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View Elizabeth May Profile
GP (BC)
Mr. Chair, it's an honour to rise in this place to present two petitions today.
The first is from a number of constituents and others who have signed the e-petition calling for the federal government to examine the need for a permanent federal funding mechanism for public transit. The petitioners note that the current 10-year transit plan will end in 2027 and that having low-emission public transport is very important for meeting long-term climate goals. They ask that the federal government provide a permanent federal funding mechanism to go well beyond the 10-year transit plan and to work with all levels of government to provide sustainable, predictable, long-term and adequate funding.
The second petition speaks to the issue that gripped the country so much just months ago, but is not forgotten, which is the conflict on Wet'suwet'en territory over the Coastal GasLink and the need for the Government of Canada to uphold the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, and the Truth and Reconciliation Commission's calls to action. They call for the RCMP to stand down and note that the RCMP has violated the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Monsieur le président, c’est un honneur de prendre la parole aujourd’hui pour présenter deux pétitions.
La première provient d’un certain nombre d’électeurs et d’autres personnes qui ont signé la pétition électronique demandant au gouvernement fédéral d’examiner la nécessité d’un mécanisme fédéral permanent de financement des transports en commun. Les pétitionnaires font remarquer que l’actuel plan de transports en commun vieux de 10 ans prendra fin en 2027 et qu’il est très important d’avoir des transports en commun produisant de faibles émissions pour atteindre les objectifs climatiques à long terme. Ils demandent que le gouvernement fédéral mette en place un mécanisme de financement permanent allant bien au-delà du plan décennal des transports en commun et qu’il collabore avec tous les ordres de gouvernement pour fournir un financement durable, prévisible, à long terme et adéquat.
La deuxième pétition porte sur une question qui a beaucoup retenu l’attention du pays il y a quelques mois, mais qui n’est pas oubliée. Il s’agit du conflit sur le territoire des Wet’suwet’en au sujet de la Coastal Gaslink et de la nécessité pour le gouvernement du Canada de respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, ainsi que les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Ils demandent à la GRC de se retirer, précisant qu’elle a violé la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
View Elizabeth May Profile
GP (BC)
Thank you, Mr. Chair.
I present two petitions this morning.
The residents of Saanich—Gulf Islands are calling on the government to simplify the process for protection of marine protected areas. It's a multi-layered communication process. The marine protected area first proposed in the 1970s for the southern Strait of Georgia, now called the Salish Sea, has been awaiting designation for so long that it was originally endorsed by Jacques Cousteau. That gives us a sense for why petitioners are calling for a simplified and more rapid process.
The second petition is from petitioners who are very concerned about our obligations under the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and our commitments under the Truth and Reconciliation Commission calls to action. They specifically reference the RCMP violation of UNDRIP in its actions on Wet'suwet'en territory and ask the government to commit to actually living the principles embodied in UNDRIP.
Merci, monsieur le président.
Je présente deux pétitions aujourd'hui.
Les habitants de Saanich—Gulf Islands demandent au gouvernement de simplifier le processus de protection des aires marines protégées, un processus de communications multilatérales. L'aire marine protégée dans la partie sud du détroit de Georgia, maintenant appelée la mer des Salish, proposée la première fois dans les années 1970, attend sa désignation depuis si longtemps qu'elle a reçu à l'origine l'appui de Jacques Cousteau. Cela nous donne une idée des raisons qui poussent les pétitionnaires à demander un processus plus simple et rapide.
La deuxième pétition vient de gens qui s'inquiètent beaucoup de nos obligations aux termes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et de nos engagements dans le cadre des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. Ils mentionnent en particulier que les actions de la GRC sur le territoire des Wet'suwet'en vont à l'encontre de la déclaration, et ils demandent au gouvernement de s'engager à mettre en pratique les principes qui y sont énoncés.
View Paul Manly Profile
GP (BC)
Mr. Chair, it's an honour and a privilege to present a petition on behalf of the constituents of Nanaimo—Ladysmith.
People are concerned about gas fracking and the use of methane and the destruction that methane causes to our atmosphere and with climate change. They're calling on the government to commit to upholding the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and the Truth and Reconciliation Commission's calls to action by immediately halting all existing and planned construction of the Coastal GasLink project on the Wet'suwet'en territory, and by ordering the RCMP to dismantle their exclusion zone and to stand down. They also call on the government to schedule nation-to-nation talks between the Wet'suwet'en nation and the federal and provincial governments—which is something that we're happy to see has been happening and I commend the government for that effort—and to prioritize the implementation of the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Monsieur le président, c'est un honneur et un privilège de vous présenter une pétition au nom des habitants de Nanaimo—Ladysmith.
La population se préoccupe de l'extraction du gaz, de l'utilisation du méthane et de la détérioration connexe de l'atmosphère, et du changement climatique. Elle demande au gouvernement de s'engager à respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et de répondre à l'appel lancé par la Commission de vérité et de réconciliation en cessant immédiatement la construction actuelle et future du projet de gazoduc côtier Gaslink sur le territoire Wet'suwet'en et en ordonnant à la GRC de démanteler sa zone d'exclusion et de se retirer. Elle demande également au gouvernement de prévoir des discussions de nation à nation entre les Wet'suwet'en et les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux — nous sommes heureux de voir que ces discussions ont lieu et nous félicitons le gouvernement pour cet effort — et d'accorder la priorité à la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
View Elizabeth May Profile
GP (BC)
Mr. Chair, I rise to present two petitions on this anniversary of the massacre at Tiananmen Square.
The first petition is from petitioners concerned about human rights in the People's Republic of China and the detention of practitioners of Falun Dafa or Falun Gong. They call on the Government of Canada and the Minister of Foreign Affairs to impress the importance of universal human rights upon the government of the People's Republic of China and to allow swifter accommodation of human rights within the People's Republic of China.
The second petition pertains to human rights within Canada. It calls on the Government of Canada to follow and be accountable to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, to fulfill the calls to action of the Truth and Reconciliation Commission, and to move forward swiftly to meet the expectations of justice for the Wet'suwet'en people.
Monsieur le président, je vais présenter deux pétitions pour souligner l'anniversaire du massacre de la place Tiananmen.
La première est signée par des personnes préoccupées par la situation des droits de la personne en République populaire de Chine et par la détention de pratiquants du Falun Dafa ou Falun Gong. Elles appellent le gouvernement du Canada et le ministre des Affaires étrangères à faire valoir l'importance des droits universels de la personne auprès du gouvernement de la République populaire de Chine et à accélérer le respect des droits de la personne en République populaire de Chine.
La deuxième concerne les droits de la personne au Canada. Elle demande au gouvernement du Canada de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, de rendre compte de ses actions, de donner suite aux appels à l'action lancés par la Commission de vérité et de réconciliation et de prendre rapidement des mesures pour satisfaire les attentes des Wet'suwet'en en matière de justice.
View Elizabeth May Profile
GP (BC)
Mr. Chair, it's an honour to rise to present a petition today from a number of constituents calling for the government to act to uphold the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and the Truth and Reconciliation Commission's calls to action. There is a call to respect the Wet'suwet'en territory and to dismantle RCMP exclusion zones.
This petition came some time ago. Some of these issues have been dealt with. I am particularly pleased to note that the nation-to-nation talks called for by petitioners between the Wet'suwet'en and the federal and provincial governments have taken place. I will take this moment if I may to thank the honourable ministers involved in that effort.
Thank you.
Monsieur le président, c'est un honneur de prendre la parole pour présenter aujourd'hui une pétition signée par un certain nombre d'électeurs, une pétition qui demande que le gouvernement prenne des mesures pour donner suite à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et aux appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. La pétition demande aussi que le territoire des Wet'suwet'en soit respecté et que les zones d'exclusion surveillées par la GRC soient démantelées.
Cette pétition a été reçue il y a un certain temps. Donc, certains de ces problèmes ont déjà été réglés. Je suis particulièrement heureuse de constater que les discussions de nation à nation entre les Wet'suwet'en, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux que les pétitionnaires demandent ont déjà eu lieu. Si je peux me permettre, j'aimerais prendre un moment pour remercier les honorables ministres qui ont participé à cet effort.
Merci.
View Karen Vecchio Profile
CPC (ON)
If we're talking about being a feminist government, I have one single question. Yesterday the minister was not willing to answer the question, so I will ask the Minister for Women and Gender Equality.
How can a feminist government support the Wet'suwet'en First Nation women whose titles were stripped from them?
Si on parle d'un gouvernement féministe, j'ai une seule question. Hier, la ministre n'était pas disposée à y répondre, alors je vais la poser à la ministre des Femmes et de l'Égalité des genres.
Comment un gouvernement féministe peut-il aider les femmes de la nation Wet'suwet'en qui ont été dépouillées de leur titre?
View Maryam Monsef Profile
Lib. (ON)
Mr. Chair, it sounds like my honourable colleague wants to compare their record on advancing equality with ours. We are happy to do that, and the Minister of Crown-Indigenous Relations has been working very hard to move this historic agreement forward.
Monsieur le président, mon honorable collègue semble vouloir comparer le bilan de son parti avec le nôtre en ce qui concerne la promotion de l'égalité. Nous ne demandons pas mieux, car la ministre des Relations Couronne-Autochtones a travaillé très fort à cette entente historique.
View Karen Vecchio Profile
CPC (ON)
These women have lost their titles, and the decisions were made with the hereditary chiefs and not the elected chiefs. Why is this government not standing up for these women hereditary chiefs who were stripped of their titles?
Ces femmes ont perdu leur titre et les décisions ont été prises avec les chefs héréditaires et non avec les chefs élus. Pourquoi le gouvernement ne défend-il pas ces femmes chefs héréditaires qui ont été dépouillées de leur titre?
Sara Bennett Fox
View Sara Bennett Fox Profile
Sara Bennett Fox
2020-05-28 12:51
Mr. Chair, I think the honourable member knows that the route to self-determination is to have first nations, Inuit, and Métis determine their own governance and abide by their own laws. Right now the Wet'suwet'en nation is in that process of determining what kind of governance they would like.
Monsieur le président, l'honorable députée sait sûrement que la voie de l'autodétermination consiste à laisser les Premières Nations, les Inuits et les Métis décider de leur propre gouvernance et appliquer leurs propres lois. À l'heure actuelle, la nation Wet'suwet'en est en train de déterminer le genre de gouvernance qu'elle souhaite avoir.
View Jamie Schmale Profile
CPC (ON)
Thank you, Chair.
Does the minister have any concerns regarding claims by several former female hereditary chiefs that they were stripped of their hereditary status because they didn't agree with the men?
Merci, monsieur le président.
La ministre est-elle préoccupée par les affirmations de plusieurs anciennes chefs héréditaires selon lesquelles on les aurait dépouillées de leur statut héréditaire parce qu'elles n'étaient pas d'accord avec les hommes?
View Carolyn Bennett Profile
Lib. (ON)
Again, it is going to be really important that the work take place within the Wet'suwet'en nation to determine their future governance, to determine their way of working with Canada and to make sure—
Encore une fois, il va être très important que le travail se fasse au sein de la nation Wet'suwet'en pour ce qui est de définir leur future gouvernance, d'établir la façon dont elle entend travailler avec le Canada et pour s'assurer...
View Elizabeth May Profile
GP (BC)
Mr. Chair, it's an honour to present a petition on behalf of my constituents in Saanich—Gulf Islands. Of course, this petition has taken some time to reach the virtual floor of our Parliament, given the pandemic.
The petitioners are calling on the Government of Canada and the House of Commons to uphold the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, as well as the Truth and Reconciliation Commission of Canada's calls to action in relation to UNDRIP. They call for the immediate halting of all existing and planned construction of Coastal GasLink projects on Wet'suwet'en territory. They also call for the scheduling of nation-to-nation talks, which we can acknowledge has commenced, but they also further call on prioritizing the real implementation of the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Monsieur le président, j’ai l’honneur de présenter une pétition au nom des électeurs de ma circonscription de Saanich-Gulf Islands. Bien sûr, à cause de la pandémie, il a fallu un certain temps pour que cette pétition parvienne à notre Parlement.
Les signataires demandent au gouvernement du Canada et à la Chambre des communes de respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et de donner suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation en ce qui concerne la Déclaration. Ils demandent l’arrêt immédiat de tous les travaux de construction en cours ou planifiés du gazoduc Coastal GasLink sur le territoire des Wet'suwet'en. Ils demandent également la tenue de pourparlers de nation à nation, qui ont certes commencé, mais ils veulent aussi qu’on accorde la priorité à une mise en œuvre réelle de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples.
View Paul Manly Profile
GP (BC)
Mr. Chair, I have a petition today sent in by members of my constituency of Nanaimo—Ladysmith.
It calls upon the House of Commons in Parliament assembled to commit to upholding the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and the Truth and Reconciliation Commission of Canada's Calls to Action by immediately putting a halt to all existing and planned construction of the Coastal GasLink project on Wet'suwet'en territory, ordering the RCMP to dismantle its exclusion zone and stand down, scheduling nation-to-nation talks between the Wet'suwet'en nation and the federal and provincial government—something that has already happened, and I'm sure that the petitioners would be pleased that the government has taken that action—and prioritizing the real implementation of the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Monsieur le président, je présente aujourd'hui une pétition qui a été soumise par des membres de ma circonscription de Nanaimo—Ladysmith.
Les pétitionnaires demandent à la Chambre des communes réunie en Parlement de s'engager à faire respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada en prenant immédiatement les mesures suivantes: exiger l'arrêt de tous les travaux de construction en cours ou prévus du projet Coastal GasLink sur le territoire des Wet'suwet'en; ordonner à la GRC de démanteler sa zone d'exclusion et de se retirer; prévoir la tenue de pourparlers de nation à nation entre les Wet'suwet'en et les gouvernements fédéral et provinciaux — une mesure que le gouvernement a déjà prise, et je suis certain que les pétitionnaires en sont ravis —; et se donner comme priorité de mettre véritablement en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
View Paul Manly Profile
GP (BC)
Thank you, Mr. Chair.
This petition was signed and sent in by constituents of my riding of Nanaimo—Ladysmith.
It calls upon the House of Commons to commit to upholding the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and the calls to action from the Truth and Reconciliation Commission of Canada by immediately halting all existing and planned construction of the Coastal GasLink project on Wet'suwet'en territory, ordering the RCMP to dismantle its exclusion zone and stand down, scheduling nation-to-nation talks between the Wet'suwet'en nation and the federal and provincial governments—something that has already happened, thankfully—and prioritizing the real implementation of the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Merci, monsieur le président.
Cette pétition a été signée et soumise par des électeurs de ma circonscription de Nanaimo—Ladysmith.
Elle demande à la Chambre des communes de s’engager à respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones ainsi que les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada en arrêtant immédiatement tous les travaux de construction en cours ou prévus du projet Coastal GasLink sur le territoire des Wet’suwet’en, en ordonnant à la GRC de démanteler sa zone d’exclusion et de se retirer, en organisant des pourparlers de nation à nation entre les Wet’suwet’en et les gouvernements fédéral et provinciaux — ce qui a déjà eu lieu, heureusement — et en se donnant comme priorité de mettre véritablement en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
View Carolyn Bennett Profile
Lib. (ON)
Thank you, Mr. Chair.
It's a pleasure to be back before this committee for the first time in the new Parliament, especially with so many new faces on this truly important committee for Canada. I, too, want to begin by acknowledging that we are on the traditional unceded territory of the Algonquin people.
I am pleased to be here with my honourable colleague the Minister of Indigenous Services, Mr. Marc Miller, and our deputy ministers.
We understand that we've been asked to talk about the recent blockades and protests across the country, but I think I'm here mainly to talk about the complex underlying issues at their core. Our government understands that the recent rail blockades have had real impacts on Canadians, businesses and people across the country who rely on a working rail service to get to work, transport goods and keep their businesses running successfully, and also on indigenous peoples.
I think, as you know, that across all government departments, we're working around the clock to resolve this in a peaceful and lasting way. We welcomed the news last week that the remaining rail blockades had been removed and that regular rail service is resuming.
I think we understand that Canadians have been frustrated as they saw the impacts of the recent rail blockades continue, and some opposition politicians, we worry, were unfortunately focused on, as I think I said in the House of Commons, exploiting divisions within a community, which is not going to get us to lasting solutions and the kind of healing needed.
As the Prime Minister said so eloquently, Canadians expect us to work together to get through this together.
Marc and I are here to answer questions you may have because we believe it's really important that all of us truly understand the complexity and sensitivity of the situation and the danger of some of the inflammatory rhetoric we have heard in recent weeks.
As a physician, I am reminded that it's also the obligation of all parliamentarians to firstly do no harm. We need a lasting solution so that nations can take decisions together to achieve the certainty required for first nations, Métis and Inuit to ensure that their communities are healthy and vibrant.
The issues at the heart of this situation extend beyond a particular project, and deal with complex matters of indigenous governance, rights and title.
Over the past several weeks, my B.C. counterpart and I have been in ongoing communication with the Wet'suwet'en hereditary chiefs to try to de-escalate the situation and find a path forward to deal with these issues in a substantive way. While policing decisions are made independently and free from political influence, we were pleased that the RCMP in B.C. worked with the Wet'suwet'en to make operational changes to de-escalate the situation and make room for the in-person talks between the Wet'suwet'en hereditary chiefs and the federal and provincial governments.
We were also encouraged that Coastal GasLink independently agreed to pause work on the project during in-person discussions to help make that possible, and we were very grateful for Nathan Cullen's work in the de-escalating of the situation among all parties.
The weekend before last, when I met in Smithers with the Wet'suwet'en hereditary chiefs and the B.C. government, we had very frank and substantive discussions, guided by respect, on issues around Wet'suwet'en rights and title. We were also pleased that the members of the Wet'suwet'en Matrilineal Coalition participated in the first night of the meeting, and we were able to hear their very important perspective directly. These talks focused on two separate issues: the recognition of Wet'suwet'en indigenous rights and title throughout their territory and the issues arising out of the Coastal GasLink project. These topics were discussed separately, and with respect to rights and title, the parties focused intensely on the commitments to an expedited process to implement Wet'suwet'en rights and title.
The result of these discussions was a draft arrangement that will be reviewed by the Wet'suwet'en clan members in their clans and in their houses through the Wet'suwet'en governance protocols for ratification. I believe that over these two weeks...that they need that space to have those conversations independently of outside voices. I believe that the removal of the remaining rail blockades last week and the resumption of rail service provides the Wet'suwet'en nation with that space to have this important conversation of rights and title within their territory.
Out of respect for the process, Canada has agreed that the Wet'suwet'en Nation would have the time to consider the details of this arrangement before it was made public. If ratified, Minister Fraser and I have agreed to return to the Wet'suwet'en territory to sign it, and the parties have agreed to implement title on an expedited basis and to coordinate how we will work together. We are inspired by the courageous Wet'suwet'en people who took the recognition of their rights to the Supreme Court of Canada in the historic Delgamuukw-Gisday'wa case in 1997. We need to be clear that the court did not, at that time, grant title to their lands; it affirmed the rights of the Wet'suwet'en, but said that the question of title was to be determined at a later time and then implemented.
I believe that this arrangement with the Wet'suwet'en people will now be able to breathe life into the Delgamuukw-Gisday'wa decision so that future generations do not have to face conflicts like the one that they face today. As the late chief Wah tah Kwets said in the Delgamuukw case, “It is up to us to create a new memory in the minds of our children.”
While work remains, these talks have been an important step on reconciling complex matters of rights and title.
From education to fisheries, to child and family services, to policing, to court systems, we have made important strides forward in the hard work of what Lee Crowchild describes as “deconstructing the effects of colonization”.
Over the past five years, we have been moving away from the parameters of the Comprehensive Land Claims and Inherent Right policies.
Our government's approach to negotiating rights-related agreements is being developed through lessons learned from the over 150 recognition of indigenous rights and self-determination discussion tables across Canada. These negotiations involve almost one million indigenous people from 480 first nations, 44 Inuit communities and seven Métis organizations. Since 2015, we have been advancing interest-based discussions and ensuring that co-development is the core of any negotiations with indigenous groups.
In 2019, the governments of Canada and British Columbia and the First Nations Summit co-developed the recognition of reconciliation rights policy for treaty negotiations in British Columbia. This new policy eliminates the concepts that were the barriers to future treaties, agreements and other constructive arrangements, including extinguishment and cede and surrender. It demonstrates Canada's commitment to working collaboratively with indigenous and provincial partners, based on the affirmation and implementation of indigenous rights and in accordance with the principles of the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.
Together we are committed to resolving the issues we face and to implementing Wet'suwet'en rights and title. We understand that we are in a critical time together, and we are committed to building a new path together with indigenous peoples across Canada.
Meegwetch.
Merci, monsieur le président.
C'est avec plaisir que je comparais devant le Comité aujourd'hui pour la première fois dans ce nouveau Parlement. Bienvenue aux nouveaux visages de ce Comité vraiment important. Je voudrais commencer par reconnaître que nous sommes sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin.
J'ai le plaisir d'être ici en compagnie de mon honorable collègue le ministre des Services aux Autochtones, M. Marc Miller, et de nos sous-ministres.
Nous sommes conscients que nous sommes tous deux ici pour parler des récents blocus et manifestations dans tout le pays, mais je suis surtout là pour vous parler des questions complexes qui les sous-tendent. Notre gouvernement comprend que les récents blocages ferroviaires ont eu des répercussions très réelles sur les Canadiens: les entreprises et les gens de tout le pays comptent sur un service ferroviaire fonctionnel pour se rendre au travail, transporter des marchandises et assurer le bon fonctionnement de leurs entreprises. Par ailleurs, les peuples autochtones eux-mêmes en subissent les contrecoups.
Comme vous le savez sûrement, des gens de tous les ministères travaillent jour et nuit pour résoudre ce problème de manière pacifique et durable. La semaine dernière, nous avons accueilli avec satisfaction la nouvelle selon laquelle les derniers barrages ferroviaires avaient été levés et le service ferroviaire régulier reprenait.
Les Canadiens ont été, à juste titre, frustrés de voir les effets des récents blocages ferroviaires se poursuivre, je pense que nous le comprenons. Or, malheureusement, certains représentants de l'opposition semblent avoir davantage cherché à exploiter politiquement cette frustration qu'à trouver des solutions durables et à cheminer vers la guérison nécessaire, comme je l'ai dit à la Chambre des communes.
Comme le premier ministre l'a dit avec tant d'éloquence, les Canadiens s'attendent à ce que nous travaillions ensemble pour nous en sortir.
Marc et moi sommes ici pour répondre à toutes les questions que vous pourriez avoir, car nous pensons qu'il est vraiment important que nous comprenions tous réellement la complexité et la nature délicate de la situation, ainsi que le danger de certaines des rhétoriques incendiaires que nous avons entendues ces dernières semaines.
En tant que médecin, je garde à l'esprit que tous les députés ont également l'obligation primordiale de « ne pas nuire ». Nous avons besoin d'une solution durable pour que les nations puissent prendre des décisions ensemble afin d'atteindre la certitude nécessaire pour que les Premières Nations, les Métis et les Inuits puissent assurer la santé et le dynamisme de leurs communautés.
Les enjeux au cœur de cette situation dépassent le cadre d'un projet particulier et portent sur des sujets complexes de gouvernance, de droits ancestraux et de titre autochtone.
Au cours des dernières semaines, mon homologue de la Colombie-Britannique et moi-même avons été en communication permanente avec les chefs héréditaires des Wet'suwet'en pour désamorcer la situation et trouver une voie à suivre pour traiter ces questions de manière substantielle. Même si les décisions des services de police sont prises de manière indépendante et libre de toute influence politique, nous étions heureux que la GRC en Colombie-Britannique travaille avec les Wet'suwet'en pour apporter des changements opérationnels afin de désamorcer la situation et de faire de la place pour des discussions en personne entre les chefs héréditaires des Wet'suwet'en et les gouvernements fédéral et provincial.
Nous avons également été encouragés par le fait que Coastal Gas Link a accepté de manière indépendante de suspendre les travaux sur le projet pendant les discussions en personne pour que celles-ci aient lieu, et nous sommes très reconnaissants envers Nathan Cullen de son bon travail pour désamorcer le conflit entre les partis.
L'avant-dernier week-end, à Smithers, j'ai rencontré les chefs héréditaires des Wet'suwet'en et le gouvernement de la Colombie-Britannique et nous avons eu des discussions franches, substantielles, et respectueuses sur les questions relatives aux droits et au titre des Wet'suwet'en. Nous sommes également heureux que les membres de la Coalition matrilinéaire des Wet'suwet'en aient participé à la première soirée de la réunion et nous aient fait entendre leur point de vue très important. Ces entretiens ont porté sur deux sujets distincts: la reconnaissance des droits et du titre des Wet'suwet'en sur l'ensemble de leur territoire et les questions soulevées par le projet Coastal Gas Link. Ces sujets ont été abordés séparément. En ce qui concerne les droits et le titre, les parties se sont concentrées sur les engagements à mettre en place un processus accéléré pour la mise en oeuvre des droits et du titre des Wet'suwet'en.
Le résultat de ces discussions a été un projet d'entente qui sera examiné par les membres du clan Wet'suwet'en par le biais des protocoles de gouvernance Wet'suwet'en pour ratification. Je crois qu'au cours des deux prochaines semaines... ils ont besoin de cet espace pour en discuter sans l'interférence de voix extérieures. Je crois que la suppression des derniers blocages ferroviaires la semaine dernière et la reprise du service ferroviaire offrent à la Nation Wet'suwet'en l'espace nécessaire pour avoir cette importante conversation sur les droits et le titre sur leur territoire.
Par respect pour le processus, le Canada a accepté de donner à la Nation Wet'suwet'en le temps d'examiner les détails de cette entente avant qu'elle ne soit rendue publique. Si cette entente est ratifiée, le ministre Fraser et moi-même avons convenu de retourner sur le territoire Wet'suwet'en pour la signer. De plus, les parties ont convenu de mettre en oeuvre le titre de propriété de manière accélérée et de coordonner notre collaboration. Nous sommes inspirés par le courageux peuple Wet'suwet'en qui a porté la reconnaissance de ses droits devant la Cour suprême du Canada dans l'affaire Delgamuukw-Gisday'wa en 1997. Mais nous devons préciser que la cour n'a pas, à l'époque, accordé de titre de propriété sur leurs terres. Elle a affirmé les droits des Wet'suwet'en, mais a dit que la question du titre de propriété devait être déterminée ultérieurement, puis appliquée.
Je crois que cette entente avec le peuple Wet'suwet'en donnera vie à la décision Delgamuukw-Gisday'wa afin que les générations futures n'aient pas à faire face à des conflits comme celui auquel elles sont confrontées aujourd'hui. Comme l'a dit le défunt chef Wah'tah'kwts dans l'affaire Delgamuukw, « il nous incombe de créer de nouveaux souvenirs dans l'esprit de nos enfants ».
Bien qu'il reste du travail à faire, ces discussions ont constitué une étape importante pour concilier les questions complexes de droits et de titre.
De l'éducation, à la pêche, aux services à l'enfance et à la famille, à la police, aux systèmes judiciaires — nous avons fait des progrès importants dans le travail difficile que Lee Crowchild décrit comme « la déconstruction des effets de la colonisation ».
Au cours des cinq dernières années, nous nous sommes éloignés des paramètres de la politique relative aux revendications territoriales globales et aux droits inhérents.
Les approches de notre gouvernement en matière de négociation d'accords relatifs aux droits sont élaborées à partir des enseignements tirés de plus de 150 tables de discussion sur la reconnaissance des droits ancestraux et l'autodétermination dans tout le Canada. Près d'un million d'Autochtones de plus de 480 Premières Nations, 44 communautés inuites et 7 organisations métisses sont touchés par ces négociations. Depuis 2015, nous avons fait progresser les discussions fondées sur les intérêts et veillé à ce que le principe d'élaboration conjointe soit au cœur de toute négociation avec les groupes autochtones.
En 2019, les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique et le Sommet des Premières Nations ont élaboré conjointement la politique de reconnaissance et de réconciliation des droits pour les négociations de traité en Colombie-Britannique. Cette nouvelle politique élimine des concepts tels que l'extinction, la cession et la renonciation pour les futurs traités, accords et autres arrangements constructifs. Elle démontre l'engagement du Canada à travailler en collaboration avec les partenaires autochtones et provinciaux sur la base de l'affirmation et de la mise en œuvre des droits ancestraux, et conformément aux principes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
Ensemble, nous nous engageons à résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés et à mettre en œuvre les droits et le titre des Wet'suwet'en. Nous comprenons que nous sommes à un moment critique, et nous nous engageons à construire une nouvelle voie avec les peuples autochtones du Canada.
Meegwetch.
View Marc Miller Profile
Lib. (QC)
Thank you, Chair.
I want to start by acknowledging that we are gathered here today on the traditional and unceded territory of the Algonquin peoples.
I know that this directly impacted many of you in the room today, as it impacted the communities you represent, and the lives of your constituents.
The conversations that happened in Smithers with Minister Bennett are a positive and vital step, but there's no doubt that there's more work to do, work that many of you in this room know well as members of this important parliamentary committee. There's a lot of work to be done in addressing the underlying concerns of the Wet'suwet'en and the resulting solidarity actions that took place across the country.
However, I'm glad that together we can demonstrate a peaceful, achievable resolution. I believe the easy way is not always the right way. Sometimes using force is a sign of weakness. Over the past few weeks, we've seen the result of ignorance, fear and lack of understanding in vitriolic messages and comments online, through stories of individuals being targeted in public and private, and we saw that not far from here in Ottawa. An indigenous youth group had to move their planned weekly gathering due to the receipt of a death threat.
I think this shows that we have a long way to go when it comes to learning the dark parts of the history of this unreconciled country and its peoples, and truly making an effort to learn from one another and listen.
I've said this before and I'll continue to say it: When we don't have an open and honest dialogue, we simply can't move forward together.
Consistent, open and respectful dialogue is paramount to achieve peace, cooperation and prosperity in this country for all peoples.
It's in this spirit of peace and co-operation that I gathered with members of the Kanyen’kehá:ka along the rail tracks in Tyendinaga, as members will know. We pursued an open dialogue and made concerted efforts to move towards a peaceful resolution. Modest but important progress was made through this dialogue.
However, there was an immense amount of suspicion towards my presence—fear it was a ruse and that the police would move in. It's not every day that people are surrounded by police, and the reactions are normal. Parts of the conversation with the leadership of the community, elders and community members, including women and children, were very difficult, very painful and very personal. Upsetting stories were shared about this country's troubling treatment of indigenous peoples.
These are very serious issues which demand our attention, and have demanded it for hundreds of years, and there's no place in this discussion for rhetoric and vitriol.
The question I have found myself asking in the last few weeks is this: are we going to do things the way we have always done them, which has brought us to this point in our relationship, or do we take a new approach that engages in a true government-to-government relationship?
My greatest challenge in the past month in particular, but in the relationship in general, is trust. It prevents the best and most well-thought-out initiatives from moving forward. It is clear that our work must earn that trust over time.
In looking towards building a better future where we earn that trust, I believe it's important to acknowledge the past. For almost 500 years, indigenous peoples have faced discrimination in every aspect of their lives. The Crown, in part, has prevented a true equal partnership from developing with indigenous peoples, imposing instead a relationship based on colonial, paternalistic ways of thinking and doing. This approach has resulted in a legacy of devastation, pain and suffering, and it's not acceptable.
Many of us know where this has gotten us: a broken child and family system where indigenous children up to the age of 14 make up over 50% of kids in foster care even though they represent 7.7% of all Canadian children; shocking rates of suicide among indigenous youth, causing untold pain and hurt that will plague families and communities for generations to come; untenable housing situations where water that is unsafe to drink or even bathe in comes out of the taps; and communities that don't have reliable access to roads, health centres, or even schools.
When we formed government 4 years ago, we made many significant promises including on some of these areas I just touched upon.
We have delivered on much of that but the most important lesson we learned was that everything has to be done in true partnership. That Canada will succeed when we follow the voices of those whom we have ignored and disrespected for far too long, and those who lead communities across this country.
We know that there is no quick fix for the decades of systemic discrimination that indigenous peoples in Canada have faced. But our government is committed to putting in the time, energy and resources to right past wrongs and build a better way forward for future generations.
We do our best to undertake this work in a way that departs from much of our shared history—a history in which the inherent rights, leadership and cultural vitality have not been respected as they should have been.
Our approach is founded on partnership and co-development and is anchored in listening to indigenous leaders, elders, youth and community members and working to support their attainment of their goals based on their priorities.
Since 2016, we've invested $21 billion in the priorities of indigenous partners, priorities that have been set by indigenous partners, and together we've made some progress, but we still have a long way to close the unacceptable socio-economic gap that exists between indigenous and non-indigenous peoples.
For hundreds of years, indigenous peoples have been calling on the Canadian government to recognize and affirm their jurisdiction over their own affairs, to have control and agency over their land, housing, education, governance system and child and family services. Self-determination improves the well-being and prosperity of indigenous communities, and that's something all Canadians should strive to support.
There is no question that self-determination is a better way forward.
Self-governing indigenous peoples have a proven track record of greater socio-economic success. More children are completing high school, fewer people are unemployed, and health outcomes are much better. Indigenous-led initiatives are more successful, as we have seen time and time again.
There is a critical need to support nation and community-led success in every indigenous community in Canada, not just in education, but also in health care, water and resource management, child and family services, in short, in all sectors.
This is why our government continues to work on shifting policies to recognize the inherent right of self-government for first nations, Inuit and Métis. That means moving to novel models of indigenous government and supporting indigenous communities to assert their rights.
We are working to support first nations to opt out of sections of the Indian Act in areas such as land, environment, resource management and elections. As an example, we're working with indigenous institutions in first nations to develop the tools they need to drive local economic development, empower their communities and promote prosperity.
Since 2019, nine first nations have begun operating under their community-ratified land codes through the framework agreement on first nations land management and the First Nations Land Management Act. In addition, 18 first nations have joined the 264 other first nations asserting jurisdiction in the area of fiscal governance by opting into the First Nations Fiscal Management Act.
Self-determination is key to unlocking economic potential, creating opportunities for growth and closing socio-economic gaps. We know that with advancing self-determination, the potential for success is enormous—success of indigenous peoples and, frankly, all of Canada.
To get there, we need to understand that recognizing and affirming rights is a first step in finding a way forward. We need to support indigenous partners to identify our challenges and then we need to rise to those challenges. Finally, we need to recognize that the most important actions we can take are to listen to the hard truths, embrace change and welcome creative ideas. A transformation like that will take determination, persistence, patience and truth telling.
The work ahead of us will be difficult. As I mentioned, this path will require a lot from us. We will have to work in true partnership and listen, even when the truth will be hard to hear. We will have to continue to communicate, even when we disagree. We will need to continue to collaborate and look for creative ways to move forward, as well as new paths to healing and true understanding.
We've all seen what happens when we fail to maintain dialogue. This leads to mistrust and confusion, which can cause conflict and hinder our common journey. I want to be clear: it is up to the rights holders to determine who speaks for them about their indigenous rights and title. We will continue to work toward continuing these conversations. Despite all these challenges, I know that the hard work ahead of us is well worth the effort.
Together, we can build a better Canada, and that's what we're going to do. It will be a country in which healthy, prosperous and self-reliant indigenous nations will be key partners. We have the opportunity to learn from our shared history, to share our pain and even our joy, and to do the work that will result in a country where everyone can succeed.
I look forward to working with my colleagues on all sides to realize this essential work and enormous potential. It requires the participation of all Canadians.
I look forward to answering any questions you may have.
Meegwetch.
Merci, monsieur le président.
J'aimerais d'abord commencer en précisant que nous sommes réunis ici aujourd'hui sur le territoire traditionnel et non cédé du peuple algonquin.
Je sais bien que les incidents et les événements des dernières semaines ont eu une incidence directe sur bon nombre d'entre vous, car cela a touché les collectivités que vous représentez et la vie de vos électeurs.
Les conversations qui ont eu lieu à Smithers avec la ministre Bennett sont une étape positive et vitale, mais il ne fait aucun doute qu'il y a encore du travail à faire — un travail connu de beaucoup d'entre vous ici en votre qualité de membres de cet important comité parlementaire. Il reste en effet beaucoup à faire pour répondre aux préoccupations sous-jacentes du peuple Wet'suwet'en et aux gestes de solidarité qui en résultent dans l'ensemble du pays.
Cependant, je suis heureux que nous puissions montrer ensemble qu'une résolution pacifique est réalisable. Je suis d'avis que la voie de la facilité n'est pas toujours la bonne solution; le recours à la force est parfois un signe de faiblesse. Au cours des dernières semaines, nous avons été témoins de l'ignorance, de la peur et de l'incompréhension qui émanaient des messages et des commentaires virulents diffusés en ligne, alors que l'on s'en prenait à des individus en public comme en privé. Nous en avons d'ailleurs eu un exemple tout près d'ici à Ottawa où un groupe de jeunes Autochtones a dû déplacer son rassemblement hebdomadaire après avoir reçu une menace de mort.
Selon moi, c'est la preuve que nous avons beaucoup de chemin à faire lorsqu'il s'agit d'en apprendre davantage sur les aspects sombres de l'histoire d'un pays non réconcilié avec ses habitants, et de faire de réels efforts pour écouter et apprendre les uns des autres.
Je l'ai déjà dit, et je le répète: sans dialogue ouvert et honnête, nous ne pouvons tout simplement pas aller de l'avant ensemble.
Un dialogue ouvert, respectueux et permanent est essentiel pour parvenir à la paix, à la coopération et à la prospérité pour tous les peuples de ce pays.
C'est dans cet esprit de paix et de coopération que j'ai rencontré des membres de Kanyen’kehá:ka le long des voies ferrées de Tyendinaga, comme vous le savez sans doute. Nous avons tenu un dialogue ouvert et déployé des efforts concertés pour progresser vers une résolution pacifique. Des progrès modestes mais importants ont été réalisés à la suite de ce dialogue.
Toutefois, ma présence a suscité énormément de soupçons; on craignait qu'il s'agisse en fait d'une ruse et que la police allait intervenir. Ce n'est pas tous les jours que les gens sont entourés par la police, et ces réactions sont normales. Une partie de la conversation avec les dirigeants, les aînés et les membres de la collectivité, y compris les femmes et les enfants, a été très difficile, très douloureuse et très personnelle. Des histoires bouleversantes ont été échangées concernant le traitement déconcertant que l'on réserve aux peuples autochtones dans ce pays.
Ce sont des questions très graves qui nécessitent notre attention, et ce, depuis des centaines d'années, et il n'y a pas de place dans cette discussion pour la rhétorique et le vitriol.
La question que je me suis posée au cours des dernières semaines est la suivante: allons-nous continuer de faire les choses comme nous les avons toujours faites, ce qui nous a amenés à ce stade de notre relation, ou allons-nous adopter une nouvelle approche, celle qui privilégie une véritable relation de gouvernement à gouvernement et de nation à nation?
Mon plus grand défi au cours des derniers mois en particulier, mais aussi dans la relation en général, a trait à la confiance. C'est aussi un défi pour Mme Bennett. C'est ce qui empêche les meilleures initiatives, celles qui sont les plus réfléchies, d'aller de l'avant. Il est clair que notre travail doit permettre de gagner cette confiance au fil du temps.
Afin de bâtir un avenir meilleur où nous gagnerons cette confiance, je crois qu'il est important de reconnaître le passé. Depuis près de 500 ans, les peuples autochtones sont victimes de discrimination dans tous les aspects de leur vie. La Couronne a empêché l'établissement d'un partenariat véritable et équitable avec les peuples autochtones, imposant plutôt une relation fondée sur des modes de pensée et des façons de faire coloniaux et paternalistes. Cette approche a laissé un sillage de dévastation, de douleur et de souffrance. C'est inacceptable.
Bon nombre d'entre nous savons où cela nous a mené: un système d'aide à l'enfance déficient dans le cadre duquel les enfants autochtones de moins de 14 ans représentent 52,2 % de ceux qui sont placés en famille d'accueil, même s'ils ne comptent que pour 7,7 % de l'ensemble des enfants canadiens; des taux de suicide consternants chez les jeunes Autochtones, une source de douleurs et de souffrances indicibles qui affligeront les familles et les collectivités pour des générations à venir; des conditions de logement inacceptables avec de l'eau qui non seulement n'est pas potable, mais n'est pas non plus assez propre pour s'y baigner; et des collectivités privées d'un accès fiable aux routes, aux centres de santé et même aux écoles.
Lorsque nous avons formé le gouvernement il y a quatre ans, nous avons fait de nombreuses promesses importantes, notamment à l'égard de certains des domaines que je viens de décrire.
Nous avons tenu une grande partie de nos promesses, mais ce que nous avons surtout appris, c'est que tout doit être fait grâce à un réel partenariat et que le Canada réussira si nous écoutons les voix de ceux que nous avons ignorés et méprisés depuis trop longtemps et de ceux qui dirigent les collectivités dans l'ensemble du pays.
Nous savons qu'il n'y a pas de solution miracle pour réparer les torts causés pendant des décennies en matière de discrimination systémique auxquels les peuples autochtones du Canada ont dû faire face, mais notre gouvernement est déterminé à consacrer le temps, l'énergie et les ressources nécessaires pour corriger les torts du passé et bâtir un meilleur avenir pour les générations futures.
Nous faisons de notre mieux pour entreprendre ce travail d'une manière différente de celle qui a été utilisée pendant une grande partie de notre histoire commune, une histoire où les droits inhérents, le leadership et la vitalité culturelle n'ont pas été respectés comme ils auraient dû l'être.
Notre approche est fondée sur le partenariat et la concertation. Il s'agit d'écouter les dirigeants autochtones, les aînés, les jeunes et tous les membres de la communauté et de travailler à atteindre leurs objectifs en fonction de leurs priorités.
Depuis 2016, nous avons investi 21 milliards de dollars dans les dossiers prioritaires ciblés par nos partenaires autochtones. Ensemble, nous avons réalisé des progrès, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour combler les écarts socioéconomiques inacceptables qui existent encore entre Autochtones et non-Autochtones.
Depuis des siècles, les peuples autochtones demandent au gouvernement du Canada de reconnaître et d'affirmer leurs compétences légales à l'égard de leurs propres affaires. Ils veulent pouvoir exercer le contrôle sur leurs terres, leur logement, leur éducation, leurs systèmes de gouvernance et leurs services à l'enfance et à la famille, et avoir la capacité d'agir dans ces domaines. L'autodétermination favorise le mieux-être et la prospérité des communautés autochtones. C'est là un objectif que tous les Canadiens devraient s'efforcer d'appuyer.
Il est incontestable que l'autodétermination est une meilleure voie à suivre.
Les peuples autochtones autonomes réussissent mieux sur le plan socioéconomique, c'est prouvé. Un plus grand nombre d'enfants terminent leurs études secondaires, moins de personnes sont sans emploi et les résultats en matière de santé sont bien meilleurs. Les initiatives dirigées par les Autochtones sont plus fructueuses, nous l'avons constaté à maintes reprises.
Il est absolument nécessaire d'appuyer la réussite dirigée par la nation et la communauté dans chaque collectivité autochtone au Canada, et pas seulement dans le domaine de l'éducation, mais aussi dans ceux des soins de santé, de la gestion de l'eau et des ressources, des services à l'enfance et à la famille, bref, dans tous les secteurs.
C'est la raison pour laquelle notre gouvernement poursuit ses efforts pour changer l'orientation de ses politiques vers la reconnaissance du droit inhérent à l'autonomie gouvernementale des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Il faudra pour ce faire adopter des modèles de gouvernance autochtones et aider les collectivités autochtones à faire valoir leurs droits.
Nous aidons les Premières Nations à se soustraire aux dispositions de la Loi sur les Indiens dans des domaines comme les terres, l'environnement, la gestion des ressources et les élections. Par exemple, nous collaborons avec les institutions autochtones et les Premières Nations pour mettre au point les outils dont elles ont besoin pour stimuler le développement économique local, habiliter leurs collectivités et promouvoir la prospérité.
Depuis 2019, neuf Premières Nations ont commencé à fonctionner en vertu de leurs codes fonciers ratifiés en application de l'Accord-cadre sur la gestion des terres des Premières Nations et de la Loi sur la gestion des terres des Premières Nations. De plus, 18 Premières Nations se sont jointes aux 264 autres qui affirment avoir compétence dans le domaine de la gouvernance financière en se plaçant sous le régime de la Loi sur la gestion financière des Premières Nations.
L'autodétermination est essentielle pour libérer le potentiel économique, créer des possibilités de croissance et combler les écarts socioéconomiques. Nous savons qu'en faisant progresser l'autodétermination, le potentiel de réussite est énorme aussi bien pour les peuples autochtones que pour l'ensemble du Canada.
Pour y arriver, il nous faut comprendre que la reconnaissance et l'affirmation des droits constituent une première étape dans la recherche d'une voie à suivre. Nous devons aussi aider nos partenaires autochtones à cerner nos défis, puis nous devons les relever. Il nous faut enfin reconnaître que les mesures les plus importantes que nous pouvons prendre consistent à prêter une oreille attentive à ceux qui nous exposent les dures réalités, à accepter le changement et à accueillir favorablement les idées créatives. Une telle transformation exigera toutefois détermination, persévérance, patience et divulgation de la vérité.
Le travail qui nous attend sera difficile. Comme je l'ai mentionné, cette voie exigera beaucoup de notre part. Nous devrons travailler dans un véritable partenariat et écouter, même quand la vérité sera difficile à entendre. Nous devrons continuer de communiquer, même lorsque nous serons en désaccord. Il nous faudra continuer de collaborer et de chercher des façons créatives d'aller de l'avant, ainsi que de nouvelles voies vers la guérison et la véritable compréhension.
Nous avons tous vu ce qui se passe lorsque nous ne réussissons pas à maintenir le dialogue. Cette voie engendre de la méfiance et de la confusion, qui peuvent être la cause de conflits et entraver notre cheminement commun. Je veux être clair: il incombe aux détenteurs de droits de déterminer qui parle en leur nom de leurs droits et titres autochtones. Nous continuerons de consacrer des efforts à la poursuite de ces conversations. Malgré tous ces défis, je sais que le travail acharné qui nous attend en vaut bien la peine.
Ensemble, nous pouvons bâtir un Canada meilleur, et c'est ce que nous allons faire. Ce sera un pays dans lequel les nations autochtones saines, prospères et autonomes seront des partenaires clés. Nous avons l'occasion d'apprendre de notre histoire commune, de partager notre douleur et même notre joie, et de faire un travail qui donnera naissance à un pays où tous peuvent réussir.
J'ai hâte de travailler avec mes collègues de tous les côtés pour réaliser ce travail essentiel et ce potentiel énorme. Cela requiert la participation de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes.
Il me tarde de répondre à vos questions.
Meegwetch.
Éric Cardinal
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Éric Cardinal
2020-03-10 12:30
Thank you, Mr. Chair.
Thank you for allowing me to testify, even though I couldn't appear in person. I am currently in the community of the Uashat mak Mani-Utenam Nation on the North Shore of Quebec. Long live technology!
I'm not going to go back over the facts of the indigenous crisis. You know them well enough. As an expert in indigenous law and policy, I will focus primarily on what I understand about the causes of the crisis and what I see as lessons we can learn from it.
First of all, the crisis is the culmination of several issues related to first nations territories and political governance. There are, of course, issues specific to the Wet'suwet'en Nation and those related to the Coastal GasLink project in particular. The crisis has become so acute because the issues go well beyond hereditary chiefs' opposition to a pipeline project. Moreover, it is not by chance that the crisis has had such resonance in Quebec and that there have been such important gestures of support from first nations in Quebec, particularly from the Mohawks and Micmacs, but also from the Atikamekw, Innu, Algonquins and many others.
The situation in Quebec is very similar to that in British Columbia. These are two regions where there is no, or at least few, historic surrender treaties. So there are large areas of what are referred to as unceded indigenous territories over which first nations have rights, but rights that are not fully recognized by governments or the courts. These are what I call invisible rights: indigenous rights, indigenous title, the inherent right of self-government, the right to be consulted and accommodated, the right to fiduciary protection by the Crown, and so on.
It's not because they are invisible that they don't exist, but because they are invisible, they are often ignored. In the course I teach at the Faculty of Law of the Université de Montréal, "Canadian Law and Indigenous Peoples", I always begin my first class with a drawing of my own, which is a pictorial representation of Canadian indigenous law. Here is my drawing.
You see a rectangle that symbolizes Canadian law and a circle that identifies the normative orders of indigenous peoples. This circle overlaps in part, but not completely, with positive Canadian law: there are rights that are sometimes recognized and others that are not. That's what Mr. Borrows was talking about in terms of indigenous rights, the normative orders of indigenous peoples that existed and have continued to exist in Canada.
The chart explains what is known as legal pluralism, which is present in indigenous law in Canada, and it also explains some of the issues related to the crisis and the complexity of the solutions. Indigenous peoples, because they have not been conquered, because they have not given up their inherent rights, despite the considerable efforts made during generations of colonial policy, still possess, to different degrees, depending on the nation, parts of their legal order that existed before the creation of Canada. This is true for those who have entered into treaties and even more so for those who have not, as is the case in Quebec and British Columbia in particular.
These rights have been recognized in part by the courts, which are trying, as best they can, to reconcile the pre-existing sovereignty of indigenous nations with the current sovereignty of the Crown. However, the concepts created remain vague and imprecise. In short, they often remain invisible to the current political system. This is the fundamental problem. Faced with the difficulty of resolving problems through political means, first nations are forced to turn to the courts or blockade railroads.
You have to realize that the courts are not a panacea. It is often very long, very expensive and very risky. Even when the first nation wins its case in court, it does not necessarily represent a victory. Take the case of the Wet'suwet'en Nation, one of the two nations involved in the famous 1997 Delgamuukw decision.
The decision was heralded as a great victory for indigenous people, as the court recognized the existence and scope of indigenous title to unceded indigenous lands. However, the court refused to decide the case, inviting governments to negotiate or first nations to return to the trial court to prove title again.
You'd certainly think we wouldn't be here today if the negotiation route had worked better. We can't blame the courts. The recognition and definition of these invisible rights was left to the Supreme Court, if not clarified at the political level, as the federal government had promised to do when the Constitution was patriated in 1982 and section 35 was included, which recognizes indigenous rights without defining them.
In fact, there are several people these days who are proposing new constitutional amendments to correct this situation. There have indeed been a few so-called modern treaties that have been concluded since the Supreme Court reminded the government in 1973, in the Calder case, that indigenous rights were not inert fossils.
Yes, there have been some treaties, but not many. The Wet'suwet'en situation is hardly unique. There are a number of similar situations, especially in British Columbia, Quebec and the Maritimes, involving unceded traditional territories in which these invisible rights exist.
Admittedly, as things stand, treaty making is extremely difficult, if not impossible, for many nations. The current framework for negotiations is inadequate and ineffective. First, the current policy on the settlement of comprehensive claims has an enormous disadvantage: the federal government is both judge and jury. The process is also very long and fraught with pitfalls. To give you an idea of the situation, some nations have been in negotiations for over 40 years.
Meanwhile, the territories continue to be developed. The duty to negotiate and accommodate does indeed exist. The duty was established by the Supreme Court in 2004 in a case involving the Haida Nation. However, this duty is yet another vague and unclear concept that causes a great deal of frustration, among both indigenous people and proponents, by the way. They complain about being caught between a rock and a hard place.
Admittedly, the governments don't have much motivation to negotiate for the recognition of rights. We can't rely too much on pressure from the courts, contrary to what we might think. While the courts recognize indigenous rights, and despite the constitutional protection granted in 1982, they've also ensured that these rights aren't absolute and that governments could violate them. The Supreme Court established criteria to justify the infringement of rights, even formally recognized aboriginal title. This gives governments a way to keep denying these invisible rights.
While recognizing the existence of aboriginal title, the Supreme Court also gave indigenous communities the burden of proving their previous occupation of their traditional territories. This proof is extraordinarily difficult and costly to produce. Only one indigenous nation has been able to provide this type of proof. That was in 2014, and the case concluded before the Supreme Court with the confirmation of the Tsilhqot'in Nation's aboriginal title to approximately 5% of its traditional territory.
What action can be taken by first nations that have invisible rights, but that can't have these rights recognized by the courts or participate in treaty negotiations? For now, they can only require that they be consulted. Again, they're reminded that they don't have a veto. If they aren't satisfied with the consultation, they can go to court. However, if they aren't satisfied with the courts, what's left? This is our impasse.
In my view, the indigenous crisis is the direct result of the governments' failure to recognize invisible rights, which are nonetheless real, and to address the historic grievances of first nations that have never surrendered or given up their land rights.
These land claims can't be resolved until the negotiation mechanisms have been fundamentally changed. After many years of frustrating negotiation experiences, I believe that the solution to the current impasse lies in a mechanism that remains separate from governments. The issue is systemic. In other words, the current system can't resolve these issues, which are so complex that they even go beyond the capacity of governments. These types of issues can't be resolved by public servants, who must comply with policies, directives and administrative procedures. I believe that a new institution, separate from governments, should be responsible for clarifying and implementing the rights of first nations. This independent body should be composed of individuals who have the necessary expertise and legitimacy to accomplish this sensitive and very important task.
One of the first things to change is probably the vocabulary used. We don't refer to claims, a confusing term that suggests that indigenous groups want new rights. As I said, these rights are existing rights for which they're seeking formal recognition. We should instead be talking about a rights recognition policy. This solution would also be a concrete step towards implementing the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, which Canada officially supported.
In conclusion, I'll say a few words about the uncertainty that the crisis has caused among project proponents, particularly with regard to the authorities that have the jurisdiction to negotiate development agreements. Of course, companies and the government are turning to elected band councils. We must remember that these councils are currently trying to do everything they can with the means at their disposal to improve the lives of their communities. That said, this issue is another debate.
As I said earlier, a number of nations still have traditional authorities. In a few cases, the courts have also recognized the legitimacy of these traditional authorities, such as in the case of the Wet'suwet'en in 1997. The federal government's responsibility is useful, even fundamental, in this area. The federal government must ensure that the process respects the rights of the indigenous group concerned.
Rather than encouraging the division of indigenous communities, we should be giving the communities the necessary resources to create institutions designed according to their own legal perspective. This will enable them to make legitimate decisions that are more likely to be respected by everyone.
To do this, the political route must also be taken. It's not necessary to enter into an agreement, because the right to self-government is an inherent right. However, it's more useful to enter into self-government agreements. Otherwise, situations arise such as the one involving the Mohawks of Kahnawake. They've implemented a form of de facto sovereignty over their territory. That's one reason why the blockade couldn't be cleared through a simple court injunction.
Again, the current system makes it very difficult to enter into agreements and recognize self-government.
In short, creativity and courage are now needed in order to take concrete steps towards putting words into action. Otherwise, reconciliation will remain wishful thinking. The words “nation-to-nation relationship” will become meaningless, and these types of crises will happen again.
On that positive note, thank you.
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie de me permettre de témoigner, même si je ne pouvais me présenter en personne. Je suis présentement dans la communauté de la nation Uashat mak Mani-Utenam, sur la Côte-Nord du Québec. Vive la technologie!
Je ne reviendrai pas sur les faits concernant la crise autochtone. Vous les connaissez amplement. À titre d'expert en droit et en politique autochtone, je vais me concentrer principalement sur ce que je comprends des causes de la crise et sur ce que je considère comme des leçons que nous pouvons en tirer.
Tout d'abord, la crise est le point culminant de plusieurs enjeux liés aux territoires et à la gouvernance politique des Premières Nations. Il y a, bien sûr, les enjeux propres à la nation des Wet'suwet'en et ceux liés au projet particulier de Coastal GasLink. Si la crise a pris une telle ampleur, c'est parce que les enjeux dépassent largement l'opposition de chefs héréditaires à un projet de gazoduc. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la crise a eu un écho aussi grand au Québec et qu'il y a eu des gestes d'appui aussi importants de Premières Nations au Québec, particulièrement de la part des Mohawks et des Micmacs, mais aussi de la part d'Atikamekw, d'Innus, d'Algonquins et de bien d'autres.
La situation au Québec est très semblable à celle qui existe en Colombie-Britannique. Ce sont deux régions où il n'y a pas de traité historique de cession, ou du moins, où il y en a peu. Il y a donc de grandes superficies de ce qu'on désigne comme des territoires autochtones non cédés sur lesquels les Premières Nations détiennent des droits, mais des droits pas totalement reconnus par les gouvernements ni les tribunaux. Ce sont ce que j'appelle des droits invisibles: des droits ancestraux, le titre ancestral, le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale, le droit d'être consulté et accommodé, le droit à la protection fiduciaire de la Couronne, et ainsi de suite.
Ce n'est pas parce qu'ils sont invisibles qu'ils n'existent pas, mais parce qu'ils sont invisibles, ils sont souvent ignorés. Dans le cours que j'enseigne à la Faculté de droit de l'Université de Montréal, « Droit canadien et peuples autochtones », je commence toujours mon premier cours en présentant un dessin de mon cru, qui est une représentation imagée du droit autochtone canadien. Voici mon dessin.
On voit un rectangle qui symbolise le droit canadien et un cercle qui désigne les ordres normatifs des peuples autochtones. Ce cercle chevauche en partie le droit positif canadien, mais pas totalement: il y a des droits qui sont parfois reconnus et d'autres qui ne le sont pas. C'est ce dont parlait M. Borrows concernant les droits autochtones, c'est-à-dire les ordres normatifs des peuples autochtones qui existaient auparavant et qui ont continué d'exister au Canada.
Le graphique explique ce qu'on appelle le pluralisme juridique, qui est présent en matière de droit autochtone au Canada, et il explique aussi en partie les enjeux liés à la crise et la complexité des solutions. Les peuples autochtones, parce qu'ils n'ont pas été conquis, parce qu'ils n'ont pas abandonné leurs droits inhérents, malgré les efforts considérables menés pendant des générations de politique coloniale, possèdent toujours, dans différentes mesures, selon les nations, des parties de leur ordre juridique qui existait avant la création du Canada. C'est vrai pour ceux qui ont conclu des traités et c'est encore plus vrai pour ceux qui n'en ont pas conclu, comme c'est le cas au Québec et en Colombie-Britannique notamment.
Ces droits ont été en partie reconnus par les tribunaux, qui essaient ainsi, tant bien que mal, de concilier la souveraineté préexistante des nations autochtones avec la souveraineté actuelle de la Couronne. Par contre, les concepts créés demeurent flous et imprécis. Bref, ils demeurent souvent invisibles aux yeux du système politique actuel. C'est là le problème fondamental. Devant la difficulté à résoudre les problèmes par la voie politique, les Premières Nations sont obligées de se tourner vers les tribunaux ou de bloquer des voies ferrées.
Il faut bien réaliser que la voie des tribunaux n'est pas une panacée. C'est souvent très long, très coûteux et très risqué. Même quand la Première Nation a gain de cause en cour, cela ne représente pas nécessairement une victoire. Prenez justement le cas de la nation des Wet'suwet'en, l'une des deux nations visées par la fameuse décision rendue dans l'affaire Delgamuukw en 1997.
La décision a été annoncée comme une grande victoire pour les Autochtones, puisque la cour reconnaissait l'existence et la portée du titre ancestral sur les territoires autochtones non cédés. Cependant, la cour a refusé de trancher la cause, en invitant les gouvernements à négocier ou les Premières Nations à retourner en première instance pour refaire la preuve du titre.
On peut certainement croire qu'on ne serait pas ici aujourd'hui si la voie de la négociation avait mieux fonctionné. On ne peut pas blâmer les tribunaux. La reconnaissance et la définition de ces droits invisibles ont été laissées à la Cour suprême, à défaut d'avoir été précisées au niveau politique, comme le gouvernement fédéral avait pourtant promis de le faire lors du rapatriement de la Constitution en 1982 et de l'inclusion de l'article 35, qui reconnaît les droits ancestraux sans les définir.
Ces jours-ci, il y en a d'ailleurs plusieurs qui proposent de nouvelles modifications constitutionnelles pour corriger cette situation. Il y a bien eu quelques traités dits modernes qui ont été conclus depuis que la Cour suprême a rappelé au gouvernement, en 1973, dans l'affaire Calder, que les droits ancestraux n'étaient pas des fossiles inertes.
Oui, il y a eu quelques traités, mais ils ont été peu nombreux. La situation des Wet'suwet'en est donc loin d'être unique. Il y a ailleurs, surtout en Colombie-Britannique, au Québec et dans les Maritimes, plusieurs situations semblables où l'on retrouve des territoires ancestraux non cédés sur lesquels existent ces droits invisibles.
Il faut dire que, dans l'état actuel des choses, la conclusion de traités est extrêmement difficile, voire impossible pour un grand nombre de nations. C'est que le cadre actuel des négociations est inadéquat et inefficace. D'abord, la politique actuelle sur le règlement des revendications globales comporte un énorme handicap: le gouvernement fédéral est à la fois juge et partie. C'est aussi un processus très long, parsemé d'embuches. Mentionnons, pour vous donner une idée de la situation, que des nations sont en négociation depuis plus de 40 ans.
Pendant ce temps, les territoires continuent d'être développés. Il y a bien l'obligation de négocier et d'offrir des accommodements, qui a été créée par la Cour suprême en 2004 dans le cadre d'une affaire mettant en cause la Nation haïda. Cependant, il s'agit encore là d'un autre concept flou, imprécis, qui cause beaucoup de frustration, autant chez les Autochtones que chez les promoteurs, soit dit en passant. Ils se plaignent d'être pris entre l'arbre et l'écorce.
Il faut dire que les gouvernements n'ont pas beaucoup de motivation pour négocier une reconnaissance des droits. On ne peut pas trop compter sur la pression des tribunaux, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Tout en reconnaissant les droits des Autochtones, et malgré la protection constitutionnelle conférée en 1982, les tribunaux se sont aussi assurés que ces droits n'étaient pas absolus et que les gouvernements pourraient les enfreindre. En effet, la Cour suprême a établi des critères pour justifier l'atteinte aux droits, même au titre ancestral formellement reconnu, ce qui fournit ainsi aux gouvernements une recette pour continuer de ne pas reconnaître ces droits invisibles.
Aussi, tout en reconnaissant l'existence du titre ancestral, la Cour suprême a imposé aux communautés autochtones le fardeau de prouver leur occupation antérieure de leurs territoires traditionnels. Cette preuve se révèle extraordinairement difficile et coûteuse à produire. Une seule nation autochtone a réussi à fournir cette preuve. C'était en 2014 et cette affaire s'est conclue devant la Cour suprême par la confirmation d'un titre ancestral de la nation tsilhqot'in concernant environ 5 % de son territoire ancestral.
Alors, que peuvent faire les Premières Nations qui possèdent des droits invisibles, mais qui ne peuvent ni faire reconnaître ceux-ci par les tribunaux, ni prendre part à des négociations pouvant mener à la conclusion d'un traité? Pour l'instant, la seule chose qu'elles peuvent exiger, c'est d'être consultées. Encore là, elles se font rappeler qu'elles n'ont pas de droit de veto. Si elles ne sont pas satisfaites de la consultation, elles peuvent recourir aux tribunaux, mais si elles ne sont pas satisfaites des tribunaux, que reste-t-il? Voilà l'impasse dans laquelle nous sommes.
Selon moi, la crise autochtone est donc une conséquence directe de l'incapacité des gouvernements à reconnaître les droits invisibles, qui sont quand même réels, et à régler les griefs historiques des Premières Nations qui n'ont jamais cédé ou abandonné leurs droits territoriaux.
Or la résolution de ces revendications territoriales ne pourra pas avoir lieu tant et aussi longtemps que l'on ne changera pas fondamentalement les mécanismes de négociation. Après de nombreuses années, parsemées d'expériences de négociation frustrantes, je suis d'avis que la solution à l'impasse actuelle passe par un mécanisme indépendant des gouvernements. En effet, le problème est systémique, c'est-à-dire que le système actuel ne peut pas régler ces enjeux, qui sont si complexes qu'ils dépassent même la capacité des administrations gouvernementales. Ce genre d'enjeux ne peuvent pas être réglés par des fonctionnaires qui doivent suivre des politiques, des directives et des procédures administratives. Il faudrait donc, selon moi, qu'une nouvelle institution, indépendante des gouvernements, ait la responsabilité de clarifier et de mettre en oeuvre les droits des Premières Nations. Cette entité indépendante devrait être composée de personnes possédant l'expertise et la légitimité nécessaires à la réalisation de cette tâche sensible et hautement importante.
L'une des premières choses à changer est probablement le vocabulaire utilisé. En effet, on ne parle pas de revendications, un terme qui porte à confusion, car cela laisse entendre que les groupes autochtones demandent des droits nouveaux. Comme je l'ai dit, ce sont plutôt des droits existants à l'égard desquels on demande une reconnaissance formelle. On devrait donc plutôt parler d'une politique de reconnaissance des droits. Cette solution serait aussi un geste concret dans la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, que le Canada a officiellement appuyée.
En conclusion, je dirai quelques mots sur l'incertitude que la crise a provoquée chez les promoteurs de projets, notamment en ce qui concerne les autorités qui ont la compétence pour négocier des ententes de développement. Les entreprises et l'État s'adressent bien sûr aux conseils de bande élus. Ceux-ci, rappelons-le, tentent aujourd'hui de faire ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont pour améliorer la vie de leurs communautés. Cela dit, il s'agit là d'un autre débat.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, les autorités traditionnelles ont subsisté au sein de plusieurs nations. Dans quelques cas, les tribunaux ont également reconnu la légitimité de ces autorités traditionnelles, comme chez les Wet'suwet'en en 1997. C'est ici que la responsabilité du gouvernement fédéral est utile, voire fondamentale. En effet, c'est au gouvernement fédéral qu'incombe l'obligation de s'assurer que le processus respecte les droits du groupe autochtone concerné.
Aussi, plutôt que d'encourager la division des communautés autochtones, il faudrait leur donner les ressources nécessaires pour qu'elles puissent mettre sur pied des institutions pensées à partir de leur propre perspective juridique, lesquelles leur permettront d'en arriver à des décisions légitimes qui auront ainsi plus de chances d'être respectées par tous.
Pour ce faire, il faut aussi passer par la voie politique. Il n'est pas nécessaire de conclure une entente, parce que le droit à l'autonomie gouvernementale est un droit inhérent. Il est toutefois plus utile de conclure des ententes sur l'autonomie gouvernementale. Sinon, il survient des situations comme celle des Mohawks de Kahnawake, qui ont mis en place une sorte de souveraineté de facto sur leur territoire, ce qui explique, entre autres, pourquoi on ne pouvait pas défaire le blocus par une simple injonction de la cour.
Encore là, pour conclure des ententes et reconnaître l'autonomie gouvernementale, le système actuel rend la chose très difficile.
Bref, il faut maintenant faire preuve de créativité et de courage afin d'adopter des mesures concrètes pour passer de la parole aux actes. Sinon, la réconciliation va demeurer un vœu pieux. L'expression « relation de nation à nation » ne voudra plus rien dire, et des crises comme celles-ci vont se reproduire.
Sur ces paroles positives, je vous remercie.
Theresa Tait Day
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Theresa Tait Day
2020-03-10 12:42
Thank you very much.
First, I would like to thank the Algonquin for allowing us to do business on their territory. Also, thank you to the committee for having me here today.
My name is Theresa Tait Day. My hereditary name is Wi'hali'yte. I'm the fourth generation in my family to hold this name. As a hereditary sub-chief of the House Beside the Fire, Kun Beghyukh, of the Laksilyu or Small Frog Clan, I have been involved in the governance of the Wet'suwet'en for many years. I sat at the OW table.
My training comes from my grandparents, who were active in the political system for governance rights and title. They were involved in the Calder case and the Delgamuukw-Gisday’wa case, as well as the formation of the Native Brotherhood of B.C. I served as a director of native programs at the Legal Services Society for almost a decade, and I think that's where I met John Borrows a long time ago.
I am the co-founder of the Wet'suwet'en Matrilineal Coalition, with five hereditary chiefs representing the five clans. The Wet'suwet'en Matrilineal Coalition was asked by hereditary chiefs and the community at large to come up with a solution to facilitate decision-making within our nation. We have been working particularly with LNG and Coastal GasLink. Our people wanted a benefit, and they wanted to be able to make a decision on a positive note. However, we've experienced lateral violence and coercion since then by the five chiefs who claim to represent the nation.
I speak on behalf of the WMC—as a hereditary female leader—my fellow hereditary chiefs, band members, our elected band councils, and members of my house group as an appointed sub-chief and designated spokesperson.
With regard to Coastal GasLink and the protesters, our communities came to the world's attention when members of our hereditary chiefs loudly broadcasted their opposition to Coastal GasLink, despite the fact that it has strong community support. These chiefs' voices have been amplified by the skills and the resources of outside environmental activists who say that they support Wet'suwet'en, but whose primary interest is to stop the pipeline.
The protest organizers are conveniently hiding behind our blanket as indigenous people while forcing their policy goals at our expense. This compromises our nation's social well-being and our people's economic future.
They have held up the hereditary chiefs who oppose the pipeline as defenders of traditional governance, leaving the impression that the chief and council are running roughshod over the wishes of the community. It's not that simple. Hereditary chiefs in our communities do not rule alone. They make decisions collectively. They gather in community halls. In these meetings, people are allowed to speak. An effort is made to work toward consensus. At the end of the process, the community and band-elected chiefs inform the hereditary chiefs of the community's message to be shared with the public. This project has been hijacked by the five chiefs.
The hereditary chiefs are representative decision-makers. They are not autocrats. They are told by the community what the decisions are, and that's how we move forward. This is not happening. The band and the community have been left out.
Based on a survey of Witset, the largest community, first nation, in our territory, over 80% of our community say they want LNG to proceed. There is a gap between what people say and what the hereditary chiefs are claiming.
You are being told that these men speak for our nation, but they often fail to understand even the basic traditions. The improper wearing of regalia in protest offends the most progressive traditional leaders. It shows a fundamental disrespect for our customary laws. How can we be governed by these people who don't understand them?
As for the Office of the Wet'suwet'en, it is structured and controlled by its own benefactors, who draw a salary from the operations and manage spending decisions. They are not accountable to our community.
By negotiating directly with the office, Canada and British Columbia legitimize a group of bullies and abusers of women.
Moreover, by refusing to hear from elected councils, these governments have, without merit, prevented the most credible current voices from being heard. The Indian Act system must be reformed, but that does not invalidate the role of the elected councils. While imperfect, they continue to speak for our people until a better model is implemented. That's why I'm here today to appeal to you to create a better model for decision-making.
The women's voices have been suppressed by dissent. As female Wet'suwet'en members and community leaders, we want to be heard and involved in the decision-making. That is our way. But our voices have not been heard. Many of the male hereditary chiefs are acting out of internalized historical oppression. We face patriarchal domination. In a very sick way, the voices of the privileged and non-indigenous protesters are taking precedence over indigenous women. They assert their agenda in solidarity to avoid facing the scrutiny of their policies.
This is both about a pipeline and not about a pipeline. What is happening here determines our process as a nation. A people's wishes have not been heard. I agree with John Borrows that there are beliefs, but in our nation we have been oppressed for 150 years, and we continue to be oppressed under the current regime.
At the draft agreement consultation on February 28, a number of hereditary chiefs attended a meeting prior to the male hereditary chiefs' meeting with the province and the federal cabinet ministers. We met until it was promised that the chiefs would have a community meeting open to the public. Instead, they decided to have these small clan meetings, where 20 people or five people come and make decisions about this. This is not what a democratic system looks like.
The two major issues at hand—the Wet'suwet'en's position on Coastal GasLink, and the role of hereditary chiefs in our governance—are properly left with the Wet'suwet'en. Our communities have been working on these matters for years, and we'll resolve them in our way. As a community, we need to implement a process in which the Wet'suwet'en create a decision-making model, a process for major projects. We need a system that will allow us to work together toward economic reconciliation, job creation and the rebuilding of our nation as well. We need a new model.
The Indian Act targeted us as women, and continued violence targets us as women, both within and outside our communities. While supporting decolonization as part of reconciliation, supporters of indigenous people must also support efforts to combat sexism and the continued oppression of Indian women.
We respectfully demand accountability and procedural fairness from the hereditary chiefs representing the Office of the Wet'suwet'en. We ask the government to help us to provide the resources necessary for our nation to co-develop a path forward for economic reconciliation that is inclusive, democratic, open and fair, as you can see in your government's system. You have this system; we do not have a system of fairness.
We have a way forward. We call for a community-wide meeting and for the protesters to stop misrepresenting the Wet'suwet'en. We are ready for a new system of governance that is inclusive of our nation.
I realize that you've heard a lot of things here today. I agree with John Borrows on the principles, but those principles must be part of our nation's dialogue, and we haven't had the ability to really dialogue with our nation. We don't have a mechanism in place where everybody has a say, and when everybody knows what the topic being discussed is. It has been decided by a group of people without the community and without the nation's input.
We've come to the eleventh hour, when all of a sudden the minister has come to the table and talked to the five groups of people who have not actually had our permission to do so.
It's the communities that say what should happen, and hereditary chiefs do not act alone. They take direction from the membership. What we are facing, as Wet'suwet'en, is a lack of a mechanism in place whereby everybody would have a say in a democratic, open and fair way.
Currently, under the system of having clan meetings, when you have 20 people at a meeting.... Currently Likhts’amisyu is under Warner Naziel's leadership—who took the name from the rightful owner, Gloria George. He has a meeting, and 20 people say, “Yes, go ahead”. These small meetings do not make a decision for our nation, so I am here to talk to Minister Bennett and ministers to try to create a mechanism where we are all informed and all involved in whatever decision has to be made with respect to our communities. Title and rights exist within Wet'suwet'en. They haven't gone away. These agreements will not change the fact that today my clan and my house can go and protest.
I think the best way forward is for the government to think of how these governance models fit in today's world. We cannot go back 100 years—and, in fact, these meetings are oppressive to our nation. We feel like we are stuck in the 1800s. We need to move forward economically. We need to have the benefits from our land. We need to be able to have equity stakes in our projects that come forward. We need to benefit from them, and we don't have a mechanism in our community to address that particular problem. Title and rights, yes, we need to address that, but we also need a mechanism to make decisions today about these projects that are coming down the pike.
Merci beaucoup.
Je remercie d'abord les Algonquins de nous avoir autorisés à faire des affaires dans leur territoire. Je remercie aussi le Comité de son invitation.
Je me nomme Theresa Tait Day. Mon nom héréditaire est Wi'hali'yte. Je suis de la quatrième génération, dans ma famille, à le porter. En ma qualité de sous-chef héréditaire de la Maison près du feu, Kun Beghyukh, du clan de la Petite Grenouille, ou Laksilyu, j'ai participé pendant de nombreuses années à la gouvernance des Wet'suwet'ens. J'ai siégé à la table du bureau des Wet'suwet'ens.
Je suis redevable de ma formation à mes grands-parents, qui ont travaillé, dans le système politique, pour les droits et le titre de gouvernance. Ils ont été des acteurs des affaires Calder et Delgamuukw-Gisday’wa et participé à la formation de la Fraternité des Indiens de Colombie-Britannique. J'ai été directrice des programmes pour les Autochtones à la Legal Services Society pendant près d'une décennie, et je pense que c'est là que j'ai rencontré John Borrows, il y a longtemps.
Je suis la cofondatrice de la Wet'suwet'en Matrilineal Coalition, avec cinq chefs héréditaires représentant les cinq clans. Les chefs héréditaires et la communauté en général ont demandé à la coalition de trouver une solution pour faciliter la prise de décisions dans notre nation. Nous nous sommes particulièrement occupées des dossiers du gaz naturel liquéfié et de Coastal GasLink. Notre peuple voulait en tirer un avantage et il aspirait à une décision prise sur une note positive. Mais, depuis, nous subissons la violence et la coercition latérales des cinq chefs qui prétendent représenter la nation.
Je parle au nom de la coalition, en ma qualité de chef héréditaire de sexe féminin, et au nom de mes compagnes-chefs héréditaires, des membres des bandes, de nos conseils de bandes élus et des membres de mon groupe de maisons en ma qualité de sous-chef nommée et de porte-parole désignée.
Nos communautés se sont fait connaître du monde entier quand certains de nos chefs héréditaires ont bruyamment diffusé leur opposition au projet de Coastal GasLink, malgré l'appui solide que lui accordent les communautés. Les voix de ces chefs ont été amplifiées par les talents et les ressources de militants écolos de l'extérieur qui prétendent appuyer les Wet'suwet'ens, mais dont l'intérêt premier est d'arrêter le projet de pipeline.
Les organisateurs des protestations se cachent commodément derrière notre écran de peuple autochtone tout en cherchant à imposer les objectifs de leur stratégie à nos dépens. Ces actions compromettent le mieux-être social de notre nation et l'avenir économique de notre peuple.
Ils ont présenté les chefs héréditaires qui s'opposent au pipeline comme les défenseurs de la gouvernance traditionnelle, donnant l'impression que le chef et le conseil foulent à leurs pieds les souhaits de la communauté. Ce n'est pas si simple. Les chefs héréditaires de nos communautés ne gouvernent pas seuls. Les décisions se prennent collectivement. Ils se rassemblent dans les salles communautaires. Pendant ces réunions, les gens ont droit de parole. On recherche le consensus. À la fin du processus, les chefs communautaires et les chefs élus des bandes informent les chefs héréditaires du message de la communauté à publier. Le projet en question a été détourné par les cinq chefs.
Les chefs héréditaires sont des décideurs représentatifs et non des autocrates. La communauté leur dicte ses décisions, et c'est ainsi que nous avançons. Or, ce n'est pas ce qui se passe. La bande et la communauté ont été laissées de côté.
D'après un sondage réalisé dans Witset, la nation, la communauté la plus nombreuse de notre territoire, plus de 80 % de notre communauté approuve la réalisation du projet de gaz naturel liquéfié. Le discours populaire et celui des chefs héréditaires divergent.
On vous dit que ces hommes parlent pour notre nation, mais, souvent, ils ne parviennent pas à comprendre même les traditions de base. Le port inconvenant des costumes de chef, pendant les protestations, offense les chefs traditionnels les plus progressistes. Ce comportement révèle un manque de respect fondamental pour nos droits coutumiers. Comment pouvons-nous être gouvernés par ces gens qui ne les comprennent même pas?
Quant au bureau des Wet'suwet'ens, il est structuré et contrôlé par ses propres bienfaiteurs, qui tirent un salaire des opérations et gèrent les décisions en matière de dépenses. Ils ne rendent pas de comptes à notre communauté.
En négociant directement avec ce bureau, le Canada et la Colombie-Britannique légitiment un groupe de brutes et d'agresseurs de femmes.
De plus, en refusant d'entendre les conseils élus, ces gouvernements ont, frivolement, empêché les voix actuellement les plus crédibles de se faire entendre. Le système reposant sur la Loi sur les Indiens doit être réformé, mais ça n'invalide pas le rôle des conseils élus. Tout en étant imparfaits, ils continuent de parler au nom de notre peuple tant qu'un modèle meilleur ne sera pas mis en oeuvre. Voilà pourquoi je suis ici, pour vous implorer de créer un modèle meilleur de prise de décisions.
Les voix des femmes ont été tues par la dissidence. En notre qualité de femmes wet'suwet'ens et de chefs de la communauté, nous voulons être entendues et participer à la prise des décisions. Voilà notre façon d'agir. Mais nos voix n'ont pas été entendues. Beaucoup de chefs héréditaires masculins agissent par oppression historique intériorisée. Nous affrontons une domination patriarcale. De façon très malsaine, les voix des privilégiés et des protestataires non autochtones passent avant celles des femmes autochtones. Ces intervenants affirment leur volonté de concert pour éviter l'examen de leurs politiques.
Dans cette question, le pipeline n'est pas tout. Les événements actuels déterminent notre façon de faire comme nation. Les souhaits d'un peuple n'ont pas été entendus. Je suis d'accord avec John Borrows: Il y a des croyances, mais, dans notre nation, nous sommes opprimées depuis 150 ans et nous continuons de l'être sous le régime actuel.
À la consultation du 28 février sur le projet d'accord, un certain nombre de chefs héréditaires a assisté à une réunion avant celle des chefs héréditaires masculins avec des ministres de la province et des ministres fédéraux. Nous nous sommes rencontrés jusqu'à ce qu'on promette que les chefs organiseraient une réunion communautaire publique. À la place, ils ont décidé d'organiser de petites réunions claniques, de cinq ou vingt décideurs sur la question. Ça ne ressemble pas à un système démocratique.
Les deux grands dossiers à résoudre, la position des Wet'suwet'ens dans le dossier Coastal GasLink et le rôle des chefs héréditaires dans notre gouvernance, sont à proprement parler laissés aux soins des Wet'suwet'ens. Nos communautés y travaillent depuis des années, et nous trouverons une solution à notre manière. Notre communauté a besoin de mettre en oeuvre un processus par lequel les Wet'suwet'ens créeront un modèle de prise de décisions, un processus pour les grands projets. Nous avons besoin d'un système qui nous permettra de collaborer ensemble à la réconciliation économique, à la création d'emplois et à la reconstruction de notre nation. Nous avons besoin d'un nouveau modèle.
La Loi sur les Indiens nous a pris, nous les femmes, comme cibles, comme le fait la violence continue à l'intérieur et à l'extérieur de nos communautés. Tout en appuyant la décolonisation comme élément de réconciliation, les partisans des peuples autochtones doivent également appuyer la lutte contre le sexisme et l'oppression continue des Amérindiennes.
Nous exigeons respectueusement des chefs héréditaires qui représentent le bureau des Wet'suwet'ens de se responsabiliser et de faire preuve d'équité dans les processus. Nous demandons au gouvernement de nous aider à fournir les ressources nécessaires à notre nation pour tracer de manière concertée une piste qui conduira à une réconciliation économique qui ne laissera personne de côté, qui sera démocratique, transparente et juste, comme vous pouvez le voir dans votre système de gouvernement. Vous avez ce système équitable, pas nous.
Nous avons une porte de sortie. Nous demandons d'organiser une rencontre pour l'ensemble de la communauté et, aux protestataires, de cesser de projeter une image déformée des Wet'suwet'ens. Nous sommes prêts pour un nouveau système de gouvernance qui ne laissera personne de notre nation de côté.
Je me rends compte que vous avez entendu beaucoup d'affirmations aujourd'hui. Je suis d'accord avec John Borrows sur les principes, mais ces principes doivent faire partie du dialogue de notre nation, et, dans notre nation, nous n'avons pas vraiment pu dialoguer. Nous n'avons pas de mécanisme en place qui permette à chacun de s'exprimer et de savoir de quoi il est question. Le sujet a été décidé par un groupe, sans le concours de la communauté et sans l'apport de la nation.
Nous arrivons à la onzième heure, quand, tout d'un coup, la ministre se présente et discute avec les cinq groupes non autorisés par nous pour le faire.
Ce sont les communautés qui disent ce qu'il faut faire, et les chefs héréditaires n'agissent pas seuls. Ils reçoivent des instructions de la part des membres. Le problème auquel nous faisons face, en tant que Wet'suwet'en, c'est l'absence d'un mécanisme permettant à chacun d'avoir son mot à dire de manière démocratique, ouverte et équitable.
À l'heure actuelle, dans le système de réunions de clan, lorsqu'on organise une réunion à laquelle assistent 20 personnes... En ce moment, le clan Likhts'amisyu est sous la direction de Warner Naziel — qui s'est approprié le nom de la propriétaire légitime, Gloria George. Il organise une réunion, et 20 personnes disent: « Oui, allez-y. » Ces petites réunions ne permettent pas de prendre une décision pour notre nation. Je suis donc ici pour parler à la ministre Bennett et aux autres ministres afin d'essayer de créer un mécanisme dans le cadre duquel nous sommes tous informés et invités à participer à chaque décision qui doit être prise relativement à nos communautés. Le titre et les droits sont maintenus au sein de la nation Wet'suwet'en. Ils ne disparaissent pas. Ces ententes ne changeront pas le fait qu'aujourd'hui, les membres de mon clan et de ma maison peuvent aller protester.
Je crois que la meilleure approche que le gouvernement peut adopter pour l'avenir, c'est de réfléchir à la façon dont ces modèles de gouvernance s'intègrent dans le monde d'aujourd'hui. Nous ne pouvons pas revenir 100 ans en arrière — et, en fait, ces réunions oppriment notre nation. Nous avons l'impression d'être coincés dans les années 1800. Il faut aller de l'avant sur le plan économique. Nous devons tirer profit de nos terres. Nous devons être en mesure d'acquérir des parts dans les projets qui nous sont présentés. Il nous faut en profiter, mais nous n'avons pas de mécanisme au sein de notre communauté pour régler ce problème particulier. Oui, nous devons nous occuper de la question concernant le titre et les droits, mais encore faut-il un mécanisme pour prendre, aujourd'hui, des décisions sur les projets à venir.
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