La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
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Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Je prends aujourd'hui la parole au sujet du projet de loi , la proposition du gouvernement pour régler le grave problème de la hausse de la criminalité violente et de l'affaiblissement de la sécurité publique. Les gens de partout au Canada et dans ma circonscription, notamment à Penticton, Oliver, Princeton et Castlegar, me disent qu'ils ne se sentent plus aussi en sécurité qu'auparavant. Je l'entends constamment. Bien que notre région soit la plus belle du Canada et que je sois fière d'y vivre, beaucoup ne se sentent pas en sécurité lorsqu'ils marchent dans la rue, font leurs courses au centre-ville, se rendent dans les hôpitaux ou les cliniques, ou même lorsqu'ils sont chez eux la nuit.
Au cours des derniers mois seulement, il y a eu une attaque à la bombe incendiaire à Castlegar, une tentative d'introduction par effraction avec un fusil de chasse à Osoyoos et une fusillade à Princeton. Ce sont des choses que nous n'avions jamais vues auparavant, surtout dans les municipalités rurales. Les habitants ont de bonnes raisons de s'inquiéter. Il existe un problème croissant et fondamental de crimes violents au pays, que les libéraux ont négligé pendant des années, mais je n'apprends rien de nouveau à la Chambre. Il est grand temps que les choses changent. J'espère que le projet de loi aura des effets positifs, mais certaines préoccupations subsistent.
Lorsque je me suis lancée en politique municipale, les gens de la collectivité étaient préoccupés par de nombreux problèmes, mais la criminalité ne figurait pas en tête de liste. Ils s'inquiétaient surtout des parcs, de la sécurité d'emploi et des impôts. En une décennie, les choses ont changé radicalement. Maintenant, il arrive régulièrement que les gens se disent inquiets, vigilants ou même effrayés. Dans un endroit comme Penticton, les habitants craignent de se balader l'été sur notre promenade Lakeshore emblématique. Les associations commerciales de la région disent clairement qu'elles entendent parler de la criminalité tous les jours.
Ce mois-ci, j'ai eu une conversation avec une mère qui a perdu son fils à Penticton à cause de la violence. Ce jeune homme a été assailli, agressé et battu à mort. De nombreux habitants de Penticton se souviendront de ce meurtre odieux, mais ils ne se rendent peut-être pas compte que nous ne sommes qu'à quelques mois d'un problème de délai de prescription. Les retards liés à la soumission de cette affaire complexe au tribunal pourraient signifier que cette affaire, comme beaucoup d'autres au Canada, ne sera jamais entendue comme il se doit et que la famille et les amis de la victime ainsi que notre petite ville ne pourront jamais tourner la page ni obtenir justice. Il ne s'agit pas seulement de justice différée; il n'y a pas de justice du tout. J'exhorte les tribunaux à intenter des poursuites complètes et équitables dans cette affaire horrible.
Malheureusement, ce n'est pas le seul cas. Pourquoi? Qu'est-ce qui a changé depuis 10 ans? À mon avis, la situation actuelle témoigne d'un échec chronique, qui dure depuis des années, au chapitre de la sécurité publique, la responsabilité première de tout gouvernement. Elle témoigne d'une incapacité à imposer des conséquences, d'une incapacité à appliquer la justice rapidement et équitablement pour l'accusé, d'une incapacité — exacerbée par la lenteur de l'appareil judiciaire — à donner les moyens aux victimes d'actes criminels de tourner la page et d'une incapacité à remédier à un système de mise en liberté sous caution dysfonctionnel.
Je sais que le projet de loi vise à enfin trouver des solutions. Comment s'attaque-t-il au problème? En mettant de l'avant bon nombre des mesures que les conservateurs réclament depuis des années. Ces mesures se font attendre depuis longtemps dans notre système de justice pénale. Après une décennie au pouvoir, les libéraux bougent enfin.
Je félicite mes collègues conservateurs du travail qu'ils ont accompli au fil des ans pour enfin amener les libéraux à ouvrir grand leurs oreilles. Je suis très heureuse que les libéraux aient repris la proposition de mon collègue conservateur le député de en érigeant automatiquement en meurtre au premier degré le fait d'enlever la vie à un partenaire intime. Après l'horrible meurtre de Bailey McCourt, survenu l'été dernier, je sais que les habitants de ma circonscription et de tout le Canada adhéreront à cette proposition.
Je constate également qu'une nouvelle infraction au Code criminel est proposée, soit l'interdiction de se livrer à une conduite contrôlante ou à des comportements de contrôle coercitif envers un partenaire intime. Pas plus tard qu'hier, dans mon discours sur le projet de loi , j'ai parlé de l'importance de nous pencher sur le contrôle coercitif à la Chambre des communes. Même si je me réjouis qu'il en soit question dans ce dossier-ci aussi, il n'en demeure pas moins que les libéraux compromettent des politiques qui sont déterminantes, comme les peines minimales obligatoires, lorsqu'il s'agit d'assurer la sécurité publique et de maintenir la confiance des Canadiens dans la justice. Il s'agit d'une politique que le public appuie, tout comme l'ont fait le Parlement et les conservateurs au fil du temps.
Dans un sondage mené récemment auprès de mes concitoyens, presque tous les répondants ont déclaré vouloir que les criminels violents soient tenus responsables de leurs actes et qu'ils purgent une peine d'emprisonnement obligatoire. Au lieu de cela, afin de plaire aux tenants d'une approche indulgente envers les criminels, le projet de loi compromet à son tour les peines minimales obligatoires. Le projet de loi C-16 modifierait les principes de détermination de la peine, obligeant les juges et les tribunaux à imposer une peine inférieure à la peine minimale obligatoire, que le Parlement a inscrite dans la loi, lorsque la peine minimale aurait l'effet d'un châtiment cruel et inhabituel pour le délinquant. Cette modification permettrait d'imposer des peines moins sévères que les peines minimales obligatoires, même pour des crimes comme la traite des personnes, le trafic d'armes et les infractions commises avec des armes à feu, dont l'extorsion et les fusillades depuis un véhicule.
Une peine minimale obligatoire ne constitue pas un châtiment cruel ou inhabituel envers l'auteur d'un crime violent. Un crime violent est en soi une peine cruelle et inhabituelle pour ses victimes, leurs familles et l'ensemble de la collectivité. Il ne faut pas l'oublier. Une personne reconnue coupable d'une fusillade depuis un véhicule ou d'extorsion armée mérite de rester derrière les barreaux, conformément à une peine claire fixée par un organe démocratique, c'est-à-dire la Chambre, qui représente la volonté de tous les Canadiens. Dans la pratique, le projet de loi à l'étude, tel qu'il est rédigé, ferait en sorte que les peines minimales obligatoires ne seraient plus obligatoires. Pour moi, c'est inacceptable. Trop de résidents, de familles, de personnes âgées et de petits entrepreneurs de ma circonscription et du reste du Canada ont été victimes de crimes et ne se sentent pas en sécurité. Les Canadiens en ont assez.
Je ne viens pas à la Chambre pour opposer un refus, mais pour offrir une meilleure voie à suivre. J'espère que, quel que soit notre parti, nous saurons reconnaître les mesures positives que j'ai soulignées et les scinder pour leur consacrer des projets de loi distincts, indépendants des mesures relatives à la détermination de la peine. Nous pourrions ainsi apporter rapidement des changements positifs au Code criminel tout en soumettant les propositions malavisées sur la détermination de la peine à un débat et à un examen plus approfondis au sein du comité.
Après une décennie d'une politique libérale qui consiste à relâcher rapidement les criminels, à abroger les peines minimales obligatoires et à laisser les crimes violents se multiplier, les Canadiens attendent mieux de leur gouvernement. Ils veulent que leurs impôts et le gouvernement leur assurent une sécurité accrue et que la priorité soit accordée à eux-mêmes, à leurs familles et à la justice plutôt qu'aux criminels. Travaillons rondement pour répondre aux attentes de la population.
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Madame la Présidente, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre pour représenter les formidables habitants de Cowichan—Malahat—Langford, sur la magnifique île de Vancouver.
J'aimerais prendre un instant pour rendre hommage à Wanda Wetteland, une ancienne combattante de la marine qui comptait 31 années de service. Très appréciée de tous, elle était également membre de longue date de la filiale 134 de la Légion royale canadienne, à Malahat. Malheureusement, elle est décédée plus tôt ce mois-ci, la veille de son mariage. Nous nous souviendrons d'elle.
Nous sommes saisis du projet de loi , Loi visant à protéger les victimes. Le 5 janvier, Laura Gover-Basar, une mère de 41 ans de l'île de Vancouver, a été retrouvée morte dans sa maison. Son ex-époux a été arrêté et accusé de son meurtre. Laura était titulaire d'un doctorat et elle a enseigné au collège Camosun, pas très loin d'où j'habite. Elle laisse dans le deuil deux jeunes filles qui se retrouvent désormais sans aucun parent pour les élever.
Il semblerait que Laura ait été victime de violence de la part d'un partenaire intime et que sa mort soit le résultat de cette violence. Son ex-époux devait d'ailleurs comparaître devant le tribunal, le jour même où son corps a été retrouvé, pour ne pas avoir respecté une ordonnance du tribunal dans une affaire distincte.
Près de 200 personnes se sont réunies à Victoria pour attirer l'attention sur la mort de Laura et sur le problème de longue date qu'est la violence familiale et la violence fondée sur le sexe. Elles ont demandé au gouvernement d'agir, et je crois que le projet de loi est un bon point de départ pour rendre justice aux victimes. Parmi les mesures positives, il y a les changements qui feraient automatiquement du meurtre d'un partenaire intime un meurtre au premier degré. Cette mesure a d'abord été proposée par mon collègue conservateur, le député de , dans son projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi , la loi de Bailey.
À l'heure actuelle, l'ex-mari de Laura a seulement été accusé de meurtre au deuxième degré. Aux termes du projet de loi , son meurtrier présumé serait accusé de meurtre au premier degré et condamné à la peine la plus sévère, car il serait passible d'une peine obligatoire d'emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
Le cas tragique de Laura n'est pas un cas isolé. Comme des militants l'ont souligné lorsqu'ils se sont réunis à Victoria, il s'agit d'un problème qui dure depuis des décennies et qui doit être...
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Madame la Présidente, le cas tragique de Laura n'est pas un cas isolé. Comme des militants l'ont souligné lorsqu'ils se sont réunis à Victoria, il s'agit d'un problème qui dure depuis des décennies et qui doit être réglé.
En faisant en sorte que le chef d'accusation en cas de féminicide soit automatiquement le meurtre au premier degré, nous franchirions une étape cruciale pour rendre justice aux victimes comme Laura et à leur famille. Il faut noter que le terme « féminicide » est un peu trompeur, puisque la loi s'appliquerait à la violence contre un partenaire intime, qu'elle soit commise par un homme ou par une femme.
Une autre mesure positive dans le projet de loi est l'interdiction des images hypertruquées d'un partenaire intime. Cela protégerait les Canadiens, en particulier les Canadiennes, contre la création et la diffusion d'images intimes non consensuelles. Cette proposition venait à l'origine de ma collègue qui représente et de son projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi . Des dispositions du même projet de loi visant à rendre obligatoire la déclaration du matériel d'abus pédosexuels ont également été ajoutées au projet de loi C-16. Elles contribueraient à protéger nos enfants contre les crimes les plus abjects.
Le projet de loi introduirait également une circonstance aggravante en cas de sextorsion. C'est un pas dans la bonne direction, même si, à mon avis, cela ne va pas assez loin. Mon collègue conservateur qui représente avait proposé une peine minimale obligatoire de trois ans pour toutes les formes d'extorsion, ce que j'aurais également aimé voir dans le projet de loi.
De plus, le projet de loi aurait une incidence sur la Loi sur la défense nationale, et, en tant que membre du Comité permanent de la défense nationale, je recommande fortement que nous examinions cette partie du projet de loi plus en détail. Le projet de loi permettrait aux victimes d'obtenir des renseignements des autorités du système de justice militaire sans avoir à présenter de demande officielle. Ces modifications permettraient aux victimes d'obtenir des renseignements sur leurs droits et les mesures de protection à leur disposition, ainsi que d'obtenir des renseignements auprès des autorités de la justice militaire sans avoir à en faire la demande. Il s'agit d'un changement par rapport à l'approche actuelle, puisque la déclaration des droits des victimes prévue dans la Loi sur la défense nationale exige la présentation d'une demande pour obtenir certaines catégories de renseignements.
Étant donné que la Base des Forces canadiennes Esquimalt, troisième en importance au Canada, est située près de ma circonscription sur l'île de Vancouver, ces modifications revêtent une importance particulière pour de nombreux membres de ma collectivité. À mon avis, ces mesures iraient de pair avec le projet de loi , que le comité est en train d'étudier.
Je suis heureux de constater que le projet de loi reprend d'excellents concepts conservateurs, et j'espère que mes collègues d'en face intégreront également nos amendements au projet de loi , sans lesquels les personnes ayant survécu à des traumatismes sexuels dans le milieu militaire seraient moins bien protégées par la justice. Nous devons veiller à ce que les mesures que nous prenons soient axées sur les victimes et les traumatismes. Toutes les mesures qui vont dans ce sens sont positives.
Malheureusement, certaines étapes ont été omises dans le projet de loi . Tel qu'il est rédigé, le projet de loi C-16 permettrait aux juges d'ignorer toutes les peines minimales obligatoires prévues dans le Code criminel du Canada, sauf pour les cas de meurtre et de trahison. Le Parlement établit des peines minimales obligatoires pour les crimes odieux, car c'est la prérogative des élus, mais si les libéraux permettent aux juges d'ignorer les peines minimales obligatoires, celles-ci n'auront plus rien d'obligatoire.
Les agressions sexuelles graves commises avec une arme à feu et la traite des personnes ne seraient plus passibles de peines obligatoires. De nombreux crimes violents commis avec une arme à feu, notamment l'extorsion avec une arme à feu, le trafic d'armes, la décharge d'une arme à feu à autorisation restreinte ou prohibée depuis un véhicule, et bien d'autres crimes ne seraient pas passibles de peines minimales obligatoires aux termes du projet de loi . Cela n'a tout simplement aucun sens. Est-il sérieusement question de ne pas imposer de peine minimale pour des crimes extrêmement violents et odieux?
Cette partie du projet de loi constitue un recul important pour les victimes et leur famille. Il ne s'agit pas d'une approche centrée sur les victimes. Depuis 2015, la traite des personnes a augmenté de 84 %, les agressions sexuelles ont augmenté de près de 76 % et les crimes violents ont augmenté de près de 55 %.
Les Canadiens ont besoin que les parlementaires collaborent et prennent des mesures concrètes pour rétablir la sécurité dans les rues. Ce n'est pas en supprimant les peines minimales obligatoires que nous y parviendrons. En tant qu'élus, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de la population. Il est de notre devoir de prévoir des conséquences pour les crimes graves comme ceux-là. Dans sa forme actuelle, le projet de loi minerait ce pouvoir. Les Canadiens méritent de se sentir en sécurité dans leur quartier, et les victimes et leur famille méritent que justice soit faite.
Je suis favorable à de nombreux aspects du projet de loi. Les aspects qui sont axés sur les victimes et qui tiennent compte des traumatismes représentent un pas dans la bonne direction. Je les appuie dans un esprit de collaboration. Ce qui me préoccupe dans le projet de loi, ce sont les parties qui ne mettent pas la priorité sur les victimes. Je crois que si nous ramenons les victimes au centre de la question et que nous laissons au Parlement le pouvoir d'établir des peines minimales obligatoires, le projet de loi pourrait apporter des changements extrêmement importants et nécessaires au système de justice.
J'espère que mes collègues d'en face adopteront l'esprit de collaboration dont nous faisons toujours preuve, et qu'ils seront disposés à apporter les améliorations que nous proposons au projet de loi afin de le renforcer en conservant les peines minimales obligatoires pour les crimes odieux. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il y a une hausse significative de la criminalité dans tout le pays. Travaillons ensemble pour proposer une solution positive pour le Canada en apportant quelques améliorations au projet de loi . La balle est dans le camp des libéraux.
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Madame la Présidente, je tiens d'abord à souligner que je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Nous parlons aujourd'hui du projet de loi , et donc de délais judiciaires, de violence sexuelle et de protection des victimes. Je m'exprime aujourd'hui au nom du Bloc québécois.
D'abord, avec ma formation politique, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances à ceux touchés par ce qui est déjà le quatrième féminicide au Québec en 2026. J'exprime toute ma sympathie aux proches et à la famille de Véronic Champagne, cette mère de famille tuée dans la circonscription de Shefford, plus précisément à Rougemont.
J'ai été particulièrement touchée par la vigile organisée par la municipalité de Rougemont. C'est dans ces moments que nous pouvons voir qu'au-delà des proches et de la famille d'une victime de féminicide, c'est toute une communauté qui est sous le choc. Je l'ai vu et je souhaite à cette communauté tricotée serrée qu'est Rougemont une guérison collective. Au moins, cette vigile, ce moment de rassemblement, nous aura permis de commencer ce deuil pour l'ensemble de la communauté de Rougemont et de la région.
Ce que nous voulons finalement avec le projet de loi C-16, c'est une justice qui protège réellement les victimes. Ce projet de loi vise à répondre à une crise de confiance envers le système de justice pénale. En effet, il y a trop souvent des victimes, qui sont majoritairement des femmes, des enfants, et même des aînés — je reçois des messages à ce sujet —, qui subissent de la violence et qui subissent ensuite la justice. Il y a donc un système de justice qui échoue à protéger les victimes ou qui les abandonne en chemin. Ce système reproduit la violence qu'il prétend pourtant combattre.
Je vais d'abord donner quelques chiffres. Je parlerai ensuite des avancées qu'on retrouve dans ce projet de loi. J'exprimerai aussi quelques bémols vers la fin de mon discours.
Regardons d'abord quelques statistiques. On constate qu'il y a des délais judiciaires qui font dire à certains que la justice n'arrive jamais, finalement. Depuis l'arrêt Jordan, des causes criminelles graves sont abandonnées en raison de délais déraisonnables. Voici des données concrètes: 13 causes ont été fermées en 2021, 18 en 2022, 96 en 2023 et 62 en 2024. Il ne s'agit que de données partielles. Ces dossiers incluent en outre des cas d'agression sexuelle, de violence conjugale, de crimes contre des enfants et de harcèlement criminel. Cela a des répercussions directes sur les victimes qui sont réexposées au traumatisme, mais aussi en raison du fait que les agresseurs bénéficient d'une forme d'impunité judiciaire.
C'est pour ces raisons qu'il fallait agir. Le Bloc québécois avait formulé plusieurs demandes à ce sujet. Le projet de loi C-16 apporte maintenant des corrections, notamment quant à l'arrêt Jordan, ce que le Bloc québécois appuie fortement, évidemment. Nous avions même déjà déposé un projet de loi pour encadrer l'arrêt Jordan lors de l'ancienne législature. Mon collègue de , notre porte-parole en matière de justice, s'était prononcé et avait travaillé sur ce dossier.
Le projet de loi C-16 apporte une clarification des critères de complexité des causes. Il y a l'exclusion de certains délais de calcul, il y a la possibilité pour le juge d'ordonner une réparation autre que l'arrêt des procédures, et il y a un nouvel élément central, soit que le tribunal va devoir considérer les répercussions sur les victimes de la confiance du public. Ce sont des avancées que nous saluons.
Maintenant, parlons de la violence faite aux femmes. Je vais donner d'autres chiffres qui nous obligent à agir. Les violences sexuelles sont massivement sous-déclarées. Près de 90 % des agressions sexuelles ne sont jamais signalées. Pour ce qui est des féminicides au Canada en 2024, c'est 81 femmes qui ont été tuées par un partenaire intime, dont 25 au Québec. Il y a déjà eu plusieurs cas depuis le début de 2026. J'en ai parlé tout à l'heure. Je tiens aussi à saluer les proches de Susana Rocha Cruz, de Mary Tukalak Iqiquq et de Tadjan'ah Desir. C'est déjà beaucoup trop.
Il y a maintenant un nouvel angle qui est essentiel et que je tiens à aborder. J'ai reçu une lettre de l'Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation. C'est 55 % des femmes âgées tuées par un membre de leur famille qui l'ont été par leur propre fils. Cette statistique provient d'une lettre que nous avons reçue de l'Observatoire expliquant son positionnement quant au projet de loi C-16.
Sur le contrôle coercitif, le projet de loi fait une avancée majeure, mais perfectible. D'ailleurs, j'ai été l'instigatrice d'une étude en comité pour examiner la possibilité de criminaliser le contrôle coercitif, et ce, à la suite d'une demande de députés qui avaient travaillé sur le rapport « Rebâtir la confiance » à l'Assemblée nationale du Québec et qui nous avaient dit qu'ils ne pouvaient pas agir parce que cela relevait du Code criminel. J'ai donc proposé une étude sur le sujet. Je pousse là-dessus depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Nous saluons donc la création d'une infraction de contrôle coercitif. Cette reconnaissance est fondamentale parce que la violence n'est pas seulement physique. Elle peut être psychologique, financière, sociale et invisible. C'est souvent plus tôt, sous ces formes, qu'elle débute.
D'ailleurs, je tiens à parler d'une entrevue que j'ai entendue à la suite du féminicide de Véronic Champagne. Une de ses amies a dit que les féminicides étaient parmi les crimes les plus évitables et elle faisait référence au contrôle coercitif. Souvent, il y a des signes précurseurs de ce qui va arriver, mais, malheureusement, tant que ce n'est pas inclus dans le Code criminel, les forces policières n'ont pas les outils nécessaires pour agir plus tôt, pour agir en amont. C'est vraiment à ça que ça sert, cette reconnaissance du contrôle coercitif.
Encore une fois, dans le rapport de la Elder Justice Coalition, on dit que la violence coercitive touche aussi les personnes aînées, les personnes dépendantes et les femmes qui vivent avec des troubles cognitifs. Voici une statistique clé: la violence familiale envers les personnes aînées a augmenté de 49 % depuis 2018 au Canada, toujours selon ce groupe. Notre position, c'est que, reconnaître le contrôle coercitif, c'est vraiment une avancée, mais il faut s'assurer qu'aucune victime n'est laissée de côté. Ça doit être la prochaine étape et nous allons donc suivre cette mise en application.
En ce qui concerne les violences sexuelles, les hypertrucages et la cybercriminalité, on voit vraiment que, finalement, l'intelligence artificielle a des répercussions. Le Bloc québécois appuie l'interdiction des hypertrucages pornographiques. Nous appuyons aussi l'élargissement de la définition d'images intimes. Nous voulons aussi une augmentation des peines et nous rappelons que, finalement, les jeunes femmes et les adolescentes sont les principales cibles de ces nouvelles formes de violence. J'espère qu'on fera une étude. D'ailleurs, ce n'est pas exclu que l'on étudie prochainement l'impact de l'intelligence artificielle sur les violences envers les femmes au Comité permanent de la condition féminine. Une motion en ce sens sera peut-être présentée prochainement. Ça pourrait être intéressant pour proposer d'autres pistes de solution. On sait qu'un projet de loi est un pas important, mais que c'est rarement une finalité. Il faudra continuer à suivre, notamment, sa mise en application et les suites de tout ça.
Dans le projet de loi , un autre fait intéressant est abordé, soit le recrutement des jeunes par le crime organisé. On le sait, le crime organisé recrute de plus en plus de jeunes, qui sont de plus en plus jeunes, au moyen des réseaux sociaux en exploitant leur vulnérabilité. Au Bloc québécois, nous appuyons la création de l'infraction spécifique pour viser les véritables responsables. C'est un rappel humain que des jeunes sont malheureusement tués après avoir été recrutés, comme ce fut le cas de Mohamed-Yanis Seghouani, qui avait 14 ans. C'est inacceptable. Le message, c'est que les jeunes doivent être vraiment protégés, et non utilisés comme de la chair à canon, ce qui arrive en ce moment. À propos de ce travail de recrutement des jeunes dans le crime organisé, je sais que mon collègue de prônait aussi cette mesure et déplorait qu'il y ait encore trop de jeunes recrutés par le crime organisé.
Cependant, j'aimerais apporter quelques bémols: à propos des droits des victimes et de la justice réparatrice, il faut faire attention aux moyens. En effet, au Bloc québécois, nous accueillons favorablement, entre autres, l'enrichissement de la Charte canadienne des droits des victimes. La mise en place de mécanismes de justice réparatrice, on y croit beaucoup au Québec, mais l'avertissement est clair: sans juges, sans ressources, sans financement adéquat, ces droits resteront théoriques.
En conclusion, nous donnons notre appui au projet de loi, mais il faut quand même être vigilants. Nous aurons des responsabilités concernant la mise en application du projet de loi s'il est adopté. Nous appuyons le projet de loi C-16 parce qu'il reprend, comme nous l'avons dit, plusieurs positions du Bloc québécois. Il renforce la protection des victimes et il reconnaît enfin des formes de violence longtemps ignorées. Cependant, nous restons vigilants pour éviter les angles morts et pour respecter les compétences du Québec. Nous serons entre autres vigilants en comité.
J'aimerais d'ailleurs revenir rapidement sur quelque chose. La nomination des juges, ça relève du fédéral. On en a besoin pour que ça soit appliqué, mais ça traîne. Le Québec est responsable de l'administration de la justice, mais le problème, c'est le déséquilibre fiscal. Il faudra donc voir quelles sommes seront transférées à Québec parce que l'administration de la justice a évidemment un coût. Il faudra donner des moyens. Finalement, il faut aussi améliorer la protection des personnes aînées et vulnérables.
En terminant, concernant ce projet de loi si important et majeur qui contient beaucoup d'éléments, il faut garder ceci en tête: la justice ne doit pas seulement punir les crimes. Elle doit aussi protéger celles et ceux qui en sont victimes. C'est ce qui doit nous guider et c'est ce qui nous guidera lors de l'étude en comité. Par la suite, il s'agira de voir comment le projet de loi C-16 sera appliqué et de voir s'il répond vraiment aux besoins des victimes.
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Madame la Présidente, je prends la parole au sujet du projet de loi , un projet de loi omnibus présenté par le gouvernement.
Certaines dispositions du projet de loi sont dignes d'être appuyées parce qu'elles renforcent le système de justice pénale du Canada, qu'elles tiennent compte des intérêts des victimes et qu'elles les défendent. Bon nombre de ces dispositions reprennent textuellement des projets de loi d'initiative parlementaire présentés par des députés conservateurs. Si le gouvernement veut reprendre de bonnes idées des conservateurs, nous l'encourageons à le faire. Le projet de loi comprend aussi d'autres dispositions que nous appuyons sans réserve.
Mes compliments au gouvernement s'arrêtent ici, car le projet de loi présente de nombreux problèmes, à commencer par la réaction du gouvernement à la décision troublante et douteuse rendue par la Cour suprême dans l'affaire Senneville. Dans cette décision, la Cour suprême a invalidé les peines minimales obligatoires pour la distribution et la possession de pornographie juvénile.
Les faits de l'affaire Senneville sont parfaitement révoltants et horribles. Ils mettent en cause deux prédateurs sexuels sadiques qui avaient en leur possession des centaines d'images de très jeunes enfants, images liées à des actes de brutalité sexuelle et au déflorement de ces victimes innocentes. La Cour suprême, dans son infinie sagesse, appliquant la thèse d'un scénario hypothétique raisonnable, a statué que les peines minimales obligatoires d'un an pour la distribution et la possession de pornographie juvénile étaient exagérément disproportionnées et qu'elles violaient l'article 12 de la Charte, qui interdit les peines cruelles et inusitées.
Même si la Cour suprême a jugé qu'il était cruel et inusité d'imposer une peine d'emprisonnement minimale d'un an seulement aux prédateurs sexuels d'enfants, je pense que la plupart des Canadiens jugeraient que ce sont l'exploitation sexuelle, le viol, la maltraitance ou le déflorement d'enfants qui sont cruels et inusités, en plus d'être malfaisants et sadiques.
Il convient de noter que l'arrêt Senneville était loin d'être une décision unanime de la Cour. Le juge en chef Wagner a exprimé une opinion fortement dissidente, et la Cour a rendu une décision partagée de cinq contre quatre. Dans son opinion dissidente, le juge en chef Wagner a exposé très clairement la constitutionnalité des peines minimales obligatoires pour la distribution et la possession de pornographie juvénile, en particulier. Plus généralement, il a réaffirmé sans ambiguïté le pouvoir constitutionnel du Parlement d'adopter des lois en matière de détermination de la peine qui fixent notamment des peines d'emprisonnement obligatoires et maximales.
Compte tenu de la décision problématique et injuste rendue par la Cour suprême, de la forte opinion dissidente rédigée par le juge en chef Wagner et du fait que la Cour suprême a expressément déclaré que les crimes sexuels contre des enfants comptent parmi les actes les plus immoraux, les conservateurs ont demandé aux libéraux de faire ce qui s'impose et d'invoquer la disposition de dérogation afin d'annuler la décision et de rétablir la peine minimale obligatoire pour la distribution et la possession de pornographie juvénile. Sans surprise, étant donné leur bilan laxiste en matière de criminalité, les libéraux ne l'ont pas fait.
À défaut d'invoquer la disposition de dérogation, les libéraux auraient pu présenter un projet de loi qui prévoit une peine minimale obligatoire modifiée en précisant la définition et l'application de l'infraction, mais ils ne l'ont pas fait non plus. Au lieu de cela, ils ont donné le feu vert à la décision de la Cour suprême dans l'affaire Senneville, se sont complètement lavé les mains de toute réponse législative et ont cédé une fois de plus le pouvoir législatif de la Chambre aux tribunaux.
Pire encore, les libéraux se sont servis très commodément et très délibérément d'une décision partagée des tribunaux comme prétexte pour démanteler pratiquement toutes les autres dispositions qui prévoient des peines minimales obligatoires dans le Code criminel, à l'exception des peines pour meurtre et pour trahison. Pour ce faire, ils ont employé un prétendu mécanisme qui s'appliquerait à toutes les peines minimales obligatoires prévues dans le Code criminel, à l'exception des peines pour meurtre et pour trahison.
Le mécanisme, dans sa forme actuelle, est exprimé en termes vagues. Il n'est pas ciblé. Il ne contient pas, par exemple, de disposition sur les circonstances exceptionnelles. Il ne fournit pas de précisions ou de directives aux tribunaux sur la façon dont le Parlement estime que les peines minimales obligatoires doivent être traitées. Au lieu de cela, il invite les juges à ne pas tenir compte des lois prévoyant des peines minimales obligatoires qui, j'ajouterais, n'ont pas été jugées inconstitutionnelles. Par conséquent, il est presque certain que les peines minimales obligatoires et leur application au moment de la détermination de la peine seront automatiquement contestées. Ce projet de loi neutralise complètement les peines minimales obligatoires.
Les libéraux diront qu'ils n'avaient pas le choix, car les tribunaux ont rendu des décisions. Ils avaient le choix. Aucun tribunal n'a déclaré que, dans l'ensemble, les peines minimales obligatoires sont inconstitutionnelles. Ce n'est certainement pas ce que la Cour suprême a dit. En effet, des peines minimales obligatoires sont prévues dans la loi depuis les années 1890, année où le Code criminel a été adopté. Les peines minimales obligatoires reflètent le pouvoir constitutionnel du Parlement de légiférer en matière de justice pénale, ce qui inclut la détermination de la peine, et reflètent l'opinion du Parlement, selon lequel certaines infractions sont suffisamment graves pour justifier une peine minimale, tout en tenant compte des principes de détermination de la peine établis depuis longtemps, y compris la dénonciation, la dissuasion et la nécessité d'isoler certains délinquants de la société.
En effet, pas plus tard qu'en 2010, le juge Cory a écrit, dans l'arrêt Nasogaluak de la Cour suprême, que « la peine minimale est l'expression claire d'une politique générale dans le domaine du droit pénal ».
En 1990, le juge Cory avait statué qu'une peine minimale obligatoire ne serait que « très rarement » disproportionnée et en violation de l'article 12 et que le critère devait être « strict et exigeant ».
Il est vrai qu'au cours des dernières années, les peines minimales obligatoires ont fait l'objet d'un plus grand nombre de contestations constitutionnelles, notamment à la suite de l'arrêt Nur de 2015, où les juges sont allés trop loin dans l'exercice de leur pouvoir, à mon avis. Si je dis cela, c'est parce que, la première fois que la Cour suprême a invalidé une peine minimale obligatoire, c'était dans l'arrêt Smith, en 1987. Pendant près de 30 ans, jusqu'en 2015, pas une seule peine minimale obligatoire n'avait été invalidée par la Cour suprême. Il a fallu attendre jusqu'en 2015. Par conséquent, un gouvernement digne de ce nom qui est déterminé à défendre les victimes et à emprisonner les délinquants violents aurait réaffirmé le pouvoir constitutionnel du Parlement dans ce domaine, y compris dans des cas flagrants comme l'arrêt Senneville et l'arrêt Bissonnette, qui ont privé les juges de leur pouvoir discrétionnaire d'imposer aux tueurs en série des périodes d'inadmissibilité à la libération conditionnelle à purger consécutivement, et il aurait eu recours à la disposition de dérogation.
Bien sûr, le gouvernement actuel ne l'a pas fait. Il a refusé de le faire. Maintenant, par des moyens détournés, il présente ce projet de loi sous prétexte de sauver les peines minimales obligatoires, alors qu'en réalité, il les élimine complètement. Voilà qui montre que le gouvernement est aveuglé par son idéologie. Ce gouvernement fait sans cesse passer les droits des criminels avant la sécurité publique et les droits des victimes. Ce projet de loi est une véritable honte à cet égard.
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Madame la Présidente, c'est un honneur d'intervenir en tant que représentant de Kamloops—Shuswap—Central Rockies au sujet du projet de loi d'initiative ministérielle , qui vise à modifier certaines lois en matière pénale et correctionnelle.
Nous avons tous le devoir solennel de représenter et de faire entendre la voix des citoyens qui se fient à nous pour défendre leurs intérêts au Parlement. Les Canadiens ont besoin que nous prenions conscience des défis et des dangers auxquels ils sont confrontés et que nous fassions notre travail pour apporter les modifications nécessaires aux lois fédérales afin de mieux assurer leur sécurité.
Le fait que nous soyons au Parlement ne tient pas au hasard. Le mot « parlement », qui dérive du verbe « parler », remonte au XIe siècle et signifie « discussion » ou « discours ». Nous passons beaucoup de temps à discuter dans cette enceinte parce que nos ancêtres ont décidé d'utiliser les mots plutôt que les épées et les canons pour résoudre les différends, établir un consensus pour le bien commun et apporter des solutions aux citoyens représentés par chaque député.
Il est vrai que les débats au Parlement peuvent être houleux et conflictuels, mais nous ne devons jamais laisser ces frictions et ces débats enflammés nous détourner de nos devoirs envers les Canadiens, comme le devoir de représenter nos concitoyens, ainsi que le devoir de participer aux discussions et aux discours dans cette enceinte, pas seulement pour prendre la parole ou participer à des mêlées de presse, mais pour contribuer à faire avancer la société. Les discussions constructives au Parlement peuvent certainement mener à la collaboration, comme lorsque le parti au pouvoir adopte les propositions de députés de l'opposition et les inclut dans des projets de loi d'initiative ministérielle, ce que le gouvernement a fait avec le projet de loi .
Pas plus tard que l'année dernière, le 17 septembre 2025, j'ai présenté mon projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi , Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (communication de renseignements à la victime). À l'heure actuelle, la victime d'un acte criminel peut demander à être informée des dates d'admissibilité et d'examen relatives aux permissions de sortir, à la mise en liberté ou à la libération conditionnelle du délinquant qui lui a causé un préjudice. Mon projet de loi, le projet de loi C-221, propose que la victime informée de ces dates soit également informée de la manière dont ces dates ont été déterminées. Les Canadiens victimes d'actes criminels doivent souvent porter un fardeau psychologique et émotionnel toute leur vie. Mon projet de loi d'initiative parlementaire propose des mesures réalistes et sensées qui visent à réduire le stress que vivent les victimes dans le cadre des processus de libération conditionnelle et de mise en liberté des personnes qui leur ont causé un préjudice.
Après six ans et demi d'efforts déployés par les conservateurs pour faire adopter ces propositions, il est réjouissant de constater que le gouvernement a enfin reconnu leur mérite et leur nécessité et les a incluses dans un projet de loi d'initiative ministérielle, le projet de loi . Mon projet de loi, le projet de loi , fait suite à trois projets de loi conservateurs antérieurs qui contenaient la même proposition. Il s'agit du projet de loi , présenté par l'honorable Lisa Raitt lors de la 42e législature, du projet de loi , parrainé par le sénateur Boisvenu lors de la 43e législature, et du projet de loi , parrainé par Colin Carrie lors de la 44e législature.
Les propositions législatives de nos projets de loi sont désormais incluses dans un projet de loi du gouvernement, le projet de loi . Elles ont été initialement élaborées et défendues par Mme Lisa Freeman, d'Oshawa, en Ontario. Mme Freeman a subi une perte tragique lorsque son père a été brutalement assassiné. Elle a ensuite dû composer pendant des années avec le Service correctionnel du Canada et la Commission des libérations conditionnelles du Canada tout en essayant de suivre les allées et venues du meurtrier de son père. L'expérience de Lisa Freeman avec ces processus gouvernementaux a été douloureuse et a alourdi le fardeau qu'elle portait déjà.
Je remercie Lisa Freeman de sa détermination et de son courage à poursuivre ses efforts malgré la douleur et le traumatisme causés par la perte de son père pour faire adopter des mesures qui renforcent le respect des victimes d'actes criminels dans le cadre des processus gouvernementaux. Je suis heureux que le gouvernement libéral ait enfin reconnu ce problème et ait choisi de donner la priorité aux propositions de mon projet de loi d'initiative parlementaire en les incluant dans le projet de loi . Cela signifie que des changements nécessaires pourraient être apportés plus rapidement au bénéfice des Canadiens. C'est une bonne chose.
Les victimes d'actes criminels et les personnes qui les défendent affirment depuis des années que ces mesures sont nécessaires, et je suis heureux que le leadership conservateur ait amené le gouvernement à enfin adopter ces propositions. Ce qui est important pour moi et pour les victimes, c'est que ces mesures soient adoptées afin de faciliter l'expérience des victimes d'actes criminels dans les processus correctionnels et de libération conditionnelle.
Les Canadiens comptent sur les parlementaires pour faire fonctionner le Parlement, et tant que le gouvernement n'aura pas fait adopter le projet de loi , je continuerai à travailler pour que mon projet de loi d'initiative parlementaire soit mené à bien, car il vaut la peine d'apporter ces changements par tous les moyens possibles.
Le projet de loi est un projet de loi omnibus, et je pense que certaines mesures proposées auraient dû être prises il y a longtemps, mais que d'autres dispositions du projet de loi doivent être renforcées afin de produire des résultats et d'aider les Canadiens qui sont confrontés à des dangers réels. Voici quelques faits concrets sur les dangers auxquels les Canadiens, y compris mes concitoyens de Kamloops—Shuswap—Central Rockies, sont confrontés: depuis 2015, la traite des personnes a augmenté de 84 %, les agressions sexuelles, de près de 76 %, et les crimes violents, de près de 55 %.
Le projet de loi a intégré d'autres mesures législatives conservatrices qui avaient été proposées. Il propose d'interdire les hypertrucages d'images de partenaires intimes, ce qui contribuerait à protéger les Canadiens, en particulier les femmes, contre la création et la diffusion d'images intimes non consensuelles.
Les conservateurs se réjouissent que, dans le projet de loi , le gouvernement ait adopté la proposition du projet de loi , qui a été présenté par la députée conservatrice de . Le projet de loi C-16 intègre également les dispositions du projet de loi C-216 visant à rendre obligatoire la déclaration du matériel d'abus pédosexuel. Cette mesure contribuerait à protéger nos enfants contre l'exploitation et des crimes ignobles.
Dans le projet de loi , le gouvernement répond également aux demandes de mon collègue conservateur de , dont le projet de loi d'initiative parlementaire propose que le meurtre d'un partenaire intime soit automatiquement considéré comme un meurtre au premier degré. Je suis heureux que le gouvernement libéral ait entendu les appels de mes collègues et ait intégré ces propositions dans le projet de loi C-16.
Ces parties du projet de loi du gouvernement se font attendre depuis longtemps et sont pertinentes pour les Canadiens aujourd'hui. Cependant, d'autres éléments du projet de loi manquent leur cible, car ils ne vont tout simplement pas assez loin par rapport aux problèmes auxquels les Canadiens sont confrontés aujourd'hui. Par exemple, le projet de loi C-16 propose de permettre aux juges d'ignorer littéralement toutes les peines d'emprisonnement obligatoires prévues dans le Code criminel, à l'exception des peines pour meurtre et trahison.
Les libéraux tentent de permettre aux juges d'ignorer les peines obligatoires pour des crimes comme l'agression sexuelle grave commise avec une arme à feu, la traite des personnes, les violences multiples avec des armes à feu, l'extorsion avec une arme à feu, le trafic d'armes, la décharge d'une arme à feu depuis un véhicule, et d'autres encore.
Je demande au gouvernement d'entendre la voix des Canadiens qui subissent une augmentation de 55 % des crimes violents et qui veulent que la paix et la sécurité soient rétablies dans leurs collectivités. Il faut scinder le projet de loi afin d'en retirer l'élimination des peines obligatoires et de tenir un débat rigoureux qui nous permettra d'adopter rapidement les éléments solides du projet de loi C-16 pour assurer la sécurité des Canadiens.
Je demande au gouvernement d'écouter une fois de plus la voix des Canadiens qui s'opposent aux peines légères pour les crimes graves et violents et de scinder ce projet de loi afin que nous puissions faire progresser l'étude de ses éléments solides et travailler sur les éléments qui doivent être améliorés.