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Lib. (ON)
I declare the motion carried. Accordingly, the bill stands referred to the Standing Committee on Justice and Human Rights.
Je déclare la motion adoptée. Par conséquent, le projet de loi est renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
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Lib. (ON)
I declare the motion carried.
Accordingly, the bill stands referred to the Standing Committee on Justice and Human Rights.
The member for London—Fanshawe on a point of order.
Je déclare la motion adoptée.
Par conséquent, le projet de loi est renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
La députée de London—Fanshawe se lève pour un rappel au Règlement.
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Lib. (ON)
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2020-10-28 16:11 [p.1367]
Mr. Speaker, our government acknowledges that medical assistance in dying is a complex and deeply personal issue. I would like to take this opportunity to thank the hon. Minister of Justice and Attorney General of Canada for his extremely hard work with respect to the bill. Our government has respected the court's decision and has made more than the necessary changes in the legislation.
The conversation around death can be an extremely difficult one in our society. We understand and acknowledge the deep feelings and emotions that arise when a loved one is suffering intolerably from an illness, disease or disability. To discuss a fundamentally moral issue such as this one, the need to consult with people was a necessary decision. Over 300,000 Canadians from all over this great nation and from different cultures, races, creeds and backgrounds were directly involved in the January 2020 public consultation process. Not only were these consultations vital, it was a strong call to Parliament as to how important this issue was for Canadians.
Initially, the minister, along with several other distinguished members, held round table discussions across Canada with over 125 experts and stakeholders. Furthermore, we have asked for a special extension to allow for a fruitful and powerful parliamentary debate on this topic. The debates that we as parliamentarians have had on medical assistance in dying since 2015 have been filled with emotion and passion, as a debate should be in the House. I am very pleased today to be part of this very important debate.
One of the great challenges of being a parliamentarian is not only having to reflect on our own moral considerations and carefully examining legislation such as the one before us today, but also to make decisions that fundamentally address Canadians and the changing moral landscape.
Today, I speak in support of the bill. I believe strongly in an individual's right to die with dignity and respect. The issue of moral integrity and an individual's right to autonomy must be protected at all costs. As many of my hon. parliamentary colleagues have noted in the debate, currently many Canadians are suffering intolerably. The tragedy is that death is the only way to ease such suffering in a number of these cases.
I would like to take this opportunity to acknowledge and quote the wise words of critical care and palliative staff physician James Downar, at the Toronto General Hospital, who stated:
I think it’s important to recognize that there are types of suffering that we do not have the ability to treat. There are dying patients who have a very low quality of life from their perspective, and sometimes only death would end their suffering.
In the bill, we also acknowledge the concerns about an increased risk where medical assistance in dying is provided to persons who are not dying in the short term. That is why we have proposed additional safeguards to ensure that sufficient time and expertise are devoted to exploring requests for persons whose natural death is not foreseeable.
As I mentioned earlier, medical assistance in dying is an extremely difficult topic. However, in consultation with our experts, the Canadian community and, more specifically, those individuals who are suffering from intolerable conditions, diseases and disabilities, the right to die with dignity and respect, as outlined in Bill C-7, must be protected at all costs.
I look forward to engaging with hon. members further on this very important topic.
Monsieur le Président, le gouvernement reconnaît que l'aide médicale à mourir est une question complexe et profondément personnelle. Je saisis l'occasion pour remercier le ministre de la Justice et procureur général du Canada de tout le travail qu'il a accompli à l'égard du projet de loi. Le gouvernement a respecté la décision de la cour et ne s'est pas contenté d'apporter les modifications obligatoires à la mesure législative.
Les conversations sur la mort peuvent être extrêmement difficiles dans notre société. Nous sommes bien conscients des grandes émotions qui entrent en jeu lorsqu'un être cher vit des souffrances intolérables à cause d'une maladie ou d'un handicap. Pour discuter d'un tel enjeu fondamentalement moral, la décision de consulter les gens s'imposait. Plus de 300 000 Canadiens de partout au pays, des gens de races, de cultures, de croyances et d'origines diverses, ont participé directement aux consultations publiques en janvier 2020. En plus d'être essentiel, ce processus a permis aux Canadiens de montrer clairement au Parlement que cet enjeu est très important à leurs yeux.
Au début, le ministre et quelques autres éminents députés ont organisé des tables rondes partout au Canada avec plus de 125 experts et intervenants. Nous avons, par ailleurs, demandé une prolongation spéciale pour avoir un débat parlementaire fructueux et approfondi sur ce sujet. Les débats que nous avons eus sur l'aide médicale à mourir depuis 2015 ont été remplis d'émotion et de passion, comme devrait l'être un débat à la Chambre. Je suis très heureux de contribuer aujourd'hui à ce très important débat.
L'un des grands défis que nous avons à relever, en tant que parlementaires, c'est de devoir réfléchir à nos propres valeurs morales et d'étudier avec soin des mesures législatives telles que celle dont nous sommes saisis aujourd'hui tout en prenant des décisions qui tiennent fondamentalement compte des Canadiens et du changement des valeurs morales.
Aujourd'hui, je prends la parole pour soutenir le projet de loi. Je crois fondamentalement au droit des Canadiens de mourir dans la dignité et le respect. Il faut protéger à tout prix l'intégrité morale et le droit à l'autonomie d'un individu. Comme bon nombre de mes collègues l'ont fait remarquer dans le cadre du débat, de nombreux Canadiens vivent actuellement avec des douleurs intolérables. Ce qui est tragique, c'est que la mort est le seul moyen de mettre un terme à ces souffrances dans un certain nombre de cas.
Je voudrais profiter de cette occasion pour tirer mon chapeau à un médecin, James Downar, qui travaille aux soins intensifs et palliatifs de l'hôpital général de Toronto, et citer ses paroles pleines de sagesse:
Je pense qu'il est important de se rappeler que nous ne sommes pas en mesure de soulager tous les types de souffrances. Il y a certains patients mourants qui, de leur point de vue, n'ont pas de qualité de vie et pour qui la mort est la seule option pour ne plus souffrir.
Le projet de loi tient également compte des préoccupations liées aux risques accrus de la prestation de l'aide médicale à mourir aux personnes dont la mort n'est pas prévisible à court terme. C'est pour cette raison que nous proposons des mesures de sauvegarde supplémentaires visant à garantir que suffisamment de temps est consacré à l'examen, par une personne compétente, des demandes d'aide médicale à mourir des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, l'aide médicale à mourir est une question extrêmement épineuse. Cependant, dans le cadre des consultations qui ont été menées auprès d'experts, de la population canadienne et, plus particulièrement, de personnes qui sont atteintes de troubles de santé insoutenables et de personnes handicapées qui souffrent énormément, il a été conclu que le droit de mourir dans la dignité et le respect, comme le prévoit le projet de loi C-7, doit être protégé à tout prix.
Je me réjouis à la perspective de discuter de cette question très importante avec les autres députés.
View Arnold Viersen Profile
CPC (AB)
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2020-10-28 16:18 [p.1367]
Mr. Speaker, I would note that the government House leader was not in his seat. I was relying on him to maintain the comments and questions today.
I really appreciate the member's intervention. Is the member not concerned about conscience rights for individuals and organizations that provide end-of-life care?
Monsieur le Président, il convient de noter que le leader du gouvernement à la Chambre n'était pas à sa place. Je comptais sur lui pour alimenter les échanges lors de la période des questions et des observations.
Je remercie sincèrement le député de son intervention. Ne se soucie-t-il pas du droit à la liberté de conscience des personnes et des organismes qui fournissent des soins de fin de vie?
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Lib. (ON)
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2020-10-28 16:19 [p.1368]
Mr. Speaker, our law acknowledges the conscience right of health care providers and the role they may play in providing medical assistance in dying. The amendment proposed in Bill C-7 has many changes to this effect. Our government will remain committed to working with the provinces and territories to support access to medical assistance in dying, while respecting the personal conviction of health care providers.
Monsieur le Président, la loi tient compte du droit des fournisseurs de soins de santé à la liberté de conscience. Elle reconnaît le rôle qu'ils peuvent être appelés à jouer en fournissant l'aide médicale à mourir. Le projet de loi C-7 propose plusieurs modifications à cet effet. Le gouvernement demeure résolu à collaborer avec les provinces et les territoires pour soutenir l'accès à l'aide médicale à mourir tout en respectant les convictions personnelles des fournisseurs de soins de santé.
View Denis Trudel Profile
BQ (QC)
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2020-10-28 16:20 [p.1368]
Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech.
I have a simple question. Bill C-7 is very important, and all of the questions it raises are very delicate. However, right now, there are people who are expecting us and the federal government to pass legislation.
Does my colleague not agree that we could have used the five weeks during which the government prorogued the House to pass this bill and respond to the wishes of those who are waiting on the federal government so that they can take the next steps?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
J'ai une question simple. Le projet de loi C-7 est très important et toutes les questions qu'il soulève sont très délicates. Par contre, en ce moment, il y a des gens qui attendent de nous, et donc du fédéral, qu'une loi soit adoptée.
Mon collègue ne trouve-t-il pas que, durant les cinq semaines pendant lesquelles le gouvernement a prorogé la Chambre, nous aurions pu en profiter pour adopter ce projet de loi et ainsi répondre aux souhaits des personnes qui sont actuellement en attente du fédéral pour pouvoir passer aux prochaines étapes?
View Ramesh Sangha Profile
Lib. (ON)
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2020-10-28 16:21 [p.1368]
Mr. Speaker, I acknowledge what the member has said. This legislation is very urgent. Medical assistance in dying is a very complex and deeply personal issue, as the member has already stated. The sad reality is that death is the only way for many people who are suffering. We have tried our best by way of consultation all over Canada. People from different cultures, races and backgrounds were directly involved in the January 2020 public consultation process. The minister along with several other distinguished members held round table discussions across the country with 125 experts and stakeholders.
Monsieur le Président, je comprends ce que dit le député. Il est urgent d'adopter ce projet de loi. Comme l'a déjà mentionné le député, l'aide médicale à mourir est une question très complexe et foncièrement personnelle. La triste réalité, c'est que, pour beaucoup de gens qui souffrent, la mort est la seule solution. Nous avons fait de notre mieux en effectuant des consultations à la grandeur du pays. Des gens de diverses cultures, de diverses races et de divers horizons ont directement participé au processus de consultation publique de janvier 2020. Le ministre, de même que plusieurs autres députés distingués, ont tenu, un peu partout au Canada, des tables rondes auxquelles ont participé 125 experts et intervenants.
View Randall Garrison Profile
NDP (BC)
Mr. Speaker, I am pleased to see the member for Brampton Centre standing and speaking on this. I wonder if he would agree with me, though, that there is a task that we have left undone here. The original legislation required a review of the broader issues around medical assistance in dying and this review has yet to start.
I put a motion on the Order Paper suggesting that committee be established without delay. Would the member support setting up such a broad review?
Monsieur le Président, je suis content de voir le député de Brampton-Centre s'exprimer à ce sujet. Toutefois, je me demande s'il est d'accord avec moi pour dire qu'on néglige une tâche dans tout cela. Le projet de loi initial prévoyait un examen des questions élargies entourant l'aide médicale à mourir. Or, cet examen n'a toujours pas été amorcé.
J'ai inscrit une motion au Feuilleton proposant que l'on établisse dans les plus brefs délais le comité qui sera chargé de réaliser cet examen. Le député appuierait-il la tenue d'un examen d'une portée aussi vaste?
View Ramesh Sangha Profile
Lib. (ON)
View Ramesh Sangha Profile
2020-10-28 16:22 [p.1368]
Mr. Speaker, the issue at hand today is very delicate. Everybody knows that. This needs to be discussed at length. For everyone listening to this debate, those who are in Parliament deliberating this issue are taking deep steps to resolve all the issues so we can bring back legislation, and in front of the public.
Monsieur le Président, la question à l'étude aujourd'hui est de nature très délicate. Tout le monde le comprend. Elle mérite d'être débattue en profondeur. À tous ceux qui écoutent le débat, les élus fédéraux qui y prennent part travaillent d'arrache-pied à régler tous les problèmes afin de produire une nouvelle mouture de cette mesure législative et de la présenter à la population.
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, I appreciate this opportunity to outline the proposed amendments to the federal legislation on assisted dying. This bill responds to the Superior Court of Québec's ruling last year in Truchon by removing the requirement that a person's natural death be reasonably foreseeable in order to be eligible for medical assistance in dying. The proposed amendments were developed with the goal of supporting autonomy and choice for those Canadians with non-terminal conditions who are suffering intolerably, while addressing the potential risks of expanded eligibility for medically assisted death.
Our government consulted widely on this issue. We examined the evidence submitted before the court. We looked at domestic and international research. We compared our experience to other assisted dying regimes from around the world. We consulted with constituents, including 300,000 individuals who took part in our online public consultation, and we asked health care professionals about their practical experience with MAID over the past few years.
The bill reflects some important changes based on what we heard. In light of the need to respect the autonomy of Canadians seeking MAID, while providing protections for vulnerable people, the bill proposes the application of a two-track system of safeguards. While the bill no longer uses a reasonably foreseeable natural death as a basis for determining eligibility, it does use it as a basis for determining whether to apply a more rigorous set of safeguards. If a person's death is reasonably foreseeable, a set of safeguards akin to the existing regime would apply. However, some of the original safeguards have been eased in light of the feedback we received.
For example, there was overwhelming support for changing the witness requirement from two witnesses to one. Providers consistently reported that finding two independent witnesses posed a barrier to those seeking MAID, especially for anyone living in a care home with a limited social network. The sole purpose of the witness is to confirm that a person seeking MAID has signed the request themselves. To be clear, the witness has no role in confirming whether the request was made voluntarily, nor does the witness have any role in assessing whether the person's condition makes them eligible for MAID. Rather, it is the MAID provider who undertakes the eligibility assessment and ensures that the person requesting MAID is making the request freely and not in response to external pressures.
The proposed bill responds to these concerns and eases this requirement to one witness. It also allows for a witness to be someone who is paid to provide personal support or health care services. Anyone who is in a position to benefit in any way from the person's death, as a beneficiary to a will or in any other material way, would not qualify as an independent witness.
Health care providers and the families of people who receive MAID also told us that the mandatory 10-day wait period often results in prolonged suffering for individuals who had already put careful and extensive thought into their decision. As a result, the proposed bill would remove this requirement.
I would like to address how the bill would protect Canadians, while satisfying the requirement from the Truchon ruling to eliminate the reasonable foreseeability of natural death clause. On this issue, we received feedback from practitioners and stakeholders who expressed concerns that people who are suffering but not at the end of life could make decisions about MAID that are not fully informed with respect to all available treatments and supports.
On this very sensitive subject, I consulted with my own constituents in Mississauga—Streetsville. I found one of the strongest proponents of these MAID reforms in Mr. Paul Irwin, who suffers from Parkinson's disease. Although this horrible affliction is slowly robbing Mr. Irwin of his neurological functions, I can assure the House that his mind remains razor sharp. Mr. Irwin has explored all available treatments and supports, and he has consulted a wide range of medical professionals. There is no doubt in Mr. Irwin's mind that he would like to control when and how he passes as a recipient of MAID. It is not a decision that individuals in Mr. Irwin's circumstances take lightly or without having weighed all alternatives. I applaud Mr. Irwin's courage.
In order to afford individuals like Mr. Irwin the dignity they deserve, we have added safeguards in lieu of foreseeable natural death that would apply only to requests where a person's death is not reasonably foreseeable. These strengthened safeguards are designed to support informed decision-making and the consistent application of good medical practice. For example, the bill proposes a 90-day minimum assessment period to offer an exploration of all relevant aspects of the person's situation.
We heard very clearly through the consultation process that Canadians are concerned about implementing a requirement for specialist consultations in assessments of MAID. We know that in some parts of the country, such as rural and remote communities, a consultation with a specialist can be harder to arrange. We do not want to create unnecessary barriers. This is why the bill proposes that, for people whose death is not reasonably foreseeable, one of the assessments will be done by a provider with expertise in the person's medical condition but not necessarily a specialist. We recognize that many health care providers have special training and certifications that qualify them to assess a person's particular medical circumstances, even if they are not specialists.
The bill also proposes that the practitioners and the patient would need to agree that reasonable options to relieve the patient's suffering had been seriously considered. This safeguard respects an individual's autonomy, while at the same time underscoring the importance of a fully informed, decision-making process.
In addition, following the Truchon decision, some have expressed concerns that individuals suffering solely from a mental illness could receive MAID. For example, many clinicians argue that the trajectory of mental illness is harder to predict than that of physical diseases, rendering it impossible to determine when or if a mental illness can be considered irremediable as required by MAID legislation. Another concern is the challenge of conducting capacity assessments, given that the symptoms of mental illnesses can affect a person's ability to understand and appreciate the nature and consequences of treatment decisions.
In light of these important concerns, the wording of the bill would preclude individuals suffering solely from a mental illness from accessing MAID. The decision to include this wording reflects the complexity of this problem and the need to fully consider the potential consequences of permitting MAID for individuals with a mental illness to make sure that vulnerable persons are not put at risk. We anticipate that this issue will be further explored as part of the parliamentary review.
I would now like to turn my attention to the waiver of final consent.
The current law includes a procedural safeguard that requires the practitioner to ensure that the person gives their express consent immediately before providing MAID. This is often referred to as “final consent” and is significant for health care providers as it provides a final confirmation of the person's desire to proceed with MAID. This safeguard also prohibits MAID for individuals who have lost the capacity to provide final consent, regardless of how definitive they were about their intention when they had capacity, made the request and were deemed eligible.
Unfortunately, the requirement for final consent had the unintended consequence of encouraging some individuals to receive MAID earlier than they would have liked out of fear of losing capacity to consent prior to their preferred date. This was the situation faced by Audrey Parker. Ms. Parker was very clear about her desire to share one last Christmas with her family, but felt compelled to receive MAID almost two months earlier than anticipated in order to ensure that she was still capable of providing final consent for the procedure.
In a similar example that is a bit closer to home, my friend and legislative assistant recently lost his father. A MAID recipient, Wah-Lit “Edward” Lui passed away peacefully at home on September 23, 2020. Once doctors had diagnosed Edward with a rare complication of terminal cancer, he had little choice but to immediately initiate the MAID process, which had long been his expressed desire, for fear of losing the ability to final consent over the next few days. Thus, Andrew and his family had a mere 24 hours to say their final goodbyes.
Under the proposed amendments, individuals who have been found eligible to receive MAID and whose death is reasonably foreseeable, but who may be at risk of losing decision-making capacity, could waive the requirement to provide final consent before the procedure. For families like the Parkers and the Luis all across Canada, allowing MAID to proceed in the absence of the ability to provide final consent is simply the right thing to do.
As a further safeguard, in order to waive this requirement, an individual would need to have been assessed and approved for MAID, and be at or very close to the end of life. As proposed in the bill, the individual would provide written consent for the practitioner to administer MAID on a specified date.
In conclusion, the proposed amendments in the bill take into account the lessons we have learned through consultations and respond to the immediate task of following up on the Truchon decision. With this revised legislative package, our government has gone a very long way to respect and support the autonomy of Canadians who wish to consider a medically assisted death, while taking seriously our responsibility to protect vulnerable people.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de décrire les modifications proposées à la législation fédérale sur l'aide médicale à mourir. Le projet de loi à l'étude vise à répondre à la décision rendue par la Cour supérieure du Québec l'année dernière dans l'affaire Truchon, qui demandait qu'on retire l'exigence de la mort naturelle raisonnablement prévisible du demandeur pour qu'il soit admissible à l'aide médicale à mourir. Les modifications proposées ont été conçues en vue de soutenir l'autonomie et la liberté de choix des Canadiens qui n'ont pas une maladie en phase terminale, mais qui ont des souffrances intolérables, tout en tenant compte des risques potentiels que représente l'élargissement de l'admissibilité à l'aide médicale à mourir.
Le gouvernement a tenu de nombreuses consultations sur la question. Il a examiné la preuve présentée devant les tribunaux. Il a pris connaissance des recherches menées au pays et à l'étranger. Il a comparé ce qui se fait au pays à ce qui se fait dans d'autres régimes d'aide médicale à mourir ailleurs dans le monde. Il a consulté la population, y compris 300 000 personnes par l'entremise d'une consultation publique en ligne, et il a demandé aux professionnels de la santé de lui parler de leur expérience pratique concernant l'aide médicale à mourir dans les dernières années.
Le projet de loi propose d'importants changements inspirés des commentaires entendus. En vue de respecter l'autonomie des Canadiens qui demandent l'aide médicale à mourir tout en assurant la protection des gens vulnérables, le projet de loi prévoit l'application de deux séries de mesures de sauvegarde. Le projet de loi n'utilise plus le critère de la mort naturelle raisonnablement prévisible pour déterminer l'admissibilité, mais pour l'application de mesures de sauvegarde plus rigoureuses. Si la mort d'une personne est raisonnablement prévisible, des mesures de sauvegarde semblables à celles du régime existant s'appliqueraient. Par ailleurs, certaines des mesures de sauvegarde initiales ont été assouplies compte tenu des commentaires reçus.
Par exemple, les personnes que nous avons consultées étaient largement favorables à l'idée de réduire le nombre de témoins obligatoires de deux à un seul. Les prestataires de soins de santé ont fréquemment indiqué que le fait d'avoir à trouver deux témoins indépendants représentait un obstacle pour les patients qui demandent l'aide médicale à mourir, en particulier pour ceux qui vivent dans un établissement de soins et dont le réseau social est restreint. Le rôle du témoin est uniquement de confirmer que la personne qui demande l'aide médicale à mourir a bel et bien signé elle-même la demande. Soyons clairs: le témoin n'a aucun rôle à jouer pour ce qui est de confirmer si la demande a été faite sur une base volontaire ni pour évaluer si l'état du patient le rend admissible à l'aide médicale à mourir. C'est plutôt au professionnel de la santé qui évalue l'admissibilité de s'assurer que le patient qui présente une demande d'aide médicale à mourir le fait librement, et non à cause de pressions externes.
Le projet de loi répond à de telles préoccupations, en plus d'assouplir cette exigence à un seul témoin. Il permet également à une personne rémunérée pour fournir du soutien personnel ou des soins de santé de faire office de témoin. Toute personne étant en mesure de tirer profit de quelque manière que ce soit du décès de la personne, que ce soit le bénéficiaire du testament ou de tout autre bien matériel, ne pourrait pas être considérée comme un témoin indépendant.
Les prestataires de soins de santé et les familles des personnes qui reçoivent l'aide médicale à mourir nous ont également dit que la période d'attente obligatoire de 10 jours prolonge inutilement les souffrances des personnes qui ont déjà réfléchi longuement et soigneusement à leur décision. Par conséquent, le projet de loi éliminerait cette exigence.
J'aimerais expliquer comment le projet de loi protégerait les Canadiens, tout en satisfaisant à l'exigence de l'arrêt Truchon, grâce à l'élimination du critère de mort naturelle raisonnablement prévisible. À ce sujet, nous avons reçu des commentaires de la part de praticiens et d'intervenants, lesquels craignent que des personnes qui souffrent, mais qui ne sont pas en fin de vie, puissent prendre des décisions concernant l'aide médicale à mourir sans être pleinement informées de tous les traitements et de toutes les formes de soutien qui leur sont offerts.
Il s'agit d'un sujet très délicat et, à cet égard, j'ai consulté les gens de ma circonscription, Mississauga-Streetsville. C'est ainsi que j'ai rencontré M. Paul Irwin, qui souffre de la maladie de Parkinson et qui est l'un des plus fervents partisans de ces réformes de l'aide médicale à mourir. Bien que cette horrible maladie le prive lentement de ses fonctions neurologiques, je peux assurer à la Chambre que M. Irwin n'a pas perdu sa vivacité d'esprit. Il a examiné tous les traitements et toutes les formes de soutien disponibles, en plus de consulter un large éventail de professionnels de la santé. Il n'y a aucun doute dans son esprit: il aimerait pouvoir décider quand et comment il pourra bénéficier de l'aide médicale à mourir. Ce n'est pas une décision qui est prise à la légère par ceux qui se trouvent dans la même situation que M. Irwin; ils ne prennent pas une telle décision sans avoir soupesé toutes les options. J'applaudis le courage de M. Irwin.
Afin d'accorder aux gens comme M. Irwin la dignité qu'ils méritent, nous avons ajouté des mesures de sauvegarde qui remplaceraient le critère de mort naturelle prévisible et qui ne s'appliqueraient qu'aux demandes faites par des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible. Ces nouvelles mesures de sauvegarde visent à appuyer une prise de décision éclairée et l'application uniforme des bonnes pratiques médicales. Par exemple, le projet de loi propose une période d'évaluation minimale de 90 jours pour que tous les aspects pertinents de la situation d'une personne soient examinés.
Tout au long du processus de consultation, nous avons entendu très clairement la préoccupation des Canadiens à l'égard de l'exigence de consulter des spécialistes dans le cadre des évaluations liées à l'aide médicale à mourir. Nous savons que, dans certaines régions du pays, comme dans les collectivités rurales et éloignées, il est parfois difficile d'organiser une consultation avec un spécialiste. Comme nous ne voulons pas créer d'obstacles inutiles, le projet de loi propose que, dans le cas des personnes dont la mort n'est pas raisonnablement prévisible, l'une des évaluations soit effectuée par un fournisseur de soins de santé possédant une expertise en ce qui concerne l'état de santé de la personne, mais pas nécessairement par un spécialiste. Nous reconnaissons que de nombreux fournisseurs de soins de santé ont reçu une formation spéciale et des attestations qui leur permettent d'évaluer la situation médicale particulière d'une personne, même s'ils ne sont pas des spécialistes.
Le projet de loi prévoit également que les praticiens et le patient devraient s'accorder sur le fait qu'ils ont sérieusement envisagé des options raisonnables pour soulager la souffrance du patient. Cette mesure de sauvegarde respecte l'autonomie individuelle, tout en soulignant l'importance d'un processus de prise de décision éclairée.
Par ailleurs, à la suite de la décision Truchon, certains se sont inquiétés du fait que des personnes souffrant uniquement de maladie mentale pourraient bénéficier de l'aide médicale à mourir. Selon de nombreux cliniciens, il est plus difficile de prédire l'évolution d'une maladie mentale que celle d'une maladie physique, ce qui fait qu'il est impossible de déterminer si, ou à quel moment, une maladie mentale peut être considérée comme étant irrémédiable aux yeux de la loi sur l'aide médicale à mourir. D'autres ont des réserves au sujet de l'évaluation de la capacité, compte tenu du fait que les symptômes de la maladie mentale peuvent affecter la capacité d'une personne à comprendre et à apprécier la nature et les conséquences des décisions concernant son traitement.
Par conséquent, le libellé du projet de loi empêche les personnes qui souffrent uniquement d'une maladie mentale d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. La décision d'inclure ce libellé reflète la complexité du problème et le besoin de bien soupeser les conséquences que pourrait entraîner le fait d'autoriser l'aide médicale à mourir pour des personnes souffrant de maladie mentale afin que des personnes vulnérables ne subissent pas de préjudices. Nous prévoyons que cette question fera l'objet d'une étude plus approfondie dans le cadre de l'examen parlementaire.
J'aimerais maintenant parler de la renonciation au consentement final.
La loi actuellement en vigueur comprend une garantie procédurale qui oblige le fournisseur de soins à s'assurer que le patient lui donne son consentement explicite immédiatement avant de lui administrer l'aide médicale à mourir. Cette mesure est souvent appelée « consentement final », et elle se révèle importante pour les prestataires de soins de santé, car elle constitue une confirmation finale du désir du patient de recevoir l'aide médicale à mourir. Cette mesure de sauvegarde interdit également d'administrer l'aide médicale à mourir aux personnes qui ont perdu la capacité de donner leur consentement final, quelle que soit la certitude qu'elles aient eu quant à leur intention lorsqu'elles en avaient la capacité, ont fait la demande et ont été jugées admissibles.
Malheureusement, l'exigence du consentement final a eu pour conséquence involontaire d'encourager certains patients à recevoir l'aide médicale à mourir plus tôt qu'ils ne l'auraient souhaité par crainte de perdre leur capacité à consentir avant la date qu'ils auraient préférée. C'est la situation à laquelle Audrey Parker a été confrontée. En effet, Mme Parker a exprimé très clairement son désir de passer un dernier Noël avec sa famille, mais elle s'est sentie obligée de recevoir l'aide médicale à mourir presque deux mois plus tôt que prévu afin de s'assurer qu'elle était toujours apte à donner son consentement final à la procédure.
Autre exemple du même genre qui me touche d'un peu plus près cette fois-ci: mon ami et adjoint législatif a récemment perdu son père. Après avoir obtenu l'aide médicale à mourir, Wah-Lit « Edward » Lui s'est éteint paisiblement chez lui le 23 septembre 2020. Après que les médecins eurent diagnostiqué une complication rare d'un cancer en phase terminale chez Edward, ce dernier n'a pas vraiment eu d'autre choix que d'amorcer immédiatement le processus pour obtenir l'aide médicale à mourir — une volonté qu'il exprimait déjà depuis longtemps —, craignant de perdre la capacité de donner son consentement final dans les jours suivants. Andrew et sa famille n'ont donc eu que 24 heures pour lui faire leurs adieux.
Selon les amendements proposés, dans le cas des personnes admissibles à l'aide médicale à mourir et dont la mort est raisonnablement prévisible, mais qui risquent de perdre leur capacité de prendre une décision, on pourrait laisser tomber l'exigence du consentement final avant la procédure. Pour les familles comme les Parker et les Lui partout au Canada, permettre l'aide médicale à mourir lorsque la personne n'est plus en mesure de donner son consentement final est tout simplement la chose à faire.
Comme mesure de sauvegarde, pour pouvoir renoncer à cette exigence, une personne devrait avoir fait l'objet d'une évaluation, sa demande d'aide médicale à mourir devrait avoir été approuvée et la personne devrait être à la fin ou très près de la fin de sa vie. Comme on le propose dans le projet de loi, la personne devrait autoriser par écrit le praticien à lui fournir l'aide médicale à mourir à une date déterminée.
En conclusion, les modifications proposées dans le projet de loi tiennent compte des leçons que nous avons tirées des consultations et répondent à la tâche immédiate de donner suite à l'arrêt Truchon. Grâce à ces dispositions législatives révisées, le gouvernement contribue grandement au respect et à l'appui de l'autonomie des Canadiens qui souhaitent envisager le recours à l'aide médicale à mourir, tout en prenant au sérieux sa responsabilité de protéger les personnes vulnérables.
View Cathay Wagantall Profile
CPC (SK)
View Cathay Wagantall Profile
2020-10-28 16:34 [p.1370]
Mr. Speaker, I have a question for my colleague in regard to respecting the conscience rights of physicians across our nation. I understand this is provincial jurisdiction, yet the government does tend to express its views when it sees value in that and it has committed to a national palliative care strategy.
For physicians, does he not see the need to allow them to have the right to make the determination of whether they want to participate either directly or indirectly in MAID?
Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue au sujet du respect de la liberté de conscience des médecins partout au Canada. Je comprends que le dossier relève de la compétence provinciale, mais le gouvernement a tendance à exprimer son point de vue lorsqu'il croit utile de le faire et il s'est engagé à mettre en place une stratégie nationale de soins palliatifs.
En ce qui concerne les médecins, ne voit-il pas la nécessité de leur permettre de décider s'ils veulent participer directement ou indirectement à l'aide médicale à mourir?
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Lib. (ON)
Mr. Speaker, physicians do have the ability to opt out. I believe that in a country like Canada, which is among the best in the world, it is imperative we provide individuals with the best health care Canadians deserve. I do not think we can provide that in good conscience without providing a system like MAID. I would even go as far as to say it is a moral imperative that Canadians have this kind of health care available to them.
Monsieur le Président, les médecins ont bel et bien la possibilité de se soustraire à cette pratique. Je crois que dans un pays comme le Canada, qui fait partie des meilleurs au monde, il est impératif d'offrir à la population les soins de santé de haute qualité qu'elle mérite. À mon avis, nous ne pouvons y arriver en toute conscience sans fournir un programme comme l'accès médical à mourir. J'irais même jusqu'à dire que nous avons l'obligation morale d'offrir aux Canadiens un tel service.
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CPC (AB)
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2020-10-28 16:35 [p.1370]
Mr. Speaker, I would like to ask the member about same-day death, which the bill would allow for. There was a definite waiting period, which could have been waived in special circumstances, but now the bill would allow for same-day death.
I am wondering if the member is okay with the fact that in most cases it would allow for somebody to request being euthanized and have it happen on the same day.
Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que le député pense de la possibilité d'autoriser la mort le jour même, ce que le projet de loi permettrait. Il y avait auparavant une période d'attente, qui aurait pu être levée dans certaines circonstances particulières. Or, le projet de loi permet maintenant la mort le jour même.
Je me demande si le député est à l'aise avec le fait que, dans la plupart des cas, la mesure législative permettra qu'une personne demande à être euthanasiée et que cela se fasse la journée même.
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, depending on the track provided, there have been safeguards put in place so that the proper assessment can be done. Based on our consultations and experts' advice, I do not think a same-day assessment would be adequate, but again, I leave that to those individuals best suited to provide that advice. I leave it with the medical practitioners to make that assessment.
Monsieur le Président, selon la voie suivie, des mesures de sauvegarde seront en place pour assurer l'évaluation adéquate des demandes. D'après nos consultations et les conseils des experts, je ne crois pas qu'il serait approprié d'accepter une demande d'aide médicale à mourir devant être exécutée le jour même, mais je répète que je laisse cette décision aux personnes les mieux placées pour fournir ces conseils. Il revient aux médecins de faire cette évaluation.
View Dan Mazier Profile
CPC (MB)
Mr. Speaker, the member across the way mentioned rural Canada and access to doctors, and that certain doctors would review the 90-day circumstances for preconsent. What happens if someone cannot get access to that kind of doctor to prescribe on a particular disease on preconsent?
Is there any kind of leeway or language in the bill about that?
Monsieur le Président, le député d'en face a parlé des régions rurales au Canada et de l'accès à un médecin, et aussi du fait que certains médecins tiendraient compte des circonstances durant la période de 90 jours en vue d'établir le consentement préalable. Qu'adviendrait-il si une personne n'avait pas accès à un médecin pour officialiser son consentement préalable en lien avec une maladie en particulier?
Le projet de loi permet-il une certaine marge de manoeuvre ou donne-t-il des détails à ce sujet?
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Lib. (ON)
Mr. Speaker, that is certainly something that could also be brought up during the parliamentary review. What I was really referring to for individuals who live in remote areas was the number of witnesses required before their consent, which would be reduced to one, because of perhaps a smaller social circle or just not having as many individuals there. What you brought up could certainly be reviewed, and it should be.
Monsieur le Président, c'est certainement un aspect que l'examen parlementaire pourrait éclaircir. En fait, quand je parlais des personnes qui habitent dans les régions rurales, je faisais référence au nombre de témoins requis en vue d'établir leur consentement, qui serait réduit à un seul témoin, pour tenir compte de la probabilité que, dans les régions rurales, le réseau social soit plus restreint ou que la population soit plus petite. Le point que vous avez soulevé pourrait certainement être examiné, et il devrait l'être.
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CPC (AB)
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2020-10-28 16:38 [p.1370]
Mr. Speaker, is the hon. member not concerned about the two classes of Canadians we could be building with this bill? Those who do not have an underlying condition and are suffering from mental illness are then eligible for all the suicide prevention tools of this country, but those with an underlying illness are not.
Is he not concerned this bill would be creating two classes of citizens?
Monsieur le Président, le député n'est-il pas inquiet du risque de créer deux catégories de Canadiens avec ce projet de loi? Les personnes qui n'ont pas d'affection sous-jacente et qui souffrent de maladie mentale pourront avoir accès à toutes les ressources axées sur la prévention du suicide, mais pas celles qui ont une affection sous-jacente.
Ne s'inquiète-t-il pas du risque de créer deux catégories de citoyens avec ce projet de loi?
View Gagan Sikand Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, I do not think this bill would create two classes of citizens. It would create two streams to make MAID available to them, as it should, because the circumstances are very different. I do not think it would create two classes of citizens, but would rightly create two different streams to make MAID available.
Monsieur le Président, je ne crois pas que ce projet de loi créerait deux catégories de citoyens. Il créerait, à juste titre, deux processus pour offrir l'aide médicale à mourir aux Canadiens, car les circonstances sont très différentes. Je ne pense pas qu'il créerait deux catégories de citoyens, mais qu'il créerait plutôt, à juste titre, deux façons d'offrir l'aide médicale à mourir.
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:39 [p.1370]
Mr. Speaker, I rise today to speak to Bill C-7, which proposes to remove safeguards contained in the existing Criminal Code provisions for medical assistance in dying, as well as to expand eligibility. This is a grave matter and one that should not be treated lightly. Its impacts will be significant, especially for vulnerable Canadians. It is important that we get this right.
Before I get into the substantive issues contained in this bill, I would like to add my voice to those of the people who previously urged the Minister of Justice to appeal the Quebec Superior Court's ruling to the Supreme Court. One month after the Quebec Superior Court decision, 72 organizations that help Canadians with disabilities wrote to the minister, calling on him to appeal the decision. Less than a week later, 300 physicians signed a similar letter and since then, many others have voiced their concerns as well.
Referring it to the Supreme Court would have been the more prudent course of action, as it would have provided Parliament with a framework within which it could legislate. Alas, those many voices, as well as those of my Conservative colleagues in the House, went unheeded.
Further, when Parliament passed Bill C-14 in 2016, the legislation required a parliamentary review of its provisions to commence at the start of the fifth year following royal assent. That review, which was also to include a study of the state of palliative care in Canada, could have taken place this past summer but, instead, the government opted to shut down Parliament. That was time squandered.
There was much wisdom in including a mandatory review when Bill C-14 was adopted. Now, instead of giving this matter the thorough attention benefiting its gravity, parliamentarians are being asked to rush legislation through to meet the judicial deadline of December 18, unless, of course, a third extension is sought and granted. We call that putting the cart before the horse. It is therefore vital, in the short time we have to review these changes to the MAID clauses in the Criminal Code, that we hear from as many Canadians as possible from all walks of life, and especially those likely to be most impacted by any expansion of the current laws.
There are two changes to the existing law that are most troubling. The first is the repeal of the provision that requires that a person's natural death be reasonably foreseeable and its replacement with the words “grievous” and “irremediable”. The other is the elimination of the clause requiring a 10-day waiting period between when MAID is requested and when it can be administered. These changes need careful study. What will the unintended consequences be?
Moving forward, the priority of the Conservative Party is ensuring this type of legislation includes safeguards for the most vulnerable in our society, as well as for the conscience rights of physicians and all other health care professionals. One concern in that regard is ensuring adequate safeguards to protect those who may not have the ability to consent. Many of those involved in the care and advocacy for citizens with disabilities are sounding the alarm. We would be well advised to heed them.
I would like to quote from the letter from 72 advocacy groups written to the Minister of Justice just last fall. They were among those who urged the minister to appeal the Quebec Superior Court's decision in Truchon and Gladu. These are their words:
When the original medical assistance in dying legislation was debated in Parliament, there was a clear understanding that MAiD must have limits; that individual rights must be balanced with protections not only for our most vulnerable citizens, but for our society as well. One of the most important foundations of our Canadian identity is that we are a caring, compassionate country. We...place a high premium on being inclusive and tolerant while working hard toward the accommodation and integration of minority members of our communities. And yet, if the Quebec decision is allowed to stand [or as it stands now codified in the law], we will be in serious danger of losing this fundamental element of our Canadian identity. Our neighbours and our loved ones living with disabilities already continually experience the devaluation of their lives. They are frequently told—often bluntly—that they would be “better off dead.”
The letter makes the point that the unintended consequences would be to “...erode provincial health responsibilities for expert clinical care and social support of citizens who are fragile.”
It is crucial that adequate safeguards are included in Bill C-7, and that will be one of my highest priorities. Another concern worth repeating is removal of the end of life criterion. As the Council of Canadians with Disabilities stated in its October 2000 letter to the Minister of Justice, “Without the equalizing effect of the end of life criterion, which guarantees that the common thread between all persons who access an assisted death in Canada is that they are all dying,” with the proposed changes, “...persons with disabilities will be able to gain access ultimately because they have a disability.”
A worse stereotype could not be institutionalized in law: that disability-related suffering, largely caused by a lack of support and equality, justifies the termination of a person's life.
I now want to take some time to address the need for palliative care in Canada and the importance of such end of life care. As mentioned previously, a study of palliative care was to be included in a mandated parliamentary review. This should have happened before Parliament took action to expand the current Criminal Code provisions. Again, I would like to turn to the experts on this: the doctors and other health care professionals who provide end of life care and face these life-and-death decisions every day.
The Canadian Society of Palliative Care Physicians strongly advocates for the prioritization of adequate investment in, and enhancement of, palliative care services. Without access to high quality palliative care, some patients who are suffering may feel that MAID is their only option because their suffering has been inadequately addressed, or they perceive that their families or social supports must carry an excessive burden. Data regarding availability, access, quality and types of special palliative care, for example, are essential not only for those requesting or receiving MAID, but in general in order to better inform areas for improvement. Palliative care should remain distinct from MAID to ensure clarity, and to avoid risk of confusion and the potential for people to refuse palliative care services because they may confuse them with MAID.
During my consultations on Bill C-7, the doctors I have spoken with have stressed that palliative care is more than providing access to morphine, and that the public needs to be educated on this. As well, concern was expressed that elder abuse and financial motives, such as inheritance, could contribute to an abuse of MAID. Another concern is the temptation to save health care dollars with MAID. It is easy to conclude that MAID is more cost effective than continuing care. This raises ethical questions about its potential overuse, particularly as the previous safeguards are being lifted.
These are all serious concerns. I look forward to hearing what the doctors and health professionals on the front lines recommend as we move forward. I would also like to make a brief comment about the need for conscience protection for physicians. Doctors are concerned that they will be forced to administer MAID. I have been advised that the Ontario College of Physicians has created a policy that doctors have to arrange a referral. Some doctors have confided to me that they are considering leaving their profession over this. Suffice to say that physicians should have their freedom of conscience protected, and that this fundamental freedom needs to be codified in law as has been done in Australia.
In closing, I urge the House to take our responsibility to review this legislation seriously and to do as thorough a job as possible, keeping uppermost in mind those most affected by the decisions that we make. As those 300 physicians said in their letter to the Minister of Justice, “For all patients who seek an assisted death, we must ask first if they have had access to adequate and funded social and living supports, as well as exemplary health care and symptom management, in order to assure that they are not seeking an assisted death.” I think we can and must do better.
Monsieur le Président, je souhaite intervenir aujourd'hui dans le débat sur le projet de loi C-7, qui propose d'enlever des mesures de sauvegarde contenues dans les dispositions actuelles du Code criminel sur l'aide médicale à mourir, ainsi que d'élargir l'admissibilité. C'est une question grave qui ne devrait pas être traitée à la légère. Ces mesures auront des répercussions importantes, en particulier pour les Canadiens vulnérables. Il est important de faire les choses correctement.
Avant de parler de la teneur du projet de loi, j'aimerais joindre ma voix à celle des personnes qui ont déjà exhorté le ministre de la Justice à interjeter appel de la décision de la Cour supérieure du Québec devant la Cour suprême. Un mois après la décision de la Cour supérieure du Québec, 72 organisations qui viennent en aide aux personnes handicapées du pays ont écrit au ministre pour l'exhorter à interjeter appel de la décision. Moins d'une semaine plus tard, 300 médecins ont signé une lettre similaire. Depuis ce temps, bien d'autres personnes ont également exprimé leurs inquiétudes.
Il aurait été plus prudent de renvoyer la question à la Cour suprême, car celle-ci aurait pu fournir des balises législatives au Parlement. Malheureusement, ces nombreux avis ainsi que ceux de mes collègues conservateurs à la Chambre n'ont pas été pris en considération.
Par ailleurs, lorsque le Parlement a adopté le projet de loi C-14 en 2016, la mesure législative prévoyait qu'un examen parlementaire de ses dispositions commence au début de la cinquième année qui suit sa sanction. L'examen, qui devait comprendre une étude de la situation des soins palliatifs au Canada, aurait pu avoir lieu l'été dernier, mais le gouvernement a plutôt décidé de fermer le Parlement. Nous avons perdu beaucoup de temps.
C'était très judicieux d'inclure un examen obligatoire dans le projet de loi C-14 qui a été adopté. En ce qui concerne la mesure législative qui nous occupe, elle nécessiterait un examen approfondi, mais le gouvernement nous pousse à l'adopter rapidement pour respecter l'échéance du 18 décembre fixée par la cour, à moins qu'une troisième prolongation ne soit demandée et accordée. C'est ce que nous appelons mettre la charrue devant les bœufs. Il est donc essentiel, dans le peu de temps dont nous disposons pour examiner les modifications aux dispositions du Code criminel concernant l'aide médicale à mourir, d'entendre le plus grand nombre possible de Canadiens de tous les horizons et en particulier ceux qui sont susceptibles d'être les plus touchés par les changements proposés aux lois actuelles.
On propose deux modifications à la loi en vigueur que je trouve très troublantes. La première est l'abrogation de la disposition qui exige que la mort naturelle de la personne soit raisonnablement prévisible, qu'on remplacerait en employant les mots « graves » et « irrémédiables ». La deuxième est l'élimination de la disposition qui impose une période d'attente de 10 jours entre la demande d'aide médicale à mourir et le moment où l'on administre cette aide. Ces modifications doivent faire l'objet d'une étude soignée. Quelles en seront les conséquences imprévues?
À l'avenir, la priorité du Parti conservateur sera de veiller à ce que ce genre de projet de loi comprenne des mesures de protection pour les personnes les plus vulnérables de la société et pour la liberté de conscience des médecins et de tous les autres professionnels de la santé. L'une des priorités à cet égard est de veiller à offrir des protections adéquates à ceux qui n'ont peut-être pas la capacité de donner leur consentement. Beaucoup de gens qui fournissent des soins à des personnes handicapées et qui prennent la défense des Canadiens handicapés sonnent l'alarme. Nous ferions bien de les écouter.
J'aimerais citer la lettre envoyée par 72 groupes militants au ministre de la Justice, l'automne dernier. Ils comptaient parmi ceux qui ont exhorté le ministre à porter en appel la décision de la Cour supérieure du Québec dans l'affaire Truchon contre Gladu. Voici ce qu'ils ont écrit:
Il était clair, lorsque le libellé initial de la loi sur l'aide médicale à mourir a été débattu au Parlement, que [l'aide médicale à mourir] devait comporter des balises; que les droits personnels devaient s'accompagner de garanties non seulement pour nos plus vulnérables, mais également pour notre société. Notre identité canadienne est fortement ancrée dans notre compassion et notre bienveillance collectives. Nous valorisons grandement notre caractère inclusif et tolérant et oeuvrons sans relâche pour accommoder et intégrer les membres minoritaires de nos collectivités. Or, si le jugement de la cour québécoise est confirmé — ou tel qu'il est maintenant inscrit dans la loi —, nous risquons fortement de perdre cette composante fondamentale de notre identité canadienne. Déjà, nos voisins en situation de handicap et leurs êtres chers subissent une constante dévalorisation de leur vie. On leur dit fréquemment — et souvent brutalement — « qu'il vaudrait mieux qu'ils meurent ».
Selon les auteurs de la lettre, ce jugement aura comme fâcheuse conséquence « [d'éroder] tout simplement les responsabilités provinciales quant à l'aide sociale et les soins cliniques professionnels pour les citoyens vulnérables ».
Le projet de loi C-7 doit absolument comporter des mesures de sauvegarde adéquates, et cette question arrivera tout au haut de la liste de mes priorités. L'élimination du critère associé à la fin de vie m'inquiète aussi. Comme le disait le Conseil des Canadiens avec déficiences dans la lettre qu'il a envoyée au ministre de la Justice en octobre 2000, « [s]ans l'effet égalisateur de ce critère de fin de vie qui garantit un point commun à toutes les personnes accédant à l'aide médicale à mourir, à savoir une mort imminente », les changements proposés auront pour effet que « les personnes handicapées finiraient par y accéder également pour motif de déficience ».
On ne peut imaginer de pire stéréotype à inscrire dans une loi que celui selon lequel, même si elle est en bonne partie causée par le manque de soutien et les inégalités, la souffrance que ressent une personne en raison de son handicap justifie qu'on mette fin à sa vie.
Je veux maintenant prendre quelques instants pour parler de la nécessité des soins palliatifs au Canada et de l'importance de bénéficier de tels soins en fin de vie. Comme il a déjà été mentionné, une étude sur les soins palliatifs devait être incluse dans un examen parlementaire obligatoire. Cela aurait dû se produire avant que le Parlement décide d'élargir les dispositions actuelles du Code criminel. J'aimerais de nouveau citer les experts en la matière, soit les médecins et les autres professionnels de la santé qui offrent des soins de fin de vie et qui doivent prendre quotidiennement des décisions influant sur la vie ou la mort de leurs patients.
La Société canadienne des médecins de soins palliatifs réclame énergiquement qu'on accorde la priorité aux investissements dans les services de soins palliatifs et à l'amélioration de ces services. Sans accès à des soins palliatifs de qualité, certains patients pourraient estimer que l'aide médicale à mourir est leur seule option parce qu'on n'a pas soulagé suffisamment leurs souffrances ou qu'ils ont l'impression que leur famille ou leurs soutiens sociaux doivent porter un fardeau excessif. Des données sur la disponibilité, l'accessibilité, la qualité et les types de soins palliatifs spéciaux, par exemple, sont essentielles non seulement pour les personnes demandant ou recevant l'aide médicale à mourir, mais aussi pour mieux déterminer les améliorations à apporter. Il faut distinguer clairement les soins palliatifs de l'aide médicale à mourir afin d'éviter les risques de confusion et la possibilité que des personnes refusent de se prévaloir de services de soins palliatifs parce qu'elles peuvent croire à tort qu'il s'agit d'aide médicale à mourir.
Les médecins avec qui je me suis entretenu dans le cadre de mes consultations sur le projet de loi C-7 ont insisté sur le fait que les soins palliatifs ne se limitent pas à fournir un accès à la morphine, et qu'il faut éduquer la population canadienne à ce sujet. On a aussi soulevé l'inquiétude voulant que les abus commis à l'égard des personnes âgées à des fins pécuniaires, notamment l'héritage, puissent entraîner un usage abusif de l'aide médicale à mourir. Il y a aussi l'inquiétude selon laquelle nous pourrions être portés à vouloir recourir à l'aide médicale à mourir pour économiser des dépenses en santé. Il est facile de conclure que l'aide médicale à mourir est moins coûteuse que les soins de santé. Il y a des questions à se poser, des questions d'éthique, au sujet de l'utilisation potentiellement abusive de l'aide médicale à mourir, particulièrement au moment où on tente d'assouplir les mesures de sauvegarde.
Ce sont toutes des questions très importantes. Je me réjouis à la perspective de savoir ce que nous recommandent les médecins et les professionnels de la santé sur le terrain à mesure que nous poursuivrons nos efforts dans le dossier. J'aimerais aussi formuler un bref commentaire sur la nécessité de protéger le droit à la liberté de conscience des professionnels de la santé. Les médecins s'inquiètent de devoir fournir l'aide médicale à mourir contre leur gré. On me dit que l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario a créé une politique en vertu de laquelle les médecins doivent prévoir un aiguillage. Certains médecins m'ont confié qu'ils songeaient à arrêter de pratiquer la médecine à cause de ce nouveau règlement. Je me contente de dire qu'il faut protéger le droit à la liberté de conscience des professionnels de la santé et qu'il est impératif d'inscrire ce principe dans la loi, comme l'a fait l'Australie.
En conclusion, j'exhorte la Chambre à assumer ses responsabilités et à examiner cette mesure législative avec sérieux et avec toute la rigueur qui s'impose, en gardant à l'esprit les personnes concernées par les décisions que nous prenons. Comme l'ont dit les 300 médecins dans leur lettre au ministre de la Justice, « Assurons-nous d’abord que les patients n’aient pas réclamé l’[aide médicale à mourir] à cause d’un manque de soins et fondamentaux et de soutiens et qu’ils aient d’abord bénéficié d’adéquates et publiques mesures de soutien communautaire et domiciliaire, ainsi que de soins de santé exemplaires et de la gestion des symptômes. » Je pense que nous pouvons et devons faire mieux.
View Kevin Lamoureux Profile
Lib. (MB)
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2020-10-28 16:49 [p.1372]
Mr. Speaker, in good part, I disagree with the member's assessment that we need to appeal to the Supreme Court of Canada or that somehow a lot of the discussion around the bill has not occurred. We have been discussing this virtually since the 2015 federal election. It has had all sorts of committees' direct and indirect input. Even this year, over 300,000 people participated through providing input. There has been an enormous amount of consultation. A lot of that never ended after we first passed the legislation.
What we see before us are some changes that we learned from, whether it was a court order or from what Canadians have been saying for the last while.
Does the member not agree that it is time, at the very least, to allow it to go to committee where we can get additional feedback on some of the specifics that have been raised here in second reading?
Monsieur le Président, pour la plus grande partie, je ne suis pas d'accord avec le député lorsqu'il dit que nous devons interjeter appel auprès de la Cour suprême du Canada ou qu'une grande partie du dialogue qui doit entourer ce projet de loi n'a toujours pas eu lieu. Nous en discutons pratiquement sans cesse depuis l'élection fédérale de 2015. Toutes sortes de comités ont fourni leur apport directement ou indirectement. Encore cette année, plus de 300 000 personnes ont participé à des consultations sur le sujet. Un volume énorme de rétroaction a été sollicité. Le dialogue n'a pas vraiment cessé après l'adoption du projet de loi initial.
Nous proposons des modifications en fonction des leçons que nous avons apprises, soit par la voie des instances judiciaires, soit grâce à la rétroaction des Canadiens.
Le député ne convient-il pas qu'il est temps, à tout le moins, de renvoyer le projet de loi au comité, où nous pourrons obtenir une rétroaction supplémentaire concernant certains détails qui ont soulevé des préoccupations à la Chambre à l'étape de la deuxième lecture?
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:50 [p.1372]
Mr. Speaker, I guess I would say two things.
First, if the government had not prorogued Parliament, we would have had a whole summer to have more of these discussions.
Second, much more discussion needs to happen. I will tell colleagues exactly why.
This past Friday, I spoke to two doctors via Zoom. They are the ones who specifically told me four points: They are considering leaving the profession. We cannot afford to lose any more physicians. They were taught to save lives, not to take them away. What a powerful statement. The doctors told me that 800 physicians have signed a new letter denouncing them from being forced to refer a patient to another doctor to get MAID, and that more would sign that letter, but they were afraid that the hospitals would blackball them and they were in fear of losing hospital privileges.
Much more discussion has to happen over this and it will definitely be going to committee. I look forward to it.
Monsieur le Président, j'aurais deux choses à dire.
Premièrement, si le gouvernement n'avait pas prorogé le Parlement, nous aurions eu tout l'été pour en discuter davantage.
Deuxièmement, il faut beaucoup plus de discussions. Je vais expliquer pourquoi à mes collègues.
Vendredi dernier, j'ai discuté par Zoom avec deux médecins. Ce sont eux qui m'ont exposé les quatre points suivants. Ils pensent quitter la profession. Nous n'avons pas le luxe de perdre davantage de médecins. On leur a appris à sauver des vies, pas à enlever la vie. C'est une affirmation lourde de sens. Ces médecins m'ont dit que 800 docteurs viennent de signer une lettre dénonçant le fait qu'on les force à recommander leurs patients aux médecins qui pratiquent l'aide médicale à mourir et ils ont ajouté que d'autres médecins voudraient signer cette lettre, mais qu'ils craignent que des hôpitaux les excluent et qu'ils perdent leurs privilèges dans les hôpitaux.
Cette question mérite d'être débattue davantage et elle devra assurément être étudiée par le comité. Je suis impatient qu'elle le soit.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech.
He mentioned the December 18 deadline and seemed worried that we are moving too fast with this bill, but in my opinion, the government has already asked the courts for enough extensions.
Does my colleague agree that the reasonably foreseeable death criterion was too restrictive and that we have to stop postponing the dignity of seniors and seriously ill individuals? Does he agree that we need to send this bill to committee quickly so that it can be studied and passed in response to the Quebec Superior Court's decision?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
Il parlait de la date butoir du 18 décembre et semble craindre qu'on aille trop vite avec ce projet de loi, alors qu'au contraire, je crois que le gouvernement a suffisamment demandé de reports de cette date devant les tribunaux.
Mon collègue n'est-il pas d'accord avec moi que le critère de mort raisonnablement prévisible était trop restrictif et qu'il faut cesser de remettre à demain la dignité des aînés et des personnes gravement malades? N'est-il pas d'accord qu'il faut envoyer rapidement ce projet de loi en comité pour qu'il soit étudié et adopté afin de répondre au jugement de la Cour supérieure du Québec?
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CPC (ON)
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2020-10-28 16:52 [p.1372]
Mr. Speaker, definitely more discussion needs to happen at committee. There is no doubt. I will continue going back to our parents, doctors and clergy as more discussion has to happen around them as well. I am really concerned about them being victimized. For them to not be able to speak with their conscience and to be forced to not discuss life and death is a real issue.
As I mentioned before, doctors do not lie. Doctors told me on Friday about the shortcomings in this bill, and that is why I am looking forward to getting Bill C-7 to committee, fixing it and amending it as required.
Monsieur le Président, il faudra assurément davantage de discussions au comité; cela ne fait aucun doute. Je vais continuer de consulter des parents, des médecins et des membres du clergé puisqu'ils doivent également être inclus dans la discussion. Je crains vraiment qu'ils deviennent des victimes. Qu'ils ne puissent pas donner leur avis selon leur conscience et qu'on les empêche de parler de questions liées à la vie et la mort est un véritable problème.
Comme je l'ai dit plus tôt, les médecins ne nous mentent pas. Des médecins m'ont parlé, vendredi dernier, des lacunes du projet de loi et c'est pourquoi j'espère que le projet de loi C-7 sera renvoyé au comité bientôt pour être corrigé et amendé comme il se doit.
View Tracy Gray Profile
CPC (BC)
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2020-10-28 16:53 [p.1372]
Mr. Speaker, I would like to thank my colleague from Essex. You had mentioned palliative care. I wanted to ask you this, especially at a time when families are separated due to COVID-19 and people are feeling isolated. We see palliative care as an important part of the health care service, and it is not readily available to everyone.
I am wondering if you could maybe expand on that.
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue d'Essex. Vous aviez mentionné les soins palliatifs. J'aimerais vous poser une question, particulièrement en ce moment où les familles sont séparées à cause de la COVID-19 et que les gens se sentent isolés. On considère les soins palliatifs comme un volet important des services de santé mais tout le monde n'y a pas facilement accès.
Je me demande si vous pourriez en dire davantage à ce sujet.
View Chris Lewis Profile
CPC (ON)
View Chris Lewis Profile
2020-10-28 16:54 [p.1373]
Mr. Speaker, palliative care is very near and dear to my heart. Caregivers did a wonderful job when my mémé had brain cancer and kept her incredibly comfortable. The discussion within our family was not about how to end her life; it was about how to make it more comfortable and last a little longer, so palliative care is vital.
Monsieur le Président, le dossier des soins palliatifs me tient vraiment à coeur. Lorsque ma mémé était atteinte d'un cancer du cerveau, les soignants ont fait un travail formidable pour qu'elle ne souffre pas. Notre famille ne s'est pas demandé comment mettre fin à sa vie, mais plutôt comment faire en sorte qu'elle se porte le mieux possible dans les circonstances et qu'elle vive un peu plus longtemps. Bref, les soins palliatifs sont d'une importance cruciale.
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, before getting into the details of the proposed legislation in front of us, I first want to make sure that in the House we avoid a common misunderstanding that seems to come up whenever people strongly disagree with assisted suicide or related issues. Quite often, someone in favour of allowing assisted suicide or removing safeguards will express compassion and empathy for those who are suffering. In saying this, I am not questioning their feelings or their sincerity; nobody wants to suffer or watch their loved ones go through terrible pain. What I am saying here, for everyone's benefit, is that those who are opposed to it or who want to support safeguards have a deep sense of compassion and empathy for those who are suffering. In other words, our human feelings of compassion by themselves do not automatically lead to one position or another.
Along with my wife, I have watched four grandparents pass away, and at present we have another one who is living in palliative care. Each time I have witnessed and cared for family members as they go through difficult health problems, I am reminded of the importance of always affirming a dying person's dignity while they live out the last part of their life.
For the past year, we have had widespread awareness of and concern for how the spread of COVID-19 could devastate seniors and others who are more vulnerable because of medical conditions. For the most part, these are the same people who are at risk and would be even more so under this new law. Along with everything else we could learn from 2020, I hope we can improve our medical practices and strengthen safeguards for the most vulnerable in every area, including this one.
As we continue to debate Bill C-7, it is important for all of us to take a moment to carefully consider its wider impact and unintended consequences. If passed, the new law will significantly expand the number of Canadians who will be eligible for assisted suicide. Whether we agree with these changes or not, it is clear that they are major and fundamental.
It was only a few years ago that Parliament passed Bill C-14, which created the legal framework for what it called “medical assistance in dying”. Previously, the Criminal Code had considered it a serious crime to either kill a patient or participate in a patient's suicide. While amending the section on culpable homicide and defining eligibility, it presented MAID as the narrow exception.
At the time, the former justice minister, with the same sense of transparency for which she later fell out of favour with the Liberal government, publicly stated, “We recognize that medical assistance in dying will in many respects fundamentally change our medical culture and our society.” It was true for what happened back then, and now we are adding some more major changes before the last ones were ever properly reviewed. There was supposed to be an official review of the MAID system, but that has not happened.
Without having a thorough and careful review, we are supposed to proceed with Bill C-7 anyway. So far, in the current session, we have started debating this bill for part of only four days. I hope there will be much more time than this for considering this bill at every stage, especially when it is studied by the justice committee. There is so much that should be said, and the amount of time we all have to work with is too limited.
I share the deep concern of many Canadians who recognize that this bill undermines our country's commitment to upholding and protecting the equal value of each human life. More particularly, there needs to be even more attention given to how assisted suicide, especially in the way this bill handles it, affects the lives and social well-being of people with disabilities.
Over the past year, the idea of systemic discrimination has come to the forefront of our public discourse in Canada, in the U.S. and around the world. To help us better reflect on how it can relate to this discussion, we can look to the work of Dr. Laverne Jacobs. Dr. Jacobs is a law professor at the University of Windsor. She has approached the issue with her legal expertise and speaks from her experience as a Black woman living with disabilities in Canada.
As part of a longer presentation about MAID back in January, she compared and related the experiences of minority communities. She said, “What's particularly troubling about any system or any structure of systemic discrimination is that once ideas that are harmful to a minority group have been legislated into law, it is very difficult to convince the general public that they are not stigma-inducing or ultimately discriminatory. So in both cases, in both the case of racial inequality in the U.S. and the case of MAID here in Canada, we're dealing with the stigmatization of a historically disadvantaged group.”
In an article on the subject of MAID, Dr. Jacobs wrote:
More explicitly, while the MAID law indeed requires consent, these irreversible choices about ending a life are made in a complex social, cultural and health-care context, where lack of access to adequate care, lack of social support and overall ableist stigma have an impact on the choices people with disabilities may have.
In the same article, she also said:
There are also concerns, fuelled by developments in the few countries that provide access to MAID outside the end-of-life context, that being elderly and fragile is increasingly accepted as a reason for a physician-assisted death and that this may create subtle pressure.
This is a small sample of her work, and Parliament would do well to take a closer look at the rest of her comments.
Loss, especially one of this nature, directs and shapes people's actions and attitudes. We cannot say that people with disabilities and other vulnerable populations have not told us this and explained how this bill will inevitably hurt them. Many other advocates and members of the disability community have been speaking out with similar fears, but they were not heard when they called for the government to appeal the Quebec Superior Court ruling. They have also been ignored when it comes to the problems in Bill C-7.
Bill C-7 has to do with life and death, which are ultimate realities. It is reasonable to expect that altering the way our institutions and culture approach the most consequential matters will have wide-ranging effects across all of society. It is hard, if not impossible, to imagine where we will end up if we follow this path.
In my remaining time, I want to highlight some of these problems.
Most notably, Bill C-7 removes the reasonably foreseeable natural death criterion, which is very concerning to me. I am concerned that removing it will normalize suicide over time. Without appealing the decision, the government is going beyond what the Quebec Superior Court ruled.
As one example, the government wants to allow for advance directives. As I have said before, there has been no thorough review of MAID as it currently operates. I am also not aware of any specific study about the risks and problems associated with a process for advance directives. That should happen well before we ever consider enacting it.
Advance requests raise difficult questions. For example, I have to wonder: Could someone consent in advance to be killed once they reach a state they fear but have never experienced, like living with advanced dementia? Further, once someone has signed an advance request and lost the capacity to consent to medical treatment, at what point exactly would their life be terminated? More alarming to me is this: If a non-capable person seems to resist a lethal injection, can the physician still proceed with the injection if the physician believes that the resistance is not due to any understanding on the patients's part that the injection will kill them? Bill C-7 states that apparent resistance means a doctor must not proceed but clarifies that involuntary responses to contact is not resistance. This raises another question. How does a doctor determine if the response to contact is involuntary?
Given that advance requests raise serious ethical issues, oversight challenges and safety risks, legalizing advance directives in the way that Bill C-7 would is irresponsible. This is the position we are left with when we are not trying to create effective accountability mechanisms and when we have insufficient data.
I am also troubled that Bill C-7 would remove the 10-day waiting period. Frankly, I find this disturbing. The 10-day waiting period in Bill C-14 already had a built-in exemption for those whose death or loss of capacity to consent was imminent, and as such, I cannot understand why the removal of this waiting period is necessary or prudent. On the contrary, I find it negligent.
It is well established that the desire to die is often transient. Suffering individuals have ups and downs throughout the day, throughout the week and throughout the year. No one should be able to make a death or life decision when at their most vulnerable point. The 10-day waiting period effectively allows a patient to reconsider their decision and take the time to speak with loved ones. This is critical.
Finally, I want to add that I believe the bill should add a provision that prohibits medical practitioners from discussing MAID unless the patient explicitly asks. We must not underestimate the power of pressure and suggestion, no matter how subtle, especially when it is combined with social stigma, as I mentioned before.
Journalist Ben Mattlin, who suffers from spinal muscular atrophy, wrote this in the New York Times:
I’ve lived so close to death for so long that I know how thin and porous the border between coercion and free choice is, how easy it is for someone to inadvertently influence you to feel devalued and hopeless—to pressure you ever so slightly but decidedly into being “reasonable,” to unburdening others, to “letting go.”
Perhaps, as advocates contend, you can’t understand why anyone would push for assisted-suicide legislation until you’ve seen a loved one suffer. But you also can’t truly conceive of the many subtle forces—invariably well meaning, kindhearted, even gentle, yet as persuasive as a tsunami—that emerge when your physical autonomy is hopelessly compromised.
Despite Mattlin's significant physical disability, he is a father, husband, author and journalist. He has a successful life and knows what he wants. He is less vulnerable than others who might be more easily persuaded that MAID is their best option. In this way, voluntary MAID is the start of a slippery slope that leads to involuntary MAID.
Monsieur le Président, avant d'entrer dans les détails du projet de loi à l'étude, je tiens à m'assurer que nous évitions, dans cette enceinte, un malentendu fréquent qui semble survenir chaque fois que des gens s'opposent fortement à l'aide au suicide ou à d'autres questions connexes. Bien souvent, une personne qui appuie l'aide au suicide ou la suppression des mesures de sauvegarde exprimera de la compassion et de l'empathie pour ceux qui souffrent. En disant cela, je ne mets pas en doute ses sentiments ni sa sincérité. Bien entendu, personne ne veut souffrir ou voir ses proches souffrir terriblement. Ce que je dis, au bénéfice de tous, c'est que ceux qui s'opposent à l'aide au suicide ou qui appuient la mise en place de mesures de sauvegarde le font également par grande compassion et profonde empathie envers ceux qui souffrent. Autrement dit, notre sentiment de compassion bien humain n'amène pas automatiquement à adopter l'une ou l'autre position.
Aux côtés de mon épouse, j'ai assisté au départ de quatre grands-parents. En ce moment même, un autre est aux soins palliatifs. Chaque fois que je vois des membres de ma famille qui me sont chers aux prises avec de graves problèmes de santé, je me rappelle l'importance de toujours défendre la dignité d'une personne mourante alors qu'elle vit ses derniers jours.
Depuis des mois maintenant, nous voyons avec inquiétude comment la propagation de la COVID-19 peut s'attaquer aux personnes âgées et aux autres personnes rendues plus vulnérables par un problème de santé. De façon générale, ce sont ces personnes qui sont à risque et le deviendraient encore plus avec cette nouvelle mesure législative. En plus de toutes les autres leçons que nous pourrions tirer de 2020, j'espère que nous allons améliorer nos façons de faire en soins de santé et renforcer les mesures de protection des plus vulnérables dans tous les domaines, y compris celui-ci.
Dans le cadre de notre débat sur le projet de loi C-7, nous nous devons tous de prendre le temps d'en examiner attentivement l'incidence plus large et les conséquences non voulues. Si cette nouvelle mesure législative est adoptée, elle va augmenter de beaucoup le nombre de Canadiens qui seront admissibles au suicide assisté. Que nous soyons d'accord sur ces changements ou non, chose certaine, ils sont importants et fondamentaux.
Le Parlement a adopté le projet de loi C-14 il y a quelques années seulement. Ce dernier a créé un cadre pour ce qu'on y appelle « l'aide médicale à mourir ». Auparavant, le fait de tuer un patient ou de participer à son suicide était considéré comme un crime grave dans le Code criminel. L'article sur l'homicide coupable a été modifié, l'admissibilité a été définie et l'aide médicale à mourir a été présentée comme une exception limitée.
À l'époque, l'ancienne ministre de la Justice, animée du même souci de transparence qui lui a valu plus tard la défaveur du gouvernement libéral, a déclaré publiquement: « Nous sommes conscients que l'aide médicale à mourir change fondamentalement, à bien des égards, notre culture médicale et notre société. » C'était vrai dans le contexte d'alors, et voilà que maintenant nous ajoutons d'autres changements importants avant même d'avoir bien examiné les dernières modifications. Le régime d'aide médicale à mourir était censé faire l'objet d'un examen officiel, mais cela ne s'est pas produit.
Sans un examen approfondi et minutieux, on nous demande tout de même d'aller de l'avant avec le projet de loi C-7. Jusqu'ici, au cours de la session actuelle, nous avons commencé à débattre de ce projet de loi pendant seulement une partie de quatre jours. J'espère que nous y consacrerons beaucoup plus de temps à chaque étape, en particulier lorsque le comité de la justice en fera l'étude. Il y a tellement de choses à dire, et le temps dont nous disposons tous est trop limité.
Je partage les profondes inquiétudes de beaucoup de Canadiens, qui reconnaissent que le projet de loi nuit à l'engagement du Canada à respecter et à protéger l'égalité de chaque vie humaine. Surtout, il faut accorder encore plus d'attention à la façon dont le suicide assisté, particulièrement comment il est décrit dans le projet de loi, touche la vie et le bien-être social des personnes handicapées.
Depuis un an, la notion de discrimination systémique est au cœur du discours public au Canada, aux États-Unis et partout dans le monde. Pour nous aider à mieux comprendre comment cette question est liée au débat d'aujourd'hui, nous pouvons nous inspirer du travail de Mme Laverne Jacobs, qui est professeure de droit à l'Université de Windsor. Elle a étudié la question à travers le prisme de son expertise juridique et, en tant que femme noire handicapée habitant au Canada, elle parle en toute connaissance de cause.
Dans le cadre d'une longue présentation au sujet de l'aide médicale à mourir donnée en janvier dernier, elle a comparé et mis en relation les expériences des communautés minoritaires. Elle a déclaré ceci: « Ce qui est particulièrement troublant au sujet des systèmes et des structures qui pratiquent la discrimination systémique, c'est que, lorsque des notions nuisibles à des groupes minoritaires ont été inscrites dans la loi, il est très difficile de convaincre le grand public qu'elles n'introduisent pas des préjugés et, ultimement, de la discrimination. Par conséquent, dans les deux cas, soit celui des inégalités raciales aux États-Unis et celui de l'aide médicale à mourir au Canada, il est question de la stigmatisation d'un groupe historiquement désavantagé. »
Dans un article sur l'aide médicale à mourir, la Dre Jacobs écrit ceci:
Plus explicitement, bien que la loi sur l'aide médicale à mourir exige effectivement le consentement, les décisions irréversibles de mettre fin à une vie sont prises dans un contexte social, culturel et sanitaire complexe, où le manque d'accès à des soins adéquats, le manque de soutien social et la stigmatisation générale des personnes handicapées ont une incidence sur les décisions qu'elles peuvent prendre.
Dans ce même article, elle dit aussi ce qui suit:
Il existe également des préoccupations, qui découlent des développements observés dans les quelques pays qui donnent accès à l'aide médicale à mourir en dehors du contexte de fin de vie, selon lesquelles le fait d'être âgé et fragile est une raison de plus en plus acceptée pour recevoir de l'aide médicale à mourir et cela peut créer une pression subtile.
Il ne s'agit que d'un petit échantillon de son travail, et le Parlement aurait intérêt à examiner de plus près le reste de ses observations.
La perte, surtout de cette nature, oriente les actions et les attitudes des gens. Nous ne pouvons pas dire que les personnes handicapées et les autres personnes vulnérables ne nous l'ont pas dit et ne nous ont pas expliqué comment le projet de loi finira inévitablement par leur nuire. De nombreux autres défenseurs et personnes handicapées ont exprimé des craintes semblables, mais on ne les a pas écoutés quand ils ont demandé au gouvernement de faire appel de la décision de la Cour supérieure du Québec. On les a aussi ignorés quand ils ont signalé les problèmes que pose le projet de loi C-7.
Le projet de loi C-7 porte sur une question de vie ou de mort, qui sont des réalités ultimes. Il est raisonnable de s'attendre à ce que modifier la façon dont les institutions et la culture abordent les questions les plus lourdes de conséquences aura une grande incidence sur toute la société. Il est difficile, voire impossible d'imaginer où nous aboutirons si nous suivons cette voie.
Dans le laps de temps qu'il me reste, je tiens à souligner certains de ces problèmes.
Notamment, le projet de loi C-7 élimine le critère de mort naturelle raisonnablement prévisible, ce que je trouve très préoccupant. Je crains qu'au fil du temps, le retrait de cette disposition normalise le suicide. En ne faisant pas appel de la décision de la Cour supérieure du Québec, le gouvernement va au-delà de ce que cette instance a statué.
Par exemple, le gouvernement veut permettre les directives anticipées. Comme je l'ai déjà dit, il n'y a pas eu d'examen approfondi du fonctionnement actuel de l'aide médicale à mourir. J'ignore également s'il y a eu une étude sur les risques et les problèmes associés à un processus de directives anticipées. Il faudrait se pencher sur la question bien avant d'envisager l'adoption du projet de loi.
Les demandes anticipées soulèvent des questions difficiles. Par exemple, une personne pourrait-elle consentir à l'avance à être tuée lorsque sa condition atteint un point qui l'effraie mais qu'elle n'a jamais connu, tel qu'un niveau avancé de démence? Par ailleurs, lorsqu'une personne a signé une demande anticipée et qu'elle perd la capacité de consentir à un traitement médical, à quel moment exactement mettrait-on fin à sa vie? Il existe une question encore plus préoccupante: si une personne inapte manifeste des signes de résistance à l'égard de l'injection létale, le médecin peut-il poursuivre s'il croit que la résistance ne vise pas à l'empêcher de procéder? Selon le projet de loi C-7, si une personne manifeste des signes de résistance, le médecin ne doit pas administrer la substance létale. Cependant, la mesure législative précise que des réactions involontaires en réponse à un contact ne constituent pas une manifestation de résistance. La précision soulève une autre question. Comment un médecin détermine-t-il qu'une réaction en réponse à un contact est involontaire?
Étant donné que les demandes anticipées soulèvent de sérieuses questions d'éthique et entraînent des difficultés au niveau de la surveillance et des risques pour la sécurité des patients, il serait irresponsable de légaliser les directives anticipées comme le ferait le projet de loi C-7. C'est la situation dans laquelle on se retrouve quand on n'essaie pas d'établir des mécanismes de responsabilisation efficaces et quand les données sont insuffisantes.
Par ailleurs, le fait que le projet de loi C-7 supprime la période d'attente de 10 jours m'inquiète. Honnêtement, j'estime que c'est troublant. La période d'attente de 10 jours prévue dans le projet de loi C-14 comportait déjà une exemption pour les personnes pour qui la mort ou la perte de la capacité à fournir un consentement éclairé est imminente, donc, je ne comprends pas pourquoi il est nécessaire ou prudent de la retirer. Au contraire, je considère que c'est faire preuve de négligence.
II a été clairement établi que le désir de mourir est souvent passager. Les personnes souffrantes vivent des hauts et des bas au cours d'une même journée, semaine, ou année. Une personne ne devrait pas pouvoir prendre la décision irrévocable de mettre fin à ses jours alors qu'elle est dans un état de vulnérabilité la plus profonde. La période d'attente de 10 jours donne la possibilité aux patients de remettre en question leur décision et d'en parler avec leurs êtres chers. C'est primordial.
Finalement, je tiens à dire que je crois qu'une disposition devrait être ajoutée au projet de loi pour interdire à un professionnel de la santé de discuter de l'aide médicale à mourir avec un patient, sauf s'il le demande explicitement. Ne sous-estimons pas le pouvoir de la pression et de la suggestion, peu importe si cela est dit de manière subtile, surtout si les propos s'ajoutent à des préjugés sociaux, comme je l'ai mentionné précédemment.
Ben Mattlin, un journaliste atteint d'amyotrophie spinale, a écrit ceci dans le New York Times:
J'ai vécu tellement près de la mort pendant tellement longtemps que je sais à quel point la frontière entre la contrainte et le libre choix est mince et poreuse. Je sais à quel point il est facile pour une personne d'exercer par inadvertance son influence sur une autre personne pour qu'elle se sente dévalorisée et pour qu'elle perde tout espoir. Je sais à quel point il est facile de mettre un tant soit peu de pression pour qu'elle soit « raisonnable », pour qu'elle libère les autres du fardeau et pour qu'elle « lâche prise ».
Comme le soutiennent les défenseurs de l'aide médicale à mourir, il peut être difficile de comprendre pourquoi des gens militent pour une loi sur cette aide lorsqu'on n'a jamais vu un être cher souffrir. Mais c'est aussi difficile de comprendre toutes les forces subtiles, toujours bien intentionnées, compatissantes, même douces, mais aussi fortes qu'un tsunami, qui se manifestent quand l'autonomie physique est irrémédiablement compromise.
Malgré l'invalidité importante de M. Mattlin, il est père de famille, époux, auteur et journaliste. Il a réussi sa vie et il sait ce qu'il veut. Il est donc moins vulnérable que d'autres, qui pourraient être plus facilement persuadés que l'aide médicale à mourir est leur meilleure option. Vue sous cet angle, l'aide médicale à mourir peut être le début d'une pente glissante qui mène à l'aide médicale à mourir involontaire.
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Lib. (MB)
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2020-10-28 17:05 [p.1374]
Mr. Speaker, all lives are of equal importance. I listened to the member across the way, and I think he is ruling out what, I believe, a vast majority of Canadians want.
I recall the debates we had in 2016 when, in essence, we were talking about this issue in a tangible way for the first time on the floor of the House of Commons. Through that debate, we ultimately saw good legislation, but I believe everyone back then realized there would be a necessity for change.
There have been ongoing discussions. All sorts of consultations have taken place at a multitude of levels. I think we have something before us today that will make the legislation better overall, and the member will be afforded an opportunity to hear and provide more feedback.
Does the member have any specific amendments he would like to see in the legislation before us today?
Monsieur le Président, toutes les vies ont une importance égale. J'ai écouté le député d'en face, et j'ai l'impression qu'il rejette ce qu'une forte majorité de Canadiens désirent, selon moi.
Je repense à nos débats de 2016, alors que c'était essentiellement la première fois qu'on discutait concrètement de cette question à la Chambre des communes. Ces débats ont mené à une bonne mesure législative, mais je crois que tout le monde savait déjà, à l'époque, qu'il faudrait la modifier.
Il y a eu des discussions suivies et toutes sortes de consultations à de multiples niveaux. Le projet de loi dont nous sommes maintenant saisis améliorera la loi dans son ensemble, selon moi. Le député aura l'occasion d'entendre et de formuler davantage de commentaires.
Le député a-t-il en tête des amendements précis qu'il aimerait voir apportés au projet de loi à l'étude?
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, while we are debating this, one thing we need to remember is that people want to see stronger mental health and palliative care supports. It is incumbent upon us to take those requests seriously. Ultimately, if we were to more seriously address mental health, social issues and palliative care, fewer people would feel this is their last resort.
As far as specific amendments go, we need to look at the provisions, such as the 10-day wait, which need to stay in the legislation.
Monsieur le Président, durant l'actuel débat, il ne faut pas oublier que les gens veulent avoir de meilleurs services de soutien en matière de santé mentale et de soins palliatifs. Il nous incombe de prendre ces demandes au sérieux. Au bout du compte, si nous nous attaquions plus sérieusement aux questions liées à la santé mentale, aux problèmes sociaux et aux soins palliatifs, moins de gens penseraient qu'il s'agit de leur dernier recours.
Pour ce qui est d'amendements précis, nous devons étudier les dispositions, comme la période d'attente de 10 jours, qui doit demeurer dans le projet de loi.
View Matthew Green Profile
NDP (ON)
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2020-10-28 17:07 [p.1375]
Mr. Speaker, I appreciated the hon. member bringing up the nuances, and I particularly appreciated his calling out the potentials for ableism in the agency of patients.
One of the challenges created by the current medical assistance in dying legislation is a requirement for final consent at the time the assistance is rendered. This forces those who have already been assessed and approved for medical assistance in dying to make a cruel choice. When faced with a possible loss of competence that would make them unable to give consent, they are forced to either go earlier, or risk not being able to receive the assistance they need to avoid living with intolerable suffering.
Audrey Parker campaigned to make Canadians aware of this, and Bill C-7 would fix this by creating a waiver of final consent. Does the hon. Conservative member support Audrey's amendment to help those facing the end of life avoid this cruel choice?
Monsieur le Président, je remercie le député d'apporter des nuances et, en particulier, de souligner la possibilité que les patients et leur faculté d'agir fassent l'objet de capacitisme.
Le projet de loi actuel sur l'aide médicale à mourir exige un consentement final au moment de l'intervention, ce qui force les patients qui ont déjà fait l'objet d'une évaluation et vu leur demande d'aide médicale à mourir approuvée à faire un choix cruel. Devant la possibilité de perdre leur capacité et de ne pas être en mesure de donner leur consentement, ils sont forcés de mourir plus tôt que nécessaire ou ils risquent de ne pas recevoir l'aide dont ils ont besoin pour éviter de vivre avec des souffrances intolérables.
Audrey Parker a mené une campagne afin de sensibiliser les Canadiens à cette réalité. Le projet de loi C-7 remédie au problème en proposant la renonciation au consentement final. Le député conservateur appuie-t-il la modification d'Audrey, pour éviter à ceux qui sont en fin de vie d'avoir à faire un choix aussi cruel?
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, I will reiterate that, ultimately, the review period was more or less was skipped, which has prevented everybody from having the opportunity to hear more and learn more about the different issues and perspectives people like Audrey have with the bill. The more we can learn before we are forced into legislating this, the better.
Unfortunately, whether it was through prorogation or other means, we have been asked to skip these very important aspects, such as consultations and review processes, which are so vitally important when we are dealing with issues such as medical assistance in dying.
Monsieur le Président, je l'ai dit et je le répète: l'examen prévu a pour ainsi dire été escamoté, ce qui a empêché tout le monde d'entendre davantage de points de vue, de se renseigner plus avant sur les différents enjeux et de savoir ce que les gens comme Audrey pensent du projet de loi. Plus nous en saurons avant qu'on nous impose la mesure législative que voici et mieux ce sera.
Malheureusement, que ce soit à cause de la prorogation ou d'autres moyens, on nous a demandé de mettre une croix sur des étapes très importantes, comme les consultations et l'étude du texte. Il s'agit pourtant d'exercices essentiels quand il est question d'un sujet aussi délicat que l'aide médicale à mourir.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
Mr. Speaker, I am the son of two elderly Canadians. My dad is 86 and my mom is 76. I am very concerned about our seniors' access to health care and that they will be put in a position where they have to make a decision between care and maybe ending their lives as a result of this pressure. This concerns me deeply, as it concerns many Canadians across the country.
Would this proposed legislation adequately protect those individuals in Canada?
Monsieur le Président, je suis le fils de deux Canadiens âgés. Mon père a 86 ans, et ma mère, 76. Je suis très inquiet de voir se détériorer l'accès des aînés aux soins de santé; la pression qui s'exerce sur eux est tellement grande que je crains qu'ils soient réduits à choisir entre se faire soigner et mettre fin à leur vie. Cela me préoccupe beaucoup, et je sais que de nombreux Canadiens sont inquiets eux aussi.
La mesure législative à l'étude protégerait-elle adéquatement les aînés du Canada?
View Jeremy Patzer Profile
CPC (SK)
Mr. Speaker, the way I see it, no, I do not think it does. It is opening the door for those subtle suggestions that, quite honestly, for a person in a tough state, might be seen as a lot of overt pressure. They may be willing to take on advice like that, even though they maybe do not want to, because of the pressure on them. I think it is important that we consider those protections in this piece of legislation.
Again, we need to ensure that we are focusing on high-quality palliative care going forward.
Monsieur le Président, selon moi, elle ne le ferait pas. À vrai dire, avec ce projet de loi, une personne à qui on mentionne subtilement que l'aide médicale à mourir pourrait être envisageable, alors qu'elle est dans un état de grande vulnérabilité, pourrait avoir l'impression qu'on lui met de la pression. Cette personne pourrait être prête à écouter ce genre d'avis, peut-être même contre son gré, à cause de la pression qu'on exerce sur elle. Je pense qu'il est important que nous nous penchions sur ces mesures de protection lors de l'étude de ce projet de loi.
Encore une fois, nous devons maintenant nous concentrer sur les moyens d'offrir des soins palliatifs de qualité.
View Dane Lloyd Profile
CPC (AB)
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2020-10-28 17:10 [p.1375]
Mr. Speaker, today I am speaking in opposition to Bill C-7, an act to amend the Criminal Code regarding medical assistance in dying. I am also rising to raise the alarm and call on the government to put an immediate halt to medical assistance in dying in Canada's prisons until a full investigation can take place and legislative amendments can be made.
I believe, as a Conservative, my role is to be someone who stands athwart history yelling “stop” at a time when no one else is inclined to do so. History has shown us the consequences of people not speaking up in opposition to issues that may even have seemed overwhelmingly popular at the time.
Today is one such case, where years from now we may look back at these debates and wonder how we could push forward with such radical legislation and changes to our societal values. That is why I am speaking out today, despite the consensus, which appears to reign in this House, that medical assistance in dying on demand is the way to go.
Dr. Ivan Zinger, the head of the Office of the Correctional Investigator of Canada, released a deeply disturbing report this past June. I presume the government has had access to this report for months, but it was just tabled yesterday in the House of Commons. The correctional investigator raises some serious allegations, citing three cases of prisoners undergoing medical assistance in dying that raise, as the report states, “fundamental questions around consent, choice and dignity.” His office also found serious omissions, inaccuracies and misapplications of the law and the policies surrounding medical assistance in dying.
In one case, a prisoner who was terminally ill and serving a non-violent two-year sentence was denied parole and any opportunity to serve out his remaining days in the community. The inmate wished to explore the possibility of a compassionate parole, but after being denied the opportunity to do so, he sought an assisted death. Before receiving his assisted death, the prisoner repeatedly sought an opportunity to seek out an alternative to MAID in prison. He was repeatedly denied the opportunity to do so. Therefore, he was left with what he felt was no choice but to seek out medical assistance in dying. He was later granted that.
This raises important questions on whether the government is adequately supporting Canadians, including Canadian prisoners, who are facing difficult end-of-life decisions, especially decisions where the power imbalance is so huge.
In another case, a prisoner, a dangerous offender with a terminal illness who was suicidal and suffering from mental illness, also received an assisted death. When prisoners are in a hopeless situation and disempowered, it is no surprise they would seek an assisted death.
In response to these cases, Dr. Zinger points out, “the decision to extend [medical assistance in dying] to federally sentenced individuals was made without adequate deliberation by the legislature.” He is talking about us. He also claims there is no oversight mechanism in the Canadian correctional services to ensure accountability or transparency for medical assistance in dying deaths in correctional institutions.
Given that the above cases were restricted to those with terminal illnesses who qualified under the previous requirement of death being reasonably foreseeable, I find it very concerning the government would be removing this requirement without first acknowledging and investigating the serious concerns and allegations of the corrections investigator.
The corrections investigator is actually calling for an absolute moratorium on all medical assistance in dying procedures in Canada's correctional institutions. Until such a time as we can craft legislation that protects the lives of vulnerable prisoners, who are clearly making a choice in a situation of severe duress, we should clearly consider holding off, or at least placing a moratorium, on medical assistance in dying in Canada's prisons.
This brings me to my next concern with this legislation, which is the need to protect the lives of vulnerable people like the disabled, the elderly and the mentally ill. When this legislation was originally considered a few years ago, Canadians were assured by the government that the legislation would protect the vulnerable. Restrictions that were put in were meant to protect people from being unduly coerced into making a decision to seek MAID. They also exist to encourage people to seek out alternatives before seeking an assisted death.
Everyone can sympathize with somebody nearing the end of their life who is in intolerable pain and seeking out an assisted death, but what Canadians did not expect four years ago was that today the government would be expanding this legislation to allow those who are not terminally ill or near death to qualify.
This raises important concerns for disabled people and those with mental illnesses. Many of them are not close to death and will now be eligible to seek an assisted death. The government has washed its hands of responsibility for restrictions and has left it up to individuals to make this choice for themselves. Choice has been enshrined as the overriding principle of medical assistance in dying legislation, while little or no concern is being given to the factors that can go into those choices.
Similar to the cases that I cited in our prisons, many elderly, disabled or mentally ill Canadians have been isolated for many months from loved ones in Canada's troubled long-term care centres. I wonder how many decisions to access MAID would not have otherwise been made had the situation in long-term care been addressed or how many decisions to access MAID would have been made if Canada had an effective system of palliative care centres for people to live out the remaining days of their life in comfort and peace.
We know from the government's own annual reporting that there is a significant number, and even one is too many, of Canadians, who did not have access to palliative care, who received an assisted death. No Canadian should be forced to choose an assisted death without the opportunity to access palliative care.
The government's annual reporting also revealed that in 2019 alone, 87 Canadians with disabilities received medical assistance in dying but were denied access to critical disability support services. That is simply unacceptable. Canadians with disabilities deserve better.
I am concerned that every time we remove a protection on medical assistance in dying, we are blurring the lines between an assisted death that is acceptable and constitutional and an assisted death that is not. I do not believe, for many in the House, that there is a single assisted death case that would be unacceptable. I challenge members to tell me what they think is unacceptable.
The consensus among most parties in the House, and most members, seems to be that we need to affirm individual choices. I think we can all recognize that no choice is made in a vacuum. Choices are made with a variety of factors, such as people's socio-economic status, the quality of their life, their relations with family and friends, their mental state and their physical state, and the list goes on. Simply boiling down this argument to a matter of individual choice ignores the very real factors that can go into making someone make the decision to seek out medical assistance in dying.
For example, do people feel they are a burden on their family or society? Do they feel there is no alternative to the pain they are feeling? Are there monetary reasons at play? A recent article in MoneySense magazine was advising readers on how to maximize their pension and life insurance benefits if they chose to undergo medical assistance in dying. Where we have come in our public discourse in four short years is shocking to me.
Given that I have outlined a number of factors in determining what factors could be behind someone's decision to seek out MAID, I would ask this. What provisions is the government putting in place to ensure that people's lives are being affirmed and that they are receiving the support they deserve? The fact is that I believe the government is ignoring the very important role that social workers can play in these decisions. By limiting the decision for medical assistance in dying between a doctor and a patient, the government is ignoring the fact that doctors are not always equipped to recognize situations where socio-economic factors or other factors could be at play in the decision. When the government takes away the requirement for two witnesses, it also creates a huge power imbalance, where essentially only one person, the doctor and the patient, is making the decision. There is very little accountability.
Finally, I want to raise the concerns of Dr. Leonie Herx, who is a chair at Queen's University and one of 750 doctors from across Canada who have urged the government to stop this legislation. In her words:
(MAiD) was intended to be a last resort when all other measures had failed and someone had irremediable suffering close to the end of life. (Bill C-7) makes death on demand available to anyone who wants it. It’s a radical shift for medicine.
I call on the government to heed the concerns of the 750 doctors as well as the report from the corrections investigator and immediately move to place new restrictions and protections on medical assistance in dying to ensure that vulnerable people are protected. We have a responsibility. Every Canadian life matters. We cannot get this wrong.
Monsieur le Président, je souhaite prendre la parole aujourd'hui pour m'opposer au projet de loi C-7, qui vise à modifier les dispositions du Code criminel sur l'aide médicale à mourir. Je veux également sonner l'alarme et exhorter le gouvernement à mettre immédiatement un terme à l'aide médicale à mourir dans les prisons du pays d'ici à ce que l'on puisse mener une enquête approfondie et apporter des modifications à la loi.
En tant que conservateur, je crois avoir la responsabilité de me mettre en travers du cours de l'histoire et de crier « stop » lorsque personne n'est prêt à le faire. L'histoire nous a montré ce qui peut arriver quand personne ne s'oppose à une situation qui peut sembler extrêmement populaire à ce moment-là.
Nous devons aujourd'hui faire face à ce genre de situation, et dans plusieurs années, les gens pourraient se demander comment on a pu aller de l'avant avec des mesures législatives qui changent aussi radicalement les valeurs de la société. Ainsi, malgré le consensus qui semble s'établir dans cette Chambre, je prends la parole aujourd'hui pour m'opposer à l'idée qu'offrir l'aide médicale à mourir sur demande puisse être la voie à suivre.
M. Ivan Zinger, chef du Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada, a publié un rapport très troublant en juin dernier. Je présume que le gouvernement dispose de ce rapport depuis des mois, mais il a été déposé hier à la Chambre des communes. L'enquêteur correctionnel met en lumière de graves allégations en citant trois cas de prisonniers ayant fait appel à l'aide médicale à mourir, qui soulèvent, comme l'indique le rapport, « des questions fondamentales au sujet du consentement, du choix et de la dignité. » Le Bureau a également relevé de graves omissions et inexactitudes, ainsi qu'une application erronée de la loi et des politiques entourant l'aide médicale à mourir.
Dans un de ces cas, un prisonnier non violent en phase terminale qui purgeait une peine de deux ans s'est vu refuser une libération conditionnelle et l'occasion de purger le reste de ses jours dans la collectivité. Le prisonnier en question souhaitait demander une libération conditionnelle pour motifs humanitaires, mais après qu'on ait refusé qu'il le fasse, il s'est tourné vers l'aide médicale à mourir. Avant de recevoir l'aide médicale à mourir, le prisonnier a cherché à maintes reprises l'occasion de demander une autre option. Chaque fois, on a refusé qu'il le fasse. Il s'est alors retrouvé dans une situation où il avait l'impression que son seul choix consistait à demander l'aide médicale à mourir, ce qu'on lui a finalement accordé.
Cela soulève des questions importantes quant à savoir si le gouvernement soutient adéquatement les Canadiens, y compris les prisonniers canadiens, qui sont confrontés à des décisions difficiles en fin de vie, surtout lorsque le déséquilibre du pouvoir est aussi important.
Dans un autre cas, un prisonnier, un délinquant dangereux en phase terminale, suicidaire et souffrant d'une maladie mentale, a également bénéficié de l'aide médicale à mourir. Il n'est pas surprenant que des prisonniers, dans une situation désespérée et totalement impuissants, demandent à bénéficier de l'aide médicale à mourir.
Face à cette situation, M. Zinger contre-attaque en déclarant que « la décision d'étendre l’admissibilité à l’aide médicale à mourir aux délinquants purgeant une peine de ressort fédéral a été prise sans que les responsables de l’appareil juridique ne mènent de délibérations adéquates. » Il parle de nous. Il affirme également que le Service correctionnel du Canada ne possède pas de mécanisme de surveillance permettant d’assurer la reddition de comptes ou la transparence relativement à l’aide médicale à mourir dans les établissements correctionnels.
Étant donné que les cas susmentionnés étaient limités aux personnes atteintes de maladies en phase terminale qui remplissaient la condition préalablement requise selon laquelle la mort devait être raisonnablement prévisible, je trouve très inquiétant que le gouvernement supprime cette condition sans d'abord reconnaître et examiner les sérieuses interrogations et allégations de l'enquêteur correctionnel.
L'enquêteur correctionnel demande, en fait, un moratoire complet sur toute procédure d'aide médicale à mourir dans les établissements correctionnels du Canada. Jusqu'à ce que nous puissions élaborer une mesure législative qui protège la vie des prisonniers vulnérables, qui font clairement un choix sous la contrainte, nous devrions bien évidemment envisager de suspendre l'aide médicale à mourir ou du moins d'instaurer un moratoire à cet égard dans les prisons canadiennes.
Cela m'amène à ma prochaine préoccupation à l'égard du projet de loi, soit la nécessité de protéger la vie de gens vulnérables comme les personnes handicapées, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies mentales. Lors de l'étude de la première version de cette mesure législative il y a quelques années, le gouvernement a assuré aux Canadiens que la mesure législative protégerait les gens vulnérables. Les restrictions qui y étaient prévues visaient à empêcher les gens d'être indûment contraints à demander l'aide médicale à mourir. Elles visaient aussi à encourager les gens à chercher d'autres solutions avant de demander l'aide médicale à mourir.
Tout le monde peut sympathiser avec une personne dont la fin approche et qui réclame l'aide médicale à mourir parce qu'elle ressent des douleurs intolérables. Par contre, les Canadiens ne s'attendaient pas il y a quatre ans à ce que le gouvernement élargisse l'admissibilité à l'aide médicale à mourir aux personnes n'étant pas en phase terminale ou à l'article de la mort.
Cela soulève de vives inquiétudes pour les personnes handicapées et les personnes atteintes de maladies mentales. Beaucoup d'entre elles ne sont pas en fin de vie, mais elles seront désormais en mesure de demander l'aide médicale à mourir. Le gouvernement s'est déchargé de sa responsabilité d'imposer des restrictions et propose plutôt aux personnes concernées de prendre leurs propres décisions. Dans le projet de loi sur l'aide médicale à mourir, on met l'accent sur l'importance du choix, mais on ne tient pas compte, ou à peu près pas, des facteurs qui pourraient entrer en ligne de compte dans ces choix.
À l'instar des exemples des prisonniers que j'ai cités, de nombreux Canadiens âgés, handicapés ou atteints de maladie mentale sont isolés dans l'un des établissements de soins de longue durée déficients du Canada et n'ont pas vu leurs proches depuis des mois. Je me demande combien de personnes ayant demandé l'aide médicale à mourir n'auraient pas pris cette décision si l'on avait pris les mesures nécessaires pour améliorer la situation dans les établissements de soins de longue durée, ou combien de personnes auraient demandé l'aide médicale à mourir si le Canada avait un système efficace de soins palliatifs permettant aux gens de vivre leurs derniers jours dans le confort et dans la paix.
Nous savons, grâce aux rapports annuels du gouvernement, qu'il y a un trop grand nombre de Canadiens — et même une seule personne serait déjà trop — qui demandent l'aide médicale à mourir parce qu'ils n'ont pas accès à des soins palliatifs. Aucun Canadien ne devrait avoir à recourir à l'aide médicale à mourir sans d'abord avoir la possibilité d'obtenir des soins palliatifs.
Le rapport annuel du gouvernement révèle également que, rien qu'en 2019, 87 Canadiens handicapés ont reçu l'aide médicale à mourir, mais n'ont pas eu accès aux services de soutien aux personnes handicapées qu'ils ont demandés. C'est tout simplement inacceptable. Les Canadiens handicapés méritent mieux que cela.
Je crains que chaque fois que nous éliminions une mesure de sauvegarde relativement à l'aide médicale à mourir, nous brouillions les limites entre une mort assistée acceptable et constitutionnelle et une mort assistée qui ne l'est pas. Je doute que, pour bien des députés, il existe un seul cas de mort assistée qu'ils estiment inacceptable. J'invite les députés à me dire ce qu'ils considèrent comme étant inacceptable.
Le consensus parmi les partis, et parmi la majorité des députés, semble être qu'il faut affirmer la liberté de choix individuelle. Je crois que nous conviendrons tous qu'aucun choix ne se fait en vase clos. Tous les choix sont faits en fonction d'une multitude de facteurs, comme le statut socioéconomique d'une personne, sa qualité de vie, ses relations avec sa famille et ses amis, son état mental et physique, et ainsi de suite. Réduire cet enjeu à une question de choix individuel, c'est faire fi des facteurs bien réels qui peuvent influencer la décision d'une personne qui décide d'obtenir l'aide médicale à mourir.
Par exemple, est-ce que la personne a l'impression d'être un fardeau pour sa famille ou pour la société? Croit-elle qu'il n'existe pas d'autres solutions pour alléger ses souffrances? Y a-t-il des enjeux économiques qui entrent en ligne de compte? Un article paru récemment dans le magazine MoneySense expliquait aux lecteurs comment tirer le maximum de leur pension et de leur assurance-vie advenant qu'ils choisissent d'avoir recours à l'aide médicale à mourir. De constater à quel point le discours a évolué dans la société en seulement quatre ans m'a choqué.
Maintenant que j'ai fourni une série de facteurs pouvant expliquer le raisonnement derrière la décision d'une personne de se prévaloir de l'aide médicale à mourir, voici ma question: quelles dispositions le gouvernement met-il en place pour veiller à ce que la vie des gens soit reconnue et que tous les patients reçoivent les services de soutien qu'ils méritent? À mon avis, le gouvernement ignore le rôle très important que les travailleurs sociaux peuvent jouer dans ces décisions. En restreignant le pouvoir de décision en matière d'aide médicale à mourir au médecin et à son patient uniquement, le gouvernement néglige le fait que les médecins ne sont pas toujours outillés pour reconnaître les situations où des facteurs socioéconomiques ou autres pourraient influencer la décision. En retirant la nécessité d'avoir deux témoins, le gouvernement crée en outre un profond déséquilibre du pouvoir décisionnel, qui revient essentiellement au médecin et au patient seulement. L'obligation de rendre des comptes est par ailleurs presque inexistante.
Enfin, je souhaite faire part des préoccupations exprimées par la Dre Leonie Herx, qui est titulaire d'une chaire à l'Université Queen's et l'un des 750 médecins du pays qui ont exhorté le gouvernement à retirer ce projet de loi. Elle a dit:
L'aide médicale à mourir devait être une solution de dernier recours, lorsque tous les autres moyens ont échoué et qu'une personne en fin de vie éprouve des souffrances irrémédiables. Or, le projet de loi C-7 offre la mort sur demande à quiconque le désire. Il s'agit d'un virage radical au sein du domaine médical.
Je demande au gouvernement de tenir compte des préoccupations des 750 médecins et du rapport de l'enquêteur correctionnel, et de prévoir immédiatement de nouvelles restrictions et de nouvelles protections concernant l'aide médicale à mourir afin de protéger les personnes vulnérables. Cette responsabilité nous incombe. La vie de chaque Canadien compte. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire d'erreur.
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Lib. (MB)
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2020-10-28 17:20 [p.1377]
Mr. Speaker, the member referenced dying on demand. I know a couple of Conservative members of Parliament have used that sort of terminology. That undervalues the immense contributions, at a very difficult time in a person's life, of the people around them. I am talking about medical doctors, social workers, most importantly, family members and others. The infrastructure is there. There is no doubt, as some people have talked about, including myself, that we need to look at palliative and hospice care and other ways to ensure a quality of life when the end approaches.
When members talk about dying on demand through this legislation, they do a disservice to those who are there in those very precious moments at the end of a person's life. I wonder if the member could provide his thoughts about the advisers, in particular, health care professionals and social workers. I have had that experience on two occasions, for both my father and grandmother. I valued and appreciated the feedback that I got from health care professionals back then.
Monsieur le Président, le député a fait allusion à l'aide à mourir sur demande. Je sais que quelques députés conservateurs ont utilisé une expression semblable. Cela déprécie les immenses contributions, à un moment vraiment difficile de la vie d'une personne, de ceux qui l'entourent. Je songe aux médecins, aux travailleurs sociaux, mais surtout aux membres de la famille et aux proches. L'infrastructure existe. Comme certains l'ont mentionné, moi y compris, il ne fait aucun doute qu'il faut se pencher davantage sur les soins palliatifs, les établissements de fin de vie et les autres moyens d'offrir une qualité de vie lorsque la fin est proche.
Lorsque des députés disent que ce projet de loi favorise la mort sur demande, ils ne rendent pas service à ceux qui sont présents lors de ces précieux moments à la toute fin de la vie d'une personne. Je me demande ce que le député pense des conseillers, et plus particulièrement des professionnels de la santé et des travailleurs sociaux. J'ai vécu cette expérience à deux occasions, soit pour mon père et ma grand-mère, et j'ai vraiment apprécié les interactions avec les professionnels de la santé.
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CPC (AB)
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2020-10-28 17:22 [p.1377]
Mr. Speaker, these are not necessarily just the words of Conservative members in the House. These are the words of Dr. Leonie Herx and 750 doctors who have raised the alarm with the government. This is a term they are using. The fact is that the government is removing restrictions on the number of witnesses that need to be involved. In some cases, people who have a reasonably foreseeable death can request assistance in dying and receive it on the same day.
When we get rid of these reflection periods, it seems that the goal of this policy is to ensure that as many people can access an assisted death as possible. We need to look at this from the other perspective and ask how many people we can divert away from an assisted death through better palliative care, better pain management and better mental health supports. That is what we should be looking at, not trying to speed up and increase the number of people accessing medical assistance in dying.
Monsieur le Président, les députés conservateurs à la Chambre ne sont pas les seuls à employer ce terme. La Dre Leonie Herx et les 750 médecins qui ont sonné l'alarme auprès du gouvernement le font aussi. C'est un terme qu'ils emploient. Le fait est que le gouvernement est en train de supprimer les exigences quant au nombre de témoins devant être présents. Dans certains cas, les personnes dont la mort est raisonnablement prévisible peuvent demander l'aide médicale à mourir et la recevoir le jour même.
Il semble que le but de la politique, en supprimant les périodes de réflexion, est de permettre au plus grand nombre de personnes possible d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. Nous devons examiner la question sous un autre angle et nous demander combien de personnes nous pouvons dissuader de recourir à l'aide médicale à mourir en leur offrant de meilleurs soins palliatifs, des traitements plus efficaces de la douleur et un soutien accru en matière de santé mentale. Voilà ce sur quoi nous devrions nous pencher au lieu d'essayer d'accélérer l'accès à l'aide médicale à mourir et d'accroître le nombre de personnes qui ont recours à celle-ci.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, I thank my colleague for his speech. I appreciate the approach he took in talking about the situation in correctional institutions.
Then again, I heard him refer to this bill as radical. Personally, when I think of this bill, I think of compassion. I cannot help but think of Nicole Gladu and Jean Truchon, who honourably fought for their cause before the courts.
Would my colleague agree that, as legislators, we need to do everything we can to ensure that other people suffering from degenerative, incurable diseases are not forced to go to court to challenge the terms and conditions of medical assistance in dying?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. J'apprécie l'angle qu'il a pris pour parler de la situation dans les établissements correctionnels.
Par contre, je l'ai entendu parler de ce projet de loi comme étant radical. Quand je pense à ce projet de loi, je pense plutôt à la compassion, pour ma part. Je ne peux pas m'empêcher de penser à Mme Nicole Gladu et à M. Jean Truchon, qui ont honorablement porté leur cause devant les tribunaux.
Mon collègue pense-t-il comme moi que, en notre qualité de législateurs, nous devrions faire tout ce qui est possible pour éviter que d'autres personnes souffrant de maladies dégénératives et incurables ne soient dans l'obligation de passer par les tribunaux pour contester les modalités de l'aide médicale à mourir?
View Dane Lloyd Profile
CPC (AB)
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2020-10-28 17:24 [p.1377]
Mr. Speaker, I apologize to the member for not answering in French, but I am working on it.
We are all here because we care about vulnerable people and people who are sick and suffering, but it is important that we do not all buy into this consensus. When we all get on the train and buy into the same consensus, we lose the opportunity to raise very important points. That is what I and a number of my colleagues are trying to do. We are trying to point out the flaws in this legislation, which I would say is radical because just five or six short years ago, we did not have legalized assisted dying in Canada and here we are today, already passing the second piece of legislation.
Nobody could have imagined six years ago that we would be allowing people without a terminal illness to receive an assisted death. That is what we are debating today, that basically anyone who has a grievous or irremediable condition, even if it is not terminal, should be allowed to receive assistance in dying, and I do think that is quite radical.
Monsieur le Président, je m'excuse auprès de la députée de ne pas pouvoir lui répondre en français, mais j'y travaille.
Nous sommes tous ici parce que nous nous soucions du sort des personnes vulnérables, ainsi que des patients malades et souffrants. Néanmoins, il est important de ne pas se rallier trop rapidement à un consensus. Lorsque nous nous dépêchons d'adhérer tous à une même opinion, nous perdons alors l'occasion de soulever des questions très pertinentes. Plusieurs collègues et moi essayons de mettre en évidence les lacunes de ce projet de loi, que je qualifierais de radical parce qu'il y a cinq ou six ans à peine, nous n'avions pas encore légalisé l'aide médicale à mourir au Canada. Aujourd'hui, nous voilà prêts à adopter une deuxième mesure législative par rapport à cet enjeu.
Il y a six ans, personne n'aurait pu imaginer que nous permettrions un jour à des personnes ne souffrant pas d'une maladie en phase terminale d'avoir recours au suicide assisté. C'est ce dont nous débattons aujourd'hui, à savoir que toute personne souffrant d'une maladie grave ou irrémédiable, même si elle n'est pas en phase terminale, devrait être autorisée à recevoir l'aide médicale à mourir, et je pense qu'il s'agit d'une idée plutôt radicale.
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CPC (BC)
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2020-10-28 17:25 [p.1377]
Mr. Speaker, it is an honour to rise and speak in this House on Bill C-7, an act to amend the Criminal Code, medical assistance in dying.
Each and every time that I speak in this House, I am reminded that the opportunity has been entrusted to me by the citizens of North Okanagan—Shuswap, first in 2015, and again in 2019. It is roughly five years now since I arrived in this place for the first time and I still remember the anticipation I experienced as I approached my work as a member of Parliament. I still carry great appreciation for the opportunity to serve the people of North Okanagan—Shuswap and, indeed, all Canadians.
Each and every member of this House has been entrusted by their constituents to represent all constituents, and this is a responsibility that I hope all members keep as a guiding principle as we undertake our work. I do not think anyone could be fully prepared for what the role of being an MP entails and the unexpected situations that arise, but I will say that I came here with an open mind, eager to listen and committed to doing my very best to represent the constituents of North Okanagan—Shuswap.
Shortly after the 2015 federal election, Bill C-14 on medical assistance in dying was introduced to the 42nd Parliament. In fairly short order, Bill C-14 was debated and passed. As members will recall, Bill C-14 was passed in response to the Supreme Court decision that ruled that adults with grievous and irremediable medical conditions are entitled to physician-assisted suicide, as it was termed at the time.
Over the time that was allotted for debate and committee study of the original Bill C-14 legislation, I took the opportunity to hear from constituents and took what I heard at that time to form my position on the legislation at hand. Since then, I have continued to listen to constituents on all sides of this debate in an effort to ensure that I am aware of their many differing viewpoints. I have heard from many who believe in the sanctity of all human life and believe the time of life and death is to be decided by a greater power than any of us possess. I have also heard from others with various incurable health conditions who want the ability to choose an appropriate time so that they are able to pass with dignity, and the ability to choose when to say a final goodbye.
While listening to and pondering the various personal beliefs and scenarios shared by constituents, I have also reflected on my own personal experience and how fortunate many of us are that we have not had to make the very difficult, personal decision that many Canadians face every day.
I would like to share what weighed heavily on my mind during the debate and considerations, back in 2016, and remains with me today as we revisit this topic in the legislature. My mother had developed dementia over a period of years before her passing. At first, we did not recognize the symptoms or maybe we did not want to actually acknowledge that they were there, but as time went on Mom became more forgetful. At first it was just that she would end up with multiple jugs of milk in the fridge because each time she went to the grocery store she simply remembered that she needed milk and not the fact that she had just bought some the day before.
As time progressed, her memory got worse and eventually she moved into a full-care home where she was safe and cared for. Initially it was only her short-term memory that faded away and she could still remember many things from earlier in her life and about her family, but that gradually changed. One thing we did notice in the last few months of her life was that she no longer used the telephone. It would ring but she was not able to put the pieces together to pick it up and talk to whoever was calling. The phone had been a big part of her life as she would always call all of her children, grandchildren and great-grandchildren on our birthdays, but for a number of months she was no longer able to remember phone numbers, what the telephone was for, or how to start a conversation.
At the time of what turned out to be her last Christmas, we made plans to have her home for Christmas dinner and we all looked forward to the day. Then on Christmas morning, we got a call from the care home. They said she had come down with the flu and would not be able to go out. We managed to get through Christmas Day but were concerned the illness was more than she could take in her frail condition.
The next day we were surprised when the care home called and said my mom was doing much better that day and asked if we wanted to come for a visit. We headed out, knowing that mom might not be looking or feeling her best because she had been ill.
We walked into the room that day and were totally taken aback. She was sitting up, fully articulate and waiting for us. We were shocked when she started conversations like someone had turned back the clock two years on her dementia. She told us how she felt bad she had not been able to go out and do any Christmas shopping for the grandchildren and many other things she had not been able to communicate for months.
When we returned home later that day, our answering machine was full of messages from my five siblings all wondering what was going on with mom. She had picked up the phone and called each of them from the numbers in her head and had extensive conversations with each of them.
We were all in shock from this remarkable recovery of her memory and the restoration of her mental function from what had been considered incurable. Unfortunately, the recovery was temporary and only lasted about 24 hours, but nonetheless it was a complete reversal of her dementia for that period of time. To this day, no one has been able to explain how or why this happened. We wondered, at the time, and still wonder today if there may be a cure just around the corner.
This is only one scenario, and in the time since medical assistance in dying became legal, I have heard from constituents and observed cases where family members have been quite open about their aging parent or terminally ill family member. They have been open about how, at some point, the parent or family member is no longer the person they once were and no longer wants to carry on. I have heard how they want to be able to make the choice and should not be denied that choice.
In considering the legislation before us today, we must consider all of the people and lives that will be affected by our decision. It is a very difficult task when we are not able to hear all of the different scenarios, learn the details about symptoms and reasons for personal choices.
That is why I urge all members to consider what safeguards should be in place and if safeguards are not in the current text of bill, can it be amended so that our decision respects the needs and rights of our constituents and Canadians.
I will continue to open my mind and listen to what I hear from my constituents. I expect I might hear cases like mine where we were fortunate that when mom passed peacefully in her sleep a few months later, we did not have to make those difficult decisions. There are cases where a cure might be found soon for someone who is incurable today. There are cases where there is no hope for recovery and someone wants to ensure dignity is retained.
There are many other personal situations out there and as legislators, we must remember that. We have a duty to consider more than just our own personal opinions or those of the people close to us. We must be considerate of those who will be tasked with carrying out what we legislate. We must guard against any loophole or opportunity for this legislation to be exploited or abused, because we are literally legislating on matters of life and death here. Let us consider all of that in our deliberations.
Monsieur le Président, je suis honoré d'avoir la possibilité de m'exprimer en cette enceinte sur le projet de loi C-7, Loi modifiant le Code criminel relativement à l'aide médicale à mourir.
Chaque fois que je prends la parole à la Chambre, je me rappelle que ce privilège m'a été donné par les citoyens de North Okanagan—Shuswap, d'abord en 2015, puis en 2019. Cela fait environ cinq ans que je suis arrivé ici pour la première fois et je n'oublierai jamais l'excitation que j'ai ressentie quand j'ai pris mes fonctions de député. Je demeure très reconnaissant de pouvoir représenter la population de North Okanagan—Shuswap et, en fait, tous les Canadiens.
Chaque député a été chargé par ses électeurs de représenter tous les électeurs et j'espère que tous les députés ont fait de cette responsabilité un principe directeur dans l'exercice de leurs fonctions. Je crois que personne ne peut être vraiment préparé à remplir le rôle de député et à surmonter les situations inattendues qui surviennent, mais je peux affirmer que je suis arrivé ici l'esprit ouvert, ne demandant qu'à écouter et déterminé à donner le meilleur de moi-même pour représenter les citoyens de North Okanagan—Shuswap.
Peu après les élections fédérales de 2015, le projet de loi C-14 sur l'aide médicale à mourir a été présenté dans le cadre de la 42e législature. En assez peu de temps, le projet de loi C-14 a été débattu et adopté. Comme les députés s'en souviendront, le projet de loi C-14 a été adopté pour faire suite à la décision de la Cour suprême, qui jugeait que les adultes atteints de problèmes de santé graves et irrémédiables avaient droit au suicide assisté, comme on l'appelait à l'époque.
Pendant la période allouée pour le débat et pour l'étude en comité du projet de loi C-14, j'ai profité de l'occasion pour tâter le pouls des résidants de ma circonscription et je me suis servi de leurs commentaires pour définir ma position sur le sujet. Depuis ce temps, je suis resté à l'écoute de ces résidants, peu importe dans quel camp ils se rangent sur cette question, pour m'assurer de bien saisir les divers points de vue. Plusieurs m'ont dit croire au caractère sacré de la vie humaine et que l'heure de la naissance et de la mort devait être décidée par une autorité suprême. D'autres, qui étaient atteints de problèmes de santé incurables, souhaitaient avoir la possibilité de choisir un moment approprié pour mourir dans la dignité et pour dire leur dernier au revoir.
Les diverses convictions personnelles et situations dont m'ont fait part les gens de ma circonscription m'ont amené à réfléchir également à mon expérience personnelle et au fait que beaucoup d'entre nous ont la grande chance de ne pas avoir eu à prendre la décision personnelle et très difficile à laquelle de nombreux Canadiens doivent faire face tous les jours.
J'aimerais parler de ce qui a beaucoup occupé mon esprit pendant les débats et les études en 2016. J'y repense aujourd'hui alors que nous parlons à nouveau de ce sujet au Parlement. Ma mère a été atteinte de démence pendant quelques années avant sa mort. Au début, nous n'avons pas reconnu les symptômes ou nous ne voulions peut-être pas les voir. Au fil du temps, maman a eu de plus en plus de trous de mémoire. Au début, elle pouvait simplement avoir plusieurs contenants de lait dans le réfrigérateur parce que chaque fois qu'elle allait à l'épicerie, elle se rappelait qu'elle avait besoin de lait, mais elle oubliait qu'elle en avait acheté la veille.
Au fil du temps, sa mémoire s'est détériorée davantage et, plus tard, elle a été placée dans un établissement où elle était en sécurité et recevait des soins complets. Au début, seule sa mémoire à court terme lui faisait défaut, et elle conservait de nombreux souvenirs de sa jeunesse et de sa famille, mais cela a changé progressivement. Dans les derniers mois de sa vie, nous avons remarqué qu'elle n'utilisait plus le téléphone. Quand il sonnait, elle ne comprenait plus qu'il lui fallait soulever le récepteur et parler à la personne au bout du fil. Le téléphone avait été important pour elle, car elle téléphonait souvent à ses enfants, à ses petits-enfants et à ses arrière-petits-enfants le jour de leur anniversaire, mais, aux derniers mois de sa vie, elle ne se souvenait plus des numéros de téléphone, ne savait plus à quoi sert un téléphone et ne pouvait plus entamer une conversation.
Lors de ce qui allait être son dernier Noël, nous avions prévu de la ramener à la maison pour le dîner de Noël, et nous attendions tous ce jour avec impatience. Puis, le matin de Noël, nous avons reçu un appel téléphonique de l'établissement de soins, qui nous faisait savoir qu'elle avait attrapé la grippe et qu'elle ne serait pas en mesure de sortir. Nous avons réussi à survivre à la journée de Noël, tout en nous inquiétant de ce que la maladie s'avère plus grave que ce qu'elle pouvait supporter tellement elle était fragile.
Le lendemain, nous avons été surpris lorsque l'établissement nous a appelés pour nous dire que ma mère allait beaucoup mieux ce jour-là et qu'elle demandait si nous voulions aller la voir. Nous sommes partis, sachant qu'il se pouvait bien que ma mère ne paraisse pas ni ne se sente au mieux de sa forme parce qu'elle avait été malade.
Ce jour-là, nous sommes entrés dans la pièce et nous avons été totalement pris par surprise. Assise et les idées bien claires, elle nous attendait. Nous avons été choqués lorsqu'elle a commencé à parler comme elle le faisait deux ans avant le début de sa démence. Elle nous a dit combien elle se sentait mal de ne pas avoir pu sortir et faire les courses de Noël pour ses petits-enfants, et bien d'autres choses qu'elle n'avait pas pu dire pendant des mois.
Lorsque nous sommes retournés à la maison plus tard ce jour-là, notre répondeur était rempli de messages des cinq membres de ma fratrie, qui se demandaient ce qui se passait avec notre mère. Celle-ci avait téléphoné à chacun d'entre eux, en composant les numéros dont elle se souvenait, pour discuter longuement.
Nous étions tous abasourdis qu'elle ait retrouvé la mémoire et ses fonctions mentales de façon si spectaculaire, alors que son état était considéré comme incurable. Hélas, ce rétablissement n'était que temporaire, durant à peine 24 heures. Il s'agissait toutefois d'un renversement complet de sa démence pendant un certain temps. Encore aujourd'hui, personne n'a réussi à expliquer comment ni pourquoi cela s'était produit. Nous nous étions demandés à l'époque, et nous nous interrogeons toujours, si l'on était sur le point de trouver un remède.
Il s'agit là d'un seul exemple, mais depuis que l'aide médicale à mourir est devenue légale, j'ai eu connaissance de cas, directement ou par l'entremise de mes concitoyens, où les membres d'une famille parlaient très ouvertement de leur parent vieillissant ou d'un proche en phase terminale. Ils ont indiqué en toute honnêteté qu'à un certain moment, leur parent ou leur proche n'était plus celui qu'ils ont connu et qu'il ne souhaitait plus continuer. Ils m'ont dit qu'ils souhaitaient avoir la possibilité de faire un choix et qu'ils ne devraient pas en être privés.
Dans le cadre de l'examen du projet de loi aujourd'hui, nous devons tenir compte de toutes les personnes et de toutes les vies qui pourront être touchées par notre décision. Il s'agit d'une tâche très ardue du fait que nous ne sommes pas en mesure de prendre connaissance de l'ensemble des différents scénarios, de connaître les détails de certains symptômes, et les raisons motivant certains choix personnels.
C'est pourquoi je demande instamment à tous les députés de réfléchir aux mesures de sauvegarde qui devraient être en place et si elles ne figurent pas dans la version actuelle du projet de loi, de se demander s'il serait possible d'amender le projet de loi de manière à ce que notre décision tienne compte des besoins et des droits des gens que nous représentons et de toute la population canadienne.
Je continuerai à faire preuve d'ouverture d'esprit et à écouter ce que me disent les habitants de ma circonscription. Je pense que je pourrais prendre connaissance de cas comme le mien. En effet, ma famille a eu de la chance, car notre mère est décédée paisiblement dans son sommeil quelques mois plus tard, ce qui nous a évité d'avoir à prendre une décision difficile. Dans certains cas, on peut espérer la découverte rapide d'un médicament pour une personne qui est aujourd'hui incurable. Dans d'autres cas, il n'y a aucun espoir de guérison, et nous devons veiller à ce que le patient puisse conserver sa dignité.
À titre de législateurs, nous devons nous rappeler qu'il existe une multitude de situations personnelles possibles. Nous avons le devoir de ne pas nous limiter à nos propres opinions ni à celles de nos proches. Nous devons être attentifs à ceux qui seront chargés de mettre en application les lois que nous adopterons. Nous devons faire attention que ce projet de loi ne contienne aucune lacune et ne puisse pas être exploité ou utilisé abusivement, car nous légiférons littéralement sur des questions de vie ou de mort ici. Prenons tout cela en considération lors de nos délibérations.
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Lib. (MB)
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2020-10-28 17:36 [p.1379]
Mr. Speaker, I appreciate the member sharing his personal story about his mom. It is quite compelling to hear personal stories or to hear from individuals on all points on the spectrum as to why there is such a desperate need for the legislation and why it is very important we be so careful as we enter into this area, putting the checks and balances in place.
I had the opportunity to listen to all sides, as the member recommends we do, and put aside our personal thoughts, feelings, and maybe even situations, to get a fair assessment of the bigger picture. We have before us legislation that will move us forward. I suspect it will go to committee. Does the member have some very specific amendments he would like to see made to the legislation or is he more content to see it go to committee?
Monsieur le Président, je remercie le député de nous avoir raconté cette histoire personnelle au sujet de sa mère. Il est très intéressant d'entendre des histoires personnelles et d'entendre des personnes de tous les horizons expliquer pourquoi le projet de loi est si nécessaire et pourquoi il est essentiel que nous fassions preuve de prudence dans ce dossier, en mettant en place les freins et les contrepoids nécessaires.
Comme l'a recommandé le député, j'ai écouté tous les points de vue et j'ai mis de côté mes opinions, mes sentiments et même mes expériences personnelles pour avoir une bonne idée de la situation dans son ensemble. Le projet de loi qui nous occupe nous permettra de réaliser un progrès. Je pense qu'il sera renvoyé au comité. Le député souhaite-t-il que des amendements très précis soient apportés à la mesure législative ou préfère-t-il qu'elle soit renvoyée telle quelle au comité?
View Mel Arnold Profile
CPC (BC)
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2020-10-28 17:37 [p.1379]
Mr. Speaker, I appreciate the member is willing to listen to all of the personal scenarios that are out there. We certainly cannot hear them all. As he mentioned, there may be amendments moving forward. I do not think this is the correct place to get into exactly what specific amendments should be there. I would expect there would be amendments being moved if this bill gets to committee, and hopefully what comes out of that committee will be a bill that is respectful of the wishes of every Canadian.
Monsieur le Président, j'apprécie que le député accepte d'écouter toutes les histoires personnelles. Bien sûr, nous ne pouvons pas toutes les écouter. Comme il l'a mentionné, des amendements pourraient être proposés. Je ne crois pas qu'il s'agisse de la bonne tribune pour discuter des amendements qu'il devrait y avoir. Je m'attends à ce que des amendements soient présentés en comité, le cas échéant, et j'espère qu'il ressortira de ce comité un projet de loi respectueux des souhaits de tous les Canadiens.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Mr. Speaker, I thank my colleague for his very poignant remarks.
I agree with him that we need to take the time to study the bill carefully. The Bloc Québécois was actually relieved that the bill excludes individuals suffering solely from a mental illness from eligibility for medical assistance in dying, since that aspect requires further reflection, study and consultation. We hope this will be completed at the Standing Committee on Health as soon as the motion moved by my colleague from Montcalm is adopted.
I would like to hear more from my colleague on that aspect.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son témoignage très touchant.
Je suis d'accord avec lui sur le fait qu'il faut prendre le temps de bien étudier le projet de loi. Justement, le Bloc québécois était soulagé qu'il y ait, dans le projet de loi, l'exclusion de l'admissibilité à l'aide médicale à mourir pour les personnes souffrant uniquement de maladies mentales, puisque c'est une question qui nécessite davantage de réflexion, d'études et de consultations. Ce sera fait, nous l'espérons, au Comité permanent de la santé, à la suite de l'adoption de la motion de mon collègue le député de Montcalm.
J'aimerais l'entendre davantage sur cette question.
View Mel Arnold Profile
CPC (BC)
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2020-10-28 17:38 [p.1379]
Mr. Speaker, I appreciate the comments regarding the mental health portion being left out of this bill. Certainly, mental health has become a much more talked about issue over recent years. That is a good thing. The mental health aspect, especially now during the COVID situation with people suffering from isolation more than any other time I have ever known and probably any of us have ever known, of medical assistance in dying certainly needs further discussion and may be addressed in further legislation in years to come.
Monsieur le Président, j'apprécie les commentaires sur le fait que la santé mentale soit exclue de ce projet de loi. Il est certain qu'on discute beaucoup plus de la santé mentale depuis quelques années. C'est une bonne chose. La question de la santé mentale, en particulier durant la pandémie de COVID qui fait que des personnes souffrent de l'isolement plus que jamais, nécessite à coup sûr de plus amples discussions dans le contexte de l'aide médicale à mourir et pourrait faire partie d'un futur projet de loi.
View Randall Garrison Profile
NDP (BC)
Mr. Speaker, I also want to thank the member for North Okanagan—Shuswap for his moving commentary on this bill. I want to reflect on what the member for Cypress Hills—Grasslands said, which is that all members of Parliament have sincerely held beliefs on the issues before us in this bill. What I would urge here is for us to make the distinction between the need for the larger review of medical assistance in dying, which was provided for in the original legislation, and that review unfortunately has not started, and what is actually in Bill C-7. While the member for North Okanagan—Shuswap was not really as guilty as some of his colleagues have been of doing this, I think there are some people who by using “death on demand” and “same-day dying” are distorting what is actually in Bill C-7. I think it behooves all of us, in order to have a respectful debate, that we talk about what is actually there. The bill still requires that someone be suffering from an incurable illness, intolerable suffering and irreversible decline, so I would urge all members, including this member, to keep in mind what is actually in the bill.
Monsieur le Président, j'aimerais aussi remercier le député de North Okanagan—Shuswap pour son discours émouvant sur ce projet de loi. J'aimerais revenir sur ce que le député de Cypress Hills—Grasslands a dit, à savoir que tous les députés ont des convictions sincères en ce qui concerne les questions soulevées dans ce projet de loi. Je voudrais vraiment qu'on fasse la différence entre la nécessité d'un examen plus large de l'aide médicale à mourir, prévu dans la mesure législative initiale — cet examen n'a malheureusement pas encore commencé — et ce qui se trouve véritablement dans le projet de loi C-7. Le député de North Okanagan—Shuswap ne s'est pas vraiment abaissé, comme certains de ses collègues, à parler de « mort sur demande » ou de « mort dans la journée ». Ce faisant, ces députés présentent sous un faux jour le contenu réel du projet de loi C-7, en fait. Pour avoir un débat respectueux, il nous incombe à tous, selon moi, de parler de ce qu'il y a réellement dans le projet de loi. Selon le projet de loi, il faut toujours qu'il y ait une maladie incurable, des douleurs insupportables et un déclin irréversible. Je demanderais donc à tous les députés, et à celui-là en particulier, de garder à l'esprit ce qui se trouve réellement dans le projet de loi.
View Mel Arnold Profile
CPC (BC)
View Mel Arnold Profile
2020-10-28 17:40 [p.1379]
Mr. Speaker, I certainly agree with the member that the review of the original Bill C-14, medical assistance in dying, needs to take place so there is a proper review of what has been happening since 2016 when it passed. As we move forward with this bill, we certainly need to be cautious and review it, because what we are dealing with here as legislators is the life and death of other people.
Monsieur le Président, je suis totalement d'accord avec le député sur le fait que l'examen des dispositions du projet de loi C-14 sur l'aide médicale à mourir doit avoir lieu afin que l'on puisse se pencher adéquatement sur ce qui s'est produit depuis l'adoption du projet de loi en 2016. Au fur et à mesure de la progression du présent projet de loi, nous devons assurément faire preuve de prudence et l'examiner, parce qu'en tant que législateurs, nous sommes saisis d'une question qui concerne la vie et la mort de personnes.
View Garnett Genuis Profile
CPC (AB)
On a point of order, Mr. Speaker, I am just a bit confused about the process here. Are we proceeding with the question now or is there somebody else is up to speak?
Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Le processus n'est pas très clair. La Chambre passe-t-elle au vote maintenant ou quelqu'un d'autre prendra-t-il la parole?
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Lib. (MB)
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2020-10-27 10:14 [p.1270]
Mr. Speaker, it is with pleasure that I continue with my comments from yesterday.
After listening to the debate yesterday, I wanted to highlight a couple of important points that were made. I believe the most important one is that people should feel free to be who they are. The consequences of societal pressures on people to conform to something they are not causes a great deal of stress and anxiety that leads to some very severe consequences. We heard about some of those consequences yesterday. The most extreme of these, of course, which is a sad reality, is that some people will ultimately commit suicide. This is not to mention the many other things that will take place as a result of society and attitudes that really need to change.
This is not to say we have not made progress. I am 58 years old, and in my generation there has been a great deal of change over the years. I am encouraged by that. Yesterday one of my colleagues said that we want to make Canada the safest place to fall in love, and that speaks of Canada's rich diversity. Diversity goes far beyond our wonderful ethnic diversity. It should incorporate all aspects of the human being and our society in general, and we should be very proud of it.
As I have indicated, I truly believe in Canada's Charter of Rights and Freedoms and how important our standing in the world is regarding the degree to which we recognize the importance of freedom. I am therefore encouraged to see this legislation. What I found really encouraging yesterday, in listening to discussions on the issues of conversion therapy, is that it seems everyone inside the House opposes it and sees the type of harm it causes in society. A number of members have raised issues and wanted some clarification, but on principle, the House appears to be unanimous in its thinking regarding the dangers of conversion therapy. I hope we will see unanimous support for this legislation, because I believe it is worth being supported by all members of this chamber.
I will be specific with what the legislation would criminalize. We should all note this. It would criminalize causing a person under the age of 18, a minor, to undergo conversion therapy; removing a minor from Canada to undergo conversion therapy abroad; causing a person to undergo conversion therapy against their will; receiving financial or other material benefits from the provision of conversion therapy; and advertising an offer to provide conversion therapy. The essence of what this bill would do is protect minors from conversion therapy regardless of whether it is provided within or outside of Canada, protect adults who are vulnerable to being forced to undergo conversion therapy and protect Canadians from the commercialization of conversion therapy.
I see this as a positive step forward, and I want to reflect on some of the comments I made yesterday, and already this morning, on the degree to which things have changed.
I can recall my school days quite vividly, and I had no sense of what “gay” was. It was not even talked about in school. I had no sense, in terms of any type of behaviour, of what was being perceived or pushed on from the norms of society. It was not until the latter years of high school I started to get a sense there was a part of life that I was not privy to, or that was frowned upon.
When I went into the Canadian Forces, I really started to see discrimination against people who were gay, and the negative impacts of being gay. I suspect I do not need to cite specific examples for people to understand some of the things I am implying with that statement.
Once I entered the political realm in the mid-eighties, things were taking place that were actually fairly encouraging. For example, the Pride parade in Winnipeg was established in 1987. It was not meant to be a Pride parade, per se, but it was a gathering of people with respect to an action from the Manitoba legislature. The action would have included sexual orientation as part of the Manitoba Human Rights Code. Hundreds of people were gathering, either to protest the fact that it did not pass or to celebrate the fact it did pass. It turned into a parade. That was really significant back in the eighties.
Fast-forwarding 25 years, it is really encouraging to look at the Manitoba legislature. Located in downtown Winnipeg in a beautiful building, the chamber, with its horseshoe shape, is one of the finest debating chambers in Canada and possibly even North America. Huge Roman heritage pillars are at the very front of the building. It has a beautiful lawn. About 25 years after that first Pride parade, we saw a celebration and the different colours of the rainbow shining up the pillars. We recognized just how far we have come. It was part of a week of Pride celebrations.
We need to think of the impact that has on our community. It is very difficult for us to comprehend the pressures people are under when hiding their feelings. Because of my upbringing, it is very hard for someone like me to imagine that. I can only attempt to understand the difficulty of young people, in particular, dealing with a very difficult situation in their school, home or work lives. The least I can do is to encourage that freedom where I can. Bill C-6 is a good example. It sends a positive message, but the work is not done. We can still do so much more.
The other thing I am very proud of is the fact that Glen Murray was the first openly gay mayor of a major urban centre in Canada: my home city of Winnipeg.
I thank Glen Murray and Randy Boissonnault from the Liberal caucus, both people I have known over the years who have been such strong advocates, and my daughter to a certain degree, for making sure I am sensitive and have a better, more comprehensive understanding of an issue that is important to all of us.
Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je poursuis l'intervention que j'ai commencée hier.
À la lumière des échanges que j'ai entendus hier, j'aimerais attirer l'attention sur quelques points importants qui ont été soulevés. Selon moi, le plus important, c'est que les gens devraient se sentir libres d'être qui ils sont. Les pressions sociales qui sont exercées sur les gens afin qu'ils soient autre chose qu'eux-mêmes leur causent énormément de stress et d'anxiété et peuvent avoir des conséquences très graves. Nous avons entendu parler de certaines de ces conséquences hier. Manifestement, la plus grave, c'est que certaines personnes iront jusqu'au suicide. C'est une triste réalité, et c'est sans compter les nombreux autres effets indésirables causés par une société où il doit se produire une révolution des mentalités.
Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas fait de progrès. J’ai 58 ans, et, depuis ma naissance, les choses ont bien changé au fil des ans. Je trouve cela encourageant. Hier, l’un de mes collègues a dit que nous voulions faire du Canada l’endroit le plus sûr pour les amoureux, et cela illustre bien la grande diversité de notre pays. Mais cette diversité ne doit pas se limiter à la diversité ethnique, loin de là. Elle doit incorporer tous les aspects de l’être humain et de la société en général, et nous devons en être très fiers.
Comme je l’ai dit, je suis un fervent défenseur de la Charte des droits et libertés, car tout le monde sait que la réputation d’un pays est proportionnelle à l’importance qu’il accorde à la liberté. Je me réjouis donc que la Chambre soit saisie de ce projet de loi. Ce que j’ai trouvé vraiment encourageant hier, alors que j’écoutais les débats sur les thérapies de conversion, c’est de constater que tout le monde semble s’opposer à ce genre de pratique à cause des torts qu’elle cause à des membres de notre société. Un certain nombre de députés ont soulevé des questions et ont demandé des précisions, mais, sur le principe, la Chambre semble être unanimement favorable à ce projet de loi, lequel mérite l'appui de tous les députés.
Je vais apporter des précisions sur ce que le projet de loi criminalise, car c’est important. Le projet de loi crée les infractions suivantes: faire suivre une thérapie de conversion à un enfant; agir en vue de faire passer un enfant à l’étranger pour qu’il y suive une thérapie de conversion; faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré; bénéficier d’un avantage matériel, notamment pécuniaire, provenant de la prestation de thérapies de conversion; faire de la publicité en vue d’offrir de la thérapie de conversion. Le projet de loi vise essentiellement à: protéger les mineurs contre des thérapies de conversion, que ces thérapies soient administrées au Canada ou à l’étranger; protéger les adultes qui sont susceptibles d’être forcés de suivre une thérapie de conversion; protéger les Canadiens contre les méfaits de la publicité sur les thérapies de conversion.
Pour moi, c’est un pas dans la bonne direction, et j’aimerais revenir sur ce que j’ai dit hier et ce matin sur le fait que les choses ont beaucoup changé.
Je me souviens très bien que, lorsque j’allais à l’école, je n’avais aucune idée de ce qu’était un « homosexuel ». On n’en parlait même pas à l’école. Je n’avais aucune idée de ce qui était considéré comme différent par rapport aux normes de la société. Ce n’est qu’à la fin de l’école secondaire que j’ai commencé à comprendre qu’il y avait des gens dont le comportement m’était complètement inconnu et qui étaient marginalisés par la société.
C’est quand je suis entré dans les Forces armées canadiennes que j’ai été témoin de la discrimination qui s’exerçait contre les homosexuels et des injustices dont ils étaient victimes. Je ne pense pas avoir besoin de vous en donner des exemples précis pour que vous compreniez ce que je veux dire.
Lorsque j'ai amorcé ma carrière politique, au milieu des années 1980, on a observé des progrès encourageants. Par exemple, en 1987 a eu lieu le premier défilé de la fierté de Winnipeg. Au départ, c'était plutôt un rassemblement de centaines de personnes prêtes à protester contre le rejet ou à célébrer l'adoption, par l'Assemblée législative du Manitoba, d'une mesure visant à inscrire l'orientation sexuelle dans le Code des droits de la personne du Manitoba. Le rassemblement s'est transformé en défilé. C'était un événement marquant à l'époque.
Il est très encourageant de voir où en est l'Assemblée législative du Manitoba, 25 ans plus tard. Située dans un bel édifice au centre-ville de Winnipeg, la Chambre, configurée en forme de fer à cheval, est l'une des plus belles salles d'assemblée législative au Canada, voire en Amérique du Nord. D'énormes colonnes romaines patrimoniales ornent la façade de l'édifice, qui donne sur une belle pelouse. Près de 25 ans après le premier défilé de la fierté, dans le cadre d'une semaine complète de célébrations de la fierté gaie, on y a tenu une célébration où les colonnes brillaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. C'était une belle occasion de prendre conscience des progrès que nous avons réalisés.
Nous devons penser aux conséquences sur les gens dans nos communautés. Il est très difficile pour la majorité d'entre nous d'imaginer les pressions que ressentent les personnes qui doivent cacher leurs sentiments. En raison de la manière dont j'ai été élevé, c'est très difficile pour une personne comme moi de me l'imaginer. Je peux seulement essayer de comprendre les difficultés qu'ont les jeunes, par exemple, qui doivent composer avec des circonstances très pénibles à l'école, à la maison ou au travail. Le moins que je puisse faire est d'encourager cette liberté, quand je le peux. Le projet de loi C-6 en est un bon exemple. Il envoie un message positif, mais il reste beaucoup de travail à accomplir. Nous pouvons aller encore plus loin.
L'autre point dont je suis très fier est le fait que Glen Murray a été le premier maire ouvertement homosexuel d'un grand centre urbain au Canada: c'est-à-dire Winnipeg, la ville d'où je viens.
Je remercie Glen Murray et Randy Boissonnault du caucus libéral, que je connais tous les deux depuis des années et qui ont été d'ardents défenseurs des droits et libertés, et ma fille qui, dans une certaine mesure, a veillé à ce que je développe mon empathie et que je comprenne mieux cette cause qui est très importante pour tout le monde.
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CPC (ON)
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2020-10-27 10:25 [p.1271]
Madam Speaker, through you to my colleague across the way, I have a couple of quick points.
First, he mentioned at the start of his speech that he was confused as to whether he was 57 or 58 years old. I would appreciate that clarification.
I would like to note that I learned something new about him, which is that he served in the Canadian Armed Forces in the past. We will have that discussion.
Some of the previous members spoke about potential amendments to the bill and what they would like to see. I would like to state that conversion therapy is wrong and should be banned, but the Justice website states:
These new offences would not criminalise private conversations in which personal views on sexual orientation, sexual feelings or gender identity are expressed such as where teachers, school counsellors, pastoral counsellors, faith leaders, doctors, mental health professionals, friends or family members provide affirming support to persons struggling with their sexual orientation, sexual feelings, or gender identity.
Does the member have a concern that anything in that statement would prevent it from being included in this legislation?
Madame la Présidente, par votre entremise, j'aimerais poser quelques questions rapides à mon collègue d'en face.
Premièrement, au début de son discours, il a dit qu'il ne savait pas trop s'il avait 57 ans ou 58 ans. J'aimerais qu'il nous précise cela.
En outre, j'ai appris quelque chose de nouveau à son sujet, soit qu'il a servi auparavant dans les Forces canadiennes. Nous en discuterons un moment donné.
Certains députés qui m'ont précédé ont parlé d'amendements possibles au projet de loi et de ce qu'ils aimeraient y voir. Je tiens à dire que la thérapie de conversion est inacceptable et qu'il faut l'interdire. Voici ce qu'en dit le site Web du ministère de la Justice:
Ces nouvelles infractions ne criminaliseraient pas les conversations privées dans lesquelles des opinions personnelles sur l'orientation sexuelle ou les sentiments sexuels ou l'identité de genre sont exprimées, comme lorsque des enseignants, des conseillers scolaires, des conseillers pastoraux, des chefs religieux, des médecins, des professionnels de la santé mentale, des amis ou des membres de la famille fournissent du soutien aux personnes qui se posent des questions.
Le député juge-t-il que cet énoncé contient quoi que ce soit qui pourrait nous empêcher de l'inclure dans le projet de loi?
View Kevin Lamoureux Profile
Lib. (MB)
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2020-10-27 10:26 [p.1271]
Madam Speaker, on the age front, January 22, 1962, at St. Boniface Hospital, was a very special moment for my parents. I will let the member do the math.
The member brings forward a very reasonable question. From statements made by the minister, I believe that once the bill goes to committee we, as a government, are open to the possibility of making some changes working with opposition members. All I ask members of all political parties to recognize is the immense amount of consultation and work that was done to bring the legislation we have today in its current form.
Madame la Présidente, en ce qui concerne mon âge, je suis né le 22 janvier 1962 à l'Hôpital Saint-Boniface. Je laisse le député faire le calcul. Ce fut une journée très spéciale pour mes parents.
Le député soulève une question fort raisonnable. D'après les déclarations du ministre, je crois que, lorsque le projet de loi parviendra au comité, le gouvernement sera disposé à y apporter des changements en travaillant en collaboration avec les députés de l'opposition. Tout ce que je demande aux députés des différents partis d'opposition, c'est de reconnaître toute la somme de consultations et de travail qui a été faite en amont afin de présenter cette mesure législative sous sa forme actuelle.
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NDP (ON)
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2020-10-27 10:27 [p.1271]
Madam Speaker, the member and I are both of the same age group. I remember, when I was a teenager, my queer friends were expelled from their families. It was common that if they came out to their parents, many of those young people were told they were not welcome in their own homes. I think of that because my mother goes to mass every single day, but in our home my parents always made sure that the dinner table was set for those who had been kicked out of their own families and had no place else. When we were teenagers, my father told us who we love is who we love, and that is what we must always remember. I think of how, with the young generation today and my daughter's friends, being gay or queer is not an issue. It is considered okay. We have come a long way, but we have not come far enough. I think banning conversion therapy is a huge step we have to take as a nation, to say that we will not go back and undermine the rights of people to be who they are. I want to commend my colleague for his speech.
Madame la Présidente, le député et moi faisons partie du même groupe d'âge. Lorsque j'étais adolescent, je me souviens que mes amis queers ont été expulsés de leur famille. Il était fréquent que lorsqu'ils parlaient de leur orientation à leur propre famille, on leur répondait qu'ils n'y étaient plus les bienvenus. Je pense à cela parce que ma mère va à l'église tous les jours, et qu'à l'époque, mes parents veillaient toujours à ce qu'il y ait une place de plus à la table à manger pour accueillir quelqu'un que sa famille avait expulsé et qui n'avait nulle part où aller. Lorsque nous étions adolescents, mon père nous disait qu'il importe peu qui on aime quand on aime, et qu'il ne fallait pas l'oublier. Aujourd'hui, quand je regarde la jeune génération et les amis de ma fille, je constate à quel point le fait d'être gai ou queer importe peu. C'est considéré comme étant normal. Nous en avons fait du chemin, mais il en reste encore à faire. Je crois qu'interdire la thérapie de conversion constitue un énorme pas en avant que nous devons franchir en tant que nation pour affirmer que nous ne reviendrons pas en arrière et ne porterons pas atteinte au droit des gens d'être qui ils sont. En passant, je félicite mon collègue de son discours.
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Lib. (MB)
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2020-10-27 10:28 [p.1272]
Madam Speaker, it is important for us to recognize how things have changed and why it is so important that we continue to move forward. The very first time I had an appreciation of how society needed to change was in the early eighties, when I first heard the phrase “gay bashing.” From what I can recall, it had taken place behind the Manitoba legislature. Although I would have been in my teens or early twenties, that is when I first became aware of it. Other families were possibly far more progressive than mine, which I appreciate in one sense. That is why it is so important for me to share my thoughts with my family, and my daughter Cindy in particular is probably now even further advanced on the issue than I am.
Madame la Présidente, il est important de reconnaître que les choses ont changé et pourquoi il faut absolument continuer d'avancer. J'ai pris conscience que la société devait changer au début des années 1980, quand j'ai entendu parler du tabassage d'un homosexuel. Si je me souviens bien, cela s'était produit derrière l'édifice de l'Assemblée législative du Manitoba. J'approchais les 20 ans ou venais de les avoir, mais c'est la première fois que j'entendais parler de ce genre de chose. Il est possible que certaines familles aient été beaucoup plus progressistes que la mienne, ce qui est bien dans un sens. C'est pourquoi je trouve si important d'en discuter avec ma famille. Ma fille Cindy, plus particulièrement, est même probablement maintenant plus au fait que moi de la question.
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GP (NB)
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2020-10-27 10:29 [p.1272]
Madam Speaker, we are talking about removing something from our society that can create harm.
I would also like to hear the parliamentary secretary's thoughts around some of the ways we need to improve investing in services and supports: wrap-around care. I am thinking about Clinic 554 in Fredericton, New Brunswick.
Across the country there are things we need to do to ensure that trans health care is something we protect and invest in, as an example. I am just wondering what the member thinks about that as a conversation.
Madame la Présidente, il est question ici d'éliminer de notre société quelque chose qui peut causer du tort.
J'aimerais que le secrétaire parlementaire nous parle de ce qui peut être fait pour améliorer les investissements dans les services et les mesures de soutien, c'est-à-dire les soins multidisciplinaires. Je pense à la clinique 554 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
Des mesures doivent être prises d'un bout à l'autre du pays pour protéger les soins de santé offerts à la communauté trans et investir dans ces soins par exemple. Quel est l'avis du député sur cette question?
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Lib. (MB)
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2020-10-27 10:30 [p.1272]
Madam Speaker, I absolutely think it is important that, as a government, we work with other jurisdictions and do not underestimate the value of non-profit organizations that are advocacy groups and provide direct services. I know at least two or three websites have all sorts of wonderful resources.
There is so much more there now than a decade ago. However, there is still a need for governments to work together to ensure there is that ultimate freedom for people to be who they are.
Madame la Présidente, je suis convaincu que nous devons travailler avec d'autres ordres de gouvernement et ne pas sous-estimer la valeur des organismes à but non lucratif, composés de militants directement au service de la population. Je sais qu'au moins deux ou trois sites Web disposent de toutes sortes de ressources merveilleuses.
Il existe beaucoup plus de ressources aujourd'hui qu'il y a dix ans. Toutefois, les gouvernements doivent conjuguer leurs efforts afin de garantir que les gens jouissent de la liberté absolue d'être qui ils sont.
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BQ (QC)
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2020-10-27 10:31 [p.1272]
Madam Speaker, I commend my colleague for his speech.
Yesterday, reference was made to people who get sex changes or other such medical procedures. It was said that we should be asking ourselves some questions in that regard. Personally, I think that is confusing the issue, since the main purpose of the bill currently before us is to protect children from unacceptable treatment.
I would like to hear what my colleague has to say about that.
Madame la Présidente, je félicite mon collègue de son discours.
Hier, on a fait référence aux gens qui ont commencé des traitements médicaux, pour un changement de sexe ou autre. On a dit que nous devions nous poser des questions à cet égard. Personnellement, je prétends qu'il s'agit là de mélanger les choses, puisque le projet de loi dont nous débattons présentement vise surtout à protéger les enfants contre des traitements inadmissibles.
J'aimerais entendre mon collègue à ce sujet.
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Lib. (MB)
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2020-10-27 10:32 [p.1272]
Madam Speaker, I took the time to specifically read what the bill does. It is important because it is a significant step in terms of criminalizing conversion therapy. It is something I believe the vast majority of Canadians would support, because it is long overdue.
The member made reference to medical procedures. I am not quite as comfortable talking about that, because I do not know the details offhand.
Madame la Présidente, j'ai pris le temps de lire soigneusement le libellé du projet de loi. Ce projet de loi représente une étape importante dans la criminalisation de la thérapie de conversion. Je crois que la grande majorité de la population canadienne va appuyer une telle mesure législative, car elle s'imposait depuis longtemps.
Le député a fait référence à certaines procédures médicales. Je ne suis pas aussi à l'aise d'aborder cet aspect de la question, car je ne suis pas au courant des détails.
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CPC (MB)
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2020-10-27 10:33 [p.1272]
Madam Speaker, I want to thank the member for Winnipeg North for his speech. I enjoyed listening to it. We come from the same province, and I am familiar with some of the stories he told.
My question is regarding youth and children's volunteers. Many community organizations in my constituency have volunteers who give of their time to work with young people and adolescents. We know that many adolescents struggle with their sexual identity and have sexual dysphoria. They often go to leaders in their groups, whether coaches or youth leaders in a church or a community organization, to share their struggles. I have heard back from many constituents. Just last week I heard from people who work as leaders with middle school folks in an organization.
What are they supposed to do when someone comes to talk to them, looking for some clarification as to their sexual identity? Some believe, the way they read this legislation, that they could possibly be criminalized for that. I would like the hon. member to provide some clarity.
Madame la Présidente, je remercie le député de Winnipeg-Nord de son discours, que j'ai écouté avec plaisir. Originaire de la même province, je connaissais déjà certaines des histoires qu'il a racontées.
Ma question porte sur les bénévoles qui œuvrent auprès des enfants et des jeunes. De nombreux organismes communautaires de ma circonscription font appel à des bénévoles pour s'occuper des jeunes et des adolescents. Nous savons que bon nombre d'adolescents s'interrogent sur leur identité sexuelle et souffrent de dysphorie de genre. Ils se tournent alors souvent vers les responsables de leurs groupes, que ce soit un entraîneur ou un jeune leader dans une église ou un organisme communautaire, à qui ils confient leurs difficultés. Plusieurs des résidants de ma circonscription m'ont parlé de cet enjeu. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai d'ailleurs entendu le témoignage des leaders d'une organisation qui œuvre auprès de jeunes fréquentant l'école intermédiaire.
Que sont-ils censés faire lorsqu'une personne vient leur parler dans le but de mieux comprendre son identité sexuelle? Selon certains, le libellé du projet de loi laisse croire que ces gens pourraient faire l'objet de poursuites criminelles. J'aimerais que le député éclaircisse ce point.
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Lib. (MB)
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2020-10-27 10:34 [p.1272]
Madam Speaker, I suspect that once the bill goes to committee, through the presentations that will be made and the question-and-answer sessions, we will have a lot more clarity on the issue.
There are also Government of Canada websites, as well as the minister's opening comments in the introduction to the bill, that address many of the concerns the member raised. That is why I look forward to the bill ultimately going to committee and then coming back to the House.
I am hopeful that members on all sides of the House appreciate the value in seeing this legislation pass. I would like to see it pass through the House of Commons before the end of the year.
Madame la Présidente, je pense que, lorsque le projet de loi sera renvoyé au comité, il y aura beaucoup moins d'ambiguïtés à cet égard, grâce aux témoignages qui seront livrés et aux périodes de questions et de réponses.
De plus, certains sites Web du gouvernement du Canada, ainsi que les observations préliminaires faites par le ministre lors de la présentation du projet de loi, répondent à bon nombre des préoccupations soulevées par le député. C'est pourquoi j'ai hâte que le projet de loi soit renvoyé au comité, puis revienne à la Chambre.
J'espère que les députés de tous les partis comprennent l'importance de faire adopter cette mesure législative. J'aimerais d'ailleurs qu'elle le soit avant la fin de l'année.
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BQ (QC)
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2020-10-27 10:35 [p.1272]
Madam Speaker, I will be sharing my time with the member for Shefford.
When the government said it was going to crack down on conversion therapy, the Bloc Québécois was very pleased, especially since the government had previously said it could do nothing following an April 2019 petition to ban the practice.
The Bloc Québécois views conversion therapy not as a medical procedure but as a barbaric practice designed to negate an individual's identity. Conversion therapy is pseudo-science. It is dangerous and degrading for those subjected to it, and it is totally ineffective to boot. People who provide sexual reorientation therapy are not health professionals. No self-respecting professional could provide this so-called service without realizing that it is essentially an affront to their profession.
This is 2020. It is about time we acknowledged that attraction to individuals of the same sex is a normal variation of human behaviour. It is therefore our duty to protect the victims of conversion therapy proponents, who tend to have very conservative religious views. We know the groups that promote conversion therapy are small and marginal, but we want to reaffirm that respecting beliefs goes hand in hand with respecting differences and ensuring the equality of all. Members of the LGBTQ2 community must get the respect they deserve as soon as possible.
Historically, Quebec has been a leader in human rights. The Quebec Charter of Human Rights and Freedoms has recognized sexual orientation as a prohibited ground of discrimination since 1977. It should also be noted that the gay and lesbian community has made significant gains since 1999. For example, in June 1999, the Government of Quebec passed Bill 32 to amend various legislative provisions concerning same sex couples. Other bills followed. Bill C-23 passed on January 1, 2001, and Bill 84 passed in June 2002. The federal government passed Bill C-38 on June 28, 2005. Even public and parapublic sectors negotiated protections for the LGBTQ2 community into their collective agreements.
Just because certain rights were recognized, including the recognition of same sex spouses, it does not mean that every barrier of discrimination against homosexuality will come down over night. These were important gains, but members of that community might agree that despite these societal advances, there is still a lot of work to do to eliminate the discrimination they endure. For gay youth and adults, the path to equality is strewn with many obstacles including ignorance and prejudice, labelling and discrimination, harassment and aggression.
Not so long ago, epidemiologist Travis Salway found that suicide is the leading cause of death among gay and bisexual men in Canada and he tried to understand why. He believes this is related to what is known as minority stress, which often leads to persistent negative thoughts and a feeling of despair. What is more, Mr. Salway has officially spoken out against sexual reorientation therapy.
In Canada, 47,000 sexual minority men have undergone conversion therapy. We do not have the figures for women, but that is a significant number of men. In Quebec, Gabriel Nadeau, a former member of a Pentecostal Protestant community who went through conversion therapy not once, not twice, but three times, has been speaking out on behalf of people who are being asked to be heterosexual despite being strongly attracted to someone of the other sex. His testimony is chilling:
In my community, it was believed that homosexuality was an evil spirit...I knew that exorcisms were performed.
That sounds like a movie.
Mr. Nadeau now accepts himself for who he is. He says that he would never return to his religious prison. I commend him for his strength and resilience, and I wish him all the best.
Not all stories end well, however. Conversion therapy can leave deep scars, as explained by the Canadian Psychological Association. It notes that such practices can result in negative outcomes such as distress, anxiety, depression, negative self-image, social isolation, a feeling of personal failure, difficulty sustaining relationships and sexual dysfunction.
The members of the Bloc Québécois are unanimously opposed to conversion therapy, because we believe that equality between Quebeckers is a fundamental value and an inalienable right in Quebec. Practices that deny the existence of a person's core identity must be condemned. We are pleased to see what is happening here, in the House of Commons.
In Quebec, respect for gender identity and sexual orientation is a value, and conversion therapy violates that value. That is why we will be supporting Bill C-6, which amends the Criminal Code to criminalize the following: causing a person to undergo conversion therapy against the person's will; causing a child to undergo conversion therapy; doing anything for the purpose of removing a child from Canada with the intention that the child undergo conversion therapy outside Canada; advertising an offer to provide conversion therapy; and receiving a financial or other material benefit from the provision of conversion therapy.
The Bloc Québécois has always been deeply committed to protecting and promoting the rights and freedoms of citizens. We have always been quick to combat discrimination based on sexual orientation. In fact, Quebec is following suit, as it is also looking at legislation. The Bloc Québécois is certainly very pleased that both parliaments are recognizing that, in a democracy, there is good reason to affirm collective values and regulate religious practices that go contrary to those values under the law.
I will end on a somewhat more personal note. I have always believed that what parents want first and foremost is for their children to be happy and for there to be no obstacles to this happiness. When my son told me he was gay, I felt sad. I was not sad because he was homosexual, but because I knew that he would face discrimination and have to endure insults. Like many others, he has been the victim of homophobia.
By passing Bill C-6, I believe that we will help create a society where the LGBTQ2 community will be better protected. I also believe that it is our duty to work with this community to help them to overcome the prejudices they experience.
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Shefford.
Quand le gouvernement a dit qu'il allait s'attaquer aux thérapies de conversion, le Bloc québécois s'en est réjoui, d'autant plus qu’en avril 2019, à la suite d'une pétition déposée en ce sens, le gouvernement a dit qu'il ne pouvait pas agir.
Pour le Bloc québécois, la thérapie de conversion n'est pas un acte médical, c'est une procédure barbare qui vise à nier l'identité d'un individu. Ces thérapies sont de la pseudoscience; elles sont dangereuses et dégradantes pour les personnes qui la subissent, en plus d'être totalement inefficaces. Ceux et celles qui offrent des thérapies de réorientation sexuelle ne sont pas des professionnels de la santé. Aucun professionnel digne de ce nom ne pourrait offrir ce soi-disant service sans considérer qu'il s'agit fondamentalement d'un acte dérogatoire à la dignité de sa propre profession.
Nous sommes en 2020. Il est grand temps que nous reconnaissions que l'attirance envers les personnes du même sexe est une variation normale du comportement humain. Il est donc de notre devoir de protéger les victimes des partisans des thérapies de conversion qui tendent à avoir des opinions religieuses très conservatrices. Nous reconnaissons que les groupes qui font la promotion de ces thérapies sont des groupuscules qui sont minoritaires, mais nous tenons à réaffirmer que le respect des croyances doit aller de pair avec le respect de la différence et l'assurance de l'égalité entre les citoyennes et les citoyens. Les membres de la communauté LGBTQ2 doivent obtenir le respect qu'ils méritent, et ce, le plus tôt possible.
Historiquement, le Québec a été un chef de file au Canada en matière de protection des droits. La Charte des droits et libertés de la personne du Québec reconnaît depuis 1977 l'orientation sexuelle comme un motif prohibé de discrimination. On doit constater aussi que, depuis 1999, la communauté gaie et lesbienne a obtenu des gains importants. Par exemple, le gouvernement du Québec, en juin 1999, adoptait la loi 32 qui modifiait certaines dispositions législatives concernant les conjoints de même sexe. D'autres lois ont vu le jour: le projet de loi C-23 a été adopté le 1er janvier 2001; la loi 84 a été adoptée en juin 2002; le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi C-38 le 28 juin 2005. Même les négociations des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic inscrivaient dans leur convention collective des protections pour la communauté LGBTQ2.
Le fait d'avoir obtenu la reconnaissance de certains droits, entre autres la reconnaissance des conjoints et des conjointes de même sexe, ne veut pas dire pour autant que toutes les barrières de discrimination envers l'homosexualité seront brisées du jour au lendemain. Ce furent des gains importants, mais, par ailleurs, les membres de cette communauté pourraient sans doute corroborer que, malgré ces avancées sociétales, il reste encore beaucoup à faire pour éliminer la discrimination dont ils font les frais. Pour les jeunes et les adultes homosexuels, le chemin vers l'égalité comporte de nombreux obstacles: ignorance et préjugés, étiquetage et discrimination, harcèlement et agression.
D'ailleurs, il n'y a pas si longtemps, l'épidémiologiste Travis Salway a constaté que le suicide est désormais la cause principale de mortalité chez les hommes homosexuels et bisexuels canadiens et il a tenté de comprendre pourquoi. Selon lui, ce serait lié à ce qu'on appelle le stress des minorités, qui a souvent pour effet d'engendrer des pensées négatives, persistantes et un sentiment de désespoir. D'ailleurs, M. Salway s'est prononcé officiellement contre les thérapies de réorientation sexuelle.
Il faut savoir qu'au Canada 47 000 hommes canadiens appartenant à une minorité sexuelle ont été soumis à une thérapie de conversion. On ne sait pas combien de femmes ont subi le même sort. Ce sont 47 000 hommes, ce n'est pas rien. Au Québec, Gabriel Nadeau, un ex-membre d'une communauté protestante pentecôtiste, à qui on a fait subir pas une, pas deux, mais trois thérapies de conversion, est devenu le porte-voix de ces gens à qui l'on demande d'être hétérosexuels malgré leur attirance profonde pour une personne de l'autre sexe. Son témoignage donne froid dans le dos:
Dans le groupe [avec qui] j'étais, il y avait la croyance que l'homosexualité était un esprit maléfique [...] Il y avait cette pratique-là de faire des exorcismes.
On se croirait dans un film.
Aujourd'hui, M. Nadeau s'accepte pour qui il est. Il dit qu'il ne retournerait jamais à sa prison religieuse. J'en profite pour saluer sa force et sa résilience, et je lui souhaite tout le bonheur du monde.
J'enchaînerai en disant que ce ne sont pas toutes les histoires qui se terminent bien. Les thérapies de conversion peuvent laisser des cicatrices profondes, comme l'explique la Société canadienne de psychologie. Parmi les conséquences négatives de ce genre de conversion, on note la détresse, l'anxiété, la dépression, une image négative de soi, l'isolement social, un sentiment d'échec personnel, de la difficulté à maintenir des relations et un dysfonctionnement sexuel.
Les députés du Bloc québécois sont unanimes, nous nous opposons aux thérapies de conversion, car nous croyons que l'égalité entre les citoyennes et les citoyens est une valeur québécoise fondamentale et un droit inaliénable. Les pratiques qui nuisent à l'existence dans le respect de son identité profonde se doivent d'être dénoncées, et c'est ce que nous faisons. Nous sommes heureux de voir que c'est ce qui se passe ici, à la Chambre des communes.
Au Québec, le respect de l'identité de genre et de l'orientation sexuelle de tout un chacun constitue une valeur à laquelle la pratique des thérapies de conversion fait violence. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous appuierons le projet de loi C-6, qui vise à modifier le Code criminel afin qu'il soit illégal de faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré, de faire suivre une thérapie de conversion à un enfant, d'agir en vue de faire passer un enfant à l'étranger pour qu'il y suive une thérapie de conversion, de faire de la publicité en vue d'offrir de la thérapie de conversion et de bénéficier d'un avantage matériel, notamment pécuniaire.
Le Bloc québécois a toujours été résolument engagé dans la protection et la promotion des droits et libertés des citoyennes et des citoyens. Il a toujours été prêt à combattre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. D'ailleurs, le Québec emboîte le pas. Il se penche aussi sur une loi. Le Bloc québécois ne peut que se réjouir de voir les deux parlements reconnaître qu'il est justifié, en démocratie, d'affirmer des valeurs collectives et d'encadrer légalement les pratiques issues de croyances contraires à nos valeurs.
Je vais terminer sur une note un peu plus personnelle. Pour ma part, j'ai toujours pensé que ce qu'un parent veut d'abord et avant tout, c'est le bonheur de leurs enfants et qu'il n'y ait pas d'obstacle à ce bonheur. Quand mon fils m'a appris qu'il était gai, je me suis sentie triste. Je n'étais pas triste parce qu'il était homosexuel, mais plutôt parce que je savais qu'il allait vivre de la discrimination et faire face à des insultes. Comme bien d'autres personnes, il a été victime de l'homophobie.
En approuvant le projet de loi C-6, je crois que nous contribuerons à créer une société où la communauté LGBTQ2 sera mieux protégée, mais je crois aussi qu'il est de notre devoir d'aider cette communauté à surmonter les préjugés auxquels elle doit faire face en travaillant avec elle à les faire tomber.
View Derek Sloan Profile
CPC (ON)
Madam Speaker, I am concerned that an aspect of this issue is not being discussed. The LGBT community has many different members in it and they do not all have the same opinion.
I want to read a brief excerpt from an email I received from a constituent, a person in the LGBT community. She says, “Dear [member of Parliament for Hastings—Lennox and Addington]. As a lesbian, I'm asking you to investigate the use of “gender identity” in Bill C-6. Approximately 75% of trans-identifying youth will grow up to be gay or lesbian if not affirmed and medically transitioned. This bill, as written, ensures that these gay and lesbian youth will be medically transitioned into straight adults.”
Could the member please address the concern of this woman, that people who would otherwise grow up to be gay or lesbian would be affirmed into transitioning, using irreversible medical and pharmaceutical means? This is a real concern from people in the LGBT community. Is the member not concerned that this is a legitimate concern of these people?
Madame la Présidente, je m'inquiète du fait qu'on ne parle pas d'un aspect de la question. La communauté LGBT est très diversifiée, et ses membres n'ont pas tous les mêmes opinions.
Je veux lire un bref extrait d'un courriel que j'ai reçu d'une de mes concitoyennes, qui est membre de la communauté LGBT. Voici ce qu'elle dit: « Cher [député d'Hastings—Lennox and Addington], en tant que lesbienne, je vous demande d'enquêter sur l'utilisation du terme « identité de genre » dans le projet de loi C-6. Environ 75 % des jeunes trans deviendront gais ou lesbiennes sans chirurgie d'affirmation de genre et transition médicale. Ce projet de loi, dans sa forme actuelle, entraînera la transition médicale de ces jeunes gais et lesbiennes en adultes hétérosexuels. »
La députée peut-elle rassurer cette femme, qui craint que l'on se serve de moyens médicaux et pharmaceutiques irréversibles pour transformer en hétérosexuels des jeunes qui seraient autrement devenus gais ou lesbiennes? C'est une véritable source d'inquiétude pour les membres de la communauté LGBT. Est-ce que cela ne préoccupe pas la députée?
View Monique Pauzé Profile
BQ (QC)
View Monique Pauzé Profile
2020-10-27 10:44 [p.1274]
Madam Speaker, I am not sure that I understood my colleague's comments.
I think that the intent of Bill C-6, just like the intent of the bill studied by Quebec, is to protect people's rights. It is about respecting their sexual identity, whatever that may be. It is part of who we are. If that is the tenor of her comments, I would say that we do have to work with community members to help them make progress and achieve true equality for all Canadians.
Madame la Présidente, je ne suis pas certaine d'avoir compris l'intervention de mon collègue.
Je pense que l'idée du projet de loi C-6, comme l'idée du projet de loi étudié au Québec, est de protéger les droits des gens. Il s'agit donc de respecter leur identité sexuelle, peu importe ce qu'elle est. Cela fait partie de ce que nous sommes. Si c'est dans ce sens que le député est intervenu, je lui dirai que nous devons effectivement travailler avec les gens de la communauté pour les aider à progresser et avoir une véritable égalité entre les citoyennes et les citoyens.
View Rachel Bendayan Profile
Lib. (QC)
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2020-10-27 10:45 [p.1274]
Madam Speaker, I thank my colleague for her speech.
I, too, was pleased to see the Government of Quebec follow suit with Bill 70. I think that is the perfect example of how the two levels of government can work together toward a common goal. Does the member agree that the federal government has a role to play with regard to the Criminal Code and Bill C-6?
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son discours.
J'étais moi aussi ravie de voir le gouvernement du Québec emboîter le pas avec son projet de loi no 70. Je trouve que c'est un exemple parfait de la façon dont les deux paliers de gouvernement peuvent travailler de concert dans un même but. La députée est-elle d'accord pour dire que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer pour ce qui est du Code criminel et du projet de loi  C-6?
View Monique Pauzé Profile
BQ (QC)
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2020-10-27 10:46 [p.1274]
Madam Speaker, we recognize that the Criminal Code falls under federal jurisdiction, while the Civil Code falls under Quebec's jurisdiction.
It is under the Civil Code that Quebec's bill was introduced, to protect individuals from any possible contract, whether they are an adult or a minor. Quebec is going that far. The Quebec bill targets charlatans as well as those who seek their services for a family member, whether it is a child or someone else. I therefore think that the two bills will work well together.
Madame la Présidente, nous reconnaissons effectivement que le Code criminel relève du fédéral et que le Code civil relève du Québec.
C'est en vertu de ce dernier que le projet de loi du Québec a été déposé, pour protéger les personnes de tout contrat possible, et ce, que la personne soit majeure ou mineure — le Québec va jusque là. Le projet de loi québécois vise les charlatans, mais également les personnes qui sollicitent leurs services pour un proche, qu'il s'agisse d'un enfant ou de quelqu'un d'autre. Je pense donc que les deux projets de loi vont bien fonctionner de pair.
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CPC (SK)
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2020-10-27 10:47 [p.1274]
Madam Speaker, my question for my colleague is with respect to a young woman. She was a minor when she transitioned and experienced hormones after only four sessions of therapy. She noted that when she decided to de-transition, no one in the medical or psychological fields ever tried to dissuade her from her gender transition.
Is the member in favour of amendments that would ensure this type of situation would not happen, where medical and psychological professionals are apprehensive about providing a broad scope of options and recommendations to these young people? Ken Zucker, a Canadian world-renowned gender expert, was fired from CAMH for watchful waiting approaches with young gender dysphoric youth. We have a situation here where he possibly would have also been prosecuted. This would limit these young people's perspectives and opportunities in choosing to transition and then de-transition. Therefore, would she support—
Madame la Présidente, ma question pour la députée concerne une jeune femme qui était mineure au moment de sa transition et à qui on a prescrit des hormones après seulement quatre séances de thérapie. Lorsqu'elle a changé d'avis au sujet de sa transition, aucun médecin ou psychologue n'a tenté de la dissuader d'entreprendre un changement de sexe.
La députée est-elle favorable à des amendements visant à prévenir ce genre de situations, où des médecins ou des psychologues hésitent à offrir une vaste gamme d'options et de recommandations aux jeunes patients? Ken Zucker, spécialiste canadien des questions de genre de renommée mondiale, a été licencié par le Centre de toxicomanie et de santé mentale parce qu'il optait pour une attente vigilante avec les jeunes souffrant de dysphorie de genre. Dans ce cas-ci, il aurait pu aussi être poursuivi. Cela limiterait les perspectives et les possibilités offertes aux jeunes qui décident de changer de sexe, puis veulent faire marche arrière. La députée appuierait-elle...
View Monique Pauzé Profile
BQ (QC)
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2020-10-27 10:48 [p.1274]
Madam Speaker, I thank my colleague for her question.
As I said earlier in my speech, not a single health care professional worthy of the name would try to convince someone or try to call this science.
I will come back to what my son said when I asked him what he thought of all this. He said it was ultra-religious, ultra-conservative groups that want this. He believes that people who are accepted by their parents—hence the importance of upbringing—and accepted by the people in their community do not need therapy. People just need to accept themselves and love themselves.
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question.
Comme je le disais plus tôt dans mon discours, il n'y a pas un professionnel de la santé digne de ce nom qui va convaincre quelqu'un ou qui va essayer de dire que c'est de la science, pas un.
Je reviens à ce que mon fils m'a dit lorsque je lui ai demandé ce qu'il pensait de tout cela. Il m'a répondu que c'étaient les groupes ultra-religieux très conservateurs qui veulent cela. Selon lui, quand on est accepté par ses parents — de là, le rôle de l'éducation — et quand on est accepté par les gens autour de soi, on n'a besoin d'aucune thérapie; on n'a besoin que de s'accepter et de s'aimer.
View Andréanne Larouche Profile
BQ (QC)
View Andréanne Larouche Profile
2020-10-27 10:49 [p.1274]
Madam Speaker, I am very proud to rise today to speak to Bill C-6, which amends the Criminal Code with regard to conversion therapy. I already had the opportunity to speak to this subject some time ago in response to the Minister of Diversity and Inclusion and Youth, and that, too, was an honour for me.
My speech today will focus on three things. First, I will talk about the importance of this bill for the LGBTQ+ community. Second, I will show how Quebec is once again at the forefront on this issue. Third, I will conclude with what I hope to see in the post-pandemic era for the LGBTQ+ community, which has been hard hit by COVID-19.
We are debating this bill today because the government has finally decided to not only ban but also criminalize the practice of conversion therapy. According to several witnesses, some of these practices are more like torture than genuine therapy. Conversion therapy has also been described as being like witchcraft or something out of a bad dream. It is hard to believe this is still happening today, in 2020.
I think that we can all agree that this practice, which is promoted and supported primarily by religious groups, is based on the idea that homosexuality is unnatural and wrong, that it is one of the most serious sins and that it could lead a person straight to hell.
Unfortunately, homophobia still exists in 2020. Expressions of it can be seen practically every day. It is frankly unacceptable that religious groups continue to stigmatize homosexuality. People in this community should not have to live in fear any longer. Human beings should not be subjected to goodness knows what kind of therapeutic process to become someone they simply are not.
Many of us know people in our circles who have admitted how hard it still is to come out of the closet and affirm their identity. This bill does not solve all the problems of the LGBTQ+ community, but it is clearly an important step in advancing the debate.
Let's get back to the issue before us today, namely conversion therapy. The media has already shared the story of a boy from Quebec who underwent one of these so-called conversion therapies, and my colleague has referenced this case, too. Anyone who takes the time to really pay attention to his story cannot help but feel empathy for him. No one could condone inflicting such anguish on someone, or imagine that a child could feel such deep self-hatred.
As the aunt of a niece and nephew who I want to see grow up happy, I find it hard to believe that this boy's family did not have good intentions. However, his religion and his intense desire to not disappoint his loved ones or his God pushed him to use his own money to pay for so-called reparative therapy that would make him “normal”. He even went so far as to describe conversion therapy as social support for self-rejection. I have mentioned that powerful, sad turn of phrase before.
What is even sadder is that this story echoes that of many children and adolescents who just want to be loved and fit in. I appreciate this government bill for trying to prevent this type of situation from happening again.
The government can obviously count on my support and that of all my colleagues, including our leader. At a press conference I attended with him, he said that members of the LGBTQ+ community must get the full respect they deserve as soon as possible, just like anyone else.
Many countries have led the way in criminalizing conversion therapy. Quebec recently started the process too, when our Minister of Justice, Simon Jolin-Barrette, introduced Bill 70 in the National Assembly. Bill 70 is called “An Act to protect persons from conversion therapy provided to change their sexual orientation, gender identity or gender expression”.
I also want to mention that in 2018, Theresa May, the then prime minister of Great Britain, described conversion therapy intended to change an individual's sexual orientation as an “abhorrent practice”.
The awful thing is that the vast majority of gay individuals ended up estranged from their families. They went off to live their lives and tried to deny who they were. Some even went through conversion therapy against their will before finally deciding to be who they really are.
It is very hard to put ourselves in their shoes and imagine what it is like to go through conversion therapy. Eventually, people realize that they need to stop bowing to all the pressure and acknowledge that it is not working. Conversion therapy does not transform people. Instead, people realize that it does not reflect who they really are.
Many have spent decades trying to fight against themselves with therapy, fighting their true nature, and asking themselves a lot of questions, asking themselves why. Some even wonder why they were born in their body, why they feel as they do, why they have a given gender. They wonder who they really are. They end up hating or despising themselves. We do not want anyone to get to that point.
People who have gone through this kind of therapy are survivors. Now we can use Bill C-6, the conversion therapy bill, to send them a clear social and political message and take those first steps. My hope for every member of the LGBTQ+ community is not just to survive, but to be able to live in a way that is true to who they are, how they feel and who they love.
It seems that members of this community experience greater negative psychological impacts as a result of the pandemic than the rest of the population. Robert-Paul Juster, IUSMM researcher and professor of psychiatry at the University of Montreal explained:
There is a consensus that the LGBT community is at a greater risk of experiencing problems in the context of the COVID crisis simply because they do not have access to the same resources as heterosexual or cisgender people...Yes, there is a greater vulnerability due to their minority status, but there is also a greater potential for resilience.
Resilience is what I wish for them.
I would like to add one last thing. Pope Francis's statement in favour of the civil union of same-sex couples is perceived as a great demonstration of openness by experts and groups that advocate for LGBTQ+ rights. The head of the Catholic Church defended the right of gay couples, the “children of God”, to live in a civil union that protects them legally, as we can hear in the documentary Francesco, which is about the Pope and was shown last Wednesday for the first time at the Rome Film Fest. He stated that homosexual people “have a right to a family. What we need is to legislate civil unions, as they have a right to be legally covered. I defended this.” The Conseil québécois LGBTQ considers this to be a significant step for the church, which needs to adapt to our societies.
As the Bloc's critic for seniors, I want to point out that LGBTQ+ seniors, who faced prejudice and were confined during the pandemic without any resources, experienced a form of sexual mistreatment. We need to be there for them as we move forward, and this bill is an important step. We are sending a message so that the community can assert itself. Psychologists do not recognize that conversion therapy works. We must take action to prevent more suicides and to protect their rights.
Madame la Présidente, c'est avec beaucoup de fierté que je prends la parole au sujet du projet de loi C-6, modifiant le Code criminel en ce qui a trait aux thérapies de conversion. J'ai déjà eu la chance de m'exprimer à ce sujet en réplique à la ministre de la Diversité et de l’Inclusion et de la Jeunesse il y a quelque temps déjà, et c'était également pour moi un honneur.
Mon discours d'aujourd'hui portera principalement sur trois aspects. Le premier sera l'importance de ce projet de loi pour la communauté LGBTQ+. Ensuite, je démontrerai à quel point le Québec est encore une fois à l'avant-garde dans ce dossier. Je conclurai par des souhaits pour l'après-pandémie pour la communauté LGBTQ+, très touchée par la COVID-19.
Nous nous retrouvons aujourd'hui parce que le gouvernement a finalement choisi non seulement d'interdire, mais aussi de criminaliser les thérapies de conversion dont certaines, selon plusieurs témoignages, relevaient plus d'une forme de torture que d'une véritable thérapie. Elles relevaient aussi d'une forme de sorcellerie ou d'imaginaire auxquels on ne peut plus vraiment croire aujourd'hui, en 2020.
Je pense que nous pouvons aussi nous entendre pour affirmer que cette pratique, majoritairement proposée et soutenue par des groupes religieux, se fonde sur l'idée que l'homosexualité est mal et contre nature, et que ce péché des plus graves pourrait même mener directement en enfer.
Malheureusement, l'homophobie existe encore et toujours en 2020. On en voit des manifestations presque quotidiennement. Que des groupes religieux continuent à stigmatiser ainsi des personnes homosexuelles est franchement inadmissible. On ne peut plus maintenir cette communauté dans la peur. On ne peut pas forcer un être humain à subir on ne sait trop quel processus thérapeutique pour devenir quelqu'un qu'il n'est tout simplement pas.
Plusieurs d'entre nous connaissent dans leur entourage des gens qui leur ont avoué à quel point il est encore difficile de sortir du placard et de s'affirmer. Ce projet de loi ne règle pas tous les problèmes de la communauté LGBTQ+, mais il constitue manifestement un pas important pour faire avancer ce débat.
Revenons donc précisément à la question qui est soulevée aujourd'hui: les thérapies de conversion. Des médias ont déjà présenté — ma collègue en a également parlé — le cas d'un garçon d'ici qui a suivi l'une de ces pseudo-thérapies de réorientation sexuelle. Quand on prend la peine de s'attarder à son histoire, on ne peut pas faire autrement que d'éprouver de l'empathie. Nul ne peut cautionner qu'on puisse faire subir une telle angoisse à quelqu'un ni qu'un enfant puisse éprouver une haine si profonde envers lui-même.
Étant moi-même la tante d'une nièce et d'un neveu que je veux voir grandir heureux, je n'ose croire que la famille de ce garçon n'avait pas de bonnes intentions, au contraire. Cependant, la religion de ce garçon et son profond désir de ne pas décevoir ses proches ni son Dieu l'ont poussé à payer de ses propres deniers une thérapie dite réparatrice qui le rendrait « normal » — avec de gros guillemets. Il est même allé jusqu'à expliquer que cette thérapie de conversion était une forme d'appui, mais d'appui social « au rejet de soi ». J'ai déjà mentionné précédemment cette triste phrase percutante.
Ce qui est encore plus pénible, c'est que cette histoire ressemble malheureusement à celles de plusieurs autres enfants et adolescents d'ici qui souhaitent simplement qu'on les aime et qui espèrent entrer dans le moule. C'est pour que ce genre de situation ne se reproduise plus que je salue ce projet de loi du gouvernement.
Ce dernier pourra bien entendu compter sur mon appui, de même que sur celui de l'ensemble de mes collègues, dont notre chef. Ce dernier a même affirmé lors d'une conférence de presse, lors de laquelle j'étais à ses côtés, que les membres de la communauté LGBTQ+ doivent obtenir le plus tôt possible tout le respect qu'ils méritent, au même titre que l'ensemble des citoyens et des citoyennes.
Plusieurs pays ont montré la voie au Canada en matière de criminalisation des thérapies de conversion. Le Québec s'y est également engagé récemment avec le projet de loi 70, déposé par le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette à l'Assemblée nationale du Québec. Le titre de ce projet de loi est « Loi visant à protéger les personnes contre les thérapies de conversion dispensées pour changer leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».
Je tiens également à rappeler qu'en 2018, Theresa May, alors première ministre de la Grande-Bretagne, avait qualifié les thérapies de conversion développées pour changer l'orientation sexuelle d'un individu de « pratique abjecte ».
En fait, ce qui est horrible, c'est qu'une grande majorité de personnes homosexuelles se sont finalement éloignées de leur famille et sont parties faire leur vie et essayer de nier ce qu'elles étaient. Certaines ont même subi contre leur gré des thérapies de conversion pour finalement décider de s'affirmer telles qu'elles sont.
Il est vraiment difficile de se mettre à leur place et de s'imaginer subir ces thérapies de conversion. À un moment, on arrive à se dire qu'il faut cesser de subir toutes ces pressions et reconnaître que cela ne fonctionne pas. Ces thérapies ne vont pas avoir pour effet de se transformer. Les personnes réalisent au contraire que cela ne correspond pas à qui elles sont.
Plusieurs auront passé des dizaines d'années à lutter contre eux-mêmes à force de thérapies, à lutter contre leur nature profonde et surtout à se poser énormément de questions, à se demander pourquoi. Ils vont jusqu'à se demander pourquoi ils sont nés dans ce corps-là, avec cette attitude et ce genre-là. Ils se demandent qui ils sont vraiment. Ils finissent par se haïr ou se détester eux-mêmes. On ne souhaite à personne d'en arriver là.
Les gens qui ont subi ce type de thérapie sont de survivants. Maintenant, avec ce projet de loi C-6 sur les thérapies de conversion, envoyons-leur un message politique et social clair et faisons les premiers pas. Je souhaite à tous les membres de la communauté LGBTQ+ non pas de survivre, mais de pouvoir vivre en fonction de ce qu'ils sont, de ce qu'ils ressentent et de ce qu'ils aiment.
Par ailleurs, il semble que les membres de cette communauté vivraient plus d'impacts psychologiques négatifs liés à la pandémie que le reste de la population. Robert-Paul Juster, chercheur à l'IUSMM et professeur en psychiatrie à l'Université de Montréal explique ce qui suit:
On s'entend que la communauté LGBT risque d'avoir plus de problèmes face à la crise de la COVID, simplement parce qu'ils n'ont pas accès aux mêmes ressources que les personnes hétérosexuelles ou cisgenres [...] Une plus grande vulnérabilité liée à leur statut minoritaire, oui, mais aussi un plus grand potentiel de résilience.
C'est ce que je leur souhaite: de la résilience.
J'aimerais ajouter une dernière chose. La déclaration du pape François, en faveur de l'union civile de couples de même sexe, est perçue comme une grande preuve d'ouverture par les experts et par les groupes de défense des droits LGBTQ+. Le chef de l'Église catholique a défendu le droit des couples gais, « enfants de Dieu », à vivre au sein de l'union civile qui les protège légalement, comme on peut l'entendre dans le documentaire Francesco, qui lui est consacré et qui a été diffusé mercredi dernier pour la première fois dans le cadre de la Fête du cinéma de Rome. Il dit que les personnes homosexuelles « ont droit à une famille. Ce qu'il faut, c'est une loi d'union civile, elles ont le droit à être couvertes légalement. J'ai défendu cela. » Le Conseil québécois LGBTQ voit dans ce plaidoyer un pas considérable pour l'Église qui doit s'adapter à nos sociétés.
En tant que porte-parole des questions liées aux aînés, je tiens à souligner que les aînés LGBTQ+, qui ont dû subir des préjugés et qui ont été confinés pendant la pandémie sans ressources pour les aider, ont vécu une forme de maltraitance sexuelle. Pour la suite des choses, il faut être là pour eux, et ce projet de loi est un pas important. C'est un message que nous voulons leur lancer pour que la communauté puisse s'affirmer. Les psychologues ne reconnaissent pas que les thérapies puissent fonctionner. Pour éviter d'autres suicides et pour la protection de leurs droits, agissons.
View Adam Vaughan Profile
Lib. (ON)
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2020-10-27 10:57 [p.1276]
Madam Speaker, I listened with great interest to the Bloc's dissertations and presentations on this issue. It seems they understand there are systemic challenges for gay, lesbian, bisexual, trans and two-spirit communities. There are systems at play that disqualify their full and equal participation in society. If they can see that for the LGBTQ2S community, and they can see that for women, why can they not see it for other marginal communities in this country, including those who are racially marginalized?
Madame la Présidente, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt les exposés des députés du Bloc sur la question. Ils semblent comprendre que les communautés gaie, lesbienne, bisexuelle, transsexuelle et bispirituelle font face à des difficultés systémiques. Des systèmes les empêchent de participer pleinement et équitablement à la société. S'ils sont capables de voir les difficultés de la communauté LGBTQ2S et des femmes, pourquoi ne peuvent-ils pas faire de même pour d'autres groupes marginalisés au pays, y compris ceux qui le sont en raison de leur race?
View Andréanne Larouche Profile
BQ (QC)
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2020-10-27 10:58 [p.1276]
Madam Speaker, I thank my colleague for his question.
I think there will be other communities we can look at, but today we are debating Bill C-6, which focuses specifically on conversion therapy, to help the LGBTQ+ community. That is what is important today. The message is for that community. There will be other bills. There will be other communities we can look at, but today I would really like to remain focused on Bill C-6.
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
Je pense qu'il y aura d'autres communautés sur lesquelles nous pourrons nous pencher, mais, aujourd'hui, nous parlons du projet de loi C-6, consacré en particulier aux thérapies de conversion, afin de venir en aide à la communauté LGBTQ+. C'est ce qui est important aujourd'hui. Le message est pour cette communauté. Il y aura d'autres projets de loi. Il y aura d'autres communautés sur lesquelles nous pourrons nous pencher, mais j'aimerais vraiment aujourd'hui que nous restions sur le projet de loi C-6.
View Michael Barrett Profile
CPC (ON)
Madam Speaker, it is true that all Canadians deserve respect and protection, and members of the LGBTQ2 community, of course, deserve this protection. Conversion therapy is reprehensible, and it should be outlawed.
Earlier this year, the justice department put some language on its website that adds greater clarity. I believe there is an opportunity here to clarify this and allow more members of the broader community to support members of the LGBTQ2 community. They would know that they can have conversations and not feel separated from their families. Instead, they would know that everyone in a family or faith community can have conversations, so people would feel supported, not in spite of who they, are or to change who they are, but for who they are.
I am wondering what the member thinks about an amendment to add the language the justice department previously put on its website.
Madame la Présidente, il est vrai que tous les Canadiens méritent respect et protection. Les membres de la communauté LGBTQ2 méritent évidemment d'être protégés. La thérapie de conversion est répréhensible et devrait être interdite.
Au début de l'année, le ministère de la Justice a mis dans son site Web des explications qui apportent davantage de clarté. Je pense que nous avons ici l'occasion de clarifier les choses et de permettre à une plus grande partie de la population en général de soutenir les membres de la communauté LGBTQ2. Les Canadiens sauraient qu'ils peuvent tenir des conversations et ne pas se sentir séparés de leur famille. Au contraire, ils sauraient que tous les membres d'une famille ou d'une communauté religieuse peuvent avoir des conversations. Ils se sentiraient donc soutenus non pas en dépit de ce qu'ils sont ou dans le but de les changer, mais pour ce qu'ils sont.
Je me demande ce que la députée pense d'un amendement visant à ajouter les précisions que le ministère de la Justice a déjà mises dans son site Web.
View Andréanne Larouche Profile
BQ (QC)
View Andréanne Larouche Profile
2020-10-27 11:00 [p.1276]
Madam Speaker, as a matter of fact, I believe that the effect of this bill will be to promote these conversations with the community. I do not think conversations will be hindered because of it. This bill does not prevent anyone, no matter their age, from discussing and advocating for their rights. On the contrary, this is a step in the right direction. Obviously, it is just an initial step.
This bill focuses on children in particular. I think it is important and sends a clear message.
Madame la Présidente, je pense que la conversation avec la communauté est précisément ce à quoi servira ce projet de loi. Je ne pense pas que le projet de loi empêche cette conversation. Peu importe l'âge que l'on a, ce projet de loi n'empêche personne d'échanger et de faire valoir ses droits. Au contraire, c'est un pas dans la bonne direction. Évidemment, ce n'est qu'un début.
On s'attarde particulièrement sur la question des enfants dans ce projet de loi. Je pense qu'il est important et que le message envoyé est clair.
View Ron Liepert Profile
CPC (AB)
View Ron Liepert Profile
2020-10-27 11:00 [p.1276]
Madam Speaker, my question to the member is this: Is she concerned about whether, if this legislation is passed in its current form, it will be challenged in the courts, as so many of these amendments to the Criminal Code tend to be?
Madame la Présidente, ma question pour la députée est la suivante: si le projet de loi est adopté sous sa forme actuelle, craint-elle qu'il soit contesté devant les tribunaux, comme c'est généralement le cas pour un grand nombre des modifications du Code criminel?
View Andréanne Larouche Profile
BQ (QC)
View Andréanne Larouche Profile
2020-10-27 11:01 [p.1276]
Madam Speaker, I thank my colleague for his question.
With regard to this legislation being challenged in the courts, I think that we need to start by passing the bill. Then we will see what happens.
I sincerely believe that we need to fight against the barbaric practice of conversion therapy, which should not still be happening in 2020. We can think about the types of court challenges that may arise, but I think that we first need to vote on this bill. That is what is important today.
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
En ce qui concerne la contestation judiciaire, je pense qu'il faut commencer par adopter le projet de loi. Ensuite, nous verrons où nous en sommes.
Je pense sincèrement qu'il faut lutter contre ces thérapies de conversion barbares qui n'ont plus lieu d'être en 2020. Nous pouvons penser aux types de contestation qu'il pourrait y avoir, mais je pense que nous sommes à l'étape de voter sur le projet de loi. C'est ce qui est important aujourd'hui.
View Richard Lehoux Profile
CPC (QC)
View Richard Lehoux Profile
2020-10-27 11:01 [p.1276]
Madam Speaker, I commend my colleague for her speech.
I would like to ask her a question about Bill C-6 and the prorogation of Parliament on August 18.
Does she think that we could have dealt with this issue more quickly had Parliament not been prorogued?
Personally, I think that we should also spend some time examining other bills.
Madame la Présidente, je félicite ma collègue de son discours.
J'aimerais poser une question en lien avec le projet de loi C-6 et la prorogation du Parlement le 18 août dernier.
Pense-t-elle que nous aurions pu traiter ce dossier beaucoup plus rapidement s'il n'y avait pas eu la prorogation?
Personnellement, je pense que nous devons aussi accorder du temps à l'étude d'autres projets de loi.
View Andréanne Larouche Profile
BQ (QC)
View Andréanne Larouche Profile
2020-10-27 11:02 [p.1276]
Madam Speaker, I thank the member for Beauce for his question.
I completely agree with him. The prorogation of Parliament had an impact on many bills and on all of the committees that had to stop their work. I am joining the Standing Committee on the Status of Women to resume the work that had to be stopped because of prorogation.
Madame la Présidente, je remercie le député de Beauce de sa question.
Je suis entièrement en accord avec lui. La prorogation a eu des effets sur énormément de projets de loi et sur tous les comités qui ont été arrêtés. D'ailleurs, je m'en vais au Comité permanent de la condition féminine pour reprendre les travaux qui ont été arrêtés à cause de la prorogation.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Madam Speaker, I will be sharing my time with the member for Outremont.
I would like to start by acknowledging that I am speaking from the traditional territory of the Mississaugas of the Credit First Nation.
I am proud to speak today in favour of Bill C-6, an act to amend the Criminal Code in regard to conversion therapy. The bill would amend the Criminal Code to criminalize conversion therapy related conduct. The proposed amendments would protect minors from conversion therapy both within and outside of Canada, adults who are vulnerable to being forced to undergo conversion therapy and Canadians from the commercialization of conversion therapy.
Conversion therapy refers to alleged treatments that seek to change the sexual orientation of bisexual, gay and lesbian individuals to heterosexual, a person's gender identity to cisgender and to repress or reduce non-heterosexual attraction or non-conforming sexual behaviour. This outdated and much maligned practice comes in many forms including counselling, behaviour modification and talk therapy.
In our 2019 platform, the government made a commitment to protect the dignity and equality of LGBTQ2 Canadians by ending the dehumanizing practice of conversion therapy. The bill supports that promise and builds on other related measures, including those from the last Parliament when we strengthened protections for transgender people in the Criminal Code and the Canadian Human Rights Act, through the former Bill C-16.
I had the pleasure of joining the health committee in the last Parliament for the study on the health of LGBTQ2 Canadians. A number of witnesses spoke about the negative impact that so-called conversion therapy has. I always hesitate to use the word “therapy” because therapy to me implies something positive while there is nothing at all positive about this discriminatory practice.
While many witnesses spoke about this issue, I want quote Dr. Travis Salway, post-doctoral research fellow at the school of population and public health at the University of B.C. who testified at committee. He said:
Conversion therapy is an umbrella term for practices that intend to change an individual's sexual orientation and gender identity. It is among the most extreme forms of psychological abuse and violence, leaving those exposed to manage the stress associated with a severe form of withholding for many years. ...conversion therapy has been unequivocally denounced by the Canadian Psychological Association and multiple other professional bodies.
Despite those denouncements, in a recent Canadian survey, 4% of sexual minority men reported having attended conversion therapy. On this basis, as many as 20,000 sexual minority men and countless more sexual minority women and transgender people have been exposed. Exposure to conversion therapy was associated with numerous health problems in the study we conducted. Most notably, one-third of those who had completed conversion therapy programs attempted suicide.
Sexual minority youth are especially vulnerable to being enrolled in conversion programs against their will, yet in Canada we lack federal policies to protect our youth from these harmful practices. Many, if not most, conversion programs are practised outside health care providers' offices. Thus, the current situation in which some provinces ban conversion practices by a subset of providers is insufficient and inequitable....
Suicide attempts, suicide ideation, treatment for anxiety or depression and illicit drug use were all higher in those who had attended conversion therapy. The health consequences are quite large. That suggests to me that as an infringement, as an assault, putting someone into conversion therapy, especially youths who aren't able to choose for themselves, is quite a serious offence....
Dr. Salway's testimony was echoed by other witnesses, which led the health committee to recommend, “That the Government of Canada work with the provinces and territories to eliminate the practice of conversion therapy in Canada and consider making further modifications to the Criminal Code.” The bill we are debating today fulfills this recommendation, as well as the calls from advocates and the medical profession and our own commitment to end the abhorrent practice of conversion therapy.
Yesterday, the member for Esquimalt—Saanich—Sooke spoke eloquently and passionately about the bill. He quite accurately described a number of red herrings that are circulating to discredit the bill and create confusion in the public. The bill would in no way criminalize affirming support to those struggling with their sexual orientation or gender identity, given by friends, family members, teachers, social workers or religious leaders.
I have seen a flyer circulated by Campaign Life Coalition claiming that the bill would “deny spiritual guidance and pastoral care for people who identify as LGBT even if they ask for it”, and “that many Canadians have seen their lives turned around by turning to clinical therapy, prayer and spiritual counselling to overcome unwanted same sex attraction”.
There were more absurd and troubling claims made, but I am not going to justify them by repeating them here in the House of Commons. I am deeply disturbed by these claims, which are fundamentally based on the belief that sexual orientation and gender identity are a choice that an individual makes. They ignore the very real harms of conversion therapy: self-hatred, depression, suicidal ideation and suicide attempts.
These claims and the practice of conversion therapy as a whole also perpetuate harmful myths and stereotypes about LGBTQ2 people, in particular, that sexual orientation other than heterosexual and gender identities other than cisgender can and should be changed. This type of discriminatory messaging stigmatizes LGBTQ2 persons, undermines their dignity and goes against our shared goal of equality.
Given conversion therapy's proven harms and its impact on the most marginalized among us, this bill would define conversion therapy for Criminal Code purposes as “a practice, treatment or service designed to change a person’s sexual orientation to heterosexual or gender identity to cisgender, or to repress or reduce non-heterosexual attraction or sexual behaviour.”
Secondly, this legislation will criminalize causing minors to undergo conversion therapy, removing minors from Canada to undergo conversion therapy abroad, causing a person to undergo conversion therapy against their will, profiting or receiving a material benefit from the provision of conversion therapy and advertising an offer to provide conversion therapy.
Our government's approach will protect all minors from conversion therapy because we know that minors are disproportionately impacted by this harmful practice. The offences I listed above, taken together, fill a gap in the criminal law by specifically addressing conversion therapy conduct. They respond to the evidence and, together with existing offences that address aspects of conversion therapy such as assault and forcible confinement, create a comprehensive criminal law response to the harms that conversion therapy is known to cause.
The proposed offences in the bill would not include legitimate therapies, primarily because gender-affirming practices, treatments and services do not aim to change a patient's sexual orientation to heterosexual or gender identity to cisgender, nor are they aimed at repressing or reducing non-heterosexual attraction or sexual behaviour. For greater clarity, the legislation also states that these types of practices are not captured by the definition of conversion therapy.
I want to emphasize that this legislation does not seek to, nor would it, ban open-ended conversations between an individual and a parent, another family member, faith leader or anyone else about their sexuality. Despite the claims of the Leader of the Opposition and organizations like Campaign Life, this legislation would not ban talking, but it would criminalize a heinous practice that inflicts very real and documented harms to LGBTQ2 Canadians.
We want a country that respects the differences between us. In Canada, everyone must not only feel safe to be who they are, but actually be safe. Bill C-6 would assist in ensuring that everyone feels considered, accepted, respected, valued and safe. I urge all members of this House to support this important bill.
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec la députée d'Outremont.
Avant d'aller plus loin, je tiens à préciser que c'est depuis le territoire traditionnel de la Première Nation des Mississaugas de Credit que je prends aujourd'hui la parole.
C'est une fierté pour moi de parler aujourd'hui du projet de loi C-6, qui modifierait le Code criminel de manière à ériger en infraction criminelle les thérapies de conversion ainsi que les agissements connexes. Les modifications qu'il propose visent à protéger les mineurs contre les thérapies de conversion, qu'elles aient lieu ici ou à l'étranger, ainsi que les adultes vulnérables que l'on voudrait forcer à subir une thérapie de conversion. Il interdira en outre la commercialisation des thérapies de conversion.
L'expression « thérapie de conversion » désigne tout traitement qui prétend soit changer l'orientation sexuelle d'une personne bisexuelle, gaie ou lesbienne dans le but de la rendre hétérosexuelle, soit changer son identité de genre afin qu'elle soit cisgenre, soit encore réduire, voire réprimer toute attirance non hétérosexuelle ou tout comportement sexuel qui ne correspond pas aux normes en vigueur. Ces pseudothérapies d'un autre âge sont décriées de toutes parts et peuvent prendre de nombreuses appellations, dont « conseils psychologiques », « services de modification du comportement » ou « thérapie par la parole ».
Dans la plateforme sur laquelle il a fait campagne en 2019, le gouvernement s'est engagé à respecter la dignité des Canadiens LGBTQ2 et à leur assurer des chances égales de réussite en mettant fin à la pratique déshumanisante que sont les thérapies de conversion. Ce projet de loi donne suite à cette promesse ainsi qu'à diverses autres mesures connexes, prises entre autres pendant la législature précédente — nous avons par exemple fait adopter le projet de loi C-16, qui modifiait le Code criminel et la Loi canadienne sur les droits de la personne de manière à mieux protéger les personnes transgenres.
J'ai eu le plaisir de prendre part aux travaux du comité de la santé lors de la législature précédente pour l'étude sur la santé des Canadiens LGBTQ2. Un certain nombre de témoins ont parlé des impacts négatifs de ce qu'on appelle les thérapies de conversion. J'hésite toujours à employer le mot « thérapie », parce que, pour moi, une thérapie apporte quelque chose de positif, alors que la pratique discriminatoire dont il est question n'a absolument rien de positif.
Si de nombreux témoins reçus par le comité ont parlé de cette question, je voudrais citer M. Travis Salway, chercheur au niveau postdoctoral à l'école de santé publique et de santé des populations de l'Université de la Colombie-Britannique. Voici ce qu'il a dit:
On désigne par thérapie de conversion des pratiques qui visent à changer l'orientation sexuelle et l'identité de genre d'une personne. Il s'agit d'une des formes les plus extrêmes de mauvais traitements et de violence psychologique qui existent, et celles et ceux qui y sont soumis subissent pendant des années le stress associé à une forme sévère de dissimulation. La thérapie de conversion est donc [...] dénoncée sans équivoque par la Société canadienne de psychologie et par de nombreuses autres instances professionnelles.
Malgré ces dénonciations, une récente enquête canadienne révèle que 4 % des hommes appartenant à une minorité sexuelle se sont soumis à une thérapie de conversion. Autrement dit, 20 000 hommes et d'innombrables femmes appartenant à une minorité sexuelle ainsi que des personnes transgenres y ont été exposés. Or, nous avons constaté dans notre étude que l'exposition à ce type de thérapie est associée à de nombreux problèmes de santé. Notamment, un tiers des personnes qui sont allées au bout de programmes de thérapie de conversion ont commis des tentatives de suicide.
Les jeunes des minorités sexuelles risquent particulièrement d'être inscrits à des programmes de conversion contre leur volonté, mais nous n'avons pas au Canada de politiques fédérales pour les protéger contre ces pratiques dangereuses. Bon nombre des programmes de conversion, si ce n'est la plupart, se déroulent en dehors du cabinet de professionnels de la santé. Par conséquent, la situation actuelle où certaines provinces interdisent les pratiques de conversion par un sous-ensemble de fournisseurs est insuffisante et inéquitable [...]
Effectivement, les tentatives de suicide, les idées suicidaires, les traitements contre l'anxiété ou la dépression et la consommation de drogues illicites sont plus fréquents chez les personnes qui ont subi une thérapie de conversion. Les conséquences pour la santé sont assez importantes. Ces constats m'amènent à penser que le fait de forcer quelqu'un à subir une thérapie de conversion, surtout si c'est un jeune qui ne peut pas décider pour lui-même, constitue une agression ou une infraction assez grave [...]
Le témoignage de M. Salway rejoint celui d'autres témoins, ce qui a amené le comité de la santé à recommander « que le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec les provinces et les territoires pour éliminer la pratique des thérapies de conversion au Canada et qu’il envisage des modifications supplémentaires au Code criminel ». Le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui répond à cette recommandation ainsi qu'aux demandes des défenseurs et des professionnels médicaux, et il concrétise notre propre engagement de mettre fin à la pratique odieuse de la thérapie de conversion.
Hier, le député d'Esquimalt—Saanich—Sooke a parlé avec éloquence et passion du projet de loi. Il a assez bien décrit un certain nombre d'arguments fallacieux qui visent à discréditer la mesure législative et créer de la confusion dans l'esprit du public. Le projet de loi ne criminalisera aucunement le fait que les amis, les membres de la famille, les professeurs, les travailleurs sociaux ou les chefs religieux offrent du soutien aux personnes aux prises avec leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
J'ai vu un dépliant distribué par la Coalition Campagne vie affirmant que le projet de loi « privera les personnes de la communauté LGBT de conseils spirituels et de services de pastorale même si elles les demandent », et « que de nombreux Canadiens ont repris leur vie en main avec l'aide de la thérapie clinique, de la prière et de conseillers spirituels pour se débarrasser de leurs attirances indésirables envers les personnes du même sexe ».
J'ai entendu des affirmations encore plus absurdes et troublantes, mais je ne les répéterai pas à la Chambre des communes pour ne pas leur donner de poids. Ces affirmations me troublent profondément, car elles reposent essentiellement sur la croyance voulant que l'orientation sexuelle et l'identité de genre soient un choix que fait une personne. Elles font fi des préjudices bien réels que peuvent causer les thérapies de conversion: la haine de soi, la dépression, les idées suicidaires et les tentatives de suicide.
Ces affirmations et la pratique de la thérapie de conversion dans son ensemble perpétuent également des mythes et des stéréotypes nuisibles au sujet des personnes LGBTQ2, notamment que toute orientation sexuelle autre que l'hétérosexualité ainsi que toute identité de genre autre que cisgenre peuvent et doivent être modifiées. Ce genre de message discriminatoire stigmatise les personnes LGBTQ2, porte atteinte à leur dignité et va à l'encontre de notre objectif commun, soit l'atteinte de l'égalité.
Compte tenu des préjudices avérés des thérapies de conversion et de leurs répercussions sur les plus marginalisés d'entre nous, au titre du Code criminel, le projet de loi définit la thérapie de conversion comme suit: « [...] [S]’entend d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, soit à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels. »
De plus, la mesure législative criminalisera le fait de faire suivre une thérapie de conversion à un enfant, d'agir en vue de faire passer un enfant à l'étranger pour qu'il y suive une thérapie de conversion, de faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré, de bénéficier d'un avantage matériel, notamment pécuniaire, provenant de la prestation de thérapies de conversion et de faire de la publicité en vue d'offrir de la thérapie de conversion.
L'approche du gouvernement protégera tous les mineurs contre la thérapie de conversion, car nous savons qu'ils sont particulièrement affectés par cette pratique nuisible. L'ensemble des infractions que j'ai mentionnées précédemment combleront une lacune du droit pénal en visant expressément cette pratique. Ces infractions, qui s'appuient sur les données probantes, ainsi que les infractions déjà en place qui portent sur certains aspects de la thérapie de conversion comme les agressions et la séquestration, permettent de créer un cadre pénal complet pour combattre les effets nuisibles connus de la thérapie de conversion.
Les infractions qui sont proposées dans le projet de loi ne s'appliqueraient pas aux thérapies légitimes, principalement parce qu'il ne s'agit pas d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, soit à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels. Pour plus de clarté, le projet de loi mentionne aussi que ces pratiques ne sont pas incluses dans la définition du terme « thérapie de conversion ».
J'insiste sur le fait que ce projet de loi n'aurait pas pour but ni comme effet d'interdire les conversations ouvertes qu'un parent, un autre membre de la famille, un dirigeant religieux ou qui que ce soit d'autre entretient avec une personne au sujet de sa sexualité. Quoi qu'en dise le chef de l'opposition et les organisations comme la Coalition Campagne vie, ce projet de loi vise non pas à interdire les conversations, mais à criminaliser une pratique ignoble qui cause des préjudices bien réels et documentés à la communauté LGBTQ2 du pays.
Nous voulons que notre pays respecte nos différences. Tous les Canadiens devraient pouvoir non seulement vivre en toute sécurité, mais aussi assumer leur identité en toute sécurité. Le projet de loi C-6 contribuerait à faire en sorte que chacun se sente pris en compte, accepté, respecté, valorisé et en sécurité. J'implore tous les députés d'appuyer ce projet de loi important.
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BQ (QC)
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2020-10-27 11:11 [p.1278]
Madam Speaker, I thank my colleague for her speech. I am glad she is on the right side of this issue and agrees that Canadian society in general and Quebec society in particular still have a ways to go.
I myself did not realize conversion therapy was even available in Canada. This bill does not seem progressive to me. It barely brings us into the 21st century. Knowing that we need a more tolerant and open society, what are we doing to ensure that society does a better job of accepting homosexual individuals in Quebec and Canada?
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son discours. Je suis content de voir qu'elle se trouve du bon côté du miroir, c'est-à-dire qu'elle est d'accord pour dire que la société canadienne et québécoise, en particulier, n'est pas encore rendue là où il faut.
Personnellement, je ne pensais pas que c'était possible de suivre une de thérapie de conversion au Canada. Je trouve que le projet de loi n'est pas progressiste; au contraire, il nous fait arriver au XXIe siècle. À partir du constat qu'il faut avoir une société plus tolérante et plus ouverte, comment fait-on pour faire en sorte que la société accepte mieux les gens homosexuels au Québec et au Canada?
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Lib. (ON)
Madam Speaker, that is a very important question because there are still misconceptions out there, much like I spoke about in my speech. There are flyers distributed in Canada that somehow imply that individuals who are LGBTQ2 have made a choice or that people who are struggling with their gender identity can make a choice about it. I am really troubled to hear those kinds of comments.
Quite frankly, we heard stories at the health committee, particularly about young people who grow up and struggle all their lives with depression, anxiety, suicide and suicidal ideation. Those are things we need to stamp out in our country and make sure that people are welcoming and tolerant of individuals who may be different from themselves.
Madame la Présidente, cette question est très importante, parce qu'il subsiste des idées fausses, comme je l'ai mentionné dans mon allocution. Il y a des dépliants distribués au Canada qui insinuent que les personnes LGBTQ2 ont fait un choix ou que celles qui se questionnent sur leur identité de genre sont libres de la changer. Ce genre de commentaires me trouble vraiment.
À vrai dire, on entend toutes sortes d'histoires au comité de la santé, surtout à propos de jeunes qui, en grandissant, souffriront toute leur vie de dépression et d'anxiété, feront des tentatives de suicide ou auront des idées suicidaires. Nous devons éliminer toutes ces choses de notre pays et faire en sorte que les gens soient accueillants et tolérants envers les personnes différentes d'eux.
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CPC (AB)
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2020-10-27 11:14 [p.1278]
Madam Speaker, I appreciate many of the interventions made by my colleagues from different parties. The member used the words “red herring” a number of times. I am concerned about the fact that it has been used to nullify some of the legitimate concerns the Leader of the Opposition and others have raised about some of the ambiguity that exists around the bill. Certainly, I have some fairly strong opinions about the fact that this bill simply had to be reintroduced because the Liberals decided to shut down Parliament.
In order to see broader support to address this issue, which I think all in the House agree on, would she be willing to explore ways to remove the ambiguity that exists in the way the legislation is written currently?
We could then do exactly what the Liberals and all members of the House want to accomplish, which is to see these coercive practices banned in this country.
Madame la Présidente, j'apprécie beaucoup les interventions de mes collègues des différents partis. La députée a employé le terme « arguments fallacieux » à plusieurs reprises. Je suis préoccupé par le fait que ce terme a été utilisé pour tenter d'invalider certaines inquiétudes bien légitimes que le chef de l’opposition et d'autres députés ont soulevées au sujet des ambiguïtés suscitées par ce projet de loi. J'ai effectivement une opinion plutôt tranchée à propos du fait que ce projet de loi a dû être présenté de nouveau parce que les libéraux ont décidé de proroger le Parlement.
Afin d'obtenir un appui plus large pour traiter cette question, à propos de laquelle je pense que l'ensemble de mes collègues sont d'accord, la députée serait-elle disposée à explorer les moyens d'éliminer l'ambiguïté du libellé du projet de loi dans sa forme actuelle?
Nous pourrions alors accomplir exactement ce que les libéraux et les députés de tous les partis souhaitent, c'est-à-dire interdire ces pratiques coercitives au pays.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Madam Speaker, I did use the term “red herring” and it was one that was used yesterday in the speech by the member for Esquimalt—Saanich—Sooke, who has far more experience and knowledge on this issue than I do. He spoke very personally about this subject.
It is quite clear that there is absolutely nothing in the bill that would criminalize conversations. To imply that there is, I am sorry but we have to agree to disagree on this, that is the red herring. There is nothing that would criminalize conversations between people in the bill.
Madame la Présidente, en effet, j'ai utilisé l'expression « argument fallacieux ». C'est une expression que le député d'Esquimalt—Saanich—Sooke, qui a bien plus d'expérience et de connaissances que moi sur le sujet, a utilisé hier dans son discours. Il a abordé ce sujet de manière très personnelle.
Il est tout à fait manifeste qu'il n'y a absolument rien dans le projet de loi qui contribuerait à criminaliser des conversations. Je suis désolée, mais je ne peux pas être d'accord avec ceux qui prétendent le contraire. Il est là, l'argument fallacieux. Il n'y a rien, dans ce projet de loi, qui contribuerait à criminaliser des conservations.
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NDP (AB)
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2020-10-27 11:15 [p.1278]
Madam Speaker, it is lovely to be in the House and listen to the reaffirmation of Bill C-6. Of course, I am in support of the bill.
I would like to read a quote, if I may, from Dr. Kristopher Wells from Alberta. He is the Canadian chair for public understanding of sexual and gender minority youth. He writes:
It's much more underground.... It might be happening after business hours. It might be happening in a basement, or unfortunately it's still happening in some faith communities and cultural communities, under the guise of praying away the gay. Or that homosexuality doesn't exist in that community, and anyone who shows same-sex tendencies or who's gender diverse needs to be fixed or cured in order to gain acceptance in their community.
When we hear things like this, the bill is clearly not enough to address the underground impacts of homophobia. Clearly, this bill cannot repair past damages. Clearly, this bill does not address hate and homophobia in our communities. Will the member and the Liberal government commit to funding support programs and capacity-building programs for the SOGI community?
Madame la Présidente, je suis très contente d'être ici, à la Chambre et de voir encore une fois le projet de loi C-6 bien soutenu. Je suis évidemment en faveur du projet de loi.
J'aimerais lire une citation de Kristopher Wells, de l'Alberta, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la compréhension du public à l’égard des jeunes des minorités sexuelles et de genre:
Cela se passe très loin des yeux [...], après les heures de bureau, dans des sous-sols. Malheureusement, cela arrive encore dans certaines congrégations et certains groupes ethniques, sous le couvert de prier pour faire disparaître l'homosexualité ou sous prétexte que l'homosexualité n'existe pas dans une communauté donnée et que quiconque montre une attirance pour les personnes de son sexe ou dont l'identité de genre est différente doit être réformé ou guéri pour être accepté dans sa communauté.
Lorsqu’on entend de telles choses, il apparaît évident que le projet de loi ne suffit pas à régler le problème de tout ce qui se passe loin des yeux à cause de l'homophobie. Il est clair que ce projet de loi ne peut pas réparer les préjudices passés. Il est clair que ce projet de loi ne s'attaque ni à la haine ni à l'homophobie dans nos collectivités. Le député et le gouvernement libéral s'engageront-ils à financer des programmes de soutien et de développement des ressources pour la communauté OSIG?
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Lib. (ON)
Madam Speaker, actually, this bill does address part of that. One of the things we heard at committee was that just having provinces ban the practice does not go far enough. That is why we needed a Criminal Code amendment to deal with things like what the member described, such as how these so-called therapies move underground. The bill addresses that issue.
En fait, madame la Présidente, ce projet de loi s'attaque en partie à ce problème. Au comité, on nous a notamment dit qu'il ne suffisait pas que les provinces interdisent cette pratique, que c'est pourquoi il fallait modifier le Code criminel afin de s'attaquer à des choses semblables à ce que la députée a décrit, comme ces soi-disant thérapies qui se passent dans la clandestinité. Le projet de loi s'attaque à ce genre de problèmes.
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Lib. (QC)
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2020-10-27 11:17 [p.1279]
Madam Speaker, it is an honour to rise in debate on Bill C-6, which seeks to ban conversion therapy in this country. Let us make no mistake; the proposed legislation is revolutionary. It would make Canada’s laws on conversion therapy the most progressive and comprehensive in the world.
Conversion therapy is a degrading practice that targets LGBTQ2 Canadians to try to change their sexual orientation or gender identity, and can lead to life-long trauma. There is widespread consensus in the medical community that conversion therapy is extremely harmful.
A recent study in the United States found almost 30% of LGBTQ2 youth who had experienced conversion therapy had attempted suicide. Let us think about that for a moment. Let us think about our duty as legislators, our responsibility to prohibit practices that endanger the very lives of the people we aim to protect and serve.
As with other pieces of legislation, in favour of which I have spoken, Bill C-6, for me, is also about freedom: the freedom for everyone to be who they are, the freedom to express one's gender, the freedom to express one's sexual orientation, the freedom from being forced to change and the freedom from being enticed to change by others. It is the freedom to be ourselves and only we know who that is. This is the freedom we should want for all Canadians.
I hope the House will will stand firm and vote unanimously to support the bill, which will send a clear message to the LGBTQ2 community, to our young people and to the entire world.
I would like to take a moment to pay tribute to the many community organizations that have fought for the rights of transgender people and the entire LGBTQ2 community and continue to do so.
Back home in Mile-End, I have had the privilege of speaking with people from Fraîchement Jeudi, a community radio program that gives a voice to Montreal's LGBTQ2 community. I am also thinking of the Centre de solidarité lesbienne, located in my riding, which provides support to lesbians who have experienced domestic violence, sexual assault, grief, difficulty coming out or any other difficulties related to their well-being.
Montreal is home to many other organizations. Here are just a few: the Fondation Émergence, which combats homophobia and transphobia; RÉZO, which offers psychological support to LGBTQ2 men; and the Groupe de recherche et d'intervention sociale, or GRIS-Montréal, which works to raise awareness, especially in schools. We often think about Montreal's pride parade, which, under normal circumstances, draws millions of Montrealers. These organizations work day in and day out to ensure the inclusion of everyone in our society, no matter who they love.
Our laws and especially our Criminal Code are tools we can use to protect the most vulnerable and to prevent and remedy injustices. The bill before us is progressive and comprehensive. It bans so-called conversion therapy. It goes without saying that such therapy is not based on science. This harmful and unacceptable practice rooted in homophobia, biphobia and transphobia has no place in our society.
Bill C-6 would add five offences to the Criminal Code: causing a child to undergo conversion therapy; removing a child from Canada with the intention that the child undergo conversion therapy; causing a person to undergo conversion therapy against the person's will; advertising an offer to provide conversion therapy; and receiving a financial benefit from the provision of conversion therapy.
Before I move to the details of this important bill, I would also like to recognize the incredible advocacy of a member of my community in Outremont. Dr. Kimberley Manning is an associate professor of political science at Concordia University. She is also a fierce advocate for transgender rights and one of the directing minds behind the website GenderCreativeKids.ca, as well as a not-for-profit organization serving the parents of gender non-conforming children. We owe a debt of gratitude to her and to all parents who have advocated tirelessly for the rights of their children and for minors everywhere.
The bill before us proposes five new Criminal Code offences related to conversion therapy, including, first and foremost, causing a minor to undergo conversion therapy. It would also ban the removal of a minor from Canada to undergo conversion therapy abroad, make it an offence to cause a person to undergo conversion therapy against their will, make it illegal to profit from providing conversion therapy, as well as ban any advertising for conversion therapy and authorize courts to order the seizure of conversion therapy publicity or their removal from the Internet.
Conversion therapy can come in many different forms. It may last an hour, a week, months or years, and it is always incredibly damaging. Conversion therapy is designed to convince a person that they are living a lie and to renounce their homosexual or bisexual orientation, or gender identity, in the case of a trans or non-binary person.
I want to talk about the extent and impact of this practice. The statistics speak volumes. In February 2020, the Community-Based Research Centre, a Vancouver organization dedicated to LGBTQ+ men's health released interim findings of its Sex Now Survey. The findings of this survey of 7,200 people show the extent of this practice in 2020.
In Canada, nearly 20% of sexual minority men report having every experienced sexual orientation, gender identity or gender expression change efforts. Of them, nearly 40% have experienced conversion therapy in Canada. Younger men, and two-spirit, trans and non-binary respondents are more likely to be targeted by coercion.
These therapies have many repercussions. Undergoing conversion therapy is associated with various psychosocial outcomes such as depression, anxiety, social isolation and delay in coming out. These are serious impacts.
A person who has undergone conversion therapy, especially a young person, will have experienced trauma and will live with the consequences their entire life, at the expense of their mental health. That person will feel that they are not authentic, that they should be ashamed of their identity, that they must live a lie or even that they do not deserve to live.
Many adults who survived this injustice in their youth have described how they are still unable to establish a relationship of trust with their family, peers and colleagues. In some cases, they even find it difficult to pursue their studies or get a job. They often say that they even find it difficult to have a healthy intimate relationship or live their gender identity to the fullest.
Even worse, we know that these practices can lead our children, brothers, sisters, friends and colleagues in the LGBTQ+ community to have suicidal ideation and even act on it. How can we tolerate this in Canada in 2020?
The practice of conversion therapy, indeed, cannot be tolerated. On the one hand, it causes such psychological trauma as to lead individuals, statistically, to much higher rates of depression and suicide. On the other hand, the underlying rationale for conversion therapy runs antithetical to our values as a country: our values of freedom and liberty, the premise that every Canadian should be free to love whomever they choose and to express their individuality however they choose. This is yet one more step in our visceral drive as human beings to express ourselves and our most fundamental identity the way that we decide.
Madame la Présidente, c'est pour moi un honneur que d'intervenir dans le débat sur le projet de loi C-6, qui vise à interdire la thérapie de conversion au Canada. Qu'on ne s'y trompe pas, la mesure proposée est révolutionnaire. Si elle est adoptée, les lois canadiennes en matière de thérapie de conversion deviendraient les plus progressistes et les plus complètes au monde.
La thérapie de conversion est une pratique dégradante qui cible les Canadiens appartenant à la communauté LGBTQ2 et qui vise à modifier leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, ce qui peut provoquer un traumatisme qui durera toute la vie. Il est généralement admis au sein de la communauté médicale que la thérapie de conversion est une pratique extrêmement nuisible.
Selon une étude récente menée aux États-Unis, près de 30 % des jeunes de la communauté LGBTQ2 qui avaient été soumis à une thérapie de conversion ont par la suite tenté de s'enlever la vie. Songeons à cela un instant. Songeons à notre devoir en tant que législateurs, à notre responsabilité d'interdire les pratiques qui mettent en danger la vie de ceux que nous sommes chargés de protéger et de servir.
Comme d'autres mesures législatives sur lesquelles j'ai pris la parole pour donner mon appui, le projet de loi C-6 est à mes yeux une question de liberté: la liberté d'être qui on est, la liberté d'exprimer son genre, la liberté d'exprimer son orientation sexuelle, la liberté de ne pas avoir à changer contre son gré et la liberté de ne pas accepter d'être incité à changer par d'autres. Il s'agit de la liberté d'être qui nous sommes, et cela, personne d'autre ne peut le savoir à notre place. Cette liberté, tous les Canadiens devraient y avoir droit.
J'espère donc que la Chambre se prononcera fermement et d'une seule voix pour appuyer le projet de loi et envoyer un message fort à la communauté LGBTQ2, à nos jeunes et au monde entier.
J'aimerais prendre un moment pour rendre hommage aux nombreux organismes locaux qui ont lutté pour les droits des transgenres et pour l'ensemble de la communauté LGBTQ2, et qui continuent à le faire.
Chez nous, dans le Mile-End, j'ai déjà eu le privilège de m'entretenir avec les gens de Fraîchement Jeudi, une émission de radio communautaire qui donne une voix à la communauté LGBTQ2 à Montréal. Je pense également au Centre de solidarité lesbienne, situé dans ma circonscription, qui apporte de l'aide aux lesbiennes qui ont vécu de la violence conjugale, une agression sexuelle, un deuil, une sortie du placard difficile ou toute autre difficulté liée au bien-être.
À Montréal, il y a de nombreux autres organismes. En voici quelques-uns: la Fondation Émergence, qui lutte contre l'homophobie et la transphobie; RÉZO, qui fournit du soutien psychologique aux hommes LGBTQ2; le Groupe de recherche et d'intervention sociale, ou GRIS-Montréal, qui mène des campagnes de sensibilisation, particulièrement dans les écoles. Nous pensons souvent au défilé de la Fierté Montréal qui, en temps normal, rassemble des millions de Montréalais. Ces organismes travaillent tous les jours afin de s'assurer de l'inclusion de toutes et de tous dans notre société, peu importe qui ces personnes aiment.
Nos lois, et surtout notre Code criminel, sont des instruments permettant de protéger nos plus vulnérables et prévenir et rectifier les injustices. Le projet de loi devant nous est progressiste et approfondi. Il interdit les soi-disant thérapies de conversion. Nul besoin de dire que ces thérapies ne sont pas fondées sur la science. Cette pratique dommageable et inacceptable, ancrée dans l'homophobie, la biphobie et la transphobie, n'a aucune place dans notre société.
Le projet de loi C-6 ajouterait cinq infractions au Code criminel: faire suivre une thérapie de conversion à un enfant; envoyer un enfant à l'étranger pour qu'il y suive une thérapie de conversion; faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré; faire de la publicité en vue d'offrir de la thérapie de conversion; et bénéficier financièrement de la prestation de thérapies de conversion.
Avant d'entrer dans les détails de cet important projet de loi, j'aimerais souligner le travail remarquable d'une personne de ma communauté, à Outremont, en matière de défense des droits. Mme Kimberley Manning est professeur agrégée de sciences politiques à l'Université Concordia. Elle est également une ardente défenseure des droits des personnes transgenres et une des âmes dirigeantes derrière le site Web enfantstransgenres.ca, ainsi que d'un organisme sans but lucratif qui offre des services aux parents d'enfants non conformes aux normes de leur genre. Nous devons lui être reconnaissants, tout comme aux parents qui ont travaillé sans relâche pour défendre les droits de leurs enfants et de tous les mineurs.
Le projet de loi dont nous débattons propose d'ajouter cinq infractions au Code criminel relativement à la thérapie de conversion, dont, d'abord et avant tout, faire suivre une thérapie de conversion à un mineur. Il interdirait en outre tout agissement en vue de faire passer un mineur à l'étranger pour qu'il y suive une thérapie de conversion, érigerait en infraction le fait de faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré, rendrait illégal le fait de profiter de la prestation de thérapies de conversion, interdirait la publicité liée aux thérapies de conversion et autoriserait les tribunaux à ordonner que des publicités de thérapie de conversion soient saisies ou supprimées d'Internet.
Les thérapies de conversion peuvent prendre plusieurs formes. Qu'elles durent une heure, une semaine, des mois ou des années, elles sont toutes incroyablement dommageables. Elles veulent convaincre une personne de vivre dans le mensonge et de renier son orientation homosexuelle ou bisexuelle, voire son identité de genre dans le cas d'une personne transgenre ou non binaire.
Je vais illustrer l'étendue et les effets des thérapies de conversion. Les données nous en disent long. Le Centre de recherche communautaire, un organisme communautaire de Vancouver voué à la santé des hommes de la communauté LGBTQ+, a publié en février 2020 des résultats intérimaires de son enquête « Sexe au présent ». Les résultats obtenus auprès de 7 200 participants nous démontrent l'ampleur du phénomène en 2020.
Au Canada, près de 20 % des hommes issus de minorités sexuelles affirment avoir été visés par des efforts de coercition visant à changer leur orientation sexuelle, identité de genre ou expression de genre. De ce nombre, près de 40 % auraient vécu une forme de thérapie de conversion au Canada. Les hommes plus jeunes sont plus nombreux à être visés par des efforts de coercition, de même que les répondants bispirituels, trans et non binaires.
Les effets de ces thérapies sont nombreux. Le fait d'avoir été visé par une thérapie de conversion est associé à divers résultats psychosociaux, dont la dépression, l'anxiété, l'isolation sociale et une sortie tardive du placard. Ces effets sont profonds.
Une personne qui a vécu une thérapie de conversion, surtout une jeune personne, aura vécu un traumatisme. Elle en vivra les séquelles toute sa vie, aux dépens de sa santé mentale. La personne aura le sentiment qu'elle n'est pas légitime, qu'elle doit avoir honte de son identité, qu'elle doit vivre dans le mensonge, ou même qu'elle ne mérite pas de vivre.
Plusieurs adultes qui ont survécu à une telle injustice dans leur jeunesse décrivent à quel point ils sont toujours incapables d'établir des relations de confiance avec leur famille, leurs pairs et leurs collègues. Dans certains cas, ils ont même de la difficulté à poursuivre leurs études ou à obtenir un emploi. En fait, ils racontent souvent qu'ils auraient même du mal à vivre sainement en relation d'intimité ou à vivre pleinement leur identité de genre.
Pire encore, nous savons que ces pratiques peuvent mener nos enfants, nos frères, nos sœurs, nos amis et nos collègues de la communauté LGBTQ+ à avoir des pensées suicidaires, voire à passer à l'acte. Comment pouvons-nous tolérer une telle chose au Canada en 2020?
La pratique de la thérapie de conversion ne doit vraiment pas être tolérée. D'une part, elle cause des traumatismes psychologiques qui, selon les statistiques, mènent à des taux de dépression et de suicide plus élevés. D'autre part, le principe qui justifierait la thérapie de conversion va à l'encontre des valeurs canadiennes comme la liberté et la prémisse que chaque Canadien devrait être libre d'aimer qui il veut et d'exprimer son individualité à sa manière. Il s'agit d'un pas de plus dans notre quête, en tant qu'êtres humains, pour parvenir à nous exprimer et à afficher à notre guise cette composante essentielle de notre identité.
View Michelle Rempel Garner Profile
CPC (AB)
Madam Speaker, I agree with the member: Conversion therapy is an abuse of the most epic proportions, it is an abrogation of human rights and this bill should proceed.
I also think it is incumbent upon the government to move on a issue that it has had five years to move on, and that is ending the discriminatory blood ban. Can the member opposite please update the House on when she expects my gay friends to be able to donate blood?
Madame la Présidente, je suis d'accord avec la députée: la thérapie de conversion constitue un abus aux proportions des plus épiques. Elle constitue une abrogation des droits de la personne. Ce projet de loi devrait donc être adopté.
Je pense aussi qu'il incombe au gouvernement de passer à l'action dans un dossier qui traîne depuis cinq ans: il doit mettre fin à la pratique discriminatoire qui consiste à empêcher les homosexuels de donner du sang. La députée d'en face pourrait-elle dire à la Chambre quand, à son avis, mes amis gais pourront donner de leur sang?
View Rachel Bendayan Profile
Lib. (QC)
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2020-10-27 11:28 [p.1280]
Madam Speaker, I am so pleased that Bill C-6 has the support of many Conservative members. I hope it will have the unanimous support of this House. It is incredibly important, as I have outlined in my speech, that we ban conversion therapy in this country. It is a barbaric practice that has no good in it.
With respect to my colleague's question regarding a blood ban, we have committed as a government to move forward on this and I look forward to working with her and other members in this House on a future bill.
Madame la Présidente, je suis absolument ravie que le projet de loi C-6 soit appuyé par un si grand nombre de députés conservateurs. J'espère qu'il obtiendra également l'appui unanime de la Chambre. Comme je l'ai souligné dans mon discours, il est extrêmement important que nous interdisions les thérapies de conversion au Canada. Il s'agit d'une pratique barbare dont il n'y a rien de bon à tirer.
En ce qui concerne la question de ma collègue sur l'interdiction de donner du sang, le gouvernement a promis de faire avancer ce dossier, et je me réjouis à l'idée de travailler à l'élaboration d'un projet de loi de concert avec ma collègue et d'autres députés dans cette enceinte.
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NDP (ON)
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2020-10-27 11:28 [p.1280]
Madam Speaker, one of the very first debates I remember being involved in was on the right to same-sex marriage. I received a call from my parish priest to say that if I did not change my vote, I would be excommunicated from the church. My wife was not allowed to participate in a graduation ceremony because of my vote, my daughter, in grade 2, was not allowed to make her First Communion. The diocese sent out a press release asking to have me defeated in the next election. I also remember the incredible support of Catholics and other religious people across the north, particularly in the Franco-Ontarian community where they remembered the Duplessis priests and being told from the pulpit how to vote.
That lesson taught me that Canadians are much more open, giving and caring than some of the religious leaders who have let us down in the past. However, religious communities are also struggling and trying to find ways of being positive. The bill before is a very important sign, and I think we should try to get as much support for it as possible.
Madame la Présidente, l'un des premiers débats auquel je me souviens d'avoir participé portait sur le droit au mariage entre personnes de même sexe. Un prêtre de ma paroisse m'avait alors téléphoné pour m'aviser que si je ne changeais pas mon vote, je serais excommunié. En raison de mon vote, mon épouse n'a pas pu participer à une cérémonie de remise des diplômes et ma fille, qui se trouvait en deuxième année, s'est vu refuser la première communion. Le diocèse avait même publié un communiqué pour empêcher ma réélection. Toutefois, je me souviens aussi de l'appui incroyable de catholiques et d'autres groupes religieux dans le Nord, tout particulièrement de la communauté franco-ontarienne, dont les membres n'avaient pas oublié les prêtres de l'époque de Duplessis ni les sermons en chaire qui leur dictaient comment voter.
Cela m'a appris que les Canadiens sont beaucoup plus ouverts, généreux et bienveillants que certains leaders religieux qui nous ont laissés tomber dans le passé. Cependant, certaines communautés religieuses éprouvent également des difficultés et cherchent des moyens d'avoir une influence positive. Le projet de loi à l'étude en est un bon exemple, et je crois que nous devrions tenter d'obtenir le plus large appui possible pour celui-ci.
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Lib. (QC)
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2020-10-27 11:29 [p.1280]
Madam Speaker, I could not agree more with my colleague. I also believe that this bill and the idea of banning conversion therapy has widespread support in Canada among many different communities.
I look forward to the member's support and the support of all members in this House for Bill C-6.
Madame la Présidente, je suis totalement d'accord avec le député. Je crois aussi que ce projet de loi et l'idée d'interdire la thérapie de conversion jouissent d'un soutien généralisé dans les diverses communautés du Canada.
J'attends avec impatience que le député, et toute la Chambre d'ailleurs, soutienne le projet de loi C-6.
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CPC (AB)
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2020-10-27 11:30 [p.1280]
Madam Speaker, I listened intently, not only to this member but to some of the other speeches from Liberal members. I hear over and over again the same words about what the bill would do.
One of the most impassioned speeches I have heard in the House in my short time here was yesterday from the member for Stormont—Dundas—South Glengarry, who clearly is supportive of the bill but is encouraging the government to look at an amendment that would add greater clarity around what is not prohibited. I would like to ask the member whether she is supportive of looking at that amendment.
Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement les interventions, non seulement de la députée, mais d'autres députés libéraux. J'entends sans arrêt les mêmes mots sur ce que le projet de loi permettra d'accomplir.
L'une des interventions les plus passionnées que j'ai entendues depuis mon entrée en fonction ici est celle faite hier par le député de Stormont—Dundas—South Glengarry. Celui-ci appuiera certainement le projet de loi, mais il demande au gouvernement d'envisager un amendement pour préciser ce que le projet de loi n'interdira pas. J'aimerais demander à la députée si elle est favorable à l'examen de l'amendement en question.
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Lib. (QC)
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2020-10-27 11:31 [p.1280]
Madam Speaker, I agree that we need to work collaboratively as members in this House. I believe that we will have an opportunity in committee to look at proposed amendments and ensure that ideas such as the one that the Conservative member is proposing can be discussed, debated and perhaps included in this bill. It is certainly our intention to be as open and collaborative as possible.
Madame la Présidente, je crois comme mon collègue que tous les députés doivent travailler dans un esprit de collaboration. Je pense que nous aurons l'occasion d'étudier les propositions d'amendements au comité afin que les idées comme celle du député conservateur fassent l'objet d'un débat et, éventuellement, soient intégrées au projet de loi. Nous avons certainement l'intention d'adopter une approche aussi ouverte et collaborative que possible.
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CPC (MB)
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2020-10-27 11:31 [p.1281]
Madam Speaker, the member talked a lot about treatment, services and procedures, and I am wondering whether she could clarify what she means. I think we all agree in the House that barbaric, degrading, dehumanizing, coerced and unwanted treatments should be prohibited, but can she clarify a little more on what she believes would be acceptable?
Madame la Présidente, la députée a beaucoup parlé des traitements, des services et des procédures. Je me demande si elle peut clarifier ce qu'elle entend exactement. À mon avis, tous les députés conviennent que les traitements barbares, dégradants, déshumanisants et forcés devraient être interdits. Peut-elle nous dire ce qui serait acceptable à ses yeux?
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Lib. (QC)
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2020-10-27 11:32 [p.1281]
Madam Speaker, I believe the previous colleague also raised this point.
Perhaps there is some concern in this House around conversations. The Minister of Justice has clarified that conversations between individuals and their religious leaders, or individuals and their counsellors or psychologists are not included in this bill and are absolutely permitted under what is being proposed by the government. I think we need to keep that in mind as we move forward.
Madame la Présidente, je pense que le sujet a aussi été abordé à la question précédente.
Des députés semblent avoir des inquiétudes à propos des conversations. Le ministre de la Justice a précisé que les conversations entre des particuliers et leur chef religieux, leur conseiller ou leur psychologue ne sont pas incluses dans le projet de loi et qu'elles sont tout à fait permises selon la proposition du gouvernement. Je pense qu'il ne faut pas l'oublier alors que nous poursuivons les débats.
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CPC (AB)
Madam Speaker,
“You know, nothing makes God happier than when two people, any two people, come together in love. Friends, family, we're gathered here today to join Carol and Susan in holy matrimony.”
Twenty-six years ago now, 14-year-old me watched Ross Geller walk his ex-wife down the aisle to be married to her lesbian partner. At the time, it was quite the thing, one of the first mainstream television portrayals of a non-straight wedding. This episode of Friends was censored in parts of the U.S. and was aired nearly 10 years before same-sex marriage was legalized in Canada.
For 40-year-old me to be standing here debating this bill, it makes me ask why, but it is necessary. I cannot believe that we need to debate the bill, yet here we are. Even though our society has made progress in removing barriers to equality of opportunity for the LGBTQ+ community, which I will refer to as “the community” throughout my speech, these Canadians still face significant discrimination and marginalization. The topic of the bill is one facet that reflects and contributes to this marginalization.
Today I want to describe what the bill would do, why it is important and why it should be supported, and clarify confusion on some issues that have arisen around its form and structure.
First, I want to discuss what so-called conversion therapy is. In the words of my dear friend and brother from a different mother, Brian Hearn, “it isn't therapy, It's abuse, it's torture.” Brian is right. It is abuse and it is a violation of basic human rights.
According to the Canadian Psychological Association, conversion therapy refers to “any formal therapeutic attempt to change the sexual orientation of bisexual, gay and lesbian individuals to heterosexual.” This definition has generally been updated to include methods that aim to change the gender identity or gender expression of an individual. This practice is rooted in the false and outdated assumption that homosexuality and other forms of gender and sexual diversity are mental disorders that can be “cured”. This is a position that medical practitioners around the world have rejected for some years.
Many leaders from conversion therapy organizations, sometimes called the ex-gay movement, have since denounced the practice as clearly harmful and many of their leaders have even come out as LGBTQ+ themselves.
There is no scientific evidence that these practices have medical merit. In fact, it is the opposite. The Canadian Psychiatric Association, for example, has called the practices “pseudoscientific.” While some people's understanding of their own sexual identity might change over time, there is no evidence that their sexual orientation, who they are sexually attracted to, changed.
The scientific and medical communities have confirmed what every member of the community already knows; that we are born loving who we are, loving who we love and that there is nothing to fix. That is where the bill comes in.
The bill would make illegal, via amendment to the Criminal Code, the following: forcing someone to undergo conversion therapy against his or her will; causing a child to undergo conversion therapy; doing anything to remove a child from Canada with the intent that the child would undergo conversion therapy outside of Canada; advertising an offer to provide conversion therapy; and receiving financial or other material benefit for from provision of conversion therapy.
Some may ask why the bill is necessary. First, there is overwhelming consensus by scientific and medical practitioners and organizations in Canada and around the world that conversion therapy is unequivocally harmful. From one Canadian survey of survivors of conversion therapy, 30% had attempted suicide following their intervention. All survivors who responded experienced harmful psychological effects, “ranging from mild distress to severe anxiety, self-hatred, and suicide attempts.”
The Canadian Psychological Association also notes distress, depression, a feeling of personal failure, difficulty sustaining relationships and sexual dysfunction as consequences of conversion therapy. Many survivors noted that recovering from this trauma was akin to recovering from any other trauma. It took years, to a whole lifetime, to deal with the pain and suffering caused by so-called conversion therapy.
Some so-called conversion therapy advocates, especially those in the United States, have claimed that conversion therapy might have positive effects for a small minority of participants. This is also categorically false.
In 2009, the American Psychological Association said of such so-called research, “nonexperimental studies often find positive effects that do not hold up under the rigor of experimentation.” It is important to note this, because these false beliefs are often held up as a reason for why the bill is not necessary.
For those who think it does not happen in Canada, think again.
Estimates range between 20,000 and 47,000 Canadians having been exposed to this vile practice. With a 30% suicide rate, think of how many Canadians have attempted to take their life because of this torture. On top of this, the systemic marginalization LGBTQ2 Canadians already face in general makes it even worse. They are more likely to experience poverty, homelessness and physical violence.
With respect to mental health, the stigma and discrimination against the community's youth produces what many researchers call minority stress, which leaves LGBTQ2 people at a higher risk of health issues.
For example, youth from the community face 14 times the risk of suicide and substance abuse than their heterosexual and cisgender peers. They also face double the risk of PTSD than their heterosexual or cisgender counterparts. A 2013 study of trans people in Ontario 15 and older found that 77% had seriously considered suicide before and 43% had attempted suicide. Among the most vulnerable to suicide were trans youth, aged 16 to 24. Importantly, the study found that suicide risk for trans individuals decreased with social, societal and parental support.
We must also discuss the economic marginalization of members of the community. Among 40,000 young Canadians who are homeless each year, studies estimate between 25% and 40% are LGBTQ2. That is between 10,000 and 16,000 homeless people in Canada. One Ontario study also found that half of all trans Ontarians lived on less than $15,000 a year.
Then there are the overt acts of violence and discrimination against the community. Between 2014 and 2018, hundreds of hate crimes on the basis of sexual orientation were reported to police, constituting 10% of all hate crimes during this period. We do not even know about hate crimes on the basis of gender identity and expression during this period because there was no category for it. As such, we do not even have statistics to describe the extent of violence against trans Canadians, which we know is large, given anecdotal reports. However, other reports paint a troubling picture. A 2011 Egale Canada reported that 74% of trans students faced verbal harassment and 37% experienced physical harassment.
The Canadian Mental Health Association has shown that positive mental health and well-being for members of the community more broadly is associated with family and friend support, supportive work environments, low levels of internalized homophobia and positive responses to coming out, which is why the bill is important.
To put this more bluntly, rejection from parents, family members, religious communities, workplaces and more that members of the community face present a clear and direct threat to their equality and dignity. People end up on the street if their families reject them for being gay or trans. They end up selling their bodies if they are on the streets with no option. They end up facing violence if people hate who they are. All this is to say that banning conversion therapy will not suddenly end homophobia and transphobia in Canada, but it can make things better and it can stop stigma. This bill is a very good step in the right direction.
Now I will clarify some confusion on certain issues with regard to the bill.
Some have expressed concerns that the bill could prevent a trans person from “detransitioning”.
First, this is a phenomenon that rarely happens. A U.S.-based survey by the National Center for Transgender Equality found that only 0.4% of respondents detransitioned after realizing transitioning was not what they wanted. The rest who reported detransitioning, 7.6% of the 28,000 people surveyed, reported the reason for that as another reason, most often because of pressure from parents.
Second, this argument is predicated on the belief that it is easy to transition. This is patently false and painfully laughable for the many trans Canadians who are in the midst of transition today.
Wait times for gender-affirming interventions are long processes with many required medical steps and interventions. It takes time for assessments, time for referrals and time on the waiting list. The idea that trans persons are able to medically transition without any time to reflect and, as a result, they might be coerced into it is patently bunk, as is the assumption that medical transition can happen without medical supervision.
I also want to be clear that not every trans person wishes to undergo a medical transition. However, for those who do, medical transition can involve multiple courses of actions that are discussed and guided by medical professionals. These include hormone therapy, genital or chest surgeries or other gender confirming surgeries.
If we take the case of genital surgery in Ontario, a person needs two assessments recommending surgery from a doctor, nurse, nurse practitioner, social worker or psychologist and both of these assessments must confirm persistent gender dysphoria, not transitional gender dysphoria. Therefore, it must be clear that this has been happening over a period of time and the person must have taken 12 months of hormone therapy already. This just does not happen overnight or on a lark.
My friend Hannah Hodson, here in Ontario, wanted me to share her experience. She first started speaking to a therapist, then met with many doctors and it took her over a year to first get her first hormone prescription. At the time, she was a 32-year-old adult living in the easiest province in Canada to do it, because Ontario operates on informed consent for adults. That is not the case in many other parts of our country.
The assertion that it is easy for a child to transition in Canada or that medical transition happens without rigorous oversight is also bunk. For children in Canada, they and their parents would first have to start by speaking to a medical professional and likely a gender therapist. For children transitioning, changes are usually 100% social; that is, how they act, how they dress. It is only under the strict oversight of medical professionals that someone could access even reversible interventions like puberty blockers. In terms of gender-affirming surgeries, by way of medical practice standards in Canada, they do not really happen before age 18 anyway.
These assumptions are also rooted in the basis of an overly simplified and scientifically rejected perception of gender as solely relating to sex or genitals. The concept of gender identity is about relating to the world, not just genitalia. Many trans people choose to live without those surgeries and it does not make them any less than who they are. However, for many people, that gender-affirming care is what they need to live as a fully functioning member of society.
Back to my friend Hannah, she said, “I always joke that there is no way I would willingly do this if it wasn’t who I am. I was living as a straight presenting white man, I had won the jackpot.” The decision to transition is not made on a lark because an out trans person still faces enormous challenges even in Canada. Trans people face incredible rates of abuse and harassment. According to a 2011 Egale survey, 74% of trans students report verbal harassment and 37% report physical harassment.
Hannah can maybe now go to 35 countries safely, maybe. In Ontario, even today, people send her threats or call her a freak when she is walking down the street, and she lives in one of the most accepting cities in Canada. If anyone ever does this to Hannah, she should tell them to come talk to me.
Another recent study showed that 45% of trans people in a survey sampled have committed suicide. However, there is hope. With strong family support, that rate drops by 93%. Therefore, to fully refute the notion that somehow the bill hurts trans persons in any way, it is the opposite. It will reduce the stigma they face and stop a form of violence against them.
It has also been suggested that the bill may criminalize private conversations, particularly between a parent and a child or a religious leader and a parishioner. I believe this to be false after reading the bill.
First, uncoerced conversations, including those with minors, are already protected by freedom of expression under the Canadian Charter of Rights and Freedoms. The bill would further protect this right by defining conversion therapy directly in the bill as “a practice, treatment or service designed to change a person’s sexual orientation to heterosexual or gender identity to cisgender, or to repress or reduce non-heterosexual attraction or sexual behaviour.”
Upon reading the bill, I believe that the phrasing “designed to” makes it crystal clear that the bill does not criminalize formal conversations between faith leaders or family members. If there are concerns regarding freedom of expression, people should rejoice. The bill would protect the values of freedom of expression, the right to expression of self and truth as it pertains to sexual orientation and gender identity, which are necessary given all the evidence of discrimination against the community that I have already presented.
It also has been suggested that the bill has the potential to criminalize prayer or religious belief. I also believe this to be a false assertion. Freedom of religious expression is an underpinning of Canada’s pluralism, which I strongly support. There is, however, a clear difference between a religious belief and a sustained effort made by somebody in a coercive setting to change someone’s sexual orientation or gender identity. In the same way, there is a difference between a general prayer and this practice as well. I believe the bill already clearly outlines these differences, for the following reason.
Most members seem to agree that banning conversion therapy is a pressing and substantive objective. Protecting the health and well-being of LGBTQ2 Canadians from clear harm is of urgent concern. As such, this bill is proportional to any potential burdens on, for example, religious freedom claims.
This bill proposes limits that are rationally connected to the goal of protecting LGBTQ2 Canadians, but it does not arbitrarily infringe on religious freedom. It does not, for example, infringe on holding anti-LGBTQ2 beliefs, which I, for the record, do not have, and I do not believe anyone should have. It only prevents them from acting on them. In my view, the spirit and value of religious freedoms is to protect individuals so they may practise their faith. Many existing provisions in our Criminal Code, however, already limit what actions might be taken in the name of that. Religious freedom does not extend to harming others.
To be clear, this does not mean that Bill C-6 somehow infringes on parents' rights to talk to their children about sex and sexuality. It does not infringe on parents' rights to hold the belief that homosexuality is wrong, which is, again, a belief I fully reject. It does not infringe on those parents' rights to express that belief either. It does, as has been stated over and over, prevent any practice, treatment, or service, designed to change someone’s sexuality or gender identity. Bill C-6 draws the line at turning that belief into a practice designed to change fundamentally who someone is, and in so doing, prevents harm to their person.
Banning conversion therapy mitigates one fraction of the violence and marginalization directed at the community, but it does not stop hate crimes, bullying and harassment. Also, it does not fix all of the other issues that I outlined before.
For those who are worried that this could somehow be a slippery slope, I would also point members to the fact that many other jurisdictions and municipalities have also, within the tools available to them within their jurisdictional responsibilities, implemented similar measures. Churches are still operating, as are mosques and gurdwaras. Society is going on, but I feel those types of regulations have sent a message to the LGBTQ2 community that society is working on some of the systemic discriminations I outlined already.
I have spent a lot of time discussing my view as a legislator today, but I would like to take a minute and explain my view on this as a human being, so I will go back to my smart and effervescent friend Hannah. She wanted me to tell the House this on her behalf: “LGBTQ people are who they are. You can’t turn or fix us. There is nothing to fix. But you can choose to love and support us instead.”
That is really what I hope we can do as a country. No amount of legislation can change hearts and minds. Only an individual commitment to compassion, understanding and kindness will do that.
I remember standing on a windy patio in Banff in July 2019. In Alberta, members of Parliament can legally perform wedding ceremonies, and on that day I had the privilege of uniting two beautiful humans in marriage. They were surrounded by loving and excited friends and family members, and there was not a dry eye in the place, including mine, because their love for each other was so infectious we could not help but revel in it. For Spencer and Jeff Seabrook, that day was not about their sexual orientation. It was about a joyous celebration of their love for one another.
That is how I think it should be. In the same way, I have five people who I consider to be my family. The love they give me everyday, and I mean everyday, is not about the fact they are gay. It is about the fact they are amazing human beings who I deeply love in return. I do not want to fix them because they are already perfect.
Most days, it is more about them trying to improve me. They stood with me in my wedding party when I got married. They even bristled when former Prime Minister Harper tried to give them pointers on how to walk down the wedding runway, although Matt and I must admit he had a point. When two of those amazing people told me they were engaged, we celebrated with joy. I say to Dustin Franks, Miguel Arturo Possamai, Craig Sklenar, Craig Volkerink, Brian Hearn, Matt MacDonald and Garrett Ayers that this one is for them.
This morning Matt texted me and said, “Back when we were born, LGBTQ people were facing accusations that they were converting straight people gay. How ironic is it that 40 years later, you’re giving a speech in the House of Commons to prevent people from violating human rights and forcibly attempt to convert gays the other way. Get it together, people!” He has got a point.
Madame la Présidente,
« Vous savez, il n’y a rien qui rende Dieu plus heureux que deux personnes, n’importe lesquelles, qui s’aiment. Mes amis, ma famille, nous sommes réunis en ce lieu pour unir Carol et Susan par les liens sacrés du mariage. »
Il y a 26 ans, alors que j’avais 14 ans, j’ai regardé Ross Geller conduire son ex-épouse à l’autel afin qu’elle épouse sa conjointe lesbienne. À l’époque, c’était quelque chose, une des premières représentations sur une chaîne de télévision grand public d’un mariage non hétérosexuel. Cet épisode de Friends, qui a été censuré dans une partie des États-Unis, a été diffusé près de 10 ans avant la légalisation du mariage homosexuel au Canada
À présent, à 40 ans, je participe au débat sur ce projet de loi en me demandant pourquoi, mais je sais qu’il est nécessaire. Je n’arrive toutefois pas à croire que nous devions en débattre et pourtant, c’est bien ce que nous faisons. Malgré les progrès accomplis dans notre société pour éliminer les obstacles à l’égalité des chances pour la communauté LGBTQ+, que j’appellerai « la communauté » dans le reste de mon intervention, ces Canadiens sont toujours en butte à une discrimination et à une marginalisation importante. Le sujet du projet de loi est une facette de cette marginalisation et un facteur de marginalisation.
Aujourd’hui, je souhaite expliquer ce que le projet de loi fera, pourquoi il est important et pourquoi les députés devraient l’appuyer, mais aussi dissiper la confusion sur certaines questions que soulèvent sa forme et sa structure.
Tout d’abord, je tiens à parler de cette prétendue thérapie de conversion. Pour citer mon cher ami et frère né d’une autre mère, Brian Hearn, « Ce n’est pas une thérapie, c’est de la maltraitance, c’est de la torture ». Brian a raison. C’est de la maltraitance et c’est une violation de droits de la personne élémentaires.
D’après la Société canadienne de psychologie, on entend par thérapie de conversion « toute intervention thérapeutique formelle qui vise à modifier l’orientation sexuelle d’une personne bisexuelle ou homosexuelle dans le but de ramener celle-ci à l’hétérosexualité ». Cette définition a été mise à jour de manière générale afin d’inclure des méthodes qui visent à changer l’identité ou l’expression de genre d’une personne. Cette pratique repose sur l’hypothèse fausse et dépassée selon laquelle l’homosexualité et d’autres formes de diversité sexuelle et de genre sont des troubles mentaux qui peuvent être « guéris ». Des professionnels de la santé du monde entier rejettent cette position depuis des années.
Nombre de dirigeants d’organisations adeptes de la thérapie de conversion, parfois appelées mouvement ex-homosexuel, ont depuis dénoncé cette pratique en la déclarant manifestement dangereuse et beaucoup de leurs dirigeants se sont même déclarés ouvertement LGBTQ+.
Aucune donnée scientifique ne prouve que ces pratiques présentent un intérêt médical. En fait, c’est tout le contraire. La Société canadienne de psychologie, par exemple, les qualifie de « pseudo-scientifiques ». S’il arrive que certaines personnes perçoivent différemment leur identité sexuelle avec le temps, rien ne prouve que leur orientation sexuelle, autrement dit qui les attire sexuellement, ne change.
Les milieux scientifique et médical ont confirmé ce que chaque membre de la société sait déjà: nous sommes nés en aimant qui nous sommes, en aimant qui nous aimons et il n’y a rien à corriger. Voilà où le projet de loi entre en jeu.
Il rendrait illégaux, au moyen d’une modification du Code criminel, les actes suivants: forcer une personne à suivre une thérapie de conversion contre son gré; faire suivre une thérapie de conversion à un enfant; faire quoi que ce soit pour retirer un enfant du Canada dans l’intention qu’il suive une thérapie de conversion à l’étranger; annoncer une offre de thérapie de conversion; et recevoir un gain financier ou matériel pour la prestation d’une thérapie de conversion.
Certains pourraient se demander pourquoi un projet de loi est nécessaire. Tout d’abord, il y a un consensus écrasant chez les praticiens et les organisations des milieux scientifique et médical au Canada et dans le monde entier sur le fait que la thérapie de conversion est nocive, sans équivoque. D’après l’enquête canadienne menée auprès de survivants de la thérapie de conversion, 30 % ont tenté de se suicider après l’intervention. Tous les survivants qui ont répondu ont subi des effets psychologiques néfastes, allant d’une détresse légère et une angoisse grave à la haine de soi et à des tentatives de suicide.
La Société canadienne de psychologie fait aussi état de détresse, de dépression, d’un sentiment d’échec personnel, de difficultés à entretenir des relations et d’un dysfonctionnement sexuel comme conséquences de la thérapie de conversion. De nombreux survivants ont fait remarquer que le rétablissement de ce traumatisme s’apparentait au rétablissement de tout autre traumatisme. Il leur a fallu des années, voire toute une vie, pour composer avec la douleur et la souffrance causées par la soi-disant thérapie de conversion.
Certains partisans de la soi-disant thérapie de conversion, notamment aux États-Unis, ont affirmé qu’elle pourrait avoir des effets positifs pour une petite minorité de participants. Cette affirmation est aussi catégoriquement fausse.
En 2009, l’American Psychological Association a déclaré à propos de ces soi-disant recherches que des études non expérimentales trouvent souvent des effets positifs qui ne résistent pas à la rigueur de l’expérimentation. Il est important de le souligner, parce que ces fausses croyances sont souvent invoquées pour expliquer l'inutilité du projet de loi.
Pour ceux qui pensent que nous sommes à l’abri de ce phénomène au Canada, détrompez-vous.
Selon des estimations, entre 20 000 et 47 000 Canadiens ont été exposés à cette pratique odieuse. Avec un taux de suicide de 30 %, pensez au nombre de Canadiens qui ont tenté de s’enlever la vie à cause de cette torture. En outre, la marginalisation systémique à laquelle les Canadiens LGBTQ2 sont déjà confrontés en général empire encore la situation. Ils sont plus susceptibles de connaître la pauvreté, l’itinérance et la violence physique.
En ce qui concerne la santé mentale, la stigmatisation et la discrimination envers les jeunes de la communauté produisent ce que de nombreux chercheurs appellent le stress des minorités, qui fait en sorte que les personnes LGBTQ2 courent un plus grand risque d’éprouver des problèmes de santé.
Par exemple, les jeunes de la communauté sont exposés à un risque de suicide et de toxicomanie 14 fois plus élevé que leurs pairs hétérosexuels et cisgenres. Ils courent également deux fois plus de risques de souffrir de troubles de stress post-traumatique que leurs homologues hétérosexuels ou cisgenres. Une étude menée en 2013 auprès de personnes transgenres de 15 ans et plus en Ontario a révélé que 77 % d’entre elles avaient déjà sérieusement envisagé de se suicider et que 43 % avaient déjà fait une tentative de suicide. Parmi les plus vulnérables au suicide figurent les jeunes trans âgés de 16 à 24 ans. Il est important de souligner que l’étude a révélé que le risque de suicide chez les personnes trans diminue grâce au soutien social, sociétal et parental.
Nous devons aussi discuter de la marginalisation économique des membres de la communauté. Des études estiment qu’entre 25 % et 40 % des 40 000 jeunes Canadiens sans abri chaque année sont LGBTQ2. Cela représente entre 10 000 et 16 000 personnes sans abri au Canada. Une étude ontarienne a aussi révélé que la moitié des transsexuels ontariens vivent avec moins de 15 000 $ par an.
Il y a ensuite tous les actes de violence et de discrimination patentes à l’égard de cette communauté. Entre 2014 et 2018, des centaines de crimes haineux perpétrés au motif de l’orientation sexuelle des victimes ont été signalés à la police, soit 10 % de tous les crimes haineux commis pendant cette période. Nous ne savons même pas combien de crimes haineux perpétrés au motif de l’identité et de l’expression de genre ont été commis pendant cette période, car nous n’avons pas de statistiques là-dessus. En fait, nous n’avons même pas de statistiques sur la violence contre les Canadiens transgenres, qui est pourtant importante et sur laquelle nous n’avons que des rapports sporadiques. En revanche, d’autres rapports nous brossent un tableau plus inquiétant. En 2011, Egale Canada a révélé que 74 % des étudiants transgenres avaient été victimes de harcèlement verbal, et 37 %, de harcèlement physique.
L’Association canadienne pour la santé mentale a indiqué que la santé mentale et le bien-être des membres de cette communauté s’en trouvent améliorés lorsqu’ils ont l’appui de leur famille et de leurs amis, qu’ils travaillent dans des environnements tolérants, qu’ils font face à un faible niveau d’homophobie et qu’ils reçoivent un accueil positif lorsqu’ils révèlent leur orientation sexuelle. C’est la raison pour laquelle ce projet de loi est important.
Autrement dit, le rejet des parents, des membres de la famille, des communautés religieuses et des lieux travail représente, pour les membres de cette communauté, une grave menace à leur égalité et à leur dignité. Ces gens-là se retrouvent dans la rue lorsqu’ils sont rejetés par leur famille parce qu’ils sont homosexuels ou transgenres. Lorsqu’ils sont dans la rue, ils n’ont souvent pas d’autre choix que de se prostituer. Ils subissent de la violence lorsque les gens les haïssent à cause de leur orientation sexuelle. Tout cela pour dire qu’en interdisant les thérapies de conversion, nous n’allons pas du jour au lendemain éliminer l’homophobie et la transphobie au Canada, mais nous pourrons améliorer le sort de cette communauté et mettre un terme à sa stigmatisation. Ce projet de loi est vraiment un pas dans la bonne direction.
J’aimerais maintenant apporter des précisions sur certaines questions relatives au projet de loi.
D’aucuns ont dit craindre que le projet de loi empêche un transgenre « d’annuler sa transition ».
Premièrement, c’est un phénomène qui se produit rarement. Selon une étude réalisée aux États-Unis par le National Center for Transgender Equality, seulement 0,4 % des répondants ont annulé leur transition après s’être rendu compte que ce n’était pas ce qu’ils voulaient. Parmi les autres personnes qui ont annulé leur transition, 7,6 % des 28 000 répondants ont dit l’avoir fait pour une autre raison, souvent à la suite de pressions de leurs proches.
Deuxièmement, cet argument part de l’hypothèse que la transition est facile. C’est absolument faux, et c’en est même douloureusement supportable pour les nombreux transgenres canadiens qui sont en cours de transition aujourd’hui.
Les temps d’attente pour ce genre d’intervention sont très longs et nécessitent de nombreuses étapes et procédures médicales. Il faut faire des évaluations, diriger les patients vers les bons spécialistes, et les inscrire sur une liste d’attente. Il est complètement faux de dire qu’il est possible de faire une transition médicale sans prendre le temps de réfléchir et, par conséquent, d’être forcé à le faire, tout comme il est faux de dire qu’une transition médicale peut se faire sans supervision médicale.
Je tiens également à ajouter que les personnes transgenres ne veulent pas toutes faire une transition médicale. Pour celles qui le veulent, une telle transition peut nécessiter de multiples interventions, qui font l’objet de discussions avec des professionnels de la santé. Il peut s’agir de thérapies hormonales, de chirurgies des seins ou des organes génitaux ou d’autres chirurgies d’affirmation du genre.
Pour une opération des organes génitaux, en Ontario, une personne a besoin de deux évaluations recommandant une chirurgie, qui peuvent être faites par un médecin, un infirmier, un infirmier praticien, un travailleur social ou un psychologue, et qui doivent toutes les deux confirmer une dysphorie de genre. Par conséquent, on voit bien que tout cela nécessite beaucoup de temps, sans compter que la personne doit déjà avoir fait une thérapie hormonale pendant 12 mois. Cela ne se fait pas du jour au lendemain ou sur un coup de tête.
Mon amie Hannah Hodson, qui habite en Ontario, m’a demandé de raconter son expérience. Elle a commencé par s’adresser à un thérapeute, puis a rencontré de nombreux médecins, et il lui a fallu plus d’un an avant de se faire prescrire des hormones. À l’époque, elle avait 32 ans et elle habitait dans la province où il était le plus facile d’obtenir ce genre de traitement, car l’Ontario fonctionne selon le principe du consentement éclairé des adultes. Ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres régions du pays.
Il est complètement faux de dire qu’il est facile pour un enfant de faire sa transition au Canada, ou que la transition médicale se fait sans une surveillance rigoureuse. Dans le cas d’un enfant, au Canada, il faut d’abord qu’il rencontre, avec ses parents, un professionnel de la médecine, généralement un thérapeute sexuel. Pour un enfant en transition, les changements sont généralement à 100 % sociaux, c’est-à-dire qu’ils concernent le comportement et l'habillement. C’est seulement sous la stricte surveillance d’un professionnel de la médecine qu’un enfant peut avoir accès à des interventions mêmes réversibles, comme des inhibiteurs d’hormones. Quant aux chirurgies d’affirmation du genre, on ne les pratique généralement pas avant l’âge de 18 ans, conformément aux normes canadiennes.
Ces affirmations sont aussi fondées sur une idée trop simpliste et rejetée par la science selon laquelle le genre se limite au sexe et aux organes génitaux. Le concept d’identité de genre concerne la relation avec le monde, et pas seulement les organes génitaux. Beaucoup de transgenres décident de ne pas avoir recours à ces chirurgies, et cela ne change en rien ce qu’ils sont vraiment. Toutefois, pour beaucoup de gens, ces thérapies d’affirmation du genre sont indispensables pour pouvoir participer pleinement à la société.
Pour en revenir à mon amie Hannah, voici ce qu’elle dit: « Je dis toujours en plaisantant que je n’aurais jamais fait tout cela si cela ne correspondait pas à ce que je suis. J’étais avant un homme blanc, hétérosexuel en apparence. J’avais tout pour réussir. » La décision de faire la transition n’a pas été prise à la légère, parce qu’un transgenre se heurte encore à beaucoup de difficultés au Canada. Les transgenres sont victimes d’énormément d’abus et de harcèlement. Selon un sondage de 2011 réalisé par Egale, 74 % des étudiants transgenres sont victimes de harcèlement verbal et 37 %, de harcèlement physique.
Hannah peut aujourd’hui se rendre en toute sécurité dans peut-être 35 pays. En Ontario, même encore aujourd’hui, des gens lui adressent des menaces ou la traitent de monstre lorsqu’elle se promène dans la rue, et elle habite dans l’une des villes les plus tolérantes au Canada. Quand cela arrive, Hannah devrait leur dire de s’adresser à moi.
Selon une autre étude récente, 45 % des transgenres interrogés lors d’un sondage se sont suicidés. Mais il y a tout de même de l’espoir. Avec beaucoup de soutien des membres de la famille, ce taux diminue de 93 %. Par conséquent, quand certains prétendent que le projet de loi cause des torts aux transgenres, c’est tout à fait le contraire. Il permet d’atténuer la stigmatisation dont ils sont victimes et de mettre un terme à une certaine forme de violence à leur égard.
Certains ont aussi laissé entendre que le projet de loi pourrait criminaliser des conversations privées, en particulier entre un parent et un enfant ou entre un chef religieux et un paroissien. Après avoir lu le projet de loi, je pense que c’est faux.
Premièrement, les conversations non forcées, y compris celles avec des mineurs, sont déjà protégées par la liberté d’expression en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Le projet de loi protégerait davantage ce droit en donnant directement une définition de la thérapie de conversion, qui s’entend « d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, soit à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels ».
Après avoir lu le projet de loi, je pense que l’expression « qui vise à » montre clairement que le projet de loi ne criminalise pas les conversations formelles entre des chefs religieux ou des membres de la famille. S’il y a des inquiétudes à propos de la liberté d’expression, les gens devraient se réjouir. Le projet de loi protégerait les valeurs de la liberté d’expression, du droit à l’expression de soi et à la vérité en ce qui concerne l’orientation sexuelle et l’identité de genre, qui sont nécessaires à la lumière de toutes les preuves de discrimination contre la communauté que j’ai déjà présentées.
Certains ont aussi laissé entendre que le projet de loi pourrait criminaliser la prière ou les croyances religieuses. Je crois aussi que c’est faux. La liberté d’expression religieuse est un fondement du pluralisme canadien, auquel je souscris fermement. Il y a toutefois une nette différence entre une croyance religieuse et un effort soutenu déployé par une personne dans un cadre coercitif pour modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. De même, il y a également une différence entre une prière générale et cette pratique. Je crois que le projet de loi expose déjà clairement ces différences, pour la raison suivante.
La plupart des députés semblent convenir que l’interdiction de la thérapie de conversion est un objectif urgent et important. Il est urgent de protéger la santé et le bien-être des Canadiens LGBTQ2 contre un préjudice manifeste. Cela étant, ce projet de loi est proportionnel à tout fardeau potentiel pesant, par exemple, sur les revendications de liberté religieuse.
Ce projet de loi propose des limites qui sont rationnellement liées à l’objectif de protéger les Canadiens LGBTQ2, mais il ne porte pas arbitrairement atteinte à la liberté de religion. Par exemple, il n’empiète pas sur les croyances anti-LGBTQ2, que je n’entretiens pas, que ce soit bien clair, et que personne ne devrait entretenir à mon avis. Il ne fait que les empêcher d’agir en fonction de ces croyances. À mon avis, l’esprit et la valeur des libertés religieuses consistent à protéger les gens afin qu’ils puissent pratiquer leur foi. Toutefois, de nombreuses dispositions de notre Code criminel limitent déjà les gestes qui peuvent être posés au nom de cette liberté. La liberté religieuse ne va pas jusqu’à permettre de porter préjudice à autrui.
Je précise que cela ne signifie pas que le projet de loi C-6 empiète d’une quelconque façon sur le droit des parents de parler de sexe et de sexualité avec leurs enfants. Il ne porte pas atteinte au droit des parents de croire que l’homosexualité est mal, une croyance que je rejette totalement, je le répète. Il ne porte pas non plus atteinte au droit de ces parents d’exprimer cette croyance. Comme cela a été dit à maintes reprises, il empêche toute pratique, tout traitement ou tout service visant à modifier la sexualité ou l’identité de genre d’une personne. Le projet de loi C-6 trace la limite en empêchant la transformation de cette croyance en une pratique destinée à modifier fondamentalement l’identité d’une personne et il prévient un préjudice à cette personne.
L’interdiction de la thérapie de conversion atténue une fraction de la violence et de la marginalisation que subit la communauté, mais elle n’arrête pas les crimes haineux, l’intimidation et le harcèlement. Elle ne règle pas non plus tous les autres problèmes que je mentionnais.
À ceux qui craignent que nous nous avancions sur un terrain dangereux, je dirai que beaucoup de provinces et de municipalités ont également, avec les outils à leur disposition dans leur champ de compétences, mis en œuvre des mesures similaires. Les églises fonctionnent toujours, tout comme les mosquées et les gurdwaras. La vie continue dans la société, mais j’ai le sentiment que ce type de règlement adresse un message à la communauté LGBTQ2 et lui dit que la société travaille à lutter contre certaines discriminations systémiques que j’ai déjà exposées.
Je viens de passer beaucoup de temps à expliquer mon point de vue de législatrice, mais j’aimerais prendre quelques instants pour expliquer mon point de vue en tant qu’être humain. Je vais donc revenir à mon amie intelligente et pétillante, Hannah. Elle voulait que je dise ceci à la Chambre en son nom: « Les personnes LGBTQ sont ce qu’elles sont. Vous ne pouvez pas nous transformer ou nous guérir. Il n’y a rien à guérir. Mais vous pouvez toutefois choisir de nous aimer et de nous soutenir. »
J’espère vraiment que nous en sommes capables en tant que pays. Aucune loi ne peut changer les cœurs et les esprits. Seule la volonté individuelle de faire preuve de compassion, de compréhension et de gentillesse y parviendra.
Je me souviens d’un jour de juillet 2019 sur une terrasse venteuse à Banff. En Alberta, les députés peuvent célébrer des mariages et ce jour-là, j’ai eu le privilège d’unir par les liens du mariage deux merveilleuses personnes. Elles étaient entourées d’amis et de membres de leur famille aimants et enthousiastes, et tout le monde était très ému, y compris moi, de voir combien ces deux personnes s’aimaient. Pour Spencer et Jeff Seabrook, ce jour n’avait rien à voir avec leur orientation sexuelle. C’était une célébration joyeuse de leur amour l’un pour l’autre.
C’est ainsi que ce devrait être, selon moi. De la même manière, il y a cinq personnes que je considère comme faisant partie de ma famille. L’amour qu’elles me donnent chaque jour, je dis bien chaque jour, ne tient pas au fait qu’elles sont homosexuelles, mais au fait que ce sont des êtres humains extraordinaires que j’aime profondément en retour. Je ne veux rien changer en elles parce qu’elles sont déjà parfaites.
La plupart du temps, ce sont même elles qui cherchent à m’améliorer. Elles étaient présentes à mes noces quand je me suis mariée. Elles se sont même irritées quand l’ancien premier ministre Harper a essayé de leur donner des conseils sur la façon de remonter l’allée jusqu’à l’autel, même si Matt et moi reconnaissons qu’il n’avait pas tort. Quand deux de ces personnes merveilleuses m’ont dit qu’elles étaient fiancées, nous l’avons célébré avec joie. Je salue chaleureusement Dustin Franks, Miguel Arturo Possamai, Craig Sklenar, Craig Volkerink, Brian Hearn, Matt MacDonald et Garrett Ayers.
Ce matin, Matt m’a envoyé un texto pour me dire ceci: « Quand nous sommes nés, les personnes LGBTQ étaient accusées de convertir des hétérosexuels à homosexualité. Quelle ironie que 40 ans plus tard, tu prononces un discours à la Chambre des communes pour empêcher des gens de porter atteinte aux droits de la personne et de chercher à convertir par la force des homosexuels à l’hétérosexualité. Il faudrait se mettre d’accord! » Il a raison.
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Lib. (QC)
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2020-10-27 11:52 [p.1284]
Madam Speaker, I thank my colleague for her speech, in which she spent quite a bit of time debunking some of the myths about Bill C-6. I would ask her why, when we proposed unanimous consent for this bill to ban conversion therapy, the members of the Conservative Party yelled nay? Why is it that, as the health critic, she is unable to explain the very logical arguments she just gave to her colleagues, so we can unanimously pass Bill C-6 in this House and ban conversion therapy once and for all?
Madame la Présidente, je remercie la députée pour son discours, dont une bonne partie visait à déboulonner certains mythes à propos du projet de loi C-6. Pourrait-elle me dire pourquoi les députés conservateurs ont crié non quand nous avons proposé que ce projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion soit adopté avec le consentement unanime de la Chambre? À titre de porte-parole en matière de santé, pourquoi n'arrive-t-elle pas à expliquer à ses collègues les arguments tout à fait logiques qu'elle vient de présenter, afin que la Chambre puisse adopter le projet de loi C-6 à l'unanimité et interdire les thérapies de conversion une fois pour toutes?
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CPC (AB)
Madam Speaker, I am not sure if my colleague opposite has been here long enough to understand that what we do in this place is debate. Debating is not a bad thing. In fact, she just said that she is looking forward to debating amendments.
My friend Dustin Franks said I should say the following to the first Liberal who stands to ask me a question: “You've been in government for five years. Why can't I give blood? Seriously. The best you could do for me as a gay man is give me a special loonie. Stop tokenizing us and take away the blood ban.”
He is right.
Madame la Présidente, la députée d'en face n'est peut-être pas à la Chambre depuis assez longtemps pour savoir qu'ici, nous débattons. Débattre n'est pas une mauvaise chose. La députée vient elle-même de dire qu'elle a hâte de débattre des amendements.
Dustin Franks, un de mes amis, m'a demandé de dire ce qui suit au premier député libéral qui me poserait une question: « Votre parti est au pouvoir depuis cinq ans. Pourquoi ne puis-je toujours pas donner de sang? Soyons sérieux. Tout ce que vous avez fait pour les hommes gais comme moi, c'est de lancer une pièce d'un dollar spéciale. Laissez faire les gestes symboliques, et mettez fin à l'interdiction aux gais de donner du sang. »
Il a raison.
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BQ (QC)
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2020-10-27 11:53 [p.1284]
Madam Speaker, I think that is one of the most compelling speeches we have heard on the bill. Hats off to the member.
As the previous speaker said, she debunked a bunch of myths and bogus arguments, such as medical treatment, which the bill does not address, private conversations, which are not in jeopardy, and religious beliefs.
She did a terrific job of explaining that a civilized society is entitled to impose limits on religious beliefs. She gave a wonderful speech. I cannot believe that we are still debating these issues in 2020. She also brilliantly raised the issue of blood donation.
I would like to hear a bit more from her on the urgency of passing the bill. Some of our colleagues in the House have said that they are reluctant to support the bill. I would like my colleague to tell us how we can convince them to vote overwhelmingly or unanimously in favour of the bill.
Madame la Présidente, à mon avis, c'est l'un des discours les plus convaincants que nous avons entendus relativement au projet de loi. Je lève mon chapeau à la députée.
Comme l'a dit l'intervenante précédente, elle a déboulonné un paquet de mythes et de faux arguments, notamment celui des traitements médicaux, dont il n'est pas question dans le projet de loi, celui des conversations privées, qui ne sont pas menacées, et celui des croyances religieuses.
Elle a extrêmement bien expliqué qu'une société civile est en droit de mettre des limites quant aux croyances religieuses. Son intervention était magnifique. Je ne peux pas croire que nous sommes encore en train de débattre de ces questions en 2020. La députée a aussi brillamment soulevé la question des dons de sang.
J'aimerais l'entendre un peu plus longuement sur l'urgence d'adopter le projet de loi. Certains de nos collègues à la Chambre ont mentionné qu'ils hésitaient à appuyer le projet de loi. J'aimerais que ma collègue nous dise comment nous pouvons les convaincre de voter massivement ou unanimement en faveur du projet de loi.
View Michelle Rempel Garner Profile
CPC (AB)
Madam Speaker, again, this is a place where we do something called debate. We are debating now. It is respectful. We are looking at things, which we also do at committee. It is kind of what people pay us to do. I do not think debate is a bad thing.
The member raised the issue of the blood ban. Where is the action on that? It has been five years. Honestly, the fact that we have not ended the blood ban perpetuates the stereotypes that somehow gay blood is dirty, that there is not a better way. It really cheeses me off that I have to stand here and explain this to people. I really would like to see legislation of equal urgency from the Liberals to end the gay blood ban.
Madame la Présidente, encore une fois, cette enceinte est un endroit destiné au débat. Nous sommes en train de débattre. Nous le faisons avec respect. Nous nous penchons sur certains points, ce que nous faisons aussi en comité. C'est la tâche pour laquelle on nous paie. Le débat n'est pas une mauvaise chose.
La députée parle de l'interdiction de donner du sang. Qu'a-t-on fait à cet égard? Cinq ans se sont écoulés. À vrai dire, le fait que l'on interdise encore aux gais de faire un don de sang perpétue le préjugé selon lequel leur sang est malpropre et que la situation est sans issue. Je suis très contrariée d'avoir à prendre la parole ici et d'expliquer cela aux gens. J'aimerais vraiment voir les libéraux présenter avec le même degré d'urgence un projet de loi qui met fin à l'interdiction des dons de sang de la part des homosexuels.
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NDP (NL)
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2020-10-27 11:55 [p.1285]
Madam Speaker, the hon. member just gave a very compelling speech. I hope all members of the House get to listen to it, because not only is it compelling but it is also very persuasive.
She was talking about her age and her memories going back to when she first experienced a gay marriage on television. Not long ago, it was very frequent that individuals would talk about homosexuality as a lifestyle choice, debunking it and belittling the reality of individuals who were gay or lesbian. We have come a fairly long way in that, and now we are here talking about conversion therapy being wrong, not in a unanimous view, but we are very close to unanimous in terms of it being wrong. There may be some details we need to talk about.
Would the member comment on the issue of body affirming, which seems to be another way being used, particularly in dealing with transgender people, to seek to change them, get them to conform to a particular identity and live happily after, but there is no—
Madame la Présidente, la députée vient de prononcer un discours passionnant. J'espère que tous les députés l'ont entendu, parce qu'il était non seulement passionnant, mais aussi très convaincant.
Elle a parlé de ses souvenirs et de l'âge qu'elle avait lorsqu'elle a vu pour la première fois un mariage gai à la télévision. Il n'y a pas si longtemps, on entendait souvent dire que l'homosexualité est un mode de vie que l'on choisit, ce qui discrédite et dénigre la réalité des personnes gaies ou lesbiennes. Nous avons pas mal évolué depuis. Nous parlons maintenant de la thérapie de conversion comme d'une chose répréhensible. Les points de vue ne sont pas unanimes, mais nous sommes très près de nous entendre pour qualifier la chose de mauvaise. Il y a peut-être des détails dont il faut discuter.
J'aimerais entendre les observations de la députée sur l'affirmation corporelle, qui semble être un autre moyen d'amener les personnes trans, notamment, à changer et à se conformer à une identité afin de connaître le bonheur, mais il n'y a pas...
View Michelle Rempel Garner Profile
CPC (AB)
Madam Speaker, I am not quite sure what the member's question was.
I outlined in my speech a great deal of facts about how transpersons are treated and approach their life in Canada. We should be sticking to the opinions of medical professionals and approaching transpersons in Canada with every degree of compassion that they should be afforded to ensure they live with dignity and without barriers to equality of opportunity.
Madame la Présidente, je ne suis pas sûre de savoir quelle était la question du député.
Dans mon discours, j'ai énoncé de nombreux faits concernant la façon dont les personnes transgenres sont traitées et la manière dont elles perçoivent leur vie au Canada. Nous devons nous en tenir à l'avis des professionnels de la santé et adopter la plus grande compassion à l'égard des personnes transgenres au Canada de sorte qu'elles puissent vivre dans la dignité et sans obstacle à l'égalité des chances.
View Michael Chong Profile
CPC (ON)
Madam Speaker, I appreciated the very personal and erudite speech from the member for Calgary Nose Hill. It follows on the speech of another colleague, the member for Stormont—Dundas—South Glengarry, which was equally personal and quite well argued.
It is interesting listening to the Liberal members in the House on this issue. They suggest that we should not have debate and we should just pass the bill through Parliament unanimously. It indicates to me their overall approach to Parliament. They think Parliament is a nuisance. It reminds me of the motion they put earlier in the pandemic, which they were trying to jam through the House, where they were proposing to suspend Parliament's review and power over spending and taxation until the end of next year. It is reflective of a general, dismissive attitude to Parliament on the part of Liberal members.
Forcing anyone to change their gender or identity cannot be allowed to stand in a free and democratic society. The member mentioned her friend Hannah and the issue of informed consent in Ontario. Can the member tell us how this legislation would interact with provincial legislation, regulations and practices already in place across the country?
Madame la Présidente, je remercie la députée de Calgary Nose Hill de son discours très personnel et très érudit, qui a été précédé du discours tout aussi personnel d'un autre collègue, le député de Stormont—Dundas—South Glengarry, qui a présenté de très bons arguments.
Il est intéressant d'écouter les députés libéraux à ce sujet. Ils laissent entendre que nous ne devrions pas débattre de la question et devrions simplement adopter le projet de loi à l'unanimité. Cela en dit long sur leur perception globale du Parlement. Ils considèrent le Parlement comme une nuisance. Pensons à la motion qu'ils ont tenté de faire adopter à toute vapeur à la Chambre au début de la pandémie et qui aurait suspendu jusqu'à la fin de l'année prochaine tout examen des dépenses et des mesures d'imposition par le Parlement et son pouvoir de les approuver ou non. Cela témoigne du dédain général des députés libéraux à l'endroit du Parlement.
Forcer quiconque à changer de genre ou d'identité est inacceptable dans une société libre et démocratique. La députée a parlé de son amie Hannah et de la question du consentement éclairé en Ontario. Peut-elle nous dire comment ce projet de loi interagirait avec les lois, les règlements et les pratiques déjà en place dans les provinces partout au pays?
View Michelle Rempel Garner Profile
CPC (AB)
Madam Speaker, that is a very good question, and one that committees should look at. I would be very interested in hearing from experts on that issue, which is why, to my colleague's point, debate is important. It makes sure the bill is fully set out. We are on second reading, which means that a vote in favour of this bill would take it to committee for that type of question.
This bill would greatly help the trans community. As I said in my speech, it would remove barriers to equality and to their dignity. I really think it is a good thing.
I just wanted to say for the member, because my friends from Calgary were texting me, that he is invited to Matt's house for dinner. The member has a bit of a fan club there hoping he will accept the invitation.
Madame la Présidente, c'est une très bonne question que le comité devrait étudier. J'aimerais beaucoup connaître l'opinion des spécialistes à ce sujet et c'est pourquoi, pour répondre à mon collègue, il est important d'en débattre. C'est de cette f