des changements climatiques causés par l'humain. La tarification de la pollution par le carbone réduit les émissions et encourage la réduction dans tous les secteurs de l'économie, tout en donnant aux ménages et aux entreprises la marge de manœuvre nécessaire pour décider quand et comment apporter des changements. Elle incite les entreprises canadiennes à mettre au point et à adopter de nouveaux produits, processus et services à faibles émissions de carbone. Lorsqu'on la met en œuvre correctement — et c'est le cas au Canada —, cette mesure est à la fois efficace et abordable pour les Canadiens.
    En ce qui concerne la remise canadienne sur le carbone, la majeure partie des recettes du système fédéral de tarification de la pollution retourne directement dans les poches des Canadiens dans les provinces où la redevance sur les combustibles s’applique, et 8 ménages sur 10 dans ces provinces reçoivent plus d’argent grâce aux versements trimestriels de la remise sur le carbone que ce qu’ils paient en raison du système fédéral de tarification de la pollution.

  (1525)  

    Le gouvernement fédéral comprend la nécessité de maintenir le signal de prix qui, à long terme, est essentiel au succès de la tarification du carbone et à la réduction des émissions, mais, en même temps, nous avons montré que nous étions disposés à faire preuve de souplesse et d’innovation pour soutenir des options qui iront encore plus loin dans la réduction de la pollution climatique à long terme.
    Nous avons pris des mesures temporaires et ciblées pour suspendre la redevance sur les combustibles pour le mazout afin d'inciter les consommateurs à adopter une solution de rechange plus propre et beaucoup plus abordable qui leur permettra d'économiser des milliers de dollars et de réduire les émissions de carbone à long terme.
    De telles mesures rendront la vie plus abordable de la bonne manière, tout en soutenant l’objectif d’atteindre un avenir prospère et à faibles émissions de carbone pour tous les Canadiens.
    Nous savons qu'il y a de meilleures façons de rendre le coût de la vie plus abordable pour les Canadiens, des façons qui ne détruisent pas l'environnement et qui n'entraînent pas des coûts dévastateurs à long terme. Nous offrons cette aide là où elle est la plus efficace, notamment avec le programme pour la conversion abordable du mazout à la thermopompe, qui portera de 10 000 $ à 15 000 $ le financement fédéral que les propriétaires admissibles peuvent recevoir pour l'installation d'une thermopompe. Nous proposons également, dans le projet de loi C‑59, de doubler le supplément pour les personnes en milieu rural de la Remise canadienne sur le carbone, en faisant passer le taux de 10 à 20 % du montant de base à compter d'avril 2024. Les habitants des collectivités rurales sont confrontés à des réalités uniques, et cette mesure contribuera à remettre encore plus d'argent dans les poches des familles qui doivent faire face à des coûts énergétiques plus élevés parce qu'elles ne vivent pas dans une grande ville. Nous avons été très clairs: nous continuerons à mettre en œuvre le régime de tarification de la pollution sans cesser de veiller à ce que les ménages et les familles du Canada aient plus d'argent dans leurs poches.
    Plus récemment, dans le cadre du projet de loi C‑59, Loi d’exécution de l’énoncé économique de l’automne 2023, nous avons présenté des mesures pour faire progresser le plan financièrement responsable du gouvernement qui vise à bâtir une économie plus propre et plus forte. Les mesures que le projet de loi propose visent à créer des emplois bien rémunérés, à stimuler la croissance et à bâtir une économie qui fonctionne pour tous grâce à la mise en œuvre de crédits d'impôt à l'investissement afin de renforcer la compétitivité du Canada. Les crédits d'impôt à l'investissement sont un élément clé du plan global du gouvernement, qui a pour objectif de collaborer avec l'industrie pour atteindre l'objectif de décarbonation. Ce plan comprend le crédit d'impôt à l'investissement pour le captage, l'utilisation et le stockage du carbone.
    Le captage, l'utilisation et le stockage du carbone est un ensemble de technologies qui captent les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles ou de procédés industriels ou les captent directement dans l'air, soit pour stocker le CO2, généralement en profondeur, soit pour l'utiliser dans d'autres procédés industriels, comme la minéralisation du béton. Ces technologies sont des outils importants pour réduire les émissions dans les secteurs à fortes émissions, lorsque les autres solutions de réduction des émissions sont limitées ou inexistantes. En fait, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et l'Agence internationale de l'énergie considèrent chacun le déploiement de ces technologies comme un élément qui jouera un rôle déterminant dans l'atteinte de la carboneutralité à l'échelle mondiale. Pour sa part, le crédit d’impôt à l’investissement pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone aidera non seulement les entreprises canadiennes à adopter des technologies propres, mais il créera aussi des emplois, garantira que les entreprises canadiennes demeurent concurrentielles à l’échelle mondiale et réduira les émissions du Canada.
    En conclusion, réduire le coût de la vie pour les Canadiens tout en protégeant l'environnement a toujours été une priorité pour le gouvernement libéral fédéral, et cela reste une priorité aujourd'hui. Ces 10 dernières minutes, j'ai donné quelques exemples des investissements ciblés et responsables que le gouvernement réalise pour aider les Canadiens à trouver un logement abordable. Le gouvernement veut que le Canada reste le meilleur pays au monde où vivre, travailler, étudier et avoir une famille. Réduire le coût de la vie est un élément clé de ce projet.
    C'est un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de ma circonscription, Davenport, au sujet de cette motion de l'opposition sur l'abordabilité et la tarification de la pollution.
    Je me ferai maintenant un plaisir de répondre aux questions.

  (1530)  

    Monsieur le Président, il y a deux ans cette semaine, la députée de Davenport déclarait que la taxe sur le carbone n'avait absolument aucune incidence sur les recettes pour le gouvernement. Pourtant, dans les comptes publics, Finances Canada a mentionné que, rien que l'année dernière, 670 millions de dollars ont été conservés par le gouvernement et n'ont pas été redistribués. Selon les comptes publics d'il y a quelques années, 100 millions de dollars ont été conservés pour financer des programmes du gouvernement.
    Je me demande si la députée aimerait revenir sur sa déclaration d'il y a deux ans et présenter la réalité des faits concernant la nature de la taxe sur le carbone, qui n'est pas sans incidence sur les recettes.
    Monsieur le Président, les changements climatiques sont bien réels. Nous devons prendre toutes les mesures possibles pour faire la transition vers un avenir et une économie à faibles émissions de carbone. Le moyen le plus efficace et le plus abordable d'y parvenir consiste à tarifer la pollution, ou à instaurer ce qu'on appelle également une taxe sur le carbone. Le gouvernement n'empoche aucun sou. Il redonne tout l'argent perçu aux Canadiens, aux petites entreprises et aux agriculteurs. Voilà ce que nous faisons.
    Monsieur le Président, je pense aux personnes handicapées. Ces dernières ne reçoivent toujours pas la prestation canadienne pour les personnes handicapées. Pourtant, elles ont des besoins criants en matière de logement et ont du mal à composer avec la hausse des loyers et du prix des aliments.
    Selon la députée, pourquoi le gouvernement tarde-t-il à instaurer la prestation canadienne pour les personnes handicapées et pourquoi refuse-t-il d'imposer les profits excessifs des grandes sociétés qui s'enrichissent à profusion tandis que les personnes handicapées souffrent?
    Monsieur le Président, dans ma circonscription, Davenport, la population est très favorable à la prestation canadienne pour les personnes handicapées. Le budget de 2024 sera présenté à la Chambre le 16 avril et j'espère qu'il contiendra de bonnes nouvelles au sujet de la prestation canadienne pour les personnes handicapées.
    D'ici là, à partir du 1er avril, grâce à la Remise canadienne sur le carbone, une famille de quatre recevra 1 800 $ en Alberta, 1 200 $ au Manitoba, 1 120 $ en Ontario, 1 500 $ en Saskatchewan, 760 $ au Nouveau‑Brunswick, 824 $ en Nouvelle‑Écosse, 880 $ à l'Île‑du‑Prince‑Édouard et 1 192 $ à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Huit Canadiens sur dix recevront plus grâce à la remise que ce qu'ils ont payé au titre de la tarification de la pollution. Nous devons continuer de soutenir les Canadiens alors que nous nous dirigeons vers un avenir à faibles émissions de carbone.
    Monsieur le Président, je suis encouragé par la réponse que vient de donner la députée de Davenport. J'espère qu'elle continuera de demander au gouvernement de financer la prestation canadienne pour les personnes handicapées dans le budget de 2024.
    En ce qui concerne la motion à l'étude et le discours que nous venons d'entendre, je suis encouragé par le fait qu'elle dise être consciente des impacts de la crise climatique, mais je suis découragé par le fait qu'elle qualifie les investissements dans le stockage du carbone de responsables. Elle et bien d'autres doivent comprendre que c'est un choix irresponsable. C'est une nouvelle façon de subventionner l'industrie du pétrole et du gaz et de lui verser des milliards de dollars. En outre, c'est une solution qui, la plupart du temps, génère plus d'émissions que ce qu'elle capt