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CPC (ON)
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2019-06-21 14:54 [p.29473]
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I have the honour to inform the House that when this House did attend Her Excellency this day in the Senate chamber, Her Excellency the Governor General was pleased to give, in Her Majesty's name, the royal assent to the following bills:
C-71, An Act to amend certain Acts and Regulations in relation to firearms—Chapter 9.
C-81, An Act to ensure a barrier-free Canada—Chapter 10.
S-203, An Act to amend the Criminal Code and other Acts (ending the captivity of whales and dolphins)—Chapter 11.
C-82, An Act to implement a multilateral convention to implement tax treaty related measures to prevent base erosion and profit shifting—Chapter 12.
C-59, An Act respecting national security matters—Chapter 13.
C-68, An Act to amend the Fisheries Act and other Acts in consequence—Chapter 14.
C-77, An Act to amend the National Defence Act and to make related and consequential amendments to other Acts—Chapter 15.
C-78, An Act to amend the Divorce Act, the Family Orders and Agreements Enforcement Assistance Act and the Garnishment, Attachment and Pension Diversion Act and to make consequential amendments to another Act—Chapter 16.
C-84, An Act to amend the Criminal Code (bestiality and animal fighting)—Chapter 17.
C-58, An Act to amend the Access to Information Act and the Privacy Act and to make consequential amendments to other Acts—Chapter 18.
C-88, An Act to amend the Mackenzie Valley Resource Management Act and the Canada Petroleum Resources Act and to make consequential amendments to other Acts—Chapter 19.
C-93, An Act to provide no-cost, expedited record suspensions for simple possession of cannabis—Chapter 20.
C-102, An Act for granting to Her Majesty certain sums of money for the federal public administration for the fiscal year ending March 31, 2020—Chapter 21.
C-101, An Act to amend the Customs Tariff and the Canadian International Trade Tribunal Act—Chapter 22.
C-91, An Act respecting Indigenous languages—Chapter 23.
C-92, An Act respecting First Nations, Inuit and Métis children, youth and families—Chapter 24.
C-75, An Act to amend the Criminal Code, the Youth Criminal Justice Act and other Acts and to make consequential amendments to other Acts—Chapter 25.
C-48, An Act respecting the regulation of vessels that transport crude oil or persistent oil to or from ports or marine installations located along British Columbia's north coast—Chapter 26.
C-83, An Act to amend the Corrections and Conditional Release Act and another Act—Chapter 27.
C-69, An Act to enact the Impact Assessment Act and the Canadian Energy Regulator Act, to amend the Navigation Protection Act and to make consequential amendments to other Acts—Chapter 28.
C-97, An Act to implement certain provisions of the budget tabled in Parliament on March 19, 2019 and other measures—Chapter 29.
It being 2:55 p.m., the House stands adjourned until Monday, September 16, 2019, at 11 a.m., pursuant to Standing Orders 28(2) and 24(1).
(The House adjourned at 2:55 p.m.)
The 42nd Parliament was dissolved by Royal Proclamation on September 11, 2019.
J'ai l'honneur de faire savoir à la Chambre que, lorsqu'elle s'est rendue auprès de Son Excellence la gouverneure générale dans la Chambre du Sénat, Son Excellence a bien voulu donner, au nom de Sa Majesté, la sanction royale aux projets de loi suivants:
C-71, Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes à feu — Chapitre 9.
C-81, Loi visant à faire du Canada un pays exempt d'obstacles — Chapitre 10.
S-203, Loi modifiant le Code criminel et d’autres lois (fin de la captivité des baleines et des dauphins) — Chapitre 11.
C-82, Loi mettant en œuvre une convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales pour prévenir l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices — Chapitre 12.
C-59, Loi concernant des questions de sécurité nationale — Chapitre 13.
C-68, Loi modifiant la Loi sur les pêches et d’autres lois en conséquence — Chapitre 14.
C-77, Loi modifiant la Loi sur la défense nationale et apportant des modifications connexes et corrélatives à d'autres lois — Chapitre 15.
C-78, Loi modifiant la Loi sur le divorce, la Loi d'aide à l'exécution des ordonnances et des ententes familiales et la Loi sur la saisie-arrêt et la distraction de pensions et apportant des modifications corrélatives à une autre loi — Chapitre 16.
C-84, Loi modifiant le Code criminel (bestialité et combats d'animaux) — Chapitre 17.
C-58, Loi modifiant la Loi sur l'accès à l'information, la Loi sur la protection des renseignements personnels et d'autres lois en conséquence — Chapitre 18.
C-88, Loi modifiant la Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie et la Loi fédérale sur les hydrocarbures et apportant des modifications corrélatives à d'autres lois — Chapitre 19.
C-93, Loi prévoyant une procédure accélérée et sans frais de suspension de casier judiciaire pour la possession simple de cannabis — Chapitre 20.
C-102, Loi portant octroi à Sa Majesté de crédits pour l'administration publique fédérale pendant l'exercice se terminant le 31 mars 2020 — Chapitre 21.
C-101, Loi modifiant le Tarif des douanes et la Loi sur le Tribunal canadien du commerce extérieur — Chapitre 22.
C-91, Loi concernant les langues autochtones — Chapitre 23.
C-92, Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis — Chapitre 24.
C-75, Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et d'autres lois et apportant des modifications corrélatives à certaines lois — Chapitre 25.
C-48, Loi concernant la réglementation des bâtiments transportant du pétrole brut ou des hydrocarbures persistants à destination ou en provenance des ports ou des installations maritimes situés le long de la côte nord de la Colombie-Britannique — Chapitre 26.
C-83, Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et une autre loi — Chapitre 27.
C-69, Loi édictant la Loi sur l’évaluation d’impact et la Loi sur la Régie canadienne de l’énergie, modifiant la Loi sur la protection de la navigation et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois — Chapitre 28.
C-97, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 19 mars 2019 et mettant en œuvre d'autres mesures — Chapitre 29.
Comme il est 14 h 55, la Chambre s'ajourne au lundi 16 septembre 2019, à 11 heures, conformément aux articles 28(2) et 24(1) du Règlement.
(La séance est levée à 14 h 55.)
La 42e législature a été dissoute par proclamation royale le 11 septembre 2019.
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View Don Davies Profile
NDP (BC)
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2019-06-11 10:06 [p.28883]
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moved for leave to introduce Bill C-456, An Act to Amend the Income Tax Act and the Canada Student Financial Assistance Act.
He said: Mr. Speaker, I am honoured to rise today to introduce an important bill to Parliament, the post-secondary education financial assistance for persons with disabilities act, with thanks to the hon. member for Windsor—Tecumseh for seconding it.
This legislation will provide tuition-free post-secondary education for all Canadians with disabilities. This bill is a result of the vision of a bright young man from my riding of Vancouver Kingsway, Sanjay Kajal. Sanjay is the 2019 winner of my annual create your Canada contest. He hopes that this bill will help all Canadians with disabilities reach their full potential, by eliminating tuition as a financial barrier to accessing post-secondary education. This is not only fundamentally just, but it is an investment in our citizens. It will level the playing field and help Canadians who need it the most.
I hope that all Parliamentarians will help Sanjay realize his vision for a better Canada.
demande à présenter le projet de loi C-456, Loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu et la Loi fédérale sur l’aide financière aux étudiants.
— Monsieur le Président, c'est un honneur de présenter un important projet de loi à la Chambre, la Loi sur l'aide financière aux études postsecondaires pour les personnes handicapées. Je remercie la députée de Windsor—Tecumseh de l'avoir appuyé.
Le projet de loi vise à offrir les droits de scolarité des études postsecondaires à tous les Canadiens handicapés. L'idée a été proposée par Sanjay Kajal, un brillant jeune homme de ma circonscription, Vancouver Kingsway. Sanjay est le gagnant du concours annuel « Crée ton Canada » de 2019. Il espère que le projet de loi aidera tous les Canadiens handicapés à réaliser leur plein potentiel, en éliminant l'obstacle aux études postsecondaires que peuvent être les frais de scolarité. Il s'agit non seulement d'une idée fondamentalement juste, mais aussi d'un investissement dans nos citoyens. Cela égalise les chances et vient en aide à des Canadiens qui en vraiment besoin.
J'espère que tous les députés aideront Sanjay à réaliser sa vision pour un Canada meilleur.
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View Cheryl Hardcastle Profile
NDP (ON)
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2019-06-04 15:05 [p.28504]
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Mr. Speaker, dozens of workers with developmental disabilities were fired from their jobs after the Liberal government shut down the National Archives program that employed them. Liberals have promised to find them meaningful work within government, but nothing has been done. When the Prime Minister was asked about the fate of these workers, he gave empty talking points.
These workers deserve better. They want to know, will the Liberals commit today to replace those jobs they took away?
Monsieur le Président, des dizaines d'employés des Archives nationales ayant des troubles du développement ont été mis à pied lorsque le gouvernement libéral a aboli le programme qui avait permis leur embauche. Les libéraux ont promis de leur trouver des emplois valorisants au sein de la fonction publique, mais rien n'a été fait. Pour répondre à une question concernant le sort de ces travailleurs, le premier ministre ne nous a servi que des platitudes.
Ces employés méritent mieux que cela. Ils veulent savoir si les libéraux s'engageront aujourd'hui à remplacer les emplois dont ils les ont privés.
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View Carla Qualtrough Profile
Lib. (BC)
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2019-06-04 15:05 [p.28505]
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Mr. Speaker, on the eve of our third annual National AccessAbility Week, and of course with Bill C-81 having gone through this House last week, I can assure every Canadian that we will find jobs for these workers. In fact, we are showing them the dignity of giving them meaningful work so that they contribute to government operations.
I have been working with the organization. No one will be without a job.
Monsieur le Président, à la veille de la troisième Semaine nationale de l'accessibilité et après l'adoption du projet de loi C-81 à la Chambre, la semaine dernière, je peux dire aux Canadiens que nous trouverons des emplois pour ces travailleurs. En fait, nous leur donnerons des emplois valorisants où ils contribueront à faire tourner l'appareil de l'État, dans le respect de leur dignité.
Je collabore avec l'organisation en cause. Personne ne se retrouvera sans emploi.
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CPC (AB)
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2019-06-04 17:32 [p.28520]
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moved that Bill C-206, An Act to amend the Criminal Code (abuse of vulnerable persons), be read the second time and referred to a committee.
He said: Mr. Speaker, I rise today to speak about seniors and vulnerable persons in our society, whether they are physically handicapped, have a mental condition or other. Bill C-206 focuses on the sentencing of individuals who perpetrate crimes against people specifically because of who they are: vulnerable.
The bill would amend section 718.2 of the Criminal Code by bringing further protection to seniors and other vulnerable persons to ensure that they live in safety, dignity and without fear.
As a former Royal Canadian Mounted Police officer for many years, I have seen many horrific crimes, brutality, theft and suicide. Fortunately for me, I have been able to take all the bad, the ugliness and the violence and push it to the back of my mind and I can forget about it. How much good we did and the people we helped save and set on the right course in life is very important to me.
However, there was always one type of crime I felt I could not accept, the lack of appropriate penalties in our Canadian Criminal Code, specifically for crimes against vulnerable persons. My bill would introduce tougher penalties for those who consciously use the weakness of vulnerable groups to financially, physically, sexually or emotionally abuse them.
It is difficult for the abused to admit to people that they are victims of abuse, especially at the hands of someone they know and trust. When trust is abused, the penalties should be severe. Perpetrators should be held to account with firm punishment. We must have harsher sentences for these types of perpetrators.
Criminals who target the elderly should know that they will not get away with it. Older people should not have to fear being targeted. We need stronger penalties to deter and tackle criminals who target the elderly and the disabled. There are hundreds of cases of abuse in which the offenders did not, in my opinion, receive fair punishment for their actions.
We should not tolerate or express any sort of sympathy toward conscious cruelty against seniors and other vulnerable groups. Their security should be of concern to us in Canada and their abuse should be treated as a human rights issue of the utmost importance.
I must point out that technically a judge already considers the vulnerability of a victim, including age and disabilities, when deciding on a sentencing term. It is just not specifically stated on paper or in the act. The bill would simply add it on paper as a requirement.
As people grow older, they become more isolated, so the risk of abuse increases. Punishment fails to deter would-be abusers who see older people as a soft target and we must do more to protect older people and vulnerable people. Bill C-206 would change that.
A large part of the Canadian population is either a senior or will soon be one, including me. I am already there. The demographic data released by Statistics Canada in the 2016 census shows there are approximately 5.9 million seniors in Canada.
According to government statistics, by 2031, around eight million people will be aged 65 or older. That will be almost a quarter of Canada's population. Many Canadians require care and assistance, and that number is only growing.
Offenders who exploit their weaknesses for their self-benefit and decrease the self-worth and dignity of vulnerable adults and seniors must face greater punishments in law. Statistics provided by the Department of Justice state that approximately 24% of disabled persons were victimized at least one in their lives and about 45% of seniors aged 65 and older reported experiencing some form of abuse. This is scary, especially when a quarter of our population will be in that age bracket very shortly.
However, according to the Canadian Association for Retired Persons, only 20% of elder abuse comes to the attention of responsible authorities. Why? Because many of the victims do not want to report the abuse for various reasons. These reasons include the dependence upon a caregiver who is abusive, fear of not being believed or even deep shame and humiliation because of what happened to them.
Moreover, in 32% of the reported elder abuse cases, the offender is related to the victim as a child or an extended family member. That is shocking. We can only imagine how many cases of such abuse remain unreported as the elderly are reluctant to bring charges against their family members or relatives.
It is therefore the responsibility of all of us in the House of Commons to protect those who cannot stand up for themselves by adopting measures that would deter potential offenders from committing these crimes. This is exactly what my bill is designed to do. Adopting it would mean two things: prescribing tougher penalties for the offenders and justice for the victims.
Bill C-206 covers four forms of abuse: financial, physical, sexual and emotional. I will speak about each to show how they affect vulnerable people.
The first is financial abuse, one of the most common forms of abuse against vulnerable groups.
In 2014, CBC News reported that Toronto police arrested a wife and husband who defrauded a 94-year-old woman, within four years, of $25,000 in cash, jewellery and furniture. The wife was hired as a housekeeper and became involved in the everyday activities of this victim. At some point, she forced the elderly lady into a smaller room and moved into the apartment with her husband. If it were not for a courier from a local pharmacy who, during his weekly deliveries, noticed that something was wrong when an unknown person answered the door, the consequences for that woman could have been more grave than just the money.
Under the Department of Justice, not a single reported Canadian case contains a definition of “elder abuse”. In fairness, there are some cases where the extreme age of the victim was taken into the sentencing factor, which is very good. However, my bill, Bill C-206, would take away the use of discretionary decisions and make it mandatory for the sentence to be increased due to the fact the aggravated crime was committed against a vulnerable person. This is not new in Canadian law. It is missing in certain parts of the Criminal Code and I want it to be used more broadly, especially for the crimes about which I have been talking.
In another example in the same year, 3,000 kilometres away in Edmonton, Global News wrote an article on a man who was accused of defrauding his grandmother of $265,000. He acted as his grandmother's attorney under a power of attorney agreement.
Fraud and financial abuse in general can occur not only among family members, but also with people who the victims trust the most. These cases are connected to the victim's trust and dependancy on the caregiver who is abusing the victim and, due to the simple fear of being physically abused, the victim will not report the caregiver. This is not acceptable today. These abuses are happening because offenders do not get fair punishments. They rely on the vulnerability of others and take advantage of them.
Physical abuse is the second form of abuse I want to address.
Statistics show that people with disabilities are more likely to be assaulted compared to people with no disabilities. Another disturbing case happened in Ottawa involving a personal support worker who pleaded guilty to assault charges for an incident at a retirement home. He delivered 10 punches to an 89-year-old man suffering from Alzheimer's and Parkinson's.
In my many years in law enforcement, this is one of the worst types of crimes I have ever encountered. Should such offenders be treated equally to those assaulting healthy and capable people? I do not think so. Their punishments should reflect the gravity of their crimes. Currently, those abusers, even if convicted, rarely get punished.
Advocates for people with disabilities have confirmed that vulnerable groups are often abused. If we look back at the report that came out yesterday, people who are vulnerable are being picked on.
In October 2014, the CBC posted a story about a 19-year-old mentally disabled woman being sexually assaulted on a bus in Winnipeg, while her support worker was sitting a couple of rows ahead. I am a father and a grandfather. To me, a 19-year-old is still a child. What this child experienced was traumatic for both her and her parents. She has a right to be safe. That is why we need a stronger law.
In the spring of 2017, a support worker in Ontario walked away with a guilty plea for only one count of assault and no criminal record in exchange for the court withdrawing 13 counts of sexual assault.
We need to be stiffer in our penalties. This is where my bill, Bill C-206, would come into play. The vulnerable in our society should enjoy an increased level of protection. They need to be confident in our legal system and must be assured that those who would try to use their vulnerability will always get a fair punishment.
The last but not least form of abuse I would like to cover today is the emotional or psychological form of abuse. I would like to add that all previously discussed forms of abuse are very much connected to emotional abuse in the sense that they have a great psychological effect on the victims.
There is no dignity in disrespecting a vulnerable person. There is no dignity in taking advantage of a vulnerable person. It is a crime and it must be punished in a greater way than it is being punished now. The cases I have talked about are not single cases; there are hundreds of them out there.
How do we change this? Canada needs harsher penalties for those who exploit vulnerable people and take advantage of their weaknesses. Tougher penalties for the abuse of vulnerable persons would make abusers think twice before committing these kinds of offences and would provide more safety for those who cannot protect themselves.
My bill would ensure that those criminals who would disrespect and use the weakness of others would not be able to get away with a simple conviction or a guilty plea, leaving the families and friends of victims desperate and disappointed in our criminal justice system.
propose que le projet de loi C-206, Loi modifiant le Code criminel (mauvais traitement de personnes vulnérables), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet des aînés et des membres de notre société qui sont vulnérables, que ce soit en raison d'un handicap physique, d'une maladie mentale ou d'autre chose. Le projet de loi C-206 porte sur la détermination de la peine pour les personnes qui ont expressément commis un crime contre quelqu'un en raison de sa vulnérabilité.
Le projet de loi modifierait l'article 718.2 du Code criminel pour protéger davantage les aînés et autres personnes vulnérables afin qu'ils puissent vivre en sécurité, dans la dignité et sans crainte.
En tant qu'ancien agent de la Gendarmerie royale du Canada comptant de nombreuses années de service, j'ai eu à intervenir à la suite de beaucoup de crimes horribles, dont des affaires de brutalité, de vol et de suicide. Heureusement pour moi, j'ai pu reléguer tout le mauvais, toute la laideur et toute la violence dans un coin éloigné de mon esprit et je suis en mesure d'oublier tout cela. Par contre, l'apport positif que nous avons eu et les personnes que nous avons contribué à sauver et à remettre sur le droit chemin sont très importants pour moi.
Cela dit, il y a un type de crime que je n'ai jamais pu accepter et pour lequel j'ai toujours déploré l'absence de sanctions appropriées dans le Code criminel canadien: les crimes contre les personnes vulnérables. Mon projet de loi permettrait d'imposer des peines plus sévères aux personnes qui exploitent sciemment la faiblesse de groupes vulnérables pour les exploiter financièrement, les agresser sexuellement ou leur infliger des mauvais traitements physiques ou moraux.
Il est difficile pour les personnes victimes de mauvais traitements d'admettre aux gens ce qu'elles vivent, surtout si la personne qui abuse d'elles est quelqu'un qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance. Dans les cas d'abus de confiance, les sanctions devraient être sévères. Les auteurs de ces crimes doivent en être tenus responsables et être punis sévèrement. Il importe donc d'accroître les peines pour ceux-ci.
Les criminels qui ciblent les personnes âgées doivent savoir qu'ils ne s'en tireront pas impunément. Les personnes âgées ne devraient pas avoir à craindre d'être ciblées. Pour contrer et dissuader les criminels qui ciblent les personnes âgées ou handicapées, il faut accroître les sanctions. Il y a des centaines de cas de mauvais traitements pour lesquels les délinquants n'ont pas, à mon avis, été adéquatement punis.
Nous ne devrions ni tolérer ni exprimer quelque sympathie que ce soit à l'égard des personnes commettant sciemment des actes cruels contre les aînés ou des membres d'autres groupes vulnérables. Au Canada, la sécurité de ces personnes devrait tous nous préoccuper, et les mauvais traitements dont elles sont victimes devraient être traités comme un problème de droits de la personne de la plus haute importance.
Je dois souligner que, techniquement, le juge, lorsqu'il décide de la peine à imposer, tient déjà compte de la vulnérabilité de la victime, en considérant notamment son âge ou son handicap. Toutefois, cette exigence n'est énoncée ni dans la loi ni dans tout autre document. Le projet de loi aurait donc pour effet de simplement consigner cette exigence par écrit.
À mesure que les gens vieillissent, ils deviennent de plus en plus isolés, ce qui accroît le risque de mauvais traitements. Les peines actuelles ne suffisent pas à dissuader les criminels potentiels qui considèrent les personnes âgées comme une cible facile et nous devons donc faire plus pour protéger celles-ci de même que les autres personnes vulnérables. C'est ce que le projet de loi C-206 permettrait d'accomplir.
Une grande partie de la population canadienne, moi y compris, est déjà âgée ou le sera bientôt. Je le suis déjà. Les données démographiques publiées par Statistique Canada dans le recensement de 2016 indiquent que le Canada compte environ 5,9 millions d'aînés.
Selon les chiffres du gouvernement, d'ici 2031, environ 8 millions de personnes auront 65 ans ou plus. Ce sera près du quart de la population du Canada. Un grand nombre de Canadiens ont besoin de soins et d'aide, et leur nombre ne cesse de croître.
Les délinquants qui exploitent les faiblesses des adultes et des personnes âgées vulnérables, diminuant leur estime de soi et leur dignité, doivent être plus sévèrement punis par la loi. Selon les statistiques fournies par le ministère de la Justice, environ 24 % des personnes handicapées ont été victimisées au moins une fois au cours de leur vie et environ 45 % des personnes âgées de 65 ans ou plus ont déclaré avoir subi une forme ou une autre de maltraitance. Cela fait peur, surtout quand on pense qu'un quart de la population sera très bientôt dans cette tranche d'âges.
Toutefois, selon l'Association canadienne des individus retraités, seulement 20 % des cas de maltraitance de personnes âgées sont signalés aux autorités compétentes. Pourquoi? Parce qu'un grand nombre des victimes refusent de faire un signalement pour diverses raisons, notamment parce qu'elles dépendent de la personne en question, parce qu'elles craignent de ne pas être crues ou même parce qu'elles ont honte et se sentent humiliées.
Qui plus est, dans 32 % des cas de maltraitance signalés, l'agresseur a un lien de parenté avec la victime. C'est un enfant ou un membre de la famille élargie. C'est choquant. Nous ne pouvons qu'imaginer combien de cas semblables ne sont pas signalés, les aînés ayant des réticences à porter des accusations contre un membre de leur famille.
Il incombe donc à nous tous à la Chambre des communes de protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre en adoptant des mesures susceptibles de dissuader des délinquants potentiels de commettre de tels crimes. C'est exactement ce que mon projet de loi vise. Son adoption voudrait dire deux choses: des peines plus sévères pour les délinquants et la justice pour les victimes.
Le projet de loi C-206 couvre quatre formes de maltraitance : l'exploitation financière, la violence physique et psychologique et les agressions sexuelles. Je vais parler de chacune de ces formes de maltraitance pour expliquer leur incidence sur les personnes vulnérables.
La première est l'exploitation financière, qui est l'une des formes de maltraitance les plus courantes à l'endroit des groupes vulnérables.
En 2014, le service de nouvelles de CBC a rapporté que la police de Toronto avait arrêté un couple qui, en quatre ans, avait volé 25 000 $ en argent, en bijoux et en meubles à une femme de 94 ans. La femme avait été embauchée comme femme de ménage et elle s'était mise à prendre part aux activités quotidiennes de la victime. À un moment donné, elle a obligé la dame âgée à occuper une plus petite pièce de son appartement, puis elle y a emménagé avec son mari. Si ce n'avait pas été du livreur d'une pharmacie locale qui, lors d'une livraison hebdomadaire, a trouvé suspect qu'une personne inconnue réponde à la porte, cette femme aurait pu subir des conséquences beaucoup plus graves qu'une simple perte d'argent.
Dans les registres du ministère de la Justice, absolument rien dans la jurisprudence canadienne ne permet de définir le terme « mauvais traitements infligés aux aînés ». Je dois toutefois préciser que, dans certaines causes, l'âge avancé de la victime a bel et bien été pris en compte pour la détermination de la peine, et c'est tant mieux. Cela dit, ma mesure législative, le projet de loi C-206, supprimerait l'aspect discrétionnaire de la détermination de la peine et exigerait que les peines soient plus sévères si le crime en cause vise une personne vulnérable, car il s'agirait alors d'une circonstance aggravante. Ce type de disposition existe déjà en droit canadien. Elle est toutefois absente de certaines parties du Code criminel et j'aimerais en élargir la portée afin qu'elle couvre les crimes dont j'ai parlé jusqu'ici.
Voici un exemple qui s'est produit la même année, à 3 000 kilomètres d'ici, à Edmonton. Le service de nouvelles de la chaîne Global a publié un reportage sur un homme accusé d'avoir extorqué 265 000 $ à sa grand-mère après avoir obtenu une procuration de sa part.
La fraude et l'exploitation financière en général peuvent souvent être perpétrées par des membres de la famille ou des personnes qui ont l'entière confiance de leur victime. La personne en cause mise justement sur la confiance que lui porte sa victime et sur le fait qu'elle dépend d'elle pour en tirer un avantage. Par crainte d'être en plus violentées, les victimes hésitent souvent à dénoncer les proches aidants qui les exploitent. C'est inacceptable dans une société comme la nôtre. Ces mauvais traitements se perpétuent parce que les coupables ne sont pas suffisamment punis. Ils profitent de la vulnérabilité des autres.
La violence physique est la deuxième forme de mauvais traitement dont j’aimerais parler.
Les statistiques montrent que les personnes handicapées sont plus susceptibles d’être agressées que les personnes sans handicap. Un autre cas troublant s’est produit à Ottawa. Un préposé aux services de soutien à la personne a plaidé coupable à des accusations de voies de fait pour un incident survenu dans une maison de retraite: il avait asséné 10 coups de poing à un homme de 89 ans atteint des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.
J’ai passé de nombreuses années dans les forces de l’ordre et ce crime est l’un des pires que j’aie jamais vus. Ces délinquants devraient-ils être traités de la même façon que ceux qui agressent des personnes en bonne santé et aptes à se défendre? Je crois que non. Leurs peines devraient refléter la gravité de leurs crimes. À l’heure actuelle, ces agresseurs, même s’ils sont reconnus coupables, sont rarement punis.
Les défenseurs des droits des personnes handicapées ont confirmé que les membres des groupes vulnérables sont souvent victimes de mauvais traitements. Si nous examinons le rapport publié hier, nous constatons que les personnes vulnérables sont prises pour cibles.
En octobre 2014, la CBC a publié un article au sujet d’une femme de 19 ans vivant avec une déficience intellectuelle qui avait été agressée sexuellement dans un autobus de Winnipeg alors que son accompagnatrice était assise deux rangées plus loin. Je suis père et grand-père. À mes yeux, une personne de 19 ans est encore un enfant. Ce que cette enfant a vécu est traumatisant, pour elle et pour ses parents. Elle a le droit d’être en sécurité. C’est pour cette raison que nous avons besoin d’une loi plus rigoureuse.
Au printemps de 2017, en échange d'un plaidoyer de culpabilité, un tribunal a laissé tomber 13 accusations d'agression sexuelle contre un travailleur de soutien de l'Ontario, retenant contre lui seulement un chef d'accusation de voies de fait et le laissant s'en sortir sans casier judiciaire.
Nous devons infliger des peines plus sévères. C'est là que ma mesure législative, le projet de loi C-206, entre en jeu. Les membres vulnérables de notre société devraient être davantage protégés. Ils doivent faire confiance à notre système judiciaire, et ils doivent avoir l'assurance que les personnes tentant d'exploiter leur vulnérabilité seront toujours punies comme il se doit.
La dernière, mais non la moindre, forme de mauvais traitement dont je veux parler aujourd'hui est le mauvais traitement moral ou psychologique. Je tiens à ajouter que toutes les autres formes de mauvais traitement dont j'ai discuté auparavant sont étroitement liées au mauvais traitement moral parce qu'elles ont des effets psychologiques considérables sur les victimes.
Il n'y a rien de digne à manquer de respect envers des personnes vulnérables ou à les exploiter. Il s'agit d'un crime, et il doit être puni beaucoup plus sévèrement qu'il l'est actuellement. Les cas que j'ai mentionnés ne sont pas uniques; il y en a des centaines similaires.
Comment pouvons-nous changer les choses? Le Canada doit imposer des peines plus sévères aux gens qui exploitent les personnes vulnérables et profitent de leurs faiblesses. L'imposition de peines plus sévères pour le mauvais traitement de personnes vulnérables inciterait les auteurs de ces infractions à y penser à deux fois avant de commettre de tels gestes. Elle permettrait également de mieux protéger les gens qui ne peuvent se protéger eux-mêmes.
Mon projet de loi garantirait que les criminels qui manquent de respect envers les autres et exploitent leur faiblesse ne peuvent pas s'en sortir simplement en plaidant coupables, ce qui désespère grandement les familles et les amis des victimes et les amènent à être déçus du système de justice pénale.
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2019-06-04 17:51 [p.28522]
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Mr. Speaker, I am pleased to join the second reading debate on Private Member's bill, Bill C-206, an act to amend the Criminal Code.
At the outset, I want to to acknowledge the laudable objective of the bill and thank the member from Yellowhead for giving us the opportunity to debate this important social issue this evening.
Bill C-206 amends the Criminal Code to specify that the physical, emotional, sexual or financial abuse of a person over the age of 65 or of a person 18 years of age or older who depends on others for their care because of a mental or physical disability is to be considered an aggravating circumstance for sentencing purposes.
The member for Yellowhead said that the bill seeks to give vulnerable seniors further protections to ensure that they can live safely and in dignity, while protecting them against exploitation.
The bill would fulfill that objective by imposing harsher sentences on offenders who abuse these vulnerable victims, whether financially, physically or psychologically.
I am in full agreement with the member for Yellowhead that we must do everything to address the physical, financial and emotional exploitation of our seniors and other vulnerable Canadians who depend on others for their care because of a disability.
I hear about this issue in my work here in Ottawa, in my work around the country and also in my riding of Parkdale—High Park. Constituents speak to me about the statistics, which are problematic. Those statistics show that seniors and Canadians with disabilities are at a higher risk of being victims of crimes.
For instance, while older Canadians have historically reported low victimization rates, the physical disabilities and cognitive impairments experienced by some seniors may increase their vulnerability and make them more prone to certain kinds of abuse, such as online financial crime, neglect, financial exploitation and family-related violence.
By 2036 the size of Canada's senior population will increase about twofold, and persons aged 65 and over will represent approximately one quarter of the Canadian population in total.
Given Canada's aging population, Statistics Canada notes that police-reported violence committed against seniors will continue to increase if it is left unaddressed.
According to police data, Canadian seniors were more likely to be the victim of family violence in 2017 than they were 10 years ago. In 2007, Statistics Canada reported that the overall rate of police-reported violence against seniors had increased by 20% between 1998 and 2005. From 2009 to 2017, the rate of police-reported family violence against seniors rose 7%.
In 2014, people with a disability were about twice as likely to be victims of a violent crime than people who did not have a disability, and women and men with cognitive disabilities or mental health-related disabilities reported violent victimization approximately four times more often than their counterparts who did not have a disability.
Elder abuse, senior isolation and the abuse of vulnerable persons are completely unacceptable. Our government is working hard to provide Canadian seniors with greater security and a better quality of life. That is what compelled us to appoint and name a Minister of Seniors to the federal cabinet.
We have also invested in the new horizons for seniors program, which, through budget 2019, will receive an additional $100 million over the next five years. One of the key initiatives of that program is to tackle elder abuse and fraud.
Several legislative amendments have been enacted by Parliament to address the problem of elder abuse. For instance, in 2011, the Standing Up for Victims of White Collar Crime Act enacted an aggravating factor to the fraud offence found at section 380.1 of the Criminal Code. This was referenced in the earlier part of tonight's debate.
This provision directs a judge to treat evidence that the offence had a significant impact on the victim, having regard to “their personal circumstances including their age, health and financial situation”, as an aggravating factor at sentencing.
In 2012, there was also legislation enacted called Protecting Canada's Seniors Act, which enacted a provision that directed courts to treat evidence that the offence had a significant impact on the victim, having regard to his or her age and other personal circumstances, including health and financial situation, as an aggravating factor at sentencing.
These two legislative amendments essentially codified the current sentencing practices. In other words, when these legislative amendments were proposed, the law already required the courts to consider all aggravating and mitigating circumstances related to the offence and the offender's degree of responsibility, including the effect of an offence on a particular victim under all circumstances. In a given case, this can obviously include the victims' age and their vulnerability.
In summary, by codifying the aggravating circumstances, parliamentarians clarified the sentencing law for all Canadians and sent a message to the courts that it is important to consider these aggravating circumstances in sentencing decisions.
The Criminal Code includes a broad range of offences that apply equally to protect all Canadians, including vulnerable and elderly Canadians, as well as specific offences that take into account the vulnerability of the victim. For instance, the offences of assault, assault with bodily harm and aggravated assault apply to protect everyone, regardless of age, health or gender. However, there are also specific offences that target the abuse of vulnerable persons, such as in section 153.1 of the Criminal Code, which applies to the sexual exploitation of a person with a disability. The code also lists several aggravating factors that can apply in cases involving abuse of an elderly or vulnerable person who depends on others for care because of a mental or physical disability.
There are four aggravating factors: one, evidence and offences motivated by bias, prejudice or hate or based on, for instance, age or mental or physical disability; two, the fact that the offenders abuse their spouse or common-law partner; three, the fact that offenders abused a position of trust or authority in relation to the victim; and four, evidence that the offence had a significant impact on the victim having regard to their age or other personal circumstance, including their health or financial situation.
Based on my interpretation of the aggravating circumstance proposed in Bill C-206, I have to wonder if the amendment proposed in the bill could overlap with the circumstances already set out in the Criminal Code. I wonder if the amendment fixes any flaws in the law regarding the abuse of seniors and other vulnerable persons.
I look forward to hearing other members' thoughts about whether this conduct is already covered by the Criminal Code and how this amendment would affect the criminal justice system. For example, if we were to adopt an aggravating circumstance that is similar to the ones already in the Criminal Code, would there be an increase in the number of cases related to determining the scope of the new provision and how it differs from the aggravating circumstances set out in the Criminal Code?
Moreover, I wonder about the implications of setting a chronological age distinction of above 65 as the hard limit in the Criminal Code for assessing a person's vulnerability. Witnesses who testified before the House of Commons Standing Committee on Justice and Human Rights as part of its study of former Bill C-36 emphasized that the impact of a crime on an elderly victim is not necessarily dependent on chronological age, but rather on the combined unique characteristics of that elderly victim.
This leads me to question whether an individual's vulnerability is not best assessed by weighing a combination of factors, such as mental and physical health, financial situation and degree of autonomy. I am sure members of this House can come up with examples of when age is not the best indicator of a person's level of vulnerability. For these reasons, I look forward to a thorough debate on these important policy questions.
During second reading debate of the former Bill C-36, the member for Pierrefonds—Dollard at the time said that if we focus only on legal measures, we will be missing a very important point. Non-legislative measures can also significantly help address the problem.
In total, I would underscore that the bill proposed by the member for Yellowhead targets a very important and laudable objective. I look forward to the important debate continuing on this issue and on the issue of combatting elder abuse.
Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi d'initiative parlementaire C-206, qui vise à modifier le Code criminel.
Je tiens d'abord à saluer l'objectif louable du projet de loi et à remercier le député de Yellowhead de nous donner l'occasion de débattre de cette importante question sociale ce soir.
Le projet de loi C-206 vise à modifier le Code criminel afin de préciser que l'abus financier, les mauvais traitements physiques ou moraux et les abus sexuels à l'égard d'une personne âgée de 65 ans ou plus, ou encore d'une personne âgée de 18 ans ou plus qui est à la charge d'autrui en raison d'une déficience mentale ou physique, sont considérés comme des circonstances aggravantes pour la détermination de la peine.
Le député de Yellowhead a énoncé l'objectif du projet de loi, lequel consiste à accorder d'autres mesures de protection aux personnes âgées et vulnérables afin de veiller à ce qu'elles vivent en sécurité et dans la dignité et qu'elles soient protégées contre l'exploitation.
Le projet de loi permettrait de réaliser cet objectif en infligeant des peines plus sévères aux délinquants qui exploitent ces victimes vulnérables, que ce soit sur un plan financier, physique ou psychologique.
Je conviens tout à fait, comme le député de Yellowhead, que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour prévenir les abus financiers et les mauvais traitements physiques ou moraux à l'égard des aînés et des autres personnes vulnérables du pays qui sont à la charge d’autrui en raison d’une déficience.
C'est le genre de problème dont j'entends parler dans le cadre de mon travail, que ce soit ici, à Ottawa, ou ailleurs au pays, y compris dans ma circonscription, Parkdale—High Park. Des gens de ma circonscription m'ont fait part des statistiques, et elles sont préoccupantes. Selon ces données, les aînés et les personnes handicapées du pays sont plus susceptibles d'être victimes d'un acte criminel.
Par exemple, même si on observe généralement un faible nombre de victimes parmi les Canadiens âgés, les déficiences physiques et cognitives qui touchent certains aînés peuvent les rendre plus vulnérables et plus susceptibles d'être victimes de certaines formes d'abus comme la cybercriminalité financière, la négligence, l'exploitation financière et la violence familiale.
D'ici 2036, les aînés seront deux fois plus nombreux au pays, et les personnes âgées d'au moins 65 ans représenteront environ le quart de la population canadienne.
Selon Statistique Canada, en raison du vieillissement de la population canadienne, on s'attend à une hausse des cas de violence contre les aînés déclarés à la police si rien n'est fait pour remédier à la situation.
Selon des renseignements de source policière, les risques que les aînés au Canada soient victimes de violence familiale en 2017 étaient supérieurs à ceux d'il y a une dizaine d'années. En 2007, Statistique Canada indiquait que le taux global d'actes de violence signalés à la police commis contre les personnes âgées avait augmenté de 20 % entre 1998 et 2005. De plus, entre 2009 et 2017, le taux d'actes de violence familiale envers les aînés signalés à la police avait augmenté de 7 %.
En ce qui concerne les crimes commis contre les personnes ayant une déficience, en 2014, le taux de crimes violents était approximativement deux fois plus élevé que les crimes commis contre les personnes n'ayant pas de déficience, et le taux de victimisation violente chez les femmes et les hommes ayant une déficience cognitive ou une déficience liée à la santé mentale était environ quatre fois plus élevé que chez ceux qui n'en avaient pas.
La maltraitance des aînés, l'isolation des personnes âgées et le mauvais traitement des personnes vulnérables sont tout à fait inacceptables. Le gouvernement actuel s'emploie activement à fournir une plus grande sécurité et une meilleure qualité de vie aux personnes âgées du Canada. C'est d'ailleurs ce qui a motivé sa décision de nommer une ministre des Aînés au Cabinet fédéral.
Le gouvernement a également investi dans le programme Nouveaux Horizons pour les aînés qui, dans le cadre du budget de 2019, recevra 100 millions de dollars supplémentaires au cours des cinq prochaines années. L'une des principales initiatives de ce programme est de s'attaquer aux mauvais traitements et à la fraude à l'égard des aînés.
Le Parlement a adopté plusieurs modifications législatives pour s'attaquer au problème de la maltraitance des aînés. Par exemple, en 2011, la Loi sur la défense des victimes de crimes en col blanc a édicté une circonstance aggravante qui s'applique à l'infraction de fraude prévue à l'article 380.1 du Code criminel. Il en a été question dans la première partie du débat de ce soir.
Cette disposition ordonne au juge de considérer des circonstances aggravantes pour déterminer la peine à infliger, notamment si « l’infraction a entraîné des conséquences importantes pour les victimes étant donné la situation personnelle de celles-ci, notamment leur âge, leur état de santé et leur situation financière. »
En 2012, une loi intitulée Loi sur la protection des personnes âgées au Canada a également été adoptée et elle contient une disposition dont le juge doit tenir compte au moment de déterminer la peine à imposer. Il doit tenir compte du fait que l'infraction a eu un effet important sur la victime en raison de son âge et de tout autre élément de sa situation personnelle, notamment sa santé et sa situation financière.
Ces deux modifications législatives codifiaient essentiellement les pratiques actuelles en matière de détermination de la peine. En d'autres termes, lorsque ces modifications législatives ont été proposées, la loi exigeait déjà que les tribunaux tiennent compte de toutes les circonstances aggravantes et atténuantes liées à la perpétration de l'infraction et au degré de responsabilité du délinquant, y compris l'incidence particulière qu'une infraction avait sur une victime en particulier dans toutes les circonstances. Dans un cas donné, cela peut évidemment inclure l'âge de la victime et son niveau de vulnérabilité.
En somme, en codifiant ces circonstances aggravantes, les parlementaires ont clarifié le droit de la détermination de la peine pour les Canadiens et les Canadiennes et ont signalé aux tribunaux qu'il est important de prendre ces circonstances aggravantes en compte pour déterminer les peines.
Le Code criminel comprend un large éventail d'infractions qui s'appliquent également de manière à protéger tous les Canadiens, y compris les vulnérables et les aînés, de même que des infractions spécifiques qui tiennent comptent de la vulnérabilité de la victime. Par exemple, les voies de fait, les voies de fait causant des lésions corporelles et les voies de fait graves s'appliquent de manière à protéger tout le monde, peu importe l'âge, l'état de santé ou le sexe. Il existe aussi des infractions spécifiques qui visent le mauvais traitement de personnes vulnérables, comme l'article 153.1 du Code criminel, qui s'applique à l'exploitation sexuelle d'une personne handicapée. Le Code comprend également une liste de facteurs aggravants qui s'appliquent dans les cas d'abus envers une personne âgée ou vulnérable qui dépend des autres pour des soins, en raison d'une invalidité physique ou mentale.
Il y a quatre facteurs aggravants. Premièrement, l'infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que, par exemple, l'âge ou la déficience mentale ou physique. Deuxièmement, l'infraction perpétrée par le délinquant constitue un mauvais traitement de son époux ou conjoint de fait. Troisièmement, l’infraction perpétrée par le délinquant constitue un abus de la confiance de la victime ou un abus d’autorité à son égard. Quatrièmement, l'infraction a eu un effet important sur la victime en raison de son âge et de tout autre élément de sa situation personnelle, notamment sa santé ou sa situation financière.
Selon mon interprétation de la circonstance aggravante proposée dans le projet de loi C-206, je me demande si la modification proposée dans le projet de loi pourrait chevaucher les circonstances déjà énoncées dans le Code criminel ou si elle comble des lacunes dans le droit relativement à la violence envers les aînés et les autres personnes vulnérables.
Il me tarde d'entendre le point de vue d'autres députés quant à savoir si cette conduite est déjà visée par le Code criminel et quelle serait l'incidence de l'adoption de cette modification sur le système de justice pénale. Par exemple, l'adoption d'une circonstance aggravante semblable aux circonstances aggravantes déjà énoncées dans le Code criminel entraînerait-elle une augmentation des litiges liés à la détermination de la portée de la nouvelle disposition et de ses différences par rapport aux circonstances aggravantes énoncées dans le Code criminel?
Par ailleurs, je me demande quelles seraient les conséquences si l'on fixait, dans le Code criminel, à 65 ans et plus la limite absolue pour évaluer la vulnérabilité d'une personne. Les témoins qui ont comparu devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes dans le cadre de son étude de l'ancien projet de loi C-36 ont souligné que l'incidence d'un crime sur une victime âgée ne dépend pas nécessairement de son âge, mais plutôt des caractéristiques uniques de cette victime.
Cela m'amène à me demander si la meilleure façon d'évaluer la vulnérabilité d'une personne n'est pas d'évaluer une combinaison de facteurs comme la santé mentale et physique, la situation financière et le degré d'autonomie. Je suis certain que les députés ont en tête des exemples où l'âge n'est pas le meilleur indicateur du niveau de vulnérabilité d'une personne. C'est pourquoi j'attends avec impatience que nous ayons un débat approfondi sur ces importantes questions de politique.
Au cours du débat en deuxième lecture sur l'ancien projet de loi C-36, la députée de Pierrefonds—Dollard de l'époque a souligné que, si on se concentre seulement sur les mesures judiciaires, on passe à côté de quelque chose d'important, soit le fait que les initiatives non législatives peuvent également contribuer grandement à régler le problème.
En somme, je tiens à souligner que le projet de loi proposé par le député de Yellowhead vise un objectif très important et louable. J'attends avec impatience la poursuite de l'important débat sur cette question et sur la question de la lutte contre la maltraitance des personnes âgées.
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2019-06-04 18:12 [p.28526]
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Mr. Speaker, it is my pleasure to rise in the House today in support of a very important piece of legislation, private member's bill, Bill C-206, an act to amend the Criminal Code to expand powers ensuring protection against the abuse of vulnerable persons, such as the elderly and people with various disabilities, put forward by my friend, the member of Parliament for Yellowhead.
Our criminal justice system needs to be strengthened to protect the most vulnerable in our society. This legislation looks to close some of the gaps in our system that negatively impact vulnerable Canadians across our country every day.
The physical, emotional, sexual or financial abuse of a person over the age of 65 or a person with a mental or physical disability should be considered an aggravating circumstance. This legislation would ensure criminals who take advantage of vulnerable persons get stricter sentences for their crimes.
First, I would like to discuss elder abuse. Elder abuse can take many forms, and both the mental and physical impairments seniors face increase their vulnerability in our society. Roughly 8% to 10% of seniors in Canada experience elder abuse. This means over 750,000 seniors have been subject to unfair physical, financial or psychological abuse. Elder abuse is severely under-reported in Canada, with an estimated 20% of abuse victims never coming forward and never receiving the justice they deserve.
Looking for the appropriate care in their later years, our elderly often unknowingly entrust their finances, health and futures into the hands of individuals who do not have their best interests at heart. I have heard stories of caregivers stealing hundreds of thousands of dollars from the purses of their wards. I have heard of physical abuse cases going largely unreported. I have heard of elderly couples afraid to report their injustices for fear of losing their homes and their independence.
In my riding, an elderly gentleman living alone in a remote area had his home broken into. The robbers stole his precious belongings and beat him to the point where he had to be hospitalized. Though the perpetrators were later caught, they were released after only serving part of their sentence. After their release, those same criminals went back to the elderly man's home and beat him again to within an inch of death. That elderly man will now spend the rest of his life in a nursing home, as the injuries he sustained took away his independence entirely.
Our broken system does not have strict enough sentences for criminals, and it is failing victims. It is not just individuals perpetrating crimes of elder abuse. Studies show abuses are taking place in over 99% of care homes across the country. These bonds of both necessity and trust are too often taken advantage of by ill-fitted caregivers.
We need to put more legislation in place to protect our most vulnerable, as our elderly are our family and friends. Some victims are dependent on their caregivers, some fear retaliation and social shaming, some fear they will not be believed by resource providers and others do not nave the right tools at their disposal to report elder abuse, being impaired by their own disabilities to an extent to which they cannot reach out.
One day we will all be in their shoes. We need to act today to ensure a better future for all Canadians in their golden years.
Canadians who suffer from various mental or physical disabilities are also at risk of abuse. Imagine people living their lives, unable to fully care of themselves, having their independence stripped away at no fault of their own, and being forced to entrust their lives into the hands of others.
People with disabilities are twice as likely to be abused than any other group. In fact, people with disabilities are more likely to experience workplace, domestic, medical, financial and sexual abuse than any other demographic. Instances of abuse against Canadians with disabilities are on the rise. Forty per cent of incidents of violent crime happen to people with disabilities.
Much like elder abuse, people with disabilities are most often abused by people they know. Caregivers, spouses, common-law partners or other family members are the most common perpetrators of this crime.
Alberta's human services website provided testimony from a man living in an apartment building for persons with disabilities. He spoke on his experiences with assisted care. He wrote, “When the person who is supposed to be my care aide came in the morning to help me get up and dressed, we had a disagreement. We argued for a while. And then the care aide looked at me and said, 'So did you want to get out of bed today?'” Too many caregivers are using a victim's dependence as a bargaining tool to ensure they get what they want, rather than providing the best care possible.
There needs to be stricter punishment for the mental, physical and psychological harm this abuse leaves its victims. The abuse of vulnerable persons is too often overlooked at the national level and the signs of abuse are easily missed. Anyone can become a victim of abuse, including our mothers, fathers, children, neighbours and friends. We need the right tools to recognize abuse and put a stop to it now.
Aside from changing the culture surrounding the treatment for our most vulnerable, we also need stricter laws and punishments surrounding these heinous crimes. Often victims of abuse are forgotten and overlooked by our bustling society, as we are so consumed with the here and now. It is time we pause and recognize these largely forgotten victims.
My colleague and I in the House today are determined to get vulnerable persons the support and services they need to stay independent and stay safe. I am grateful for the member for Yellowhead's bill, which will hopefully shed more light on this important issue. It is time we give a voice back to the hundreds of thousands of people who have been silenced by the injustice of our broken system.
These vulnerable persons feel isolated and alone and often these caregivers are their only connection to the real world. However, we, the Canadian government, are also their caregivers and we have a duty to stand up and protect these people when they cannot protect themselves. Abuse can happen to anyone at any time, but it is far more dubious to commit abuses against individuals without the means to protect themselves.
As our society changes, our government needs to equip itself with the right legislation to confront our current issues and provide a safer future for all. Bill C-206 would provide just that: a method to provide a safer future for all Canadians, especially Canada's most vulnerable.
In closing, I would like to thank the member for Yellowhead and everyone who spoke today in support of this bill.
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour appuyer un projet de loi d'initiative parlementaire très important, soit le projet de loi C-206, qui a été présenté par mon collègue le député de Yellowhead et qui vise à modifier le Code criminel pour élargir les pouvoirs en matière de protection des personnes vulnérables, comme les aînés et les personnes vivant avec différents handicaps, contre les mauvais traitements.
Il faut renforcer le système de justice pénale pour protéger les plus vulnérables de la société. Ce projet de loi vise à corriger certaines des lacunes du système qui ont quotidiennement des répercussions négatives sur les Canadiens vulnérables d'un bout à l'autre du pays.
L'exploitation financière, les mauvais traitements physiques ou moraux ou les agressions sexuelles à l’égard d’une personne âgée de 65 ans ou plus ou d'une personne atteinte d’une déficience mentale ou physique devraient être considérés comme des circonstances aggravantes. Ce projet de loi veillera à ce que les criminels qui profitent de la vulnérabilité des gens se voient imposer des peines plus sévères pour leurs crimes.
Je tiens d'abord à parler de la maltraitance des aînés, qui peut prendre de nombreuses formes, et tant les déficiences mentales que physiques avec lesquelles sont aux prises les aînés accroissent leur vulnérabilité dans la société. Environ 8 à 10 % des aînés au Canada sont victimes de maltraitance. Cela signifie que plus de 750 000 aînés sont injustement victimes de mauvais traitements physiques, d'exploitation financière ou de violence psychologique. La maltraitance des aînés est grandement sous-déclarée au Canada: on estime que 20 % des victimes ne se manifestent jamais et qu'elles n'obtiennent jamais la justice qu'elles méritent.
Pour obtenir les soins appropriés pendant les dernières années de leur vie, les aînés confient souvent sans le savoir leurs finances, leur santé et leur avenir à des individus qui n'ont pas leurs intérêts à cœur. J'ai entendu des histoires d'aidants qui ont volé des centaines de milliers de dollars aux personnes dont ils prenaient soin. Je sais aussi que les cas de violence physique sont rarement rapportés. Des couples de personnes âgées craignent de dénoncer de telles injustices parce qu'ils ne veulent pas être obligés de quitter leur maison et d'abandonner leur autonomie.
Dans ma circonscription, des individus se sont introduits dans la maison d'un homme âgé vivant seul dans une région éloignée. Les voleurs se sont emparés de ses objets précieux et ils l'ont battu. L'homme a dû être hospitalisé. Même si les coupables se sont fait prendre plus tard, ils ont été libérés après avoir purgé seulement une partie de leur peine. Après leur libération, les mêmes criminels sont retournés à la maison de l'homme âgé et ils l'ont battu encore une fois. Il est passé à deux doigts de la mort. Cet homme passera le reste de sa vie dans un centre d'hébergement parce que les blessures qu'il a subies l'ont complètement privé de son autonomie.
Le système défaillant dont nous disposons n'impose pas de peines assez sévères aux criminels et il laisse tomber les victimes. Par ailleurs, ce n'est pas seulement des délinquants qui font subir des mauvais traitements aux aînés. Les études indiquent que des cas de maltraitance se produisent dans plus de 99 % des foyers pour personnes âgées du pays. Des aidants qui ne sont pas à leur place profitent trop souvent de ces liens fondés sur la nécessité et la confiance.
Nous devons légiférer davantage pour protéger les personnes les plus vulnérables. Les aînés sont des membres de nos familles et des amis. Certaines victimes dépendent de leurs soignants, d’autres craignent les représailles et l’humiliation, d’autres craignent de ne pas être crues par les fournisseurs de services et d’autres encore ne disposent pas des outils appropriés pour signaler les mauvais traitements qu’elles subissent, car leur handicap les empêche d’aller chercher de l’aide.
Un jour, nous serons âgés à notre tour. Nous devons agir maintenant pour assurer un avenir meilleur à tous les Canadiens de l’âge d’or.
Les Canadiens qui vivent avec diverses incapacités mentales ou physiques risquent également d’être victimes de mauvais traitements. Songez à ceux qui ne peuvent pas à prendre soin d’eux-mêmes, qui sont privés de leur autonomie pour des raisons indépendantes de leur volonté et qui sont contraints de confier sur des tiers pour s'occuper d'eux.
Les personnes handicapées sont deux fois plus susceptibles d’être victimes de violence que les gens de tout autre groupe. En fait, elles sont plus susceptibles d’être victimes de violence en milieu de travail, d’abus domestiques, médicaux, financiers et sexuels que tout autre groupe démographique. Les cas d’abus à l’endroit des Canadiens handicapés sont à la hausse. Quarante pour cent des crimes violents sont commis contre des personnes handicapées.
Tout comme les personnes âgées, les personnes handicapées sont très souvent maltraitées par des personnes qu’elles connaissent. La plupart du temps, ce sont les soignants, les époux, les conjoints de fait ou d’autres membres de la famille qui se livrent à ces abus.
Le site Web des services sociaux de l'Alberta présente le témoignage d'un homme qui vit dans un immeuble d'habitation pour personnes handicapées. À propos de l'aide qu'il reçoit, il dit ceci: « J'ai eu un conflit ce matin avec la personne qui vient en matinée pour m'aider à me lever et à m'habiller. La dispute a duré assez longtemps. La personne m'a ensuite jeté un regard et m'a dit: « Voulais-tu te lever aujourd'hui? »  De nombreux aides-soignants profitent du rapport de dépendance de la victime pour obtenir ce qu'ils veulent au lieu d'offrir les meilleurs soins possibles.
Il faut instaurer des sanctions plus strictes pour les sévices physiques et psychologiques que causent ces mauvais traitements. À l'échelle nationale, on néglige trop souvent cette question, et la maltraitance des personnes vulnérables passe facilement inaperçue. Tout le monde peut être victime de mauvais traitements: notre mère, notre père, nos enfants, nos voisins, nos amis. Il nous faut les bons outils pour dépister la maltraitance et y mettre un terme.
En plus de changer la façon dont les personnes les plus vulnérables sont traitées, il faut aussi des lois et des sanctions plus strictes contre ces crimes odieux. Dans notre société trépidante, nous oublions souvent les personnes maltraitées parce que nous sommes absorbés par l'immédiat. Il est temps de nous arrêter un peu et de penser à ces victimes souvent oubliées.
Mon collègue et moi-même sommes résolus à offrir aux personnes vulnérables le soutien et les services dont elles ont besoin pour demeurer autonomes et en sécurité. Je remercie le député de Yellowhead d'avoir présenté le projet de loi qui, nous l'espérons, permettra de mieux cerner ce grave problème. Il est temps de faire entendre les centaines de milliers de personnes qui ont été réduites au silence par l'injustice de notre système défaillant.
Les personnes vulnérables se sentent isolées et seules. Souvent, les soignants représentent leur seul contact avec le monde extérieur. Toutefois, le gouvernement du Canada est également chargé de prendre soin de ces personnes. Il a le devoir de défendre et de protéger toute personne qui ne peut le faire elle-même. N'importe qui peut faire l'objet de mauvais traitements, n'importe quand, mais le méfait est bien pire lorsque la victime n'est pas en mesure de se protéger.
La société évolue et le gouvernement doit se doter de mesures législatives adéquates pour faire face aux problèmes actuels et assurer à tous un avenir plus sécuritaire. C'est exactement ce que fait le projet de loi C-206: il propose une méthode qui assurera un avenir plus sécuritaire à tous les Canadiens, surtout les plus vulnérables.
En conclusion, je remercie le député de Yellowhead et tous les députés qui sont intervenus aujourd'hui pour appuyer le projet de loi.
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2019-06-04 18:20 [p.28527]
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Mr. Speaker, I am thankful for having an opportunity to speak on the second reading debate of Bill C-206, an act to amend the Criminal Code regarding the abuse of vulnerable persons.
I would like to begin by thanking my colleague from Yellowhead for giving us the opportunity to discuss this important social issue as well as for the excellent work he has done in his riding and here in the House of Commons over a number of years.
From what I understand about this complex social issue, we will need a multi-faceted approach to effectively address exploitative and abusive conduct toward seniors.
Bill C-206 proposes to amend paragraph 718.2(a) of the Criminal Code to list as an additional aggravating factor acts that target abuse toward seniors and vulnerable adults who depend on others for their care because of their mental or physical disabilities. The objective of the bill is to bring further protections to seniors and other vulnerable persons by imposing tougher penalties on offenders who commit crimes of abuse against these types of victims.
The Criminal Code presently includes a number of offences of general application that offer equal protection to all Canadians from abusive criminal conduct. Additionally, the Criminal Code directs a sentencing court to account for all aggravating and mitigating circumstances relating to the offence or the offender. It explicitly lists a number of aggravating factors that can apply in cases involving the abuse of elderly or vulnerable persons. These aggravating factors include evidence that an offence was motivated by bias, prejudice or hate based on age or the mental or physical disabilities of the individual.
This last aggravating factor was enacted by Bill C-36, the Protecting Canada's Seniors Act, which essentially codified common law sentencing practices, because courts were already required by case law to consider the specific impact an offence had on a particular victim, given all their circumstances.
If a sentencing court is already required under the current law to consider all aggravating or mitigating factors relating to the commission of the offence and the offender, including consideration that the offence had a significant impact on the victim, having regard for his or her age or other personal circumstances, including, of course, health and financial situation, I am interested to hear from the member for Yellowhead what situations he is imagining would be covered by his proposed amendment that are not currently covered under the Criminal Code.
It is important to acknowledge that the investigation and prosecution of crime involving elder abuse or abuse of persons with disabilities in Canada is predominantly undertaken by the provinces. As such, it may be wise to consider the impact Bill C-206 would have on the provinces, including the potential for increased litigation relating to interpreting the scope of the proposed aggravating factor, in light of what is already in the Criminal Code.
While it is important to address any gaps in the law with respect to protecting offended seniors or other vulnerable persons, non-legislative responses, such as public education campaigns about the protection offered by the law and further investments in services and programs, are also important measures for Parliament to consider. Non-legislative measures can target the socio-economic factors that increase the susceptibility of these victims to be exploited or abused.
I recall the testimony of Ms. Susan Eng, a representative of the Canadian Association for Retired Persons, who testified before the Standing Committee on Justice and Human Rights on Bill C-36, the Protecting Canada's Seniors Act, that the aggravating factors proposed in that bill, on their own, were “but one element in a comprehensive strategy needed to prevent, detect, report, investigate, and ultimately prosecute elder abuse.”
I agree with Ms. Eng. I know that there are a number of non-legislative initiatives the federal government has spearheaded to support the needs, and prevent the abuse, of the victims referred to in Bill C-206.
The federal victims strategy initiative, led by Justice Canada, aims to give victims a more effective voice in the criminal justice system. For instance, the victims fund, which is available through the federal victims strategy, is accessible to provincial and territorial governments and non-governmental organizations to support projects that address the needs of victims and survivors of crime in the criminal justice system. It is my understanding that the victims fund can support projects that meet the needs of the victims who are the focus of Bill C-206.
In 2016, Justice Canada issued a call for proposals, under the victims fund, to non-governmental organizations for projects that would help address gaps in supports and services, raise awareness or advance research to benefit victims and survivors of crime with disabilities, including seniors with disabilities. Seven projects are currently being funded.
In one project, researchers at the University of Toronto worked with three organizations, Womenatthecentre, DAWN Canada and Brain Injury Canada, to address existing gaps in supports and services for women with disabilities who are survivors of crime. The focus of the research project was women who experience intimate partner violence who have sustained disabling, permanent traumatic brain injuries. As a result of this work, a toolkit was developed to provide knowledge of intimate partner violence through educational materials for front-line staff who are supporting women survivors of intimate partner violence who have sustained traumatic brain injuries.
As well, the University of Toronto worked with indigenous organizations across Canada to raise awareness with respect to women with disabilities who are survivors of crime and to expand a toolkit that is specific to the indigenous context.
I am also aware that through the federal victims strategy, Justice Canada hosts knowledge-building events that are designed to provide information about elder abuse and supporting victims who are seniors.
In addition to commemorating the International Day of Persons with Disabilities on December 3, 2018, Justice Canada hosted an information session to explore various approaches in supporting and empowering women victims and survivors with disabilities, including senior women with disabilities who are victims of domestic violence. These knowledge-exchange information sessions are available to victims and survivors of crime, victims advocates, victims service providers, police officers and legal professionals.
I am also aware of the Justice Canada component of the federal family violence initiative, an initiative that is led by the Public Health Agency of Canada. It provides project funding to support the development of models, strategies and tools to improve the criminal justice system's response to family violence, including elder abuse.
The family violence initiative also addresses elder abuse by providing resources for the public. One helpful tool is the booklet published by the Department of Justice on its website entitled “Elder Abuse is Wrong”. The publication is designed for seniors who may be suffering from abuse by someone they know, such as an intimate partner, spouse, family member or caregiver.
Educating these vulnerable people about the resources available, as well as making investments in the services and programs that will address these victims' needs, can have an extremely positive impact on curbing these forms of abuse and exploitation.
The objective of protecting elders and other vulnerable victims is of great importance, and I look forward to hearing the views of other members as we continue to explore a full range of issues that come forward in considering Bill C-206.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion d'intervenir au sujet du projet de loi -206, Loi modifiant le Code criminel concernant le mauvais traitement de personnes vulnérables.
J'aimerais d'abord remercier mon collègue de Yellowhead de nous avoir donné l'occasion de discuter de cette importante question sociale ainsi que de l'excellent travail qu'il accomplit dans sa circonscription et ici, à la Chambre des communes, depuis plusieurs années.
D'après ce que je comprends de cette question sociale complexe, il faudra une approche multidimensionnelle pour lutter efficacement contre l'exploitation et les traitements abusifs des aînés.
Le projet de loi C-206 propose de modifier l'alinéa 718.2a) du Code criminel afin d'ajouter à la liste des circonstances aggravantes les mauvais traitements infligés aux personnes âgées et aux adultes vulnérables qui sont à la charge d'autrui en raison d'une déficience mentale ou physique. L'objectif du projet de loi est de mieux protéger les aînés et les autres personnes vulnérables en imposant des peines plus sévères aux délinquants qui font subir des mauvais traitements à ce genre de victimes.
À l'heure actuelle, le Code criminel comprend un certain nombre d'infractions d'application générale qui offrent une protection égale à tous les Canadiens contre les comportements criminels abusifs. De plus, le Code criminel oblige le tribunal qui détermine la peine à tenir compte de toutes les circonstances aggravantes ou atténuantes relatives à l'infraction ou au délinquant. Il énumère explicitement des facteurs aggravants pouvant s'appliquer aux cas impliquant le mauvais traitement d'un aîné ou d'une personne vulnérable. Ces facteurs aggravants comprennent des éléments de preuves établissant que l'infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que l'âge ou la déficience mentale ou physique.
Ce dernier facteur aggravant a été édicté par le projet de loi C-36, Loi sur la protection des personnes aînées qui, essentiellement, a inscrit dans la loi les pratiques de common law relatives à la détermination de la peine, car les tribunaux étaient déjà tenus, par la jurisprudence, de tenir compte de l'incidence précise d'une infraction sur une victime donnée, eu égard à toutes les circonstances.
Puisque la loi en vigueur oblige déjà le tribunal qui détermine la peine à tenir compte de toutes les circonstances aggravantes ou atténuantes relativement à la commission de l'infraction et au délinquant, y compris le fait que l'infraction a eu une incidence considérable sur la victime, l'âge de la victime ou d'autres circonstances personnelles, dont, bien entendu, l'état de santé et la situation financière de la victime, je suis curieux de savoir à quelles situations actuellement non prévues par le Code criminel le député de Yellowhead s'imagine que la modification qu'il propose s'appliquerait.
Il faut reconnaître que les enquêtes et les poursuites en matière de crimes liés au mauvais traitement des aînés ou des personnes handicapées au Canada sont surtout menées par les provinces. Par conséquent, il serait peut-être judicieux de réfléchir aux incidences qu'aurait le projet de loi C-206 sur les provinces et notamment au risque d'une augmentation des différends concernant l'interprétation de la portée des circonstances aggravantes face à ce qui se trouve déjà dans le Code criminel.
Bien qu'il soit important de corriger les lacunes de la loi concernant la protection des aînés et des autres personnes vulnérables victimes de mauvais traitement, des solutions non législatives, comme des campagnes de sensibilisation sur les protections existantes dans la loi et des investissements dans les programmes et les services, sont d'autres mesures que le Parlement peut envisager. Les mesures non législatives permettent de cibler les facteurs socioéconomiques qui rendent ces personnes vulnérables à l'exploitation et aux mauvais traitements.
Je me souviens du témoignage de Mme Susan Eng, une représentante de l'Association canadienne des individus retraités, qui a comparu devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne au sujet du projet de loi C-36, Loi sur la protection des personnes aînées au Canada. Elle avait affirmé que les facteurs aggravants proposés dans le projet de loi constituent « simplement un aspect de la stratégie globale visant à prévenir la maltraitance des aînés, à la déceler et à favoriser son signalement, les enquêtes et les poursuites ».
Je suis d'accord avec Mme Eng. Je sais que le gouvernement fédéral a lancé un certain nombre d'initiatives non législatives pour répondre aux besoins des victimes dont il est question dans le projet de loi C-206 et prévenir leur maltraitance.
La Stratégie fédérale d'aide aux victimes, qui est dirigée par Justice Canada, vise à donner aux victimes une voix plus efficace dans le système de justice pénale. Par exemple, le Fonds d'aide aux victimes, qui est offert dans le cadre de la Stratégie fédérale d'aide aux victimes, est accessible aux gouvernements provinciaux et territoriaux et aux organisations non gouvernementales pour appuyer des projets qui répondent aux besoins des victimes et des survivants d'actes criminels dans le système de justice pénale. Je crois comprendre que le Fonds d'aide aux victimes peut appuyer des projets qui répondent aux besoins des victimes visées par le projet de loi C-206.
En 2016, le ministère de la Justice a lancé un appel aux organisations non gouvernementales pour qu'elles présentent des projets qui pourraient être subventionnés par le Fonds d'aide aux victimes et devront viser trois objectifs: contribuer à combler les insuffisances dans l'aide et les services offerts; sensibiliser la population; promouvoir la recherche qui favorise les victimes et les survivants d'actes criminels handicapés, notamment les personnes âgées handicapées. À l'heure actuelle, sept projets sont financés.
Au cours d'un projet, des chercheurs de l'Université de Toronto ont collaboré avec trois de ces organisations, Womenatthecentre, le Réseau d'action des femmes handicapées du Canada et Lésion Cérébrale Canada, dans le but de remédier aux lacunes dans les services offerts aux femmes qui ont survécu à un crime et qui sont devenues handicapées. Ce projet de recherche s'intéresse aux femmes qui ont été victimes de violence infligée par un partenaire intime et qui ont subi des lésions cérébrales permanentes et invalidantes. Les travaux de ces chercheurs ont mené à l'élaboration d'une trousse d'outils contenant du matériel éducatif sur la violence contre un partenaire intime. Cette trousse est destinée au personnel de première ligne qui vient en aide aux femmes ayant été victimes de ce type de violence et ayant subi des traumatismes crâniens.
L'Université de Toronto a également collaboré avec des organismes autochtones partout au Canada pour sensibiliser la population au problème des femmes qui ont survécu à un crime et qui sont devenues handicapées ainsi que pour développer une trousse d'outils adaptés au contexte autochtone.
Je sais également que dans le cadre de la Stratégie fédérale d'aide aux victimes, le ministère de la Justice organise des activités de sensibilisation pour fournir de l'information sur la maltraitance des aînés et pour soutenir les aînés qui ont subi de la violence.
En plus de célébrer la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre 2018, Justice Canada a organisé une séance d'information pour explorer diverses approches destinées à soutenir et à outiller les femmes victimes et les survivants handicapés, y compris les femmes âgées handicapées victimes de violence conjugale. Ces séances d'information s'adressent aux victimes, aux survivants, aux défenseurs des victimes, aux fournisseurs de services, aux agents de police et aux professionnels du droit.
Je suis également conscient du volet justice de l'Initiative fédérale de lutte contre la violence familiale, un programme qui est mené par l'Agence de santé publique du Canada et qui permet de financer des projets pour appuyer le développement de modèles, de stratégies et d'outils pour améliorer la réponse du système de justice pénale à la violence familiale, dont celle qui est faite aux aînés.
L'Initiative de lutte contre la violence familiale permet de s'atteler aux mauvais traitements que subissent les aînés en offrant des ressources au public. L'une de ces ressources est la brochure publiée par le ministère de la Justice sur son site Web et intitulée « La maltraitance des aînés est inacceptable ». La publication est destinée aux aînés qui pourraient souffrir de mauvais traitements de la part de leur entourage, que ce soit un partenaire intime, un conjoint, un membre de la famille ou un aidant naturel.
La sensibilisation de ces personnes vulnérables aux ressources disponibles de même que les investissements effectués dans les services et programmes destinés à satisfaire leurs besoins peuvent être extrêmement utiles pour faire diminuer ces formes d'abus et d'exploitation.
L'objectif de protection des aînés et d'autres personnes vulnérables revêt une grande importance, et j'ai hâte de connaître le point de vue d'autres députés alors que nous poursuivons l'exploration de toute la série d'enjeux qui découlent de l'étude du projet de loi C-206.
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Lib. (PE)
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2019-06-03 14:07 [p.28403]
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Mr. Speaker, I rise today to inform the House that Prince Edward Islander Hannah MacLellan will be representing Canada at a UN conference on the Convention on the Rights of Persons with Disabilities in New York next week.
At 20, Hannah has already made her mark in P.E.I. politics. She was the driving force in the adoption of a bill known as Hannah's Bill, which passed through the P.E.I. legislature in 2016.
While working toward a degree in human rights and disability studies, Hannah has been an active member of the Carleton University Young Liberals and is a valuable employee in my office. She has been a fixture in the gallery of this place, especially during the debate on the government's bill to create a barrier-free Canada. Hannah most recently represented the riding of Cardigan in Parliament for Daughters of the Vote, where she gave an impassioned speech on Bill C-81.
I am proud to say that persons with disabilities have a formidable advocate in Ms. MacLellan. Today also happens to be her birthday. I wish Hannah a happy birthday.
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour informer la Chambre que Hannah MacLellan, de l'Île-du-Prince-Édouard, représentera le Canada à la conférence des Nations unies sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui se tiendra à New York la semaine prochaine.
À 20 ans à peine, Hannah a déjà fait sa marque sur la scène politique de l'Île-du-Prince-Édouard. Elle a été le moteur de l'adoption d'un projet de loi connu sous le nom de projet de loi de Hannah, qui a été adopté à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard en 2016.
Tout en poursuivant ses études sur les droits de la personne et les personnes handicapées, Hannah est un membre actif des Jeunes libéraux de l'Université Carleton et une employée importante de mon bureau. Elle a été très présente à la tribune de la Chambre, surtout pendant le débat sur le projet de loi du gouvernement visant à faire du Canada un pays exempt d'obstacles. Récemment, Hannah a représenté la circonscription de Cardigan au Parlement pour les Héritières du suffrage, où elle a prononcé un discours passionné sur le projet de loi C-81.
Je suis fier de dire que les personnes handicapées ont une formidable championne en Mme MacLellan. Il se trouve aussi qu'elle célèbre son anniversaire aujourd'hui. Je lui souhaite un joyeux anniversaire.
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NDP (ON)
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2019-06-03 14:43 [p.28410]
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Mr. Speaker, Mr. and Mrs. Karki, age 66 and 69, missed their flight from Vancouver to Edmonton after being left in their wheelchairs without assistance for hours at the airport. They could not go to a washroom or even get a drink of water.
The Liberal government passed an accessibility act that exempts the Canadian Transportation Agency from enforcing it. How can we rely on airlines to include people with disabilities when Liberals failed to make it mandatory in Bill C-81?
Monsieur le Président, M. et Mme Karki, qui sont âgés de 66 et de 69 ans, ont manqué leur vol de Vancouver à Edmonton parce qu'on les a laissés poireauter pendant des heures dans leur fauteuil roulant à l'aéroport sans leur offrir d'assistance. Ils n'ont pu ni aller aux toilettes ni même prendre une gorgée d'eau.
Le gouvernement libéral a fait adopter une loi sur l'accessibilité qui exempte l'Office des transports du Canada de l'appliquer. Comment peut-on compter sur les compagnies aériennes pour qu'elles fassent place aux personnes handicapées, alors que les libéraux ne les ont pas obligées à le faire dans le projet de loi C-81?
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Lib. (BC)
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2019-06-03 14:43 [p.28410]
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Mr. Speaker, we are focusing on making Canada more accessible, and we are sorry for the situation that happened to this couple. Our government takes accessibility and transportation in Canada very seriously, and we are standing up for Canadian air passengers to ensure they are treated with fairness and respect.
Through the accessible Canada act, we are taking concrete steps to move forward a barrier-free Canada for all Canadians. The Canadian Transportation Agency is an expert in passenger considerations and complaints, and I would very much recommend that these individuals approach that agency with any complaints they have.
Monsieur le Président, nous nous efforçons de rendre le Canada plus accessible et nous sommes désolés que ce couple ait vécu cette situation. Le gouvernement prend l'accessibilité et le transport au Canada très au sérieux et il défend les passagers aériens canadiens afin qu'ils soient traités avec équité et respect.
Grâce à la Loi canadienne sur l’accessibilité, nous prenons des mesures concrètes pour faire du Canada un pays exempt d’obstacles pour tous les Canadiens. Les fonctionnaires de l'Office des transports du Canada sont des experts des préoccupations et des plaintes des passagers. Je recommande fortement aux personnes en question de communiquer avec cet organisme pour exprimer leurs doléances.
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View Julie Dzerowicz Profile
Lib. (ON)
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2019-06-03 14:46 [p.28411]
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Mr. Speaker, thalidomide was used off-label in the 1950s and early 1960s to treat morning sickness in pregnant women. The drug had devastating consequences and led to miscarriages, birth defects such as missing organs and stunted limbs, and premature death.
Our national government has taken action in launching a new, more compassionate support program: the Canadian thalidomide survivors support program. Could the Minister of Health please give us an update on the status of this program and how it will help thalidomide survivors?
Monsieur le Président, l'utilisation hors indication de la thalidomide dans les années 1950 et au début des années 1960 pour traiter les nausées matinales chez les femmes enceintes a eu des conséquences dévastatrices et a donné lieu, notamment, à des fausses couches, à des malformations congénitales, comme l'absence ou la malformation de certains membres ou organes, et à des décès prématurés.
Le gouvernement fédéral est intervenu en lançant un nouveau programme de soutien empreint de compassion: le Programme canadien de soutien aux survivants de la thalidomide. La ministre de la Santé pourrait-elle nous dire où en est ce programme et dans quelle mesure il aidera les survivants de la thalidomide?
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View Ginette Petitpas Taylor Profile
Lib. (NB)
Mr. Speaker, I would like to take this opportunity to thank the member for Davenport for her advocacy on behalf of thalidomide survivors.
Our government believes that thalidomide survivors deserve to live the rest of their lives in comfort and dignity. We have held a dialogue with the community and listened to their concerns with respect to the original program, which is why the new Canadian thalidomide survivors support program will use a probability-based medical assessment process to determine eligibility. I am very pleased to announce that the applications were officially launched today.
Monsieur le Président, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier la députée de Davenport de son engagement auprès des survivants de la thalidomide.
Le gouvernement pense que les survivants de la thalidomide méritent de vivre le reste de leur vie dans le confort et la dignité. Nous avons discuté avec la communauté des survivants et pris en compte leurs réserves quant au programme initial. C'est pourquoi le nouveau Programme canadien de soutien aux survivants de la thalidomide s'appuiera sur une évaluation médicale fondée sur la probabilité pour déterminer qui est admissible. Je suis très heureuse d'annoncer que c'est à partir d'aujourd'hui, officiellement, que les demandes peuvent être envoyées.
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View Kyle Peterson Profile
Lib. (ON)
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2019-05-31 11:46 [p.28350]
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Mr. Speaker, National AccessAbility Week is a week when we celebrate Canadians with disabilities and raise awareness of the need for greater accessibility and inclusion. For millions of Canadians, barriers to access and inclusion still exist. We know that society benefits when all Canadians are included and have access to their workplaces and communities.
Can the Parliamentary Secretary to the Minister of Public Services and Procurement and Accessibility tell the House how our government is addressing and reducing barriers to inclusion for all Canadians?
Monsieur le Président, la Semaine nationale de l'accessibilité est l'occasion de saluer les Canadiens ayant un handicap et de sensibiliser la population à la nécessité d'accroître l'accessibilité et l'inclusion. Pour des millions de Canadiens, des obstacles à l'accès et à l'inclusion persistent. Or, nous savons que la société est avantagée lorsque tous les Canadiens sont inclus et peuvent accéder à leur lieu de travail et se déplacer dans leur collectivité.
La secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement et de l'Accessibilité pourrait-elle indiquer à la Chambre ce que fait le gouvernement pour réduire et éliminer les obstacles à l'inclusion pour tous les Canadiens?
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View Kate Young Profile
Lib. (ON)
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2019-05-31 11:47 [p.28351]
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Mr. Speaker, our government believes that all Canadians deserve to have the same opportunities and chances at success. Bill C-81, the accessible Canada act, was passed with unanimous consent this week. Once it receives royal assent, it will allows us to transition from a system where Canadians with disabilities have to fight for every basic access, to a new system that systematically identifies and prevents barriers from the start. This legislation reflects the work and commitment of those in the disability community who, for years, have been tireless advocates of an accessible Canada. This success is theirs.
Monsieur le Président, le gouvernement estime que tous les Canadiens ont droit aux mêmes possibilités et aux mêmes chances de réussite. Le projet de loi C-81, Loi canadienne sur l'accessibilité, a été adopté à l'unanimité cette semaine. Une fois qu'il aura reçu la sanction royale, il nous permettra de passer d'un système où les Canadiens handicapés doivent lutter pour chaque accès fondamental à un nouveau système repérant et éliminant systématiquement les obstacles dès le départ. Ce projet de loi reflète le travail et l'engagement des membres de la communauté des personnes handicapées qui, depuis des années, font valoir sans relâche l'importance de faire du Canada un pays accessible. Cette réussite est leur réussite.
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View Wayne Long Profile
Lib. (NB)
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2019-05-29 14:15 [p.28215]
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Mr. Speaker, on Sunday I was honoured to help kick off Disability Awareness Week celebrations at key industries in Saint John.
Disability Awareness Week is a time for all of us to promote accessibility and inclusion, and to celebrate the incredible social and economic contributions that Canadians with disabilities make to our communities. It is also a time for us to redouble our commitment to the protection of the rights of persons with disabilities.
Our government is doing this by advancing Bill C-81, which represents the most significant advancement of rights of persons with disabilities in Canada since the advent of the charter. I was thrilled to be able to contribute to the strengthening of this historic legislation at committee, and I look forward to standing up for the rights of persons with disabilities by standing up for this legislation later this week.
I will always stand up for the rights of persons with disabilities in Saint John—Rothesay.
Monsieur le Président, dimanche, j'ai eu l'honneur de participer au lancement des célébrations de la Semaine de sensibilisation aux personnes handicapées dans des entreprises industrielles clés de Saint John.
La Semaine de sensibilisation aux personnes handicapées est l'occasion pour nous tous de promouvoir l'accessibilité et l'inclusion et de rendre hommage aux Canadiens handicapés pour leur incroyable contribution, sur le plan socio-économique, à nos collectivités. C'est aussi l'occasion pour nous de nous engager avec plus de détermination encore à protéger les droits des personnes handicapées.
C'est ce que fait le gouvernement en présentant le projet de loi C-81, lequel représente la plus grande avancée en matière de droits des personnes handicapées au Canada depuis l'adoption de la Charte. J'ai été ravi de pouvoir contribuer à l'amélioration de cet historique projet de loi au comité, et je suis résolu à défendre les droits des personnes handicapées en défendant cette mesure législative plus tard, cette semaine.
Je défendrai toujours les droits des personnes handicapées de Saint John—Rothesay.
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View Pierre Breton Profile
Lib. (QC)
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2019-05-29 15:06 [p.28224]
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Mr. Speaker, this week is National Accessibility Week, and I am proud of the investments our government has made and the work we have accomplished on accessibility in my riding of Shefford and across Canada since 2015. We are celebrating the accomplishments of Canadians with disabilities and the work being done across the country to give all Canadians the same opportunities to succeed.
Could the Prime Minister please tell the House what our government is doing to create meaningful change and to help eliminate barriers to inclusion?
Monsieur le Président, en cette Semaine nationale de l'accessibilité, je suis fier des investissements et du travail faits depuis 2015 par notre gouvernement en matière d'accessibilité dans ma circonscription, Shefford, et partout au Canada. Nous célébrons les accomplissements des Canadiens en situation de handicap et les efforts déployés partout au pays afin de donner à tous les mêmes chances de réussir.
Le premier ministre pourrait-il informer la Chambre des mesures prises par notre gouvernement pour créer des changements significatifs et aider à éliminer les obstacles à l'inclusion?
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View Justin Trudeau Profile
Lib. (QC)
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2019-05-29 15:06 [p.28224]
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Mr. Speaker, I thank the member for Shefford for his question and for his hard work.
In budget 2019, we made significant investments to better support Canadians with disabilities. Unlike the Conservatives, we are prioritizing the passage of our historic accessibility bill, which will help create a system to proactively identify and eliminate barriers. We are building a country in which all Canadians can fully participate in society. We hope to have the support of all political parties.
Monsieur le Président, je remercie le député de Shefford de sa question et de son travail acharné.
Dans le budget de 2019, nous avons fait d'importants investissements pour mieux soutenir les Canadiens vivant avec des handicaps. Contrairement aux conservateurs, nous accordons la priorité à l'adoption de notre loi historique sur l'accessibilité. Elle aidera à créer un système pour repérer et éliminer les obstacles de manière proactive. Nous bâtissons un pays où tous les Canadiens peuvent participer pleinement à la société. Nous espérons avoir le soutien de tous les partis politiques.
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View Marc Garneau Profile
Lib. (QC)
Mr. Speaker, I am pleased to rise today at the last stage of debate on Bill C-81, an act to ensure a barrier-free Canada, also known as the accessible Canada act.
Dedicated and tireless work has gone into this bill ever since it was introduced in the House last June. Many, many people spent considerable time and energy on this historic bill, including people with disabilities, stakeholders and organizations that have a role to play in making Canada accessible. More specifically, the disability community was heavily involved throughout the parliamentary process, and thanks to their efforts these people now have a bill that reflects their voices and priorities.
We should all be very proud of the hard work that went into this bill. Everyone who took part in this process understands the particular significance of this legislation.
This bill represents a historic milestone for the rights of persons with disabilities in Canada. It builds on our country's strong human rights system and is a major step in the ongoing implementation of the United Nations Convention on the Rights of Persons with Disabilities.
Canada has certainly come a long way on accessibility. However, for millions of persons with disabilities across this country who continue to face barriers every single day in their communities and workplaces, this bill is long overdue. The proposed accessible Canada act pursues a simple, but essential, goal: to realize a Canada without barriers.
What the accessible Canada act is proposing is a major culture shift. Right now, our current system requires persons with disabilities to fight for access and inclusion. We have all seen it. We all know somebody who is facing challenges with their mobility, people who cannot hear and people who cannot see, who yet want to make a contribution to our society and live their lives fully. We have to take them into account. We have to address their needs.
The proposed accessible Canada act sets out to change that and create a Canada that is inclusive and accessible for everyone from the get-go. Canadians with disabilities are tired of being treated as an afterthought. This is what Bill C-81 sets out to do: to transform our perceptions of disability and ensure accessibility and inclusion from the start.
Improving the quality of life of Canadians with disabilities is a priority of this government. That is why we are not even waiting for this legislation to be enacted before taking meaningful steps. The steps that we are taking to improve the Canadian Transportation Agency regulations are a good example of this. The goal of these regulations is an ambitious one: to create the most accessible transportation system in the world.
Here I want to take a minute to thank the Canadian Transportation Agency, which is playing a pivotal and extremely important role in addressing the issues related to transportation. That is the kind of ambition that we need and which Canadians living with disabilities deserve.
We are taking a sectoral approach with this legislation. The opposition has criticized us for this, but it makes sense to take this approach since accessibility is everyone's responsibility. All departments need to take accessibility into account as they make decisions, devise policies and prioritize spending. There must always be a focus, among all of the other priorities associated with legislation and regulations, on what those do with respect to accessibility. That is why, for example, in the transportation realm, we are strengthening the powers of the Canadian Transportation Agency. This will have a significant impact across the country for Canadians living with disabilities.
Our government has devoted special attention to accessibility in the transportation sector, which has been made a priority item in this bill. We are committed to protecting and promoting the dignity and human rights of people with disabilities by ensuring that we have a transportation system that is truly accessible from coast to coast to coast.
I myself take the train every week, I fly frequently, and I use other modes of transportation from time to time. We are very conscious of the fact that using the modes of transportation we take for granted can make travel very challenging, if not impossible, for certain people with disabilities.
In the federal transportation sector, service providers will be required to develop accessibility plans and provide progress reports, as well as respond to the feedback generated by the process. They will also be required to consult people with disabilities in the development of those accessibility plans so as to ensure that the community is reflected in the plans now and in the future. They will also have to implement meaningful organizational and culture change with respect to accessibility.
The bill sets out additional requirements to guarantee that the government proactively assumes its responsibilities when it comes to identifying, removing and preventing barriers. Where barriers do exist, we need to have stronger redress mechanisms.
This is our opportunity to achieve yet another historic milestone for disability rights in Canada. Here, I want to take a second to speak about the incredible leadership of our Minister of Public Services and Procurement on this particular file, as well as the leadership of our Prime Minister, who, for the first time in our history, has given the issue of accessibility the importance, the priority and urgency it deserves.
Accessibility and inclusion benefit everyone. The proposed accessible Canada act will not only improve the day-to-day lives of millions of people in Canada, but also have broader positive economic and social benefits. Ensuring accessible workplaces and employment practices means taking advantage of a large and untapped and talented labour market. Making goods, services, facilities and programs accessible means benefiting from the business of a major client base. Removing and preventing the barriers that stop persons with disabilities from fully participating in our communities means levelling the playing field so that every person can live a full and meaningful life. This is what Canada is all about.
We now have the chance to address the systemic barriers and inequity that still exist today. The barriers faced by persons with disabilities are real and tangible. To take down those barriers, we need to get Bill C-81, the accessible Canada act, passed as soon as possible. We cannot afford to wait. Persons with disabilities have so much to offer our society. They are willing, eager and able to participate and contribute and we need to insist on their much-needed social and economic participation.
We have the opportunity to make Canada truly accessible and inclusive. We must do our duty as the federal government and pass the accessible Canada act without further delay. Canadians expect an innovative and forward-thinking transportation system that is dependable, safe and accessible.
The bill ensures that these objectives are met, especially when it comes to promoting the human rights of persons with disabilities, and that Canada is recognized as a global leader.
Today we literally have an opportunity to make history. We have been extremely flexible and open to all the proposed amendments. By passing Bill C-81, we will take another step toward an inclusive society where everyone has an equal opportunity to succeed. We will no longer have a system where persons with disabilities have to struggle every day to obtain basic access.
It is essential that we pass this bill to bring down the barriers faced by persons with disabilities in Canada. We must get this bill passed as soon as possible to start working together for a barrier-free Canada. The real work will begin once the bill has been passed, and we must do it together.
I will conclude by asking all members of the House to take a few seconds to think about the following.
All members know somebody who is facing challenges with respect to a handicap. We all know people in that situation, and we all know they face barriers in society that they should not have to face. All members know that we have an obligation, as a responsible government, to do something about that.
I urge all members to pass the bill as quickly as possible. The time has come, and the discussion is over. This will be historic and important for all Canadians for years to come.
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui, à la dernière étape du débat sur le projet de loi C-81, Loi visant à faire du Canada un pays exempt d'obstacles, également appelée la Loi canadienne sur l'accessibilité.
Un travail dévoué et infatigable a été entrepris depuis le dépôt de ce projet de loi à la Chambre, en juin dernier. Tant de gens ont investi un travail et une énergie considérable dans ce projet de loi historique, notamment des personnes handicapées, des intervenants et des organisations qui ont un rôle à jouer en matière d'accessibilité au Canada. Plus particulièrement, la communauté des personnes handicapées a été largement impliquée tout au long du processus parlementaire et, grâce à leurs efforts, ces personnes se sont assurées que ce projet de loi reflète leurs voix et leurs priorités.
Nous devrions tous être très fiers du travail ardu consacré à ce projet de loi. Toutes les personnes qui ont participé à ce processus comprennent l'importance particulière de cette loi.
Ce projet de loi représente un jalon historique pour les droits des personnes handicapées au Canada, en misant sur le système solide de défense des droits de la personne de notre pays et en constituant une étape majeure de la mise en œuvre continue de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies.
Le Canada a certainement fait de grands progrès au chapitre de l'accessibilité. Toutefois, pour les millions de personnes qui souffrent d'un handicap à travers le pays et qui continuent de faire face quotidiennement à des obstacles dans leur collectivité et leur lieu de travail, ce projet de loi était attendu depuis bien longtemps. Le projet de loi sur l'accessibilité au Canada a un objectif simple, mais essentiel: bâtir un Canada exempt d'obstacles.
Le projet de loi sur l'accessibilité au Canada propose un changement de culture majeur. Dans le système actuel, les personnes ayant un handicap doivent se battre pour obtenir l'accès et l'inclusion. Nous l'avons tous constaté. Nous connaissons tous quelqu'un qui est freiné dans sa mobilité, qui n'entend pas, qui ne voit pas et qui, pourtant, veut apporter une contribution à la société et vivre sa vie pleinement. Nous devons en tenir compte, nous devons répondre à ses besoins.
Le projet de loi sur l'accessibilité au Canada se propose de changer les choses et de créer d'emblée un Canada inclusif et accessible. Les Canadiens souffrant d'un handicap en ont assez d'être traités comme des personnes sans importance. Voilà donc ce que vise le projet de loi C-81: transformer nos perceptions sur le handicap et garantir d'emblée l'accessibilité et l'inclusion.
Le gouvernement a fait de l'amélioration de la qualité de vie des Canadiens handicapés une priorité. C'est pour cette raison que nous n'attendons pas que ce projet de loi soit adopté avant de prendre des mesures concrètes dans ce dossier. Celles que nous prenons pour améliorer les règlements de l'Office des transports du Canada en sont un parfait exemple. Ces règlements visent un objectif ambitieux, soit la création du système de transport le plus accessible au monde.
J'aimerais maintenant prendre une minute pour remercier l'Office des transports du Canada, qui joue un rôle crucial dans la résolution des problèmes liés aux transports. Voilà le genre d'ambition dont nous avons besoin et que les Canadiens handicapés méritent.
Nous avons adopté une approche sectorielle pour ce projet de loi. Cela a suscité des critiques de la part de l'opposition, mais cette approche est tout à fait logique puisque l'accessibilité est la responsabilité de tous. Tous les ministères doivent tenir compte de l'accessibilité lorsqu'ils prennent des décisions, élaborent des politiques et établissent leurs priorités en matière de dépenses. Toutes les décisions qu'ils prennent, en plus de toutes leurs autres priorités associées aux lois et aux règlements, doivent tenir compte des répercussions qu'elles auront sur l'accessibilité. C'est pourquoi, par exemple, dans le domaine des transports, nous renforçons les pouvoirs de l'Office des transports du Canada. Cela aura une incidence importante sur les Canadiens handicapés dans l'ensemble du pays.
Un élément prioritaire de ce projet de loi auquel notre gouvernement a accordé une attention particulière est l’accessibilité dans le secteur des transports. Nous nous engageons à protéger et à promouvoir la dignité et les droits fondamentaux des personnes handicapées en leur permettant d’accéder à un réseau de transports véritablement accessible d’un océan à l’autre.
Pour ma part, je prends le train toutes les semaines, je prends l’avion fréquemment et j'emprunte d’autres modes de transport de temps en temps. Nous sommes très conscients que, pour certaines personnes qui vivent avec un handicap, c’est un défi ou une impossibilité de voyager en empruntant les modes de transport que nous tenons tous pour acquis.
Dans le secteur des transports de compétence fédérale, les fournisseurs de services seront tenus d’élaborer des plans d’accessibilité et des rapports d’étape, ainsi que de répondre aux réactions générées par ces processus. Ils seront également tenus de consulter les personnes handicapées lors de l’élaboration de ces plans d’accessibilité, afin que la communauté se voie reflétée dans ces plans maintenant et à l’avenir. Ils devront aussi assurer la mise en œuvre d’un véritable changement organisationnel et culturel en matière d’accessibilité.
Le projet de loi énonce d’autres exigences visant à garantir que le gouvernement peut assumer de manière proactive ses responsabilités en matière de détection, de suppression et de prévention des barrières. Là où il y a des barrières, il devra y avoir des mécanismes de recours plus solides.
Nous avons ici l'occasion de poser un autre jalon historique en matière de droits des personnes handicapées au Canada. Je veux prendre le temps de parler du leadership incroyable exercé par la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement dans ce dossier, ainsi que par le premier ministre, qui, pour la première fois de l'histoire du pays, a accordé à la question de l'accessibilité l'importance, la priorité et l'urgence qu'elle mérite.
L'accessibilité et l'inclusion profitent à tout le monde. Le projet de loi canadienne sur l'accessibilité, en plus d'améliorer le quotidien de millions de gens au Canada, aura des retombées socioéconomiques positives plus larges. En s'assurant que les milieux de travail et les pratiques d'emploi soient accessibles, on accède à un important bassin inexploité de travailleurs talentueux. Avec des produits, des services, des installations et des programmes accessibles, on gagne une clientèle considérable. Lever les obstacles qui empêchent les personnes handicapées d'être pleinement incluses dans nos collectivités signifie que tous les Canadiens auront les mêmes chances de réussite afin que tous puissent vivre une vie épanouie et enrichissante. C'est la nature même du Canada.
Nous avons maintenant l'occasion de lever les obstacles systémiques et les iniquités qui subsistent aujourd'hui. Les obstacles auxquels se heurtent les personnes handicapées sont réels et tangibles. Pour lever ces obstacles, nous devons adopter aussi rapidement que possible le projet de loi C-81, la Loi canadienne sur l'accessibilité. Nous ne pouvons plus attendre. Les personnes handicapées ont tellement à offrir à la société canadienne. Elles sont aptes et prêtes à participer à la société et à y contribuer et elles ont hâte de pouvoir le faire et nous devons tout faire pour obtenir leur contribution socioéconomique, dont nous avons bien besoin.
Nous avons l’occasion de créer un Canada véritablement accessible et inclusif. Nous devons faire notre devoir en tant que gouvernement fédéral et adopter la loi canadienne sur l’accessibilité sans plus attendre. Les Canadiens s’attendent à un système de transports novateur et avant-gardiste qui est sûr, sécuritaire et accessible.
Ce projet de loi vise à assurer le respect de ces éléments, surtout lorsqu'il s'agit de promouvoir les droits fondamentaux des personnes handicapées, et à s'assurer que le Canada est considéré comme un chef de file sur le plan international.
Nous avons aujourd'hui une occasion de marquer l'histoire, littéralement. Nous avons été extrêmement flexibles et ouverts relativement à tous les amendements qui ont été proposés. En adoptant le projet de loi C-81, nous ferons un pas de plus vers une société inclusive où tout le monde a des chances égales de réussir. Nous n'aurons plus ce système où les personnes handicapées doivent se battre chaque jour pour obtenir un accès de base.
L'adoption du projet de loi est essentielle afin d'abattre les barrières qu'affrontent les personnes handicapées au Canada. Nous devons adopter ce projet de loi le plus rapidement possible, afin de commencer à œuvrer pour la réalisation d'un Canada sans barrières. Le vrai travail commencera une fois le projet de loi adopté, et nous devons y contribuer.
Je termine en demandant à tous les députés de la Chambre de prendre quelques secondes pour penser à ce qui suit.
Tous les députés connaissent quelqu'un qui vit des difficultés à cause d'un handicap. Nous connaissons tous des gens dans cette situation et nous savons tous que ces personnes se heurtent à des obstacles dans la société qui ne devraient pas exister. Tous les députés savent qu'un gouvernement responsable a l'obligation de remédier à la situation.
J'engage la Chambre à adopter le projet de loi le plus rapidement possible. Le moment est venu de le faire; tout a été dit. Cette mesure sera historique et importante pour toute la population canadienne.
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CPC (AB)
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2019-05-29 18:46 [p.28250]
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Mr. Speaker, as I am sure the hon. member knows, the bill will pass in about half an hour or less. After a couple more speeches, we will be at that point. It is a good day for Parliament.
I have had the opportunity to serve with the member on the industry committee in a previous life, prior to the last election, and I enjoyed the non-partisan conversations we had at that time, just as I enjoyed his speech today. He rightfully gave commendation to the minister, recognizing the work she has done in sharing her life experience to help people who have had similar life experiences.
I would also like to recognize our former minister of finance, who did the same thing for 10 years in the House, using his life experience to inform his policy decisions.
This is questions and comments, and I am going to sit down and leave this as a comment, thanking the Minister of Accessibility for her work on this file and thanking the Minister of Transport, who just spoke, for his non-partisan speech.
In the spirit of this day, as we work together to create a better world for Canadians living with disabilities, I will end my comments there.
Monsieur le Président, comme le sait certainement le député, le projet de loi sera adopté dans une petite demi-heure. Encore quelques allocutions et nous y serons. C'est un grand jour pour le Parlement.
J'ai eu l'occasion de siéger au comité de l'industrie aux côtés du député dans une autre vie, avant les dernières élections, et j'ai bien aimé les conversations non partisanes que nous avons eues à l'époque, tout comme j'ai bien aimé son discours d'aujourd'hui. Avec raison, il a parlé avec éloge de la ministre, soulignant son travail et le fait qu'elle avait parlé de son vécu pour aider les gens qui ont vécu des choses semblables.
J'aimerais aussi souligner le travail de notre ancien ministre des Finances, qui a fait de même pendant 10 ans à la Chambre, fondant ses décisions de politique sur son expérience.
C'est une période de questions et observations. Avant de m'asseoir, je vais conclure mes observations en remerciant la ministre de l’Accessibilité de son travail dans ce dossier et le ministre des Transports, qui vient tout juste de prendre la parole, de son allocution non partisane.
Aujourd'hui, nous unissons nos efforts pour créer un monde meilleur pour les Canadiens handicapés. Pour faire honneur à l'esprit de cette journée, je termine ici mes observations.
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View Marc Garneau Profile
Lib. (QC)
Mr. Speaker, I want to thank my colleague for his comment. Indeed, he is right. We have had the opportunity to work together. In the old days before the last election, when I was the industry critic, I appreciated working with him and I appreciated his open-mindedness. We quite often agreed on a number of things, although not every time.
I want to commend my colleague for the example he has shown in this Parliament every year by speaking about his son and about autism. I think he has played an enormously important role in sensitizing all of us in the House. I commend him for his work and for his positive comments today.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de ses remarques. Il a effectivement raison. Nous avons eu l'occasion de travailler ensemble autrefois, avant les dernières élections, quand j'étais porte-parole en matière d'industrie. J'aimais travailler avec lui et j'appréciais son ouverture d'esprit. Nous nous entendions sur bon nombre de dossiers, même si nous avions aussi certains désaccords.
Je veux féliciter mon collègue de l'exemple qu'il donne au Parlement chaque année en parlant de son fils, qui est autiste. Je pense qu'il a considérablement sensibilisé tous les députés à l'autisme. Je le félicite de son travail et des commentaires positifs qu'il a faits aujourd'hui.
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CPC (BC)
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2019-05-29 18:49 [p.28250]
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Mr. Speaker, I would again like to thank all of the ministers who put this together and worked with all parties on this very useful and timely bill. As I mentioned earlier in another debate, I married a person who is very smart and who is going through challenges because he is losing his sight. As I have said, seniors also age into disabilities. That is something the two ministers could also look into. How can we help seniors who are not born disabled or do not have chronic diseases, but are aging into disabilities?
I was in Australia on my own time and dime looking at some of the job training programs there. One of the very successful things it has done is to train autistic adults, who have now, as a result, actually learned enough skills to become independent. I agree with my colleague, the shadow minister for finance, that creating jobs and training opportunities for these adults with autism or other challenges is utterly important. As soon as persons with disabilities have financial independence, then everything goes well with them. I wanted to bring that to all of our attention. We should look at training these adults so they can be able, rather than disabled, people.
Monsieur le Président, j'aimerais de nouveau remercier tous les ministres qui ont élaboré ce projet de loi très utile et opportun, en travaillant de concert avec tous les partis. Comme je l'ai mentionné plus tôt, dans le cadre d'un autre débat, j'ai épousé un homme très intelligent qui traverse une période difficile parce qu'il est en train de perdre la vue. Comme je l'ai dit, il arrive que des gens deviennent handicapés en vieillissant. C'est un autre enjeu sur lequel pourraient se pencher les deux ministres. Comment pouvons-nous aider les aînés qui ne sont pas nés avec un handicap ou qui ne sont pas atteints de maladies chroniques, mais qui deviennent handicapés en vieillissant?
Je me suis rendue en Australie, dans le cadre d'un voyage personnel, pour examiner quelques-uns de ses programmes de formation professionnelle. L'une des initiatives les plus fructueuses adoptées là-bas a été de former des adultes autistes, qui ont maintenant acquis suffisamment de compétences pour devenir indépendants. Je suis d'accord avec mon collègue, le ministre du cabinet fantôme responsable des finances, quand il affirme qu'il est extrêmement important de créer des emplois et des possibilités de formation pour les adultes atteints d'autisme ou d'autres troubles. Dès que les personnes handicapées deviennent financièrement indépendantes, elles se débrouillent très bien. C'est une question que je voulais porter à l'attention de tous les députés. Nous devrions envisager d'offrir une formation à ces adultes afin qu'ils puissent cesser d'être limités par leur handicap.
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View Marc Garneau Profile
Lib. (QC)
Mr. Speaker, my colleague is very right. Sometimes we have a tendency to think of persons with disabilities as having been born with those disabilities. That is sometimes the case, but she is quite right in pointing out that sometimes disabilities occur later in life as people age. People sometimes age into disabilities.
I certainly remember watching my mother very closely before she died, somebody I remember in my youth as being very active, a tennis player, somebody who skied and brought up four children, and I know the frustration she felt as she grew older and could not move around on her own but needed help to do so in the last three or four years of her life. She was also blind because of macular degeneration, which is a fairly common thing that happens when people get older. I sensed her frustration, and it closed her world.
Even though she was past the professional working age, it closed her world down. It is important to think not only about what we are doing with this bill to help people to participate in professional life, but also to think of the quality of their lives after their professional lives and as they get older. I thank the member for bringing that up.
Monsieur le Président, la députée a tout à fait raison. On a parfois tendance à penser que les personnes handicapées sont nées ainsi. C'est parfois le cas, mais la députée a bien raison de souligner que, parfois, les handicaps apparaissent plus tard dans la vie, quand les gens prennent de l'âge. Il arrive que des gens deviennent handicapés en vieillissant.
J'ai observé très attentivement ma mère avant qu'elle meure. Quand j'étais jeune, je me souviens qu'elle était très active: elle jouait au tennis, elle faisait du ski et elle a élevé quatre enfants. Je sais à quel point elle était frustrée de ne plus pouvoir se déplacer seule en raison de son grand âge. Pendant les trois ou quatre dernières années de sa vie, elle a eu besoin d'aide pour se déplacer. La dégénérescence maculaire l'avait aussi rendue aveugle, ce qui est assez fréquent chez les personnes âgées. J'ai senti la frustration qu'elle éprouvait parce que son monde s'était refermé.
Même si elle était dorénavant trop âgée pour travailler, son monde s'était refermé. Il est important non seulement de penser à ce que ce projet de loi nous permettra de faire pour aider des gens à intégrer le marché du travail, mais aussi de réfléchir à la qualité de vie qu'ils auront après leur vie professionnelle et à mesure qu'ils prendront de l'âge. Je remercie la députée d'avoir soulevé ce point.
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View Bardish Chagger Profile
Lib. (ON)
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2019-05-29 18:53 [p.28250]
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Mr. Speaker, I know this legislation has definitely shown leadership by this government and the minister responsible. What I would like to know, and I know my constituents in my riding of Waterloo would like to know, is how Transport Canada is getting ahead of the measures in this act to ensure that more Canadians will be able to benefit and be part of a more inclusive and accessible Canada.
Monsieur le Président, personnellement, je sais à quel point ce projet de loi a pu mettre en évidence le leadership du gouvernement et de la ministre responsable. J'aimerais toutefois savoir, tout comme les électeurs de Waterloo, ce que fait déjà Transports Canada pour aller au-devant des mesures prévues dans le projet de loi et pour que davantage de Canadiens puissent jouir des avantages de vivre dans une société inclusive et accessible.
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View Marc Garneau Profile
Lib. (QC)
Mr. Speaker, one of the areas that is very much a responsibility of Transport Canada is passenger rail service. At the moment, the existing accessibility requirements are very basic. There is a position in a passenger wagon that can accommodate one wheelchair, and it can be challenging to get the person into the train itself.
The VIA fleet is being renewed and we knew ahead of time that accessibility was going to be an important consideration. As this VIA fleet is being replaced, we are providing a requirement that people be able to stay in their wheelchairs and be lifted into the train, and also that one of the passenger wagons be capable of accommodating two wheelchairs side by side. These are examples of things that we are thinking about ahead to time, so that in 2022, when the new fleet begins to come in, this kind of capability will be there.
We are also talking to the airlines and will be talking to the intercity bus services to look at what measures we need to put in place to satisfy accessibility requirements.
Monsieur le Président, le transport ferroviaire des passagers relève directement de Transports Canada. Pour le moment, les exigences en matière d'accessibilité sont au mieux rudimentaires. Chaque wagon doit être muni d'un endroit où on peut disposer un fauteuil roulant, mais rien n'est prévu pour faciliter l'embarquement des personnes en fauteuil roulant.
VIA Rail est en train de renouveler sa flotte de trains, et nous savions que l'accent serait bientôt mis sur l'accessibilité. Nous avons décidé d'exiger que les personnes en fauteuil roulant puissent monter à bord des trains au moyen d'une plateforme motorisée, en demeurant dans leur fauteuil. Un des wagons de passagers devra aussi permettre le passage de deux fauteuils roulants côte à côte. Ce sont deux exemples de choses que nous avons pu prévoir d'avance. De cette façon, quand la nouvelle flotte entrera en service, en 2022, nous serons prêts.
Nous avons aussi entamé des pourparlers avec les transporteurs aériens afin de voir ce qui peut être fait du côté de l'accessibilité, et nous ferons bientôt de même avec les exploitants de services de transport interurbain par autocar.
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View Luc Berthold Profile
CPC (QC)
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2019-05-29 18:55 [p.28251]
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Mr. Speaker, I would really like to thank the minister for his speech.
I know that a lot of people are watching right now, including individuals who worked very hard on this bill, so I would just like to take this opportunity to tell them that this is a step in the right direction. It is a good bill.
Let's not forget that this should serve as a model to all other sectors. This bill covers only federal entities, but I hope many other organizations and large corporations will follow this example and adopt their own accessibility plans so as to make all workplaces and communities more accessible for people with mobility issues and other limitations.
That is the message I wanted to share. It is definitely a first step, but much more needs to be done. I think this bill, which will become law, can be used to set an example for all other Canadian industries and businesses.
Monsieur le Président, je remercie beaucoup le ministre de son discours.
Je voulais juste saisir la chance, pendant que plusieurs personnes nous écoutent, dont des gens qui ont travaillé très fort à l'élaboration du projet de loi, pour signifier que c'est un bon pas. C'est un bon projet.
Il ne faut pas oublier que c'est un exemple qui doit servir pour tous les autres secteurs. Ce projet de loi vise uniquement les organismes fédéraux, mais j'espère qu'il servira d'exemple à plusieurs autres organisations et grandes entreprises, pour faire en sorte qu'on puisse les doter de plans d'accessibilité, et ainsi rendre plus accessible l'ensemble des lieux de travail et des milieux de vie des personnes qui ont des problèmes de mobilité ou toutes autres restrictions.
C'est le message que je souhaitais passer. C'est un premier pas, certes, mais il va falloir aller encore plus loin. Je pense qu'on peut se servir de ce projet de loi, qui deviendra une loi, et en faire un exemple pour l'ensemble des autres industries et entreprises canadiennes.
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View Marc Garneau Profile
Lib. (QC)
Mr. Speaker, I thank my colleague for his comments.
He is right. The proposed bill has federal jurisdiction. However, other levels of government and the private sector must follow suit to ensure accessibility everywhere.
The provinces are taking notice of our leadership. They want to model their policies after ours.
I believe it is important that this bill move forward because I am certain the provinces will follow our example in their own jurisdictions. We know that some municipalities are already taking action on this.
Momentum is building for accessibility and it is very encouraging. I believe that passing this bill will truly help focus attention on accessibility.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son commentaire.
Il a raison. Le projet de loi que nous proposons est de compétence fédérale, mais il faut aussi que les autres paliers de gouvernement et le secteur privé suivent la même voie pour faire de l'accessibilité une chose disponible partout.
Les provinces regardent, en ce moment, le leadership dont nous avons fait preuve. Elles veulent se servir de nous comme exemple.
Je pense que c'est important que ce projet de loi aille de l'avant, parce que je suis sûr que les provinces vont suivre notre exemple en ce qui a trait à leurs champs de compétence. On sait déjà que certaines municipalités prennent des initiatives en ce sens.
Il existe un élan très encourageant qui favorise l'accessibilité. Je crois que l'adoption de ce projet de loi va vraiment amplifier l'attention que nous allons porter à l'accessibilité.
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CPC (QC)
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2019-05-29 18:57 [p.28251]
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Mr. Speaker, I thank the ministers for the work they did on Bill C-81. I would also like to recognize the excellent work of the member for Edmonton Mill Woods, who motivated us and brought us together on this bill. My colleague who is here beside me also deserves a round of applause for his work.
It is an honour for me to speak to this bill, and I believe I may be the last one to do so. I have always cared about and been committed to the cause of people with reduced mobility and disabilities.
When I began my career, I was a young radio host and the very first volunteer work that I was called upon to do in that capacity was to host a radiothon, a telethon for cerebral palsy. I do not know whether Quebeckers or members of the House remember the major cerebral palsy telethon with well-known radio and television host Serge Laprade. Every year for many years, Quebeckers looked forward to this major televised event, which sought to raise money for people with disabilities.
It was a first. Once a year, on television, we were seeing people who had difficulty doing the same things as everyone else. We were seeing people who needed help and money from others to live. I do not know whether similar events were held elsewhere, so I will talk about Quebec.
Quebeckers were always very generous. Year after year, more and more people contributed to this cause. In addition to helping people with disabilities, this event began to raise awareness of the importance of meeting the accessibility needs of people with disabilities, who are people just like us. In the beginning, these telethons had a tendency to paint people with disabilities as people we should pity. That is how it was. The scenes that were shown depicted the challenges and hardship these individuals face. People with cerebral palsy sometimes have difficulty speaking and so those watching had to pay close attention to understand what they were saying.
Canadians and Quebeckers had a rather fraught relationship with disabilities. There were these telethons, but there were also telethons in small regions like my own. The Caisse populaire had hosted a small local telethon and brought in people with cerebral palsy. People found out that talking with them was very pleasant. The problem was that the people with disabilities could not actually get into the buildings where our telethons or radiothons were being held. They had to be picked up and carried in. Even the places hosting telethons or activities for people with disabilities were not accessible.
One of the first decisions that the volunteer organization made was to build a ramp. Now these people could get into the building where we were ready and willing to help them. We wanted to involve them so they could be there with us to help raise funds. That is one of the objectives of the bill that I am going to talk about later on.
I had so much fun at the telethon that I decided to become president of my riding's cerebral palsy association in Thetford Mines. It was a small association, yet it somehow managed to raise $50,000, $60,000 or $80,000 a year. It worked miracles with that money, mainly raising public awareness, because renovating buildings costs a lot of money, more than $60,000 or $80,000.
Anyway, I became president of the association, and one of the first things we did was increase the number of directors with cerebral palsy or other disabilities or conditions, so that we could make decisions with them, for them. That is one of the elements of the bill that really struck a chord with me. This is not a bill that is going to impose anything on people with disabilities. Instead, it focuses on working with them to find solutions.
A particular decision may sometimes seem like a smart one, but it could ultimately serve no purpose to persons with disabilities. They may not need it. The radiothon was more than just a first volunteer experience. It was an opportunity to interact with people who are different, who have things to say and who want to do things. These are extraordinary people.
My volunteer experience changed my perspective. Everywhere I go, every organization or public building I visit, anytime I play a sport or recreational activity, I always take some time to ask myself whether the space is accessible by all. I ask myself if everyone can participate in this sport or if everyone can work in this space. Unfortunately there is still a lot more work left to do.
Although I completely agree with this legislation, it really is just a first step. The bill allocates money, shows goodwill and proposes some plans, which all represent one small step. Although this step is a small one, it is still a step forward. This is something that had not yet been done and that was necessary.
As I said, I started doing volunteer work on the radio in 1985. It is now 2019 and we are still trying to implement accessibility plans. I have had the opportunity, and I truly consider it an opportunity, to work with persons with disabilities. It makes absolutely no sense to me that we are still having to introduce accessibility legislation. Accessibility should already be standard practice. We should not even have to ask the question. An accessibility plan should simply be the same thing as the architectural plan for all spaces, for all projects. This is why it is a great honour to speak to this bill this evening.
Volunteering gets in your blood. It is infectious. I was the mayor of Thetford Mines. One of the first things I did was check all the municipal buildings to make sure everything was okay. I was mayor of Thetford Mines for seven years. I did not manage to make the Thetford Mines city council chamber accessible. It is not an easy thing to do. It costs a lot of money and requires a lot of investment. We have to send a message: every infrastructure project should always include an envelope for making all public buildings accessible. If not, then we have to convince seven other people who did not have the same volunteering experience that I did to invest a significant amount of money to allow a person from the community to attend a municipal council meeting once a year. Trying to convince colleagues around the table is not always easy. I did not succeed.
We started making progress. We decided to move the council chamber. We gutted a building and decided that the next council chamber would be at that location on the ground floor and therefore accessible. We did not get that far because we did not manage to get the funding to build a new city hall, but that is another story.
In any case, that is where we are today. All elected officials, anyone who is in a position of authority, all departments, organizations and Crown corporations under the minister's responsibility must keep this in mind and steer policy in that direction. If a portion of infrastructure budgets is not dedicated to improving the quality of life of people who cannot access the full range of services they are entitled to, to the same degree as all other Canadians, then we will have failed.
I will speak to Bill C-81 and review a few points for people listening to us, because this is important.
The purpose of this bill is to benefit all persons, especially persons with disabilities, through the progressive realization, within the purview of matters coming within the legislative authority of Parliament, of a Canada without barriers, through proactive compliance and enforcement measures of accessibility standards that regulated parties must respect and uphold. Upholding these standards is another important aspect.
Sometimes, a grant is provided to install a ramp. However, the ramp has to be maintained. After five years, a hole may appear in the ramp and someone in a wheelchair will not be able to use it. If it cannot be used, it is no longer accessible. The ramp needs to be maintained. It is great to receive a given amount of money, but these structures have to be maintained. That is why the accessibility plan requires us to report after a certain number of years. That is an important element of the bill. It is a good initiative.
The requirement for all federally regulated entities, including private enterprises, to create multi-year accessibility plans, set objectives and present a report on what was done has been included in the bill. That is what I was referring to in the question I put to the minister just before giving my speech.
It is good to set an example, but that is only the first step. This needs to happen everywhere. We have to ensure that all Canadians get the message—not just those working in federally regulated sectors, but those working in large and small businesses as well. Thinking about the accessibility of our buildings should be second nature.
The Canadian Accessibility Standards Development Organization is a Crown corporation tasked with creating standards. I am always a bit afraid of new agencies. I always worry that more money is being invested in the offices than on the ground. That is one of my concerns. However, if we do not start somewhere, we will not get anything done. It is a vicious circle.
Personally, I hope that this organization will be more concerned with what is happening on the ground than with office management and expansion. We do not want to have everyone with disabilities working in the same agency. We want them to work everywhere, in all the federal government buildings, and not just in one place. That is something we must absolutely keep in mind.
We have supported this bill and we will support it now, because it is a necessary piece of legislation. Clearly, we would have liked it to go a little further. We would have liked it to be less permissive with regard to the minister’s discretion, and we would have liked to see the minister require a little more of the people who will have to implement the bill.
We proposed some sixty amendments, but only three opposition amendments were agreed to. I hope that further improvements will be made to this bill in the future. As I see it, there are still about 57 good ideas that are not reflected in this bill.
I think this shows that there is still work to do. Whatever party forms the next government, it will still have work to do. Everyone knows I cannot give a speech without saying that I hope my whole team and I will be part of the next government. It is hard to deliver a 20-minute speech without being partisan. The members opposite know me.
The Senate adopted 11 amendments to Bill C-81, and those amendments improved the bill tremendously. I think it is a step in the right direction. Thanks to the Senate amendments, American Sign Language, Quebec Sign Language and indigenous sign languages will be recognized as the primary languages for communication used by deaf people in Canada. That is in line with stakeholders' recommendations and the UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities, which the Harper government ratified in 2010.
Even with the amendments, the bill uses permissive language, as I already mentioned. If possible, I hope that the ministers who will be implementing the bill will change “may” to “must”. If they make this personal, they will be able to do it. The bill says that they may do it, and I hope that they will.
As I was saying, these new standards will apply only to regulated individuals and entities, but it would be worthwhile to expand this and to use this bill as a model to help make life better for everyone.
In conclusion, I want to read a few excerpts from an open letter on the need to swiftly pass the Senate amendments, which was signed by a number of organizations. This open letter congratulates the minister but it highlights a comment made by Senator Chantal Petitclerc, which I really liked. She said that the committee's amendments reflect the maxim of disability communities: “Nothing about us without us”. This must absolutely guide our decisions.
This is what should guide ministers, agency directors and anyone who is called upon to participate in the development of these accessibility plans and all related measures.
Some very good ideas might come from people like us who do not have disabilities, but although we sometimes think we have the solution, that is often not the case. People with disabilities are able to tell us what the solution should be and how we can help them. That might cost a lot less than implementing our own solutions. I have seen this in the past. These individuals do not want the hottest Cadillac or the ultimate in accommodation. They want to live their lives and thrive like the rest of us, and the best way to help them is to work with them.
Many organizations want this legislation to be implemented quickly. I will name them, because they deserve to be recognized for the work they have done throughout the long process of getting Bill C-81 passed.
They are the Council of Canadians with Disabilities, AODA Alliance, ARCH Disability Law Centre, Federal Accessibility Legislation Alliance, Citizens With Disabilities-Ontario, Ontario Autism Coalition, Spinal Cord Injury Canada, StopGap Foundation, Travel For All, Older Women's Network; Physicians of Ontario Neurodevelopment Advocacy; Barrier-Free Canada; B.C. Coalition of People who use Guide Dogs, the Keremeos Measuring Up team, National Coalition of People who use Guide and Service Dogs in Canada, The Project Group Consulting Cooperative, VIEWS Ontario For the Vision Impaired, Communication Disabilities Access Canada, British Columbia Aboriginal Network on Disability Society, DeafBlind Ontario Services, March of Dimes Canada, North Saskatchewan Independent Living Centre, Peterborough Council For Persons With Disabilities, Québec Accessible, CNIB Foundation for Ontario and Quebec, Electromagnetic Pollution Illnesses Canada Foundation, Ontario Federation for Cerebral Palsy, and the Rick Hansen Foundation.
That is just a small number of people, but they worked hard to encourage us to change our habits and ways of doing things. Having once been a member of one of these organizations, I know that we still have a lot of work to do. These organizations work so hard.
First, they work with their clients. Second, they try to persuade the government to change things. Third, they raise funds, because they do not have big operating budgets. Lastly, they improve the lives of many people living with the disabilities that have been mentioned.
In closing, I would like to thank everyone who was involved in introducing Bill C-81. I want to remind the government that 57 amendments could have been adopted to improve the bill, but all the same, the bill is a step in the right direction.
I thank all my colleagues who worked on the committee and did their utmost to speak for those who could not be there. It is our role, as members, to be a voice for the voiceless and to make sure they get a chance to speak when and where they want to.
Monsieur le Président, je remercie les ministres du travail qu'ils ont fait quant au projet de loi C-81. J'aimerais également souligner l'excellent travail du député d'Edmonton Mill Woods, qui a su nous motiver et nous rassembler autour de ce projet de loi. Mon collègue, qui est ici à mes côtés, mérite aussi une bonne main d'applaudissement pour l'ensemble de son travail.
Je suis peut-être le dernier à avoir la chance de parler de ce projet de loi, et c'est un honneur pour moi. J'ai toujours été très interpellé par la cause des personnes à mobilité réduite et des personnes handicapées, et je m'y suis engagé.
Quand j'ai commencé ma carrière, j'étais un jeune animateur de radio, et la toute première tâche bénévole que j'ai eu à faire a été d'animer un radiothon, un téléthon de la paralysie cérébrale. Je ne sais pas si les gens du Québec ou ici, à la Chambre, se souviennent du fameux grand Téléthon de la paralysie cérébrale avec le grand animateur Serge Laprade. Pendant des années, ce fut le rendez-vous annuel des Québécois qui découvraient ces grands événements télévisuels où on voulait amasser des sous pour les personnes handicapées.
C'était comme une première. À la télévision, une fois par année, on montrait des gens qui avaient de la difficulté à faire les mêmes choses que nous. On montrait des gens qui, pour vivre, devaient avoir l'aide des autres et les sous des autres. Je ne sais pas s'il y avait quelque chose de semblable ailleurs; je vais donc parler du Québec.
Les Québécois se montraient toujours très généreux. D'année en année, il y avait de plus en plus de gens qui contribuaient à cette cause. Tout en aidant ces personnes, on a pu commencer à sensibiliser les gens à l'importance de fournir des accès aux personnes handicapées, qui sont des personnes comme nous. Au début, lors de ces téléthons, on avait tendance à montrer ces personnes pour qu'on les prenne en pitié. C'était comme cela. On montrait des scènes éprouvantes où les personnes avaient des difficultés. Les personnes atteintes de paralysie cérébrale ont parfois des problèmes d'élocution. Il fallait donc se concentrer pour les écouter.
Les Canadiens et les Québécois avaient une relation un peu difficile avec les divers handicaps. Il y avait ces téléthons, mais aussi, ceux dans les petites régions comme la mienne. Un petit téléthon local avait eu lieu à la Caisse populaire. On avait réussi à regrouper les personnes atteintes de paralysie cérébrale. Ayant la chance d'échanger avec elles, les gens découvraient que c'était plaisant. Le problème, c'est que, même lors de nos téléthons ou nos radiothons, ces personnes ne pouvaient pas accéder aux édifices. Il fallait les prendre, les porter pour les faire entrer. Même aux endroits où on faisait des téléthons ou des activités pour les personnes handicapées, ce n'était pas possible d'y entrer.
Une des premières décisions qu'a prises l'organisation d'action bénévole a été d'aménager une rampe. Ces personnes pouvaient donc accéder à la scène où on avait l'intention et la bonne volonté de les aider. On voulait les impliquer afin qu'elles soient présentes avec nous pour aider à amasser des sous. C'est un des objectifs du projet de loi dont je vais parler plus tard.
J'ai tellement aimé l'expérience du téléthon que je suis devenu président de l'association de paralysie cérébrale de ma circonscription, à Thetford Mines. C'était une petite association qui réussissait tant bien que mal à amasser 50 000, 60 000, ou 80 000 $ par année. Elle faisait des miracles avec ces sommes. C'était essentiellement de la sensibilisation parce qu'aménager des édifices coûte cher. Cela coûte plus que 60 000 ou 80 000 $.
Je suis donc devenu président de l'association. L'une des premières choses que nous avons faites a été d'augmenter le nombre de membres du conseil d'administration atteints de paralysie cérébrale ou d'autres déficiences ou problèmes pour qu'on puisse prendre des décisions avec elles et pour elles. C'est l'un des éléments du projet de loi qui m'a le plus marqué et touché. Ce n'est pas un projet de loi qui va imposer des choses aux personnes qui ont différents handicaps. Il cherche plutôt à travailler avec ces personnes pour trouver des solutions.
Parfois, on peut se croire très intelligent en décidant de faire ceci ou cela; or on se rend compte finalement que ce n’est d'aucune utilité pour les personnes ayant un handicap, qui n'en ont pas besoin. Pour moi, cela été plus qu'un premier exercice de bénévolat, cela a été un contact avec la vie, un contact avec des gens qui sont différents, qui ont des choses à dire et qui veulent faire des choses. Ce sont des gens extraordinaires.
Depuis cette expérience de bénévolat, mon regard n'est plus le même. Partout où je vais, dans toutes les organisations, dans tous les édifices publics, ou quand je pratique un sport ou un loisir, je prends toujours un petit moment pour me demander si tout le monde peut avoir accès à cet endroit, si tout le monde peut faire ce sport, si tout le monde peut travailler à cet endroit. Or on se rend compte que, malheureusement, il y a encore beaucoup de choses à faire, qu'il reste encore beaucoup de travail à accomplir.
Bien que je sois tout à fait d'accord sur cette mesure législative, il faut dire que c'est un premier pas. Les montants d'argent que ce projet de loi octroie, sa bonne volonté et les plans qu'il propose ne représentent qu'un petit pas. Ce n'est qu'un petit geste, mais c'est un geste, quelque chose qui n'avait pas été fait encore et qui devait être fait.
Comme je l'ai dit, j'ai commencé en 1985 à faire ce bénévolat à la radio. Nous sommes maintenant en 2019 et nous sommes encore à essayer d'implanter des programmes d'accessibilité. J'ai eu la chance — je parle bien de chance — de travailler avec des personnes qui ont des handicaps. Je peux dire que c'est incompréhensible. Pourquoi en sommes-nous encore aujourd'hui à déposer des projets de loi sur l'accessibilité? Cela devrait maintenant être une chose normale et traditionnelle. On ne devrait pas avoir à se poser la question. Unplan d'accessibilité devrait tout simplement être le plan d'architecture de tous les endroits, de tous les travaux. C'est pourquoi je suis très honoré ce soir de prendre la parole sur ce projet de loi.
Quand on fait du bénévolat, cela ne nous quitte pas. On travaille un peu partout. J'ai été maire de Thetford Mines. Une des premières choses que j'ai faites a été d'aller vérifier tous les édifices municipaux pour m'assurer que tout était adéquat. J'ai été maire de Thetford Mines pendant sept ans. Je n'ai pas réussi à rendre accessible la salle du conseil de Ville de Thetford Mines, parce que c'est difficile. Ce sont de gros sous et beaucoup d'investissements. Nous devons donc envoyer un message: dans tous les programmes d'infrastructures, il devrait toujours y avoir une enveloppe réservée à l'accessibilité à tous les bâtiments publics. Si on ne l'a pas, il faudra convaincre sept autres personnes qui n'ont pas eu d'expérience de bénévolat comme la mienne d'investir un montant d'argent assez important pour permettre à une personne de la communauté d'assister au conseil municipal une fois par année. Essayer de convaincre nos collègues autour de la table n'est pas toujours facile. Je n'ai pas réussi.
Nous avions commencé. Nous avons décidé de déplacer la salle du conseil. Nous avons détruit un bâtiment et décidé que la prochaine salle du conseil serait à cet endroit, en bas, et qu'elle serait donc accessible. Nous ne nous sommes pas rendus là parce que nous n'avons pas réussi à avoir des sous pour construire un autre hôtel de ville, mais c'est une autre histoire.
N'empêche que nous sommes rendus là aujourd'hui. Il faut que tous les élus, toutes les personnes qui occupent un poste de responsabilité, tous les ministères, toutes les organisations et toutes les sociétés d'État dont le ministre a la responsabilité aient cette pensée, cette orientation. Si on n'arrive pas à consacrer une partie des budgets d'infrastructure pour améliorer la qualité de vie des personnes qui ne peuvent pas, comme nous, accéder à l'ensemble de ces services auxquels elles ont droit autant que tous les autres Canadiens et Canadiennes, on aura échoué.
Je vais parler du projet de loi C-81. Je vais faire quelques rappels pour les gens qui nous écoutent, parce que c'est important.
Ce projet de loi a pour objet la transformation graduelle du Canada, dans le champ de compétence législative du Parlement, en un pays exempt d’obstacles, à l'avantage de tous, en particulier des personnes handicapées, par la prise de mesures proactives de conformité et d'application des normes d'accessibilité que les parties réglementées doivent respecter et maintenir. Le maintien est un autre aspect important.
Parfois, on reçoit une subvention et on installe une belle rampe, mais il faut l’entretenir. S'il y a un trou dans la rampe après cinq ans, le fauteuil roulant ne passera pas. S'il ne passe pas, cela veut dire que ce n’est plus accessible. Il faut l'entretenir. C’est bien beau d’avoir un certain montant, mais il faut continuer à maintenir les installations. C’est pour cela que le plan d'accessibilité nous oblige à rendre des comptes après un certain nombre d’années. C'est un élément essentiel du projet de loi. Il s'agit d'une belle initiative.
L’exigence selon laquelle toutes les entités sous réglementation fédérale, dont les entreprises privées, doivent créer des plans d’accessibilité pluriannuels, fixer des objectifs et présenter un rapport sur ce qui a été fait a été satisfaite. C’est ce que je mentionnais dans la question que j'ai posée au ministre juste avant mon discours.
C’est bien de montrer l’exemple, mais ce n'est qu'un premier pas. Il faudrait que cela soit partout. Il faut absolument qu’on fasse comprendre le message à l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes, pas uniquement à ceux qui sont sous compétence fédérale, mais bien à l'ensemble des entreprises et des petits commerçants. Penser à l’accessibilité de nos bâtiments devrait être quelque chose d’absolument naturel.
En ce qui concerne, la création de l’Organisation canadienne d’élaboration des normes d’accessibilité, une société d’État, nous devons créer des normes. J’ai toujours un peu peur quand on crée de nouveaux offices. J’ai toujours peur qu’il y ait plus d’argent qui aille dans le bureau que sur le terrain. C'est une de mes craintes. Or si on ne commence pas quelque part, on ne fera rien. On en est conscient. C’est un cercle vicieux.
Le message que je désire faire passer, c’est que j’espère que cette organisation va être plus préoccupée par ce qui se passe sur le terrain que par l'organisation des bureaux et le fait de faire de plus en plus de bureaux. On ne veut pas que toutes les personnes handicapées aillent travailler pour l'office. On veut qu’ils travaillent partout, dans tous les bureaux du gouvernement fédéral, et non pas à un seul endroit. C’est quelque chose dont il faut absolument se souvenir.
On a soutenu ce projet de loi et on va le soutenir encore, parce que c'est effectivement un projet de loi qui est nécessaire. Évidemment, on aurait aimé qu’il aille un peu plus loin, on aurait aimé qu’il soit un peu moins permissif à l'égard du ministre et on aurait aimé que le ministre impose un peu plus d’obligations aux gens qui vont devoir mettre en œuvre ce projet de loi.
On avait proposé une soixantaine d’amendements, mais seulement trois amendements proposés par l'opposition ont été retenus. J’ose espérer que, dans l’avenir, on pourra continuer à l’améliorer. À mon avis, il y a encore 57 bonnes idées qui n’ont pas été retenues dans ce projet de loi.
Je pense que cela nous démontre qu’il y a encore du travail à faire. Cela démontre que le prochain gouvernement, peu importe sa couleur, a encore du travail à faire. On sait fort bien que je ne peux pas faire tout un discours sans mentionner que j’espère que je ferai partie du prochain gouvernement, avec toute mon équipe. C’est difficile de faire un discours non partisan pendant 20 minutes. Les gens d’en face me connaissent.
Le Sénat a adopté 11 amendements au projet de loi C-81. Ces amendements ont permis d'améliorer grandement le projet de loi. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction. Les amendements du Sénat font notamment en sorte de reconnaître que la langue des signes américaine, la langue des signes du Québec et la langue des signes autochtones sont les langues principales de communication des personnes sourdes au Canada. Cela est conforme aux recommandations des intervenants et à la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU, que le gouvernement Harper avait ratifiée en 2010.
Même avec les amendements, le projet de loi utilise un langage permissif, comme je l'ai déjà mentionné. Si c’est possible, j’espère que les ministres qui vont devoir le mettre en œuvre vont changer may pour must. S’ils en font une affaire personnelle, ils vont pouvoir le faire. Ils peuvent le faire, car cela est écrit. J'espère qu'ils vont le faire.
Comme je le mentionnais, ces nouvelles normes ne vont s’appliquer qu’aux personnes et aux entités réglementées, mais ce serait vraiment très intéressant que cela s’étende et qu’on se serve de ce projet de loi comme d’un exemple pour faire en sorte que tous aient une meilleure vie.
En terminant, je me permets de lire quelques extraits d’une lettre ouverte en faveur d'une rapide ratification des modifications sénatoriales, qui a été signée par plusieurs organisations. Dans cette lettre ouverte, on félicite la ministre, mais on mentionne surtout ce petit commentaire de la sénatrice Chantal Petitclerc, commentaire que j’ai bien aimé. Elle a déclaré que les modifications apportées par le comité traduisaient le slogan des collectivités des personnes handicapées: « Rien pour nous, sans nous. » C’est ce qui doit absolument nous guider.
C'est ce qui doit guider les ministres, les directeurs des agences et l'ensemble des gens qui seront appelés à intervenir dans le cadre des plans d'accessibilité et de l'ensemble des mesures qui s'y retrouvent.
De bien bonnes idées peuvent provenir des personnes comme nous qui n'ont pas à vivre avec un handicap, mais si nous pensons parfois avoir la solution, ce n'est souvent pas le cas. Les personnes qui vivent avec un handicap sont capables, elles, de nous dire quelle est la solution et comment nous pouvons les aider. Cela peut coûter beaucoup moins cher que de mettre en œuvre nos propres solutions. Je l'ai déjà vu. Ces personnes ne veulent pas la plus belle Cadillac ou le plus bel aménagement. Elles veulent vivre leur vie et s'épanouir comme nous, et la meilleure façon de les aider est de collaborer avec elles.
Plusieurs organisations demandent une mise en oeuvre rapide. Je vais les nommer, parce qu'elles méritent qu'on reconnaisse le travail qu'elles ont fait tout au long du processus d'adoption du projet de loi C-81.
Ce sont les suivantes: Conseil des Canadiens avec déficiences, alliance AODA, ARCH Disability Law Centre, Alliance pour une loi fédérale sur l'accessibilité, Citizens With Disabilities — Ontario, Ontario Autism Coalition, Lésions médullaires Canada, StopGap Foundation, Travel For All, Older Women's Network, Physicians of Ontario Neurodevelopmental Advocacy, Canada sans barrières, B.C. Coalition of People who use Guide Dogs, l'équipe Measuring Up de Keremeos, National Coalition of People who use Guide and Service Dogs in Canada, Project Group Consulting Cooperative, VIEWS for the Visually Impaired de l'Ontario, Accès troubles de la communication Canada, British Columbia Aboriginal Network on Disability Society, Service ontarien de la surdicécité, Marche des dix sous du Canada, North Saskatchewan Independent Living Centre, Peterborough Council For Persons With Disabilities, Québec accessible, Fondation INCA pour le Québec et l'Ontario, Electromagnetic Pollution Illnesses Canada Foundation, Fédération ontarienne pour les paralysés cérébraux et Fondation Rick Hansen.
Ce n'est qu'un tout petit nombre de gens, mais ils ont travaillé fort pour qu'on change nos méthodes et nos habitudes de vie. Pour avoir été moi-même membre d'une de ces organisations à l'époque, je sais qu'on a encore beaucoup de travail à faire. Ces organisations travaillent si fort.
Premièrement, elles travaillent avec leur clientèle; deuxièmement, elles essaient de convaincre le gouvernement de changer les choses; troisièmement, elles collectent des fonds, puisqu'elles n'ont pas beaucoup d'argent pour fonctionner; et quatrièmement, elles améliorent la vie de nombreuses personnes qui vivent avec l'un ou l'autre des handicaps qu'on a mentionnés.
En terminant, j'aimerais remercier toutes les personnes impliquées dans la présentation du projet de loi C-81. Je rappelle au gouvernement que 57 amendements auraient pu être adoptés pour améliorer le projet de loi. Cela dit, c'est tout de même un premier pas dans la bonne direction.
Je remercie tous mes collègues qui ont travaillé au sein du comité et qui ont fait leur possible pour transmettre le message des personnes qui n'étaient pas là. C'est notre rôle, en tant que députés, de prendre la parole pour ceux et celles qui ne l'ont pas et de faire en sorte qu'ils puissent la prendre à leur tour quand elles le veulent et où elles le veulent.
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NDP (QC)
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2019-05-29 19:17 [p.28253]
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Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech, which was mainly a testimonial.
After I was elected as a city councillor, it likely came as no surprise to anyone when I was appointed as the person responsible for accessibility in the municipality, given my experience working with organizations for people with disabilities. Every year, the Office des personnes handicapées du Québec asked us to report on the measures that had been taken to promote accessibility in the municipality. We had to have an action plan that set out concrete measures.
I therefore decided to set up a committee made up of representatives from organizations for people with disabilities, and they are the ones who introduced me to the notion of universal accessibility. As my colleague was saying, it costs money to implement such measures, and these people did not want to be excluded from society because of a targeted action plan. According to the notion of universal accessibility, what is good for a person in a wheelchair is also good for a person pushing a stroller, and an elderly person with a walker has the same needs as a pregnant woman.
What is more, we realized that, by putting fences up around our parks to make them safer, we had made them less accessible. By deciding to set up patios on the sidewalks downtown, we had suddenly made our city less accessible. That is why it is important to listen to organizations for people with disabilities. They are experts on this.
I would especially like to commend my colleague from Windsor—Tecumseh for her work. The member mentioned the 57 amendments, but my colleague's job was to listen to what organizations for people with disabilities had to say and speak on their behalf. Unfortunately, not many of the recommendations were adopted in the bill.
I would like the member to elaborate on the amendments that were not accepted that should be adopted by future governments to improve this bill.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours, qui était surtout un témoignage.
Ayant travaillé au sein d'organismes pour personnes handicapées, il allait probablement de soi qu'une fois élue conseillère municipale, je sois nommée responsable de l'accessibilité pour la municipalité. Chaque année, l'Office des personnes handicapées du Québec nous demandait de faire rapport des mesures qui avaient été prises pour favoriser l'accessibilité dans la municipalité. Nous devions élaborer un plan d'action avec des mesures concrètes.
J'avais alors décidé de former un comité composé de représentants d'organismes pour personnes handicapées, et ce sont eux qui m'ont sensibilisée à la notion de l'accessibilité universelle. Comme mon collègue le disait, cela coûte quelque chose de mettre en place des mesures, et ces gens ne voulaient pas que ce plan d'action favorise leur exclusion sociale du fait qu'il était ciblé. La notion de l'accessibilité universelle consiste à dire que ce qui est bon pour un fauteuil roulant l'est aussi pour une poussette, et qu'une personne âgée avec un déambulateur a les mêmes besoins qu'une dame qui est sur le point d'accoucher.
Par ailleurs, nous nous étions rendu compte qu'en ayant clôturé nos parcs pour les rendre plus sécuritaires, nous les avions rendus moins accessibles. En décidant de faire des terrasses sur les trottoirs du centre-ville, nous rendions tout à coup notre ville moins accessible. Alors, il faut effectivement écouter les organismes de personnes handicapées. Ce sont des spécialistes de cette question.
J'aimerais notamment féliciter ma collègue la députée de Windsor—Tecumseh pour son travail. Mon collègue parlait des 57 amendements, mais cela a été le travail de ma collègue d'être à l'écoute des organisations représentant des personnes handicapées et de parler en leur nom. Malheureusement, peu de choses ont été retenues.
J'aimerais entendre davantage mon collègue au sujet des amendements non retenus qui devraient être adoptés par les prochains gouvernements pour bonifier ce projet de loi.
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CPC (QC)
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2019-05-29 19:19 [p.28254]
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Mr. Speaker, I acknowledge my colleague's passion. I know that she also worked and was involved with community-based organizations.
This evening, I am not going to talk about the 57 amendments. I think the message was received and we all agree. What I want to say is that it is important that every one of these actions are taken in collaboration with the people we are meant to serve. They also need to be made public.
In Thetford Mines, we also made plans and had the same obligations. However, we did not make the plans public. They were good for three years and we would come back to them three years later. We decided to make them public. We organized public meetings with disability organizations and that is when we understood that they did not want us to do everything all at once. They just wanted us to take one step at a time. I think that is what we are doing here this evening.
Monsieur le Président, je reconnais la passion de ma collègue. Je sais qu'elle a aussi travaillé dans le domaine communautaire et qu'elle s'est impliquée dans ces organisations.
Ce soir, je ne parlerai pas des 57 amendements. Je pense que le message a été reçu et que nous sommes tous d'accord. Ce que je veux dire, c'est qu'il est important que chacun de ces gestes soit fait en collaboration avec les personnes que nous voulons servir. Surtout, il faut que ce soit rendu public.
À Thetford Mines, nous faisions aussi des plans et nous étions soumis aux mêmes obligations. Cependant, nous ne rendions pas les plans publics. Ils étaient bons pour trois ans, après quoi nous recommencions. Nous avons donc décidé de les rendre publics. Nous avons organisé des rencontres publiques avec les organisations de personnes handicapées, et c'est là que nous avons compris qu'elles ne souhaitaient pas que nous fassions tout en même temps. Elles voulaient juste que nous fassions un pas à la fois. Je pense que c'est ce que nous sommes en train de faire ici ce soir.
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Lib. (QC)
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2019-05-29 19:20 [p.28254]
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Mr. Speaker, it is a great honour for me to rise in the House to ask one of the last questions before we adopt this bill.
When I was parliamentary secretary to the Minister of Science and Sport, we worked on this issue. When I got the call telling me I was to be parliamentary secretary to the Minister of Science and Sport, the Prime Minister mentioned that the position included the persons with disabilities file. I said I knew nothing about it. He said he was giving me a chance to learn.
It turned out to be one of the best experiences of my political career. Alongside the minister, I worked with persons with disabilities and participated in consultations. Today is a great day for the minister and for me as well.
With all the parties coming together on this, does my colleague opposite think the future of persons with disabilities can continue to improve, just as we improved Bill C-81?
Monsieur le Président, c'est tout un honneur pour moi de me lever à la Chambre pour poser une des dernières questions avant l'adoption de ce projet de loi.
Lorsque j'étais secrétaire parlementaire de la ministre des Sciences et des Sports, nous avions travaillé sur cette question. Quand j'ai reçu l'appel du Cabinet m'annonçant que je serais secrétaire parlementaire de la ministre des Sciences et des Sports, le premier ministre m'a indiqué que cela venait avec le dossier des personnes handicapées. Je lui ai répondu que je ne m'y connaissais pas du tout, mais il m'a dit qu'il me donnait l'occasion d'apprendre.
Finalement, ce fut la plus belle expérience de ma carrière politique. Avec la ministre, j'ai côtoyé les personnes handicapées et j'ai participé à des consultations. Aujourd'hui est un grand jour pour la ministre, mais ce l'est pour moi aussi.
Étant donné que tous les partis ont fait équipe, mon collègue d'en face pense-t-il que l'avenir des personnes handicapées peut toujours s'améliorer, comme nous avons amélioré le projet de loi C-81?
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CPC (QC)
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2019-05-29 19:22 [p.28254]
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Mr. Speaker, that will depend on what the parties choose to do in the future.
We cannot predict what will happen, but I think we can build on what we just did, on what we have been doing since 1985 and on what these people have done to raise Canadians' awareness of their situation, their reality and, most importantly, their desire to participate fully in Canadian life just like us.
Monsieur le Président, cela va dépendre de la volonté des partis au fil du temps.
On ne peut pas présumer de ce qui va se passer, mais je pense qu'on peut s'appuyer sur ce qu'on vient de faire, sur ce qu'on fait depuis 1985 et sur ce que ces gens ont fait pour sensibiliser la population canadienne à leur situation, à leur réalité et, surtout, à leur désir d'être des Canadiens et des Canadiennes à 100 % comme nous.
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CPC (BC)
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2019-05-29 19:22 [p.28254]
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Mr. Speaker, I would like to congratulate my colleague on his speech. He was right about Canadians who have many problems, especially those who are disabled.
It is important that the bill apply across the country. Does the member believe that the bill the government has drawn up has that objective?
Monsieur le Président, je voudrais offrir à mon collègue mes félicitations pour son discours. Il avait raison en ce qui a trait aux citoyens canadiens qui ont beaucoup de difficultés, particulièrement ceux qui ont des handicaps.
C'est important que le projet de loi s'applique partout au pays. Est-ce que le député croit que le gouvernement a créé un projet de loi qui vise cet objectif?
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CPC (QC)
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2019-05-29 19:23 [p.28254]
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Mr. Speaker, my colleague's French was better than my attempt to pronounce the name of his riding. I thank him for the question. I have to say that I understood it all. I understood everything and I understand the question perfectly.
I will tell him once again that this bill is a step in the right direction. We cannot say that passing this bill resolves everything. There is still much work to be done on the other side. There is still much work to be done in the departments, agencies and in many other places. We heard the objectives that have been set. Now the requirements must be met.
Parliamentarians have done their work. That is good. It is now up to the government and its organizations to take action and ensure that this piece of paper becomes a reality as quickly as possible.
Monsieur le Président, mon collègue s'est mieux exprimé en français que je ne le fais lorsque je prononce le nom de sa circonscription. Je le remercie de sa question. D'ailleurs, je dois dire que je l'ai comprise au complet. J'ai tout compris et je comprends exactement le sens de sa question.
Je vais lui dire que ce projet de loi, encore une fois, est un pas dans la bonne direction. On ne pourra pas dire que, parce qu'on a adopté ce projet de loi, c'est réglé. Il y a encore beaucoup de travail à faire de l'autre côté. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans les ministères, dans les agences et un peu partout. On a entendu les objectifs qui ont été fixés. Maintenant, il faut remplir ses obligations.
Les parlementaires ont fait leur travail. C'est beau. C'est maintenant au gouvernement et à ses organisations d'agir et de faire en sorte que cette feuille de papier devienne une réalité le plus vite possible.
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Lib. (BC)
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2019-05-29 19:24 [p.28254]
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Mr. Speaker, I would first like to acknowledge the number of Canadians with disabilities, their advocates and the interpreters here on the Hill today and all day yesterday. I thank everyone very much.
I also thank everyone in the House for recognizing the importance of this legislation. Yes, of course, we can always do better, and we will strive to do so, but this is a very important first step. I thank everyone here today for taking this journey with us. I thank the many who have come before me personally and have allowed our country to be one where someone with a significant physical disability can be in cabinet and can do this great work on their behalf.
Monsieur le Président, je tiens d'abord à saluer le grand nombre de Canadiens handicapés, de militants et d'interprètes qui se trouvent sur la Colline aujourd'hui et qui y étaient toute la journée hier. Merci beaucoup à tous.
Je remercie aussi tous les députés de reconnaître l'importance de cette mesure législative. Il est vrai que nous pouvons toujours faire mieux, et ce sera notre objectif. Cela dit, le projet de loi représente une première étape très importante. Je remercie tout le monde ici aujourd'hui d'avoir fait ce parcours avec nous. Je remercie tous ceux qui sont venus me parler directement et qui ont fait en sorte qu'il est possible, au Canada, pour une personne ayant une incapacité physique importante de devenir ministre et de faire ce travail formidable en leur nom.
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CPC (QC)
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2019-05-29 19:25 [p.28254]
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Mr. Speaker, I am pleased to have the last word. I thank the minister and all my colleagues who worked very hard on this bill. We have to get to work right away.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir le dernier mot. Je remercie la ministre et tous mes collègues qui ont effectivement travaillé très fort à la réalisation de ce projet de loi. On doit se mettre au travail dès maintenant.
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Lib. (ON)
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2019-05-29 19:25 [p.28254]
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Is the House ready for the question?
Some hon. members: Question.
The Assistant Deputy Speaker (Mr. Anthony Rota): The question is on the motion. Is it the pleasure of the House to adopt the motion?
Some hon. members: Agreed.
La Chambre est-elle prête à se prononcer?
Des voix: Le vote.
Le vice-président adjoint (M. Anthony Rota): La question porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:19 [p.28109]
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moved the second reading of, and concurrence in, amendments made by the Senate to Bill C-81, An Act to ensure a barrier-free Canada.
She said: Mr. Speaker, as a person with a disability and as the Minister of Accessibility, it is truly an honour to rise today to speak to Bill C-81.
Over three years ago, our government embarked on a journey aimed to make things better for a significant percentage of the population that has a history of being ill-treated or ignored. The time to act is now.
The time to propose a new system that would help address the barriers to inclusion faced every single day by Canadians with disabilities has come. The time to do things differently as a government, to ensure that all Canadians have an equal chance at success, has come.
I am extremely proud of the work we have done in creating this transformative piece of legislation that will improve the lives of millions of persons with disabilities.
This bill reflects the voices of thousands of persons with a disability, their family members and their friends, and it spans decades of advocacy. We could not have come this far without the strong collaboration of the disability community and its strategic and thoughtful work, which has been incredibly impactful.
I would like to recognize the excellent work done in the other chamber and by our Senate sponsor, Senator Munson, on the bill. Bill C-81 was carefully studied over the course of many meetings, and both chambers made amendments to strengthen this historic legislation.
Members of the disability community shared their views and experiences, many of them very personal. I am grateful for their engagement and dedication to the advancement of accessibility in Canada.
We took to heart the messages heard from these witnesses and proposed amendments to echo those voices and concerns. Our government supports all the amendments made to Bill C-81 brought forward in the Senate as we recognize that they reflect key priorities voiced by the community.
Let me provide members with a breakdown of some key amendments made in the Senate.
A significant change responds to the specific requests of witnesses that Bill C-81 set a deadline for the realization of a Canada without barriers. Accordingly, the purpose of the legislation, as well as the mandates of the minister and the Canadian accessibility standards development organization, would now reflect the objective of realizing a Canada without barriers on or before January 1, 2040. By adding a specific deadline, the disability community has stated that it would be able to hold government accountable on progress and ensure that accessibility remained a priority for future governments. To mitigate concern that this deadline could provide a reason for people to delay action on accessibility until the deadline neared, amendments have been made to add the words “without delay” to the preamble of the bill. These words would clarify that nothing in the act would permit any delay in the removal or prevention of barriers to accessibility.
I have also heard the community's strong call to recognize the importance of sign language to the deaf community in Canada. Therefore, I am pleased that Bill C-81 was amended to recognize American sign languages, langue des signes québécoise and indigenous sign language as a primary language for communication by deaf persons in Canada.
I would also like to acknowledge that we have interpreters on the Hill in Parliament today.
This legislation is intended to complement the existing human rights framework in Canada. Nothing in this bill or the regulations made under it would limit or replace the duty to accommodate, which is an established principle of human rights. That is why I support the amendment to clarify that nothing in the accessible Canada act or its regulations would limit a regulated entity's duty to accommodate under any other act of Parliament in any way.
We know that transportation services should be accessible for everyone. In response to stakeholders’ concerns, an amendment was made to allow the Canadian Transportation Agency to identify an undue barrier, even if a transportation service provider is not in contravention of an accessibility regulation.
This would ensure that the CTA could fully address barriers that persons with disabilities may face in the federal transportation system.
Further, adding stronger language on intersectionality in the principles of the bill responds to the disability community's desire to see greater recognition of the impact of multiple and intersecting forms of marginalization and discrimination that influence how barriers impact diverse groups of persons with disabilities.
As we work together to build a Canada that is more inclusive and accessible, we have an incredible opportunity to reshape the way we think about disability.
This legislation would send a clear signal to Canadians that persons with disabilities will no longer be treated as an afterthought. It is our systems, policies and laws that need to be fixed, not our people.
We can see the finish line. By concurring with all amendments made and swiftly passing Bill C-81, we can continue on this journey that will lead us to a society that treats all people with the dignity they deserve, a society in which everyone has equal opportunities to contribute and a society that is truly inclusive.
propose que les amendements que le Sénat a apportés au projet de loi C-81, Loi visant à faire du Canada un pays exempt d'obstacles, soient lus pour la deuxième fois et adoptés.
— Monsieur le Président, en tant que personne handicapée et ministre de l'Accessibilité, c'est un véritable honneur d'intervenir aujourd'hui au sujet du projet de loi C-81.
Il y a plus de trois ans, l'actuel gouvernement a entrepris d'améliorer les choses pour un pourcentage considérable de la population qui est généralement traité injustement ou ignoré. C'est maintenant le temps de passer à l'action.
Le moment est venu de proposer un nouveau système qui contribuera à abattre les obstacles à l'inclusion qu'affrontent chaque jour les Canadiens handicapés. Le moment est venu pour le gouvernement de faire les choses différemment et d'assurer à tous les Canadiens une chance égale de réussir.
Je suis très fière du travail que nous avons accompli pour créer ce projet de loi transformateur qui améliorera la vie de millions de personnes vivant avec un handicap.
Le projet de loi fait écho aux voix de milliers de personnes handicapées, des membres de leur famille et de leurs amis, et il reflète des décennies de revendications. Nous n'aurions pas pu réaliser autant de progrès sans la solide collaboration de la communauté des personnes handicapées et son sérieux travail stratégique, qui a été des plus percutants.
Je tiens à souligner l'excellent travail accompli sur le projet de loi à l'autre endroit, notamment par le parrain, le sénateur Munson. Le projet de loi C-81 a fait l'objet d'une étude attentive menée au cours de plusieurs réunions, et les deux Chambres ont apporté des amendements qui renforcent cette mesure législative historique.
Les membres de la communauté des handicapés nous ont fait part de leurs points de vue et de leurs expériences, dont bon nombre étaient très personnelles. Je leur sais gré de leur engagement et de leur dévouement à la cause de l'accessibilité au Canada.
Nous avons pris à cœur les messages de ces témoins, et nous avons proposé des amendements pour faire écho à leurs préoccupations et à leurs inquiétudes. Notre gouvernement appuie tous les amendements apportés au projet de loi C-81 par le Sénat, car nous reconnaissons qu'ils reflètent les priorités clés exprimées par la communauté.
J'aimerais analyser les principaux amendements apportés par le Sénat.
Un amendement important a été apporté à la demande des témoins afin d'établir dans le projet de loi C-81 une date butoir pour la réalisation d'un Canada exempt d'obstacles. Ainsi, l'objet de la loi, le mandat du ministre et le mandat de l'Organisation canadienne d’élaboration de normes d’accessibilité tiendraient maintenant compte de l'objectif de faire du Canada un pays exempt d'obstacles au plus tard le 1er janvier 2040. La communauté des personnes handicapées a indiqué que, grâce à l'ajout de cette date d'échéance, elle pourrait exiger des comptes du gouvernement au chapitre des progrès réalisés et veiller à ce que l'accessibilité demeure une priorité pour les futurs gouvernements. Afin de remédier à la crainte que cette date butoir procure aux gens une raison de retarder la prise de mesures en matière d'accessibilité jusqu'à la dernière minute, un amendement a été apporté pour ajouter les mots « sans délai » au préambule du projet de loi. Ces mots clarifieraient que rien dans la loi ne permet de tarder à éliminer les obstacles ou à prévenir de nouveaux obstacles à l'accessibilité.
J'ai également entendu l'appel retentissant de la communauté pour la reconnaissance de l'importance de la langue des signes pour les Canadiens sourds. Par conséquent, je suis heureuse que le projet de loi C-81 ait été amendé pour que l'American Sign Language, la langue des signes québécoise et les langues des signes autochtones soient reconnues comme étant les langues les plus utilisées par les sourds au Canada pour communiquer.
J'en profite pour saluer les interprètes qui sont sur la Colline du Parlement aujourd'hui.
Le projet de loi se veut un complément du cadre régissant les droits de la personne au Canada. Rien dans ce projet de loi ou les règlements qui seront pris en application de ce dernier ne limiterait ou ne remplacerait l'obligation de prendre des mesures d'adaptation, qui constitue un principe établi des droits de la personne. Voilà pourquoi j'appuie l'amendement visant à clarifier que rien dans la loi canadienne sur l'accessibilité ou ses règlements n'a pour effet de restreindre quelque obligation d'adaptation que peut avoir l'entité réglementée sous le régime d'autres lois fédérales.
Nous savons que les services de transport devraient être accessibles à tous. En réponse aux préoccupations des intervenants, une modification a été apportée afin de permettre à l'Office des transports du Canada de déceler un obstacle indu, même si un fournisseur de services de transport ne transgresse aucune réglementation sur l'accessibilité.
L'Office serait ainsi en mesure de cibler tous les obstacles auxquels se heurtent les personnes handicapées dans le réseau de transport fédéral.
De plus, l'ajout de termes plus forts sur l'intersectionnalité dans les principes du projet de loi répond à une demande des personnes handicapées. Elles souhaitent une plus grande reconnaissance des formes multiples et intersectionnelles de marginalisation et de discrimination qui influent sur l'impact des obstacles pour divers groupes de personnes handicapées.
Alors que nous travaillons ensemble pour bâtir un Canada plus inclusif et accessible, nous avons une occasion incroyable de changer la perception des handicaps.
Cette mesure législative enverrait un message clair aux Canadiens: les personnes handicapées ne seront plus reléguées au second plan. Ce sont les systèmes, les politiques et les lois qui doivent être ciblés, et non les gens.
On peut apercevoir la ligne d'arrivée. En acceptant tous les amendements proposés et en adoptant rapidement le projet de loi C-81, nous pourrons poursuivre notre route vers une société qui traite toutes les personnes avec la dignité qu'elles méritent, une société où tout le monde dispose des mêmes occasions de pleinement contribuer à son milieu, une société qui est véritablement inclusive.
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CPC (AB)
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2019-05-28 10:25 [p.28110]
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Mr. Speaker, I thank the minister for her comments and for her personal passion for this legislation.
From what I understand, when the Senate replied to the bill, it made two additional notes, and I would appreciate the minister's comment on them. One was a concern that funding could still go to projects that did not have complete accessibility as part of them. It encouraged us and the government to be vigilant on this point. I wonder if the minister could comment on that. Is it something that should have been addressed in the legislation, or does it maybe require separate action? The other issue was the importance of training in preparation for the full implementation of and engagement with this framework.
I wonder if the minister could offer some comments on those points and on how the government can ensure that the concerns of the Senate in this respect are incorporated in our practices going forward.
Monsieur le Président, je remercie la ministre de ses observations et de la passion qu'elle voue à ce projet de loi.
À ce que je comprends, à la suite de son étude du projet de loi, le Sénat a présenté deux observations supplémentaires. J'aimerais que la ministre nous dise ce qu'elle en pense. La première soulève des inquiétudes voulant que des fonds puissent toujours être versés à des projets qui ne sont pas pleinement respectueux des normes d'accessibilité. L'autre endroit encourage le gouvernement et les parlementaires à faire preuve de vigilance sur ce point. Je me demande si la ministre pourrait en parler. Est-ce un aspect qui aurait dû être traité dans le projet de loi ou nécessite-t-il des mesures distinctes? La deuxième observation porte sur l'importance de la formation en vue d'une mise en œuvre complète et d'une adoption à part entière du cadre.
Je me demande si la ministre pourrait dire quelques mots sur ces points et sur les façons pour le gouvernement de veiller à ce que les inquiétudes du Sénat à ce sujet soient prises en compte dans nos pratiques à l'avenir.
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:25 [p.28111]
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Mr. Speaker, through Bill C-81, we would put in place mechanisms to ensure, as much as possible, that the funding we allocated would reflect the principles of accessibility. Where that was not possible, say for jurisdictional regions, such as provincial jurisdiction, we would build it into our policy and programs. I think of our national housing strategy and the Canada child benefit. The notion is that we have to recognize that disability is in and of itself a unique characteristic, and we would not be put in a position of putting funding into programs, policies or allocations that did not take accessibility into account. I will use the example of our national housing strategy. Built into that project is a carve-out for ensuring not just that the building code is met but that there are actually accessible units built, as a matter of course, in using this money.
Monsieur le Président, le projet de loi C-81 nous permettra de mettre en place des mécanismes pour que, dans la mesure du possible, les fonds alloués tiennent compte des principes d'accessibilité. Lorsque c'est impossible, disons dans les régions relevant d'une autre compétence — les provinces par exemple —, nous ferons en sorte que nos politiques et programmes en tiennent compte. Je pense à la Stratégie nationale sur le logement et à l'Allocation canadienne pour enfants. L'idée est de reconnaître que les handicaps constituent en soi une caractéristique unique et de ne pas allouer de fonds à des programmes, des politiques ou des affectations qui ne tiennent pas compte de l'accessibilité. Prenons l'exemple de la Stratégie nationale sur le logement. Une part des investissements réalisés viseront non seulement le respect du Code du bâtiment, mais aussi la construction de logements accessibles.
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NDP (ON)
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2019-05-28 10:27 [p.28111]
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Mr. Speaker, it is a red-letter day for us and for people in the disability community because we are coming back to the House of Commons today with some amendments so that we can strengthen Bill C-81, which is a milestone. However, I would ask the minister to take this opportunity to assure Canadians that some of the most egregious concerns we had that were not met in the bill, even with amendments, are going to be addressed.
Mainly, people living with different abilities need to have a one-stop place they can go with their concerns. Right now, Bill C-81 would separate enforcement and implementation among four organizations. I would ask the minister to help us envision how we can move this forward. We know that it is a federal election year, and people in the disability community are diligently watching how we can move this forward in a campaign year.
Monsieur le Président, c'est un grand jour pour nous et pour les personnes handicapées. En effet, nous revenons à la Chambre des communes aujourd'hui avec des amendements qui renforceront le projet de loi C-81, qui constitue une étape importante. Toutefois, je demande à la ministre d'assurer aux Canadiens que certaines des lacunes les plus graves du projet de loi — qui subsisteront même en apportant les amendements proposés — vont être corrigées.
Notamment, les personnes handicapées ont besoin d'avoir un endroit unique où se tourner. Selon la version actuelle du projet de loi C-81, la responsabilité liée à l'exécution et à la mise en œuvre est assumée par quatre organisations. La ministre peut-elle nous expliquer ce que prévoit le gouvernement pour faire avancer ce dossier? Nous savons qu'il s'agit d'une année électorale à l'échelle fédérale; les personnes handicapées surveillent avec attention la façon dont nous pouvons faire avancer ce dossier dans le cadre d'une année électorale.
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:28 [p.28111]
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Mr. Speaker, I thank the hon. member for her question and, of course, her partnership on Bill C-81. This bill belongs to all of us.
The elements in Bill C-81 are additional elements in an existing system. We have things in place. We have structures in place through the Canadian Transportation Agency, the Canadian Human Rights Commission and the Canadian Radio-television and Telecommunications Commission, which means that we are not starting from scratch. However, we are very aware that the sectoral approach taken in Bill C-81 has raised a concern that people will not know where to go first. Therefore, the leadership of both our government and these organizations has created, and we have built into Bill C-81, what we call a no-wrong-door approach, which means that wherever people go, it will be the responsibility of the system to point them in the right direction.
For example, if an individual had a complaint and went to the accessibility commissioner with it, and that complaint should have gone to the Canadian Transportation Agency, it would be the accessibility commissioner's responsibility to get it in front of the right people and not the responsibility of the individual filing the complaint. This would be required. We already have a memorandum of understanding with these organizations as they work to design this system in a way that would create that seamless service approach.
We are aware of that concern. Disability advocates have raised it with us. We are doing everything we can to make sure that it is at the back end and that we do not deal with these concerns at the front end through the experience of the person who wants some help.
Monsieur le Président, je remercie la députée de sa question et, bien évidemment, de sa collaboration dans le cadre du projet de loi C-81. Ce projet de loi est l'affaire de tous.
Le projet de loi C-81 propose d'ajouter des éléments supplémentaires à un système existant. Nous avons déjà des mécanismes en place, notamment par l'entremise de l'Office des transports du Canada, la Commission canadienne des droits de la personne et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, ce qui veut dire que nous ne partons pas de zéro. Toutefois, nous sommes conscients que l'approche sectorielle adoptée dans le projet de loi C-81 a soulevé une préoccupation, à savoir que les gens ne sauront pas à qui s'adresser en premier. Ainsi, les dirigeants du gouvernement et de ces organisations ont créé et ont intégré au projet de loi C-81 ce qu'on appelle une approche fondée sur l'accès sans fausse route, ce qui veut dire que peu importe où les gens iront, les services en question auront la responsabilité de les orienter dans la bonne direction.
Par exemple, si une personne déposait une plainte auprès du commissaire à l'accessibilité, mais que cette plainte devait plutôt être adressée à l'Office des transports du Canada, il appartiendrait au commissaire à l'accessibilité, et non à l'auteur de la plainte, de la faire parvenir à l'instance appropriée. Ce serait obligatoire. Nous avons convenu d'un protocole d'entente avec ces différentes organisations, qui s'affairent à concevoir un système qui permettra la prestation de services intégrés.
Nous sommes donc bien conscients des réserves à ce sujet. Des défenseurs des droits des personnes handicapées nous ont fait part de cette préoccupation. Nous mettons tout en oeuvre pour nous assurer que de bons mécanismes sont en place afin qu'il n'y ait pas de répercussions sur les personnes qui demandent de l'aide.
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CPC (AB)
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2019-05-28 10:29 [p.28111]
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Mr. Speaker, I want to take this opportunity to thank the minister and her government for approving or supporting these amendments. However, I would point out that the vast majority of the amendments were brought up at committee by opposition members, Conservative, NDP and Green, who all agreed that these amendments were important to the bill. Unfortunately, the Liberals on that committee refused these amendments. Therefore, I want to give the minister credit for standing up here today and voicing her support for these critical amendments.
The one question I would like to ask the minister, which came up frequently during the discussion at committee, certainly for our stakeholders, is on the issue of exemptions for federal departments. Federal departments would be able to ask for and be granted an exemption from the legislative regulations as part of Bill C-81. I would like to ask the minister if she is going to be diligent to ensure that any requests for exemptions through Bill C-81 would be strictly restricted or followed through to ensure that there was a good, valid reason for those exemptions to be approved.
Monsieur le Président, je profite de l'occasion pour remercier la ministre et son gouvernement d'avoir appuyé ces amendements. Néanmoins, je rappelle que la grande majorité des amendements ont été présentés au comité par des députés de l'opposition. Qu'ils soient conservateurs, néo-démocrates ou verts, tous ont convenus de l'importance de ces amendements. Malheureusement, les libéraux siégeant au comité ont rejeté ces amendements. Par conséquent, je tiens à féliciter la ministre d'exprimer aujourd'hui son appui à ces amendements essentiels.
J'aimerais poser à la ministre une question qui intéresse les intervenants et qui est souvent revenue lors des discussions au comité. Elle concerne les exemptions qui seraient accordées aux ministères fédéraux. Les ministères fédéraux qui en feraient la demande pourraient bénéficier d'une exemption aux règlements prévus par le projet de loi C-81. La ministre pourrait-elle nous dire si elle compte veiller à ce que toute demande d'exemption prévue aux termes du projet de loi C-81 soit strictement limitée, et si un suivi sera effectué pour vérifier la légitimité et la validité de ces demandes?
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:31 [p.28111]
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Mr. Speaker, the short answer is yes, we will be very diligent. Thanks to the amendments put forth through the House committee, there would now be more robust accounting for an exemption when it was granted. The rationale for granting an exemption would have to be published. It would be a time-limited exemption. They would have to apply. It would not be something that would go on in perpetuity.
The positive aspect of exemptions is that they would acknowledge the innovation and the forward-looking nature of some of the organizations that fall within federal jurisdiction. Some of them are already doing a lot on accessibility, so we wanted to have flexibility in the legislation to allow us to basically accept that what they are doing is equal to or better than what would be required under the law. Those who were not doing anything or enough, at least under my watch, would have a very tough time getting an exemption.
Pour être brève, monsieur le Président, nous ferons preuve de la plus grande diligence. Les amendements proposés au comité de la Chambre permettront une reddition de comptes plus rigoureuse lorsque l'exemption est accordée. Les motifs de l'exemption seraient publiés et celle-ci serait de courte durée. Il faudrait en faire la demande et elle ne pourrait pas être maintenue indéfiniment.
Les exemptions auraient comme avantage de reconnaître le caractère innovant et avant-gardiste de certains organismes sous compétence fédérale. Certains d'entre eux étant déjà très en avance en matière d'accessibilité, nous voulions que la loi offre suffisamment de souplesse pour reconnaître que ce qu'ils font est comparable ou supérieur à ce que la loi exige. Ceux qui seraient en retard auraient, du moins sous ma gouverne, énormément de mal à obtenir l'exemption.
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Lib. (NL)
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2019-05-28 10:31 [p.28111]
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Mr. Speaker, as the minister would be aware, a number of different interest groups have come to MPs across the country during this period. Certainly I have heard a lot from people who are advocates for deaf and hard-of-hearing people. I wonder if the minister can confirm that she believes that the Senate amendments would adequately address those who have been calling for additional protections for American sign language, langue des signes québécoise and international sign language, and, if not, if she has identified any gaps and how those might be addressed in the regulations.
Monsieur le Président, comme le sait peut-être la ministre, dans tout le pays, divers groupes d'intérêts ont pris contact avec des députés pendant cette période. Des gens ont beaucoup milité en faveur des personnes sourdes et malentendantes. La ministre peut-elle confirmer si, à son avis, les amendements proposés au Sénat satisferaient ceux qui ont demandé des protections supplémentaires pour le langage des signes américain, la langue des signes québécoise et la langue des signes internationale? Sinon, quelles lacunes a-t-elle relevées et comment pourraient-elles être comblées dans le règlement?
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:32 [p.28112]
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Mr. Speaker, it is very exciting that we have managed to get into Bill C-81 the recognition of American sign language, langue des signes québécoise and indigenous sign language as the primary language for Canadians who are deaf. This is something I heard loud and clear and that I was very pleased to have supported. It was a bit of a journey as we worked through the process of official-language designation versus primary language. I think we got to the right place.
We have to understand that to Canadians who are deaf, sign language is an aspect of self-identity and culture, and we owe it to all of them to make sure that we recognize that as we move forward toward an accessible Canada.
Monsieur le Président, je me réjouis vraiment que l'on reconnaisse, dans le projet de loi C-81, l'American Sign Language, la langue des signes québécoise et les langues des signes autochtones comme étant les langues les plus utilisées par les sourds au Canada. J'ai entendu des gens exprimer cette demande haut et fort et je suis ravie de l'avoir appuyée. Le processus de désignation de la langue officielle par rapport à la langue qui est principalement utilisée a été passablement long. Je crois que nous sommes arrivés au bon résultat.
Il faut comprendre que la langue des signes est un aspect de l'identité et de la culture des Canadiens sourds, et ils méritent que nous le reconnaissions tandis que nous progressons vers un Canada accessible.
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NDP (BC)
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2019-05-28 10:33 [p.28112]
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[Member spoke in sign language]
[English]
Mr. Speaker, I would like to say hello to members of the deaf community who are here today.
There is much that needs to be improved in this bill. My colleague from Windsor—Tecumseh spoke earlier about enforcement. It is key that this become something far more than symbolic and that it allows for full accessibility.
I do not believe the minister adequately responded to the question from the member for Windsor—Tecumseh. How is the government going to guarantee enforcement and make sure that rights enabled through this legislation would actually be put in place?
[Le député s'exprime en langage gestuel.]
[Traduction]
Monsieur le Président, je salue tous les membres de la communauté sourde qui sont présents aujourd'hui.
Il y a beaucoup de choses à améliorer dans le projet de loi. Ma collègue de Windsor—Tecumseh a parlé tout à l'heure de l'application de la loi. Il est essentiel que le projet de loi ne se limite pas seulement à sa valeur symbolique et qu'il permette une pleine accessibilité.
Je ne crois pas que la ministre a répondu adéquatement à la question de la députée de Windsor—Tecumseh. Comment le gouvernement garantira-t-il l'application de la loi et comment veillera-t-il à ce que les droits conférés par le projet de loi soient mis en place?
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Lib. (BC)
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2019-05-28 10:34 [p.28112]
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Mr. Speaker, this legislation would fundamentally create a system in which we focused on a human rights approach to disability rights, and that would be a game changer for the disability community in our country. We know, and we heard very loudly, that as much as we needed to acknowledge the importance of accessibility and inclusion, we also had to put some teeth in this law. That is why we would have, in my opinion, very robust enforcement mechanisms that could result, for example, in a $250,000 fine per day for a non-compliant entity.
Proactively, however, we would be requiring federally regulated entities, including the government, to create accessibility plans. People with disabilities would have to be part of the creation of these plans.
As much as we need to have an enforcement side to this, what we really want is to build a Canada that is accessible so that we do not to have to enforce the regulations, so we are doing a lot of work on the front end. We do not want to build a compliance system that does not look at the proactive change we are trying to address and build systemically into the way we work with Canadians who have disabilities in our country.
Monsieur le Président, ce projet de loi créerait essentiellement un système qui considérerait les droits des personnes handicapées selon la même approche que les droits fondamentaux de la personne, ce qui serait révolutionnaire pour les personnes handicapées du pays. Nous savons — et on nous l'a dit haut et fort — qu'il ne suffit pas de reconnaître l'importance de l'accessibilité et de l'inclusion; encore faut-il prévoir des mesures vigoureuses pour appliquer la loi. C'est pourquoi nous avons mis en place des mécanismes d'application que j'estime très robustes. Par exemple, une entité qui ne se conforme pas à la loi pourra se voir imposer une amende de 250 000 $ par jour.
Cependant, les entités assujetties à la réglementation fédérale, y compris le gouvernement, seraient tenues d'agir de façon proactive en élaborant des plans sur l'accessibilité. Des personnes handicapées devront participer à ce processus.
Même s'il faut prévoir des mesures d'application de la loi, nous voulons surtout faire du Canada un pays accessible, de sorte que nous n'ayons pas à prendre des mesures pour faire respecter la réglementation. C'est pourquoi nous faisons beaucoup d'efforts en amont. Nous ne voulons pas créer un système d'observation sans tenir compte des mesures proactives que nous tentons de faire adopter de façon systématique à l'égard des personnes handicapées du pays.
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CPC (AB)
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2019-05-28 10:35 [p.28112]
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Mr. Speaker, it is a pleasure for me to rise in the House today to address Bill C-81, an important piece of legislation that recognizes and affirms the inherent dignity of all people regardless of disability. It seeks to create the kind of policy environment and framework that facilitate full participation in every aspect of Canadian life for Canadians who have disabilities.
Those watching can be assured of the support of all parties in this House for this legislation. Today we will discuss some missed opportunities and some related issues on which we have not agreed with the government's actions. Specifically, for instance, we will discuss some of the issues around employment. We had a private member's bill from my friend, the member for Carleton, that dealt with facilitating the full involvement of Canadians with disabilities in terms of employment. There are areas of disagreement among the parties in terms of the best way to move forward and the best way to affirm these principles.
Nonetheless, those watching should know that we in the opposition, and all parties, are supportive of moving forward with this legislation. Whether the bill passes today or tomorrow, I am not sure of the exact timeline. However, I think we will certainly see this bill pass into law before the election. It will be good news and a positive step.
Before getting into some of the substance of the legislation, I want to pick up on something said by my colleague, the member for Foothills. He has done a lot of great work on this bill on our side, as have the member for Edmonton—Wetaskiwin and other members who have been part of the process. The member for Foothills pointed out that amendments for this bill that were put forward at the committee level by Conservatives, as well as by other opposition parties, were not supported by government MPs at the time of the initial study by the House of Commons committee. That is an important point, that they were not supported at that stage.
Notwithstanding disagreements about some of the particulars around amendments, we have supported this bill at every stage. After the bill passed third reading, it went to the Senate. The Senate made a number of amendments that reflected the same concerns that Conservative members of the House had been hearing from the stakeholder community, those representing Canadians with disabilities. Those same concerns that we heard were also heard by the Senate, and they were part of the discussion that happened in the context of that Senate committee.
The bill was amended somewhat at the Senate, and then it was brought back to the House. Now we are debating whether to agree to and support those Senate amendments. I think members will find, generally speaking, support across the parties for the Senate amendments, which make improvements on the text of the bill as it was.
Those who are watching should note how this legislative process works through the details, and how senators were able to be more influential over the legislative outcome than members of the House were. The government would not accept amendments that came from members of the House, but then accepted those same amendments that came from members of the Senate.
We have seen this in a number of cases. I recall Bill C-14, to which an amendment around palliative care was proposed. Actually it was not even just proposed at committee; it was voted on by all members in the chamber at that time. It was voted down. Then, in similar form, it was proposed by Senator Plett, and it passed in the Senate. It was then accepted as part of a subsequent message from the House of Commons.
We see this process happening, in general, in this Parliament, because of the relative lack of independence that we sometimes see in committees and the way committees are unfortunately quite controlled, and the relative independence of the Senate, certainly relative to the House of Commons. It is not as independent as maybe some like to claim, but it is relatively independent compared to the actions of members, especially government members, in the House of Commons. Senate action actually has a greater practical impact on the legislative process.
Again, although I am happy to see the incorporation of these amendments, I think we should be concerned about that, just as a matter of legislative process. We want this House and its elected members of Parliament to be strong in the exercise of their responsibilities.
Nonetheless, although we raise questions and highlight some of the means by which some of these issues have come forward, we are pleased to see these amendments. They reflect issues that have been raised by the stakeholder community and by members of Parliament from our party and, I believe, other parties as well.
With that said about matters of process, let me turn now to the particulars of the legislation, Bill C-81, that is before us. To summarize the content of the bill, in a nutshell, it is essentially about requiring regulated entities, that is, the public service and federally regulated workplaces, to develop accessibility plans. It also requires that the content of those plans be regulated and enforced.
As the minister and others have pointed out in some of the remarks they have made during this process, very often our human rights processes are complaints based. That is, complaints issues are considered when there is a violation or a potential violation of somebody's rights. A complaint is then made, and an adjudication happens around that complaint.
A point that the minister has made, and she is quite right in making it, is that this approach is not the full realization. It is important that people have those avenues available to them, but it is not the full extent of what we would like to see in this context. Rather, we would prefer to see a proactive approach, where we are ensuring the protection of rights from the beginning and not merely putting in place a system that allows complaints to be adjudicated after people's rights have been violated.
Seeking to have regulated entities develop plans, prepare and publish those plans, implement them and facilitate their enforcement creates the conditions for a more proactive approach to these issues, rather than simply a reactive approach. That is wise, worthwhile and something that all parties support. It would establish proactive compliance and enforcement mechanisms. These plans must be multi-year and involve the setting of goals, reporting requirements, mechanisms for investigation and a variety of processes that seek to ensure the realization of those plans to the fullest possible extent.
This legislation would also create an organization called CASDO, the Canadian accessibility standards development organization, and allocate $290 million over the next six years for its creation. This organization would work within the government to create regulations related to various aspects of the legislation around the built environment, employment, service delivery, information and communications technology, transportation and procurement, and always with the goal of the full integration of people with disabilities, facilitating their full participation within society, without barriers.
Failure to meet standards set by CASDO would lead to fines. It should be noted that the action of CASDO would be within federally regulated entities and directly within the federal government only. Nonetheless, the hope is that this legislation would involve the setting of standards that would then be adopted and become useful across all facets of Canadian society, including those outside the federally regulated workforce. There would also be 5,000 Canadians with disabilities hired for the public service, which is also encouraging to see. Our party, as people have seen, has been vocal on the issue of ensuring that those who have disabilities are not arbitrarily excluded from the public service.
This is the broad framework of the bill. It puts in place some mechanisms and processes to ensure there are no barriers to participation in society for people with disabilities.
Today we are in the process of debating issues related to proposed Senate amendments. The minister has spoken, and I would like to highlight the various Senate amendments that we are considering. Although the Senate did not incorporate all the changes that had been proposed at committee, in the House or that had been suggested by the broader disability community, all the changes that were made were reflective of those particular concerns.
First is the issue of including in this legislation a timeline for the realization of a barrier-free Canada; that timeline is 2040. The goal is that this work would be completed, taken fully to fruition, by 2040. The amendments also seek to clarify, though, that the setting of that deadline is not an excuse to wait until the proverbial night before to get the homework done. Rather, the amendments are to ensure the work is done by that point. They create that timeline or deadline but do not seek to permit any kind of delay or preservation of barriers in the name of it not being 2040 yet. That is an important element as well.
Growing up, I was always taught that deadlines are the mother of invention and that more gets done when there is the focusing effect of an upcoming deadline, so the work of the community and the Senate to ensure that there is a timeline in place for the implementation of these measures is quite commendable and important.
Another area of amendment from the Senate was that it asked that intersectionality be taken into consideration in this account. Amendments were put forward to recognize the multiple and intersectional forms of discrimination, the fact that people with disabilities may face discrimination as a result of an intersectional reality. Therefore, the planned response to barriers needs to be a response that takes that circumstance into consideration. We recognize that reality. We recognize the importance of the various plans that are put forward by regulated entities to recognize that intersectionality is part of the dynamic.
Further, the amendments put forward by the Senate seek to address the issue of preserving the existing human rights of people with disabilities. This was really more of a clarification, but the testimony heard in the House, as well as by the Senate committee, emphasized the importance of this clarification, recognizing that there are already obligations under various human rights codes, in particular in the case of federal entities under the Canadian Human Rights Act and other federal laws. Various groups highlighted the importance of clarifying that the new framework put forward with this bill does not in any way derogate from the existing recognized rights and obligations that are enumerated as part of those existing human rights codes. We recognize that aspect as important as well.
Through other amendments, the Senate sought to protect existing rights in the context of passengers with disabilities through the Canadian Transportation Agency.
The expectation is that many of the complaints would come through the Canadian Transportation Agency. This was put forward by people in the disability community. It is therefore important for the legislation to create enforceable standards around the action that this body must take in the removal of barriers. This is an important piece as well.
On the specific issue of transportation, I want to read briefly from a briefing from ARCH Disability Law Centre. It said the following:
However, subsection 172(2), a provision that is currently in the Canada Transportation Act, effectively means that once the CTA make these regulations and transportation providers, like airlines, comply with these regulations, they do not need to do anything more.
This is problematic because the regulations that the CTA sets may not meet the duty to accommodate protections that people with disabilities have under human rights law.
Under subsection 172(2), if a passenger with a disability complains to the CTA that an airline or other transportation provider should have accommodated his or her disability, the case would fail if the airline complied with CTA regulations. A more detailed analysis of this is available in the final legal report.
The committee did not repeal subsection 172(2), but adopted an amendment which would change it. The proposed amendment allows the CTA to find that there is a barrier to accessibility even if the transportation provider has complied with the CTA regulations. For passengers with disabilities, this means they can file a complaint with the CTA that they face an undue barrier in the federal transportation system and insist the transportation provider do more than what the CTA regulation requires.
The passenger with a disability could win his or her case even if the transportation provider complied with all CTA regulations. However, the CTA could only order the transportation provider to take corrective measures. The CTA could not order the transportation provider to pay the person damages or money compensation. This is different from other complaints to the CTA about inaccessibility of the federal transportation system. Generally, for these other complaints, the CTA can order the transportation provider to take corrective measures and to pay damages to the person.
Essentially, the argument that is being made is that although the amendment would improve the section, there still would be a gap. People in the community expect transportation companies, airlines, rail lines etc. to accommodate those with disabilities. The concern is that these entities might be able to say that they have met the standards of the regulations so they do not have to do anything more if in fact the case may be that they could and should do more to accommodate the full participation of a person with a disability.
The Senate amendment says that the CTA could well find that the transportation provider should have done more even if it attained the minimum standards set by the regulation, but it could not award damages in this case. That is an improvement made through the work of the Senate, but as the discussion around this illustrates, there is still a gap in what was asked for and what was expected.
The next amendment is around the issue of sign language. The legislation recognizes specific forms of sign language: American sign language, Quebec sign language and indigenous sign languages. It recognizes these as primary languages used by deaf persons in Canada. This has been an issue that the deaf community in particular has been long advocating on, and it has the support of all other stakeholders as well.
We have had many discussions in the House about the importance of language. We recently had a debate on indigenous languages, a legislative framework around indigenous languages, the importance of our two official languages and the experience and culture that are tied to the use of language in that context.
As well, I think we all recognize that the recognition of sign language is part of that picture as well as part of a broader, deeper appreciation of the way in which language is tied to culture and experience. Of course, for people who are limited in their ability to communicate in other ways, it is particularly necessary. It does have significance and meaning beyond the necessity of communicating in that form.
These are some of the amendments the Senate has adopted to the bill. They do not address all the issues that people in the stakeholder community and the wider community have been looking for, but they are steps forward and are things that are well supported by all members of Parliament. We are hopeful this will go forward and we will be able to see movement to get these amendments through.
In my remarks today I want to frame a little of the discussion around who the bill is for. In other words, why are the technical elements I have explained important and who do they matter to specifically.
In that context, I want to make a few remarks about Jean Vanier, about his vision of inclusion, but of something much bigger and greater than inclusion. As we talk about these issues, he is a figure on whom all of us should reflect. He is certainly the greatest known champion of people with disabilities.
He passed away earlier this month. His death was met with recognition and tributes from all aspects of our politics and many different aspects of Canadian society. He was a revolutionary figure practically in how he sought to facilitate the inclusion in society of people with disabilities. However, he was also a revolutionary figure intellectually. His experience as a philosopher and his way of thinking informed and contributed to his work. He was described in biographies as a philosopher and a humanitarian, which is an optimal and necessary combination. It is dangerous to be a philosopher without being a humanitarian and it is dangerous to think of oneself as a humanitarian without some attention to the philosophical roots of humanitarian work. We see that intimate connection between the ideas Jean Vanier sought to advance and the practices he championed.
Jean Vanier came from a privileged family. His parents were well known as well. He was born when his father was part of a diplomatic mission. He had a military career as well, but then he pursued a doctorate in philosophy. His dissertation would position much of the work he would do later. His dissertation was on happiness as principle and the end of Aristotelian ethics.
I feel a connection to that because I did my Masters dissertation on happiness measurement, which was also significantly influenced by Aristotle. The question of happiness is under-discussed in politics. It is important for a lot of the legislation. He was someone who brought in a philosophical framework to the work he did that was rooted in Aristotelian concepts of happiness. In the meantime, he drew on Aristotle's conception of happiness, which is different from a contemporary concept of happiness. This influenced his work with Canadians with disabilities.
Jean Vanier's desire for disabled people was not merely that they experience formal, structural inclusion or be able to get into the same spaces as everyone else. Rather, his desire was for them to experience love and happiness through community and friendship. Therefore, he sought to build communities of disabled and non-disabled people living together in meaningful friendship.
Vanier wrote this:
The cry of people with disabilities was a very simple cry: Do you love me? That's what they were asking. And that awoke something deep within me because that was also my fundamental cry.
He noted that the pursuit of recognition of their humanity, happiness and love was what people with disabilities were seeking, which was often denied to them by a structure that did not affirm their dignity. The thing they were seeking was the same thing that all people were seeking and that in fact they could and they would seek that together. That was Vanier's wisdom and vision.
He developed into his work, and would write subsequently about them, concepts of happiness informed by his work with people with disabilities. He drew very much on Aristotle's concept of happiness. Aristotle, writing in Greek, obviously uses the word “eudemonia”, which more directly is translated “the life well lived”. He argued in that context against notions of happiness that were more pleasure-based, more rooted in happenstance, the random benefit of good fortune generally in material terms. He had a richer understanding and appreciation of what happiness was.
Aristotle argues, and Vanier follows him in this sense, for the connection between virtue and happiness, that virtues are the qualities of character that allow life to be lived well.
We know as members of Parliament and as human beings that so much of human striving is in pursuit of happiness. We do not always agree on what that is or on how we strive for it, but so much of life is about striving for happiness.
More recently, our side has been very much influenced by the utilitarian school of thought, which argues that happiness is about pleasure over pain. This was the core of Bentham's concept of utilitarianism. Mill formerly follows it, but he reinserts aspects of Aristotle's definition of happiness with arguments that the cultivation of higher levels of happiness requires the development of a certain nobleness of character.
Vanier's passion for philosophy and the idea of happiness continued throughout his life. In 2001, he wrote “Made for Happiness: Discovering the Meaning of Life with Aristotle”. In it he talks about three utilitarian virtues: love, wisdom and justice. I want to read a quote from the book in which he talks about the importance of friendship and love as part of friendship.
He states:
Through friendship I communicated in the consciousness that my friend has of his own existence. For in the same way that we feel that we are alive and exist through activity and derive pleasure from it, so, through friendship, we feel our friend live and exist. And the union is so profound that the goodness of the life of our friend extends to us and gives us pleasure. In friendship there is almost a communion, a merging of two beings and their rightful good. The friend is an other self. Everything that I experience, he experiences.... In this friendship we continue to be two, but we are one in a great and noble activity that we accomplish together. Consciousness of the goodness of my friend fills me with just as much joy as if it were my own. My friend's happiness becomes my happiness.
This was his philosophical concept of friendship that was essential for happiness, facilitated by the virtue of love. It informed his practical vision for building communities that would include disabled and non-disabled people. We could call that inclusion, but it is a much richer and deeper concept of inclusion than a formal one. It is that we live in communities of love, good will and solidarity for each other with real friendship. We see others as another self and we identify with that kind of love for others. It is part of his concept of happiness, which entails friendship and living together while in community.
Jean Vanier, as I said, brought a rich concept of happiness, love and friendship into his work with disabled people. He saw people in institutions when he was living in Paris at the time of the founding of the L'Arche movement, who were being maintained poorly in the worst instance. He saw that very often the attitude towards the disabled resulted, in the worst instance, in people being maintained poorly, and in the best instance people being treated a little bit better in terms of their material condition. However, the real need was for the humanity of all people to be affirmed through communities of meaningful friendship and love, through which people were pursuing happiness together. That was his vision.
The radical practical idea started with Vanier personally getting a house and moving in with people who had disabilities. He saw that this was not merely an act of service done by him for other people; rather, it was about the development of shared community. He saw how through this reality of shared community he could learn from those people he was living with. He wanted other people who did not have disabilities to be able to learn and grow through these communities and friendships, which were meaningful and pursuing happiness together.
Jean Vanier said that “L'Arche and Faith and Light have been part of a real revolution.” So often in the past, people with intellectual disabilities were seen as a source of shame for their parents, or even in some situations as a punishment from God. Their parents and carers have often been seen as wonderful people, even holy, for looking after people “like them”. Today, it is becoming clear that it is people with intellectual disabilities who humanize us and heal us if we enter into real friendship with them. They are in no way a punishment from God, but rather a path toward God.
He understood that people with disabilities are in their fullest and most complete sense people. They are human beings with the same dignity and value as anyone else. They have both needs and things to contribute, which is obviously the situation of us all. Those needs and contributions are realized through meaningful community. He also understood that the value of social structures replicating insights and benefits of family-like structures.
I was recently in Bogotá, where I had a chance to visit SOS Children's Village to see some of the work they were doing. They made a very interesting point to me about the way we care for children who cannot be cared for by their families. I think it is a similar insight to Jean Vanier, which is that institutions' formal structures do not work nearly as well as, let us say, family-like structures. The way SOS works, at least in Columbia where I was, is that children are put into environments designed to be family-like. They are in homes. They have parents looking after them. Although they are not able to be with their own families, they experience a support structure that is meaningfully similar to that of a family and that leverages the kind of love, connection and friendship that is important in family structures. That was understood by Jean Vanier when he sought to do the same thing in how he structured the L'Arche movement with meaningful family-like communities where people would live together in communities of love and friendship.
Very shortly before he died, Jean Vanier received the Templeton Prize, which is a great international honour. He spoke about the work he did and the ideas and vision behind it. It showed us the kinds of sensibilities that should animate our work in this area. I want to read from part of his acceptance speech for the Templeton prize. He said:
L’Arche and Faith and Light have been part of a real revolution; so often in the past people with intellectual disabilities were seen as a source of shame for their parents, or even in some situations, as a punishment from God. Their parents and carers have often been seen as wonderful people, even holy, for looking after people “like them”. Today it is becoming clear that it is people with intellectual disabilities who can humanise us, and heal us, if we enter into a real friendship with them. They are in no way a punishment of God but rather a path towards God....
To be with is to live side by side, it is enter into mutual relationships of friendship and concern. It is to laugh and to cry together, it is to mutually transform each other. Each person becomes a gift for the other, revealing to each other that we are all part of a huge and wonderful family, the family of God. We are all profoundly the same as human beings, but also profoundly different, we all have our special gifts and unique mission in our lives.
This wonderful family, from its earliest origins and since then with all those who have been spread over this planet from generation to generation, is composed of people of different cultures and abilities, each of whom have their strength and their weakness, and each of whom is precious.
The evolution of this family from the earliest days until today certainly has entailed wars, violence, and the endless seeking of domination and more possessions. It is also an evolution wherein prophets of peace have continued to cry out for “peace, peace”, calling people together to meet each other as beautiful and precious.
Many of us in our world continue to yearn for peace, and for unity. However so many of us remain stuck in our cultures where we are caught up fighting to win and to have more. How can we become free of the culture that incites people, not to responsibilities to the human family and to the common good, but to individual success and to domination over others? How can we get rid of the tentacles and the shackles of this culture, to become free to be ourselves, free of our oversized egos and compulsions, free to love others as they are, different yet the same?
To be with is also to eat together, as Jesus invited us: “When you give a meal don’t invite your family, friends or rich neighbour, but invite the poor and the lame, the disabled and the blind, and you shall be blessed.” To become blessed, says Jesus, is to invite the poor to our table (Luke 14).
Let us be very clear that it is not the guests who are blessed because they enjoy good food at a party, but rather the host is blessed by his encounter with the poor. Why is the host called blessed? Isn’t it because his heart will be transformed as he is touched by the wonderful gifts of the spirit hidden in the hearts of the poor? This has been the gift of my own personal journey and those of many others. We have been led by those who are weak onto the road of the blessedness of love, of humility and of peacemaking.
To be transformed, first we must meet people who are different, not our family, friends and neighbours who are like us. Let us meet across differences—intellectual, cultural, national, racial, religious and other differences. Then from this initial meeting we can begin to build community and places of belonging together.
Community is never called to be a closed group, where people are hiding behind barriers of group identity, interested only in their own welfare or their own vision, as if it is the only one or the best. It cannot be a prison or a fortress. Unfortunately, for a long time this was the rather closed vision of different churches and religions. Each one thought itself the best, with all knowledge and truth. Hence, there was no communication or dialogue between them.
Isn’t there a danger that we close ourselves up in our own professional, religious or family groups where we never meet those who are different?
Community, on the other hand, is a place of togetherness in spite of differences, of people united in love and open to all other people. A community then is like a fountain or a shining light, where a way of life is being lived and revealed, open to others and attractive to them. It is a place of peace, revealing a way to peace and to unity for the human family.
Community is a place of belonging where each person can grow to become fully him or herself. It is belonging for becoming.
We belong to each other so that each member can become more human, more loving, more free, more open to others, particularly to those who are different. When each member can develop their unique gifts and help others to develop theirs, members are no longer in competition but in collaboration, in cooperation and in mutual support.
To become is not to prove I am better than you, but rather supporting together each other in opening up our hearts. Thus community is a place of transformation. Community is a place of belonging where each one may be transformed and find human fulfilment.
What alternatives do we have for human growth? Belonging which is too rigid stifles becoming; on the other hand too much individual growth or becoming without belonging can become fighting to get to the top, or else it can become loneliness and anguish. To win is always to be lonely, and of course nobody wins for long.
Community then is not a closed group but a way of life that helps each person to grow to human fulfillment. The two key elements of community are mission and mutual caring for each one. We come together for a purpose that is the mission, and also to be a sign of love or rather to grow in love for each another. It is a mission that defines why we are together, and being together we learn to love one another.
At L’Arche and Faith and Light our mission is to provide community where the most fragile person is the heart of the community, and can grow in their humanity and in their capacity to love.
Community then becomes a place where we learn how to love each other. To grow in love is a long and difficult journey, and it takes time. L’Arche and Faith and Light are not just places where we do good to people with intellectual disabilities. They are places of relationship, where we grow in love together.
But what is love? This word has been flung around for all sorts of emotional experiences as well as acts of bravery of solders, fighting out of love for their country. For me, love is to recognize that the other person is a person, is precious, is important and has value. Each one has a gift to bring to others. Each one has his or her mission in the larger family of humanity. Each one reveals the secret face of God.
We need each other, to grow in this sacred love, which implies love of those who are different, of those who get my goat and drive me up the wall, because of difference of ideas, temperament, culture, approach and so on. Community is a place where we rub up against each other’s sore spots.
Hopefully we can in this way rub off some of the tiresome and sour traits of our characters, so that we can become our real selves. To love then is to see in the other, the heart of the person hidden under all that annoys us. That is why to love, in the words of St Paul, is to be patient, which is to wait, and to hold on. It is to believe and to trust that under all the mess in the other person is their secret being, their heart.
In L’Arche some of the people we welcome have deep anguish and even violence. They are difficult to live with in community. We have to be patient and to believe that their true self will gradually emerge. We also have to be patient with ourselves as well, and believe that if we try to love and become open to a spirituality of love, our own true selves will also gradually emerge. If we love, if we truly love other people and believe in them, then they are transformed, and we also will be transformed.
Community then is a place of healing, of transformation, and of humanising people. It’s a place where we are commissioned to grow in love, and in forgiveness, and this is real work. If you don’t want to be transformed and to grow in love, then don’t partake in community! When we find the strength to accept people as they are and to meet them in their secret being, they open us up to love.
These remarks by Jean Vanier are so profound and so critical, not just to this particular debate but to all of the debates we have in this place, because they talk about the way in which we can and do live in community with each other. That is, we understand the balance, if you will, or the necessary combination for belonging and becoming and the importance of having open-ended communities where we invite other people in and seek to learn from them.
The relationship we have with people who come from different backgrounds, people who are disabled or people who may have been historically disadvantaged for a variety of reasons is not to feel that they are in need of somebody else's charity, but, rather, to include each other in full community and recognize the way in which we become in community, we belong in community and we learn from each other.
This is something I have observed in my own interactions with members of my family. I have a beautiful cousin who has Down's syndrome. She was one of the flower girls at my wedding. I will always remember a story that my uncle told. It was a story about how he had learned from her, and sharing the story was a way in which we all learned from her. It was about a time when he and his children were at a hospital, where there was a lady, whatever her circumstances were or whatever bad news she had just heard, standing outside a hospital room crying. My uncle told his children that they should mind their own business, make sure they do not stare, walk past and move on. While he was giving these instructions, it was too late. His daughter Anastasia had already wrapped her arms around the woman who was crying, hugging her and crying with her.
This is an example of the kind of response by somebody who may not have the same socially programmed inhibitions that tell us not to interfere in each other's lives, but, rather, had an unbridled openness and empathy that led her to immediately show love in this way for this total stranger. It was her capacity for unlimited love and pursuit of community that opened my uncle's eyes and my eyes through that story to things that maybe I needed to learn, things that maybe we all need to learn, through greater community with people who have developmental differences and different kinds of experiences, but have so much to contribute.
That is the idea and philosophy of Jean Vanier. That is what the objectives of this bill are all about.
We need to remember that putting in place a framework that seeks to create a country that is free from barriers—
Monsieur le Président, je suis ravi d'intervenir à la Chambre aujourd'hui au sujet du projet de loi C-81, une importante mesure qui reconnaît et affirme la dignité inhérente de tous les êtres humains sans égard à la présence de handicaps. Cette mesure vise à créer un contexte et un cadre susceptibles de faciliter la pleine participation des Canadiens handicapés à la société.
Les gens qui nous regardent peuvent être assurés que tous les partis représentés à la Chambre souscrivent à cette mesure. Aujourd'hui, nous ferons état de certaines occasions manquées et d'enjeux connexes à l'égard desquels nous sommes en désaccord avec le gouvernement quant à ses décisions. Nous discuterons notamment de certaines questions liées à l'emploi. Mon estimé collègue le député de Carleton avait présenté une mesure législative qui visait à faciliter la pleine participation des Canadiens handicapés à l'emploi. Les partis ont des divergences d'opinions quant à la meilleure façon de faire avancer ce dossier et d'affirmer ces principes.
Néanmoins, les personnes qui nous regardent doivent savoir que l'opposition officielle et les autres partis appuient l'adoption de cette mesure législative. Le projet de loi sera peut-être adopté aujourd'hui ou demain; je ne suis pas certain du calendrier précis. Toutefois, il sera adopté et il deviendra loi avant les prochaines élections. Ce sera un pas dans la bonne direction et une nouvelle encourageante.
Avant d'examiner certaines dispositions de cette mesure, je reviens sur ce que mon collègue de Foothills a dit. Il a fait de l'excellent travail sur cette mesure pour le compte du Parti conservateur, à l'instar du député d'Edmonton—Wetaskiwin et d'autres députés qui ont travaillé sur ce dossier. Le député de Foothills a signalé que, lors de l'étude initiale par le comité de la Chambre des communes, les ministériels ont rejeté les amendements proposés par les conservateurs et les autres partis. Il importe de souligner que les amendements n'ont pas été appuyés à cette étape.
Malgré des désaccords sur certains des détails des amendements proposés, nous avons appuyé le projet de loi à toutes les étapes. Après que le projet de loi eut franchi l'étape de la troisième lecture, il a été renvoyé au Sénat. Le Sénat a proposé un certain nombre d'amendements qui reflètent les préoccupations que des intervenants représentant les Canadiens handicapés avaient exprimées aux députés conservateurs. Le Sénat avait pris connaissance de ces préoccupations lors des discussions qui avaient eu lieu au comité sénatorial.
Le Sénat a proposé quelques amendements au projet de loi, puis il l'a renvoyé à la Chambre. Maintenant, nous cherchons à déterminer si nous accepterons et si nous appuierons les amendements du Sénat. Je pense que ces derniers jouiront d'un appui généralisé de tous les partis parce qu'ils améliorent le libellé du projet de loi.
Les personnes qui nous regardent devraient prendre note de la façon dont ce processus législatif règle les détails et du fait que les sénateurs ont exercé une plus grande influence sur la mesure législative que les députés. En effet, le gouvernement a rejeté les amendements proposés par les députés mais, quand les sénateurs ont présenté les mêmes amendements, il les a acceptés.
Ce n'est pas la première fois qu'on voit cela. Je me rappelle le projet de loi C-14, auquel un amendement relatif aux soins palliatifs avait été proposé. En fait, il n'avait pas seulement été proposé en comité: il avait fait l'objet d'un vote à la Chambre à l'époque et avait été rejeté. Puis, le sénateur Plett l'avait proposé au Sénat dans une forme semblable, et il avait été adopté, pour être ensuite adopté par la Chambre des communes.
Ce processus n'est pas rare au Parlement étant donné le manque relatif d'indépendance des députés en comité, leurs membres étant malheureusement tenus en bride, et la relative indépendance du Sénat par rapport à la Chambre des communes. Le Sénat n'est peut-être pas aussi indépendant que, peut-être, certains l'affirment, mais il l'est si on compare la liberté de mouvement des sénateurs par rapport à celle des députés, en particulier les députés ministériels, à la Chambre des communes. Le Sénat a, dans la pratique, une plus grande incidence sur le processus législatif.
Même si je suis heureux de voir que ces amendements ont été acceptés — je me répète —, je pense que cela devrait nous préoccuper sur le plan du processus législatif. Nous voulons que la Chambre et les députés, qui sont élus, assument pleinement leurs responsabilités.
Quoi qu'il en soit, même si nous contestons et nous déplorons la manière dont certaines de ces questions ont été abordées, nous sommes heureux de ces amendements. Ils remédient à des préoccupations soulevées par les parties intéressées ainsi que par des députés du Parti conservateur et, si je ne m'abuse, d'autres partis.
Cela dit, j'aimerais maintenant parler du détail du projet de loi C-81. En bref, le projet de loi vise essentiellement à obliger les entités réglementées par des lois fédérales, c'est-à-dire la fonction publique et les milieux de travail sous réglementation fédérale, à se doter d'un plan en matière d'accessibilité. Il exige également que le contenu de ces plans soit réglementé et appliqué.
Comme l'ont fait remarquer la ministre et d'autres personnes dans le cadre de l'étude du projet de loi, nos processus relatifs aux droits de la personne sont très souvent fondés sur les plaintes, c'est-à-dire que, lorsqu'il y a violation réelle ou potentielle des droits d'une personne, une plainte est déposée, puis celle-ci fait l'objet d'une décision.
La ministre a bien raison de dire que cette formule n'est pas une panacée. Il est important d'offrir cette voie aux gens, mais, dans ce contexte, nous voulons plus. Nous préférerions plutôt une approche proactive où l'on protège les droits dès le départ au lieu de simplement mettre en place un mécanisme qui permet de traiter les plaintes après que les droits d'une personne ont été violés.
Amener les entités réglementées à préparer un plan, à le publier, à le mettre en oeuvre et à en faciliter l'application crée des conditions propices à une approche plus proactive à l'égard de ces questions, par opposition à une approche simplement réactive. C'est une mesure sage et utile que tous les partis appuient. Elle établirait une conformité proactive et des mécanismes d'application. Les plans doivent être pluriannuels et comporter des objectifs, des exigences de reddition de comptes, des mécanismes d'enquête et divers processus visant à en assurer la pleine réalisation.
Ce projet de loi prévoit également la création de l'Organisation canadienne d'élaboration des normes d'accessibilité, l'OCENA, et un budget de 290 millions de dollars sur six ans est réservé à cet effet. Cet organisme sera intégré au sein de l'appareil gouvernemental et il aura pour mandat d'élaborer des règlements par rapport à diverses facettes du projet de loi, comme l'environnement bâti, l'emploi, la prestation de services, les technologies de l'information et de la communication, le transport ainsi que l'approvisionnement. L'objectif demeurera toujours l'intégration complète des personnes handicapées et la facilitation de leur pleine participation à une société exempte d'obstacles.
Le non-respect des normes fixées par l'OCENA entraînera des amendes. Il convient de noter que le champ d'action de l'OCENA s'appliquera uniquement aux entités sous réglementation fédérale et à l'intérieur même de l'administration fédérale. Toutefois, on espère que les normes établies grâce à ce projet de loi pourront être adoptées dans toutes les sphères de la société canadienne, y compris celles qui ne sont pas assujetties à la réglementation fédérale. On prévoit également d'embaucher 5 000 Canadiens en situation de handicap au sein de la fonction publique, ce que je trouve encourageant. Notre parti, comme tous ont pu le constater, s'est toujours opposé vigoureusement à ce que les personnes handicapées soient exclues arbitrairement de la fonction publique.
Ce sont là les contours du projet de loi, qui met en place des mécanismes et des processus qui assureront la pleine participation des personnes handicapées à la société dans son ensemble.
Aujourd’hui, nous discutons de sujets liés aux amendements proposés par le Sénat. La ministre s’est prononcée là-dessus, mais j’aimerais passer en revue les amendements du Sénat dont nous sommes saisis aujourd’hui. Même si le Sénat n’a pas retenu tous les changements que nous avions proposés en comité ou à la Chambre, ou qui avaient été suggérés par la communauté des personnes handicapées, tous les changements adoptés par le Sénat reflètent les préoccupations qui ont été soulevées.
Il y a tout d’abord la question de l’inclusion, dans le projet de loi, de la date à laquelle le Canada devrait être un pays exempt d’obstacles, soit 2040. Autrement dit, cet objectif doit être pleinement atteint d’ici 2040. Les amendements précisent également que le choix de cette date n’est pas une excuse pour attendre, comme on le voit trop souvent, la dernière minute avant de se mettre au travail, et que, par conséquent, ce travail doit être achevé à cette date-là. Bref, les amendements fixent une date butoir, mais interdisent qu’on retarde les choses ou qu’on attende pour lever la totalité des obstacles sous prétexte qu'on n'est pas encore en 2040. C’est très important.
Dans mon enfance, on me disait toujours que les dates butoir servent à susciter un élan et qu’on progresse plus vite quand on ne les perd jamais de vue. Par conséquent, les efforts déployés par la communauté et le Sénat pour fixer un échéancier de mise en œuvre de ces mesures sont tout à fait louables et nécessaires.
Un autre amendement du Sénat concerne la question de savoir si l’intersectionnalité devrait être prise en compte. Des amendements ont été proposés pour reconnaître les formes multiples et intersectionnelles de la discrimination, c’est-à-dire le fait que les personnes handicapées peuvent être victimes de discrimination pour des raisons d’intersectionnalité. Il faut donc que la solution prévue pour lever ces obstacles prenne cela en compte. Nous reconnaissons que cette réalité existe, et il faut que les plans qui seront mis en œuvre par les entités réglementées reconnaissent que l’intersectionnalité doit être prise en compte.
D’autres amendements proposés par le Sénat concernent la préservation des droits humains des personnes souffrant de handicaps. Ces amendements visent surtout à préciser les choses, mais les témoignages entendus au comité de la Chambre et à celui du Sénat ont insisté sur l’importance de cette clarification, même si les divers codes des droits de la personne imposent déjà des obligations, notamment dans le cas des entités fédérales assujetties à la Loi canadienne sur les droits de la personne et à d’autres lois fédérales. Plusieurs groupes de témoins ont insisté sur la nécessité de préciser que le nouveau dispositif mis en place par ce projet de loi ne porte aucunement atteinte aux droits et obligations existants et reconnus qui sont énoncés dans les codes des droits de la personne. Nous sommes en accord avec cela.
D’autres amendements du Sénat visent à garantir la protection des droits actuels des voyageurs souffrant de handicaps, par l’entremise de l’Office des transports du Canada.
On s'attend à ce qu'un grand nombre de plaintes proviennent de l'Office des transports du Canada. C'est ce qu'ont suggéré des personnes handicapées. Il est donc important que la mesure législative crée des normes exécutoires concernant les mesures que cet organisme doit prendre pour éliminer les obstacles. C'est aussi un élément important.
En ce qui concerne la question précise du transport, je voudrais lire brièvement un extrait d'une note d'information du ARCH Disability Law Centre:
Néanmoins, dans les faits, en vertu du paragraphe 172(2) — une disposition qui figure actuellement dans la Loi sur les transports au Canada —, une fois que l'Office des transports du Canada a établi ces règlements et que les prestataires de transport, comme les compagnies aériennes, les respectent, ils peuvent se laver les mains du reste.
C'est un problème parce que les règlements établis par l'Office peuvent ne pas satisfaire à l'obligation selon laquelle des mesures d'adaptation devraient être prises afin de respecter les droits dont jouissent les personnes handicapées en vertu des lois sur les droits de la personne.
Si un passager souffrant d'un handicap se plaint à l'Office de ce qu'un transporteur aérien ou un autre prestataire de transport n'a pas pris de mesures d'adaptation pour prendre en compte ledit handicap, sa plainte sera rejetée si le transporteur aérien s'est conformé aux règlements de l'Office en vertu du paragraphe 172(2). Une analyse plus détaillée est disponible dans le rapport juridique final.
Le comité n’a pas proposé d’abroger le paragraphe 172(2), mais plutôt de le modifier. L’amendement en question permet à l’Office des transports du Canada de conclure qu’il y a eu un problème d’accessibilité même si le transporteur a respecté les règles de l’Office. Pour les voyageurs souffrant de handicaps, cela signifie qu’ils peuvent porter plainte auprès de l’Office pour dénoncer un obstacle abusif dans le système de transport fédéral et pour demander que le transporteur fasse plus que ce qui est exigé par la réglementation de l’Office.
Le voyageur handicapé pourrait avoir gain de cause même si le transporteur respecte toutes les règles de l’Office. Toutefois, l’Office pourrait uniquement obliger le transporteur à prendre des mesures correctrices et ne pourrait pas l’obliger à indemniser le voyageur. Ce n’est pas la même chose que les autres plaintes qui sont déposées à l’Office pour des questions d’inaccessibilité dans le système de transport fédéral et pour lesquelles, en général, l’Office peut ordonner au transporteur de prendre des mesures correctrices et d'indemniser la personne concernée.
Même si l’amendement contribue à améliorer l’article en question, il reste quand même une lacune. Dans la communauté des personnes handicapées, on estime que les entreprises de transport comme les compagnies aériennes et les sociétés ferroviaires doivent prendre les mesures nécessaires pour répondre aux besoins des personnes handicapées. On craint en effet que ces entreprises puissent se défendre en affirmant qu’elles respectent les normes réglementaires et qu’elles n’ont donc pas besoin d’en faire plus, si jamais on leur reproche de ne pas en avoir fait assez pour permettre la pleine participation d’une personne handicapée.
L’amendement du Sénat prévoit que, dans certains cas, l’Office des transports du Canada pourra conclure que le transporteur aurait dû en faire plus, même s’il a respecté les normes réglementaires minimales, mais qu’il ne pourra pas accorder des dommages-intérêts. C’est une amélioration apportée par le Sénat, mais comme en témoigne la discussion actuelle, les attentes qui ont été exprimées ne sont toujours pas comblées.
L’autre amendement concerne la langue des signes. Le projet de loi admet plusieurs langues des signes: la langue des signes américaine, la langue des signes québécoise et les langues des signes autochtones, qui sont les principales langues utilisées par les personnes sourdes au Canada. C’est une chose que la communauté des malentendants réclamait depuis longtemps, et que les autres intervenants appuient également.
Nous avons beaucoup discuté dans cette enceinte de l'importance des langues. Récemment, nous avons débattu d'un cadre législatif sur les langues autochtones, de l’importance des deux langues officielles du pays ainsi que des traditions et de la culture associées à l’utilisation d’une langue.
Nous reconnaissons tous aussi, je pense, que les langues des signes s'inscrivent dans ce contexte et nous permettent d'apprécier au sens large comment la langue est associée à la culture et aux traditions. Dans le cas des personnes dont la capacité de communiquer autrement est limitée, ces langues sont indispensables. Leur importance dépasse la simple nécessité de communiquer.
Je viens de passer en revue un certain nombre des amendements que le Sénat a adoptés pour ce projet de loi. Certes, ils ne répondent pas à tous les problèmes soulevés par la communauté des parties prenantes et la communauté dans son ensemble, mais ce sont des mesures qui vont dans la bonne direction et qui sont appuyées par tous les députés. Nous espérons par conséquent que ces amendements seront adoptés.
J’aimerais maintenant parler de ceux à qui s’adresse ce projet de loi, c’est-à-dire expliquer pourquoi les éléments techniques que j’ai abordés sont si importants.
À ce propos, j’aimerais dire quelques mots sur Jean Vanier, sur sa vision de l’inclusion, mais aussi sur quelque chose de beaucoup plus grand que l’inclusion. Jean Vanier est une personne qui devrait nous faire réfléchir car c’est certainement le plus grand défenseur des personnes souffrant de handicaps.
Il est décédé ce mois-ci, et son décès a suscité un grand nombre d’hommages de la part de nos politiciens et de nombreuses personnes de la société civile. C’était en quelque sorte un révolutionnaire, de par son action en faveur de l’inclusion dans la société des personnes souffrant de handicaps. C’était aussi un révolutionnaire sur le plan intellectuel. Son expérience de philosophe l’a aidé dans son action. Dans les biographies, on le décrit comme un philosophe et un humaniste, ce qui est une combinaison optimale et nécessaire. En effet, il est dangereux d’être un philosophe sans être un humaniste, et il est dangereux aussi de se présenter comme un humaniste sans tenir compte des racines philosophiques du travail humanitaire. Nous voyons donc chez Jean Vanier une osmose parfaite entre les idées qu’il défendait et les pratiques dont il s’est fait le chantre.
Jean Vanier venait d’une famille privilégiée. Ses parents avaient une certaine notoriété. Quand il est né, son père faisait partie d’une mission diplomatique. Il a aussi fait une carrière militaire, mais ensuite, il s’est orienté vers un doctorat en philosophie. Sa thèse devait asseoir les grands principes qu’il allait appliquer pendant le restant de sa vie. Cette thèse portait sur le bonheur en tant que principe et sur la fin de l’éthique aristotélicienne.
J’ai d’autant plus d’affinités avec lui que ma thèse de maîtrise portait sur la mesure du bonheur, qui était très influencé par Aristote. On ne discute pas assez du bonheur en politique. C’est pourtant important pour beaucoup de lois. Jean Vanier a proposé un cadre philosophique au travail qu’il a accompli et qui s’inspirait des concepts aristotéliciens du bonheur. Il s’est inspiré du concept aristotélicien du bonheur, qui est différent de la notion qu’on en a aujourd’hui. Cela a profondément marqué son action auprès des Canadiens souffrant de handicaps.
Jean Vanier ne voulait pas uniquement que les personnes handicapées jouissent d'une inclusion formelle et structurelle ou qu'elles soient capables d'accéder aux mêmes espaces que les autres. Il voulaient qu'elles connaissent l'amour et le bonheur grâce à la vie en communauté et à l'amitié. Ainsi, il a tenté de construire une communauté où personnes handicapées et non handicapées vivent ensemble et entretiennent une véritable amitié.
M. Vanier a écrit ceci:
Le cri des personnes handicapées était une question très simple: est-ce que tu m'aimes? Voilà ce qu'elles demandaient. J'ai été touché au plus profond de mon être parce que c'était une question fondamentale que moi aussi je me posais.
Il a souligné que les personnes handicapées recherchaient la reconnaissance de leur humanité, mais aussi le bonheur et l'amour, ce qui leur était souvent refusé par un système qui ne reconnaissait pas leur dignité. Les personnes handicapées veulent ce que nous voulons tous, et selon la vision et la sagesse de Jean Vanier, nous pouvons tous y parvenir ensemble.
Son travail avec les personnes handicapées a influencé sa conception du bonheur, un sujet sur lequel il écrira par la suite. Il s'est beaucoup inspiré de l'idée du bonheur d'Aristote. Aristote, qui écrivait en grec, utilisait évidemment le mot eudemonia, qui se traduit librement par « la vie bien vécue ». Dans ce contexte, il s'opposait aux notions de bonheur qui étaient davantage fondées sur le plaisir, le hasard et les aléas d'une bonne fortune dont la forme était généralement matérielle. Il avait une compréhension et une appréciation plus riches de ce qu'est le bonheur.
Selon Aristote, il existe un lien entre la vertu et le bonheur et les vertus représentent les qualités morales qui permettent à une personne de vivre une bonne vie; M. Vanier adhère à cette idée.
En tant que députés et êtres humains, nous savons que les gens passent une grande partie de leur vie à la recherche du bonheur. Nous ne nous entendons pas toujours sur ce que c'est et sur la façon de l'atteindre, mais nous consacrons une grande partie de notre vie à sa recherche.
Plus récemment, notre parti a été grandement influencé par l'école de pensée utilitariste, qui soutient que le bonheur est une question de plaisir l'emportant sur la douleur. C'est le cœur de la notion d'utilitarisme de M. Bentham. M. Mill en a été un partisan, mais il a réintroduit des aspects de la définition du bonheur d'Aristote en faisant valoir qu'un plus grand bonheur exige le développement d'une certaine noblesse de caractère.
La passion de Jean Vanier pour la philosophie et l'idée du bonheur s'est perpétuée tout au long de sa vie. En 2001, il écrit l'ouvrage intitulé « Le Goût du bonheur: au fondement de la morale avec Aristote ». Il y parle de trois vertus utilitaires: l'amour, la sagesse et la justice. J'aimerais lire un extrait du livre dans lequel il parle de l'importance de l'amitié et de l'amour, qui fait partie intégrante de l'amitié.
Il écrit ce qui suit:
Par l'amitié, j'ai pénétré dans la conscience que mon ami a de sa propre existence. Car, de la même manière que nous nous sentons vivants, que nous existons par l'activité et que nous en tirons du plaisir, de même, par l'amitié, nous sentons notre ami vivre et exister. L'union est si profonde que la bonté de la vie de notre ami s'étend à nous et nous fait plaisir. Dans l'amitié, il y a presque une communion, une fusion de deux êtres et de leur bien légitime. L'ami est un autre soi. Tout ce que je vis, il le vit [...] Dans cette relation d'amitié, nous continuons d'être deux, mais nous sommes un dans une grande et noble activité que nous réalisons ensemble. La conscience de la bonté de mon ami me remplit autant de joie que si c'était la mienne. Le bonheur de mon ami devient mon bonheur.
Telle était sa conception philosophique de l'amitié, qui était essentielle au bonheur et qui était facilitée par la vertu de l'amour. Elle a éclairé sa vision concrète de l'édification de communautés qui incluraient des personnes handicapées et des personnes non handicapées. Nous pourrions appeler cela l'inclusion, mais c'est un concept d'inclusion beaucoup plus riche et plus profond que le concept formel. C'est de vivre dans des communautés d'amour, de bonne volonté et de solidarité les uns envers les autres, dans le cadre d'une véritable relation d'amitié. Nous voyons notre prochain comme un autre soi et nous nous identifions à ce genre d'amour envers les autres. Cela fait partie de son concept du bonheur, qui suppose l'amitié et la vie en communauté.
Comme je l’ai dit, Jean Vanier a proposé un concept très riche du bonheur, de l’amour et de l’amitié, qu’il a mis en pratique dans son travail auprès des personnes handicapées. Quand il habitait Paris, au moment de la fondation de l’Arche, il est allé rendre visite à des gens qui vivaient dans des institutions, souvent dans des conditions difficiles. Il s’est rendu compte que, la plupart du temps, ces gens-là vivaient dans des conditions difficiles, mais que, parfois, elles étaient un peu meilleures. Or, ce dont ces gens-là avaient véritablement besoin, c'était d’être traités avec humanité, au sein de communautés d’amitié et d’amour, où les gens étaient ensemble à la recherche du bonheur. C’était là sa vision.
Sur le plan pratique, son premier geste radical a été de s’installer dans une maison avec des personnes handicapées. Pour lui, ce n’était pas seulement un geste d’humanité à l’égard d’autres personnes, mais aussi le début d’une communauté partagée. Il s’est rendu compte que, grâce à cette communauté partagée, il pouvait apprendre beaucoup de choses auprès des personnes avec lesquelles il vivait. Il voulait que les personnes qui n’avaient pas de handicap aient la possibilité d’apprendre et de s’épanouir grâce à ces amitiés et à ces communautés importantes, où les gens se mettaient ensemble à la recherche du bonheur.
Jean Vanier a dit: « L’Arche et Foi et Lumière font partie d'une véritable révolution. » Trop souvent, les gens qui souffraient d'un handicap intellectuel étaient source de honte pour leurs parents, et ils étaient même considérés comme un châtiment de Dieu. Leurs parents et leurs aidants naturels étaient souvent perçus comme des personnes extraordinaires, de saintes personnes, parce qu’ils s’occupaient de gens « comme eux ». Aujourd’hui, il est devenu évident que ce sont les gens qui ont un handicap intellectuel qui nous permettent de nous humaniser lorsque nous établissons un vrai lien d’amitié avec eux. Ils ne sont donc pas un châtiment de Dieu, mais plutôt un chemin vers Dieu.
Il avait compris que les personnes handicapées sont des êtres humains au sens le plus complet du terme, qui ont la même dignité et la même valeur que n’importe quel autre être humain. Elles ont des besoins à combler et des contributions à apporter, comme n’importe quel autre être humain. Ces besoins et ces contributions peuvent se réaliser et s’épanouir au sein d’une communauté. Il comprenait aussi qu’il est important que les structures sociales s’inspirent des valeurs et des structures familiales.
Je suis récemment allé à Bogotá, où j’ai eu l’occasion de visiter un orphelinat de SOS Villages d’enfants pour observer le travail qu'on y accomplit. Les responsables m’ont fait une remarque intéressante sur la façon dont ils s’occupent des enfants qui ne peuvent pas rester dans leur famille. Cela s’inspire beaucoup de la pensée de Jean Vanier, pour qui les structures institutionnelles ne donnent pas d’aussi bons résultats que les structures familiales. Dans ce village SOS colombien où je me suis rendu, les enfants sont placés dans des environnements qui ressemblent beaucoup au contexte familial. Ils sont dans des foyers, avec des parents qui s’occupent d’eux. Certes, ils ne sont pas chez eux, dans leur propre famille, mais ils vivent dans le même genre de structure et bénéficient du même soutien que celui que donne une famille, ce qui leur apporte l’amour, l’amitié et les rapports sociaux qui sont importants au sein d’une structure familiale. Jean Vanier l’avait bien compris; c'est pourquoi il a cherché à faire la même chose quand il a mis en place les structures du mouvement de l’Arche, grâce à des communautés quasi familiales, où les gens pouvaient vivre ensemble dans l’amour et l’amitié.
Très peu de temps avant sa mort, Jean Vanier a reçu le prix Templeton, qui est une grande distinction internationale. M. Vanier a parlé du travail qu'il avait accompli ainsi que des idées et de la vision qui le sous-tendaient. Son discours nous a montré le genre de sensibilité qui devrait animer nos travaux dans ce domaine. Je tiens à lire un extrait de son discours d'acceptation du prix Templeton. Il a dit ceci:
L’Arche et Foi et Lumière font partie d’une véritable révolution; si souvent dans le passé, les personnes ayant une déficience intellectuelle ont été considérées comme une source de honte pour leurs parents et, dans certains cas, comme une punition de Dieu. Leurs parents et ceux qui prennent soin d’elles ont souvent été considérés comme des personnes formidables, voire même des « saints », parce qu’ils s’occupaient de personnes « comme ça ». Aujourd’hui, il est de plus en plus évident que ce sont les personnes ayant une déficience intellectuelle qui nous humanisent et qui nous guérissent, si nous entrons dans une réelle amitié avec elles. Elles ne sont pas une punition de Dieu, mais au contraire un chemin vers Dieu [...]
Être avec, c’est vivre ensemble, entrer dans des relations mutuelles d’amitié et de bienveillance. C’est rire et pleurer ensemble, c’est être réciproquement transformés les uns par les autres. Chaque personne devient un cadeau pour l’autre, et révèle aux autres que nous faisons partie d’une immense et merveilleuse famille humaine, la famille de Dieu. Nous sommes tous profondément identiques en tant qu’êtres humains, mais aussi profondément différents; nous avons chacun un don particulier, chacun une mission unique.
Cette merveilleuse famille, depuis ses origines jusqu’à nos jours, avec tous ceux qui se sont disséminés sur cette planète de génération en génération, est composée de personnes de différentes cultures et diverses compétences; chacune d’elles a ses forces et ses faiblesses, et chacune d’elles est précieuse.
L’évolution de cette famille, depuis les origines jusqu’à nos jours, a certainement entrainé des guerres, des violences et une recherche sans fin de domination et d’accumulation de possessions. C’est aussi une évolution dans laquelle les prophètes de paix n’ont cessé de crier: « Paix, Paix » en appelant les gens à se rencontrer les uns les autres et à se découvrir beaux et précieux.
Beaucoup d’entre nous dans ce monde continuent d’aspirer à la paix et à l’unité. Cependant, beaucoup d’entre nous demeurent coincés dans nos cultures où nous sommes pris dans des luttes pour le pouvoir et l’accumulation de richesses. Comment pouvons-nous nous libérer d’une culture qui incite les gens, non pas à devenir responsables de la famille humaine et du bien commun, mais au succès individuel et à la domination des autres? Comment pouvons-nous nous débarrasser des tentacules et des entraves de cette culture, pour devenir libres d’être nous-mêmes, libres de nos egos surdimensionnés et de nos compulsions, libres d’aimer les autres tels qu’ils sont, différents et pourtant les mêmes?
Être avec, c’est aussi manger ensemble, comme nous y invite Jésus: « Lorsque tu donnes un festin, n’invite pas ta famille, ni tes amis, ni tes riches voisins, mais invite les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles; alors tu seras bienheureux. » Être bienheureux, nous dit Jésus, c’est inviter les pauvres à notre table (Luc 14).
Soyons clair, ce ne sont pas les invités qui sont bienheureux parce qu’ils se régalent à une fête; c’est bel et bien l’hôte qui est bienheureux par sa rencontre avec les pauvres. Pourquoi l’hôte est-il appelé bienheureux? N’est-ce pas parce que son cœur est transformé lorsqu’il est touché par les dons merveilleux de l’esprit cachés dans les cœurs des pauvres? Tel a été le don de mon cheminement personnel, et celui de tant d’autres. Nous avons été guidés, par ceux qui sont fragiles, sur le chemin de la béatitude de l’amour, de l’humilité et de la paix.
Pour être transformés, nous devons d’abord rencontrer des personnes qui sont différentes, et non pas les membres de notre famille, les amis ou les voisins qui nous ressemblent. Rencontrons-nous au-delà des différences — intellectuelles, culturelles, nationales, raciales ou religieuses. C’est à partir de cette rencontre initiale que nous pourrons construire une communauté et des lieux d’appartenance où vivre ensemble.
Une communauté n’est jamais appelée à devenir un groupe fermé où l’on se cache derrière les barrières identitaires de son groupe, préoccupé uniquement par son propre bien-être et sa propre vision, comme s’il était le seul, ou le meilleur. Une communauté ne peut être une prison ni une forteresse. Malheureusement, cela a été pendant longtemps la vision réductrice de certaines Églises et religions, chacune pensant être la meilleure, croyant posséder toute la connaissance et la vérité. Par conséquent, il n’y avait pas de communication ou de dialogue entre elles.
N’y a-t-il pas un danger que nous nous enfermions dans nos propres groupes — qu’ils soient professionnels, religieux ou familiaux — dans lesquels nous ne rencontrons jamais ceux qui sont différents de nous?
Une communauté est au contraire un lieu d’unité malgré les différences; les personnes y sont unies dans l’amour, et ouvertes aux autres. La communauté est alors comme une fontaine ou comme une lumière resplendissante, où un chemin de vie est expérimenté et révélé, en étant ouvert aux autres et intéressé par eux. C’est un lieu de paix qui révèle le chemin vers la paix et l’unité de la famille humaine.
La communauté est un lieu d’appartenance où chaque personne peut grandir pour devenir pleinement elle-même. Il s’agit d’appartenir pour devenir.
Nous nous appartenons les uns aux autres, et alors chaque membre peut devenir plus humain, plus aimant, plus libre, plus ouvert aux autres et particulièrement à ceux qui sont différents. Quand chaque membre peut développer son don unique et aider les autres à développer le leur, les membres ne sont plus en compétition, mais en collaboration, en coopération et en soutien mutuel.
Devenir, ce n’est pas prouver que je suis meilleur que toi, mais plutôt nous entraider en ouvrant nos cœurs. Ainsi la communauté est le lieu de la transformation. La communauté est le lieu de l’appartenance où chacun doit être transformé et devenir pleinement humain.
Quelles alternatives avons-nous, concernant notre croissance humaine? Une appartenance qui est trop rigide étouffe le développement personnel; par contre, trop de développement personnel ou un devenir sans appartenance peut se transformer en lutte pour atteindre les sommets, ou encore conduire à la solitude et à l’angoisse. Gagner, c’est toujours être seul; et bien sûr, personne ne gagne très longtemps.
La communauté n’est donc pas un groupe fermé, mais un chemin de vie qui aide chaque personne à grandir vers sa plénitude humaine. Les piliers de la communauté sont la mission et l’amour mutuel. Nous nous rassemblons pour vivre cette mission, et aussi pour être un signe d’amour; ou plutôt pour grandir dans l’amour les uns des autres. C’est la mission qui nous réunit et en étant ensemble, nous apprenons à nous aimer.
À L’Arche et à Foi et Lumière, notre mission est de promouvoir des communautés où les personnes les plus fragiles sont au cœur de la communauté, et où elles peuvent grandir dans leur humanité et leur capacité d’aimer.
La communauté est alors un lieu où nous apprenons comment nous aimer les uns les autres. Grandir dans l’amour est un long et difficile chemin; cela prend du temps. L’Arche et Foi et Lumière ne sont pas juste des lieux où nous faisons du bien aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Ce sont des lieux de relation où nous grandissons ensemble dans l’amour.
Mais qu’est-ce l’amour? Ce mot a souvent été réduit à des expériences émotionnelles ou des actes de bravoure de soldats qui se battaient pour l’amour de leur pays. Pour moi, aimer c’est reconnaitre que l’autre est une personne, qu’il est précieux, important et qu’il a de la valeur. Chaque personne a un don à apporter aux autres. Chaque personne a sa mission à l’intérieur de la grande famille humaine. Chaque personne révèle le visage secret de Dieu.
Nous avons besoin les uns des autres pour grandir dans cet amour sacré, qui implique l’amour de ceux qui sont différents, ceux qui me font sortir de mes gonds et me conduisent en dehors de mes murs de protection, à cause de la différence de leurs idées, de leur tempérament, de leur culture ou de leur approche. La communauté est un lieu où nous nous frottons les uns aux autres justement là où sont nos points sensibles.
De cette façon, avec un peu de chance, nous nous frotterons à certains traits, fastidieux ou aigris, de nos caractères, pour que nous devenions vraiment nous-mêmes. Aimer, c’est alors voir en l’autre le cœur de sa personne caché derrière tout ce qui nous gêne. C’est pourquoi aimer, selon les mots de Saint Paul, c’est être patient, ce qui signifie attendre et persévérer. C’est avoir confiance et croire que sous tout le désordre apparent de cette personne, il y a le secret de son être, il y a son cœur.
À L’Arche, certaines personnes que nous avons accueillies vivent de profondes angoisses, et même des violences. C’est parfois difficile de vivre en communauté avec elles. Nous devons être patients et croire que leur moi véritable émergera peu à peu. Nous devons aussi être patients envers nous-mêmes, et croire que si nous essayons d’aimer et d’être ouverts à une spiritualité d’amour, notre moi véritable émergera aussi peu à peu. Si nous aimons, si nous aimons vraiment les autres personnes, si nous croyons en elles, alors elles sont transformées, et nous sommes aussi transformés.
La communauté est alors un lieu de guérison, de transformation et d’humanisation des personnes. C’est un lieu où notre mission est de grandir dans l’amour et dans le pardon, et c’est un véritable travail… Si vous ne voulez pas être transformé ni grandir dans l’amour, alors ne faites pas partie d’une communauté. Quand nous trouvons la force d’accepter les personnes telles qu’elles sont, et de les rencontrer alors dans leur être le plus profond, elles nous ouvrent à l’amour.
Ces paroles de Jean Vanier sont extrêmement profondes et d'une grande importance, dans le contexte non seulement du débat d'aujourd’hui, mais de tous les débats qui se déroulent à la Chambre, parce qu’elles illustrent une façon de vivre ensemble. Nous devons trouver la combinaison nécessaire pour créer un sentiment d’appartenance au sein de communautés ouvertes auxquelles les gens peuvent s’intégrer librement et s’épanouir.
Quand nous rencontrons des gens qui viennent de milieux différents, qui souffrent de handicaps ou qui sont défavorisés pour une raison ou pour une autre, nous ne devons pas penser qu’ils ont besoin de la charité des autres mais plutôt qu’ils doivent être intégrés pleinement dans la communauté, afin que tous ensemble nous puissions nous épanouir et acquérir un sentiment d’appartenance.
C’est quelque chose que j’ai observé dans mes relations avec des membres de ma famille. J’ai une jolie cousine qui est atteinte du syndrome de Down. Elle était l'une des petites bouquetières à mon mariage. Je me souviendrai toujours de l’histoire que mon oncle racontait, qui montrait combien il avait appris en la côtoyant et nous permettait d'apprendre à notre tour. Un jour, il se trouvait à l’hôpital avec ses enfants, et il y avait une femme qui pleurait dans le couloir. Mon oncle a dit à ses enfants que, quelles que soient les raisons pour lesquelles elle pleurait, cela ne les regardait pas, ajoutant qu'il ne fallait pas la dévisager. Au moment où il donnait ses instructions, il était déjà trop tard, car sa fille Anastasia avait déjà entouré de ses bras la femme qui pleurait, pour la consoler.
Voilà un exemple qui montre comment réagit quelqu’un qui n’a pas nécessairement les mêmes inhibitions sociales qui nous empêchent de nous immiscer dans la vie des autres, et qui, au contraire, fait preuve d’ouverture et d’empathie pour manifester immédiatement son amour à l’égard d’une personne qui lui est complètement étrangère. C’est sa capacité à exprimer son amour et son instinct de communauté qui, avec cette anecdote, a ouvert les yeux de mon oncle et les miens et qui nous a montré que nous avions beaucoup à apprendre en renforçant nos liens avec des gens qui n’ont pas le même niveau de développement mental ni le même genre d’expérience mais qui ont beaucoup à offrir.
C’est là la philosophie de Jean Vanier, et ce sont là les objectifs du projet de loi.
Il ne faut pas oublier qu’en mettant en place un dispositif qui permettra d’avoir un pays exempt d’obstacles...
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Lib. (ON)
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2019-05-28 11:23 [p.28117]
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Mr. Speaker, I am rising on a point of order having to do with relevance. I see there are a number of advocates in the gallery. We have organized interpretation for them, and it is wonderful to see them here. They have come to hear all parties speak on this very important piece of legislation, and it is a shame that the member is speaking at length. That is his prerogative, but out of respect for those who are here to hear all parties, I wonder if the member might give us some indication of how long he plans to speak this morning.
Monsieur le Président, j’invoque le Règlement pour une question de pertinence. Je vois qu’il y a un certain nombre de défenseurs des personnes handicapées à la tribune. Nous avons organisé l’interprétation pour eux, et je suis ravie de les voir ici. Ils sont là pour entendre tous les partis se prononcer sur ce projet de loi très important, mais il est déplorable que le député parle aussi longtemps. C’est son droit, mais par respect pour ceux qui sont ici pour entendre tous les partis, j’aimerais demander au député pendant combien de temps il a l’intention de parler.
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CPC (AB)
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2019-05-28 11:24 [p.28117]
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Mr. Speaker, with all due respect to my colleague across the way, if she had been listening to the remarks I was making, they were all very clearly on the issue, which is why I was making them. These are important points to make.
An hon. member: Oh, oh!
Mr. Garnett Genuis: If the parliamentary secretary to the government House leader wants to heckle, that is also his prerogative, but we are having an important discussion.
I appreciate the opportunity to make the points that I am going to make. I understand that the government intends to bring forward a motion today on extended hours. To be clear, there is absolutely no reason why the bill before us would not move forward. I am making arguments that I think are important and worthwhile, and I am sharing personal stories about members of my own family. If members do not take that seriously or want to cast aspersions or imagine other things, that is their prerogative, but it is not really in the spirit of what the discussion could be. These are things I have wanted to share, and I appreciate that the Standing Orders provide me with the opportunity to share them.
The parliamentary secretary asked about details. I do not have a specific length of time in mind, but I would tell the parliamentary secretary if I did. I want to discuss these points. Of course, interventions like the one we just saw make it harder for me to do that, but I will resume where I was in terms of making the point that I was making. When I finish making my remarks, others will speak, and I am sure we will get the bill passed in due course.
As well, there are issues in terms of the bill not reaching the standard that many people wanted and the government rejecting amendments, which are things I have spoken about. Nonetheless, I am hopeful that there are further steps that can be taken after this.
I will go back to the point I was making before I was interrupted. I was speaking about the experience of my cousin who has Down's syndrome and the things I have been able to learn from her. The principal point that I think we need to absorb from the life and legacy of Jean Vanier is that the relationship between people who are not disabled and those who are should not be seen as one of charity, but, rather, one of people who have different experiences living together in communities of love and friendship and being able to learn from each other.
I want to make the point, in the context of my beautiful cousin who has Down's syndrome, that very often when parents who are expecting a child receive a diagnosis and find out that their child has some genetic condition, that is associated with a lot of surprise and maybe fear and lack of awareness about what this is going to mean for their family. We know as well that there is a high level of selecting out children who have that condition. I wish that every family that was not sure what to do in that situation would have an opportunity to speak to my uncle and aunt, or have an opportunity to speak with somebody like my cousin to see the love, joy and teaching that come through the community with that person. It can be a surprise to find out that what one had expected is not what is going to happen. Sometimes the unexpected is filled with such opportunity for love, joy and learning.
What are the key takeaways that we should have as members of the House from the points I have made and from the work of Jean Vanier?
First of all, we need to go beyond a formal, legalistic notion of inclusion. The legal standard of inclusion is, let us say, the minimum standard. Our goal, rather, should be to build meaningful community among all people to recognize the contributions that all of us make together in the way we treat each other, and to put our emphasis on the pursuit of a concept of true happiness: that is, living well together, not merely thinking in terms of material well-being.
I started this point in my discussion by asking whom this bill is for, whom the work is being done for. The answer is that it is for all of us. People with disabilities benefit from a society in which there are no barriers to their participation. However, everyone, whether with a disability or not, benefits from being part of a society in which we can live together in a community where the contributions and experiences of those with disabilities are heard and where we pursue happiness, community, love and meaning together.
Part of how we do this better, and this is a subject I referenced earlier and something I wrote about in my master's dissertation, is the measurement of happiness. Part of creating a society in which all of us can pursue and attain happiness is, I would argue, measuring happiness as well. There are questions and controversies around the best way to do that statistically, but efforts made to engage in the meaningful measurement of happiness are important and are part of the picture. It is something we should consider as part of subsequent statistical instruments.
Having made that point, having outlined whom I think the bill is for, I now want to discuss some of the amendments that were proposed at the committee in the House and were not accepted. As we move this legislation forward, it is important to note what has been done and what is positive, but also to acknowledge that there are some areas of missed opportunities. There are some areas where we could have done better. In fact, amendments were proposed by other parties that were unfortunately not adopted by government members at the committee.
First of all, there were amendments put forward on the House side that introduced proposals around dates and timelines. This is an issue now being incorporated at the level of the Senate, but it was proposed in the form of amendments to clauses 5, 11, 18, 23, 111 and 148. Amendments were proposed that would have established timelines, and we made the argument that timelines were absolutely essential.
We argued as well that the bill had to require positive action by the minister. We argued that the bill ought to require the progressive realization of a barrier-free Canada by the minister and should therefore remove permissive language. A lot of the language in this legislation in effect does not actually require the minister to do anything. It uses a lot of language around the word “may”, such as that regulations may be established or proposals may be put in. That exists in the context of exceptions.
While we have a legislative framework in place that may allow the minister to do certain things around the realization of a barrier-free Canada, the framework is very open in terms of allowing the minister to do certain things or not do certain things. There was an interesting comment made by the minister today in the context of questions and comments, where the issue of exceptions was raised by my colleague from Foothills. The minister said that they would certainly be very careful in their use of those exceptions under her watch.
That is the rub, the exercise of these powers by the minister. I take the minister at her word in terms of her sincerity about this bill, but it is our job in the opposition to ask questions about whether the framework relies merely on the goodwill and the word of one person, or whether it puts in place the structures that provide certainty and indeed a protection for the kinds of circumstances that we would like to see. The minister says that they will be very careful in their use of exceptions, at least under her watch, and that under her watch they will certainly do the things that are laid out in this legislation. Of course, under the current government, we do not know how long a particular minister will remain with the responsibility of a portfolio. I think all parties want to see the legislation be meaningful in ensuring impacts.
We sought to address this issue in the form of amendments, but unfortunately we did not see progress on it. These amendments dealt with the issue of permissive language in clauses 15, 16, 75, 93, 94 and subclause 146.1. We need to try to do better in this respect. Although we tried to get things done, unfortunately that did not happen.
We proposed amendments to subclause 17(2) and clause 21 to ensure the independence of CASDO, the accessibility commissioner and other key positions. Certainly, we are very concerned about the track record of the government in not always respecting the independence of things that we would expect to be independent. We raised concerns at committee about the issue of the legislation ensuring the sufficient independence of these bodies. Without independence, there is a concern about whether the accountability functions we expect will be followed. Our amendments in this respect were also not adopted by the government and the changes we proposed have unfortunately not shown up subsequently.
We proposed an amendment to clause 18, that the bill must designated CASDO as the only body to develop accessibility standards. The framework put in place by the legislation seeks to deal with a number of different parts and aspects of government. Certainly, we recognize the importance of ensuring that all of those are included and that the regulatory structure is there to cover them in all cases.
Our amendment proposed that the government have a standard set centrally by CASDO, which presumably is the goal of establishing that entity. The legislation, as it stands, creates a more complex scheme than is necessary by having some of these standards set external to CASDO. We raised this issue as well. In the follow-up implementation of the legislation, people will want to see it so they can explore the effectiveness of those provisions.
We also proposed an amendment for a new clause 33.1 to ensure there would be accountability regarding public information during CASDO's work on developing an accessibility standard. Again, there is a need for accountability as part of these frameworks. We are not keen on provisions in legislation which the government tells us “just trust us”. When the issue is important, “just trust us” is not enough. We want to see a framework that requires government action, that is accountable and that provides a reasoned and effective framework to ensure that accountability is in place.
We then proposed amendments about strengthening accessibility plans. Unfortunately they were rejected. They related to clauses 42, 47, 51, 56, 60, 65 and 69. Then we proposed specific amendments to remove exemptions.
Let us reflect on the actions we have seen from the government and the concerns that might arise when well-connected companies are lobbying for exceptions regarding their obligations. Frankly, we know this is going to happen. Our legislative framework may say that federally regulated companies have to comply with certain standards, but it is possible to make exceptions. Some companies are going to calculate that it is actually easier for them, less expensive perhaps, to spend resources lobbying politicians and ministers to give them an exception. They would rather do that than invest in the required changes to make themselves more accessible. Unfortunately it is relatively likely that some people will make this calculation and will use the tools and resources available to them.
We have seen in recent months a government that when the pressure is on, when the well-connected lobbyists are brought to bear, rather than follow through on the intention of legislation, the government may allow that exception. Let us say the argument is around jobs, that if companies are required to conform to such a standard, then they will not be able to continue to operate and they will have to move their headquarters, whatever the arguments are made in those cases.
That is why those who are following us today, those who are concerned about the effectiveness and the impact of this legislation should be concerned about the power the legislation gives around the granting of exceptions.
We have permissive language and the refusal of the government to move forward with amendments around the removal of exceptions, amendments which were supported by the Conservatives. Although there are high aspirations associated with the bill and although I do not doubt the sincerity of some people on the government side around the legislation, this creates circumstances in which it does not compel the government to act and it gives the government a great deal of space to say to a company that it does not have to follow its obligations. An area of regulation that it maybe had the power to put forward action on, it will not do that anymore.
It is precisely our job as members of Parliament to ensure the legislation we put forward is directed to and binding on government. So often, unfortunately, and what I have seen in my time here in the last three and a half years as an MP, is legislation that leaves the door open for the minister to exercise a great deal of discretion.
There is some latitude for ministerial discretion in the specific working out of details around regulations in the plants. However, when we have so much flexibility that the minister can say an exception will be put in place, that is a totally different case. This goes beyond the normal expectation that there is some degree of ministerial discretion involved in this case. This goes much further than the norm and that is why we proposed those changes. We are concerned about what the government's real intentions are and what the real actions will be.
I do not want to cast aspersions on everyone's intentions, but somebody made the decision somewhere, whether it was in the Prime Minister's Office or somebody else around the cabinet table, to leave the door open to the possibility that someone could be let off the hook in a particular case.
We proposed an amendment as well to designate the accessibility commissioner as the one body to handle compliance for accessibility standards and the adjudication of complaints. This was another amendment that dealt with streamlining the effectiveness of the bill.
The bill does not designate a central agency to oversee compliance with accessible ability requirements. Enforcement as envisioned under the framework right now is done by multiple agents: the accessibility commissioner, the CRTC, the CTA and the Federal Sector Labour Relations and Employment Board. Again, just as with setting a standard, through a complex patchwork of different organizations, this will create far more than is necessary with respect to confusion and barriers to those who wish to access the process.
If somebody is looking for standards to hold an agency or an entity up against, if he or she is looking to make complaints, the legislation does not have this sort of single window that would provide clarity around standards as well as enforcement. This is again a missed opportunity. Members of the committee and the House had tried to put forward amendments to address and strengthen this, but unfortunately we did not see action in that respect.
We felt, and we still feel, that multiple bodies looking at accessibility complaints from different angles will create a potential patchwork unfair administration of the act, and we should be concerned about that.
Monsieur le Président, avec tout le respect que je dois à ma collègue d’en face, elle aurait dû écouter plus attentivement, car toutes mes remarques portaient précisément sur la question dont nous sommes saisis, et c’est la raison pour laquelle je les ai faites. Ce sont des remarques qu’il était important de faire.
Une voix: Oh, oh!
M. Garnett Genuis: Si le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre veut chahuter, c’est son droit, mais nous poursuivons une discussion importante.
Je suis reconnaissant de pouvoir exposer les arguments que je vais présenter. Je crois savoir que le gouvernement a l’intention de présenter une motion dès aujourd’hui au sujet des heures prolongées. Très franchement, il n’y a aucune raison pour que le projet de loi dont nous sommes saisis n’aboutisse pas. Je présente des arguments que je juge importants, ainsi que des anecdotes au sujet de membres de ma propre famille. Si des députés veulent prendre cela à la légère, répandre des calomnies ou imaginer toutes sortes de choses, c’est leur prérogative, mais ce n’est vraiment pas dans l’esprit de la discussion que nous avons aujourd’hui. Je voulais partager certaines choses, et je suis heureux que le Règlement me permette de le faire.
La secrétaire parlementaire me demande une précision. Je n'ai pas de durée précise en tête et je la lui indiquerais si je pouvais. Je veux aborder ces questions. Évidemment, les interventions comme celle dont nous venons d'être témoins me compliquent la tâche, mais je vais reprendre là où j'ai été interrompu dans mon argumentaire. Lorsque j'aurai terminé de faire des observations, d'autres auront l'occasion de prendre la parole et je suis certain que le projet de loi pourra être adopté en temps opportun.
En outre, il y a les questions concernant le standard que les gens auraient voulu que le projet de loi atteigne et le rejet par le gouvernement des amendements proposés dont j'ai déjà parlé. Malgré tout, j'espère que d'autres mesures pourront être mises en œuvre après ceci.
Je reviens à l'exemple que je donnais au moment où j'ai été interrompu. Je parlais de ma cousine atteinte du syndrome de Down et de ce que j'ai pu apprendre d'elle. Le principal élément qu'il faut retenir de la vie et de l'héritage de Jean Vanier, c'est qu'il ne faut pas voir les relations entre les personnes handicapées et les personnes qui ne sont pas handicapées comme étant des relations de charité, mais comme des relations entre des personnes qui ont vécu des expériences différentes et qui cohabitent dans l'amour et l'amitié au sein d'une même collectivité où ils peuvent apprendre les unes des autres.
En citant l’exemple de ma belle cousine atteinte du syndrome de Down, je tiens à souligner que, très souvent, les futurs parents sont très surpris lorsqu’ils reçoivent un diagnostic confirmant que leur enfant a une maladie génétique. Il est possible qu’ils éprouvent des craintes et qu'ils ignorent quelle incidence cela aura sur leur famille. Nous savons également qu’un grand nombre de femmes mettent fin à leur grossesse lorsqu’elles apprennent que leur enfant est atteint de cette maladie. J’aimerais que toutes les familles qui ne savent pas comment composer avec une telle situation aient l’occasion de parler à mon oncle et à ma tante, ou avec quelqu’un comme ma cousine pour voir l’amour, la joie et les enseignements que ces personnes offrent à la communauté. Il peut être surprenant de constater à quel point les craintes n’étaient pas justifiées. Parfois, l’inattendu donne lieu à de nombreuses occasions où l’amour, la joie et l’apprentissage sont à l’honneur.
À titre de députés, quelles sont les principales leçons que nous devrions tirer des arguments que j’ai soulevés et de l’œuvre de Jean Vanier?
Tout d’abord, nous devons transcender la notion formelle et légaliste de l’inclusion. La norme juridique relative à l’inclusion est, disons, la norme minimale. Notre but devrait plutôt être de bâtir une collectivité enrichissante qui réunit toutes les personnes dans le but de reconnaître les contributions de chacun dans la façon dont nous nous traitons les uns les autres. Nous devrions mettre l’accent sur la poursuite d’un réel bonheur, c’est-à-dire d’une saine cohabitation, et non seulement sur la poursuite du bien-être matériel.
Au début de mon intervention, j’ai demandé à qui s’adresse ce projet de loi et qui bénéficiera de ces efforts. La réponse est que nous en tirerons tous bénéfice. Les personnes handicapées bénéficient d’une société dépourvue d’obstacles à leur participation. Cependant, que l’on ait un handicap ou non, nous profitons tous de notre appartenance à une société où nous pouvons cohabiter et reconnaître les contributions et les expériences des personnes handicapées, tout en recherchant ensemble le bonheur, l'esprit de communauté, l’amour et la solidarité.
L’un des outils qui nous permettront de mieux faire les choses est la mesure du bonheur — c’est un sujet dont j’ai parlé plus tôt et que j’ai abordé dans mon mémoire de maîtrise. À mon avis, la création d’une société où nous pouvons tous atteindre le bonheur passe également par la mesure du bonheur. Il y a des questions et des controverses quant à la meilleure façon de procéder sur le plan statistique, mais les efforts déployés pour réellement mesurer le bonheur sont importants et font partie du tableau. Nous devrions intégrer ces notions dans nos instruments statistiques à l’avenir.
Après avoir fait cette observation et précisé à qui s’adresse ce projet de loi, je vais maintenant parler de certains amendements que nous avons proposés et que le comité de la Chambre n’a pas retenus. À mesure que progresse l’étude de ce projet de loi, il est important de signaler le travail accompli et les points positifs, tout en reconnaissant que nous avons raté de bonnes occasions. Nous aurions pu faire mieux à certains égards. En fait, les autres partis ont proposé des amendements qui ont malheureusement été rejetés par les députés ministériels qui siégeaient au comité.
Tout d’abord, la Chambre a été saisie d’amendements concernant les dates et les échéanciers. Le Sénat est maintenant en train d’incorporer ces propositions, mais elles ont été présentées en tant qu’amendements aux articles 5, 11, 18, 23, 111 et 148. Ces amendements auraient prévu des échéanciers, et nous avons insisté sur le fait que ces échéanciers étaient essentiels.
Nous avons également avancé que le projet de loi devait obliger le ministre responsable à être proactif. Nous avons soutenu que le projet de loi devait l’obliger à prendre des mesures pour favoriser l’édification progressive d'un Canada exempt d’obstacles et qu’il fallait donc supprimer le côté facultatif du libellé. Dans sa forme actuelle, ce projet de loi n’oblige pas le ministre à être proactif. Le mot « peut » y est abondamment employé. Par exemple, un règlement peut être pris ou des propositions peuvent être faites. Cette forme est également utilisée pour les exceptions.
Même si le cadre législatif permet au ministre de prendre certaines mesures pour édifier un Canada exempt d’obstacles, il s’agit d’un cadre très souple qui lui permet de décider de faire ou de ne pas faire certaines choses. La ministre actuelle a fait un commentaire très intéressant aujourd’hui durant la période des questions et observations, en réponse à une question de mon collègue de Foothills au sujet des exceptions. La ministre a dit que, sous sa gouverne, les exceptions allaient être utilisées de manière très prudente.
Le problème réside justement dans l’exercice de ces pouvoirs. Je ne mets pas en doute la sincérité de la ministre au sujet du projet de loi, mais le travail de l’opposition est de poser des questions pour savoir si le cadre repose uniquement sur la bonne volonté et la parole d’une seule personne, ou s’il met en place les structures qui offriront une certitude et, en fait, la protection que nous souhaitons voir en place. La ministre affirme que, sous sa gouverne, les fonctionnaires utiliseront ces exceptions avec une grande prudence et qu’ils mettront en place les mesures énoncées dans la loi. Nous ne savons évidemment pas combien de temps la ministre aura la responsabilité d’un portefeuille dans l’actuel gouvernement. Je pense que tous les partis souhaitent que ce projet de loi ait un effet durable.
Nous avons tenté de régler ce problème en proposant des amendements, mais en vain, hélas. Nos amendements portaient sur le libellé permissif des articles 15, 16, 75, 93, 94 et 146.1. Il faut absolument l’améliorer. Nous avons essayé d’accomplir certaines choses, mais malheureusement, nous n’y sommes pas parvenus.
Nous avons proposé des amendements au paragraphe 17(2) et à l’article 21 pour assurer l’indépendance de l’Organisation canadienne d’élaboration des normes d’accessibilité, l’OCENA, du commissaire à l’accessibilité et d’autres postes clés. Nous nous inquiétons profondément du fait que le gouvernement ne respecte pas toujours l’indépendance là où elle devrait régner. Lors de l’étude en comité, nous avons soulevé des préoccupations en constatant que ce projet de loi ne laissait pas assez d’indépendance à ces instances. Il nous semble que, sans cette indépendance, les fonctions de reddition de comptes — que nous attendons — risquent d’être négligées. Le gouvernement n’a pas non plus adopté ces amendements et, par conséquent, ces changements n’ont pas été faits.
Nous avons proposé d’amender l’article 18 pour que le projet de loi autorise seulement l’OCENA à élaborer des normes d’accessibilité. Le cadre que propose le projet de loi suggère que l’on traite avec un certain nombre de secteurs et d’aspects gouvernementaux. Nous reconnaissons bien sûr l’importance d’inclure tous ces éléments et d’établir une structure réglementaire qui les régisse adéquatement dans tous les cas.
Dans cet amendement, nous proposions que le gouvernement demande à l’OCENA d’établir une norme centrale, puisqu’il semblerait que cet organisme ait été créé à cette fin. Dans sa forme actuelle, le projet de loi crée un régime plus complexe que nécessaire en chargeant d’autres organismes que l’OCENA de créer certaines normes. Nous avons également soulevé cette préoccupation. Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de la loi, les gens voudront examiner cette norme pour vérifier l’efficacité de ces dispositions.
Nous avons aussi proposé un amendement, ajoutant l’article 33.1 pour assurer la reddition de comptes sur les renseignements transmis au public pendant que l’OCENA élabore une norme d’accessibilité. Je le répète, il faut que la reddition de comptes fasse partie intégrante du travail. Nous ne sommes pas très favorables à l'existence de dispositions de la loi sur lesquelles le gouvernement nous dit de lui « faire confiance ». Dans le cas des enjeux importants, il ne suffit pas de simplement faire confiance ». Nous voulons un cadre qui exige que le gouvernement agisse, qu’il rende des comptes et qu’il fournisse un cadre raisonné et efficace qui garantisse la reddition de comptes.
Nous avons ensuite proposé des amendements visant à renforcer les plans d’accessibilité. Ils ont malheureusement été rejetés. Ils concernaient les articles 42, 47, 51, 56, 60, 65 et 69. Puis nous avons suggéré des amendements précis demandant de supprimer des exemptions.
Pensons un peu aux mesures que le gouvernement a déjà prises et aux préoccupations qui pourraient survenir lorsque des entreprises bien branchées feront du lobbying pour se libérer de leurs obligations. Nous savons bien que cela va se produire. Notre cadre législatif peut bien obliger les entreprises sous réglementation fédérale à se conformer à certaines normes, mais il est toujours possible de faire des exceptions. Certaines entreprises vont calculer qu’il est en fait plus facile et peut-être moins coûteux de faire du lobbying auprès de politiciens et de ministres pour obtenir une exception. Elles aimeront mieux agir ainsi que d’investir dans les changements à apporter à leurs locaux pour les rendre plus accessibles. Malheureusement, il est très probable que certaines personnes feront ce calcul et qu’elles utiliseront les outils et les ressources qui se trouvent à leur disposition.
Nous avons vu ces derniers mois que, lorsqu’il y a des pressions, lorsque les lobbyistes bien branchés se mettent de la partie, le gouvernement, au lieu de s’en tenir à l’intention de la loi, peut fort bien accorder une exception. Disons que des emplois sont en jeu et que des entreprises, si elles sont tenues de se conformer à une telle norme, ne pourront pas continuer de fonctionner et devront déménager leur siège social, quels que soient les arguments invoqués dans ces cas-là.
C’est pourquoi ceux qui nous suivent aujourd’hui et qui s’inquiètent de l’efficacité et des répercussions de ce projet de loi devraient s’inquiéter du pouvoir qu’il donne d’accorder des exceptions.
Nous avons un libellé permissif et un gouvernement qui refuse d’aller de l’avant avec des amendements qui visent à supprimer des exceptions, des amendements qui ont reçu l’appui des conservateurs. Bien que le projet de loi réponde à de hautes aspirations et que je ne doute pas de la sincérité de certaines personnes du côté ministériel, il crée des circonstances où le gouvernement n’est pas forcé d’agir et où il a tout loisir de dire à une entreprise qu’elle n’a pas à respecter ses obligations. Dans un domaine de réglementation où le gouvernement avait le pouvoir de intervenir, il sera désormais inopérant.
C’est précisément notre travail à nous, les députés, de veiller à ce que les mesures législatives que nous présentons engagent le gouvernement. Malheureusement, ce que j’ai vu si souvent depuis trois ans et demi, ce sont des projets de loi qui laissent beaucoup de place à la discrétion du ministre.
Il y a de la place pour la discrétion ministérielle quand vient le temps de fignoler les détails de la réglementation dans les usines. Par contre, lorsqu’il y a tellement de latitude que le ministre peut décider d’une exception, c’est tout à fait différent. Cela va au-delà de l’idée qu’on se fait normalement de l’exercice d’un certain degré de pouvoir discrétionnaire. Cela va beaucoup plus loin que la norme, et c’est pourquoi nous avons proposé ces changements. Nous nous inquiétons des intentions réelles du gouvernement et des mesures concrètes qu’il prendra.
Je ne veux pas dénigrer qui que ce soit, mais quelqu’un a pris la décision quelque part, que ce soit au Cabinet du premier ministre ou au Conseil des ministres, de laisser ouverte la possibilité que quelqu’un puisse s’en tirer dans un cas particulier.
Nous avons proposé un amendement aussi en vue de confier uniquement au commissaire à l’accessibilité le soin d’assurer la conformité aux normes d’accessibilité et de régler les plaintes. C'était là un autre amendement qui visait à donner plus d’efficacité au projet de loi.
Le projet de loi ne désigne pas d’organisme central chargé de surveiller le respect des exigences en matière d’accessibilité. L’application de la loi telle qu’elle est envisagée dans le cadre actuel est assurée par plusieurs agents, soit le commissaire à l’accessibilité, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, l’Office des transports du Canada et la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral. Encore une fois, tout comme lors de l’établissement d’une norme, en raison d’une mosaïque complexe d’organisations différentes, cela créera beaucoup plus de confusion et d’obstacles que nécessaire pour ceux qui souhaitent avoir accès au processus.
Si quelqu’un souhaite consulter des normes pour tenir un organisme ou une entité responsable ou encore déposer une plainte, la mesure législative ne prévoit pas ce genre de guichet unique qui permettrait d'obtenir des précisions au sujet des normes et de l’application de la loi. Encore une fois, on a raté une belle occasion. Les membres du Comité et la Chambre avaient essayé de proposer des amendements pour s’attaquer à ce problème et le corriger, mais malheureusement, nous n’avons pas vu de mesures concrètes à cet égard.
Nous estimions, et nous le pensons toujours, que de multiples organismes qui examinent les plaintes en matière d’accessibilité sous différents angles risquent de créer une mosaïque administrative qui entraînera une application inéquitable de la loi, et nous devrions nous en inquiéter.
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2019-05-28 11:45 [p.28120]
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Mr. Speaker, I rise on a point of order. This is important legislation. I would ask you to see if there is a proper quorum.
Monsieur le Président, j’invoque le Règlement. Ce projet de loi est important. Je vous demanderais de vérifier s’il y a quorum.
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2019-05-28 11:46 [p.28120]
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Mr. Speaker, I find the reaction and heckles by some members of the government very surprising. We know they do not like listening to opposition perspectives. We have seen multiple efforts by them to shut down debate on different issues. Yes, I am criticizing their failure to respond properly to proposals put forward by Conservative members and agreed to by members of other parties to strengthen the legislation.
Government members do not want to hear that perspective. They want this to be a day when we all agree on every detail. I said right at the beginning, very clearly, that we agree on the principle and that moving this legislation forward would be an improvement on the status quo. However, part of the purpose of the parliamentary conversation is to identify aspects of legislation that need to be improved.
The members across the way may not want to hear these criticisms. They may not want to hear about the fact that this legislation provides a possible exception, whereby a company like SNC-Lavalin might lobby the government for an exception. However, we need to talk about those things. We need to talk about how we strengthen this legislation and about some of the missed opportunities.
Members can be assured that this legislation will pass this session. However, these are criticisms that the parliamentary secretary to the government House leader would benefit from listening to rather than heckling. In any event, it is an important part of the argument we are making. The fact that this legislation does not “require” the minister, but only “invites” the minister to take certain action, and the fact of the exceptions that exist are issues that need to be identified and discussed.
There is also the issue of the administrative complexity that I was talking about before the point of order was raised, and the rejection of an amendment that would have designated CASDO as the only body to develop accessibility standards, and the rejection of another amendment that would have designated the accessibility commissioner as the one body to handle compliance with accessibility standards and the adjudication of complaints. The fact that these amendments were rejected increases the relative complexity that people will face when they are engaging with these issues in the legislation.
Part of our job as the opposition is to reflect the feedback we have heard from stakeholders and to say, yes, the government needs to do better. It can do better. It should have done better. We support this legislation going forward, but we are asking for more for Canadians with disabilities, to facilitate the realization of a full vision of shared community, one in which we go beyond the minimum and do as much as possible together.
We proposed amendments, as well, to ensure that the process for making complaints and reviews by the accessibility commissioner would be fair. We proposed amendments specifically to clauses 117 and 142 to say that this would not allow organizations to be exempted from producing and publishing accessibility plans, feedback processes and progress reports. We proposed amendments to include stronger provisions for reviewing the accessible Canada act and monitoring the UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities. As well, one amendment that was adopted and showed up in the Senate version eventually concerned sign language. It is important to note that we are glad to see this adopted through a Senate amendment, but it had been proposed at the House level as well.
One particular concern we raised about the coming into force of this legislation is that if clause 207 were left in, it would lead, according to the Statutes Repeal Act, to the act being automatically repealed within 10 years of receiving royal assent. That was perhaps a technicality, but one with important consequences that we sought to address.
In the course of proposing 60 amendments at committee, the government only adopted three, and they were not of the substantive variety we had hoped for. They supported two amendments to make reviews fair and accessible, which were improvements, and one amendment to the preamble that changed “Canadians” to “persons in Canada”. Essentially, it was a fairly technical linguistic change in the preamble, which was an important change in language, but the substantive concerns about the legislation we had highlighted were not fully addressed.
The Senate committee study provided some important perspective, and on the issue of the structure of this legislation, I want to read from testimony at the standing committee that studied this bill, in particular the testimony of David Lepofsky, the chair of Accessibility for Ontarians with Disabilities Act Alliance. He is a real champion on these issues. He has done extensive work representing and reflecting the concerns of the community. I want to identify what he said about this bill. He stated:
Bill C-81 is strong on good intentions, but palpably weak on implementation. It's called an act to ensure a barrier-free Canada, but it does not require a single barrier anywhere in Canada, ever, to be removed.
I will read that again as it is fundamental to the criticisms that I and others have made. He stated:
It's called an act to ensure a barrier-free Canada, but it does not require a single barrier anywhere in Canada, ever, to be removed. People with disabilities need and deserve better than that.
Bill C-81, at its core and its heart, is driven by the commendable notion that the federal government will enact enforceable regulations called accessibility standards that will tell federally regulated organizations what they have got to do. But it doesn't require any federal accessibility standards to ever be enacted as enforceable regulations. People with disabilities need and deserve better.
Let me be clear: The regulations that the bill requires to be enacted within two years are on procedural things, not substantive accessibility standards. The federal government could meet that deadline merely by prescribing the forms that people with disabilities shall use if they want to give feedback to Air Canada or Bell Canada. People with disabilities need and deserve better than that.
This legislation splinters its enforcement and the setting of enforceable regulations among multiple federal agencies. From the minister's defence of her practice, she conceded that if she was starting from scratch, that isn't necessarily how she would do it. But her explanation of why she did it gives triumphant ascendancy to federal bureaucracy over disability equality.
Now the question is: What do we do about it? The question is not: Are you going to pass this bill, senators? You're going to pass this bill, so let's take that off the table. We all know it. We all understand it. That's the starting point.
That was the starting point for my remarks as well. I said that the Conservatives are supporting this bill, but that there are issues. There are issues the community has raised, and in terms of how we see the issue, and with the substantive aspects of the provisions of this legislation. Our support and the community's support to pass this legislation is clear, but there are big gaps.
I will go back to the testimony, which states:
The question before this committee is: Are you going to amend it first? What we say is that you must. The reality is this bill needs a lot of amendments not to make it perfect, that's a red herring, but to get this bill from the status of weak to one that is closer to what people with disabilities need and deserve.
In the House, there were a couple hundred pages of amendments. Hard work over the past weekend has led us to distill it down to a series of amendments before you that we proposed and you have received e-mails from some witnesses who support them, which fill a grand total of 3.5 pages and cover a few core themes.
I am only going to address a couple of them, but let me be clear, there is time to do this. You are going to vote in committee on May 2. I understand you will do third reading by May 16. We are working and approaching the federal parties to urge that, once amendments are passed if they are that the house consider them quickly, so the issue of swift passage of this bill, whether amended or not, is now, procedurally, not a bar to your being able to do what we need you to do.
Again, we will see this legislation pass, but there are issues that we need to address.
The testimony continues:
So what should you do?
Well, let me just focus on a couple, but I invite questions on all of what we proposed. Lets just turn to the headlines. Yesterday, the Government of Ontario announced a multi-billion-dollar plan for new subways in Toronto, but only if other levels of government, including the federal government, add billions to the allocation the province is committing to. Thats not unusual. But we need the federal government to be required, before it spends our money on a project like that, to say a ground rule of getting our federal money is you have to meet certain federal accessibility requirements.
Now, the minister came before you a week ago and said, We cant do that. We dont have constitutional authority to do that. Respectfully, the minister is wrong. Its called the federal spending power. Have you heard of the Canada Health Act? The Canada Health Act says that if provinces get federal money for provincial health programs, they must meet federal accessibility requirements. Not disability accessibility, but their financial accessibility.
If what the minister told you is right, then the Canada Health Act has been unconstitutional for over three decades since it was enacted. I would be staggered to believe that is the position of the current federal government. If they can do it there, they can at least attach strings when they give money, if they agree to, to local projects and not just federal buildings. You might look at me and say, Oh, come on, in 2019 we wouldnt use public money to build inaccessible public transit. Senators, go to YouTube, search on AODA Alliance and public transit. You will see a video we released during last springs provincial election that has thousands of views and media coverage where we document serious accessibility problems in brand new subway stations in Toronto that just opened within the past year-and-a-half.
This isnt about perfect, folks. This is about basic equality, so we ask for an amendment that would at least require federal ministers or their ministries, if they are agreeing to give our federal money to a province, a municipality, a college or university for a project like that, to put, as a term of the agreement, an enforceable term, just like the Canada Health Act, that accessibility requirements are required. Why should the federal government ever allow federal money to be used to create new barriers or perpetuate existing ones?
I will note, just as an aside, that this specific issue that he spoke about here, the issue of federal money funding infrastructure that may not meet a certain accessible standard, is one that the Senate flagged for our consideration, but it is not reflected in the amended provisions of this legislation. This is an area that requires, I think, more discussion and exploration by government on how we should ensure that the accessibility standards we expect are met, especially in new construction and infrastructure, so that we have taken the basic steps required to ensure that it is accessible to people. That is something that should be fairly obvious. However, if we do not put in place processes and mechanisms to ensure that the obvious happens, sometimes it does not.
According to Mr. Lepofsky, in fact, there was a claim made that it would somehow be unconstitutional to put these conditions in place. It is interesting, because we see a federal government that, in general, in so many different areas, is very heavy handed with what it tries to impose on the provinces, even trying to use federal spending to compel them to implement particular policies in provincial areas of jurisdiction. It is interesting how that separation is selectively invoked in some cases but not in others, which seems to be an excuse for inaction in this case.
The testimony continues:
Let me give you one other core amendment. My colleague from the CNIB said the minister last week had agreed to amend the bill to ensure that it does not curtail in any way the human rights code and the duty to accommodate. I hope the minister does that, but I dont hear her as having said that. I hear her as having said that she, as a former human rights lawyer, has ensured that this bill doesnt interfere with the duty to accommodate. But senators, it threatens to.
Clause 172 of the bill perpetuates a provision in the Canada transportation legislation that would let the CTA enact a regulation, and once it does so, to set standards for accessible transit, no matter how low that standard may be and no matter how deficient from a human rights standard it may be. As a traveller with a disability or others in my coalition or anyone in Canada, we are barred from asking anymore under the legislation's guarantee against undue barriers.
With that provision in the act, our position is: Please don't ever enact any standards under the CTA because they threaten to take away our rights. A simple amendment would repeal that provision from the act.
I will note that, in this case, this testimony led to an amendment. Of course, we are pleased to see that the amendment was made on that provision. That was one issue from this testimony that was, in fact, addressed, which is why we were pleased to see that change in the Senate amendments. The version of this bill that was originally proposed, and that the government appeared, initially at committee in the House, not to see any problem with, was, in fact, a version whereby the CTA could enact regulations that would be below the human rights standards and that would have the potential impact of lowering the standards that are in place for the protection of the rights of Canadians with disabilities. This indicates the importance of the Senate amendment process and the benefit of the fact that in this case, the government, although not responsive as much to House amendments, did come around in response to proposals on the Senate side.
The testimony from Mr. Lepofsky states:
Let me conclude by inviting questions on the other areas that we've raised. I'm telling you that we are not just about saying what's wrong. We are about proposing constructive suggestions for what's right, and the amendments we've placed before you are designed for a Senate that has a limited time frame to act, a commitment to respect policy decisions made in the House of Commons and an eagerness to ensure that these amendments can be considered by the house quickly and easily, with a realistic chance of them being taken seriously. They are designed to be tailored both to our needs and to what the minister said to you last week. So we ask you to take them all seriously. They are all substantive, and they all bear on the needs of all people with disabilities.
I conclude by saying this: I'm speaking for my coalition, but as an individual, I first came before Parliament 39 years ago as a much younger individual—my wife said I had hair back then when she saw the video—to appear before the standing committee considering the Charter of Rights. At that time, the Charter proposed to guarantee equality but not to people with disabilities. I and a number of other folks argued and succeeded in getting the Charter amended to include that right.
I leave you with two thoughts. First, the amendments we seek are aimed at making that right become a reality, not just as a matter of good intention but as effective implementation.
The government members who do not like hearing arguments against their bill may be encouraged by the fact that I am now coming to the conclusion of my remarks.
These were all important points to make. Here is a brief summary of the key elements I have highlighted in this bill.
The bill is about requiring regulated entities to make accessibility plans. It is a positive step, but it would not have the force and the pressure on the government in terms of compelling government action that many people within the disability community want to see. We tried to reflect those concerns in the context of a debate that happened here in the House the first time around and at committee. Unfortunately, all the more substantive changes were rejected in the House. The Senate put forward a number of amendments that were positive, but they would not fix the bill in every respect, certainly from the perspective of our caucus and those in the community.
Therefore, while we are pleased to support these amendments and this legislation, we will continue to call on the government to do better and to give reality to the promise that “better is possible”. That is what we are asking in the context of this legislation. The Senate amendments make improvements, but they do not go all the way in terms of the improvements people are asking for.
I talked a bit about who this legislation is for. It is important to recognize that the steps we take to facilitate an accessible, barrier-free society benefit people with disabilities, but they benefit all of us, because they give all of us an opportunity to live together in meaningful community and to learn from each other.
There are things that are not in the bill. In some cases, they are things that could not be addressed by a bill, and in some cases, they are things the government should have addressed but did not.
Legislation can ultimately only go so far toward addressing people's attitudes and culture. Building a barrier-free Canada is not just a political decision; it has to be a social commitment. It has to be something we all commit to leading on and acting on together as parliamentarians and as citizens. We call on business leaders and people from all walks of life to see what they can do to build and facilitate meaningful commitment, goodwill, friendship and love among people, regardless of ability or disability.
Those kinds of social and cultural changes are important. Legislation without that kind of social commitment is not enough to create a truly barrier-free Canada.
I want to again say that the work done by my colleague, the member for Carleton, on trying to ensure that disabled Canadians are able to access paid work, was very important. It was disappointing to see that bill voted down by the government. I hope that in a subsequent Parliament, we will be able to see progress on the initiative he put forward.
Not everyone is able to work, but there are many people who have a disability who are ready, willing and able to participate in paid work. They benefit our economy by doing so, but they also benefit from the community associated with work. They benefit from a sense of purpose and meaning that comes to many people from being able to go to work every day.
More needs to be done to support the kinds of initiatives we saw in that private member's bill. Maybe it will come back in a future Parliament. Maybe we will see other kinds of action that will seek to specifically address the issue of barriers that exist for disabled Canadians seeking employment.
With that, I will conclude my remarks. I am supportive of the bill. I am supportive of the amendments. I am hopeful that we will be able to see more action, and in the future, that we will be able to challenge the government. Rather than rejecting amendments in the House and sending them to the Senate and then accepting them at that point, maybe a novel idea would be to have some of these amendments adopted in the House in the first instance, which would skip the step of bringing the bill back to the House afterward.
There are some areas that could be better, but there are positive steps here. People can be assured that we will support the bill and support these actions. Going forward, we will continue to hold the government's feet to the fire. In the areas where it says it may regulate, we will apply the pressure necessary. We were not able to get from “may” to “must” in the legislation, but we will work to create a political imperative so that the government does not fail to act.
Those in the community who are following us today can be assured of our commitment to always hold the government accountable on these issues and to ensure, with the high-minded discussion around Bill C-81, that the objectives that were laid out are fully realized.
Monsieur le Président, je suis très surpris de la réaction et du chahut de certains députés ministériels. Nous savons qu’ils n’aiment pas écouter les points de vue de l’opposition. Ils ont multiplié les efforts pour mettre fin au débat sur diverses questions. Oui, je critique leur incapacité à répondre adéquatement aux propositions présentées par les députés conservateurs et acceptées par les députés des autres partis pour renforcer le projet de loi.
Les députés ministériels ne veulent pas entendre ce point de vue. Ils veulent que nous soyons tous d’accord sur tous les détails. J’ai dit très clairement au début que nous étions d’accord sur le principe et que l’adoption de ce projet de loi serait une amélioration par rapport au statu quo. Toutefois, une partie du dialogue parlementaire vise à déterminer les aspects de la mesure législative qui doivent être améliorés.
Les députés d’en face ne veulent peut-être pas entendre ces critiques. Ils ne veulent peut-être pas entendre parler du fait que ce projet de loi prévoit une exception possible, selon laquelle une entreprise comme SNC-Lavalin pourrait faire du lobbying auprès du gouvernement pour obtenir une dérogation. Nous devons toutefois parler de ces possibilités. Nous devons parler de la façon de renforcer cette mesure législative et des occasions manquées.
Les députés peuvent être certains que ce projet de loi sera adopté au cours de la session. Le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre aurait cependant intérêt à entendre ces critiques au lieu de chahuter. Quoi qu’il en soit, c’est un point important de notre argumentaire. Il est important de faire remarquer que ce projet de loi « n’oblige » pas la ministre à prendre certaines mesures, mais ne fait que « l’inviter » à le faire, et qu’il prévoit des exceptions. Nous devons en discuter.
Il convient également de discuter de la complexité administrative dont je parlais avant le rappel au Règlement, du rejet d’un amendement qui aurait désigné l'Organisation canadienne d’élaboration des normes d’accessibilité en tant que seule entité habilitée à élaborer des normes d’accessibilité ainsi que du rejet d’un autre amendement, qui aurait désigné le commissaire à l’accessibilité comme étant la seule entité à s’occuper de la conformité aux normes et du traitement des plaintes. Le rejet de ces amendements rendra les choses relativement plus complexes pour les gens qui auront recours à ces dispositions législatives.
Une partie de notre travail, en tant que députés de l’opposition, consiste à nous faire l'écho de ce que nous apprennent les intervenants et à dire que, oui, le gouvernement doit mieux faire son travail. Il peut faire mieux. Il aurait dû faire mieux. Nous appuyons ce projet de loi, mais nous demandons davantage pour les Canadiens handicapés afin de concrétiser pleinement la vision d’une société où chacun a sa place, une société où l'on ne s'en tient pas au strict minimum et où l'on fait tout ce qu’il est possible de faire ensemble.
Nous avons également proposé des amendements pour que le mécanisme d’examen et de règlement des plaintes par le commissaire à l’accessibilité soit équitable. Nous avons notamment proposé des amendements aux articles 117 et 142 afin d’empêcher que des organisations soient exemptées de l'obligation de produire et de publier des plans d’accessibilité, des processus de rétroaction et des rapports d’étape. Nous avons proposé d’inclure des dispositions plus rigoureuses visant l’examen de la Loi canadienne sur l’accessibilité et le suivi de la mise en œuvre de la Convention des Nations unies relatives aux droits des personnes handicapées. Un autre amendement, concernant la langue des signes, a été adopté et figure dans la version du Sénat. Il est important de signaler que nous sommes ravis qu’il ait été adopté au moyen d’un amendement au Sénat, mais il avait également été proposé à la Chambre.
L’une des réserves que nous avons exprimées au sujet de l’entrée en vigueur de ce projet de loi vise le fait que le maintien de l’article 207 entraînerait, aux termes de la Loi sur l’abrogation des lois, l’abrogation automatique de la loi dans les 10 ans suivant la sanction royale. Ce n’est peut-être qu’un détail technique, mais il pourrait avoir de graves conséquences, que nous avons cherché à éviter.
Parmi les 60 amendements proposés au comité, le gouvernement n'en a adopté que trois qui ne faisaient pas partie des changements substantiels que nous espérions. Le gouvernement a appuyé deux amendements visant à rendre le processus de révision équitable et accessible, ce qui est une amélioration, et un autre amendement pour remplacer le mot « Canadiens » par « personnes au Canada » dans le préambule. Il s'agissait essentiellement de modifier, pour la forme, le libellé du préambule. C'est un changement important, mais on n'a pas répondu à toutes les préoccupations importantes que nous avions soulevées à l'égard du projet de loi.
L'étude du comité sénatorial a permis de soulever des questions importantes. En ce qui concerne la structure de ce projet de loi, j'aimerais lire le compte rendu des témoignages entendus au comité sénatorial permanent qui a étudié ce projet de loi, plus particulièrement le témoignage de David Lepofsky, président de l'Alliance de la Loi sur l'accessibilité pour les personnes handicapées de l'Ontario. Il est très engagé dans ce genre de dossiers. Il a travaillé avec ardeur pour que les préoccupations de la collectivité soient prises en considération. J'aimerais citer ce qu'il a dit au sujet de ce projet de loi:
Le projet de loi C-81 est riche en bonnes intentions, mais il est manifestement faible sur le plan de la mise en œuvre. On l’appelle la Loi visant à faire du Canada un pays exempt d’obstacles, mais il n’exige pas l’élimination d’un seul obstacle où que ce soit au Canada.
Je vais répéter ce qu'il a dit, car ses observations font écho aux critiques que d'autres personnes, moi y compris, ont formulées. Il a dit ceci:
On l’appelle la Loi visant à faire du Canada un pays exempt d’obstacles, mais il n’exige pas l’élimination d’un seul obstacle où que ce soit au Canada. Les personnes handicapées méritent mieux que cela.
Le projet de loi C-81 repose fondamentalement sur l’idée louable selon laquelle le gouvernement fédéral adoptera des règlements exécutoires qu’on appelle des normes d’accessibilité qui indiqueront aux organismes sous réglementation fédérale ce qu’ils doivent faire. Or, il n’exige pas l’adoption de normes fédérales d’accessibilité en tant que règlements exécutoires. Les personnes handicapées méritent mieux.
Je vais être clair: les règlements dont le projet de loi exige l’adoption dans les deux ans concernent des questions de procédure et non des normes d’accessibilité comme telles. Le gouvernement fédéral pourrait respecter cette échéance simplement en prescrivant les formulaires que les personnes handicapées doivent utiliser si elles veulent exprimer leur avis à Air Canada ou à Bell Canada. Les personnes handicapées méritent mieux.
Le projet de loi répartit son application et l’établissement de règlements exécutoires entre différents organismes fédéraux. La ministre a admis que si elle devait recommencer à zéro, elle ne ferait pas nécessairement les choses de la même façon. Or les explications qu’elle a données donnent la prépondérance à la bureaucratie fédérale par rapport à l’égalité pour les personnes handicapées.
La question qui se pose est celle de savoir ce que nous devons faire à cet égard. Il ne s’agit pas de savoir si le projet de loi sera adopté par les sénateurs. Puisque vous allez l’adopter, mettons cette question de côté. C’est là le point de départ.
C'était également le point de départ de mes observations. J'ai dit que les conservateurs appuient ce projet de loi, mais que ce dernier présente certains problèmes. Il y a des problèmes qui ont été soulevés par les gens du milieu. Les problèmes concernent aussi notre façon d'aborder la question de même que certains aspects de la substance du projet de loi. Le milieu appuie clairement l'adoption du projet de loi, tout comme nous, mais ce dernier présente d'importantes lacunes.
Je reviens au témoignage:
La question qui se pose, c'est de savoir si votre comité y apportera des amendements avant de l'adopter. À notre avis, vous devez le faire. Le fait est qu'il faudrait apporter beaucoup d'amendements au projet de loi, non pas pour le rendre parfait — c'est un leurre —, mais pour renforcer son contenu afin qu'il corresponde davantage à ce dont les personnes handicapées ont besoin et à ce qu'elles méritent.
Du côté de la Chambre des communes [environ deux cents pages d'amendements ont été proposées]. Grâce aux efforts soutenus qui ont été déployés la fin de semaine dernière, nous avons résumé cela à une série d'amendements que nous proposons — et vous avez reçu des courriels de témoins qui les appuient —, qui sont contenus dans trois pages et demie et couvrent quelques thèmes centraux.
Je ne vais parler que de deux ou trois d'entre eux, mais je tiens à dire clairement qu'il reste assez de temps pour faire cela. Votre comité votera le 2 mai. Je crois comprendre que l'étape de la troisième lecture commencera le 16 mai. Nous demandons aux partis fédéraux qu'une fois les amendements adoptés — s'ils le sont —, la Chambre les examine rapidement, de sorte que la question de l'adoption rapide du projet de loi, qu'il soit modifié ou non, ne vous empêche pas de faire ce que nous avons besoin que vous fassiez.
Encore une fois, cette mesure législative sera adoptée, mais il y a des problèmes à régler.
Il poursuit ainsi:
Que devriez-vous faire, alors?
Eh bien, permettez-moi de parler de deux ou trois des amendements, mais vous pourrez me poser des questions sur tous ceux que nous avons proposés. Passons aux grands titres. Hier, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un plan qui représente des milliards de dollars pour la construction de nouvelles lignes de métro à Toronto, mais qui sera mis en œuvre seulement si d’autres administrations, incluant le gouvernement fédéral, paient le reste de la facture. Ce n’est pas inhabituel. Or, avant que notre argent soit dépensé pour un tel projet, il faut que le gouvernement fédéral soit tenu de dire que certaines exigences fédérales en matière d’accessibilité doivent être respectées.
La ministre a comparu devant votre comité il y a une semaine et elle a dit que le gouvernement ne pouvait pas le faire, qu’il n’avait pas le pouvoir constitutionnel de le faire. Sauf le respect que je lui dois, je dirais que la ministre a tort. On parle ici du pouvoir fédéral de dépenser. Avez-vous entendu parler de la Loi canadienne sur la santé? Elle stipule que si les provinces obtiennent des fonds fédéraux pour des programmes de santé provinciaux, les exigences fédérales en matière d’accessibilité doivent être respectées. Il ne s’agit pas de l’accessibilité pour les personnes handicapées, mais de l’accessibilité financière.
Si ce que la ministre vous a dit est vrai, alors la Loi canadienne sur la santé est inconstitutionnelle depuis plus de trois décennies, depuis qu’elle a été promulguée. J’aurais du mal à croire que c’est la position du gouvernement fédéral actuel. S’il peut le faire là, il peut au moins imposer des conditions lorsqu’il accepte de donner de l’argent pour des projets locaux et non seulement des constructions fédérales.Vous me direz peut-être « voyons donc, en 2019, nous n’utiliserions pas des fonds publics pour construire une ligne de transport en commun qui présente des obstacles à l’accessibilité ». Sénateurs, je vous invite à chercher sur YouTube une vidéo de notre alliance portant sur les transports en commun. Elle a été diffusée durant les élections provinciales du printemps dernier. Elle a été regardée des milliers de fois et a été couverte par les médias. Nous y montrons de graves problèmes d’accessibilité dans des stations du métro de Toronto qui ont été ouvertes au cours de la dernière année et demie.
L’idée n’est pas d’avoir un projet de loi parfait, tout le monde. On parle ici d’égalité fondamentale, de sorte que nous demandons qu’un amendement soit apporté au projet de loi qui, au moins, obligerait les ministres fédéraux ou leur ministère — s’ils acceptent de donner de l’argent à une province, à une municipalité, à un collège ou à une université pour un projet — à imposer une condition exécutoire, comme dans la Loi canadienne sur la santé, selon laquelle des exigences en matière d’accessibilité doivent être respectées. Pourquoi le gouvernement fédéral devrait-il permettre que les fonds publics fédéraux soient utilisés dans le but de créer ou de perpétuer des obstacles?
Soit dit en passant, je signale que la question dont il a parlé ici, celle de l'infrastructure de financement fédéral qui ne répond peut-être pas à une certaine norme d'accessibilité, est une question que le Sénat a soulignée pour notre gouverne, mais qui n'est pas reflétée dans les dispositions amendées de cette mesure législative. Il s'agit d'une question qui exige, à mon avis, davantage de discussions et d'études de la part du gouvernement sur la façon dont nous devrions faire en sorte que les normes d'accessibilité auxquelles nous nous attendons sont respectées, surtout pour ce qui est des nouvelles constructions et infrastructures, afin que nous puissions prendre les mesures de base nécessaires pour que les gens y aient accès. C'est quelque chose qui devrait être assez évident. Cependant, si nous ne mettons pas en place des processus et des mécanismes pour faire en sorte que l'évident se produise, il se peut que cela ne se produise pas.
Selon M. Lepofsky, en fait, on a prétendu qu'il serait inconstitutionnel de mettre en place ces conditions. C'est intéressant, parce qu'on voit un gouvernement fédéral qui, dans beaucoup de dossiers différents, est très souvent autoritaire quand vient le temps d'imposer des choses aux provinces. Il essaie même d'utiliser les dépenses fédérales pour les obliger à mettre en oeuvre des politiques particulières dans des champs de compétence des provinces. Il est intéressant de voir comment cette séparation est invoquée de façon sélective dans certains cas, mais pas dans d'autres, ce qui semble être une excuse pour ne rien faire dans le cas qui nous occupe.
Je poursuis la lecture du témoignage:
Permettez-moi de vous proposer un autre principal amendement. Ma collègue de l’Institut national canadien pour les aveugles a dit que la semaine dernière, la ministre avait accepté de modifier le projet de loi pour s’assurer qu’il ne réduit pas de quelque manière que ce soit la portée du Code des droits de la personne et l’obligation de prendre des mesures d’adaptation. J’espère qu’elle le fera, mais je ne l’ai pas entendu le dire. Je crois qu’elle a dit qu’en tant qu’ancienne avocate des droits de la personne, elle a veillé à ce que le projet de loi ne fasse pas obstacle à l’obligation de prendre des mesures d’adaptation. Or, cela risque d’arriver.
L’article 172 du projet de loi perpétue une disposition contenue dans la Loi sur les transports au Canada qui laisserait l’Office des transports du Canada adopter un règlement, et une fois que c’est fait, établir des normes pour le transport accessible, peu importe si elles sont peu exigeantes, et quelles que soient ses lacunes au chapitre des droits de la personne. Les voyageurs ayant un handicap, comme moi, d’autres membres de ma coalition et d’autres personnes au Canada, n’ont pas le droit, ne peuvent pas demander quoi que ce soit d’autre pour ce qui est des garanties contre les obstacles abusifs au titre de la loi.
Concernant cette disposition dans la loi, nous sommes d’avis qu’il ne faudrait jamais que des normes soient adoptées par l’Office, car il risque de nous enlever nos droits. Un simple amendement supprimerait cette disposition.
Je signale que, dans ce cas-ci, le témoignage s'est traduit par un amendement. Bien sûr, nous sommes ravis de constater que l'amendement a été apporté à cette disposition. Le problème soulevé lors du témoignage a été réglé, et c'est pourquoi nous sommes heureux de constater cette modification dans les amendements du Sénat. La version initiale du projet de loi, qui, selon ce que le gouvernement semblait laisser entendre au comité, ne présentait aucun problème, prévoyait permettre à l'Office des transports du Canada d'adopter des règlements qui ne respectaient pas les normes en matière de droits de la personne et qui auraient eu le potentiel de réduire les exigences des normes actuellement en place pour la protection des droits des Canadiens handicapés. Ce cas montre l'importance du processus d'amendement par le Sénat et les avantages du fait que, dans ce cas-ci, le gouvernement, même s'il ne s'est pas montré aussi ouvert face aux amendements de la Chambre, a fait volte-face en réponse aux propositions du Sénat.
Dans son témoignage, M. Lepofsky a déclaré ceci:
Permettez-moi de conclure en vous invitant à poser des questions sur les autres questions que nous avons soulevées. Nous ne faisons pas que dire ce qui ne fonctionne pas. Nous faisons des propositions constructives sur ce qui est juste, et les amendements que nous avons présentés sont pensés en fonction d’un Sénat qui dispose d’un temps limité pour agir; d’un engagement à respecter les décisions politiques prises par la Chambre des communes; et d’une volonté de veiller à ce que ces amendements puissent être examinés par la Chambre rapidement et facilement, avec une chance réaliste qu’ils soient pris au sérieux. Ils sont conçus en fonction de nos besoins et de ce que la ministre vous a dit la semaine dernière. Nous vous demandons donc de les prendre tous au sérieux. Ils sont tous substantiels, et ils ont tous trait aux besoins de toutes les personnes handicapées.
En terminant, je veux dire que je parle au nom de ma coalition, mais je suis venu témoigner au Parlement pour la première fois il y a 39 ans, quand j’étais beaucoup plus jeune — lorsqu’elle a vu la vidéo, ma femme a dit que j’avais des cheveux à l’époque —, devant le comité permanent qui examinait la Charte de droits. À l’époque, la Charte proposait de garantir l’égalité, mais pas aux personnes handicapées. Un certain nombre de gens et moi-même avons défendu notre point de vue, et nous sommes parvenus à faire modifier la Charte pour que ce droit y soit inclus.
Je termine en soumettant deux réflexions. Les amendements que nous proposons visent à faire en sorte que ce droit devienne une réalité, qu’il ne s’agisse pas seulement de bonnes intentions, mais qu’il soit appliqué.
J’arrive à la conclusion de mes observations et les députés ministériels qui n’aiment pas entendre les arguments contre leur projet de loi en seront peut-être ravis.
Il était important de souligner tous ces points. Voici un résumé des éléments clés que j’ai soulignés dans ce projet de loi.
Conformément au projet de loi, les entités réglementées seraient tenues d’établir des plans sur l’accessibilité. C’est un pas dans la bonne direction, mais cela n’exercerait pas sur le gouvernement la pression nécessaire pour l’obliger à prendre les mesures que beaucoup de personnes handicapées souhaitent. Nous avons essayé de faire valoir ces préoccupations dans le cadre d’un premier débat à la Chambre ainsi qu'au comité. Malheureusement, tous les changements de fond ont été rejetés à la Chambre. Le Sénat a proposé des amendements qui étaient positifs, mais qui ne corrigent pas le projet de loi à tous les égards. En tous les cas, pas du point de vue de notre caucus et des membres de la communauté.
Par conséquent, même si nous sommes heureux d’appuyer ces amendements et ce projet de loi, nous continuerons de demander au gouvernement de faire mieux et de réaliser la promesse selon laquelle « il est toujours possible de faire mieux ». C’est ce que nous demandons dans l’optique de ce projet de loi. Les amendements du Sénat apportent certes des améliorations, mais pas toutes celles que les gens réclament.
J’ai parlé un peu de la raison d’être de cette mesure législative. Il est important de reconnaître que les mesures que nous prenons pour rendre la société accessible et exempte d’obstacles sont profitables non seulement pour les personnes handicapées, mais également pour nous tous, car elles nous donnent à tous l’occasion de vivre ensemble dans une communauté enrichissante et d’apprendre les uns des autres.
Il y a des choses qui ne sont pas abordées dans le projet de loi. Ce sont parfois des choses qu'on ne pouvait régler au moyen d’un projet de loi et parfois des choses que le gouvernement aurait dû régler, mais il ne l'a pas fait.
En fin de compte, les mesures législatives ne peuvent pas tout régler quand on en arrive aux attitudes et à la culture. Bâtir un Canada exempt d’obstacles n’est pas seulement une décision politique; il faut un engagement social. Nous devons tous nous engager à prendre l’initiative et à agir ensemble comme parlementaires et comme citoyens. Nous demandons aux gens d’affaires et aux gens de tous les milieux de réfléchir à ce qu’ils peuvent faire pour susciter et faciliter un engagement significatif, de la bonne volonté, de l’amitié et de l’amour entre nous tous, quels que soient les capacités ou les handicaps.
Ces changements sociaux et culturels sont importants. Une loi sans ce genre d’engagement social ne suffit pas pour créer un Canada vraiment exempt d’obstacles.
Je tiens à répéter que le travail effectué par mon collègue, le député de Carleton, pour faire en sorte que les Canadiens handicapés aient accès à du travail rémunéré était très important. Ce fut décevant de voir le gouvernement rejeter ce projet de loi. J’espère qu’au cours d’une prochaine législature, l’initiative qu’il a proposée se matérialisera.
Ce n’est pas le cas de tout le monde, mais il y a beaucoup de personnes handicapées qui sont prêtes et disposées à travailler et capables de le faire. Ces personnes contribuent à notre économie, mais elles bénéficient également de la communauté qui existe en milieu du travail. Elles ont ainsi le sentiment d'être utiles et d'avoir un but, comme bien des gens quand ils ont la capacité d'aller travailler tous les jours.
Il faut en faire plus pour appuyer le genre d’initiatives présentées dans ce projet de loi d’initiative parlementaire. Il sera peut-être présenté à nouveau lors d’une prochaine législature. Il y aura peut-être d’autres mesures qui viseront précisément à éliminer les obstacles auxquels se heurtent les Canadiens handicapés à la recherche d’un emploi.
Je termine là-dessus. J’appuie ce projet de loi. J’appuie les amendements. J’espère que nous verrons plus de progrès et qu’à l’avenir, nous serons en mesure de contester le gouvernement. Au lieu de rejeter les amendements à la Chambre, puis de les renvoyer au Sénat pour qu’ils soient acceptés là, on aura peut-être la bonne idée d’adopter nous-mêmes certains de ces amendements, ce qui éviterait de ramener le projet de loi à la Chambre par la suite.
Certaines parties ont besoin d’améliorations, mais nous y voyons aussi des mesures positives. Nous nous engageons donc à appuyer ce projet de loi et les mesures qui en découleront. Nous continuerons à talonner le gouvernement. Dans les domaines où il affirme pouvoir réglementer, nous allons exercer la pression nécessaire. Nous n’avons pas réussi à faire changer le verbe « peut » pour le verbe « doit » dans les libellés, mais nous nous efforcerons de créer un impératif politique pour obliger le gouvernement à agir.
Les électeurs qui nous écoutent aujourd’hui peuvent être sûrs que nous continuerons à demander au gouvernement de rendre des comptes sur ces enjeux et à veiller à ce que les objectifs énoncés dans le projet de loi C-81 soient pleinement réalisés.
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Lib. (MB)
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2019-05-28 12:10 [p.28123]
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Mr. Speaker, when the minister introduced the bill, not only at third reading but also at report stage and second reading, it became clear that we were debating historical legislation. This is legislation that is going to have a real impact in all regions of our country. The minister has been very inspiring within our caucus not only for me personally but for many of my colleagues. She has ultimately led us to the point we are at today.
I know full well that the constituents I represent appreciate this legislation, even in its amended form. The minister has been very gracious in recognizing that this legislation is in good part because of the many advocates across Canada.
I am really impressed by the fact that we have an interpreter in our gallery who is providing sign language, and I indicate “hello” to the people who are visiting us in the gallery. I thank them for witnessing what we believe is historical legislation.
Members of the Conservative Party have said that they would like to see the bill passed. I believe that it will be passed, because it crosses political partisanship. We want this historical piece of legislation passed.
How long does my friend believe it will take to get this legislation through the House? Does he see it taking many more hours or many more speakers from the Conservative Party?
Monsieur le Président, lorsque le ministre a présenté ce projet de loi, non seulement à l’étape de la troisième lecture, mais à celles du rapport et de la deuxième lecture, il était évident que nous débattions d’une mesure législative historique. Ce projet de loi aura des répercussions concrètes dans toutes les régions du pays. La ministre a profondément inspiré les membres de notre caucus. Un grand nombre de mes collègues en ont été touchés; je n’étais pas le seul. Elle nous a menés là où nous nous trouvons aujourd’hui.
Je sais très bien que les électeurs que je représente appuient ce projet de loi, même dans sa forme amendée. La ministre a eu l’amabilité de reconnaître que nous le devons en grande partie aux nombreux défenseurs de cette cause qui se trouvent partout au Canada.
Je suis vraiment impressionné de voir à la tribune un interprète qui traduit en langage gestuel, et je fais le signe de « bonjour » aux gens qui nous regardent de là-haut. Je les remercie d’avoir été témoins de ce que nous considérons comme une mesure législative historique.
Certains de nos collègues conservateurs ont déclaré qu’ils veulent voir ce projet de loi adopté. Je suis convaincu qu’il le sera, parce qu’il transcende la partisanerie politique. Nous tenons à ce que ce projet de loi historique soit adopté.
Selon mon collègue, combien de temps faudra-t-il pour faire adopter ce projet de loi à la Chambre? Croit-il que nous devrons encore écouter les interventions d’un grand nombre de députés conservateurs pendant de nombreuses heures?
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CPC (AB)
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2019-05-28 12:12 [p.28123]
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Mr. Speaker, in terms of the member's initial comment that this is historic, or as he said, “historical”, legislation, let us be clear that the bill may have an impact, because the bill says that the minister “may” put in place certain regulations and “may” also make exceptions. As is so often the case, the devil is in the details. We will see which direction things turn in terms of that “may” or may not. We sought to remove open-ended power to make exceptions and the ability of a minister to essentially do nothing under the legislation. High-minded rhetoric is important, but high-minded rhetoric is not a replacement for action. This legislation would provide a framework for action; it would not oblige action. There are other issues in terms of concerns raised by people in the community that are not addressed.
The member asked about the prospective timeline. The timeline for passing the legislation really depends on the government in terms of when it wants to see it brought forward. Obviously, the government has the power to prioritize certain bills. This is a bill from the government, like some other legislation, that we support. There are things on the government's legislative agenda that we do not support. If the government prioritizes this bill over other items on the legislative agenda, I am sure that we will be able to get it passed very soon, but that is a question of prioritization for the government in terms of how it uses the House calendar.
Monsieur le Président, en ce qui a trait à l’observation initiale du député selon laquelle il s’agit d’un projet de loi historique, il faut bien comprendre que le projet de loi est susceptible d’avoir une incidence. En effet, dans le projet de loi, il est dit que le ministre « peut » mettre en place certains règlements et « peut » faire des exceptions. Comme c’est souvent le cas, le diable est dans les détails. Nous verrons quelle direction les choses prendront en ce qui concerne ces pouvoirs. Nous avons cherché à supprimer le pouvoir illimité de faire des exceptions et la capacité d’un ministre de ne pas agir en vertu de la loi. Il est important de faire preuve d’ouverture d’esprit, mais la rhétorique de haut niveau ne remplace pas l’action. Ce projet de loi fournit un cadre d’action, mais il n’oblige en rien à agir. Par ailleurs, il y a d’autres préoccupations soulevées par des membres de la collectivité qui ne sont pas prises en compte.
Le député a posé une question au sujet de l’échéancier éventuel. L’échéancier pour l’adoption d’un projet de loi dépend vraiment du moment où le gouvernement veut le présenter. Évidemment, le gouvernement a le pouvoir de prioriser certains projets de loi. C’est un projet de loi du gouvernement, comme d’autres, que nous appuyons. Il y a des choses dans le programme législatif du gouvernement que nous n’appuyons pas. Si le gouvernement accorde la priorité à ce projet de loi par rapport à d’autres éléments de son programme législatif, je suis certain qu’il pourra être adopté très bientôt, mais tout repose sur les priorités établies par le gouvernement et la façon dont il utilise le calendrier de la Chambre.
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NDP (ON)
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2019-05-28 12:14 [p.28123]
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Mr. Speaker, I would like to thank my hon. colleague for his exhaustive efforts in describing the position of the official opposition on Bill C-81.
It was very interesting to hear about the history of legislation and, of course, about someone in our history like Jean Vanier, who created watershed moments. However, to be be quite frank, when the official opposition was in government, for 10 years there was inaction. What I am hearing now is a keen understanding of how legislation has to evolve and progress. However, I would like to hear from the member a little more about his insights into how government policies and laws should be viewed through a disability lens.
As the member knows, there was testimony with regard to the legislation being designed to stipulate a disability lens. Perhaps the member can talk a little more about using a disability lens, which is not actually articulated, and what he would envision it would look like.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de tous les efforts qu’il déploie pour décrire la position de l’opposition officielle concernant le projet de loi C-81.
J’ai trouvé très intéressant d’entendre parler de l’histoire des mesures législatives et, bien sûr, de personnes marquantes de notre histoire, comme Jean Vanier. Toutefois, si l’on veut être tout à fait franc, les 10 années pendant lesquelles l’opposition officielle a été au pouvoir ont été marquées par l’inaction. Ce que j’entends maintenant, c’est une excellente explication de la façon dont les lois doivent évoluer et progresser. Toutefois, j’aimerais que le député nous en dise un peu plus sur la façon dont les politiques et les lois du gouvernement devraient être envisagées dans l’optique des personnes handicapées.
Comme le député le sait, il y a eu des témoignages selon lesquels le projet de loi est conçu pour présumer de l’optique des personnes handicapées. Le député pourrait peut-être nous en dire un peu plus au sujet de la façon dont cette optique est appliquée, qui n’est pas vraiment définie, et de ce à quoi elle pourrait ressembler selon lui.
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CPC (AB)
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2019-05-28 12:16 [p.28124]
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Mr. Speaker, I disagree a little with the member's comments about the record of the previous government. I think it is clear that the previous Conservative government did take substantive action that had an impact in terms of improving accessibility and making life better for Canadians living with disabilities. One of those provisions, championed by the former finance minister, Jim Flaherty, was the disability savings account. Some of these policies did make a difference. I do not dispute that there is always more work to do. We never have a government that at the end of four years, or even 10 years, says that it fixed every problem and that everything is great. There is always going to be more work to do, and we commit to continuing that work going forward.
The member spoke about having a disability lens, which is looking at the policies and actions of government through this lens and asking what the impact is. How are people from this community with these kinds of experiences seeing the impact on them of a policy? I agree that having that lens is important. An idea that I am sure Jean Vanier, as a devout Catholic, would share with me is the idea of a preferential option for the most vulnerable informing all aspects of policies we bring forward, looking in particular at the impact those policy decisions would have on those who are most vulnerable. Therefore, we would need to particularly concern ourselves with protections in their situations, the realization of their rights and the affirmation of their dignity.
Monsieur le Président, je ne suis pas tout à fait d’accord avec la députée au sujet du bilan du gouvernement précédent. Il est clair que le gouvernement conservateur précédent a pris des mesures importantes qui ont amélioré l’accessibilité et la vie des Canadiens handicapés. Le compte d’épargnes-invalidité, mis de l'avant par l’ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, était l’une de ces mesures. Certaines de ces politiques ont amélioré la situation. Je ne conteste pas qu’il reste toujours du travail à faire. Après quatre ans, voire après 10 ans, aucun gouvernement n’a jamais prétendu avoir réglé tous les problèmes et que tout allait pour le mieux. Il restera toujours du travail à faire, et nous nous engageons à poursuivre ce travail.
La députée a dit qu’il fallait adopter l'optique des personnes handicapées, c’est-à-dire examiner les politiques et les interventions du gouvernement sous cet angle et se demander quelles en est l'incidence. Comment les membres de cette communauté qui vivent des situations de ce genre voient-ils l’incidence qu’une politique aura sur eux? Je conviens qu’il est important d’adopter cette perspective? Je suis sûr que Jean Vanier, qui était un fervent catholique, apprécierait comme moi l’idée d’une option préférentielle pour les plus vulnérables, qui guiderait tous les aspects des politiques que nous proposons, en examinant en particulier l’incidence que ces décisions en matière d’orientation auront sur les plus vulnérables. Par conséquent, nous devrions nous soucier particulièrement des mesures de protection visant les personnes handicapées, de l’exercice de leurs droits et de l’affirmation de leur dignité.
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CPC (AB)
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2019-05-28 12:18 [p.28124]
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Mr. Speaker, it is interesting to hear the parliamentary secretary to the government House leader, the person in charge of the legislative agenda for the government, talk about the urgency of passing this legislation. Certainly we all share that sense of urgency. We have heard from stakeholders who almost unanimously want to see this legislation passed. All members in this House are committed to that, so stakeholders can rest assured that it will happen.
However, the current government has been in government for almost 30,000 hours. We are down to the last month that the House is sitting before the next election campaign, and finally we are getting around to debating this important piece of legislation.
I would ask my hon. colleague to reinforce, for stakeholders who are watching this debate today, his commitment and our official opposition's commitment to seeing this important legislation passed before the House rises for the election.
Monsieur le Président, il est intéressant d’entendre le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes, le responsable du programme législatif du gouvernement, souligner l’urgence d’adopter ce projet de loi. Nous partageons tous, bien sûr, ce sentiment d’urgence. Les intervenants qui ont témoigné devant le comité souhaitent presque unanimement l’adoption de ce projet de loi. Comme tous les députés de la Chambre ont également à cœur de l’adopter, les intervenants peuvent donc être assurés que c’est ce qui se produira.
Cependant, le gouvernement actuel est au pouvoir depuis près de 30 000 heures. Nous en sommes au dernier mois des travaux de la Chambre avant la prochaine campagne électorale et c’est maintenant que nous débattons enfin de cet important projet de loi.
Je demanderais à mon collègue de réitérer, à l’intention des intervenants qui suivent le débat aujourd’hui, son engagement et l’engagement de l'opposition officielle à faire adopter cette importante mesure législative avant l’ajournement de la Chambre et les élections.
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CPC (AB)
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2019-05-28 12:19 [p.28124]
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Yes, Mr. Speaker, we are very keen to see this move forward. Again, there are questions I should have been posing to the parliamentary secretary to the government House leader, not the other way around: How much of a priority is this legislation? Based on that, when does the government plan to schedule it?
We saw the Liberals, for instance yesterday, choosing to schedule a debate on a non-binding motion that was not impacting legislative changes. They could have scheduled this debate yesterday. They chose not to do that, and it is their prerogative to schedule a debate when they want to. We will see how much of a priority this is for the government.
When the Liberals schedule the debate, contrary to some of the heckles I received, the opposition will speak. We are not going to let them schedule a debate on this legislation and then be the only ones speaking to it. There will be opposition speeches made as part of a debate on this legislation. If the government is committed to moving this forward, we are committed to moving it forward as well. The scheduling is up to the government.
Oui, monsieur le Président, nous souhaitons vivement l’adoption de cette mesure. Encore une fois, j’aurais dû poser certaines questions au secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre, et non l’inverse. À quel point ce projet de loi est-il prioritaire? S’il l’est, quand le gouvernement compte-t-il tenir le débat?
Hier, par exemple, nous avons vu les libéraux choisir de tenir un débat sur une motion non contraignante qui n’avait pas d’incidence sur les modifications législatives. Ils auraient pu prévoir ce débat hier. Ils ont choisi de ne pas le faire, et c’est leur prérogative de tenir un débat quand ils le veulent. Nous verrons à quel point il s’agit d’une priorité pour le gouvernement.
Lorsque les libéraux décideront de tenir le débat, contrairement à ce que laissent entendre certaines interventions inappropriées qui m’ont visé, l’opposition prendra la parole. Nous n’allons pas les laisser tenir un débat sur ce projet de loi et être les seuls à en parler. Il y aura des discours de l’opposition lorsque nous débattrons de ce projet de loi. Si le gouvernement est résolu à aller de l’avant, nous sommes aussi déterminés à aller de l’avant. Le calendrier est à la discrétion du gouvernement.
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NDP (ON)
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2019-05-28 12:20 [p.28124]
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Mr. Speaker, I am happy to take this time in the House to speak on the rights of people living with disabilities and Canada's responsibility as a signatory to the UN convention on those rights. The NDP supports Bill C-81, an act to ensure a barrier-free Canada, as amended by the Senate.
I am proud to have been part of a larger movement of stakeholder groups and civil activists who put a great deal of effort into attempting to make this bill the best it can be. We have supported it from the beginning and offered numerous amendments that would have helped the bill realize its ambitions to create a barrier-free Canada.
New Democrats have long believed that any accessibility bill tabled by the government should essentially be enabling legislation for Canada's obligations to the United Nations Convention on the Rights of Persons with Disabilities. Canada ratified this convention in 2010 but until now has done nothing to bring our laws into conformity with it.
I congratulate the minister and her team for their work on this bill and for her willingness to accede to the Senate's amendments. There are still numerous provisions within the bill that remain in need of fixing, and I would be remiss if I did not discuss them now in order to further our understanding on what is yet to be accomplished. This being a federal election year, I know our citizen activists are listening and gaining a better understanding of how they can effectively use a campaign season.
In its current form, Bill C-81 is inadequate to the expectation of fostering a society in which all our citizens can participate fully and equally. This cannot even begin to happen until all our institutions are open and completely accessible to everyone. This is truly what fostering a barrier-free Canada will look like. Unfortunately, Bill C-81 makes minimal movement in that direction.
We are not alone with our concerns. During Bill C-81's time in the House Standing Committee on Human Resources, Skills and Social Development and the Status of Persons with Disabilities, or HUMA, the federal government received extensive feedback on the bill's many shortcomings from people living with disabilities across Canada, as well as from their organized networks of advocacy. For example, last October an open letter was sent to the federal government, signed by no less than 95 disability organizations. Many of these same organizations also testified before HUMA. Disability organizations repeatedly pressed for this bill to be strengthened.
Our esteemed friend, David Lepofsky, is chair of the Accessibility for Ontarians with Disabilities Act Alliance. He is an esteemed and respected mind, with legal expertise on accessibility rights. At the Senate committee, he stated:
Bill C-81, at its core and its heart, is driven by the commendable notion that the federal government will enact enforceable regulations called accessibility standards that will tell federally regulated organizations what they have got to do. But it doesn't require any federal accessibility standards to ever be enacted as enforceable regulations. People with disabilities need and deserve better.
Let me be clear: The regulations that the bill requires to be enacted within two years are on procedural things, not substantive accessibility standards. The federal government could meet that deadline merely by prescribing the forms that people with disabilities shall use if they want to give feedback to Air Canada or Bell Canada. People with disabilities need and deserve better than that.
The issues that Mr. Lepofsky cites in this quote remain unaddressed in the amended version of Bill C-81.
For New Democrats, this is a very serious issue. To understand why, let us look at the headlines. Last month, the Government of Ontario announced a multi-billion dollar plan for new subways in Toronto, but only if other levels of government, including the federal government, add billions to the allocation the province is committing to. That is not unusual. However, before it spends our money on a project like that, we need the federal government to be required to say that as a ground rule for getting federal money, certain federal accessibility requirements must be met. If money is requested from the federal government, here is what is required for accessibility. It seems very simple.
The minister has claimed she does not have the constitutional authority to impose accessibility requirements on provinces, but she does. She has what is known as federal spending power, and it is a power that is very substantial. We are all familiar with the Canada Health Act. The Canada Health Act says that if provinces get federal money for provincial health programs, they must meet federal accessibility requirements: not disability accessibility, but financial accessibility. If the federal government truly lacks this power, then the Canada Health Act has been unconstitutional for over three decades. If the federal government can attach strings to the CHA, then it can attach strings when it gives out money to local projects and not just federal buildings.
I commend the hard work that many stakeholder groups did during the Senate phase of Bill C-81. Our friends at the Accessibility for Ontarians with Disabilities Act Alliance, or AODA Alliance, along with the ARCH Disability Law Centre, among several others, lobbied senators with a shortened list of amendments covering the most important changes that need to happen to Bill C-81 if the bill is to become the kind of law that our people living with disabilities need.
In fact, we would like to thank all the disability organizations, numbering at least 71, that signed the open letter sent earlier this month to the House of Commons. They called on the House of Commons to ratify the Senate's amendments to Bill C-81. This open letter, which the Council of Canadians with Disabilities delivered to all MPs on behalf of its 28 signatories, all listed below, explains that these amendments improve the bill. The Senate formulated these amendments after holding public hearings at which disability organizations and advocates pointed out the need to strengthen a bill that the House of Commons originally passed last fall. The Senate got the message and formulated a short package of 11 amendments, which together fit on two pages.
I would also like to commend everyone who participated in the massive letter-writing campaign to the minister, the Prime Minister and all members of Parliament. It is always exciting to see concerned public action on any issue. It was not at all clear from the minister's Senate committee testimony that she would accept some of the amendments put forward, but I believe the campaign was a crucial component to making this happen.
Going into the Senate, prior to committee, major stakeholders proposed a distilled version of the changes they wanted to see in the bill before it became law. The amendments proposed for Bill C-81 before the Senate began debating it were a distilled version of the amendments they presented during the hearings before the House of Commons committee.
I would like to run through these very quickly, as they are absolutely essential if Bill C-81 is to be effective.
First, impose clear duties and deadlines on the federal government when implementing this law.
Second, set a deadline for Canada to become accessible.
Third, enforcement should be solely in the hands of the accessibility commissioner, not splintered across various organizations, such as the Canadian Radio-television and Telecommunications Commission and the Canadian Transportation Agency, which, as has been pointed out numerous times, have a sorry record of implementing the few accessibility obligations they already have, never mind new ones.
Fourth, we should ensure federal public money is never used to create or perpetuate disability barriers.
Fifth, we should ensure that the federal government will not be able to exempt itself from any of its accessibility obligations under the bill.
The Senate eventually accepted the following amendments to Bill C-81: first, setting 2040 as the end date for Canada to become accessible; second, ensuring that this 2040 timeline would not justify any delay in removing and preventing accessibility barriers as soon as reasonably possible; third, recognizing American sign language, Quebec sign language and indigenous sign languages as the primary languages for communication used by deaf people; fourth, making it a principle to govern the bill that multiple and intersectional forms of discrimination faced by persons with disabilities must be considered; fifth, ensuring that Bill C-81 and regulations made under it could not cut back on the human rights of people with disabilities guaranteed by the Canadian Human Rights Act; sixth, ensuring that the Canadian Transportation Agency could not reduce existing human rights protections for passengers with disabilities when the agency handled complaints about barriers in transportation; and, seventh, fixing problems the federal government identified between the bill’s employment provisions and legislation governing the RCMP.
As members can garner from comparing the proposed amendments with the ones the Senate approved, several crucial amendments did not make it into the bill. One of the more important of these dealt with the issue that Bill C-81 splintered enforcement and implementation in a confusing way over four different public agencies, rather than providing people with disabilities with the single-window service they needed.
As part of this, it leaves two public agencies, the Canadian Radio-television and Telecommunications Commission and the Canadian Transportation Agency, to continue overseeing accessibility, despite their inadequate track record on this issue over many years and in the very recent past. The NDP understands that this is an urgent issue which needs to be addressed urgently.
When the bill was in committee, I tabled amendments that would have closed the many exemptions and powers allowing public officials to exempt any organization from key parts of Bill C-81. The NDP feels the bill fails to effectively ensure that the federal government will use all its levers of power to promote accessibility across Canada. For example, it does not require the federal government to ensure that federal money is never used by any recipient of those funds to create or perpetuate disability barriers, such as when federal money contributes to new or renovated infrastructure.
This is a significant point because the federal government can easily require all projects utilizing federal dollars to meet accessibility standards. Experience tells us that without this requirement, federal agencies will contract out important work to third parties to save money, thus bypassing federal accessibility specifications. Our NDP amendments would have addressed this issue directly.
For example, inaccessible public housing could potentially be built and there would be little anyone could do about it, despite the government's repeatedly stated commitment to accessibility and disability issues.
While we commend the government for accepting the timeline of 2040 as the time when Canada is to become accessible to five million people, Bill C-81 nevertheless lacks mandatory timelines for implementation. It allows, but does not require, the government to adopt accessibility standards, yet does not impose a time frame within which this is to happen. Without these, the implementation process, even the start-up process, could drag on for years.
An egregious provision the bill lacks is the requirement that all federal government laws, policies and programs be studied through a disability law lens. This seems a strange omission indeed, as this is the proverbial low-hanging fruit.
It is crucial that societies eliminate these forms of discrimination, not just because doing it is the right thing to do but because it enables a previously ignored and sizable section of our population that contributes its talents and abilities to the betterment of us all. Everyone wins when everyone can contribute.
When it comes to ensuring accessibility for five million Canadians with disabilities, Canada lags far behind the United States, which passed a landmark Americans with disabilities act 29 years ago. Canadians with disabilities still face far too many barriers in air travel, cable TV services, and when dealing with the federal government.
Now that Bill C-81 is back in the House, it only needs to hold one vote to ratify these amendments. No further public hearings or standing committee study of the bill are needed. Once the amendments are passed during that vote, Bill C-81 will have completed its journey through Canada's Parliament. It will be law. It will come into force when the federal government gives Bill C-81 royal assent.
Major stakeholders have recently written to leaders of the major parties asking that they commit to bringing a stronger national accessibility bill before Parliament after this fall's federal election. That is why, while we support the passage of Bill C-81 as amended today, the NDP also commits that when we become government in 2020, we will bring forward a much stronger version of the bill, one that will correct some of its more glaring shortcomings.
As others have noted, yes, the bill is an important first step. However, people living with disabilities have waited so long, too long, to live in a country that allows their flourishing as citizens with full human rights realized. For instance, our neighbours and family members should not be told that they must wait until 2040 until they can, say, use functioning, accessible subway elevators, or use their own wheelchairs on international flights or attend an accessible all-candidates debate and so on.
Unfortunately, the present government has left the task of making Canada fully accessible to future governments. I confidently say that New Democrats are up to this task and genuinely committed to it.
Monsieur le Président, je suis heureuse de profiter de ce moment à la Chambre pour parler des droits des personnes handicapées et de la responsabilité du Canada en tant que signataire de la convention des Nations unies relative à ces droits. Le NPD appuie le projet de loi C-81, Loi visant à faire du Canada un pays exempt d’obstacles, tel qu’il a été amendé par le Sénat.
Je suis fière d’avoir fait partie d’un vaste mouvement constitué de groupes d’intervenants et de défenseurs des droits civils qui ont déployé beaucoup d’efforts pour que ce projet de loi soit le meilleur possible. Nous l’avons appuyé dès le début et nous avons proposé de nombreux amendements qui auraient permis d'atteindre l'objectif du projet de loi, qui est de créer un Canada sans obstacle.
Les néo-démocrates croient depuis longtemps que tout projet de loi sur l’accessibilité présenté par le gouvernement devrait essentiellement être une loi visant à mettre en œuvre les obligations que la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées impose au Canada. Le Canada a ratifié cette convention en 2010, mais à ce jour, il n’a rien fait pour que nos lois s’y conforment.
Je félicite la ministre et son équipe pour leur travail sur ce projet de loi et pour sa volonté d’accepter les amendements du Sénat. Plusieurs dispositions du projet de loi doivent encore être corrigées, et je m’en voudrais de ne pas en parler maintenant, afin que nous comprenions mieux ce qu’il reste à accomplir. Comme nous sommes dans une année d'élections fédérales, je sais que nos militants sont à l’écoute et qu’ils acquièrent une meilleure compréhension de la façon dont ils peuvent utiliser efficacement une campagne électorale.
Dans sa forme actuelle, le projet de loi C-81 ne comble pas l’attente de créer une société à laquelle tous les citoyens peuvent participer à part entière et égale. Ce n'est même pas imaginable tant que toutes nos institutions ne sont pas ouvertes et complètement accessibles à tous. C’est vraiment ce à quoi ressemblera la promotion d’un Canada sans obstacle. Malheureusement, le projet de loi C-81 ne fait qu’un pas minime dans cette direction.
Nos préoccupations sont partagées. Lors de l'étude du projet de loi C-81 au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, le gouvernement fédéral a reçu moult commentaires sur les nombreuses lacunes du projet de loi de la part de personnes handicapées de tout le Canada ainsi que de réseaux organisés de défense des droits. Par exemple, en octobre dernier, une lettre ouverte, signée par non moins de 95 organismes au service des personnes handicapées, a été envoyée au gouvernement fédéral. Un grand nombre de ces organismes sont venus témoigner devant le Comité. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer le projet de loi.
Notre estimé ami David Lepofsky est président de l'Accessibility for Ontarians with Disabilities Act Alliance. C'est un intellectuel estimé et respecté et un expert en droits à l'accessibilité. Devant le comité du Sénat, il a dit:
Le projet de loi C-81 repose fondamentalement sur l’idée louable selon laquelle le gouvernement fédéral adoptera des règlements exécutoires qu’on appelle des normes d’accessibilité qui indiqueront aux organismes sous réglementation fédérale ce qu’ils doivent faire. Or, il n’exige pas l’adoption de normes fédérales d’accessibilité en tant que règlements exécutoires. Les personnes handicapées méritent mieux.
Je vais être clair: les règlements dont le projet de loi exige l’adoption dans les deux ans concernent des questions de procédure et non des normes d’accessibilité comme telles. Le gouvernement fédéral pourrait respecter cette échéance simplement en prescrivant les formulaires que les personnes handicapées doivent utiliser si elles veulent exprimer leur avis à Air Canada ou à Bell Canada. Les personnes handicapées méritent mieux.
La version amendée du projet de loi C-81 ne règle en rien les problèmes mentionnés par M. Lepofsky dans la citation que je viens de lire.
Il s’agit d’une question très sérieuse pour les néo-démocrates. Pour comprendre pourquoi, jetons un coup d'oeil aux grands titres des journaux. Le mois dernier, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un plan de plusieurs milliards de dollars pour la construction de nouvelles lignes de métro à Toronto, mais en précisant qu’il ne se réaliserait que si d’autres ordres de gouvernement, y compris le gouvernement fédéral, ajoutaient des milliards aux fonds que la province s'engage à verser. Ce n’est pas nouveau. Cependant, avant de dépenser notre argent dans un projet de ce genre, le gouvernement fédéral doit préciser que pour obtenir des fonds fédéraux, il faut respecter certaines exigences fédérales en matière d’accessibilité. Si on demande des fonds au gouvernement fédéral, voici les exigences en ce qui concerne l’accessibilité. Cela semble très simple.
La ministre déclare ne pas être autorisée par la Constitution à imposer des normes d’accessibilité aux provinces, mais elle l’est. Elle a ce qu’on appelle le pouvoir fédéral de dépenser et ce pouvoir est très important. Nous connaissons tous la Loi canadienne sur la santé. Elle prévoit que, si les provinces reçoivent des fonds fédéraux pour des programmes de santé provinciaux, elles doivent satisfaire aux exigences fédérales en matière d’accessibilité, pas d’accessibilité pour les personnes handicapées, mais d’accessibilité financière. Si le gouvernement fédéral n’a vraiment pas ce pouvoir, alors voilà plus de trois décennies que la Loi canadienne sur la santé n’est pas constitutionnelle. Si le gouvernement fédéral peut énoncer des conditions dans cette loi, il peut aussi en imposer quand il consacre des fonds à des projets locaux et pas seulement à des immeubles fédéraux.
Je félicite les nombreux groupes d’intervenants de leur travail remarquable à l’étape de l’examen du projet de loi C-81 par le Sénat. Nos amis de l’Accessibility for Ontarians with Disabilities Act Alliance, ou l'AODA Alliance, ainsi que de l’ARCH Disability Law Centre, entre autres, ont fait du lobbying auprès des sénateurs avec une liste réduite d’amendements visant les changements les plus importants à apporter au projet de loi C-81, si ce projet de loi doit devenir le genre de loi dont ont besoin nos concitoyens handicapés.
En fait, nous souhaitons remercier toutes les organisations de personnes handicapées, et il en existe au moins 71, qui ont signé la lettre ouverte adressée il y a quelques semaines à la Chambre des communes. Elles lui demandent de ratifier les amendements du Sénat au projet de loi C-81. Cette lettre ouverte, que le Conseil des Canadiens avec déficiences a remise à tous les députés au nom de ses 28 signataires, tous énumérés à la fin, explique que ces amendements améliorent le projet de loi. Le Sénat les a formulés après avoir tenu des audiences publiques au cours desquelles des organisations et des porte-parole de personnes handicapées ont souligné qu’il était nécessaire de renforcer un projet de loi adopté l’automne dernier à la Chambre des communes. Le Sénat a entendu le message et a formulé 11 amendements qui tiennent sur deux pages seulement.
Je voudrais également féliciter toutes les personnes qui ont participé à la campagne massive d’envoi de lettres à la ministre, au premier ministre et à tous les députés. Il est toujours réjouissant de voir le public concerné agir dans un dossier, quel qu'il soit. Il n’était pas du tout clair dans le témoignage de la ministre devant le comité sénatorial qu’elle accepterait certains des amendements proposés, mais je crois que la campagne a changé la donne.
Quand le projet de loi a été renvoyé au Sénat, avant son examen en comité, des intervenants importants ont proposé une version condensée des changements qu’ils voulaient voir apporter au projet de loi avant son adoption. Les amendements proposés au projet de loi C-81 avant que le Sénat commence à en débattre constituaient une version condensée des amendements qu’ils avaient présentés durant les audiences du comité de la Chambre des communes.
Je souhaiterais les passer très rapidement en revue, car ils sont tout à fait essentiels pour que le projet de loi C-81 soit efficace.
Premièrement, il faudrait imposer au gouvernement des obligations et des délais précis relativement à la mise en œuvre de cette loi.
Deuxièmement, nous devrions fixer une date butoir à laquelle le Canada sera devenu accessible.
Troisièmement, l’application de la loi devrait être confiée au seul commissaire à l’accessibilité et pas être divisée entre différents organismes, comme le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes et l’Office des transports du Canada qui, comme cela a été souligné maintes fois, ont un triste bilan quant au respect des quelques obligations en matière d’accessibilité qui leur sont faites. N’allons donc pas en ajouter d’autres.
Quatrièmement, nous devrions veiller à ce que les fonds publics fédéraux ne soient jamais utilisés pour créer ou perpétuer des obstacles pour les personnes handicapées.
Cinquièmement, nous devrions veiller à ce que le gouvernement fédéral ne puisse se dispenser d’aucune des obligations en matière d’accessibilité prévues par le projet de loi.
Le Sénat a fini par accepter les amendements suivants au projet de loi C-81: premièrement, fixer à 2040 la date butoir à laquelle le Canada sera devenu accessible; deuxièmement, veiller à ce que cette échéance de 2040 ne justifie aucun retard dans l’élimination ou la prévention d’obstacles à l’accessibilité aussi tôt que possible; troisièmement, reconnaître la langue des signes américaine, la langue des signes du Québec et les langues des signes autochtones comme étant les langues les plus utilisées par les sourds au Canada pour communiquer; quatrièmement, faire en sorte que, par principe, le projet de loi prenne en compte les formes multiples et intersectionnelles de discrimination que rencontrent les personnes handicapées; cinquièmement, veiller à ce que le projet de loi C-81 et les règlements connexes ne puissent pas restreindre les droits des personnes handicapées garantis par la Loi canadienne sur les droits de la personne; sixièmement, veiller à ce que l’Office des transports du Canada ne puisse pas réduire les protections existantes des droits des passagers handicapés quand il traite les plaintes relatives aux obstacles dans les transports; et septièmement, régler les problèmes que le gouvernement fédéral a relevés entre les dispositions du projet de loi relatives à l’emploi et la loi qui régit la Gendarmerie royale du Canada.
Comme les députés peuvent s’en apercevoir en comparant les amendements proposés avec ceux approuvés par le Sénat, plusieurs amendements essentiels ne figurent pas dans le projet de loi. Un des plus importants concerne la question de l’application de la loi et de sa mise en œuvre, scindées de façon qui prête à confusion entre quatre organismes publics, au lieu de fournir aux personnes handicapées le service à guichet unique dont elles ont besoin.
Le projet de loi permet, ainsi, à deux organismes publics, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes et l’Office des transports du Canada, de continuer de superviser l’accessibilité, malgré leur bilan insatisfaisant en la matière depuis de nombreuses années et dans un passé très récent. Le NPD comprend qu’il s’agit d’une question urgente qui doit être réglée d’urgence.
À l’étape de l’étude en comité, j’ai déposé des amendements qui auraient mis fin à beaucoup d’exemptions et de pouvoirs autorisant des fonctionnaires à dispenser toute organisation d’appliquer des parties essentielles du projet de loi C-81. Le NPD est d’avis que le projet de loi ne fait pas en sorte que le gouvernement fédéral utilise effectivement tous les leviers du pouvoir pour promouvoir l’accessibilité dans tout le Canada. Par exemple, il n’exige pas que le gouvernement fédéral veille à ce que les fonds fédéraux ne soient jamais utilisés par quelque bénéficiaire que ce soit pour créer ou perpétuer des obstacles pour les personnes handicapées, par exemple lorsque des fonds fédéraux servent à financer de nouvelles infrastructures ou la rénovation d’infrastructures existantes.
C’est un point important parce que le gouvernement fédéral peut facilement exiger que tous les projets utilisant des fonds fédéraux répondent à des normes d’accessibilité. Nous savons d’expérience que sans cette exigence, les organismes fédéraux sous-traiteront des travaux importants à de tierces parties pour faire des économies et qu’on passera ainsi outre aux spécifications fédérales en matière d’accessibilité. Les amendements proposés par les néo-démocrates auraient réglé ce problème directement.
Par exemple, des logements sociaux inaccessibles pourraient être construits et personne n’aurait guère de recours, malgré l’engagement répété du gouvernement à l’égard des questions concernant les personnes handicapées et, notamment, des questions d’accessibilité.
Bien que nous félicitions le gouvernement d’avoir accepté 2040 comme date limite à laquelle le Canada doit devenir accessible à cinq millions de personnes, le projet de loi C-81 ne comporte pas de dates butoirs obligatoires pour la mise en œuvre. Il permet, sans obliger, le gouvernement à adopter des normes d’accessibilité, mais n’impose pas d'échéancier selon lequel cela devra être fait. Sans de tels échéanciers, la mise en œuvre et même le démarrage du processus pourraient traîner pendant des années.
Une des lacunes flagrantes du projet de loi est l’absence d’une exigence que l’ensemble des lois, des politiques et des programmes fédéraux soient étudiés sous l’angle du droit des personnes handicapées. Une telle omission semble des plus étranges puisque c’est une des solutions faciles.
Il est crucial que les sociétés éliminent ces formes de discrimination, pas seulement parce que c’est la bonne chose à faire, mais aussi parce que cela permet à une portion assez importante et précédemment ignorée de la population de mettre son talent et ses capacités à contribution pour le bien de tous. Tout le monde gagne quand tout le monde peut contribuer.
En ce qui concerne l’accessibilité pour cinq millions de Canadiens handicapés, le Canada est loin derrière les États-Unis qui ont adopté la loi historique Americans with Disabilities Act il y a 29 ans déjà. Les Canadiens handicapés sont confrontés à de trop nombreux obstacles dans les voyages aériens, les services de câblodistribution, ainsi que dans leurs échanges avec le gouvernement fédéral.
Maintenant que le projet de loi C-81 est de retour à la Chambre, il suffit d’un vote pour ratifier ces modifications. Plus besoin d’audiences publiques ou d’études du projet de loi par un comité permanent. Une fois ces modifications adoptées par ce vote, le projet de loi C-81 aura terminé son cheminement dans le Parlement du Canada. Il sera devenu loi. Il entrera en vigueur quand il obtiendra la sanction royale.
D’importants intervenants ont récemment écrit aux dirigeants des principaux partis, leur demandant de s’engager à présenter au Parlement un projet de loi sur l’accessibilité nationale plus fort après les élections fédérales cet automne. Voilà pourquoi, bien que nous appuyions aujourd’hui l’adoption du projet de loi C-81 sous sa forme modifiée, le NPD s’engage aussi à déposer, quand il formera le gouvernement en 2020, une version beaucoup plus forte de ce projet de loi, une version qui rectifiera certaines des lacunes les plus flagrantes.
Comme d’autres l’ont mentionné, certes, ce projet de loi est une première étape importante. Cependant, les personnes handicapées ont attendu bien trop longtemps de pouvoir vivre dans un pays qui leur permet de s’épanouir en tant que citoyens dont les droits fondamentaux sont entièrement respectés. Par exemple, nos voisins et les membres de nos familles ne devraient pas se faire dire qu’ils doivent attendre jusqu’en 2040 pour pouvoir utiliser des ascenseurs accessibles et en bon état dans les métros, utiliser leur propre fauteuil roulant sur des vols internationaux, ou encore assister à un débat entre tous les candidats qui leur soit accessible, et ainsi de suite.
Malheureusement, le gouvernement actuel a laissé à des gouvernements futurs la tâche de rendre le Canada pleinement accessible. Je peux affirmer avec confiance que les néo-démocrates sont capables d’accomplir cette tâche et y sont sincèrement déterminés.
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Lib. (ON)
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2019-05-28 12:39 [p.28126]
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Mr. Speaker, I want to thank the hon. member for her advocacy on this issue. I know she has been a very vocal advocate for people living with disabilities. I want her to know how much I personally appreciate all the work she has done. I know advocates across the country appreciate her work as well.
This is landmark legislation. It has been a long time coming. I am really proud that our government is bringing it forward. The national housing strategy had a stream in it that included inclusive housing. I firmly believe it is not only the government's role to make our country an inclusive Canada; it is incumbent on all of us.
My question has to do with the member's comment on how we only need one vote. We have brought the bill back to the House. It is really important to the government, and I believe it is important to the New Democratic Party as well, that we get the bill done and done quickly. We have one vote. If we could get all parties to agree to move quickly on this, we could see this voted on and become law right away.
Could the member comment on the importance of getting the bill done in a very timely manner and having all parties supporting that timely passage of the legislation?
Monsieur le Président, j’aimerais remercier la députée de tous ses efforts dans ce dossier. Je sais qu’elle s’est battue avec ardeur pour la cause des personnes handicapées. J’aimerais qu’elle sache à quel point j’apprécie le travail qu’elle a accompli. Je sais que tous ceux qui s'intéressent à cette question dans le pays entier apprécient ses efforts également.
C’est un projet de loi historique. Il est attendu depuis longtemps. Je suis vraiment fière que notre gouvernement l’ait présenté. La Stratégie nationale sur le logement avait un volet portant sur le logement inclusif. Je crois fermement que le rôle qui consiste à faire du Canada un pays inclusif n’incombe pas seulement au gouvernement, mais à nous tous.
Ma question concerne l’observation de la députée selon laquelle nous n’avons besoin que d’un vote. Nous avons ramené le projet de loi à la Chambre. Il est vraiment important pour le gouvernement, et pour le Nouveau Parti démocratique également je crois, que nous adoptions ce projet de loi rapidement. Nous n'avons besoin que d'un vote. Si tous les partis pouvaient s’entendre pour agir rapidement, la Chambre pourrait se prononcer et en faire une loi immédiatement.
La députée pourrait-elle commenter l’importance d’adopter ce projet de loi en temps opportun et de voir tous les partis appuyer l’adoption rapide du projet de loi?
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NDP (ON)
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2019-05-28 12:40 [p.28127]
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Mr. Speaker, I want to thank my hon. colleague for her personal dedication to this and for recognizing the work that so many of us do on a personal level.
Right now we are talking about a legislative process that many Canadians have been watching for a long time. Therefore, to see it being rushed through right now is a bitter pill we have to swallow. However, we also know there were many missed opportunities, and that is frustrating.
I sat at the committee that saw these amendments go through in the House of Commons. We had testimony. We had expertise. We had former cabinet ministers from provincial governments that had enacted disability acts. They told us what we needed to do. We had the Commissioner for Human Rights. We had the Public Service Alliance representatives talk about employment equities. Countless people with the expertise presented precise amendments that we could have put in place long ago.
It is a bitter pill that we have to swallow. We are being rushed to go through legislation, but we do not have much choice. We are coming to the end of June. I know it is a milestone, but a lot of Canadians look at this and see that it falls short of the mark. We have to think positively or we will not continue to advocate and that momentum will be gone. Of course we will continue to advocate for this, but we recognize that it is very frustrating that we missed these significant opportunities. It would be pretty disingenuous for me to say I am not really disappointed in that.
Monsieur le Président, j’aimerais remercier ma collègue de son dévouement personnel et de sa reconnaissance du travail que tant d’entre nous ont accompli personnellement.
À l’heure actuelle, nous parlons d’un processus législatif que de nombreux Canadiens attendent depuis longtemps. Par conséquent, c’est dur à avaler pour nous que d'être forcés de l'adopter à la hâte. Cependant, nous savons aussi que bien des occasions ont été ratées, et c’est frustrant.
J’ai siégé au comité de la Chambre où ces amendements ont été proposés. Nous avons entendu des témoignages. Nous avons écouté des experts. Nous avons entendu d'anciens ministres provinciaux qui ont fait adopter des lois sur l’invalidité. Ils nous ont dit ce que nous devions faire. La présidente de la Commission canadienne des droits de la personne a comparu. Nous avons entendu des représentants de l’Alliance de la fonction publique parler de l’équité en matière d’emploi. Une foule d’experts nous ont décrit les modifications précises qui auraient pu être instituées depuis longtemps.
C’est dur à avaler. On nous presse d’adopter des mesures législatives, mais nous n'avons pas vraiment le choix. Nous arrivons à la fin de juin. Je sais qu’il s’agit d’une mesure phare, mais beaucoup de Canadiens voient bien qu'elle ne va pas assez loin. Nous devons penser de façon positive, sinon nous ne continuerons pas à défendre cette cause et l’enthousiasme s’étiolera. Bien sûr, nous continuerons de défendre cette cause, mais nous reconnaissons qu’il est très frustrant d’avoir raté ces occasions importantes. Je serais assez malhonnête de dire que je ne suis pas vraiment déçue.
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CPC (AB)
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2019-05-28 12:43 [p.28127]
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Mr. Speaker, we are at an interesting point today. I think we would find common ground among all parties that this is a step forward and that the legislation absolutely needs to pass before the House rises prior to the election. That is critically important. Where there may not be common ground is whether we have one day of debate or two days of debate. The government has shown a propensity to limit debate and choose questionable priorities over time.
We are sitting here in the last month of this Parliament, finally getting around to this bill. We have seen four different ministerial appointments on this file and three different ministers and we are finally debating this in the last month of this Parliament.
As my hon. colleague from the New Democrats pointed out, the bill was at committee several months ago. Committee members on all sides listened to the testimony of expert witnesses and made very valuable contributions and suggestions for amendments that would have made the legislation even stronger. There is no reason for us to be sitting here in the last month of this Parliament having this conversation today. This could have been passed a long time ago. Had those amendments been made at the House committee, then the Senate would not have needed to move amendments and we would not be debating this now. It would already be done.
Therefore, I want to give my hon. colleague from the New Democrats an opportunity to comment a bit on the process and what we may have learned as parliamentarians from this process.
Monsieur le Président, nous en sommes arrivés à un stade intéressant aujourd’hui. Je pense que tous les partis s’entendraient pour dire que c’est un pas en avant et que le projet de loi doit absolument être adopté avant l’ajournement de la Chambre avant les élections. C’est extrêmement important. Là où il n’y a peut être pas de terrain d’entente, c’est sur la question de savoir si le débat doit durer un jour ou deux jours. Avec le temps, le gouvernement a montré sa propension à limiter les débats et à choisir des priorités discutables.
Nous en sommes au dernier mois de la présente législature et enfin nous nous penchons sur ce projet de loi. Il y a eu quatre nominations ministérielles différentes dans ce dossier et trois ministres différents, et nous débattons enfin de cette question au cours du dernier mois de la présente législature.
Comme ma collègue néo-démocrate l’a souligné, le projet de loi a été renvoyé au comité il y a plusieurs mois. Les membres du comité, de tous les partis, ont écouté les témoignages d’experts et ont fait des remarques très utiles et ont suggéré des amendements qui auraient eu pour effet de renforcer le projet de loi. Il n’y a aucune raison pour que nous soyons ici au cours du dernier mois de la présente législature à avoir cette conversation. Le projet de loi aurait pu être adopté il y a longtemps. Si ces amendements avaient été présentés au comité de la Chambre, le Sénat n’aurait pas eu besoin d’en proposer et nous ne serions pas là à en débattre maintenant. Ce serait déjà fait.
Par conséquent, je veux donner à ma collègue néo-démocrate l’occasion de parler un peu du processus et de ce que nous avons peut être appris dans notre rôle de parlementaires.
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NDP (ON)
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2019-05-28 12:45 [p.28127]
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Mr. Speaker, a lot of us come into this place as individuals who are championing people in our communities, and now we are part of a collective in Parliament and are all honoured to be here. This is some of the passion that I think was also behind electoral reform. It is this idea of partisan politics and political expediency that comes with the nature of this. I have seen the strategizing. I have seen how people count on coming legislation and it falls short of the mark. That is what happened here in this process.
However, I truly believe that just as many of the people who are advocates and are closer to the ground and are living with disabilities can never give up hope, neither can I. We have to frame the momentum as we move forward. We have to be critical because we have to maximize the energy and time we have moving forward to hone in on the changes that we need. That is what we have to do in Parliament. Personally, what I have observed in my time here is that we all need to continue talking about this in a candid way to reach all members of our communities, no matter where they are politically.
When an issue reaches the mainstream and becomes the expectation of all Canadians, then it will be moved forward quickly. We can use a narrative together that we understand that legislation is not the only answer. However, we cannot have legislation that allows for voluntary interpretation. We cannot have legislation that says it is going to be enforced with exemptions and without a hearing, rationale or appeal process for those exemptions either. There is a host of areas that we need to work together on. Those to me are the no-brainers. Those are the things that we can work together on. We need to mainstream these issues so that no government can ignore them or fall short again.
Monsieur le Président, bon nombre d’entre nous viennent dans cette enceinte à titre personnel pour défendre les intérêts des gens de nos collectivités. Nous faisons maintenant partie d’un groupe parlementaire et nous sommes tous honorés d’être ici. Le même genre de passion nous animait également dans le dossier de la réforme électorale. C’est cette idée de politique partisane et d’opportunisme politique qui vient avec la nature de cette démarche. J’ai vu la stratégie. J’ai vu à quel point les gens comptent sur les mesures législatives à venir, et elles ne sont pas à la hauteur. C’est ce qui s’est produit dans ce processus.
Toutefois, tout comme bien des personnes qui défendent leurs droits, qui sont davantage sur le terrain, qui vivent avec un handicap et qui n’abandonnent jamais, je crois sincèrement que je ne peux renoncer à l’espoir, moi non plus. Nous devons être critiques, parce que nous devons maximiser l’énergie et le temps dont nous disposons pour nous concentrer sur les changements dont nous avons besoin. C’est ce que nous devons faire au Parlement. Personnellement, ce que j’ai observé depuis que je suis ici, c’est que nous devons tous continuer d’en parler ouvertement pour rejoindre tous les membres de nos communautés, quelle que soit leur opinion politique.
Lorsqu'une question devient dominante, cela suscite des attentes chez les Canadiens et on agit plus rapidement. Nous pouvons tenir ensemble des propos qui montrent que nous comprenons qu’un projet de loi n’est pas la seule réponse. Cependant, nous ne pouvons pas avoir un projet de loi qui permette une interprétation volontaire. Nous ne pouvons pas avoir un projet de loi qui prévoit des exemptions sans qu'il y ait d'audience, de motifs ou de processus d’appel en cas d'application de ces exemptions. Il y a une foule de domaines sur lesquels nous devons travailler ensemble. Pour moi, ils tombent sous le sens. Ce sont les choses sur lesquelles nous pouvons travailler ensemble. Nous devons intégrer ces questions dans le courant dominant afin qu’aucun gouvernement ne puisse les ignorer ou échouer une fois encore.
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GP (BC)
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2019-05-28 12:47 [p.28127]
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Mr. Speaker, I thank my hon. colleague from Windsor—Tecumseh for her extraordinarily hard work in speaking to the concerns of Canadians with disabilities and in strengthening this legislation. I worked at committee with her on Bill C-81, trying to strengthen it. I welcome the amendments from the other place.
I also want to thank and laud the work of disability rights advocates like David Lepofsky, whose office was so helpful as we were trying to draft the most effective amendments we could. I share some of my friend's sense of this being bittersweet. I think we have to get this legislation passed. Disability rights advocates across Canada are calling on us to do it.
I also want to thank the minister. It is a rare thing when a minister in this place accepts previously rejected amendments in order to strengthen legislation. Many of my amendments and those of the member for Windsor—Tecumseh were rejected in clause-by-clause consideration of the bill, but now the minister has accepted some strengthening of the bill. We welcome that.
We hope that this legislation passes and gets royal assent. How can we be most useful in making sure that the promise of a barrier-free Canada is delivered?
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Windsor—Tecumseh pour le travail extraordinaire qu’elle a accompli afin de répondre aux préoccupations des Canadiens handicapés et de renforcer ce projet de loi. J’ai travaillé avec elle en comité à essayer de renforcer le projet de loi C-81. J'appuie les amendements proposés par l’autre endroit.
Je tiens également à remercier les défendeurs des droits des personnes handicapées et à saluer leur travail, comme David Lepofsky, dont le bureau nous a été d’une aide si précieuse tandis que nous essayions de rédiger les amendements les plus efficaces possible. Je partage un peu le sentiment doux-amer de mon amie. Je crois que nous devons adopter ce projet de loi. Les défendeurs des droits des personnes handicapées à la grandeur du Canada nous demandent de le faire.
Je tiens à remercier aussi la ministre. Il est rare qu’une ministre accepte à la Chambre des communes des amendements qui avaient déjà été rejetés afin de renforcer un projet de loi. Bon nombre de mes amendements et de ceux de la députée de Windsor—Tecumseh avaient été rejetés lors de l'étude article par article, mais la ministre a en quelque sorte accepté d'améliorer le projet. Nous nous en réjouissons.
Nous espérons que ce projet de loi sera adopté et qu’il recevra la sanction royale. Quelle est la meilleure façon de nous assurer de tenir la promesse d’un Canada exempt d'obstacles?
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NDP (ON)
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2019-05-28 12:49 [p.28128]
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Mr. Speaker, I have alluded to this before. I think that all of us, when talking about this legislation with advocates in the community of people living with disabilities, need to be honest and candid about where its shortcomings are. We have to identify and target the areas that need improvement. If we are serious about this, each of us needs to commit, in our ridings, to ensuring that every election we participate in is accessible. We need to prioritize and make sure that people coming to a microphone have access to sign language interpretation and all kinds of access.
That is what we can do. We can make this a federal election issue, which then becomes a very strong social signal.
Monsieur le Président, j’y ai déjà fait allusion. Je pense que quand nous discutons de ce projet de loi avec des défenseurs des droits de la communauté des personnes handicapées, nous devons être honnêtes et francs à propos de ses lacunes. Nous devons déterminer et cibler les domaines à améliorer. Si nous sommes sérieux, chacun de nous doit s’engager, dans notre circonscription, à faire en sorte que toutes les élections auxquelles nous participons soient accessibles. Nous devons établir des priorités et veiller à ce que les personnes qui se présentent au micro aient accès à des services d’interprétation en langue des signes et à tout ce qui peut faciliter leur participation.
Voici ce que nous pouvons faire. Nous pouvons faire de cet enjeu un enjeu électoral fédéral, ce qui envoie un message social très fort.
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Lib. (ON)
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2019-05-28 12:50 [p.28128]
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Mr. Speaker, I will be splitting my time with the member for Calgary Centre.
It is truly an honour to speak this morning on this historic piece of legislation, Bill C-81, an act to ensure a barrier-free Canada. When I was elected, one of my priorities was to see us recognize the challenges faced by those living with disabilities, to raise awareness in my riding and across the country on how we can improve the lives of these friends and neighbours, and to enact legislation to ensure that we are moving forward on a barrier-free Canada. With Bill C-81, the federal government is leading by example, as this legislation would ensure more consistent accessibility in areas of federal jurisdiction.
Why is this important? It is because of people like Steven Muir, who works in my office. Steven lives with a developmental disability. I met him in Oakville and we became friends. Steven fell in love with Maggie, who lived in Ottawa. That presented some logistical challenges to their being together, and while it took a few years to work out the details, Steven left his job and his support network to move to Ottawa to follow his heart. Today, he is happily married to Maggie and I have had him working in my office since 2016. Steven deserves to be treated with respect and dignity, and that has not always been the case, in particular when it comes to employment and housing.
Karina Scali is another friend of mine who lives in Oakville. Karina has worked harder than most people I know to get a post-secondary education. She has faced barriers most of us would find insurmountable, including bullying at school, but she has persevered through all of it and is working toward her degree in early childhood education. She has struggled to find paid employment, not because she is not capable but because of her disability, and that is just wrong.
My friend Joe Dowdall was injured in a workplace accident, which put him in a wheelchair. Joe works at the International Union of Operating Engineers Local 793 and has been an incredible advocate at all levels of government. When I was elected, he told me that I need to work on improving the lives of those with disabilities and I promised him that I would.
I do not have time to share all the stories of my friends at Community Living Oakville and In The Loop Media, but they too have faced challenges in our community and deserve more from all levels of government and Canadian society. They are just a few examples of individuals who will be impacted by the bill before us today. There are thousands more, actually five million more, across the country with stories that are similar.
Bill C-81 would benefit Canadians by removing and preventing barriers to accessibility in areas under federal jurisdiction, including in built environments, employment, information and communication technologies, procurement of goods and services, the delivery of programs and services and transportation.
An important part of this bill is the appointment of an independent chief accessibility officer, who will be responsible for monitoring and reporting to the minister on the implementation of the act.
The bill outlines three duties for all regulated entities. They would have to create accessibility plans in consultation with people living with disabilities, they would have to set up ways to receive and respond to feedback from their employees and customers, and they would have to prepare and publish progress reports in consultation with those living with disabilities that outline how they fulfill their accessibility plans. The bill proposes to create the Canadian accessibility standards development organization to develop and model accessibility standards. In general, these standards would outline how organizations can identify, remove and prevent barriers.
An accessibility commissioner within the Canadian Human Rights Commission will be appointed and report to the Minister of Accessibility. The commissioner will be responsible for compliance and enforcement activities, as well as handling complaints for most federal activities sectors. The bill proposes a mix of proactive compliance activities, including, but not limited to, inspections, compliance audits and orders, notice of violations, penalties and more. The legislation provides individuals with the right to complain and receive compensation if they have experienced physical, psychological or monetary harm because an organization has not met its new obligations under the act and regulations.
It is especially meaningful to be speaking today during National AccessAbility Week, which has been held each year since 2016. Bill C-81 would see National AccessAbility Week officially start on the last Sunday in May.
The legislation also gives the Canadian Human Rights Commission responsibility for monitoring Canada's implementation of the UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities. In that regard, I had the opportunity to travel to Israel on an inclusion mission organized by Reena Foundation, March of Dimes and Holland Bloorview. I know some of them are watching right now. What an incredible opportunity this is to see some of the groundbreaking work being done in that country to make it more accessible and inclusive.
I also got time to spend with some of the leading advocates of accessibility and inclusion in Canada. I got to know Yahya, who is living in supportive housing run by the Reena Foundation, a terrific organization that allows Yahya to live independently and with dignity.
David Lepofsky, chair of the AODA Alliance, joined us on the trip, and I had the chance to talk to him at length about the bill before us today. I am pleased to read that Mr. Lepofsky has stated that the Senate amendments reflect an important victory for those disability advocates who have devoted so much time and energy to strengthening Bill C-81.
This trip allowed me to explore what is possible alongside those living with a disability. What a unique and blessed opportunity it has been. It has has helped guide my perspective as I work in Parliament.
The Senate has made several important amendments to Bill C-81, and I applaud the government and the minister for accepting these amendments. These amendments include one that adds a deadline for realizing a barrier-free Canada. Adding a deadline was something that many disability advocates said was needed, and I am pleased to see its addition. The Senate amendments also recognize American sign language, Quebec sign language and indigenous sign language as the primary languages for communication for deaf persons in Canada. I know this amendment was extremely important to the deaf community, and it is great to see a sign language interpreter here with us today. These amendments and others made by the Senate have strengthened what is already groundbreaking legislation, and it is my sincere hope that all parties can work together to pass Bill C-81 as quickly as possible.
While the bill is historic, it is not enough to truly change the lives of Canadians with disabilities. We need a culture change in our country. Everyone needs to think differently about inclusion. We need to stop accepting the view that those living with a disability do not deserve a minimum wage. We need to build more inclusive housing so that people like Steven and Karina have a safe, affordable, inclusive place to live. Government alone cannot build an inclusive and accessible Canada. Every single Canadian needs to change their attitude.
Employers cannot only change a life, but can improve their business's bottom line by hiring staff living with a disability. Make no mistake that passing Bill C-81 will make a difference, and it will send the message that the federal government believes in the abilities of all Canadians.
I want to extend my thanks and appreciation to the Minister for Accessibility for her leadership in building an accessible Canada with this legislation and in so many ways, both big and small. The minister is a role model for many Canadians, and I thank her for all of her hard work on this bill.
I also want to thank my friend Senator Jim Munson who was the sponsor of this bill in the Senate. I can think of few parliamentarians who have been so passionate about inclusion for so many years. Senator Munson became emotional when Bill C-81 passed third reading in the Senate, posting on Twitter, “This has been a good day for Inclusion—good day for Canada”.
To the minister and Senator Munson, to all the disability advocates and organizations who have been played a part in guiding and supporting us to where we are today, and to every person across Canada who has played a role in seeing this bill before us come to fruition, I thank them for their passion and commitment to creating an inclusive and accessible country.
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Calgary-Centre.
C’est véritablement un honneur de prendre la parole ce matin au sujet de cette mesure législative historique qu’est le projet de loi C-81, Loi visant à faire du Canada un pays exempt d’obstacles. Quand j’ai été élue, une de mes priorités était de faire en sorte qu'on prenne en compte les obstacles rencontrés par les personnes handicapées, de sensibiliser les concitoyens de ma circonscription et de tout le pays à ce qu'il est possible de faire pour améliorer la vie de nos amis et voisins, et de faire adopter une loi pour garantir que le Canada devienne progressivement un pays exempt d’obstacles. Le gouvernement fédéral donne l’exemple en présentant le projet de loi C-81car cette mesure garantira une meilleure accessibilité dans les secteurs relevant de la compétence fédérale.
Pourquoi est-ce important? C’est important à cause de personnes comme Steven Muir, qui travaille à mon bureau. Steven est atteint d'un trouble du développement. J’ai fait sa connaissance à Oakville et nous nous sommes liés d'amitié. Steven est tombé amoureux de Maggie, qui vivait à Ottawa. Se retrouver posait des problèmes d