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Lib. (ON)
We will open meeting number 11.
We have as our first panel of witnesses Dr. Myrna Lashley, Fabrice Vil, and the Quebec Native Women association with Viviane Michel and Léa Serier.
Let me just open this with Dr. Lashley for seven minutes.
You will have to take yourself off mute. This is the big challenge of us all, muting and unmuting. Once we've solved this, we can launch something to the moon.
Nous allons ouvrir la 11e séance.
Notre premier groupe de témoins est composé de Mme Myrna Lashley, de Fabrice Vil et de Viviane Michel et Léa Serier, de l'Association des femmes autochtones du Québec.
Je vais commencer par Mme Lashley, pour sept minutes.
Vous allez devoir ouvrir votre micro. L'ouvrir et le fermer, c'est le grand défi pour nous tous. Une fois que nous aurons résolu ce problème, nous pourrons lancer quelque chose sur la lune.
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 14:01
Good afternoon, Chair, committee members and fellow panellists.
I am very honoured to have been asked to address you and, in this manner, continue to serve my adoptive country.
In 1829, based on nine guiding principles, Sir Robert Peel created the first modern and professional police force. The seventh principle is based on the understanding that, since the police are taken from members of society, the population is, in fact, policing itself. In Peel’s words, “the police are the public and the public are the police”.
It has been recognized, both academically and anecdotally, that systemic racism and discrimination are part of society, with roots embedded in 17th century colonialism. This type of racism and discrimination is based on the premise of white supremacy, which is manifested in practices and policies that award unearned privileges to white people based on their pigmentation, while automatically denying those same privileges to black people, indigenous people and people of colour, commonly referred to as BIPOC.
Since the police are a subset of the population, it follows that any issues found in said population will be found within the police. Given this, it does not make sense that the discussion of whether systemic racism and discrimination are to be found within police is still ongoing: The police are the public, and the public are the police.
Peel’s second, third and fourth principles address the need for the police to remember that not only do they require the support, consent and co-operation of citizens to operate effectively, but that physical force must only be employed when all else fails. The application of this mindset is advantageous to both police and citizens. It forces all police to use methods of mediation, de-escalation and other humanistic approaches before resorting to force, and it sends a message to citizens that interactions with police do not always have to be adversarial but can and should be based on mutual respect and co-operation.
In other words, the police are not soldiers at war with citizens, and citizens are not guerrilla fighters trying to outwit the enemy. The police must not represent a force with which citizens must reckon. They must instead represent a service that is being proffered. However, since power resides in the police, and trust between police and citizens is questionable, the police will have to take the lead in instituting change and demonstrating good will. It will have to start through honest introspection, openness and acceptance, both institutionally and personally.
This will mean coming to terms with what Sara Ahmed refers to as “whiteness” which, it should be pointed out, is not about persons but about an ideology that has entrapped all of us by favouring a hegemony that favours one group absolutely and harms all others by trying to force them into that hegemonic mould and punishing them for something they cannot possibly attain.
Let us work together to dismantle whiteness and hold fast to our humanity, and, in so doing, never forget the Peelian principle that the police are the public and the public are the police.
Thank you very much for hearing me.
Bonjour, monsieur le président, membres du Comité et autres témoins.
Je suis très honorée qu'on m'ait demandé de m'adresser à vous et de continuer ainsi à servir mon pays d'adoption.
En 1829, se fondant sur neuf principes directeurs, sir Robert Peel a créé la première force policière moderne et professionnelle. Le septième principe repose sur l'idée que, puisque la police est constituée de membres de la société, la police est faite par le public. Selon Peel, « la police est le public et le public est la police ».
Il a été reconnu, tant sur le plan académique que anecdotique, que le racisme et la discrimination systémiques font partie de la société et ont des racines ancrées dans le colonialisme du XVIIe siècle. Ce genre de racisme et de discrimination repose sur le principe de la suprématie blanche, qui se manifeste dans les pratiques et les politiques qui accordent des privilèges non mérités aux Blancs en fonction de leur pigmentation, tout en refusant automatiquement ces mêmes privilèges aux Noirs, aux Autochtones et aux personnes de couleur.
Comme la police est un sous-ensemble de la population, il s'ensuit que tous les problèmes relevés dans ladite population se retrouvent au sein de la police. Compte tenu de cela, il n'est pas logique que la discussion visant à déterminer si le racisme et la discrimination systémiques sont présents au sein de la police se poursuive: la police, c'est le public, et le public, c'est la police.
Les deuxième, troisième et quatrième principes de Peel portent sur la nécessité pour la police de se rappeler non seulement qu'elle a besoin de l'appui, du consentement et de la coopération des citoyens pour fonctionner efficacement, mais que la force physique ne doit être employée que lorsque tout le reste échoue. L'application de ce principe est bénéfique tant pour la police que pour les citoyens. Elle oblige tous les policiers à recourir à la médiation, à la désescalade et à d'autres approches humanistes avant de recourir à la force, et elle envoie aux citoyens le message que les interactions avec la police ne doivent pas toujours être antagonistes, et qu'elles peuvent et doivent être fondées sur le respect mutuel et la coopération.
Autrement dit, les policiers ne sont pas des soldats en guerre contre des citoyens, et les citoyens ne sont pas des guérilleros qui tentent de l'emporter sur l'ennemi. La police ne doit pas représenter une force à laquelle les citoyens doivent faire face. Elle doit plutôt représenter un service qui est offert. Toutefois, comme la police détient le pouvoir et que la confiance entre la police et les citoyens est douteuse, la police devra prendre l'initiative d'instaurer des changements et de faire preuve de bonne volonté. Elle devra commencer par une introspection, une ouverture et une acceptation honnêtes, tant sur le plan institutionnel que personnel.
Cela signifie qu'il faudra composer avec ce que Sara Ahmed appelle la « blancheur » qui, il faut le souligner, ne se rapporte pas aux personnes, mais à une idéologie qui nous a tous pris au piège en favorisant une hégémonie qui avantage absolument un groupe et nuit à tous les autres en voulant les forcer à rentrer dans ce moule hégémonique et en les punissant pour ne pas pouvoir y parvenir.
Unissons nos efforts pour démanteler la blancheur et maintenir notre humanité et, ce faisant, n'oublions jamais le principe de Peel selon lequel la police est le public et le public est la police.
Merci beaucoup de m'avoir écoutée.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Thank you, Dr. Lashley.
I wish that colleagues would take note of the economy of speech by Dr. Lashley, and then we can get through all of our questioning.
Our next witness is Fabrice Vil.
Welcome, sir. You have seven minutes. The translators have asked that you bring the microphone closer to your mouth only because we have not been able to run a sound test on you.
Merci, madame Lashley.
J'aimerais que mes collègues prennent note de la concision du discours de Mme Lashley, afin que nous puissions poser toutes nos questions.
Notre prochain témoin est Fabrice Vil.
Bienvenue, monsieur. Vous disposez de sept minutes. Les interprètes vous ont demandé de rapprocher le microphone de votre bouche seulement parce que nous n'avons pas pu faire un test de son avec vous.
Fabrice Vil
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Fabrice Vil
2020-07-24 14:07
Thank you.
Please note that I'll be making my opening statement in French, but I would be happy to answer any questions in English or French.
Je vous remercie.
J'aimerais préciser, d'entrée de jeu, que je vais m'exprimer en français, mais que je serai prêt à répondre aux questions en anglais ou en français.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
There's no translation, Chair.
Il n'y a pas d'interprétation, monsieur le président.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Unfortunately, we're not getting translation.
Malheureusement, nous n'avons pas l'interprétation.
Fabrice Vil
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Fabrice Vil
2020-07-24 14:07
As I said, I'd be happy to answer questions in English or French.
Comme je le disais, je suis prêt à répondre aux questions en anglais ou en français.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
It's fine.
C'est bien.
Fabrice Vil
View Fabrice Vil Profile
Fabrice Vil
2020-07-24 14:07
I'd like to begin by thanking the committee for inviting me to speak to you today.
My apologies for breaking with decorum. I'm in the great outdoors, in an infirmary, in fact. It's the only place I've been able to get a good enough Internet connection to join you today. That said, I am able to participate in the meeting.
I don't have any speaking notes with me, but I could forward some to the clerk later, to make sure you're able to understand everything I'm saying.
What I'll be covering is fairly limited. I don't claim to know everything there is to know about systemic racism in policing. I realize what a privilege it is to appear before you today on this issue. Through its invitation, the committee has entrusted me with a duty, and I hope to fulfill it.
The first thing I'd like to make clear is this. Although racism can be viewed as a crime, it is much more akin to a multifactorial crisis, similar to climate change, for which, each and every one of us is responsible. The reason I bring it up is that, in common parlance, people are accused of racism. They are put on trial, but racism….
Coming back to my analogy, I think climate change is an issue we can talk about without the usual judgements. Each and every one of us is responsible for addressing climate change, whether it be on an individual level, through composting, driving a car or flying, or on a public policy level. That is how we should consider the phenomenon that is racism, through the most inquisitive and exhaustive lens possible, beyond hate and deliberate acts. They are merely the tip of the iceberg in terms of how deep the issue runs. That is what we mean when we talk about systemic racism.
Systemic racism is no more present in police forces than it is anywhere else. It is, however, much more visible in policing because police officers have authority that other members of society do not, including the power to control people and use physical force. Police forces have a unique impact on people's lives and their physical and mental well-being.
Now I'd like to tell you about an incident that happened on June 24, Saint-Jean-Baptiste Day in Quebec.
Five young people whom I know—Nicholas, Melvin, Evans, Max and Sascha—belong to the collective Bout du Monde. Ricardo Lamour has been mentoring them for more than five years. Ricardo exposes them to spaces that shut black youth out, spaces that aren't accessible to them for a variety of reasons. Those spaces range from places in nature and museums to forums like this one. For the past seven years, Ricardo Lamour has mentored these young people. He encourages them to think about societal issues and problems.
The night of June 24, the five young people and Ricardo wanted to rent BIXI bikes—that's what they're called in Montreal, but they have different names in other cities. As is often the case, the codes to unlock the bikes didn't work. They were trying to get the problem fixed, when, in less than 10 minutes, not one, not two, but three police cruisers showed up. Ricardo and the young people were all taken in for questioning. The youth are still traumatized.
The incident is all the more serious given that Ricardo Lamour had already provided the young people with guidance on the matter, explaining how to behave should they ever find themselves in a similar situation. It's something no Canadian should ever have to experience. It does, however, give rise to an important question. How do we redefine the role of police? How do we turn an agency of enforcement and repression into an organization that truly serves our communities?
Unfortunately, that's not currently the case, whether in terms of the perception or the reality. In many respects, a police force is a body of repression. We need only think of the reason the RCMP was formed in the first place and the relationship with indigenous populations. When we recognize that from the outset, we understand that, regardless of goodwill, a police force is inherently a body of control with impacts on certain populations.
A number of factors come into play. For instance, the former Correctional Investigator of Canada, Howard Sapers, determined that, between 2003 and 2013, the indigenous inmate population rose by 46.4% and the black inmate population rose by 90%. In the face of that reality, we have to wonder about the measures that led us there.
Another important finding comes from sociologist Jason Carmichael. He determined that, in 2015, the size of the visible minority population was the leading determinant of the size of the police presence in large cities, regardless of the crime rate. That is yet another example of how these systems place tremendous importance on repression in relation to racization and indigenous identity, regardless of criminal activity.
I just need another 30 seconds to raise a few more points. A police force is a repression-centred body that could be transformed into an organization that serves the community. It's worth noting that Nicholas Gibbs, Alain Magloire and Pierre Coriolan, all black men who died, suffered from mental health issues. This raises crucial questions about how to better allocate funding so that police are not the ones responding in certain circumstances, but rather, community partners or, at the very least, police officers who are adequately trained.
The discussion around reducing police funding goes to the heart of that issue. Disarming the police is another measure worth considering. In the United Kingdom, police carry out routine interventions without weapons.
J'aimerais commencer par vous remercier de m'avoir invité à m'adresser à vous aujourd'hui.
Je m'excuse de ma dérogation au décorum. Je suis actuellement en pleine nature, dans une infirmerie, en fait. C'est le seul lieu où la connexion Internet me permet d'être parmi vous. Cela dit, je suis tout de même capable de vous parler.
Je n'ai pas de notes d'allocution, mais je pourrai les transmettre plus tard au greffier, afin que ce que je vais vous communiquer verbalement soit bien compris.
Mes commentaires seront assez limités. Je n'ai pas la prétention d'avoir toute la connaissance du monde concernant les enjeux de racisme systémique au sein des institutions policières. Je reconnais le privilège que j'ai aujourd'hui d'être parmi vous et de m'exprimer sur le sujet. J'espère honorer le devoir qui m'incombe en vertu de cette invitation.
Voici la première chose que j'aimerais préciser. Même si le racisme peut être vu comme un crime, il résulte beaucoup plus une crise multifactorielle, un peu comme les changements climatiques, dont nous sommes tous et toutes responsables. J'en parle parce que, dans le langage courant, on accuse des gens de racisme. On fait le procès des individus, alors que le racisme...
Prenons l'exemple des changements climatiques, un sujet dont on peut parler de façon décomplexée. Nous sommes tous et toutes responsables de ces changements, que ce soit relativement à des enjeux individuels comme le compost, l'utilisation de l'automobile ou de l'avion, ou à des politiques publiques. C'est de cette manière que nous pouvons regarder avec toute la curiosité et la profondeur du monde le phénomène du racisme, au-delà de la haine ou des actes intentionnels. C'est uniquement la pointe de l'iceberg et de la profondeur de l'enjeu. C'est de cela qu’on parle, lorsqu'on parle de racisme systémique.
Le racisme systémique n'est pas plus présent au sein des corps policiers qu'ailleurs. Le racisme systémique est beaucoup plus visible dans les corps policiers, parce que les policiers ont une autorité, un pouvoir de contrôle et de contrainte physique que d'autres personnes n'ont pas au sein de notre société. Les corps policiers ont un impact particulier sur la vie des gens et sur leur intégrité physique et psychologique.
Je veux vous parler de ce qui est arrivé le 24 juin dernier, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste au Québec.
Cinq jeunes que je connais — Nicholas, Melvin, Evans, Max et Sascha — font partie du collectif Bout du Monde. Ces jeunes ont pour mentor Ricardo Lamour depuis plus de cinq ans. Ricardo leur fait visiter des espaces d'où les jeunes Noirs sont exclus ou des endroits inaccessibles pour toutes sortes de raisons. Il peut s'agir de lieux dans la nature, de musées ou de lieux comme celui où je me trouve. Depuis sept ans, Ricardo Lamour est le mentor de ces jeunes. Il les fait réfléchir sur des enjeux et des problèmes au sein de notre société.
Le soir du 24 juin, ces cinq jeunes et Ricardo ont voulu utiliser des vélos BIXI — ils s'appellent ainsi à Montréal, mais ailleurs ils portent un autre nom. Comme cela arrive couramment, les codes pour déverrouiller les vélos ne fonctionnaient pas. Ils tentaient de résoudre le problème, et, en moins de 10 minutes, il y a eu non pas une ni deux, mais trois autos de police qui sont arrivées pour interpeller les jeunes et Ricardo. Encore aujourd'hui, les jeunes en sont traumatisés.
C'est d'autant plus grave que Ricardo Lamour avait déjà accompagné les jeunes pour leur expliquer comment interagir si cette situation se présentait un jour, au cours de leur vie. C'est une situation qu'aucun Canadien ou aucune Canadienne ne devrait vivre. Par contre, cela amène la question suivante: comment pouvons-nous faire en sorte que le rôle de la police, qui est celui d'un organe de contrôle et de répression, devienne le rôle d'un organe réellement au service de nos communautés?
En ce moment, qu'il s'agisse de perceptions ou de la réalité, ce n'est malheureusement pas le cas. On se rappelle que, à bien des égards, la police est un organe de répression. Pour s'en souvenir, il suffit de penser à la raison pour laquelle la GRC a été constituée et de faire le lien avec les populations autochtones. En reconnaissant cela d'emblée, on comprend que, peu importe le bon vouloir des individus, la constitution même de la police est un organe de contrôle qui a des répercussions sur certaines populations.
Je pourrais parler d'un ensemble de facteurs. Par exemple, l'enquêteur correctionnel Howard Sapers a déterminé qu'entre 2003 et 2013, la population carcérale d'origine autochtone avait augmenté de 46,4 % et que cette augmentation avait été de 90 % dans le cas de la population noire. Face à un tel constat, il faut se questionner sur les mesures qui ont été prises.
Je veux aussi mentionner que le sociologue Jason Carmichael a déterminé en 2015 que le taux de minorités visibles était le principal indicateur du taux de présence policière dans les grandes villes, indépendamment du taux de criminalité. On constate encore une fois que, à l'intérieur des systèmes avec lesquels on fonctionne, le rôle de répression en regard de la racisation et du fait autochtone est considéré comme étant hautement pertinent, indépendamment de la criminalité.
Si vous m'accordez 30 secondes, je vais ajouter quelques points. On parle d'un organe de répression qui pourrait devenir un organe au service de la communauté. Or des individus comme Nicholas Gibbs, Alain Magloire et Pierre Coriolan, des hommes noirs qui sont morts, étaient tous aux prises avec des problèmes de santé mentale. Cela nous amène à nous questionner sur la façon dont on pourrait accorder des fonds de sorte que certaines interventions ne se fassent pas par la police, mais plutôt par des intervenants communautaires, ou à tout le moins par des policiers formés à cette fin.
On parle des réductions du financement de la police, et certains éléments sont au cœur de cet enjeu. Réfléchir au désarmement de la police n'est pas anodin. Au Royaume-Uni, les interventions de routine se font sans armes.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Mr. Vil, I have to cut you off there, unfortunately. You're well over time.
You've obviously studied the techniques of Mr. Harris for extending your period of time.
Voices: Oh, oh!
The Chair: I'm sure your remarks can be worked into the question and answer period. I apologize for cutting you off. Unfortunately, we are stuck with a pretty tight timeline here.
Finally, we have Madame Michel, speaking on behalf of Quebec Native Women Inc.
You have seven minutes, please.
Monsieur Vil, je dois malheureusement vous interrompre. Vous avez largement dépassé votre temps.
De toute évidence, vous avez étudié les techniques de M. Harris pour prolonger votre temps de parole.
Des voix: Oh, oh!
Le président: Je suis sûr que vous pourrez compléter vos observations pendant la période de questions. Je m'excuse de vous interrompre. Malheureusement, nous sommes pris avec un horaire assez serré.
Enfin, nous accueillons Mme Michel, qui représente Femmes autochtones du Québec inc.
Vous avez sept minutes, s'il vous plaît.
Viviane Michel
View Viviane Michel Profile
Viviane Michel
2020-07-24 14:16
[Witness spoke in Innu]
[French]
Good afternoon, Mr. Chair, members of the committee, elected officials and members of Parliament.
Thank you for including Quebec Native Women Inc. in this discussion. Keeping my presentation to seven minutes will be challenging, so I'm going to read it very quickly.
Racism is a historical process that relies on social constructs based on prejudices against certain individuals or groups of individuals. Racism becomes systemic when the institutions tied to a social construct or a state reproduce discriminatory behaviour towards certain individuals or groups of individuals in society on the basis of race or, in our case, indigenous identity. By reproducing this behaviour, the institutions normalize and embody discrimination.
Systemic racism against first nations, Inuit and Métis populations is inextricably linked to colonialism, which perpetuated views, a way of thinking and preconceived notions about indigenous people, generally, without distinguishing between different peoples and nations, and about indigenous women, specifically.
Colonialism and its racist and patriarchal ideas gave rise to many types of systemic discrimination against indigenous peoples, and especially, indigenous women. The agents of colonialism imposed patriarchal social constructs, mainly through policies and legislation such as the Indian Act. Along with those social constructs, another concept was imposed: the superiority of the culture and economic system of the colonizers and the inferiority of the culture and economic system of indigenous peoples and, by extension, the inferiority of indigenous peoples, themselves.
Although colonialism impacted both men and women, the effects were not the same. Colonization was a gendered process that produced insidious stereotypes about indigenous women, objectifying them. This has resulted in indigenous women being doubly discriminated against; in addition to racism, they endure sexism. These stereotypes are rooted in the European vision of the indigenous woman as either a wild and shameless person, a prostitute, a bad mother or an ugly person incapable of feeling or morality.
These characteristics, which were deemed deviant, were the justification for numerous policies, the most significant being the Indian Act, a law that discriminates against women by perpetuating pre-Confederation stereotypes of indigenous women. The law upholds the idea that the indigenous identity of women and their descendants is less worthy than that of men and their descendants.
The fact that these policies, which include the Indian Act, reflect Canada's official views has allowed sexism and racism to become internalized, so much so that the stereotypes are virtually immune to social influences that could challenge or weaken them. Precisely because the country's policies uphold these stereotypes, they justify and perpetuate the oppression of indigenous women, who are not viewed as equal in relation to the rest of society.
Colonialism, systemic racism and sexism contribute to the marginalization of indigenous women, within both their communities and colonial society. Consequently, this marginalization has made indigenous women vulnerable to both emotional and physical violence, and put them at risk of being killed. They are subjected to violence in disproportionate numbers on a systemic basis. The prejudices embodied in government policies are present throughout state institutions, particularly the police, as well as colonial society and indigenous communities, and as such, provide the justification for acts of aggression. Racism and sexism against indigenous women are present in police forces and can be seen in the abuse of discretionary authority, discrimination and assault involving indigenous women.
Under international human rights law and the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, the state has an obligation and a responsibility to ensure that police protect the members of the public, especially indigenous women, and that public protection measures are in place.
What do you do, then, when agents of the state contribute to your lack of safety? When a police officer assaults an indigenous woman, the responsibility is on the state to make sure it does not go unpunished. However, when arresting indigenous women, police not only have too much discretion, which all too often leads to the abuse of power and violence, but also, and more importantly, enjoy total impunity when they assault indigenous women.
The reports of the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls and the Viens commission, as well as the briefs submitted by Quebec Native Women Inc. to an array of committees and commissions, contain numerous personal accounts attesting to police brutality. It ranges from excessive force and sexual abuse to inappropriate behaviour, disproportionate responses and threats.
Situations where men in positions of authority abuse their power to assault Aboriginal women are a tangible demonstration of the effect of systemic racism at its most extreme. As well, these testimonies point to police failures that affect Aboriginal women. Aboriginal women are more vulnerable to police inaction and failure to assist someone in danger than non-Aboriginal women, particularly in cases of sexual violence.
There are also reports of geographical cures and racial profiling leading, for example, to arrests deemed abusive and discriminatory. These abusive acts stem from police discretion and a sense of impunity because the justice system does not treat these women equally. Due to historical trauma and perceptions of state actors, aboriginal women are continually stigmatized and viewed by the justice system as women with substance use or other social problems. As a result, they are not seen as credible or worthy victims.
The security protection system is ineffective and deficient when it comes to aboriginal women. I point to the case of this first nations woman in need of medical assistance and intervention, who found herself in front of 17 police officers with a dog squad after dialling 911, and the murder of Chantel Moore, who was found killed by the police officer who was conducting a welfare check.
The relationship of aboriginal girls and women with police forces is central to the issue of missing and murdered aboriginal girls and women. Inadequate police behaviour and responses must be taken into account in understanding this phenomenon. Families of missing or murdered persons do not trust the police because of their indifference, incompetence or misconduct towards them.
Indeed, the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls has collected many testimonies exposing the stereotypes that are attached to the disappearance of aboriginal women and girls. Many parents have testified before the National Inquiry about the services they received when they wanted to report their teenage daughter’s—
[La témoin s'exprime en innu.]
[Français]
Bonjour, monsieur le président, membres du Comité élus et députés.
Je tiens à vous remercier d'inclure Femmes autochtones du Québec dans ce processus. C'est un grand défi pour moi de faire ma présentation en sept minutes. Donc, je vais la lire très vite.
Le racisme est un processus historique qui dépend de structures sociales basées sur des préjugés quant à certains individus ou groupes d'individus. Il devient systémique lorsque les institutions d'une structure sociale ou d'un État reproduisent un comportement discriminatoire envers certains individus ou groupes d'individus dans la société en se basant sur la race ou, ici, sur le fait d'être autochtone. En effet, en le reproduisant, ces institutions normalisent la discrimination et la cristallisent.
Le racisme systémique envers les Premières Nations, les Inuits et les Métis est extrêmement lié au colonialisme, qui a perpétué une vision, un imaginaire et des préjugés sur les autochtones, sans distinction des différents peuples et nations, et sur la femme autochtone.
Le colonialisme et ses idées racistes et patriarcales ont ainsi entraîné la naissance de nombreuses discriminations systémiques envers les peuples autochtones, et particulièrement envers les femmes autochtones. En effet, des formes sociales patriarcales ont été imposées pas les agents coloniaux, notamment par les politiques et les législations, comme la Loi sur les Indiens. Avec ces formes sociales ont été imposées les notions de supériorité de la culture et de l'économie des colons ainsi que, par conséquent, l'infériorité de celles des Autochtones et, donc, des Autochtones eux-mêmes.
Si le colonialisme a affecté les hommes et les femmes, il ne l'a pas fait de la même manière. Le processus de colonisation était genré et produisait des stéréotypes insidieux sur les femmes autochtones et faisant d'elles des objets. Par conséquent, les femmes autochtones sont doublement discriminées, car au racisme s'ajoute le sexisme, notamment. Ces stéréotypes découlent de la vision qu'avaient les Européens de la femme autochtone, soit qu'elle était sauvage, sans honte, une prostituée, une mauvaise mère ou qu'elle était laide et incapable de sentiment ou de morale.
Ces comportements jugés comme déviants ont justifié de nombreuses politiques, dont la plus significative est la Loi sur les Indiens, une loi discriminatoire envers les femmes qui transporte dans le présent des stéréotypes sur les femmes autochtones antérieurs à la Confédération. Cette loi véhicule, entre autres, l'idée selon laquelle l'identité autochtone des femmes et de leurs descendants ne serait pas aussi digne de considération que celle des hommes autochtones et de leurs descendants.
Puisque la loi, dont la Loi sur les Indiens, représente la vision officielle du Canada, cela a permis une internalisation du sexisme et du racisme. Les stéréotypes sont pratiquement immunisés contre les influences sociales qui pourraient les mettre en cause ou les éroder. Enfin, puisqu'ils sont affirmés par la loi, ils permettent aujourd'hui la justification et la continuation de l'oppression des femmes autochtones, qui ne sont pas considérées comme égales aux autres membres de la société.
Le colonialisme, le racisme systémique et le sexisme sont des facteurs de marginalisation des femmes autochtones, tant au sein de leur communauté qu'au sein de la société coloniale. Or l'une des conséquences de cette marginalisation a été de rendre les femmes autochtones vulnérables à la violence tant émotionnelle que physique et au fait d'être tuées. Elles souffrent de violence de manière disproportionnelle et systémique. En effet, les préjugés cristallisés par les politiques gouvernementales sont présents dans les institutions étatiques, notamment au sein de la police, mais également au sein de la société coloniale et des communautés autochtones, et servent de justification aux actes d'agression. Le racisme et le sexisme envers les femmes autochtones sont présents au sein des forces policières et se manifestent sous la forme d'abus de pouvoir discrétionnaire, de discrimination et d'actes d'agression envers les femmes autochtones.
Selon le droit international des droits de la personne et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, il existe une obligation et une responsabilité de l'État de veiller à ce que les policiers protègent la population, particulièrement les femmes autochtones, et à ce qu'il existe des mécanismes de protection publique.
Qu'en est-il, alors, lorsque ce sont des agents de l'État qui sont une source d'insécurité? Lorsqu'un policier commet un acte d'agression envers une femme autochtone, il est de la responsabilité de l'État de s'assurer que des sanctions sont imposées. Or, lors des arrestations des femmes autochtones, non seulement les policiers disposent d'un pouvoir discrétionnaire trop large qui entraîne très souvent des abus de pouvoir et de la violence, mais la police agit surtout en toute impunité lorsqu'elle commet des actes d'agression envers les femmes autochtones.
En effet, de nombreux témoignages retrouvés dans le rapport de la Commission d'enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, l'ENFADDA, et de la commission Viens, ou encore dans les mémoires de Femmes autochtones du Québec déposés devant différents comités et commissions, rapportent des abus policiers. Il s'agit soit d'abus de force ou sexuels, de comportements inadéquats et disproportionnés ou de menaces.
Les situations où des hommes en position d'autorité abusent de leur pouvoir pour agresser des femmes autochtones sont une démonstration tangible de l'effet du racisme systémique à son paroxysme. Également, ces témoignages rapportent des lacunes de la police dont souffrent les femmes autochtones. Les femmes autochtones sont plus vulnérables à l'inaction et à la non-assistance à une personne en danger de la part de la police que les femmes non autochtones, particulièrement en cas de violence sexuelle.
On rapporte aussi des cures géographiques et du profilage racial entraînant, par exemple, des arrestations jugées abusives et discriminatoires. Ces actes abusifs découlent du pouvoir discrétionnaire des policiers et du sentiment qu'ils ont de pouvoir agir en toute impunité, car le système de justice ne traite pas ces femmes de manière égalitaire. En raison des traumatismes historiques et des perceptions des acteurs étatiques, les femmes autochtones sont continuellement stigmatisées et vues, par le système de justice, comme des femmes ayant des problèmes de consommation ou d'autres problèmes sociaux. Elles ne sont donc pas perçues comme des victimes crédibles ou qui en valent la peine.
Le système de protection de la sécurité est inefficace et défaillant pour ce qui est des femmes autochtones. J'en veux pour preuves le cas de cette femme issue d'une Première Nation ayant besoin d’aide et d’intervention médicale, qui s'est retrouvée devant 17 policiers accompagnés d’une escouade canine après avoir composé le 911, et le meurtre de Chantel Moore, que l'on a retrouvée tuée par le policier qui effectuait un contrôle du bien-être.
La relation des filles et des femmes autochtones avec les forces policières est au centre de la question des filles et des femmes autochtones disparues ou assassinées. Le comportement et les réponses inadéquats de la police doivent être pris en compte dans la compréhension de ce phénomène. Les familles des personnes disparues ou assassinées ne font pas confiance aux policiers à cause de leur indifférence, de leur incompétence ou de leur mauvaise conduite à leur égard.
En effet, l'ENFFADA a recueilli de nombreux témoignages exposant les stéréotypes qui sont accolés aux femmes et filles autochtones qui disparaissent. De nombreux parents ont témoigné devant l'ENFFADA sur les services qu'ils ont reçus lorsqu'ils voulaient porter leur adolescente...
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Lib. (ON)
Madame Michel, can you wind up your remarks? I apologize for interrupting you.
Madame Michel, pouvez-vous conclure? Je m'excuse de vous interrompre.
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:24
I’ll conclude my remarks.
Do we have any recommendations? Well, yes, we do, but we do so with a lot of skepticism. There are structural changes that need to be made. There needs to be an action plan and concrete measures to address systemic racism and violence as well as police impunity against aboriginal women, using an intersectional approach that takes into account all of the types of discrimination faced by aboriginal women and the fact that these types of discrimination reinforce each other and that takes into account aboriginal women in particular.
This approach includes training and educating the police and the judicial system to the realities of aboriginal women.
Je vais conclure.
Avons-nous des recommandations à faire? Eh bien oui, nous en avons, mais nous les faisons avec beaucoup de scepticisme. Il faut apporter des changements aux structures. Il faut un plan d'action et des mesures concrètes pour contrer le racisme et la violence systémiques et l'impunité policière envers les femmes autochtones, en adoptant une approche intersectionnelle qui prenne en compte toutes les discriminations auxquelles font face les femmes autochtones et le fait que ces discriminations se renforcent les unes les autres et qui tienne particulièrement compte des femmes autochtones.
Cela passe notamment par la formation et la sensibilisation de la police et du système judiciaire aux réalités des femmes autochtones.
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Lib. (ON)
I apologize again. These are extremely profound issues.
I just note, for the sake of the witnesses, that, when you don't complete what you wanted to say, any written work that you have can be sent to the clerk of the committee, and it forms part of the record of the committee, so it's not lost.
With that, I'm going to start our six-minute round. It's Mr. Paul-Hus for six minutes, Mr. Fergus, Madame Michaud and Mr. Harris.
Mr. Paul-Hus, you have the floor for six minutes.
Je m'excuse encore une fois. Ce sont des enjeux extrêmement importants.
Je signale, pour la gouverne des témoins, que si vous n'avez pas terminé ce que vous vouliez dire, tout document écrit que vous avez peut-être envoyé au greffier du Comité, et il fera partie du compte rendu du Comité. Ce ne sera donc pas perdu.
Sur ce, nous allons commencer notre série de questions de six minutes. Ce sera M. Paul-Hus, pour six minutes, M. Fergus, Mme Michaud et M. Harris.
Monsieur Paul-Hus, vous avez la parole pour six minutes.
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CPC (QC)
Mr. Chair, Mr. Vidal will speak first.
Monsieur le président, c'est M. Vidal qui va d'abord prendre la parole.
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Lib. (ON)
Okay, we'll have Mr. Vidal.
D'accord, nous allons passer à M. Vidal.
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CPC (SK)
Thank you, Mr. Chair.
Mr. Anandasangaree said this morning that a number of the people sitting on this committee today are members of INAN. Over the last several months, we've been doing a study on the government's response to COVID-19, and one of the things we've talked about is the supports for indigenous people who do not live on reserves, those who live in urban centres. We've done a bunch of discussion around the work of the National Association of Friendship Centres and some other groups that serve urban indigenous populations.
In that context, my question is for Madame Michel.
Would you agree that, in the context of that percentage of indigenous people living off reserve in urban centres, declaring first nation policing as an essential service may not represent the needs of that population as well as it would for some of the people who live out in the reserve settings?
Merci, monsieur le président.
M. Anandasangaree a dit, ce matin, qu'un certain nombre de personnes qui siègent au Comité aujourd'hui sont membres du comité des affaires autochtones. Au cours des derniers mois, nous avons mené une étude sur la réponse du gouvernement à la pandémie de COVID-19, et l'un des sujets dont nous avons parlé est le soutien aux Autochtones qui ne vivent non pas dans les réserves, mais dans les centres urbains. Nous avons beaucoup discuté du travail de l'Association nationale des centres d'amitié et d'autres groupes qui desservent les populations autochtones urbaines.
Dans ce contexte, ma question s'adresse à Mme Michel.
Seriez-vous d'accord pour dire qu'étant donné le pourcentage d'Autochtones vivant hors réserve, dans les centres urbains, le fait de déclarer que les services de police des Premières Nations constituent un service essentiel ne répond peut-être pas aux besoins de cette population aussi bien qu'à ceux de certaines des personnes vivant dans les réserves?
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:27
Are you speaking to me?
Vous adressez-vous à moi?
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Lib. (ON)
Is it for Madame Michel?
Est-ce pour Mme Michel?
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CPC (SK)
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:27
Look, I totally agree, but we still need to improve the judicial system. Police forces play a key role in racial profiling, in arresting people, in abusing their authority.
The police are doing things that are truly unacceptable. For example, in Montreal, after a long negotiation with a counsellor on site, a woman in psychological distress finally agreed to call an ambulance because she was in the midst of a suicidal crisis. So we called 911. However, 17 police officers and the dog squad were sent. That is crazy! That is really crazy! It was a woman in psychological distress; it was not a woman threatening to kill someone. I think this situation is really a concrete example of racism, discrimination and racial profiling.
There is much to be done to improve the police system, especially in cases like this. The Armony report says that in big cities, aboriginal women are stopped 11 times more often than white women. For no reason, just because they have the profile of aboriginal women. Is that not systemic discrimination and racism? It is blatant.
We can train these people, but I think that if we do not want to be a good police officer and protect citizens, we have to do something else for a living. Our aboriginal women need protection. Our women need to be safe, to be able to walk around in safety, which is not the case, all around, whether inside or outside.
I think Mr. Picard is going to talk to you about the differences between aboriginal police officers and city police officers, because there’s a big gap in funding. So I’m not going to talk about that; rather, I’m going to talk about the impact this has on aboriginal women.
Écoutez, je suis tout à fait d'accord, mais on doit quand même améliorer le système judiciaire. Les services policiers jouent un rôle de premier plan en faisant du profilage racial, en faisant de l'interpellation, en faisant justement des abus de pouvoir.
Elle pose des gestes vraiment inacceptables. Par exemple, à Montréal, une femme en détresse psychologique, à la suite d'une longue négociation avec un intervenant sur place, a finalement accepté qu'on appelle une ambulance parce qu'elle était en pleine crise suicidaire. On a donc composé le 911. Or on a envoyé 17 policiers et l'escouade canine. C'est fou! C'est vraiment fou! C'était une femme en détresse psychologique; ce n'était pas une femme qui menaçait de tuer quelqu'un. Je pense que cette situation est vraiment un exemple concret de racisme, de discrimination et de profilage racial.
Il y a beaucoup à faire pour améliorer le système policier, surtout dans des cas de ce genre. Dans le rapport Armony, on dit que 11 fois plus de femmes autochtones que de femmes blanches se font interpeller dans les grandes villes. Comme cela, sans raison, seulement parce qu'elles ont le profil de femmes autochtones. N'est-ce pas de la discrimination et du racisme systémiques? C'est flagrant.
On aura beau former ces gens, mais je pense que si on ne veut pas être un bon policier pour protéger les citoyens, il faut faire un autre métier que celui-là. Nos femmes autochtones ont besoin de protection. Nos femmes ont besoin d'être sécurisées, de pouvoir se promener en sécurité, ce qui n'est pas le cas, un peu partout, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur.
Je pense que M. Picard va justement vous parler des différences entre les policiers autochtones et les policiers de la ville parce qu'il y a un grand écart quant au financement. Je n'aborderai donc pas ce sujet, je vais plutôt parler de l'impact que cela a sur les femmes autochtones.
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CPC (SK)
Thank you, Madame Michel.
I'm going to follow up with another question for you. I think there's a great difference as well between the needs of indigenous women in very large centres and those in some of the small and medium-sized communities throughout Quebec, and also Canada. Sometimes we forget the realities of some of the smaller urban centres. Again, they don't fall in that on-reserve category, but they're not in the large cities either.
Would you speak to some of the solutions that you maybe would suggest for people who live in those small and medium-sized communities as well?
Merci, madame Michel.
Je vais poursuivre avec une autre question pour vous. Je pense qu'il y a aussi une grande différence entre les besoins des femmes autochtones, d'une part dans les très grandes villes et d'autre part, dans certaines des petites et moyennes collectivités du Québec, et aussi du Canada. Nous oublions parfois les réalités de certains petits centres urbains. Encore une fois, ce ne sont pas les mêmes que dans les réserves, mais ce ne sont pas non plus les mêmes que dans les grandes villes.
Pourriez-vous nous parler de certaines des solutions que vous suggéreriez peut-être pour les gens qui vivent dans ces petites et moyennes collectivités également?
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:30
I’d be happy to tell you about it. You may know that at Quebec Native Women, we do a lot of public education. For example, the word "reserve" has not been around for decades; we now talk about the "community,” and I am simply telling you this to give you this wonderful lesson. It is a community.
Within the communities, there is obviously a great deal to be done. In cases of conjugal violence, for example, we are very much being asked to denounce it. One of the problems we can encounter in cases of conjugal violence or family violence is that there are times when the aboriginal police officer is the aggressor’s brother. We all know each other in a community. You can see where that can lead us.
We don’t have a lot of police officers. I know Mr. Picard will tell you all about it. At the same time, the ties of kinship and acquaintance are very strong. Everybody knows each other, and sometimes, the victim doesn’t even want to file a complaint because the police officer is the brother of her attacker, of her husband and so on. These are difficulties that are found within communities. Moreover, in Quebec, we have 54 communities, and not all of them have their own aboriginal police force.
Recently, I saw a report from a Mohawk nation that had a Mohawk police force. According to that report, for years, there were no deaths, no killings committed by them in their community. I think that’s a good example that shows—
Je vais vous en parler avec plaisir. Vous savez peut-être que, à Femmes Autochtones Québec, on fait beaucoup d'éducation populaire. Par exemple, le mot « réserve » n'existe plus depuis des décennies; on parle maintenant de « communauté », je vous le dis simplement pour vous donner ce bel enseignement. C'est une communauté.
À l'intérieur des communautés, il y a évidemment beaucoup à faire. Dans les cas de violence conjugale, par exemple, on nous demande beaucoup de faire de la dénonciation. Or l'un des problèmes que l'on peut rencontrer en cas de violence conjugale ou de violence familiale, c'est que le policier autochtone est parfois le frère de l'agresseur. On se connaît tous, dans une communauté. Vous voyez où cela peut nous mener.
Nous n'avons pas beaucoup de policiers. Je sais que M. Picard va vous en parler. En même temps, les liens de parenté et de connaissance sont très forts. Tout le monde se connaît, et, parfois, la victime ne veut même pas porter plainte parce que le policier est le frère de son agresseur, de son mari et ainsi de suite. Ce sont des difficultés que l'on trouve à l'intérieur des communautés. Par ailleurs, au Québec, nous avons 54 communautés, et toutes ces communautés n'ont pas leur corps de policiers autochtones.
Récemment, j'ai vu un rapport d'une nation mohawk dont la force policière était mohawk. Selon ce rapport, pendant des années, il n'y a eu aucun mort, aucune tuerie de leur part dans leur communauté. Je pense que c'est un bel exemple, qui permet de voir...
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Lib. (ON)
Unfortunately, we are going to have to leave it there again. It seems to fall to me to interrupt you, Madame Michel, which is not a favourite thing of mine to do.
Mr. Vidal's time is up.
We are now on to Madame Damoff for six minutes, please.
Malheureusement, nous allons devoir nous arrêter là. On dirait que je dois toujours vous interrompre, madame Michel, mais c'est à mon grand regret.
Le temps de M. Vidal est écoulé.
Nous passons maintenant à Mme Damoff pour six minutes, s'il vous plaît.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Thank you, Chair.
Thank you to all of our witnesses for appearing today. I'm not going to have time to ask all of you questions, but I'm going to start with Quebec Native Women.
Indigenous women face unique challenges when it comes to policing. There is a lack of resources. Indigenous women are the fastest-growing prison population in Canada. It's appalling. There is a lack of resources for them. Sometimes police are not necessarily the right ones to be responding to calls. I'm wondering if you could provide the committee, in writing, your recommendations for concrete actions we could take on that.
My specific question is this. Earlier, we had the head of the complaints commission from the RCMP appear. I'm wondering if the indigenous women who you serve file complaints against the RCMP, and if not, why not?
Merci, monsieur le président.
Merci à tous nos témoins d'être venus aujourd'hui. Je n'aurai pas le temps de vous poser des questions à tous, mais je vais commencer par Femmes autochtones du Québec.
Les femmes autochtones font face à des défis uniques en matière de services policiers. Il y a un manque de ressources. Les femmes autochtones constituent la population carcérale qui croît le plus rapidement au Canada. C'est consternant. Il n'y a pas suffisamment de ressources pour elles. Parfois, la police n'est pas nécessairement la mieux placée pour répondre aux appels. Je me demande si vous pourriez fournir au Comité, par écrit, vos recommandations sur les mesures concrètes que nous pourrions prendre à cet égard.
Ma question est la suivante. Plus tôt, nous avons reçu le président de la Commission des plaintes du public contre la GRC. Je me demande si les femmes autochtones que vous servez déposent des plaintes contre la GRC, et dans la négative, pourquoi ne le font-elles pas?
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:33
That’s a relevant question, thank you.
In terms of the recommendations, we sent you the document I read earlier. In addition, we are going to send you the two briefs we have tabled, that is, the brief we tabled to the National Inquiry on Missing and Murdered Aboriginal Women and the brief we tabled to the Public Inquiry Commission on relations between Indigenous Peoples and certain public services in Quebec. Both briefs are accompanied by recommendations. The failing justice system really is Quebec Native Women’s hobby horse.
Ms. Damoff, as far as the RCMP is concerned, given everything we’re going through, we have a great lack of confidence in the justice system.
As an aboriginal organization, our challenge is to find a way to enable our women to regain confidence in the justice system after all we have been through.
We are going to talk about what happened in 2015 and police brutality in Val-d’Or. Indeed, we are going to talk about the missing and murdered aboriginal women.
C'est une question pertinente, je vous remercie.
Pour ce qui est des recommandations, nous vous avons envoyé le document que j'ai lu tout à l'heure. De plus, nous allons vous envoyer les deux mémoires que nous avons déposés, c'est-à-dire le mémoire que nous avons déposé à l'Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées et celui que nous avons déposé à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, la CERP. Ces deux mémoires sont accompagnés de recommandations. Le dada de Femmes autochtones du Québec est vraiment le système judiciaire défaillant.
Madame Damoff, pour ce qui est de la GRC, compte tenu de tout ce que nous sommes en train de vivre, nous avons un grand manque de confiance envers le système judiciaire.
En tant qu'organisation autochtone, notre défi est de trouver comment nous allons permettre à nos femmes de faire à nouveau confiance au système de justice, à la suite de tout ce que nous avons vécu.
Nous allons parler de ce qui s'est passé en 2015 et de la brutalité policière à Val-d'Or. Nous allons justement parler des femmes autochtones disparues et assassinées.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Madame Michel, I'm sorry to interrupt you. I have limited time.
Do they file complaints, though? If they're not filing complaints, why are they not filing complaints?
Madame Michel, je suis désolée de vous interrompre. Mon temps est limité.
Déposent-elles des plaintes? Si elles n'en déposent pas, pourquoi ne le font-elles pas?
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:35
They don’t file complaints because they’re afraid. It’s the battle between David and Goliath. They’re dealing with a big machine and a long process to file a complaint.
As an organization, we have just filed a complaint with the Canadian Human Rights Commission regarding the woman in square Cabot and the 17 police officers. As an organization that defends women, we have the right to file a complaint against the police officers who acted in this way, which is unacceptable.
Elles ne déposent pas de plainte, parce qu'elles ont peur. C'est la bataille entre David et Goliath. C'est une grosse machine et c'est un long processus de déposer une plainte.
En tant qu'organisation, nous venons de déposer une plainte à la Commission canadienne des droits de la personne concernant la femme du square Cabot et les 17 policiers. Ainsi, en tant qu'organisation se portant à la défense des femmes, nous avons le droit de déposer une plainte contre les policiers qui ont agi de cette façon, qui est inacceptable.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
Thank you, Madame Michel.
We heard earlier that there were only 76 complaints that had to do with racism, and I suspect it's because the complaints aren't filed, as opposed to there not being more issues involved.
Mr. Vil, first I want to commend you for your work. Joel Lightbound, the parliamentary secretary for public safety, who couldn't join us today, has spoken very highly of the work you do.
One of the things that concern me is that in Canada it costs $100,000 a year to incarcerate an offender. That doesn't even include the other costs involved in the criminal justice system, policing and the court costs. We've put an awful lot of money into the back end, when someone reaches the criminal justice system, but very little money into the preventative work, like the work that you do in the community.
I'm just wondering if you can speak to the importance of that front-end investment and whether we should be putting more money into proactive programs to divert youth from coming into contact with the criminal justice system, versus spending all of this money once they come into contact with the criminal justice system.
Merci, madame Michel.
Nous avons entendu dire plus tôt que seulement 76 plaintes concernaient le racisme. Je soupçonne que c'est parce qu'on ne porte pas plainte, plutôt que parce qu'il n'y a pas plus d'incidents.
Monsieur Vil, je veux d'abord vous féliciter pour votre travail. Joel Lightbound, le secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, qui n'a pas pu se joindre à nous aujourd'hui, a parlé en termes très élogieux du travail que vous faites.
L'une des choses qui me préoccupent, c'est qu'au Canada, l'incarcération d'un délinquant coûte 100 000 $ par année. Cela ne comprend même pas les autres coûts liés au système de justice pénale, aux services de police et aux tribunaux. Nous avons investi beaucoup d'argent en aval, lorsque quelqu'un se retrouve dans le système de justice pénale, mais très peu dans le travail de prévention, comme celui que vous faites dans la collectivité.
Je me demande si vous pouvez parler de l'importance de cet investissement initial et si nous devrions investir davantage dans des programmes proactifs pour éviter que les jeunes aient maille à partir avec le système de justice pénale au lieu de dépenser tout cet argent une fois qu'ils y sont confrontés.
Fabrice Vil
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Fabrice Vil
2020-07-24 14:36
Thank you for your question.
I’m going to talk briefly about part of my work. I founded an organization called “Pour 3 Points.” It trains coaches who work with young people, particularly young people from disadvantaged backgrounds who, in Montreal, are largely racialized youth.
First of all, I think it is indeed relevant to go beyond the justice system to look more broadly at how our public policies translate into programs and invest in our communities to prevent, as you mentioned, young people from coming into contact with the justice system. So it seems obvious to me that we need to invest in community health and education, whether at the provincial or federal level.
However, beyond that, we must ask ourselves how to reallocate funds that are invested in police forces to serve other services. We hear a lot of talk about cutting police funding. This is not an aberration. Indeed, every year, at the municipal, provincial and federal levels, our budgets in education, transportation and all other areas are called into question. Yet they never question the funding allocated to the police. In Montreal alone, if I am not mistaken, the SPVM’s budget has increased significantly and represents $665 million annually, or 11% of the City of Montreal’s budget.
That said, aboriginal women in Montreal are questioned 11 times more often than white women. Ms. Michel can correct me if I’m wrong. So we have to ask ourselves why we are giving public funds to allow the police to intervene. That is where we have to ask ourselves whether we can reallocate these funds to community workers so they can intervene when there is a problem.
Right now, there is a debate about body cameras. In fact, the cameras have shown that they have no effect on the level of violence in interventions. We’re still going to invest money in—
Je vous remercie de votre question.
Je vais parler brièvement d'une partie de mon travail. J'ai fondé une organisation qui s'appelle « Pour 3 Points ». Elle forme des entraîneurs qui interviennent auprès des jeunes, particulièrement des jeunes en milieu défavorisé qui, à Montréal, sont largement des jeunes racisés.
Premièrement, je pense qu'il est effectivement pertinent d'observer de façon plus large, au-delà du système de justice, comment nos politiques publiques se traduisent en programmes et investissent dans nos communautés pour éviter, comme vous l'avez mentionné, que les jeunes se retrouvent en contact avec le système de justice. Il m'apparaît donc évident qu'il faut investir en santé communautaire et en éducation, que ce soit au niveau provincial ou fédéral.
Cependant, au-delà de cela, il faut se demander comment réallouer des fonds qui sont investis dans les corps policiers au service d'autres services. On entend beaucoup parler de couper dans le financement de la police. Cette question n'est pas une aberration. En effet, annuellement, au municipal, au provincial et au fédéral, on remet en question nos budgets en éducation, en transport et dans tous les domaines. Or on ne remet jamais en question le financement alloué à la police. À Montréal seulement, si je ne me trompe pas, le budget de la SPVM a augmenté de façon significative et représente 665 millions de dollars annuellement, soit 11 % du budget de la Ville de Montréal.
Cela dit, les femmes autochtones à Montréal sont interpellées 11 fois plus souvent que les femmes blanches. Mme Michel pourra me le dire si je fais erreur. Il faut donc se demander pourquoi on donne des fonds publics pour permettre aux policiers d'intervenir. C'est là qu'on doit se demander si on peut réallouer ces fonds à des intervenants communautaires quand il y a un problème.
En ce moment, il y a un débat au sujet des caméras d'intervention. En fait, les caméras ont démontré qu'elles n'avaient aucun effet sur le niveau de violence des interventions. On va encore investir de l'argent dans...
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Unfortunately, we're going to have to.... I seem to be having to cut people off, which I really find frustrating. It's the end of Madame Damoff's time. Again, I apologize.
With that, I'm going to ask Madame Michaud for her six minutes, please.
Malheureusement, nous allons devoir... Je crains d'avoir à vous interrompre, ce que je trouve vraiment frustrant. C'est la fin du temps de parole de Mme Damoff. Excusez-moi, encore une fois.
Sur ce, je vais demander à Mme Michaud de prendre ses six minutes, s'il vous plaît.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Thank you, Mr. Chair.
I thank all the witnesses for their testimony.
I’m going to address Mr. Vil, whom I want to congratulate for the work he is doing with “Pour 3 Points” and in Briser le code, which was directed by Nicolas Houde-Sauvé. I think there’s a lot of work being done in the community right now, at least in Quebec.
So I’m going to give you the opportunity to finish what you were saying, Mr. Vil. In fact, you’re talking about racism in a way that differs from what we’ve been hearing since the beginning of our proceedings. You’re talking about a multifactorial crisis for which we are all responsible, which I think is important.
In fact, a lot of it comes back to the fact that more training needs to be done with police officers, or at least better training.
In your opinion, how should the issue of racism be addressed in police training?
Merci, monsieur le président.
Je remercie tous les témoins de leur témoignage.
Je vais m'adresser à M. Vil, que je veux féliciter pour le travail qu'il fait avec « Pour 3 Points » et dans Briser le code, qui a été réalisé par Nicolas Houde-Sauvé. Je pense qu'un travail important est fait dans la communauté en ce moment, du moins au Québec.
Je vais donc vous donner l'occasion de terminer ce que vous disiez, monsieur Vil. En fait, vous parlez du racisme d'une façon différente de celle que l'on entend depuis le début de nos travaux. Vous parlez d'une crise multifactorielle dont nous sommes tous et toutes responsables, ce que je trouve important.
En fait, ce qui revient beaucoup, c'est qu'il faut faire plus de formation auprès des policiers ou de la meilleure formation, du moins.
Selon vous, de quelle façon faudrait-il aborder la question du racisme dans les formations offertes aux policiers?
Fabrice Vil
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Fabrice Vil
2020-07-24 14:40
First of all, thank you for your kind words and for giving me the opportunity to add to what I was saying.
In fact, we are adding solutions that require larger budgets, when they are not effective. To answer the question I was asked, reinvestment in community workers, in the fight against drug addiction and in urban planning will, in my opinion, make it possible to do prevention.
Now, there’s a lot of talk now about training on unconscious bias, among other things. This training is, to some extent, relevant, but, given the repressive impact of the police, I think we need to go a little further, as Ms. Michel was saying. We cannot rely solely on training. So I will not get involved as a police training expert. However, in the United Kingdom, for example, police officers who conduct street checks do not carry weapons. Could we explore this possibility in Canada and reserve weapons for emergency response units, which, where warranted, will carry a weapon? That would have prevented the deaths of people like Nicholas Gibbs, Pierre Coriolan or Alain Magloire, who were killed at close range with a rifle or other weapons, such as clubs.
Disarming the police in this context seems important to me. I have already had a conversation with a police officer about this. He told me that we need to understand the stress a police officer feels when he is holding a gun and feels threatened. Well, if he’s too stressed, let’s take his gun away from him. I think we have to consider that elsewhere in the world, people have found other ways of interacting, and that’s where I think we need to go beyond training. How could the funding allocated to the police be allocated to other types of interventions? That’s where I think we really have something important to do.
D'abord, je vous remercie de vos bons mots et de me donner l'occasion de compléter ce que je disais.
En fait, on ajoute des solutions qui demandent des budgets plus importants, alors qu'elles ne sont pas efficaces. Pour répondre à la question qui m'a été posée, des réinvestissements dans les intervenants communautaires, dans la lutte contre la toxicomanie et dans l'urbanisme vont permettre, selon moi, de faire de la prévention.
Maintenant, on parle beaucoup de formation sur les biais inconscients, entre autres. Ces formations sont, dans une certaine mesure, pertinentes, mais, compte tenu de l'impact répressif de la police, je pense que nous devons aller un peu plus loin, comme le disait Mme Michel. On ne peut pas compter uniquement sur les formations. Je ne m'investirai donc pas comme expert de formation de la police. Cependant, par exemple, au Royaume-Uni, les policiers de routine ne portent pas d'arme. Pourrions-nous explorer cette possibilité au Canada et réserver les armes aux groupes tactiques d'intervention, qui, dans les cas où c'est justifié, auront une arme? Cela aurait évité la mort de gens comme Nicholas Gibbs, Pierre Coriolan ou Alain Magloire, qui ont été tués à bout portant avec un fusil ou encore avec d'autres armes, comme des matraques.
Le désarmement de la police dans ce contexte m'apparaît important. J'ai déjà eu une conversation avec un policier à ce sujet. Il me disait qu'il fallait comprendre le stress d'un policier quand il tient son fusil et qu'il se sent menacé. Eh bien, s'il est trop stressé, enlevons-lui son arme. Je pense qu'il faut considérer qu'ailleurs dans le monde, on a trouvé d'autres manières d'interagir, et c'est là, selon moi, que nous devons aller au-delà de la formation. Comment les fonds alloués à la police pourraient-ils être attribués à d'autres types d'interventions? C'est là, je crois, qu'on a vraiment quelque chose d'important à faire.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
What you’re saying is very interesting. You are the first to mention this since the beginning of our study. Thank you.
I know you’re doing a job—
Ce que vous dites est très intéressant. Vous êtes le premier à mentionner cela, depuis le début de nos travaux. Je vous remercie.
Je sais que vous faites un travail...
Fabrice Vil
View Fabrice Vil Profile
Fabrice Vil
2020-07-24 14:42
I’m sorry to interrupt you.
I’ll mention one thing. All I’m doing right now is raising the issue with you. I hope other people will. Many people advocate for reduced police funding. Sometimes, these people are perceived as not being sufficiently credible to testify before you, even though the substance of what they’re saying is essential.
I’ll stop here.
Je m'excuse de vous interrompre.
Je vais mentionner une chose. Tout ce que je fais présentement, c'est d'apporter la question devant vous. J'espère que d'autres personnes le feront. Il existe tous les mouvements visant à réduire le financement de la police. Parfois, ces gens sont vus comme n'ayant pas la crédibilité nécessaire pour être devant vous, alors que le fond de leurs propos est essentiel.
Je m'arrête ici.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Thank you.
You are doing important work, especially with young people. I will try to pass it on even more via social media, because I can then reach out to another generation. I think that's important.
In specific terms, what would you say to a young white male, in a privileged situation, let's say, seeking to join the police force and who might end up finding himself in a position of power or authority where he could abuse it?
Je vous remercie.
Vous faites un travail important, surtout auprès des jeunes. Je vais essayer de le relayer encore plus sur mes réseaux sociaux, parce que je rejoins une autre génération de cette façon. Je trouve cela important.
Justement, que diriez-vous à un jeune Blanc, qui est dans une situation de privilège, disons-le, qui voudrait s'enrôler dans la police et qui pourrait se retrouver dans une situation de pouvoir ou d'autorité où il pourrait en abuser?
Fabrice Vil
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Fabrice Vil
2020-07-24 14:43
Your question deals with the extent of systemic racism, which goes beyond the police forces. It is not for me today to tell white children who want to become police officers what to do. It is up to elementary and secondary school educators to teach young people what racism is, to tell them about Canada's colonial history, and to ensure that the concept of racism becomes an issue taught in our communities. It is also up to our institutions to ensure that our media stop broadcasting information that conveys racist prejudices. If I had to pass a message on to white children today, I would have nothing to say to them.
My message is for their parents, who are people in positions of power, and to people like you, for example, judges, teachers and hospital staff. What are those people doing to ensure that systems are created and public policies are put in place to make sure that discrimination stops?
Today, Ms. Michel said that the Indian Act is fundamentally racist. How many times does she have to say that? This is not the first time she has said it. When are you, yes, you, going to repeal this act?
Children are the result of what you, collectively, are giving them. The question remains: with what power will we confront racism issues?
Votre question touche l'ampleur du racisme systémique, qui va au-delà des corps policiers. Ce n'est pas à moi, aujourd'hui, de dire quoi faire à des enfants blancs qui veulent devenir policiers. Ce sont les éducateurs du primaire et du secondaire qui doivent enseigner aux jeunes ce qu'est le racisme, leur parler de l'histoire coloniale du Canada et faire en sorte que la notion de racisme devienne un enjeu enseigné dans nos milieux. Il appartient aussi à nos institutions de faire en sorte que nos médias cessent de transmettre des informations qui véhiculent des préjugés racistes. Si, aujourd'hui, j'avais à envoyer un message aux enfants blancs, je n'aurais rien à leur dire.
Mon message s'adresse aux parents, qui sont des personnes en situation de pouvoir et, par exemple, à des gens comme vous, des juges, des enseignants ou du personnel des hôpitaux. Que font ces gens pour faire en sorte de créer des systèmes et mettre en place des politiques publiques afin de s'assurer que la discrimination cesse?
Mme Michel a dit aujourd'hui que la Loi sur les Indiens était éminemment raciste. Combien de fois devra-t-elle le dire? Ce n'est pas la première fois qu'elle le dit. Quand allez-vous, vous, abroger cette loi?
Les enfants sont le résultat de ce que vous, collectivement, leur offrez. La question demeure la suivante. Avec quelle puissance allons-nous confronter les enjeux liés au racisme?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Okay, I'm going to have to intervene once again.
I'm sorry, Madame Michaud, but your time is up.
With that, we have Mr. Harris for six minutes, please.
Bien. Je vais devoir intervenir encore une fois.
Je suis désolé, madame Michaud, mais votre temps est écoulé.
Sur ce, la parole est à M. Harris pour six minutes.
View Jack Harris Profile
NDP (NL)
Thank you, Chair.
My first question is for Madame Michel.
You mentioned in your response to a question the situation in Val-d'Or that led to the CERP inquiry. In a letter to Minister Marc Miller in June, this is referenced and talked about, abuses in Val-d'Or, including by police officers, including sexual abuses, intimidation, excessive force and something called “starlight tours”.
I've heard that expression used before in western Canada in relation to police officers bringing an inebriated indigenous person outside of the town and leaving them, regardless of the weather. Is that referring to the same thing or is that something else? I had not heard of it happening outside of this particular situation in Saskatoon.
Merci, monsieur le président.
Ma première question s'adresse à Mme Michel.
Vous avez mentionné, dans votre réponse à une question, la situation à Val-d'Or qui a mené à l'enquête de la CERP. Dans une lettre adressée au ministre Marc Miller, en juin, il est question d'abus commis à Val-d'Or, notamment par des policiers, tels que des abus sexuels, de l'intimidation, l'usage d'une force excessive et ce qu'on appelle la « cure géographique ».
J'en ai déjà entendu parler, dans l'Ouest du Canada, à propos de policiers qui emmènent une personne autochtone en état d'ébriété à l'extérieur de la ville et qui l'abandonnent là, peu importe le temps qu'il fait. Parle-t-on de la même chose ou d'autre chose? Je n'avais pas entendu dire que cela se passait à l'extérieur de Saskatoon.
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:46
Thank you, Mr. Chair.
I will be pleased to comment on that.
In 2015, Anishinabe women, that is to say Algonquin women in the Val-d'Or region, made some major allegations. They spoke out against police brutality, which includes sexual assault, physical force and the “starlight tour,” as you called it.
The “geographical cure,” as we call it, is the arrest of indigenous women who are intoxicated. They take them miles away in the middle of winter and let them walk back. That is the “geographical cure.” They do it just like that, perhaps for fun. I don't know.
So those women spoke out in 2015. Thirty-seven cases were opened. However, following our request for investigations, out of those 37 cases entrusted to the independent investigations office (BEI), only two were pursued.
Those two files involved an indigenous police officer who worked in the far north and a non-indigneous police officer who has now committed suicide. However, there was no investigation into the other police officers, who were from the Sûreté du Québec. That means that no case was ever investigated.
Is that right? I am asking the question.
On May 3, in Montreal, a woman in psychological distress cried out for help. There was a long negotiation with an indigenous street worker, and she finally agreed to call 911 to ask for an ambulance. Instead of an ambulance, 17 police officers arrived with the canine unit.
Are those not concrete examples of systemic discrimination and racism? I believe they are.
We also talk about racial profiling, because when you call 911, you have to describe who is asking for help. In this case, with an intoxicated indigenous woman who was in psychological distress, the police came.
Je vous remercie, monsieur le président.
Je vais commenter cela avec plaisir.
En 2015, il y a eu les grandes dénonciations des femmes anishinabes, c'est-à-dire des femmes algonquines de la région de Val-d'Or. Elles ont dénoncé la brutalité policière, ce qui inclut les agressions sexuelles, la force physique et la « cure géographique ».
La « cure géographique » est l'interpellation des femmes autochtones en état d'ébriété. Ils les emmènent à des kilomètres en plein hiver et ils les laissent revenir à pied. C'est ce qu'on appelle la « cure géographique ». Ils le font juste comme cela, peut-être par plaisir. Je ne le sais pas.
Ces femmes ont donc fait des dénonciations en 2015. Il y a eu l'ouverture de 37 dossiers. Or, à la suite de notre demande d'enquêtes, sur ces 37 dossiers confiés au Bureau des enquêtes indépendantes, le BEI, seulement deux dossiers ont été retenus.
Ces deux dossiers concernaient un policier autochtone qui a travaillé dans le Grand Nord et un policier non autochtone, qui s'est maintenant suicidé. Cependant, sur les autres policiers, qui étaient de la Sûreté du Québec, il n'y a eu aucune enquête. Ce qui veut dire qu'aucun dossier n'a été retenu.
Est-ce normal? Je lance la question.
Le 3 mai dernier, à Montréal, une femme crie, en détresse psychologique, a crié, demandant de l'aide. Il y a eu une longue négociation avec un intervenant autochtone de rue, et elle a finalement accepté que l’on compose le 911 pour demander une ambulance. Au lieu d'une ambulance, ce sont 17 policiers qui ont débarqué avec la brigade canine.
Ne sont-ce pas des exemples concrets de discrimination et de racisme systémique? Je crois que oui.
On parle aussi de profilage racial, parce que lorsqu'on compose le 911, on doit décrire qui demande de l'aide. C'était une femme autochtone en détresse psychologique et en état d'ébriété. Dans ce cas-ci, la police s'est déplacée.
View Jack Harris Profile
NDP (NL)
Thank you. I appreciate that. I read about the issue regarding the 17 police officers showing up in Montreal as well, and I note that you're unhappy with the results of the CERP study.
Can I ask you and perhaps Professor Lashley to answer this? One of the recommendations, the calls for justice, of the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls talks about the establishment of indigenous civilian organizations to provide oversight on policing across jurisdictions.
Can you tell us how you would see that happening, Madame Michel, and perhaps Professor Lashley, if there's time? How would that oversight take place, and in what practical way?
Merci. Je comprends cela. J'ai lu quelque chose au sujet des 17 policiers qui ont débarqué à Montréal également, et je remarque que vous êtes insatisfaite des résultats de l'étude de la CERP.
Puis-je vous demander, à vous et peut-être à Mme Lashley, de répondre à cette question? L'une des recommandations, les appels à la justice, de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées parle de la création d'organisations civiles autochtones pour assurer la surveillance des services de police dans toutes les administrations.
Pouvez-vous nous dire comment cela pourrait se faire, madame Michel, et peut-être vous aussi, madame Lashley, s'il reste du temps? Comment cette surveillance se ferait-elle et de quelle façon pratique?
Viviane Michel
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Viviane Michel
2020-07-24 14:50
Clearly, when a call is made for psychological distress, the police should not respond. Social services, social workers should have been the ones helping that woman. Why call the police? It was not an assault.
Action must also be taken with regard to the police, given everything that has been reported. The so-called disciplinary measures are not being applied to the police. Actually, the state, that is the government, does not want to get involved in union wars. It is better to close the file fairly quickly because it does not want to start negotiations.
Let's ask ourselves the question. Will brutal police intervention have to be tolerated for longer still?
There are specific values in policing, such as providing security, keeping the peace and protecting citizens in general, which includes all people from all different backgrounds.
For their part, police officers should work on their professional ethics and their code of conduct, which should be more strictly enforced, especially if there are abuses involving brutality. To that end, disciplinary measures should be applied, which is not the case today. The door is therefore left open for those people to exercise their power.
Évidemment, lorsque l'on fait un appel pour détresse psychologique, les policiers ne devraient pas se déplacer. Cela devrait être les services sociaux, des travailleurs sociaux pour venir en aide à cette femme. Pourquoi avoir fait appel à la police? Il ne s'agissait pas d'une agression.
Des mesures doivent être prises aussi concernant la police, en tenant compte de tout ce qu'on a énuméré. Il y a ce qu'on appelle des mesures disciplinaires qui ne sont pas appliquées à la police. En effet, l'État, c'est-à-dire le gouvernement, ne veut pas s'engager dans des guerres de syndicats. C'est mieux de fermer le dossier assez vite parce qu'il n'a pas envie de commencer des négociations.
Posons-nous la question. L'intervention policière brutale devra-t-elle être tolérée encore longtemps?
Le métier de policier comporte des valeurs précises, comme assurer la sécurité, faire régner la paix et protéger les citoyens en général, ce qui inclut tous les peuples de toutes les différentes origines.
De leur côté, les policiers devraient travailler à leur éthique professionnelle et à leur code déontologique, qui devrait être appliqué davantage, surtout, s'il y a des abus impliquant de la brutalité. Pour cela, des mesures disciplinaires devraient être appliquées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. On laisse donc la porte ouverte à ces gens-là afin qu'ils puissent exercer leur pouvoir.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Unfortunately, that runs out Mr. Harris's six minutes. I'm rather hoping that Professor Lashley will be able to weave an answer in at some other point.
With that, we're going to our three-minute round. Mr. Uppal, you have three minutes, please.
Malheureusement, les six minutes de M. Harris sont écoulées. J'espère que Mme Lashley pourra y répondre à un autre moment.
Sur ce, nous allons passer à notre série de questions de trois minutes. Monsieur Uppal, vous avez trois minutes.
View Tim Uppal Profile
CPC (AB)
Thank you, Mr. Chair.
Thank you, witnesses, for your testimony and for adding to our study.
I'll start with Dr. Lashley.
Do you feel that there is enough collaboration between the federal and provincial governments on mental health support?
Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins de leur témoignage et de leur contribution à notre étude.
Je vais commencer par Mme Lashley.
Croyez-vous qu'il y a suffisamment de collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux en matière de soutien en santé mentale?
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 14:52
Thank you very much for the question.
I think it could be better, but I am encouraged that both levels of government are starting to recognize the importance of mental health.
Where I have difficulty is that I don't think the mental health difficulties experienced by people who are undergoing the trauma of racism are clearly understood. Racism is bad for your health. It's bad for your health because people end up with hypertension, coronary vascular disease and tremendous mental health difficulties. The pressure of having to constantly maintain the facade of being okay in order to function within a society where the system—not the people, but the system—is built to be against people of colour is very wearying. Frantz Fanon refers to it as wearing a mask just to get through the day. I don't think that's clearly understood.
Yes, on the surface, there is co-operation, possibly not much as there should be, but people need to understand what the importance of racism is and what it does to the psyche and the physical well-being of the individual.
Merci beaucoup pour cette question.
Je pense que cela pourrait être mieux, mais je trouve encourageant que les deux ordres de gouvernement commencent à reconnaître l'importance de la santé mentale.
Là où j'ai de la difficulté, c'est que je ne pense pas que les problèmes de santé mentale vécus par les gens qui subissent le traumatisme du racisme sont bien compris. Le racisme nuit à votre santé. C'est mauvais pour la santé parce que les gens finissent par souffrir d'hypertension, de coronaropathie et de graves problèmes de santé mentale. Il est très fatigant de devoir constamment faire semblant de bien aller pour fonctionner dans une société où le système — pas les gens, mais le système — est conçu pour être contre les gens de couleur. Selon Frantz Fanon, c'est porter un masque juste pour pouvoir aller jusqu'au bout de sa journée. Je ne pense pas que ce soit bien compris.
Oui, à première vue, il y a de la coopération, peut-être pas autant qu'il le faudrait, mais les gens doivent comprendre l'importance du racisme et ce qu'il fait à la psyché et au bien-être physique de la personne.
View Tim Uppal Profile
CPC (AB)
Thank you.
We hear a lot when the incidents happen, and you hear it on the news, but what is the prevalence of suicides in the cases of police interventions? Have you looked into that?
Merci.
Nous entendons beaucoup parler des incidents, et vous en entendez parler aux nouvelles, mais quelle est la prévalence des suicides dans les cas d'intervention policière? Avez-vous examiné cette question?
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 14:54
No, I haven't. I've looked at other aspects of police interventions and police-citizen relationship, but I haven't looked at the incidence of suicide.
What I can tell you is that high anxiety levels and no way to cope with them, as well as things like fear and depression, which is one of the outgrowths of racism, can result in suicidal ideation and suicidal events. However, I do not know and cannot answer your question directly. I do not have the answer.
Non, je ne l'ai pas fait. J'ai examiné d'autres aspects des interventions policières et de la relation entre la police et les citoyens, mais je n'ai pas examiné l'incidence du suicide.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'un haut niveau d'anxiété sans aucun moyen de le gérer, ainsi que des choses comme la peur et la dépression, qui est l'un des résultats du racisme, peuvent entraîner des idées et des actes suicidaires. Cependant, je ne sais pas et je ne peux pas répondre directement à votre question. Je n'ai pas la réponse.
View Tim Uppal Profile
CPC (AB)
Another part of.... On the collection of data on racial discrimination in the police, is there a challenge in gathering data from all these separate police departments working separately? What can we do to address this?
Une autre partie de... En ce qui concerne la collecte de données sur la discrimination raciale au sein de la police, est-il difficile de recueillir ces données auprès de tous ces services de police distincts qui travaillent séparément? Que pouvons-nous faire pour régler ce problème?
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 14:55
I can tell you what happened to me when I wrote my report in 2015 for the SPVM. I had difficulty getting the data. There was almost an attitude of “we can't give her this”. I could not enter into their system without their permission, so I was given the data that they allowed me to have. The Armory report, which came out in October—I had one that came out in November—was able to get access to more data, but even they did not get access to all the data.
This comes back to a question that was asked before about civilian oversight. If you had civilian oversight, which would mean a combination of police plus civilians from different communities, I think you would have a better chance of having access to the data. Right now the data is—
Je peux vous dire ce qui m'est arrivé lorsque j'ai rédigé mon rapport, en 2015, pour le SPVM. J'ai eu de la difficulté à obtenir les données. L'attitude des gens était quasiment: « Nous ne pouvons pas lui communiquer cela. » Je ne pouvais pas entrer dans le système des policiers sans leur permission, alors j'ai obtenu les données qu'ils m'ont permis d'avoir. Le rapport Armory, qui a été publié en octobre — j'en avais un qui a été publié en novembre —, a permis d'avoir accès à plus de données, mais même ses auteurs n'ont pas eu accès à toutes les données.
Cela nous ramène à une question qui a été posée plus tôt au sujet de la surveillance civile. Si vous aviez une surveillance civile, c'est-à-dire une combinaison de policiers et de civils de différentes communautés, je pense que vous auriez de meilleures chances d'avoir accès aux données. À l'heure actuelle, les données sont...
View John McKay Profile
Lib. (ON)
I'm so sorry—
Je suis vraiment désolé...
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 14:56
Sorry, Mr. Chair. Thank you.
Désolée, monsieur le président. Merci.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
I have to keep cutting people off because we have the tyranny of time.
Mr. Fergus, you have three minutes, please.
Je dois constamment interrompre les gens, car nous sommes soumis à la tyrannie de l'horloge.
Monsieur Fergus, vous avez trois minutes.
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Lib. (QC)
Thank you very much, Mr. Chair.
I would like to thank all the witnesses at the meeting today for their passionate testimony. I think it's a real privilege for the members of this committee to have such knowledgeable people here.
Ms. Michel, Mr. Vil, I will now ask Ms. Lashley a few questions, but if I get some fairly short answers, I'll be able to ask more.
Ms. Lashley, you pointed out that police forces are made up of members of society and, quoting Sir Robert Peel, you said that, therefore, the police are the public, and the public are the police.
Based on your experience with the Montreal police (SPVM), would you tell me whether police training is a significant part of the answer or whether there is something much deeper?
Merci beaucoup, monsieur le président.
J'aimerais remercier tous les témoins qui participent à la réunion d'aujourd'hui et qui nous livrent des témoignages passionnés. Je pense qu'en accueillant des personnes aussi bien informées, les membres de ce comité sont vraiment choyés.
Madame Michel, monsieur Vil, je vais maintenant poser quelques questions à Mme Lashley, mais, si on me donne des réponses assez courtes, je pourrai en poser davantage.
Madame Lashley, vous avez souligné que les corps policiers étaient composés de membres de la société et, citant sir Robert Peel, vous avez dit que, par conséquent, la police était le public et le public était la police.
En vous fondant sur votre expérience auprès du Service de police de la Ville de Montréal, le SPVM, me diriez-vous si la formation des policiers est une partie significative de la réponse ou s'il s'agit de quelque chose de beaucoup plus profond?
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 14:57
It's something much deeper than that. I don't think we need more training. Honestly, I don't think training is going to change anything. We've done a lot of that. As you may know, I was at John Abbott College. I was the chair of that department. I was the vice-chair of the board of the École nationale de police, and we trained them.
It's not training. We need institutional change; that's what we need. The training is there, but if you put people into a system where the ethos is that it's an us-against-them mentality, the training doesn't matter because they get hooked into that system. They have to work with those people who believe there's a warrior perspective going on. Therefore, I don't think training is the issue. I think we need a fundamental change.
C'est quelque chose de beaucoup plus profond que cela. Je ne pense pas qu'il faudrait plus de formation. En toute franchise, je ne pense pas que la formation changera quoi que ce soit. Nous en avons fait beaucoup. Comme vous le savez peut-être, j'ai été au Collège John Abbott. J'ai dirigé ce département. J'ai été vice-présidente du conseil d'administration de l'École nationale de police, et nous avons formé les policiers.
Ce n'est pas une question de formation. Nous avons besoin d'un changement institutionnel; c'est ce dont nous avons besoin. Il y a de la formation, mais si vous mettez les gens dans un système où règne la mentalité du « nous contre eux », la formation n'a pas d'importance parce qu'ils s'accrochent à ce système. Ils doivent travailler avec ceux qui se croient au milieu d'une bataille. Par conséquent, je ne crois pas que la formation soit le problème. Je pense que nous avons besoin d'un changement fondamental.
View Greg Fergus Profile
Lib. (QC)
Thank you very much, Ms. Lashley.
Mr. Vil, you and Ms. Michel gave two examples of extreme responses to calls that did not require so many police officers. Can you give us two quick and detailed recommendations to help us address the issue of systemic racism?
Je vous remercie beaucoup, madame Lashley.
Monsieur Vil, Mme Michel et vous-même avez présenté deux exemples de réponse extrême à des appels qui ne nécessitaient pas autant de policiers. Pouvez-vous nous faire deux recommandations rapides et détaillées pour que nous puissions nous attaquer au problème du racisme systémique?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Unfortunately, you're going to have to do that in six seconds. I'm not sure how to handle this, because I hate to have to cut off my good friend.
Malheureusement, vous allez devoir le faire en six secondes. Je ne sais pas trop comment m'y prendre, parce que je déteste devoir interrompre mon cher ami.
View Greg Fergus Profile
Lib. (QC)
Mr. Chair, I would then ask Mr. Vil to write his reply. We can't make up answers. It has to be said or written by the witness.
Mr. Vil, could you provide your answer to the clerk so we can take it into account in our report?
Monsieur le président, je demanderais alors à M. Vil de nous écrire sa réponse. Nous ne pouvons pas inventer des réponses. Il faut que le témoin la dise ou l'écrive.
Monsieur Vil, pourriez-vous fournir votre réponse au greffier, afin que nous puissions en tenir compte dans notre rapport?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Okay, Mr. Fergus. Thank you for your co-operation.
Mr. Morrison, you have three minutes, please.
D'accord, monsieur Fergus. Je vous remercie de votre collaboration.
Monsieur Morrison, vous avez trois minutes.
Viviane Michel
View Viviane Michel Profile
Viviane Michel
2020-07-24 14:59
I will be sure to send you the answer in writing.
Disciplinary measures for police would effectively prevent police brutality, systemic racism, racial profiling and stop and search. Disciplinary action is necessary—
Je vais assurément vous envoyer la réponse par écrit.
Les mesures disciplinaires données à la police éviteraient vraiment la brutalité policière et l'exercice du racisme systémique ou du profilage racial ou d'interpellation. Il doit y avoir des mesures disciplinaires...
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Madame Michel, in order to be able to speak, it has to be through the committee chair. We have quaint traditions around here.
Mr. Morrison, please.
Madame Michel, pour pouvoir parler, il faut passer par le président du Comité. Nous avons des traditions pittoresques ici.
Monsieur Morrison, s'il vous plaît.
View Rob Morrison Profile
CPC (BC)
Thank you, Mr. Chair.
Thanks also to all the witnesses today. It has been really informative.
Dr. Lashley, I really liked your introduction with Peel. It's amazing that, 200 years later, we're still talking about that style of policing with community involvement.
My question to you was actually brought up by MP Fergus. I just want to know what you think we could do in short-term initiatives to address systemic racism today.
Merci, monsieur le président.
Je remercie également tous les témoins d'aujourd'hui. Cela a été très instructif.
Madame Lashley, j'ai beaucoup aimé vos remarques concernant Peel. Il est étonnant que, 200 ans plus tard, nous parlions encore de cette façon de faire la police avec la participation de la collectivité.
La question que je vous ai posée a, en fait, été soulevée par M. Fergus. J'aimerais savoir ce que nous pourrions faire à court terme, selon vous, pour lutter contre le racisme systémique aujourd'hui.
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 15:01
Short-term, we have to get police chiefs on board. They have to set the way the rest of the system is going to work. It has to be a top-down approach. They have to get back to understanding that they are, in fact, the public, that they are not warriors.
I think that's a short-term thing. They have to pull them all together, and pull them back to understanding what Peel's principles were, why they are important and why they still apply today. I don't think there's any magic bullet. This is hard work that has to be done.
À court terme, nous devons rallier les chefs de police. Ils doivent établir la façon dont le reste du système va fonctionner. L'approche à adopter doit aller du sommet vers la base. Les policiers doivent comprendre qu'ils sont en fait le public, et non pas des guerriers.
Je pense que c'est un travail à court terme. Les dirigeants doivent rassembler leurs effectifs pour leur faire comprendre les principes de Peel, leur importance et la raison pour laquelle ils s'appliquent encore aujourd'hui. Je ne pense pas qu'il y ait de solution magique. C'est un travail difficile qui doit être fait.
View Rob Morrison Profile
CPC (BC)
I agree. Thank you very much.
Dr. Lashley, I have another question similar to that. It seems that with all the different witnesses we've had, we've come across this: It's hiring the right people for law enforcement, for policing, and diversity and hiring in the different cultures, people who understand and want to be involved with the community.
Do you have any recommendations for us to move forward with, not only for the RCMP but for policing all across Canada, which includes our very rural areas as well?
Je suis d'accord. Merci beaucoup.
Madame Lashley, j'ai une autre question similaire. Ce qui ressort de tous les témoignages que nous avons entendus est, semble-t-il, qu'il s'agit d'embaucher les bonnes personnes pour l'application de la loi, pour le maintien de l'ordre, d'assurer la diversité et d'embaucher, dans les différentes communautés culturelles, des personnes qui comprennent et qui veulent jouer un rôle dans la collectivité.
Avez-vous des recommandations à nous faire pour aller de l'avant, non seulement pour la GRC, mais aussi pour les services de police de tout le Canada, y compris nos régions très rurales?
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 15:02
It's important that they be asked why they want to go into policing. If you cannot ascertain that they're going into policing to proffer a service, they shouldn't be police. If they're going into policing so that they can be in an adversarial position with the public, these are not good police, by definition. The police are the public, and the public are the police.
Someone brought up earlier the fact that if you look at what's going on throughout Europe, especially if you look at the United Kingdom, only in Northern Ireland do you see police carrying weapons, yet they have the same people and they solve the same problems. They have murders, theft, everything.
Mr. Chair, I'm almost finished.
If you look at Kansas, Kansas has actually sent police over to Scotland to learn how to do exactly what you just asked me.
Il est important de demander aux gens pourquoi ils veulent entrer dans la police. Si vous ne pouvez pas vous assurer qu'ils y entrent pour offrir un service, ils ne devraient pas être des policiers. S'ils entrent dans la police pour être en position de confrontation avec le public, ce ne sont pas de bons policiers, par définition. La police, c'est le public, et le public, c'est la police.
Quelqu'un a mentionné plus tôt que si vous regardez ce qui se passe partout en Europe, surtout au Royaume-Uni, il n'y a qu'en Irlande du Nord que les policiers portent des armes, et pourtant ils rencontrent les mêmes personnes et règlent les mêmes problèmes. Il y a des meurtres, des vols, de tout.
Monsieur le président, j'ai presque terminé.
Si vous prenez le Kansas, en fait, cet État a envoyé des policiers en Écosse pour apprendre à faire exactement ce que vous venez de me demander.
View Rob Morrison Profile
CPC (BC)
Thank you so much.
Merci beaucoup.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
I was actually not signalling the end of your time. I had to scratch the back of my neck.
Je ne signalais pas la fin de votre temps de parole. Il fallait que je me gratte le cou.
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 15:03
This is like being at an auction: It's a bid.
C'est comme aux enchères: c'est le signal.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
That's right: Twitch the eyebrow.
C'est exact. Il suffit de hausser les sourcils.
Myrna Lashley
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Myrna Lashley
2020-07-24 15:03
There you go, sir.
Exactement.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Madame Damoff, you have three minutes.
Madame Damoff has disappeared.
You're on mute, Pam.
Madame Damoff, vous avez trois minutes.
Mme Damoff a disparu.
Votre micro est fermé, madame Damoff.
View Pam Damoff Profile
Lib. (ON)
It's Madame Khera who's next.
C'est au tour de Mme Khera.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Oh. Well, my notes have Madame Damoff, but I'm perfectly happy to have Madame Khera for three minutes.
Oh! Eh bien, d'après mes notes, Mme Damoff a la parole, mais je suis tout à fait d'accord pour accorder trois minutes à Mme Khera.
View Kamal Khera Profile
Lib. (ON)
Thank you, Chair. I appreciate it.
Thank you, Pam.
First and foremost, thank you to all the witnesses for the testimony. Your testimonies are extremely significant in addressing these very important and complex issues as we're looking at addressing systemic racism in policing.
Perhaps I'll continue the earlier conversation that Dr. Lashley was having on race-based data. We know that race-based data collection within policing could be extremely helpful for improving public accountability and informing police policies and practices, such as the use of force.
I'm sure you know that our government recently announced that Stats Canada will now begin to collect race-based data on victims of crime and people accused of crime. We know this is important, but can you perhaps talk a bit about the considerations we need to look at in how we use that data so that it isn't used to further reinforce racist stereotypes? How do we balance that?
Merci, monsieur le président. Je l'apprécie.
Merci, madame Damoff.
D'abord et avant tout, je remercie tous les témoins de leurs témoignages. Ils sont extrêmement importants pour régler ces questions très importantes et complexes dans le contexte de la lutte contre le racisme systémique dans les services de police.
Je vais peut-être poursuivre la conversation que Mme Lashley a eue plus tôt à propos des données fondées sur la race. Nous savons que la collecte de données fondées sur la race au sein des services de police pourrait être extrêmement utile pour améliorer la reddition de comptes au public et éclairer les politiques et les pratiques policières, comme le recours à la force.
Vous savez, j'en suis certaine, que notre gouvernement a récemment annoncé que Statistique Canada va maintenant commencer à recueillir des données fondées sur la race sur les victimes d'actes criminels et les personnes accusées d'actes criminels. Nous savons que c'est important, mais pourriez-vous nous parler un peu des considérations dont nous devons tenir compte pour l'utilisation de ces données afin qu'elles ne servent pas à renforcer les stéréotypes racistes? Comment pouvons-nous équilibrer cela?
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 15:05
Thank you very much for your question.
That is indeed the issue: How do you use the data? If this data falls into nefarious hands, it can be used to further the cause of racism. You have to establish your parameters very carefully; you have to set your criteria very carefully. You also have to convince the population, especially the population on whom this is focused, that they are not going to be disadvantaged by this.
Before you release it, make sure you do focus groups as to how this will come across, how it will be used. That's very important; otherwise, you'll end up defeating your cause.
Merci beaucoup de poser cette question.
La question est effectivement de savoir comment vous utilisez les données. Si elles tombent entre de mauvaises mains, elles peuvent servir à faire avancer la cause du racisme. Vous devez établir vos paramètres très soigneusement; vous devez établir vos critères très soigneusement. Il faut aussi convaincre la population, surtout la population visée, qu'elle ne sera pas désavantagée par cette mesure.
Avant de publier les données, assurez-vous de tenir des groupes de discussion sur la façon dont elles seront présentées et utilisées. C'est très important; sinon, vous finirez par nuire à votre cause.
View Kamal Khera Profile
Lib. (ON)
Thank you.
How much time do I have, Chair?
Merci.
Combien de temps me reste-t-il, monsieur le président?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
You have just 45 seconds.
Il ne vous reste que 45 secondes.
View Kamal Khera Profile
Lib. (ON)
Okay. Perhaps I will let Mr. Fabrice Vil answer my friend Greg's question from earlier.
D'accord. Je vais peut-être laisser M. Fabrice Vil répondre à la question que mon ami, M. Fergus, a posée plus tôt.
Fabrice Vil
View Fabrice Vil Profile
Fabrice Vil
2020-07-24 15:06
Thank you for the opportunity.
In my opinion, some of the things said today answer part of the question. I'm also going to send you some documentation.
Having said that, three things come to mind. First, as much as possible, we must take away the police's power to do lethal physical harm. If an officer does not need a firearm, they should not carry one, even for stops and searches. The rules governing stop and search are unclear. The Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec recommends doing away with stop and search practices in Quebec. Some jurisdictions have done so. Things are unclear in the rest of Canada.
Second, funds must be reinvested elsewhere. I have already brought that up.
Third, we need to ensure that the police play a community role, as citizens.
I can send some documentation about it.
Je vous remercie de l'occasion que vous m'offrez.
À mon avis, certaines des choses qui ont été dites aujourd'hui répondent en partie à la question. Je vais aussi vous transmettre de la documentation.
Cela dit, trois choses me viennent à l'esprit. Premièrement, il faut retirer aux policiers le pouvoir létal qui mine l'intégrité physique. Il faut le retirer le plus possible. Quand on peut désarmer quelqu'un, on le désarme. Cela va jusqu'aux interpellations. Il y a de l'incohérence entre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas pour ce qui est de l'interpellation. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec recommande l'abolition des interpellations au Québec. Certains territoires observent cela. Au Canada, ce n'est pas clair.
Deuxièmement, il faut réinvestir les fonds ailleurs. J'en ai déjà parlé.
Troisièmement, il faut faire en sorte que la police joue un rôle communautaire, comme des citoyens.
Je pourrai envoyer de la documentation à ce sujet.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Okay. Thank you very much.
Madame Michaud, you have one and a half minutes.
D'accord. Merci beaucoup.
Madame Michaud, vous avez une minute et demie.
View Kristina Michaud Profile
BQ (QC)
Thank you, Mr. Chair.
I believe Mr. Vil's comments earlier resonated with you, Ms. Michel. I saw you nodding your head. Thank you for being here.
We were just talking about public policy, our role as elected officials, and this Indian Act, which is thoroughly racist. It's been more than a year since the MMIWG report was released, and no action plan has been put forward yet. The government is still using COVID-19 as an excuse, even though it had several months beforehand to work on it and present it.
I think we could go on and on about the problems, the repercussions, the sources of systemic racism, why it exists in our society. It's time for concrete action. So, what do you expect from the government at this time, concretely, in the action plan for indigenous women and for all victims of racism? What do you expect from the federal government?
Je vous remercie, monsieur le président.
Je crois que les propos de M. Vil, plus tôt, résonnaient beaucoup chez vous, madame Michel. Je vous voyais hocher la tête. Je vous remercie de votre présence.
On parlait justement de politiques publiques, de notre rôle en tant qu'élus et de cette Loi sur les Indiens, qui est largement raciste. Plus d'un an après le dépôt du rapport de l'ENFFADA , aucun plan d'action n'a encore été déposé. Le gouvernement utilise toujours le prétexte de la COVID-19, bien qu'il ait eu plusieurs mois avant pour y travailler et pour le déposer.
Je pense qu'on pourrait continuer à parler longtemps des problèmes, des répercussions, des sources du racisme systémique, de la raison pour laquelle c'est présent dans notre société. Il est temps que l'on passe aux mesures concrètes. Alors, qu'attendez-vous du gouvernement en ce moment, concrètement, dans ce plan d'action pour les femmes autochtones et pour toutes les personnes qui seraient victimes de racisme? Qu'attendez-vous du gouvernement fédéral?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Answer very briefly, please.
Veuillez répondre très brièvement, s'il vous plaît.
Viviane Michel
View Viviane Michel Profile
Viviane Michel
2020-07-24 15:09
Mr. Chair, is it my turn to speak?
Monsieur le président, est-ce à mon tour de parler?
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Yes. You have about a minute.
Oui. Il vous reste environ une minute.
Viviane Michel
View Viviane Michel Profile
Viviane Michel
2020-07-24 15:09
On June 3, 2019, the report on the national inquiry into missing and murdered indigenous women and girls (MMIWG) was submitted. After the report came out, Minister Bennettcontacted us on June 13, 2019. Several indigenous women's organizations—which are very representative—including Quebec Native Women, met with Ms. Bennett in the Senate. We recommended that we begin developing a national action plan. In other words, we recommended that each province could already begin formulating a provincial action plan and we could meet once a year to summarize the work done by the 10 Canadian provinces.
That was June 13, 2019, and it is now July 2020. It's not because of COVID-19. It has been a year. There are gaps in the federal government's commitments and it is just too slow—
Le 3 juin 2019, c'était le dépôt du rapport de l'ENFFADA, soit l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Le 13 juin 2019, nous avons été interpellés par la ministre Bennett à la suite du dépôt du rapport. Plusieurs organisations de femmes autochtones, qui sont très représentatives, dont Femmes autochtones du Québec, ont rencontré Mme Bennett au Sénat. Nous avons recommandé de commencer la création d'un plan d'action national. Autrement dit, nous recommandions que chacune des provinces puisse déjà commencer à mettre sur pied un plan d'action provincial et que nous puissions nous réunir une fois par année pour faire le condensé du travail fait par les 10 provinces canadiennes.
C'était le 13 juin 2019 et nous sommes maintenant en juillet 2020. Ce n'est pas à cause de la COVID-19. C'était il y a un an. Il y a des lacunes dans les engagements du gouvernement fédéral et une lenteur vraiment trop...
View John McKay Profile
Lib. (ON)
We're going to have to leave it there. Madame Michaud is well past her time.
A minute and a half goes to Mr. Harris.
Nous allons devoir nous arrêter ici. Mme Michaud a largement dépassé son temps de parole.
Monsieur Harris, vous avez une minute et demie.
View Jack Harris Profile
NDP (NL)
Thank you, Chair.
There are lots of questions that I could ask all three, but I'd like to give Professor Lashley an opportunity to answer my last question.
Is there a practical way that you can talk about so that indigenous women, indigenous people, could have some oversight of police jurisdictions, as recommended by the report of the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls?
Merci, monsieur le président.
Je pourrais poser beaucoup de questions aux trois témoins, mais j'aimerais donner à Mme Lashley l'occasion de répondre à ma dernière question.
Y a-t-il un moyen pratique dont vous pourriez parler pour que les femmes autochtones, les Autochtones, puissent exercer une certaine surveillance des autorités policières, comme le recommande le rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées?
Myrna Lashley
View Myrna Lashley Profile
Myrna Lashley
2020-07-24 15:11
Thank you very much, sir.
I think it's important that the people who are victims have input into what's going on in their lives. It does not make sense to me that there is none, that things are being done to them and they're just supposed to passively accept it. I think they should be on committees. I think there should be an oversight committee that is run by citizens and the police. The police must speak with citizens; the police must confer. They must come up with strategies together, strategies that are accepted by the women and accepted by the police.
It comes back to the seventh principle, which is that the police are the public and the public are the police. They have to work together, or this will never get done. It will always be adversarial.
Yes, there's a big role for native women to play in this, absolutely.
Merci beaucoup, monsieur.
Je crois important que les victimes aient leur mot à dire au sujet de ce qui se passe dans leur vie. Il ne me semble pas logique que ce ne soit pas le cas, qu'elles subissent des choses et qu'elles soient simplement censées les accepter passivement. Je pense qu'elles devraient faire partie des commissions. Je pense qu'il devrait y avoir un comité de surveillance dirigé par les citoyens et la police. La police doit parler aux citoyens; elle doit les consulter. Ils doivent élaborer ensemble des stratégies, des stratégies qui sont acceptées par les femmes et par la police.
Cela nous ramène au septième principe, selon lequel la police est le public et le public est la police. Ils doivent travailler ensemble, sinon cela ne se fera jamais. Ce sera toujours antagoniste.
Oui, les femmes autochtones ont certainement un rôle important à jouer à cet égard.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
That's a very good note on which to end this discussion.
I thank each of the witnesses for their contribution. I apologize once again for cutting you off from time to time, but, as I said, we are under the tyranny of time here.
With that, I am going to suspend, but first I have a suggestion for colleagues. As you know, it is Friday afternoon. We have staffing issues with respect to where we are here in the House of Commons. I'm suggesting that on the next round of questions I take a minute off everybody in order to try to do some justice to the staff.
Unless I'm meeting with wild objections and Mr. Harris is threatening an invasion from Newfoundland, I think that's what I'm going to do.
With that, we're suspended.
Sur ces belles paroles, nous allons mettre fin à cette discussion.
Je remercie chacun des témoins de leur contribution. Je m'excuse encore une fois de vous avoir interrompus de temps à autre, mais comme je l'ai dit, nous sommes soumis à la tyrannie de l'horloge.
Sur ce, je vais suspendre la séance, mais j'ai d'abord une suggestion pour mes collègues. Comme vous le savez, nous sommes vendredi après-midi. Nous avons des problèmes de dotation à la Chambre des communes. Je propose qu'au prochain tour de questions, j'enlève une minute à tout le monde pour rendre justice au personnel.
À moins de me heurter à de violentes objections et que M. Harris menace de nous faire envahir par Terre-Neuve, c'est, je pense, ce que je vais faire.
Sur ce, la séance est suspendue.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
In our final panel of witnesses today, we have Brian Sauvé from the National Police Federation, Ruth Goba from the Black Legal Action Centre, and Dwayne Zacharie from the First Nations Chiefs of Police Association.
With no particular order in mind, we're just going to go with the order that's in the notice of meeting. Mr. Sauvé is first.
You have seven minutes. Just so I don't have to keep interrupting you, I'll just give you a signal around five minutes, and then around six minutes. That will give you some indication to try to wind up your remarks. Therefore, please keep an eye on the screen.
With that, I'll ask Mr. Sauvé to lead with seven minutes, please.
Notre dernier groupe de témoins aujourd'hui est composé de Brian Sauvé, de la Fédération de la police nationale, de Ruth Goba, du Black Legal Action Centre, et de Dwayne Zacharie, de l'Association des chefs de police des Premières Nations.
Sans ordre particulier, nous allons simplement suivre l'ordre qui figure dans l'avis de convocation. M. Sauvé est le premier.
Vous avez sept minutes. Pour ne pas être obligé de vous interrompre constamment, je vous ferai signe à environ cinq minutes, puis à environ six minutes. Cela vous donnera une idée de la façon dont vous pourriez conclure vos remarques. Par conséquent, veuillez avoir l'œil sur l'écran.
Sur ce, je vais demander à M. Sauvé de commencer, pour sept minutes, s'il vous plaît.
Brian Sauvé
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Brian Sauvé
2020-07-24 15:16
Thank you, Mr. Chair.
Good afternoon, and thank you for inviting me to appear today. My name is Brian Sauvé. I am the president of the National Police Federation. The NPF is the certified bargaining agent representing close to 20,000 front-line members of the RCMP across Canada and internationally.
I would first like to acknowledge that I am speaking to you today from the traditional territory of the Coast Salish people, which includes the Squamish, Musqueam and Tsleil-Waututh nations.
I want to start by affirming that the NPF and its membership recognize and decry racism, discrimination and bias in Canada and globally. We believe ongoing conversations, peaceful protests and education are an important expression of our shared desire and commitment to change. Racism is a very serious issue that must be addressed constructively and consistently.
Our members enter policing because they want to make a positive difference in the communities they serve. They participate in anti-drug initiatives, youth education against gangs, anti-bullying programs. They volunteer to coach sports teams and raise funds and supplies for local food banks and shelters, among other initiatives.
Our members have also all signed contracts with Canadians to protect their lives and their rights, even at the expense of their own. I want to recognize all members of the RCMP and thank them for their continued dedicated service to Canadians.
We support and protect every Canadian's right to be treated fairly and equally. In return, we ask for respect and fairness for our members, who put their lives on the line every day.
We are hearing more cases of members who are being yelled at, confronted, spat on and assaulted while on duty. This is unacceptable. All Canadians should be free from harassment and assault, including those on the front line.
Systemic racism is an issue across the country in all institutions. It is not just a policing issue. I feel that policing is being unfairly spotlighted in an important greater conversation, as police routinely address the issues experienced by our most vulnerable citizens when all other systems have failed.
Increasingly, police officers are asked to carry too heavy a load due to dwindling resources and growing demand. Canadians and our members want to see more funding for front-line services that help alleviate pressures on vulnerable Canadians and, by extension, the police. All governments must do more to ensure that all communities have the front-line public safety and social services needed to help Canadians lead happy, healthy lives.
For too long, our members have been called on to fill the gaps in the absence of properly funded mental health and social services, while at the same time RCMP detachments are underfunded across the country. Our members are consistently told to do more with less, when they are already overworked, overstressed, under-rested and underpaid.
Between June 17 and June 22 of this year, Pollara Strategic Insights conducted a survey for NPF of over 2,000 Canadians, which shows that 82% of Canadians agree that properly funding social services would significantly help alleviate thousands of potentially dangerous interactions between police and citizens every day. In that same survey, 78% agreed that both policing and social services need to be adequately funded.
Let me repeat that, because I think it is important. Canadians support their local RCMP and do not want to see police budgets defunded. They want properly funded social services alongside police budgets that allow the RCMP to focus on community safety.
There are many success stories across Canada when governments provide necessary funding to support mental health and police partnerships. For example, police and crisis teams composed of an RCMP officer and a registered psychiatric nurse respond to mental health calls together to intervene, assess and support people having mental health crises. These teams have successfully provided much-needed support within communities, and municipalities in Saskatchewan and Manitoba announced continued funding for PACTs just last week.
As the role of RCMP members continues to expand, so do training and oversight requirements. Policing in Canada is one of the most heavily regulated professions. The NPF supports this oversight and believes that all complaints against members of the RCMP need to be investigated fully, fairly and transparently, and resolved in a timely and effective manner. This includes rare cases regarding use of force. Our members are highly trained in de-escalation and appropriate use of force to address potentially dangerous situations.
The RCMP's own numbers show that use of force is exceedingly rare, with an average of nearly three million calls of service annually and less than one-tenth of one percent resulting in any use of force. This demonstrates how seriously our members take de-escalation efforts to peacefully resolve potentially volatile situations and avoid use of force.
The National Police Federation supports efforts by all levels of government to consider ways to better deliver policing services in Canada. We welcome any opportunity to provide our input and expertise. However, we cannot judge the provision of police services only in the tense and brief moments when RCMP members are forced to respond to difficult situations.
I would also like to add that when elected officials offer negative anti-police comments publicly or offer unguarded opinions on specific police cases in the news, it is not only unfair and irresponsible, but it often contributes to sensationalized media coverage that negatively impacts public safety. It destabilizes community trust and confidence in the overwhelmingly excellent work our members do.
I will end by saying that we must all work together to open ongoing lines of communication, to listen to one another and ultimately find common ground and solutions that will ensure that all Canadians feel equally and adequately protected by the law.
Thank you. I'm happy to answer any questions.
Merci, monsieur le président.
Bonjour et merci de m'avoir invité à intervenir aujourd'hui. Je m'appelle Brian Sauvé et je suis le président de la Fédération de la police nationale. La FPN est le seul agent négociateur accrédité représentant près de 20 000 membres de première ligne de la GRC au Canada et à l'étranger.
Je voudrais d'abord reconnaître que je m'adresse à vous aujourd'hui depuis le territoire traditionnel du peuple Salish du littoral, qui comprend les nations Squamish, Musqueam et Tsleil-Waututh.
Je veux commencer par affirmer que la FPN et ses membres reconnaissent et dénoncent le racisme, la discrimination et les préjugés au Canada et dans le monde entier. Nous croyons que les conversations en cours, les manifestations pacifiques et l'éducation sont une expression importante de notre désir et de notre engagement commun envers le changement. Le racisme est un problème très sérieux qui doit être de façon constructive et cohérente.
Nos membres sont devenus policiers parce qu'ils veulent faire une différence positive dans les communautés qu'ils servent. Ils participent à des initiatives de lutte contre la drogue, à l'éducation des jeunes contre les gangs, à des programmes contre l'intimidation; ils se portent volontaires comme entraîneurs d'équipes sportives et collectent des fonds et des fournitures pour les banques alimentaires et les refuges locaux, parmi d'autres initiatives.
Nos membres ont tous signé des contrats avec les Canadiens et les Canadiennes pour protéger leur vie et leurs droits, même au détriment de la leur. Je tiens à rendre hommage à tous les membres de la GRC et à les remercier de leur service continu et dédié pour les Canadiens et Canadiennes.
Nous appuyons et nous favorisons le droit de chaque Canadien et Canadien à une circulation juste et équitable. En retour, nous demandons le respect et l'équité pour nos membres qui mettent leur vie en danger.
Nous voyons de plus en plus de cas de membres qui se font sourciller et cracher dessus, sont confrontés et agressés pendant leur service. C'est inacceptable. Tous les Canadiens et Canadiennes devraient être à l'abri du harcèlement et des agressions, y compris ceux qui sont en première ligne.
Le racisme systémique est un problème partout au pays, dans toutes les institutions. Il ne s'agit pas seulement d'un problème avec la police. J'ai le sentiment que les services policiers sont injustement mis en avant dans une conversation plus vaste, car la police intervient régulièrement auprès de nos citoyens les plus vulnérables, alors que tous les autres systèmes ont échoué.
On demande de plus en plus souvent aux policiers de porter une charge trop lourde en raison de la réduction des ressources et de la demande croissante. Les Canadiens, et nos membres, veulent voir plus de financement pour les services de première ligne qui peuvent aider à alléger les pressions sur les Canadiens et Canadiennes vulnérables et, par extension, sur la police. Tous les gouvernements doivent faire davantage pour garantir que toutes les communautés disposent de la sécurité publique et des services sociaux de première ligne nécessaires pour aider les Canadiens et les Canadiennes à mener une vie heureuse et sécuritaire.
Pendant trop longtemps, on fait appel à nos membres pour combler les lacunes en l'absence de services sociaux et de santé mentale correctement financés. Alors qu'en même temps, les détachements de la GRC sont sous-financés partout au pays. On dit constamment à nos membres de « faire plus avec moins », alors qu'ils sont déjà surchargés de travail, trop stressés, mal reposés et sous-payés.
Entre le 17 et le 22 juin, Pollara Strategic Insights a réalisé un sondage pour la FPN auprès de plus de 2 000 Canadiens et Canadiennes qui montrent que 82 % des Canadiens et Canadiennes sont d'accord pour dire qu'un financement adéquat des services sociaux contribue de manière significative à réduire des milliers d'interactions potentiellement dangereuses entre la police et les citoyens chaque jour. Dans ce même sondage, 78 % ont convenu que les services policiers et les services sociaux doivent être financés de façon adéquate.
Permettez-moi de répéter, car je pense que c'est important. Les Canadiens appuient la GRC locale et ne veulent pas que les budgets de la police soient réduits. Ils veulent des services sociaux correctement financés et des budgets de police qui permettent à la GRC de se concentrer sur la sécurité des communautés.
Il existe des exemples de réussite au Canada où les gouvernements fournissent le financement nécessaire pour soutenir des partenariats entre les travailleurs en santé mentale et la police. Par exemple, des équipes de soutien aux urgences psychosociales, PACT, composées d'un membre de la GRC et d'un infirmier ou infirmière psychiatrique autorisé, répondent aux appels de santé mentale pour intervenir, évaluer et soutenir les personnes en crise de santé mentale. Ces équipes ont apporté avec succès un soutien indispensable aux communautés, et des municipalités de la Saskatchewan et du Manitoba ont annoncé la semaine dernière la poursuite du financement de PACT.
À mesure que le rôle des membres de la GRC continue de s'appliquer, les exigences en matière de formation et de surveillance augmentent également. Le maintien de l'ordre au Canada est l'une des professions les plus réglementées. La FPN soutient cette surveillance et estime que toutes les plaintes contre les membres de la GRC doivent faire l'objet d'une enquête complète, équitable et transparente et être résolues de façon rapide et efficace. Cela comprend les rares cas concernant le recours à la force. Nos membres sont hautement qualifiés en matière de désescalade et de recours appropriés à la force pour faire face à des situations potentiellement dangereuses.
Les propres statistiques de la GRC montrent que le recours à la force est extrêmement rare, avec une moyenne de près de 3 millions d'appels de service par an et moins d'un dixième de 1 % donnant lieu à un quelconque recours à la force. Cela démontre à quel point nos membres prennent la désescalade au sérieux pour résoudre pacifiquement des situations potentiellement instables et éviter le recours à la force.
La Fédération de la police nationale soutient les efforts déployés par tous les niveaux de gouvernement pour envisager des moyens d'améliorer la prestation des services de police au Canada, et nous sommes heureux de pouvoir apporter notre contribution et notre expertise. Cependant, nous ne pouvons pas juger de la prestation des services policiers uniquement dans les moments tendus et brefs où les membres de la GRC sont obligés de réagir à des situations difficiles.
J'aimerais également ajouter que lorsque des élus font publiquement des commentaires négatifs contre la police, ou offrent des opinions spontanées sur des cas spécifiques impliquant la police dans les actualités, cela est non seulement injuste, mais contribue souvent à une couverture médiatique sensationnaliste qui a un impact négatif sur la sécurité publique. Elle déstabilise la confiance de la communauté ainsi que la confiance dans l'excellent travail de nos membres.
Je terminerai en disant que nous devons tous travailler ensemble pour ouvrir des lignes de communication permanentes, pour nous écouter les uns les autres et, en fin de compte, pour trouver un terrain d'entente et des solutions qui feront en sorte que tous les Canadiens et Canadiennes se sentent protégés de manière égale et adéquate par la loi.
Je vous remercie et je répondrai volontiers à vos questions.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Thank you, President Sauvé.
Ruth Goba, executive director of Black Legal Action Centre, you have seven minutes.
Merci, monsieur Sauvé.
Madame Ruth Goba, directrice générale du Black Legal Action Centre, vous disposez de sept minutes.
Ruth Goba
View Ruth Goba Profile
Ruth Goba
2020-07-24 15:23
Thank you very much.
First, I acknowledge that I am on the ancestral territories of the Ojibway, the Anishinaabe, and in particular the Mississaugas of the Credit. This territory is covered by the Upper Canada treaties. I am grateful to be here today.
The Black Legal Action Centre is a not-for-profit corporation incorporated under the laws of Ontario. We are a specialty community legal clinic. We opened our doors to the public in March 2019. We are funded by Legal Aid Ontario, and we are governed by an independent volunteer community board of directors.
Our mandate is to combat individual and systemic anti-black racism across the province of Ontario. We achieve our mandate by providing free legal services to low- and no-income black Ontarians who are facing anti-black racism in housing, employment, education, social assistance, human rights, policing and corrections. We engage in systemic advocacy through test-case litigation, law reform and community development. We also provide summary legal advice, free services and legal education.
BLAC appreciates the opportunity to share our perspective on systemic racism in police services in Canada. SECU has a broad mandate, and we are asking you to consider these submissions within the context of that mandate.
Through our work, BLAC regularly hears from members of the black community who are victims of horrific police violence and white supremacy. We all see it in the media. Anti-black racism is real, and we know very tangibly how it impacts and devastates the black community. Notwithstanding this, and notwithstanding the myriad reports from domestic and international bodies, the denial of the existence of anti-black racism continues, most recently from the commissioner of the RCMP.
The existence of systemic anti-black racism in Canadian society should not be a matter of dispute. This has to be the starting point for any genuine investigation into systemic racism in policing, if public safety and trust are to be attained. There is unequivocal evidence of the fact that black and indigenous people are disproportionately impacted by police violence. The fact is that the police in this country, the Northwest Mounted Police, the force that preceded the Royal Canadian Mounted Police, were created to control and intimidate indigenous people, and later, black people. Accordingly, we urge members of this committee, police forces across the country and others in positions of power to unequivocally acknowledge the existing persistent structural inequalities and history of racism in this country.
The ugly truth is that Canada was built on racism and discrimination. The theft of land and the genocide of indigenous people, the denial of the right to vote for women, the exploitation and enslavement of black people to enrich others, the abuse and murder of Chinese people to build railroads, the internment of Japanese Canadians, the turning away of Jews trying to escape Nazism, the persecution of members of the LGBTQ2S+ community—these are but some of the examples that reveal Canada's history of violence, racism and exclusion.
In furtherance of the global call to end police violence perpetrated against black people and in furtherance of our mandate to combat anti-black racism, BLAC has made the following demands. We've made these demands elsewhere and we repeat them to this committee.
Develop a nationwide mandatory policy on collection of data disaggregated by race, colour, ethnic background, national origin and other identities, to determine where racial disparities exist for African Canadians so as to address them accordingly.
Demilitarize the police. The use and deployment of specialized police units and their direct operational relationship to the Canadian military during protests disproportionately brutalize racialized people, criminalize dissent and undermine democracy. Evidence from the United States reveals that there is a direct correlation between the militarization of police and increasing civilian deaths.
Overhaul police oversight. While this speaks to Ontario, I would say that we are calling for this, in the context of this committee, across the country. In Ontario, we have called for the immediate implementation of the report of the independent police oversight review and the repeal of the comprehensive Ontario Police Services Act. Independent civilian police oversight bodies must be accountable to all members of the communities they serve.
We need a clear and public commitment to zero deaths by police services across the country; an immediate reallocation of resources away from police budgets and into public health, housing, transit, children's services, mental health resources, schools, employment, community centres and other social service budgets; complete transparency of police budgets across the country; and a reallocation of resources, funding and responsibility away from police and toward community-based models of safety, support and prevention to ensure that those who are best equipped to deal with the majority of calls for assistance will not show up to people's homes and neighbourhoods with uniforms, guns and tasers.
I ask you to imagine, if the professionals who respond to crises in our communities were mental service providers, gender-based violence advocates and social workers, what the outcome would be.
In Ontario, we recently had the death of Regis Korchinski-Paquet. I ask you what, in that case, the outcome would have been if a mental health service provider, properly trained in de-escalation, had shown up to assist her mother when she called the police, rather than six police officers with badges and guns. I submit to you that the outcome would have been quite different and that Regis Korchinski-Paquet would likely be alive today.
While this committee is looking at policing specifically, I note that the last point is related to your mandate to review corrections and correctional facilities. I urge you to develop a national corrections strategy to address and correct the disproportionately high rates of African Canadians in the correctional system and ensure anti-discriminatory and culturally specific services for African Canadian offenders.
The need for broader systemic change is critical. We are at a new juncture in history that requires us to depart from old ways of thinking and build a more inclusive, non-oppressive system for all. Black Canadians, indigenous people and other racialized communities can no longer endure the injustice of a structure and a culture of policing rooted in a history of violence and racism.
I thank you for the opportunity to appear before you today.
Merci beaucoup.
Tout d’abord, je reconnais que je suis sur les territoires ancestraux des Ojibway, des Anishinaabe, et en particulier des Mississaugas de Credit. Ce territoire est couvert par les traités du Haut-Canada. Je suis heureuse d’être ici aujourd’hui.
Le Black Legal Action Centre est une société sans but lucratif constituée en vertu des lois de l’Ontario. Nous sommes une clinique juridique communautaire spécialisée. Nous avons ouvert nos portes au public en mars 2019. Nous sommes financés par Aide juridique Ontario et régis par un conseil d’administration communautaire bénévole indépendant.
Nous avons pour mandat de lutter contre le racisme individuel et systémique contre les Noirs, en Ontario. Nous remplissons notre mandat en offrant des services juridiques gratuits aux Ontariens noirs à faible revenu ou sans revenu qui sont victimes de racisme contre les Noirs dans les domaines du logement, de l’emploi, de l’éducation, de l’aide sociale, des droits de la personne, des services de police et des services correctionnels. Nous militons pour des changements systémiques au moyen de causes types, de la réforme du droit et du développement communautaire. Nous offrons également des conseils juridiques sommaires, des services gratuits et de la formation juridique.
BLAC est heureux d’avoir l’occasion de vous faire part de son point de vue sur le racisme systémique dans les services de police au Canada. Votre comité a un vaste mandat, et nous vous demandons d’examiner nos observations dans le contexte de ce mandat.
Dans le cadre de son travail, BLAC entend régulièrement des membres de la communauté noire qui sont victimes d’horribles violences policières et de la suprématie blanche. Nous le voyons tous dans les médias. Le racisme contre les Noirs est réel, et nous savons très concrètement comment il touche et dévaste la communauté noire. Malgré cela, et malgré les innombrables rapports d’organismes nationaux et internationaux, on continue de nier l’existence du racisme contre les Noirs, comme le commissaire de la GRC l'a fait lui-même récemment.
L’existence d’un racisme systémique contre les Noirs dans la société canadienne ne devrait pas être contestée. Ce doit être le point de départ de toute véritable enquête sur le racisme systémique dans les services de police si l’on veut assurer la sécurité et la confiance du public. Des preuves indéniables attestent que les Noirs et les Autochtones sont touchés de façon disproportionnée par la violence policière. Le fait est que la police de ce pays, la Police à cheval du Nord-Ouest, la force qui a précédé la Gendarmerie royale du Canada, a été créée pour mater et intimider les Autochtones et, plus tard, les Noirs. Par conséquent, nous exhortons les membres du Comité, les services de police de tout le pays, et les autres personnes en position de pouvoir, à reconnaître sans équivoque les inégalités structurelles persistantes et l’histoire du racisme au pays.
La triste vérité, c’est que le Canada a été bâti sur le racisme et la discrimination. Le vol des terres et le génocide des peuples autochtones, la négation du droit de vote pour les femmes, l’exploitation et l’esclavage des Noirs pour enrichir les autres, la maltraitance et le meurtre des Chinois pour construire des chemins de fer, l’internement des Canadiens d’origine japonaise, le refus de laisser entrer les juifs qui tentaient d’échapper au nazisme, la persécution des membres de la communauté LGBTQ2S+ — ce ne sont là que quelques exemples qui révèlent l’histoire de violence, de racisme et d’exclusion du Canada.
Dans le cadre de l’appel mondial visant à mettre fin à la violence policière perpétrée contre les Noirs et dans le cadre de notre mandat de lutte contre le racisme envers les Noirs, BLAC a formulé les demandes que je vais énumérer. Nous les avons déjà faites ailleurs et nous les réitérons au Comité.
Élaborer une politique nationale obligatoire sur la collecte de données ventilées selon la race, la couleur, l’origine ethnique, l’origine nationale et d’autres identités, afin de déterminer où se trouvent les disparités raciales pour les Afro-Canadiens et d'y remédier.
Démilitariser la police. L’utilisation et le déploiement d’unités de police spécialisées et leur relation opérationnelle directe avec l’armée canadienne pendant les manifestations brutalisent de façon disproportionnée les personnes racialisées, criminalisent la dissidence et minent la démocratie. Les données recueillies aux États-Unis révèlent qu’il y a une corrélation directe entre la militarisation de la police et l’augmentation du nombre de morts parmi les civils.
Réformer la surveillance policière. Même si cela concerne l’Ontario, je dirais que c’est ce que nous demandons, dans le contexte de ce comité, à l’échelle du pays. En Ontario, nous avons demandé la mise en oeuvre immédiate du rapport de l’examen indépendant de la surveillance policière et l’abrogation de la Loi sur les services policiers de l’Ontario. Les organismes civils indépendants de surveillance de la police doivent rendre des comptes à tous les membres des collectivités qu’ils desservent.
Nous avons besoin d’un engagement clair et public à l’égard de l’objectif de zéro décès de la part des services de police de tout le pays; d'une réaffectation immédiate des ressources des budgets de la police vers la santé publique, le logement, le transport en commun, les services à l’enfance, les ressources en santé mentale, les écoles, l’emploi, les centres communautaires et les autres budgets des services sociaux; d'une transparence complète des budgets des services de police à l’échelle du pays; et d'une réaffectation des ressources, du financement et des responsabilités de la police vers des modèles de sécurité communautaires; de soutien et de prévention pour s’assurer que ceux qui sont le mieux équipés pour répondre à la majorité des demandes d’aide ne se présenteront pas chez les gens et dans les quartiers avec des uniformes, des armes à feu et des pistolets Taser.
Je vous demande d’imaginer quel serait le résultat si les professionnels qui répondent aux crises dans nos collectivités étaient des fournisseurs de services de santé mentale, des activistes contre la violence fondée sur le sexe et des travailleurs sociaux.
En Ontario, nous avons récemment connu le décès de Regis Korchinski-Paquet. Je vous demande quel aurait été le résultat, dans ce cas, si un fournisseur de services de santé mentale, bien formé à la désescalade, s’était présenté pour aider sa mère lorsqu’elle a appelé la police, plutôt que six policiers avec des insignes et des armes à feu. À mon avis, le résultat aurait été très différent et Regis Korchinski-Paquet serait probablement vivant aujourd’hui.
Bien que le Comité se penche précisément sur les services de police, je remarque que le dernier point est lié à votre mandat d’examiner les services correctionnels et les établissements correctionnels. Je vous exhorte à élaborer une stratégie nationale en matière de services correctionnels afin de corriger les taux disproportionnellement élevés d'Afro-Canadiens dans le système correctionnel et d’assurer des services antidiscriminatoires et adaptés à la culture des délinquants afro-canadiens.
La nécessité d’un changement systémique plus vaste est cruciale. Nous sommes à une nouvelle étape de l’histoire qui exige que nous nous écartions des vieilles façons de penser et que nous bâtissions un système plus inclusif et non oppressif pour tous. Les Canadiens noirs, les Autochtones et les autres communautés racialisées ne peuvent plus supporter l’injustice d’une structure et d’une culture de maintien de l’ordre enracinées dans une histoire de violence et de racisme.
Je vous remercie de me donner l’occasion de comparaître devant vous aujourd’hui.
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Lib. (ON)
Thank you. You were at seven minutes right on.
Merci. Vous en étiez à sept minutes exactement.
Ruth Goba
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Ruth Goba
2020-07-24 15:30
Was I?
The Chair: Yes. My goodness.
Ms. Ruth Golda: That's impressive. I didn't get to time it.
Vraiment?
Le président: Oui. Splendide.
Mme Ruth Golda: C’est impressionnant. Je n’ai pas eu à me minuter.
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Lib. (ON)
I should get you to train our other witnesses; then I wouldn't have to be interrupting people all the time.
President Zacharie, you have seven minutes, please.
Je devrais vous demander de former nos autres témoins; ainsi, je n’aurais pas à interrompre constamment les gens.
Monsieur le président Zacharie, vous avez sept minutes.
Dwayne Zacharie
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Dwayne Zacharie
2020-07-24 15:30
Thank you.
Good afternoon, everyone. My name is Dwayne Zacharie. I'm the president of the First Nations Chiefs of Police Association. I'm also chief peacekeeper of the Kahnawake Peacekeepers, just outside of Montreal, on the south shore.
I'd like to start by recognizing the territory that I'm broadcasting from this afternoon. It's the territory of Kahnawà:ke.
The FNCPA comprises 36 self-administered police services across the country. It's made up of 21 services in Quebec, nine in Ontario, one in Manitoba, one in Saskatchewan, three in Alberta and one in British Columbia.
First nation communities across Canada come to the First Nations Chiefs of Police Association asking for change. They're looking for change in their communities. They're looking for policing services that are commensurate with the needs of their communities, services that are effective and that reflect cultural, social, intrinsic diversity. They're looking for accountability.
The First Nations Chiefs of Police Association strives to provide that to these communities, not only the 36 that we represent, but other first nation communities across the country. The mandate of the FNCPA is to serve first nation police services and first nation territories across Canada by facilitating the highest level of professionalism and accountability in police services, all in a manner that reflects the unique cultures, status, social circumstances, traditions and aspirations of first nations people.
In the situation we find ourselves in now, the First Nations Chiefs of Police Association is asking for change. We're looking for equality of police services across the country. We're looking for communities to have equality as well. We're asking for the government to recognize first nation policing as an essential service, no longer as a program, so that no longer do we have to continually justify our existence.
We want parity with other policing services, what I guess you'd call “regular” policing services. We're looking for full and adequate staffing. We're looking for people to look at us and say that first nation policing is on par with other police services. From an FNCPA perspective, we want people to recognize us as the experts in first nation policing.
We live and we work in the communities we serve. For decades, self-administered first nation policing services in this country have been chronically underfunded. First nation officers have been forced to work in conditions that no other officers in any other service have had to work in. Despite all of that, despite the underfunding, despite the lack of good working conditions, first nation police officers have continually provided excellent services to the communities they represent.
The severe underfunding of indigenous policing creates issues across the country. Policing across this country should be uniform, in the sense that everyone is equally safe and secure, not just certain parts of the population. Every day, first nation police services work on building trust in their communities. My feeling is that police services have lost the trust of the public at large, and without trust it's very difficult for policing services to work well and provide those services without the cloud that we're under at this moment.
The FNCPA was extremely happy to hear Minister Blair say that first nation policing services should be made an essential service, that recognition has been long in coming and that we've been overlooked for too long. In a sense, first nation policing has been treated with a benign neglect. The time for change is now.
It's sad to say that most times we end up in these situations and having these discussions when there's a tragedy. But here we are; we need to make a change. Most first nation communities in this country do not have a service that's representative of who they are. Most first nations communities end up with a policing service that's provided to them, and that service doesn't necessarily recognize the needs of the community. It's more of a situation in which the policing service says, “Here's the service; here's what you get.”
In our situation in first nation policing, we work with the community. We provide a service that's commensurate with the needs of the community. In the situation I'm in, all of our officers are from this community. They're invested. They've been working here and living here their entire lives.
We need to make changes. We need to have an opportunity to work with our communities and the communities at large.
I understand that certain aspects of indigenous policing and the model that we use may not be transferrable to conventional policing, but there are definitely aspects of first nation policing models that would work in certain communities. I think now is the time to discuss it. For years and years, for decades, first nation policing has had to be creative about providing services to the communities, and I think that, by and large, we've been extremely successful at that.
We need to work together. We need to be accountable to the communities we work in. We need to try to provide the services that the communities require from us.
The FNCPA participated in this process today because we wanted to offer a hand. We wanted to be part of the solution, going forward. It's time now to work together. We have to develop a partnership. We have to go forward and be positive about things and get to a good place. We have to listen to people in the communities, and from that we'll be able to provide services that the communities need. We don't have to tell them what they need; we have to listen.
Thank you very much.
Merci.
Bonjour à tous. Je m’appelle Dwayne Zacharie. Je suis président de l’Association des chefs de police des Premières Nations. Je suis également le chef des forces de l'ordre de Kahnawake, juste à l’extérieur de Montréal, sur la Rive-Sud.
J’aimerais commencer par reconnaître le territoire à partir duquel je vous parle cet après-midi. C’est le territoire de Kahnawà:ke.
L’ACPPN comprend 36 services de police autogérés au pays. Elle compte 21 services au Québec, neuf en Ontario, un au Manitoba, un en Saskatchewan, trois en Alberta et un en Colombie-Britannique.
Les Premières Nations du Canada demandent des changements à l’Association des chefs de police des Premières Nations. Elles veulent des changements dans leurs communautés. Elles recherchent des services de police qui correspondent aux besoins de leurs communautés, des services efficaces qui reflètent la diversité culturelle, sociale et intrinsèque. Elles veulent une reddition de comptes.
L’Association des chefs de police des Premières Nations s’efforce d’offrir cela à ces communautés, non seulement aux 36 que nous représentons, mais aussi aux autres communautés des Premières Nations du pays. Le mandat de l'ACPPN est de servir les services de police des Premières Nations et les territoires des Premières Nations partout au Canada en favorisant le plus haut niveau de professionnalisme et de responsabilisation dans les services de police, tout cela d’une manière qui reflète les cultures, le statut, les circonstances sociales uniques, les traditions et les aspirations des Premières nations.
Dans la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, l’Association des chefs de police des Premières Nations demande des changements. Nous voulons l’égalité des services de police partout au pays. Nous voulons aussi l'égalité des collectivités. Nous demandons au gouvernement de reconnaître les services de police des Premières Nations comme un service essentiel, et non plus comme un programme, afin que nous n’ayons plus à justifier continuellement notre existence.
Nous voulons la parité avec les autres services de police, qu’on pourrait sans doute appeler les services de police « courants ». Nous voulons un effectif complet et adéquat. Nous voulons que les gens nous regardent et disent que les services de police des Premières Nations sont sur un pied d’égalité avec les autres services de police. Du point de vue de l’ACPPN, nous voulons que les gens nous reconnaissent comme les experts des services de police des Premières Nations.
Nous vivons et travaillons dans les communautés que nous desservons. Depuis des décennies, les services de police autogérés des Premières Nations sont sous-financés de façon chronique. Les agents des Premières Nations ont été forcés de travailler dans des conditions qu’aucun policier d’un autre service n’a eu à subir. Malgré tout cela, malgré le sous-financement, malgré l’absence de bonnes conditions de travail, les policiers des Premières Nations ont continuellement fourni d’excellents services aux communautés qu’ils représentent.
Le grave sous-financement des services de police autochtones crée des problèmes partout au pays. Les services de police devraient être uniformes dans l’ensemble du pays, en ce sens que tout le monde doit être en sécurité, et pas seulement certaines parties de la population. Chaque jour, les services de police des Premières Nations s’efforcent de renforcer la confiance dans leurs communautés. J’ai l’impression que les services de police ont perdu la confiance du grand public, et sans cette confiance, il leur est très difficile de bien travailler et de fournir ces services sans susciter la méfiance comme c'est le cas actuellement.
L’ACPPN a été extrêmement heureuse d’entendre le ministre Blair dire que les services de police des Premières Nations devraient devenir un service essentiel, que cette reconnaissance est attendue depuis longtemps et que nous avons été oubliés pendant trop longtemps. En un sens, les services de police des Premières Nations ont été négligés. Le temps du changement est venu.
Il est triste de dire que, la plupart du temps, nous nous retrouvons dans ces situations et nous tenons ces discussions lorsqu’il y a une tragédie. Mais voilà, nous devons changer les choses. La plupart des communautés des Premières Nations du pays n’ont pas de service représentatif de ce qu’elles sont. La plupart des communautés des Premières Nations se retrouvent avec un service de police qui leur est fourni, et ce service ne tient pas nécessairement compte de leurs besoins. Il s’agit plutôt d’une situation où on leur dit: « Voici le service de police; c'est comme ça et pas autrement. »
En ce qui concerne les services de police des Premières Nations, nous travaillons avec la communauté. Nous offrons un service qui correspond à ses besoins. Dans mon propre cas, tous nos agents viennent de notre communauté. Ils ont ses intérêts à coeur. Ils ont travaillé ici et vécu ici toute leur vie.
Nous devons apporter des changements. Nous devons avoir la possibilité de travailler avec nos communautés et l'ensemble des collectivités.
Je comprends que certains aspects des services de police autochtones et le modèle que nous utilisons ne sont peut-être pas transférables aux services de police traditionnels, mais il y a certainement des aspects des services de police des Premières Nations qui fonctionneraient dans certaines collectivités. Je pense que le moment est venu d’en discuter. Pendant des années, des décennies, les services de police des Premières Nations ont dû faire preuve de créativité pour fournir des services aux communautés, et je crois que, dans l’ensemble, nous avons très bien réussi.
Nous devons travailler ensemble. Nous devons rendre des comptes aux communautés dans lesquelles nous travaillons. Nous devons essayer de fournir les services qu'elles exigent de nous.
Si l’ACPPN participe à cette étude aujourd’hui, c'est parce que nous voulions donner un coup de main. Nous voulions faire partie de la solution. Il est maintenant temps de travailler ensemble. Nous devons établir un partenariat. Nous devons aller de l’avant, être positifs et arriver à un bon résultat. Nous devons écouter la population des communautés, et à partir de là, nous serons en mesure d’offrir les services dont les communautés ont besoin. Nous n’avons pas à leur dire ce dont elles ont besoin; nous devons les écouter.
Merci beaucoup.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
Thank you very much, President Zacharie.
With that, we're going to go to five-minute rounds. The first questioner is Mr. Paul-Hus.
Mr. Paul-Hus, you have the floor for five minutes.
Merci beaucoup, président Zacharie.
Sur ce, nous allons passer à des tours de cinq minutes. Le premier intervenant sera M. Paul-Hus.
Monsieur Paul-Hus, vous avez la parole pour cinq minutes.
View Pierre Paul-Hus Profile
CPC (QC)
Thank you, Mr. Chair.
Mr. Sauvé and Mr. Zacharie, thank you for your testimony. I'd like to say that, personally, I support police forces 100%, be it the RCMP or Canada's provincial and municipal police forces, or police forces on indigenous reserves.
I have talked to a number of police officers lately, and the vast majority of officers in Canada are people doing their job who want to ensure order and safety for all Canadians and everyone who lives here, regardless of race. Of course, there are exceptions, but it's important to point out that the vast majority of police officers are honourable people who want to do their job. I thank them for that.
The fact remains that, obviously, we have problems. We've got problems and we need to find solutions. I remember my days in the military. I worked on various operations with police officers and I found that it was not always easy to intervene. Intervention was very risky for various reasons. For example, I remember one time when I was in Labrador. There was an indigenous reserve nearby and the military was warned to stay away because it was dangerous.
In these situations, people try to understand why it's risky to intervene on a reserve when they simply want to ensure everyone's safety.
Nowadays, we talk of intervention cameras that could provide answers about intervention, that is, whether the police officer or the intercepted individual is to blame for the various conflicts.
Mr. Sauvé, could you tell me what stage you are currently at in assessing whether or not to introduce cameras for police forces in Canada? I know that the city of Calgary has already implemented the system and that a lot of testing is being done. In the RCMP, for example, where are you at? Is this equipment that you should absolutely have?
Merci, monsieur le président.
Messieurs Sauvé et Zacharie, je vous remercie de vos témoignages. J'aimerais souligner que, personnellement, j'appuie à 100 % les corps policiers, que ce soit ceux de la GRC ou les corps de police municipaux ou provinciaux du Canada ainsi que les corps policiers des réserves autochtones.
J'ai parlé à plusieurs policiers dernièrement, et la grande majorité des policiers au Canada sont des gens qui font leur travail et qui veulent assurer l'ordre et la sécurité de tous les Canadiens et de toutes les personnes vivant ici, peu importe leur race. Évidemment, il y a des exceptions, mais il est important de souligner que la grande majorité des policiers sont des personnes honorables qui veulent faire leur travail. Je les en remercie.
Il demeure qu'on a des problèmes, évidemment. Il y a des problèmes auxquels nous devons trouver des solutions. Je me souviens de l'époque où j'étais militaire. J'ai travaillé au sein de différentes opérations en collaboration avec des policiers et j'ai constaté que ce n'était pas toujours évident d'intervenir. Les interventions étaient très risquées pour différentes raisons. Par exemple, je me souviens d'une époque où j'étais au Labrador. Il y avait une réserve autochtone à proximité et l'avertissement donné aux militaires était de ne pas s'en approcher, parce que c'était dangereux.
Ce sont là des situations où l'on tente de comprendre pourquoi il y a un risque à intervenir dans une réserve, alors qu'on veut tout simplement assurer la sécurité de tout le monde.
Aujourd'hui, on parle de caméras d'intervention qui pourraient aider à obtenir des réponses liées aux interventions, à savoir si le policier ou l'individu intercepté est en cause dans les différents conflits.
Monsieur Sauvé, pourriez-vous me dire à quelle étape se situe actuellement l'évaluation d'implantation des caméras au Canada pour les corps policiers? Je sais que la Ville de Calgary a déjà implanté le système et que beaucoup de tests sont effectués. À la GRC, par exemple, où en êtes-vous? Est-ce que ce sont des équipements que vous devriez absolument avoir?
Brian Sauvé
View Brian Sauvé Profile
Brian Sauvé
2020-07-24 15:39
Thank you for the question.
We've been on record at the National Police Federation, as I believe have the commissioner and the public safety minister, in support of body cameras for the front-line membership of the RCMP.
I think the challenge we're running into right now, as I mentioned earlier, is that our members have been told for years and years to do more with less. It's a resourcing issue, so in our discussions with Minister Blair and eventually through the finance committee, we will be proposing that you can't do this with internal funding. We have to find money for body cameras. Cameras cannot come at the expense of cops.
The challenge with body cameras is that, although they provide audio and video evidence of an interaction, they are not a panacea. The discussion we're having today really should be to figure out ways to avoid that interaction and ultimately come to a point, in policing in Canada, where we don't need to rely on body cameras or video evidence to determine who's at fault and what's at fault. Really, we should be talking about how we should support social services in Canada to work in partnership with police service agencies in order to have adequate social support networks for all Canadians.
At present, with body-worn cameras, the NPF has been engaged by the RCMP. COVID has been a bit of a challenge in having our first get-together to discuss the specifics of the rollout. For example, how do we comply with privacy? Can you turn it off when you go to the bathroom or receive a phone call from your significant other or your children? Are they on 24-7? It's those types of things.
Really, we're just looking at those details, but I expect it would be fairly quick.
Merci pour la question.
La Fédération nationale de la police, tout comme le commissaire et le ministre de la Sécurité publique, je crois, ont exprimé publiquement leur appui aux caméras corporelles pour les membres de première ligne de la GRC.
Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés actuellement, comme je l’ai mentionné plus tôt, c’est qu’on dit depuis des années à nos membres de faire plus avec moins. C’est une question de ressources, alors dans nos discussions avec le ministre Blair et éventuellement par l’entremise du Comité des finances, nous ferons valoir qu'il n'est pas possible de le faire avec le financement dont nous disposons. Nous devons trouver de l’argent pour les caméras corporelles. Les caméras ne peuvent pas être adoptées aux dépens des policiers.
Le problème que posent les caméras corporelles, c’est que même si elles fournissent des preuves audio et vidéo d’une interaction, ce n'est pas une panacée. La discussion que nous avons aujourd’hui devrait, en fait, porter sur les moyens d’éviter cette interaction et d’en arriver à un point, dans les services de police du Canada, où nous n’aurons pas besoin de recourir à des caméras corporelles ou à des preuves vidéo pour déterminer qui est en faute et ce qui est fautif. En fait, nous devrions parler de la façon dont nous devrions appuyer les services sociaux, au Canada, pour qu'ils travaillent en partenariat avec les services de police afin d’avoir des réseaux de soutien social adéquats pour tous les Canadiens.
Pour le moment, la GRC a consulté la FPN au sujet des caméras corporelles. En raison de la pandémie, il a été assez difficile d'organiser notre première réunion pour discuter des détails du déploiement. Par exemple, comment allons-nous respecter la vie privée? Pouvez-vous éteindre la caméra lorsque vous allez aux toilettes ou que vous recevez un appel de votre conjoint ou de vos enfants? Est-ce 24 heures sur 24, sept jours sur sept? C’est ce genre de choses.
En fait, nous ne faisons qu’examiner ces détails, mais je m’attends à ce que ce soit assez rapide.
View John McKay Profile
Lib. (ON)
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