Que, dans le but de restaurer la souveraineté économique du Canada, la Chambre demande au gouvernement de présenter dès maintenant une loi sur la souveraineté du Canada, laquelle :
a) referait du Canada un pays concurrentiel dans le domaine de la production de ressources en abrogeant les mesures fédérales qui bloquent ou paralysent le développement, y compris,
(i) la Loi sur l’évaluation d’impact (ancien projet de loi C-69),
(ii) la Loi sur le moratoire relatif aux pétroliers (ancien projet de loi C-48),
(iii) la taxe carbone fédérale pour le secteur industriel,
(iv) le plafond d’émissions pétrolières et gazières,
(v) le quota fédéral de ventes de véhicules électriques,
(vi) l’interdiction fédérale touchant la fabrication de plastiques,
(vii) les contraintes réglementaires fédérales qui nuisent aux communications et aux efforts de promotion des sociétés énergétiques canadiennes;
b) récompenserait les provinces, les entreprises et les travailleurs qui investissent au Canada et qui œuvrent à sa prospérité en,
(i) créant un crédit d’impôt pour réinvestissement au Canada afin de stimuler l’activité industrielle nationale,
(ii) offrant des primes au libre-échange aux gouvernements provinciaux qui suppriment les obstacles commerciaux et ouvrent pleinement leur marché aux autres Canadiens;
c) protègerait l’innovation canadienne en obligeant la ministre de l’Industrie à présenter un plan visant à empêcher la vente des inventions, découvertes et innovations canadiennes à d’autres pays.
— Monsieur le Président, je suis Albertaine de première génération et fille d'une Terre‑Neuvienne. C'est un parcours très fréquent parmi les gens de ma province d'origine, Terre‑Neuve‑et‑Labrador, un endroit qui me tient vraiment à cœur et qui déborde de vitalité et de liberté comme les roses sauvages de l'Alberta. C'est un honneur de partager mon temps de parole avec une femme guerrière dynamique, aimable, honnête et heureuse, la nouvelle députée conservatrice de .
Il est tout à fait approprié que les deux premières députées à participer au débat d'aujourd'hui viennent de provinces situées à deux extrémités du pays. Nos deux provinces sont relativement nouvelles au sein de la Confédération, comparativement à la plupart des autres, et nous avons contribué à bâtir mutuellement nos deux régions d'une façon qui profite à l'ensemble du pays, et ce, grâce à deux atouts principaux: d'une part, la résilience, la ténacité et le sens de l'aventure de notre population, et d'autre part, nos ressources naturelles.
Aujourd'hui, le Canada est à un tournant qui se dessine et se rapproche depuis plus d'une décennie. Les Canadiens sont vulnérables, en difficulté, inquiets au sujet de leur avenir et plus divisés que jamais parce que, aujourd'hui, il n'y a que des conférences de presse et de grands discours. Il n'y a aucun résultat concret, malgré toutes les promesses que le a faites il y a plus de six mois au sujet de projets d'intérêt national qui allaient être réalisés à « une vitesse jamais vue depuis des générations ».
Qu'en est-il aujourd'hui? Plus de 60 grands projets concrètement proposés dans chaque domaine du secteur des ressources naturelles sont bloqués ad infinitum devant des organismes fédéraux de réglementation. Plus d'investissements fuient le Canada vers les États‑Unis que l'inverse, ce qui est une anomalie historique qui a commencé en 2015. Je me demande ce qui s'est alors passé.
Les choses ont empiré chaque année depuis. Aucun pipeline n'est actuellement en construction parce que le secteur privé refuse d'agir seul à cet égard. Les libéraux se sont carrément opposés à l'un d'eux, puis l'ont approuvé il y a 10 ans; il allait relier Lakeland au Pacifique et devait servir à exporter le pétrole vers l'Asie pour réduire la dépendance du Canada aux États‑Unis. La majorité des communautés autochtones l'appuyait, mais la cour a déclaré qu'il fallait reprendre les consultations, tout comme les libéraux allaient devoir le faire pour TMX. Ils ne l'ont pas fait et ont annulé le projet.
Dans mon premier discours devant la Chambre, en 2015, j'étais en faveur d'un pipeline ouest-est devant favoriser l'indépendance énergétique et la sécurité du Canada et transporter le pétrole de l'Ouest jusqu'aux raffineries de l'Est et nous permettre de l'exporter vers l'Europe. Je dois souligner que les libéraux ont brisé cette promesse également en changeant les règles du jeu et en tergiversant à n'en plus finir.
C'étaient là des occasions d'unifier le Canada et de le rendre autonome, abordable et souverain, mais après qu'une entreprise a consacré des années et 1 milliard de dollars à essayer de réaliser le projet, les libéraux ont refusé d'écouter son avertissement selon lequel l'incertitude réglementaire risquait de compromettre le projet, car c'était là leur jeu politique dans une province du milieu. Après cela, l'entreprise a même supprimé le mot « Canada » de son nom et est allée construire des pipelines aux États‑Unis.
Après d'interminables plafonnements, interdictions, taxes, mandats et règlements, des centaines de milliers de Canadiens ont perdu leur gagne-pain et leur legs, et beaucoup se sont suicidés quand de grands plans du secteur privé ont été annulés: de grands projets d'une valeur de 670 milliards de dollars dans le secteur des ressources naturelles et 16 grands projets énergétiques valant à eux seuls 176 milliards ont disparu, et le coût de l'énergie, essentielle au Canada, est monté en flèche par suite de mauvaises politiques et de taxes nuisant à la concurrence.
Le prétend être différent de celui qu'il a conseillé pendant plus d'une demi-décennie, mais les nombreux discours ne produisant aucun résultat concret restent les mêmes.
Tandis que les libéraux prenaient toutes ces mesures contre le Canada, les États-Unis — sous Obama, en passant, et les choses se sont ensuite accélérées — ont commencé à exporter du pétrole brut à l'extérieur de l'Amérique du Nord pour la première fois en quatre décennies et ils ont opposé leur veto au projet d'oléoduc canadien de Keystone XL. Des fonds américains et autres ont servi à financer des campagnes visant à mettre fin à des projets énergétiques canadiens. Notre principal partenaire commercial, la première économie mondiale et toujours le plus gros client du Canada, vient de déclarer qu'en raison des opposants libéraux aux pipelines de l'Atlantique et du Pacifique, il allait bientôt importer jusqu'à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien pour concurrencer directement ses importations de pétrole brut lourd canadien, mettant ainsi en péril des milliards de dollars canadiens et des milliers d'emplois.
Pendant ce temps, le entretient manifestement de bonnes relations avec le régime qu'il a qualifié de « plus grande menace pour la sécurité » du Canada, ce qui est aussi la position de l'actuel président des États-Unis. Pourtant, le premier ministre leur ouvre nos portes. Autant dire qu'il laisse entrer tous les loups dans la bergerie.
Les libéraux ont le culot de dépenser des millions de dollars de fonds publics dans des publicités qui présentent le Canada comme une superpuissance énergétique. Ils détestaient cela quand Stephen Harper le disait, mais ils veulent maintenant le soutien, l'aide, les éloges, la coopération et les compliments des conservateurs. J'estime que les libéraux devraient s'incliner, s'ils en sont capables les coudes levés, mais ils n'ont qu'à se regarder dans la glace pour savoir pourquoi les Canadiens se trouvent aujourd'hui partout à la merci de fiers-à-bras, au lieu d'être autonomes, souverains, unis et prospères, comme ce pays pourrait et devrait l'être aujourd'hui, avec toutes ses richesses, sa population et ses ressources naturelles, plutôt que de se contenter de survivre, comme c'est le cas actuellement.
Quelle que soit la pensée magique que l'on privilégie, voici la vérité: malgré la décennie de politiques et de taxes anti-ressources et anti-secteur privé des libéraux, en 2024, le pétrole et le gaz employaient encore un demi-million de Canadiens. Ce secteur reste le premier investisseur du secteur privé et le premier exportateur du Canada, mais la quasi-totalité de sa production est destinée aux États-Unis. Les ressources naturelles restent, de loin, le principal moteur pour réduire l'écart entre les riches et les pauvres, et le premier employeur d'Autochtones canadiens dans l'ensemble de l'économie, d'un océan à l'autre, mais les libéraux disent une chose et en font une autre, ce qui montre qu'ils sont toujours prêts à tout risquer et à tout briser pour leur idéologie.
Il est de notre devoir de nous opposer au gouvernement lorsque cela est nécessaire et de proposer des solutions pour créer des emplois dans le secteur privé, augmenter les salaires et réduire les coûts pour tous les Canadiens. C'est pourquoi, aujourd'hui, les conservateurs présentent une loi sur la souveraineté du Canada visant à légaliser et à dynamiser le développement et la construction de projets énergétiques canadiens partout au pays.
La loi nomme sept lois anti-développement qui torpillent des projets et tuent des emplois au Canada et qui doivent être abrogées et réformées.
Le projet de loi est la loi inconstitutionnelle et source de division qui empêche de construire et bloque de grands projets dans tout le Canada, ce que les libéraux reconnaissent en proposant une solution de contournement dans le projet de loi . À l'heure actuelle, les libéraux choisissent à huis clos des projets recommandés d'un point de vue politique et refusent de définir l'intérêt national ou de modifier les lois en vigueur pour quiconque d'autre.
Le moratoire sur les pétroliers, qui découle du projet de loi , bloque la voie aux entreprises canadiennes de la côte Ouest spécialisées dans le pétrole, tandis que le pétrole des dictateurs étrangers et les pétroliers américains continuent de transiter par toutes les autres côtes et tous les autres canaux.
La taxe fédérale sur le carbone pour les industries augmente le coût de tous les produits achetés par les Canadiens tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Les États‑Unis, le plus grand concurrent du Canada, n'ont pas instauré pareille taxe à l'échelon fédéral.
L'interdiction des véhicules à essence et au diésel entraînera une hausse des prix pouvant atteindre 20 000 $ pour les consommateurs, exposera les détaillants à des accusations au criminel et limitera la liberté de choix des Canadiens. Les États‑Unis ne s'imposent pas ce genre de mesure.
L'interdiction des plastiques nuit aux fabricants canadiens qui produisent de manière responsable et fait grimper le prix des aliments partout. Une telle interdiction n'existe pas aux États‑Unis.
Les dispositions libérales sur la censure du secteur énergétique empêchent les entreprises canadiennes de parler de leur bilan environnemental et de leurs innovations, à moins qu'elles ne s'alignent sur les arguments du gouvernement. Voilà qui ressemble un peu au régime dont le parle sans cesse, n'est-ce pas?
Les libéraux affirment également vouloir apporter des changements, mais ils n'ont toujours pas supprimé le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier, qui est unique au monde. Ils savent pertinemment que cette mesure entraînera la perte de 54 000 emplois au Canada d'ici 2032 et coûtera 21 milliards de dollars à l'économie canadienne. Qui peut se permettre un tel sacrifice?
Je ne demande pas qu'on me croie sur parole. En avril dernier, dans le cadre d'une initiative extrêmement inhabituelle au Canada, 38 PDG du secteur de l'énergie ont demandé au de simplifier la réglementation et de supprimer les dispositions découlant des projets de loi et ainsi que le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier afin de « Bâtir le Canada dès maintenant ». En effet, ils soulignent que ces dispositions législatives nuisent au développement et que les processus existants sont incertains, « complexes, imprévisibles, subjectifs et très longs », comme nous et tous les experts le répétons aux libéraux depuis 10 ans. En septembre, 96 PDG du secteur de l'énergie ont envoyé une lettre de suivi. Nous sommes maintenant presque en février.
J'ignore ce que le premier ministre entend par « vitesse générationnelle », mais les libéraux connaissent bien le vol générationnel. Des milliers de grands projets ont été réalisés plus rapidement que cela dans notre pays, et pourtant, rien n'est encore construit. À l'heure actuelle, les procédures d'autorisation d'urgence du département de l'Énergie des États-Unis permettent d'approuver des projets pétroliers, gaziers, miniers et uranifères sur les terres fédérales en seulement 28 jours. Étrangement, les départements de l'Énergie et de la Défense des États-Unis peuvent réaliser des projets plus rapidement que n'importe quel promoteur du secteur privé au Canada ne pourrait l'imaginer. Les libéraux veulent faire croire aux Canadiens qu'une bureaucratie de 246 millions de dollars, dédiée aux grands projets, résoudra le problème qu'ils ont créé, mais celle-ci est encore en cours de mise en place et le processus reste incertain, complexe et opaque.
Les conservateurs donneront de la certitude au Canada, comme nous l'avons toujours dit. Nous rétablirons les assises en évitant de nous disperser dans des solutions de contournement. Nous créerons une réduction d'impôt pour réinvestissement axée sur le Canada, qui permettra d'éliminer l'impôt sur les gains en capital pour les réinvestissements dans les entreprises et les projets canadiens. Nous créerons une prime au libre-échange qui récompensera les provinces qui suppriment les barrières commerciales interprovinciales. Nous exigerons de la ministre de l'Industrie qu'elle dépose un plan complet visant à empêcher la vente des inventions, des technologies, de la propriété intellectuelle et des actifs stratégiques du Canada à des entreprises étrangères détenues ou influencées par d'autres pays. Enfin, nous protégerons la propriété et le contrôle canadiens des technologies essentielles afin d'assurer la souveraineté économique du Canada.
Après toutes ces promesses, près d'un an après le début du mandat du et 11 ans après l'arrivée au pouvoir du gouvernement libéral, les Canadiens n'ont pas besoin d'autres grands discours ou séances photo, mais de résultats. Les conservateurs souhaitent que le secteur privé réalise de grands projets au Canada, de manière efficace, sûre et abordable, en respectant les normes les plus strictes et en utilisant des matériaux canadiens, dans l'intérêt public des Canadiens. Si les libéraux aspirent réellement à faire du Canada une superpuissance énergétique, ils doivent le montrer maintenant. Les enjeux pour notre pays sont beaucoup trop importants pour tergiverser, débattre des projets et les retarder davantage.
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Madame la Présidente, permettez-moi d'abord de souhaiter un bon retour à la Chambre à ma collègue et amie, qui a des liens profonds avec Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
C'est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui pour intervenir sur cette motion de l'opposition. Avant toute chose, je souhaite à mes concitoyens de Long Range Mountains, comme à tous les Canadiens, une nouvelle année placée sous le signe de la santé, du bonheur et de la prospérité.
À l'heure où se profilent les défis à venir, le débat sur une loi canadienne sur la souveraineté repose sur une question à la fois simple et pressante: le Canada choisira-t-il de redevenir un pays qui construit, produit et investit chez lui, ou poursuivra-t-il une trajectoire où les ressources restent inexploitées, les capitaux quittent le pays et trop de collectivités, surtout rurales, sont laissées pour compte?
Cette motion vise à restaurer la souveraineté économique du Canada en faisant en sorte qu'il soit plus facile de bâtir, d'investir et d'innover ici, tout en tenant compte du fossé grandissant entre les réalités urbaines et rurales. Elle propose de dire les choses clairement aux Canadiens en demandant au gouvernement d'éliminer les lois et taxes fédérales qui freinent le développement des ressources et la croissance industrielle, notamment l'obligation relative aux véhicules électriques, qui nuit de façon disproportionnée aux Canadiens des régions rurales, de libérer le potentiel de nos ressources naturelles pour reconstruire les collectivités qui en dépendent, de récompenser les entreprises qui réinvestissent au Canada par un crédit d’impôt pour réinvestissement au Canada, et de protéger l'innovation canadienne afin que les emplois, les ressources et les idées demeurent entre des mains canadiennes.
Nous proposons des solutions qui rétablissent la confiance des investisseurs et relancent la construction au pays, et c'est dans cet esprit que la motion porte aussi sur l'abordabilité. Les conservateurs savent que l'abordabilité commence par les possibilités. Lorsque nous construisons davantage chez nous, nous créons des emplois, augmentons les revenus et renforçons les bases économiques qui rendent la vie plus abordable pour les Canadiens.
Cette motion est aussi une invitation à collaborer pour produire des résultats tangibles face aux défis bien réels que vivent les Canadiens. Les Canadiens font leur part: ils travaillent fort, gèrent des entreprises, élèvent leurs familles et tentent de planifier l'avenir. Ce qui les freine, c'est un système qui multiplie les coûts, la complexité et l'incertitude, plutôt que de s'appuyer sur le gros bon sens.
Le Canada figure parmi les pays les plus riches du monde: riche en ressources naturelles, en talents et en possibilités. Pourtant, les Canadiens éprouvent de grandes difficultés. Les familles doivent faire des choix toujours plus déchirants. Les entreprises repoussent leurs décisions et leurs investissements. Les collectivités s'interrogent sur ce qui les attend. C'est ce que j'entends sans cesse dans ma circonscription, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Malgré une richesse exceptionnelle en ressources naturelles, le Canada continue d'obtenir certains des résultats économiques les plus faibles.
Les Canadiens se demandent à bon droit pourquoi un pays aussi bien nanti continue à se nuire à lui-même. Cette préoccupation est précisément pourquoi le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier importe tant. En ce qui concerne l'industrie extracôtière de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, qui est une des plus propres et des plus rigoureusement réglementées du monde, l'incertitude et les plafonnements fédéraux chassent les investissements, retardent les projets et menacent des emplois bien payés.
Je vais approfondir un peu plus cette question, parce que je sais que le gouvernement se retranchera derrière le budget, qui annonçait un virage dans la façon dont il aborde les politiques sur les émissions du secteur pétrolier et gazier. Cependant, le gouvernement n'a pas aboli définitivement le plafond ni fourni une orientation claire à cet égard. Il a parlé d'autres mesures et expliqué que, si ces mesures étaient appliquées, le plafond ne serait plus nécessaire. Cela crée une incertitude quant à savoir si et comment un plafonnement pourrait être imposé dans l'avenir.
Cette absence de certitude importe pour les investisseurs et l'industrie, parce que, sans un engagement législatif clair sur la question de savoir si oui ou non le plafonnement des émissions existera ou sera obligatoire, les entreprises ne peuvent pas planifier en toute confiance le développement à long terme. Les investisseurs ont besoin d'une politique prévisible et stable, et non de vagues conditions fondées sur de futures technologies. Voilà précisément pourquoi une loi sur la souveraineté canadienne importe. L'élimination explicite du plafonnement des émissions engendrerait la clarté et la certitude dont les investisseurs étrangers et canadiens ont besoin pour investir dans le secteur canadien des ressources et maintenir des emplois dans tout le pays.
C'est capital pour Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Par conséquent, je tiens à réitérer que le gouvernement présente cette politique comme étant un plafonnement des émissions. Les conservateurs ont été clairs en soutenant qu'en pratique, c'est là un plafonnement des emplois, des revenus et des possibilités de croissance.
Les dirigeants de l'industrie ont décrit ce plafond comme une limitation non seulement de la production, mais aussi de l'investissement. Parmi ces dirigeants, il y a Jim Keating, chef de la direction de l'Oil and Gas Corporation of Newfoundland and Labrador, qui était chargé de superviser et de promouvoir la mise en valeur de nos ressources pétrolières et gazières extracôtières. Il a affirmé que cette approche nuit à la capacité du Canada d'attirer et de garder des investissements durables. En matière d'investissement, les décisions sont prises des années d'avance. Les entreprises ont besoin de certitude et de clarté et de savoir avec assurance que, si elles investissent au Canada, les règles ne changeront pas à mi-chemin au cours de la réalisation du projet.
La demande mondiale de pétrole et de gaz n'a pas disparu. Quand le Canada réduit sa production, d'autres pays prennent le relais. Diminuer la production canadienne ne fait pas baisser la demande mondiale; cela ne fait que déplacer la production vers d'autres territoires. Or, le Canada produit de l'énergie selon certaines des normes environnementales et du travail les plus élevées au monde. Lorsque la production quitte le Canada pour s'installer dans des pays aux normes moins strictes, les émissions mondiales augmentent. Cela ne protège en rien l'environnement; cela se traduit plutôt par des pertes d'emplois et d'investissements pour les Canadiens.
À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, le pétrole et le gaz extracôtiers ne constituent pas qu'un débat de politiques publiques; c'est une réalité économique concrète. C'est ce qui permet aux familles de vivre, aux jeunes de se projeter dans l'avenir chez eux, et au gouvernement de financer les soins de santé, l'éducation et les infrastructures. Voilà pourquoi les conservateurs ont été clairs sur les conséquences de cette politique: il s'agit d'un plafond qui élimine des emplois, pénalise les travailleurs et n'apporte aucun gain environnemental.
Le plafond des émissions engendre aussi une incertitude généralisée dans l'économie. Les projets énergétiques soutiennent des chaînes d'approvisionnement entières, des industries de services et des entreprises locales. Lorsque l'investissement ralentit, les effets se font sentir bien au-delà du secteur énergétique lui-même.
L'investissement est crucial pour notre économie et pour l'avenir du pays à l'heure actuelle. C'est pourquoi la motion propose aussi un crédit d'impôt pour réinvestissement au Canada. Cette mesure concrète permettrait aux Canadiens de réinjecter des capitaux dans des entreprises et des projets canadiens afin de conserver ici les investissements, les emplois et la croissance plutôt que de les voir partir à l'étranger. Si les petites entreprises, les fournisseurs de logements, les innovateurs et les investisseurs réinvestissaient leurs capitaux au Canada, cela libérerait le potentiel de l'investissement intérieur, améliorerait la productivité et empêcherait la fuite des capitaux. Même des fiscalistes indépendants ont qualifié cette idée de possible élément transformateur, puisqu'elle récompense le réinvestissement dans les entreprises canadiennes au lieu de punir la réussite.
Il est question de garder les capitaux au pays, de les faire travailler ici et de renforcer notre économie à partir de la base. Lorsque les entreprises réinvestissent au Canada, les travailleurs en tirent profit, les collectivités prennent de l'essor et les recettes publiques augmentent sans hausse d'impôts pour les familles, ce qui améliore l'abordabilité pour les Canadiens.
Cela revêt une importance particulière à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, où l'économie est portée par les petites et moyennes entreprises. Les entreprises familiales, les pêcheurs, les firmes de construction, les exploitants touristiques et les entreprises de services liées à l'énergie forment la colonne vertébrale de nos collectivités. Ces entreprises ne réclament pas des aides gouvernementales; elles demandent simplement une occasion de réinvestir, de se développer et de léguer quelque chose à la prochaine génération. Un crédit d'impôt pour réinvestissement soutiendrait autant les entrepreneurs des régions rurales que ceux des grands centres et permettrait de garder les capitaux chez nous.
Cette motion concerne également l'obligation relative aux véhicules électriques, car imposer une cible unique à tous les Canadiens, surtout dans un pays aussi vaste et diversifié sur le plan géographique et démographique, engendre des coûts supplémentaires au lieu d'apporter des solutions pratiques et abordables. Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas d'un argument contre les véhicules électriques, mais contre l'obligation à leur égard. Les conservateurs estiment que le gouvernement ne devrait pas dicter aux Canadiens le type de véhicule qu'ils sont autorisés à acheter ou à conduire.
Le choix des consommateurs stimule les marchés. Lorsque les Canadiens choisissent un produit parce qu'il leur convient, la demande augmente, la technologie s'améliore, les prix baissent et les infrastructures suivent. Une obligation relative aux véhicules impose la conformité avant que les systèmes ne soient prêts et fait peser les coûts sur les familles et les petites entreprises.
Il y a plus inquiétant encore: une analyse publiée dans le Canadian Journal of Economics révèle que l'obligation relative aux véhicules électriques risque de dépasser la parité des coûts et la demande des consommateurs, ce qui pourrait entraîner un effondrement du secteur automobile canadien et la perte de plus de 100 000 emplois. Face à cette réalité, la suspension indéfinie par le gouvernement de l'obligation relative aux véhicules électriques, sans échéanciers ni réponses clairs, est tout simplement inacceptable. Les gens veulent de l'ouverture et de la transparence; c'est pourquoi les conservateurs sont clairs et francs quant à leur position. Tous ces éléments, la taxe sur le carbone, le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre et l'obligation relative aux véhicules se conjuguent et font grimper les coûts à un moment où les Canadiens sont déjà sous pression. Le bon sens nous dit que cette approche n'est pas viable. Encourager les entreprises à réinvestir ici renforcerait notre économie, consoliderait notre souveraineté et maintiendrait la compétitivité du Canada.
Les Canadiens en ont assez des promesses, des discours pompeux et des annonces qui n'améliorent pas vraiment leur vie. Ils souhaitent du bon sens. C'est ce que la loi sur la souveraineté canadienne vise à rétablir.
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Madame la Présidente, c'est un plaisir de prendre la parole lors d'un jour consacré à l'opposition conservatrice, qui me rappelle en quelque sorte les dernières élections. Si on prend le temps de lire la motion présentée par les conservateurs, on ne peut s'empêcher de penser aux dernières élections fédérales. Je rappellerai à mes collègues d'en face que les mesures dont parlent les conservateurs sont celles qu'ils ont intégrées dans leur dernier programme électoral.
J'aimerais souligner certains contrastes qui démontrent clairement pourquoi l'ensemble des Canadiens ont rejeté le Parti conservateur et ont choisi d'élire un nouveau et 70 nouveaux députés libéraux. Il s'agit, à toutes fins utiles, d'un nouveau gouvernement avec un premier ministre qui a pour seul objectif de renforcer le Canada, ce que nous pouvons constater dans les nombreuses mesures prises depuis les dernières élections fédérales.
Nous avions un programme électoral complet que les Canadiens ont compris et approuvé en votant pour nous. Je tiens à préciser très clairement que, comme nous le savons tous, il s'agit d'un gouvernement minoritaire. C'est un gouvernement minoritaire très serré, mais, en fin de compte, cela montre la nécessité pour le gouvernement de travailler avec les partis d'opposition. Cela démontre également que les partis d'opposition doivent également travailler avec le gouvernement, mais le contraste entre les libéraux et les conservateurs est vraiment frappant.
La députée qui a pris la parole avant moi a parlé d'abordabilité. Revenons aux dernières élections, lorsque les conservateurs ont axé leur programme sur l'abordabilité et que nous avons présenté notre programme sur le même thème. Notre nouveau a supprimé la taxe sur le carbone afin d'augmenter le revenu disponible des Canadiens. C'est pour des raisons d'abordabilité que le premier ministre et le gouvernement ont réduit l'impôt sur le revenu des particuliers, une mesure qui a profité à 22 millions de contribuables.
En ce qui concerne l'abordabilité, nous devrons attendre de voir ce que les conservateurs feront par suite de l'annonce d'hier au sujet de l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, un programme qui serait accessible à tous les Canadiens. Plus de 10 millions de Canadiens en bénéficieraient. Pour bon nombre d'entre eux, cela représenterait des centaines de dollars, voire plus de 1 000 $.
Je peux affirmer que les habitants de Winnipeg‑Nord en tireraient profit sur le plan de l'abordabilité. Nous sommes conscients des difficultés auxquelles de nombreux Canadiens font face. C'est pourquoi, contrairement aux gouvernements de nombreux autres pays, le et le gouvernement ont présenté cette initiative que le premier ministre a annoncée hier.
J'aimerais croire que les conservateurs appuieraient cette initiative. C'est difficile à dire, car nous n'avons toujours pas adopté le projet de loi d'exécution du budget de l'année dernière, les conservateurs ayant choisi d'exercer une obstruction systématique pour retarder l'adoption du projet de loi budgétaire qui devait être mis en œuvre dès l'année dernière.
C'est intéressant. Les conservateurs ont pris les éléments de leur programme électoral, les ont regroupés dans une liasse et l'ont appelé « une loi sur la souveraineté du Canada ». Ils prendraient leur programme électoral et en feraient une loi.
Je répondrais à cela en me référant à notre programme pour les dernières élections, qui consistait à bâtir un Canada fort. Voilà ce que nous avons dit que nous ferions, et c'est exactement ce que nous faisons.
Je pense à ce qui s'est passé presque immédiatement après les dernières élections. Le a fait preuve d'initiative, et il a travaillé énergiquement avec toutes les provinces, les territoires et d'autres acteurs pour faire tomber les barrières interprovinciales.
Une voix: Comment cela se passe-t-il?
L'hon. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, le député d'en face demande: « Comment cela se passe-t-il? ». Le continue de rencontrer les représentants des provinces et de dialoguer avec eux. Ça a des retombées positives sur les Canadiens et sur notre économie. Pour bâtir un Canada fort, il faut essayer d'éliminer les barrières commerciales à l'échelle nationale. Le député d'en face, qui représente , a parlé de Crown Royal. Il y a eu une certaine discussion. Le Crown Royal est produit dans la province du Manitoba. Nous ne voulons pas que l'Ontario boycotte Crown Royal. Cela représente de bons emplois au Manitoba, et c'est un produit canadien.
Il existe toutes sortes d'irritants entre les provinces, et le continue de travailler avec elles pour tenter d'éliminer ces irritants et de faciliter la mobilité entre elles, que ce soit pour la main-d'œuvre ou pour d'autres raisons. Cependant, ce que je veux vraiment souligner, c'est que, lorsque nous parlons de bâtir un Canada fort, les Canadiens savent que la relation avec les États‑Unis est difficile ces temps-ci, et nous espérons être en mesure de la résoudre de manière positive et de maintenir un accord commercial avec eux. Nous comprenons l'importance de cette relation, contrairement aux conservateurs.
Lorsque nous avons négocié la première série d'accords commerciaux avec les États‑Unis et Donald Trump, je me souviens que le Parti conservateur a capitulé et dit de signer n'importe quel accord. Ce n'est pas ce que le et le gouvernement vont faire. Nous allons tenir bon et obtenir le meilleur accord possible pour les Canadiens, et si ça prend plus de temps et met les conservateurs mal à l'aise, tant pis. Nous allons nous efforcer d'obtenir le meilleur accord possible pour les Canadiens. En attendant, nous regardons au-delà de la frontière canado-américaine.
Le et de nombreux ministres se déplacent à l'étranger afin de trouver des débouchés permettant aux petites et moyennes entreprises d'exporter leurs produits, en plus d'attirer des milliards de dollars d'investissements au Canada. S'il en est ainsi, c'est parce que le premier ministre et les ministres cherchent activement des marchés en dehors des États‑Unis, et nous en voyons déjà des résultats tangibles.
Quand on regarde la dernière campagne électorale et les enjeux auxquels s'attaquait notre plateforme, le plus important consistait à rassurer les Canadiens sur la question du commerce, du président Trump et des mesures prises par les États‑Unis. Nous avons évoqué la nécessité d'unir le Canada. Si le gouvernement enregistre de très bons résultats, c'est parce qu'il a opté pour une approche « Équipe Canada ». Les premiers ministres, les maires et les parties intéressées en reconnaissent l'intérêt, et le gouvernement cherche activement à accroître les exportations ailleurs qu'aux États‑Unis.
Nous sommes saisis d'un projet de loi qui permettrait d'accroître les échanges commerciaux. Nous pouvons nous tourner vers l'Indonésie. Les mesures législatives sont là. Nous avons devant nous un projet de loi qui concerne l'Irlande du Nord et l'Angleterre. Le s'est rendu à l'étranger avec une délégation de ministres, dont le premier ministre de la Saskatchewan, afin de régler certains différends entre la Chine et le Canada. C'est ce que nous sommes parvenus à faire, du moins en grande partie. Qu'il s'agisse des producteurs de canola des Prairies ou des produits de la mer du Canada atlantique, la résolution de ces différends ouvrira des débouchés, créera des emplois et générera des investissements.
Je suis très fier de ce qui se passe entre le Canada et les Philippines. Je souhaite voir un accord commercial entre ces deux grands pays. Le potentiel est là. Il est réel et, en fait, le a rencontré le président Marcos pour lui dire que nous devrions travailler à conclure un accord de libre-échange en 2026. Cependant, il ne s'agit pas seulement des Philippines, mais aussi de l'Inde. Là encore, nous avons deux dirigeants mondiaux qui se sont engagés à discuter de l'importance des échanges commerciaux et, dans ce contexte, de la possibilité pour le Canada de conclure un accord commercial avec l'Inde.
Le gouvernement entend faire son possible, défendre les valeurs canadiennes et faire en sorte d'élargir nos marchés de façon très concrète, d'une manière qui profite aux Canadiens. Le commerce est important.
Comme je l'ai mentionné hier, la population canadienne représente environ 0,5 % de la population mondiale. Nous pouvons comparer cela au volume de nos échanges commerciaux, qui représentent 2,5 % du commerce mondial parce que nous avons un gouvernement qui cherche à ouvrir de nouveaux marchés et à accroître les investissements. Regardons ce qui s'est passé quand le est revenu du Moyen‑Orient avec des milliards de dollars d'investissements pour le Canada. Les investissements de ce genre sont importants parce qu'ils vont améliorer la situation dans tout le Canada.
Les conservateurs commencent à critiquer le parce qu'il se rend souvent à l'étranger. Le premier ministre est à lui seul l'ambassadeur le plus prolifique du Canada. Il ouvrira des portes et nous permettra d'entrer dans ces marchés. Nous ne devons pas décourager cette approche. Nous devrions en reconnaître la véritable valeur et l'encourager si nous continuons d'obtenir ce genre de résultats. C'était là un volet important de notre plateforme.
Quand nous parlons d'autres aspects de la plateforme, bâtir un Canada fort ne se limite pas aux échanges commerciaux, au commerce international et à l'abolition des barrières provinciales. Nous devons aussi bâtir l'infrastructure du Canada d'une façon bien concrète.
En juin dernier, nous avons adopté le projet de loi . Je précise que le n'avait pas été élu à ce moment-là, mais que nous avons pu obtenir l'appui du Parti conservateur pour adopter cette mesure législative. Heureusement que nous avons pu le faire en juin, car ça a permis au gouvernement d'aller de l'avant et de militer en faveur de ces grands projets.
Je souligne aussi que le Bureau des grands projets est situé dans les Prairies, ce qui, en soi, constitue un incitatif supplémentaire. La présence de ce bureau local en dit long. Contrairement aux propos de la députée d'en face qui s'est levée pour déposer la motion et critiquer le gouvernement au chapitre de l'énergie, le et le gouvernement conviennent que le Canada sera une superpuissance dans le domaine de l'énergie propre et de toutes les formes d'énergie. Nous pouvons en faire plus que ce que Stephen Harper a fait, comme nous l'avons démontré.
Lorsque j'ai demandé à la députée combien de pouces de pipeline les conservateurs avaient fait construire jusqu'à la côte en Colombie‑Britannique, elle a évité de répondre. Elle a plutôt dit qu'ils avaient fait construire des pipelines vers les États‑Unis. Elle a parlé de quatre, si ma mémoire est bonne. Le peut donc se targuer de ces quatre pipelines vers les États‑Unis. Toutefois, le marché est en Asie. Voilà un projet que nous avons réussi à concrétiser.
Les députés devraient se pencher sur ces grands projets, qu'il s'agisse du projet de GNL en Colombie‑Britannique, mené en collaboration avec un gouvernement néo-démocrate, ou du projet de Darlington, en Ontario, dans le secteur de l'énergie nucléaire et tout le potentiel qu'il comporte, en partenariat avec un gouvernement progressiste-conservateur. À Montréal, nous procédons à l'agrandissement du port, un projet qui créera des dizaines de milliers d'emplois tout en soutenant les emplois et les infrastructures en place. Les retombées pour la collectivité montréalaise et pour l'ensemble de la région sont majeures. C'est exactement le genre de projets structurants que ce gouvernement a réalisés en collaboration avec d'autres partenaires, y compris les provinces.
Je sais que le Manitoba souhaite voir les travaux au port de Churchill enfin prendre leur essor. Pour la première fois, nous avons un premier ministre provincial et, je crois bien, un du Canada qui veulent véritablement que ce projet se réalise, s'il est réalisable. Je crois qu'il est tout à fait possible de développer ce port et qu'il pourrait profiter à l'ensemble du pays.
Les grands projets comprennent aussi ceux qui sont en cours, notamment en Colombie‑Britannique, dans les secteurs du cuivre et de l'or, ainsi que dans le secteur du cuivre en Saskatchewan. L'ensemble de ces projets faisait partie de la plateforme que nous avons proposée aux Canadiens.
Ce que les conservateurs proposent aujourd'hui, c'est essentiellement un programme conservateur visant à remplacer le programme libéral. Or, il me semble que les Canadiens ont déjà fait leur choix. Ce à quoi nous devrions nous consacrer, c'est répondre aux attentes des Canadiens pour la législature en cours. Cela signifie, par exemple, soutenir l'initiative annoncée hier par le : une allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels qui entrerait en vigueur le 1er juillet et mettrait directement de l'argent dans les poches des Canadiens. Les députés devraient appuyer cette initiative, faire preuve de clarté et de concision et cesser de tergiverser. C'est la même chose lorsque nous avons pris l'engagement de rendre permanent le Programme national d'alimentation scolaire. Un conservateur a qualifié le programme de foutaise. D'autres l'ont ridiculisé. Pourtant, il permet de nourrir des centaines de milliers d'enfants.
Nous avons devant nous un programme qui comprend sans doute les plus importantes mesures législatives en matière de criminalité depuis des générations. Ces mesures pourraient avoir un impact réel. Malheureusement, les conservateurs les bloquent par des manœuvres d'obstruction. Je peux assurer à la Chambre que, même dans les circonscriptions conservatrices, des Canadiens souhaitent voir leur député appuyer bon nombre des initiatives que nous proposons.
Je crois qu'il est temps que les conservateurs fassent passer l'intérêt du Canada avant celui du Parti conservateur du Canada.
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Madame la Présidente, je désire d'abord informer la Chambre que je vais partager mon temps de parole avec mon collègue et ami le député de .
Si ce n'était du calendrier qui se trouve sur la table des greffiers, je croirais que nous sommes aujourd'hui le 2 février, le jour de la marmotte. Pourquoi? C'est parce que c'est une journée de l'opposition des conservateurs où on propose de couper dans les mesures environnementales et de soutenir davantage l'industrie pétrolière, encore et encore et encore. Aujourd'hui, le Parti conservateur nous demande d'abolir toute mesure pour protéger l'environnement et de dérouler davantage le tapis rouge pour l'industrie des hydrocarbures. Or, la nouveauté ici est de nous présenter ces demandes traditionnelles sous couvert de souveraineté.
Je tiens à rappeler que les membres de l'Alliance nouvelles voies, qui représentent 80 % de la production des sables bitumineux, sont largement détenus par des intérêts étrangers. La propriété de Canadian Natural Resources, Cenovus Energy, Imperial Oil et Suncor Energy est à 73 % étrangère, dont 60 % américaine. Pourtant, on nous parle de souveraineté canadienne. ConocoPhillips Canada, filiale canadienne de la pétrolière américaine, et MEG Energy, qui a été rachetée par Cenovus Energy, sont à 85 % de propriété étrangère. Ces entreprises ont engrangé des profits records de 131,6 milliards de dollars de 2021 à 2024. Elles ont versé 79,7 milliards de dollars en dividendes, dont près des trois quarts ont été versés à des actionnaires étrangers, notamment 62 % aux actionnaires américains. Voilà ce qu'est une belle souveraineté canadienne.
Travailler à verser toujours plus de dividendes à des intérêts étrangers semble être la version libérale et conservatrice de la défense de la souveraineté économique du Canada. Ce leitmotiv de la politique fédérale ressemble à un concours de meneuses de claque, où chaque parti cherche à être la préférée de ce puissant lobby.
Aujourd'hui, le Parti conservateur propose d'abolir la partie industrielle de la taxe sur le carbone. Or, le gouvernement libéral a déjà aboli la partie qui visait les particuliers. On se rappelle que, jusqu'en mars dernier, le gouvernement fédéral appliquait une taxe sur le carbone sur les combustibles fossiles dans huit provinces qui ne disposaient pas de leur propre système de tarification du carbone. Le Québec et la Colombie‑Britannique étaient exemptés grâce à leur système provincial respectif: le marché du carbone au Québec et une taxe provinciale sur le carbone en Colombie‑Britannique.
On se rappelle qu'au fédéral, 90 % des revenus collectés par la mesure dans les provinces où sa taxe s'appliquait étaient redistribués directement aux résidants sous forme de remises trimestrielles. Les 10 % restants finançaient des programmes de transition énergétique. Une majorité des ménages, soit 8 sur 10, recevaient des remises supérieures aux montants payés en taxe sur le carbone grâce à la redistribution ciblée sur les individus plutôt que les entreprises. Tout cela a cependant été aboli. Dès son entrée en poste, le nouveau a signé un décret fixant le montant de la taxe sur le carbone à la consommation à 0 $ la tonne. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er avril dernier. Cela a été fait avant l'abolition de la taxe par voie législative.
On se rappelle aussi qu'Ottawa a décidé de maintenir la remise associée pour un dernier versement le 22 avril dernier, ce qui a joué en sa faveur sur le plan électoral. Tout cela a coûté 3,7 milliards de dollars au gouvernement fédéral. Or, la remise a toujours été versée à l'avance pour anticiper les dépenses des ménages plutôt que pour les rembourser, c'est-à-dire que le dernier envoi des chèques devait couvrir la période d'avril à juin derniers, période durant laquelle la taxe sur le carbone pour les particuliers ne s'appliquait plus.
Les Québécois n'ont évidemment jamais reçu ces chèques parce que le Québec a son propre marché du carbone depuis 2013. Cela n'a pas empêché les contribuables québécois d'avoir financé ces chèques fédéraux par leurs impôts pendant les élections. Les gens au Québec se sont retrouvés à financer l'irresponsabilité environnementale du Canada. Le Québec s'est retrouvé pénalisé par Ottawa, par ce gouvernement, pour ses efforts en matière de lutte contre les changements climatiques.
On se rappelle que les députés de l'Assemblée nationale du Québec ont été unanimes pour dénoncer cette injustice, soit ceux de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral du Québec, de Québec solidaire et du Parti québécois. Évidemment, le Bloc québécois appuie le Québec et exige qu'Ottawa verse sans condition au Québec une indemnisation équivalente à la part des 814 millions de dollars payés par Québec pour le faux chèque de remise de taxe sur le carbone du 22 avril auquel les Québécois n'ont pas eu droit, d'une valeur totale de 3,7 milliards de dollars.
Malheureusement, au printemps dernier, la Chambre a entériné ce vol, et je suis profondément triste de voir que les députés du Québec, libéraux et conservateurs, ont voté contre les intérêts des citoyennes et des citoyens qu'ils sont censés représenter. On voit ici que la ligne de parti et la vision pancanadienne passent avant les intérêts du monde que les gens sont censés représenter, du moins pour les deux grands partis.
Alors que l'administration américaine sème l'incertitude en multipliant les droits de douane à l'encontre de nos industries, il importe d'intensifier nos liens commerciaux avec des partenaires fiables procurant un environnement prévisible.
À ce sujet, le Québec, qui représente le tiers du commerce Canada-Europe, accueille près de 40 % des investissements européens au Canada. Il jouit donc d'un avantage. Le Québec est en quelque sorte le pont entre l'Amérique et l'Europe. Le Bloc québécois espère que le Québec pourra doubler ses échanges commerciaux avec l'Europe, y compris avec le Royaume‑Uni, d'ici cinq ans, les faisant passer de 42 à 84 milliards de dollars.
Cela me mène à parler du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. En 2023, l'Union européenne a adopté une mesure législative, soit le Règlement (UE) 2023/956, qui a crée le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, ou MACF, de l'Union européenne. À compter du 1er janvier 2026, dans le but d'éviter les fuites de carbone et la concurrence déloyale de la part de concurrents où c'est gratuit de polluer, l'Europe a commencé à imposer un ajustement fiscal à l'importation de certains produits provenant de pays où la tarification industrielle du carbone est nulle ou faible. Le Royaume‑Uni a adopté une mesure législative semblable en 2024, laquelle s'appliquera à partir du 1er janvier 2027, soit l'année prochaine.
Depuis le début de l'année, lorsqu'un produit entre en Europe, l'Union européenne impose une taxe à l'importation équivalent à ce qu'aurait représenté le coût de la tarification du carbone s'il avait été fabriqué en Europe. Dans un premier temps, la tarification ne frappe que certaines catégories de produits: aluminium, fer, acier, ciment, engrais, hydrogène, électricité. Graduellement, elle sera étendue à d'autres biens. Si l'ajustement carbone est une nouveauté, les ajustements fiscaux aux frontières sont courants et conformes aux règles commerciales. Par exemple, la taxe d'accise sur le tabac ou l'alcool, imposée à la sortie de l'usine lorsque le produit est fabriqué ici, est imposée aux frontières lorsque le produit est importé.
Un grand nombre de pays ont mis en place des mesures visant à mettre un prix sur la pollution. En 2023, la Banque mondiale a recensé 73 mécanismes de tarification du carbone dans 53 pays. C'est 5 de plus qu'en 2022, 12 de plus qu'en 2021 et 69 de plus qu'il y a 20 ans. Aucun pays au monde n'a aboli sa tarification du carbone, à part le Canada, qui a été le premier à choisir cette voie.
Comme rappelé précédemment, la tarification fédérale du carbone ne s'applique pas au Québec, qui a son propre système de plafonnement et d'échange. Toutefois, le Québec n'agit pas seul. Par l'entremise de la Western Climate Initiative, on échange des crédits carbone avec les entreprises de la Californie et de l'État de Washington, deux États dont la somme du PIB atteint 4 800 milliards de dollars, soit 2,5 fois le PIB du Canada hors Québec, qui représente 1 900 milliards de dollars. Aux États‑Unis, il n'y a jamais eu de tarification du carbone au niveau fédéral. Ce sont les États qui agissent. En cela, l'élection du président américain actuel n'a pas changé la donne.
Aujourd'hui, le Canada se retrouve à contre-courant du monde, ce qui met le Québec à risque. Dans un monde où la pollution a un coût, le Québec jouit d'un avantage comparatif évident grâce à son abondante production d'énergie à zéro émission. Comme je l'ai rappelé, le gouvernement a aboli le printemps dernier la tarification du carbone pour les particuliers. Aujourd'hui, le Parti conservateur propose de l'abolir complètement, y compris pour les industries polluantes.
Si le Canada choisit de retourner dans le XXe siècle et abolit ou diminue la tarification du carbone pour ses industries, cela minera les efforts québécois pour diversifier ses exportations et intensifier son commerce avec l'Europe. Puisque les entreprises québécoises vont faire partie d'un pays où la tarification du carbone sera nulle ou faible, leurs exportations risquent de faire face à une taxe. On peut penser à nos alumineries, qui sont taxées à 50 % aux États‑Unis et qui se tournent vers l'Europe. Ce qui est discuté ici les met en danger.
On sait que le Royaume‑Uni et l'ensemble de l'Union européenne ont un régime d'exemption. Si l'exportateur provient d'un pays qui a déjà sa tarification du carbone, il n'y aura pas ces droits de douane. Sinon, ce sera au cas par cas. Cela vient donc nuire à l'avantage comparatif du Québec. C'est pourquoi le Bloc québécois s'oppose à toute mesure fédérale qui a pour effet de contrecarrer les efforts du Québec de diversifier ses marchés d'exportation pour contrer les effets négatifs de l'administration Trump. C'est pourquoi nous nous opposons à toute diminution de la tarification des émissions industrielles au Canada hors Québec qui vient nuire à notre avantage comparatif.
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Madame la Présidente, c'est un plaisir d'être de retour à la Chambre. Malheureusement, on est de retour pour, comme l'a dit mon collègue, le jour de la marmotte. On voit très clairement que la véritable intention de cette journée de l'opposition, c'est de garnir les coffres déjà abondants des pétrolières et des gazières canadiennes. Sont-elles canadiennes? On y reviendra.
Le sujet, ça fait des lustres qu'on en parle, est essentiellement la destruction entière du faible héritage qu'il reste des mesures déjà insuffisantes de lutte contre les changements climatiques mises en place par le gouvernement précédent, afin de réaliser la liste de souhaits des pétrolières et des gazières. En vérité, après un an de sabotage par le libéral de ce très frêle héritage environnemental de son propre parti politique, il ne reste presque plus de politiques climatiques en place. Ce qu'on voit essentiellement, c'est une volonté de réaliser tous les autres souhaits non exaucés des pétrolières et des gazières.
On s'en souvient, cela a commencé un peu à la manière du président Trump. Le premier ministre est arrivé en place avec son premier décret qui visait à abolir la tarification du carbone pour les individus, ce qui va complètement à l'encontre du respect de l'Accord de Paris. Comme M. Trump, on tourne le dos à l'Accord de Paris. Ça, c'était le début d'une série de débandades, d'une série de dérives et d'abandons de politiques climatiques au pays par le gouvernement fédéral.
Les conservateurs ont même été déçus de voir lors des dernières élections que le premier ministre libéral a proposé leur plan de match qui consiste à imposer moins de tarification du carbone pour les pollueurs, incluant bien sûr les grands pollueurs, soit les grandes pétrolières et les grandes gazières canadiennes.
L'ironie, quand on parle des pétrolières et des gazières canadiennes, c'est que leurs actifs sont détenus à plus de 60 % par des investisseurs des États‑Unis. Ce que proposent les conservateurs et ce que font les libéraux, c'est de vouloir lutter contre l'impérialisme économique des États‑Unis en déroulant le tapis pour des milliardaires qui sont des amis de M. Trump de façon à augmenter les profits de ces compagnies essentiellement détenues par des étrangers. Pour eux, la souveraineté canadienne passe par le fait de faciliter le transfert de l'argent du Canada et du Québec vers les États‑Unis pour augmenter les profits de compagnies qui sont déjà dans le surplus de profit budgétaire. Ce qu'on propose maintenant, c'est d'abroger les mesures fédérales qui, selon les conservateurs, bloquent ou paralysent le développement au pays. On le sait, le développement se fait de manière accélérée depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux.
Regardons un petit peu les propositions de nos amis conservateurs. Essentiellement, c'est d'abroger la Loi sur l'évaluation d'impact. Je pense que nos collègues ont mal regardé ce qui s'est passé depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement actuel. Il a adopté le projet de loi qui lui permet de suspendre plus de 10 lois et 7 règlements, dont plusieurs en environnement. Il s'agit donc de passer par-dessus les évaluations environnementales. On n'a même pas besoin d'abroger la Loi sur l'évaluation d'impact, c'est déjà fait en partie. Le gouvernement s'est donné le pouvoir de le faire.
Regardons le projet de loi , le projet de loi d'exécution budgétaire. On permet à tout ministre de suspendre n'importe quelle loi sous prétexte d'innovation. C'est déjà fait. Les demandes des conservateurs ont déjà été réalisées par le Parti libéral au pouvoir, au profit, encore une fois, des pétrolières et des gazières, afin d'accélérer l'approbation des projets de cette industrie.
L'autre demande de la motion, c'est d'abroger la Loi sur le moratoire relatif aux pétroliers sur la côte Ouest. Je pourrais parler d'à quel point c'est indécent de demander d'abroger un moratoire qui permettrait à des pétroliers de passer dans une aire marine conservée. Ça vient évidemment avec des risques pour l'environnement, mais c'est aussi quelque chose qui va complètement à l'encontre des droits des Premières Nations qui demandent de préserver ce moratoire et qui ne veulent pas que des pétroliers passent sur leur territoire. Or, le gouvernement fédéral s'est déjà engagé à construire un pipeline d'une capacité de 1 million de barils par jour de sable bitumineux pour l'exporter par la côte Ouest et ce pipeline passerait à cet endroit. Alors, ce que demandent les conservateurs, le gouvernement est déjà prêt à le faire. Le projet de loi C‑5 est là pour faciliter la chose.
Les conservateurs demandent également l'abolition de la taxe fédérale sur le carbone pour les industries. J'ai le plaisir de leur annoncer que le gouvernement fédéral est déjà à l'œuvre à ce sujet. L'Alberta a reculé et n'a pas augmenté le prix du carbone pour ses entreprises. Les tarifs compensatoires sont actuellement à 25 $ la tonne en Alberta. Le prix du carbone est censé être à 95 $ au Canada. Le gouvernement fédéral laisse l'Alberta agir et ne la force pas à augmenter son prix sur le carbone. De plus, on sait très bien que l'entente entre l'Alberta et le Canada va mener à un affaiblissement des politiques relatives à la tarification du carbone pour les industries. Donc, encore une fois, ce vœu est déjà exaucé.
Nos amis conservateurs demandent l'abolition du plafond pour les émissions polluantes de gaz à effet de serre des compagnies pétrolières et gazières. Eh bien, le gouvernement, avec son entente Canada-Alberta, s'est déjà engagé à abolir ce plafond pour les compagnies pétrolières et gazières. C'est déjà exaucé. Est-ce responsable? Est-ce que cela a du sens de faire ça? D'un point de vue climatique, cela n'a absolument pas de sens de ne pas imposer de contraintes aux plus grands pollueurs au pays, au secteur le plus polluant au pays, par exemple les sables bitumineux, qui émettent autant d'émissions de gaz à effet de serre que tout le Québec. Le gouvernement a retiré cette réglementation et les conservateurs ne l'ont pas encore réalisé parce qu'ils demandent qu'elle soit retirée encore une fois.
Ils demandent aussi au gouvernement de retirer le quota fédéral de vente des véhicules électriques. Pas plus tard que l'automne passé, le gouvernement fédéral a suspendu ce quota de vente des véhicules électriques. Il ne force plus les manufacturiers canadiens à offrir des véhicules électriques à la population, à offrir davantage de véhicules plus abordables qui leur permettraient de se libérer du pétrole. Il a suspendu déjà ce quota et on ne sait pas quand il va le remettre en place. On ne le sait pas, mais on soupçonne fortement que ça risque d'être très dilué parce que l'Ontario demande absolument l'abandon de ce genre de mesure. Les pétrolières de l'Ouest demandent qu'on abandonne ce genre de mesure. On l'a vu: le gouvernement fédéral a même abandonné les incitatifs à l'achat de véhicules électriques.
Le gouvernement est déjà en voie de répondre à toute la liste de souhaits des compagnies pétrolières et gazières, mais mes collègues conservateurs n'ont pas réalisé que presque toute l'architecture climatique et les mesures mises en place par le gouvernement sont retirées depuis l'arrivée du . Évidemment, je ne parlerai même pas du fait qu'on ne permet pas encore au Canada d'importer des véhicules électriques européens en invoquant un prétexte de sécurité. Cela fait qu'on n'a pas accès à ces véhicules beaucoup moins chers et plus évolués technologiquement. Ainsi, le gouvernement peut protéger les manufacturiers canadiens, qui sont parmi les pires dans le monde en matière d'électrification et qui retardent l'électrification des véhicules au pays.
Mes collègues conservateurs demandent également la levée de l'interdiction fédérale touchant la fabrication du plastique. Évidemment, le plastique est produit à 99 % à partir de pétrole et de gaz. C'est un débouché possible pour les compagnies pétrolières et gazières. On comprend donc rapidement pourquoi nos collègues conservateurs demandent l'abolition des interdictions de production de plastique, même si le monde est en train de se tourner vers ça, même si la planète travaille à essayer d'avoir un accord mondial pour se libérer du plastique. Le plastique est hautement problématique pour la santé humaine et pour l'environnement et c'est l'une des sources de pollution par les gaz à effet de serre parmi les plus en croissance dans le monde. C'est ce sur quoi tablent les pétrolières et les gazières pour continuer à faire des profits.
Eh bien, j'ai le plaisir d'annoncer à mes collègues conservateurs que le gouvernement est déjà en train de reculer là-dessus. L'automne dernier, alors qu'on devait mettre en place à partir de décembre une interdiction d'exportation du plastique à usage unique dans le monde, le gouvernement a reculé là-dessus. Encore une fois, la liste de souhaits des compagnies pétrolières et gazières est en train d'être exaucée avant même que mes collègues conservateurs réalisent que le gouvernement est en train de répondre exactement aux souhaits des compagnies pétrolières et gazières.
L'autre demande de mes collègues conservateurs est que les contraintes réglementaires fédérales qui nuisent aux communications et aux efforts des sociétés canadiennes soient enlevées. Essentiellement, ils demandent que soient abolies les protections contre l'écoblanchiment des compagnies pétrolières et gazières. Encore une fois, j'ai le plaisir d'annoncer à mes collègues conservateurs que, dans le dernier budget, le gouvernement a clairement établi qu'il allait affaiblir les lois contre l'écoblanchiment, malgré le fait que ces lois protègent les consommateurs pour qu'ils aient enfin la vérité sur la véritable performance des entreprises pétrolières et gazières. On le sait, elles sont parmi les pires dans le monde en ce qui a trait à la vérité.
Malheureusement, cette journée est complètement inutile. C'est encore une fois une demande des compagnies pétrolières et gazières. La plupart des demandes sont exaucées. Quand va-t-on parler des vraies solutions pour se libérer des hydrocarbures, qui causent les changements climatiques, qui contribuent à la guerre, qui plombent la balance économique du Québec, qui plombent le portefeuille et qui augmentent également les événements climatiques extrêmes, qui sont extrêmement coûteux sur le plan humain, sur le plan de la santé et sur le plan économique pour les Québécois et les Québécoises?
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Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec ma collègue, la députée d'.
Au cours des prochains mois, le monde entier aura les yeux rivés sur la mission spatiale Artemis II, le premier vol spatial habité du programme Artemis de la NASA, qui fera le tour de la Lune. Nous avons la chance de vivre à une époque incroyable, car nous pouvons assister en temps réel à ce moment emblématique de l'innovation humaine. Pour le Canada, cette mission représente beaucoup plus qu'un décollage de plus; il s'agit d'un événement d'envergure nationale. Pour la première fois, un astronaute canadien, Jeremy Hansen, fera partie de l'équipage. La robotique spatiale canadienne fera partie de cette quête visionnaire, et le rôle du Canada prouvera une fois de plus ce que nous savons déjà: lorsque notre pays se fixe un objectif clair et mobilise ses talents, ses capitaux, son innovation et ses institutions pour l'atteindre, il est capable de rivaliser avec n'importe qui.
Nous n'en sommes pas à nos premières prouesses. En effet, le Canada est devenu le troisième pays doté d'un programme spatial dès 1962, avec le lancement du satellite Alouette 1. Le Canada est devenu un chef de file mondial dans le domaine de la robotique spatiale grâce à la création du Canadarm dans les années 1980, à tel point que cette innovation en robotique est devenue indispensable à nos alliés. Aujourd'hui, grâce à notre contribution au programme Artemis, et notamment le Canadarm3 installé sur la station lunaire Gateway, nous sommes assurés d'envoyer des astronautes en mission et de jouer un rôle de premier plan lors de la prochaine ère de l'exploration spatiale.
Dans le cadre du débat d'aujourd'hui sur notre importante motion de l'opposition concernant la souveraineté, et notamment la souveraineté économique, je dirai d'entrée de jeu que le Canada est capable de construire, d'investir et de montrer la voie à suivre. Cependant, la dure réalité, c'est que, trop souvent, nous ne traduisons pas nos capacités en force nationale durable. C'est pourquoi je souhaite concentrer mes observations sur un élément essentiel de notre motion, qui consiste à protéger l'innovation canadienne et à obliger la à présenter au Parlement un plan visant à empêcher la vente des inventions, des découvertes et des innovations canadiennes à d'autres pays.
À l'heure actuelle, le Canada ne forme pas suffisamment de champions au pays. Nous mettons trop souvent des biens en vente, par exemple, et d'autres pays n'ont que l'embarras du choix. Les contribuables canadiens financent la recherche qui permet de former les talents et qui génère des idées et des inventions de grande valeur. Autrement dit, il s'agit de la propriété intellectuelle du Canada. À l'étape la plus importante du processus, quand les entreprises doivent prendre de l'expansion et pourraient devenir des sociétés comptant des centaines, voire des milliers, d'employés bien rémunérés, l'environnement commercial canadien pousse trop souvent ces entreprises à vendre, à déménager ou à être absorbée par de grands concurrents étrangers. Nous finançons la recherche ici, mais la prospérité à long terme va ailleurs. C'est systématique. Ce n'est pas un hasard. C'est le résultat prévisible d'un environnement politique fragmenté, lent et largement indifférent aux résultats qu'il finance.
Le Business Council of Alberta a mis en évidence le défi posé par des impôts élevés sur le capital, combinés à des frictions liées à la réglementation. C'est ce que disent constamment les chefs d'entreprise: les impôts élevés et la réglementation excessive sont les principaux problèmes au Canada. Ils dissuadent les entreprises de réinvestir et de se développer ici, chez nous. Le problème de nombreuses entreprises canadiennes en démarrage, ce n'est pas qu'elles souhaitent quitter le Canada, mais qu'elles ne peuvent résister à la force d'attraction qu'exerce l'économie américaine, plus dynamique et plus importante, qui attire activement les talents, les capitaux, la propriété intellectuelle et les emplois. Compte tenu de l'inertie du gouvernement au Canada, il est tout simplement trop tentant de s'installer de l'autre côté de la frontière, où les avantages sont nombreux.
Garder l'innovation au Canada n'est pas seulement un exercice théorique. Notre pouvoir économique réside dans l'innovation canadienne. Cette innovation détermine si les Canadiens gagnent des salaires élevés. Elle détermine si nos collectivités prospèrent ou s'étiolent, et si notre pays contrôle les industries sur lesquelles reposent sa sécurité et sa prospérité.
Lorsqu'on parle de souveraineté en 2026, on ne parle pas seulement de nos frontières ou de notre territoire. La souveraineté en matière d'innovation se résume à trois éléments: qui détient les brevets, qui contrôle les données et qui développe les capacités ici, chez nous. Ceux qui détiennent ces éléments détiennent l'assiette fiscale future ainsi que les emplois hautement qualifiés dont ils tireront parti dans nos négociations commerciales, par exemple. Tout cela va de pair. Sans souveraineté et sans innovation, notre économie ne saurait être souveraine.
Au cours des huit derniers mois, dans mon rôle de porte-parole en matière d'industrie au Canada, j'ai rencontré des innovateurs partout au pays: des acteurs des secteurs de l'aérospatiale, de la fabrication de pointe, de l'IA, de la robotique, de la défense et des technologies de pointe. Leur message est remarquablement cohérent en ce qui concerne les problèmes auxquels le Canada est confronté. Ils souhaitent grandir au Canada et embaucher davantage de travailleurs canadiens, mais notre système leur met des bâtons dans les roues.
En réalité, le Canada compte plus d'une centaine de programmes fédéraux pour l'innovation qui sont répartis entre divers ministères et organismes. Bien sûr, chacun d'entre eux a été créé avec de bonnes intentions par un ministre, mais ensemble, ils forment un système très dynamique, mais peu stratégique. Les programmes ne sont pas harmonisés. Ils semblent très généreux, mais en réalité, ils ne sont pas du tout axés sur un objectif stratégique. Les gouvernements mesurent le succès en fonction des annonces et des dépenses, du nombre de communiqués de presse qu'ils publient, et non en fonction de la capacité des Canadiens à payer leurs factures, à rembourser leur hypothèque ou à avoir l'assurance que leurs enfants auront plus de possibilités et une vie meilleure que la leur.
Le lien entre la politique en matière d'innovation et la vie quotidienne est, bien sûr, la productivité, dont les économistes parlent beaucoup ces jours-ci. Par exemple, la Banque du Canada a clairement dit que le problème de productivité du Canada avait atteint un niveau critique. Selon le gouverneur Tiff Macklem, si nous ne changeons pas de cap, le niveau de vie du Canada sera inférieur à ce qu'il aurait pu être. Nous serons moins bien lotis si nous ne changeons pas de cap, ce qui est un message assez radical de la part du gouverneur de la Banque du Canada.
Le sous-gouverneur, Nicolas Vincent, nous a rappelé que le problème du coût de la vie au Canada est essentiellement un problème de productivité, car le seul moyen durable de faire augmenter les revenus au pays, c'est d'augmenter notre productivité. Cependant, la productivité, cela ne signifie pas travailler plus fort, contrairement à ce que pensent bien des gens lorsqu'ils entendent ce mot. Pour être productifs, les travailleurs doivent disposer du capital et des technologies de pointe nécessaires pour produire plus et travailler moins afin de créer plus de valeur plus facilement.
À l'heure actuelle, la productivité du Canada est inférieure de 30 % à celle des États‑Unis, et l'écart se creuse. Les Canadiens peuvent travailler aussi fort et être aussi instruits, mais ils restent à la traîne parce que notre système ne soutient pas l'investissement et l'expansion, et c'est là que la politique en matière d'innovation devient essentielle. Le Canada ne manque pas d'idées; nous avons beaucoup d'idées et beaucoup de talents, mais nos efforts ne sont pas assez ciblés et nous n'adhérons pas entièrement à ces idées, surtout à long terme.
Les gouvernements annoncent de nombreux programmes, lancent des consultations et publient des cadres de référence, mais nos résultats ne s'améliorent pas. Par exemple, le Canada se classe dernier parmi les pays du G7 pour la transformation d'intrants innovants en extrants économiques. Plus de la moitié de la propriété intellectuelle destinée à l'industrie générée dans les universités canadiennes appartient à des entités étrangères, ce qui est assez consternant. Une fois que la propriété intellectuelle quitte le pays, elle y revient rarement, ce qui signifie que d'autres pays s'enrichissent grâce à nos créateurs d'idées talentueux.
Ce problème est particulièrement évident dans les industries stratégiques comme les secteurs spatial et aérospatial. Il ne s'agit pas là de projets scientifiques qu'il « serait bon d'avoir »: ce sont des projets essentiels sur la scène nationale et internationale, dont la donne géopolitique se transforme aujourd'hui sous nos yeux. Ils sont le fondement des communications, de la navigation, de la surveillance des feux de forêt, de la connaissance de la situation en Arctique, des interventions en cas de catastrophe et de la défense nationale, et ce sont des éléments clés de la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord et de la sécurité alliée. Si le Canada ne peut pas acquérir et contrôler ces capacités, il devient tributaire d'autres pays pour exercer des fonctions essentielles à sa souveraineté. Les Canadiens en sont devenus très conscients au cours des derniers mois. C'est pourquoi le secteur spatial, par exemple, est un puissant indicateur de ce que le Canada doit et peut faire mieux, en fait.
À titre de ministre du cabinet fantôme responsable de l'industrie, j'ai vu de mes propres yeux ces capacités. J'ai visité les usines de Magellan Aerospace à Winnipeg, où des Manitobains qualifiés construisent des composantes clés pour le meilleur avion de chasse du monde, le F-35. Ici à Ottawa, j'ai visité Mission Control, une entreprise canadienne en train de mettre au point une astromobile lunaire. C'est tout à fait remarquable. Ce sont là les sortes d'innovations qui renforcent la recherche sur l'Arctique et la sécurité de cette partie du monde; elles garantissent la sécurité maritime et, véritablement, le rôle du Canada dans le domaine spatial en devenir, ce qui est crucial pour notre sécurité nationale. Nous avons le talent, la capacité et l'ambition voulus, mais il nous manque un programme et un cadre fédéraux novateurs qui envisagent vraiment la souveraineté comme un objectif et non comme une considération secondaire.
Cela m'amène à la partie « c » de notre motion conservatrice d'aujourd'hui. Elle exigerait que le ministre de l'Industrie présente au Parlement des plans pour que les innovations canadiennes restent au Canada, ce qui est loin d'être une idée radicale. En fait, je ferais valoir que c'est la démarche responsable que les libéraux devraient adopter dès maintenant, car elle pose des questions essentielles: quelles technologies devons-nous contrôler? Quelles chaînes d'approvisionnement faut-il ancrer ici? Quelles sont les capacités essentielles à la résilience économique et à la sécurité nationale? Comment, surtout, garder ces innovations ici au Canada, maintenant et à long terme? Sans réponse à ces questions, la politique du gouvernement en matière d'innovation devient un plan décousu qui fait en sorte que nous travaillons plus fort, mais non ensemble.
La motion reconnaît également que l'innovation ne peut pas se développer sans capital: sans plus d'argent, pour ainsi dire. C'est pourquoi la partie b propose un crédit d'impôt pour réinvestissement au Canada, qui reporterait les gains en capital lorsque l'argent est réinvesti dans des entreprises et des actifs productifs canadiens. Si les capitaux restent au Canada, l'innovation a plus de chances de se développer ici plutôt que de partir aux États‑Unis et elle crée plus de bons emplois, des salaires plus élevés et plus de possibilités pour nos enfants. C'est important parce qu'à l'heure actuelle, les investissements par travailleur au Canada sont la moitié de ceux aux États‑Unis. William Robson, de l'Institut C.D. Howe, a dit au comité de l'industrie que les entreprises américaines investissent environ trois fois plus par travailleur. Il faut que cela change si nous voulons assurer notre souveraineté économique.
Pour être clair, la mesure fiscale doit appuyer une stratégie globale. La politique fiscale ne peut pas réparer à elle seule un système qui manque de direction. Le point central de la motion est que le Canada a besoin d'une stratégie de souveraineté économique qui accorde la priorité au maintien de l'innovation canadienne au pays. Nous ne pouvons pas continuer à financer l'innovation et à exporter nos valeurs.
Lorsque la navette Artemis II décollera, les Canadiens, en particulier les jeunes Canadiens, suivront la mission et seront inspirés. Ce sont les futurs innovateurs de notre pays. Nous devons veiller à ce qu'ils puissent créer des emplois et des innovations extraordinaires, tant pour aujourd'hui que pour l'avenir, et notre motion est un élément central de cette démarche.
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Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui à propos de la motion de l'opposition visant à réintroduire une loi sur la souveraineté du Canada.
Avant de parler de la loi comme telle, je voudrais mentionner les transformations qui ont eu lieu dans le paysage politique entre sa première proposition et sa version actuelle. Le Canada se trouve au bord du gouffre. La menace économique est bien réelle. Le projet de loi sur la souveraineté du Canada constitue un pas majeur dans la bonne direction. Il permettrait de supprimer les obstacles et les formalités administratives qui freinent le Canada. Il invite le à promouvoir les investissements en supprimant l'impôt sur les gains en capital réinvestis au Canada, à inciter les gouvernements provinciaux à ouvrir leurs marchés, à construire des pipelines, à améliorer l'accès au Cercle de feu dans le Nord de l'Ontario et à lancer au moins un tout nouveau projet de GNL.
De nombreux ministres ont affirmé dans cette enceinte leur volonté de collaborer avec l'opposition. Il est temps de tenir cette promesse, et cela doit se faire le plus rapidement possible, car l'industrie et l'emploi canadiens souffrent. Depuis près d'un an, le Canada est victime de droits de douane injustifiés et non provoqués. On peut débattre ad nauseam des raisons qui ont poussé Washington à mettre en œuvre ces droits, mais, d'un point de vue fonctionnel, elles sont sans importance. Nous n'avons aucune influence sur les décisions du président, mais nous avons le pouvoir de contrôler la façon dont nous, en tant que députés, mais surtout en tant que Canadiens, que pays, nous réagissons à ces décisions.
Il y a deux conseils qui devraient être évidents pour quiconque observe les négociations de l'extérieur, et même les observateurs les plus détachés en arriveront à cette conclusion. D'abord, nous sommes plus forts ensemble que séparés, tant à la table des négociations qu'à la Chambre des communes. Ensuite, la patience commence à manquer. Faire preuve d'une certaine ouverture et transparence envers les parties prenantes, les partis d'opposition et, surtout, les familles et les propriétaires d'entreprises qui souffrent en raison des droits de douane contribuerait grandement à dissiper la confusion et le brouhaha qui entourent les négociations.
Avant d'aller plus loin, je tiens à répéter que les droits de douane mis en œuvre par le président des États-Unis sont injustifiés, injustes, non provoqués et, surtout, inutiles. Ils causent des dommages incommensurables dans des secteurs stratégiques des deux côtés de la frontière. Ils entraînent la fermeture d'usines et de fonderies. Leurs effets immédiats sur l'économie canadienne sont paralysants.
La réaction des travailleurs et des électeurs canadiens est prévisible et tout à fait compréhensible. Le Canada réagit. Le gouvernement déploie des efforts, tout comme l'opposition. Nous le faisons en proposant un projet de loi sur la souveraineté du Canada, qui permettra au Canada de bâtir davantage, d'accroître ses activités d'extraction et d'importation et, surtout, de prospérer.
Quoi qu'en disent certains députés d'en face, les conservateurs se montrent disposés à collaborer avec le gouvernement canadien quand celui-ci propose des politiques sensées et axées sur les résultats, comme le projet de loi . Une loi sur la souveraineté du Canada viendrait s'appuyer sur cette saine gestion économique en donnant au gouvernement les outils nécessaires pour stimuler le développement du secteur privé dans tout le pays en supprimant les restrictions réglementaires que le prédécesseur du a imposées au gouvernement.
Le fardeau des droits de douane injustes et inéquitables imposés par Donald Trump sera une leçon fort douloureuse, mais précieuse pour les décideurs canadiens. L'importance de la diversification et de l'autonomie est de plus en plus évidente dans un contexte mondial toujours plus instable et menaçant.
Bien que les perspectives soient sombres, on constate un changement notable, du moins dans le discours des députés d'en face depuis les dernières élections. Pendant une décennie, nous avons eu un gouvernement farouchement opposé aux pipelines. Tout projet d'exploitation de ressources représentait une menace existentielle immédiate et directe pour la planète. Les dépenses en défense étaient considérées comme inutiles et agressives, parce que, comble d'ironie, notre géographie et notre proximité avec les États-Unis signifiaient que nous n'avions pas besoin d'une armée indépendante efficace. Le dialogue multilatéral avec les despotes iraniens et chinois était l'approche adoptée par le tout dernier des États postnationaux du monde.
Bien que son caucus et son gouvernement soient dans une large mesure les mêmes, le , qui a fait campagne en se présentant comme un contrepoids à ce qu'il qualifie d'acteurs « instables et imprévisibles », s'est engagé verbalement à adopter certaines de nos positions, du moins en principe.
Le gouvernement a collaboré avec l'opposition conservatrice pour faire adopter le projet de loi , qui lui permet d'accélérer des projets liés aux ressources naturelles dans l'intérêt national. Après une décennie de pression, le gouvernement a enfin accepté, sur l'insistance des conservateurs, d'augmenter les dépenses en défense et de renforcer la sécurité aux frontières, ainsi que de réduire les objectifs en matière d'immigration. À mon avis, ce net changement d'orientation du gouvernement, de son cabinet et de son caucus ne peut s'expliquer que par une seule chose: les droits de douane américains.
Ayant moi-même fait campagne sur plusieurs de ces enjeux, je ne blâmerai pas le d'avoir fini par entendre raison, même s'il a fallu des droits de douane dévastateurs imposés par un gouvernement étranger pour provoquer ce moment de clarté qui, j'en ai bien peur, n'aurait jamais été envisagé par son prédécesseur. Je répète que ces droits de douane visant les biens et services canadiens sont injustifiés, injustes, non provoqués et inutiles, mais ils ont néanmoins forcé le Canada à prendre des décisions difficiles qu'il aurait dû prendre il y a une décennie. Je salue le gouvernement pour avoir, en principe, pris certaines de ces décisions difficiles, lesquelles ont entraîné une fracture au sein de son caucus, fracture que nous voyons se manifester sous nos yeux.
Le discours du à Davos était bien écrit, citant Thucydide et le président Havel plutôt que des gens ordinaires. Or, rédiger un discours et le livrer sont les aspects les plus simples. Le véritable défi consiste à donner suite à ces promesses pour les gens ordinaires.
Dans cette optique, pour atteindre l'objectif de diversification commerciale, relancer nos chaînes d'approvisionnement nationales et bâtir une indépendance et une souveraineté économique véritables au pays, les conservateurs ont présenté une loi sur la souveraineté du Canada. Cette loi propose une série de mesures visant à libérer la croissance économique étouffée par les libéraux pendant une décennie, notamment en abolissant des plafonds réglementaires et législatifs inutiles, comme le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier, la taxe sur le carbone pour les industries, l'obligation relative aux véhicules électriques, l'interdiction des plastiques, ainsi que les lois et . Elle prévoit également des investissements substantiels dans les secteurs des ressources naturelles, en accélérant les projets qui permettent à des entreprises canadiennes de fabriquer des biens canadiens à partir de ressources canadiennes, tout en créant des emplois ici même au pays.
Le gagnerait à s'inspirer de son ancien patron et à poursuivre la diversification commerciale de portée historique amorcée par l'ancien premier ministre Stephen Harper. Son accomplissement offre un modèle solide à suivre pendant que le premier ministre et son Cabinet affrontent les eaux dangereuses du commerce et des relations internationales en 2026. Le moment idéal pour approfondir la diversification était il y a 10 ans. Faute de mieux, c'est aujourd'hui qu'il faut agir.
Le Canada, les Canadiens et surtout les décideurs doivent garder à l'esprit que la relation entre le Canada et les États‑Unis aura une plus longue durée de vie que le président et le . Les occupants actuels du 24, promenade Sussex, et du 1600 Pennsylvania Avenue jouent un rôle de second plan dans une relation historique très étendue, avec des liens profonds. Il ne faut pas l'oublier. Les échanges commerciaux ne sont pas définitifs. Nous pouvons et nous devons viser non seulement à accroître les échanges commerciaux avec nos alliés européens et asiatiques, mais aussi à développer de nouveaux marchés en Afrique et sur le sous-continent. Et surtout, nous devons réparer, renouveler et revigorer notre relation commerciale avec les États‑Unis.
Dans son discours qui lui a valu une ovation à Davos, le a rejeté d'un ton désinvolte « cet aphorisme de Thucydide » à propos de l'ordre international, en faisant référence à une citation percutante et très révélatrice de l'historien grec. Ce qu'il a dit ne se produira pas. Le nous a assurés que sa décision de négocier avec des pétrodictatures et des autocrates, au Qatar et en Chine, au lieu de se concentrer sur des démocraties qui partagent nos vues, ne relève pas d'un multilatéralisme naïf. Je vais terminer mon intervention en citant ce même érudit grec:
C'est qu'on s'inspirait pour la juger, moins d'une sage précaution que d'un aveugle désir. Les hommes sont ainsi pour ce qu'ils désirent, ils s'en remettent à des espérances inconsidérées; pour ce qui les rebute, ils le repoussent arbitrairement.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Bonjour. Tansi. Aaniin. Boozhoo. Kwe kwe. Ullukkut.
Les conservateurs nous proposent de présenter une loi sur la souveraineté du Canada qui prévoirait l'abrogation complète de certaines mesures fédérales, notamment la , la , la tarification du carbone pour le secteur industriel, le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier et d'autres règles, tout cela au nom de la souveraineté économique.
Les Canadiens veulent une économie forte. Les habitants du Nord veulent des emplois, des infrastructures et des débouchés. Les peuples autochtones veulent un développement qui favorise l'autodétermination et la prospérité à long terme. Soulignons toutefois qu'on ne bâtit pas la souveraineté du Canada en éliminant des obligations, mais en les honorant.
L'article 35 de la Loi constitutionnelle n'est pas que de belles paroles: il s'agit d'une règle contraignante. Toute approche en matière de développement qui traite les droits des Autochtones comme des obstacles à écarter n'a rien à voir avec la souveraineté. C'est plutôt un recul qui rappelle des décisions prises dans des contrées lointaines et dont les conséquences se font sentir depuis des générations. Toute abrogation de lois qui touchent les territoires, les eaux et les droits des Autochtones doit se faire en étroite collaboration avec les peuples autochtones, conformément à l'article 35, à l'obligation de consulter et à l'engagement du Canada à respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
Cette motion est inquiétante non seulement pour l'ampleur de ce qu'elle propose d'abroger, mais aussi pour les réponses qu'elle refuse d'apporter. La place du consentement des peuples autochtones dans ce plan n'est pas claire, ce qui soulève une question importante. Si les cadres clés sont supprimés, comment éviter d'affaiblir les consultations sur le terrain et de provoquer des années d'incertitude et de litiges? On ignore également si les conservateurs estiment que le Canada continuera à respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, que le Parlement a inscrite dans la loi et pour laquelle il a établi un cadre qui doit être mis en œuvre à l'échelle fédérale.
Voici les questions auxquelles les collectivités nordiques et autochtones méritent des réponses: quelle place occupe le consentement des peuples autochtones dans le plan des conservateurs? D'après le texte de la motion, il semble que ce consentement n'ait pas été pris en compte. La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones s'applique-t-elle toujours, même lorsqu'elle dérange?
Cette proposition est très pertinente pour les affaires du Nord et de l'Arctique, car elle modifierait fondamentalement la mise en valeur de ressources et la mise en œuvre des mesures de protection de l'environnement et de la politique économique dans les territoires autochtones et nordiques. Elle changerait la manière dont les décisions sont prises et les voix sont entendues et déterminerait si les gouvernements issus de traités sont considérés comme une pierre angulaire ou comme un élément secondaire.
Le Nord et l'Arctique ne sont pas des concepts théoriques. Je représente Churchill-Keewatinook Aski, où vivent des collectivités autochtones, inuites et métisses qui subissent chaque jour les conséquences des décisions prises à la Chambre. Lorsque nous parlons de souveraineté économique, j'invite mes collègues à prendre le temps de réfléchir et d'écouter attentivement. Dans le Nord, la souveraineté n'est pas un slogan. Elle signifie que les Premières Nations décident de ce qui se passe sur leurs terres. Elle signifie la protection des eaux qui assurent la sécurité alimentaire. C'est un développement réalisé avec les collectivités et non à leur place. C'est pourquoi des abrogations massives sont si dangereuses.
Dans les régions nordiques, les traités modernes et les accords sur les revendications territoriales ne sont pas facultatifs. Ils sont protégés par la Constitution. Ils établissent des systèmes de cogestion et des processus d'examen qui prennent en compte la compétence autochtone et les réalités nordiques. Les mettre de côté sans codéveloppement compromettrait la stabilité et conduirait précisément au résultat que les Canadiens disent vouloir éviter, à savoir des conflits, des contestations judiciaires et des retards.
Nous devons également parler clairement de la gestion de l'environnement. L'Arctique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. Le dégel du pergélisol, l'érosion côtière et l'évolution des conditions glacielles mettent déjà en danger les habitations, les routes et les infrastructures collectives du Nord. Il ne s'agit pas d'idéologie, mais d'une réalité qui se produit en temps réel. Cette réalité est celle que les habitants du Nord constatent chaque jour de leurs propres yeux. Les changements climatiques ont des répercussions importantes sur la vie quotidienne des habitants du Nord, qu'il s'agisse de l'accès aux aliments saisonniers, des feux de forêt, des pratiques de chasse traditionnelles ou des sources de nourriture. Tout plan qui affaiblit la protection de l'environnement sans proposer de solution de remplacement crédible ne rend pas le Canada plus fort. Il rend les collectivités nordiques plus vulnérables.
Je tiens à souligner un point important. De nombreux gouvernements autochtones et dirigeants du Nord souhaitent qu'on accélère les processus d'approbation. Ils veulent des projets qui génèrent des revenus, offrent de la formation et créent de bons emplois. Ils demandent moins de dédoublements et des échéanciers plus prévisibles. Cette discussion est tout à fait légitime. Cela dit, de nombreux dirigeants autochtones et titulaires de droits ont aussi été très clairs: abolir les règles d'évaluation sans proposer de solution de remplacement crédible risque d'affaiblir les droits, de compromettre les processus de consultation et d'éroder la confiance du public. Les politiques qui renforcent la souveraineté économique autochtone et s'éloignent des approches uniformisées bénéficient d'un véritable appui. À l'inverse, toute structure qui fait passer la rapidité avant la consultation, la prise de décisions autochtone, la protection de l'environnement et les engagements liés à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones suscite une opposition marquée.
Le débat n'oppose pas le développement aux droits. Il oppose le bon développement au mauvais développement. Les dirigeants autochtones ne demandent pas que leurs droits soient mis de côté. Ils réclament un développement mené par les Autochtones, où les décisions, les bénéfices et la gestion sont partagés, et où le consentement est intégré dès le départ. C'est exactement l'approche que soutient notre gouvernement: parvenir plus rapidement à des résultats positifs en faisant les choses correctement, avec des partenaires autochtones, une gouvernance fondée sur les traités, des protections environnementales solides et des règles crédibles capables de résister à l'examen des tribunaux comme à celui des collectivités.
Les collectivités savent mieux que quiconque ce dont elles ont besoin, certainement mieux que quiconque siège dans cette enceinte. Si l'opposition veut réellement débattre de la rationalisation des processus d'approbation et du renforcement de la résilience économique du Canada, nous sommes prêts à le faire. Toutefois, une motion qui exige des abrogations massives tout en éludant l'article 35, les traités modernes et les obligations liées à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones ne constitue pas une voie vers la prospérité. C'est une recette pour l'instabilité.
Pour terminer, je dirai simplement qu'en réclamant l'abrogation de dispositions législatives sans discernement et sans aucune idée des réalités du Nord, on risque de répéter d'anciennes erreurs, avec des projets réalisés en quatrième vitesse et des collectivités qui en paient le prix. Dans le Nord, nous n'avons pas le luxe de pouvoir faire du théâtre politique. Nous bâtissons avec soin parce que c'est nous qui devons vivre avec les conséquences. La prospérité et la réconciliation ne sont pas des objectifs contradictoires. Elles sont indissociables et elles doivent être traitées comme telles. Ce n'est pas en affaiblissant les droits que nous rendrons le Canada plus fort, mais en les honorant et en bâtissant ensemble.
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Monsieur le Président, je suis fier de prendre la parole aujourd'hui au sujet de cette motion importante, surtout dans la situation dans laquelle notre pays se trouve en ce début d'année 2026.
Le gouvernement est en train de rétablir la souveraineté économique du Canada. Nous encourageons l'exploitation des ressources, nous renforçons les investissements concurrentiels, étrangers comme canadiens, et nous stimulons l'innovation au Canada. Moi qui suis de la magnifique circonscription de Burlington-Nord—Milton-Ouest, qui se trouve au cœur du corridor de l'innovation du Canada, je peux dire que cette dernière partie sur l'innovation, avec nos universités, nos chercheurs et le secteur privé, est on ne peut plus importante aujourd'hui.
Tous ces objectifs, y compris celui de renforcer notre sécurité économique, notre capacité à encourager et à protéger l'innovation et notre incroyable potentiel — en particulier ces derniers temps, avec le qui parcourt le monde pour inciter ses interlocuteurs à investir au Canada et pour attirer ces investissements mondiaux — ne pourraient pas arriver à un moment plus important. Ce sont tous des objectifs qui devraient nous unir, et non nous diviser. Ce sont ces objectifs qui ont inspiré la Loi visant à bâtir le Canada, la création du Bureau des grands projets et la rationalisation de tous nos projets d'intérêt national dans des domaines tels que le GNL, les minéraux critiques, l'énergie propre, les infrastructures et le logement abordable.
Le gouvernement accélère la mise en œuvre de grands projets tels que l'agrandissement du port de Montréal. Nous accélérons la phase deux du projet de LNG Canada et d'autres projets qui renforceront l'économie canadienne et créeront des emplois et une plus grande souveraineté économique partout au pays. Ces projets comptent parmi les plus gros investissements du secteur privé de l'histoire du Canada. Nous accélérons le projet hydroélectrique d'Iqaluit et le petit réacteur modulaire de Darlington, afin de fournir aux Canadiens une énergie propre et abordable. Ces travaux créent aussi des dizaines de milliers d'emplois et des salaires plus élevés pour les Canadiens dans tout le pays.
Aujourd'hui, ce que les conservateurs essaient de faire au moyen de cette motion, c'est induire davantage en erreur les Canadiens en leur faisant croire que des mesures importantes visant à lutter contre les changements climatiques, à stimuler l'innovation et à nous assurer d'aller dans la bonne direction ont en fait un impact négatif. Ils prétendent que ces mesures nuisent à l'abordabilité ici, chez nous, mais la vérité est tout autre. Les investissements dans l'innovation nous permettent d'aller dans la bonne direction.
Les agriculteurs le savent. Les agriculteurs de ma circonscription sont conscients que les changements climatiques sont actuellement le principal facteur d'inflation du prix des denrées alimentaires. Les conservateurs prennent continuellement la parole à la Chambre pour parler du prix du café. J'adore le café. J'en bois beaucoup trop. Le café coûte trop cher, sauf que nous n'en cultivons pas au Canada. Nous en torréfions, mais ce serait absurde de prétendre que les politiques nationales de lutte contre les changements climatiques ont une incidence sur le prix du café.
Les agriculteurs savent que les changements climatiques sont la principale cause de l'instabilité des rendements agricoles et de la hausse du prix de l'alimentation. Ils savent également comment tirer parti des exemptions et des remises, comment obtenir du financement pour des technologies propres et comment moderniser le vieil équipement pour réduire leurs frais d'exploitation. Ils savent qu'ils réduiront ainsi leurs dépenses et leur consommation en énergie. C'est ainsi que nous faisons baisser le prix des denrées alimentaires et que nous veillons à ce que les Canadiens aient les moyens d'acheter les aliments frais, les fruits et légumes, la viande et les produits laitiers dont leur famille a constamment besoin. Il s'agit de disposer de séchoirs à grains écoénergétiques ici même, de moderniser les bâtiments agricoles et de pratiquer une agriculture de précision. Nous savons déjà que le secteur agricole est l'un des plus innovants au Canada, et le gouvernement travaille de concert avec les agriculteurs et les experts du milieu partout au pays afin qu'ils disposent des outils nécessaires pour aller dans la bonne direction.
Comme le l'a dit au Forum économique mondial, il y a quelques jours à peine, notre objectif de faire du Canada une superpuissance énergétique exige que nous réagissions par l'ouverture d'esprit et non par le repli sur soi. Nous devons miser sur une collaboration pragmatique au lieu de nous retrancher dans une attitude réactive ou défensive.
Il est essentiel pour les Canadiens que nous continuions à lutter contre les changements climatiques et à réduire les risques d'incendies de forêt, d'inondations et d'autres tragédies liées au climat qui ont déjà coûté la vie à trop de personnes et détruit trop de logements. Nous devons le faire tout en consolidant notre économie, en renforçant notre résilience et en assurant un approvisionnement en énergie fiable et à prix raisonnable, partout au pays.
Dans le domaine de l'action climatique, les conservateurs jouent le même jeu depuis quelques années. Ils cherchent à présenter la lutte contre les changements climatiques comme quelque chose de trop coûteux pour les Canadiens, alors qu'en réalité, elle entraîne des économies. Ils présentent le mécanisme de tarification du carbone pour les industries qui est en vigueur dans notre pays comme une mesure qui fait directement grimper le prix des denrées alimentaires, alors qu'il offre aux agriculteurs la possibilité d'innover et d'adopter des innovations fiables pour réduire leur consommation en modifiant certaines de leurs pratiques, économies à la clé.
Le Canada importe beaucoup de nourriture. Le gouvernement a donc décidé d'agir pour produire davantage chez nous et augmenter le nombre d'abattoirs, d'installations de boucherie, d'exploitations agricoles et de serres. Dans ma circonscription, l'une des principales régions productrices de champignons au pays, la culture du champignon est très répandue. Nous voulons que ce secteur continue de croître. Les champignons poussent rapidement. Faisons tout en notre pouvoir pour développer ces secteurs alimentaires.
La motion présentée aujourd'hui par les conservateurs ne renforcerait en rien la souveraineté du Canada, bien au contraire. En fait, leurs propos trompeurs concernant les répercussions de la lutte contre les changements climatiques sur le portefeuille des Canadiens ont été catégoriquement démentis par les agriculteurs, les chercheurs et les experts en alimentation. Nous savons que la taxe fédérale sur le carbone pour les industries n'a qu'un effet minime, voire nul, sur le prix des aliments dont nous avons tous besoin, mais les conservateurs ne se soucient pas des faits. Ils privilégient une approche nostalgique, tournée vers le passé, alors que le gouvernement libéral, lui, progresse vers l'avenir.
Pour accélérer l'approbation et la réalisation de grands projets novateurs, la collaboration est essentielle, et c'est là que les conservateurs pourraient faire un pas dans la bonne direction.
Les Jeux olympiques approchent. Les Jeux paralympiques approchent. Des athlètes provenant de différentes équipes s'allieront pour former Équipe Canada et porter les couleurs de notre pays. Ensemble, ils joueront pour l'unifolié. Ils inspireront les gens à adopter de saines habitudes de vie ou à essayer un nouveau sport, et ils inciteront les enfants à croire en leurs rêves.
J'encourage tous les députés de la Chambre à collaborer et à aider à parfaire les textes de loi de manière à venir en aide à plus de Canadiens, et non pas seulement aux plus riches. Hier, à la Chambre des communes, quand nous avons commencé à parler du nouveau plan du concernant l'allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, les conservateurs ont voulu dire que cette allocation n'aiderait pas beaucoup de Canadiens. C'est faux.
Je me rappelle que, quand j'étais enfant, ma mère touchait le remboursement de TPS qui aidait grandement ma famille. Nous allions acheter des espadrilles et, parfois, nous allions manger au restaurant Swiss Chalet ces soirs-là. Ma mère payait nos leçons de guitare et mon adhésion à mon club de canotage avec cet argent. Tout cela a vraiment été un plus quand j'étais enfant, et je sais qu'une allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, comme celle planifiée par le , fera la même chose pour 12 millions de Canadiens dans chaque circonscription, que celle-ci soit conservatrice, libérale, néo-démocrate, bloquiste ou verte. Toutes les circonscriptions du pays en profiteront.
Les Canadiens à faible revenu méritent cette aide, et je suis très fier que notre gouvernement ait décidé de verser l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, parce que c'est précisément ce que les experts en alimentation ont réclamé. L'organisme Banques alimentaires Canada, souvent mentionné par les conservateurs, n'a rien dit sur la tarification du carbone pour les industries ou sur quoi que ce soit d'autre figurant dans la motion conservatrice aujourd'hui. Les experts qui savent à quel point il est difficile d'acheter de la nourriture avec un salaire modeste disent qu'il nous faut une allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels. Ils ont affirmé que nous devons produire plus de nourriture ici au Canada, appuyer les petits salariés et faire avancer les priorités relatives à la sécurité alimentaire du Nord. La motion ne concerne que la taxe sur le carbone pour les industries. Voilà qui montre clairement pour qui les conservateurs travaillent.
Comme je l'ai dit, la date des Jeux olympiques et paralympiques approche. Nos athlètes savent comment représenter le Canada. Ils vont concourir pour le Canada. Ils vont se serrer les coudes, promouvoir la feuille d'érable et se battre pour notre pays. J'estime que nous constituons une grande équipe. Nous pouvons adopter une approche de type « Équipe Canada » ici. À ce stade-ci, il est plus important que jamais que nous soyons unis, que nous fournissions de bonnes idées à la Chambre, que nous tenions de solides débats et que nous travaillions ensemble pour mettre en place des mesures de soutien et des programmes importants dont les Canadiens, en particulier les plus vulnérables de notre société, pourront bénéficier.
Au cours des deux dernières années, les conservateurs ont beaucoup parlé des banques alimentaires. Écoutons maintenant Banques alimentaires Canada. Selon cet organisme, nous avons besoin d'une allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels. Ne détournons pas l'attention avec la motion d'aujourd'hui. Appuyons le projet de loi présenté à la Chambre par le et soutenons les Canadiens à faible revenu.
Allez, Canada!
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le cet après-midi.
Notre motion vise à faire adopter une loi sur la souveraineté pour redonner au Canada son statut de nation concurrentielle et respectée sur la scène internationale. Cette loi permettra au Canada de reprendre confiance en sa capacité à construire des pipelines, des projets et des ports nationaux, ainsi qu'à tout mettre en œuvre pour redonner aux Canadiens confiance en leur avenir.
On reproche souvent à l'opposition de ne pas proposer suffisamment de solutions. Nous voici pourtant devant la Chambre, et nous allons continuer de proposer aux Canadiens des solutions sensées après 10 années d'inaction des libéraux.
Nous voulons que les Canadiens aient la certitude que des possibilités s'offrent à eux, qu'un avenir meilleur les attend, eux et leurs enfants, et qu'ils peuvent retrouver leur fierté nationale. La loi sur la souveraineté est donc, fondamentalement, une proposition d'espoir pour les Canadiens, qui leur promet un avenir meilleur que le passé et la possibilité de faire évoluer notre pays dans une direction positive.
Je regrette de devoir dire que, selon moi, les Canadiens n'ont pas confiance en leur avenir à l'heure actuelle. En fait, de nombreux sondages d'opinion publique le confirment. Les Canadiens sont plus anxieux que jamais. Ils s'inquiètent de ce que l'avenir leur réserve, de l'origine de leur prochain chèque de paie, de la façon dont ils nourriront leur famille et même de la possibilité d'avoir encore un emploi demain. Beaucoup en viennent à croire que leurs enfants ne seront pas dans une meilleure situation qu'eux au même stade de leur vie.
On a aujourd'hui l'impression d'une nation divisée, où le gouvernement a laissé les divisions s'installer et s'amplifier: l'Ouest contre l'Est, les Canadiens croyants contre ceux qui ont des opinions différentes. À maintes reprises, ces divisions entre les régions et entre les Canadiens ont pris de l'ampleur. Bien sûr, il y a aussi notre voisin du sud, plus belliqueux.
Il me semble que ce sont là des échos de notre histoire. Mon collègue qui m'a précédé a reproché aux conservateurs de s'y référer, mais celle-ci est une source de fierté. Nous devrions en être fiers et nous en inspirer, tout comme des grands hommes et des grandes femmes qui nous ont précédés dans cette enceinte.
Il me semble qu'il y a des échos du passé dans la situation actuelle. En effet, à mon avis, les circonstances actuelles ne sont pas très différentes de celles auxquelles notre pays qui venait de naître a été confronté à la fin des années 1870 et dans les années 1880, lors des débats à la Chambre au sujet du grand projet national que constituait la construction Chemin de fer Canadien Pacifique.
Au cours des grands débats parlementaires de la fin de l'année 1880 et du début de l'année 1881, notre éminent père fondateur, John A. Macdonald, a déploré l'échec de la tentative précédente d'organiser la construction du chemin de fer. Dans son discours à la Chambre, il a souligné qu'entre la première et la deuxième tentative de bâtir le chemin de fer, « [l]a gauche [a joué], tour à tour, la tragédie, la comédie et la farce ». Selon moi, le parallèle avec cette époque-là est frappant. Nous aussi, nous avons un gouvernement libéral qui joue, tour à tour, la tragédie, la comédie et la farce.
Ce qui est tragique, actuellement, c'est que nous avons également perdu une décennie. Depuis 10 ans, le gouvernement n'a fait aucun progrès dans l'exploitation des grandes richesses du Canada. Pendant 10 ans, le gouvernement n'a accordé aucune priorité à la construction de quoi que ce soit. En fait, c'est tout le contraire. Le gouvernement se concentre sur des frivolités plutôt que sur les fondements de notre pays. Les préoccupations portent sur l'interdiction des pailles en plastique plutôt que sur la construction de notre avenir et sur le nombre d'options à offrir dans la section sur le genre d'un formulaire gouvernemental plutôt que sur ce que feront les Canadiens pour trouver leur prochain repas.
Ce qui relève de la comédie dans le contexte actuel, c'est que des députés ministériels qui pensaient d'une certaine façon et tenaient des propos différents l'année dernière ou l'année précédente clament aujourd'hui qu'ils ont des convictions totalement opposées. Pendant une dizaine d'années, on nous a dit que la taxe sur le carbone et les autres mesures environnementales libérales étaient le seul moyen de préserver l'avenir de nos enfants et de renverser le déclin écologique, mais, aujourd'hui, les libéraux ont renoncé à leurs propres propositions. Pendant une dizaine d'années, on nous a dit que le Canada était un pays génocidaire et raciste, dont l'histoire n'était pas digne d'être honorée, au point de réclamer la démolition des statues de notre grand père fondateur, John A. Macdonald. Aujourd'hui, le gouvernement brandit le drapeau canadien quand cela lui convient. L'hypocrisie de l'autre côté est la triste comédie à laquelle nous assistons aujourd'hui.
Puis, il y a la farce. La farce de notre époque, c'est que les nouveaux stratagèmes du gouvernement n'aboutiront à rien. Une nouvelle structure bureaucratique ne permettra pas de construire davantage de logements. Une nouvelle structure bureaucratique ne permettra pas de lancer de grands projets nationaux. Malgré ce qu'a déclaré le , le Bureau des grands projets n'a donné son accord définitif pour aucun projet. Les libéraux peuvent bien répandre de la mésinformation, mais chacun peut faire ses propres recherches sur Google.
De plus, nous vivons à une époque où le délai moyen pour réaliser un projet de construction, une mine par exemple, est de 19 ans. C'est la farce de notre époque, mais les conservateurs ont proposé une solution: une loi sur la souveraineté du Canada. Cette loi serait déterminante pour la souveraineté du Canada. Elle n'est pas compliquée. En fait, son élégance réside dans sa simplicité, qui consiste à écarter le gouvernement et à supprimer les obstacles qui freinent notre réussite nationale.
Je pense que John A. Macdonald savait, lui aussi, que c'est la voie à suivre. En effet, lorsqu'il a été question, dans le discours du Trône de 1880, de la manière de construire le chemin de fer qui s'appelait à l'époque le Pacifique Canadien, il a défendu sa proposition de faire réaliser ce projet « par une compagnie légalement constituée [...] et non point par le gouvernement lui-même ». Ce sont là de sages paroles tirées de notre histoire, et j'espère que le gouvernement aura à cœur de mettre en pratique la même idée, car, lorsque nous exportons davantage, bâtissons davantage et développons davantage notre pays, les revenus augmentent et la vie devient plus abordable pour les Canadiens. Une loi sur la souveraineté permettrait d'atteindre cet objectif.
Je vais maintenant dire quelques mots sur ce qu'un refus nous coûterait. Ne pas adopter les changements que nous avons proposés dans notre loi sur la souveraineté aurait un coût. Ne pas abroger la Loi sur l'évaluation d'impact, l'interdiction du transport de pétrole et le plafond des émissions signifierait qu'il risquerait de ne jamais y avoir de pipeline vers la côte Ouest. Ne pas supprimer la taxe sur le carbone imposera à nos industries un fardeau que leurs concurrents n'ont pas et les rendra non compétitives dans l'économie mondiale. Le maintien de l'obligation relative aux véhicules électriques obligera nos constructeurs d'automobiles à verser des millions de dollars à des entreprises étrangères sous forme de crédits.
Nous allons affaiblir nos constructeurs d'automobiles, enrichir les entreprises étrangères et accroître la richesse étrangère. En quoi cela renforce-t-il notre souveraineté?
Dans son grand discours de janvier 1881, John A. Macdonald a également mis en garde le pays contre ce qui lui en coûterait de ne pas réaliser complètement le grand projet national du Canada. Il a prévenu les gens que le Canada deviendrait « un faisceau dépourvu de liens et [que] nous tomberions sans force, sans pouvoir, sans but, entre les mains de la république voisine ».
Il ne nous en coûterait pas moins cher, de nos jours, de ne pas mener à bien nos projets, et c'est pourquoi les conservateurs ont proposé leurs solutions dans une loi sur la souveraineté du Canada. Elles ne sont pas compliquées. En fait, je ne pense pas que nous soyons en désaccord sur plusieurs d'entre elles, mais les propos des députés d'en face me portent à croire que les libéraux ne les prendront pas en considération. Ils doivent donc accepter le coût de cet échec, le coût pour notre prochaine génération.
Je réitère la conviction des conservateurs et leur offre de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir, renforcer et bâtir notre souveraineté, afin que notre pays soit à nouveau fier de son histoire et de ses grands projets nationaux, tout comme l'était John A. Macdonald en 1881.
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Monsieur le Président, notre pays devrait être le pays le plus autonome et abordable au monde parce que nous avons les plus grandes quantités de ressources par habitant au monde. Nous sommes le quatrième pays au monde pour ce qui est des réserves de pétrole. Nous sommes au cinquième rang en matière de gaz naturel. Nous avons les côtes océaniques les plus larges et les plus accessibles. Nous avons les plus grandes réserves d'uranium et d'autres ingrédients utilisés pour les engrais. Nous avons les plus grandes réserves d'eau potable. Nous devrions donc être le pays le plus riche, le plus autonome et le plus abordable.
Toutefois, où en sommes-nous? Aujourd'hui, le Canada a les pires prix en matière de logement parmi les pays du G7. Nous avons eu la pire croissance économique depuis 10 ans et le pire niveau d'investissement parmi les pays du G7. Nous avons maintenant la pire inflation alimentaire parmi les pays du G7. Un demi-billion de dollars d'investissements canadiens a quitté le Canada pour aller aux États‑Unis depuis 10 ans, un montant qui a augmenté depuis l'arrivée au pouvoir de ce .
Nous savons pourquoi ça ne fonctionne pas: notre pays est paralysé par la bureaucratie. Cette bureaucratie nous empêche d'avoir accès à nos propres ressources. Elle fait que ça prend 19 ans avant d'avoir l'approbation d'un projet minier. Elle a empêché la construction de deux grands pipelines vers nos côtes qui auraient permis d'exporter nos plus grandes ressources outre-mer. C'est une bureaucratie qui nous empêche de bâtir des usines de liquéfaction de gaz naturel.
Quelle est la solution? Selon le premier ministre, c'est de créer de la nouvelle bureaucratie. Depuis son arrivée au pouvoir, il n'a pas abrogé une seule loi anti-développement ni éliminé une seule bureaucratie anti-développement. Il n'a pas donné le feu vert à un seul pipeline. Ce qu'il a fait, c'est ajouter des nouvelles lois aux lois existantes, des nouvelles réglementations aux réglementations existantes et des nouvelles agences aux agences existantes. Si nous sommes d'accord que la bureaucratie nous empêche de bâtir au Canada, c'est sûr que davantage de bureaucratie ne peut pas être la solution. Au contraire, il faut que le gouvernement s'enlève du chemin pour permettre à notre pays de bâtir sa souveraineté économique.
C'est pour ça que nous proposons aujourd'hui la loi sur la souveraineté économique. La loi vise à éliminer les impôts sur les gains en capital pour ceux et celles qui réinvestissent au Canada afin d'attirer les 500 milliards de dollars en investissements qui sont allés aux États‑Unis. Cela va nous permettre de développer des technologies, de bâtir des mines, des usines et d'autres infrastructures économiques. Éliminons les lois anti-développement comme les projets de loi et afin de pouvoir exporter notre énergie outre-mer et de pouvoir approuver un pipeline vers le Pacifique maintenant plutôt que dans deux ans. Il faut aussi immédiatement adopter des lois qui empêcheraient la vente de nos technologies outre-mer et aux autres pays. Finalement, il faut donner une prime aux provinces pour chaque obstacle de commerce interprovincial qu'elles enlèvent pour accélérer un vrai libre-échange pancanadien. Le a donné l'illusion qu'il entreprenait des actions: des cérémonies de signatures, des séances de photos et de grands discours. Nous n'avons pas besoin de discours. En fait, nous n'avons besoin de rien de sa part, sinon qu'il se tasse du chemin.
Nous proposons cette motion de bonne foi en faisant preuve de patriotisme pour permettre la libération de nos entrepreneurs, investisseurs et travailleurs, pour ramener la production et les chèques de paie ici au Canada et nous permettre d'être vraiment maîtres chez nous. En adoptant la loi sur la souveraineté, nous allons devenir maîtres chez nous et nous allons contrôler notre destin.
[Traduction]
Le Canada devrait être le pays le plus autonome et où le coût de la vie est le moins élevé au monde. Nous avons le plus long littoral océanique. Nous sommes au premier rang pour l'uranium et la potasse. Nous sommes au quatrième rang pour le pétrole. Nous sommes au sixième rang pour la production de gaz naturel. Nous avons les plus grandes réserves d'eau douce. Nous sommes au sixième rang pour la superficie de terres agricoles par habitant, mais pourtant, nous ne parvenons pas à nous nourrir, à nous approvisionner en carburant ou à nous défendre.
Vivre au Canada devrait être très bon marché, car nous disposons de beaucoup de terres pour construire des maisons, extraire des ressources et cultiver des aliments. Pourtant, nous sommes l'un des pays où l'énergie, l'immobilier et les denrées alimentaires sont les plus chers. En fait, l'inflation des prix des aliments est aujourd'hui la plus élevée des pays du G7, alors que le promet depuis un an de faire baisser les prix. Nous avons 2,2 millions de personnes qui font la queue devant les banques alimentaires. Nous avons l'immobilier le plus cher du G7. Le coût de notre approvisionnement en énergie monte en flèche et nous sommes incapables d'extraire nos propres ressources du sol et de les acheminer vers les marchés.
Pire encore, l'économie du Canada est devenue encore plus dépendante au cours de la dernière décennie. Un demi-billion de dollars d'investissements nets ont fui vers les États‑Unis d'Amérique. Sous le gouvernement libéral, le Canada a connu la pire croissance économique parmi les pays du G7. Les chiffres de l'investissement au Canada sont désastreux. En fait, en devise américaine, le Canada attire 15 000 $ d'investissements par travailleur, tandis que les États‑Unis en attirent 28 000 $. Cela nous a rendus plus pauvres, plus faibles et plus dépendants des autres pays.
Nous comprenons tous le problème. L'économie du Canada est paralysée par les coûts élevés et la lenteur d'un appareil bureaucratique colossal. Tout le monde convient que les délais de délivrance des permis sont trop longs. Nous savons que cet appareil bureaucratique est le seul obstacle qui se dresse devant nous, parce que des billions de dollars d'investissements dans des fonds de pension sont en attente ou sont investis à l'étranger, des dizaines de milliers de travailleurs de la construction sont prêts à se mettre au travail, et nous avons la plus grande quantité de ressources par habitant au monde. Les seuls obstacles sont les permis fédéraux. Comme il s'agit de projets interprovinciaux, ils ne nécessitent que des permis fédéraux.
La solution du au problème de l'excès de formalités administratives est de créer encore plus de formalités. Il y a trop d'organismes qui bloquent l'exploitation des ressources, et voilà qu'il crée un nouvel organisme qui vient s'ajouter aux autres. Nous avons trop de lois qui font obstacle à une exploitation sûre et responsable des ressources, et voilà qu'il crée encore plus de lois. Il confond le problème avec la solution. Nous n'avons pas besoin de plus de cérémonies de signature, de plus de sommets, de plus de lois, de plus d'organismes, de plus de mots à la mode ou de plus d'abracadabras. Ce dont nous avons besoin de la part du premier ministre, c'est d'une chose: qu'il s'enlève du chemin et qu'il accorde un permis. Le pouvoir unique de construire des pipelines interprovinciaux est un pouvoir fédéral en vertu de la Constitution, et ce pouvoir légal appartient au , en vertu du projet de loi . Il suffit qu'il s'écarte du chemin et qu'il accorde les permis voulus pour la réalisation des projets.
Nous proposons une loi sur la souveraineté du Canada, qui nous rendrait forts et autonomes et qui nous permettrait de nous débrouiller seuls. Elle abrogerait les lois anti-énergie, les projets de loi et , afin que nous puissions expédier des produits énergétiques à partir de nos côtes. Elle nous permettrait d'approuver rapidement la construction d'un oléoduc vers le Pacifique afin d'acheminer l'équivalent de 30 milliards de dollars de pétrole vers les marchés étrangers, soit davantage que le total des exportations vers la Chine en une année entière. Elle mettrait fin à l'imposition des gains en capital réinvestis au Canada, ce qui entraînerait un boum économique et ramènerait un demi-billion de dollars d'investissements. Elle obligerait la mise en place d'incitatifs et d'autres règles pour garder au Canada les nouvelles technologies que nous inventons ici. Elle créerait des primes pour les provinces lorsqu'elles ouvrent leurs marchés au reste du Canada.
C'est un plan réel et sérieux pour faire du Canada le pays le plus abordable et le plus autonome au monde, un pays assez fort pour se débrouiller seul et assez souverain pour ne jamais avoir à s'incliner devant un autre pays. Nous demandons à tous les parlementaires de se rallier à cette mission parce que notre pays mérite d'être défendu.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
C'est formidable d'être de retour au Parlement. Je pense qu'il est important de commencer par faire le point sur la situation actuelle, car beaucoup de choses ont changé depuis notre dernière séance en décembre, où nous débattions d'une autre motion de l'opposition, celle-là portant sur le protocole d'entente entre le Canada et l'Alberta. Depuis, le a prononcé un discours historique, que le a qualifié à juste titre de bien écrit et éloquent. J'irais même un peu plus loin en disant qu'il nous a rappelé de manière saisissante la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Dans ce nouveau monde incertain, rester immobile nous rend vulnérables. Malheureusement, je pense que la motion conservatrice proposée aujourd'hui équivaut à rester immobile. Le monde a changé, et cette motion est nostalgique d'une époque révolue. Comme l'a dit le dans son discours: « la nostalgie n'est pas une stratégie ».
Cependant, malgré ces critiques à l'égard de la motion, il est important de reconnaître la nouvelle volonté du de travailler avec le gouvernement au nom de tous les Canadiens. C'est vraiment important. Cela exigera des conservateurs qu'ils travaillent de manière constructive, qu'ils cessent de faire obstruction aux projets de loi sur la criminalité, qu'ils adoptent la loi d'exécution du budget et qu'ils collaborent pour laisser plus d'argent dans les poches des Canadiens.
Je tiens à souligner que la motion comprend en réalité des choses que nous avons déjà faites, comme créer les conditions nécessaires pour que le plafonnement des émissions n'aille pas de l'avant. Ne serait-ce que pour cette raison, je crois que la motion des conservateurs révèle un chef qui se répète sans cesse au lieu de proposer des idées mûrement réfléchies, et qu'elle ne répond pas aux attentes des Canadiens envers leurs dirigeants politiques en cette période cruciale pour notre pays. Au bout du compte, c'est une façon de détourner l'attention du véritable travail nécessaire pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, faire croître notre économie, renforcer notre souveraineté, diversifier les échanges commerciaux et faire du Canada une superpuissance énergétique. La motion semble s'adresser à un public en particulier, et il sera à Calgary cette fin de semaine.
C'est pourquoi, aujourd'hui, le Canada met en œuvre son programme le plus ambitieux en matière de commerce et d'investissement depuis une génération. Nous avons fixé une cible audacieuse de 1 billion de dollars en nouveaux investissements au cours des cinq prochaines années afin que nous puissions bâtir l'économie la plus forte du G7. Ce n'est pas seulement une vision optimiste. Il s'agit de redéfinir de manière fondamentale les ambitions économiques du Canada.
En créant le Bureau des grands projets, nous ouvrons la voie et créons les attentes nécessaires pour mobiliser des milliards de dollars de capitaux pour des projets d'intérêt national. Les entreprises nous disent déjà qu'il s'agit d'un signal positif pour les capitaux mondiaux. Les deux premières séries d'initiatives transmises au bureau représentent déjà plus de 116 milliards de dollars d'investissements combinés, ce qui témoigne d'une véritable lancée en matière d'emplois, de productivité et de capacité économique. Cette stratégie d'investissement sans précédent est renforcée par plus de 280 milliards de dollars de financement et d'incitatifs gouvernementaux au cours des cinq prochaines années et est conçue pour susciter une participation encore plus importante du secteur privé. C'est ainsi que nous transformons l'ambition en projets concrets, que nous procurons de bons chèques de paie aux gens et que nous favorisons la prospérité à long terme des Canadiens de toutes les régions du pays.
Ce travail ne se fait pas en vase clos, ce qui est crucial. Il se fait en partenariat avec les provinces, les communautés autochtones, les travailleurs et l'industrie, car les véritables projets d'intérêt national au Canada ont toujours reposé sur la collaboration plutôt que sur la confrontation. Lorsque nous parlons des années Harper, nous nous souvenons à quel point ils ont essuyé des échecs dans une série de contestations judiciaires et de projets dysfonctionnels.
C'est là que la motion des conservateurs rate fondamentalement la cible. La motion dont nous sommes saisis est présentée comme un geste audacieux de souveraineté, mais, en y regardant de plus près, on constate qu'il ne s'agit pas d'un plan de construction, mais d'un plan de démolition. La motion propose d'abroger plutôt que de résoudre, et contient des slogans plutôt que des stratégies ainsi que de la nostalgie plutôt que des réponses. L'abrogation des lois ne permet pas, à elle seule, de réaliser un seul projet. L'élimination des cadres ne permet pas, à elle seule, de débloquer un seul dollar d'investissement. Se quereller avec les provinces, les partenaires autochtones et les alliés commerciaux ne rend pas le Canada plus fort. Ça l'affaiblit.
Les Canadiens ont appris cette leçon à leurs dépens. Ils savent qu'adopter des projets à toute vapeur, sans consultation adéquate, mène inévitablement à des contestations judiciaires, à des retards et à des annulations. Ils savent que l'incertitude fait fuir les capitaux. Ils savent qu'on ne peut pas atteindre la souveraineté économique en prétendant que l'économie mondiale n'existe plus. La véritable souveraineté repose sur la capacité de bâtir et la crédibilité nécessaire pour attirer des investissements. Elle exige des règles stables, des processus prévisibles et un gouvernement qui rassemble les gens au lieu de les dresser les uns contre les autres.
C'est exactement ce que fait le gouvernement: il rassemble les gens. Grâce au Bureau des grands projets, à une réglementation efficace qui ne sacrifie pas la responsabilité environnementale, à la diversification du commerce et à des investissements sans précédent dans l'énergie propre, les minéraux critiques et les chaînes d'approvisionnement canadiennes, nous renforçons l'indépendance économique du Canada de manière durable.
Les conservateurs, en revanche, utilisent une vieille tactique sous le couvert de l'urgence. Ils présentent une longue liste de choses à éliminer, comme si la complexité était le problème. Ils réduisent la stratégie économique à une liste de griefs. Ils demandent aux Canadiens de croire que, si le gouvernement se tasse du chemin, la prospérité arrivera d'elle-même comme par magie. Heureusement, les Canadiens n'ont pas le regard tourné vers le passé et la pensée magique ne les intéresse pas. Ils veulent du sérieux. Ils veulent des dirigeants qui comprennent les risques apportés par l'instabilité mondiale, les changements climatiques et l'évolution des relations commerciales, et qui sont prêts à les affronter de front.
La motion est loin de répondre à ces critères. Elle ne traite pas de la façon dont nous réalisons concrètement les projets au Canada. Elle n'explique pas comment concilier les compétences provinciales, les droits des Autochtones et la sécurité des investisseurs, et elle ne reconnaît pas que le monde a changé et que le Canada doit s'adapter à ces changements. Dans un moment aussi crucial, les slogans ne suffisent tout simplement pas.
Le gouvernement choisit la voie la plus difficile, mais la bonne, celle qui consiste à faire le travail, à établir un consensus et à mobiliser des capitaux à une échelle que le Canada n'a pas connue depuis des générations. C'est une voie axée sur les résultats, et non sur l'indignation. C'est une voie qui est axée sur l'édification de la nation, pas sur du théâtre politique. C'est pour ces raisons que nous n'appuierons pas la motion et que nous continuerons à travailler jour après jour, projet après projet, pour bâtir un Canada plus fort, plus souverain et plus prospère à long terme.
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Monsieur le Président, je prends la parole pour parler de la motion de l'opposition dont nous sommes saisis. J'ai passé du temps à écouter les débats et je ne peux m'empêcher de me demander à qui s'adresse réellement cette motion.
Je crois que le a vraiment mis le doigt sur le problème il y a quelques instants lorsqu'il a déclaré que la motion s'adressait aux personnes qui se réuniront à Calgary en fin de semaine. C'est probablement la meilleure réponse à cette question parmi celles que j'ai entendues aujourd'hui.
En réalité, lorsque j'examine la motion, je me dis qu'elle reprend littéralement tout le programme électoral du Parti conservateur d'avril dernier, qui a été rejeté. Les Canadiens ont dit: « Non, ce programme ne nous intéresse pas. C'est autre chose qui nous intéresse. C'est ce que proposent les libéraux. » Voilà ce qui s'est produit et ce qui nous a amenés là où nous en sommes. Nous avons formé le gouvernement pour réaliser notre programme. Les conservateurs n'ont pas formé le gouvernement et n'ont pas à réaliser leur programme, dont la motion d'aujourd'hui est essentiellement le reflet.
L'explication du secrétaire parlementaire est probablement la meilleure: la motion est destinée à un auditoire qui sera rassemblé à Calgary en fin de semaine, lorsque les membres du Parti conservateur auront l'occasion de se prononcer sur le maintien du actuel dans ses fonctions.
J'ai trouvé cela très intéressant. Le a pris la parole il y a quelques instants, et j'ai eu l'occasion de lui poser une question par la suite. Je me suis levé, et je suis certain que si les députés revoyaient l'enregistrement, ils verraient que je lui offrais une occasion. J'ai dit très clairement au chef de l'opposition que la motion correspondait essentiellement au programme électoral des conservateurs, que les Canadiens avaient rejeté en avril dernier. Je lui ai demandé pourquoi les conservateurs présentaient cette motion et, surtout, s'il pouvait nous dire ce qu'il avait appris depuis et comment il comptait changer sa façon de faire.
C'était l'occasion pour le de donner une réponse sincère et réfléchie. Il aurait pu répondre pour pouvoir utiliser l'extrait, sans ma question. Il aurait pu regarder la caméra et parler aux Canadiens de ce qu'il avait appris de cette expérience, qui l'avait vu passer d'une avance de 25 points dans les sondages à une défaite cuisante face à l'actuel . Il aurait pu profiter de l'occasion pour faire une introspection, dire qu'il avait beaucoup appris et parler de ce qu'il allait commencer à faire différemment.
A-t-il saisi cette occasion pour montrer qu'il avait réfléchi et pour dire sincèrement aux Canadiens en quoi il sera différent? Non, il ne l'a pas fait. Il semble même en avoir rajouté. Il a profité de cette occasion pour me lancer une pointe partisane en disant, essentiellement, que c'est là-dessus qu'il avait fait campagne pour les dernières élections, qu'il y croit toujours et qu'il continuera de dire aux membres du Parti conservateur qu'ils devraient poursuivre cet objectif.
Si j'étais un conservateur en règle et que je me rendais à...
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Mark Gerretsen: Je sais. Je le reconnais. J'ai eu de la difficulté ne serait-ce qu'à prononcer ces mots.
Bref, monsieur le Président, si je comptais parmi les membres du Parti conservateur qui se réuniront en fin de semaine pour porter un jugement sur le , je réfléchirais sérieusement à tout cela en me posant les questions que voici: « Qu'a-t-il appris? A-t-il appris quoi que ce soit? Changera-t-il? Fera-t-il quelque chose autrement qu'auparavant? » Je lui ai donné l'occasion de proposer une réponse limpide à ces questions, mais il n'a pas mentionné une seule chose qu'il ferait peut-être différemment.
Cela nous ramène au thème de mon intervention, à ce que j'ai dit au début comme je l'ai dit plusieurs fois à la Chambre, à propos de l'opposition. Les conservateurs ne comprennent tout simplement pas ce qu'ils sont censés faire ici. L'opposition officielle de Sa Majesté a un rôle à jouer, et ce rôle consiste à inciter le gouvernement à faire mieux et à l'encourager à améliorer ses politiques. Il ne s'agit pas simplement de tout bloquer et d'empêcher systématiquement, à chaque fois, toute avancée. Malheureusement, c'est ce dont nous sommes encore témoins.
C'est l'occasion pour les Canadiens, en particulier, de prendre du recul, de réfléchir à la situation et de se demander où va le Parti conservateur du Canada et ce qu'il est.
Tout à l'heure, le député de a parlé de sir John A. Macdonald. Je lui rappellerai que, lorsque Sir John A. Macdonald siégeait à la Chambre, il était libéral-conservateur. C'était un parti politique complètement différent. Il n'a rien à voir avec ce parti, et je pense pouvoir affirmer sans trop m'avancer que même Sir John A. Macdonald était plus progressiste que le parti nouvellement réformé qui existe aujourd'hui.
Mais, ce qui est encore plus important, c'est que le député de a mentionné que le conseil municipal avait décidé de retirer la statue de Sir John A. Macdonald du City Park de Kingston. Je voudrais poser une question au député, puisqu'il en a parlé aujourd'hui. Sait-il que non seulement 12 des 13 conseillers municipaux ont voté pour le retrait de la statue, mais aussi, et surtout, que le candidat conservateur qui s'est présenté contre moi lors des dernières élections, le maire de la ville, le candidat conservateur de Kingston et les Îles, a voté pour le retrait de la statue? S'il avait été élu, il serait assis à côté du député en ce moment.
Bien entendu, les citoyens de Kingston et les Îles ont eu la sagesse de ne pas envoyer un conservateur ici. La dernière fois qu'ils l'ont fait, c'était en 1984, lorsqu'ils ont envoyé Flora MacDonald, une conservatrice véritablement progressiste. Quoi qu'il en soit, je m'éloigne du sujet. La réalité, c'est que le Parti conservateur actuel n'est pas le Parti conservateur de sir John A. Macdonald, et ce n'est certainement pas le Parti conservateur de Flora MacDonald ou des autres conservateurs de son époque.
Une chose est certaine, j'ai été très amusé par la question que l'un des députés conservateurs a posée au il y a quelques instants. Revenons à l'époque de Stephen Harper. Le député a dit que c'était le 20e anniversaire de Stephen Harper et que c'était quelqu'un de vraiment formidable. Pourtant, lorsque nous essayons d'évoquer Stephen Harper à la Chambre, on nous le reproche toujours. On nous demande pourquoi nous en parlons alors que cela remonte à si longtemps et pourquoi nous vivons dans le passé.
Je terminerai par ceci: en réalité, cette motion s'inscrit tout à fait dans la lignée de tout ce que font les conservateurs, tout ce à quoi je me suis habitué au cours de mes plus de 10 années à la Chambre, c'est-à-dire du théâtre. La motion vise à susciter des dons. Elle a pour objectif de conforter le , soi-disant, dans sa position alors qu'il se prépare à faire face au jugement des participants au congrès, en fin de semaine. Ce n'est rien d'autre que du théâtre. J'encourage vivement les conservateurs à venir ici avec quelque chose d'utile, à proposer des solutions et des idées qui sont véritablement susceptibles de changer la vie des Canadiens.
J'ai entendu l'intervention du député d', tout à l'heure. Il tentait de répondre à des questions en demandant ce que nous faisons et ce que nous proposons. Or, les conservateurs n'offrent aucune solution; ils ne font que critiquer. Le député a commencé à dire que les députés de ce côté-ci de la Chambre ne se concentrent pas sur les questions d'actualité et qu'ils ne vivent pas dans la réalité. J'ai ensuite dû l'écouter parler pendant 10 minutes de sir John A. Macdonald.
Il est temps que les conservateurs prennent conscience de leur rôle à la Chambre pour enfin commencer à faire des choses utiles pour les Canadiens au lieu de se contenter de remplir leurs coffres à coups d'extraits vidéo réalisés à la Chambre en se préparant au congrès qui aura lieu en fin de semaine.
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Monsieur le Président, je remercie les pages de leur excellent travail pour nous garder sur le droit chemin.
Avant de commencer, je souhaite mentionner que je partagerai mon temps de parole avec le merveilleux et estimé député de , dont la circonscription a changé de nom. Je suis certain que son discours sera absolument impeccable.
Il est important que nous soyons ici aujourd'hui pour discuter des domaines dans lesquels le gouvernement pourrait collaborer et coopérer avec les députés de la loyale opposition de Sa Majesté. Les conservateurs ont présenté une liste de ce que j'appellerais des souhaits, et les libéraux bénéficieraient de leur appui sur ces points. Cependant, je voudrais également mentionner que l'objectif est de créer au Canada un environnement dans lequel nous pourrions produire plus de choses plus vite. Lorsque les Canadiens produisent plus de choses, nous pouvons leur distribuer des chèques de paie plus élevés, ce qui augmente le niveau de vie.
Comme les députés le savent, le niveau de vie est en baisse. En fait, si on le mesure en fonction du PIB par habitant, le niveau de vie aujourd'hui est pire qu'il ne l'était en 2019, alors les conservateurs sont prêts à collaborer avec le gouvernement. Nous proposons des moyens d'y parvenir, mais, de façon générale, nous proposons de réduire considérablement le nombre de systèmes de réglementation et de réformer les autres afin de stimuler le développement.
Nous recommandons de réduire les taxes et les impôts sur les investissements lorsque les entreprises et les particuliers réinvestissent des recettes au Canada. Je vais donner un exemple. Si un particulier vend un immeuble ou un bien dans lequel il a investi et qu'il réinvestit les produits de sa vente au Canada, à l'intérieur de nos frontières ou dans une entreprise canadienne, nous proposons au gouvernement soit de reporter l'impôt sur les gains en capital, soit de l'éliminer complètement. Cette mesure aurait certainement pour effet immédiat de stimuler les investissements au Canada.
Nous devrions récompenser les provinces qui éliminent les barrières commerciales entre elles. Je me souviens que le gouvernement avait déclaré, comme tout le monde le sait, qu'il instaurerait le libre-échange au Canada d'ici la fête du Canada. La fête du Canada est passée depuis longtemps, et il n'y a toujours pas de libre-échange au pays. Les provinces ne prendront vraisemblablement la bonne décision que si on leur offre des incitatifs financiers. Ainsi, le gouvernement fédéral doit leur en offrir en leur disant essentiellement que, si elles éliminent leurs barrières commerciales, il leur fournira une part des recettes provenant de l'augmentation de l'activité commerciale sous la forme de transferts plus importants.
Enfin, les conservateurs, et même les comités parlementaires des législatures précédentes, recommandent depuis longtemps que la propriété intellectuelle créée au Canada et financée par les contribuables canadiens reste au Canada. Nous encourageons le gouvernement, par l'intermédiaire de la , à trouver des moyens d'y parvenir, mais voici un exemple simple, concernant les crédits pour la recherche et le développement scientifiques. Lorsqu'une entreprise qui a bénéficié de cet avantage fiscal et qui a obtenu des déductions fiscales très généreuses pour avoir investi dans la recherche et le développement scientifiques devient titulaire de droits de propriété intellectuelle canadienne grâce à des subventions payées par les contribuables, et que cette entreprise ou cette propriété intellectuelle est vendue à des étrangers, pourquoi ne pas demander ou exiger de cette entreprise qu'elle rembourse au gouvernement fédéral et aux contribuables l'argent qu'elle a reçu ou les subventions dont elle a bénéficié lorsqu'elle a mis au point cette propriété intellectuelle?
Si la propriété intellectuelle reste au Canada, l'entreprise n'aurait rien à rembourser, mais, si elle quitte le pays, nous devons exiger le remboursement de la subvention. C'est tout simplement la chose la plus appropriée à faire. En fait, certains pays obligent ces entreprises à rembourser un multiple de la subvention qu'elles ont reçue lorsque cette propriété intellectuelle est transférée à l'étranger. Nous appuierions la si elle allait dans cette direction.
Le a déclaré au monde entier et à notre pays qu'il s'était lancé dans un programme ambitieux, mais il doit commencer à obtenir des résultats concrets. Signer quelques accords et conclure des ententes pour s'entendre, ce n'est pas lancer des travaux.
En réalité, le Bureau des grands projets du , que les libéraux présenteront comme une réalisation importante, n'est qu'une couche supplémentaire de bureaucratie dans un système réglementaire déjà ingérable. Le fait que le gouvernement doive se doter d'un nouveau système pour accélérer les projets revient à admettre que le système réglementaire actuel ne fonctionne pas. De plus, 90 % des projets qui ont été répertoriés ou soumis au Bureau des grands projets sont déjà en voie d'achèvement. Ce ne sont pas des projets totalement nouveaux.
Nous avons besoin de nouveaux projets et investissements nets dans le secteur des ressources naturelles pour commercialiser nos ressources. Nous devons soutenir le monde des affaires pour y parvenir, mais pas en obligeant tout le monde à venir, humblement, supplier le gouvernement d'être inscrit sur la liste des grands projets. Si les 10 dernières années nous ont appris quelque chose, c'est que pour les ministres libéraux, ou ceux qu'ils nomment pour choisir leurs favoris, la tentation est trop grande et ils finissent souvent par offrir des faveurs à leurs amis. Nous ne devons pas donner ce pouvoir supplémentaire aux ministres. Nous devons permettre au système de mieux fonctionner en le réformant en profondeur et en supprimant les obstacles gouvernementaux, et non en en rajoutant.
Cela m'amène à l'un des autres domaines dans lesquels nous avons recommandé la collaboration avec le gouvernement, à savoir l'obligation relative aux véhicules électriques. Les députés savent-ils pourquoi le PCC, le Parti communiste chinois, souhaite ardemment qu'on autorise la vente des véhicules chinois au Canada? C'est une question d'argent. Il y a peut-être d'autres enjeux, mais le profit moyen sur une voiture est d'environ 3 000 à 5 000 $. Pour chaque véhicule électrique vendu par une entreprise chinoise au Canada, un constructeur automobile canadien pourra acheter des crédits de l'ordre de 20 000 $ auprès de cette entreprise chinoise.
Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que 980 millions de dollars passeront des constructeurs automobiles canadiens, qui sont installés ici et qui fabriquent des produits ici, à un constructeur automobile chinois. Cela représente déjà quatre fois la marge bénéficiaire sur cette voiture. Le Parti communiste chinois souhaite accéder au marché canadien à cause de la réglementation qui a été mise en place par le gouvernement, ce qui n'a absolument aucun sens. C'est pour cette raison que nous serions disposés à collaborer avec le gouvernement.
Le souffre également d'un certain déficit de crédibilité. Il était favorable à l'augmentation des taxes sur le carbone, puis il y a renoncé. Il était opposé aux pipelines, et maintenant il pourrait y être favorable. Il a déclaré qu'il dépenserait moins et investirait davantage, mais ses déficits sont plus importants que ceux de l'ancien premier ministre Justin Trudeau. Il a déclaré qu'il établirait un partenariat de sécurité et de défense plus étroit avec les États‑Unis, et maintenant il dit que nous avons besoin d'un nouvel ordre mondial. Le a dit que, lorsque les pays de taille moyenne négocient bilatéralement avec des puissances plus importantes, leur situation se détériore. Il a tenu ces propos quelques jours seulement après avoir signé un accord bilatéral avec le Parti communiste chinois. Il a dit que la Chine était la plus grande menace pour la sécurité du Canada, mais il vient de signer un accord avec ce pays.
Le plus préoccupant, c'est peut-être que la députée de , après qu'elle a voté en faveur du budget et que le protocole d'entente avec le gouvernement de l'Alberta a été conclu, a déclaré que le l'avait intentionnellement induite en erreur lors de ces négociations. Nous devons prendre très au sérieux ces accusations de la députée de Saanich—Gulf Islands. Elle s'est forgé une excellente réputation à la Chambre. Lorsqu'elle dit avoir été induite en erreur par le premier ministre, je pense que celui-ci perd en crédibilité.
Ce sont là les occasions que nous offrons au gouvernement. Nous collaborerons avec le gouvernement du en cette période difficile afin de l'aider à remporter quelques victoires. J'espère que les libéraux tiendront compte de ces observations, et je les invite à poser leurs questions.
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Monsieur le Président, comme toujours, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre.
Au cours de la dernière année, le Canada a été soumis à des mesures économiques injustes, hostiles, voire imprévisibles, de la part de l'administration actuelle des États‑Unis. La plupart des Canadiens sont animés par la même détermination à s'opposer à ces mesures. Beaucoup diraient même qu'il s'agit d'intimidation. Cependant, ce que bon nombre de gens commencent à comprendre, c'est que, pour que le Canada puisse se défendre, notre économie doit pouvoir se débrouiller seule.
Face à ces défis, le gouvernement libéral, comme par hasard, voue soudainement un nouveau respect à la croissance économique, à l'exploitation des ressources, à la réduction du fardeau fiscal, voire à l'efficacité de l'appareil gouvernemental, même si, après avoir exprimé le désir de rendre le Canada plus fort, son bilan est clair. Au cours des 10 dernières années, nous avons connu la plus faible croissance du PIB par habitant de tous les pays du G7; en fait, elle est presque nulle. Nous avons le pire bilan économique depuis la Grande Dépression. Pendant la première année du mandat du , la situation ne s'est pas améliorée. En fait, elle a empiré.
Le gouvernement libéral a toutefois l'occasion de joindre le geste à la parole, de prendre des mesures qui favorisent la croissance économique, l'efficacité gouvernementale et le commerce international et de s'éloigner de la spirale de la mort socialiste des libéraux, qui commence toujours de la même manière: ils doivent prendre plus de mesures fiscales pour donner plus de choses. Le problème, c'est que plus ils prennent des mesures fiscales, plus ils appauvrissent les citoyens. Dollar pour dollar, les citoyens s'appauvrissent de plus en plus, ce qui augmente le besoin de programmes sociaux, ce qui augmente la dette, ce qui augmente le fardeau fiscal, ce qui perpétue le cycle, et ainsi de suite. Puis un beau jour, on se retrouve avec plus de pauvreté et plus de pauvreté socialiste comme on en voit dans des pays comme le Venezuela, l'Union soviétique et Cuba.
Le gouvernement va-t-il enfin tracer une ligne dans le sable, ne pas aller plus loin et reconnaître que les politiques des 10 dernières années sont un échec? Le gouvernement actuel, et c'est tout à son honneur, a rejeté de nombreuses politiques de l'ère Trudeau. En fait, je suis parfois abasourdi quand j'entends les libéraux se vanter d'avoir éliminé la taxe sur le carbone, alors que de nombreux députés de ce côté-ci de la Chambre, moi y compris, s'époumonent depuis plus d'une décennie à répéter que la taxe sur le carbone n'est pas la bonne solution. Étrangement, les libéraux s'attribuent aujourd'hui le mérite d'avoir éliminé la taxe sur le carbone en plus du mérite de tous les bénéfices qu'elle a générés. Le gouvernement va-t-il enfin faire un pas dans la bonne direction pour s'éloigner du socialisme et se tourner vers la prospérité? Est-ce que l'ancien tsar du climat de l'ONU va vraiment construire un pipeline? Je me permets d'en douter.
En tant que ministre du cabinet fantôme pour les affaires intergouvernementales, l'unité de l'économie canadienne et le commerce interprovincial, mon discours portera sur le commerce interprovincial et certaines promesses des libéraux. Michael Jordan, le célèbre joueur de basket-ball, a dit un jour: « Certaines personnes veulent que cela se produise, certains souhaitent que cela se produise, d'autres le font. » Les conservateurs sont ceux qui passent à l'action tandis que, au mieux, les députés d'en face souhaitent et rêvent d'en faire autant.
De très nombreuses personnes sont favorables à l'élimination des obstacles au commerce interprovincial. En fait, presque tous les économistes et presque tous les experts se sont exprimés sur l'importance de supprimer les obstacles au commerce interprovincial et sur les avantages que ce changement aurait pour l'économie. Cependant, très peu de dirigeants ont fait preuve de la volonté et de la détermination nécessaires pour y parvenir. Les estimations des avantages du commerce interprovincial et de l'élimination des obstacles dans ce domaine varient. Les experts avancent des chiffres allant de dizaines de milliards de dollars à des centaines de milliards de dollars, mais au fond, tout le monde s'accorde pour dire que cette approche serait bénéfique et qu'il est tout simplement logique d'éliminer ces obstacles.
À titre d'exemple, voici quelques éléments qui n'ont tout simplement pas de sens. Pourquoi l'agrément d'un infirmier du Manitoba devrait-il être différent de celui d'un confrère de la Nouvelle‑Écosse? On peut supposer que le corps humain est le même en Nouvelle‑Écosse et au Manitoba. Pourquoi la bière produite à l'Île‑du‑Prince‑Édouard ne serait-elle pas disponible en Ontario? Si elle est délicieuse sur la côte Est, elle le sera aussi ici, en Ontario. Pourquoi un chantier de construction au Manitoba devrait-il avoir un type de toilettes portatives différent de celui d'un chantier de construction en Ontario? Ces choses n'ont aucun sens, et nous sommes tous d'accord là-dessus. Encore une fois, le défi ne consiste pas à souhaiter ce changement et à en rêver, mais à le concrétiser.
Le gouvernement libéral a fait une promesse audacieuse. Il a promis d'éliminer tous les obstacles au commerce interprovincial avant la fête du Canada. La fête du Canada est derrière nous. Nous ne sommes plus dans la chaleur du mois de juillet. Ceux qui ont mis le nez dehors le savent, il fait froid. On a largement dépassé le mois de juillet, mais la grande majorité des obstacles au commerce interprovincial sont encore en place. De nombreux ministres et députés d'en face ont promis des centaines de milliards de dollars. J'ai posé la question à des fonctionnaires, et ils n'ont pas été en mesure de cerner un seul dollar provenant du retrait des obstacles au commerce interprovincial. Ces milliards de dollars qui devaient contribuer à faire croître l'économie canadienne, à créer des emplois et à renforcer notre souveraineté ne sont nulle part.
En toute justice, le gouvernement a fait quelques petits pas, avec l'aide des députés conservateurs, vers l'élimination des obstacles fédéraux au commerce intérieur grâce au projet de loi , mais ce n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan. La plupart des obstacles au commerce relèvent des provinces et, par conséquent, nécessitent des changements législatifs dans les provinces. Malgré les nombreux discours éloquents et toutes les séances de photos avec les premiers ministres provinciaux, le gouvernement libéral n'a pas réussi à éliminer ces obstacles.
Si le leadership laisse certainement à désirer, le cœur du problème réside également dans le cadre qui est en place. La réalité, c'est que certains obstacles au commerce interprovincial existent simplement en raison de la répartition des pouvoirs prévue dans la Constitution. C'est ainsi que le système a évolué, mais dans de nombreux cas, ces obstacles au commerce interprovincial ont été mis en place précisément dans l'intention de protéger les industries et les économies locales et provinciales contre les grandes sociétés nationales ou d'autres facteurs susceptibles de les perturber.
Ne pas reconnaître cette réalité, c'est demander aux provinces d'agir contre leurs intérêts. Les conservateurs s'engagent à offrir des avantages financiers et des incitatifs, et c'est ce qu'une loi sur la souveraineté du Canada nous permettrait de faire. Ainsi, au lieu de punir les provinces qui prennent de bonnes mesures — ce que fait le cadre actuel, nuisant ainsi à l'industrie des provinces au profit de la cause nationale pour que le Canada soit plus souverain et plus autonome —, nous leur offririons un avantage financier qui les aiderait plutôt que de leur nuire.
Nous devons nous tourner vers l'avenir et éliminer ces obstacles d'un océan à l'autre, tout en veillant à ce que cela se fasse d'une façon qui aide l'ensemble de notre économie. La réalité, c'est qu'au cours des 10 dernières années, l'économie du pays a été affaiblie par des politiques socialistes qui ont ramené le PIB par habitant à presque zéro. Ce déclin s'est accéléré au cours de la première année au pouvoir du actuel. Si nous voulons être un pays indépendant, nous devons extraire nos ressources et faire croître l'énergie et l'économie canadiennes. Ce n'est décidément pas en alourdissant la bureaucratie que nous y parviendrons.
Augmenter le nombre d'agents du gouvernement n'est pas la solution. La solution, ce n'est pas le gouvernement du Canada, mais la population canadienne. Nous devons enhardir et émanciper les Canadiens pour qu'ils fassent ce à quoi ils excellent: créer des emplois, créer de la richesse pour notre merveilleux pays et créer de la prospérité d'un océan à l'autre. La loi sur la souveraineté permettrait le libre-échange entre les provinces. Elle nous permettrait d'acheminer nos ressources vers les marchés. Nous allons bâtir un pays plus fort et vraiment autonome, et ce ne sera pas grâce à un quelconque discours prononcé à Davos. Notre pays deviendra plus fort, plus souverain et plus autonome, et ce sera le meilleur pays au monde où vivre, parce que les meilleures personnes au monde se trouvent ici, au Canada.
C'est pourquoi je demande au gouvernement de faire ce qui s'impose: adopter notre motion, nous soutenir et faire en sorte que le Canada reste un pays souverain et indépendant, afin que nous puissions assurer notre réussite et notre prospérité pendant des générations au lieu de tomber dans le piège mortel du socialisme.