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Lib. (NL)
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2021-06-21 14:18 [p.8845]
Mr. Speaker, today we honour the rich cultures and traditions of first nations, Inuit and Métis across Canada. We also recognize this National Indigenous Peoples Day is occurring at a time that is very difficult. Many of us are deeply heartbroken learning of the unmarked remains of children at the former residential school near Kamloops.
This National Indigenous History Month is dedicated to the missing children who went to residential school and never came home. It is dedicated to their families and to all residential school survivors.
While today we recognize the historic and ongoing contributions of indigenous people to our country, we also take the time to educate ourselves about the hard truths of our past, acknowledge the ongoing impacts of racist colonial policies and the realities of current systemic racism.
We encourage all Canadians to read or reread the Truth and Reconciliation Commission's calls to action, as they are a road map to reconciliation, a road map that is supported by indigenous people, by our government and hopefully by all Canadians.
Monsieur le Président, aujourd'hui, nous honorons les riches cultures et traditions des Premières Nations, des Inuits et des Métis de l'ensemble du Canada. Nous reconnaissons également que cette Journée nationale des peuples autochtones survient à un moment très difficile, beaucoup d'entre nous étant profondément attristés par la découverte des restes d'enfants non identifiés à l'ancien pensionnat situé près de Kamloops.
Cette Journée nationale des peuples autochtones est dédiée aux enfants disparus qui ont été envoyés au pensionnat et n'en sont jamais revenus. Elle est dédiée à leur famille ainsi qu'à tous les survivants des pensionnats.
Alors que nous reconnaissons aujourd'hui les contributions passées et présentes des Autochtones à notre pays, nous prenons également le temps de nous éduquer au sujet des vérités difficiles de notre passé, de prendre conscience des conséquences, qui perdurent, des politiques colonialistes racistes ainsi que des réalités du racisme systémique actuel.
Nous encourageons tous les Canadiens à lire ou à relire les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, puisqu'ils forment la feuille de route vers la réconciliation, une feuille de route qui est appuyée par les Autochtones, par le gouvernement et, espérons-le, par tous les Canadiens.
View Jamie Schmale Profile
CPC (ON)
Mr. Speaker, last week the Conservatives sent the Prime Minister a letter seeking action for the 215 children found at the Kamloops residential school and for the many more who still need to be found. Families and residential school survivors want answers, and so far all they are getting from the Prime Minister is platitudes, rhetoric and abstentions.
Will the Prime Minister commit to developing a comprehensive plan to implement Truth and Reconciliation's calls to action 71 through 76 by July 1?
Monsieur le Président, la semaine dernière, les conservateurs ont envoyé une lettre au premier ministre pour lui demander qu'il intervienne relativement aux 215 enfants découverts au pensionnat de Kamloops et aux nombreux autres enfants qu'il faut encore trouver. Les familles et les survivants des pensionnats veulent des réponses, et, jusqu'à maintenant, le premier ministre ne fait que leur servir des platitudes et des discours creux et se réfugier dans l'abstention.
Le premier ministre s'engagera-t-il à élaborer un plan complet pour mettre en œuvre les appels à l'action nos 71 à 76 de la Commission de vérité et réconciliation d'ici le 1er juillet?
View Carolyn Bennett Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, as we know, all Canadians were heartbroken when we learned of the remains of the children at the former Kamloops residential school.
We are working with the community and our partners. I had a very important conversation with Kúkpi7 Casimir last evening, who is working to provide the resources and supports needed, as determined by the community.
We are reaching out now to indigenous communities across Canada regarding how to support them in finding their lost children, as outlined in those very important TRC calls to action, including how they can access the $27 million in funding made available on an urgent basis.
Monsieur le Président, comme nous le savons, tous les Canadiens ont eu le cœur brisé quand on a découvert les restes des enfants à l'ancien pensionnat de Kamloops.
Nous collaborons avec la communauté et nos partenaires. Hier soir, j'ai eu une conversation très importante avec kukpi7 Casimir, qui s'efforce de fournir les ressources et le soutien nécessaires selon la communauté.
Actuellement, nous communiquons avec les communautés autochtones des quatre coins du Canada pour déterminer comment les aider à trouver leurs enfants perdus, comme énoncé dans les appels à l'action très importants de la Commission de vérité et réconciliation, et notamment pour leur indiquer comment elles peuvent accéder aux 27 millions de dollars de financement que nous avons mis à leur disposition de toute urgence.
View Jamie Schmale Profile
CPC (ON)
Mr. Speaker, yesterday the Minister of Crown-Indigenous Relations said that 80% of the Truth and Reconciliation Commission recommendations were met or were in the process of being met. According to the Yellowhead Institute's latest report, only a dozen of the calls to action have been completed. It has been over five years since the report was finalized and only 13% have been addressed.
When will the government finally complete the remaining 87%?
Monsieur le Président, hier, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a dit que 80 % des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation ont été mises en œuvre ou sont en voie de l'être. Selon le dernier rapport de l'institut Yellowhead, il n'y a qu'une douzaine d'appels à l'action qui ont été mis en œuvre. Le rapport de la Commission a été publié il y a plus de cinq ans, et on a donné suite à seulement 13 % des appels à l'action.
Quand le gouvernement s'attaquera-t-il enfin aux 87 % restants?
View Carolyn Bennett Profile
Lib. (ON)
Mr. Speaker, I want to correct the report card the member has given. The TRC road map for reconciliation is so important to our government, and in objective reviews, 80% of the 76 calls to action under the sole or shared responsibility of the federal government are completed or well under way. The recent passage of Bill C-5 is an example of concrete progress, as are Bill C-8 and Bill C-15, which are coming soon. This work will require sustained and consistent action to advance Canada's shared journey of healing and reconciliation.
Monsieur le Président, je veux corriger les chiffres donnés par le député. La feuille de route de la Commission vers la réconciliation est très importante pour le gouvernement. Selon des examens indépendants, 80 % des 76 appels à l'action dont le gouvernement fédéral est responsable, à lui seul ou en partie, ont été mis en œuvre ou sont en bonne voie de l'être. L'adoption récente du projet de loi C-5 est un exemple de progrès concrets, tout comme le seront bientôt les projets de loi C-8 et C-15. Ce travail nécessitera la prise de mesures soutenues et cohérentes pour nous permettre de poursuivre ensemble le cheminement du Canada vers la guérison et la réconciliation.
View Charlie Angus Profile
NDP (ON)
View Charlie Angus Profile
2021-06-08 15:09 [p.8113]
Mr. Speaker, I believe there have been consultations with other parties and if you seek it, I hope you will find unanimous consent for the following motion: That, in light of the horrific discovery at the former Kamloops Indian Residential School, the House reiterate the call it made in the motion adopted on May 1, 2018, and (a) invite Pope Francis to participate in this journey with Canadians by responding to call to action 58 of the Truth and Reconciliation Commission's report and issue a former papal apology for the role of the Canadian Catholic Church in the establishment, operations and abuses of the residential schools; (b) call on the Canadian Catholic Church to live up to its moral obligation and the spirit of the 2006 Indian Residential Schools Settlement Agreement and resume the best efforts to raise the full amount of the agreed-upon funds; and (c) call upon the Catholic entities that were involved in the running of the residential schools to make a consistent and sustained effort to turn over the relevant documents when called upon by survivors of residential schools, their families and scholars working to understand the full scope and horrors of the residential school system, in the interests of truth and reconciliation.
Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante: Que la Chambre, à la lumière de l'horrible découverte à l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, réitère la demande qu'elle a faite dans la motion adoptée le 1er  mai 2018, et qu'elle a) invite le pape François à participer à ce cheminement avec les Canadiens en répondant à l'appel à l'action numéro 58 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation et à présenter des excuses papales officielles pour le rôle qu'a joué l'Église catholique canadienne dans la mise en place, les opérations et les sévices des pensionnats autochtones; b) réclame que l'Église catholique canadienne respecte son obligation morale ainsi que l'esprit de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens de 2006, et qu'elle redéploie tous les efforts possibles pour amasser le montant total des fonds convenus; c) demande à toutes les entités catholiques impliquées dans les opérations des pensionnats autochtones de faire des efforts cohérents et soutenus pour remettre les documents pertinents lorsqu'elles sont appelées à le faire par des survivants des pensionnats autochtones, par des membres de leur famille ou par des spécialistes travaillant à comprendre l'ampleur des horreurs du système des pensionnats autochtones, dans l'intérêt de la vérité et de la réconciliation.
View Anthony Rota Profile
Lib. (ON)
All those opposed to the hon. member moving the motion will please say nay.
Some hon. members: Nay.
The Speaker: I am afraid we do not have unanimous consent.
Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le Président: Je crains qu'il n'y ait pas de consentement unanime à la Chambre.
View Jagmeet Singh Profile
NDP (BC)
View Jagmeet Singh Profile
2021-06-03 10:25 [p.7866]
moved:
That, given that,
(i) the discovery of the grave of 215 children at Kamloops Indian Residential School has led to an outpouring of grief and anger across Canada,
(ii) the vast majority of the Truth and Reconciliation Commission's calls to action remain uncompleted, despite the clear path to justice and reconciliation that the Commission provides,
(iii) survivors, families and nations are demanding concrete action to advance real reconciliation, as opposed to just more words and symbolic gestures,
the House call on the government to:
(a) cease its belligerent and litigious approach to justice for Indigenous children by immediately dropping its appeal before the Federal Court in file numbers T-1621-19 (compensation) and T-1559-20 (Jordan's Principle for non-status First Nations kids recognized by their nations) and to recognize the government's legal obligation to fully comply with Canadian Human Rights Tribunal orders in this regard;
(b) agree to sit down with the St. Anne's residential school survivors organization Peetabeck Keway Keykaywin Association to find a just solution to the fact that survivors’ access to justice has been denied as a consequence of the actions of government lawyers in suppressing evidence at the Independent Assessment Process;
(c) accelerate the implementation of the Truth and Reconciliation Commission’s calls to action, including by providing immediate funding for further investigation into the deaths and disappearances of children at residential schools in compliance with calls to action 71 to 76;
(d) provide survivors, their families, and their communities with appropriate resources to assist with the emotional, physical, spiritual, mental, and cultural trauma resulting from residential schools; and
(e) within 10 days, table a progress report on actions taken in compliance with paragraphs (a) through (d) of the present motion, and that this report be deemed to have been referred to the Standing Committee on Indigenous and Northern Affairs for consideration upon tabling.
He said: Mr. Speaker, I will be sharing my time with the hon. member for Timmins—James Bay.
I come to the House from the unceded territories of the Algonquin nation. I rise today to present our opposition day motion in this House to call on the Liberal government to do the work that it has delayed for so long.
The discovery at a former residential school in Kamloops was shocking and horrifying. It was a moment when Canadians, people across this country, came together and looked in horror at what Canada has done, and is continuing to do, to indigenous people. When 215 little kids, indigenous children, were found buried at that school, Canadians were shocked. They were shocked because this was clearly not a school. This was clearly not a place of education. This was an institution designed, clearly, to eliminate indigenous people.
In this moment, Canadians across the country have participated in memorials, placing children's shoes at various places, to reflect on what this means. What does it mean that 215 children were buried without letting their families know, that these children were stripped from their parents, stripped of their language, their identity, their sense of self, taken to an institution and then killed there? What does this leave in terms of a legacy? What does this mean about Canada? What does this mean about our country?
People are asking these questions. People are wondering how it is possible that this could happen to little kids, how this could happen to children. People are now demanding more than just condolences. The broad consensus among people is that it is not good enough for the Liberal government to just express sadness and grieving. This is an opportunity, a moment that demands action and justice. The only response to this horrific discovery is a commitment to justice today.
What I find incredibly hypocritical and, more important than me, what indigenous people and people across Canada find hypocritical is that on the one hand we have a Prime Minister who could stand in this House and at a press conference and say that he is sorry or express condolences about this horrific discovery, but in the very same breath be ordering lawyers to fight indigenous kids in court.
It is not just fighting these kids in court. These kids were the subject matter of a Canadian Human Rights Tribunal hearing, and that tribunal made very clear orders on the government, stating that they were clearly unjustly denied equal funding, and that there needs to be a remedy. The government is not just fighting indigenous kids in court; it is fighting a human rights tribunal decision that states that these kids deserve equal funding.
How hypocritical is it? How flagrant is this denial of justice, when on the one hand the Prime Minister and the Liberal government claim to care about indigenous kids who lost their lives in a residential school and in the same breath are fighting them in court? On top of that, this very same Prime Minister and the Liberal government are fighting residential school survivors in court.
People ask the questions, “What can we do? What can we do to move forward on reconciliation? What can we do to move forward to achieve justice for indigenous people?” One very concrete, clear step would be for the government to stop fighting indigenous people in court. That is a concrete step that it could take right now.
What has become very clear is that symbolic gestures are not good enough. We need concrete action.
I rise in the House to ask the Liberal government to do the work it has put off for far too long.
The discovery of 215 children buried at the site of the Kamloops residential school shocked the country. Families, indigenous communities and people all over the country are mourning the loss of these children.
This discovery is further proof of genocidal acts in Canada. Residential schools were designed to kill indigenous people, to kill the Indian in the child, and to take away their language, culture, traditions and, ultimately, their lives.
The survivors, families and nations demand that beyond the symbolic gestures, concrete measures be taken to move toward meaningful reconciliation.
What happened and what is happening to indigenous people can be described by no other word than one of the harshest: It is a genocide. It is clear. All of the elements of a genocide are present. The actions taken by the Canadian government have been designed to destroy a people, to eliminate a people.
In light of this discovery, in light of this clear decision by Canada to eliminate a people, the Truth and Reconciliation Commission lays out a path to justice, a real path to justice, a path that the Prime Minister committed to implementing entirely. Six years of Liberal government, six years of the Prime Minister being in power, and only a fraction of those 94 calls to action have been implemented. That is simply wrong.
We know that the government is delaying, because we see the difference in action, in priority, when the Liberals care about something. When they want something to happen, they move quickly. We saw the government move incredibly quickly, incredibly fast to deliver financial backing for banks at the beginning of this pandemic right away. There was no question, no hesitation. Massive sums of money were used to back up banks immediately without any hesitation. Where was that same commitment to indigenous people?
Commitments were made by the Prime Minister in 2015, and six years later, a fraction of those calls to action were implemented. On top of that, what people find very cynical is that while in 2019 a promise was made to ensure that any indigenous community that needed financial support for closure, to search for additional burial sites, would receive funding, two years later, nothing happened until this horrible discovery, and then the government decided to act. While it is important to act, it makes people feel very cynical about a government that makes a promise two years ago and does nothing until it is pressured by this horrific discovery.
I want to lay out, in my remaining minute and a half, what we are asking for. We are asking for the government to take concrete steps, not symbolic gestures, real steps: end the legal battles against children who are simply entitled to basic human rights and dignity, end the legal battles against survivors of residential schools, put in place an accelerated plan to deliver action on all 94 calls to action. We want to see priority given to those. We want to see supports for people who are survivors of residential schools and their communities. We want to see a progress report tabled within 10 days to see that the government is actually following up.
What we saw in Kamloops, which has shocked this entire country and left people reeling, is something that should be a moment for us to take action. It is not enough to lower the flags at half-mast. It is not enough to express condolences when the government has the power to act. In this case, action means justice for indigenous people. We have laid out the course for immediate action to walk that path.
propose:
Que, étant donné que,
(i) la découverte des restes de 215 enfants sur le site d’un pensionnant autochtone à Kamloops a provoqué un élan de chagrin et de colère dans tout le Canada,
(ii) la grande majorité des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation sont restés lettre morte, malgré la voie vers la justice et la réconciliation que la Commission a clairement tracée,
(iii) les survivants, les familles et les nations exigent qu’au-delà des mots et des gestes symboliques, des actions concrètes soient posées pour avancer vers une véritable réconciliation,
la Chambre demande au gouvernement:
a) de mettre fin à son approche belliqueuse et conflictuelle à l’égard de la justice pour les enfants autochtones en abandonnant immédiatement son appel devant la Cour fédérale dans les dossiers T-1621-19 (indemnisation) et T-1559-20 (principe de Jordan pour les enfants des Premières Nations non inscrits et reconnus par leurs nations) et de reconnaître que le gouvernement a l’obligation juridique de se conformer pleinement aux ordonnances du Tribunal canadien des droits de la personne en la matière;
b) d’accepter de rencontrer les représentants de l’Association Peetabeck Keway Keykaywin, qui regroupe des survivants du pensionnat indien de St. Anne, afin de trouver une solution équitable au fait que ces survivants n’ont pas eu accès à la justice en raison des actions des avocats du gouvernement, qui ont supprimé des preuves lors du Processus d’évaluation indépendant;
c) d’accélérer la mise en œuvre des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, y compris en finançant immédiatement la réalisation d’enquêtes plus poussées sur les décès et les disparitions d’enfants survenus dans les pensionnats, comme le préconisent les appels à l’action 71 à 76;
d) de fournir aux survivants, à leurs familles et à leurs communautés les ressources appropriées pour les aider à surmonter les traumatismes émotionnels, physiques, spirituels, mentaux et culturels causés par les pensionnats;
e) de déposer, dans un délai de 10 jours, un rapport d'étape sur les mesures prises pour donner suite aux paragraphes a) à d) de la présente motion, et que le rapport soit réputé avoir été renvoyé au Comité permanent des affaires autochtones et du Nord pour examen au moment de son dépôt.
— Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Timmins—Baie James.
Je prends la parole à la Chambre depuis les territoires non cédés de la nation algonquine pour présenter à la Chambre notre motion de l'opposition visant à demander au gouvernement libéral de faire le travail qu'il reporte depuis très longtemps.
La découverte qui a été faite à un ancien pensionnat de Kamloops a été choquante et horrifiante. À cette occasion, les Canadiens d'un bout à l'autre du pays se sont unis et ont regardé avec horreur ce que le Canada a fait et continue de faire aux peuples autochtones. Lorsque les restes de 215 petits enfants autochtones ont été retrouvés enterrés à ce pensionnat, les Canadiens ont été choqués. Ils ont été choqués parce qu'il ne s'agissait clairement pas d'un pensionnat au sens scolaire du mot. Ce n'était clairement pas un lieu d'éducation. De toute évidence, c'était un établissement conçu pour éliminer les Autochtones.
Des Canadiens de partout au pays participent ces jours-ci à des cérémonies commémoratives et placent des chaussures d'enfants à divers endroits pour inciter les gens à réfléchir à ce que la situation signifie. Qu'est-ce que cela signifie que 215 enfants aient été enterrés sans que leur famille le sache, qu'ils aient été arrachés à leurs parents et privés de leur langue et de leur identité, qu'ils aient perdu toute estime d'eux-mêmes et qu'ils aient été puis emmenés dans un établissement où ils ont été tués? Quelle sorte de legs est-ce? Quelle conclusion faut-il en tirer à propos du Canada? Quel constat devons-nous faire concernant notre pays ?
Ce sont des questions que les gens se posent. Ils se demandent comment cela a pu arriver à des enfants. Aujourd’hui, ils veulent plus que de simples condoléances. Ils estiment que le gouvernement libéral a certes exprimé sa tristesse et sa douleur, mais que ce n’est pas suffisant. Une telle tragédie exige de l’action et de la justice. La seule réponse possible à cette horrible découverte est de s’engager pour que justice soit faite.
Ce que je trouve incroyablement hypocrite, non seulement moi, mais surtout les peuples autochtones du Canada, c’est que, d’un côté, le premier ministre est capable d’exprimer ses condoléances pour cette tragédie, dans cette Chambre et à une conférence de presse, et, en même temps, d’ordonner à ses avocats de poursuivre des jeunes Autochtones devant les tribunaux.
Et ce n’est pas seulement la question de poursuivre des jeunes devant les tribunaux, car il faut savoir que ces jeunes ont comparu devant le Tribunal canadien des droits de la personne, lequel a dit clairement au gouvernement qu’ils avaient été injustement privés d’un financement équivalent et qu’on leur devait un dédommagement. Autrement dit, le gouvernement ne se contente pas de poursuivre des jeunes Autochtones devant les tribunaux, il conteste également la décision d’un tribunal des droits de la personne qui reconnaît que ces jeunes ont droit à un financement équivalent.
Quelle hypocrisie! On assiste à un véritable déni de justice lorsque le premier ministre et le gouvernement libéral prétendent montrer de l’empathie pour des enfants qui sont morts dans un pensionnat alors que, dans le même temps, ils poursuivent d’autres jeunes Autochtones devant les tribunaux. Pour couronner le tout, le premier ministre et le gouvernement libéral poursuivent des survivants des pensionnats devant les tribunaux.
Les gens se posent des questions: « Que pouvons-nous faire? Que pouvons-nous faire pour faciliter la réconciliation? Que pouvons-nous faire pour que justice soit rendue aux peuples autochtones? » Une première mesure, très concrète, consisterait, pour le gouvernement, à mettre fin aux poursuites qu’il a intentées contre des Autochtones. Ce serait une mesure très concrète, qu’il peut prendre immédiatement.
Ce qui est parfaitement clair aujourd’hui, c’est que les gestes symboliques ne suffisent plus. Nous avons besoin d’actions concrètes.
Je me lève à la Chambre pour demander au gouvernement libéral de faire le travail qu'il repousse depuis trop longtemps.
La découverte de 215 enfants enterrés au pensionnat autochtone de Kamloops a bouleversé le pays. Les familles, les communautés autochtones et les gens de partout au pays pleurent la perte de ces enfants.
Cette découverte est une autre preuve des actes génocidaires du Canada. Les pensionnats autochtones étaient conçus pour tuer les peuples autochtones, pour tuer l'Indien dans l'enfant et pour leur enlever leur langue, leur culture, leurs traditions et leur vie.
Les survivants, les familles et les nations exigent que, au-delà des gestes symboliques, des gestes concrets soient faits en vue d'avancer vers une véritable réconciliation.
Ce qui s’est passé et qui continue de se passer n’est rien d’autre qu’un génocide, il faut appeler les choses par leur nom. Tous les éléments qui caractérisent un génocide sont réunis. Les mesures prises par le gouvernement canadien visaient à détruire un peuple, à l’éliminer.
À la lumière de cette découverte, à la lumière de la décision du Canada d’éliminer un peuple, la Commission de vérité et réconciliation a proposé des recommandations pour rendre justice à la communauté autochtone, recommandations que le premier ministre s’est engagé à appliquer dans leur intégralité. Depuis six ans que les libéraux et le premier ministre sont au pouvoir, seulement une fraction de ces 94 appels à l’action ont été mis en œuvre. C’est inadmissible.
Nous voyons bien que le gouvernement fait délibérément traîner les choses, car lorsqu’il veut mettre en place un programme auquel il tient, il le fait sans tarder. Par exemple, il est intervenu incroyablement vite pour octroyer une aide financière aux banques, au début de la pandémie. Il ne s’est pas posé de questions, il n’a pas hésité une seconde. Il a ainsi débloqué des sommes d’argent considérables pour renflouer les banques, il n’a pas hésité une seconde. Pourquoi n’affiche-t-il pas le même volontarisme à l’égard des Autochtones?
En 2015, le premier ministre a pris des engagements, mais, six ans plus tard, seulement une fraction des appels à l’action ont été mis en œuvre. De surcroît, ce que les gens trouvent particulièrement cynique, c’est qu’en 2019, il a promis une aide financière aux communautés autochtones pour rechercher d’autres lieux de sépulture et ainsi faire leur deuil, mais que, deux ans plus tard, rien n’avait été fait jusqu’à cette horrible découverte. Ce n’est qu’à ce moment-là que le gouvernement a décidé d’agir. Certes, il est important d’agir, mais les gens ne peuvent s’empêcher d’être cyniques lorsqu’ils voient qu’une promesse faite par le gouvernement il y a deux ans n’a été suivie d’aucun effet, jusqu’à cette horrible découverte, qui l’a poussé à agir.
Pendant la minute et demie qu’il me reste, je vais résumer ce que nous demandons dans cette motion. Nous demandons que le gouvernement prenne des mesures concrètes, et qu’il ne se contente pas de gestes symboliques, pour: mettre fin aux poursuites intentées contre des jeunes qui ont droit au respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité; mettre un terme aux poursuites intentées contre des survivants des pensionnats; et accélérer la mise en œuvre de la totalité des 94 appels à l’action. Ce sont là nos priorités. Nous voulons que des aides soient consenties aux survivants des pensionnats et à leurs communautés. Nous voulons qu’un rapport d’étape soit présenté dans les 10 jours, pour être sûrs que le gouvernement y donne suite.
Ce que nous venons de découvrir à Kamloops, qui a choqué toute la population de notre pays, devrait nous pousser à prendre des mesures. Il ne suffit pas de mettre les drapeaux en berne. Il ne suffit pas d’exprimer ses condoléances quand, en tant que gouvernement, on a le pouvoir d’intervenir. Dans ce cas, action signifie justice pour les Autochtones. Nous avons dit quelles mesures il fallait prendre immédiatement pour atteindre cet objectif.
View Dan Vandal Profile
Lib. (MB)
Mr. Speaker, I am speaking from my office in Saint Boniface—Saint Vital, the homeland of the Métis nation, Treaty 1 territory, a city that is now home to many Inuit.
I will share my time with the Parliamentary Secretary to the Minister of Indigenous Services, the member for Oakville North—Burlington.
Two days ago, in the House, we all came together as parliamentarians to express our devastation, heartbreak and outrage at the discovery of the remains of 215 children who were killed while attending the Kamloops Indian Residential School.
Canadians are rightfully outraged by the finding of this burial site, but this was not shocking to indigenous people. We have long known of the lost burial sites of loved ones. It is a reminder of the consequences of colonialism for indigenous people and our communities.
Yesterday, I, along with my colleagues, the Minister of Crown-Indigenous Relations and the Minister of Indigenous Services, announced that $27 million funding would be distributed on an urgent basis. Our department has been engaging directly with indigenous communities across Canada on how best to support them in finding our lost children, including on how to access support from the federal government to do this. We continue to listen to survivors and families. We know these communities want this to be indigenous-led, based on their priorities, based on healing. Reconciliation is all about that.
This discovery has reopened the conversation on reconciliation in Canada, but let me be very clear. From day one, our government has continued to work to promote reconciliation in a tangible and respectful way. Correcting the mistakes of the past takes time and can be extremely difficult, but it is the right thing to do. Our government will keep working on this.
Reconciliation is a complex and important process where every Canadian has a role to play. Reconciliation begins with respect, listening and working in partnership. We must respect cultures, our languages, traditions and the distinct identities of others in order to move forward.
Reconciliation is at the heart of today's debate. In 2015, the Prime Minister committed to fully implementing the calls to action of the Truth and Reconciliation Commission of Canada in partnership with the indigenous communities, the provinces and the territories. We remain determined to ensure that they are properly implemented.
Eighty per cent of the calls to action under federal or shared responsibility are either completed or well under way, and not all the calls to action will be easy to implement. We must not treat these calls to action as simply a checklist, but rather a true pathway to reconciliation. We must also recognize some of the calls to actions are outside of the jurisdiction of the federal government. That is why it is so important that we work in partnership with all orders of government, while always taking the lead of indigenous communities and nations in this work. It is absolutely vital to take a survivor-oriented approach to healing. We need to listen to survivors and their families when making decisions about reconciliation.
The abuse and forced assimilation have led to intergenerational trauma, which is the lasting legacy of the residential school system. By removing children from their traditional family structures and subjecting them to violence, abuse and forced assimilation into Euro-Canadian values, a cycle of abuse was created, which still affects indigenous families and communities today. It continues to affect my community, it continues to affect my friends. The abuse the children faced in residential schools is as undeniable; it is shockingly cruel. These young first nation, Inuit and Métis children deserve far more from our government; they deserved far more from Canada.
As a government, we are working to revitalize indigenous culture by empowering communities, by providing the necessary tools to indigenous people to learn about their own culture, language and traditional spiritual beliefs. Canada will provide the needed resources to support indigenous nations on their healing journey. In the coming months, our government will be working with survivors, their families, their communities and other partners to locate, identify and memorialize the missing children and their burial places.
As previously mentioned, we have provided $33.8 million to implement the TRC calls to action 72 to 76. We have funded the National Centre for Truth and Reconciliation to develop and maintain the national residential school student death registry and to establish and maintain an online registry of residential school cemeteries. We are engaging with first nation indigenous communities and will continue to do this work, but it must be led by the communities themselves and they must go at their pace. We as a government will be there to support these communities in their efforts through funding, but also through survivor and family mental health support.
The mistreatment of indigenous children in all residential schools, including those who attended St. Anne’s Indian Residential School, was tragic and horrific. In order to restore confidence, rebuild trust and maintain the integrity of the process, the court has, at the request of the government, ordered that an independent, third-party review be conducted. Ninety-six percent of all claimants from the St. Anne's residential school have received compensation and are working collaboratively with the parties to obtain clarity from the courts on this matter. This third-party review will determine the additional compensation owed to survivors.
Throughout the process, Canada will provide additional resources for the survivors. We are in talks to determine the best way to provide support and we will be in contact with the St. Anne survivors' organization, including Peetabeck Keway Keykaywin, to talk about the necessary support.
We are definitely committed to reconciliation, justice and healing for the former students of St. Anne and every residential school.
I will just finish by acknowledging that this last week has been extremely difficult for many people: for Canadians, myself included. I have appreciated hearing from other members of the House over the last number of days the need to work together, to work collaboratively and to move forward on the shared path of reconciliation.
It is important that we continue to hear the stories of survivors and families, and remember those who were torn away and never returned home.
Monsieur le Président, je parle depuis mon bureau de Saint-Boniface—Saint-Vital, patrie de la nation métisse et territoire du Traité no 1, une ville où habitent aussi de nombreux Inuits maintenant.
Je partagerai mon temps de parole avec la députée de Oakville-Nord—Burlington et secrétaire parlementaire du ministre des Services aux Autochtones.
Il y a deux jours, nous les parlementaires nous sommes réunis à la Chambre pour exprimer notre consternation, notre chagrin et notre indignation devant la découverte des cadavres de 215 enfants tués pendant qu’ils étaient à la charge du pensionnat autochtone de Kamloops.
Les Canadiens sont outrés à juste titre par la découverte de ce lieu de sépulture. Cependant, cela n’a pas scandalisé les peuples autochtones. Nous connaissons depuis longtemps les lieux de sépulture de nos êtres chers. Cette découverte souligne une fois de plus les répercussions qu’a eues le colonialisme pour les peuples autochtones et pour leurs communautés.
Hier, mes collègues la ministre des Relations Couronne-Autochtones et le ministre des Services aux Autochtones et moi-même avons annoncé que 27 millions de dollars seraient distribués de toute urgence. Notre ministère collabore directement avec les communautés autochtones partout au Canada afin de déterminer la meilleure façon de les aider à retrouver leurs enfants perdus et d’obtenir du soutien du gouvernement fédéral à cette fin. Nous continuons d’écouter les survivants et leurs familles. Nous savons que ces communautés veulent que cette démarche soit dirigée par les Autochtones en fonction de leurs priorités pour apporter la guérison. Voilà en quoi consiste la réconciliation.
Bien que cette découverte ait relancé la conversation sur la réconciliation au Canada, je vais me permettre d'être très clair. Depuis le début, notre gouvernement a continué à travailler en faveur de la réconciliation, et ce, de manière concrète et respectueuse. Corriger les erreurs du passé prend du temps et cela peut être extrêmement difficile, mais c'est la bonne chose à faire. Notre gouvernement continuera à y travailler.
La réconciliation est un processus complexe et important où chaque Canadien a son rôle à jouer. La réconciliation commence avec le respect, l'écoute et du travail en partenariat. Nous devons respecter les cultures, nos langues, les traditions et les identités distinctes des autres afin de progresser.
La réconciliation est au cœur du débat d'aujourd'hui. En 2015, le premier ministre s'est engagé à la pleine mise en œuvre des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada en partenariat avec les communautés autochtones, les provinces et les territoires. Nous restons déterminés à assurer leur mise en œuvre, et ce, de la bonne façon.
Quatre-vingts pour cent des appels à l’action relevant du gouvernement fédéral ou d’une responsabilité partagée sont soit terminés, soit en cours, et tous les appels à l’action ne seront pas faciles à mettre en œuvre. Nous ne devons pas considérer ces appels à l’action comme une simple liste de vérification, mais plutôt comme une véritable voie vers la réconciliation. Nous devons également reconnaître que certains appels à l’action ne relèvent pas de la compétence du gouvernement fédéral. C’est pourquoi il est si important que nous travaillions en partenariat avec tous les ordres de gouvernement, tout en étant toujours à l'écoute des communautés et des nations autochtones dans ce dossier. Il est absolument essentiel d’adopter une approche de guérison axée sur les survivants. Nous devons écouter les survivants et leurs familles lorsque nous prenons des décisions sur la réconciliation.
Les mauvais traitements et l’assimilation forcée ont entraîné des traumatismes intergénérationnels qui représentent les séquelles durables du système des pensionnats. En retirant les enfants de leur structure familiale traditionnelle et en les soumettant à la violence, à la maltraitance et à l’assimilation forcée aux valeurs eurocanadiennes, on a créé un cycle de maltraitance qui touche encore aujourd’hui les familles et les communautés autochtones. Cela continue de toucher ma collectivité et mes amis. Les mauvais traitements infligés aux enfants dans les pensionnats autochtones sont tout aussi indéniables; ils sont terriblement cruels. Ces jeunes enfants inuits, métis et des Premières Nations méritent beaucoup plus de notre gouvernement; ils méritent beaucoup plus du Canada.
Comme gouvernement, nous travaillons à revitaliser la culture autochtone en donnant du pouvoir aux communautés, en fournissant les outils nécessaires aux Autochtones pour qu’ils apprennent à connaître leur propre culture, leur langue et leurs croyances spirituelles ancestrales. Le Canada fournira les ressources nécessaires pour appuyer les nations autochtones dans leur cheminement vers la guérison. Au cours des prochains mois, le gouvernement travaillera avec les survivants, leurs familles, leurs communautés et d’autres partenaires pour identifier et commémorer les enfants disparus et localiser leurs lieux de sépulture.
Comme je l’ai déjà mentionné, nous avons prévu 33,8 millions de dollars pour mettre en œuvre les appels à l’action nos 72 à 76 de la Commission de vérité et réconciliation. Nous avons accordé un financement au Centre national pour la vérité et la réconciliation afin qu'il établisse et qu'il tienne à jour le registre national de décès des élèves de pensionnats et qu'il établisse et tienne à jour un registre en ligne des cimetières des pensionnats. Nous collaborons avec les communautés autochtones des Premières Nations et nous continuerons à faire ce travail, mais il doit être dirigé par les communautés elles-mêmes et il doit suivre leur rythme. Comme gouvernement, nous serons là pour appuyer ces communautés dans leurs efforts, non seulement par le financement, mais aussi par le soutien aux survivants et aux familles en matière de santé mentale.
Les mauvais traitements subis par des enfants autochtones dans les pensionnats, y compris le pensionnat indien de St. Anne, sont épouvantables et horribles. Afin de rétablir la confiance et de maintenir l’intégrité du processus, la cour a ordonné, à la demande du gouvernement, la tenue d’un examen indépendant par un tiers. Quatre-vingt-seize pour cent de tous les demandeurs du pensionnat de St. Anne ont reçu une indemnisation et collaborent avec les parties pour obtenir des éclaircissements de la part des tribunaux dans cette affaire. Cet examen par un tiers permettra de déterminer l’indemnité supplémentaire à laquelle les survivants auront droit.
Tout au long de ce processus, le Canada financera des ressources supplémentaires pour les survivants. Nous sommes en discussion pour déterminer la meilleure façon d'offrir du soutien et nous serons en contact avec les organisations de survivants de St. Anne, notamment Peetabeck Keway Keykaywin, pour parler du soutien nécessaire.
Il est certain que nous sommes engagés en faveur de la réconciliation, de la justice et de la guérison pour les anciens étudiants de St. Anne et de tous les pensionnats.
Je terminerai en soulignant que la dernière semaine a été extrêmement difficile pour beaucoup de gens, pour l’ensemble des Canadiens, y compris moi-même. Au cours des derniers jours, j’ai aimé entendre d’autres députés parler de la nécessité de travailler ensemble, de collaborer et de progresser sur la voie commune de la réconciliation.
Il est important que nous continuions d’entendre les histoires des survivants et de leurs familles, et que nous nous souvenions de ceux qui ont été arrachés aux leurs et qui ne sont jamais revenus.
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CPC (BC)
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2021-06-03 11:45 [p.7878]
Mr. Speaker, I will begin today by acknowledging that I am speaking from the traditional Stó:lo territory. On behalf of the people of Chilliwack—Hope, I want to acknowledge the suffering and trauma that the discovery of the remains of 215 children at the residential school in Kamloops has brought to residential school survivors in our community. We stand with them during this difficult time and are committed to doing the hard work necessary to bring about true reconciliation in our community and across the country. I want to thank the Stó:lo communities and their leaders for being so willing to partner with people in Chilliwack—Hope and the surrounding areas to build toward true reconciliation. They truly are leaders in our country in this regard.
I want to speak about the motion today and what I appreciate about it. There are parts of it, as has been referenced by some of my colleagues, that I am less enthusiastic about than others, but overall this is a rather comprehensive call to action. That is exactly what my constituents are demanding in light of the revelation from Kamloops. They want action. They do not want any more words. They do not want any more commitments. They want to see us move forward together. That is what this motion calls for, and that is why we will be supporting it.
I think about some of the language. We do not know what to say, so we say things like “We are shocked.” Quite frankly, as parliamentarians, we should not be. There is an entire volume of the Truth and Reconciliation Commission's report, volume 4, entitled “Missing Children and Unmarked Burials”. It is 266 pages long. The release of that volume itself should have shocked Canadians when it was tabled in 2015. The exceedingly high number of student deaths relative to the non-indigenous population, the lack of notification to families when a student passed away, the purposeful decision to refuse to send bodies home to their families due to the cost to be borne by the federal government, the desire for Christian burial rights to be performed on deceased children over traditional indigenous burial rights, all of this was documented and reported on. It has been in public, in media reports, for 100 years, but Canadians did not want to hear it and did not want to believe it. Thanks to these revelations from Kamloops, Canadians now believe it and are demanding action.
Residential school survivors told us this had happened. Families who never saw their children again after they were abducted and taken to residential school told us this had happened. We heard, but we did not listen. We believe them now.
I think this is a watershed moment for Canada. It is a moment when the knowledge has moved from a fact of our history to a feeling that compels us to act. However, we have had this feeling before, and we cannot let this moment slip through our fingers again. Momentum for change and action was lost between the historic apology that took place on the floor of the House of Commons in 2008 and the issuing of the final Truth and Reconciliation Commission report in 2015. More momentum has been lost between the issuing of that report and now. We cannot let this moment pass without seizing upon it and taking real, meaningful and immediate action.
For many Canadians, this is the first time they have meaningfully engaged on this issue. They may have heard about it briefly in school, but perhaps it did not resonate with them at that time. They did not have their own kids at the time and could not relate to it. They were not shocked by it; it was simply something that happened to a past generation. However, as we have seen this week, that has changed. When change happens to people, when they go from knowing a fact to having something touch their heart, it can have a profound and positive impact.
For me, the moment I began to grasp what had happened in the residential school system and the multi-generational impact it had on indigenous people who lived in and around my own community of Chilliwack came when I bought a copy of a book written by a respected local indigenous leader, Ernie Crey.
His book is entitled, Stolen from Our Embrace: The Abduction of First Nations Children and the Restoration of Aboriginal Communities. It was first published in 1997 and predates the historic apology to former students of Indian residential schools by more than 10 years.
I read it in the time period between the apology and the report of the TRC, and it completely changed the way I thought about Canada's relationship with indigenous people. It opened my eyes and my heart to the fact that this had not only impacted the survivors but their children and their children's children. It made me understand intergenerational trauma, which has devastating impacts to this day.
The book had a profound impact on my personal and professional life. I think that many Canadians, for the first time, have had a similar experience with the news of the bodies in graves in Kamloops, where we have finally seen, we have finally heard and we now know that we need to act. Therefore, how do we respond?
The Truth and Reconciliation Commission did not issue recommendations. It issued calls to action, not calls to talking about taking action at some time in the future. Quite frankly, government is designed to fail on this, and not the Liberal government, not a Conservative government. I am disappointed that some of the questions I have heard so far have tried to score some old political points, saying “You should have done better there” or “It's not our fault.” Today, who cares?
We are talking about 215 bodies that have been discovered in unmarked graves, and some people want to score cheap political points. Shame on them. We need to work together. We need to recognize that government, that the system is designed to fail. It is designed to protect the status quo. In big ways and small, the system of government abhors change, and successive governments have failed to make significant progress in breaking down these barriers.
It is good to have accountability. It is good to take stock of where we come from and where we need to go, but it is necessary, right now, to take real, meaningful and immediate action to take advantage of the spirit of reconciliation that is sweeping across the country.
To that end, the Conservatives have put forward a list of meaningful actions that we believe could assist families and indigenous communities during this time. We are calling on the government to develop a comprehensive plan to implement TRC's calls to action 71 through 76 on missing children and burial information by July 1. The motion we are taking about today says “within 10 days”, which sounds good too. We call on it to fund the investigation at all former residential schools in Canada where unmarked graves may exist, including the site where 215 children have already been discovered; to ensure that proper resources are allocated for communities to reinter, commemorate and honour any individuals discovered through the investigation according to the wishes of their next of kin; and to develop a detailed and thorough set of resources to educate Canadians of all ages on the tragic history of residential schools in Canada.
In addition to that volume 4 on missing children and unmarked burials, there is another volume, volume 6 on reconciliation. It is 288 pages long, and the TRC provided us a road map in that as well. In it, it says:
To the Commission, reconciliation is about establishing and maintaining a mutually respectful relationship between Aboriginal and non-Aboriginal peoples in this country. In order for that to happen, there has to be awareness of the past acknowledgement of the harm that has been inflicted, atonement for the causes, and action to change behaviour.
Who needs to take action? The government needs to take action, and we need to work together to give it direction, which this motion would do. We also need to take individual action. We need to be compelled to learn more, to understand more, to build key relationships, to understand how important keeping one's word is when dealing with indigenous peoples and indigenous leaders. We need to open our hearts and we need to believe survivors, as they told us in this case, about these missing children in unmarked graves.
We all acknowledge the deep sorrow and mourning that all indigenous peoples and survivors of residential schools are experiencing at this time. The legacy of residential schools is a national shame that has had a profound, lasting and damaging impact on indigenous people, culture, heritage and language. This discovery is a sombre reminder that so much more work needs to be done to address the devastating and harmful effects that residential schools had and still have on many survivors and their communities today.
We must work together to ensure we bring our dark history to light, acknowledge it, learn from it and ensure nothing like it ever happens again. This must be done both collectively through government action and individually through our own personal decisions to learn more, educate ourselves and our children—
Monsieur le Président, je tiens tout d’abord à souligner que je prends la parole aujourd’hui à partir du territoire traditionnel des Stó:lo. Au nom de la population de Chilliwack—Hope, je tiens à souligner la souffrance et le traumatisme que la découverte des restes de 215 enfants au pensionnat de Kamloops a causés aux survivants des pensionnats de notre collectivité. Nous les appuyons en cette période difficile et nous sommes déterminés à faire le travail nécessaire pour parvenir à une véritable réconciliation dans notre collectivité et partout au pays. Je tiens à remercier les communautés Stó:lo et leurs dirigeants d’être si disposés à travailler en partenariat avec les gens de Chilliwack—Hope et des environs en vue de parvenir à une véritable réconciliation. Ils sont vraiment des chefs de file dans notre pays à cet égard.
Je veux parler de la motion d’aujourd’hui et de ce qui me plaît. Comme certains de mes collègues l’ont mentionné, il y a des éléments qui m’intéressent moins que d’autres, mais dans l’ensemble, il s’agit d’un appel à l’action plutôt exhaustif. C’est exactement ce que mes commettants exigent à la lumière des révélations en provenance de Kamloops. Ils veulent de l’action. Ils ne veulent plus de sages paroles. Ils ne veulent plus d’engagements. Ils veulent que nous avancions ensemble. C’est ce que demande cette motion, et c’est pourquoi nous allons l’appuyer.
Je pense à certaines réactions. Nous ne savons pas quoi dire, alors nous disons des choses comme « nous sommes choqués ». Bien honnêtement, en tant que parlementaires, nous ne devrions pas l’être. Il y a un volume entier du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, le volume 4, qui s’intitule « Enfants disparus et lieux de sépulture non marqués ». Il compte 292 pages. La publication de ce volume elle-même aurait dû choquer les Canadiens lorsque le rapport a été déposé en 2015. Le nombre excessivement élevé de décès d’élèves par rapport à la population autochtone, l’absence de notification aux familles lors du décès d’un élève, la décision délibérée de refuser de renvoyer les corps aux familles en raison du coût à assumer par le gouvernement fédéral, la volonté de faire prévaloir les rites d’inhumation chrétienne des enfants décédés contre les droits à l’inhumation ancestrale des Autochtones, tout cela a été documenté et signalé. Cette information est publique et a fait l'objet de reportages dans les médias depuis 100 ans, mais les Canadiens ne voulaient pas l’entendre et ne voulaient pas le croire. Grâce aux révélations de Kamloops, les Canadiens le croient maintenant et exigent que des mesures soient prises.
Les survivants des pensionnats nous ont dit que cela s’était produit. Les familles qui n’ont jamais revu leurs enfants après qu’ils aient été enlevés et conduits au pensionnat nous ont dit que cela s’était produit. Nous avons entendu, mais nous n’avons pas écouté. Nous les croyons maintenant.
Je pense que le moment est décisif pour le Canada. C’est un moment où la conscience d’un fait de notre histoire s'est transformée en un sentiment qui nous oblige à agir. Toutefois, nous avons déjà eu ce sentiment et nous ne pouvons pas laisser ce moment nous échapper à nouveau. L’impulsion en faveur du changement et de l’action a été perdue entre les excuses historiques présentées à la Chambre des communes en 2008 et la publication du rapport définitif de la Commission de vérité et réconciliation en 2015. Une nouvelle impulsion a été perdue entre la publication de ce rapport et aujourd’hui. Nous ne pouvons laisser passer ce moment sans le saisir et prendre des mesures réelles, concrètes et immédiates.
Pour bien des Canadiens, c’est la première fois qu’ils se sentent vraiment concernés par cette question. Ils en avaient peut-être entendu brièvement parler à l’école, sans que cela trouve peut-être un écho chez eux à ce moment-là. Ils n’avaient pas d’enfants à l’époque et la situation ne les touchait pas personnellement. Ils n’en ont pas été choqués; c’était simplement quelque chose qui était arrivé à une génération antérieure. Cependant, comme nous l’avons vu cette semaine, les choses ont changé. Lorsque le changement se produit chez les gens, lorsqu’on passe de la conscience d’un fait à un événement qui les touche au cœur, l’effet peut être profond et positif.
Pour ma part, le moment où j’ai commencé à saisir ce qui s’était passé dans le réseau des pensionnats de même que les répercussions multigénérationnelles qu’il a eues sur les Autochtones qui vivaient dans ma propre collectivité, Chilliwack, et dans les environs est survenu lorsque j’ai acheté un exemplaire d’un livre écrit par un dirigeant autochtone local respecté, Ernie Crey.
Son livre s’intitule « Stolen from Our Embrace: The Abduction of First Nations Children and the Restoration of Aboriginal Communities». Il a été publié pour la première fois en 1997 et précède de plus de dix ans les excuses historiques présentées aux anciens élèves des pensionnats indiens.
Je l’ai lu pendant la période qui s’est écoulée entre les excuses et le rapport de la Commission de vérité et réconciliation. Cet ouvrage a complètement changé ma perspective de la relation du Canada avec les peuples autochtones. Il m’a ouvert les yeux et le cœur sur le fait que cette histoire n’avait pas seulement touché les survivants, mais aussi leurs enfants et les enfants de leurs enfants. Il m’a fait comprendre le traumatisme intergénérationnel, dont les effets dévastateurs perdurent aujourd’hui.
Ce livre a eu un impact profond sur ma vie personnelle et professionnelle. Je pense que de nombreux Canadiens, pour la première fois, ont vécu une expérience semblable en apprenant la découverte des corps dans les fosses communes à Kamloops. Nous avons enfin vu, nous avons enfin entendu et nous savons maintenant qu'il faut agir. Dès lors, comment réagissons-nous?
La Commission de vérité et réconciliation n’a pas présenté de recommandations. Elle a lancé des appels à l’action, et non des appels à parler de prendre des mesures à un moment donné dans l’avenir. Bien franchement, le gouvernement se dirige vers un échec à cet égard, peu importe qu'il soit libéral ou conservateur. Je suis déçu que certaines des questions posées jusqu’à présent n'aient visé qu'à marquer des points politiques. Je songe à des phrases comme « Vous auriez dû faire mieux à cet égard » ou « Ce n’est pas notre faute ». Aujourd’hui, qui s’en soucie?
On a découvert 215 corps dans des tombes non identifiées, et certains cherchent à se faire du capital politique à bon marché. Ils devraient avoir honte. Nous devons collaborer. Nous devons reconnaître que le gouvernement, que le système se dirige vers un échec dans ce dossier. Il vise à assurer le statu quo. Le système de gouvernance a horreur du changement, quelle qu'en soit l'ampleur, et les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas réussi à faire des progrès substantiels pour éliminer de ces obstacles.
La reddition de comptes, c’est bien. Il est également louable de faire le point sur ce qui a été fait et sur ce qu'il y a à faire. Néanmoins, des mesures concrètes, constructives et immédiates s'imposent dès maintenant pour profiter du vent de réconciliation qui souffle sur le pays.
C'est pourquoi les conservateurs ont présenté une liste de mesures significatives qui, selon nous, pourraient aider les familles et les communautés autochtones pendant cette période. Nous demandons au gouvernement d'élaborer un plan complet pour mettre en œuvre les appels à l'action nos 71 à 76 de la Commission de vérité et réconciliation sur les enfants disparus et les renseignements sur l'inhumation d'ici le 1er juillet. La motion dont nous débattons aujourd'hui stipule « dans les 10 jours », ce qui semble bien aussi. Nous lui demandons de financer les enquêtes dans tous les anciens pensionnats du Canada où il pourrait y avoir des tombes anonymes, y compris le site où 215 enfants ont déjà été découverts; de veiller à ce que les ressources adéquates soient allouées aux communautés pour réinhumer, commémorer et honorer toutes les personnes découvertes dans le cadre de l'enquête, conformément aux souhaits de leurs proches parents; et d'élaborer un ensemble circonstancié et complet de ressources pour éduquer les Canadiens de tous âges sur l'histoire tragique des pensionnats autochtones au Canada.
En plus de ce volume 4 sur les enfants disparus et les lieux de sépultures non marqués, il y a un autre volume, le volume 6 sur la réconciliation. Il compte 288 pages, et la Commission de vérité et réconciliation nous a fourni une feuille de route dans ce volume également. Il y est dit ceci:
Pour la Commission, la réconciliation consiste à établir et à maintenir une relation de respect réciproque entre les peuples autochtones et non autochtones dans ce pays. Pour y arriver, il faut prendre conscience du passé, reconnaître les torts qui ont été causés, expier les causes et agir pour changer les comportements.
Qui doit agir? Le gouvernement doit agir, et nous travailler ensemble pour lui montrer la voie à suivre, ce que cette motion nous permettrait de faire. Chacun de nous doit aussi agir à titre individuel. Nous devons avoir la volonté d'apprendre davantage, de chercher à mieux comprendre et de bâtir des relations clés, et nous devons aussi saisir l'importance de tenir notre parole dans les rapports que nous entretenons avec les peuples et les dirigeants autochtones. Nous devons ouvrir notre cœur et croire les survivants, comme en ce qui concerne ce qu'ils nous avaient dit dans ce cas-ci, à propos des enfants disparus enterrés dans des tombes anonymes.
Nous reconnaissons tous la profonde tristesse et le deuil que tous les peuples autochtones et les survivants des pensionnats traversent en ce moment. L'héritage des pensionnats est une honte nationale qui a eu des effets néfastes, profonds et durables sur les peuples autochtones et leur culture, leur patrimoine et leurs langues. Cette découverte nous rappelle tristement qu'il reste encore tant à faire pour atténuer les effets néfastes et dévastateurs que les pensionnats ont eus — et ont encore à ce jour — sur de nombreux survivants et sur leurs communautés.
Nous devons travailler ensemble pour faire la lumière sur notre sombre histoire afin de la reconnaître, d'en tirer des leçons et de nous assurer que rien de tel ne se reproduise jamais. Nous y parviendrons collectivement, par l'action du gouvernement, et individuellement, par les décisions personnelles que nous prenons afin d'en savoir plus pour nous renseigner et renseigner nos enfants...
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BQ (QC)
Madam Speaker, I will be sharing my time with the member for Joliette.
It is with a great deal of emotion that I address the House today. I first want to extend my deepest and most sincere condolences to all first nations on the discovery of the remains of 215 children buried behind the Kamloops residential school. It believe that is appropriate. As a member of the Huron-Wendat nation, my thoughts are with the people who suffered too much neglect and mistreatment and whose pain I share.
This tragedy is a direct result of the violence of colonialism. In addition to defending many interests that are often self-serving, especially economic interests, the intent of colonialism, at least in the official line, is to civilize those perceived to belong to an inferior race. We can all agree that this is just plain repugnant, and that it is called cultural genocide.
Such atrocities must never happen again. As politicians, we need to offer our condolences, but that is not enough. We need to take action. Unfortunately, it is likely that this discovery is only the first of many. Other bodies may be found, not only at the site of the residential school, where not all areas have been investigated, but also in other Canadian cities. This may be just the tip of the iceberg, and we may find many other mass graves.
In fact, while the National Centre for Truth and Reconciliation lists 4,118 deaths, former senator and chair of the Truth and Reconciliation Commission of Canada Murray Sinclair estimated that as many as 15,000 children may have died in the residential school system. This is an approximate number, and we need to investigate, because we have a duty to remember. According to an article in The Globe and Mail, however, we do not know the names of about one third of the deceased children, and the cause of death in more than half of all cases was not recorded by the government or the school. This is serious.
The report of the Truth and Reconciliation Commission recommended erecting commemorative monuments in Ottawa and other capital cities to honour the memory of residential school survivors, as well as that of children lost to their families and communities. These monuments would honour both those who were lucky enough to survive and those who were not, and yet the Parliamentary Secretary to the Minister of Canadian Heritage said in December 2020 that no subsidies had yet been awarded for the construction of a national monument in the national capital region.
There has been just as little follow through on the other recommendations. That is why we support the NDP's motion before us today. It is urgent and absolutely necessary that we accelerate the implementation of the Truth and Reconciliation Commission's calls to action, in particular by providing immediate funding for more in-depth investigations into the deaths and disappearance of children in residential schools.
The commission's report clearly indicates that “assisting families to learn the fate of children who died in residential schools; locating unmarked graves; and maintaining, protecting, and commemorating residential school cemeteries are vital to healing and reconciliation.” In other words, first we must know, understand, verify and investigate.
The issue is becoming increasingly urgent, since cemeteries are disappearing bit by bit, and many survivors still have no idea what happened to their loved ones. Since no one lives forever and we all eventually die, these people could pass away without ever learning the truth.
This investigation, which is absolutely necessary if we are to finally salve the open wound, requires funding. The discovery in Kamloops was financed mainly by British Columbia and not by the federal fund specifically earmarked for the purpose. The 2019 budget set aside $33.8 million over three years to fund the various actions recommended by the commission. That was a promising announcement, to be sure.
According to Global News, $27.1 million of the $33.8 million that was allocated was never spent. That is practically the whole amount. Since 2013, Ottawa has spent $3.2 million fighting a group of survivors from the St. Anne's residential school in Northern Ontario in court, which is almost as much money as it has spent on reconciliation efforts.
As members know, setting aside funds in the budget is only a statement of intent, as the allocation must also be included in a budget implementation act. The current government's 2019 budget, tabled during the last Parliament, set aside $33.8 million over three years. If we look at the Public Accounts of Canada for 2019-20, however, we can see that, although $5 million was spent on the national day for truth and reconciliation, there is not a single trace of any spending to implement the calls for action. There is nothing in the main estimates for 2019-20, 2020-21 or 2021-22. The amounts promised in 2019 were not even budgeted. What happened to that money? Why was it not released? We need an explanation. Was it an oversight? A stealth budget cut? I think that our first nations brothers and sisters have a right to know.
Just recently, the Parliamentary Secretary to the Minister of Indigenous Services and the Prime Minister reiterated that they were committed to implementing all of the Truth and Reconciliation Commission's calls to action. They brought up the $33.8 million announced in the 2019 budget. Now, though, they have to actually budget that money. Reminding us that they announced it is fine, but now they must follow through and get things done.
The proposal to accelerate the implementation of the calls for action that was included in the motion tabled by our NDP colleagues has our support. My colleagues in the Bloc Québécois and I urge the government to act quickly. The Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights recently declared that it is essential that Canada do this work. Now we need to take the necessary steps. It is crucial.
Madame la Présidente, je partagerai mon temps avec le député de Joliette.
C'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à la Chambre aujourd'hui. Je tiens tout d'abord à présenter mes plus profondes et sincères condoléances à toutes les Premières Nations après la découverte des corps de 215 enfants qui reposent derrière le pensionnat de Kamloops. Je crois que cela s'impose. Étant moi-même membre de la nation huronne-wendat, toutes mes pensées vont vers les peuples qui ont trop souffert de négligence et de maltraitance et dont je partage la douleur.
C'est une tragédie qui est une conséquence directe des violences du colonialisme. Outre la défense de nombreux intérêts souvent rapaces, notamment économiques, le colonialisme a pour volonté, du moins dans le discours officiel, de civiliser ceux et celles que l'on perçoit comme appartenant à une race inférieure. On s'entendra tous et toutes que c'est tout bonnement répugnant et que cela s'appelle un génocide culturel.
De telles atrocités ne doivent plus jamais se reproduire. Les condoléances sont essentielles — et de notre devoir comme politiciens —, mais elles ne sont pas suffisantes. Il faut agir. Malheureusement, on peut craindre et croire que cette découverte n'est que la première d'une liste qui promet d'être longue. D'autres corps pourraient être trouvés, non seulement sur le site même du pensionnat — dont toutes les zones n'ont pas été sondées —, mais aussi ailleurs au pays. On craint donc qu'il ne s'agisse que de la pointe de l'iceberg et que plusieurs autres charniers restent à découvrir.
En effet, si le Centre national pour la vérité et la réconciliation recense 4 118 décès, l'ancien sénateur et ancien président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, Murray Sinclair, a estimé que ce chiffre pourrait être plus élevé, avançant même que jusqu'à 15 000 enfants pourraient avoir trouvé la mort dans les pensionnats. Il s'agit d'un chiffre approximatif qu'il faut se donner les moyens de vérifier puisqu'on a un devoir de mémoire. Pourtant, selon un reportage du journal The Globe and Mail, on ignore le nom d'environ le tiers des enfants décédés, ainsi que la cause de la moitié des décès, non indiquée par le gouvernement et les pensionnats. C'est extrêmement grave.
Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation recommandait d'ailleurs qu'on érige des monuments commémoratifs à Ottawa et dans les autres capitales dans le but d'honorer la mémoire des survivantes et des survivants des pensionnats, ainsi que celle des enfants perdus par les familles et les communautés concernées. Ces monuments honoreraient tant ceux qui ont eu la chance de survivre que ceux qui ne l'ont pas eue. Pourtant, la secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine canadien nous affirmait en décembre 2020 qu'aucune subvention n'avait encore été accordée pour la construction d'un monument national dans la région de la capitale du Canada.
Les résultats ne sont pas plus concluants pour ce qui est des autres recommandations. C'est pourquoi nous accueillons positivement la motion du NPD qui nous est présentée et que nous étudions aujourd'hui. Il est urgent et absolument nécessaire d'accélérer la mise en œuvre des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, notamment en finançant immédiatement la réalisation d'enquêtes plus poussées sur les décès et les disparitions d'enfants survenus dans les pensionnats.
Le rapport de la Commission indiquait clairement que « le fait d’aider les familles à découvrir le sort des enfants qui sont morts dans les pensionnats, de localiser les tombes anonymes et d’entretenir, de protéger et de commémorer les cimetières de pensionnat est essentiel à la guérison et à la réconciliation ». Autrement dit, la première des actions, c'est de savoir, de comprendre, de vérifier et d'enquêter.
L'urgence se fait de plus en plus pressante à mesure que le temps file, parce que les traces de cimetières disparaissent et plusieurs survivants vieillissent sans avoir pu retrouver les traces de leurs proches. Puisque personne n'est éternel et que tout le monde finit par mourir, ces gens pourraient finalement trépasser sans connaître la vérité.
Ces recherches, nécessaires pour pouvoir enfin mettre un baume sur une blessure toujours ouverte, ont besoin d'être financées. Il faut souligner que la découverte de Kamloops a été financée principalement par la Colombie-Britannique, et non par les fonds fédéraux, pourtant prévus exactement à cette fin. En effet, le budget de 2019 prévoyait 33,8 millions de dollars sur trois ans pour financer les diverses actions recommandées par la Commission. L'annonce paraissait bien, indéniablement.
Or, quand on s'y penche, Global News révèle que 27,1 de ces 33,8 millions de dollars n'ont pas été dépensés, aussi bien dire la quasi-totalité du montant. Depuis 2013, Ottawa a dépensé presque autant d'argent pour combattre devant les tribunaux un groupe de survivants du pensionnat Saint-Anne, dans le nord de l'Ontario, que pour le financement des actions de réconciliation, soit 3,2 millions de dollars.
Comme on le sait, prévoir des fonds dans le budget n'est qu'un énoncé d'intention et il faut que cela se retrouve dans une loi de mise en œuvre du budget. Le budget de 2019 du gouvernement actuel, présenté lors de la législature précédente, prévoyait donc 33,8 millions de dollars sur trois ans. Or, en consultant les Comptes publics du Canada pour l'année 2019-2020, on peut constater que, si une somme de 5 millions de dollars a été dépensée pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, on ne trouve absolument aucune trace d'une dépense liée à l'application des appels à l'action. Aucun montant n'est prévu dans le Budget principal des dépenses 2019-2020, ni dans celui des exercices 2020-2021 et 2021-2022. Les montants promis dans le budget de 2019 n'ont même pas été budgétés. Qu'est-ce qui est arrivé de cet argent? Pourquoi ne pas l'avoir rendu disponible? On a besoin d'explications. Est-ce un oubli? Est-ce une compression déguisée? Je pense que nos frères et sœurs des Premières nations ont le droit de savoir.
Encore récemment, la secrétaire parlementaire du ministre des Services aux Autochtones et le premier ministre ont réitéré qu'ils étaient déterminés à mettre en œuvre l'ensemble des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. Ils ont rappelé les 33,8 millions de dollars prévus au budget 2019. Maintenant, cependant, il faudrait les budgéter pour vrai. Rappeler que cela a été annoncé, c'est bien, mais, maintenant, il faut que cela serve et que cela soit mis en œuvre.
La proposition d'accélérer la mise en œuvre des appels à l'action incluse dans la motion déposée par nos collègues du NPD a notre appui. Mes collègues du Bloc québécois et moi pressons le gouvernement d'agir rapidement. D'ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a récemment déclaré qu'il était essentiel que le Canada accomplisse ce travail. Maintenant, il faut s'en donner les moyens. C'est fondamental.
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BQ (QC)
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2021-06-03 12:14 [p.7882]
Madam Speaker, yesterday marked the end of the public hearings regarding the tragic death of Joyce Echaquan on September 28. We anxiously await the coroner's report.
Yesterday, thousands of people gathered in Trois-Rivières to demand justice so that this never happens again. The Atikamekw of Manawan, Wemotaci and Opitciwan, other first nations and white people all gathered to say “never again”.
The chief of the Atikamekw Council of Manawan, Paul-Émile Ottawa, said, “Without that video [taken by Joyce Echaquan], her death would have been considered just one of many. She is dead because people wanted her to die. She is dead because people did her wrong, but justice will be done. Justice will prevail.”
Joyce Echaquan's husband, Carol Dubé said, “This is just the beginning. I want changes to be made, and I am hopeful that they will be.”
As politicians, we have a duty to show solidarity and an obligation to get results. On that subject, at the same gathering yesterday, Ghislain Picard, chief of the Assembly of First Nations of Quebec and Labrador, stated, “Many people think that things are not going fast enough and that it is too easy for governments to offload responsibility onto future governments, which is unfortunately the case. I think that today's gathering, which coincides with the end of the coroner's hearing, is the right time to remind the government of that.”
We have an obligation to get results. Yes, we need to acknowledge injustice and racism. Yes, we must condemn injustice and racism, but what we really need to do is to take concrete action, adopt policies to make sure that all this stops and that things change. That is our job, and we have an obligation to get results. That begins with changing the old, racist Indian Act. Even the name is racist. It starts by really implementing the recommendations in the Truth and Reconciliation Commission's final report.
The discovery of the remains of 215 children on the site of the former residential school in Kamloops leaves me speechless. It is a horror story. It is so tragic that I cannot find words for it. In all humility, I share the pain of the grieving families. In all humility, I would like to offer my sincerest condolences to the Secwépemc nation and to all indigenous peoples in Quebec and Canada, joined in mourning and suffering.
Like many people, I also fear that the discovery of these 215 small victims is only the beginning of a long series of unspeakable tragedies. This new tragedy reveals Canada's sad history, the history of residential schools, in operation for more than a century, from 1892 to 1996. The residential school system was the cornerstone of the assimilationist regime imposed on first nations.
More than 150,000 children were torn from their families, their friends, their community. They were forced to attend these institutions and to forget their language, their culture and their identity. They were made to feel ashamed of what they were. In anthropology, this is referred to as ethnocide or cultural genocide, which means to eradicate a people. The ultimate aim of the residential schools was to kill the Indian in the child. Once taken from their homes and made vulnerable, the children were subjected to violence, sexual assault and murder. How many gratuitous, criminal and unpunished killings took place in these schools?
Canada has a duty to remember what happened. Canada's history is dark and sad. Its history is one of imperialism and colonialism, a legacy of the British Empire. The hands of the father of Confederation, Sir John A. Macdonald, are soiled by injustice and racism. Compelled by a desire for the never-ending accumulation of profit and capital, the British Empire and Canada crushed the first peoples and rode roughshod over their rights so they could get their hands on the first people's lands and resources. That was the world view behind the creation of residential schools and the ensuing horror. That was the philosophy that enabled Canada to view the first peoples as an underclass of humanity and their misery and everything that was done to them as unimportant.
Canada has trivialized the disappearance and murder of indigenous women, girls and children. A member of the Atikamekw of Manawan community told me a story. For years and years, the community superintendent was usually a retired soldier who created a climate of terror.
An Atikamekw man refused to allow a large forestry company to cut down trees on his family land. The superintendent falsely diagnosed him with tuberculosis and forced him to go to a sanatorium for two years. When he returned to the community, his land had been cleared and he had contracted tuberculosis
So much trauma leaves scars and breeds mistrust.
To make itself feel better about pillaging resources, Canada reduced the first nations to a sub-class of humans, making the abuse seem more acceptable. All of this was done with the complicity of the church, one in particular I am especially ashamed of. The church believed it was spreading a message of love, but by aligning with imperialism they brought in hatred, horror and sadness, all in the name of “civilizing” the indigenous peoples. It is disgusting.
Unfortunately, there is nothing new about all this horror. This was and is the modus operandi of empires around the world, whether in Africa, Asia, Oceania or the Americas. Every empire has its own way of destroying minority peoples and cultures to expand its dominance. Canada is no exception. The history of Canada could have been a history of respect, collaboration and sharing among the various peoples. Instead it was a history of struggle, and the first nations were the primary victims.
They suffered unspeakable harm. The injustice persists to this day. The situation of first nations is proof of that. I am thinking about Joyce. I am calling for justice. I am thinking about all the communities that still do not have access to clean drinking water, and where there is still no equality in services to indigenous peoples and other Canadians. The injustice persists. Unfortunately, it is still downplayed, because the concept of subclass has been inculcated in our society for so long that it is still alive and well. We need to end this historically unacceptable prejudice. It has to stop.
The road to reconciliation will be a long and difficult one, but we as politicians have a key role to play today. We need to act now to effect change. Six years have passed since the Truth and Reconciliation Commission presented its recommendations. We still have not done anything. The federal government is quick to make speeches and express its intentions, but is slow to take concrete action to really change the situation.
In closing, I would like once again acknowledge all the pain felt by the grieving families. In all humility, I share in it and once again offer my sincerest condolences to the Secwépemc nation as well as to all first nations people.
My political party is obviously in favour of every item in the motion. The federal government needs to immediately drop its legal case against indigenous children and apply Jordan's principle across the board.
This is a reasonable proposal with a view to reaching an amicable settlement. It is appalling that the government is spending millions of dollars in legal fees to avoid compensating the victims of St. Anne's residential school. My party is urging the government to act quickly to implement the Truth and Reconciliation Commission's calls to action 71 to 78.
As the commission indicated in its report, “assisting families to learn the fate of children who died in residential schools; locating unmarked graves; and maintaining, protecting, and commemorating residential school cemeteries are vital to healing and reconciliation.”
As the commission pointed out, it is all the more urgent to implement these calls to action because, as time passes, cemeteries are disappearing bit by bit, and the survivors who are able to testify to their experience are getting older and still have no idea of what happened to their brothers, sisters and other relatives.
The Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights recently declared that it is essential that Canada address the issue. Obviously, the victims and survivors and their families and communities are entitled to the resources they need to help them overcome the emotional, physical, spiritual, material and cultural trauma inflicted by the residential schools.
Lastly, it is imperative that there be an appropriate and timely follow-up of the progress of the implementation of the commission's calls to action in order to ensure true justice, and to see that indigenous people are no longer discriminated against and that Joyce Echaquan obtains justice.
Madame la Présidente, hier se sont terminées les audiences publiques entourant le décès tragique de Mme Joyce Echaquan, survenu le 28 septembre dernier. Nous attendons avec impatience le rapport de la coroner.
Hier, des milliers de personnes se sont rassemblées à Trois-Rivières pour réclamer justice, pour que cela ne se reproduise plus jamais. Les Atikamekws de Manawan, de Wemotaci et d'Opitciwan, les autres Premières Nations ainsi que les Blancs se sont tous réunis pour dire « plus jamais ».
Le chef de la communauté atikamekw de Manawan, M. Paul-Émile Ottawa, a rappelé ce qui suit: « Sans cette vidéo [prise par Joyce Echaquan], cette mort aurait été comptabilisée comme un décès parmi tant d'autres. Elle est morte parce que les gens ont voulu qu'elle meure. Elle est décédée parce que les gens ont été malveillants à son endroit. Mais justice sera rendue. Justice sera faite ».
Le conjoint de Joyce Echaquan, M. Carol Dubé, a affirmé: « Ce n'est qu'un début. Je veux qu'il y ait des changements et j'ai espoir ».
Nous, les politiciens, avons un devoir de solidarité et une obligation de résultat. À ce sujet, toujours lors du rassemblement d'hier, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, M. Ghislain Picard, a déclaré ce qui suit: « Plusieurs sont d'avis que ce n'est pas assez rapide et que les gouvernements réussissent trop facilement à faire du pelletage par en-avant et c'est malheureusement le cas. Et pour moi, je trouve que le rassemblement d'aujourd’hui, qui coïncide avec la fin des audiences de la coroner, est l'occasion de faire ce rappel-là ».
Nous avons une obligation de résultat. Oui, il faut reconnaître l'injustice et le racisme. Oui, il faut les dénoncer, mais il faut surtout faire des gestes concrets, comme adopter des politiques, pour que tout cela s'arrête et que les choses changent. C'est la partie qui nous incombe, et nous avons une obligation de résultat. Cela commence par changer la vieille et raciste Loi sur les Indiens, dont le titre même est raciste. Cela commence par mettre en œuvre, pour vrai, les recommandations du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation.
La découverte des restes de 215 enfants sur le site de l'ancien pensionnat autochtone à Kamloops me laisse sans mot. Cela révèle une histoire d'horreur. C'est d'une tristesse tellement grande que je n'ai pas les mots pour la nommer. Bien humblement, je partage la douleur des familles éplorées. Bien humblement, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances à la nation Secwépemc ainsi qu'à tous les peuples autochtones du Québec et du Canada, qui se rejoignent dans le deuil et la souffrance.
Comme plusieurs personnes, je crains aussi que la découverte de ces 215 petites victimes ne soit que le début d'une longue suite de tragédies innommables. Cette nouvelle tragédie nous rappelle la triste histoire du Canada, celle des pensionnats autochtones, en activité pendant plus d'un siècle, soit de 1892 à 1996. C'est la pierre d'assise du régime d'assimilation imposé aux Premières Nations.
Plus de 150 000 enfants auraient été arrachés à leur famille, à leurs amis, à leur communauté. On les a forcés à fréquenter ces institutions et à oublier leur langue, leur culture et leur identité. On leur a fait ressentir de la honte d’être qui ils sont. En anthropologie, on appelle cela un ethnocide ou un génocide culturel, ce qui signifie de faire disparaître un peuple. Le but ultime des pensionnats était de tuer l'Indien dans l'enfant. Une fois enlevés et vulnérables, les enfants ont été victimes de gestes violents, sans compter toutes les agressions sexuelles et tous les meurtres qui ont été perpétrés. Combien y a-t-il eu de meurtres gratuits, criminels et impunis dans ces pensionnats?
Le Canada a un devoir de mémoire à cet égard. L’histoire du Canada est sombre et triste. C'est une histoire inspirée par l'impérialisme et le colonialisme, un héritage de l'Empire britannique. Le Père de la Confédération, Sir John A. Macdonald, a les mains souillées par l'injustice et par le racisme. Mus par la logique marchande du profit et du capital qui doit s'étendre sans cesse, l'Empire britannique et le Canada ont écrasé les premiers peuples et leurs droits, afin de mettre la main sur leurs terres et leurs ressources. C'est dans cet esprit qu'ont été mis en place les pensionnats autochtones et toute leur horreur. C'est dans cette logique que le Canada en est venu à reléguer les premiers peuples à une sous-classe d'humains et à banaliser leur misère et les gestes faits envers eux.
Je pense entre autres à la banalisation des enlèvements et des assassinats des femmes, des filles et des enfants autochtones. Je pense à l'histoire qu'un membre de la communauté atikamekw de Manawan m'a racontée. Pendant longtemps, le surintendant de la communauté était généralement un militaire retraité qui y faisait régner un climat de terreur.
Par exemple, devant le refus d’un Atikamekw d'autoriser la coupe de bois sur son territoire familial par une grosse compagnie forestière, le surintendant lui a faussement diagnostiqué la tuberculose et l’a forcé à s’exiler pendant deux ans dans un sanatorium. À son retour, son territoire avait été rasé et il avait, entretemps, contracté la maladie.
Trop de traumatismes laissent des traces et engendrent la méfiance.
Pour se donner meilleure conscience face au pillage des ressources, le Canada a réduit les Premières Nations à une sous-classe d’humains. Ainsi, les sévices paraissaient plus acceptables. Tout cela s'est avec la complicité des Églises, une en particulier, dont j’ai particulièrement honte. Portant un message d’amour, celles-ci ont porté la haine, l’horreur et la tristesse en se faisant complices de cette logique impérialiste, en disant vouloir « civiliser ». C'est dégueulasse.
Toute cette horreur n’a malheureusement rien d’unique. Cela a été et c’est la façon de faire des empires partout sur la planète: en Afrique, en Asie, en Océanie et dans les Amériques. Chaque empire a sa façon de détruire les peuples et les cultures minoritaires pour étendre son hégémonie. Le Canada n’y échappe pas. L’histoire du Canada aurait pu être une histoire de respect, de collaboration et de partage entre les différents peuples. Cela a plutôt été celle de la lutte des peuples, avec les Premières Nations comme premières victimes.
Celles-ci ont subi des préjudices innommables. L’injustice perdure encore aujourd’hui. La situation des Premières Nations en témoigne. Je pense à Joyce. Je demande justice. Je pense à toutes ces communautés où l’accès à l’eau potable demeure un enjeu, et où il n’y a toujours pas d’égalité dans la qualité des services entre les Autochtones et les autres citoyens. L’injustice perdure. C’est malheureusement encore banalisé, parce que, malheureusement, la notion de sous-classe a tellement été inculquée pendant longtemps qu’elle perdure. Il faut continuer à briser ce préjugé historiquement inacceptable. Il faut que cela change.
Le chemin de la réconciliation sera long et laborieux, mais nous, les politiciens, avons ici aujourd’hui un rôle crucial à jouer. Il faut agir dès maintenant pour que cela change. Cela fait six ans que le rapport de la Commission de vérité et réconciliation a présenté ses recommandations. Cela traîne toujours. Ottawa agit à la vitesse du lièvre pour porter des discours et des intentions, mais à la vitesse de la tortue pour agir, faire des gestes concrets pour véritablement changer la situation.
En terminant, je tiens encore une fois à rappeler toute la douleur des familles éplorées. Bien humblement, je la partage et j’offre encore mes plus sincères condoléances à la nation secwepemc, ainsi qu’à tous les membres des communautés des Premières Nations.
Ma formation politique est évidemment en faveur de chacun des éléments de la motion. Ottawa doit abandonner dès maintenant ses recours judiciaires contre les enfants autochtones et doit appliquer le principe de Jordan de façon intégrale.
Il s’agit d’une proposition raisonnable pour en arriver à un règlement à l'amiable. Il est épouvantable que le gouvernement dépense des millions de dollars en frais judiciaires pour éviter d'indemniser les victimes du pensionnat de Sainte-Anne. Ma formation presse le gouvernement d’agir rapidement afin de réaliser notamment les appels à l’action 71 à 78 de la Commission de vérité et réconciliation.
Comme l’a indiqué la Commission dans son rapport, « le fait d’aider les familles à découvrir le sort des enfants qui sont morts dans les pensionnats, de localiser les tombes anonymes et d’entretenir, de protéger et de commémorer les cimetières de pensionnat est essentiel à la guérison et à la réconciliation. »
Comme le faisait remarquer la Commission, il est d’autant plus urgent de réaliser ces appels à l’action, car, au fur et à mesure que le temps avance, les traces de cimetières disparaissent et les survivants qui peuvent offrir des témoignages de leur expérience vieillissent sans pouvoir retrouver la trace de leurs frères, de leurs sœurs ou de leurs parents.
D’ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a rappelé encore dernièrement qu’il est essentiel que le Canada accomplisse ce travail. Évidemment les victimes, les survivantes et les survivants, leurs familles et leurs communautés ont droit aux ressources nécessaires pour les aider à surmonter les traumatismes émotionnels, physiques, spirituels, mentaux et culturels causés par les pensionnats.
Enfin, il est impératif qu’un suivi approprié et rapide soit fait quant à l’état d’avancement des appels à l’action de la Commission, pour une véritable justice, pour que plus un seul Autochtone soit discriminé, et pour que Joyce Echaquan obtienne justice.
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NDP (QC)
Madam Speaker, I want to begin by saying that I will be sharing my time with the member for Cowichan—Malahat—Langford.
My colleague will share his opinion on the important motion that my party moved today. The motion has to do with a tragic event in history, and we hope that this grim discovery will mark the last chapter in this tragedy. The remains of 215 children were discovered in Kamloops, near a former residential school. These missing boys and girls were robbed of their lives.
I have to admit that I was stunned by this discovery, as were most Quebeckers, Canadians and people around the world who read about or saw this sad story on the news. I was particularly touched by the gestures made by our fellow citizens, who placed children's shoes on the steps of some public buildings. In my opinion, that is a good way to demonstrate that those who lost their lives were human beings. They were not just a statistic. They were individuals who suffered a shocking injustice. The families endured terrible suffering because of the secrecy surrounding these disappearances, and they are still suffering today. There was a very high mortality rate in residential schools.
I would like to come back to the principle of residential schools.
In my opinion, this topic was not talked about enough in school. We were sometimes taught an idealized view of the relationship with first nations and trade with first nations. It seems as though the issue of residential schools, which were run by the Catholic Church, was glossed over because no one wanted to talk about it. However, we have a collective and historic responsibility with regard to the harm that was done to these people.
The former Kamloops residential school was one of 139 residential schools that existed in Canada for a century. Earlier, one of my colleagues pointed out that an estimated 150,000 children were ripped from their families and placed in these institutions.
I cannot imagine going about my life in a neighbourhood or a village and seeing whites and priests literally swoop in and steal all the children. It was mass kidnapping. It was cultural genocide. It is proof of deeply rooted colonialism and racism toward first nations.
I cannot imagine my children and my neighbours' children being taken away. In this case, literally every child in the village was taken away. From one day to the next, they were just gone. The goal was to kill the Indian in the child, to separate children from their roots, their culture, their language and their spirituality. The authorities tried to turn these children into carbon copies of the white settlers and Christians who ran the institutions. It was an indescribable horror. The former Kamloops residential school may just be the tip of the iceberg, unfortunately. All levels of government are going to have to work really hard and really fast to get to the bottom of what happened. We have to know what happened so that families can find closure once and for all and grieve. That is crucial.
Earlier, I said that this tragedy had attracted worldwide attention. As a matter of fact, this week, the Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights asked the federal government and the governments of every province and territory to take steps to initiate an investigation, carry out the necessary searches and protect documentation. If any documents are damaged, destroyed or lost, we will not be able to get to the bottom of this tragedy.
Today, everyone agrees that we need more than words. Concrete gestures need to be made. For too long now, the federal government has been either denying this problem, looking the other way or dragging its feet, which we have seen it do a lot in recent years. The Truth and Reconciliation Commission wrapped up six years ago. Of the 94 recommendations that the commission made, only 10 have been implemented. There is still an enormous amount of work ahead to take the measures that need to be taken.
I mentioned this earlier, but we as New Democrats and progressives find it extremely unfortunate, hurtful and offensive when the federal government says one thing and does the opposite. On the one hand, it is saying all the right things, expressing sorrow and apologizing, and those are all great, because they are a good first step. On the other hand, the federal government is paying lawyers to represent it in Federal Court to challenge rulings by the Canadian Human Rights Tribunal dealing with the rights of indigenous children and compensation for victims of residential schools.
It is not spending small amounts. For all of its legal challenges in Federal Court, the federal government has spent a total of $9.4 million so far to dispute compensation for residential school victims and rights violations caused by the underfunding of indigenous child welfare services. It is crazy. In the St. Anne's residential school case alone, the federal government has paid lawyers $3 million to challenge the rights of residential school victims.
We believe this absolutely must change. Once again, we are faced with the sad evidence of this colonialism and systemic racism, with the discovery of these 215 children's bodies buried in secret. It is proof that the dehumanization of first nations and indigenous peoples continues, and we all have a duty to work together for reconciliation, a better agreement and better mutual understanding.
We know that is not being done. A few minutes ago, the member for Joliette cited the tragic death of Joyce Echaquan at the Joliette hospital as evidence that the first nations are enduring discrimination, institutional bias, racism and systemic racism, sometimes at risk to their own lives. It is not just a matter of being negatively perceived or misunderstood, because this affects people's health and sometimes even their life.
Throughout this entire process of reconciliation and dialogue, we have to be consistent and take meaningful action. Under Canadian colonialism, first nations peoples were ignored and hurt, subjected to cultural genocide and shunted off to parks or reserves so they would no longer be seen or heard. Occasional progress is being made, but some communities feel like there are two different worlds that do not get along and ignore each other.
Unfortunately, there is still a lot of misunderstanding and ignorance about the realities of the first nations, who were living here before the arrival of European settlers. Sometimes they are our neighbours, but we do not know much about them, and we do not understand them. I think we need to make an effort to change that.
As a columnist pointed out this week, the news from Kamloops is not really news, sadly. The Truth and Reconciliation Commission told us that nearly 3,000 children may have died in or disappeared from residential schools. Another piece of bad news is that there was a tuberculosis epidemic in 1907. Peter Henderson Bryce, the chief medical officer at the time, noted that the mortality rate in residential schools went from 24% to 42% in three years. One residential school even had a child mortality rate of 76%, higher than the mortality rate of a World War II concentration camp.
We need to conduct searches and uncover the truth. Unfortunately, I fear that we will uncover more unmarked mass graves like the one in Kamloops.
Madame la Présidente, d'entrée de jeu, je vous avise que je vais partager mon temps de parole avec le député de Cowichan—Malahat—Langford.
Mon collègue nous donnera son opinion sur l'importante motion déposée aujourd'hui par ma formation politique. La motion concerne un drame historique, et l'on espère que cette macabre découverte est le dernier chapitre de ce drame. Les dépouilles de 215 enfants ont été découvertes à Kamloops, près d'un ancien pensionnat autochtone. On a arraché la vie à ces filles et à ces garçons disparus.
Je dois admettre que la nouvelle m'a bouleversé, comme la majorité des Québécois, des Canadiens et des gens du monde entier qui ont lu ou vu cette triste nouvelle. J'ai été particulièrement touché par les gestes faits par nos concitoyens et nos concitoyennes: ils ont placé des souliers pour enfant sur les marches de certains lieux publics. À mon avis, cela démontre bien que ceux qui ont perdu la vie étaient des humains. Il ne s'agit pas que d'une statistique, il s'agit de personnes qui ont subi une incroyable injustice. Les familles ont grandement souffert du secret qui entoure ces disparitions, et elles en souffrent encore aujourd'hui. Le taux de mortalité dans les pensionnats autochtones était très important.
J'aimerais revenir sur le principe des pensionnats autochtones.
Selon moi, on n'en a pas assez discuté dans les écoles. On a parfois eu une vision idéalisée des relations avec les Premières Nations, du commerce avec les Premières Nations. Pour ce qui est des pensionnats autochtones et de leur gestion par l'Église catholique, c'est comme si l'on avait détourné le regard parce que l'on préférait ne pas en parler. Pourtant, nous avons une responsabilité collective et historique quant au mal qui a été fait à ces gens.
L'ancien pensionnat de Kamloops est l'un des 139 pensionnats autochtones qui ont existé au Canada pendant un siècle. Plus tôt, un de mes collègues a souligné qu'on pense qu'environ 150 000 enfants ont été arrachés à leur famille et placés dans ces institutions.
Je ne peux imaginer vivre dans un quartier ou un village et que des Blancs et des religieux viennent littéralement voler tous les enfants. Il s'agit d'un kidnappage de masse, d'un génocide culturel. C'est la preuve d'un profond colonialisme et racisme envers les Premières Nations.
Je ne peux imaginer que l'on enlève mes enfants et les enfants de mes voisins. Dans ce cas-ci, un village a littéralement été vidé de ses enfants; ils sont disparus du jour au lendemain. Cela a été fait dans le but de tuer l'Indien dans l'enfant, de le détourner de ses racines, de sa culture, de sa langue et de sa spiritualité. On a essayé de faire de ces enfants la copie conforme des colons blancs et des chrétiens qui géraient des institutions. C'est d'une horreur sans nom. L'ancien pensionnat de Kamloops n'est peut-être que la pointe de l'iceberg, malheureusement. Tous les paliers de gouvernement vont devoir travailler très vite et très fort pour faire la lumière sur cette histoire. Il faut savoir ce qui s'est passé, afin de permettre aux familles de tourner la page une fois pour toutes et de faire leur deuil. Cela est nécessaire.
Plus tôt, j'ai dit que cette tragédie attirait l'attention du monde entier. D'ailleurs, cette semaine, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a demandé au gouvernement fédéral et à tous les gouvernements provinciaux et territoriaux de mettre en œuvre les moyens pour procéder à une enquête, pour conduire les fouilles qui sont nécessaires et pour protéger la documentation. Si des documents sont endommagés, détruits ou disparus, on ne sera pas en mesure de faire la lumière sur la tragédie.
Aujourd'hui, tout le monde s'entend pour dire qu'au-delà des mots, il faut poser des gestes concrets. Trop longtemps, le gouvernement fédéral a soit nié ce problème, soit regardé ailleurs, ou alors il s'est traîné les pieds, ce que l'on a beaucoup vu ces dernières années. La Commission de vérité et réconciliation a quand même fini ses travaux il y a six ans. Des 94 recommandations de la Commission, seulement 10 ont été appliquées. Il y a encore énormément de travail à faire pour qu'on pose tous les gestes qui doivent l'être.
J'en ai déjà parlé un peu plus tôt, mais nous, néodémocrates et progressistes, trouvons extrêmement dommage, blessant et choquant de voir le gouvernement fédéral dire une chose et faire son contraire. D'un côté, il tient un bien beau discours, montre son chagrin et présente ses excuses, ce qui est parfait puisqu'il faut faire ce bon premier pas. D'un autre côté, par contre, le gouvernement fédéral paie des avocats en Cour fédérale pour contester les ordonnances du Tribunal canadien des droits de la personne portant justement sur les droits des enfants autochtones et l'indemnisation des victimes des pensionnats autochtones.
Il ne s'agit pas ici de petites sommes: pour l'ensemble de ses contestations judiciaires en Cour fédérale, le gouvernement fédéral a jusqu'ici dépensé 9,4 millions de dollars, et ce, pour contester les indemnisations qui devaient être versées aux victimes des pensionnats, ou des droits brimés par le sous-financement des services de protection des enfants des Premières Nations. C'est fou. Uniquement dans le dossier du pensionnat Saint-Anne, le gouvernement fédéral a payé 3 millions de dollars à des avocats pour contester les droits des victimes de pensionnats.
Pour nous, cela doit absolument changer. Ce colonialisme et ce racisme systémique, dont on voit encore une fois la triste preuve avec la découverte de ces 215 corps d'enfants enterrés dans le secret, nous montrent que ce processus de déshumanisation des Premières Nations et des Autochtones s'est perpétué et que nous avons tous le devoir de travailler ensemble à la réconciliation, à une meilleure entente et à une meilleure compréhension mutuelle.
Cela n'est pas fait et on le voit. Le député de Joliette soulevait il y a quelques minutes le décès tragique de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette, lequel prouve que les Premières Nations souffrent de discrimination, de parti pris institutionnel, de racisme et de racisme systémique, parfois au péril de leur vie. Ce n'est pas juste une question d'être mal perçu ou mal compris, car cela touche la santé et, parfois, même la vie des gens.
Dans tout ce processus de réconciliation et de dialogue, on doit être conséquent et cohérent et on doit poser des gestes concrets. Le colonialisme canadien a fait qu'on a ignoré les Premières Nations, qu'on leur a fait mal, qu'on leur a fait subir un génocide culturel et qu'on les a cantonnées dans des parcs ou des réserves pour ne plus les voir ni les entendre. Bien qu'il y ait parfois des progrès, certaines communautés ont l'impression d'avoir deux univers parallèles opposant des gens qui ne s'entendent pas et qui s'ignorent.
Malheureusement, il reste encore beaucoup d'incompréhension et d'ignorance quant aux réalités des Premières Nations, qui habitaient pourtant ici avant l'arrivée des colons européens et qui sont parfois nos voisins et nos voisines. On les connaît peu et on les connaît mal et je pense qu'on a besoin de faire ce travail.
Comme le rappelait une chroniqueuse cette semaine, cette nouvelle de Kamloops n'en est peut-être pas vraiment une, ce qui est malheureux à dire. La Commission de vérité et réconciliation nous disait que près de 3 000 enfants pourraient avoir perdu la vie dans les pensionnats ou être disparus. Autre mauvaise nouvelle, il y a eu une épidémie de tuberculose en 1907. Le médecin-hygiéniste en chef de l'époque, Peter Henderson Bryce, avait noté que le taux de mortalité dans les pensionnats était passé en trois ans de 24 % à 42 %. Il y avait même un pensionnat autochtone où le taux de mortalité chez les enfants a atteint 76 %, un taux plus élevé que celui d'un camp de concentration de la Deuxième Guerre mondiale.
On doit donc mener des recherches et faire toute la vérité. Je crains malheureusement qu'on ne retrouve d'autres cimetières inconnus comme celui de Kamloops.
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NDP (BC)
Madam Speaker, I am joining the debate today from the unceded lands of the Wet’suwet’en people. It is an honour to be sharing my time with the member for Winnipeg Centre.
Canadians have been shocked to learn the truth that indigenous people have been telling us for a long time. The validation of 215 unmarked burial sites near Kamloops has brought intense grief, despair and pain to indigenous people right across the country. My heart is with them today, especially the survivors of the residential schools that once stood in northwest B.C. at Lejac, Kitimat, Port Simpson and Lower Post. My heart is with them and their families.
I say “once stood”, but in Lower Post, a small village of the Daylu Dena just south of the B.C.-Yukon border, the residential school still stands. In fact, since the 1970s, this community has been forced to use the former residential school as its band office. I went there two winters ago and heard stories of how elders who suffered abuse in that building were forced to walk through its doors again and again to access basic services. Survivor Fred Lutz, who was the deputy chief at the time, took me to the basement and showed me the dark place behind the stairs. It is an image that will stay with me forever.
The Daylu Dena have been calling for the demolition and replacement of that building for years. It was good to hear just recently that in a few short weeks, it will finally be demolished. That is thanks to the leadership of people like Deputy Chief Harlan Schilling, former deputy chief Fred Lutz, their councils and others in their community. A new building will finally be built for the Daylu Dena. It is a long overdue step in the healing process and we have to ask ourselves why it took us so long.
I know a lot of non-indigenous people are feeling sad about the tragic discovery near Kamloops, but what I hear from indigenous people is that having us indulge in our sadness does not make the situation they face any better. What they want us to do, especially those of us in positions of power and influence, is to fight like hell for real action in this moment when people care about something they should have cared about a long time ago. That is where this motion comes from. We must act now.
How is it that six years later, so little progress has been made on the Truth and Reconciliation Commission's 94 calls to action? I remember when they came out in 2015: It was the year the Liberal government took power with a majority. How is it that by last year, 2020, there had only been significant progress on a quarter of the calls to action? How is it that so few of those calls have actually been completed?
A portion of this motion would require the government to accelerate implementation of the TRC calls to action related to investigating the deaths and disappearances of children at residential schools. We have heard much about that in this debate. The indigenous people I have spoken with over the past week overwhelmingly want the truth. They want to know where the other burial sites are and how many children are there. They want to know where their loved ones are. I was infuriated to learn that in 2009, the Truth and Reconciliation Commission asked the Harper government for $1.5 million to search residential school properties. Shamefully, those funds were denied. What would indigenous communities know today if that money had been granted 12 years ago?
The call to find all the lost children echoes what I have heard from the families of women and girls who have gone missing and have been murdered along the Highway of Tears in northwest B.C. where I live. I have been honoured to work alongside Brenda and Matilda Wilson, whose beloved Ramona was found murdered along Highway 16 near Smithers in 1996. We worked together to get better public transit along that highway, but what they want more than anything is to know the truth about what happened to Ramona. Twenty-five years later, they keep encouraging the RCMP's E-PANA division to continue its investigation and not stop until they finally know what happened. The families whose children were taken from them and never came home want and deserve the truth too, which is why investing resources and expertise in the residential school investigations is vital. “Truth” comes before “reconciliation” for a reason.
The other parts of this motion are important and deserve mention too. St. Anne's Indian Residential School is a long way from where I live in northwest B.C., but its story illustrates clearly the contrast between the government's carefully scripted performative gestures and its relentless denial of basic justice. I will not pretend to know the details of the St. Anne's issue as well as the member for Timmins—James Bay does, but reading about the government's fight against survivors is nothing short of enraging.
How can the federal government explain its department withholding key person-of-interest documents that would have helped justly resolve survivors' claims? How is it that the government continues to spend millions of dollars in its effort to minimize its responsibilities as a result of the Human Rights Tribunal ruling on indigenous kids in care?
In its 2016 ruling, the tribunal was crystal clear that services for indigenous children were being underfunded, and that as a result more kids were being taken away from their families. The government is fighting that ruling in court. It is arguing that because the discrimination was systemic, individuals harmed should not be entitled to compensation. The system that facilitated this harm was designed by people, and those people worked for our government. It is both astounding and infuriating. If this motion passes, I hope the government will obey the will of Parliament and call off its lawyers. The people affected by this discrimination deserve no less.
What both the St. Anne's case and the case involving indigenous child welfare show is that Canada's shameful treatment of indigenous people continues today. As one person said, it is not a chapter in our history: it is the entire plot of the book. The people in this place have the power to change it if we have the courage.
Last weekend, my friend Dolores told me that people were gathering at Lejac. It is located west of Prince George near Fraser Lake, about two hours from where I live, so I hopped in my vehicle and I drove out. Lejac is the site of the former Lejac Residential School, to which so many indigenous kids were taken from communities stretching from Prince George to Hazelton. The former school site is situated on a hill overlooking Fraser Lake. It is part of the territory of the Nadleh people.
On New Year's Day in 1937, four Nadleh boys between eight and nine years old escaped from the Lejac school. Allen Willie, Andrew Paul, Maurice Justin, and Johnny Michael set out to walk seven miles to their Nadleh home. They were found frozen to death on the ice of the lake just a mile short of their destination. It is just one of the hundreds of stories of heartbreaking loss stemming from that place.
As I drove up to the site of the former school last weekend, I was struck by how many people had travelled on short notice to be there together that day to share their collective grief, to drum and dance, to honour the survivors still among them, and to stand in solidarity with the families of the children whose remains were found only a few days earlier. I was struck by their resilience and their strength.
Most of all, I will remember Lheidli T’enneh singer Kym Gouchie calling all the children present into the centre of the circle. She taught them the actions for a kids' song that she wrote. As she sang, they followed along, touching their toes and reaching for the sky and singing out the words, and the instructions got faster and faster and the children's laughter rose. Dozens of indigenous kids laughing and dancing on the exact same ground where that horrible school once stood was an expression of joy in a week with so much pain. I will remember that hopeful sight for a long time and it makes me more determined than ever to fight for the justice that the motion before us represents.
I urge every member in this place to vote for this. After the flags go back up and the news media moves on, let us show indigenous people that we still hear them and are willing to act.
Madame la Présidente, je participe au débat d'aujourd'hui depuis les terres non cédées des Wet'suwet'en. C’est un honneur de partager mon temps de parole avec la députée de Winnipeg-Centre.
Les Canadiens sont choqués de découvrir une vérité dont les peuples autochtones parlent depuis longtemps. La découverte de 215 sépultures anonymes près de Kamloops suscite un chagrin, un désespoir et une douleur immenses chez les Autochtones de tout le pays. Je suis de tout cœur avec eux aujourd’hui, surtout avec les survivants des pensionnats qui se trouvaient dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, à Lejac, à Kitimat, à Port Simpson et à Lower Post. Je suis de tout cœur avec eux et avec leur famille.
Je dis « qui se trouvaient », mais à Lower Post, petit village des Daylu Dena situé juste au sud de la frontière entre la Colombie-Britannique et le Yukon, le bâtiment du pensionnat existe toujours. En fait, depuis les années 1970, le conseil de bande de la collectivité est obligé de l’utiliser comme bureau. Je m’y suis rendu il y a deux ans, en hiver, et on m'a dit que des aînés qui y avaient subi des violences devaient en franchir les portes chaque fois qu’ils voulaient obtenir des services de base. Le survivant Fred Lutz, qui était alors chef adjoint, m’a emmené au sous-sol pour me montrer l’endroit plongé dans l’obscurité derrière les escaliers. C’est une image que je n’oublierai jamais.
Les Daylu Dena réclament la démolition et le remplacement de ce bâtiment depuis des années. J’ai été heureux d’apprendre, récemment, que dans quelques semaines, il sera enfin démoli. C’est grâce au leadership de personnes comme le chef adjoint Harlan Schilling, l’ancien chef adjoint Fred Lutz, le conseil de bande et d’autres membres de la collectivité. Un nouveau bâtiment sera enfin construit pour les Daylu Dena. Cette mesure n’a que trop tardé dans le processus de guérison et il faut se demander pourquoi il a fallu tout ce temps.
Je sais que beaucoup de non-Autochtones sont attristés par la découverte tragique faite près de Kamloops, mais ce que me disent les Autochtones, c’est que nous complaire dans notre tristesse n’arrange en rien leur situation. Ce qu’ils attendent de nous, notamment de ceux d’entre nous qui occupent des postes de pouvoir et d’influence, c’est que nous nous battions bec et ongle pour que de vraies mesures soient prises maintenant que les gens se préoccupent d'un dossier dont ils auraient dû se soucier depuis longtemps. Voilà la raison d'être de la présente motion. Nous devons agir maintenant.
Comment se fait-il que, six ans plus tard, si peu de progrès ont été réalisés par rapport aux 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation? Je me souviens de leur publication en 2015: c’était l’année où le gouvernement libéral a accédé au pouvoir avec une majorité. Comment se fait-il que l’année dernière, en 2020, il n’y ait eu des progrès concrets que pour le quart des appels à l’action? Comment se fait-il que si peu de ces appels ont été mis en œuvre?
Une partie de cette motion exigerait du gouvernement qu’il accélère la mise en œuvre des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation concernant l’enquête sur les décès et les disparitions d’enfants dans les pensionnats. Nous en avons beaucoup entendu parler dans ce débat. Les Autochtones à qui j’ai parlé la semaine dernière veulent, très majoritairement, connaître la vérité. Ils veulent savoir où se trouvent les autres lieux de sépulture et combien d’enfants s’y trouvent. Ils veulent savoir où se trouvent leurs proches. J’ai été furieux d’apprendre qu’en 2009, la Commission de vérité et réconciliation a demandé au gouvernement Harper 1,5 million de dollars pour fouiller les terrains des pensionnats. Ces fonds ont été refusés, et c'est une véritable honte. Que sauraient les collectivités aujourd’hui si cet argent avait été accordé il y a 12 ans?
L’appel à retrouver tous les enfants perdus fait écho à ce que j’ai entendu de la part des familles de femmes et de filles disparues ou assassinées le long de la route des larmes dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, la région où j'habite. J’ai eu l’honneur de travailler aux côtés de Brenda et Matilda Wilson, dont la bien-aimée Ramona a été retrouvée assassinée en 1996 le long de la route 16, près de Smithers. Nous avons travaillé ensemble pour améliorer le transport en commun le long de cette route, mais ce qu’elles veulent plus que tout, c’est connaître la vérité sur ce qui est arrivé à Ramona. Vingt-cinq ans plus tard, elles continuent d’encourager la division E-PANA de la GRC à poursuivre son enquête et à ne pas s’arrêter avant de savoir enfin ce qui s’est passé. Les familles dont les enfants ont été enlevés et ne sont jamais revenus à la maison veulent et méritent aussi la vérité, et c’est pourquoi il est essentiel d’investir des ressources et des compétences dans les enquêtes sur les pensionnats. Ce n’est pas pour rien que la « vérité » vient avant la « réconciliation ».
Les autres parties de cette motion sont importantes et méritent d’être mentionnées. Le pensionnat autochtone de St. Anne est très loin de l’endroit où je vis, dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, mais son histoire illustre clairement le contraste entre les gestes symboliques soigneusement scénarisés du gouvernement et son implacable refus que justice soit faite au niveau le plus élémentaire. Je ne prétendrai pas connaître les détails du dossier de St. Anne aussi bien que le député de Timmins-Baie James, mais il est tout simplement enrageant de lire à propos du combat que le gouvernement livre aux survivants.
Comment le gouvernement fédéral peut-il expliquer que son ministère ait retenu des documents clés sur les personnes d’intérêt qui auraient permis de régler équitablement les revendications des survivants? Comment se fait-il que le gouvernement continue de dépenser des millions de dollars pour tenter de minimiser ses responsabilités découlant de la décision du Tribunal des droits de la personne à propos des enfants autochtones pris en charge?
Dans sa décision de 2016, le Tribunal a affirmé sans équivoque que les services destinés aux enfants autochtones étaient sous-financés et que, par conséquent, davantage d’enfants étaient retirés de leur famille. Le gouvernement conteste cette décision devant les tribunaux. Il soutient que comme la discrimination est systémique, les personnes lésées ne devraient pas avoir droit à une compensation. Le système qui a facilité ce préjudice a été conçu par des gens, des gens qui travaillaient pour le gouvernement. C’est à la fois stupéfiant et exaspérant. Si cette motion est adoptée, j’espère que le gouvernement se pliera à la volonté du Parlement et rappellera ses avocats. Les personnes victimes de cette discrimination ne méritent pas moins.
Ce que l’affaire du pensionnat St. Anne et l’affaire concernant la protection des enfants autochtones révèlent, c’est que le traitement honteux des Autochtones par le Canada se poursuit. Comme quelqu’un l’a dit, ce n’est pas un chapitre de notre histoire, c’est toute l’intrigue du livre. Les membres de cette assemblée ont le pouvoir de changer les choses s'ils en ont le courage.
Le week-end dernier, mon amie Dolores m’a dit que des gens se rassemblaient à Lejac. C’est à l’ouest de Prince George, près du lac Fraser, à environ deux heures de chez moi. J’ai donc sauté dans ma voiture et j’y suis allé. Lejac est le site d’un ancien pensionnat où tant d’enfants autochtones ont été amenés depuis des collectivités s’étendant de Prince George à Hazelton. L’ancien pensionnat est situé sur une colline qui surplombe le lac Fraser, un site qui fait partie du territoire du peuple Nadleh.
Le jour de l’An 1937, quatre garçons Nadleh âgés de huit et neuf ans se sont enfuis de l’école de Lejac. Allen Willie, Andrew Paul, Maurice Justin et Johnny Michael ont entrepris de marcher sept milles pour rejoindre leur maison Nadleh. Ils ont été retrouvés morts de froid sur la glace du lac, à peine à un kilomètre et demi de leur destination. Ce n’est qu’une des centaines d’histoires de pertes déchirantes qui découlent de cet endroit.
En me rendant en voiture sur le site de l’ancien pensionnat le week-end dernier, j’ai été frappé par le nombre de personnes qui s’étaient déplacées à la dernière minute pour être présentes ce jour-là afin de partager leur chagrin collectif, jouer du tambour et danser, honorer les survivants encore parmi eux et être solidaires des familles des enfants dont les restes avaient été retrouvés quelques jours plus tôt. J’ai été frappé par leur résilience et leur force.
Je me souviendrai surtout de la chanteuse Kym Gouchie, d’origine Lheidli T’enneh, qui a fait venir tous les enfants au centre du cercle. Elle leur a appris les gestes d’une chanson pour enfants qu’elle avait écrite. Au fur et à mesure qu’elle chantait, ils suivaient les instructions, se touchaient les orteils, tendaient les bras vers le ciel et chantaient les paroles, et les instructions venaient de plus en plus rapidement et les rires des enfants fusaient. La présence de dizaines d’enfants autochtones riant et dansant sur le sol même où se trouvait cet horrible pensionnat était une expression de joie dans une semaine tellement remplie de douleur. Je me souviendrai longtemps de ce spectacle plein d’espoir et il me rend plus déterminé que jamais à lutter pour la justice que représente la motion dont nous sommes saisis.
J’exhorte tous les membres de cette assemblée à voter pour cette motion. Lorsque les drapeaux seront relevés et que les médias passeront à autre chose, montrons aux Autochtones que nous les entendons encore et que nous sommes prêts à agir.
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CPC (ON)
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2021-06-03 14:17 [p.7900]
Mr. Speaker, empty shoes are being left at memorials across the country. Flags are at half-mast. Canadian families are grieving the loss of children, but they have not yet seen swift action.
We have been asking the government for a new plan and new resources to respond to calls to action 71 to 76 in the Truth and Reconciliation Commission's report, and to do this by Canada Day. Will the government commit to delivering the plan so that families can begin the process of healing?
Monsieur le Président, partout au pays, des chaussures sont déposées dans différents lieux commémoratifs. Les drapeaux sont en berne. Les familles canadiennes pleurent la perte d'enfants, mais elles ne voient toujours pas l'adoption de mesures concrètes.
Nous demandons au gouvernement un nouveau plan et de nouvelles ressources pour répondre aux appels à l'action nos 71 à 76 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation d'ici la fête du Canada. Est-ce que le gouvernement s'engage à fournir ce plan afin que les familles puissent entamer leur processus de guérison?
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