Qu'une instruction soit donnée au Comité permanent de la justice et des droits de la personne portant qu’il soit habilité, dans le cadre de son étude du projet de loi C-9, Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès à des lieux religieux ou culturels), à se déplacer au Canada pour entendre les témoignages de parties intéressées et que le personnel nécessaire accompagne le Comité.
— Monsieur le Président, c'est un grand privilège de prendre la parole au nom des habitants d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud. Je partagerai mon temps de parole avec mon estimé collègue, le député de .
Nous présentons cette motion parce que nous estimons qu'il est essentiel que le comité de la justice examine attentivement le projet de loi . En effet, nous avons appris une nouvelle alarmante dans les derniers jours, à savoir que le gouvernement libéral a conclu une entente secrète avec le Bloc québécois pour s'attaquer à la liberté de religion des Canadiens. Cette fin de semaine, le National Post a révélé que les libéraux allaient appuyer le Bloc québécois dans sa volonté de retirer du Code criminel des exceptions cruciales relativement à la liberté de religion en échange de l'appui du Bloc au projet de loi .
Pendant les jours qui ont suivi, les conservateurs ont tenté de mener une véritable étude législative du projet de loi . Les libéraux ont osé accuser les conservateurs de faire de l’obstruction, mais je tiens à expliquer deux choses essentielles qui viennent de se produire.
Mardi, le comité de la justice disposait des ressources nécessaires pour faire ce travail de 15 h 30, jusqu’à minuit. Les députés conservateurs étaient prêts à effectuer l’étude article par article et ligne par ligne du projet de loi . Cependant, les libéraux ont levé la séance à 17 heures. Le comité n'avait adopté qu'un seul article.
Hier, à la période des questions, un de mes collègues, un membre libéral du comité de la justice, s’est levé et a exigé que nous poursuivions nos travaux jeudi, c’est‑à‑dire aujourd’hui. Ce matin, j’ai vu dans mes messages que le président libéral de ce comité avait annulé cette réunion. Le gouvernement libéral dit que les conservateurs font obstruction à l’étude article par article du projet de loi alors que ce sont les libéraux qui font de l'obstruction.
Je ne fais jamais l’erreur d’accuser les libéraux d'être compétents, mais ils retardent leur propre étude. Ils font de l’obstruction à leur propre programme. Les conservateurs sont prêts à mener cette étude.
Je soupçonne que le gouvernement libéral a, comme moi, reçu des appels et des courriels de Canadiens que cet amendement inquiète profondément. Ils s'inquiètent généralement des répercussions que le projet de loi aura sur la liberté d’expression et de religion. Les gens sont affolés en voyant cela. J’ai reçu des appels de membres de la communauté juive, de la communauté musulmane et de la communauté chrétienne ainsi que d’hindous et de sikhs. Ils disent tous qu’ils ne croient pas que leur liberté de religion serait préservée si le gouvernement libéral concluait cette entente secrète avec le Bloc québécois pour supprimer du Code criminel des exceptions religieuses cruciales.
Le gouvernement libéral pourrait très facilement régler ce problème. Il pourrait annoncer qu’il fait marche arrière et qu’il ne poursuivra pas cette initiative sur la liberté de religion. J’aimerais beaucoup entendre un de mes collègues libéraux dire cela. En fait, j’entends maintenant beaucoup de babillage du côté de mes collègues libéraux. Si l’un d’entre eux pouvait se lever et dire qu’il ne s’en prendra pas à la liberté de religion, cela ferait du Canada un meilleur endroit où vivre.
Notre comité doit faire son travail. Il faut que nous puissions parler aux Canadiens qui seraient touchés par cette mesure, qui les inquiète profondément. Il faut que nous puissions parler directement aux groupes qui ont été exclus de l’étude du projet de loi parce que le gouvernement libéral voulait faire obstruction à son propre programme.
Si je prends la parole au sujet de cette motion, c'est parce que nous devons procéder à une étude en bonne et due forme. Nous devons nous rendre dans toutes ces collectivités au Canada et parler directement aux personnes qui sont si souvent exclues du processus. Je pense en particulier aux membres des communautés ethniques, qui ne consomment pas nécessairement les médias grand public et qui s'en portent probablement mieux. Je parle, bien sûr, des personnes qui vivent dans des collectivités éloignées et pour qui il est très difficile d'accéder aux délibérations des comités à Ottawa. Ce faisant, nous serions en mesure de savoir exactement quelle boîte de Pandore le gouvernement libéral ouvrirait aux Canadiens avec son projet de loi et les amendements qui élimineraient l'exception religieuse.
Je soupçonne que certains députés libéraux répondront quelque chose comme: « Non, il n'est pas question de la liberté de religion en général. On parle simplement de gens qui dissimulent des propos haineux, criminels et violents sous le couvert de propos religieux. » J'ai de petites nouvelles pour ces députés: c'est déjà illégal. Le Code criminel ne prévoit aucune protection pour les personnes qui incitent au génocide. Il ne prévoit aucune protection pour les personnes qui menacent de recourir à la violence ni pour celles qui incitent à la haine. Le Code criminel n'ouvre la porte à une défense fondée sur des motifs religieux que pour deux chefs d'accusation particuliers: fomenter volontairement la haine...
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Madame la Présidente, voici un autre exemple de la façon dont les libéraux tentent de faire taire et de censurer les personnes avec lesquelles ils ne sont pas d'accord. C'est précisément pour cette raison que nous ne pouvons pas laisser passer ce qu'ils essaient de faire adopter en catimini avec le projet de loi . Le gouvernement libéral a saisi toutes les occasions de s'attaquer à la liberté de culte et à la liberté d'expression. C'est un gouvernement qui gèle les comptes bancaires des manifestants. C'est un gouvernement qui, sous prétexte de protéger les enfants, tente d'élargir la portée de la Loi canadienne sur les droits de la personne afin de restreindre la liberté d'expression des Canadiens sur Internet. Je ne recevrai certainement pas de leçons de la part des députés de l'autre côté alors que nous essayons de protéger les libertés des Canadiens de toutes les confessions.
Je tiens également à souligner que nous ne pouvons pas considérer ces questions en vase clos. Ces amendements au projet de loi doivent également être compris à la lumière de la définition de la haine utilisée dans le projet de loi C‑9. Ainsi, le gouvernement libéral introduit un libellé flou qui, comme l'ont dit des experts et des défenseurs des libertés civiles de gauche comme de droite, faciliterait la poursuite des personnes pour leurs pensées, leurs croyances et, en particulier, leur expression religieuse.
Si les députés souhaitent connaître l'opinion des libéraux là-dessus, je les invite à lire la déclaration de l'ancien , qui a déclaré que les textes religieux, et il a mentionné trois livres entiers de la Bible et de la Torah, peuvent parfois contenir des messages « haineux ». Il a déclaré que citer certains textes religieux devrait être considéré comme un délit.
Notre pays est pluraliste. Il y a des gens à la Chambre des communes et au sein du Parti libéral qui ont des opinions diverses. Il est possible que le ait dépassé les bornes et qu'il n'ait pas parlé au nom du gouvernement libéral. Je suis très heureux qu'il ait été démis de ses fonctions quelques semaines seulement après avoir déclaré que les personnes qui citent les Écritures devraient faire l'objet de poursuites pénales. Les libéraux l'ont certes démis de ses fonctions de président du comité de la justice, mais c'était pour le promouvoir. Il est maintenant ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes. À ce titre, il a déclaré que les procureurs devraient pouvoir, selon ses propres termes, « porter des accusations » contre les personnes qui citent des passages des Écritures qu'il juge offensants, et que le gouvernement libéral juge offensants.
Il s'agit d'une mesure que le gouvernement libéral a exigé des conservateurs qu'ils acceptent dans son programme. Lorsque nous avons demandé à examiner point par point ce que les libéraux essaient de faire au juste, ils ont annulé la réunion, de sorte que nous ne savons pas quand le gouvernement libéral décidera de s'attaquer à la question. Peut-être sont-ils aux prises avec des dissensions dans leurs propres rangs quant à la manière de la traiter.
J'ai eu des conversations avec tous les députés, et je me rends compte qu'il y a des députés de différents partis représentant diverses confessions religieuses. Peut-être que certains libéraux qui sont membres de communautés religieuses, ou qui représentent des personnes qui le sont, commencent à se demander pourquoi le et le tentent de supprimer du Code criminel les protections relatives à l'expression de croyances religieuses, exposant ainsi les chefs religieux et les croyants à des poursuites pénales si leurs croyances religieuses ne sont pas conformes à celles du gouvernement libéral.
Nous devons pouvoir faire un véritable travail en tant que législateurs. Le comité de la justice doit pouvoir faire un véritable travail sur le projet de loi . Si les libéraux cessaient de faire obstruction à leur propre programme, et soutenaient ou rejetaient l'amendement, en le faisant publiquement et clairement, ils pourraient le faire dès maintenant. Tout député peut se lever pendant la période des questions et observations, pour déclarer qu'il est à l'écoute des Canadiens et qu'il renonce à la mesure. Je les invite à le faire dès maintenant.
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Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des bonnes gens de Brantford—Brant-Sud—Six Nations.
Je partage bon nombre des préoccupations exprimées par mon collègue qui vient de prendre la parole. À mon humble avis, nous avons assisté à une classe de maître sur l'hypocrisie libérale.
Hier, pendant la période des questions, la députée de , qui est membre libérale du comité, a déclaré ce qui suit:
[...] monsieur le Président, après des semaines de retards causés par les conservateurs, le comité de la justice a enfin repris son travail sur la Loi visant à lutter contre la haine, un travail que nous poursuivrons jeudi [soit aujourd'hui].
Les conservateurs veilleront-ils à ce que la réforme de la mise en liberté sous caution soit adoptée avant Noël? Le ministre pourrait-il expliquer pourquoi il est important de faire avancer ce dossier pour que les Canadiens puissent bénéficier de ces réformes cruciales en matière de justice?
De toute évidence, la question s'adressait à la , qui a répondu ceci:
Monsieur le Président, les Canadiens ont indiqué clairement qu'ils veulent des mesures plus rigoureuses pour les protéger contre la montée de la haine et qu'ils souhaitent une réforme en profondeur de la mise en liberté sous caution. Après des semaines de tactiques dilatoires de la part des conservateurs pour retarder le travail du comité, je suis vraiment heureu[se] de voir qu'ils semblent disposés à faire avancer le projet de loi visant à lutter contre la haine dès jeudi.
À ma grande surprise, et à la surprise de tous mes collègues, je suis arrivé au bureau ce matin à 8 h 30, j'ai regardé ma boîte de réception P9 et j'ai vu un message du greffier du comité de la justice annonçant que l'importante réunion d'aujourd'hui avait été contremandée par le président libéral. C'est probablement à cause de la division absolue au sein du caucus libéral sur la façon de traiter correctement cette défense particulière fondée sur l'exemption religieuse.
Le gouvernement libéral n'a jamais eu l'intention de supprimer cette exemption religieuse. La fin de semaine dernière, les libéraux ont communiqué en privé avec le , qui maintient fermement sa position selon laquelle cette exemption particulière doit être supprimée. Ils ont conclu une entente pour appuyer cet amendement à condition, pour l'essentiel, que le Bloc québécois continue à soutenir l'adoption, le moment venu, du projet de loi . C'est très dangereux et d'une hypocrisie sans bornes.
Comme l'a indiqué mon collègue, des réunions sont soudainement annulées ou abruptement écourtées. Nous avions prévu des ressources pour travailler jusqu'à minuit mardi dernier, mais la réunion s'est terminée brusquement à 17 h 30, parce que des chefs religieux locaux et de partout au Canada suivaient les délibérations. Moi aussi, je reçois beaucoup de commentaires de gens qui expriment des inquiétudes quant à ce que le gouvernement libéral est prêt à faire. Étant donné que les libéraux ont ajourné la séance de manière abrupte, je ne peux que supposer qu'il existe un conflit interne important entre le comité de la justice et les directives du Cabinet du premier ministre à l'égard de cette question précise.
Au cœur de l'amendement du Bloc québécois se trouve une mesure que les bloquistes ont tenté de faire adopter il y a quelques années, mais qui n'a pas dépassé l'étape de la première lecture. Ils ont mentionné un incident survenu en octobre 2023, lorsqu'un imam radical du Québec a prononcé un discours lors d'un rassemblement pro-palestinien.
Cet imam a déclaré:
Allah, charge-Toi de ces agresseurs sionistes. Allah, charge-Toi des ennemis du peuple de Gaza. Allah, recense-les tous, puis extermine-les. Et n'épargne aucun d'entre eux!
C'est ce sur quoi ils comptent. Comme je l'expliquerai plus en détail dans mon discours, le service des poursuites pénales du Québec a finalement refusé de donner suite.
Aujourd'hui, dans le National Post, j'ai lu un article très intéressant de Christine Van Geyn, l'une des meilleures constitutionnalistes au pays, membre de la Canadian Constitution Foundation. L'article s'intitule « Les amendements au projet de loi ne combattent pas la haine, ils criminalisent la foi ».
Elle écrit: « Afin d'obtenir le soutien du Bloc québécois pour leur projet de loi de censure, le projet de loi C‑9, les libéraux auraient accepté un compromis inquiétant: supprimer la défense pour des motifs religieux qui existe depuis longtemps dans la législation canadienne sur les discours haineux. Ce serait une erreur [...] Tout au long des audiences du comité de la justice, les députés du Bloc n'ont cessé de revenir sur cette question. Le principal exemple qu'ils ont répété à presque tous les témoins était [...] », celui de l'imam que je viens de mentionner.
Elle poursuit :
Ces propos ont été condamnés à juste titre. Ils sont grotesques. Des plaintes ont été déposées à leur sujet et la GRC a rédigé un rapport. Celui-ci a été examiné par trois procureurs de la Couronne, qui ont conclu que rien ne justifiait des poursuites.
Comme l'a déclaré le directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec, « la preuve ne permet pas de prouver hors de tout doute raisonnable que les paroles prononcées constituent de l'incitation à la haine à l'endroit d'un groupe identifiable » au sens de l'article 319 du Code criminel.
On peut soutenir que le terme « sioniste » était simplement un code pour désigner les « Juifs ». On peut également considérer que prier pour la mort de quelqu'un est moralement odieux. Toutefois, la décision de ne pas inculper M. Charkaoui reposait sur le seuil fondamental de l'incitation à la haine, et non sur la défense pour des motifs religieux [prévue à l'article 319].
Il s'agit là d'une distinction très importante que le Bloc ne répète jamais et que le gouvernement libéral n'a jamais mentionnée. Rien ne suggérait au service des poursuites que la défense pour des motifs religieux constituait un obstacle à la poursuite ou qu'elle avait même été prise en considération.
Logiquement, il est aussi vrai que quiconque pense que Charkaoui n'a pas été inculpé parce qu'il a invoqué des motifs religieux doit également croire que son discours a été prononcé de bonne foi et qu'il était donc raisonnable et dépourvu de toute intention malveillante.
La constitutionnaliste ajoute que « même si ces motifs religieux avaient été pris en compte, une seule prière incendiaire prononcée lors d'un seul rassemblement politique ne justifie pas l'élimination d'une mesure qui protège des millions de Canadiens contre l'ingérence de l'État dans les questions liées à la foi. » C'est ce que le gouvernement libéral a fait et continue de faire, non seulement lors de la 44e législature, mais encore aujourd'hui.
Elle poursuit:
La défense pour des motifs religieux a aussi joué un rôle essentiel dans la constitutionnalité de l'interdiction des discours haineux. Dans l'affaire R c Keegstra, la Cour suprême a déclaré que l'infraction porte le moins possible atteinte à la liberté d'expression, en partie parce « qu'il est prévu divers moyens de défense au par. 319(3) ». Les tribunaux ont confirmé la validité de la loi en raison de l'existence de l'exemption religieuse. Si celle‑ci était supprimée, le fondement constitutionnel s'effondrerait.
Mais au‑delà du risque constitutionnel, la suppression de ce motif de défense constitue une grave erreur sur le plan de la morale et des libertés civiles. Nous ne devrions pas souhaiter que les procureurs criminalisent toute forme de prière, et encore moins leur donner le pouvoir de le faire.
Les textes religieux de toutes les traditions contiennent des appels à la justice contre les ennemis, des métaphores du châtiment divin, des expressions d'angoisse, du symbolisme et des luttes cosmiques. Ils ne sont pas du ressort des policiers. Si l'État commence à analyser les Psaumes [...] ligne par ligne dans une salle d'audience, alors nous aurons oublié les raisons mêmes de l'existence de la Charte.
C'est une raison de plus pour que tous les députés appuient notre motion afin que tous les principaux intervenants qui souhaitent exprimer une opinion en vue de défendre l'expression religieuse inscrite dans la Charte soient entendus. Si les libéraux ne veulent pas le faire eux-mêmes, nous demandons à la Chambre de le faire collectivement.
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Madame la Présidente, il y a quelques questions que j'aimerais porter à l'attention de la Chambre et des personnes qui suivent le débat.
Les gens devraient se préoccuper de deux choses différentes. Premièrement, il y a le sujet lui-même. Si j'avais assez de temps, je passerais en revue certains documents qu'on m'a envoyés. Habituellement, je n'aime pas faire référence à des documents écrits qu'on m'envoie, mais il se peut que je finisse par le faire simplement pour rassurer les gens qui suivent le débat. Cela concerne le sujet lui-même.
J'ai une autre préoccupation, à savoir la façon dont le Parti conservateur du Canada continue d'être une force destructrice à la Chambre des communes. Il rend un très mauvais service aux Canadiens, et ces derniers doivent en être conscients.
Tout d'abord, je vais parler très brièvement du sujet dont nous débattons. Dans les années 1970, le Canada a adopté la Charte canadienne des droits et libertés. À ma connaissance, tous les députés de la Chambre appuient la Charte. C'est Pierre Elliott Trudeau qui l'a présentée, et je me souviens d'avoir été témoin, chez moi, de la signature de ce document. C'est l'une des raisons pour lesquelles je me suis intéressé à la politique.
Les Canadiens sont très fiers de la Charte canadienne des droits et libertés. Je crois qu'elle a fait du Canada un chef de file mondial en matière de principes fondamentaux, comme la démocratie et la primauté du droit. La Charte offre un degré élevé d'assurance sur une grande variété de questions.
Sous la rubrique « Libertés fondamentales », la Charte, dont tout Canadien peut se procurer un exemplaire, se lit comme suit:
2 Chacun a les libertés fondamentales suivantes : a) liberté de conscience et de religion;
Une voix: Bravo!
L'hon. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, même le député conservateur applaudit, à juste titre. La Charte canadienne des droits et libertés l'emporte sur toutes les mesures législatives que nous pourrions vouloir adopter. C'est pourquoi on demande souvent si un projet de loi est conforme à la Charte ou si quelqu'un a fait ses devoirs et vérifié qu'il est conforme à la Charte. Sinon, la Cour suprême du Canada dira que nous faisons fausse route et que nous devrons corriger le tir.
Le régime Harper était très doué à cet égard. Il a adopté des lois pénales qui allaient systématiquement à l'encontre de la Charte. Par conséquent, la Cour suprême du Canada a souvent statué que le Parlement devait apporter des changements. On n'a qu'à jeter un œil à certains des projets de loi d'initiative parlementaire.
Pour ceux qui sont préoccupés par la propagande et la mésinformation qui proviennent du caucus conservateur, je leur recommande d'abord de jeter un coup d'œil à la Charte des droits. Tout projet de loi adopté doit être conforme à la Charte, et le porte-parole le sait très bien.
Les conservateurs tentent de donner l'impression que si quelqu'un est pasteur, prêtre ou imam et qu'il parle d'un élément de la Bible ou du Coran, il ira en prison…
Une voix: C'est exactement ce qu'ils ont dit.
Kevin Lamoureux: Non, ce n'est pas ce que la mesure dit.
Madame la Présidente, c'est la preuve que les conservateurs boivent trop de Kool-Aid bleu.
Des voix: Oh, oh!
Kevin Lamoureux: Ils devraient vraiment essayer de mieux comprendre la loi…
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Madame la Présidente, puis-je reprendre du début?
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, les députés d'en face devraient faire preuve d'un peu de courtoisie.
J'ai commencé en disant qu'il y avait deux préoccupations. La première porte sur le type d'information que le Parti conservateur du Canada utilise. Je n'ai pas encore vérifié, mais il ne fait aucun doute que les conservateurs diffuseront cette information sur les réseaux sociaux, puisqu'ils tentent de créer une fausse impression, ancrée dans la peur, à l'intention des personnes qui sont fidèles à une religion et à ses dirigeants. C'est très troublant, selon moi, car il ne fait aucun doute que cette information induira les gens en erreur. C'est ma principale préoccupation en ce qui concerne le contenu de la mesure.
Parlons maintenant de ce qui motive cette mesure. Pourquoi le Parti conservateur choisit-il de présenter cette motion à la Chambre? Les conservateurs pourraient procéder autrement, mais ils choisissent d'agir ainsi pour bloquer l'adoption de mesures législatives proposées par le gouvernement.
Un député: Oh, Oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, nous sommes censés débattre aujourd'hui de la loi d'exécution du budget, mais tout ce que nous entendons de la part des conservateurs, ce sont des pleurnicheries: « Bouhouhou », pour citer le député d'en face.
Le député s'en moque peut-être, mais tous les Canadiens, dans toutes les régions du pays, s'en soucient, car il s'agit d'un budget qui les aide. Il s'inscrit dans un plan présenté par le pour bâtir un pays plus fort et plus prospère, pour faire du Canada le pays le plus fort du G7. Voilà l'objectif de la loi d'exécution du budget.
Les députés constateront que les efforts déployés par le et le gouvernement se complètent afin de trouver des débouchés commerciaux qui pourraient même dépasser la frontière canado-américaine. Les députés ont tous la responsabilité de coopérer et de servir avant tout leurs concitoyens.
Or, à maintes reprises, et beaucoup trop souvent, je constate que les conservateurs s'intéressent davantage à servir le Parti conservateur du Canada que les Canadiens, et c'est évident dans leur comportement. Permettez-moi de vous donner un exemple concret: le projet de loi . Un comité est censé se pencher sur ce projet de loi, mais nous avons dû subir des heures d'obstruction systématique de la part de l'opposition.
Nous ne pouvons pas étudier le projet de loi tant que nous n'aurons pas terminé l'étude du projet de loi . Le projet de loi C‑14 porte sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Le a pris l'engagement, devant les Canadiens, de présenter un projet de loi sur cette réforme. Les provinces, les forces de l'ordre, les autres principaux intéressés et l'ensemble des Canadiens souhaitent une réforme de la mise en liberté sous caution. Le principal obstacle à cette réforme, le seul obstacle en fait, est le Parti conservateur du Canada.
Je dis honte à tous les députés qui continuent de faire de l'obstruction systématique pour empêcher les Canadiens de bénéficier des modifications substantielles prévues dans notre projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Ils devraient avoir honte, car les changements proposés faisaient partie de leur programme électoral. À maintes reprises, les députés conservateurs ont empêché l'adoption de projets de loi importants, que ce soit à l'étape de l'étude en comité ou lors des débats à la Chambre des communes.
C'est le genre de comportement que nous observons trop souvent de la part du Parti conservateur. C'est ce qui motive notre action aujourd'hui. Les conservateurs ne veulent pas débattre de la loi d'exécution du budget, une fois de plus. Ce n'est pas la première fois qu'ils présentent des motions d'adoption de rapports. Ils se plaignent et disent vouloir plus de temps et de débats sur le projet de loi. L'autre jour, je me suis levé et j'ai déclaré: « Les Canadiens font des heures supplémentaires. Ils travaillent après 18 heures. » J'ai alors demandé aux conservateurs s'ils étaient prêts à siéger jusqu'à minuit. Ils ont répondu: « Non, nous ne faisons pas cela. »
Les conservateurs n'aiment pas travailler fort. Ils aiment parler et se plaindre. J'allais utiliser un mot qui n'est pas vraiment approprié dans le contexte parlementaire. Je m'abstiendrai donc de l'employer. Au fond, les conservateurs n'aiment pas travailler pour les Canadiens.
Une voix: Oh, oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, j'ai entendu quelqu'un dire: « Voyons donc. » Alors, je défie n'importe quel député d'en face de prendre la parole pour dire qu'il est prêt à travailler jusqu'à minuit pendant les deux prochaines semaines afin que nous puissions débattre davantage à la Chambre des communes.
Je demande le consentement unanime pour permettre à la Chambre de siéger jusqu'à minuit pour le reste de la session. Peuvent-ils...
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Madame la Présidente, wow, c'est vraiment incroyable. Je viens de les mettre au défi de siéger jusqu'à minuit et ils sont tous intervenus pour dire qu'ils siégeraient jusqu'à minuit. Je les ai pris au mot et j'ai demandé s'il y avait consentement unanime pour siéger jusqu'à minuit. Que s'est-il passé? Les gens qui étaient intervenus plus tôt ont dit: « non, non ». Cela prouve ce que je dis. N'est-ce pas évident? L'objectif des conservateurs est d'empêcher l'adoption du projet de loi. Ils prennent tous les moyens possibles pour y parvenir et ainsi continuer de priver les Canadiens d'un projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Voilà la position du Parti conservateur.
Nous avons les projets de loi , et , qui rendraient nos collectivités plus sûres et qui continuent d'être bloqués par le Parti conservateur du Canada. Ensuite, quand je dis que nous devrions en débattre, ils répondent qu'ils n'ont pas assez de temps parce qu'il y a d'autres députés conservateurs qui veulent prendre la parole. Ils ne cessent de se lamenter. Lorsqu'on leur donne l'occasion d'avoir plus de temps pour débattre, que font-ils? Ils restent les bras croisés et ne disent rien, sauf: « Non, non, nous ne siégeons pas après 18 heures. » Savent-ils combien de Canadiens travaillent après 18 heures partout au pays? C'est un grand nombre de Canadiens. Je vais en rester là.
Je vais dire une chose à la Chambre: malheureusement, le Parti conservateur du Canada, lui, n'en voit pas l'intérêt. Si les conservateurs veulent vraiment débattre davantage, pourquoi refusent-ils d'accorder leur consentement unanime? Sérieusement, pourquoi ne le feraient-ils pas? Ce n'est pas comme s'ils devaient être tous présents. Cela signifie simplement qu'ils doivent en débattre. Après tout, c'est un peu ce qu'ils voulaient, mais ils refusent.
Une voix: Leur unique rédacteur de discours devra écrire d'autres discours.
L’hon. Kevin Lamoureux: Oui, mais ils ont maintenant l'intelligence artificielle. Ils ont ChatGPT. Ça les aidera s'ils sont à court de discours à prononcer.
Madame la Présidente, quand nous cherchons à agir dans l'intérêt des Canadiens, le Parti conservateur se concentre uniquement sur ses intérêts et non sur les intérêts des Canadiens. C'est vraiment malheureux. On le constate pendant la période des questions. Ils ne font que lancer des attaques personnelles et tenir des propos diffamatoires. Ils ne posent pas de questions de fond. Ils attaquent personnellement le chaque fois qu'ils en ont l'occasion. Ils empêchent les députés de la Chambre des communes d'adopter quoi que ce soit. Ensuite, ils déclarent que le gouvernement est incapable d'adopter quoi que ce soit. Sans blague! Si l'on me prêtait 12 élèves de Sisler, de Maples ou de n'importe quelle école secondaire canadienne, je serais capable de faire obstruction à un projet de loi indéfiniment.
Les conservateurs adoptent ce comportement malicieux jour après jour. Nous avons essayé d'obtenir un engagement. Il y a quelques semaines, j'ai dit à nos collègues d'en face que nous étions saisis d'un projet de loi sur la réforme du système de mise en liberté sous caution. Ce jour‑là, pendant les débats, je leur ai tout simplement demandé de s'engager à adopter ce projet de loi avant la fin de l'année. Ce n'était pas une demande déraisonnable.
Un des conservateurs a présenté un projet de loi d'initiative parlementaire qui apportait des modifications importantes. Il s'est levé pour dire qu'il voulait obtenir le consentement unanime pour que son projet de loi soit adopté ce jour-là à toutes les étapes. Il a dit essentiellement que son projet de loi n'avait pas besoin d'être débattu à la deuxième lecture, pas besoin d'être étudié en comité, pas besoin d'être débattu à l'étape du rapport et pas besoin d'être débattu à la troisième lecture, et qu'on était aussi bien de l'envoyer directement au Sénat, parce que nous n'avions pas besoin d'en débattre. Autrement dit, nous n'avons pas besoin de débattre de leurs projets de loi d'initiative parlementaire.
Or, lorsqu'il s'agit des projets de loi d'initiative ministérielle, bonjour l'obstruction. Ils veulent donner la fausse impression que le gouvernement ne sait pas s'occuper des projets de loi. Ils font donc de l'obstruction ici, à la Chambre des communes. Ils font de l'obstruction en comité. Ils essaient de trouver des amendements créatifs afin d'empêcher l'adoption des projets de loi. Voilà le comportement des députés conservateurs. En quoi est-ce productif?
Rappelons que lors des dernières élections fédérales, les Canadiens ont indiqué au gouvernement et aux autres partis que le gouvernement serait minoritaire. On s'attendait à ce que tous les partis travaillent ensemble. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils doivent souscrire à tout ce que fait le gouvernement ni que ce dernier doit appuyer toutes les propositions de l'opposition. Cependant, on s'attendait à ce que, lorsque des propositions sont dans l'intérêt des Canadiens, il y ait un certain degré de collaboration.
Est-ce le cas aujourd'hui ? Nous ne voyons pas une opposition officielle prête à collaborer. Combien de fois avons-nous présenté le parce que les conservateurs souhaitaient s'exprimer à ce sujet, les uns après les autres? Ils ne sont pas prêts à siéger tard pour que davantage d'entre eux puissent s'exprimer, mais ils souhaitent s'exprimer. Pourquoi ne pas permettre que le projet de loi se rende à l'étape de l'étude en comité où il pourra être divisé en sections et étudié en profondeur par plusieurs comités. Ils ne le feront pas, car cela ne sert pas les intérêts du Parti conservateur. Cela pourrait être dans l'intérêt des Canadiens ou du Parlement dans son ensemble, mais ce n'est pas dans l'intérêt du Parti conservateur. En conséquence, ils n'accepteront pas. Ils sont déterminés à empêcher l'adoption de ce projet de loi.
Je m'imagine déjà le scénario. La fin de la session d'automne approche. Je propose que nous siégions à Noël. Cela ne me pose pas de problème. Mes collègues pourraient ne pas être favorables à cette idée, mais je ferai passer les intérêts des Canadiens avant les miens et ceux du Parlement. Si cela signifie que nous devons travailler des jours supplémentaires, je crois que nous devrions le faire. Si les conservateurs veulent vraiment plus de débats et s'inquiètent du temps consacré à ceux-ci, je suis prêt à réclamer que nous siégions durant plus d'heures et plus de jours. Ils ne rencontreront aucune opposition de ma part à cet égard. Je peux dire aux députés qu'au bout du compte, il y a de fortes chances que je sois présent plus souvent que la plupart des autres pour écouter ce débat et y participer.
C'est pourquoi je me tourne vers mes amis conservateurs et je les invite à examiner le projet de loi important dont nous sommes saisis et qui fait l'objet d'une obstruction systématique. Je leur demande de collaborer avec le gouvernement, tout comme le gouvernement collaborera avec l'opposition, afin que nous puissions réellement apporter des modifications législatives importantes, comme la réforme du système de mise en liberté sous caution. Ce serait bien pour moi personnellement, et ce serait également formidable pour les Canadiens. Nous pourrions y parvenir avant Noël, mais tout le monde ici sait que cela ne sera possible que si le Parti conservateur participe pleinement à l'effort.
En tant que parlementaire profondément respectueux du processus, je présente mes excuses au député d'en face pour avoir dit que son discours était pourri. Je respecte tous les discours prononcés à la Chambre.
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Madame la Présidente, je vais d'abord vous aviser que je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Cela dit, moi aussi j'ai un peu de misère à suivre mon collègue libéral de , qui nous dit qu'il y a comme une entente entre les conservateurs et le Bloc québécois pour qu'on ne siège pas. Un instant, j'étais là hier. J'étais prêt à travailler jusqu'à minuit. Je suis prêt à le refaire ce soir. Ce qu'on a demandé, et je l'ai fait personnellement tant au ministre qu'à la représentante libérale au comité, c'est d'adopter le projet de loi avant Noël. Ça ne peut pas être plus clair que ça. Alors, quand j'entends le député dire que le Bloc québécois est contre ça, je dis: un instant.
Maintenant, quelle est la vraie position des libéraux? Comme mon collègue de Drummond le disait, on ne sait plus trop comment les percevoir. J'aurais besoin qu'on m'indique si vraiment, chez les libéraux, on a peur des lobbys religieux. Est-ce que c'est pour ça qu'on refuse de retirer du Code criminel une disposition qui permet de faire la propagation de la haine et d'inciter à la haine dans la mesure où on se base sur un texte religieux? Ça n'a aucun bon sens. Si c'est vraiment leur position, qu'ils le disent clairement.
Je ne pense pas que ce soit ça. Ce n'est pas ce que le m'a dit. Ce n'est pas ce que les libéraux avec qui je parle me disent. Toutefois, je constate qu'on avance et qu'on recule dans ce dossier. Ce n'est pas seulement cette semaine, ça fait des années.
La motion des conservateurs dont nous débatton aujourd'hui demande que le comité se déplace au Canada pour entendre des témoignages. Évidemment, nous ne sommes pas contre la démocratie. Entendre les gens nous dire ce qu'ils pensent d'un projet de loi, c'est une bonne chose. Or, il n'y a pas seulement les déplacements qui sont une bonne façon de faire part de notre point de vue. Le déplacement du comité, c'est une chose, mais le déplacement des témoins, c'en est une autre.
On a entendu, jusqu'à maintenant, une trentaine de témoins au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Ils sont venus livrer leur témoignage et donner leur point de vue sur le projet de loi C‑9. Nous avons également reçu une quarantaine de mémoires de certains groupes, de certains individus et de certains experts concernant ce projet de loi. Je pense que le travail est fait. Est-ce qu'on peut en entendre davantage? Bien oui, on peut entendre autant de témoignages et lire autant de mémoires qu'on veut, mais, à un moment donné, il va falloir bouger. On ne peut pas s'asseoir puis écouter les gens ad vitam æternam sans jamais réagir. Notre travail à la Chambre, c'est d'être des parlementaires et de légiférer
Le gouvernement a proposé le projet de loi C‑9. Au départ, je n'étais pas d'accord. Je l'ai dit au ministre. On a proposé des amendements. Il n'était pas d'accord. Nous en avons discuté et nous avons fini par convenir d'un certain nombre de choses que nous proposons au comité et que nous espérons voir aboutir avant les Fêtes. Là, on nous dit non, on recommence. On va réentendre des témoins, puis, cette fois, on va aller se promener pour être sûr que ça prend bien du temps. Moi, je n'embarque pas là-dedans. Je trouve ça plutôt décevant.
J'ai des collègues conservateurs pour qui j'ai beaucoup de respect et qui, j'en suis convaincu, souhaitent qu'on travaille et qu'on avance. Cependant, il y a un peu d'enfantillage dans tout ça. Il faut faire face à la situation. Il y a des pressions des groupes religieux, c'est vrai. Mon adjointe m'a téléphoné une demi-heure avant que j'entre à la Chambre. Nous avons reçu plus de 100 appels ce matin à mon bureau de circonscription de la part d'organisations et d'individus qui nous disent que le projet de loi C‑9 est bien effrayant et qu'il faut voter contre.
Je ne suis pas le seul. Je suis convaincu qu'il y a d'autres parlementaires à la Chambre qui ont vécu la même chose. Ce sont des pressions. Ce n'est pas agréable de subir des pressions. Toutefois, s'il y a un dicton que j'ai entendu souvent en anglais, c'est «if you cannot stand the heat, get out of the kitchen». Notre job, c'est de faire des lois.
Nous recevons des pressions de gens qui nous disent que tel projet de loi n'a pas d'allure ou que tel autre projet de loi en a beaucoup. Ce sont des choses normales. Il faut subir ces pressions et garder le cap. Sans ça, on n'est pas digne d'être le capitaine du bateau. Nous représentons des gens qui s'attendent à ce que nous agissions. J'aime bien l'idée d'aller me promener au Canada, mais je vais faire ça avec plaisir l'été prochain, pendant mes vacances.
Pour le moment, nous sommes ici pour travailler, et le projet de loi C‑9 est un projet de loi important qui mérite de faire l'objet d'un vote et que nous l'adoptions le plus rapidement possible.
Encore une fois, la seule explication qu'on me donne à ce sujet, ce sont les pressions religieuses. Comme l'a demandé tantôt mon estimé collègue conservateur, cela veut-il dire qu'on veut vraiment enlever l'exception religieuse du Code criminel? Oui, mais, contrairement à ce que j'ai entendu, et à ce que j'entends souvent, cela ne veut pas dire qu'on ne pourra plus lire la Bible, la Torah, le Coran ou tout autre texte religieux. Au contraire, on va pouvoir continuer de les lire. On va pouvoir continuer de pratiquer la religion qu'on veut, où on le veut et comme on le veut, ce qui est parfait. Voilà ce que c'est la liberté, et nous approuvons cela.
L'article 319 du Code criminel ne dit pas que les gens sont libres de lire le Coran, la Bible, la Torah ou les autres textes. L'article 319 dit qu'il est interdit de faire la propagation de la haine. Voilà la raison d'être de l'article 319. Le passage que nous voulons retirer dit qu'on peut le faire si on se base sur un texte religieux auquel on croit. Ce que nous disons, c'est non.
Si la religion d'une personne lui demande de haïr et de faire la propagande de la haine, cela ne fonctionne pas au Canada. J'ai beaucoup de respect pour l'individu, mais c'est comme ça. En tout cas, au Québec, cela ne passe pas et, d'après ce que j'en sais, au Canada non plus. Nous n'approuvons pas cela. On peut changer de religion, la pratiquer ailleurs ou retirer ce bout de ses convictions, mais on n'a pas le droit, au Québec comme au Canada, de propager la haine, d'inciter à la haine. Peu importe qu'on se base sur un texte religieux, un texte philosophique ou sur quoi que ce soit d'autre, c'est interdit et cela doit le demeurer. C'est un anachronisme dans notre système judiciaire que d'autoriser la propagation de la haine sous quelque prétexte que ce soit.
Ceci dit, j'ai encore le droit de lire la Bible, la Torah et le Coran. J'ai encore le droit d'avoir la foi et de m'inspirer de ces textes. Dans les trois textes auxquels je me réfère, et, dans plein d'autres, il y a de grands principes qui sont sages et desquels on devrait s'inspirer. Les religions sont normalement de bonnes choses. On peut s'en inspirer tant pour légiférer que pour vivre en société. Cependant, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre.
Le contexte d'il y a 3 000 ans et le contexte d'aujourd'hui sont bien différents. Je regrette, mais, la lapidation des femmes adultères, je n'approuve pas cela. Si jamais j'ai approuvé cela dans une autre vie, si autre vie il y a, je peux dire qu'aujourd'hui, en 2025, cela n'a aucun bon sens pour moi. J'ai beaucoup de respect pour Abraham, qui est prêt à sacrifier son fils pour Dieu, mais, moi, je ne sacrifierais pas mes enfants pour quelque croyance religieuse que ce soit. Des guerres religieuses ont déjà eu lieu avec des valeureux soldats, des gens qui défendaient des philosophies, des points de vue, des religions, et cela avait beaucoup de bon sens. Aujourd'hui, cela n'en a plus. J'espère que ni moi, mes enfants ou mes petits-enfants n'auront à vivre des guerres religieuses.
Tout cela, c'est de l'histoire et on doit s'en inspirer. Les grands principes sont bons. C'est une bonne chose qu'on demande la paix, qu'on demande l'amour, et qu'on en fasse la promotion. Toutefois, on lit un texte écrit il y a 3 000 ans par quelqu'un qu'on ne connaît pas, mais qui énonçait sa vision de la religion. Aujourd'hui, certains reproduisent cela non pas en s'inspirant des grands principes d'amour, de paix et de vivre-ensemble, mais en prenant le message au pied de la lettre et en disant que les guerres religieuses, c'était correct, et qu'on peut recommencer. Non, nous n'approuvons pas cela. C'est vrai que nous pensons que cela n'a pas de bon sens. Cela ne devrait pas être dans le Code criminel. Nous demandons à ce que ce soit évacué de nos lois. Je le demande, le Bloc québécois le demande, et c'est à peu près 75 % de la population du Québec qui le demande. Je ne me souviens plus des chiffres exacts, mais je crois que c'est plus de 55 % de la population canadienne qui le demande.
Je confirme ce qui a été dit auparavant. Le Bloc québécois avait effectivement une entente avec les représentants du Parti libéral, dont le , pour retirer ces dispositions du Code criminel. Alors, j'espère que nous allons pouvoir le faire. J'espère que nous allons aboutir avant Noël et que nous pourrons partir pour le congé des Fêtes en nous serrant tous la main dans la paix, l'amour et la conviction que nous pourrons continuer de vivre en paix, au Québec comme au Canada.
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Monsieur le Président, je veux commencer en félicitant mon collègue de Rivière‑du‑Nord du brillant discours qu'il vient de faire, ainsi que du travail rigoureux qu'il fait sur ce dossier, dont il s'occupe avec brio depuis plusieurs années. Ce n'est pas de cette année, ce n'est pas d'aujourd'hui ou de cette législature que le Bloc québécois demande qu'on retire cette exception religieuse à l'article 319 du Code criminel canadien.
Mon collègue tout à l'heure parlait de l'appui à cette mesure proposée par le Bloc québécois, à maintes reprises, je le répète. Cet appui-là, au Québec, s'élevait, selon un sondage Léger de l'an dernier, à 75 %. Dans le reste du Canada, il y avait quand même un fort appui aussi. Mon collègue de Rivière-du-Nord parlait d'au moins 55 %. Ce sont 66 % des Canadiens qui appuient cette disposition. Ces 66 % de Canadiens, ce sont les 66 % de Canadiens qui comprennent bien ce que la mesure signifie, qui ne se laissent pas berner par un discours un peu populiste ou un discours qui vise à les faire craindre pour leur liberté religieuse, ce que je trouve déplorable. Je trouve cela déplorable et je vais dire pourquoi. C'est parce que, comme politicien, comme élu, comme député, nous avons la responsabilité de regarder notre monde en face et de leur dire les vraies affaires. Nous avons la responsabilité de ne pas leur faire croire des choses pour les aligner sur notre position politique à nous ou sur la position politique du parti que nous représentons ou, pire encore, sur la position que des groupes de pression mettent sur notre parti.
C'est une responsabilité que je prends très au sérieux. C'est pour cette raison que, quand des gens appellent à mon bureau de circonscription, comme plusieurs l'ont fait ce matin pour nous demander de voter contre ce projet de loi à cause de l'atteinte présumée à leur liberté de religion, je demande à mon équipe, à l'instar de mes collègues, de demander des exemples à ces gens. Nous ne les remercions pas simplement d'avoir appelé en leur disant que nous prenons cela en note et que nous considérons leur opinion. Nous leur demandons des exemples de cas où, dans la pratique de leur religion, dans la pratique de leur foi ou dans la pratique du pasteur, du curé, de l'imam ou du prêtre qui fait des sermons à l'église, au temple, à la mosquée ou à la synagogue, quelque chose pourrait avoir besoin de la protection de cette exemption religieuse à l'article 319 du Code criminel.
Personne n'est capable de donner une réponse à cela. Pourquoi? C'est parce que les réponses qui seraient logiques sont tellement horribles, que c'est tellement énorme, que ces gens qui nous appellent de bonne foi, apeurés par le discours des conservateurs, pensent qu'on leur dit que leur curé ne peut plus lire la Bible ou que leur imam ne peut plus citer le Coran ou des parties du Coran à cause de cette disposition. Ça n'a tellement aucun rapport. Peu importe les raisons pour lesquelles le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la GRC ont jugé que les propos d'Adil Charkaoui n'étaient pas suffisants pour intenter des poursuites, je vais quand même les répéter, parce que ce sont ces propos qui ont fait en sorte qu'il y a un débat qui s'est élevé. Il y a des discussions qui ont eu cours au Québec et ici aussi, maintenant, à la Chambre des communes. Adil Charkaoui, dans un rassemblement pro-Palestine, pro-Gaza, a déclaré: « Allah, charge-toi de ces agresseurs sionistes. Allah, charge-toi des ennemis du peuple de Gaza. Allah, recense-les tous un par un puis extermine-les, et n'exclus aucun d'eux! »
Quelqu'un qui va prononcer des mots comme ça n'est pas en train de partager une religion d'amour, n'est pas en train de partager un message d'espoir et de paix. C'est quelqu'un qui est en train de propager la haine. Si une décision a été prise par le Directeur des poursuites criminelles et pénales au Québec sur la recommandation, sur l'étude du rapport fourni par la GRC à l'époque, de ne pas intenter de poursuites contre un prédicateur comme Adil Charkaoui, qui n'en était pas d'ailleurs à ses premières frasques, on ne peut pas mettre ça de côté en disant qu'il n'y a rien là, qu'il faut circuler et qu'il n'y a rien à voir. C'est grave.
C'est pour ça que nous sommes là, nous, au Bloc québécois, à défendre les valeurs du Québec et à défendre aussi les valeurs de liberté d'expression qui sont chères tant aux Québécois qu'aux Canadiens, avec des mesures comme celle-là. C'est une mesure qui fait juste dire qu'on n'a pas le droit de dire ça, qu'on n'a pas le droit d'utiliser en plus le couvert religieux pour propager une haine, un appel à la violence, un appel à l'extermination de qui que ce soit. De voir les conservateurs changer ou réorienter le discours, ou même l'édulcorer ou l'enrober, pour faire en sorte que leurs électeurs aient peur qu'on atteigne à leur liberté de religion, je trouve ça irresponsable. Je vais m'en tenir à ce mot parce que je pourrais en utiliser d'autres qui pourraient être moins gentils, et j'ai quand même envie de rester gentil.
J'ai aussi des reproches à faire à mes collègues libéraux sur la conduite de ce dossier en particulier. Comme je le disais tout à l'heure en posant une question à mon collègue de , lors de la précédente législature, nous avons étudié le projet de loi , qui visait à contrer la haine. Toutefois, cela ne fonctionnait pas. Il y avait une demande de la part du Bloc québécois, qui me semblait très raisonnable et qui visait à scinder ce projet de loi en deux. Il y avait une partie du projet de loi qui faisait pas mal consensus auprès de tous les partis de la Chambre. Cette partie du projet de loi visait vraiment à protéger les personnes vulnérables contre le contenu haineux, notamment en ligne. Cette partie du projet de loi relevait du gros bon sens, comme le disaient les conservateurs de l'époque. L'autre partie portait vraiment sur la notion de haine et sur des questions qui étaient peut-être plus propices au débat et à la dissension. Cela méritait d'être discuté, mais les libéraux n'ont pas voulu faire ça. Les libéraux nous proposaient de retirer l'exemption religieuse du Code criminel en échange de notre appui au projet de loi C‑63 dans son ensemble. Cela ne fonctionnait pas parce qu'il y avait vraiment des préoccupations en matière de liberté d'expression et de liberté de religion. Alors, nous ne pouvions pas aller jusque-là.
Au Comité permanent du patrimoine canadien, ces temps-ci, nous menons une étude sur les effets des influenceurs et des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents. Hier, nous avons eu la visite de deux éminents chercheurs, les professeurs David Morin et Marie‑Ève Carignan, de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents. Cette visite nous a permis de réaliser que, si cette partie du projet de loi C‑63 avait été adoptée, nous aurions déjà un bon pas de fait dans la protection des personnes vulnérables. Cela m'amène à dire que, parfois, pour des jeux politiques, on retarde la mise en place de lois qui sont nécessaires et urgentes. Plus on tarde à les mettre en place, plus on laisse des personnes vulnérables dans des situations de vulnérabilité. On laisse ces personnes-là en danger, notamment des enfants, des adolescents et toutes sortes de populations vulnérables que je n'ai pas besoin de décrire ici.
Pour conclure, la discussion que nous avons aujourd'hui, je la trouve décevante. J'aurais voulu qu'on s'élève un peu au-dessus de la partisanerie politique ou de la pression des groupes religieux. J'aurais aimé qu'on puisse se baser sur les faits et vraiment prendre cette proposition du Bloc québécois pour ce qu'elle est, c'est-à-dire quelque chose qui est extrêmement sensé, qui mérite peut-être une discussion selon les convictions de chacun. Toutefois, il faut arrêter d'endormir les gens avec des faussetés et il faut s'assurer d'exposer les bons faits pour avoir une discussion franche et honnête.
Je ne suis pas entré dans une église depuis très longtemps; je m'en confesse. On m'excusera de faire ce jeu de mots. Ça fait longtemps que je n'ai pas entendu un sermon de curé, mais j'ai été servant de messe à l'adolescence et je ne me souviens d'aucun propos de la part d'un curé, d'aucun sermon où on prônait la violence en se basant sur les propos de la Bible. Jamais, jamais, je n’imagine un curé, un prêtre, un prédicateur, un pasteur prononcer des propos haineux, propager la haine, appeler à la violence dans un discours religieux.
Alors, je serais bien curieux d'en savoir plus sur les pasteurs et les lieux de culte que mes amis conservateurs fréquentent. Que se dit-il dans ces églises? Ils craignent très fort que le retrait de cet article mette en danger leur pasteur pour des propos qu'il pourrait tenir à l'endroit des homosexuels, comme me l'a déjà dit un député conservateur. Que peut-il bien dire à propos des homosexuels pour avoir peur d'être poursuivi en justice? Demande-t-il à ce qu'on leur arrache la tête? Que peut-il bien dire? Je ne comprends pas quels propos on essaie de défendre en s'opposant à ce retrait de l'exemption religieuse du Code criminel.
Je rappelle quelque chose de très important: 75 % des Québécois et 66 % des Canadiens sont en faveur de cette mesure. Ça fait un assez bon consensus pour qu'à tout le moins on ait une conversation honnête sur la question.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour m'opposer fermement à la motion n
o 219, présentée par le député d', qui demande qu'une instruction soit donnée au comité de la justice pour qu'il abandonne ses travaux sur le projet de loi , Loi visant à lutter contre la haine, et qu'on lance une tournée nationale financée par les contribuables afin de retarder ces travaux.
Soyons clairs dès le départ: cette motion n'a pas pour objet de recueillir l'avis des Canadiens. Elle a pour objet de retarder la justice. Elle a pour objet de bloquer la Loi visant à lutter contre la haine.
Après des semaines d'obstruction et des heures de jeux de procédure, après des manœuvres d'obstruction, des rappels au Règlement et des contestations de la présidence, alors que l'analyse article par article de la Loi visant à lutter contre la haine avait enfin commencé, les conservateurs ont paniqué et ont actionné le frein d'urgence pour bloquer cette étude et les travaux du Comité. Cette motion est ce frein d'urgence.
Les Canadiens ont le droit de savoir exactement ce qui s'est passé au comité de la Justice. Pendant des semaines, les députés conservateurs ont utilisé toutes les astuces procédurales possibles pour retarder l'examen du projet de loi, y compris des rappels au Règlement, des contestations de la présidence et des tentatives de rouvrir le débat sur des motions déjà adoptées, et ce, dans le but de faire reculer le comité chaque fois que celui-ci essayait d'avancer. Ils perdaient du temps pour empêcher la participation de témoins qui souhaitaient s'exprimer sur ce projet de loi. Lors de la toute première réunion du comité sur ce projet de loi, alors que les Canadiens s'attendaient à un débat sérieux, le député d' a fait obstruction de manière honteuse pendant des heures en parlant de chiens et de chats pendant deux heures, plutôt que des crimes haineux, de l'antisémitisme, des attaques contre les Canadiens LGBTQ+ ou des menaces contre les femmes.
Des Canadiens sont victimes de crimes haineux, et les conservateurs s'amusent à ralentir le travail du comité et à paralyser l'avancement du projet de loi. Ils devraient avoir honte. Maintenant que cette obstruction procédurale a échoué, ils adoptent une nouvelle stratégie. Ils veulent que le Parlement autorise une tournée nationale avec des vols, des hôtels et du personnel, sans calendrier pour revenir à l'étude au projet de loi, et avec le pouvoir de mettre fin à l'analyse article par article.
Appelons les choses par leur nom. Il ne s'agit pas d'une consultation. Il ne s'agit pas de responsabilité. Il s'agit plutôt d'une tournée conservatrice financée par les contribuables et conçue pour faire échouer le projet de loi en le retardant. Les Canadiens nous ont demandé de les protéger contre la haine et l'intimidation. Les conservateurs ont répondu par un programme de voyage et une facture.
Je pense aux raisons qui ont motivé le projet de loi visant à lutter contre la haine et qui ont fait de ce projet de loi l'un des premiers présentés par le gouvernement au cours de cette législature, et ce, parce qu'il est impératif de lutter contre la haine au Canada.
Des membres de ma collectivité m'ont parlé de l'importance de cette question et de la montée de la haine. En 2024, 5 000 crimes haineux ont été signalés, soit près du double du nombre enregistré en 2018. Ces chiffres sont probablement sous-estimés par rapport au nombre réel de Canadiens qui sont victimes de crimes haineux dans ce pays. Pourquoi ces crimes ne sont-ils pas tous signalés? Parce que les Canadiens estiment que le système de justice pénale n'est pas en mesure à l'heure actuelle de traiter le type de crime haineux que nous observons au pays. C'est précisément ce que le projet de loi vise à corriger. C'est sur ce point que le comité devrait se concentrer, afin que le projet de loi soit adopté au Parlement et que nous puissions ainsi renforcer la sécurité publique pour les Canadiens.
La haine n'est pas un problème qui touche une seule communauté. Les Canadiens juifs, les Canadiens musulmans, la communauté LGBTQ, les femmes et de nombreuses autres communautés ont toutes été victimes de cette vague croissante de haine et de sectarisme, mais c'est surtout au cours des deux dernières années que la communauté juive l'a ressentie de manière aiguë et disproportionnée, en particulier dans Toronto—St. Paul's et dans d'autres grandes villes. Les crimes haineux à motivation religieuse sont la catégorie de crimes haineux la plus signalée à Toronto. Parmi ceux-ci, 81 % ont été commis contre des Canadiens juifs l'année dernière. Prendre des mesures contre cette montée de la haine, c'est une promesse centrale que j'ai faite aux habitants de Toronto—St. Paul's lors de la dernière campagne électorale.
Je suis convaincue que le projet de loi dont nous débattons et que nous devons faire progresser constitue un pas décisif dans cette direction. Où cela nous mènera-t-il? Il est grand temps que nous ayons une conversation dans ce pays sur les limites légitimes de la liberté d'expression.
Ces dernières années, nous avons assisté à une montée de la violence et de la haine dans les manifestations. Nous l'avons vu dans les temples sikhs et hindous. Nous l'avons vu dans les rues, où les gens manifestaient pour ou contre Israël et la Palestine. Nous l'avons vu pendant la pandémie de COVID avec les manifestations des camionneurs et les rassemblements devant les hôpitaux et les centres de vaccination. Nous sommes confrontés à une explosion de la haine en ligne qui se propage hors ligne dans nos rues et nos communautés. Notre droit à la liberté d'expression en tant que Canadiens ne constitue en aucun cas, et ne devrait jamais constituer, un bouclier contre la responsabilité. Le droit canadien fait depuis longtemps la distinction entre la liberté d'expression protégée et les atteintes délibérées.
C'est sous la direction de notre 14e premier ministre, Lester Pearson, mon préféré, que le gouvernement de l'époque a créé un comité spécial chargé d'examiner la propagande haineuse au Canada. Ce comité, qui comprenait un professeur agrégé de droit peu connu de l'Université de Montréal, qui est devenu par la suite notre 15e premier ministre, Pierre Trudeau, a inclus dans son rapport unanime un passage que notre Cour suprême a cité:
Le présent rapport est une étude de la puissance destructrice des mots et des mesures qu'une société civilisée peut prendre pour y obvier [...] toutes les sociétés, de temps à autre, fixent les limites de ce qui ne saurait être toléré et permis. Dans une société libre comme la nôtre, où la liberté de parole peut faire naître des idées propres à modifier jusqu'à l'ordre établi, on attache beaucoup de prix à la rhétorique sans se soucier des conséquences. Mais ce penchant pour l'éloquence ne doit pas aller jusqu'à tolérer les préjudices causés à la collectivité et aux personnes ou groupes identifiables, victimes innocentes du feu croisé de la discussion qui dépasse les limites permises.
Lorsque des dommages sont causés, que des blessures sont infligées ou que des actes de violence sont commis, nous avons l'obligation d'agir au nom de tous les citoyens. Le projet de loi dont sont saisis la Chambre et le Comité permanent de la justice est un plan d'action.
Les collectivités, les forces de l'ordre et les sociétés d'État nous ont fait part de la nécessité de clarifier nos dispositions législatives visant la haine et d'accélérer leur application. Dans cette optique, notre projet de loi sur la lutte contre la haine propose d'instaurer de nouvelles infractions ciblant explicitement les expressions destinées à terroriser une communauté et non à exprimer des désaccords politiques ou idéologiques, qui sont légitimes au sein d'une démocratie.
L'infraction consistant à empêcher l'accès viserait, dans un premier temps, les comportements qui harcèlent les utilisateurs d'espaces communautaires fréquentés par des groupes identifiables. Bloquer l'accès à des lieux de rassemblement collectifs, notamment les écoles, les lieux de culte et les centres communautaires, ne constitue pas une forme de libre expression; il s'agit d'intimidation visant à contraindre une communauté à se conformer à certaines opinions.
Comme j'ai pu le constater lors d'une table ronde avec des dirigeants locaux que j'ai tenue dans ma circonscription, la haine ne se manifeste pas exclusivement aux abords d'une école ou d'une synagogue. Elle peut survenir dans n'importe quel contexte, comme l'a démontré l'agression au couteau motivée par la haine subie par une femme juive dans une épicerie ici même à Ottawa.
Deuxièmement, l'infraction d'intimidation prévue dans ce projet de loi criminaliserait les comportements visant à intimider. Les discours prononcés isolément sont souvent inoffensifs, mais nous avons récemment été témoins de groupes de manifestants masqués proférant des insultes violentes et des propos haineux à l'encontre de membres d'une communauté ciblée. Il ne s'agit pas là de liberté d'expression dans une société civile. Il s'agit purement et simplement d'intimidation. Nos lois visent à l'empêcher. Il faut y mettre un terme. Les policiers doivent être habilités à intervenir et à procéder à des arrestations avant que ces discours haineux ne se transforment en violence.
Troisièmement, ce projet de loi créerait une nouvelle infraction de crime haineux, qui pourrait s'appliquer à toutes les infractions prévues par le Code criminel ou toute autre loi fédérale. Elle servirait à dénoncer explicitement tous les comportements criminels motivés par la haine.
Quatrièmement, une nouvelle infraction de propagande haineuse interdirait l'affichage de certains symboles associés au parti nazi, tels que la croix gammée et les éclairs de la SS nazie, ainsi que tout symbole associé à un groupe terroriste inscrit, tel que les drapeaux du Hamas, du Hezbollah ou des Proud Boys. Il est important de noter qu'il s'agit d'une infraction contre la propagation de la haine. Elle ne criminalise pas l'utilisation de ces symboles dans un contexte d'enseignement, comme les manuels scolaires. Nos lois sont sophistiquées; elles permettent de faire la distinction entre ces différentes utilisations. Pour de nombreuses communautés, ces symboles sont profondément traumatisants, et leur affichage public est non seulement offensant, mais aussi déshumanisant et terrorisant.
Quand le gouvernement et le Parlement inscrivent une entité dans leur liste des groupes terroristes, le Parlement devrait interdire la propagation de la haine au moyen de l'affichage des symboles de cette entité. La plupart du temps, l'affichage public de ces symboles a lieu dans l'intention explicite de faire peur aux gens et de propager la haine, ce qui mène à la violence. La criminalisation de l'emploi public conscient de ces symboles devrait faire consensus à la Chambre.
Nous avons présenté le projet de loi visant à lutter contre la haine en même temps que celui sur les mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine pour répondre directement à ce que les collectivités exigent. Elles exigent le renforcement des protections contre la haine et des conséquences plus sévères dans les cas d'intimidation. Elles exigent aussi de meilleurs outils pour les forces de l'ordre.
Dès le début, le a déclaré clairement que nous accueillerions des améliorations constructives du projet de loi faites de bonne foi, mais nous n'accepterons pas le sabotage de mauvaise foi et les retards déguisés en consultations; or, c'est ce que nous obtenons des députés d'en face.
Les Canadiens ne veulent pas un show de boucane; ils veulent des résultats. Ils veulent que nous ne retardions pas le processus et que nous adoptions le projet de loi promptement. Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes a écrit publiquement au pour l'exhorter à travailler avec le gouvernement pour que le projet de loi soit adopté dans un esprit de collaboration. Les services de police, les dirigeants municipaux, les groupes confessionnels et les organisations défendant les droits de la personne veulent tous que le projet de loi soit adopté maintenant.
Soyons honnêtes au sujet de ce qui se passe ici. Il est clair que le a devant lui un caucus divisé au sujet du projet de loi. Il est clair qu'il ne veut pas qu'il y ait un vote à ce sujet avant le vote de confiance sur son leadership le mois prochain. Je demande directement aux députés d'en face pourquoi ils se soucient plus de sauver le poste du chef de l'opposition que de sauver la vie de nombreux Canadiens ciblés par la haine et l'intimidation. Pourquoi n'acceptent-ils pas de faire avancer le projet de loi?
Les députés de l'opposition tiennent même des propos encore plus irresponsables. Ils qualifient le projet de loi visant à lutter contre la haine de mesure de censure. Je me permets de leur poser une question directe. Est-il acceptable pour eux que des synagogues reçoivent des bombes incendiaires? Est-il acceptable pour eux que les personnes LGBTQ+ subissent des menaces et soient prises pour cible en raison de leur orientation sexuelle? Est-il acceptable pour eux que quelqu'un arbore un drapeau terroriste en public ou appelle à l'extermination des femmes et des Canadiens racisés? Bien sûr que non. Voilà pourquoi nous devons soutenir ce projet de loi. C'est ce type de comportements odieux et haineux que vise le projet de loi. Lorsque l'opposition crie à la censure, la question qui s'impose, c'est quelle forme de haine elle tente de protéger.
Seuls les conservateurs oseraient qualifier le projet de loi de censure, alors que tous les groupes suivants l'appuient: le service de police d'Edmonton, B'nai Brith Canada, la Fédération canadienne des municipalités, l'alliance hindoue du Canada, sans parler des Canadiens de tout le pays.
Il n'y a pas de quoi s'étonner que cette énième provocation provienne du camp politique même qui a déjà minimisé la violence dans le monde réel et tenu des discours irresponsables. À l'heure actuelle, absolument tous les retards dans l'examen du projet de loi, y compris à cause de la motion d'instruction présentée aujourd'hui à la Chambre, est imputable au Parti conservateur.
Les conservateurs ont parlé pendant deux heures de tout et de rien au lieu de commencer l'examen article par article du projet de loi. Ils ont contesté le travail de la présidence. Ils ont tenté à diverses reprises de faire cesser l'étude du projet de loi par le comité. Lorsque l'examen article par article a enfin commencé, ils ont proposé une motion dans le but de l'arrêter. Cette motion n'a qu'un seul et unique objectif: mettre en veilleuse le projet de loi visant à lutter contre la haine. Il ne s'agit pas de l'améliorer, de lui donner davantage de mordant, de protéger les Canadiens ou de lutter contre la montée de la haine et de l'antisémitisme qui s'observe au pays, mais de stopper pour de bon l'étude de la mesure afin d'éviter de devoir faire face à la discorde qui règne dans leur caucus et de voter pour un projet de loi qui a l'appui d'organismes et de communautés partout au pays.
Nous ne les laisserons pas faire. Les Canadiens veulent être protégés contre la haine. Les conservateurs, eux, veulent des excuses pour faire du surplace. Les Canadiens veulent des lois qui assurent leur sécurité. Les conservateurs, eux, veulent faire un voyage à l'autre bout du pays, avec les vols et les séjours à l'hôtel que cela suppose, pour faire leur psychodrame.
Nous rejetterons cette motion et ce petit stratagème, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire adopter le projet de loi visant à lutter contre la haine, malgré les stratagèmes des conservateurs. Ce qui vient de l'autre côté de la Chambre n'est que du bruit qui ne doit pas détourner notre attention des problèmes importants qui accablent notre pays. Ce projet de loi constitue une avancée importante et attendue depuis longtemps dans la lutte contre la haine au Canada. Il marquera l'histoire canadienne et définira les limites légales de la liberté d'expression lorsqu'elle se transforme en intimidation et que les Canadiens craignent de circuler dans leurs rues et leurs quartiers. Tel est le fléau de la haine.
Mettons fin à cela. Rejetons cette motion. J'encourage les députés d'en face à passer de la parole aux actes, à défendre leurs principes et à soutenir un projet de loi qui vise à lutter contre la haine au Canada.
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Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui au nom des gens de Bowmanville—Oshawa‑Nord pour m'opposer au projet de loi et appuyer les efforts visant à l'examiner davantage.
Je vais partager mon temps de parole avec le député d'.
Le projet de loi et la tentative des libéraux de le modifier afin de criminaliser la lecture et le partage de versets bibliques au pays posent de nombreux problèmes. Nous nous y opposons pour de nombreuses raisons, mais je tiens à attirer l'attention de tous sur un aspect qui n'a pas reçu suffisamment d'attention: les efforts du Parti libéral pour imposer une forme d'impérialisme culturel aux chrétiens, aux musulmans et aux juifs du pays.
J'aimerais vous faire part d'une définition théorique d'« impérialisme culturel », car je doute que beaucoup de députés soient habitués à entendre ce terme utilisé pour décrire ce que le Parti libéral tente de faire aux citoyens du pays. La définition est tirée d'EBSCO, un centre de bases de données de recherche. La définition, publiée en 2024, se lit comme suit:
L'impérialisme culturel désigne l'imposition des valeurs, des croyances et des pratiques d'une culture à une autre, conduisant souvent à l'érosion de l'identité culturelle unique de cette dernière [...] Il s'exerce par divers moyens, notamment l'éducation, la religion et les médias, où les cultures dominantes façonnent et redéfinissent souvent les cadres sociaux et éthiques des sociétés moins dominantes [...]
L'impérialisme culturel provoque des changements qui surviennent habituellement plus rapidement qu'ils ne le feraient autrement et dans une direction qui sert les intérêts des membres de la culture dominante, celle qui exerce son influence. Le rythme accéléré peut indiquer un effet déstabilisateur des changements sur d'autres dimensions culturelles. Ensemble, ces changements et les avantages dont profitent les membres de la culture dominante font en sorte qu'un groupe tire parti d'actions qui nuisent à d'autres.
Je donne cette définition pour situer en partie ce que, selon moi, le Parti libéral fait en ce moment. Les libéraux sont au pouvoir depuis plus de 10 ans et ils ont fait de leur mieux pour étendre leur influence à toutes les institutions du pays. Ils ont abusé du pouvoir fédéral pour imposer leurs valeurs, leurs convictions et leurs pratiques au plus grand nombre possible d'institutions canadiennes. Nous en avons la preuve aujourd'hui avec le projet de loi et les efforts des libéraux pour l'amender dans le but de soumettre les églises, les mosquées et les synagogues à cet impérialisme culturel.
J'ai donné une définition théorique d'« impérialisme culturel », mais je tiens également à fournir une référence tirée de la culture populaire. Dans la chanson à succès que Kendrick Lamar a adressée à Drake l'an dernier pour le dénigrer, intitulée Not Like Us, le chanteur utilise certains mots pour décrire la pensée coloniale. Voici ce qu'il dit:
[...] t'es pas un collègue,
t'es un [...] colonisateur [...]
C'est précisément ce que le Parti libéral tente de faire aux chrétiens, aux musulmans et aux juifs du Canada. Les libéraux n'accordent pas le moindre respect aux diverses communautés du pays. Ils ne les traitent pas comme des collègues, ils ne les écoutent pas, ils ne travaillent pas avec elles et ils ne respectent ni leurs traditions ni leurs croyances. Ils se comportent plutôt comme des colonisateurs qui essaient d'abuser du pouvoir de l'État pour exercer une influence indue en tentant de criminaliser des choses auxquelles les familles canadiennes croient depuis la fondation du pays par les Anglais et les Français.
Bien sûr, les libéraux s'efforceront de présenter nos préoccupations concernant le projet de loi comme une mise en scène, comme ils l'ont fait tout au long de la matinée et de l'après-midi. Je reviens toutefois sur les propos qu'a tenus l'actuel , qui a été promu par le après avoir fait les remarques suivantes. Dans son rôle de président du comité de la justice, il a déclaré le 30 octobre que trois des livres de la Bible, soit le Lévitique, le Deutéronome et les Romains, sont haineux.
Le ministre a décrit en termes haineux des versets de la Bible que des gens citent dans leurs prières, qu'ils lisent à leurs enfants et qu'ils transmettent dans des collectivités de tout le pays depuis très longtemps. La Charte des droits et libertés, dont le Parti libéral prétend, et j'insiste sur le mot « prétend », se soucier, consacre précisément le droit à la liberté de religion, en signe de respect pour les choses sur lesquelles le gouvernement ne devrait pas avoir son mot à dire.
Le gouvernement ne devrait pas s'immiscer dans les églises, les mosquées et les synagogues pour promouvoir des valeurs libérales ni utiliser le système de justice pénale pour imposer ces valeurs dans la vie religieuse privée des citoyens canadiens. C'est précisément ce que ferait un colonisateur. C'est précisément ce que ferait un impérialiste culturel. Il se demanderait de quelle manière le gouvernement fédéral peut s'immiscer dans les églises, les mosquées et les synagogues. C'est inacceptable, c'est contraire à l'éthique et cela va à l'encontre des traditions de notre pays. C'est une insulte à la Charte des droits et libertés.
Je ne suis pas député depuis très longtemps, mais j'ai déjà constaté que le Parti libéral adopte une attitude que je ne sais pas comment qualifier. Peut-être qu'il joue au plus fin ou qu'il déforme les faits? Il cherche à convaincre les chrétiens, les musulmans et les juifs de diverses origines culturelles qu'il les respecte. Les libéraux s'efforcent de montrer qu'ils veulent les écouter et les accueillir dans la sphère politique canadienne.
J'ai vu de mes propres yeux des libéraux de la région de Toronto assister à des fêtes et à des événements culturels, manger des samossas et du poulet à la jamaïcaine, et prétendre qu'ils respectent les gens issus de différentes communautés. Ils se promènent en martelant des slogans qui parlent de diversité, d'équité et d'inclusion, comme « La diversité fait notre force ». Ils tiennent toutes sortes de propos bizarres, comme « diversité, votez pour moi ». Je connais le genre d'attitude qu'ils adoptent dans nos communautés.
Que font-ils lorsqu'ils viennent à Ottawa? Ils souhaitent imposer leur culture aux habitants de notre pays et à leurs enfants. En réalité, ils n'ont aucun respect pour la diversité. Tous les chrétiens, les musulmans et les juifs dont les ancêtres sont venus du monde entier doivent pouvoir s'unir pour reconnaître que le Parti libéral n'a aucun respect pour nos religions, nos traditions ou nos valeurs. Selon lui, le gouvernement fédéral est supérieur à nous et il estime qu'il a le droit d'imposer ses valeurs à nos églises, à nos mosquées et à nos synagogues.
Puisque nous parlons des propos que tiennent les colonisateurs et les impérialistes culturels, il est important de reconnaître qu'en s'attaquant aux Écritures saintes, à la Bible ainsi qu'à nos religions, et en essayant de justifier l'introduction du système de justice pénale dans nos lieux de culte, ils nous enlèvent ce qui fait de nous des gens équilibrés. Pour eux, nous ne sommes que des intrants économiques. Nous ne devrions pas avoir de culture. Ils pensent que nos vies ne devraient avoir aucun sens.
Ils nous offrent du nihilisme. Ils nous offrent de devenir une colonne sur une feuille qui sert à calculer le PIB. C'est tout ce qu'ils pensent de nous et des efforts que nous faisons pour être équilibrés, pour faire partie d'une communauté, pour croire en quelque chose, pour avoir des convictions. Nous nous efforçons aussi de respecter les traditions de nos pères, de nos mères, de nos grands-pères et de nos grands-mères. Ils nous ridiculisent et nous insultent. Pour eux, notre attachement à nos origines a un caractère haineux.
Cependant, nous nous tenons sur les épaules des géants qui se sont sacrifiés pour que nous puissions être ici aujourd'hui. Ils se sont sacrifiés pour que nous ayons la vie que nous avons aujourd'hui. Nous ne renierons pas ceux qui ont rendu notre vie possible. Nous ne renierons pas les cultures et les traditions dont ils sont issus. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que le Parti libéral prétend que nos ancêtres sont haineux. Nous n'accepterons pas cela. Nous rejetterons leur impérialisme culturel. Nous les appellerons des colonisateurs s'ils se comportent comme tels.
En conclusion, à mon avis, si les libéraux dénigrent l'histoire du Canada, s'ils laissent le drapeau canadien en berne pendant un an et s'ils veulent enseigner à nos enfants que notre pays devrait avoir honte de sa propre histoire, c'est en partie parce qu'ils sont gênés de se regarder dans le miroir. Ils n'ont pas tiré de leçons du passé, et ils répètent les erreurs commises au cours de l'histoire lors de la colonisation impérialiste d'autres peuples.
Monsieur le Président, que font les libéraux? À ceux qui sont à la maison et qui ne comprennent pas encore ce qui se passe au sujet de ce projet de loi, je vais fournir un rapide résumé. Ce sera un résumé professionnel.
D'abord, les libéraux cherchent à abaisser le seuil de la définition du mot « haine ». La Cour suprême a cerné le critère à respecter pour qu'il y ait crime haineux dans l'affaire Keegstra, il y a 35 ans. C'était une bonne définition de travail. Maintenant, les libéraux abaissent le seuil pour qu'il soit plus facile de condamner quelqu'un pour avoir tenu des propos haineux.
Ensuite, les libéraux éliminent l'exigence, prévue dans le Code criminel, relative à l'obtention du consentement du procureur général afin de pouvoir intenter des poursuites pour un crime haineux. Bien entendu, nous avons formulé un certain nombre de préoccupations à cet égard. Des poursuites privées pourraient être intentées par des plaideurs quérulents, ce qui risquerait de compromettre la liberté d'expression, surtout si le seuil est abaissé.
Par ailleurs, les libéraux créent une infraction distincte pour le fait de commettre une infraction motivée par la haine. Ce qui est intéressant au sujet de cette infraction, c'est qu'elle ne se rapporte pas seulement à une conduite criminelle. Plus précisément, le libellé de l'article stipule que l'infraction distincte motivée par la haine peut être fondée sur n'importe quelle infraction contraire à n'importe quelle loi fédérale. Par conséquent, il pourrait y avoir une infraction au Code canadien du travail ou à Loi électorale du Canada et, si un procureur, peut-être un procureur obéissant à des motifs politiques, croit que l'infraction a pu être motivée par la haine, alors la personne ayant commis l'infraction risquerait d'être poursuivie au criminel pour ce qui serait par ailleurs un acte de nature civile.
Les libéraux se félicitent en affirmant que la nouvelle infraction axée sur l'intimidation et l'accès aux installations change les choses. Au comité de la justice, nous avons entendu un témoin professionnel objectif en la personne de Mark Sandler, un des plus célèbres avocats criminalistes au Canada, que les libéraux et moi avons invité ensemble. Il a déclaré que la nouvelle infraction sur l'accès et l'intimidation ne comporte rien qui ne soit pas déjà considéré comme étant criminel dans le Code criminel. Intimider des gens qui essaient d'entrer dans leur lieu de culte ou dans leur école est un acte criminel. Chose certaine, on commet un acte criminel en proférant des menaces.
Des voix: Oh, oh!
Roman Baber: Leur chahut ne me gêne pas, monsieur le Président. J'en suis fort aise.
Les libéraux n'ont pas eu le courage de se présenter à la réunion du comité de la justice aujourd'hui. Ils ont annulé la réunion au cours de laquelle le comité devait examiner le projet de loi article par article. Ils ont peur parce qu'ils savent que le projet de loi n'aboutira pas et que c'est un mauvais projet de loi. Nous devrions donc parcourir le pays, de bout en bout, pour que les Canadiens sachent que ce projet de loi est vraiment mauvais.
Presque tous les témoins entendus par le comité de la justice ont déclaré que les libéraux n'ont rien compris et qu'ils auraient dû criminaliser la promotion délibérée du terrorisme. C'est ce dont nous sommes témoins dans les rues du Canada. Du temps du gouvernement conservateur précédent, des dispositions législatives criminalisaient la glorification du terrorisme, mais en 2017, Justin Trudeau et ses acolytes ont abrogé les dispositions issues du projet de loi . Aujourd'hui, dans ma circonscription, des individus s'habillent comme Yahya Sinwar, le pire meurtrier de Juifs depuis l'Holocauste, qu'ils glorifient et célèbrent.
C'est pourquoi je suis fier d'avoir présenté, il y a quelques semaines, mon premier projet de loi d'initiative parlementaire visant à criminaliser la promotion délibérée du terrorisme, des activités terroristes, des groupes terroristes ou de toute activité d'un groupe terroriste, et je mets les libéraux au défi. S'ils veulent vraiment faire quelque chose à ce sujet, s'ils veulent lutter contre ce qui se passe dans les rues du Canada, dans ma circonscription, qui est l'une de celles qui comptent le plus de Juifs au pays, ils devraient adopter mon projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi , et criminaliser la promotion délibérée du terrorisme, des activités terroristes ou des groupes terroristes.
J'aimerais faire une parenthèse pour parler avec mon cœur. Je suis accompagné de mon ami de la Saskatchewan. La semaine dernière, j'ai invité quelques amis à prendre un verre chez moi. Il m'a demandé si je pouvais lui parler de la vie en URSS. J'y suis né et j'y ai vécu presque jusqu'à l'âge de neuf ans. Si je devais décrire cette vie en un mot, je parlerais de peur. À huit ans, on a assez de discernement pour savoir quand sa famille a peur.
J'ai pris conscience du fait que j'étais juif à l'âge de quatre ou cinq ans. C'était la veille de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif. Je suis entré dans la chambre de mes grands-parents, car ce sont eux qui m'ont élevé, et j'ai vu mon grand-père lire un siddour, un livre de prières juives. C'était en 1984 ou 1985. Même à cette époque, malgré la glasnost de Gorbatchev et, certainement, la perestroïka, si un citoyen soviétique était trouvé en possession d'un livre de prières juives, il risquait d'être envoyé pendant trois à cinq ans dans un camp de travail. C'est un de mes premiers souvenirs. J'ai interrogé mon père à ce sujet par la suite. Il m'a dit que c'était incroyable que mon grand-père ait eu ce livre.
Je ne peux pas croire que je me trouve actuellement à la Chambre des communes, après avoir entendu le député, qui est le , nous dire essentiellement que réciter des extraits de la Bible pourrait être criminalisé, presque comme s'il s'agissait d'une infraction de responsabilité stricte. Je ne peux pas m'imaginer une chose pareille. C'est comme si nous étions de retour en URSS, pour reprendre les paroles de la chanson des Beatles.
En plus d'éliminer prétendument la défense fondée sur des motifs religieux, le projet de loi aurait, parmi ses pires conséquences, celle d'abaisser le seuil à franchir pour qualifier des propos de discours haineux.
J'ai tenu une longue discussion avec mon ami, il y a une semaine ou deux, sur les sujets dont nous devions éviter de parler, y compris certains qui étaient tabous. Nous n'avions pas le droit de parler de l'Occident, d'utiliser le mot « Amérique » ou le mot « Israël ». Il nous était interdit de parler des pénuries de pain, de jeans ou d'œufs dans les magasins. C'était parce que la seule religion permise était le communisme.
Quand mon ami de la circonscription de parle du colonialisme libéral, c'est exactement ce dont il s'agit. C'est une dictature libérale qui nous prive de notre liberté de pensée. Aucune autre pensée n'est autorisée, en dehors de la pensée libérale. Voilà qui est honteux. Je suis fier de mes collègues conservateurs. La honte devrait disparaître de nos vies.
Nous savons que nous avons raison dans ce dossier, tout comme les libéraux le savent d'ailleurs. C'est pourquoi, après avoir laissé entendre qu'ils voulaient faire avancer l'étude de ce projet de loi, ils ont plutôt annulé ce matin la réunion du comité de la justice qui devait se tenir aujourd'hui. J'étais prêt à me rendre à la réunion ce soir. Nous étions tous prêts à nous présenter à 15 h 30 pour étudier le projet de loi article par article, mais ils nous en ont mis en lock-out.
Pourquoi les libéraux disent-ils vouloir remettre en question l'exception religieuse? C'est très important de le savoir. Prétendument, selon le Bloc, c'est à cause d'un type appelé Adil Charkaoui qui, le 28 octobre, alors qu'il s'adressait en arabe à des manifestants à Montréal, a dénoncé les agresseurs sionistes et prié Allah de tuer les ennemis du peuple de Gaza et de n'en épargner aucun. Selon le Bloc, c'est à cause de l'exception religieuse qu'Adil Charkaoui n'a pas été inculpé. Ce n'est pas vrai du tout.
Tout d'abord, nous parlons d'incitation à la violence. Si les députés lisent l'alinéa 319(3)b), cela ne s'applique qu'au gouvernement. Quant au deuxième article, qui porte sur le fait de fomenter volontairement la haine, l'article 319, cela ne s'applique pas au paragraphe 319(1). Je rejette donc cet argument pour des raisons d'ordre juridique.
Deuxièmement, l'article est très clair. Pour qu'une personne puisse invoquer cette défense, son discours religieux doit être de bonne foi. C'est donc dire qu'une personne ne peut pas souhaiter l'extermination d'un peuple. Si elle souhaite l'extermination d'un peuple, elle n'est plus de bonne foi; la défense ne s'applique donc pas.
Enfin, comme si nous ne suivions pas l'actualité, le service des poursuites du Québec s'est prononcé sur cette question en mai 2025 et il a expliqué la situation. La raison pour laquelle il n'a pas poursuivi M. Charkaoui n'est pas liée à une défense religieuse, mais au fait qu'il n'a pas appelé à la violence contre un groupe de personnes identifiable. Selon les procureurs du Québec, les « ennemis d'Allah » ne constituent pas un groupe identifiable auquel ils pouvaient appliquer la disposition relative à l'incitation à la violence, ce qui leur aurait permis d'intenter des poursuites.
C'est grotesque. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes là. Nous pourrions débattre de la question de la mise en liberté sous caution en ce moment même. Le comité de la justice est actuellement saisi du projet de loi , qui est une bien piètre tentative de réforme de la mise en liberté sous caution et de la détermination de la peine. Mardi dernier, les libéraux nous ont exclus et ils nous accusent de faire de l'obstruction. Ce soir, ils nous ont de nouveau exclus et ils nous accusent de nous livrer à un sabotage.
Réunissons-nous ce soir. Rouvrons le comité et discutons de la question de la mise en liberté sous caution. Faisons notre travail. Toronto est en train de se transformer en Gotham City, mais les libéraux n'ont aucune honte. La réalité les a rattrapés.
Les Canadiens dans tout le pays comprennent que ce projet de loi est inacceptable. J'implore le gouvernement de le retirer. Revenons à la case départ. Il ne s'agit pas de me faire une fleur. Je représente l'une des circonscriptions qui comptent le plus de Juifs dans ce pays. Ce projet de loi ne les protège en rien.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour participer à ce débat lancé à la dernière minute par les conservateurs. Il s'agit d'une tentative de faire ce que je vois les conservateurs faire depuis près de 10 ans: entraver les initiatives gouvernementales et les empêcher de se mettre en œuvre. Ils cherchent des moyens d'empêcher le gouvernement d'agir. Le député qui m'a précédé a déclaré qu'il aborderait les aspects politiques de la question avec professionnalisme. Je vais simplement exposer ce qui s'est passé jusqu'à présent, afin que le public puisse juger par lui-même si la situation est louche ou non.
Le projet de loi a été officiellement adopté en deuxième lecture par la Chambre et renvoyé au comité. Le comité s'est réuni à trois reprises. Nous avons tenu plus de huit heures de réunions avec des témoins, au cours desquelles tous les partis politiques, le gouvernement, l'opposition et le Bloc ont pu poser des questions. Ensuite, on passe normalement à l'étude article par article, ce qui aurait été l'occasion pour les députés d'examiner le projet de loi à la lumière de ce qu'ils avaient appris au cours des huit heures de délibérations et des trois réunions avec les témoins.
Le président du comité a demandé à tous les membres de soumettre leurs amendements au projet de loi avant le 24 novembre. En raison du fonctionnement de nos comités, les amendements sont soumis à titre confidentiel et ne sont pas rendus publics avant que le comité ne présente son rapport. Si je proposais un amendement au comité, personne n'en serait informé. S'il n'était pas adopté, en théorie, personne ne le saurait, car tout se passe à huis clos. La date limite était le 24 novembre.
Le 24 novembre, lorsque les amendements ont été remis à tous membres du comité, les conservateurs ont pris connaissance de l'amendement proposé par le Bloc. Trois jours plus tard, le 27 novembre, le comité s'est réuni à nouveau. Soudain, sans crier gare, le député d' a décidé qu'il allait faire systématiquement obstruction au comité. La seule information dont ce député aurait pu disposer entre les deux réunions aurait été l'ensemble des amendements proposés par les membres du comité.
Voilà comment nous sommes arrivés où nous en sommes maintenant. Le comité a dû composer avec ces manœuvres dilatoires au lieu de faire l'étude article par article du projet de loi. Il a entendu 23 témoins, mais il y en aurait eu 33, n'eût été ces manœuvres. Le a même comparu et a répondu directement à des questions. Puis, nous arrivons à ce stade-ci. J'espère que le public comprend maintenant.
Le projet de loi a franchi l'étape de la deuxième lecture ici. Il a été envoyé au comité. Il a été étudié pendant trois réunions, et le comité a consacré plus de huit heures à entendre des témoins. Le a comparu. La demande d'amendements a été diffusée. Tout le monde a présenté ses amendements au comité.
Après tout cela, soudainement et sans préavis, les conservateurs débarquent aujourd'hui pendant la rubrique des affaires courantes pour demander à la Chambre la permission de parcourir le pays afin de recueillir des opinions sur ce projet de loi. Il est beaucoup trop tard pour cela. Le comité, le comité préparatoire et le sous-comité se sont réunis pour établir quels étaient les objectifs de l'étude de ce projet de loi. Les membres du comité ont alors eu amplement l'occasion, avant la comparution même des témoins, de dire qu'ils jugeaient important de sillonner le pays et de se rendre dans diverses collectivités.
Les membres du comité auraient pu demander à l'un des témoins, voire au , s'il serait utile que le comité sillonne le pays pour poser des questions là-dessus. Les députés pensent-ils que cela s'est produit? Pas du tout. La seule fois où les conservateurs ont soudain exigé de retarder les travaux du comité et l'étude article par article pour sillonner le pays, c'est après avoir pris connaissance de l'amendement proposé par le Bloc.
La question est de savoir pourquoi.
Ce que j'ai dit était tout à fait objectif. C'est ce qui s'est passé, ce qui vient de se passer. Je vais maintenant vous dire pourquoi, selon moi, les conservateurs tentent soudain de freiner ce processus. La qui a pris la parole avant moi a également soulevé ce point. Elle a fait une excellente observation. Elle a dit qu'ils sont divisés.
Des voix: Non, nous ne le sommes pas.
L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, ils clament maintenant qu'ils ne le sont pas. Peut-être me permettront-ils de déposer quelques messages publiés sur les réseaux sociaux par leurs députés qui ont des opinions contradictoires sur le sujet. Je parie qu'ils ne le permettront pas. Tout comme précédemment, lorsque cela a commencé, et que le a demandé s'ils souhaitaient travailler jusqu'à minuit. Ils se sont empressés de déclarer qu'ils souhaitaient effectivement travailler jusqu'à minuit. L'un d'eux a dit « Absolument. » Puis, dans les 20 secondes qui ont suivi, le même secrétaire parlementaire a demandé le consentement unanime pour présenter une motion visant à ce que nous restions jusqu'à minuit pendant le reste de la session. Il suffit qu'une seule personne s'y oppose pour que le consentement unanime soit rejeté, et ils s'y sont tous opposés.
C'est ce qui s'est passé à la Chambre. Pour eux, c'est du théâtre. Ils ne comprennent pas leur rôle. Ils estiment qu'ils sont là pour faire obstruction et bloquer, à la moindre occasion, toute initiative du gouvernement. Or, là n'est pas leur rôle. Leur rôle est de favoriser l'élaboration de meilleurs projets de loi.
J'ai prononcé un discours là-dessus il n'y a pas si longtemps. Dans les trois ou quatre dernières minutes de ce discours, j'ai expliqué que ces conservateurs n'ont rien à voir avec Flora MacDonald, originaire de ma circonscription, ni avec Brian Mulroney. Je leur ai clairement fait savoir ce que je pensais d'eux. Qu'est-ce qui est arrivé à mon bureau de circonscription deux jours plus tard? Un portrait de Brian Mulroney. Il était signé: « Mark, continuez de parler comme cela. — Brian »
Ce n'est plus le Parti conservateur d'autrefois, quand nos parents étaient très engagés en politique. C'est une extension beaucoup plus à droite que le Parti réformiste. Les Canadiens n'ont qu'à écouter ce qui a été dit aujourd'hui à la Chambre pour s'en convaincre. Telle est la réalité à laquelle nous faisons face.
Nous n'avons plus ni Parti progressiste-conservateur, ni même de Parti conservateur qui croit sincèrement dans les Canadiens et qui souhaite améliorer les choses. Nous avons un groupe de députés qui sont venus ici sous la bannière bleue, avec le nom et le logo conservateurs, et qui ne cherchent qu'à faire obstruction toute la journée. Ils souhaitent que le gouvernement n'accomplisse absolument rien pour les Canadiens. En réalité, leur travail consiste à essayer d'améliorer la vie des Canadiens en défiant le gouvernement et en proposant des mesures différentes pour améliorer la situation des Canadiens. Ce n'est pas ce qu'ils font.
Il y a quelques instants, j'ai parlé de la division au sein du Parti conservateur. Je tiens à le souligner, et je ne vais même pas essayer de présenter ces messages, car je sais que je n'obtiendrai jamais le consentement unanime. Cependant, la réalité, c'est que le député d', qui a pris la parole avant moi...
Une voix: C'était un excellent discours.
L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, ce député devrait demander au député d' s'il est du même avis. Le député d'York‑Centre disait en substance que ce projet de loi ne va pas assez loin. Si nous examinons son projet de loi, nous comprenons pourquoi. Il réclame des peines et des restrictions encore plus sévères. Ensuite, nous avons le député d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud qui qualifie cette mesure législative de projet de loi de censure. Voilà le problème.
La l'a dit plus tôt. Elle a dit qu'il y avait division, et c'est effectivement le cas. Ce n'est peut-être pas le cas parmi les députés présents dans cette salle, mais il y a division au sein de ce parti sur la question. C'est la seule chose qui explique pourquoi les conservateurs refusent de laisser ce projet de loi être étudié article par article et suivre la procédure habituelle. C'est la seule chose qui l'explique.
Pour conclure, le député de a fait un commentaire sur ma foi. Il a fait un commentaire sur les libéraux en général. Il a fait un commentaire sur l'approche des libéraux à l'égard de la liberté de culte et de ceux qui l'exercent. Ce député ne sait rien de moi. Il ne sait pas où j'ai été baptisé, dans quelle école j'ai étudié. Il ne sait rien de l'endroit où je me suis marié et des conseils que je demande parfois à mon pasteur. Il ne sait rien de tout cela. Il ne sait absolument rien de l'école que fréquentent mes enfants et de l'enseignement religieux qu'ils y reçoivent.
Les députés savent-ils pourquoi il ne sait rien de tout cela? C'est parce que c'est mon choix. C'est ma foi. Je garde ma foi pour moi, car elle me guide personnellement. Je ne l'apporte pas ici et je ne m'en sers pas comme d'une arme, comme le font les conservateurs et comme le fait ce député dans le cadre de sa tournée Rétablir le Nord. Il parcourt le pays pour attiser la peur et la division au sein de la population, car il sait qu'il y parviendra et qu'il pourra continuer à développer cette base d'extrême droite que nous voyons en face. Telle est la réalité.
Je ne souhaite pas du tout parler aux gens ici de mes croyances religieuses et de la façon dont je pratique ma foi, et la Chambre est dotée de règles visant à empêcher des discussions sur de tels sujets, même si les conservateurs tentent constamment de les contourner.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour parler du projet de loi , Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès à des lieux religieux ou culturels).
Ce projet de loi est important. Les Canadiens méritent que leur gouvernement fasse preuve de clarté, d'équité et d'honnêteté. Les conservateurs croient fermement qu'il faut protéger tous les Canadiens de la haine, de l'intimidation et de la violence. Nous nous opposons aux crimes haineux sous toutes leurs formes. Nous sommes solidaires des communautés qui se sentent menacées. Nous défendons également les libertés fondamentales qui définissent notre pays.
Le Canada est une société pluraliste. Des personnes de toutes les confessions, de toutes les cultures et de toutes les traditions vivent côte à côte. Les hindous, les sikhs, les chrétiens, les juifs, les musulmans, les bouddhistes et les communautés traditionnelles autochtones apportent leur contribution à la société canadienne. Tout le monde a sa place, et chacun mérite de se sentir en sécurité. Nous croyons que tous les Canadiens devraient se sentir en sécurité quand ils entrent dans un temple, un gurdwara, une église, une mosquée ou dans tout autre centre culturel ou religieux. Les Canadiens méritent d'avoir la liberté de prier, de célébrer et de se rassembler sans crainte.
La liberté de religion est essentielle et non secondaire. C'est une valeur canadienne fondamentale. Elle est protégée par la Charte et ne doit jamais être minée par une loi vague ou reposant sur des considérations politiques.
Cependant, la protection de la liberté exige une rédaction responsable, et, pour cela, il faut rédiger avec clarté. Malheureusement, le projet de loi ne fournit pas cette clarté. Il élargit les définitions de la propagande haineuse sans établir de seuils précis et de garanties constitutionnelles. Des experts ont soulevé ces préoccupations. Des juristes ont soulevé ces préoccupations. Les organismes d'application de la loi ont soulevé ces préoccupations. Le National Post a publié un article exhaustif sur ces lacunes. L'auteur y souligne que le libellé risque de nuire à l'application sélective de la loi, que les enquêteurs n'auront pas d'orientation opérationnelle et que les Canadiens risquent d'être réduits au silence au lieu d'être protégés.
Quand les grands journaux et les juristes du pays sonnent l'alarme, tout gouvernement responsable consacre le temps nécessaire pour régler les problèmes. Malheureusement, le gouvernement ne l'a pas fait. Il a décidé d'accorder la priorité aux messages politiques et non à la qualité législative. Il a rejeté les amendements des conservateurs. Il n'a pas tenu compte des conseils de la collectivité. Il n'a pas tenu compte des avertissements relatifs à la Charte.
Quand le gouvernement propose des modifications au Code criminel sur une question aussi délicate que la propagande haineuse et les crimes haineux, le libellé doit être précis. La loi doit être soigneusement conçue pour cibler les personnes qui encouragent la violence et la haine authentique. Elle doit aussi protéger les Canadiens contre le risque d'être criminalisés pour avoir exprimé des opinions, des croyances, des critiques, des satires ou des enseignements religieux qui font partie d'un discours démocratique légitime.
Ils ont ensuite tenté de bloquer l'examen minutieux là où les Canadiens attendent le plus de responsabilité: au comité de la justice. Ils ont fait de l'obstruction. Ils ont empêché tout débat constructif. Ils ont empêché les témoins de bien présenter leurs préoccupations. Ils ont traité les questions légitimes comme des inconvénients. Cela peut paraître incroyable, mais ils ont perturbé le processus à un point tel que le greffier du comité a informé les députés que la réunion d'aujourd'hui était annulée, pour cause de refus par le gouvernement de laisser le travail se poursuivre.
Les Canadiens méritent mieux qu'un gouvernement qui fait obstruction à son propre projet de loi et paralyse le travail du comité. Quelle confiance les Canadiens peuvent-ils avoir dans la loi lorsque le gouvernement craint ses propres audiences de comité?
La force du Canada réside dans son pluralisme, pas dans des slogans, mais dans l'expérience réelle de voisins de confessions différentes qui se soutiennent mutuellement, de familles qui pratiquent des traditions différentes sous le même toit et de communautés qui célèbrent leur culture sans crainte. Le pluralisme requiert de la confiance, et la confiance requiert des lois équitables, claires et constitutionnelles. Le projet de loi compromettrait cette confiance, car des lois vagues affaiblissent notre société au lieu de la protéger.
Lorsque des groupes religieux, des organisations culturelles ou des citoyens ordinaires se demandent si leurs paroles ou leurs pratiques pourraient être mal interprétées, la peur prend le pas sur la confiance, et lorsque la confiance s'érode, les fondements d'une société pluraliste se fissurent.
Les conservateurs soutiennent la protection des lieux de culte, qu'il s'agisse de temples, de gurdwaras, d'églises, de mosquées, de synagogues ou de centres culturels, bref, tous les espaces sacrés. Nous soutenons le droit de pratiquer sa religion librement et sans intimidation. Nous soutenons des sanctions sévères pour les attaques motivées par la haine, mais nous voulons aussi des lois efficaces. Les collectivités veulent une véritable protection. Elles veulent un contrôle et des ressources, et non des promesses en l'air. Elles veulent des outils policiers, et non du théâtre politique. Elles veulent des réponses plus rapides, et non une loi qui prête à confusion.
Au lieu d'élaborer un cadre précis, applicable et répondant aux besoins des collectivités, qui renforcerait la prévention, améliorerait les capacités de la police et ciblerait précisément les personnes qui propagent la haine et la violence, le gouvernement a rédigé un projet de loi si vague, si imprécis et si mal défendu que ni les experts, ni les communautés, ni les forces de l'ordre ne peuvent expliquer avec certitude comment il serait appliqué. Ce n'est pas de la bonne gouvernance. Ce n'est pas ainsi que nous protégeons la liberté de culte. Ce n'est pas ainsi que nous protégeons ou soutenons une société pluraliste.
Les conservateurs s'opposeront toujours à la haine, mais nous défendrons également toujours la Charte. Nous défendrons l'application régulière de la loi, une loi constitutionnelle claire, ainsi que le droit de chaque Canadien de pratiquer librement sa religion, de s'exprimer librement et de vivre sans crainte.
Le projet de loi ne répond pas à ces normes. Il ne donnerait pas à la police des outils clairs. Il ne redonnerait pas confiance aux communautés religieuses. Il ne refléterait pas la société dont nous sommes fiers. Il ne satisfait pas non plus au critère de transparence, notamment lorsque le gouvernement annule les réunions de comités plutôt que de se soumettre à un examen minutieux. Le Canada mérite des lois efficaces. Notre société mérite la réalité. Tous les Canadiens qui accordent de l'importance à la sécurité et à la liberté méritent mieux. Le Parlement mérite une loi qui respecte les droits, la liberté et le bon sens.