Mr. Speaker, as a Ukrainian Canadian on her first day in Parliament, it is both an honour and a tragedy to be speaking to the House about the tragic and brutal events in Ukraine.
My mother was born in a refugee camp. Her parents, together with her and her three sisters, were grateful and delighted to find refuge here in Canada, like so many other Ukrainian Canadians. It left such an imprint of gratitude and delight in Canada and all it offered that my grandfather would not permit any criticism of any Canadian government at his table, no matter which party was in power. I am afraid that in my new career, I am not going to be able to perfectly follow my grandfather's instruction.
What I would like to talk about is what is happening in Ukraine and why the stakes are so high for Ukrainians, for Canadians and for the world. As my colleague has just described, the struggle right now in Ukraine began over a European association agreement. Who knew that ordinary people could be so moved by trade treaties?
What it has become is a fight about democracy or dictatorship. The fact that this is what is at stake in Ukraine became very clear last week, when President Yanukovych tried, illegitimately, to ram a series of laws through parliament that would have severely restricted the rights of association, the rights of freedom of speech, the rights of assembly and, indeed, the rights of religious organizations, including the Ukrainian Catholic Church.
Ukrainians understand that this is the fight about that democracy that they have been working very hard to build, with a lot of setbacks, over the past 20 years. We should be inspired; I am inspired by what is happening right now in Ukraine. All of us as elected officials know about the cynicism we sometimes encounter from voters.
Imagine being Ukrainian and having gone through the Orange Revolution. It was not so long ago in 2004 and 2005. Ukrainians thought that they had won; they thought that they had really built democracy. It ultimately went so badly that they elected Yanukovych. Yet still today they have faith in democracy. They have such faith in the action of people and their ability to make change that they are out there in the streets, risking their lives.
What happens in Ukraine matters to the world, and particularly, as my hon. colleague described, in the neighbourhood where Ukraine finds itself, in the former Soviet Union and the former Warsaw Pact countries. These are parts of the world where the hold of democracy is tenuous. History did not end in 1991, despite Francis Fukuyama's prediction that it would. Right now, everyone in that part of the world is watching Ukraine very closely to see what the outcome will be, and to see if people like us, democratically elected officials in democracies, will not only talk the talk but walk the walk, and whether we believe in democracy enough to support it when it is at risk.
This is a tremendously important opportunity for Canada to be heard in the world. As we have heard so eloquently this evening, many of us represent communities with strong Ukrainian Canadian representation. Ukrainians are an important people and community in Canada, and Canada has an important voice in Ukraine. That was made manifest most powerfully by a Conservative government in 1991, when Canada and Poland were the first two countries to recognize Ukrainian independence.
Ukraine listens to us and the world listens to what we do and what we say about Ukraine. This is an opportunity, as my hon. colleague suggested, for us to do what Lester B. Pearson taught us, which is to punch above our weight in international affairs, by taking the lead on Ukraine.
It is really clear what we can do. It is wonderful for me as a Ukrainian Canadian to hear so much anguish, worry and sympathy for the people of Ukraine, but now is the time to act. There are three very clear things for us to do. The first is targeted sanctions against President Yanukovych and his allies in government. That will have an impact. Indeed, one of the jokes that people tell in the former Soviet Union now is that their dictators want to rule like Stalin but live like Abramovich. That is what globalization allows nowadays, that one can be a dictator at home but have a villa on Cap Ferrat. We cannot allow that to happen and must say that they cannot have it both ways.
The second thing that we have to do is to provide expedited visas for the people who have put their lives at risk on the Euromaidan. Again, this would be a very important symbolic statement that we are with them.
Third, we have to send high-level observers. Sunlight is the best disinfectant, and if we are watching, I can assure everyone there will be less brutality.
I hope I will be permitted, since this is my first statement in the House and we are talking about Ukraine, to share one of the slogans of the Euromaidan.
[Member spoke Ukrainian and provided the following translation:]
The people united cannot be defeated.
[English]
That is true today in Ukraine if we unite with them and actually act. As a Ukrainian Canadian and a proud member of Canada's Parliament, the words of support are terrific, but now let us do something.
Monsieur le Président, en tant que Canadienne d'origine ukrainienne qui entame sa première journée au Parlement, je suis à la fois honorée et désolée de parler à la Chambre des événements tragiques et violents qui se déroulent en Ukraine.
Ma mère est née dans un camp de réfugiés. À l'instar de bien d'autres Canadiens d'origine ukrainienne, ses parents, ses trois soeurs et elle-même étaient ravis de trouver refuge au Canada. Ils éprouvaient tellement de gratitude et d'émerveillement à l'égard du Canada et de ce que le pays avait à offrir que mon grand-père ne pouvait tolérer que l'on critique le gouvernement canadien sous son toit, quel que soit le parti au pouvoir. Je crains que ma nouvelle carrière ne me permette pas de suivre à la lettre les instructions de mon grand-père.
J'aimerais parler des événements en Ukraine et dire pourquoi les enjeux sont très élevés pour les Ukrainiens, les Canadiens et le monde entier. Comme mon collègue vient de l'expliquer, la lutte actuellement menée en Ukraine est liée à un accord d'association avec l'Europe. Qui aurait cru que des traités commerciaux pouvaient causer autant d'émoi chez des gens ordinaires?
Aujourd'hui, elle a plutôt pour enjeu l'opposition entre la démocratie et la dictature. C'est ce qui est clairement ressorti des événements de la semaine dernière, lorsque le président Ianoukovitch a tenté de forcer illégalement le Parlement à adopter une série de lois qui auraient sérieusement restreint le droit d'association, la liberté d'expression, la liberté de réunion et jusqu'aux droits des organismes religieux, y compris l'Église catholique ukrainienne.
Les Ukrainiens sont conscients qu'ils luttent actuellement pour cette démocratie qu'ils s'efforcent d'instaurer depuis 20 ans, malgré de nombreux reculs. Leur exemple devrait nous inspirer. En tout cas, moi, je suis inspirée par ce qui se passe actuellement en Ukraine. Les élus que nous sommes sont bien placés pour parler du cynisme qui peut parfois animer les électeurs.
Imaginons-nous un instant ce que vivent les Ukrainiens qui ont connu la révolution orange. C'était il n'y a pas si longtemps, après tout: en 2004 et en 2005. Les Ukrainiens croyaient qu'ils pouvaient crier victoire et que la démocratie était réellement à portée de main. Mais les choses ont tellement mal tourné qu'ils ont fini par élire Ianoukovitch. Pourtant, ils ont toujours soif de démocratie. Ils croient tellement au pouvoir du peuple et à sa capacité de changer les choses qu'ils ont pris les rues d'assaut, au péril de leur vie.
Les événements qui secouent l'Ukraine ont des répercussions sur le reste du monde, et plus particulièrement, comme le disait mon collègue, sur les pays avoisinants qui faisaient partie de l'ancienne Union soviétique et de l'ancien Pacte de Varsovie. Dans cette partie-là du globe, la démocratie ne tient qu'à un fil. L'histoire ne s'est pas terminée en 1991, quoi qu'ait pu prédire Francis Fukuyama. À l'heure où on se parle, tout le monde, là-bas, a les yeux rivés sur l'Ukraine et attend avec impatience de savoir comment tout cela va se terminer et de voir si nous, les représentants démocratiques du peuple, allons passer à l'action au lieu de nous contenter de belles paroles et si nous avons assez foi en la démocratie pour lui donner notre appui quand elle est en danger.
Le Canada a aujourd'hui une excellente occasion de se faire entendre sur la scène internationale. Comme de nombreux députés l'ont dit ce soir avec beaucoup d'éloquence, nous sommes nombreux à compter une forte présence ukrainienne dans nos circonscriptions. La communauté ukrainienne joue un rôle important au Canada, et quand le Canada parle, l'Ukraine écoute. Nous en avons eu un excellent exemple en 1991, lorsque le gouvernement conservateur au pouvoir a fait en sorte que le Canada soit le premier pays, avec la Pologne, à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine.
L'Ukraine écoute le Canada, et le monde s'intéresse à ce que nous faisons et à ce que nous pensons de l'Ukraine. Nous avons donc l'occasion, comme le disait mon collègue, de mettre en pratique les enseignements de Lester B. Pearson et de nous distinguer sur la scène internationale en prenant les devants dans le dossier ukrainien.
Les mesures que nous pouvons prendre sont très claires. Je suis ravie, moi qui suis d'origine ukrainienne, que le sort des Ukrainiens suscite autant de craintes et d'inquiétudes et que les gens témoignent autant de sympathie pour eux, mais il est maintenant temps d'agir. Il ressort très clairement que nous devons faire trois choses. Il faut premièrement imposer des sanctions ciblées aux président Ianoukovitch et à ses alliés du gouvernement. Ces mesures ne seront pas sans conséquences. En effet, l'une des blagues qui circulent dans l'ancienne Union soviétique, c'est que les dictateurs de cette région veulent gouverner comme Staline, mais vivre comme Abramovitch. Voilà ce que la mondialisation permet de faire aujourd'hui: on peut être un dictateur chez soi, mais avoir une villa à Cap Ferrat. Nous ne pouvons accepter qu'une telle chose se produise; il faut que nous fassions comprendre à ces gens qu'ils ne peuvent pas tout avoir.
Deuxièmement, il faut donner rapidement des visas aux gens qui ont mis leur vie en danger lors des manifestations de l'EuroMaïdan. Comme on le sait, ce serait une façon très important d'exprimer de notre solidarité.
Troisièmement, il faut envoyer des observateurs de haut niveau. Le grand jour est le meilleur désinfectant; si nous sommes là pour observer ce qui se passe, je peux vous assurer qu'il y aura moins de brutalité.
Comme il s'agit de ma première déclaration à la Chambre et qu'il est question de l'Ukraine, permettez-moi de reprendre l'un des slogans de l'EuroMaïdan.
[La députée parle en ukrainien et donne la traduction suivante:]
Solidaire, le peuple est invincible.
[Traduction]
Cette maxime ne s'appliquera au peuple ukrainien que si nous lui sommes solidaires et que nous agissons. Moi qui suis d'origine ukrainienne et qui ai l'honneur d'être députée au Parlement du Canada, je peux dire que les paroles de soutien sont formidables, mais nous devons agir maintenant.