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View Rob Moore Profile
CPC (NB)
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2020-03-12 15:03 [p.2023]
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Mr. Speaker, a Montreal man found guilty of sexually assaulting a four-year-old in 2015 was charged recently with making and distributing child pornography during the period he was having court-ordered supervised visits with the child he abused. This man was sentenced to a mere 22 months in prison for abusing this child.
The minister has stated that he will look to eliminate mandatory minimum sentences to give even more discretion in sentencing. Does the minister really think that justice is being served in a case like this?
Monsieur le Président, un Montréalais qui a été reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement un enfant de 4 ans en 2015 a été accusé récemment de production et de distribution de pornographie juvénile. Au moment où les faits qui lui sont reprochés se seraient produits, cet homme avait aussi droit, par ordre du tribunal, à des visites supervisées avec l'enfant qu'il avait agressé. Il n'avait été condamné qu'à 22 mois de prison.
Le ministre a déclaré qu'il allait étudier la possibilité d'éliminer les peines minimales obligatoires pour accorder encore plus de pouvoir discrétionnaire aux juges dans la détermination des peines. Pense-t-il vraiment que justice est rendue dans un cas comme celui-ci?
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Lib. (QC)
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2020-03-12 15:03 [p.2023]
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Mr. Speaker, cases like these are obviously tragic, and our hearts go out to the victims. It is also true that in our criminal justice system we rely a great deal on the facts and the evidence in any particular case, as well as giving, in the common law tradition, judges the ability to assess sentences as they move forward. We have promised to continue to look at and improve the criminal justice system as we move forward.
I will say with all certainty that the previous Conservative government's tough on crime stance was actually quite stupid on crime, and we will move forward with the evidence.
Some hon. members: Oh, oh!
Monsieur le Président, de tels cas sont évidemment tragiques, et nous sommes de tout cœur avec les victimes. Il est également vrai que le système canadien de justice pénale s'en remet beaucoup aux faits et aux éléments de preuve et qu'il accorde aux juges, conformément à la tradition de common law, la capacité d'évaluer la peine à appliquer. Nous avons promis de continuer à étudier et à améliorer le système de justice pénale.
Je peux dire avec certitude que l'approche de répression de la criminalité adoptée par l'ancien gouvernement conservateur était une attitude plutôt idiote. Nous, nous nous appuierons sur les données probantes.
Des voix: Oh, oh!
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Ind. (BC)
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2020-01-28 15:04 [p.588]
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Mr. Speaker, Canada's correctional investigator recently said, “The indigenization of Canada's prison population is nothing short of a national travesty.” I agree. The TRC and “Calls for Justice” also agree.
More action is required to address the over-incarceration of indigenous, black and other marginalized Canadians. Evidence clearly shows that mandatory minimum penalties are a big part of the problem and not smart justice policy. There has been enough study and too much delay due to political expediency. Can the government confirm that it will repeal mandatory minimum penalties for all but the most serious of crimes?
Monsieur le Président, l’enquêteur correctionnel du Canada a récemment affirmé que « [l']indigénisation de la population carcérale du Canada n’est rien de moins qu’une parodie nationale ». Je suis d'accord. Les auteurs du rapport de la Commission de vérité et réconciliation et du rapport contenant les appels à la justice sont également d'accord.
Il faut en faire davantage pour lutter contre l'incarcération abusive des Autochtones, des Noirs et d'autres Canadiens marginalisés. Les données montrent clairement que les peines minimales obligatoires contribuent grandement au problème et qu'elles ne constituent pas une mesure judiciaire judicieuse. Il y a eu suffisamment d'études menées et trop de retards causés par l'opportunisme politique. Le gouvernement peut-il confirmer qu'il abrogera les peines minimales obligatoires pour tous les crimes, à l'exception des plus graves?
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Lib. (QC)
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2020-01-28 15:05 [p.588]
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Mr. Speaker, our government is committed to advancing sentencing reform that will stand the test of time. This means continuing to work with our provincial and territorial partners, with leaders from indigenous communities and all actors in the criminal justice system, as well as taking advice from our courts and listening to Canadians.
We are committed to achieving a modern and efficient criminal justice system that addresses the tragic problem of overrepresentation of indigenous peoples and marginalized Canadians while holding offenders to account and protecting victims.
Monsieur le Président, le gouvernement est déterminé à faire progresser une réforme sur la détermination de la peine qui résistera à l’épreuve du temps. Pour ce faire, il faut continuer de travailler avec nos partenaires provinciaux et territoriaux, ainsi qu’avec tous les intervenants du système de justice pénale, tout en suivant les conseils de nos tribunaux et en écoutant la population canadienne.
Nous voulons un système de justice pénale moderne et efficace qui s'attaque au problème tragique de la surreprésentation des Autochtones et des Canadiens marginalisés en son sein, tout en faisant répondre les délinquants de leurs actes et en protégeant les victimes.
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NDP (BC)
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2019-06-17 22:21 [p.29247]
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Mr. Speaker, I would like to congratulate the minister on his speech. I agree, on behalf of the NDP, with the thrust of his remarks with respect to the Senate amendments made to Bill C-75, certainly with respect to intimate partner violence and the bail reform provisions and, in particular, the section 802.1 where law students and agents will again be able to represent people fully in summary conviction matters. I think these are all really important matters and I agree with him.
However, surely, if the issue is about the Askov and Jordan delay principles, the elephant in the room would be the fact that the government has failed to follow up on the Prime Minister's commitment to address to the minister, in the mandate letter, the minimum mandatory sentences provisions. I agree with him that we have a crisis in the over-incarceration of indigenous people, eight times as many indigenous men per capita, 12 times as many women.
Jonathan Rudin and others who work with Aboriginal Legal Services, say that there has to be a change in the mandatory minimum provisions if we are going to change that. Why does the government not get that?
Monsieur le Président, je tiens à féliciter le ministre de son discours. Au nom du NPD, je suis d'accord avec la portée de ses observations concernant les amendements apportés par le Sénat au projet de loi C-75, en tout cas en ce qui concerne la violence contre un partenaire intime, et les dispositions relatives à la réforme du cautionnement et, en particulier, l'article 802.1 autorisant à nouveau des étudiants en droit et des agents à représenter pleinement les gens dans les cas d'infractions punissables sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire. Je pense que toutes ces questions sont vraiment importantes et je suis d'accord avec lui.
S'il s'agit toutefois des principes d'Asko et de Jordan sur les délais judiciaires, l'évidence dont on ne parle pas serait le fait que le gouvernement n'a pas donné suite à l'engagement qu'avait pris le premier ministre de régler, dans la lettre de mandat du ministre, la question des peines minimales obligatoires. Je conviens que la surreprésentation des Autochtones dans les prisons, à raison de 8 fois plus d'hommes autochtones et de 12 fois plus de femmes autochtones, constitue une crise.
Jonathan Rudin et d'autres personnes qui travaillent pour l'organisme Aboriginal Legal Services affirment que pour que les choses changent, il va falloir modifier les dispositions relatives aux peines minimales obligatoires. Pourquoi le gouvernement ne le comprend-il pas?
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Lib. (QC)
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2019-06-17 22:23 [p.29247]
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Mr. Speaker, I thank the hon. member for his work on the justice committee on this bill and other bills.
With great deference, I took over the bill at a certain stage at which the point on mandatory minimums had already been settled for the time being. I have committed publicly in front of the justice committee, as well as publicly in other places and I am willing to do so in this House, hopefully remaining in this position moving forward, that I will make the study of mandatory minimum penalties a priority for myself.
That being said, we have taken on other provisions in this reform, particularly the reforms we are making to the administration of justice, which can be a revolving door for indigenous persons in Canada. By regulating those administrative law offences, I think we have addressed a great deal of the question for indigenous peoples. Certainly, we will monitor the situation, the mise en oeuvre of this bill on the ground, once it gets enacted into legislation and we will be open to future reform.
Monsieur le Président, je remercie le député de son travail sur différents projets de loi, dont celui-ci, au sein du comité de la justice.
C'est avec un très grand respect que j'ai pris en main le projet de loi à un stade où la question des peines minimales obligatoires avait été réglée pour le moment. Je me suis engagé publiquement, devant le comité de la justice et ailleurs, et je suis prêt à le faire ici, à la Chambre, à me donner pour priorité d'étudier cette question, si j'occupe cette fonction, ce que j'espère.
Cela dit, nous avons apporté d'autres changements, surtout en ce qui concerne l'administration de la justice, qui peuvent entraîner un phénomène de portes tournantes pour les Autochtones au Canada. En réglementant les infractions administratives, nous réglons à mon avis une bonne partie de la question relative aux peuples autochtones. Nous allons bien sûr devoir surveiller la situation, la mise en oeuvre du projet de loi sur le terrain une fois qu'il aura été adopté et nous pourrons y apporter d'autres modifications.
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GP (BC)
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2019-06-17 22:26 [p.29247]
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Mr. Speaker, I share the concerns of the hon. member for Victoria. We are still hampered in our criminal justice system by a series of mandatory minimums that we know have been found, by any criminology or empirical evidence, to absolutely not be effective and are a burden on the justice system. In this reform, we had hoped to see that.
I have a private member's bill, should the Minister of Justice want to look at it, which enumerates all of the mandatory minimums brought in in the 41st Parliament so that, in one piece of legislation, we could remove them all. Since the Minister of Justice has undertaken to study the matter, I wanted to draw to his attention the existence of my private member's bill and I hope that we can do more.
Also, I put forward about 46 or 47 amendments at committee around certain aspects of vulnerable populations. I know the Senate has made a number of helpful amendments. I think the bill could still be much improved, although some of the Senate amendments go some distance toward what I was trying to do in clause-by-clause. Therefore, I would appreciate any comments from the Minister of Justice.
Monsieur le Président, je partage les préoccupations du député de Victoria. Notre système de justice pénale continue d'être entravé par une série de peines minimales obligatoires. Des données empiriques et provenant d'étude en criminologie ont montré que ces peines sont absolument inefficaces, et nous savons qu'elles représentent un fardeau pour le système de justice. Voilà sur quoi nous espérions voir porter cette réforme.
J'ai un projet de loi d'initiative parlementaire, si le ministre de la Justice veut bien l'étudier, qui énumère toutes les peines minimales obligatoires proposées au cours de la 41e législature pour que, dans un seul projet de loi, nous puissions toutes les supprimer. Puisque le ministre de la Justice s'est engagé à étudier la question, je voulais attirer son attention sur l'existence de mon projet de loi d'initiative parlementaire. J'espère que nous pourrons en faire davantage.
De plus, j'ai proposé 46 ou 47 amendements au comité concernant certains aspects des populations vulnérables. Je sais que le Sénat a apporté un certain nombre d'amendements utiles. Je pense que le projet de loi pourrait encore être grandement amélioré, même si certains des amendements du Sénat ont contribué à accomplir ce que je voulais faire durant l'étude article par article. Par conséquent, j'aimerais que le ministre de la Justice nous fasse part de ses commentaires.
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View David Lametti Profile
Lib. (QC)
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2019-06-17 22:27 [p.29248]
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Mr. Speaker, I was not the person shepherding the bill during the proceedings in front of the justice committee in this place. That being said, I did work with the Senate committee quite closely with respect to the amendments proposed on IPV and vulnerable victims, in particular, indigenous women.
I will take the member's suggestion on minimum mandatory penalties and undertake to look at whatever she proposes.
Monsieur le Président, ce n'est pas moi qui a piloté le projet de loi pendant les délibérations du comité de la justice de la Chambre. Cela dit, j'ai travaillé en étroite collaboration avec le comité sénatorial en ce qui concerne les amendements proposés sur la violence commise à l'égard d'un partenaire intime et les victimes vulnérables, en particulier les femmes autochtones.
Je vais suivre la suggestion de la députée au sujet des peines minimales obligatoires et examiner ce qu'elle propose.
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NDP (BC)
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2019-06-17 23:06 [p.29253]
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Mr. Speaker, it is a pleasure to rise, albeit at this hour, to discuss Bill C-75 and the Senate amendments that have been brought to this place from there.
I agree with the thrust of the Senate amendments on behalf of the New Democratic Party, which supports the thrust of those amendments, but reluctantly have to say that, as amended, we must oppose this bill for the reasons I will describe.
I agree with the Minister of Justice, who spoke earlier, about some of the positive changes in this initiative. The bail reform provisions are exemplary. The intimate partner violence provisions are also very good. I am pleased that the Senate had the opportunity to deal with some of the recommendations by Judge Marion Buller, who, of course, chaired the inquiry into murdered and missing indigenous women and girls. She had the benefit of testifying before the Senate committee and, in turn, it had the ability to reflect her wisdom. That finds its way into the amendments before us tonight.
This improves the bill quite significantly, as I will describe, but there are some very significant issues that remain. I want to commend our colleagues in the other place for the work they have done to improve this flawed bill. We need to thank them for some of the work they had the opportunity to do.
We too, on the NDP side, have done an enormous amount of research and consultation, with people from the criminal defence bar, academics, prosecutors, former deputy attorneys general and others. We have done our homework on Bill C-75. After all, it is a mammoth initiative, the most significant criminal justice reform bill in a very long time. Regrettably, as a result of those consultations, we concluded that we must continue to oppose the bill, for reasons I will describe in a moment.
To be clear, we are in support of the amendments made by the Senate, yet decry the government's inadequate response to those amendments and ultimately have to therefore oppose the final bill as amended.
To begin with, why was Bill C-75 initiated? The Minister of Justice was clear about that in his remarks earlier. He alluded to the Askov case in the Supreme Court of Canada, and then, of course, the Jordan decision. The court said that there has to be a trial within a timely period, and it set down very specific limits for both indictable and summary conviction cases.
The objective was one of efficiency. It was to try to make our courts more efficient to deal with the enormous and, quite frankly, embarrassing backlog we have with our court cases, and to deal with the consequence of the Jordan case. As we know, often people who are guilty of offences walk free because the courts are not able to give them a trial within a reasonable period. That has to be an embarrassment to all Canadians.
Efficiency was the goal of this bill. However, after the consultation I just described, the debate in the House, and the work I was part of on the justice committee, where we heard a great variety of presentations, we concluded it is simply not an adequate response to the Jordan problem.
As I alluded to earlier, there are some good things in this bill, which I will also refer to later. However, sadly some of the deeply problematic things continue in the bill. I want to talk, by way of giving illustrations, of the general concerns that the criminal justice bar has had with this bill. I will start Ms. Sayeh Hassan, who is a Toronto-based criminal defence lawyer. By way of summary, she said, “While there are parts of Bill C-75 that have the potential for improving the criminal justice system, many other parts will not only be unhelpful when it comes to reducing delay but will also wipe out numerous rights currently afforded to an accused person.”
The big ugly elephant in the room is the fact that the government chose to completely ignore what so many people have talked about, which is the need to get rid of mandatory minimum sentencing. We had a reasonable hope that it would do so. After all, the Prime Minister told the former minister of justice that it was part of her mandate. Nothing happened.
Sean Fine, of The Globe and Mail, wrote:
As far back as October, 2016, the [former attorney general] told the Criminal Lawyers' Association in a speech that she would change the minimum sentencing laws “in the near future.” Days later, she told The Globe that new legislation would be coming soon, “certainly in the early part of next year.”
It never happened.
Our colleagues in the other place made a similar observation. It is the fourth item on their list of formal observations. I think it is worth repeating what they summarized. Under “Mandatory Minimum Sentences”, it says:
In its Delaying Justice is Denying Justice report, the Committee recommended that the Minister of Justice undertake a thorough review of existing mandatory minimum sentences in order to: ensure a reasonable, evidence-based approach to when they are appropriate; and consider whether persons with mental health issues should be considered for alternative sentencing options or treatment when faced with mandatory minimum sentences.
During its study of Bill C-75, some witnesses expressed significant disappointment that it does not include any reforms to the mandatory minimum sentencing provisions in the Criminal Code. In the Mandate Letter to the Minister of Justice...of 12 November 2015, [the Prime Minister] stated that the Minister...was to “conduct a review of the changes in our criminal justice system and sentencing reforms over the past decade.” In the Minister’s letter to the Chair of the committee, he stated that the Government “is committed to advancing sentencing reform” and that it is “committed to reviewing the mandatory minimum penalties in the Criminal Code with an eye to eliminating many of them and restoring judicial discretion.”
The committee [of the Senate] observes that the Government of Canada has had four years to bring forward amendments to these provisions in the Criminal Code and that, to date, no legislative action has been taken.
I join with my colleagues in the other place in noting that the government's failure to address the often unconstitutional mandatory minimums cannot be understated. It is a serious problem.
This led the Criminal Lawyers' Association to write in its position paper that “[m]andatory minimum sentences frustrate the process of resolving cases by limiting the Crown’s discretion to offer a penalty that will limit the Crown's ability”—
Monsieur le Président, malgré l'heure, c'est avec plaisir que je prends la parole à propos du projet de loi C-75 et des amendements proposés par le Sénat.
Le Nouveau Parti démocratique appuie l'objectif de ces amendements, mais, hélas, je dois dire que nous devons nous opposer au projet de loi tel qu'amendé pour les raisons que je vais décrire.
Je suis d'accord avec le ministre de la Justice, qui a pris la parole plus tôt, sur certains des changements positifs apportés par cette mesure. Les dispositions touchant la réforme du cautionnement sont exemplaires. Celles portant sur la violence commise contre un partenaire intime sont également très bonnes. Je suis heureux que le Sénat ait eu l'occasion de se pencher sur certaines des recommandations de la juge Marion Buller, qui, comme nous le savons, a présidé l'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées. Elle a pu témoigner devant le comité sénatorial qui, lui, a pu tenir compte de ses commentaires. Ces derniers se reflètent dans les amendements dont nous sommes saisis.
Le projet de loi est amélioré de manière considérable, mais certains problèmes très importants demeurent. Je tiens à féliciter nos collègues de l'autre endroit pour tout le travail qu'ils ont accompli afin d'améliorer ce projet de loi boiteux. Il faut les remercier pour le travail qu'ils ont pu faire.
Le NDP a aussi consacré énormément de temps à faire des recherches et à consulter des avocats de la défense, des universitaires, des procureurs, d'anciens sous-procureurs généraux et d'autres responsables. Nous avons fait nos devoirs à l'égard du projet de loi C-75. Après tout, il s'agit d'une initiative titanesque, soit un projet de loi visant la plus importante réforme du système de justice pénale jamais vue depuis très longtemps. Hélas, à la suite de ces consultations, nous avons conclu que nous devions continuer de nous opposer au projet de loi, et ce, pour les raisons que je vais expliquer dans un instant.
Je tiens à préciser que nous appuyons les amendements apportés par le Sénat, mais nous déplorons la réaction inadéquate du gouvernement à ces amendements et devons donc nous opposer au projet de loi dans sa version modifiée.
Pour commencer, pourquoi le projet de loi C-75 a-t-il été présenté au juste? Dans le discours qu'il a prononcé plus tôt, le ministre de la Justice en a donné clairement les raisons. Il a fait allusion aux décisions prises par la Cour suprême du Canada dans l'affaire Askov et, évidemment, dans l'arrêt Jordan. La Cour a déclaré qu'un procès doit avoir lieu dans des délais très précis, tant dans les cas d'infractions punissables par mise en accusation que dans les cas d'infractions punissables sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Le projet de loi avait pour objectif d'augmenter l'efficacité. Il visait à rendre nos tribunaux plus efficaces afin de traiter notre énorme arriéré qui est, très franchement, embarrassant, et à donner suite à l'arrêt Jordan. Comme nous le savons, les personnes coupables d'infractions sont souvent libérées parce que les tribunaux ne sont pas en mesure de leur accorder un procès dans un délai raisonnable. La situation doit être embarrassante pour tous les Canadiens.
L'efficacité était l'objectif du projet de loi. Toutefois, après la consultation que je viens de décrire, le débat à la Chambre et le travail effectué par le comité de la justice, qui a entendu divers témoignages, nous avons conclu que la mesure ne représentait tout simplement pas une réponse adéquate au problème causé par l'arrêt Jordan.
Comme je l'ai indiqué plus tôt, le projet de loi comporte de bons points, dont je parlerai plus tard. Malheureusement, certains des éléments qui posent de graves problèmes figurent toujours dans le projet de loi. Pour illustrer la situation, je vais parler des préoccupations générales des avocats criminalistes concernant le projet de loi. Je vais commencer par Mme Sayeh Hassan, une avocate criminaliste basée à Toronto. En guise de résumé, elle a dit: « Même si certaines dispositions du projet de loi C-75 pourraient améliorer le système de justice pénale, dans bien d'autres cas, non seulement les mesures proposées seront inefficaces lorsqu'il s'agit de réduire les délais, mais elles auront également pour effet d'éliminer nombre de droits actuellement accordés aux accusés. »
Le problème le plus flagrant, c'est que le gouvernement a choisi de ne pas tenir compte du tout d'un aspect dont bien des gens ont parlé, soit la nécessité d'abolir les peines minimales obligatoires. Nous avions un espoir raisonnable qu'il le ferait. Après tout, le premier ministre avait dit à l'ancienne ministre de la Justice que cela faisait partie de son mandat. Il ne s'est rien passé.
Sean Fine, du Globe and Mail, a écrit ceci:
Déjà en octobre 2016, [l'ancienne ministre de la Justice] a dit, lors d'un discours devant l'Association des avocats criminalistes, qu'elle allait changer « prochainement » les dispositions législatives concernant les peines minimales obligatoires. Quelques jours plus tard, elle a dit au Globe and Mail qu'on verrait bientôt les nouvelles dispositions législatives et qu'elles seraient présentées « certainement au début de la prochaine année ».
Ce n'est jamais arrivé.
Nos collègues de l'autre endroit ont fait une observation semblable. Il s'agit du quatrième élément sur leur liste d'observations officielles. Je crois qu'il vaut la peine de répéter ce qu'ils ont résumé. Sous la rubrique « Peines minimales obligatoires », il est indiqué ceci:
Dans son rapport Justice différée, justice refusée, le comité recommandait au ministre de la Justice de procéder à un examen intégral des peines minimales obligatoires afin: de dégager des principes raisonnables basés sur des données probantes pour déterminer dans quelles circonstances elles sont appropriées; d’évaluer la possibilité de permettre au tribunal d’y substituer d’autres peines ou des traitements lorsque le contrevenant aux prises avec des problèmes de santé mentale est passible d’une peine minimale obligatoire.
Lors de son étude du projet de loi C-75, des témoins se sont dits très déçus qu’il ne prévoit aucune réforme des dispositions du Code criminel relatives aux peines minimales obligatoires. Dans la lettre de mandat transmise au ministre de la Justice [...] du 12 novembre 2015, [le premier ministre] a clairement mentionné que le ministre [...] devait « réviser les changements apportés depuis dix ans à notre système de justice pénale ainsi que les réformes de la détermination des peines apportées au cours de la dernière décennie ». Dans sa lettre au président du Comité, le ministre a affirmé qu’il demeure « déterminé à présenter une réforme de la détermination de la peine » et qu’il est engagé « à procéder à une révision des peines minimales obligatoires prévues au Code criminel en vue d’en éliminer un grand nombre et de rétablir le pouvoir discrétionnaire des juges ».
Le comité [sénatorial] constate que le gouvernement du Canada a eu quatre ans pour présenter des modifications à ces dispositions du Code criminel et qu’aucune mesure législative n’a été déposée à ce jour.
Comme mes collègues de l'autre endroit, je pense qu'on n'insistera jamais assez sur l'incapacité du gouvernement de régler la question des peines minimales obligatoires, qui sont souvent inconstitutionnelles. Il s'agit d'un grave problème.
La situation a d'ailleurs mené l'Association des avocats criminalistes à écrire, dans son exposé de position, que « [l]es peines minimales obligatoires entravent l'efficacité du processus de règlement des cas en limitant le pouvoir discrétionnaire de la Couronne d'offrir une peine qui réduira la capacité de la Couronne...
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NDP (BC)
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2019-06-17 23:14 [p.29254]
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Mr. Speaker, I was just making the point that the Criminal Lawyers' Association has made, about why mandatory minimum sentences are important. It is because if a criminal lawyer has the possibility, a zero-sum game, that his or her client will get the minimum sentence that is there with no discretion of the judges to forge a penalty that is appropriate in the circumstances, the lawyer is not going to cut any deals. There will be no plea bargaining. There will be no efficiency. Therefore, the greatest single efficiency gain would have been what the Prime Minister promised us would happen, which is that mandatory minimum sentences, the way the Conservatives did it, would be eliminated. That was the promise that Canadians received over and over again, only to be completely thrown out in this bill.
It is a gigantic reform initiative. To be fair, it is all pertaining to criminal law but is a gigantic effort with this gigantic problem completely ignored. It is not a problem that I alone identify as an obstacle to efficiency gains and to addressing the crisis that Jordan represents, of people walking free from very serious crimes because we cannot get a trial in a reasonable amount of time. For reasons that escape me, the Liberals completely ignored that and did a number of other things, some of which are commendable but do not do what the objective of the bill was to be, which was to address the issue of inefficiency. That is the problem that the Criminal Lawyers' Association pointed out.
The courts have been reduced to simply being, as some people call them, slot machines of justice. They have no discretion at all. If the facts are made out, the penalty is there. It is push a button. Some judges have complained to me privately that they feel like they are simply automatons. That is not what judges historically have done. The Conservatives rendered them in this position that is invidious and, frankly, embarrassing to many judges. What they thought they had the power to do, which was to render an appropriate sentence to fit the crime, was thrown out the window when mandatory minimums were imposed on so many of the sentences in the Criminal Code.
We also have a crisis in Canada with the overrepresentation of indigenous women in particular. To his credit, the Minister of Justice referred to this problem. We all are aware of it. It is another national disgrace. Jonathan Rudin testified to the justice committee. He is a very memorable witness. He is a lawyer with the Aboriginal Legal Services in Toronto. He highlighted the government's inaction with regard to abolishing mandatory minimum sentences and its particular effect on indigenous women. Here is what he said:
[w]e have to look at the fact that there are still mandatory minimum sentences that take away from judges the ability to sentence indigenous women the way [judges] would like [them] to be sentenced. There are still provisions that restrict judges from using conditional sentences, which can keep women out of prison.
The first thing he urged the committee to recommend was to bring into legislation that judges have sentencing discretion, which the Liberals promised to do and did not.
I suspect the problem is much worse now, but in 2015 the proportion of indigenous adults in custody relative to their percentage of the population was eight times higher for indigenous men and a staggering 12 times higher for indigenous women. Any measure that could address this problem head-on has to be looked at seriously. The government's failure to address what the mandate letter from the Prime Minister told us it would do is a serious missed opportunity.
I would like to turn to preliminary inquiries, which the minister also referred to and was the subject of some of the reform proposals that the Senate brought forward. The Senate legal and constitutional affairs committee passed an amendment to Bill C-75 that would bring back the option for preliminary inquiries for hundreds of criminal offences. Since Bill C-75 was first introduced in the House, the NDP has been advocating that preliminary hearings be retained in criminal proceedings. The Senate is attempting to reverse the government's move to eliminate preliminary inquiries for all offences, except for offences carrying a sentence of life imprisonment.
Senator Pierre Dalphond, a former judge, passed an amendment to bring back the option of preliminary inquiries for most indictable offences, as long as the judge ensures that the impact on complainants is mitigated.
The Liberals argue that this will cost court time, but we heard at the justice committee over and over again testimony that, if we got rid of preliminary inquiries, time saving would actually be marginal and the potential for miscarriage of justice would be great.
While the government has accepted many of the Senate amendments, it is using its motion to continue to severely limit the use of preliminary hearings. We have opposed this measure since Bill C-75 was brought to the House, and our stance, I am confident, remains the correct one.
The Liberals at the House justice committee voted to allow preliminary inquiries only when the maximum sentence is life imprisonment. The other place amended this provision to allow far more judicial discretion, increasing the number of offences that could have a preliminary inquiry from 70 to 463. The minister pointed out that they tried to find some middle ground on this issue.
Overwhelmingly, we heard from witnesses at the justice committee that restricting the use of preliminary inquiries will not address court delays sufficiently and will sacrifice or could sacrifice the rights of the accused. For example, Ottawa criminal defence lawyer Michael Spratt said at the committee that preliminary inquiries occupy a very small percentage of court time but “deliver huge savings to the system. Preliminary inquiries deliver these efficiencies in a number of different ways.” They focus issues for trial, reducing trial length; they identify evidentiary or legal problems in a case at an early stage so the parties can ensure that these problems don't arise during the trial; and they can facilitate the resolution of charges.
He was not alone. Time does not allow me to list all the people who agreed with Mr. Spratt, but they include the Canadian Bar Association; the Criminal Lawyers' Association; the Alberta Crown Attorneys' Association, the prosecution side; various defence lawyers, such as Sarah Leamon, a criminal lawyer; Professor Lisa Silver of the University of Calgary, and on and on, yet the government did not want to go there. I cannot, for the life of me, understand why.
There is also a huge possibility that with taking preliminary inquiries away, there could be a risk that people will be wrongfully convicted. That is what Bill Trudell, the chair of the Canadian Council of Criminal Defence Lawyers, said. The government says we do not need them because we now have what are called Stinchcombe disclosure provisions, Stinchcombe being a famous case requiring the Crown to provide all the evidence available to the defence witnesses. The government says that, as a result, we do not need preliminary inquiries. That certainly is not what these people have said, and on a risk-benefit analysis they think it is just not right. The possibility of a wrongful conviction seems to be something we should all be worried about.
I know that time is running out quickly, but I said I would comment on some of the positive things in the bill, and I would like to do so.
First, there is the elimination of what are called “zombie” provisions of the Criminal Code, which criminalize things that are no longer illegal. These provisions have been found to be unconstitutional and have no place in the Criminal Code.
The bill would restore the discretion of judges to impose fewer victim fine surcharges or not impose them at all. I commend the government for that step as well.
I said in my question for the Minister of Justice earlier that I commend the government for broadening the definition of intimate partner violence. That is a good step. Creating an alternative process for dealing with breaches of bail is another good step. Codifying the so-called ladder principle, which requires that the least onerous form of release be imposed, is a good thing as well.
I agree with the government, and I confess not everybody does, that abolishing peremptory challenges is a positive step. Also, the routine police evidence provision has been amended for the good.
For the LGBTQ2+ community, the vagrancy and bawdy house provisions that were often used in the past to criminalize gay men have been rightly repealed. I am proud of the role that I played at the justice committee in moving those amendments, and I commend the government for finally repealing these discriminatory provisions.
I wish to be on record as saying that there is much in this bill that is commendable. It is the fact of the missed opportunity that is so disturbing.
I still have concerns about the many hybrid offences created in Bill C-75, because contrary to what the hon. Conservative member for Sarnia—Lambton said earlier, all this does is to push them down to the already overburdened criminal courts at the provincial level. The more hybrid offences, which proceed by way of summary rather than indictment, go to the provincial courts, where 95% of all criminal matters already take place. I have talked to people in my province of British Columbia who are very concerned about the impact of this on the administration of justice in that province. Jordan is perhaps not as much of a problem in the superior courts, but is a bigger problem in the provincial courts. Surely, that was not the intent.
I know that I have little time left, but I want to complete the point I made earlier about Madam Justice Marion Buller, the chief commissioner for the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls. She had the opportunity to go to the Senate committee with her report. A number of suggestions were made for reform in the other place and are now in the amendments before this House. I am very happy that that has happened. However, there are still serious problems with some of the legacies of residential schools and the sixties scoop that still need to be addressed.
I believe my time is almost at an end, so let me just say this. I wish we could support this bill. There is much in it that is worthwhile, but the failure to do what the Prime Minister told us they would do, deal with the mandatory minimums, and the inability to address the preliminary inquiries in a more manageable way, are the reasons we must respectfully oppose this bill.
Monsieur le Président, je faisais valoir l'avis de l'Association des avocats criminalistes concernant l'importance des peines minimales obligatoires. Pour un avocat criminaliste, si son client s'expose à une peine minimale, sans que le juge ait le pouvoir discrétionnaire de définir une peine qui soit appropriée dans les circonstances, il n'y a rien à gagner, alors il ne conclura pas d'entente. Il n'y aura aucune négociation de plaidoyer. Il n'y aura pas d'efficacité. Donc, le plus grand gain en efficacité aurait été ce que le premier ministre nous avait promis, soit que les peines minimales obligatoires, telles que les conservateurs les avaient conçues, seraient éliminées. C'est la promesse qui avait été faite aux Canadiens, à maintes reprises, mais ce projet de loi l'a complètement reniée.
Il s'agit d'une réforme gigantesque. Pour être honnête, il est uniquement question de droit pénal, mais il s'agit d'un effort gigantesque, et ce gigantesque problème n'est pas du tout réglé. Je ne suis pas le seul à dire que ce problème est un obstacle aux gains d'efficacité et au règlement de la crise engendrée par l'arrêt Jordan, qui fait en sorte que des gens qui ont commis des crimes graves doivent être relâchés parce qu'on n'arrive pas à tenir leur procès dans un délai raisonnable. Pour une raison qui m'échappe, les libéraux ont complètement ignoré ce problème et ils ont pris différentes mesures, dont certaines sont louables, mais qui ne feront rien pour l'atteinte des objectifs prétendus du projet de loi, soit de répondre aux problèmes d'inefficacité. C'est le problème soulevé par l'Association des avocats criminalistes.
Les tribunaux en sont réduits à n'être que des machines à sous de la justice, comme certains disent. Ils n'ont plus aucun pouvoir discrétionnaire. Si les faits s'avèrent, la peine est déjà prévue. C'est aussi simple que d'appuyer sur un bouton. Certains juges se sont plaints directement à moi en privé du fait qu'ils ont l'impression de n'être que des robots. Historiquement, le rôle des juges était bien différent. Les conservateurs ont réduit les juges à ce rôle ingrat et, honnêtement, gênant pour beaucoup d'entre eux. Les juges croyaient avoir le pouvoir d'ordonner des peines appropriées en fonction des crimes commis, mais ce pouvoir leur a été retiré lorsque des peines minimales obligatoires ont été ajoutées pour de très nombreuses infractions du Code criminel.
Au Canada, la surreprésentation des femmes autochtones est un problème particulièrement grave. Le ministre de la Justice en a parlé, et c'est tout à son honneur. Nous sommes tous au courant de ce problème. C'est une autre honte nationale. Jonathan Rudin a témoigné devant le comité. Il a fait un témoignage fort mémorable. C'est un avocat de Toronto membre de l'organisme Aboriginal Legal Services. Il a parlé de l'inaction du gouvernement en ce qui concerne l'abolition des peines minimales obligatoires, ainsi que des effets de ces peines sur les femmes autochtones. Il a dit ceci:
[...] nous devons penser au fait qu'il existe encore des sentences minimales obligatoires qui empêchent les juges d'infliger aux femmes autochtones les peines qu'ils voudraient leur infliger. Certaines dispositions empêchent encore les juges de recourir à des peines avec sursis, lesquelles évitent l'incarcération aux femmes.
Sa première recommandation au comité a été de mettre en place des dispositions législatives pour accorder plus de pouvoir discrétionnaire aux juges, ce que les libéraux avaient promis de faire, mais ils n'ont pas tenu parole.
Je soupçonne que le problème est bien pire aujourd'hui, mais en 2015, la proportion d'adultes autochtones était 8 fois plus élevée parmi la population en détention que parmi la population en général pour les hommes, et 12 fois plus élevée pour les femmes, une proportion ahurissante. Toute mesure pouvant remédier directement à ce problème doit être examinée sérieusement. Le fait que le gouvernement n'a pas accompli ce que disait la lettre de mandat du premier ministre est une sérieuse occasion ratée.
J'aimerais maintenant parler des enquêtes préliminaires, dont le ministre a également parlé et qui ont fait l'objet de certaines des réformes proposées par le Sénat. Le comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles a adopté un amendement au projet de loi C-75 en vue de rétablir l'option d'une enquête préliminaire pour des centaines d'infractions criminelles. Depuis que le projet de loi C-75 a été présenté à la Chambre, le NPD fait valoir la nécessité de conserver les enquêtes préliminaires dans les procédures criminelles. Le Sénat essaie d'annuler la démarche du gouvernement qui vise à éliminer les enquêtes préliminaires pour toutes les infractions, sauf celles assorties d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.
Le sénateur Pierre Dalphond, un ancien juge, a fait adopter un amendement afin de ramener l'option d'une enquête préliminaire pour la plupart des infractions punissables par mise en accusation, pour autant que le juge veille à ce que les répercussions sur le plaignant soient atténuées.
Les libéraux font valoir que cela accaparera les tribunaux. Toutefois, le comité de la justice s'est fait dire par de nombreux témoins que si on supprimait les enquêtes préliminaires, le temps sauvé serait minime et le risque d'erreur judiciaire, grand.
Le gouvernement a accepté de nombreux amendements du Sénat, mais il se sert de sa motion pour continuer à limiter sévèrement le recours aux enquêtes préliminaires. Nous nous sommes opposés à cette mesure depuis que le projet de loi C-75 a été proposé à la Chambre. Je suis convaincu que notre position demeure la bonne.
Les libéraux du comité de la justice de la Chambre des communes ont voté pour permettre les enquêtes préliminaires seulement dans les cas où la peine maximale est l'emprisonnement à vie. L'autre endroit a amendé cette disposition afin d'élargir considérablement le pouvoir discrétionnaire des juges ainsi que de faire passer de 70 à 463 le nombre d'infractions qui peuvent faire l'objet d'une enquête préliminaire. Le ministre a affirmé qu'ils avaient essayé de trouver un terrain d'entente sur cette question.
La très grande majorité de témoins entendus par le comité de la justice ont indiqué que le fait de restreindre le recours à l'enquête préliminaire ne réduira pas suffisamment les délais judiciaires et qu'il pourrait sacrifier les droits de l'accusé. Par exemple, selon Michael Spratt, avocat criminaliste pratiquant à Ottawa, les enquêtes préliminaires accaparent très peu de temps devant les tribunaux « tout en offrant d'importants gains d'efficience, et ce, d'un certain nombre de façons différentes ». Elles ciblent les questions à trancher durant le procès et réduisent la durée du procès. Elles permettent de cerner les problèmes de preuve ou les d'ordre juridique aux premières étapes d'une affaire, de sorte qu'ils ne surviennent pas au milieu d'un procès. Elles peuvent aussi faciliter le règlement des accusations criminelles.
Il n'est pas le seul de cet avis. Je n'ai pas le temps de faire la liste de tous les gens qui étaient d'accord avec Me Spratt, mais je dirai qu'elle inclut l'Association du Barreau canadien, l'Association des avocats criminalistes, l'association des procureurs de la Couronne de l'Alberta et divers avocats de la défense, dont Sarah Leamon, une criminaliste, la professeure Lisa Silver, de l'Université de Calgary, et j'en passe. Pourtant, le gouvernement a refusé de s'engager dans cette voie. Je n'arrive absolument pas à comprendre.
À la suite de l'élimination des enquêtes préliminaires, il est fort possible que des gens soient condamnés à tort. C'est ce que pense Bill Trudell, président du Conseil canadien des avocats de la défense. Le gouvernement prétend que l'on n'a plus besoin des enquêtes préliminaires étant donné l'existence des dispositions sur la divulgation établies dans l'arrêt Stinchcombe. Il s'agit d'une cause célèbre, qui exige que la poursuite fournisse aux témoins de la défense toute la preuve dont elle dispose. Le gouvernement affirme qu'il n'est donc plus nécessaire de tenir des enquêtes préliminaires. Ce n'est pourtant pas du tout ce que ces gens ont dit. Compte tenu d'une analyse des risques et des avantages, ils pensent que c'est tout simplement inadmissible. Nous devrions tous craindre la possibilité que des gens soient condamnés à tort.
Je sais que le temps s'écoule rapidement, mais j'ai dit que je parlerais de certaines des mesures positives contenues dans le projet de loi. C'est ce que je vais faire maintenant.
Premièrement, le projet de loi vise à éliminer ce qu'on appelle les dispositions « zombies » du Code criminel, qui érigent en infractions des choses qui ne sont plus illégales. Ces dispositions ont été jugées inconstitutionnelles et n'ont donc plus leur place dans le Code criminel.
Le projet de loi rétablirait le pouvoir discrétionnaire des juges d'imposer moins de suramendes compensatoires, voire aucune. Je félicite également le gouvernement pour cette mesure.
Dans la question que j'ai posée plus tôt au ministre de la Justice, j'ai félicité le gouvernement d'avoir élargi la définition de la violence contre un partenaire intime. C'est un pas dans la bonne direction. La création d'un autre processus pour traiter les cas de non-respect des conditions de mise en liberté sous caution représente un autre pas dans la bonne direction. Il s'agit aussi d'une bonne idée de codifier le principe dit de l'échelle, qui exige qu'on impose la forme la moins pénalisante de la mise en liberté.
À l'instar du gouvernement, j'estime que l'abolition des récusations péremptoires est une mesure positive; je reconnais toutefois que tout le monde ne partage pas cet avis. De plus, la disposition sur les éléments de preuve de routine a été modifiée pour le mieux.
En ce qui concerne la communauté LGBTQ2+, les dispositions sur les maisons de débauche et le vagabondage qui étaient souvent utilisées dans le passé pour faire des homosexuels des criminels ont été abrogées, à juste titre. Je suis fier du rôle que j'ai joué au comité de la justice en proposant ces amendements et je félicite le gouvernement d'avoir finalement abrogé ces dispositions discriminatoires.
Je tiens officiellement à dire que ce projet de loi renferme beaucoup d'éléments tout à fait louables. Ce qui me dérange autant, c'est qu'il s'agit en quelque sorte d'une occasion manquée.
Je m'interroge encore sur les nombreuses infractions mixtes créées par le projet de loi C-75, car contrairement à ce qu'a pu dire la députée conservatrice de Sarnia—Lambton tout à l'heure, tout ce que cette décision fera, c'est de surcharger encore plus les tribunaux provinciaux. En effet, la plupart — 95 % pour être exact — des infractions mixtes, qui font l'objet d'une procédure sommaire au lieu d'un procès en bonne et due forme, sont jugées par des tribunaux provinciaux. Les Britanno-Colombiens craignent sincèrement les effets que cette décision pourrait avoir sur l'administration de la justice dans leur province. L'arrêt Jordan n'est peut-être pas un problème pour les juridictions supérieures, mais pour les tribunaux provinciaux, oui. Je doute fort que c'est ce que le gouvernement cherchait à faire.
Je sais qu'il me reste peu de temps, mais je tiens à revenir sur ce que je disais plus tôt au sujet de la commissaire en chef de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, la juge Marion Buller. Elle est venue parler de son rapport au comité du Sénat. Bon nombre des réformes qui ont été proposées à l'autre endroit font maintenant partie des amendements dont la Chambre est présentement saisie. Je sais toutefois que les problèmes causés par les pensionnats indiens et la rafle des années 1960 se font sentir encore aujourd'hui. Il faut faire quelque chose.
Je crois que mon temps de parole touche à sa fin, alors je dirai simplement ceci: j'aimerais que nous puissions appuyer ce projet de loi. Il contient bon nombre d'éléments intéressants, mais il n'atteint pas l'objectif que le premier ministre nous avait dit qu'il atteindrait, soit éliminer les peines minimales obligatoires, et son incapacité à gérer plus facilement les enquêtes préliminaires sont les raisons pour lesquelles nous devons nous opposer respectueusement à ce projet de loi.
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CPC (SK)
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2019-06-10 15:29 [p.28818]
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Mr. Speaker, I rise today on behalf of our colleague and good friend, the member for Langley—Aldergrove, with three petitions to present on his behalf. Knowing that he is at home and not well, I appreciate the opportunity to do this.
The first petition is from citizens of Canada who acknowledge that the current impaired driving laws are too lenient. In the interests of public safety, the petitioners want to see tougher laws and the implementation of new mandatory minimum sentencing for those persons convicted of impaired driving causing death. They also want the Criminal Code of Canada to be changed to redefine the offence of impaired driving causing death as vehicular manslaughter.
Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter trois pétitions au nom de notre collègue et ami le député de Langley—Aldergrove. Sachant qu'il est à la maison et qu'il est souffrant, je suis heureuse de pouvoir le faire.
La première pétition est signée par des citoyens canadiens qui sont d'avis que les lois actuelles sur la conduite avec les facultés affaiblies sont trop clémentes. Dans l'intérêt de la sécurité publique, les pétitionnaires veulent des lois plus sévères et l'instauration de nouvelles peines minimales obligatoires pour les personnes reconnues coupables de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort. Les pétitionnaires demandent également que, dans le Code criminel du Canada, l'infraction de conduite avec facultés affaiblies causant la mort devienne un homicide involontaire coupable commis au volant d'un véhicule automobile.
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CPC (AB)
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2019-06-04 17:32 [p.28520]
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moved that Bill C-206, An Act to amend the Criminal Code (abuse of vulnerable persons), be read the second time and referred to a committee.
He said: Mr. Speaker, I rise today to speak about seniors and vulnerable persons in our society, whether they are physically handicapped, have a mental condition or other. Bill C-206 focuses on the sentencing of individuals who perpetrate crimes against people specifically because of who they are: vulnerable.
The bill would amend section 718.2 of the Criminal Code by bringing further protection to seniors and other vulnerable persons to ensure that they live in safety, dignity and without fear.
As a former Royal Canadian Mounted Police officer for many years, I have seen many horrific crimes, brutality, theft and suicide. Fortunately for me, I have been able to take all the bad, the ugliness and the violence and push it to the back of my mind and I can forget about it. How much good we did and the people we helped save and set on the right course in life is very important to me.
However, there was always one type of crime I felt I could not accept, the lack of appropriate penalties in our Canadian Criminal Code, specifically for crimes against vulnerable persons. My bill would introduce tougher penalties for those who consciously use the weakness of vulnerable groups to financially, physically, sexually or emotionally abuse them.
It is difficult for the abused to admit to people that they are victims of abuse, especially at the hands of someone they know and trust. When trust is abused, the penalties should be severe. Perpetrators should be held to account with firm punishment. We must have harsher sentences for these types of perpetrators.
Criminals who target the elderly should know that they will not get away with it. Older people should not have to fear being targeted. We need stronger penalties to deter and tackle criminals who target the elderly and the disabled. There are hundreds of cases of abuse in which the offenders did not, in my opinion, receive fair punishment for their actions.
We should not tolerate or express any sort of sympathy toward conscious cruelty against seniors and other vulnerable groups. Their security should be of concern to us in Canada and their abuse should be treated as a human rights issue of the utmost importance.
I must point out that technically a judge already considers the vulnerability of a victim, including age and disabilities, when deciding on a sentencing term. It is just not specifically stated on paper or in the act. The bill would simply add it on paper as a requirement.
As people grow older, they become more isolated, so the risk of abuse increases. Punishment fails to deter would-be abusers who see older people as a soft target and we must do more to protect older people and vulnerable people. Bill C-206 would change that.
A large part of the Canadian population is either a senior or will soon be one, including me. I am already there. The demographic data released by Statistics Canada in the 2016 census shows there are approximately 5.9 million seniors in Canada.
According to government statistics, by 2031, around eight million people will be aged 65 or older. That will be almost a quarter of Canada's population. Many Canadians require care and assistance, and that number is only growing.
Offenders who exploit their weaknesses for their self-benefit and decrease the self-worth and dignity of vulnerable adults and seniors must face greater punishments in law. Statistics provided by the Department of Justice state that approximately 24% of disabled persons were victimized at least one in their lives and about 45% of seniors aged 65 and older reported experiencing some form of abuse. This is scary, especially when a quarter of our population will be in that age bracket very shortly.
However, according to the Canadian Association for Retired Persons, only 20% of elder abuse comes to the attention of responsible authorities. Why? Because many of the victims do not want to report the abuse for various reasons. These reasons include the dependence upon a caregiver who is abusive, fear of not being believed or even deep shame and humiliation because of what happened to them.
Moreover, in 32% of the reported elder abuse cases, the offender is related to the victim as a child or an extended family member. That is shocking. We can only imagine how many cases of such abuse remain unreported as the elderly are reluctant to bring charges against their family members or relatives.
It is therefore the responsibility of all of us in the House of Commons to protect those who cannot stand up for themselves by adopting measures that would deter potential offenders from committing these crimes. This is exactly what my bill is designed to do. Adopting it would mean two things: prescribing tougher penalties for the offenders and justice for the victims.
Bill C-206 covers four forms of abuse: financial, physical, sexual and emotional. I will speak about each to show how they affect vulnerable people.
The first is financial abuse, one of the most common forms of abuse against vulnerable groups.
In 2014, CBC News reported that Toronto police arrested a wife and husband who defrauded a 94-year-old woman, within four years, of $25,000 in cash, jewellery and furniture. The wife was hired as a housekeeper and became involved in the everyday activities of this victim. At some point, she forced the elderly lady into a smaller room and moved into the apartment with her husband. If it were not for a courier from a local pharmacy who, during his weekly deliveries, noticed that something was wrong when an unknown person answered the door, the consequences for that woman could have been more grave than just the money.
Under the Department of Justice, not a single reported Canadian case contains a definition of “elder abuse”. In fairness, there are some cases where the extreme age of the victim was taken into the sentencing factor, which is very good. However, my bill, Bill C-206, would take away the use of discretionary decisions and make it mandatory for the sentence to be increased due to the fact the aggravated crime was committed against a vulnerable person. This is not new in Canadian law. It is missing in certain parts of the Criminal Code and I want it to be used more broadly, especially for the crimes about which I have been talking.
In another example in the same year, 3,000 kilometres away in Edmonton, Global News wrote an article on a man who was accused of defrauding his grandmother of $265,000. He acted as his grandmother's attorney under a power of attorney agreement.
Fraud and financial abuse in general can occur not only among family members, but also with people who the victims trust the most. These cases are connected to the victim's trust and dependancy on the caregiver who is abusing the victim and, due to the simple fear of being physically abused, the victim will not report the caregiver. This is not acceptable today. These abuses are happening because offenders do not get fair punishments. They rely on the vulnerability of others and take advantage of them.
Physical abuse is the second form of abuse I want to address.
Statistics show that people with disabilities are more likely to be assaulted compared to people with no disabilities. Another disturbing case happened in Ottawa involving a personal support worker who pleaded guilty to assault charges for an incident at a retirement home. He delivered 10 punches to an 89-year-old man suffering from Alzheimer's and Parkinson's.
In my many years in law enforcement, this is one of the worst types of crimes I have ever encountered. Should such offenders be treated equally to those assaulting healthy and capable people? I do not think so. Their punishments should reflect the gravity of their crimes. Currently, those abusers, even if convicted, rarely get punished.
Advocates for people with disabilities have confirmed that vulnerable groups are often abused. If we look back at the report that came out yesterday, people who are vulnerable are being picked on.
In October 2014, the CBC posted a story about a 19-year-old mentally disabled woman being sexually assaulted on a bus in Winnipeg, while her support worker was sitting a couple of rows ahead. I am a father and a grandfather. To me, a 19-year-old is still a child. What this child experienced was traumatic for both her and her parents. She has a right to be safe. That is why we need a stronger law.
In the spring of 2017, a support worker in Ontario walked away with a guilty plea for only one count of assault and no criminal record in exchange for the court withdrawing 13 counts of sexual assault.
We need to be stiffer in our penalties. This is where my bill, Bill C-206, would come into play. The vulnerable in our society should enjoy an increased level of protection. They need to be confident in our legal system and must be assured that those who would try to use their vulnerability will always get a fair punishment.
The last but not least form of abuse I would like to cover today is the emotional or psychological form of abuse. I would like to add that all previously discussed forms of abuse are very much connected to emotional abuse in the sense that they have a great psychological effect on the victims.
There is no dignity in disrespecting a vulnerable person. There is no dignity in taking advantage of a vulnerable person. It is a crime and it must be punished in a greater way than it is being punished now. The cases I have talked about are not single cases; there are hundreds of them out there.
How do we change this? Canada needs harsher penalties for those who exploit vulnerable people and take advantage of their weaknesses. Tougher penalties for the abuse of vulnerable persons would make abusers think twice before committing these kinds of offences and would provide more safety for those who cannot protect themselves.
My bill would ensure that those criminals who would disrespect and use the weakness of others would not be able to get away with a simple conviction or a guilty plea, leaving the families and friends of victims desperate and disappointed in our criminal justice system.
propose que le projet de loi C-206, Loi modifiant le Code criminel (mauvais traitement de personnes vulnérables), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet des aînés et des membres de notre société qui sont vulnérables, que ce soit en raison d'un handicap physique, d'une maladie mentale ou d'autre chose. Le projet de loi C-206 porte sur la détermination de la peine pour les personnes qui ont expressément commis un crime contre quelqu'un en raison de sa vulnérabilité.
Le projet de loi modifierait l'article 718.2 du Code criminel pour protéger davantage les aînés et autres personnes vulnérables afin qu'ils puissent vivre en sécurité, dans la dignité et sans crainte.
En tant qu'ancien agent de la Gendarmerie royale du Canada comptant de nombreuses années de service, j'ai eu à intervenir à la suite de beaucoup de crimes horribles, dont des affaires de brutalité, de vol et de suicide. Heureusement pour moi, j'ai pu reléguer tout le mauvais, toute la laideur et toute la violence dans un coin éloigné de mon esprit et je suis en mesure d'oublier tout cela. Par contre, l'apport positif que nous avons eu et les personnes que nous avons contribué à sauver et à remettre sur le droit chemin sont très importants pour moi.
Cela dit, il y a un type de crime que je n'ai jamais pu accepter et pour lequel j'ai toujours déploré l'absence de sanctions appropriées dans le Code criminel canadien: les crimes contre les personnes vulnérables. Mon projet de loi permettrait d'imposer des peines plus sévères aux personnes qui exploitent sciemment la faiblesse de groupes vulnérables pour les exploiter financièrement, les agresser sexuellement ou leur infliger des mauvais traitements physiques ou moraux.
Il est difficile pour les personnes victimes de mauvais traitements d'admettre aux gens ce qu'elles vivent, surtout si la personne qui abuse d'elles est quelqu'un qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance. Dans les cas d'abus de confiance, les sanctions devraient être sévères. Les auteurs de ces crimes doivent en être tenus responsables et être punis sévèrement. Il importe donc d'accroître les peines pour ceux-ci.
Les criminels qui ciblent les personnes âgées doivent savoir qu'ils ne s'en tireront pas impunément. Les personnes âgées ne devraient pas avoir à craindre d'être ciblées. Pour contrer et dissuader les criminels qui ciblent les personnes âgées ou handicapées, il faut accroître les sanctions. Il y a des centaines de cas de mauvais traitements pour lesquels les délinquants n'ont pas, à mon avis, été adéquatement punis.
Nous ne devrions ni tolérer ni exprimer quelque sympathie que ce soit à l'égard des personnes commettant sciemment des actes cruels contre les aînés ou des membres d'autres groupes vulnérables. Au Canada, la sécurité de ces personnes devrait tous nous préoccuper, et les mauvais traitements dont elles sont victimes devraient être traités comme un problème de droits de la personne de la plus haute importance.
Je dois souligner que, techniquement, le juge, lorsqu'il décide de la peine à imposer, tient déjà compte de la vulnérabilité de la victime, en considérant notamment son âge ou son handicap. Toutefois, cette exigence n'est énoncée ni dans la loi ni dans tout autre document. Le projet de loi aurait donc pour effet de simplement consigner cette exigence par écrit.
À mesure que les gens vieillissent, ils deviennent de plus en plus isolés, ce qui accroît le risque de mauvais traitements. Les peines actuelles ne suffisent pas à dissuader les criminels potentiels qui considèrent les personnes âgées comme une cible facile et nous devons donc faire plus pour protéger celles-ci de même que les autres personnes vulnérables. C'est ce que le projet de loi C-206 permettrait d'accomplir.
Une grande partie de la population canadienne, moi y compris, est déjà âgée ou le sera bientôt. Je le suis déjà. Les données démographiques publiées par Statistique Canada dans le recensement de 2016 indiquent que le Canada compte environ 5,9 millions d'aînés.
Selon les chiffres du gouvernement, d'ici 2031, environ 8 millions de personnes auront 65 ans ou plus. Ce sera près du quart de la population du Canada. Un grand nombre de Canadiens ont besoin de soins et d'aide, et leur nombre ne cesse de croître.
Les délinquants qui exploitent les faiblesses des adultes et des personnes âgées vulnérables, diminuant leur estime de soi et leur dignité, doivent être plus sévèrement punis par la loi. Selon les statistiques fournies par le ministère de la Justice, environ 24 % des personnes handicapées ont été victimisées au moins une fois au cours de leur vie et environ 45 % des personnes âgées de 65 ans ou plus ont déclaré avoir subi une forme ou une autre de maltraitance. Cela fait peur, surtout quand on pense qu'un quart de la population sera très bientôt dans cette tranche d'âges.
Toutefois, selon l'Association canadienne des individus retraités, seulement 20 % des cas de maltraitance de personnes âgées sont signalés aux autorités compétentes. Pourquoi? Parce qu'un grand nombre des victimes refusent de faire un signalement pour diverses raisons, notamment parce qu'elles dépendent de la personne en question, parce qu'elles craignent de ne pas être crues ou même parce qu'elles ont honte et se sentent humiliées.
Qui plus est, dans 32 % des cas de maltraitance signalés, l'agresseur a un lien de parenté avec la victime. C'est un enfant ou un membre de la famille élargie. C'est choquant. Nous ne pouvons qu'imaginer combien de cas semblables ne sont pas signalés, les aînés ayant des réticences à porter des accusations contre un membre de leur famille.
Il incombe donc à nous tous à la Chambre des communes de protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre en adoptant des mesures susceptibles de dissuader des délinquants potentiels de commettre de tels crimes. C'est exactement ce que mon projet de loi vise. Son adoption voudrait dire deux choses: des peines plus sévères pour les délinquants et la justice pour les victimes.
Le projet de loi C-206 couvre quatre formes de maltraitance : l'exploitation financière, la violence physique et psychologique et les agressions sexuelles. Je vais parler de chacune de ces formes de maltraitance pour expliquer leur incidence sur les personnes vulnérables.
La première est l'exploitation financière, qui est l'une des formes de maltraitance les plus courantes à l'endroit des groupes vulnérables.
En 2014, le service de nouvelles de CBC a rapporté que la police de Toronto avait arrêté un couple qui, en quatre ans, avait volé 25 000 $ en argent, en bijoux et en meubles à une femme de 94 ans. La femme avait été embauchée comme femme de ménage et elle s'était mise à prendre part aux activités quotidiennes de la victime. À un moment donné, elle a obligé la dame âgée à occuper une plus petite pièce de son appartement, puis elle y a emménagé avec son mari. Si ce n'avait pas été du livreur d'une pharmacie locale qui, lors d'une livraison hebdomadaire, a trouvé suspect qu'une personne inconnue réponde à la porte, cette femme aurait pu subir des conséquences beaucoup plus graves qu'une simple perte d'argent.
Dans les registres du ministère de la Justice, absolument rien dans la jurisprudence canadienne ne permet de définir le terme « mauvais traitements infligés aux aînés ». Je dois toutefois préciser que, dans certaines causes, l'âge avancé de la victime a bel et bien été pris en compte pour la détermination de la peine, et c'est tant mieux. Cela dit, ma mesure législative, le projet de loi C-206, supprimerait l'aspect discrétionnaire de la détermination de la peine et exigerait que les peines soient plus sévères si le crime en cause vise une personne vulnérable, car il s'agirait alors d'une circonstance aggravante. Ce type de disposition existe déjà en droit canadien. Elle est toutefois absente de certaines parties du Code criminel et j'aimerais en élargir la portée afin qu'elle couvre les crimes dont j'ai parlé jusqu'ici.
Voici un exemple qui s'est produit la même année, à 3 000 kilomètres d'ici, à Edmonton. Le service de nouvelles de la chaîne Global a publié un reportage sur un homme accusé d'avoir extorqué 265 000 $ à sa grand-mère après avoir obtenu une procuration de sa part.
La fraude et l'exploitation financière en général peuvent souvent être perpétrées par des membres de la famille ou des personnes qui ont l'entière confiance de leur victime. La personne en cause mise justement sur la confiance que lui porte sa victime et sur le fait qu'elle dépend d'elle pour en tirer un avantage. Par crainte d'être en plus violentées, les victimes hésitent souvent à dénoncer les proches aidants qui les exploitent. C'est inacceptable dans une société comme la nôtre. Ces mauvais traitements se perpétuent parce que les coupables ne sont pas suffisamment punis. Ils profitent de la vulnérabilité des autres.
La violence physique est la deuxième forme de mauvais traitement dont j’aimerais parler.
Les statistiques montrent que les personnes handicapées sont plus susceptibles d’être agressées que les personnes sans handicap. Un autre cas troublant s’est produit à Ottawa. Un préposé aux services de soutien à la personne a plaidé coupable à des accusations de voies de fait pour un incident survenu dans une maison de retraite: il avait asséné 10 coups de poing à un homme de 89 ans atteint des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.
J’ai passé de nombreuses années dans les forces de l’ordre et ce crime est l’un des pires que j’aie jamais vus. Ces délinquants devraient-ils être traités de la même façon que ceux qui agressent des personnes en bonne santé et aptes à se défendre? Je crois que non. Leurs peines devraient refléter la gravité de leurs crimes. À l’heure actuelle, ces agresseurs, même s’ils sont reconnus coupables, sont rarement punis.
Les défenseurs des droits des personnes handicapées ont confirmé que les membres des groupes vulnérables sont souvent victimes de mauvais traitements. Si nous examinons le rapport publié hier, nous constatons que les personnes vulnérables sont prises pour cibles.
En octobre 2014, la CBC a publié un article au sujet d’une femme de 19 ans vivant avec une déficience intellectuelle qui avait été agressée sexuellement dans un autobus de Winnipeg alors que son accompagnatrice était assise deux rangées plus loin. Je suis père et grand-père. À mes yeux, une personne de 19 ans est encore un enfant. Ce que cette enfant a vécu est traumatisant, pour elle et pour ses parents. Elle a le droit d’être en sécurité. C’est pour cette raison que nous avons besoin d’une loi plus rigoureuse.
Au printemps de 2017, en échange d'un plaidoyer de culpabilité, un tribunal a laissé tomber 13 accusations d'agression sexuelle contre un travailleur de soutien de l'Ontario, retenant contre lui seulement un chef d'accusation de voies de fait et le laissant s'en sortir sans casier judiciaire.
Nous devons infliger des peines plus sévères. C'est là que ma mesure législative, le projet de loi C-206, entre en jeu. Les membres vulnérables de notre société devraient être davantage protégés. Ils doivent faire confiance à notre système judiciaire, et ils doivent avoir l'assurance que les personnes tentant d'exploiter leur vulnérabilité seront toujours punies comme il se doit.
La dernière, mais non la moindre, forme de mauvais traitement dont je veux parler aujourd'hui est le mauvais traitement moral ou psychologique. Je tiens à ajouter que toutes les autres formes de mauvais traitement dont j'ai discuté auparavant sont étroitement liées au mauvais traitement moral parce qu'elles ont des effets psychologiques considérables sur les victimes.
Il n'y a rien de digne à manquer de respect envers des personnes vulnérables ou à les exploiter. Il s'agit d'un crime, et il doit être puni beaucoup plus sévèrement qu'il l'est actuellement. Les cas que j'ai mentionnés ne sont pas uniques; il y en a des centaines similaires.
Comment pouvons-nous changer les choses? Le Canada doit imposer des peines plus sévères aux gens qui exploitent les personnes vulnérables et profitent de leurs faiblesses. L'imposition de peines plus sévères pour le mauvais traitement de personnes vulnérables inciterait les auteurs de ces infractions à y penser à deux fois avant de commettre de tels gestes. Elle permettrait également de mieux protéger les gens qui ne peuvent se protéger eux-mêmes.
Mon projet de loi garantirait que les criminels qui manquent de respect envers les autres et exploitent leur faiblesse ne peuvent pas s'en sortir simplement en plaidant coupables, ce qui désespère grandement les familles et les amis des victimes et les amènent à être déçus du système de justice pénale.
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Lib. (QC)
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2019-06-04 17:47 [p.28522]
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Mr. Speaker, I would like to thank my colleague from Yellowhead for his advocacy.
As the parliamentary secretary to the Minister of Seniors, I know first-hand that abuse to seniors is a lot more prevalent than we probably know, and I want to thank him for bringing the bill forward.
Given the fact that my colleague has worked in the field of policing and given his comments tonight, I would like to ask him what his thoughts are with respect to our decision to create a ministry of seniors. Also, in budget 2019, we brought forward financial increases to the new horizons for seniors program specifically to help elder abuse, elder fraud and isolation.
I would like to get my colleague's opinion on those initiatives.
Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue de Yellowhead de ses efforts dans ce dossier.
En tant que secrétaire parlementaire de la ministre des Aînés, je sais de première main que dans notre pays la maltraitance des aînés est probablement beaucoup plus fréquente que nous ne le croyons et je le remercie d’avoir présenté ce projet de loi.
Étant donné que mon collègue a travaillé dans le domaine du maintien de l’ordre et compte tenu de ses observations ce soir, j’aimerais lui demander ce qu’il pense de notre décision de créer un ministère des Aînés. De plus, dans le budget de 2019, nous avons proposé un financement accru pour le programme Nouveaux Horizons pour les aînés dans le but précis d’aider les personnes âgées victimes de maltraitance, de fraude et d’isolement.
J’aimerais savoir ce que pense mon collègue de ces initiatives.
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CPC (AB)
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2019-06-04 17:48 [p.28522]
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Mr. Speaker, any committee that is formed to assist seniors in any capacity will definitely help. However, my bill does not only stick with seniors; it is anybody who is in a vulnerable position. We need to ensure that in our courts, when people are found guilty, they will dealt with more severely if they have assaulted a 95-year-old man or a person in a wheelchair
What I am trying to get to with Bill C-206 is that there have to be consequences if someone picks on vulnerable people just because they are vulnerable.
Monsieur le Président, tout comité formé pour aider les personnes âgées à quelque titre que ce soit sera certainement utile. Toutefois, mon projet de loi ne vise pas seulement les personnes âgées, mais bien toutes les personnes en situation de vulnérabilité. Nous devons veiller à ce que les gens reconnus coupables devant nos tribunaux soient traités plus sévèrement s’ils ont agressé un homme de 95 ans ou une personne en fauteuil roulant.
Ce que j’essaie d’obtenir avec le projet de loi C-206, c’est qu’il y ait des conséquences si quelqu’un s’en prend aux personnes vulnérables simplement parce qu’elles sont vulnérables.
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CPC (BC)
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2019-06-04 17:49 [p.28522]
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Mr. Speaker, I appreciate the member's dedication to preserving the dignity of seniors.
In the last Parliament, almost all parties agreed with the proposed elder abuse legislation. In that bill was an aggravating factor with respect to when someone either physically or financially assaulted a senior. That needed to be taken into consideration when sentencing after someone had his or her day in court.
Could the member explain how his legislation is different and why it is appropriate today?
Monsieur le Président, j’apprécie le dévouement de mon collègue qui tient à préserver la dignité des personnes âgées.
Au cours de la dernière législature, presque tous les partis étaient d’accord sur le projet de loi portant sur la maltraitance des aînés. Dans ce projet de loi, on parlait de circonstance aggravante lorsqu’une personne âgée était victime de maltraitance physique ou financière. Il fallait en tenir compte lors de la détermination de la peine.
Mon collègue pourrait-il expliquer en quoi son projet de loi est différent et pourquoi il est approprié aujourd’hui?
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CPC (AB)
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2019-06-04 17:50 [p.28522]
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Mr. Speaker, it is different in two ways.
First, it would make it mandatory. Right now is at the discretion of the prosecutor or the judge to look at the aggravated sentencing. Let us take that away. Automatically, people will be punished greater if they assault a vulnerable person than if they assault someone else, just as if someone defrauds, steals or takes advantage of a vulnerable person.
The second part that comes into play is the fact that there are criminals out there. There are people who prey upon the vulnerable. The public needs to know that if people prey on a vulnerable person, they will pay a greater penalty if caught than if they were to prey on another person.
Monsieur le Président, il est différent à deux égards.
Tout d’abord, la circonstance aggravante deviendrait obligatoire. À l’heure actuelle, c’est au procureur ou au juge qu’il appartient d’examiner les circonstances aggravantes. Supprimons cela. Les gens seront automatiquement punis plus sévèrement s’ils agressent une personne vulnérable, comme c’est le cas s'ils fraudent une personne vulnérable, la volent ou profitent de sa faiblesse.
Le deuxième élément en jeu, c’est le fait qu’il y a des criminels. Il y a des gens qui s’attaquent aux personnes vulnérables. Le public doit savoir que la personne qui s’attaquera à une personne vulnérable obtiendra une peine plus lourde que si elle s’en prend à quelqu’un d’autre.
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CPC (BC)
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2019-06-04 17:50 [p.28522]
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Mr. Speaker, given that the member has a large amount of personal experience in these things, what is one thing he would like to ensure people in his riding know about this legislation, as well as the people in this room and Canadians in general?
Monsieur le Président, étant donné que le député a beaucoup d’expérience personnelle dans ce domaine, quelle est la chose qu’il aimerait que les gens de sa circonscription sachent au sujet de cette mesure législative, de même que les députés et les Canadiens en général?
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CPC (AB)
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2019-06-04 17:51 [p.28522]
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Mr. Speaker, the message I want to get out to all Canadians is that vulnerable people must be respected regardless of their vulnerability, whether it is age, a disability, the way they were brought up or lifestyle. If people choose to perpetrate crimes against vulnerable persons, I want to get the message out that they are the worst types of criminals and we need to deal with them in a more severe manner than we do today.
Monsieur le Président, le message que je veux faire passer à tous les Canadiens, c’est que les personnes vulnérables doivent être respectées, peu importe leur vulnérabilité, que celle-ci soit liée à leur âge, à leur handicap, à la façon dont elles ont été élevées ou à leur mode de vie. Si certains choisissent de commettre des crimes contre des personnes vulnérables, je veux que tout le monde sache que ce sont les pires types de criminels et que nous devons les traiter plus sévèrement que nous ne le faisons aujourd’hui.
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Lib. (ON)
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2019-06-04 17:51 [p.28522]
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Mr. Speaker, I am pleased to join the second reading debate on Private Member's bill, Bill C-206, an act to amend the Criminal Code.
At the outset, I want to to acknowledge the laudable objective of the bill and thank the member from Yellowhead for giving us the opportunity to debate this important social issue this evening.
Bill C-206 amends the Criminal Code to specify that the physical, emotional, sexual or financial abuse of a person over the age of 65 or of a person 18 years of age or older who depends on others for their care because of a mental or physical disability is to be considered an aggravating circumstance for sentencing purposes.
The member for Yellowhead said that the bill seeks to give vulnerable seniors further protections to ensure that they can live safely and in dignity, while protecting them against exploitation.
The bill would fulfill that objective by imposing harsher sentences on offenders who abuse these vulnerable victims, whether financially, physically or psychologically.
I am in full agreement with the member for Yellowhead that we must do everything to address the physical, financial and emotional exploitation of our seniors and other vulnerable Canadians who depend on others for their care because of a disability.
I hear about this issue in my work here in Ottawa, in my work around the country and also in my riding of Parkdale—High Park. Constituents speak to me about the statistics, which are problematic. Those statistics show that seniors and Canadians with disabilities are at a higher risk of being victims of crimes.
For instance, while older Canadians have historically reported low victimization rates, the physical disabilities and cognitive impairments experienced by some seniors may increase their vulnerability and make them more prone to certain kinds of abuse, such as online financial crime, neglect, financial exploitation and family-related violence.
By 2036 the size of Canada's senior population will increase about twofold, and persons aged 65 and over will represent approximately one quarter of the Canadian population in total.
Given Canada's aging population, Statistics Canada notes that police-reported violence committed against seniors will continue to increase if it is left unaddressed.
According to police data, Canadian seniors were more likely to be the victim of family violence in 2017 than they were 10 years ago. In 2007, Statistics Canada reported that the overall rate of police-reported violence against seniors had increased by 20% between 1998 and 2005. From 2009 to 2017, the rate of police-reported family violence against seniors rose 7%.
In 2014, people with a disability were about twice as likely to be victims of a violent crime than people who did not have a disability, and women and men with cognitive disabilities or mental health-related disabilities reported violent victimization approximately four times more often than their counterparts who did not have a disability.
Elder abuse, senior isolation and the abuse of vulnerable persons are completely unacceptable. Our government is working hard to provide Canadian seniors with greater security and a better quality of life. That is what compelled us to appoint and name a Minister of Seniors to the federal cabinet.
We have also invested in the new horizons for seniors program, which, through budget 2019, will receive an additional $100 million over the next five years. One of the key initiatives of that program is to tackle elder abuse and fraud.
Several legislative amendments have been enacted by Parliament to address the problem of elder abuse. For instance, in 2011, the Standing Up for Victims of White Collar Crime Act enacted an aggravating factor to the fraud offence found at section 380.1 of the Criminal Code. This was referenced in the earlier part of tonight's debate.
This provision directs a judge to treat evidence that the offence had a significant impact on the victim, having regard to “their personal circumstances including their age, health and financial situation”, as an aggravating factor at sentencing.
In 2012, there was also legislation enacted called Protecting Canada's Seniors Act, which enacted a provision that directed courts to treat evidence that the offence had a significant impact on the victim, having regard to his or her age and other personal circumstances, including health and financial situation, as an aggravating factor at sentencing.
These two legislative amendments essentially codified the current sentencing practices. In other words, when these legislative amendments were proposed, the law already required the courts to consider all aggravating and mitigating circumstances related to the offence and the offender's degree of responsibility, including the effect of an offence on a particular victim under all circumstances. In a given case, this can obviously include the victims' age and their vulnerability.
In summary, by codifying the aggravating circumstances, parliamentarians clarified the sentencing law for all Canadians and sent a message to the courts that it is important to consider these aggravating circumstances in sentencing decisions.
The Criminal Code includes a broad range of offences that apply equally to protect all Canadians, including vulnerable and elderly Canadians, as well as specific offences that take into account the vulnerability of the victim. For instance, the offences of assault, assault with bodily harm and aggravated assault apply to protect everyone, regardless of age, health or gender. However, there are also specific offences that target the abuse of vulnerable persons, such as in section 153.1 of the Criminal Code, which applies to the sexual exploitation of a person with a disability. The code also lists several aggravating factors that can apply in cases involving abuse of an elderly or vulnerable person who depends on others for care because of a mental or physical disability.
There are four aggravating factors: one, evidence and offences motivated by bias, prejudice or hate or based on, for instance, age or mental or physical disability; two, the fact that the offenders abuse their spouse or common-law partner; three, the fact that offenders abused a position of trust or authority in relation to the victim; and four, evidence that the offence had a significant impact on the victim having regard to their age or other personal circumstance, including their health or financial situation.
Based on my interpretation of the aggravating circumstance proposed in Bill C-206, I have to wonder if the amendment proposed in the bill could overlap with the circumstances already set out in the Criminal Code. I wonder if the amendment fixes any flaws in the law regarding the abuse of seniors and other vulnerable persons.
I look forward to hearing other members' thoughts about whether this conduct is already covered by the Criminal Code and how this amendment would affect the criminal justice system. For example, if we were to adopt an aggravating circumstance that is similar to the ones already in the Criminal Code, would there be an increase in the number of cases related to determining the scope of the new provision and how it differs from the aggravating circumstances set out in the Criminal Code?
Moreover, I wonder about the implications of setting a chronological age distinction of above 65 as the hard limit in the Criminal Code for assessing a person's vulnerability. Witnesses who testified before the House of Commons Standing Committee on Justice and Human Rights as part of its study of former Bill C-36 emphasized that the impact of a crime on an elderly victim is not necessarily dependent on chronological age, but rather on the combined unique characteristics of that elderly victim.
This leads me to question whether an individual's vulnerability is not best assessed by weighing a combination of factors, such as mental and physical health, financial situation and degree of autonomy. I am sure members of this House can come up with examples of when age is not the best indicator of a person's level of vulnerability. For these reasons, I look forward to a thorough debate on these important policy questions.
During second reading debate of the former Bill C-36, the member for Pierrefonds—Dollard at the time said that if we focus only on legal measures, we will be missing a very important point. Non-legislative measures can also significantly help address the problem.
In total, I would underscore that the bill proposed by the member for Yellowhead targets a very important and laudable objective. I look forward to the important debate continuing on this issue and on the issue of combatting elder abuse.
Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi d'initiative parlementaire C-206, qui vise à modifier le Code criminel.
Je tiens d'abord à saluer l'objectif louable du projet de loi et à remercier le député de Yellowhead de nous donner l'occasion de débattre de cette importante question sociale ce soir.
Le projet de loi C-206 vise à modifier le Code criminel afin de préciser que l'abus financier, les mauvais traitements physiques ou moraux et les abus sexuels à l'égard d'une personne âgée de 65 ans ou plus, ou encore d'une personne âgée de 18 ans ou plus qui est à la charge d'autrui en raison d'une déficience mentale ou physique, sont considérés comme des circonstances aggravantes pour la détermination de la peine.
Le député de Yellowhead a énoncé l'objectif du projet de loi, lequel consiste à accorder d'autres mesures de protection aux personnes âgées et vulnérables afin de veiller à ce qu'elles vivent en sécurité et dans la dignité et qu'elles soient protégées contre l'exploitation.
Le projet de loi permettrait de réaliser cet objectif en infligeant des peines plus sévères aux délinquants qui exploitent ces victimes vulnérables, que ce soit sur un plan financier, physique ou psychologique.
Je conviens tout à fait, comme le député de Yellowhead, que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour prévenir les abus financiers et les mauvais traitements physiques ou moraux à l'égard des aînés et des autres personnes vulnérables du pays qui sont à la charge d’autrui en raison d’une déficience.
C'est le genre de problème dont j'entends parler dans le cadre de mon travail, que ce soit ici, à Ottawa, ou ailleurs au pays, y compris dans ma circonscription, Parkdale—High Park. Des gens de ma circonscription m'ont fait part des statistiques, et elles sont préoccupantes. Selon ces données, les aînés et les personnes handicapées du pays sont plus susceptibles d'être victimes d'un acte criminel.
Par exemple, même si on observe généralement un faible nombre de victimes parmi les Canadiens âgés, les déficiences physiques et cognitives qui touchent certains aînés peuvent les rendre plus vulnérables et plus susceptibles d'être victimes de certaines formes d'abus comme la cybercriminalité financière, la négligence, l'exploitation financière et la violence familiale.
D'ici 2036, les aînés seront deux fois plus nombreux au pays, et les personnes âgées d'au moins 65 ans représenteront environ le quart de la population canadienne.
Selon Statistique Canada, en raison du vieillissement de la population canadienne, on s'attend à une hausse des cas de violence contre les aînés déclarés à la police si rien n'est fait pour remédier à la situation.
Selon des renseignements de source policière, les risques que les aînés au Canada soient victimes de violence familiale en 2017 étaient supérieurs à ceux d'il y a une dizaine d'années. En 2007, Statistique Canada indiquait que le taux global d'actes de violence signalés à la police commis contre les personnes âgées avait augmenté de 20 % entre 1998 et 2005. De plus, entre 2009 et 2017, le taux d'actes de violence familiale envers les aînés signalés à la police avait augmenté de 7 %.
En ce qui concerne les crimes commis contre les personnes ayant une déficience, en 2014, le taux de crimes violents était approximativement deux fois plus élevé que les crimes commis contre les personnes n'ayant pas de déficience, et le taux de victimisation violente chez les femmes et les hommes ayant une déficience cognitive ou une déficience liée à la santé mentale était environ quatre fois plus élevé que chez ceux qui n'en avaient pas.
La maltraitance des aînés, l'isolation des personnes âgées et le mauvais traitement des personnes vulnérables sont tout à fait inacceptables. Le gouvernement actuel s'emploie activement à fournir une plus grande sécurité et une meilleure qualité de vie aux personnes âgées du Canada. C'est d'ailleurs ce qui a motivé sa décision de nommer une ministre des Aînés au Cabinet fédéral.
Le gouvernement a également investi dans le programme Nouveaux Horizons pour les aînés qui, dans le cadre du budget de 2019, recevra 100 millions de dollars supplémentaires au cours des cinq prochaines années. L'une des principales initiatives de ce programme est de s'attaquer aux mauvais traitements et à la fraude à l'égard des aînés.
Le Parlement a adopté plusieurs modifications législatives pour s'attaquer au problème de la maltraitance des aînés. Par exemple, en 2011, la Loi sur la défense des victimes de crimes en col blanc a édicté une circonstance aggravante qui s'applique à l'infraction de fraude prévue à l'article 380.1 du Code criminel. Il en a été question dans la première partie du débat de ce soir.
Cette disposition ordonne au juge de considérer des circonstances aggravantes pour déterminer la peine à infliger, notamment si « l’infraction a entraîné des conséquences importantes pour les victimes étant donné la situation personnelle de celles-ci, notamment leur âge, leur état de santé et leur situation financière. »
En 2012, une loi intitulée Loi sur la protection des personnes âgées au Canada a également été adoptée et elle contient une disposition dont le juge doit tenir compte au moment de déterminer la peine à imposer. Il doit tenir compte du fait que l'infraction a eu un effet important sur la victime en raison de son âge et de tout autre élément de sa situation personnelle, notamment sa santé et sa situation financière.
Ces deux modifications législatives codifiaient essentiellement les pratiques actuelles en matière de détermination de la peine. En d'autres termes, lorsque ces modifications législatives ont été proposées, la loi exigeait déjà que les tribunaux tiennent compte de toutes les circonstances aggravantes et atténuantes liées à la perpétration de l'infraction et au degré de responsabilité du délinquant, y compris l'incidence particulière qu'une infraction avait sur une victime en particulier dans toutes les circonstances. Dans un cas donné, cela peut évidemment inclure l'âge de la victime et son niveau de vulnérabilité.
En somme, en codifiant ces circonstances aggravantes, les parlementaires ont clarifié le droit de la détermination de la peine pour les Canadiens et les Canadiennes et ont signalé aux tribunaux qu'il est important de prendre ces circonstances aggravantes en compte pour déterminer les peines.
Le Code criminel comprend un large éventail d'infractions qui s'appliquent également de manière à protéger tous les Canadiens, y compris les vulnérables et les aînés, de même que des infractions spécifiques qui tiennent comptent de la vulnérabilité de la victime. Par exemple, les voies de fait, les voies de fait causant des lésions corporelles et les voies de fait graves s'appliquent de manière à protéger tout le monde, peu importe l'âge, l'état de santé ou le sexe. Il existe aussi des infractions spécifiques qui visent le mauvais traitement de personnes vulnérables, comme l'article 153.1 du Code criminel, qui s'applique à l'exploitation sexuelle d'une personne handicapée. Le Code comprend également une liste de facteurs aggravants qui s'appliquent dans les cas d'abus envers une personne âgée ou vulnérable qui dépend des autres pour des soins, en raison d'une invalidité physique ou mentale.
Il y a quatre facteurs aggravants. Premièrement, l'infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que, par exemple, l'âge ou la déficience mentale ou physique. Deuxièmement, l'infraction perpétrée par le délinquant constitue un mauvais traitement de son époux ou conjoint de fait. Troisièmement, l’infraction perpétrée par le délinquant constitue un abus de la confiance de la victime ou un abus d’autorité à son égard. Quatrièmement, l'infraction a eu un effet important sur la victime en raison de son âge et de tout autre élément de sa situation personnelle, notamment sa santé ou sa situation financière.
Selon mon interprétation de la circonstance aggravante proposée dans le projet de loi C-206, je me demande si la modification proposée dans le projet de loi pourrait chevaucher les circonstances déjà énoncées dans le Code criminel ou si elle comble des lacunes dans le droit relativement à la violence envers les aînés et les autres personnes vulnérables.
Il me tarde d'entendre le point de vue d'autres députés quant à savoir si cette conduite est déjà visée par le Code criminel et quelle serait l'incidence de l'adoption de cette modification sur le système de justice pénale. Par exemple, l'adoption d'une circonstance aggravante semblable aux circonstances aggravantes déjà énoncées dans le Code criminel entraînerait-elle une augmentation des litiges liés à la détermination de la portée de la nouvelle disposition et de ses différences par rapport aux circonstances aggravantes énoncées dans le Code criminel?
Par ailleurs, je me demande quelles seraient les conséquences si l'on fixait, dans le Code criminel, à 65 ans et plus la limite absolue pour évaluer la vulnérabilité d'une personne. Les témoins qui ont comparu devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes dans le cadre de son étude de l'ancien projet de loi C-36 ont souligné que l'incidence d'un crime sur une victime âgée ne dépend pas nécessairement de son âge, mais plutôt des caractéristiques uniques de cette victime.
Cela m'amène à me demander si la meilleure façon d'évaluer la vulnérabilité d'une personne n'est pas d'évaluer une combinaison de facteurs comme la santé mentale et physique, la situation financière et le degré d'autonomie. Je suis certain que les députés ont en tête des exemples où l'âge n'est pas le meilleur indicateur du niveau de vulnérabilité d'une personne. C'est pourquoi j'attends avec impatience que nous ayons un débat approfondi sur ces importantes questions de politique.
Au cours du débat en deuxième lecture sur l'ancien projet de loi C-36, la députée de Pierrefonds—Dollard de l'époque a souligné que, si on se concentre seulement sur les mesures judiciaires, on passe à côté de quelque chose d'important, soit le fait que les initiatives non législatives peuvent également contribuer grandement à régler le problème.
En somme, je tiens à souligner que le projet de loi proposé par le député de Yellowhead vise un objectif très important et louable. J'attends avec impatience la poursuite de l'important débat sur cette question et sur la question de la lutte contre la maltraitance des personnes âgées.
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View Matthew Dubé Profile
NDP (QC)
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2019-06-04 18:02 [p.28524]
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Mr. Speaker, I thank my colleague from Yellowhead for introducing the bill we are debating today. I also thank him for his years of service in another life.
We serve together on the Standing Committee on Public Safety and National Security. While I tend to disagree with the Conservatives on matters of justice or public safety, I have to say that I often nod my head when the hon. member asks questions or makes proposals in committee. That speaks volumes about the work he does in committee, and I thank him for that.
I also thank him for drawing the attention of the House to the important issue of elder abuse. This abuse can take different forms, as has been pointed out in the speeches we have heard so far. It can be physical, sexual, financial or emotional. I think it is important for the House to address this issue.
The NDP has always cared about this issue and has always understood the importance of judicial sentencing discretion. That is why I am pleased to tell my colleague that I will be supporting the bill at second reading so that the committee can examine this issue more throughly, given how serious it is.
As mentioned earlier, not only will our aging population continue to grow in the years to come, but statistics show that abuse is unfortunately becoming increasingly common in our society. This phenomenon is growing at an alarming rate, and it is underestimated and all too often under-reported.
I would like to use this debate as an opportunity to talk briefly about initiatives being taken in my riding. I must say, I am proud to support them in various ways. I became aware of the abuse that can be directed at seniors because of these initiatives.
First of all, I would like to recognize the contribution of the seniors' forum that is held in Chambly every October. It is organized mainly by the Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées. I want to salute Ginette Grenier, among others, from the Centre d'écoute Montérégie. I will come back to this in a moment.
The fair brings together almost every stakeholder in the territory. It brings together MPs, including me and my Quebec counterpart, as well as representatives of the Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent. It also brings together organizations that work to break the isolation of seniors in different ways and that consider issues directly related to my colleague’s bill. The fair takes place at the Chambly seniors’ centre every year. It is a prime opportunity to learn more about this issue which plagues our society.
It is disturbing to hear what the police have to say. The team that works at my riding office is at our booth to talk about the services offered to seniors. Our booth allows me to meet with representatives of various organizations. When police talk about the various forms of elder abuse, they tell us that this abuse is often perpetrated by caregivers, family members and friends.
We have heard many stories of abuse in our society. These stories involve not only seniors, but all vulnerable individuals, including children. The abuse suffered by these individuals is often perpetrated by the people who are meant to help them, such as family members, for example. That is unconscionable, and it is a problem that society overlooks.
After all, when we see a neighbour or someone who lives in our building helping a senior, we think that neighbour must be a very nice person. It may be the senior's niece, nephew or child who comes to help the senior every weekend. We tend to believe that the person is acting in good faith, in the interests of the senior, who may unfortunately have lost their independence and need help from their family as they get older. However, those family members may be treating the senior inappropriately, which could have a serious impact on the senior's finances and physical well-being, among other things. These can be horrible situations.
The seniors' forum led me to support the Réseau actif de dépistage des aînés à risque or RADAR, a network that identifies and helps at-risk seniors. It is an initiative that is being undertaken in the area served by the Richelieu and Patriotes local community service centres, which covers most of the riding of Beloeil—Chambly. This initiative was mainly funded by community stakeholders and the Government of Quebec and was supported by the efforts of members from both levels of government.
I would be remiss if I failed to talk about the stakeholders who worked on this project. Many organizations attended the seniors' forum, but the police were also there. That is important to point out, because the bill before us was introduced by a member who used to be a police officer. The police are on the front lines when it comes to identifying at-risk seniors. They see the horrible crimes committed against seniors. It is therefore crucial that they be included in this type of project, which also includes social workers from health and social service centres and local community service centres.
The frontline workers in Quebec will correct me if I am wrong, but I believe that this initiative is quite novel and commendable. This is something rare that could be a model for creating other similar initiatives across Quebec and Canada to tackle this scourge.
We may think that seniors are not vulnerable because they are supported by family members, but we sometimes learn, to our utter dismay, that it is those same family members who commit acts of violence against them. This type of project seeks to bring them help from their community.
Now I would like to take this opportunity to give a shout-out to the people at the Centre d'écoute Montérégie and talk about their work. I am proud to have had the chance to work with them to secure a federal grant that enabled them to hire a young man in his twenties to answer the help line. There are volunteers, but there are also employees. The centre also underwent a major renovation. It is located in an outdated building in the older part of Chambly, where zoning regulations make renovation extremely difficult. The people who work at the centre know what I mean, because we talked about it at length last time I visited. It is very expensive to maintain heritage buildings in old Chambly, which makes sense considering everything that has happened there lately. I am not saying that preserving our built heritage is not important, but it is a major burden for organizations.
I am proud to highlight this achievement, but the people at the centre deserve all the credit. I mentioned Ginette Grenier, whom I have known since I was first elected in 2011. She helped me understand why the organization's work is so important. These people dedicate time to a call centre to help seniors overcome isolation. Many of the people involved with the Centre d'écoute Montérégie are also involved in other initiatives.
The Centre d'écoute Montérégie's logo appears on the projetradar.org website because the centre is partly responsible for the success of this new initiative, which is just a few years old. The Centre d'écoute Montérégie works to help seniors overcome isolation, which is a significant factor in much of the abuse my colleague wants to tackle.
I would like to take this opportunity to talk about what is being done in my riding because everyone on the ground is aware of this issue, including organizations, police forces, elected representatives and municipal officials.
This bill shows that we can do more, through the Criminal Code, to ensure that crimes are punished in a way that raises public awareness. The population is aging and abuse is increasingly common, so we must get people to understand that any abuse is unacceptable in our society.
In closing, I would like to thank my colleague and reiterate my support for this bill at second reading, so that we can further study the issue. I hope that we can all work together to eradicate this scourge in every riding across Canada, because our seniors deserve better. They deserve to live with dignity, and we owe them that, at least.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Yellowhead d'avoir présenté le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui. Je le remercie aussi de ses années de service, dans une autre vie.
Nous siégeons ensemble au Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Bien que je sois en désaccord avec les conservateurs sur des questions liées à la justice ou à la sécurité publique, je dois dire que je hoche souvent la tête quand il pose des questions ou qu'il fait des propositions en comité. Cela en dit long sur le bon travail qu'il fait en comité, et je l'en remercie.
Je le remercie également d'avoir attiré l'attention de la Chambre sur cet enjeu important, soit sur le mauvais traitement des aînés. Ces mauvais traitements prennent différentes formes, comme cela a été soulevé dans les différents discours que nous avons entendus jusqu'à présent. Il peut s'agir de mauvais traitements sur les plans physique, sexuel, financier et émotionnel. À mon avis, c'est important que la Chambre se penche sur cette question.
Le NPD a toujours été préoccupé par ce sujet, et il a toujours été conscient de l'importance de la discrétion qu'un juge doit exercer lors d'une sentence. C'est pour cette raison que je suis heureux de dire à mon collègue que je vais appuyer le projet de loi à l'étape de la deuxième lecture, afin que le comité puisse examiner cette question de façon plus approfondie, compte tenu de la gravité de cet enjeu.
Comme on l'a mentionné plus tôt, non seulement la population vieillissante va croître au cours des prochaines années, mais les statistiques démontrent que les mauvais traitements constituent un phénomène qui est malheureusement de plus en plus présent au sein de notre société. C'est un phénomène qui croît de façon alarmante, qui est sous-estimé et qui, trop souvent, est peu rapporté.
J'aimerais profiter de ce débat pour parler brièvement des initiatives prises dans ma circonscription. Je dois dire que je suis fier de les appuyer de différentes façons. C'est grâce à ces initiatives que j'ai été sensibilisé aux mauvais traitements que peuvent vivre les aînés.
Tout d'abord, j'aimerais souligner l'apport du Salon des aînés qui a lieu à Chambly tous les ans, au mois d'octobre. Il est organisé en grande partie par l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées. J'ai une pensée pour Mme Ginette Grenier, entre autres, du Centre d'écoute Montérégie. J'y reviendrai dans un instant.
Ce salon rassemble tous les intervenants ou presque du territoire. Il rassemble des députés, dont moi-même et mon homologue du Québec, ainsi que des représentants de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent. Il rassemble aussi les organismes qui veillent à briser l'isolement des aînés de différentes façons et qui se penchent sur les questions qui se rattachent directement au projet de loi de mon collègue. Ce salon a lieu au Centre des aînés de Chambly, tous les ans. C'est une occasion intéressante d'en apprendre davantage sur cet enjeu qui est un fléau de notre société.
C'est perturbant d'entendre les présentations que font les policiers. L'équipe qui travaille à mon bureau de circonscription est présente à notre kiosque afin de parler des services offerts aux aînés. Notre kiosque me permet d'être présent et de rencontrer des représentants de différents organismes. Quand les policiers font leurs présentations au sujet des différents mauvais traitements subis par les aînés, ils nous disent que ces mauvais traitements sont souvent commis par des proches aidants, des membres de la famille ou des personnes qui sont proches des aînés.
Dans notre société, de nombreuses histoires d'abus ont été rapportées. Ces histoires touchent non seulement les aînés, mais toutes les personnes vulnérables, dont les enfants. Les mauvais traitements subis par ces personnes sont souvent perpétrés par des personnes qui sont supposément là pour les aider. Il s'agit de membres de la famille, par exemple. Cela est aberrant, et c'est un problème que la société sous-estime.
Après tout, lorsqu'on voit une voisine ou une personne qui habite le même édifice que nous aider une personne âgée, on se dit que cette personne est bien gentille — il peut s'agir d'un neveu, d'une nièce ou d'un enfant qui, chaque fin de semaine, vient aider la personne âgée. On est porté à croire que c'est un effort qui est fait de bonne foi, dans l'intérêt de la personne âgée qui a malheureusement perdu son indépendance et qui, à cause du vieillissement, a besoin de l'aide de sa famille. Pourtant, elle traite la personne âgée de façon inappropriée, ce qui peut avoir des conséquences graves sur le portefeuille de l'aîné et sur son bien-être physique, entre autres. Ces situations peuvent être horribles.
Le Salon des aînés m’a amené à appuyer le projet RADAR, le Réseau actif de dépistage des aînés à risque. C’est une initiative qui a lieu sur le territoire du CLSC du Richelieu et du CLSC des Patriotes. Cela représente une grande partie du territoire de la circonscription de Beloeil—Chambly. Cette initiative a principalement été subventionnée par les intervenants communautaires et le gouvernement du Québec, et elle a été appuyée par les efforts des députés des deux ordres de gouvernement.
Je me dois de parler des intervenants qui ont travaillé là-dessus. Plusieurs organismes étaient présents au Salon des aînés, mais la police y était aussi. C’est important de le souligner, parce que le projet de loi qui est devant nous a été présenté par un député qui est lui-même un ancien policier. Quand on parle de dépistage, les policiers sont en première ligne. Ils voient les crimes horribles perpétrés contre les aînés. Il est donc primordial de les inclure dans ce genre de projet, qui regroupe aussi des intervenants sociaux des CSSS et des CLSC.
Les gens du milieu au Québec pourront me corriger si je me trompe, mais je crois que cette initiative est assez nouvelle et louable. C’est quelque chose de très rare qui pourrait servir d’exemple pour créer d’autres initiatives du genre un peu partout au Québec, voire au Canada, pour s’attaquer à ce fléau.
On pourrait penser que les aînés ne sont pas vulnérables parce qu’ils sont épaulés par des membres de leur famille, mais on apprend parfois, à notre grand désarroi, que ce sont des membres de leur famille qui perpètrent des actes de violence contre eux. Ce genre de projet vise donc à leur apporter l'aide de leur communauté.
Maintenant, je voudrais profiter de l'occasion pour saluer les gens du Centre d’écoute Montérégie et parler de leur travail. Je suis très fier d’avoir pu collaborer avec eux pour obtenir une subvention du gouvernement fédéral qui leur a permis de créer un nouveau poste d’écoute, qui est occupé par un jeune dans la vingtaine. Il y a des bénévoles, mais aussi des employés. Par ailleurs, on a également fait une grande rénovation du Centre, qui se situe dans un édifice désuet du vieux Chambly, où les règles de zonage rendent les rénovations extrêmement difficiles. À ce sujet, les gens du Centre vont me comprendre, puisque nous en avons parlé longuement la dernière fois que je leur ai rendu visite. En effet, il est très dispendieux de maintenir le patrimoine dans le vieux Chambly. C’est tout à fait normal, avec les histoires qu’on a connues à Chambly dernièrement. Je ne veux pas minimiser l’importance de maintenir le patrimoine bâti, mais cela représente quand même un fardeau important pour les organismes.
Je suis très fier de souligner cette réussite, mais tout le mérite revient aux gens du Centre. J’ai parlé notamment de Mme Ginette Grenier, que je connais depuis le début de mon premier mandat, en 2011. C’est elle qui m’a sensibilisé à l’importance du travail de cet organisme. Ces gens prennent le temps d’offrir un centre d’appels pour briser l'isolement chez les aînés. Si on faisait un tableau, on remarquerait que plusieurs des personnes impliquées dans le Centre d’écoute Montérégie s'impliquent aussi dans d’autres initiatives.
Sur le site projetradar.org, on peut voir la marque de commerce du Centre d’écoute Montérégie, parce que ce sont ces gens qui sont en partie responsables de la réussite de cette nouvelle initiative, qui existe seulement depuis quelques années. Le Centre d’écoute Montérégie essaie de briser l’isolement, car c'est malheureusement le facteur qui contribue à une grande partie des abus auxquels mon collègue veut s’attaquer.
Je voulais profiter de cette occasion pour parler de ce qui se fait dans ma circonscription, car sur le terrain, les gens sont sensibilisés à cette question, qu'il s'agisse des organismes, de la police, de la députation ou des élus municipaux.
Ce projet de loi vise à démontrer qu’on peut en faire plus, par l'entremise du Code criminel, pour s’assurer que les crimes sont punis de façon à sensibiliser la population. Alors que la population vieillit et qu'il y a de plus en plus d'abus, il faut faire comprendre aux gens que ces abus sont inacceptables dans notre société.
En conclusion, je remercie mon collègue et je réitère mon appui à l'égard du projet de loi en deuxième lecture, afin pour qu'on étudie la question davantage. J'espère que les acteurs, dans toutes nos circonscriptions, pourront travailler ensemble pour éradiquer ce fléau, parce que les aînés de nos communautés méritent mieux. Ils méritent de vivre dans la dignité. Nous leur devons au moins cela.
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CPC (AB)
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2019-06-04 18:12 [p.28526]
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Mr. Speaker, it is my pleasure to rise in the House today in support of a very important piece of legislation, private member's bill, Bill C-206, an act to amend the Criminal Code to expand powers ensuring protection against the abuse of vulnerable persons, such as the elderly and people with various disabilities, put forward by my friend, the member of Parliament for Yellowhead.
Our criminal justice system needs to be strengthened to protect the most vulnerable in our society. This legislation looks to close some of the gaps in our system that negatively impact vulnerable Canadians across our country every day.
The physical, emotional, sexual or financial abuse of a person over the age of 65 or a person with a mental or physical disability should be considered an aggravating circumstance. This legislation would ensure criminals who take advantage of vulnerable persons get stricter sentences for their crimes.
First, I would like to discuss elder abuse. Elder abuse can take many forms, and both the mental and physical impairments seniors face increase their vulnerability in our society. Roughly 8% to 10% of seniors in Canada experience elder abuse. This means over 750,000 seniors have been subject to unfair physical, financial or psychological abuse. Elder abuse is severely under-reported in Canada, with an estimated 20% of abuse victims never coming forward and never receiving the justice they deserve.
Looking for the appropriate care in their later years, our elderly often unknowingly entrust their finances, health and futures into the hands of individuals who do not have their best interests at heart. I have heard stories of caregivers stealing hundreds of thousands of dollars from the purses of their wards. I have heard of physical abuse cases going largely unreported. I have heard of elderly couples afraid to report their injustices for fear of losing their homes and their independence.
In my riding, an elderly gentleman living alone in a remote area had his home broken into. The robbers stole his precious belongings and beat him to the point where he had to be hospitalized. Though the perpetrators were later caught, they were released after only serving part of their sentence. After their release, those same criminals went back to the elderly man's home and beat him again to within an inch of death. That elderly man will now spend the rest of his life in a nursing home, as the injuries he sustained took away his independence entirely.
Our broken system does not have strict enough sentences for criminals, and it is failing victims. It is not just individuals perpetrating crimes of elder abuse. Studies show abuses are taking place in over 99% of care homes across the country. These bonds of both necessity and trust are too often taken advantage of by ill-fitted caregivers.
We need to put more legislation in place to protect our most vulnerable, as our elderly are our family and friends. Some victims are dependent on their caregivers, some fear retaliation and social shaming, some fear they will not be believed by resource providers and others do not nave the right tools at their disposal to report elder abuse, being impaired by their own disabilities to an extent to which they cannot reach out.
One day we will all be in their shoes. We need to act today to ensure a better future for all Canadians in their golden years.
Canadians who suffer from various mental or physical disabilities are also at risk of abuse. Imagine people living their lives, unable to fully care of themselves, having their independence stripped away at no fault of their own, and being forced to entrust their lives into the hands of others.
People with disabilities are twice as likely to be abused than any other group. In fact, people with disabilities are more likely to experience workplace, domestic, medical, financial and sexual abuse than any other demographic. Instances of abuse against Canadians with disabilities are on the rise. Forty per cent of incidents of violent crime happen to people with disabilities.
Much like elder abuse, people with disabilities are most often abused by people they know. Caregivers, spouses, common-law partners or other family members are the most common perpetrators of this crime.
Alberta's human services website provided testimony from a man living in an apartment building for persons with disabilities. He spoke on his experiences with assisted care. He wrote, “When the person who is supposed to be my care aide came in the morning to help me get up and dressed, we had a disagreement. We argued for a while. And then the care aide looked at me and said, 'So did you want to get out of bed today?'” Too many caregivers are using a victim's dependence as a bargaining tool to ensure they get what they want, rather than providing the best care possible.
There needs to be stricter punishment for the mental, physical and psychological harm this abuse leaves its victims. The abuse of vulnerable persons is too often overlooked at the national level and the signs of abuse are easily missed. Anyone can become a victim of abuse, including our mothers, fathers, children, neighbours and friends. We need the right tools to recognize abuse and put a stop to it now.
Aside from changing the culture surrounding the treatment for our most vulnerable, we also need stricter laws and punishments surrounding these heinous crimes. Often victims of abuse are forgotten and overlooked by our bustling society, as we are so consumed with the here and now. It is time we pause and recognize these largely forgotten victims.
My colleague and I in the House today are determined to get vulnerable persons the support and services they need to stay independent and stay safe. I am grateful for the member for Yellowhead's bill, which will hopefully shed more light on this important issue. It is time we give a voice back to the hundreds of thousands of people who have been silenced by the injustice of our broken system.
These vulnerable persons feel isolated and alone and often these caregivers are their only connection to the real world. However, we, the Canadian government, are also their caregivers and we have a duty to stand up and protect these people when they cannot protect themselves. Abuse can happen to anyone at any time, but it is far more dubious to commit abuses against individuals without the means to protect themselves.
As our society changes, our government needs to equip itself with the right legislation to confront our current issues and provide a safer future for all. Bill C-206 would provide just that: a method to provide a safer future for all Canadians, especially Canada's most vulnerable.
In closing, I would like to thank the member for Yellowhead and everyone who spoke today in support of this bill.
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour appuyer un projet de loi d'initiative parlementaire très important, soit le projet de loi C-206, qui a été présenté par mon collègue le député de Yellowhead et qui vise à modifier le Code criminel pour élargir les pouvoirs en matière de protection des personnes vulnérables, comme les aînés et les personnes vivant avec différents handicaps, contre les mauvais traitements.
Il faut renforcer le système de justice pénale pour protéger les plus vulnérables de la société. Ce projet de loi vise à corriger certaines des lacunes du système qui ont quotidiennement des répercussions négatives sur les Canadiens vulnérables d'un bout à l'autre du pays.
L'exploitation financière, les mauvais traitements physiques ou moraux ou les agressions sexuelles à l’égard d’une personne âgée de 65 ans ou plus ou d'une personne atteinte d’une déficience mentale ou physique devraient être considérés comme des circonstances aggravantes. Ce projet de loi veillera à ce que les criminels qui profitent de la vulnérabilité des gens se voient imposer des peines plus sévères pour leurs crimes.
Je tiens d'abord à parler de la maltraitance des aînés, qui peut prendre de nombreuses formes, et tant les déficiences mentales que physiques avec lesquelles sont aux prises les aînés accroissent leur vulnérabilité dans la société. Environ 8 à 10 % des aînés au Canada sont victimes de maltraitance. Cela signifie que plus de 750 000 aînés sont injustement victimes de mauvais traitements physiques, d'exploitation financière ou de violence psychologique. La maltraitance des aînés est grandement sous-déclarée au Canada: on estime que 20 % des victimes ne se manifestent jamais et qu'elles n'obtiennent jamais la justice qu'elles méritent.
Pour obtenir les soins appropriés pendant les dernières années de leur vie, les aînés confient souvent sans le savoir leurs finances, leur santé et leur avenir à des individus qui n'ont pas leurs intérêts à cœur. J'ai entendu des histoires d'aidants qui ont volé des centaines de milliers de dollars aux personnes dont ils prenaient soin. Je sais aussi que les cas de violence physique sont rarement rapportés. Des couples de personnes âgées craignent de dénoncer de telles injustices parce qu'ils ne veulent pas être obligés de quitter leur maison et d'abandonner leur autonomie.
Dans ma circonscription, des individus se sont introduits dans la maison d'un homme âgé vivant seul dans une région éloignée. Les voleurs se sont emparés de ses objets précieux et ils l'ont battu. L'homme a dû être hospitalisé. Même si les coupables se sont fait prendre plus tard, ils ont été libérés après avoir purgé seulement une partie de leur peine. Après leur libération, les mêmes criminels sont retournés à la maison de l'homme âgé et ils l'ont battu encore une fois. Il est passé à deux doigts de la mort. Cet homme passera le reste de sa vie dans un centre d'hébergement parce que les blessures qu'il a subies l'ont complètement privé de son autonomie.
Le système défaillant dont nous disposons n'impose pas de peines assez sévères aux criminels et il laisse tomber les victimes. Par ailleurs, ce n'est pas seulement des délinquants qui font subir des mauvais traitements aux aînés. Les études indiquent que des cas de maltraitance se produisent dans plus de 99 % des foyers pour personnes âgées du pays. Des aidants qui ne sont pas à leur place profitent trop souvent de ces liens fondés sur la nécessité et la confiance.
Nous devons légiférer davantage pour protéger les personnes les plus vulnérables. Les aînés sont des membres de nos familles et des amis. Certaines victimes dépendent de leurs soignants, d’autres craignent les représailles et l’humiliation, d’autres craignent de ne pas être crues par les fournisseurs de services et d’autres encore ne disposent pas des outils appropriés pour signaler les mauvais traitements qu’elles subissent, car leur handicap les empêche d’aller chercher de l’aide.
Un jour, nous serons âgés à notre tour. Nous devons agir maintenant pour assurer un avenir meilleur à tous les Canadiens de l’âge d’or.
Les Canadiens qui vivent avec diverses incapacités mentales ou physiques risquent également d’être victimes de mauvais traitements. Songez à ceux qui ne peuvent pas à prendre soin d’eux-mêmes, qui sont privés de leur autonomie pour des raisons indépendantes de leur volonté et qui sont contraints de confier sur des tiers pour s'occuper d'eux.
Les personnes handicapées sont deux fois plus susceptibles d’être victimes de violence que les gens de tout autre groupe. En fait, elles sont plus susceptibles d’être victimes de violence en milieu de travail, d’abus domestiques, médicaux, financiers et sexuels que tout autre groupe démographique. Les cas d’abus à l’endroit des Canadiens handicapés sont à la hausse. Quarante pour cent des crimes violents sont commis contre des personnes handicapées.
Tout comme les personnes âgées, les personnes handicapées sont très souvent maltraitées par des personnes qu’elles connaissent. La plupart du temps, ce sont les soignants, les époux, les conjoints de fait ou d’autres membres de la famille qui se livrent à ces abus.
Le site Web des services sociaux de l'Alberta présente le témoignage d'un homme qui vit dans un immeuble d'habitation pour personnes handicapées. À propos de l'aide qu'il reçoit, il dit ceci: « J'ai eu un conflit ce matin avec la personne qui vient en matinée pour m'aider à me lever et à m'habiller. La dispute a duré assez longtemps. La personne m'a ensuite jeté un regard et m'a dit: « Voulais-tu te lever aujourd'hui? »  De nombreux aides-soignants profitent du rapport de dépendance de la victime pour obtenir ce qu'ils veulent au lieu d'offrir les meilleurs soins possibles.
Il faut instaurer des sanctions plus strictes pour les sévices physiques et psychologiques que causent ces mauvais traitements. À l'échelle nationale, on néglige trop souvent cette question, et la maltraitance des personnes vulnérables passe facilement inaperçue. Tout le monde peut être victime de mauvais traitements: notre mère, notre père, nos enfants, nos voisins, nos amis. Il nous faut les bons outils pour dépister la maltraitance et y mettre un terme.
En plus de changer la façon dont les personnes les plus vulnérables sont traitées, il faut aussi des lois et des sanctions plus strictes contre ces crimes odieux. Dans notre société trépidante, nous oublions souvent les personnes maltraitées parce que nous sommes absorbés par l'immédiat. Il est temps de nous arrêter un peu et de penser à ces victimes souvent oubliées.
Mon collègue et moi-même sommes résolus à offrir aux personnes vulnérables le soutien et les services dont elles ont besoin pour demeurer autonomes et en sécurité. Je remercie le député de Yellowhead d'avoir présenté le projet de loi qui, nous l'espérons, permettra de mieux cerner ce grave problème. Il est temps de faire entendre les centaines de milliers de personnes qui ont été réduites au silence par l'injustice de notre système défaillant.
Les personnes vulnérables se sentent isolées et seules. Souvent, les soignants représentent leur seul contact avec le monde extérieur. Toutefois, le gouvernement du Canada est également chargé de prendre soin de ces personnes. Il a le devoir de défendre et de protéger toute personne qui ne peut le faire elle-même. N'importe qui peut faire l'objet de mauvais traitements, n'importe quand, mais le méfait est bien pire lorsque la victime n'est pas en mesure de se protéger.
La société évolue et le gouvernement doit se doter de mesures législatives adéquates pour faire face aux problèmes actuels et assurer à tous un avenir plus sécuritaire. C'est exactement ce que fait le projet de loi C-206: il propose une méthode qui assurera un avenir plus sécuritaire à tous les Canadiens, surtout les plus vulnérables.
En conclusion, je remercie le député de Yellowhead et tous les députés qui sont intervenus aujourd'hui pour appuyer le projet de loi.
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Lib. (NS)
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2019-06-04 18:20 [p.28527]
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Mr. Speaker, I am thankful for having an opportunity to speak on the second reading debate of Bill C-206, an act to amend the Criminal Code regarding the abuse of vulnerable persons.
I would like to begin by thanking my colleague from Yellowhead for giving us the opportunity to discuss this important social issue as well as for the excellent work he has done in his riding and here in the House of Commons over a number of years.
From what I understand about this complex social issue, we will need a multi-faceted approach to effectively address exploitative and abusive conduct toward seniors.
Bill C-206 proposes to amend paragraph 718.2(a) of the Criminal Code to list as an additional aggravating factor acts that target abuse toward seniors and vulnerable adults who depend on others for their care because of their mental or physical disabilities. The objective of the bill is to bring further protections to seniors and other vulnerable persons by imposing tougher penalties on offenders who commit crimes of abuse against these types of victims.
The Criminal Code presently includes a number of offences of general application that offer equal protection to all Canadians from abusive criminal conduct. Additionally, the Criminal Code directs a sentencing court to account for all aggravating and mitigating circumstances relating to the offence or the offender. It explicitly lists a number of aggravating factors that can apply in cases involving the abuse of elderly or vulnerable persons. These aggravating factors include evidence that an offence was motivated by bias, prejudice or hate based on age or the mental or physical disabilities of the individual.
This last aggravating factor was enacted by Bill C-36, the Protecting Canada's Seniors Act, which essentially codified common law sentencing practices, because courts were already required by case law to consider the specific impact an offence had on a particular victim, given all their circumstances.
If a sentencing court is already required under the current law to consider all aggravating or mitigating factors relating to the commission of the offence and the offender, including consideration that the offence had a significant impact on the victim, having regard for his or her age or other personal circumstances, including, of course, health and financial situation, I am interested to hear from the member for Yellowhead what situations he is imagining would be covered by his proposed amendment that are not currently covered under the Criminal Code.
It is important to acknowledge that the investigation and prosecution of crime involving elder abuse or abuse of persons with disabilities in Canada is predominantly undertaken by the provinces. As such, it may be wise to consider the impact Bill C-206 would have on the provinces, including the potential for increased litigation relating to interpreting the scope of the proposed aggravating factor, in light of what is already in the Criminal Code.
While it is important to address any gaps in the law with respect to protecting offended seniors or other vulnerable persons, non-legislative responses, such as public education campaigns about the protection offered by the law and further investments in services and programs, are also important measures for Parliament to consider. Non-legislative measures can target the socio-economic factors that increase the susceptibility of these victims to be exploited or abused.
I recall the testimony of Ms. Susan Eng, a representative of the Canadian Association for Retired Persons, who testified before the Standing Committee on Justice and Human Rights on Bill C-36, the Protecting Canada's Seniors Act, that the aggravating factors proposed in that bill, on their own, were “but one element in a comprehensive strategy needed to prevent, detect, report, investigate, and ultimately prosecute elder abuse.”
I agree with Ms. Eng. I know that there are a number of non-legislative initiatives the federal government has spearheaded to support the needs, and prevent the abuse, of the victims referred to in Bill C-206.
The federal victims strategy initiative, led by Justice Canada, aims to give victims a more effective voice in the criminal justice system. For instance, the victims fund, which is available through the federal victims strategy, is accessible to provincial and territorial governments and non-governmental organizations to support projects that address the needs of victims and survivors of crime in the criminal justice system. It is my understanding that the victims fund can support projects that meet the needs of the victims who are the focus of Bill C-206.
In 2016, Justice Canada issued a call for proposals, under the victims fund, to non-governmental organizations for projects that would help address gaps in supports and services, raise awareness or advance research to benefit victims and survivors of crime with disabilities, including seniors with disabilities. Seven projects are currently being funded.
In one project, researchers at the University of Toronto worked with three organizations, Womenatthecentre, DAWN Canada and Brain Injury Canada, to address existing gaps in supports and services for women with disabilities who are survivors of crime. The focus of the research project was women who experience intimate partner violence who have sustained disabling, permanent traumatic brain injuries. As a result of this work, a toolkit was developed to provide knowledge of intimate partner violence through educational materials for front-line staff who are supporting women survivors of intimate partner violence who have sustained traumatic brain injuries.
As well, the University of Toronto worked with indigenous organizations across Canada to raise awareness with respect to women with disabilities who are survivors of crime and to expand a toolkit that is specific to the indigenous context.
I am also aware that through the federal victims strategy, Justice Canada hosts knowledge-building events that are designed to provide information about elder abuse and supporting victims who are seniors.
In addition to commemorating the International Day of Persons with Disabilities on December 3, 2018, Justice Canada hosted an information session to explore various approaches in supporting and empowering women victims and survivors with disabilities, including senior women with disabilities who are victims of domestic violence. These knowledge-exchange information sessions are available to victims and survivors of crime, victims advocates, victims service providers, police officers and legal professionals.
I am also aware of the Justice Canada component of the federal family violence initiative, an initiative that is led by the Public Health Agency of Canada. It provides project funding to support the development of models, strategies and tools to improve the criminal justice system's response to family violence, including elder abuse.
The family violence initiative also addresses elder abuse by providing resources for the public. One helpful tool is the booklet published by the Department of Justice on its website entitled “Elder Abuse is Wrong”. The publication is designed for seniors who may be suffering from abuse by someone they know, such as an intimate partner, spouse, family member or caregiver.
Educating these vulnerable people about the resources available, as well as making investments in the services and programs that will address these victims' needs, can have an extremely positive impact on curbing these forms of abuse and exploitation.
The objective of protecting elders and other vulnerable victims is of great importance, and I look forward to hearing the views of other members as we continue to explore a full range of issues that come forward in considering Bill C-206.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion d'intervenir au sujet du projet de loi -206, Loi modifiant le Code criminel concernant le mauvais traitement de personnes vulnérables.
J'aimerais d'abord remercier mon collègue de Yellowhead de nous avoir donné l'occasion de discuter de cette importante question sociale ainsi que de l'excellent travail qu'il accomplit dans sa circonscription et ici, à la Chambre des communes, depuis plusieurs années.
D'après ce que je comprends de cette question sociale complexe, il faudra une approche multidimensionnelle pour lutter efficacement contre l'exploitation et les traitements abusifs des aînés.
Le projet de loi C-206 propose de modifier l'alinéa 718.2a) du Code criminel afin d'ajouter à la liste des circonstances aggravantes les mauvais traitements infligés aux personnes âgées et aux adultes vulnérables qui sont à la charge d'autrui en raison d'une déficience mentale ou physique. L'objectif du projet de loi est de mieux protéger les aînés et les autres personnes vulnérables en imposant des peines plus sévères aux délinquants qui font subir des mauvais traitements à ce genre de victimes.
À l'heure actuelle, le Code criminel comprend un certain nombre d'infractions d'application générale qui offrent une protection égale à tous les Canadiens contre les comportements criminels abusifs. De plus, le Code criminel oblige le tribunal qui détermine la peine à tenir compte de toutes les circonstances aggravantes ou atténuantes relatives à l'infraction ou au délinquant. Il énumère explicitement des facteurs aggravants pouvant s'appliquer aux cas impliquant le mauvais traitement d'un aîné ou d'une personne vulnérable. Ces facteurs aggravants comprennent des éléments de preuves établissant que l'infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que l'âge ou la déficience mentale ou physique.
Ce dernier facteur aggravant a été édicté par le projet de loi C-36, Loi sur la protection des personnes aînées qui, essentiellement, a inscrit dans la loi les pratiques de common law relatives à la détermination de la peine, car les tribunaux étaient déjà tenus, par la jurisprudence, de tenir compte de l'incidence précise d'une infraction sur une victime donnée, eu égard à toutes les circonstances.
Puisque la loi en vigueur oblige déjà le tribunal qui détermine la peine à tenir compte de toutes les circonstances aggravantes ou atténuantes relativement à la commission de l'infraction et au délinquant, y compris le fait que l'infraction a eu une incidence considérable sur la victime, l'âge de la victime ou d'autres circonstances personnelles, dont, bien entendu, l'état de santé et la situation financière de la victime, je suis curieux de savoir à quelles situations actuellement non prévues par le Code criminel le député de Yellowhead s'imagine que la modification qu'il propose s'appliquerait.
Il faut reconnaître que les enquêtes et les poursuites en matière de crimes liés au mauvais traitement des aînés ou des personnes handicapées au Canada sont surtout menées par les provinces. Par conséquent, il serait peut-être judicieux de réfléchir aux incidences qu'aurait le projet de loi C-206 sur les provinces et notamment au risque d'une augmentation des différends concernant l'interprétation de la portée des circonstances aggravantes face à ce qui se trouve déjà dans le Code criminel.
Bien qu'il soit important de corriger les lacunes de la loi concernant la protection des aînés et des autres personnes vulnérables victimes de mauvais traitement, des solutions non législatives, comme des campagnes de sensibilisation sur les protections existantes dans la loi et des investissements dans les programmes et les services, sont d'autres mesures que le Parlement peut envisager. Les mesures non législatives permettent de cibler les facteurs socioéconomiques qui rendent ces personnes vulnérables à l'exploitation et aux mauvais traitements.
Je me souviens du témoignage de Mme Susan Eng, une représentante de l'Association canadienne des individus retraités, qui a comparu devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne au sujet du projet de loi C-36, Loi sur la protection des personnes aînées au Canada. Elle avait affirmé que les facteurs aggravants proposés dans le projet de loi constituent « simplement un aspect de la stratégie globale visant à prévenir la maltraitance des aînés, à la déceler et à favoriser son signalement, les enquêtes et les poursuites ».
Je suis d'accord avec Mme Eng. Je sais que le gouvernement fédéral a lancé un certain nombre d'initiatives non législatives pour répondre aux besoins des victimes dont il est question dans le projet de loi C-206 et prévenir leur maltraitance.
La Stratégie fédérale d'aide aux victimes, qui est dirigée par Justice Canada, vise à donner aux victimes une voix plus efficace dans le système de justice pénale. Par exemple, le Fonds d'aide aux victimes, qui est offert dans le cadre de la Stratégie fédérale d'aide aux victimes, est accessible aux gouvernements provinciaux et territoriaux et aux organisations non gouvernementales pour appuyer des projets qui répondent aux besoins des victimes et des survivants d'actes criminels dans le système de justice pénale. Je crois comprendre que le Fonds d'aide aux victimes peut appuyer des projets qui répondent aux besoins des victimes visées par le projet de loi C-206.
En 2016, le ministère de la Justice a lancé un appel aux organisations non gouvernementales pour qu'elles présentent des projets qui pourraient être subventionnés par le Fonds d'aide aux victimes et devront viser trois objectifs: contribuer à combler les insuffisances dans l'aide et les services offerts; sensibiliser la population; promouvoir la recherche qui favorise les victimes et les survivants d'actes criminels handicapés, notamment les personnes âgées handicapées. À l'heure actuelle, sept projets sont financés.
Au cours d'un projet, des chercheurs de l'Université de Toronto ont collaboré avec trois de ces organisations, Womenatthecentre, le Réseau d'action des femmes handicapées du Canada et Lésion Cérébrale Canada, dans le but de remédier aux lacunes dans les services offerts aux femmes qui ont survécu à un crime et qui sont devenues handicapées. Ce projet de recherche s'intéresse aux femmes qui ont été victimes de violence infligée par un partenaire intime et qui ont subi des lésions cérébrales permanentes et invalidantes. Les travaux de ces chercheurs ont mené à l'élaboration d'une trousse d'outils contenant du matériel éducatif sur la violence contre un partenaire intime. Cette trousse est destinée au personnel de première ligne qui vient en aide aux femmes ayant été victimes de ce type de violence et ayant subi des traumatismes crâniens.
L'Université de Toronto a également collaboré avec des organismes autochtones partout au Canada pour sensibiliser la population au problème des femmes qui ont survécu à un crime et qui sont devenues handicapées ainsi que pour développer une trousse d'outils adaptés au contexte autochtone.
Je sais également que dans le cadre de la Stratégie fédérale d'aide aux victimes, le ministère de la Justice organise des activités de sensibilisation pour fournir de l'information sur la maltraitance des aînés et pour soutenir les aînés qui ont subi de la violence.
En plus de célébrer la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre 2018, Justice Canada a organisé une séance d'information pour explorer diverses approches destinées à soutenir et à outiller les femmes victimes et les survivants handicapés, y compris les femmes âgées handicapées victimes de violence conjugale. Ces séances d'information s'adressent aux victimes, aux survivants, aux défenseurs des victimes, aux fournisseurs de services, aux agents de police et aux professionnels du droit.
Je suis également conscient du volet justice de l'Initiative fédérale de lutte contre la violence familiale, un programme qui est mené par l'Agence de santé publique du Canada et qui permet de financer des projets pour appuyer le développement de modèles, de stratégies et d'outils pour améliorer la réponse du système de justice pénale à la violence familiale, dont celle qui est faite aux aînés.
L'Initiative de lutte contre la violence familiale permet de s'atteler aux mauvais traitements que subissent les aînés en offrant des ressources au public. L'une de ces ressources est la brochure publiée par le ministère de la Justice sur son site Web et intitulée « La maltraitance des aînés est inacceptable ». La publication est destinée aux aînés qui pourraient souffrir de mauvais traitements de la part de leur entourage, que ce soit un partenaire intime, un conjoint, un membre de la famille ou un aidant naturel.
La sensibilisation de ces personnes vulnérables aux ressources disponibles de même que les investissements effectués dans les services et programmes destinés à satisfaire leurs besoins peuvent être extrêmement utiles pour faire diminuer ces formes d'abus et d'exploitation.
L'objectif de protection des aînés et d'autres personnes vulnérables revêt une grande importance, et j'ai hâte de connaître le point de vue d'autres députés alors que nous poursuivons l'exploration de toute la série d'enjeux qui découlent de l'étude du projet de loi C-206.
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Lib. (ON)
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2019-06-04 18:31 [p.28528]
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The time provided for the consideration of Private Members' Business has now expired, and the order is dropped to the bottom of the order of precedence on the Order Paper.
La période réservée à l'étude des affaires émanant des députés est maintenant écoulée, et l'article retombe au bas de la liste de priorité du Feuilleton.
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CPC (BC)
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2019-05-28 10:13 [p.28108]
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Mr. Speaker, on behalf of the member for Langley—Aldergrove, I hereby present 30 petitions calling on the Government of Canada to make changes to the current drinking and driving laws in Canada and to make a change to the Criminal Code.
The charge of impaired driving causing death should be charged to the offence of vehicular manslaughter. If a person is arrested and convicted of impaired driving, there should be an automatic one-year driving prohibition. If a person is convicted of causing bodily harm while impaired by being under the influence of either drugs or alcohol, there should be a minimum mandatory sentence of two years' imprisonment.
I also ask your permission, Mr. Speaker, to sign only two of these and lump them together in the same presentation.
Monsieur le Président, au nom du député de Langley—Aldergrove, je tiens à présenter 30 pétitions demandant au gouvernement du Canada d'apporter des modifications aux lois actuelles en matière d'alcool au volant au Canada et au Code criminel.
L'infraction de conduite avec facultés affaiblies causant la mort devrait donner lieu à une accusation d'homicide involontaire commis au volant d'un véhicule automobile. Une personne qui se fait arrêter et qui est déclarée coupable de conduite avec facultés affaiblies devrait se voir imposer automatiquement une interdiction de conduire d'un an. Toute personne reconnue coupable d'avoir causé des lésions corporelles sous l'influence de drogues ou d'alcool devrait faire l'objet d'une peine minimale obligatoire de deux ans d'emprisonnement.
Je vous demande aussi la permission, monsieur le Président, de signer seulement deux de ces pétitions et de les regrouper dans la même présentation.
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CPC (AB)
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2019-05-15 14:06 [p.27825]
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Mr. Speaker, Canadians are appalled by criminals who target seniors. That is why I rise today to raise awareness of seniors abuse and in support of Bill C-206, an act to amend the Criminal Code, abuse of vulnerable persons. Whether from telephone or online scams, forgery, identity theft or misplaced trust, seniors are vulnerable.
I know how easily elderly Canadians can become victims of financial abuse. My grandfather and his companion were victims of fraud committed by a caregiver. It happened during the final months of my grandfather's life and, sadly, he did not live to see the perpetrator punished.
Bill C-206 would make the age of the victim, and exploitation for financial gain, aggravating factors that must be considered at sentencing. Tougher sentences for cowardly criminals who prey on the vulnerable will send a strong signal that Canadians do not tolerate the abuse of seniors.
I urge all members to support Bill C-206.
Monsieur le Président, les Canadiens sont consternés de voir que des criminels s'en prennent à des aînés. Je prends donc la parole aujourd'hui pour sensibiliser les gens au sujet des abus envers les personnes âgées et pour appuyer le projet de loi C-206, Loi modifiant le Code criminel en ce qui concerne le mauvais traitement de personnes vulnérables. Qu'il s'agisse d'arnaques par téléphone ou en ligne, d'usage de faux, de vol d'identité ou d'abus de confiance, les aînés sont vulnérables.
Je sais à quel point il est facile d'exploiter financièrement les aînés canadiens. Mon grand-père et sa compagne ont été victimes d'une fraude commise par leur aidant familial durant les derniers mois de la vie de mon grand-père. Malheureusement, il n'a pas vécu assez longtemps pour voir le criminel puni.
Le projet de loi C-206 propose que l'on considère l'âge de la victime et le fait que l'infraction ait pour conséquence un abus financier comme des facteurs aggravants dans la détermination de la peine. Des peines plus sévères pour les lâches qui s'en prennent à des personnes vulnérables signaleront clairement que les Canadiens ne tolèrent pas les abus commis contre les aînés.
J'exhorte tous les députés à appuyer le projet de loi C-206.
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CPC (BC)
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2019-05-14 17:11 [p.27782]
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Madam Speaker, I am very excited to once again rise in this place to speak to Motion No. 203, a motion to combat seniors fraud.
Before I start, I would like to acknowledge once again the contributions of my dear colleague, the member for Langley—Aldergrove. Here, Madam Speaker, I would like to seek your special permission to mention his name. He is Mark Warawa. His passion in helping seniors and their families cannot be understated. I am thankful to be able to say that this is a passion we share, especially when it comes to the need for palliative care and the very serious issue of fraud against seniors.
To illustrate how prevalent seniors fraud has become across Canada, I want to highlight an example that has occurred since the last time I rose to speak in this place two months ago. In my home province of British Columbia, Cranbrook RCMP issued a warning to seniors about a scammer targeting local seniors over the phone, pretending to be a bank employee. This fraudster fakes a conversation, tricks the victim into thinking the phone is hung up by playing a fake dial tone, and then waits for the senior to immediately call back.
The senior, who believes he is dealing with a bank directly, is then persuaded to provide his personal banking information to the scammer. The authorities in Vancouver are also investigating the same scam, as it is thought that over $3 million has been stolen in this way from a number of separate individuals.
Far too often, seniors who are taken advantage of refuse to contact authorities, either out of a sense of bruised pride or out of a sense of not wanting to be a burden to others. I cannot stress this enough: If seniors are targets of attempted or actual fraud, they should go to the authorities. Not only are these seniors helping themselves, but they are helping dozens of future potential victims as well.
A recent case in Hamilton highlights the benefits of going to the police. When a senior was targeted by an international fraudster running a fake lottery scam, she had the forethought to take meticulous notes during the entire process, as a precaution. After she became aware that the fraud had taken place, she contacted the authorities, which in turn led to a relatively rare instance of a transnational fraud investigation. In this recent example, Jamaican authorities came to Canada as part of their own internal investigation.
We can talk about lofty, high-level policy changes and amendments to legislation, but we have to fully appreciate the human element as well. I could go on for hours listing specific cases of seniors fraud in Canada, from ridings in all provinces and members from all parties. This is why it is absolutely critical for us to stand in this place to acknowledge the growing number of fraud cases against the seniors community.
It is important that we not only acknowledge that but also coordinate a national response to this threat, establish tangible resources for these victims, and work with law enforcement agencies and other interested groups to bring in actual legislative changes.
On this point, I would like to thank my Conservative colleague from Yellowhead for introducing his private member's bill, Bill C-206, an act to amend the Criminal Code abuse of vulnerable persons.
While the bill has a greater scope than just seniors, it is a perfect example of one of the steps we as members need to take to address this abuse against seniors.
The seniors of this nation have spent their entire lives—
Madame la Présidente, je suis ravie de prendre de nouveau la parole à la Chambre au sujet de la motion M-203, qui vise à lutter contre la fraude envers les aînés.
Avant de commencer, je tiens à souligner encore une fois les contributions de mon cher collègue le député de Langley—Aldergrove. Madame la Présidente, j'aimerais obtenir la permission spéciale de dire son nom. Il s'appelle Mark Warawa. Je ne saurais trop vanter la passion avec laquelle il aide les aînés et leurs familles. Je suis heureuse de pouvoir dire qu'il s'agit d'une passion que nous partageons, surtout en ce qui concerne le besoin de soins palliatifs et le problème très grave de la fraude envers les aînés.
Voici un exemple qui illustre l’ampleur du problème de la fraude contre les personnes âgées au Canada. Cela s'est produit au cours des deux derniers mois, après la dernière fois que j'ai pris la parole dans cette enceinte. Dans ma province, la Colombie-Britannique, le détachement de Cranbrook de la GRC a diffusé un avertissement à l'intention des personnes âgées de l'endroit, pour les prévenir qu'elles risquaient d'être jointes au téléphone par un fraudeur se faisant passer pour l'employé d'une banque. Après avoir premièrement donné une impression de malhonnêteté à la victime, le fraudeur fait mine de raccrocher en faisant entendre une fausse tonalité. Puis, il attend un instant que la victime rappelle.
La personne âgée s'imagine alors qu'elle est en train de parler à la banque dont elle vient de composer le numéro de téléphone, ce qui permet au fraudeur de lui soutirer ses renseignements bancaires personnels. À Vancouver, les autorités enquêtent également sur la même escroquerie et estiment qu'au total, les fraudeurs sont parvenus à voler plus de 3 millions de dollars à leurs victimes.
Trop souvent, les personnes âgées qui sont victimes d’une telle fraude refusent de le déclarer à la police, soit parce qu’elles éprouvent de la honte ou parce qu’elles ne veulent pas déranger personne avec leurs problèmes. Je ne saurais trop insister sur ce point: les personnes âgées qui sont victimes de fraude devraient le signaler à la police. Non seulement elles se rendraient service à elles-mêmes, mais elles aideraient en plus des dizaines d’autres personnes à éviter le même piège.
Un cas récent à Hamilton met en lumière les avantages de s'adresser à la police. Une personne âgée a reçu un appel d’un fraudeur qui, depuis l'étranger, tentait de tromper les gens avec un stratagème de fausse loterie. Par mesure de précaution, elle a eu la bonne idée de commencer dès le début à prendre des notes soigneusement. Après avoir compris qu’il s’agissait d’une fraude, elle a communiqué avec la police, ce qui a permis aux autorités, pour une rare fois, de faire enquête sur une fraude transnationale. Les autorités jamaïcaines sont venues au Canada dans le cadre de leur enquête à elles.
Nous avons beau discuter avec de nobles intentions des modifications que nous souhaitons apporter aux politiques de haut niveau et aux lois, mais nous devons bien saisir la dimension humaine de ces fraudes. Je pourrais encore vous citer pendant des heures des cas de fraude dont des personnes âgées ont été victimes au Canada, dans toutes les provinces et dans des circonscriptions représentées par des députés de tous les partis. C'est pourquoi il est absolument essentiel que nous nous fassions entendre dans cette enceinte au sujet du nombre croissant de cas de fraudes contre les personnes âgées.
Il est important non seulement de souligner le problème, mais aussi de coordonner à l'échelle nationale les mesures pour s'y attaquer. Il faut mobiliser des ressources tangibles pour aider les victimes et collaborer avec les organismes d’application de la loi et les autres groupes intéressés pour effectuer des modifications législatives.
Sur ce, j’aimerais remercier mon collègue conservateur de Yellowhead d’avoir présenté son projet de loi d’initiative parlementaire, le projet de loi C-206, Loi modifiant le Code criminel (mauvais traitement de personnes vulnérables).
Bien que le projet de loi ait une portée qui va au-delà des seules personnes âgées, c’est un parfait exemple de mesure que nous devons prendre, en tant que députés, pour lutter contre les crimes qui visent les personnes âgées.
Les personnes âgées de notre pays ont passé toute leur vie...
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CPC (ON)
Madam Chair, in the 2015 Liberal election platform, the Liberal Party committed to removing a host of minimum sentences from the Criminal Code, and while I am most thankful that at least in this area they have not got around to doing great violence to the Criminal Code and destroying years of good work by the previous government, I am interested in knowing whether the minister's plan to introduce legislation on minimum sentences prior to the election will happen.
Madame la présidente, dans son programme électoral de 2015, le Parti libéral s'est engagé à éliminer toute une série de peines minimales du Code criminel. Même si je suis très heureux que, dans ce domaine au moins, il n'ait pas porté gravement atteinte au Code criminel et détruit des années de bon travail accompli par le gouvernement précédent, j'aimerais savoir si le ministre présentera une mesure législative sur les peines minimales avant les élections, comme il l'avait prévu.
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View David Lametti Profile
Lib. (QC)
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2019-05-14 20:05 [p.27809]
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Madam Chair, as I have stated a number of times, we are committed to reviewing the question of minimum mandatory sentences. They have been found in a number of circumstances to be completely counterproductive. We did commit in the platform to look at them, and we will commit to look at that question at some point in the future.
Madame la présidente, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, nous sommes déterminés à réexaminer la question des peines minimales obligatoires. Dans un certain nombre de circonstances, elles se sont révélées complètement contre-productives. Dans notre programme, nous nous sommes engagés à nous pencher sur cette question, et nous le ferons un jour.
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View Randall Garrison Profile
NDP (BC)
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2019-03-01 12:23 [p.26026]
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Mr. Speaker, anyone who has looked at this question of solitary confinement, administrative segregation or its new title, structured integration units, knows that those with mental illness problems are the ones most likely to end up in this situation. I know the hon. member was not here in the last Parliament, but the Conservatives brought in an extremely large number of mandatory minimum sentences, which resulted in people who should otherwise be treated for mental illness ending up in a corrections situation.
Does he still support the use of mandatory minimums, which result in people with mental illness ending up in administrative segregation?
Monsieur le Président, quiconque a examiné la question de l'isolement cellulaire, de l'isolement préventif ou de ce qu'on appelle aujourd'hui l'unité d'intervention structurée sait que c'est là que se retrouveront probablement la plupart des détenus qui ont des troubles mentaux. Je sais que le député n'était pas ici pendant la dernière législature, mais les conservateurs ont multiplié de façon exponentielle le nombre de peines minimales obligatoires imposées à des gens qui, au lieu de se retrouver en prison, auraient dû être traités pour une maladie mentale.
Est-ce qu'il appuie toujours le recours aux peines minimales obligatoires qui font que des gens atteints de maladie mentale finissent par se retrouver en isolement préventif?
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