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CPC (MB)
Welcome to meeting number 24 of the Standing Committee on Foreign Affairs and International Development. Pursuant to the motion adopted on July 15, the committee is meeting to study the export of Russian Gazprom turbines.
As always, interpretation is available through the globe icon at the bottom of your screen. I would like to take this opportunity to remind all participants in this meeting that screenshots or taking photos of your screen is not permitted.
Before speaking, please wait until I recognize you by name. When speaking, please speak slowly and clearly. When you're not speaking, your mike should on mute.
I remind you that all comments by members and witnesses should be addressed through the chair. I'm Marty Morantz, vice-chair of the committee. I will also be asking questions and when I do I will be passing the chair to my colleague, Mr. Bergeron, the second vice-chair. That's how we will proceed.
I'd now like to welcome our witnesses. Our witnesses today are Melita Gabrič, ambassador of the European Union to Canada and head of the delegation; from the Embassy of the Federal Republic of Germany, Ms. Sabine Sparwasser, ambassador of the Federal Republic of Germany to Canada; and the ambassador of Ukraine to Canada, Yuliia Kovaliv.
Welcome, all of you. Thank you for being here. I'd like to ask each of you to make your opening statements. You each have five minutes. We'll start with the European Union ambassador.
Ms. Gabrič, please proceed. You have the floor.
Bienvenue à la réunion no 24 du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. Conformément à la motion adoptée le 15 juillet, le Comité se réunit dans le cadre de son étude sur l'exportation des turbines russes de Gazprom.
Comme d'habitude, des services d'interprétation sont disponibles pour cette réunion avec l'icône en forme de globe au bas de votre écran. Je profite de l'occasion pour rappeler à tous les participants et observateurs à cette réunion qu'il n'est pas permis de faire des captures d'écran ou de prendre des photos de votre écran.
Avant de prendre la parole, attendez que je vous nomme. Lorsque vous avez la parole, veuillez parler lentement et clairement. Lorsque vous ne parlez pas, mettez votre micro en mode sourdine.
Je vous rappelle que toutes les observations des députés et des témoins doivent être adressées à la présidence. Je suis Marty Morantz, vice-président du Comité. Je poserai également des questions et, lorsque je le ferai, je céderai la présidence à mon collègue, M. Bergeron, le deuxième vice-président. C'est ainsi que nous allons procéder.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins, qui sont aujourd'hui Mme Melita Gabrič, ambassadrice de l'Union européenne au Canada et cheffe de la délégation; Mme Sabine Sparwasser, ambassadrice de la République fédérale d'Allemagne au Canada, et Mme Yuliia Kovaliv, ambassadrice de l'Ukraine au Canada.
Bienvenue à vous toutes et merci d'être ici. Je vais vous inviter à tour de rôle à faire votre déclaration liminaire. Vous disposerez chacune de cinq minutes. Nous allons commencer par l'ambassadrice de l'Union européenne.
Madame Gabrič, veuillez procéder. La parole est à vous.
Melita Gabrič
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H.E. Melita Gabrič
2022-08-04 15:32
Good afternoon, honourable chair of the Standing Committee on Foreign Affairs and International Development, honourable committee members and excellencies Sparwasser and Kovaliv. It is my pleasure to be with you today to provide perspective on the matter at hand on behalf of the European Union.
Since the very first day of the unprovoked, illegal and egregiously unjustified military invasion of Ukraine by the Russian Federation, Europe has been helping Ukraine economically; financially; with humanitarian assistance; diplomatically; politically; and with the provision of weapons through the European peace facility. We will continue to do so.
In order to restrict the Kremlin's means to finance this disastrous war, the EU and its member states have also adopted the largest sanctions package in European Union history. We are closely co-operating with our transatlantic and international allies, with Canada being one of our closest partners. We appreciate the timely and efficient exchange of information as well as the support that Canada has been providing to Ukraine. We appreciate Canada’s investment in European security and its commitment to a rules-based international order.
To cut revenue sources for Russia from its energy exports, the EU is determined to wean itself off Russian energy altogether. To this end, a decision was made to ban 90% of oil imports from Russia by the end of this year. We have also adopted a ban on all imports of coal from Russia, the export of specific refining technologies, and new investments in the Russian energy sector. The EU sanctions regime, however, does not affect goods or technology linked to the industrial transport of natural gas into the European Union, and nor is Nord Stream 1 subject to any EU sanctions. In other words, nothing under the EU sanctions regime would have prevented the repatriation of the Nord Stream 1 turbine.
The European Commission welcomed the decision by Canada to return a natural gas pipeline turbine to Germany after its repair for use in the Nord Stream 1 pipeline, which has been transporting gas to a number of European countries. With the return of this part, one of the excuses being used by Russia for reduced gas flows was removed. Such flows in the short term help EU countries stock up on supplies for the winter, and are part of a strategy of phasing out our reliance on Russian energy.
Russia is continuously using energy supplies as a weapon against the EU and its member states. We have adopted a number of measures to prepare for possible further disruptions of gas supplies from Russia, ranging from diversifying supply sources, speeding up the development of renewables, becoming more energy efficient and reducing natural gas demand this winter. The EU and Canada have been working together to identify concrete and viable areas for co-operation on the key energy-related commodities for which the EU has a particular need—liquefied natural gas and hydrogen, but also uranium, critical raw materials, potash and biomass.
We are grateful to Canada for its support and commitment to helping with European energy security while deepening co-operation on our mutual net-zero energy transition.
Mr. Chair, thank you.
Bonjour à vous tous, honorables présidents du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, honorables membres du Comité et vos excellences Sparwasser et Kovaliv. C'est un plaisir pour moi d'être parmi vous aujourd'hui pour vous présenter le point de vue de l'Union européenne sur la question qui nous occupe.
Depuis le tout premier jour de l'invasion militaire non provoquée, illégale et totalement injustifiée de l'Ukraine par la Fédération de Russie, l'Europe aide l'Ukraine sur les plans économique, financier, humanitaire diplomatique et politique et lui fournit des armes par l'intermédiaire de la facilité européenne pour la paix, et nous continuerons de le faire.
Afin de restreindre la capacité du Kremlin à financer cette guerre désastreuse, l'Union européenne et ses pays membres ont aussi adopté les plus vastes mesures de sanctions jamais adoptées par l'Union européenne. Nous collaborons étroitement avec nos alliés transatlantiques et internationaux, le Canada étant l'un de nos plus proches partenaires. Nous apprécions l'échange d'information rapide et efficace ainsi que le soutien que le Canada fournit à l'Ukraine. Nous sommes reconnaissants au Canada pour son investissement dans la sécurité européenne et son engagement à l'égard de l'ordre international fondé sur des règles.
Souhaitant bloquer les sources de revenus de la Russie provenant de ses exportations d'énergie, l'Union européenne est déterminée à apprendre à se passer de l'énergie russe. À cette fin, elle a décidé d'interdire 90 % des importations de pétrole de la Russie d'ici la fin de l'année. Nous avons aussi adopté une interdiction visant toutes les importations de charbon de la Russie, l'exportation de technologies de raffinage précises ainsi que les nouveaux investissements dans le secteur russe de l'énergie. Les sanctions de l'Union européenne, cependant, ne touchent pas les biens ou les technologies liés au transport industriel de gaz naturel jusque dans l'Union européenne, de même que Nord Stream 1 ne fait pas l'objet de sanctions de la part de l'Union européenne. En d'autres termes, rien dans le régime de sanctions de l'Union européenne n'aurait empêché le rapatriement de la turbine destinée à Nord Stream 1.
La Commission européenne a bien accueilli la décision du Canada de retourner une turbine de gazoduc à l'Allemagne après sa réparation, pour qu'elle soit utilisée dans le gazoduc Nord Stream 1, qui achemine du gaz naturel vers plusieurs pays européens. Cette pièce ayant été retournée, une des excuses données par la Russie pour réduire l'alimentation en gaz naturel ne tient plus. À court terme, ces arrivages de gaz naturel aident les pays de l'Union européenne à se constituer des réserves en prévision de l'hiver et s'inscrivent dans une stratégie visant à nous affranchir graduellement de notre dépendance par rapport à l'énergie russe.
La Russie utilise sans cesse les approvisionnements en énergie comme armes contre l'Union européenne et ses pays membres. Nous avons adopté des mesures pour nous préparer à d'autres perturbations éventuelles dans les approvisionnements en provenance de la Russie, notamment en diversifiant les sources d'approvisionnement, en accélérant le développement des énergies renouvelables, en devenant plus écoénergétiques et en réduisant la demande de gaz naturel cet hiver. Ensemble, l'Union européenne et le Canada s'emploient à trouver des possibilités de coopération concrètes et viables dans le domaine des principaux produits énergétiques de base dont l'Union européenne a particulièrement besoin: le gaz naturel liquéfié et l'hydrogène, mais aussi l'uranium, les matières premières stratégiques, la potasse et la biomasse.
Nous sommes reconnaissants au Canada de son soutien et de son engagement à soutenir la sécurité énergétique de l'Europe tout en approfondissant notre coopération pour notre transition énergétique nette zéro commune.
Monsieur le président, je vous remercie.
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CPC (MB)
Thank you, Ambassador.
Next we have the Ambassador of Germany to Canada.
Ms. Sparwasser, you have the floor for your opening statement. Please proceed.
Merci, madame l'ambassadrice.
Nous avons ensuite l'ambassadrice de l'Allemagne au Canada.
Madame Sparwasser, vous avez la parole pour votre déclaration liminaire. Veuillez procéder.
Sabine Sparwasser
View Sabine Sparwasser Profile
H.E. Sabine Sparwasser
2022-08-04 15:36
Thank you, Mr. Chair.
Thank you very much for this opportunity to appear at this hearing.
The decision of the Canadian government to grant an exemption for the export of the Siemens gas turbine at the request of my country has given rise to much controversy and criticism. I want to give you the German perspective here.
Before I go into the arguments, allow me to place this question in a larger context. What we're having today is a very important debate, but it is a debate among very close partners and friends. We are all united and allied in our strategic goal. Russia must not win this war of aggression against Ukraine. It must not succeed in its attempt to redraw the map by force and it must not be allowed to destroy the post-war security order of Europe.
All governments called upon to witness today here in this room—Canadian, European and German—are actively and unambiguously supporting Ukraine against the Russian aggression. We do it politically, financially and militarily, including with heavy weapons.
Together with our partners in the G7, we have decided on unprecedented packages of far-reaching sanctions. I want to stress that we are in this for the long haul. As Chancellor Scholz just said, “We will support Ukraine for as long as it takes.” We want Ukraine to be free and sovereign and able to become part of the European Union.
Our message today should be clear to anybody and it should certainly be clear to Russia. We are Ukraine's friends and firm allies. We will stay the course.
When we now debate the export of these turbines, we're debating a very important issue, but it's not a strategic one; it's a tactical one. Both sides in this debate have valid and weighty arguments. No decision is perfect and none was easy. It was only after a lot of soul-searching that Germany asked Canada to allow a waiver of its national sanctions regime, and the Canadian government did grant it after difficult deliberations. We're very grateful for the decision.
The reasoning behind our request is simple. Our sanctions should impose an economic cost on Russia, but they must not harm us more than they harm Russian interests. As you well know, many countries in the EU, including Germany, are decreasingly dependent—but still dependent—on Russian gas for their energy supply. That's the reason why European sanctions—and U.S. sanctions, by the way—did not include sanctioning goods and services related to the delivery of Russian gas.
Canada has been a leader within the G7 on sanctions against Russia. Canadian legislation has imposed a broader sanctions regime nationally. It is geared to hurt Russia. It was certainly not designed to make it harder for the Europeans to fill their gas tanks, while quickly replacing Russian gas.
Mr. Chair, let me say that sanctions are a very blunt instrument. When states impose economic costs on another country, they often inflict unintended consequences on third parties. Waivers allow flexibility and they allow us to sharpen sanctions. All of our countries use them. The U.S. uses them. The EU just waived some sanctions on Russia to help open up Ukrainian food exports and to take away Russia's pretext that western sanctions are to blame for the global food crisis.
For a very similar reason, Germany asked Canada in June and July to allow the delivery of the turbines. We did not want to fall into Putin's trap. He pretended that the lacking turbine was the reason why Gazprom had to cut the delivery of gas to Germany and Europe. We did not believe him then and we do not believe him now. We're now seeing that Russia is finding more and more pretexts not to take the turbines back. That is really a case in point. We have called his bluff.
With the delivery of the turbine, the pretext is gone. Now it's clear for all to see that Russia is using energy to exert pressure on Europe. It's trying to pit one ally against the other, and it wants to divide us. We need to resist this.
We also need to get out of our dependency on Russian fossil fuels very fast. Germany has already taken a lot of bold steps, and the EU has too, as Melita explained. We have achieved good progress on coal; we're out of it. We're going to be out of oil very soon. On gas, well, on February 24, our dependency in Germany on Russian gas imports stood at 55%. In the last few weeks, it was down to 30%. I checked today; we're down to 26%. That's huge progress. Our goal is to completely phase out Russian energy as fast as we can.
Today, Germany as well as a considerable number of other European countries still need it in order to fill up for the coming winter, though. We're trying to fill up our gas storage as fast as we can to 80% to 90% as the backbone for the winter. It's very important for heating in Europe.
We're also preparing for the possibility that Russia will decide to cut off Europe completely or nearly completely. Nationally and on the EU level, we're coordinating a whole bundle of emergency measures. I will very quickly name just four.
We will bring back what we wanted to phase out, namely coal, and that is very painful in the face of our climate targets. We're in the process also of reassessing our nuclear phase-out. We may prolong the life cycle of our remaining nuclear reactors.
The second point is that we share and we save. The EU has just released its gas saving plan. Melita referred to it. Hopefully, all of the European countries will save energy at a rate of 15%, and Germany even more.
The third point is that we diversify. Our partners in Norway, Netherlands and the U.S. have increased their production in order to make up for at least some of the shortfalls in Russian gas. To receive liquefied gas, Germany will now be installing two LNG ports by the end of this year and probably two to four more by the end of next year.
Fourth—
Merci, monsieur le président.
Merci beaucoup de me donner l'occasion de comparaître dans le cadre de cette audience.
La décision du gouvernement canadien d'accorder une exemption pour l'exportation d'une turbine à gaz de Siemens, à la demande de mon gouvernement, a soulevé beaucoup de controverse et de critiques. Je suis ici pour présenter le point de vue allemand.
Avant de présenter mes arguments, permettez-moi de situer le tout dans un contexte plus général. Notre débat aujourd'hui est très important, mais il s'agit d'un débat entre de proches partenaires et amis. Nous sommes tous unis et alliés dans notre objectif stratégique. La Russie ne doit pas gagner cette guerre d'agression contre l'Ukraine. Elle ne doit pas réussir à redessiner la carte de force et il ne faut pas lui permettre d'anéantir l'ordre de sécurité d'après-guerre en Europe.
Tous les gouvernements appelés à venir témoigner aujourd'hui dans cette pièce, soit le gouvernement canadien, l'Union européenne et le gouvernement allemand, appuient activement et sans équivoque l'Ukraine face à l'agression russe. Nous soutenons l'Ukraine politiquement, financièrement et militairement, notamment avec l'envoi d'armes lourdes.
Avec nos partenaires du G7, nous avons décidé d'imposer un ensemble sans précédent de sanctions de grande portée. Je tiens à souligner que nous sommes engagés dans une lutte de longue haleine. Comme le chancelier Scholz l'a dit: nous appuierons l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra. Nous voulons que l'Ukraine soit libre, puisse exercer sa souveraineté et soit en mesure de se joindre à l'Union européenne.
Notre message d'aujourd'hui doit être clair pour tous, surtout pour la Russie. Nous sommes les amis et les alliés de l'Ukraine. Nous maintiendrons le cap.
Ainsi, lorsque nous débattons de l'exportation des turbines, nous débattons d'un enjeu important, mais il s'agit d'un enjeu tactique. Les tenants des deux positions ont des arguments valides et solides. Aucune décision n'est parfaite ou facile à prendre. Ce n'est qu'après mûre réflexion que l'Allemagne a demandé au Canada d'autoriser la levée de son régime national de sanctions. Le gouvernement canadien l'a accordée après des délibérations difficiles. Nous lui en sommes reconnaissants.
Le raisonnement qui sous-tend notre demande est simple: nos sanctions doivent avoir un coût économique pour la Russie, mais elles ne doivent pas nous faire plus de tort qu'elles n'en font aux intérêts russes. Comme vous le savez, de nombreux pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, dépendent toujours — mais de moins en moins — du gaz russe pour leur approvisionnement énergétique. C'est la raison pour laquelle les sanctions de l'Union européenne, et des États-Unis, soit dit en passant, ne visaient pas les biens et les services liés à la livraison de gaz russe.
Le Canada a été un chef de file au sein du G7 en ce qui concerne les sanctions imposées à la Russie. À l'échelle nationale, les lois canadiennes ont imposé un régime élargi de sanctions, qui vise à faire du tort à la Russie. Ce régime n'était assurément pas conçu pour qu'il soit plus difficile pour les Européens de remplir leurs réservoirs de gaz, tout en remplaçant rapidement le gaz russe.
Monsieur le président, permettez-moi de dire que les sanctions sont un instrument très grossier. Lorsque des États imposent un coût économique à un autre pays, ils infligent souvent des conséquences non voulues à de tierces parties. Les dérogations permettent d'assurer une certaine souplesse et de recentrer les sanctions. Tous nos pays les utilisent; l'Union européenne vient tout juste de lever des sanctions contre la Russie pour contribuer à ouvrir les exportations alimentaires ukrainiennes et éliminer le prétexte invoqué par la Russie selon lequel les sanctions occidentales sont responsables de la crise alimentaire mondiale.
Pour un motif très similaire, l'Allemagne a demandé au Canada en juin et en juillet d'autoriser la livraison des turbines. Nous ne voulions pas tomber dans le piège de Poutine. Il a prétendu que parce qu'il manquait une turbine, Gazprom devait interrompre les livraisons de gaz en Allemagne et en Europe. Nous ne l'avons pas cru alors et nous ne le croyons toujours pas. Nous constatons maintenant que la Russie trouve de plus en plus de prétextes pour ne pas reprendre les turbines. C'est vraiment un cas d'espèce. Nous l'avons forcée à abattre son jeu.
Avec la livraison de la turbine, son prétexte a disparu. C'est maintenant clair pour tous: le gouvernement de la Russie utilise l'énergie pour faire pression sur l'Europe; il tente de dresser les alliés les uns contre les autres. Il veut nous diviser. Il nous faut résister à cela.
Il faut également mettre fin très rapidement à notre dépendance des combustibles fossiles russes. Le gouvernement de l'Allemagne prend déjà des mesures audacieuses à cet égard. Nous réalisons de bons progrès en ce qui concerne le charbon et le pétrole: nous n'achèterons plus de charbon de la Russie, ni bientôt de pétrole. Le 24 février, notre dépendance à l'égard des importations de gaz de la Russie s'inscrivait à 55 %. Au cours des dernières semaines, elle a reculé à 30 %: je viens de vérifier, nous sommes à environ 26 %. Le progrès est énorme. Notre objectif est d'éliminer progressivement le plus rapidement possible notre dépendance des importations d'énergie russe.
Aujourd'hui, l'Allemagne ainsi qu'un nombre considérable d'autres pays européens en ont encore besoin, toutefois, afin de faire des réserves pour l'hiver à venir. Nous déployons des efforts pour remplir nos réserves gazières à 80 ou 90 % comme base de l'approvisionnement hivernal en gaz. C'est très important pour permettre de chauffer l'Europe.
Nous nous préparons également à la possibilité que le gouvernement russe décide de couper complètement ou presque l'approvisionnement en gaz de l'Europe. À l'échelle nationale et du côté de l'Union européenne, nous coordonnons un lot de mesures d'urgence.
Nous ramènerons ce que nous avons voulu éliminer graduellement, soit le charbon, et c'est très douloureux dans le contexte de nos objectifs climatiques. Nous réévaluons actuellement notre élimination graduelle du nucléaire et nous envisageons de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires qu'il nous reste.
Le deuxième point est que nous partageons et nous économisons. L'Union européenne vient de publier un plan d'économie du gaz. Mme Gabrič y a fait référence. Il faut espérer que tous les pays européens réaliseront des économies d'énergie à hauteur de 15 %, et l'Allemagne encore plus.
Le troisième point est que nous nous diversifions. Nos partenaires de la Norvège, des Pays-Bas et des États-Unis augmentent leur production afin de compenser au moins une partie des réductions des approvisionnements de gaz russe. Pour recevoir du gaz liquéfié, l'Allemagne installera deux ports accueillant des transporteurs de gaz naturel d'ici la fin de cette année, et probablement de deux à quatre autres l'année prochaine.
Quatrièmement…
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CPC (MB)
Ambassador, I'm sorry to interrupt.
Madame l'ambassadrice, je suis désolé de vous interrompre.
Sabine Sparwasser
View Sabine Sparwasser Profile
H.E. Sabine Sparwasser
2022-08-04 15:44
Did I go too long?
Ai‑je pris trop de temps?
View Marty Morantz Profile
CPC (MB)
Perhaps we could get you to wrap up. It's just that there are so many MPs who have questions.
Nous pourrions peut-être vous demander de conclure. C'est simplement que tellement de députés ont des questions.
Sabine Sparwasser
View Sabine Sparwasser Profile
H.E. Sabine Sparwasser
2022-08-04 15:44
Yes, I'm so sorry.
Oui, je suis vraiment désolée.
View Marty Morantz Profile
CPC (MB)
Oh no, there's no need to apologize. It's my job to be the heavy. Please complete your remarks.
Oh non, nul besoin de vous excuser. C'est mon travail d'être sévère. Veuillez conclure votre déclaration.
Sabine Sparwasser
View Sabine Sparwasser Profile
H.E. Sabine Sparwasser
2022-08-04 15:44
I just want to say that we're speeding up our energy transition, and we've changed our legislation for that. It's just to say that we're preparing for very tough times, and we're trying to do it in a way that keeps Germany and Europe strong economically and keeps the consensus in our societies together. We need to do everything in order to keep us from being weakened. If the economy in Europe and Germany stutters, that would also entail very heavy repercussions for our joint ability to continue our support of Ukraine.
My last sentence returns to where I started: We're in this for the long haul. We need to be united. We need to be strong. We need to be there for the support of Ukraine and the rebuilding of Ukraine as a free and sovereign nation in Europe.
Je tiens simplement à dire que nous accélérons notre transition énergétique et que nous avons modifié notre cadre législatif à cet effet. Je tiens simplement à dire que nous nous préparons à vivre des temps très difficiles et que nous essayons de le faire d'une manière qui permet à l'Allemagne et à l'Europe de préserver la force de leur économie et de maintenir le consensus dans nos sociétés. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas être affaiblis. Si l'économie de l'Europe et de l'Allemagne devait chanceler, cela engendrerait aussi de très lourdes répercussions sur notre capacité commune à continuer de soutenir l'Ukraine.
Ma dernière phrase me ramène à mon point de départ: nous devrons faire preuve de patience. Nous devons être unis et forts. Nous devons être présents pour appuyer l'Ukraine et aider à la rebâtir en tant que pays libre et souverain en Europe.
View Marty Morantz Profile
CPC (MB)
Thank you very much, Ambassador.
Next we have Ambassador Kovaliv, Ukrainian ambassador to Canada.
You have the floor for your opening remarks.
Merci beaucoup, madame l'ambassadrice.
Nous accueillons maintenant l'ambassadrice de l'Ukraine au Canada, Mme Kovaliv.
Vous avez la parole pour votre déclaration liminaire.
Yuliia Kovaliv
View Yuliia Kovaliv Profile
H.E. Yuliia Kovaliv
2022-08-04 15:45
Dear Mr. Chair and dear members of the committee, thank you for this opportunity to address you.
Since February 24, as Russia started its unjustified war against Ukraine, it has used a wide range of weapons: missiles, tanks, sexual violence, food and energy.
We value Canada's leadership and swift parliamentary reactions as one of the first countries to recognize Russian aggression and war crimes as the genocide of Ukrainian people. You stated the obvious and helped us build alliances around the whole world to recognize that Russia's goal is to destroy Ukraine as a sovereign country and Ukrainians as a nation.
We are also grateful to Canada for the steadfast support by providing unprecedented financial support, military and humanitarian aid, hosting Ukrainians who are fleeing the war, imposing sanctions and being the first to introduce a tool to seize Russian assets. Ukraine is grateful for these important actions of direct support.
Russia's ability to fuel the war is built mainly on its oil and gas revenues, which have already exceeded $100 billion for the period of the war. The reason why Canada and other allies have imposed sanctions is to deprive Russia of the revenues that are funding the war.
We are united with our EU partners on the importance of reducing the dependency on Russian energy. This dependency has been built for decades, unfortunately with an ignorance of its true danger. People who stood at the origin of this irresponsible policy now visit Moscow for vacations.
The urgent steps to decrease consumption have been taken by the EU. We as a country had to take the serious steps in 2014 when Ukraine totally cut off Russian gas supply to Ukraine. Today, I'm addressing you not only from the position of the country that has been fighting for over five months for our sovereignty, but also from the country that has for a decade been resisting Russia's energy pressure.
Our position from the very beginning was that the decision to provide the permit for Siemens turbines was a dangerous precedent that violates international solidarity and goes against the principle of the rule of law. In fact, the waiver has already strengthened Moscow's sense of impunity.
We repeat what was stated before: It's clear that Russia's demand for turbines has no technical basis and was aimed only at putting on even more pressure. The more you concede, the more emboldened the Kremlin feels in pushing for further exemptions. Simply put, it's a slippery slope.
I would like to remind you of the key facts. First, Russia is able to continue full gas supply to Germany without the turbine that was shipped to Canada. This turbine is still in Germany and Gazprom announced just yesterday that it will not accept it.
Secondly, it's not true that Ukraine cannot deliver and substitute gas delivery to Germany. The Ukrainian gas transmission system is 40% larger in capacity than Nord Stream 1. Even today, the volume of gas that Ukraine delivers to Europe is bigger than Nord Stream 1 delivers. Ukraine has traditionally delivered gas to Germany, Italy, Austria and other countries of the region. This is the only pipeline where the Russian monopoly Gazprom has no stake. It delivers gas to Europe even during the war.
Delivery through the Ukrainian route would also provide additional security for 11 million Ukrainian households who are getting the gas from the same pipeline.
Dear members of the committee, this waiver is not a one-time decision. The maintenance of all six turbines in Canada will cement Russia's ability for years to come to weaponize energy and to derail the efforts to address climate change, and it will be done with Canada's blessing.
The waiver was issued with the claim for better energy security, but the latest weeks have evidenced that it only gave Russia grounds for further blackmailing.
Hostile Russian moves followed. They further cut gas flow, announced another turbine to be out of order, and fully stopped gas supply to Latvia, where Canadian forces are deployed.
Today, 12 European countries have been cut from Russian gas supply on political grounds. Russia is responsible for orchestrating the gas crisis in Europe. It's now obvious.
The reason for the waiver was not to allow Russia to blame sanctions for the disruption of gas supply and now it's more than clear that an additional five turbines that were allowed to be further maintained in Canada will be turned by Russia into tools of humiliation.
We urge you, do not take the bait. There was no need to waive the sanctions to call Putin's regime bluff and simply lie. You can just google the history. This logic of appeasement already failed to prevent the war in Ukraine.
Ukraine is eager to work with EU countries on the measures to decrease gas dependency. We are committed to help by providing a Ukrainian gas route and offering Ukrainian gas storage, and by supplying the EU with additional electricity that could substitute up to five billion cubic metres of gas. We are already on that way with the EU. We are also looking forward to co-operating with Canada on energy security for renewables, hydrogen and the supply of LNG.
Let's not forget that since the permit was issued, Russia committed a series of war crimes—at a shopping mall in Kremenchuk and Odessa seaport; over 50 prisoners of war of Azovstal were killed; and over 160 civilians were killed in only three weeks.
Ukraine needs further military support to resist the aggressor on the battlefield. We need sanctions to deprive Russia of the economic ability to continue the war. As stated, the permit was issued with high hopes for the Government of Canada to help strategic partners in Europe. Since this step has obviously failed to bring expected results, we ask you to revise this decision. The permit was stated to be revokable, and nobody wants five other turbines to repeat the sad story of the current one.
Dear Mr. Chair and members of the committee, the west has demonstrated unity and commitment to stand with Ukraine until Ukraine wins this war. Let's be tough. Let's be as brave as the Ukrainians who are protecting the rest of Europe from Russian barbarism. I have no doubt in your support for Ukraine and that your support to Ukraine will continue. On behalf of all Ukrainians, for that I want to thank you.
Monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous.
Depuis le 24 février, lorsque la Russie a lancé sa guerre injustifiée contre l'Ukraine, elle a utilisé une vaste gamme d'armes: des missiles, des chars, la violence sexuelle, la nourriture et l'énergie.
Nous sommes reconnaissants du leadership du Canada et des réactions rapides du Parlement canadien, qui figure parmi les premiers pays à reconnaître l'agression et les crimes de guerre russes comme le génocide du peuple ukrainien. Vous avez énoncé l'évidence et vous nous avez aidés à construire des alliances dans le monde entier pour reconnaître que l'objectif de la Russie est de détruire l'Ukraine en tant que pays souverain et les Ukrainiens en tant que nation.
Nous sommes aussi reconnaissants au Canada pour son appui indéfectible en fournissant une aide financière, militaire et humanitaire sans précédent, en accueillant des Ukrainiens qui fuient la guerre, en imposant des sanctions et en étant le premier à mettre en œuvre un outil pour saisir des actifs russes. L'Ukraine est reconnaissante pour ces importantes mesures de soutien direct.
La capacité de la Russie à alimenter sa machine de guerre repose principalement sur ses revenus pétroliers et gaziers, qui ont déjà dépassé les 100 milliards de dollars depuis le début de la guerre. Le Canada et d'autres alliés ont imposé des sanctions dans le but de priver la Russie des revenus qui financent la guerre.
Nous faisons front commun avec nos partenaires de l'Union européenne en ce qui concerne l'importance de réduire la dépendance envers l'énergie russe. Cette dépendance s'est construite pendant des décennies, malheureusement dans l'ignorance du véritable danger qu'elle représentait. Les personnes qui ont été à l'origine de cette politique irresponsable se rendent maintenant à Moscou pour y passer des vacances.
L'Union européenne a pris des mesures urgentes pour réduire sa consommation. En tant que pays, nous avons dû prendre des mesures sérieuses en 2014 lorsque l'Ukraine a totalement coupé l'approvisionnement en gaz russe au pays. Aujourd'hui, je m'adresse à vous non seulement depuis la position du pays qui se bat depuis plus de cinq mois pour sa souveraineté, mais aussi depuis le pays qui résiste depuis une décennie à la pression énergétique de la Russie.
Depuis le début, notre position était que la décision d'accorder le permis pour les turbines Siemens était un dangereux précédent qui viole la solidarité internationale et va à l'encontre du principe de l'État de droit. En fait, la dérogation a déjà renforcé le sentiment d'impunité de Moscou.
Nous répétons ce qui a déjà été dit: il est clair que la demande russe concernant les turbines n'a aucun fondement technique et ne visait qu'à exercer encore plus de pression. Plus vous pliez, plus le Kremlin se sent enhardi à réclamer de nouvelles dérogations. Autrement dit, c'est une pente glissante.
J'aimerais vous rappeler les faits essentiels. Tout d'abord, la Russie est en mesure de poursuivre l'approvisionnement complet en gaz de l'Allemagne sans la turbine qui a été expédiée au Canada. Cette turbine est toujours en Allemagne et Gazprom a annoncé pas plus tard qu'hier qu'elle n'en prendrait pas livraison.
Deuxièmement, il est faux de dire que l'Ukraine ne peut pas livrer et remplacer l'approvisionnement de gaz à l'Allemagne. Le réseau de transport de gaz ukrainien a une capacité de 40 % supérieure à celle de Nord Stream 1. Aujourd'hui encore, le volume de gaz que l'Ukraine livre à l'Europe est supérieur à celui de Nord Stream 1. L'Ukraine a traditionnellement livré du gaz à l'Allemagne, à l'Italie, à l'Autriche et à d'autres pays de la région. C'est le seul gazoduc dans lequel le monopole russe Gazprom n'a aucune participation. Il livre du gaz à l'Europe même pendant la guerre.
La livraison par la voie ukrainienne offrirait également une sécurité supplémentaire aux 11 millions de foyers ukrainiens qui reçoivent le gaz par le même gazoduc.
Mesdames et messieurs, cette dérogation n'est pas une décision ponctuelle. L'entretien des six turbines au Canada renforcera la capacité de la Russie à militariser l'énergie pendant des années et à faire échouer les efforts de lutte contre les changements climatiques, et ce, avec la bénédiction du Canada.
La dérogation a été accordée sous prétexte d'une meilleure sécurité énergétique, mais les dernières semaines ont montré qu'elle n'a fait que donner à la Russie des raisons de poursuivre son chantage.
Des actions hostiles de la part de la Russie ont suivi. Elle a encore réduit le débit de gaz, annoncé qu'une autre turbine était hors d'usage et a complètement interrompu l'approvisionnement en gaz de la Lettonie, où sont déployées les Forces canadiennes.
Aujourd'hui, 12 pays européens ont été coupés de l'approvisionnement en gaz russe pour des raisons politiques. La Russie est responsable de l'orchestration de la crise du gaz en Europe. C'est désormais évident.
La dérogation visait à empêcher la Russie de blâmer les sanctions pour l'interruption de l'approvisionnement en gaz et maintenant il est plus qu'évident que la Russie transformera en outil d'humiliation les cinq turbines supplémentaires dont l'entretien au Canada est autorisé.
Nous vous demandons instamment de ne pas mordre à l'hameçon. Il n'était pas nécessaire de lever les sanctions pour forcer le régime de Poutine à abattre son jeu et révéler son mensonge éhonté. Il suffit de faire une recherche historique sur Google. Cette logique d'apaisement a déjà échoué à empêcher la guerre en Ukraine.
L'Ukraine est impatiente de collaborer avec des pays de l'Union européenne à des mesures visant à réduire la dépendance du gaz. Nous sommes résolus à apporter notre aide en assurant une voie d'acheminement du gaz ukrainien et en offrant des réserves de gaz ukrainien ainsi qu'en fournissant à l'Union européenne l'électricité supplémentaire qui pourrait remplacer jusqu'à cinq milliards de mètres cubes de gaz. Nous avons déjà entrepris ces démarches avec l'Union européenne. Nous sommes aussi impatients de coopérer avec le Canada en matière de sécurité énergétique pour les énergies renouvelables, l'hydrogène et l'approvisionnement en GNL.
N'oublions pas que depuis la délivrance du permis, la Russie a commis une série de crimes de guerre — dans un centre commercial à Kremenchuk et dans le port maritime d'Odessa; plus de 50 prisonniers de guerre d'Azovstal ont été tués; et plus de 160 civils ont été tués en seulement trois semaines.
L'Ukraine a besoin d'une aide militaire supplémentaire pour résister à l'agresseur sur le champ de bataille. Nous avons besoin de sanctions pour priver la Russie de la capacité financière de poursuivre la guerre. Comme on l'a dit, le permis a été délivré parce que le gouvernement du Canada espérait vivement aider ses partenaires stratégiques en Europe. Comme cette mesure n'a manifestement pas donné les résultats escomptés, nous vous demandons de réviser cette décision. Le permis a été déclaré révocable, et personne ne souhaite que le triste scénario qui s'est joué avec la turbine actuelle se répète avec les cinq autres turbines.
Monsieur le président, mesdames et messieurs du Comité, l'Ouest a montré son unité et son engagement à se tenir aux côtés de l'Ukraine jusqu'à ce que celle‑ci gagne cette guerre. Soyons fermes. Soyons aussi courageux que les Ukrainiens qui protègent le reste de l'Europe de la barbarie russe. Je ne doute pas de votre soutien à l'Ukraine et que votre soutien à l'Ukraine se poursuivra. Au nom de tous les Ukrainiens, je tiens à vous en remercier.
View Marty Morantz Profile
CPC (MB)
Thank you very much, Ambassador.
We will go to our first round of questions. First up is Mr. Genuis for six minutes.
Mr. Genuis, you have the floor.
Merci beaucoup, madame l'ambassadrice.
Nous allons passer à notre première série de questions. M. Genuis est le premier intervenant, pour six minutes.
Monsieur Genuis, vous avez la parole.
View Garnett Genuis Profile
CPC (AB)
Thank you, Chair.
My initial comments will be to the German ambassador.
Your Excellency, as a bit of a personal introduction, I'm very proud of my own German heritage. My grandmother's family were German Jews, and although they lived through very dark times, my grandmother survived the war because of the courage of many ordinary Germans who were willing to shelter her at great risk to themselves.
She lived in the Münster area of Germany, where Clemens von Galen spoke out boldly against injustice and inspired everyday German farmers to shelter my grandmother and to sacrifice in the pursuit of justice.
I have been carefully reviewing the arguments of your government on this issue of the turbines, and there seem to be lot of commonalities in talking points with the Canadian government, with the same words, the same turns of phrase, etc. I note that while you continually profess friendship with Ukraine and talk about unity, you seem to presume to know better than the Ukrainians what is in their interest.
It seems to me that saying you care but failing to listen is not how true friendship works.
As it pertains to the issue of energy, your government is first of all acknowledging the reality that the turbines are not needed and that, as far as this summer goes, the maintenance is routine. Your chancellor said explicitly of the turbines that “It would be good if they would be there, even though they are not necessary.”
The Russians did not need to cut production as a result of the absence of a turbine. The facts make this plain, and you have now acknowledged as much. Instead, as the Ukrainian Canadian Congress identified, the Russians were running a test. They were testing our resolve and, in particular, your government's resolve, to see whether we and you were ready to sustain support for Ukraine through arbitrary production cuts.
According to multiple media reports, your foreign minister, without claiming that the turbines were in any way necessary, told Canada that if the missing turbine led to a stoppage of natural gas from Russia, it would spark popular uprisings and force Berlin to halt support for Ukraine. In other words, your government's argument is not that turbines are needed, but rather that you do not believe that the German people can stomach the sacrifice that will be required if Russia continues to arbitrarily drive down its gas supply. Sadly, the implication of that argument is that you would do almost anything to get them to increase that supply.
Of course, now that Russia has seen your response and has heard your government say these things, they will push further and continue to use the threat of arbitrary energy withdrawal to get additional exemptions to sanctions and other concessions. Now that Russia has seen and been told that you do not believe the German people can sustain serious sanctions and that the withdrawal of energy will lead to popular uprisings, they will continue to exert further pressure, of course.
What really strikes me and bothers me about your government's argument isn't just that it regurgitates the failed talking points of appeasement, but that it seems to demonstrate a low opinion of the courage and propensity for sacrifice of your own people. We all know that sanctions involve sacrifice. Stopping mutually beneficial exchanges between people in different countries is going to have negative consequences for people on both sides. That is inevitable, but while Ukrainians are fighting and dying, not just for their freedom but for ours as well, I think the least that we can all do is be prepared to bear the sacrifice that sanctions require of us. We must be prepared to give until it hurts if we want to prevail, but your government seems to believe that your own people would give in to the Russian pressure and that Germans would take to the streets if the turbines were not returned.
Now, personally, I have a much higher opinion of the German people. I believe that Germans have the potential for heroic sacrifice and, unlike these talking points about popular uprisings, I think my view has public opinion data behind it. It was reported by the European Council on Foreign Relations that more than half of Germans already want to maintain support to Ukraine in spite of high energy prices, even absent any leadership from the government on that point.
When it comes to a willingness to sustain the sacrifices that are required to prevail against Russia, the problem is not with the German people. The problem seems to be with the policy of the German government and now the Canadian government.
Now, of course, the challenges Germany faces are the result of a situation that came about because your country continued to take Russian gas between 2014 and 2021, even though Ukraine was already under Russian occupation. Your government, I think, should acknowledge the reality that Russia will constrain or cut off supply in a time and a way of their own choosing, and the only real alternative for Germany is to either completely acquiesce or to stand firm and prepare for all possibilities, policies that become more and not less likely with every concession.
Ambassador, those are my comments. I will say that I think you have maybe a minute and a half left, and I'll give you the balance of my time to respond to those comments as you wish.
Merci, monsieur le président.
Mes premiers commentaires s'adresseront à l'ambassadrice d'Allemagne.
Votre Excellence, à titre d'introduction personnelle, je suis très fier de mes propres origines allemandes. La famille de ma grand-mère était composée de Juifs allemands et bien qu'elle ait vécu des moments très sombres, ma grand-mère a survécu à la guerre grâce au courage de nombreux simples citoyens allemands qui étaient prêts à l'abriter au péril de leur vie.
Elle vivait dans la région de Münster, en Allemagne, où Clemens von Galen s'est courageusement élevé contre l'injustice et a incité de simples fermiers allemands à abriter ma grand-mère et à se sacrifier pour la justice.
J'ai examiné attentivement les arguments de votre gouvernement sur la question des turbines et il semble y avoir de nombreux éléments communs dans les points à faire valoir avec ceux du gouvernement canadien, les mêmes mots, les mêmes tournures de phrases, etc. étant utilisés. Je remarque qu'alors que vous professez sans cesse votre amitié avec l'Ukraine et parlez d'unité, vous semblez présumer savoir mieux que les Ukrainiens ce qui est dans leur intérêt.
À mon sens, dire que vous vous souciez d'eux, sans les écouter, ne témoigne pas d'une amitié sincère.
En ce qui concerne la question énergétique, votre gouvernement reconnaît tout d'abord que les turbines ne sont pas nécessaires et que, en ce qui concerne cet été, l'entretien est de routine. À propos des turbines, votre chancelier a dit explicitement que ce serait bien qu'elles soient là, même si elles ne sont pas nécessaires.
Les Russes n'avaient pas besoin de réduire leur production en raison de l'absence d'une turbine. Les faits le révèlent clairement, et vous l'avez maintenant reconnu. Il s'agissait plutôt d'un test de la part des Russes, comme le Congrès des Ukrainiens Canadiens l'a décrit. Ils mettaient à l'épreuve notre détermination et, en particulier, celle de votre gouvernement, pour voir si vous et nous étions prêts à soutenir l'Ukraine malgré des réductions arbitraires de la production.
Selon de nombreux reportages, sans prétendre que les turbines étaient nécessaires de quelque façon que ce soit, votre ministre des Affaires étrangères a dit au Canada que si la turbine manquante entraînait un arrêt de l'approvisionnement de gaz naturel par la Russie, cela déclencherait des soulèvements populaires et obligerait Berlin à cesser son soutien à l'Ukraine. Autrement dit, l'argument de votre gouvernement n'est pas que les turbines sont nécessaires, mais plutôt que vous ne croyez pas que le peuple allemand puisse supporter le sacrifice qui sera nécessaire si la Russie continue à réduire arbitrairement son approvisionnement en gaz. Malheureusement, le corollaire de cet argument est que vous feriez presque n'importe quoi pour qu'ils augmentent cet approvisionnement.
Bien sûr, maintenant que la Russie a vu votre réponse et entendu votre gouvernement dire ces choses, elle va enfoncer le bouchon plus loin et continuer à utiliser la menace d'un retrait arbitraire d'énergie pour obtenir des dérogations supplémentaires aux sanctions et d'autres concessions. Maintenant que la Russie a vu et entendu que vous ne croyez pas que le peuple allemand puisse supporter des sanctions sérieuses et que le retrait de l'énergie engendrera des soulèvements populaires, elle continuera bien sûr à exercer des pressions supplémentaires.
Ce qui me frappe et me dérange vraiment dans l'argumentation de votre gouvernement, ce n'est pas seulement qu'il régurgite les points à faire valoir déficients de l'apaisement, mais qu'il semble avoir une faible opinion du courage et de la propension au sacrifice de son propre peuple. Nous savons tous que les sanctions impliquent des sacrifices. L'arrêt des échanges mutuellement bénéfiques entre des personnes de pays différents aura des conséquences négatives pour les personnes des deux côtés. C'est inévitable, mais alors que les Ukrainiens se battent et meurent, non seulement pour leur liberté, mais aussi pour la nôtre, je pense que le moins que nous puissions tous faire est d'être prêts à supporter le sacrifice que les sanctions exigent de nous. Nous devons être prêts à donner jusqu'à ce que cela fasse mal si nous voulons l'emporter, mais votre gouvernement semble croire que son propre peuple céderait à la pression russe et que les Allemands descendraient dans la rue si les turbines n'étaient pas restituées.
Pour ma part, j'ai une bien meilleure opinion du peuple allemand. Je crois que les Allemands ont le potentiel d'un sacrifice héroïque et, contrairement à ces points à faire valoir sur les soulèvements populaires, je pense que mon point de vue est étayé par les données de l'opinion publique. Selon le Conseil européen des relations internationales, plus de la moitié des Allemands souhaitent déjà maintenir leur soutien à l'Ukraine malgré les prix élevés de l'énergie, même en l'absence de tout leadership du gouvernement à cet égard.
Lorsqu'il s'agit de la volonté de faire les sacrifices nécessaires pour tenir tête à la Russie, le problème ne vient pas du peuple allemand. Le problème semble venir de la politique du gouvernement allemand, et maintenant du gouvernement canadien.
Bien sûr, les défis auxquels l'Allemagne est confrontée sont les fruits d'une situation qui s'est produite parce que votre pays a continué à s'alimenter en gaz russe entre 2014 et 2021, même si l'Ukraine était déjà sous occupation russe. Je pense que votre gouvernement devrait reconnaître la réalité que la Russie limitera ou coupera l'approvisionnement au moment et de la façon qu'elle choisira, et la seule véritable alternative pour l'Allemagne est soit d'acquiescer complètement, soit de rester ferme et de se préparer à toutes les possibilités, des politiques qui deviennent plus probables, et non moins avec chaque concession.
Madame l'ambassadrice, ce sont là mes commentaires. Je pense qu'il vous reste peut-être une minute et demie, et je vous céderai le reste de mon temps pour y répondre comme vous le souhaitez.
Sabine Sparwasser
View Sabine Sparwasser Profile
H.E. Sabine Sparwasser
2022-08-04 15:58
Mr. Chair, am I allowed to—
Monsieur le président, puis‑je…
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