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Cheuk Kwan
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Cheuk Kwan
2020-08-13 11:31
On behalf of the Toronto Association for Democracy in China, I wish to thank the committee for this series of hearings on the situation in Hong Kong.
For too long, we believed that China would abide by international rules of engagement and diplomatic civility as far as respect for the fundamental concepts of the rule of law is concerned. This illusion has now been shattered by the arbitrary arrest of the two Michaels and the retroactive application of the national security law in Hong Kong.
For this presentation, we will focus on two areas that we as Canadians can undertake: first, how to counter China's interventions and interference and protect our Canadian interests and values; and second, what specific programs Canada should adopt to support those in Hong Kong who try to leave. I will address the first issue, and my colleague Avvy Go will address the second issue.
Since the Tiananmen Square massacre in 1989, China has made a concerted effort to mask its human rights abuses and to present a positive image to advance its global ambitions. It has set up hundreds of proxy associations in Canada, many of them empty shells, to influence and interfere in Canadian political, social and cultural spheres and gain access to and influence our elected officials.
Here are four examples of this united-front strategy that Chinese consulates and their proxies have carried out.
They have held community press conferences to support the release of Meng Wanzhou, and more clumsily hired non-ethnic Chinese actors to demonstrate in order to show mainstream support for their cause. They have compelled Chinese international students to demonstrate against pro-Hong Kong rallies by threatening to withhold their government scholarships or harm their families back home if they don't comply. They have cultivated the mayor of a rural British Columbia community for years, using a quote from him praising China's response to COVID-19 on Twitter to burnish China's virus-fighting narrative. Finally, they introduced the Confucius Institute, which CSIS has deemed to be a quasi-spying agency, into an Ontario school board, by hosting a reception for its chair at Beijing's Great Hall of the People, a venue normally reserved for heads of state.
This wholesale and ongoing influence in our civil society has continued for 30 years as part of China's efforts to influence our policies and politics. To dampen or to put a stop to these efforts, we should do the following: one, be vigilant against cyber-attacks and theft of intellectual property from our corporations and research institutions; two, provide critical assessment of China's takeover of our corporations in strategic industries such as mining and energy resources, as well as institutions that are vital to our national security, such as infrastructure and nursing homes; three, support a national hotline, as proposed by Amnesty International, to coordinate and encourage the reporting of China's harassment and intimidation of our own citizens; four, establish a more stringent process to ensure transparency among current and former elected officials in their relationships with China in order to mitigate and undo foreign influence in our internal affairs; five, coordinate with like-minded allies and join the call for a UN special rapporteur on Hong Kong; and six, apply the Magnitsky Act to sanction officials from Hong Kong and China responsible for human rights violations.
Finally, and this was not in my written script, I want to share with you a news report that came in yesterday about the recent Global Affairs' contract to award a Chinese company with the installation and maintenance of x-ray scanners in our embassies around the world. Not only did two other Canadian companies offer lower bids, but the Chinese company, Nuctech, has been slapped with a five-year tariff by the EU for alleged dumping and engaging in questionable practices. Recently, the company was caught setting up a honey trap to scheme a Taiwanese official into purchasing these machines.
I will now yield my time to my colleague Avvy Go.
Au nom de la Toronto Association for Democracy in China, je tiens à remercier le Comité de tenir cette série d'audiences sur la situation à Hong Kong.
Le Canada a cru pendant trop longtemps que la Chine allait se conformer aux règles internationales d'engagement et de civilité diplomatique pour ce qui est du respect des concepts fondamentaux de la primauté du droit. Cette illusion vient de s'évanouir avec l'arrestation arbitraire des deux Michael et l'application rétroactive de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.
Notre exposé d'aujourd'hui va porter principalement sur deux champs d'action que l'on devrait privilégier au Canada. Dans un premier temps, il faut se demander comment nous pouvons contrer les interventions et l'ingérence de la Chine et protéger nos intérêts et nos valeurs en tant que Canadiens. L'autre question consiste à savoir quels programmes précis le Canada devrait mettre en place pour aider ceux et celles qui essaient de quitter Hong Kong. Je vais traiter du premier point et ma collègue, Avvy Go, vous entretiendra du second.
Depuis le massacre de la place Tiananmen en 1989, la Chine y est allée d'un effort concerté pour camoufler ses atteintes aux droits de la personne et présenter une image positive afin de progresser dans la concrétisation de ses visées planétaires. C'est ainsi qu'elle a établi des centaines d'associations mandataires au Canada, bon nombre d'entre elles étant des coquilles vides, pour s'immiscer dans les sphères politiques, sociales et culturelles de notre pays et obtenir l'accès à nos élus dans le but de les influencer.
Voici quatre exemples de cette stratégie du Front uni menée par les consulats chinois et leurs mandataires.
Les Chinois ont tenu des conférences de presse pour plaider au sein de la communauté en faveur de la libération de Meng Wanzhou et ont, dans une manœuvre plus maladroite, embauché des protagonistes n'étant pas d'origine ethnique chinoise pour participer à des manifestations en vue de montrer le soutien général de la population pour leur cause. Ils ont obligé des étudiants internationaux chinois à manifester contre des ralliements pro-Hong Kong en les menaçant de ne pas leur verser leur bourse d'études du gouvernement ou de s'en prendre à leur famille s'ils n'obéissaient pas. Ils ont noué des liens avec le maire d'une collectivité rurale de la Colombie-Britannique pendant des années afin d'obtenir une citation de sa part louant la réponse chinoise à la crise de la COVID-19 sur Twitter, le tout dans le but de redorer le blason de la Chine dans sa lutte contre le virus. Enfin, ils ont intégré à un conseil scolaire ontarien le Confucius Institute — l'équivalent d'une agence d'espionnage selon le Service canadien du renseignement de sécurité — en tenant une réception pour son président au Grand Hall du peuple de Pékin, un lieu normalement réservé aux chefs d'État.
Ce travail systématique et continu pour exercer une influence au sein de notre société civile se poursuit depuis 30 ans dans le cadre des efforts déployés par la Chine pour influer sur nos politiques et nos élus. Voici ce que nous recommandons pour freiner ses efforts. Premièrement, il faut faire preuve de vigilance pour contrer les cyberattaques et les vols de propriété intellectuelle dont sont victimes nos entreprises et nos instituts de recherche. Deuxièmement, il nous faut procéder à un examen critique de la mainmise chinoise sur nos entreprises dans des industries stratégiques comme l'exploitation minière et les ressources énergétiques, de même qu'au sein d'institutions essentielles à notre sécurité nationale, comme nos infrastructures et nos centres d'hébergement et de soins. Troisièmement, il convient de favoriser la mise en place d'un service téléphonique national, tel que préconisé par Amnistie internationale, pour coordonner et encourager le signalement des cas de harcèlement et d'intimidation de nos propres citoyens par la Chine. Quatrièmement, nous devrions établir un processus plus rigoureux pour assurer que nos élus, anciens et actuels, soient transparents dans leurs relations avec la Chine de manière à atténuer et à contrer toute influence étrangère sur nos affaires internes. Cinquièmement, nous recommandons de travailler en coordination avec nos alliés en appuyant ceux qui demandent la création d'un poste de rapporteur spécial des Nations Unies pour Hong Kong. Sixièmement, il importe d'appliquer les dispositions de la loi Magnitsky pour sévir contre les dirigeants de Hong Kong et de la Chine qui sont responsables des violations des droits de la personne.
J'aimerais traiter en terminant d'un point qui n'est pas dans mon mémoire écrit. Je veux vous parler d'une nouvelle publiée hier concernant l'octroi récent d'un contrat d'Affaires mondiales Canada à une entreprise chinoise pour l'installation et l'entretien d'appareils de détection à rayons X dans nos ambassades partout sur la planète. Non seulement y avait-il deux entreprises canadiennes qui ont soumis des propositions à moindre coût, mais la société chinoise retenue, Nuctech, est sous le coup d'une mesure tarifaire que lui a imposée l'Union européenne pour une période de cinq ans parce qu'elle est soupçonnée d'avoir fait du dumping et d'avoir des pratiques dont l'honnêteté pourrait être mise en doute. Récemment, cette même entreprise s'est fait prendre pour avoir utilisé un stratagème dans le but de piéger un dirigeant taïwanais de telle sorte qu'il achète ses appareils.
Je vais maintenant céder la parole à ma collègue, Avvy Go.
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CPC (BC)
Thank you, Mr. Chair.
Thank you, Mr. Mulroney, for your past service and your ongoing engagement. I've heard you on a few different radio programs, as well as on a podcast. It's helpful to have a plethora of different views here, because the Canada-China relationship has many different components, as China expresses itself differently under the current leadership.
My concern is that you have made public statements in regard to the government and its interactions with you. In a Globe and Mail piece on July 24, 2019, you expressed the following regarding a request that was made to you by a public servant:
“I am deeply concerned about the way foreign policy is being managed, and don't wish to be silenced or co-opted,” Mr. Mulroney said. He added any effort to discourage Canadians with expertise in foreign relations from speaking freely is “fundamentally an undemocratic idea.”
I haven't heard very much from the government on this, other than it saying that no elected official caused that call to happen, but I'd like you to maybe take a moment to address that.
Merci, monsieur le président.
Merci, monsieur Mulroney pour les services rendus à notre pays et pour votre engagement indéfectible. Je vous ai entendu vous exprimer dans des émissions de radio et même dans un balado. Il est bon que nous puissions entendre un éventail de points de vue différents, car les relations entre le Canada et la Chine s'articulent en plusieurs volets, d'autant plus que la Chine exprime différemment ses arguments sous le régime actuel.
Je m'interroge cependant au sujet de déclarations publiques que vous avez faites concernant vos interactions avec le gouvernement. Voici d'ailleurs un extrait d'un article publié le 24 juillet 2019 dans le Globe and Mail relativement à une requête que vous avez adressée à un fonctionnaire:
« Je suis très préoccupé par la façon dont notre politique étrangère est gérée, et je ne veux pas être réduit au silence ni coopté », a déclaré M. Mulroney. Il a en outre qualifié de « fondamentalement antidémocratique » tout effort visant à dissuader les Canadiens possédant une expertise en relations étrangères de s'exprimer librement.
Je n'ai guère entendu de réactions du côté gouvernemental à ce sujet, si ce n'est pour affirmer qu'aucun représentant élu n'est à l'origine de cette démarche. J'aimerais toutefois que vous preniez un moment pour nous dire ce qu'il en est.
David Mulroney
View David Mulroney Profile
H.E. David Mulroney
2020-08-06 17:46
Sure. This is what happened. Last summer, I got a message from someone who was on the special China task force that had been set up to deal with the crisis. It's someone I had met with before, an old colleague. We exchanged ideas, and the message was, “Can we talk again?” I'm always happy to do that. I can tell them what I'm thinking and they can bounce ideas off me, because I spent five years running the branch that they're in. I am always happy to do that.
On the day of the call, I got a message saying, “Oh, Paul Thoppil is joining the call.” It was a little odd, but it was okay. At the start, Paul was very effusive, saying that he was running the branch, that he knew that I had run it in the past, and how honoured he was. It was even a little over the top, but I got a sense that the conversation was about to change. It wasn't going to be an exchange of ideas.
He then said, “Before you speak to the media, you should feel free to check your ideas with us and find out what we think.” I got a little mad just because of the way it was expressed, and I said, “Paul, what's the issue? Who asked you to call me?” He said that the issue was with comments I had made about the travel advisory and that the people in PMO were not happy. That's what happened.
I said, “Paul, I'm not going to do that. I'm happy to exchange ideas with you guys, but I'm not going to feel constrained to call you. I'm a private citizen now.” I said that because I think I know what the objective was. It's to kind of intimidate you before you put pen to paper.
So that's what happened. I was disturbed by it, and I've remained concerned. Paul, in his testimony, said that he calls people to compare notes and exchange ideas. That wasn't the nature of our conversation.
Certainement. Voici ce qui est arrivé. J'ai reçu un message d'un membre du groupe de travail spécial mis sur pied pour traiter de la crise avec la Chine. C'était quelqu'un que j'avais déjà rencontré, un ancien collègue avec lequel j'avais échangé certaines idées. Il me demandait dans son message s'il était possible de nous parler à nouveau. Je me fais toujours un plaisir de le faire. Je peux leur dire ce que je pense de la situation et ils peuvent me soumettre des idées étant donné que j'ai dirigé pendant cinq ans le service dont ils font maintenant partie. Je me réjouis toujours de participer à ce genre d'exercice.
Le jour prévu pour l'appel conférence, j'ai reçu un message m'indiquant que Paul Thoppil allait y participer. J'ai trouvé cela un peu bizarre, mais sans trop m'en faire. Au départ, Paul a fait montre d'un grand enthousiasme en soulignant qu'il dirigeait le service, qu'il savait que je l'avais dirigé auparavant et que c'était un grand honneur pour lui de pouvoir me parler. Il en mettait un peu trop, mais j'ai eu l'impression que le ton de la conversation allait changer bientôt. Ce n'était pas un échange d'idées que nous nous apprêtions à avoir.
Il m'a alors dit qu'avant de m'adresser aux médias, je ne devrais pas hésiter à soumettre mes idées aux membres de son groupe pour savoir ce qu'ils en pensent. Je n'ai pas beaucoup aimé la façon dont les choses m'étaient présentées. J'ai voulu savoir quel était le problème et qui lui avait demandé de m'appeler. Paul m'a répondu que le problème venait de mes commentaires concernant les avis aux voyageurs qui n'avaient pas plu aux gens du Cabinet du premier ministre. C'est ainsi que les choses se sont passées.
J'ai dit à Paul que je n'allais pas procéder de cette manière. Je lui ai indiqué que je me réjouis de pouvoir échanger des idées avec eux, mais que je ne veux pas me sentir obligé de les appeler, car je suis désormais un simple citoyen. Je lui ai ainsi répondu, car je crois savoir quel était l'objectif. On veut en quelque sorte vous intimider avant que vous n'écriviez quoi que ce soit.
C'est donc ce qui est arrivé. Cette façon de faire m'a dérangé et continue de me préoccuper. Dans son témoignage, Paul a fait valoir qu'il appelait des gens pour comparer des notes et échanger des idées. Ce n'est pas ce qu'il cherchait à faire lorsqu'il m'a appelé.
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CPC (BC)
Have you had any similar conversations since?
Avez-vous eu des conversations semblables depuis?
Errol P. Mendes
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Errol P. Mendes
2020-07-21 11:21
Thank you very much, Chair.
Thank you for the invitation.
We are witnessing in Xinjiang, China, what we had hoped would never happen again after the Second World War. I'm talking about the detention of over a million Uighurs. This is an ethnic and religious group on whom we are witnessing enforced birth control efforts by the Chinese government to reduce the numbers of this group. While the Chinese claim that these are vocational and training camps, there are credible reports that these camps include enforced propaganda sessions, forced labour and physical abuse, and some are alleging even deaths.
There is no one who is excluded. I want to give you an example of a leading Muslim female professor who I had gotten to know during my many years of doing research in China. Gulazat Tursun is a professor of law and was a supervisor of Ph.D. students at Sichuan University. She was one of the well-known international academics focusing on human rights. She was a visitor at the UN Office of the High Commissioner for Human Rights at Harvard University and Denmark's Danish Institute for Human Rights. Despite these credentials, she was basically detained in one of those camps, and to this day we are not certain whether she has been released or not.
Others have had an even worse fate. One academic may be facing the ultimate fate. Dr. Tashpolat Tiyip, a renowned scholar of geography and a former president of Xinjiang University, was suspected of being at risk of execution as he faced the end of a two-year reprieve of his death sentence, according to the Scholars at Risk Network in September of 2019. We haven't heard about his fate either.
I agree with my friend, former justice minister Irwin Cotler, that we should join the U.S. and other countries who have imposed targeted sanctions against the key figures in Xinjiang who are the major planners for the mass detention. I have suggested that the Magnitsky sanctions should target the architects of the detention, and I give names. I suggest the governor of Xinjiang, Shohrat Zakir and the region's party chief, Chen Quanguo, who is a member of the politburo of the party at the highest ranks of the Chinese government.
There are others, but these two, I think, are the chief planners of the detention. Both have asserted that these allegations of what amount to serious international crimes, which I would like to talk about, against the Uighurs are fabricated lies and absurd. In fact, Zakir goes even further by describing the camps as boarding schools where the rights of the students are protected.
In 2017, Parliament passed the Justice for Victims of Corrupt Foreign Officials Act, which implements the Magnitsky sanctions and which targets specific officials in terms of freezes and travel bans and also freezes their assets. Similar laws, as my friend Bill Browder has said, have been adopted by the U.S and other European countries. Now the European Union, thanks to his championship, has also considered expanding the Magnitsky sanctions across the European Union.
As is known, Bill was one of the major champions for this provision because his own lawyer, Sergei Magnitsky, was murdered by Russian officials. I had the privilege of assisting in a minor way in having Bill come up to Canada and promote the adoption of the Magnitsky law here in Canada.
I would like to briefly address the views of another legal colleague who is also the next ambassador to the United Nations, Bob Rae. In an interview with the Globe and Mail, he stated that the Canadian government must consider the consequences of imposing sanctions on senior government officials for human rights violations against minority groups.
While I agree with him that a government can never afford to engage in non-consequential thinking and non-consequential acting, he seemed to imply that could include any actions involving our two Canadians, Michael Spavor and Michael Kovrig, and further trade actions on our agricultural and lumber products. However, Canada cannot bend its foundational commitments as a society to the rule of law. That is the antithesis of what's happening in Xinjiang. We cannot abandon our often-stated commitments to the promotion and protection of universal human rights embodied in our promise of “never again”. We cannot be seen to be bystanders to the latest, yet again, serious international crimes that come within the definition of crimes against humanity, war crimes, torture and genocide.
We cannot stay silent or inactive in the face of these atrocities or we forfeit our right to be regarded as champions of equal human dignity and the rights of all peoples on the world stage. History has shown that silence is the complicit partner to genocide.
Canada cannot be silent or inactive against what I consider to be mounting crimes against humanity, including genocidal acts against the Uighurs. I consider that the actions of the Chinese government amount to crimes against humanity and genocidal acts, especially as they continue in terms of forced birth control acts against the Uighurs.
Now, the officials who I suggest should be targets for these Magnitsky sanctions may not have any frozen assets here in Canada, or may not even want to travel here in Canada, but the signal we send with the targeted sanctions, to not just China but the entire world, is that we are acting on behalf of humanity. We hope our traditional allies will follow suit and perhaps even consider joining us.
Regarding the threat of possible punishing consequences from China, given that we are already facing such actions with the detention of two Canadians as a consequence of the Meng Wanzhou extradition proceedings, I suggest that we must develop a longer-term strategy and policy on China that addresses both the hostage diplomacy actions and some of the other consequences we are facing in terms of trade sanctions, etc., which I think violate world trade rules. I think Canada and its government must develop a longer-term strategy with our traditional democratic allies and hopefully a future U.S. administration that puts in place economic, social and multilateral deterrents to not only the use of hostage diplomacy but also the ability of China to target democratic countries that are bound by their values, principles and constitutions to adhere to the rule of law.
This could include common approaches to make Chinese global companies subject to national security, human rights and anti-corruption scrutiny, and penalize them for complicity in their state's actions amounting to the most serious international crimes. Given the reports that are coming out of Xinjiang, I think some of the brands that are being made by forced labour and finding their way up to the U.S. and Canada should be one of the key actions that this committee, and in fact the larger committee, should be looking at to deal with those forced labour products. In fact, under the recent CUSMA, the trade agreement with the U.S. and Mexico, there is a prohibition.
Thank you.
Je vous remercie beaucoup, monsieur le président.
Merci beaucoup de m'avoir invité à témoigner.
La région du Xinjiang, en Chine, est le théâtre d’actions que nous espérions ne « plus jamais » revoir après la Seconde Guerre mondiale. Je parle de la détention de plus d’un million d’Ouïghours, un groupe ethnique et religieux qui est la cible d'une campagne de stérilisation forcée du gouvernement chinois afin de réduire sa population. Même si le gouvernement chinois prétend qu’il s’agit de camps d’entraînement ou de formation, des médias crédibles rapportent qu’on y impose des séances de propagande obligatoires, du travail forcé et de la violence physique. D'aucuns ont fait état de morts alléguées.
Personne n’est épargné. Par exemple, j’ai fait la connaissance d’une éminente professeure musulmane dans le cadre d’un projet de recherche en Chine auquel j'ai participé pendant de nombreuses années. Gulazat Tursun est professeure de droit et superviseure d’étudiants au doctorat de l’Université du Sichuan. Cette universitaire de renommée internationale qui s'intéresse aux droits de la personne a été chercheuse invitée au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, à l’Université Harvard et à l’Institut danois des droits de l’homme. Malgré ses compétences, elle a essentiellement été détenue dans l’un de ces camps, et à ce jour, on ignore encore si elle a été libérée ou non.
Le sort réservé à d'autres universitaires est pire encore. L'un d'eux risque la mort. En septembre 2019, le réseau Scholars at Risk soupçonnait que M. Tashpolat Tiyip, professeur de géographie réputé et ancien président de l'Université du Xinjiang, risquait d'être exécuté une fois expiré le sursis de deux ans de sa peine de mort. Nous ne savons pas non plus ce qu'il est advenu de lui.
Je suis d’accord avec mon ami et ancien ministre de la Justice Irwin Cotler: nous devrions, comme les États-Unis et d’autres pays, imposer des sanctions ciblées aux principaux responsables de la planification de la détention massive des Ouïghours au Xinjiang. J'ai proposé d'imposer des sanctions Magnitski aux architectes de la répression et de la détention des Ouïghours, et je donnerai des noms, notamment ceux de Shohrat Zakir, gouverneur du Xinjiang et chef du parti dans la région, et Chen Quanguo, membre du bureau politique dans les plus hautes sphères du gouvernement chinois.
Il y en a d'autres, mais ces deux hommes sont, selon moi, les principaux responsables de la détention. Les deux hommes ont affirmé que ces allégations de graves crimes internationaux contre les Ouïghours, et dont j'aimerais parler, sont un tissu de mensonges absurdes. En fait, Shohrat Zakir va jusqu’à qualifier les camps de pensionnats où les droits des étudiants sont protégés.
En 2017, le Parlement a adopté la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, qui met en œuvre les sanctions Magnitski et permet d’imposer des saisies de biens et des interdictions de séjour à des fonctionnaires précis. Comme mon ami Bill Browder l'a indiqué, des lois semblables ont été adoptées par les États-Unis et d'autres pays européens. Grâce à ses démarches, l’Union européenne envisage également l’élargissement des sanctions Magnitski à l'ensemble de son territoire.
Comme on le sait, Bill Browder figure parmi les principaux défenseurs de cette mesure parce que son avocat, Sergueï Magnitsky, a été assassiné par des fonctionnaires russes. J’ai eu le privilège de l’appuyer dans une faible mesure, l'aidant à venir au Canada afin d'y préconiser l'adoption de la loi Magnitski.
Je voudrais maintenant parler brièvement de l’opinion d’un autre collègue avocat, qui est également notre prochain ambassadeur aux Nations unies: Bob Rae. Dans une entrevue accordée au Globe and Mail, il a affirmé que le gouvernement du Canada doit réfléchir aux conséquences avant d’imposer des sanctions à de hauts fonctionnaires chinois pour des violations des droits de la personne commises contre des groupes minoritaires.
Même si je suis d’accord avec lui sur le fait qu’un gouvernement ne peut jamais se permettre d’établir des plans ou d’agir sans tenir compte des conséquences, il semble laisser entendre que les représailles pourraient toucher les deux Canadiens qui sont détenus là-bas, Michael Spavor et Michael Kovrig, et prendre la forme de mesures commerciales supplémentaires ciblant le bois d’œuvre et les produits agricoles d’ici. Cependant, le Canada, en tant que société de droit, ne peut pas trahir ses engagements fondamentaux. Il ne peut pas désavouer ses promesses souvent répétées de promotion et de protection des droits universels de la personne, enchâssés dans le principe du « plus jamais ». Nous ne pouvons pas être vus comme de simples spectateurs des derniers crimes internationaux qui sont, encore une fois, commis et qui correspondent à la définition de crime contre l’humanité, de crime de guerre, de torture et de génocide.
Nous ne pouvons rester silencieux ou inactifs devant de telles atrocités ou renoncer à notre droit d'être considérés comme les défenseurs de la dignité humaine et des droits de la personne de tous les habitants de la terre. L'histoire nous a montré que le silence est le partenaire complice du génocide.
Le Canada ne peut rester silencieux ou inactif devant ce que je considère comme des crimes contre l'humanité de plus en plus graves, notamment les gestes génocidaires commis contre les Ouïghours. Je suis d'avis que les actes du gouvernement chinois constituent des crimes contre l'humanité et un génocide, d'autant plus que les mesures de contrôle forcé des naissances à l'encontre des Opuïghours se poursuivent.
Les fonctionnaires que je propose de cibler pourraient n’avoir aucun bien gelé au Canada ou même avoir l’intention de voyager ici. Toutefois, l’imposition de sanctions ciblées ferait comprendre non seulement à la Chine, mais au monde entier que nous agissons au nom de l’humanité. Nous espérons que nos alliés traditionnels suivront notre exemple et envisageront peut-être même de se joindre à nous.
En ce qui concerne les possibles mesures punitives de la Chine, étant donné que les procédures d’extradition de Meng Wanzhou ont déjà entraîné la détention de deux Canadiens, je ferais valoir que nous devons mettre au point une politique et une stratégie à long terme concernant la Chine, lesquelles couvriraient les cas de diplomatie des otages et le recours aux sanctions commerciales et à d'autres mesures punitives, qui contreviennent aux règles commerciales internationales. Je pense que le Canada et son gouvernement doivent élaborer une stratégie à long terme avec ses alliés démocratiques traditionnels, qui inclurait — espérons-le — la collaboration de l’administration américaine future, pour établir des mesures multilatérales, sociales et économiques qui dissuaderaient la Chine de recourir à la diplomatie des otages et qui réduiraient la capacité de cet État de cibler les pays démocratiques tenus par leurs valeurs, leurs principes et leur constitution d’adhérer à la primauté du droit.
Nous pourrions ainsi adopter des approches communes afin d'assujettir les multinationales chinoises à une surveillance au chapitre de la sécurité nationale, des droits de la personne et de la lutte contre la corruption, et les pénaliser pour être complices des actes de leur gouvernement, lesquels constituent des crimes internationaux gravissimes. Compte tenu des nouvelles venant de Xinjiang, je pense que le sous-comité ou le comité qui le chapeaute devraient s'intéresser à certaines des marques qui recourent au travail forcé pour fabriquer des produits qui font leur chemin jusqu'aux États-Unis et au Canada. En fait, l'ACEUM signé récemment avec les États-Unis et le Mexique prévoit une interdiction à cet égard.
Je vous remercie.
View Sameer Zuberi Profile
Lib. (QC)
Thank you.
I'd like to get one quick question in about the responsibility to protect. In the less than one minute we have, can you comment on that, the responsibility to protect and Canada's obligation?
Je vous remercie.
Je voudrais poser une brève question sur la responsabilité de protéger. Dans le temps qu'il me reste, soit moins d'une minute, pouvez-vous traiter de la responsabilité de protéger et de l'obligation du Canada?
Errol P. Mendes
View Errol P. Mendes Profile
Errol P. Mendes
2020-07-21 11:51
Absolutely. We were one of the architects of the responsibility to protect. In fact, in 2005, our ambassador actually managed to steer that whole thing through the United Nations to get the consent of the heads of state at the United Nations.
What I would say is that the responsibility to protect doesn't just mean sending in armed forces. One of the critical functions of the responsibility to protect is to prevent these types of actions, so how do we prevent it? That's exactly what we're talking about, in terms of Magnitsky sanctions, in terms of working with our allies to focus on what could penalize China to stop them from doing this thing. In other words, we should focus on the preventive actions, which actually goes toward what Ms. Kanji was talking about, the duty to prevent genocide.
Volontiers. Nous sommes l'un des architectes de la responsabilité de protéger. En fait, en 2005, notre ambassadeur a réussi à présenter ce principe aux Nations unies afin d'obtenir le consentement des chefs des États membres.
Sachez que la responsabilité de protéger ne se limite pas à l'envoi de forces armées, puisqu'un de ses objectifs fondamentaux vise à prévenir les actes de ce genre. Mais comment peut-on les prévenir? C'est exactement ce dont nous parlons avec les sanctions Magnitski. Nous pouvons collaborer avec nos alliés pour déterminer ce qui pourrait pénaliser la Chine pour qu'elle cesse ses exactions. Autrement dit, nous devrions mettre l'accent sur les mesures préventives, comme Mme Kanji l'a indiqué en parlant du devoir de prévenir le génocide.
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
BQ (QC)
Thank you very much.
I have a question for Ms. Kanji.
Yesterday morning I was reading an open letter from the Chinese consul general about Hong Kong and the security law, which also affects Uighurs. This letter was published in the newspaper La Presse. It is disturbing, because I suspect that this kind of rhetoric is being used to change the western media discourse on China.
Ms. Kanji, have Chinese officials spoken in other western media? In your opinion, does this mean that the pressure on China is starting to increase?
Je vous remercie beaucoup.
J'ai une question à poser à Mme Kanji.
Hier matin, je lisais une lettre ouverte du consul général de Chine au sujet de Hong Kong et de la loi sur la sécurité, qui touche aussi les Ouïghours. Cette lettre a paru dans le journal La Presse. C'est troublant, parce que je soupçonne que ce genre de prise de parole sert à changer le discours médiatique occidental sur la Chine.
Madame Kanji, des officiels chinois ont-ils pris la parole dans d'autres médias occidentaux? Selon vous, cela signifie-t-il que la pression sur la Chine commence à être plus forte?
Azeezah Kanji
View Azeezah Kanji Profile
Azeezah Kanji
2020-07-21 12:21
I'm sorry, but I'm not clear on the question. They've published articles in other western papers about what specifically?
Je suis désolé, mais la question n’était pas claire. À propos de quoi exactement ont-ils publié des articles dans d'autres journaux occidentaux?
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
BQ (QC)
The Chinese consul general here published a letter in a Canadian national newspaper praising the security law that applies to Hong Kong. This affects Uighurs as well.
Have you heard of other Chinese officials in the western world who are starting to speak out in the national media? Does that mean that China is starting to feel pressure, in your opinion?
Le consul général de Chine ici a publié une lettre dans un journal national du Canada, dans laquelle il vante la loi sur la sécurité s'appliquant à Hong Kong. Cela touche aussi les Ouïghours.
Avez-vous entendu parler d'autres officiels chinois dans le monde occidental qui commencent à prendre la parole dans les médias nationaux? Cela veut-il dire que la Chine commence à sentir de la pression, selon vous?
Azeezah Kanji
View Azeezah Kanji Profile
Azeezah Kanji
2020-07-21 12:22
I'm not aware of that, but perhaps some of the other experts on this panel, including Professor Alexeeva, might be more familiar with it.
Je ne suis pas au courant, mais peut-être que d’autres personnes de ce groupe d’experts, y compris Mme Alexeeva, pourraient en savoir davantage.
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
BQ (QC)
Ms. Alexeeva, can you answer that question?
Madame Alexeeva, pouvez-vous répondre à cette question?
Olga Alexeeva
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Olga Alexeeva
2020-07-21 12:22
It is true that, for some time now, we have been seeing an increase in interventions by Chinese officials, particularly from the diplomatic corps. The Chinese ambassador to Great Britain or France is also speaking out. His words are increasingly assertive. We do not take into account the reaction of the public, the people who hear them or the journalists who ask questions. There is a scenario and we go straight to the point.
This has been a feature of Chinese foreign policy since Xi Jinping came to power. China does not want to hear from others or no longer wishes to do so. Every time it is criticized, for example for its position on Xinjiang, Chinese officials say that nobody criticizes China, that even Muslim countries like Saudi Arabia and Turkey say nothing, even though in Turkey, the Uighur diaspora is particularly important. They say that even Muslim countries do not criticize China, so they don’t see how this would concern western countries.
C'est vrai que, depuis quelque temps, on voit une augmentation des interventions de fonctionnaires chinois, en particulier du corps diplomatique. Il y a également l'ambassadeur de Chine en Grande-Bretagne ou en France qui prend la parole. Ses propos sont de plus en plus affirmatifs. On ne prend pas en compte la réaction du public, des gens qui les entendent ou des journalistes qui posent des questions. Il y a un scénario et on va droit au but.
Cela caractérise la politique étrangère chinoise depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping. La Chine ne veut plus ou ne veut pas entendre les autres. Chaque fois qu'on la critique, par exemple pour sa position relativement au Xinjiang, les fonctionnaires chinois disent que personne ne critique la Chine, que même les pays musulmans comme l'Arabie saoudite et la Turquie ne disent rien, alors qu'en Turquie la diaspora ouïghoure est particulièrement importante. Ils disent que même les pays musulmans ne la critiquent pas, et qu'ils ne voient alors pas en quoi cela concernerait les pays occidentaux.
View David Sweet Profile
CPC (ON)
I just want to confirm what Ms. Kanji said, because I suspected there was a distinct link between the persecution of the Muslim Uighurs in East Turkestan and that of the Rohingya Muslims in Burma.
Do you see a clear link, in both cases, to CCP manipulation?
Je voudrais juste confirmer ce qu'a dit Mme Kanji, parce que je soupçonnais qu'il existait un lien différent entre la persécution des Ouïghours musulmans au Turkestan oriental et celle des Rohingyas musulmans en Birmanie.
Voyez-vous un lien clair, dans les deux cas, avec les manipulations du Parti communiste chinois?
Azeezah Kanji
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Azeezah Kanji
2020-07-21 12:47
There are very strong connections between the genocide occurring against the Rohingya and what we are now moving to call a genocide against the Uighurs. We know that at an international level, China has been one of the strongest forces precluding strong Security Council action being taken with respect to the Rohingya situation, such that, even after the International Court of Justice delivered a very strong provisional measures decision supporting the rights of the Rohingya, the Security Council was unable to even put forward a statement supporting implementation of these provisional measures, because of the blocking role of China.
China is also invested, through the Belt and Road Initiative, in projects in Rakhine State, which is where the Rohingya population and the genocide against them is occurring. China is also directly economically invested in the persecution of the Rohingya.
Chinese officials have also made comments linking the supposed threat of Uighur terrorism to the supposed threat of Rohingya terrorism. Discursively, we also see very strong connections in the way that narratives about the terrorist threat supposedly posed by extremely persecuted Muslim minorities, who are far more the victims of extreme state violence than the propagators of violence.... We see very strong connections in the way these discourses are being deployed.
Thank you.
Il existe une relation très forte entre le génocide des Rohingyas et ce que nous nous apprêtons à appeler un génocide des Ouïghours. Nous savons qu'au niveau international, la Chine a été l'une des principales forces pour empêcher que des mesures fortes soient prises par le Conseil de sécurité au sujet de la situation des Rohingyas, à tel point que, même après que la Cour Internationale de Justice a rendu une décision de mesures provisoires très ferme soutenant les droits des Rohingyas, le Conseil de sécurité n'a même pas pu faire de déclaration soutenant la mise en place de ces mesures provisoires, en raison de l'opposition de la Chine.
La Chine a également investi, par le biais de l'initiative la Ceinture et la Route, dans des projets dans l'état de Rakhine, qui est l'endroit où se trouvent les Rohingyas et où le génocide se produit. La Chine a aussi directement investi économiquement dans la persécution des Rohingyas.
Les dirigeants chinois ont aussi fait des déclarations pour établir des liens entre la prétendue menace terroriste ouïghoure et la prétendue menace terroriste des Rohingyas. Nous voyons également dans les discours de très fortes correspondances dans la façon dont est racontée la menace terroriste prétendument posée par les minorités musulmanes extrêmement persécutées, qui sont davantage les victimes de la violence extrême de l'État que des propagateurs de violence.... Nous voyons de très forts liens dans la façon dont ces discours sont déployés.
Merci.
View David Sweet Profile
CPC (ON)
Dr. Anderson, you have two Ph.D.s and you have quite a bit of expertise around Asian studies. I'm wondering if you have observed that there's a link between the very terrorizing treatment by the CCP against the Uighur Muslims and the manipulation of Burma and the Rohingya Muslims and how they've been treated and really purged out of Burma.
Madame Anderson, vous avez deux doctorats et énormément de connaissances dans le domaine des études asiatiques. Avez-vous remarqué un lien entre le traitement brutal infligé aux Ouïghours musulmans par le PCC et les Rohingyas musulmans, qui ont été malmenés et expulsés du Myanmar?
Elise Anderson
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Elise Anderson
2020-07-21 16:27
It would be a very interesting and worthwhile structural comparison to make between those two cases. To be very frank, given my area of expertise, I wouldn't feel fully comfortable ruminating orally on that today, but I will say that I think these are both absolutely atrocious, horrendous crimes against humanity that we all wish we were not seeing in the 21st century. It falls on the responsibility of governments like Canada, the United States and other multi-actors around the world and multilateral institutions to address, because the crimes that are being committed as part of both of those atrocities are absolutely horrible.
Il serait fort intéressant et utile d'effectuer la comparaison structurelle des deux situations. Bien franchement, vu mon domaine d'expertise, je ne serais pas à l'aise de me prononcer là-dessus aujourd'hui, mais je suis prête à dire qu'il s'agit de crimes contre l'humanité atroces et horrifiants qui n'ont aucune raison d'être au XXIe siècle. Il incombe aux gouvernements des pays comme le Canada, les États-Unis et à d'autres acteurs du monde, comme les institutions multilatérales, d'agir, car les crimes commis dans ces deux pays sont absolument odieux.
View David Sweet Profile
CPC (ON)
Ms. Lehr, you've been on the ground in Burma in the past in your career.
Our former ambassador, Mr. Saint-Jacques, just mentioned the silence of Arab countries. I want to link that back to some previous testimony of one of our witnesses who said that silence is because of the new Silk Road initiative and that many of the Muslim countries have significant investments from the Chinese Communist Party and have been silenced by virtually being bought off. I wonder if you have any opinion in that regard.
Madame Lehr, vous vous êtes rendue sur le terrain au Myanmar au courant de votre carrière.
Notre ancien ambassadeur, M. Saint-Jacques, a évoqué le silence des pays arabes. Je vous revois au témoignage de l'un de nos témoins qui a dit que le silence est attribuable à l'initiative de la route de la soie, et que bon nombre des pays musulmans ont reçu de généreux investissements du Parti communiste chinois et ont été muselés ainsi. Avez-vous un avis là-dessus?
Amy Lehr
View Amy Lehr Profile
Amy Lehr
2020-07-21 16:29
It's very interesting, the difference in the reaction from the majority Muslim world to what's happened to the Rohingya versus the situation in Xinjiang.
With the Rohingya, there's an International Court of Justice case that's being funded by the Organisation of Islamic Cooperation. It's a very different situation, and I do think China's a really important player in the world now, and, yes, is building around the world and providing loans, and that's influencing the Uighurs. It's just a different force to reckon with, and it's going to take more effort. As hard as the situation in Burma has been, the situation in Xinjiang is going to require all different sorts of actors working together to address the private sector, governments like Canada to multilateral institutions.
La différence entre la réaction de la majorité du monde musulman à l'égard de la situation des Rohingyas par rapport à celle que l'on observe au Xinjiang est très intéressante.
Dans le cas des Rohingyas, on a intenté une procédure devant la Cour internationale de la justice, procédure financée par l'Organisation de la coopération islamique. Le contraste est saisissant. La Chine, grand acteur sur la scène mondiale actuelle, participe à des projets de construction partout au monde et consent des prêts, ce qui a une incidence sur le sort des Ouïghours. Vu les circonstances, il faudra déployer beaucoup plus d'efforts. Autant il a fallu lutter contre la situation au Myanmar, autant il faudra, pour changer les choses au Xinjiang, coordonner la participation d'une vaste gamme d'acteurs pour viser le secteur privé, allant des gouvernements comme celui du Canada aux institutions multilatérales.
View Alexis Brunelle-Duceppe Profile
BQ (QC)
Thank you, Mr. Chair.
I'd like the subcommittee to benefit from your diplomatic expertise, Mr. Saint-Jacques.
I'm not sure whether you saw the letter written by a Chinese diplomat that appeared in La Presse yesterday. It was about Hong Kong and the new security law, which also relates to Uighurs. It's disturbing. I suspect that, by speaking publicly, he was trying to change the western media's discourse on China.
To your knowledge, have any Chinese officials made public statements in other western media? In your experience, does that mean the diplomatic pressure on China is starting to be felt?
Je vous remercie, monsieur le président.
J'aimerais faire profiter ce sous-comité de votre expérience diplomatique, monsieur Saint-Jacques.
Je ne sais pas si vous avez lu la lettre d'un diplomate chinois, qui est parue hier dans La Presse, au sujet de Hong Kong et de la loi sur la sécurité, qui touche aussi les Ouïghours. C'est troublant. Je soupçonne que ce geste de prise de parole vise à changer le discours médiatique occidental sur la Chine.
À votre connaissance, des officiels chinois ont-ils pris la parole dans d'autres médias occidentaux? Selon votre expérience, cela signifie-t-il que la pression diplomatique sur la Chine commence à être forte?
Guy Saint-Jacques
View Guy Saint-Jacques Profile
Guy Saint-Jacques
2020-07-21 17:09
I think the diplomatic pressure is really mounting.
You may have heard the term wolf warriors, which refers to the much more aggressive strategies being used by Chinese diplomats. We've seen it in Canada, with former Chinese ambassador Lu Shaye criticizing Prime Minister Trudeau and Ms. Freeland when she was Minister of Foreign Affairs. It's a much more aggressive type of diplomacy.
As for Chen Xueming's letter published in La Presse, an excellent response was prepared today and it contradicts the claims in the letter. Mr. Xueming's letter is full of falsehoods, of course. No real consultations on the law ever took place in Hong Kong. Opponents aren't allowed to express their points of view.
The unfortunate thing in all this is that it's happening in the United States, as well. The publication China Daily has taken out advertising supplements in The Washington Post and other major U.S. dailies. The Chinese are taking advantage of the freedom of speech that exists in our societies, something that would be impossible for our diplomats in China to do. They couldn't have an editorial or opinion piece published in a Chinese newspaper. Chinese diplomats are abusing the system in that regard.
Je pense que la pression diplomatique commence à être forte.
Vous avez peut-être entendu l'expression anglaise « wolf warriors », les guerriers loups. Cela reflète les stratégies beaucoup plus agressives employées par des diplomates chinois. On l'a vu au Canada, alors que l'ancien ambassadeur, M. Lu Shaye, avait critiqué le premier ministre Trudeau et Mme Freeland, quand elle était ministre des Affaires étrangères. C'est une diplomatie beaucoup plus agressive.
En ce qui concerne la lettre de M. Chen Xueming parue dans La Presse, une excellente réponse a été préparée aujourd'hui, et elle contredit ce qui est dit dans cette lettre. Bien sûr, il y a beaucoup de faussetés dans la lettre de M. Xueming. Il n'y a jamais eu de vraies consultations à Hong Kong sur cette loi. On ne permet pas aux opposants d'exprimer leurs points de vue.
Le malheur, dans tout cela, c'est que cela se passe aussi aux États-Unis. La publication China Daily a des encarts dans le Washington Post et dans d'autres grands quotidiens américains. Les Chinois utilisent la liberté de parole qui existe dans nos sociétés, alors qu'il est impossible pour nos diplomates de faire paraître un éditorial ou une opinion dans les journaux chinois. Il y a un abus de ce côté fait par les diplomates chinois.
Irwin Cotler
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Hon. Irwin Cotler
2020-07-20 13:32
I want to join my remarks to those of Rayhan and Alex and commend each of them for their tireless advocacy and commitment.
We meet at an important moment of remembrance and reminder of bearing witness, as this hearing is doing, and of taking action as both Rayhan and Alex have called for.
We meet on the 21st anniversary of the launch of the eradication campaign against the Falun Gong. For 21 years now, the Falun Gong have been subjected to persecution and prosecution, to extrajudicial executions, torture and the like for nothing other than espousing ancient Chinese values of truth, compassion and tolerance.
We also meet in the aftermath of the imposition of draconian national security legislation on the people of Hong Kong, a watershed moment in the assault on global rules based on the international order, and which has implications as well for any international advocacy, either on behalf of the Falun Gong or the Uighurs, which could be criminalized under this legislation even if it is undertaken in Canada.
We meet on the occasion of the brutal mass suppression of the Uighurs, involving as has been said in your hearings today, the mass incarceration of 1.8 million Muslims in detention camps.
Rayhan has compellingly described mass surveillance with respect to slave labour, torture and abuse, the massive population control and suppression techniques involving massive sterilization, forced abortions, coercive injections, the forced separation of over half a million Uighur children from their families and the massive assault on their religion, culture, identity, traditions and their memory. The case of Ekpar Asat, as Rayhan has shown, is a looking glass, a case study of the disappeared and these massive human rights violations.
What can we do?
One, we need not only to unmask and expose these crimes against humanity, but to act upon them, to secure justice for the victims and accountability of the human rights violators.
Two, we need to invoke and implement the responsibility to protect. We are meeting on the 15th anniversary of the unanimous adoption by the UN of this doctrine. Canada is one of the architects. We now have to implement this doctrine with respect to the pain and plight of the Uighurs.
Three, we need to impose Magnitsky sanctions. The evidence here is clear and compelling. Join the U.S. and the U.K., which have already begun on this path and join the call of the Inter-Parliamentary Alliance on China of which I am one of the co-chairs, along with Garnett Genuis from Canada. It now has over 600 parliamentarians calling as well for the invocation of such Magnitsky sanctions.
Four, explore interstate remedies before the International Court of Justice.
Five, Parliament should take the lead in finding that these mass atrocities effectively constitute acts of genocide. We were the first Parliament to define what was happening to the Rohingya as a genocide. We should become the first Parliament to define what is happening to the Uighurs as a genocide.
Six, we need to call out the illegal and forced harvesting and pillaging of organs of the Uighurs along with the Falun Gong, which Chinese Human Rights Defenders recently called out as crimes against humanity, if not acts of genocide. We need to utilize UN special procedures and remedies for purposes of justice and accountability.
Finally, we need to take up the cause of Huseyin Celil and seek his release. As Alex mentioned, he has been languishing for 15 years in a Chinese prison. We need to take up the case of Ekpar Asat, Rayhan's brother who has disappeared, as a looking glass into these mass atrocities. Both serve as a remembrance and a reminder of the call to action that we have to undertake along with the international community.
Thank you, Mr. Chair.
J'ajoute mes remarques à celles de Mme Asat et M. Neve que je tiens à féliciter pour leur travail acharné et leur engagement.
Nous nous réunissons à un moment important pour le devoir de mémoire et le rappel de la nécessité de témoigner, comme le permet cette audience, et d'agir, comme Mme Asat et M. Neve le demandent.
Nous nous réunissons à l'occasion du 21e anniversaire du lancement de la campagne d'élimination du Falun Gong. Cela fait 21 ans que les adeptes du Falun Gong sont victimes de persécution et de poursuites, d'exécutions extrajudiciaires, de torture et d'autres traitements semblables pour la seule raison qu'ils adhèrent aux anciennes valeurs chinoises que sont la vérité, la compassion et la tolérance.
Nous nous réunissons également à la suite de l'imposition d'une loi draconienne sur la sécurité nationale contre le peuple de Hong Kong, qui marque un moment décisif dans l'offensive chinoise contre les règles mondiales qui fondent l'ordre international. Cette loi a aussi des répercussions sur toute mobilisation à l'échelle internationale, que ce soit au nom des adeptes du Falun Gong ou au nom des Ouïghours, qui risquent donc d'être criminalisés en vertu de cette loi, quand bien même cela se produirait au Canada.
Nous nous réunissons à l'occasion de la répression massive et brutale des Ouïghours, qui, comme vous l'avez dit au cours de vos audiences aujourd'hui, passe par l'incarcération massive de 1,8 million de musulmans dans des camps de détention.
Mme Asat a décrit avec éloquence la surveillance de masse, le travail forcé, la torture et les mauvais traitements, les techniques massives de contrôle et de répression de la population, la stérilisation massive, les avortements forcés, les injections coercitives, la séparation forcée de plus d'un demi-million d'enfants ouïghours d'avec leurs familles, et les attaques massives contre leur religion, leur culture, leur identité, leurs traditions et leur mémoire. Le cas d'Ekpar Asat, comme l'a montré Mme Asat, est un miroir de la situation des personnes disparues et caractéristique de ces violations massives des droits de la personne.
Que faire?
Premièrement, nous devons non seulement révéler ces crimes contre l'humanité et les exposer au grand jour, mais aussi prendre des mesures pour obtenir justice pour les victimes et pour responsabiliser les auteurs des violations des droits de la personne.
Deuxièmement, nous devons invoquer et concrétiser la responsabilité de protéger. Nous nous réunissons à l'occasion du 15e anniversaire de l'adoption unanime de cette doctrine par l'ONU. Le Canada en est l'un des architectes. Nous devons maintenant matérialiser cette doctrine à l'égard des Ouïghours au vu de leur souffrance et de leur détresse.
Troisièmement, nous devons imposer les sanctions prévues dans la loi Magnitski. Les preuves sont claires et irréfutables. Joignez-vous aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui sont déjà sur cette voie, et joignez-vous à l'Alliance interparlementaire sur la Chine, dont je suis coprésident avec Garnett Genuis, du Canada. Plus de 600 parlementaires réclament maintenant l'imposition de ces sanctions.
Quatrièmement, nous devons envisager des recours interétatiques devant la Cour internationale de Justice.
Cinquièmement, le Parlement devrait prendre l'initiative de déclarer que ces atrocités de masse constituent effectivement des actes de génocide. Nous avons été le premier Parlement à définir comme génocide ce qui arrivait aux Rohingyas. Nous devrions être le premier Parlement à définir comme génocide ce qui arrive aux Ouïghours.
Sixièmement, nous devons dénoncer le prélèvement illégal et forcé d'organes sur des Ouïghours et des adeptes du Falun Gong, que les défenseurs des droits de la personne en Chine ont récemment qualifié de crimes contre l'humanité, sinon d'actes de génocide. Nous devons utiliser les procédures et recours spéciaux des Nations unies pour obtenir justice et reddition des comptes.
Enfin, nous devons défendre la cause de Huseyin Celil et obtenir sa libération. Comme l'a rappelé M. Neve, il croupit dans une prison chinoise depuis 15 ans. Nous devons considérer le cas d'Ekpar Asat, le frère de Mme Asat, qui a disparu, comme le miroir de ces atrocités de masse. Les deux doivent s'inscrire dans notre mémoire et nous rappeler la nécessité d'un appel à l'action à l'échelle internationale.
Merci, monsieur le président.
View Garnett Genuis Profile
CPC (AB)
Thank you, Mr. Chair.
That again was powerful testimony from all the witnesses. It seems that so far, we have unanimous support among the witnesses we've heard from around recognizing what's happening as a genocide. I'll start there.
Professor Cotler, some would say that it's not the role of national parliaments to recognize genocide, that it's the role of international bodies. What is your response to that?
Merci, monsieur le président.
Les témoignages ont tous été éloquents. Il semble que, jusqu'ici, les témoins que nous avons entendus soient unanimes à considérer la situation comme un génocide. Je vais commencer par là.
Monsieur Cotler, certains diraient que ce n'est pas le rôle des parlements nationaux d'attester un génocide, mais que c'est plutôt le rôle d'organismes internationaux. Qu'en pensez-vous?
Irwin Cotler
View Irwin Cotler Profile
Hon. Irwin Cotler
2020-07-20 13:37
My response is that genocide obliges us all—internationally, domestically, governments, parliaments, civil societies, and here the Canadian Parliament has a distinguishable role—to call out genocide. It's a responsibility under the genocide convention to both prevent and punish acts of genocide.
It would be first and foremost a responsibility for Parliament to define these acts targeting the Uighurs as constitutive of acts of genocide, as the witness testimony has so eloquently and compellingly conveyed before this committee, and therefore to undertake the responsibility, having so defined it, to take the necessary action. We did so with regard to the Rohingya, as I mentioned. I might add that the decision was taken after we had hearings before this foreign affairs subcommittee, when I was a member of this foreign affairs subcommittee, which documented then the atrocities that were targeting the Rohingya at the time. Subsequently, this led to Canada becoming the first parliament to define what was happening to the Rohingya as a genocide. This too led to the initiatives taken at both the International Court of Justice, which I hope Canada will join, in that case with the Gambia, and with respect to the initiatives at the International Criminal Court.
There's a responsibility here to call it out and to act upon it.
Je pense qu'un génocide nous oblige tous, à l'échelle internationale et nationale, à l'échelle des gouvernements, des parlements et des sociétés civiles, et, ici, à l'échelle du Parlement canadien, qui assume un rôle distinctif, à le dénoncer. La Convention sur le génocide prévoit la responsabilité de prévenir et de punir les actes de génocide.
C'est d'abord et avant tout au Parlement de définir les actes visant les Ouïghours comme des actes de génocide, ainsi que les témoins l'ont si éloquemment et si fermement exposé devant le Comité, et donc, ayant défini ces actes, d'assumer la responsabilité de prendre les mesures nécessaires. Nous l'avons fait dans le cas des Rohingyas. Je rappelle que la décision a été prise après des audiences devant ce même sous-comité des affaires étrangères, dont j'étais alors membre et qui a documenté les atrocités subies par les Rohingyas à l'époque. Le Parlement du Canada a été le premier à définir la situation des Rohingyas comme un génocide. C'est également ce qui a donné lieu aux initiatives prises à la Cour internationale de justice, auxquelles, je l'espère, le Canada adhérera, dans ce cas avec la Gambie, et à celles de la Cour pénale internationale.
Nous avons la responsabilité de dénoncer la situation et d'agir en conséquence.
View Garnett Genuis Profile
CPC (AB)
Thank you very much, Professor Cotler.
That's very strong and very important. National parliaments have a responsibility under these conventions to identify and to act, not simply to defer responsibility to some amorphous other. We should engage in international bodies to pursue a collective response, but we also have specific responsibilities under the convention. Is that correct?
Merci beaucoup, monsieur Cotler.
C'est sans équivoque et très important. En vertu de ces conventions, les parlements nationaux ont la responsabilité de définir et d'agir, et de ne pas se contenter de renvoyer cette responsabilité à quelque autre organisme informe. Nous devons participer aux activités des organismes internationaux pour obtenir des mesures collectives, mais nous avons aussi des responsabilités précises en vertu de la Convention, n'est-ce pas?
Irwin Cotler
View Irwin Cotler Profile
Hon. Irwin Cotler
2020-07-20 13:39
That is correct.
En effet.
View Garnett Genuis Profile
CPC (AB)
Okay. Thank you.
Could you speak more about the doctrine of responsibility to protect and what that obliges us to do? If the government were, today, to take your recommendation and say that what is happening to the Uighur Muslims in China is genocide, what would they then be obliged to do as a result of that declaration?
Très bien. Merci.
Pourriez-vous nous parler de la doctrine de la responsabilité de protéger et des obligations qu'elle entraîne? Si le gouvernement acceptait aujourd'hui votre recommandation et déclarait que la situation des musulmans ouïghours en Chine est un génocide, quelles mesures devrait-il nécessairement prendre à la suite de cette déclaration?
Irwin Cotler
View Irwin Cotler Profile
Hon. Irwin Cotler
2020-07-20 13:40
When I was minister of justice back in 2005, the UN General Assembly unanimously adopted the responsibility to protect doctrine. That doctrine says, simply put, that if in any country we are witnessing war crimes, crimes against humanity and, God forbid, the unthinkable, namely genocide, and the government in that country is unwilling or unable to act or, worse, is the author of those crimes against humanity, if not genocide, then there is a responsibility on behalf of the international community to intervene and act to prevent, to punish and to sanction those war crimes, crimes against humanity and genocide. What we have here with respect to the Uighurs is a classic case study of such war crimes, crimes against humanity and, as I and others have mentioned, acts that are constitutive of genocide. That warrants our involvement, under the responsibility to protect doctrine, to initiate, undertake and implement the panoply of remedies that were heretofore recommended before your committee, some of which I recommended in my testimony, this being part of the responsibility to protect doctrine.
I might add just one other thing. I'm not unmindful of the fact that we are meeting in the aftermath of the 26th anniversary of the genocide of the Tutsis in Rwanda. What makes the genocide of the Tutsis so unspeakable is not only the horror of the genocide itself, where some 10,000 Tutsis were murdered, every day for three months, but also that it was preventable. Nobody could say that they did not know. We knew but we did not act. Now, with regard to the Uighurs, nobody can say that they do not know. We know and we must act.
To quote from my mentor and Nobel Peace Prize laureate Elie Wiesel, who taught me some of the more compelling human rights lessons I know, silence in the face of evil ends up being complicity with evil itself. Indifference to mass atrocities, let alone genocide, always means coming down on the side of the victimizer and not on the side of the victims. Our responsibility to protect is justice for the victims and accountability for the violators.
En 2005, quand j'étais ministre de la Justice, cette doctrine a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations unies. Le principe est simple; si, dans un pays, nous sommes témoins de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et, Dieu nous en préserve, de l'impensable qu'est le génocide, et si le gouvernement de ce pays ne veut pas ou ne peut pas agir ou, pire encore, est l'auteur de ces crimes, voire d'un génocide, la communauté internationale a la responsabilité d'intervenir et d'agir pour prévenir, punir et sanctionner ces crimes de guerre, ces crimes contre l'humanité et ce génocide. Dans le cas des Ouïghours, nous avons devant nous un exemple classique de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et, comme d'autres le pensent également, d'actes constitutifs d'un génocide. Cela justifie notre participation, en vertu de la doctrine de la responsabilité de protéger, à l'adoption et à la mise en oeuvre des mesures recommandées jusqu'ici devant le Comité, dont certaines que j'ai recommandées dans mon témoignage et qui relèvent de la responsabilité de protéger.
J'ajouterais une dernière chose. Je n'oublie pas que nous nous réunissons dans la foulée du 26e anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda. Ce qui rend le génocide des Tutsis si innommable, ce n'est pas seulement l'horreur du génocide proprement dit, au cours duquel quelque 10 000 Tutsis ont été assassinés tous les jours pendant trois mois, mais aussi le fait que c'était évitable. Personne ne pouvait prétendre l'ignorer. Nous le savions, mais nous n'avons rien fait. Pour les Ouïghours, aujourd'hui, personne ne peut prétendre ignorer la situation. Nous le savons et nous devons agir.
Pour citer mon mentor et lauréat du Prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, qui m'a enseigné quelques-unes des leçons les plus fondamentales que je connaisse sur les droits de la personne, le silence devant le mal finit par être complice du mal lui-même. L'indifférence à l'égard des atrocités de masse, sans parler du génocide, signifie toujours que l'on se range du côté de l'agresseur et non du côté des victimes. Notre responsabilité de protéger, c'est la justice pour les victimes et la responsabilité pour les agresseurs.
View Sameer Zuberi Profile
Lib. (QC)
Although we heard from Mr. Cotler, I would like to hear from the other two witnesses their expert opinion about what's happening to the Uighur people in terms of meeting the threshold of the genocide convention definition of genocide, which I'm sure you're familiar with given that both of you are lawyers and involved in this sort of work. If you don't know the definition, I can read it for you, but from your knowledge of the facts on the ground and the law, does this meet the definition of genocide?
I have a series of other questions, so I'd like a quick response on that.
Nous avons entendu M. Cotler, mais j'aimerais entendre l'opinion d'expert des deux autres témoins sur la situation du peuple ouïghour du point de vue de la définition de la notion de génocide dans la Convention. Je suis sûr que vous êtes au courant puisque vous êtes tous les deux avocats et que vous participez à ce genre de travaux. Si vous ne connaissez pas la définition, je peux vous la lire, mais, d'après votre connaissance du droit et des faits sur le terrain, cela correspond-il à la définition de génocide?
J'ai une série d'autres questions, et j'aimerais donc que vous répondiez brièvement.
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