Hansard
Consult the user guide
For assistance, please contact us
Consult the user guide
For assistance, please contact us
Add search criteria
Results: 1 - 60 of 861
View Denis Trudel Profile
BQ (QC)
View Denis Trudel Profile
2020-12-11 10:31 [p.3325]
Expand
Madam Speaker, I thank my colleague for his comments.
There is one rather important aspect that is not addressed in Bill C-10.
The current crisis has been particularly hard on artists. Quebec has a fairly large dubbing industry that provides a living for artists, and I spoke with someone from that sector. She was telling me that if all the taxpayer-funded, English-language productions, like the ones produced in Toronto and Vancouver, were dubbed in Quebec, that would provide artists with work for years to come, and we would not even need American films. It is incredible.
However, that is not happening. Films and TV series that we pay for ourselves are dubbed in France. That makes absolutely no sense.
Does my colleague not think that, any time Canadian taxpayers' money is being invested, films should be dubbed in Quebec to provide work for our own people?
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son intervention.
Un aspect n'est pas abordé dans le projet de loi C-10, et il est assez important.
Les artistes ont été beaucoup touchés par la crise actuelle. Au Québec, il existe une assez grande industrie qui est celle du doublage faisant vivre des artistes. J'ai parlé avec une personne de cette industrie. Elle me disait que, si toutes les productions financées à même l'argent des contribuables, comme les productions anglophones de Toronto et de Vancouver, étaient doublées au Québec, on pourrait faire vivre les artistes pendant des années et l'on n'aurait même pas besoin des films américains. C'est incroyable.
Cependant, ce n'est pas le cas. Des films ou des séries télévisées que l'on finance nous-mêmes sont doublés en France. Cela n'a absolument pas de sens.
Mon collègue ne pense-t-il pas que, à partir du moment où l'argent des contribuables canadiens est investi, les films devraient être doublés au Québec pour faire travailler nos gens?
Collapse
View Kenny Chiu Profile
CPC (BC)
View Kenny Chiu Profile
2020-12-11 10:32 [p.3325]
Expand
Madam Speaker, I believe Quebec is a nation that is a great part of Canada, in a united Canada, and that is why, if there is any way we can bring jobs back to Canada, I will be in full support of it. There are other provinces, I might add, that also have francophone Canadians living in them, like New Brunswick and northern Alberta, just like there are many anglophones living in Quebec as well.
I think together we are stronger in the cultural duality of Canada. I think the francophone and anglophone cultures will make us win more contracts and create more jobs in Canada.
Madame la Présidente, je crois que le Québec est une nation qui constitue une part importante du Canada, d'un Canada uni, et pour cette raison, s'il est possible de rapatrier des emplois au Canada, j'accorderai mon appui. J'ajouterais que des Canadiens francophones vivent aussi dans d'autres provinces, comme le Nouveau-Brunswick et le Nord de l'Alberta, de la même manière qu'il y a beaucoup d'anglophones qui vivent au Québec.
Je pense qu'ensemble, nous renforçons la dualité culturelle du Canada, et que les cultures francophone et anglophone nous permettront d'obtenir davantage de contrats et de créer plus d'emplois au Canada.
Collapse
View Elizabeth May Profile
GP (BC)
View Elizabeth May Profile
2020-12-10 10:41 [p.3256]
Expand
Mr. Speaker, I also want to thank the hon. member for Kingston and the Islands and extend deep condolences to him and his wife and family on the loss of his father-in-law. Certainly, the stories that we have shared and how emotional and difficult this subject is for each and every one of us is really clear. For myself, I came to the position of strongly supporting the bill when we dealt with it in the last Parliament, and the issue was made clear to me by many constituents who raised the issue with me.
Sue Rodriguez, who took the matter all the way to the Supreme Court of Canada so many years ago, was a resident of North Saanich, within my constituency, and there is a huge support base for her personally and the cause she raised. Therefore, in the time remaining I want to ask the member: if we do not deal with this issue, vote and get it to the Senate before we rise for Christmas, what is the legal effect for the people of Quebec, where the Truchon decision will take legal effect and there will be a void of the law for end of life in Quebec?
Monsieur le Président, je tiens également à remercier le député de Kingston et les Îles et à lui offrir, ainsi qu'à sa femme et à sa famille, mes plus sincères condoléances pour la perte de son beau-père. Il va sans dire que les expériences qui ont été présentées et ce sujet suscitent en chacun d'entre nous beaucoup d'émotion et des réflexions difficiles. Pour ma part, j'en suis venue à soutenir vigoureusement le projet de loi lorsque nous l'avons étudié au cours de la dernière législature. J'ajoute que de nombreuses personnes de ma circonscription ont abordé la question avec moi et m'ont grandement éclairée à ce sujet.
Sue Rodriguez, qui a porté cette question devant la Cour suprême du Canada il y a de nombreuses années, était une résidante de North Saanich, dans ma circonscription. Elle a joui d'un énorme soutien, tant elle personnellement que la cause qu'elle a défendue. Par conséquent, dans le temps qui reste, voici ce que je demande au député: si nous ne terminons pas l'étude de cette mesure, si nous ne votons pas et si nous ne la renvoyons pas au Sénat avant l'ajournement des Fêtes, quel sera l'effet juridique pour la population du Québec, où la décision Truchon prendra effet et où il y aura un vide juridique en ce qui concerne la fin de vie?
Collapse
View Mark Gerretsen Profile
Lib. (ON)
View Mark Gerretsen Profile
2020-12-10 10:42 [p.3257]
Expand
Mr. Speaker, I would rather speak not so much about the legal effect, but the effect on the individuals who will be in these positions like my father-in-law was just a few days ago. There will be more people who suffer, quite honestly. I want to make it very clear that the doctors and the nurses in Kingston General Hospital did everything they could for my father-in-law to make sure that he was as comfortable as possible, but there was still a great degree of pain there. By not passing this legislation today, we are potentially putting ourselves in a position where other people will suffer the same way, and that is just not something that I want to see.
Monsieur le Président, je préfère parler non pas tant de l'effet juridique, mais de l'effet sur les personnes qui se trouveront dans une telle situation, comme mon beau-père il y a quelques jours à peine. En toute honnêteté, il y aura plus de personnes qui souffriront. Je tiens à préciser que les médecins et le personnel infirmier de l'hôpital général de Kingston ont fait tout leur possible pour que mon beau-père souffre le moins possible, mais la douleur était encore très forte. À défaut d'adopter cette mesure législative aujourd'hui, nous risquons de placer d'autres personnes dans une situation où elles souffriront de la même manière, et ce n'est vraiment pas ce que je souhaite.
Collapse
View Xavier Barsalou-Duval Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, we are discussing Bill C-8.
I must say that when we first looked at the bill, we found it interesting. The government wanted to reach out to indigenous nations, which is good, considering all the harms inflicted on them in the past.
We are obviously not particularly attached to any oath for new Canadian citizens, given that we want to be independent and have our own oath for Quebec citizenship.
However, after examining the bill more closely, we realized that it contained a poison pill. On the one hand, the government wants to reach out to indigenous peoples, but on the other hand, Quebec gets a slap in the face. In fact, new citizens would have to swear an oath on the Canadian Constitution, which Quebec never signed. It was forced upon us; we never voted on it, either.
I would like to hear my Conservative colleague's thoughts on the fact that the government is trying to surreptitiously slip something past us that is actually quite insulting to Quebec.
Monsieur le Président, nous sommes en train de discuter du projet de loi C-8.
Je dois dire que, au départ, lorsque nous avons regardé ce projet de loi, nous l'avons trouvé intéressant. Le gouvernement voulait tendre la main aux nations autochtones, et c'était bien compte tenu de toutes les mauvaises choses qu'on leur a faites par le passé.
Nous ne sommes évidemment pas particulièrement attachés au serment pour les nouveaux citoyens canadiens étant donné que nous préférerions être indépendants et avoir notre propre serment pour une citoyenneté québécoise.
Cependant, lorsque nous avons fouillé le projet de loi plus en profondeur, nous avons constaté qu'il y avait une pilule empoisonnée. D'un côté, le gouvernement veut tendre la main aux Autochtones, et de l'autre, du côté du Québec, on reçoit plutôt une claque derrière la tête. En effet, les nouveaux citoyens devraient prêter serment sur la Constitution canadienne, Constitution que les Québécois n'ont jamais signée et qui leur a été imposée de force et pour laquelle ils n'ont jamais voté non plus.
J'aimerais savoir ce que pense mon collègue conservateur du fait que le gouvernement tente de nous faire avaler en catimini des pilules qui sont en fait une insulte au Québec.
Collapse
View Philip Lawrence Profile
CPC (ON)
Mr. Speaker, let me start by saying that I fully respect the people of Quebec and am generally a proponent of provincial jurisdiction and autonomy where it is possible. However, I believe that this legislation is for promoting reconciliation with our indigenous peoples, and for that reason I have to support it as we continue our journey of reconciliation with the indigenous people of our country.
Monsieur le Président, j'aimerais d'abord de dire que je respecte pleinement les Québécois et que je suis généralement favorable à la compétence et à l’autonomie provinciale, dans la mesure du possible. Cependant, je crois que ce projet de loi vise à promouvoir la réconciliation avec nos peuples autochtones, et c’est pourquoi je dois l’appuyer, tandis que nous poursuivons sur la voie de la réconciliation avec les peuples autochtones de notre pays.
Collapse
View Xavier Barsalou-Duval Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, I congratulate my colleague from Louis-Saint-Laurent for his very interesting speech. I could support most of what he had to say, but there was one thing that disappointed me.
It is important to reach out to indigenous nations and make up for the mistakes made in the past in some small way, even if it is only a very small way, since we are talking about putting a few words in an oath of citizenship. I do not think that is going to solve all the problems. However, there is a negative element in what is proposed in Bill C-8, and yet I did not hear my colleague talk about it. Quebec did not sign the Canadian Constitution, but now new citizens are being asked to take an oath on the Canadian Constitution. There is something wrong with that. It is a disgrace.
Unless I am mistaken, Mr. Mulroney, the former leader of the Conservatives, recognized this at the time. He said that he wanted to bring Quebeckers back in with honour and enthusiasm. Once again, that was a failure in terms of closing the rest of Canada to Quebec.
I would like to know what my colleague, as a member from Quebec, thinks about that. Does he still intend to vote in favour of Bill C-8, or does he intend to support amendments that could be made to it?
Monsieur le Président, je félicite mon collègue de Louis-Saint-Laurent pour son discours très intéressant. Je pourrais appuyer presque l'entièreté de ses propos, mais il y a un élément qui m'a déçu.
Il est important de tendre la main aux nations autochtones et de réparer un peu les erreurs qui ont été commises dans le passé, même si c'est très peu, puisqu'on parle de mettre quelques mots dans un serment de citoyenneté. Je ne pense pas que ce soit cela qui va régler tous les problèmes. Cependant, il y a un élément négatif dans ce qui est proposé dans le projet de loi C-8, et pourtant, je n'ai pas entendu mon collègue en parler. Le Québec n'a pas signé la Constitution canadienne, et on demande maintenant aux nouveaux citoyens de prêter serment sur la Constitution canadienne. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là-dedans. C'est une honte.
Si je ne me trompe pas, M. Mulroney, ancien chef des conservateurs, avait reconnu cela, à l'époque. Il disait qu'il souhaitait ramener les Québécois dans l'honneur et l'enthousiasme. Encore une fois, cela avait été un échec quant à la fermeture du reste du Canada à l'égard du Québec.
J'aimerais savoir ce que mon collègue, en tant que député du Québec, pense de cela. A-t-il l'intention de voter tout de même pour le projet de loi C-8, ou a-t-il l'intention d'appuyer des amendements qu'on pourrait y apporter?
Collapse
View Gérard Deltell Profile
CPC (QC)
View Gérard Deltell Profile
2020-12-10 12:00 [p.3266]
Expand
Mr. Speaker, I appreciate the comment and question from the member for Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères. I figured he would ask me that question, which is why I did not address the subject in my speech, since our speaking time is limited.
I agree with what the member is saying about how the 1982 Constitution was never recognized by the Quebec National Assembly. I know what I am talking about, since I used to be a member of the National Assembly. As the member so aptly stated, impressive efforts were made by Prime Minister Brian Mulroney and others to get Quebec to sign the Constitution with honour and enthusiasm. Unfortunately, for partisan political reasons, the current governing party disgraced itself by making backroom deals to prevent the historic accord that would have enabled us to carry on.
At the same time, I would like to point out to my colleague that, even though the 1982 Constitution was not signed by Quebec and has not been recognized by the National Assembly for 38 years, it is in effect nevertheless. The proof is that the House of Commons operates under that Constitution. That means that the mandate that my colleague received and the work that he has done for over five years, which I appreciate, is done in a chamber that operates under the Canadian Constitution.
Yes, we need to continue to remind everyone that Quebec did not sign the Constitution. However, we also need to remind them that the Constitution still applies, that this country is still running and that, even though the National Assembly does not recognize the Constitution, as I can personally attest, because I used to be a member of that assembly, the Constitution enables the National Assembly and the provincial jurisdictions to operate.
Yes, let us continue to remind everyone that, unfortunately, because of the federal Liberal Party's base political manoeuvring, the Meech Lake accord fell through, but Canada continues to carry on.
Monsieur le Président, j'apprécie le commentaire et la question du député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères. Je m'attendais à ce qu'il me pose cette question. C'est pourquoi je n'ai pas abordé le sujet dans mon discours, puisque le temps de parole qui nous est imparti est limité.
Je reconnais ce que le député affirme, c'est-à-dire que la Constitution de 1982, en effet, n'a jamais été reconnue par l'Assemblée nationale du Québec. Je sais de quoi je parle, ayant moi-même été député à l'Assemblée nationale. Comme le député l'a si bien mentionné, des efforts majestueux ont été faits, entre autres, par le premier ministre Brian Mulroney pour signer, dans l'honneur et l'enthousiasme, la Constitution. Malheureusement, à des fins de politique partisane, l'actuel parti ministériel s'était déshonoré en faisant des tractations de coulisse pour empêcher cet accord historique qui nous aurait permis de continuer.
En même temps, je tiens à faire remarquer à mon collègue que cette Constitution, qui n'a pas été signée par le Québec et qui n'a pas été reconnue par l'Assemblée nationale depuis 38 ans, est quand même en vigueur. La preuve, c'est que la Chambre des communes opère en vertu de la Constitution. Alors, le mandat que mon collègue a obtenu et le travail qu'il fait depuis plus de cinq ans, dont je reconnais la valeur, s'accomplissent dans une chambre qui opère en vertu de la Constitution canadienne.
Donc, oui, il faut continuer à rappeler à tout le monde que le Québec n'a pas signé la Constitution, mais il faut aussi rappeler que la Constitution s'applique quand même, que ce pays fonctionne quand même et que, même si l'Assemblée nationale ne reconnaît pas la Constitution — je sais de quoi je parle, puisque j'y ai siégé —, cette Constitution permet à l'Assemblée nationale et aux juridictions provinciales d'opérer.
Alors, oui, rappelons encore et toujours que, malheureusement, en raison de magouilles politiques de bas instincts du Parti libéral fédéral, l'accord du lac Meech n'a pas abouti, mais le Canada continue.
Collapse
View Caroline Desbiens Profile
BQ (QC)
Madam Speaker, Quebec is making a name for itself in its official language. Today, I speak for all Quebeckers who are proud of their fellow citizens.
Dominique Fortier is originally from the greater Quebec City area, more specifically Cap-Rouge. She is the first Quebec author to win one of the most prestigious literary awards in the Francophonie, the Renaudot prize, in the essay category. Because of this award, her book, Les villes de papier, about the imaginary life of the American poet Emily Dickinson, will be famous throughout the Francophonie.
In Charlevoix, the power of words is essential to the survival of a people, and Émélie Bernier is harnessing that power for Quebec. She won first prize in the news reporting category at the Grands Prix des Hebdos for her reporting on the slaughter of wolves. She also took home five other awards, bringing great honour to the weekly newspaper Le Charlevoisien for the quality of its content and writing. That is happening back home in Charlevoix.
To Dominique Fortier—
Madame la Présidente, le Québec rayonne dans sa langue officielle. Je porte la voix aujourd'hui de tout le Québec fier de son monde.
Dominique Fortier est originaire de la grande région de la capitale nationale, plus précisément de Cap-Rouge. Pour la première fois dans la catégorie essai, une autrice québécoise remporte l'un des plus prestigieux prix littéraires de la Francophonie, le prix Renaudot. Grâce à ce prix, son livre, Les villes de papier, qui suit la vie imaginaire de la poétesse américaine Emily Dickinson, fera le tour de la Francophonie.
Du côté de Charlevoix, le pouvoir des mots est essentiel à la survie d'un peuple, et Émélie Bernier en est un vecteur important pour le Québec. Elle a remporté le premier prix dans la catégorie « Dossier/Reportage » avec son reportage sur l'abattage des loups, en plus de cinq autres prix lors du gala des Grands Prix des Hebdos, valant ainsi à l'hebdo Le Charlevoisien les grands honneurs pour la mise en valeur du contenu et de la qualité de la langue. Cela se passe chez nous, dans Charlevoix.
À Dominique Fortier...
Collapse
View Mario Beaulieu Profile
BQ (QC)
View Mario Beaulieu Profile
2020-12-10 14:24 [p.3288]
Expand
Mr. Speaker, all the living premiers in Quebec's history, the National Assembly of Quebec, the mayors of Quebec's six largest cities, the unions, everyone in Quebec wants the Charter of the French Language to apply to federally regulated businesses.
Yesterday, the Prime Minister replied that he did not want to do anything and that he would wait for Quebec's language bill. To clarify, can the Liberals confirm that the federal government will abide by Quebec's law?
Monsieur le Président, tous les premiers ministres vivants de l'histoire du Québec, l'Assemblée nationale du Québec, les maires et mairesses des six plus grandes villes du Québec, les syndicats, tout le monde au Québec veut que la Charte de la langue française s'applique aux entreprises de compétence fédérale.
Hier, le premier ministre a répondu qu'il ne voulait rien faire et qu'il allait attendre le projet de loi du Québec sur la langue. Pour clarifier, est-ce que les libéraux peuvent confirmer que le fédéral va se soumettre à la loi du Québec?
Collapse
View Chrystia Freeland Profile
Lib. (ON)
View Chrystia Freeland Profile
2020-12-10 14:25 [p.3288]
Expand
Mr. Speaker, I thank my colleague for his question.
Our government recognizes how fragile the French language is in Quebec and Montreal. We understand the importance of supporting the French language, and we will continue to do so.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
Notre gouvernement reconnaît la fragilité de la langue française au Québec et à Montréal. Nous comprenons l'importance d'appuyer la langue française et nous continuerons de le faire.
Collapse
View Mario Beaulieu Profile
BQ (QC)
View Mario Beaulieu Profile
2020-12-10 14:25 [p.3288]
Expand
Mr. Speaker, those are still the words of someone who does not want to do anything.
The Bloc has introduced a bill to apply Bill 101 to federally regulated businesses. When we ask the Liberals to vote in favour of it, they say that they are waiting for the Quebec bill. When asked if they will respect Quebec's legislation, they refuse to answer. All they do is put things off.
Will the Liberal government step up and force businesses under its jurisdiction to comply with Bill 101?
Monsieur le Président, ce sont encore les paroles de quelqu'un qui ne veut rien faire.
Le Bloc a déposé un projet de loi pour faire appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale. Quand on demande aux libéraux de voter pour, ils disent qu'ils attendent le projet de loi du Québec. Quand on leur demande s'ils vont respecter la loi du Québec, ils refusent de répondre. Ils ne font que pelleter par en avant.
Est-ce que le gouvernement libéral va prendre ses responsabilités en obligeant les entreprises qui relèvent de sa compétence à respecter la loi 101?
Collapse
View Chrystia Freeland Profile
Lib. (ON)
View Chrystia Freeland Profile
2020-12-10 14:26 [p.3288]
Expand
Mr. Speaker, I want to point out that we recognize that the French language is in decline in Quebec and Montreal.
I would also like to point out that we are all concerned about the fragility of the French language in Quebec. Since Quebec is a francophone province, it is essential to protect French in Quebec and give it its rightful place. We would be very happy to work with all members of the House to do so.
Monsieur le Président, je veux souligner que nous reconnaissons qu'il y a un recul du français au Québec et à Montréal.
Je veux souligner aussi que la fragilité de la langue française au Québec nous préoccupe tous. Puisqu'il s'agit d'une province francophone, il est essentiel d'y protéger le français et de lui donner la place qui lui revient. Nous serions très contents de travailler avec tous les députés de la Chambre pour le faire.
Collapse
View Monique Pauzé Profile
BQ (QC)
View Monique Pauzé Profile
2020-12-10 14:36 [p.3290]
Expand
Mr. Speaker, we have learned that Ottawa intends to make Quebec pay the carbon tax because Canada is not going to meet the Paris Agreement targets. Quebec's per capita greenhouse gas emissions are two and a half times less than Canada's. The government has missed the mark; we are the leaders. Quebec already has carbon pricing with the carbon tax it created.
Why does the government not encourage the provinces and governments to join the carbon exchange instead of lecturing them?
Monsieur le Président, on apprend qu'Ottawa a l'intention de soumettre le Québec à la taxe sur le carbone, parce que le Canada est en train d'échouer à respecter les cibles de l'Accord de Paris. Chaque Québécoise et chaque Québécois émet deux fois et demie moins de gaz à effet de serre qu'un Canadien ou une Canadienne. On se trompe de cible; nous sommes les premiers de classe. Le Québec tarifie déjà le carbone avec la taxe sur le carbone qu'il a créée.
Alors, pourquoi le gouvernement n'encourage-t-il pas les provinces et les États à se joindre à la bourse du carbone, au lieu de donner des leçons?
Collapse
View Peter Schiefke Profile
Lib. (QC)
View Peter Schiefke Profile
2020-12-10 14:36 [p.3290]
Expand
Mr. Speaker, I want to thank my hon. colleague for her question.
Quebec is a leader in the fight against climate change and it put a price on carbon pollution in 2013. We assess provincial systems every year, and will do so until 2022. The Quebec system has met the standards every year.
We will continue to support the provinces, like Quebec, which implement ambitious measures to reduce pollution and leave a cleaner environment for future generations.
Monsieur le Président, je veux remercier mon honorable collègue de sa question.
Le Québec est un leader dans la lutte contre les changements climatiques et a mis un prix sur la pollution par le carbone en 2013. Nous évaluons les systèmes provinciaux chaque année jusqu'en 2022, et le système du Québec a été conforme aux normes chaque année.
Nous continuons à soutenir les provinces, comme le Québec, qui prennent des mesures ambitieuses pour réduire la pollution et offrir un environnement plus propre aux générations futures.
Collapse
View Monique Pauzé Profile
BQ (QC)
View Monique Pauzé Profile
2020-12-10 14:37 [p.3290]
Expand
Mr. Speaker, in that case, they should join us.
This government purchased a $17-billion pipeline. This government is getting all worked up because the U.S. president-elect is not interested in Keystone XL. This government took advantage of the pandemic to authorize 100 oil drilling projects without an environmental assessment.
After all that, this government is surprised that greenhouse gas emissions are not going down. Come on.
Does this government think it is it in a position to lecture Quebec?
Monsieur le Président, ils devraient donc se joindre à nous.
Ce gouvernement a acheté un oléoduc de 17 milliards de dollars. Ce gouvernement déchire sa chemise parce que le nouveau président américain n'est pas intéressé par Keystone XL. Ce gouvernement a profité de la pandémie pour autoriser 100 forages pétroliers sans évaluation environnementale.
Après tout cela, ce gouvernement se surprend que les émissions de gaz à effet de serre ne descendent pas. Voyons donc!
Est-ce que ce gouvernement pense qu'il est bien placé pour donner des leçons au Québec?
Collapse
View Peter Schiefke Profile
Lib. (QC)
View Peter Schiefke Profile
2020-12-10 14:37 [p.3291]
Expand
Mr. Speaker, Canadians expect the government to take action on climate change while also growing the economy, and the fall economic statement maintained that commitment.
Under our plan to restart the economy after COVID-19, we will provide grants of up to $5,000 to help Canadians make energy-efficient improvements to their homes. We will accelerate investments in zero-emission infrastructure and invest in science-based climate solutions, such as planting two billion trees. We are doing this for our children and for future generations.
Monsieur le Président, les Canadiens s'attendent à ce que le gouvernement agisse contre les changements climatiques tout en faisant croître l'économie, et l'énoncé économique de l'automne a maintenu cet engagement.
Dans le cadre de notre plan visant à relancer l'économie après la COVID-19, nous allons offrir des subventions allant jusqu'à 5 000 $ pour aider les Canadiens à apporter des améliorations écoénergétiques à leur maison. Nous allons accélérer les investissements dans les infrastructures carboneutres et investir dans les solutions climatiques basées sur la science, y compris la plantation de 2 milliards d'arbres. Nous faisons cela pour nos enfants et pour les générations futures.
Collapse
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, despite all the fine words, the federal government has no plan to combat climate change. It introduced a bill to achieve net-zero emissions, but it has yet to set greenhouse gas reduction targets for 2030. Then when it does, it has the power to change the target on a whim in the event that it fails. There is no accountability.
Quebec has a plan. It has a carbon exchange that works well.
Why is the minister changing his mind today and why does he want to impose a failed system on Quebec and interfere in Quebec's jurisdiction?
Monsieur le Président, malgré toutes les belles paroles, le fédéral n'a même pas de plan de lutte contre les changements climatiques. Il a déposé un projet de loi qui prétend viser la carboneutralité, mais il ne s'est toujours pas fixé de cibles de réduction des gaz à effet de serre pour 2030. Ensuite, quand il va s'en choisir une, il se garde le pouvoir de la modifier à sa guise en cas d'échec. Il n'y a aucune reddition de comptes, aucune responsabilité.
Le Québec, lui, a un plan. Il a aussi une bourse du carbone qui fonctionne bien.
Pourquoi le ministre change-t-il d'idée aujourd'hui et veut-il imposer un système défaillant au Québec et empiéter sur son champ de compétence?
Collapse
View Peter Schiefke Profile
Lib. (QC)
View Peter Schiefke Profile
2020-12-10 14:39 [p.3291]
Expand
Mr. Speaker, the fact is that the legislation includes solid accountability and transparency measures for all future governments.
My colleague must be aware that the architectural structure of the Paris Agreement is based on the year 2030, just like British Columbia's plan, Quebec's plan and the plan of countries around the world. What is more, the commissioner of the environment and sustainable development has to report on the progress made in five years and determine whether we are on the right path.
Monsieur le Président, voici les faits: la loi comporte de solides mesures de responsabilisation et de transparence pour tous les futurs gouvernements.
Ma collègue doit être consciente que la structure architecturale de l'Accord de Paris est basée sur l'année 2030, tout comme le plan de la Colombie-Britannique, le plan du Québec et le plan des pays du monde entier. De plus, le commissaire à l'environnement et au développement durable doit rendre compte des progrès accomplis en cinq ans et déterminer si nous sommes sur la bonne voie.
Collapse
View Louise Chabot Profile
BQ (QC)
View Louise Chabot Profile
2020-12-09 14:19 [p.3202]
Expand
Mr. Speaker, from December 7 to 10, the Mouvement autonome et solidaire des sans-emplois is holding a week of regional action to appeal for a complete overhaul of employment insurance.
In addition, the Conseil national des chômeurs et chômeuses is conducting the AE-21 campaign, which calls for a permanent reform of EI.
Across Quebec, unemployed workers' movements and unions are asking the government to commit to reforming the current system. The problems with the eligibility criteria for the current program and its incompatibility with QPIP are just two issues that warrant a complete overhaul, not just temporary measures.
We support this cause, and the Bloc Québécois demands comprehensive, significant reform of the EI system quickly.
Monsieur le Président, du 7 au 10 décembre, le Mouvement autonome et solidaire des sans-emplois tient une semaine d'action régionale pour manifester sa volonté d'une réforme en profondeur de l'assurance-emploi.
De plus, le Conseil national des chômeurs et chômeuses mène la campagne AE-21 qui vise à demander une réforme permanente du régime.
Partout au Québec, ce sont des mouvements de défense des droits des chômeurs et des syndicats qui demandent que le gouvernement s'engage à réformer le régime actuel. Les problèmes actuels du programme liés tant à son admissibilité qu'à son inadéquation avec le RQAP ne sont que quelques exemples qui justifient en profondeur une réforme, et non de simples mesures temporaires.
Nous sommes solidaires de cette cause et le Bloc québécois exige une réforme globale et significative du régime d'assurance-emploi rapidement.
Collapse
View Yves-François Blanchet Profile
BQ (QC)
View Yves-François Blanchet Profile
2020-12-09 14:30 [p.3204]
Expand
Mr. Speaker, in an unprecedented, historic move, six former premiers of Quebec issued a clear and concise letter demanding that the Charter of the French Language apply to federally regulated businesses.
In agreement are the unanimous National Assembly, the Conservative Party, if I understand correctly, certainly the Bloc Québécois, and possibly the now self-professed member for “Montreal”.
I would like to know if the Prime Minister of Canada intends to put the Bloc Québécois's Bill C-254 to a vote.
Monsieur le Président, dans un geste inédit et historique, six premiers ministres — tous les anciens premiers ministres du Québec — ont demandé, dans une lettre brève, mais claire, que la Charte de la langue française s'applique aux entreprises de compétence fédérale.
Cela s'ajoute à la voix unanime de l'Assemblée nationale, à celle, si j'ai bien compris, du Parti conservateur, assurément à celle du Bloc québécois, et on est moins sûrs du député de « Montréal », s'appelle-t-il maintenant.
Je veux savoir si le premier ministre du Canada va appeler à voter sur le projet de loi C-254 du Bloc québécois.
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 14:30 [p.3204]
Expand
Mr. Speaker, our two official languages are fundamental to our country.
We will always be there to defend the status of the French language across the country, including in Quebec.
We will always be there to defend our official languages, particularly for members of minority communities, and we will keep investing to protect it.
We introduced a bill to protect it and promote it online, and we will strengthen the Official Languages Act.
Monsieur le Président, nos deux langues officielles sont à la base de notre pays.
Nous serons toujours là pour défendre la particularité de la langue française partout au pays, y compris au Québec.
Nous serons toujours là pour défendre nos langues officielles, particulièrement pour ceux qui vivent dans des situations minoritaires, et nous allons continuer d'investir afin de la protéger.
Nous avons déposé un projet de loi pour la protéger et la promouvoir sur le Web, et nous renforcerons la Loi sur les langues officielles.
Collapse
View Mario Beaulieu Profile
BQ (QC)
View Mario Beaulieu Profile
2020-12-09 14:42 [p.3206]
Expand
Mr. Speaker, Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Jean Charest, Pauline Marois, Philippe Couillard—the only female premier and all the other living premiers in the history of Quebec have joined the Quebec National Assembly in asserting that the Charter of the French Language must be applied to federally regulated businesses in Quebec. The Bloc Québécois has introduced a bill to do just that.
Will the Prime Minister listen to all the premiers of Quebec and commit to supporting our bill?
Monsieur le Président, Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Jean Charest, Pauline Marois, Philippe Couillard, l'unique première ministre et tous les premiers ministres vivants de l'histoire du Québec ont joint leurs voix à l'Assemblée nationale du Québec pour affirmer que la Charte de la langue française doit s'appliquer aux entreprises de compétence fédérale au Québec. Le Bloc québécois a déposé un projet de loi à cet effet.
Le premier ministre va-t-il entendre l'appel de tous les premiers ministres du Québec et s'engager à appuyer notre projet de loi?
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 14:42 [p.3207]
Expand
Mr. Speaker, we are waiting for the Government of Quebec to introduce its legislation in due course.
We will work with the Quebec government to protect the French language. That is a priority for the Liberal Party of Canada, and it always has been. As we made clear in the throne speech, we will continue to be there, as we always have been, to protect francophone minorities across the country, which the Bloc cannot do, as well as to protect the French language within Quebec. We will do everything we can to protect our beautiful French language.
Monsieur le Président, nous attendons de voir le projet de loi que va présenter le gouvernement du Québec en temps et lieu.
Nous travaillerons avec lui pour protéger la langue française. C'est une priorité pour le Parti libéral du Canada. Cela l'a toujours été. Nous avons annoncé dans notre discours du Trône que nous allions être là non seulement comme nous l'avons toujours été pour protéger les minorités francophones de tout le pays — ce que le Bloc ne peut pas faire —, mais aussi pour protéger la langue française à l'intérieur du Québec. Nous allons être là de tout cœur pour assurer la protection de notre belle langue française.
Collapse
View Mario Beaulieu Profile
BQ (QC)
View Mario Beaulieu Profile
2020-12-09 14:43 [p.3207]
Expand
Blah, blah, blah, Mr. Speaker. That is all just empty rhetoric again.
The Bloc Québécois has been asking the federal government to apply Bill 101 to federally regulated businesses for 13 years. The government must have had time to make up its mind. Today, all the living Quebec premiers, the labour federations in Quebec and the Quebec National Assembly are unanimous. Everyone is asking the Prime Minister to take action.
Will he apply Bill 101 to federally regulated businesses, yes or no?
Monsieur le Président, bla bla bla, ce sont encore des paroles creuses.
Cela fait 13 ans que le Bloc demande que les entreprises de compétence fédérale soient assujetties à la loi 101. Le gouvernement doit bien avoir eu le temps de se faire une idée. Aujourd'hui, tous les premiers ministres vivants du Québec, les centrales syndicales du Québec et l'Assemblée nationale du Québec sont unanimes: tout le monde demande au premier ministre d'agir.
Va-t-il faire appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale, oui ou non?
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 14:44 [p.3207]
Expand
Mr. Speaker, speaking of blah blah, blah, talk is all the Bloc can do.
We are here to take action and protect the French language, and we always will be. We committed to appoint only Supreme Court judges who can speak French, something that even the Conservatives have not committed to doing.
We will continue to defend the French language and to work hand in hand with the Government of Quebec when it introduces its bill. We are waiting to see it, and we will work together to resolve the problem of the decline of French in Quebec.
Monsieur le Président, du blabla, c'est tout ce que le Bloc peut faire.
Nous sommes là pour agir et protéger la langue française et nous allons toujours l'être. Nous nous sommes engagés à ne nommer que des juges à la Cour suprême qui peuvent parler français, quelque chose que même les conservateurs ne se sont pas engagés à faire.
Nous allons continuer à défendre la langue française et à travailler, main dans la main, avec le gouvernement du Québec quand il déposera son projet de loi. Nous attendons de le voir et nous allons travailler ensemble pour régler ce défi du recul du français au Québec.
Collapse
View Alain Rayes Profile
CPC (QC)
View Alain Rayes Profile
2020-12-09 15:01 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, six former Quebec premiers from all political parties support the National Assembly motion reaffirming that protecting the French language is essential and that Bill 101 must apply to federally regulated businesses in Quebec. Mayors of towns and cities, unions and multiple organizations support that demand. All opposition parties in this House agree with that demand. Only one person does not support it, and he is right in front of me, in front of all of us.
Why does the Prime Minister not support this demand from all former Quebec premiers and all the organizations I just mentioned?
Monsieur le Président, six anciens premiers ministres québécois de tous les partis politiques appuient la motion de l'Assemblée nationale réaffirmant que la protection de la langue française est essentielle et que la loi 101 doit s'appliquer aux entreprises de compétence fédérale au Québec. Les maires des villes, les syndicats, et de multiples organismes appuient cette demande. Tous les partis de l'opposition de la Chambre sont d'accord sur cette demande. Il ne manque qu'une seule personne, et elle est face de moi, devant nous tous.
Pourquoi le premier ministre n'appuie-t-il pas cette demande de tous les anciens premiers ministres du Québec ainsi que de tous les organismes que je viens de nommer?
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 15:02 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, as I said, we are waiting for the provincial government to introduce legislation on this matter, and we will have a look at it. We will always work with that government to protect the French language, as our party has always done.
I will not be lectured by the Conservatives when they refuse to appoint only bilingual judges to the Supreme Court. Why do they refuse to do that? Now they want to stand up and talk about it. Will they commit to only appointing judges who speak French to the Supreme Court, as we have done?
Monsieur le Président, comme j'ai dit, nous attendons que le gouvernement provincial actuel dépose un projet de loi à ce sujet et nous allons le regarder. Nous allons toujours travailler avec lui pour protéger la langue française, comme notre parti l'a toujours fait.
Je ne veux pas recevoir de leçon des conservateurs alors qu'ils refusent de ne nommer que des juges bilingues à la Cour suprême. Pourquoi refusent-ils de le faire? Ils vont se lever maintenant pour en parler. Vont-ils s'engager à ne nommer que des juges qui parlent français à la Cour suprême, comme nous l'avons fait?
Collapse
View Alain Rayes Profile
CPC (QC)
View Alain Rayes Profile
2020-12-09 15:02 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, it is incredible to hear this Prime Minister who is unable to rein in his own MPs and the people in his party.
In addition to the Quebec president of the Liberal Party, the hon. member for Saint-Laurent and other members who likely scoff at Bill 101 behind closed doors, we now find out that Serge Joyal, a former minister and Liberal senator, sent an open letter to the media to say that he too is against the idea of federally regulated businesses being subject to Bill 101.
If that is not the Prime Minister's position, then he should stand up and clearly say here in the House that he agrees that federally regulated businesses in Quebec should be subject to Bill 101.
Monsieur le Président, il est incroyable d'entendre ce premier ministre qui n'est pas capable de mettre au pas ses propres députés et les gens de son parti.
En plus de la directrice générale du parti au Québec, de la députée de Saint-Laurent et des autres députés qui parlent probablement en cachette contre la loi 101, on apprend que Serge Joyal, un ancien ministre et sénateur libéral, envoie une lettre ouverte aux médias pour mentionner qu'il est lui aussi contre l'idée que les entreprises à charte fédérale soient assujetties à la loi 101.
Si ce n'est pas la position du premier ministre, qu'il se lève et qu'il dise clairement ici à la Chambre qu'il est d'accord que les entreprises de compétence fédérale au Québec doivent être assujetties à la loi 101.
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 15:03 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, as I predicted, nothing was said about the fact that we think that all Supreme Court justices should be able to speak French.
The Conservatives are not here to protect the French language. They are here to play petty politics. We are here to stand up for the French fact across Canada, including Quebec. We will continue to work to defend the minorities and this beautiful French language across the country.
Monsieur le Président, comme je l'avais prédit, rien n'a été dit sur le fait que nous pensons que les juges à la Cour suprême devraient tous pouvoir parler français.
Les conservateurs ne sont pas là pour protéger la langue française; ils sont là pour faire de la petite politique. Nous sommes là pour défendre le fait français partout au Canada, y compris au Québec. Nous allons continuer de travailler pour défendre les minorités et cette belle langue française partout au pays.
Collapse
View Erin O'Toole Profile
CPC (ON)
View Erin O'Toole Profile
2020-12-09 15:04 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, six former Quebec premiers have signed a letter in support of Bill 101.
People of different political stripes are in full agreement. It is rare for Mr. Charest and Mr. Bouchard to agree. That is our party's position as well.
What is this Liberal government waiting for to apply Bill 101 to federally regulated businesses?
Monsieur le Président, six anciens premiers ministres québécois ont signé une déclaration manifestant leur appui à la loi 101.
Des gens de différentes orientations politiques sont totalement d'accord. Il est rare que M. Charest et M. Bouchard soient d'accord. C'est la position de notre parti aussi.
Qu'est-ce que ce gouvernement libéral attend pour permettre l'extension de l'application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale?
Collapse
View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
View Justin Trudeau Profile
2020-12-09 15:04 [p.3210]
Expand
Mr. Speaker, we are waiting to see the bill proposed by the current Quebec government.
Once again, I just gave the official opposition three opportunities to state their position on Supreme Court judges. The Conservatives refuse to commit to appointing only judges who speak French to the Supreme Court of Canada. If people really want to know what they truly think of the French fact and bilingualism, just let them consider that.
The Liberal Party will always defend the French language.
Monsieur le Président, on attend de voir le projet de loi du gouvernement actuel du Québec.
Encore une fois, je viens de donner trois chances à l'opposition officielle de se prononcer sur les juges à la Cour suprême. Les conservateurs refusent de s'engager à ne nommer que des juges qui parlent français à la Cour suprême du Canada. Si l'on veut voir ce qu'ils pensent vraiment du fait français et du bilinguisme, on a qu'à regarder cet élément-là.
Au Parti libéral, nous allons toujours défendre la langue française.
Collapse
View Luc Thériault Profile
BQ (QC)
View Luc Thériault Profile
2020-12-09 17:32 [p.3236]
Expand
moved that Bill C-226, An Act to amend the Canadian Multiculturalism Act (non-application in Quebec) be read the second time and referred to a committee.
He said: Madam Speaker, Quebec is a nation, a francophone nation, an egalitarian nation, a nation that is proud of its history, a nation where there is separation of religion and state. The Quebec nation is different from Canada. All Quebec members in the House, no matter their political affiliation, know this. We are different. We are different for many reasons. We are different because of our language, French, our institutions, our particular attachment to secularism and our values, shaped by a history written in part by the Catholic Church, from which the state steadily freed itself.
We are different from Canada. We are not better, we are different. We are different in how we live and how we live together. Having the government impose a model of integration just does not work, and that is why I am very pleased to be tabling this bill on behalf of the Bloc Québécois and very pleased to resume the necessary debate on multiculturalism and its repercussions for Quebec.
This bill follows up on the supposed recognition of the Quebec nation by this Parliament. I know that the Prime Minister does not believe in it and that he wants to make Canada the first postnational state in the world, which means that Quebec's national identity would disappear. That is completely ridiculous. The Quebec nation is the community to which we belong, the group with which we identify and the one we are discussing in order to decide how our society is to be organized. A nation is a special place where political decisions can be made and, therefore, recognizing a nation means recognizing a political entity with legitimate political rights and aspirations.
By recognizing the Quebec nation, the House of Commons recognized, perhaps unwillingly, the right of Quebeckers to control the social, economic and cultural development of Quebec themselves. By stating that the Quebec nation is composed of all residents of Quebec, regardless of their origin or mother tongue or the region where they live, the federal government recognized that the Quebec nation has a clear geographic base made up of the territory of Quebec. I think it is worth noting that Quebec has never needed Ottawa in order to be a nation and unanimously declare its nationhood. On October 30, 2003, the National Assembly of Quebec unanimously passed the following motion:THAT the National Assembly reaffirm that the people of Quebec form a nation.
The motion does not say that Quebeckers form a nation if Canada remains as it is or that Quebec is a nation if it opts for sovereignty. It says that the people of Quebec form a nation, period. There is a reason the National Assembly specified, repeated and reaffirmed the existence of the nation of Quebec. In fact, this resolution reiterated what all Quebec governments had been saying for decades. In June 1980, René Lévesque said:
Canada is composed of two equal nations; Quebec is the home and the heart of one of those nations and, as it possesses all the attributes of a distinct national community, it has an inalienable right to self-determination. This right to control its own national destiny is the most fundamental right that Quebec society has.
That is why the Quebec nation must have all the tools it needs to thrive and, most importantly, to define itself.
Accordingly, I included the following preamble in this bill:
Whereas Quebecers form a nation and therefore possess all the tools needed to define their identity and protect their common values, including as regards the protection of the French language, the separation of state and religion, and gender equality...
I sincerely hope that the House will unanimously support this preamble. That being said, Quebec is the only nation of its kind in the world. It is a nation inhabited by eight million francophones on a continent of over 600 million people. Francophones make up a total of 2.3% of the continent's population. It is hard to be more of a minority than that.
Demographically speaking, we should have disappeared over time. However, we are still here, alive and well.
Quebec is a true historic anomaly, a miracle of resilience, and it must have all the tools it needs to carry on, starting with its independence.
The federal government could have been an ally and contributed to the survival of the Quebec nation. Ottawa could have used its authority to contribute to the development of Quebec's distinct identity. It has always refused to do so.
Instead, Ottawa is hindering Quebec and undermining Quebec's efforts to create a unifying culture. One of Ottawa's worst attacks on the Quebec nation, on what we are collectively, is multiculturalism.
Multiculturalism undermines Quebec's distinctiveness and reduces it to one ethnic group among many. It undermines the existence of a common culture. Multiculturalism undermines Quebec's very existence as a nation.
For Canadians, it is a model that can work. In an anglophone country on an anglophone continent, it is natural for newcomers to want to integrate in English. However, Quebec is French. It is a French-speaking minority in an English-speaking country, on an English-speaking continent. Why would newcomers integrate into a minority? Multiculturalism is undermining Quebec.
If we go to the Government of Canada website, under the heading “Canadian identity and society”, it states that multiculturalism ensures “that all citizens keep their identities, take pride in their ancestry”. In other words, integration is pointless.
In Quebec, multiculturalism is not a policy of integration, but rather a policy of disintegration. It is a policy that creates a fragmented society inhabited by people from many different cultures, rather than fostering the development of a society that integrates newcomers to enrich a common culture. Multiculturalism is a juxtaposition of communities.
The reality is that multiculturalism rejects the idea of a common culture by encouraging multiple cultures to coexist. Although it is defined as a model for integrating newcomers, in reality it promotes coexistence driven by indifference, or perhaps tolerance, rather than respect for difference. This inevitably leads to ghettoization of cultures.
Concerned that multiculturalism divides society into a multitude of solitudes, Quebec has always rejected the Canadian approach, especially since it trivializes Quebec's position within Canada and refutes the very existence of the Quebec nation.
In 1971, Robert Bourassa, referring to multiculturalism, stated in a letter to Pierre Elliott Trudeau that “that notion hardly seems compatible with Quebec's reality”. That was true 50 years ago and remains true today.
Quebec focuses on integration. Cultural plurality, or cultural diversity, is something to be shared. Getting to know one another better, talking to one another and building our society together, that is the Quebecois approach. To do that, we have to be on the same wavelength.
That is why, in Quebec, we ask immigrants to recognize the French fact, to know the French language, to learn it and to recognize that it is the common language of the public space. That is why Quebec insists on the need to respect the cornerstones of Quebec society, such as the separation of church and state, gender equality, and the existence of an historic cultural heritage. That heritage is multicultural, not multiculturalist.
Before 2003, there was even talk of a civil pact. The Quebec model of integration goes beyond simple citizenship designed to promote the development and peaceful coexistence of cultural minorities in a vacuum by bringing these minorities to enter the symbolic and institutional space occupied by the nation.
In other words, contrary to Canada's approach, which talks about preserving the identity of minorities without integration, Quebec's approach supports integration based on the learning of the French language, the official language and language common to the citizenry, and on the adherence to a set of fundamental principles.
Quebec is a French-speaking, democratic and pluralistic society based on the rule of law, which means that everyone has the same value and dignity, as well as the right to equal protection under the law. Knowledge and respect for the values of Quebec society are necessary for newcomers to adapt to their new environment and fully participate in it. We believe that integration is achieved through full participation, which multiculturalism inhibits. The conflict between the Quebec model and the Canadian one is clear and irreconcilable.
This is confusing to newcomers. They see Quebec as a French-speaking nation that exists within a bilingual country that promotes bilingualism. It prides itself on an approach to welcoming and integrating newcomers that focuses on the importance of certain basic values and upholds French as the language of the people. This conflicts with the definition of a Canada that presents itself as bilingual and multicultural.
In its preliminary submission to the Bouchard-Taylor commission, the Conseil des relations interculturelles du Québec highlighted this confusion:
...the efforts made by [Quebeckers] to define and promote [their] own model of integration came up against the ideology of multiculturalism, which was sometimes interpreted by certain groups as the possibility of living one's own culture according to the rationale of separate development...the ideological way of thinking that emerged in the 1970s, which presented society as a mosaic of cultures, has since been encouraging certain groups to develop beliefs that clash with Quebec's vision.
People arriving in Quebec receive two contradictory messages. Instead of blaming them, the Bloc Québécois thinks it would be better to make the messages clearer. Quebec needs freedom to integrate newcomers. Every year, Quebec welcomes tens of thousands of immigrants, and that does not include refugees. We must have access to all the tools we need to integrate them and help them integrate into Quebec.
The Prime Minister's version of multiculturalism is completely out of touch with the Quebec reality. He does not believe in the Quebec nation and does not think that Quebec should decide how its residents should coexist. He certainly does not want nations around the world seeing who we are, hearing our voice, and relating to our desire to carve out our own place in the world, reach out to all the peoples of the world and contribute to global humanism.
I urge everyone who values global cultural diversity and everyone who values Quebec's interests, culture and identity to support my bill, which will allow Quebec to choose its own integration model.
Quebec is a nation, a small francophone nation on a vast anglophone continent. It must have all the tools it needs to integrate the people who join us, the people who will help us grow, enrich our society, and move confidently into the future.
propose que le projet de loi C-226, Loi modifiant la Loi sur le multiculturalisme canadien (non-application au Québec), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Madame la Présidente, le Québec est une nation, une nation francophone, une nation égalitaire, une nation fière de son histoire, une nation où la religion et l'État sont séparés. Le Québec est une nation différente du Canada. Tous les députés du Québec à la Chambre, quelle que soit leur affiliation politique, le savent. Nous sommes différents. Nous sommes différents pour bien des raisons. Nous sommes différents par notre langue, le français, par nos institutions, par notre attachement particulier à la laïcité, par des valeurs issues d'une histoire écrite en partie par l'Église catholique et dont l'État s'est progressivement libéré.
Nous sommes différents du Canada. Nous ne sommes pas mieux, nous sommes différents. Nous sommes différents dans notre façon de vivre et dans notre façon de vivre ensemble. Se faire imposer par le fédéral un modèle d'intégration ne fonctionne tout simplement pas, et c'est pourquoi je suis très heureux de pouvoir de nouveau déposer ce projet de loi au nom du Bloc québécois et très heureux de reprendre le débat nécessaire sur ce multiculturalisme et ses répercussions sur le Québec.
D'abord, ce projet de loi fait suite à la prétendue reconnaissance de la nation québécoise par ce Parlement. Je sais que le premier ministre n'y croit pas et qu'il veut faire du Canada le premier État postnational au monde, ce qui implique la disparition de l'identité nationale du Québec, ce qui est totalement ridicule. La nation québécoise est notre communauté d'appartenance, le groupe auquel nous nous identifions, celui duquel nous discutons pour prendre les décisions qui concernent l'organisation de notre société. Parce que la nation est le lieu privilégié des décisions de nature politique, reconnaître une nation signifie reconnaître l'existence d'un corps politique doté de droits et d'aspirations politiques légitimes.
En reconnaissant la nation québécoise, la Chambre des communes a reconnu aux Québécois, peut-être malgré elle, le droit de contrôler eux-mêmes le développement social, économique et culturel du Québec. En affirmant que la nation québécoise est formée de l'ensemble des résidants du Québec, peu importe leur origine, leur langue maternelle ou la région où ils vivent, le gouvernement fédéral a reconnu que la nation québécoise avait une assise territoriale claire, le Québec. Je tiens à rappeler, par ailleurs, que le Québec n'a jamais eu besoin d'Ottawa pour être une nation et l'affirmer unanimement. Le 30 octobre 2003, l'Assemblée nationale du Québec adoptait à l'unanimité la motion suivante: QUE l'Assemblée nationale réaffirme que le peuple québécois forme une nation.
Cette motion ne dit pas que les Québécois forment une nation si le Canada reste ce qu'il est ou que le Québec est une nation s'il opte pour la souveraineté. Elle dit que le peuple québécois forme une nation, un point c'est tout. Ce n'est pas pour rien que l'Assemblée nationale spécifiait, répétait et réaffirmait l'existence de la nation québécoise. En effet, la résolution répétait ce que tous les gouvernements du Québec disent depuis des décennies. René Levesque, en juin 1980, disait:
Le Canada est composé de deux nations égales entre elles; le Québec constitue le foyer et le point d'appui d'une de ces nations. Possédant tous les attributs d'une communauté nationale distincte, il jouit d'un droit inaliénable à l'autodétermination. Le droit à l'autodétermination est le droit le plus fondamental que possède la collectivité québécoise.
C'est pourquoi il importe à la nation québécoise d'avoir tous les outils pour se développer et, surtout, pour se définir elle-même.
J'ai donc inscrit dans le projet de loi le préambule suivant:
Attendu que les Québécois forment une nation et que, de ce fait, ils ont en main tous les outils nécessaires à la définition de leur identité et à la protection de leurs valeurs communes, notamment en ce qui a trait à la protection de la langue française, à la séparation de l’État et de la religion et à l’égalité des sexes [...]
J'espère sincèrement qu'il y a unanimité de la Chambre sur ce préambule. Cela dit, le Québec est une nation unique au monde, un peuple francophone de 8 millions d'habitants sur un continent de plus de 600 millions d'habitants. En tout et partout, les francophones forment 2,3 % de la population continentale. Il est difficile d'être plus minoritaire que cela.
Sur le plan démographique, au fil du temps, nous aurions dû disparaître. Pourtant, nous sommes toujours là, bien vivants.
Véritable anomalie historique, miracle de résilience, le Québec a besoin de tous les outils pour perdurer, à commencer par son indépendance.
Le gouvernement fédéral aurait pu être un allié et contribuer à la pérennité de la nation québécoise. Ottawa aurait pu utiliser ses pouvoirs pour contribuer au développement de l'identité distincte du Québec. Il a toujours refusé de le faire.
Au contraire, Ottawa nuit au Québec et contribue à l'affaiblissement d'une culture québécoise rassembleuse. L'une des plus grandes attaques d'Ottawa contre la nation québécoise, contre ce que nous sommes collectivement, est le multiculturalisme.
Le multiculturalisme nie la différence québécoise pour la réduire au rang d'ethnie parmi tant d'autres. Il nie l'existence d'un tronc commun. Le multiculturalisme, c'est la négation de la nation québécoise.
Pour les Canadiens, c'est un modèle qui peut fonctionner; dans un pays anglophone sur un continent anglophone, il est normal que les nouveaux arrivants veuillent s'intégrer en anglais. Le Québec, par contre, est français; c'est une minorité française dans un pays anglais, sur un continent anglais. Pourquoi les nouveaux arrivants s'intégreraient-ils à une minorité? Le multiculturalisme nuit au Québec.
Lorsqu'on va sur le site du gouvernement du Canada, à la rubrique « Identité canadienne et société », on peut lire que le multiculturalisme « permet à tous les citoyens de préserver leur identité, d'être fiers de leurs origines ». En d'autres termes, il est inutile de s'intégrer.
Au Québec, le multiculturalisme n'est pas une politique d'intégration. C'est une politique de désintégration. C'est une politique qui crée une société fragmentée, où cohabitent des gens issus de cultures diverses plutôt que de permettre le développement d'une société qui intègre les nouveaux arrivants pour enrichir une culture commune. Le multiculturalisme est une juxtaposition de communautés.
La vérité, c'est que le multiculturalisme rejette l'idée d'une culture commune en encourageant la coexistence de multiples cultures. Bien qu'on le définisse comme un modèle d'intégration, il préconise plutôt une cohabitation animée par l'indifférence, voire la tolérance, plutôt que par le respect de la différence, ce qui, invariablement, mène à la ghettoïsation des cultures.
Craignant les effets du multiculturalisme en ce qui concerne le fractionnement de la société en une multitude de solitudes, le Québec a toujours rejeté l'approche canadienne, d'autant plus qu'elle banalise la place du Québec au sein du Canada et qu'elle nie l'existence même de la nation québécoise.
Déjà, en 1971, Robert Bourassa, parlant du multiculturalisme, affirmait dans une lettre à Pierre Elliott Trudeau que « cette notion paraît difficilement compatible avec la réalité québécoise ». C'était vrai il y a 50 ans, c'est tout aussi vrai aujourd'hui.
Le Québec mise pour sa part sur l'intégration. La pluralité culturelle, la diversité culturelle, c'est une richesse à partager. Se connaître davantage, se parler et se bâtir ensemble, voilà l'approche québécoise. Pour ce faire, il faut s'entendre.
C'est pourquoi, au Québec, nous demandons aux personnes immigrantes de reconnaître le fait français, de connaître la langue française, de l'apprendre et de reconnaître que c'est la langue commune de l'espace public. C'est pourquoi le Québec insiste aussi sur la nécessité de respecter les principaux fondements du vivre-ensemble québécois, tels que la séparation de la religion et de l'État, l'égalité des sexes et l'existence d'un patrimoine culturel historique. Effectivement, ce patrimoine est multiculturel, mais clairement pas multiculturaliste.
Avant 2003, on allait jusqu'à parler d'un pacte civique à partager. Le modèle québécois d'intégration ne se contente pas d'une citoyenneté de type minimaliste. Il vise non pas simplement à favoriser l'épanouissement et la coexistence en vase clos des cultures minoritaires, mais également à amener ces dernières à se greffer à l'espace symbolique et institutionnel de la nation.
En d'autres termes, contrairement à l'approche canadienne, qui parle de préserver l'identité des nouveaux arrivants sans qu'ils s'intègrent, l'approche québécoise en est une d'intégration autour de l'apprentissage de la langue française, langue officielle commune de la citoyenneté, et de l'adhésion à un ensemble de principes fondamentaux.
Le Québec est une société d'expression française démocratique et pluraliste basée sur la primauté du droit, ce qui signifie que toutes les personnes sont égales en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi. La connaissance et le respect des valeurs de la société québécoise sont nécessaires pour s'adapter à son nouveau milieu de vie et y participer pleinement. Pour nous, l'intégration passe par la participation pleine et entière, ce qui nie le multiculturalisme. La contradiction entre le modèle québécois et le modèle canadien est flagrante et insurmontable.
Chez les nouveaux arrivants, il y a un facteur de confusion. Pour ceux-ci, en effet, le Québec se présente comme un État de langue française, mais dans un pays bilingue qui favorise le bilinguisme. Il se réclame d'une politique d'accueil et d'intégration qui insiste sur l'importance de plusieurs valeurs de base et qui affirme que le français est la langue de la citoyenneté, ce qui est en totale contradiction avec la définition d'un Canada qui se dit et s'affiche bilingue et multiculturel.
Dans son mémoire préliminaire à la Commission Bouchard-Taylor, le Conseil des relations interculturelles du Québec soulignait cette confusion:
[...] ces efforts consentis par [les Québécois] pour définir et promouvoir son [...] modèle d'intégration se sont heurtés à l'idéologie du multiculturalisme, parfois interprétée par certains groupes comme la possibilité de vivre sa propre culture dans une logique de développement séparé. [...] le discours idéologique issu des années 1970, qui présentait la société comme une mosaïque de cultures, alimente depuis lors, chez certains groupes, des perceptions en contradiction avec la vision québécoise.
Les personnes qui arrivent au Québec reçoivent donc deux messages contradictoires à leur arrivée. Loin de les blâmer, le Bloc québécois estime qu'il faut clarifier le message qui leur est envoyé. Le Québec doit avoir toute la liberté nécessaire pour intégrer les nouveaux arrivants. Chaque année, le Québec accueille des dizaines de milliers d'immigrants, et c'est sans compter les réfugiés. Il est donc essentiel que nous ayons en main tous les outils nécessaires pour que nous puissions les intégrer et pour qu'eux puissent s'intégrer au Québec.
Le multiculturalisme du premier ministre est complètement déconnecté de la réalité québécoise. Pour lui, il n'y a pas de nation québécoise et ce n’est pas au Québec à déterminer son vivre-ensemble. Il ne veut surtout pas que les nations du monde voient qui nous sommes, entendent notre voix et se sentent interpellées par notre volonté de prendre notre place dans le monde en tendant la main à tous les peuples de la Terre pour enrichir l'humanisme mondial.
J'invite tous ceux et celles qui chérissent la diversité culturelle à l'échelle mondiale et tous ceux et celles qui chérissent les intérêts du Québec, la culture québécoise et l'identité québécoise à appuyer mon projet de loi, qui permettrait au Québec de décider seul de son modèle d'intégration.
Le Québec est une nation, une petite nation francophone sur un immense continent anglophone. Il faut qu'elle ait en main tous les outils lui permettant d'intégrer celles et ceux qui se joindront à nous, qui nous permettront de nous développer, de nous enrichir et d'avancer confiants en l'avenir.
Collapse
View Kevin Lamoureux Profile
Lib. (MB)
View Kevin Lamoureux Profile
2020-12-09 17:46 [p.3238]
Expand
Madam Speaker, I love Quebec and I love the French language. I, as a Canadian, feel very passionate about how important it is that Quebec remain the French capital of North America. There are so many wonderful aspects of the French language and being part of a multicultural society.
In the area I represent, there are children who speak French, English and Tagalog, or French, English and Punjabi. There are many different languages. These types of things make Canada the great country it is.
French continues to grow in other areas, and definitely in Winnipeg North. It seems to me the member, through legislation of this nature, is actually sending a negative message in terms of our diversity, and our ever-growing and changing heritage, which is something we should all be proud of.
Madame la Présidente, j'aime le Québec et je me passionne pour la langue française. En tant que Canadien, j'attache beaucoup d'importance au fait que Québec demeure la capitale francophone de l'Amérique du Nord. Il y a tellement d'avantages à connaître le français et à faire partie d'une société multiculturelle.
Dans la région que je représente, il y a des enfants qui parlent français, anglais et tagalog ou encore français, anglais et pendjabi. On y trouve une grande diversité de langues. Cela fait partie des choses qui font du Canada le merveilleux pays qu'il est.
Le français continue de croître dans d'autres régions, et certainement à Winnipeg-Nord. À titre de député, il me semble qu'une mesure législative de cette nature envoie en réalité un message négatif à propos de notre diversité et de notre héritage en constante évolution, dont nous devrions pourtant tous être fiers.
Collapse
View Luc Thériault Profile
BQ (QC)
View Luc Thériault Profile
2020-12-09 17:47 [p.3238]
Expand
Madam Speaker, it is important to differentiate between our love of diversity and multiculturalism. Multiculturalism is a political ideology. In the words of Boucar Diouf, our society is diverse, yet tightly knit. It is plural. However, we want to integrate newcomers based on fundamental factors and principles, based on a common culture.
The message needs to be perfectly clear: Quebec is a French-speaking society, not a bilingual one. Quebec is a society that recognizes gender equality and that separates church and state. My colleague referred to Quebec as the capital; I would have liked him to say that Quebec is a nation.
Madame la Présidente, il faut faire la différence entre notre amour de la diversité et le multiculturalisme. Le multiculturalisme est une idéologie politique. Notre société, comme disait Boucar Diouf, est métissée serrée. Elle est plurielle. Cependant, nous voulons intégrer les nouveaux arrivants en fonction de facteurs et de principes fondamentaux, d'un tronc commun.
Que le message soit clair: le Québec est une société de langue française et non pas bilingue. Le Québec est une société qui reconnaît l'égalité des sexes et qui sépare l'État de la religion. Mon collègue parlait du Québec comme étant la capitale; j'aurais aimé qu'il dise que le Québec est une nation.
Collapse
View Brad Vis Profile
CPC (BC)
View Brad Vis Profile
2020-12-09 17:48 [p.3239]
Expand
Madam Speaker, I would like to thank the member for Montcalm for his speech.
First of all, does he not find it a little ironic that it was a Quebecker who created the Canadian Multiculturalism Act for Canada as a whole, and now it is another Quebecker who wants to abolish it, but only for Quebec?
Second, can the member give us a very clear definition of multiculturalism in the context of our justice system?
Madame la Présidente, j'aimerais remercier le député de Montcalm de son discours.
Premièrement, ne trouve-t-il pas cela un peu ironique que ce soit un Québécois qui ait créé la Loi sur le multiculturalisme canadien pour tout le Canada et que ce soit maintenant un autre Québécois qui veuille l'abolir, mais seulement pour le Québec?
Deuxièmement, le député peut-il nous donner une définition très claire du multiculturalisme selon notre système de justice?
Collapse
View Luc Thériault Profile
BQ (QC)
View Luc Thériault Profile
2020-12-09 17:48 [p.3239]
Expand
Madam Speaker, Pierre Elliott Trudeau described himself as a Canadian first and foremost. I am a Quebecker, I am not a Canadian. I never have been and never will be. That is the difference between me and Pierre Elliott Trudeau.
Madame la Présidente, Pierre Elliott Trudeau se définissait d'abord et avant tout comme un Canadien. Je suis Québécois, je ne suis pas Canadien. Je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. C'est la différence entre moi et Pierre Elliott Trudeau.
Collapse
View Alexandre Boulerice Profile
NDP (QC)
View Alexandre Boulerice Profile
2020-12-09 17:49 [p.3239]
Expand
Madam Speaker, I thank my colleague for his speech.
Quebec already has the exclusive power to select its economic immigrants. It gives a lot of points to those who speak French, in fact. I would like to read three clauses from the Canada-Quebec accord relating to immigration:
24. Canada undertakes to withdraw from the services to be provided by Québec for the reception and the linguistic and cultural integration of permanent residents in Québec.
25. Canada undertakes to withdraw from specialized economic integration services to be provided by Québec to permanent residents in Québec.
26. Canada shall provide reasonable compensation for the services referred to in sections 24 and 25 provided by Québec...
How will his bill change any of that?
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours.
Le Québec a déjà tous les pouvoirs pour sélectionner ses immigrants économiques. Il donne beaucoup de points à ceux-ci pour le français, d'ailleurs. J'aimerais citer trois articles de l'Accord Canada-Québec relatif à l'immigration:
24. Le Canada s'engage à se retirer des services d'accueil et d'intégration linguistique et culturelle qui seront offerts par le Québec aux résidents permanents présents dans cette province.
25. Le Canada s'engage à se retirer des services spécialisés d'intégration économique qui seront offerts par le Québec aux résidents permanents présents dans cette province.
26. Le Canada accorde une juste compensation pour les services mentionnés aux articles 24 et 25 fournis par le Québec [...]
Qu'est-ce que son projet de loi va changer à ce sujet?
Collapse
View Luc Thériault Profile
BQ (QC)
View Luc Thériault Profile
2020-12-09 17:49 [p.3239]
Expand
Madam Speaker, the bill will ensure that Quebec is able to make its own decisions about integrating newcomers based on a common culture.
Multiculturalism is a political ideology that suffocates Quebec's distinctiveness. There is plenty of interest in recognizing plurality, the distinctiveness of everyone and all nations, but right now, the only distinctiveness that is not recognized in Canada and in Parliament is the distinctiveness of the Quebec nation.
Quebeckers do not want a political ideology. It works for the rest of Canada because, as researchers have explained, multiculturalism only works for majorities. When majorities want to integrate newcomers, they integrate them into their continental majority, but that does not apply to Quebec. This is why it is important that we have our own integration model and that if Parliament recognizes Quebec as a nation, it must also recognize our right to self-determination and our right to decide how we want to integrate our people.
Madame la Présidente, le projet de loi va faire en sorte que le Québec puisse décider lui-même de l'intégration de ses nouveaux arrivants en fonction d'un tronc commun.
Le multiculturalisme est une idéologie politique qui noie la différence québécoise. On est très enclin à reconnaître la pluralité, la différence de tous et l'ensemble des nations, mais au Canada et au Parlement, actuellement, la seule différence qu'on ne reconnaît pas, c'est la différence nationale du Québec.
Ce que les Québécois veulent, ce n'est pas une idéologie politique. Cela fonctionne dans le reste du Canada parce que, comme des chercheurs nous l'ont expliqué, le multiculturalisme peut fonctionner strictement pour des majorités. Lorsque des majorités veulent intégrer de nouveaux arrivants, elles les intègrent à leur majorité continentale, ce qui n'est pas le cas du Québec. C'est pourquoi il est important d'avoir notre propre modèle d'intégration et de reconnaître, si le Parlement reconnaît que le Québec est une nation, notre droit à l'autodétermination et notre droit de décider comment nous intégrons notre monde.
Collapse
View Anju Dhillon Profile
Lib. (QC)
View Anju Dhillon Profile
2020-12-09 17:51 [p.3239]
Expand
Madam Speaker, I rise today to debate private member's Bill C-226, introduced by the member for Montcalm, which is asking the House to support an amendment to the Canadian Multiculturalism Act so that it would not be applicable in Quebec. The act in question is part of a set of 10 constitutional and legislative positions, regulations and practices that recognize the contribution of all Canadians to the social fabric and economic well-being of the country.
The multiculturalism policy and its enabling legislation, the Canadian Multiculturalism Act, are at the heart of the Government of Canada's efforts to improve quality of life, preserve social cohesion and guarantee all citizens equal participation in the country's social, political, economic and cultural life, regardless of race or ethnic origin.
Canadian multiculturalism is an effective instrument for fostering social cohesion, mutual respect and a shared sense of Canadian identity. Canada is a pioneer in this regard, being the first country in the world to establish a constitutional multiculturalism state, one in which peoples of all races, religions, cultures and languages have come to join our indigenous peoples.
Because of our Canadian Multiculturalism Act, Canada is viewed internationally as a model for promoting social cohesion. Our acceptance of cultural diversity is fundamental to our Canadian values of human rights and respect for differences and has played a role in our continued successful ranking on the United Nations human development index.
Canada’s model of multiculturalism is one of integration, not assimilation. Assimilation can be described as the process whereby new immigrants become indistinguishable within the dominant host society. In contrast, integration involves adding to the existing culture, which in turn enhances society. The majority of immigrants who come to Canada do integrate into society. They go to school, live and work in local communities and contribute to society at large.
Bilingualism and multiculturalism both speak to Canada's unique national identity. They are not in opposition. They are both assets that have enabled the building of a country that is one of the most envied in the world. Enshrined in our Constitution and in our Charter of Rights and Freedoms, our official bilingualism and our multiculturalism have supported each other in the past and must continue to move forward together.
No single set of policies can encompass the distinct historical legacies and current needs of Canada's diverse communities. It would be regrettable, indeed tragic, if the policy framework of multiculturalism were seen as operating at cross purposes, as if anyone who supports Quebec's national goals must reject multiculturalism or as if supporting multiculturalism means denying Quebec nationalism.
The Multiculturalism Act is compatible with Quebec's special status. The act aims to build relations of inclusive citizenship that embrace all Canadians.
Multiculturalism in Canada is not just for newcomers. Multiculturalism is about, and for, all Canadians. Multiculturalism is about mainstream Canada because mainstream Canada is multicultural.
Our history in Canada shows that the Canadian Multiculturalism Act has helped create a society where diversity is accepted and where integration is successfully taking place. It has helped build a country that takes pride in its multicultural heritage.
The last few decades have shown that the Canadian Multiculturalism Act and Quebec's intercultural model have managed to work well alongside each other. One policy has not caused a problem for the other. Without a doubt there are differences in the policies, but each have helped forge a Canada that we can all be proud of.
The Canadian Multiculturalism Act was created to preserve and enhance our multicultural heritage and to help ensure the equal participation of all Canadians in society. The act provides a framework that is expansive and visionary. There is room within that framework for the voices and perspectives of all Canadians, including those of Quebeckers.
In 1971, the federal government, through its multicultural policy, recognized the diversity found in Canada as a fundamental characteristic of Canadian society. This policy recognized that Canada was built not only on the contributions of indigenous peoples and the two official language communities, French and English, but also on the contributions of the many diverse communities that have come from all over the world, over the span of decades, to settle here in what is now known as Canada. It was an aspirational statement that would lead the way to the Canada we know today.
In 1988, the Parliament of Canada embedded our multiculturalism policy in legislation through the Canadian Multiculturalism Act. The Canadian Multiculturalism Act, now over 30 years old, provides the framework for federal responsibilities and activities. It brings Canadians closer together and promotes mutual respect among Canadians of all backgrounds.
Since the Canadian Multiculturalism Act has been in place, it has become a core component of Canadian identity. It has helped build a cohesive society by assisting groups and individuals to participate in all spheres of Canadian society. The act has contributed to promoting mutual respect and peaceful relations among Canadians of different backgrounds and assisted in strengthening bonds of mutual trust and responsibility.
As much as multiculturalism has become a core component of our identity, so, too, has our country's linguistic duality become a defining element of Canadian identity. Our Official Languages Act complements the Canadian Multiculturalism Act. Both recognize that there is a uniqueness to the diverse population in Canada and that this unique heritage is worth preserving. These two acts are symbols of Canada and its heritage.
After 30 years, I can confidently say that the Canadian Multiculturalism Act has served our nation well. In Canada, diversity is one of our greatest strengths, yet we must never forget that it demands our continuous effort, attention and care, so that it can continue to grow. Today, according to Statistics Canada data, immigration accounts for about two-thirds of overall population growth. Our multicultural heritage should not be divisive, particularly in a democracy that respects individual freedoms as much as Canada. Generations of immigrants have come and successfully settled across this country, and we can see the success of their integration simply by looking around this chamber or walking down the streets of just about any city in Canada.
Multiculturalism is not simply a government policy; it is the lived experience of people across our country, a country in which Canadians of different origins live and work side by side and where these same Canadians, new and not so new, work to learn the languages, customs and history of our country that they, in turn, share with us as equal members of Canadian society. This two-way street has helped shape us as a country.
The work to lay the foundation for the multicultural country Canada is today was done by past generations.
Today, young Canadians are consistently more accepting of immigration and cultural diversity than older generations. On the whole, Canada's multiculturalism policy and the subsequent Canadian Multiculturalism Act have helped create the Canada of today: a Canada that is open and welcoming of cultural diversity, and a Canada that will remain a multicultural society.
Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour discuter du projet de loi d'initiative parlementaire C-226, déposé par le député de Montcalm. Il a pour but d'obtenir l'appui de la Chambre en vue d'apporter à la Loi sur le multiculturalisme canadien une modification qui la rendrait inapplicable au Québec. La loi en question fait partie d'une série de 10 positions constitutionnelles et législatives, de règlements et de pratiques visant à reconnaître la contribution de tous les Canadiens au tissu social et au bien-être économique du pays.
La politique du multiculturalisme et sa loi habilitante, la Loi sur le multiculturalisme canadien, sont au cœur des efforts déployés par le gouvernement du Canada pour améliorer la qualité de vie, préserver la cohésion sociale et assurer à tous les citoyens la participation égale à la vie sociale, politique, économique et culturelle,5 sans égard à la race ou à l'origine ethnique.
Le multiculturalisme canadien est un instrument efficace qui favorise la cohésion sociale, le respect mutuel et un sens commun de l'identité canadienne. Le Canada fait œuvre de pionnier à cet égard, car il est le premier pays au monde à avoir instauré un État où le multiculturalisme est consacré dans la Constitution, un État où des gens de toutes les races, les religions, les cultures et les langues ont rejoint les peuples autochtones.
Grâce à la Loi sur le multiculturalisme canadien, le Canada est vu, aux yeux du monde, comme un modèle pour la promotion de la cohésion sociale. L'acceptation de la diversité culturelle est un aspect fondamental des valeurs canadiennes que sont les droits de la personne et le respect des différences, et elle a joué un rôle dans le maintien de notre bon classement selon l'indice de développement humain des Nations unies.
Le modèle du multiculturalisme canadien vise l'intégration et non l'assimilation. On peut définir l'assimilation comme le processus par lequel les nouveaux immigrants ne peuvent pas être distingués au sein de la société d'accueil dominante. À la différence de l'assimilation, l'intégration implique une contribution à la culture, ce qui enrichit la société. La majorité des immigrants qui arrivent au Canada s'intègrent à la société. Ils étudient, vivent et travaillent au sein des collectivités locales et contribuent à la société dans son ensemble.
Le bilinguisme et le multiculturalisme font tous les deux partie intégrante de l'identité nationale unique du Canada. Ils ne sont pas en opposition l'un avec l'autre. Il s'agit de deux atouts qui nous ont permis de bâtir l'un des pays les plus enviés au monde. Inscrits dans la Constitution et dans la Charte des droits et libertés, notre bilinguisme officiel et notre multiculturalisme se sont appuyés l'un l'autre dans le passé et doivent continuer d'avancer de pair.
Aucun ensemble particulier de politiques ne peut englober les différents legs historiques et les besoins actuels des diverses collectivités du Canada. Il serait regrettable, voire dramatique, que le cadre d'action visant le multiculturalisme soit perçu comme un instrument ayant des objectifs contradictoires, comme si toute personne qui soutient les objectifs nationaux du Québec devait rejeter le multiculturalisme ou que le fait de soutenir le multiculturalisme revenait à nier le nationalisme québécois.
La Loi sur le multiculturalisme canadien est compatible avec le statut particulier du Québec. Elle vise à bâtir des relations qui favorisent une citoyenneté intégrante et incluent tous les Canadiens.
Le multiculturalisme au Canada ne concerne pas que les nouveaux arrivants. Il concerne et vise tous les Canadiens. Le multiculturalisme touche la population générale du Canada, parce que la société canadienne est multiculturelle.
L'histoire du Canada démontre que la Loi sur le multiculturalisme canadien a contribué à créer une société où la diversité est acceptée et où l'intégration a lieu. Elle a contribué à bâtir un pays qui est fier de son patrimoine multiculturel.
L'expérience de ces dernières décennies a montré que la Loi sur le multiculturalisme canadien et l'interculturalisme québécois fonctionnent bien en parallèle. Ces deux stratégies ne se sont pas nui l'une à l'autre. Certes, les politiques présentent des différences, mais elles ont chacune contribué à construire un Canada dont nous pouvons tous être fiers.
La Loi sur le multiculturalisme canadien a pour objectif de préserver et de mettre en valeur notre patrimoine multiculturel et d'assurer la participation égale de tous les Canadiens à la société. Elle établit un cadre à la foi expansif et visionnaire, qui permet à tous les Canadiens de se faire entendre et de faire connaître leur point de vue, y compris les Québécois.
En 1971, le gouvernement fédéral, par l'entremise de sa politique sur le multiculturalisme, a reconnu que la diversité du Canada était une caractéristique fondamentale de la société canadienne. Cette politique reconnaît que le Canada a été bâti non seulement grâce aux contributions des Autochtones et des deux communautés linguistiques officielles, les francophones et les anglophones, mais aussi à celles des nombreuses communautés de partout dans le monde qui, au fil de nombreuses décennies, sont venues s'établir sur le territoire que nous appelons maintenant le Canada. C’était là l’expression d’aspirations qui devaient mener au Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui.
En 1988, le Parlement du Canada a consacré cette politique en adoptant la Loi sur le multiculturalisme canadien. La Loi, qui a maintenant plus de 30 ans, établit un cadre qui régit les responsabilités et les activités du gouvernement fédéral. Elle rapproche les Canadiens et fait la promotion du respect mutuel entre les Canadiens de toutes origines.
Depuis que cette loi a été adoptée, le multiculturalisme est devenu un élément fondamental de l'identité canadienne. La Loi a contribué à assurer la cohésion sociale en aidant les groupes et les particuliers à participer à toutes les sphères de la société canadienne. Elle a contribué à promouvoir le respect mutuel et des relations pacifiques entre les Canadiens de différentes origines et à renforcer les liens mutuels de confiance et de responsabilité.
Alors que le multiculturalisme est devenu un élément central de notre identité, il en va de même pour notre dualité linguistique, qui fait partie intégrante de notre identité nationale. La Loi sur les langues officielles est complémentaire à la Loi sur le multiculturalisme canadien, car elles reconnaissent autant l'une que l'autre l'unicité de la population canadienne grâce à sa diversité, et la nécessité de préserver ce patrimoine unique. Ces deux lois sont emblématiques du Canada et de son patrimoine.
Après 30 ans, je peux dire en toute confiance que la Loi sur le multiculturalisme canadien a bien servi notre nation. La diversité est l'une des plus grandes forces de notre pays, mais il ne faut jamais oublier que nous devons lui accorder nos efforts, notre attention et nos soins soutenus pour la faire prospérer. Selon des données de Statistique Canada, l'immigration compte pour à peu près les deux tiers de la croissance démographique générale. Notre patrimoine multiculturel ne devrait pas nous diviser, surtout dans un pays démocratique comme le Canada qui accorde un si grand respect pour les libertés individuelles. D'innombrables immigrants sont venus s'installer au Canada, et nous pouvons constater à quel point ils ont réussi à s'intégrer au fil des générations quand on survole la Chambre ou que l'on déambule sur les trottoirs de n'importe quelle ville canadienne.
Le multiculturalisme n'est pas seulement une politique gouvernementale; c'est l'expérience vécue des gens partout au pays, un pays où des Canadiens d'origines différentes habitent et travaillent les uns près des autres et où ces mêmes personnes, des néo-Canadiens et des Canadiens de souche, s'efforcent d'apprendre les langues, les coutumes et l'histoire de notre pays, qu'ils partagent à leur tour avec nous en tant que membres égaux de la société canadienne. Cette relation qui va dans les deux sens a contribué à nous définir comme pays.
Le travail nécessaire pour établir les bases du pays multiculturel qu'est le Canada d'aujourd'hui a été accompli par les générations précédentes.
Aujourd'hui, les jeunes Canadiens sont toujours plus ouverts à l'immigration et à la diversité culturelle que les générations précédentes. Dans l'ensemble, la politique canadienne du multiculturalisme et la Loi sur le multiculturalisme canadien subséquente ont aidé à créer le Canada moderne: un Canada ouvert et prêt à accueillir la diversité culturelle, un Canada qui demeurera une société multiculturelle.
Collapse
View Gérard Deltell Profile
CPC (QC)
View Gérard Deltell Profile
2020-12-09 18:01 [p.3240]
Expand
Madam Speaker, I am very proud and truly honoured to rise in the House today to speak to the bill introduced by my Bloc Québécois colleagues.
I am proud to be a Quebecker. I am proud to be part of this nation, which, against all odds, has always demonstrated not only its fighting spirit, but also a willingness to overcome hardships with honour and dignity. I love the history of Quebec. I love the particularities of Quebec. I love the culture of Quebec. I am a Quebecker, like my 77 other colleagues elected to the House who, along with me, represent Quebec's 78 ridings.
Quebec is not a monolithic block. Quebec draws its strength from its diversity. Whether one is a sovereignist, like my friends in the Bloc Québécois, left-leaning, like the member for Rosemont—La Petite-Patrie, a centralizing federalist, like my friends in the Liberal Party, or Conservative, like me and my nine other colleagues, we are all Quebeckers. We can be proud of this nation, which was in fact recognized by a Conservative government.
I studied history, and I am proud of the history of Quebec. We all know that the first nations have existed and still exist on Quebec territory since the dawn of time.
Yesterday I celebrated the 12th anniversary of my first election. I am proud to have spent 12 years and one day representing the Huron-Wendat people in either the National Assembly or the House of Commons. Their territory used to be called the Huron Village. I am very proud to represent this nation because we must always keep in mind that our territory has been occupied by the first nations since the dawn of time.
The first Europeans came here as colonists, as they used to be called. There was Jacques Cartier in 1534, and Samuel de Champlain in 1608. On July 3, Champlain founded Quebec City, ensuring that the permanent foundation of the European presence on North American soil would be part of history under the French regime. We have worn our French identity with honour, pride and dignity for more than 400 years.
A debate is currently taking place about preserving the language, which is the very essence of what we are as Quebeckers. We must never forget that language is part of our history, our heritage, and it is up to us to preserve it so we can show off Quebec in all its glory.
The British arrived in 1759, 1760 and 1763. We must salute the fact that, for more than 260 years, francophones and anglophones have been living on Quebec soil. We are also living alongside other groups who came to Quebec. In the 1840s, Quebec welcomed thousands of people from Ireland fleeing the great famine. Their descendants continue to make Quebec proud. Just because someone is born in a place that has no ties to France does not make them less of a Quebecker. Quite the contrary. Three Quebec premiers had Irish roots. I am thinking of the Johnson brothers.
We have great politicians who also made their mark and had Irish roots. I am thinking of Gilles Duceppe, among others. There is no shame in that, quite the contrary. We are proud of the intermingling that has taken place over the years.
Confederation in 1867 was made possible with the support and assistance of what were then known as French Canadians. George-Étienne Cartier and Sir John A. Macdonald built this country, which allowed Quebec to live and take charge of its destiny within Canada, governed by the laws of Canada. We have always managed to live here in French, and that is something to be protected. That is Quebec's greatest honour.
I mentioned immigration. I must admit that I am fortunate and proud to have a conflict of interest, because I myself am the child of immigrants.
My parents chose and were chosen to move here in 1958, and I was born in 1964. The greatest gift is that my parents, who are now 96 and 97 years old, raised me as a Quebecker. They did not spend their time telling me stories about how things were back in their day in their home country. Instead, they told me how we could live with our pride in our ancestors' legacy here, in Quebec, in Canada. I cannot thank them enough for that.
Even though my father could not stand up on skates for more than four seconds before falling because he had never skated before in his life, he could talk about Maurice Richard, Jean Béliveau and Guy Lafleur with an enthusiasm that would embarrass me today. That is how passionate he was about talking about our national sport. I am hardly exaggerating. I know that members of all parties here in the House have wonderful immigration success stories, and my parents' story is one of them.
Since we are talking about immigration, Quebec's uniqueness emerged in all its glory over the years through the measures that were taken in collaboration with the federal government with regard to immigration. Take, for example, the 1971 Lang-Cloutier agreement, which allowed Quebec to have immigration representatives in the embassies; the 1975 Andras-Bienvenue agreement, which clarified Quebec's role in the selection process; and the well-known 1978 Cullen-Couture agreement, which allowed Quebec to clearly define the selection criteria for its immigrants.
I am getting to the subject at hand today, namely multiculturalism, because, in 1991, there was the Gagnon-Tremblay-McDougall agreement on Quebec's specific role in the selection of immigrants. All of that was done within Canada and in accordance with Canadian laws, including the Canadian Multiculturalism Act, which came into effect in 1988. Obviously, policies had been put in place under the 15th Prime Minister of Canada, the Right Hon. Pierre Elliott Trudeau, but the act as we know it, the 1988 act, received royal assent under Brian Mulroney, the boy from Baie-Comeau.
I know he is not the only Quebecker to have led the country. We had Wilfrid Laurier; Louis St. Laurent, my riding's namesake; our 15th Prime Minister, Mr. Trudeau, and his son, our current Prime Minister; and Paul Martin, who was also a Quebec MP. However, I do not think anyone would fault me for saying that we can be very proud of Brian Mulroney, that Quebecker who led Canada, the boy from Baie-Comeau. Had he had any concerns whatsoever about the Canadian Multiculturalism Act in 1988, he would not have gone there.
The Conservatives recognize the rights of first nations. The Conservatives recognize that French and English are the founding, national and official languages of this country. That is what enables Quebec to be a distinct, French-speaking society within Canada. We believe all Canadians are equal. They have the same rights and powers and enjoy the same benefits. We embrace shared values like equality, democracy and the rule of law.
Section 2 of the Canadian Multiculturalism Act allows for special agreements between the federal government and the provinces. That is why I can understand why sovereignists are worried when we talk about that with the current government, which is highly centralist and thinks that Ottawa knows what is best for the provinces. We take exactly the opposite approach.
The Conservatives are the ones who recognized Quebec as a nation. The Conservatives are the ones who gave Quebec a seat at UNESCO. The Conservatives are the ones who gave Quebec more powers over immigration. The Conservatives are the ones who are open to the idea of giving Quebec more powers over culture and immigration. We are the ones who are open to the idea of a single tax return. Most importantly, we are the ones who want Bill 101 to apply to federally regulated businesses. The Conservatives are the ones who very seriously respect Bill 21 because, technically, it fell precisely under provincial jurisdiction.
If we want Canada to continue to prosper and assert itself as it has done so well for more than 400 years, then we need a Conservative government that will respect the laws, jurisdiction and distinctiveness of Quebec.
Madame la Présidente, je suis très fier et très honoré de me lever à la Chambre aujourd'hui pour parler de ce projet de loi présenté par mes collègues du Bloc québécois.
Je suis fier d'être Québécois. Je suis fier de faire partie de cette nation qui, contre vents et marrées, a toujours su démontrer non seulement une pugnacité, mais aussi une volonté de survivre aux épreuves avec honneur et dignité. J'aime l'histoire du Québec. J'aime les particularités du Québec. J'aime la culture du Québec. Je suis un Québécois, comme mes 77 autres collègues élus à la Chambre qui représentent avec moi les 78 circonscriptions du Québec.
Le Québec n'est pas un bloc monolithique. Le Québec puise sa force dans sa diversité. Qu'on soit souverainiste, comme mes amis du Bloc québécois, qu'on soit de gauche, comme le député de Rosemont—La Petite-Patrie, qu'on soit fédéraliste centralisateur comme mes amis du Parti libéral, ou qu'on soit conservateur, comme moi et mes neuf autres collègues, nous sommes tous des Québécois. Nous pouvons être fiers de cette nation, qui a d'ailleurs été reconnue par un gouvernement conservateur.
Ma fierté, puisque j'ai étudié dans ce domaine, me vient de l'histoire du Québec. Nous le savons tous, les Premières Nations ont existé et existent toujours sur le territoire du Québec depuis la nuit de temps.
Hier, j'ai célébré le 12e anniversaire de ma première élection. C'est avec fierté que, depuis 12 ans et 1 jour, je suis le représentant, à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes, des Hurons-Wendats. En d'autres temps, on appelait leur territoire du Village-Huron. Je suis très fier de représenter cette nation parce que nous devons toujours garder en tête que notre territoire a toujours été occupé, et ce, depuis la nuit des temps, par les Premières Nations.
Les premières personnes d'Europe sont arrivées pour venir coloniser, comme on le disait à l'époque, ce territoire. Il y a eu Jacques Cartier, en 1534, et Samuel de Champlain, en 1608. Le 3 juillet, ce dernier a fondé la ville de Québec, faisant en sorte que la fondation permanente de présence européenne sur le sol nord-américain s'inscrive dans l'histoire sous le régime français. Cet aspect français a toujours été incarné, et ce, depuis plus de 400 ans, avec honneur, fierté et dignité.
Des débats ont cours actuellement sur la préservation de la langue, qui est l'essence même de ce que nous sommes comme Québécois. Nous devons toujours nous rappeler que la langue fait partie de notre histoire, de notre héritage et qu'il nous appartient de la préserver pour pouvoir démontrer dans toute sa splendeur ce qu'est le Québec.
Durant les années 1759, 1760 et 1763, il y a eu l'arrivée de la Couronne britannique. Nous devons saluer le fait que, depuis plus de 260 ans, les francophones et les anglophones vivent sur le territoire québécois. Nous vivons aussi aux côtés de différents groupes qui sont arrivés au Québec. Dans les années 1840, en raison de la grande famine qui a frappé l'Irlande, le territoire québécois a accueilli des milliers d'Irlandais. Leurs descendants continuent de faire honneur au Québec. Ce n'est pas parce qu'ils sont nés dans un endroit qui n'a pas de lien avec la France qu'ils sont moins Québécois, bien au contraire. Trois premiers ministres québécois sont originaires de cette filière irlandaise. Je pense aux frères Johnson.
Nous avons de grands politiciens qui ont également fait leur marque et qui sont des descendants de cette filière irlandaise. Je pense entre autres à Gilles Duceppe. Il n'y aucune honte à cela, au contraire. Nous sommes fiers de ce métissage qui s'est fait au fil des ans.
La Confédération de 1867 a été créée avec l'appui et le concours de ce qu'on appelait en d'autres temps les Canadiens français. George-Étienne Cartier et Sir John A. Macdonald ont constitué ce pays. C'est ce qui a fait en sorte que le Québec a pu vivre et assumer pleinement son destin à l'intérieur du Canada en étant régi par les lois du Canada. À la base, nous avons toujours su vivre ici en français, et nous devons préserver cela. C'est la marque de reconnaissance la plus forte pour le Québec.
Je parlais d'immigration. J'avoue que je suis en heureux et fier conflit d'intérêts, puisque je suis moi-même fils d'immigrant.
Mes parents ont été choisis et ont choisi de vivre ici en 1958, et je suis né en 1964. Le plus beau cadeau, c'est que mes parents, qui ont aujourd'hui 96 et 97 ans, m'ont élevé comme un Québécois. Ils n'ont pas passé leur temps à me raconter comment c'était à leur époque, dans leur pays d'origine. Ils m'ont plutôt raconté que nous pouvions vivre avec la fierté de l'héritage de nos ancêtres, ici, au Québec, au Canada. Je ne leur en serai jamais assez reconnaissant.
Même si mon père n'était pas capable de se tenir debout sur des patins plus de quatre secondes avant de tomber, parce qu'il n'avait jamais patiné de sa vie, il pouvait parler de Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur avec un enthousiasme qui me gênerait aujourd'hui, tellement il était capable de parler avec passion de notre sport national. Je le caricature à peine. Je sais qu'ici, à la Chambre, parmi tous les partis, il y a de belles histoires d'immigration réussie, et celle de mes parents en est une.
Puisqu'on parle d'immigration, la spécificité québécoise s'est manifestée dans toute sa splendeur, au fil de toutes ces années, avec les mesures qui ont été prises de concert avec l'État fédéral sur l'immigration. On n'a qu'à penser à l'Entente Lang-Cloutier, en 1971, alors que le Québec avait des représentants en matière d'immigration dans les ambassades, à l'Entente Andras-Bienvenue, en 1975, alors que le rôle de sélection du Québec était désormais défini, ou bien à la fameuse Entente Cullen-Couture, en 1978, où le Québec définissait clairement les critères de sélection pour ses immigrants.
J'arrive directement au sujet qui nous intéresse aujourd'hui, soit la question du multiculturalisme, puisqu'en 1991, il y a eu l'entente Gagnon-Tremblay-McDougall sur le rôle précis du Québec concernant la sélection des immigrants. Tout cela s'est fait à l'intérieur du Canada et selon les lois du Canada, notamment la Loi sur le multiculturalisme canadien, qui a été instaurée en 1988. Il y a eu évidemment des politiques qui ont été mises en place sous le 15e premier ministre du Canada, le très honorable Pierre Elliott Trudeau, mais la loi telle que nous la connaissons, celle de 1988, a obtenu la sanction royale sous Brian Mulroney, le « p'tit gars de Baie-Comeau ».
Je sais qu'il n'est pas le seul Québécois à avoir dirigé le pays. Il faut mentionner Wilfrid Laurier, Louis St-Laurent, nom que porte la circonscription que je représente aujourd'hui, le 15e premier ministre, M. Trudeau, ainsi que son fils, le premier ministre actuel, et Paul Martin, qui a également été député du Québec. Cependant, je pense pouvoir dire sans me tromper qu'on peut être très fier de Brian Mulroney, de cet homme québécois qui a dirigé le Canada, du « p'tit gars de Baie-Comeau ». En 1988, s'il avait eu quelque inquiétude que ce soit au sujet de la Loi sur le multiculturalisme canadien, il ne serait pas allé là.
Nous, les conservateurs, nous reconnaissons les droits des Premières Nations. Nous, les conservateurs, reconnaissons que le français et l'anglais sont les langues fondatrices, nationales et officielles de ce pays, qui permet au Québec d'assurer pleinement sa distinction au Canada avec le français. Pour nous, tous les Canadiens ont un statut égal et ont les mêmes droits, les mêmes pouvoirs et les mêmes avantages. Nous partageons et adoptons des valeurs communes comme l'égalité, la démocratie et la primauté du droit.
L'article 2 de la Loi sur le multiculturalisme canadien permet justement des ententes particulières entre l'État fédéral et les provinces. C'est pourquoi je peux comprendre que les souverainistes soient inquiets quand on parle de cela avec le gouvernement actuel, qui est très centralisateur et qui pense qu'Ottawa sait ce qui est bon pour les provinces. Nous, nous faisons exactement le contraire.
C'est nous, les conservateurs, qui avons reconnu le Québec comme étant une nation. C'est nous, les conservateurs, qui avons donné un siège au Québec à l'UNESCO. C'est nous, les conservateurs, qui avons donné plus de pouvoirs au Québec en matière d'immigration. C'est nous, les conservateurs, qui sommes ouverts à l'idée de donner plus de pouvoirs au Québec en matière de culture et d'immigration. C'est nous qui sommes ouverts à l'idée de la déclaration d'impôt unique. Surtout, c'est nous qui souhaitons l'application de la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale. C'est nous, les conservateurs, qui respectons de façon très sérieuse la loi 21, parce que, techniquement, elle a été faite exactement dans le champ de compétence des provinces.
Si on veut que le Canada continue à prospérer et à s'affirmer comme il le fait si bien depuis plus de 400 ans, cela passe par un gouvernement conservateur, qui sera respectueux des lois, des champs de compétence et de la distinction du Québec.
Collapse
View Alexandre Boulerice Profile
NDP (QC)
View Alexandre Boulerice Profile
2020-12-09 18:11 [p.3242]
Expand
Madam Speaker, I thank my colleagues for their speeches.
I think tonight's subject and the discussion we are having are interesting, but I am wondering if now is really the right time.
This is early December, and we are in the middle of the second wave of the pandemic. There are 1,500 new cases of COVID-19 per day in Quebec. Hospitals are being forced to cut back because the system cannot take care of everyone. Major surgeries are being postponed.
Talking about philosophical or, some might say, even ideological subjects is all well and good, but we could have devoted this time of debate to current events. We learned yesterday that 10,000 restaurants have already closed their doors over the past few months in Quebec, and according to other restaurant owners, the worst is yet to come over the next few weeks.
As I said at the outset, this is an interesting debate because it is about living together in harmony and how we organize a multicultural society, like the one in which we live. Many societies and countries around the world are having these difficult debates and discussions, because there are several models, which sometimes clash or coexist. I will come back to this, because it is important.
None of these models is perfect, they could all be improved upon, and, sometimes, some are more suited to the historical and social reality of a particular country.
I will start with the case of Norway, which is a bit far from us. Quebec is a francophone society, a very small minority in North America, as my colleague from Montcalm mentioned earlier. However, Quebec can and has the opportunity to attract francophone immigrants, which we are already doing a fair bit. The Government of Quebec has full authority to choose from among those in the economic immigration class. Many points are given to those with knowledge of French in order to have them come and live among us. That is why so many people from the Maghreb have moved to Quebec in recent years. I commend them for it.
Norway does not have this luxury. It has a population of four million people who speak a language not spoken anywhere else in the world. They obviously welcome very few immigrants, as it is a question of survival for them and they have no other options.
I want to talk about three other types of integration models that are more familiar to us. The first one involves severe assimilation or integration, in which newcomers are asked to leave behind their identities, their customs, their cultures, their foods or their songs to blend in with the majority and the nation. This model is similar to the one France has adopted in recent years.
The French model is a very colonialist one. Algeria, for instance, was considered to be an integral part of French territory. In the African colonies, young African students were forced to take tests on the cheeses of Normandy. In this model, people lose everything they had and everything they have in order to assimilate into the dominant paradigm.
Here, we are obviously more familiar with the multiculturalism model. We invite people to come to work in our society and contribute to it and to raise a family here, in order to build a better future for them and their children. They can keep their customs, their traditions and some of their values, provided that they are compatible with our democratic values, of course.
They are given the space they need to continue being who they are. We even promote this because diversity is valued and we seek to put it forward. This perspective advances the rights of minorities while respecting the laws of the host country, of course. The use of a minority lens truly allows the focus to be on the promotion, development and protection of the rights of minorities. That is the model found in English Canada.
Does this model work for Quebec? I think not. In any event, that is not the Quebec consensus. Why? We mentioned it earlier: Quebeckers are not a minority, but a nation. This is not the first time we have heard it in Parliament. The recognition of the Quebec nation was made official by Parliament in 2004 and by the federal government in 2006.
There is a consensus in Quebec on interculturalism, which is closely related to multiculturalism. While some would turn this into a battle and pit one against the other, we are saying that the two can coexist.
Philosopher Gérard Bouchard talks about this in his book entitled L'interculturalisme. He believes that multiculturalism and interculturalism are both part of pluralistic philosophies that emphasize respect for identities and diversity.
Obviously there is a major difference between the two. If not, there would not be two different concepts and we would not be talking about two different approaches.
Interculturalism is about a common culture, as was mentioned earlier. Personally, I like to talk about a common foundation that brings people together. In Quebec, that foundation has been carefully examined and established by several commissions and in a number of reports that talk about the desire to bring people together while respecting their diversity. We are talking about a foundation or a common culture based on democratic rules, equality among people and, obviously, the French language as the common public language in Quebec. I think there is also a consensus on that.
The matter of language and francization of immigrants is extremely important, because it is also the gateway to a common culture in Quebec. Why am I talking about this?
Because interculturalism was an attempt to strike a balance between individual and collective rights. Tension between individual and collective rights exists in all societies. There is no perfect model. In Quebec, the Charter of the French Language is a good example of that. It prioritizes collective rights such as the preservation and survival of the French language in this part of North America. On other issues, individual rights take precedence.
Finding that equilibrium, engaging in that debate is an ongoing process. We find ways to balance what Gérard Bouchard called “respect for universal rights”, which are individual rights, with respect for diversity, identity and every individual's roots. That equilibrium is always fragile, always a give and take. We are constantly fine-tuning it.
We in the NDP are convinced that these two approaches can coexist. I will give a simple example, which I know personally: it coexists within my political party. In fact, these two notions are part of our platform. In our election platform, we talk about “multiculturalism”, while in our statutes and regulations, we talk about “interculturalism”. We are not always bickering. On the contrary, we can have a constructive dialogue and put forward two approaches that can actually exist alongside each other.
One of the issues we have with the bill currently before us is that we are having trouble seeing what problem it seeks to address.
For Quebec, we saw respect for interculturalism in the selection of immigrants, in the application of Bill 101, and in the integration services for newcomers that are part of the Canada–Québec Accord relating to immigration and temporary admission of aliens. I would like to remind members of some of the important articles of this agreement.
Article 24 states the following:
24. Canada undertakes to withdraw from the services to be provided by Québec for the reception and the linguistic and cultural integration of permanent residents in Québec.
Article 25 reads as follows:
25. Canada undertakes to withdraw from specialized economic integration services to be provided by Québec to permanent residents in Québec.
Article 26 states the following:
26. Canada shall provide reasonable compensation for the services referred to in sections 24 and 25 provided by Québec
I am trying to see what problem exactly they are looking to fix. I get the impression that this is more of a philosophical or ideological debate. In fact, I see no real obstacle, barrier or roadblock.
In addition, the program run by Canadian Heritage, which is based on the existing legislation, ensures that Quebec organizations receive funding for integrating immigrants, for respecting diversity and for fighting discrimination. These organizations include Actions interculturelles de développement et d'éducation in Sherbrooke, the Canadian Council for Refugees, the Girls Action Foundation of Montreal and the Armenian Apostolic Church diocese. There are many others.
I think we need to have a thoughtful and nuanced debate on these issues.
Madame la Présidente, je remercie mes collègues de leurs discours.
Je trouve qu'on aborde, ce soir, une discussion et un enjeu intéressants. Par contre, je me demande si le moment est vraiment approprié.
Nous sommes au début du mois de décembre, en pleine deuxième vague d'une pandémie. Il y a 1 500 nouveaux cas de COVID-19 par jour au Québec; les hôpitaux sont obligés de faire du délestage parce qu'on ne peut pas s'occuper de tout le monde; et des interventions chirurgicales importantes sont reportées.
C'est amusant de parler de sujets philosophiques, voire idéologiques, comme on le dit souvent, mais on aurait pu consacrer ce temps de débat à des sujets d'actualité. Hier, on apprenait que 10 000 restaurants ont déjà fermé leurs portes au cours des derniers mois au Québec, et, selon d'autres restaurateurs, le pire arrivera au cours des prochaines semaines.
Comme je le disais d'entrée de jeu, c'est un débat intéressant parce qu'il porte sur le vivre-ensemble et sur la façon dont on organise une société multiculturelle, comme celle dans laquelle nous vivons. C’est un débat et une discussion qui sont difficiles dans l'ensemble des sociétés et des pays du monde, parce qu'il y a plusieurs modèles, qui parfois s'affrontent ou cohabitent. Je vais revenir là-dessus parce que c'est quelque chose d'important.
Aucun de ces modèles n'est parfait, ils sont tous perfectibles et, parfois, certains d'entre eux sont plus adaptés à la réalité historique et sociale d'un pays en particulier ou d'un autre.
Je vais commencer par le cas de la Norvège, qui est un peu loin de nous. Le Québec est une société francophone, une toute petite minorité en Amérique du Nord, comme le mentionnait mon collègue de Montcalm tantôt. Toutefois, le Québec a la possibilité et la chance de faire venir des immigrants francophones, et on le fait déjà beaucoup. Le gouvernement du Québec a les pleins pouvoirs sur la sélection de toute l'immigration économique. Beaucoup de points sont donnés aux gens qui ont une connaissance du français afin de les faire venir et vivre chez nous. C'est pour cela qu'autant de gens de la communauté maghrébine sont venus s'installer au Québec au cours des dernières années. Je les salue d'ailleurs.
La Norvège n'a pas ce luxe. Ils sont 4 millions de personnes parlant une langue que personne d'autre au monde ne parle. Évidemment, ils ne font pratiquement pas venir d'immigrants et d'immigrantes, parce que c'est une question de survie pour eux et ils n'ont pas de solutions de rechange.
Je veux parler de trois autres types de modèles d'intégration qui sont plus proches de nous ou que l'on connaît un peu mieux. La première approche est une approche d'assimilation ou d'intégration dure où on demande aux nouveaux arrivants d'abandonner leur identité, leurs coutumes, leur culture, leur gastronomie, leurs chansons pour se fondre dans la grande majorité et dans la nation. C'est un modèle qui ressemble pas mal à ce qui a été utilisé au cours des dernières années en France.
Le modèle français est très colonialiste. D'ailleurs, on considérait que l'Algérie faisait partie intégrante du territoire français. Dans les colonies africaines, on demandait aux petits étudiants africains de réussir un examen sur les fromages de Normandie. Les gens perdent alors tout ce qu'ils avaient avant, tout ce qu'ils ont et doivent vraiment se conformer au modèle dominant.
Ici, on connaît évidemment mieux le modèle du multiculturalisme. On dit aux gens de venir dans notre société afin d'y contribuer, d'y travailler et d'y établir une famille pour avoir un meilleur avenir pour eux et leurs enfants. Ils peuvent garder leurs coutumes, leurs traditions et certaines de leurs valeurs si, bien sûr, elles sont compatibles avec nos valeurs démocratiques.
On leur donne l'espace nécessaire pour qu'ils puissent continuer d'être ce qu'ils sont. On en fait même la promotion, parce que la diversité est bien vue et on cherch à la mettre en avant. Cette perspective met donc en avant les droits des minorités dans le respect des lois du pays d'accueil, bien entendu. C'est par la lorgnette des minorités qu'on met vraiment l'accent sur la promotion, le rayonnement et la défense des droits des minorités. C'est le modèle que l’on connaît au Canada anglais.
Ce modèle s'applique-t-il bien au Québec? Je ne le crois pas. En tout cas, ce n'est pas le consensus québécois. Pourquoi? On l'a soulevé tantôt: les Québécois ne forment pas une minorité, mais une nation. Ce ne sera pas la première fois qu'on entend cela au Parlement. La reconnaissance de la nation québécoise a été officialisée par le Parlement en 2004 et en 2006, par le gouvernement fédéral.
Il y a, au Québec, un consensus sur l'interculturalisme, qui est un proche voisin du multiculturalisme. Alors que certains veulent faire une bataille tranchée et les opposer l'un à l'autre, nous disons qu'il y a moyen de faire cohabiter l'un avec l'autre.
Le philosophe Gérard Bouchard en parle, dans son livre L'interculturalisme. selon lui, le multiculturalisme et l'interculturalisme font tous les deux partie de philosophies pluralistes, qui, toutes les deux, mettent en avant le respect des identités et de la diversité..
Il y a évidemment une différence importante entre les deux. Sinon, il n'y aurait pas deux notions et on ne parlerait pas de deux approches.
L'interculturalisme parle, lui, de tronc commun, comme on l'a dit tantôt. Personnellement, j'aime bien parler de socle qui rassemble les gens. Au Québec, ce socle a été bien étudié et établi, par plusieurs commissions et dans plusieurs rapports, où on se dit comment on veut rassembler les gens tout en respectant leur diversité. On parle d'un socle ou d'un tronc commun qui tourne autour des règles démocratiques, de l'égalité entre les personnes et, évidemment, de la langue française comme langue commune et publique au Québec. Je pense que cela fait également consensus.
L'aspect de la langue et de la francisation des immigrants est extrêmement important, parce que c'est aussi la voie d'accès vers une culture commune sur le territoire québécois. Pourquoi est-ce que je parle de cela?
C'est parce qu'on a essayé, avec l'interculturalisme, de trouver un équilibre entre les droits individuels et les droits collectifs. Ce débat entre les droits individuels et les droits collectifs existe dans toutes les sociétés. Il n'y a pas de modèle parfait. Au Québec, la Charte de la langue française en est un bon exemple. Celle-ci met en avant, d'abord et avant tout, les droits collectifs tels que la préservation et la survie de la langue française dans ce coin d'Amérique du Nord. Sur d'autres questions, on mettra plutôt en avant les droits individuels.
C'est un équilibre et une discussion qu'on doit constamment avoir. Cet équilibre doit aussi se faire selon ce que Gérard Bouchard appelle « le respect des droits universels » — que sont les droits individuels — avec, en même temps, un respect de la diversité, de l'identité et des racines de tout un chacun. Cet équilibre est toujours fragile, et il est toujours à négocier. On doit toujours travailler à le perfectionner.
Au NPD, nous sommes convaincus que ces deux approches sont capables de cohabiter. Je vais donner un exemple bien simple, que je connais personnellemen: il cohabite au sein de ma formation politique. En effet, ces deux notions font partie de notre programme. Sur notre plateforme électorale, on parle de « multiculturalisme », alors que, dans nos statuts et règlements, on parle d'« interculturalisme ». Nous ne sommes pas tout le temps en train de nous chicaner. Au contraire, on peut avoir un dialogue constructif et mettre en avant deux approches qui, dans les faits, sont capables de vivre ensemble.
Un des points d'achoppement, avec le projet de loi que nous débattons ce soir, c'est que nous avons de la difficulté à voir quel problème on cherche à régler.
Le respect de l'interculturalisme, pour le Québec, on l'a vu dans la sélection des immigrants, dans l'application de la loi 101, dans les services d'intégration pour les nouveaux arrivants qui font partie de l'Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains. Je veux rappeler les articles de cet accord qui sont importants.
Voici ce que dit l'article 24:
24. Le Canada s’engage à se retirer des services d’accueil et d’intégration linguistique et culturelle qui seront offerts par le Québec aux résidents permanents présents dans cette province.
À l'article 25, on peut lire ceci:
25. Le Canada s’engage à se retirer des services spécialisés d’intégration économique qui seront offerts par le Québec aux résidents permanents présents dans cette province.
L'article 26, quant à lui, dit ceci:
26. Le Canada accorde une juste compensation pour les services mentionnés aux articles 24 et 25 fournis par le Québec [...]
J'essaie de voir quel problème on essaie de régler exactement. J'ai l'impression qu'il s'agit davantage d'un débat philosophique ou idéologique. Dans les faits, je ne vois pas d'obstacle, de barrière ou d'embûche réels.
Par ailleurs, le programme géré par le ministèredu Patrimoine canadien, qui s'inspire de la loi existante, fait en sorte que des organismes québécois reçoivent du financement pour l'intégration des immigrants, pour le respect de la diversité et pour la lutte contre la discrimination. Parmi ces organismes, on retrouve Actions interculturelles de développement et d'éducation de Sherbrooke, le Conseil canadien pour les réfugiés, la Fondation Filles d’Action de Montréal, le diocèse de l'Église apostolique arménienne. Il y en a beaucoup d'autres.
Je pense qu'il faut que nous ayons un débat posé et nuancé sur ces questions.
Collapse
View Marie-Hélène Gaudreau Profile
BQ (QC)
View Marie-Hélène Gaudreau Profile
2020-12-09 18:21 [p.3243]
Expand
Madam Speaker, I worked meticulously on my speech, so I hope that it will address many of the questions my colleagues have raised in their speeches.
I want to recognize my hon. colleague from Montcalm and thank him for his important speech on the bill that he sponsored, Bill C-226, an act to amend the Canadian Multiculturalism Act regarding its non-application in Quebec. This bill is very important for Quebec because it would amend the Canadian Multiculturalism Act to provide that it does not apply in Quebec.
I remind members that there are different conceptual levels of multiculturalism. We need to distinguish between multiculturalism as a social fact of ethnocultural diversity and multiculturalism as a social construct or state ideology. The construct of multiculturalism is a symbolic representation of a nation's political vision. Diversity is viewed differently by Quebeckers and by Canadians.
The Canadian myth portrays Canada as a fundamentally multicultural country, as though there were no social hierarchy created by the cultural domination of the historical anglophone majority. By contrast, Quebec's national vision interprets diversity as a meeting with a host society. This meeting involves a form of cultural exchange. That means immigrants turned citizens integrate into the host society's culture, which evolves by subsuming aspects of the cultures of Quebec's diverse residents.
Unlike the Canadian representation of multiculturalism, the Quebec model involves cultural convergence, which strengthens the nation's common culture without halting its progress.
The term multiculturalism also refers to another conceptual level, that of public policy, the purpose of which is to promote a national vision related to a particular view of multiculturalism by implementing specific measures and programs designed to bring in diversity one way or another.
As mentioned earlier, Canada's policy dates back to 1970. Obviously, it quickly came under heavy criticism from Quebec because it would relegate Quebeckers to being just one ethnic minority among many. What is more, while multiculturalism is presented as an option that is preferable to assimilation, it is an outdated approach with a trivializing effect. It marginalizes communities and traps them in their culture of origin. This leaves groups more isolated, causing them to turn in on themselves.
It is not just Quebeckers and francophones who criticize multiculturalism for being divisive. The same critique was brought forward by English-speaking Canadian author Neil Bissoondath in his book entitled Selling Illusions: The Cult of Multiculturalism in Canada.
What specifically are we criticizing about multiculturalism? I will go straight to the point that interests me even more deeply, that is, everything that our theorist, sociologist and historian Gérard Bouchard has inscribed in our cultural heritage.
According to him, Quebec's interculturalism is a model of integration, as I said earlier, that is distinct from assimilation or multiculturalism. The main components that Mr. Bouchard outlined are as follows: promoting French as a civic language that is a condition for participation in public life; respecting the rights of all Quebeckers, including those most vulnerable to discrimination because of cultural differences such as language, religion and customs; recognizing the majority-minority relationship underlying Quebec's ethnocultural reality; giving priority to collective integration, as befits a small nation whose cultural future is a source of constant concern; developing a common culture; and emphasizing intercultural connections and exchanges.
Let me quote Mr. Bouchard:
One of the model's primary concerns is avoiding assimilation. Rather, its goal is integration, adherence to our society's fundamental values as defined in our Charter. It also expects newcomers to learn French and participate in civic life. As for the common culture, it develops through free intercultural interaction and feeds off all contributions, from the majority and minorities alike. Nobody is expected to renounce their culture.
Quebec's interculturalism took shape in the late 1990s with the publication of a white paper entitled Let's Build Québec Together: A Policy Statement on Immigration and Integration. It states that Quebec is a society where French is the common language of public life, a democratic society where everyone's participation and contribution is expected and facilitated, a pluralistic society open to everyone's contribution within the limits imposed by respect for basic democratic values.
It is therefore essential that the social and economic integration of immigrants take place in French. Economically, interculturalism must provide immigrants with the resources to get into the job market, and that starts with learning French. The notion of exchange is key to the policy of interculturalism because, politically, interculturalism implies that the state respects intercultural principles, especially citizen participation, intercultural exchange and the fight against discrimination.
The civic route is preferred over the courts for settling cultural disputes. Inclusivity and the importance of the common culture are the strengths that distinguish interculturalism from Canadian multiculturalism.
State secularism is a model for integration and a way of accommodating ethnocultural diversity. This is a principle that establishes the separation of government and religion, the religious neutrality of the state, equality for all citizens, and guaranteed freedom of conscience and freedom of religion.
In closing, it is important to know that the two policies are independent. The one does not have to involve the other. Whether it is true or not, the important thing is that, in any case, this is a Quebec discussion that concerns the nation of Quebec, its identity and its future. It does not concern Canada in any way. Interculturalism, like secularism, is a matter for public discussion and debate. There is a clear consensus among all parliamentarians in Quebec that these debates are profoundly national and democratic. They have been held and will be held in our National Assembly, period.
Madame la Présidente, j'espère que mon discours, que j'ai minutieusement préparé, va répondre à plusieurs des questions de ceux de mes collègues ayant fait des allocutions.
Tout d'abord, j'aimerais saluer mon honorable collègue de Montcalm et le remercier de son important discours sur le projet de loi C-226, Loi modifiant la Loi sur le multiculturalisme canadien (non-application au Québec), qu'il parraine. Ce projet de loi est majeur pour le Québec puisqu'il modifie la Loi sur le multiculturalisme canadien afin qu'elle ne s'applique pas au Québec.
Rappelons qu'il existe différents niveaux conceptuels du multiculturalisme. Il faut distinguer le multiculturalisme en tant que fait social de la diversité ethnoculturelle et le multiculturalisme comme imaginaire social ou idéologie de l'État. L'imaginaire du multiculturalisme est une représentation symbolique d'un projet politique national. La diversité occupe une place différente dans l'imaginaire québécois et dans l'imaginaire canadien.
Selon le mythe canadien, le Canada serait fondamentalement multiculturel comme s'il n'y avait pas de hiérarchie sociale du fait de la domination culturelle de la majorité historique anglophone. Le projet national québécois représente plutôt la diversité comme une rencontre avec une société d'accueil. Cette rencontre implique une forme de partage culturel. De ce fait, les citoyens issus de l'immigration s'intègrent à la culture de la société d'accueil, qui évolue en intégrant des éléments culturels issus de la diversité québécoise.
Contrairement à la représentation canadienne du multiculturalisme, le modèle québécois implique la convergence culturelle qui consolide la culture commune de la nation sans figer sa progression dans le temps.
Le terme multiculturalisme se réfère également à un autre niveau conceptuel qui est celui de la politique publique. Cette dernière a pour objectif de promouvoir un projet national lié à une conception particulière du multiculturalisme par l'implantation de programmes et de mesures spécifiques visant à aménager la diversité d'une manière ou d'une autre.
On en a parlé plus tôt, la politique canadienne remonte à 1970. Cette politique fait rapidement l'objet de vives critiques de la part du Québec, évidemment, puisqu'elle veut renvoyer le peuple québécois au statut de minorité ethnique parmi d'autres. De plus, alors qu'elle se présente comme une option préférable au modèle assimilassionniste, elle a un effet « folklorisant » et une aura passéiste qui marginalise et fige les communautés dans leur culture d'origine. Elle favorise donc l'isolement des groupes et le repli sur soi.
Cette critique de la division n'est pas exclusive à la perspective québécoise et francophone. Elle a notamment été formulée en 1995 par le romancier canadien de langue anglaise, Neil Bissoondath, dans son livre intitulé Le marché aux illusions: la méprise du multiculturalisme.
Quelles sont donc les critiques envers le multiculturalisme? Je vais directement passer au point qui m'intéresse encore plus profondément, à savoir tout ce que notre théoricien, sociologue et historien, Gérard Bouchard, a bien inscrit dans notre héritage culturel.
Pour lui, l'interculturalisme québécois se présente comme un modèle d'intégration — comme je le disais plus tôt — qui se distingue de l'assimilation et du multiculturalisme. Les principales composantes mentionnées par M. Bouchard sont les suivantes: la promotion du français comme langue civique qui est une condition à la participation à la vie publique; le respect des droits de tous les Québécois, incluant les plus vulnérables à la discrimination à cause de la différence culturelle comme la langue, la religion et les coutumes dont ils sont porteurs; la reconnaissance du rapport majorité-minorités structurant la réalité ethnoculturelle du Québec; la priorité à l'intégration collective comme il convient à une petite nation dont l'avenir culturel suscite des constantes inquiétudes; le développement d'une culture commune; et l'accent sur les rapprochements et les échanges interculturels.
Je vais citer M. Bouchard:
Une préoccupation centrale du modèle est d’éviter l’assimilation. Il vise plutôt l’intégration, c’est-à-dire une adhésion aux valeurs fondamentales de notre société, telles que définies dans notre Charte. Il demande aussi l’apprentissage du français et la participation à la vie civique. Concernant la culture commune, elle se forme au gré des contacts interculturels, en toute liberté, et se nourrit de tous les apports, ceux des minorités comme de la majorité. Mais nul n’est tenu de renoncer à sa culture première.
L'interculturalisme québécois s'est consolidé à la fin des années 1990 avec la publication du Livre blanc intitulé Au Québec pour bâtir ensemble. Énoncé de politiques en matière d'immigration et d'intégration. On y affirme que le Québec est une société dont le français est la langue commune de la vie publique, une société démocratique où la participation et la contribution de tous sont attendues et favorisées, une société pluraliste, ouverte aux multiples apports dans les limites qu'impose le respect des valeurs démocratiques fondamentales.
Il est donc essentiel que l'intégration sociale et économique des immigrants se fasse en français. Sur le plan économique, l'interculturalisme doit offrir aux immigrants les ressources pour s'intégrer au marché du travail, ce qui passe notamment par l'apprentissage du français. La notion d'échange est au cœur de la politique d'interculturalisme, car, politiquement, l'interculturalisme implique que l'État respecte les principes interculturels, surtout la voie citoyenne, les échanges interculturels et la lutte contre la discrimination.
Pour le règlement des différends culturels, on favorise la voie civique et citoyenne plutôt que le chemin des tribunaux. La volonté d'inclusion et l'importance de la culture commune sont les points forts qui distinguent l'interculturalisme du multiculturalisme canadien.
La laïcité de l'État se présente comme un modèle d'intégration et un mode d'aménagement de la diversité ethnoculturelle. Il s'agit d'un principe qui établit la séparation de l'État et des religions, la neutralité religieuse de l'État, l'égalité de tous les citoyens et de toutes les citoyennes, et qui garantit la liberté de conscience et la liberté de religion.
En terminant, il faut savoir que les deux politiques sont indépendantes. L'une n'implique pas obligatoirement l'autre. Que ceci soit vrai ou non, l'important est que, dans tous les cas, il s'agit d'une discussion québécoise qui concerne la nation québécoise, son identité et son avenir. Elle ne concerne en rien le Canada. Bref, l'interculturalisme, comme la laïcité, fait l'objet de discussions et de débats publics. Il existe un consensus manifeste parmi tous les parlementaires du Québec selon lequel ces débats sont profondément nationaux et démocratiques. Ils ont eu lieu et ils auront lieu dans notre Assemblée nationale, point final.
Collapse
View Carol Hughes Profile
NDP (ON)
View Carol Hughes Profile
2020-12-09 18:30 [p.3244]
Expand
The time provided for the consideration of Private Members' Business has now expired and the order is dropped to the bottom of the order of precedence on the Order Paper.
La période réservée à l'étude des affaires émanant des députés est maintenant écoulée. L'article retombe au bas de la liste de priorité du Feuilleton.
Collapse
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
BQ (QC)
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
2020-12-08 14:14 [p.3147]
Expand
Mr. Speaker, 30 years ago yesterday, Quebec lost one of its greatest artists in Jean Duceppe.
Jean Duceppe was an actor, comedian and host who left his mark on the theatre, film, television and radio worlds. He was known for his roles in My Uncle Antoine, Death of a Salesman, Charbonneau et le chef and The Plouffe Family, and was also known for the theatre company he founded and that still bears his name. Above all, Jean Duceppe was a staunch defender of Quebec.
He loved his people and left a massive cultural legacy, and I was fortunate to call him my grandfather. Of all the lines he ever delivered, his most significant line came at the end of his life. These words are just as powerful now as they were when I was a child: “Quebec is our only country.”
Monsieur le Président, il y a 30 ans hier, Jean Duceppe, l'un des plus grands artistes québécois, s'éteignait.
Comme acteur, comédien et animateur, il a marqué les esprits au théâtre, au cinéma, à la télévision et à la radio. Reconnu entre autres pour ses rôles dans Mon oncle Antoine, La mort d'un commis voyageur, Charbonneau et le chef et Les Plouffe, ou encore pour la compagnie de théâtre qu'il a fondée et qui porte toujours son nom, Jean Duceppe était avant tout un ardent défenseur du Québec.
Cet amoureux de son peuple au legs culturel immense, j'ai la chance de pouvoir dire que c'était aussi mon grand-père. De toutes les répliques qu'il aura livrées, c'est au crépuscule de sa vie qu'il a prononcé ses paroles les plus marquantes. Ces mots résonnent aujourd'hui aussi puissamment que lorsque j'étais enfant: « Le Québec est notre seul pays. »
Collapse
View Marie-Hélène Gaudreau Profile
BQ (QC)
View Marie-Hélène Gaudreau Profile
2020-12-08 14:53 [p.3154]
Expand
Mr. Speaker, our work on medical assistance in dying is being held hostage by the Conservative religious right, and this should serve as a lesson.
This illustrates why religion should be kept as far away as possible from the affairs of the state. Having a secular state is fundamental. We ought to protect and promote this value, yet the federal government is currently participating in a court challenge of the Quebec government's secularism.
Will it learn from what is happening today and stop using Quebec taxpayers' money to challenge the Quebec government's secularism?
Monsieur le Président, la prise en otage des travaux sur l'aide médicale à mourir par la droite religieuse des conservateurs devrait servir de leçon.
Cela démontre pourquoi il faut tenir la religion le plus loin possible des affaires de l'État. La laïcité de l'État est fondamentale. Il faut protéger et promouvoir cette valeur. Pourtant, en ce moment, le fédéral participe à une contestation judiciaire de la laïcité de l'État au Québec.
Va-t-il tirer une leçon de ce qui se passe aujourd'hui et cesser de prendre l'argent des contribuables québécois pour contester la laïcité de l'État québécois?
Collapse
View David Lametti Profile
Lib. (QC)
View David Lametti Profile
2020-12-08 14:54 [p.3154]
Expand
Mr. Speaker, we have a very clear position on that. What I can say is that we are not participating in the proceedings related to that challenge in Quebec. It is a case where Quebeckers are opposing legislation before the courts, as is their right. We are monitoring the case.
Monsieur le Président, nous avons une position très claire là-dessus. Ce que je peux dire, c'est que nous ne participons pas au procès lié à cette contestation au Québec. C'est un cas où des Québécois et des Québécoises sont en train de s'opposer à la loi devant les tribunaux, ce qui est leur droit. Nous suivons le procès.
Collapse
View Alistair MacGregor Profile
NDP (BC)
View Alistair MacGregor Profile
2020-12-07 11:04 [p.3001]
Expand
moved that Bill C-231, An Act to amend the Canada Pension Plan Investment Board Act (investments), be read the second time and referred to a committee.
He said: Mr. Speaker, it is indeed a great and rare honour to be able to stand in the House of Commons to sponsor and present a piece of legislation for my colleagues to consider. I hope that between now and March of next year, when we will likely come to a vote, I can convince more than a few of my colleagues that this bill has merit and deserves to go to committee.
Today, I am pleased to kick off the debate on Bill C-231, an act to amend the Canada Pension Plan Investment Board Act. The behaviour of corporations around the world is coming under increasing scrutiny as more and more people are demanding action. Here in Canada we have also acknowledged the problem, most notably when the Liberal government decided to establish an ombudsperson for responsible enterprise, who is supposed to received and review claims of human rights abuses arising from companies abroad in the mining, oil and gas, and garment sectors.
The NDP has long been a leader in demanding more corporate responsibility. Most recently in the final days of the 42nd Parliament, the member for New Westminster—Burnaby brought forward his bill, Bill C-331, which would have allowed for gross violations of human, labour and environmental rights to be brought before a Canadian federal court.
The idea behind my bill, Bill C-231, is the questionable investments that are funding bad corporate actors. It is an idea that many people in Canada have long been concerned with, and it led me to further research in order to put the Canada pension plan's investments under closer scrutiny.
The Canada pension plan is an important pillar of our country's retirement system. Every year, millions of Canadians pay into the plan, which provides retirement, disability, survivor and death benefits to millions more. It is a sacred contract in recognizing years of hard work. Managing the careful balance between beneficiaries and contributors requires due diligence to the CPP fund, which is governed by the Canada Pension Plan Investment Board.
Through its careful investing strategy, the CPP fund is now valued at over $400 billion and is one of the largest pension funds in the world. I also want to note that the members of the CPP Investment Board have reached out to me over the last couple of years about my proposed legislation and to talk about their policy on responsible investing, which “aspires to integrate [environmental, social and governance] factors into investment management processes”. However, the document goes on to state that the investment board does not “screen stocks or eliminate investments based on ESG factors.”
This is the crux of the matter. Nowhere in the Canada Pension Plan Investment Board Act is there any mention of ESG factors or ethical business practices. There is no mention of human rights, labour rights or environmental rights. All we are left with is a policy, which itself admits that ESG factors, while a strong guideline, are non-binding in its investment decisions. The overriding duty of the investment board is to maximize investment returns without undue risk of loss. This is clarified in section 5 of the Act.
It is here that people will probably want to stop me and say, “So what? That is fine, and we should leave it that way. After all, the board has managed to grow the fund in a spectacular fashion, putting its financial health for future beneficiaries on a good path.”
I agree the fund is in fantastic condition, and I have no doubt that the managers of the investment board are doing their utmost to continue this work, but, and it is a big but, when we take a deep dive into the investment holdings of the CPPIB, we find a laundry list of problematic investments.
Before I get into the details of Bill C-231 itself, I think it would be helpful for members of the House to understand precisely what I am talking about when I refer to problematic investments. I am extremely grateful to the Library of Parliament for assisting me in this research, but I am also grateful to organizations such as Corporate Knights and various news outlets that have exposed CPP investment holdings, which many of us would find, at the very least, questionable.
Let us start with the Responsible Mining Index. The most recent data I have is from 2018, and it ranks companies on their performance on economic, social and governance practices. The companies are scored out of 36 points. The research I was able to obtain from the CPPIB's holdings shows that our pension dollars were invested in companies that scored in the low single digits. One company scored a 2.6.
KnowTheChain's 2018 Food and Beverage Benchmark Findings Report rates food and beverage companies on their efforts to address the risks of forced labour in their supply chains. The companies in their research are scored out of 100. Again, the research I was able to obtain from the CPPIB's holdings show that our pension dollars were invested in companies that scored in the low single digits. One company scored a four; another scored seven, and that is out of 100.
From 2000 until 2015, Public Eye hosted awards of shame competitions intended for companies with poor social responsibility records. As it is stated on the website, all of them are corporations whose business activities have been characterized by human rights violations, environmental destruction, immoral tax practices or corruption. Again, the research I was able to obtain from the Investment Board's holdings shows that our pension dollars were invested in many of the companies listed there.
Corporate Knights is a publication that defines itself as the most prominent magazine in the clean capitalism media space. It defines clean capitalism as “an economic system in which prices incorporate social, economic and ecological benefits and costs, and [actors] know the full impacts of their...actions.” Its research shows that our pension dollars are exposed to companies engaged in blocking climate policy, blocking climate resolutions, forced or child labour, severe environmental damage and severe human rights violations.
We, of course, are all aware of the very real and imminent danger that climate change is posing to our world. It will be the defining issue of the 21st century, and our actions in the next 10 years will determine how we meet this challenge. Despite this fact, the Canada Pension Plan Investment Board continues to invest our pension dollars in major carbon emitters.
CDP's 2017 report on major carbon emitters compiled a list of the world's top greenhouse gas producers, and among the Investment Board's holdings were Gazprom, which was responsible for 3.9%, and Coal India, which was responsible for 1.9% of global industrial greenhouse gas emissions.
ShareAction is a charity that has spent the last 12 years building the movement for responsible investment. It is now taking the movement worldwide to transform the investment system and unlock its potential to be a force for good. It released a report in 2018 entitled “Pensions in a Changing Climate”, which assesses the pension sector's response to the recommendations of the Task Force on Climate-related Financial Disclosures.
It did an analysis of the world's 100 largest public pension funds and their approach to climate-related risks and opportunities, and they ranked the Canada Pension Plan Investment Board in 32nd place with only a CCC rating. This ranking shows that we are only starting to take action on climate risk. As the task force stated in its report, large global pension funds have a responsibility to manage their funds in the long-term interests of their members and beneficiaries, which includes building appropriate responses to climate change as a material investment risk.
There have also been new stories over the last couple of years showing that the Canada Pension Plan Investment Board invested in private American prison companies that were operating migrant detention camps along the U.S.-Mexico border. I could go on and on with even more examples of problematic investments. It certainly is a laundry list, but I must be mindful of the time.
What is clear is that the Canada Pension Plan Investment Board's policy on responsible investing has not prevented it from investing our public pension dollars in companies with extremely poor corporate social responsibility records. Bill C-231 would step in to amend section 35 of the act by providing that the investment policies, standards and procedures take into account environmental, social and governance factors, and that our investments cannot be held in an entity if there are reasons to believe it has performed acts or carried out work contrary to ethical business practices, including the commission of human, labour and environmental rights violations.
The bill also allows provides for no investment being allowed in a company that produces arms or munitions of war that are prohibited under international law, or in any company directing acts of corruption. It is important to note that nothing in my bill would change the mandate of the Canada Pension Plan Investment Board, which is to maximize investment returns without undue risk of loss. My bill also does not change the fact that the investment decisions are left in the hands of the investment board and that it is up to them, through the existing section 51 of the act, to explain how their investments were in accordance with the act in their annual report to Parliament.
There are numerous examples around the world, but let us start with one at home. Here in Quebec regarding pension law, we have the CDPQ, which manages 41 public and quasi-public organizations. It is governed by legislation in the province of Quebec, which requires that the board of directors adopt a socially responsible investment policy.
In Sweden, Sweden's national pension insurance funds, the AP Funds Act of 2000, requires state pension funds to take environmental and social considerations into account without relinquishing the overall goal of a higher return on capital. The funds must include environmental and ethical standards in their investment policies and annually report to the government how they would adhere to those practices. Those Swedish funds are worth approximately $154 billion.
In Norway, the largest pension fund in the world, the Government Pension Fund Global is governed by regulations that were passed by its Parliament in 2004 to provide a legal framework emphasizing international human rights and environmental standards. Despite these being labelled as guidelines, the regulations are legally binding. For example, companies can be put under observation or be excluded if there is an unacceptable risk that the company contributes to, or is responsible for, serious or systematic human rights violations, such as murder, torture, deprivation of liberty, forced labour and the worst forms of child labour; or any serious violations on the rights of individuals in situations of war or conflict. As I said, Norway's pension is the largest in the world. It is valued at over $1 trillion and it has these governing factors.
In the last couple of minutes that I have, allow me to conclude by saying this. We all know that money makes the world go around. It is a well-trodden phrase, but it is true. Trillions of dollars are invested in the companies that we buy from, that employ us and that shape the world we live in. A lot of this money belongs to ordinary people and we all have a stake in the way it is spent, but many of the decisions on how it is invested are made behind closed doors. The investment system can be a force for good, but only if these decisions are made openly and with more than short-term profit in mind. We do not want our pension funds to, in any way, cause human misery around the world.
I do not think we often realize just how lucky we are to live in a place like Canada where we enjoy the rule of law and have strong institutions and accountability measures in place to hold corporations to account for their actions. People around the world should have the right to live in a healthy and ecologically based environment. They should have the right to be fairly compensated and respected for the work that they do. They should have the right to life, liberty and security of the person, free from slavery and torture.
We can no longer remain silent on these issues and it is time to demand that our CPP funds do the same. I hope my colleagues will give their utmost consideration to the bill before them and I am looking forward to any questions they may have.
propose que le projet de loi C-231, Loi modifiant la Loi sur l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (placements), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, c'est un rare et insigne honneur de pouvoir prendre la parole à la Chambre des communes pour parrainer et présenter une mesure législative afin que mes collègues l'examinent. J'espère que, d'ici mars prochain, quand le projet de loi sera probablement mis aux voix, j'arriverai à convaincre bon nombre de mes collègues que ce dernier est valable et qu'il mérite d'être renvoyé au comité.
Aujourd'hui, je suis ravi d'entamer le débat sur le projet de loi C-231, Loi modifiant la Loi sur l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada. Le comportement des sociétés commerciales dans le monde entier fait l'objet d'une surveillance de plus en plus serrée alors qu'un nombre croissant de personnes exigent des mesures concrètes. Au Canada, nous avons aussi reconnu le problème, surtout quand le gouvernement libéral a décidé de créer le poste d'ombudsman de la responsabilité des entreprises, qui est censé recevoir et traiter les plaintes concernant des violations des droits de la personne causées par des entreprises à l’étranger dans les secteurs du vêtement, des mines et des hydrocarbures.
Le NPD a été le premier à militer en faveur d'une plus grande responsabilité sociale des entreprises. Durant les derniers jours de la 42e législature, le député de New Westminster—Burnaby a présenté son projet de loi C-331, qui aurait permis de soumettre à un tribunal fédéral canadien toute violation flagrante des droits de la personne, des droits des travailleurs ou des droits environnementaux.
Mon projet de loi C-231 vise les investissements douteux servant à financer les entreprises délinquantes. C'est un concept qui préoccupe plusieurs Canadiens depuis longtemps, ce qui m'a poussé à faire des recherches plus approfondies pour qu'on examine de plus près les investissements du Régime de pensions du Canada.
Le Régime de pensions du Canada constitue un pilier important du système de retraite de notre pays. Chaque année, des millions de Canadiens contribuent au régime de pensions, qui verse des prestations de retraite, d'invalidité, de survivant et de décès à des millions de citoyens. Il s'agit d'un contrat sacré qui reconnaît de nombreuses années de travail acharné. Afin de maintenir l'équilibre fragile entre les prestataires et les cotisants, il faut que l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada, qui administre le fonds du RPC, fasse preuve de diligence raisonnable.
C'est grâce à sa stratégie prudente en matière d'investissements que le fonds du Régime de pensions du Canada est, aujourd'hui, évalué à plus de 400 milliards de dollars et qu'il est l'un des plus grands fonds de pension au monde. J'aimerais également souligner que les membres de l'Office d'investissement du RPC m'ont contacté au cours des deux dernières années pour discuter de mon projet de loi et de leur politique d'investissement responsable, qui « vise à intégrer les facteurs [environnementaux, sociaux et de gouvernance] dans les processus de gestion des investissements ». Toutefois, toujours selon le document, l'Office d'investissement du RPC ne choisit pas les actions et ne rejette pas certains investissements en fonction des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance.
C'est là le nœud du problème. Nulle part dans la Loi sur l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada il n'est fait mention de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance ni de pratiques commerciales éthiques. Il n'y est nulle part fait mention des droits de la personne, des droits du travail ou des droits environnementaux. Tout ce qu'on a, c'est une politique qui admet que les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance, bien que représentant une solide ligne directrice, ne sont pas des facteurs contraignants dans les décisions qui sont prises en matière d'investissements. L'obligation primordiale de l'Office est de maximiser le rendement des investissements en évitant des risques de perte indus. C'est ce que dit clairement l'article 5 de la Loi.
À ce moment-ci, les députés voudront probablement m'interrompre pour me dire: « Où voulez-vous en venir? C'est très bien, et nous devrions laisser les choses telles qu'elles sont. Après tout, le conseil d'administration a réussi à faire fructifier le fonds de manière remarquable, assurant la viabilité financière du régime pour les futurs bénéficiaires. »
Je suis d'accord que le fonds se porte très bien, et je n'ai aucun doute que les dirigeants de l'Office d'investissement font tout leur possible pour que cela continue, mais — et c'est là un gros « mais » — si l'on examine scrupuleusement les avoirs investis de l'Office, nous constatons qu'un grand nombre d'investissements sont problématiques.
Avant d'examiner en détail les dispositions du projet de loi C-231, je pense qu'il serait bon d'expliquer à la Chambre de quoi il est question lorsque je fais référence à des investissements problématiques. Je suis très reconnaissant à l'égard de la Bibliothèque du Parlement de m'avoir aidé dans mes recherches, et je suis également reconnaissant à l'égard d'autres organismes, par exemple Corporate Knights, et divers médias d'information qui ont mis au jour les détails sur les avoirs investis du Régime de pensions du Canada, que beaucoup d'entre nous trouveraient discutables, c'est le moins qu'on puisse dire.
Commençons par le Responsible Mining Index, ou « indice sur l'exploitation minière responsable ». Cet indice classe les entreprises selon leurs pratiques économiques, sociales et de gouvernance. Chacune reçoit un score sur 36. Les données les plus récentes datent de 2018, mais selon les recherches que j'ai obtenues auprès d'Investissements RPC, certaines entreprises dans lesquelles l'argent du fonds de retraite des Canadiens est investi figurent en queue de peloton et ne réussissent même pas à obtenir un score dans les deux chiffres. L'une d'elles a obtenu un score de 2,6.
De son côté, le rapport KnowTheChain, produit en 2018, classe les entreprises qui produisent des aliments et des boissons en fonction des efforts qu'elles font pour éliminer les risques de travail forcé au sein de leur chaîne d'approvisionnement. Dans ce cas-ci, elles obtiennent un score sur 100, mais selon les données obtenues auprès d'Investissements RPC, certaines entreprises dans lesquelles l'argent du fonds de retraite des Canadiens est investi figurent là aussi en queue de peloton et réussissent à peine à obtenir un score dans les deux chiffres. L'une d'elles a obtenu un 4, et une autre, un 7 — sur 100!
De 2000 à 2015, l'organisme Public Eye a décerné ses prix de la honte aux entreprises qui faisaient peu de cas de la responsabilité sociale. Comme on peut le lire sur le site Web de l'organisme, toutes ces entreprises faisaient fi des droits de la personne, détruisaient l'environnement, se livraient à des pratiques fiscales immorales ou trempaient dans la corruption. Toujours selon les données fournies par Investissements RPC, l'argent du fonds de pension des Canadiens est investi dans beaucoup d'entreprises figurant sur la liste de Public Eye.
Corporate Knights se décrit comme le plus connu des magazines de l'espace médiatique consacré au capitalisme propre. Selon le magazine, le terme « capitalisme propre » désigne un système économique à l'intérieur duquel les prix tiennent compte des retombées et des coûts sociaux, économiques et écologiques et dont les acteurs sont entièrement conscients des répercussions de leurs faits et gestes. Selon les recherches qui y sont publiées, l'argent du fonds de pension des Canadiens est souvent confié à des entreprises qui cherchent activement à bloquer les politiques et les résolutions climatiques, qui recourent au travail forcé et au travail des enfants, qui causent un tort irréparable à l'environnement et qui violent sans vergogne les droits de la personne.
Nous sommes évidemment tous conscients du danger bien réel et imminent que les changements climatiques représentent pour la planète. Ce danger va constituer l'enjeu du XXIe siècle, et les gestes que nous poserons au cours des 10 prochaines années vont déterminer la façon dont nous relevons ce défi. Malgré cela, l'Office d'investissement du RPC continue d'investir l'argent de nos pensions dans de grandes sociétés émettrices de carbone.
La Caisse de dépôt et placement a publié un rapport sur les grands émetteurs de carbone en 2017. Gazprom, qui était alors responsable de 3,9 % des émissions industrielles mondiales de gaz à effet de serre, et Coal India, qui était responsable de 1,9 % des émissions, font partie du portefeuille d'actions de l'Office d'investissement du RPC.
ShareAction est un organisme de bienfaisance qui a consacré les 12 dernières années à promouvoir le mouvement favorisant l'investissement responsable. Il transpose maintenant ce mouvement à l'échelle planétaire dans le but de transformer le système d'investissement pour en faire une force du bien. En 2018, l'organisme a publié un rapport intitulé « Pensions in a Changing Climate », qui évalue la réponse du secteur des pensions aux recommandations du Groupe de travail sur la divulgation de l'information financière relative aux changements climatiques.
ShareAction a ainsi analysé les 100 principaux fonds de pension publics au monde ainsi que leur approche à l'égard des risques et des occasions en lien avec le climat. L'organisme a classé l'Office d'investissement du RPC au 32e rang, avec une piètre cote de CCC. Selon ce classement, le Canada ne fait que commencer à agir sur le plan des risques climatiques. Comme le groupe de travail l'a indiqué dans son rapport, les grands fonds de pension mondiaux ont la responsabilité de gérer leurs fonds dans l'intérêt à long terme de leurs participants et bénéficiaires, ce qui comprend la prise de mesures appropriées en réponse aux changements climatiques dans le cadre des risques d'investissement en biens d'équipement.
Il semblerait également qu'au cours des dernières années, l'Office d'investissement du RPC aurait investi dans des sociétés privées américaines qui exploitent des camps de détention de migrants le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Je pourrais donner beaucoup d'autres exemples d'investissements problématiques. C'est une véritable liste d'épicerie, mais je sais que le temps file.
Ce qui ne fait aucun doute, c'est que la politique de l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada en matière d'investissement responsable ne l'empêche nullement d'investir les fonds de notre régime de pensions public dans des entreprises au bilan lamentable en matière de responsabilité sociale. Le projet de loi C-231 modifierait l'article 35 de la loi pour préciser que les principes, normes et procédures en matière de placement doivent tenir compte des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance et qu’aucun placement ne peut être effectué ou détenu dans une entité s’il y a des raisons de croire que celle-ci a accompli des actes ou effectué des travaux allant à l’encontre des pratiques commerciales éthiques, notamment si l’entité a commis des violations des droits de la personne, des droits des travailleurs ou des droits relatifs à l’environnement.
En outre, le projet de loi n'autorise aucun placement dans une entité qui produit des armes ou des armements de guerre interdits par le droit international ni aucun placement dans une entité qui dirige des actes de corruption. Il est important de souligner que mon projet de loi ne modifierait aucunement le mandat de l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada, lequel consiste à optimiser le rendement des placements tout en évitant des risques indus de pertes. Il ne change rien non plus au fait que l'office d'investissement est responsable de prendre les décisions en matière de placement et qu'il lui appartient d'expliquer, dans son rapport annuel au Parlement, en quoi les placements qu'il a effectués sont conformes à la loi, comme le prévoit l'article 51 de la loi en vigueur.
Les pratiques exemplaires en matière d'investissement responsable des régimes de pensions abondent dans le monde, mais examinons d'abord un modèle bien de chez nous. Au Québec, au chapitre du droit des pensions, nous avons la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère les régimes de 41 organismes publics et parapublics et qui est régie par une loi provinciale obligeant son conseil d'administration à adopter une politique d'investissement socialement responsable.
En Suède, la loi de 2000 sur les fonds nationaux d'assurance-pension prévoit que les fonds de pension de l'État doivent tenir compte des facteurs environnementaux et sociaux sans pour autant abandonner l'objectif global d'un rendement supérieur sur les capitaux. Les fonds doivent se doter d'une politique d'investissement comprenant des normes en matière d'environnement et d'éthique et faire rapport annuellement au gouvernement sur la manière dont ils comptent observer ces pratiques. Ces fonds suédois ont une valeur approximative de 154 milliards de dollars.
En Norvège, le plus grand fonds de pension du monde, le Fonds de pension gouvernemental-Étranger, est régi par des règlements qui ont été adoptés par son Parlement en 2004 afin de fournir un cadre juridique mettant l'accent sur les droits de la personne et les normes environnementales internationales. Bien qu'ils soient qualifiés de lignes directrices, ces règlements sont juridiquement contraignants. Par exemple, les entreprises peuvent faire l'objet d'une surveillance ou être exclues s'il existe un risque inacceptable qu'elles contribuent à des violations graves ou systématiques des droits humains — comme le meurtre, la torture, la privation de liberté, le travail forcé et les pires formes de travail des enfants qui existent —, ou à des violations graves des droits humains dans le cadre de guerres ou de conflits, ou bien qu'elles soient responsables de ces violations. Comme je l'ai dit, le fonds de pension de la Norvège est le plus important au monde. Il est évalué à plus de 1 billion de dollars, et ce sont ces facteurs qui l'encadrent.
Pendant les dernières minutes qui me restent, je me permets de conclure ainsi. Nous savons tous que l'argent fait tourner le monde. C'est une phrase éculée, mais c'est vrai. Des billions de dollars sont investis dans les entreprises dont nous sommes les clients, qui nous emploient et qui façonnent notre monde. Une grande partie de cet argent appartient aux gens ordinaires et nous sommes tous concernés par la manière dont celui-ci est dépensé, mais les décisions concernant la façon dont il est investi sont souvent prises à huis clos. Le système des investissements pourrait être une force positive, mais seulement si ces décisions sont prises publiquement et visent plus que les profits à court terme. Nous ne voulons pas que nos fonds de pension causent de la misère humaine dans le monde, de quelque manière que ce soit.
Il m'arrive souvent de penser que nous ne réalisons pas pleinement la chance immense que nous avons de vivre dans un pays tel que le Canada, où l'on jouit de la primauté du droit et où de mesures de reddition de comptes permettent de tenir les sociétés responsables de leurs actes. Partout dans le monde, les gens devraient avoir le droit de vivre dans un milieu sain et respectueux de l'écologie et d'être rémunérés pour le travail qu'ils font. Ils devraient avoir droit à la vie, à la liberté et à la sécurité individuelles, et être libres de l'esclavage et de la torture.
Nous ne pouvons pas continuer à ignorer ces problèmes. Le moment est venu d'exiger la même chose du Régime de pension du Canada. J'espère que les députés accorderont toute leur attention au projet de loi à l'étude et je répondrai volontiers à leurs questions.
Collapse
View Sébastien Lemire Profile
BQ (QC)
View Sébastien Lemire Profile
2020-12-07 13:05 [p.3019]
Expand
Madam Speaker, first, I would like to inform you that I will be sharing my time with my colleague from Thérèse-De Blainville.
I would also like to welcome back one of my staffers, who is also a friend, Philippe Guertin, who had to take a few months off because of a somewhat difficult personal situation. I am so glad to have him back in the office today.
That said, I would like to indicate that the Bloc Québécois does not support the motion before us. We agree with the preamble of the motion. Businesses, particularly SMEs, are indeed suffering considerably from the repercussions of the pandemic, and it is the government's responsibility to bring in programs to help them get through this crisis and maintain jobs.
However, we believe that the government also has a duty to safeguard the public good. In that sense, eliminating or delaying any regulations, such as the carbon tax for example, would be detrimental to the public good. There are other, more effective ways to support our businesses in these troubled times.
Quebec businesses have been weakened by the pandemic, the drop in consumption and the health measures put in place. Our businesses have insisted, and even more so in the past eight months, that the most effective, simple and transparent way to help them would be to create a sector-specific assistance program that has measures to cover fixed costs.
Will the federal government finally take action to mitigate the financial impact of fixed costs on our Quebec businesses, especially in the tourism, culture and restaurant sectors? SMEs in those sectors are still finding it difficult to obtain the financing they need.
That is what came out of the September 30 poll of 7,000 SMEs by the Canadian Federation of Independent Business, which also shows that 50% of Quebec businesses believe that it will be difficult to survive a second wave of restrictions. This poll shows us that 27% of SMEs would survive less than a year with their current level of revenue. Quebec SMEs are saying they they need an average of $25,000 to cover fixed costs just in December 2020. That is a lot.
Furthermore, the Canadian Federation of Independent Business' most recent survey of 4,200 businesses on October 28 illustrates quite clearly that we still have a long way to go to help businesses.
Allow me to share some statistics: 30% of Canadian businesses reported being partially open; just 24% of Canadian businesses reported making usual revenues for that time of year; 45% of businesses reported making up to half of their usual revenues for that time of year; 35% of Quebec businesses reported losing money for every day that they were open; between 23% and 25% of businesses in the hospitality and the arts and recreation sectors were actively considering bankruptcy; 10% of businesses reported needing the Canada emergency business account—which, I remind members, is a loan—but not being eligible; 11% of businesses reported needing the Canada emergency wage subsidy but not being eligible; 28% of businesses reported needing the Canada emergency commercial rent assistance program but not being eligible.
There are nearly 25,000 small and medium-sized businesses in Quebec, which represents 93% of private-sector jobs in Quebec. We are talking about 2.3 million workers whose contributions will help revive Quebec's economy and raise their families' quality of life. Would we risk losing half of that?
I remind members that SMEs are vital to Quebec's economy. The Government of Canada really failed in helping our SMEs pay their rent during the first wave, with the program that ended on September 30.
SMEs waited eight long months before getting appropriate rent assistance. I would also like to mention that the initial versions of the SME assistance programs were not really tailored to the reality of entrepreneurs. It took several months before the government started offering programs that would finally support a larger majority of businesses.
We are therefore asking for more flexibility. We feel that there is a little more flexibility and openness in the federal government's current assistance programs than in the initial versions of the programs. In fact, many of the changes made by the federal government meet the recommendations of the Bloc Québécois and, more importantly, the needs expressed by entrepreneurs themselves.
The most recent expansions of the assistance programs are leaving fewer and fewer businesses behind, but we need to go a step further, because the federal government's assistance programs do not take into account real-life situations, economic diversification and the specific realities of the regions, the hotel industry, cultural enterprises and summer camps. The entire tourism industry, a vital component of our economy, has been hard hit.
The Canada emergency business account must be made more flexible in order to give startups and entrepreneurs who do not have a business number or who have non-deferrable expenses access to the program.
There should also be retroactive assistance to cover fixed costs that were not covered by the first version of the Canada emergency commercial rent assistance program, in which, you might remember, the vast majority of landlords refused to participate at tenants' request. When will the government finally present to the House a real assistance program for fixed costs that meets the real needs of SMEs in Quebec, as the Quebec government already has?
Quebec is setting an example. Many of the stakeholders I have met with have praised Quebec's effective programs, namely the concerted temporary action program for businesses and the emergency assistance to small and medium-sized businesses program. These programs are administered by Investissement Québec.
Both of these programs were enhanced by the assistance to businesses in high alert regions component, which covers certain fixed costs paid out during the closure period. Fixed costs include municipal and school taxes, the portion of rent not covered by another government program, mortgage interest, public utilities such as electricity and gas, insurance, telecommunications costs, permits and association fees. Can the federal government do the same?
As I said at the beginning of my speech, it is up to the government to implement programs to help businesses survive this crisis and maintain jobs. However, we feel that the government is also responsible for protecting the public good. In this case, eliminating or postponing regulations, such as the carbon tax, would not be conducive to the public good. There are also a number of more effective means of supporting our businesses during this difficult period.
I will now take questions.
Madame la Présidente, d'entrée de jeu, je voudrais dire que je vais partager mon temps de parole avec ma collègue de Thérèse-De Blainville.
Je voudrais aussi souligner le retour au travail d'un de mes employés et ami, Philippe Guertin, qui a dû s'absenter plusieurs mois à cause d'une expérience de vie un peu fâcheuse. C'est un plaisir de le retrouver aujourd'hui au bureau.
Cela étant dit, j'aimerais indiquer que le Bloc québécois est contre la motion qui est présentée. Nous sommes d'accord sur le préambule de la motion. En effet, les entreprises, en particulier les PME, souffrent considérablement des conséquences de la pandémie et il est de la responsabilité du gouvernement de mettre en place des programmes pour les aider à surmonter cette crise et pour maintenir les emplois.
Cependant, nous considérons que le gouvernement a aussi le devoir de protéger le bien public. En ce sens, éliminer ou reporter toute réglementation — nous pensons ici à la taxe carbone — serait contraire au bien public. Il y a d'autres moyens plus efficaces de soutenir nos entreprises en cette période trouble.
Alors que les entreprises québécoises sont fragilisées par la présente pandémie, par la baisse de la consommation et en raison des mesures sanitaires, nos entrepreneurs insistent — encore plus depuis huit mois — sur le fait que la manière la plus efficace, la plus simple et la plus transparente pour eux serait la mise en place d'un programme d'aide ciblé par secteur avec des mesures couvrant les coûts fixes.
Est-ce que le gouvernement fédéral agira finalement pour atténuer les conséquences financières des coûts fixes sur nos entreprises québécoises, tout particulièrement dans les secteurs comme le tourisme, la culture et la restauration? Les PME de ces secteurs ont encore de la difficulté à obtenir le financement dont elles ont besoin.
C'est ce qu'on comprend en lisant le sondage daté du 30 septembre de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante auprès de 7 000 PME. On peut également y voir que, au Québec, ce sont 50 % des entreprises qui considèrent qu'il serait difficile de survivre à une deuxième vague de restrictions. Ce même sondage nous démontre que 27 % des PME survivraient moins d'un an avec les revenus qu'elles ont actuellement. Les PME du Québec disent qu'elles ont besoin de 25 000 $, en moyenne, pour couvrir les coûts fixes jusqu'en décembre 2020. C'est énorme.
De plus, le plus récent sondage réalisé le 28 octobre dernier par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante auprès de 4 200 entreprises est sans équivoque: il y a encore du chemin à faire pour aider les entreprises.
Voici quelques statistiques: 30 % des entreprises au Canada sont partiellement ouvertes; seulement 24 % des entreprises canadiennes réalisent actuellement les revenus habituels des dernières années; 45 % des entreprises réalisent actuellement la moitié ou moins des revenus annuels des dernières années; 35 % des entreprises du Québec perdent de l'argent chaque jour qu'elles sont ouvertes; entre 23 % et 25 % des entreprises en hébergement, en tourisme, en restauration, en arts et en loisirs envisagent sérieusement de déclarer faillite; 10 % des entreprises disent avoir besoin du Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes — un prêt, il faut le rappeler —, mais n'y sont pas admissibles; 11 % des entreprises disent avoir besoin de la Subvention salariale d'urgence du Canada, mais n'y ont pas accès; 28 % des entreprises disent avoir besoin de l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial, mais n'y sont pas admissibles.
Les PME québécoises, ce sont près de 25 000 petites et moyennes entreprises, ce sont 93 % des emplois du secteur privé du Québec, et ce sont 2,3 millions de travailleurs qui, par leur contribution, relèveront l'économie du Québec et la qualité de vie de leur famille. Prendrait-on le risque de diminuer cela de moitié?
Je rappelle que les PME sont vitales à l'économie du Québec. Nous savons que le gouvernement du Canada a particulièrement raté son coup pour aider nos PME à payer leur loyer durant la première vague avec le programme qui s'est terminé le 30 septembre dernier.
Les PME ont attendu huit longs mois avant de pouvoir bénéficier d'une aide au loyer appropriée. Je tiens à mentionner aussi que les premières moutures des programmes d'aide aux PME n'étaient vraiment pas en accord avec la réalité vécue par les entrepreneurs. Il a fallu plusieurs mois avant que le gouvernement n'offre des programmes qui soutenaient enfin une plus grande majorité d'entreprises.
Nous demandons donc plus de souplesse. Avec ce qui est offert dans les programmes d'aide du gouvernement fédéral, nous sentons qu'il y a un peu plus de souplesse et d'ouverture que dans les premières moutures des mesures d'aide aux entreprises. D'ailleurs, beaucoup de modifications du gouvernement fédéral répondent aux recommandations du Bloc québécois, mais surtout aux demandes des entrepreneurs eux-mêmes.
Les derniers élargissements aux programmes d'aide laissent de moins en moins d'entreprises à elles-mêmes. Il faut cependant aller encore plus loin, car les programmes d'aide du gouvernement fédéral ne tiennent pas compte de la vraie réalité, de la diversification des secteurs d'activité et des réalités particulières de nos régions, des hôtels, des entreprises culturelles et des camps de vacances. C'est toute l'industrie touristique, pourtant vitale, qui a été durement mise à mal.
Le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes doit encore être assoupli pour donner accès au programme aux entreprises en démarrage, aux entrepreneurs qui ne possèdent pas de numéro d'entreprise et à ceux qui ont des dépenses non reportables.
Il faut aussi une aide rétroactive pour couvrir les frais fixes qui n'étaient pas visés par la première mouture de l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial, dont on se souvient que la grande majorité des propriétaires avait refusé de participer au programme à la demande des locataires. Quand le gouvernement va-t-il enfin déposer à la Chambre un véritable programme d'aide aux coûts fixes qui répond efficacement aux besoins des PME du Québec, comme le Québec l'a déjà fait?
En effet, le Québec montre l'exemple. Beaucoup d'intervenants que j'ai rencontrés ont vanté les programmes efficaces du Québec. Ces programmes sont administrés par l'entremise d'Investissement Québec. Il s'agit notamment du Programme d'action concertée temporaire pour les entreprises et du Programme d'aide d'urgence aux petites et moyennes entreprises.
Ces deux programmes ont été bonifiés par le volet d'Aide aux entreprises en région en alerte maximale, qui couvre certains frais fixes qui seront déboursés pendant la période de fermeture visée. Les frais fixes sont les taxes municipales et scolaires, la partie du loyer qui n'est pas couverte par un autre programme gouvernemental, les intérêts payés sur les prêts hypothécaires, les frais liés aux services publics comme l'électricité et le gaz, les assurances, les frais de télécommunication, les permis et les frais d'association. Est-ce que le gouvernement fédéral peut en faire autant?
Comme je le disais au début de mon intervention, il est de la responsabilité du gouvernement de mettre en place des programmes pour aider les entreprises à surmonter cette crise et pour maintenir les emplois. Cependant, nous considérons que le gouvernement a aussi le devoir de protéger le bien public. En ce sens, éliminer ou reporter toute réglementation — comme la taxe sur le carbone — serait contraire au bien public. Il y a aussi bien d'autres moyens plus efficaces encore de soutenir nos entreprises durant cette période trouble.
Je suis prêt à répondre aux questions.
Collapse
View Gabriel Ste-Marie Profile
BQ (QC)
View Gabriel Ste-Marie Profile
2020-12-07 19:30 [p.3079]
Expand
Madam Speaker, the pandemic has shaken us all. It has revealed a lot about our situation. I am thinking of Quebec's health care system and those of all the provinces. We have seen the extent to which our health care system has been compromised.
The pandemic has also revealed that Canada was very ill-equipped for various pandemics, even though there had been at least a few dress rehearsals in the past, such as H1N1 and SARS. Year after year, there has been a decline in funding for the equipment and expertise needed to prepare for pandemics.
We saw the same thing with the health care system. If we go back a few decades, Ottawa had an agreement with Quebec and the provinces to split the costs of the health care system equally. This ratio made perfect sense, because taxpayers pay around the same amount in taxes to Ottawa and to Quebec or the provinces.
However, over the past few decades, the federal government has been consistently decreasing its share of funding. The largest drop was in the mid-1990s. Shamefully, this was part of Ottawa's response to the lost referendum in Quebec. Ottawa decided that it would cut funding to the provinces, slashing funding to Quebec so that it would no longer be able to do things on its own.
This created a certain paradox. Quebec's health care system, among other things, was under-funded. The same thing happened in the other provinces. Quebec made an ingenious move, in my opinion, and implemented a pharmacare program that, admittedly, does have room for improvement. That said, with little financial capacity, Quebec managed to do something ingenious. The same is true when it comes to family policy and the child care system or paid parental leave, all of which helped bring poverty down to a level below what it would have been without those measures.
A number of economists have even said that Quebec's child care system provides a net benefit because it makes it possible for women to remain active in the workforce. That is a plus. They keep their jobs and pay taxes, and children in the child care system get a high-quality early childhood education.
However, Ottawa chose to cut funding to the health care system, which has weakened it. This has become clearer than ever in this pandemic. One example is the terrible situations in our long-term care homes.
This Thursday, the Prime Minister is going to meet his Quebec and provincial counterparts to talk about health care funding. In my opinion, it is time to change course and try to catch-up. The government needs to provide more funding for the health care system.
As the Parliamentary Budget Officer has indicated in study after study, Ottawa is the one with the flexibility. That explains why the bulk of the extraordinary spending that occurred during the pandemic was done by this level of government. The flexibility is here, and that is significant. It relates to the fiscal imbalance. What caused the fiscal imbalance? It was Ottawa withdrawing funding for health care, post-secondary education and social services.
It is time we changed course. We can no longer afford to have such a fragile health care system. That is what we have learned from the current pandemic. We knew it before, but now it has become blatantly obvious, particularly when we think about the plight of the thousands of people living in Quebec's long-term care facilities.
The federal government could have played a very important role in health care in addition to funding it. Let's hope the government will have some good news about that to share with us at the meeting on Thursday. As I said before, properly funding a health care system, making sure our health care system is not vulnerable, is an investment. When crises like this one arise, that investment enables us all to get through it and get back on our feet faster. It pays off in the end. Let's not forget that, fundamentally, this is also a social equity issue. In our wealthy society, quality health care is a right. It should not be a privilege.
The government could have made things better on the health front by securing a dependable COVID-19 vaccine supply. We are now realizing that the government appears to have made bad decisions ever since the start of the pandemic. Worse yet, it appears to have dragged its feet.
We see that other G7 countries, specifically the United Kingdom, are preparing to administer their first vaccines. Countries around the world are announcing that immunization is imminent. Despite the good news we heard today—that we could have a few doses, a symbolic few unfortunately, before the end of the year—it looks like we will have to wait months longer than other countries. It is truly appalling.
It would be interesting to know how much it would cost society to delay vaccination by one month. I asked the Minister of Health this question, but of course she did not have an answer. As we know, absolutely crucial restrictive health measures were put in place to try to stop the pandemic from spreading further, but what is the cost of delaying vaccination by one, two, three or six months? These are questions that need to be asked and that the government needs to answer, because it seems to have been dragging its feet at the beginning of the pandemic. It appears that we will be vaccinated later than citizens of other countries.
Even worse is that just a decade ago, Quebec had a very strong pharmaceutical industry. We know that in the late 1980s and 1990s, Quebec became a pharmaceutical powerhouse. Working hand in hand, Ottawa and Quebec City managed to put in place a framework that would allow pharmaceutical companies to emerge, proliferate and thrive on Quebec soil, and it was a success. In just a few years, Quebec managed to attract five multinational pharmaceutical companies that have all developed a promising vaccine or are on their way to doing so. We had top-notch researchers and production capacity, including for vaccines, back home in Quebec. A few decades later, there is almost nothing left, nothing but dust.
I obviously commend the government's intention of investing in laboratories. These investments that were announced this fall come a bit too late, in my opinion, because it will take a few years to build the production capacity. This will not help us deal with the current pandemic.
Why did the government neglect this lucrative system that we could be proud of and that gave us expertise that we could have used during this pandemic?
In fact, there is every reason to believe that we could have received vaccines earlier. They might even have been developed here, whether in the greater Montreal area, Laval, Quebec City or Sherbrooke. That did not happen because Ottawa decided to abandon this sector, change the rules, and change the system. Even though Quebec redoubled its efforts to keep this expertise, it was not enough in this highly competitive environment.
Walking away from all that is unacceptable. I am so disappointed and upset. This must never happen again. We will see what the future holds with regard to vaccines.
I would like to raise another point about vaccines. I will go back a little further in time and talk about a company that manufactured quality vaccines. Why did Ottawa decide to drop this internationally renowned, publicly owned company that supplied vaccine strains to almost every country in the world? Why did Ottawa allow this company to be dismantled and then sold?
I am referring to Connaught Laboratories, which was located in Toronto. Connaught was established in 1913 and had a rich history. Unfortunately, in the early 1970s, it was sold to a Crown corporation and ceased its previous activities before being fully privatized in the late 1980s. That is what happened under past governments of different stripes. Connaught had the ability to produce vaccines at little cost and had an international reputation.
The bad decisions made in the past partly explain the delays we ar going to experience. These are important issues. We must reflect on them. Perhaps history will teach us not to repeat these unfortunate mistakes.
A number of sectors were left out of the government's pandemic response, but there were some positives. I will come back to that in a moment. In my opinion, seniors were largely forgotten by the government.
Seniors are the ones who have been most isolated during the pandemic. They are really struggling, and we are thinking of them. They often live alone and will likely not be able to celebrate the holidays. They have been isolated for months. On top of that, they are staying home and having their groceries delivered, since they have been warned that seniors are at greater risk. All of this contributes to an ever-growing grocery bill.
This segment of the population has been forgotten for years, even decades. Many social policies have been adopted and implemented for families and young people, which I will say is great. However, there have been few or no meaningful policies to support the well-being of seniors, even as their cost of living has increased while their purchasing power has decreased.
I am thinking about old age security, which has not kept up with inflation and is therefore not where it should be. Even before the pandemic, when we would go visit people in seniors' residences, we saw it and heard about it; people would tell us that the cost of the rooms, the rent, and the cost of everything was going up while their incomes were going down, thereby reducing their purchasing power.
It had gone down so much that during the last election, the Liberal Party committed to increasing old age security. We did too, but while the Liberal Party promised to do that only for people 75 and older, it was out of the question that we would create two categories of seniors. The increase had to apply to everyone 65 and older because they all deserve it. We owe it to them, because they have helped us so much their entire lives. It was the least we could do to ensure tax equity and fairness.
After a very lengthy tug-of-war, we managed to wrest a symbolic cheque out of the government in early summer. A second cheque was to follow, but it has yet to materialize, much like a complete reform. This needs to change.
That being said, I must commend the good the government has done. From day one of the pandemic, it has implemented several income support economic policies.
We do not want to act like our neighbours to the south and pretend that the pandemic does not exist. That has had serious consequences and made health care costs go up. In Canada, we decided to quarantine and bring in measures that would reduce activity—
Madame la Présidente, la pandémie nous a tous secoués. Elle a révélé beaucoup d'informations sur notre situation. Je pense évidemment aux systèmes de santé du Québec et de chacune des provinces. On a vu à quel point notre système de santé était fragilisé.
La pandémie a aussi révélé le fait que le Canada était très mal préparé aux différentes pandémies. Pourtant, il y avait eu, à tout le moins, quelques répétitions générales. On peut penser aux épisodes de la grippe H1N1 et du SRAS. Or on a pu constater, année après année, un recul du financement de l'équipement et de l'expertise pour se prémunir contre les pandémies.
C'est aussi ce qu'on a vu dans le système de santé. À l'origine, si on remonte de quelques décennies, l'entente entre Ottawa et le Québec et les provinces était un financement, à parts égales. Ce ratio était tout à fait logique, puisque les contribuables paient environ les mêmes impôts et les mêmes taxes à Ottawa qu'à Québec et que dans les provinces.
Pourtant, au cours des dernières décennies, on a vu un recul constant de la part du fédéral. Là où il y a eu un recul plus marqué, c'est à partir du milieu des années 1990. On peut malheureusement établir un lien — ce qui est déplorable — entre le référendum qui a été perdu au Québec et la réplique d'Ottawa, disant qu'on allait réduire le financement aux provinces, et ce faisant, qu'on allait réduire le financement au Québec pour qu'il n'ait plus les moyens de se prendre en main pour quoi que ce soit.
Cela a amené un paradoxe certain. Le système de santé du Québec, entre autres, s'est retrouvé sous-financé. La même situation a eu lieu dans les autres provinces. Québec a fait preuve de génie, à mon avis, en mettant en place un système d'assurance-médicaments qui est certes très perfectible et très incomplet à l'heure actuelle. Cela dit, avec de faibles moyens financiers, Québec a réussi à faire quelque chose de génial. C'est la même chose pour la politique familiale, avec tout le système de CPE. Je pense aussi aux congés parentaux payés. Cela a permis de réduire la pauvreté plus qu'elle ne l'aurait été, si ces mesures n'avaient pas été mises en place.
Plusieurs économistes ont même dit que le système des Centres de la petite enfance, les CPE, est même payant parce qu'il permet aux femmes de rester actives sur le marché du travail. C'est un gain. Elles continuent à occuper leurs emplois, paient leurs impôts. Dans le système de CPE, les enfants reçoivent une éducation de la petite enfance certainement de qualité.
Toutefois, Ottawa a choisi de désinvestir le système de santé, et celui-ci s'en est trouvé fragilisé. C'est vraiment dans cette pandémie qu'on le réalise comme jamais auparavant. Je pense en particulier à la situation terrible dans nos CHSLD.
Jeudi de cette semaine, le premier ministre de la Chambre va rencontrer ses homologues du Québec et des provinces pour parler du financement de la santé. À mon avis, c'est le temps de donner un coup de barre et de faire du rattrapage. Il faut mieux financer le système de santé.
Comme le rappelle, étude après étude, le directeur parlementaire du budget, la marge de manœuvre se trouve à Ottawa. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi l'essentiel des dépenses extraordinaires, pendant la pandémie, a été réalisé par ce niveau de gouvernement. La marge de manœuvre est ici, et ce n'est pas anodin. Cela renvoie au déséquilibre fiscal. Qu'est-ce qui a causé le déséquilibre fiscal? C'est le retrait d'Ottawa du financement de la santé, de l'éducation postsecondaire et des services sociaux.
Il est temps de donner un coup de barre. On ne peut plus se permettre d'avoir un système de santé aussi fragile. C'est ce que la pandémie actuelle nous a révélé. On le savait, mais là cela a été criant, surtout quand on pense au triste sort de milliers de personnes qui vivaient dans nos CHSLD.
En matière de santé, le gouvernement fédéral pouvait jouer un rôle très important, outre celui de financer. On espère que, à la rencontre de jeudi, le gouvernement aura de bonnes nouvelles à nous annoncer à cet égard. Je le répète: bien financer un système de santé et avoir un système de santé qui n'est pas fragilisé, c'est un investissement, et cela permet notamment, quand arrivent des crises comme celle-ci, de passer au travers et de se relever plus vite. Au bout du compte, c'est payant. Il ne faut pas oublier que c'est aussi, à la base, une question d'équité sociale et que les soins de santé de qualité, dans notre société qui est si riche, sont un droit. Cela ne devrait pas être un privilège.
Là où le gouvernement aurait pu améliorer les choses en matière de santé, c'est en rendant plus sûr l'approvisionnement de vaccins contre la COVID-19. Ce dont on se rend compte, à l'heure actuelle, c'est que le gouvernement semble avoir fait les mauvais choix au début de la pandémie. Pire, il semble avoir traîné les pieds.
On voit des pays du G7, notamment le Royaume-Uni, qui s'apprêtent à administrer leurs premiers vaccins. On voit des annonces partout au monde indiquant que la vaccination est imminente. Malgré les bonnes nouvelles que nous avons eues aujourd'hui — nous pourrions avoir quelques doses, un nombre malheureusement symbolique, avant la fin de l'année —, il semble qu'il va falloir attendre des mois et des mois de plus que les autres pays. Cela est vraiment déplorable.
Il serait intéressant de savoir combien peut coûter à la société le fait de retarder d'un mois la vaccination. J'ai posé cette question à la ministre de la Santé, mais, de toute évidence, elle n'avait pas la réponse. On le sait, des mesures restrictives sanitaires absolument nécessaires sont mises en place pour que la pandémie ne prenne pas davantage d'ampleur, mais quel est le coût d'un retard de vaccination d'un mois, de deux mois, de trois mois ou de six mois? Ce sont des questions qu'on doit se poser et auxquelles le gouvernement doit répondre, parce qu'il semble avoir traîné les pieds au début de la pandémie. Il semble que nous serons vaccinés plus tard que les citoyens d'autres pays.
Cela est d'autant plus navrant que, il y a à peine une décennie, le Québec était très bien positionné sur le plan pharmaceutique. On sait qu'à la fin des années 80 et dans les années 90, le Québec est devenu un champion à l'échelle internationale en matière de pharmaceutique. Ottawa et Québec, main dans la main, avaient réussi à mettre en place un cadre qui permettait l'émergence, la prolifération et l'activité intense des compagnies pharmaceutiques en sol québécois, et cela a été un succès. En quelques années à peine, le Québec a réussi à attirer cinq multinationales pharmaceutiques qui ont toutes développé un vaccin prometteur ou sont en voie de le faire. Nous avions des chercheurs de pointe et nous avions des capacités de production, notamment de vaccins, chez nous, au Québec. Quelques décennies plus tard, il ne reste pratiquement plus rien. Il reste des poussières.
À ce sujet, je salue évidemment l'intention du gouvernement d'investir dans des laboratoires. Ces investissements qui ont été annoncés cet automne arrivent un peu trop tard, à mon avis, parce que les capacités de production ne seront pas là avant quelques années encore. Cela ne servira donc pas à contrer l'actuelle pandémie.
Pourquoi avoir laissé aller tout ce système dont nous pouvions être fiers, qui était payant, qui nous apportait une expertise et dont nous aurions pu jouir pendant l'actuelle pandémie?
En effet, tout porte à croire que nous aurions été en mesure d'avoir des vaccins plus rapidement. Ils auraient peut-être même pu être développés chez nous, que ce soit dans le Grand Montréal, à Laval, à Québec, voire à Sherbrooke. Ce n'est toutefois pas le cas, parce qu’Ottawa a décidé d'abandonner ce secteur, de changer les règles, de changer le système, et, bien que Québec ait essayé de redoubler d'efforts pour maintenir cette expertise, cela n'a pas suffi dans cet environnement très concurrentiel.
Le fait de laisser tomber tout cela est inacceptable. J'en suis tellement déçu et navré qu'il ne faut plus jamais que cela se reproduise. On verra ce que l'avenir nous réserve pour la vaccination.
J'aimerais soulever un autre élément concernant la vaccination. Je vais remonter un peu plus loin dans le temps pour parler d'une société qui faisait des vaccins de qualité. Pourquoi Ottawa a-t-il choisi de laisser aller cette société publique, mondialement connue, qui fournissait des souches de vaccins à presque tous les pays dans le monde? Pourquoi Ottawa a-t-il laissé cette société être démantelée, puis vendue?
Je parle des laboratoires Connaught, qui se situaient à Toronto. Ces laboratoires, fondés en 1913, avaient une histoire magnifique. Malheureusement, au début des années 1970, ils ont été vendus à une société de la Couronne et ont cessé leurs activités antérieures avant d'être complètement privatisés à la fin des années 1980. Voilà ce qui s'est passé, alors que les partis se sont succédé au pouvoir. Ces laboratoires avaient la capacité de produire des vaccins à faible coût et étaient mondialement reconnus.
Les mauvais choix du passé expliquent donc en partie les retards que nous subirons. Ce sont des questions importantes. Il faut y réfléchir. L'histoire nous apprendra peut-être à ne pas répéter ces tristes erreurs.
Dans la réponse du gouvernement à la pandémie, plusieurs secteurs ont été oubliés, mais il y a aussi eu de bons coups. J'y reviendrai sous peu. Cependant, à mon avis, une catégorie de la population a été sérieusement oubliée, à savoir celle des aînés.
Les aînés sont les personnes qui se retrouvent le plus isolées en temps de pandémie. Elles ont vraiment de la difficulté et on pense fort à elles. Elles vivent souvent seules et elles ne pourront vraisemblablement pas célébrer les Fêtes. Cela fait plusieurs mois qu'elles se trouvent isolées. De plus, puisqu'on leur dit de faire attention puisque ce sont des aînés et donc davantage à risque, ces personnes se confinent et font livrer leur commande d'épicerie, ce qui rajoute des coûts à un panier d'épicerie déjà de plus en plus cher.
C'est la catégorie de la population qui a été oubliée ces dernières années et décennies. Beaucoup de mesures et de politiques sociales ont été adoptées et mises en place pour les familles et les plus jeunes, ce qui est bien et que je salue. Cependant, il n'y a eu que peu, voire pas, de politiques structurantes contribuant au bien-être des aînés, alors que ces personnes ont subi une augmentation du coût de la vie et une réduction de leur pouvoir d'achat.
Je pense notamment à la pension de la Sécurité de la vieillesse, qui n'a pas suivi la hausse de l'inflation et qui n'est donc pas au niveau où elle devrait être. Déjà avant la pandémie, lorsqu'on allait rendre visite aux gens dans les résidences pour aînés, on le voyait, on l'entendait et ils nous le disaient: le prix des chambres, le loyer et le prix de tout augmentaient alors que leurs revenus diminuaient, réduisant ainsi leur pouvoir d'achat.
Cela avait tellement diminué que, lors de la dernière élection, le Parti libéral s'était engagé a augmenter la Sécurité de la vieillesse. Nous aussi, mais, alors que le Parti libéral ne s'engageait à le faire que pour les personnes de 75 ans et plus, il n'était pas question pour nous d'avoir deux catégories d'aînés: l'augmentation devait s'appliquer à tout le monde de 65 ans et plus, car toutes ces personnes le méritaient. Nous leur devions bien cela, car elles nous avaient tellement aidés toute leur vie. C'était donc la moindre des choses que de faire montre d'équité et de justice fiscale.
Nous avons réussi aux termes d'un long bras de fer à arracher au gouvernement un chèque symbolique au début de l'été. Un deuxième chèque devait suivre, mais se fait toujours attendre, tout comme une réforme en profondeur. Il faut que cela change.
Cela étant dit, je dois saluer ce que le gouvernement a fait de bien. Depuis le début de la pandémie, il a instauré plusieurs politiques économiques de soutien au revenu.
Nous ne voulions pas agir comme nos voisins du Sud et faire semblant que la pandémie n'existait pas, ce qui a provoqué de graves conséquences et fait augmenter les coûts des soins de santé. Au Canada, nous avons décidé de nous confiner et de mettre en place des mesures qui allaient réduire l'activité...
Collapse
View Bernard Généreux Profile
CPC (QC)
Mr. Speaker, André Gagnon, known to his friends as Dédé, was born in Saint-Pacôme, in my riding. He started playing piano when he was five. He attended the Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière and pursued his musical studies at the Conservatoire de musique de Montréal.
André Gagnon maintained close relationships with his family, his friends, and the place he was from. Throughout his career, he accompanied many high-profile artists, including Claude Léveillée, Monique Leyrac, Renée Claude and many more. Mr. Gagnon was a prolific composer of music for TV series, movies, dance and theatre, including the theme songs for La Souris verte and Forges du Saint-Maurice. He was made an Officer of the Order of Canada.
Songs of his like Neiges, Comme au premier jour, Nelligan and Le Saint-Laurent are touchstones for our memories. Now and forever, our hearts will swell with pride whenever we hear his music reverberating from keyboards around the world. André Gagnon is a jewel in Kamouraska's crown, and he will live on in the concert hall that bears his name in La Pocatière.
My sincerest condolences to those mourning his loss.
Farewell, Mr. Gagnon.
Monsieur le Président, André Gagnon, Dédé pour les intimes, est né à Saint-Pacôme, dans ma circonscription. Il a commencé le piano dès l'âge de cinq ans. Élève du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il est allé parfaire son art au Conservatoire de musique de Montréal.
André Gagnon a toujours été près de sa famille, de ses proches et de sa région natale. Durant sa carrière, il a accompagné de nombreux artistes de renom comme Claude Léveillée, Monique Leyrac, Renée Claude et bien d'autres. Créateur prolifique de musique de séries télévisées, de films, de danse et de théâtre, M. Gagnon a composé entre autres les thèmes de La Souris verte et des Forges du Saint-Maurice. Il a été nommé officier de l'Ordre du Canada.
Neiges, Comme au premier jour, Nelligan, Le Saint-Laurent, ses chansons ont bercé nos souvenirs et, encore aujourd'hui et pour longtemps, feront frissonner notre fierté sur tous les claviers du monde entier. Dans son écrin du Kamouraska, André Gagnon vivra toujours dans la salle de spectacle qui porte son nom à La Pocatière.
À tous ceux qu'il laisse dans le deuil, j'offre mes plus sincères condoléances.
Adieu, monsieur Gagnon.
Collapse
View Caroline Desbiens Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, the great Quebec pianist André Gagnon passed away yesterday.
He was a truly monumental figure in the music world and a prolific composer who brought pianos to life all around the world from Montreal to Japan. He was a recipient of 16 ADISQ Félix awards, and his album Neiges spent 24 weeks in the top 10, selling 700,000 copies.
He was a big fan of Émile Nelligan and would go on to compose the famous opera Nelligan by Michel Tremblay, as well as TV show scores. He collaborated with Ferland, Léveillée, Julien, Dufresne, Plamondon and so many others. His melodies live on in each of us.
Beyond his profound contribution to our identity, he was a generous, light-hearted man who brought people together. We used to go to the same dentist, and he once gave up his appointment for me so that I could have a crown put in. He told me, “A singer needs her smile. I just need my fingers to make the piano smile.”
André “Dédé” Gagnon, we will miss those big smiles from your fingers. On behalf of the Bloc Québécois, I offer my deepest condolences to his loved ones and to all of Quebec.
Monsieur le Président, le grand pianiste québécois André Gagnon nous a quittés hier.
Véritable monument de la musique, notre prolifique compositeur a magnifié les pianos de toute la planète, de Montréal jusqu'au Japon. Récipiendaire de 16 trophées Félix au Gala de l'ADISQ, son album Neiges tient le top 10 du Billboard pendant 24 semaines et 700 000 exemplaires sont vendus.
Passionné d'Émile Nelligan, il sera compositeur du célèbre opéra Nelligan de Michel Tremblay et de séries télévisées. Collaborateur des Ferland, Léveillée, Julien, Dufresne, Plamondon et tellement d'autres, ses mélodies habitent en chacun de nous.
Au-delà de la grande richesse identitaire qu'il nous a léguée, on se rappellera qu'il était généreux, rassembleur et enjoué. À un certain moment, nous avions le même dentiste, lui et moi, et un jour, il m'a cédé son rendez-vous pour me permettre une pose de couronne. Il m'avait alors dit: « Une chanteuse a besoin de son sourire; moi, ce sont mes doigts qui sourient sur le piano. ».
André « Dédé » Gagnon, le grand sourire de tes doigts va terriblement nous manquer. En mon nom et au nom du Bloc québécois, j'offre mes plus sincères condoléances à ses proches et à tout le Québec.
Collapse
View Claude DeBellefeuille Profile
BQ (QC)
View Claude DeBellefeuille Profile
2020-12-04 11:36 [p.2972]
Expand
Mr. Speaker, the Quebec National Assembly, the Government of Quebec, the mayors of the six largest cities in Quebec and the majority of members of Parliament from all parties in the House are in agreement. This does not happen often, so we should use this opportunity.
Everyone agrees that the Charter of the French Language should apply to federally regulated businesses in Quebec. The only dissenting voice is the Liberal Party of Canada. It talks about the importance of French in Quebec but is the only one not acting on it.
Will the Liberals apply Bill 101 to federally regulated businesses, yes or no?
Monsieur le Président, l'Assemblée nationale du Québec, le gouvernement du Québec, les maires et mairesses des six plus grandes villes du Québec et la majorité des députés de tous les partis à la Chambre sont d'accord. Cela n'arrive pas souvent; profitons-en.
Tout le monde est d'accord que la Charte de la langue française devrait s'appliquer aux entreprises de compétence fédérale au Québec. La seule voix discordante, c'est le Parti libéral du Canada. Il parle de l'importance du français au Québec, mais il est le seul à ne pas s'engager à agir.
Les libéraux vont-ils, oui ou non, faire appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale?
Collapse
View René Arseneault Profile
Lib. (NB)
View René Arseneault Profile
2020-12-04 11:37 [p.2972]
Expand
Mr. Speaker, our country was founded on our two official languages.
The situation of French is unique. There are almost eight million francophones in Canada, in a sea of over 360 million inhabitants who are almost exclusively anglophone. We have a responsibility to protect and promote French, not only outside of Quebec, but also within the belle province. That is why we will continue to invest in protecting the French language, introduce a bill to protect and promote the language, and strengthen the Official Languages Act.
Monsieur le Président, nos deux langues officielles sont à la base de notre pays.
La situation du français est particulière. Il y a près de 8 millions de francophones au Canada, dans un océan de plus de 360 millions d'habitants principalement anglophones. Nous avons la responsabilité de protéger et de promouvoir le français, non seulement à l'extérieur du Québec, mais également dans la belle province. C'est pour cela que nous continuerons d'investir dans sa protection, que nous nous apprêtons à déposer un projet de loi pour la protéger et la promouvoir, et que nous renforcerons la Loi sur les langues officielles à cet effet.
Collapse
View Claude DeBellefeuille Profile
BQ (QC)
View Claude DeBellefeuille Profile
2020-12-04 11:37 [p.2972]
Expand
Mr. Speaker, in addition to all those I already mentioned, there is also the Union des producteurs agricoles du Québec, the Union des artistes and at least three other major unions. Everyone in Quebec agrees that the Charter of the French Language should be applied to federally regulated businesses. Everyone agrees except a handful of members of the Liberal Party of Canada. The Liberals are alone in this.
Why can they not put an end to this phony debate since there is actually a consensus? Why are they incapable of saying that Bill 101 will apply to federally regulated businesses?
Monsieur le Président, en plus de tous ceux que j'ai nommés, il y a l'Union des producteurs agricoles du Québec, l'Union des artistes et au moins trois syndicats majeurs. Tout le monde au Québec est d'accord pour que la Charte de la langue française s'applique aux entreprises de compétence fédérale. Tout le monde est d'accord, sauf une poignée de membres du Parti libéral du Canada. Les libéraux sont fin seuls.
Pourquoi sont-ils incapables de mettre fin à ce faux débat, puisqu'il s'agit en fait d'un consensus? Pourquoi sont-ils incapables de dire que la loi 101 va s'appliquer aux entreprises à charte fédérale?
Collapse
View René Arseneault Profile
Lib. (NB)
View René Arseneault Profile
2020-12-04 11:38 [p.2972]
Expand
Mr. Speaker, for the first time in our county's history, the Government of Canada recognized that we need to protect both the francophone community and the French fact in the beautiful province of Quebec.
Quebec needs to be able to share its language and culture with all of North America. At the same time, we need to protect our linguistic minorities. We are working hard on that, and we encourage members from all political parties to work with us so that we can reform the act in the best interests of North America's French-speaking community.
Monsieur le Président, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, le gouvernement du Canada a reconnu qu'il fallait également protéger la francophonie et le fait français dans la belle province du Québec.
Il faut que le Québec puisse faire rayonner sa francophonie partout en Amérique du Nord. En même temps, il faut protéger nos minorités linguistiques. Nous y travaillons fortement et nous encourageons les députés de toutes les formations politiques à se mettre à l'œuvre avec nous pour pouvoir refondre cette loi dans l'intérêt de la francophonie nord-américaine.
Collapse
View Luc Berthold Profile
CPC (QC)
View Luc Berthold Profile
2020-12-04 11:55 [p.2976]
Expand
Mr. Speaker, I have a very simple question for the government that the government can easily answer. This is not a trap.
Since the beginning of the week, the official opposition and the Quebec nation have been very clear. Will the Liberal government allow all Quebeckers working in Quebec to speak French at work by making federally regulated businesses subject to Bill 101, yes or no?
Monsieur le Président, je vais poser une question très simple, sans piège, à laquelle le gouvernement peut répondre facilement.
Depuis le début de la semaine, l'opposition officielle et la nation québécoise ont une demande bien précise. Le gouvernement libéral va-t-il, oui ou non, permettre à tous les Québécois qui travaillent au Québec de parler français au travail, en soumettant les entreprises relevant du fédéral à la loi 101?
Collapse
View René Arseneault Profile
Lib. (NB)
View René Arseneault Profile
2020-12-04 11:55 [p.2976]
Expand
Mr. Speaker, ours is the first government in the history of this country to recognize that the French fact in Canada, and especially in Quebec, faces difficulties and challenges, especially in the larger North American context.
I urge my colleagues to work with us so that we can introduce a modern official languages bill that will protect anglophone minorities and the French fact in la belle province.
Monsieur le Président, nous formons le premier gouvernement de l'histoire de ce pays à reconnaître que le fait français au Canada, particulièrement au Québec, connaît des difficultés et des défis, surtout dans le contexte de toute l'Amérique du Nord.
J'encourage donc mes collègues à travailler avec nous, pour que nous puissions déposer un projet de loi moderne sur les langues officielles, qui devra protéger nos minorités anglophones ainsi que le fait français dans la belle province.
Collapse
View Erin O'Toole Profile
CPC (ON)
View Erin O'Toole Profile
2020-12-03 14:24 [p.2918]
Expand
Mr. Speaker, we have two national languages that are the foundation of our country's linguistic duality.
The use of French is declining. It is an alarm bell for Quebec and for francophone minorities across the country.
We want a clear answer on the modernization of the Official Languages Act and the application of Bill 101 to federally regulated businesses.
When will the Prime Minister protect the French language?
Monsieur le Président, nous avons deux langues nationales qui sont le fondement de la dualité linguistique de notre pays.
La place du français est en recul. C'est un cri d'alarme pour le Québec et pour les minorités francophones partout au pays.
On veut avoir une réponse claire sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles et sur l'application de la loi 101 aux entreprises fédérales.
Quand le premier ministre va-t-il protéger la langue française?
Collapse
View Mélanie Joly Profile
Lib. (QC)
View Mélanie Joly Profile
2020-12-03 14:24 [p.2918]
Expand
Mr. Speaker, first of all I want to tell the opposition leader that we have two “official” languages. I want to clarify our position on protecting the French language. It is one of our priorities. It is not just talk, we are taking action.
What have we done over the past five years to protect the French language and both official languages?
We have invested another $500 million in our organizations across the country. We saved the CBC/Radio-Canada. We doubled the contribution for the Canada Council for the Arts. We even appointed bilingual judges to the Supreme Court, which the Harper government always refused to—
Monsieur le Président, d'abord, je tiens à dire au chef de l'opposition que nous avons deux langues « officielles ». J'aimerais clarifier la position selon laquelle nous allons évidemment protéger la langue française. Cela fait partie de nos priorités. Cependant, ce ne sont pas que des paroles, ce sont des actes.
Qu'avons-nous fait depuis cinq ans pour faire en sorte de protéger la langue française et nos deux langues officielles?
Nous avons investi 500 millions de dollars de plus dans nos organisations d'un bout à l'autre du Canada. Nous avons sauvé Radio-Canada. Nous avons doublé la contribution au Conseil des arts du Canada. Nous avons même fait en sorte de nommer des juges bilingues à la Cour suprême, ce que le gouvernement Harper a toujours refusé de...
Collapse
Results: 1 - 60 of 861 | Page: 1 of 15

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
>
>|
Export As: XML CSV RSS

For more data options, please see Open Data