Thank you.
The question to both of you is, how do you choose your priorities? Let me explain.
The frustration we feel as a committee, as politicians, is generally that there seems to be an obsession with capturing the one-off successes, the release from jail, and obviously one person sweltering unjustly in jail is one person too many. The human rights agenda writ large seems to be, from a popular perspective, inherently individualistic—for a number of reasons, and with cause—but sometimes the sense is that there is an impossibility to capture, advocate, or push for systemic changes in countries, pushing for a simple thing: one country observing one clause in their charter of human rights that would save 1,000 lives we've never heard of, or don't necessarily have to hear about, but it would save those lives.
I guess, Professor Cotler, you faced this first-hand as Minister of Justice, that tension between systemic change—the desire as a progressive country to achieve systemic change throughout the world with other states—and this seeming obsession. It's obsessive in the media, and I don't blame the media for that. I blame the human mind, focusing on one person who has been released or on one success story in a country that has a systemic record of human rights violations.
My question to you is, how do you choose your priorities? I think you answered why: it's because you're optimistic. Sometimes you must feel like Sisyphus. How do you address your daily activity with helping individuals who desperately need it, and advocating for systemic and progressive change?
Professor Cotler, perhaps, could answer first.
Merci.
Voici la question que je vous pose à tous les deux: comment choisissez-vous vos priorités? Laissez-moi vous expliquer.
La frustration que nous ressentons en tant que membres du Comité et politiciens, c'est généralement qu'il semble y avoir une obsession de saisir les succès ponctuels, la remise en liberté. Évidemment, si une personne croupit dans une prison, c'est une personne de trop. Il semble que la question des droits de la personne dans son ensemble soit, d'un point de vue populaire, individualiste de par sa nature — pour un certain nombre de raisons, à juste titre —, mais parfois, on a le sentiment qu'il est impossible d'obtenir des changements systémiques dans des pays, d'essayer d'obtenir une chose simple: un pays respecte un article dans sa charte des droits de la personne qui permettrait de sauver 1 000 personnes dont nous n'avons pas entendu parler, ou dont nous n'avons pas nécessairement besoin d'avoir entendu parler, mais leur vie serait sauvée.
Monsieur Cotler, j'imagine que vous avez été confronté à cela directement lorsque vous étiez ministre de la Justice, soit à cette tension entre le changement systémique — le désir en tant que pays progressif de provoquer des changements systémiques dans le monde — et cette apparente obsession. C'est maladif dans les médias, et je ne mets pas en cause les médias à cet égard. J'accuse plutôt l'esprit humain, qui se concentre sur une personne qui a été libérée ou sur un exemple de réussite dans un pays qui a un lourd bilan au chapitre des violations des droits de la personne.
Comment choisissez-vous vos priorités? Je crois que vous avez donné la raison: parce que vous êtes optimiste. Parfois, vous devez vous sentir comme Sisyphe. Comment menez-vous vos activités quotidiennes pour aider les gens qui ont en désespérément besoin, et promouvoir des changements systémiques et progressistes?
M. Cotler, pourrait répondre à la question en premier.