:
Madame la Présidente, c'est avec un immense honneur et une profonde tristesse que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à notre ancienne collègue, Kirsty Duncan.
On devrait se souvenir de Kirsty pour son esprit purement génial. Cette Canadienne remarquable s'est démarquée dans les sciences, le militantisme et le service à la population. Sa carrière combinait la recherche de pointe, la défense de causes avec ardeur et un leadership percutant dans la sphère politique. Kirsty était aussi reconnue pour ses talents comme athlète, danseuse et écrivaine. Il est de mise de lui rendre hommage en commençant par souligner ses nombreuses réalisations personnelles et professionnelles.
Après avoir obtenu son doctorat de l'Université d'Édimbourg, Kirsty s'est bâti une réputation internationale d'excellence comme chercheuse et pionnière grâce à ses travaux sur la santé environnementale et les pandémies. En 1998, elle a dirigé une expédition en Norvège pour enquêter sur le virus de la grippe espagnole de 1918, devenant ainsi une sommité mondiale de la pandémie d'influenza et des effets des changements climatiques sur la santé humaine. Sa recherche a fait l'objet d'un livre intitulé « Hunting the 1918 Flu: One Scientist's Search for a Killer Virus ». Précédemment, ses travaux auprès du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, détenteur d'un prix Nobel de la paix partagé en 2007, soulignaient son engagement envers la gérance de l'environnement à l'échelle mondiale.
Elle a publié de nombreux autres ouvrages, dont « Environment and Health: Protecting our Common Future » et, plus tard, « The Exclusion Effect », qui traitent des obstacles auxquels se heurtent les femmes et les filles dans les domaines de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques.
Kirsty s'est lancée en politique en 2008 et a été élue députée libérale d'Etobicoke‑Nord, une circonscription qu'elle a fièrement représentée pendant cinq mandats consécutifs jusqu'à sa retraite en 2025.
Elle a d'abord été vice-présidente du Comité permanent de l'environnement et du développement durable. En 2015, Kirsty est devenue la première ministre des Sciences du Canada. Dans le cadre de ces fonctions, elle s'est fait la championne de l'intégration des données scientifiques dans le processus décisionnel. Plus tard, elle a été ministre des Sports et des Personnes handicapées, un rôle dans lequel elle a défendu farouchement la sécurité dans le sport, l'accessibilité et l'inclusion. Elle a ensuite été leader adjointe du gouvernement à la Chambre des communes.
Au-delà de ses rôles au sein du Cabinet, Kirsty était connue pour ses efforts politiques constants en faveur d'initiatives de santé publique, de la prévention du cancer, de stratégies de lutte contre la maladie d'Alzheimer, de la lutte contre la drépanocytose et de l'élargissement des programmes d'alimentation scolaire afin de soutenir les jeunes. Elle a également travaillé sans relâche pour contribuer à l'avancement des femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques, en tirant parti de ses propres expériences en tant que scientifique devenue politicienne. Elle a défendu une motion qui a donné lieu à la création du comité permanent des sciences et de la technologie, ce dont je sais que la députée de , une collègue du domaine des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques qui s'est ensuite lancée en politique, est également très reconnaissante.
Plus important encore, Kirsty est restée profondément attachée à ses concitoyens d'Etobicoke‑Nord.
L'héritage professionnel de Kirsty Duncan en est un de courage intellectuel, de leadership empreint de compassion et de détermination à mettre à profit les connaissances dans l'intérêt public. Je n'ai aucun doute que ses contributions continueront d'inspirer les futures générations de chercheurs, de militants et de leaders. Toutefois, je crois également que le véritable héritage de Kirsty réside dans la façon dont elle a vécu, en se distinguant grâce à bien plus que son curriculum vitæ fort impressionnant.
J'ai rencontré Kirsty pour la première fois peu après mon élection en 2011. En tant que députée et secrétaire parlementaire fraîchement nommée, lorsque je me suis rendue à ma première réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable, j'ai fait la connaissance de deux des femmes les plus formidables du Parlement à l'époque: Megan Leslie et, bien sûr, Kirsty Duncan.
Je me souviens encore aujourd'hui de Kirsty entrant dans la pièce avec aisance, grande, fière, rayonnant d'une grâce et d'une détermination qui reflétaient son talent et sa passion de toujours pour la danse écossaise. À ce moment-là, j'ai su que j'étais dans le pétrin. Kirsty prenait toujours les choses au sérieux, et le fait que j'en étais alors à mes premières armes en politique n'allait rien y changer.
À l'époque, Kirsty était la seule libérale au sein du comité, mais sa ténacité compensait largement le manque de collègues pour appuyer ses positions. J'ai rapidement compris que l'acharnement de Kirsty ne relevait pas de la partisanerie, mais plutôt de sa volonté de défendre ce qu'elle considérait comme la justice et l'action pour sa collectivité. Pour moi, cela signifiait que Kirsty s'opposerait vigoureusement aux positions du gouvernement lorsqu'elle le jugerait nécessaire, mais qu'elle resterait ouverte aux politiques que Megan et moi proposions ou sur lesquelles nous pouvions nous mettre d'accord, voire qu'elle en proposerait elle-même.
Dans la mesure du possible, Kirsty cherchait à trouver un consensus sans sacrifier ses principes. Notre relation de travail était telle que, même dans un contexte de gouvernement majoritaire, nous avons réussi à produire un rapport de comité qui n'a miraculeusement donné lieu à aucun rapport dissident.
Autrement dit, je n'ai jamais vu Kirsty reculer sur des questions difficiles, bien au contraire — il faut me croire —, car son engagement primordial a toujours été d'obtenir des résultats, et elle était prête à collaborer avec tout le monde pour y parvenir. Elle a notamment fait l'une des choses les plus dures qui soient pour un député à la Chambre: offrir publiquement des conseils constructifs et fondés sur des principes à sa propre équipe au besoin. Par exemple, à la suite du scandale des agressions sexuelles à Hockey Canada, je crois que c'est l'appel à l'action fondé sur des principes de Kirsty — qui a exhorté son propre gouvernement à agir plus rapidement pour prévenir le harcèlement, la violence et la discrimination à l'égard des femmes dans le sport — qui a contribué à dénouer l'impasse et à susciter d'importants changements.
Kirsty était véritablement une championne des droits des femmes. Ce n'est que ces dernières années que j'ai réalisé à quel point j'avais été privilégiée, au début de ma carrière à la Chambre des communes, de siéger à ses côtés au comité de l'environnement. En tant que femme relativement jeune en politique à l'époque, j'ai eu la chance rare et inestimable de travailler dans le respect avec deux députées extrêmement talentueuses issues de partis politiques différents. Kirsty ne se contentait pas de militer pour une plus grande égalité des chances pour les femmes, elle en donnait l'exemple au quotidien.
Après la défaite électorale de mon parti en 2015, Kirsty ne m'a jamais fait sentir sa nouvelle position dominante. Au contraire, elle m'a témoigné sa gentillesse habituelle par messages textes, par courriel ou simplement en passant me dire bonjour. Elle prenait régulièrement de mes nouvelles pour s'assurer que je vivais bien cette défaite et cette transition vers l'opposition. Elle est même allée jusqu'à me donner des conseils précieux pour être une députée de l'opposition plus efficace. Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle prenait le temps de m'aider à apprendre les rouages de l'opposition, elle m'a répondu sans hésiter que notre pays était plus fort lorsque davantage de femmes comprenaient comment gouverner et demander des comptes au gouvernement. À son tour, elle m'a toujours écoutée lorsque je lui faisais part de réflexions similaires issues de mon expérience au sein du Cabinet. Je ne doute pas qu'elle se réjouirait de voir d'autres femmes dans cette position partager à leur tour ce type d'expérience.
Ce ne sont là que quelques exemples illustrant certains des plus beaux aspects du legs de Kirsty, son immense courage, sa détermination inébranlable et sa générosité exceptionnelle. Nous avons entendu des milliers de témoignages semblables partout au pays.
C'est peut-être dans les dernières années de sa vie que Kirsty a le mieux démontré ses grandes qualités. Kirsty a affronté ses graves problèmes de santé avec la même détermination inébranlable dont elle a toujours fait preuve. Elle a choisi de vivre pleinement sa vie, de continuer à contribuer au changement, de chérir ses amis et sa famille et de vivre chaque moment avec la joie et la compassion sans bornes qui l'ont toujours distinguée.
Lorsque Kirsty m'a annoncé son diagnostic de cancer, elle tenait également à me dire qu'elle allait continuer de siéger en tant que députée. Je me souviens d'avoir été quelque peu surprise qu'elle ressente le besoin de me le confirmer. Il était pourtant évident qu'elle allait rester et terminer son travail; Kirsty n'a jamais été du genre à abandonner.
Kirsty a également choisi de parler publiquement de son parcours face au cancer, ce qui a été un cadeau pour nous. Si on consulte les messages qu'elle a publiés à ce sujet, un thème ressort constamment: Kirsty rayonnante de joie et de gratitude pour chaque journée de plus qui lui avait été accordée, pour chaque petite victoire remportée, pour chaque moment d'amour partagé avec quelqu'un. Pour moi, le plus difficile à accepter dans la disparition de Kirsty, c'est qu'une personne qui avait une telle capacité d'amour débordant, de gratitude et de bienveillance nous a été enlevée beaucoup trop tôt.
Tout au long de mon mandat, bien qu'elle ait appartenu à un autre parti politique, Kirsty a toujours été parmi les premières à me féliciter sincèrement de mes réussites et à me réconforter discrètement pendant les moments difficiles et solitaires de défaite politique personnelle. Elle comprenait intimement que la politique, comme la vie, comporte des hauts et des bas, et son exemple m'a aidé à comprendre quelque chose de profond: peu importe le siège que nous occupons dans cette enceinte, notre pouvoir ne vient pas du centre de notre parti, mais de nos concitoyens, et il incombe à chacun d'entre nous de l'exercer pleinement en leur nom. Kirsty mettait absolument ce principe en pratique dans sa vie. Nous tous qui siégeons à la Chambre avons certainement avantage à honorer sa mémoire en nous efforçant de suivre son exemple.
Kirsty aimait tellement de gens avec ardeur, mais son amour pour son époux Sven brillait si fort que c'était l'amour tranquille le plus éclatant que j'aie jamais vu. En relisant les nombreux messages qu'elle m'a envoyés au fil des ans, j'ai toujours trouvé que c'était ses références allègres et entendues à l'égard de son époux qui me faisaient le plus plaisir.
Kirsty a donné généreusement de l'amour à sa famille, à ses amis, à son travail et à son pays. Le retour inébranlable de cet amour par Sven, malgré l'isolement de la vie politique et les épreuves de la maladie, nous sert à tous d'exemple éloquent. Ce qui compte vraiment, c'est l'amour qu'on donne et celui qu'on reçoit, les uns pour les autres, pour notre famille et pour le pays que nous servons. Nous sommes très reconnaissants à Sven d'avoir aimé Kirsty. Qu'il sache que nous sommes là pour lui, à la fois dans son deuil et dans la célébration du souvenir de sa charmante et remarquable épouse.
Quand j'ai appris le décès de Kirsty, j'ai été frappée par le fait que, dans la précipitation des affaires de fin d'année, j'avais laissé un de ses derniers messages sans réponse: des vœux chaleureux et attentionnés pour les Fêtes, comme Kirsty en avait l'habitude. Je serais prête à tout pour avoir une dernière fois l'occasion d'appuyer sur le bouton « envoyer » pour lui dire à quel point son amitié comptait pour moi.
Malheureusement, ceci devra faire: « Kirsty, merci d'être notre amie. Merci d'avoir aimé notre pays avec tant de passion. Merci de nous avoir démontré à tous que vivre en vaut la peine, que vivre est porteur d'espoir et que vivre apporte la dignité et ce peu importe les circonstances.
« Que notre conduite en cet endroit te fasse honneur, et que les années que le cancer t'a volées nous rappellent que si les journées ici sont longues, les années sont très courtes.
« Kirsty, nous te sommes très reconnaissants. Ton pays t'est très reconnaissant. Puisse ton souvenir demeurer un cadeau du ciel. »
:
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à l'honorable Kirsty Duncan, une ancienne collègue, une amie très chère et l'une des véritables sources d'inspiration que j'ai eu le privilège de connaître.
Kirsty était d'abord et avant tout une scientifique. Géographe médicale de renommée internationale, elle a consacré sa rigueur intellectuelle et son énergie à comprendre comment l'environnement, la santé et la vie humaine sont inextricablement liés. Elle croyait profondément que les preuves sont importantes, que la vérité importe et que les politiques publiques devraient être fondées sur le savoir plutôt que sur la complaisance. Son environnementalisme découlait tout naturellement de son esprit scientifique: une fois que l'on comprend véritablement les conséquences de nos actions sur la santé humaine, il devient impossible d'être indifférent.
Cependant, aussi impressionnants soient-ils, les titres et les exploits ne disent pas tout. Pour ceux d'entre nous qui ont travaillé à ses côtés, Kirsty avait quelque chose de rare en politique. Elle était profondément empathique. Elle écoutait attentivement. Elle prenait la parole de façon réfléchie. Elle était gentille, même dans le tumulte parlementaire qui récompense si souvent le contraire.
Nous avons toutes deux été élues pour la première fois en 2008, avec le député de ; nous sommes les derniers représentants de la cohorte de 2008. Dès les premiers jours, je l'ai vue trouver son chemin dans le chaos du Parlement avec une détermination tranquille. Kirsty n'a jamais confondu la passion avec l'agressivité ou la conviction avec la cruauté. Elle nous a montré qu'on pouvait avoir des principes sans être véhément, avoir de la détermination sans être méprisant, et avoir de l'ambition sans perdre son humanité.
Sur une note plus personnelle, Kirsty était aussi une femme d'une discipline et d'une énergie exceptionnelles. Elle s'adonnait à la danse écossaise avec passion, elle courait, elle se souciait de son alimentation et elle se qualifiait elle-même de maniaque de la santé, des vertus que, je l'avoue, je ne possède pas. Il y a quelque chose de cruellement paradoxal dans le fait que Kirsty, qui prenait si bien soin de son corps, ait été emportée par le cancer, alors que moi, qui ai connu la même épreuve, je suis toujours là. La vie, semble‑t‑il, peut être d'une injustice profonde, et ni la raison ni la science ne peuvent pleinement expliquer cette injustice.
Ce que je sais, c'est que Kirsty a vécu sa vie à fond, avec intention et générosité. Elle a offert ses talents à son pays, sa bienveillance à ses collègues et son amour à ses proches. Son héritage ne se limite ni aux lois qu'elle a façonnées ni aux causes qu'elle a défendues. Il vit aussi dans les exemples de décence, d'intégrité et de courage discret qu'elle a su donner.
J'exprime mes plus sincères condoléances à son mari, Sven, lui-même un ancien collègue. Je ne peux qu'imaginer l'ampleur de sa perte et de son chagrin. Qu'il sache que l'influence de Kirsty a largement dépassé ces murs et que nombreuses sont les personnes qui se souviennent d'elle avec respect, admiration et affection.
Kirsty Duncan a élevé le Parlement par sa seule présence. Elle a enrichi nos vies et, bien qu'elle nous ait quittés, les valeurs de compassion et de service qu'elle incarnait continuent de nous guider. Honorons sa mémoire en défendant ces valeurs.
:
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au nom du Bloc québécois pour rendre hommage à Kirsty Duncan. Je la prends également au nom de deux collègues qui l'ont aussi côtoyée, le député de et le député d', et qui tenaient tous les deux à dire quelques mots.
Aujourd'hui, je rends hommage à une femme d'exception, une femme dont le parcours, l'engagement et l'humanité ont durablement marqué la Chambre et des milliers de vies. Je parle de Kirsty Duncan.
Kirsty n'était pas seulement une collègue parlementaire ou une ministre. Elle était une scientifique, une pédagogue, une femme profondément engagée, pour qui la politique devait toujours être au service de l'humain. Avant même son entrée à la Chambre des communes, elle était une universitaire reconnue, spécialiste de la santé publique et des pandémies.
Ces années de recherche et d'enseignement lui ont donné une qualité trop rare en politique: la capacité de relier la science et la rigueur intellectuelle aux réalités humaines les plus concrètes. Elle croyait que les décisions publiques devaient être éclairées par la connaissance et guidées par la compassion.
Élue députée d'Etobicoke‑Nord en 2008, elle a servi sa communauté avec constance pendant plus de 15 ans. Réélue à cinq reprises, elle a occupé d'importantes fonctions ministérielles, notamment comme ministre des Sciences et comme ministre des Sports et des Personnes handicapées. Elle a aussi été leader adjointe du gouvernement à la Chambre. Dans chacun de ces rôles, une même conviction l'animait: la science, l'inclusion et l'empathie doivent guider l'action publique.
Comme ministre des Sciences, elle a contribué à redonner toute sa place à la recherche scientifique au sein de l'État, en défendant la liberté académique et la transparence des données et en rappelant avec constance qu'on ne gouverne pas en se basant sur des impressions, mais sur des faits.
Elle a également assuré la responsabilité du sport avec la même rigueur et le même sens du devoir, convaincue que les politiques publiques doivent toujours viser la protection des personnes, en particulier les plus vulnérables. Je tiens d'ailleurs à souligner son investissement soutenu dans le dossier de la pratique sécuritaire du sport, un combat qui tenait sincèrement à cœur à Kirsty.
Comme l'a proposé l'équipe éditoriale du Hill Times, si le gouvernement souhaite réellement honorer sa mémoire et son legs politique, il devrait poser un geste à la hauteur de son engagement et déclencher une enquête publique et indépendante sur la pratique sécuritaire du sport, en son honneur, parce que c'est un combat qui lui tenait profondément à cœur et qu'elle aurait voulu mener jusqu'au bout.
Même lorsque la maladie l'a frappée, Kirsty est demeurée debout. Amoindrie physiquement, mais intacte dans sa détermination, elle a continué à prendre la parole avec une force et une clarté qui ont marqué la Chambre.
Kirsty nous a quittés le 26 janvier 2026, à l'âge de 59 ans, après un long combat contre le cancer. Sa disparition a suscité une vague d'hommages, et ce, à travers le Canada. Son héritage ne se résume toutefois pas à des titres ou à des dates. Il vit dans les politiques qu'elle a façonnées, dans les institutions qu'elle a contribué à renforcer et dans la conviction, qu'elle incarnait pleinement, que la politique peut être encore un outil de progrès.
Aujourd'hui, au nom du Bloc québécois et en mon nom personnel, je tiens à lui dire merci. Je la remercie de son courage, de son intégrité et de son humanité. Son exemple continuera de nous rappeler que la politique, lorsqu'elle est guidée par la connaissance et l'empathie, peut véritablement changer des vies.
:
Madame la Présidente, au nom du NPD, je prends la parole pour rendre hommage à feu l'honorable Kirsty Duncan, dont la vie a été définie par un engagement extraordinaire envers la science, la justice et le service public. Indépendamment des manigances partisanes qui ont lieu à la Chambre, nous connaissons tous, admirons tous et sommes tous touchés par l'incroyable force de Kirsty Duncan. Aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à une grande Canadienne qui a tant donné à la vie publique dans ce pays, peu importe le domaine dans lequel elle travaillait, du sport à la science, en passant par le milieu communautaire, la recherche universitaire et la vie politique. Kirsty Duncan a été exemplaire dans tous ces domaines. Elle nous a été enlevée beaucoup trop jeune. Nos pensées et nos condoléances accompagnent sa famille, son mari, ses amis et ses collègues.
Avant de se lancer en politique, Kirsty était déjà une éminente universitaire. En tant que géographe médicale dotée d'un sens profond du devoir moral, elle a consacré sa carrière universitaire à la compréhension de la relation entre l'environnement, la santé et le bien-être humain. Son travail d'avant-garde pour tenter de comprendre les origines de la grippe espagnole de 1918, qui a abouti à une expédition internationale ambitieuse et fondée sur l'éthique, témoigne à la fois de son courage intellectuel et de sa conviction inébranlable que la science existe pour servir l'humanité. Même lorsque l'expédition n'a pas donné les résultats qu'elle avait espérés, elle a fait preuve de transparence au sujet du processus et de générosité en partageant les leçons qu'elle avait tirées, donnant le meilleur exemple possible de l'intégrité scientifique.
Kirsty a également parlé avec une honnêteté rare des mauvais traitements qu'elle a subis quand elle était jeune athlète et des conséquences durables de ceux-ci sur sa santé. Cette expérience a profondément influencé le travail qu'elle a mené plus tard et a donné à ses efforts une dimension remarquable. Quand elle était ministre des Sports, elle a su apporter une profondeur et une compréhension au travail qui consiste à soutenir les athlètes canadiens. Députée d'Etobicoke‑Nord pendant 17 ans, Kirsty a mis sa rigueur scientifique au service de la Chambre des communes.
Quand elle était ministre des Sciences, elle a joué un rôle déterminant pour rétablir le respect de la prise de décisions fondée sur des données probantes dans la politique fédérale, et pour réinstaurer le poste de conseiller scientifique en chef. Elle savait que la démocratie s'affaiblit quand la science est mise de côté, et elle s'est efforcée de rétablir la confiance entre les chercheurs, le gouvernement et le public.
Son mandat en tant que ministre des Sports et des Personnes handicapées a été marqué par son courage et sa compassion. Elle a fait de la lutte contre la violence et le harcèlement dans le sport une priorité nationale, en réunissant les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et en faisant pression sur les institutions pour qu'elles s'attaquent à l'inconduite systémique. Il ne s'agissait pas d'un travail politique abstrait, mais d'une question profondément personnelle et importante pour elle. En insistant sur la responsabilité, sur les mécanismes de signalement sûrs et sur les normes applicables, elle a changé le discours national sur la sécurité dans le sport.
Kirsty était aussi une grande défenseuse des femmes et des filles dans le domaine des sciences. Ses travaux récents, dont le livre The Exclusion Effect, interpellent les institutions sur le fait que les obstacles systémiques continuent d'écarter les femmes des domaines scientifiques. Elle n'avait pas peur de dire des vérités qui dérangent, et elle associait toujours la critique à des solutions pratiques. Au-delà des clivages politiques, Kirsty était connue pour son sérieux, son respect pour ses collègues et sa conviction que toute charge publique suppose l'obligation de faire quelque chose de mieux pour les personnes qui ont été exclues, lésées ou laissées de côté. Même quand nous n'étions pas d'accord, elle dialoguait avec intégrité et attention.
Kirsty Duncan laisse derrière elle un héritage qui s'étend du monde universitaire aux politiques publiques, en passant par la défense des droits. Son héritage est ancré dans les faits, l'empathie et le courage. Le Canada est meilleur grâce à son travail. On se souviendra d'elle non seulement pour les fonctions qu'elle a occupées, mais aussi pour les principes qu'elle a défendus. Kirsty était vraiment une bonne personne, et nous tous, députés de la Chambre des communes, pleurons sa perte. Je sais que mon collègue Richard Cannings regrette particulièrement son décès et qu'il enverra ses amitiés à sa famille et à ses amis, car ils étaient tous deux des scientifiques dans l'âme, ce qui les a rapprochés de façon extraordinaire.
Repose en paix, Kirsty.
:
Madame la Présidente, c'est un grand honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui. C'est un moment très difficile pour moi, mais je veux rendre hommage à ma chère amie Kirsty Duncan.
[Traduction]
Je pense que c'est la première fois que j'entends à la Chambre une série de discours en hommage à une ancienne collègue pendant que le drapeau de la tour de la Paix est en berne. Nous l'avons peut-être déjà fait auparavant, mais c'est un moment inhabituel. Aujourd'hui, la famille de Kirsty organise une petite cérémonie. Ses funérailles ont lieu aujourd'hui, et comme elle l'aurait voulu — car elle était si modeste à propos de toutes ses réalisations —, il s'agit d'une simple cérémonie familiale. Cependant, le drapeau de la tour de la Paix est en berne, comme il se doit. Comme l'ont dit bon nombre de ses amis et de ses proches qui ont publié des avis, nous sommes profondément chagrinés, et comme l'a dit, je crois, son mari, Sven, nous avons le cœur « en mille miettes ».
Nous pensons à la politique et aux députés qui ont servi ensemble, et il se trouve que Kirsty a été élue en 2008, et moi en 2011. Grâce aux anges qui veillent sur la Chambre des communes, j'étais assise tout près d'elle. J'occupais la place juste derrière elle, et elle était assise sur la banquette. Dans l'édifice du Centre, nous étions dans le coin au fin fond de la Chambre, à côté de la cabine des interprètes, qui est maintenant dans le coin là-bas, dans l'édifice de l'Ouest. J'étais dans la rangée du fond, Kirsty était juste devant moi, et Justin Trudeau était juste là. Nous avons eu beaucoup de conversations.
Le plus remarquable, c'est que Kirsty et moi étions déjà amies depuis 15 ans lorsque nous nous sommes lancées en politique. J'ai rencontré Kirsty dans le cadre de son travail à Environnement Canada. Curieuse coïncidence, pendant une brève période, ma fille a fréquenté la garderie qui se trouvait dans l'immeuble où Kirsty travaillait. Inspirée par la députée de , j'ai relu quelques vieux textos de Kirsty. Je n'aurais pas dû le faire avant d'essayer de parler. Kirsty appelait toujours ma fille, Cate, ma « wee bairn », ou ma « petite puce ». Elle me demandait toujours, tout au long de notre vie: « Comment va ta petite puce? » Je viens de jeter un coup d'œil à des textos où je lui avais envoyé des photos de ma petite puce avec sa propre petite puce, c'est-à-dire de ma fille et de ma petite-fille, et Kirsty avait bien sûr répondu: « Oh, tes belles petites puces. »
À l'instar de nombreux autres députés, je souhaite faire part de mes réflexions à la Chambre. Je remercie la députée de de son discours émouvant. Elle a déjà abordé certains des points dont je voulais parler concernant le travail de Kirsty et son livre sur les origines du virus de la grippe de 1918. C'est sa curiosité intellectuelle exceptionnelle qui a mené Kirsty à se questionner, seule ou presque parmi les scientifiques, sur la possibilité d'accéder à des tissus appartenant à une victime de la grippe espagnole qui aurait été complètement gelée, maintenant que le réchauffement climatique révèle la présence de cadavres à différents emplacements. Nous pourrions peut-être en apprendre davantage sur les origines de la grippe espagnole. Comme on l'a mentionné, il a fallu un effort et une volonté extraordinaires pour lancer une expédition mondiale à Spitsbergen, en Norvège. Il a fallu obtenir le soutien du gouvernement norvégien, mobiliser d'autres scientifiques et faire comprendre l'importance que pourrait avoir cette entreprise. C'était toute une aventure de recherche médicale qu'elle a menée.
Elle a accompli tant de choses. Je souhaite recueillir les témoignages que les membres de sa famille ont inclus dans la notice nécrologique, toutes les choses pour lesquelles elle voulait qu'on se souvienne d'elle, toutes les choses qui la passionnaient: la danse, la musique, les arts, les sports, les sciences, la recherche et, bien sûr, la politique, sans oublier les causes humanitaires que son mari, Sven, a courageusement défendues.
Une fois encore, merci à la députée de d'avoir rendu hommage à Kirsty pour son travail auprès des jeunes femmes victimes de harcèlement sexuel dans le milieu sportif, afin que ces cas ne soient pas passés sous silence.
Tout cela fait de Kirsty une personne dont on ne peut résumer en quelques mots la contribution en ce bas monde.
Bien sûr, elle avait une joie de vivre immense, elle embrassait la vie avec exubérance et, même confrontée à des problèmes de santé, elle ne s'apitoyait jamais sur son sort. Mon Dieu, quelle héroïne elle était! S'il y a bien quelqu'un à qui nous pouvons chanter ceci à ses funérailles, c'est elle: « I am the Lord of the Dance, said he. » C'était elle, la reine de la danse. C'est à cela que je pense en mon for intérieur. Elle avait cet esprit de la danse, et Kirsty était fière, joyeuse et aimante envers ses petits élèves. Même après être devenue députée, elle a continué à enseigner la danse écossaise à ses élèves, et cela comptait énormément pour elle.
Mes propos sont plutôt décousus, car je suis bouleversée. J'ai écrit à quelques-uns de ses collègues scientifiques. J'ai pensé qu'il serait bon d'avoir leurs témoignages.
Je vais tout d'abord vous faire part des propos tenus par l'un des plus éminents scientifiques du Canada, M. Gordon McBean. Il a écrit:
Kirsty Duncan était une scientifique exceptionnelle qui a étudié des questions liées à la santé et à l'environnement, notamment le changement climatique. J'ai rencontré Mme Duncan pour la première fois dans les années 1990. Elle donnait un cours sur le changement climatique à l'Université de Windsor et que j'étais sous-ministre adjoint de la division Atmosphère et climat d'Environnement Canada. J'ai été très impressionné par ses connaissances scientifiques et son leadership [...]
J'ai été tellement heureux lorsqu'elle a été élue en 2008, car elle a apporté...