La Chambre reprend l'étude, interrompue le 10 décembre, du projet de loi , dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendement, ainsi que du groupe de motions no 1.
:
Monsieur le Président, je suis très heureux de me lever à la Chambre aujourd'hui pour commenter le projet de loi .
J'aimerais tout d'abord commencer par remercier les membres du Comité permanent de la Sécurité publique et nationale pour son étude approfondie du projet de loi et pour le sérieux avec lequel ils ont abordé leurs travaux. Je tiens aussi à remercier les nombreux témoins qui ont fait part de leurs commentaires et de leurs suggestions concernant le projet de loi C‑12.
Notre frontière avec les États‑Unis est la plus longue au monde. Chaque jour, l'an passé, près de 3,6 milliards de dollars en marchandises et environ 400 000 personnes ont traversé cette frontière. Nos agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l'Agence des services frontaliers du Canada travaillent avec diligence, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour que notre frontière demeure l'une des plus sécuritaires du monde. Toutefois, nous devons constamment faire évoluer nos méthodes, tout comme le font les criminels et les groupes du crime organisé transnational. C'est pourquoi le projet de loi C‑12 est si important. Il vient modifier nos lois pour que les forces de l'ordre disposent enfin des outils et des pouvoirs nécessaires pour lutter contre les menaces qui pèsent sur notre frontière.
Le projet de loi comporte trois thèmes: le renforcement de la sécurité à la frontière; la lutte contre le crime organisé transnational, le fentanyl illicite et le financement illicite; la modernisation du traitement des demandes d'immigration, notamment des demandeurs d'asile.
En vue de renforcer la sécurité de nos frontières, le projet de loi C‑12 propose de modifier la Loi sur les douanes pour protéger nos frontières contre le trafic de drogues illicites, la contrebande d'armes à feu et le vol de véhicules. Ainsi, sur ce dernier point, les propriétaires et les exploitants de certains points d'entrée et de sortie seront tenus de fournir et d'équiper des installations pour permettre l'administration et l'application du mandat de l'Agence, y compris l'examen et la détention de marchandises destinées à l'exportation. Cela aura des effets importants pour contrer l'exportation illégale des véhicules volés.
Le projet de loi modifiera aussi la Loi sur les océans pour ajouter les activités liées à la sécurité à la gamme des services déjà offerts par la Garde côtière canadienne. Cela permettra à la Garde côtière canadienne d'effectuer des patrouilles de sécurité et de recueillir, analyser et diffuser de l'information et du renseignement à des fins de sécurité. En ce qui concerne l'échange d'information, le projet de loi propose de renforcer la capacité de la Gendarmerie royale du Canada à échanger les renseignements recueillis sur les délinquants sexuels inscrits avec ses partenaires des forces de l'ordre nationales et internationales.
En plus des mesures de sécurité frontalières, le projet de loi contient aussi des mesures qui renforceront notre intervention pour combattre le crime organisé transnational, en particulier dans le cadre d'initiatives de lutte contre le blanchiment d'argent. Les groupes transnationaux du crime organisé ne peuvent pas exercer leurs activités s'ils n'ont pas accès à des fonds. En compliquant le processus leur permettant d'obtenir davantage de fonds, nous nuisons à leurs activités illégales. Le projet de loi permettrait donc d'imposer des sanctions plus sévères et plus élevées pour lutter contre le blanchiment d'argent. En effet, les sanctions pécuniaires sont multipliées par 40, afin de s'assurer qu'elles aient un impact majeur sur les finances des entreprises qui pourraient être tentées de tolérer des opérations de blanchiment d'argent.
Les mesures proposées dans le projet de loi amélioreront aussi la collaboration en matière de supervision et contribueront à maintenir des normes élevées en matière de conformité réglementaire. Elles permettront ainsi au Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada, ou CANAFE, d'échanger des renseignements liés à la surveillance sur les institutions financières sous réglementation fédérale avec le Comité de surveillance des institutions financières, améliorant ainsi la collaboration et la communication.
Toutes les mesures proposées dans le projet de loi C‑12 renforceront les efforts actuellement déployés pour protéger la frontière d'un océan à l'autre. Parmi ces mesures figure la création de la Cellule de coordination des opérations et de renseignement. Cette cellule s'appuie sur les mécanismes existants de coopération entre les forces de l'ordre et les organismes de sécurité afin d'améliorer l'échange d'information et de mieux cibler le crime organisé transnational ainsi que les opérations de blanchiment d'argent et de trafic de drogue.
Le gouvernement a aussi établi le partenariat intégré sur le renseignement en matière de blanchiment d'argent avec les grandes banques du Canada. Ce partenariat renforce notre capacité à développer et à utiliser les renseignements financiers pour lutter contre le trafic du fentanyl et d'autres formes de crimes. D'autres mesures s'ajoutent au projet de loi . On n'a qu'à penser au tsar du fentanyl, qui agit à titre d'interlocuteur entre le gouvernement canadien et le gouvernement américain. On n'a qu'à penser aux huit groupes du crime organisé transnational qui ont été placés sur la liste des entités terroristes en vertu du Code criminel. Évidemment, nous comprenons tous que les groupes du crime organisé transnational représentent une menace sérieuse, tant pour nos alliés que pour notre propre sécurité. Il est dans l'intérêt commun de mobiliser tous les moyens possibles pour les neutraliser.
Le projet de loi C‑12 va de pair avec un autre projet de loi déjà déposé, le projet de loi . Le projet de loi C‑2 continue de faire progresser les mesures qui permettent aux forces de l'ordre d'accéder aux renseignements de base essentiels aux enquêtes policières. Il permet d'adopter la loi sur le soutien en matière d'accès autorisé à de l'information, il élargit le pouvoir d'inspection de Postes Canada et impose de nouvelles restrictions sur les dépôts effectués par des tiers et les transferts de fonds importants.
Le gouvernement a écouté les préoccupations des intervenants et des parlementaires. Nous avons donc élaboré le projet de loi C‑12, qui fera progresser les mesures essentielles tout en nous donnant plus de temps pour faire l'étude du projet de loi C‑2.
En conclusion, le projet de loi C‑12 accorde les pouvoirs nécessaires pour prendre des mesures décisives qui protègent les Canadiens et les Canadiennes. Je compte donc sur mes collègues parlementaires pour adopter rapidement ce projet de loi afin que nous puissions mettre en œuvre ces mesures essentielles dès que possible.
:
Monsieur le Président, c'est en remerciant les habitants d'Abbotsford—Langley‑Sud que je prends la parole au sujet du projet de loi , une mesure législative qui a le potentiel de renforcer le Canada, mais qui, malheureusement, rate encore une fois la cible.
Les conservateurs sont un gouvernement en puissance. Pour le démontrer, ils ont proposé de nombreux amendements constructifs aux éléments du projet de loi relatifs à l'immigration dans le but d'améliorer la mesure et de réparer le système d'immigration dysfonctionnel du Canada. Depuis des années, les Canadiens portent le poids d'une économie mise à rude épreuve par l'inflation tout en subissant des temps d'attente inacceptables dans le système de santé. Parallèlement, les ressortissants étrangers qui ont commis des crimes odieux, y compris des infractions sexuelles, restent au Canada sans être expulsés. Fait troublant, même le n'a pas été en mesure de dire où se trouvent ces personnes ni de fournir des précisions sur les niveaux d'immigration.
Notre pays fait face à tant de pénuries qu'il n'est pas étonnant que les Canadiens se sentent trahis. Les systèmes de soutien sur lesquels ils comptent n'existent pas. Au cœur de ces difficultés se trouve la pression écrasante qu'exerce l'immigration non réglementée sur nos infrastructures. Les libéraux acceptent de fausses demandes de visa, ils ne tiennent pas compte de la crise du logement partout au pays et ils ignorent la criminalité endémique, et nos concitoyens en font les frais.
Il y a maintenant plus de 3 millions de résidents temporaires au Canada, beaucoup plus que ce que notre pays peut soutenir de façon durable. Cette croissance généralisée et imprévue a engorgé notre marché du logement, haussé les prix des loyers et des maisons au‑delà de nos moyens et réduit, pour la prochaine génération de Canadiens, toute possibilité d'intégrer le marché du travail. Les familles en ressentent les répercussions dans tous les aspects de leur vie, qu'il s'agisse des longs temps d'attente à l'urgence, de la taille croissante des classes d'écoliers ou de l'incroyable difficulté à se trouver un logement abordable.
Il ne s'agit pas d'un problème politique abstrait. C'est la réalité des Canadiens, qui voient leurs collectivités mises à rude épreuve alors que le gouvernement fédéral continue de fonctionner sans avoir établi de plan d'action. En refusant de réglementer les niveaux d'admission de façon responsable ou d'appliquer sérieusement les systèmes existants, les libéraux ont laissé la pression s'accentuer au point où nos infrastructures ne peuvent plus suivre. Les Canadiens s'attendent à ce que le processus d'immigration soit géré avec compassion, mais aussi avec compétence. À l'heure actuelle, ils ne voient ni l'un ni l'autre.
Si aucune solution n'était apportée aux problèmes sur lesquels le projet de loi porte, les infrastructures canadiennes continueraient d'être insuffisantes pour répondre à la demande. Les amendements proposés par l'opposition introduiraient une certaine stabilité, une structure et une reddition de comptes dans le système d'immigration, qui est devenu chaotique sous la direction du gouvernement libéral. Ils permettraient que l'on poursuive les contrevenants pour leurs crimes au Canada. Les changements proposés ne sont pas radicaux. Ce sont des mesures responsables visant à permettre au Canada d'accueillir les nouveaux arrivants d'une manière durable, équitable et sécuritaire pour tous.
Au comité permanent de la sécurité publique, dont je suis fier de faire partie, quelques amendements proposés par les conservateurs ont été adoptés avec l'appui de tous les partis. Ils imposeraient des peines plus sévères aux individus reconnus coupables de traite des personnes. Ces individus seraient passibles d'amendes pouvant atteindre 1 million de dollars ou d'une peine d'emprisonnement à perpétuité. Les sociétés seraient également passibles d'amendes pouvant atteindre 25 millions de dollars pour des infractions liées à la traite des personnes. Les libéraux doivent expliquer pourquoi ils ont rejeté un amendement particulièrement important qui aurait refusé l'asile à tout demandeur considéré comme un danger pour la sécurité nationale. Pourquoi les libéraux hésitent-ils tant à tenir les contrevenants responsables de leurs actes criminels?
Soulignons aussi les pressions énormes sur le logement, l'arriéré des ordonnances de renvoi, la hausse du nombre de résidents temporaires et les lacunes dans l'application de la loi. Ces problèmes sont évidents, urgents et déjà bien compris par les Canadiens. Il n'est pas nécessaire de consacrer une autre année de paperasse pour les diagnostiquer.
Statistique Canada a indiqué que les libéraux ont négligé de prendre en compte une étonnante proportion de résidents temporaires lors du tout dernier recensement, soit 38 %. Cela fait suite à des rapports publiés plus tôt cet automne et montrant que plus de 1 million de résidents temporaires détiennent des visas qui sont sur le point d'expirer. Or, les libéraux ont admis qu'ils n'avaient mis en place aucun plan pour s'assurer que les non-citoyens quitteront le Canada, une fois leur visa expiré. Pendant des mois, les libéraux ont même résisté aux appels des conservateurs qui réclamaient la publication de données de base sur les entrées et les sorties. Cela suscite de sérieuses questions sur l'exactitude des renseignements sur lesquels ils se fondent.
Tout au long du processus, notre équipe conservatrice a travaillé sans relâche pour renforcer notre système d'immigration et demander au gouvernement libéral d'expliquer son incompétence. Les Canadiens exigent des changements concrets. Ils demandent au gouvernement de faire respecter ses propres lois, de rendre efficace un système qui est débordé, de protéger la sécurité publique et de veiller à ce que le processus d'immigration soit équitable et viable.
Ces amendements créent une structure favorisant un examen plus minutieux, mais à lui seul, cet examen ne suffit pas. Ce qu'il faut maintenant, c'est une volonté politique, des mesures décisives et une réforme concrète, au lieu d'autres retards dus à la bureaucratie. Les Canadiens méritent de savoir à coup sûr qu'une personne tenue de quitter le Canada le fera effectivement. La même observation vaut pour les provinces, dont les hôpitaux et les salles de classe ont été mis à rude épreuve après un afflux massif d'immigrants pendant 10 ans par suite des politiques libérales.
Si les libéraux respectent réellement leur engagement d'embaucher 1 000 nouveaux agents frontaliers, la sécurité de notre pays s'améliorera considérablement. Toutefois, le bilan de ce gouvernement suscite toujours de l'incertitude chez les Canadiens. Ma collectivité fait face à un danger constant à cause du nombre accru de cas d'extorsion et de crimes commis avec des armes à feu. Comme je représente une circonscription frontalière, les membres de ma collectivité et moi voyons très clairement que la contrebande d'armes illégales est en grande partie responsable de la hausse de la criminalité. Elle a coûté la vie à de nombreuses personnes et elle a brisé des dizaines de familles dans ma circonscription.
De nombreux habitants de ma circonscription ne se sentent plus en sécurité, car le crime organisé est de plus en plus présent. Les familles et les jeunes adultes me demandent souvent comment ils peuvent se protéger lorsque des actes de violence liée aux armes à feu sont perpétrés en plein jour. Je suis de tout cœur avec les gens qui ont perdu des parents, des frères, des sœurs ou d'autres êtres chers à cause de l'extorsion. Malgré ses préoccupations, le gouvernement libéral actuel n'a assisté à aucune veillée ni assemblée publique sur des problèmes comme l'extorsion et il n'a pris aucune mesure concrète pour apporter un soutien à la population. Beaucoup d'entre nous se demandent donc inévitablement pourquoi le actuel continue d'ignorer nos préoccupations.
Les lacunes du projet de loi sont très simples, mais on les néglige. Il faut embaucher davantage de personnel à la frontière. Il faut expulser les étrangers qui commettent des crimes au Canada. Nos collectivités seront ainsi beaucoup plus sûres. Les conservateurs demandent aux libéraux d'écouter les Canadiens en mettant en œuvre les réformes nécessaires pour rendre notre système d'immigration juste et efficace, au service des citoyens et des nouveaux arrivants. Lorsque l'on commencera à considérer l'immigration comme un déplacement de personnes plutôt que comme un déplacement de chiffres, notre capacité à faire du pays entier un endroit où il fait bon vivre s'améliorera naturellement.
Tout le monde au Canada mérite de vivre dans la dignité. Si nous commençons par garantir que l'immigration se fasse de manière réfléchie, responsable et durable, chaque personne, qu'il s'agisse d'un nouvel arrivant ou d'un citoyen, aura de meilleures chances de réussir. Les gens qui arrivent, quel que soit leur pays d'origine, méritent de voir dans le Canada un endroit sûr, harmonieux et florissant. Or, cette vision n'est réalisable que si nous prenons soin des institutions qui prennent soin de nous. L'adoption de normes rigoureuses dans notre système d'immigration non seulement protège nos gagne-pains, mais elle place également l'économie canadienne en meilleure position pour croître et rayonner.
:
Monsieur le Président, je dénonce aujourd'hui avec toute la véhémence possible le projet de loi , qui représente non seulement une politique publique malavisée, mais aussi un abandon total des obligations juridiques, des engagements humanitaires et des garanties démocratiques du Canada.
Ce projet de loi ne vise pas à renforcer notre système d'immigration. Il ne vise ni à améliorer le traitement des demandes, ni à resserrer la sécurité, ni à accroître le pouvoir d'achat. En fait, il s'agit du dernier chapitre en date d'une tendance inquiétante: les libéraux et les conservateurs se font concurrence pour savoir qui tapera le plus fort sur les migrants. Ce projet de loi fait porter à d'autres la responsabilité des échecs persistants des gouvernements libéraux et conservateurs successifs dans les dossiers du logement et de la planification économique. Il exploite les craintes et les angoisses des Canadiens face à la crise du coût de la vie en attisant les dissensions. Il codifie dans la loi un discours stigmatisant qui traite les réfugiés comme une menace pour la sécurité plutôt que comme des êtres humains en quête de protection.
Le projet de loi prévoit notamment un délai maximal de 1 an pour présenter une demande d'asile. Que signifie cette mesure? Qu'une personne entrée au Canada plus de 12 mois avant de présenter une demande d'asile n'est pas admissible au processus de protection des réfugiés qui existe depuis des décennies. Cette mesure est rétroactive au 24 juin 2020, en fonction de la date de la première entrée au Canada de la personne concernée. Autrement dit, la sécurité de la personne ne dépend pas du bien-fondé de sa demande d'asile ni du fait qu'elle prétend avoir fait l'objet de persécution ou que sa vie est en danger, mais d'une date arbitraire.
Les experts du milieu, notamment le Conseil canadien pour les réfugiés et les organismes de défense des droits des femmes, nous ont prévenus des conséquences. La Section du droit de l'immigration de l'Association du Barreau canadien est sans équivoque: ce projet de loi risque plus « d'aggraver, les problèmes existants en matière d'immigration que [de] les atténuer », il compromet les engagements du Canada en matière de protection des réfugiés et il affaiblit les contrepouvoirs qui sont à la base de notre démocratie parlementaire. Elle souligne également que l'application rétroactive du délai d'un an « constitue une atteinte particulièrement grave à la primauté du droit ».
D'après les explications de Julia Sande, d'Amnistie internationale, ce projet de loi juge les personnes en fonction de la manière et du moment où elles entrent dans le pays, des critères qui n'ont rien à voir avec leur besoin de protection. Elle a lancé un avertissement: selon ce projet de loi, même quelqu'un qui serait entré au pays pour la première fois en tant que nourrisson, durant une seule journée, et qui, des décennies plus tard, serait victime de persécution en raison d'une guerre, de violences politiques, de son identité de genre ou de son orientation sexuelle se verrait refuser la possibilité de faire examiner sa demande. Une date inscrite sur un bout de papier déciderait si quelqu'un peut ou non trouver refuge au Canada.
On a vu les dommages causés par des règles semblables aux États‑Unis, où des délais d'un an ont mené à l'expulsion de réfugiés qui craignaient vraiment d'être persécutés. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déconseillé cette approche au Canada dès 1999, nous rappelant qu'en vertu du droit international, le temps écoulé ne change rien à notre obligation de respecter le principe de non-refoulement, à notre devoir de ne pas remettre les gens en danger. Ce ne sont pas des préoccupations théoriques. Ce sont des réalités vécues.
Un article de la Presse canadienne daté du 31 octobre présente la situation d'Asya Medea, une femme trans de Turquie. Elle est venue au Canada en 2018 avec un visa d'études. Comme les conditions pour les personnes LGBTQ2+ se détérioraient rapidement en Turquie, elle a déposé une demande d'asile 18 mois après son arrivée, demande qui a été acceptée en 2020 parce que la menace pour sa vie était réelle. Si les dispositions du projet de loi avaient été en vigueur, elle n'aurait jamais eu cette possibilité. Elle n'aurait pas pu demander l'asile simplement parce qu'elle aurait présenté sa demande après l'expiration du délai de 12 mois. Ce projet de loi l'aurait remise entre les mains d'un État qui la prenait pour cible en raison de son identité.
Il est aussi évident que la limite d'un an nuira de manière disproportionnée aux femmes, aux personnes 2ELGBTQ+, aux survivants de la violence fondée sur le genre et aux victimes de la traite de personnes. Le centre pour réfugiés FCJ a expliqué que de nombreux survivants ne peuvent pas déposer une demande dans un délai d'un an en raison des traumatismes vécus, de la peur, de la coercition exercée par des partenaires violents ou de la complexité de se soustraire à des réseaux de traite. Dans certains cas, leurs agresseurs ont déjà été expulsés vers leur pays d'origine, où ils attendent leur retour. En vertu de ce projet de loi, ces personnes seraient privées du droit de chercher un refuge. Elles seraient renvoyées entre les mains de ceux qui les ont menacées, maltraitées et exploitées.
L'Association canadienne des libertés civiles a soulevé un autre point critique. La justification avancée par le gouvernement pour imposer un plafond d'un an afin de dissuader les demandes frauduleuses est sans fondement. Ceux qui ont l'intention de tromper le système n'auront qu'à déposer leur demande rapidement. Les personnes qui seront exclues sont celles qui tardent à déposer leur demande parce qu'elles sont confrontées à des traumatismes, de la confusion, des barrières linguistiques ou une situation qui a changé. Dans la pratique, ce projet de loi punit la vulnérabilité et non la fraude.
En comité, le NPD a proposé des amendements visant à protéger spécifiquement les survivants de la violence fondée sur le genre, les mineurs non accompagnés et les personnes provenant de pays sous moratoire. Les libéraux, les bloquistes et les conservateurs ont tous voté contre ces amendements.
Le projet de loi porte également atteinte au droit à un procès équitable, car il priverait les requérants d'une audience complète devant la Section de la protection des réfugiés. Le , lui-même réfugié, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, car il existe des garanties et des garde-fous. Quels sont-ils? Il cite notamment le système d'évaluation des risques avant renvoi, un processus qui affiche l'un des pires bilans en matière de reconnaissance des besoins légitimes de protection.
Le NPD a proposé des amendements visant à maintenir l'accès aux audiences. Nous avons proposé de réduire la rigidité du délai, même si tout délai arbitraire constitue une violation des principes fondamentaux de la protection des réfugiés. Tous nos amendements ont été rejetés.
Le projet de loi ne s'arrête pas là. Il confère également au gouvernement des pouvoirs sans précédent pour annuler des demandes d'immigration, suspendre leur traitement et révoquer le statut de personnes en masse. Ces pouvoirs peuvent être appliqués à des catégories entières de personnes, sans évaluation individuelle, sans procédure régulière et sans restriction claire. Des familles qui vivent et travaillent ici depuis des années pourraient se réveiller un matin et apprendre que leur voie vers la résidence permanente a tout simplement été supprimée, non pas à cause de quelque chose qu'elles ont fait, mais parce que le ministre s'est arrogé ce pouvoir.
L'Association du Barreau canadien a soulevé de graves préoccupations concernant le libellé vague et imprécis utilisé dans l’ensemble du projet de loi. Il a qualifié les pouvoirs accordés d’excessifs, non démocratiques et expressément mis à l'abri de tout contrôle réglementaire normal. L'Association a averti qu'une fois accordés, ces pouvoirs seront impossibles à contrôler.
Amnistie internationale a renforcé cette mise en garde, soulignant que le projet de loi ouvre la voie à des décisions motivées par des considérations politiques susceptibles de déstabiliser des vies, de séparer des familles et de déraciner des personnes qui ont bâti tout leur avenir ici. L'organisation met en garde contre le risque que ce projet de loi viole le droit international, notamment le droit à une procédure d'asile équitable et efficace, le droit de ne pas être expulsé vers un pays dangereux et l'interdiction d'agir de manière discriminatoire.
Le NPD a proposé deux amendements visant à imposer des mesures de protection parlementaires afin que tout décret de ce type soit conditionnel à un examen minutieux, à une révision en comité, à la présentation d'un cadre et à une surveillance législative. Nous avons également proposé de définir l'« intérêt public » d'une manière qui tient compte de la sécurité publique, de la santé publique et des véritables préoccupations en matière de sécurité. Ces amendements ont été rejetés par les libéraux, les conservateurs et les bloquistes. Les libéraux ont plutôt adopté une définition vague et trop large de l'« intérêt public ».
Ce projet de loi amène un système d'immigration où les décisions peuvent changer du jour au lendemain et où les gens se voient refuser des audiences, des appels et une application régulière de la loi, un système qui rappelle de manière inquiétante les pires politiques de Trump au sud de la frontière. Ce projet de loi ne concerne pas l'intégrité du système. Il ne concerne pas la sécurité publique. Il s'agit d'une tentative d'apaiser Donald Trump et d'importer des mesures à la Trump dans la législation canadienne. Cette mesure législative joue sur la peur, la division, la désignation de boucs émissaires et la mésinformation.
Les autres dispositions du projet de loi qui visent les réfugiés ne font qu'aggraver les choses. Le NPD a proposé 13 amendements au total. Aucun d'entre eux n'a été accepté.
Ce projet de loi ne renforcera pas les frontières du Canada. Il ne rendra pas nos collectivités plus sûres. Il ne permettra pas de construire des logements. Il ne résoudra pas le problème du coût de la vie. Il ne réduira pas les délais de traitement des demandes d'immigration. Il ne fera que plonger plus profondément les réfugiés, les travailleurs migrants, les étudiants, les familles et les survivants dans la précarité. Il fera en sorte que nos voisins vivent dans la crainte constante que leur vie s'effondre du jour au lendemain. Il punit des personnes qui tentent de survivre, des personnes qui méritent la sécurité et qui apportent quotidiennement leur contribution au pays.
Faisons ce qui s'impose et votons contre le projet de loi .
:
Monsieur le Président, d'entrée de jeu, il faut souligner que le document de près de 130 pages qui nous a été présenté initialement sous le nom de projet de loi était un véritable virage à 180 degrés par le gouvernement. Je dis cela parce qu'on se souviendra sûrement que, dans les dernières années, le gouvernement libéral n'a pas su gérer un grand nombre de crises frontalières. Je pense notamment à la vague d'immigration irrégulière au chemin Roxham, à l'essor de réseaux de passeurs criminels aux frontières qui ont abusé d'immigrants et qui continuent à le faire, à l'installation de cartels mexicains aux frontières, à la vague de vols de voitures au port de Montréal, au trafic d'armes, et j'en passe, parce qu'il y en a beaucoup. Avec le projet de loi , anciennement le projet de loi C‑2, le Bloc québécois juge que, oui, le gouvernement fait un pas dans la bonne direction. Il reste toutefois, selon nous, un problème majeur si ce projet de loi est adopté, et c'est le manque d'effectifs à l'Agence des services frontaliers du Canada et le manque d'effectifs à la GRC, soit la Gendarmerie royale du Canada.
Je nous ramène quelques mois en arrière. Le Parti libéral promettait dans sa plateforme électorale d'embaucher 1 000 agents supplémentaires à la GRC et 1 000 agents supplémentaires à l'Agence des services frontaliers du Canada. L'embauche de 1 000 agents à la GRC figurait d'ailleurs dans le discours du Trône; on ne peut toutefois pas dire la même chose pour les 1 000 agents de l'Agence des services frontaliers.
Selon le syndicat des douaniers, il manquerait de 2 000 à 3 000 agents à l'Agence des services frontaliers du Canada pour qu'elle puisse accomplir son mandat. Même si le gouvernement a expliqué que son plan pour la frontière, présenté en décembre 2024, allait mener à l'embauche d'agents supplémentaires, on sera d'accord avec moi qu'on est encore bien loin des effectifs demandés par le syndicat et bien loin du nombre promis par les libéraux lors de la campagne électorale. C'est une autre promesse libérale non tenue.
Comme solution, le Bloc québécois, comme le syndicat des douaniers, demande à Ottawa de permettre aux agents de l'Agence des services frontaliers du Canada de patrouiller entre les postes frontaliers. L'objectif, ce n'est pas de tenter de remplacer la GRC, c'est plutôt de donner plus de profondeur et de flexibilité aux agences fédérales pour appliquer la loi. Cette modification n'est d'ailleurs pas législative, elle serait plutôt réglementaire, voire administrative. Elle dépend surtout de la volonté du fédéral de mettre en place des mesures plus efficaces pour assurer la sécurité des frontières, tout en répondant aux demandes des agents déjà en poste. C'est simple, c'est efficace, c'est une demande du syndicat. Les libéraux nous demanderont: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
Au Bloc québécois, cela fait déjà un moment que nous exhortons le gouvernement à apporter les modifications nécessaires. Globalement, le Bloc québécois est satisfait du principe du projet de loi C‑12 et il salue l'intention du gouvernement. Le projet de loi vise à répondre à plusieurs problèmes qui avaient été soulevés dans les mois, voire les années précédentes. Le Bloc québécois, à l'instar des Québécoises et des Québécois, demeure ferme dans son engagement d'accueillir les personnes qui fuient la persécution et la misère.
Ce dont il est question dans ce projet de loi, c'est principalement d'assurer que le système qui accueille les migrants soit plus juste et soit plus efficace. À cet effet, je salue le travail de mes collègues qui ont travaillé d'arrache-pied en comité, tant au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration qu'au Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Plusieurs députés à la Chambre auront sûrement constaté, tout comme moi, que l'importance accordée au travail parlementaire et aux travaux des comités depuis le début de la nouvelle législature semble bien peu intéresser le nouveau du Canada. Ce dernier apparaît beaucoup trop occupé à rencontrer des dirigeants de pays que je qualifierais de peu fréquentables, pour rester poli — la Chine, l'Arabie saoudite. Pendant ce temps, il y a des parlementaires qui travaillent minutieusement en comité pour améliorer les projets de loi ou collaborer à la rédaction de rapports et de recommandations sur des dossiers souvent complexes, souvent poignants. Sur ce point, je pense notamment à mes collègues avec qui j'ai l'honneur de siéger au Sous-comité des droits internationaux de la personne ou avec mes comparses du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration avec qui j'ai récemment étudié le projet de loi sur les Canadiens perdus, dont les amendements soutenus par la majorité des membres du Comité ont été défaits une fois rendus à la Chambre.
Je me dois aujourd'hui de rappeler toute l'importance des travaux réalisés par les parlementaires en comité. Je sais à quel point c'est un aspect de notre travail qui demande beaucoup de rigueur, de précision et surtout de volonté de collaborer et d'améliorer les choses, mais, malheureusement, force est de constater que ce gouvernement ne semble pas comprendre toute la portée législative ni l'ampleur du travail que représente le fait de siéger en comité.
Comme je le disais, le Bloc québécois est globalement satisfait du principe du projet de loi . Nous saluons l'intention du gouvernement. Néanmoins, il y a plusieurs questions qui demeurent. Je pense notamment aux ressources, mais aussi aux délais de traitement des demandes d'asile qui, disons-le, sont plus que problématiques. Après avoir analysé le projet de loi, je m'explique mal comment ces délais seront réduits. J'ai vite constaté ce que fait réellement le gouvernement avec le projet de loi C‑12: il transfère l'afflux des demandes d'un endroit à un autre et il s'en sauve en disant qu'il a réglé le problème.
En effet, les fonctionnaires qui traitent les demandes d'asile et ceux qui analysent les demandes d'examen des risques avant renvoi ont des formations différentes. Cela a été dit en comité. Étant donné que les formations sont différentes, les volumes seront probablement simplement transférés d'un centre de traitement à un autre. C'est donc dire que le volume global ne changera pas, mais qu'il va se promener d'une place à une autre. Non seulement le volume ne changera pas, mais, en prime, les délais vont exploser. Il n'y aura probablement pas suffisamment d'employés qui auront reçu la formation sur l'examen des risques avant renvoi. Ils ne seront pas capables de traiter ces demandes.
Mon autre inquiétude, c'est évidemment la répartition des demandeurs d'asile. Ce n'est pas normal que des demandeurs d'asile qui arrivent à Montréal se retrouvent tout de suite sans logement parce qu'on n'a pas les moyens de les accueillir convenablement. Pendant ce temps, il y a des provinces dans le reste du Canada qui ne font absolument rien. Elles ne mettent pas la main à la pâte pour l'accueil de ces demandeurs d'asile.
Je rappelle que, en 2024, l'ancien ministre de l'Immigration, le député de , qui est maintenant ministre du Patrimoine et qui a fait grand bruit d'ailleurs, avait annoncé en grande pompe qu'il allait former un comité et qu'il allait s'organiser pour répartir les demandeurs d'asile sur l'ensemble du territoire. C'était un gros show de boucane. Il a donné une grosse conférence de presse avec, à ses côtés, des ministres de l'Immigration de provinces un peu partout au Canada. Le fédéral était fier de dire qu'il avait enfin trouvé la solution. Depuis ce temps, c'est le silence radio. On n'a plus jamais entendu parler de ce comité. Les libéraux n'ont plus jamais proposé de solutions. Ça n'a pas de maudit bon sens.
Comme je le disais, nous sommes favorables au principe général du projet de loi . J'y vois d'ailleurs une tentative du gouvernement de répondre à la demande prioritaire du Bloc québécois de retirer la règle des 14 jours, qui était contenue dans l'Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États‑Unis et qui a créé une brèche qui a été exploitée par les réseaux de passeurs aux frontières. Cependant, dans le projet de loi C‑12, la règle des 14 jours n'a pas été abordée de la bonne façon. Les répercussions réelles de la solution de rechange qui a été proposée sont assez difficiles à cerner. En toute honnêteté, je pense que les réseaux qui exploitent les migrants à l'heure actuelle parviendront toujours à faire la même chose malgré l'adoption du projet de loi C‑12.
C'est simple, l'Entente sur les tiers pays sûrs aurait dû être réouverte, comme le demandait le Bloc québécois, afin qu'on retire cette disposition et qu'on cesse l'exploitation de personnes vulnérables qui sont à la merci des réseaux de passeurs. Le gouvernement en aura décidé autrement, mais je ne pense pas que les gens comprennent à quel point la règle des 14 jours est exploitée par les réseaux de passeurs. Nous avons des contacts avec des gens des deux côtés de la frontière, aux États‑Unis et ici, au Québec et au Canada, qui s'occupent des migrants et qui essayent de leur venir en aide. Ces personnes nous disent que cette règle des 14 jours est utilisée par les passeurs criminels.
Avant, ils faisaient juste demander de l'argent aux migrants pour les faire passer la frontière de façon irrégulière. Maintenant, ils rajoutent un élément au contrat en disant qu'ils vont les faire passer de façon irrégulière, mais que, en prime, ils vont les cacher pendant 14 jours. Une fois que les migrants auront été cachés pendant 14 jours, ils pourront faire leur demande d'asile. La conséquence de cela, c'est que ces personnes qui doivent se cacher pendant 14 jours en raison de cette disposition de l'Entente sont à la merci des réseaux de passeurs criminels pendant 14 jours et n'osent pas sortir de leur cachette parce que, si elles le faisaient, leur demande d'asile pourrait ne plus être valide.
C'est assez schizophrénique quand on y pense. La même loi dit aux migrants qu'ils doivent transgresser la loi pour pouvoir se conformer à la loi. En effet, s'ils traversent la frontière de façon irrégulière, ils doivent se cacher pendant 14 jours sur le territoire. Quand ils ont réussi cela, quand ils ont enfreint la loi, ils peuvent faire une demande d'asile, et elle sera admissible.
Quel gouvernement d'un pays du G7 demande à des gens d'enfreindre une loi pour pouvoir la respecter ensuite?
:
Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole ce matin au nom de mes voisins d'Oshawa au sujet du projet de loi .
Une question a toujours été en tête de liste pour les gens à qui je parle et que je représente: la sécurité. Ils veulent que le gouvernement apporte les correctifs nécessaires pour assurer l'intégrité des frontières et restaurer le système d'immigration et qu'il rétablisse la sécurité publique. Bien entendu, cette préoccupation ne se limite pas à Oshawa. Partout au Canada, les gens ont peine à reconnaître leur pays et ils s'inquiètent de la violence dans leurs collectivités, des drogues dangereuses qui dévastent des quartiers, de la faiblesse des contrôles frontaliers et de l'anarchie qui règne au sein du système d'immigration. Ils s'inquiètent que le gouvernement ne s'acquitte pas de l'une de ses responsabilités les plus fondamentales, à savoir assurer la sécurité des Canadiens.
Voilà plus d'une décennie que le gouvernement libéral promet autre chose. Il a promis des collectivités plus sûres, des frontières plus solides et un système d'immigration crédible. Après 10 ans, les résultats parlent d'eux-mêmes: la criminalité est en hausse, les services frontaliers s'amenuisent, les drogues dures sont plus accessibles que jamais et la confiance dans notre système d'immigration s'est effondrée. Les Canadiens ont raison de se demander pourquoi le gouvernement refuse d'assumer ses responsabilités. Tel est le contexte dans lequel nous débattons du projet de loi , Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada.
Avec ce projet de loi, le gouvernement tente de convaincre les Canadiens qu'il souhaite désormais remédier aux problèmes qu'il a lui-même créés. On nous dit qu'il renforcera les procédures à la frontière, qu'il améliorera l'application de la loi, qu'il permettra d'expulser les individus qui représentent un risque et qu'il restaurera la confiance dans le système.
Les Canadiens ont déjà entendu ces promesses. Ils les ont entendues quand le gouvernement a assoupli les lois sur la mise en liberté sous caution en 2019 en soutenant que tout allait bien. Ils les ont entendues quand des récidivistes violents ont été libérés à maintes reprises. Ils les ont entendues quand le gouvernement affirmait que sa politique en matière de drogues était efficace alors que les surdoses se multipliaient. Ils les ont entendues quand le gouvernement affirmait que la frontière était sûre alors que l'immigration clandestine prenait de l'ampleur. Les Canadiens ont raison d'être sceptiques.
En tant que membre du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, j'ai examiné attentivement le projet de loi . Il est rapidement apparu que ce projet de loi était incomplet et ne répondait pas à bon nombre des préoccupations fondamentales des Canadiens.
Les conservateurs ont abordé ce processus avec bonne foi. Nous étions prêts à travailler, prêts à améliorer le projet de loi et prêts à proposer des solutions. Malheureusement, le gouvernement n'a manifesté que peu d'intérêt pour la gravité de la situation. Trop souvent, il a rejeté des préoccupations légitimes et écarté des propositions constructives, même lorsque celles-ci correspondaient aux recommandations des experts sur le terrain et des chercheurs.
Nous avons écouté des témoins experts, examiné les détails et présenté une quarantaine d'amendements de fond axés sur l'application de la loi, la reddition de comptes, la sécurité frontalière et les processus de renvoi. Ces amendements étaient pragmatiques et fondés sur les préoccupations dont les Canadiens nous font part au quotidien. Je tiens à remercier la députée de de son leadership à l'égard des éléments du projet de loi qui portent sur l'immigration, ainsi que le député de de ses contributions. Leur expertise nous a permis de présenter des amendements bien documentés et axés sur des solutions.
Nos amendements ciblaient les principales lacunes du système d'application de la loi du Canada en matière de sécurité frontalière et d'immigration. Nous avons proposé de clarifier la définition de « grande criminalité » dans la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés afin que les infractions punissables par mise en accusation ou les infractions mixtes pour lesquelles la Couronne procède à une mise en accusation soient traitées comme des infractions graves pour les fins de l'immigration. C'est un amendement plein de bon sens. Nous avons proposé de régler le problème des délais d'expulsion interminables en mettant fin aux demandes d'examen des risques avant renvoi lorsqu'il n'y a pas de nouveaux éléments de preuve. Les Canadiens s'attendent à ce qu'une personne qui est interdite de territoire pour des raisons de sécurité publique soit renvoyée.
Nous avons également proposé de moderniser les délais et les processus désuets afin que les mesures de renvoi puissent être appliquées de manière plus prévisible. Nous avons proposé de renforcer le système d'octroi de l'asile en faisant en sorte qu'une demande soit réputée abandonnée si un demandeur retourne dans le pays qu'il disait fuir pour des raisons de sécurité. Nous avons proposé d'ajouter des exigences à l'égard des rapports trimestriels pour assurer la transparence en ce qui concerne les pressions et les coûts. Nous avons proposé de donner aux décideurs de meilleurs outils pour rejeter les demandes qui sont manifestement frauduleuses, et nous avons proposé d'imposer des restrictions et des mesures de surveillance bien définies à l'égard des pouvoirs extraordinaires prévus à la partie 7 du projet de loi, ce qui permettrait au gouvernement de procéder à des modifications, à des prolongations ou à des annulations en masse de documents d'immigration.
Nous avons insisté sur la transparence et la surveillance parlementaire pour que le statut de résident temporaire ne puisse pas être modifié derrière des portes closes. Il s'agissait d'amendements raisonnables et constructifs. Certains ont même reçu l'appui de nos collègues du Bloc québécois, mais les libéraux en ont rejeté un trop grand nombre et, dans certains cas, ils ont tenté de vider de leur substance ceux qui avaient été adoptés.
La sécurité des Canadiens ne devrait pas être une question partisane. Nous attendons d'un gouvernement qu'il protège la frontière, fasse respecter les lois et gère l'immigration avec compétence et équité. Or, la confiance s'est plutôt effritée au fil des ans. Il est arrivé que des individus qui présentaient de toute évidence un risque pour la population canadienne n'ont pas été expulsés rapidement, même lorsque leur renvoi était pleinement justifié. Ces manquements compromettent la sécurité publique et sapent la confiance de la population à l'égard de l'ensemble du système d'immigration.
Lorsque la confiance disparaît, le système lui-même commence à défaillir. Ce débat est important, car les Canadiens veulent des solutions concrètes. Ils veulent un système qui place la sécurité, l'équité et l'ordre au premier plan. Ils veulent un système d'immigration fondé sur le bon sens, et non sur des messages politiques qui fonctionnent pendant un certain temps.
À Oshawa, j'entends souvent cela de la part des nouveaux arrivants qui ont respecté toutes les règles et sont fiers d'être Canadiens. Ils sont frustrés par un système qui ne fonctionne plus de manière prévisible ou équitable. J'entends cela de la part de résidents de longue date qui soutiennent une immigration forte et durable, mais qui souhaitent qu'elle soit gérée de manière sûre et transparente. Ils veulent un système qui récompense l'honnêteté, et non les failles. Ils veulent une politique frontalière qui considère la sécurité publique comme une priorité, et non comme une préoccupation secondaire.
Ces voix ne sont pas extrêmes. Elles ne sont pas partisanes. Elles demandent simplement à leur gouvernement fédéral de faire preuve de compétence et de responsabilité. Les Canadiens veulent de la compassion, mais ils veulent aussi une reddition de comptes. Ils veulent un système qui fonctionne. Si le gouvernement veut rétablir la confiance, il doit donc reconnaître les conséquences de sa propre politique.
Les conservateurs veulent des collectivités sûres, des frontières étanches et un système d'immigration solide, équitable et axé sur la sécurité publique ainsi que sur la réussite. Nous croyons que la confiance doit être rétablie, et cela commence par le leadership. Je le répète donc: si le gouvernement veut rétablir la confiance, il doit reconnaître les conséquences de ses politiques inefficaces, donner aux forces de l'ordre et aux agents frontaliers les outils dont ils ont besoin et ramener la reddition de comptes dans un système affaibli depuis près de 10 ans.
Puisque nous parlons de confiance, j'aimerais mentionner que, dans les questions et observations précédentes, les députés d'en face ont parlé du projet de loi et de son adoption rapide, sauf qu'en ce moment même, leurs collègues du comité de la justice bloquent activement les motions de consentement unanime des conservateurs visant à passer au projet de loi C‑14. Encore une fois, le gouvernement libéral joue double jeu. Le plus triste dans tout ça, c'est que, non seulement il ne sait pas trop ce qu'il veut faire, mais il ne s'en soucie pas vraiment.
Mes voisins d'Oshawa veulent un gouvernement qui prend la sécurité publique au sérieux. Ils veulent qu'on rétablisse l'ordre dans le système d'immigration. Ils veulent un leadership axé sur les résultats, pas un leadership marqué par les excuses. Les Canadiens méritent mieux, mais ils ne devraient pas s'inquiéter, car les conservateurs sont prêts à faire mieux.
:
Monsieur le Président, c'est certainement un moment merveilleux pour prendre la parole. Nous sommes maintenant dans la période de Noël et dans l'esprit des Fêtes. Ce matin, j'ai lu quelque chose que le chef intérimaire du NPD, le député de , a dit hier. Apparemment, il a demandé au de redonner le statut de parti au NPD afin, selon lui, d'améliorer le fonctionnement de la Chambre. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Je pensais que le député poursuivait peut-être simplement son monologue comique qu'il a prononcé à la tribune de la presse parlementaire il y a une semaine. Je dois dire que je l'ai trouvé plutôt amusant. Il n'était pas aussi drôle que notre , mais c'était quand même très bien. En fait, tant qu'à être dans l'ambiance, j'ai une meilleure idée de ce qu'il faudrait demander au : il devrait accorder aux Canadiens ce qu'ils veulent vraiment, c'est-à-dire qu'il retourne chez Brookfield et qu'il laisse les conservateurs diriger le pays et régler les énormes problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Pour poursuivre sur le thème de Noël, je tiens à remercier du fond du cœur tout le personnel de soutien de la Chambre. Je parle des traducteurs, des pages, des équipes qui assurent les services alimentaires, des agents de sécurité, ainsi que de tous les autres employés dans cet édifice, y compris le personnel de nos équipes et partis respectifs. Tous ces braves gens travaillent très fort. Je veux vraiment offrir mes sincères remerciements à chacun et à chacune et leur souhaiter un très joyeux Noël.
Je tiens également à saluer tout particulièrement le personnel de la salle à manger parlementaire, que nous oublions toujours de remercier. Comme je ne suis pas très généreux pour les pourboires, ceci est ma façon de me reprendre. Les Canadiens seraient probablement heureux de savoir que des députés des différents partis se regroupent dans la salle à manger et discutent de questions de fond. Nous sommes vraiment capables de nous parler et de faire avancer les dossiers. Je tiens à remercier Lynn, Charles, Guy et tout le personnel de la salle à manger parlementaire ainsi que les députés avec qui j'y ai de grandes conversations; ils se reconnaîtront. Je les remercie tous infiniment et je leur souhaite un très joyeux Noël.
Je passe au projet de loi . C'était la mesure législative phare du gouvernement lorsqu'elle a été présentée sous la forme du projet de loi . Pour que tout le monde comprenne bien de quoi il en retourne, le projet de loi C‑2 est la désignation du premier projet de loi présenté par un gouvernement. Le projet de loi C‑1 est en quelque sorte une formalité. Les députés ministériels mettent toute leur énergie dans le projet de loi C‑2, qui est le plus important. Quelqu'un a-t-il entendu parler du projet de loi C‑2 de la session actuelle? Non, on n'en a pas entendu parler parce que c'était un gros gâchis.
Les éléments du projet de loi que le gouvernement a pu récupérer ont été regroupés dans ce qui est l'actuel projet de loi , celui dont nous débattons aujourd'hui. Cela fait partie de l'engagement pris par le gouvernement de faire des choses extraordinaires à une vitesse inimaginable. Nous y voilà, et rien d'extraordinaire n'a été fait. En toute une année, je pense que le gouvernement a adopté deux projets de loi. Si c'est là une vitesse inimaginable, alors je ne comprends pas ce que « inimaginable » veut dire.
L'objectif du projet de loi était, en partie, de régler les problèmes d'immigration liés aux demandes d'asile et aux expulsions, parce que comme tous les Canadiens le savent, nous avons d'énormes problèmes à cet égard. Il y avait de bonnes idées dans le projet de loi, mais il y avait tant d'autres choses que nous devions faire pour bien réparer ce système déficient.
Nous avons proposé 27 amendements, et je pense que huit d'entre eux ont été acceptés. Il y en a donc beaucoup qui ont été refusés. Je dois féliciter le Bloc, qui a travaillé très fort en comité pour nous aider. Ses députés ont proposé certaines de leurs propres idées, nous en avons proposé d'autres, et nous avons réussi à collaborer et à faire en sorte que le comité s'entende sur bien des choses.
Même les libéraux ont accepté certaines choses, mais, bien sûr, ils ont fait en sorte que le Président les rejette lorsqu'elles sont arrivées à la Chambre. Par exemple, en ce qui concerne les criminels étrangers, nous avions proposé un amendement visant à expulser les individus reconnus coupables de crimes graves, car il y a de nombreux cas où les juges imposent des peines moins sévères aux immigrants. Cet amendement n'a toutefois pas été adopté par les libéraux.
Notre système d'octroi de l'asile est gravement défaillant. Aujourd'hui, nous avons appris qu'en Colombie‑Britannique, 14 personnes ont été identifiées par l'escouade anti-extorsion de la province et accusées d'extorsion. Beaucoup d'efforts ont été déployés dans cette affaire. L'extorsion est un grave problème partout au pays, mais particulièrement en Colombie‑Britannique. Devinez ce qu'ont fait ces 14 personnes nouvellement accusées. Elles ont demandé l'asile, et leurs accusations sont maintenant suspendues parce qu'elles sont en processus de demande d'asile. Elles en ont probablement pour quatre ans et, bien sûr, elles recevront des prestations pendant tout ce temps. Elles recevront tous les avantages que nous choisissons d'accorder aux demandeurs d'asile, même si nous savons que leurs demandes sont injustifiées.
Nous avons proposé un amendement visant à rejeter automatiquement les demandes d'asile de tout ressortissant étranger coupable d'une infraction grave, mais, bien entendu, le gouvernement libéral l'a rejeté. Nous avons proposé de nombreux amendements pour ramener du bon sens dans le système d'octroi de l'asile. Par exemple, le fait de mentir à un agent entraînerait l'expulsion automatique; le fait de dissimuler sciemment des informations mettrait automatiquement fin à une demande; et le fait de ne pas se présenter ou de ne pas se conformer aux exigences de base mettrait fin à une demande.
Nous avons aussi proposé que lorsqu'une personne se voit refuser l'asile, mais qu'elle fait appel de la décision, seuls les soins médicaux d'urgence lui seraient fournis. Cette proposition a été rejetée. Nous avons également proposé que les établissements d'enseignement désignés soient tenus responsables lorsqu'ils font venir une personne au Canada et que celle-ci demande l'asile, mais cette proposition a aussi été rejetée par les libéraux.
Nous nous sommes aussi penchés sur la traite des personnes et nous avons tenté de faire adopter des amendements visant à imposer des peines plus sévères pour protéger les victimes, mais les libéraux ont évidemment voté contre ces idées. Nous avons également proposé des amendements sur la transparence afin de rétablir une certaine transparence de base en matière de communication des renseignements. Nous devons souvent poser des questions approfondies et des questions écrites au gouvernement pour essayer d'obtenir des réponses, et le gouvernement refuse de fournir certains des renseignements demandés. Parmi les amendements proposés, certains ont été adoptés mais pas tous, et d'autres ont été éliminés.
La plus grande réussite des conservateurs a probablement été l'amendement que nous avons proposé afin que le gouvernement ne puisse pas procéder à une conversion de masse des résidents temporaires en résidents permanents; cet amendement a été accepté. Nous avons également proposé que le gouvernement ne soit pas autorisé à accorder une prolongation de masse aux résidents temporaires munis d'un visa d'étudiant et de choses du genre.
En fin de compte, nous avons travaillé très fort pour renforcer et réparer le faible système actuel. Malheureusement, les libéraux ont bloqué la plus grande partie de ce travail.
Parlant de travailler fort, je tiens à souligner que, de ce côté-ci de la Chambre, nous avons consacré beaucoup d'efforts afin d'améliorer les politiques d'immigration. Beaucoup de gens pensent que le rôle de l'opposition est de s'opposer, et c'est certainement le cas, mais nous voulons aussi proposer des solutions. Nous en avons donc présenté un grand nombre. L'ensemble de notre caucus a travaillé d'arrache-pied sous la direction de notre ministre du cabinet fantôme en matière d'immigration, la députée de . Celle-ci a travaillé très fort et elle n'a ménagé aucun effort pour que nous disposions de politiques efficaces qui contribueraient réellement à remettre le Canada sur la bonne voie.
Par exemple, nous nous sommes affairés à redonner tout son sens à la citoyenneté, car c'est un problème au Canada en ce moment. Le projet de loi nous inquiétait beaucoup: il aurait ouvert la porte à une migration en chaîne illimitée. Ainsi, des personnes nées à l'étranger auraient pu obtenir la citoyenneté, tout comme leurs enfants, également nés à l'étranger, et ainsi de suite. Nous nous sommes efforcés de proposer des amendements pleins de bon sens, mais ils ont évidemment été rejetés.
L'autre point important concerne les cérémonies de citoyenneté en ligne. La plupart des cérémonies de citoyenneté, du moins en Saskatchewan, se déroulent toujours en ligne, en un seul clic. Pour de nombreux nouveaux arrivants dans notre pays, cette cérémonie est la chose la plus importante dans cette étape de leur vie. Les faire s'asseoir devant un ordinateur à la maison parce que cela arrange le ministère est tout simplement embarrassant, franchement. Cela ne traduit pas le véritable objectif et la véritable signification de l'acquisition de la citoyenneté canadienne. Nous avons fait pression pour que les cérémonies en ligne soient supprimées, et je pense que le gouvernement s'oriente lentement dans cette direction, mais pas assez rapidement à notre avis.
Nous avons suggéré de mettre fin au programme des travailleurs étrangers temporaires. Il y a présentement une crise de l'emploi chez les jeunes au pays; le taux de chômage chez les jeunes Canadiens oscille autour de 15 %, ce qui est beaucoup trop élevé. Le programme des travailleurs étrangers temporaires est en partie responsable de cette situation.
Bien sûr, nous devons tenir compte des besoins en agriculture et d'autres considérations, mais globalement, il y a beaucoup trop de travailleurs étrangers temporaires, et nous n'avons pas besoin que la ministre de l'Immigration soit la directrice des ressources humaines d'une entreprise comme Tim Hortons. Je n'ai rien contre Tim Hortons, mais il y a beaucoup de Canadiens qui pourraient y travailler. La a d'ailleurs confirmé, il y a quelques jours à peine, que le programme serait maintenu. Elle a déclaré que rien ne changerait à cet égard.
Nous avons travaillé sans relâche pour rétablir le bon sens dans la détermination des peines imposées aux criminels immigrants. La députée de a présenté le projet de loi pour mettre fin à la réduction des peines pour les immigrants. C'est un gros problème. Un éditorial du Globe and Mail dénonce le système actuel, qui permet aux juges de protéger les non-citoyens des conséquences de leurs crimes. Par ailleurs, l'auteur déplore que personne ne semble se demander « si les Canadiens voudraient que ces délinquants obtiennent la citoyenneté » en premier lieu.
Essentiellement, les juges contournent les règles actuelles. Comme celles-ci prévoient que tout non-citoyen reconnu coupable d'un crime grave passible d'une peine d'emprisonnement de six mois ou plus doit être expulsé, les juges réduisent la peine à moins de six mois pour éviter toute conséquence sur le statut de citoyen du non-citoyen. À notre avis, cette pratique est inacceptable. Les mêmes règles devraient s'appliquer à tout le monde. Qu'une personne ait la citoyenneté canadienne ou non, les mêmes règles devraient s'appliquer. Or, ce n'est pas le cas.
Évidemment, il faut cesser de rendre l'asile attrayant, notamment en éliminant les séjours gratuits à l'hôtel, les avantages médicaux illimités et l'absence de suivi des départs. C'est le genre de choses que nous ne devrions pas tolérer, et les conservateurs ont d'excellentes idées pour corriger la situation.
Il y a tellement de choses sur lesquelles nous avons travaillé fort cette année afin de fournir de bonnes solutions stratégiques au gouvernement. Bien sûr, la quasi-totalité d'entre elles a été rejetée, mais il n'en demeure pas moins que nous y avons mis toute notre énergie. Nous croyons qu'il est possible de corriger notre système, mais il y a tellement de choses à faire.
Les libéraux ont adopté une approche facile à l'égard du projet de loi , se contentant de faire le strict minimum, mais il reste encore beaucoup à accomplir. Les conservateurs continueront de s'efforcer de corriger les lacunes de mesures législatives comme le projet de loi C‑12 et de proposer des solutions pour améliorer notre pays et rendre notre système d'immigration plus efficace.
Encore une fois, je souhaite à tous les députés un joyeux Noël.
:
Monsieur le Président, comme toujours, je suis heureux de prendre la parole au nom des gens de Windsor‑Ouest, et je leur suis reconnaissant de m'avoir accordé le privilège de les représenter à la Chambre.
Je prends la parole aujourd'hui non seulement en tant que législateur, mais également en tant que personne ayant passé près de trois décennies dans les forces de l'ordre. Sur ces trois décennies, j'ai passé deux décennies à maintenir l'ordre dans une collectivité frontalière. À Windsor, la frontière n'est pas un concept lointain; elle fait partie de notre quotidien. Des familles la traversent chaque matin pour se rendre au travail ou à l'école. Les échanges commerciaux y sont incessants, et les criminels tentent de l'exploiter jour et nuit. Telle a été ma réalité pendant la trentaine d'années que j'ai passées en uniforme.
Lorsqu'on travaille en première ligne dans une ville frontalière, on voit des choses qui ne sont pas diffusées aux bulletins d'information du soir. On voit des familles déchirées par le fentanyl. On voit des armes à feu importées illégalement de l'autre côté de la rivière apparaître sur les lieux d'un crime. On voit des agents de l'Agence des services frontaliers du Canada aux prises avec du matériel désuet, des quarts de travail en sous-effectif et des installations qui n'ont jamais été conçues pour traiter le volume actuel. On voit de bons policiers dévoués à qui on demande de porter le poids de l'échec des politiques gouvernementales.
De nombreux agents avec qui j'ai travaillé m'ont dit qu'ils éteignent tous les feux dans le système. Ce n'est pas une plainte, mais bien une description sans complaisance de la réalité sur le terrain. Ils ont raison. On répond aux crises de santé mentale parce qu'il n'y a pas de soutien en santé mentale. On répond aux cas de toxicomanie parce qu'il n'y a aucune place dans les centres de traitement. On intervient auprès des délinquants violents parce que les lois sur la mise en liberté sous caution les relâchent à peine arrêtés. Dans les régions frontalières comme la mienne, nous subissons les conséquences des opérations de passage de clandestins qui exploitent toutes les faiblesses du système.
Lors d'un moment de recueillement pendant les funérailles de cinq de ses policiers tués en service, l'ancien chef de police de Dallas, David Brown, a déclaré que la société demande aux policiers de résoudre tous les problèmes, mais ne les outille que pour un seul. Cette déclaration est restée gravée dans ma mémoire pendant des années parce qu'elle résume parfaitement la réalité.
C'est la même chose avec le projet de loi . Les libéraux parlent de renforcer la frontière, mais ce projet de loi ne traite pas de l'essentiel. Il augmente les responsabilités sans augmenter les ressources. Il élargit les pouvoirs sans s'attaquer aux problèmes de remise en liberté sous caution. Il met de l'avant des mesures de protection de la vie privée tout en laissant des lacunes suffisamment importantes pour que n'importe quel gouvernement puisse les contourner. Il fait totalement abstraction du fait que les agents de l'Agence des services frontaliers du Canada dans des villes comme Windsor sont plus débordés que jamais. Les habitants de Windsor ne sont pas dupes. Ils comprennent ce que cela signifie de vivre à côté du passage international le plus achalandé en Amérique du Nord. Ils connaissent les risques et les pressions et ils savent quand Ottawa fait la sourde oreille.
Je tiens à être clair au sujet de ce que vivent les agents de l'Agence des services frontaliers du Canada de ma région: ils tentent d'intercepter des armes à feu et des drogues dangereuses avec de l'équipement digne d'une époque révolue depuis plusieurs décennies. Ils sont en sous-effectif. Ils sont surchargés. Certaines unités font tous les jours leur travail avec un effectif minimal. Alors que les agents font un travail héroïque, les gouvernements qui se sont succédé ne leur ont pas donné des outils à la hauteur de leurs responsabilités.
Le projet de loi fait comme si ces problèmes n'existaient pas. Il part du principe que, si nous légiférons simplement pour augmenter les attentes, les résultats suivront comme par magie. Cependant, dans les services de police, et en particulier aux frontières, des attentes sans les capacités correspondantes, c'est une combinaison dangereuse qui ne marche pas. Ce projet de loi ne règle pas les problèmes dont les policiers et les familles me parlent constamment. Il ne corrige pas le système de capture et de remise en liberté sous caution qui permet à des récidivistes violents de retrouver leur liberté avant même que la police ait terminé de rédiger son rapport. Il ne prévoit pas de peines obligatoires pour les trafiquants de fentanyl, ceux-là mêmes qui sont à l'origine des décès qui surviennent dans les urgences. Près de 50 000 personnes sont mortes depuis 2015. Le projet de loi n'impose pas de peines d'emprisonnement obligatoires aux membres de gangs en possession d'armes à feu illégales. Il n'empêche pas la détention à domicile des auteurs de crimes graves et violents qui dévastent des familles et des collectivités.
Quand je parle à des parents, ils me disent qu'ils veulent que leurs enfants soient en sécurité quand ils vont à l'école à pied. Ils veulent que leur quartier soit stable. Ils veulent qu'on s'attaque à la consommation et au trafic de drogues à la source, et qu'on ne se contente pas de limiter les dégâts au coin de la rue. Pourtant, au comité, la n'a pas pu s'engager à empêcher la consommation de fentanyl près des écoles ou des garderies.
À Windsor, nous comprenons ce que cela signifie. Certains quartiers sont déstabilisés parce que le gouvernement n'a pas réussi à établir des limites élémentaires et sensées. Le projet de loi donne même des pouvoirs de surveillance accrus à la Garde côtière canadienne, mais il le fait sans prévoir de garde-fous pour empêcher une utilisation excessive ou abusive de ces pouvoirs. Les conservateurs se sont battus pour que le ministre de la Défense nationale, et non un ensemble disparate d'organismes, soit responsable de l'utilisation de ces pouvoirs. C'est important dans une société libre.
En fin de compte, cela se résume à une chose très simple: la confiance. Les gens de Windsor font confiance aux institutions quand celles-ci démontrent qu'elles comprennent la réalité. Le projet de loi ne reflète toutefois pas la réalité que vivent au quotidien les collectivités frontalières comme la mienne. Il s'appuie sur des arguments politiques plutôt que sur des expériences concrètes. Comme j'ai passé ma carrière à réagir aux conséquences qu'entraînent les lois laxistes et le manque de ressources de certains organismes, je peux dire exactement ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Nous avons besoin d'une véritable réforme de la mise en liberté sous caution, et non d'autres slogans. Il faut imposer des peines d'emprisonnement obligatoires aux trafiquants de fentanyl et aux délinquants violents qui utilisent des armes à feu. Nous avons besoin de solides mesures de protection de la vie privée, et non d'une loi qui accorde des pouvoirs illimités. Nous avons besoin d'une reddition de comptes pour les pouvoirs de surveillance élargis. Il faut que l'Agence des services frontaliers du Canada ait l'équipement moderne, le personnel et la capacité nécessaires pour intercepter la contrebande avant qu'elle ne se répande dans nos rues. Par-dessus tout, nous avons besoin d'un gouvernement qui comprend que sécurité et liberté doivent aller de pair.
Windsor connaît la vérité. Nous sommes aux premières loges. Nous ressentons les conséquences des décisions prises à Ottawa plus rapidement et plus durement que la plupart des gens dans le reste du pays. Malheureusement, le projet de loi n'est pas à la hauteur de la situation. Après trois décennies dans la police, je peux l'affirmer simplement: on ne peut pas protéger une frontière, une collectivité ou un pays avec des vœux pieux. Il faut des lois claires, des conséquences réelles, des institutions solides et un gouvernement prêt à faire passer la sécurité publique avant la politique. Le projet de loi ne répond pas à ces critères.
Les habitants de Windsor le répètent depuis des années: il est temps que les choses changent.