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CPC (BC)
I'd just like to welcome everybody here to the Standing Committee on Access to Information, Privacy and Ethics, meeting number 160. We are dealing with committee business and two motions: the first from Mr. Kent and the second from Mr. Angus.
I would like, first of all, to welcome some members with us today who aren't usual members of the ethics committee. Ms. May was supposed to be here but I don't see her yet. We're going to welcome her here today, as well as Ms. Raitt, Mr. Poilievre, Ms. Ramsey and Mr. Weir. I think that's everybody. While the extra members are not members of this committee, as a courtesy we typically give guests the right to speak.
Having said that, I'll turn the floor over to Mr. Kent.
J'aimerais vous souhaiter à tous la bienvenue à la 160e séance du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique. Nous sommes saisis de deux motions. La première a été présentée par M. Kent et la seconde, par M. Angus.
J'aimerais souhaiter la bienvenue aux députés ici présents qui ne sont pas des membres du comité de l'éthique. Mme May était censée venir, mais elle n'est pas arrivée. Elle sera parmi nous, et nous accueillons également Mme Raitt, M. Poilievre, Mme Ramsey et M. Weir. Je crois que c'est tout. Bien que les députés supplémentaires ne soient pas des membres de ce comité, par courtoisie, nous donnons habituellement le droit de parole à nos invités.
Cela dit, je cède la parole à M. Kent.
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CPC (ON)
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2019-08-21 13:01
Thank you, Chair.
Good afternoon, colleagues. You'll recall that on January 10, 2018, this committee met in a special session with the former Ethics Commissioner Mary Dawson, enabling her to brief us on “The Trudeau Report”, which turned out to be Trudeau report number one, the results of her investigation into the Prime Minister's illegal vacation.
Ms. Dawson spent two hours with us, providing important relevant details on how she came to find the Prime Minister guilty of four violations of the Conflict of Interest Act. The findings of “The Trudeau Report” number one detailed unacceptable ethical lapses by the Prime Minister. However, Trudeau report number two, the scathing report released just last week by current Ethics Commissioner Mario Dion, details many more serious violations of the Conflict of Interest Act, up to and including, by any reasonable measure, attempted obstruction of justice or as Commissioner Dion concludes, actions “contrary to the constitutional principles of prosecutorial independence and the rule of law.”
This is why, colleagues, Mr. Gourde and I wrote the following letter to the chair of our committee, Mr. Zimmer:
Yesterday, the Conflict of Interest and Ethics Commissioner released the “Trudeau II Report”. The report found “The Prime Minister, directly and through his senior officials, used various means to exert influence over Ms. Wilson-Raybould. The authority of the Prime Minister and his office was used to circumvent, undermine and ultimately attempt to discredit the decision of the Director of Public Prosecutions as well as the authority of Ms. Wilson-Raybould as the Crown's chief law officer.”
This is incredibly concerning. These findings show that Justin Trudeau used the power of his office to reward his friends and to punish his critics.
This is a grave situation. Not only is Mr. Trudeau the first Prime Minister to have been found guilty of breaking the law, he is a repeat offender.
Canadians deserve fulsome answers to the many remaining questions. We ask that you urgently convene a meeting of the Standing Committee on Access to Information, Privacy and Ethics for the purposes of receiving a briefing from the Conflict of Interest and Ethics Commissioner.
We would be prepared to move the following motion:
That, given the unprecedented nature of the Trudeau II Report, the Committee invite the Conflict of Interest and Ethics Commissioner to brief the Committee on his report, and that the Committee invite any further witnesses as required based on the testimony of the Commissioner.
Colleagues, in this committee's previous consideration of opposition motions regarding the SNC-Lavalin scandal, Mr. Erskine-Smith, speaking for all Liberal members of this committee, characterized those motions as premature until the justice committee completed its study and the Ethics Commissioner completed his investigation. The Liberal majority voted against all opposition motions.
Now we know the chair and Liberal members of the justice committee shut down their study prematurely, and a week ago, the Ethics Commissioner published the “Trudeau II Report”, reporting to parliamentarians and to all Canadians that their Prime Minister broke the law by improperly attempting to influence the Attorney General in “many ways”. It confirmed Canadians' decisions and suspicions and much more.
It is a weighty report, even though the commissioner states that his investigation is incomplete and even though he reports he was prevented by the Clerk of the Privy Council from accessing relevant witness testimony under a blanket confidentiality shield, thus blocking him from looking at the entire body of evidence. Despite all of those challenges, the Ethics Commissioner declares he gathered sufficient factual information to properly determine the matter on its merits. He has itemized those facts in great detail.
Again, as the commissioner writes in his conclusion, the Prime Minister's actions were “improper” and “contrary to the constitutional principles of prosecutorial independence and the rule of law.”
Colleagues, these detailed findings of fact on a Prime Minister's actions are unprecedented in Canadian history. I hope that you will agree that a debriefing session with the Ethics Commissioner as soon as possible is as appropriate now as was the debriefing session on “The Trudeau Report” number one with the previous commissioner last year.
Thank you, Chair.
Merci, monsieur le président.
Bonjour, chers collègues. Vous vous rappellerez que le 10 janvier 2018, notre comité a tenu une séance spéciale. Elle a permis à l'ancienne commissaire à l'éthique, Mary Dawson, de nous informer sur Le rapport Trudeau, qui s'est avéré être le premier rapport Trudeau. Il s'agit des résultats de l'enquête de la commissaire sur les vacances illégales du premier ministre.
Mme Dawson a passé deux heures avec nous et nous a fourni d'importants détails pertinents sur ce qui l'a amenée à reconnaître le premier ministre coupable de quatre infractions à la Loi sur les conflits d'intérêts. Les conclusions contenues dans le premier rapport Trudeau décrivent de façon détaillée les manquements à l'éthique inacceptables qui ont été commis par le premier ministre. Toutefois, dans le deuxième rapport Trudeau, le rapport très critique qui a été publié la semaine dernière, le commissaire à l'éthique actuel, Mario Dion, donne des informations détaillées sur de nombreuses autres infractions graves à la Loi sur les conflits d'intérêts, ce qui inclut la tentative d'entrave à la justice, ou comme le dit le commissaire Dion dans sa conclusion, des gestes qui sont « contraires aux principes constitutionnels de l'indépendance du poursuivant et de la primauté du droit ».
Chers collègues, voilà pourquoi M. Gourde et moi avons écrit la lettre suivante au président de notre comité, M. Zimmer:
Hier, le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique a présenté le Rapport Trudeau II. Le rapport indique que « le premier ministre, directement et par l'entremise de ses hauts fonctionnaires, a employé divers moyens pour exercer une influence sur Mme Wilson-Raybould. La position d'autorité dont bénéficient le premier ministre et son Cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l'autorité de Mme Wilson-Raybould en tant que première conseillère juridique de la Couronne ».
C'est extrêmement préoccupant. Ces conclusions indiquent que Justin Trudeau a utilisé le pouvoir de son poste pour récompenser ses amis et punir ses critiques.
Cette situation est grave. Non seulement M. Trudeau est le seul premier ministre à avoir été reconnu coupable d'infraction à la loi, mais il récidive.
Les Canadiens méritent des réponses exhaustives aux nombreuses questions en suspens. Nous vous demandons de convoquer une réunion d'urgence du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique afin d'entendre le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.
Nous sommes prêts à présenter la motion suivante:
Que, compte tenu de la nature sans précédent du Rapport Trudeau II, le Comité invite le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique à informer le Comité sur son rapport, et que le Comité invite tout autre témoin requis en fonction du témoignage du commissaire.
Chers collègues, lorsque notre comité a examiné des motions de l'opposition concernant le scandale SNC-Lavalin précédemment, M. Erskine-Smith s'est exprimé au nom de tous les membres libéraux du Comité en décrivant lesdites motions comme étant prématurées tant que le comité de la justice n'a pas terminé son étude et que le commissaire à l'éthique n'a pas terminé son enquête. La majorité libérale a voté contre toutes les motions de l'opposition.
Nous savons maintenant que le président et les membres libéraux du comité de la justice ont mis fin prématurément à leur étude. De plus, la semaine dernière, le commissaire à l'éthique a publié le Rapport Trudeau II, dans lequel il a informé les parlementaires et tous les Canadiens que leur premier ministre avait enfreint la loi en tentant d'influencer la procureure générale « de diverses façons ». Cela a confirmé les décisions et les soupçons des Canadiens, et bien plus encore.
Il s'agit d'un rapport important, bien que le commissaire affirme que son enquête est incomplète et qu'il signale que le greffier du Conseil privé l'a empêché d'avoir accès à des témoignages pertinents en raison du caractère confidentiel des renseignements, ce qui ne lui a pas permis d'étudier la totalité des éléments de preuve. Malgré tous ces obstacles, le commissaire à l'éthique dit qu'il a recueilli suffisamment de renseignements factuels pour bien trancher la question sur le fond. Il en donne une description détaillée.
Encore une fois, comme le commissaire l'indique dans sa conclusion, les gestes du premier ministre étaient « inappropriés » et « contraires aux principes constitutionnels de l'indépendance du poursuivant et de la primauté du droit ».
Chers collègues, ces conclusions de fait détaillées concernant des gestes posés par un premier ministre sont sans précédent dans l'histoire du Canada. J'espère que vous conviendrez qu'il est indiqué d'inviter le commissaire à l'éthique à une séance d'information le plus tôt possible, tout comme il était indiqué d'inviter l'ancienne commissaire à une telle séance au sujet du premier rapport Trudeau l'an dernier.
Merci, monsieur le président.
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CPC (BC)
Thank you, Mr. Kent.
We have a speaking order: Ms. Raitt, Mr. Angus and Mr. Poilievre.
Ms. Raitt.
Merci, monsieur Kent.
Il y a une liste d'intervenants: Mme Raitt, M. Angus et M. Poilievre.
Madame Raitt.
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CPC (ON)
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2019-08-21 13:06
Thank you very much, Mr. Chair. I echo the comments made by Mr. Kent with respect to the desire for this committee to move forward by hearing from the Ethics Commissioner.
I am here today because I was a member of the justice committee that was shut down in March of this year in favour of the Ethics Commissioner's conducting his study. A letter was sent by the Liberal members of the committee on March 18 to the chair of the justice committee. Those members were Randy Boissonnault, Iqra Khalid, Ali Ehsassi, Ron McKinnon and Colin Fraser.
They said their conclusion, after the testimony heard at the justice committee, was that all of the rules and laws were followed. They also said they believed that the ongoing study of the Ethics Commissioner was the appropriate way forward and that they had faith in the Ethics Commissioner. They also noted that the opposition parties rushed to judgment before hearing all of the relevant information.
Following the shutting down of the justice committee, the ethics committee then tried to raise the issue for discussion. On March 26, the matter was again blocked. As a result, we were left with the office of the Ethics Commissioner being the only venue where an investigation was taking place. Indeed, if you look at Hansard for April and May of 2019, when asked questions by members of the opposition, the Prime Minister said and then reiterated continuously that he had faith in the Ethics Commissioner conducting his study.
However, most recently the Prime Minister, in commenting on the “Trudeau II Report” issued last week, said two things that caught my attention. The first was “We fully cooperated with the Commissioner” and the second was “I disagree with that conclusion”. These two statements carry great weight. They're by the Prime Minister of Canada and they are the only statements regarding the Ethics Commissioner's report on record by the Prime Minister on this matter. It is unfair that the Ethics Commissioner has no voice and no venue to be able to respond to these two assertions made by the Prime Minister.
There is a provision in the Conflict of Interest Act to allow somebody who is being investigated to appeal a ruling of the Ethics Commissioner. We find ourselves in some uncharted territory because what the Prime Minister seems to seek to do is to change the report of the Ethics Commissioner by saying that he doesn't agree with it and that he fully co-operated.
The evidence of the Ethics Commissioner in his report is that, to the contrary of the Prime Minister's statement, they did not fully co-operate with the commissioner at all. Indeed, the commissioner went to great lengths to note his concerns with respect to the appropriateness of the way in which the Prime Minister sought to produce documents, be interviewed and, at the end of the day, determine whether or not a waiver would be extended to allow the Ethics Commissioner to have access to all of the information he deemed appropriate for the study.
Where we find ourselves in uncharted territory is this: The Conflict of Interest Act does not allow for the Ethics Commissioner's report to be changed. No committee of Parliament, no vote in the House of Commons can change the contents of a report by, or the decision of, the Ethics Commissioner. The report is what it is and stands as it is, yet the Prime Minister is now trying to say the report is wrong.
The good news for him is that if he chooses to in fact go ahead and appeal the ruling of the Ethics Commissioner, he has the ability to do so. He can do that by launching a judicial review at the Federal Court of Appeal. That is the appropriate venue for the Prime Minister to challenge the Ethics Commissioner, not in the court of public opinion, which he is seeking to do right now.
Why does this all pertain to a visit by the Ethics Commissioner to committee? Well, I do believe, as a lawyer, that there are rules regarding procedural fairness. Clearly, the Prime Minister is not going to be seeking judicial review of this ruling. He hasn't said he is going to do that, and in fact it doesn't seem as if he has any plans to even address that question.
That being said, it is still fair for the Ethics Commissioner to be able to respond in some way, shape or form to questions by the committee, by members of Parliament who seek to understand the discrepancy between what the Ethics Commissioner found and what the Prime Minister is attempting to assert to the Canadian public.
That is the issue of public interest that is so important in having the Ethics Commissioner come to testify. It is the foundation of our rule of law that accusations are allowed to be responded to and rebutted. That, I believe, is something, as parliamentarians, we owe to the Ethics Commissioner, who does his work at the request of all parliamentarians and indeed is voted on by all parliamentarians to sit as an officer of Parliament.
In summary, Mr. Chair, I would say that, after months and months of the Liberal members of Parliament on the justice committee, on the ethics committee, the Prime Minister himself and every minister who answered a question in the House of Commons answering with the refrain that they trust and believe in the independence of parliamentary officers and will listen to them and will co-operate fully, it is owed to the Ethics Commissioner, due to all of these comments, to have the ability to come in and respond to the two things the Prime Minister has said about this report, which are, first, that he fully co-operated with the commissioner, which the commissioner says is not the case, and second, that he disagrees with the conclusion, without telling us which conclusion he disagrees with.
With that, Mr. Chair, I pass the floor to the next individual, and I hope that my colleagues on the other side will, in fact, allow for the Ethics Commissioner to appear today, in fairness, in justice and to uphold the administration of our procedure.
Merci beaucoup, monsieur le président. J'abonde dans le même sens de M. Kent et souhaite que notre comité entende le commissaire à l'éthique.
Je suis ici aujourd'hui parce que j'ai siégé au comité de la justice, qui a mis fin à ses délibérations en mars pour privilégier l'étude menée par le commissaire à l'éthique. Le 18 mars dernier, les membres libéraux du comité de la justice ont envoyé une lettre à son président. Il s'agit des députés Randy Boissonnault, Iqra Khalid, Ali Ehsassi, Ron McKinnon et Colin Fraser.
Ils ont dit qu'après avoir entendu les témoignages au comité de la justice, ils en concluaient que toutes les règles et les lois avaient été respectées. De plus, ils ont dit qu'ils croyaient que l'étude menée par le commissaire à l'éthique était la bonne voie à suivre et qu'ils faisaient pleinement confiance au commissaire à l'éthique. Ils ont également mentionné que les partis de l'opposition s'étaient empressés de porter un jugement avant même d'entendre toute l'information pertinente.
Après que le comité de la justice a mis fin aux discussions, le comité de l'éthique a alors tenté de soulever la question aux fins de discussions. Le 26 mars, le sujet a été bloqué de nouveau. Par conséquent, le bureau du commissaire à l'éthique était le seul endroit où une enquête était menée. D'ailleurs, si vous consultez le hansard, les débats d'avril et de mai 2019, vous constaterez que lorsque des députés de l'opposition lui posaient des questions, le premier ministre répétait sans cesse qu'il faisait confiance au commissaire à l'éthique, qui menait son étude.
Cependant, plus récemment, dans ses commentaires au sujet du Rapport Trudeau II qui a été publié la semaine dernière, le premier ministre a dit deux choses qui ont retenu mon attention: « nous avons pleinement coopéré avec le commissaire » et « je ne suis pas d'accord avec cette conclusion ». Ces deux déclarations ont beaucoup d'importance. Elles ont été faites par le premier ministre du Canada et ce sont les seules déclarations connues du premier ministre concernant le rapport du commissaire à l'éthique à cet égard. Il est injuste que le commissaire à l'éthique n'ait pas voix au chapitre et ne soit pas en mesure de répondre aux deux déclarations du premier ministre.
La Loi sur les conflits d'intérêts contient une disposition qui permet à une personne qui fait l'objet d'une enquête de faire appel d'une décision du commissaire à l'éthique. Nous sommes en terrain inconnu parce que le premier ministre semble chercher à modifier le rapport du commissaire à l'éthique en disant qu'il n'est pas d'accord avec lui et qu'il a pleinement coopéré avec lui.
Dans son rapport, le commissaire à l'éthique indique que, contrairement à ce qu'a déclaré le premier ministre, ils n'ont pas pleinement coopéré avec lui. En fait, le commissaire a pris la peine de mentionner ses préoccupations au sujet du premier ministre quant au déroulement des choses concernant la production de documents, l'entrevue et, au bout du compte, la question de savoir si un décret serait élargi pour permettre au commissaire à l'éthique d'avoir accès à toute l'information qu'il jugeait nécessaire dans le cadre de l'étude.
Voici en quoi nous nous trouvons en terrain inconnu: la Loi sur les conflits d'intérêts ne permet pas la modification du rapport du commissaire à l'éthique. Aucun comité du Parlement, aucun vote à la Chambre des communes ne peut modifier le contenu d'un rapport ou une décision du commissaire à l'éthique. Le rapport demeure inchangé et pourtant, le premier ministre essaie maintenant de dire qu'il fait fausse route.
La bonne nouvelle pour lui, c'est que s'il décide, en fait, de faire appel de la décision du commissaire à l'éthique, c'est possible. Il peut le faire en demandant un examen judiciaire à la Cour d'appel fédérale. C'est l'endroit indiqué pour le premier ministre de contester le commissaire à l'éthique, plutôt que de le faire devant le tribunal de l'opinion publique, ce qu'il cherche à faire en ce moment.
Pourquoi tout cela est-il lié à une visite du commissaire à l'éthique au Comité? Eh bien, en tant qu'avocate, je crois qu'il y a des règles relatives à l'équité procédurale. De toute évidence, le premier ministre ne demandera pas un examen judiciaire de cette décision. Il n'a pas dit qu'il le ferait et, en fait, il ne semble pas qu'il ait l'intention de même se pencher sur cette question.
Cela étant dit, il serait tout de même justifié que le commissaire à l'éthique puisse répondre d'une façon ou d'une autre aux questions du Comité, des députés qui cherchent à comprendre les divergences entre les conclusions du commissaire à l'éthique et ce que le premier ministre tente de dire à la population canadienne.
C'est là la question d'intérêt public au sujet de laquelle il est si important que le commissaire à l'éthique vienne témoigner. Pouvoir répondre à des accusations constitue le fondement de la primauté du droit dans notre pays. Je crois que c'est une chose qu'en tant que parlementaires, nous devons au commissaire à l'éthique, qui fait son travail à la demande de tous les parlementaires, qui se prononcent tous sur sa nomination à titre d'agent du Parlement.
En résumé, monsieur le président, j'aimerais dire qu'après des mois au cours desquels les députés libéraux membres du comité de la justice et du comité de l'éthique, le premier ministre et chaque ministre, en répondant à des questions à la Chambre des communes, disent qu'ils croient en l'indépendance des agents du Parlement, qu'ils leur font confiance, les écouteront et coopéreront pleinement, le commissaire à l'éthique doit, compte tenu de tous ces commentaires, être en mesure de venir répondre aux deux choses que le premier ministre a dites au sujet du rapport, soit qu'il a pleinement coopéré avec le commissaire — ce qui n'est pas le cas selon le commissaire — et qu'au sujet de la conclusion du commissaire, il n'est pas d'accord avec lui, sans toutefois dire de quelle conclusion il s'agit.
Cela dit, monsieur le président, je vais laisser la prochaine personne prendre la parole, et j'espère que mes collègues d'en face permettront, en fait, au commissaire à l'éthique de comparaître aujourd'hui, en toute justice, et pour assurer l'administration de notre procédure.
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CPC (BC)
The speaking order is Mr. Angus, Mr. Poilievre, Ms. May, Mr. Weir and Ms. Ramsey.
Go ahead, Mr. Angus.
Voici l'ordre des interventions: M. Angus, M. Poilievre, Mme May, M. Weir et Mme Ramsey.
Allez-y, monsieur Angus.
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CPC (BC)
Just to be clear, he said he'd make himself available on short notice. Based on some questions from all parties here, he has made himself available today by video conference so he is standing by if a motion is passed.
Je veux seulement préciser qu'il a dit qu'il serait disposé à le faire à court préavis. Sur la base de certaines questions de tous les partis ici présents, il a dit qu'il pouvait comparaître par vidéoconférence aujourd'hui et qu'il sera prêt si jamais une motion est adoptée.
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CPC (BC)
Thank you, Mr. Angus.
Next is Mr. Poilievre.
Merci, monsieur Angus.
C'est maintenant au tour de M. Poilievre.
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CPC (ON)
Mr. Chairman, you've told us that the Ethics Commissioner is standing by ready to testify about the guilty verdict he rendered against the Prime Minister last week. Now, the Prime Minister's MPs across the way will decide whether, after silencing Jody Wilson-Raybould, they will silence the Ethics Commissioner as well by voting to ban the Ethics Commissioner from appearing at the ethics committee. If so, what does that indicates about the ethics of this government?
It's important to recap why we're here.
SNC-Lavalin is accused of over $100 million in fraud and bribery. It's accused of stealing over $100 million from among the poorest people in the world. Instead of going to trial, the company convinced the Prime Minister to change the Criminal Code to allow alleged corporate criminals to get off of a trial by signing a deal to apologize and promise never to do what they did again. The Prime Minister passed that in an omnibus bill and then demanded that his Attorney General extend such a deal, against the earlier decision of the top prosecutor not to. She refused, so he fired her. She spoke out, so he kicked her out and shut down numerous parliamentary inquiries into the matter.
Since then he has told us to wait for the Ethics Commissioner to issue his verdict. We all waited, assuming that when that verdict came we'd all be able to hear about it right here in the ethics committee. Here today, we will decide if in fact that will happen. We know there's a lot more to this story that the Ethics Commissioner has not been able to tell. At least nine witnesses were prevented by the Trudeau government from telling their full story because of a government-imposed gag order under the guise of cabinet confidentiality.
There are many mysteries that we need to unravel in this matter and only by hearing witnesses can we do so. One of them is the famous 9,000 jobs claim. Most of SNC-Lavalin's jobs are for construction work done in this country. They're going to be building a north-south transit project here in Ottawa. Well, they can't build that in Hong Kong or Munich and then drop it out of a helicopter on the nation's capital; that work will have to be done here. The headquarters must stay in Montreal until the year 2024 according to a loan agreement with the Québec pension plan. The CEO of the company has said that the company is not moving anywhere, and we know that leaving Canada would not exempt the company from prosecution or conviction.
We tried to ask the government where this claim about jobs had come from. In fact, Ms. May asked some of the best questions on this matter. She asked Mr. Wernick:
In the public interest then, Mr. Wernick, in preparing advice to cabinet, what work did you do to assess the threat to jobs? Did you look at the commitments made to the Government of Quebec not to move headquarters, as mentioned? Did you look at the current financial status of SNC-Lavalin? Did you in fact have an independent assessment of whether there would be any impact on jobs from a decision to proceed as the director of public prosecutions had decided to proceed?
His response was:
No, because the file was entirely in the carriage of the then minister of justice.
Apparently, the justice department now does job assessments.
Gerald Butts had a different story when Ms. May asked the same questions. She asked:
Is there any evidence that jobs were actually going to be at stake by letting this go through the courts and letting the independent director of public prosecutions and the Attorney General do their jobs?
Gerald Butts responded:
I can't recall anything specific.
He said, regarding the jobs claim:
That's my understanding from Department of Finance briefings, but I have to say it's been a long time.
Now they're claiming that the Department of Finance has proof of this 9,000 jobs claim. Therefore, let's turn it over to the finance minister.
In the Ethics Commissioner's report, the commissioner states:
When asked if he, or his office, had undertaken a study or analysis of the economic impacts of the Director of Public Prosecutions' decision, Mr. Morneau testified that none had been conducted.
Then a reporter, on March 7, asked the Prime Minister, “Both Mr. Wernick and Mr. Butts testified they had no direct, empirical evidence of this 9,000 potential job loss.... Did you have any evidence of 9,000 jobs potentially being lost?”
The response was “We had heard representations from various sources, including the company itself, that this was an issue of deep concern to them and that it would potentially have consequences as dire as the company having to leave Canada altogether”. You'll notice he didn't provide any evidence, but he did claim that the company might leave the country altogether.
Let's turn to the Ethics Commissioner's report on that. It says that top Trudeau adviser “Mr. Bouchard's notes from the same October 23, 2018 meeting with senior officials of the Privy Council Office show that they also discussed SNC-Lavalin's board of directors' potential plan to move the corporate headquarters but the Caisse de dépôt et placement du Québec...would not let that happen.” In other words, Mr. Trudeau's office knew in October, months before he made the claim that the headquarters would leave, that the eventuality was impossible.
Given that this was not about jobs, the most important question I want to ask is this: What motivated this? What on God's green earth would compel a Prime Minister to pass a law, at the request of one company, exempting corporate criminals from prosecution, put pressure on his Attorney General to overturn his top prosecutor and then fire her when she refused to do so?
We know that SNC-Lavalin gave $100,000 in illegal donations to the Liberal Party. We know they swarmed Parliament Hill and the PMO with lobbyists. There was a revolving door between the government and SNC-Lavalin. We need to know the real motive for helping protect this company.
We are here at a meeting of the Standing Committee on Access to Information, Privacy and Ethics to hear the testimony of the Conflict of Interest and Ethics Commissioner.
The current government tried to silence the former attorney general. Are Justin Trudeau’s Liberals going to use their majority to do the same? Are they going to stop the Conflict of Interest and Ethics Commissioner from appearing before the ethics committee? Are they going to attempt another cover-up so that Canadians don’t find out the truth before the election? Such is the decision before us.
Thank you very much.
Monsieur le président, vous nous avez dit que le commissaire à l'éthique était prêt à témoigner devant nous au sujet du verdict de culpabilité qu'il a rendu contre le premier ministre la semaine dernière. Maintenant, les députés du premier ministre membres du Comité décideront si, après avoir muselé Jody Wilson-Raybould, ils muselleront également le commissaire à l'éthique en s'opposant à ce qu'il comparaisse devant le comité de l'éthique. Si c'est le cas, qu'est-ce que cela indique au sujet de l'éthique du gouvernement actuel?
Il est important de rappeler pourquoi nous sommes ici.
SNC-Lavalin est accusée de fraude et de corruption pour plus de 100 millions de dollars. Elle est accusée d'avoir volé plus de 100 millions de dollars à des personnes qui sont parmi les plus pauvres du monde. Plutôt que de subir un procès, l'entreprise a convaincu le premier ministre de modifier le Code criminel pour permettre aux présumés criminels d'entreprise d'éviter de subir un procès en signant une entente, en s'excusant et en promettant qu'ils ne referaient jamais ce qu'ils ont fait. Le premier ministre a fait adopter cette mesure dans le cadre d'un projet de loi omnibus. Il a ensuite demandé à ce que sa procureure générale offre un tel accord à l'entreprise, soit à ce qu'elle annule la décision qu'avait prise antérieurement la directrice des poursuites pénales. Puisque la procureure générale a refusé de le faire, il l'a congédiée. Elle s'est exprimée, et il l'a donc expulsée et a mis fin à de nombreuses enquêtes parlementaires sur la question.
Depuis, il nous a dit d'attendre que le commissaire à l'éthique rende son verdict. Nous avons tous attendu, en supposant que lorsqu'il rendrait son verdict, nous serions en mesure de le faire comparaître à ce sujet devant le comité de l'éthique. Nous déciderons ici aujourd'hui si c'est vraiment ce qui se produira. Nous savons qu'il y a beaucoup plus à dire dans cette histoire, qu'il y a des choses que le commissaire à l'éthique n'a pas pu dire. Le gouvernement Trudeau a empêché au moins neuf témoins de raconter leur version complète des faits en raison d'un bâillon imposé par le gouvernement sous le couvert de la confidentialité des délibérations du Cabinet.
Il y a beaucoup de mystères que nous devons élucider dans cette affaire, et seule la comparution de témoins nous permettrait de le faire. Il y a entre autres la fameuse allégation concernant les 9 000 emplois. La plupart des emplois de SNC-Lavalin sont liés à des travaux de construction effectués au pays. Il y a la construction d'un tronçon nord-sud du projet de transport en commun ici, à Ottawa. Eh bien, l'entreprise ne peut pas le construire à Hong Kong ou à Munich et le livrer dans la capitale nationale par hélicoptère; les travaux doivent être effectués ici. Le siège social doit demeurer à Montréal jusqu'en 2024 selon une convention de prêt conclue avec le Régime de rentes du Québec. Le PDG a dit que l'entreprise n'irait nulle part, et nous savons qu'elle ne peut échapper à des poursuites ou à une condamnation en quittant le pays.
Nous avons essayé de demander au gouvernement d'où venait cette allégation au sujet des emplois. En fait, Mme May a posé certaines des meilleures questions à ce sujet. Voici ce qu'elle a demandé à M. Wernick:
Dans l'intérêt public, donc, monsieur Wernick, dans la préparation de vos conseils au Cabinet, qu'avez-vous fait pour évaluer la menace pour les emplois? Avez-vous pensé à l'engagement pris envers le gouvernement du Québec de ne pas déménager le siège social, comme cela a été mentionné? Avez-vous analysé la situation financière de SNC-Lavalin? Aviez-vous, de fait, une évaluation indépendante pour voir si la décision d'aller de l'avant, qu'avait prise la directrice des poursuites pénales, aurait des répercussions sur les emplois?
Voici sa réponse:
Non, parce que le dossier relevait entièrement de la ministre de la Justice.
Apparemment, le ministère de la Justice fait des évaluations sur les emplois.
Gerald Butts a tenu des propos bien différents lorsque Mme May lui a posé les mêmes questions. Voici ce qu'elle lui a demandé:
Y a-t-il des preuves que des emplois allaient être en jeu si on laissait l'affaire aller devant les tribunaux et qu'on laissait la directrice indépendante des poursuites pénales et la procureure générale faire leur travail?
Gerald Butts a répondu ceci:
Je ne me souviens de rien de précis.
Concernant les emplois, il a dit ceci:
C'est ce que j'ai compris des séances d'information du ministère des Finances, mais je dois dire que cela fait longtemps.
Ils disent maintenant que le ministère des Finances peut prouver cette allégation concernant 9 000 emplois. Par conséquent, passons maintenant au ministre des Finances.
Dans son rapport, le commissaire à l'éthique indique ce qui suit:
Quand on lui a demandé si lui-même ou les membres de son personnel avaient mené une étude ou une analyse afin d'établir les répercussions économiques de la décision de la directrice des poursuites pénales, M. Morneau a répondu que non.
Ensuite, le 7 mars, une journaliste a posé une question au premier ministre. Elle a dit que dans leurs témoignages, tant M. Wernick que M. Butts ont indiqué qu'ils n'avaient pas de preuve directe, empirique, de cette possible perte de 9 000 emplois et elle a demandé au premier ministre s'il avait des preuves que 9 000 emplois risquaient de disparaître.
Il a répondu ceci: « nous avons entendu de diverses sources, y compris de représentants de l'entreprise, que cette question les inquiétait beaucoup et qu'il pourrait y avoir des conséquences désastreuses; par exemple l'entreprise pourrait devoir carrément quitter le Canada ». Vous constaterez qu'il n'a fourni aucun élément de preuve, mais il a dit que l'entreprise pourrait carrément quitter le Canada.
Examinons ce qu'indique le commissaire à l'éthique dans son rapport à ce sujet. Il mentionne que « [s]elon les notes prises par M. Bouchard [conseiller principal de Trudeau] lors de cette même rencontre avec les hauts fonctionnaires du Bureau du Conseil privé, le 23 octobre 2018, il a aussi été question du fait que le conseil d'administration de SNC-Lavalin menaçait de déménager son siège social, mais que la Caisse de dépôt et placement du Québec [...] s'y opposerait certainement ». Autrement dit, au bureau de M. Trudeau, on savait, en octobre, soit des mois avant qu'il affirme que le siège social quitterait le pays, que c'était impossible.
Étant donné qu'il ne s'agissait pas d'emplois, la question la plus importante que je veux poser est la suivante: qu'est-ce qui a motivé cela? Qu'est-ce qui a bien pu forcer un premier ministre à faire adopter une mesure législative, à la demande d'une entreprise, pour exempter des criminels à cravate de poursuites, et à exercer des pressions sur la procureure générale afin qu'elle annule la décision prise par la directrice des poursuites pénales pour ensuite la démettre de ses fonctions lorsqu'elle refuse de le faire?
Nous savons que SNC-Lavalin a versé 100 000 $ en dons illégaux au Parti libéral. Nous savons qu'elle envoie des lobbyistes sur la Colline du Parlement et au Cabinet du premier ministre. Il y avait des liens étroits entre le gouvernement et SNC-Lavalin. Nous devons savoir la véritable raison pour laquelle on a décidé de protéger cette entreprise.
Nous sommes ici au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements et de l'éthique pour pouvoir entendre le témoignage du commissaire aux conflits d'intérêts et à l’éthique.
Le gouvernement en place a essayé de faire taire l’ancienne procureure générale. Est-ce que les libéraux de Justin Trudeau vont utiliser leur majorité pour faire la même chose? Est-ce qu’ils vont empêcher le commissaire aux conflits d'intérêts et à l’éthique de venir au comité de l’éthique? Est-ce qu’ils vont encore essayer de faire du camouflage pour que les Canadiens n’aient pas la vérité avant les élections? Voilà la décision devant nous.
Merci beaucoup.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
Thank you, Mr. Poilievre.
Next up we have Ms. May.
Merci, monsieur Poilievre.
C'est maintenant au tour de Mme May.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
Thank you, Ms. May.
Next up is Mr. Weir.
Merci, madame May.
C'est maintenant au tour de M. Weir.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
Thank you, Mr. Weir.
Next we will go to Ms. Ramsey.
Merci, monsieur Weir.
C'est maintenant au tour de Mme Ramsey.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
I still have two others to speak to this. We have to go through the list. If the people on the speakers list want to give up their time to go to a vote, then that's a possibility. I don't see them willing to do that right now.
I have Mr. Gourde next to speak, and then Ms. Raitt again.
Go ahead, Mr. Gourde.
Il reste deux autres intervenants. Nous devons entendre les personnes qui sont sur la liste. Si ces personnes veulent renoncer à leur temps d'intervention afin que nous passions au vote, c'est possible. Je constate que ce n'est pas ce qu'ils souhaitent faire présentement.
Le prochain intervenant est M. Gourde, qui sera suivi de Mme  Raitt à nouveau.
Allez-y, monsieur Gourde.
View Jacques Gourde Profile
CPC (QC)
Thank you, Mr. Chair.
I, too, would like to talk about the report, and I will keep it short. The title of the report alone gives me the chills: the “Trudeau II Report”. The number II means it’s the second report in the same session about the fact that the Prime Minister broke the law. In the case at hand, he violated section 9 of the Conflict of Interest Act. Here is what that section stipulates:
No public office holder shall use his or her position as a public office holder to seek to influence a decision of another person so as to further the public office holder’s private interests or those of the public office holder’s relatives or friends or to improperly [I repeat, improperly] further another person’s private interests.
In paragraph 282 of this very detailed report, Commissioner Mario Dion specifies that “the authority of the Prime Minister and his office was used to circumvent, undermine and ultimately attempt to discredit the decision of the Director of Public Prosecutions as well as the authority of Ms. Wilson-Raybould as the Crown’s chief law officer.”
That is a scandal in itself. One has to wonder, with an election around the corner, whether Canadians deserve a prime minister who breaks the laws of his own country. This is scathing.
I hope that in the next few minutes, my colleagues across the way will have the moral conscience to permit us to invite the commissioner to come testify. He’s willing to do it. We have other questions to ask, and there is more to come on this story. We’d like to shed some light on that and learn the whole truth. Canadians deserve to know the truth before the election on October 21.
In the democracy in which we live, it’s very troubling for all Canadians to see that an individual in a high-level position like the Prime Minister’s doesn’t seem to understand the separation of executive, legislative and judiciary powers.
Thank you, Mr. Chair.
Je vous remercie, monsieur le président.
Moi aussi, je veux parler de ce rapport, et cela ne sera pas très long. Juste le titre du rapport me donne des sueurs froides: « Rapport Trudeau II ». Le chiffre II indique que c’est le deuxième rapport dans la même session sur le fait que le premier ministre a contrevenu à la loi. Dans le cas dont nous parlons, il a contrevenu à l’article 9 de la Loi sur les conflits d'intérêts. Voici ce que prévoit cet article:
Il est interdit à tout titulaire de charge publique de se prévaloir de ses fonctions officielles pour tenter d’influencer la décision d’une autre personne dans le but de favoriser son intérêt personnel ou celui d’un parent ou d’un ami ou de favoriser de façon irrégulière [j'insiste sur ce dernier mot] celui de toute autre personne.
Au paragraphe 282 de ce rapport très exhaustif, le commissaire Mario Dion précise que « [l]’autorité du premier ministre et de son bureau a servi à contourner, à miner et, au bout du compte, à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l’autorité de Mme Wilson-Raybould en tant que première conseillère juridique de la Couronne. »
C’est un scandale en soi. On se demande, à l’aube de l’élection qui s’en vient, si les Canadiens méritent un premier ministre qui enfreint les lois de son propre pays. C’est accablant.
J’espère que la conscience morale de mes collègues d’en face va nous permettre, dans les quelques minutes qui vont suivre, d'inviter le commissaire à venir témoigner, qui est prêt à le faire. Nous avons d’autres questions à poser et il y a encore des choses cachées dans cette histoire. Nous aimerions faire la lumière sur cela et connaître toute la vérité. Les Canadiens méritent de connaître la vérité avant l'élection du 21 octobre.
Dans la démocratie où nous vivons, il est très inquiétant pour l’ensemble des Canadiens de voir qu'une personne occupant la fonction d'aussi haut niveau que celle de premier ministre ne semble pas comprendre la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
Je vous remercie, monsieur le président.
View Bob Zimmer Profile
CPC (BC)
Thank you, Mr. Gourde.
Next up, we have Ms. Raitt.
Merci, monsieur Gourde.
Je cède maintenant la parole à Mme Raitt.
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CPC (ON)
View Lisa Raitt Profile
2019-08-21 13:40
Thank you very much, Mr. Chair.
The reality is that the Ethics Commissioner found that the Prime Minister improperly used political considerations in attempting to have the Attorney General essentially overrule the director of public prosecutions.
The Prime Minister is saying that it was not the case, that in fact it wasn't political considerations but had to do with something else, namely jobs. My colleague, Mr. Poilievre, I think has completely debunked that notion. I know that my colleague, Ms. May, would do the same thing in a heartbeat if she had an opportunity to do so.
We are at this impasse where we would like to know what were the political considerations noted in Mr. Dion's report and alluded to in some recent interviews of Jody Wilson-Raybould and Jane Philpott.
After the report was made public on August 15, Jody Wilson-Raybould was interviewed by CBC. It was a lengthy interview by Vassy Kapelos. She was asked a number of times about what had happened and for her comments with respect to the report of the Ethics Commissioner.
In response to one of the questions, she made the following very clear: “I would not change the actions that I took. I believe that Canadians want to see, in their public officials, particularly ones that hold offices like the Attorney General of Canada, that they will be making decisions not based on political considerations but based on a fundamental understanding of the law and based on a fundamental understanding about how we maintain the fundamental tenets of our democracy and are constantly vigilante on that.”
She would not make changes to any of her actions because she would not make decisions that were not based on the principles or values she had always embraced. She went on to say later that upholding independence and the rule of law was what she was doing in her role as the Attorney General. A number of times she indicated in other parts of her interview that she had questions with respect to political considerations.
After Ms. Wilson-Raybould's interview, Jane Philpott was interviewed further by Vassy Kapelos and she got more to the point. She talked very specifically about considerations that should and should not be taken into account when decisions are being made.
Kapelos asked her whether there was a conflict for the purposes of benefiting a private corporation: “...the Ethics Commissioner determined but the Prime Minister often speaks about his motivation. If you say that you don't know for sure that it wasn't, what do you think he was motived by?”
Ms. Philpott responded, “I don't think it's motivations that concern people so much as whether or not we hold and regard what is in the best interests of the country and that we hold and regard the very pillars of what our democracy is founded upon. One of those pillars is that our justice system needs to be independent and”—with my own emphasis, Mr. Chair—“politicians who have the desire to further their political career, to ensure that they will win an election, to potentially support those who may have supported them financially or in other ways, those are not the kinds of motivations that should be on politicians' minds when it comes to a criminal matter. It's extremely clear that politicians, the executive and legislative branch, should not interfere with the judicial branch of government.”
Those were Jane Philpott's words, which caused me to wonder what information she has that causes her to have such a strong point of view on what political considerations may or may not have been taken into consideration when decisions were being made.
Mr. Chair, that brings me to the issue of this waiver.
The reason the Ethics Commissioner was unable to get further in terms of the political considerations, other than the four times he clearly noted he believed the Prime Minister, himself or through his staff, was politically interfering, is this. The reason he can't get any more granularity on it is that, as he noted, he was unable to get the relevant information that he wanted.
I'm going to read from his report on page 5, paragraph 14. Actually, I'm going to start with paragraph 13. It says:
In order to gain access to as much relevant information as possible, on March 29, 2019, I instructed legal counsel in our Office to engage with counterparts in the Privy Council Office to request that witnesses be enabled to provide all of their evidence to our Office. Despite several weeks of discussions, the offices remained at an impasse over access to Cabinet confidences.
On May 3, 2019, I raised the matter directly with the Prime Minister during his interview. Through legal counsel, Mr. Trudeau stated that he would consult with the Privy Council Office to see whether the Order in Council could be amended.
Now, the order in council that we're speaking of, of course, is the order in council that was passed by cabinet in order to allow Jody Wilson-Raybould and Jane Philpott to speak up to a certain point in time, and after that point in time was reached, they could not speak to matters that had cabinet confidence around them.
On May 28, 2019, with the issue of access to Cabinet confidences unresolved, I wrote to the newly appointed Clerk of the Privy Council, Mr. Ian Shugart. I set out the concerns expressed by witnesses, noted above, and explained what I believe to be the legislative framework that, at least implicitly, authorizes our Office to access such information. I cited provisions of both the Conflict of Interest Act and the Parliament of Canada Act that prohibit me from revealing confidences of the Queen's Privy Council in the context of public declarations of recusal and our annual reports, respectively. I explained that I understood these prohibitions to mean that our Office would have prima facie access to this information. I then drew the analogy between these prohibitions and the restrictions on the disclosure of confidential information placed on me in the course of examinations, and why I would have similar access to and a similar prohibition on publishing Cabinet confidences in that context.
That was the Ethics Commissioner's pitch on May 28 to the Clerk of the Privy Council, explaining why he should be able to receive the information that the Prime Minister said was being held back due to cabinet confidence.
In a letter dated June 13, 2019, the Clerk of the Privy Council declined my request for access to all Cabinet confidences in respect of this examination.
Mr. Trudeau's legal counsel indicated that the decision on whether to expand the waiver was made by the Privy Council Office without the involvement of the Prime Minister or his office.
But as we all know from this long and sordid, drawn-out affair that we've been witnessing since January, there is always somebody who can overrule a bureaucrat, and that's exactly what Mr. Trudeau wanted Jody Wilson-Raybould to do. So for him to say that he wasn't part of the decision actually is completely irrelevant because he always has the power to tell the Clerk of the Privy Council what to do.
However, I continue reading:
Because of the decisions to deny our Office further access to Cabinet confidences, witnesses were constrained in their ability to provide all evidence. I was, therefore, prevented from looking over the entire body of evidence to determine its relevance to my examination. Decisions that affect my jurisdiction under the Act, by setting parameters on my ability to receive evidence, should be made transparently and democratically by Parliament [emphasis here], not by the very same public office holders who are subject to the regime I administer.
I am convinced that if our Office is to remain truly independent and fulfill its purpose, I must have unfettered access to all information that could be relevant to the exercise of my mandate. I must be satisfied that decisions made by the most senior public office holders, including those discussed at Cabinet, are free from any conflicts of interest.
In the present examination, I have gathered sufficient factual information to properly determine the matter on its merits. Because of my inability to access all Cabinet confidences related to the matter I must, however, report that I was unable to fully discharge the investigatory duties conferred upon me by the Act.
Now, why is this important? This is important because the Ethics Commissioner is detailing very clearly that he sought to get information on cabinet confidences that were outside the waiver the Prime Minister already had given.
Jane Philpott, as well, in her interview said it very clearly, when she was asked by Vassy Kapelos whether or not there was any further information that she thought was relevant that was covered by the waiver. She was asked, “Are you in possession of any information that you think the Ethics Commissioner should have had access to?” Her answer was that “There are pieces of information that I am aware of that I am not at liberty to speak about.”
Jane Philpott further goes on to say, “So what I would point to for Canadians is what the Ethics Commissioner said, which is that he was able to get enough information to make a determination in terms of whether or not there was a breach of the Conflict of Interest Act or not. So it didn't, in a sense, hold him back from being able to make a determination on this, but I would say that I can affirm that there are pieces of information that I am aware of but that, because of the oath that I made to Queen and country to keep in secret that which shall be kept secret, according to the oath that I made as a cabinet minister, unless I am released from that obligation, I am not at liberty to share those pieces of information either with you or with the Conflict of Interest and Ethics Commissioner.”
We know there is more information out there. Jody Wilson-Raybould has said that, as has Jane Philpott, and indeed the Ethics Commissioner attempted to get it. He was unable to get it by virtue of the decision of the Prime Minister. That is not fully co-operating with the Ethics Commissioner, and again, as I said before, that deserves to be reviewed.
More importantly, and most recently, there has been the publication of a book. The book is written by a CBC reporter by the name of Aaron Wherry, and in it, Aaron Wherry had unprecedented access to the Prime Minister on this topic.
If you recall, I said that there were certain things that the former attorney general couldn't discuss, that the former president of the Treasury Board could not discuss, that were not given to the Ethics Commissioner and that the witnesses were not allowed to talk about. One of those things was what happened after the resignation of Jody Wilson-Raybould and what happened in the meetings between the Prime Minister and the former attorney general, because that waiver was cut off when the former attorney general left her time as Attorney General and moved to Veterans Affairs, and as you know, she resigned from Veterans Affairs after that.
Miraculously, it would appear that the concept of cabinet confidence doesn't apply to the Prime Minister—much like every other rule seems not to apply to the Prime Minister, quite frankly—because he gave complete access to this writer, Aaron Wherry, to detail the meeting he had with Jody Wilson-Raybould post her time becoming the Minister of Veterans Affairs. He is waiving cabinet confidence to a reporter in order to get his side out in a novel, yet the Ethics Commissioner cannot receive this information. Jody Wilson-Raybould says there is information and Jane Philpott says there is information that is of interest to Canadians.
I would like to ask the Ethics Commissioner whether or not he has taken any legal advice as to whether or not there has been a waiver of this cabinet confidence by the Prime Minister to cover the period of time that is currently not covered and extend it over that period of time. I think that would be of great interest to Canadians, and I also believe it is something that goes to the heart of ensuring that we get to the bottom of the matter.
Picking up on what Elizabeth May said just a few minutes ago, this is the kind of scandal and the kinds of actions that warrant the highest level of punishment. We can't force that, but it can be at the discretion.... Clearly, as she said, it's not going to happen, but we still owe it to Canadians to understand and give them the truthful information on what has happened and not just take the word of the Prime Minister, because we have seen over and over again that the Prime Minister simply does not keep his word.
Thank you.
Merci beaucoup, monsieur le président.
Le fait est que le commissaire à l'éthique a conclu que le premier ministre s'est basé, de façon irrégulière, sur des considérations politiques en tentant essentiellement de faire en sorte que la procureure générale infirme la décision de la directrice des poursuites pénales.
Le premier ministre dit que ce n'était pas le cas, qu'en fait, il ne s'agissait pas de considérations politiques, mais que cela avait plutôt à voir avec autre chose, c'est-à-dire des emplois. Je crois que mon collègue, M. Poilievre, a complètement discrédité cette idée. Je sais que ma collègue, Mme May, n'hésiterait pas à faire de même si elle en avait l'occasion.
Nous sommes dans cette impasse où nous aimerions savoir quelles étaient les considérations politiques dont traite le rapport de M. Dion et auxquelles on a fait allusion dans des entrevues récentes de Jody Wilson-Raybould et de Jane Philpott.
Après que le rapport a été rendu public, le 15 août, Jody Wilson-Raybould a été interviewée par CBC. C'était une longue entrevue de Vassy Kapelos. On lui a demandé à un certain nombre de reprises ce qui s'était passé et on lui a demandé son opinion sur le rapport du commissaire à l'éthique.
En réponse à l'une des questions, elle a été très claire. Elle a dit qu'elle ne changerait rien aux mesures qu'elle a prises, qu'elle croit que les Canadiens souhaitent que leurs représentants publics, en particulier ceux qui occupent des postes comme celui de procureur général du Canada, prennent des décisions non pas en fonction de considérations politiques, mais en fonction d'une compréhension essentielle du droit et de la façon dont nous préservons les principes fondamentaux de notre démocratie et dont nous faisons preuve de vigilance à cet égard.
Elle ne changerait rien aux mesures qu'elle a prises, car elle ne prendrait aucune décision qui ne serait pas fondée sur les valeurs et les principes auxquels elle a toujours adhéré. Elle a indiqué également plus tard qu'à titre de procureure générale, ce qu'elle faisait, c'était défendre l'indépendance et la primauté du droit. À un certain nombre de reprises, elle a dit, dans d'autres parties de l'entrevue, qu'elle avait des questions au sujet de considérations politiques.
Après l'entrevue de Mme Wilson-Raybould, Jane Philpott a été interviewée par Vassy Kapelos et elle est allée plus loin. Elle a parlé très précisément des considérations qui devraient ou ne devraient pas être prises en compte lorsque des décisions sont prises.
Kapelos lui a demandé s'il y avait eu un conflit au profit d'une entreprise privée: « [...] le commissaire à l'éthique l'a déterminé, mais le premier ministre parle souvent de ses motifs. Si vous dites que vous ne savez pas vraiment que ce n'était pas cela, par quoi était-il motivé, selon vous? »
Mme Philpott a répondu qu'à son avis, ce ne sont pas tant les motifs qui préoccupent les gens, mais la question de savoir si oui ou non nous regardons ce qui est dans l'intérêt du pays et les piliers de notre démocratie. Elle a dit que l'un de ces piliers, c'est que notre système de justice doit être indépendant et — et j'insiste là-dessus, monsieur le président — que les politiciens qui veulent faire avancer leur carrière, s'assurer qu'ils seront élus, appuyer potentiellement les gens qui les ont soutenus financièrement ou appuyés d'autres façons, ce n'est pas là le type de motifs que des politiciens devraient avoir à l'esprit lorsqu'il s'agit d'une affaire criminelle. Elle a ajouté qu'il est extrêmement clair que les politiciens, les organes exécutif et législatif, ne doivent pas s'ingérer dans le travail de l'aile judiciaire du gouvernement.
C'est ce qu'a dit Jane Philpott, ce qui m'a amené à me demander quels renseignements elle possède qui lui permettent d'avoir un point de vue aussi ferme sur les considérations politiques dont on a pu ou non tenir compte au moment de prendre des décisions.
Monsieur le président, c'est ce qui m'amène à la question de l'élargissement du décret.
La raison pour laquelle le commissaire à l'éthique n'a pas été en mesure d'aller plus loin sur les considérations politiques, mis à part qu'à quatre reprises, il a clairement indiqué qu'il croyait que le premier ministre, directement, ou par l'intermédiaire de son personnel, s'ingérait politiquement, est la suivante: s'il ne peut obtenir plus de détails à ce sujet, c'est que, comme il l'a indiqué, il n'a pas été en mesure d'obtenir les renseignements pertinents qu'il voulait.
Je vais lire ce qu'il indique au paragraphe 14 de la page 5 de son rapport. En fait, je vais commencer par lire le paragraphe 13.
Afin d'accéder au plus de renseignements pertinents possible, le 29 mars 2019, j'ai demandé à un conseiller juridique du Commissariat de communiquer avec ses homologues du Bureau du Conseil privé pour demander à ce que les témoins soient autorisés à transmettre tous leurs éléments de preuve au Commissariat. Malgré plusieurs semaines de discussion, nous n'avions toujours pas réussi à accéder aux documents confidentiels du Cabinet.
Le 3 mai 2019, j'ai soulevé la question directement auprès du premier ministre durant son entrevue. Par l'entremise de ses conseillers juridiques, M. Trudeau a fait savoir qu'il consulterait le Bureau du Conseil privé pour voir s'il serait possible de modifier le décret.
Le décret dont il est question ici est, bien sûr, celui qui a été adopté par le Cabinet afin de permettre à Jody Wilson-Raybould et à Jane Philpott de s'exprimer jusqu'à un certain moment, après quoi elles ne pouvaient pas parler des questions liées à des renseignements confidentiels du Cabinet.
Le 28 mai 2019, la question de l'accès aux renseignements confidentiels du Cabinet n'étant toujours pas résolue, j'ai écrit au greffier du Conseil privé nouvellement nommé, M. Ian Shugart. Je lui ai exposé le dilemme des témoins, mentionné plus haut, et je lui ai expliqué le cadre législatif qui, selon moi, autorise, du moins implicitement, le Commissariat à accéder à ces renseignements. J'ai cité les dispositions de la Loi sur les conflits d'intérêts et de la Loi sur le Parlement du Canada qui m'interdisent de dévoiler tout renseignement confidentiel du Conseil privé de la Reine dans le contexte des déclarations publiques de récusation et dans nos rapports annuels, respectivement. J'ai expliqué que, selon ma compréhension, ces interdictions signifient que le Commissariat aurait à première vue accès à ces renseignements. J'ai ensuite fait une analogie entre ces interdictions et les restrictions auxquelles je suis assujetti quant à la divulgation de renseignements confidentiels dans le cadre de mes études, et expliqué les raisons pour lesquelles j'aurais un accès semblable — ainsi qu'une interdiction de publication — aux renseignements confidentiels du Cabinet dans ce contexte.
Voilà ce que le commissaire à l'éthique a dit au greffier du Conseil privé le 28 mai. Il lui a expliqué pourquoi il devait pouvoir obtenir l'information qui, selon le premier ministre, n'était pas divulguée en raison du caractère confidentiel des renseignements du Cabinet.
Dans une lettre datée du 13 juin 2019, le greffier du Conseil privé a rejeté ma demande d'accès à tous les renseignements confidentiels du Cabinet pour les besoins de la présente étude.
Les conseillers juridiques de M. Trudeau ont indiqué que la décision sur l'élargissement du décret a été prise par le Bureau du Conseil privé sans la participation du premier ministre ou son bureau.
Or, comme nous le savons tous grâce à cette interminable et sordide affaire dont nous sommes témoins depuis janvier, il y a toujours quelqu'un qui peut annuler une décision prise par un fonctionnaire, et c'est exactement ce que M. Trudeau voulait que Jody Wilson-Raybould fasse. Il n'est donc pas du tout pertinent pour lui de dire qu'il n'a pas participé à la décision, en fait, car il a toujours le pouvoir de dire au greffier du Conseil privé quoi faire.
Cependant, je poursuis ma lecture.
Puisque le Commissariat s'est vu refuser le plein accès aux renseignements confidentiels du Cabinet, les témoins ont été limités dans leur capacité à fournir tous les éléments de preuve en leur possession. Par conséquent, je n'ai pu étudier la totalité des éléments de preuve ni en évaluer la pertinence. Les décisions qui ont un impact sur ma compétence aux termes de la Loi, en fixant les paramètres qui régissent ma capacité de recevoir des éléments de preuve, devraient être prises de manière transparente et démocratique par le Parlement, et non par les mêmes titulaires de charge publique qui sont assujettis au régime que j'applique.
Je suis convaincu que si l'on veut que le Commissariat demeure réellement indépendant et qu'il remplisse son mandat, je dois avoir un accès sans entrave à tous les renseignements pouvant m'être utiles dans l'exécution de mon mandat. Je dois pouvoir m'assurer que les décisions prises par les titulaires de charge publique du plus haut rang, y compris celles qui se prennent au Cabinet, sont exemptes de tout conflit d'intérêts.
Dans le cadre de cette étude, j'ai recueilli suffisamment de renseignements factuels pour bien trancher la question sur le fond. Cependant, en raison de mon incapacité à accéder à tous les renseignements confidentiels du Cabinet liés à cette étude, je dois signaler que je n'ai pu m'acquitter des obligations d'enquête qui me sont imparties par la Loi.
Pourquoi est-ce important? Ce l'est parce que le commissaire à l'éthique explique très clairement qu'il a cherché à obtenir de l'information sur des renseignements confidentiels du Cabinet qui n'était pas visée par le décret que le premier ministre avait déjà émis.
De plus, au cours de son entrevue, Jane Philpott l'a dit très clairement, lorsque Vassy Kapelos lui a demandé s'il y avait d'autres renseignements couverts par le décret qu'elle croyait pertinents. Elle lui a demandé si elle était en possession de renseignements auxquels le commissaire à l'éthique aurait dû avoir accès. Mme Philpott lui a répondu qu'elle possédait des renseignements dont elle ne pouvait pas parler.
Jane Philpott poursuit en disant que ce qu'elle aimerait que les Canadiens retiennent, c'est que le commissaire à l'éthique a mentionné avoir réussi à obtenir suffisamment d'information pour déterminer s'il y avait eu infraction à la Loi sur les conflits d'intérêts. Cela ne l'a donc pas empêché, en un sens, de se prononcer, mais elle ajoute toutefois être au fait de renseignements qu'elle ne peut divulguer en raison du serment qu'elle a prêté à la Reine et à son pays de garder secret ce qui devait l'être. Suivant le serment qu'elle a prêté comme ministre, elle ne peut pas communiquer ces renseignements ni à elle ni au commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, à moins que l'obligation de garder ces renseignements secrets ne soit levée.
Nous savons donc que d'autres renseignements n'ont pas été communiqués. Jody Wilson-Raybould l'a mentionné, tout comme Jane Philpott, et bien entendu, le commissaire à l'éthique a tenté de les obtenir. Il en a été empêché parce que le premier ministre en a décidé ainsi. On ne peut donc pas parler d'une coopération pleine et entière avec le commissaire à l'éthique, et au risque de me répéter, il y a matière à examen.
Qui plus est, un livre a été publié tout récemment sous la plume d'un journaliste de la CBC, un dénommé Aaron Wherry, et pour écrire ce livre, il a joui d'un accès privilégié au premier ministre sur la question.
J'ai mentionné, vous vous en souviendrez, que l'ancienne procureure générale ne pouvait discuter de certains sujets, tout comme l'ancienne présidente du Conseil du Trésor, que l'information n'a pu être communiquée au commissaire à l'éthique et que les témoins ne pouvaient pas non plus en parler. Il s'agissait notamment de ce qui s'est passé après la démission de Jody Wilson-Raybould et de ce qui s'est passé pendant les rencontres entre le premier ministre et l'ancienne procureure générale, car le décret a pris fin lorsque l'ancienne procureure générale a quitté ses fonctions pour devenir ministre des Anciens Combattants, poste qu'elle a quitté par la suite comme vous le savez.
Il semble, comme par magie, que le concept de documents confidentiels du Cabinet ne s'applique pas au premier ministre — comme toutes les autres règles, d'ailleurs —, car le journaliste que j'ai mentionné, Aaron Wherry, a pu consulter à loisir tout ce qui s'est dit à la rencontre qu'il a eue avec Jody Wilson-Raybould après qu'elle a été nommée ministre des Anciens Combattants. Il lève le secret du Cabinet pour qu'un journaliste puisse faire valoir son point de vue dans un livre, mais le commissaire à l'éthique n'a pas droit à cette information. Jody Wilson-Raybould est d'avis, tout comme Jane Philpott, que les Canadiens devraient être informés de certains renseignements.
J'aimerais demander au commissaire à l'éthique s'il a obtenu un avis juridique sur la question de savoir si le premier ministre a levé le secret du Cabinet sur la période qui n'est actuellement pas couverte pour l'étendre à cette période. Je pense que c'est une question qui intéresserait énormément les Canadiens et qui est essentielle pour aller au fond des choses.
Pour reprendre le fil des propos d'Elizabeth May il y a quelques minutes, c'est le genre de scandale et d'action qui mérite la punition la plus sévère qui soit. Nous ne pouvons rien imposer, mais cela peut être laissé au bon vouloir.... De toute évidence, comme elle l'a mentionné, cela ne se produira pas, mais nous devons aux Canadiens de comprendre ce qui s'est passé et de leur fournir de l'information véridique sur les faits et ne pas nous contenter de croire sur parole le premier ministre, car nous l'avons vu trop souvent manquer à sa parole.
Merci.
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