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Monsieur le Président, c'est pour moi un immense plaisir et un grand honneur de prendre la parole en tant que secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et procureur général du Canada pour appuyer fermement le projet de loi d'initiative ministérielle visant à lutter contre la haine, le projet de loi , qui contient des mesures fermes et décisives qui protégeraient les Canadiens contre la haine, l'intimidation et la violence, tout en respectant pleinement la Charte des droits et libertés, qui fait de notre beau pays un phare de la démocratie et de l'inclusion.
Ce projet de loi est très mesuré et ciblé. Il comblerait certaines lacunes du Code criminel qui exposent des communautés à des actes de harcèlement et à des menaces simplement en raison de leur identité, de leur pratique religieuse ou des lieux où elles se réunissent.
Je me permets de vous faire part du point de vue de ceux qui sont en première ligne. La Fédération canadienne des municipalités, qui est directement confrontée à ces phénomènes, a déclaré ce qui suit: « La FCM salue les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour renforcer le cadre législatif canadien visant à protéger les collectivités contre la haine, y compris les discours et les symboles haineux. Les dirigeants locaux constatent de leurs propres yeux à quel point ceux-ci peuvent menacer la sécurité, la confiance et le bien-être de la collectivité. »
Nous l'avons clairement indiqué à la page 19 de notre programme électoral. Pendant la dernière campagne, nous avons promis aux Canadiens de criminaliser l'intimidation et le fait d'entraver l'accès d'une personne à un centre communautaire ou à un lieu de culte. Nous avons promis de protéger davantage les groupes qui sont la cible de crimes motivés par la haine.
Je rappelle que les Canadiens, dont les très braves gens de la circonscription de Carleton, ont fait un choix clair aux urnes et veulent que la Chambre concrétise les engagements que nous avons pris dans notre programme électoral. C'est exactement ce que ferait le projet de loi . S'opposer à ce projet de loi reviendrait littéralement à voter contre ce pour quoi les Canadiens ont voté le 28 avril 2025.
Voici ce que ferait le projet de loi : il protégerait l'accès aux espaces communautaires et aux bâtiments religieux. Il érigerait en infraction le fait d'entraver l'accès à des bâtiments utilisés principalement pour le culte religieux ou par un groupe identifiable, y compris les écoles, les centres communautaires, les résidences pour personnes âgées et les espaces culturels. De plus, il criminaliserait le fait d'intimider une personne qui essaie d'accéder à ces mêmes lieux. Ainsi, les Canadiens pourront assister à des services religieux, déposer leurs enfants à l'école et participer à des activités communautaires sans crainte.
Le projet de loi créerait une nouvelle infraction distincte pour les crimes haineux. Qu'il s'agisse d'une agression, d'un méfait ou d'un autre acte criminel, si une infraction est motivée par la haine envers un groupe protégé en fonction de la race, de la religion, de l'orientation sexuelle, de l'identité de genre ou d'autres caractéristiques, les forces de l'ordre et les tribunaux disposeraient désormais des outils nécessaires pour considérer que cette haine fait partie intégrante du crime lui-même. C'est une question de clarté, de cohérence et de justice pour les victimes.
Le projet de loi codifierait également la définition de la haine donnée par la Cour suprême afin que les comportements motivés par la haine soient traités de manière décisive, tout en veillant à ce que la simple critique, les propos offensants ou le désaccord ne soient pas criminalisés. Il faudrait faire la preuve d'une émotion intense et extrême manifestement associée au dénigrement et à la détestation.
Enfin, le projet de loi criminaliserait l'exposition délibérée dans un endroit public de symboles associés à la haine ou à des entités terroristes, comme la croix gammée nazie. L'intention de fomenter la haine devrait être présente, ce qui signifie que la simple exposition ne serait pas un crime. Cela moderniserait la loi et protégerait les communautés contre l'intimidation, tout en respectant pleinement la liberté d'expression.
La Chambre a déjà reconnu à l'unanimité que ce projet de loi était nécessaire. De nombreux éléments du projet de loi découlent du rapport sur la lutte contre l'antisémitisme produit par le comité de la justice en 2024. Les conservateurs ont appuyé ce rapport. Ils estimaient alors qu'il fallait codifier la définition de la haine et créer une infraction distincte pour les crimes haineux. Ils croyaient aussi qu'il fallait protéger l'accès aux espaces religieux et communautaires. Pourtant, aujourd'hui, en 2026, le Parti conservateur tourne le dos à ces mêmes enjeux.
Les conservateurs sont manifestement divisés et ne s'entendent pas sur ces questions. C'est d'ailleurs pourquoi les députés conservateurs du Québec ne parlent pas de cette mesure législative. Ils appuient la mesure, mais leur les empêche de prendre la parole. C'est pourquoi aucun député progressiste-conservateur de ce côté-là de la Chambre ne s'est prononcé sur le projet de loi. On leur dit de ne pas le faire.
Qui s'est révélé être le principal opposant au projet de loi au sein du Parti conservateur? Ce n'est pas le ministre du cabinet fantôme responsable de la Justice, mais plutôt le député d'. C'est le député qui avait auparavant affirmé que la commémoration du massacre de l'École polytechnique était une « fausse fête ». C'est le même député qui a défendu les négationnistes de l'Holocauste à la radio en affirmant que nier l'existence de l'Holocauste relève de la liberté d'expression. Il a aussi pris la défense de Pegida, une organisation suprémaciste blanche, après l'attaque de la mosquée de Québec en 2017, qui a coûté la vie à six hommes innocents. Ces hommes étaient des pères, des fils et des maris qui ont été assassinés alors qu'ils priaient. Cela en dit long sur l'état de décrépitude morale dans lequel se trouve aujourd'hui le Parti conservateur.
Statistique Canada a rapporté 4 777 incidents en 2023, ce qui représente une augmentation de 32 % par rapport à 2022. La haine fondée sur la religion a augmenté de 67 %, tandis que la haine fondée sur l'orientation sexuelle a augmenté de 69 %, et la haine fondée sur la race ou l'origine ethnique continue de prendre de l'ampleur. Derrière ces chiffres se trouvent de véritables personnes exposées à de véritables menaces. Il s'agit de parents, d'aînés, d'étudiants et de membres de la collectivité qui sont ciblés uniquement à cause de leur identité.
Les conservateurs ne veulent pas reconnaître l'existence des crimes haineux. Ils ne veulent pas protéger les communautés les plus vulnérables. C'est tout à fait honteux.
J'ai le privilège de siéger au sein du comité de la justice. Les ministériels ont collaboré de manière constructive avec l'opposition et les parties intéressées à l'étape de l'étude en comité afin de renforcer la protection et d'apporter à la loi les clarifications nécessaires. Une disposition a été ajoutée afin de préciser explicitement que le projet de loi ne s'applique pas aux pratiques et aux discours religieux. On a même modifié la définition de haine pour y inclure le mot « extrême » et ainsi garantir la conformité avec les décisions de la Cour suprême.
Malgré ces mesures prudentes, le Parti conservateur continue d'induire les Canadiens en erreur. Ses membres tentent de présenter ce projet de loi comme une attaque contre la religion, affirmant qu'il criminaliserait la prédication ou l'enseignement des Écritures, ce qui est totalement faux. Les tribunaux ont depuis longtemps établi que les quatre infractions existantes en matière de propagande haineuse exigent la preuve d'une intention délibérée de cibler un groupe identifiable, ce qui constitue un seuil juridique très élevé que l'expression religieuse pacifique n'a jamais atteint et n'atteindra jamais au titre de ce projet de loi.
Au lieu d'appuyer des mesures concrètes visant à protéger les Canadiens, les députés conservateurs se livrent à de l'obstruction parlementaire, à des manœuvres dilatoires, à des campagnes alarmistes et à la mésinformation pour bloquer l'adoption du projet de loi. Ils font passer la politique avant les gens et les jeux partisans avant la sécurité des Canadiens qui sont victimes de harcèlement et d'intimidation simplement parce qu'ils mènent leur vie.
Les faits sont clairs. Le nombre de crimes haineux commis à l'encontre des communautés religieuses, des Canadiens LGBTQ et des groupes racisés connaît une augmentation spectaculaire. La police et les municipalités signalent qu'elles ne disposent pas des outils nécessaires pour intervenir efficacement en vertu du Code criminel. Le projet de loi à l'étude permettrait de remédier à cette situation.
Nous avons assez tardé. L'heure est venue d'agir. Le Parti conservateur a le choix de continuer à attiser la peur et à verser dans la mésinformation ou de se ranger du côté des Canadiens qui méritent de vivre, de pratiquer leur religion et de se rassembler en toute sécurité.
Nous sommes un gouvernement qui passe à l'action. Ce projet de loi dénonce la haine, protège les communautés et renforce la loi. Il ne porte nullement atteinte à la liberté de religion, à la liberté de parole et d'expression ni au droit de manifester. Il donne aux forces de l'ordre la clarté et les outils dont elles ont besoin pour protéger les Canadiens.
Il est temps de laisser la partisanerie de côté et d'appuyer la loi visant à lutter contre la haine. Il est temps de dire non aux propos alarmistes et à la mésinformation. Il est temps d'être solidaires des Canadiens qui méritent de vivre, de pratiquer leur religion et de se rassembler en toute sécurité.
Nos concitoyens comptent sur nous. Agissons. Adoptons la loi visant à lutter contre la haine.
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Monsieur le Président, cela fait deux ans que je demande ce projet de loi. Il s'agit d'un projet de loi qui me tient beaucoup à cœur et dont nous avons désespérément besoin.
Au cours du dernier mois, on a tiré sur trois synagogues de Toronto. Des institutions juives ont également été prises pour cible en Belgique et aux Pays‑Bas. À Detroit, une synagogue a été attaquée par un homme armé qui a foncé en voiture dans le portail. Partout dans le monde, nous assistons sans cesse à des actes de haine contre de nombreuses communautés, mais en ce moment précis, c'est la communauté juive qui est prise pour cible.
Au cours de la dernière année, des juifs ont été tués à Washington, D.C., parce qu'ils étaient juifs, des juifs ont été tués au Colorado parce qu'ils étaient juifs, des juifs ont été tués à Manchester, au Royaume‑Uni, parce qu'ils étaient juifs et des juifs ont été tués à la plage de Bondi en décembre parce qu'ils étaient juifs et qu'ils célébraient Hanouka.
J'ai commencé à promouvoir l'une des idées contenues dans le projet de loi il y a deux ans, à la suite d'un incident qui est survenu dans ma circonscription. Au cours de cet incident, des manifestants ont encerclé le bâtiment de la Fédération CJA, qui abrite la Bibliothèque publique juive de Montréal et le Musée de l'Holocauste Montréal. Pendant trois heures, on a empêché des gens qui voulaient entendre un orateur d'entrer dans le bâtiment, et d'autres ont été empêchés d'en sortir après le travail. Pendant ce temps, la police de Montréal est restée les bras croisés et n'a pas arrêté une seule personne. Elle n'a pas arrêté une seule des personnes qui ont bloqué l'accès à des bâtiments communautaires juifs pendant des heures, notamment la Bibliothèque publique juive et le Musée de l'Holocauste.
Plus tard cette semaine-là, la même chose s'est produite à l'extérieur de la synagogue espagnole et portugaise, mais, encore une fois, personne n'a été arrêté. Lorsque j'en ai parlé à la police, on m'a répondu qu'il n'était pas vraiment clair que le fait d'intimider des gens pour les empêcher d'entrer dans un bâtiment ou d'en sortir constituait une infraction criminelle. La police ne se sentait pas à l'aise de porter des accusations pour ce genre d'acte.
Nous avons donc conclu qu'il fallait une infraction expressément pour ce genre d'acte. Il fallait une infraction précise pour l'intimidation et pour le fait d'empêcher l'accès à un bâtiment afin que les gens aient le droit d'entrer dans leurs églises, synagogues, mosquées, gurdwaras, lieux de culte, écoles, centres communautaires, résidences pour personnes âgées ou centres LGBT, ou d'en sortir. C'est inclus dans le projet de loi.
Ce projet de loi offrirait une protection particulière aux membres de groupes qui souhaitent pratiquer leur culte au Canada. Il rassurerait les gens en leur garantissant qu'ils peuvent entrer ou sortir d'un lieu de culte sans être accueillis par des manifestants qui scandent des slogans haineux, qui arborent des symboles terroristes ou qui les interpellent en criant. À mes yeux, c'est là tout l'intérêt de ce projet de loi.
Ce projet de loi comporte de nombreux volets et, comme l'a indiqué ma collègue, la , tous ont été recommandés par le comité de la justice. Au terme de notre étude sur l'antisémitisme en 2024, une étude que j'avais moi-même proposée, nous avons formulé différentes recommandations. Certaines s'adressaient au gouvernement fédéral, d'autres aux gouvernements provinciaux, et d'autres encore aux administrations municipales, aux collèges, aux universités et aux services de police. De nombreuses instances participent à la lutte contre la haine au Canada.
Ces recommandations comprenaient la création d'une infraction distincte pour les actes de haine et d'une infraction pour les actes d'intimidation ou les cas où on tente d'empêcher quelqu'un d'accéder à des bâtiments communautaires, ainsi que des mesures concernant les symboles terroristes et les symboles haineux afin qu'il soit plus difficile pour n'importe qui d'aller crier et scander des slogans en brandissant des symboles terroristes, comme ceux du Hamas ou du Hezbollah, lors des manifestations. Ce sont là toutes des recommandations formulées par le comité. Par ailleurs, en lisant le rapport, on constate que le Parti conservateur n'a exprimé aucune réserve sur ces quatre éléments dans son rapport dissident.
Nous avons également essayé, dans ce projet de loi, de répondre aux préoccupations — y compris les miennes — qui avaient été exprimées, notamment concernant la définition de la haine et le fait que cette définition ne reflétait pas entièrement le contenu de la décision Keegstra. Nous avons repris le travail et avons utilisé un amendement qui reflétait le libellé de la décision Keegstra, qui exige une détestation ou une calomnie extrêmes pour déterminer qu'une personne fomente volontairement la haine.
Même si j'estimais que le consentement du procureur général provincial ne devrait pas être nécessaire pour intenter des poursuites pénales et que je préconisais personnellement d'amender le projet de loi afin de préciser que le consentement du procureur général était requis uniquement pour les poursuites privées, j'ai écouté mes collègues qui s'inquiétaient du fait que le consentement du procureur général pourrait ne pas être nécessaire pour intenter des poursuites pénales. Mes autres collègues du Parti libéral, y compris la , ont fait de même. Comme le recommande le rapport sur l'antisémitisme du comité de la justice, nous avons voté afin de supprimer la partie du projet de loi qui aurait retiré l'obligation d'obtenir le consentement du procureur général. Nous avons remis cette obligation en place. Le consentement du procureur général est là.
Nous avons fait de notre mieux, je pense, pour tenir compte des nombreux commentaires raisonnables reçus.
J'entends deux arguments à propos du projet de loi, notamment de la part de mes collègues conservateurs. Le premier concerne l'application de la loi. L'idée est qu'on n'a pas besoin d'un projet de loi. Il suffit d'appliquer les lois existantes. Or, l'application des lois existantes implique que ce sont les provinces qui appliquent le Code criminel. Dans environ 90 % des cas, ce sont les autorités provinciales et les agents sur le terrain qui prennent les décisions d'arrestation, en collaboration avec les procureurs locaux, qui sont généralement provinciaux, et la police de la région. Le gouvernement fédéral — même par l'entremise du — ne peut pas dire à la police de Toronto ou de Montréal qu'elle doit arrêter M. X ou Mme Y. Il ne peut même pas faire ce que le procureur général de la province peut faire, c'est-à-dire donner des instructions claires quant au moment où des accusations doivent être portées dans une affaire provinciale.
Affirmer que l'application des lois existantes rend le projet de loi inutile revient à dire que nous ne devrions rien faire au sein du Parlement fédéral qui est pourtant habilité à modifier le Code criminel. Nous pouvons nous lancer dans de beaux discours et dire que nous sommes très mécontents que la police n'arrête pas les gens, mais nous ne ferions rien. Pourquoi diable ne ferions-nous rien alors que nous pourrions ajouter les infractions précises que la police a demandées et qui, selon elle, lui permettraient de poursuivre plus facilement les personnes que nous voulons qu'elle poursuive, à savoir celles qui commettent des infractions motivées par la haine?
Il est faux de prétendre qu'il existe déjà, dans le Code criminel, des infractions relatives à l'intimidation et au fait d'entraver l'accès des gens pour protéger expressément ces lieux. À l'heure actuelle, le Code criminel ne prévoit aucune infraction distincte liée à la haine. Ce projet de loi comblerait cette lacune, d'où son importance.
L'autre argument concerne l'élimination de la défense de fomentation volontaire de la haine. Il repose sur l'idée qu'une remarque formulée par un député lors d'une séance de comité est maintenant interprétée de façon extensive pour lui donner une portée qu'elle n'avait pas.
Pour qu'une personne soit accusée d'une forme extrême de détestation ou de calomnie, il faudrait qu'elle soit arrêtée par la police et que le procureur veuille porter des accusations contre elle pour avoir fomenté volontairement la haine d'une manière qui équivaut à une forme extrême de détestation ou de calomnie. Il faudrait que ce soit volontaire. La personne doit avoir voulu fomenter la haine de façon intentionnelle et délibérée, et ce critère s'appliquerait de la même façon à une personne qui lit la Torah, le Coran, la Bible ou tout texte religieux. Il est tout à fait insensé de croire qu'une personne pourrait être arrêtée par la police et accusée par le procureur, avec l'accord du procureur général de la province, pour avoir tout simplement lu un texte religieux ou prêché un texte religieux. Tout le monde ici sait que ce n'est pas vrai.
Si on fait peur aux gens en leur faisant croire quelque chose, il est évident qu'ils vont réagir, signer des pétitions et téléphoner, mais ce qu'on tente de leur faire croire n'est pas la vérité.
Je me suis toujours battu contre l'utilisation de la disposition de dérogation. Je me suis opposé à ce qu'on l'utilise pour priver des gens de leurs droits religieux dans ma propre province, et j'ai même organisé des rassemblements pour la liberté de religion. Il est donc ridicule de penser que je puisse appuyer une mesure qui aurait le même effet.
Ce projet de loi est important. J'encourage tous les députés à l'adopter.
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Monsieur le Président, quand je suis arrivé à la Chambre, je me suis engagé à œuvrer pour faire du Canada un pays plus libre. J'aurais préféré qu'il n'en soit pas ainsi, mais aujourd'hui, je dois tenir cette promesse. Je voterai contre le projet de loi . Cela ne surprendra pas ceux qui ont suivi les discussions que nous avons eues ces derniers mois.
Plutôt que de m'attarder sur le fait que nous ne nous conformons pas à ce que les libéraux veulent que nous fassions, je m'attarderai sur le fait qu'ils ne nous ont pas vraiment expliqué le pourquoi. Il n'y a pas que les conservateurs, mais aussi de nombreux Canadiens, y compris des députés de différents partis à la Chambre, qui s'opposent à ce qu'ils font. C'est parce que tous ces gens ne sont pas dupes. Les Canadiens comprennent qu'une loi ne protégera pas les croyants ni aucun Canadien contre la haine si elle les expose à des poursuites pour avoir exprimé de bonne foi leurs convictions religieuses, voire leurs convictions politiques. Tous les Canadiens, et certainement tous les députés, doivent savoir ce qui est proposé aujourd'hui sous le prétexte de lutter contre la haine, qui est un problème bien réel dans ce pays.
J'ai parlé du meurtre de la famille Afzaal, à London. Cette famille a été tuée en raison de sa foi musulmane. J'ai parlé de la montée de l'antisémitisme au Canada. Ce sont des choses scandaleuses et ignobles qui se produisent tous les jours parce que les lois ne sont pas appliquées. J'ai parlé de la haine dont sont victimes les chrétiens, les sikhs et les hindous. La haine est réelle, mais on ne peut pas la combattre avec des mesures législatives qui s'en prennent aux croyances religieuses sincères, qui étouffent le débat, qui font taire les dissidents et qui criminalisent l'expression d'opinions sur des textes religieux, voire la citation de textes religieux.
Je reviens à la partie la plus importante. Le projet de loi comportait de graves lacunes et il était très préoccupant lorsqu'il a été renvoyé au comité de la justice. Il était carrément dangereux quand il a été présenté. Sans témoignages, ni consultation, ni intervention significative de la part des membres libéraux du comité, les députés libéraux et bloquistes ont fait équipe afin d'éliminer une protection pour les discours religieux vieille de plusieurs décennies appelée défense pour des motifs religieux. En fait, c'est le gouvernement de Pierre Trudeau qui a mis cette protection en place. À l'époque, les libéraux comprenaient l'importance de la liberté d'expression et de la liberté de religion.
Je dirais que même les députés libéraux voient le danger que représente le projet de loi . J'aimerais citer la députée libérale de , qui a dit: « Ce projet de loi semble davantage viser à criminaliser les personnes qui s'expriment qu'à lutter contre le racisme croissant à l'égard des personnes racisées. » Elle a également déclaré que « ce projet de loi risque de criminaliser les manifestants pacifiques et la dissidence légitime ». C'est très intéressant, parce qu'il y a quelques jours à peine, la députée de Nunavut a appuyé le projet de loi à l'étape du rapport.
En ce qui concerne ce projet de loi, les libéraux ont réprimé la dissidence dans leurs propres rangs, tout comme ils ont censuré le débat et les discussions à la Chambre en limitant, seulement quelques heures avant le débat de mercredi après-midi, notre discussion à l'étape de la troisième lecture. Nous n'avons pas une journée complète, mais une demi-journée de débat.
Hier, en compagnie de dizaines de députés de différents partis, j'ai eu le grand privilège d'assister au Petit déjeuner-prière national à Ottawa. C'était la première fois que j'y participais en tant que député et la première fois que j'y assistais tout court. Le était présent. Il a parlé avec beaucoup d'éloquence du rôle de la foi dans la société canadienne. J'étais heureux de voir que même le était là. Pourtant, un jour après s'être tenus aux côtés de près de 2 000 croyants de partout au pays, le premier ministre et le Parti libéral présentent un projet de loi qui érodera les protections de longue date en matière de discours religieux et lui font franchir la toute dernière étape du processus à la Chambre des communes.
Il est très important de souligner que la foi unit les Canadiens. Je ne parle pas d'une seule religion. Je ne parle pas d'une seule confession. Au cours des derniers mois, j'ai mené les consultations que le gouvernement libéral n'a jamais menées auprès des groupes confessionnels touchés par cette situation. J'ai parlé à des imams, des rabbins, des pasteurs, des prêtres, des militants de la société civile et des constitutionnalistes. J'ai parlé à tellement de gens. L'une des choses qui sont ressorties très clairement de mes discussions avec les chefs religieux, c'est que les croyants ont beaucoup plus en commun les uns avec les autres en ce qui concerne leurs valeurs.
Il y a une blague que j'ai racontée à quelques reprises. J'espère que la présidence me pardonnera de répéter des choses que j'ai déjà dites. Je ne l'ai jamais racontée à la Chambre. Si j'avais devant moi 20 chefs religieux, parmi eux, je pourrais probablement trouver 25 opinions différentes sur la théologie, car les croyants ont des opinions différentes sur la signification des Écritures et sur ce qu'elles nous dictent de faire.
Si le Bloc québécois et les libéraux étaient vraiment sérieux au sujet de la laïcité, la liberté de religion voudrait dire que les croyants ont la liberté, sans intervention de l'État, de tenir ces discussions et ces débats. C'est pourquoi les croyants se sont unis contre le projet de loi .
Une déclaration circule parmi les églises et les groupes chrétiens. À ce jour, je crois que 800 organisations chrétiennes, représentant près de 1 million de personnes, ont signé pour s'opposer au projet de loi . Pas plus tard que cette semaine, 89 organisations de la société civile québécoise ont signé une lettre. Encore une fois, le Bloc québécois essaie de nous dire qu'il y a un consensus à ce sujet, mais même au Québec, ce n'est pas vrai. Il y a deux semaines, ce sont 350 organisations musulmanes qui se sont opposées au projet de loi C‑9. Des dizaines de rabbins juifs orthodoxes du Rabbinical Council of Toronto s'y sont également opposés. L'ensemble des membres de la communauté religieuse abrahamique comprend que ce projet de loi ne les protégerait pas s'il met en péril leurs croyances religieuses.
Nous nous sommes préparés à l'accepter. Nous avons compris que les libéraux et le Bloc québécois avaient conclu un accord. Nous savions que le projet de loi allait être adopté. Nous voulions limiter les dégâts autant que possible. Les libéraux ont rejeté toutes nos tentatives en ce sens. Ils ont rejeté notre proposition de mettre de côté ce projet de loi controversé afin de permettre une véritable consultation, et de se concentrer plutôt sur d'autres priorités dans le domaine de la justice. Ils ont dit non. De bonne foi, nous avons fait part aux libéraux des préoccupations des parties prenantes afin qu'ils en tiennent compte. Ils en ont fait fi. Nous avons proposé d'inclure dans le projet de loi des dispositions affirmant les libertés garanties par la Charte. Ils s'y sont opposés. Nous avons proposé de scinder le projet de loi et d'adopter rapidement les éléments qui faisaient l'unanimité. Ils ont refusé.
Les libéraux ont tourné le dos aux croyants. De fait, ils ont accusé les croyants d'être tellement stupides qu'ils ne sont pas capables de comprendre ce qui se passe. Ils prétendent s'y connaître mieux que toutes les organisations et toutes les personnes qui nous ont téléphoné ou qui nous ont envoyé des courriels pour tenter de dialoguer de bonne foi avec le gouvernement sur cette question. Les libéraux disent qu'ils s'y connaissent mieux que nous tous. C'est quelque chose de profondément choquant non seulement pour les croyants, mais aussi pour tous les Canadiens qui tiennent à la liberté d'expression et à la liberté de religion.
Certains ont indiqué que cette défense n'est pas nécessaire en raison de la Charte, et qu'elle ne devrait donc pas exister. On a aussi entendu un argument contradictoire selon lequel la défense fondée sur des motifs religieux ne devrait pas exister, parce qu'elle est injuste et qu'elle donne aux croyants un avantage injuste sur le plan légal. On constate que les personnes qui appuient le projet de loi dans sa forme actuelle disent deux choses opposées, soit qu'en supprimant la défense, le projet de loi ne changerait rien, et donc qu'il ne faut pas s'en faire avec ça, soit que le projet de loi changerait quelque chose de si important qu'on ne peut pas s'en passer. Pendant des mois de discussion, personne au Parti libéral n'a été en mesure de clarifier les choses. Encore aujourd'hui, je ne sais pas si le va vraiment défendre le retrait de la défense fondée sur des motifs religieux, ou si sa va le faire, parce qu'ils n'ont pas voulu le faire jusqu'à maintenant. Par conséquent, nous demandons aux libéraux de faire ce qui s'impose une fois pour toutes.
Cependant, je tiens à dire aux Canadiens qui ont dénoncé la mesure que nous les avons entendus. Leurs points de vue sont importants, et nous en prenons note. Nous nous battrons pour que ce projet de loi ne soit pas adopté, mais, si nous ne réussissons pas, nous ne lâcherons pas. Je ne baisserai pas les bras. Je défendrai toujours la liberté de religion. Je défendrai toujours la liberté d'expression. Je continuerai de travailler à abroger toute loi libérale visant à censurer, quelle que soit sa forme, maintenant et pour toujours.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui — et pour la deuxième fois cette semaine — au sujet du projet de loi , après que les libéraux l'ont fait adopter à toute vapeur au comité et à la Chambre et alors qu'ils censurent le débat sur leur propre projet de loi de censure. À l'étape de la troisième lecture, nous n'en sommes plus aux débats sur les intentions. Nous décidons des conséquences. Les conséquences du projet de loi C‑9, dans sa forme actuelle, sont claires: il s'agit d'un changement fondamental qu'on apporte au Code criminel du Canada et que les libéraux n'ont jamais été en mesure de justifier adéquatement, même aujourd'hui.
Disons-le clairement: les conservateurs croient que la haine est réelle. Nous croyons que les Canadiens de toutes les confessions méritent d'être en sécurité dans leur collectivité et d'être à l'abri de l'intimidation, de la violence et du harcèlement. Cependant, ce dont il est question aujourd'hui, ce n'est pas que d'un projet de loi qui vise à protéger les communautés, mais d'un projet de loi qui a été modifié au milieu du débat d'une manière qui soulève de graves préoccupations juridiques, constitutionnelles et morales, et pour des motifs que le gouvernement refuse toujours de fournir.
La question centrale dont la Chambre est saisie est l'élimination de la défense pour des motifs religieux prévue à l'article 319 du Code criminel, une protection qui existe depuis 56 ans. Le gouvernement n'a pas fait campagne en promettant de l'éliminer, et cette suppression ne figurait pas non dans le projet de loi initial. Elle n'a même pas fait l'objet de vastes consultations avant d'être proposée. Elle est apparue tard dans le processus à la suite de la présentation d'un amendement appuyé par les libéraux et les bloquistes, et depuis ce temps, les Canadiens se posent une question bien simple: pourquoi?
À ce jour, aucun député du Parti libéral n’a été en mesure de fournir une réponse claire. Nous n’avons entendu que des justifications changeantes, des références vagues et une incapacité à expliquer pourquoi un motif de défense établi de longue date, qui fait partie de l’équilibre juridique des lois canadiennes sur les discours haineux depuis 1970, devrait soudainement être supprimé.
Pourtant, à l’extérieur de cette enceinte, les Canadiens se sont exprimés haut et fort. Des organismes de défense des libertés civiles, des juristes et des communautés religieuses de tout le pays ont manifesté leur inquiétude. Il ne s’agit pas d’un groupe restreint ni d’une question marginale. Ce sont des millions de Canadiens — juifs, chrétiens, musulmans, sikhs, hindous et autres — qui se sont élevés contre ce changement et qui ont écrit directement à chacun des députés libéraux en face.
Comme ça a été souligné au comité et dans les mémoires, les Canadiens ont des convictions très diverses, dont certaines ne font pas l'unanimité. Or, dans une société libre, le désaccord ne peut pas donner lieu à des poursuites pénales. C'est ce principe qui guide nos lois depuis des dizaines d'années, mais le gouvernement propose aujourd'hui de supprimer l'une des principales garanties qui le protègent.
Christine Van Geyn, de la Canadian Constitution Foundation, le dit clairement dans son analyse du projet de loi. Elle signale que ce qu'on propose est bien plus qu'un ajustement technique; c'est un changement fondamental. Elle écrit que le fait de supprimer la défense pour des motifs religieux éliminerait la défense qui protège les opinions ou les discours religieux de bonne foi reposant sur des textes religieux, et elle fait une mise en garde selon laquelle les libéraux n'ont aucune raison pour abolir la mesure qui protège des millions de Canadiens contre l'intrusion de l'État dans des questions de foi. Voilà le nœud du problème. Le Parlement ne légifère pas pour les cas extrêmes. Il légifère pour les millions de Canadiens ordinaires dont les droits dépendent de la clarté et de l'équilibre de la législation.
Mme Van Geyn a aussi relevé un point encore plus important: le fondement constitutionnel de la loi elle-même. Dans l'arrêt Keegstra de la Cour suprême, on a maintenu les dispositions relatives à la propagande haineuse en raison des moyens de défense prévus par la loi, dont la défense pour des motifs religieux. Elle souligne que la Cour a considéré que ces moyens de défense sont essentiels pour veiller à ce que la loi porte minimalement atteinte à la liberté d'expression. Si nous retirons cette protection, nous ne faisons pas que changer la loi. Nous risquons d'en saper les fondements mêmes.
Il ne s'agit pas d'une préoccupation théorique. Il s'agit d'une réalité constitutionnelle. Pourtant, malgré ces avertissements, ces préoccupations et le besoin évident d'une étude attentive, qu'a fait le gouvernement? Il a mis fin au débat. À l'aide de sa motion de programmation, le gouvernement a forcé l'adoption de ce projet de loi à l'étape du comité. Lorsque l'étude article par article a repris, aucun autre débat n'était permis, aucun amendement ne pouvait être sérieusement étudié, et même la lecture des amendements a été écourtée.
Il s'agit d'un projet de loi qui modifierait le Code criminel, l'ensemble de lois le plus lourd que nous ayons, et il a été étudié à toute vapeur sans l'examen minutieux qu'il exige, pour des raisons d'ordre uniquement politique. Cela soulève une question plus profonde. Si le gouvernement est convaincu du bien-fondé de cette modification, pourquoi ne la défend-il pas? Pourquoi ne pas permettre qu'on en débatte? Pourquoi ne pas écouter les Canadiens et mettre les arguments à l'épreuve ouvertement? Au lieu de cela, nous avons vu un gouvernement qui a choisi la rapidité plutôt que l'examen, le processus plutôt que le principe et la politique plutôt que la clarté.
Nous devons également être clairs sur ce que cette modification ferait réellement. Les appels à la violence et l'incitation à la haine sont déjà illégaux au Canada, et ce, depuis des décennies. Ils ne sont pas protégés par la défense pour des motifs religieux. Ils ne l'ont jamais été. Cette défense protège l'expression religieuse de bonne foi.
Comme l'a écrit Mme Van Geyn, « le discours religieux est désordonné, symbolique et profondément humain […] Ce sont précisément les aspects où le droit pénal ne doit pas s'aventurer. » C'est une ligne qu'on nous demande maintenant de franchir, et une fois franchie, elle n'est pas facile à redessiner. Il ne s'agit pas de protéger la haine. Il s'agit de protéger la limite entre l'État et la conscience individuelle. Il s'agit de faire en sorte qu'au Canada, le gouvernement ne devienne pas l'arbitre de la théologie.
Ce débat revient en fin de compte à une question de principe. Il ne s'agit pas de savoir si la haine doit être condamnée, comme il se doit, ou si les Canadiens doivent être en sécurité, comme il se doit, mais de savoir si le Parlement est prêt à supprimer un moyen de défense établi de longue date pour la liberté d'expression et la liberté de religion sans justification claire, sans débat en bonne et due forme et face aux préoccupations généralisées des Canadiens. C'est exactement ce que ferait ce projet de loi. Il supprimerait la protection qui existe depuis plus de 50 ans. Il le ferait après avoir restreint le débat qui est censé évaluer un tel changement.
Aujourd'hui, les conservateurs donnent au gouvernement libéral une autre occasion de bien faire les choses. Nous demandons, par l'intermédiaire de notre motion, que le projet de loi soit renvoyé au comité dans le seul but de rétablir la défense pour des motifs religieux prévue à l'article 319 du Code, une protection qui garantit depuis longtemps l'expression religieuse de bonne foi au Canada.
Il s'agit d'une solution raisonnable et ciblée qui répondrait directement aux préoccupations soulevées par un large éventail de communautés religieuses et de défenseurs des libertés civiles dans tout le pays. Elle préserverait la capacité de lutter contre la haine tout en maintenant l'équilibre constitutionnel qui guide le droit canadien depuis des décennies.
La question qui se pose maintenant est simple: le gouvernement libéral sera-t-il à l'écoute? Écoutera-t-il les experts juridiques qui ont soulevé des préoccupations d'ordre constitutionnel? Écoutera-t-il les millions de Canadiens qui se sont exprimés, ou s'acharnera-t-il à faire adopter le projet de loi à toute vapeur, à limiter le débat et à susciter inutilement la division?
Les conservateurs défendront toujours fièrement la liberté d'expression et la liberté de religion, un point c'est tout. Aujourd'hui, nous offrons au gouvernement libéral une dernière occasion de se joindre à nous pour rétablir ces protections, de tenir compte des préoccupations des Canadiens et de veiller à ce que le Code criminel soit à la fois synonyme de justice et de respect des libertés.
Par conséquent, je propose:
Que la motion soit modifiée par substitution, aux mots suivant le mot « Que », de ce qui suit:
le projet de loi C‑9, Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès à des lieux religieux ou culturels), ne soit pas maintenant lu une troisième fois, mais qu'il soit renvoyé de nouveau au Comité permanent de la justice et des droits de la personne afin que celui-ci réexamine l'article 4 en vue de rétablir les alinéas 319(3)b) et 319(3.1)b) de la Loi dans le but de préserver des mesures qui protègent depuis longtemps la capacité d'exprimer de bonne foi une opinion sur un sujet religieux, de répondre aux inquiétudes soulevées par un large éventail de communautés religieuses dans l'ensemble du Canada, et de protéger la liberté d'expression et la liberté de religion garanties par la Charte canadienne des droits et libertés.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de .
Pour dire les choses franchement, je ne suis pas convaincu que le projet de loi , Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crimes haineux et accès à des lieux religieux ou culturels), soit nécessaire. Je trouve donc étrange qu'après avoir accordé la priorité à d'autres projets de loi pendant des mois, le gouvernement veuille maintenant en faire une priorité.
Compte tenu du bilan de l'administration libérale, je ne suis pas convaincu non plus que ce projet de loi changera quoi que ce soit. Je n'en suis pas convaincu parce que nous avons déjà, au Canada, des lois sur les crimes haineux qui sont conçues pour protéger les communautés et les personnes vulnérables. Ces lois sont claires et le crime en question est bien défini. Ce qui manque, c'est la volonté politique de voir à ce que les lois soient bien appliquées. Si elle n'est pas appliquée, toute nouvelle mesure législative n'est qu'un ensemble de mots vides de sens.
Selon le Code criminel, « [q]uiconque préconise ou fomente le génocide est coupable d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans ».
Le Code définit le génocide comme suit:
actes […] commis avec l'intention de détruire totalement ou partiellement un groupe identifiable, à savoir:
a) le fait de tuer des membres du groupe;
b) le fait de soumettre délibérément le groupe à des conditions de vie propres à entraîner sa destruction physique.
Un groupe identifiable est défini comme « toute section du public qui se différencie des autres par la couleur, la race, la religion, l'origine nationale ou ethnique, l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expression de genre ou la déficience mentale ou physique ». Cette définition me semble assez claire.
Voici aussi ce que dit le Code criminel:
Quiconque, par la communication de déclarations en un endroit public, incite à la haine contre un groupe identifiable, lorsqu'une telle incitation est susceptible d'entraîner une violation de la paix, est coupable:
a) soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de deux ans;
b) soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Cet article est tout aussi clair. Il se poursuit ainsi:
Quiconque, par la communication de déclarations autrement que dans une conversation privée, fomente volontairement la haine contre un groupe identifiable est coupable:
a) soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de deux ans;
b) soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Ces lois sont déjà en place. Cependant, ces derniers temps, la police ne semble pas disposée à porter des accusations, peut-être parce qu'il n'y a pas de volonté politique de faire respecter la loi canadienne parmi certains groupes qui se font entendre. Cette application sélective de la loi a empiré les choses au lieu de les améliorer, car certains groupes estiment que la loi ne s'applique pas à leurs déclarations ni à leurs actes.
Le Code criminel va également au-delà de la condamnation des propos haineux en général pour s'attaquer à l'un des plus grands problèmes de la société canadienne, à savoir l'antisémitisme. Voici ce que dit le Code criminel:
Quiconque, par la communication de déclarations autrement que dans une conversation privée, fomente volontairement l'antisémitisme en cautionnant, en niant ou en minimisant l'Holocauste est coupable :
a) soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de deux ans;
b) soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Cette disposition existe déjà, mais le gouvernement choisit de ne pas l'appliquer. Pourquoi le Parti libéral pense-t-il que les choses vont changer s'il ajoute une nouvelle disposition qu'il n'a probablement pas l'intention d'appliquer? N'avons-nous pas mieux à faire que de perdre notre temps à projeter une image vertueuse?
La loi actuelle prévoit un certain nombre d'exceptions aux dispositions relatives aux crimes haineux. Selon le Code criminel, « Nul ne peut être déclaré coupable d'une infraction [...] dans les cas suivants : »
a) il établit que les déclarations communiquées étaient vraies;
b) il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d'en établir le bien-fondé par argument;
c) les déclarations se rapportaient à une question d'intérêt public dont l'examen était fait dans l'intérêt du public et, pour des motifs raisonnables, il les croyait vraies;
d) de bonne foi, il voulait attirer l'attention, afin qu'il y soit remédié, sur des questions provoquant ou de nature à provoquer des sentiments de haine à l'égard d'un groupe identifiable au Canada.
Ces exemptions sont depuis longtemps considérées comme raisonnables. La Cour suprême a reconnu que cette défense est nécessaire pour que les lois canadiennes sur les discours haineux demeurent constitutionnelles, car elle comprend à quel point la liberté d'expression et la liberté de religion sont cruciales.
Lorsqu'il a été présenté, le projet de loi contenait une disposition semblable sur l'affichage de symboles haineux. Il prévoyait que « Nul ne peut être déclaré coupable d'une infraction […] dans les cas suivants : »
a) l'exposition du symbole servait un but légitime, notamment un but lié au journalisme, à l'éducation ou aux arts et non contraire à l'intérêt public;
b) l'exposition du symbole était faite de bonne foi dans le but d'attirer l'attention, afin qu'il y soit remédié, sur des questions provoquant ou de nature à provoquer des sentiments de haine à l'égard d'un groupe identifiable au Canada.
Dans le cas d'un projet de loi inutile qui fait double emploi avec ce qui se trouve déjà dans le Code criminel, on peut au moins comprendre qu'il puisse parfois y avoir un désaccord légitime sur ce qui est haineux, mais maintenant, dans une tentative honteuse d'obtenir les votes dont il a besoin pour faire adopter ce projet de loi profondément imparfait, le gouvernement est prêt à abandonner la garantie constitutionnelle de la liberté de religion dans un contexte de débat public afin de faire adopter un mauvais projet de loi. Si le gouvernement n'a pas l'intention de faire appliquer ce projet de loi de lutte contre la haine davantage qu'il ne l'a fait avec les dispositions actuelles du Code criminel, alors cela n'a peut-être pas d'importance, mais toute atteinte à la liberté de religion a de l'importance. Nous ne devrions pas nous débarrasser aussi cavalièrement des libertés garanties par la Constitution, et surtout pas par opportunisme politique.
Les électeurs d'Edmonton Manning s'opposent à ce projet de loi et à la suppression des dispositions concernant la défense fondée sur des motifs religieux qui se trouvent dans l'article du Code criminel qui porte sur les crimes haineux. Lorsque j'ai pris la parole précédemment au sujet de ce projet de loi, j'ai indiqué que la Chambre devait se demander quelle est la meilleure façon de répondre à la haine. Des mesures législatives comme le projet de loi , Loi visant à lutter contre la haine, peuvent prévoir un cadre relativement à la peine dans le Code criminel, mais punir des gens pour leurs idées et leurs croyances va-t-il changer ces croyances?
Nous avons la responsabilité de protéger les Canadiens, en particulier les Canadiens vulnérables, contre le harcèlement par des personnes motivées par la haine. Il nous incombe de trouver un équilibre entre la liberté d'expression et les droits individuels. Les députés devraient se demander si c'est ce que fait ce projet de loi.
Ce projet de loi n'améliorera pas la sécurité des Canadiens. Il ne protégera certainement personne contre la haine, surtout pas les croyants. Au lieu de perdre du temps sur ce projet de loi bancal, le gouvernement devrait faire appliquer les dispositions contre la haine qui existent déjà. C'est une mesure que les Canadiens appuieraient.
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Monsieur le Président, je prends la parole pour réaffirmer un principe fondamental du Nouveau Parti démocratique, à savoir que nous devons prendre des mesures concrètes et efficaces pour lutter contre la haine au Canada sans porter atteinte aux libertés fondamentales qui définissent notre démocratie.
L'Association canadienne des libertés civiles et plus de 40 organisations de la société civile ont tiré la sonnette d'alarme concernant la formulation du projet de loi .
Elle a indiqué que cette formulation:
[...] pourrait être utilisée pour criminaliser les protestations pacifiques et réduire au silence les expressions impopulaires. Au lieu de répondre de manière significative à ces préoccupations, le processus tronqué [du comité] n'a que très peu amélioré le projet de loi et l'a même aggravé en supprimant la défense religieuse de bonne foi du Code [criminel] sans la remplacer par quoi que ce soit d'adéquat.
Les néo-démocrates ne pourraient être plus d'accord. Nous comprenons à la fois l'urgence de lutter contre la haine et la nécessité de protéger les libertés civiles. Soyons clairs. La haine est bien réelle et elle gagne du terrain. Elle porte préjudice à des communautés partout au pays: des communautés racisées, des peuples autochtones et des membres de la communauté 2ELGBTQQIA+.
Cependant, la loi doit être précise, efficace et juste. Elle doit cibler les véritables sources de préjudice, et non pas jeter un filet trop large qui risquerait de criminaliser l'expression et la dissidence légitimes. Voilà pourquoi nous continuons à nourrir de sérieuses inquiétudes quant au projet de loi qui nous est présenté.
En fait, la députée de , au nom du NPD, a présenté des amendements au comité afin de tenter de répondre à certaines de ces préoccupations, mais ils ont tous été rejetés. La position du NPD demeure celle que la députée a présentée.
Elle a dit:
Le NPD estime que le gouvernement fédéral doit intervenir de manière globale pour lutter contre la montée de la haine au Canada.
Elle a ajouté:
Oui, nous devons combattre la haine, mais nous n'avons pas besoin de criminaliser les personnes qui s'expriment et nous n'avons certainement pas besoin de les garder en prison plus longtemps.
Je suis déçue que ce projet de loi ne fasse rien contre les agissements violents du mouvement nationaliste blanc qui prend de plus en plus d'ampleur. Cette omission des libéraux laisse les communautés racialisées, autochtones et 2ELGBTQIA+ dépourvues des outils nécessaires pour combattre le plus important motif de haine au Canada.
Nous vivons à une époque de division, pour bien des raisons. Les gens sont pour ou contre la Palestine. Ils sont pour ou contre Israël.
Elle a poursuivi en disant:
Nous ne devrions pas avoir à craindre d'être criminalisés pour avoir tenu un discours public. [Toutefois, ce] projet de loi semble avoir davantage pour objectif de criminaliser les personnes qui s'expriment que de combattre le racisme croissant à l'endroit des personnes racialisées.
Il s'agit là d'une critique pertinente que nous devons prendre au sérieux. En effet, au comité, la députée de a soulevé cette question importante auprès du .
Elle a dit:
[...] les défenseurs des terres Wet'suwet'en ont été criminalisés. Les défenseurs des terres du Nunavut étaient sur le point d'être criminalisés. Pourquoi? Parce qu'ils protestaient contre les décisions du gouvernement.
Elle a ajouté:
En 2024, en l'espace d'une semaine, entre le 29 août et le 8 septembre, la police canadienne a tué six membres des Premières Nations. Les personnes racisées dans ce pays ont une expérience similaire avec les forces de l'ordre. Ce projet de loi exige que les Canadiens fassent confiance à la police pour savoir quand une action est motivée par la haine et quand elle ne l'est pas.
Le ministre pourrait‑il répondre en indiquant quelles garanties les manifestants auront pour s'assurer que les forces de l'ordre n'utiliseront pas ces nouveaux pouvoirs pour les criminaliser?
Le n'a pas fourni de réponse satisfaisante.
Ce n’est pas seulement une question théorique. Pas plus tard qu'hier, la CBC a révélé l’existence du « programme sur l'extrémisme chez les Autochtones » de la GRC, dans le cadre duquel des dizaines de dirigeants des Premières Nations ont été placés sous surveillance par la GRC et qualifiés d’extrémistes, non pas en raison de menaces crédibles, mais en raison d'une campagne généralisée et intrusive qui considérait la défense politique légitime des droits fonciers, de l'autodétermination et d'un traitement équitable comme quelque chose à surveiller, à contrôler et même à perturber, à l'aide de dossiers de renseignement stupéfiants qui regorgent de documents, d'écoutes téléphoniques, d'informateurs rémunérés et d'agents secrets désignés par des codes numériques. L'opération visait à diviser les mouvements, à leur retirer leur financement et à entraver leur organisation, en violation de leur droit à la liberté d'association, à la liberté d'expression politique et au respect de la vie privée.
Je tiens à être très claire. Dans une démocratie, le désaccord n'est pas une menace: c'est une nécessité. Manifester n'est pas un crime: c'est un droit. Les dirigeants autochtones qui se battent pour leurs droits territoriaux, pour l'autodétermination et pour un traitement équitable ne sont pas des extrémistes. Le projet de loi serait, pour les institutions canadiennes, une invitation à continuer leurs activités répréhensibles. Comment pouvons-nous être certains que les gens qui osent s'opposer au projet de loi du gouvernement à propos des grands projets, une mesure qui piétine déjà les droits des peuples autochtones, ne seront pas considérés comme des criminels en vertu du projet de loi C‑9?
Comme l'a aussi souligné la députée de :
Les néo-démocrates sont préoccupés par le libellé vague du projet de loi, parce qu'une fois que des définitions très larges entrent en vigueur, elles peuvent facilement être utilisées contre certains groupes.
Elle a également déclaré:
En ce qui concerne la liberté de réunion, [...] on pourrait considérer que [ce critère] s'applique à n'importe quelle manifestation suffisamment bruyante ou perturbatrice.
Les manifestations pacifiques sont essentielles à la vie démocratique. Si une loi produit un effet paralysant au point d'inciter les gens à craindre des sanctions criminelles pour leurs paroles, c'est que nous transformons fondamentalement le débat public. Il est déjà admis au Canada que la liberté d'expression n'est pas absolue. Il est admis que la liberté d'expression peut aller trop loin et dépasser les bornes, en particulier lorsqu'elle mène à l'incitation à la violence visant un groupe identifiable. Ce seuil existe pour une raison. Le projet de loi propose d'abaisser ce seuil, ce qui risque d'englober des comportements qui devraient demeurer protégés. Nous devons faire attention de ne pas confondre les propos offensants et les comportements criminels.
Au Canada, les nouvelles dispositions législatives doivent protéger les communautés sans engendrer de nouvelles injustices. Le projet de loi créerait de nouvelles infractions pénales fondées sur des critères vagues et subjectifs, notamment sur la notion de semer la peur. Soyons honnêtes quant à ce que cela signifie concrètement. Ce sont les policiers qui détermineront sur le moment ce qui constitue de la peur. On parle d'un large pouvoir discrétionnaire et d'une application inégale de la loi.
Dans notre pays, nous savons exactement à quoi cela ressemble. Ce sont les défenseurs des terres autochtones qui sont arrêtés et surveillés. Nous avons vu, tant par le passé que récemment, comment les militants sont surveillés et les mouvements perturbés par les forces de l'ordre. Ce sont les communautés racisées qui font l'objet d'une surveillance policière excessive. Ce sont les militants et les manifestants qui sont traités comme des menaces, non pas parce que la loi le stipule explicitement, mais parce que des dispositions vagues sont appliquées de manière inégale. Ce n'est pas cela, la justice.
La députée de a raison de dire: « Dans sa forme actuelle, le projet de loi [donne] un trop grand pouvoir discrétionnaire aux forces de l'ordre, leur permettant de faire preuve de subjectivité. »
Je souligne que le Canada ne part pas de zéro en matière de lutte contre la haine. Comme l'a fait remarquer la députée de : « Il existe déjà des lois qui punissent la haine, [et la] haine est déjà une circonstance aggravante dans la détermination de la peine. » En fait, le Code criminel contient déjà des dispositions rigoureuses, notamment en matière d'infractions liées à la perturbation des offices religieux, aux méfaits contre des biens religieux, au harcèlement criminel, à la profération de menaces et à l'intimidation.
Dans ce cas, que fait réellement le projet de loi? La députée de a souligné à juste titre que le projet de loi porterait les peines maximales à 5 ans, à 10 ans, à 14 ans, voire à l'emprisonnement à perpétuité. Je tiens à être très claire: il n'existe absolument aucune preuve crédible permettant de conclure que la prolongation des peines dissuade les gens de commettre des crimes haineux. Ce qui réduit la criminalité, c'est la prévention, la stabilité et les investissements dans le logement communautaire, les soins de santé mentale, l'éducation et les débouchés. Pour adopter une politique fondée sur des données probantes, nous devons nous demander si ces mesures réduiront réellement les méfaits ou si elles élargiront simplement la portée du système de justice pénale d'une manière qui pourrait être contre-productive.
Je termine en revenant à mon point de départ. Les néo-démocrates sont déterminés à lutter sans relâche contre la haine. Nous croyons qu'il faut protéger les collectivités, lutter contre l'extrémisme et bâtir une société plus inclusive, mais nous croyons aussi qu'il faut élaborer adéquatement cette politique. Nous croyons que les mesures législatives doivent être ciblées, fondées sur des données probantes et conformes à la Charte. Elles doivent s'attaquer aux menaces réelles, comme la violence organisée des nationalistes blancs, et ne pas ratisser trop large, ce qui risquerait de porter atteinte aux libertés fondamentales.
C'est pourquoi, comme l'a déclaré la députée de alors qu'elle était sous la bannière du NPD: « Considérant tous les signaux alarmants que déclenche ce projet de loi, le NPD ne peut pas l'appuyer dans sa forme actuelle. » Notre position reste inchangée. Le NPD ne soutiendra pas des mesures qui portent atteinte aux libertés civiles, qui élargissent des approches répressives sans fondement factuel ou qui ne s'attaquent pas aux causes profondes de la haine. Les Canadiens méritent mieux que cela. Le NPD restera fidèle à ses principes et fera preuve de fermeté sur cette question, et nous nous opposerons au projet de loi .