propose que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, les juges devraient-ils être autorisés à tenir compte du statut d'immigration d'un accusé pour prononcer une peine plus clémente à l'encontre de non-citoyens reconnus coupables de crimes graves tels que des agressions sexuelles, simplement pour leur éviter l'expulsion? La réponse est non.
Ce soir, j'ai le plaisir de prendre la parole au sujet du projet de loi , le projet de loi sur l'égalité devant la loi, qui reprend et réaffirme les principes déjà énoncés dans la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés en ce qui concerne les conséquences en matière d'expulsion pour les non-citoyens reconnus coupables de crimes graves, tels que les agressions sexuelles, au Canada.
La grande majorité des personnes qui ont immigré au Canada respectent nos lois. L'expulsion du Canada des non-citoyens reconnus coupables d'un crime grave est une évidence pour protéger tout le monde, la valeur de la citoyenneté canadienne et, franchement, toutes les personnes qui résident dans notre pays et respectent les règles.
Après une décennie de postnationalisme libéral et de niveaux d'immigration excessivement élevés, le gouvernement pourrait accepter cette modification et démontrer son respect pour la citoyenneté canadienne en affirmant, à tout le moins, que les non-citoyens ne peuvent bénéficier du privilège de résider ici que s'ils respectent la primauté du droit. Tous les points que j'ai soulevés et que je soulèverai ce soir montreront qu'au-delà de la pure partisanerie, il n'y a aucune raison pour que le gouvernement n'appuie pas ce projet de loi. En fait, pour protéger le pluralisme canadien, le gouvernement doit commencer par reconnaître ses erreurs en matière d'immigration et travailler avec tous les partis pour adopter des solutions sensées.
Selon de récents sondages, le soutien à l'immigration, tant chez les Canadiens que chez les nouveaux arrivants, n'a jamais été aussi faible. Ce constat devrait choquer tous les députés et les inciter à agir pour trouver des solutions à ce problème. C'est ce que je tente de faire aujourd'hui avec ce projet de loi. Heureusement, si les Canadiens n'appuient plus l'immigration comme avant, ils ne pointent pas les immigrants du doigt pour autant. Les Canadiens mécontents de l'immigration pointent plutôt du doigt le responsable de la situation, à savoir le gouvernement fédéral qui, depuis 10 ans, a accueilli trop de gens trop rapidement pour les capacités du pays en matière de logement, de soins de santé et d'emploi. Dans le même temps, ce gouvernement a adopté des lois fondées sur une doctrine postnationale voulant qu'il n'existe pas d'identité nationale canadienne — incarnée notamment par un système judiciaire impartial et équitable — qui guide à l'intégration des non-citoyens.
Le Canada se trouve à un point de bascule. Le gouvernement doit agir rapidement pour rétablir le système d'immigration qu'il a brisé. Si le gouvernement ne veut pas agir, comme c'est le cas, alors le Parlement doit intervenir. Dans un esprit non partisan, j'ai utilisé mon temps de parole pour présenter un projet de loi d'initiative parlementaire afin de corriger l'une des nombreuses lacunes du système d'immigration auxquelles le gouvernement doit s'attaquer. Plus tard ce soir, mes collègues et moi proposerons de nombreux amendements au projet de loi dans le même but.
Pour en revenir à ce projet de loi, dans un souci d'équité envers tout le monde et en vue d'empêcher une plus grande érosion de la tolérance du Canada à l'égard de l'immigration, nous devons veiller à ce que les personnes qui ne sont pas des citoyens canadiens et qui commettent des crimes graves comme des agressions sexuelles subissent les conséquences qui sont déjà prévues dans nos lois. À tout le moins, les non-citoyens qui abusent du grand privilège de vivre dans notre pays en commettant un crime grave comme une agression sexuelle devraient être passibles d'expulsion, comme le prévoit déjà la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.
Voici comment nous pouvons nous y prendre. Le projet de loi dont nous sommes saisis ce soir modifie le Code criminel en ajoutant, à l'article 718, un nouveau principe général de détermination de la peine. Il s'agit de l'article du Code criminel en vertu duquel le Parlement exerce son droit de fournir des directives aux tribunaux sur la façon dont les délinquants reconnus coupables devraient être condamnés.
Mon projet de loi propose d'ajouter une disposition simple d'une ligne, l'article 718.202, qui prévoit que, au moment de déterminer la peine d'un criminel reconnu « n'ayant pas la citoyenneté canadienne, [le tribunal] ne peut prendre en considération l'incidence éventuelle de la peine sur le statut d'immigration au Canada du délinquant ou sur celui d'un membre de sa famille ».
Cette simple disposition d'une ligne garantit que les dispositions déjà énoncées dans la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés sont appliquées lors de la détermination de la peine de non-citoyens reconnus coupables de crimes graves, comme une agression sexuelle.
Voilà le comment et le pourquoi. Au cours des dernières années, il y a eu de nombreux cas où des juges ont imposé des peines à des personnes qui n'avaient pas la citoyenneté canadienne et qui avaient été reconnues coupables de crimes graves dans le but de leur éviter l'expulsion. Cette pratique, qui consiste à prendre en considération le statut d'immigrant d'un non-citoyen afin de prononcer une peine plus clémente pour lui éviter l'expulsion, a pour effet net de créer un système judiciaire à deux vitesses entre les non-citoyens et les citoyens du pays.
C'est injuste, c'est l'antithèse des principes de justice fondamentale, et cela a érodé le consensus au Canada en matière d'immigration. Voici quelques exemples très récents des trop nombreux cas où des non-citoyens reconnus coupables de crimes graves, comme une agression sexuelle, ont été condamnés à des peines clémentes selon le principe des deux poids, deux mesures, simplement pour leur éviter l'expulsion, qui fait partie des conséquences prévues dans la loi.
Un non-citoyen originaire d'Inde a plaidé coupable à pas moins de quatre chefs d'accusation de voyeurisme, des faits qui ont plongé ses victimes féminines dans une peur, une angoisse et une détresse émotionnelle intenses. Il a été condamné à cinq mois et demi de prison. Pourquoi? Pour éviter l'expulsion. Le juge a même admis qu'une peine de 6 à 12 mois aurait été plus appropriée.
Dans une affaire survenue à Calgary en 2024, un autre non-citoyen originaire d'Inde s'est vu accorder une libération conditionnelle après avoir tenté d'acheter des services sexuels auprès d'une jeune fille de 15 ans. Cette peine a été prononcée pour lui permettre de conserver son admissibilité à la citoyenneté canadienne et d'éviter l'expulsion. Dans sa sentence, le juge a mentionné les conséquences collatérales dévastatrices en matière d'immigration qu'aurait eues une peine plus sévère. Qu'en est-il des victimes?
Un non-citoyen qui se trouvait au Canada avec un permis de visiteur a été reconnu coupable d'avoir à deux reprises touché les parties génitales d'une femme de 18 ans sous sa jupe alors qu'elle se trouvait dans un bar pour prendre un verre. Cette personne, ce non-citoyen, a été libéré par la juge pour lui permettre d'interjeter appel contre une mesure d'expulsion.
En mars 2024, un non-citoyen de Surrey, en Colombie-Britannique, âgé de 24 ans, a été condamné à une peine d'emprisonnement avec sursis de deux ans moins un jour pour voies de fait graves et possession d'une arme après avoir poignardé un étranger. Cela avait tout l'air d'un crime grave. Qu'a fait le juge? Il a rejeté la recommandation de la Couronne d'imposer une peine d'emprisonnement de quatre ans afin que le non-citoyen puisse éviter l'expulsion.
En octobre 2025, pas plus tard que le mois dernier, Roosevelt Rush, un non-citoyen originaire de la Jamaïque, a vu sa peine pour trafic de cocaïne réduite de moitié par rapport à la durée prévue, alors qu'il purgeait déjà une peine de six ans pour des infractions liées au fentanyl et aux armes à feu, parce que le juge voulait l'aider à éviter l'expulsion.
En 2024, en Colombie-Britannique, un non-citoyen a été reconnu coupable de fraude et a reçu une peine de six mois, qu'un juge a réduite de 10 mois afin d'éviter son expulsion.
En 2024, un non-citoyen originaire de la Somalie a été reconnu coupable d'agression avec menaces contre la police et a vu sa peine d'emprisonnement réduite pour, là encore, éviter l'expulsion. C'est un réfugié qui a commis ces crimes tout en bénéficiant du sanctuaire canadien.
On accorde tant d'attention aux non-citoyens condamnés pour des crimes graves afin qu'ils évitent l'expulsion, mais qu'en est-il des victimes? Qu'en est-il de la valeur de la citoyenneté canadienne ou des responsabilités associées au fait de vivre dans notre pays? Être au Canada ne peut pas se limiter à profiter des merveilleux, privilèges et avantages offerts par notre pays. Il faut aussi respecter les responsabilités liées à ce privilège, ce qui comprend le respect de la primauté du droit.
Il y a de nombreux autres exemples qui illustrent la tendance à prendre en compte le statut d'immigrant dans la détermination de la peine. De nos jours, les criminalistes ont pris l'habitude de réclamer des peines plus légères afin que leurs clients non-citoyens puissent échapper à l'expulsion ou au refus de leur demande de citoyenneté aux termes des dispositions de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Je vais expliquer pourquoi nous en sommes arrivés là.
Depuis la décision de la Cour suprême dans l'affaire R. c Pham, les tribunaux accordent une plus grande attention aux conséquences collatérales sur les aspects touchant l'immigration au moment de déterminer la peine. Je tiens à être claire: cette décision de la Cour a explicitement statué que prendre en considération ces aspects ne constitue pas un droit garanti par la Charte, un recours à la Charte ou une violation de cette dernière. En fait, cette décision ne mentionne même pas une seule fois la Charte. De plus, dans sa décision, la Cour suprême indique clairement que « [l]a souplesse que permet notre processus de détermination de la peine ne doit pas donner lieu à l'infliction de peines inappropriées et artificielles » et que cela reviendrait à « éluder la volonté du législateur ». De toute évidence, la réalité est tout autre.
Comme on peut le constater avec les nombreux exemples que j'ai mentionnés, des juges activistes ont donné à cette décision une portée beaucoup plus large afin de permettre à des non-citoyens qui ont été reconnus coupables de crimes graves d'obtenir des peines plus clémentes pour éviter l'expulsion. Voilà la réalité. Pendant ce temps, les Canadiens n'ont pas droit au même traitement, et nous nous retrouvons avec un système de justice à deux vitesses. On ne peut pas se fier à la volonté des tribunaux si on les laisse agir sans contrôle, comme ils l'ont fait dans tous ces cas. Mes amis et collègues, il est grand temps que le Parlement exerce sa volonté et qu'il mette fin à cette mauvaise pratique.
Je tiens à dire très clairement à tous mes collègues ici présents que la Cour suprême a clairement indiqué que les Canadiens qui sont préoccupés par les crimes commis par des gens qui ne sont pas des citoyens canadiens ont tout à fait le droit, par l'entremise de leurs représentants élus, de fournir des directives aux juges chargés de la détermination de la peine. C'est exactement ce que ferait ce projet de loi simple, raisonnable et non partisan. Pas plus tard que ce matin, la rédaction du Globe and Mail a affirmé que, dans notre système actuel, les juges « protègent des gens qui n'ont pas la citoyenneté canadienne contre les conséquences de leur comportement criminel », et elle a déploré le fait que personne ne semble se demander « si les Canadiens voudraient que ces délinquants obtiennent la citoyenneté canadienne ». C'est ce qu'on peut lire dans le Globe and Mail.
On pourrait être tenté de blâmer les juges pour cette situation, mais la faute revient au gouvernement fédéral. Même si, depuis quelques années, on observe de plus en plus de situations où on fait preuve de clémence dans la détermination de la peine en raison du statut d'immigrant, le gouvernement refuse d'adopter des mesures législatives pour fournir aux juges des directives plus précises à cet égard. C'est pourquoi j'ai présenté un projet de loi visant à modifier le Code criminel pour corriger cette situation. La raison derrière ces modifications est simple: comme je l'ai dit, toute personne qui cherche à obtenir la résidence ou la citoyenneté au Canada a non seulement des droits, mais aussi des responsabilités.
Le guide de la citoyenneté indique clairement que les citoyens doivent respecter les lois du Canada ainsi que les droits et les libertés des autres, et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés énonce les conséquences possibles pour les non-citoyens qui ne le font pas.
Un non-citoyen au Canada devrait accepter la responsabilité individuelle de défendre les institutions démocratiques de la monarchie constitutionnelle du Canada, une liberté ordonnée ancrée dans les principes de paix, d'ordre et de bon gouvernement. En pratique, cela signifie qu'il défendra les droits canadiens communs, comme la liberté de conscience et de religion, la liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de parole et la liberté de la presse, la liberté de réunion pacifique, la liberté d'association et l'égalité des femmes et des hommes. Tous les Canadiens et toutes les personnes qui aspirent à obtenir la citoyenneté doivent renoncer à tout préjugé violent, extrême ou haineux et apporter leur contribution au Canada. On s'attend à ce qu'ils respectent la primauté du droit et, s'ils ne le font pas, à ce qu'ils en acceptent les conséquences.
En l'absence de clarté législative sur la prise en compte du statut d'immigrant dans la détermination de la peine, les juges peuvent appliquer des aspects de la décision Pham pour miner ce principe pour les non-citoyens, ce qui revient à contourner les conséquences en matière d'expulsion déjà adoptées par le Parlement dans la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Aux personnes qui diraient que ce projet de loi va à l'encontre du principe de l'indépendance judiciaire, je tiens à préciser qu'il est tout à fait approprié que le Parlement fournisse des lignes directrices aux tribunaux en matière de détermination de la peine. L'article 718 le fait déjà d'innombrables façons, mais je vais en donner quatre exemples.
Premièrement, l'article 718 du Code criminel commence en précisant que le prononcé des peines a pour objectif essentiel de contribuer au « respect de la loi ». Selon moi, les Canadiens cessent de respecter la loi lorsque celle-ci n'est pas appliquée de manière égale, comme ce fut le cas pour des non-citoyens qui ont été reconnus coupables de crimes graves comme des agressions sexuelles.
Deuxièmement, le paragraphe 718.1 dit ceci:
La peine est proportionnelle à la gravité de l'infraction et au degré de responsabilité du délinquant.
À mon avis, le Parlement n'a jamais voulu dire que le statut d'immigrant diminue la « responsabilité du délinquant ». Cela reviendrait à considérer qu'une personne est dépourvue de jugement simplement parce qu'elle est née dans un autre pays, ce qui est inacceptable.
Troisièmement, au sous-alinéa 718.2a)(iii.1), l'élément suivant est considéré comme une circonstance aggravante aux fins de la détermination de la peine:
que l’infraction a eu un effet important sur la victime en raison de son âge et de tout autre élément de sa situation personnelle, notamment sa santé et sa situation financière.
Parmi les cas dont j'ai parlé ce soir, bon nombre concernent des agressions sexuelles, qui ont évidemment un effet important sur la victime, et qui touchent les femmes de façon disproportionnée. Notre projet de loi vise à rétablir le principe général de détermination de la peine, qui est trop souvent ignoré.
Enfin, l'alinéa 718.2b) prévoit ceci:
l'harmonisation des peines, c'est-à-dire l'infliction de peines semblables à celles infligées à des délinquants pour des infractions semblables commises dans des circonstances semblables;
De toute évidence, le fait de donner une peine plus légère au délinquant simplement en raison de son statut d'immigration va à l'encontre de ce principe. Il est tout à fait du ressort du Parlement de réaffirmer ce principe général de détermination de la peine en précisant aux juges qu'ils ne doivent pas tenir compte du statut d'immigration d'un délinquant.
En terminant, je tiens à remercier Sean Phelan, un héros méconnu de l'histoire du Canada. Beaucoup de gens ne connaissent pas son nom, mais, depuis 10 ans, il cherche à réformer le système de justice du Canada à lui seul. Je le remercie de son aide dans l'élaboration du projet de loi à l'étude ce soir.
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Monsieur le Président, à bien des égards, je ne souscris pas au raisonnement qui sous-tend la présentation de ce projet de loi. La députée a elle-même parlé de ce qui se passe dans l'opinion publique en ce qui concerne l'immigration en général.
Faut-il s'étonner que les conservateurs aiment alimenter cette perception? Nous le constatons dans un certain nombre d'actions qu'ils prennent et de déclarations qu'ils font. Même lorsque j'ai posé une question, la députée a répondu que j'avais ri et que le Parti libéral avait ri. Ce n'est tout simplement pas vrai. Au bout du compte, je leur suggère d'examiner ce qui s'est passé. Je n'ai pas ri. Je prends la question très au sérieux.
Ce que je vois en face, c'est un Parti conservateur qui ne prend pas la question de l'indépendance judiciaire très au sérieux et dont les députés n'ont aucune idée de ce qu'est une bonne politique publique qui est dans l'intérêt des Canadiens et des résidents permanents. Les conservateurs souhaitent parler des extrêmes et ensuite les exagérer au point de nourrir des sentiments anti-immigrants dans notre pays. Ils devraient avoir honte. Je pense que cela rend un très mauvais service aux Canadiens en général.
Imaginons un résident permanent. Il pourrait s'agir d'une personne qui vit au Canada depuis 40 ans. Les députés sont-ils conscients que les résidents permanents ont souvent des membres de leur famille au Canada, dont certains ont la citoyenneté canadienne?
Je vais donner un exemple tiré d'un dossier que j'ai vu récemment. Il s'agissait d'un père marié qui avait plusieurs enfants. Je crois qu'il en avait trois, ou peut-être quatre, voire cinq; en tout cas, il en avait au moins trois. Ils étaient tous citoyens, mais pas lui. Pour diverses raisons, il n'était pas citoyen, mais résident permanent. Il y a eu un incident lié à la drogue. En fin de compte, je crois que...
Une voix: Il a essayé d'acheter des services sexuels.
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, il est vraiment honteux d'entendre les allégations lancées par les députés d'en face au sujet de violences sexuelles et de l'achat de services sexuels, qui visent la personne dont je parle. Ils devraient avoir honte.
Une voix: Vous devriez avoir honte.
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, ils doivent comprendre le système avant de commencer à lancer de telles allégations.
Les conservateurs doivent se montrer un peu plus compréhensifs à l'égard de ce qui se passe dans nos collectivités. Certaines personnes prennent de mauvaises décisions, mais cela ne justifie pas nécessairement une expulsion. Une expulsion ne serait pas justifiée dans certains cas. Il peut y avoir des circonstances atténuantes dont il faut tenir compte, mais les conservateurs restent les bras croisés et ne disent rien.
Où est l'attitude compatissante qu'on devrait avoir à l'égard des vraies personnes qui ne commettent pas les types de crimes dont parle la marraine de ce projet de loi? Au final, compte tenu des types de crimes mentionnés, les gens seront expulsés de toute façon. Si une personne commet un viol, croyons-nous vraiment que le juge lui accordera un traitement de faveur quand elle comparaîtra en cour? La réalité n'a rien à voir avec ce que les conservateurs essaient de faire valoir.
Selon moi, le projet de loi fait deux choses. Il démontre clairement que les conservateurs n'ont aucun respect pour l'indépendance judiciaire. Ils ne respectent pas le pouvoir discrétionnaire des juges. Ils parlent de la primauté du droit, mais quand on regarde les mesures législatives qu'ils présentent à la Chambre, on voit qu'ils remettent constamment en question l'indépendance judiciaire et la capacité des juges d'exercer leur pouvoir discrétionnaire. Ils présentent des projets de loi qui ne sont pas conformes à la Charte. Ils sont prêts à bafouer les droits des Canadiens et, je dirais même, des résidents permanents. Ce n'est pas tout le monde qui obtient la citoyenneté canadienne et qui est ici depuis 40 ans, et ce, pour différentes raisons.
Toutes les collectivités sont touchées. Si vous intervenez et que vous prenez part à un événement multiculturel, dites aux gens en pleine face que, selon vous, même s'ils sont ici depuis 30 ans, ils ne devraient pas être traités comme des Canadiens. Le Parti conservateur devrait avoir honte.
Nous vivons dans une société multiculturelle et il y a de bonnes raisons à cela. De nombreux concitoyens que les députés conservateurs représentent n'ont pas la citoyenneté canadienne. Il y en a plus d'un million. Je dirais qu'il y a probablement plus de deux millions de personnes qui vivent au Canada depuis des années et qui n'ont pas la citoyenneté canadienne.
Parfois, certaines d'entre elles auront des démêlés avec la justice, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'elles sont de mauvaises personnes et qu'elles doivent être expulsées. Dans certaines situations, oui, il le faut, mais la différence, c'est que les libéraux croient à l'indépendance judiciaire. Nous savons qu'il faut accorder un pouvoir discrétionnaire aux juges.
Les conservateurs ont parlé du nombre d'immigrants. La députée de a parlé de leur nombre élevé. Je rappelle aux conservateurs que j'étais dans l'opposition en 2014, lorsque Stephen Harper a dit qu'il voulait faire passer le nombre d'étudiants et d'instructeurs temporaires à plus de 400 000 visas temporaires avant 2022. C'était un engagement de Stephen Harper. Ensuite, il y a eu la pandémie.
Ce n'est pas sans raison que nous nous trouvons dans la situation actuelle. Oui, nous sommes tous responsables, tous partis confondus, de faire tout notre possible pour stabiliser l'immigration, les visas temporaires, et cetera, mais les conservateurs n'arrêtent pas de minimiser l'importance de l'immigration. Ils manquent de respect envers les résidents permanents, et nous en avons vu un bon exemple aujourd'hui. Je suggère aux conservateurs de cesser de se préoccuper du mouvement d'extrême droite au sein de leur caucus et de commencer à réfléchir à ce qui est dans l'intérêt des Canadiens.
Comme vous pouvez le constater, je n'appuierai pas ce projet de loi. Je n'en vois pas les avantages. Je considère qu'il constitue une atteinte à l'indépendance judiciaire et à la discrétion des juges.
Les conservateurs n'ont pas démontré que les juges dans leur ensemble avaient manqué à leur devoir de discrétion. Il est possible qu'il y ait eu des cas isolés, mais je n'ai pas entendu beaucoup de détails à ce sujet. Bon nombre des cas évoqués aujourd'hui sont les mêmes que ceux qui auraient été évoqués lorsque Stephen Harper était premier ministre et que l'actuel du Parti conservateur siégeait au caucus conservateur; pourtant, à l'époque, ils n'ont rien fait.
Aujourd'hui, les conservateurs sont tellement à droite qu'ils cherchent à proposer des mesures qui, selon moi, sont anti-immigrants. C'est la réalité. C'est le genre de choses que nous voyons de la part du Parti conservateur, alors qu'il glisse de plus en plus vers la droite. Il n'est donc pas étonnant que Joe Clark ait affirmé que ce n'est pas lui qui a quitté le Parti conservateur, mais plutôt l'inverse. C'est pour cela que le Parti conservateur d'aujourd'hui rend Kim Campbell aussi mal à l'aise.
Au fond, peut-on s'étonner que le Parti conservateur ait gravement besoin de revoir son approche? Nous attendrons de voir ce qu'il adviendra du du Parti conservateur. Je m'attends à ce qu'il se heurte à certains obstacles, mais je crois qu'il survivra, car la majorité des gens de son caucus sont très à droite, puisqu'ils disent, entre autres, que le gouvernement ne devrait pas investir dans les programmes sociaux et que le gouvernement du Canada n'a aucun rôle à jouer pour renforcer les programmes sociaux, qu'il s'agisse des soins de santé, de l'assurance-médicaments, des soins dentaires, de l'alimentation pour les enfants, des programmes de garde d'enfants ou du soutien aux aînés.
L'extrême droite et le Parti conservateur n'aiment pas le gouvernement. C'est le genre de choses que nous voyons maintenant de plus en plus au Parti conservateur et à la Chambre des communes.
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Bonne chance. J'espère que vous serez dans l'opposition encore de nombreuses années.
Monsieur le Président, j'espère que le bon sens l'emportera et que ce projet de loi ne se rendra même pas au comité.
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Monsieur le président, ce projet de loi, sur le principe, mérite d'être étudié. De plus, le critère du statut d'immigrant d'un accusé, la Cour suprême nous dit qu'il faut le prendre en considération. Lorsqu'on lit le projet de loi qui est soumis à notre étude aujourd'hui, on a l'impression que le proposeur a compris que ce devait être le critère déterminant. Ce n'est évidemment pas ce que la Cour suprême a dit et ce n'est pas ce que nous pensons. Si vraiment quelqu'un dont le statut de citoyenneté est précaire pouvait commettre des crimes sans être pénalisé, ça n'aurait pas de bon sens. Je serais le premier à en être scandalisé et à m'y objecter.
Nous n'en sommes cependant pas là. Il s'agit d'un critère parmi d'autres. C'est ce que la Cour suprême a dit et c'est ce qu'on nous demande d'examiner. Il faut faire toutefois faire une distinction entre deux cas de figure.
Prenons le cas d'un trafiquant de drogue qui a déjà été condamné ou accusé dans son pays, puis qui se retrouve ici et se fait arrêter avec des quantités importantes de drogue, et qui nous dit qu'il n'a pas encore son statut de citoyen canadien. Pour ma part, je ne pleurerais pas trop sur le fait qu'il n'aurait plus jamais la chance d'avoir sa citoyenneté canadienne. Je ne pense pas que ce serait une grosse perte pour la société québécoise ou pour la société canadienne.
Prenons un autre cas, celui d'une mère de trois jeunes enfants qui est ici en attente de son statut, dont le permis de travail est échu et n'a pas été renouvelé pour toutes sortes de raisons administratives et dont les enfants n'ont plus rien à manger, et qui se fait prendre à l'épicerie avec un jambon dans les poches. C'est une infraction, un vol, mais va-t-on la retourner dans son pays d'origine pour autant? Le juge ne doit pas la déclarer innocente du crime, puisqu'elle l'a commis, mais doit-il tenir compte de cela au moment où il donne sa sentence? Moi, je pense que oui.
Le trafiquant de drogue, même s'il se fait prendre avec un jambon à l'épicerie, et la mère de famille, qui se fait prendre avec le même jambon, commettent peut-être la même infraction sur le plan technique, mais cela doit être pris en considération par le tribunal, à mon avis. C'est ce qu'on appelle la discrétion judiciaire ou la justice humaine. Au Québec, nous y croyons.
Par ailleurs, je serais curieux d'entendre parler de la fréquence des crimes commis par de nouveaux arrivants. Je ne suis pas certain qu'il y en ait tant. Les nouveaux arrivants sont tellement préoccupés à s'intégrer, à trouver un travail, à apprendre la langue, à faire vivre la famille, à s'occuper des soins de santé et de l'éducation, que je ne suis pas sûr qu'ils aient bien envie de se mêler au monde criminel. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas, mais ce n'est probablement pas quelque chose de fréquent qui devrait nous occuper tant que ça.
De plus, parmi ces gens qui commettent des infractions, les délinquants invétérés, dangereux et irrécupérables sont plutôt rares. Je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup — s'il y en a. La première cause de la délinquance, d'ailleurs, qu'il s'agisse d'un nouvel arrivant ou d'un citoyen établi depuis toujours, c'est une mauvaise intégration. Ce sont des gens qu'on appelle des mésadaptés sociaux; des gens qui n'ont pas de job, qui ne veulent pas travailler ou qui, pour toutes sortes de raisons, sont en marge de la société. Ces gens vont souvent commettre des infractions liées à la consommation de drogue, au trafic ou autre. Toutefois, il y a un problème: nous avons perdu ces gens dans notre société. Ils sont mal intégrés, ils sont mésadaptés, et il y a des services sociaux qui vont essayer de les aider et de les récupérer.
Quand on parle d'un nouvel arrivant, on parle également d'une bonne intégration. C'est sûr qu'un nouvel arrivant qui est mal intégré va être tenté par le milieu criminel, la facilité, le vol, les violences, le trafic de drogue. C'est sûr qu'une mauvaise intégration va favoriser ce genre de situation. Cependant, une intégration réussie, avec de nouveaux arrivants dont on s'est occupé, qui ont trouvé un travail, dont les enfants sont à l'école et qui ont appris la langue, va faire que ces gens ne commettront pas de crime. S'il y en a, ils sont d'une rareté excessive. On n'en trouvera pas.
Or que fait le fédéral pour intégrer les nouveaux arrivants? Dans le projet de loi à l'étude, on propose qu'un nouvel arrivant qui commet un crime soit renvoyé chez lui. Je veux bien, comme je le disais tantôt. Dans certains cas, je serais tenté d'être d'accord; dans d'autres, non. Cela dit, que fait-on pour intégrer les nouveaux arrivants? Que fait-on pour s'assurer qu'ils ne tombent pas dans le piège de la criminalité? On ne fait rien. De l'argent et des transferts aux provinces, il n'y en a pas. Des ressources, il n'y en a pas. De la collaboration entre le fédéral et les provinces, il n'y en a pas.
Le fédéral détermine ses seuils d'immigration et il lance des invitations. On se souvient de notre ancien premier ministre, qui avait, de façon plutôt spectaculaire, invité tous les gens avec un statut d'immigrant qui étaient malheureux aux États‑Unis et qui n'étaient pas traités convenablement à s'en venir ici. Il a dit que le Canada les accueillerait avec plaisir. Il a démarré la fête et il a fait les invitations, mais il a oublié qu'il fallait payer la bière et les sandwichs. Ces gens sont entrés au pays, et la grande majorité d'entre eux sont entrés au Québec.
Pourquoi sont-ils arrivés au Québec plutôt qu'ailleurs? C'est une question qu'il faudra peut-être explorer à un moment donné. Je n'ai pas cette information ou cette expertise. Néanmoins, ils sont arrivés au Québec, et la province de Québec n'avait pas le choix, car c'est une compétence provinciale. Il fallait les intégrer, payer les écoles et payer les vêtements. Il faut habiller les gens pour l'hiver. Pendant l'hiver, il fait froid et on doit avoir des bottes et des manteaux. Ça prend aussi des soins de santé. Il fallait faire des démarches pour savoir si les parents qui voulaient travailler pouvaient ou non avoir un permis de travail. Il fallait les héberger, malgré la crise du logement. On a souvent parlé du fait que la crise du logement était plus prononcée en raison du flux migratoire, mais le fédéral n'a jamais rien fait pour intégrer ces gens. Le fédéral a laissé les provinces se débrouiller. Il fallait qu'elles s'arrangent. Ensuite, on se demande pourquoi ces gens ne sont pas intégrés et pourquoi certains commettent des crimes.
Avant d'arriver à la Chambre, j'ai fait une petite recherche rapide sur Internet sur la question des nouveaux arrivants. Je n'ai eu à chercher bien loin. Le 30 août 2025, il y a quelques mois à peine, une famille canado-américaine de Bromont risquait l'expulsion après 15 ans au Canada. Quatre des six enfants sont canadiens, ils parlent tous français, ils aiment le Québec, ils sont bien intégrés et ils veulent rester. Cependant, pour des raisons qu'on ignore, la mère a reçu un avis d'expulsion et elle avait le choix entre partir toute seule, en laissant les enfants ici, ou les amener avec elle et retourner d'où elle vient. Ce n'est pas très chic comme processus d'intégration. Cette femme n'avait pas commis de crime et elle travaillait.
J'ai un autre exemple, celui d'une famille d'origine mexicaine. C'est une nouvelle plus récente, qui date du 5 novembre. C'est mon collègue et mon ami le député de , qui est intervenu. Selon ce qui est indiqué dans les journaux, « [u]ne famille d'origine mexicaine avec deux enfants autistes a évité de justesse d'être expulsée du Canada ». Cette famille a appris qu'elle obtenait un sursis une heure avant d'embarquer dans l'avion. Cette famille qui compte trois jeunes enfants est au Québec depuis sept ans. Deux de ces enfants sont atteints d'autisme sévère et ils sont nés au Canada. Je ne raconte pas le reste de l'histoire, car il ne me reste pas suffisamment de temps de parole.
Voici un autre exemple, qui date du 3 novembre. Il s'agit du cas d'un homme de 26 ans dont la famille est ici au Québec. Sa jeune femme de 24 ans a été mise devant le fait accompli. Elle a reçu un avis d'expulsion. Ils ont un enfant. Elle a été obligée de retourner au Mexique. Alors, il est retourné avec sa femme et l'enfant au Mexique parce qu'il ne voulait pas la laisser toute seule. Ce n'est pas très chic, ça. C'est ce que le gouvernement fédéral fait en matière d'intégration.
Alors, il ne reste pas beaucoup de solutions pour le Québec. Nous pouvons continuer à laisser le fédéral faire entrer des gens chez nous sans nous aider à les intégrer, ce qui crée des situations qui ne sont pas tenables. Nous pouvons aussi nous décider. Il va peut-être falloir que nous nous décidions et que nous détenions tous les leviers. S'il veut s'en sortir, le Québec va devoir être souverain et détenir tous les leviers de contrôle. Nous allons devoir percevoir nos impôts et les utiliser pour intégrer ces gens. Nous allons devoir déterminer nous-mêmes qui nous accueillons, quand, à quel endroit et comment nous les intégrons. En attendant, nous subissons les décisions non fondées du fédéral, qui nous causent des ennuis. Malheureusement, je soupçonne que ce n'est pas fini.
Il faudra faire l'indépendance du Québec afin d'avoir les pleins pouvoirs, de déterminer les seuils d'immigration, de percevoir nos impôts et de les utiliser adéquatement. C'est la seule solution que je vois pour nous en sortir, à moins que le fédéral se réveille et collabore avec les provinces et avec le Québec.
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Monsieur le Président, 10 ans de politiques radicales d'ouverture des frontières et de migration massive ont miné la confiance dans ce qui était le meilleur système d'immigration au monde. Les libéraux ont imposé cette approche radicale sans se soucier des pressions qu'elle exercerait sur le logement, les soins de santé et le marché du travail. Le résultat, c'est le chaos que nous constatons dans nos rues.
Nulle part ce problème n'est plus visible que dans l'anarchie et la criminalité que les libéraux ont attirée dans le système. Ils ont permis à des gens de venir au Canada et d'obtenir des visas de visiteur et d'autres permis sans se soumettre à une vérification de leurs antécédents criminels. À ce jour, 400 criminels ont depuis fait l'objet d'une ordonnance d'expulsion, mais ne sont pas repartis et se sont complètement fondus dans la société canadienne.
De plus, notre système judiciaire est maintenant discriminatoire envers les Canadiens et il accorde un traitement de faveur aux criminels qui ne sont pas nés au Canada, des non-citoyens qui ont été reconnus coupables de crimes, en réduisant leurs peines pour leur permettre de rester au pays. Il s'agit d'une perversion incroyable de la justice pour lui faire faire exactement le contraire de ce à quoi nous devrions aspirer. Notre système judiciaire devrait avoir pour politique officielle d'expulser les criminels du Canada. Si un individu n'a pas la citoyenneté canadienne et qu'il commet un crime, il devrait être mis à la porte. Pour devenir citoyen de ce pays, il faut adopter un comportement irréprochable et respectueux des lois, qui assure le bien-être des Canadiens et protège les intérêts de notre nation.
Je vais donner quelques exemples du genre de réflexion rétrograde qui pervertit notre système de justice.
Dans l'arrêt Pham, un élément clé permet aux juges d'imposer une peine réduite pour qu'un accusé reste au pays.
En 2023, dans une autre affaire, un homme de 30 ans, Akashkumar Khant, a tenté d'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille de 15 ans dans un hôtel de Mississauga pour 140 $. Il n'a reçu qu'une peine avec sursis, car une peine plus sévère aurait nui à sa capacité et à celle de sa femme d'obtenir la citoyenneté canadienne. Le 25 juin, Khant a reçu une absolution sous conditions pour avoir commis un acte indécent. Pendant trois mois, il a été assigné à résidence, période pendant laquelle il a pu faire ses courses pendant trois heures chaque dimanche, assister à des services religieux et à des rendez-vous médicaux, et se rendre à son travail et en revenir, avec 12 mois de probation par la suite. En d'autres termes, sa peine a été expressément réduite afin qu'il puisse rester au Canada.
En 2024, un ressortissant étranger âgé de 25 ans, initialement présent au Canada avec un permis d'études puis un permis de visiteur, a agressé sexuellement une jeune femme de 18 ans dans une discothèque de Calgary. Bien qu'il ait été reconnu coupable, le tribunal, présidé par la juge Anne Brown, a tenu compte du fait qu'il serait expulsé sans possibilité d'appel si l'accusation était celle d'agression sexuelle. Le tribunal a donc décidé de le relaxer et de le soumettre à 15 mois de probation. S'il avait été canadien, il aurait été condamné pour agression sexuelle et aurait effectivement été emprisonné, mais en tant que privilège parce qu'il était ici en tant que non-Canadien non citoyen, sa peine a été réduite à aucune peine de prison et il a donc été autorisé à rester dans ce pays.
Le 22 juillet 2025, une juge canadienne a empêché un ressortissant étranger impliqué dans un homicide et faisant l'objet de graves accusations criminelles de plaider coupable, invoquant son malaise face au fait que l'accusé serait probablement expulsé s'il était reconnu coupable.
Victor Bueron, un ressortissant philippin de 22 ans, allait plaider coupable à plusieurs chefs d'accusation découlant d'une opération à haut risque menée par la police de Barrie au début de l'année. Il a été arrêté le 17 janvier, avec plusieurs coaccusés, après que des agents ont intercepté un véhicule dans un centre commercial du nord de la ville et y auraient trouvé de la drogue et des armes à feu. Sa peine a été réduite afin de préserver la possibilité qu'il obtienne la citoyenneté.
En octobre 2025, Roosevelt Rush, un ressortissant jamaïcain condamné pour avoir passé en contrebande 55 grammes de cocaïne alors qu'il était déjà en liberté sous caution, a vu sa peine réduite de moitié, passant de ce qui aurait été une peine proportionnée à seulement 12 mois. Cela s'explique en partie par son statut d'immigrant.
Dans une autre affaire, le 2 octobre, un juge a réduit la peine d'Aswin Sajeevan, qui était ici grâce à un visa d'études, à seulement cinq mois et demi de prison, car une peine de six mois l'aurait interdit de territoire au Canada pour motif de grande criminalité. Selon un article, le juge a spécifiquement pris en compte les « conséquences en matière d'immigration » pour l'ancien étudiant étranger, qui espionnait ses colocataires féminines à travers un trou dans le mur de la salle de bain; il a enregistré des vidéos montrant les quatre femmes dans divers états de nudité sur une période de six mois.
Nous voyons de nombreux exemples où les juges réduisent les peines de citoyens non canadiens expressément pour leur permettre de rester au pays. Nous accueillons volontiers les immigrants canadiens respectueux des lois et travaillants, ceux qui veulent venir bâtir notre pays de manière productive tout en respectant nos lois. Les personnes qui veulent venir ici pour commettre des crimes ne sont pas les bienvenues. C'est pourquoi je suis très heureux que la députée de ait présenté le projet de loi dont je vais parler aujourd'hui. Le projet de loi , Loi modifiant le Code criminel, interdirait aux juges de réduire les peines ou les sanctions en fonction du statut d'immigration. Nous avons un seul ensemble de lois. Elles devraient s'appliquer à tous de manière égale. Une personne qui commet un crime doit purger sa peine, et si cela la rend inadmissible à rester au Canada, alors elle doit partir, point final. C'est la réalité.
Les Canadiens ont le droit de vivre dans la paix et la tranquillité. Ils ont le droit de savoir que lorsqu'ils sortent de chez eux, ils ne courent aucun danger. Ils devraient également être en droit de vouloir que leur citoyenneté soit valorisée. Nous ne devons pas accorder la citoyenneté à quiconque vient ici et enfreint nos lois. Les immigrants qui arrivent au Canada ont certaines responsabilités, tout comme ceux qui sont nés ici. Ces responsabilités comprennent le respect des lois, le respect des autres et la protection de la sécurité de nos concitoyens canadiens et des nouveaux arrivants au pays.
Nous croyons en un système d'immigration contrôlé et fondé sur le mérite, dans lequel nous accueillons les personnes qui veulent se joindre à la famille canadienne, travailler fort, réussir et bâtir une vie meilleure. C'est exactement ce que souhaitent la grande majorité des immigrants. Ils viennent, souvent pour fuir la violence et le danger, mais quand ils arrivent ici, ils ne s'attendent pas à être victimes de criminels qui profitent ensuite d'échappatoires pour rester au Canada et échapper aux sanctions prévues par la loi.
En tant que conservateurs, nous croyons que le Canada peut redevenir un endroit sûr où toutes les personnes ont le sentiment de vivre en paix et en harmonie, où leurs biens et leur personne sont protégés, où tout le monde est égal devant la loi, où les gens sont tenus responsables de leur comportement et où, surtout, la loi canadienne est primordiale et où toute personne qui vient ici comprend que le respect de la loi est la responsabilité fondamentale qui est nécessaire pour passer du statut de visiteur à celui de résident temporaire, de résident permanent et, finalement, de citoyen. La citoyenneté canadienne doit retrouver sa valeur, et cette valeur commence par le respect de la sécurité de tous les Canadiens et de la primauté du droit dans notre pays.
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Monsieur le Président, je suis reconnaissant de pouvoir prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi d'initiative parlementaire , Loi modifiant le Code criminel (détermination de la peine: statut d’immigration), présenté par la députée de .
Ce projet de loi soulève des questions fondamentales sur notre système de justice: l'individualisation des peines, la proportionnalité, la parité et surtout le rôle essentiel du pouvoir judiciaire dans la détermination de peines justes et adaptées aux circonstances de chaque cas. Il touche également l'intersection délicate, mais bien réelle, entre notre régime pénal et notre régime d'immigration.
Or, loin d'améliorer ce système, le projet de loi C‑220 l'affaiblit. Il vise à retirer aux juges une partie de leur discrétion essentielle et à renverser, sans justification et sans preuve, une jurisprudence unanime de la Cour suprême du Canada. Cela devrait nous préoccuper tous.
Selon la députée conservatrice ayant déposé ce projet de loi, les tribunaux accorderaient des traitements préférentiels ou des peines trop clémentes aux non-citoyens lorsqu'ils tiennent compte des conséquences de l'immigration, comme la perte du droit d'appel ou la possibilité de renvoi du Canada.
Or les faits ne soutiennent pas cette affirmation. Aucune étude, aucune analyse et aucun procureur général, fédéral ou provincial n'a indiqué que les tribunaux abusaient de la jurisprudence existante. Quand de très petites réductions de peine ont lieu, comme une réduction d'un jour, elles sont rares, transparentes et entièrement sujettes à l'appel. Le projet de loi propose donc une solution lourde et rigide pour un problème qui n'existe tout simplement pas.
Le projet de loi créerait un nouvel article 718.202 au Code criminel, qui interdirait explicitement aux juges de considérer toutes conséquences d'immigration lors de la détermination d'une peine pour une personne qui n'est pas citoyenne canadienne. Autrement dit, même si une peine de 6 mois, plutôt que de 5 mois et 29 jours, déclenche automatiquement la perte du droit d'en appeler d'une mesure d'exportation, le tribunal serait légalement obligé d'ignorer cet effet concret aux conséquences importantes.
Un citoyen purge sa peine et retourne à sa communauté. Un résident permanent ou une personne arrivée au Canada dans son enfance pourrait être renvoyé vers un pays qu'il ne connaît pas. Le juge serait forcé de faire comme si cette réalité n'existait pas. Ce n'est pas de la justice, ce n'est pas de la proportionnalité et ce n'est certainement pas ce qu'exige notre Constitution.
En 2013, la Cour suprême du Canada, sous un gouvernement conservateur, a affirmé clairement que les incidences de l'immigration font partie des conséquences réelles d'une peine et qu'à ce titre, elles peuvent être considérées par les tribunaux. La Cour a dit deux choses essentielles sur le sujet. Oui, un juge peut tenir compte des conséquences d'immigration pour s'assurer que la peine, dans son ensemble, demeure proportionnelle au crime commis. La Cour a aussi dit que non, ces conséquences ne peuvent pas l'emporter sur la gravité de l'infraction ou sur la responsabilité morale de l'accusé, peu importe ce qu'en disent les conservateurs. Le cadre que nous avons estéquilibré, raisonnable, et constitutionnel, et il fonctionne depuis plus d'une décennie. Pourtant, les conservateurs proposent aujourd'hui d'abolir cette jurisprudence. Ils étaient au pouvoir lorsque cette décision a été rendue. Ils avaient deux ans pour agir s'ils croyaient qu'elle posait réellement un problème. Or ils ne l'ont pas fait.
La députée de et le , qui était alors député de Carleton, étaient eux-mêmes au pouvoir à cette époque. Pourtant, ils n'ont rien fait à ce moment-là. Ça nous indique que, ce qu'ils cherchent à faire aujourd'hui, ce n'est pas corriger une injustice, c'est recycler une politique punitive qui, à l'époque, avait déjà fait l'objet d'une contestation constitutionnelle à plusieurs reprises.
Toute personne à qui le droit criminel est familier sait cela. La détermination de la peine repose sur un principe fondamental: l'individualisation. Deux personnes qui commettent le même crime n'ont pas nécessairement la même histoire, les mêmes vulnérabilités, les mêmes responsabilités familiales, ni les mêmes conséquences possibles. Les tribunaux tiennent déjà compte d'une vaste gamme de conséquences collatérales pour tous les Canadiens, pas seulement pour les personnes immigrantes. Des conséquences collatérales peuvent porter notamment sur la perte d'emploi, le risque d'itinérance, la longue séparation familiale, les effets sur la santé mentale ou même, dans certains cas, l'impossibilité de poursuivre les études. Pourquoi, alors, isoler une seule catégorie, soit les conséquences d'immigration, et interdire aux juges d'y porter attention?
Cette incohérence démontre bien que le projet de loi n'est pas motivé par une logique juridique, mais bien par une logique politique. En réalité, une sentence criminelle produit des effets très différents selon le statut d'immigration de la personne condamnée.
Dans la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, on indique qu'une peine de six mois de prison ou plus équivaut à une perte automatique du droit d'appel d'une mesure de déportation et qu'une peine de plus de six mois ou une infraction passible de 10 ans équivaut à la possibilité d'être déclaré interdit de territoire pour criminalité grave.
Ces conséquences ne font pas partie du Code criminel. Elles résultent d'un régime administratif parallèle créé par le Parlement. Interdire aux juges de considérer ces conséquences, c'est accepter, voire institutionnaliser que deux personnes condamnées pour la même infraction vivent des conséquences fondamentalement différentes. Une justice à deux vitesses, oui, c'est bien ce que veut mettre en place le projet de loi de la collègue conservatrice, et c'est le projet de loi de l'opposition qui créerait cette injustice-là et non les tribunaux.
Notre gouvernement s'oppose au projet de loi C‑220, notamment parce qu'il est mal conçu, parce qu'il n'est pas fondé sur des données probantes, parce qu'il contrevient au principe de proportionnalité, de parité et de justice fondamentale, et parce qu'il porterait atteinte à l'indépendance judiciaire, un pilier de l'État de droit.
Quand on propose des mesures qui apportent des modifications au Code criminel, quand on dit qu'on veut améliorer la sécurité publique, il faut adopter une approche sérieuse à la Chambre et s'assurer que les mesures qu'on propose respectent réellement notre Constitution. Là, ce n'est pas le cas. Le projet de loi C‑220 ou d'autres projets de loi émanant des députés déposés par des collègues de l'opposition officielle seraient renversés par les tribunaux. Cela équivaut à une perte de temps, une perte de ressources et une déception pour les Canadiens et les Canadiennes.
De notre côté de la Chambre, nous comprenons cela et nous nous assurons de proposer des mesures législatives qui sont réellement adaptées aux situations vécues et qui sont constitutionnelles. Je pense notamment au projet de loi qui propose une réforme en profondeur du système canadien de mise en liberté sous caution et de détermination de la peine. Ce projet de loi propose plus de 80 modifications au Code criminel qui sont — j'insiste — conformes à notre Constitution. Nous voulons veiller à ce que ce soit plus difficile pour les criminels, notamment les récidivistes violents, d'obtenir une remise en liberté en caution et assurer que les peines sont réellement proportionnelles aux crimes commis. Nous sommes vraiment sérieux en ce qui concerne la sécurité dans nos communautés. J'invite mes collègues à nous appuyer dans notre travail législatif par rapport au projet de loi C‑14.
Je pense aussi au projet de loi qui vise un renforcement de la sécurité à nos frontières, au projet qui vise à lutter contre les crimes haineux dans nos communautés ou encore à notre engagement pour mieux protéger les victimes de violences entre partenaires intimes. Il y a aussi notre stratégie contre la fraude et les crimes financiers qui affectent notamment les personnes vulnérables, les personnes aînées. Notre gouvernement est sérieux. Nous allons mettre en place la première stratégie antifraude et nous avons mis les ressources dans le budget de 2025 pour appuyer ces initiatives.
Je pense aussi à tous les investissements que nous avons faits dans le budget de 2025. Cela démontre le réel sérieux de notre nouveau gouvernement par rapport à la sécurité publique.
Je pense à notre plan frontalier, le plus grand investissement jamais fait au pays pour assurer la sécurité à nos frontières, ce qui est d'ailleurs un enjeu important dans ma circonscription où se trouvent plus de cinq postes frontaliers. Je pense aussi à nos investissements pour augmenter le nombre d'agents de la GRC et les agents à la sécurité frontalière. Lorsque nous investissons en sécurité publique, nous comprenons aussi que nous devons prévenir les crimes en amont. C'est pour cela que nous investissons en logement, en santé mentale, en soutien aux jeunes, afin de résoudre les crimes mineurs et les crimes contre les biens, avant même qu'ils ne se produisent.
Avec le projet de loi C‑14, nous renforçons les mesures contre ceux qui posent les plus grands risques, mais avec notre budget, nous investissons aussi pour prévenir la criminalité à la source, et c'est très important.
Le projet de loi C‑220 ne mettra pas les Canadiens plus en sécurité. Il ne renforcera pas la confiance envers le système de justice. Il ne fera que créer des injustices, des incohérences et des contestations constitutionnelles prévisibles. Notre rôle est de bâtir un système de justice efficace, juste et fondé sur des preuves, pas des slogans politiques. Or, le projet de loi de la députée de privilégie la rhétorique au détriment de politiques solides et fondées sur des données probantes. La justice ne doit pas être aveugle aux conséquences de ses propres décisions. Le projet de loi C‑220 demande pourtant exactement cela, et, pour ces raisons, je voterai contre le projet de loi et je demande à l'ensemble des collègues de tous les partis de s'y opposer.