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Lib. (ON)
I declare the motion carried. Accordingly, the bill stands referred to the Standing Committee on Justice and Human Rights.
Je déclare la motion adoptée. Par conséquent, le projet de loi est renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
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Lib. (ON)
I declare the motion carried.
Accordingly, the bill stands referred to the Standing Committee on Justice and Human Rights.
The member for London—Fanshawe on a point of order.
Je déclare la motion adoptée.
Par conséquent, le projet de loi est renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
La députée de London—Fanshawe se lève pour un rappel au Règlement.
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Lib. (ON)
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2020-10-28 16:11 [p.1367]
Mr. Speaker, our government acknowledges that medical assistance in dying is a complex and deeply personal issue. I would like to take this opportunity to thank the hon. Minister of Justice and Attorney General of Canada for his extremely hard work with respect to the bill. Our government has respected the court's decision and has made more than the necessary changes in the legislation.
The conversation around death can be an extremely difficult one in our society. We understand and acknowledge the deep feelings and emotions that arise when a loved one is suffering intolerably from an illness, disease or disability. To discuss a fundamentally moral issue such as this one, the need to consult with people was a necessary decision. Over 300,000 Canadians from all over this great nation and from different cultures, races, creeds and backgrounds were directly involved in the January 2020 public consultation process. Not only were these consultations vital, it was a strong call to Parliament as to how important this issue was for Canadians.
Initially, the minister, along with several other distinguished members, held round table discussions across Canada with over 125 experts and stakeholders. Furthermore, we have asked for a special extension to allow for a fruitful and powerful parliamentary debate on this topic. The debates that we as parliamentarians have had on medical assistance in dying since 2015 have been filled with emotion and passion, as a debate should be in the House. I am very pleased today to be part of this very important debate.
One of the great challenges of being a parliamentarian is not only having to reflect on our own moral considerations and carefully examining legislation such as the one before us today, but also to make decisions that fundamentally address Canadians and the changing moral landscape.
Today, I speak in support of the bill. I believe strongly in an individual's right to die with dignity and respect. The issue of moral integrity and an individual's right to autonomy must be protected at all costs. As many of my hon. parliamentary colleagues have noted in the debate, currently many Canadians are suffering intolerably. The tragedy is that death is the only way to ease such suffering in a number of these cases.
I would like to take this opportunity to acknowledge and quote the wise words of critical care and palliative staff physician James Downar, at the Toronto General Hospital, who stated:
I think it’s important to recognize that there are types of suffering that we do not have the ability to treat. There are dying patients who have a very low quality of life from their perspective, and sometimes only death would end their suffering.
In the bill, we also acknowledge the concerns about an increased risk where medical assistance in dying is provided to persons who are not dying in the short term. That is why we have proposed additional safeguards to ensure that sufficient time and expertise are devoted to exploring requests for persons whose natural death is not foreseeable.
As I mentioned earlier, medical assistance in dying is an extremely difficult topic. However, in consultation with our experts, the Canadian community and, more specifically, those individuals who are suffering from intolerable conditions, diseases and disabilities, the right to die with dignity and respect, as outlined in Bill C-7, must be protected at all costs.
I look forward to engaging with hon. members further on this very important topic.
Monsieur le Président, le gouvernement reconnaît que l'aide médicale à mourir est une question complexe et profondément personnelle. Je saisis l'occasion pour remercier le ministre de la Justice et procureur général du Canada de tout le travail qu'il a accompli à l'égard du projet de loi. Le gouvernement a respecté la décision de la cour et ne s'est pas contenté d'apporter les modifications obligatoires à la mesure législative.
Les conversations sur la mort peuvent être extrêmement difficiles dans notre société. Nous sommes bien conscients des grandes émotions qui entrent en jeu lorsqu'un être cher vit des souffrances intolérables à cause d'une maladie ou d'un handicap. Pour discuter d'un tel enjeu fondamentalement moral, la décision de consulter les gens s'imposait. Plus de 300 000 Canadiens de partout au pays, des gens de races, de cultures, de croyances et d'origines diverses, ont participé directement aux consultations publiques en janvier 2020. En plus d'être essentiel, ce processus a permis aux Canadiens de montrer clairement au Parlement que cet enjeu est très important à leurs yeux.
Au début, le ministre et quelques autres éminents députés ont organisé des tables rondes partout au Canada avec plus de 125 experts et intervenants. Nous avons, par ailleurs, demandé une prolongation spéciale pour avoir un débat parlementaire fructueux et approfondi sur ce sujet. Les débats que nous avons eus sur l'aide médicale à mourir depuis 2015 ont été remplis d'émotion et de passion, comme devrait l'être un débat à la Chambre. Je suis très heureux de contribuer aujourd'hui à ce très important débat.
L'un des grands défis que nous avons à relever, en tant que parlementaires, c'est de devoir réfléchir à nos propres valeurs morales et d'étudier avec soin des mesures législatives telles que celle dont nous sommes saisis aujourd'hui tout en prenant des décisions qui tiennent fondamentalement compte des Canadiens et du changement des valeurs morales.
Aujourd'hui, je prends la parole pour soutenir le projet de loi. Je crois fondamentalement au droit des Canadiens de mourir dans la dignité et le respect. Il faut protéger à tout prix l'intégrité morale et le droit à l'autonomie d'un individu. Comme bon nombre de mes collègues l'ont fait remarquer dans le cadre du débat, de nombreux Canadiens vivent actuellement avec des douleurs intolérables. Ce qui est tragique, c'est que la mort est le seul moyen de mettre un terme à ces souffrances dans un certain nombre de cas.
Je voudrais profiter de cette occasion pour tirer mon chapeau à un médecin, James Downar, qui travaille aux soins intensifs et palliatifs de l'hôpital général de Toronto, et citer ses paroles pleines de sagesse:
Je pense qu'il est important de se rappeler que nous ne sommes pas en mesure de soulager tous les types de souffrances. Il y a certains patients mourants qui, de leur point de vue, n'ont pas de qualité de vie et pour qui la mort est la seule option pour ne plus souffrir.
Le projet de loi tient également compte des préoccupations liées aux risques accrus de la prestation de l'aide médicale à mourir aux personnes dont la mort n'est pas prévisible à court terme. C'est pour cette raison que nous proposons des mesures de sauvegarde supplémentaires visant à garantir que suffisamment de temps est consacré à l'examen, par une personne compétente, des demandes d'aide médicale à mourir des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, l'aide médicale à mourir est une question extrêmement épineuse. Cependant, dans le cadre des consultations qui ont été menées auprès d'experts, de la population canadienne et, plus particulièrement, de personnes qui sont atteintes de troubles de santé insoutenables et de personnes handicapées qui souffrent énormément, il a été conclu que le droit de mourir dans la dignité et le respect, comme le prévoit le projet de loi C-7, doit être protégé à tout prix.
Je me réjouis à la perspective de discuter de cette question très importante avec les autres députés.
View Arnold Viersen Profile
CPC (AB)
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2020-10-28 16:18 [p.1367]
Mr. Speaker, I would note that the government House leader was not in his seat. I was relying on him to maintain the comments and questions today.
I really appreciate the member's intervention. Is the member not concerned about conscience rights for individuals and organizations that provide end-of-life care?
Monsieur le Président, il convient de noter que le leader du gouvernement à la Chambre n'était pas à sa place. Je comptais sur lui pour alimenter les échanges lors de la période des questions et des observations.
Je remercie sincèrement le député de son intervention. Ne se soucie-t-il pas du droit à la liberté de conscience des personnes et des organismes qui fournissent des soins de fin de vie?
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Lib. (ON)
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2020-10-28 16:19 [p.1368]
Mr. Speaker, our law acknowledges the conscience right of health care providers and the role they may play in providing medical assistance in dying. The amendment proposed in Bill C-7 has many changes to this effect. Our government will remain committed to working with the provinces and territories to support access to medical assistance in dying, while respecting the personal conviction of health care providers.
Monsieur le Président, la loi tient compte du droit des fournisseurs de soins de santé à la liberté de conscience. Elle reconnaît le rôle qu'ils peuvent être appelés à jouer en fournissant l'aide médicale à mourir. Le projet de loi C-7 propose plusieurs modifications à cet effet. Le gouvernement demeure résolu à collaborer avec les provinces et les territoires pour soutenir l'accès à l'aide médicale à mourir tout en respectant les convictions personnelles des fournisseurs de soins de santé.
View Denis Trudel Profile
BQ (QC)
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2020-10-28 16:20 [p.1368]
Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech.
I have a simple question. Bill C-7 is very important, and all of the questions it raises are very delicate. However, right now, there are people who are expecting us and the federal government to pass legislation.
Does my colleague not agree that we could have used the five weeks during which the government prorogued the House to pass this bill and respond to the wishes of those who are waiting on the federal government so that they can take the next steps?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
J'ai une question simple. Le projet de loi C-7 est très important et toutes les questions qu'il soulève sont très délicates. Par contre, en ce moment, il y a des gens qui attendent de nous, et donc du fédéral, qu'une loi soit adoptée.
Mon collègue ne trouve-t-il pas que, durant les cinq semaines pendant lesquelles le gouvernement a prorogé la Chambre, nous aurions pu en profiter pour adopter ce projet de loi et ainsi répondre aux souhaits des personnes qui sont actuellement en attente du fédéral pour pouvoir passer aux prochaines étapes?
View Ramesh Sangha Profile
Lib. (ON)
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2020-10-28 16:21 [p.1368]
Mr. Speaker, I acknowledge what the member has said. This legislation is very urgent. Medical assistance in dying is a very complex and deeply personal issue, as the member has already stated. The sad reality is that death is the only way for many people who are suffering. We have tried our best by way of consultation all over Canada. People from different cultures, races and backgrounds were directly involved in the January 2020 public consultation process. The minister along with several other distinguished members held round table discussions across the country with 125 experts and stakeholders.
Monsieur le Président, je comprends ce que dit le député. Il est urgent d'adopter ce projet de loi. Comme l'a déjà mentionné le député, l'aide médicale à mourir est une question très complexe et foncièrement personnelle. La triste réalité, c'est que, pour beaucoup de gens qui souffrent, la mort est la seule solution. Nous avons fait de notre mieux en effectuant des consultations à la grandeur du pays. Des gens de diverses cultures, de diverses races et de divers horizons ont directement participé au processus de consultation publique de janvier 2020. Le ministre, de même que plusieurs autres députés distingués, ont tenu, un peu partout au Canada, des tables rondes auxquelles ont participé 125 experts et intervenants.
View Randall Garrison Profile
NDP (BC)
Mr. Speaker, I am pleased to see the member for Brampton Centre standing and speaking on this. I wonder if he would agree with me, though, that there is a task that we have left undone here. The original legislation required a review of the broader issues around medical assistance in dying and this review has yet to start.
I put a motion on the Order Paper suggesting that committee be established without delay. Would the member support setting up such a broad review?
Monsieur le Président, je suis content de voir le député de Brampton-Centre s'exprimer à ce sujet. Toutefois, je me demande s'il est d'accord avec moi pour dire qu'on néglige une tâche dans tout cela. Le projet de loi initial prévoyait un examen des questions élargies entourant l'aide médicale à mourir. Or, cet examen n'a toujours pas été amorcé.
J'ai inscrit une motion au Feuilleton proposant que l'on établisse dans les plus brefs délais le comité qui sera chargé de réaliser cet examen. Le député appuierait-il la tenue d'un examen d'une portée aussi vaste?
View Ramesh Sangha Profile
Lib. (ON)
View Ramesh Sangha Profile
2020-10-28 16:22 [p.1368]
Mr. Speaker, the issue at hand today is very delicate. Everybody knows that. This needs to be discussed at length. For everyone listening to this debate, those who are in Parliament deliberating this issue are taking deep steps to resolve all the issues so we can bring back legislation, and in front of the public.
Monsieur le Président, la question à l'étude aujourd'hui est de nature très délicate. Tout le monde le comprend. Elle mérite d'être débattue en profondeur. À tous ceux qui écoutent le débat, les élus fédéraux qui y prennent part travaillent d'arrache-pied à régler tous les problèmes afin de produire une nouvelle mouture de cette mesure législative et de la présenter à la population.
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, I appreciate this opportunity to outline the proposed amendments to the federal legislation on assisted dying. This bill responds to the Superior Court of Québec's ruling last year in Truchon by removing the requirement that a person's natural death be reasonably foreseeable in order to be eligible for medical assistance in dying. The proposed amendments were developed with the goal of supporting autonomy and choice for those Canadians with non-terminal conditions who are suffering intolerably, while addressing the potential risks of expanded eligibility for medically assisted death.
Our government consulted widely on this issue. We examined the evidence submitted before the court. We looked at domestic and international research. We compared our experience to other assisted dying regimes from around the world. We consulted with constituents, including 300,000 individuals who took part in our online public consultation, and we asked health care professionals about their practical experience with MAID over the past few years.
The bill reflects some important changes based on what we heard. In light of the need to respect the autonomy of Canadians seeking MAID, while providing protections for vulnerable people, the bill proposes the application of a two-track system of safeguards. While the bill no longer uses a reasonably foreseeable natural death as a basis for determining eligibility, it does use it as a basis for determining whether to apply a more rigorous set of safeguards. If a person's death is reasonably foreseeable, a set of safeguards akin to the existing regime would apply. However, some of the original safeguards have been eased in light of the feedback we received.
For example, there was overwhelming support for changing the witness requirement from two witnesses to one. Providers consistently reported that finding two independent witnesses posed a barrier to those seeking MAID, especially for anyone living in a care home with a limited social network. The sole purpose of the witness is to confirm that a person seeking MAID has signed the request themselves. To be clear, the witness has no role in confirming whether the request was made voluntarily, nor does the witness have any role in assessing whether the person's condition makes them eligible for MAID. Rather, it is the MAID provider who undertakes the eligibility assessment and ensures that the person requesting MAID is making the request freely and not in response to external pressures.
The proposed bill responds to these concerns and eases this requirement to one witness. It also allows for a witness to be someone who is paid to provide personal support or health care services. Anyone who is in a position to benefit in any way from the person's death, as a beneficiary to a will or in any other material way, would not qualify as an independent witness.
Health care providers and the families of people who receive MAID also told us that the mandatory 10-day wait period often results in prolonged suffering for individuals who had already put careful and extensive thought into their decision. As a result, the proposed bill would remove this requirement.
I would like to address how the bill would protect Canadians, while satisfying the requirement from the Truchon ruling to eliminate the reasonable foreseeability of natural death clause. On this issue, we received feedback from practitioners and stakeholders who expressed concerns that people who are suffering but not at the end of life could make decisions about MAID that are not fully informed with respect to all available treatments and supports.
On this very sensitive subject, I consulted with my own constituents in Mississauga—Streetsville. I found one of the strongest proponents of these MAID reforms in Mr. Paul Irwin, who suffers from Parkinson's disease. Although this horrible affliction is slowly robbing Mr. Irwin of his neurological functions, I can assure the House that his mind remains razor sharp. Mr. Irwin has explored all available treatments and supports, and he has consulted a wide range of medical professionals. There is no doubt in Mr. Irwin's mind that he would like to control when and how he passes as a recipient of MAID. It is not a decision that individuals in Mr. Irwin's circumstances take lightly or without having weighed all alternatives. I applaud Mr. Irwin's courage.
In order to afford individuals like Mr. Irwin the dignity they deserve, we have added safeguards in lieu of foreseeable natural death that would apply only to requests where a person's death is not reasonably foreseeable. These strengthened safeguards are designed to support informed decision-making and the consistent application of good medical practice. For example, the bill proposes a 90-day minimum assessment period to offer an exploration of all relevant aspects of the person's situation.
We heard very clearly through the consultation process that Canadians are concerned about implementing a requirement for specialist consultations in assessments of MAID. We know that in some parts of the country, such as rural and remote communities, a consultation with a specialist can be harder to arrange. We do not want to create unnecessary barriers. This is why the bill proposes that, for people whose death is not reasonably foreseeable, one of the assessments will be done by a provider with expertise in the person's medical condition but not necessarily a specialist. We recognize that many health care providers have special training and certifications that qualify them to assess a person's particular medical circumstances, even if they are not specialists.
The bill also proposes that the practitioners and the patient would need to agree that reasonable options to relieve the patient's suffering had been seriously considered. This safeguard respects an individual's autonomy, while at the same time underscoring the importance of a fully informed, decision-making process.
In addition, following the Truchon decision, some have expressed concerns that individuals suffering solely from a mental illness could receive MAID. For example, many clinicians argue that the trajectory of mental illness is harder to predict than that of physical diseases, rendering it impossible to determine when or if a mental illness can be considered irremediable as required by MAID legislation. Another concern is the challenge of conducting capacity assessments, given that the symptoms of mental illnesses can affect a person's ability to understand and appreciate the nature and consequences of treatment decisions.
In light of these important concerns, the wording of the bill would preclude individuals suffering solely from a mental illness from accessing MAID. The decision to include this wording reflects the complexity of this problem and the need to fully consider the potential consequences of permitting MAID for individuals with a mental illness to make sure that vulnerable persons are not put at risk. We anticipate that this issue will be further explored as part of the parliamentary review.
I would now like to turn my attention to the waiver of final consent.
The current law includes a procedural safeguard that requires the practitioner to ensure that the person gives their express consent immediately before providing MAID. This is often referred to as “final consent” and is significant for health care providers as it provides a final confirmation of the person's desire to proceed with MAID. This safeguard also prohibits MAID for individuals who have lost the capacity to provide final consent, regardless of how definitive they were about their intention when they had capacity, made the request and were deemed eligible.
Unfortunately, the requirement for final consent had the unintended consequence of encouraging some individuals to receive MAID earlier than they would have liked out of fear of losing capacity to consent prior to their preferred date. This was the situation faced by Audrey Parker. Ms. Parker was very clear about her desire to share one last Christmas with her family, but felt compelled to receive MAID almost two months earlier than anticipated in order to ensure that she was still capable of providing final consent for the procedure.
In a similar example that is a bit closer to home, my friend and legislative assistant recently lost his father. A MAID recipient, Wah-Lit “Edward” Lui passed away peacefully at home on September 23, 2020. Once doctors had diagnosed Edward with a rare complication of terminal cancer, he had little choice but to immediately initiate the MAID process, which had long been his expressed desire, for fear of losing the ability to final consent over the next few days. Thus, Andrew and his family had a mere 24 hours to say their final goodbyes.
Under the proposed amendments, individuals who have been found eligible to receive MAID and whose death is reasonably foreseeable, but who may be at risk of losing decision-making capacity, could waive the requirement to provide final consent before the procedure. For families like the Parkers and the Luis all across Canada, allowing MAID to proceed in the absence of the ability to provide final consent is simply the right thing to do.
As a further safeguard, in order to waive this requirement, an individual would need to have been assessed and approved for MAID, and be at or very close to the end of life. As proposed in the bill, the individual would provide written consent for the practitioner to administer MAID on a specified date.
In conclusion, the proposed amendments in the bill take into account the lessons we have learned through consultations and respond to the immediate task of following up on the Truchon decision. With this revised legislative package, our government has gone a very long way to respect and support the autonomy of Canadians who wish to consider a medically assisted death, while taking seriously our responsibility to protect vulnerable people.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de décrire les modifications proposées à la législation fédérale sur l'aide médicale à mourir. Le projet de loi à l'étude vise à répondre à la décision rendue par la Cour supérieure du Québec l'année dernière dans l'affaire Truchon, qui demandait qu'on retire l'exigence de la mort naturelle raisonnablement prévisible du demandeur pour qu'il soit admissible à l'aide médicale à mourir. Les modifications proposées ont été conçues en vue de soutenir l'autonomie et la liberté de choix des Canadiens qui n'ont pas une maladie en phase terminale, mais qui ont des souffrances intolérables, tout en tenant compte des risques potentiels que représente l'élargissement de l'admissibilité à l'aide médicale à mourir.
Le gouvernement a tenu de nombreuses consultations sur la question. Il a examiné la preuve présentée devant les tribunaux. Il a pris connaissance des recherches menées au pays et à l'étranger. Il a comparé ce qui se fait au pays à ce qui se fait dans d'autres régimes d'aide médicale à mourir ailleurs dans le monde. Il a consulté la population, y compris 300 000 personnes par l'entremise d'une consultation publique en ligne, et il a demandé aux professionnels de la santé de lui parler de leur expérience pratique concernant l'aide médicale à mourir dans les dernières années.
Le projet de loi propose d'importants changements inspirés des commentaires entendus. En vue de respecter l'autonomie des Canadiens qui demandent l'aide médicale à mourir tout en assurant la protection des gens vulnérables, le projet de loi prévoit l'application de deux séries de mesures de sauvegarde. Le projet de loi n'utilise plus le critère de la mort naturelle raisonnablement prévisible pour déterminer l'admissibilité, mais pour l'application de mesures de sauvegarde plus rigoureuses. Si la mort d'une personne est raisonnablement prévisible, des mesures de sauvegarde semblables à celles du régime existant s'appliqueraient. Par ailleurs, certaines des mesures de sauvegarde initiales ont été assouplies compte tenu des commentaires reçus.
Par exemple, les personnes que nous avons consultées étaient largement favorables à l'idée de réduire le nombre de témoins obligatoires de deux à un seul. Les prestataires de soins de santé ont fréquemment indiqué que le fait d'avoir à trouver deux témoins indépendants représentait un obstacle pour les patients qui demandent l'aide médicale à mourir, en particulier pour ceux qui vivent dans un établissement de soins et dont le réseau social est restreint. Le rôle du témoin est uniquement de confirmer que la personne qui demande l'aide médicale à mourir a bel et bien signé elle-même la demande. Soyons clairs: le témoin n'a aucun rôle à jouer pour ce qui est de confirmer si la demande a été faite sur une base volontaire ni pour évaluer si l'état du patient le rend admissible à l'aide médicale à mourir. C'est plutôt au professionnel de la santé qui évalue l'admissibilité de s'assurer que le patient qui présente une demande d'aide médicale à mourir le fait librement, et non à cause de pressions externes.
Le projet de loi répond à de telles préoccupations, en plus d'assouplir cette exigence à un seul témoin. Il permet également à une personne rémunérée pour fournir du soutien personnel ou des soins de santé de faire office de témoin. Toute personne étant en mesure de tirer profit de quelque manière que ce soit du décès de la personne, que ce soit le bénéficiaire du testament ou de tout autre bien matériel, ne pourrait pas être considérée comme un témoin indépendant.
Les prestataires de soins de santé et les familles des personnes qui reçoivent l'aide médicale à mourir nous ont également dit que la période d'attente obligatoire de 10 jours prolonge inutilement les souffrances des personnes qui ont déjà réfléchi longuement et soigneusement à leur décision. Par conséquent, le projet de loi éliminerait cette exigence.
J'aimerais expliquer comment le projet de loi protégerait les Canadiens, tout en satisfaisant à l'exigence de l'arrêt Truchon, grâce à l'élimination du critère de mort naturelle raisonnablement prévisible. À ce sujet, nous avons reçu des commentaires de la part de praticiens et d'intervenants, lesquels craignent que des personnes qui souffrent, mais qui ne sont pas en fin de vie, puissent prendre des décisions concernant l'aide médicale à mourir sans être pleinement informées de tous les traitements et de toutes les formes de soutien qui leur sont offerts.
Il s'agit d'un sujet très délicat et, à cet égard, j'ai consulté les gens de ma circonscription, Mississauga-Streetsville. C'est ainsi que j'ai rencontré M. Paul Irwin, qui souffre de la maladie de Parkinson et qui est l'un des plus fervents partisans de ces réformes de l'aide médicale à mourir. Bien que cette horrible maladie le prive lentement de ses fonctions neurologiques, je peux assurer à la Chambre que M. Irwin n'a pas perdu sa vivacité d'esprit. Il a examiné tous les traitements et toutes les formes de soutien disponibles, en plus de consulter un large éventail de professionnels de la santé. Il n'y a aucun doute dans son esprit: il aimerait pouvoir décider quand et comment il pourra bénéficier de l'aide médicale à mourir. Ce n'est pas une décision qui est prise à la légère par ceux qui se trouvent dans la même situation que M. Irwin; ils ne prennent pas une telle décision sans avoir soupesé toutes les options. J'applaudis le courage de M. Irwin.
Afin d'accorder aux gens comme M. Irwin la dignité qu'ils méritent, nous avons ajouté des mesures de sauvegarde qui remplaceraient le critère de mort naturelle prévisible et qui ne s'appliqueraient qu'aux demandes faites par des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible. Ces nouvelles mesures de sauvegarde visent à appuyer une prise de décision éclairée et l'application uniforme des bonnes pratiques médicales. Par exemple, le projet de loi propose une période d'évaluation minimale de 90 jours pour que tous les aspects pertinents de la situation d'une personne soient examinés.
Tout au long du processus de consultation, nous avons entendu très clairement la préoccupation des Canadiens à l'égard de l'exigence de consulter des spécialistes dans le cadre des évaluations liées à l'aide médicale à mourir. Nous savons que, dans certaines régions du pays, comme dans les collectivités rurales et éloignées, il est parfois difficile d'organiser une consultation avec un spécialiste. Comme nous ne voulons pas créer d'obstacles inutiles, le projet de loi propose que, dans le cas des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible, l'une des évaluations soit effectuée par un fournisseur de soins de santé possédant une expertise en ce qui concerne l'état de santé de la personne, mais pas nécessairement par un spécialiste. Nous reconnaissons que de nombreux fournisseurs de soins de santé ont reçu une formation spéciale et des attestations qui leur permettent d'évaluer la situation médicale particulière d'une personne, même s'ils ne sont pas des spécialistes.
Le projet de loi prévoit également que les praticiens et le patient devraient s'accorder sur le fait qu'ils ont sérieusement envisagé des options raisonnables pour soulager la souffrance du patient. Cette mesure de sauvegarde respecte l'autonomie individuelle, tout en soulignant l'importance d'un processus de prise de décision éclairée.
Par ailleurs, à la suite de la décision Truchon, certains se sont inquiétés du fait que des personnes souffrant uniquement de maladie mentale pourraient bénéficier de l'aide médicale à mourir. Selon de nombreux cliniciens, il est plus difficile de prédire l'évolution d'une maladie mentale que celle d'une maladie physique, ce qui fait qu'il est impossible de déterminer si, ou à quel moment, une maladie mentale peut être considérée comme étant irrémédiable aux yeux de la loi sur l'aide médicale à mourir. D'autres ont des réserves au sujet de l'évaluation de la capacité, compte tenu du fait que les symptômes de la maladie mentale peuvent affecter la capacité d'une personne à comprendre et à apprécier la nature et les conséquences des décisions concernant son traitement.
Par conséquent, le libellé du projet de loi empêche les personnes qui souffrent uniquement d'une maladie mentale d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. La décision d'inclure ce libellé reflète la complexité du problème et le besoin de bien soupeser les conséquences que pourrait entraîner le fait d'autoriser l'aide médicale à mourir pour des personnes souffrant de maladie mentale afin que des personnes vulnérables ne subissent pas de préjudices. Nous prévoyons que cette question fera l'objet d'une étude plus approfondie dans le cadre de l'examen parlementaire.
J'aimerais maintenant parler de la renonciation au consentement final.
La loi actuellement en vigueur comprend une garantie procédurale qui oblige le fournisseur de soins à s'assurer que le patient lui donne son consentement explicite immédiatement avant de lui administrer l'aide médicale à mourir. Cette mesure est souvent appelée « consentement final », et elle se révèle importante pour les prestataires de soins de santé, car elle constitue une confirmation finale du désir du patient de recevoir l'aide médicale à mourir. Cette mesure de sauvegarde interdit également d'administrer l'aide médicale à mourir aux personnes qui ont perdu la capacité de donner leur consentement final, quelle que soit la certitude qu'elles aient eu quant à leur intention lorsqu'elles en avaient la capacité, ont fait la demande et ont été jugées admissibles.
Malheureusement, l'exigence du consentement final a eu pour conséquence involontaire d'encourager certains patients à recevoir l'aide médicale à mourir plus tôt qu'ils ne l'auraient souhaité par crainte de perdre leur capacité à consentir avant la date qu'ils auraient préférée. C'est la situation à laquelle Audrey Parker a été confrontée. En effet, Mme Parker a exprimé très clairement son désir de passer un dernier Noël avec sa famille, mais elle s'est sentie obligée de recevoir l'aide médicale à mourir presque deux mois plus tôt que prévu afin de s'assurer qu'elle était toujours apte à donner son consentement final à la procédure.
Autre exemple du même genre qui me touche d'un peu plus près cette fois-ci: mon ami et adjoint législatif a récemment perdu son père. Après avoir obtenu l'aide médicale à mourir, Wah-Lit « Edward » Lui s'est éteint paisiblement chez lui le 23 septembre 2020. Après que les médecins eurent diagnostiqué une complication rare d'un cancer en phase terminale chez Edward, ce dernier n'a pas vraiment eu d'autre choix que d'amorcer immédiatement le processus pour obtenir l'aide médicale à mourir — une volonté qu'il exprimait déjà depuis longtemps —, craignant de perdre la capacité de donner son consentement final dans les jours suivants. Andrew et sa famille n'ont donc eu que 24 heures pour lui faire leurs adieux.
Selon les amendements proposés, dans le cas des personnes admissibles à l'aide médicale à mourir et dont la mort est raisonnablement prévisible, mais qui risquent de perdre leur capacité de prendre une décision, on pourrait laisser tomber l'exigence du consentement final avant la procédure. Pour les familles comme les Parker et les Lui partout au Canada, permettre l'aide médicale à mourir lorsque la personne n'est plus en mesure de donner son consentement final est tout simplement la chose à faire.
Comme mesure de sauvegarde, pour pouvoir renoncer à cette exigence, une personne devrait avoir fait l'objet d'une évaluation, sa demande d'aide médicale à mourir devrait avoir été approuvée et la personne devrait être à la fin ou très près de la fin de sa vie. Comme on le propose dans le projet de loi, la personne devrait autoriser par écrit le praticien à lui fournir l'aide médicale à mourir à une date déterminée.
En conclusion, les modifications proposées dans le projet de loi tiennent compte des leçons que nous avons tirées des consultations et répondent à la tâche immédiate de donner suite à l'arrêt Truchon. Grâce à ces dispositions législatives révisées, le gouvernement contribue grandement au respect et à l'appui de l'autonomie des Canadiens qui souhaitent envisager le recours à l'aide médicale à mourir, tout en prenant au sérieux sa responsabilité de protéger les personnes vulnérables.
View Cathay Wagantall Profile
CPC (SK)
View Cathay Wagantall Profile
2020-10-28 16:34 [p.1370]
Mr. Speaker, I have a question for my colleague in regard to respecting the conscience rights of physicians across our nation. I understand this is provincial jurisdiction, yet the government does tend to express its views when it sees value in that and it has committed to a national palliative care strategy.
For physicians, does he not see the need to allow them to have the right to make the determination of whether they want to participate either directly or indirectly in MAID?
Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue au sujet du respect de la liberté de conscience des médecins partout au Canada. Je comprends que le dossier relève de la compétence provinciale, mais le gouvernement a tendance à exprimer son point de vue lorsqu'il croit utile de le faire et il s'est engagé à mettre en place une stratégie nationale de soins palliatifs.
En ce qui concerne les médecins, ne voit-il pas la nécessité de leur permettre de décider s'ils veulent participer directement ou indirectement à l'aide médicale à mourir?
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Lib. (ON)
Mr. Speaker, physicians do have the ability to opt out. I believe that in a country like Canada, which is among the best in the world, it is imperative we provide individuals with the best health care Canadians deserve. I do not think we can provide that in good conscience without providing a system like MAID. I would even go as far as to say it is a moral imperative that Canadians have this kind of health care available to them.
Monsieur le Président, les médecins ont bel et bien la possibilité de se soustraire à cette pratique. Je crois que dans un pays comme le Canada, qui fait partie des meilleurs au monde, il est impératif d'offrir à la population les soins de santé de haute qualité qu'elle mérite. À mon avis, nous ne pouvons y arriver en toute conscience sans fournir un programme comme l'accès médical à mourir. J'irais même jusqu'à dire que nous avons l'obligation morale d'offrir aux Canadiens un tel service.
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CPC (AB)
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2020-10-28 16:35 [p.1370]
Mr. Speaker, I would like to ask the member about same-day death, which the bill would allow for. There was a definite waiting period, which could have been waived in special circumstances, but now the bill would allow for same-day death.
I am wondering if the member is okay with the fact that in most cases it would allow for somebody to request being euthanized and have it happen on the same day.
Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que le député pense de la possibilité d'autoriser la mort le jour même, ce que le projet de loi permettrait. Il y avait auparavant une période d'attente, qui aurait pu être levée dans certaines circonstances particulières. Or, le projet de loi permet maintenant la mort le jour même.
Je me demande si le député est à l'aise avec le fait que, dans la plupart des cas, la mesure législative permettra qu'une personne demande à être euthanasiée et que cela se fasse la journée même.
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, depending on the track provided, there have been safeguards put in place so that the proper assessment can be done. Based on our consultations and experts' advice, I do not think a same-day assessment would be adequate, but again, I leave that to those individuals best suited to provide that advice. I leave it with the medical practitioners to make that assessment.
Monsieur le Président, selon la voie suivie, des mesures de sauvegarde seront en place pour assurer l'évaluation adéquate des demandes. D'après nos consultations et les conseils des experts, je ne crois pas qu'il serait approprié d'accepter une demande d'aide médicale à mourir devant être exécutée le jour même, mais je répète que je laisse cette décision aux personnes les mieux placées pour fournir ces conseils. Il revient aux médecins de faire cette évaluation.
View Dan Mazier Profile
CPC (MB)
Mr. Speaker, the member across the way mentioned rural Canada and access to doctors, and that certain doctors would review the 90-day circumstances for preconsent. What happens if someone cannot get access to that kind of doctor to prescribe on a particular disease on preconsent?
Is there any kind of leeway or language in the bill about that?
Monsieur le Président, le député d'en face a parlé des régions rurales au Canada et de l'accès à un médecin, et aussi du fait que certains médecins tiendraient compte des circonstances durant la période de 90 jours en vue d'établir le consentement préalable. Qu'adviendrait-il si une personne n'avait pas accès à un médecin pour officialiser son consentement préalable en lien avec une maladie en particulier?
Le projet de loi permet-il une certaine marge de manoeuvre ou donne-t-il des détails à ce sujet?
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Lib. (ON)
Mr. Speaker, that is certainly something that could also be brought up during the parliamentary review. What I was really referring to for individuals who live in remote areas was the number of witnesses required before their consent, which would be reduced to one, because of perhaps a smaller social circle or just not having as many individuals there. What you brought up could certainly be reviewed, and it should be.
Monsieur le Président, c'est certainement un aspect que l'examen parlementaire pourrait éclaircir. En fait, quand je parlais des personnes qui habitent dans les régions rurales, je faisais référence au nombre de témoins requis en vue d'établir leur consentement, qui serait réduit à un seul témoin, pour tenir compte de la probabilité que, dans les régions rurales, le réseau social soit plus restreint ou que la population soit plus petite. Le point que vous avez soulevé pourrait certainement être examiné, et il devrait l'être.
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CPC (AB)
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2020-10-28 16:38 [p.1370]
Mr. Speaker, is the hon. member not concerned about the two classes of Canadians we could be building with this bill? Those who do not have an underlying condition and are suffering from mental illness are then eligible for all the suicide prevention tools of this country, but those with an underlying illness are not.
Is he not concerned this bill would be creating two classes of citizens?
Monsieur le Président, le député n'est-il pas inquiet du risque de créer deux catégories de Canadiens avec ce projet de loi? Les personnes qui n'ont pas d'affection sous-jacente et qui souffrent de maladie mentale pourront avoir accès à toutes les ressources axées sur la prévention du suicide, mais pas celles qui ont une affection sous-jacente.
Ne s'inquiète-t-il pas du risque de créer deux catégories de citoyens avec ce projet de loi?
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, I do not think this bill would create two classes of citizens. It would create two streams to make MAID available to them, as it should, because the circumstances are very different. I do not think it would create two classes of citizens, but would rightly create two different streams to make MAID available.
Monsieur le Président, je ne crois pas que ce projet de loi créerait deux catégories de citoyens. Il créerait, à juste titre, deux processus pour offrir l'aide médicale à mourir aux Canadiens, car les circonstances sont très différentes. Je ne pense pas qu'il créerait deux catégories de citoyens, mais qu'il créerait plutôt, à juste titre, deux façons d'offrir l'aide médicale à mourir.
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:39 [p.1370]
Mr. Speaker, I rise today to speak to Bill C-7, which proposes to remove safeguards contained in the existing Criminal Code provisions for medical assistance in dying, as well as to expand eligibility. This is a grave matter and one that should not be treated lightly. Its impacts will be significant, especially for vulnerable Canadians. It is important that we get this right.
Before I get into the substantive issues contained in this bill, I would like to add my voice to those of the people who previously urged the Minister of Justice to appeal the Quebec Superior Court's ruling to the Supreme Court. One month after the Quebec Superior Court decision, 72 organizations that help Canadians with disabilities wrote to the minister, calling on him to appeal the decision. Less than a week later, 300 physicians signed a similar letter and since then, many others have voiced their concerns as well.
Referring it to the Supreme Court would have been the more prudent course of action, as it would have provided Parliament with a framework within which it could legislate. Alas, those many voices, as well as those of my Conservative colleagues in the House, went unheeded.
Further, when Parliament passed Bill C-14 in 2016, the legislation required a parliamentary review of its provisions to commence at the start of the fifth year following royal assent. That review, which was also to include a study of the state of palliative care in Canada, could have taken place this past summer but, instead, the government opted to shut down Parliament. That was time squandered.
There was much wisdom in including a mandatory review when Bill C-14 was adopted. Now, instead of giving this matter the thorough attention benefiting its gravity, parliamentarians are being asked to rush legislation through to meet the judicial deadline of December 18, unless, of course, a third extension is sought and granted. We call that putting the cart before the horse. It is therefore vital, in the short time we have to review these changes to the MAID clauses in the Criminal Code, that we hear from as many Canadians as possible from all walks of life, and especially those likely to be most impacted by any expansion of the current laws.
There are two changes to the existing law that are most troubling. The first is the repeal of the provision that requires that a person's natural death be reasonably foreseeable and its replacement with the words “grievous” and “irremediable”. The other is the elimination of the clause requiring a 10-day waiting period between when MAID is requested and when it can be administered. These changes need careful study. What will the unintended consequences be?
Moving forward, the priority of the Conservative Party is ensuring this type of legislation includes safeguards for the most vulnerable in our society, as well as for the conscience rights of physicians and all other health care professionals. One concern in that regard is ensuring adequate safeguards to protect those who may not have the ability to consent. Many of those involved in the care and advocacy for citizens with disabilities are sounding the alarm. We would be well advised to heed them.
I would like to quote from the letter from 72 advocacy groups written to the Minister of Justice just last fall. They were among those who urged the minister to appeal the Quebec Superior Court's decision in Truchon and Gladu. These are their words:
When the original medical assistance in dying legislation was debated in Parliament, there was a clear understanding that MAiD must have limits; that individual rights must be balanced with protections not only for our most vulnerable citizens, but for our society as well. One of the most important foundations of our Canadian identity is that we are a caring, compassionate country. We...place a high premium on being inclusive and tolerant while working hard toward the accommodation and integration of minority members of our communities. And yet, if the Quebec decision is allowed to stand [or as it stands now codified in the law], we will be in serious danger of losing this fundamental element of our Canadian identity. Our neighbours and our loved ones living with disabilities already continually experience the devaluation of their lives. They are frequently told—often bluntly—that they would be “better off dead.”
The letter makes the point that the unintended consequences would be to “...erode provincial health responsibilities for expert clinical care and social support of citizens who are fragile.”
It is crucial that adequate safeguards are included in Bill C-7, and that will be one of my highest priorities. Another concern worth repeating is removal of the end of life criterion. As the Council of Canadians with Disabilities stated in its October 2000 letter to the Minister of Justice, “Without the equalizing effect of the end of life criterion, which guarantees that the common thread between all persons who access an assisted death in Canada is that they are all dying,” with the proposed changes, “...persons with disabilities will be able to gain access ultimately because they have a disability.”
A worse stereotype could not be institutionalized in law: that disability-related suffering, largely caused by a lack of support and equality, justifies the termination of a person's life.
I now want to take some time to address the need for palliative care in Canada and the importance of such end of life care. As mentioned previously, a study of palliative care was to be included in a mandated parliamentary review. This should have happened before Parliament took action to expand the current Criminal Code provisions. Again, I would like to turn to the experts on this: the doctors and other health care professionals who provide end of life care and face these life-and-death decisions every day.
The Canadian Society of Palliative Care Physicians strongly advocates for the prioritization of adequate investment in, and enhancement of, palliative care services. Without access to high quality palliative care, some patients who are suffering may feel that MAID is their only option because their suffering has been inadequately addressed, or they perceive that their families or social supports must carry an excessive burden. Data regarding availability, access, quality and types of special palliative care, for example, are essential not only for those requesting or receiving MAID, but in general in order to better inform areas for improvement. Palliative care should remain distinct from MAID to ensure clarity, and to avoid risk of confusion and the potential for people to refuse palliative care services because they may confuse them with MAID.
During my consultations on Bill C-7, the doctors I have spoken with have stressed that palliative care is more than providing access to morphine, and that the public needs to be educated on this. As well, concern was expressed that elder abuse and financial motives, such as inheritance, could contribute to an abuse of MAID. Another concern is the temptation to save health care dollars with MAID. It is easy to conclude that MAID is more cost effective than continuing care. This raises ethical questions about its potential overuse, particularly as the previous safeguards are being lifted.
These are all serious concerns. I look forward to hearing what the doctors and health professionals on the front lines recommend as we move forward. I would also like to make a brief comment about the need for conscience protection for physicians. Doctors are concerned that they will be forced to administer MAID. I have been advised that the Ontario College of Physicians has created a policy that doctors have to arrange a referral. Some doctors have confided to me that they are considering leaving their profession over this. Suffice to say that physicians should have their freedom of conscience protected, and that this fundamental freedom needs to be codified in law as has been done in Australia.
In closing, I urge the House to take our responsibility to review this legislation seriously and to do as thorough a job as possible, keeping uppermost in mind those most affected by the decisions that we make. As those 300 physicians said in their letter to the Minister of Justice, “For all patients who seek an assisted death, we must ask first if they have had access to adequate and funded social and living supports, as well as exemplary health care and symptom management, in order to assure that they are not seeking an assisted death.” I think we can and must do better.
Monsieur le Président, je souhaite intervenir aujourd'hui dans le débat sur le projet de loi C-7, qui propose d'enlever des mesures de sauvegarde contenues dans les dispositions actuelles du Code criminel sur l'aide médicale à mourir, ainsi que d'élargir l'admissibilité. C'est une question grave qui ne devrait pas être traitée à la légère. Ces mesures auront des répercussions importantes, en particulier pour les Canadiens vulnérables. Il est important de faire les choses correctement.
Avant de parler de la teneur du projet de loi, j'aimerais joindre ma voix à celle des personnes qui ont déjà exhorté le ministre de la Justice à interjeter appel de la décision de la Cour supérieure du Québec devant la Cour suprême. Un mois après la décision de la Cour supérieure du Québec, 72 organisations qui viennent en aide aux personnes handicapées du pays ont écrit au ministre pour l'exhorter à interjeter appel de la décision. Moins d'une semaine plus tard, 300 médecins ont signé une lettre similaire. Depuis ce temps, bien d'autres personnes ont également exprimé leurs inquiétudes.
Il aurait été plus prudent de renvoyer la question à la Cour suprême, car celle-ci aurait pu fournir des balises législatives au Parlement. Malheureusement, ces nombreux avis ainsi que ceux de mes collègues conservateurs à la Chambre n'ont pas été pris en considération.
Par ailleurs, lorsque le Parlement a adopté le projet de loi C-14 en 2016, la mesure législative prévoyait qu'un examen parlementaire de ses dispositions commence au début de la cinquième année qui suit sa sanction. L'examen, qui devait comprendre une étude de la situation des soins palliatifs au Canada, aurait pu avoir lieu l'été dernier, mais le gouvernement a plutôt décidé de fermer le Parlement. Nous avons perdu beaucoup de temps.
C'était très judicieux d'inclure un examen obligatoire dans le projet de loi C-14 qui a été adopté. En ce qui concerne la mesure législative qui nous occupe, elle nécessiterait un examen approfondi, mais le gouvernement nous pousse à l'adopter rapidement pour respecter l'échéance du 18 décembre fixée par la cour, à moins qu'une troisième prolongation ne soit demandée et accordée. C'est ce que nous appelons mettre la charrue devant les bœufs. Il est donc essentiel, dans le peu de temps dont nous disposons pour examiner les modifications aux dispositions du Code criminel concernant l'aide médicale à mourir, d'entendre le plus grand nombre possible de Canadiens de tous les horizons et en particulier ceux qui sont susceptibles d'être les plus touchés par les changements proposés aux lois actuelles.
On propose deux modifications à la loi en vigueur que je trouve très troublantes. La première est l'abrogation de la disposition qui exige que la mort naturelle de la personne soit raisonnablement prévisible, qu'on remplacerait en employant les mots « graves » et « irrémédiables ». La deuxième est l'élimination de la disposition qui impose une période d'attente de 10 jours entre la demande d'aide médicale à mourir et le moment où l'on administre cette aide. Ces modifications doivent faire l'objet d'une étude soignée. Quelles en seront les conséquences imprévues?
À l'avenir, la priorité du Parti conservateur sera de veiller à ce que ce genre de projet de loi comprenne des mesures de protection pour les personnes les plus vulnérables de la société et pour la liberté de conscience des médecins et de tous les autres professionnels de la santé. L'une des priorités à cet égard est de veiller à offrir des protections adéquates à ceux qui n'ont peut-être pas la capacité de donner leur consentement. Beaucoup de gens qui fournissent des soins à des personnes handicapées et qui prennent la défense des Canadiens handicapés sonnent l'alarme. Nous ferions bien de les écouter.
J'aimerais citer la lettre envoyée par 72 groupes militants au ministre de la Justice, l'automne dernier. Ils comptaient parmi ceux qui ont exhorté le ministre à porter en appel la décision de la Cour supérieure du Québec dans l'affaire Truchon contre Gladu. Voici ce qu'ils ont écrit:
Il était clair, lorsque le libellé initial de la loi sur l'aide médicale à mourir a été débattu au Parlement, que [l'aide médicale à mourir] devait comporter des balises; que les droits personnels devaient s'accompagner de garanties non seulement pour nos plus vulnérables, mais également pour notre société. Notre identité canadienne est fortement ancrée dans notre compassion et notre bienveillance collectives. Nous valorisons grandement notre caractère inclusif et tolérant et oeuvrons sans relâche pour accommoder et intégrer les membres minoritaires de nos collectivités. Or, si le jugement de la cour québécoise est confirmé — ou tel qu'il est maintenant inscrit dans la loi —, nous risquons fortement de perdre cette composante fondamentale de notre identité canadienne. Déjà, nos voisins en situation de handicap et leurs êtres chers subissent une constante dévalorisation de leur vie. On leur dit fréquemment — et souvent brutalement — « qu'il vaudrait mieux qu'ils meurent ».
Selon les auteurs de la lettre, ce jugement aura comme fâcheuse conséquence « [d'éroder] tout simplement les responsabilités provinciales quant à l'aide sociale et les soins cliniques professionnels pour les citoyens vulnérables ».
Le projet de loi C-7 doit absolument comporter des mesures de sauvegarde adéquates, et cette question arrivera tout au haut de la liste de mes priorités. L'élimination du critère associé à la fin de vie m'inquiète aussi. Comme le disait le Conseil des Canadiens avec déficiences dans la lettre qu'il a envoyée au ministre de la Justice en octobre 2000, « [s]ans l'effet égalisateur de ce critère de fin de vie qui garantit un point commun à toutes les personnes accédant à l'aide médicale à mourir, à savoir une mort imminente », les changements proposés auront pour effet que « les personnes handicapées finiraient par y accéder également pour motif de déficience ».
On ne peut imaginer de pire stéréotype à inscrire dans une loi que celui selon lequel, même si elle est en bonne partie causée par le manque de soutien et les inégalités, la souffrance que ressent une personne en raison de son handicap justifie qu'on mette fin à sa vie.
Je veux maintenant prendre quelques instants pour parler de la nécessité des soins palliatifs au Canada et de l'importance de bénéficier de tels soins en fin de vie. Comme il a déjà été mentionné, une étude sur les soins palliatifs devait être incluse dans un examen parlementaire obligatoire. Cela aurait dû se produire avant que le Parlement décide d'élargir les dispositions actuelles du Code criminel. J'aimerais de nouveau citer les experts en la matière, soit les médecins et les autres professionnels de la santé qui offrent des soins de fin de vie et qui doivent prendre quotidiennement des décisions influant sur la vie ou la mort de leurs patients.
La Société canadienne des médecins de soins palliatifs réclame énergiquement qu'on accorde la priorité aux investissements dans les services de soins palliatifs et à l'amélioration de ces services. Sans accès à des soins palliatifs de qualité, certains patients pourraient estimer que l'aide médicale à mourir est leur seule option parce qu'on n'a pas soulagé suffisamment leurs souffrances ou qu'ils ont l'impression que leur famille ou leurs soutiens sociaux doivent porter un fardeau excessif. Des données sur la disponibilité, l'accessibilité, la qualité et les types de soins palliatifs spéciaux, par exemple, sont essentielles non seulement pour les personnes demandant ou recevant l'aide médicale à mourir, mais aussi pour mieux déterminer les améliorations à apporter. Il faut distinguer clairement les soins palliatifs de l'aide médicale à mourir afin d'éviter les risques de confusion et la possibilité que des personnes refusent de se prévaloir de services de soins palliatifs parce qu'elles peuvent croire à tort qu'il s'agit d'aide médicale à mourir.
Les médecins avec qui je me suis entretenu dans le cadre de mes consultations sur le projet de loi C-7 ont insisté sur le fait que les soins palliatifs ne se limitent pas à fournir un accès à la morphine, et qu'il faut éduquer la population canadienne à ce sujet. On a aussi soulevé l'inquiétude voulant que les abus commis à l'égard des personnes âgées à des fins pécuniaires, notamment l'héritage, puissent entraîner un usage abusif de l'aide médicale à mourir. Il y a aussi l'inquiétude selon laquelle nous pourrions être portés à vouloir recourir à l'aide médicale à mourir pour économiser des dépenses en santé. Il est facile de conclure que l'aide médicale à mourir est moins coûteuse que les soins de santé. Il y a des questions à se poser, des questions d'éthique, au sujet de l'utilisation potentiellement abusive de l'aide médicale à mourir, particulièrement au moment où on tente d'assouplir les mesures de sauvegarde.
Ce sont toutes des questions très importantes. Je me réjouis à la perspective de savoir ce que nous recommandent les médecins et les professionnels de la santé sur le terrain à mesure que nous poursuivrons nos efforts dans le dossier. J'aimerais aussi formuler un bref commentaire sur la nécessité de protéger le droit à la liberté de conscience des professionnels de la santé. Les médecins s'inquiètent de devoir fournir l'aide médicale à mourir contre leur gré. On me dit que l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario a créé une politique en vertu de laquelle les médecins doivent prévoir un aiguillage. Certains médecins m'ont confié qu'ils songeaient à arrêter de pratiquer la médecine à cause de ce nouveau règlement. Je me contente de dire qu'il faut protéger le droit à la liberté de conscience des professionnels de la santé et qu'il est impératif d'inscrire ce principe dans la loi, comme l'a fait l'Australie.
En conclusion, j'exhorte la Chambre à assumer ses responsabilités et à examiner cette mesure législative avec sérieux et avec toute la rigueur qui s'impose, en gardant à l'esprit les personnes concernées par les décisions que nous prenons. Comme l'ont dit les 300 médecins dans leur lettre au ministre de la Justice, « Assurons-nous d’abord que les patients n’aient pas réclamé l’[aide médicale à mourir] à cause d’un manque de soins et fondamentaux et de soutiens et qu’ils aient d’abord bénéficié d’adéquates et publiques mesures de soutien communautaire et domiciliaire, ainsi que de soins de santé exemplaires et de la gestion des symptômes. » Je pense que nous pouvons et devons faire mieux.
View Kevin Lamoureux Profile
Lib. (MB)
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2020-10-28 16:49 [p.1372]
Mr. Speaker, in good part, I disagree with the member's assessment that we need to appeal to the Supreme Court of Canada or that somehow a lot of the discussion around the bill has not occurred. We have been discussing this virtually since the 2015 federal election. It has had all sorts of committees' direct and indirect input. Even this year, over 300,000 people participated through providing input. There has been an enormous amount of consultation. A lot of that never ended after we first passed the legislation.
What we see before us are some changes that we learned from, whether it was a court order or from what Canadians have been saying for the last while.
Does the member not agree that it is time, at the very least, to allow it to go to committee where we can get additional feedback on some of the specifics that have been raised here in second reading?
Monsieur le Président, pour la plus grande partie, je ne suis pas d'accord avec le député lorsqu'il dit que nous devons interjeter appel auprès de la Cour suprême du Canada ou qu'une grande partie du dialogue qui doit entourer ce projet de loi n'a toujours pas eu lieu. Nous en discutons pratiquement sans cesse depuis l'élection fédérale de 2015. Toutes sortes de comités ont fourni leur apport directement ou indirectement. Encore cette année, plus de 300 000 personnes ont participé à des consultations sur le sujet. Un volume énorme de rétroaction a été sollicité. Le dialogue n'a pas vraiment cessé après l'adoption du projet de loi initial.
Nous proposons des modifications en fonction des leçons que nous avons apprises, soit par la voie des instances judiciaires, soit grâce à la rétroaction des Canadiens.
Le député ne convient-il pas qu'il est temps, à tout le moins, de renvoyer le projet de loi au comité, où nous pourrons obtenir une rétroaction supplémentaire concernant certains détails qui ont soulevé des préoccupations à la Chambre à l'étape de la deuxième lecture?
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:50 [p.1372]
Mr. Speaker, I guess I would say two things.
First, if the government had not prorogued Parliament, we would have had a whole summer to have more of these discussions.
Second, much more discussion needs to happen. I will tell colleagues exactly why.
This past Friday, I spoke to two doctors via Zoom. They are the ones who specifically told me four points: They are considering leaving the profession. We cannot afford to lose any more physicians. They were taught to save lives, not to take them away. What a powerful statement. The doctors told me that 800 physicians have signed a new letter denouncing them from being forced to refer a patient to another doctor to get MAID, and that more would sign that letter, but they were afraid that the hospitals would blackball them and they were in fear of losing hospital privileges.
Much more discussion has to happen over this and it will definitely be going to committee. I look forward to it.
Monsieur le Président, j'aurais deux choses à dire.
Premièrement, si le gouvernement n'avait pas prorogé le Parlement, nous aurions eu tout l'été pour en discuter davantage.
Deuxièmement, il faut beaucoup plus de discussions. Je vais expliquer pourquoi à mes collègues.
Vendredi dernier, j'ai discuté par Zoom avec deux médecins. Ce sont eux qui m'ont exposé les quatre points suivants. Ils pensent quitter la profession. Nous n'avons pas le luxe de perdre davantage de médecins. On leur a appris à sauver des vies, pas à enlever la vie. C'est une affirmation lourde de sens. Ces médecins m'ont dit que 800 docteurs viennent de signer une lettre dénonçant le fait qu'on les force à recommander leurs patients aux médecins qui pratiquent l'aide médicale à mourir et ils ont ajouté que d'autres médecins voudraient signer cette lettre, mais qu'ils craignent que des hôpitaux les excluent et qu'ils perdent leurs privilèges dans les hôpitaux.
Cette question mérite d'être débattue davantage et elle devra assurément être étudiée par le comité. Je suis impatient qu'elle le soit.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech.
He mentioned the December 18 deadline and seemed worried that we are moving too fast with this bill, but in my opinion, the government has already asked the courts for enough extensions.
Does my colleague agree that the reasonably foreseeable death criterion was too restrictive and that we have to stop postponing the dignity of seniors and seriously ill individuals? Does he agree that we need to send this bill to committee quickly so that it can be studied and passed in response to the Quebec Superior Court's decision?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
Il parlait de la date butoir du 18 décembre et semble craindre qu'on aille trop vite avec ce projet de loi, alors qu'au contraire, je crois que le gouvernement a suffisamment demandé de reports de cette date devant les tribunaux.
Mon collègue n'est-il pas d'accord avec moi que le critère de mort raisonnablement prévisible était trop restrictif et qu'il faut cesser de remettre à demain la dignité des aînés et des personnes gravement malades? N'est-il pas d'accord qu'il faut envoyer rapidement ce projet de loi en comité pour qu'il soit étudié et adopté afin de répondre au jugement de la Cour supérieure du Québec?
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:52 [p.1372]
Mr. Speaker, definitely more discussion needs to happen at committee. There is no doubt. I will continue going back to our parents, doctors and clergy as more discussion has to happen around them as well. I am really concerned about them being victimized. For them to not be able to speak with their conscience and to be forced to not discuss life and death is a real issue.
As I mentioned before, doctors do not lie. Doctors told me on Friday about the shortcomings in this bill, and that is why I am looking forward to getting Bill C-7 to committee, fixing it and amending it as required.
Monsieur le Président, il faudra assurément davantage de discussions au comité; cela ne fait aucun doute. Je vais continuer de consulter des parents, des médecins et des membres du clergé puisqu'ils doivent également être inclus dans la discussion. Je crains vraiment qu'ils deviennent des victimes. Qu'ils ne puissent pas donner leur avis selon leur conscience et qu'on les empêche de parler de questions liées à la vie et la mort est un véritable problème.
Comme je l'ai dit plus tôt, les médecins ne nous mentent pas. Des médecins m'ont parlé, vendredi dernier, des lacunes du projet de loi et c'est pourquoi j'espère que le projet de loi C-7 sera renvoyé au comité bientôt pour être corrigé et amendé comme il se doit.
View Tracy Gray Profile
CPC (BC)
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2020-10-28 16:53 [p.1372]
Mr. Speaker, I would like to thank my colleague from Essex. You had mentioned palliative care. I wanted to ask you this, especially at a time when families are separated due to COVID-19 and people are feeling isolated. We see palliative care as an important part of the health care service, and it is not readily available to everyone.
I am wondering if you could maybe expand on that.
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue d'Essex. Vous aviez mentionné les soins palliatifs. J'aimerais vous poser une question, particulièrement en ce moment où les familles sont séparées à cause de la COVID-19 et que les gens se sentent isolés. On considère les soins palliatifs comme un volet important des services de santé mais tout le monde n'y a pas facilement accès.
Je me demande si vous pourriez en dire davantage à ce sujet.
View Chris Lewis Profile
CPC (ON)
View Chris Lewis Profile
2020-10-28 16:54 [p.1373]
Mr. Speaker, palliative care is very near and dear to my heart. Caregivers did a wonderful job when my mémé had brain cancer and kept her incredibly comfortable. The discussion within our family was not about how to end her life; it was about how to make it more comfortable and last a little longer, so palliative care is vital.
Monsieur le Président, le dossier des soins palliatifs me tient vraiment à coeur. Lorsque ma mémé était atteinte d'un cancer du cerveau, les soignants ont fait un travail formidable pour qu'elle ne souffre pas. Notre famille ne s'est pas demandé comment mettre fin à sa vie, mais plutôt comment faire en sorte qu'elle se porte le mieux possible dans les circonstances et qu'elle vive un peu plus longtemps. Bref, les soins palliatifs sont d'une importance cruciale.
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, before getting into the details of the proposed legislation in front of us, I first want to make sure that in the House we avoid a common misunderstanding that seems to come up whenever people strongly disagree with assisted suicide or related issues. Quite often, someone in favour of allowing assisted suicide or removing safeguards will express compassion and empathy for those who are suffering. In saying this, I am not questioning their feelings or their sincerity; nobody wants to suffer or watch their loved ones go through terrible pain. What I am saying here, for everyone's benefit, is that those who are opposed to it or who want to support safeguards have a deep sense of compassion and empathy for those who are suffering. In other words, our human feelings of compassion by themselves do not automatically lead to one position or another.
Along with my wife, I have watched four grandparents pass away, and at present we have another one who is living in palliative care. Each time I have witnessed and cared for family members as they go through difficult health problems, I am reminded of the importance of always affirming a dying person's dignity while they live out the last part of their life.
For the past year, we have had widespread awareness of and concern for how the spread of COVID-19 could devastate seniors and others who are more vulnerable because of medical conditions. For the most part, these are the same people who are at risk and would be even more so under this new law. Along with everything else we could learn from 2020, I hope we can improve our medical practices and strengthen safeguards for the most vulnerable in every area, including this one.
As we continue to debate Bill C-7, it is important for all of us to take a moment to carefully consider its wider impact and unintended consequences. If passed, the new law will significantly expand the number of Canadians who will be eligible for assisted suicide. Whether we agree with these changes or not, it is clear that they are major and fundamental.
It was only a few years ago that Parliament passed Bill C-14, which created the legal framework for what it called “medical assistance in dying”. Previously, the Criminal Code had considered it a serious crime to either kill a patient or participate in a patient's suicide. While amending the section on culpable homicide and defining eligibility, it presented MAID as the narrow exception.
At the time, the former justice minister, with the same sense of transparency for which she later fell out of favour with the Liberal government, publicly stated, “We recognize that medical assistance in dying will in many respects fundamentally change our medical culture and our society.” It was true for what happened back then, and now we are adding some more major changes before the last ones were ever properly reviewed. There was supposed to be an official review of the MAID system, but that has not happened.
Without having a thorough and careful review, we are supposed to proceed with Bill C-7 anyway. So far, in the current session, we have started debating this bill for part of only four days. I hope there will be much more time than this for considering this bill at every stage, especially when it is studied by the justice committee. There is so much that should be said, and the amount of time we all have to work with is too limited.
I share the deep concern of many Canadians who recognize that this bill undermines our country's commitment to upholding and protecting the equal value of each human life. More particularly, there needs to be even more attention given to how assisted suicide, especially in the way this bill handles it, affects the lives and social well-being of people with disabilities.
Over the past year, the idea of systemic discrimination has come to the forefront of our public discourse in Canada, in the U.S. and around the world. To help us better reflect on how it can relate to this discussion, we can look to the work of Dr. Laverne Jacobs. Dr. Jacobs is a law professor at the University of Windsor. She has approached the issue with her legal expertise and speaks from her experience as a Black woman living with disabilities in Canada.
As part of a longer presentation about MAID back in January, she compared and related the experiences of minority communities. She said, “What's particularly troubling about any system or any structure of systemic discrimination is that once ideas that are harmful to a minority group have been legislated into law, it is very difficult to convince the general public that they are not stigma-inducing or ultimately discriminatory. So in both cases, in both the case of racial inequality in the U.S. and the case of MAID here in Canada, we're dealing with the stigmatization of a historically disadvantaged group.”
In an article on the subject of MAID, Dr. Jacobs wrote:
More explicitly, while the MAID law indeed requires consent, these irreversible choices about ending a life are made in a complex social, cultural and health-care context, where lack of access to adequate care, lack of social support and overall ableist stigma have an impact on the choices people with disabilities may have.
In the same article, she also said:
There are also concerns, fuelled by developments in the few countries that provide access to MAID outside the end-of-life context, that being elderly and fragile is increasingly accepted as a reason for a physician-assisted death and that this may create subtle pressure.
This is a small sample of her work, and Parliament would do well to take a closer look at the rest of her comments.
Loss, especially one of this nature, directs and shapes people's actions and attitudes. We cannot say that people with disabilities and other vulnerable populations have not told us this and explained how this bill will inevitably hurt them. Many other advocates and members of the disability community have been speaking out with similar fears, but they were not heard when they called for the government to appeal the Quebec Superior Court ruling. They have also been ignored when it comes to the problems in Bill C-7.
Bill C-7 has to do with life and death, which are ultimate realities. It is reasonable to expect that altering the way our institutions and culture approach the most consequential matters will have wide-ranging effects across all of society. It is hard, if not impossible, to imagine where we will end up if we follow this path.
In my remaining time, I want to highlight some of these problems.
Most notably, Bill C-7 removes the reasonably foreseeable natural death criterion, which is very concerning to me. I am concerned that removing it will normalize suicide over time. Without appealing the decision, the government is going beyond what the Quebec Superior Court ruled.
As one example, the government wants to allow for advance directives. As I have said before, there has been no thorough review of MAID as it currently operates. I am also not aware of any specific study about the risks and problems associated with a process for advance directives. That should happen well before we ever consider enacting it.
Advance requests raise difficult questions. For example, I have to wonder: Could someone consent in advance to be killed once they reach a state they fear but have never experienced, like living with advanced dementia? Further, once someone has signed an advance request and lost the capacity to consent to medical treatment, at what point exactly would their life be terminated? More alarming to me is this: If a non-capable person seems to resist a lethal injection, can the physician still proceed with the injection if the physician believes that the resistance is not due to any understanding on the patients's part that the injection will kill them? Bill C-7 states that apparent resistance means a doctor must not proceed but clarifies that involuntary responses to contact is not resistance. This raises another question. How does a doctor determine if the response to contact is involuntary?
Given that advance requests raise serious ethical issues, oversight challenges and safety risks, legalizing advance directives in the way that Bill C-7 would is irresponsible. This is the position we are left with when we are not trying to create effective accountability mechanisms and when we have insufficient data.
I am also troubled that Bill C-7 would remove the 10-day waiting period. Frankly, I find this disturbing. The 10-day waiting period in Bill C-14 already had a built-in exemption for those whose death or loss of capacity to consent was imminent, and as such, I cannot understand why the removal of this waiting period is necessary or prudent. On the contrary, I find it negligent.
It is well established that the desire to die is often transient. Suffering individuals have ups and downs throughout the day, throughout the week and throughout the year. No one should be able to make a death or life decision when at their most vulnerable point. The 10-day waiting period effectively allows a patient to reconsider their decision and take the time to speak with loved ones. This is critical.
Finally, I want to add that I believe the bill should add a provision that prohibits medical practitioners from discussing MAID unless the patient explicitly asks. We must not underestimate the power of pressure and suggestion, no matter how subtle, especially when it is combined with social stigma, as I mentioned before.
Journalist Ben Mattlin, who suffers from spinal muscular atrophy, wrote this in the New York Times:
I’ve lived so close to death for so long that I know how thin and porous the border between coercion and free choice is, how easy it is for someone to inadvertently influence you to feel devalued and hopeless—to pressure you ever so slightly but decidedly into being “reasonable,” to unburdening others, to “letting go.”
Perhaps, as advocates contend, you can’t understand why anyone would push for assisted-suicide legislation until you’ve seen a loved one suffer. But you also can’t truly conceive of the many subtle forces—invariably well meaning, kindhearted, even gentle, yet as persuasive as a tsunami—that emerge when your physical autonomy is hopelessly compromised.
Despite Mattlin's significant physical disability, he is a father, husband, author and journalist. He has a successful life and knows what he wants. He is less vulnerable than others who might be more easily persuaded that MAID is their best option. In this way, voluntary MAID is the start of a slippery slope that leads to involuntary MAID.
Monsieur le Président, avant d'entrer dans les détails du projet de loi à l'étude, je tiens à m'assurer que nous évitions, dans cette enceinte, un malentendu fréquent qui semble survenir chaque fois que des gens s'opposent fortement à l'aide au suicide ou à d'autres questions connexes. Bien souvent, une personne qui appuie l'aide au suicide ou la suppression des mesures de sauvegarde exprimera de la compassion et de l'empathie pour ceux qui souffrent. En disant cela, je ne mets pas en doute ses sentiments ni sa sincérité. Bien entendu, personne ne veut souffrir ou voir ses proches souffrir terriblement. Ce que je dis, au bénéfice de tous, c'est que ceux qui s'opposent à l'aide au suicide ou qui appuient la mise en place de mesures de sauvegarde le font également par grande compassion et profonde empathie envers ceux qui souffrent. Autrement dit, notre sentiment de compassion bien humain n'amène pas automatiquement à adopter l'une ou l'autre position.
Aux côtés de mon épouse, j'ai assisté au départ de quatre grands-parents. En ce moment même, un autre est aux soins palliatifs. Chaque fois que je vois des membres de ma famille qui me sont chers aux prises avec de graves problèmes de santé, je me rappelle l'importance de toujours défendre la dignité d'une personne mourante alors qu'elle vit ses derniers jours.
Depuis des mois maintenant, nous voyons avec inquiétude comment la propagation de la COVID-19 peut s'attaquer aux personnes âgées et aux autres personnes rendues plus vulnérables par un problème de santé. De façon générale, ce sont ces personnes qui sont à risque et le deviendraient encore plus avec cette nouvelle mesure législative. En plus de toutes les autres leçons que nous pourrions tirer de 2020, j'espère que nous allons améliorer nos façons de faire en soins de santé et renforcer les mesures de protection des plus vulnérables dans tous les domaines, y compris celui-ci.
Dans le cadre de notre débat sur le projet de loi C-7, nous nous devons tous de prendre le temps d'en examiner attentivement l'incidence plus large et les conséquences non voulues. Si cette nouvelle mesure législative est adoptée, elle va augmenter de beaucoup le nombre de Canadiens qui seront admissibles au suicide assisté. Que nous soyons d'accord sur ces changements ou non, chose certaine, ils sont importants et fondamentaux.
Le Parlement a adopté le projet de loi C-14 il y a quelques années seulement. Ce dernier a créé un cadre pour ce qu'on y appelle « l'aide médicale à mourir ». Auparavant, le fait de tuer un patient ou de participer à son suicide était considéré comme un crime grave dans le Code criminel. L'article sur l'homicide coupable a été modifié, l'admissibilité a été définie et l'aide médicale à mourir a été présentée comme une exception limitée.
À l'époque, l'ancienne ministre de la Justice, animée du même souci de transparence qui lui a valu plus tard la défaveur du gouvernement libéral, a déclaré publiquement: « Nous sommes conscients que l'aide médicale à mourir change fondamentalement, à bien des égards, notre culture médicale et notre société. » C'était vrai dans le contexte d'alors, et voilà que maintenant nous ajoutons d'autres changements importants avant même d'avoir bien examiné les dernières modifications. Le régime d'aide médicale à mourir était censé faire l'objet d'un examen officiel, mais cela ne s'est pas produit.
Sans un examen approfondi et minutieux, on nous demande tout de même d'aller de l'avant avec le projet de loi C-7. Jusqu'ici, au cours de la session actuelle, nous avons commencé à débattre de ce projet de loi pendant seulement une partie de quatre jours. J'espère que nous y consacrerons beaucoup plus de temps à chaque étape, en particulier lorsque le comité de la justice en fera l'étude. Il y a tellement de choses à dire, et le temps dont nous disposons tous est trop limité.
Je partage les profondes inquiétudes de beaucoup de Canadiens, qui reconnaissent que le projet de loi nuit à l'engagement du Canada à respecter et à protéger l'égalité de chaque vie humaine. Surtout, il faut accorder encore plus d'attention à la façon dont le suicide assisté, particulièrement comment il est décrit dans le projet de loi, touche la vie et le bien-être social des personnes handicapées.
Depuis un an, la notion de discrimination systémique est au cœur du discours public au Canada, aux États-Unis et partout dans le monde. Pour nous aider à mieux comprendre comment cette question est liée au débat d'aujourd'hui, nous pouvons nous inspirer du travail de Mme Laverne Jacobs, qui est professeure de droit à l'Université de Windsor. Elle a étudié la question à travers le prisme de son expertise juridique et, en tant que femme noire handicapée habitant au Canada, elle parle en toute connaissance de cause.
Dans le cadre d'une longue présentation au sujet de l'aide médicale à mourir donnée en janvier dernier, elle a comparé et mis en relation les expériences des communautés minoritaires. Elle a déclaré ceci: « Ce qui est particulièrement troublant au sujet des systèmes et des structures qui pratiquent la discrimination systémique, c'est que, lorsque des notions nuisibles à des groupes minoritaires ont été inscrites dans la loi, il est très difficile de convaincre le grand public qu'elles n'introduisent pas des préjugés et, ultimement, de la discrimination. Par conséquent, dans les deux cas, soit celui des inégalités raciales aux États-Unis et celui de l'aide médicale à mourir au Canada, il est question de la stigmatisation d'un groupe historiquement désavantagé. »
Dans un article sur l'aide médicale à mourir, la Dre Jacobs écrit ceci:
Plus explicitement, bien que la loi sur l'aide médicale à mourir exige effectivement le consentement, les décisions irréversibles de mettre fin à une vie sont prises dans un contexte social, culturel et sanitaire complexe, où le manque d'accès à des soins adéquats, le manque de soutien social et la stigmatisation générale des personnes handicapées ont une incidence sur les décisions qu'elles peuvent prendre.
Dans ce même article, elle dit aussi ce qui suit:
Il existe également des préoccupations, qui découlent des développements observés dans les quelques pays qui donnent accès à l'aide médicale à mourir en dehors du contexte de fin de vie, selon lesquelles le fait d'être âgé et fragile est une raison de plus en plus acceptée pour recevoir de l'aide médicale à mourir et cela peut créer une pression subtile.
Il ne s'agit que d'un petit échantillon de son travail, et le Parlement aurait intérêt à examiner de plus près le reste de ses observations.
La perte, surtout de cette nature, oriente les actions et les attitudes des gens. Nous ne pouvons pas dire que les personnes handicapées et les autres personnes vulnérables ne nous l'ont pas dit et ne nous ont pas expliqué comment le projet de loi finira inévitablement par leur nuire. De nombreux autres défenseurs et personnes handicapées ont exprimé des craintes semblables, mais on ne les a pas écoutés quand ils ont demandé au gouvernement de faire appel de la décision de la Cour supérieure du Québec. On les a aussi ignorés quand ils ont signalé les problèmes que pose le projet de loi C-7.
Le projet de loi C-7 porte sur une question de vie ou de mort, qui sont des réalités ultimes. Il est raisonnable de s'attendre à ce que modifier la façon dont les institutions et la culture abordent les questions les plus lourdes de conséquences aura une grande incidence sur toute la société. Il est difficile, voire impossible d'imaginer où nous aboutirons si nous suivons cette voie.
Dans le laps de temps qu'il me reste, je tiens à souligner certains de ces problèmes.
Notamment, le projet de loi C-7 élimine le critère de mort naturelle raisonnablement prévisible, ce que je trouve très préoccupant. Je crains qu'au fil du temps, le retrait de cette disposition normalise le suicide. En ne faisant pas appel de la décision de la Cour supérieure du Québec, le gouvernement va au-delà de ce que cette instance a statué.
Par exemple, le gouvernement veut permettre les directives anticipées. Comme je l'ai déjà dit, il n'y a pas eu d'examen approfondi du fonctionnement actuel de l'aide médicale à mourir. J'ignore également s'il y a eu une étude sur les risques et les problèmes associés à un processus de directives anticipées. Il faudrait se pencher sur la question bien avant d'envisager l'adoption du projet de loi.
Les demandes anticipées soulèvent des questions difficiles. Par exemple, une personne pourrait-elle consentir à l'avance à être tuée lorsque sa condition atteint un point qui l'effraie mais qu'elle n'a jamais connu, tel qu'un niveau avancé de démence? Par ailleurs, lorsqu'une personne a signé une demande anticipée et qu'elle perd la capacité de consentir à un traitement médical, à quel moment exactement mettrait-on fin à sa vie? Il existe une question encore plus préoccupante: si une personne inapte manifeste des signes de résistance à l'égard de l'injection létale, le médecin peut-il poursuivre s'il croit que la résistance ne vise pas à l'empêcher de procéder? Selon le projet de loi C-7, si une personne manifeste des signes de résistance, le médecin ne doit pas administrer la substance létale. Cependant, la mesure législative précise que des réactions involontaires en réponse à un contact ne constituent pas une manifestation de résistance. La précision soulève une autre question. Comment un médecin détermine-t-il qu'une réaction en réponse à un contact est involontaire?
Étant donné que les demandes anticipées soulèvent de sérieuses questions d'éthique et entraînent des difficultés au niveau de la surveillance et des risques pour la sécurité des patients, il serait irresponsable de légaliser les directives anticipées comme le ferait le projet de loi C-7. C'est la situation dans laquelle on se retrouve quand on n'essaie pas d'établir des mécanismes de responsabilisation efficaces et quand les données sont insuffisantes.
Par ailleurs, le fait que le projet de loi C-7 supprime la période d'attente de 10 jours m'inquiète. Honnêtement, j'estime que c'est troublant. La période d'attente de 10 jours prévue dans le projet de loi C-14 comportait déjà une exemption pour les personnes pour qui la mort ou la perte de la capacité à fournir un consentement éclairé est imminente, donc, je ne comprends pas pourquoi il est nécessaire ou prudent de la retirer. Au contraire, je considère que c'est faire preuve de négligence.
II a été clairement établi que le désir de mourir est souvent passager. Les personnes souffrantes vivent des hauts et des bas au cours d'une même journée, semaine, ou année. Une personne ne devrait pas pouvoir prendre la décision irrévocable de mettre fin à ses jours alors qu'elle est dans un état de vulnérabilité la plus profonde. La période d'attente de 10 jours donne la possibilité aux patients de remettre en question leur décision et d'en parler avec leurs êtres chers. C'est primordial.
Finalement, je tiens à dire que je crois qu'une disposition devrait être ajoutée au projet de loi pour interdire à un professionnel de la santé de discuter de l'aide médicale à mourir avec un patient, sauf s'il le demande explicitement. Ne sous-estimons pas le pouvoir de la pression et de la suggestion, peu importe si cela est dit de manière subtile, surtout si les propos s'ajoutent à des préjugés sociaux, comme je l'ai mentionné précédemment.
Ben Mattlin, un journaliste atteint d'amyotrophie spinale, a écrit ceci dans le New York Times:
J'ai vécu tellement près de la mort pendant tellement longtemps que je sais à quel point la frontière entre la contrainte et le libre choix est mince et poreuse. Je sais à quel point il est facile pour une personne d'exercer par inadvertance son influence sur une autre personne pour qu'elle se sente dévalorisée et pour qu'elle perde tout espoir. Je sais à quel point il est facile de mettre un tant soit peu de pression pour qu'elle soit « raisonnable », pour qu'elle libère les autres du fardeau et pour qu'elle « lâche prise ».
Comme le soutiennent les défenseurs de l'aide médicale à mourir, il peut être difficile de comprendre pourquoi des gens militent pour une loi sur cette aide lorsqu'on n'a jamais vu un être cher souffrir. Mais c'est aussi difficile de comprendre toutes les forces subtiles, toujours bien intentionnées, compatissantes, même douces, mais aussi fortes qu'un tsunami, qui se manifestent quand l'autonomie physique est irrémédiablement compromise.
Malgré l'invalidité importante de M. Mattlin, il est père de famille, époux, auteur et journaliste. Il a réussi sa vie et il sait ce qu'il veut. Il est donc moins vulnérable que d'autres, qui pourraient être plus facilement persuadés que l'aide médicale à mourir est leur meilleure option. Vue sous cet angle, l'aide médicale à mourir peut être le début d'une pente glissante qui mène à l'aide médicale à mourir involontaire.
View Kevin Lamoureux Profile
Lib. (MB)
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2020-10-28 17:05 [p.1374]
Mr. Speaker, all lives are of equal importance. I listened to the member across the way, and I think he is ruling out what, I believe, a vast majority of Canadians want.
I recall the debates we had in 2016 when, in essence, we were talking about this issue in a tangible way for the first time on the floor of the House of Commons. Through that debate, we ultimately saw good legislation, but I believe everyone back then realized there would be a necessity for change.
There have been ongoing discussions. All sorts of consultations have taken place at a multitude of levels. I think we have something before us today that will make the legislation better overall, and the member will be afforded an opportunity to hear and provide more feedback.
Does the member have any specific amendments he would like to see in the legislation before us today?
Monsieur le Président, toutes les vies ont une importance égale. J'ai écouté le député d'en face, et j'ai l'impression qu'il rejette ce qu'une forte majorité de Canadiens désirent, selon moi.
Je repense à nos débats de 2016, alors que c'était essentiellement la première fois qu'on discutait concrètement de cette question à la Chambre des communes. Ces débats ont mené à une bonne mesure législative, mais je crois que tout le monde savait déjà, à l'époque, qu'il faudrait la modifier.
Il y a eu des discussions suivies et toutes sortes de consultations à de multiples niveaux. Le projet de loi dont nous sommes maintenant saisis améliorera la loi dans son ensemble, selon moi. Le député aura l'occasion d'entendre et de formuler davantage de commentaires.
Le député a-t-il en tête des amendements précis qu'il aimerait voir apportés au projet de loi à l'étude?
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, while we are debating this, one thing we need to remember is that people want to see stronger mental health and palliative care supports. It is incumbent upon us to take those requests seriously. Ultimately, if we were to more seriously address mental health, social issues and palliative care, fewer people would feel this is their last resort.
As far as specific amendments go, we need to look at the provisions, such as the 10-day wait, which need to stay in the legislation.
Monsieur le Président, durant l'actuel débat, il ne faut pas oublier que les gens veulent avoir de meilleurs services de soutien en matière de santé mentale et de soins palliatifs. Il nous incombe de prendre ces demandes au sérieux. Au bout du compte, si nous nous attaquions plus sérieusement aux questions liées à la santé mentale, aux problèmes sociaux et aux soins palliatifs, moins de gens penseraient qu'il s'agit de leur dernier recours.
Pour ce qui est d'amendements précis, nous devons étudier les dispositions, comme la période d'attente de 10 jours, qui doit demeurer dans le projet de loi.
View Matthew Green Profile
NDP (ON)
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2020-10-28 17:07 [p.1375]
Mr. Speaker, I appreciated the hon. member bringing up the nuances, and I particularly appreciated his calling out the potentials for ableism in the agency of patients.
One of the challenges created by the current medical assistance in dying legislation is a requirement for final consent at the time the assistance is rendered. This forces those who have already been assessed and approved for medical assistance in dying to make a cruel choice. When faced with a possible loss of competence that would make them unable to give consent, they are forced to either go earlier, or risk not being able to receive the assistance they need to avoid living with intolerable suffering.
Audrey Parker campaigned to make Canadians aware of this, and Bill C-7 would fix this by creating a waiver of final consent. Does the hon. Conservative member support Audrey's amendment to help those facing the end of life avoid this cruel choice?
Monsieur le Président, je remercie le député d'apporter des nuances et, en particulier, de souligner la possibilité que les patients et leur faculté d'agir fassent l'objet de capacitisme.
Le projet de loi actuel sur l'aide médicale à mourir exige un consentement final au moment de l'intervention, ce qui force les patients qui ont déjà fait l'objet d'une évaluation et vu leur demande d'aide médicale à mourir approuvée à faire un choix cruel. Devant la possibilité de perdre leur capacité et de ne pas être en mesure de donner leur consentement, ils sont forcés de mourir plus tôt que nécessaire ou ils risquent de ne pas recevoir l'aide dont ils ont besoin pour éviter de vivre avec des souffrances intolérables.
Audrey Parker a mené une campagne afin de sensibiliser les Canadiens à cette réalité. Le projet de loi C-7 remédie au problème en proposant la renonciation au consentement final. Le député conservateur appuie-t-il la modification d'Audrey, pour éviter à ceux qui sont en fin de vie d'avoir à faire un choix aussi cruel?
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, I will reiterate that, ultimately, the review period was more or less was skipped, which has prevented everybody from having the opportunity to hear more and learn more about the different issues and perspectives people like Audrey have with the bill. The more we can learn before we are forced into legislating this, the better.
Unfortunately, whether it was through prorogation or other means, we have been asked to skip these very important aspects, such as consultations and review processes, which are so vitally important when we are dealing with issues such as medical assistance in dying.
Monsieur le Président, je l'ai dit et je le répète: l'examen prévu a pour ainsi dire été escamoté, ce qui a empêché tout le monde d'entendre davantage de points de vue, de se renseigner plus avant sur les différents enjeux et de savoir ce que les gens comme Audrey pensent du projet de loi. Plus nous en saurons avant qu'on nous impose la mesure législative que voici et mieux ce sera.
Malheureusement, que ce soit à cause de la prorogation ou d'autres moyens, on nous a demandé de mettre une croix sur des étapes très importantes, comme les consultations et l'étude du texte. Il s'agit pourtant d'exercices essentiels quand il est question d'un sujet aussi délicat que l'aide médicale à mourir.
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