propose que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, je suis honoré de prendre la parole aujourd'hui à la Chambre pour parler du projet de loi , Loi instituant le Mois du patrimoine ukrainien. Si cette mesure législative est adoptée par la Chambre, elle désignera le mois de septembre comme Mois du patrimoine ukrainien au Canada.
Les premiers immigrants ukrainiens sont arrivés au Canada le 7 septembre 1891. Depuis, génération après génération, des Ukrainiens ont émigré au Canada, souvent pour fuir l'oppression et chercher une vie meilleure. Les Canadiens d'origine ukrainienne ont contribué à faire du Canada le grand pays qu'il est aujourd'hui, et leurs contributions englobent notre vie économique, politique, culturelle et sociale. Voilà pourquoi, par exemple, l'Assemblée législative de l'Ontario a adopté en 2011 une loi, appuyée à l'unanimité par tous les partis, pour déclarer le 7 septembre Jour du patrimoine ukrainien.
Lorsque j'étais président du Conseil provincial de l'Ontario du Congrès ukrainien canadien, j'étais fier d'avoir participé à la rédaction du projet de loi et d'avoir contribué à son adoption. Voilà pourquoi, en ma qualité de député, je suis si fier d'avoir présenté mon propre projet de loi à la Chambre des communes au cours des trois dernières législatures, afin de désigner annuellement le mois de septembre comme Mois du patrimoine ukrainien.
J'aimerais remercier le sénateur qui a présenté le projet de loi et les nombreux députés qui l'ont coparrainé avec moi. J'espère que les députés de tous les partis appuieront cette mesure législative.
Des membres et des dirigeants de la communauté ukrainienne du Canada regardent le débat chez eux en ce moment. Certains d'entre eux sont des immigrants ukrainiens. Certains sont les enfants et les petits-enfants d'immigrants ukrainiens. Ma mère et mes grands-parents ont immigré d'Ukraine au Canada. Mes grands-parents, Ivan et Olena, sont venus au Canada pour fuir l'oppression et se bâtir une vie meilleure, comme tant d'Ukrainiens qui ont immigré au Canada depuis près de 135 ans.
Mes grands-parents étaient extrêmement fiers de leurs origines ukrainiennes, mais ils étaient aussi extrêmement fiers d'être Canadiens. Je l'ai souvent répété, et bon nombre de députés m'ont déjà entendu le dire: mes grands-parents comptaient parmi les Canadiens les plus fiers que j'aie jamais connus.
Mes parents et mes grands-parents ont insisté pour que j'aille à l'école du samedi afin que j'apprenne à connaître mes origines ukrainiennes. Je n'étais pas une exception. C'est une tradition bien ancrée chez les Ukrainiens du Canada. Tous les samedis, après l'école, mon grand-père venait me chercher. Nous dînions ensemble, puis il m'aidait à faire les devoirs que je devais rendre le samedi suivant. C'est ainsi que j'ai pu apprendre, entre autres, la langue, la culture, l'histoire et les traditions ukrainiennes.
Je dois avouer à la Chambre que, lorsque j'étais enfant et adolescent, je n'aimais pas beaucoup l'école du samedi. Je n'aimais pas non plus passer mon samedi après-midi à faire des devoirs. Je me souviens d'une journée en particulier où j'étais vraiment à bout. J'étais en train de faire quelque chose avec mon grand-père et je ne comprenais pas. J'appelais mon grand-père Dido. J'ai dit: « Dido, j'en ai assez. Je veux arrêter. »
Il m'a dit: « Tu ne peux pas arrêter. Je vais t'expliquer pourquoi. Je suis extrêmement fier de mon héritage et de ma patrie, et je pense qu'à mesure que tu en apprendras davantage, tu le seras aussi. » Il a ajouté: « Je veux que tu apprennes l'histoire du peuple ukrainien, car beaucoup d'entre eux sont venus ici au Canada. Ils sont arrivés avant toi, ils sont arrivés avant moi, et ils ont contribué à faire du Canada un pays formidable. Je veux que tu en apprennes davantage sur les personnes qui ont fait la grandeur du Canada. »
Depuis 1891, les Canadiens d'origine ukrainienne ont laissé une empreinte historique sur notre pays. Leurs contributions s'étendent à toutes les collectivités d'un océan à l'autre, dans toutes les circonscriptions représentées ici aujourd'hui. Ils ont eu une incidence sur notre vie économique, politique, culturelle et sociale. L'importance de ce projet de loi va au‑delà de la simple reconnaissance culturelle. Ce que nous faisons aujourd'hui n'est pas un simple geste symbolique. Nous accordons une reconnaissance nationale à des personnes dont les contributions façonnent le Canada depuis près de 135 ans. Depuis 1891, les Canadiens d'origine ukrainienne ont joué un rôle important dans l'édification du Canada que nous connaissons aujourd'hui, et grâce à ce projet de loi, le Parlement reconnaît, entre autres, ces contributions importantes.
Depuis 1891, les Ukrainiens viennent au Canada en quête d'une vie meilleure, et depuis 1891, le Canada les soutient. C'est pourquoi le Canada a été le premier pays occidental à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine en 1991. C'est pourquoi le Canada a été parmi les premiers pays au monde à reconnaître que l'Holodomor était un génocide. C'est pourquoi le gouvernement canadien est un chef de file mondial dans le soutien apporté au peuple ukrainien qui se défend contre l'invasion brutale de la Russie. Notre soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine est indéfectible.
Par ce projet de loi, le Parlement reconnaît également ces contributions, les mesures prises par le Canada pour soutenir la communauté ukrainienne du Canada et le peuple ukrainien. Il n'y a jamais eu de moment plus important que maintenant pour adopter ce projet de loi.
J'ai raconté comment mon grand-père m'aidait à faire mes devoirs de l'école du samedi. J'aimerais maintenant raconter aux députés une autre histoire à propos de mon grand-père, qui remonte à 1991, lorsque l'Ukraine a déclaré son indépendance de l'Union soviétique. J'étais avec Dido Ivan ce jour-là, et nous regardions la couverture médiatique de ce qui se passait en Ukraine.
Pour mettre les choses en contexte, mon grand-père est né en Ukraine et a grandi là-bas sous l'occupation soviétique. À de nombreuses occasions, comme beaucoup de gens qui nous regardent à la maison, des familles ont risqué leur vie pour rendre à l'Ukraine sa liberté et son indépendance, comme le fait le peuple ukrainien en ce moment même.
En 1991, nous étions donc chez lui, à Toronto, dans le quartier Bloor West Village. Nous regardions les nouvelles sur la déclaration d'indépendance de l'Ukraine. Je crois qu'il n'a jamais été aussi fier que ce jour-là. À un moment de notre conversation, mon grand-père a dit que, maintenant que l'Ukraine était indépendante, il fallait continuer à se battre pour son indépendance. Je crois que j'avais 13 ou 14 ans à l'époque, et je lui ai répondu: « Dido, qu'est-ce que tu racontes? C'est fini. C'est fait. Le peuple ukrainien veut l'indépendance, et le monde l'a reconnue. L'affaire est close. » Je lui ai dit: « Dido, tu as tort. » Bien sûr, c'est moi qui avais tort.
En 2008, la Russie a envahi la Géorgie. Le monde s'était trompé. En 2014, la Russie a envahi l'Ukraine; d'abord l'Est du pays, puis la Crimée. Le monde s'était trompé. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous tromper à nouveau.
Depuis 2022, le Canada est un des plus grands défendeurs de l'Ukraine. Selon moi, nous devons aider l'Ukraine pour deux grandes raisons. La première, c'est parce que c'est la bonne chose à faire. C'est une obligation morale. Le peuple ukrainien se défend courageusement contre une invasion brutale et contre des crimes de guerre quotidiens. Nous le voyons tous les jours dans les nouvelles. L'autre raison pour laquelle soutenir l'Ukraine est la bonne chose à faire pour le Canada, c'est que la victoire du pays est essentielle à la sécurité du Canada. Si la Russie gagne, elle ne s'arrêtera pas à l'Ukraine. Nous le savons parce que Vladimir Poutine nous l'a répété à maintes reprises.
Tout récemment, Vladimir Poutine a envoyé des drones russes au-dessus de bases militaires de l'OTAN en Europe. Par le passé, il a revendiqué des parties de l'Arctique canadien comme faisant partie du territoire russe. Des dirigeants militaires et politiques européens, des dirigeants élus d'Europe de l'Ouest, disent publiquement que l'Europe doit se préparer à une véritable guerre terrestre avec la Russie dans les années à venir.
L'invasion menée par la Russie ne concerne pas seulement l'Ukraine, qui ne représente que la première étape des ambitions expansionnistes de la Russie. Si la Russie réussit en Ukraine, elle ne s'arrêtera pas là. Les Canadiens, les Américains et les Européens seront les prochains. Nous devrons nous défendre contre l'agression russe, que ce soit avec nos partenaires de l'OTAN en Europe, dans l'Arctique canadien ou ailleurs dans le monde. Nous pouvons soit payer un certain prix maintenant pour aider l'Ukraine à gagner, soit payer un coût beaucoup plus élevé plus tard, en dollars et en vies canadiennes. C'est pourquoi nous devons être solidaires du peuple ukrainien jusqu'à sa victoire.
Comme je l'ai dit, le gouvernement est un chef de file mondial du soutien à l'Ukraine. Depuis 2022, le Canada s'est engagé à verser plus de 22 milliards de dollars en soutien à l'Ukraine. Cette aide a pris notamment les formes suivantes. Le Canada a fourni 6,5 milliards de dollars uniquement en aide militaire, ce qui comprend entre autres des missiles de défense aérienne, des obusiers, des chars d'assaut Leopard 2, des drones, des véhicules blindés et d'autres types de matériel essentiel. La mission d'entraînement militaire du Canada, l'opération Unifier, a permis d'entraîner plus de 44 000 soldats ukrainiens; plus de 300 membres des Forces armées canadiennes sont toujours déployés dans le cadre de cette mission. Le Canada s'est également engagé à consacrer 389 millions de dollars pour former des pilotes de chasse ukrainiens à l'utilisation des avions de chasse F‑16 fournis par les alliés, et plus de 140 millions de dollars pour soutenir la production de drones en Ukraine. Cela donne un aperçu de l'aide militaire fournie.
Sur le plan financier, notre pays a versé plus de 12,6 milliards de dollars en aide financière directe à l'Ukraine. Le Canada se classe au premier rang mondial pour son soutien financier direct ou multilatéral par habitant. Cette somme comprend près de 7 milliards de dollars en prêts par l'entremise du Fonds monétaire international, 500 millions de dollars en prêts bilatéraux directs et une contribution de plus de 5 milliards de dollars à l'initiative de prêts du G7 dans le cadre de l'accélération de l’utilisation des recettes extraordinaires au profit de l’Ukraine. Le Canada a également joué un rôle de premier plan dans les efforts visant à renforcer l'économie et la résilience à long terme de l'Ukraine, notamment en modernisant et en ratifiant l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine ici même, dans cette enceinte. De nombreux députés ont d'ailleurs voté en faveur de cette mesure.
Depuis 2022, le Canada a sanctionné près de 2 300 personnes et plus de 1 000 entités en Russie, au Bélarus et en Ukraine. Au total, près de 4 900 personnes et entités sont actuellement sanctionnées en vertu des lois canadiennes sur les sanctions autonomes. L'Ukraine se bat aux premières lignes de la lutte mondiale entre la démocratie et la tyrannie. Son combat est aussi le nôtre. C'est pourquoi nous devons soutenir le peuple ukrainien jusqu'à notre victoire. C'est pourquoi le Canada est un chef de file mondial du soutien à l'Ukraine.
Pour en revenir au projet de loi dont nous sommes saisis, il honore le passé, renforce le présent et est une source d'inspiration pour l'avenir. Le Mois du patrimoine ukrainien nous offrira une occasion spéciale de célébrer le patrimoine ukrainien, le rôle que le Canada a joué afin de soutenir les Canadiens d'origine ukrainienne et les contributions que ces derniers ont apportées au Canada. Il ne s'agit pas seulement d'un geste symbolique, mais de la reconnaissance concrète et durable d'une communauté qui a façonné ce pays et qui continue de le faire tous les jours, dans toutes les circonscriptions.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, en tant que descendant d'immigrants ukrainiens et de Canadiens d'origine ukrainienne, ce projet de loi me touche personnellement, mais il est de nature profondément nationale. En adoptant le projet de loi , le Parlement affirmera que les Canadiens d'origine ukrainienne font partie intégrante du Canada, que leur patrimoine mérite d'être célébré et que le Canada est solidaire du peuple ukrainien, non seulement en temps de guerre, mais en tout temps.
J'exhorte tous les députés à appuyer le projet de loi et à se joindre à moi pour faire du mois de septembre le Mois du patrimoine ukrainien au Canada.
J'aimerais terminer par quelques mots du poète ukrainien le plus prolifique, Taras Shevchenko, qui a dit un jour cette phrase célèbre.
[Le député s'exprime en ukrainien.]
[Traduction]
Cela signifie: « Enseignez, lisez et apprenez des autres, mais soyez toujours fier de ce qui vous appartient. »
Aujourd'hui, je ressens ce que ressentiraient mes grands-parents, ce que ressentent beaucoup de gens qui nous regardent chez eux, ce que leurs parents et leurs grands-parents ressentiraient, et ce que ressentiraient les générations de Canadiens d'origine ukrainienne qui sont arrivées au Canada depuis près de 135 ans s'ils étaient ici aujourd'hui: je suis fier des contributions que les Canadiens d'origine ukrainienne ont apportées au Canada depuis 1891, fier de mon héritage ukrainien et fier d'être Canadien.
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Monsieur le Président, l'amitié et les liens qui existent entre le Canada et l'Ukraine sont profonds et historiques. L'arrivée des premiers Ukrainiens au Canada remonte au mois de septembre, il y a plus de 125 ans. Au cours des décennies qui ont suivi, de nombreux autres Ukrainiens sont venus au Canada en quête d'un meilleur avenir. Bien qu'ils se soient installés dans des collectivités des quatre coins du pays, leur empreinte est particulièrement notable dans les Prairies.
Même s'ils vivaient dans des conditions difficiles et enduraient les hivers rigoureux des Prairies, ils travaillaient sans relâche pour se construire une nouvelle vie et bâtir des collectivités. Ils ont défriché des terres agricoles, construit des églises et des écoles, élevé des familles et contribué à façonner bon nombre des villes et villages des Prairies qui existent encore aujourd'hui. Depuis des générations, les Canadiens d'origine ukrainienne jouent un rôle fondamental dans l'édification non seulement des Prairies, mais aussi du tissu même de notre nation. Ils ont enrichi la vie sociale, économique et culturelle du Canada en créant des entreprises, en contribuant à l'économie locale, en faisant progresser les arts, en préservant leur langue et leurs traditions et en renforçant la vie civique de leurs collectivités.
Les Canadiens d'origine ukrainienne ont aussi combattu pour protéger notre pays et nos valeurs. Ils se sont d'ailleurs enrôlés en grand nombre pour défendre le Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur taux d'enrôlement dépassait celui de tous les groupes ethniques, sauf celui des Canadiens d'origine britannique. Dans un pays comme le Canada, où le hockey occupe une si grande place dans nos cœurs, les Canadiens d'origine ukrainienne ont aussi brillé sur la glace. Il suffit de penser à Wayne Gretzky.
Fière Canadienne d'origine ukrainienne, je suis l'arrière-petite-fille d'immigrants ukrainiens qui se sont établis dans le Sud-Est de la Saskatchewan, tant du côté maternel que paternel. Ce sont eux qui ont travaillé à labourer et à débroussailler les terres. Je me souviens des anecdotes que me racontaient mes grands-parents, et même mes parents, sur ces jours passés à ramasser des pierres à la main dans les champs. Quand nous étions plus jeunes, on nous menaçait souvent de nous envoyer ramasser des pierres dans les champs.
Il y a un lien fort entre le Canada et l'Ukraine, et cela me touche profondément. Aujourd'hui, je porte ma vychyvanka, une chemise traditionnelle brodée qui reflète la riche culture et l'histoire du peuple ukrainien. Je tiens à ajouter que c'est ma mère, décédée il y a cinq ans, qui l'a brodée pour moi. Mes parents ont beaucoup lutté pour la préservation de notre patrimoine ukrainien. J'ai pratiqué la danse ukrainienne pendant 14 ans durant mon enfance, et voici l'une des vychyvankas qu'elle a brodées pour moi afin que je puisse mettre en valeur non seulement notre patrimoine, mais aussi l'importance de le préserver. Elle symbolise la persévérance d'une communauté qui a préservé sa langue, ses traditions et sa culture malgré les difficultés, les déplacements et les tentatives d'effacement de son identité.
Comme beaucoup d'autres, ma famille s'est installée dans les Prairies et a transmis des valeurs, une culture et des traditions qui continuent de façonner nos collectivités. Aujourd'hui, la diaspora ukrainienne au Canada compte près de 1,4 million de personnes. En désignant septembre comme le mois du patrimoine ukrainien, nous célébrerions cet héritage remarquable et nous rendrions hommage aux contributions des Canadiens d'origine ukrainienne à notre histoire commune. Nous reconnaîtrions également les près de 1,4 million de Canadiens d'origine ukrainienne qui continuent de contribuer à notre société, et nous célébrerions les traditions, la langue et la culture qu'ils préservent avec tant d'efforts depuis des générations.
La désignation du mois du patrimoine ukrainien est importante non seulement parce que le Canada compte la troisième plus grande diaspora ukrainienne au monde, mais aussi en raison des liens solides qui unissent l'Ukraine et le Canada. Les liens entre le Canada et l'Ukraine ont toujours été fondés sur nos valeurs communes de liberté, de démocratie et de primauté du droit. Les conservateurs ont toujours défendu fermement ces valeurs, et nous avons toujours soutenu fermement l'Ukraine.
D'ailleurs, les conservateurs ont une longue histoire de soutien à l'Ukraine. Le 24 août 1991, l'Ukraine a déclaré son indépendance du Kremlin. C'est le 2 décembre 1991, sous un gouvernement conservateur, que le Canada est devenu le premier pays occidental à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine. Plus tard, en 2008, c'est un autre gouvernement conservateur qui a officiellement reconnu le génocide de l'Holodomor. Cette reconnaissance commémore la famine infligée délibérément par le régime de Staline, qui a causé la mort de millions d'hommes, de femmes et d'enfants en Ukraine entre 1932 et 1933. Après l'annexion illégale de la Crimée par Vladimir Poutine en 2014, le premier ministre Stephen Harper a adressé un message sans équivoque à Vladimir Poutine pour le sommer de se retirer de la Crimée.
Les conservateurs ont également négocié un accord de libre-échange et lancé l'opération Unifier, une mission de formation militaire visant à soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous avons également imposé les sanctions les plus sévères au monde à l'encontre des responsables de l'agression russe à l'époque. Depuis que Vladimir Poutine a lancé son invasion à grande échelle en 2022, nous continuons de soutenir le peuple ukrainien dans sa défense de la liberté, de l'indépendance et de la souveraineté.
C'est dans ce contexte de résilience qu'un mois du patrimoine ukrainien revêt une signification encore plus profonde. Alors que les députés envisagent de désigner le mois de septembre comme mois du patrimoine ukrainien, c'est dans ce contexte qu'une telle initiative est si importante, dans un contexte où l'Ukraine est en guerre contre Vladimir Poutine, où la démocratie, la liberté et la souveraineté territoriale sont menacées, et où la population de ce pays défend fermement l'ordre international fondé sur des règles.
Un mois du patrimoine ukrainien offrirait à tous les Canadiens l'occasion de réfléchir aux valeurs qui nous unissent. Il nous rappellerait que la liberté est précieuse et qu'elle doit toujours être défendue. Il nous rappellerait aussi la force qui découle de notre solidarité et renforcerait ce qui nous unit en tant que nation. Il célébrerait le courage de nos prédécesseurs et les contributions de ceux qui continuent d'enrichir notre pays aujourd'hui. Il inspirerait les générations futures à perpétuer ces valeurs et à poursuivre ces contributions avec fierté et détermination.
Je le répète: en désignant le mois de septembre comme mois du patrimoine ukrainien, nous célébrerions la riche histoire et les contributions durables des Canadiens d'origine ukrainienne à l'aventure canadienne. Nous célébrerions les quelque 1,4 million de Canadiens d'origine ukrainienne qui continuent d'enrichir notre tissu social dans toutes les provinces et tous les territoires. Nous mettrions en valeur les traditions, la langue et la culture qu'ils ont préservées contre vents et marées.
Ces riches traditions sont déjà célébrées partout au pays lors de festivals, de proclamations provinciales, d'événements communautaires et de rassemblements culturels. Ces célébrations suscitent la fierté et la réflexion et favorisent une meilleure compréhension du rôle vital que les Canadiens d'origine ukrainienne ont joué et continuent de jouer dans l'édification du pays. La désignation fédérale donnerait une reconnaissance nationale à ces célébrations. Elle réitérerait la ferme volonté du Canada de se montrer solidaire de l'Ukraine et d'honorer son peuple et son patrimoine.
Je compte bien appuyer le projet de loi et j'espère qu'il aura l'appui des députés. En accueillant cette désignation, nous ferions plus que célébrer le patrimoine; nous réaffirmerions notre engagement à l'égard de la liberté, de la démocratie et des liens durables entre le Canada et l'Ukraine.
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Monsieur le Président, ça me demande beaucoup d'humilité de prendre la parole sur ce sujet, particulièrement après la députée conservatrice de Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake et après mon collègue d', qui ont des liens familiaux en Ukraine et des liens avec la communauté ukrainienne. Ça demande beaucoup d'humilité pour moi, petit Québécois sans attache officielle ou familiale avec l'Ukraine, de prendre la parole et de venir défendre à mon tour ce projet de loi .
Pourquoi le fais-je? Je le fais d'abord pour collaborer, pour apporter un message que je défends depuis que je m'implique avec le Groupe d'amitié Canada‑Ukraine et auquel j'appartiens depuis mon arrivée dans ce Parlement, en 2019. L'adhésion à ce groupe et cette implication m'ont permis d'en apprendre énormément et de réaliser à quel point au Québec nous n'avons pas eu la même chance que certaines autres provinces qui ont vu arriver au fil des siècles et des décennies, depuis à peu près 125 ans, des immigrants originaires d'Ukraine qui sont venus enrichir leurs communautés.
Ce que je connaissais de l'Ukraine, pour être tout à fait honnête — je vais exposer mon ignorance et je serai assez humble pour le faire —, c'est qu'elle faisait partie de l'URSS. Étant donné qu'elle faisait partie de l'URSS, il n'y avait probablement pas beaucoup de possibilités pour cette nation de faire connaître et voyager son histoire et sa culture. Or, c'est important de le faire, en particulier dans le contexte actuel. J'ai moi-même eu l'occasion de le faire au fil des rencontres. Au départ, en 2019, quelques mois avant que la pandémie de la COVID‑19 ne s'installe, en mars 2020, les rencontres se faisaient évidemment un peu plus rares. Puis est arrivé février 2022, avec l'horreur que l'on connaît, que l'on vit encore aujourd'hui et que subit le peuple ukrainien depuis l'invasion monstrueuse de la Russie: les exactions, les brutalités et les horreurs que l'on aperçoit aux nouvelles presque quotidiennement.
Le fait d'ajouter une occasion de connaître encore plus la culture ukrainienne et l'histoire riche de ce peuple, qui méritent d'être connues et célébrées, contribuerait fort probablement à nous faire embrasser davantage notre appui à l'Ukraine dans ce conflit. Les groupes que j'ai l'occasion de rencontrer sont divisés. Certaines de ces rencontres prennent la forme de demandes pressantes: des appels à l'aide, au soutien logistique et financier pour l'Ukraine dans sa lutte contre l'envahisseur russe. Il y a aussi d'autres rencontres que je qualifierais non pas de sociales, mais d'humaines, et qui sont absolument fabuleuses. À des occasions comme celle où l'on célèbre la Vyshyvanka, on découvre un volet de la culture ukrainienne qui est tout à fait irrésistible. On jase avec des gens jeunes et vieux qui adhèrent et appartiennent à cette culture, qui en sont fiers et qui ne demandent qu'à la partager.
Encore une fois, je le dis: cet outil-là que constitue un mois du patrimoine, c'est essentiel dans le contexte actuel où ces gens manquent d'occasion de briller et de montrer le beau qu'ils ont à partager, et ce mois du patrimoine ukrainien que l'on se propose d'instaurer tous les mois de septembre sera, j'en suis convaincu, utilisé à très bon escient par la communauté ukrainienne. En effet, ce sera une occasion de montrer autre chose, de partager les traditions culinaires qui sont magnifiques et auxquelles je suis particulièrement sensible, mais aussi les traditions musicales et la danse dont on parlait tout à l'heure. Ce sont des éléments qui sont propres à cette culture, qu'on ne voit pas assez aujourd'hui, mais qu'on pourrait mettre en valeur.
Je n'avais jamais entendu parler de l'Holodomor avant de m'impliquer avec le Groupe d'amitié Canada‑Ukraine. Le fait que cette nation ait vécu si longtemps sous le joug soviétique nous a privés d'informations cruciales et importantes qui auraient probablement permis de jeter un regard un peu mieux éclairé sur ce que vit cette nation et cette population.
Quand j'ai pris connaissance de tout cela, je me suis dit que c'était incroyable qu'on ne véhicule pas davantage ces histoires au Québec. Comme je l'ai dit, nous n'avons pas été aussi exposés à la communauté immigrante en provenance de l'Ukraine. Alors, chaque année, sur la Colline du Parlement, je me fais un devoir de rappeler l'importance de la transmission de l'information, l'importance de l'éducation et l'importance de raconter les choses dont on ne veut pas qu'elles se répètent. Les horreurs qui ont été commises au cours de l'histoire, il faut que nous nous les rappelions.
L'éducation, le partage des connaissances, le partage de la culture et l'enrichissement de la culture commune, c'est ce qu'on souhaite. Quand on accueille des immigrants qui arrivent avec une culture aussi riche, on espère qu'ils vont s'intégrer pour enrichir la culture commune. C'est à cela que sert un mois du patrimoine. Il y en a quelques-uns durant l'année. Il y a plusieurs mois du patrimoine de toutes sortes de cultures, mais je dirais que celui-ci me tient particulièrement à cœur. Je pense que nous gagnerions tous à en connaître davantage. Si les gens connaissaient toutes les beautés, toute la fierté et toute la richesse de la culture et de l'histoire ukrainiennes, je pense que l'entièreté de la population du Québec et du Canada ferait des pressions pour que cesse ce conflit. Nous serions beaucoup plus mobilisés et nous serions beaucoup plus sensibilisés à ces horreurs qu'est en train de vivre le peuple ukrainien, qui a quand même beaucoup en commun avec les Québécois et les Canadiens.
Sans surprise, nous appuyons vigoureusement le projet de loi . Nous appuyons vigoureusement la création d'un mois du patrimoine ukrainien. Nous allons soutenir cette proposition avec enthousiasme, et avec fierté aussi.
En terminant, je tiens à rappeler que nous avons rarement des occasions de débattre de façon cordiale à la Chambre des communes. Généralement, les débats portent sur des projets de loi qui créent beaucoup de tensions et beaucoup de désaccords. Par contre, il arrive parfois que des projets de loi comme celui-ci soient présentés et ce sont des projets de loi assez consensuels de façon générale. Lorsque cela se produit, je trouve agréable que nous puissions discuter, débattre et entendre des députés d'horizons politiques différents parler avec le même point de vue et avec la même passion de quelque chose qui, plutôt que nous diviser, nous unit.
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Monsieur le Président, c'est tout un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui afin de parler du projet de loi , qui vise à instituer le mois du patrimoine ukrainien, et de souligner les contributions exceptionnelles des Canadiens d'origine ukrainienne partout au pays, en particulier la communauté ukrainienne de Mississauga, à la fois dynamique, pleine de compassion et bien établie. Le Canada compte plus de 1,3 million de personnes d'origine ukrainienne, et cette communauté est présente au Canada depuis plus de 125 ans. C'est pourquoi je tiens à remercier le député d' d'avoir présenté ce projet de loi visant à désigner le mois de septembre comme le mois du patrimoine ukrainien et à donner à tous les Canadiens l'occasion de découvrir, de commémorer et de célébrer le patrimoine ukrainien.
Je vais commencer par des observations personnelles. Je ne suis pas d'origine ukrainienne; je suis né au Portugal. Comme tant de familles, mes parents sont venus au Canada en quête de nouvelles possibilités et d'une vie meilleure, mais grâce aux liens conjugaux, familiaux et communautaires, j'ai appris à apprécier et à respecter énormément la communauté ukrainienne et son cran. Mon épouse, Christina Yaremczuk, est fière de ses origines ukrainiennes. Sa famille vient de la belle région historique de Lviv, connue pour sa culture, sa foi et son engagement indéfectible pour la liberté.
Grâce à Christina, à ses parents et à notre famille ukrainienne élargie, j'en suis venu à comprendre le sens de l'identité ukrainienne: la persévérance, la dignité, la fierté culturelle et l'amour de la communauté. Christina est également dévouée à la ligue des femmes ukrainiennes catholiques, un organisme qui a considérablement contribué, surtout ces dernières années, à obtenir de l'aide humanitaire et du soutien pour les nouveaux arrivants, pour préserver les traditions et pour renforcer la vie communautaire.
Nos deux garçons, Alexander et Sebastien, ont grandi en dansant avec Barvinok, l'une des troupes de danse ukrainiennes les plus célèbres du Canada. Mon épouse et moi voulions qu'ils découvrent cette culture et qu'ils ressentent ces histoires dans les pas, dans la musique et dans les couleurs. Je me souviens de les avoir regardés depuis les coulisses lors de spectacles et d'avoir vu la fierté sur leur visage lorsqu'ils enfilaient leurs chemises vyshyvanka brodées et leurs bottes. Ce sont des souvenirs qui me sont chers.
À Mississauga, nous sommes fiers de compter dans nos rangs l'une des communautés ukrainiennes les plus actives et les plus influentes au pays. En parcourant les quartiers, à Cooksville, Applewood, ou ailleurs dans la région, on peut observer l'héritage d'un peuple qui est venu ici en quête de possibilités, de sécurité et de dignité, et qui a contribué à bâtir le Canada que nous connaissons aujourd'hui.
Située en plein cœur de Mississauga, l'église catholique canado-ukrainienne St. Mary est depuis longtemps bien plus qu'un simple lieu de culte: c'est un pilier spirituel et un lieu de rassemblement pour des milliers de personnes. Il y a quelques semaines à peine, j'y étais avec ma famille pour rencontrer le père Jerry et les membres de la communauté à l'occasion du bazar de Noël annuel. Des centaines de personnes étaient réunies pour prendre part aux festivités et aux activités folkloriques. C'est à l'église que les familles célèbrent les baptêmes, les mariages ainsi que les liturgies de la veille de Noël, qui sont illuminées par des chandelles, parfumées d'encens et portées par la beauté incomparable des hymnes ukrainiens. C'est aussi un refuge pour les nouveaux arrivants, qui y trouvent du soutien, une aide caritative et une communauté qui les accueille à bras ouverts.
Sous la direction de Fedir Danylak, l'école de danse ukrainienne Barvinok perpétue une tradition vieille de plusieurs générations. Les danseurs, les enfants, les adolescents et les adultes gardent vivants les couleurs, les danses et les récits de l'Ukraine. Chaque prestation d'une troupe de l'école Barvinok à Mississauga, ailleurs au Canada ou dans le monde nous rappelle que la culture ne fait pas que survivre: elle se vit, elle se danse, elle se chante et elle se transmet de génération en génération.
On ne peut pas parler de la présence ukrainienne à Mississauga sans souligner le rôle de l'école catholique byzantine St. Sofia dans la région. Depuis des décennies, cette école enseigne à des milliers de jeunes la langue et l'histoire ukrainiennes, et les valeurs durables que sont la foi, la communauté et la fierté culturelle. L'incidence de cette école est considérable: bon nombre de ses anciens élèves deviennent des dirigeants, des éducateurs, des entrepreneurs ou des artistes qui préservent fièrement leur patrimoine tout en contribuant à la société canadienne.
Récemment, j'ai parlé à une mère de Mississauga, qui m'a dit qu'elle avait inscrit sa fille à l'école St. Sofia pour qu'elle connaisse son identité et ses origines. Cette jeune fille fréquente maintenant l'école secondaire, elle parle couramment l'ukrainien, elle fait encore du bénévolat lors d'activités communautaires et elle danse encore au sein de la troupe de danse Barvinok. C'est ainsi que la culture perdure. C'est ainsi que le Canada devient plus fort.
On ne peut pas passer de temps avec des Canadiens d'origine ukrainienne à Mississauga sans entendre des histoires de sacrifice et de résilience. J'ai rencontré une nouvelle arrivante, une mère, qui est venue avec ses deux enfants après avoir fui la guerre en Ukraine. Elle m'a raconté son arrivée à l'aéroport Pearson avec une seule valise, sans emploi et sans certitude quant à son avenir. Elle m'a aussi parlé de la façon dont les fidèles de la paroisse St. Mary's se sont mobilisés pour l'aider, lui trouver un logement temporaire, l'aider à accéder aux services d'établissement, lui donner des vêtements et de la nourriture et s'assurer que ses enfants soient inscrits à l'école en quelques jours.
Le Canada a été le premier pays occidental à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine en 1991, et nous continuons aujourd'hui à soutenir fermement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le Canada et l'Ukraine sont liés par un partenariat fondé sur des valeurs, par le courage et par l'amitié. Nous défendons la souveraineté, la démocratie, les droits de la personne et la paix. Au-delà de la reconnaissance de l'indépendance de l'Ukraine en 1991, le Canada a été l'un des premiers pays à condamner l'annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014, à imposer des sanctions contre ceux qui s'attaquent à la souveraineté ukrainienne, à fournir un entraînement militaire dans le cadre de l'opération Unifier, à fournir de l'aide humanitaire, à accueillir des familles ukrainiennes déplacées et à soutenir l'Ukraine sur la scène internationale sur toutes les tribunes, ainsi qu'au sein de l'OTAN, du G7 et des Nations unies. Le Canada a contribué à la reconstruction des réseaux électriques, à la fourniture d'équipements médicaux, au déminage et au renforcement des institutions démocratiques ukrainiennes.
L'Ukraine ne se bat pas seulement pour son territoire, mais aussi pour les principes qui nous unissent, et le Canada se tient fièrement à ses côtés. C'est pourquoi je tiens à remercier mon collègue le député d', qui est un grand défenseur de l'Ukraine au Parlement et qui plaide sans relâche en faveur d'une aide humanitaire, d'un soutien militaire et de la protection de la culture et de l'identité ukrainiennes. Son leadership se fait sentir non seulement ici, mais aussi en Ukraine et partout dans la région du Grand Toronto et au Canada.
Alors que nous célébrons la culture et le patrimoine, nous devons également nous souvenir de l'histoire, en particulier de ses chapitres les plus sombres. De 1932 à 1933, l'Holodomor, une famine délibérément provoquée par le régime de Staline, a entraîné la mort de millions d'hommes, de femmes et d'enfants ukrainiens innocents. C'était un génocide, une tentative d'effacer le peuple ukrainien, sa langue, son identité et son existence. À Mississauga, les gens se réunissent chaque année à l'occasion d'une cérémonie commémorative organisée par les représentants de l'église St. Mary's. Le Congrès ukrainien canadien, quant à lui, sensibilise les Canadiens à l'Holodomor grâce à des programmes scolaires, à des expositions publiques, au bus Holodomor, qui se rend sur la Colline du Parlement, à des témoignages de survivants et à des veillées communautaires.
Tant à l'échelle nationale que par l'entremise de ses sections locales et ontariennes, le Congrès des Ukrainiens Canadiens est la pierre d'assise de la communauté ukrainienne au Canada. Il agit comme porte-parole et centre d'information, organise des événements culturels, soutient les nouveaux arrivants et mobilise des bénévoles. Cette année, à Mississauga, avec le concours de mon épouse, la conseillère municipale Christina Yaremczuk‑Fonseca, et de la présidente Liliya Gulych, il a organisé la première exposition d'art et levée du drapeau ukrainien de la ville. Le Conseil des Ukrainiens Canadiens travaille à garder l'identité ukrainienne forte afin que les générations futures comprennent leur patrimoine.
Le Mois du patrimoine ukrainien est l'occasion de célébrer les œuvres musicales et artistiques de Barvinok, la foi et la communauté de l'église St. Mary's, les enseignements et les fondements culturels de l'école St. Sofia, le leadership du Congrès des Ukrainiens Canadiens, la résilience des familles qui sont venues ici en quête d'espoir et les générations qui ont contribué à faire de Mississauga la ville multiculturelle florissante qu'elle est aujourd'hui et, du Canada, un véritable symbole d'espoir.
À la Chambre, durant le Mois du patrimoine ukrainien, et tout le reste de l'année, nous réaffirmons notre engagement à soutenir l'Ukraine, à défendre la démocratie, à promouvoir la paix et à célébrer le patrimoine de toutes les personnes qui sont chez elles au Canada. Que le Canada soit toujours solidaire de l'Ukraine, que nos communautés continuent de grandir dans l'amitié et que l'esprit du peuple ukrainien demeure résilient, plein d'espoir et inébranlable, et qu'il continue de briller de tous ses feux à Mississauga et partout dans notre grand pays.
Slava Ukraini.
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Monsieur le Président, je suis ravie de prendre la parole au nom des citoyens de Fort McMurray—Cold Lake au sujet du projet de loi , un projet de loi qui vise à désigner le mois de septembre mois du patrimoine ukrainien.
Les premiers immigrants ukrainiens répertoriés sont arrivés au Canada en 1891 et se sont installés à l'est d'Edmonton, à Edna, aujourd'hui appelée Star, en Alberta. Des dizaines de milliers d'Ukrainiens ont immigré au Canada dans le cadre de cette première vague. Ils ont apporté avec eux leurs pratiques agricoles, leur culture, leur langue et une incroyable résilience. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que des milliers d'immigrants ukrainiens de la première vague se sont enrôlés pour défendre le Canada et combattre, des milliers d'Ukraino‑Canadiens originaires de l'Empire austro-hongrois ont été classés par le gouvernement du Canada comme des ressortissants ennemis et internés dans des camps à travers le pays. Tout au long de leur internement, ils ont été soumis à d'importants travaux forcés, aménageant des lieux d'intérêt national, comme le parc national Banff, dont beaucoup de Canadiens jouissent aujourd'hui.
Cependant, après la Première Guerre mondiale, il y a eu une deuxième vague d'immigrants ukrainiens au Canada. À l'époque, le territoire ukrainien avait été utilisé comme champ de bataille, des villes entières avaient été détruites et des milliers d'Ukrainiens avaient été déplacés. Bon nombre de ces Ukrainiens déplacés étaient des agriculteurs, des professionnels et des intellectuels, qui sont venus au Canada pour rebâtir leur vie. La communauté déjà forte, riche et dynamique des Canadiens d'origine ukrainienne de la première vague d'immigration, combinée à des terres agricoles semblables à celles de leur pays, a fait du Canada un nouveau foyer idéal pour ces Ukrainiens. Les conditions étaient incroyablement difficiles, mais les Ukrainiens sont venus et ont persévéré. Ils ont créé des communautés, ont construit des églises et des écoles et ont partagé leur culture avec leurs nouveaux voisins.
Mes arrière-grands-parents ont quitté l'Ukraine pour venir au Canada il y a plus de 100 ans, lors de la deuxième vague d'immigration, et se sont établis à Gilwood, en Alberta, à l'extérieur de High Prairie, dans le Nord de l'Alberta. Ils ont dû surmonter d'énormes difficultés, comme les nombreuses autres personnes venues s'établir dans cette région densément boisée.
Ils ont survécu en grande partie grâce aux relations qu'ils ont pu nouer avec les peuples autochtones des environs. Ces derniers les ont initiés à la récolte traditionnelle des baies, aux techniques de chasse et aux méthodes de construction d'une habitation, afin qu'ils puissent survivre aux hivers incroyablement froids des Prairies. Les premiers colons ukrainiens dans les Prairies ont compté sur ce savoir ancestral des peuples autochtones de la région pour assurer leur survie et s'adapter à leur nouvel environnement. En échange, les Ukrainiens ont partagé leurs écharpes babushkas bien-aimées, ces foulards aux motifs de fleurs maintenant connus par des générations d'Autochtones sous le nom de foulards de kokum.
Les foulards de kokum, qui remontent aux échanges commerciaux des Ukrainiens avec les communautés autochtones locales, font maintenant partie des pratiques culturelles autochtones, y compris dans les pow-wow et les tendances vestimentaires à la maison ou ailleurs. On a constaté que le foulard à motifs de fleurs présentait des similitudes avec les broderies perlées des Cris, des Dénés et des Métis, tel un témoin du partage des connaissances et de la culture. Les foulards symbolisaient alors une histoire commune entre la communauté ukrainienne du Canada et les groupes autochtones. Ils contribuaient à forger des relations, à créer des possibilités commerciales et à offrir un accueil chaleureux entre les membres des diverses communautés, une marque d'hospitalité qui a perduré pendant de nombreuses générations.
L'un des nombreux symboles de la résilience ukrainienne est la diffusion d'une culture canado-ukrainienne riche et forte grâce à la cuisine, à la danse, aux journaux, aux écoles bilingues et aux monuments. La danse ukrainienne a permis à de nombreux jeunes Canadiens d'origine ukrainienne de se rapprocher de leur culture et de découvrir leur patrimoine. Enfant, j'ai eu la chance de danser avec la communauté des danseurs ukrainiens Avrora de Fort McMurray, la troupe de danse avec laquelle mon fils danse aujourd'hui. Cette activité a été l'occasion pour moi et pour d'innombrables Ukrainiens de découvrir la culture, la communauté et de nouvelles traditions.
Par ailleurs, les Canadiens d'origine ukrainienne ont joué un rôle déterminant dans la préservation de l'identité ukrainienne pendant les périodes d'oppression russe. Ce que certaines personnes ne comprennent peut-être pas, c'est que la résilience est un élément clé et un thème extrêmement important dans la communauté ukrainienne, car, tout au long de l'histoire, les Ukrainiens ont dû lutter contre l'oppression russe dans de nombreux endroits et contextes différents. Les Canadiens d'origine ukrainienne ont contribué à préserver leur identité ukrainienne, garantissant ainsi la pérennité de cette riche culture. Au fil des générations, les communautés ukrainiennes ont préservé leur patrimoine et leur culture, même lorsque l'Ukraine souffrait de l'oppression soviétique, à une époque où les Ukrainiens étaient systématiquement dépouillés de leur culture et effacés par l'Union soviétique.
C'est notamment par la danse que les Canadiens d'origine ukrainienne préservent la culture ukrainienne. Les premiers immigrants ont apporté avec eux leurs danses folkloriques pleines de vitalité. Ces danses ont fini par être dansées par des troupes professionnelles comme les Shumka Dancers d'Edmonton, ce qui illustre à merveille l'empreinte que laissent les Canadiens d'origine ukrainienne dans la société canadienne.
Shumka, c'est une troupe de danse prestigieuse de calibre mondial créée en 1959. Elle s'est produite devant la reine Elizabeth II, des premiers ministres et des présidents, et elle a partagé la scène avec des personnalités telles qu'Andrea Bocelli, Julie Andrews et d'innombrables artistes ukrainiens. La troupe s'est produite partout au Canada et a participé à des tournées dans le monde entier, notamment en Chine et dans sa chère Ukraine. Son rayonnement montre que l'expression culturelle ukrainienne au Canada est forte et vivante, et qu'elle laisse sa marque dans notre pays et dans le monde entier.
Notre force et notre reconnaissance de l'Holodomor — une famine génocidaire ignoble et diabolique orchestrée par Staline, qui a systématiquement tenté d'exterminer les Ukrainiens simplement parce qu'ils étaient Ukrainiens — témoignent également de la solidité, de la résilience et de la passion de la communauté ukrainienne. Le tout premier monument dédié à l'Holodomor dans le monde entier a été érigé à Edmonton, en Alberta, en 1983. Il a été construit à une époque où il était interdit de parler de l'Holodomor en Ukraine, car le pays était encore sous domination soviétique. C'était la toute première fois que la vérité était dite à ceux qui étaient au pouvoir, et cela s'est produit dans le monde occidental. Le peuple ukrainien en a été incroyablement ému; c'était une démonstration de la force de nos liens et de nos relations.
En fait, lorsque le président Zelensky est venu ici il y a quelques années, il a mentionné l'importance de ce monument et ce qu'il représentait pour le peuple ukrainien. Comme l'URSS avait délibérément caché au monde cette famine qu'elle avait provoquée, il était extrêmement important de dire la vérité et d'ériger un monument à ce sujet. Cependant, la création du monument n'était qu'un exemple parmi d'autres des liens solides qui unissent la communauté canado-ukrainienne.
Il y a un élément intéressant dont j'aimerais parler et qui montre une partie de la culture ukraino-canadienne. Quiconque a traversé les Prairies en voiture les a vues: les magnifiques églises au dôme bulbeux qui parsèment le paysage des Prairies. Quand les communautés ukrainiennes sont venues au Canada, elles ont apporté avec elles leur foi profonde. Au moment de bâtir de nouvelles collectivités, elles ont construit ces magnifiques églises qui trônent toujours fièrement dans les Prairies. Plusieurs d'entre elles accueillent encore des paroissiens le dimanche pour la messe.
L'une de ces églises ukrainiennes de l'Ouest canadien se trouve ici, dans la région de la capitale nationale. Il s'agit de l'église catholique ukrainienne Saint‑Onuphrius, qui se trouvait juste à l'extérieur de Smoky Lake, en Alberta. Cette église se trouve maintenant au Musée canadien de l'histoire. À ce qu'on m'a dit, on y tient une messe une fois par année afin qu'elle continue de compter comme une paroisse active. C'est l'occasion de commémorer l'importance et la contribution soutenue de la dynamique communauté ukrainienne à l'histoire du Canada et à la société canadienne contemporaine, ainsi que de les honorer et de s'en souvenir.
Cette communauté dynamique a produit des générations de personnalités remarquables, travaillantes et performantes, comme Roberta Bondar, première Canadienne à avoir voyagé dans l'espace, ou comme le hockeyeur étoile Wayne Gretzky, alias « la Merveille ». Elle a aussi produit des personnalités politiques, comme Andrew Shandro, premier Ukrainien à avoir été élu à une assemblée législative provinciale, en Alberta. Il est de la même famille qu'un ancien député provincial de l'Alberta, Tyler Shandro, un bon ami à moi qui est membre du conseil d'administration du Congrès ukrainien canadien. Je le salue d'ailleurs. Il y a aussi le grand et regretté Gene Zwozdesky, ancien Président de l'Assemblée législative de l'Alberta. Avant de se lancer en politique, il a travaillé auprès de la troupe des Alberta Shumka Dancers, dont il est ensuite devenu le directeur musical. C'est le genre de choses qu'on voit très souvent en Alberta.
Puis, il y a Ed Stelmach, ancien premier ministre de l'Alberta, et son incroyable épouse Marie, originaires d'Andrew, en Alberta. Ils ont joué un rôle fondamental dans la création du village du patrimoine culturel ukrainien, à l'est d'Edmonton. L'endroit demeure spectaculaire, malgré certains dommages causés par des incendies. Si nous parlons de ces gens, ce n'est pas seulement parce qu'ils sont Ukrainiens, mais parce qu'ils ont contribué à créer une culture qui est bien vivante aujourd'hui.
En conclusion, la communauté ukrainienne est forte, passionnée et importante pour la culture et la société contemporaines du Canada. Les conservateurs ont soutenu et continueront de soutenir l'Ukraine dans sa lutte contre l'oppression exercée par la Russie et Poutine.