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Monsieur le Président, je souhaite parler aujourd'hui du projet de loi et de la diversification commerciale du Canada. J'aimerais prendre quelques minutes pour parler un peu de l'économie de ma circonscription, Beauport—Limoilou. Je vais commencer par quelques exemples d'entreprises de ma circonscription qui font du commerce à l'international.
À Limoilou, sur la 5e rue, on retrouve l'entreprise Maple 3. J'ai eu l'occasion de visiter cette entreprise l'année dernière et de rencontrer cette formidable équipe. Ce que j'ai vu est très parlant pour comprendre la réalité économique de notre circonscription. Maple 3 transforme un produit bien de chez nous, l'eau d'érable, en boisson naturelle qui se retrouve aujourd'hui sur des marchés internationaux. Les produits de l'entreprise sont déjà présents dans des marchés comme Singapour et Hong Kong, et l'entreprise développe aussi sa présence dans d'autres marchés des pays d'Asie. Derrière ces exportations, il y a une petite équipe d'entrepreneurs et d'employés qui innovent, développent des produits et bâtissent une présence à l'international à partir d'un quartier de Limoilou.
Toujours dans Limoilou, sur la rue Jérémie‑Fortin, le laboratoire Primatech conçoit et fabrique des outils spécialisés pour l'installation de planchers de bois franc. Ce savoir-faire manufacturier bien québécois se retrouve aujourd'hui dans des marchés étrangers grâce aux démarches d'exportation de l'entreprise. Des produits conçus ici, dans ma circonscription, sont utilisés par des professionnels ailleurs dans le monde.
À Beauport, on retrouve également une entreprise qui participe à cette ouverture des marchés. Le fumoir La Fée des grèves transforme des produits marins et s'inscrit dans une chaîne agroalimentaire qui permet à des produits québécois de rejoindre des consommateurs au-delà de notre marché intérieur. Cela signifie des emplois locaux dans la transformation, le contrôle de la qualité, l'emballage et la logistique.
Je me permets de donner un dernier exemple. À Beauport, Groupe Sio aide justement des entreprises à structurer leurs démarches d'import-export, à identifier des partenaires étrangers et à naviguer dans les marchés internationaux. Quand on met ces exemples ensemble, on comprend rapidement que Beauport—Limoilou possède un tissu économique composé de PME innovantes, de manufacturiers spécialisés et d'entreprises de transformation qui réussissent à se faire une place sur les marchés internationaux. C'est ça, la réalité économique de Beauport—Limoilou. Ce sont des entreprises bien enracinées dans leur communauté qui créent de la valeur ici, tout en développant des débouchés ailleurs dans le monde.
Je vais continuer en empruntant une image simple, mais parlante, pour éclairer mes propos d'aujourd'hui, une image que j'aime bien. Les relations économiques internationales ressemblent souvent à une grande partie d'échecs. Chaque pays est un joueur. Chaque décision commerciale est un accord, un mouvement stratégique. Chaque accord prépare les positions futures. Dans une telle partie, on ne joue jamais seulement pour le prochain coup. On pense toujours à court, à moyen et à long terme. On protège ses acquis. On développe ses alliances. Surtout, on prépare l'avenir. Tous les pays du monde ont cette trame en tête quand ils construisent une stratégie nationale.
Dans toutes les grandes stratégies, il existe des moments charnières, des moments où un joueur doit décider s'il se contente de défendre ses acquis ou s'il choisit d'avancer ses pièces. Aujourd'hui, le Canada se trouve exactement dans cette position. L'économie mondiale change. Les chaînes d'approvisionnement se redessinent. Les équilibres géopolitiques se déplacent. Dans cette grande partie d'échecs d'économie mondiale, le Canada n'est pas un spectateur. Le Canada est un joueur, un joueur qui doit penser à court, à moyen et à long terme.
C'est précisément ce que fait le projet de loi . Ce projet de loi n'est pas seulement un accord commercial, c'est un mouvement stratégique. C'est une pièce avancée avec intention, une position préparée pour l'avenir. Il s'inscrit dans un plan de diversification commercial ambitieux. Ce plan est clair: ouvrir des nouveaux marchés, réduire la dépendance, créer des occasions pour les entreprises canadiennes, y compris dans la grande région de Québec.
Dans toute partie d'échecs, le court terme correspond à des ouvertures, ces premiers coups qui établissent la position. À court terme, l'accord avec l'Indonésie améliore immédiatement l'accès à un marché de près de 300 millions d'habitants, la plus grande économie de l'ANASE, soit l'Association des nations de l'Asie du Sud‑Est, et une puissance mondiale de l'Indo‑Pacifique.
L'élimination de droits de douane sur plus de 95 % des exportations canadiennes rendra nos produits plus compétitifs dans l'un des marchés les plus dynamiques au monde. C'est un gain concret. C'est un gain immédiat. C'est un gain stratégique. Pour le Québec et la région de Québec, cela signifie plus d'exportation pour nos manufacturiers, de nouveaux partenariats technologiques et davantage d'investissements créateurs d'emplois de qualité.
Une stratégie nationale ne peut se limiter aux premiers coups. À moyen terme, une partie d'échecs consiste à contrôler le centre de jeu, à créer des positions solides et à relier les pièces. C'est exactement ce que va faire cet accord. Il établit des règles commerciales prévisibles et stables. Il renforce la chaîne d'approvisionnement. Il ouvre la voie à des partenariats durables entre entreprises canadiennes et indonésiennes. Pour les secteurs clés du Québec, soit l'aérospatiale, les technologies propres, l'intelligence artificielle et l'énergie durable, cela signifie un avantage stratégique réel dans un marché en expansion.
Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est consolider une position qui permettra à nos entreprises de croître demain. Les grandes nations, comme les grands joueurs d'échecs, pensent toujours aussi à long terme. D'ici 2050, l'Indonésie devrait devenir l'une des cinq plus grandes économies mondiales. Pour le Canada, cela signifie qu'il est stratégique d'établir dès maintenant des relations commerciales solides avec ce partenaire en pleine ascension.
Depuis trop longtemps, notre économie dépend fortement d'un partenaire commercial majeur. Diversifier nos échanges, c'est réduire le risque, renforcer la résilience et préparer la prospérité future du Canada. C'est donner de la prévisibilité à nos entreprises. C'est le mot que les entrepreneurs ont utilisé le plus dans le Comité permanent de commerce international. Ils veulent de la prévisibilité. C'est pourquoi notre gouvernement vise à doubler les exportations vers les marchés autres que les États‑Unis au cours de la prochaine décennie. On ne parle pas ici d'un slogan, on parle d'une stratégie nationale, et l'accord avec l'Indonésie est une pièce maîtresse dans cette stratégie. Le premier accord bilatéral du Canada avec un pays de l'ANASE, soit l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, est un signal clair de notre engagement dans l'Indo‑Pacifique.
Dans la partie mondiale qui se joue actuellement, certains pays choisissent le repli; le Canada choisit l'engagement. Certains choisissent le protectionnisme; le Canada choisit le partenariat. Certains déplacent leurs pièces par réaction; le Canada avance avec stratégie. Ce projet de loi démontre un leadership assumé dans un monde marqué par l'incertitude économique et géopolitique. Il affirme que le Canada restera un acteur majeur du commerce international. Il affirme que le Québec continuera d'exporter son innovation. Il affirme que nos entreprises auront accès aux marchés en croissance.
Une bonne stratégie d'échec repose sur trois principes: anticiper, diversifier, construire. Anticiper les risques, diversifier les options et construire la position gagnante. C'est exactement ce que fait le projet de loi . Il prépare notre économie aux réalités du XXIe siècle. Il relie l'ingéniosité canadienne et la demande mondiale. Il crée des occasions pour les entreprises québécoises. Il renforce la prospérité des communautés partout au pays. Le Canada joue cette partie avec confiance, avec clarté et avec détermination.
J'invite donc tous les députés à la Chambre à appuyer le projet de loi C‑18 pour une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus prospère. Dans la grande partie économique mondiale qui se joue, le Canada ne défend pas seulement sa position, le Canada joue pour gagner.
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Monsieur le Président, je suis heureux de pouvoir prendre la parole au sujet du projet de loi .
Le projet de loi est très important, voire essentiel, en ce moment de notre histoire, pour la croissance économique et la prospérité du Canada et pour que nous puissions créer les emplois de premier plan dont ont besoin les Canadiens d'un océan à l'autre.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à profiter de cette occasion pour remercier certaines personnes du travail important qu'elles ont accompli afin de nous permettre d'arriver là où nous en sommes. Bien sûr, le a veillé très activement à ce que cet accord soit conclu. Il a participé à la cérémonie de signature, en compagnie du , avec nos homologues du gouvernement indonésien.
Un certain nombre de fonctionnaires d'Affaires mondiales Canada faisaient partie de l'équipe de négociation et ont travaillé pendant de nombreuses années pour négocier et concrétiser, dans l'intérêt du Canada, cet accord très important. Je tiens à prendre un moment pour remercier tous ces fonctionnaires de leur excellent travail et des services qu'ils rendent à notre pays.
Je tiens à saluer tous les membres du Comité permanent du commerce international. C'est un réel plaisir de travailler avec eux, et je parle bien des députés des trois partis, y compris les députés ministériels qui siègent au comité. Grâce à un processus fondé sur la collaboration, les membres du comité ont grandement collaboré, ce qui nous a permis d'unir nos efforts. Nous avons été en mesure d'échanger nos idées. Il y a eu quelques changements. Comme les députés peuvent le lire dans le rapport, des changements mineurs ont été apportés au projet de loi, et tout ce travail s'est déroulé de manière réfléchie et dans un esprit de consultation. Voilà une situation où le fonctionnement d'un comité parlementaire était optimal, et où on a démontré à quel point il est important de travailler ensemble pour le bien-être des Canadiens et de nos propres concitoyens.
Je tiens également à exprimer ma gratitude à l'ambassadeur de l'Indonésie au Canada, Son Excellence Muhsin Syihab, qui est récemment arrivé au Canada. Évidemment, il connaît très bien l'Indonésie, et il a hâte d'en apprendre davantage sur le Canada. Il appuie ce projet de loi avec beaucoup d'enthousiasme. Je le remercie et j'ai hâte de travailler avec lui pour mettre en œuvre cet accord, lorsqu'il aura été adopté à la Chambre et à l'autre endroit et qu'il sera en vigueur, afin que nous puissions créer des occasions d'affaires pour les entreprises canadiennes sur le marché indonésien.
On l'a mentionné à l'étape de la deuxième lecture, et nous l'avons entendu en comité, mais il convient de réitérer l'importance de l'Accord de partenariat économique global entre le Canada et l'Indonésie. Il représente une étape importante dans les relations commerciales du Canada avec la région indo-pacifique. Il a été conclu en décembre 2024 et signé, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, en septembre 2025.
Cet accord vise à renforcer les liens économiques avec l'Indonésie, un pays qui compte près de 280 millions d'habitants. Il s'agit d'un grand pays de la région indo-pacifique qui affichait une économie florissante de 1,9 billion de dollars en 2024. Il est facile d'imaginer à quel point un accord économique global bilatéral avec un pays de cette taille pourrait être avantageux pour le Canada. C'est ce que nous avons réussi à accomplir avec cet accord très important.
Cet accord est très ciblé. Il est également très ambitieux quant à son étendue et à sa portée pour les Canadiens. Comme je l'ai dit, c'est un accord commercial assez complet qui traite de l'accès aux marchés pour les biens, les services et les investissements, et qui comprend des dispositions sur les petites et moyennes entreprises, le travail, l'environnement et la participation des femmes à l'économie. C'est vraiment un modèle d'accord de libre-échange moderne quant à son élaboration. En collaborant avec ses partenaires indonésiens, le Canada a réussi à jeter les bases d'un tel accord.
Les travaux du comité se sont révélés très positifs. Nous avons entendu de nombreux intervenants de différents secteurs, et ils étaient tous favorables à cet accord. Les deux témoins qui m'ont le plus marqué provenaient du secteur agricole et agroalimentaire. Leur appui enthousiaste était tout à fait remarquable. Les représentants des industries bovine, porcine, des légumineuses et du soja se sont tous montrés très favorables à l'accord, puisqu'il leur offrirait un accès préférentiel à un marché économique important. Selon eux, grâce au traitement préférentiel qu'il leur procurerait, l'accord entraînerait une forte hausse des exportations canadiennes dans un marché déjà robuste. Leur enthousiasme était palpable, et ils nous ont pressés de faire ratifier l'accord par le Parlement dans les plus brefs délais.
Je tiens donc à profiter de l'occasion pour les remercier, ainsi que toutes les associations concernées. Je remercie spécialement tous les agriculteurs, qui travaillent sans relâche pour produire des aliments de calibre mondial afin de nourrir la population canadienne et aussi de les vendre dans le monde entier. Je crois qu'ils ont compris que l'Indonésie représente un marché, une économie et une population en plein essor, et que le Canada est en mesure de vendre aux Indonésiens des aliments durables et de grande qualité.
L'autre secteur qui a été particulièrement mis en avant pendant les travaux du comité, c'est celui du nucléaire. Un représentant d'une entreprise nucléaire, AtkinsRéalis, a parlé des perspectives que l'accord ouvrirait relativement à la sécurité énergétique et à la possibilité pour le Canada d'exporter une technologie nucléaire stable, fiable et sécuritaire. Comme les députés le savent, le réacteur CANDU est une innovation canadienne. Il est remarquable. Il génère de l'électricité dans le monde entier, pas seulement au Canada. Des entreprises comme AtkinsRéalis sont très enthousiastes à l'idée de collaborer avec des pays comme l'Indonésie. L'accord leur permettrait de le faire en bénéficiant d'un accès préférentiel et de trouver des moyens de vendre cette technologie. Ainsi, nous aiderions l'Indonésie à renforcer sa sécurité énergétique et à atteindre ses objectifs de carboneutralité d'ici 2050, mais surtout, nous créerions des emplois très bien rémunérés pour les Canadiens.
Ne serait-ce qu'en Ontario, ma province, nous avons l'une des meilleures chaînes d'approvisionnement au monde pour ce qui est de l'énergie nucléaire. Si nous parvenons à ouvrir d'autres marchés d'exportation à cette technologie, les emplois pour les Canadiens se multiplieront forcément. Cette possibilité se concrétisera grâce à l'accord, qui permettra à des entreprises canadiennes telles qu'AtkinsRéalis de faire des ventes dans des pays comme l'Indonésie.
Mon dernier point concerne l'importance de cet accord pour le travail que notre pays accomplit en matière de diversification commerciale. Je pense que les députés passent beaucoup de temps à discuter des problèmes auxquels nous sommes confrontés, comme le protectionnisme que nous observons actuellement, en particulier chez nos partenaires américains. Nous nous efforçons de diversifier nos échanges commerciaux dans le but de doubler nos exportations vers les pays autres que les États‑Unis d'ici 10 ans. C'est l'objectif qu'a fixé le . Cet accord est un exemple particulièrement important de moyen de l'atteindre. De plus, il nous ouvre la voie pour finaliser notre accord avec les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud‑Est, dont l'Indonésie fait partie. D'autres pays importants, comme les Philippines, la Thaïlande, Singapour et le Vietnam, sont également membres de l'Association, et cet accord servirait de modèle pour le travail que nous devons accomplir.
Je tiens à remercier la vice-ministre du Commerce de l'Indonésie, qui a joué un rôle déterminant dans ce dossier. Lorsque je l'ai rencontrée à Kuala Lumpur, en Malaisie, lors du sommet ministériel de l'Association des nations de l'Asie du Sud‑Est, elle s'est engagée à faire en sorte que l'Association conclue également un accord cette année, en 2026, afin que nous puissions continuer de resserrer nos liens économiques avec d'autres pays et de créer des emplois bien rémunérés pour les Canadiens d'un océan à l'autre.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au nom des habitants de Calgary Signal Hill à propos du projet de loi , Loi portant mise en œuvre de l'Accord de partenariat économique global entre le Canada et l'Indonésie.
Je tiens d'abord à dire clairement que les conservateurs croient au commerce. Le Canada a toujours été un pays commerçant. Depuis les premiers jours de la Confédération, notre prospérité repose sur notre capacité à rayonner au-delà de nos frontières et à vendre les biens et l'expertise du Canada au reste du monde. C'est pourquoi nous abordons les accords commerciaux avec un esprit constructif. Quand des accords élargissent l'accès aux marchés, réduisent les droits de douane et créent des débouchés pour les producteurs canadiens, nous les accueillons favorablement. À un moment où les ressources naturelles sont plus essentielles que jamais, le Canada est un pays qui a beaucoup de chance. Les ressources naturelles du Canada sont parmi les plus abondantes au monde. Pensons aux réserves de pétrole qui ont le potentiel de faire de lui l'un des pays les plus influents et les plus prospères de la planète.
Pendant trop longtemps, nous avons laissé une idéologie dépassée et l'autosabotage nous empêcher de réaliser notre potentiel. En 2026, dans un monde en pleine mutation, nous n'avons plus aucune excuse pour ne pas devenir une grande puissance exportatrice. L'Indonésie représente une occasion importante pour le commerce et l'influence du Canada. Avec plus de 270 millions d'habitants, elle est le quatrième pays le plus peuplé au monde. Elle possède l'une des économies les plus dynamiques de la région indo-pacifique. Sa classe moyenne croît rapidement, et la demande en nourriture, en technologie, en ressources naturelles et en énergie y est en hausse. L'énergie est essentielle à notre niveau de vie ici, chez nous, comme à celui des populations du monde entier. Le gouvernement libéral a toutefois négligé ce domaine.
Lorsque le a comparu devant le comité du commerce international le mois dernier pour répondre à des questions sur le projet de loi , j'ai noté que la Fondation Asie-Pacifique avait publié un rapport soulignant le renforcement des liens entre les États-Unis et l'Indonésie dans le secteur de l'énergie, en particulier pour ce qui est du pétrole et du gaz naturel liquéfié.
L'Indonésie a importé environ 322 000 barils de pétrole brut par jour en 2024, et elle dépend des importations pour 40 % de ses besoins énergétiques. Cette proportion ne fera qu'augmenter à mesure que son économie se développe et que davantage d'Indonésiens sortent de la pauvreté. Il semble que nous soyons en train de rater le coche. Non seulement les États-Unis se mobilisent pour répondre à la demande indonésienne en pétrole, mais le a informé le comité du commerce international que les discussions avec les Indonésiens portaient principalement sur l'énergie durable. Il a dit: « [L'Indonésie] [...] souhaite, elle aussi, faire la transition vers une énergie plus durable. Pour l'Indonésie, la durabilité passe par le nucléaire et le gaz naturel liquéfié, qui produit un peu moins d'émissions de carbone que le pétrole brut. »
C'était le 5 février dernier. Le témoignage du devant le comité donne à penser que l'Indonésie n'est pas intéressée par le pétrole, n'est-ce pas? En réalité, 15 jours après la déclaration du ministre devant le comité, l'Indonésie a signé un accord avec les États‑Unis qui prévoit, entre autres, 15 milliards de dollars par an d'exportations énergétiques américaines vers l'Indonésie, dont 3,5 milliards de dollars de gaz de pétrole liquéfié et 4,5 milliards de dollars de pétrole brut. Comme si cela ne suffisait pas, il a été annoncé, il y a quelques jours, que l'Indonésie va augmenter ses importations de pétrole brut en provenance des États‑Unis en raison de la guerre dans le golfe Persique. J'espère que l'ironie de la situation n'échappera à aucune des personnes qui nous écoutent aujourd'hui.
Comme je l'ai dit au lors de sa comparution, « Je suis frappé par le fait que nous avons peut-être manqué le bateau en ce qui concerne notre capacité d'exporter ces produits sur ce marché. » Ce jour-là, j'ai utilisé le mot « peut-être ». Or, je suis maintenant persuadé, comme nous le sommes tous, je pense, que l'industrie énergétique canadienne a raté ce qui aurait pu être une formidable occasion de croissance. Nous avons laissé cette occasion filer aux États‑Unis.
Le gouvernement libéral commet des erreurs comme celles-ci parce que, fondamentalement, il considère l'énergie comme une source d'embarras plutôt que comme une source de puissance. Les libéraux peuvent bien parler autant qu'ils veulent de faire du Canada une superpuissance énergétique, mais comme toujours, les actes sont plus éloquents que les paroles. Pour devenir une superpuissance énergétique, il faut plus que de beaux discours et des conférences de presse. Il faut des mesures concrètes, des infrastructures et des lois, des règlements et des politiques qui offrent la certitude nécessaire. Par-dessus tout, il faut un engagement clair à faire en sorte que l'énergie canadienne puisse être acheminée vers les marchés mondiaux.
Serait-il possible que le gouvernement indonésien ne se soit pas montré intéressé à discuter du pétrole canadien, comme l'a indiqué le , parce qu'il sait qu'on ne peut pas compter sur nous pour en assurer l'approvisionnement? Oui, il est vrai que LNG Canada a enfin commencé ses activités, mais soyons honnêtes. Un projet retardé par des années de formalités administratives et d'obstacles réglementaires, ce n'est pas une stratégie. C'est un coup de chance. On a réussi à mener à bien un seul projet de gaz naturel liquéfié, à Kitimat. Quant à eux, nos concurrents sur la côte du golfe des États‑Unis construisent des terminaux d'exportation à un rythme record, et ils font plus que discuter avec l'Indonésie. Ils signent des contrats. Ils sont en train de nous damer le pion parce que leur gouvernement considère l'énergie comme un atout, et non comme un boulet ou comme quelque chose à abandonner graduellement.
À cette même séance du comité du commerce international, j'ai rappelé au la décision du gouvernement libéral d'annuler le projet d'oléoduc Northern Gateway, il y a une dizaine d'années. J'ai fait remarquer que si ce projet avait été réalisé, le Canada serait aujourd'hui en bien meilleure position pour exporter du pétrole brut vers les marchés asiatiques. Le Canada devrait être bien placé pour répondre à cette demande. Nous avons de vastes ressources énergétiques, des producteurs de calibre mondial, des travailleurs sans égal et des normes environnementales parmi les plus strictes au monde. Nous avons simplement choisi de nous mettre des bâtons dans les roues, tout au long du parcours, et sans raison valable.
Parmi les obstacles, on peut citer les dispositions issues du projet de loi et l'interdiction des pétroliers au large des côtes du Nord de la Colombie‑Britannique. À cause de ces mesures législatives, aucun nouveau pipeline ne sera construit pour acheminer le pétrole brut canadien vers les marchés, même si les ports de Prince Rupert et de Kitimat peuvent accueillir des pétroliers en toute sécurité et des projets tels que le pipeline Eagle Spirit peuvent réduire notre dépendance au port de Vancouver pour les exportations d'énergie depuis la côte Ouest.
Voilà pourquoi j'ai présenté aujourd'hui à la Chambre un projet de loi d'initiative parlementaire visant à abroger l'interdiction des pétroliers sur la côte Ouest. J'ai présenté ce projet de loi parce que je pense que le Canada doit faire face à une certaine réalité. Si nous aspirons à devenir une superpuissance énergétique, nous ne pouvons pas empêcher la construction des infrastructures nécessaires à l'exportation de notre énergie.
À l'heure actuelle, environ 240 pétroliers transportent chaque année du pétrole brut entre un terminal de stockage situé à Montréal et une raffinerie près de Québec, via le fleuve Saint-Laurent. À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, environ 90 pétroliers étrangers font escale au port de Whiffen Head pour embarquer le pétrole apporté par les navires-citernes des plateformes extracôtières. Il n'y a aucune raison logique pour que la circulation des pétroliers soit inacceptable à Kitimat ou à Prince Rupert, mais tout à fait acceptable à Québec et à Vancouver. Toute personne qui travaille dans le secteur de l'énergie pourra confirmer que l'interdiction des pétroliers représente l'un des principaux obstacles à l'expansion des exportations canadiennes de pétrole brut vers les marchés mondiaux.
Hier, CBC/Radio-Canada a publié un article qui demandait si, avec la fermeture d'une artère pétrolière cruciale près de l'Iran, à savoir le détroit d'Ormuz, le Canada serait capable de combler le manque dans l'approvisionnement mondial. Cela montre l'importance de la contribution que le Canada pourrait apporter dans le monde turbulent d'aujourd'hui et l'ampleur de l'occasion qu'il est en train de manquer. Il ne s'agit pas seulement d'une occasion de stimuler le secteur énergétique du pays, mais aussi d'une occasion de soutenir nos alliés qui cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement en pétrole afin de ne plus dépendre des dictateurs.
L'article de CBC/Radio-Canada se termine sur une note inquiétante. Il cite Heather Exner‑Pirot, directrice, Énergie, ressources naturelles et environnement, à l'Institut Macdonald‑Laurier, qui déclare: « Dans une situation où il y a le conflit avec l'Iran, qui touche 20 % de l'approvisionnement mondial, si les choses se gâtent, on commencera à voir des pays [...] importer une partie de leur approvisionnement de la Russie. » Ce n'est pas ce que nous souhaitons voir se produire.
Le secteur canadien de l'énergie est depuis longtemps l'un des piliers de notre économie nationale. Il génère des milliards de dollars de recettes qui financent les services publics, soutiennent des centaines de milliers d'emplois partout au pays et stimulent les investissements et l'innovation dans les collectivités d'un océan à l'autre. Les accords commerciaux comme cet accord avec l'Indonésie doivent s'inscrire dans une plus vaste stratégie visant à renforcer la position économique du Canada dans le monde, et cette stratégie doit inclure tous les secteurs de l'économie canadienne, y compris celui de l'énergie. Le commerce avec l'Indonésie est une bonne chose, mais un accord commercial ne vaut pas grand-chose si les libéraux s'en servent principalement pour bien paraître aux yeux de leurs concitoyens.
Le Canada doit être un fournisseur de pétrole et de gaz naturel de premier plan dans le monde. Nos alliés en ont besoin. Nous pouvons y arriver.
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Monsieur le Président, pour commencer, c'est un plaisir et un honneur pour moi de représenter à la Chambre la magnifique région de la Beauce.
Aujourd'hui, je prends la parole pour parler du projet de loi portant sur l'accord économique entre le Canada et l'Indonésie.
La Beauce est considérée comme la capitale canadienne de l'entrepreneuriat. Chez nous, il y a énormément d'entreprises et d'entrepreneurs. Il y a aussi beaucoup de producteurs et de productrices agricoles. C'est en Beauce qu'on trouve les meilleurs producteurs au monde. Chez nous, nous travaillons fort. Nous sommes fiers de faire croître notre économie. La Beauce, les Beaucerons et les Beauceronnes sont des créateurs de richesse. C'est pour cette raison que, en tant que parlementaires, on doit tout faire pour les aider à développer des nouveaux marchés, mais il faut les développer avec discipline, attention et rigueur.
Les conservateurs ont toujours défendu et défendront toujours le commerce libre, mais aussi un commerce équitable et réciproque. Dans mon jargon, on appelle ça des ententes gagnant-gagnant. Cette approche doit demeurer notre priorité alors que le Canada cherche à diversifier ses marchés.
Sous la direction de M. Stephen Harper, les conservateurs ont activement défendu le libre-échange avec des nations libres, signant de nombreux accords de libre-échange pour diversifier notre commerce, mais de manière prudente et très responsable. Malheureusement, sous les libéraux, le Canada a pris du retard et notre dépendance vis-à-vis les Américains et les États‑Unis ne fait que s'accroître depuis 10 ans. Aujourd'hui, les libéraux essaient de rattraper le temps en signant des accords à tout prix et rapidement, mais ils oublient la rigueur.
C'est ce qui m'amène à parler du projet de loi C‑18. Le a qualifié cette entente entre le Canada et l'Indonésie d'accord révolutionnaire. Pourtant, ça représente 0,012 % du PIB d'ici 2040. Il n'y a rien de révolutionnaire. C'est plutôt marginal.
Les Canadiens ont besoin de résultats concrets. Les libéraux cachent la réalité, et la réalité, c'est qu'on est toujours confrontés à des droits de douane américains injustifiés. La Beauce est à la frontière des États-Unis. La position géographique permet à nos entreprises, nos agriculteurs, nos fabricants, nos exportateurs et nos commerçants de commercer avec la plus grande économie mondiale.
Cependant, les libéraux ont laissé tomber les Beaucerons. Ils ont pratiquement renoncé aux relations avec les États‑Unis. Après avoir promis de conclure rapidement un accord commercial avec Washington, on se retrouve dans une impasse sans fin. Chaque jour, on ne me parle pas de l'Indonésie, on me parle des droits de douane américains. Chaque jour, j'entends les Beaucerons me demander si on va avoir un nouvel accord ou une entente avec les Américains. Je n'ai jamais entendu parler de l'Indonésie. Ce n'est tout simplement pas la priorité.
Pendant ce temps, le premier ministre et le parcourent le monde et, à leur retour, présentent au Parlement des accords de libre-échange mineurs. Ces accords sont mineurs, mais comportent des barrières tarifaires cachées.
Une question récurrente soulevée par les producteurs de bœuf canadien est que le bœuf canadien doit encore faire face à un problème technique: des barrières non tarifaires comme on dit chez nous. Par exemple, l'Indonésie exige que les exportations de bœuf proviennent de bovins nés et élevés au Canada ou ayant résidé au Canada pendant au moins quatre mois immédiatement avant leur abattage. On appelle ça des barrières non tarifaires. Les producteurs se sont plaints. On n'en entend pas beaucoup parler du côté du gouvernement libéral.
Selon l'Association canadienne des bovins, « l'intégration du marché nord-américain rend cette exigence de séjour pratiquement impossible à satisfaire ». Donc, on ne fera pas d'entente et on ne fera pas affaire avec eux, tout simplement. Cette impossibilité risque d'empêcher nos producteurs canadiens de tirer profit de l'accès sans droit de douane au marché indonésien.
Cette barrière non tarifaire apparente représente un défi important pour les producteurs de bœuf canadiens. Bien qu'Affaires mondiales Canada mentionne un protocole d'entente créant un dialogue sur les questions sanitaires et phytosanitaires, cela nous inquiète. Nous observons une tendance où les barrières non tarifaires ne sont tout simplement pas traitées par le gouvernement libéral.
On n'a qu'à regarder l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne. Les libéraux avaient promis de résoudre le problème de divergence entre les réglementations canadiennes et européennes. Pourtant, aujourd'hui, après 10 ans, ça n'a pas bougé. Les producteurs européens ont pleinement accès à notre marché pour concurrencer les agriculteurs de la Beauce pendant que nous ne sommes pas capables d'exporter notre porc et notre bœuf. Le diable est dans les détails.
Depuis quelques semaines, devant le Comité permanent du commerce international, nous avons entendu des témoignages concernant les barrières non tarifaires que le Royaume‑Uni continue d'imposer au bœuf et au porc canadiens. L'adhésion du Royaume‑Uni à l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste supprime sur le papier les droits de douane sur le bœuf et le porc canadiens. Toutefois, en pratique, le Royaume‑Uni continue d'imposer des barrières non tarifaires pour ne pas que nous ayons accès à leur marché. Les conséquences pour nos producteurs de bœuf et de porc sont dévastatrices.
Je me permets de citer quelques chiffres de la Bibliothèque du Parlement. En 2024, le Royaume‑Uni a exporté vers le Canada 42 millions de dollars de produits de bœuf. Durant la première moitié de 2025, c'était 28 millions de dollars de produits de bœuf qui sont entrés ici. En 2024, le Canada a exporté seulement pour 85 000 $ de produits de bœuf au Royaume‑Uni. En 2025, tenons-nous bien: c'est zéro. On parle de zéro dollar. C'est beau, signer des ententes, comme mes collègues le disent, pour sauver un peu son image. Or, une entente qui ne sert à rien, c'est une perte de temps et d'argent.
Tout comme pour l'accord avec l'Indonésie, le gouvernement libéral est prêt à signer l'accord de libre-échange sans obtenir de garantie que nos producteurs canadiens bénéficieront d'un accès sans barrière non tarifaire. Pendant ce temps, nos agriculteurs peinent à demeurer compétitifs. Nos producteurs de bœuf élèvent du bétail de la plus haute qualité, une des qualités les plus hautes au monde. Ils sont fiers et méritent un gouvernement qui veut se battre pour eux. On a besoin d'un gouvernement qui va se battre pour que les accords de libre-échange du Canada soient à 100 % exemptés de barrières. Trop souvent, on voit ce gouvernement libéral hésiter à se battre pour éliminer les barrières les plus importantes qui affectent nos agriculteurs, en Beauce et partout au pays.
Pendant ce temps, dans des régions comme la Beauce, on fait face à d'énormes défis, notamment des droits de douane imposés par les États‑Unis, des barrières non tarifaires en Europe et des hausses massives des coûts des intrants. Le gouvernement canadien doit donner la priorité aux producteurs, défendre notre industrie et obtenir des gains concrets pour nos agriculteurs. C'est ainsi qu'on protégera les producteurs canadiens et qu'on mettra le Canada d'abord.
Le Canada ne peut pas contrôler ce que le président et les négociateurs des autres pays font. Néanmoins, une chose qu'il peut faire, c'est contrôler sa propre destinée. Le gouvernement doit veiller à ce que toutes les barrières non tarifaires soient éliminées et obtenir une garantie ferme non seulement d'un commerce libre, mais aussi équitable. Je le répète, cela doit être gagnant-gagnant. Il faut diversifier nos échanges commerciaux sans laisser nos agriculteurs à la traîne. Nous pouvons renforcer notre souveraineté et faire grandir notre économie. C'est ainsi que le Canada peut contrôler et se mettre d'abord.
En conclusion, les agriculteurs en Beauce, comme partout dans le Canada rural, nourrissent le pays et le monde. Cependant, ils ont de la misère et ne tirent profit du libre-échange que lorsqu'ils ont un véritable accès réciproque à de nouveaux marchés. Une fois de plus, le projet de loi ne supprime pas toutes les barrières non tarifaires. Nos agriculteurs devront donc continuer à se battre pour obtenir un accès équitable et réciproque.
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Monsieur le Président, ça me fait plaisir de me lever aujourd'hui à la Chambre pour traiter du projet d'accord commercial avec l'Indonésie. Dieu sait que l'idée de la diversification des marchés et des partenaires est sur toutes les lèvres. On en parle beaucoup. C'est une idée qui est particulièrement devenue à la mode depuis un an. Je ne sais pas trop pourquoi.
Nous disons oui au libre-échange, mais pas à n'importe quel prix. J'y reviendrai quand je vais décortiquer l'accord sous peu. C'est comme quand on parle toujours d'un retour à un ordre international qui repose sur des règles. C'est bien beau, les règles. Il en faut effectivement, il ne faut pas être dans le chaos absolu. Toutefois, cela dépend toujours de quelle règle on parle. Toute règle n'est pas juste en soi non plus.
C'est donc la même chose pour le libre-échange, un principe économique qui, lorsqu'il est bien balisé, appliqué et encadré, peut avoir des effets tout à fait positifs, surtout pour une petite économie comme celle du Québec. Cela lui permet de s'intégrer dans un grand marché et d'avoir de multiples partenaires.
Par contre, il faut faire attention à certaines générations d'accords de libre-échange qui sont arrivées dans les années 1990, qui se sont mises à se multiplier à la vitesse grand V durant les années de qu'on a appelé la mondialisation triomphante, dans les années du néolibéralisme le plus agressif. On confondait le libre-échange avec des accords réglementaires qui imposaient la souveraineté des multinationales sur les collectivités et sur les États. Ça, je vais en reparler bientôt.
Parlons tout d'abord du positif dans cet accord. En tant que député de Saint‑Hyacinthe—Bagot—Acton, je ne peux que me réjouir de ce qu'il y a là-dedans. La ville de Saint‑Hyacinthe en particulier est la capitale dans tout le Canada de la transformation agroalimentaire. Évidemment, le reste de la circonscription, comme les régions maskoutaine et valoise, est extrêmement agricole également. Je peux juste être content de savoir que, pour nos producteurs et nos productrices, ça va être bon. Il est notamment beaucoup question des céréales dans cet accord. Ça va être excellent pour ça.
Je peux aussi me réjouir des deux amendements que j'ai réussi à faire adopter. D'ailleurs, les deux seuls amendements qu'il y a eu au projet de loi de mise en œuvre de l'accord, ce sont les miens. C'est exactement la même formule que j'avais fait adopter, il y a quelques années, dans le cadre de l'accord avec l'Ukraine. Le ministre ou la ministre responsable de l'accord doit présenter un rapport annuel sur l'état des droits de la personne ainsi que sur le comportement des compagnies canadiennes dans le pays partenaire, afin qu'on puisse avoir le bilan sur une basse annuelle. Ça, c'est un des deux amendements.
L'autre amendement, je l'ai aussi fait adopter relativement à l'accord avec le Royaume‑Uni. Nous en reparlerons demain. Cet amendement prévoit un examen après trois ans afin de s'assurer que, si on s'enferme dans quelque chose comme ça, on peut le réexaminer. Je pense que, trois ans, c'est tout à fait raisonnable pour mettre l'accord sur la table, ressortir la loupe et voir les résultats. Ça me semble tout à fait raisonnable.
Ça, c'était ce qu'on appelle le sucre avant la pilule. Parlons maintenant des choses qui sont moins intéressantes là-dedans. C'est malheureusement un accord d'un autre âge. Honnêtement, je ne comprends pas que le Canada, qui se présente toujours comme un pays progressiste, continue de signer et de négocier de tels accords.
Parlons d'abord du procédé. À ça, nous sommes habitués, car nous sommes dans une monarchie et, encore une fois, il n'y a aucune transparence à l'égard des parlementaires et des provinces. Dans cet accord, comme dans toutes les négociations comme celles-là, c'est le règne de l'opacité la plus complète. Souvent, nous recevons les hauts fonctionnaires et les négociateurs qui nous disent qu'ils ont parlé à leurs homologues du Québec. Qu'on me permette de douter qu'il y ait eu une réelle consultation. Qu'on me permette de penser que c'est davantage un fait accompli. Il n'y a d'ailleurs rien, mais rien dans la Constitution canadienne qui dit que, si une province est contre l'application d'un accord, elle peut se retirer de cet accord-là. Il n'y a rien qui ressemble, par exemple, au fédéralisme belge, qui implique que, si une région de la Belgique est contre, le pays entier n'embarque pas dans un accord. Ça, c'est un vrai fédéralisme respectueux de ses régions membres. On n'a rien qui ressemble à ça ici.
Il n'y a rien non plus qui permette à une province de dire qu'elle va envoyer ses propres négociateurs et représentants à la table de négociation à l'étranger parce qu'elle veut avoir une voix distincte et faire entendre sa voix dans de telles discussions. Il n'y a rien qui garantit ça dans la Constitution canadienne non plus.
Bien sûr, il n'y a pas plus de transparence pour les parlementaires. Nous sommes des parlementaires. Nous sommes élus par la population et issus de la démocratie. Nous avons des concitoyens, des gens qui nous mandatent pour défendre certaines positions, certaines valeurs et certains intérêts. Alors, comment se fait-il que nous soyons aussi peu mis dans le coup et que nous n’ayons aussi peu de mots à dire quand vient le temps de concevoir rien de moins que des accords avec d'autres pays?
Ces accords sont certainement très complexes en apparence. Dans les faits, ils ont des effets qui sont tout sauf abstraits et qui sont extrêmement concrets dans la vie de tous les jours. Comment se fait-il que nous soyons aussi peu mis dans le coup?
C'est le contraire de ce qu'on fait dans plein d'autres modèles dans le monde où les parlementaires sont impliqués, où ils vont participer à des débats en amont, où on va leur demander, avant même d'envoyer les négociateurs, ce qu'ils pensent des dossiers. On demande à ces parlementaires si on devrait pousser pour telle affaire ou s'ils sont flexibles sur un autre point. Il n'y a rien qui ressemble à ça, au Canada.
On peut même dire que le ridicule a été jusqu'au point suivant. Je siège au comité depuis 2019, et on nous a déjà demandé d'étudier un accord sans même avoir le texte devant nous. C'est dire à quel point le Canada est une grande farce quand ça vient aux négociations commerciales. C'est une grande farce monarchique avec une opacité absolument scandaleuse sur ce point.
De plus, il n'y a aucune loi qui exige un délai minimal. On peut avoir des accords qui peuvent faire des milliers de pages et être rédigés dans des langues juridiques complexes, et il n'y a aucune loi ni aucune obligation d'avoir un délai fixe entre le moment où on annonce l'accord et le moment où il se retrouve devant le Parlement. Théoriquement, ça pourrait se faire le lendemain alors qu'il n'y a absolument personne qui aurait eu le temps de lire l'accord, de l'analyser et d'en comprendre les tenants et aboutissants. On sait que le diable est souvent dans les détails. Le diable va souvent être dans les virgules mal placées dans un projet de loi.
Le problème est que l'accord est déjà signé. On n'a pas de mot à dire. Après ça, on va débattre d'un projet de loi de mise en œuvre des accords. On débat d'un projet de loi de mise en œuvre de l'accord, non pas de l'accord lui-même. Donc on ne peut à peu près rien modifier ou amender. Quand je dépose des amendements pour de tels projets, une des premières choses que je me fais dire par la présidence en comité, c'est que c'est irrecevable, parce que ça modifierait l'intention du projet de loi ou parce que ça engagerait des frais supplémentaires qui ne sont pas prévus initialement dans le projet de loi. Je trouve ça extrêmement dommage et dommageable qu'il n'y ait pas davantage de considération pour le pouvoir démocratique des Parlements quand vient le temps de débattre de quelque chose d'aussi important.
Maintenant, parlons du fond de l'accord. C'est un accord qui pose problème sur plusieurs plans. D'abord, il y a cette présence du règlement des différends entre investisseurs et États. Encore une fois, je ne comprends pas. Le Canada perd énormément de poursuites et énormément d'argent. Il y a une cause qui est en cours en ce moment parce que le Québec a abandonné le projet de GNL Québec à Saguenay. À cause de ça, on est poursuivi par la compagnie américaine. Comment se fait-il que le Canada signe encore des accords permettant ça?
Ces clauses ont commencé à être popularisées à partir de l'Accord de libre-échange nord-américain, ou ALENA, mais ce n'est plus présent maintenant dans le libre-échange nord-américain. Donc même dans l'accord qui avait mis ça au monde à l'échelle mondiale, on n'a plus ça.
Pourtant, c'est encore la position officielle du Canada de dire qu'on soutient le droit des multinationales d'amener les États devant les tribunaux s'il y a des lois, des mesures ou des politiques qui sont adoptées par cet État et qui pourraient porter atteinte au profit d'un investisseur étranger. C'est donc un droit au profit qui érige les multinationales comme des puissances souveraines.
Par exemple, ça peut avoir lieu si un pays décide d'adopter des mesures sanitaires en matière d'environnement et de biens communs. Le Mexique s'est déjà fait poursuivre pour avoir mis des taxes sur les boissons gazeuses. L'Australie s'est déjà fait poursuivre pour avoir mis en place des mesures contre le tabac. Il y a un pays du Moyen-Orient, je pense que c'est l'Égypte, qui avait augmenté le salaire minimum et qui s'était fait poursuivre par une multinationale. Comment se fait-il qu'Ottawa signe encore des accords qui permettent ça?
Il y a des rapports de l'ONU sur le sujet. Il y en a un de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ou CNUCED, qui date un peu. Il me semble qu'il a été fait en 2013.
Il montre que, dans 60 % des cas, la multinationale a réussi à faire reculer la volonté démocratique des États en totalité, en ayant gagné sa poursuite contre les États, ou partiellement, par une entente à l'amiable.
C'est une renonciation complète à la souveraineté politique que le Canada appuie chaque fois qu'il négocie et qu'il pousse pour qu'il y ait un règlement des différends entre investisseurs et États, qui est un mécanisme inique, scandaleux, antidémocratique. Ça m'a fait plaisir de voter contre les articles de loi dans le cadre du projet de loi de mise en œuvre de l'Accord de partenariat économique global entre le Canada et l'Indonésie quand nous l'avons étudié au Comité permanent du commerce international. Finalement, je n'ai pas voté contre l'accord. Nous l'avons adopté. C'est moi qui ai demandé à ce qu'il soit adopté avec dissidence, mais j'ai quand même voté contre cet article de loi.
L'autre problème est aussi celui des droits de la personne. L'Indonésie n'est pas un pays modèle sur ce plan, en particulier pour ce qui est des droits des travailleurs. On sait qu'il y a des régions en particulier où il y a de la violence, où il y a des seigneurs de guerre, où ça brasse pas mal. J'ai déposé le projet de loi , qui imite le modèle américain, qui, lui, fonctionne. Le modèle canadien ne fonctionne pas en matière de filtration des biens issus du travail forcé. Dans son histoire, le Canada aura saisi et gardé, dans les faits, environ cinq cargaisons, si je ne me trompe pas. Il y en a d'autres qui ont été saisies aussi, mais qui ont été relâchées pour la plupart. D'autres ont été retournées à l'importateur.
Dans certains cas, des cargaisons refusées à la frontière américaine parce que les Américains soupçonnent qu'elles contiennent des produits qui sont issus du travail forcé sont tout simplement envoyées au Canada par la suite. Au Canada, comme des idiots, on les prend. C'est facile de même. C'est ça, la réputation du Canada. C'est sérieux, n'est-ce pas? Mes chers collègues ont raison d'être fiers quand ils chantent l'hymne national le mercredi. Il y a des raisons pour lesquelles je n'entre pas dans la Chambre à ce moment. C'est ça, la réputation du Canada. Ça fait dur.
Le Canada n'est pas capable d'avoir un modèle qui se tient alors qu'on a juste à imiter celui du voisin du Sud, qui, lui, fonctionne. Cela renforcerait aussi la confiance des Américains dans le cas qui nous occupe. Bien sûr, qui dit accord de libre-échange et qui dit baisse des droits de douane sur des produits étrangers dit davantage de produits qui vont rentrer. Dans le cas du Royaume‑Uni, dont nous allons parler demain, je ne suis pas trop inquiet en ce qui concerne le travail forcé. Dans le cas de l'Indonésie, par contre, je le suis un peu plus. Or, dans l'accord, il n'y a rien à ce sujet.
Il n'y a rien non plus pour l'environnement. Nous avons reçu , qui disait qu'il y avait un chapitre. Il y a un chapitre, oui, mais un chapitre avec des principes, qui n'a aucun mécanisme, qui n'a aucune règle, qui n'a rien de contraignant, qui n'a rien pour mettre de la chair autour de l'os. Le nous a dit que ça nous permettait de commencer une conversation sur l'environnement relativement au commerce. J'ai manqué de temps, mais j'aurais aimé lui demander: dans les accords précédents où on a mis des chapitres sur l'environnement, qu'est-ce que ça a donné après? Quelle a été la conversation qui a suivi? Y a-t-il eu des résultats de plus? Si on pense à l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, il y a six ans, si on pense à l'Ukraine, il y a deux ans, y a-t-il eu une suite relativement à ça? C'est bien beau, dire qu'on a un chapitre sur l'environnement, mais qu'est-ce que ça vaut?
Dans le cas de l'Indonésie et du Canada, on sait par exemple que le Canada va envoyer ses produits problématiques, ses produits toxiques dans des régions du monde comme l'Indonésie. Ces produits vont soi-disant être recyclés là-bas. Certains me diront que c'est normal qu'il y ait des régions du monde qui s'enrichissent de cette façon, que ces pays ont des hausses de PIB en faisant par exemple l'entretien de déchets toxiques. Sauf qu'ils ont beau avoir une hausse immédiate de PIB, il y a des coûts cachés, même si on oublie complètement l'aspect environnemental, qui est problématique. On n'a qu'à penser aux nappes phréatiques. Les travailleurs qui vont manier ça vont avoir des problèmes de santé. Il y a un coût économique pour ces pays, notamment un coût lié au système de santé. Il va falloir soigner ces travailleurs. Il va falloir faire quelque chose avec eux. Il va falloir décontaminer les nappes phréatiques. Cela n'apporte donc rien à ces pays qu'on leur envoie des déchets pouvant être toxiques et des produits à recycler. Je parle aussi de la question des déchets plastiques, dans le cas du Canada, qui sont envoyés en Indonésie.
Je vais maintenant parler du cas précis des minières canadiennes, notamment de Baru Gold, une minière soi-disant canadienne. Je dis « soi-disant » parce que le Canada et les minières canadiennes n'ont pas bonne réputation.
Je suis allé en Colombie et au Chili et j'ai entendu des histoires de systèmes de sécurité privés qui tirent à bout portant sur des populations et des histoires de populations qui se font expulser. Les populations se font promettre des projets là-bas. Les entreprises obtiennent l'appui au départ parce qu'elles promettent des emplois, mais, finalement, elles amènent leurs propres travailleurs et n'embauchent même pas les populations locales. J'ai entendu parler de cas de pollution de l'air et d'empoisonnement de l'eau.
Par exemple, en Indonésie, il y a, sur l'île de Sangihe, de l'extraction d'or qui est faite par l'entreprise Baru Gold. Je parlais de minières canadiennes, mais ça reste à démontrer, parce que le Canada est un pavillon de complaisance. Il y a plus de la moitié des minières de la planète qui sont canadiennes. Déjà, ça devrait éveiller nos soupçons. Il suffit à une entreprise d'avoir une case postale au Canada pour se prétendre canadienne. Cela permet à ces entreprises de bénéficier de la Bourse de Toronto. Ça leur permet de bénéficier d'avantages fiscaux, spéculatifs, et ainsi de suite. Il n'y a rien, il n'y a aucune conséquence.
Le règlement des différends entre investisseurs et États, ou RDIE, dont je parlais avant, permettrait soudainement à une compagnie qui se ferait dire par l'État indonésien qu'il ne veut pas de ce projet minier canadien de poursuivre l'État indonésien. Voilà ce que le Canada soutient avec ça. Ce soi-disant pays champion des droits de la personne, c'est ce qu'il soutient avec le RDIE.
On va me dire qu'il y a l'ombudsman. L'ombudsman peut recevoir des plaintes si une compagnie minière ou une quelconque compagnie canadienne agit mal à l'étranger. Qu'on me laisse rire. D'ailleurs, le poste d'ombudsman est vacant depuis un an. Le poste est inoccupé depuis un an. L'ombudsman n'a même pas le pouvoir de convoquer des témoins dans le cadre de ses enquêtes. L'ombudsman n'a pas le pouvoir de contraindre à la production de documents dans le cadre de ses enquêtes. Ça ne fait pas des enfants forts, ça, dans la vie. C'est tout simplement une espèce de coquille vide que le gouvernement Trudeau a décidé de faire pour contenter partiellement les groupes de la société civile qui se battaient, qui menaient leur combat pour avoir une quelconque forme de reddition de comptes des compagnies à l'étranger. Ça ne donne rien non plus, puisqu'il n'y a rien là-dedans.
De toute façon, comme le poste est vacant depuis un an, je ne serais pas surpris de voir ce gouvernement l'abolir dans les prochains temps. Je ne le souhaite pas, car, même s'il n'y a pas grand-chose là-dedans, il vaut mieux avoir quelque chose que de ne rien avoir.
C'est aussi ce même gouvernement qui a annulé l'obligation, la promesse de présenter un projet de loi sur le travail forcé avant la fin de l'année qui était dans les budgets de mars 2023 et de mars 2024. Les deux années sont finies, et on n'a pas vu ce projet de loi, et ce n'était même pas dans le budget de 2025. Après avoir brisé deux années de suite la promesse, on ne la fait même plus, tout simplement. Il faut dire qu'on s'en allait séduire les Chinois. Il y a aussi ça. Ça devait être pour ça. Ceci explique cela. Je ne serais donc pas surpris qu'il y ait cette abolition aussi.
Pour clore mon discours, je dirais oui au libre-échange, oui au commerce. Par contre, je trouve ça quand même extrêmement triste de continuer à voir que le Canada continue à négocier des accords qui sont d'un autre âge, qui ne prévoient aucune obligation en matière de droits de la personne et en matière environnementale et qui continuent à ériger les multinationales comme des puissances souveraines. C'est indigne d'un pays qui se prétend progressiste et champion des droits de la personne.
La diversification, aussi nécessaire soit-elle, n'excuse pas tout. J'espère que la barre sera prochainement redressée.
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Monsieur le Président, je suis fier de prendre la parole aujourd'hui pour appuyer le projet de loi et l'accord commercial entre le Canada et l'Indonésie, un accord qui reflète ce que nous sommes en tant que pays et l'orientation que nous prenons en tant qu'économie.
Un emploi sur cinq au Canada dépend des exportations et du commerce international. Nous parlons d'agroalimentaire, de foresterie, d'aérospatiale, d'énergie et de fabrication, et nous avons un objectif ambitieux. Nous voulons doubler nos exportations non destinées au marché américain, doubler nos exportations dans le monde entier, et c'est la tâche à laquelle nous nous attelons.
Le gouvernement est déterminé à bâtir: bâtir des infrastructures, créer des débouchés et bâtir un Canada fort. Partout au pays, d'un océan à l'autre, les Canadiens peuvent voir et sentir cet élan. Par l'entremise du Bureau des grands projets, nous veillons à ce que les projets d'intérêt national progressent de manière efficace et responsable, en partenariat avec les collectivités et les peuples autochtones.
Nous enchaînons les approbations, éliminons les dédoublements et veillons à ce que les investissements majeurs se traduisent par de vrais emplois pour de vraies personnes. Nous modernisons et élargissons nos ports afin que les marchandises canadiennes puissent atteindre les marchés mondiaux plus rapidement et de manière plus concurrentielle. Nous faisons la promotion de l'exploitation responsable des ressources afin que le Canada demeure un chef de file mondial dans le domaine des minéraux critiques et de l'exploitation minière durable.
Nous allons de l'avant avec des projets tels que la réfection et l'expansion de la centrale nucléaire de Darlington, en Ontario. Cet investissement permettra de fournir de l'énergie propre et fiable pour les décennies à venir, stimulera notre économie en plein essor et soutiendra des milliers de travailleurs qualifiés. En tant que député de Mississauga, en Ontario, je peux dire que le nucléaire compte pour 60 % de la production énergétique de la province. C'est un excellent projet.
Ces projets ouvrent des chantiers et donnent du travail aux travailleurs. Grâce à eux, des apprentis reçoivent leur premier chèque de paie. Des gens de métier chevronnés transmettent leurs connaissances à la prochaine génération. Derrière chacun de ces projets se trouvent d'excellentes entreprises canadiennes de calibre mondial, des firmes d'ingénierie, de même que des chefs de file en construction et en innovation technologique prêts à se distinguer par leur excellence, chez nous et dans le monde entier.
Cependant, pour bâtir un Canada fort, il faut sortir du pays. Quand les entreprises canadiennes prennent de l'expansion, elles ne construisent pas qu'ici, elles construisent partout. Quand elles ont du succès à l'échelle internationale, ce succès se traduit chez nous par des emplois, des investissements, des activités de recherche et de la prospérité, ce qui m'amène à l'Indonésie.
L'Indonésie est l'une des économies les plus dynamiques de la région indo-pacifique. Avec une population de près de 300 millions d'habitants, un chiffre qui devrait être surpassé dans les prochaines années, l'Indonésie est en pleine période d'urbanisation, sa classe moyenne est en expansion, et elle entreprend une transformation ambitieuse de ses infrastructures. On y investit massivement dans les ports, les réseaux de transport, la production d'électricité, les systèmes d'aqueduc, le développement minier et les infrastructures durables. On y crée de nouveaux pôles industriels. On y prévoit même la construction d'une nouvelle capitale afin de soutenir la croissance nationale à long terme.
La nouvelle capitale, baptisée Nusantara, est l'un des projets d'urbanisme les plus ambitieux au monde à l'heure actuelle. Sa construction, prévue dans le Kalimantan oriental, sur l'île de Bornéo, vise à alléger la pression qui pèse sur Jakarta, confrontée à des problèmes de congestion, de pollution et d'affaissement du sol. Nusantara est conçue pour être une ville forestière intelligente et durable, alimentée par des énergies renouvelables, dotée de systèmes de transport modernes, d'infrastructures hydrauliques résilientes, d'une connectivité numérique et de normes de construction écologiques. Tous ces éléments constituent des débouchés commerciaux pour le Canada. L'ampleur de ce projet, qui comprend des complexes gouvernementaux, des logements, des corridors de transport, des services publics et des infrastructures sociales, représente des centaines de milliards de dollars d'investissements à long terme et des débouchés extraordinaires pour les partenaires mondiaux dans le domaine des infrastructures.
Un tel niveau de croissance généralisée nécessite une expertise de calibre mondial. Il faut de l'excellence en ingénierie. Il faut une gestion de projet conforme aux normes mondiales les plus élevées, et c'est exactement ce dont dispose le Canada. Les entreprises canadiennes sont reconnues dans le monde entier pour leur expertise dans les domaines des mines, des systèmes énergétiques, de la technologie nucléaire, des infrastructures propres, des services environnementaux et de la réalisation de projets à grande échelle. Ces entreprises savent comment mener leurs activités de manière responsable, transparente et durable. Elles savent comment établir des partenariats avec les collectivités locales. Elles savent comment mener à bien des projets complexes en respectant les délais et les budgets.
Les accords commerciaux ne sont pas des documents abstraits, mais des outils pratiques. Ils réduisent les obstacles. Ils créent de la certitude. Ils protègent les investissements. Ils accroissent la transparence. Ils facilitent la tâche aux entreprises canadiennes qui veulent livrer une juste concurrence et décrocher des contrats à l'étranger. Quand nous abaissons les obstacles au commerce des services, que nous protégeons la propriété intellectuelle et que nous veillons à ce que les règles d'approvisionnement soient claires, nous ne nous contentons pas de signer des documents. Nous ouvrons des portes pour les travailleurs et les entreprises du Canada. Nous créons les conditions nécessaires pour que les entreprises canadiennes contribuent à la mise en place d'infrastructures ici, au pays, et dans des marchés dynamiques comme l'Indonésie.
Pour illustrer tout cela, je vais parler d'un exemple local. Hatch est une société internationale d'ingénierie et de services professionnels dont le siège social est situé à Mississauga, dans la région de Peel. Hatch emploie plus de 10 000 personnes à l'échelle mondiale, dont une grande proportion d'ingénieurs, de gestionnaires de projet, de technologues et d'employés de soutien hautement qualifiés ici, dans la région du Grand Toronto. Fondée en 1955, cette entreprise a débuté comme une petite société d'ingénierie canadienne et s'est progressivement développée au cours des 70 dernières années pour devenir une véritable entreprise mondiale avec des bureaux sur 6 continents et des projets dans plus de 150 pays. C'est une réussite canadienne. C'est ce que nous voulons voir se reproduire encore et encore ici, dans notre pays.
Forte de plusieurs décennies d'expertise dans les domaines de l'exploitation minière, de l'énergie, des infrastructures et des métaux, Hatch s'est forgé une réputation comme l'une des sociétés d'ingénierie les plus respectées au monde. Hatch est déjà présente à Jakarta, où elle appuie des projets en Indonésie et en Asie du Sud‑Est. Elle y est implantée parce que l'Indonésie est en pleine croissance, et ce, à un rythme effréné. Un accord comme celui-ci réduirait encore davantage les obstacles. Il établirait des règles plus claires. Il améliorerait l'accès au marché. Il renforcerait la protection des investissements. Il contribuerait à garantir que les entreprises canadiennes qui soumissionnent sur de grands projets d'infrastructure en Indonésie le font dans des conditions équitables.
Voici pourquoi c'est important pour les familles de ma région: quand Hatch se développe à Jakarta, les retombées se font sentir à Mississauga, dans la région de Peel et dans tout le Canada. Cela signifie que davantage d'ingénieurs seront embauchés ici, à Mississauga, que davantage d'étudiants seront formés dans les programmes coopératifs, que davantage de partenariats de recherche seront conclus avec des universités canadiennes, que davantage d'achats seront effectués auprès de fournisseurs canadiens et que les recettes fiscales augmenteront, ce qui permettra de soutenir les écoles, les hôpitaux et les services publics au pays. La croissance internationale renforce notre économie et la consolide pour les générations futures. Si nous voulons que les travailleurs canadiens profitent de la croissance mondiale, nous devons être présents, compétitifs et avoir mis en place les bons accords.
C'est exactement ce que ferait le projet de loi . Il soutiendrait le commerce international des services. Il renforcerait la sécurité des investissements. Il réduirait les formalités administratives. Il créerait des débouchés. Il encouragerait les entreprises canadiennes à se lancer, à rivaliser, à gagner, à réussir, à revenir dans le Grand Nord, fort et libre, et à produire. Il dirait aux travailleurs canadiens que leurs compétences sont de calibre mondial, que leur expertise est recherchée et que leur nouveau gouvernement libéral les appuie.
Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, j'exhorte tous mes collègues à la Chambre à se joindre à moi pour appuyer le projet de loi . Continuons à bâtir. Continuons à faire du commerce à l'international. Continuons à être compétitifs. Continuons à croître. Continuons à bâtir un Canada fort.