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View Majid Jowhari Profile
Lib. (ON)
Okay. Let me move to CSE.
Mr. Jones, I was reviewing the Library of Parliament notes, which indicate that the “effectiveness of CIRA's technology relies on intelligence provided by the Communications Security Establishment's CCCS”. Can you shed some light on the technology you're referring to?
Très bien. Je vais maintenant me tourner vers les gens du CST.
Monsieur Jones, je lisais les notes d'information de la Bibliothèque du Parlement, et il y est écrit: « l'efficacité de la technologie de l'ACEI repose sur des renseignements fournis par le CCCS du Centre de la sécurité des communications. » Pouvez-vous nous parler plus en détail des technologies auxquelles vous faites allusion?
Scott Jones
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Scott Jones
2020-05-20 15:51
From our perspective, we're one intelligence thread that is fed into CIRA. I'll let our colleagues at CIRA talk about the broader approaches, but our feed comes from our defence of the Government of Canada. As we see attacks or compromises happening, such as, for example, spam emails being sent to us or attempts to defraud the government, etc., we share those indicators regularly with our partners, including CIRA.
In CIRA's case, then, with Canadian Shield, they're able to take those and put those to block, so that even if a Canadian were to click on the link they wouldn't be able to get to the bad or malicious site. That's an advantage. We do that same level of defence on the Government of Canada as well, but that's where we get the information from. It's really from our defence of a coast to coast to coast and global network. We try to feed that into our partners at CIRA to make sure Canadians are protected.
De notre point de vue, nous sommes un service de renseignement qui alimente l'ACEI. Je laisserai nos collègues de l'ACEI vous parler de leurs méthodes plus en général, mais nos renseignements nous viennent des activités de défense du gouvernement du Canada. Quand nous observons des attaques ou des compromissions, notamment quand des pourriels ou des tentatives de hameçonnage nous sont envoyés, nous transmettons fréquemment ces indicateurs à nos partenaires, qui comprennent l'ACEI.
L'équipe de l'ACEI peut alors, avec le Bouclier canadien, prendre ces indicateurs et bloquer les menaces, de manière à ce qu'un Canadien qui essaie de cliquer sur le lien ne puisse même pas parvenir au site malicieux. C'est un avantage. Nous défendons le gouvernement du Canada de la même manière, mais c'est notre source d'information. Nous tirons vraiment notre information de nos activités de défense d'un océan à l'autre et sur les réseaux mondiaux. Nous essayons de la transmettre à nos partenaires de l'ACEI pour bien protéger les Canadiens.
Simon Marchand
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Simon Marchand
2020-05-20 15:53
Thank you, Mr. Lemire.
To start, I'll provide some clarity around the 600%. It refers to the increase in the number of attacks involving COVID-19 during this very specific period of time, not necessarily to the increase tied to economic factors. Naturally, during times of economic crisis, the number of scams goes up. The percentages vary.
That said, the lack of accountability in federally regulated companies is problematic in that all the current legislation—think of the Personal Information Protection and Electronic Documents Act, for example—forces companies to disclose that they were hacked and data was compromised. In Canada, however, we don't have an overall sense of how many people fall victim to identity theft once their information is stolen. Since banks and telecommunications carriers are federally regulated, they are making crimes involving one another easier to commit. In other words, much of the credibility for an identity is based on the fact that the individual has a cell phone account or bank account. These companies have tremendous amounts of sensitive information at their disposal, so once a hacker gets in, they can commit more and more fraud.
I have over a decade of experience in prevention, and I work with the fraud prevention teams in those companies. I can tell you that a bank's or telecommunications carrier's prevention team is under no obligation to disclose how many fraudulent accounts were opened daily or annually. They don't even have to contact or identify identity theft victims. That means you may have been the victim of identity theft, that your identity may have been used to open an account with a telecommunications carrier, for instance. The team in charge of fraud was able to detect the fraudulent use of a person's identity and reverse the transaction, but it doesn't have to notify the individual, in other words, the consumer. Consumers are completely clueless. No one has any idea when their identity has been used. The person can't take further steps to protect themselves in the future. That lack of accountability prevents the government from taking clear action to regulate the process of identifying or authenticating people who open bank or cell phone accounts.
Je vous remercie beaucoup, monsieur Lemire.
Je vais commencer par clarifier le chiffre de 600 %. Il concerne l'augmentation du nombre d'attaques liées à la COVID-19 pendant cette période très précise, et pas nécessairement l'augmentation liée à des relations de fonction économique. En cas de crise économique, il y aura évidemment une augmentation des attaques de fraudes. Les pourcentages varient.
Cela étant dit, l'absence de reddition de compte dans les entreprises qui relèvent de la compétence fédérale pose problème dans la mesure où toutes les lois actuelles — on peut penser à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, par exemple — forcent les entreprises à révéler le fait qu'elles ont été victimes d'une attaque qui leur a fait perdre de l'information. Cependant, au Canada, il n'y a présentement aucun portrait global du nombre de personnes qui sont effectivement victimes d'une utilisation de leur identité une fois que cette dernière a été volée. Comme les entreprises relevant de la compétence fédérale sont des banques et des entreprises de télécommunications, elles sont des facilitatrices de crimes l'une pour l'autre, c'est-à-dire que l'on base beaucoup la crédibilité d'une identité sur le fait que la personne possède un compte de téléphone ou un compte bancaire. Ce sont donc des entreprises qui ont accès à beaucoup d'informations de nature délicate et qui, une fois qu'un fraudeur a réussi à entrer, vont permettre à ce fraudeur de commettre de plus en plus de fraudes.
Je possède plus de 10 ans d'expérience dans le domaine de la prévention et je travaille en collaboration avec les équipes de prévention de la fraude qui sont mises sur pied dans ces entreprises. Je peux vous dire qu'une équipe de prévention d'une banque ou d'une entreprise de télécommunications n'a aucune obligation de révéler combien de comptes ont été ouverts sur une base quotidienne ou annuelle. Il n'y a même aucune obligation de contacter ou d'identifier les victimes d'un vol d'identité. Cela veut dire que vous pourriez avoir été victime d'un vol d'identité, que votre identité a pu être utilisée pour ouvrir un compte dans une entreprise de télécommunications, par exemple. L'équipe qui s'occupe des fraudes a pu détecter le vol d'identité et renverser l'opération, mais elle n'a pas l'obligation d'en aviser le citoyen, c'est-à-dire le consommateur. Ainsi, ce dernier est complètement aveugle. Personne ne sait quand son identité a été utilisée. Le citoyen ne peut pas prendre d'autres mesures pour se protéger dans l'avenir. Ce manque de reddition de compte empêche le gouvernement de poser des gestes clairs et d'encadrer les processus d'identification et d'authentification des gens qui vont ouvrir des comptes bancaires ou des comptes de téléphone.
View Tako Van Popta Profile
CPC (BC)
Thank you very much.
My first question will be for Mr. Marchand.
Thank you for your testimony. Thank you for educating us on some of these important statistics.
You told us about increased identity theft associated with so many Canadians who are teleworking, as we are today. I think you mentioned a 600% increase in phishing. Again, thank you for that information. What do we, as legislators, do with that? Do you have any specific advice for what we as legislators can do to help you help Canadians better protect themselves?
Merci beaucoup.
Ma première question sera pour M. Marchand.
Merci pour votre témoignage et pour ces importantes statistiques que vous nous avez communiquées.
Vous nous avez parlé d'un accroissement des vols d'identité dans un contexte où les Canadiens sont nombreux à faire du télétravail, comme nous le faisons actuellement. Je pense que vous avez mentionné une augmentation de 600 % des tentatives d'hameçonnage. Merci encore une fois pour ces précisions, mais pourriez-vous nous indiquer ce que nous pourrions en faire dans notre rôle de législateurs? Avez-vous des recommandations précises à nous faire quant à la manière dont nous pourrions aider les Canadiens à mieux se protéger?
Simon Marchand
View Simon Marchand Profile
Simon Marchand
2020-05-20 16:16
Thank you for the question.
Perhaps we could look at two tools in the short term. The goal is to provide tools to companies that face these risks. Now that the fraudsters have access to the information, how can we equip banks and telecommunications companies with tools to prevent the fraudsters from successfully attacking them?
The STIR/SHAKEN standards are included in these tools. Of course, in my view, because the Americans will implement these standards quickly, we can expect fraudsters to come north of the border and to take advantage of a gap in Canada's legislation and regulations.
In my opinion, the STIR/SHAKEN standards are an essential tool because fraudsters use scooping to carry out certain types of identity fraud. This isn't just a matter of robocalls, but also a matter of identity theft.
As for the other tool, I think that the rules for identifying customers should be strengthened. Right now, a social insurance number, a driver's licence or a health insurance card is enough to open a bank account or a telephone account. These pieces of identification are outdated. We must start looking at the issue of digital identity and biometric identity.
Several countries have already transitioned to these higher levels of identification. To protect Canadians, we must consider whether some form of more advanced biometric identification should be required to open accounts.
Je vous remercie beaucoup de la question.
Il y a peut-être deux outils que nous pourrions regarder à court terme. En fait, le but est de fournir des outils aux entreprises qui sont exposées à ces risques. Maintenant que les fraudeurs ont accès à l'information, comment pouvons-nous donner des outils aux banques et aux entreprises de télécommunications pour empêcher les fraudeurs de les attaquer avec succès?
Les normes STIR/SHAKEN font partie de ces outils. Évidemment, selon moi, comme les Américains vont instaurer ces normes rapidement, on peut s'attendre à ce que des fraudeurs passent au nord de la frontière et viennent tirer profit d'un trou dans la législation, dans la réglementation du Canada.
Les normes STIR/SHAKEN constituent, à mon avis, un outil fondamental parce que les fraudeurs utilisent l'appropriation, ou scooping, pour être capables de perpétrer certaines fraudes d'identité. Ce n'est donc pas juste une question d'appels robotisés, c'est aussi une question de vol d'identité.
Quant à l'autre outil, je pense qu'il faut renforcer les règles visant l'identification des clients. En ce moment, un numéro d'assurance social, un permis de conduire ou une carte d'assurance-maladie est suffisant pour ouvrir un compte bancaire ou un compte téléphonique. Ces pièces d'identité sont désuètes. Il va falloir commencer à regarder la question de l'identité numérique, de l'identité biométrique.
Plusieurs pays sont déjà passés à ces niveaux supérieurs d'identification. Pour protéger les citoyens, cela va devenir fondamental de se demander s'il faut exiger une certaine forme d'identification biométrique, plus avancée, au moment d'ouvrir de tes comptes.
View Ali Ehsassi Profile
Lib. (ON)
View Ali Ehsassi Profile
2020-05-20 16:25
Thank you.
Given all the advisory work you do and the counsel you provide to various organizations on a general basis, would it be fair to say that the guidance you are providing essentially establishes the standard of care from a legal standpoint as to whether organizations are actually adhering to best practices and insulating themselves from losses?
Merci.
Étant donné le vaste rôle consultatif que vous jouez auprès de différentes organisations d'une manière générale, pourrait-on affirmer que vous établissez ainsi la norme de diligence d'un point de vue juridique quant à savoir si les organisations adoptent bel et bien les meilleures pratiques qui soient pour se mettre à l'abri d'éventuelles pertes?
Scott Jones
View Scott Jones Profile
Scott Jones
2020-05-20 16:26
Well, I'm an engineer and not a lawyer, so I'm not sure that I'm qualified to demonstrate the standard of care.
One of the things we have worked on with our colleagues in Innovation, Science and Economic Development is the cybersecure Canada program to provide baseline cybersecurity controls to help small and medium-sized organizations do things that are actually within reach. I think one of the failings of the commercial cybersecurity industry is that we talk about things that a multi-million dollar or a billion-dollar company can afford. We need things that Canadian small businesses can afford, and that's what this is really trying to achieve.
Comme je suis ingénieur et non pas avocat, je ne suis pas certain de pouvoir me prononcer pour ce qui est de la norme de diligence.
Avec nos collègues d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada, nous avons notamment mis en place le programme CyberSécuritaire Canada pour offrir des mesures de contrôle de base en cybersécurité qui sont accessibles aux PME. Selon moi, l'une des faiblesses du secteur commercial de la cybersécurité vient du fait que l'on offre des solutions abordables uniquement pour les entreprises dont les revenus se calculent en millions ou en milliards de dollars. Il nous faut des solutions correspondant aux moyens des petites entreprises canadiennes, et c'est ce que nous essayons de leur offrir.
View Nathaniel Erskine-Smith Profile
Lib. (ON)
I understand.
This question is for CSE and the RCMP.
We hear from constituents all the time about scams. The RCMP has tallied up that it costs individuals about $100 million a year overall for these scams, at least those that are reported. I would say they are under-reported, because people are embarrassed when they are taken advantage of. We hear about this all the time, and it's not just from seniors, although I've heard predominantly from seniors.
We've made significant investments in cybersecurity over the last number of years. You are the experts. Are there measures that other countries take that we do not? Are there measures, in your experience and estimation, the government could take to better strengthen our society against such fraud?
Je vois.
Ma prochaine question est destinée au CST et à la GRC.
Nos électeurs ne cessent de nous signaler des arnaques. La GRC a fait des calculs et a trouvé que les particuliers arnaqués perdent environ 100 millions de dollars par année, et ce sont celles qui ont été déclarées. À mon avis, elles sont sous-déclarées, car les gens sont gênés d'en être les victimes. Nous en entendons parler constamment, et les victimes ne sont pas seulement des aînés, quoique les aînés en représentent la majorité.
Nous avons beaucoup investi dans la cybersécurité au cours des dernières années. Vous êtes les experts. Y a-t-il des mesures que prennent d'autres pays que nous ne prenons pas? Selon votre expérience et vos connaissances, y a-t-il des mesures que le gouvernement pourrait prendre pour mieux protéger notre société contre de telles activités frauduleuses?
Scott Jones
View Scott Jones Profile
Scott Jones
2020-05-20 16:42
I'll start and then turn it over to my colleagues in the RCMP.
The first thing we've done is we've really tried to give practical things that every Canadian can do that are within reach. That's something all countries are doing. We've tried to make this as accessible as possible through, say, Get Cyber Safe.
The second thing we've tried to do is to find partners who can give capability. CIRA is a great example of that. That's something every Canadian can look into that immediately raises the cybersecurity bar. The one thing with cybercriminals especially is that they go after the lowest bar. If it's not economically feasible, they're going to move on to the next target, so by doing—
Je vais commencer, et ensuite je céderai la parole à mes collègues de la GRC.
La première chose que nous avons faite, c'était de donner des conseils pratiques aux Canadiens sur les mesures qu'ils peuvent prendre. Tous les pays le font. Nous avons tenté de rendre les conseils aussi accessibles que possible comme, par exemple, le programme Pensez cybersécurité.
La deuxième chose que nous avons tenté de faire, c'est de trouver des partenaires qui peuvent aider les Canadiens. L'ACEI en est un bel exemple. Ce sont des choses que tous les Canadiens peuvent considérer pour immédiatement renforcer leur cybersécurité. Les cybercriminels cherchent des proies faciles. Si leurs efforts ne sont pas rentables, ils passent ensuite à la prochaine cible, ce qui fait...
View Francis Drouin Profile
Lib. (ON)
Just from your experience, and learning from cases of fraud, we know that some of them may have my social insurance number. They may have my email address, as well as my civic address. It could be a very convincing case for them to pretend that they're either a government official or from some type of financial institution. What would you advise Canadians on the best way to protect themselves?
Selon votre expérience et ce qu'on a appris des cas de fraude, nous savons que certains fraudeurs ont peut-être mon numéro d'assurance sociale. Ils ont peut-être mon adresse de courriel ainsi que mon adresse municipale. Ils pourraient prétendre de façon très convaincante être un représentant du gouvernement ou d'une quelconque institution financière. À votre avis, quel est le meilleur moyen pour que les Canadiens se protègent?
Mark Flynn
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Mark Flynn
2019-07-15 13:36
With any mass fraud campaign, whether it be tied to an instance like this or just in general, people need to have a strong sense of skepticism and take action to protect themselves. There are many resources under the Government of Canada, with such organizations as the Canadian Anti-Fraud Centre and Get Cyber Safe, that provide a list of advice for Canadians. It simply comes down to protecting your information and having a good sense of doubt when somebody is calling you. If it's a bank calling, call your local branch and use your local number. Don't respond to the number they provide and don't immediately call back the number they provide. Go with your trusted sources to validate any questions that are coming in.
I have experienced calls similar to yours. I had a very convincing call from my own bank. I contacted my bank and they gave me the advice that it was not legitimate. It was interesting, because in the end it turned out to be legitimate, but we all felt very safe in the fact that the appropriate steps were taken. I would rather risk not getting a service than compromising my identity or my financial information.
Dans toutes les campagnes de fraude massive, que ce soit un cas comme celui-ci ou en général, les gens doivent faire preuve d'un grand scepticisme et prendre des mesures pour se protéger. Le gouvernement du Canada offre de nombreuses ressources, comme le Centre antifraude du Canada et Pensez cybersécurité, qui fournissent une liste de conseils pour les Canadiens. Essentiellement, il faut protéger ses renseignements et émettre des doutes raisonnables quand quelqu'un nous appelle. Si une banque nous appelle, il faut composer le numéro de la succursale locale. Il ne faut pas répondre au numéro qu'on a fourni ni rappeler immédiatement à ce numéro. Il faut passer par des sources fiables pour valider les questions qu'on pose.
J'ai déjà reçu des appels semblables au vôtre. J'ai reçu un appel très convaincant de ma propre banque. J'ai communiqué avec cette dernière, qui m'a indiqué que l'appel était frauduleux. C'était intéressant parce que, au bout du compte, l'appel était réel, mais nous nous sommes tous sentis très en sécurité parce que nous avions pris les mesures appropriées. Je préfère risquer de ne pas obtenir un service plutôt que de compromettre mon identité ou mes renseignements financiers.
Elise Boisjoly
View Elise Boisjoly Profile
Elise Boisjoly
2019-07-15 14:48
Thank you very much, Mr. Chair.
My name is Elise Boisjoly, and I am the assistant deputy minister of the integrity services branch at Employment and Social Development Canada. I am joined by Anik Dupont, who is responsible for the social insurance number program.
Thank you for the opportunity to join you today. My remarks will focus on the social insurance number, or SIN, program. Specifically, I will clarify what the social insurance number is and provide information on its issuance and use; inform the committee on privacy protection related to the SIN; and provide information on our approach in the case of data breach.
What is the SIN? The SIN is a file identifier used by the Government of Canada to coordinate the administration of federal benefits and services and the revenue system. The SIN is required for every person working in insurable or pensionable employment in Canada and to file income tax returns.
It is issued prior to your first job, when you first arrive in Canada or even at birth. During the last fiscal year, over 1.6 million SINs were issued.
The SIN is used, among other things, to deliver over $120 billion in benefits and collect over $300 billion in taxes. It facilitates information sharing to enable the provision of benefits and services to Canadians throughout their life such as child care benefits, student loans, employment insurance, pensions and even death benefits. As such, the SIN is assigned to an individual for life.
The SIN is not a national identifier and cannot be used to obtain identification. In fact, it is not even used by all programs and services within the federal government; only a certain number use it. The SIN alone is never sufficient to access a government program or benefit or to obtain credit or services in the private sector. Additional information is always required.
While data breaches are becoming increasingly commonplace, the Government of Canada follows strong and established procedures to protect the personal information of individuals. My colleague mentioned the Privacy Act and the Personal Information Protection and Electronic Documents Act, which is being administered by Innovation, Science and Economic Development Canada. They provide the legal framework for the collection, retention, use, disclosure and disposition of personal information in the administration of programs by government institutions and the private sector, respectively.
As my colleague mentioned, on November 1, 2018, a new amendment to the Personal Information Protection and Electronic Documents Act came into force, which requires organizations that experience a data breach and that have reason to believe there's a real risk of significant harm to notify the Office of the Privacy Commissioner, the affected individuals and associated organizations as soon as it's feasible. Violating this provision may result in a fine of up to $100,000 per offence.
At Employment and Social Development Canada, we have internal monitoring strategies, privacy policies, directives and information tools for privacy management, as well as a departmental code of conduct and mandatory training for employees on protecting personal information. We believe that any security breach affecting social insurance numbers is very serious and, in fact, we ourselves are not immune to such a situation. For example, in 2012, the personal information of Canada student loan borrowers was potentially compromised. The breach was a catalyst for further improvements to information management practices within the department.
Preventing social insurance number fraud starts with education and awareness. This is why our website and communication materials include information that can help Canadians better understand the steps they should take to protect their social insurance numbers. Canadians can visit the department websites, call us or visit us at one of our Service Canada centres to learn how best to protect themselves. It is important to note that protecting the information of Canadians is a shared responsibility among the government, the private sector and individuals. We strongly discourage Canadians from giving out their social insurance numbers unless they are sure that doing so is legally required or necessary. Canadians should also actively monitor their financial information, including by contacting Canada's credit bureau.
A loss of a social insurance number does not necessarily mean that a fraud has occurred or will occur.
However, should Canadians notice any fraudulent activity related to their social insurance number, they must act quickly to minimize the potential impact by reporting any incidents to the police, contacting the Privacy Commissioner and the Canadian Anti-Fraud Centre, and informing Service Canada. In cases where there is evidence of the social insurance number being used for fraudulent purposes, Service Canada works closely with those affected.
Despite ever larger data breaches, the number of Canadians who have had their social insurance number replaced by Service Canada due to fraud has remained consistent at approximately 60 per year since 2014.
That being said, we understand that many Canadians have signed a petition asking Service Canada to issue new social insurance numbers for those impacted by this data breach. The main reason we do not automatically issue a new social insurance number in these circumstances is simple: getting a new social insurance number will not protect individuals from fraud. The former social insurance number continues to exist and is linked to the individual. If a fraudster uses someone else's former social insurance number and their identity is not fully verified, credit lenders may still ask the victim of fraud to pay the debts.
In addition, it would be the individual's responsibility to provide their new social insurance number to each of their financial institutions, creditors, pension providers, employers—current and past—and any other organizations. Failing to properly do so could put individuals at risk of not receiving benefits or leave the door open to subsequent fraud or identity theft.
It would also mean doubling the monitoring. Individuals would still need to monitor their accounts and credit reports for both social insurance numbers on a regular and ongoing basis. Having multiple social insurance numbers increases the risk of potential fraud.
Active monitoring through credit bureaus as well as regular reviewing of banking and credit card statements remain the best protection against fraud.
In closing, protecting the integrity of the social insurance number is critical to us, and I can assure you that we will continue to take all necessary action to do so, including reading this committee's report and considering advice from this committee and others on how to best improve.
Thank you for your time. I'd be happy to answer your questions.
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je m'appelle Elise Boisjoly et je suis la sous-ministre adjointe responsable des services d'intégrité à Emploi et Développement social Canada. Je suis accompagnée par Mme Anik Dupont, responsable du programme du numéro d'assurance sociale.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui. Mon allocution portera sur le programme du numéro d'assurance sociale. Plus précisément, j'aimerais clarifier ce qu'est le numéro d'assurance sociale, fournir des renseignements sur son émission et son utilisation, informer le Comité sur la protection de la vie privée en ce qui concerne le numéro d'assurance sociale, et fournir de l'information sur notre approche en cas de fuite d'informations personnelles.
Le numéro d'assurance sociale est un identificateur de dossier ou un numéro de compte utilisé par le gouvernement du Canada pour coordonner l'administration des prestations et services fédéraux, et par le système du revenu. Le numéro d'assurance sociale est requis pour chaque personne qui occupe un emploi assurable ou donnant droit à une pension au Canada, et pour produire une déclaration de revenus.
Un numéro d'assurance sociale est émis avant le premier emploi, en arrivant au Canada pour la première fois ou même à la naissance. Au cours de la dernière année financière, plus de 1,6 million de numéros d'assurance sociale ont été émis.
Le numéro d'assurance sociale sert, entre autres, à verser plus de 120 milliards de dollars en prestations et à percevoir plus de 300 milliards de dollars en impôts. Il facilite l'échange d'information pour permettre l'allocation de prestations et de services aux Canadiens tout au long de leur vie, comme les prestations pour la garde d'enfants, les prêts étudiants, l'assurance-emploi, les pensions et même les prestations de décès. Ainsi, un numéro d'assurance sociale est attribué à une personne pour la vie.
Le numéro d'assurance sociale n'est pas un identificateur national et ne peut pas être utilisé pour obtenir une identification. En fait, il n'est même pas utilisé par tous les programmes du gouvernement fédéral, seulement par un certain nombre. Le numéro d'assurance sociale seul n'est pas suffisant pour accéder à un programme ou à un avantage gouvernemental, ou même pour obtenir du crédit ou des services dans le secteur privé. Des informations supplémentaires sont toujours requises.
Bien que les fuites de données soient de plus en plus courantes, le gouvernement du Canada suit des procédures rigoureuses et établies pour protéger les renseignements personnels des particuliers. Ma collègue a fait mention de la Loi sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, qui est administrée par Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Ces lois établissent le cadre juridique régissant la collecte, la conservation, l'utilisation, la divulgation et l'élimination des renseignements personnels dans le contexte de l'administration des programmes des institutions gouvernementales et des activités du secteur privé.
Comme l'a dit ma collègue, le 1er novembre 2018, une nouvelle modification a été apportée à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques exigeant que les organisations faisant face à une fuite de données et ayant des raisons de croire qu'il y a un risque réel de préjudice grave en informent le Commissariat à la protection de la vie privée, les personnes affectées ainsi que les organisations associées dès que possible. La violation de cette disposition peut conduire à des amendes allant jusqu'à 100 000 $ par infraction.
Au sein d'Emploi et Développement social Canada , nous avons des stratégies de surveillance interne, des politiques de confidentialité, des directives et des outils d'information sur la gestion de la protection de la vie privée, ainsi qu'un code de conduite ministériel et des formations obligatoires pour nos employés sur la protection des renseignements personnels. Nous croyons que toute atteinte à la sécurité touchant le numéro d'assurance sociale est très grave et, en fait, le gouvernement du Canada n'est pas à l'abri de telles situations. Par exemple, en 2012, des informations concernant des prêts étudiants canadiens ont été potentiellement compromises. Cette fuite a servi de catalyseur à l'amélioration des pratiques de gestion de l'information au ministère.
La prévention de la fraude en matière de numéro d'assurance sociale commence par l'éducation et la sensibilisation. C'est pourquoi notre site Web et nos documents de communication contiennent des renseignements qui aident les Canadiens à mieux comprendre les mesures qu'ils devraient prendre pour protéger leur numéro d'assurance sociale. Les Canadiens peuvent visiter le site Web du ministère, nous appeler ou visiter l'un de nos centres Service Canada pour apprendre la meilleure façon de se protéger. II est important de noter que la protection des renseignements personnels des Canadiens est une responsabilité partagée entre le gouvernement, le secteur privé et les particuliers. Nous encourageons fortement les Canadiens à ne pas donner leur numéro d'assurance sociale à moins d'être certains qu'il est légalement requis ou que c'est nécessaire. Les Canadiens devraient également surveiller activement leurs renseignements financiers, notamment en communiquant avec les agences d'évaluation du crédit du Canada.
La perte d'un numéro d'assurance sociale ne signifie pas automatiquement qu'une fraude s'est produite ou se produira.
Cependant, si des Canadiens détectent une activité suspecte touchant leur numéro d'assurance sociale, ils doivent agir rapidement afin de minimiser les répercussions potentielles en signalant tout incident à la police, en contactant le commissaire à la protection de la vie privée et le Centre antifraude du Canada, et en informer Service Canada. Dans les cas où il est prouvé que le numéro d'assurance sociale a été utilisé à des fins frauduleuses, Service Canada travaillera en étroite collaboration avec les personnes touchées.
Le nombre de Canadiens dont le numéro d'assurance sociale a été remplacé par Service Canada en raison d'une fraude est demeuré stable à environ 60 par année depuis 2014, malgré les fuites de données de plus en plus importantes.
Cela dit, nous savons que de nombreux Canadiens ont signé une pétition demandant à Service Canada d'attribuer un nouveau numéro d'assurance sociale aux personnes touchées par cette atteinte aux données. La raison principale pour laquelle nous n'attribuons pas automatiquement un nouveau numéro d'assurance sociale dans ces circonstances est simple: l'obtention d'un nouveau numéro d'assurance sociale ne protégera pas les particuliers contre la fraude. L'ancien numéro d'assurance sociale continue d'exister et est toujours lié aux particuliers. Par exemple, si un fraudeur utilise l'ancien numéro d'assurance sociale d'une personne et que son identité est mal vérifiée, les prêteurs peuvent quand même demander à la personne fraudée de payer les dettes.
Également, il incombera à la personne de fournir son numéro d'assurance sociale à chacune des institutions financières, à ses créanciers, à ses fournisseurs de régime de retraite, à ses employeurs actuels et passés, ou à toute autre organisation à laquelle elle aurait donné son numéro d'assurance sociale. Le faire incorrectement pourrait mettre à risque l'octroi de bénéfices ou laisserait la porte ouverte à la fraude ou au vol d'identité.
Cela signifierait aussi de doubler la surveillance. Les particuliers devraient quand même surveiller leur compte et leurs rapports de solvabilité pour leurs deux numéros d'assurance sociale de façon régulière et continue. La multiplication des numéros d'assurance sociale augmente donc le risque de fraude potentielle.
La surveillance active des bureaux de crédit ainsi que l'examen régulier des relevés bancaires et des relevés de cartes de crédit demeurent la meilleure protection contre la fraude.
En terminant, la protection de l'intégrité du numéro d'assurance sociale est importante pour nous. Je peux vous assurer que nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour y parvenir, incluant la lecture du rapport de ce comité ou d'autres informations provenant de ce comité ou autres sur les meilleures façons d'améliorer la situation.
Je vous remercie de votre temps. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
View Ruby Sahota Profile
Lib. (ON)
We've had those conversations, as well, when it comes to private companies. Many people are not revealing the breaches that are occurring due to public scrutiny or shame.
When it comes to our democratic institutions, do you think we should be trying, through the Five Eyes at least and through other democracies, to work together in order to lessen the potential threats, and how so?
Nous avons également eu ces conversations au sujet des entreprises privées. Elles sont nombreuses à ne pas révéler les intrusions qui se produisent par crainte de la réaction du public ou parce qu'elles ont honte.
En ce qui concerne nos institutions démocratiques, pensez-vous que nous devrions essayer, par l'entremise du Groupe des cinq à tout le moins, et d'autres démocraties, de travailler ensemble pour réduire les menaces potentielles, et de quelle façon devrions-nous le faire?
Jill Slay
View Jill Slay Profile
Jill Slay
2019-02-20 16:39
We should be and I think we are. There is probably a lack of under-reporting publicly, but I'm pretty sure that within international organizations, within governments, there is also a lot of sharing. My experience is that there is a lot of sharing, whether it's law enforcement or whoever. I don't think we're necessarily constrained by those things.
It might be smaller companies that don't want to acknowledge they have been breached. However, particularly in Australia, there is more of an openness now to talk about it, particularly since before Christmas, the government, Alastair MacGibbon, the deputy secretary, the prime minister's adviser, did made it very clear that many companies have been breached, and there is more openness, more willingness to accept that because there's just so much of it.
Nous devrions et je pense que nous le faisons. Ce n'est probablement pas beaucoup connu dans le public, mais je suis à peu près certaine qu'au sein des organisations internationales, au sein des gouvernements, il y a aussi beaucoup de partage. D'après mon expérience, il y a beaucoup de partage, que ce soit au chapitre de l'application de la loi ou de quoi que ce soit d'autre. Je ne pense pas que nous soyons nécessairement limités par ces choses.
Il peut s'agir de petites entreprises qui ne veulent pas reconnaître qu'elles ont fait l'objet d'intrusions. Toutefois, surtout en Australie, il y a maintenant une plus grande ouverture à en parler, d'autant plus qu'avant Noël, le gouvernement, Alastair MacGibbon, le sous-secrétaire, le conseiller du premier ministre, a dit très clairement que de nombreuses entreprises ont fait l'objet d'intrusions, et il y a plus d'ouverture, plus de volonté à accepter cela parce qu'il y en a tellement.
Kimberly Taplin
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Kimberly Taplin
2016-09-26 15:30
Madam Chair, members of the committee, let me first thank you for inviting the RCMP to appear at your committee meeting today.
My name is Inspector Kim Taplin, and I'm the director of the RCMP's national aboriginal policing and crime prevention services. I am joined today by Inspector Peter Payne, and it's Peter's mandate as the officer in charge of the National Child Exploitation Coordination Centre to reduce the vulnerability of children to Internet-facilitated sexual exploitation by identifying victimized children, to investigate and assist in the prosecution of sexual offenders, and to strengthen the capacity of municipal, territorial, provincial, federal, and international police agencies through training, research, and investigative support.
Youth is a strategic priority of the RCMP, and we are ever mindful of the rapidly evolving role the Internet and technology play in the daily lives of Canadian youth. Recognizing that education and prevention are key to eliminating exploitation and violence, I am pleased to have the opportunity to discuss the range of important cybercrime prevention programs and initiatives that the RCMP supports through the RCMP national youth services Centre for Youth Crime Prevention.
The Centre for Youth Crime Prevention is the RCMP's main online, youth-related hub providing support for persons working with youth, as well as youth themselves, parents, and front-line police officers. The website contains a variety of tools and resources to effectively engage youth on crime and victimization issues, and highlights the four main youth priority issues of the RCMP national youth strategy. These are bullying and cyber-bullying, intimate partner violence, drugs and alcohol abuse, and youth radicalization to violence.
These priority issues were identified after we analyzed annual youth crime statistics, reviewed detachment performance plans and priorities, consulted with our partners, conducted a scan of high-profile media stories involving youth, and, most importantly, consulted with youth themselves.
For each of the priority issues, lesson plans, presentations, fact sheets, self-assessments, videos, and interactive games are developed. They are created using youth-appropriate language and are designed to attract the attention of youth.
The RCMP works closely with its partners to ensure that the information shared is accurate and reflective of the current social environment. Each year, several social media campaigns aimed at youth audiences are delivered. These campaigns are designed to provide education and awareness, and to empower youth to take action in their communities.
With respect to cyber-violence, offences of cyber-violence include a range of sophisticated crimes that exploit technology through computer networks, such as cyber-bullying and online child sexual exploitation. As people increasingly live their lives connected to the web, this greater connectivity has allowed for greater anonymity, increased opportunities to engage in risky online behaviours, and decreased accountability. The Internet, an expanding technological innovation, puts children at greater risk as it often lowers inhibitions online and provides offenders greater access to unsupervised children.
To give you some idea of scale, in 2015, the National Child Exploitation Coordination Centre received 14,951 complaints, reports, and requests for assistance—a 146% increase since 2011. As of September of this year, the National Child Exploitation Coordination Centre had already received over 19,000 reports.
Compounding the ever-increasing volume of reports, is the challenge to law enforcement of increasing technological sophistication among offenders. Offenders are often one step ahead when it comes to technology, as they use encryption and anonymization techniques, for example. Using these tools, offenders can often evade police more successfully, significantly complicating investigations.
The Centre for Youth Crime Prevention approaches cyber-violence by focusing on providing education and awareness of cyber-bullying, and promoting the development of positive and healthy relationships. As I previously mentioned, the Centre for Youth Crime Prevention leads and supports several social media campaigns annually.
This past February, the RCMP partnered with the Canadian Women's Foundation to support the #HealthyLove campaign. This month-long social media campaign encouraged young people to publicly recognize one of the 14 principles of a healthy relationship. These included, for example: I will share my feelings; I will be truthful; I will be open to compromise. This campaign promotes the idea that healthy relationships should always be free of violence. In addition to #HealthyLove, a public service announcement with NHL hockey player Jordin Tootoo was recently released, encouraging young men and boys to end violence against women.
The RCMP also currently runs a campaign called BullyText. Launched during last year's Bullying Awareness Week, BullyText is a tool to engage youth using text messaging. The tool features a variety of bullying scenarios. The choices youth make while texting on a cellphone determine how the scenarios play out with their friends and others in the game. By simply texting the word “BULLY” to 38383, one can launch the tool. To date, it has been used by teachers, police officers, and others working with youth. If there is time afterward, and you would like, I can you walk you through this game.
One of the main goals of the Centre for Youth Crime Prevention is to reach youth in classrooms, grabbing their attention while they are in a learning environment. Since our school resource officers are often asked to do presentations to classrooms on a variety of youth-related topics, the RCMPTalks initiative was developed. RCMPTalks is a series of 90-minute live and interactive video conferences that offer advice and guidance on important issues, such as bullying, cyber-bullying, and healthy relationships. Each conversation allows students from up to six different classrooms across Canada to participate. Students are encouraged to interact with one another via a secure virtual classroom and on social media. A motivational speaker leads the conversation with his or her personal story, and empowers student to take action and stand up to the issues at hand. To date, we've hosted six RCMPTalks sessions.
One of the main strengths of the Centre for Youth Crime Prevention is a vast network of subject-matter experts and partnership organizations with which it is connected. The RCMP works very closely with a variety of organizations whose mandates focus on youth-related issues, including violence toward women and girls. These valuable connections assist us in delivering evidence-based products and services. Due to the impressive connections we have developed over the years, we are able to maintain the Ask an Expert tool on our website. Ask an Expert provides the opportunity to ask a police officer or a person in a police-related role questions on youth crime and victimization issues anonymously, via email. Though Ask an Expert is not a reporting tool, we do connect youth who have victimization concerns to their local police department or RCMP detachment, and encourage them to speak to agencies like Kids Help Phone or to report child exploitation concerns to Cybertip.ca.
With all the activities that are delivered by the Centre for Youth Crime Prevention, we recognize that it is valuable to hear the youth perspective. Since 2010, the RCMP national youth advisory committee, composed of youth from across Canada between the ages of 13 and 18, has provided us with insight into what youth are thinking and feeling on issues they are facing, including those of cyber-violence and intimate-partner violence. Connected via a private Facebook group, youth are engaged on a bi-weekly basis to provide their thoughts on activities, projects, and ideas of the Centre for Youth Crime Prevention. The responses feed into our national youth strategy, as well as other RCMP policies, programs, and procedures that may impact youth. On a quarterly basis, we publish an internal “Youth Trends Report”. The “Youth Trends Report” is a collection of open-source information of the most up-to-date trends that youth are engaging in. This may include the latest smartphone apps, popular online lingo, or the coolest movies, songs, or videos that are influencing youth.
Thank you once again for inviting me to speak today, and I welcome any questions you may have.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du comité, permettez-moi tout d'abord de vous remercier d'avoir invité la GRC à comparaître devant le comité.
Je suis l'inspectrice Kim Taplin, et je suis directrice des Services nationaux de police autochtones et de la prévention du crime de la GRC. Je suis accompagnée aujourd'hui de l'inspecteur Peter Payne, officier responsable du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants. Le mandat du Centre est de réduire la vulnérabilité des enfants à la cyberexploitation sexuelle en identifiant les enfants victimes, en faisant enquête et en aidant à la poursuite des délinquants sexuels, et en renforçant la capacité des services de police municipaux, territoriaux, provinciaux, fédéraux et internationaux par le truchement de la formation, de la recherche et du soutien aux enquêtes.
Les jeunes sont une priorité stratégique de la GRC, et nous sommes toujours conscients de l'évolution rapide du rôle que jouent Internet et la technologie dans le quotidien de la jeunesse canadienne. Reconnaissant que l'éducation et la prévention sont des éléments clés de l'élimination de l'exploitation et de la violence, je suis heureuse d'avoir la possibilité de parler de la gamme importante de programmes et d'initiatives de prévention du cybercrime que la GRC appuie par l'intermédiaire du Centre de prévention du crime chez les jeunes des Services nationaux à la jeunesse de la GRC.
Le Centre de prévention du crime chez les jeunes est le principal portail se rapportant aux jeunes qui offre un soutien aux personnes travaillant auprès des jeunes, ainsi qu'aux jeunes eux-mêmes, à leurs parents et aux agents de police de première ligne. Ce site Web contient divers outils et ressources visant à mobiliser efficacement les jeunes à I'égard des questions de criminalité et de victimisation, et à mettre en relief les quatre principales priorités de la Stratégie nationale sur la jeunesse de la GRC. Celles-ci sont l'intimidation et la cyberintimidation, la violence entre partenaires intimes, la consommation d'alcool et de drogue et la radicalisation des jeunes menant à la violence.
On a cerné ces priorités après avoir analysé les statistiques annuelles sur la criminalité chez les jeunes, passé en revue les plans et priorités de rendement des détachements, consulté nos partenaires, parcouru les reportages qui ont fait les manchettes dans les médias au sujet de jeunes et, surtout, consulté les jeunes eux-mêmes.
Pour chacune de ces priorités, on a élaboré des plans de cours, des exposés, des fiches de renseignements, des outils d'autoévaluation, des vidéos et des jeux interactifs. Tous ces outils utilisent un langage adapté aux jeunes et sont conçus de façon à attirer l'attention des jeunes.
La GRC collabore étroitement avec ses partenaires pour veiller à ce que l'information diffusée soit exacte et tienne compte de l'environnement social actuel. Chaque année, de nombreuses campagnes dans les médias sociaux sont lancées à l'intention du jeune public. Ces campagnes ont pour but d'éduquer et de sensibiliser les jeunes, et de les habiliter à agir dans leurs collectivités.
Les infractions de cyberviolence comprennent un éventail de crimes complexes qui exploitent la technologie par l'entremise de réseaux informatiques, comme la cyberintimidation et l'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet. De plus en plus, les gens vivent au quotidien sans se déconnecter du Web; cette connectivité accrue favorise un meilleur anonymat, procure davantage de possibilités d'adopter des comportements à risque en ligne et réduit la responsabilisation. Internet et les innovations technologiques accrues mettent davantage les enfants à risque, car les inhibitions sont souvent réduites en ligne et un accès plus facile à des enfants non supervisés en découle.
Pour vous donner une idée de l'ampleur du problème, en 2015, le Centre national de coordination contre I'exploitation des enfants a reçu 14 951 plaintes, rapports et demandes d'aide, ce qui représente une augmentation de 146 % depuis 2011. Au mois de septembre cette année, le Centre national de coordination contre I'exploitation des enfants a déjà reçu plus de 19 000 rapports.
En plus du nombre de rapports qui ne cesse de croître, les organismes d'application de la loi doivent également composer avec des technologies de pointe de plus en plus évoluées chez les contrevenants. Souvent, les contrevenants ont une longueur d'avance en ce qui a trait à la technologie. On a qu'à penser aux techniques de chiffrement et d'anonymisation, par exemple. En se servant de ces outils, les contrevenants peuvent éviter la police plus efficacement, ce qui complique grandement les enquêtes.
Le Centre de prévention du crime chez les jeunes aborde la cyberviolence en visant l'éducation et la sensibilisation sur le sujet de la cyberintimidation, et en encourageant le développement de relations positives et saines. Comme je l'ai déjà mentionné, le Centre de prévention du crime chez les jeunes mène et appuie plusieurs campagnes dans les médias sociaux tous les ans.
En février dernier, la GRC s'est jointe à la Fondation canadienne des femmes pour appuyer la campagne #AmourSain. Cette campagne d'un mois dans les médias sociaux encourageait les jeunes à se familiariser avec les 14 principes d'une relation saine, notamment j'exprimerai ce que je ressens, je ferai preuve de sincérité, je serai disposé à faire des compromis. Cette campagne promeut le principe voulant que la violence ne fait jamais partie des relations saines. Outre cette campagne, un message d'intérêt public auquel participe le joueur de hockey de la LNH Jordin Tootoo a été publié récemment, encourageant les jeunes hommes et garçons à mettre fin à la violence contre les femmes.
La GRC mène aussi une campagne appelé « Billettiste ». Lancée l'an dernier dans le cadre de Semaine de la sensibilisation à l'intimidation, « Billettiste » est un jeu visant à mobiliser les jeunes au moyen des messages texte. Cet outil comporte une variété de scénarios d'intimidation. Les choix que les jeunes font en échangeant des messages texte sur leur téléphone avec leurs amis et d'autres déterminent la façon dont les scénarios se déroulent. Pour lancer l'outil, il suffit d'envoyer le mot INTIMIDATION au 38383. Jusqu'à présent, des enseignants, des agents de police et d'autres personnes travaillant auprès des jeunes ont utilisé cet outil. S'il nous reste du temps, je pourrai vous faire une démonstration de ce jeu.
Un des principaux objectifs du Centre de prévention du crime chez les jeunes, c'est d'atteindre les jeunes dans la classe — capter leur attention tandis qu'ils sont dans un environnement d'apprentissage. Comme nos policiers éducateurs sont souvent invités à faire des exposés dans les classes sur divers sujets concernant les jeunes, on a mis au point l'initiative DiscussionsGRC. « DiscussionsGRC » est une série de vidéoconférences interactives en direct qui offrent aux jeunes des conseils et de l'orientation sur des questions importantes, comme l'intimidation, la cyberintimidation et les relations saines. Chaque séance de 90 minutes permet aux élèves de 6 classes au pays de participer. On encourage les élèves à interagir entre-eux par vidéoconférence sécurisée et par les médias sociaux. Un conférencier motivateur lance la conversation en racontant sa propre histoire, et encourage les élèves à agir et à s'exprimer sur la question en cause. À ce jour, nous avons mené six séances de DiscussionsGRC.
Un des principaux atouts du Centre de prévention du crime chez les jeunes, c'est le vaste réseau d'experts en la matière et d'organisations partenaires auquel il est branché. La GRC collabore étroitement avec diverses organisations dont le mandat vise des questions liées aux jeunes, notamment la violence à l'égard des femmes et des filles. Grâce à ces précieuses relations, nous pouvons offrir des produits et services fondés sur des données probantes. Grâce également au nombre impressionnant de relations que nous avons forgées au fil des ans, nous pouvons assurer le fonctionnement de l'outil « Posez une question à un expert » offert sur notre site Web. Cet outil permet aux jeunes de poser à un policier ou à une autre personne exerçant un rôle lié à la police des questions portant sur la criminalité ou la victimisation chez les jeunes, et ce, de façon anonyme, par courriel. Bien que « Posez une question à un expert » ne soit pas un outil de signalement, nous mettons les jeunes préoccupés par la victimisation en communication avec leur service de police ou détachement de GRC local, les encourageons à parler à des organismes, comme Jeunesse, J'écoute, ou à signaler toute crainte d'exploitation d'enfants à Cyberaide.ca.
Compte tenu de toutes les activités que mène le Centre de prévention du crime chez les jeunes, nous avons déterminé qu'il serait important d'obtenir le point de vue des jeunes. Depuis 2010, le Comité consultatif national sur la jeunesse de la GRC, composé de jeunes de 13 à 18 ans de partout au Canada, a fourni une perspective de ce que pensent et sentent les jeunes à l'égard des questions qui les touchent, comme la cyberviolence et la violence entre partenaires intimes. Reliés par le truchement d'un groupe Facebook privé, les jeunes sont encouragés à présenter, aux deux semaines, leurs opinions sur des activités, projets et idées du Centre de prévention du crime chez les jeunes. Nous intégrons leurs réponses dans notre Stratégie nationale sur la jeunesse, de même que dans d'autres politiques, programmes et procédures de la GRC qui pourraient toucher les jeunes. Tous les trimestres, nous publions à l'interne le Compte rendu des tendances jeunesse, un recueil de renseignements de source ouverte sur les dernières tendances chez les jeunes. II peut s'agir des dernières applications qu'ils téléchargent sur leur téléphone intelligent, du jargon qu'ils utilisent en ligne ou des films, chansons ou vidéos les plus cools qui les influencent.
Je vous remercie encore une fois de m'avoir invitée à prendre la parole aujourd'hui. Je serai ravie de répondre à toutes vos questions.
Shanly Dixon
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Shanly Dixon
2016-09-26 15:40
Thank you so much for inviting me to speak today. It's really an honour to be here with you.
One of the basic things we do at the Cyber-violence Prevention Project is to try to get schools and institutions to define cyber-violence, and to implement a policy with clear procedures and processes in place, as well as resources. When we try to get people to name cyber-violence and put it into their anti-harassment policies or student handbooks, and so on, we often hear “Well, it happened online, so it's not really real” or “It didn't happen on campus, so it's not our problem.” We need to begin with the acknowledgement that cyber-violence directed at girls and young women is inextricably linked to off-line violence.
For many of us today, and particularly for youth, there's no divide between online and off-line. Virtual spaces pervade every aspect of life as we are continuously connected to the Internet, to our online communities, and to each other. As a result, the physical, psychological, emotional, and financial consequences of an online experience can be profound. They are experienced both online and off-line. In relation to this, online violence normalizes off-line violence. Being immersed in a digital culture that portrays sexualized violence, misogyny, the objectification of women, hypersexualization of girls, and discrimination against LGBT-plus and gender-nonconforming people as normal, as entertainment, or even as humour makes those representations or beliefs seem mainstream, palatable, or even acceptable in off-line environments.
The online environments and communities we interact in are important, and they have profound implications for our off-line lives. Defining cyber-violence and policy may seem like such a basic thing, but just having that definition in a student handbook or a policy allows women to use it as a tool to get help and to say “This is happening to me. It's not acceptable. I need help to address it.”
As technology becomes more pervasive in our everyday lives, and as designers and developers seek to make online interactions more powerful, meaningful, and realistic, it's critical to engage in concrete, effective initiatives to ensure that those technologies are developed and integrated into our lives in ethical ways.
Cyber-violence is similar to other forms of violence in that it exists along a continuum, from the very broad social impacts to the more personal, individual impacts. At one end of the continuum, there might be the hypersexualization and objectification of girls and women in online spaces through popular culture, video games, and pornography, and then more individually focused acts of violence, such as threats and harassment, victim-blaming, revenge porn, stalking, luring, and grooming. The manifestations go on and on. In our research and our work with young people, we see them.
While all manifestations of cyber-violence have negative impacts, it's crucial to engage in research that will contribute to drafting strategies that are nuanced and focused enough to be effective. Specific interventions need to be developed, depending upon where along the continuum you're choosing to target. For example, an intervention that brought video game industry and ICT communities together to discuss preventing and eliminating hypersexualization and objectification of women, or the gratuitous representation of sexual violence for entertainment would be addressing a different end of the continuum than would knowledge mobilization with girls around grooming and luring, or providing policies, resources, and support to girls who are experiencing cyber-violence.
This entails making decisions about where we need to implement legislation, where we need policy, where we need educational initiatives or knowledge mobilization, and where we need to provide support and resources for those experiencing cyber-violence.
To do all of this, we need to engage in more qualitative research to create strategies that both are effective and make sense to the young people who are on the front lines of the issue. As someone who has worked on research projects both within academia and in community, I can say that those things are very different approaches when you're working with girls and digital culture, with academics, or with community projects.
I think we need to create opportunities to combine the strengths of both those perspectives, bringing academia together with community organizations and law enforcement, to engage in research, and to develop strategies collaboratively, while focusing on and getting the voices of girls and the people who are on the front lines of those issues.
Cultural and socio-economic divides are emerging in response to digital divides. Through our digital literacy initiatives, I have gone into a wide range of schools and community organizations in varied cultural, social, and economic contexts. I have begun to realize that the Internet is not the same for everyone. In organizations where there's a strong component of high-quality digital literacy education, young people seem to be better able to recognize gendered cyber-violence, and they're better able to navigate the situations in which they find themselves. They still experience cyber-violence. They still struggle with it. They don't like it. They don't necessarily understand it, but they recognize it as a social problem and a systemic issue rather than as a normal, acceptable behaviour that's simply an aspect of everyday life online.
I found that in schools and community organizations where young people have had no, or very limited, digital literacy education, they often spoke about the limits or risks of online spaces rather than the inherent opportunities. We need extensive comprehensive digital literacy education at all levels that denormalizes cyber-violence through a curriculum that helps us understand the economic, social, political, and ethical aspects of digital culture. That might mean incorporating it across disciplines into many aspects of education.
We sometimes see a gap between the ways in which adults see young people's engagement with digital culture and the reality of what young people are experiencing. I include myself in this category. This gap results in challenges with regard to crafting strategies that make sense to young people, as well as in developing and implementing policy and legislation. When young people engage with misogynistic or highly sexualized content, it's typically hidden away from researchers, from parents, and from teachers, and because of the potentially controversial content, it's kept private or secret. When young people run into problems, they often don't go to adults, because they are afraid of being blamed, or they are worried that maybe adults will intervene in ways that would make the situation worse for them.
Girls often express that they feel pressure from the hypersexualization of online culture. We often feel that misogyny is very intensified, and we wonder why this is. One of the things we've noticed in our work is that people who are vulnerable off-line also often seem to be vulnerable online. We notice that young people whose off-line worlds are limited, who are at risk for undereducation and underemployment, and who are confined in their neighbourhoods, are also often confined in their online worlds.
An example of this is that if we consistently access online content that's highly misogynistic or sexually violent, then we risk creating filter bubbles. Our search engine will give us what it predicts we want based upon our previous clicks. In this way we create our own bubble that filters out the information or world views we aren't particularly interested in. This happens not only through algorithms, but also through the individual choices we make, both online and off-line, and the power of our peers to influence the content we consume and produce.
The problem is that filter bubbles tend to isolate us from opposing ideas and broader world views, and we tend to interact with people and communities that share our interests. They echo our perspectives back to us. Sometimes it can become intense, and someone with limited life experience tends to think that this is all there is and there's no way out.
How can we address this issue? We need to increase the skills of those people who lack digital literacy, and work on using technology to help young people consciously seek out varying and divergent world views, to help them critically evaluate information. When I work with communities of at-risk youth who've had adults helping them denormalize gendered cyberviolence and learn to access and then critically evaluate information that interests them, not only are they better able to navigate the online landscape, they're also usually engaging in developing solutions. They're talking about discussing interventions like the bystander approach, how to denormalize gendered cyber-violence, and how to support peers experiencing cyber-violence.
I think we also have to educate industry. There's a potential for change through educating industry about the implications of the spaces they create and engaging developers in conversations about design affordances and the ethical implications of design choices. I think we have to think forward about where technology is going. With the emergence of new technologies, and potentially new manifestations of cyber-violence, no one can predict where it's going or how people are going to adapt to it. With the development of virtual reality technologies, which are becoming increasingly immersive and realistic, we could be facing a whole new set of challenges around gender-based cyber-violence.
Merci infiniment de m'avoir invitée à témoigner aujourd'hui. C'est pour moi un véritable honneur d'être ici avec vous.
L'une des choses essentielles que nous faisons dans le cadre du projet de prévention de la cyberviolence, c'est essayer d'amener les écoles et les établissements à définir la cyberviolence et à mettre en place une politique comportant des procédures et processus clairs, de même que des ressources. Quand nous essayons d'amener les gens à nommer la cyberviolence et à l'inclure dans leurs politiques anti-harcèlement et dans le manuel de l'étudiant, ce que nous entendons souvent, c'est: « Eh bien, ça s'est produit en ligne, alors ce n'est pas réel » ou « Cela ne s'est pas produit sur le campus, alors ce n'est pas notre problème ». Il faut commencer par reconnaître que la cyberviolence envers les filles et les jeunes femmes est inextricablement liée à la violence dans la réalité.
De nos jours, pour bon nombre d'entre nous et en particulier pour les jeunes, il n'y a pas de ligne de démarcation entre ce qui se passe en ligne et dans la réalité. Les espaces virtuels sont omniprésents dans tous les aspects de la vie, car nous sommes continuellement connectés sur Internet, à nos communautés en ligne, et entre nous. Les conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles et financières d'une expérience en ligne peuvent donc être profondes. Cela se produit en ligne et hors ligne. Par rapport à cela, la violence en ligne a pour effet de normaliser la violence hors ligne. Quand on est immergé dans une culture numérique qui montre comme étant quelque chose de normal, divertissant ou même drôle la violence sexuelle, la misogynie, l'objectivation de la femme, l'hypersexualisation des filles et la discrimination contre les LGBT+ et les personnes transgenres, ces représentations ou conceptions semblent courantes et même acceptables hors ligne.
Les environnements et les communautés en ligne avec lesquels nous interagissons sont importants et ont de profondes incidences sur nos vies hors ligne. On peut penser que définir la cyberviolence et la politique à ce sujet est un principe plutôt simple, mais si cette définition se trouve dans le manuel de l 'étudiant ou dans une politique, les femmes peuvent s'en servir comme outil pour obtenir de l'aide et dire: « Il m'est arrivé ceci. Ce n'est pas acceptable. J'ai besoin d'aide. »
La technologie envahit de plus en plus nos vies, et les concepteurs cherchent à rendre les interactions en ligne plus puissantes, significatives et réalistes; il est donc essentiel de prendre des initiatives concrètes et efficaces pour garantir que ces technologies sont conçues et intégrées dans nos vies dans le respect de l'éthique.
La cyberviolence est semblable à d'autres formes de violence, en ce sens qu'elle s'inscrit dans un continuum allant des répercussions sociales très générales aux répercussions plus personnelles. À une extrémité du continuum, il y a l'hypersexualisation et l'objectivation des filles et des femmes en ligne, avec la culture populaire, les jeux vidéo et la pornographie; à l'autre extrémité se trouvent les actes de violence ciblés, comme les menaces et le harcèlement, la culpabilisation des victimes, la pornographie de vengeance, le harcèlement criminel, le leurre et la séduction. C'est sans fin. Nous voyons cela dans notre recherche et dans le travail que nous faisons avec les jeunes.
Bien que toutes les manifestations de cyberviolence aient des effets négatifs, il est essentiel de mener des recherches qui contribueront à l'élaboration de stratégies nuancées et ciblées de manière à être efficaces. Il faut concevoir des interventions précises, selon ce que vous voulez cibler le long du continuum. Par exemple, avec une intervention par laquelle on réunirait l'industrie du jeu vidéo et les communautés des TIC en vue de discussions sur la prévention et l'élimination de l'hypersexualisation et l'objectivation des femmes, ou la violence sexuelle gratuite à des fins de divertissement, on agirait sur un élément du continuum différent, par rapport à une intervention qui viserait la mobilisation des connaissances des filles en matière de séduction et de leurre, ou qui servirait à fournir des politiques, des ressources et du soutien aux filles subissant de la cyberviolence.
Il faut prendre des décisions concernant les mesures législatives à adopter, les politiques à concevoir, les initiatives éducatives ou la mobilisation des connaissances qui sont nécessaires, et le soutien et les ressources qu'il faut fournir aux personnes qui subissent de la cyberviolence.
Pour arriver à tout cela, il faut davantage de recherche qualitative permettant de créer des stratégies à la fois efficaces et sensées pour les jeunes qui vivent directement ces problèmes. J'ai travaillé à des projets de recherche dans des universités et dans la collectivité, et je peux dire que les approches sont très différentes quand vous travaillez avec les filles et la culture numérique, avec des universitaires ou dans le cadre de projets communautaires.
Je pense que nous devons créer des occasions de combiner les forces de ces perspectives — celles des universitaires, des organisations communautaires et des forces de l'ordre — afin de mener des recherches et de concevoir collectivement des stratégies tout en prêtant attention aux voix des filles et des personnes qui vivent directement ces problèmes.
Des fossés culturels et socio-économiques se creusent en réponse aux fossés numériques. Grâce à nos initiatives de culture numérique, j'ai pu aller dans diverses écoles et organisations communautaires, dans des contextes culturels, sociaux et économiques variés. Je commence à réaliser qu'Internet n'est pas pareil pour tous. Dans les organisations où il y a une éducation à la culture numérique très présente et de grande qualité, les jeunes semblent être davantage en mesure de reconnaître la violence fondée sur le sexe et de négocier les situations dans lesquelles ils se retrouvent. Ils connaissent quand même la cyberviolence, qui leur cause toujours des difficultés. Ils n'aiment pas cela. Ils ne la comprennent pas nécessairement, mais ils reconnaissent que c'est un problème social et systémique, plutôt qu'un comportement normal et acceptable faisant partie de la vie de tous les jours en ligne.
J'ai constaté que dans les écoles et les organisations communautaires où l'éducation des jeunes à la culture numérique est absente ou très limitée, on parlait souvent des limites ou des risques des espaces en ligne, plutôt que des possibilités qu'ils offrent. Il faut à tous les niveaux une éducation à la culture numérique complète et approfondie afin de dénormaliser la cyberviolence grâce à un programme qui nous aiderait à comprendre les aspects économiques, sociaux, politiques et éthiques de la culture numérique. Cela pourrait exiger que ce soit intégré dans toutes les disciplines et dans divers aspects de l'éducation.
Nous voyons parfois un écart entre la perception qu'ont les adultes de la façon dont les jeunes sont engagés dans la culture numérique et la réalité de ce que les jeunes vivent. Je m'inclus dans cela. Cet écart se traduit par des difficultés concernant la préparation de stratégies sensées aux yeux des jeunes, ainsi que la conception et la mise en oeuvre de politiques et de mesures législatives. Quand des jeunes s'intéressent à du contenu misogyne ou très sexualisé, c'est souvent à l'insu des chercheurs, des parents et des enseignants; parce qu'il s'agit de contenu controversé, c'est gardé privé ou secret. Quand des jeunes rencontrent des problèmes, ils vont souvent choisir de ne pas s'adresser à des adultes parce qu'ils craignent qu'on les blâme ou que les adultes interviennent d'une façon qui empirerait leur situation.
Les filles disent souvent qu'elles ressentent de la pression à cause de l'hypersexualisation de la culture en ligne. Nous sentons souvent que la misogynie s'intensifie beaucoup, et nous nous demandons pourquoi. L'une des choses que nous avons remarquées dans notre travail, c'est que les personnes qui sont vulnérables hors ligne semblent souvent aussi être vulnérables en ligne. Nous remarquons que les jeunes dont l'univers hors ligne est limité, qui risquent d'être sous-qualifiés et sous-employés, et qui sont confinés à leurs voisinages sont aussi confinés dans leur univers en ligne.
Par exemple, si vous allez constamment à du contenu en ligne qui reflète des normes très misogynes ou de la violence sexuelle, vous risquez de créer des bulles de filtres. Votre moteur de recherche vous donnera ce qu'il prévoit que vous voulez en fonction de vos clics antérieurs. Vous créez ainsi votre propre bulle qui exclut l'information ou les points de vue extérieurs qui ne vous intéressent pas particulièrement. Cela ne se fait pas que par algorithmes; il y a également vos choix particuliers, en ligne et hors ligne, et le pouvoir des pairs d'influencer le contenu que vous consommez et produisez.
Le problème, c'est que les bulles de filtres tendent à vous isoler des idées opposées et des points de vue extérieurs plus généraux, et que vous avez tendance à interagir avec les personnes et les communautés qui ont les mêmes intérêts que vous. Ils font écho à vos points de vue. Parfois, cela peut devenir intense, et une personne qui a une expérience de vie limitée aura tendance à penser que tout se limite à cela et qu'il n'y a pas d'autre issue.
Comment résoudre cela? Nous devons améliorer les compétences des personnes qui n'ont pas de culture numérique et travailler à utiliser la technologie pour aider les jeunes à rechercher consciemment des points de vue extérieurs variés et divergents, afin qu'ils puissent en venir à évaluer l'information d'un oeil critique. Quand je travaille avec des jeunes à risque que des adultes ont aidés à dénormaliser la cyberviolence fondée sur le sexe et à accéder à de l'information qui les intéresse pour l'évaluer d'un oeil critique, ils arrivent à mieux évoluer dans l'univers en ligne, mais en plus, ils participent à la conception de solutions. Ils discutent d'interventions comme l'approche du témoin, la façon de dénormaliser la cyberviolence fondée sur le sexe et la façon de soutenir les pairs qui subissent de la cyberviolence.
Je pense que nous devons éduquer l'industrie. Le changement est possible, si nous éduquons l'industrie sur les incidences des espaces qu'ils créent et si nous incluons les concepteurs dans les discussions sur les possibilités de conception et sur les conséquences d'ordre éthique des choix de conception. Je pense que nous devons penser à la direction que la technologie prend. Avec les nouvelles technologies, et la possibilité de nouvelles manifestations de cyberviolence, personne ne peut prédire où cela s'en va ou comment les gens vont s'adapter à cela. En raison de la réalité virtuelle qui évolue énormément et qui devient de plus en plus immersive et réaliste, nous pourrions nous retrouver devant de tout nouveaux défis en matière de cyberviolence fondée sur le sexe.
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CPC (ON)
That's fantastic.
To what degree do the RCMP education measures actually curb cyber-violence or bullying? If you're looking at that group of children between the ages of 13 and 18, do you actually have anything that shows any results or statistics on the positive effects? We see the increase in reporting, which is very positive, but do you see more discussion as well, among our youth saying “yes, this is an issue”?
C'est formidable.
Dans quelle mesure les efforts de sensibilisation de la GRC permettent-ils de réduire la cyberviolence ou la cyberintimidation? Si vous regardez les résultats pour les jeunes de 13 à 18 ans, avez-vous des indications quelconques ou des statistiques qui démontrent des résultats ou des effets positifs? Nous observons une augmentation du nombre de signalements, ce qui est positif, mais constatez-vous également que nos jeunes en discutent davantage et reconnaissent que c'est un problème?
Kimberly Taplin
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Kimberly Taplin
2016-09-26 16:21
We don't have any hard statistics on the impact of the education on cyber-violence. What we are finding is that these youth are talking about it; they are coming forward; and they're openly discussing it, so that's promising. They're working with us to create education and prevention initiatives that they feel will best educate similar youth of that age group.
Nous n'avons pas de statistiques précises sur les effets de la sensibilisation à l'égard de la cyberviolence. Nous constatons toutefois que les jeunes en discutent, se manifestent et en parlent ouvertement. C'est prometteur. Les jeunes travaillent avec nous à l'élaboration d'initiatives d'information et de prévention qui pourraient mieux aider, selon eux, à sensibiliser les jeunes de ce groupe d'âge.
Dee Dooley
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Dee Dooley
2016-09-21 16:45
Thank you.
Good afternoon, Madam Chair, honourable committee members, and my brilliant colleagues from the Battered Women's Support Services.
Thank you so much for this invitation to address the Standing Committee on the Status of Women and to discuss an issue that's both deeply personal and professionally concerning, that is, cyber-violence against women and girls.
I remember quite clearly the shift to online and social media-based communication and the rise of the Internet. When I was in sixth grade, ICQ and MSN Messenger became the norm in communication with friends and peers. As well, this opened up a whole new world of access. It also became a platform to widely share rumours, gossip, and hateful comments with such a large audience.
When I was in grade 10, LiveJournal rose in popularity. This platform allowed for increased expression through online journaling and blogging and a place to connect with people with similar interests across the globe, but it also opened the door to public bullying, increased judgment, and intimidation. In the first year of my undergraduate degree, Facebook was launched. Facebook offered a space to connect with peers, share photos, and keep in touch with friends in different places around the world, but Facebook continues to lead to increased breaches of privacy and the failure to take reports of harassment and violence seriously.
The Internet and social media present a very complicated landscape for young people to navigate. While advances in technology offer extended opportunities to engage with the world, a whole new realm of tools to perpetuate and cover up violence are at the fingertips of every single one of its users.
Cyber-violence and cyber-misogyny are pervasive issues in the technologically advanced culture we live in, but to be quite clear, the patriarchal surveillance of women and girls took place long before the Internet and social media facilitated its ease. Not only do women, trans people, and other marginalized genders live in fear in their homes, workplaces, public spaces, schools, and the institutions meant to protect them, educate them, heal them and deliver justice, now they—we—live in fear in cyberspace too.
Cyberspace is increasingly where people work, shop, connect with each other, play, and learn, and violence and oppression can and do happen there quite often. Much of the violence that happens online is sexualized and rooted in misogynistic gender norms, racism, ableism, homophobia, transphobia, classism, and colonial violence. Not surprisingly, cyber violence is often directed to and experienced specifically within the spaces that are created by these populations to speak out against and share their experiences of violence and oppression and social justice advocacy.
My understanding of cyber-violence and cyber-misogyny comes from my work as youth programs coordinator at YWCA Halifax and my involvement with YWCA Canada's Project Shift advisory team. Through this role, I manage Safety NET, a provincial strategy to address cyber-violence against young women and girls. We spoke to over 200 young people and 20 service providers across the province to learn directly from them what violence looks like when it happens online, how we can better support survivors of online violence, and how we can contribute to lasting systemic change.
In the aftermath of Saint Mary's University's rape chants going viral, Dalhousie school of dentistry's “Gentlemen's Club”, and the assault and subsequent death of Rehtaeh Parsons, cyber-violence is a particularly pressing issue for us to address in our region.
Although cyber-violence, particularly against women and girls, is a pervasive problem, it is not well understood by the general public, service providers, and policy-makers. I'm so pleased to share what we have learned from our Safety NET project and promising practices that can help prevent and address online gender-based violence as identified primarily by youth.
I will preface this by saying that radical ideas lead to radical change. To truly address online violence and all forms of gender-based violence, we need to work towards cultural shifts that will fundamentally change the way that we see and the value that is placed on women, trans people, and other marginalized genders.
We need a sustained and long-term investment and true engagement from all stakeholders, including a willingness to change systems that aren't working.
I feel so hopeful that we are on the right track with the federal strategy to address gender-based violence that was launched this summer, and through this committee's study on violence in the lives of women and girls.
Four key recommendations came through the Safety NET needs assessment:
The number one thing that was identified in the province was the need for youth-led cyber-violence education and community programming. This means truly valuing the experiences and perspectives of youth, and young women specifically, and centring these voices in community-based grassroots programming, as well as talking explicitly about the systemic issues that drive cyber-violence.
In my opinion, much of cyber-violence education is failing specifically because it does not do these things. Young people need the space to discuss and learn among themselves, and teach each other about staying safe online while still actively engaging in the culture and all it has to offer. Public education, awareness, and research about what cyber-violence is specifically, its prevalence, its impacts, and its consequences were also identified as key needs.
Both youth and community partners spoke of the need to work with key stakeholders, especially in justice and education, to develop trauma-informed systems of responses for survivors of cyber-violence. In particular, victim-blaming responses and reactions that advocate for simply disengaging from technology and social media should be avoided because they cause so much harm.
Last, governments and community organizations should work with social media and media-based outlets to develop guidelines and protocols that offer better protection for users. Sustained advocacy that develops buy-in from these companies is a necessary component to building safer online communities.
Again, many thanks for the invitation to engage in this conversation with you about cyber-violence. I look forward to our discussion, and I very much appreciate that online violence is being recognized in such a formal way as an inhibitor to equity for women and girls.
I will end my comments with the sentiment that while the Internet may be an instrument used to maintain and facilitate oppressive violence, it is also a tool that can help us fight against it and advocate for a safer and more empowering world for women and girls in all of their intersecting identities.
Thank you.
Merci.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, mes formidables collègues de Battered Women's Support Services.
Merci beaucoup pour votre invitation à témoigner devant le Comité permanent de la condition féminine et à discuter d'une question qui me concerne beaucoup sur les plans personnel et professionnel, la cyberviolence envers les femmes et les filles.
Je me rappelle très bien le début des communications en ligne et par les médias sociaux ainsi que l'avènement d'Internet. Quand j'étais en 6e année, ICQ et MSN Messenger sont devenus la norme dans les communications entre amis et jeunes du même âge. Ç'a aussi ouvert la porte d'un nouvel univers. C'est aussi devenu des plateformes permettant de répandre rumeurs, commérages et commentaires haineux dans un auditoire immense.
Quand j'étais en 10e année, la popularité de LiveJournal a augmenté. Cette plateforme permettait de s'exprimer davantage, grâce à l'écriture d'un journal en ligne, au blogage et à un site permettant de se mettre en rapport avec des personnes de partout dans le monde qui partageaient des intérêts semblables. Cependant elle a aussi ouvert la porte au harcèlement public, à la pression de l'opinion et à l'intimidation. Facebook a été lancé pendant ma première année d'études universitaires. Cet endroit qui permettait de se lier à ses semblables, d'échanger des photos et de rester en rapport avec des amis de différents endroits sur la Terre n'a pas empêché l'augmentation du nombre de violations de la vie privée et n'a pas conduit à prendre au sérieux les dénonciations du harcèlement et de la violence.
Internet et les médias sociaux constituent pour les jeunes qui veulent y naviguer un paysage très complexe. Alors que les percées de la technologie multiplient les possibilités de communiquer avec le monde, chacun de ses utilisateurs trouve à sa portée immédiate un ensemble tout à fait nouveau d'outils pour perpétuer et masquer la violence.
La cyberviolence et la cybermisogynie sont omniprésentes dans la culture technologique évoluée dans laquelle nous baignons, mais, disons-le, la surveillance patriarcale des femmes et des filles remonte bien avant qu'Internet et les médias sociaux ne l'aient facilitée. Non seulement les femmes, les transgenres et d'autres sexes marginalisés vivent-ils — vivons-nous en somme — dans la crainte chez eux, au travail, dans les espaces publics, les écoles et les institutions censées les protéger, les instruire, les soigner et leur dispenser la justice, mais, maintenant, c'est dans le cyberespace aussi.
Le cyberespace devient de plus en plus l'endroit où on travaille, fait des courses, entre en rapport les uns avec les autres, joue, apprend et, très souvent, il devient lieu de violence et d'oppression. Une grande partie de la violence qui se manifeste en ligne est sexualisée et enracinée dans des normes misogynes, le racisme, le capacitisme, l'homophobie, la transphobie, le classisme et la violence coloniale. Comme on pouvait s'y attendre, elle vise souvent les lieux créés par ces tranches de la population pour parler contre la violence et l'oppression, relater leurs expériences en la matière et préconiser la justice sociale et elle s'y manifeste souvent.
Je tire ma compréhension de la cyberviolence et de la cybermisogynie de mon travail de coordonnatrice des programmes jeunesse au YWCA Halifax et de ma participation à l'équipe de conseillers du Projet déclic de YWCA Canada. Dans ce rôle, je gère Safety NET, une stratégie de ma province visant à combattre la cyberviolence envers les jeunes femmes et les filles. Nous avons parlé à plus de 200 jeunes et à 20 fournisseurs de services de la province pour apprendre directement d'eux à quoi ressemble la violence en ligne et comment mieux aider celles qui y survivent et contribuer à un changement systémique durable.
Après que les chants appelant au viol par des étudiants de l'Université Saint Mary's sont devenus viraux, après l'affaire du Gentlemen's Club de l'école de dentisterie Dalhousie et après l'agression et la mort de Rehtaeh Parsons, la cyberviolence est devenue pour notre région un sujet à régler particulièrement urgent.
Même si la cyberviolence, particulièrement contre les femmes et les filles, est omniprésente, elle est mal comprise du grand public, des fournisseurs de services et des décideurs. Je suis si heureuse de vous communiquer ce que nous avons appris grâce à notre projet Safety NET et de vous communiquer des pratiques prometteuses, trouvées principalement par les jeunes, qui peuvent aider à prévenir et à réprimer la violence sexuelle en ligne.
Mais avant, je veux vous dire que les idées radicales mènent à des changements radicaux. Pour vraiment combattre la violence en ligne et toutes les formes de violence sexuelle, nous devons parvenir à des transformations culturelles qui changeront notre perception des femmes, des transgenres et des autres sexes marginalisés et la valeur que nous leur accordons.
Nous avons besoin d'un investissement durable et d'un véritable engagement de la part de toutes les parties prenantes, y compris de leur volonté de changer les systèmes inefficaces.
J'ai tellement bon espoir que nous sommes sur la bonne voie grâce à la stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe qui a été lancée cet été et grâce à votre étude sur la violence dans la vie des femmes et des filles.
L'évaluation des besoins grâce à la stratégie Safety NET a débouché sur quatre recommandations principales:
Dans la province, le premier besoin reconnu a été celui d'une éducation sur la cyberviolence qui serait animée par des jeunes et celui de programmes communautaires. Ça signifie de vraiment valoriser les expériences et les points de vue des jeunes, des jeunes femmes plus précisément, et de canaliser leurs voix dans des programmes communautaires de base, de même que de parler explicitement des problèmes systémiques qui nourrissent la cyberviolence.
D'après moi, une grande partie de l'éducation sur la cyberviolence échoue précisément parce qu'elle omet ces actions. Les jeunes ont besoin d'espace pour discuter, apprendre entre eux et s'enseigner mutuellement les moyens de se protéger en ligne tout en accédant activement à la culture et à tout ce qu'elle offre. L'éducation du public, sa sensibilisation et la recherche sur la nature précise de la cyberviolence, sa fréquence, ses conséquences et ses effets ont aussi été reconnus comme des besoins importants.
Les jeunes et les partenaires dans la communauté ont parlé de la nécessité de collaborer avec des joueurs clés, particulièrement dans le domaine de la justice et de l'éducation, pour mettre sur pied, pour les survivantes de la cyberviolence, des systèmes de réponse adaptés aux traumatismes subis. Il faudrait notamment éviter les réactions de blâme à l'endroit des victimes et celles qui préconisent simplement de décrocher de la technologie et des médias sociaux. Elles sont tellement nocives.
Enfin, les gouvernements et les organisations communautaires devraient collaborer avec les médias sociaux et les organismes axés sur les médias à l'élaboration de lignes directrices et de protocoles offrant une meilleure protection aux usagers. Une activité soutenue permettant d'obtenir l'adhésion de ces compagnies est un élément nécessaire de la mise en place d'une sécurité plus grande en ligne.
Encore une fois, je vous remercie de l'invitation que vous m'avez lancée de participer à votre examen de la cyberviolence. J'ai hâte de me mêler à la discussion et je vous sais gré de reconnaître ainsi officiellement le fait que la violence en ligne entrave l'équité pour les femmes et les filles.
Je conclus mes observations avec le sentiment que si Internet peut maintenir et faciliter l'oppression et la violence, c'est en même temps le remède qui peut nous aider à les combattre et à militer pour un monde plus sûr, plus stimulant pour les femmes et les filles dans toutes leurs identités croisées.
Merci.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Thank you.
To our friend in Halifax, Ms. Dooley, I wonder if you could share what tactics you recommend for moderating or mitigating cyber-violence towards young women and girls. When we as a committee are looking at what tactics we could use, do you have any suggestions for us that you've seen work well?
Merci.
Madame Dooley, notre amie de Halifax, je me demande si vous pouvez nous indiquer les tactiques que vous recommandez pour réduire la cyberviolence envers les jeunes femmes et les filles. Notre Comité est à la recherche de tactiques utiles. En avez-vous à nous proposer, dont vous avez constaté l'efficacité?
Dee Dooley
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Dee Dooley
2016-09-21 16:55
As I mentioned before, the number one thing that came directly from youth recommendations is the need for community-based education. At least in Nova Scotia, there is curriculum that addresses cyber-violence, but a community-based approach is something that they identify as really necessary for their learning. I think creating a safe space that's free of shame is really important. So much of the education that they're receiving around cyber-violence is telling them not to engage with social media and that their behaviours are the problem. I think it's really important to address that the problem is systemic and it's not individual.
I think the root causes need to be addressed. I think this government has done an amazing job on that. I had the privilege of attending some of the consultations this summer, and I think there's a real effort to address the systemic causes of violence. I think that would be a really important tactic. I think long-term and sustainable funding is another thing. As someone who is writing a lot of grant applications for our organization and working with a lot of community partners in similar situations, I know that long-term and sustainable funding is a huge issue.
Our Safety NET project is a two-year project through which we're able to address that issue for a limited time, but what happens after that? Unless we're able to find more funding, we're leaving the youth we're supporting without access to community supports after the project is done.
I think those two things are key issues that many not-for-profits struggle with, not just related to cyber-violence but in all forms of their work addressing oppression.
Comme je l'ai dit, le premier besoin directement cerné grâce aux recommandations des jeunes est celui d'une éducation communautaire. En Nouvelle-Écosse du moins, un cours porte sur la cyberviolence, mais une approche communautaire est perçue par eux comme vraiment nécessaire à leur apprentissage. Je pense qu'il importe vraiment de mettre en place un endroit sûr, à l'abri de la honte. Une grande partie de l'éducation qu'ils reçoivent sur la cyberviolence les prévient de ne pas fréquenter les médias sociaux et attribue le problème à leurs comportements. Il importe vraiment de s'apercevoir que le problème est systémique, qu'il n'est pas individuel.
Il faut s'attaquer aux causes premières. Le gouvernement a accompli un travail formidable à cet égard. J'ai eu le privilège de participer à certaines des consultations, cet été, et je pense qu'on déploie un véritable effort pour s'attaquer aux causes systémiques de la violence. Ce serait une tactique vraiment importante. Le financement doit être durable. Je rédige beaucoup de demandes de subventions pour notre organisation et je collabore avec beaucoup de partenaires communautaires qui se trouvent dans des situations semblables. Je sais donc que le financement durable est un enjeu important.
Notre projet biennal Safety NET nous a permis de nous attaquer pendant un certain temps à ce problème. Mais qu'arrive-t-il ensuite? À moins de trouver d'autres sources de financement, nos jeunes protégés se retrouvent privés d'accès à l'aide communautaire à la fin du projet.
Voilà donc deux enjeux importants pour lesquels beaucoup d'organismes sans but lucratif se démènent, pas seulement ceux qui combattent la cyberviolence, mais toutes les formes d'oppression.
View Karen Ludwig Profile
Lib. (NB)
Thank you all for an excellent presentation including the ones that we had earlier. Altogether, this is certainly very comprehensive.
Ms. Dooley, my first question is to you. You talked about the systemic challenges around cyber-bullying. I identified three areas and maybe you can help me see if I am heading in the right direction. One is school policies. We tend to have school policies that are one size fits all. If a student comes forward to report cyber-bullying or bullying in the classroom, there is generally one way that the school is accountable and responsible for responding.
Two, you had mentioned curriculum and certainly again, that is typically centralized and not individualized curriculum.
The last area is one I would like to discuss with all of you, and that is budgeting. I know it really doesn't seem to fit in. I'm wondering whether you see that often it is easy to get a line put into a budget for technology in a school curriculum, which I know from being in education for almost twenty-five years, whereas there is no money or very little money put in for mental health or for the general health of students.
I'm wondering if Ms. Dooley could respond to that first, followed by her colleagues here.
Je vous remercie toutes pour vos excellents exposés, y compris les premiers témoins. Ensemble, ils permettent certainement de faire le tour de la question.
Madame Dooley, vous avez parlé des difficultés systémiques touchant la cyberintimidation. J'ai dressé la liste de trois sujets de préoccupation, et peut-être pouvez-vous m'aider à voir si je prends la bonne direction. L'un des sujets est les politiques scolaires, plutôt uniformes pour tous. Si un élève signale un cas de cyberintimidation ou d'intimidation dans la classe, l'école est en général tenue de réagir d'une façon et elle doit en répondre.
Deuxièmement, vous avez parlé de cours et encore une fois, c'est certain, c'est ordinairement un cours centralisé et non individualisé.
Troisièmement, et je voudrais en discuter avec vous toutes, les budgets. Je sais que ça ne cadre pas vraiment avec le sujet. Je me demande si vous constatez qu'il est souvent facile de créer un poste budgétaire pour la technologie dans un cours scolaire, et je le sais parce que j'ai fait partie du milieu de l'éducation pendant près de 25 ans, tandis qu'il y a très peu d'argent sinon pas du tout pour la santé mentale ou la santé générale des élèves.
Je me demande si Mme Dooley peut répondre la première, puis ses consoeurs ici présentes.
Dee Dooley
View Dee Dooley Profile
Dee Dooley
2016-09-21 16:58
Thank you for bringing that up. I think budgeting is actually very closely connected to all of the work we're doing, and I think it has to do with priorities. When policy is being developed and implemented, what are the priorities? Why is allocating funding for technology more important than funding for mental health supports? I think we need to be engaging in a conversation with all the people who are involved, particularly youth. They'll be the first to tell me and you what they need, and I think that, again, that has to do with priorities and with listening to the people who are directly impacted, students in schools and youth who are without the supports they need.
Je vous remercie de soulever cette question. L'établissement de budgets est reliée très étroitement à tout notre travail et je pense qu'il concerne les priorités. Quand la politique est élaborée et appliquée, quelles sont les priorités? Pourquoi l'affectation de fonds à la technologie est-elle plus importante que le financement de moyens pour favoriser la santé mentale? Je pense que nous devons entamer une discussion avec toutes les parties prenantes, particulièrement les jeunes. Ils seront les premiers à m'exposer, à vous exposer leurs besoins. Encore une fois, ça concerne les priorités et l'écoute des personnes directement touchées, les écoliers et les jeunes privés des appuis nécessaires.
View Sheila Malcolmson Profile
NDP (BC)
Thanks, Chair.
Thanks to both of your organizations on the coasts. You're doing amazing work on the ground that we're really going to benefit from. I applaud, too, your participation in the “Blueprint for Canada’s National Action Plan on Violence Against Women and Girls”.There''s a strong New Democratic Party commitment to push for a national approach.
I'll ask either of you about the underlying causes of violence, which in this case is expressed as cyber-misogyny. I'm interested in your perspective on the network of supports across the whole country, those that get at the root causes of violence—poverty, affordable housing, and so on—as well as the responses, which tend to be provincial. How can we tie those together in the absence of a national approach?
Merci, madame la présidente.
Merci à vos deux organisations, des côtes est et ouest. Vous faites du très beau travail sur le terrain, dont nous allons vraiment profiter. J'applaudis aussi à votre participation au projet de Plan d'action national du Canada sur la violence faite aux femmes et aux filles. Le Nouveau Parti démocratique s'est fortement engagé à faire pression pour faire adopter une approche nationale.
Je vais vous demander à vous deux de nommer les causes sous-jacentes de la violence, qui, dans ce cas, s'exprime par la cybermisogynie. Je suis désireuse de connaître votre point de vue sur le réseau d'appuis dans l'ensemble du pays, ceux qui s'attaquent aux causes premières de la violence — pauvreté, logements abordables, et ainsi de suite — de même qu'aux réponses qui tendent à être données par les provinces. Comment pouvons-nous harmoniser ces réponses en l'absence d'approche nationale?
Dee Dooley
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Dee Dooley
2016-09-21 17:09
Something I learned this summer through my presence at the consultations on gender-based violence is that there are eight to ten ministries, whether federal or provincial, that include addressing violence against women in their mandate, but there's never an opportunity for them to come together. I think that is a key action that needs to happen. I think that working together and making sure that individuals, communities, and organizations aren't falling through the cracks in terms of the services that they're offering is really important.
I also think, as I've mentioned, that addressing the root causes of violence is vital to our strategies for moving forward. I think that the women's movement and women's organizations have been at the forefront of this work for decades. At least in Halifax and Nova Scotia, there's a strong network of women's organizations working together with limited funding and limited resources, but we're still making sure the work is happening, and we're pushing the agenda to be able to address the root causes of systemic violence within both our provincial and our federal work. I think those two things are going to move that forward.
Cet été, en assistant aux consultations sur la violence fondée sur le sexe, j'ai appris que les 8 ou 10 ministres, fédéral ou des provinces, dont le mandat comprend la lutte contre la violence envers les femmes, n'ont jamais la chance de se réunir. Je pense qu'il faut favoriser cette chose indispensable. Il importe vraiment de collaborer et de veiller à ce que les services offerts n'oublient personne, aucune communauté ni aucune organisation.
Comme je l'ai dit, il est indispensable de s'attaquer aux causes premières de la violence, pour que nos stratégies aillent de l'avant. Le mouvement féministe et les organisations féministes ont été sur la première ligne de ce travail pendant des décennies. À Halifax et en Nouvelle-Écosse, du moins, il existe un réseau solide d'organisations féminines qui collaborent entre elles avec peu de fonds et de ressources, mais nous veillons à conserver l'élan et nous faisons avancer le dossier pour être en mesure de nous attaquer aux causes premières de la violence systémique dans le cadre de notre travail auprès des provinces et de l'État fédéral. Je pense que ce sera efficace sur les deux plans.
Angela MacDougall
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Angela MacDougall
2016-09-21 17:10
Just to echo Ms. Dooley's comments, in Vancouver and in the province of British Columbia, we have a vibrant network of women's organizations as well as community-based organizations that are doing victims service work, and we are also often working across provinces. The web is there. I think we need a national strategy, or work towards a national strategy, in order to continue leveraging these vibrant networks that exist already, and to create opportunities for us to share our promising practices and to share our approaches. The organizations we network with are doing all kinds of incredible change-making work, in training, service provision, and systemic and legal advocacy, and amazing things are happening.
We have the solutions, actually, operating right now. We just need to find ways to scale those up, which, at the end of the day, means trusting the women's organizations that have been doing the work for over 40 years, and using all of us as a resource in such a way that we will both work individually and network and build those networks to be very strong.
We have the solutions. We are doing them in amazing ways already. We need the support to scale those.
Simplement pour rejoindre la position de Mme Dooley, nous avons, à Vancouver et en Colombie-Britannique un réseau dynamique d'organisations féminines et communautaires qui fournissent des services aux victimes et, souvent, nous travaillons dans plusieurs provinces. La Toile y est. Je pense que nous avons besoin d'une stratégie nationale ou d'oeuvrer à la création d'une stratégie nationale pour continuer à démultiplier la capacité des réseaux dynamiques qui existent déjà et créer des occasions pour nous de faire connaître nos pratiques prometteuses et nos méthodes. Les organisations de notre réseau provoquent toutes sortes de changements incroyables en matière de formation, de prestation de services et de défense des victimes sur le plan systémique et juridique. Le résultat, ensuite, est étonnant.
Nos solutions donnent actuellement des résultats. Nous avons seulement besoin de trouver des façons de les extrapoler à une plus grande échelle, ce qui, en fin de compte, signifie de faire confiance aux organisations féminines qui font le travail depuis plus de 40 ans et de se servir de nous toutes comme d'une ressource pour, grâce au travail individuel et au réseautage, renforcer considérablement ces réseaux.
Nous connaissons les solutions. Nous les appliquons déjà de manière étonnante. Nous avons besoin d'appuyer leur extrapolation.
Nathalie Duhamel
View Nathalie Duhamel Profile
Nathalie Duhamel
2015-01-29 11:33
Thank you, Madam Chair.
Good morning, everyone. I would like to thank the committee for this invitation.
I will make a brief presentation about the Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel—or RQCALACS—and then focus on best practices. I would like to mention that I can answer your questions in French and English.
The Regroupement québécois des CALACS was established in 1979 and has 27 members in 16 different regions of Quebec.
We are involved in providing assistance and prevention among young people and the public through outreach activities. We provide information to the media, do research and are involved as representatives with governments. Our main concerns are the cross-sectional approach of discrimination, hypersexualization of the public space, the trivialization of sexual violence, prostitution and sexual violence on the Internet.
I will now address the issue of best practices. I would like to underscore the fact that the 27 CALACS members in our organization are themselves preventative measures for sexual violence and are examples of best practices. We provide an alternative to the legal system because we know that 75% of women do not file complaints. So it is essential to provide them with services that are rooted in their community that can provide them and their families with assistance.
The CALACS provide individual and group assistance services. They also provide accompanying services and can even accompany a woman through the legal system, if that is what she decides.
These centres came out of the women's movement in the 1970s. They developed a feminist approach to intervention that aims to give the power back to women. These centres view sexual violence as an act rooted in the inequality between men and women. They helped to broaden the definition of sexual violence. Now, this definition doesn't include just rape, but also sexual harassment, incest, online luring, sexual exploitation for the purpose of prostitution, pornography and sex trafficking.
However, I must point out to the committee that the CALACS are still in dire need of funding and that a few additional human resources would help us better respond to the demand, to prevent long wait times before women can get assistance and to eventually develop services in northern Quebec.
I would like to mention our second best practice. The CALACS work with young people in schools through sexual assault prevention programs. We talk about sexuality, power relationships, consent and hypersexualization.
We also work with the general public in local communities through lectures and public activities. We organize a day of action against sexual violence against women that is held every year on the third Friday in September.
In terms of other best practices, we have also developed training on preventing sexual violence against seniors. We have also created a guide for responding to hypersexualization. At the moment, we are working on developing best practices for cybercrime.
In addition to direct services and prevention activities, the CALACS have developed what we call a cross-sectional approach to better include aboriginal women, disabled women, immigrant women and women refugees to better take into account their unique circumstances and their vulnerability to sexual assaults. This project includes providing training to our members, but it is also open to other people. We can tell you today that four CALACS have developed expertise for working with aboriginal women.
This year, a contribution from Status of Women Canada has enabled us to create a francophone community of practice dealing with sexual violence that brings together organizations working in Quebec, Ontario and New Brunswick.
The purpose of the project is to create a virtual library of programs, projects and activities to ensure better sharing. The project also aims to provide a forum for discussing various concerns. We think this community of practices will have an impact on the ability of participant resources to intervene better.
In terms of promising practices for prevention, I would like to mention that Regroupement québécois des CALACS has made it possible to create the Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle, or CLES, which has done a significant amount of work on making legislative progress on prostitution in Canada.
The Regroupement québécois des CALACS is also involved in various research projects at the university level. We mention this as a best practice because it is essential. We are currently working with academics to focus on trafficking and sexual exploitation, which enables us to train 45 trainers who, in turn, provide this training to others.
We also have a research project that deals with the cross-sectional approach. We are also doing research that aims to document sexual violence in universities. We have seen this issue of sexual violence in universities on the rise recently in Canada. We are looking at the need to adjust institutional approaches to this problem.
We are also doing research on equipping the CALACS with a shared program on working with youth. Lastly, we are doing research on improving our data collection system to create a better profile of the women who use our services.
In recent months, during the “been raped, never reported” campaign, we have seen that many women need to talk about what has happened to them. It's an important step forward, but the current media treatment of sexual assaults must be better so that the effort the women are making to talk about what has happened to them does not fall on deaf ears.
We would like the government to invest in a sexual assault awareness campaign. We find that there is a gap in this respect. The government raises awareness about smoking and drunk driving, but there isn't enough discussion about violence against women. The government could explain what exactly sexual assault is and what constitutes consent. Our goal is to fight against the myths and bias to change people's thinking in the long term.
NGOs alone cannot invest in campaigns like this, which are very expensive. We would like to have men speak out during these campaigns, which should be rolled out on television, radio and on social media, as well as in print.
We can't just rely on social media or traditional media to boost awareness about sexual violence against women. We have to be able to reach out to a large audience. We absolutely must respond to the needs of women who spoke out during the “been raped, never reported” campaign. We must do so in a way that makes it possible to reach women in the regions who are not necessarily on Twitter. We must increase our support of prevention and public awareness activities.
Thank you.
Je vous remercie, madame la présidente.
Bonjour à toutes et à tous. Je remercie le comité de cette invitation.
Je vais faire une brève présentation sur le Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel — ou CALACS — et, par la suite, cibler les meilleures pratiques. Je tiens à vous dire d'emblée que je pourrai répondre aux questions tant en anglais qu'en français.
Le Regroupement québécois des CALACS existe depuis 1979 et compte 27 membres dans 16 différentes régions du Québec.
Nous intervenons en relation d'aide et en prévention auprès des jeunes et du public par la voie d'activités de sensibilisation. Nous faisons des interventions auprès des médias, de la recherche et de la représentation auprès des gouvernements. Nos grandes préoccupations sont l'intersectionnalité des discriminations, l'hypersexualisation de l'espace public, la banalisation de la violence sexuelle, la question de la prostitution et la violence sexuelle sur Internet.
Je vais maintenant aborder la question des meilleures pratiques. Je voudrais insister sur le fait que les 27 CALACS membres de notre organisme constituent en soi des mesures de prévention de la violence sexuelle et des meilleures pratiques. Nous nous inscrivons comme une alternative au système judiciaire, parce que nous savons que 75 % des femmes ne portent pas plainte. Il est donc essentiel de leur fournir des services bien ancrés dans leur communauté qui leur viendront en aide, à elles et à leurs proches.
Les CALACS offrent des services d'aide individuels et en groupe. Ils offrent aussi de l'accompagnement qui peut aller jusqu'à un accompagnement judiciaire, si la femme le décide.
Ces centres sont nés dans la foulée du mouvement des femmes des années 1970. Ils ont développé une approche d'intervention féministe qui vise la reprise de pouvoir par les femmes. Ils voient la violence sexuelle comme un acte qui prend sa source dans l'inégalité entre les hommes et les femmes. Ils ont contribué à l'élargissement de la définition de la violence sexuelle. Maintenant, cette définition comprend non seulement le viol, mais également le harcèlement sexuel, l'inceste, la cyberprédation, l'exploitation sexuelle à des fins de prostitution, de pornographie et de trafic sexuel.
Je dois cependant signaler au comité que les CALACS ont toujours un grand besoin de financement et que quelques ressources humaines supplémentaires nous permettraient de mieux répondre à la demande, d'éviter que les femmes subissent des périodes d'attente avant d'être prises en charge et de développer éventuellement des services dans le Nord du Québec.
Comme deuxième meilleure pratique, je voudrais souligner que les CALACS interviennent auprès des jeunes dans les écoles au moyen de programmes de prévention des agressions sexuelles. On y parle de sexualité, de rapports de pouvoir, de consentement et d'hypersexualisation.
Nous intervenons également auprès du grand public dans les communautés locales par l'entremise de conférences et d'activités publiques. Chaque année, nous organisons une Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes. Cette journée se tient le troisième vendredi de septembre.
En ce qui a trait à une autre meilleure pratique, nous voulons souligner le fait que nous avons mis sur pied une formation sur la prévention de la violence sexuelle envers les personnes âgées. Nous avons également élaboré un guide d'intervention sur l'hypersexualisation. En ce moment, nous travaillons à développer des meilleures pratiques en matière de cybercriminalité.
En plus des services directs et des activités de prévention, les CALACS ont développé ce qu'on appelle l'approche intersectionnelle pour mieux inclure les femmes autochtones, les femmes handicapées et les femmes immigrantes et réfugiées de façon à mieux tenir compte de leur réalité particulière et de leur vulnérabilité aux agressions sexuelles. Ce projet comprend la prestation de la formation de nos membres, mais il est également ouvert à d'autres personnes. Nous pouvons dire aujourd'hui que quatre CALACS ont développé une expertise auprès des femmes autochtones
Cette année, grâce à une contribution de Condition féminine Canada, nous avons créé une communauté de pratiques francophone touchant la violence sexuelle, qui regroupe les organismes intervenant au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.
Le projet prévoit la constitution d'une bibliothèque virtuelle qui regroupera les programmes, les projets et les activités en vue de permettre un meilleur partage. Le projet vise également à tenir des forums de discussion sur diverses préoccupations. Nous pensons que cette communauté de pratiques aura une incidence sur la capacité des ressources participantes à mieux intervenir.
En ce qui concerne les pratiques prometteuses de prévention, soulignons le fait que le Regroupement québécois des CALACS a permis la création de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle — la CLES —, qui a fait un énorme travail quant au progrès législatif au Canada au sujet de la question de la prostitution.
Le Regroupement québécois des CALACS participe également à plusieurs recherches dans le milieu universitaire. Nous le soulignons comme meilleure pratique parce que c'est essentiel. Nous nous penchons présentement avec des universitaires sur la traite et l'exploitation sexuelle, ce qui nous permet de former 45 formatrices qui, à leur tour, dissémineront cette formation dans d'autres milieux.
Nous avons également un projet de recherche sur la question de l'intersectionnalité. Nous menons une recherche qui vise à documenter la violence sexuelle dans les milieux universitaires. Récemment, nous avons vu surgir, un peu partout au Canada, la question liée à la violence sexuelle en milieu universitaire. Nous faisons face à la nécessité d'ajuster les pratiques institutionnelles en la matière.
Nous menons une recherche qui vise à doter les CALACS d'un programme commun en matière d'intervention auprès des jeunes. Enfin, une dernière recherche vise à améliorer notre système de cueillette de données pour en arriver à dresser un meilleur profil des femmes faisant appel aux services des CALACS.
Au cours des derniers mois, nous avons vu, lors de la campagne « Been raped, never reported/Agression non dénoncée », que beaucoup de femmes ont besoin de parler de ce qui leur est arrivé. C'est une avancée importante, mais le traitement médiatique des agressions sexuelles actuel doit être plus grand afin que l'effort que font les femmes pour parler de ce qui leur est arrivé ne soit pas vain.
Nous souhaitons que le gouvernement investisse dans une campagne de sensibilisation sur les agressions sexuelles. Nous trouvons qu'il y a une lacune à cet égard. On sensibilise les gens à l'alcool au volant et au tabagisme, mais on ne parle pas suffisamment de la violence sexuelle envers les femmes. On pourrait expliquer ce qu'est une agression sexuelle et ce qu'est un consentement. Notre objectif est de lutter contre les mythes et les préjugés dans le but de faire changer les mentalités à long terme.
À elle seules, les ONG ne peuvent pas investir dans de telles campagnes, qui sont tout de même très coûteuses. Nous voudrions que les hommes prennent la parole dans ces campagnes. Ces dernières devraient être déployées tant à la télévision, à la radio et dans les médias sociaux qu'au moyen de matériel imprimé.
On ne peut pas uniquement compter sur les médias sociaux ou les médias traditionnels pour faire progresser la sensibilisation à la violence sexuelle envers les femmes. On doit pouvoir en parler dans un contexte qui vise un large public. On doit absolument répondre aux besoins des femmes qui se sont exprimées dans la campagne « Been raped, never reported/Agression non dénoncée ». On doit le faire d'une façon qui permette de rejoindre les femmes en région qui ne sont pas nécessairement sur Twitter. On doit soutenir davantage les activités de prévention et de sensibilisation du public.
Je vous remercie.
View Pierre Jacob Profile
NDP (QC)
Thank you. You also mentioned the importance of education and of restorative justice. Could you talk to me about the importance of prevention as well?
Je vous remercie. Vous avez également parlé de l'importance de l'éducation et de la justice réparatrice. J'aimerais que vous me parliez également de l'importance de la prévention.
Marlene Deboisbriand
View Marlene Deboisbriand Profile
Marlene Deboisbriand
2014-05-06 12:34
I talked about that with one of your committee colleagues just now. In terms of cyberbullying, we are doing a lot of work with kids who have been victims of it. But we are also working with kids who are doing the bullying themselves. In order to prevent it and to stop it from happening again, it is important to work with the bullies too.
Things are changing quickly. We are seeing a lot of cyberbullying among girls. Often people think that it is a phenomenon among boys, but it does not just affect boys. Girls are not just victims of bullying, they are bullies too. More and more, we are working with girls as well as boys, basically.
For us, education is, of course, directed at the young people themselves. However, an element of the education is for the parents and families of those young people. We are often working in areas with lots of newcomers. The parents are not always as technologically advanced as their children are. So it is important to do a lot of work with everyone around those young people so that they understand the consequences of bullying, their actions, sharing photos, and so on.
So our approach to education involves everyone around the young people, including the young people themselves.
J'en ai parlé tout à l'heure avec un de vos collègues du comité. Dans le contexte de la cyberintimidation, on travaille beaucoup avec les jeunes qui en sont victimes, mais on travaille aussi avec les jeunes qui font eux-mêmes de l'intimidation. Pour pouvoir prévenir et pour que ça n'arrive pas à nouveau, il est important de travailler aussi avec celui ou celle qui fait de l'intimidation.
Les tendances changent rapidement. On voit beaucoup de cyberintimidation chez les jeunes filles. Souvent, on pense que c'est un phénomène de jeunes garçons, mais ce n'est pas qu'un phénomène de jeunes garçons. Les jeunes filles ne sont pas juste victimes d'intimidation, elles-mêmes font de l'intimidation. En somme, on travaille de plus en plus autant avec les filles que les garçons.
Pour nous, l'éducation c'est, naturellement, celle à l'endroit des jeunes eux-mêmes. Cependant, il y a aussi un élément d'éducation à l'endroit des parents et des familles de ces jeunes. Souvent, on travaille dans des quartiers où il y a beaucoup de nouveaux arrivants. Les parents ne sont pas nécessairement aussi avancés au plan technologique que le sont leurs enfants. Ainsi, il est important de bien travailler avec l'ensemble des gens qui entourent ces jeunes pour qu'ils comprennent bien les conséquences de l'intimidation, des gestes posés, du transfert de photos, etc.
Donc, notre approche relative à l'éducation passe par l'entourage du jeune et inclut le jeune.
View Peter Van Loan Profile
CPC (ON)
Thank you very much, Mr. Chairman, for the invitation to appear before this committee to assist with your deliberations on Bill C-34.
I have with me today, as you heard from the chair, Mary Campbell, who is the director general of the corrections and criminal justice directorate at the public safety department.
The Bill before you today is important. It fulfils the commitment I believe all of us share to protect the safety and security of Canadians and in particular to protect the safety and security of Canada's most valuable asset — our youth.
This is the type of important work that all of us who undertake to become elected officials would like to see us working on. We want to make a difference in people's lives, to make sure that men, women, and children who we represent are safe and secure in their day-to-day lives. That's exactly what this kind of bill does.
The bill introduces much needed reform to strengthen the National Sex Offender Registry and the DNA Databank. It is based on extensive consultations with law enforcement officials, provincial and territorial officials and victims' rights organizations.
We do have, in dealing with this legislation, the opportunity to benefit from the track record of the existing registry, of course, and the track records of registries in various provinces.
In particular, I look at my province of Ontario, where David Turnbull, the Solicitor General, brought in a sex offender registry well before the federal one, and it in fact includes some of the changes we are proposing here, including mandatory inclusion. That has worked well in practice, so that gives us an opportunity to have seen some of these provisions in practice. That helps us out in our considerations even though, of course, that registry predates the federal registry.
I know we can work together here in a spirit of cooperation and common purpose to make sure that the registry is truly an effective tool for the police in investigating and preventing serious sexual crimes. That's what the amendments in front of us seek to do. As honourable members of the committee are aware, the sex offender identification registry act proposes several fundamental reforms to the present legislation.
These include, firstly, the automatic inclusion in the registry of all individuals found guilty of sex offences. Right now, as you know, it's necessary for a judge to order, on application by the crown, the inclusion of someone into the registry.
There may be debates about the range of numbers of those who are not included, but what is indisputable is that a significant number of people are not included. There are different reasons for that. Sometimes it's the result of a plea bargain. Often, we're told, it's simply a question of oversight. Busy crowns who are working through their stacks of files on a particular day omit, or forget, or don't think about the notion of actually asking for inclusion when they get the order from the judge.
That is something that would be addressed. As I said, it would be as it is in the Ontario legislation, where inclusion is automatic with conviction, so that problem will be solved with this legislation.
Another element is that mandatory DNA sampling will occur for convicted sex offenders who receive an automatic order to register on the national sex offender registry.
Another area is one that police and victims groups have asked for, and that is to permit the proactive use of the registry by the police to prevent, not just investigate, sexual offences.
Some of you know that there is a substantial element in the community out there that lobbies me, and perhaps many of you, on the notion that the sex offender registry should also include public access, not just police access. I have determined and the government has determined that this is perhaps not wise.
We believe the current protections, which leave the decision on the public release of information up to local police in those circumstances, are the appropriate approach. So we are not proposing that change, although some have asked for it.
As for the registration of offenders returning to Canada under the International Transfer of Offenders Act, we are now going to have it result in automatic registration if they are convicted abroad of sex offences and are returning to Canada at the end of their sentence or to complete their sentence in Canada. In either context, if they are returning, we're going to capture them.
The problem is, of course, that right now this is not the case. As we know with the changes in the world, some countries have a higher incidence of child sex offences. We're seeing child sex industries abroad. We're seeing increased tourism for that purpose. Some think they can escape the consequences of committing those kinds of offences abroad. We want to make sure that those consequences aren't escaped here and that the community is protected from people who represent that kind of risk.
In terms of the transfer, the legislation proposes that their inclusion would be automatic. It can be automatic because a decision on the transfer of an offender is one that is made by the Minister of Public Safety. That decision is obviously one that has a record, so there can be effective automatic inclusion.
The more challenging scenario is, of course, that of someone who is never transferred and never seeks a transfer, someone who completes their sentence in another country and who has a conviction that we may not even know about. Of course, the answer in this legislation is to create a requirement that they register and an offence for failure to register on their return to Canada. Obviously this will not be 100% foolproof, but it certainly creates a law that must be complied with, just like any other law, and it creates an opportunity to prosecute those individuals who don't comply.
Internationally, we have very good information-sharing with many of our partners in law enforcement, like Interpol and others. There is a vast degree of information-sharing that will help police to enforce this law if it comes into force. Certainly, I know that law enforcement is very supportive of this amendment.
An additional change that's being proposed is in the same vein but reciprocal: to require police notification to foreign or other Canadian police jurisdictions when high-risk registered sex offenders are travelling to another area. This speaks to our concern about sex tourism. Someone who's convicted here may decide to travel to another location to engage in the same unacceptable behaviour. This will create an obligation and an opportunity to protect young people abroad. We should be concerned not just with the consequences here in Canada, but also with the welfare of young people throughout the world.
Amendments to the National Defence Act are also included to ensure that the reforms apply to the military justice system, to those who are convicted of sex offences at court martial.
I believe the bill before us sends a strong message to all Canadians that their voices are being heard. Canadians want individuals who are found guilty of crimes to serve a sentence that reflects the severity of those crimes. They want to know that individuals who are guilty of serious sex crimes are properly identified in the community, because they realize that knowledge affords protection. It's important for the police to have all the tools they need to assist in assuring the community is protected. They know it's not enough to investigate crimes after they happen—they want to be able to assure community protection.
This will give Canadians a greater sense of safety in their homes, their streets, and their communities. They want to know that somebody is making an effort to keep their children safe, and they're looking to us to take action on this now. That's why I'm glad we're bringing this bill forward.
Since 2006 our government has taken action in a number of areas to tackle crime and make communities safer for everyone. We've cracked down on gangs and organized crime. We've come up with tough new sentencing rules, mandatory prison sentences for gun crimes, and the like. We've given police more tools and resources to do their jobs, and we're continuing to do that. We've introduced measures to tackle drug dealers and help our youth stay out of trouble with the law. We've increased funding for crime prevention. Prevention, crime reduction, increased enforcement, serious consequences—all these are essential elements of a comprehensive approach to making our communities safer and addressing crime.
We've taken steps to ensure that young people stay safe online. I know that members of this committee support these efforts to protect the safety and security of Canadians, and I'm confident that the provisions of Bill C-34 also have your support.
I look forward to working with members of this committee to see that this bill gets the speedy passage I believe it warrants.
I'm happy to take any questions--and let Mary answer all the hard ones.
Merci, monsieur le président, de l'invitation qui m'a été faite de venir comparaître devant le comité en vue d'en faciliter les délibérations concernant le projet de loi C-34.
M'accompagne aujourd'hui, comme l'a indiqué le président, Mary Campbell, qui est la directrice générale de la Direction générale des Affaires correctionnelles et de la justice pénale au ministère de la Sécurité publique.
Le projet de loi déposé devant vous aujourd'hui est important. Il respecte l'obligation que nous avons tous, je crois, d'assurer la protection, la sûreté et la sécurité des Canadiens, plus particulièrement du bien le plus précieux du Canada, à savoir les jeunes.
Ce projet de loi s'inscrit dans le genre de travail important auquel nous tous qui entreprenons d'être des représentants élus souhaitons oeuvrer. Nous voulons changer les choses dans la vie des gens, veiller à ce que les hommes, femmes et enfants que nous représentons vivent au quotidien en confiance et en sécurité. C'est précisément là ce que fait ce genre de projet de loi.
Le projet de loi exige une réforme grandement nécessaire en vue de renforcer le Registre national des délinquants sexuels et la Banque de données génétiques. Il est fondé sur des consultations approfondies avec les responsables de l'application de la loi, les représentants des provinces et des territoires et les organismes voués à la défense des droits des victimes.
Nous avons en effet, dans le cadre du projet de loi, la possibilité de bénéficier des résultats du registre existant, bien sûr, et de ceux des registres de diverses provinces.
Je songe tout particulièrement à ma propre province, celle de l'Ontario, où David Turnbull, le procureur général, a instauré un registre des délinquants sexuels bien avant la création de son pendant fédéral, et qui englobe en fait déjà certains des changements que nous proposons ici, dont l'inclusion obligatoire. Cela a bien fonctionné dans la pratique, ce qui nous fournit des exemples de l'application concrète de certaines de ces dispositions. Cela nous aide dans notre examen des différentes considérations même si ce registre est, bien sûr, antérieur au registre fédéral.
Je sais que nous pouvons travailler ensemble ici dans un esprit de collaboration et de désir commun de veiller à ce que le registre soit véritablement un outil efficace pour la police en vue de son travail d'enquête et de prévention de crimes sexuels graves. C'est ce que cherchent à faire les modifications que nous avons devant nous. Comme le savent les honorables membres du comité, la loi sur le registre d'identification des délinquants sexuels propose plusieurs réformes fondamentales à l'actuelle loi.
Y figurent, premièrement, l'inclusion automatique dans le registre de toute personne jugée coupable d'une infraction sexuelle. À l'heure actuelle, comme vous le savez, il faut qu'un juge ordonne, sur demande par la Couronne, l'inclusion d'une personne dans le registre.
Il se peut qu'il y ait des débats quant au nombre de personnes qui ne sont pas incluses, mais ce qui est indiscutable est qu'un nombre considérable de personnes ne le sont pas. Il y a à cela différentes raisons. Cela résulte parfois d'une négociation de plaidoyer. Souvent, nous dit-on, il s'agit tout simplement d'un oubli. Les procureurs de la Couronne, occupés qu'ils sont à passer à travers leurs piles de dossiers au jour le jour, peuvent omettre, voire oublier de demander l'inclusion lorsqu'ils reçoivent l'ordonnance du juge, ou encore ne même pas y songer.
Il s'agit là de quelque chose qui serait réglé. Comme je l'ai dit, cela fonctionnerait à la manière de ce qui est prévu dans la loi ontarienne, en vertu de laquelle l'inclusion est automatique sur condamnation, et ce problème serait donc réglé grâce à la nouvelle loi.
Un autre élément est que la prélèvement d'échantillons d'ADN serait obligatoire dans le cas de délinquants sexuels condamnés visés par une ordonnance automatique d'inscription au registre national des délinquants sexuels.
Un autre changement, demandé par la police et par des groupes de victimes, est que la police soit autorisée à utiliser proactivement le registre pour non seulement enquêter sur les crimes sexuels, mais bien les prévenir.
Certains d'entre vous savent qu'il y a dans la collectivité un élément conséquent qui fait du lobbying auprès de moi, et peut-être auprès de nombre d'entre vous, au sujet de la notion que le registre des délinquants sexuels devrait être accessible non seulement par la police, mais également par le public. J'ai décidé, et le gouvernement a décidé, que cela ne serait peut-être pas sage.
Nous croyons que les actuelles mesures de protection, qui laissent en l'espèce à la police locale le soin de décider de la divulgation publique d'information, sont la bonne approche. Nous ne proposons donc pas de changement en la matière, bien que cela ait été demandé par certains.
En ce qui concerne l'enregistrement de contrevenants retournant au Canada en vertu de la Loi sur le transfèrement international des délinquants, ceux-ci seraient inscrits automatiquement s'ils ont été déclarés coupables d'une infraction sexuelle à l'étranger et reviennent au Canada après avoir purgé leur peine ou pour finir de la purger. Dans l'un ou l'autre cas, le délinquant qui revient au Canada serait visé.
Le problème, bien sûr, est qu'à l'heure actuelle ce n'est pas le cas. Comme nous le savons, du fait de l'évolution du monde, certains pays connaissent une plus forte incidence de crimes sexuels à l'endroit d'enfants. Nous relevons des industries d'exploitation sexuelle d'enfants à l'étranger. Nous constatons une augmentation du tourisme axé sur cette industrie. D'aucuns pensent qu'ils peuvent à l'étranger échapper aux conséquences de la commission de telles infractions. Nous tenons à veiller à ce qu'il ne soit pas possible d'échapper ici aux conséquences de tels actes et à ce que la collectivité soit protégée contre les personnes présentant ce genre de risque.
Pour ce qui est du transfèrement, le projet de loi propose qu'il y ait inclusion automatique de l'intéressé. Cela peut être automatique du fait que les décisions en matière de transfèrement de contrevenants soient prises par le ministre de la Sécurité publique. Ces décisions sont bien sûr documentées, et il peut donc y avoir inclusion automatique effective.
Le scénario se corse, bien sûr, dans le cas d'une personne qui n'a jamais été transférée et qui ne cherche jamais à obtenir un transfert, d'une personne qui finit de purger sa peine dans un autre pays et qui a été visée par une condamnation dont nous ignorons même l'existence. Bien sûr, la réponse offerte dans le projet de loi est de créer une exigence d'enregistrement et une infraction pour défaut d'enregistrement pour les personnes correspondant à ce cas de figure et revenant au Canada. La chose ne sera bien sûr pas absolument sûre à 100 p. 100, mais il sera au moins créé une loi devant être respectée, comme c'est le cas de toute autre loi, et la possibilité de poursuivre les personnes qui ne s'y plient pas.
À l'échelle internationale, nous avons un très bon échange d'information avec nombre de nos partenaires en maintien de l'ordre, comme Interpol et d'autres. Il se fait de vastes échanges d'informations qui permettront à la police d'appliquer cette loi une fois adoptée. Je sais en tout cas que les forces de répression criminelle sont très en faveur de ces changements.
Un autre changement proposé s'inscrit dans la même veine, mais est réciproque: il s'agit de l'exigence de l'envoi d'un avis aux autres autorités policières canadiennes ou étrangères lorsqu'un délinquant sexuel inscrit présentant un risque élevé se rend dans une autre région. Ceci témoigne de l'intérêt que nous portons au tourisme sexuel. Une personne condamnée ici pourrait décider de se rendre dans un autre pays pour s'adonner au même type de comportement inacceptable. La nouvelle loi créerait une obligation et un mécanisme pour protéger les jeunes gens à l'étranger. Nous devons nous préoccuper non seulement des conséquences ici au Canada, mais également du bien-être des jeunes partout dans le monde.
Figurent également dans le projet de loi des modifications à la Loi sur la défense nationale, ce afin que les réformes s'appliquent au système de justice militaire, aux délinquants déclarés coupables d'une infraction sexuelle devant la cour martiale.
Je pense que le projet de loi que nous avons devant nous envoie à tous les Canadiens un message ferme, soit que nous les avons entendus. Les Canadiens souhaitent que les personnes jugées coupables de crimes reçoivent des peines qui reflètent la gravité de ces crimes. Ils veulent savoir que les personnes coupables de crimes sexuels graves seront identifiées comme il se doit au sein de la collectivité, car ils reconnaissent qu'une personne avertie est mieux protégée. Il est important pour la police de disposer de tous les outils dont elle a besoin pour jouer son rôle dans la protection de la communauté. La police sait qu'il ne suffit pas d'enquêter sur les crimes une fois qu'ils ont été commis: elle souhaite être en mesure d'assurer la protection des collectivités.
Ces mesures procureront aux Canadiens un plus grand sentiment de sécurité chez eux, dans la rue et dans leur milieu. Les Canadiens veulent savoir que quelqu'un est en train de faire des efforts pour protéger leurs enfants et ils comptent sur nous pour prendre tout de suite des mesures en ce sens. C'est pourquoi je suis heureux que nous ayons déposé ce projet de loi.
Depuis 2006, notre gouvernement a pris des mesures pour contrer les crimes violents et rendre nos collectivités plus sécuritaires pour tous. Nous avons sévi contre les gangs et le crime organisé. Nous avons instauré de nouvelles règles plus sévères en ce qui a trait aux peines infligées, des peines d'incarcération obligatoires pour les crimes impliquant des armes à feu et ainsi de suite. Nous avons fourni aux services de police davantage d'outils et de ressources pour faire leur travail, et nous continuerons de faire cela. Nous avons mis en place des mesures visant à s'attaquer aux trafiquants de drogue et à aider nos jeunes à ne pas contrevenir à la loi. Nous avons augmenté les fonds consacrés à la prévention de la criminalité. La prévention, la réduction de la criminalité, l'augmentation de l'activité de répression et des conséquences pour les contrevenants — ce sont tous là des éléments essentiels d'une approche globale visant à améliorer la sécurité dans nos collectivités et à réprimer la criminalité.
Nous avons pris des mesures pour que nos jeunes soient en sécurité lorsqu'ils naviguent sur Internet. Je sais que les membres du comité appuient ces efforts destinés à sauvegarder la sûreté et la sécurité des Canadiens, et je compte que les dispositions du projet de loi C-34 jouiront elles aussi de votre appui.
J'envisage avec plaisir de travailler avec les membres du comité pour veiller à ce que le projet de loi soit adopté rapidement, comme je pense qu'il le mérite.
Je me ferai un plaisir de répondre à toutes vos questions — et de laisser Mary répondre à toutes les questions difficiles.
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