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View Randall Garrison Profile
NDP (BC)
Madam Chair, this government has had five years to introduce legislation to eliminate mandatory minimum sentences, one of the key factors in the systemic racism that has produced a corrections system in which 30% of those imprisoned are indigenous. Now repeated instances of violence against indigenous and Black Canadians have resulted in rightful outrage across Canada, and a call from the Parliamentary Black Caucus for action to transform policing and reform the justice system, including eliminating mandatory minimums.
Here's where the story takes a strange turn. Apparently, 26 out of 36 cabinet ministers signed on to the Black Caucus letter. That's two-thirds of the cabinet, including the deputy prime minister and the justice minister, all of them signing as if they haven't been the government for the last five years and have no responsibility for the failure to eliminate mandatory minimum sentences.
Instead of just another expression of good intentions, why aren't we seeing legislation being introduced in this House today to eliminate mandatory minimum sentences?
Madame la présidente, le gouvernement a eu cinq ans pour présenter un projet de loi visant à éliminer les peines minimales obligatoires, l’un des principaux facteurs du racisme systémique, à cause duquel 30 % des détenus sont autochtones au sein de notre système correctionnel. Des cas répétés de violence contre les Canadiens autochtones et noirs ont soulevé à juste titre un tollé partout au Canada, et le Caucus canadien des parlementaires noirs a demandé que des mesures soient prises pour transformer les services de police et réformer le système de justice, y compris l’élimination des peines minimales obligatoires.
C’est ici que cette histoire prend une tournure étrange. Apparemment, 26 des 36 ministres du Cabinet ont signé la lettre du Caucus des parlementaires noirs. Cela représente les deux tiers du Cabinet, y compris la vice-première ministre et le ministre de la Justice, qui signent tous comme s’ils n’avaient pas été au pouvoir au cours des cinq dernières années et n’avaient aucune responsabilité relativement à l'échec de l’élimination des peines minimales obligatoires.
Au lieu de se contenter encore de vœux pieux, pourquoi le gouvernement n’a-t-il toujours pas présenté à la Chambre un projet de loi visant à éliminer les peines minimales obligatoires?
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Lib. (QC)
Madam Chair, I thank the honourable member for his commitment to this issue.
Our government is committed to advancing sentencing reform that will stand the test of time. We will continue to work with our provincial and territorial partners and all actors in the criminal justice system, as well as taking advice from our courts and listening to all Canadians.
I can assure the honourable member that we're committed to achieving a modern and efficient criminal justice system that addresses the overrepresentation of indigenous peoples. Minimum mandatory penalties are one subject for investigation we are looking at. Black, racialized and marginalized Canadians need to be assured that the system will not be systemically racist in their interactions with the system. We know that this systemic racism exists within the system and we are working to fix it.
Madame la présidente, je remercie le député de son engagement dans ce dossier.
Notre gouvernement est déterminé à faire progresser une réforme durable de la détermination de la peine. Nous continuerons de collaborer avec nos partenaires provinciaux et territoriaux et avec tous les intervenants du système de justice pénale, de suivre les conseils de nos tribunaux et d’écouter tous les Canadiens.
Je tiens à dire à mon collègue que nous sommes déterminés à mettre en place un système de justice pénale moderne et efficace qui s’attaque à la surreprésentation des Autochtones. Les peines minimales obligatoires constituent l’un des aspects sur lesquels nous nous penchons. Les Canadiens noirs, racialisés et marginalisés peuvent avoir l’assurance qu'ils ne seront pas confrontés au racisme systémique dans le cadre de leurs interactions avec le système de justice. Nous savons que ce racisme existe au sein du système et nous travaillons à y remédier.
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NDP (BC)
Thank you, Madam Chair.
I'm not doubting the minister's sincerity. I'm doubting this government's commitment to getting the job done.
In 2015, the Truth and Reconciliation Commission called for an end to mandatory minimums. Fast-forward a few years to 2019, and the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls called for the elimination of mandatory minimums. Again the government promised to act, but here we are a year later with no action plan in place for the inquiry's calls to justice.
Again, when can we expect to see legislation before the House to eliminate mandatory minimums?
Merci, madame la présidente.
Je ne mets pas en doute la sincérité du ministre. C'est plutôt l’engagement du gouvernement qui est à l'origine de mon scepticisme.
En 2015, la Commission de vérité et réconciliation a demandé l’abolition des peines minimales obligatoires. Quelques années plus tard, en 2019, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a demandé l’élimination des peines minimales obligatoires. Encore une fois, le gouvernement a promis d’agir, mais, un an plus tard, aucun plan d’action n’a été mis en place pour répondre aux appels à la justice issus de l’enquête.
Je vous le redemande, quand pouvons-nous nous attendre à ce que la Chambre soit saisie d’un projet de loi visant à éliminer les peines minimales obligatoires?
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Lib. (QC)
Madam Chair, once again I thank the honourable member for his very legitimate concern here.
We're looking at a variety of different sentencing reform provisions. One subject matter in what we are looking at includes mandatory minimum reform.
Madame la présidente, encore une fois, je remercie le député de ses préoccupations très légitimes.
Nous examinons diverses dispositions de réforme de la détermination de la peine. La réforme des peines minimales obligatoires est l'un des sujets à l'étude.
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View Jody Wilson-Raybould Profile
Ind. (BC)
Thank you.
When I was in the government, and as a minister, I learned the term “red meat” issues. I understand these issues to be ones that challenge societal norms, that are not politically expedient to address because they can lose you votes, even though addressing them is morally right and a smart thing to do. Mostly these are issues addressing inequality and the most marginalized in our society.
In the justice system, examples include mandatory minimum penalties, defunding police, and even investing in restorative justice. Red-meat issues often become defining issues for society and for governments as the world changes. Surely now these issues are politically less of a consideration than the tragic reality of even more slain indigenous Canadians at the hands of police, or thousands of indigenous people still incarcerated or living in poverty.
Will this government please finally commit to the necessary work originally promised in 2015 and repeal in the justice system the vast majority of mandatory minimum penalties, assuring the necessary discretion for judges, and meaningfully invest in restorative justice measures?
Merci.
Lorsque je faisais partie du gouvernement et que j'étais ministre, j'ai appris qu'il y avait certains enjeux plutôt délicats qui bouleversent les normes sociétales et auxquels il n'est pas politiquement rentable de s'attaquer en raison du risque de perdre des votes, même si ce serait la bonne chose à faire du point de vue moral. Il s'agit la plupart du temps de problèmes liés aux inégalités et aux citoyens les plus marginalisés de notre société.
On pourrait citer par exemple au sein du système judiciaire les peines minimales obligatoires, la diminution du financement des services policiers et même les investissements dans la justice réparatrice. Ces différents enjeux deviennent souvent ceux qui définissent notre société et nos gouvernements au fil de l'évolution du monde. Il est bien certain que ces questions doivent actuellement laisser l'avant-scène politique à la tragique réalité qui voit encore davantage d'Autochtones canadiens mourir aux mains de la police et des milliers d'entre eux continuer à vivre derrière les barreaux ou dans la pauvreté.
Le gouvernement peut-il enfin s'engager à prendre les mesures nécessaires promises en 2015 et à supprimer la vaste majorité des peines minimales obligatoires de manière à laisser aux juges une marge discrétionnaire suffisante, et à consentir des investissements significatifs en matière de justice réparatrice?
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Lib. (QC)
Madame Chair, I thank the honourable member for her question, as well as for her work as Minister of Justice, and indeed my predecessor.
This is an important time. This is a time when we recognize systemic racism. This is a time when we recognize systemic over-incarceration of indigenous peoples, of black peoples, in our criminal justice system. This is a time when we need to look at all potential options to reduce what is a shameful overrepresentation in our criminal justice system. Too often racialized peoples and indigenous peoples have experienced prejudice and systemic discrimination in our justice system, and that has to change.
Madame la présidente, je remercie l'honorable députée pour sa question de même que pour son travail à titre de ministre de la Justice, le poste que j'occupe maintenant.
Nous vivons actuellement des moments cruciaux. Nous reconnaissons maintenant que le racisme systémique existe bel et bien. Nous reconnaissons également qu'il y a un problème systémique de surreprésentation des Autochtones et des personnes de race noire au sein de notre système de justice pénale et dans nos établissements pénitentiaires. Le moment est venu pour nous d'examiner toutes les options pour réduire la scandaleuse surreprésentation de ces groupes dans le contexte de ce système où ils ont trop souvent été victimes d'injustices et de discrimination systémique. Il faut que ça change.
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View Jody Wilson-Raybould Profile
Ind. (BC)
This government has stated numerous times that it is committed to advancing sentencing reform that will “stand the test of time”. It also states it is “committed to...[addressing] the tragic problem of overrepresentation of indigenous peoples and marginalized Canadians while holding offenders to account and protecting victims.”
I think most members in this House would agree that the time for empty promises is over and that action is required. Evidence clearly shows that mandatory minimum penalties are a big part of the problem and not smart justice policy. There has been enough study and too much delay due to political expediency.
When will the government confirm that it will repeal mandatory minimum penalties for all but the most serious offences?
Ce gouvernement a réitéré à maintes reprises son engagement à faire progresser la réforme de la détermination de la peine qui « résistera à l'épreuve du temps ». Il affirme également sa détermination à s'attaquer au problème tragique de la surreprésentation des Autochtones et des Canadiens marginalisés, tout en obligeant les contrevenants à répondre de leurs actes et en protégeant les victimes.
La plupart des députés de la Chambre conviendront certainement que le temps des promesses creuses est terminé et qu'il faut agir. Les faits montrent clairement que les peines minimales obligatoires sont au cœur du problème et qu'il ne s'agit pas d'une politique judiciaire éclairée. Il y a eu suffisamment d'études menées et trop de retards causés par l'opportunisme politique.
Quand le gouvernement confirmera-t-il qu'il abrogera les peines minimales obligatoires pour toutes les infractions, sauf les plus graves?
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View David Lametti Profile
Lib. (QC)
We, as always, are very concerned with the tragedy, if you will, Madam Chair, of overrepresentation of indigenous peoples in our criminal justice system and in incarceration. We have described it as a “national shame”, so we understand that. We are working on a number of different fronts in order to reduce that. Those include continually looking at the Criminal Code and seeing where reform is possible, and that includes sentencing reform.
Madame la présidente, si vous le permettez, nous avons toujours été vivement préoccupés par cette tragédie de la surreprésentation des Autochtones dans notre système de justice criminelle et dans nos prisons. Nous avons qualifié ce problème de « honte nationale », alors nous comprenons cela. Nous travaillons sur différents fronts pour réduire ces taux. Par exemple, nous révisons constamment le Code criminel pour voir s'il est possible de faire des réformes, notamment en ce qui concerne la détermination de la peine.
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View Linda Lapointe Profile
Lib. (QC)
Welcome to the 21st meeting of the Subcommittee on Private Members' Business of the Standing Committee on Procedure and House Affairs on the determination of non-votable items pursuant to Standing Order 91.1(1).
Mr. Graham, Ms. Kusie and Ms. Trudel, welcome. You have the list before you. Are there any comments? Do you want us to study them one by one?
Je vous souhaite la bienvenue à la 21e réunion du Sous-comité des affaires émanant des députés du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre sur la détermination des affaires non votables, conformément à l'article 91.1(1) du Règlement.
Monsieur Graham, mesdames Kusie et Trudel, soyez les bienvenus. Vous avez la liste devant vous. Y a-t-il des commentaires? Voulez-vous que nous les étudiions un par un?
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Deepa Mattoo
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Deepa Mattoo
2018-09-26 19:05
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I'll repeat from where I left off.
Our clinic is unique in Canada. It's the only clinic that provides specialized services to women who have experienced violence. Since 1985, the clinic has provided legal representation, counselling, and language interpretation services to over 65,000 women. Over the years, we have experienced a steady increase in the number of women seeking assistance. In 2017, we served 4,700 women. Last year we saw an 84% increase, and we served 7,000 women.
We want to submit to the committee that, broadly speaking, the clinic welcomes proposed amendments to broaden the definition of “intimate partner” to include dating and former partners, as well as the amendments that reflect a desire to safeguard the interests of women.
At the same time, however, the clinic is concerned that some of these changes will place an undue burden on women who are subjected to criminal responses. With that in mind, we are proposing that the committee undertake an impact assessment to determine the impact of Bill C-75 on women. I will be focusing on four areas today to support that.
First, the proposed amendment fails to consider how increased penalties related to intimate partner violence can further criminalize women, and fails to consider the impact of mandatory charging policies related to intimate partner violence on racialized and immigrant women.
I will also be making submissions on amendments that could further impact the lack of agency that women generally experience in the criminal justice system.
The last point is that the government's objective of improving access to justice for marginalized, racialized and indigenous women with these amendments does not necessarily impact in the correct way the women who belong to these groups.
There are some other, additional changes that the bill is proposing that we are concerned about. We specifically want to make submissions around the bawdy house, indecent act and vagrancy provisions, as well as the prohibition on the provision of sexual services. We are requesting that the committee consider repealing this under this bill.
We are also concerned that lumping all summary conviction offences under serious criminality may increase barriers to access to justice and finding of inadmissibility under the Immigration and Refugee Protection Act. We find that the implications of that were not at all considered by the makers of this bill.
With regard to the mandatory charging policies, we all know that these policies came into being for better protection. However, what we have seen is that the application of these policies over the years has, in many cases, created a situation where when the police receive a call from an intimate partner violence situation, they are required to act. There is lack of discretion for the cops in these situations. In some cases, what we see is that the perpetrators, or the instigators, of the violence will use the threat or action of calling the police as a weapon against their victim. When this threat is acted on for a variety of reasons, including retaliation or control, the police are forced to charge the woman instead of the man, a woman who was either a blameless survivor—a victim—or who used physical force in self-defence. Abusers may misuse mandatory charging in order to further terrorize, punish, intimidate and control their partners.
This may have extremely negative consequences, including, but not limited to, cases where the children are left with the instigator while the person who is a survivor is removed. Bill C-75 fails to consider the experiences of the survivors of intimate partner violence who are not the primary aggressors. The bill similarly fails to consider history of experienced abuse in sentencing or bail considerations for this population. These omissions can have devastating consequences on women who are criminalized under the criminal justice system. In addition, most of these women are from racialized backgrounds, and I'll be addressing that next.
It is widely recognized that the criminal justice system disproportionately impacts marginalized, racialized and indigenous people. Women from these backgrounds who are charged with violence toward an intimate partner are more likely to face the full force of the penal law. Bill C-75 provides the means by which this can happen by increasing the maximum penalties for the repeat offender. Along with the specific provision that increases the incarceration ceiling for intimate partner violence, Bill C-75 also raises the maximum penalties for summary convictions from six months to two years. This means that racialized, marginalized and indigenous women facing these summary charges, who are more likely to face poverty, encounter further barriers to justice.
In addition to that, raising the maximum penalties from six months to two years means that, under section 802.1 of the Criminal Code, women from these particular backgrounds will not be able to rely on paralegals or law students for their representation. These agents are cost-effective alternatives to retaining a counsellor, and that will be denied to marginalized women. This raises a constitutional issue related to the right of a fair trial, access to justice and equality rights. These issues must be canvassed, and what we propose is that there should be an impact assessment, as suggested above, on the situation of women.
My last point is about the impact on the survivors of violence. Bill C-75 fails to consider how the increased penalty for intimate partner violence can enhance the lack of urgency that female complainants generally face in the justice system. A women experiencing violence, when she interacts with the justice system, may or may not be accessing these services without fully appreciating the outcome of this call that she's making. Once a charge is laid, a female complainant is more or less completely removed from the process. This is something that we also hear routinely from survivors of sexual assault and survivors of various kinds of intimate partner violence.
Although a woman may seek to have the charges removed for a variety of reasons, Crowns are often unwilling to consider these considerations. These reasons can include, but are not limited to, reliance on her partner for immigration status, economic and emotional support, and a desire not to be called as a witness.
This can result in women feeling powerless and patronized. This will further deteriorate the sense of powerlessness by increasing the legal jeopardy for abusers, which invariably impacts their lives with their intimate partners. Women who rely on their partners for economic security may be further impacted by the victim fine surcharge amendments. What we see, which could be an unintended consequence of the bill, is that, in many cases, requiring a fine for each offence can take significant assets out of the hands of women and children who are left economically vulnerable, further contributing to their sense of powerlessness.
I just want to say there are two additional points, as I submitted at the beginning, that this bill is kind of failing to do, so there are some great changes, as we've said, and we welcome those changes.
One of the biggest changes that we see that this bill is failing to amend is something that has been proposed by the Supreme Court of Canada. The Supreme Court of Canada acknowledged in Bedford that criminalization of—
Je vais répéter le passage où j'étais rendue.
Notre clinique est unique au Canada. Elle est la seule à fournir des services spécialisés aux femmes qui ont vécu de la violence. Depuis 1985, elle a offert des services de représentation juridique, de counselling et d'interprétation à plus de 65 000 femmes. Au fil des ans, nous avons connu une augmentation stable du nombre de femmes qui demandent de l'aide. En 2017, nous en avons servi 4 700. L'an dernier, nous avons observé une augmentation de 84 % et avons servi 7 000 femmes.
Nous voulons mentionner au Comité que, dans l'ensemble, la clinique accueille favorablement les modifications proposées dans le but d'élargir la définition du terme « partenaire intime » afin qu'elle englobe les partenaires amoureux actuels ou anciens, ainsi que les modifications qui reflètent le désir de protéger les intérêts des femmes.
En même temps, toutefois, la clinique craint que certaines de ces modifications imposent un fardeau excessif aux femmes qui sont soumises à la justice pénale. Dans cette optique, nous proposons au Comité d'entreprendre une évaluation des répercussions qu'aura le projet de loi C-75 sur les femmes. Aujourd'hui, je vais me concentrer sur quatre aspects à l'appui de cette proposition.
Tout d'abord, les modifications proposées ne tiennent pas compte de la façon dont les sanctions accrues relativement à la violence conjugale pourront criminaliser davantage les femmes, ni des conséquences des politiques de mise en accusation obligatoire relatives à la violence conjugale sur les femmes racialisées et immigrantes.
Je formulerai également des observations sur des modifications qui pourraient influer davantage sur l'impuissance que vivent généralement les femmes à l'intérieur du système de justice pénale.
Le dernier élément, c'est que les mesures prises par le gouvernement afin d'améliorer l'accès à la justice pour les femmes marginalisées, racialisées et autochtones grâce à ces modifications n'ont pas nécessairement l'effet voulu sur les femmes qui appartiennent à ces groupes.
D'autres modifications supplémentaires proposées dans le projet de loi nous préoccupent également. Nous voulons plus particulièrement formuler des observations concernant les dispositions relatives aux maisons de débauche, aux actions indécentes et au vagabondage, ainsi que l'interdiction de fournir des services sexuels. Nous demandons au Comité d'envisager de supprimer ces éléments du projet de loi.
Nous craignons que le fait de regrouper toutes les infractions punissables par voie de déclaration sommaire dans la catégorie de la grande criminalité augmente les obstacles à l'accès à la justice et le nombre de personnes interdites de territoire au titre de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Nous estimons que les auteurs du projet de loi n'ont pas du tout tenu compte de ces conséquences.
En ce qui concerne les politiques de mise en accusation obligatoire, nous savons tous qu'elles ont été créées afin d'améliorer la protection. Toutefois, ce que nous avons observé, c'est que leur application au fil des ans a donné lieu, dans bien des cas, à une situation où, quand les policiers reçoivent un appel d'un partenaire intime vivant une situation de violence, ils sont tenus d'agir. Ils n'ont pas de pouvoir discrétionnaire dans ces situations. Dans certains cas, ce que nous constatons, c'est que les agresseurs, ou les instigateurs de la violence, se servent de la menace d'un appel à la police comme arme contre leur victime. Une fois que cette menace est mise à exécution pour diverses raisons, notamment à des fins de représailles ou de contrôle, les policiers sont forcés d'accuser la femme au lieu de l'homme, une femme qui était soit une survivante n'ayant rien à se reprocher — une victime —, soit une personne qui a eu recours à la force physique pour se défendre. Les agresseurs pourraient utiliser à mauvais escient les dispositions relatives à la mise en accusation obligatoire dans le but de terroriser, de punir, d'intimider et de contrôler davantage leur partenaire.
Cette possibilité pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives, notamment dans des cas où les enfants sont laissés avec l'instigateur, alors que la victime est retirée du milieu. Le projet de loi C-75 ne tient pas compte de l'expérience des survivants de violence conjugale qui ne sont pas le principal agresseur. Dans le même ordre d'idées, il ne prévoit pas l'examen des antécédents de violence vécue dans la détermination de la peine ou dans l'établissement des conditions de mise en liberté sous caution pour cette population. Ces omissions peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur les femmes qui sont criminalisées sous le régime du système de justice pénale. De surcroît, la plupart de ces femmes proviennent de milieux racialisés, et il s'agit de la prochaine question que j'aborderai.
Il est généralement reconnu que le système de justice pénale a des conséquences disproportionnées sur les personnes marginalisées, racialisées et autochtones. Les femmes de ces milieux qui sont accusées de violence envers un partenaire intime sont plus susceptibles de se faire imposer les peines les plus sévères. Le projet de loi C-75 permettra à cette situation de se produire, puisqu'il augmente les peines maximales pour les récidivistes. En plus de contenir une disposition particulière qui hausse le plafond d'incarcération dans les cas de violence conjugale, le projet de loi augmente également les peines maximales pour les personnes déclarées coupables par procédure sommaire en faisant passer la durée de six mois à deux ans. Cela signifie que les femmes racialisées, marginalisées et autochtones accusées d'infractions punissables par procédure sommaire, qui sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté, sont confrontées à davantage d'obstacles à la justice.
En plus de ces obstacles, l'augmentation des peines maximales — qui passent de six mois à deux ans — suppose que, sous le régime de l'article 802.1 du Code criminel, les femmes provenant de ces milieux particuliers ne pourront pas compter sur des techniciens juridiques ou des étudiants en droit pour les représenter. L'embauche de ces agents est une solution de rechange rentable au fait de retenir les services d'un avocat, mais les femmes marginalisées en seront privées. Voilà qui soulève un problème constitutionnel relativement aux droits à un procès équitable, à l'accès à la justice et aux droits à l'égalité. Ces problèmes doivent être étudiés, et nous proposons, comme nous l'avons fait plus tôt, qu'une évaluation des conséquences sur la situation des femmes soit effectuée.
Mon dernier argument concerne les conséquences sur les survivantes d'actes de violence. Le projet de loi C-75 ne tient pas compte du fait que l'augmentation des peines pour violence conjugale peut exacerber le manque d’empressement auquel les plaignantes font généralement face dans le système de justice. Lorsqu’une femme qui a été victime de violence interagit avec le système de justice, il est possible qu'elle ait accès à ces services sans comprendre pleinement le résultat de l’appel qu’elle est en train de faire. Une fois qu’une accusation est déposée, les plaignantes sont plus ou moins complètement retirées du processus. C’est quelque chose que les survivantes d’agression sexuelle et de divers types de violence conjugale nous disent également couramment.
Même si une femme pourrait demander que les accusations soient retirées pour diverses raisons, les procureurs de la Couronne ne sont souvent pas disposés à tenir compte de ces considérations. La raison de ces demandes pourrait être, notamment, que la femme dépend de son partenaire pour obtenir un statut d'immigration, un soutien économique et émotionnel ou le fait qu'elle ne souhaite pas être appelée à témoigner.
En conséquence, les femmes peuvent se sentir impuissantes et traitées avec condescendance. Cette situation aggrave davantage le sentiment d’impuissance, du fait qu’elle augmente les risques juridiques pour les agresseurs, ce qui a inévitablement une incidence sur leur vie avec leur partenaire intime. Les femmes qui dépendent de leur partenaire pour leur sécurité économique pourraient être touchées davantage par les modifications apportées à la suramende compensatoire. Ce que nous constatons, qui pourrait être une conséquence imprévue du projet de loi, c’est que, dans bien des cas, l’imposition d’une amende pour chaque infraction peut grandement pénaliser les femmes et les enfants sur le plan financier, et ceux-ci sont laissés dans une situation de vulnérabilité économique, ce qui contribue encore plus à leur sentiment d’impuissance.
Je veux seulement dire qu'il y a deux autres choses — comme je l'ai mentionné au début — que le projet de loi omet en quelque sorte de faire, mais il contient d'excellentes modifications — comme nous l'avons dit —, et nous les accueillons favorablement.
L'un des éléments les plus importants qui, nous le constatons, ne sont pas abordés dans le projet de loi, c'est quelque chose qui a été proposé par la Cour suprême du Canada. Dans l'arrêt Bedford, elle a reconnu que la criminalisation des...
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Joel Hechter
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Joel Hechter
2018-09-25 18:15
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Thank you.
Thanks for inviting me to make these submissions.
These days, it can sometimes feel a bit like the world's going to hell in a handbasket and there's nothing you can do about it. I suspect each of you ran for office because you wanted to do something about it. You want to make things better for your families, just like I do. I'd be a terrible politician, but as a lawyer and a father, I'm here to try to help so that the Canada my son grows up in has the best possible system of criminal justice.
Because I have only a few minutes to address you in these opening submissions, please forgive my bluntness. There are a few good measures in Bill C-75, but much of it, from where I sit, appears arbitrary. I'm very concerned that if it passes in anything close to its current form, it will do far more harm than good, which is really too bad.
In respect of the consultation that's taken place, I have been looking at some of the evidence you guys have already heard, and I've read some of the briefs that have been submitted to the committee. Had this been the process before the bill was tabled, I suspect it would have come out quite differently. The government would have had the benefit of thoughtful submissions from criminal lawyers who spend every day dealing with these issues. Now that it has passed second reading, however, the government has poured a lot of political capital into it, and I worry that despite your commitment to do what is right, what I'm about to say may fall on deaf ears.
My principal recommendation is this: Don't rush this.
When you step back and take a look at this bill from a distance, a pattern emerges. Bill C-75 gives greater discretion to police officers and Crown prosecutors, restricts the discretion available to accused persons and their representatives, and fails to restore the discretion that was taken away from judges by the Harper mandatory minimums.
On that last point, we all know that Senator Kim Pate managed to draft what I think is a fairly simple fix to the mandatory minimums several months ago in Bill S-251. You take out the preamble and the explanatory notes, and that bill's three pages long, including both official languages. It's simple, elegant, drafted to stand the test of time. As you know, a week later, your colleague Sheri Benson, NDP member for Saskatoon West, proposed a similar solution with Bill C-407.
I was really disappointed to see that after nearly three years of studying this issue the government has not tabled anything in this bill to deal with those mandatory minimums. I say this with a bit of sadness, but also with respect. I submit that the government's actions may speak louder than the words they're using to describe this bill. What does this action, this Bill C-75, say? It says that a lot of trust is being reposed in police officers and Crowns, which in certain circumstances is perfectly reasonable.
But let's look at what that actually means. If the bill passes in its current form, officers will have a lot more discretion for dealing with breaches, for example. Permitting officers to give evidence in writing, which Mr. Sewell was just talking about, maybe without even being cross-examined is a breathtaking expression of trust. For their part, Crowns are going to be entrusted to decide what procedural protections are available to accused persons in a much wider scope of cases.
I'm not pulling this trust thing out of thin air. As parliamentary secretary, Mr. Mendicino, who is no longer part of this committee but was until recently, made it clear in the House that Bill C-75 is meant to increase the Crown's ability to exercise informed discretion on a case-by-case basis. That's one big reason why the government is hybridizing so many more offences.
He said this shortly after suggesting in the House of Commons on the same day—and this was June 5, 2018, in response to a question from Elizabeth May about routine police evidence—that defence counsels suffer from bad judgment and quibble over immaterial things.
Now, don't get me wrong. I'm not saying that Crown discretion is a bad thing. We know that Crown discretion is a key part of a properly functioning judicial system, of a criminal justice system. But as the Supreme Court made clear in a case called Bain back in 1992, basic rights cannot depend on the continuous exemplary conduct of the Crown. That case, interestingly enough, was about peremptory challenges and stand-asides. At the time, the Crown had significantly more opportunities to affect jury composition than the defence. The Supreme Court said that this was inconsistent with subsection 11(d) of the charter.
By contrast to all that additional discretion granted to agents of the state, Bill C-75 takes away from my colleagues and me basic tools that we use to ensure that justice is done fairly. Our role as a check against abuse is significantly constrained. To be clear, abuse does sometimes happen. That's why in my brief, which I know you all got this morning and so you may not have had a chance to read it, I recommend enacting a criminal provision prohibiting non-disclosure.
The justifications for this bill that I see in Hansard don't make a lot of sense in a free and democratic society. Take this idea of sparing witnesses from having to testify twice. If you take that to its logical conclusion, complainants would be spared even more if we moved straight from arrest to conviction without the need for a trial. We'd also save a lot of time and a lot of money, but that's not what a fair system of criminal justice does.
If we look south of the border, the United States Supreme Court talked about the need to ensure the integrity of the fact-finding process through things like appropriate cross-examination. This is from a case, Coy v. Iowa, from 1988 in the Supreme Court. It said that while the process “may, unfortunately, upset the truthful rape victim or abused child...by the same token it may [also] confound and undo the false accuser, or reveal the child coached by a malevolent adult.” The court concludes that passage by saying, “It is a truism that constitutional protections have costs.”
Our system of criminal justice is not exactly the same as the Americans', nor should it be, but that case says something universal. We don't have trials because they're convenient. They're not. Nor are they generally much fun for the people involved. They can be expensive and in rare cases they can take a long time.
I can assure you, despite what you may have heard, that the defence bar is not complacent about that. The overwhelming majority of accused persons want the whole process over as quickly as possible, but not at the cost of injustice.
While cases with a preliminary inquiry often do take longer than those without, that's no reason to abolish most preliminary inquiries. It's simply a reflection of the fact that more complex cases tend to be the ones that require prelims to ensure that the subsequent trial is fair. Every Canadian accused of a crime, not just those facing a life sentence, rightly expects to have a fair trial.
Perfection is always going to be unattainable, but procedures that support fair trials are critical to preventing wrongful convictions. In many Canadian criminal cases, a well-conducted prelim is what makes the subsequent trial fair. Cross-examination as a right is a cornerstone of fairness in free and democratic societies around the world, so I urge you to carefully consider the consequences of passing Bill C-75 as is. It will take years of expensive litigation to undo the damage, during which time a number of innocent people will almost certainly lose liberty as a direct result of the bill. Fix it now and you can prevent that.
Thank you.
Je vous remercie.
Merci de m'avoir invité à vous faire part de mes propositions.
De nos jours, on a parfois l'impression que le monde court à sa perte et qu'on ne peut rien faire pour l'en empêcher. Je suppose que vous avez tous décidé de faire de la politique pour améliorer les choses. Vous voulez améliorer la situation de vos familles, tout comme moi. Je serais un piètre politicien, mais en tant qu'avocat et père de famille, je suis ici pour faire en sorte que mon fils grandisse dans un Canada doté du meilleur système de justice pénale possible.
Comme je n'ai que quelques minutes pour vous faire part de mes propositions, veuillez me pardonner si je vais direct au but. Le projet de loi C-75 contient quelques bonnes mesures, mais de mon point de vue, une bonne partie d'entre elles me semblent arbitraires. Je suis très inquiet à l'idée qu'il soit adopté dans sa forme actuelle, car il fera beaucoup plus de mal que de bien, ce qui serait vraiment dommage.
Aux fins de cette consultation, j'ai pris connaissance d'une partie des témoignages que vous avez entendus ici et lu une partie des mémoires qui vous ont été adressés. Si vous aviez tenu cette consultation avant le dépôt du projet de loi, je pense que son contenu aurait été fort différent. Le gouvernement aurait pu s'appuyer sur des mémoires sérieux présentés par des avocats criminalistes qui composent quotidiennement avec ces questions. Depuis l'adoption de ce projet de loi en deuxième lecture, le gouvernement y a investi une bonne dose de capital politique et, malgré votre engagement à faire ce qui est bien, j'ai bien peur que vous fassiez la sourde oreille à ce que je vais vous dire.
Ma principale recommandation est la suivante: ne précipitez pas les choses.
Quand vous examinez ce projet de loi avec un peu de recul, vous voyez émerger une tendance. Le projet de loi C-75 confère plus de latitude aux agents de police et aux procureurs de la Couronne, il restreint la marge de manoeuvre des accusés et de leurs représentants, sans redonner aux juges le pouvoir discrétionnaire qui leur a été retiré lors de la réforme des peines minimales obligatoires par le gouvernement Harper.
Sur ce dernier point, nous savons tous qu'il y a plusieurs mois, la sénatrice Kim Pate a proposé, dans le projet de loi S-251, une solution qui me paraît assez simple pour régler le problème des peines minimales obligatoires. Si vous supprimez le préambule et les notes explicatives, ce projet ne fait que trois pages, dans les deux langues officielles. Il est simple, élégant et rédigé de manière à résister à l'épreuve du temps. Comme vous le savez, une semaine plus tard, votre collègue Sheri Benson, députée néo-démocrate de Saskatoon-Ouest, a proposé une solution similaire au moyen du projet de loi C-407.
Je suis vraiment déçu de voir qu'après trois ans à étudier cette question, le gouvernement ne propose rien dans ce projet de loi pour régler le problème des peines minimales obligatoires. Je le dis avec une certaine tristesse, mais aussi avec respect. Je pense que les actes du gouvernement sont probablement plus éloquents que les mots qu’il utilise pour décrire ce projet de loi. Que dit exactement ce projet de loi C-75? Il dit que le gouvernement place une grande confiance dans les agents de police et les procureurs de la Couronne, ce qui est tout à fait raisonnable dans certaines circonstances.
Mais voyons ce que cela signifie exactement. Si le projet de loi est adopté dans sa forme actuelle, les agents de police auront beaucoup plus de latitude pour traiter les infractions, par exemple. Les autoriser à témoigner par écrit, comme vient de le dire M. Sewell, sans être soumis à un contre-interrogatoire, est une preuve de confiance incroyable. Les procureurs de la Couronne, de leur côté, auront la tâche de déterminer les protections procédurales qui seront offertes aux accusés dans une gamme plus large de cas.
Cette question de confiance ne sort pas du néant. En tant que secrétaire parlementaire, M. Mendicino , qui était jusqu'à récemment membre de votre comité, a clairement fait savoir à la Chambre que le projet de loi C-75 vise à accroître la capacité de la Couronne à exercer son jugement éclairé au cas par cas. C'est l'une des principales raisons pour laquelle le gouvernement procède à l'hybridation d'un si grand nombre d'infractions.
C'est ce qu'il a affirmé peu après avoir laissé entendre, le même jour à la Chambre des communes — c'était le 5 juin 2018, en réponse à une question de Mme Elizabeth May sur les éléments de preuve de routine présentés par des policiers —, que les avocats de la défense exercent un mauvais jugement et se chicanent sur des détails sans importance.
Comprenez-moi bien. Je ne dis pas que le pouvoir discrétionnaire de la Couronne est une mauvaise chose. Nous savons que c'est un élément essentiel de tout système judiciaire qui fonctionne bien, de tout système de justice pénale. Or, comme la Cour suprême l'a clairement affirmé dans l'affaire Bain, en 1992, la protection des droits fondamentaux ne doit pas reposer sur la confiance à l'égard du comportement exemplaire permanent de la Couronne. Il est intéressant de noter que cette affaire portait sur des récusations péremptoires et la mise à l'écart de jurés. À l’époque, la Couronne avait beaucoup plus d'influence sur la composition du jury que la défense. La Cour suprême a statué que cela était contraire à l’alinéa 11d) de la Charte.
Par contraste avec tous ces nouveaux pouvoirs discrétionnaires conférés aux agents de l’État, le projet de loi C-75 prive mes collègues et moi-même des outils de base que nous utilisons pour nous assurer que justice est rendue équitablement. Notre rôle de contrepoids aux abus est considérablement restreint. Soyons clairs, des abus, il y en a parfois. C'est pourquoi je recommande dans mon mémoire, que vous avez tous reçu ce matin, mais que vous n'avez peut-être pas encore eu le temps de lire, d'établir une infraction criminelle pour non-communication de la preuve.
Les motifs justifiant ce projet de loi énoncés dans le hansard n'ont pas beaucoup de sens dans une société libre et démocratique. Prenez l'idée d'éviter aux témoins de témoigner deux fois. Si vous allez au bout de ce raisonnement, il serait possible de mieux épargner les plaignants si nous passions directement de l’arrestation à la déclaration de culpabilité, sans tenir de procès. Cela permettrait d'économiser beaucoup de temps et d'argent, mais ce n'est pas là le rôle d'un système de justice équitable.
Chez nos voisins du Sud, la Cour suprême des États-Unis a évoqué la nécessité de garantir l'intégrité du processus d'établissement des faits au moyen notamment d'un contre-interrogatoire efficace. Dans sa décision dans l'affaire Coy c. Iowa, rendue en 1988, la Cour affirme que même si le processus peut malheureusement choquer la victime sincère d'un viol ou un enfant maltraité..., il peut aussi confondre et mettre à jour le faux accusateur ou révéler qu’un enfant est sous l'emprise d'un adulte malveillant. Le tribunal conclut en disant que c'est une lapalissade d'affirmer que les protections constitutionnelles ont un coût.
Notre système de justice criminelle n'est pas tout à fait similaire à celui des Américains et ne devrait pas l'être, mais la question soulevée dans cette cause est universelle. Nous ne décidons pas d'instruire des procès parce que c'est une solution pratique. Ce n'est pas vrai. Et ce n'est pas non plus une partie de plaisir pour les gens qui y participent. Les procès peuvent être coûteux et, dans de rares cas, ils peuvent être très longs.
Malgré ce que vous avez pu entendre, je vous assure que les avocats de la défense ne sont pas complaisants à cet égard. La vaste majorité des personnes inculpées souhaitent que le processus soit le plus rapide possible, mais pas au prix d'une injustice.
Les cas nécessitant une enquête préliminaire sont souvent plus longs à régler que les autres, mais ce n'est pas une raison pour abolir la plupart des enquêtes préliminaires. Cela veut tout simplement dire que les affaires plus complexes ont tendance à nécessiter des examens préalables pour s’assurer que le procès subséquent est équitable. Tous les Canadiens accusés d'un délit, pas seulement ceux qui sont condamnés à une peine d'emprisonnement à perpétuité, s'attendent à juste titre à avoir un procès équitable.
La perfection sera toujours inaccessible, mais les procédures qui garantissent l'équité d'un procès sont essentielles pour prévenir toute condamnation injustifiée. Dans de nombreuses affaires criminelles au Canada, une enquête préliminaire bien menée sera un gage de procès équitable. Le droit à un contre-interrogatoire est la pierre angulaire de l'équité dans toutes les sociétés libres et démocratiques du monde. Je vous exhorte donc à examiner attentivement les conséquences de l'adoption du projet de loi C-75 dans sa forme actuelle. Il faudra des années de coûteux litiges pour réparer les dommages et, d'ici là, des personnes innocentes risquent d'être privées de leur liberté à cause de ce projet de loi. En le modifiant dès maintenant, vous pourrez éviter cette situation.
Je vous remercie.
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NDP (BC)
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2018-09-24 16:45
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Thank you, Mr. Fowler.
Ms. Dale, I just want to re-emphasize one of your initial anecdotes, because we've heard so frequently that the problem with preliminary inquiries for women in the case of sexual assault cases is that they are retraumatized by having to do it twice. I thought your suggestion was really powerful in the case that you were involved in where the accused was led to plead guilty and therefore the trial never happened. I want to thank you for giving us that illustration.
You also talked about delays and about a number of reasons that were given for delays. You suggested that mandatory minimum sentences was an important one, as well as self-represented litigants. Could you expand on that?
Merci, monsieur Fowler.
Madame Dale, j'aimerais juste insister de nouveau sur une de vos anecdotes du début, parce que nous avons entendu dire très souvent que, pour les femmes, le problème avec les enquêtes préliminaires, dans le cas des agressions sexuelles, c'est qu'elles sont de nouveau traumatisées parce qu'elles doivent répéter le processus. Je crois que votre suggestion était très évocatrice: dans le cas auquel vous avez participé, l'accusé a été invité à plaider coupable et, par conséquent, le procès n'a jamais eu lieu. Je tiens à vous remercier de nous avoir donné cet exemple.
Vous avez aussi parlé de retards et d'un certain nombre de raisons qui expliquent ces retards. Vous avez dit que les peines minimales obligatoires en étaient une importante, ainsi que les plaideurs non représentés. Pourriez-vous nous expliquer cela davantage?
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Laurelly Dale
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Laurelly Dale
2018-09-24 16:45
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As I noted, the research isn't exhaustive on that point. Particularly with regard to the self-represented litigants, I do know that there have been a number of studies to support the position that there should be more legal aid funding in the criminal justice system because it has been determined that self-represented litigants do add to court delays.
There's a reason we went to law school. We have this experience. It is a very complicated process, and having self-represented litigants who are trying to navigate it on their own causes significant delays in the system.
The mandatory minimum sentences reflect a lack of discretion with respect to the sentences that are imposed. Therefore, more of a need is created to determine the strengths and weaknesses at every available opportunity and for the clients to make full answer in defence, because if they are facing a mandatory minimum sentence, those consequences are extremely significant. Then, of course—
Comme je l'ai souligné, la recherche sur ce sujet n'est pas exhaustive. Tout particulièrement en ce qui concerne les plaideurs non représentés, je sais qu'un certain nombre d'études soutiennent l'avis selon lequel il devrait y avoir dans le système de justice pénale plus de fonds d'aide juridique, parce qu'il a été déterminé que les plaideurs non représentés exacerbent les retards dans les tribunaux.
Il y a une raison pour laquelle nous avons étudié à la faculté de droit. Nous avons cette expérience. C'est un processus très compliqué, et le fait d'avoir des plaideurs non représentés qui essaient de s'y attaquer seuls entraîne des retards importants dans le système.
Les peines minimales obligatoires reflètent une absence de pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne les peines qui sont imposées. Par conséquent, on crée davantage un besoin pour déterminer les forces et les faiblesses à la moindre occasion et pour que les clients puissent présenter une défense pleine et entière, parce que, s'ils font face à une peine minimale obligatoire, ces conséquences sont extrêmement graves. Puis, bien sûr...
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NDP (BC)
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2018-09-24 16:47
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Then there would be more trial time because people have nothing but a mandatory large sentence to face—
Puis cela voudrait dire plus de temps devant les tribunaux, parce que les gens font face à une peine obligatoire importante...
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NDP (BC)
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2018-09-24 16:47
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—and, therefore, there's no incentive to take the time-saving measures.
... et, par conséquent, rien ne nous incite à prendre des mesures qui permettent de gagner du temps.
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Laurelly Dale
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Laurelly Dale
2018-09-24 16:47
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Exactly, and the consequences are severe, reflecting penitentiary-length sentences, and of course that's a significant consideration.
Exactement, et les conséquences sont graves, c'est-à-dire des peines de deux ans ou plus, et, bien sûr, c'est une considération importante.
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NDP (BC)
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2018-09-19 20:34
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Thank you. That's fine.
Just for a moment, I would like to thank Ms. Leamon. It's nice to see you again. Thank you for coming.
I wanted to ask you another question that you didn't address: would you agree that addressing mandatory minimum sentences would significantly reduce court delay? Would it make a difference, perhaps more than the preliminaries? Do you have a thought on that?
Très bien, merci.
J'aimerais prendre un instant pour remercier Mme Leamon. Je suis ravi de vous revoir. Merci d'être ici.
Je vais vous poser une autre question sur un sujet que vous n'avez pas abordé: selon vous, pourrions-nous réduire considérablement les délais judiciaires en prenant des mesures à l'égard des peines minimales obligatoires? De telles mesures seraient-elles efficaces, peut-être même plus que les enquêtes préliminaires? Qu'en pensez-vous?
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Sarah Leamon
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Sarah Leamon
2018-09-19 20:34
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Absolutely, yes, it would, in my view. I know that the vast majority of my clients who are facing mandatory minimums are more likely to want to proceed to trial than to enter an early plea, because it deters them from doing so. Yes, getting rid of mandatory minimums or significantly reducing the number of mandatory minimums would have quite a tangible effect on delay.
Oui, absolument, selon moi. Je sais que la grande majorité de mes clients qui encourent une peine minimale obligatoire ont davantage tendance à vouloir subir un procès qu'à faire un plaidoyer précoce, car la peine minimale les décourage de faire un plaidoyer. Oui, éliminer les peines minimales obligatoires ou réduire considérablement le nombre de peines minimales obligatoires aurait une incidence réelle sur les délais.
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Kara Gillies
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Kara Gillies
2018-09-18 16:41
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Thank you so much.
Good afternoon and thank you for the opportunity to address you today.
The Canadian Alliance for Sex Work Law Reform is a coalition of 28 sex worker and allied organizations from across the country advocating for law reform that advances the rights and safety of people who sell or trade sex. Our member groups have expertise regarding the impact of criminal law on the lives and well-being of sex workers, so it's on those grounds that we submit our response to Bill C-75.
I'm going to be really frank and say that we are very disappointed and frustrated that the Criminal Code provisions targeting sex workers and their personal and work relations are not slated for repeal or meaningfully addressed in Bill C-75. The Liberal and NDP parties of Canada voiced staunch opposition to the Protection of Communities and Exploited Persons Act, or PCEPA, when it was introduced. In 2015, the justice minister declared that she was “definitely...committed to reviewing the prostitution laws”, yet this review has stalled.
This isn't just a matter of principle or a matter of promises unkept. Each day that passes, sex workers' rights, safety and dignity are violated through the individual and collective impact of laws prohibiting the communication for, purchase of, material benefit from, procuring of and advertising of commercial sexual services. We are past the time for review, and we need action.
We believe that excluding the repeal of PCEPA from Bill C-75 was a gross missed opportunity, given the overall alignment of many the bill's principles and elements with those of sex work law reform.
First, Bill C-75 rightly repeals several Criminal Code provisions ruled unconstitutional by Canadian courts. In 2013, the Supreme Court found in Bedford that several criminal prostitution laws caused harms that violated sex workers' charter right to security of the person. The subsequent Criminal Code provisions enacted by PCEPA replicate these harms, and their constitutionality is similarly impugned.
Second, Bill C-75 rightly repeals the offences of anal intercourse and abortion that targeted sexual or reproductive activities and autonomy and that disproportionately impacted LGBTQ2S communities and women respectively. Prohibitions on sex work activities similarly undermine the rights to liberty, autonomy and security of the person and disproportionately impact women, indigenous and migrant communities, and other marginalized groups.
Third, Bill C-75 correctly proposes to attend to the discriminatory treatment and overrepresentation of indigenous and marginalized peoples in the criminal justice system. Sex workers and/or personal and labour relations reflect the diversity and inequality of social locations in Canadian society. For many, sex work prohibitions represent the criminalization of their poverty and perpetuate the over-policing and over-incarceration of indigenous and black peoples.
Sex work laws continue to be employed and enforced in a racist and colonial manner. Indigenous women are over-policed and under-protected. Asian migrant workers are targeted for investigation and deportation, and young black men who happen to be boyfriends or associates of sex work workers are labelled and prosecuted as pimps.
We recognize that most of the PCEPA laws have been absented from Bill C-75 and thus cannot be repealed or otherwise altered through committee amendments. We note, however, that clause 111 reclassifies the material benefit offence as a hybrid offence and that clause 112 amends the sentencing provisions of the advertising offence. Because these two offences are addressed within the bill, if it's a procedural possibility, we strongly urge amending the bill to repeal these Criminal Code provisions in their entirety. By criminalizing the act of materially benefiting from another party's sex work, section 286.2 restricts sex workers' capacity to engage in supportive work relationships that enhance our safety and improve our work conditions. In fact, this provision reproduces the harms of the prior “living on the avails” offence that was struck down by Bedford for violating our section 7 charter rights.
Any proposition that the listed exceptions to the offence satisfy Bedford are false. All but one simply codifies jurisprudence that predates the Supreme Court's decision. Then there are exceptions to the exceptions, which further repress sex workers' autonomy and security. For example, paragraph 286.2(5)(e) prohibits a liability exception in the context of a commercial enterprise. This captures all escort agencies, massage parlours and any other sex work business that creates safe, structured indoor work environments.
While we appreciate that the exceptions may allow a worker to hire, say, a bodyguard or a receptionist, we are mindful that only a tiny number of highly privileged workers have the resources to do so. Instead, many of us seek out parlours and escort agencies because they offer services such as screening, secure venues and advertising without the upfront costs and overhead of independent work.
It is often the most marginalized and under-resourced workers, such as indigenous, poor, or migrant workers, who benefit from working for someone else. However, these same laws that prevent sex workers from ensuring our safety and rights are upheld, because we work for businesses, do so, ironically, because they effectively preclude us from accessing basic labour, occupational health and safety, or human rights protection. To make it worse, material benefits arising from the context of a commercial enterprise is considered an aggregating factor upon sentencing.
As with the former “living on the avails” provision, the material benefit sanction imposes an evidentiary presumption on anyone who lives with or is in the habitual company of a sex worker. In addition to reinforcing the false assumption that people, particularly women, who sell or trade sex can't be legitimate objects of affection, the threat of presumed criminality disrupts the security and autonomy of our personal relationships.
I will make a final comment on the material benefits offence. Although when we discuss it we typically describe it as benefiting from another party's sex work, the provision itself does not specify a third party benefit. Under the letter of the law, sex workers are ourselves captured in the material benefits provision. We are only granted immunity from prosecution via section 286.5. This is a clear illustration that PCEPA does indeed continue to construct those of us who sell or trade sex as criminal.
We therefore recommend that clause 111 of Bill C-75 be amended to call for the repeal of the material benefits provision, as a first step towards a more comprehensive sex work law reform.
Next I'm going to turn to Criminal Code section 286.4, which prohibits advertising paid sexual services. As with the prohibitions on communicating and purchasing, this provision undermines the safety benefits that sex workers derive from openly communicating terms and conditions with their clients, and establishing boundaries in advance of in-person contact.
Prohibiting advertising creates significant barriers to working indoors, which the evidentiary record in Bedford demonstrates is much safer than working on the street. Since the enactment of the advertising provision, many websites and newspapers will no longer publicize sex worker services. Those that do have often discontinued their virtual lounges that allowed workers to share safety and other valuable information with each other.
With these points in mind, we recommend that clause 112 of the bill be amended to call for the repeal of the Criminal Code section 286.4.
Continuing with the Criminal Code provisions addressed in the bill, we want to reiterate our opposition to Bill C-38 and Bill C-452, which is now incorporated into clause 389 of Bill C-75.
Bill C-452 introduced an evidentiary presumption that living with or being in the habitual company of an alleged trafficking victim is proof that the accused exercised control, direction or influence over the alleged victim's movements for the purposes of exploitation. Given the ongoing conflation of third party involvement with sex work and trafficking, we are concerned that, as with the reverse onus provision for material benefit, this presumption will further alienate sex workers from police and social services, as we continue to actively avoid implicating our colleagues and loved ones as traffickers.
We do support the bill's removal of consecutive mandatory minimum sentences for trafficking offences. However, like others who have responded to Bill C-75, we are perplexed as to why mandatory minimums have not been repealed across the board.
Other Criminal Code offences that are insufficiently addressed in the bill are the bawdy house, indecent acts and vagrancy sections. These have traditionally been used to condemn individuals and communities based on their sexual activities, relationships and identities, including people who sell or trade sex. The Prime Minister's 2017 apology to LGBTQ2S people should be buttressed by the repeal of these sanctions.
The alliance doesn't have a current position on the bill's Criminal Code amendments regarding intimate partner violence. However, we will note that intimate partner violence impacts our communities, not simply because sex-working women, like other women, experience intimate partner violence, but also because such instances of violence are often mislabelled and prosecuted as materially benefiting, procuring and trafficking. If criminal sanctions related to intimate partner violence were used instead of third party sex worker trafficking laws, where appropriate, we might be able to express support. However, we're concerned that they would be used as add-ons.
Additionally, we have potential concerns about increased sentences and reverse onus bail provisions, because we know only too well the effect of heightened criminalization and its disproportionate impact on the most marginalized among us. However, we have no specific recommendations on these points.
Finally, on a general note, we are concerned that elements of Bill C-75 will impede access to justice and fair treatment for people in and associated with the sex trade who come in conflict with the law for any reason, and who are further marginalized by their social or structural locations.
Increasing the maximum sentence for summary convictions risks the continued over-incarceration of marginalized peoples, both through the increased maximum sentence itself and by restricting access to agent representations.
Permitting the written admission of routine police evidence risks undermining trial fairness by complicating defence access to cross-examinations that can expose cases of police error, impropriety or actual abuse, and which are especially vital to protect the rights of indigenous and black defendants.
Those are our thoughts and concerns. Thank you for taking the time to hear them.
Merci beaucoup.
Bonjour et merci de me donner l’occasion de m’adresser à vous aujourd’hui.
L’Alliance canadienne pour la réforme des lois sur le travail du sexe est une coalition de 28 organismes à travers le pays militant en faveur d'une réforme du droit qui fasse progresser les droits et la sécurité des personnes qui vendent ou font le commerce du sexe. Nos membres connaissent bien les répercussions du droit pénal sur la vie et le bien-être des travailleuses et travailleurs du sexe et c'est pourquoi nous présentons un mémoire sur le projet de loi C-75.
Bien sincèrement, je dois dire que nous sommes très déçus et frustrés que le projet de loi C-75, à défaut d'en prévoir l'abrogation, fasse si peu de cas des dispositions du Code criminel visant les travailleuses et travailleurs du sexe et leurs relations personnelles et professionnelles. Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique du Canada se sont vivement opposés à la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation, la LPCPVE, lorsqu’elle a été présentée. En 2015, la ministre de la Justice se disait absolument déterminée à revoir les lois sur la prostitution, mais cet examen s'est enlisé.
Ce n’est pas seulement une question de principe ni une question de promesses non tenues. Chaque jour qui passe, les droits, la sécurité et la dignité des travailleuses et travailleurs du sexe sont violés par l’effet respectif et collectif de lois qui interdisent d'acheter, de communiquer pour obtenir ou de procurer des services sexuels commerciaux, d'en tirer un avantage matériel ou d'en faire la publicité. Le temps n'est plus à l'examen, mais aux mesures concrètes.
Nous croyons que le projet de loi C-75 passe à côté d'une très belle occasion en omettant d'abroger la LPCPVE, étant donné que beaucoup de ses principes et de ses éléments s'harmonisent globalement avec ceux de la réforme des lois sur le travail du sexe.
Premièrement, le projet de loi C-75 abroge à juste titre plusieurs dispositions du Code criminel jugées inconstitutionnelles par les tribunaux canadiens. En 2013, la Cour suprême a statué, dans l’arrêt Bedford, que plusieurs lois pénales sur la prostitution causaient des préjudices qui violaient le droit des travailleuses et travailleurs du sexe à la sécurité de leur personne, garanti par la Charte. Les dispositions subséquentes du Code criminel qui sont entrées en vigueur avec la LPCPVE reproduisent ces préjudices et leur constitutionnalité est également contestée.
Deuxièmement, le projet de loi C-75 abroge à juste titre les infractions de relations sexuelles anales et d’avortement qui ciblaient les activités sexuelles ou génésiques et l’autonomie et qui touchaient de façon disproportionnée les communautés LGBTQ2S et les femmes, respectivement. Les interdictions relatives au travail du sexe minent également les droits à la liberté, à l’autonomie et à la sécurité de la personne et ont une incidence disproportionnée sur les femmes, les communautés autochtones et migrantes et d’autres groupes marginalisés.
Troisièmement, le projet de loi C-75 propose à juste titre de s’attaquer au traitement discriminatoire et à la surreprésentation des Autochtones et des personnes marginalisées dans le système de justice pénale. Les travailleuses et travailleurs du sexe, comme leurs relations personnelles et leurs relations de travail, traduisent la diversité et l’inégalité des positions sociales dans la société canadienne. Pour beaucoup d'entre eux, les interdictions de services sexuels équivalent à la criminalisation de leur pauvreté et perpétuent la surveillance policière excessive des Autochtones et des Noirs et leur surreprésentation dans les prisons.
Les lois sur le travail du sexe continuent d’être appliquées de façon raciste et coloniale. Les femmes autochtones sont trop surveillées et mal protégées. Les travailleurs migrants asiatiques sont l'objet d’enquêtes et de déportations, et les jeunes hommes noirs qui se trouvent être les petits amis ou les partenaires de travailleuses du sexe sont étiquetés et poursuivis comme des proxénètes.
Nous reconnaissons que la plupart des dispositions de la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation sont absentes du projet de loi C-75 et qu’elles ne peuvent donc être abrogées ou modifiées par des amendements en comité. Nous notons toutefois que l’article 111 reclasse l’infraction, d’avantage matériel comme une infraction mixte et que l’article 112 modifie les dispositions relatives à la détermination de la peine pour l’infraction de publicité. Étant donné que ces deux infractions sont visées par le projet de loi, si la procédure le permet, nous vous demandons instamment de modifier le projet de loi pour abroger intégralement ces dispositions du Code criminel. En criminalisant le fait de tirer un avantage matériel des services sexuels d’une autre personne, l’article 286.2 limite la capacité des travailleuses et travailleurs du sexe à établir des rapports de soutien professionnel qui améliorent leur sécurité et leurs conditions de travail. En fait, cette disposition reproduit les torts causés par l’infraction antérieure de « vivre des produits de la prostitution » qui a été invalidée par l’arrêt Bedford pour violation de nos droits garantis par l’article 7 de la Charte.
Toute proposition voulant que les exceptions énumérées répondent aux critères de l’arrêt Bedford est fausse. Toutes, sauf une codifie simplement la jurisprudence antérieure à la décision de la Cour suprême. Puis il y a des exceptions aux exceptions, qui limitent encore l’autonomie et la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe. Par exemple, l’alinéa 286.2(5)e) interdit une exception de responsabilité dans le contexte d’une entreprise commerciale. Cela englobe toutes les agences d’escorte, les salons de massage et toute autre entreprise de services sexuels qui permet de travailler à l'intérieur dans un milieu sûr et organisé.
Nous comprenons que les exceptions peuvent permettre à une travailleuse d’embaucher, disons, un garde du corps ou une réceptionniste, mais il reste que seules les plus privilégiées ont les moyens de le faire. Au lieu de cela, beaucoup parmi nous se tournent vers les salons et les agences d’escorte, parce qu’on y trouve des services comme le contrôle des entrées, la sécurité des lieux et la publicité sans les coûts initiaux et les frais généraux du travail indépendant.
Ce sont souvent les travailleurs les plus marginalisés et les moins bien nantis, comme les travailleurs autochtones, pauvres ou migrants, qui tirent avantage de travailler pour quelqu’un d’autre. Cependant, ces mêmes lois qui empêchent les travailleuses du sexe de garantir notre sécurité et nos droits, parce que nous travaillons pour des entreprises, le font, ce qui est contradictoire, parce qu’elles nous empêchent effectivement d’avoir accès à des mesures de base pour les travailleurs, pour la santé et la sécurité au travail et la protection des droits de la personne. Pire encore, les avantages matériels découlant du contexte d’une entreprise commerciale sont considérés comme une circonstance aggravante au moment de déterminer la peine.
Comme dans le cas de l’ancienne disposition « vivre des produits de la prostitution », la sanction liée à l’avantage matériel impose une présomption de preuve à quiconque vit avec une travailleuse du sexe ou est en compagnie habituelle de cette dernière. En plus de renforcer l’hypothèse erronée selon laquelle les personnes, en particulier les femmes, qui vendent ou font le commerce du sexe ne peuvent pas être des objets légitimes d’affection, la menace de criminalité présumée perturbe la sécurité et l’autonomie de nos relations personnelles.
Je ferai un dernier commentaire sur l’infraction relative aux avantages matériels. Même si, lorsque nous en discutons, nous disons habituellement qu’elle profite du travail du sexe d’une autre personne, la disposition elle-même ne précise pas qu’il s’agit d’un avantage d’une tierce partie. En vertu de la lettre de la loi, les travailleuses du sexe sont elles-mêmes visées par la disposition sur les avantages matériels. Nous bénéficions de l’immunité contre les poursuites seulement en vertu de l’article 286.5. Cela illustre clairement que la LPCPVE continue effectivement à ériger en criminelles celles d’entre nous qui vendent ou font le commerce du sexe.
Par conséquent, nous recommandons que l’article 111 du projet de loi C-75 soit modifié pour exiger l’abrogation de la disposition sur les avantages matériels, comme première étape vers une réforme plus complète du droit relatif au travail du sexe.
Je vais maintenant passer à l’article 286.4 du Code criminel, qui interdit la publicité sur les services sexuels monnayés. Comme pour les interdictions relatives à la communication dans le but de rendre des services sexuels monnayés ou de vendre ces services, cette disposition mine les avantages en matière de sécurité que les travailleuses du sexe tirent de la communication ouverte avec leurs clients quant aux conditions et aux limites à être fixées avant les contacts physiques.
Interdire la publicité entrave sérieusement le travail à l’intérieur, ce qui, selon le dossier de preuve dans l’affaire Bedford, est beaucoup plus sécuritaire que le travail dans la rue. Depuis l’adoption de la disposition sur la publicité, de nombreux sites Web et journaux interdisent les réclames faites par les travailleuses du sexe. Ceux qui les acceptent ont souvent abandonné leurs salons virtuels qui permettaient aux travailleuses de partager des renseignements sur la sécurité et d’autres sujets utiles.
En gardant ces points à l’esprit, nous recommandons que l’article 112 du projet de loi soit modifié de manière à prévoir l’abrogation de l’article 286.4 du Code criminel.
Pour poursuivre avec les dispositions du Code criminel dont il est question dans le projet de loi, nous tenons à réitérer notre opposition aux projets de loi C-38 et C-452, lequel a été incorporé dans l’article 389 du projet de loi C-75
Le projet de loi C-452 a introduit une présomption de preuve selon laquelle le fait de vivre avec une victime présumée de la traite ou d’être en sa compagnie habituelle constitue une preuve que l’accusé ait exercé un contrôle, une direction ou une influence sur les déplacements de la victime présumée aux fins d’exploitation. Compte tenu de l’amalgame continu de la participation de tiers au travail du sexe et à la traite des personnes, nous craignons que, comme dans le cas de la disposition relative à l’inversion du fardeau de la preuve pour obtenir un avantage matériel, cette présomption éloigne davantage les travailleuses du sexe de la police et des services sociaux, alors que nous continuons de faire notre possible pour éviter que nos collègues et nos proches soient impliqués comme trafiquants.
Nous appuyons l'élimination des peines minimales obligatoires consécutives pour les infractions de traite des personnes. Cependant, comme d’autres qui ont réagi au projet de loi C-75, nous ne comprenons pas pourquoi les peines minimales obligatoires n’ont pas été abrogées de façon générale.
Le projet de loi ne traite pas suffisamment des autres infractions au Code criminel, notamment les maisons de débauche, les actes indécents et les articles sur le vagabondage. Elles ont traditionnellement été utilisées pour condamner des personnes et des collectivités en raison de leurs activités sexuelles, de leurs relations et de leur identité, y compris les personnes qui vendent ou qui font le commerce du sexe. L’abrogation de ces sanctions devrait appuyer les excuses que le premier ministre a présentées en 2017 aux personnes LGBTQ2S.
L’Alliance n'a pas de position actuelle quant aux modifications que le projet de loi apporterait au Code criminel en matière de violence entre partenaires intimes. Cependant, nous soulignons que la violence entre partenaires intimes a des répercussions sur nos collectivités, non seulement parce que les travailleuses du sexe, comme d’autres femmes, sont victimes de violence entre partenaires intimes, mais aussi parce que de tels cas de violence sont souvent étiquetés à tort et jugés comme des avantages matériels, du proxénétisme et de la traite. Si des sanctions pénales liées à la violence entre partenaires intimes étaient appliquées au lieu de lois sur la traite des travailleurs du sexe par des tiers, le cas échéant, nous pourrions donner notre appui. Cependant, nous craignons qu’elles soient utilisées comme ajouts.
De plus, nous avons des préoccupations quant à l’augmentation des peines et du renversement du fardeau de la preuve relativement à la mise en liberté sous caution, car nous connaissons trop bien l’effet de la criminalisation accrue et de son incidence disproportionnée sur les personnes les plus marginalisées. Cependant, nous n’avons pas de recommandations précises sur ces points.
Enfin, de façon générale, nous craignons que certains éléments du projet de loi C-75 entravent l’accès à la justice et au traitement équitable des personnes associées au commerce du sexe qui ont des démêlés avec la justice pour quelque raison que ce soit et qui sont marginalisées par leur situation sociale ou structurelle.
L’augmentation de la peine maximale pour les déclarations de culpabilité par procédure sommaire risque de prolonger la surincarcération des personnes marginalisées, tant par l’augmentation de la peine maximale elle-même que par la restriction de l’accès aux représentations d’agents.
Permettre l’admission par écrit de la preuve policière courante risque de miner l’équité du procès en compliquant l’accès de la défense aux contre-interrogatoires qui peuvent exposer des cas d’erreur policière, d’irrégularité ou d’abus réel, et qui sont particulièrement essentiels pour protéger les droits des accusés autochtones et noirs.
Voilà nos réflexions et nos préoccupations. Merci d’avoir pris le temps de les entendre.
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NDP (BC)
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2018-09-17 16:16
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My question is for Mr. Taylor, based on our last exchange.
Two summers ago, two young men from Kitchener pleaded guilty to human trafficking and profiting from the sale of sexual services. They were selling young girls, ages 14 and 17, in hotel rooms in Windsor and London, Ontario. They're now appealing; it was announced last week that they're appealing their mandatory four-year sentence.
Professor Kent Roach, when asked about Bill C-75, said that all we needed to do was add a provision saying that judges can depart from mandatory minimums. He is quoted as saying, “It should be up to a judge whether a sentence of four years would be appropriate or not, but because the government has left mandatory minimums there [in Bill C-75], they're being challenged province by province, court by court.”
Why didn't you do anything about this?
Ma question est destinée à M. Taylor et elle concerne notre dernier échange.
Il y a deux étés, deux jeunes hommes de Kitchener ont plaidé coupable à des accusations de traite de personne et d'avoir tiré profit de la vente de services sexuels. Ils vendaient des jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, dans des chambres d'hôtel de Windsor et de London, en Ontario. Ils interjettent maintenant appel. Il a été annoncé la semaine dernière qu'ils interjetaient appel de leur peine obligatoire de quatre ans.
M. Kent Roach, lorsqu'on lui a posé la question au sujet du projet de loi C-75, a dit que tout ce que nous avions à faire, c'est d'ajouter une disposition selon laquelle les juges peuvent déroger à l'imposition des peines minimales obligatoires. Je le cite: « il devrait revenir à un juge de déterminer si une peine de quatre ans est appropriée ou non, mais puisque le gouvernement a maintenu les peines minimales obligatoires [dans le projet de loi C-75], ces peines sont contestées province par province, tribunal par tribunal ».
Pourquoi n'avez-vous rien fait à ce sujet?
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Carole Morency
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Carole Morency
2018-09-17 16:17
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I will take that question.
That question was put to the minister when she appeared in June. It's a matter of policy. She spoke to the issue and said that the government is looking for an approach that would be able to stand the test of time for a broader response than just MMPs.
In the meantime, as the member notes, it's true that the Supreme Court has pronounced on some of these. Those cases are now providing guidance across the country in terms of how cases are proceeding, even in the context of prosecutions through the federal prosecution service of Canada.
Je vais répondre à la question.
Cette question a été posée à la ministre lorsqu'elle a comparu en juin. C'est une question de politique. Elle a parlé de ce dossier et dit que le gouvernement cherche une approche qui pourrait résister à l'épreuve du temps et qui concernerait une intervention plus générale que simplement les PMO.
Entretemps, comme le député l'a souligné, c'est vrai que la Cour suprême s'est prononcée dans certains de ces cas. Et ces cas fournissent maintenant une orientation à l'échelle du pays quant à la façon dont on traite les dossiers, même dans le contexte des poursuites par l'intermédiaire du Service des poursuites pénales du Canada.
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NDP (BC)
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2018-09-17 16:18
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Well, we have a charter challenge and we have the waste of time, and these two young men continue to be outside of jail for these horrendous crimes because you didn't want to fix it until you comprehensively got it together. Is that what I hear?
Eh bien, il y a une contestation fondée sur la Charte et la perte de temps, et ces deux jeunes hommes continuent d'être libres comme l'air malgré la perpétration de ces crimes odieux parce que vous n'avez pas voulu régler le problème avant de définir une approche globale. Est-ce bien ce que vous dites?
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Carole Morency
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Carole Morency
2018-09-17 16:18
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I think I've answered the question, and I have nothing further to add.
Je crois avoir répondu à la question et je n'ai rien d'autre à ajouter.
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Paul-Matthieu Grondin
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Paul-Matthieu Grondin
2018-09-17 16:37
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I will be presenting in French, for those who might need to use an earpiece.
Mr. Chair, Vice-Chairs, distinguished members of the committee, my name is Paul-Matthieu Grondin and I am the Batônnier du Québec.
As the Chair has said, I am accompanied by Pascal Lévesque, who is the president of our Criminal Law Committee, an advisory committee, and Nicolas Le Grand Alary, who is a lawyer in the Secretariat of the Order and Legal Affairs.
We thank you for the invitation.
The Barreau du Québec is testifying before you today on Bill C-75 with great interest.
As a professional order, the Barreau du Québec's mission is to ensure the protection of the public. The Barreau is impelled to demonstrate this mission because of the significant amendments, both to criminal procedure and the administration of criminal justice in Canada.
With that said, we are grateful to you for inviting the Barreau to share with you its position on the subjects that follow.
First, the Barreau reiterates its opposition to minimum terms of imprisonment, except for the most serious cases, such as murder. Minimum sentences remove the flexibility in properly applying the principle of proportional sentencing from those in the front line, meaning prosecutors, defence counsel and trial judges. Consequently, the Barreau would have liked to see measures on mandatory minimum prison sentences in this bill.
Imposing minimum punishments may, in the short term, provide some sense of security for the public. In the long term, however, these measures are counterproductive for the justice system. Prosecutors lose an incentive to bring an accused to plead guilty when the circumstances surrounding the commission of an offence justify a punishment that would be under the mandatory minimum. Conversely, when the prosecution asks for a sentence in cases where it would be justified to impose slightly more than the minimum sentence, the courts tend, in those cases, to keep to the minimum sentence.
The bill would have been a good opportunity to abandon those types of punishments, which do not promote an efficient and flexible administration of the criminal justice system. Unfortunately, we acknowledge that we will have to wait for next time.
The Barreau du Québec believes that it is urgent for the government to amend the Criminal Code to give courts the residual discretionary power to not impose a mandatory minimum punishment.
But we note the introduction of two bills that seek to give this discretion to the courts. These are Bill S-251, An Act to amend the Criminal Code (independence of the judiciary) and to make related amendments and Bill C-407, An Act to amend the Criminal Code (sentencing). The measures in these bills could be included in Bill C-75 to address the issue of mandatory minimum punishments.
Persons before the court have the right to this constitutional protection. In addition, each accused or each party would no longer have to bear the heavy burden of a constitutional challenge right up to the Supreme Court.
Mandatory minimum punishments can be profoundly unfair in some cases. This is because the only possible penalty is imprisonment, while sometimes other solutions may encourage rehabilitation and thus reduce the risk of reoffending. Judges must be trusted to apply the law in a fair and equitable manner, ensuring that sentences are proportionate to the seriousness of the offence and the degree of responsibility of the offender.
Our second subject is the removal of the preliminary inquiry. The bill proposes to restrict preliminary inquiries to offences punishable by life imprisonment. It also strengthens the power of justices to limit the issues explored to specific matters and restrict the number of witnesses who may be heard.
The Barreau du Québec opposes this amendment. By limiting the use of preliminary inquiries, some argue that we can speed up the judicial process and thus reduce delays. We believe that limiting preliminary inquiries in this way would be ineffective or even counterproductive.
It is important to realize that, according to Statistics Canada, only 3% of eligible cases were the subject of a preliminary inquiry. Of the cases that caused delays beyond the thresholds established by the Cody and Jordan decisions, only 7% included a preliminary inquiry. Apart from anecdotal events, there is no evidence to conclude that preliminary inquiries create undue delays in the justice system, or the need to amend the current rules.
It is also important to mention that, in some cases, preliminary inquiries can test the strength of each party's position. This encourages the settlement of cases, thus avoiding trials on the merits and contributing to the reduction of delays. For example, evidence of an offence may be based on proof by testimony. A preliminary inquiry may be of benefit to both the accused and the prosecution, as they may be able to assess the credibility of those witnesses. This may encourage one or other of the parties to want to settle the matter by pleading guilty or by withdrawing the charges.
We are aware that some may abuse this step and thus unduly lengthen procedures. However, the Barreau du Québec wishes to point out that judges already have many powers of case management. The Supreme Court has invited them to use those powers time and time again. They must be used to define the scope of the inquiry and prevent abuse. Otherwise, we risk abandoning a stage of the criminal proceeding that remains relevant to the search for more efficient justice.
In addition, the Barreau du Québec is proposing an additional measure. It is all well and good to point out problems, but sometimes, we must also talk about solutions. This additional measure involves adding to the Criminal Code the possibility, with the consent of the accused, of replacing preliminary inquiries with our-of-court questioning. Pilot projects in this area have been set up in several judicial districts in Quebec and have proven their worth. This means not having to deal with the cumbersome legal system. Codifying these practices will allow them to extend across Canada, help to reduce delays in criminal practice and improve the efficiency of the justice system.
I will now deal with the elimination of peremptory challenges in jury selection.
The bill abolishes the peremptory challenging of jurors. This measure appears to be inspired by a highly publicized trial in Saskatchewan, where the jury selected did not reflect the diversity of the community where the trail was being held.
The Barreau du Québec considers that the measure proposes in the bill misses the mark. Of course, we find it deplorable that—as sometimes occurs—some lawyers use peremptory requests as a tactic to systematically disqualify prospective jurors for discriminatory reasons such as race or ethnicity.
However, we consider that simply abolishing peremptory challenges is not the answer. Peremptory challenges are always useful for litigants who are familiar with jury trials. Here is why. Lawyers can perceive, through the appearance, the words and the non-verbal language of prospective jurors, that they will not have the capacity to listen sufficiently objectively to the evidence to be presented and to make an impartial judgment on that evidence. They also ensure that the accused accepts the legitimacy of the jury and, by extension, the verdict and the sentence that will be pronounced. It is also important to mention that peremptory challenges are often made with the consent of both parties. That is important to keep in mind.
The Barreau de Québec agrees, however, that the composition of jurors must reflect the diversity of Canadian society. We therefore propose that the Criminal Code be amended so that one party or the other may request the judge to steer the composition of the jury when one party appears to be making peremptory challenges in bad faith, or when the jury, for other reasons, is not representative of the community. By holding a hearing to that effect, could appoint jurors to ensure that some members come from diverse backgrounds. Once again, I feel that it is important to mention that, when peremptory challenges are used, the vast majority of lawyers use them in good faith.
I will now talk about the impacts of the amendments to the Superior Court of Appeal.
The Barreau du Québec is afraid that significantly increasing the number of hybrid cases and imposing a one-year limitation period on summary conviction offences may have potential impacts on appeals in Superior Court.
We therefore want to make sure that there will be more resources for superior courts so that they will be able to handle the increased volume of cases without increasing the delays that we actually want to reduce. But I feel that it is important to emphasize that we are in general agreement with increasing the number of hybrid cases. That is a very good thing.
As for replacing some of the terms in the constitutive provisions of offences, we note that, for a number of offences, the adverb “wilfully” or the expression “with intent to” have been replaced by “knowingly”. We question the scope of these changes.
Is this a simple exercise in semantics, as in R. v. Sault Ste. Marie, which uses “wilfully” and “knowingly” as synonyms? Or is rather a desire to change these offences so that they go from specific intent offences to general offences?
The change in wording suggests that the intent is to change the applicable criteria, since, as the Supreme Court has stated, “the legislator does not speak for nothing.” The amendments are therefore likely to cause both difficulties in interpretation and disputes.
I will now address the proposal to permit only prosecutors from filing charges.
In addition to what is provided for in the bill, the Barreau du Québec recommends that charges for Criminal Code offences should be filed only by prosecutors. It is often the case that charges are dropped for lack of evidence or because of exculpatory evidence brought to the attention of the authorities. In addition, charges may be laid despite their technical or unimportant nature, despite the fact that it may not be appropriate to do so in the interests of justice. To reduce this risk, British Columbia, New Brunswick and Quebec have chosen to grant the power to lay charges to prosecutors only.
In Quebec, this measure is all the more effective because prosecutors have discretionary power, when circumstances warrant, to apply an alternative, such as to handle the case non-judicially, or with alternative measures, when a person admits responsibility.
So pre-charge screening by prosecutors reduces delays by unclogging the system of some of the cases that can be handled alternatively without harming the public interest, or that would likely would not have been successful at trial. As the Supreme Court of Canada stated in R. v. Sciascia, this practice assists the extremely overburdened justice system.
With the agreement of the provinces and territories, since we are dealing with the administration of justice, this rule should be enshrined in legislation to standardize the practice across Canada. At very least, it should encourage the use of pre-charge screening, as does subsection 23(1) of the Youth Criminal Justice Act.
Mr. Chair and members of the committee, that is an overview of the principal issues that the Barreau du Québec wanted to discuss with you as part of the consultations on Bill C-75. The brief we have submitted to you contains more detailed explanations of the various issues we have just presented. The brief is also available on the Barreau's website. We hope that our presentation will provide you with food for thought.
In our reflections, we have deliberately highlighted the parts of the bill that we would like to be amended. But I would still like to point out that the bill contains a lot of good things. However, to channel the discussion and to use our time effectively, we have focused our thoughts on the places where we believe that amendments should be made.
We are now able to answer your questions.
Thank you, Mr. Chair.
Je vais présenter ma déclaration en français, pour ceux qui devront peut-être utiliser un écouteur.
Monsieur le président, messieurs les vice-présidents, chers membres du Comité, je m'appelle Paul-Matthieu Grondin et je suis bâtonnier du Québec.
Comme M. le président l'a dit, je suis accompagné de Me Pascal Lévesque, qui est président du Comité en droit criminel du Barreau du Québec, un comité consultatif, et de Me Nicolas Le Grand Alary, qui est avocat au Secrétariat de l'Ordre et affaires juridiques du Barreau du Québec.
Nous vous remercions de l'invitation.
C'est avec beaucoup d'intérêt que le Barreau du Québec témoigne devant vous aujourd'hui relativement au projet de loi C-75.
En tant qu'ordre professionnel, le Barreau du Québec a pour mission la protection du public. Les modifications d'envergure, tant à la procédure criminelle qu'à l'administration de la justice criminelle au Canada, interpellent le Barreau dans l'exercice de cette mission.
Cela étant dit, nous vous remercions d'avoir convié le Barreau à partager avec vous sa position sur les sujets qui suivent.
Premièrement, le Barreau rappelle son opposition aux peines minimales d'emprisonnement, sauf pour les cas les plus graves, comme le meurtre. Les peines minimales enlèvent aux intervenants judiciaires de première ligne — par exemple le procureur de la poursuite, les avocats de la défense ou le juge de première instance — la flexibilité nécessaire pour bien appliquer le principe de proportionnalité des peines. Conséquemment, le Barreau aurait aimé voir des mesures concernant les peines minimales obligatoires d'emprisonnement dans ce projet de loi.
Le fait d'imposer des peines minimales permet peut-être, à court terme, d'assurer un certain sentiment de sécurité chez les citoyens, mais, à long terme, ces mesures sont contre-productives pour le système de justice. Les procureurs de la poursuite perdent une mesure incitative pour amener un accusé à plaider coupable lorsque les circonstances entourant la commission de l'infraction justifient une peine qui irait en deçà du minimum obligatoire. À l'inverse, lorsque la poursuite demande une peine dans un dossier pour lequel il serait justifié d'imposer légèrement plus que la peine minimale, les tribunaux ont tendance, dans ce cas, à s'y tenir.
Le projet de loi aurait été une bonne occasion d'abandonner ce type de peines, qui ne favorise pas une administration efficiente et flexible du système de justice pénale. Malheureusement, nous prenons acte du fait qu'il faudra attendre une prochaine fois.
Le Barreau du Québec croit qu'il est important que le gouvernement modifie le Code criminel afin de conférer au tribunal un pouvoir discrétionnaire résiduel qui lui permet de ne pas imposer une peine minimale obligatoire.
Nous notons d'ailleurs le dépôt de deux projets de loi visant à donner cette discrétion au tribunal: le projet de loi S-251, Loi modifiant le Code criminel (indépendance des tribunaux) et apportant des modifications connexes, et le projet de loi C-407, Loi modifiant le Code criminel (détermination de la peine). Les mesures prévues dans ces projets de loi pourraient être reprises dans le projet de loi C-75 afin de régler la question des peines minimales obligatoires.
Les justiciables ont le droit à cette protection constitutionnelle. De plus, chaque accusé ou chaque partie n'aurait plus à supporter le lourd fardeau d'une contestation constitutionnelle jusqu'en Cour suprême.
Les peines minimales obligatoires peuvent s'avérer profondément injustes dans certains cas, car la seule peine envisageable est l'emprisonnement, alors que, parfois, d'autres solutions sont susceptibles de favoriser la réhabilitation et donc de réduire le risque de récidive. Il faut faire confiance aux juges pour appliquer la loi de manière juste et équitable, de sorte que les peines imposées soient proportionnelles à la gravité de l'infraction et au degré de responsabilité du délinquant.
Quant à la suppression de l'enquête préliminaire, qui est notre deuxième sujet, le projet de loi propose de limiter la tenue d'une enquête préliminaire aux seuls cas des infractions passibles d'un emprisonnement à perpétuité. Il renforce également les pouvoirs du juge de paix afin de limiter l'enquête à des questions données et le nombre de témoins qui peuvent y être entendus.
Le Barreau du Québec s'oppose à cette modification. Certains affirment qu'en limitant le recours à l'enquête préliminaire, on pourra accélérer les procédures judiciaires et ainsi réduire les retards. Nous croyons que cette limitation de l'enquête préliminaire serait inefficace, voire contre-productive.
Il est important de savoir que, selon Statistique Canada, seulement 3 % des dossiers admissibles ont fait l'objet d'une enquête préliminaire et que, parmi les cas qui ont causé des retards au-delà des seuils établis par les arrêts Jordan et Cody, seulement 7 % comprenaient une enquête préliminaire. Aucune donnée probante, outre des événements anecdotiques, ne nous permet de conclure que les enquêtes préliminaires sont génératrices de retards indus dans le système judiciaire ni qu'il est nécessaire de modifier les règles actuelles.
Il est aussi important de mentionner que, dans certains dossiers, l'enquête préliminaire peut permettre de tester la solidité de la position des parties. Cela favorise le règlement des dossiers, ce qui évite un procès au fond et contribue à la réduction des retards. Par exemple, la preuve d'une infraction peut reposer sur une preuve testimoniale. L'enquête préliminaire peut être bénéfique tant à l'accusé qu'à la poursuite, car ils pourront évaluer la crédibilité de ces témoins, ce qui pourrait inciter une partie comme une autre à vouloir régler le dossier par le dépôt d'un plaidoyer de culpabilité ou par le retrait des accusations.
Nous sommes conscients que certains pourraient abuser de cette étape et ainsi allonger indûment les procédures. Le Barreau du Québec tient toutefois à souligner que les juges possèdent déjà de nombreux pouvoirs de gestion de l'instance et qu'ils ont été invités par la Cour suprême à les utiliser encore et encore. Ces pouvoirs doivent être utilisés afin de baliser la portée de l'enquête et de prévenir les abus. Autrement, nous risquons d'abandonner une étape de l'instance criminelle qui conserve sa pertinence dans la recherche d'une justice plus efficiente.
En outre, le Barreau du Québec propose une mesure additionnelle. En effet, c'est bien beau de mettre en évidence les problèmes, mais parfois il faut aussi parler des solutions. Cette mesure additionnelle consiste à ajouter au Code criminel la possibilité de remplacer, avec le consentement de l'accusé, la tenue d'une enquête préliminaire par des interrogatoires hors cour. Des projets pilotes en ce sens ont été mis en place dans plusieurs districts judiciaires au Québec et ont fait leurs preuves. Cela permet de ne pas avoir à faire face à la lourdeur de l'appareil judiciaire. La codification de ces pratiques permettra de les étendre partout au Canada et contribuera à la réduction des retards en matière criminelle ainsi qu'à l'efficacité du système judiciaire.
Je vais maintenant aborder la suppression des récusations péremptoires lors de la composition d'un jury.
Le projet de loi abolit la récusation péremptoire de jurés. Cette mesure semble s'inspirer d'un procès fortement médiatisé en Saskatchewan pour lequel le jury constitué ne reflétait pas la diversité de la communauté où était tenu le procès.
Le Barreau du Québec considère que la mesure proposée par le projet de loi rate sa cible. Bien entendu, nous trouvons déplorable la tactique de certains avocats — cela se produit parfois, en effet — consistant à utiliser les demandes péremptoires pour écarter systématiquement des candidats jurés pour un motif discriminatoire, notamment la race ou l'origine ethnique.
Nous considérons toutefois qu'abolir simplement les récusations péremptoires n'est pas la solution. Les récusations péremptoires ont toujours eu leur utilité pour l'ensemble des plaideurs rompus aux procès devant jury. Voici pourquoi. Les avocats perçoivent en effet dans l'apparence, dans les propos et dans le langage non verbal d'un candidat juré qu'il ou elle n'aura pas la capacité d'écoute objective suffisante pour entendre la preuve qu'ils comptent présenter et pour poser un jugement impartial quant à celle-ci. Elles permettent aussi de s'assurer que l'accusé accepte la légitimité du jury et, par extension, le verdict et la sentence qui seront prononcés. Il est également important de mentionner que les récusations péremptoires se font souvent en vertu d'un consentement entre les deux parties. Il est important de garder cela en tête.
Le Barreau du Québec est toutefois d'accord que la composition des jurés doit refléter la diversité de la société canadienne. Ainsi, nous proposons que le Code criminel soit modifié afin de prévoir que l'une ou l'autre des parties puisse demander au juge d'aiguiller la composition du jury lorsqu'une partie semble de mauvaise foi dans l'utilisation des demandes péremptoires ou lorsque le jury, pour des raisons autres, n'est pas représentatif de la communauté. Le juge, en tenant une audition à cet effet, pourrait nommer des jurés pour que certains soient issus de la diversité. Encore une fois, je considère important de mentionner que l'immense majorité des avocates et des avocats sont, bien sûr, de bonne foi lorsque des récusations péremptoires sont utilisées.
Je vais maintenant parler des conséquences des modifications sur la division d'appel de la Cour supérieure.
Le Barreau du Québec craint que le fait d'augmenter de manière importante le nombre d'infractions mixtes et de repousser à un an la période de prescription des infractions sommaires n'ait des répercussions potentielles sur la Cour supérieure, celle-ci agissant en appel dans ces dossiers.
Nous souhaitons donc nous assurer qu'il y aura plus de ressources pour les cours supérieures afin qu'elles puissent traiter cette hausse de volume des dossiers sans augmenter les retards, que l'on souhaite par ailleurs réduire. Je pense qu'il est important de préciser que nous sommes en général d'accord pour qu'il y ait davantage d'infractions mixtes. C'est une très bonne chose.
Quant au remplacement de certains termes dans les dispositions constitutives d'infractions, nous remarquons que, pour plusieurs infractions, l'adverbe « volontairement » ou l'expression « dans l'intention de » ont été remplacés par « sciemment ». Nous nous interrogeons sur la portée de ces modifications.
S'agit-il d'un simple exercice de sémantique, comme le laisserait entendre la décision dans R. c. Sault Ste. Marie, qui emploie comme des synonymes les termes « volontairement » et « sciemment »? S'agit-il plutôt d'une volonté de modifier ces infractions pour qu'elles passent d'infractions à intention spécifique à des infractions à intention générale?
Le changement des termes laisse croire qu'il existe une intention de modifier les critères applicables, puisque, comme l'affirme la Cour suprême, le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Ainsi, ces modifications sont de nature à engendrer des difficultés quant à leur interprétation et à soulever des litiges.
Je vais maintenant aborder la proposition de permettre uniquement à des procureurs de déposer des accusations.
En complément de ce qui est prévu par le projet de loi, le Barreau du Québec propose que les accusations pour des infractions prévues au Code criminel puissent être déposées uniquement par des procureurs. Il arrive souvent que des accusations soient abandonnées faute de preuve ou en présence de faits disculpatoires portés à la connaissance des autorités. De plus, des accusations peuvent être portées malgré leur caractère technique ou peu important, ou malgré le fait qu'il ne soit pas opportun de le faire eu égard à la justice. Pour diminuer ce risque, la Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick et le Québec ont fait le choix d'octroyer uniquement aux procureurs le pouvoir de porter des accusations.
Au Québec, cette mesure est d'autant plus efficace que les procureurs ont discrétion, lorsque les circonstances s'y prêtent, pour appliquer une solution autre que la judiciarisation, notamment le traitement non judiciaire du dossier ou un programme de mesures de rechange, lorsque la personne admet sa responsabilité.
Ainsi, la vérification préinculpatoire par les procureurs permet de réduire les retards en désengorgeant le système d'une partie des cas qui peuvent être traités autrement sans nuire à l'intérêt public ou qui n'auraient vraisemblablement pas tenu la route au procès. En effet, comme l'affirme la Cour suprême du Canada dans l'arrêt R. c. Sciascia, cette pratique permet d'aider le système judiciaire particulièrement surchargé.
Avec l'accord des provinces et des territoires, puisqu'il s'agit d'administration de la justice, cette règle devrait être inscrite dans une loi pour uniformiser cette pratique partout au Canada. Au minimum, elle devrait favoriser le recours à ces vérifications préinculpatoires, comme le fait le paragraphe 23(1) de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.
Voilà qui fait le tour des enjeux principaux que le Barreau du Québec voulait aborder avec vous, monsieur le président et membres du Comité, dans le cadre des consultations sur le projet de loi C-75. Des explications plus détaillées sur les différents enjeux que nous venons de présenter se retrouvent dans le mémoire que nous vous avons soumis, lequel est également disponible sur le site Web du Barreau. Nous espérons que notre présentation va contribuer à votre réflexion.
Dans cette réflexion, nous avons relevé volontairement les parties du projet de loi que nous voudrions qu'on modifie. J'aimerais quand même préciser qu'il y a beaucoup de bonnes choses dans ce projet de loi. Cela dit, pour alimenter la réflexion et utiliser notre temps efficacement, nous avons concentré nos réflexions sur les endroits où nous croyons que des modifications devraient être apportées.
Nous pouvons maintenant répondre à vos questions.
Merci, monsieur le président.
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Jonathan Rudin
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Jonathan Rudin
2018-09-17 18:39
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Thank you very much.
We are very pleased to have this opportunity to speak and provide our perspective on Bill C-75 to the Standing Committee on Justice and Human Rights. In the interests of time I will not speak extensively about Aboriginal Legal Services, except to say that our Ojibway name is Gaa kinagwii waabamaa debwewin, which translates as “All those who seek the truth”.
The focus of our submissions today will be on four aspects of the bill that we think are steps forward, two that we see as significant steps backwards, and one glaring omission that represents a broken promise to indigenous people.
Let me start with the four provisions of the bill that we endorse. First, we are completely supportive of the elimination of peremptory challenges in jury trials. We have worked extensively on the issue of indigenous jury representation, or more precisely under-representation, for over 10 years. Government neglect and the use of peremptory challenges have had a corrosive impact on efforts to encourage indigenous people to act as jurors. We know that the committee will hear tomorrow from Professor Kent Roach on this matter and, having read his submissions already, we want to say that we support them wholeheartedly.
For that reason, we will leave peremptory challenges and move to the second area where we feel the bill provides a step forward, and that's effectively decriminalizing many administration of justice offences. Study after study has shown that indigenous people are significantly overrepresented among those charged with administration of justice offences. Penalties for these offences often result in jail.
As significantly, these convictions themselves are often bars to release on bail on subsequent arrest. This then leads to people pleading guilty to offences they did not commit just to get out of pretrial custody. You heard about that in the last session. The root problem in this area is the overuse of unnecessary bail conditions by judges and justices of the peace, at the urging, it must be pointed out, of Crown attorneys. Hopefully, the use of these conditions will diminish when and if it becomes clear that breaches of them will no longer result in further criminal convictions or jail.
Speaking of bail, that brings us to the third amendment we are very supportive of, and that's the amendment that enshrines the application of the Gladue principles to bail. Although courts in most parts of the country have arrived at this conclusion on their own, this will ensure that the law is applied evenly everywhere.
Finally, with regard to the victim fine surcharge, returning discretion to judges with regard to the imposition of the surcharge is long overdue. It is an important and much-needed change.
Now I will go to the two provisions that we feel should be rethought. The first is the reverse onus provision on bail applications for those charged with a domestic violence offence who have been convicted of such an offence in the past. ALS takes the issue of domestic violence very seriously, and we are all too aware of the impact of this violence on indigenous women and girls.
At the same time, we are also very aware that many well-meaning attempts to address the scourge of domestic violence not only fail but have unintended consequences that can be damaging to the very people they are supposed to help. In this context, we would point out the phenomenon of dual charging, which occurs when a man charged with domestic assault insists that his partner started it and should be charged. That has led to more and more women becoming enmeshed in the criminal justice system. One of the impacts of dual charging is that women end up with convictions for assault that they should never have had. If these provisions go through and their partner once again alleges abuse, then they may have trouble meeting the reverse onus. This means that they'll be detained, they will likely plead guilty, and the cycle will continue.
We need to be aware that over 40% of women in custody today in Canada are indigenous. The provision of this bill will make a shameful situation worse. If someone has a prior conviction for domestic assault and they are charged again with a similar offence, and then if there are concerns for public safety, whether for a particular individual or the community, bail should be denied. There is no need to resort to a reverse onus that will not end up accomplishing what its proponents hope, but will have dire consequences for indigenous women.
Our second concern relates to the increase in the number of what are now called super summary offences. We know from over 25 years of working in the criminal courts with indigenous people what will happen if the maximum penalty for summary conviction offences are raised. What will happen is that Crowns will insist on higher penalties and judges will impose those higher penalties, and one of the justifications for the higher penalties will be that it reflects the will of Parliament.
This is a perfect example of what criminologists call “net widening”. If there is a need to have some super summary offences where straight indictable offences now become hybrids—and I stress “if”—then perhaps their use can be justified. However, as it stands now, the promise of increased hybrid offences is being used as a Trojan horse to lead to widespread and unjustified increases to the maximum penalty for summary offences.
Finally, let me address what's missing from the bill. Given how comprehensive this bill purports to be and how many issues, big and small, it addresses, it is baffling to us how it avoids the issue that has to be the elephant in the room: the proliferation of mandatory minimum sentences and unjustified restrictions on the access to conditional sentences. This is the single largest change that's happened in our criminal justice system in the 21st century.
This government knows that mandatory sentences, minimum sentences, don't work. The Minister of Justice has spoken on this issue. Almost a year ago exactly, on September 29, 2017, to be precise, this is what the minister said about mandatory minimum sentences:
There is absolutely no doubt that MMPs have a disproportionate effect on Indigenous people, as well as other vulnerable populations.... The data are clear. The increased use of MMPs over the past decade has contributed to the overrepresentation in our prison system of Indigenous people, racialized communities and female offenders. Judges are well-equipped to assess the offender before them and ensure that the punishment fits the crime.
One of the purposes of this bill is to increase efficiency and unclog the courts, yet there are many, many charter challenges currently under way and more being contemplated to mandatory minimum sentences. Having been involved in a number of those challenges, I can tell you that they take a lot of court time. Every day that the government fails to address the impact of mandatory minimum sentences, people are sent to jail who don't need to go there—every day.
How do mandatory minimums affect indigenous people? You can look to see the number of challenges brought to mandatory minimums by indigenous people, and you can listen to the words of the Minister of Justice. This government pledged to enact all the calls to action of the Truth and Reconciliation Commission that fell within its ambit. Call to action 32 reads, “We call upon the federal government to amend the Criminal Code to allow trial judges, upon giving reasons, to depart from mandatory minimum sentences and restrictions on the use of conditional sentences.”
Members of the committee, it is past time to heed this call to action. If this bill is not amended to address the issue of mandatory minimum sentences and lack of access to conditional sentences, then it won't happen before the next election. If it doesn't happen before the next election, it will be years before it happens.
This government does not believe in the utility of mandatory minimum sentences. This government believes that they're not only ineffective, but that they contribute to inequality in the justice system. This government is completely right in those beliefs. There can be no excuse for waiting. There can be no justification for waiting. We all know what the right thing is to do, and we need to do it.
Thank you. Meegwetch.
Merci beaucoup.
Nous sommes très heureux d'avoir l'occasion de présenter au Comité permanent de la justice et des droits de la personne notre point de vue sur le projet de loi C-75. Faute de temps, je ne vous parlerai pas en détail des Aboriginal Legal Services, mais je soulignerai que notre nom ojibway est Gaa kinagwii waabamaa debwewin, ce qui signifie « Tous ceux qui disent la vérité ».
Nous allons axer notre témoignage aujourd'hui sur quatre aspects du projet de loi qui nous semblent constituer clairement des avancées; sur deux dispositions qui sont, selon nous, des reculs importants; et sur une omission flagrante, qui représente une promesse brisée envers les peuples autochtones.
Commençons par les quatre dispositions du projet de loi que nous appuyons. Premièrement, nous appuyons totalement l'abolition de la récusation péremptoire dans les procès avec jury. Depuis plus de 10 ans, nous avons considérablement travaillé sur la question de la représentation autochtone dans les jurys, ou plus précisément de la sous-représentation. La négligence du gouvernement et le recours à la récusation péremptoire ont eu un effet corrosif sur les efforts destinés à encourager les Autochtones à se porter volontaires pour être jurés. Nous savons que le Comité entendra demain le témoignage du professeur Kent Roach à ce sujet; nous avons déjà lu ses mémoires, et souhaitons d'ores et déjà affirmer que nous appuyons de tout coeur ses positions.
Pour cette raison, nous ne nous étendrons pas davantage sur la récusation péremptoire et passerons au deuxième aspect pour lequel nous croyons que le projet de loi constitue un réel pas en avant, c'est-à-dire la véritable décriminalisation d'un grand nombre d'infractions contre l'administration de la justice. L'une après l'autre, les études montrent que les Autochtones sont largement surreprésentés parmi les personnes accusées d'infractions contre l'administration de la justice, pour lesquelles ils reçoivent souvent une peine d'emprisonnement.
Et, tout aussi souvent, ces condamnations elles-mêmes restreignent la mise en liberté sous caution en cas de nouvelle arrestation, et bien des personnes décideront de plaider coupables à des infractions qu'elles n'ont pas commises simplement pour éviter une détention avant procès. Vous en avez déjà entendu parler. Le problème sous-jacent, dans ce cas, est le recours excessif à d'inutiles conditions de mise en liberté sous caution par les juges et les juges de paix devant l'insistance, il faut le dire, des procureurs de la Couronne. Espérons que le recours à ces conditions diminuera quand il deviendra clair que leur non-respect ne mènera pas à de nouvelles déclarations de culpabilité ni à l'emprisonnement.
La question de la mise en liberté sous caution nous mène à la troisième modification que nous appuyons vivement, c'est-à-dire celle qui intègre les principes de l'arrêt Gladue à la mise en liberté sous caution. Même si les tribunaux de la plupart des régions du pays en sont arrivés eux-mêmes à cette conclusion, cette modification fera en sorte que la loi s'appliquera uniformément partout.
Enfin, il y a la suramende compensatoire. Il y a déjà longtemps qu'on aurait dû redonner aux juges le pouvoir discrétionnaire d'imposer ou non une suramende compensatoire. Il s'agit là d'un changement important et très nécessaire.
Je vais maintenant vous parler des deux dispositions qui, selon nous, devraient être réexaminées. La première est celle qui renverse le fardeau de la preuve lorsqu'une personne accusée d'une infraction liée à la violence familiale demande sa mise en liberté sous caution alors qu'elle a déjà été reconnue coupable du même genre d'infraction. Les Aboriginal Legal Services prennent la violence familiale très au sérieux et en connaissent trop bien les conséquences sur les femmes et les filles autochtones.
En même temps, nous savons aussi très bien que bon nombre de tentatives bien intentionnées visant à contenir le fléau de la violence familiale non seulement seront vaines, mais pourraient avoir des conséquences néfastes inattendues sur les personnes mêmes qu'elles sont censées aider. Dans ce contexte, nous voulons souligner le phénomène de la mise en accusation double, qui survient quand un homme accusé de voies de fait contre sa conjointe insiste pour dire que c'est elle « qui a commencé » et qui devrait être accusée. Cela a eu pour conséquence que de plus en plus de femmes se retrouvent empêtrées dans le système de justice pénale. La mise en accusation double a entre autres pour effet que des femmes se retrouvent accusées de voies de fait alors qu'elles n'auraient jamais dû l'être. Si ces dispositions sont adoptées, et que leurs conjoints les accusent encore de violence, elles pourraient se buter à l'inversion du fardeau de la preuve. Par conséquent, elles seront détenues et risquent de plaider coupables, ce qui perpétuera le cycle encore et encore.
Vous devez savoir que plus de 40 % des femmes actuellement détenues sont autochtones. Cette disposition du projet de loi ne fera qu'aggraver une situation déjà honteuse. Si une personne qui a déjà été accusée de violence familiale l'est de nouveau, et que l'on juge qu'elle présente un risque pour la sécurité publique, pour quelqu'un d'autre ou pour la collectivité en général, il convient de refuser la mise en liberté sous caution. Il n'est pas nécessaire de recourir à l'inversion du fardeau de la preuve, car cela ne permettra pas d'atteindre l'objectif visé et aura plutôt des conséquences tragiques pour beaucoup de femmes autochtones.
Nous sommes également préoccupés par l'augmentation du nombre d'« infractions » dites punissables par procédure très sommaire. Nous avons plus de 25 ans d'expérience de travail avec les Autochtones devant les tribunaux pénaux, et nous savons ce qui arrivera si la durée de la peine maximale est augmentée pour la plupart des infractions punissables par déclaration sommaire de culpabilité: les procureurs insisteront pour que ces peines supérieures soient imposées, et les juges les imposeront, parce que ce sera justifié par la volonté du Parlement.
C'est un exemple parfait de ce que les criminologues appellent un « élargissement du filet ». S'il est nécessaire d'avoir des « super infractions » de ce type pour les cas où des infractions punissables par voie sommaire deviendraient des accusations mixtes — et j'ai bien dit « si » —, alors peut-être que leur utilisation est justifiable. Présentement, cependant, la promesse d'augmenter le nombre d'infractions mixtes sert de cheval de Troie et vise à faire augmenter largement et de manière injustifiée la peine maximale imposée pour les infractions punissables par déclaration sommaire de culpabilité.
Pour terminer, permettez-moi de vous parler un peu de ce qui manque dans ce projet de loi. Comme il se veut exhaustif et qu'il touche déjà de nombreuses questions, petites et grandes, nous trouvons renversant qu'on évite d'y mentionner ce qui saute aux yeux, soit la prolifération des peines minimales obligatoires et les restrictions injustifiées à l'accès aux peines d'emprisonnement avec sursis. Il s'agit du plus grand changement apporté au système de justice pénale au Canada au XXIe siècle.
Le gouvernement actuel sait bien que les peines minimales obligatoires sont inefficaces. La ministre de la Justice elle-même en a parlé. Il y a presque un an exactement, le 29 septembre 2017, pour être précis, elle a déclaré ce qui suit à propos des peines minimales obligatoires:
Il ne fait absolument aucun doute que les peines minimales obligatoires ont un effet disproportionné sur les Autochtones, de même que sur les autres populations vulnérables. Les données sont claires. L'accroissement du recours aux peines minimales obligatoires depuis une dizaine d'années a contribué à la surreprésentation des Autochtones, des membres des communautés racialisés et des femmes dans notre système carcéral. Les juges sont bien outillés pour évaluer les contrevenants qui comparaissent devant eux et pour veiller à ce que la peine soit proportionnelle au crime.
L'un des objectifs de ce projet de loi est d'accroître l'efficacité et de désencombrer les tribunaux. Pourtant, il y a beaucoup, beaucoup de contestations fondées sur la Charte devant le tribunaux en ce moment, et beaucoup d'autres sont envisagées pour contester les peines minimales obligatoires. J'ai pris part à un certain nombre de ces contestations, et je peux vous dire qu'elles prennent beaucoup de temps aux tribunaux. Chaque jour où le gouvernement tarde à se pencher sur l'incidence des peines minimales obligatoires, des gens sont emprisonnés inutilement. Je dis bien: tous les jours.
Si vous vous demandez quelle est l'incidence des peines minimales obligatoires sur les Autochtones, vous n'avez qu'à regarder le nombre de contestations déposées par des contrevenants autochtones et à écouter les mots mêmes de la ministre de la Justice. Le gouvernement au pouvoir a promis de légiférer afin d'honorer toutes les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation qui relèvent de sa compétence. Le 32e appel à l'action se lit comme suit: « Nous demandons au gouvernement fédéral de modifier le Code criminel afin de permettre aux juges de première instance, avec motifs à l’appui, de déroger à l’imposition des peines minimales obligatoires de même qu’aux restrictions concernant le recours aux peines d’emprisonnement avec sursis. »
Mesdames et messieurs les membres du Comité, il est plus que temps de répondre à cet appel à l'action. Si le projet de loi n'est pas modifié pour rectifier le tir en ce qui concerne les peines minimales obligatoires et les restrictions au recours aux peines d'emprisonnement avec sursis, rien n'arrivera avant les prochaines élections, et si rien n'arrive avant les prochaines élections, il faudra encore attendre des années avant que quelque chose ne se passe.
Le gouvernement actuel ne croit pas à l'utilité des peines minimales obligatoires. Le gouvernement croit non seulement qu'elles sont inefficaces, mais qu'elles contribuent aux inégalités dans le système de justice, et il a parfaitement raison à ce sujet. Rien ne peut justifier d'attendre plus longtemps; il n'y a pas d'excuse. Nous savons ce qu'il faut faire et nous savons qu'il faut le faire maintenant.
Merci. Meegwetch
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NDP (BC)
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2018-09-17 19:26
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Another very poignant part of your testimony today was what you termed—using your words—“the proliferation of mandatory minimums”. You referred to it as the elephant in the room in this bill, pointing out, I think, that the mandate letter of the Minister of Justice required her to be addressing this issue. We see nothing in this bill to deal with it, and then you quoted her virtually a year ago acknowledging...essentially making the very same points you did about its impact on racialized communities and particularly indigenous people.
The Honourable Irwin Cotler, who was the Liberal Attorney General, in 2015 suggested that there be what he termed an escape valve section, which simply gave judges the discretion, if they saw something for which that the imposition of mandatory minimums would shock the conscience of Canadians, with written reasons provided, to review that mandatory minimum and impose some more reasonable mandatory minimum sentences.
Would that be something you could support?
Un autre aspect très touchant de votre témoignage aujourd'hui, c'est lorsque vous avez parlé — j'utilise vos mots — « de la prolifération des peines minimales obligatoires ». Vous avez dit que c'était l'éléphant dans la pièce en ce qui a trait au projet de loi, en soulignant, je crois, que la lettre de mandat de la ministre de la Justice lui demande de se pencher sur la question. Nous ne voyons rien dans le projet de loi à cet égard, puis vous l'avez citée il y a pratiquement un an, alors qu'elle reconnaissait... soulevait essentiellement les mêmes points que vous quant à son incidence sur les communautés raciales,particulièrement les peuples autochtones.
L'honorable Irwin Cotler, qui était le procureur général libéral, a suggéré en 2015 d'intégrer ce qu'il a décrit comme une clause échappatoire, qui donne simplement aux juges le pouvoir discrétionnaire, en fournissant des motifs écrits, d'examiner les peines minimales obligatoires et d'en imposer des plus raisonnables, s'ils jugeaient que l'imposition des peines minimales obligatoires risquerait de heurter la conscience des Canadiens.
Est-ce quelque chose que vous pourriez appuyer?
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Jonathan Rudin
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Jonathan Rudin
2018-09-17 19:27
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That certainly would be something we could support.
The advantage of that approach is that because they're written reasons, there would be appellate review. That, in fact, is the standard that judges are using when they are striking down mandatory minimums now. The difficulty we have now is that we're striking mandatory minimums down one at a time. That works for the one that's struck down, but all the ones that remain are still in force.
C'est certainement quelque chose que nous pourrions appuyer.
L'avantage de cette approche, c'est que, en raison des motifs écrits, il y aurait un examen en appel. C'est en fait la norme qu'utilisent les juges actuellement lorsqu'ils invalident des peines minimales obligatoires. La difficulté réside dans le fait que nous invalidons les peines minimales obligatoires une à la fois. Cela fonctionne pour la peine invalidée, mais toutes les autres demeurent en vigueur.
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NDP (BC)
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2018-09-17 19:27
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I believe we heard today from justice officials that they want to wait until it's all ready and there's a big bang theory or something, whereas we could do justice now, but they don't seem to want to go there.
Je crois que les fonctionnaires du ministère de la Justice ont dit aujourd'hui qu'ils veulent attendre que tout soit prêt et qu'il y ait un gros changement, alors que nous pourrions assurer la justice maintenant, mais ils ne semblent pas vouloir se rendre là.
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Jonathan Rudin
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Jonathan Rudin
2018-09-17 19:28
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We can't wait. This is the thing; we have clients every day who are facing mandatory minimums who shouldn't be going to jail. How long do we wait?
Nous ne pouvons pas attendre. La situation est la suivante: tous les jours, nous voyons des clients qui font face à des peines minimales obligatoires et qui ne devraient pas être emprisonnés. Combien de temps faut-il attendre?
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NDP (BC)
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2018-06-05 15:55
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Thank you.
Thank you, Minister, and thanks to your officials as well for being with us today. It won't surprise you that I'm going to ask about something that has been called the elephant in the room in your criminal justice reforms, namely, the failure to address mandatory minimum penalties.
As you know, call to action number 32 in the Truth and Reconciliation Commission's report called on you to “amend the Criminal Code to allow trial judges, upon giving reasons, to depart from mandatory minimum sentences and restrictions on the use of conditional sentences”. It pointed out that this would assist in particularly addressing the specific needs of indigenous offenders.
Indeed, to my astonishment, the correctional investigator of Canada last year stated that although the first nation population of Canada is about 5%, fully over one-quarter of prisoners are indigenous, and in respect of indigenous women, over one-third of our incarcerated Canadians are indigenous. It was suggested that to address mandatory minimums would have a very positive effect on what I call the crisis of overrepresentation.
Today I had a press conference with my colleague, member of Parliament Sheri Benson, who tabled a private member's bill, Bill C-407, which is similar, by the way, to Senator Kim Pate's recently tabled Bill S-251. I should add that bill was prompted by high school students from Saskatoon, who chose this important measure as their primary suggested change in Canadian law. In the audience today, I recognize Brody Beuker and Camilo Silva, who drafted that bill, who helped in drafting that important measure.
Last, Minister, it was reported that fully over two-thirds of all charter challenges in the courts—256 charter challenges in the courts—are mandatory minimum sentence challenges. Imagine how much time and money it's taking to address that issue alone.
Minister, you came to office almost two years ago, and in a Globe and Mail article in November, you promised that new legislation on mandatory minimums was coming soon, “certainly in the early part of next year”. That was in the early part of last year.
My question for you is, will you be moving forward in a timely way with your commitment to address this crisis in over-incarceration of indigenous Canadians by way of fixing the mandatory minimums? Also, will you commit today to adopt the bills that I referenced earlier—the private member's bill, Bill C-407 , and the Senate bill, Bill S-251—or perhaps include them in Bill C-75 so we can address this important issue?
Merci.
Merci, madame la ministre, et merci à vos représentants d'être parmi nous aujourd'hui. Vous ne serez pas surprise d'apprendre que je vais vous poser une question au sujet de ce qu'on a appelé l'éléphant dans la pièce dans le cadre de vos réformes de justice pénale, et je parle ici du fait que vous n'avez pas abordé la question des peines minimales obligatoires.
Comme vous le savez, l'appel à l'action no 32 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation vous demandait de « modifier le Code criminel afin de permettre aux juges de première instance, avec motifs à l'appui, de déroger à l'imposition des peines minimales obligatoires de même qu'aux restrictions concernant le recours aux peines d'emprisonnement avec sursis ». La Commission soulignait que ce serait une façon précise de répondre aux besoins des délinquants autochtones.
En fait, à ma grande surprise, l'enquêteur correctionnel du Canada a déclaré l'année dernière que, même si la population des Premières Nations représente environ 5 % de la population canadienne, plus du quart des prisonniers sont des Autochtones et, en ce qui concerne les femmes autochtones, plus du tiers des Canadiennes incarcérées sont des Autochtones. On a laissé entendre que les peines minimales obligatoires auraient un effet très positif sur ce que j'appelle la crise de la surreprésentation.
Aujourd'hui, j'ai participé à une conférence de presse avec ma collègue, la députée Sheri Benson, qui a déposé un projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi C-407, qui est similaire, soit dit en passant, au projet de loi S-251 que la sénatrice Kim Pate a récemment déposé. Je dois ajouter que ce projet de loi a été proposé par des élèves du secondaire de Saskatoon, qui ont choisi cette mesure importante comme principal changement proposé au droit canadien. Dans l'auditoire, aujourd'hui, je salue Brody Beuker et Camilo Silva, qui ont rédigé le projet de loi et contribué à la rédaction de cette importante mesure.
Pour terminer, madame la ministre, il a été signalé que plus des deux tiers des contestations judiciaires fondées sur la Charte — 256 contestations judiciaires fondées sur la Charte se trouvent devant les tribunaux — sont des contestations judiciaires liées à des peines minimales obligatoires. Imaginez le temps et l'argent qu'il faut pour régler ne serait-ce que ce problème.
Madame la ministre, vous êtes entrée en fonction il y a près de deux ans et, dans un article du Globe and Mail de novembre, vous avez promis qu'un nouveau texte législatif sur les peines minimales obligatoires allait bientôt être présenté, « assurément dans la première partie de l'année prochaine ». Cette déclaration a été faite au début de l'année dernière.
Ma question est donc la suivante: allez-vous bientôt vous acquitter de votre engagement à remédier à la crise de la surreprésentation des Canadiens autochtones en corrigeant le problème des peines minimales obligatoires? De plus, vous engagez-vous aujourd'hui à adopter les projets de loi dont j'ai parlé tantôt — le projet de loi d'initiative parlementaire C-407 et le projet de loi du Sénat S-251 — ou peut-être à les inclure dans le projet de loi C-75 afin que nous puissions régler ce problème important?
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