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45e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 136

TABLE DES MATIÈRES

Le lundi 15 juin 2026




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 152
No 136
1re SESSION
45e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le lundi 15 juin 2026

Présidence de l'honorable Francis Scarpaleggia


    La séance est ouverte à 11 heures.

Prière



Affaires émanant des députés

[Affaires émanant des députés]

(1100)

[Traduction]

La Loi de l'impôt sur le revenu

     propose que le projet de loi C‑269, Loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu (crédit d’impôt pour la récupération de la chaleur), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    — Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à saluer les gens qui m'ont aidé lors de la conception, de l'analyse et de la présentation de ce projet de loi. Janice Tran, PDG de Kanin Energy à Calgary, a été pour moi une source d'inspiration, et de nombreux experts en énergie de remplacement ont donné leur avis sur ce projet de loi depuis sa présentation à la Chambre. Je les remercie tous, et je souligne l’importance de disposer d’un moyen de canaliser les excellentes idées des Canadiens afin qu’elles soient examinées au Parlement et qu’elles contribuent à la croissance et à la prospérité de notre pays.
    Avant d'entamer mon intervention sur ce projet de loi d'initiative parlementaire, intitulé Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu afin d'instaurer un crédit d'impôt pour la récupération de chaleur, il convient avant tout de préciser ce que le projet de loi vise à faire. Une mise en contexte s'impose donc. Dans un premier temps, je vais expliquer comment fonctionne un crédit d'impôt à l'investissement à ceux qui ne connaissent pas bien les incitations fiscales mises en place pour encourager les entreprises à investir au Canada. Un crédit d'impôt non remboursable permet à une entreprise de déduire le montant du crédit de l'impôt qu'elle doit verser au gouvernement fédéral au cours d'une année donnée.
    Je donne un exemple. Imaginons qu'au cours d'un exercice fiscal, une entreprise réalise des profits avant impôt de 10 millions de dollars. En supposant que le taux d'imposition fédéral effectif sur ces profits soit de 15 %, cela signifie que, pour cet exercice, l'entreprise doit 1,5 million de dollars au gouvernement. Ainsi, sans tenir compte des impôts dus à d'autres administrations publiques, ses profits après impôt s'élèvent à 8,5 millions de dollars. Si l'on applique un crédit d'impôt à l'investissement de 30 % sur un investissement de 10 millions de dollars dans du matériel, l'entreprise bénéficie alors d'un crédit d'impôt de 3 millions de dollars. À noter qu'en l'occurrence, ce montant est supérieur à l'impôt dû pour cet exercice, donc une partie du crédit restera disponible pour réduire l'impôt à payer au cours des exercices suivants. Dans ses décisions d'investissement, l'entreprise doit comprendre que, si elle est imposable, ce crédit d'impôt de 30 % réduirait effectivement de 30 % le coût de ses dépenses en immobilisations, et que tout montant de crédit d'impôt reporté aux exercices futurs serait également actualisé. Ainsi, selon ses estimations, le coût du matériel de 10 millions de dollars serait réduit d'environ 30 %, si bien que l'investissement remplirait les critères d'une analyse du « coût du capital ». L'entreprise pourrait alors utiliser les flux de trésorerie réels provenant des impôts qu'elle aurait autrement payés pour justifier cette dépense initiale de 10 millions de dollars. Il existe d'autres complexités, telles que la règle de la demi‑année, que je n'aborderai pas ici, mais j'espère que cela illustre bien la situation.
    Si les gouvernements accordent des crédits d'impôt à l'investissement à des fins sélectives, c'est parce qu'ils cherchent à encourager les investissements dans des secteurs ou des domaines qui, toutes choses étant égales par ailleurs, n'auraient pas été réalisés autrement. Dans l'exemple que j'ai présenté, le gouvernement ne percevra pas 1,5 million de dollars d'impôts cette année‑là ni un montant similaire l'année suivante.
    Les gouvernements ne peuvent pas accorder de tels crédits en tout temps et en tout lieu, car cela les priverait de l'impôt des sociétés comme source de recettes. En 2025, ce poste de perception fiscale s'élevait à environ 97 milliards de dollars, soit 19 % de l'ensemble des recettes perçues par le gouvernement du Canada. Nous devons donc choisir avec soin les cas dans lesquels nous accordons des crédits d'impôt à l'investissement afin de garantir le bon fonctionnement du régime fiscal et de ne pas aggraver les déficits croissants et la dette insoutenable auxquels sont confrontés les Canadiens.
    Par conséquent, les auditeurs devraient se poser la question suivante: pourquoi devrait-on appliquer un crédit d'impôt à l'investissement pour la récupération de la chaleur? Autrement dit, quel problème faut-il résoudre et en quoi cette approche constitue-t-elle une solution? Je vais faire une mise en contexte. Au Canada, le secteur industriel représentait 54 % de la demande d'énergie pour utilisation finale du Canada en 2021. Le secteur industriel utilise l'énergie principalement pour produire de la chaleur, qui est utilisée dans différents procédés industriels. Selon les usages, les secteurs les plus prometteurs sont ceux des produits chimiques et des métaux de première transformation, suivis de la production de ciment et de verre et des pâtes et papiers. Dans ces procédés industriels, environ 30 à 50 % de la chaleur est perdue. Ces chiffres sont tirés d'une étude menée par l'École Polytechnique de Montréal en 2021. Selon l'American Council for an Energy-Efficient Economy, l'équipement disponible aujourd'hui permettrait de capter de 13 à 18 % des ressources calorifiques inutilisées. L'équipement existe pour transformer la chaleur résiduelle en énergie. À lui seul, l'aspect économique demeure légèrement contraignant. Toutefois, avec un crédit d'impôt à l'investissement de 30 %, cette approche permettrait de ramener le coût moyen actualisé de l'électricité, c'est-à-dire l'électricité produite à partir de la chaleur résiduelle, à des niveaux concurrentiels par rapport aux énergies éolienne, solaire, nucléaire et géothermique, dont la plupart bénéficient de généreux incitatifs fiscaux visant à accroître notre approvisionnement énergétique. En fin de compte, ce que nous visons, c'est l'efficacité énergétique.
(1105)
    Premièrement, le Canada a besoin de davantage d'électricité. Le mois dernier, le premier ministrea annoncé une stratégie nationale sur l'électricité, qui vise à doubler la production d'électricité d'ici 2050 et qui comprend des incitations financières de toutes catégories. L'ironie, c'est que la production d'électricité est de compétence provinciale, mais que les décideurs qui tentent d'imposer la présence du gouvernement fédéral sur les marchés de l'électricité canadiens sont les mêmes qui ont plongé le réseau électrique de l'Ontario dans un bourbier il y a plus de dix ans. Le consommateur d'énergie a un problème: il ignore le vrai coût de son électricité parce que les différents ordres de gouvernement en subventionnent la production de bien des façons qui ne sautent pas aux yeux. Cependant, ce que le contribuable ne voit pas sur sa facture d'électricité, il le voit sur sa facture fiscale, ou alors, cela s'ajoute aux déficits budgétaires qu'on lègue à la prochaine génération. Il faut reconnaître que de nos jours, la construction de nouvelles centrales électriques prend du temps et beaucoup d'argent. L'utilisation des sources de chaleur résiduelle pourrait donc être le moyen le plus efficace de produire de l'électricité.
    Deuxièmement, le Canada doit réduire davantage ses émissions. Plus les émissions par unité de production sont faibles, plus les bienfaits pour l'environnement et la société sont grands. Toute nouvelle installation de production d'électricité générerait des émissions. Une part de ces émissions proviendrait des biens d'équipement et une autre part découlerait de l'énergie nécessaire au fonctionnement des installations. Le calcul des émissions ne doit pas seulement reposer sur celles provenant des divers intrants et faire fi du carbone intégré dans les biens d'équipement. Cela reviendrait à ne pas tenir compte du coût réel du carbone. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les efforts déployés à l'échelle mondiale pour réduire les émissions de carbone ne donnent pas les résultats escomptés.
    Parallèlement, la fabrication de l'équipement nécessaire à la récupération de la chaleur résiduelle laisse elle aussi une empreinte carbone. Il faut comprendre que cet équipement constitue un simple ajout dans un système existant, de sorte que son empreinte par unité de production demeure inférieure à celle d'une installation complètement nouvelle. Lorsque la chaleur résiduelle est récupérée pour produire de l'électricité, les émissions variables associées à cette production sont nulles. L'énergie ainsi générée présente donc une empreinte carbone pratiquement neutre. Cette stratégie est très bénéfique pour l'environnement, car elle contribue à stabiliser les émissions tout en produisant de l'électricité sans générer de nouvelles émissions. Dans un contexte où nous devons accroître la production d'énergie, la méthode la plus écologique serait celle qui ne produit aucune nouvelle émission nette.
    Examinons le contexte concurrentiel, car le Canada n'est pas le premier pays à se lancer dans une initiative du genre. Les États‑Unis, en particulier, ont mis en place en 2022 un crédit d'impôt à l'investissement semblable de 30 % pour les projets de récupération de la chaleur résiduelle. En 2023, 63 fabricants de divers secteurs avaient installé des équipements permettant une capacité de production de 812 mégawatts. À titre de comparaison, le barrage hydroélectrique le plus récent du Canada, le site C, situé dans le Nord de la Colombie‑Britannique, a une capacité de 1 100 mégawatts. Ce barrage a coûté 16 milliards de dollars et sa construction a pris 11 ans. Si on divise les résultats de l'expérience américaine par 10 environ, on obtient l'objectif que nous pouvons viser au Canada: environ 80 mégawatts d'électricité supplémentaire par an sans nouvelles émissions. Je tiens à souligner l'importance de la rapidité dans notre approche, car le Canada est désormais un importateur net d'électricité. La rapidité, l'exécution et la rentabilité sont donc essentielles.
    Ce qui manque dans la panoplie d'outils du Canada, c'est un crédit d'impôt pour la récupération de la chaleur résiduelle, une mesure qui existe et qui est mise en œuvre efficacement dans d'autres pays. C'est une solution qui semble facile à adopter, compte tenu des économies réalisées et de la nouvelle production d'électricité générée sans entraîner de nouvelles émissions variables. C'est probablement le moyen le plus rentable et le plus réalisable d'atteindre nos objectifs, à savoir produire plus d'électricité tout en réduisant les émissions. Pourquoi l'avons‑nous évité? Je suis certain que les responsables fédéraux ont pris connaissance de cette approche. La réponse réside dans la mentalité des décideurs en place.
    Au Canada, la production d'énergie repose sur trois infrastructures bien conçues et essentielles. D'abord, le réseau électrique, qui permet de produire de l'électricité à partir de différentes sources. Ensuite, il y a le système de distribution de gaz naturel, qui est indispensable tant pour le chauffage résidentiel que pour de nombreux procédés industriels, car il s'agit de la source de chaleur la plus efficace et que bon nombre de procédés auront toujours besoin de chaleur. Enfin, il y a le réseau de distribution des combustibles, principalement les combustibles fossiles. Ces trois systèmes comptent chacun pour à peu près un tiers de l'énergie produite et consommée au Canada. Ensemble, ils constituent une base d'infrastructures qui fait l'envie des pays en développement.
(1110)
    Ces infrastructures essentielles sont le fruit du travail de générations de Canadiens. L'élimination de l'une ou l'autre fragiliserait l'ensemble du réseau et augmenterait le risque d'un effondrement global.
    Au sujet des décideurs en place depuis longtemps, j'invite les nouveaux représentants du gouvernement à la Chambre à abandonner l'idéologie profondément enracinée qui a conduit à la situation que nous connaissons aujourd'hui. Les efforts idéologiques déployés pour pénaliser les systèmes de production d'hydrocarbures au Canada sont malavisés. Je pense entre autres au système de distribution de gaz naturel, qui est essentiel à la prospérité économique du pays. Peut-être obtiendrions-nous de meilleurs résultats si nous nous en tenions aux solutions les plus accessibles?
    Le gouvernement libéral s'est présenté comme ayant rompu avec la pénible idéologie de l'ancien premier ministre, une idéologie qui ne faisait que semer la discorde. Malheureusement, force est de constater que les problèmes causés par le gouvernement dans les systèmes énergétiques dépassent la seule sphère des représentants élus. Ils résident maintenant dans ceux qui tirent les ficelles et qui maintiennent des politiques dictées par une vision idéologique dépassée.
    Il y a cinq ans, les libéraux ont rejeté mon dernier projet de loi d'initiative parlementaire visant à offrir un crédit d'impôt à l'investissement pour la récupération assistée du pétrole. Ce printemps, le gouvernement libéral a décidé d'insérer une différente version de ce crédit dans le budget. Cependant, le crédit qu'il a proposé n'est pas concurrentiel par rapport à ceux offerts par les pays auxquels nous pouvons nous comparer et a semé la confusion en raison des exigences strictes qui y sont associées. Une politique canadienne à l'égard de cette technologie, qui fait encore du Canada le pays le moins concurrentiel par rapport à des pays semblables, continuera à faire en sorte que des capitaux soient alloués ailleurs.
    Les données les plus constantes sont celles qui montrent la grande fuite de capitaux découlant des possibilités d'investissement moindres dans notre pays. En ce sens, le premier ministre atteint ses objectifs. Ce qu'on ne peut pas obtenir d'une façon, on l'obtient d'une autre, en l'occurrence, en prétendant offrir un crédit d'impôt, en faisant une grande annonce et en veillant à ce que cette mesure ne soit pas viable sur le plan fonctionnel. Je sens qu'on utilise la même approche avec les crédits d'impôt à l'investissement pour la production d'énergie plus verte.
    Pour les idéologues, le mieux est l'ennemi du bien. L'approche que je propose dans ce projet de loi serait très avantageuse pour le Canada. Je voudrais m'adresser aux députés libéraux avec qui j'ai travaillé pour instaurer un climat de bonne volonté dans notre approche du système énergétique canadien. Comme je le répétais lorsque je menais des consultations dans tout le Canada dans le cadre du conseil des conservateurs pour la croissance économique, j'invite les libéraux à adopter nos idées. Elles sont bonnes pour le pays.
    En résumé, le projet de loi prévoit une mesure incitative, soit un crédit d'impôt à l'investissement, pour inciter les utilisateurs d'énergie industrielle à investir dans du matériel permettant d'accroître la production d'électricité au pays sans générer de nouvelles émissions. Cela se traduirait par une augmentation de la puissance énergétique sans hausse des émissions, une amélioration de l'efficacité énergétique et de la productivité, ainsi qu'une réduction des coûts pour les entreprises. Les fabricants canadiens seraient ainsi plus compétitifs. Tous les députés peuvent constater qu'il s'agit d'une bonne mesure.
(1115)
    Madame la Présidente, je suis tout à fait sensible à ce besoin. Comme le premier ministre l'a clairement indiqué, nous voulons être en mesure d'augmenter la production d'électricité ici, au Canada. Nous le reconnaissons. Je pense que le budget prévoit un certain nombre de mesures à cet effet. De nombreuses discussions sont en cours entre le premier ministre, d'autres ministres et les différents ordres de gouvernement. Il est vraiment essentiel de travailler en collaboration.
    J'aimerais que le député nous fasse part de ses réflexions sur la prudence dont nous devons faire preuve lorsque nous parlons de sommes allant, disons, de 80 à 100 milliards de dollars, qui sont perçues chaque année au titre de l'impôt sur les sociétés. Nous devons faire preuve d'une grande prudence dans la manière dont nous utilisons les allégements fiscaux en général à ce niveau-là.
    Madame la Présidente, je pense en avoir parlé très clairement dans mon discours, mais je vais donner un autre élément d'information au député.
    L'ensemble des crédits d'impôt à l'investissement du gouvernement pour la production d'énergie propre représentait une dépense prévue de 103 milliards de dollars, entre le moment où ce programme a été lancé il y a quelques années et 2035. En réalité, comme il s'agit d'une approche malavisée, seuls 22 millions de dollars de cette somme ont été dépensés. C'est parce que ces fonds sont mal affectés. Nous devons commencer par la solution la plus facile à mettre en œuvre. Cette solution, c'est la chaleur résiduaire déjà produite, que nous pouvons intégrer de manière rentable à notre réseau électrique.
    J'espère que mon collègue examinera cette question sous l'angle de la rentabilité. C'est ce que j'ai fait, et je pense que c'est la meilleure approche à adopter pour l'avenir.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son projet de loi. J'aurai l'occasion d'en parler un peu plus tard.
    J'aurais une question concernant les compagnies pétrolières et gazières, qui bénéficient déjà d'énormément de crédits d'impôt à l'investissement. Est-ce que mon collègue croit que ces compagnies seront également incluses et qu'elles pourront aussi bénéficier du crédit d'impôt qu'il propose dans son projet de loi?
    Madame la Présidente, il est important de préciser que ce n'est pas un crédit pour la production de pétrole ou de gaz. C'est un crédit pour les manufacturiers qui utilisent surtout le gaz naturel, mais aussi d'autres types de carburants ou de sources qui peuvent produire de la chaleur. Ce sont eux qui bénéficieront de ce projet de loi.

[Traduction]

    Madame la Présidente, comme mon collègue l'a expliqué, la conversion de la chaleur résiduelle en énergie est une technologie bien établie qui permet de capter la chaleur excédentaire provenant de processus industriels et de la convertir en électricité de base fiable sans produire d'émissions supplémentaires et sans consommer de carburant.
    Le député pourrait‑il expliquer en quoi cette possibilité pancanadienne serait particulièrement avantageuse pour le secteur forestier et d'autres volets du secteur des ressources dans l'Ouest canadien, en particulier en Colombie‑Britannique?
    Madame la Présidente, ce crédit d'impôt a ceci de particulier qu'il touche l'aspect de la fabrication, et ce, partout au Canada. J'ai mentionné certaines des industries du pays qui bénéficieraient énormément de la mesure proposée, qui réduirait leurs coûts et leur procurerait une source d'électricité dont elles pourraient aussi tirer des revenus. Tous les crédits d'impôt devraient aussi créer un avantage. au final. L'avantage, dans ce cas‑ci, c'est qu'il y aurait plus d'énergie disponible au pays et plus de revenus pour les entreprises qui utilisent ce crédit d'impôt; cela réduirait les coûts partout au pays et rendrait l'économie plus productive.
    Parmi les industries concernées, celle des pâtes et papiers en est une qui produit beaucoup de chaleur résiduelle. Les entreprises qui utiliseront ce crédit auraient plus d'électricité à leur disposition et elles pourraient éventuellement la remettre dans le réseau si elles utilisent un équipement différent.
(1120)
    Madame la Présidente, je me demande si mon collègue pourrait préciser quel serait le coût réel. Nous avons entendu le gouvernement avancer des chiffres de plusieurs milliards de dollars, ce à quoi le député a rétorqué que ce serait bien moins.
    Quel serait le coût pour les contribuables si ces crédits étaient mis en place au Canada?
    Madame la Présidente, c'est une question complexe, mais je remercie le député de l'avoir soulevée, car nous devons élaborer un modèle d'une manière ou d'une autre pour cette situation. Nous avons parlé des crédits qui existent. Le gouvernement prévoyait 103 milliards de dollars pour ses crédits d'impôt à l'investissement. Sur ce montant, seulement 22 millions de dollars ont été alloués à ce jour. Ce projet ajouterait environ 83 mégawatts d'électricité au réseau. Cette production d'électricité supplémentaire compenserait probablement le crédit que le gouvernement devrait retirer de ses recettes.
    Madame la Présidente, je suis heureux de prendre part au débat sur le projet de loi d'initiative parlementaire C‑269. Je remercie le député de Calgary-Centre de l'avoir présenté. J'aime bien les projets de loi d'initiative parlementaire. Ils nous donnent l'occasion de travailler sur des projets et des idées, et de faire avancer les choses. J'apprécie le travail acharné que cela implique.
    Comme nous le savons, le projet de loi propose une série de modifications à la Loi de l'impôt sur le revenu visant à instaurer un nouveau crédit d'impôt à l'investissement non remboursable de 30 %, à caractère permanent, pour certains équipements de récupération de chaleur. Le crédit proposé serait applicable à compter du 1er janvier 2026. En bref, l'objectif du projet de loi est de stimuler l'adoption de certains équipements de récupération de chaleur, y compris les technologies de valorisation de la chaleur résiduelle.
    Je tiens à préciser d'emblée qu'il s'agit là d'un objectif que notre gouvernement juge très louable. Par exemple, les technologies de valorisation de la chaleur résiduelle captent la chaleur qui est généralement perdue au cours des processus industriels et la convertissent en électricité. Dans les faits, cela s'appliquerait aux industries qui consomment beaucoup d'énergie comme les raffineries de pétrole et de gaz, les aciéries, les fours à ciment et bien d'autres encore. En utilisant une énergie qui, autrement, serait gaspillée, le processus permet à la fois d'améliorer l'efficacité énergétique et de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
    L'amélioration de l'efficacité énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont effectivement des objectifs que le gouvernement appuie, et ce sont précisément le type de technologies que nous souhaitons voir adoptées pour contribuer à l'atteinte de ces objectifs. C'est pourquoi nous avons déjà des mesures en place pour soutenir l'adoption de technologies écoénergétiques, qui nous aident à atteindre nos objectifs d'amélioration de l'efficacité énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
    Par exemple, grâce à la superdéduction à la productivité prévue dans le budget de 2025, nous avons rétabli l'incitatif à l'investissement accéléré ainsi que la passation en charges immédiate du coût des machines et du matériel de fabrication et de transformation pour la production d'énergie propre, du matériel de conservation d'énergie et des véhicules à zéro émission. La superdéduction à la productivité permet également la passation en charges immédiate du coût des actifs améliorant la productivité et des dépenses en capital pour la recherche scientifique et le développement expérimental, ainsi que la passation en charges immédiate pour les bâtiments servant à la fabrication et à la transformation. De plus, les déductions pour amortissement accéléré sont rétablies pour les installations de gaz naturel liquéfié, mais seulement pour celles à faibles émissions de carbone.
    Ensemble, ces mesures qui forment la superdéduction à la productivité réduiraient les coûts, stimuleraient les investissements et abaisseraient à 13 % le taux effectif marginal d'imposition du Canada, ce qui consoliderait la position du Canada en tant que pays du G7 offrant le régime fiscal le plus compétitif pour les nouveaux investissements des entreprises, en plus de favoriser l'adoption de technologies plus propres et plus efficaces.
    J'ajouterais que les investissements sont à la hausse dans ce secteur. Ceux des entreprises dans la machinerie et l'équipement neufs ont augmenté de plus de 10 %, une proportion qui atteint environ 13 % pour ce qui est de la protection de la propriété intellectuelle, laquelle se trouve aussi incluse dans les dépenses annoncées dans le budget de 2025. L'effet de ces mesures sur l'économie a déjà commencé à se faire sentir, et nous constatons que les entreprises investissent dans des secteurs dont elles étaient absentes depuis des années.
    L'ensemble exceptionnel et inédit de crédits d'impôt à l'investissement dans l'économie propre constitue évidemment l'une des pierres angulaires de notre nouveau plan économique, qui contribuera à attirer les investisseurs d'ici et du reste du monde grâce aux dizaines de milliards de dollars en incitatifs qu'il prévoit. Quant aux crédits d'impôt à l'investissement dans l'économie propre, ils offriront aux entreprises et aux investisseurs en général la certitude dont ils ont besoin pour investir et construire au Canada. Ils nous permettent déjà d'attirer de grands projets créateurs d'emplois et de continuer à nous démarquer sur la scène internationale, qu'il s'agisse de nouveaux projets de capture du carbone destinés à décarboner les industries lourdes ou de nouveaux projets d'électricité propre qui fourniront de l'énergie propre et abordable aux maisons et aux entreprises du pays. Ces nouveaux crédits aideront concrètement le Canada à atteindre la carboneutralité d'ici 2050.
     Je suis conscient que le projet de loi d'initiative parlementaire C‑269 a entre autres pour objectif de combler ce que d'aucuns perçoivent comme une faille dans les crédits d'impôt à l'investissement dans l'économie propre. Or, comme je le disais plus tôt, en général, le matériel écoénergétique est déjà visé par des mesures de passation en charges immédiates qui découlent de la superdéduction à la productivité. Bref, le projet de loi C‑269 vise un objectif que certaines de ces autres mesures permettent déjà d'atteindre.
(1125)
    De plus, tel qu’il est actuellement formulé, le projet de loi aurait des répercussions bien au‑delà de ce qui est visé. En effet, les critères d’admissibilité au crédit d’impôt proposé sont définis de manière très large et pourraient inclure non seulement les technologies de récupération de chaleur perdue pour la production d’électricité, mais aussi une gamme beaucoup plus étendue d’équipements utilisés dans les processus industriels de récupération de chaleur et de production d’énergie. Alors qu'un crédit d'impôt ciblant strictement la technologie de récupération de la chaleur perdue pourrait coûter environ 70 millions de dollars par an de manière permanente, le crédit d'impôt proposé serait accessible à d'autres types d'équipements de récupération de chaleur et de production d'énergie, et son impact budgétaire devrait être nettement plus élevé. Ouvrir la voie aux technologies à haut rendement énergétique pourrait créer un nouveau précédent important à cet égard.
     Le nouveau crédit d'impôt proposé dans le projet de loi comporte également plusieurs incohérences qui introduiraient des irrégularités et de nouveaux précédents importants dans le régime de crédit d'impôt à l'investissement. Par exemple, le crédit d'impôt proposé serait permanent, alors que les crédits d'impôt existants pour l'investissement dans l'économie propre sont limités dans le temps afin d'encourager l'investissement à court et à moyen terme. Le crédit proposé ne respecte pas non plus certaines règles d'intégrité qui s'appliquent à bon nombre des autres crédits d'impôt pour l'investissement dans l'économie propre. Par exemple, les coûts en capital admissibles au titre du crédit proposé seraient réduits en fonction de toute autre aide gouvernementale reçue ou de montants impayés, comme c'est généralement le cas pour les crédits d'impôt à l'investissement dans l'économie propre. En outre, le projet de loi C‑269 propose un crédit d'impôt non remboursable, alors que tous les autres crédits d'impôt à l'investissement sont remboursables, ce qui constitue une autre incohérence que je tiens à souligner. Cela se traduirait par l'absence de remboursement d'impôt et ce crédit ne servirait qu'à réduire l'impôt dû, ce qui constitue une incohérence importante par rapport aux autres crédits d'impôt à l'investissement que nous avons proposés.
    Voilà autant d'éléments importants dont il convient de tenir compte lors de l'examen du projet de loi C‑269. Cela étant dit, le gouvernement ne peut pas soutenir ce projet de loi dans sa forme actuelle. Les modifications apportées à la législation fiscale doivent idéalement être examinées dans le cadre du processus budgétaire, afin que tous les éléments pertinents puissent être pris en considération. Ce processus garantit également que les coûts financiers potentiels des mesures fiscales proposées sont dûment pris en compte, afin de s'assurer qu'ils sont compatibles avec le cadre financier et la cohérence globale du régime fiscal.
     Je pense qu'il nous incombe, en tant que parlementaires, de respecter ces normes en dehors du processus budgétaire. Je pense également que le projet de loi C‑269 ne répond pas à ces normes pour les raisons que je viens d'exposer. Bien que l'intention du projet de loi soit louable — et je reconnais au député d'en face le mérite d'avoir inclus la technologie qu'il propose de soutenir, à laquelle j'adhère —, je pense qu'il fait double emploi dans la mesure où il existe déjà des mesures de soutien fiscal pour les investissements dans certains équipements de récupération de chaleur, qu'il n'est pas suffisamment ciblé et qu'il pourrait avoir des conséquences coûteuses, injustes et imprévues.
    En conclusion, je recommande donc vivement que le projet de loi C‑269 ne recueille malheureusement pas le soutien de la Chambre. Je suis reconnaissant d'avoir eu l'occasion de m'exprimer au sujet de ce projet de loi.
(1130)

[Français]

     Madame la Présidente, ça me fait plaisir de prendre la parole au nom du Bloc québécois au sujet du projet de loi C‑269.
    Tout d'abord, j'aimerais, comme fière Nord‑Côtière, remercier les gens de chez moi qui travaillent dans le domaine de l'énergie. Ma circonscription est la deuxième productrice d'hydroélectricité au Québec et au Canada. Évidemment, chez nous, l'énergie est une question d'identité. Je parle bien sûr d'hydroélectricité, mais je pense aussi à des projets comme celui de Pessamit, où on veut construire des éoliennes. Nous le voulons également. C'est quelque chose qui m'intéresse vivement.
    Je ressens aussi de la fierté parce que la Côte‑Nord, comme le Québec, a construit ce réseau d'hydroélectricité seul, sans l'aide financière du gouvernement. C'est une fierté chez moi. J'aimerais remercier chaleureusement tous les travailleurs de l'industrie, notamment les travailleurs d'Hydro‑Québec. Nous avons des barrages privés, mais nous avons aussi des barrages Hydro‑Québec. D'ailleurs, Hydro‑Québec a subi une énorme panne chez nous ce matin, et on y travaille toujours. Je souhaitais le mentionner. Cela concerne beaucoup de gens de chez nous, et je les en remercie. Ils soutiennent l'économie et l'industrie du Québec en entier. Voilà pour les remerciements. Il faut le faire et il faut bien le faire.
    Pour ce qui est du projet de loi, avec ce que je viens de dire, je ne peux pas être en désaccord sur le projet de loi de mon collègue, dans lequel on propose d'offrir un crédit d'impôt. C'est relativement simple: le projet de loi modifie la Loi de l’impôt sur le revenu afin d'accorder un crédit d’impôt pour la récupération de la chaleur.
    C'est tout simple. Les détails peuvent être plus complexes, mais, somme toute, c'est simple comme projet de loi. Le Bloc québécois est favorable à l'étude de ce crédit d'impôt, qui s'intègre aux autres crédits existants. Nous aimerions faire un rappel, même si nous l'avons fait plusieurs fois à la Chambre. Qu'est-ce qu'on entend par récupération de la chaleur? Bien sûr, il faut s'entendre sur une définition avant d'aller plus avant. C'est « le principe qui vise à recouvrer de la chaleur qui serait autrement perdue par un système pour la réutiliser ailleurs dans le but de réduire la consommation d'énergie ».
     On parle de réduire la consommation d'énergie, mais d'aucuns s'entendent également pour dire que c'est de l'optimisation. C'est certain que ce serait perdu. On ne produit pas plus d'énergie, mais on récupère une énergie et on réussit à faire quelque chose avec elle. On parle de productivité. C'est quelque chose qui nous intéresse. Pourquoi ne pas réutiliser cette énergie qui existe déjà?
     J'ouvre une parenthèse concernant la question de l'hydroélectricité. Présentement, avec les changements climatiques, il y a des difficultés qu'on voit venir depuis plusieurs années, mais qu'on constate de façon plus prégnante présentement avec les niveaux d'eau, qui vont être plus bas. On se demande si on devrait construire de nouveaux barrages. Est-ce qu'on en ajoute? Ça fait longtemps que c'est dans les cartons, mais on y pense aussi. Si on réussissait à optimiser l'utilisation de l'énergie, la demande pèserait moins lourd sur le secteur. C'est quelque chose que nous encourageons, bien entendu.
    Au Québec, Hydro‑Québec offre déjà aux entreprises des programmes de soutien financier pour l'adoption de technologies de récupération de la chaleur pour les bâtiments. Selon les systèmes qui sont adoptés, ça peut permettre une récupération de chaleur allant jusqu'à 85 %. On parle donc de boucle d'eau, de récupération de la chaleur d'un refroidisseur, d'un échangeur à plaques, à cassettes ou à roue thermique. Cela dépend du système qu'on utilise, mais ça peut atteindre jusqu'à 85 %. Pour certaines méthodes, c'est 20 %. C'est relatif, mais c'est une possibilité tout de même de récupérer énormément d'énergie et de la transformer en une valeur ajoutée.
     Il y a plusieurs projets qui existent un peu partout au Québec. Il y en a qui ont été mis en branle, qu'on est en train de construire. Il y en a un juste à côté d'ici, à Gatineau. Le complexe Zibi est en train de travailler avec Kruger pour réutiliser les eaux usées de l'usine en hiver pour répondre aux besoins de chauffage de la population. C'est juste à côté, alors pourquoi ne pas exploiter cette possibilité?
     Il y a aussi plusieurs serres. On peut penser à Drummondville, par exemple, ou à l'île d'Orléans, où on utilise l'énergie. Ça se fait un peu partout et dans différents domaines. Je viens de parler de l'alimentation et des serres, mais il y a également toute la question du chauffage résidentiel. Ce sont d'autres possibilités.
(1135)
    Cela dit, nous sommes d'accord. Le gouvernement du Québec, par l'entremise de la société d'État Hydro‑Québec, va déjà aider les entreprises, les industriels, à modifier leurs systèmes pour faire en sorte de récupérer de l'énergie. Ce que nous souhaitons savoir, en fait, c'est quelles sont les entreprises qui vont pouvoir bénéficier du crédit d'impôt. Ce ne sont pas toutes les entreprises qui travaillent déjà à améliorer leur bilan en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Nous souhaitons donc savoir lesquelles seront visées, lesquelles pourront en bénéficier.
    À nouveau, je réitère l'appui du Bloc québécois au projet de loi de mon collègue de Calgary-Centre. D'un autre côté, nous nous soucions de l'efficacité de la mesure. Comme il y a d'autres mesures de soutien à l'efficacité énergétique, nous nous demandons si elle est aussi bonne, si elle est meilleure ou si ça vaut la peine, finalement, que nous adoptions une mesure comme celle‑ci. Ce que nous souhaiterions, c'est que le projet de loi soit envoyé en comité pour que nous puissions en discuter, en débattre et, bien entendu, nous appuyer sur les experts et les scientifiques de différents milieux.
    Par exemple, le ministère de l'Environnement lui-même pourra nous éclairer en nous donnant le coût d'une telle mesure, qui est peut-être difficile à évaluer. Nous n'avons pas le crédit d'impôt, mais nous savons que ce n'est pas contraignant. Nous ne savons donc pas qui va l'utiliser ni à quelle échelle ça pourrait être utilisé. En même temps, il y a toute la diminution des GES. On veut produire, bien sûr, avec cette énergie récupérée, mais il faut se questionner à savoir quels seront les gains, car on veut aussi faire des gains. On voit que le gouvernement est devenu un cancre en matière de lutte contre les changements climatiques, alors c'est certain que nous souhaitons fortement savoir ce que ça va pouvoir donner en plus.
    Comme je l'ai dit plus tôt lors d'une question à mon collègue, c'est très large et on dit que toute l'industrie va pouvoir en bénéficier, mais, pour nous, malgré le fait que le PIB du secteur du gaz et du pétrole constitue 4 à 6 % du PIB du Canada, il est tout de même responsable de 30 ou 31 % de la pollution atmosphérique. Nous voyons un déséquilibre ici et nous souhaitons diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais il s'agit aussi d'une des industries les plus subventionnées. Ce sont plusieurs milliards de dollars toujours sous forme de crédit d'impôt à l'investissement desquels cette industrie bénéficie déjà.
    Nous nous demandons si ça va être encore ajouté, parce que cette industrie a déjà tout en main pour être en mesure de faire des transformations pour récupérer, par exemple, la chaleur afin de contribuer plus avant à la lutte contre les changements climatiques et à l'amélioration du bilan carbone. C'est la question que nous nous posons. Si c'est pour bénéficier aux pétrolières et aux gazières, ça nous intéresse de le savoir parce que nous ne croyons pas que ce soit la meilleure façon de le faire. Elles ont déjà la possibilité de le faire. Ce serait la question principale et la raison pour laquelle nous souhaitons que le projet de loi soit envoyé en comité. C'est vraiment en toute bonne foi pour que nous puissions l'étudier de façon objective, de façon responsable également.
    Je rappelle à mon collègue que le Bloc québécois est en faveur du principe du projet de loi et que nous allons le soutenir pour qu'il se rende en comité afin que nous en discutions et en apprenions plus sur tous les secteurs qui pourraient bénéficier de la technologie. Nous voulons aussi entendre tous les intervenants de ces secteurs qui souhaitent bénéficier de ce crédit d'impôt à l'investissement pour améliorer la productivité et le bilan carbone. J'espère donc que nous pourrons étudier ce projet de loi en comité.
(1140)
    Madame la Présidente, je suis très heureux de participer à ce débat concernant le projet de loi C‑269, déposé par mon collègue de Calgary-Centre.
    Je peux dire une chose: je connais très bien mon collègue depuis sept ans déjà. Il a été élu pour la première fois en 2019, il est détenteur d'une maîtrise en administration des affaires, il connaît très bien les chiffres, et il connaît très bien le secteur de l'énergie. Ce projet de loi s'adresse justement à ces sujets très importants, c'est-à-dire l'énergie et la fiscalité, ainsi que l'aspect économique et écologique.
    Avant d'aller plus loin, je me permets de saluer ma collègue de Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan, qui nous a mentionné tout à l'heure que, sur la Côte-Nord, il y avait une panne de courant. Ça va mal à la shoppe quand la centrale Manic‑5 est en panne. Évidemment, les gens d'Hydro‑Québec verront à résoudre ce problème.
    Le projet de loi C‑269 vise plusieurs objectifs extrêmement importants. Tout d'abord, il vise l'écologie. Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut réduire notre empreinte carbone et qu'il faut également avoir une approche beaucoup plus écologique. On est tous d'accord sur ça, mais ce n'est certainement pas en imposant et en obligeant qu'on va être capable de convaincre des gens. Comme je dis tout le temps: ce n'est pas en tirant sur une fleur qu'elle va pousser plus vite. Il faut avoir des incitatifs positifs et qui reposent sur le gros bon sens. C'est exactement là où va ce projet de loi.
    Il est également important en matière de fiscalité, parce qu'on veut laisser plus d'argent dans les poches des gens et des entreprises pour qu'ils puissent investir dans des approches beaucoup plus économiques et beaucoup plus écologiques.
    Il faut également voir comment on est capable d'utiliser de l'énergie qui, au moment où on se parle, est perdue. Grâce à ce projet de loi, cependant, les entrepreneurs vont être incités à faire un nouvel usage beaucoup plus intelligent de l'énergie qui est produite dans leur entreprise.
    Essentiellement, voici ce que prévoit ce projet de loi. Les entreprises génèrent énormément de chaleur en raison des opérations qui ont cours dans leurs usines. Or cette chaleur est perdue. Jusqu'à 30 % de cette chaleur perdue pourrait être utilisée, de façon efficace et intelligente. Ça, c'est intelligent parce que ce n'est pas quelque chose de neuf. L'énergie est là. Il s'agit juste de l'avoir, de la stocker et de l'utiliser de façon intéressante.
    Lorsque j'ai préparé ce discours que je prononce aujourd'hui, j'ai appris qu'il s'agissait de production d'électricité de chaleur fatale. Je ne cacherai pas le fait que, quand j'ai vu « chaleur fatale », je trouvais ça un peu burlesque, à la limite, ou un petit peu suspect. Alors, je veux plus parler de récupération, parce que la chaleur fatale, c'est la chaleur qui s'enfuit et qu'on perd dans le ciel, alors qu'on pourrait l'utiliser grâce à la récupération.
    Ça rappelle un principe fondamental en économie et en écologie, c'est-à-dire que, la meilleure énergie, c'est celle que l'on ne consomme pas ou, plutôt, c'est celle que l'on utilise parce qu'elle existe déjà. C'est exactement l'objectif de ce projet de loi. D'aucuns vont dire que, le principe du projet de loi du député de Calgary-Centre, ce n'est pas lui qui a inventé ça. C'est bien sûr que non.
    Ça fait déjà des décennies, pour ne pas dire plus longtemps que ça, que des entreprises se servent de la chaleur qui se dégage de leurs opérations, la captent, la stockent et l'utilisent intelligemment. La différence, c'est qu'il n'y a pas d'incitatif par rapport à ça dans le plan fédéral.
    Nous estimons que cette approche, celle d'utiliser ou de récupérer la chaleur fatale, devrait avoir le même traitement que l'énergie solaire ou éolienne. C'est juste une question de bon sens. L'énergie éolienne est intéressante, mais elle n'est pas la solution à tout. L'énergie solaire est intéressante aussi, mais ce n'est pas la solution à tout non plus. Il y a des défis rattachés à ça comme il y a des avantages. C'est la même chose pour la récupération de la chaleur. C'est donc une approche qui se veut pragmatique, efficace, écologique et économique. Bref, elle est conservatrice.
    C'est pourquoi j'incite les gens et mes collègues de la Chambre à soutenir ce projet de loi, parce qu'il touche justement à ce qui nous rassemble tous. Surtout, il se veut efficace et rentable pour tout le monde.
(1145)
    Ça peut toucher d'ailleurs presque tous les secteurs de l'industrie. Je vais devoir mettre mes lunettes, car il y en a tellement que je n'ai pas d'autre choix que de le lire. On parle notamment de la manutention de l'industrie lourde, des cimenteries, de la fabrication de vitre, des produits chimiques, du papier et de l'industrie forestière, ainsi que des mines, de l'énergie et des services publics. Bref, ça touche à peu près tous les secteurs de l'industrie manufacturière. Ce sont donc des milliers d'entreprises qui devraient récupérer cette chaleur à l'aide d'un incitatif fiscal, et c'est ce que propose le projet de loi.
    Nous parlons d'incitatif fiscal, et je dois dire que je suis un amateur de voitures. Les gens qui sont dans le monde de l'automobile le disent: les voitures les plus vertes, outre évidemment les voitures qui sont électriques à 100 %, sont bien entendu les voitures usagées. Quand je dis ça, c'est pour que les gens en soient bien conscients et qu'ils comprennent que, la fabrication d'une voiture, qu'elle soit électrique ou traditionnelle, a une forte facture environnementale, pour ne pas dire de fracture environnementale. Si on a une voiture usagée électrique à 100 %, disons qu'on fait, comme on dit en mauvais français, du double dipping, c'est-à-dire que la facture environnementale est moindre parce que c'est une voiture usagée et que l'utilisation d'une voiture électrique produit certainement moins d'émissions. C'est gagnant-gagnant.
    En fin de semaine, nous avons fait une annonce. Notre chef était présent, tout comme notre collègue de l'Ontario qui a annoncé plus tôt le projet de loi d'initiative parlementaire visant à abolir la TPS à l'achat de voitures usagées. En effet, un objet qui a déjà été produit et déjà été taxé n'a pas à être taxé une deuxième, troisième ou quatrième fois parce que des gens veulent acheter ce véhicule qui est usagé. La TPS a déjà été payée une fois. On n'a pas besoin de la payer souvent, d'autant plus que, sur le plan environnemental, c'est toujours mieux d'acheter une voiture usagée qu'une voiture flambant neuve. Tous les écologistes le disent.
    C'est donc une mesure conservatrice écologique. Oui, nous, les conservateurs, sommes écologistes, parce que nous avons une approche pragmatique. Nous pensons d'abord au porte-monnaie des citoyens. Le consommateur qui s'achète une voiture usagée n'a peut-être pas nécessairement les moyens d'acheter une voiture neuve. Toutefois, ce sont à la fois des gains pour le consommateur qui achète une voiture et pour l'environnement, car une voiture usagée est une voiture beaucoup plus verte qu'une voiture flambant neuve. Ça, tous les écologistes le diront. Ils ne diront peut-être pas que c'est une approche conservatrice, mais ça l'est. Moi, je le dis.
    Ce projet de loi va dans le bon sens. Il va dans le sens du pragmatisme. Il va dans le sens de permettre aux gens d'avoir plus d'argent dans leurs proches et aux entreprises d'avoir plus d'argent pour pouvoir réinvestir dans leurs entreprises afin de les rendre plus vertes, plus efficaces et plus rentables, tout en ayant une bonne protection environnementale, mais aussi une bonne protection de l'économie quant à la gestion de l'énergie.
    D'ailleurs, comme je le disais, ce n'est pas nouveau en soi. En France, des incitatifs existent déjà et les résultats sont rudement intéressants. Comme on le dit dans le communiqué de l'entreprise CEA Liten: « Un des bénéfices supplémentaires de cette approche est la diminution des besoins en eau du procédé, directement (ex: vapeur injectée pour la chauffe) ou indirectement (ex: eau pour le refroidissement via les TAR humides). » C'est donc gagnant-gagnant.
    Oui, même s'il y a des incitatifs fiscaux en d'autres lieux et que, oui, il peut en exister certains ici au Canada, nous estimons que cette approche visant à réutiliser la chaleur qui se dégage par les engins et les machines en usine comme matière d'énergie est faisable. La technologie le permet et ne cesse de s'améliorer. Encore faut-il que l'État voie ça comme étant une approche verte, comme c'est le cas pour les éoliennes et l'énergie solaire.
     C'est pourquoi j'invite les libéraux à soutenir ce projet de loi. Si d'aventure ils ont quelques doutes, rappelons que, il y a trois ans, j'avais déposé le projet de loi C‑375 qui disait: un projet, une évaluation. C'était le gros bon sens. Les gens ont voté contre. Or sait-on quoi? Il y a un an, le roi, dans le discours du Trône, a reconnu que c'était une bonne chose. Il a dit lui-même que le gouvernement allait appliquer une loi qui ferait qu'on aurait un projet, une évaluation environnementale. Si les libéraux ont pu reprendre l'idée de mon projet de loi C‑375, je les invite à le faire immédiatement pour le projet de loi...
(1150)
     Je dois interrompre le député.
    L'honorable secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, d'entrée de jeu, je tiens à saluer les objectifs du député. Ce qu'il cherche à accomplir avec le projet de loi est tout à fait louable. Cela dit, j'ai un certain nombre de réserves à l'égard du projet de loi dans sa forme actuelle, que je peux diviser en deux ou trois catégories.
    La première, et je l'ai évoqué dans mes observations, concerne le pourcentage de recettes globales perçues par le gouvernement du Canada et le fonctionnement du processus budgétaire. En ce qui concerne la mesure proposée dans le projet de loi C‑269, j'aurais été plus à l'aise si elle avait été intégrée au budget global.
     Il est important de reconnaître qu'une grande partie de l'effort prébudgétaire est consacrée au choix et à la mise en œuvre des crédits d'impôt, sous quelque forme que ce soit. En ce qui concerne l'impôt des sociétés, je crois que le député a parlé d'environ 90 milliards de dollars. C'est de cet ordre, je crois, disons entre 85 et 100 milliards de dollars. Beaucoup dépend de l'état global de l'économie, de la conjoncture, de la croissance et ainsi de suite, ainsi que des politiques budgétaires. Tous ces éléments sont des facteurs. Cumulativement, on parle de millions de dollars qui pourraient servir à offrir des incitatifs, et c'est en substance ce qui se passe souvent.
    Quand un gouvernement veut encourager l'investissement, ce que nous essayons de faire, c'est d'utiliser la politique fiscale à cette fin. Dans le dernier budget fédéral, il y avait plusieurs initiatives stratégiques ou allégements fiscaux pour encourager et promouvoir les investissements en capital. C'est ce que les gouvernements précédents ont fait. Le premier ministre et le gouvernement accordent beaucoup d'importance à la politique fiscale comme levier pour améliorer les possibilités d'emploi des Canadiens et, dans ce cas particulier, pour trouver des moyens non seulement d'améliorer les possibilités d'emploi, mais aussi d'améliorer l'environnement. C'est ainsi que je vois le projet de loi présenté.
    Je me souviens que, à une époque, quand je passais en voiture près de Regina, je voyais des flammes gigantesques s'élever des raffineries. Le député a parlé des cimenteries et d'autres industries, où d'importantes améliorations ont en fait été observées au fil des ans. Les avancées technologiques ont permis aux industries générant beaucoup de chaleur de récupérer celle-ci afin de la convertir en d'autres formes d'énergie, au lieu de la laisser s'échapper. De nombreuses technologies ont été déployées au cours des dernières années pour améliorer la situation, mais existe-t-il d'autres solutions? La réponse courte est oui, il y en a d'autres.
    Je crois que, grâce à des investissements en capital bien ciblés, les technologies canadiennes pourront offrir une meilleure efficacité énergétique. Il y aura plus de récupération de chaleur pour la production d'énergie. Le gouvernement a un rôle à jouer. Dans le dernier budget national présenté par le gouvernement, on constate la présence de quelques initiatives visant à promouvoir et à encourager l'utilisation de la technologie, son déploiement et les investissements en capital visant à améliorer l'efficacité énergétique. Ce sont là des mesures qui peuvent réellement changer les choses. C'est en partie pour cette raison que le projet de loi d'initiative parlementaire que le député a présenté aujourd'hui à la Chambre doit prendre en compte une vision plus globale de la situation.
(1155)
    La plupart des députés qui sont présents aujourd'hui reconnaîtront l'importance de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, de même que le rôle que nous pouvons jouer, en tant que législateurs, pour offrir une réponse avantageuse par rapport aux autres pays, tout en attirant des investissements et en renforçant le secteur énergétique canadien. Ces deux objectifs sont tout à fait atteignables et, en fixant une cible de carboneutralité en 2050, nous montrons que nous prenons cette question au sérieux. Pour y parvenir, nous devons entre autres miser sur la modernisation technologique et encourager les investissements dans les industries, notamment celles qui contribuent le plus aux émissions. C'est dans cet esprit que j'interpréterai le projet de loi présenté.
    Cependant, il est difficile pour le gouvernement d'appuyer ce projet de loi, simplement parce que le budget prévoit déjà des mesures qui répondraient en partie à la proposition du député. Nous risquerions donc de créer des chevauchements là où nous ne souhaitons pas nécessairement intervenir. Les Canadiens ont des attentes en ce qui a trait à la fiscalité et aux revenus de plus de 500 milliards de dollars, dont 85 ou 90 milliards sont tirés de l'impôt des sociétés. Le gouvernement peut certainement diversifier ses sources de revenus, mais il doit le faire d'une façon qui sera perçue comme équitable et en établissant des objectifs clairs, car les fonds publics doivent être dépensés de manière transparente et responsable, et les revenus doivent être jugés équitables.
    C'est pourquoi je trouve toujours intéressant que certains députés de certains partis politiques disent que nous subventionnons excessivement certaines industries. Eh bien, il y a aussi certaines industries qui contribuent excessivement à l'assiette fiscale. Il faut adopter une approche équilibrée. C'est pourquoi, lorsque j'examine la question dont nous sommes saisis aujourd'hui, je pense à la déduction pour amortissement accéléré, par exemple. Le gouvernement a parlé de la superdéduction à la productivité, qui est une mesure d'investissement accéléré. Ces incitatifs fiscaux s'appliquent notamment à l'équipement pour la production d'énergie propre et de conservation de l'énergie.
    Au bout du compte, même si les objectifs du député sont admirables, je dirais que bon nombre des préoccupations qu'il a soulevées sont en fait prises en compte dans le budget national. Dans le cadre de ces processus budgétaires, nous travaillons en étroite collaboration avec de nombreux intervenants, en particulier dans le secteur de l'énergie. Le premier ministre a été très clair. Nous voulons faire du Canada une superpuissance énergétique. Pour ce faire, nous devons prendre les bonnes mesures fiscales.
    Essentiellement, le Canada est sans doute le pays le plus concurrentiel du G7 en ce qui concerne les nouveaux investissements des entreprises. Nous devons adopter une approche équilibrée. Le ministre des Finances et le premier ministre y travaillent non seulement avec le caucus national, mais aussi avec de nombreux intervenants, notamment en examinant des projets de loi comme celui que le député a présenté.
    Au bout du compte, je crois que ce qui est actuellement en place répondrait aux besoins actuels.
(1200)
    Madame la Présidente, je suis vraiment ravi d'exprimer mon appui au formidable projet de loi de mon collègue de Calgary‑Centre.
    Cela dit, je suis très déçu, mais pas étonné, que les députés du gouvernement libéral mettent au rebut cette mesure législative très efficace et logique. C'est étrange de les écouter se plaindre des coûts. Après tout, c'est le gouvernement libéral qui, par l'intermédiaire de son fonds d'accélération pour l'énergie verte, a accordé des subventions à des entreprises qui s'en sont servi à l'étranger pour financer le groupe armé État islamique. C'est vrai: le gouvernement libéral a accordé des dizaines de millions de dollars à une entreprise qui a été condamnée en France et aux États‑Unis pour s'être servie de cet argent afin de financer le groupe État islamique. À partir du même fonds, il a accordé des dizaines de millions de dollars à fabricant chinois de véhicules électriques qui a été reconnu en tant que commanditaire de la guerre d'invasion de Poutine en Ukraine. Malgré tout, alors que les libéraux ont la possibilité de donner leur appui à un projet de loi plein de bon sens qui donnerait un coup de pouce aux Canadiens tout en stimulant l'investissement au Canada et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, ils disent s'y opposer.
    Le projet de loi C‑269 est une mesure très simple et logique. Il instituerait un crédit d'impôt à l'investissement non remboursable relativement au matériel qui sert à récupérer la chaleur résiduelle que génèrent les procédés industriels afin de la convertir en électricité.
    Je crains que ce soit là tout le temps dont je dispose pour l'instant. C'est avec plaisir que je discuterai davantage de cette mesure après les mises aux voix.
    Il restera du temps de parole au député lorsque le projet de loi sera de nouveau à l'étude.
    La période réservée à l'étude des affaires émanant des députés est maintenant écoulée. L'affaire retombe au bas de l'ordre de priorité du Feuilleton.

Ordres émanant du gouvernement

[Article 57 du Règlement]

[Traduction]

L'affaire émanant du gouvernement no 12 — Les délibérations sur le projet de loi C‑30

Motion portant que le débat ne soit plus ajourné

    Madame la Présidente, en ce qui concerne l'étude de l'initiative ministérielle no 12, je propose:
    Que le débat ne soit plus ajourné.

[Français]

     Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes. Je rappelle aux députés que la priorité est accordée aux députés de l'opposition durant cette période de 30 minutes, sans toutefois exclure de députés ministériels. Les députés devraient limiter leurs interventions à environ une minute, et ils peuvent prendre la parole plus d'une fois.

[Traduction]

    J'invite les députés qui désirent poser des questions à se lever ou à utiliser la fonction « lever la main » pour donner une idée à la présidence du nombre de personnes qui aimeraient participer à la période des questions.
    La parole est au député d'Edmonton‑Ouest.
    Je devrais utiliser ce temps de parole pour terminer mon discours sur le projet de loi C‑269, madame la Présidente.
    Quoi qu'il en soit, j'ai une question simple. Nous tenons des séances tardives, alors nous avons beaucoup de temps à notre disposition. Par conséquent, pourquoi le gouvernement restreint-il une fois de plus le débat en recourant à la guillotine, en proposant une motion de clôture? Les Canadiens nous ont élus pour que nous débattions, pas pour que le gouvernement coupe court aux débats. Le député d'en face m'expliquerait-il pourquoi il procède une fois de plus de cette façon?
(1205)
    Au-delà de nos nombreuses différences, madame la Présidente, j'ai du respect pour le député d'en face. Néanmoins, nous sommes ici pour satisfaire aux attentes des Canadiens. Nous sommes ici pour concrétiser notre programme en nous battant afin de bâtir notre économie, au bénéfice des Canadiens.
    La semaine dernière, le comité des financiers a fait l'objet d'une trentaine d'heures d'obstruction. Nous devons passer à l'action. Nous devons passer à l'action, pour le bien des Canadiens.
    Madame la Présidente, je suppose que je vais faire écho aux commentaires formulés il y a un instant par mon ami des banquettes conservatrices, le député d'Edmonton‑Ouest.
    On a de plus en plus souvent recours aux motions de programmation et d'attribution de temps. Auparavant, elles n'étaient employées qu'en de rares exceptions. J'ai l'honneur de siéger ici depuis 15 ans, alors si je dis simplement que je n'ai jamais rien vu de tel, ça en dit long.
    L'énoncé économique du printemps ne donnait aucune indication de ce qui est avancé dans le projet de loi C‑30. Le projet de loi d'exécution du budget est censé servir à mettre en œuvre ce qui est annoncé dans l'énoncé économique, mais ce n'est pas du tout le cas ici. Il y a une phrase qui précise que les organismes de réglementation tiendront compte de la sécurité alimentaire et du coût des produits alimentaires. Or, on n'y indiquait pas que cela se traduirait par une déréglementation des pesticides afin qu'ils soient utilisés même quand ils sont trop dangereux.
    Je me demande si le député pourrait expliquer pourquoi cette nouvelle administration ne nous laisse pas assez de temps pour étudier les projets de loi à la Chambre.
    Madame la Présidente, c'est la deuxième fois en deux interventions. J'ai beaucoup de respect pour cette députée aussi. Elle était ma voisine de banquette lors de la dernière législature.
    La mise à jour économique du printemps contient beaucoup de bonnes choses pour les Canadiens: des milliards de dollars pour les syndicats, le fonds d'investissement souverain et de l'argent pour les ports pour petits bateaux. Nous avons un programme, et nous devons le mettre en œuvre pour les Canadiens. Nous devons rebâtir, restructurer et réoutiller notre économie, et c'est exactement ce que nous allons faire.
    Madame la Présidente, au cours de la dernière semaine environ, j'ai eu le privilège d'assister aux réunions du comité des finances pendant un certain nombre d'heures dont parle le député, et je peux dire qu'il ne s'agit pas d'obstruction. Il s'agit de poser des questions dans le seul cadre qui nous a été offert pour étudier ce projet de loi. J'ai reçu de nombreux courriels, appels téléphoniques et commentaires de concitoyens qui sont préoccupés par certaines des choses dont la députée de Saanich—Gulf Islands a parlé, comme les dispositions sur les pesticides et d'autres changements qui sont apportés à un large éventail de projets de loi. Pour un projet de loi qui touche tant de lois, 30 heures ne suffisent pas. Nous devons être en mesure d'étudier le projet de loi comme il se doit.
    Je me demande pourquoi le gouvernement est déterminé à faire adopter des mesures à toute vapeur sans consultation adéquate et à risquer que des projets de loi aient des conséquences imprévues, comme nous l'avons vu avec le projet de loi C‑30.
    Madame la Présidente, j'ai eu le privilège de siéger à des comités pendant près d'une décennie, et nous savons quand les travaux des comités gouvernementaux avancent et quand ils n'avancent pas. Je sais que de nombreux conservateurs ont admis que l'obstruction ne porte même pas sur le projet de loi C‑30, mais sur une autre question.
    Encore une fois, nous avons été élus parce que nous avons dit que nous allions assurer un leadership, rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, bâtir et réoutiller notre économie, et c'est exactement ce que nous allons faire.
    Madame la Présidente, certains de mes collègues et moi sommes arrivés ici en 2019 et nous avons survécu à trois élections. Le député d'en face vient de dire que les libéraux ont remporté le dernier scrutin. C'est vrai, mais à la tête d'un gouvernement minoritaire. Je n'ai rien connu d'autre que des gouvernements minoritaires en sept ans, du moins jusqu'à il y a maintenant quelques semaines. C'est la première expérience d'un gouvernement majoritaire que j'ai depuis le début de ma carrière d'élu.
    Est-ce à cela — attribution de temps, bâillon, fin précipitée des débats — que je dois m'attendre? Est-ce ainsi que le gouvernement entend honorer le mandat minoritaire que, bien honnêtement, la population canadienne lui a confié?
    Madame la Présidente, comme je le disais plus tôt, j'ai eu le privilège de siéger à plusieurs comités depuis plus de 10 ans que je suis ici, et ceux-ci accomplissent une part importante du travail. Ils sont essentiels à la bonne marche de la démocratie. Or, quand un comité est paralysé pendant plus de 30 heures par des tactiques d'obstruction, comme la semaine dernière, c'est loin d'être productif.
    Le député d'en face a aussi évoqué les appels, les courriels et les visites aux bureaux de circonscription. J'ai passé du temps dans le mien à la fin de l'après-midi vendredi. Les Canadiens veulent que nous avancions. Ils veulent que nous revigorions notre économie, et c'est exactement ce que nous allons faire.
(1210)
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de ses réponses à beaucoup des questions qu'il s'est fait poser aujourd'hui. Il s'agit d'un enjeu crucial, puisque les Canadiens constatent depuis quelques années que le gouvernement coupe de plus en plus souvent court aux débats sur ses projets de loi. Or, lorsque les Canadiens élisent les députés pour qu'ils siègent au Parlement, ils portent le parti qui remporte le plus de sièges au gouvernement et le suivant à l'opposition officielle. Les outils de l'opposition visent comme on le sait à faire répondre le gouvernement de ses décisions, selon une procédure établie de longue date. Si les membres du gouvernement estiment que le rôle de l'opposition se limite à se plier à leur volonté sans s'acquitter de sa fonction de loyale opposition de Sa Majesté, alors ils se mettent le doigt dans l'œil.
    Nous devons continuer à étudier ce que le gouvernement propose. Le projet de loi dont nous sommes m'inspire diverses réserves. Ainsi, pourquoi accorder moitié moins de crédits à la récupération assistée des hydrocarbures par captage, utilisation et stockage du carbone qu'à toute autre approche écologique? C'est pourtant là la technique la plus efficace par laquelle le projet de loi ferait baisser les émissions de dioxyde de carbone. Néanmoins, le comité n'en débattra pas. Voilà le genre de questions qu'il faut soulever. Respectons le besoin des Canadiens de voir la démocratie, grâce aux représentants qu'ils ont élus, suivre son cours à la Chambre.
    Mon collègue nous expliquerait-il où, selon lui, les Canadiens seront en mesure de nous voir faire notre travail à la Chambre alors que son chef se sert de moins en moins de cette tribune démocratique?
    Madame la Présidente, nous sommes ici pour produire des résultats pour les Canadiens. Je me répète, mais j'ai siégé à de nombreux comités. Nous savons quand les comités sont productifs et fonctionnent bien. L'opposition a un rôle à jouer, personne ne dit le contraire. Il est bon qu'on nous demande des explications.
    J'étais ici aux élections de 2015, de 2019, de 2021 et de 2025. Nous en sommes à notre 11e année à la tête du pays. Les Canadiens se sont de nouveau prononcés. Ils veulent du vrai leadership. Les députés d'en face se demandent parfois pourquoi ils sont assis de ce côté-là de la salle. Certains y sont depuis 11 ans, voire plus. C'est parce qu'ils n'offrent pas de solutions viables aux Canadiens et ne leur donnent pas le sentiment d'un gouvernement viable. Les Canadiens se sont prononcés.
    Madame la Présidente, j'aimerais interroger mon collègue sur l'hypocrisie dont font aujourd'hui preuve les députés d'en face, qui se plaignent que les débats à la Chambre sont raccourcis, alors qu'ils ont passé près de 30 heures à bloquer les délibérations d'un comité avec leurs tactiques dilatoires et leurs huit sous-amendements, qui visaient tous à réduire les cotisations au Régime de pensions du Canada. Ce type de comportement est un gaspillage de temps, d'argent public et des ressources de la Chambre, alors que le temps des comités est précieux et qu'il aurait pu servir à débattre de cette mesure législative.
    Aujourd'hui, nous sommes dans l'obligation d'imposer la clôture. Pourquoi? Parce que les conservateurs ne veulent pas sérieusement que le Parlement adopte des lois et parce que, quand on leur donne l'occasion de faire quelque chose, ils la gaspillent.
    Que pense mon collègue de l'hypocrisie dont la Chambre est témoin aujourd'hui?
    Madame la Présidente, je tiens à remercier le secrétaire parlementaire du ministre des Finances pour son formidable leadership à la Chambre et au comité des finances. Il a tout à fait raison. Les Canadiens n'ont qu'à regarder ParlVU ou CPAC pour constater les tactiques d'obstruction survenues la semaine dernière, où des députés de l'opposition ont parlé d'éléphants et de toutes sortes de sujets qui n'avaient rien à voir avec le débat. Cette façon de faire de l'opposition manque de sérieux.
    Nous sommes là pour respecter nos engagements. La mise à jour économique du printemps comprend des mesures clés pour stimuler la croissance de l'économie canadienne: des milliards de dollars pour les syndicats, un fonds d'investissement souverain et 1 milliard de dollars pour les ports pour petits bateaux. Les conservateurs nous mettent des bâtons dans les roues, alors que nous cherchons à répondre aux besoins des Canadiens.
    Madame la Présidente, j'aimerais revenir sur la question des métiers. En 2006, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a mis en place des subventions pour les gens de métier. En 2009, ce même gouvernement a instauré des subventions à l'achèvement de la formation. Or, l'une des premières décisions de l'actuel premier ministre a été de supprimer ces mesures. Le gouvernement a également aboli les bourses destinées aux étudiants des établissements de formation professionnelle. Cela dit, après beaucoup de pression de la part des conservateurs et des syndicats, nous sommes heureux de constater que les subventions aux gens de métier ont été en partie rétablies, comme nous le réclamions.
    J'ai deux questions pour le ministre. D'abord, pourquoi les libéraux ont-ils choisi d'éliminer ces subventions en premier lieu? Ensuite, pour quelle raison s'entêtent-ils à refuser des bourses aux étudiants inscrits dans des établissements de formation professionnelle?
(1215)
    Madame la Présidente, le député et moi sommes tous deux arrivés à la Chambre en 2015, et nous défendons les intérêts des Canadiens depuis. Cependant, le député se trompe royalement en ce qui concerne les syndicats et leur soutien à l'ancien gouvernement conservateur. Les syndicats canadiens du secteur de la construction et la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, pour ne nommer que ceux-là, appuient ce que fait le gouvernement. Nous avons annoncé des milliards de dollars pour les métiers spécialisés et le recyclage professionnel. Les syndicats sont solidaires du gouvernement. Les syndicats veulent bâtir le Canada. Les syndicats sont très impressionnés par les grands projets que nous annonçons et que nous bâtirons d'un océan à l'autre.
    Si les députés de l'opposition veulent se lever et prétendre qu'ils sont le parti des syndicats, je pense qu'ils se trompent royalement. Les syndicats en auraient long à dire là-dessus.
    Madame la Présidente, plus tôt, une députée de l'opposition a déclaré que son parti ne faisait pas d'obstruction. Pourtant, c'est cette même députée qui a raconté une histoire sur un éléphant lors d'une discussion sur le projet de loi C‑30. Celui-ci prévoit des fonds qui serviront à accélérer la construction de logements pour des gens qui en ont besoin.
    Le ministre pourrait-il parler de la façon dont les députés de l'opposition continuent de se plaindre du fait que nous mettons fin au débat alors qu'ils parlent d'éléphants au cours d'un débat sur les fonds qui doivent servir à construire des logements?
    Madame la Présidente, l'opposition a un rôle à jouer dans notre démocratie et notre gouvernement. Ce parti est dans l'opposition depuis maintenant 11 ans.
    À un moment donné, il faut mettre fin au débat, par exemple quand les députés parlent d'éléphants ou après 30 heures d'obstruction. Nous sommes ici pour aller de l'avant. Nous sommes ici pour bâtir notre économie. La mise à jour économique du printemps contient de nombreuses mesures que les Canadiens veulent et dont ils ont besoin. Lorsque des représentants syndicaux téléphonent à mon bureau et que je leur parle des près de 30 heures d'obstruction qui font en sorte que des programmes ne pourront pas aller de l'avant, ils sont contrariés. Ils veulent que nous bâtissions un Canada fort.
    Madame la Présidente, lorsqu'on siège à un comité avec des députés d'en face et des fonctionnaires réticents à répondre aux questions, on utilise toutes les analogies possibles pour essayer de les convaincre d'y répondre.
    Le comité parlait d'une question particulièrement importante et sérieuse, à savoir comment expliquer aux Canadiens les mesures concernant le Régime de pensions du Canada. C'est très important pour les Canadiens. Les prétendues tactiques dilatoires dont ils parlent étaient des questions sur le Régime de pensions du Canada. Par la suite, j'ai reçu un appel d'un haut dirigeant spécialisé en finances qui a travaillé non pas à un, mais à deux des huit gros fonds de pension du Canada. Il m'a dit à quel point le travail qu'on accomplit au comité des finances est important et à quel point il est important de produire des rapports qui expliquent, en langage clair, ce que nous faisons à la Chambre avec le régime de pension des Canadiens.
    Si les députés d'en face ne comprennent pas à quel point il est important de voir à ce que le libellé de projets de loi n'ait pas de conséquences imprévues sur les pensions des Canadiens, je ne sais pas quoi faire. Le député peut-il expliquer pourquoi les Canadiens ne devraient pas obtenir des explications détaillées sur ce que le gouvernement fait au régime de pensions des Canadiens?
    Madame la Présidente, j'ai aussi rencontré les représentants de ces huit gros fonds de pension. Ils veulent que nous nous mettions au travail pour bâtir notre économie. Ils veulent investir au Canada.
    Les capitaux suivent le chemin le plus facile. Or, en ce moment même, nous construisons de grands projets et nous investissons dans la défense, l'aérospatiale, le logement et les infrastructures. Nous sommes ici pour bâtir une économie forte pour tous les Canadiens. Il est temps que la députée et son parti cessent de faire de l'obstruction. Travaillons ensemble. Bâtissons le Canada.
    Madame la Présidente, certaines observations formulées par l'opposition officielle sont intéressantes, surtout les allégations selon lesquelles 30 heures de débat ne suffisent pas.
    Je n'ai rien contre le fait de soulever différents points de vue. Les habitants de ma circonscription, Waterloo, ont eux-mêmes des points de vue variés. Mes concitoyens s'attendent à ce que des débats constructifs aient lieu à la Chambre des communes et en comité, mais ils me rappellent également que le Parlement ne siège pas seulement pour discuter. Nous avons le devoir de prendre des décisions. Les Canadiens ont pris la décision de porter au pouvoir un gouvernement libéral à Ottawa afin de gouverner le pays et de trouver des solutions aux défis actuels.
    Le secrétaire d'État peut-il réaffirmer l'importance de prendre des décisions et de passer à la mise aux voix afin que la Chambre soit productive?
    L'opposition officielle peut permettre à des députés de s'exprimer, mais elle refuse de dire combien souhaitent le faire; elle fait dérailler la conversation au lieu de s'en tenir au sujet dont la Chambre est saisie. Pourquoi faut-il constamment recourir à ces méthodes?
(1220)
    Madame la Présidente, nous avons été élus il y a un peu plus d'un an avec le mandat de restructurer, de reconstruire, de réorienter, de diversifier, de créer de nouvelles relations commerciales et de renforcer notre économie afin de passer de la dépendance à la résilience. Nous avons un travail à faire. Les Canadiens nous regardent.
    Encore une fois, je demande aux Canadiens d'un océan à l'autre de me dire ce qu'ils pensent des manœuvres d'obstruction de la semaine dernière. Est-ce que c'est un moyen constructif ou positif d'utiliser le temps du comité? Non. Nous avons un travail à faire. La mise à jour économique du printemps prévoit plusieurs choses, comme des milliards pour les syndicats, le fonds souverain et les ports pour petits bateaux. La liste est longue.
    Nous allons nous concentrer sur les Canadiens. Nous allons nous efforcer de rendre la vie plus abordable ainsi que de rebâtir et réorienter notre économie. C'est pour ça que nous avons été élus.

[Français]

    Madame la Présidente, en fait, je suis fascinée.
    Moi aussi, je fais partie de l'opposition à la Chambre, et ce, depuis 11 ans. Comme mon collègue l'a dit tout à l'heure, les conservateurs sont dans l'opposition depuis 11 ans. Au Bloc québécois, nous serons toujours dans l'opposition. C'est quand même nécessaire. L'opposition, c'est ce qui fait en sorte qu'il n'y a pas de diktat, bien que nous en voyions quand même dans les comités depuis que le gouvernement décide des affaires du jour et qu'il est majoritaire. Nous le voyons aussi à la Chambre, où on ne veut pas nous accorder plus de temps de débat.
    Je pense qu'il y a un problème fondamental à la Chambre, et je le vis depuis 11 ans: le gouvernement a de la difficulté à organiser son programme législatif. S'il y parvenait, nous ne nous ferions pas bousculer, à chaque fin de session pour que nous nous dépêchions sous la menace de ne pas pouvoir rentrer chez nous.
    Je trouve que ce n'est pas respectueux envers la population qui ne s'attend pas à ce que nous nous dépêchions. Elle s'attend à ce que nous gérions bien notre temps.
    Prenons l'exemple d'aujourd'hui. Si on avait tout simplement commencé ce matin par le projet de loi C‑9 et si on avait débattu de la motion no 12 après la période de questions orales, on aurait gagné deux heures. Ça aurait ajouté deux heures au programme l'agenda législatif du gouvernement.
    À mon avis, le gouvernement a de la difficulté à être efficace. Nous avons parlé de récupération de chaleur tout à l'heure. Avec un petit système de récupération du temps, nous pourrions être plus productifs pour l'ensemble des députés de la Chambre, mais également pour la population. Ce serait intéressant. Je présente ça comme sujet de réflexion pour mon collègue d'en face.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai du mal à croire que nous en sommes déjà à notre 11e année dans cette auguste enceinte, où nous défendons les intérêts des Canadiens.
    Souvenons-nous de la dernière législature. Souvenons-nous à quel point elle était enlisée et paralysée. Nous ne pouvions rien faire pour les Canadiens. Nous n'arrivions pas à faire avancer les projets de loi.
    Je viens du secteur privé. Je crois qu'un bon leadership doit pouvoir être soumis aux critiques. Cela ne fait aucun doute, mais il arrive un moment où, après 30 heures d'obstruction parlementaire, quelqu'un doit pouvoir dire les choses telles qu'elles sont et décider qu'il est temps d'avancer, car s'il ne nous était pas possible de le faire, les conservateurs bloqueraient sans aucun doute ce projet de loi et nous ne pourrions pas adopter la mise à jour économique du printemps, le projet de loi C‑30, pour tenir nos promesses envers les syndicats, les ports pour petits bateaux et les Canadiens en général.
    Le premier ministre a été élu il y a plus d'un an. C'est un diplomate de classe mondiale. C'est un leader économique et commercial de classe mondiale. Il a été élu, et nous avons été élus, pour bâtir l'économie du pays, la diversifier et obtenir des résultats pour les Canadiens.
(1225)
    Madame la Présidente, on constate que le gouvernement libéral, incapable de gérer le temps de la Chambre et de présenter des projets de loi en temps opportun, a décidé d'adopter une approche musclée et de recourir au couperet pour restreindre le débat.
    Après une heure de débat sur ce projet de loi à la Chambre, la réponse des libéraux consiste à le faire adopter à toute vitesse afin de nous empêcher d'en débattre adéquatement. Ils tentent d'utiliser toutes les excuses possibles et imaginables, mais la réalité est que, pendant très longtemps au début de la session, nous n'avons pratiquement eu aucun projet de loi à examiner, ce qui est entièrement de la faute des libéraux. Ils ne parviennent pas à présenter des projets de loi suffisamment tôt pour nous laisser le temps d'en débattre. L'opposition a raison de demander des comptes du gouvernement et d'exiger les débats qu'elle mérite. D'autant plus qu'il s'agit d'une dépense considérable.
    Le ministre ne pense-t-il pas que les Canadiens méritent que les projets de loi fassent l'objet de véritables discussions et débats à la Chambre, surtout quand il s'agit de dépenser des milliards de dollars pour eux? Oui ou non?
    Madame la Présidente, je remercie la députée d'en face de défendre les intérêts des Canadiens, même si je ne partage pas son point de vue.
    Nous avons un programme à mettre en œuvre pour les Canadiens. Nous sommes ici pour rebâtir, redéfinir nos priorités, diversifier nos partenaires commerciaux et nouer de nouvelles relations commerciales. Nous sommes ici pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. Nous sommes ici pour renforcer notre économie d'un bout à l'autre du pays. Nous sommes ici pour favoriser le commerce est-ouest, et non le commerce nord-sud.
    C'est peut-être en raison de mon expérience dans le milieu des affaires avant mon arrivée dans cette merveilleuse institution, mais je pense qu'il faut parfois savoir écouter l'opposition. Pour être efficace, un leadership doit absolument être remis en question, mais il arrive aussi un moment où cela ne sert plus à rien. Les conservateurs le savent bien. Nous avons eu droit à 30 heures d'obstruction parlementaire où l'on a parlé d'éléphants et de toutes sortes de sujets.
    Les conservateurs le savent. Les Canadiens le savent. Nous le savons. Il est temps de passer à autre chose, et c'est exactement ce que nous allons faire.
     Madame la Présidente, au cours de ce débat, j'ai entendu plusieurs choses qui doivent être mentionnées. Comme ma collègue de Fort McMurray—Cold Lake l'a souligné, nous avons eu une heure, ou peut-être un peu plus maintenant, pour la motion de programmation dont nous débattons en ce moment, et la clôture nous est maintenant imposée concernant cette motion de programmation, qui vise à accélérer les choses.
     Le député dit que le gouvernement a été élu et que « nous avons été élus ». Je me souviens que le député de Laurier—Sainte-Marie a souligné que les changements climatiques étaient mentionnés 28 fois dans ce pour quoi le gouvernement a été élu. Il n'était pas fait mention une seule fois de pipelines. Je rappelle au député que, dans l'énoncé économique du printemps, il n'est pas du tout question de décider que, si un pesticide est jugé trop dangereux pour être utilisé, on peut revenir sur cette décision pour des raisons économiques. Cette mesure est maintenant enfouie dans un projet de loi omnibus d'exécution du budget qui n'a été étudié que par le comité des finances et, même là, qui ne l'a été que très brièvement. Ce n'est pas à cause des manœuvres d'obstruction des conservateurs, mais à cause des priorités de l'ensemble du comité concernant les témoins convoqués.
    J'exhorte donc le gouvernement à ne pas imposer l'adoption de ce projet de loi sans prendre le temps nécessaire, à ne pas précipiter l'adoption de ces éléments enfouis dans le projet de loi omnibus d'exécution du budget sans qu'il y ait de véritable discussion ou débat.
    Madame la Présidente, premièrement, nous avons été élus pour faire un travail au nom des Canadiens. Deuxièmement, nous voulons nous concentrer sur l'avancement de notre programme; c'est essentiel. Troisièmement, ce qui s'est passé la semaine dernière au comité des finances, avec les 30 heures d'obstruction, n'est pas productif. J'invite à nouveau les Canadiens à écouter les travaux du comité s'ils sont capables de supporter ces manœuvres d'obstruction, comme les députés de ce côté-ci ont dû le faire. Il arrive un moment où nous devons faire preuve de leadership, prendre des décisions difficiles et faire ce qui doit être fait pour les Canadiens.
    Nous allons bâtir notre économie. Nous allons réduire le fardeau fiscal. Nous allons investir dans les Canadiens. Nous allons réaliser de grands projets. Nous allons investir dans les infrastructures, l'industrie spatiale et la défense, et j'en passe. Nous allons réorienter notre économie. Nous allons la restructurer, pas à pas, jour après jour, et nous allons bâtir un Canada fort.
    Madame la Présidente, je suis vraiment très heureux de vous revoir à la présidence aujourd'hui.
    Dans son intervention, mon collègue parlait de commerce, non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi entre l'Est et l'Ouest, et ce, même si notre principal partenaire commercial demeure celui au sud de notre frontière, partenaire auquel les libéraux tournent pourtant le dos.
    En ce qui concerne son observation sur le commerce est-ouest, le député sait que le transport des denrées alimentaires est exclu de l'accord de libre-échange canadien des libéraux. Nous parlons ici de l'abordabilité des denrées alimentaires, de la production alimentaire et de l'importance de ces enjeux. Nous n'avons même pas eu l'occasion d'aborder ce sujet ou de discuter des raisons pour lesquelles le transport des denrées alimentaires est exclu de leur accord de libre-échange. Pourtant, au même moment, les voilà qui ferment sept centres de recherche et fermes expérimentales essentiels, ce qui, encore une fois, aura des répercussions sur l'abordabilité des aliments et la production alimentaire ici au Canada.
     Le premier ministre lui-même a parlé de souveraineté alimentaire et du fait que les possibilités d'un pays qui est incapable de se nourrir sont très limitées. Cela dit, nous avons à peine effleuré la question de l'incidence que les décisions contenues dans ce projet de loi budgétaire auraient sur la production alimentaire et l'abordabilité des aliments au Canada. Le député ne convient‑il pas que l'abordabilité des aliments est une priorité absolue pour tous les Canadiens et qu'elle mérite qu'on y consacre un peu de temps?
(1230)
    Madame la Présidente, le député s'est lui aussi joint à cette auguste Chambre en 2015.
     Une voix: Non.
     L'hon. Wayne Long: Non? Était-ce en 2014?
     Une voix: Le dernier député qui reste.
     L'hon. Wayne Long: Eh bien, je reconnais mon erreur. Ça fait 12 ans que vous êtes là.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec le député pour dire que l'abordabilité des aliments...

[Français]

    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement.
    J'aimerais prendre un moment pour rappeler au secrétaire parlementaire qu'il doit s'adresser à la présidence, et non pas directement à son collègue.
    Je n'y ai pas prêté attention.

[Traduction]

    Oui, le secrétaire d'État doit adresser ses observations à la présidence.
    Madame la Présidente, bien sûr que nous sommes préoccupés par l'abordabilité des aliments, à l'instar des Canadiens. Pour la première fois depuis longtemps, les prix mondiaux des aliments ont commencé à baisser le mois dernier. L'abordabilité des aliments est un problème mondial, et nous venons en aide aux Canadiens au moment où ils en ont le plus besoin. Nous venons de lancer l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Il y a environ une semaine et demie, j'étais à Halifax pour annoncer le supplément ponctuel de 50 %.
     De ce côté-ci de la Chambre, nous ne sommes pas du genre à rejeter la faute sur les autres et à baisser les bras sans proposer de solutions concrètes. Nous sommes ici pour tenir nos promesses. Nous sommes ici pour garantir l'abordabilité aux Canadiens, et c'est exactement ce que nous allons faire.

[Français]

    Madame la Présidente, je ne sais pas si ça vaut la peine de poser une question à mon collègue. Il va se lever, comme les dernières fois, pour dire qu'on a un travail à faire pour les Canadiens, et qu'on va le faire, peu importe qu'on ait été élu pour faire ça ou pas.
    Je lui rappellerai que nous avons eu un débat, il n'y a pas si longtemps, sur un autre bâillon. Je posais des questions au ministre responsable du Patrimoine, qui défendait ce bâillon-là. Je lui expliquais que, depuis que les libéraux ont leur majorité, ils l'utilisent pour tenir des réunions à huis clos à l'encontre des victimes des chauffeurs au rabais ou pour mettre fin à des études sur les conflits d'intérêts du ministre des Finances et de sa conjointe.
    Sait-on ce que le ministre responsable du Patrimoine m'avait dit à l'époque? Il m'avait demandé si je pensais qu'il avait envie d'être ici, parce qu'il était forcé de venir défendre quelque chose qui est indéfendable.
    Je vais conclure mon intervention en disant que j'étais au Comité permanent des finances et que j'ai participé à l'étude du projet de loi C‑30. Dès que le Parti conservateur a présenté son premier amendement, les libéraux nous ont clairement dit qu'ils allaient s'opposer à toute forme d'amendement parce qu'ils étaient majoritaires. Ils n'ont pas fait ça à la première heure de la réunion, mais dès la première minute.
    Les libéraux demandaient un rapport spécial sur certains changements au Régime de pensions du Canada. J'ai moi-même essayé de négocier une solution. Les fonctionnaires nous ont dit que c'était faisable, mais les libéraux ont refusé.
    Alors, la réalité, c'est qu'il y a des bâillons, que le gouvernement soit minoritaire ou majoritaire. Les circonstances n'ont pas d'importance et ce gouvernement a décidé qu'il allait tout décider. Il a décidé que, dans une démocratie, une opposition ne devait exercer aucune fonction.
    Je le répète encore une fois: je pense que le Parlement vaut mieux que ce que les libéraux sont en train d'en faire.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je viens du secteur privé. Ce genre d'obstruction parlementaire, qui consiste à passer 30 heures sans rien produire de concret pour les Canadiens, est inacceptable. Les Canadiens le voient bien. Ils s'en rendent compte. Je sais qu'ici, dans la bulle d'Ottawa, on pense que c'est normal et que les Canadiens l'acceptent. Or, ce n'est pas le cas. Les Canadiens veulent que nous allions de l'avant. Ils veulent que nous fassions en sorte de bâtir un Canada fort.

[Français]

    Il est de mon devoir d'interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ la motion dont la Chambre est maintenant saisie.

[Traduction]

     Le vote porte sur la motion.

[Français]

    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
(1235)

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous demandons un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
    Convoquez les députés.
(1315)

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 156)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 168


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Reynolds
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 162


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


     Je déclare la motion adoptée.
(1320)

L'étude de l'affaire émanant du gouvernement no 12

[Ordres émanant du gouvernement]

     La Chambre reprend l'étude, interrompue le 12 juin, de la motion, ainsi que de l'amendement.
     Monsieur le Président, avant de parler du projet de loi C‑30, j'aimerais prendre un moment pour parler d'une collègue.
    On le sait, la politique, ce n'est pas toujours facile pour les proches, ce n'est pas toujours facile pour la famille. Peu importe l'affiliation partisane, ça vient avec beaucoup de coûts personnels. Lundi dernier, nous avons appris que la députée provinciale de Mirabel, Mme Sylvie D'Amours, qui ne fait pas partie de ma famille politique, quittait la politique après trois mandats.
    Je veux prendre une minute pour la saluer. Cette personne, pendant 12 ans, a fait beaucoup renoncements pour servir ses concitoyens. J'ai côtoyé sa famille, son mari et certains de ses enfants, et je sais qu'à sa façon, elle a toujours eu à cœur sa communauté...
    Je dois interrompre l'honorable député. Il y a beaucoup de bruit dans l'antichambre.
    Serait-il possible d'avoir le silence? Il y a beaucoup d'agitation.
    L'honorable député de Mirabel a la parole.
    C'est dommage d'avoir été interrompu, madame la Présidente. Je disais qu'elle a sa communauté à cœur. C'est une chic personne. Alors, je veux prendre une minute pour lui souhaiter un bon repos et lui souhaiter bonne chance dans ses projets. Je pense que c'est amplement mérité. Je pense qu'on doit prendre le temps de saluer le travail des élus, tous partis confondus, qui sont proches de leur communauté. C'est très important pour moi de faire ça aujourd'hui, d'autant plus que c'est peut-être la dernière fois que je vais m'exprimer à la Chambre avant l'ajournement.
    Alors, maintenant que c'est fait, on parle d'un bâillon. D'ailleurs, madame la Présidente, je voudrais partager mon temps avec le député Rimouski—La Matapédia.
     On est devant un bâillon. Aujourd'hui, encore, on est devant un gouvernement qui a décidé de mettre fin au débat et d'imposer son agenda. C'est la deuxième fois qu'on parle de bâillons depuis très peu de temps, de bâillons et de supers bâillons. La dernière fois, j'avais dit qu'on a un gouvernement qui s'est acheté une majorité. Depuis qu'il est majoritaire, il a utilisé cette majorité à l'encontre de l'intérêt des contribuables et du public à bien des égards.
    Il l'a fait notamment pour décréter des bâillons sur la question des chauffeurs au rabais. C'était au moment où le président Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités assistait à des événements organisés par ceux qui sont à la source de ce scandale qui a coûté des vies.
    Le gouvernement a utilisé la majorité pour mettre fin au débat sur la question d'éthique du ministre des Finances et du Revenu national, dont la conjointe est vice-présidente chez Alto. Je ne dis pas que tout n'a pas bien été fait, mais je dis que ça mérite un questionnement.
    On a eu des bâillons sur des projets de loi avec un gouvernement qui a de la difficulté à gérer son agenda. C'est le cas ici avec le projet de loi C‑30. Les libéraux vont continuer à dire que le Parlement est bloqué et que les partis d'opposition bloquent. Le gouvernement était minoritaire à la 44e législature et dans la 45e législature, et les libéraux nous disaient alors que les partis de l'opposition utilisaient leur statut de majorité pour bloquer les travaux.
     Là, on est devant un gouvernement majoritaire qui décide sans cesse de mettre fin au débat et d'imposer son agenda.
    Moi, je suis vice-président du Comité permanent des finances. J'ai assisté au débat sur le projet de loi C‑30. Est-ce que ça a dérapé? Est-ce qu'il y a eu de l'obstruction systématique? Bien sûr, c'était le cas, comme ça arrive souvent. Cependant, quand les libéraux nous disent qu'il y a eu 30 heures de débat et que l'opposition a bloqué ça pendant 30 heures, ça mérite une nuance.
    En effet, au premier amendement, à la première minute, et même à la première seconde de la réunion du Comité, le Parti libéral a décidé de tout bloquer. Il l'a très, très clairement fait savoir au Comité: aucun amendement ne serait admis, et le projet de loi ne serait pas discuté. Ça a été dit clairement par le secrétaire parlementaire du ministre des Finances et du Revenu national, soit le député de Whitby.
     Si je me rappelle bien, le premier amendement, c'était pour qu'on ait des données plus détaillées sur le Régime de pensions du Canada. Moi, je suis Québécois, mon régime de retraite publique est à la Caisse de dépôt et placement du Québec, et ça ne me regardait pas, tout ça. Par contre, je trouvais que c'était raisonnable. On avait des fonctionnaires sur place. Ils nous disaient qu'il était possible de faire une modification pour que ce soit tout à fait faisable, alors que le gouvernement nous disait que les données ne seraient jamais disponibles.
    C'est à ce moment-là qu'on a compris que le gouvernement allait bloquer ça jusqu'à la fin et que le gouvernement ne voulait pas débattre.
    On avait la députée du Parti vert, la députée de Saanich—Gulf Islands. Elle a assisté au Comité pendant les 30 heures. Elle attendait de pouvoir débattre de la question des pesticides. En effet, dans un projet de loi omnibus, le gouvernement s'arroge le droit d'autoriser n'importe quel pesticide. La députée du Parti vert, jusqu'à épuisement, est restée et s'est rendu compte en constatant le comportement du gouvernement qu'elle ne pourrait pas débattre de ça.
    Alors, pourquoi est-ce qu'on pense que cela a bloqué comme ça? Ça a bloqué parce que le gouvernement ne veut pas qu'on débatte du projet de loi C‑30.
     Mon collègue de Rimouski—La Matapédia va parler des pesticides. Depuis des années, on sait qu'il faut que ça soit accéléré lorsqu'il y a de nouvelles recettes de pesticides. Il faut que les analyses scientifiques soient faites plus rapidement. Il faut que ce soit plus efficace. C'est ce que le milieu demande. Il demande que ça avance. Toutefois, il n'y a jamais un agriculteur qui a demandé que le gouvernement, dans des bureaux clos et sans analyse scientifique, puisse autoriser n'importe quoi. Ça n'a jamais été demandé par le milieu agricole.
    Alors, pour ne pas débattre de ça, le gouvernement a décidé qu'il bloquait son propre projet de loi comme il le faisait quand il était minoritaire.
(1325)
     En ce qui concerne les plaintes pour les passagers en matière de transport aérien, ce que le gouvernement est en train de faire au moyen de la section 17 est grave. Désormais, les plaintes en matière de transport aérien ne seront plus traitées par une entité publique. Si le ministre des Transports, qui n'est pas reconnu pour sa transparence, en décide ainsi, elles pourraient être traitées par des compagnies privées choisies par le ministre lui-même — il est possible que les compagnies aériennes leur aient donné un coup de fil —, plutôt que de mettre en place un régime plus transparent.
    Le gouvernement est en train de supprimer des postes de fonctionnaires. Nous comprenons qu'il veut couper dans les dépenses courantes de l'État, mais qu'est-ce que ça donne, si ça finit par coûter encore plus cher, dans l'opacité la plus totale de faire faire ce travail par des compagnies privées? S'ils bloquent leur propre projet de loi, c'est qu'ils ne veulent pas en discuter.
    Il en est de même pour son « fonds souverain », qui n'en est pas un. Selon La Presse, c'est un « fonds sans fonds ». Le gouvernement se donne le droit de faire toutes sortes d'études et d'analyses pour peut-être privatiser nos aéroports qui, dans certains cas, ont des problèmes graves de gouvernance. Là, il veut peut-être les privatiser pour remplir ce fonds d'argent. Est-ce le cas ou non? C'est difficile à savoir, parce qu'aujourd'hui, nous allons adopter une loi sans débat, sans étude article par article approprié, sans travail parlementaire, sans expertise, sans témoin, sans temps de Parlement. Il faut que les gens comprennent que, lorsqu'il y a des mesures fiscales dans une mise à jour économique ou budgétaire, celles-ci s'appliquent au moment où l'avis des voies et moyens est déposé à la Chambre. Cela fait que rien ne presse.
    Nous sommes devant un gouvernement qui a pris sa décision. Le secrétaire parlementaire nous disait plus tôt que le gouvernement avait un travail à accomplir, que les Canadiens l'avaient élu pour le faire et qu'il allait nous passer sur le corps s'il le faut pour y arriver. Certains députés demandaient, à juste titre, où, dans le programme électoral, il était prévu qu'un fonctionnaire pourrait approuver n'importe quel pesticide ou que les plaintes de passagers aériens seraient sous-traitées au privé. On nous dit qu'Air Canada était déjà prête à appliquer cette loi avant même que des parlementaires en prennent connaissance. Où, dans la plateforme électorale libérale, trouvait-on la possibilité de privatiser des aéroports? Ce n’était nulle part.
    Je l'ai dit la semaine dernière et tout à l'heure lorsque je posais une question. J'ai compris que le premier ministre se prenait pour le PDG du Canada. Il oublie parfois qu'il est premier ministre. Je ne sais même pas s'il sait où est le Parlement sur une carte géographique. Cette question est légitime, et je la pose. On ne le sait pas. Je sais que le Parlement vaut mieux que ce que les libéraux sont en train d'en faire.
    Je le répète: alors que le gouvernement était minoritaire, il nous disait qu'il avait besoin de bâillons sans arrêt, parce que l'opposition majoritaire faisait en sorte que les travaux n'avançaient pas. Aujourd'hui, ils sont majoritaires. Les députés qui sont au comité pourront témoigner que le début du blocage du projet de loi C‑30 découle du comportement du Parti libéral, qui nous a très bien dit qu'aucun amendement ne serait admis.
    C'est une vision très inquiétante de la démocratie.
(1330)

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous ne rendons pas justice aux nombreuses interventions des députés si nous nions la situation actuelle.
    Il y a eu de nombreuses heures de discussion et de débat. Nous prolongeons les séances pour débattre encore plus. J'ai assisté à des débats qui ont pris fin dans les limites des cinq heures attribuées. On exagère. Oui, il serait bon de débattre davantage de certains sujets, mais il y en a d'autres dont nous avons trop débattu.
    Mon collègue peut-il nous dire ce qu'il en pense?

[Français]

    Madame la Présidente, c'est une question de dynamique. Quand le gouvernement arrive en comité et dit qu'il est majoritaire, qu'il a un projet de loi, qu'il ne tolérera pas tout, mais qu'il est disposé à discuter d'un certain nombre de choses, ça peut commencer à faire débloquer un certain nombre de choses. Quand il commence un comité en disant aux autres que tous leurs amendements sont allés aux poubelles, qu'il a le pouvoir de dire non, et que les autres peuvent continuer et faire de l'obstruction parce que, finalement, il a le bâillon de son côté, ça crée une certaine dynamique.
    Est-ce vrai que les conservateurs ont débattu d'amendements qui n'étaient pas tous très intelligents pendant une trentaine d'heures? C'est tout à fait vrai. Je le concède au secrétaire parlementaire. Cependant, y aurait-il eu moyen, dès le début, de procéder autrement?
    Pour ma part, j'ai essayé. Mon collègue parle des commentaires qui sont consignés au compte rendu. On peut aller voir les vidéos où j'ai dit qu'il y avait un compromis à faire, que les fonctionnaires nous disaient que c'était possible et que nous pouvions passer à autre chose. On aurait peut-être ainsi évité le dépôt de plusieurs sous-amendements, qui ne sont pas tous très utiles, qui ont été déposés sous le coup de la frustration. Je pense que, à cet égard, la responsabilité est plus que partagée avec le gouvernement.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter et à remercier mon collègue de Mirabel pour son propos. D'ailleurs, il a commencé en saluant Mme Sylvie D'Amours, qui ne se représentera pas après trois mandats comme députée provinciale. Je tiens également à saluer Mme D'Amours, tout en saluant également mes collègues du provincial. Je salue Éric Caire, qui quittera la vie politique après 19 ans, Mario Asselin, qui quittera la vie politique après 8 ans comme député, et Sylvain Lévesque, qui quittera la vie politique après 10 ans comme député à l'Assemblée nationale.
    Mon collègue a mentionné rapidement un point et j'aimerais qu'il l'approfondisse. Il a dit que les gens d'Air Canada étaient déjà prêts à appliquer des règles qui n'avaient pas encore été déposées au Parlement, encore moins débattues, et encore moins adoptées.
    Le député pourrait-il nous renseigner davantage?
    Madame la Présidente, effectivement, c'est une situation qui nous inquiète. Quand on va au fond de ça, on constate qu'il est évident que tout ça fait l'affaire des compagnies aériennes. Lorsqu'il y a un commissaire qui reçoit des plaintes, il faut lui donner les outils nécessaires pour avancer et pour traiter les plaintes. Il ne faut pas lui enlever des ressources ou ne pas lui en ajouter et, finalement, dire que ça ne fonctionne pas et qu'on doit avoir recours à un sous-traitant. Il faut que ça se fasse en toute transparence.
    Les passagers aériens, ce sont des familles et des gens qui paient pour partir en vacances, qui paient pour voyager, qui sont victimes, en vertu de la loi et de la réglementation, d'injustices. Ils ont le droit d'être compensés en temps opportun, mais ils ont aussi le droit d'être assurés que le processus est équitable et transparent. On est loin d'avoir cette assurance maintenant. Pourrait-on en avoir l'assurance? C'est peut-être le cas. Un débat parlementaire nous aurait-il permis d'avoir peut-être cette assurance? La réponse est oui.
    Cependant, la réalité, c'est que nous n'aurons pas eu le temps, à la fin de l'étude du projet de loi C‑30, de poser les bonnes questions et d'en avoir le cœur net au profit des citoyens. Aujourd'hui, nous sommes sous le coup d'un bâillon. Le projet de loi sera enfoncé dans la gorge du Parlement et toutes ces questions resteront en suspens.
     Madame la Présidente, je tiens à remercier mon ami le député de Mirabel d'avoir souligné dans son discours que j'étais également présente au Comité permanent des finances pendant les 30 heures durant lesquelles le Comité était vraiment bloqué. Ce n'est pas la faute des députés du Comité.
    Mon collègue est-il d'accord pour dire que, la racine du problème, c'est le fait qu'on nous présente un projet de loi budgétaire omnibus qui comporte un article caché, qui s'applique à un autre sujet, soit les pesticides?
    C'est pour ça que nous sommes maintenant fâchés contre l'idée d'un autre bâillon.
(1335)
    Madame la Présidente, pour ce qui est de la question des plaintes de passagers aériens, nous avons fait en sorte que la Chambre reconnaisse que ça n'avait aucun lien avec la politique budgétaire. C'est la même chose pour les pesticides: ça n'a aucun lien avec la politique budgétaire. Il devrait y avoir un vote séparé.
    Dans toute cette obstruction parlementaire, il faut garder de la hauteur dans les débats et il faut s'en tenir aux faits. Moi, je m'abstenais de voter sur toutes ces motions dilatoires. Je m'abstenais de voter parce que je trouvais que ça n'avait aucun sens, et c'est vrai que c'était de la perte de temps.
    Maintenant, je pense que la députée du Parti vert a des points valides à présenter au Comité. Je pense qu'elle a le droit de s'exprimer, et que, à bien des égards, ça rejoint nos inquiétudes. J'espère que, pendant la période de débat qui nous est attribuée par le bâillon, elle aura l'occasion de s'exprimer à ce sujet.
     Madame la Présidente, je me permets tout d'abord de souligner que le 15 juin 2026 marque le 35e anniversaire de la fondation du Bloc québécois. C'est le 15 juin 1991, à Sorel, dans la foulée de l'échec de l'accord du lac Meech, que Lucien Bouchard et des députés québécois de divers horizons ont choisi de se rassembler pour donner au Québec une voie propre à Ottawa.
    Lucien Bouchard l'avait dit avec une clarté qui traverse le temps: « Le Bloc québécois, pour tout dire, est le seul moyen de nous débarrasser des méfaits de la double légitimité. En vérité, il y a deux peuples, deux loyautés, deux visions de pays. Il manque un pays dans ce pays. Il manque le Québec. »
    Trente-cinq ans plus tard, ce constat demeure d'une grande actualité. Chaque fois qu'Ottawa oublie les priorités du Québec, chaque fois que les régions sont traitées comme une réflexion après coup, chaque fois que le Québec doit rappeler qu'il forme une nation, la raison d'être du Bloc québécois se confirme. Le projet de loi C‑30 nous en donne aujourd'hui un nouvel exemple.
     Sans grande surprise, le Bloc québécois votera contre ce projet de loi. Nous ne voterons pas contre parce que tout ce qu'il contient est mauvais. Certaines mesures vont dans la bonne direction. Cependant, un projet de loi de mise en œuvre économique doit être jugé dans son ensemble, et, dans son ensemble, le projet de loi C‑30 passe à côté des besoins les plus pressants du Québec et de nos régions.
    Pour les régions comme la mienne, le Bas‑Saint‑Laurent, cette mise à jour économique est surtout marquée par ce qu'elle ne contient pas. Pendant que des entreprises québécoises s'inquiètent pour leur survie, pendant que les secteurs de l'aluminium, de l'acier, du bois et de la transformation subissent les contrecoups de nouvelles barrières commerciales, le gouvernement dépose une mise à jour économique qui ne prévoit aucune réponse à la hauteur du défi.
    Dans l'Est du Québec, cela touche directement nos entreprises forestières, nos manufacturiers et les travailleurs qui font vivre nos communautés. Il n'y a aucun programme de soutien pour les secteurs frappés et aucun véritable plan pour protéger les emplois, comme si cette crise pouvait simplement attendre. Le Bloc québécois avait pourtant proposé des mesures concrètes pour soutenir les secteurs touchés par les droits de douane américains, aider les aînés, protéger nos médias régionaux et réformer enfin l'assurance-emploi. Aucune de ces propositions n'a été retenue.
    Nous demandions également de corriger l'injustice créée entre les aînés de 65 à 74 ans et ceux de 75 ans et plus. Dans une région comme le Bas‑Saint‑Laurent, cette question est loin d'être théorique. À 74 ans, l'épicerie coûte le même prix qu'à 75 ans. Le logement coûte le même prix. Le chauffage coûte le même prix. Pourtant, Ottawa continue de traiter ces aînés différemment. Pour le Bloc québécois, il ne devrait pas y avoir deux catégories d'aînés. Nos aînés ont travaillé durant toute leur vie. Ils ont bâti nos communautés. Ils méritent d'être traités avec équité.
    Nous demandions aussi un véritable soutien aux médias régionaux et francophones. Dans l'Est du Québec, nous avons vu l'information régionale perdre du terrain. Quand même un bulletin régional n'est plus présenté à partir de notre région, c'est un signal d'alarme. Le gouvernement a choisi de reculer devant les géants du Web et d'abandonner des revenus qui auraient pu servir à soutenir l'information locale, la culture et les médias francophones. Pourtant, cette mise à jour économique ne prévoit aucune mesure concrète pour soutenir davantage les médias régionaux ou protéger l'information locale. Encore une fois, ce sont les régions qui écopent.
    Dans une région où l'agriculture occupe une place importante dans notre économie, nous sommes également préoccupés par les modifications proposées à l'Agence canadienne d'inspection des aliments et à la Loi sur les produits antiparasitaires. Le gouvernement veut permettre que des considérations économiques soient mises en balance avec la santé publique et la protection de l'environnement. Pour le Bloc québécois, lorsqu'il est question de la santé, ce n'est pas la politique qui doit décider. C'est la science. La santé publique ne doit jamais devenir une variable d'ajustement économique.
    Je veux maintenant parler de l'assurance-emploi. Le gouvernement prolonge certaines mesures pour les travailleurs saisonniers jusqu'en 2028. C'est mieux que rien. Or ce n'est toujours pas la réforme en profondeur que réclament les régions depuis des décennies. Dans le Bas‑Saint‑Laurent, la saisonnalité n'est pas un phénomène temporaire. Elle fait partie de notre réalité économique. En 2028, nos industries forestières, agricoles, touristiques et maritimes auront encore besoin de travailleurs. Les réalités qui justifient ces mesures seront toujours présentes.
    Pourquoi alors continuer à offrir uniquement des solutions temporaires à un problème qui, lui, est permanent? Pourquoi maintenir l'incertitude année après année? Pourquoi refuser d'inscrire de manière durable ces protections dans la loi? Le Bloc québécois réclame une véritable réforme de l'assurance-emploi, une réforme permanente, une réforme structurante, une réforme qui éliminera enfin le trou noir vécu par des milliers de travailleurs. Nos travailleurs saisonniers ne sont pas un problème temporaire. Ils sont au cœur de l'économie de nos régions.
(1340)
    En définitive, ce projet de loi ne répond pas aux priorités des régions comme la nôtre. Il ne répond pas aux défis causés par les droits de douane américains. Il ne répond pas aux attentes des travailleurs saisonniers. Il ne répond pas non plus aux besoins criants des aînés. Il ne répond pas aux difficultés vécues par nos médias régionaux. De plus, il soulève de sérieuses inquiétudes en matière de santé publique et de protection de l'environnement.
    Les gens de chez nous ne demandent pas de la lune. Ils demandent qu'on les écoute. Ils demandent qu'on tienne compte de leur réalité. Ils demandent des réponses concrètes aux défis qu'ils vivent au quotidien. Malheureusement, ce projet de loi ne leur offre pas ces réponses.
    C'est pourquoi le Bloc québécois votera contre le projet de loi C‑30.

[Traduction]

    Madame la Présidente, il n'est pas surprenant que le Bloc prenne la décision de voter contre le budget et le projet de loi de crédits supplémentaires nécessaire pour le mettre en œuvre. Au bout du compte, il s'agit d'un budget qui, en réalité, servirait tous les Canadiens de bien des façons.
    Le député a parlé des personnes âgées de 65 à 75 ans. Ce qu'il n'a pas mentionné, c'est que, en ce qui concerne les besoins médicaux, les capacités d'emploi et d'autres types de dépenses, il y a généralement une différence entre les personnes de 65 à 75 ans et les personnes de 75 ans. C'est sans parler du fait que nous avions pris un engagement en ce sens dans un programme électoral.
    Le député est très sélectif. Toutes les régions du pays sont soutenues de façon très concrète dans ce budget, y compris ma province et la sienne, et nous avons tous nos provinces très à cœur.

[Français]

    Madame la Présidente, ce que le secrétaire parlementaire vient de dire est extrêmement insultant.
    La mesure qu'il offre aux personnes aînées — il dit maintenant qu'il l'offre à tout le monde — est une mesure temporaire. Le problème du pouvoir d'achat des personnes aînées, lui, est permanent. S'il n'a pas compris ça après toutes ces années en tant que député du Parlement, je me demande ce qu'il fait ici.
    J'invite mon collègue à aller sur le terrain pour rencontrer les personnes aînées, et je l'invite à leur demander s'ils doivent faire des choix déchirants, aujourd'hui, en choisissant de payer leur loyer, leurs médicaments, leur épicerie ou leurs vêtements. Ensuite, il viendra nous dire des choses comme il vient de la faire.
    Je pense qu'il va prendre un « deux minutes », comme on dit en bon québécois.
    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue de son propos. Il a commencé, d'ailleurs, en soulignant les 35 ans du Bloc québécois. Je souhaite donc à tous les gens du Bloc québécois un bon anniversaire.
    On aura compris que je ne reviendrai pas sur le fond des choses, mais, puisqu'il a cité M. Lucien Bouchard, j'aimerais le citer également. En effet, au mois d'août dernier, M. Lucien Bouchard a déclaré qu'il n'était pas en faveur de la tenue d'un référendum immédiatement. Il a dit ceci:
    Je fais confiance au bon jugement de M. Plamondon [le chef du Parti québécois] pour réexaminer la question et prendre une décision qui va dans le sens de l'intérêt public [...]
    Je ne voudrais pas lui nuire, mais je pense [que M. Plamondon] va devoir réfléchir sérieusement avant de maintenir son engagement de faire un référendum [...]
    Mon collègue est-il d'accord avec M. Lucien Bouchard?
    Madame la Présidente, je reconnais bien le député de Louis‑Saint‑Laurent—Akiawenhrahk, qui nous confirme qu'il se retrouvera dans le camp du « Non » lors du prochain référendum. De mon côté, je confirme que je vais être dans le camp du « Oui », au cas où il aurait des inquiétudes par rapport à mes intérêts politiques.
    Cela dit, ce qui est encore plus farfelu, c'est que mon collègue me pose de telles questions alors qu'il sait très bien que ça ne relève pas d'un débat de la Chambre des communes.
    Toutefois, j'espère qu'il sera maintenant rassuré à la suite de mes réponses claires et limpides.
(1345)
     Je confirme que ce débat n'a effectivement rien à voir avec les affaires du gouvernement.
    L'honorable député de Elgin—St. Thomas—London‑Sud a la parole.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. Nous sommes en désaccord sur bien des choses, mais il a raison de souligner la tendance des libéraux à imposer leurs propres solutions aux provinces et aux gens.
    En ce qui concerne le projet de loi C‑30, les libéraux ont écourté le débat. Ils ont refusé à des témoins importants la possibilité de comparaître et ils ont tenté de faire adopter des idées sur lesquelles ils n'avaient pas fait campagne.
    Que pense-t-il que cela révèle quant à l'engagement des libéraux envers la reddition de comptes?
    Madame la Présidente, je salue mon collègue pour les efforts qu'il fait en français.
    C'est assez simple à comprendre. Les libéraux se sont trafiqué une majorité. Ce n'est quand même pas banal. C'est la première fois dans l'histoire. Sait-on ce qui s'est produit d'autre pour la première fois dans l'histoire? On a enregistré le plus gros déficit de l'histoire, soit 78 milliards de dollars. Là, ils sont bons, finalement, ils vont réduire ça de 10 milliards de dollars.
    Ce gouvernement fait actuellement tout le contraire de ce qu'il avait promis lors des premières élections, qui ont eu lieu en avril 2025. Là où le bât blesse surtout, c'est qu'il avait dit qu'il réglerait la crise avec les Américains. Or, actuellement, rien n'est réglé. On fait concession après concession, principalement sur le dos du Québec. Notre économie est celle qui est la plus fortement touchée comparativement au reste du Canada.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country, une circonscription dont le nom est encore plus long que le mien.
    Aujourd'hui, nous parlons de notre mise à jour économique, qui constitue une étape importante de notre plan visant à bâtir un Canada fort. Au cours des prochaines minutes, je vais revenir sur ce que nous entendons par un Canada fort. Lorsqu'on parle de bâtir une économie canadienne forte, on parle d'une économie qui fonctionne pour tout le monde. C'est pourquoi nous maintenons nos investissements dans les programmes sociaux qui aident la population à faire face au coût de la vie.
    Je pense notamment à l'Allocation canadienne pour enfants. Il s'agit d'un versement mensuel non imposable qui aide les familles à subvenir aux besoins de leurs enfants. Depuis l'introduction de cette mesure en 2016, elle est devenue une mesure phare de notre filet social au Canada. Elle permet chaque année à près de 600 000 enfants de demeurer au-dessus du seuil de la pauvreté. Dans ma province, le Nouveau-Brunswick, ce sont plus de 80 000 familles qui reçoivent près de 640 millions de dollars par année. Cet argent va directement dans les poches des familles néo-brunswickoises afin de les aider à subvenir aux besoins de leurs enfants.
    En juillet de cette année, les versements mensuels augmenteront de nouveau afin de tenir compte de l'inflation. Voilà un bon exemple de ce que nous voulons dire lorsque nous parlons de bâtir une économie canadienne forte qui fonctionne pour tout le monde.
    Lorsque nous parlons de notre plan pour bâtir un Canada plus fort, nous parlons aussi d'investissements dans nos projets d'intérêt national, dans nos infrastructures et dans le logement, mais également dans les projets menés sur le terrain par nos organismes communautaires.
    J'aimerais notamment souligner l'importance du programme Nouveaux horizons pour les aînés, qui offre un soutien financier à la réalisation de projets ayant une incidence positive sur la vie des aînés dans leurs collectivités.
    Chaque année, de nombreux projets sont ainsi réalisés, y compris dans ma circonscription. Ils offrent toute une gamme d'activités qui ont des retombées positives pour les aînés et pour les installations qu'ils utilisent. Ces projets contribuent à briser l'isolement social, à favoriser le bénévolat chez les aînés et à renforcer l'ensemble des collectivités où ils se déroulent.
    Cette année, l'appel de propositions est ouvert. Les projets pourront recevoir jusqu'à 50 000 $ de financement et les organisations intéressées ont jusqu'au 14 juillet pour soumettre leur demande.
    J'aimerais illustrer l'importance de ces investissements par quelques exemples tirés de ma circonscription, puisque ce sont des projets qui améliorent réellement la vie des gens que je représente ici. Je pense notamment aux investissements qui ont été réalisés dans différents clubs de l'âge d'or de Saint-François-de-Madawaska, où des rénovations ont été effectuées à la cuisine communautaire. Je pense également à toute une série d'activités et d'ateliers offerts à Kedgwick au bénéfice des aînés, et à l'achat de matériel pour des activités extérieures à Saint-Quentin ou aux rénovations au club de l'âge d'or de Campbellton. Je pense aussi à d'autres types d'organismes, aux Résidences Jodin à Edmundston, où j'ai pu assister à l'ouverture d'un jardin communautaire, à la Galerie Acanthus à Grand-Sault, qui offre des cours de poterie, aux activités multigénérationnelles offertes à Vallée-des-Rivières, ou aux travaux d'amélioration pour Les aventuriers de Charlo. Il s'agit d'une gamme d'activités. Ce ne sont pas toujours d'immenses financements, mais il s'agit d'argent bien investi qui améliore la vie des aînés et au sein de nos collectivités.
    Lorsqu'on parle de bâtir un Canada fort, il faut également se demander dans quels secteurs de l'économie nous devons renforcer nos capacités et les développer. Cela me fait penser au travail que nous accomplissons afin de doter le Canada de capacités souveraines en matière de lancement spatial.
    À l'heure actuelle, le Canada est le seul pays du G7 à ne pas posséder de capacités souveraines de lancement spatial. Pour remédier à cette situation, nous avons récemment présenté une loi sur les lancements spatiaux canadiens qui va changer la donne en établissant le cadre nécessaire à la création de capacités souveraines de lancement spatial au Canada. Cela s'ajoute aux investissements que nous réalisons pour soutenir le développement de ports spatiaux, notamment celui de Maritime Launch Services, en Nouvelle‑Écosse.
    Ces investissements sont importants parce qu'ils nous procurent des capacités souveraines, notamment pour répondre à nos besoins en matière de défense et à nos intérêts stratégiques. Ils auront également d'importantes retombées économiques et répondront aux besoins d'une diversité de secteurs, notamment celui des télécommunications.
    On sait que les nouvelles technologies satellitaires qui se développent rapidement ont le potentiel de changer la donne en matière de connectivité cellulaire dans nos régions. J'en sais quelque chose puisque je représente Madawaska—Restigouche. Très régulièrement, je me fais parler des problèmes de connectivité cellulaire par les citoyens. Je me promène d'un bout à l'autre, que je parte du Madawaska, à Saint‑Basile, en passant par Sainte‑Anne‑de‑Madawaska dans le Restigouche, ou par la route 17, pour ne nommer que ces exemples, il y a beaucoup de trous noirs où on n'a pas de couverture cellulaire.
(1350)
    C'est à la fois un problème de sécurité, mais c'est aussi un problème économique, et comme c'est un problème d'attractivité pour nos communautés, c'est donc un problème de premier plan pour les gens que je représente. Il est certain qu'en tant que député, je m'intéresse beaucoup au potentiel des satellites qui seraient en mesure, avec certaines technologies, d'élargir de manière substantielle la couverture cellulaire de nos régions mal desservies à l'heure actuelle. En nous dotant de capacités souveraines à matière de lancement spatial et en appuyant le développement d'un spatioport, nous contribuons au fait que le Canada ne rate pas le bateau et au fait que nous ayons des capacités pour appuyer ce secteur d'avenir. Nous savons que ça évolue et que cette technologie se développe. Nous nous préparons donc et nous investissons pour préparer ce secteur économique des télécommunications, d'autant plus que nous considérons son grand potentiel en matière de connectivité cellulaire. Voilà donc un exemple.
    Bâtir un Canada fort, ça se fait aussi en protégeant la nature. Au printemps dernier, nous avons lancé « Une force de la nature : la stratégie du Canada pour protéger la nature », qui est appuyée par un investissement de 3,8 milliards de dollars et qui va notamment mettre l'accent sur des résultats mesurables et des mesures qui pourront être mises en œuvre d'ici 2030. Notre stratégie repose sur trois piliers visant à harmoniser la protection de la nature et la croissance économique. Ces trois piliers sont « Protéger la nature au Canada », « Bien bâtir le Canada » et « Valoriser la nature et mobiliser les capitaux ».
    Parmi l'ensemble des mesures qui vont découler de notre stratégie pour mieux protéger la nature, j'aimerais parler de notre investissement sur cinq ans de 81,7 millions de dollars dans le cadre de la Stratégie nationale du Canada pour assurer l’avenir du saumon atlantique 2024‑2036. Ce financement va apporter une contribution essentielle pour stabiliser et rétablir les habitats des saumons sauvages de l'Atlantique. On le sait, cette espèce est en déclin depuis les années 1980, mais son déclin s'est accéléré au cours des dernières années et a des répercussions réelles sur nos communautés. Il est donc important d'investir pour rescaper cette espèce, notamment pour protéger nos écosystèmes naturels, mais aussi pour sa valeur culturelle et identitaire très forte.
    Dans ma circonscription, Madawaska—Restigouche, la pêche aux saumons est liée à des traditions qui remontent à plusieurs générations, à des savoirs de pêche et à des pratiques qui sont transmises de génération en génération. Le déclin de la population de saumons sauvages représente aussi une perte de notre patrimoine vivant chez nous. C'est donc au cœur de notre identité et de notre culture. Ça a aussi des conséquences économiques importantes parce que des centaines d'emplois en dépendent dans les camps de pêche pratiquant la pêche aux saumons, notamment au bord de la rivière Restigouche. Ces camps se retrouvent en majorité dans ma circonscription. Ça a des retombées économiques importantes pour nos communautés.
    En résumé, préserver le saumon atlantique sauvage et investir dans notre stratégie pour protéger la nature, c'est à la fois protéger la nature, soutenir notre économie locale et maintenir notre patrimoine vivant.
    Pour bâtir un Canada fort, il faut aussi maintenir un secteur des arts et de la culture fort. Je suis très heureux que nous ayons annoncé un investissement de plus de 750 millions de dollars pour appuyer le secteur des arts et de la culture dans le dernier budget de 2025. Le fait d'appuyer les arts et de la culture soutient notre identité et notre culture, mais ça apporte aussi des retombées économiques importantes pour nos communautés. Je pense aussi à une panoplie de différents projets qui peuvent être soutenus dans nos circonscriptions au moyen de ces financements, notamment dans nos festivals.
    L'été est à nos portes, et toute une gamme d'activités se déroulent pendant l'été. Des artistes locaux sont souvent mis en valeur lors de festivals dans nos communautés. En effet, chez nous, dans Madawaska—Restigouche, il y a une riche programmation. Des bénévoles dévoués ont à cœur nos communautés et souhaitent que nous ayons une saison estivale vivante et dynamique. C'est à cette fin que le gouvernement fédéral appuie la présentation d'art, notamment d'artistes locaux, par l'entremise des différents programmes du ministère du Patrimoine canadien. Ces programmes peuvent aussi servir à appuyer la programmation de nos sociétés culturelles et de nos centres des arts. C'est donc toute une série de financements qui reconnaissent l'importance du secteur des arts et de la culture pour bâtir un Canada fort.
    Je vois que le temps qui m'est alloué arrive à sa fin. Je répondrai avec plaisir aux questions de mes collègues.
(1355)
     Madame la Présidente, le projet de loi C‑30 contient des mesures qui permettent au Cabinet d'accorder des exemptions à certaines règles sur les aliments et l'agriculture pendant une période pouvant aller jusqu'à trois ans avec une prolongation possible.
    Mon collègue est-il d'accord pour dire que de tels pouvoirs devraient être débattus de façon approfondie et rigoureuse plutôt que d'être adoptée à toute vitesse en comité?
    Madame la Présidente, je suis heureux que nous parlions de la question des aliments, parce qu'il est important de renforcer notre souveraineté alimentaire au Canada. D'ailleurs, la semaine dernière, nous avons posé les jalons de notre stratégie en matière de sécurité alimentaire.
     Ça passe par des investissements dans nos producteurs locaux et par des mesures de soutien pour les serres. Nous allons aussi voir où sont les défis et comment nous pouvons augmenter la production au Canada. Pour assurer notre sécurité alimentaire, nous voulons avoir une plus grande part d'aliments canadiens dans nos assiettes.
    C'est ce que nous voulons faire dans le cadre de la stratégie que nous avons annoncée dans les dernières semaines.
    Monsieur le Président, j'ai le privilège de siéger avec mon collègue au Comité permanent de la science et de la recherche. Nous partageons quand même certaines frontières du côté de la ruralité et nous comprenons certaines de nos réalités communes.
     J'aimerais lui parler de la question de l'assurance-emploi. Depuis 2015, les libéraux, qui sont au pouvoir, promettent une réforme. En 2015, le gouvernement Trudeau l'a dit. En 2019, lors de la campagne électorale, on l'a dit. En 2021, on avait même promis dans le budget qu'on allait faire cette réforme. Nous sommes en 2026, et ce n'est toujours pas fait. On propose des solutions temporaires à un problème permanent.
    Est-ce que mon collègue croit vraiment qu'il bâtit un Canada fort quand il propose des solutions temporaires à un problème permanent?
    Monsieur le Président, en 2016, dès le retour au pouvoir des libéraux, les mesures les plus controversées de la réforme de l'assurance-emploi du gouvernement conservateur de Stephen Harper ont été abolies. Plusieurs de ces mesures ne répondaient pas du tout aux réalités de nos régions rurales. On a donc annulé les mesures qui avaient été mises en place par les conservateurs.
    En 2018, on a lancé le projet pilote pour 13 régions économiques au Canada où le travail saisonnier est une réalité. Ça permet d'offrir jusqu'à cinq semaines supplémentaires d'assurance-emploi. Ce projet aide les travailleurs saisonniers, mais aussi les employeurs et l'économie de l'ensemble de ces communautés, parce que ça fait que les gens peuvent rester dans leur communauté en attendant la prochaine saison.
    Je suis très heureux de dire que nous avons prolongé le financement de cette mesure dans la mise à jour économique. D'ailleurs, ce projet pilote s'applique dans l'ensemble de ma circonscription. Je crois que c'est un pas dans la bonne direction pour appuyer nos travailleurs dans l'optique de bâtir un Canada fort.
     Il restera une minute et demie pour les questions et les observations après la période des questions orales.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

(1400)

[Traduction]

Les lésions cérébrales

    Monsieur le Président, juin est le Mois de la sensibilisation aux lésions cérébrales, une occasion de rendre hommage aux survivants, aux familles, aux soignants et aux premiers intervenants dont la vie a été changée à jamais par les lésions cérébrales.
    Dans Courtenay—Alberni, Amelia Hayden, une agente de la GRC à la retraite, connaît très bien ces répercussions. Elle était de service le jour où l'agent Gerry Breeze a été blessé. Madame Hayden est restée une source de soutien pour la famille de son collègue tout au long de son rétablissement et après son décès. Leur histoire nous rappelle pourquoi le Canada a besoin d'une stratégie nationale sur les lésions cérébrales. C'est la raison pour laquelle j'ai présenté le projet de loi C‑206.
    Au cours de la dernière législature, le projet de loi de l'ancien député Alistair MacGregor a été adopté à l'unanimité à toutes les étapes du rapport, mais il est mort au Feuilleton à cause de la prorogation. L'appel à l'action est non partisan et, le mercredi 17 juin, alors que les Canadiens marqueront une pause nationale pour souligner l'importance de la question des lésions cérébrales, nous espérons que tous les partis appuieront la demande d'une stratégie nationale sur les lésions cérébrales dans le budget de cet automne.

La Burnaby Hospice Society

    Monsieur le Président, cette année, la Burnaby Hospice Society célèbre ses 40 ans au service de la localité de Burnaby. Cet anniversaire a pour moi une signification profondément personnelle. Ma mère a lutté contre un cancer du col de l'utérus pendant trois ans. Au cours des derniers mois de sa vie, elle a reçu des soins palliatifs qui lui ont procuré réconfort et paix. Ces soins ont également donné à notre famille la force d'affronter l'inimaginable. « Sois une bénédiction pour les autres » ont été ses derniers mots. Ce sont ces paroles qui m'ont incité à mener une vie au service des autres et à devenir député à la Chambre des communes.
    Ayant été témoin des bienfaits des soins palliatifs, je sais que ceux qui les prodiguent — travailleurs comme bénévoles — ne peuvent pas changer ce qui nous attend, mais ils peuvent veiller à ce que personne n'entreprenne son dernier voyage seul.
    Je remercie chaque membre du personnel, chaque bénévole, chaque donateur et chaque sympathisant de la Burnaby Hospice Society. Dans ces moments où l'on tient une main pour la dernière fois et où l'on murmure un dernier adieu, ils sont là. Ils nous rappellent que l'âme d'une société ne réside pas dans la façon dont elle célèbre la vie, mais dans la façon dont elle prend soin des siens lorsque la vie touche à sa fin.

L'incendie dans Saskatoon‑Ouest

    Monsieur le Président, c'est avec le cœur lourd que j'interviens au sujet de l'incendie qui a fait des ravages dans le quartier Hampton Village, dans Saskatoon‑Ouest. En quelques instants, 4 logements ont été détruits et 20 propriétés ont été endommagées. Des familles ont perdu l'endroit où elles avaient bâti leur vie, regardé leurs enfants grandir et amassé des souvenirs. L'une d'entre elles a en plus dû faire le deuil déchirant de leur chère chienne Mocha.
    Voilà le genre de tragédie qui ébranle une population entière. Néanmoins, dans toute cette tristesse, Saskatoon‑Ouest a montré ses meilleurs côtés. Des voisins, des amis, des entreprises de proximité et de purs étrangers sont venus en aide aux personnes qui ont tant perdu. Le restaurant Da India Curry House et le magasin Sweets For My Sweets ont ainsi tenu des activités de financement au bénéfice des victimes. Voilà des exemples concrets d'altruisme communautaire.
    J'assure aux familles en cause qu'elles ne sont pas seules, car la population de Saskatoon est là pour elles. Je remercie toutes les personnes qui ont fait un don, du bénévolat ou une prière ainsi que celle qui ont retroussé leurs manches. Je leur sais gré de nous rappeler que face à une perte incommensurable, l'espoir, la bonté et la solidarité peuvent rayonner comme jamais auparavant.

Le Mois national de l'histoire autochtone

    Uqaqqtittiji, puisque juin est le Mois national de l'histoire autochtone, je rappelle à tous les Canadiens de célébrer l'histoire, la culture, les forces et l'esprit brillant des peuples autochtones de tout le Canada.
    En tant que fière Inuk, je mets en lumière les forces des Inuits canadiens de l'ensemble de l'Inuit Nunangat aussi bien que celles des Inuits de tout l'Inuit Tapiriit Nunarjuarmi, l'Arctique circumpolaire.
    Pour les Inuits, la conception ancestrale du monde fait partie intégrante de la société actuelle. Je la perçois dans le fait que les Inuits continuent d'être des chasseurs, des couturières et des détenteurs du savoir. Je la perçois dans l'influence des décideurs inuits au sein de la sphère politique, au pays comme à l'étranger. Je l'ai vue influer sur des mesures législatives destinées à protéger les langues et les droits des Autochtones, dont la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
    Nous avons encore tant à apprendre des Inuits et des autres peuples autochtones. Travaillons de concert à rendre notre avenir collectif encore plus prometteur.

L'édifice du Centre

    Monsieur le Président, j'espère que tous les députés ont examiné le plan de salle qui a été proposé en prévision de notre retour à l'édifice du Centre.
    Devant le nombre grandissant de députés qui occupent un espace fixe, la solution du gouvernement consiste d'abord à augmenter d'environ 30 % la taille des pupitres des ministres pour que le premier ministre se sente aussi à l'aise que dans son jet de luxe préféré, ce qui aura pour effet de créer artificiellement un manque d'espace pour les quelque 300 autres députés, qui seront tassés comme des sardines sur quatre rangées de gradins, au point où ils n'auront plus d'espace pour travailler et où ils se marcheront sur les pieds pour atteindre leur siège.
    Il serait préférable d'adopter le modèle du nouveau plan de salle de l'Assemblée nationale du Québec. Nous pourrions avoir cinq rangées de 36 places, reliées par quatre allées. Nous aurions ainsi des sièges plus larges, nous conserverions les pupitres au lieu d'installer des gradins et il y aurait assez d'espace pour que les députés puissent circuler derrière le siège de leurs collègues au lieu de se marcher sur les pieds.
    À cette fin, il suffit d'adhérer au principe ancien voulant qu'on traite tous les députés sur un pied d'égalité et qu'on leur attribue un siège en conséquence. C'est ce qu'il faut faire.
(1405)

[Français]

Jeunesse Idem

     Monsieur le Président, en ce début de la saison de la Fierté, j'ai le plaisir de me lever pour souligner le 30e anniversaire de Jeunesse Idem.
    Depuis 30 ans, les jeunes de la communauté 2SLGBTQIA+ de l'Outaouais ont un endroit où ils sont respectés, affirmés et aimés. Depuis 30 ans, les jeunes queers de l'Outaouais ont une place pour s'épanouir, grandir et retrouver une communauté. C'est un endroit où se retrouver soi-même. Depuis 30 ans, Jeunesse Idem visite les écoles de l'Outaouais pour enseigner l'amour des autres et l'amour de soi-même à nos jeunes. Alors que nous voyons l'augmentation de l'homophobie, la transphobie et la violence contre les queers, le travail que fait Jeunesse Idem, de jour en jour, est toujours aussi important et pertinent.
    En mon nom et au nom des gens de Hull—Aylmer, je remercie et salue Jeunesse Idem pour 30 ans de travail accompli.

[Traduction]

La culture de l'Alberta

    Monsieur le Président, l'année dernière, le chef du Bloc québécois a déclaré, en parlant de l'Alberta: « Je ne suis pas certain que le pétrole et le gaz suffisent » à définir une culture. Un animateur de balado canadien de gauche a récemment écrit: « L'Alberta n'a aucune culture. Aucune, sauf si vous considérez qu'être un péquenaud qui travaille dans le pétrole et qui se soûle à mort, c'est une culture. »
    Je lance un message à tous ceux qui adhèrent à cette vision paternaliste. C'est la culture de l'Alberta qui fait avancer le Canada. La culture de l'Alberta, fondée sur la prise de risques, qui a permis le développement du puits Leduc no 1, a dynamisé l'ensemble de l'économie canadienne. Cette même culture de résilience et d'autonomie, qui pousse les agriculteurs et les éleveurs canadiens à nourrir le monde, permet de construire des hôpitaux en Ontario et au Québec. Notre culture de persévérance, d'assurance et d'amour de la beauté sauvage se retrouve dans notre art, notre musique et nos festivals.
    Ceux qui cherchent à tout prix à éradiquer la culture d'autodétermination de ma province agissent à leur propre détriment et au détriment de l'ensemble du pays. Pour une Alberta plus forte au sein d'un Canada uni, nous devons reconnaître et célébrer la culture de l'Alberta, et prier de tout cœur pour que l'Alberta ait la chance d'en obtenir davantage. Voici ce que j'ai à dire: « Allez, hue! »

Le Mois du patrimoine philippin

    Monsieur le Président, juin est le Mois du patrimoine philippin au Canada. C'est l'occasion de connaître et de célébrer la riche histoire, la culture et les contributions des Canadiens d'origine philippine à la société un peu partout au pays. Depuis l'arrivée des premiers immigrants philippins, des générations ont contribué à façonner le paysage social, économique, culturel et politique du Canada grâce à leur travail acharné, à leur résilience et à leur engagement au service des autres.
    Le Mois du patrimoine philippin est l'occasion d'honorer les traditions, les langues, les arts et les valeurs bien vivants qui forment une partie importante de l'identité multiculturelle du Canada. C'est également l'occasion de se remémorer les réalisations des Canadiens d'origine philippine dans tous les domaines, tout en étant conscient des difficultés que beaucoup ont surmontées pour se construire une nouvelle vie et renforcer la société canadienne.
    Alors que nous célébrons ce mois, saluons les contributions durables des Canadiens d'origine philippine et réaffirmons notre désir de favoriser l'inclusion, la diversité et la compréhension mutuelle. Mabuhay, Canada. Mabuhay, Philippines.

L'accident de voiture à Mapleton

    Monsieur le Président, les mots ne suffisent pas pour décrire la tragédie qui a eu lieu à Mapleton vendredi soir. Cinq jeunes vies ont été fauchées en un clin d'œil. Cinq enfants âgés de 4 ans, 6 ans, 8 ans, 10 ans et 12 ans ont été tués dans une terrible collision, et cinq autres membres de leur famille ont été grièvement blessés. Aujourd'hui, nos pensées et nos prières accompagnent la famille de même que la communauté d'Elmira. Tous pleurent cette perte inconcevable.
    Je tiens à remercier les premiers intervenants, c'est-à-dire les ambulanciers, les policiers et les membres du service d'incendie de Mapleton et des municipalités voisines, pour le professionnalisme et la compassion dont ils ont fait preuve. Nous sommes de tout cœur avec eux alors que les images de la tragédie dont ils ont été témoins les hantent. Je remercie les voisins et les bons samaritains qui se sont empressés d'apporter leur aide. Aujourd'hui, notre communauté est en deuil, prie, se souvient et rend hommage aux cinq resplendissantes jeunes vies qui ont été fauchées beaucoup trop tôt.
(1410)

[Français]

Les aînés

     Monsieur le Président, le 15 juin, c'est la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes aînées. Dans un contexte où l'on parle de plus en plus de fraude chez les personnes âgées, rappelons l'importance d'ouvrir les yeux et d'agir sur les différents types de maltraitance, comme la maltraitance financière.
    Alors que les aînés de 65 à 74 ans sont victimes d'une discrimination en fonction de leur âge, puisqu'ils ne reçoivent pas le même montant de pension que les aînés de 75 ans et plus, on parle ici d'âgisme, une autre forme de maltraitance. Pourtant, l'inflation en hausse et les problèmes de logement touchent directement les personnes vivant avec un revenu fixe.
    Alors que l'on parle aussi d'isolement grandissant chez les aînés, les nouvelles exigences du programme Nouveaux horizons compliquent la tâche aux bénévoles qui organisent des activités pour les sortir de leur solitude. Cessons d'ignorer les besoins des aînés pour leur permettre de vieillir avec bientraitance, avec bienveillance et dans la dignité.

[Traduction]

Le Mois de la sensibilisation à la SLA

    Monsieur le Président, plus de 4 000 Canadiens sont atteints de la sclérose latérale amyotrophique, ou SLA, et le mois de juin est le Mois de la sensibilisation à la SLA. On qualifie souvent la SLA de maladie rare, mais cela n’enlève rien aux répercussions bien réelles qu’elle a sur les personnes qui en sont atteintes. La SLA attaque les cellules nerveuses responsables du mouvement. Par conséquent, des fonctions humaines fondamentales telles que la marche, la parole, la respiration et bien d’autres encore sont affectées. Bien que les effets soient progressifs, ils sont absolument dévastateurs.
    Au mois de juin, alors que nous réfléchissons à la SLA et ce qu’elle représente pour ceux qui en sont atteints, nous célébrons également la résilience de ceux qui vivent avec cette terrible maladie. Nous pensons aussi à leur famille, à leurs amis, au personnel soignant et, bien sûr, aux chercheurs. Ces derniers accomplissent un travail considérable, non seulement pour sensibiliser le public à la SLA, mais aussi pour donner de l’espoir. Le mot « recherche », bien sûr, est synonyme d’espoir. Je les remercie.
    Je remercie la société ALS Canada et SLA Action Canada, deux formidables organismes de défense des droits qui accomplissent elles aussi un travail remarquable. Nous poursuivrons ce combat ensemble.

Bobbie Sparrow

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à Bobbie Sparrow, décédée en février à l'âge de 90 ans. Mme Sparrow a consacré sa vie au service des autres et n'a jamais failli à ses principes, ce qui lui a valu un grand respect. Infirmière en chirurgie à l'hôpital Holy Cross pendant plusieurs années, puis leader dans le secteur de l'énergie, elle a incarné la résilience de sa génération.
    Mme Sparrow s'est pleinement consacrée à Calgary et aux organismes de bienfaisance, aux institutions et à la vie civique de la ville. Quand elle était députée de Calgary‑Sud‑Ouest, elle a fait preuve du même sens du devoir à Ottawa, où elle s'est opposée avec acharnement au Programme énergétique national, à l'inflation et aux hausses d'impôts incessantes. Elle a exercé ses fonctions avec grâce et compétence, et avec une détermination sans faille. Elle s'est battue jusqu'au bout.
    Je remercie ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants de l'avoir partagée avec notre collectivité et notre pays. Puisse son exemple nous inspirer à défendre la Confédération pour laquelle elle s'est battue, ainsi que les ressources du pays, la promesse d'une liberté ordonnée et une nation définie par la force et l'ambition. Elle me manquera. Qu'elle repose en paix.

La culture folklorique canadienne

     Monsieur le Président, il y a 47 ans, La valse de maître draveur était projeté pour la première fois et remportait le prix du meilleur film d'animation lors d'un festival international du film en France.
    La valse de maître draveur est une chanson folklorique canadienne dont la version originale a été composée par Wade Hemsworth et interprétée par les Mountain City Four. La plupart d'entre nous associeront immédiatement cette mélodie à la scène emblématique de ce conte classique mettant en scène une jeune fille qui a bien dû satisfaire aux vœux de ses parents et sourire aux bourgeois et aux fils d'avocats tandis que le maître draveur « va voltigeant sur les billots qui flanchent ».
    Réalisé par John Weldon, le film rend hommage aux gars qui triment sur la rivière et a captivé l'imagination de générations de Canadiens, ainsi que celle des générations à venir, j'en suis convaincue, car c'est « Ainsi le gars maîtrise l'art de la valse ».

La santé

    Monsieur le Président, des milliers de Canadiens écrivent au comité de la santé pour exiger la tenue d'une enquête sur le scandale de 300 millions de dollars de PrescripTIon. Or, les députés libéraux les réduisent au silence et bloquent la tenue d'une enquête.
    Le 28 avril, la députée libérale de Don Valley-Nord a fermé les caméras lors d'une réunion d'urgence du comité tout en refusant d'expliquer pourquoi. Le 5 mai, le député libéral de Winnipeg-Ouest a voté pour mettre fin à la réunion du comité afin d'empêcher la ministre de la Santé de témoigner. Par la suite, il s'est fait prendre à dire en ligne aux gens de sa circonscription qu'il était favorable à une enquête même s'il a voté pour la bloquer. Le 1er juin, la ministre libérale de la Santé a refusé de comparaître devant le comité de la santé. Le 11 juin, le président libéral du comité a abruptement mis fin à la réunion et s'est littéralement sauvé en courant pour empêcher la tenue d'une enquête.
    Les Canadiens croient à la reddition de comptes, mais les libéraux, eux, croient à la dissimulation. Les conservateurs ne lâcheront pas le morceau tant que les Canadiens ne sauront pas toute la vérité sur l'échec de 300 millions de dollars de PrescripTIon et que les responsables n'auront pas rendu des comptes.
(1415)

Ottawa-Gatineau

    Monsieur le Président, le Canada a récemment été choisi pour accueillir la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience à la suite de négociations entre pays alliés.

[Français]

    Cette décision reflète la confiance de nos alliés et mènera à la création d'une institution finançant la défense, offrant des prêts abordables et facilitant les investissements stratégiques.

[Traduction]

    À titre de région de la capitale nationale, Ottawa-Gatineau est un choix tout indiqué pour accueillir la Banque. On y trouve déjà plus de 130 missions, et il s'agit d'une plaque tournante reconnue pour l'innovation en matière de défense et de sécurité qui abrite des institutions de recherche de classe mondiale, des laboratoires de pointe et un rare écosystème où le gouvernement, l'industrie, le milieu universitaire et le secteur de la sécurité travaillent de concert.

[Français]

    Ottawa et Gatineau possèdent le plus important bassin de talent spécialisé en défense au pays appuyé par une main-d'œuvre hautement bilingue.

[Traduction]

    Je me joins à mes collègues députés de la région de la capitale nationale, au maire d'Ottawa et à la mairesse de Gatineau pour affirmer qu'Ottawa-Gatineau est l'endroit idéal pour accueillir la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience.

L'économie

    Monsieur le Président, le premier ministre arrive aujourd'hui au Sommet du G7, et il est le seul dirigeant à avoir conduit son pays à une récession.
    Pendant que les familles font des pieds et des mains pour passer à travers cette véritable récession, les libéraux continuent de privilégier les annonces aux résultats. Jeudi, ils ont annoncé une énième stratégie sur le prix des aliments, mais la facture d'épicerie continue d'atteindre des sommets. Les Canadiens doivent faire des choix impossibles pour survivre. Au Nouveau-Brunswick, un homme a dû repousser sa chirurgie à cœur ouvert parce qu'il n'avait pas les moyens d'arrêter de travailler le temps qu'il récupère. Pendant ce temps, à Moncton, on a dénombré plus de 300 surdoses aux opioïdes en à peine deux semaines. La situation devient désespérée.
    Pendant que les familles se démènent pour acheter de quoi se nourrir, le premier ministre quitte le pays à bord d'un jet privé pour revenir on ne sait trop quand. Jusqu'ici, en 14 voyages, il a dépensé près de 1 million de dollars en repas de luxe à bord de ses avions.
     Quand deux Canadiens sur cinq ont du mal à mettre de la nourriture sur la table, ils se demandent pourquoi les libéraux financent ces dépenses luxueuses pendant qu'eux, ils ont du mal à arriver.

La Fête multiculturelle indo-caribéenne

    Monsieur le Président, l'association des Canadiens d'origine indo-caribéenne d'Ottawa célèbre les 25 ans de sa fête multiculturelle annuelle. Cette occasion toute spéciale permet de célébrer la culture, le patrimoine et l'identité de la communauté indo-caribéenne. Elle permet également de saluer la contribution inestimable de cette même communauté au Canada, notamment dans la région de la capitale nationale.
    Je tiens à féliciter mon ami Peter Maharaj, qui est ici sur la Colline, de tout de qu'il fait et de l'énergie qu'il met à organiser cette fête extraordinaire depuis des années. Je transmets ma gratitude à tous les bénévoles de la région qui contribuent au succès de cette activité multiculturelle années après année.
     Félicitations. Je souhaite encore 25 années de célébration de la communauté indo‑caribéenne du Canada.

Questions orales

[Questions orales]

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, le premier ministre se présente au G7 aujourd'hui en étant le seul dirigeant à avoir plongé son pays dans une récession. Alors qu'il parcourt le monde en avion et profite de luxueux services de traiteur en vol dont la facture avoisine le million de dollars, des Canadiens sont chassés de leur logis et contraints de recourir aux banques alimentaires. Deux Canadiens sur cinq ont du mal à mettre du pain sur la table; beaucoup de familles sautent des repas, vivent dans des véhicules récréatifs et ont du mal à dormir parce qu'elles se demandent comment elles pourront payer leurs factures.
    Le premier ministre mettra-t-il fin aux politiques libérales coûteuses qui ont causé cette crise afin que les Canadiens aient de nouveau les moyens de vivre et d'espérer?
    Monsieur le Président, chaque fois que nous proposons quelque chose pour aider les personnes dont la députée parle, elle suit les ordres de son chef et vote contre les mesures proposées, comme cela a été le cas pour l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, l'Allocation canadienne pour enfants, l'aide aux aînés et l'aide pour les soins dentaires.
    Nous n'allons pas nous excuser du fait que le premier ministre se rend dans d'autres pays, qu'il signe des accords commerciaux, qu'il rapporte des milliards de dollars d'investissements et qu'il crée des emplois et des débouchés pour les Canadiens d'un océan à l'autre.
(1420)
    Monsieur le Président, les Canadiens voient clair dans les illusions des libéraux. Les libéraux ne cessent de mettre en place de nouveaux programmes, qu'ils qualifient de progrès. Si on a besoin de plus d'aide gouvernementale uniquement pour joindre les deux bouts, ce n'est pas une réussite. C'est un aveu d'échec.
    Tous les pays du G7 subissent les mêmes pressions mondiales, mais un seul a réussi à transformer ces problèmes communs en récession nationale. C'est le Canada sous la direction du premier ministre libéral. Puisque les mêmes pressions mondiales touchent tout le monde, pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 en récession, alors que d'autres pays ont réussi à l'éviter?
    Monsieur le Président, je vais dire à la députée et à tous ses collègues ce qu'est la réussite. La réussite, c'est créer deux fois plus d'emplois par habitant que les États‑Unis. La réussite, c'est diversifier nos échanges commerciaux. La réussite, c'est le projet à Contrecœur. La réussite, c'est le train à grande vitesse en Ontario et au Québec, auquel le parti de la députée s'oppose. La réussite, c'est le protocole d'accord conclu avec l'Alberta. La réussite, c'est le développement économique d'un océan à l'autre.
    Nous continuerons d'enchaîner les réussites, malgré l'opposition des députés d'en face.
    Monsieur le Président, si l'on interrogeait n'importe qui dans la rue ou n'importe quelle entreprise qui subit depuis 11 ans les politiques lamentables des libéraux, on entendrait que le Canada est en récession, peu importe comment le parti au pouvoir ou les médias tentent de présenter les choses, et que la situation ne s'améliore pas. Les familles, les aînés et les jeunes s'inquiètent pour leurs finances et leur avenir. Le pire des scénarios — celui du doute et de l'incertitude — s'est insinué dans l'esprit des entreprises canadiennes.
     Le premier ministre libéral a la particularité d'arriver aux réunions du G7 en étant le seul dirigeant à avoir plongé son pays dans la récession. A‑t‑il l'intention de revoir ses politiques coûteuses, qui ont provoqué cette récession?
    Monsieur le Président, alors que l'opposition cherche à brosser un sombre tableau de notre pays, nous construisons. Nous construisons à Goose Bay, avec un investissement de 8 milliards de dollars. Nous construisons de nouveaux parcs éoliens en Nouvelle‑Écosse. Nous construisons de nouvelles centrales nucléaires en Ontario. Nous construisons de nouveaux oléoducs en Colombie‑Britannique et en Alberta.
     Tout ce que les conservateurs font, c'est dénigrer le Canada. Nous nous employons à construire.
     Monsieur le Président, le déclin du Canada n'a pas commencé en avril dernier. Il s'est amorcé il y a six ans, lorsque le premier ministre actuel était le conseiller économique de Justin Trudeau. Le premier ministre a laissé sa marque sur toutes les politiques ratées qui ont fait du Canada le seul pays du G7 en récession. Pendant que des libéraux bien placés et leurs alliés du milieu des affaires tirent leur épingle du jeu, les maigres mesures offertes aux familles, aux personnes âgées et aux jeunes ne peuvent masquer le fait que 60 % des Canadiens sont préoccupés par leur situation financière, que 40 % en perdent le sommeil, que 38 % vivent en situation d'insécurité alimentaire, et que 2,2 millions de personnes ont eu recours à une banque alimentaire l'année dernière.
    Comment peut-on prétendre que tout va bien?
     Monsieur le Président, je comprends qu'ils souhaitent revenir six ans en arrière et reprendre les élections. Malheureusement pour eux, la situation est ce qu'elle est aujourd'hui, heureusement pour le Canada.
     La première ministre de l'Alberta dit qu'elle n'a jamais été aussi optimiste concernant l'avenir du pays, et tous les premiers ministres des provinces et des territoires abondent dans le même sens. Ils veulent travailler avec le gouvernement à bâtir le pays.
    Au lieu de dénigrer notre travail, pourquoi les conservateurs ne nous aident-ils pas, eux aussi, à bâtir le pays?

[Français]

    Monsieur le Président, le premier ministre libéral va se présenter aujourd'hui au sommet du G7 en étant le seul dirigeant à avoir conduit son pays en récession.
    Des travailleurs à temps plein vivent dans des véhicules récréatifs parce qu'ils n'ont plus les moyens de se loger. Selon Centraide, 60 % des Canadiens sont anxieux pour leurs finances et 38 % vivent dans l'insécurité alimentaire. Pourtant, le premier ministre libéral, lui, trouve le moyen de dépenser 1 million de dollars pour de la nourriture de luxe dans ses avions.
    Le premier ministre libéral va-t-il enfin mettre fin à ses dépenses inflationnistes, à la bureaucratie et aux politiques qui ont créé cette crise canadienne du coût de la vie?
    Monsieur le Président, eu égard à l'économie, les prévisions indiquent que le Canada affichera la deuxième croissance la plus rapide parmi les pays du G7.
    Cela fait 38 mois que les salaires augmentent plus rapidement que l'inflation, mais nous sommes conscients qu'il reste des défis. C'est pourquoi, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous acharnons à réaliser de grands projets, à créer des emplois et à générer de la richesse au pays. Or, voir les conservateurs arriver chaque jour, la main sur le cœur, avec toute l'empathie du monde, alors qu'ils ont voté contre des mesures qui ont aidé des millions de Canadiens, qu'il s'agisse de l'Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, du Régime canadien de soins dentaires ou de l'Allocation canadienne pour enfants, me porte à les inviter à prendre un pas de recul et à commencer à agir conformément à leurs paroles.
(1425)
    Monsieur le Président, ils veulent qu'on les applaudisse pour un pansement qu'ils ont mis sur une blessure qu'ils ont eux-mêmes créée. C'est ça, le problème.
    J'ai un message pour le premier ministre qui est au G7. J'ai également un message pour ce ministre. Rogelio Rigor, un père de famille québécois ayant deux emplois, a confié à La Presse: « J'essayais juste de survivre. » Il a dû faire une proposition de consommateur.
    Voilà le vrai bilan économique de ce premier ministre libéral. Au lieu de dépenser près de 1 million de dollars en repas de luxe lors de ses voyages, le premier ministre libéral est-il prêt à sacrifier son saumon fumé, parce que Roselio, lui, a tout sacrifié à cause de l'inflation libérale?
    Monsieur le Président, je n'ai pas leurs noms, mais il y a dans sa circonscription 13 586 familles qui se partagent 101 millions de dollars de l'Allocation canadienne pour enfants, contre laquelle il a voté. Je n'ai pas leurs noms, mais ce sont 13 500 familles qui en dépendent.
    Je n'ai pas leurs noms, mais il y a 39 000 personnes dans sa circonscription qui bénéficient du Régime canadien de soins dentaires.
    Je n'ai pas leurs noms, mais il y a des dizaines de milliers de ses concitoyens qui bénéficient de la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels.
    Je l'invite à arrêter de faire de grands discours à la Chambre et à commencer à voter pour son monde.

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, le premier ministre fait de beaux discours. Après Davos, où il appelait à un front commun des puissances moyennes, il déclarait samedi au G7 que les fils d'un nouvel ordre mondial pourraient être tissés. Le problème, c'est que ce ne sont que de beaux discours.
    Dans la vraie vie, le premier ministre se désolidarise de l'Europe en annulant la taxe sur les services numériques. Il se distancie de l'Union européenne en annulant les redevances imposées aux diffuseurs en ligne. Il laisse aux Européens la lutte climatique pour pouvoir bâtir des pipelines au profit des propriétaires américains de pétrolières.
    Pourquoi passe-t-il son temps à abandonner les puissances moyennes juste pour plaire à Donald Trump?
    Monsieur le Président, il existe un autre phénomène européen: le train à grande vitesse. Il a été adopté par à peu près tous les pays d'Europe, et maintenant par le Royaume du Maroc.
    Le Canada veut se donner cette technologie, qui se veut à la fois environnementale, une révolution en mobilité et une infrastructure capable de transporter des millions de Québécois et de Canadiens chaque année et de changer la donne en matière de mobilité.
    Pourquoi le Bloc québécois a-t-il changé d'avis sur le train à grande vitesse?
    Monsieur le Président, on n'a même pas parlé du pipeline Keystone XL, qui plairait aux États-Unis, mais qui nuirait à tous les pays qui luttent contre les changements climatiques.
    On n'a même pas parlé du projet de loi C‑30 qui permettrait de réautoriser des pesticides interdits. Ça va plaire aux usines américaines de produits Monsanto, mais nuire aux échanges commerciaux avec l'Europe, qui applique des normes plus sévères.
    Le premier ministre dit bien des affaires, mais ses gestes l'éloignent des alliés européens pour le rapprocher de Donald Trump. Il rédige de beaux discours, mais pourquoi fait-il toujours le contraire de ce qu'il dit?
    Monsieur le Président, pourquoi le Bloc québécois s'acharne-t-il contre les usines québécoises, les PME québécoises et la main-d’œuvre québécoise qui travailleraient à édifier cette grande infrastructure, l'infrastructure d'un train à grande vitesse? Il s'agit de PME à Louiseville, de shoppes dans le Vieux-Montréal, d'entreprises à Gatineau et de publicitaires à Québec.
    C'est une révolution. Ce sont 51 000 emplois créés et 35 milliards de dollars ajoutés à notre PIB. C'est une révolution en mobilité. Pourquoi le Bloc québécois, mené par le député de Repentigny, renonce-t-il?
    Monsieur le Président, c'est zéro en deux, on va lui donner une autre chance.
    Le premier ministre répète qu'il faut se liguer avec les puissances moyennes face aux États-Unis. Pourtant, il abandonne les 17 pays européens et l'Australie qui, eux, taxent les services numériques des GAFAM. Il abandonne l'Union européenne qui impose des redevances aux diffuseurs en ligne comme Netflix.
    Le combat pour la diversité des expressions culturelles, ce sont les puissances moyennes qui vont le mener et peut-être le gagner. Le Canada s'en retire. Il affaiblit le consensus mondial et menace l'avenir de la culture québécoise. Est-ce que vendre son âme n'est pas un peu cher payé pour faire plaisir à Donald Trump?
(1430)
    Monsieur le Président, ce parti parle de menaces à la culture du Québec alors que, quand venait le temps de faire des demandes budgétaires, il n'avait pas un traître mot pour la culture au Québec. Quand venait le temps de voter pour 700 millions de dollars en culture, notamment au Québec, dans le dernier budget, il n'y a pas eu un vote du Bloc québécois pour le dernier budget.
    Je trouve ça ahurissant de les entendre parler et accuser à tort et à travers les autres de menaces pour la culture. Maintenant, les bloquistes ont parlé de rapprochement avec l'Europe. Il n'y a personne, à part le Bloc québécois, qui croit que le Canada n'est pas en train de se rapprocher à grands pas avec l'Europe.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, en seulement 14 voyages en avion, le premier ministre a dépensé près de 1 million de dollars en services de traiteur aux frais des contribuables. Pendant ce temps-là, deux Canadiens sur cinq ont du mal à mettre du pain sur la table et ils sont 2,2 millions à avoir eu recours aux banques alimentaires en un seul mois, ce qui est un record.
     Les dépenses inflationnistes, les formalités administratives et les politiques hostiles à l'exploitation des ressources des libéraux font grimper les coûts et affaiblissent notre économie. Ce sont toujours les Canadiens qui doivent payer pour le gaspillage des libéraux. Quand le premier ministre annulera-t-il ses politiques coûteuses qui ont causé cette crise pour que les Canadiens puissent subvenir à leurs besoins?
    Monsieur le Président, j'ignore où se trouvait la députée au cours des dernières années, mais je vais donner aux conservateurs un bon exemple d'action prise par le gouvernement pour défendre les intérêts de la Saskatchewan, alors que 14 d'entre eux sont restés les bras croisés pendant 10 longues années. Je parle ici du caucus de la Saskatchewan du Parti conservateur.
    Pourquoi n'avez-vous pas défendu l'entente concernant le canola? Pourquoi n'avez-vous pas défendu...
    Je n'ai rien à voir avec l'entente sur le canola.
    Je rappelle encore une fois aux députés qu'ils doivent s'adresser à la présidence. Le député peut poursuivre.
    Monsieur le Président, pourquoi n'ont-ils pas défendu les intérêts de la Saskatchewan et l'entente sur le canola qui a rapporté des milliards de dollars aux producteurs de cette province? Je le répète, ils sont restés les bras croisés et n'ont rien fait.
    Monsieur le Président, la crise de l'abordabilité des aliments est telle que des cas de scorbut ont été signalés dans la circonscription du député.
    Il ne faut pas oublier que c'est l'actuel premier ministre qui a déclaré que l'abordabilité est en meilleure posture qu'elle ne l'a été depuis plus d'une décennie. Il se présente au Sommet du G7 alors qu'il est le seul dirigeant à avoir provoqué une récession dans son pays. Voilà le bilan de son gouvernement libéral: des dépenses inflationnistes, de la lourdeur administrative et des politiques hostiles à l'exploitation des ressources qui font grimper les coûts. Le problème, ce n'est pas la conjoncture mondiale; ce sont les choix que font les libéraux et que les Canadiens ne peuvent pas se permettre.
     Quand le gouvernement va-t-il cesser de rendre la vie plus chère pour les Canadiens?
    Monsieur le Président, j'aimerais bien voir au moins un conservateur se rendre dans le Nord de la Saskatchewan pour s'attaquer aux problèmes auxquels nous sommes confrontés.
    Je tiens à souligner que, chaque fois que nous avons l'occasion d'aider ma circonscription, et de nombreuses autres circonscriptions dans tout le pays, qu'il s'agisse de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, des services de garde d'enfants à 10 $ par jour ou du programme d'alimentation scolaire, chaque fois que nous proposons des initiatives, les conservateurs votent contre.
    Nous n'avons aucune leçon à recevoir sur la manière d'aider les régions de la Saskatchewan qui ne semblent pas adéquatement desservies. Nous représenterons tous les Canadiens et nous les défendrons toujours.

[Français]

     Monsieur le Président, c'est malheureux et ce n'est pas plaisant, mais nous sommes en récession et les citoyens le ressentent. Pour certaines familles, c'est plus de 120 % du revenu qui va uniquement au fait de se loger et de se nourrir. C'est rendu au point où elles sont obligées d'emprunter pour manger. La réalité, c'est que les programmes des libéraux ne fonctionnent pas et que plus les libéraux sont responsables, plus ça coûte cher.
    Aujourd'hui, le premier ministre doit se rendre au G7 en étant le seul à avoir mené son pays en récession. Est-ce que sa stratégie d'évitement va être encore de faire des grands discours inspirants à l'étranger, mais de laisser les familles payer à domicile?
    Monsieur le Président, le vendredi 5 juin dernier, les Canadiens ont reçu le premier versement de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Ce sont des millions de Canadiens qui ont reçu de l'aide pour l'épicerie. Nous sommes très conscients des défis auxquels font face les Canadiens. Les Canadiens sont courageux et ils vont travailler avec nous pour rebâtir notre économie autonome, solide et responsable.
(1435)
    Monsieur le Président, parlons des programmes.
    Au Québec, le salaire moyen est de 67 000 $. Or j'ai reçu une photo d'un fameux paiement de l'Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels de la part d'un travailleur qui gagne exactement 67 000 $. Il a reçu 11,98 $ pour l'aider à payer son épicerie. Les familles ne sont plus capables de payer l'épicerie, le loyer et l'essence. Les libéraux ont plongé le pays en récession.
    J'implore le premier ministre de profiter de son passage au G7 pour entendre les conseils de tous les autres pays qui ne sont pas en récession?
    Je pense que ça pourrait nous aider.
    Monsieur le Président, la question de mon aimable collègue me permet de parler d'une annonce qui a eu lieu la semaine passée.
    Nous allons investir 1 milliard de dollars dans l'infrastructure alimentaire pour installer des marchés, des produits alimentaires et des carrefours alimentaires plus accessibles pour les Canadiens. Nous allons aussi améliorer la concurrence. Nous allons le faire parce que c'est important.
     Effectivement, les Canadiens ont besoin d'être soutenus. Nous le faisons, et ils nous soutiennent parce qu'ils veulent eux aussi rebâtir notre pays de manière autonome et responsable.

[Traduction]

     Monsieur le Président, aujourd'hui, le premier ministre se rend au sommet du G7 en tant que seul et unique dirigeant à avoir conduit son pays à la récession. Voici à quoi cela ressemble: deux Canadiens sur cinq ont du mal à se nourrir, des travailleurs à temps plein vivent dans des véhicules récréatifs ou dans un Tim Hortons, et le recours aux banques alimentaires atteint des sommets historiques. Pendant ce temps, le premier ministre dépense 1 million de dollars en services de traiteur de luxe pendant ses vols, notamment pour des noix de beurre normand, des vins fins et du bœuf braisé.
    Ma question est très simple: quand le premier ministre reconnaîtra-t-il la réalité que vivent tant de Canadiens et quand modifierait-il ses politiques pour qu'ils puissent à nouveau subvenir à leurs besoins?
    Monsieur le Président, ce n'est pas la première fois que la députée pose ce genre de questions, alors je voudrais lui en poser une à mon tour: pourquoi continue-t-elle de voter contre les intérêts des Albertains qui demandent qu'on leur tende la main? Le Programme national d'alimentation scolaire nourrit 58 000 enfants en Alberta, et permet aux parents d'économiser annuellement jusqu'à 13 700 dollars par enfant. Or, la députée s'y est opposée.
    Monsieur le Président, je pense que ce que la députée voulait souligner, c'est que, sous le gouvernement libéral, les taux de pauvreté infantile ont augmenté chaque année ces trois dernières années. Ça a une incidence considérable sur les habitants de ma circonscription, Lethbridge, en Alberta. Ça signifie que des personnes âgées au Canada vivent chez Tim Hortons. Ça signifie que des gens qui travaillent à temps plein vivent dans leur véhicule récréatif.
    Pourquoi le gouvernement ferme-t-il les yeux sur la réalité que vivent les Canadiens pendant qu'il mène la grande vie? Pourquoi ne revient-il pas sur sa politique pour que les Canadiens aient enfin de nouveau les moyens de vivre?
     Monsieur le Président, si nous consultons le hansard, nous trouverons une déclaration où la députée disait que les parents ne veulent pas qu'on les aide. En fait, ce que j'entends, en tant que ministre de l'Emploi et des Familles, quand des Canadiens m'écrivent, Albertains compris, c'est qu'il faut nous serrer les coudes, qu'il faut nous assurer qu'aucun enfant n'a faim, peu importe si un parent n'a pas de travail, peu importe si sa famille en arrache, parce que les circonstances sont difficiles pour les familles. Il n'y a pas de valeur plus canadienne que l'entraide.
    Monsieur le Président, je rappelle au député qu'aujourd'hui, le premier ministre est arrivé au Sommet du G7 en étant le seul dirigeant du G20 à avoir causé une récession dans son pays, théorique ou pas. Il affirme que les données peuvent être inégales. Ce qui n'est pas inégal, c'est la souffrance des gens. La fréquentation des banques alimentaires bat des records, deux Canadiens sur cinq ont du mal à se nourrir, et de nombreux travailleurs à temps plein vivent dans l'entrée de quelqu'un d'autre parce que leur salaire ne leur permet plus d'acheter une maison. Tout cela alors que les sommes dépensées par le premier ministre pour les repas de luxe qu'il se fait servir en avion pourraient nourrir une famille pendant 55 ans.
    Quand le premier ministre mettra-t-il fin à ses politiques coûteuses et respectera-t-il ses propres annonces afin que les Canadiens aient de nouveau les moyens de subvenir à leurs besoins?
    Je rappelle aux députés que, même si certaines choses font les nouvelles, nous devons éviter de faire allusion à la présence ou à l'absence de personnes à la Chambre.
    La ministre des Anciens Combattants a la parole.
    J'essaie très fort de faire appliquer les règles, mais les députés me compliquent énormément la tâche. Nous n'avons pas à préciser l'endroit où se trouvent nos collègues.
     La parole est de nouveau à la ministre.
    Monsieur le Président, le Canada qui est représenté aujourd'hui au Sommet du G7 peut se targuer d'avoir atteint dès cette année la cible de 2 % fixée par l'OTAN, d'avoir attiré deux fois plus d'investissements étrangers directs que les pays du G7 les plus proches de lui et d'avoir conclu 20 accords économiques et de défense avec des pays de quatre continents. Les Britanno-Colombiens la voient, cette croissance. C'est ça, le Canada.
(1440)

[Français]

Le changement climatique

    Monsieur le Président, le ministère des Ressources naturelles avertissait jeudi que les feux de forêt vont s'intensifier tout au long de l'été. Alors que des températures chaudes sont attendues, justement, 300 maires et mairesses ont d'ailleurs demandé au fédéral d'abandonner ses projets de nouveaux pipelines en disant dans leur déclaration: « Des communautés seront réduites en cendres cet été pendant que nous misons toujours plus sur l'expansion des énergies fossiles. »
    À l'aube d'une autre saison de feux de forêt, les libéraux vont-ils enfin cesser leur lubie pétrolière?
     Monsieur le Président, je vais le répéter: notre gouvernement continue de lutter contre le changement climatique et nous faisons le travail. Nous avons renforcé la réglementation sur le méthane et nous sommes un chef du fil au monde avec ce travail. Les gens nous regardent et demandent comment ils peuvent mieux faire de même. Quand nous parlons de ce que nous faisons du côté des changements climatiques et des financements internationaux, de nouveau, nous sommes un chef de file.
    Or, chaque fois que nous faisons ces changements et que nous faisons ce travail, le Bloc québécois ne nous appuie pas.
    Si les bloquistes veulent faire le travail, ils devraient nous aider du côté de l'électricité et de notre travail.
     Monsieur le Président, le ministère des Ressources naturelles annonçait jeudi un autre été difficile en matière de feux de forêt. Pourtant, ça ne paraît pas quand on écoute le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, car, deux jours avant, il était à Calgary, dans un conventum de producteurs d'énergie, en train de dire que les sables bitumineux étaient la plus grande réalisation industrielle du Canada.
    Il vantait l'accélération des exportations de pétrole et de gaz au moment même où son propre ministère avertissait que nos régions allaient brûler.
    Selon les libéraux, la sécurité des régions forestières ne devrait-elle pas passer avant les profits des sables bitumineux?
    Monsieur le Président, les changements climatiques sont une réalité que nous n'ignorons pas et nous y travaillons. La Stratégie pour la nature 2030 du Canada par laquelle nous voulons protéger 30 % du territoire terrestre et des océans va permettre un gain en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques.
    Ma collègue en a parlé: le renforcement de la réglementation sur le méthane et tout ce qu'on va faire en électricité renouvelable, en énergie renouvelable, vont nous aider à lutter contre les changements climatiques. C'est ça, avancer et devenir autonome sur le plan économique.

[Traduction]

Les aînés

    Monsieur le Président, les organismes communautaires nous signalent que les modifications précipitées apportées au programme Nouveaux horizons pour les aînés mettent en péril des centaines de projets. De nombreux bénévoles sont des personnes âgées qui ont déjà du mal à maîtriser les technologies. Avec seulement quelques semaines pour obtenir un numéro d'entreprise auprès de l'Agence du revenu du Canada et s'y retrouver dans un portail en ligne complexe, les aînés trouvent ces changements accablants, et beaucoup craignent de ne pas être admissibles au programme.
    Les libéraux vont-ils lever ces obstacles inutiles ou devront-ils créer un nouveau programme pour aider les aînés à présenter une demande pour un programme existant?
    Monsieur le Président, nous sommes extrêmement fiers de ce programme. Rien que l'année dernière, il a soutenu plus de 2 600 projets partout au Canada, aidant ainsi les aînés à rester actifs et engagés et à briser l'isolement. Cette année, nous augmentons la valeur des subventions et nous apportons quelques changements pour renforcer l'intégrité du programme.
    Service Canada est là pour aider toute organisation ayant des questions sur la façon de présenter une demande, et nous veillerons à ce que ce programme reste accessible aux aînés et aux organisations et qu'il réponde aux normes d'intégrité auxquelles s'attendent les Canadiens.
    Monsieur le Président, la secrétaire d'État prétend qu'il est simple de s'inscrire auprès de l'Agence du revenu du Canada pour obtenir un numéro d'entreprise et d'utiliser le portail en ligne, mais les organismes de personnes âgées donnent un autre son de cloche. Dans ma circonscription, King—Vaughan, où 18 groupes de personnes âgées soutiennent plus de 6 000 bénévoles âgés, des organismes multiplent les appels à mon bureau, car ils craignent d'être privés de fonds essentiels. À cause de ces changements, les organismes les plus vulnérables seront laissés pour compte.
    Pourquoi les libéraux tentent-ils d'écraser les personnes âgées avec des formalités administratives encore plus lourdes?
(1445)
    Monsieur le Président, c'est tout le contraire. Nous avons travaillé main dans la main avec les organismes pour que les changements au programme soient bien accueillis. Nous savons que le programme fournit des services importants aux personnes âgées dans chacune des circonscriptions représentées à la Chambre. C'est quelque chose que nous continuerons de faire.
    Nous n'avons aucune leçon à recevoir des conservateurs en matière de soutien aux personnes âgées, alors qu'ils continuent de voter contre des programmes comme le régime de soins dentaires et l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, dont bénéficient des personnes âgées vivant seules partout au pays.

[Français]

     Monsieur le Président, alors que nous soulignons aujourd'hui la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, le gouvernement libéral met lui-même des bâtons dans les roues des organismes qui les soutiennent.
     Avec les nouvelles règles du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, des groupes bénévoles doivent obtenir un numéro d'entreprise de l'Agence du revenu du Canada. C'est un processus qui peut s'étirer sur plusieurs mois, et il faut en plus naviguer dans un système de demande en ligne. Les organismes veulent servir les aînés, pas se battre contre la bureaucratie d'Ottawa.
     Le gouvernement va-t-il reculer sur ces réformes bureaucratiques? Oui, nous connaissons notre monde dans nos circonscriptions.
    Monsieur le Président, nous nous engageons à faire en sorte que le programme Nouveaux Horizons pour les aînés rejoigne les organismes communautaires dirigés par des aînés qui améliorent la qualité de vie des Canadiens. Ces changements sont importants pour que le programme demeure accessible tout en respectant les normes d'intégrité auxquelles les Canadiens s'attendent.
    Nous travaillons avec l'Agence du revenu du Canada et le ministère pour aider les organismes qui ont besoin d'aide pour gérer ce numéro. Les formulaires sont prêts. La date est le 14 juillet, et le ministère est prêt à aider tous ceux et celles qui en ont besoin.

L'accès à l'information

     Monsieur le Président, les libéraux sont complètement déconnectés, mais je vais aborder un autre sujet. Le président du Conseil du Trésor a été incapable, la semaine dernière, de répondre à une question simple de ma collègue. Cela a mis son gouvernement dans l'embarras, et, selon La Presse, cela a suscité la colère de ses collègues députés libéraux. Il a eu toute la fin de semaine pour retomber sur ses pattes et trouver la bonne page dans son cahier de breffage.
    Considère-t-il qu'il a encore la confiance du premier ministre? Je lui laisse quelques secondes pour trouver la réponse dans son cahier.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je ne sais pas quelle était la question, mais en tant que président du Conseil du Trésor...
     Des voix: Oh, oh!
    De toute évidence, les députés ne veulent pas de réponse. Nous allons recommencer.
    Le président du Conseil du Trésor a la parole.
    Monsieur le Président, ma collègue a fait une déclaration, mais celle-ci ne contenait aucune question.
    En tant que président du Conseil du Trésor, j'appuie fermement les efforts déployés par le gouvernement pour améliorer et moderniser le processus d'accès à l'information. L'accès à l'information est un élément essentiel pour assurer la transparence et la reddition de comptes pour les Canadiens. C'est pourquoi, en mars dernier, nous avons lancé un examen de la Loi sur l'accès à l'information. Nous avons fourni à Bibliothèque et Archives...
     Des voix: Oh, oh!
    Non. Attendez. Le ministre peut prendre quelques secondes pour terminer sa phrase.
    Merci, monsieur le Président. Nous avons accordé à Bibliothèque et Archives Canada une augmentation permanente de son financement d'environ 20 millions de dollars par année pour soutenir son système d'accès à l'information.
    Monsieur le Président, les médias rapportent que, selon les dires de députés libéraux, le président du Conseil du Trésor n'est pas très assidu ni fiable et qu'il maîtrise mal ses dossiers. La semaine dernière, les Canadiens l'ont vu, à la Chambre, alors qu'il était incapable de répondre à une question très simple sur son propre ministère.
    Le premier ministre exige la confiance de ses ministres, mais, lui, fait-il toujours confiance au président du Conseil du Trésor, oui ou non?
(1450)
    Monsieur le Président, le nouveau gouvernement du Canada croit en la transparence, en la reddition de comptes et en l'équité. En ma qualité de président du Conseil du Trésor, j'ai rencontré des agents du gouvernement, dont la commissaire à l'information. Nous avons d'ailleurs lancé des consultations sur la modernisation du système d'accès à l'information.
    Je remercie tous les agents du gouvernement, notamment la commissaire à l'information, qui, par leur travail, aide à la reddition de comptes du gouvernement.

L'intelligence artificielle

    Monsieur le Président, le Canada a été le chef de file de l'invention de l'intelligence artificielle moderne, une technologie maintenant utilisée par des millions de Canadiens chaque jour. Les Canadiens veulent que l'intelligence artificielle renforce notre économie, améliore les possibilités d'emploi, favorise la recherche et l'innovation, protège nos collectivités et notre souveraineté nationale et accorde toujours la priorité aux gens.
    Le ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique peut-il faire le point sur la nouvelle stratégie du Canada en matière d'intelligence artificielle?
    Monsieur le Président, je tiens vraiment à remercier le député d'Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas de ses incroyables efforts pour défendre les intérêts de sa collectivité.
    Notre nouvelle stratégie nationale en matière d'intelligence artificielle, l'IA pour tous, renforce la confiance, crée des possibilités et maintient notre souveraineté. Nous créons un programme national de littératie en intelligence artificielle afin que tous les Canadiens puissent bâtir une main-d'œuvre éclairée et formée dans ce domaine. Nous créons 90 000 stages pour les jeunes Canadiens afin qu'ils puissent acquérir l'expérience de travail dont ils ont besoin. Nous investissons également dans les innovateurs canadiens, les petites et moyennes entreprises, afin de conserver les emplois, l'innovation et les entreprises...
    Le député d'York—Durham a la parole.

L'économie

    Monsieur le Président, alors que débute le sommet du G7, le premier ministre demeure le seul dirigeant d'une économie du G7 ou du G20 en récession. Il est normal que le premier ministre se déplace, mais les Canadiens s'attendent à ce que ses voyages donnent des résultats. Pendant qu'il visitait la patrie de ses ancêtres, l'Irlande, en fin de semaine, les investisseurs quittaient le Canada. Samedi, Open Text, une société d'intelligence artificielle de Waterloo, a annoncé un investissement de 140 millions de dollars en Irlande. Cela représente 400 nouveaux emplois pour l'Irlande. L'Irlande offre un taux d'imposition moins élevé, une réglementation moins contraignante et un meilleur climat d'affaires.
    Pourquoi cet investissement n'a-t-il pas été réalisé au Canada?
    Monsieur le Président, on ne peut pas comprendre l'économie si l'on n'a jamais travaillé dans ce domaine, à l'instar du chef conservateur. Ce dernier devrait peut-être écouter les vrais économistes canadiens, comme l'économiste en chef de la BMO, qui a dit que la création de 88 000 emplois devrait faire taire les critiques. Ou encore Frances Donald, de la RBC, qui a déclaré que le diagnostic de récession était erroné et qu'il n'était « ni fondé ni utile ». Le dirigeant de l'Institut C. D. Howe a lui aussi fait part de ses réflexions sur l'économie. Je pourrais continuer longtemps.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous allons bâtir un Canada fort. Le chef conservateur peut bien continuer à tenir des conférences de presse dans des stationnements vides et à user de mises en scène et de slogans.
    Monsieur le Président, les miroirs aux alouettes du gouvernement n'apportent aucun réconfort aux Canadiens de la jeune génération, qui est celle qui ressent le plus durement les effets des échecs du gouvernement. Le rapport publié la semaine dernière par Centraide nous confirme que ce sont les jeunes Canadiens qui sont les inquiets de l'insécurité alimentaire, qui subissent les baisses de revenu les plus marquées et qui, dans une proportion de 91 %, ressentent de l'anxiété en ce qui a trait à leurs finances personnelles. De surcroît, le taux de chômage est plus élevé actuellement qu'il ne l'a été au cours des 35 dernières années.
    Quand le gouvernement cessera-t-il de trahir la jeune génération?
    Monsieur le Président, il y a des signes très prometteurs dans l'économie canadienne, en particulier en Ontario et en ce qui concerne les jeunes. Le taux de chômage en Ontario est maintenant à son plus bas niveau en deux ans et demi. Le taux de chômage à Toronto est à son plus bas niveau depuis novembre 2023. Le nombre d'emplois à temps plein a augmenté de 154 000, dont 99 000 pour les jeunes.
    L'économie affiche des signes très prometteurs. Des investissements sont faits au Canada et dans...
     Des voix: Oh, oh!
(1455)
    Le député de Vernon—Lake Country—Monashee a changé de siège. Je peux maintenant l'entendre à un autre endroit.
    Le secrétaire parlementaire peut poursuivre.
    Monsieur le Président, nous obtenons des résultats très prometteurs en ce qui concerne les investissements. Le Canada voit arriver les investissements étrangers les plus élevés depuis plus de 18 ans. Il peut compter aussi sur des entreprises très solides qui exportent leurs produits et qui trouvent des débouchés commerciaux ailleurs.
    Je pense que nous devrions célébrer et vanter ces robustes entreprises technologiques canadiennes au lieu de les dénigrer.
    Monsieur le Président, le premier ministre libéral est le seul dirigeant du G7 et du G20 à avoir provoqué une récession dans son propre pays.
    Selon un sondage de Centraide, 60 % des Canadiens s'inquiètent de leurs finances, 38 % sont confrontés à l'insécurité alimentaire et 40 % perdent le sommeil parce qu'ils ne savent pas comment faire pour joindre les deux bouts. Pendant ce temps, la facture de luxe du premier ministre libéral pour les services de traiteur en avion a atteint près de 1 million de dollars pour 14 voyages, dont 175 000 $ pour la nourriture lors d'un seul voyage, ce qui est suffisant pour nourrir une famille pendant 55 ans.
    Le premier ministre reviendra-t-il sur ses politiques libérales coûteuses qui ont plongé le Canada dans une récession, afin que les Canadiens aient de nouveau les moyens de vivre?
    Monsieur le Président, au lieu de rabaisser le pays, comme le font les conservateurs, ou de compter les kilomètres parcourus en avion, ils devraient aider à le bâtir.
    Selon le rapport sur l'emploi du mois de mai, le Canada a créé 88 000 nouveaux emplois nets. En parlent-ils? Non. Notre excédent commercial a augmenté de 55 %. En parlent-ils? Non. Nos exportations totales n'ont jamais été aussi élevées. En parlent-ils? Non. Quand nous proposons une prestation pour l'épicerie et les produits de première nécessité afin d'aider les Canadiens, votent-ils en sa faveur? Non.
    Pourquoi ne se joignent-ils pas à nous pour aider à bâtir le Canada?
    Monsieur le Président, ce ne sont pas les conservateurs qui rabaissent les Canadiens. Ce sont les libéraux qui les maintiennent dans une situation d'infériorité.
    Les discours prémâchés des libéraux n'aideront pas les travailleurs à temps plein vivant dans des véhicules récréatifs et des roulottes parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter une maison, ni les familles qui consacrent 120 % de leurs revenus uniquement à la nourriture et au loyer. Ils n'aideront pas non plus les 22 % des Canadiens ayant personnellement vécu la pauvreté, ni les 20 % des ménages qui sont en situation d'insécurité alimentaire. Chaque dollar gaspillé pour le luxe des libéraux est un dollar qui n'est pas utilisé pour alléger le fardeau fiscal, construire des logements, améliorer la sécurité ou aider les Canadiens à joindre les deux bouts.
    Le premier ministre libéral mettra-t-il fin au gaspillage, réduira-t-il la bureaucratie et renversera-t-il les politiques libérales qui ont provoqué cette récession?
    Monsieur le Président, les conservateurs s'opposent à tout ce que nous proposons pour aider les Canadiens vulnérables, y compris le programme de soins dentaires ou l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Lorsque notre plus proche allié déclenche une guerre commerciale injustifiée, que font les conservateurs? Ils nous accusent de faire une « crisette ». Lorsque le premier ministre réussit à ramener des dizaines de milliards de dollars d’emplois et d’investissements dans notre pays et propose des grands projets, que font les conservateurs? Ils votent contre.
    Bon sang, que veulent donc les conservateurs?
    Monsieur le Président, même après avoir plongé le Canada en récession, le premier ministre continue de mener une vie de luxe: il a dépensé 1 million de dollars rien qu'en services de traiteur à bord d'avions. Pendant ce temps, de plus en plus de familles manitobaines ont du mal à simplement se nourrir.
    La semaine dernière, Harvest Manitoba a publié son rapport sur la pauvreté au Manitoba, qui en dit long: l'organisation a donné un F au gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté et a souligné que, sur les 60 000 Manitobains qui se rendent chaque mois dans des banques alimentaires — un chiffre record —, 30 % occupent un emploi à temps plein. Quoi? Si des travailleurs à temps plein n'ont même pas les moyens de se nourrir, ces mesures cosmétiques et ces allocations ne suffiront pas.
    Quand le gouvernement va-t-il enfin prendre des mesures concrètes pour faire baisser le prix des aliments au pays?
    Monsieur le Président, je représente certaines des collectivités les plus pauvres du pays. C'est pourquoi, quand le député d'en face tente de me faire la leçon sur l'abordabilité, je me dois de lui demander: pourquoi vote-t-il contre toutes les mesures qui viennent en aide aux Manitobains, notamment les services de garde abordables, l'allocation pour l'épicerie, la production automatisée des déclarations de revenus et la réduction des taxes à la pompe? Il doit se rallier à nous et commencer à voter et à travailler pour les Manitobains.

La fiscalité

    Monsieur le Président, nous savons à quel point l'inflation s'est aggravée au Canada. Nous savons que le prix des aliments monte en flèche. Le prix du carburant monte en flèche, et même les voitures que les Canadiens doivent alimenter avec ce carburant deviennent de plus en plus inabordables pour la classe moyenne. Le prix des voitures usagées a doublé au cours des sept dernières années au pays, et le gouvernement impose encore la taxe de vente fédérale chaque fois qu'une de ces voitures est vendue, ce qui fait qu'il perçoit des recettes en double, en triple ou en quadruple aux dépens des Canadiens.
    Les conservateurs arrivent armés de solutions. Il y a le projet de loi C‑285, qui éliminerait la TPS sur les voitures usagées et ferait économiser des milliers de dollars aux Canadiens. Les libéraux l'appuieront-ils?
(1500)
    Monsieur le Président, depuis le début, nous veillons à mettre en place des mesures d'abordabilité pour les Canadiens. Parlons de l'élimination de la TPS pour les acheteurs d'une première maison. Parlons de la suspension de la taxe d'accise fédérale. Cela représente une économie de 10 ¢ le litre. Si l'on ajoute à cela l'élimination de la taxe sur le carbone, on obtient une économie de 28 ¢ le litre. Nous venons de lancer l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Nous venons d'annoncer le versement qui correspondra à 50 % du montant total, il y a une semaine et demie.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous continuerons de nous concentrer sur l'abordabilité pendant que les conservateurs se concentreront sur les beaux discours et les fanfaronnades.
    Monsieur le Président, il n'y a ici ni discours creux ni fanfaronnades, alors que le ministre se livre à ses pirouettes là-bas.
    Le prix des voitures d'occasion a plus que doublé au cours des dernières années à cause des politiques inflationnistes du gouvernement. Il est inacceptable de taxer deux fois un véhicule. De ce côté-ci de la Chambre, nous estimons que les voitures ne sont pas un luxe, mais qu'elles constituent, pour beaucoup de gens, un moyen de subsistance indispensable. De ce côté-ci de la Chambre, nous proposons d'appliquer un taux zéro aux véhicules d'occasion au titre de la Loi sur la taxe d'accise.
    Les libéraux vont-ils cesser de tirer profit de l'inflation et supprimer la TPS sur la vente de voitures d'occasion au pays?
     Monsieur le Président, j'ai eu le privilège de diriger une entreprise privée, contrairement au chef du Parti conservateur. Quand l'économie ou une entreprise est devant l'adversité, il y a deux options. On peut baisser les bras, rejeter la faute sur tout le monde et ne proposer aucune solution constructive, ou on peut réellement prendre les rênes. On peut reconstruire et restructurer les choses. On peut établir de nouvelles relations commerciales. De ce côté-ci de la Chambre, c'est ce que font le premier ministre et le ministre du Commerce international.
     Nous allons bâtir un Canada fort, alors qu'ils vont continuer à tenir des discours creux.

[Français]

    Monsieur le Président, au cours des sept dernières années, le prix des voitures usagées a doublé. Ça coûte maintenant 36 000 $ en moyenne. C'est beaucoup d'argent, particulièrement pour les familles en région qui ont besoin d'une voiture, entre autres pour travailler et pour se déplacer. Nous pensons qu'une taxe seulement doit s'appliquer, mais, malheureusement, pour les voitures usagées, c'est toujours la TPS qui s'applique également. Nous voulons abolir la TPS sur les voitures usagées.
    Les libéraux ont déjà aboli la taxe sur le carbone, comme les conservateurs le souhaitaient. Est-ce qu'ils sont d'accord avec nous pour abolir la TPS pour les voitures usagées?
     Monsieur le Président, ça me permet de rappeler que nous avons suspendu l'application de la taxe d'accise sur l'essence pour l'été, ce qui offre un répit pour les consommateurs et permet d'augmenter le pouvoir d'achat des Canadiens.
    Toutefois, nous ne nous arrêtons pas là. Les conservateurs prétendent que l'abordabilité est un thème qui leur tient à cœur. Je les invite à nous soutenir concernant l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, le Régime canadien de soins dentaires, la baisse d'impôt pour 22 millions de Canadiens, et j'en passe.

[Traduction]

    Monsieur le Président, si nous supprimions la taxe sur tous les produits usagés, leurs arguments seraient exonérés d'impôt. Nous avons posé la question à quatre reprises, mais nous n'avons jamais obtenu de réponse.
     Nous avons proposé une solution: un projet de loi conservateur visant à faire économiser des milliers de dollars aux Canadiens grâce à la suppression de la TPS sur les voitures d'occasion, qui sont taxées deux, trois, voire quatre fois, c'est‑à‑dire autant de fois que les libéraux ont évité de répondre à la question.
     C'est pourtant une question très simple. Dans ma région et pour les députés de toute la Chambre, conduire n'est pas un luxe, mais une nécessité. Dans cette optique, les libéraux vont-ils se rallier à nous en acceptant de supprimer la TPS sur les voitures d'occasion?
    Monsieur le Président, je vais reconnaître le mérite des conservateurs, car les voilà maintenant qui parlent de mesures concrètes susceptibles d'améliorer l'abordabilité. Sauf que j'aurais le goût de leur demander où ils étaient ces derniers mois et ces dernières années.
     Je suis député depuis sept ans. Or, qu'il s'agisse de l'Allocation canadienne pour enfants, du programme national de garderies, du Programme national d'alimentation scolaire ou d'autres mesures fiscales que nous avons mises en place, les conservateurs ont toujours voté contre.
     Nous sommes heureux de les entendre enfin parler d'abordabilité, mais nous leur demandons d'appuyer concrètement les mesures que le gouvernement ne cesse de proposer pour aider l'ensemble des Canadiens. C'est bien qu'ils s'expriment maintenant, mais pourquoi ne se rallient-ils pas à certaines des initiatives que nous menons depuis des années déjà?

La santé

    Monsieur le Président, nous sommes confrontés à une crise de la santé mentale chez les hommes. Trop d'hommes et de garçons sont aux prises avec des problèmes de santé mentale, et trop d'entre eux n'osent tout simplement pas demander de l'aide.
    La semaine dernière, nous avons encore une fois tenu notre événement annuel « La fête des Pères sur la Colline » en collaboration avec Movember. À cette occasion, Guy Carbonneau, ancien hockeyeur vedette des Canadiens de Montréal, a raconté son histoire et évoqué la perte récente de son ami et coéquipier Claude Lemieux.
     À l'occasion du Mois de la santé des hommes, le mois de juin, la ministre de la Santé pourrait-elle nous faire part des dernières nouvelles au sujet de la stratégie tant attendue en matière de santé des hommes et des garçons?
(1505)
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue d'Edmonton Riverbend pour son leadership sans faille dans ce dossier. Je suis heureuse d'annoncer que, grâce à son aide et à celle d'organismes tels que Movember, plus de 5 000 personnes nous ont fait part de leurs réflexions et de leurs idées lors des consultations que nous avons menées dans le cadre de la toute première stratégie canadienne en matière de santé des hommes et des garçons. Nous avons entendu beaucoup d'excellentes idées sur la manière de créer davantage de possibilités pour les garçons et les hommes. J'ai hâte de publier cette stratégie dans les mois à venir.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, les familles de Foothills sont ébranlées. Un homme de la région, qui a été accusé de plus de 500 000 actes d'exploitation d'enfants, a été libéré. Grace, une fillette de 10 ans, m'a demandé pourquoi cet homme n'était pas en prison. Elle ne se sent pas en sécurité quand elle joue dehors avec ses amis. C'est inacceptable. Les familles d'Okotoks veulent savoir pourquoi un homme accusé d'un crime aussi odieux a été remis en liberté dans la collectivité.
    Les conservateurs ont proposé une solution, qui consiste à favoriser la détention et non la mise en liberté sous caution pour les infractions graves, mais les libéraux l'ont rejetée. Quand les libéraux répareront-ils le système de mise en liberté sous caution qu'ils ont brisé afin que les familles d'Okotoks puissent de nouveau se sentir en sécurité?
    Monsieur le Président, les comportements odieux comme celui qu'a mentionné le député n'ont pas leur place au Canada, et le gouvernement du Canada a justement l'occasion d'y remédier.
    Je suis heureux d'annoncer que nous nous attendons à ce que des modifications soient apportées au Code criminel du Canada cette semaine. Du fait de certains de ces changements, aucune ordonnance de sursis ne pourra être liée à des accusations concernant des crimes tels que des crimes sexuels contre des enfants. De plus, la semaine dernière, la Chambre a mis aux voix la Loi visant à protéger les victimes, qui mettrait en place des mesures conçues expressément pour lutter contre l'exploitation sexuelle des enfants et le matériel d'abus et d'exploitation pédosexuels. J'espère que ces mesures seront adoptées rapidement afin que les collectivités bénéficient de ces protections.
    Monsieur le Président, le criminel inculpé dans la fusillade du Collège de Lambton, qui a fait un mort, est, sans surprise, en liberté sous caution. Il n'y a que sous ces libéraux laxistes en matière de criminalité qu'un homme accusé de meurtre et de tentative de meurtre peut se retrouver en liberté avant que justice ne soit faite. Ces libéraux ont transformé notre système judiciaire en un véritable cirque, une porte tournante pour les délinquants violents. Les victimes vivent dans la peur; les criminels, eux, ont droit à une autre chance.
    Combien d'autres meurtriers présumés ces libéraux ont-ils l'intention de libérer avant d'admettre enfin que leurs lois laxistes en matière de criminalité sont un échec total et catastrophique?
    Monsieur le Président, la motivation politique qui sous-tend la question du député est évidente, à en juger par la façon dont il l'a formulée, mais s'il souhaite une confirmation, la Loi sur des mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine que nous avons présentée à la Chambre est appuyée par les personnes qui travaillent en première ligne.
    Je l'invite à s'entretenir avec le président de l'Association canadienne des chefs de police, avec le chef de la Police provinciale de l'Ontario ou avec le président de l'Association des policiers de l'Ontario. Le projet de loi que nous avons présenté s'appuie sur les avis des dirigeants des corps policiers. Il s'appuie sur les provinces et les premiers ministres qui réclament son adoption rapide. Il s'appuie sur la collaboration avec les villes. Nous ferons tout en notre pouvoir pour écouter ces experts afin d'assurer la sécurité des Canadiens.
    Monsieur le Président, le ministre et le gouvernement ont eu 11 ans pour bien faire les choses.
    La semaine dernière, le Canada a été bouleversé par la mort tragique de l'agent Marc Pinizzotto, qui a été abattu dans l'exercice de ses fonctions. Depuis, nous avons appris que l'auteur de ce crime odieux était déjà en probation, puis que le suspect impliqué dans la fusillade survenue au consulat américain était en liberté sous caution. Des voyous, dont la cause est déjà devant les tribunaux, qui sont connus des policiers et qui sont frappés d'une interdiction de posséder une arme à feu, circulent de nouveau dans nos rues. Cela n'aurait jamais dû arriver.
    Combien d'autres drames devront survenir avant que les libéraux cessent de prendre à la légère les conditions de mise en liberté sous caution et qu'ils décident enfin à garder les récidivistes violents derrière les barreaux?
    Monsieur le Président, je l'ai déjà dit, nous sommes profondément attristés par la mort, la semaine dernière, de l'agent Marc Pinizzotto, du Service de police de Toronto, et de l'agent Tarun Bali, de la Police provinciale de l'Ontario, tous deux tués dans l'exercice de leurs fonctions. Le gouvernement prend des mesures concrètes, notamment en durcissant les règles relatives à la mise en liberté sous caution et à la détermination de la peine, grâce à des projets de loi qui devraient être adoptés par le Parlement cette semaine.
    Nous devons unir nos forces afin d'assurer la sécurité de tous ceux qui servent en première ligne. C'est dans cet esprit que nous agissons, et nous invitons les députés d'en face à se rallier à nous pour renforcer ces systèmes.
(1510)

[Français]

La jeunesse

     Monsieur le Président, partout au Nouveau‑Brunswick et au Canada, des jeunes sont prêts à travailler, à acquérir de nouvelles compétences et à contribuer à leur communauté. Ce dont plusieurs ont besoin, c'est d'une première occasion de faire leurs preuves. Justement, le programme Emplois d'été Canada permet chaque année à des milliers de jeunes d'obtenir un premier emploi au sein d'entreprises et d'organismes de leur région.
    J'aimerais donc demander à la ministre de nous expliquer ce que notre gouvernement fait pour renforcer ce programme afin que davantage de jeunes puissent bénéficier d'une expérience de travail enrichissante cet été.
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de défendre les jeunes partout au Nouveau‑Brunswick et au Canada. Nous savons que lorsque les jeunes réussissent, nos communautés réussissent. C'est pourquoi nous investissons dans le programme Emplois d'été Canada en créant 100 000 emplois cette année, dont plus de 12 300 dans les provinces de l'Atlantique. Nous veillons à ce que les jeunes puissent travailler, bâtir leur avenir, continuer à contribuer à leur communauté.

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, 38 millions de dollars dépensés, 1 000 incendies allumés intentionnellement en seulement quatre ans, ainsi que la fermeture et le départ d’entreprises de la ville: dans la ville de Prince George, c'est là le bilan véritablement dévastateur des politiques libérales en matière de capture et de remise en liberté et de santé mentale. Les récidivistes sont arrêtés puis remis en liberté le jour même. L'itinérance, la toxicomanie et la criminalité ont transformé nos collectivités en zones de guerre. Telle est la réalité, et tel est l’héritage du gouvernement libéral.
    Les membres du conseil municipal de Prince George sont à Ottawa aujourd'hui. Le premier ministre acceptera-t-il leur invitation à se rendre à Prince George pour expliquer directement aux chefs d'entreprise pourquoi il estime qu'ils devraient donner une nouvelle chance à ses politiques de capture et de remise en liberté?
    Monsieur le Président, je pense que les membres du conseil des affaires devraient également savoir que le Parti conservateur du Canada n’a rien fait pour contribuer à notre projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution et de la détermination des peines. Au contraire, il a entravé nos efforts pour faire adopter des modifications au Code criminel du Canada qui visent à alourdir les peines et à donner à la police les outils dont elle a besoin, avec le projet de loi C‑22. Voilà des mois que les conservateurs bloquent ce projet de loi, alors qu'ils devraient aider les forces de l'ordre afin que leurs agents puissent arrêter et inculper les criminels.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, cela fait un an que les libéraux ont précipité l'adoption du projet de loi C‑5, qui a sabré dans les protections environnementales et les droits des Autochtones. Maintenant que nous étudions le projet de loi S‑2, qui éliminerait les dispositions racistes et sexistes de la Loi sur les Indiens, ils invoquent soudainement la nécessité de consulter.
    Des Premières Nations partout au pays ont dit au gouvernement qu'il n'était pas nécessaire de mener des consultations pour éliminer le racisme et le sexisme. La ministre mettra-t-elle donc fin à cette stratégie de propagande, arrêtera-t-elle les excuses et adoptera-t-elle le projet de loi S‑2 avant l'ajournement d'été?
    Monsieur le Président, le processus d'émancipation a injustement privé des milliers de membres des Premières Nations de leur statut. Les effets néfastes de cette pratique persistent, même si celle-ci a pris fin il y a 35 ans.
    La députée sait que le projet de loi est étudié par le comité et que des témoins y comparaissent. Nous voulons respecter le droit des membres des Premières Nations de s'exprimer en leur nom et au nom de leurs communautés. Je suis prête à travailler avec la députée pour faire respecter les droits des Premières Nations, car c'est ce que nous nous sommes engagés à faire.

[Français]

    L'honorable député de Drummond souhaite invoquer le Règlement.
    Monsieur le Président, j'aimerais porter à votre attention que, durant la période des questions orales un peu plus tôt, le ministre de la Transformation du gouvernement et député de Louis‑Hébert a induit la Chambre en erreur. Ce n'est pas la première fois que ça se produit, d'où l'importance pour moi de rectifier les faits. Il a affirmé, lors de sa réponse à ma question plus tôt, que le Bloc québécois n'avait formulé aucune demande dans le cadre des demandes prébudgétaires.
    Afin de permettre au député de Louis‑Hébert de fournir des réponses à la hauteur de la rigueur et de l'honnêteté que requiert sa fonction, j'aimerais déposer...
(1515)
    Je dois interrompre le député, car j'ai beaucoup de difficulté à l'entendre. Pourrait-il résumer un peu plus succinctement sa demande?
    Monsieur le Président, je souhaitais simplement, au bénéfice de mon collègue le député de Louis‑Hébert et ministre de la Transformation du gouvernement, lui offrir le document que nous avons déposé dans le cadre des demandes prébudgétaires concernant la culture. Ce sont des demandes qui sont portées...
     Le député doit obtenir le consentement unanime pour déposer un document. J'entends déjà des « non ».

Affaires courantes

[Affaires courantes]

[Français]

La Chambre des communes

    J'ai l'honneur de déposer le « Rapport à la population canadienne 2026 » de la Chambre des communes.

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la repose du gouvernement à trois pétitions.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, conformément à l'article 32(2) du Règlement et à la politique relative au dépôt des traités au Parlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le traité intitulé « Amendements à l'Annexe de la Convention internationale de 1973 pour la prévention de la pollution par les navires, telle que modifiée par le Protocole de 1978 y relatif — Amendements à l'Annexe I de MARPOL », adopté par le Comité de la protection du milieu marin de l'Organisation maritime internationale le 17 juin 2021.

L'accessibilité au Canada

    Monsieur le Président, conformément à l'article 32(2) du Règlement et au paragraphe 39(3) de la Loi canadienne sur l'accessibilité, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le rapport annuel du commissaire à l'accessibilité du Canada pour l'exercice 2025‑2026.
    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, il convient de renvoyer le rapport au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.

Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques

[Français]

Les délégations interparlementaires

     Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, les rapports suivants de la Section canadienne de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, ou APF.
     Le premier rapport concerne sa participation à la Mission d'observation d'élections, qui a eu lieu à Chisinău, en Moldavie, du 22 au 30 septembre 2025.
    Le deuxième rapport concerne sa participation à la réunion du Bureau de l'APF et du Groupe de travail sur la révision des Statuts de l'APF, qui s'est tenue à Podgorica, au Monténégro, du 27 janvier au 1er février 2026.
    Le troisième rapport concerne sa participation à la réunion du Réseau des jeunes parlementaires de l'APF, qui s'est tenue à Monaco, du 1er au 3 mars 2026.
    Le quatrième rapport concerne sa participation à la réunion de la Commission des affaires parlementaires de l'APF, qui a eu lieu à Port‑Louis, à Maurice, du 8 au 10 avril 2026.
    Le cinquième rapport concerne la réunion du Réseau des femmes parlementaires de l'APF, qui s'est tenue à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, du 22 au 24 avril 2026.

[Traduction]

    Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, les rapports suivants: le rapport du Groupe canadien de l'Union interparlementaire sur sa participation à l'Audition parlementaire annuelle aux Nations Unies: Les parlements et les Nations Unies: mieux ensemble, au service des peuples, qui s'est tenue à New York, dans l'État de New York, aux États‑Unis d'Amérique, du 12 au 13 février 2026; et le rapport du Groupe canadien de l'Union interparlementaire sur sa participation à la deuxième Conférence parlementaire sur le dialogue interconfessionnel, qui s'est tenue à Rome, en Italie, du 19 au 21 juin 2025.
    Ces rapports ont été déposés sous forme électronique.
(1520)

[Français]

Les comités de la Chambre

Langues officielles

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le sixième rapport du Comité permanent des langues officielles, intitulé « Rapport sur le quota de musique vocale de langue française dans les médias radiophoniques au Canada ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande au gouvernement de déposer une réponse globale au présent rapport.
    Monsieur le Président, je demande le consentement unanime pour présenter l'opinion complémentaire du Bloc québécois.
    Est-on d'accord?
    Des voix: D'accord.
     Monsieur le Président, cette opinion complémentaire du Bloc québécois vise à répondre aux problèmes qui ont été soulevés par tous les témoins et les intervenants qui ont participé à cette étude. Elle vise à résoudre le problème sous-jacent à la crise actuelle des radiodiffuseurs québécois, qui motive leur demande de réduction de quotas. C'est la concurrence inéquitable des plateformes numériques étrangères, les GAFAM, les géants américains de l'Internet, qui profitent du marché canadien et québécois et qui engrangent des profits de milliards de dollars.
    C'est pourquoi nous recommandons au gouvernement de restaurer la taxe de 3 % sur les services numériques. Cette taxe aurait permis un début d'équité fiscale. Elle aurait permis d'obtenir 7,2 milliards de dollars en cinq ans, et ce montant aurait pu être attribué à un fonds destiné au milieu culturel, notamment au secteur de la radiodiffusion.
    Récemment, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, ou CRTC, a fait un pas dans la bonne direction en obligeant les entreprises de diffusion en ligne comme Netflix, Disney+ et Amazon Prime à investir 15 % de leurs revenus réalisés en sol canadien dans le contenu canadien pour alléger du même coup le fardeau des diffuseurs traditionnels. Toutefois, le gouvernement a demandé au CRTC de reculer. Le Bloc québécois recommande au contraire que le CRTC maintienne cette décision et que les milliards de dollars engrangés soutiennent nos radiodiffuseurs de musique francophone.

[Traduction]

Anciens combattants

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le septième rapport du Comité permanent des anciens combattants, intitulé « Éliminer les obstacles à l'entrepreneuriat chez les vétéran.e.s ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport. Pendant que j'ai la parole, je propose:
     Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.

[Français]

    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous demandons un vote par appel nominal.

[Français]

    Convoquez les députés.
(1605)

[Traduction]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 157)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 167


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Reynolds
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 162


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


    Je déclare la motion adoptée.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

L'affaire émanant du gouvernement no 12 — Les délibérations sur le projet de loi C‑30

    La Chambre reprend l'étude de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, dans le projet de loi, il y a de nombreux exemples de la façon dont nous bâtissons un pays plus fort. En fin de compte, un Canada plus fort et plus sain profite à tous, peu importe la région. Nous avons un premier ministre et un gouvernement qui travaillent à bâtir le pays et qui sont là pour soutenir les travailleurs et les familles. Le budget contient plusieurs initiatives qui fournissent du soutien.
    Je pense notamment à la magnifique province de Québec. Nous avons un projet d'expansion du port de Montréal, ainsi que des mesures qui bénéficieront à l'industrie aérospatiale. Mon collègue pourrait-il parler de ce qui est prévu pour le ministère de la Défense nationale et de la façon dont le Québec en bénéficiera.

[Français]

    Monsieur le Président, il y a des choses pour tout le Canada, y compris le Québec et les provinces de l'Atlantique. Je pense aux investissements dans les petits ports, ce qui est une demande de longue date de plusieurs de nos collègues. Cela va profiter à la fois à la Colombie‑Britannique, au Québec et aux provinces de l'Atlantique. Les pêches sont un secteur important de notre économie. Nous faisons des investissements historiques. C'est un exemple parmi tant d'autres.
(1610)

[Traduction]

    Le député d'Elgin—St. Thomas—London-Sud invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, en fait, j'invoque la note de bas de page no 23 de l'article 22 du livre vert, sur la présentation de pétitions.
    Je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour revenir aux affaires courantes dans l'unique but d'autoriser la présentation de pétitions.
    Est-ce d'accord?
    Des voix: Non.
    Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de m'adresser à la Chambre au nom des habitants de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country et de parler du projet de loi C‑30, Loi d'exécution de la mise à jour économique du printemps 2026.
    En cette période d'incertitude mondiale, le gouvernement se concentre sur ce qu'il peut contrôler ici, au Canada: rendre l'économie plus vigoureuse et plus résiliente, réduire le coût de la vie et créer des débouchés pour la prochaine génération. C'est exactement ce que fera le projet de loi C‑30.
    Déjà, le Canada est de plus en plus reconnu comme l'une des destinations les plus attrayantes où investir. Les investissements directs étrangers ont atteint près de 97 milliards de dollars l'année dernière, ce qui constitue un sommet en près de deux décennies. Les sondages menés auprès d'investisseurs de partout dans le monde montrent que le Canada est l'endroit le plus intéressant où investir dans les infrastructures.
    Nous avons besoin de ces investissements, car le gouvernement est conscient que le Canada ne peut pas dépendre indûment d'un seul marché. Pendant des dizaines d'années, environ 70 % de nos exportations prenaient le chemin des États-Unis. Le projet de loi C‑30 s'inscrit dans un vaste effort visant à renforcer la souveraineté économique du Canada en diversifiant ses échanges commerciaux, en favorisant les entreprises d'ici et en investissant dans la productivité canadienne. Seulement depuis l'an dernier, les exportations qui s'en vont ailleurs qu'aux États-Unis ont augmenté de plus 40 %, tandis que celles vers l'Europe continuent de croître à un rythme appréciable.
    De surcroît, ce projet de loi reconnaît que la croissance économique n'a de sens que si les Canadiens peuvent réellement en ressentir les effets dans leur vie quotidienne, et cela commence par le logement. D'un bout à l'autre de ma circonscription, le coût du logement reste parmi les plus grandes préoccupations signalées par mes concitoyens. Les jeunes Canadiens se demandent s'ils pourront un jour acheter une maison dans la ville où ils ont grandi, et les familles sont confrontées à la hausse des loyers et à la pénurie de logements. La mise à jour économique du printemps vient répondre à ces préoccupations en accordant plus de 7 milliards de dollars en prêts à faible coût dans le cadre du Programme de prêts pour la construction d'appartements, afin d'accélérer la construction de milliers de logements locatifs abordables partout au pays. Depuis 2019, ce programme a déjà permis de financer plus de 300 logements à loyer modéré dans la seule région Sea to Sky. J'ai entendu d'innombrables témoignages sur les changements dans la vie des gens qui en découlent, comme permettre aux gens de vivre plus près de leur travail ou donner aux travailleurs à faible revenu la possibilité d'épargner pour leur retraite pour la première fois.
    Les logements et les infrastructures dont le Canada a besoin ne se construisent pas d'eux-mêmes. Si le Canada veut faire construire les logements, les infrastructures, les réseaux de transport et les projets d'énergie propre dont nous parlons si souvent, il faut des travailleurs qualifiés, et il en faut beaucoup plus. C'est pourquoi l'un des éléments les plus importants de la mise à jour économique du printemps est l'investissement dans les métiers spécialisés et la formation d'apprenti. Le gouvernement lance une initiative nationale visant à recruter, à former et à embaucher jusqu'à 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés des métiers désignés Sceau rouge d'ici 2031 dans le cadre de l'initiative Une Équipe Canada forte. L'initiative nationale créera une voie directe vers des carrières valorisantes et bien rémunérées pour les jeunes Canadiens tout en contribuant à remédier aux pénuries de main-d'œuvre qui retardent des projets partout au pays. Elle aidera les Canadiens tout au long du processus, de la découverte des métiers aux possibilités d'apprentissage, en passant par l'achèvement de la formation technique et, en fin de compte, l'obtention de la certification Sceau rouge. L'initiative vise également à réduire les obstacles en simplifiant et en accélérant le processus de certification afin qu'un plus grand nombre de Canadiens puissent entrer rapidement sur le marché du travail.
    Le projet de loi C‑30 améliorerait également la mobilité de la main-d'œuvre pour les gens de métier en faisant passer la déduction pour la mobilité de la main-d'œuvre de 4 000 $ à 10 000 $, en abaissant son seuil d'admissibilité et en permettant aux travailleurs d'aller plus facilement là où leurs compétences sont le plus nécessaires. Cette mesure est importante pour les travailleurs qui passent des semaines loin de chez eux pour construire des infrastructures essentielles et des logements.
    Ce projet de loi comprend également des mesures ciblées en matière d'abordabilité qui auraient une incidence réelle dans la vie des Canadiens. Avec les paiements hypothécaires, la hausse du coût de la vie et l'avenir incertain, beaucoup de jeunes Canadiens ont l'impression qu'ils ne s'en sortiront pas, même après avoir franchi l'étape majeure de l'achat d'une maison. Les mesures du projet de loi C‑30, comme le délai de grâce prolongé pour les remboursements dans le cadre du régime d'accession à la propriété, offriraient aux propriétaires un certain répit durant les premières années, qui sont souvent les plus exigeantes. Le projet de loi C‑30 réduirait également le taux de cotisation au Régime de pensions du Canada à partir de l'année prochaine, ce qui permettrait aux travailleurs et aux entreprises de garder une plus grande part de leurs revenus.
    Individuellement, ces changements peuvent sembler modestes, mais combinés à des mesures récentes, comme la réduction de l'impôt sur le revenu, l'annulation de la TPS sur les maisons neuves pour les premiers acheteurs et l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, ils allégeraient le fardeau des Canadiens, qui doivent déjà composer avec des coûts élevés.
    Ce projet de loi renforcerait aussi le soutien aux comptoirs d'impôts bénévoles, qui aident les Canadiens plus vulnérables à obtenir les prestations auxquelles ils ont droit. Je souhaite remercier tout particulièrement Louis et les bénévoles du comptoir d'impôts local de la Sunshine Coast, qui aident chaque année plus de 3 000 personnes à accéder à des prestations et à du soutien qu'elles pourraient autrement ne pas obtenir. Leur travail est un bel exemple de service communautaire qui montre à quel point les bénévoles peuvent changer des vies.
(1615)
    À l'heure où l'instabilité mondiale contribue à la hausse des prix des carburants, le projet de loi C‑30 suspend temporairement la taxe d'accise fédérale sur l'essence, le diésel et le carburant d'aviation jusqu'à la fête du Travail. Cette mesure permet déjà aux automobilistes canadiens d'économiser environ 10 ¢ le litre et apporte un soulagement direct à la pompe aux familles et aux entreprises qui doivent déjà affronter de nombreuses pressions. Dans des régions comme Sea to Sky et Sunshine Coast, les résidants continuent de souffrir des prix de l'essence inexplicablement élevés. En tout temps, mais particulièrement en ce moment, le Bureau de la concurrence devrait surveiller de très près les comportements anticoncurrentiels et les manipulations potentielles des prix sur les marchés régionaux du carburant comme ceux-là, car les Canadiens méritent l'équité, la transparence et l'assurance qu'ils ne paient pas des prix artificiellement élevés pour le carburant.
    Le projet de loi C‑30 soutiendrait les brasseurs canadiens en prolongeant la réduction de 50 % du taux du droit d'accise sur les 15 000 premiers hectolitres de bière produits au Canada. Ce volume couvre la production totale de plus de 94 % des brasseries au pays. Pour les petits brasseurs de ma circonscription, comme Coast Mountain Brewing, Persephone Brewing Company et Backcountry Brewing, cela représente des économies substantielles qui peuvent être réinvesties dans l'emploi local, l'équipement, l'expansion et les événements communautaires.
    Cette mesure législative reconnaît l'importance d'investir dans les localités côtières et les infrastructures maritimes. Le gouvernement investit près de 1 milliard de dollars dans les ports pour petits bateaux et les infrastructures essentielles sur lesquelles s'appuient la pêche, le transport, le tourisme et les économies locales. De nombreux ports, dont l'administration portuaire de Gibsons Landing, m'ont parlé des pressions croissantes auxquelles ils font face et de la nécessité de moderniser les installations pour prendre en charge les activités accrues de pêche commerciale et la demande future en matière de transport. À Gibsons Landing, cela inclut le projet de service de traversier électrique qui offrirait aux résidents de la Sunshine Coast une aide bien nécessaire.
    Parallèlement, le développement économique doit aller de pair avec l'intendance de l'environnement. Le projet de loi C‑30 prévoit plus de 160 millions de dollars sur cinq ans pour continuer à protéger les baleines et les habitats marins sur les trois côtes du Canada. Cela s'inscrit dans le prolongement de la stratégie globale du Canada pour la nature, dotée d'une enveloppe de 3,8 milliards de dollars, et de l'engagement à protéger la biodiversité et les écosystèmes marins pour les générations futures. L'annonce, le mois dernier, de la création d'une nouvelle aire marine protégée en Colombie‑Britannique, d'une superficie équivalente à celle de l'Île‑du‑Prince‑Édouard, souligne l'importance d'assurer l'intendance responsable de nos océans et, en même temps, de maintenir l'accès à la pêche durable ainsi que les perspectives touristiques. Mes concitoyens comprennent que la protection des écosystèmes marins est liée à la prospérité économique et qu'elle en est un élément essentiel, car des océans en santé soutiennent la pêche, le tourisme, les loisirs et les moyens de subsistance des régions côtières.
    La sécurité alimentaire est une autre grande priorité abordée dans ce projet de loi. Comme l'a dit le premier ministre à Davos, la sécurité alimentaire est une question de sécurité nationale, et « [un] pays qui ne peut pas assurer son approvisionnement alimentaire, énergétique ou sa défense n'a que peu d'options ». Dans un monde de plus en plus instable, façonné par les perturbations des chaînes d'approvisionnement, les pressions climatiques et l'instabilité géopolitique, le Canada doit renforcer sa capacité nationale de production d'aliments. Le projet de loi C‑30 et les mesures présentées dans la mise à jour économique du printemps favoriseraient l'atteinte de cet objectif en soutenant les réseaux de production et de distribution d'aliments et, surtout, en prévoyant la passation en charges immédiate de nouvelles serres.
    J'ai déjà vu comment cette approche donne des résultats dans ma circonscription, à l'extrémité de laquelle la nation Lilwat a commencé à construire une serre. Dans la région de Sunshine Coast, des projets comme Swiya Farms, à Sechelt, visent à mettre en place des systèmes alimentaires locaux durables à grande échelle ainsi qu'à soutenir l'agriculture communautaire et la résilience alimentaire à long terme, y compris au moyen d'une grande serre qui est en cours de planification.
    Ce sont des mesures sur lesquelles nous nous appuyons, comme en fait foi l'annonce, la semaine dernière, de la stratégie nationale de sécurité alimentaire du Canada, qui augmentera la concurrence afin de faire baisser les prix à l'épicerie, qui stimulera la production nationale tout au long de l'année et qui contribuera à la présence des produits locaux sur les tablettes des épiceries.
    Je tiens également à souligner les investissements consacrés au sport et aux loisirs dans la mise à jour économique du printemps. Dans ma circonscription, nous savons par expérience que le sport peut avoir une incidence durable sur les communautés. Les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 ont laissé un héritage qui va bien au-delà des infrastructures. Ils ont encouragé la pratique sportive, renforcé la fierté communautaire, favorisé le tourisme et créé des possibilités pour les jeunes athlètes dans toute la région. Des athlètes de classe mondiale sont issus de nos communautés, notamment Marielle Thompson et Trinity Ellis, mais le véritable héritage du sport va au-delà des médailles. Il incite les jeunes à être actifs, à prendre confiance en eux, à développer l'esprit d'équipe et la résilience, et à tisser des liens avec leur communauté. Voilà pourquoi la mise à jour économique du printemps prévoit un investissement historique de 755 millions de dollars dans le sport canadien qui renforcerait les communautés et les nouveaux programmes sportifs afin de soutenir les organisations sportives nationales et les athlètes, d'améliorer les initiatives en matière de sécurité dans le sport et d'aider le Canada à accueillir de grands événements sportifs.
(1620)
    Je vois que mon temps de parole achève, donc je dirai simplement que le projet de loi C‑30 vise en fin de compte à bâtir un Canada plus résilient, plus abordable et plus autonome. Il prévoit des investissements dans le logement, les travailleurs, les infrastructures, la réduction du coût de la vie, les communautés côtières, la sécurité alimentaire et la gestion responsable de l'environnement.
     Ensemble, nous pouvons construire avec assurance, détermination et en collaboration.
    Monsieur le Président, depuis 10 ans, les libéraux répètent aux Canadiens que la solution à tous les problèmes consiste à accroître les dépenses publiques. Aujourd'hui, les Canadiens en paient le prix: les logements les moins abordables du G7, un recours record aux banques alimentaires et le plus haut taux d'endettement des ménages du G7, sans oublier que le Canada est le seul pays du G20 en récession.
    Quand le gouvernement admettra-t-il que ses dépenses ne font qu'aggraver la crise de l'abordabilité?
    Monsieur le Président, les députés d'en face expriment souvent des inquiétudes au sujet des dépenses gouvernementales. Ils semblent oublier que bon nombre des facteurs à l'origine de la hausse du coût de la vie au Canada échappent à notre contrôle, à commencer par la guerre commerciale actuelle.
    Je peux assurer au député que nos investissements, notamment ceux prévus dans la mise à jour économique du printemps, comme le Programme de prêts pour la construction d'appartements, changent réellement la donne. Ils rendent la vie plus abordable en ciblant la principale cause du problème: le logement.

[Français]

    Monsieur le Président, je félicite mon collègue de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country. Le nom de sa circonscription nous évoque les paysages, la nature et la beauté, et je ne peux pas m'empêcher de croire que mon collègue est soucieux de l'environnement et des changements climatiques. Je pense qu'il en a d'ailleurs fait mention dans son discours en parlant notamment des gaz à effet de serre et de la lutte contre les gaz à effet de serre.
    Le Bloc québécois demandait qu'on abolisse les subventions pétrolières, ce qui aurait généré des revenus pour le gouvernement d'autour de 27 milliards de dollars en 5 ans. Au lieu de ça, le gouvernement maintient des subventions pétrolières et, en plus, assouplit la réglementation encadrant les pesticides. Ce sont deux mesures qui vont réellement à l'encontre de ce que mon collègue mentionnait tout à l'heure. Cela va à l'encontre de la lutte contre les changements climatiques.
    J'aimerais que mon collègue me dise s'il est d'accord sur ces mesures et comment ça aide l'environnement.
     Monsieur le Président, dans mon discours, j'ai effectivement dit beaucoup de choses à propos de la nature. Je pense que ma circonscription est la plus belle du pays.
    J'ai parlé des importants investissements pour protéger les baleines et de choses établies dans la stratégie sur la nature. Je sais qu'il y a d'autres choses que mon collègue a dites au sujet des pesticides et j'espère que, en comité, nous aurons la chance d'avoir une bonne enquête sur ça pour voir s'il y a des choses qui peuvent atténuer les difficultés.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais connaître l'avis de mon collègue sur l'importante question de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Nous multiplions les initiatives afin de bâtir un pays plus fort et plus sain, sans jamais perdre de vue l'essentiel: rendre la vie plus abordable, ce à quoi sert précisément cette allocation.
    Le député peut-il nous dire ce qu'il pense de l'importance de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens?
    Monsieur le Président, il est certain que l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels sera très avantageuse pour les Canadiens. Elle représente un montant allant jusqu'à 1 890 $ pour une famille de quatre personnes. Cela va aider à faire face au prix élevé du panier d'épicerie dès maintenant, en attendant la mise en œuvre de notre stratégie nationale de sécurité alimentaire. Celle-ci abordera certaines des choses plus fondamentales que nous devons changer, comme accroître la concurrence dans le secteur et donner plus de ressources au Bureau de la concurrence à cette fin. Nous devons aussi renforcer nos chaînes d'approvisionnement nationales afin qu'une plus grande part de produits locaux se retrouvent sur les tablettes.
    Monsieur le Président, comme mon collègue le sait très bien, dans le Canada atlantique, le gouvernement fournit environ 125 $ par personne en subventions permanentes pour les coûts d'exploitation des traversiers. En Colombie‑Britannique, c'est environ 6 $ par personne. En fait, BC Ferries ne reçoit que 3 % du total des subventions du gouvernement fédéral pour les coûts d'exploitation, contre 43 % pour le Canada atlantique.
    Mon collègue dira que les libéraux ont fourni du financement pour les mesures d'aide liées à la COVID — ce qu'ils ont également fait pour le Canada atlantique — ou pour des prêts qui doivent être remboursés par les utilisateurs des traversiers et qui représentent des économies totales d'environ 26 millions de dollars sur 25 ans. Or, ce n'est rien comparativement aux centaines de millions de dollars de subventions qu'ils fournissent au Canada atlantique.
    Mon collègue croit-il que les ententes actuelles sont désuètes et doivent être modernisées? Il a parlé de l'augmentation du prix du carburant. Pas plus tard que la semaine dernière, BC Ferries a ajouté un supplément de 5 % en raison du carburant.
    Mon collègue va-t-il se porter à la défense de nos communautés côtières aujourd'hui?
(1625)
    Monsieur le Président, je serai toujours favorable à l'augmentation du financement pour les traversiers de la Colombie‑Britannique, monsieur le Président, mais je pense qu'il ne faut pas perdre de vue le fait qu'il s'agit dans un cas d'un réseau interprovincial et dans l'autre, d'un réseau intraprovincial. Or, ceux qui relient différentes provinces relèvent de la compétence fédérale. Des sommes considérables ont d'ailleurs été consacrées, au cours des dernières années, à acheter des traversiers neufs. On parle de plus de 700 millions de dollars, une somme qui dépasse l'enveloppe des infrastructures pour les Maritimes et l'Atlantique.
    Je pense qu'il ne faut pas perdre ça de vue. Néanmoins, je serai toujours favorable à l'augmentation des sommes accordées afin d'améliorer les services des traversiers en Colombie‑Britannique.
    Avant de commencer, monsieur le Président, je tiens à vous informer que je partagerai mon temps de parole avec mon bon ami le député de Saskatoon‑Ouest, qui m'a d'ailleurs invité dans sa circonscription. Je me rappelle qu'il faisait ‑40 degrés Celsius. Il m'avait promis de me montrer une patinoire, mais ce que j'ignorais, c'est qu'il parlait non pas d'un endroit où faire du patin, mais bien des rues de Saskatoon.
    Les libéraux devraient qualifier la motion dont nous sommes saisis de « guillotine », car ils font passer la transparence et l'obligation redditionnelle à la guillotine. Les chiffres les rattrapent, alors ils cherchent à couper court à tous les débats au comité des finances. Après 10 années de dépenses inconsidérées, de déficits et d'alourdissement du fardeau fiscal des Canadiens, ça commence à faire beaucoup. D'ailleurs, alors que le premier ministre avait promis de se montrer plus responsable que Justin Trudeau, il a doublé le déficit de celui-ci. Le déficit atteindra 72 milliards de dollars. Les libéraux ajoutent encore 68 milliards de dollars en nouvelles dépenses.
    Il y a à peine deux semaines, la directrice parlementaire du budget a publié un rapport cinglant dans lequel elle affirme que les chances que le gouvernement atteigne l'une de ses propres cibles budgétaires sont « inférieures à 1 % » et déboulonne les autres cibles budgétaires établies par le gouvernement. Que vont donner tous ces chiffres?
     La directrice parlementaire du budget peut bien dire que les chances que les libéraux atteignent leur cible budgétaire sont inférieures à 1 %. Selon moi, les chances qu'un député libéral réponde pour vrai à une question sont elles aussi inférieures à 1 %, tout comme les chances que le comité des finances obtienne des réponses sur ce très coûteux énoncé économique du printemps. Bien entendu, quand les chiffres lui sont défavorables, le gouvernement libéral fait ce qu'il fait toujours: il coupe court au débat et cesse de rendre des comptes. Le travail des députés de l'opposition, celui pour lequel les Canadiens les ont envoyés ici, est de faire la lumière sur les dépenses effrénées et incessantes du premier ministre et de son gouvernement libéral.
     Nous ne sommes pas les seuls à dire que la situation est mauvaise en ce moment. En effet, la Banque du Canada a dit que « l'économie canadienne est restée au ralenti », la directrice parlementaire du budget a dit qu'elle s'attendait à ce que « la croissance reste modérée », la Banque TD a estimé que l'économie fonctionnait bien en deçà de sa capacité et la BMO a dit qu'il ne servait à rien d'enjoliver ce résultat amer. Tout le monde le ressent. Le fait est que le premier ministre, qui avait promis que nous aurions l'économie à la croissance la plus rapide du G7, a fini par nous obtenir l'économie qui se contracte le plus rapidement de tout le G20.
     Pour les Canadiens, cela se traduit concrètement dans la vie de tous les jours. Ces dépenses inconsidérées et l'argent qui revient aux proches du Parti libéral finissent par peser lourd. En réalité, les Canadiens sont aujourd'hui plus pauvres qu'ils ne l'ont jamais été. Chaque mois, 2 millions de Canadiens se rendent dans une banque alimentaire. Un Canadien sur cinq est en situation d'insécurité alimentaire. Un tiers des personnes qui se rendent actuellement dans les banques alimentaires sont des enfants.
    Les députés pourraient penser que je parle d'une statistique d'un pays du tiers monde, mais c'est à cela que ressemble le Canada libéral aujourd'hui à cause des dépenses inconsidérées, des taxes et des impôts, et du fardeau excessif imposé aux industries. Tous ces facteurs ont fait fuir une grande partie des investissements, et les Canadiens doivent maintenant en subir les conséquences. Il y a moins d'options et moins de concurrence. Les coûts augmentent à cause des taxes libérales. Au bout du compte, c'est pourquoi notre inflation alimentaire est l'une des plus galopantes du G7. Nous avons le taux d'endettement des ménages le plus élevé, les coûts du logement les plus élevés et le deuxième taux de chômage le plus élevé de tous les pays du G7. C'est sans compter que nous sommes le seul pays du G20 à être en récession.
    Les conservateurs sont tout à fait contre le fait de mettre fin au débat sur la présente motion. Je siège au comité des finances. Les libéraux ne tolèrent pas que nous posions les questions que les Canadiens nous demandent de poser au sujet du projet de loi bâclé qu'ils ont présenté, qui ne ferait rien d'autre que d'augmenter le coût de la vie, que ce soit au moyen des taxes ou de l'inflation, dont le gouvernement libéral est bien connu pour être à l'origine.
    En fait, nous avons présenté un amendement après l'autre pour améliorer ce projet de loi. C'est notre rôle en tant que loyale opposition de Sa Majesté. Par exemple, la suspension de la taxe d'accise proposée par le gouvernement ne porte que sur un tiers de la taxe pour un tiers de l'année. J'ai présenté un amendement visant à l'étendre au reste de l'année. Les libéraux ont une obsession idéologique concernant la taxe sur le carbone. Il y a aussi la norme sur les combustibles propres. Nous voulions empêcher que la TPS s'ajoute à ces coûts, ce qui aurait permis aux Canadiens d'économiser 25 ¢ le litre, soit 1 200 $ pour une famille. En comité, j'ai présenté un amendement plein de bon sens pour prolonger la suspension de la taxe d'accise jusqu'à la fin de l'année, ce qui aurait permis aux Canadiens d'économiser encore davantage.
(1630)
    Une fois de plus, les libéraux ont fait de l'obstruction jusqu'à ce qu'ils décident de rejeter la proposition, comme ils le font toujours. C'était une solution tout à fait sensée. Ce n'était qu'un des nombreux amendements et sous-amendements que nous avions présentés. Des fonctionnaires étaient présents, mais les libéraux sont tellement désorganisés au sein de ce comité qu'ils n'avaient malheureusement pas convoqué les bons, et parfois, ceux qui étaient là ne répondaient pas correctement aux questions.
    Nous posons les questions pour lesquelles les Canadiens méritent des réponses, mais une fois de plus, les libéraux, avec cette motion en particulier, tentent de mettre fin au débat, à la transparence et à toute forme de responsabilité pour laquelle nous essayons d'obtenir des réponses. Il s'agit simplement d'une autre tactique de leur part pour gagner du temps, ce à quoi nous nous opposons toujours en tant que conservateurs.
    En parlant de l'inévitable, nous sommes le seul pays du G20 en récession. Les statistiques ne sont pas bonnes pour le Canada. Peu importe qui fait ces prévisions, les choses ne vont pas bien en ce moment. En fait, si l'on regarde du côté des investissements des entreprises, on constate qu'ils sont en baisse depuis cinq trimestres consécutifs. Voilà le bilan du gouvernement. En réalité, il a fait fuir vers les États-Unis 1 000 milliards de dollars de bons investissements canadiens. Ce sont des emplois, des usines et une croissance qui auraient pu se concrétiser ici, mais que les impôts élevés et la réglementation des libéraux ont fait fuir.
    Le premier ministre a fait fuir hors du Canada des investissements totalisant une perte nette de 20 milliards de dollars. Voilà l'homme qui a dit qu'il allait tout arranger. Voilà l'homme qui devait traiter avec le président Donald Trump. Il n'a toujours pas conclu d'accord et continue de faire fuir les investissements tout en dépensant davantage l'argent des Canadiens. Il mène une vie de jet-set, parcourt le monde aux frais des contribuables et fait payer les Canadiens pour ses repas somptueux à bord de son avion, tout en poussant ceux-ci vers les banques alimentaires. En fait, au cours de la dernière année, il a dépensé 1 million de dollars pour ses repas servis en avion. Pour du saumon servi à bord de trois vols, il a dépensé davantage que ce qu'une famille dépense en épicerie en une année entière. D'ailleurs, en raison de la hausse des prix, les familles canadiennes paieront 1 000 $ de plus pour leur épicerie cette année.
    Voilà le bilan du gouvernement. Au lieu d'aider les Canadiens, il les pousse vers les banques alimentaires, les plonge dans l'insécurité alimentaire et leur refile la facture des repas luxueux servis à bord des vols du premier ministre, des voyages où les libéraux finissent par échanger des poignées de main bidon et par signer des protocoles d'entente et des contrats tout aussi bidon. Ils se congratulent à coups d'annonces qui ne se concrétisent jamais au bénéfice des Canadiens. C'est ce qui explique la faiblesse actuelle de notre économie.
    Le Bureau de la directrice parlementaire du budget a publié un rapport cinglant, mais Centraide aussi a publié un rapport très critique. Une fois de plus, ces statistiques donnent l'impression que nous vivons dans un pays du tiers-monde. Parmi les Canadiens qui ont répondu, 38 % ont déclaré avoir connu au moins une forme d'insécurité alimentaire au cours des 6 derniers mois, et 27 % craignaient de manquer de nourriture avant d'avoir les moyens d'en racheter.
    Il y a une solution à tout cela. Les conservateurs demandent simplement au gouvernement libéral de s'écarter du chemin. Redonnons aux Canadiens ce que les libéraux ont fait disparaître depuis leur arrivée au pouvoir: l'abordabilité et la sécurité. Nous pouvons supprimer la taxe sur le carbone pour les industries afin de réduire le coût des aliments et du carburant pour les Canadiens. Nous pouvons remettre plus d'argent dans les poches des contribuables. Nous pouvons prolonger le gel de la taxe d'accise jusqu'à la fin de l'année et l'appliquer également à la TPS et à la norme sur les carburants propres. Nous pouvons faire en sorte que les familles gardent 1 200 $ dans leur budget cette année. Nous pouvons ramener des investissements en éliminant des obstacles tels que le projet de loi C‑69, qui interdit la construction de pipelines, et le projet de loi C‑48, qui interdit les pétroliers.
    En appliquant toutes ces mesures, le monde entier comprendrait clairement que nous sommes de nouveau prêts à faire des affaires. Il faut construire des pipelines, développer l'exploitation minière et ajouter des barrages hydroélectriques. Les conservateurs sont prêts à passer à l'action. Nous voulons construire plus d'infrastructures afin de stimuler la création d'emplois et de remettre notre économie sur les rails. Nous pourrons faire toutes ces choses quand les libéraux se seront écartés du chemin.
(1635)
    Monsieur le Président, je trouve regrettable l'attitude générale adoptée par les conservateurs à l'égard du gouvernement. Ils semblent décidés à créer une fausse impression. Ils adorent utiliser des mots comme « corrompus », des « amis des libéraux » et d'autres choses du genre, alors que rien n'est plus faux.
    Le premier ministre et le gouvernement sont conscients que, pour bâtir une économie forte et saine, il faut mobiliser les Canadiens. Je suis certain que toutes les entités politiques à la Chambre reçoivent des contrats. Il y a des occasions d'affaires, les investissements augmentent et le Canada affiche une croissance record. Le Canada s'en sort très bien par rapport au reste des pays du G7.
    Le député peut-il nous dire ce qu'il en pense?
    Rien n'est plus faux, monsieur le Président. Non seulement les libéraux ont été les seuls de tout le G20 à plonger leur pays en récession, mais ils ont aussi fait fuir pour 1 billion de dollars d'investissements. Si nous utilisons des qualificatifs comme « corrompus », c'est parce que personne n'a autant de scandales d'éthique et de violations aux règles à son actif que le gouvernement libéral en a eu en 10 ans.
    On dirait que les seules personnes à qui peuvent profiter les politiques des libéraux sont les copains du premier ministre chez Brookfield et ses amis banquiers et actionnaires. Au bout du compte, les Canadiens se ramassent toujours avec la facture.

[Français]

    Monsieur le Président, on sait qu'en général, les conservateurs ne sont pas favorables aux subventions au secteur privé.
    Seront-ils prêts à abolir les subventions pétrolières?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la meilleure chose que nous puissions faire pour le secteur pétrolier, c'est de tasser le gouvernement libéral du chemin. Si nous voulons créer de bons emplois, stimuler l'économie et rééquilibrer les livres, il faut abroger le projet de loi libéral C‑69, qui empêche la construction de pipelines; faire passer le projet de loi libéral C-48 à la trappe afin que nos produits puissent se rendre jusqu'aux marchés asiatiques; et supprimer la taxe libérale sur le carbone pour les industries afin de faire savoir au reste du monde que nous sommes prêts à faire des affaires et de redonner aux jeunes un avenir dans ce pays qui est le leur.
    Monsieur le Président, les Canadiens entendent continuellement des annonces de nouveaux fonds, de nouvelles agences, de nouvelles stratégies et de nouveaux programmes de dépenses. Mon collègue pourrait-il expliquer pourquoi, après 10 ans de ces annonces, au lieu de la prospérité qu'on leur avait promise, les Canadiens sont aujourd'hui confrontés à une hausse du coût du logement, une hausse des factures d'épicerie et une hausse du coût de la vie?
    Monsieur le Président, ma collègue a raison. Ces annonces ne se concrétisent pas. Je donne un A+ au gouvernement libéral pour ses grandes annonces, mais il mérite un F pour son exécution. Les libéraux fanfaronnent sans arrêt sur ce qu'ils vont faire. Par exemple, le ministre des Finances a fait grand étalage de sa promesse de baisser le prix du panier d'épicerie avant l'Action de grâces 2023. C'est ce qu'il a promis, et pourtant, le prix du panier d'épicerie a augmenté de 40 % depuis.
    Les libéraux ne tiennent pas leurs promesses, et ce sont les Canadiens qui finissent par payer pour cet échec coûteux.
    Monsieur le Président, il est important de souligner que les Canadiens ont voté pour un nouveau premier ministre et un nouveau gouvernement il y a un peu plus d'un an. Depuis, 20 accords commerciaux et de défense distincts ont été signés. De grands projets d'une valeur totale de plus de 100 milliards de dollars ont été annoncés partout au pays. Les échanges commerciaux avec d'autres pays que les États‑Unis ont augmenté de façon spectaculaire. Un nombre record d'investissements étrangers entrent au pays.
    Le Canada n'est pas mal en point. Le nouveau gouvernement et le nouveau premier ministre répondent aux besoins des Canadiens. C'est ça, la réalité. Les conservateurs doivent cesser de propager des informations trompeuses.
(1640)
    Monsieur le Président, depuis que le premier ministre est arrivé au pouvoir, non seulement il a fait fuir 20 milliards de dollars d’investissements nets du pays, mais la situation n’a cessé de se détériorer. En effet, les files d’attente devant les banques alimentaires ont doublé et le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a augmenté. Rappelons que le premier ministre n’est pas un nouveau venu. Il a conseillé Justin Trudeau tout au long de son mandat. La douleur et la souffrance que ressentent les Canadiens ne sont que la conséquence des politiques ratées qu’il a conseillées aux libéraux, et c’est désormais lui qui est le responsable de ces politiques ratées.
    Il faut que les libéraux s'écartent du chemin. Chaque fois qu'ils vont quelque part, serrent une main ou signent un accord bidon, les Canadiens finissent par payer plus cher et par en avoir moins pour leur argent. Il faut que cela cesse.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole aujourd'hui au sujet de cette motion et, bien sûr, du projet de loi C‑30, qui la sous-tend. Il s'agit de la mise à jour économique du printemps. Elle prévoit des dépenses de plusieurs milliards de dollars, de nouvelles mesures fiscales et d'importants changements législatifs. Cette motion de programmation que les libéraux tentent de faire adopter à toute vapeur à la Chambre, en cette dernière semaine de séance, ne fait que montrer à quel point le gouvernement gère mal les affaires ici, à Ottawa. Il n'est pas surprenant que le pays soit en proie à tant de catastrophes et de désastres, car le gouvernement actuel n'est même pas capable de gérer la Chambre, encore moins d’essayer de gérer le pays.
    Nous voilà donc plongés dans cette panique de dernière minute et nous éliminerions essentiellement tout débat. Le comité des finances disposerait de 30 minutes pour débattre du projet de loi. C'est embarrassant. C'est au comité que l'on pose des questions. C'est au comité que les témoins viennent fournir des explications. De très bonnes choses s'y produisent. Il arrive parfois que des erreurs soient découvertes. De plus, il n'y aurait pas de débat à l'étape du rapport à la Chambre et l'étape de la troisième lecture serait très limitée. En gros, le fonctionnement normal de la Chambre serait fortement restreint dans le cadre d'une tentative de dernière minute visant à faire ce que le gouvernement aurait pu faire depuis déjà plusieurs mois. C'est plutôt embarrassant. Nous devons veiller à ce que les ministres et les fonctionnaires soient tenus de rendre des comptes.
    Nous avons proposé de bons amendements pour permettre au comité et aux députés de faire leur travail, mais, bien sûr, ils ont été rejetés. Un gouvernement confiant défendrait son bilan, mais un gouvernement inefficace ne veut pas le faire. Les libéraux ne veulent pas qu'on pose des questions; ils veulent éviter tout cela. Alors qu'ils dépensent des centaines de milliards de dollars, ils semblent vouloir éviter de rendre des comptes. Cela n'a rien de rassurant, et les Canadiens en sont conscients. Les décisions qui seraient prises en vertu des mesures de ce projet de loi auraient des répercussions sur les Canadiens pendant des décennies. Elles auraient également des répercussions sur les petits-enfants des députés. C'est très important.
    Dans le bon vieux temps, il y a 10 ou 15 ans, un déficit à un chiffre était considéré comme une grosse affaire. Si on fait un saut dans le temps, l'ancien premier ministre, Justin Trudeau, a en quelque sorte fait voler tout cela en éclats. Non seulement il y a eu des déficits à un chiffre et à deux chiffres, mais aussi des déficits à trois chiffres. Aujourd'hui, les déficits sont bien plus importants, et c'est très mauvais pour notre pays. Le dernier déficit de Justin Trudeau s'élevait à 35 milliards de dollars. Le premier déficit du nouveau premier ministre, qui est censé posséder toutes sortes de connaissances économiques, était le double de celui de Justin Trudeau. Il s'élevait à 78 milliards de dollars, et la mise à jour économique le réduirait légèrement à 68 milliards ou 65 milliards de dollars, ou quelque chose comme ça.
    C'est un peu comme lorsqu'un meuble qui devrait coûter 2 000 $ est affiché à 5 000 $, puis à 4 000 $ lors d'une grande promotion, ce qui donne l'impression d'une bonne affaire. Pourtant, l'acheteur paie toujours le double de ce qu'il aurait dû payer auparavant. C'est exactement ce qui se passe ici. Le gouvernement ne peut pas s'empêcher de dépenser de l'argent. Même lorsqu'il y a de bonnes nouvelles — quand les recettes supplémentaires provenant des prix élevés du pétrole profitent aux coffres de l'État, par exemple —, les libéraux continuent de dépenser cet argent. C'est assez ridicule. D'ici 2030‑2031, il y aura toujours un déficit de plus de 50 milliards de dollars, selon leurs propres estimations.
     La directrice parlementaire du budget, qui est une agente nommée par le gouvernement, une personne en qui le gouvernement a confiance, nous dit que ça va même être pire que ce que le gouvernement annonce; en fait, le gouvernement ne nous dit pas la vérité. Il y aura des déficits de plus de 70 milliards de dollars, et, dans l'avenir proche, ça va continuer ainsi. Il s'agit de dépenses déficitaires permanentes, structurelles. La directrice parlementaire du budget a également dit que la probabilité que les libéraux atteignent ne serait-ce qu'une de leurs cibles budgétaires est inférieure à 1 %.
    Ce n'est pas bon pour le pays, parce que, quand les gouvernements empruntent de l'argent, ça crée beaucoup de demande dans le système et ça signifie qu'il y a moins de marge de manœuvre pour de futurs allégements fiscaux et pour consacrer des dépenses supplémentaires à des services essentiels. Cette année, les frais de la dette s'élèveront à 60 milliards de dollars environ. Pour mettre les choses en perspective, le gouvernement fédéral donne aux provinces 55 milliards de dollars pour les soins de santé. Nous consacrons donc plus d'argent au paiement des intérêts que ce que le gouvernement consacre aux soins de santé.
    Il n'est pas difficile d'imaginer un scénario dans lequel les taux d'intérêt augmenteraient légèrement et le coût de la dette passerait très rapidement de 58 milliards de dollars à une somme beaucoup plus élevée, ce qui exercerait une forte pression sur le budget du gouvernement et créerait un problème circulaire, puisqu'il y aurait toujours plus de déficits et toujours plus d'intérêt à payer. C'est un peu comme quelqu'un qui a un solde de carte de crédit mais qui ne fait que le paiement minimum requis. C'est essentiellement ce que fait le gouvernement en ce moment, et cela contribue aux pressions inflationnistes et à l'augmentation des taux d'intérêt. Tout le monde comprend que lorsque le gouvernement emprunte de l'argent, l'inflation augmente et les taux d'intérêt restent plutôt élevés. Cela a évidemment des répercussions directes sur les gens, qui voient les paiements hypothécaires et le coût des loyers augmenter et d'autres coûts supplémentaires s'ajouter.
(1645)
    Les Canadiens subissent une forte pression en raison du coût de la vie. L'inflation a augmenté de 2,8 % en avril et reste obstinément élevée. L'inflation alimentaire est encore plus forte. Elle a atteint 4,4 % en mars. Cela signifie que les gens consomment moins de viande, de fruits et de légumes. Il arrive que des parents sautent des repas pour que leurs enfants puissent manger. Des aînés risquent de ne pas se procurer leurs médicaments sur ordonnance et de couper le chauffage ou la climatisation chez eux. La hausse des taux d'intérêt entraîne une augmentation des paiements hypothécaires, et ces coûts sont refilés aux consommateurs sous forme de prix plus élevés, car les entreprises doivent elles aussi composer avec tous ces coûts accrus. Le projet de loi C‑30 rendrait le déficit permanent. Nous ne pouvons imaginer un avenir où le gouvernement éliminerait le déficit.
     Je voudrais aborder brièvement la question du logement, car c'est un exemple parfait. Les pouvoirs publics doivent se préoccuper des coûts. Nous n'avons pas besoin de nouvelles annonces. Le gouvernement est très doué pour faire des annonces et tenir de grands discours, mais il ne sait pas comment passer à l'action. Ce dont les gens ont besoin, ce sont des logements abordables. Chaque retard, chaque double examen et chaque exigence inutile finissent par être pris en charge par l'acheteur.
    Cela se voit notamment dans le code du bâtiment. Les changements sont envisagés, mais ne sont pas vraiment chiffrés. En particulier, lorsqu'une multitude de changements se produisent en même temps et qu'on en additionne tous les coûts, ceux-ci peuvent être très importants. Ne serait-ce pas merveilleux si le gouvernement devait montrer son travail, faire de l'examen des coûts un objectif fondamental et présenter des résumés qui indiqueraient aux Canadiens à quoi correspondrait chaque coût? Nous pourrions alors décider si la dépense est logique, si l'avantage l'emporte sur le coût. C'est une approche très efficace et relativement simple que le gouvernement pourrait adopter. La plupart de ces renseignements sont disponibles. Ils ne sont tout simplement pas utilisés.
    Parallèlement, nous pourrions maintenir des normes strictes en matière de santé et de sécurité et pourrions faire progresser la technologie. Si nous faisions attention aux coûts en élaborant les codes du bâtiment, ce qui ne coûterait rien au gouvernement, cela aiderait les gens et rendrait le logement plus abordable. Cette mesure réduirait le coût des maisons. Elle aiderait les acheteurs d'une première maison, les locataires, les petits et moyens constructeurs, les familles et les nouveaux Canadiens. Elle aiderait tout le monde. Elle ne coûterait rien au gouvernement. En fait, elle pourrait réduire la bureaucratie, ce qui permettrait des économies. C'est une mesure qui aurait certainement sa pertinence et qui serait un moyen simple pour le gouvernement de rendre la vie plus abordable pour tous les Canadiens.
    Je veux aussi aborder un sujet dont mon chef a parlé au cours du week-end. Et si nous éliminions la TPS sur les voitures d'occasion? Ce sont les concessionnaires qui facturent la TPS sur ces voitures. Une voiture peut être vendue de nombreuses fois pendant sa vie utile et, chaque fois, on facture la TPS et le gouvernement fait de l'argent sur la transaction. Nous pensons que c'est injuste. Le gouvernement devrait toucher la TPS lors de la première vente, un point c'est tout.
    Je tiens à remercier mon collègue d'Elgin—St. Thomas—London-Sud d'avoir présenté un projet de loi d'initiative parlementaire qui vise à éliminer la TPS sur les véhicules d'occasion. C'est une mesure parfaitement sensée qui permettrait d'effectuer des économies pouvant aller jusqu'à 1 800 $ à l'achat d'un véhicule moyen, et qui éliminerait cette double taxation.
    Nous avons beaucoup d'idées concrètes et je viens d'en présenter deux. Il y en a une à propos de l'élimination de la TPS sur les voitures d'occasion, et une autre au sujet des codes de construction. Bien entendu, le gouvernement ne veut pas en entendre parler, et c'est pour cela qu'il présente cette motion pour mettre fin au débat. Il ne veut entendre aucune de nos idées. Ce qu'il veut, c'est faire adopter ce projet de loi à toute vapeur et passer à autre chose.
    C'est une tendance que nous observons depuis 11 ans chez le gouvernement libéral. Il se plaît à se qualifier de nouveau gouvernement, mais il est là depuis 11 ans. Il est essentiellement formé des mêmes gens qui prennent le genre de décisions qui nous ont mises dans le pétrin. Il semble que les libéraux ont honte et qu'ils ont peur. C'est pourquoi ils présentent cette motion. J'exhorte la Chambre à ne pas adopter cette motion.
(1650)
    Monsieur le Président, je me demande si le député pourrait parler des plus de 30 heures que les membres conservateurs du comité des finances ont passées à faire obstruction au projet de loi C‑30, qui prévoit un certain nombre de mesures pour rendre la vie plus abordable, des mesures économiques qui aideraient les Canadians. Par exemple, le projet de loi fera passer de 4 000 $ à 10 000 $ la déduction fiscale pour la mobilité de la main-d'oeuvre destinée aux travailleurs qualifiés devant se déplacer pour travailler.
    Le député pourrait-il expliquer pourquoi il nous reproche ici, à la Chambre, de vouloir faire adopter un projet de loi à toute vapeur, alors que ses collègues ont gaspillé 30 heures de délibérations et de ressources parlementaires au comité des finances?
    Monsieur le Président, c'est tout à fait typique d'un gouvernement libéral de prétendre que les procédures habituelles et les activités quotidiennes de la Chambre sont une perte de temps. C'est tout à fait dans l'esprit de ce parti.
    Je voudrais que le secrétaire parlementaire explique pourquoi il a fallu autant de temps pour faire adopter ce projet de loi. Pourquoi, trois ou quatre jours avant la fin de la session parlementaire, les libéraux ne peuvent-ils soudainement plus attendre et veulent absolument qu'il soit adopté immédiatement? Ils auraient pu le faire adopter il y a des semaines, voire des mois, mais ils ne l'ont pas fait. Je pense que cela montre, comme je l'ai dit, l'incapacité du gouvernement à gérer ses propres affaires, encore moins celles du pays.

[Français]

     Monsieur le Président, mon collègue conservateur sait très bien que les Québécois et les Canadiens en arrachent financièrement. L'épicerie coûte cher. Tout coûte cher. Même les familles que l'on considérait comme bien nanties il n'y a pas si longtemps doivent faire des sacrifices et des choix.
    Il y a des solutions à portée de main dont on aurait pu parler en comité et dont on aurait pu parler plus largement ici, à la Chambre. Par exemple, si on abolissait les subventions aux pétrolières, cela générerait des revenus pour le gouvernement à la hauteur de 27,5 milliards de dollars sur cinq ans. C'est une estimation du directeur parlementaire du budget.
    Mon collègue serait-il d'accord sur ce genre de mesure, qui viserait à alléger le fardeau financier des Québécois et des Canadiens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue souligne la valeur et l'importance du travail des comités, où l'on peut poser des questions et soumettre des idées au gouvernement, qui peut alors défendre ses décisions.
    Pour répondre directement à sa question, je pense qu'il y a beaucoup de gaspillage avec le gouvernement, notamment dans la façon dont il dépense. Je pense par exemple aux consultants et à toutes sortes d'autres choses. Nous devons passer ces dépenses en revue et en discuter. Le gouvernement doit établir des priorités en matière de dépenses. Nous sommes nombreux à lancer à la blague que si nous avions la chance de consulter les livres, nous pourrions probablement économiser des milliards et des milliards de dollars, puis réaffecter cet argent beaucoup plus efficacement.
    Monsieur le Président, je partage les préoccupations de mon collègue de Saskatoon‑Ouest au sujet de l'économie. Je suis aussi d'accord avec notre collègue mutuel de Elgin—St. Thomas—London‑Sud. Il a présenté un projet de loi d'initiative parlementaire qui a pour objectif d'aider les Canadiens qui achètent un véhicule usagé.
    Pour ce qui est du projet de loi C‑30 et des perspectives économiques, London et les environs doivent composer avec un taux de chômage élevé. À un certain moment, il atteignait 9,1 %, le taux le plus élevé au Canada, et a même atteint 9,2 % récemment. Cela affecte toute la région de London et ses habitants.
    J'aimerais savoir si les mêmes genres de problèmes économiques affligent la circonscription de mon collègue de Saskatoon‑Ouest.
    Monsieur le Président, le chômage est un problème dans notre pays et, comme le député l'a indiqué, c'est encore plus grave dans sa région de l'Ontario. Selon moi, ce problème soulève une question importante. Pourquoi le gouvernement continue-t-il de faire venir des travailleurs étrangers temporaires au Canada? Pourquoi continuons-nous à en faire venir plus au pays? Nous avons beaucoup de possibilités d'emplois. Or, le taux de chômage chez les jeunes est encore plus élevé que les chiffres qu'il a mentionnés. Il frôle les 15 %, mais le gouvernement ne met pas en place de programmes pour aider nos jeunes. Il préfère la facilité, c'est-à-dire faire venir de la main-d'œuvre bon marché de l'étranger.
    Monsieur le Président, mon collègue de Saskatoon-Ouest a fait valoir que nous avons amplement de temps. Je viens de vérifier. La première lecture du projet de loi C‑30a eu lieu le 29 avril, puis, après trois heures de débat, la motion d'attribution de temps a été proposée un mois plus tard, précisément le 25 mai.
    Le député se souvient-il de ce qui s'est passé avec le projet de loi C‑30 entre la première lecture et le moment où le gouvernement a décidé de recourir à la motion d'attribution de temps, car j'essaie moi-même de m'en rappeler?
(1655)
    Monsieur le Président, la députée soulève un point pertinent. Comme j’essayais de le dire, le gouvernement présente des mesures, mais se laisse ensuite distraire par d’autres questions. Les semaines s’écoulent, dans ce cas-ci un mois ou plus, puis tout à coup, quelqu’un se réveille et se dit qu'il faudrait bien adopter les mesures prévues, sinon le gouvernement va mal paraître.
    Effectivement, le gouvernement paraîtrait bien mal s'il fallait que la pause estivale commence sans que soit adopté son énoncé économique du printemps. Il a fallu des mois au gouvernement pour faire adopter son budget complet, alors comme je l'ai dit, c'est gênant pour les libéraux. Ils nous montrent qu'ils ne sont même pas capables de gérer les travaux de la Chambre, et encore moins le pays.
     Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    Je crois qu'il y aurait consentement unanime pour que je propose une motion afin de déposer les réponses à quelques questions figurant au Feuilleton.
    Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    Le consentement est accordé.

Questions transformées en ordres de dépôt de documents

    Monsieur le Président, si les questions nos 1145, 1146, 1147, 1148, 1149, 1150, 1151, 1152, 1153, 1154, 1155, 1156, 1157, 1158, 1159, 1160, 1161, 1162 et 1163 pouvaient être transformées en ordres de dépôt de documents, les documents seraient déposés immédiatement sous forme électronique.
     Des voix: D'accord.
     Monsieur le Président, je demande que les autres questions restent au Feuilleton.
     Des voix: D'accord.
    [Le texte des questions et des réponses est disponible sur le site Web des questions écrites.]

L'affaire émanant du gouvernement no 12 — Les délibérations sur le projet de loi C‑30

     La Chambre reprend l'étude de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Saanich—Gulf Islands. C'est avec un immense plaisir que je prends la parole à la Chambre pour participer au débat sur un projet de loi très important, le projet de loi C‑30, Loi portant exécution de certaines dispositions de la mise à jour économique du printemps déposée au Parlement le 28 avril 2026.
    Aujourd'hui, nous débattons d'une motion gouvernementale d'une grande importance. Cela dit, c'est dommage qu'il ait fallu en arriver là pour faire avancer les travaux du comité et garantir l'adoption du projet de loi. C'est la conséquence directe de l'obstruction des conservateurs. Par exemple, ils ont présenté huit sous-amendements à l'un de leurs propres amendements. D'un point de vue procédural, il est plutôt malheureux que leurs amendements n'aient pas intégré les sous-amendements qu'ils ont ensuite présentés. Ils ont alors enchaîné les manœuvres d'obstruction au comité sur un aspect du projet de loi C‑30 qu'ils avaient pourtant appuyé, soit la réduction des cotisations au RPC, sachant très bien que le régime de pension est en bonne santé financière.
    Il est très regrettable que nous en soyons là aujourd'hui; cela dit, je suis fier de travailler au nom des Canadiens et de faire en sorte que des mesures essentielles en matière d'abordabilité et d'économie soient adoptées à la Chambre avant l'ajournement d'été. En avril, notre gouvernement a présenté la mise à jour économique du printemps 2026, « Un Canada fort pour tous », au moment où les Canadiens faisaient les frais des turbulences géopolitiques trop réelles qui survenaient bien au-delà des frontières du pays. Cette profonde incertitude persiste, alors que le monde continue de connaître une série de transformations fondamentales à un rythme, à une ampleur et à une échelle inégalés depuis des générations.
    Ce monde fragmenté est plus complexe, plus instable et, pour beaucoup, plus coûteux et imprévisible qu'avant. Le gouvernement continue de se concentrer sur ce qu'il peut contrôler, à savoir bâtir une économie canadienne forte, diversifier nos partenaires commerciaux à l'étranger, assurer une gestion budgétaire responsable et soutenir les Canadiens qui subissent la pression du coût de la vie au quotidien. Notre objectif est clair: bâtir un pays plus fort, plus résilient et plus abordable. Il ne fait aucun doute que le projet de loi C‑30 joue un grand rôle dans cet effort.
    J'aborde en premier la hausse du prix des aliments, qui est, à juste titre, une préoccupation pour les Canadiens. Le gouvernement s'attache à réduire ces prix, qui exercent une pression importante sur le budget des ménages. Par exemple, afin d'aider les personnes les plus touchées par le coût des aliments, nous avons annoncé en janvier la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui aide plus de 12 millions de Canadiens à se procurer des produits essentiels. Le 5 juin, les premiers chèques ont été envoyés à plus de 12 millions de familles canadiennes. Cela représente en moyenne 1 890 $ pour une famille moyenne de quatre personnes, ce qui représente une augmentation considérable par rapport au remboursement de la TPS, qui a été augmenté de 50 % cette année et qui sera augmenté de 25 % pour les quatre prochaines années.
    Notre plan comprend également une aide immédiate aux banques alimentaires grâce au Fonds des infrastructures alimentaires locales, qui a aussi été bonifié par le gouvernement. Le projet de loi C‑30 prévoit des mesures supplémentaires pour alléger les pressions financières liées aux factures d'épicerie. L'adoption du projet de loi C‑30 aiderait les producteurs à stimuler la production alimentaire nationale grâce à des modifications fiscales temporaires qui permettraient une passation en charges immédiate pour les serres admissibles. Ces dispositions permettraient aux producteurs d'amortir intégralement le coût de construction de nouvelles serres au cours de l'année où les dépenses ont été engagées plutôt que sur plusieurs années. Cet incitatif vise à accroître la production en serre et à renforcer l'approvisionnement alimentaire national tout au long de l'année. Cette mesure devrait entraîner un allégement fiscal de 41 millions de dollars sur 6 ans.
    Ce projet de loi contient bien d'autres dispositions. Le projet de loi C‑30 comprend un certain nombre d'autres mesures. Avant de les évoquer, je tiens également à parler du 11 juin, date à laquelle le premier ministre a lancé la toute première Stratégie nationale de sécurité alimentaire du Canada. J'en suis très fier, car j'ai contribué à son élaboration. Cette stratégie stimulera la production alimentaire nationale et ouvrira le marché aux détaillants alimentaires indépendants au Canada. Elle favorisera la résilience, les chaînes d'approvisionnement régionales et les infrastructures dont ces chaînes ont besoin pour prospérer et elle permettra en fin de compte de bâtir un système alimentaire plus solide, plus autonome et plus abordable, où la concurrence pourra s'exercer davantage, ce qui, nous le savons, est la clé pour faire baisser les prix. La stratégie est soutenue par plus de 3 milliards de dollars d'investissements sur 10 ans.
(1700)
    Afin de contribuer à la réalisation de cet objectif important, le projet de loi C‑30 modifierait la Loi sur l'Agence canadienne d'inspection des aliments et la Loi sur les produits antiparasitaires afin d'y inclure la prise en compte de la sécurité alimentaire et du coût des aliments. Pour mettre en œuvre ce changement, le gouvernement propose d'allouer 24 millions de dollars sur 4 ans, puis 9 millions de dollars par année de façon permanente, afin d'aider Santé Canada à renforcer ses capacités d'analyse économique pour optimiser les processus d'examen des produits antiparasitaires. Ces coûts seront entièrement recouvrés au moyen de droits annuels.
    Le gouvernement travaille également sans relâche pour résoudre les problèmes liés à l'abordabilité du logement. C'est une évidence: le coût élevé du logement exerce une pression considérable sur le budget des ménages, en particulier pour les jeunes Canadiens. Le gouvernement reconnaît que de nombreux Canadiens qui ont récemment acheté leur première maison ou qui envisagent de le faire continuent d'être confrontés à d'importants problèmes liés au coût de la vie et pourraient bénéficier d'une augmentation de leurs liquidités.
    C'est pourquoi le projet de loi C‑30 propose de prolonger le délai de grâce pendant lequel les acheteurs ne sont pas tenus de commencer à rembourser les retraits de leur REER au titre du Régime d'accession à la propriété. La prolongation proposée passe de deux à cinq ans. La prolongation vise les acheteurs qui font un premier retrait entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028. Elle s'applique déjà aux retraits effectués entre 2022 et 2025. En fin de compte, ce changement représente un allégement pouvant atteindre 4 000 $ par personne, par année, durant les 3 années où la somme n'aura pas à être reversée dans le REER.
    L'adoption du projet de loi C‑30 apporterait également un changement important aux cotisations au Régime de pensions du Canada afin que les Canadiens puissent réduire leurs cotisations et ainsi conserver plus d'argent dans leurs poches. Le Régime de pensions du Canada est essentiel au système canadien de revenu de retraite, car il fournit un revenu de pension stable et prévisible à des millions de Canadiens. Compte tenu des problèmes d'abordabilité auxquels sont confrontés de nombreux ménages au Canada, les ministres des Finances du Canada ont convenu à l'unanimité, en avril, de réduire le taux de cotisation au Régime de pensions du Canada. Ce changement réduirait le taux de cotisation de 40 points de base, le faisant passer de 9,9 % à 9,5 % à compter du 1er janvier 2027. Cette réduction se traduirait par des économies annuelles d'environ 133 $ pour un employé qui gagne 70 000 $ par année, avec des économies équivalentes pour son employeur, et ce, sans mettre à risque la viabilité à long terme du régime.
    Nous avons écouté les conservateurs en comité parler sans fin pendant 10 ou 11 heures de la santé et de la viabilité du Régime de pensions du Canada, ce qui, je le reconnais, est une préoccupation, mais lorsque l'actuaire en chef a déposé un rapport au Parlement et a effectué l'analyse pour conclure que le Régime de pensions du Canada est sain et solvable pour les 75 prochaines années, et que les conservateurs ont eux-mêmes préconisé de réduire les cotisations au Régime de pensions du Canada de 40 points de base, laissant une marge de sécurité de 30 points de base dans le régime, c'était certainement une décision judicieuse. C'est logique pour les Canadiens. Compte tenu du fait que les ministres des Finances provinciaux et territoriaux de tout le Canada ont tous approuvé cette mesure à l'unanimité, estimant qu'elle était tout simplement logique, je ne vois pas pourquoi les conservateurs feraient tout ce tapage en proposant huit sous-amendements au comité des finances.
    Quoi qu'il en soit, le gouvernement a appuyé les allégements fiscaux. Nous avons mis en œuvre de nombreuses mesures fiscales, notamment une réduction de l'impôt sur le revenu pour 22 millions de Canadiens, la suspension de la taxe d'accise sur le carburant pendant l'été jusqu'à la fête du Travail et l'offre de nouvelles prestations telles que l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Nous avons réduit la taxe sur le carbone pour les consommateurs. Nous avons pris de très nombreuses mesures pour aider les Canadiens à faire face à bon nombre des coûts qu'ils doivent assumer.
    Je suis très fier de pouvoir dire qu'en Ontario, grâce à un accord que nous avons signé avec le gouvernement de la province, une exonération de la TVH est actuellement accordée sur l'achat d'une habitation neuve. Cela représente un allègement fiscal pouvant atteindre près de 200 000 $. Il s'agit d'une réduction de 50 % des frais d'aménagement et d'une économie de 13 % sur l'achat d'une habitation neuve, ce qui constitue une aide considérable pour les Canadiens. Personne ne peut le nier.
    Pour finir, je tiens simplement à préciser que, comme je l'ai déjà mentionné, le projet de loi C‑30permettrait d'augmenter la déduction fiscale pour la mobilité de la main-d'œuvre pour les travailleurs des métiers spécialisés qui se déplacent pour leur travail. Grâce à la relance économique, on constate une augmentation des emplois dans le secteur de la construction, soit 27 000 postes selon les dernières statistiques sur l'emploi. Les travailleurs des métiers spécialisés peuvent ainsi bénéficier d'une déduction majorée de 6 000 $...
(1705)
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Souris—Moose Mountain a la parole.
    Monsieur le Président, le gouvernement met tout en œuvre pour faire grimper le prix des produits alimentaires au Canada. En ce qui concerne la taxe sur le carbone pour les industries et la Norme sur les combustibles propres, ne se rend-il pas compte que ces taxes alourdissent les coûts à chaque étape de la chaîne de valeur de la production des aliments?
    Les libéraux n'ont-ils pas honte d'avoir dû instaurer un programme pour aider les Canadiens à se nourrir?
    Monsieur le Président, le coût de l’alimentation est assurément une source d’inquiétude pour les Canadiens.
    Il semble que les conservateurs ne saisissent pas pleinement les relations de cause à effet ni l’influence sur le prix des aliments de facteurs mondiaux, comme la flambée des prix du pétrole, les conflits en Europe et une guerre commerciale marquée par l'imposition de droits de douane aux entreprises canadiennes.
    Ce que je trouve pour le moins curieux, c'est que même lorsque nous intervenons pour donner un coup de pouce aux Canadiens et pour leur offrir un répit immédiat, que ce soit grâce à l'Allocation canadienne pour enfants afin de sortir des milliers d'enfants de la pauvreté, au Programme national d'alimentation scolaire du Canada afin de nourrir les élèves affamés, à l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels afin d'aider les Canadiens à subvenir à leurs besoins mensuels, ou encore à la Stratégie nationale de sécurité alimentaire de 3,2 milliards de dollars afin de renforcer le système alimentaire, les conservateurs trouvent encore le moyen de se plaindre.

[Français]

    Monsieur le Président, je sais de mon collègue qu'il est un homme combatif, un homme qui n'a pas peur de prendre position et de se chamailler un peu. Ma question est simple: s'est-il chamaillé un peu à l'interne lorsqu'il y a eu cette fausse bonne idée d'un énoncé économique qui ne répond à aucune des préoccupations justifiant l'urgence de présenter un énoncé économique?
    Après tout, ce n'est pas un budget. On aurait pu attendre à l'automne pour adopter la plupart de ces mesures. Cela aurait été beaucoup plus simple. Or, l'urgence, c'était Donald Trump et les droits de douane de 25 % imposés sur l'acier et l'aluminium. Pourtant, l'énoncé économique ne prévoit aucune mesure à cet égard.
    Mon collègue a-t-il défendu cet élément à l'interne en demandant pourquoi on n'annulait pas tout simplement cet énoncé et pourquoi on n'envoyait pas plutôt un courriel à tout le monde?
    Ça aurait été beaucoup plus simple.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons répondu aux préoccupations à maintes reprises en proposant des mesures de soutien aux secteurs touchés par les droits de douane, notamment pour répondre aux besoins de liquidités ou pour aider les entreprises à se réorienter, à changer de cap et à adapter leurs modèles d'affaires afin qu'elles puissent continuer à prospérer dans le contexte économique actuel. Nous avons apporté notre soutien. Nous avons diversifié nos échanges commerciaux. Nous mettons en place les infrastructures nécessaires pour que ces secteurs puissent survivre et prospérer. Je ne suis pas d'accord avec le député d'en face. C'est vrai, je suis parfois combatif, car je ne supporte pas les choses qui ne sont pas vraies. J'aime reprendre les députés quand j'en ai l'occasion, et c'est ainsi que la Chambre devrait fonctionner. Que Dieu nous vienne en aide si jamais nous perdons de vue la recherche de la vérité à la Chambre des communes et au Parlement.
    Notre gouvernement a répondu aux préoccupations à maintes reprises. Nous avons offert un soutien immédiat et fait preuve de responsabilité financière. Les finances du pays sont les plus solides du G7, et nous nous appuyons sur cette solidité pour réaliser des investissements stratégiques, notamment dans notre Stratégie nationale de sécurité alimentaire.
(1710)
    Monsieur le Président, le député a évoqué les mesures visant à améliorer l'abordabilité et à soutenir les grands projets en cours. Pourrait-il nous parler de la réactivité du gouvernement face à la menace tarifaire qui pèse sur le Canada, notamment en ce qui a trait à la réponse aux droits de douane prévus à l'article 232, à la réponse aux droits de douane sur l'aluminium, etc.?
    Monsieur le Président, c'est formidable de compter parmi nous une collègue qui pose autant de questions sincères à la Chambre.
    Comme je l'ai indiqué en réponse à la question précédente, le gouvernement a pris des mesures. Nous reconnaissons que c'est dans les secteurs touchés par les droits de douane que les pertes d'emplois ont été les plus marquées. Voilà pourquoi nous avons mis en place des mesures de soutien et des programmes d'aide, tout en poursuivant nos discussions et nos négociations avec les États‑Unis, dans l'espoir de parvenir à un accord.
    Monsieur le Président, nous sommes le seul pays du G7 à être en récession. Il y a 2 ans, notre déficit de 40 milliards de dollars était jugé scandaleux par la population canadienne; aujourd'hui, il atteint près de 100 milliards de dollars. Comment le gouvernement libéral peut-il trouver cela acceptable?
    Monsieur le Président, la machine à propagande conservatrice n'est plus juste théorique, elle tourne désormais à plein régime, car le paradigme économique négatif dans lequel ils évoluent les empêche d'admettre la vérité: il y a de nombreux indicateurs de la vigueur et de la résilience de l'économie canadienne. Tous les conseillers financiers et économiques en chef des banques se sont exprimés...
    Nous poursuivons le débat. La députée de Saanich—Gulf Islands a la parole.
    Monsieur le Président, il m'arrive souvent de me demander si cette enceinte n'est pas en train de se transformer en une sorte d'arène sportive, à l'image de la Maison-Blanche de Trump, avec sa cage en forme d'octogone et ses combats organisés pour célébrer les 250 ans de la Déclaration d'indépendance, même si cela n'a évidemment aucun lien avec le présent débat. Par moments, cet endroit ressemble davantage à un champ de tir, où des équipes qui vivent dans des maisons de verre se prennent mutuellement pour cible. C'est difficile à regarder. Je sais bien que j'ai moi aussi ma maison de verre quelque part, mais comme le Parti vert n'a jamais été au pouvoir, nous n'avons pas de bilan pour lequel on pourrait nous critiquer.
    Je me souviens très bien du moment où le gouvernement Harper a commencé à avoir systématiquement recours à des projets de loi budgétaires omnibus très volumineux que les libéraux de l'époque dénonçaient parce qu'ils englobaient trop de choses, ne reflétaient pas adéquatement la version initiale du budget ou ne la faisaient pas progresser, et parce que cette façon de faire était devenue une pratique courante.
     Nous avons ensuite eu, bien sûr, le gouvernement Harper qui multipliait les motions d'attribution de temps. Je me souviens de la première fois où j'ai commencé à remarquer que c'était devenu une pratique courante. Je suis allée vérifier et j'ai découvert que, sur une période de 40 ans — ce qui n'est pas si loin dans le temps —, cela ne s'était produit qu'environ 10 fois. Comme j'ai commencé à les recenser, j'ai pu constater que les recours à ces motions se comptaient désormais par centaines.
    Bien sûr, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, les libéraux ont promis qu'ils ne présenteraient jamais de projets de loi omnibus regroupant de nombreuses mesures différentes dans un seul texte législatif et qu'ils n'auraient certainement pas recours à l'attribution de temps pour limiter le temps alloué à nos travaux. Encore une fois, je dois dire que les deux grands partis vivent dans de très grandes maisons de verre bien équipées, mais qu'ils continuent quand même de jeter des pierres à la maison de verre de l'autre.
    Ils ont tous deux eu recours à des projets de loi budgétaires omnibus une fois au pouvoir. Les libéraux l'ont fait d'abord sous l'ancien premier ministre Trudeau, puis sous l'actuel premier ministre. Ils ont aussi continué de recourir à l'attribution de temps.
    Mon propos s'appuie sur ma propre expérience de la procédure parlementaire. Je sais que le Règlement de la Chambre n'autorise pas les députés à lire un discours écrit. Si cette règle était respectée, je crois que les leaders parlementaires pourraient s'entendre plus rapidement sur le nombre d'intervenants à prévoir pour faire adopter un projet de loi à la Chambre.
    À écouter le débat sur la motion jusqu'ici, je constate que, comme nous l'a dit le secrétaire parlementaire, nous devons recourir à l'attribution de temps, sans quoi ce projet de loi ne pourra être adopté. À cela, je réponds encore une fois que le parti vit dans une maison de verre. C'est comme si un enfant ayant tué ses deux parents implorait la clémence en se disant orphelin.
    Pourquoi sommes-nous pressés par le temps? C'est parce que le gouvernement actuel a décidé de réduire le nombre de séances en juin. Il a supprimé deux jours pour accroître la pression et justifier le fait de devoir adopter le projet de loi maintenant. Pourquoi la possibilité de prolonger la session n'est-elle pas abordée? Pourquoi passons-nous sous silence le délai entre le moment où le projet de loi C‑30 a été présenté pour la première fois, le 29 avril, et la date où la Chambre en a été saisie par la suite?
    Au terme de trois heures de débat, le gouvernement a imposé l'attribution de temps pour le projet de loi C‑30. Il ne s'agit pas d'un gros projet de loi budgétaire omnibus, mais il est suffisamment chargé pour que je n'aie absolument pas pu prévoir que la section 8 renfermerait les dispositions les plus rétrogrades que j'aie jamais vues en matière de déréglementation des pesticides.
    Croyez-le ou non, même si j'ai l'air d'une jeune gamine fraîchement sortie de la faculté de droit, cela fait 51 ans que je travaille sur les questions liées aux pesticides. C'est la pire mesure de déréglementation que j'aie jamais vue, et elle se trouve dans un projet de loi omnibus d'exécution du budget.
    Je serais heureuse d'appuyer bon nombre des dispositions contenues dans l'énoncé économique du printemps. Par contre, il y en a certaines que je n'appuierais pas. C'est la nature même d'un projet de loi omnibus. Il y a de nombreux éléments qui touchent à divers projets de loi, et tout se joue en un seul vote et d'un seul coup. Cette fois-ci, il faut ajouter à cela le fait que nous n'avons pas beaucoup de temps.
    Qui contrôle le calendrier? C'est le gouvernement qui le contrôle. Qui décide quels projets de loi seront présentés pour un débat, pour les ordres émanant du gouvernement, pour l'ordre du jour? C'est le gouvernement qui s'en charge.
    Je dois dire que mes collègues du comité des finances se sont illustrés par l'obstruction systématique la plus extraordinaire que j'aie jamais vue, en termes de créativité. J'ai assisté à tout cela parce que je gardais l'espoir, contre toute attente, que nous en arriverions peut-être à l'étude article par article et que nous pourrions discuter et débattre de mes amendements.
(1715)
    Cependant, encore une fois, la tendance à la Chambre des communes depuis toujours est que les partis de l'opposition utilisent tous les outils à leur disposition. Il y a des décennies, les conservateurs ont laissé la sonnerie retentir pendant des jours. Cela prend du temps, mais le gouvernement se ressaisit et trouve un nouveau moyen de contourner cette tentative particulière de jeter du sable dans l'engrenage. Ce n'est pas rare, mais ce qui l'est, c'est le recours aux motions de programmation, et je m'adresse ici à mes collègues des bancs libéraux.
    La première motion de programmation que j'ai trouvée extrêmement révoltante depuis que je suis devenue députée, en 2011, remonte à juin de l'année dernière, avec la motion de programmation sur le projet de loi C‑5. Cette motion a donné lieu à la plus extraordinaire prise de pouvoir jamais observée dans un projet de loi. En effet, le projet de loi C‑5 élargissait les pouvoirs du Cabinet d'une manière que je n'aurais jamais cru possible au Canada. En l'adoptant, le gouvernement s'est essentiellement donné le pouvoir d'enfreindre d'autres lois déjà en vigueur, et ce, en toute impunité. Pour ce faire, il s'est appuyé sur une règle anecdotique tirée des archives et inventée par Henri VIII. Ça n'avait jamais été utilisé au Canada. Le projet de loi permettait au gouvernement d'enfreindre d'autres lois déjà adoptées, comme s'il n'y avait rien là. Cet extraordinaire abus de pouvoir apparaissait dans la partie 1 du projet de loi C‑5, qui visait à renforcer le Canada et à réduire les barrières commerciales entre les provinces. Je n'oublierai jamais quand la Chambre a adopté ce projet de loi, car je ressens encore cette impression de m'être fait passer dessus par un bulldozer. La motion de programmation est entrée en vigueur le lundi 16 juin, et on a limité le débat à la deuxième lecture afin qu'il soit renvoyé au comité.
    Soit dit en passant, ce lundi-là, le 16 juin, nous n'avions même pas encore un comité en place pour étudier le projet de loi. Le comité a été mis en place le mardi 17 juin, à 15 h 30, un seul comité pour toutes ces dispositions. Ensuite, le comité a pu commencer à entendre des témoins dans l'après-midi. Il a fallu déposer tous les amendements avant le mercredi à midi et ça a continué ainsi jusqu'à l'étape du rapport et jusqu'à la troisième lecture, qui ont eu lieu toutes deux le vendredi 20 juin. Puis, la Chambre a ajourné pour l'été. On nous a dit que mettre en place le Bureau des grands projets était une urgence absolue, qu'il était très important que des projets puissent suivre ce processus et que, pour cette raison, nous ne pouvions pas, comme je l'ai réclamé à l'époque, siéger un peu plus longtemps pendant l'été, discuter de ce projet de loi, en débattre, pour déterminer si cette accumulation extrême de pouvoirs par l'exécutif était un tant soit peu justifiée. Ils ont dit qu'il fallait nous dépêcher, mais c'était il y a un an, et pas un seul projet n'a été nommé au titre du projet de loi C‑5.
    Revenons-en à la motion no 12 sur le projet de loi C‑30. Je suis reconnaissante de la façon dont on a structuré la motion demandant le consentement unanime. À l'étape de la troisième lecture du projet de loi C‑30, j'aurai l'occasion de m'exprimer sur les aspects de cette mesure qui me déplaisent le plus. J'espère contre toute espérance que, demain, le comité des finances jugera bon d'accepter les amendements que j'ai proposés. Comme je l’ai dit, j’ai attendu patiemment tout en admirant l’habileté avec laquelle les conservateurs ont exécuté leurs manœuvres d’obstruction.Je dois dire qu’il est plus divertissant de regarder la peinture sécher. C’est toujours plus intéressant. Par contre, on ne peut nier l'habileté des conservateurs. Même si je n’approuve pas les raisons qui ont poussé les conservateurs à faire de l’obstruction, en tant que personne qui passe plus de temps à observer les gens habitant dans des maisons de verre qu'à y vivre, j'aime parfois voir le karma à l'œuvre.
    Je voterai contre la motion no 12 parce que les motions de programmation qui imposent d'agir rapidement, en empêchant tout débat et toute réflexion approfondie, sont un affront à la démocratie. Je constate sans cesse que le gouvernement actuel est sans égal lorsqu'il s'agit d'agir rapidement, mais aussi lorsqu'il s'agit de traiter le Parlement avec un mépris désinvolte. En tant que Canadienne et fervente défenseure de la démocratie parlementaire de Westminster, je trouve personnellement cette façon de faire choquante. Je suis peut-être la seule, mais je pense que les Canadiens veulent que cette institution soit respectée et que chaque projet de loi soit dûment examiné. Pour ma part, je serais prête à dire que si examiner correctement les projets de loi signifie que nous empiétons sur l'été et que nous restons plus longtemps à Ottawa pour le faire, c'est la bonne chose à faire.
(1720)
    Monsieur le président, bien que je n'adhère pas à une grande partie de ce que ma collègue a dit dans son discours, elle a conclu par la partie la plus importante de son intervention d'aujourd'hui en parlant de l'affront inacceptable à la démocratie parlementaire de Westminster dont nous avons été témoins la semaine dernière et que nous voyons encore cette semaine avec des motions de programmation présentées à volonté par le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes et par le reste de son administration.
    Je me demande si cette députée pourrait en dire un peu plus sur la façon dont cela peut miner la confiance du public à l'égard de l'institution du Parlement et de sa façon d'agir au nom de tous les Canadiens.
     Monsieur le Président, c'est profondément insultant. Si nous sommes au Parlement, c'est pour tenir une discussion et un débat respectueux et étudier les projets de loi comme il se doit avant de les adopter. Le recours à des motions de programmation à l'égard du projet de loi C‑5 et de ce projet de loi, le projet de loi C‑30, établit un précédent extrêmement dangereux.
    Le Parlement n'est pas une pure perte de temps pour un PDG pressé. Il est essentiel à la démocratie parlementaire de Westminster, et nous sommes ici pour représenter nos concitoyens. Quelle que soit notre allégeance politique, nos points de vue doivent être entendus. Encore une fois, si nous pouvions tous mieux travailler ensemble, ce serait en ne permettant pas les discours rédigés d'avance.

[Français]

     Monsieur le Président, je félicite ma collègue de Saanich—Gulf Islands pour son discours.
    Évidemment, elle représente le Parti vert, le parti de l'environnement. J'aimerais qu'elle me parle un peu de la dérive environnementale de ce gouvernement depuis l'arrivée au pouvoir de ce premier ministre, l'an dernier. On peut notamment penser aux ententes liées aux pipelines, au désengagement sur le cadre concernant les pesticides, aux investissements encore en soutiens fiscaux aux pétrolières.
    J'aimerais savoir, en fait, si ma collègue est encore optimiste quant à la lutte contre les changements climatiques sous la gouverne de ce parti.
     Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec mon collègue du Bloc québécois.
    C'est vrai, depuis un an, nous avons perdu les politiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons pris un virage tout à fait différent de ce qui était proposé dans la plateforme du Parti libéral, il y a un an. Nous avons maintenant un gouvernement dont le but est d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre.
    Avec ces politiques, il devient absolument impossible d'atteindre les cibles fixées auxquelles nous sommes légalement tenus dans le cadre de l'Accord de Paris.
(1725)

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée d'en face, pour qui j’ai un immense respect, a fait une observation vraiment intéressante. Elle a déclaré n’avoir jamais vu un gouvernement capable d'agir aussi rapidement que le nôtre. Il y a un an, les Canadiens ont élu un gouvernement sérieux et pragmatique en cette période de grande incertitude, et je dirais que c’est précisément pour agir rapidement et avec détermination que nous avons été élus.
    N'est-elle pas d'accord pour dire que c'est ce que les Canadiens attendent de l'actuel gouvernement?
    Monsieur le Président, je me réjouis d'entendre que le député de Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas respecte mon expérience de députée, car, dès nos premiers jours dans cette enceinte, alors que nous étions assis dans le coin là-bas, j'ai tenté de lui expliquer les articles du Règlement concernant les interruptions. Lorsque je dis « agir rapidement », ce que j’entends, c’est ignorer les exigences de la démocratie selon lesquelles les projets de loi doivent être examinés de manière adéquate avant d’être adoptés. Je lui rappellerai, comme l’ancien ministre de l’Environnement l’a rappelé à d’autres libéraux, que les changements climatiques étaient mentionnés 28 fois dans le programme électoral du député et que les pipelines n’y étaient pas mentionnés une seule fois.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon cher collègue de Richmond Hill-Sud.
     Aujourd'hui, je me lève non pas pour faire de la petite politique, mais pour parler de quelque chose de bien simple que tout le monde comprend dans nos régions, sauf les libéraux, évidemment: le respect de l'argent durement gagné.
    Chez nous, en Beauce, l'argent ne pousse pas dans les arbres. Les gens gagnent leur argent tôt le matin, les deux mains dans la poussière, derrière un comptoir, sur un chantier ou dans une usine. Quand on le gagne de cette façon-là, on apprend à le respecter. C'est avec ce respect en tête que je vais parler du projet de loi C‑30 et du portrait économique que nous présente ce gouvernement libéral.
    Les libéraux projetaient un déficit de 38 milliards de dollars dans le budget de 2025. Aujourd'hui, pour l'exercice financier en cours, le premier ministre libéral projette un déficit de 67 milliards de dollars, soit 67 000 millions de dollars. C'est de l'argent. Ce ne sont pas des pinottes.
    Le pire, c'est qu'il prévoit encore plus de déficits dans les années à venir. Un déficit, en période de crise, cela peut arriver. Cependant, quand cela devient une habitude, les Canadiens ont le droit de se poser une question bien simple: où sont les résultats libéraux? Il n'y en a pas. Le vrai problème, ce n'est pas seulement l'argent dépensé, c'est ce qu'on obtient en retour.
    Prenons le logement, par exemple. Pendant que les gens ont de la difficulté à se loger, en raison de l'inflation terrible des loyers, les libéraux disent qu'ils vont créer une autre couche de bureaucratie avec Maisons Canada et une enveloppe de 13 milliards de dollars.
    Les résultats sont modestes. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ancien directeur parlementaire du budget lui-même. Selon son estimation, Maisons Canada permettra de construire 26 000 logements sur cinq ans. Sa conclusion, c'est qu'il s'agit d'une contribution « modeste ». Ce sont 13 milliards de dollars qui sont dépensés par les libéraux pour une contribution modeste, pendant que nos jeunes familles n'arrivent pas à devenir propriétaires et que nos jeunes cherchent désespérément un logement abordable. Les Canadiens ne veulent pas d'annonces, ils veulent plus de maisons. Ils veulent de la construction. Ils ne veulent pas de paroles, ils veulent que les choses avancent.
    Parlons maintenant d'une autre dépense épouvantable que je n'arrive toujours pas à comprendre: le port spatial de Canso, en Nouvelle‑Écosse. Je vais expliquer la situation une fois de plus. Le terrain est loué à la province par une entreprise pour 13 500 $ par année. Le gouvernement libéral est allé voir cette entreprise et il lui a offert de lui louer pour 20 millions de dollars par année. En plus, il a dit qu'il ferait quelque chose d'intelligent en le louant pendant 10 ans, pour 200 millions de dollars. C'est de l'argent jeté par les fenêtres. Cela n'a pas de bon sens.
    Pourquoi? Qu'y a-t-il sur ce terrain, qui coûte 200 millions de dollars? Il y a une dalle de béton de 25 pieds sur 35 pieds, deux conteneurs maritimes et un chemin de gravier. C'est avec plaisir que j'en construirai une dizaine. Je le ferai sans problème.
    À un moment donné, les libéraux vont devoir donner des explications aux contribuables. Cela n'a aucun sens. Nous n'avons pas de réponse. Nous sommes ici depuis plus d'un an et nous posons des questions, mais nous n'avons toujours pas de réponses. Malgré cela, il y a eu 13 rencontres avec l'équipe du ministre, lors desquelles ont a dit qu'on avait une super bonne idée: dépenser 200 millions de dollars pour cette dalle de béton.
    Parlons maintenant d'un dossier qui me tient à cœur: le programme de rachat des armes à feu. C'est de l'argent jeté dans les poubelles.
    Selon les estimations de l'ancien directeur parlementaire du budget, l'indemnisation pourrait coûter près de 800 millions de dollars. Ça n'inclut même pas les coûts administratifs du programme. C'est près de trois quarts de milliard de dollars pour cibler d'abord des citoyens qui respectent déjà la loi. Pendant ce temps, trop d'armes illégales traversent nos frontières et alimentent la vraie criminalité. C'est là qu'est la cible. Ça prend du courage, mais les libéraux n'en ont pas.
    Le problème, ce ne sont pas les chasseurs de Saint‑Georges ni les tireurs sportifs de Sainte‑Marie, ces gens fiers qui respectent la loi. J'ai fait le tour du Québec et j'ai rencontré des centaines de chasseurs et des milliers de tireurs sportifs. Ces familles se sentent injustement ciblées. Ce sont des gens qui font les choses selon les règles, qui suivent les formations, qui obtiennent leur permis et qui respectent chaque loi. Ce gouvernement les traite aujourd'hui comme s'ils étaient le problème. C'est injuste. Je peux assurer une chose: je n'ai pas terminé ma tournée et je ne lâcherai jamais ce dossier.
(1730)
    Comme tout le monde le sait, je viens d'une région développée par des entrepreneurs, des agriculteurs, des manufacturiers qui exportent partout en Amérique. La Beauce est une belle région. J'ai moi-même des commerces. Dans la vraie vie, quand on commande des marchandises d'une valeur de 100 000 $ et qu'on n'en vend que pour 60 000 $, on perd son crédit. Or c'est exactement ce que les libéraux font avec la carte de crédit de nos enfants. Quand on n'équilibre pas les finances, on s'ajuste, on avoue ses erreurs, on recommence, on avance pour les gens. Le gouvernement devrait être là pour les Canadiens et les Canadiennes, pas pour leurs chers amis.
    La richesse d'un pays ne vient pas de l'État, mais des entreprises. Ce sont les entreprises qui sont créatrices de richesse. Elles veulent croître, embaucher des gens, conquérir de nouveaux marchés, mais elles se butent à des processus interminables. On approuve des mégaprojets qui prennent des années à aboutir, mais ce ne sont que des annonces. Les entreprises doivent remplir de la paperasse et de la paperasse, ce qui décourage même les meilleures. C'est une question de survie économique. Si on ne s'en occupe pas maintenant, ce sont nos enfants qui vont payer le prix et leur niveau de vie en pâtira.
    Le premier ministre parle de développer des nouveaux marchés. Je suis d'accord là-dessus. Tout le monde est d'accord. Ce sera payant dans 15 ans, mais nous sommes d'accord. En attendant, n'oublions jamais une réalité fondamentale. Je viens de faire une tournée économique au Québec avec certains de mes collègues. Notre principal partenaire sera toujours les États‑Unis. C'est géographique.
    Nos entreprises de l'acier et de l'aluminium, par exemple, font face à des droits de douane de 50 %. Depuis le 2 avril, comme je l'ai mentionné ici à la Chambre, les droits de douane sur les métaux étaient initialement de 25 %. Par exemple, pour une porte de garage, ils s'élèvent maintenant à 50 % sur le produit complet. Nos entreprises ne sont pas compétitives. Elles ne sont pas soutenues par ce gouvernement. C'est aussi simple que ça.
    Parlons d'autres problèmes qu'il y a chez nous, dans la Beauce, et dans plusieurs régions du Québec. Notre taux de chômage est inférieur à 2,8 %. Nous n'avons pas de bras, pas de gens pour travailler. Le gouvernement doit nous donner les outils nécessaires pour attirer de la main-d'œuvre, produire la marchandise et être compétitif.
    La politique uniforme appliquée par les libéraux à Ottawa dans toutes les régions du pays ne fonctionne pas. Il faut être souple, réfléchir de façon intelligente, avoir du doigté et savoir comment soutenir des entreprises. Quand les libéraux dépensent sans obtenir de résultats, ce ne sont pas seulement des chiffres qui apparaissent, ce sont des occasions perdues pour nos régions.
    L'agriculture n'est pas seulement un secteur économique important, c'est notre sécurité alimentaire de nos régions. Mon collègue ici, à l'arrière, pourrait parler de cette importance. Nos familles en région, des milliers de producteurs se lèvent le matin pour nourrir les Canadiens. Pourtant, il n'y a pas grand-chose dans le budget à leur intention. Nos agriculteurs se sentent abandonnés. Les coûts de production explosent. On n'a qu'à penser au carburant, au transport, à la machinerie, aux engrais, à l'énergie, aux intérêts sur les emprunts. Qui peut emprunter avec les taux d'intérêt actuels? Pendant ce temps, le consommateur, lui, paie le prix à l'épicerie.
    En terminant, je veux dire ceci: quand je viens ici, je pense aux familles qui travaillent très fort, tous les matins. Ils ont de la misère à mettre de la bouffe sur la table. Ils ont de la misère à se loger. Je pense aux manufacturiers de chez nous qui regardent leur marge fondre. Je pense aux entrepreneurs qui prennent des risques, qui créent des emplois et qui font rouler notre économie. Ces gens-là ne demandent pas la lune. Ils demandent d'avoir un gouvernement qui les comprend, qui les respecte, qui gère leur argent comme s'il s'agissait du sien, pour favoriser la productivité, accélérer et faire des projets, et pas juste les annoncer.
    Défendons nos travailleurs et nos entreprises contre les droits de douane américains.
    Les Canadiens méritent que leur argent soit géré avec rigueur.
(1735)

[Traduction]

    Monsieur le Président, je crois que mon collègue sous-estime l'importance de prendre conscience de bon nombre de choses qui se sont produites. Lorsque le député parle de l'importance des exportations, il faut savoir que nos exportations vers d'autres pays que les États‑Unis ont augmenté d'environ 17 % depuis les dernières élections. On a constaté des hausses importantes. Les accords commerciaux, qui porteront sur un large éventail de produits agricoles ainsi que sur de nombreux autres articles, se multiplient. Des lois ont été adoptées et des accords ont été conclus dans le domaine de la défense.
    Le Québec, par exemple, tirera grandement profit de ces nouveaux débouchés commerciaux. Le député pourrait-il nous dire ce qu'il pense à ce sujet?

[Français]

    Monsieur le Président, j'invite mon collègue à venir chez nous en Beauce. Il parle d'une augmentation de 17 % d'exportations vers les autres pays. C'est 17 % de rien. C'est 85 % des affaires qui se font avec les États‑Unis. C'est de ça qu'il faut s'occuper. Oui, c'est important de développer les marchés, mais vous venez de le dire vous-même. C'est 17 % d'augmentation sur presque rien.
    Ne venez pas dire aux entreprises de la Beauce qu'elles sont heureuses avec ça. C'est avec les États‑Unis qu'on fait affaire. Il faut régler l'enjeu avec les Américains.
    Avant de continuer, je veux rappeler au député de s'adresser à la présidence, pas directement aux autres députés.
    L'honorable député d'Abitibi—Témiscamingue a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Beauce de sa présentation. Nous avons quelque chose en commun, lui et moi. Nous provenons tous les deux d'anciennes régions créditistes. Il est intéressant de le souligner.
     Il nous a dit qu'il faisait un appel sans partisanerie. J'aimerais l'entendre en ce sens. Peut-il nous nommer des bonnes choses qui sont sorties de l'énoncé économique, notamment en lien avec l'imposition des droits de douane de 25 % par Donald Trump sur l'ensemble des produits contenant de l'acier et de l'aluminium? Est-ce qu'il est capable de trouver quelque chose que les libéraux auraient fait pour aider les gens du secteur? Moi, je n'en vois pas. J'aimerais l'entendre.
     Est-ce qu'il est plus optimiste qu'il l'a été dans le dernier mois dans son pari sur le hockey? J'aimerais aussi l'entendre là-dessus.
    Monsieur le Président, j'aimerais féliciter mon collègue, qui a remporté le pari.
     Je cherche encore. Ça fait 30 secondes depuis la question, et je cherche une bonne chose que les libéraux ont faite, mais, malheureusement, ils ont laissé tomber le secteur de l'acier. Ça répond à la question.
    Monsieur le Président, je partage en grande partie le point de vue de mon collègue.
    J'aimerais savoir ce qu'il pense du fait que les libéraux refusent de reconnaître la situation économique au Canada, du fait qu'ils ne croient pas que les Canadiens traversent une période difficile et qu'ils estiment que tout va bien pour le Canadien moyen.
    Monsieur le Président, je vais répondre à ma collègue. On appelle ça de la « politiquette ». Les libéraux savent très bien que c'est deux trimestres consécutifs de déficit. Ils savent très bien que le marché est très difficile. Ils savent qu'on est en récession. Ils savent qu'on est le seul pays du G7 en récession.
     Par contre, comme d'habitude, ce sont des illusionnistes. Comment est-ce qu'on dit ça, Jacques? C'est juste des illusions.
(1740)
     Je dois rappeler au député qu'on ne peut pas utiliser les prénoms des députés. Même s'ils sont à côté de nous et qu'ils veulent nous donner des conseils, il faut plutôt faire référence à leur circonscription, comme Lévis—Lotbinière, dans ce cas-ci.
    Nous avons le temps pour une autre question. L'honorable députée de Hastings—Lennox and Addington—Tyendinaga a la parole.
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. C'était très bien.
    Il y a deux semaines, nous avons visité plusieurs communautés au Québec et entendu la même inquiétude: les tarifs douaniers et l'incertitude entourant l'ACEUM préoccupent les travailleurs et les entreprises.
    Ma question est simple. Selon vous, quel sera l'impact sur l'économie du Québec et que peut faire le gouvernement pour rassurer les gens et soutenir les entreprises québécoises?
    Je dois faire un rappel avant de donner le droit de réplique au député de Beauce.

[Traduction]

    Je vais dire cette partie en anglais pour m'assurer d'être bien compris. Les députés doivent s'adresser à la présidence. En français, lorsque les députés utilisent le mot « vous », cela signifie qu'ils s'adressent directement au député et non à la présidence. Je tiens simplement à rappeler qu'il faut faire attention lorsqu'on utilise la troisième personne.

[Français]

    L'honorable député de Beauce a 30 secondes pour répondre.
     Monsieur le Président, j'aimerais remercier ma collègue de son excellent travail des dernières semaines.
    On a plusieurs problèmes présentement avec les droits de douane américains, surtout en ce qui a trait à la section 232. Il y a du dumping d'acier chinois et asiatique qui vient ici. Il faut protéger notre secteur. La première chose que je ferais, ce serait de protéger notre secteur de l'acier.

[Traduction]

    Monsieur le Président, lorsque les historiens étudient le déclin économique d'un pays, ils constatent que l'effondrement commence rarement par un événement catastrophique. Il commence par des habitudes qui s'installent: il y a de l'indiscipline, on utilise des euphémismes, on prétend que l'endettement est synonyme de prospérité, que les dépenses inflationnistes sont stratégiques et que les définitions comptables peuvent être étirées indéfiniment sans conséquence. Cette soi-disant mise à jour économique du printemps présentée par les libéraux n'est pas seulement un exemple du déclin provoqué par leur gouvernance. Ce n'est pas seulement un exercice de redéfinition de l'image des libéraux. C'est aussi une déclaration de la philosophie de gouvernance des libéraux, et cette philosophie est simple: dépenser maintenant, expliquer plus tard, redéfinir les termes si nécessaire et espérer que les Canadiens ne remarqueront pas la facture qui s'en vient.
     Les Canadiens n'ont pas besoin d'un doctorat en économie pour se rendre compte que les habitudes des libéraux leur coûtent cher. Quand ils font l'épicerie, ils remarquent que les libéraux ont créé des déficits inflationnistes en imprimant de l'argent. À la pompe à essence, ils remarquent les taxes imposées par les libéraux. Ils remarquent que leurs enfants considèrent désormais l'accession à la propriété non plus comme une attente normale pour les Canadiens, mais plutôt comme le fait de gagner à la loterie. Ils ont remarqué que le premier ministre libéral était le seul dirigeant du G20 à avoir plongé son économie dans une récession. Ils ont remarqué que le premier ministre libéral leur demandait de faire plus de sacrifices alors qu'il ajoutait des milliards supplémentaires à la dette nationale sans aucune retenue.
    En économie publique, il y a un concept qu'on appelle la « défaillance du gouvernement ». Il reconnaît que les gouvernements sont des institutions imparfaites, surtout lorsqu'ils sont dirigés par des libéraux. Comme les marchés, les gouvernement sont soumis à des incitatifs aux effets non souhaités, à une asymétrie de l'information, à une bureaucratie qui souhaite assurer sa propre survie et à l'opportunisme politique des libéraux. Le projet de loi C‑30 des libéraux est l'incarnation législative d'une défaillance du gouvernement.
    Le premier ministre libéral a promis de faire preuve de discipline. Il a promis de faire preuve de prudence. Il a promis de dépenser moins et d'investir davantage. Au lieu de cela, en un peu plus d'un an, il a presque doublé le déficit laissé par le dernier premier ministre libéral. Pensons-y un peu. Après une décennie d'excès financiers sous l'ancien premier ministre libéral, un nouveau premier ministre libéral est arrivé; il a promis la sobriété mais a tout de suite offert une tournée générale au bar. On n'assiste donc pas à un renouveau, mais à une rechute. Les libéraux utilisent le terme investissement, mais les Canadiens savent que c'est de la gestion budgétaire à crédit.
    Quand un ménage doit continuellement utiliser une carte de crédit pour payer ses dépenses ordinaires, non pas en raison d'une urgence ou d'une catastrophe mais à cause de dépenses excessives chroniques, il ne s'enrichit pas: il hypothèque son avenir. Le même principe vaut pour les nations, mais le gouvernement libéral se comporte comme si l'arithmétique fiscale avait disparu. Pour les théoriciens des finances publiques, la viabilité de la dette est importante parce qu'au fil du temps, les intérêts deviennent des intérêts composés, la marge de manœuvre financière diminue et le gouvernement devient incapable de réagir aux véritables crises qui surviennent.
    L'organisme indépendant de surveillance budgétaire, le Bureau de la directrice parlementaire du budget, a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, le fait que le gouvernement libéral s'écarte des définitions traditionnelles des dépenses en capital continue de nuire à la transparence. Il ne s'agit pas d'un simple désaccord d'ordre comptable. Cela touche au cœur même de l'intégrité financière de ce gouvernement libéral. Les dépenses en capital impliquent généralement la création d'actifs productifs, c'est-à-dire des éléments qui génèrent une valeur économique future, un service public ou des rendements mesurables, ou encore des infrastructures telles qu'une nouvelle route ou un nouvel hôpital. Cependant, les définitions comptables des libéraux sont devenues élastiques, et tout est soudainement considéré comme du capital. Quand tout est considéré comme du capital, plus rien ne l'est.
    Le Bureau de la directrice parlementaire du budget a déclaré sans ambiguïté que l'absence de définitions empêche le premier ministre libéral de s'assurer que les cibles budgétaires du gouvernement libéral sont atteintes. En gros, le bureau indépendant responsable de contrôler les finances publiques ne peut pas déterminer si les chiffres avancés par ce gouvernement libéral correspondent bien à ce que le gouvernement prétend qu'ils signifient. Cela devrait alarmer tous les députés.
    Il n'y a pas que le Bureau de la directrice parlementaire du budget. Le Fonds monétaire international, une institution mondiale que les libéraux aiment tant citer, invite maintenant le Canada à adopter les normes comptables internationales afin d'améliorer la transparence, de permettre la comparabilité dans le temps et de maintenir un lien clair entre les emprunts et la dette. Pourquoi? Parce que la présentation du budget préconisée par ce gouvernement libéral n'inspire plus confiance. Lorsque le Bureau de la directrice parlementaire du budget et le Fonds monétaire international s'accordent pour nous avertir que notre comptabilité manque de transparence, il ne s'agit pas d'un argument partisan, mais bien d'une crise de crédibilité, et la crédibilité est importante.
    Dans la théorie des choix publics, on ne part pas du principe que les gouvernements, en particulier un gouvernement libéral comme celui‑ci, agissent en tant que maximisateurs neutres et bienveillants du bien-être public. Au contraire, ils réagissent à des incitations. Les politiciens libéraux préfèrent dépenser aujourd'hui et reporter les coûts à plus tard, que ce soit par des hausses d'impôts, une inflation accrue, des déficits plus importants ou des taux d'intérêt plus élevés. Les bureaucraties libérales cherchent à maximiser le budget aux dépens des contribuables, qui sont souvent privés de toute participation par ces mêmes gouvernements. Les groupes d'intérêt libéraux cherchent à tirer le maximum de leur position privilégiée, siphonnant l'argent des caisses publiques tout en répartissant les coûts sur l'ensemble des Canadiens ordinaires. Cette mise à jour budgétaire du printemps des libéraux nous renvoie à chacune de ces pathologies.
     La directrice parlementaire du budget a également averti que les révisions à la hausse répétées des dépenses au cours des cycles de planification ultérieurs « peuvent nuire à la crédibilité des plans budgétaires, affaiblir la confiance dans le cadre budgétaire et susciter des inquiétudes quant à la viabilité financière à long terme ». C'est exactement la crise de crédibilité dans laquelle se trouve le premier ministre libéral, car une cible budgétaire qui bouge chaque fois que cela arrange le gouvernement n'est pas une cible du tout. C'est une plume qui flotte dans les airs et qui change de direction au gré du vent. Quelles en sont les conséquences? Des coûts plus élevés, une dette plus élevée et une inflation plus élevée. Cela dit, il s'agit peut-être du nouvel ordre mondial dans lequel ce premier ministre libéral souhaite voir vivre les Canadiens.
(1745)
    Les Canadiens paient actuellement 59 milliards de dollars par année en intérêts sur la dette, un montant qui, selon les projections du Bureau de la directrice parlementaire du budget, pourrait atteindre 80 milliards de dollars d'ici la fin de la décennie, soit 13 % des recettes fédérales ou 1 900 $ par année environ pour chaque contribuable canadien. Cet argent n'ira ni aux hôpitaux, ni aux routes, ni à la défense, ni au logement: il servira strictement au service de la dette sur les excès passés des libéraux. Au fond, chaque famille canadienne paie des milliers de dollars juste pour que la machine à endettement des libéraux continue à tourner. Le montant des intérêts sur la dette dépasse désormais celui des transferts fédéraux en santé ou encore les recettes de la TPS. Les Canadiens paient des impôts pour ensuite voir cet argent aller non pas à des services à la population, mais bien au service de la dette sur les dépenses excessives passées des libéraux. Il ne s'agit pas là d'une de ces politiques supposément progressistes dont les libéraux adorent se vanter: il s'agit plutôt de presser les générations futures comme un citron.
    Il y a un autre trou noir dans cette mise à jour: les dépenses d'infrastructure. Les libéraux ont fait des promesses, sauf que l'énoncé économique du printemps des libéraux ne détaille pas les dépenses d'infrastructure par année et par ministère. Il n'y a que des énoncés de presse des libéraux sur de prétendus investissements avec, au mieux, un engagement général chiffré. En langage libéral, ça veut dire qu'ils pourraient faire exploser les finances du pays sans pour autant être en mesure d'assurer un suivi des sommes dépensées. En comptabilité, c'est ce qu'on appelle reporter la communication d'information, ce qui m'amène à mon prochain point.
    Le Bureau des grands projets des libéraux a été annoncé en grande pompe, mais où sont les rapports d'étape des projets d'infrastructure? Où sont les échéanciers? Où sont les approbations de projets? La directrice parlementaire du budget dénonce l'absence de rapports publics. Le gouvernement libéral a dépensé des centaines de millions de dollars de fonds publics pour accélérer les projets, sans donner la moindre explication. Ce n'est pas un hasard si ce bureau est surnommé le « bureau des séances photo ». Tout ce que l'on sait, c'est que cette toute nouvelle instance bureaucratique regroupe des proches du pouvoir et des dirigeants qui touchent des salaires pouvant atteindre 700 000 $ par année. C'est un exemple classique du problème principal-agent.
    Les contribuables sont les principaux, tandis que les institutions gouvernementales libérales et leurs proches du milieu des affaires sont les agents. Lorsque la reddition de comptes est insuffisante, que l'information est asymétrique et que les mandats sont flous, les agents tendent à privilégier le processus au détriment des résultats. C'est exactement ce que l'on observe du côté du bureau des séances photo. Les libéraux empilent les couches de bureaucratie sans produire le moindre résultat mesurable : du pur théâtre administratif sans action, pendant que leurs proches s'enrichissent avec des salaires de cadres pouvant atteindre près de 1 million de dollars par année dans certains cas.
     L'enfer libéral du logement en est un autre excellent exemple. Après 11 ans d'échecs, les Canadiens auraient pu espérer qu'il y aurait eu un sentiment d'urgence. Mais non, même après l'affectation de 13 milliards de dollars au fameux programme Maisons Canada, le bureau du directeur parlementaire du budget a projeté que seulement 5 200 logements seront construits par an. Dans un contexte où il y a une crise nationale du logement historique et provoquée par les libéraux, il a explicitement déclaré que cette mesure ne suffirait pas pour atteindre le rythme précédemment ciblé. Je rappelle que le premier ministre libéral a promis 500 000 logements par année pendant la campagne électorale. Or sa toute nouvelle machine bureaucratique du logement ne peut en construire que 1 %. Les mises en chantier continuent de perdre leur élan, et il n'y a pas de paramètres précis, d'objectifs de cadence ni de plan crédible. Nous avons le marché immobilier le plus inabordable du G7. Le gouvernement libéral n'offre rien d'autre qu'une machine bureaucratique à la place de la construction de logements.
    Dans le domaine de l'économie publique, on dit que les obstacles réglementaires perturbent l'offre. Lorsque les gouvernements créent des frictions en retardant la délivrance des permis, en exigeant des approbations en double et en élaborant des cadres qui freinent le développement, les prix montent. La solution ne réside pas dans des subventions illimitées et inconditionnelles qui s'ajoutent aux contraintes de l'offre. La demande ne ferait que gonfler par rapport à une offre artificiellement limitée. La solution consiste à éliminer ces obstacles gouvernementaux et à laisser les constructeurs construire. Malheureusement, les libéraux persistent à gouverner à coups d'annonces et de beaux discours et à mettre des entraves au lieu de passer à l'action.
    On en arrive à la plus récente lubie des libéraux: leur fameux fonds d'investissement souverain qui n'a pas d'argent à investir. Il s'agit essentiellement d'une entité qui sert à nous préparer à un communiqué de presse éventuel, dans le but d'emprunter des fonds aux frais des contribuables pour effectuer des investissements à caractère politique. Les libéraux ont déjà la Banque de l'infrastructure, le Fonds de croissance et la Banque de la défense. Les agences, les fonds et les bureaux se multiplient, mais le résultat reste le même: le Canada affiche la pire performance du G7 en matière d'investissements. C'est un cas typique d'échec gouvernemental. Les projets viables attirent les capitaux. Les investisseurs privés appuient les initiatives productives; les autres ne devraient pas être financés par les contribuables pour des raisons de vanité politique.
     Nous sommes plutôt en présence de ce que la théorie des choix publics qualifie de maximisation de la rente. Des acteurs proches du pouvoir gravitent autour des décisions de dépense du gouvernement, et une série de consultants, conseillers, initiés, équipes transition, conseils d'administration et groupes de travail siphonnent leur part des fonds publics. Les bénéfices vont à quelques-uns et les coûts sont assumés par tous. Les États inefficaces se développent de cette façon; une réalité que les Canadiens constatent et vivent au quotidien.
    Les Canadiens méritent mieux. Ils méritent un appareil gouvernemental moins coûteux pour réussir à mener une vie abordable. Ils méritent une comptabilité transparente, de la discipline et de la prospérité, ainsi qu'un gouvernement qui comprend une vérité économique élémentaire: on ne bâtit pas une prospérité durable à coups d'emprunts et d'entraves.
(1750)
    Monsieur le Président, il y a une différence entre la bonne foi et la critique constructive, d'une part, et ce que fait constamment le député, d'autre part. Pour lui, tout n'est que complot, division, peur, colère et absurdités exagérées. Franchement, c'est déplorable et embarrassant.
    Le député pourrait-il admettre que le Canada fonctionne bien et que, en réalité, le gouvernement fait exactement ce pour quoi il a été élu?
     Monsieur le Président, ce qui est embarrassant, c'est le bilan des libéraux. Qu'ont-ils fait? Examinons leur bilan. Les résultats macroéconomiques sont catastrophiques. Nous avons le taux d'endettement des ménages le plus élevé du G7, les logements les moins abordables du G7, les investissements par travailleur les plus faibles du G7, l'avant-dernière productivité du G7, le deuxième taux de chômage en importance du G7 et la pire inflation alimentaire du G7.
    Était-ce là la promesse que mon collègue libéral a faite à ses électeurs pendant la campagne électorale?

[Français]

     Monsieur le Président, le mandat de l'Agence canadienne d'inspection des aliments va être modifié pour tenir compte des considérations économiques.
    Mon collègue pense-t-il que, quand on établit que certains pesticides sont dangereux, par exemple, on devrait les autoriser pour des raisons économiques?

[Traduction]

    Monsieur le Président, bon nombre des préoccupations dont me parlent mes concitoyens portent sur la crise du coût de la vie et le cauchemar immobilier qu'ont engendrés 11 ans de gouvernement libéral. Certains libéraux diront qu’il s’agit d’une théorie du complot, mais, selon un rapport publié récemment par Centraide, 60 % des Canadiens sont inquiets pour leurs finances personnelles; 38 % sont en situation d’insécurité alimentaire, un sur cinq ayant déclaré que toute la nourriture de son foyer avait été consommée et qu’il n’y avait plus d’argent pour en acheter davantage; 40 % ont du mal à dormir parce qu’ils se demandent comment arriver avec le revenu qu'ils gagnent; 34 % connaissent quelqu’un de leur entourage qui a connu la pauvreté; et 22 % ont eux-mêmes connu la pauvreté.
    Voilà les chiffres, mais certains députés libéraux voudraient nous faire croire qu'il s'agit d'un complot. Il est temps que les libéraux se retirent et adoptent les solutions proposées par les conservateurs.
    Monsieur le Président, mon collègue a mentionné au début de son intervention que les libéraux ont la fâcheuse habitude de redéfinir les termes. L’une des choses qu’ils ont redéfinies au début de leur mandat est la cible budgétaire « ratio dette-PIB », qu’ils ont remplacée par le « ratio déficit-PIB ». Ils ont ensuite mis en place le fonds souverain, qui repose sur la dette, mais qui va leur donner plus de marge de manœuvre pour emprunter davantage sans que cela ait d'incidence sur le ratio déficit-PIB.
    Le député pourrait-il nous expliquer en quoi cela constitue un nouvel exemple de la manière dont les libéraux changent les règles en cours de route?
(1755)
    Monsieur le Président, l'histoire est pleine de gouvernements qui pensaient que les déficits n'avaient pas d'importance, jusqu'à ce qu'ils réalisent soudainement le contraire. L'histoire est pleine de gouvernements qui étaient convaincus de pouvoir emprunter indéfiniment parce que les marchés étaient patients, jusqu'à ce qu'ils perdent leur patience.
    Le Canada n'échappe pas aux règles de l'arithmétique. Les intérêts sur la dette doivent être payés, la confiance doit se mériter et les budgets doivent, à terme, concilier les aspirations et la réalité. Il nous faut un Canada où c'est le travail qui est récompensé, pas la bureaucratie. Les libéraux aiment s'imaginer que leurs communiqués de presse représentent la réalité, mais la réalité dans laquelle vivent les Canadiens est tout autre.
    Monsieur le Président, les Canadiens comprennent que, quand une famille a des difficultés financières, la solution n'est pas d'augmenter sans cesse la limite de sa carte de crédit.
    Mon collègue pourrait-il expliquer pourquoi, selon lui, le gouvernement pense que doubler le déficit et annoncer 48 milliards de dollars supplémentaires d'engagements de dépenses rendra d'une manière ou d'une autre la vie des Canadiens plus abordable?
    Monsieur le Président, je pense que la réponse est que les libéraux vivent dans leur propre monde imaginaire et leurs illusions au lieu de demander aux Canadiens ce qu'ils vivent vraiment. Le gaspillage de 90 milliards de dollars pour le train d'Alto et le programme de confiscation des armes à feu, qui a coûté 742 millions de dollars, ne sont que deux exemples parmi d'autres des dépenses inutiles des libéraux et la preuve qu'ils sont complètement déconnectés de la réalité.
    Les Canadiens, eux, vivent dans la réalité et ils souffrent. Tout ce que les libéraux savent faire, c'est produire toujours plus de communiqués de presse.
     Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi C‑30 et de la motion à l'étude. À mon avis, cette motion est absolument nécessaire à cause du comportement du Parti conservateur du Canada depuis les dernières élections.
    Les conservateurs l'oublient volontiers, mais, aux dernières élections fédérales, il y a un peu plus d'un an, les Canadiens ont élu un nouveau premier ministre. En plus de ce nouveau premier ministre, des dizaines d'autres députés ont été élus. En fait, aujourd'hui, il y a 70 nouveaux députés libéraux à la Chambre des communes. Ils sont ici depuis un peu plus d'un an. Que cela plaise ou non aux conservateurs, ils doivent admettre qu'il y a un nouveau gouvernement qui a un programme législatif et budgétaire très solide.
    Nous avons constaté que le Parti conservateur ne cesse de faire de l'obstruction et de faire ce qu'il peut pour empêcher l'adoption des projets de loi. C'est intéressant quand les conservateurs prennent la parole. Ils aiment accuser le gouvernement de ne pas être capable de présenter des projets de loi ou de faire adopter son programme législatif à la Chambre.
     Une voix: Bravo!
     L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, les députés d'en face disent « Bravo! »
    Ils devraient se livrer à une introspection et analyser objectivement les raisons pour lesquelles l'adoption de mesures législatives s'est avérée quelque peu problématique. Cette tâche s'est révélée extrêmement difficile, et c'est presque entièrement à cause de l'attitude des conservateurs envers la Chambre des communes et des manœuvres auxquelles ils recourent actuellement dans cette enceinte.
     Nous n'avons qu'à penser à ce que nous avons observé la semaine dernière. La semaine dernière, une motion a été adoptée, avec le soutien des conservateurs, pour que la Chambre des communes siège jusqu'à minuit pendant le reste de la session. Cela signifie que ce soir, demain soir, mercredi soir et jeudi soir, nous siégerons jusqu'à minuit pour examiner des projets de loi, et vendredi, nous siégerons jusqu'à 20 heures. La même chose devait se produire la semaine dernière. Les conservateurs ont d’ailleurs voté en faveur de la motion. Je suis intervenu. J’étais très reconnaissant, car en décembre dernier, j’avais encouragé les conservateurs à accepter de siéger tard afin d’avoir plus de jours de séance et de permettre ainsi davantage d’interventions.
    Peu après, les conservateurs ont présenté une motion d'ajournement. Ils ont dit vouloir siéger tard, mais ils ont aussitôt présenté une motion d'ajournement. Ce n'est pas la première fois. Ils se plaignent et disent: « Nous voulons plus de temps pour pouvoir débattre de ces questions. » Au bout du compte, les conservateurs ont fait retentir la sonnerie à l'étape du rapport d'un des projets de loi du gouvernement, qu'ils ont pourtant appuyé. C'est vraiment incroyable. Quand on voit les manœuvres des conservateurs concernant le programme législatif, qui comprend le projet de loi d'exécution du budget et la présentation du budget, sans parler d'un certain nombre d'autres éléments dont je veux parler plus en détail, on comprend très facilement pourquoi nous devons recourir à l'attribution de temps.
    Parlons de ce programme législatif. De nombreux députés du Parti conservateur ont critiqué le programme législatif du gouvernement aujourd'hui. Tout d'abord, il faut reconnaître qu'il y a eu 26 journées de l'opposition. Chacune a fait l'objet d'une attribution de temps. Elles sont planifiées, tout comme les affaires émanant des députés. Il y a eu 26 de ces journées. Combien de jours avons-nous réellement siégé? Était-ce 130 jours? Il faudrait le vérifier, mais il y en a eu 26 qui n'étaient que des journées de l'opposition. C'est sans parler de...
    Une voix: La Chambre les avait approuvés.
    L'hon. Kevin Lamoureux: Non, monsieur le Président. Nous n'avons pas à les approuver. Les partis de l'opposition avaient la garantie de disposer de 26 jours, ce qui n'inclut pas les nombreux jours où les conservateurs ont présenté des motions d'adoption.
(1800)
    Voici pourquoi c'est important. Si les conservateurs se donnent la peine de me suivre, ils comprendront mieux pourquoi on a recours à l'attribution de temps. Examinons le programme législatif. Il y a le projet de loi C‑3, sur la Loi sur la citoyenneté, le projet de loi C‑4, sur la suppression de la taxe sur le carbone, le projet de loi C‑8, sur la cybersécurité, le projet de loi C‑5, Loi sur l'unité de l'économie canadienne, et le projet de loi C‑9, Loi visant à lutter contre la haine, une mesure législative à laquelle le ministre responsable de la lutte contre la criminalité tient tout particulièrement.
    Il y a le projet de loi C‑10, Loi sur le commissaire à la mise en œuvre des traités modernes, le projet de loi C‑11, Loi sur la modernisation du système de justice militaire, le projet de loi C‑12, Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, et le projet de loi C‑13, qui porte sur l'accord commercial avec la Grande‑Bretagne. Je pense aussi au projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes, et au projet de loi C‑20, sans oublier le projet de loi C‑14, Loi sur les mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine. Je parlais à l'instant du projet de loi C‑16. Il y a même eu des manœuvres d'obstruction à l'égard de ce projet de loi.
    Le projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada, a été la cible de critiques des conservateurs pendant le discours qui a précédé le mien. Il y a le projet de loi C‑21, Loi sur le Traité concernant la reconnaissance et la mise en œuvre de l'autonomie gouvernementale des Métis de la Rivière Rouge, et le projet de loi C‑22, Loi concernant l'accès légal. Quand nous avons présenté le projet de loi C‑2 sur l'accès légal, les conservateurs ont dit qu'il n'en était pas question. Ils allaient s'y opposer et il était hors de question qu'ils permettent son adoption. Nous avons dû présenter le projet de loi C‑22, et ils s'y opposent toujours.
    Il y a le projet de loi C‑25, qui vise à protéger nos élections et nos droits. Les députés s'en souviennent peut-être. Je viens d'y faire référence. Tout le monde était d'accord, mais les conservateurs ont quand même fait retentir la sonnerie parce qu'ils ne voulaient pas vraiment débattre, apparemment.
    Le projet de loi C‑26, lui, autoriserait certains paiements sur le Trésor pour améliorer l'offre de logements. Les conservateurs parlent beaucoup de logement et d'abordabilité, même si le prix moyen des maisons a diminué depuis que le nouveau premier ministre a été élu. Le loyer moyen aussi a diminué, mais on ne le saurait pas en écoutant les conservateurs.
    Ce n'est pas tout. Il y a le projet de loi C‑28, Loi sur les lancements spatiaux canadiens, qui me plaît beaucoup. On parle de toute une industrie qui a du potentiel. Des milliers d'emplois seraient créés. Cependant, tout ce que les conservateurs ont à dire, c'est qu'ils n'aiment pas le projet de loi et n'en veulent pas. Nous devons faire adopter ces mesures législatives.
    C'est sans mentionner les projets de lois du Sénat. Je peux dire que le gouvernement du Canada, dirigé par notre premier ministre nouvellement élu, a un programme législatif très ambitieux, car, malgré tous les obstacles que les conservateurs dressent sur notre chemin, nous voulons et nous allons continuer de nous battre et de proposer des mesures législatives qui vont rendre nos collectivités plus sûres et plus fortes. Comme le premier ministre l'a dit, nous voulons un Canada fort pour tous les Canadiens. Nous travaillons en ce sens. Ce que nous disons, c'est que nous allons bâtir l'économie la plus forte du G7.
    Nous n'avons qu'à penser à toutes les mesures que le gouvernement et le premier ministre ont prises depuis les dernières élections. Je n'ai parlé que du projet de loi. Il y a un certain nombre d'initiatives complémentaires au projet de loi. Tout cela fait partie du processus budgétaire, et c'est la raison d'être du projet de loi C‑30, Loi d'exécution de la mise à jour économique du printemps 2026. C'est la prochaine étape pour appuyer les Canadiens et bâtir un Canada plus fort, mais les conservateurs veulent quand même faire de l'obstruction.
    Parlons de ce qui s'est passé au comité permanent. D'un côté, les conservateurs disent qu'ils veulent plus de temps. Ils ont eu 30 heures. D'après ce que m'ont dit beaucoup de collègues et de députés d'en face, ils ont passé leur temps à faire de l'obstruction, sans qu'il soit possible de tenir de véritables discussions. C'est ce qui peut se produire quand certains types de motions qui sont présentés. Je sais comment fonctionnent les comités permanents. Quand il y a de la collaboration, de bonnes idées et une volonté de travailler en collaboration, un comité permanent peut être très productif. Je le sais parce que j'ai déjà participé à des comités permanents. Ils offrent énormément d'occasions de collaborer davantage sur un large éventail de questions budgétaires et législatives.
(1805)
    En fait, en ce qui concerne les enjeux législatifs, contrairement à ce qu'affirmeront les conservateurs, la première chose que nous avons faite après avoir formé un gouvernement majoritaire a été de faire avancer des projets de loi d'initiative parlementaire présentés par des députés conservateurs. En huit, neuf ou peut-être douze semaines — je ne suis pas trop sûr — depuis que nous avons obtenu la majorité sous ce premier ministre, nous avons probablement adopté plus d'initiatives provenant de l'opposition que Stephen Harper ne l'a fait en quatre ans. Je ne serais pas surpris que ce soit le cas.
    Je mets au défi les députés d'en face de me montrer la liste des projets de loi d'initiative parlementaire qui ont été adoptés lorsque Stephen Harper était premier ministre et que l'actuel chef du Parti conservateur siégeait au Cabinet. Comparons cela à ce que nous avons fait en huit semaines. Il n'y a rien de surprenant là-dedans, compte tenu de la détermination du premier ministre à travailler en collaboration. Lorsque les autres partis affichent une volonté de collaborer, nous collaborons.
    Penchons-nous sur ce qui se passe dans toutes les provinces. Parlons des grands projets. Discutons du projet de loi C‑5, dont j'ai fait mention. Cette mesure législative n'a été possible que grâce à la collaboration entre les provinces et Ottawa sous la gouverne du premier ministre. Ce n'est pas pour rien que le roi du Canada a prononcé le discours du Trône ici à un moment historique. Ce fut un moment marquant de l'histoire du Canada.
    Je pense que nous devons tous reconnaître après coup ce qui s'est passé avant les dernières élections fédérales. Les Canadiens s'inquiétaient de l'économie à cause de trois éléments: le président Trump, les droits de douane et le commerce. Nous ne cessons de prendre des mesures pour régler les problèmes — ceux d’hier, d’aujourd’hui ou, évidemment, de demain — rencontrés par les Canadiens.
    Il suffit de jeter un œil aux mesures que nous avons prises. Peu après les dernières élections fédérales, de nombreuses réunions ont eu lieu entre le premier ministre et les premiers ministres provinciaux dans le but, comme nous l'avons dit aux Canadiens lors des dernières élections, de bâtir une économie canadienne unifiée. Compte tenu de la situation aux États‑Unis sous la présidence de Donald Trump et en vue de répondre aux inquiétudes et aux préoccupations des Canadiens, le premier ministre a travaillé main dans la main avec les provinces.
    Ce faisant, nous avons été en mesure de parvenir à un consensus. Nous avons été en mesure de présenter le projet de loi. Nous avons été en mesure d'éliminer les obstacles fédéraux et interprovinciaux dont le gouvernement fédéral est responsable, ce qui nous a permis de tenir des discussions et de poursuivre le dialogue avec les provinces afin d'éliminer les obstacles provinciaux qui empêchent le commerce entre les provinces. Nous avons même connu un certain succès à cet égard. Nous poursuivons le dialogue avec les provinces.
    Il suffit de regarder ce qui se passe dans une province comme l'Alberta. En Alberta, nous sommes en train de mettre en œuvre le protocole d'accord qui a été conclu par le premier ministre et la première ministre provinciale. Les conservateurs ont beau critiquer cet accord, mais je crois que la première ministre de l'Alberta a raison, tout comme le gouvernement fédéral, quant à la manière dont nous pouvons réellement bâtir le Canada et en faire une superpuissance énergétique.
    Il suffit de regarder le consensus que nous avons réussi à atteindre en collaborant dans le cadre de grands projets d'un océan à l'autre. Il y a eu des investissements importants dans des choses comme l'énergie éolienne et l'expansion des débouchés dans le domaine de l'énergie sur la côte Est, ainsi que dans quelque chose dont je parle souvent, soit l'expansion du port de Montréal. Nous pouvons examiner ce qui se passe en Ontario et la façon dont nous améliorons l'industrie nucléaire dans cette province grâce à de grands projets.
(1810)
    Dans ma province, le Manitoba, le premier ministre est un néo-démocrate, mais nous collaborons avec toutes les formations politiques. Les Manitobains ont compris que, pour la première fois depuis des générations, il y a désormais lieu d'espérer en ce qui concerne le port de Churchill et la possibilité qu'il devienne un point de transit pour des marchandises telles que le gaz naturel liquéfié et certains minerais, sans parler des autres possibilités offertes par le secteur agricole. Ces perspectives sont très concrètes et bien réelles dans ma province.
    En Saskatchewan, nous pourrions parler des investissements dans le cuivre dans le cadre des grands projets. Quant au canola, le premier ministre a su s'en occuper, au moins en partie et bien plus que ce que nous avons vu lorsque le chef du Parti conservateur siégeait à la table du caucus. Nous pourrions parler de l'Alberta et de la Colombie‑Britannique, ces deux provinces ensemble, que ce soit à propos de la conclusion d'accords sur les pipelines, le gaz naturel liquéfié et d'autres combustibles fossiles, ou sur l'exploitation minière.
    Nous pourrions parler du Nord canadien. Il n'y a pas si longtemps, le premier ministre se trouvait, je crois, à Yellowknife, dans le Nord canadien. Je ne suis pas sûr à 100 % que c'était à Yellowknife, mais il a annoncé comment nous allions protéger la souveraineté canadienne en investissant littéralement des milliards de dollars. Nous avons un immense potentiel et nous faisons des investissements majeurs d'un océan à l'autre.
    Le gouvernement sait que consolider nos infrastructures et améliorer nos corridors économiques, pour ainsi dire, grâce au commerce international, fera la différence pour notre pays. Au chapitre de la main-d'œuvre, c'est la voie de l'avenir. On parle de dizaines de milliers d'emplois. Le premier ministre va lui-même à la recherche d'investissements. Des milliards de dollars en provenance de l'étranger seront investis au Canada. Les engagements ont été pris. Même qu'au chapitre des investissements étrangers directs depuis 12 mois, si le Canada n'est pas en première position du G7, quoique je pense qu'il l'est, il pourrait fort bien être en première position parmi les pays du G20. Voilà qui entre aussi en compte dans ce qui a été annoncé.
    Nous avons des raisons d'être optimistes, car le gouvernement comprend la valeur des investissements et l'importance de développer nos infrastructures. Notre premier ministre est déterminé à apporter des améliorations là où il le peut et à faire preuve de patience envers les États‑Unis dans le dossier des échanges commerciaux. Nous ne capitulerons pas. Nous continuerons de défendre les intérêts des Canadiens pour obtenir le meilleur accord possible et, lorsqu'il le faut, nous donnerons un coup de pouce aux industries qui sont touchées par les négociations et par ce qui se passe aux États‑Unis.
    Il faut reconnaître que nous avons conclu 20 accords commerciaux et de défense, et nous sommes en train d'en conclure d'autres. Je parle souvent de l'importance des États‑Unis, et tous devraient en convenir. J'en conviens moi-même, mais il ne fait aucun doute que le gouvernement et le premier ministre sont déterminés à trouver des débouchés commerciaux ailleurs qu'aux États‑Unis. C'est ce qui nous a permis de conclure 20 accords commerciaux et de défense, et nous avons également signé des accords commerciaux officiels, qui ont été présentés à la Chambre et adoptés dans le cadre d'un projet de loi sur le commerce international.
    Je pourrais aussi parler du potentiel commercial entre le Canada et l'Inde, deux grands pays. J'aimerais beaucoup qu'un accord officiel soit signé cette année. Le premier ministre a rencontré le premier ministre et la présidente de ce grand pays.
    Les possibilités sont bien réelles, et elles ont entraîné une hausse de, je crois, 17 % des exportations vers d'autres pays que les États‑Unis. Le gouvernement continue de travailler, jour après jour, à élargir les débouchés pour les entreprises — petites, moyennes et grandes —, car nous savons que les Canadiens sont les véritables bénéficiaires de ces débouchés, et c'est pour eux que nous continuerons de travailler sans relâche.
(1815)
    Monsieur le Président, je suis toujours étonné de constater à quel point le gouvernement semble sans cesse remettre le travail à plus tard, et ce député ne fait certainement pas exception à la règle. Lui et le leader du gouvernement ont la responsabilité de planifier le programme législatif en fonction du calendrier de la Chambre. Ce député siège à la Chambre depuis 2010 et les banquettes libérales ne sont pas un secret pour lui. En fait, j'avais 13 ans lorsqu'il a été élu pour la première fois à la Chambre, mais il n'a toujours pas compris que l'été arrive chaque année, à la mi-juin, et qu'il doit en tenir compte dans sa planification en vue de faire adopter le programme législatif.
    Le député peut‑il nous dire quand il se décidera enfin à planifier correctement le programme législatif, afin que les projets de loi du gouvernement puissent être adoptés à la Chambre?
    Monsieur le Président, le député devait avoir 3 ou 4 ans lorsque le chef du Parti conservateur est arrivé à la Chambre des communes. À l'époque, le chef du Parti conservateur était dans l'opposition et il avait un livre qui expliquait comment être une force destructrice aux réunions des comités permanents. Or, rien n'a changé: aujourd'hui, le chef du Parti conservateur est sincèrement convaincu que pour que l'opposition soit efficace, elle n'a qu'à remplir ses coffres en faisant du détournement cognitif, en misant sur le salissage et en multipliant les manœuvres d'obstruction, pour ensuite s'efforcer de pointer le gouvernement du doigt pour les gestes douteux et les tactiques de l'opposition officielle, en particulier ceux du cabinet du chef de l'opposition officielle.

[Français]

    Monsieur le Président, le temps semble s'arrêter quand mon collègue de Winnipeg-Nord prend la parole. Ce secrétaire parlementaire était là lors de la précédente législature. Il est là depuis un bout de temps.
    Lors de la précédente législature, je me rappelle avoir partagé son point de vue sur un projet de loi très important en matière de radiodiffusion, soit le projet de loi C‑11. Nous l'avions débattu à la Chambre. Les libéraux, les bloquistes et les néo-démocrates, à l'époque, étaient du même bord. Nous pensions qu'il fallait se battre pour la culture.
    Aujourd'hui, son gouvernement fait le contraire. Son gouvernement tourne le dos à la culture et plie devant les menaces américaines en cédant des choses très importantes, notamment la taxe sur les services numériques qui devait apporter un peu d'équité fiscale dans le système.
    Nous venons de voir le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, ou CRTC, prendre une décision importante, que le gouvernement a infirmée en le retournant à sa table à dessin. Le gouvernement a refusé de mettre en application la contribution de 15 % que le CRTC venait de décréter et choisit plutôt de faire payer les contribuables pour la part que les diffuseurs en ligne auraient dû assumer.
    Nous partagions la même vigueur au sujet du projet de loi C‑11 et du principe selon lequel les diffuseurs en ligne et les géants américains du numérique devaient faire leur juste part. Or, son gouvernement est en train de faire exactement le contraire.
    Mon collègue a-t-il changé d'opinion? A-t-il retourné sa veste? Croit-il qu'on fait bien de faire en sorte que les diffuseurs en ligne et les géants du numérique ne paient pas leur juste part et ne contribuent pas au système de radiodiffusion dont ils profitent outrageusement?
(1820)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai toujours eu les arts et le milieu de la culture tatoué sur le cœur. Le député sait sans doute pertinemment que j'en ai souvent parlé au fil des ans. Je suis vraiment heureux que nous ayons annoncé il n'y a pas très longtemps que nous allions protéger les enfants sur Internet. Je pense que, au cours des mois et des années à venir, nous continuerons d'entretenir le dialogue. J'estime que certaines choses doivent être prises en considération par rapport à la décision du CRTC et à ses répercussions, puisque l'enjeu en cause comporte de multiples facettes. Je pense qu'il est préférable que je m'en tienne là.
    Monsieur le Président, tout à l'heure, j'ai posé une question à un collègue libéral au sujet du financement des traversiers. J'ai expliqué que le gouvernement fédéral contribue à hauteur de 43 % aux coûts d'exploitation des traversiers de la région de l'Atlantique. En Colombie‑Britannique, il contribue à hauteur de 3 %. Le gouvernement verse 6 $ par habitant en Colombie‑Britannique pour les coûts d'exploitation des traversiers, mais, sur la côte Est, ce montant s'élève à 125 $. Les libéraux affirment que c'est en raison des ententes constitutionnelles et parce que ces traversiers se déplacent d'une province à l'autre.
    Mon collègue pense-t-il que l'île de Vancouver et la région côtière de la Colombie‑Britannique doivent devenir une province uniquement pour obtenir du financement pour les coûts d'exploitation des traversiers?
    Dans les communautés côtières, les traversiers sont un moyen de transport essentiel. J'ai pris la parole à la Chambre et j'ai entendu un secrétaire parlementaire libéral convenir qu'il s'agit d'un moyen de transport essentiel. C'est une question d'équité. Les habitants de l'île de Vancouver paient les mêmes impôts que les habitants du Canada atlantique. Il n'y a même pas de sénateur qui représente l'île de Vancouver. Il n'y en a pas eu depuis 55 ans. Dix sénateurs représentent le Nouveau‑Brunswick et six la Nouvelle‑Écosse. L'Île‑du‑Prince‑Édouard et Terre‑Neuve en comptent 10 au total. Ces deux provinces n'ont même pas la même population que l'île de Vancouver. Le Nouveau‑Brunswick non plus. C'est la même chose pour la Nouvelle‑Écosse.
    Nous ne demandons pas de rouvrir la Constitution. Nous demandons simplement au gouvernement d'agir de façon équitable.
    Monsieur le Président, j'allais demander au député s'il souhaitait rouvrir la Constitution, mais je vais m'abstenir de lui poser cette question. En fin de compte, le Canada est un vaste pays. Il existe des différences régionales, tant sur le plan économique que sur d'autres plans. On peut les qualifier de diverses sortes de frontières, provinciales et ainsi de suite. Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de la question.
    Par exemple, la Colombie‑Britannique pourrait apporter une contribution financière à BC Ferries. Je suppose que c'est probablement le cas. Elle est sans doute mieux placée pour le faire. Je ne connais pas les détails du fonctionnement de ces deux réseaux de traversiers. Le député devrait peut-être nous donner un peu plus de précisions. J'aimerais croire que nous travaillons en collaboration avec les pouvoirs publics pour garantir qu'il règne au Canada un sentiment d'équité en matière de politiques en général.
    Monsieur le Président, il y aurait tant à dire sur le discours de 20 minutes que le député a prononcé à la Chambre, mais je commencerai par souligner quelques points. Il n'a cessé de répéter qu'ils parlent de ceci, puis de cela, puis encore de ceci, et il a raison. De ce côté-là de la Chambre, ils parlent vraiment beaucoup.
    Il multiplie les annonces, mais ce n'est pas vraiment un gouvernement d'action. De plus, le député a dit qu'il s'agit d'un nouveau gouvernement; pourtant, le voilà qui prononce un discours de 20 minutes.
    J'ai vérifié. Je crois qu'il y a environ 60 à 70 nouveaux députés libéraux élus en 2025, contre environ 45 nouveaux députés conservateurs élus la même année. La comparaison est ahurissante. Quand je pense au nombre de fois où ces nouveaux députés ont pris la parole à la Chambre, comparé à ce député, qui est ici depuis 2010, je trouve cela choquant. Ce député parle souvent d'obstruction.
    Pourquoi prononce-t-il un discours de 20 minutes alors qu'il y a 60 à 70 nouveaux députés élus en 2025 qui pourraient eux aussi intervenir dans ce débat?
    J'aimerais savoir pourquoi c'est toujours lui qui monopolise le débat et pourquoi il ne laisse pas les autres s'exprimer. C'est lui, le roi de l'obstruction.
(1825)
    Monsieur le Président, ce n'est pas la première fois que les conservateurs éprouvent un malaise. Ils donnent souvent l'impression de ne pas vouloir que je prenne la parole. Encore récemment, un de mes collègues a voulu obtenir le consentement unanime pour partager son temps de parole avec moi, mais il s'est d'abord buté à un refus en raison d'une réaction virulente des conservateurs. Je ne suis vraiment pas un si mauvais gars. Quand je prends la parole, je dis la vérité. Si je demande des comptes à l'opposition, c'est parce qu'elle doit, elle aussi, répondre de ses actes.
    Disons-le franchement: il y a une énorme lacune à cet égard. Je prends mon rôle de secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre très au sérieux, tant pour faire avancer le programme législatif que pour tenir les députés d'en face responsables de leurs propos. J'aime croire qu'il existe une certaine cohérence dans cette démarche.
    Loin de moi l'idée d'offenser la députée d'en face lorsque je défends ardemment les intérêts de mes concitoyens. Je peux lui assurer qu'au bout du compte, tous les députés libéraux jouent un rôle essentiel, que ce soit à la Chambre des communes, au sein des comités permanents, au sein du caucus national ou dans leur circonscription. Je ne suis qu'un député parmi plus de 170 élus libéraux. J'essaie de faire de mon mieux.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest.
    Le gouvernement nous a demandé aujourd'hui d'accélérer l'étude de la mise à jour économique de printemps, sous prétexte que le temps presse. Ce que le gouvernement omet de préciser, c'est que cette contrainte de temps est en grande partie de son propre fait.
    Soyons clairs sur les conséquences de cette motion. Elle obligerait les députés à présenter et à voter sur tous les amendements qui restent en comité sans autre débat. Il ne s'agit pas du processus législatif habituel. Cette motion revient à demander au Parlement de s'acquitter moins efficacement de sa tâche la plus importante.
    Un budget est censé être un énoncé des priorités. Il est censé informer les Canadiens de ce que le gouvernement compte faire, des sommes qu'il prévoit dépenser et de la manière dont il compte financer ces dépenses. Pourtant, quelques semaines seulement après la présentation du budget de 2025, le premier ministre a commencé à annoncer de nouvelles dépenses de plusieurs milliards de dollars qui n'avaient pas été présentées lors du dépôt du budget. Selon la directrice parlementaire du budget, ces mesures supplémentaires représentent environ 48 milliards de dollars sur cinq ans. En gros, un deuxième budget est dévoilé au coup par coup dans le cadre de conférences de presse et d'annonces, tandis que le Parlement est censé simplement suivre les événements.
    L'exemple le plus frappant est le nouveau Fonds pour un Canada fort, un fonds de dette souveraine de 25 milliards de dollars qui n'avait pas été présenté comme un élément central du plan initial du gouvernement. Lorsqu'un gouvernement trouve 25 milliards de dollars pour un tout nouveau fonds de dette souveraine, quelques semaines seulement après la présentation d'un budget, le Parlement doit commencer à se demander si ces programmes sont réellement issus d'un plan économique cohérent et s'ils ne sont plutôt créés à la hâte chaque fois que le gouvernement a besoin d'une nouvelle annonce. La même tendance s'observe dans les nouveaux engagements du gouvernement dans les secteurs de la défense et des affaires internationales. Des milliards de dollars ont maintenant été annoncés pour de nouvelles structures d'approvisionnement en défense, une agence de l'investissement pour la défense et une stratégie industrielle de défense. Pourquoi tant d'engagements financiers énormes continuent-ils à émerger alors que le plan financier du gouvernement était censé être terminé?
    Le premier ministre a également dévoilé l'initiative Une Équipe Canada forte, une stratégie de plusieurs milliards de dollars sur la main-d'œuvre. Puis est arrivée la nouvelle initiative du gouvernement sur l'électricité. On a dit aux Canadiens que des milliards de dollars supplémentaires seraient consacrés aux infrastructures de transport, aux corridors électriques et à la transformation à long terme du réseau électrique du Canada. Encore une fois, le gouvernement a présenté l'annonce comme si c'était une idée qu'il venait d'avoir. Pourquoi ces mesures n'ont-elles pas été prévues dans le budget en premier lieu?
    Puis, la semaine dernière, le gouvernement a annoncé une stratégie nationale de sécurité alimentaire de 3 milliards de dollars. Le gouvernement semble croire qu'on peut assurer la sécurité alimentaire grâce à la création de fonds, de pôles, d'agences, de mécanismes de financement, de structures de planification et de cadres administratifs. En réalité, la sécurité alimentaire n'a jamais été assurée par des planificateurs gouvernementaux. Elle a toujours été le fait des agriculteurs, des transporteurs routiers, des transformateurs, des détaillants et des entrepreneurs qui acheminent les denrées alimentaires de la terre à la table. L'annonce prévoit des milliards de dollars pour de nouveaux programmes, mais elle ne mentionne pratiquement pas les politiques qui ont fait grimper le prix des aliments. Pour assurer la sécurité alimentaire, il faut des agriculteurs qui ont les moyens de cultiver, des transformateurs qui ont les moyens de transformer, des camionneurs qui ont les moyens de transporter les marchandises et des entreprises capables d'opérer dans un environnement concurrentiel. Malgré cela, après des années de politiques libérales inflationnistes qui ont fait grimper les coûts tout au long de la chaîne d'approvisionnement, le gouvernement propose maintenant d'ajouter encore des programmes et de l'administration, une autre proposition inflationniste.
    Chacune de ces annonces s'accompagne d'une nouvelle facture qui sera payée avec la carte de crédit nationale. Toutes les quelques semaines, le gouvernement présente aux Canadiens une nouvelle annonce, un nouvel engagement, une nouvelle dépense en promettant, une fois de plus, que les dépenses publiques mèneront, d'une manière ou d'une autre, à une future prospérité. Après 10 ans de cette approche, les Canadiens sont cependant en droit de poser la question que voici: puisque les dépenses publiques sont censées être la clé de la croissance économique, pourquoi les milliards de dollars de nouvelles dépenses n'ont-ils pas amélioré la situation?
    Le gouvernement veut faire croire aux Canadiens que les nouveaux programmes vont enfin faire baisser le coût de la vie, sauf que ce ne sont que des accroires. Chaque nouveau fonds, chaque nouvelle agence, chaque nouvelle stratégie et chaque nouvelle dépense finit sur la carte de crédit du pays. La facture finit toujours par arriver. Elle prend la forme de déficits supérieurs, d'une dette supérieure, d'intérêts en hausse et, en fin de compte, d'une vie encore plus chère pour les gens mêmes à qui le gouvernement prétend venir en aide.
(1830)
    Le projet de loi C‑30 n'est que le plus récent exemple de ce qui est maintenant devenu une habitude pour les libéraux: faire grimper les dépenses, faire grimper les emprunts, faire grimper la dette et faire grimper les prix pour les Canadiens. Alors que le premier ministre avait promis de le gérer de manière judicieuse, le budget fera plus que doubler le déficit qu'avait légué Justin Trudeau. Le déficit passera de 31 à 72 milliards de dollars. Hors pandémie, c'est le pire de l'histoire du Canada. Les Canadiens s'étaient fait promettre qu'on ferait les choses autrement, sauf que la nouvelle approche consiste à dépenser autrement plus que dans les rêves les plus fous de Justin Trudeau.
    Le plus inquiétant, c'est qu'en même temps, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession. Le gouvernement s'obstine à dire que la solution passe par une hausse des dépenses. Or, malgré tout ce qui a été dépensé, le Canada est le seul pays du G20 à avoir réussi à mériter cette distinction lamentable. Après 10 ans de résultats décevants, il me semble pourtant que le gouvernement devrait s'arrêter un instant pour réfléchir au fait que le remède qu'il prescrit continuellement aggrave le mal au lieu d'y remédier.
    Les Canadiens affichent déjà l'endettement des ménages le plus élevé du G7. Ils composent avec un parc de logements parmi les moins financièrement accessibles du monde développé. Le recours aux banques alimentaires bat de tristes records. Les jeunes familles doivent se contenter de rêver d'accéder à la propriété. Les retraités doivent de plus en plus se serrer la ceinture pour arriver jusqu'à la fin du mois. Les travailleurs qui ont des enfants sont contraints de faire des choix impossibles entre payer l'épicerie, le loyer, le transport ou le nécessaire.
    Le premier ministre n'a pas fait campagne en promettant de doubler les déficits. Il n'a pas fait campagne en promettant d'alourdir l'appareil gouvernemental et de faire des dépenses toujours plus élevées. Il s'est présenté comme l'adulte dans la pièce, comme celui qui rétablirait la discipline budgétaire, qui rendrait au gouvernement sa compétence et qui donnerait une nouvelle orientation économique au pays. Malheureusement, quelques mois plus tard seulement, on se retrouve avec un déficit qui s'élève à 72 milliards de dollars — soit le plus important de l'histoire du Canada si l'on exclut les années de pandémie —, et des milliards de dollars de dépenses supplémentaires qui n'étaient même pas prévues au budget.
    Le premier ministre avait promis qu'il réduirait le ratio dette-PIB, mais ce budget montre qu'il est à la hausse. Il avait promis qu'il ferait preuve de discipline budgétaire, mais les dépenses augmentent plus vite que l'inflation et plus vite que la croissance économique. Il avait promis une relance économique, mais le Canada demeure le seul pays du G20 en récession. Il avait promis d'accélérer la construction, mais bien qu'il ait créé de nouveaux bureaux, de nouvelles agences et de nouveaux processus d'approbation, les Canadiens attendent toujours des résultats.
    Le problème, ce n'est pas simplement que ces promesses ont été rompues. Le problème, c'est que le gouvernement ne semble pas avoir tiré de leçons des 10 dernières années. Depuis 10 ans, on promet aux Canadiens que le problème sera réglé grâce à un nouveau programme de dépenses, à un nouveau fonds, à une nouvelle agence ou à une nouvelle stratégie. Or, le problème continue de s'aggraver à mesure que la taille du gouvernement augmente.
    Résultat: le pays est plus endetté, il paie plus d'intérêts, sa croissance a ralenti et le coût de la vie y est plus élevé que ce qu'on avait promis aux Canadiens. À un moment donné, il faut juger les gouvernements non pas en fonction de leurs annonces, mais en fonction de leurs résultats. Voilà que le gouvernement demande au Parlement de consacrer moins de temps à l'examen des projets de loi et, parallèlement, il demande aux Canadiens d'accepter plus de dépenses, plus d'emprunts et plus de dettes. C'est le monde à l'envers.
    Pourtant, quand un gouvernement annonce de nouveaux engagements à hauteur de 48 milliards de dollars après avoir déposé son budget, il est encore plus important de procéder à un examen minutieux, pas moins. Lorsque les déficits augmentent, les débats ont encore plus d'importance, pas moins. Lorsque les Canadiens ont du mal à payer leur épicerie, leur logement et les produits de première nécessité, la reddition de comptes devient encore plus importante, pas moins. Le Parlement n'a pas été créé pour approuver les annonces du gouvernement les yeux fermés. Le Parlement existe pour remettre en question les mesures annoncées par le gouvernement, demander des explications et veiller à ce que les contribuables comprennent les conséquences que celles-ci auront avant de recevoir la facture.
    Après 10 ans marquées par une dette croissante, une hausse des coûts et une baisse du pouvoir d'achat, les Canadiens sont parfaitement en droit de demander si l'augmentation des dépenses contribuera à résoudre le problème ou à l'aggraver. Le gouvernement n'aime peut-être pas cela, mais ce n'est pas une raison pour écourter le débat. C'est justement à cela que sert le débat.
    C'est pourquoi les conservateurs appuient l'amendement proposé par mon collègue de Cariboo—Prince George. Cet amendement permettrait au comité des finances de poursuivre son étude au lieu de forcer la Chambre à mettre aux voix les articles et les amendements restants sans en débattre. Il rétablirait le principe fondamental selon lequel le Parlement doit examiner les mesures législatives avant de les adopter. Les Canadiens n'ont plus les moyens de continuer ainsi et ils ne peuvent certainement pas se permettre d'accepter un examen moins minutieux des politiques à l'origine de la situation actuelle.
(1835)
    Monsieur le Président, je remercie la députée d'en face. Je trouve qu'elle a très bien mis en lumière, une fois de plus, un certain nombre d'annonces du gouvernement. Je tiens donc à la remercier d'avoir de nouveau annoncé ces bonnes nouvelles à la Chambre. Elle a dit qu'il y a continuellement de nouvelles annonces et de nouveaux engagements au fil des semaines, et je l'admets: c'est exactement ce que nous faisons.
    J'estime néanmoins qu'il y a une différence fondamentale entre notre perception des dépenses et des investissements. Lorsque les députés d'en face parlent de dépenses, ils partent du principe que rien ne va plus au Canada. En revanche, de ce côté-ci de la Chambre, nous croyons dans le Canada et nous croyons dans les Canadiens. Par conséquent, nous investissons dans le Canada.
    La députée n'est-elle pas d'accord pour dire que c'est justement pour ça qu'on nous a élus?
    Monsieur le Président, je ne suis pas d'accord pour dire que les libéraux ont été élus pour faire tout un tas d'annonces sans accomplir quoi que ce soit.
    Les conservateurs croient dans un principe fondamental: ce n'est pas en dépensant sans fin de l'argent emprunté qu'un gouvernement crée de la prospérité. Pour notre part, nous miserions sur la baisse des dépenses, l'élimination d'obstacles à l'investissement, l'accélération des délais d'approbation, l'aide aux travailleurs et aux entreprises qui, concrètement, bâtissent des logements ou cultivent des aliments, ainsi qu'un retour à la rigueur budgétaire fédérale.
    Ce qu'il faut aux Canadiens, ce ne sont pas davantage de slogans, de fonds, d'agences et de stratégies, mais plutôt un gouvernement qui mesure son efficacité à l'aune des résultats qu'il obtient, qu'il s'agisse d'une baisse du coût de la vie, d'un élargissement du parc de logements, de chèques de paie en hausse ou d'une économie mieux à même de soutenir la concurrence.

[Français]

     Monsieur le Président, ce que je vois quand je regarde ce projet de loi et le moment choisi, c'est que le gouvernement libéral n'a fait à peu près qu'une seule chose pour atteindre les 15 % de coupes par ministère annoncées pour peut-être un jour boucler le budget. Sinon, faire 70 milliards de dollars en déficit, ce n'est pas grave. Il s'agissait donc de faire des coupes de 15 % dans chacun des ministères.
    Cependant, on dirait que le seul ministère qui l'a fait, c'est le ministère de l'Agriculture et de l'Agrolimentaire, et que le seul endroit où il l'a fait, c'est en science et en recherche. Pour moi, il s'agit d'une aberration complète, notamment en ce qui a trait à la capacité d'innover en agriculture. Va-t-on manger de façon saine et sécuritaire? Ça me préoccupe. On va aussi faire des coupes dans l'inspection des aliments, à l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Parallèlement à ça, on ramène l'autorisation de certains pesticides qu'on avait empêchés.
    Qu'en pense ma collègue?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à souligner qu'il existe de nombreux exemples de mauvaises décisions des libéraux dans le budget. Le Bureau de la directrice parlementaire du budget a constaté que le gouvernement avait consacré la majeure partie de la marge de manœuvre budgétaire supplémentaire à de nouvelles priorités politiques, laissant ainsi la trajectoire du déficit pratiquement inchangée.
    Autrement dit, quand le gouvernement s'est retrouvé avec une certaine marge de manœuvre, il ne s'en est pas servi pour réduire de manière significative le déficit ni pour offrir un véritable répit aux contribuables. Il s'en est servi pour financer davantage de dépenses. C'est la tendance que les Canadiens ont pu dégager au cours des 10 dernières années: toujours plus de dépenses, d'annonces et de promesses. Pourtant, les familles peinent toujours à composer avec les coûts de l'épicerie et du logement, sans parler du fardeau que représentent les impôts et l'endettement. Les conservateurs affirment qu'une marge de manœuvre budgétaire accrue ne doit pas être considérée comme un feu vert pour continuer à dépenser.
    Monsieur le Président, l'un des postes de dépenses les plus importants du gouvernement — et c'est relativement récent — concerne le domaine militaire. Le gouvernement libéral a en effet porté les dépenses militaires à 2 % du PIB du Canada, alors que le gouvernement conservateur les maintenait auparavant à 1 %. Quand le chef de l'opposition faisait partie du caucus ministériel, 1 % du PIB du Canada était consacré aux dépenses militaires.
    La députée approuve-t-elle que le gouvernement du Canada consacre 2 % du PIB aux dépenses militaires?
(1840)
     Monsieur le Président, en fait, je veux parler du fait que nous nous opposons à un processus qui affaiblit la reddition de comptes et à un plan financier qui semble avoir été préparé sur le coin d'une table.
    La raison d'être du Parlement est d'examiner les projets de loi, de les améliorer et de demander des comptes au gouvernement au sujet des deniers publics. Ça ne devrait pas prêter à controverse. L'amendement présenté par mon collègue conservateur permettrait au comité de poursuivre ses travaux et supprimerait les parties de la motion qui coupent court au débat et à l'examen. C'est une position raisonnable.
    Si le projet de loi du gouvernement est solide, il devrait survivre à l'examen en comité. Si ses dépenses sont justifiées, les ministres devraient pouvoir le défendre. Si le plan fonctionne, les Canadiens devraient en voir les résultats. Au lieu de cela, les Canadiens constatent une augmentation des coûts, une croissance anémique et une hausse de la dette.

Le Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir

     Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis, et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose:
    Que cette Chambre accepte les dispositions du message reçu du Sénat le jeudi 11 juin 2026 concernant la possibilité pour un membre du Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir provenant du Sénat d'annexer une opinion dissidente ou complémentaire au premier rapport du Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir; qu'un message soit envoyé au Sénat pour l'informer que cette Chambre a adopté cet ordre.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que la députée propose la motion veuillent bien dire non. C'est d'accord.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.

     (La motion est adoptée.)

L'affaire du gouvernement no 12 — Les délibérations sur le projet de loi C‑30

     La Chambre reprend l'étude de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, je prends la parole au sujet de la motion relative à l'énoncé économique du printemps du gouvernement libéral. C'est peut-être le printemps qui a incité les libéraux à profiter de cette mise à jour pour brosser un tableau idyllique de l'économie, mais, en vérité, les chiffres réels et impartiaux peignent un portrait désolant pour les habitants de ma circonscription, en particulier pour les familles de travailleurs et les aînés en difficulté.
     L'énoncé économique montre que les dépenses continuent d'augmenter rapidement et qu'il n'existe aucune cible budgétaire contraignante. Le déficit croissant ne fera que s'aggraver à mesure que le gouvernement libéral empruntera davantage, alourdissant ainsi la dette nationale. Les frais liés au service de la dette augmentent rapidement, absorbant une part plus importante des recettes fiscales que les dépenses totales consacrées à la santé ou à la défense. Le fait est que l'économie du Canada est entrée en récession. Je ne dis pas cela en me fondant sur mes opinions politiques, mais sur des principes économiques qui font l'unanimité depuis des décennies.
    Toute période durant laquelle notre économie enregistre deux trimestres consécutifs de baisse du PIB est communément appelée « récession ». C'est là un principe bien établi dans les statistiques économiques depuis des décennies. Si certains souhaitent débattre de la différence entre une récession et une « récession théorique », il n'en demeure pas moins qu'il n'y a rien de théorique dans le ralentissement économique qu'a décrit le gouverneur de la Banque du Canada la semaine dernière. C'est une économie faible que nous observons en 2026, alors que 112 000 Canadiens de plus se sont retrouvés sans emploi au cours des quatre premiers mois de cette année seulement et que, en termes de PIB par habitant, les Canadiens ont toujours un niveau de vie inférieur à celui qu'ils avaient en 2022.
    Malheureusement, les signes d'une détérioration de la situation financière des ménages canadiens ne manquent pas. L'épargne des ménages a chuté à son plus bas niveau en deux ans, le Canada affichant de loin le taux d'endettement des ménages le plus élevé du G7. Statistique Canada a constaté que l'endettement des ménages canadiens a dépassé leurs revenus pendant six trimestres consécutifs. Equifax a signalé que le nombre de cas d'insolvabilité a atteint des niveaux jamais vus depuis 2009, avec une hausse de près de 19 % d'une année sur l'autre. On compte 1,5 million de Canadiens qui ont manqué un paiement de dette au cours des trois premiers mois de cette année seulement, tandis que les taux de défaut de paiement des prêts hypothécaires grimpaient de 32 % d'une année sur l'autre.
     Le premier ministre nous avait promis de bâtir l'économie à la croissance la plus rapide du G7, mais le Canada est le seul pays du G7 à avoir connu une contraction économique au cours de trois des quatre derniers trimestres. Les promesses de construire rapidement et à grande échelle pour fortifier l'économie canadienne, grâce à des mesures telles que celles de la loi sur les grands projets, un projet de loi pour lequel j'ai voté, ne se sont pas concrétisées. Un an après l'adoption de cette loi, le Canada n'a désigné aucun projet économique majeur ni accéléré le moindre projet économique. Au contraire, l'adoption, pendant les dernières années, de lois libérales instaurant des règlements contraignants, un fardeau fiscal élevé et des déficits budgétaires importants et persistants a fait grimper considérablement le coût des investissements pour les entreprises au Canada.
     Je comprends que beaucoup souhaitent croire que le tableau idyllique que le premier ministre brosse de notre pays correspond à la réalité, mais en observant ses pairs en dehors de la sphère politique, on voit la vérité. Même la directrice parlementaire du budget, qui a été sélectionnée par le premier ministre, a affirmé que les déficits des libéraux sont plusieurs milliards de dollars plus élevés qu’ils le prétendent. Cette mandataire impartiale du Parlement a démontré que les promesses de réduction des dépenses publiques n'ont pas d'incidence sur la hausse des coûts pour les particuliers, qui augmenteront également de plusieurs milliards de dollars au cours des prochaines années. Elle a aussi démontré que les prévisions de recettes du gouvernement seront inférieures à celles annoncées à cause de la faiblesse des salaires et du ralentissement de la croissance salariale attendus dans un contexte de dégradation économique. Finalement, elle a déclaré qu'il y a seulement 1 % de chance que le plan financier du gouvernement atteigne son objectif de réduire chaque année le ratio du déficit par rapport au PIB .
    Connaissant les bilans financiers tant du secteur privé que du secteur public, je peux affirmer que si un plan financier n'avait qu'une chance sur cent de réussir, n'importe quelle petite entreprise ou administration locale le réviserait. Or, le gouvernement libéral préfère accumuler les dépenses et les dettes, ce qui ne fera qu'alourdir le fardeau fiscal et augmenter l'inflation. Ce sont là les chiffres nationaux, mais j’aimerais prendre un moment pour m’attarder sur la façon dont ces tendances nationales créent de réelles tensions dans des collectivités comme la mienne, dans la circonscription de Similkameen—Okanagan-Sud—Kootenay-Ouest.
(1845)
    Une conséquence réelle et de plus en plus importante du taux de chômage plus élevé que la moyenne, de la stagnation des salaires et de l'inflation du prix des aliments, c'est que de plus en plus de gens se tournent vers les banques alimentaires locales. Personne ne devrait jamais avoir honte de se tourner vers les banques alimentaires, mais le gouvernement devrait avoir honte de l'aggravation de la crise de l'abordabilité qui pousse plus de travailleurs, d'aînés et de groupes qui n'ont jamais eu recours aux banques alimentaires à y recourir pour la toute première fois de leur vie. Le financement que le gouvernement accorde aux banques alimentaires est insuffisant. Cela ne freinera pas l'aggravation de la crise de l'abordabilité. Nous avons vu que cela pousse ces groupes à recourir aux services des banques alimentaires. Le gouvernement libéral a présidé à la pire augmentation du recours aux banques alimentaires en une génération, qui dépasse le niveau observé pendant la crise financière de 2008 et au plus fort de la pandémie de COVID‑19, et le Canada rural souffre vraiment.
    Les formidables bénévoles de la Boundary Community Food Bank que j'ai rencontrés récemment m'ont dit que la demande pour leurs services a augmenté de 73 % depuis 2020, que 25 % de leurs clients réguliers n'ont présenté une demande qu'au cours de la dernière année et que 20 % de leurs clients travaillent à temps plein ou à temps partiel. Ils m'ont dit qu'ils voient maintenant plus de 100 aînés de cette petite collectivité qui ont besoin de leurs services chaque mois, et ce, seulement dans la région de Boundary. Cela ne comprend pas les Kootenays, la vallée de la Similkameen, le Sud de l'Okanagan ou Penticton.
    Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest compte l'une des populations les plus âgées du Canada. Autrefois, les aînés constituaient le groupe le plus susceptible de faire des dons aux banques alimentaires. Ils étaient plus enclins à remplir un formulaire de bénévolat qu'à demander un panier alimentaire. Cette réalité est en train de changer rapidement. Le revirement de situation que connaissent nos aînés les rend vulnérables sur le plan financier et les empêche de s'impliquer autant qu'auparavant dans leur collectivité. C'est une perte considérable.
    Les bénévoles qui participent à des événements communautaires sont généralement des personnes plus âgées, ce qui tient en partie au fait qu'elles ont un peu plus d'argent en banque pour payer un plein d'essence supplémentaire lorsqu'elles font la navette, pour acheter quelques hamburgers ou hot-dogs de plus ou pour consacrer un peu plus de leur temps au bénévolat. Après avoir parlé avec des gens de ma région et avec des collègues de partout au pays, j'ai l'impression que les aînés sont de moins en moins en mesure de faire du bénévolat en raison du coût de la vie.
    Au cours des dernières années, nous avons assisté à la disparition d'événements communautaires dans ma région, comme ceux qui avaient lieu à Penticton. Au cours des dernières années, nous avons perdu l'Ironman, le Pentastic Jazz Fest, le Ribfest et l'Okanagan Granfondo. Les clubs philanthropiques, qui comptaient autrefois des aînés bénévoles, sont en déclin. Cela a des répercussions sur l'ensemble de la collectivité et de nombreux aînés qui éprouvent des difficultés financières envisagent des options bien plus extrêmes que le simple refus de faire du bénévolat.
    À mon bureau, beaucoup trop d'aînés nous ont dit avoir épuisé leurs prestations et leurs économies et nous demandent quelles sont les conditions pour recevoir l'aide médicale à mourir. Il est effrayant de penser qu'au Canada, le fardeau financier qui pèse sur les aînés peut les amener à considérer que la meilleure option est de mettre fin prématurément à leurs jours, non pas pour des raisons médicales, mais à cause de la hausse brutale du coût de la vie. C'est le symbole d'un Canada inabordable qu'aucun d'entre nous ne devrait accepter. Malheureusement, la mise à jour économique du printemps ne montre guère de changement de cap afin que le Canada redevienne abordable pour les travailleurs, les familles et les aînés.
    Je propose, avec l'appui de la députée d'Oshawa:
     Que l'amendement soit modifié, au paragraphe b), par substitution, aux mots « paragraphes b) à f) », des mots « paragraphes b) et d) à f) ».
(1850)
    Le sous-amendement est recevable.
    Nous passons aux questions et observations. Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai posé une question à l'intervenante précédente du Parti conservateur au sujet de la défense militaire et des sommes que nous investissons dans l'armée. Il est question d'une augmentation de plusieurs milliards de dollars. Le Canada atteindrait ainsi son objectif de 2 %. C'est quelque chose de très important pour le gouvernement. Lorsque j'ai demandé à la députée conservatrice précédente si elle soutenait cette mesure, elle a complètement éludé la question.
    Je crois sincèrement que les Canadiens ont le droit de savoir ceci: le Parti conservateur appuie-t-il l'investissement supplémentaire de plusieurs milliards de dollars que nous engagerions? Le Parti conservateur l'appuie-t-il, ou estime-t-il que nous devrions réduire ces dépenses? Les conservateurs sont-ils favorables à ce que ces dépenses atteignent 2 % du PIB?
    Monsieur le Président, il est toujours extrêmement important que nous soutenions les forces armées à la Chambre. Malheureusement, les libéraux ont négligé de le faire par le passé. Ce sont les conservateurs qui ont pris la défense de ceux qui se battent pour notre pays.

[Français]

    Monsieur le Président, les transferts en santé viennent des impôts du Québec et des provinces. Au départ, le fédéral s'était engagé à couvrir 50 % des frais de santé des provinces. Or on en est à 22 %. Les provinces se sont mobilisées. Elles voulaient que ça remonte à 35 %. Au Bloc québécois, nous aurions voulu que le gouvernement s'assure d'au moins maintenir la hausse des transferts à 6 %, ce qui n'a pas été fait. Bientôt, ça va probablement tomber à 3 %.
     Comment les provinces et le Québec peuvent-ils s'organiser si le gouvernement fédéral reçoit leurs impôts, mais coupe dans les transferts en santé?
    Qu'en pense ma collègue?
(1855)

[Traduction]

     Monsieur le Président, comme mon collègue le sait peut-être, les dépenses en matière de santé sont extrêmement importantes à mes yeux. Je siège actuellement au Comité permanent de la santé.
    Je conviens qu'il y a certains domaines des soins de santé où nous devons augmenter les dépenses, mais nous devons nous assurer que les fonds sont bien utilisés. Nous ne pouvons pas dépenser davantage dans des infrastructures ou des bâtiments où il faudrait recruter toujours plus de personnel administratif. Nous devons consacrer les fonds au personnel soignant. Il nous faut plus de médecins. Il nous faut plus de personnel infirmier. Il nous faut plus d'appareils d'IRM. Il nous faut des solutions pour que les gens puissent enfin avoir accès à un médecin. Rien que dans ma circonscription, des milliers de gens n'ont pas de médecin.
    Monsieur le Président, ma collègue a prononcé un excellent discours qui a mis en lumière certains problèmes du coût de la vie qui touchent les habitants de sa circonscription et du Canada en entier. J'aimerais lire une citation de Sylvain Charlebois, le spécialiste de l'alimentation, qui a dit:
[...] il n'y a pas de problème de sécurité alimentaire au Canada.
     Nous sommes l'un des plus grands exportateurs de produits agroalimentaires au monde. Les agriculteurs canadiens produisent beaucoup plus d'aliments que les Canadiens n'en consomment. Ce n'est pas une question de disponibilité des aliments, mais bien de compétitivité.
    Les libéraux ne comprennent-ils pas que leurs taxes imposées à chaque maillon de la chaîne de valeur, qu'il s'agisse de la production, de la transformation ou de la vente au détail, font grimper les prix pour les Canadiens? Ma collègue pourrait peut-être nous en dire un peu plus sur les effets de cette situation sur les habitants de sa circonscription.
    Monsieur le Président, c'est une excellente question. Je vais énoncer une évidence. Quiconque dirige une entreprise sait que si quelque chose coûte plus cher, il devra augmenter ses prix. Nul besoin d'avoir des connaissances avancées en économie pour le savoir. Les propriétaires de petites entreprises de partout au pays savent que c'est le gros bon sens.
    Nous devons éliminer les formalités administratives, baisser les impôts et abolir des taxes comme la taxe sur le carbone pour les industries. Il le faut plus particulièrement dans une région très rurale comme celle où se trouve ma circonscription, car chaque fois que le coût du transport des marchandises augmente, le propriétaire de l'épicerie doit augmenter le prix de sa marchandise.

[Français]

    Monsieur le Président, je vous informe que je partagerai mon temps de parole.
    C'est à mon tour de me prononcer sur le projet de loi C‑30, qui vise à mettre en œuvre la mise à jour économique. Je veux aborder plusieurs aspects, mais je vais d'abord revenir sur la raison pour laquelle nous nous trouvons ici, maintenant, avec cette procédure un peu différente. Au Comité permanent des finances, auquel je siège, les députés conservateurs ont mené la semaine dernière une obstruction parlementaire très intense en marge de l'étude du projet de loi C‑30.
    Ce qui est particulièrement choquant, à mon avis, c'est que, de l'aveu même de nos amis conservateurs, cette obstruction n'avait rien à voir avec des préoccupations particulières sur ce projet de loi. Elle avait tout à voir avec leur désir d'obtenir des concessions relativement à un autre projet de loi, le projet de loi C‑22. Ils l'ont dit eux-mêmes, ils l'ont indiqué très clairement. Pour obtenir des concessions sur le projet de loi C‑22, ils étaient prêts à faire de l'obstruction, à tout changer et à prendre le temps qu'il fallait.
    Cette obstruction était vraiment délibérée, d'autant plus que nous avons passé une grande partie des réunions sur un article et sur un amendement que les conservateurs avaient eux-mêmes déposé. Ils ont ensuite présenté un sous-amendement après l'autre. Ils ont employé une tactique très claire: ces sous-amendements étaient rédigés seulement en anglais. Il fallait donc attendre qu'ils soient traduits avant de reprendre le travail. On voit bien le mécanisme. Aussi, pendant les discussions des conservateurs sur ces sous-amendements, il y avait beaucoup de répétitions et il y avait beaucoup d'envolées qui avaient très peu à voir avec le sujet du jour. Ça contribuait aussi à retarder les choses.
    En tout cas, nous avons passé des heures et des heures là-dessus. Il était très clair que le travail n'allait pas avancer du tout. C'est très problématique parce que le projet de loi C‑30 est très important. On parle ici de la mise à jour économique du 28 avril, dans laquelle il y a plusieurs mesures très intéressantes et très importantes pour notre économie. J'ai l'impression que le temps va me manquer, mais, avant de parler de ces mesures, je veux aborder quelques problèmes qui ont été mentionnés aujourd'hui dans les conversations, dans les débats que nous avons eus ici jusqu'à maintenant.
    Par exemple, à la fin de l'exercice financier, soit le 31 mars, le Canada avait atteint la cible de 2 % du PIB en dépenses et en investissements en défense nationale. Ça a été confirmé d'ailleurs par l'OTAN elle-même et c'est une chose qui n'avait pas été faite depuis longtemps. Des gouvernements libéraux et conservateurs avaient gardé les dépenses en défense nationale à des niveaux de 1 % ou 1,5 % du PIB. Très rapidement et très concrètement, nous avons atteint la cible de 2 % et nous nous sommes engagés à consacrer 5 % du PIB à ces dépenses d'ici 2035. C'est un engagement très important.
(1900)
    Nous prenons cet engagement parce que le monde a changé. Nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation très délicate. Notre plus grand partenaire commercial et économique est aussi notre voisin. Ce sont les États‑Unis. C'est donc un partenaire qui nous dit très directement et très clairement qu'il n'a besoin de ce que le Canada a à offrir. Nous pourrions en discuter longuement. Il n'a pas besoin de rien, mais il a besoin de notre énergie, de notre aluminium, entre autres choses.
    Les Américains ont imposé plusieurs droits de douane sectoriels, ce qui n'est pas tout à fait conforme aux paramètres de l'ACEUM, mais ils l'ont fait quand même pour exercer beaucoup de pression sur le gouvernement canadien. Ils veulent vraiment exercer beaucoup de pression économique pour nous forcer à faire toutes sortes de concessions, à un tel point que même notre propre souveraineté est à risque. C'est pour cela que nous investissons massivement en défense. C'est aussi pour cela que nous allons continuer à renforcer les liens avec nos partenaires fiables sur qui nous pouvons compter et qui sont prévisibles.
    Cela dit, il est clair également que 70 % de nos exportations s'en vont aux États‑Unis. Le voisin restera toujours le voisin. On ne change pas la géographie. Nous avons toujours de bonnes relations avec les entreprises américaines, avec le peuple américain. Nous allons poursuivre ces relations. D'ailleurs, nous nous sommes engagés à doubler nos exportations à l'extérieur des États‑Unis. Voyons un peu ce qu'est le raisonnement: même si nous arrivons à doubler les 30 % de nos exportations à l'extérieur des États‑Unis — je pense que nous allons y arriver —, il y aura toujours de 40 % à 50 % de nos exportations qui iront aux États‑Unis. Ce sera toujours important de maintenir nos relations commerciales avec les États‑Unis. C'est pour ça que nous sommes toujours engagés dans la mise à jour de l'ACEUM. Ce travail se poursuit, malgré les obstacles que l'administration nous impose parfois. Nous demeurons concentrés là-dessus, mais nous devons avoir un point de vue plus large de tout cela.
    Il est important de mentionner encore autre chose, et c'est très clairement indiqué dans la mise à jour économique: nos collègues de l'autre côté disent que nous faisons des déficits énormes, que nous nous dirigeons directement sur un mur, que les choses ne fonctionnent pas. Ce sont des scénarios apocalyptiques que nos collègues nous présentent parfois. Revenons à la base: notre déficit est à 2,1 % du PIB, ce qui est tout à fait gérable. La dette publique canadienne l'est tout autant. D'ailleurs, c'est pour cela que notre cote de crédit AAA est maintenue. Si le Canada était vraiment un pays au bord de la ruine, comment aurions-nous toujours une cote de crédit AAA?
    Surtout — je finirai sur ce point —, comment se fait-il que les taux obligataires à long terme, par exemple à 10 ans, soient d'environ 3,5 %? C'est à peu près 100 points de base, donc un point de pourcentage de moins qu'aux États‑Unis. Si nous sommes aussi fauchés que nos collègues de l'autre côté le prétendent, comment se fait-il que les taux d'intérêt des marchés financiers demeurent toujours très favorables au Canada?
    Nous sommes sur la bonne voie, nous allons diversifier l'économie et nous allons continuer à conclure des accords commerciaux.
(1905)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de respect pour le député d'en face, car je sais qu'il a été ministre libéral des Finances du Québec et qu'il a aidé la province à se sortir d'une situation très difficile. Je sais aussi que nous avons tous deux travaillé au Conseil du Trésor de nos provinces respectives.
    Quand un gouvernement emprunte de l'argent et augmente la masse monétaire dans la province ou dans le pays, il en résulte inévitablement une hausse de l'inflation, laquelle entraîne une hausse des taux d'intérêt. Il devient ensuite plus difficile d'emprunter sur les marchés obligataires. Le député peut-il expliquer pourquoi le gouvernement continue d'emprunter indéfiniment sans pouvoir garantir ces emprunts?

[Français]

     Monsieur le Président, c'est clair que la capacité d'emprunter n'est pas illimitée. Bien sûr qu'il y a des limites. Cependant, au Canada, nous sommes encore très loin de cette limite. L'accès aux marchés financiers est toujours très facile pour le Canada. Nous avons une cote de crédit AAA. Le taux d'intérêt sur 10 ans, c'est une obligation gouvernementale beaucoup moins élevée qu'aux États‑Unis. Les marchés financiers ont confiance dans le Canada, et nous allons continuer à nous engager à diversifier l'économie.
    Monsieur le Président, je salue la contribution de mon collègue et j'aimerais l'entendre nous parler de la question de la souveraineté canadienne, parce qu'il est revenu là-dessus.
     Du côté du Bloc québécois, nous avons l'impression que c'est plutôt de l'aplaventrisme canadien devant les demandes de Donald Trump, notamment dans le milieu de la culture. Une des attentes que nous avions vis-à-vis le dernier énoncé économique, c'était que le gouvernement réintroduise la taxe sur les services numériques. Non seulement le gouvernement n'a pas réintroduit cette taxe, mais nous avons vu la semaine dernière qu'il a même renoncé à forcer les GAFAM à fournir leur part pour financer la culture.
    Est-ce que, financer la culture et faire en sorte que les multinationales américaines paient pour du contenu pour les médias, ça n'aurait pas été une façon de renforcer la souveraineté canadienne?
(1910)
    Monsieur le Président, la culture et la gestion de l'offre sont des enjeux sur lesquels nous n'allons pas déroger. C'est important. Nous l'avons dit, nous le maintenons et cela ne changera pas. Cependant, force est de constater aussi que nous avions dit depuis le début qu'une mauvaise entente serait bien pire que de signer n'importe quoi. Jusqu'à maintenant, nous n'avons rien signé parce que, justement, ce qu'on nous a présenté n'était pas acceptable. Non, nous ne nous sommes pas mis à plat ventre. Au contraire, nous tenons notre bout.
     Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon honorable collègue de Laval—Les Îles. Est-ce que j'ai bien compris par mon honorable collègue que l'opposition officielle avait fait de l'obstruction en dépit des sérieux défis auxquels nous faisons face au Canada et au Comité permanent des finances? De plus, ça se serait fait seulement en anglais quand ils ont proposé des amendements aux dispositions du projet de loi.
    Monsieur le Président, mon collègue a raison. C'étaient des sous-amendements. Chaque fois que le Parti conservateur proposait un sous-amendement, le sous-amendement était toujours libellé en anglais seulement. Il fallait donc attendre qu'il soit traduit. C'est un des facteurs qui a mené au retard des travaux. Nous demandions si nous pouvions mettre ça de côté, attendre que la traduction fasse son travail et poursuivre nos travaux, mais ça n'a jamais été accepté.
    L'honorable député de Rivière‑du‑Nord a juste assez de temps pour poser une très courte question.
    Monsieur le Président, j'aimerais savoir si on doit faire une distinction entre les dépenses qui sont des dépenses immédiates, comme l'épicerie, et les dépenses structurantes comme celles que recommande le Bloc québécois, par exemple le rétablissement de la prestation pour garder les travailleurs en entreprise pendant des temps difficiles et toutes ces mesures qui permettent de traverser la crise...
    J'avais bien demandé que ce soit une très courte question.
     L'honorable secrétaire parlementaire a moins de 20 secondes pour répondre.
    Monsieur le Président, ce sera une très courte réponse. Oui, nous travaillons sur deux axes parallèles, incluant le soutien d'urgence aux entreprises et aux travailleurs via toutes sortes de programmes. Nous continuons de créer de nouveaux modèles d'aide d'urgence, mais il y a aussi une aide plus fondamentale et plus structurelle pour changer l'économie canadienne.

[Traduction]

     Monsieur le Président, je suis ravi de vous voir, comme toujours.
    Je prends la parole à la Chambre au nom des formidables et merveilleux résidants de Bowmanville—Oshawa-Nord pour m'opposer au budget libéral, et plus particulièrement au projet de loi C‑30. Je le fais parce qu'il s'agit là du dernier exemple en date montrant que le régime libéral actuel n'est pas à la hauteur des enjeux auxquels le Canada est confronté. Les libéraux se contentent d'apporter des modifications mineures au statu quo sans proposer de changements positifs et substantiels qui permettraient aux collectivités de devenir plus fortes et plus saines.
     Les libéraux pourraient se demander dans quelle situation nous nous trouvons actuellement. Il semble en tout cas qu'ils n'en aient pas conscience. Nous sommes dans une situation où toute une génération de Canadiens frappe à la porte pour demander à faire partie du rêve canadien, mais cette génération se voit claquer cette porte au nez par un gouvernement qui continue de faire preuve d'une grande inconscience face à ce qui se passe dans l'économie canadienne en ce moment. Pour les Canadiens qui, franchement, travaillent d'arrache-pied depuis plus d'une décennie pour se tailler une place dans l'économie, pour acheter leur première maison ou pour fonder une famille, la situation est à la fois inconfortable et instable. Ils travaillent fort pour y parvenir, malgré les défis qu'ils doivent affronter.
    Si le régime libéral était réellement déterminé à relever les défis que le Canada doit affronter en ce moment, il ne se contenterait pas d'apporter des modifications superficielles au statu quo. Au contraire, ce serait un gouvernement qui apporterait de véritables changements et un véritable espoir aux bâtisseurs, aux rêveurs, à ceux qui se battent et à ceux qui travaillent d'arrache-pied pour améliorer leur sort chaque jour.
    Je vais m'attarder sur la partie du budget consacrée au logement, car cet enjeu est devenu emblématique des défis auxquels notre pays est confronté à l'heure actuelle. L'une des mesures que le gouvernement propose dans ce budget, dans le projet de loi C‑30, vise à prolonger le délai de grâce pour les remboursements à faire dans le cadre du Régime d'accession à la propriété. Prise isolément, cette idée peut sembler valable. Il est bon de prolonger le délai de grâce. Le problème, toutefois, c'est que ce n'est vraiment pas suffisant compte tenu du contexte actuel. Il est scandaleux d'être assis à la Chambre et de voir les libéraux se féliciter alors qu'ils n'ont toujours pas résolu la crise du logement. Ils refusent de reconnaître qu'il reste encore beaucoup à faire.
    Tandis que les libéraux siègent à la Chambre ou s'envolent pour l'Europe afin de célébrer leurs demi-mesures et leurs solutions superficielles, l'un des organismes chargés du logement, car il y en a quelques-uns, a publié aujourd'hui des données montrant que le premier ministre libéral n'a toujours pas réglé la crise du logement, alors qu'il avait promis de le faire. Soulignons qu'au cours de la dernière décennie, deux premiers ministres libéraux ont fait cette promesse.
    Selon les données publiées aujourd'hui par la SCHL sur les mises en chantier et la construction résidentielle pour mai 2026, « [l]e nombre réel mensuel de mises en chantier d'habitations a diminué de 5,2 % d'une année à l'autre dans les centres de 10 000 habitants ou plus. » On apprend également que le nombre de « mises en chantier d'habitations a diminué [d'un mois à l'autre] de 6 % en mai ». L'économiste en chef adjoint de la SCHL a examiné toutes ces données et a fait une observation qui, à mon avis, mérite l'attention de la Chambre. Il a dit que « [d]ans l'ensemble, ces résultats indiquent que la construction est inégale. Si on tient également compte de la baisse du nombre de permis de construire délivrés, les renseignements sur le marché laissent entrevoir un ralentissement de l'offre future. »
    Prenons un instant pour considérer la situation dans son ensemble. De jeunes Canadiens frappent à la porte du rêve canadien, mais le gouvernement libéral la leur claque au nez. Ces chiffres cachent des conséquences bien réelles sur la vie de gens bien réels. Pour chaque logement non construit ou inaccessible à la classe moyenne, c'est une vie qui est mise en suspens: des jeunes incapables de quitter la maison familiale, des gens qui ne peuvent investir dans leur avenir et d'autres qui repoussent leur projet de fonder une famille.
    Soit dit en passant, si nous parvenions à régler la crise du logement, le taux de natalité pourrait remonter, ce qui priverait les libéraux d'un de leurs arguments pour justifier leur politique d'immigration massive. Cela dit, je laisserai cette question pour un autre jour.
(1915)
    C'est la réalité à laquelle sont confrontés les jeunes Canadiens aujourd'hui. Ils méritent beaucoup mieux que ce que leur offre le gouvernement libéral, qui enchaîne les budgets sans régler un seul problème important ni améliorer les résultats. Les jeunes Canadiens ne reçoivent pas les réponses qu'ils méritent de leur gouvernement, à qui ils paient des impôts et qui est censé agir dans leur intérêt.
    J'ai rencontré un jeune homme du nord d'Oshawa hier. Il dirige sa propre entreprise et travaille comme chauffeur Uber la fin de semaine. Il travaille très fort et sans relâche. Il est marié depuis peu et n'a pas encore d'enfant, mais il espère pouvoir s'acheter une maison un jour. Il m'a parlé de sa famille, à laquelle il est très attaché. Il m'a raconté le combat récent de son père contre le cancer, et je pouvais voir toute la fierté dans ses yeux lorsqu'il décrivait comment son père avait traversé cette épreuve et en était ressorti avec le sourire.
    Ce propriétaire d'entreprise du nord d'Oshawa m'a raconté qu'il avait eu une conversation avec son épouse la semaine dernière et qu'il lui avait posé une question importante. Il lui a demandé son avis sur certaines de ses préoccupations. Plus précisément, il se demandait s'il devait continuer de travailler aussi dur, de cumuler deux emplois et d'être aussi absent de sa famille. Il se demandait si ses efforts allaient un jour porter leurs fruits, compte tenu de ce qui se passe au pays, et s'il ne devait pas arrêter.
    Je dois admettre qu'il était difficile de l'entendre parler ainsi. Il est un jeune homme talentueux et très compétent, mais il envisageait de laisser tomber. Il m'a dit que, après avoir posé ces questions à son épouse, elle lui a heureusement conseillé de persévérer. Elle lui a dit qu'elle croyait en lui. Quand il m'a parlé de la confiance qu'elle lui accordait, j'ai vu que rien ne lui importait plus.
    J'en parle parce que les gens doivent mieux comprendre ce qui arrive à cette génération de Canadiens qui frappent à la porte et qui essaient de réaliser le rêve canadien. Souvent, ils pensent à abandonner et remettent en cause le bien-fondé du dur labeur. Ils se remettent en question, s'interrogent sur la façon dont ils occupent leur temps et se demandent si le fait de faire toutes les choses qu'on leur a dit qu'un citoyen productif doit faire donnera des résultats à mesure qu'ils vieilliront.
    C'est exactement ce qui ne va pas dans le budget du régime libéral. Il ne témoigne absolument d'aucune compréhension de ce qui se passe aujourd'hui. Il ne présente aucun acte de contrition d'un gouvernement qui, depuis 11 ans maintenant, prend de mauvaises décisions les unes après les autres, condamnant souvent les jeunes Canadiens à une vie beaucoup plus difficile que celle des générations précédentes et faisant en sorte qu'il leur soit plus ardu d'améliorer leur sort et qu'ils aient plus de mal à garder espoir et à être optimistes quant à leur avenir. Le régime libéral a ensuite l'audace de remettre en question le patriotisme des gens qui disent qu'ils méritent mieux.
    Je dirais que les jeunes Canadiens qui frappent à la porte dans l'espoir de prendre part au rêve canadien méritent mieux. Ils méritent bien mieux que ce qu'on leur a offert jusqu'à présent. Mon message à tous les fonceurs, les rêveurs, les bâtisseurs et les battants partout au pays est de ne pas baisser les bras. Je sais que c'est difficile et qu'on a souvent l'impression que les personnes au pouvoir n'écoutent pas, mais la réalité, c'est qu'on n'a pas d'autre choix que de continuer à se battre pour ce pays et pour un avenir meilleur.
    Même lorsque ceux qui ont le privilège de voyager en première classe vers l'Europe nous font la leçon sur le genre de pays que nous devrions vouloir ici, au Canada, et même lorsqu'ils nous montrent à quel point ils sont déconnectés de la réalité, je veux que ceux qui se battent pour un avenir meilleur sachent qu'un jour, je l'espère, ils auront un gouvernement qui les honorera comme il se doit.
    Que Dieu bénisse le Canada.
(1920)
    Monsieur le Président, c'est bien d'entendre le député d'en face et de le voir de retour ici à Ottawa. Le gouvernement travaille en collaboration avec l'Ontario pour réduire la TVH sur les maisons neuves et diminuer les droits d'aménagement. Nous travaillons avec le premier ministre Ford, les municipalités et les fournisseurs de logements abordables. Le secteur de la construction résidentielle a réagi très favorablement. Le premier ministre Ford a déclaré: « Notre gouvernement continuera à mettre en œuvre son plan visant à protéger l'Ontario, en partenariat avec le gouvernement fédéral et les municipalités, par la réduction des coûts de construction, l'accélération des mises en chantier, la simplification des formalités administratives et l'investissement dans les travailleurs. »
    Le député d'en face est-il d'accord avec le premier ministre Ford?
    Monsieur le Président, je suis en réalité très rarement d’accord avec le premier ministre Ford, notamment en ce qui concerne son opinion sur le gouvernement libéral ici, à Ottawa, et sur son action dans des domaines tels que le logement. Il est vraiment regrettable qu’il soit si difficile de faire comprendre à ceux qui tirent profit du statu quo pourquoi tant de Canadiens sont déçus par les différents ordres de gouvernement, tant provincial que fédéral.
    Il n'est pas étonnant non plus que le gouvernement fédéral fasse cause commune avec un gouvernement provincial qui semble lui aussi se satisfaire entièrement d'une situation où personne ne voit sa vie s'améliorer et où la qualité de vie du Canadien ordinaire de la classe moyenne ne cesse de se dégrader.

[Français]

     Monsieur le Président, derrière la mise à jour économique, il y a la situation économique qui est beaucoup marquée par la guerre commerciale avec les États‑Unis.
    Je voudrais profiter des lumières de mon collègue. Je lui demanderais de nous dire ce qu'il entend de ses contacts aux États‑Unis à propos de la suite des choses pour la renégociation de l'ACEUM.
    Également, comment voit-il la conduite actuelle des négociations par le gouvernement libéral?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vais être très franc avec le député. Notre pays connaît de nombreux problèmes, et je pense que le gouvernement ici à Ottawa se sert du conflit avec les États‑Unis comme prétexte pour ne résoudre que très peu des problèmes qui affectent la vie quotidienne de nos concitoyens. Je trouve honteux que cela soit devenu un outil politique permettant de justifier le fait que l'on n'améliore en rien la vie du Canadien moyen. Au lieu de cela, les libéraux agissent comme de faux nationalistes qui semblent avoir très peu de fierté ou de vision à long terme pour le bien du pays.
    J'aimerais voir les libéraux d'Ottawa faire montre d'un peu d'humilité. J'aimerais voir conclu un accord commercial pour le bien des industries et des travailleurs canadiens, et j'aimerais voir les libéraux cesser d'exploiter la situation à des fins politiques.
(1925)
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue, qui représente Bowmanville—Oshawa-Nord, de son intervention. J'aime vraiment travailler avec lui sur diverses questions qui touchent les Canadiens aujourd'hui.
    Tout à l'heure, le député de Winnipeg-Nord, le secrétaire parlementaire, a vanté les mérites du premier ministre et la manière dont il règle les problèmes au nom des Canadiens. À ce jour, nous attendons toujours que les négociations sur les droits de douane avec le président Trump aboutissent. Par ailleurs, à Windsor, à deux heures au sud-ouest de London, on attend toujours l'ouverture du pont international Gordie-Howe. Il s'agit d'un pont financé par les contribuables canadiens, mais le négociateur en chef est incapable de négocier avec les États-Unis pour faire ouvrir ce pont. Il y a une semaine, j'ai appris qu'à Kitchener, à environ une heure à l'est de London, alors même qu'on parle de la promesse canadienne, des gens vivent maintenant dans des autocaravanes garées dans des stationnements consacrés au covoiturage tout près de l'autoroute 401. Ils n'ont pas les moyens d'acheter une maison ni de payer un loyer, alors ils vivent désormais dans des autocaravanes.
    Mon collègue peut-il nous dire si ce genre de problèmes surviennent dans sa circonscription?
    Monsieur le Président, les observations du député de London—Fanshawe sont tout à fait justes. Nous avons ici un gouvernement qui, depuis 11 ans, reste les bras croisés à regarder le déclin de notre pays et, bien souvent, à contribuer à ce déclin. Il est tout à fait naturel que les gens soient de plus en plus exaspérés par un statu quo qui ne fonctionne pas et qui ne sert pas les intérêts de notre population.
    Nous avons vu les députés d'en face rester assis là, chahuter, rire et se féliciter mutuellement, alors que la situation ne cesse de se détériorer pour la famille de la classe moyenne. J'aimerais les voir exprimer un peu de remords ou tirer des leçons de leurs erreurs. Hélas, je ne vois rien de cela.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Regina—Lewvan.
    Si la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui est adoptée sans amendement, elle aura pour effet de précipiter l'étude d'un important projet de loi budgétaire par le comité, de mettre fin à l'étude article par article après seulement 30 minutes, de réputer les amendements proposés sans véritable débat, d'escamoter l'étape du rapport, de limiter la troisième lecture à quelques interventions et de restreindre le recours aux outils procéduraux habituels après 18 h 30, sauf pour les ministres, qui conservent une marge de manœuvre que les autres députés n'auront pas.
     Une adoption à la hâte aurait des conséquences bien plus importantes qu'un simple changement au calendrier parlementaire: elle entraînerait un transfert grave et inacceptable de pouvoirs du Parlement à l'exécutif. C'est pour cette raison que j'appuie les amendements et que je demande au gouvernement de renoncer à son approche expéditive.
     Le projet de loi C‑30 est tentaculaire. Il touche à tout: fiscalité, droits d'accise, taxes sur les combustibles et les boissons alcoolisées, logement, mobilité de la main-d'œuvre, participation des travailleurs, construction de serres, paiements bancaires, information sur les transports, mesures de création d'emplois, inspection des aliments, pesticides et d'autres domaines du droit fédéral. Un projet de loi de cette envergure mérite toute l'attention de la Chambre. Or, le gouvernement demande aux parlementaires de se satisfaire d'un examen de façade, tout en évitant une étude rigoureuse.
    Si le monde est en crise et si le Canada se trouve à un tournant où il tente de réaliser de grandes choses rapidement et de diversifier son économie et ses relations commerciales, alors nous ne pouvons pas nous permettre de nous tromper. Il faut que les meilleures idées émergent, et c'est là le rôle de l'opposition. C'est là le rôle des comités. C'est là le rôle de l'étude article par article. Je ne connais aucune entreprise prospère où, autour de la table du conseil d'administration, la dissidence n'est pas autorisée, où les raccourcis donnent les meilleurs résultats ou où les politiques prises à la hâte sont les meilleures.
    L'étude article par article est importante. C'est là que les députés examinent le libellé même du projet de loi, et non le communiqué de presse qui l'accompagne. C'est là que nous demandons aux fonctionnaires ce qu'une disposition ferait, comment elle fonctionnerait, qui elle toucherait et ce qui se passerait si elle était utilisée à mauvais escient. C'est là que des amendements sont proposés et qu'ils peuvent être expliqués, soumis à un examen et améliorés. C'est là que les témoins, les députés et parfois le public repèrent les problèmes dans la rédaction, les conséquences imprévues et les pouvoirs trop étendus avant qu'ils ne soient inscrits dans la loi. Ce n'est pas de l'obstruction. C'est ainsi que les meilleures idées émergent.
     Selon cette motion, le comité se réunirait à 9 heures et, si l'étude article par article n'est pas terminée à 9 h 30, les amendements restants seraient réputés proposés et mis aux voix sans plus ample débat. Cette motion revient à légiférer au chronomètre, et en cette période de crise mondiale, le Canada ne peut se permettre de légiférer ainsi. L'incapacité du gouvernement à gérer son programme législatif n'est pas une raison pour l'opposition de passer en mode urgence, peu importe à quel point le gouvernement tente de nous intimider pour nous faire plier.
     Cette semaine, j'ai participé aux travaux du comité de la sécurité publique, où j'ai interrogé des témoins au sujet d'un sous-amendement libéral à un amendement du Bloc québécois portant sur des préoccupations en matière de protection de la vie privée qui m'avaient été exprimées par de nombreux citoyens de ma circonscription et d'ailleurs. À la fin des interventions, nous comprenions et appuyions tous la disposition telle qu'amendée et sous-amendée, et nous l'avions expliquée en comité de manière à rassurer ceux qui suivaient les débats depuis chez eux sur le fait que cette disposition ne porterait pas atteinte indûment à la vie privée des gens. C'est le genre de collaboration que le gouvernement prétend vouloir, et lorsqu'il s'agit de la vie privée des Canadiens, c'est ce dont nous avons tous besoin. Je ne comprends donc pas pourquoi le gouvernement met fin à cette collaboration ici, à la Chambre.
    Cette motion court-circuiterait l'étape du rapport. Ensuite, lors de la troisième lecture, elle ne permettrait qu'un nombre très limité d'interventions. Les députés ne sont pas ici pour faire de la figuration, pour embellir les projets de loi du gouvernement de quelques mots. Nous sommes ici pour faire en sorte que les choix politiques qui s'imposent à ce pays tiennent compte de ce que les Canadiens vivent à l'heure actuelle. Lorsque le débat se réduit à quelques interventions, ces voix sont marginalisées. Les Canadiens ne bénéficient plus des bienfaits que procure la tenue du débat avant la mise aux voix. Dans le monde instable et volatil actuel, le Parlement a plus de raisons que jamais de prendre le temps qu'il faut pour s'assurer que le Canada adopte les bonnes politiques.
(1930)
    Les amendements proposés permettraient la poursuite des travaux du comité et le respect des étapes du processus d'examen qui aident le Parlement à distinguer, avant l'adoption d'une loi, les politiques solides de celles qui laissent à désirer. Certaines dispositions du projet de loi C‑30 méritent un examen public beaucoup plus approfondi que celui dont elles feront l'objet, car elles soulèvent de graves préoccupations quant à la façon dont le gouvernement envisage désormais l'exercice du pouvoir.
    L'un des exemples les plus préoccupants est la modification proposée à la Loi sur l’Agence canadienne d’inspection des aliments. En effet, dissimulée dans ce projet de loi sur la mise à jour économique du printemps se trouve une disposition qui donnerait au Cabinet le pouvoir, par décret, de soustraire des personnes, des choses ou des activités à l'application des lois ou règlements administrés ou appliqués par l'Agence canadienne d'inspection des aliments. En clair, le Cabinet pourrait accorder des exemptions aux règles en matière d'alimentation et d'agriculture pour une période de trois ans, puis les prolonger pour trois années supplémentaires. Cela signifie qu'il pourrait y avoir, pendant six ans, une dérogation aux règles destinées à protéger les Canadiens, notre approvisionnement alimentaire, nos producteurs, nos marchés et la confiance du public.
     Les Canadiens ne devraient pas avoir à se demander: « Qu'est-ce qui constitue un danger inacceptable? Qui prend les décisions et quels en sont les fondements? Quel préavis recevrait-on et quels recours aurait-on si ce pouvoir était mal utilisé? » La salubrité des aliments ne devrait pas dépendre d'un libellé flou ni de décisions du Cabinet. Toutes ces questions, je ne pourrai jamais les poser, vu la façon dont le gouvernement entend forcer l'adoption de ce projet de loi.
    Les Canadiens s'attendent à ce que les règles en matière de sécurité alimentaire soient claires, publiques, stables et appliquées. Ils s'attendent à ce qu'il y ait des données scientifiques, des inspections et des obligations redditionnelles. Ils ne s'attendent pas à ce que de vastes pouvoirs d'exemption soient insérés dans un projet de loi de style budgétaire et adoptés à la hâte en comité.
     Cette même préoccupation transparaît dans les modifications proposées à la Loi sur les produits antiparasitaires. Ces dispositions permettraient au Cabinet d'autoriser ou de rétablir l'utilisation d'un produit antiparasitaire — et ce, même une fois que le ministre responsable aura établi que les risques environnementaux étaient inacceptables —, si le Cabinet décide que ledit produit est nécessaire pour des raisons économiques ou de sécurité alimentaire. Cela devrait donner à réfléchir à tous les députés. Le processus réglementaire pourrait conclure qu'un risque environnemental est inacceptable, mais le Cabinet pourrait malgré cela intervenir et autoriser l'utilisation du produit. Il pourrait y avoir de rares cas d'urgence où une certaine souplesse serait nécessaire, et toute personne sensée peut l'accepter, mais ces pouvoirs d'urgence devraient être restreints, clairement définis, transparents, limités dans le temps et soumis à une surveillance rigoureuse. Ils ne devraient pas être rédigés de manière si vague que le Parlement soit invité à faire d'abord confiance au Cabinet et à poser des questions ensuite.
    Ces deux brefs exemples montrent pourquoi l'étude article par article et les travaux des comités en général sont importants. Les Canadiens ont besoin de plus que de simples débats abstraits et procéduraux. Nous avons besoin de garanties. Nous devrions laisser aux députés le temps de repérer des dispositions comme celles-ci, de s'interroger sur leur signification, de vérifier les explications du gouvernement, d'entendre les fonctionnaires et les groupes concernés, et d'améliorer le projet de loi avant que les Canadiens ne soient contraints de l'accepter. Un gouvernement qui a confiance en son programme devrait être prêt à l'expliquer, à défendre son projet de loi ligne par ligne et à accepter les amendements qui apportent plus de clarté, de responsabilité et de limites.
    Les Canadiens devraient être attentifs, car le genre de motions dont nous débattons ici aujourd'hui est en train de devenir une habitude. Trop souvent, le gouvernement semble croire que le simple fait d'avoir le pouvoir d'agir constitue une raison suffisante pour le faire. Ce n'est pas ainsi que fonctionne un gouvernement responsable. Ce n'est pas parce qu'un gouvernement peut recourir à une procédure pour limiter la surveillance parlementaire qu'il doit nécessairement le faire. La Chambre des communes n'est pas un inconvénient dans le processus législatif, et elle ne devrait pas être traitée comme telle. C'est le forum démocratique central du pays, où les dépenses publiques sont autorisées, où les mesures législatives sont mises à l'épreuve, où les ministres sont tenus de rendre des comptes et où l'exécutif doit répondre aux questions avant de changer la vie des Canadiens. Le premier ministre devrait être prêt à proposer et à défendre sa vision du Canada ici, à la Chambre des citoyens ordinaires. Nous sommes des Canadiens comme les autres qui méritons des réponses.
(1935)
     Le gouvernement a les appuis et les procédures nécessaires pour imposer l'adoption de ce projet de loi, mais ce n'est pas parce qu'il peut le faire qu'il devrait le faire. Un gouvernement sérieux ne devrait pas demander aux députés de voter d'abord et comprendre ensuite. Pour ces raisons, j'exhorte tous les députés à appuyer ces amendements. J'exhorte la Chambre à rejeter ce raccourci, à protéger le rôle du Parlement et à permettre que le projet de loi C‑30 soit examiné comme il le mérite.
    Monsieur le Président, je dois dire en préambule, avant de remercier la députée de Nanaimo—Ladysmith — au cas où quelqu'un aurait oublié à quel point il est improbable que je sois profondément reconnaissante pour son travail, sa diligence et sa capacité d'analyse des projets de loi —, que ça continue à me briser le cœur quand j'entends « Nanaimo—Ladysmith » sans que ce soit la circonscription de Paul Manly, du Parti vert.
    Je tiens à rendre hommage à la députée. Tout ce qu'elle vient de dire était parfait. Nous devrions écouter. Il faudrait faire de ses paroles, « voter d'abord et comprendre ensuite », une enseigne lumineuse emblématique de cette session.
    Monsieur le Président, je remercie la députée.
    Monsieur le Président, je ne souscris pas à l'évaluation globale que la cheffe du Parti vert a faite de la situation, pas plus qu'à celle de la députée qui vient de s'exprimer. Elles choisissent de ne pas tenir compte du fait que, si nous suivions leurs conseils, cela paralyserait le processus législatif et empêcherait l'adoption de toute mesure. La cheffe du Parti vert le sait. Elle peut bien dire ce qu’elle veut, mais au bout du compte, les nombreuses manœuvres observées ces derniers mois montrent clairement que c'est ce qui se produirait.
    Il suffit de penser à ce qui s'est passé pas plus tard que la semaine dernière lorsque l'opposition officielle, le Parti conservateur, a accepté de siéger tard et, littéralement quelques heures plus tard, a voté en faveur de l'ajournement. Les sottises que nous voyons de l'autre côté de la Chambre empêchent l'adoption de projets de loi. Le gouvernement tient à servir les Canadiens en adoptant des mesures législatives, que cela plaise ou non aux conservateurs.
     Monsieur le Président, en fait, il suffit de regarder ce qui s'est passé à la Chambre avec le projet de loi C‑3. Les parlementaires ont renvoyé ce projet de loi au comité. Le comité l'a examiné avec sérieux et il y a apporté des amendements. Le projet de loi est revenu à la Chambre, et le gouvernement a montré ce qu'il pensait des comités. Il a rejeté tous les amendements, et il a utilisé sa majorité pour faire adopter la mesure législative à toute vitesse. Maintenant, voilà que nous voyons apparaître des publicités aux États‑Unis qui offrent aux gens de trouver un lien avec le Canada. Nous allons nous retrouver avec un énorme arriéré dans le traitement des demandes. Les Américains découvrent soudainement que nous avons le système de santé et le pays qu'ils convoitent.
    Je ne sais même pas quoi dire. Le gouvernement ne respecte ni la procédure parlementaire ni les comités, et cela aura des conséquences imprévues.
(1940)

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai un commentaire rapide, puis une question pour ma collègue, que je remercie de son discours.
    Je vais ajouter ma voix sur cette question démocratique, parce que, pendant que le gouvernement s'est traficoté une majorité, il n'a retenu aucune des 11 recommandations du Bloc québécois. Dans un tel contexte, il aurait dû échanger avec nous et nous écouter. Or, ce gouvernement a tendance à s'éloigner de plus en plus de l'écoute et de la démocratie.
    J'en viens maintenant à ma question pour ma collègue. Il y a une mesure dans cet énoncé: la suspension de la taxe d'accise sur l'essence. Des spécialistes en économie, notamment Luc Godbout au Québec, soutiennent qu'il ne s'agit pas d'une bonne décision, tant du point de vue de l'équilibre budgétaire que du point de vue environnemental. En effet, alors que nous avons besoin d'investir dans nos infrastructures et dans nos programmes sociaux, nous venons de nous priver d'une source de revenus.
    De plus, des experts nous disent que, cet été, il risque d'y avoir des feux de forêt étant donné les changements climatiques et le réchauffement climatique.
    Qu'en pense ma collègue?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.

[Traduction]

    J'ai cité deux exemples dans mon discours, et en voici un autre. Ce projet de loi comporte tellement d'éléments à prendre en considération. Il y a des recommandations à ce sujet. Il y a des experts que nous devrions entendre, mais nous n'en aurons pas l'occasion.
    Comme tous les députés de l'opposition l'ont souligné à maintes reprises, ce projet de loi mérite un examen plus approfondi et une réflexion plus poussée; pourtant, les députés ministériels interviennent pour nous accuser de toutes sortes de choses parce qu'ils veulent faire adopter leur projet de loi à toute vitesse.
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola.
    Tout d'abord, je tiens à saluer un champion de la Coupe Stanley originaire de Kamloops—Thompson—Nicola: Logan Stankoven. Nous sommes très fiers de Logan, qui a remporté la Coupe Stanley.
    Pour répondre à ma collègue, le député de Winnipeg-Nord a parlé de jeux. N'est-ce pas ce gouvernement qui a éteint les caméras lors de réunions de quatre comités dès qu'il a obtenu la majorité? Je pose la question suivante à ma collègue. Qui se livre à des jeux?
    Monsieur le Président, j'étais au comité lors du premier vote qui a eu lieu après que le gouvernement a obtenu sa majorité. Les députés peuvent regarder les enregistrements. J'étais là et j'ai dit: « Nous allons monter à l'étage, et lorsque nous reviendrons ici, le gouvernement utilisera sa majorité pour mettre fin à la conversation au sein de ce comité. » C'est exactement ce qu'il a fait.
    Ce n'est pas un gouvernement qui amorce des conversations. C'est un gouvernement qui met fin aux conversations.
    Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat sur l'affaire émanant du gouvernement no 12, qui porte sur la mise à jour économique du printemps.
    Les choses ont bien changé depuis la mise à jour économique du printemps. D'après le dernier rapport de la directrice parlementaire du budget, le gouvernement est confronté à un ralentissement de la croissance, à un déficit plus important que prévu, à une détérioration des perspectives financières et à une probabilité de 1 % d'atteindre sa cible budgétaire. Tout cela s'est produit depuis la dernière mise à jour économique du printemps.
    Nous débattons de l'affaire du gouvernement no 12, et on dirait que c'est le jour de la marmotte. Chaque fois que les libéraux présentent une motion de clôture, le député de Winnipeg‑Nord dit que les conservateurs font de l'obstruction. Voilà un exemple de l'idéologie d'extrême gauche qui règne en face. C'est toujours la faute de quelqu'un d'autre. Ils ont toujours une raison pour ne pas avoir réussi à faire le travail. Si des mesures législatives des libéraux n'ont pas été adoptées, c'est la faute des conservateurs. Si les libéraux ne peuvent atteindre aucune de leurs cibles économiques, c'est la faute de Donald Trump. Si les libéraux ne parviennent pas à conclure des accords commerciaux, c'est à cause de la crise mondiale. Il y a toujours une excuse qui explique pourquoi les libéraux ne tiennent jamais leurs promesses. S'ils sont incapables de faire construire des maisons, c'est la faute des municipalités. S'ils ne concluent pas d'autres accords commerciaux, c'est peut-être la faute du lapin de Pâques. Je ne le sais pas. Les libéraux ont toujours quelqu'un à blâmer. Autrement dit, c'est l'extrême gauche et ce n'est jamais, au grand jamais, leur faute.
    En ce qui concerne l'idéologie des libéraux, je tiens à parler des services de garde d'enfants en Saskatchewan. C'est l'initiative phare des libéraux, leur bébé en quelque sorte. Ils pensaient que ce programme changerait la vie des parents. Dans les faits, selon le dernier rapport sur les services de garde en Saskatchewan, 92 % des Saskatchewanais disent qu'il est difficile de trouver des services de garde. On dit aux familles que les services de garde sont plus abordables, mais l'abordabilité n'a aucune importance s'il n'y a pas de places disponibles. Le rapport ajoute que de nombreuses collectivités de ma province, la Saskatchewan, sont des « déserts » en matière de services de garde. Il n'y a tout simplement pas assez de places en garderie. Autre point essentiel, le rapport ajoute que les personnes les plus durement touchées sont celles dont les libéraux prétendent se soucier et qu'ils disent vouloir aider. Il s'agit, dans bien des cas, de parents qui ont particulièrement besoin d'avoir accès à des services souples. Les infirmières, les premiers intervenants, les employés des commerces de détail et tous ceux qui travaillent le soir, la fin de semaine ou par quarts se retrouvent sans options.
    C'est exactement ce dont parlaient les conservateurs quand les libéraux ont présenté leur programme de garderies. Nous avons dit que les parents doivent avoir le choix. Il faut permettre aux garderies privées de rester ouvertes pour que les parents puissent choisir où iront leurs enfants. Il faut compléter l'offre des garderies publiques avec celle des garderies privées pour qu'il y ait plus de places. Les libéraux ont promis de créer 255 000 places en garderie, mais ils n'ont atteint que 65 % de cet objectif. Ils devraient avoir honte d'avoir fait des promesses exagérées, encore une fois, et d'avoir laissé les parents payer les pots cassés.
    Je voudrais parler de quelques autres points qui figuraient dans la mise à jour économique du printemps, mais qui ne se sont jamais concrétisés en Saskatchewan. Quand les habitants de la Saskatchewan consultent la mise à jour économique du printemps, que ne voient-ils pas? Ils ne voient pas de financement pour les Snowbirds. Il n'a fallu que 10 ans aux libéraux pour les clouer au sol. Les emblématiques Snowbirds sont basés à Moose Jaw, en Saskatchewan. Cette équipe de démonstration aérienne fait la fierté du Canada, et il n'a fallu aux libéraux que 10 ans pour la clouer au sol. Encore une fois, ils font des promesses qu'ils ne pourront pas tenir: ils ont promis que les Snowbirds reprendraient les airs d'ici 2030. Je ne pense pas que ce sera le cas, et je ne crois pas que quiconque ici pense que les Snowbirds pourront voler de sitôt. La situation est attribuable au manque de préparation et de planification des libéraux.
    Parlons de ce qui ne figure pas non plus dans la mise à jour économique du printemps pour la Saskatchewan. Il n'y a pas d'argent pour le Centre du patrimoine de la GRC, qui se trouve dans ma circonscription, Regina—Lewvan. Depuis 2015, les libéraux promettent de l'argent pour transformer le Centre du patrimoine de la GRC en musée national. Les libéraux l'ont promis lors de la campagne de 2015, de 2019, de 2021 et de 2025. Cette promesse est inscrite dans leur programme électoral, mais ils n'ont toujours pas donné suite à leur engagement. C'est dommage, car le Centre du patrimoine de la GRC fait un travail formidable et raconte l'histoire de nos courageux hommes et femmes en uniforme. C'est une promesse qui devrait être concrétisée plus tôt que tard. J'espère que les libéraux concrétiseront la promesse qu'ils ont faite plus d'une fois, car les résultats se font toujours attendre.
(1945)
    La fermeture des stations de recherche en agriculture à Scott et à Indian Head est une autre mesure de la mise à jour économique du printemps qui n'aidera pas la Saskatchewan. Je ne sais pas depuis quand les libéraux forment le parti contre la science. Je ne sais pas pourquoi ils ne veulent pas croire à la science de l'agriculture dans nos collectivités. Il y a quatre types de sols différents en Saskatchewan, et c'est pourquoi les stations de recherche sont très importantes. Il y en a une à Scott et une à Indian Head, en plus d'une station de recherche fédérale à Swift Current. Ces stations font différentes expériences sur les différents types de sols.
    Si le gouvernement ferme deux de ces stations, il va jeter à la poubelle des décennies de recherche réalisée dans le but d'aider le sol à devenir plus fertile et de nous aider à concevoir de meilleures variétés de cultures. Les libéraux ne parlent pas beaucoup du fait qu'ils ont réduit le financement des stations de recherche. Ils ne parlent pas des compressions qu'ils ont faites, alors qu'il y a tellement d'autres endroits où ils ont gaspillé des milliards de dollars. Par contre, ils ont décidé de dissoudre les Snowbirds et de fermer les stations de recherche en agriculture et de ne pas financer les engagements qu'ils ont pris à maintes reprises à l'égard du Centre du patrimoine de la GRC.
    La dernière chose que je souhaite mentionner, et c'est une chose dont les libéraux ne parlent pas ouvertement: le gouvernement envisage la possibilité de vendre des aéroports, ce qui, à mon avis, est une stratégie très intéressante de leur part. Celui de Regina est situé dans Regina—Lewvan. Je ne sais pas ce que les libéraux ont contre Regina—Lewvan, mais j'espère qu'ils nous rendront visite. Nous leur ferions visiter les environs pour qu'ils puissent mieux découvrir ce magnifique quartier de la ville de Regina, en Saskatchewan. Je les invite tous à venir. Ils pourraient voir…
     Une voix: Oh, oh!
     Warren Steinley: Monsieur le Président, c'est un argument très intéressant de la part du député libéral d'en face. Si je traverse le parquet, je me demande s'ils accepteraient de financer le Centre du patrimoine de la GRC.
     Une voix: Oh, oh!
     Warren Steinley: Monsieur le Président, ils acclament cette idée. Oui, ils le feront. Ils ont berné une conservatrice en promettant de financer quelque chose dans sa circonscription. C'est ainsi qu'ils ont convaincu la députée de Sarnia—Lambton—Bkejwanong de passer du côté libéral. Le ministre du Logement lui a promis des fonds. Je trouve très intéressant que les libéraux soient prêts à essayer d'acheter des gens.
    Je vais raconter une petite histoire à mon collègue d'en face. Ma fille a vu certains des commentaires concernant les changements d'allégeance et m'a demandé si je changerais un jour de parti. Je lui ai répondu que cela n'arriverait jamais, au grand jamais. Elle m'a dit: « Tant mieux. Comme ça, je serai toujours fière de toi. » On dit souvent que « la vérité sort de la bouche des enfants ». Même les enfants de 11 ans savent qu'il faut toujours tenir parole.
     Je pense que c'est parfois en discutant avec les jeunes un peu partout au pays que l'on découvre la vérité. C'est précisément ce que les libéraux négligent dans leur mise à jour économique: le fait que les jeunes ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Il est inacceptable pour notre pays que la grande majorité des jeunes Canadiens ne croient pas pouvoir un jour s'offrir une maison. Nous devons faire mieux pour les jeunes.
    Il est inacceptable que 2,2 millions de personnes aient recours aux banques alimentaires dans ce pays, qui est pourtant le grenier du monde. La grande majorité des personnes qui se rendent dans ces banques alimentaires sont des enfants, des jeunes et des étudiants. Il est inacceptable que des gens languissent pendant des années sur des listes d'attente dans le système de santé. Il est inacceptable que nous consacrions 1,6 milliard de dollars aux soins de santé des demandeurs d'asile dont la demande a été rejetée, mais que nous négligions les personnes âgées qui ont besoin d'une prothèse de hanche ou de genou.
    Avant de conclure, je tiens à souligner une chose: lorsque nous affirmons que le Canada peut faire mieux, et lorsque nous nous demandons si les libéraux en font assez pour les Canadiens, ils nous accusent de manquer de patriotisme. C'est inacceptable. Le gouvernement libéral n'est pas le Canada. Tous les députés à la Chambre aiment notre pays, mais nous pensons que celui-ci peut faire bien mieux qu'il ne le fait actuellement.
    Le Canada est le seul pays du G7 en récession, et c'est le premier ministre qui en est responsable. Il a promis au monde entier qu'il saurait comment traiter avec Donald Trump. Il existe une vidéo qui le prouve. C'était de la grosse foutaise. Le premier ministre a manqué à toutes les promesses qu'il a faites. Il a promis de construire à un rythme jamais vu depuis des générations. Ce n'est pas arrivé. Il a dit qu'il saurait comment traiter avec Donald Trump. Ce n'est pas arrivé. Il a dit qu'il veillerait à ce que le budget soit équilibré. Ce n'est pas arrivé.
    Les députés se souviennent-ils que Stephen Harper avait dit que les budgets, c'est comme les croustilles, qu'on ne peut pas s'arrêter après une seule? Depuis 11 ans, les déficits budgétaires s'accumulent et ne cessent de grossir, et ce sont les Canadiens qui en font les frais.
(1950)
     Monsieur le Président, au début de son intervention, le député a critiqué le secrétaire parlementaire. Il a laissé entendre que celui-ci avait tort quand il a déclaré que les conservateurs faisaient carrément obstruction à tout. Il a tenté de faire valoir que les conservateurs venaient ici en toute bonne foi.
    Prenons par exemple le projet de loi C‑25, Loi visant à protéger nos élections et nos droits. Il a été adopté à l'unanimité par la Chambre puis par le comité, et nous avons ensuite dû recourir à l'attribution de temps pour qu'il soit enfin adopté par la Chambre, encore à l'unanimité. En effet, même si les conservateurs le soutenaient pleinement, ils ne donnaient pas à la Chambre la chance de l'adopter. C'est un peu exagéré de la part du député d'affirmer que nous les accusons de se livrer à de petits jeux, alors qu'il sait très bien que les conservateurs se livrent à de petits jeux pour chaque projet de loi, y compris ceux qu'ils soutiennent.
    Monsieur le Président, je débattrais volontiers avec le député car, comme je l'ai dit, nous avons aidé les libéraux à faire adopter le projet de loi C‑5, la Loi sur l'unité de l'économie canadienne. Le Canada avait besoin de cette mesure législative. Nous avons coopéré. Les libéraux en avaient besoin pour renforcer l'économie, mais ils ne l'ont pas utilisée une seule fois. Même quand nous tentons de les aider à faire croître l'économie, ils échouent.
    Je n'accepterai aucune leçon de la part de mon collègue d'en face. Nous allons continuer de faire notre travail et d'étudier les projets de loi, mais même quand nous les aidons, ils ne parviennent toujours pas à faire le travail nécessaire.

[Français]

     Monsieur le Président, je remercie de son discours mon collègue, que j'apprécie.
    J'ai bien entendu toutes les demandes qui n'ont pas trouvé écho à Ottawa pour sa province, la Saskatchewan. J'ai bien entendu les choses que la Saskatchewan demande et qu'elle ne reçoit pas. La question que je lui pose en est une vraie, parce que ça me préoccupe.
    Les conservateurs parlent souvent de réduire le déficit, justement, et d'agir de façon responsable avec les fonds publics. Nous, nous dénonçons beaucoup les subventions aux compagnies pétrolières. Nous nous disons que, par les temps qui courent, ces compagnies font des profits pratiquement records.
    Qu'est-ce qui fait que mon collègue et son parti ne contestent pas les fonds publics qu'on transfère dans les poches des pétrolières?
    Pourquoi n'utiliserait-on pas cet argent justement pour répondre aux besoins des gens de la Saskatchewan?
(1955)

[Traduction]

    Monsieur le Président, les libéraux ont gaspillé de l'argent de bien des façons. Je peux parler des 300 millions de dollars pour PrescripTIon. Je peux parler des dizaines de milliards de dollars versés à des consultants tiers et de l'appareil bureaucratique de plus en plus lourd. Si les libéraux embauchent davantage de consultants, ils ne devraient pas avoir à alourdir l'appareil bureaucratique. Nous pouvons parler des millions, voire des milliards de dollars dépensés à l'étranger en aide internationale, probablement pour des raisons idéologiques plutôt qu'humanitaires. Il y a beaucoup de domaines où le gouvernement gaspille de l'argent. Je veux que ces dépenses soient éliminées, tout en maintenant le financement intégral des provinces.
    Monsieur le Président, je suis très heureux que le député ait parlé des Snowbirds, car le spectacle aérien de Barrie a eu lieu la fin de semaine dernière. Le spectacle aérien a attiré 150 000 personnes. J'ai eu la chance que le député de Moose Jaw—Lake Centre—Lanigan vienne à Barrie, car c'est lui qui mène la charge pour que les Snowbirds restent en service. Beaucoup de gens lui ont dit à quel point ils étaient déçus que l'escadron des Snowbirds ait été suspendu. La principale préoccupation est que l'interruption de 5 ans pourrait passer à 6 ans, puis à 10 ans, et que les Snowbirds ne reviennent jamais.
    Je me demande ce que le député ferait pour que les Snowbirds restent en service.
     Monsieur le Président, il est vraiment navrant que, sous les libéraux, les Snowbirds s'apprêtent à être cloués au sol. Je me souviens que, quand j'étais enfant, nous allions en voiture de notre exploitation agricole, à Rush Lake, jusqu'à Moose Jaw pour assister à des spectacles aériens, pour les Snowbirds. Voir ces avions dans le ciel était un moment spécial. À Barrie, 150 000 personnes ont pu les voir pour la dernière fois.
    Le fait que les libéraux n'avaient pas de plan pour que les Snowbirds puissent continuer à voler et qu'ils aient des avions à réaction adéquats pour continuer à voler est une tache ineffaçable sur leur bilan. Ils ont eu 11 ans pour préparer un plan, et ils ne l'ont pas fait. C'est pourquoi nous ne verrons pas les Snowbirds dans un avenir proche. Nous ferions tout ce qui est en notre pouvoir et nous les aiderions par tous les moyens à trouver des avions pour que les Snowbirds puissent continuer à voler. C'est vraiment triste pour notre identité canadienne et notre patrimoine canadien.
    Monsieur le Président, un peu plus d'un an…
    Le député d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, conformément à l'article 57 du Règlement, après l'adoption d'une motion de clôture, aucun député ne peut avoir la parole plus d'une fois. Je crois qu'il est contraire au Règlement de donner la parole au député.
    Je remercie le député de son intervention. En effet, il a raison: un député ne peut pas prendre la parole plus d'une fois au sujet d'une même motion, mais je crois que le secrétaire parlementaire ne s'est pas encore exprimé sur le sous-amendement dont nous débattons actuellement. Il aurait parlé de l'amendement.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, je suis en fait ravi de prendre la parole. Je suis certain que mes amis conservateurs ne s'en formaliseront pas.
     Il y a un peu plus d'un an, le Canada a élu un nouveau premier ministre et un nouveau gouvernement. J'ai manqué de temps pour parler de ce que nous avons accompli. J'aimerais souligner quelques-unes des choses que nous avons pu réaliser en un peu plus d'un an, soit depuis que les Canadiens ont décidé de confier les rênes du pouvoir au premier ministre actuel.
    La toute première mesure prise par le gouvernement a été de supprimer la taxe sur le carbone. La deuxième mesure a été d'accorder un allègement fiscal aux Canadiens, allègement dont 22 millions de personnes ont pu profiter.
     Examinons également l'un de nos programmes sociaux que le premier ministre et le gouvernement ont rendus permanents: le programme d'alimentation scolaire, qui permet à 400 000 jeunes enfants de recevoir un repas à l'école. Nous pouvons aussi parler de la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, dans le cadre de laquelle nous avons accordé une augmentation substantielle pour alléger le coût de la vie. Le premier versement a été effectué hier. Nous avons mis en place des mesures telles que la suspension de la taxe d'accise sur l'essence, qui correspond à 10 ¢ le litre. Si l'on ajoute à cela la suppression de la taxe sur le carbone, cela représente une économie d'environ 25 ¢ le litre. Voilà le genre de mesures que le gouvernement a prises. Ces mesures, le gouvernement les a prises parce qu'il est conscient de l'importance de l'abordabilité des produits de consommation et soucieux d'offrir un répit aux Canadiens.
    Jetons un coup d'œil à certaines des mesures économiques que nous avons pu mettre en place. Je pense à la création d'une économie canadienne unifiée, un sujet que j'ai approfondi dans une intervention précédente. Nous pouvons aussi nous pencher sur les grands projets.
    Ce que je n'ai pas souligné au sujet des grands projets, c'est que les investissements en capital et dans les infrastructures, dans toutes les régions de notre grand pays, dépassent largement les 120 milliards de dollars. Toutes les régions en voient les retombées. De notre côté, nous nous fixons l'objectif de mobiliser, au cours des cinq prochaines années, 1 000 milliards de dollars d'investissements en capital dans les débouchés commerciaux du Canada, entre autres. Nous investissons aussi dans l'armée canadienne et reconnaissons l'importance d'établir un fonds souverain.
    Voilà une partie de ce que nous avons pu accomplir en relativement peu de temps, et le premier ministre et le gouvernement ont encore bien d'autres mesures en perspective.
(2000)
    Je vais me corriger. J'ai donné la parole à tort au secrétaire parlementaire. Je n'aurais pas dû lui donner la chance de parler.
    Le Règlement prévoit qu'une fois que la clôture a été proposée et approuvée, aucun député ne peut prendre la parole plus d'une fois, même s'il y a des amendements ou des sous-amendements. C'était donc la faute de la présidence. J'ai donné la parole à tort au secrétaire parlementaire. Cela n'aurait pas dû se produire, et cela ne devrait pas être le principe à suivre. C'est ce que prévoit l'article 57 du Règlement.
    À la page 560 de Janse et LeBlanc, à l'article 14.11, on peut lire: « si un amendement ou un sous-amendement est proposé pendant le débat régi par la motion de clôture. Cependant, un député qui est reconnu aux fins de débat sur la motion principale après l’adoption de la motion de clôture ne peut intervenir à nouveau dans le débat sur un amendement ou un sous-amendement proposé subséquemment. »
    Je tenais simplement à apporter cette précision.
    Le député de Barrie‑Sud—Innisfil invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, est-ce que cela signifie que la décision de la présidence imposera la censure au secrétaire parlementaire pour le reste de la présente législature? Ai-je bien compris?
    Je remercie le député de son intervention, mais, de toute évidence, il s'agit d'une question de débat.
    Le député d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud invoque-t-il le Règlement?
    Monsieur le Président, j’espérais pouvoir prendre la parole à ce sujet.
    Malheureusement, il est plus de 20 h.
    Comme il est 20 h 3, je dois, conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ l'affaire émanant du gouvernement no 12 dont la Chambre est saisie.
    Le vote porte sur le sous-amendement.
    Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
    Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture du sous-amendement.]
(2005)
    Si un député participant en personne désire que le sous-amendement soit adopté ou adopté avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.

[Français]

    Convoquez les députés.
(2050)
    (Le sous-amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)

(Vote no 158)

POUR

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 160


CONTRE

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
May
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 169


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


    Je déclare le sous-amendement rejeté.

[Traduction]

    Le vote suivant porte sur l'amendement. Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
     Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture de l'amendement.]
     Le Président: Si un député participant en personne désire que l'amendement soit adopté ou adopté avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
(2055)
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
(2105)
    (L'amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)

(Vote no 159)

POUR

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Reynolds
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 162


CONTRE

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 168


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


    Je déclare l'amendement rejeté.
    Monsieur le Président, je demande le consentement unanime pour que mon vote précédent, sur le sous-amendement, soit considéré comme un « oui ».
    D'accord?
     Des voix: D'accord.
(2110)

[Français]

    Le prochain vote porte sur la motion suivante.
    Puis-je me dispenser d’en faire la lecture?
    Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture de la motion.]
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d’un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l’invite à se lever et à l’indiquer à la présidence.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
(2120)

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 160)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 168


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Reynolds
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 162


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


    Je déclare la motion adoptée.
(2125)

[Traduction]

Message du Sénat

    J'ai l'honneur d'annoncer à la Chambre que le Sénat lui a adressé le message suivant:
    Qu'un message soit transmis à la Chambre des communes pour l'informer que, en ce qui concerne le projet de loi C‑14, Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et la Loi sur la défense nationale (mise en liberté sous caution et détermination de la peine), le Sénat n'insiste pas sur ses amendements auxquels la Chambre des communes n'a pas acquiescé.

Loi visant à lutter contre la haine

Projet de loi C‑9 — Motion d'attribution de temps

     Que, relativement au projet de loi C‑9, Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès à des lieux religieux ou culturels), au plus cinq heures supplémentaires soient accordées aux délibérations à l'étape de l'étude de l'amendement apporté par le Sénat à ce projet de loi;
    Qu'à l'expiration des cinq heures prévues pour l'étude de cette étape de ce projet de loi, toute délibération devant la Chambre soit interrompue, s'il y a lieu aux fins de cet ordre, et, par la suite, toute question nécessaire pour disposer de l'étape à l'étude à ce moment soit mise aux voix immédiatement et successivement, sans plus ample débat ni amendement.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement, précisément l'article 57, qui se lit comme suit:
    Immédiatement avant l’appel de l’ordre du jour portant reprise d’un débat ajourné, ou si la Chambre siège en comité plénier, tout ministre de la Couronne qui en a donné avis au cours d’une séance antérieure, peut proposer que le débat ne soit plus ajourné ou que le comité procède en premier lieu au nouvel examen de toute résolution ou tout article, paragraphe, préambule ou titre, et que [...]
    C'est une longue phrase, mais ce qu'il faut retenir, c'est que l'article 57 est limpide: c'est quelque chose qui revient à un ministre. Or, la députée est secrétaire d’État à la lutte contre la criminalité. Elle n'a pas de ministère, et c'est un autre ministre qui parraine le projet de loi. À mon avis, le Règlement ne permet pas qu'elle propose la motion de clôture ou qu'elle la présente aujourd'hui.
    J'ai une bonne nouvelle, monsieur le Président: les précédents à notre appui remontent jusqu'à 150 ans. Les députés qui les consulteront ne manqueront pas de constater qu'il y a de nombreux cas où un ministre d'État a présenté une telle motion.
    La secrétaire d'État à la Lutte contre la criminalité est membre du Cabinet et peut donc présenter la motion.
    Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes. Je rappelle aux députés que la priorité est accordée aux députés de l'opposition durant cette période de 30 minutes, sans toutefois exclure les députés ministériels.
    Les membres sont priés de limiter leurs interventions à environ une minute et peuvent prendre la parole plusieurs fois.
    J'invite les députés qui souhaitent poser des questions à se lever ou à activer la fonction « main levée » pour que la présidence ait une idée du nombre de députés qui désirent participer.
    Le député de Kamloops—Thompson—Nicola a la parole.
(2130)
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola.
    Nous assistons encore une fois à la tactique habituelle des libéraux. Le projet de loi C‑9 a suscité une opposition si vive que les libéraux s'obstinent aujourd'hui à user de leur majorité, une fois de plus, pour en forcer l'adoption. Il s'agit d'une majorité qu'ils n'ont pas obtenue aux urnes, mais grâce à des transfuges.
    Nous avons reçu des commentaires de nombreux groupes, notamment de Son Éminence le cardinal Frank Leo, de l'archidiocèse de Toronto. Je me demande ce que la secrétaire d'État a à dire alors que tant de groupes confessionnels s'opposent au projet de loi C‑9. Les libéraux ne devraient-ils pas faire marche arrière?
    Monsieur le Président, il s'agit d'une promesse électorale faite par le gouvernement nouvellement élu en mai dernier. Ce projet de loi a été déposé le 19 septembre et il a suivi toutes les étapes démocratiques du processus législatif. Je pense qu'il est maintenant temps de clore le débat sur ce projet de loi afin que les Canadiens puissent se sentir en sécurité dans leur lieu de culte.
    Monsieur le Président, l'un des aspects les plus préoccupants de ce projet de loi réside dans la manière dont il a été présenté par les membres du Cabinet de l'autre côté de la Chambre, notamment par le ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes, qui a laissé entendre que certains passages de la Bible et de la Torah étaient intrinsèquement haineux et méritaient de faire l'objet de poursuites judiciaires.
     Je me demande si la secrétaire d'État des délits d'opinion prendrait la parole pour dire si elle est d'accord ou non avec le ministre.
    Je rappelle aux députés que nous ne pouvons pas inventer des titres pour les ministres. Nous ne pouvons pas y faire référence autrement qu'en utilisant la façon précise dont les titres sont inscrits sur la liste du Cabinet.
    La secrétaire d'État à la Lutte contre la criminalité a la parole.
    Monsieur le Président, ce projet de loi est très ciblé et permettrait de lutter contre les crimes haineux en se fondant sur la mens rea, c'est-à-dire l'intention de fomenter volontairement la haine. Je pense que cela est constitutionnel et qu'il s'agit d'une mesure appropriée. Cela permettrait de protéger toutes les confessions religieuses au pays. L'objectif du projet de loi est de protéger les Canadiens et de dissuader les gens de commettre des crimes haineux au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, je voudrais rappeler à la Chambre ce qu'est l'exception religieuse qui a été abolie par le projet de loi C‑9, parce que j'entends des choses de la part de nos collègues conservateurs et je ne peux pas croire ce que j'entends. Il n'a jamais été question d'interdire la lecture de la Bible, de la Torah, du Coran ou de quelque autre texte religieux que ce soit.
     Ce qui est interdit, c'est de faire la propagande de la haine en se basant sur un texte religieux. C'est un prétexte que certains emploient pour propager la haine, et c'est ça qui est interdit. C'est cette défense-là qui a été sortie du Code criminel. Lire la Bible, le Coran et la Torah, c'est permis, ça l'a toujours été et, je l'espère, ça le sera toujours.

[Traduction]

    Je suis d'accord, monsieur le Président. De plus, nous avons ajouté, par mesure de précaution, une disposition précisant que rien n'empêche une personne de faire des déclarations sur des questions d'intérêt public, qu'il s'agisse de questions religieuses, politiques ou scientifiques, à condition qu'elle ne fomente pas volontairement la haine contre un groupe identifiable ni ne fomente volontairement l'antisémitisme.
     Monsieur le Président, aussi bien intentionné que soit ce projet de loi, je ne crois pas avoir jamais reçu autant d'appels, de lettres et de courriels de concitoyens indignés et inquiets au sujet d'un projet de loi. Je m'oppose à ce projet de loi, mais j'aimerais avoir suffisamment de temps pour expliquer les raisons qui me font me ranger derrière les défenseurs des libertés civiles. Ceux-ci craignent que ce projet de loi n'entraîne davantage de litiges et de violations de la Charte en raison de ses dispositions ambiguës, par exemple dans le cas de personnes qui exercent leur droit garanti par la Charte de manifester dans la rue sans savoir qu'il y a une garderie ou une synagogue à proximité.
    Je ne peux pas approuver l'attribution de temps proposée. Je sais que tout le monde est pressé. Cependant, plutôt que de nous pousser à adopter les mesures législatives à toute vapeur, pourquoi ne pas envisager de garder...
    Des voix: Oh, oh!
    Elizabeth May: Monsieur le Président, je suis désolée, mais nous débattons actuellement de la motion d'attribution de temps. J'ai l'impression qu'on me chahute, et je ne parviens pas à m'exprimer correctement.
    Si nous tenons à avoir suffisamment de temps pour débattre des projets de loi, pourquoi le gouvernement souhaite-t-il recourir à l'attribution de temps plutôt que de nous permettre de siéger jusqu'à vendredi, comme le prévoyait le calendrier initial?
(2135)
    Monsieur le Président, ce projet de loi a fait l'objet d'un nombre d'heures de débat sans précédent, tant à la Chambre qu'au comité. Comme je l'ai déjà dit, il a été déposé à la Chambre le 19 septembre.
    Je tiens à être claire, car il y a beaucoup de mésinformation au sujet de ce projet de loi. J'ai moi aussi reçu de nombreux appels, mais j'ai essayé de corriger les idées reçues, car beaucoup de gens se méprennent et ont mal interprété le projet de loi. Les infractions relatives au fait d'intimider et au fait d'empêcher l'accès à des lieux prévues dans le projet de loi ne criminaliseraient pas l'expression ou le fait de se rassembler pacifiquement, ce qui inclut les manifestations légales ou d'autres formes de communication publique.
    Monsieur le Président, je suis bien heureux que l'honorable secrétaire d'État vienne d'imposer la clôture sur ce projet de loi très important, qui constituait une promesse électorale majeure. Il se trouve que je représente la majorité de la communauté juive d'Hamilton, qui soutient massivement ce projet de loi et les protections qu'il offrirait à ses lieux de culte, ses synagogues et les lieux où ses membres se rassemblent et ont le droit d'être en sécurité.
    Je me demandais si l'honorable secrétaire d'État pourrait nous parler des consultations qui ont précédé l'élaboration de ce projet de loi et de la nécessité de l'adopter le plus rapidement possible.
    Monsieur le Président, de nombreux groupes communautaires pressent le gouvernement d'agir devant la hausse des crimes haineux envers des personnes de différentes origines, religions et races. C'est important. La communauté LGBTQ est elle aussi touchée par la montée de la haine au Canada.
    Le projet de loi s'inscrit dans un ensemble plus vaste d'initiatives gouvernementales. Je pense notamment aux importants investissements dans le Programme pour la sécurité communautaire du Canada, à la mise en œuvre du Plan d'action canadien de lutte contre la haine et à l'amélioration de la collecte de données. Cela dit, il est tout aussi important de décourager et de punir les crimes haineux. Une fois le projet de loi adopté, les auteurs de tels crimes seront passibles de peines plus sévères.
    Monsieur le Président, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai pris la parole cette semaine pour rappeler que l'incapacité du gouvernement à bien planifier son programme législatif ne doit pas se transformer en urgence à la Chambre. Il s'agit encore une fois d'une tentative d'imposer l'attribution de temps. Rappelons-nous le projet de loi C‑3 et l'empressement des libéraux à le faire adopter, ignorant les amendements du comité, au mépris du processus parlementaire. Cette approche bâclée a entraîné des conséquences imprévues: important arriéré administratif, confusion pour les familles et accès grandement facilité à la citoyenneté pour des personnes aux liens limités avec le Canada.
    Voici encore un projet de loi qui risque d'entraîner des conséquences imprévues. Nous avons reçu beaucoup de messages à ce sujet. J'aimerais que le député nous explique encore une fois pourquoi nous ne pouvons pas prendre le temps nécessaire pour bien étudier cet important projet de loi.
    Monsieur le Président, ce projet de loi a été examiné à la Chambre. Il a été examiné à l'autre endroit. Des amendements y ont été apportés dans les deux Chambres, et le projet de loi nous est renvoyé pour faire l'objet d'un véritable débat.
    Je sais que le Parti conservateur du Canada s'emploie depuis de nombreux mois à mener une campagne de désinformation, ce qui explique que nous recevions de nombreux appels de personnes pensant que le projet de loi contient des dispositions qui n'y figurent pas. C'est un projet de loi court. Il est très ciblé et il est conforme à la Charte des droits et libertés. Il ne limiterait en rien la capacité de quiconque de pratiquer sa foi dans ce pays.
    Monsieur le Président, de nombreux groupes religieux ont exprimé leurs inquiétudes au sujet du projet de loi C‑9, en particulier concernant la suppression d'une défense de longue date fondée sur l'expression religieuse de bonne foi. Maintenant que les libéraux ont décidé d'écarter ces préoccupations tout à fait légitimes, la députée libérale pourrait-elle nous expliquer clairement où se situe désormais la frontière entre l'expression légitime de croyances religieuses sincères et une infraction criminelle?
    Monsieur le Président, beaucoup de bonnes idées ont été présentées au cours des travaux en comité. Ce projet de loi contient une définition claire de ce que signifie la haine. Elle s'inspire de la jurisprudence de la Cour suprême ainsi que de celle d'autres instances judiciaires. La définition de « haine » est bien établie dans ce pays, elle est donc très claire. Le projet de loi prévoit que le consentement du procureur général serait également requis; une garantie supplémentaire serait donc ainsi assurée.
    Un travail important a été accompli, et je remercie tous les partis d'y avoir contribué, mais il est temps d'adopter ce projet de loi afin de protéger les Canadiens.
(2140)

[Français]

     Monsieur le Président, j'aimerais aller dans le même sens que mon collègue de Rivière‑du‑Nord et réitérer ce qui suit. Si, aujourd'hui, il y a des groupes qui ont écrit, c'est parce qu'il y a eu énormément de désinformation de la part des conservateurs. Des amendements jugés essentiels par le Bloc québécois ont été apportés au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Lors d'un débat, j'ai même entendu des gens aller jusqu'à dire qu'on ne pourrait plus manifester. Normalement, une manifestation est un exercice légitime de liberté d'expression.
    J'espère par contre que, si la manifestation vise à fomenter la haine, il y aura des outils pour pouvoir intervenir.

[Traduction]

    Monsieur le Président, manifester est un droit fondamental dans ce pays, et ce projet de loi ne limiterait pas le droit de manifester pacifiquement. Cependant, il faut reconnaître que selon l'article 1 de la Charte, les droits et libertés peuvent faire l'objet de limites raisonnables si ces limites sont prescrites par la loi et si leur justification peut se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique. Les personnes qui ne participent pas volontairement à des actes haineux ne seraient pas accusées en vertu de quelque disposition que ce soit du projet de loi.
    Il y a eu beaucoup de désinformation. Je tiens à assurer aux Canadiens que le projet de loi a été présenté avec de bonnes intentions après de nombreuses consultations et de nombreuses demandes de la part des communautés, car nous avons constaté une augmentation de ces actes de violence au pays et voulons nous assurer que le gouvernement crée le précédent selon lequel nous ne tolérerons pas la haine dans notre pays.
    Monsieur le Président, je remercie la secrétaire d'État, qui vient d'admettre que le gouvernement considère ce projet de loi comme restreignant la liberté d'expression. Cela veut dire que nous ne débattons que de son caractère raisonnable. C'est une concession très importante, et c'est la première fois que nous entendons le gouvernement parler de l'article 1 de la Charte dans le contexte du projet de loi C‑9.
    Je souligne que la secrétaire d'État a donné avis de son intention de demander la clôture du débat sur le projet de loi 12 minutes après son commencement. Elle et ses collègues ne veulent manifestement pas entendre les Canadiens, qui sont pourtant nombreux à s'opposer au projet de loi. Par exemple, selon l'organisme 4 My Canada, dirigé par Faytene Grasseschi, 194 000 appels ont été passés et 240 000 lettres ont été envoyées, et 1 000 organisations représentant 1,4 million de Canadiens ont signé une déclaration pour s'opposer au projet de loi C‑9.
    Quand la secrétaire d'État affirme que ce ne sont là que de fausses informations diffusées par les conservateurs, dit-elle que l'Église Unie du Canada, la Conférence des évêques catholiques et le Conseil national des musulmans canadiens font de la désinformation, ou bien parle-t-elle de quiconque est en désaccord avec les libéraux? C'est un point très important. À chaque étape, le gouvernement libéral a refusé d'écouter les Canadiens. Va-t-il commencer à le faire maintenant?
    Monsieur le Président, nous avons présenté ce projet de loi après avoir écouté les préoccupations des Canadiens. La peur, l'intimidation et la haine auxquelles ils sont confrontés sont les raisons pour lesquelles nous l'avons présenté. Il vise à protéger les Canadiens et le droit à la liberté d'expression. De nombreux Canadiens ont le sentiment qu'il n'est pas sécuritaire de pratiquer leur foi dans ce pays. Le projet de loi vise donc à protéger la religion au Canada et à faire comprendre à tout le monde que les gens ont droit à leurs croyances. Voilà l'objet du projet de loi.
    Monsieur le Président, la liberté de religion est garantie par la Charte des droits. J'aimerais demander à la secrétaire d'État de nous faire part de ses réflexions sur un courriel que j'ai reçu du Parti conservateur du Canada. Le courriel va comme suit: « les libéraux mènent une guerre contre la liberté de religion. Leur objectif est d'exposer des personnes croyantes à des poursuites criminelles simplement pour avoir cité leurs textes sacrés. » À la fin du courriel, il est écrit « Faites un don maintenant » au Parti conservateur.
    Je me demande si la députée pourrait nous dire ce qu'elle pense de la mésinformation qui provient de la Chambre et qui est transmise au public par le Parti conservateur du Canada, et de la façon dont ce dernier en fait un outil pour amasser des fonds. Pour les conservateurs, il est plus important de recueillir de l'argent que d'avoir de bonnes politiques publiques. Nos libertés sont garanties par la Charte des droits.
(2145)
    Monsieur le Président, j'ai discuté avec de nombreuses personnes qui m'ont communiqué ou récité des messages véhiculés par les conservateurs. J'ai vu les courriels exacts envoyés par le Parti conservateur du Canada.
    Je tiens à rassurer les Canadiens aujourd'hui en leur disant que les infractions d'intimidation et d'obstruction proposées dans le projet de loi ont été soigneusement conçues pour cibler les comportements criminels tout en respectant les droits à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique garantis par la Charte. Le gouvernement est convaincu que cette mesure législative est conforme aux protections de la Charte et qu'elle pourra être défendue devant les tribunaux si elle est contestée.
    Monsieur le Président, je ne suis pas heureux de prendre la parole, mais j'ai une question fort intéressante sur le projet de loi C‑9. Les libéraux parlent de toute la haine et de la maltraitance à l'égard d'autrui.
     Une voix: Oh, oh!
     Warren Steinley: Le député du Nord de la Saskatchewan peut glapir tant qu'il veut. Il reste que c'est une question sérieuse sur un projet de loi sérieux. On a assisté à une telle montée de la haine au cours des 10 dernières années, et qui était au pouvoir? Pourquoi les gens sont-ils tellement en colère? Est-ce parce que le gouvernement libéral a bafoué les droits et libertés en gelant les comptes bancaires des gens? Est-ce parce qu'il a demandé à la police d'Ottawa de réprimer une manifestation pacifique de gens qui voulaient avoir le choix de se faire vacciner ou pas? Le gouvernement actuel a été le plus clivant de l'histoire du Canada, car il a monté l'Est contre l'Ouest ainsi que les régions rurales contre les régions urbaines. Les gens en ont assez. Voilà ce qui est exaspérant.
    Le gouvernement ne devrait-il pas assumer une part de responsabilité pour ce qui se passe dans les rues sous sa gouverne? Il a laissé la situation dégénérer au point que les gens, exaspérés par la manière dont ils ont été traités, exigent des réponses.
    Monsieur le Président, il y a beaucoup de raisons. Parfois, ce sont des événements mondiaux qui en sont la cause. Parfois, c'est la haine des gens due à la polarisation qui règne en ligne depuis quelque temps. Les Canadiens sont plus isolés que par le passé. Ils sont plus intransigeants dans leurs opinions. Dans le passé, des milliers de Noirs nord-américains ont été lynchés. De nombreux actes de haine ont également marqué l'histoire. Le gouvernement actuel n'est pas responsable de cela.
    Le gouvernement prend des mesures. Tout ce que les conservateurs ont fait, c'est essayer de faire obstruction. Ils ne veulent pas que nous protégions les Canadiens. Les conservateurs ont atteint un niveau de bassesse sans précédent la semaine dernière lorsqu'ils ont voté contre des peines plus longues pour les prédateurs d'enfants.

[Français]

    Monsieur le Président, tout a été dit sur ce projet de loi, y compris sur l'exception religieuse. Les travaux en comité ont débuté en octobre dernier et il a fallu que cela finisse par un bâillon, finalement, pour pouvoir le faire adopter. Je trouve ça vraiment déplorable parce qu'il s'agit d'un important projet de loi. La haine, c'est la gangrène de notre société à tous les niveaux.
    Je suis en faveur du projet de loi C‑9, le Bloc québécois est en faveur du projet de loi C‑9 et nous allons voter pour le projet de loi C‑9. Cependant, à propos de la question soulevée par nos collègues conservateurs à savoir si on ne devrait pas leur accorder davantage de temps pour en discuter, je n'y suis pas opposé.
    Personnellement, je considère qu'il y a eu de l'obstruction systématique inutile depuis l'automne dernier en comité. Malgré ça, si nos collègues libéraux acceptaient de laisser tomber le bâillon et de donner plus de temps aux conservateurs, nous serions prêts à y consentir. À la fin de la semaine, nous pourrions tous en arriver à bien comprendre ce qu'est le projet de loi C‑9 et de l'adopter à l'unanimité.
    Si l'intention de nos collègues conservateurs est de faire une étude de bonne foi de ce projet de loi, je suis d'accord.

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, on a longuement débattu de cette question à la Chambre ainsi qu'à l'autre endroit. Le Sénat a proposé un amendement, soit l'ajout d'un symbole haineux, le nœud coulant, en raison du racisme anti-Noirs que nous avons observé partout en Amérique du Nord et, je dirais, dans tous les pays occidentaux. C'est cela qui est en jeu actuellement. C'est l'amendement qui a été proposé par le Sénat, mais il semble que personne n'ait de questions à ce sujet.
    Je regrette de dire que, même lorsque ce sujet a été débattu au comité de la Chambre des communes, on a perdu beaucoup de temps à discuter de choses insignifiantes et hors de propos. Je ne pense pas que le parti d'opposition ait agi de bonne foi.
(2150)
    Monsieur le Président, je n'ai pas vu une telle levée de boucliers à l'égard d'un projet de loi depuis l'instauration du registre des armes à feu à la fin des années 1990. Le fait est que nous avons des dispositions législatives contre la haine depuis les années 1970 et, sous l'ancien ministre de la Justice Vic Toews, elles étaient mieux définies.
    Le vrai problème, c'est que le gouvernement ne veut pas les appliquer et que les forces de l'ordre ne font pas respecter les lois existantes. Lorsque des manifestations ont lieu, à l'extérieur même de cet édifice, et que des personnes crient à tue-tête qu'elles veulent voir notre population juive annihilée, on refuse d'agir, même sur les terrains de la Chambre des communes.
    Ce projet de loi ne vise-t-il pas à donner l'impression que les libéraux font quelque chose pour lutter contre la haine, au lieu d'agir concrètement et de faire respecter la loi?
    Monsieur le Président, nous agissons. Nous modifions le Code criminel du Canada. L'infraction de méfait dont parle la députée est passible de peines très légères et est ajoutée lors de la détermination de la peine. Il s'agit ici d'un crime haineux à part entière. Le projet de loi érigerait également en infraction le fait d'intimider une personne et d'empêcher l'accès à des lieux. Nous avons vu de nombreux Canadiens dans l'impossibilité de se rendre à leurs camps de jour, à leurs écoles confessionnelles ou à leurs lieux de culte. Il est vraiment important que de nous assurer que tous les Canadiens se sentent en sécurité au Canada.
    Ce projet de loi est essentiel. Les Canadiens nous ont demandé d'apporter des modifications au Code criminel du Canada, et nous l'avons fait. Nous l'avons fait dans ce projet de loi et dans plusieurs autres, car notre gouvernement croit en son rôle de protecteur des Canadiens.
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola. Avant de commencer, je tiens à saluer Paul et Elly Major, les parents du Blair Major, professeur à l'Université Thompson Rivers, qui se trouve dans ma circonscription. Je les félicite pour leur 50 e anniversaire de mariage.
    Un député a parlé de personnes qui ne peuvent pas se rendre à leur synagogue. Il y a eu une fusillade à une synagogue, qui est liée à un terroriste, lequel aurait été par la suite impliqué dans le décès d'un policier. Un nombre record d'églises ont été incendiées sans que le gouvernement dise un seul mot. Il y a des gens qui ne peuvent pas se rendre à leur lieu de culte; le gouvernement n'a pas suffisamment dénoncé cela. On me pardonnera si je dis que les paroles du gouvernement sonnent creux après 12 ans d'inaction.
    Monsieur le Président, l'argument avancé par les conservateurs est tout à fait fallacieux. En ce qui concerne le crime haineux ou la fusillade qui s'est produite au consulat américain, la GRC et les forces de l'ordre locales ont mené l'enquête sur cet incident. Les auteurs appartenaient à une organisation terroriste. Selon certaines informations et allégations, ils opéraient depuis les États‑Unis et préparaient des attentats ici, au Canada, ainsi qu'en Europe. Nos services de police menaient une enquête et avaient la situation en main, et je leur tire donc mon chapeau pour le travail qu'ils ont accompli. Cependant, ils auraient également besoin de plus d'outils d'enquête, comme ceux qui sont prévus dans le projet de loi C‑22 sur l'accès légal, mais les conservateurs leur mettent des bâtons dans les roues.
    Combien y aura-t-il d'autres victimes à cause de l'obstruction des conservateurs?
    Uqaqtittiji, nous convenons tous, je pense, que les conservateurs sont vraiment doués pour répandre la désinformation. Ils font croire aux Canadiens que le projet de loi, s'il était présenté tel quel, permettrait de poursuivre quelqu'un simplement pour avoir lu des textes sacrés ou partagé sa foi. C'est ce qu'ont fait les conservateurs.
    Je me demande si la secrétaire d'État peut nous dire pourquoi il est urgent d'adopter ce projet de loi, afin que nous puissions contrer une partie de la désinformation que répandent les conservateurs.
(2155)
    Monsieur le Président, il y a eu de nombreux incidents. Les communautés 2ELGBTQI+, et tout particulièrement les personnes transgenres, sont non seulement victimes de discrimination, elles font aussi face à une montée alarmante de la violence à leur égard au Canada. Nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de tous. Qu'il s'agisse d'un membre d'un groupe confessionnel, d'un étudiant qui souhaite se rendre dans une salle de prière sur son campus ou d'un jeune qui veut se rendre à un camp religieux ou à une école juive, chacun doit pouvoir vivre sa vie en toute sécurité. Le Canada est un pays où tous devraient être libres de pratiquer leur foi et d'aller à l'école sans crainte ni intimidation. Voilà à quoi rime le projet de loi C‑9: protéger tous les Canadiens tout en leur permettant d'être fidèles à eux-mêmes.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole au nom des résidants d'Oshawa.
    En prélude à ma question, je vais parler de mon père. Aujourd’hui, il aurait eu 85 ans. Il est décédé il y a quatre ans, à peine dix mois et demi après le décès de ma mère. Quand j’étais adolescente, on parlait beaucoup des discours haineux et des crimes haineux, ainsi que de la manière de les définir. Je me souviens qu’il m’avait dit, à l’époque, de rester vigilante, car les choses prendraient une autre forme avec le temps. Un jour, le gouvernement en viendra à déclarer qu’un passage particulier d’un texte sacré ou religieux est un discours haineux ou un crime haineux. C’est une véritable source d’inquiétude pour moi.
    Pourquoi les Canadiens devraient-ils croire que ces gens-là ne feront pas exactement cela et n'emprisonneront pas des personnes pour avoir exprimé leurs convictions religieuses?
    Monsieur le Président, c'est exactement le genre de mésinformation dont j'ai parlé ce soir. Ce n'est pas ce que prévoit le projet de loi. Je dirais que, selon moi, les Canadiens se méfient actuellement du Parti conservateur du Canada, car les conservateurs parlent de sévir contre la criminalité pour assurer la sécurité au Canada, mais leurs actions ne vont pas dans ce sens. Pas plus tard que la semaine dernière, ils ont voté contre le fait de désigner le féminicide comme une accusation de meurtre au premier degré. Ils ont voté contre l'allongement des peines pour les prédateurs d'enfants. Ils ont voté contre les peines minimales.
    Qui sont ces conservateurs et pourquoi s'opposent-ils à la sécurité et à la protection des Canadiens?
    Monsieur le Président, je commencerai par une citation: « [Le projet de loi C‑9] pourrait criminaliser la dissidence légitime et transformer des manifestants pacifiques en criminels. Il pourrait donner un trop grand pouvoir discrétionnaire aux forces de l'ordre, leur permettant de faire preuve de subjectivité. » Ces propos ont été tenus il y a quelques mois par la députée libérale de Nunavut.
    J'ai une question à poser à la secrétaire d'État à la Lutte contre la criminalité. Son collègue, le ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes, est avocat. Voici ce qu'il a dit: « Dans le Lévitique, le Deutéronome et les Romains, il y a des passages qui expriment clairement de la haine [...] Les procureurs devraient [...] faire preuve de discernement lorsqu'ils décident d'engager des poursuites. »
    A-t-il raison ou tort dans son interprétation de l'application aux Écritures des lois sur les discours haineux?
    Monsieur le Président, j’ai mentionné que le projet de loi avait franchi toutes les étapes du processus législatif. Au cours de ce processus, des amendements ont été apportés. Des témoins ont pu s’exprimer devant le comité. Les députés ont pu donner leur avis. Un amendement a été apporté par la Chambre. À la suite de cet amendement, le projet de loi maintient l’obligation d’obtenir le consentement du procureur général pour toutes les infractions visées par le projet de loi. De quoi le député parle-t-il? La police ne pourra même pas porter des accusations de son propre chef. Comme je l'ai dit maintes fois, c’est exactement le genre de mésinformation que les conservateurs répandent.
    Voici ce que j'ai à dire aux Canadiens: nous formons le gouvernement et notre parti a été élu pour agir et assurer la sécurité des Canadiens.
(2200)
     Je dois interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ la motion dont la Chambre est saisie.
    Le vote porte sur la motion. Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
    Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture de la motion.]
    Le vice-président: Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Convoquez les députés.
(2230)
     (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 161)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anand
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Church
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dabrusin
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hajdu
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Hogan
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Yip
Zahid
Zerucelli
Zuberi

Total: -- 168


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Reynolds
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Stubbs
Thériault
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 159


PAIRÉS

Députés

Fuhr
Généreux
Joly
Kelly
LeBlanc
Plamondon
Shipley
Wilkinson

Total: -- 8


    Je déclare la motion adoptée.

Sanction royale

[Sanction royale]

[Traduction]

    J'ai l'honneur d'informer la Chambre que j'ai reçu la lettre suivante:
    Résidence de la gouverneure générale,
     Ottawa
     Le 15 juin 2026
     Monsieur le Président,
     J'ai l'honneur de vous aviser que Ken MacKillop, en sa qualité de suppléant de la gouverneure générale, a octroyé la sanction royale par déclaration écrite aux projets de loi mentionnés à l'annexe de la présente lettre le 15 juin 2026 à 20 h 25.
    Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
    Le directeur exécutif,
    Ryan McAdam
     Bureau du secrétaire de la gouverneure générale

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

(2245)

[Français]

Loi visant à lutter contre la haine

     La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 juin, de la motion relative à l'amendement apporté par le Sénat au projet de loi C‑9, Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès à des lieux religieux ou culturels), ainsi que de l'amendement.
     Monsieur le Président, ce n'est pas la première fois que je prends la parole à la Chambre concernant le projet de loi C‑9. Ma position, ou la position du Bloc québécois, est déjà connue. Évidemment, on ne sera pas surpris d'entendre que nous n'avons pas l'intention de changer notre position.
    Cela dit, je pense qu'il y a lieu de réitérer un certain nombre de choses concernant le projet de loi C‑9, car je dirais que trop de mésinformation a été faite sur ce projet de loi. Que ce soit de bonne ou de mauvaise foi, cette mésinformation, cette désinformation a nui considérablement à la question de l'acceptabilité sociale du projet de loi.
    Je dirais que la haine est quelque chose comme la gangrène de la société. Ça mine notre société de partout. On le voit sur le Web dans les commentaires sur les réseaux sociaux qui non seulement sont inacceptables, mais qui vont souvent loin au point où des poursuites judiciaires sont entamées. Il y a 40 ou 50 ans, on ne connaissait pas la haine et la violence qu'il y a dans les écoles. Ça n'existait pas. Aujourd'hui, des enfants d'écoles primaires peuvent agresser leurs enseignants et tenir un langage pire qu'inapproprié, un langage violent envers les enseignants. On le voit dans la rue. Tous les jours, on lit les journaux et on voit tout ce qui se passe dans la rue.
    On sait également que la société se transforme. Au Québec comme au Canada, de plus en plus de nouveaux arrivants viennent d'un peu partout dans le monde. Ce sont des gens dont les coutumes, les valeurs, les religions et l'éducation sont différentes des nôtres. Elles ne sont ni mieux ni pires, mais elles sont différentes. Elles le sont au point où on doit s'adapter les uns aux autres. Malheureusement, cette différence engendre parfois de la haine ou, à tout le moins, des comportements haineux. C'est ce à quoi le projet de loi C‑9 tente de s'attaquer.
    Évidemment, il y a déjà des dispositions du Code criminel qui vont gérer un certain nombre de choses, mais le projet de loi C‑9 s'applique directement sur la haine en précisant davantage les choses qui doivent l'être et en faisant ce que j'appellerais un petit ménage du Code criminel qui, à certains égards, en avait bien besoin.
    La haine au Québec et au Canada augmente de façon importante. Entre 2019 et 2022, on a constaté une hausse globale de 83 % des crimes haineux au Canada. Une augmentation de 83 % en trois ans, ce n'est pas banal. Quand je disais qu'on vit des transformations importantes dans la société, c'en est un bel exemple. En 2023 seulement — ce n'est pas loin, ça, c'est il y a trois ans —, 1 284 crimes haineux visaient une religion. Ça fait 516 crimes de plus qu'en 2022. En un an, on a augmenté de 516 crimes haineux pour arriver à 1 284 crimes, tout ça étant relatif à une religion.
    Ça, c'est un problème auquel nous devons nous attaquer. Nous sommes élus pour ça. Nous sommes au Parlement fédéral. Nous ne pouvons pas créer le programme scolaire dans les écoles parce que ça relève de Québec, ça relève des provinces. Nous ne pouvons pas gérer d'hôpitaux, parce que ça relève des provinces, ça relève de Québec. Au Bloc québécois, tout ce que nous demandons, et on aura constaté que nous le demandons assidûment depuis à peu près toujours, c'est que le fédéral assume ses responsabilités. Il perçoit trop d'impôts. Il faut qu'il en retourne dans les provinces et il s'en sert pour essayer de manipuler les provinces en disant qu'il va leur retourner leur argent à condition qu'elles fassent ce qu'il veut. Ça, nous le déplorons constamment. Ça, c'est le champ de compétence des provinces. Nous disons que le fédéral doit se contenter de transférer l'argent et de laisser les provinces, qui ont la compétence et l'expertise voulues dans ces domaines, la gérer convenablement.
    Cependant, quand on parle du Code criminel et quand on parle de crimes haineux, on est carrément dans le carré de sable du gouvernement fédéral. Je parle maintenant d'augmentation aussi importante que 1 284 crimes haineux visant la religion en 2023 et je parle de 83 % d'augmentation des crimes haineux au Québec et au Canada entre 2019 et 2022. Ces chiffres devraient être suffisamment éloquents pour convaincre chacun à la Chambre que nous devons nous attaquer à ce problème.
(2250)
     Juste pour la communauté juive, on a constaté une hausse marquée de 900 cas dans la même période, et de 211 cas pour la communauté musulmane. Ce n'est pas acceptable. Nous avons des lois et des règles et nous avons la Charte canadienne des droits et libertés, à laquelle nous sommes à peu près tous attachés dans une certaine mesure. Les valeurs qui sont enchâssées dans cette charte sont des valeurs auxquelles nous adhérons tous. Nous trouvons ça important de permettre par exemple à chacun de pratiquer la religion de son choix au Québec et au Canada. Nous trouvons ça important au point où l'Assemblée nationale du Québec a fait adopter une loi qui fait couler beaucoup d'encre et qui est présentement à l'étude à la Cour suprême: la Loi sur la laïcité de l'État.
    La Loi sur la laïcité de l'État, au Québec, vise à garantir à chacun qu'il peut pratiquer la religion de son choix sans que l'État ne s'en mêle. On dit que l'État est laïc. L'État n'a pas d'identité religieuse ou de préférence religieuse. En conséquence, les fonctionnaires qui représentent l'État dans leur travail, comme les policiers ou les enseignants, sont des représentants de l'État et ne devront afficher aucune préférence religieuse. C'est la façon qu'on a trouvée au Québec de garantir que toute personne, qu'elle soit juive, musulmane, catholique,chrétienne ou bouddhiste, peut pratiquer la religion de son choix sans que l'État n'ait de reproches à lui adresser.
    Ici, on dit qu'il y a des crimes haineux qui sont commis à l'endroit des communautés religieuses. C'est le travail du gouvernement fédéral que de s'attaquer à ce problème, et c'est ce que fait le projet de loi C‑9. Il est rare que le Bloc québécois soit d'accord sur les propositions du gouvernement, particulièrement sur celles du gouvernement libéral, dont nous avons déploré un certain nombre de mesures législatives. Toutefois, dans ce cas-ci, je dois saluer le travail du ministre de la Justice, avec qui j'ai collaboré au cours des derniers mois pour en arriver à cette mouture, qui n'est pas parfaite, j'en conviens, mais qui m'apparaît tout à fait adéquate, compte tenu de la situation qui prévaut actuellement chez nous.
    Les infractions ou les situations visées par le projet de loi C‑9 concernent notamment le fait de fomenter la haine par l'utilisation de symboles. Ce projet de loi va prohiber l'utilisation de certains symboles haineux, comme la croix gammée ou les symboles des organisations terroristes. Plus récemment, le nœud coulant a également été ajouté à cette liste à la suite d'un amendement proposé par le Sénat. Nous pouvons discuter de ça.
    Nous pourrions ajouter bon nombre d'autres symboles. Nous pourrions en retrancher certains pour toutes sortes de bonnes ou de mauvaises raisons. Je pense que la croix gammée, entre autres, est un symbole religieux pour la communauté tibétaine. Je n'en suis pas certain. C'est un symbole qui n'est pas uniquement utilisé pour commémorer les actes abjects commis durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis. C'est aussi un symbole utilisé depuis très longtemps, bien avant l'arrivée des nazis en Allemagne. C'est donc un symbole que certains auraient voulu protéger et exclure de la liste. Comme je le disais tantôt, il n'y a rien de parfait. Nous devons essayer de nous attaquer au problème du mieux que nous le pouvons. Disons que, dans la très large majorité des cas, quand quelqu'un utilise la croix gammée, c'est pour rappeler une période que nous ne souhaitons pas oublier, parce que je pense que nous devons nous en souvenir, mais que nous souhaitons ne plus jamais reproduire. Fomenter la haine en utilisant des symboles haineux, le projet de loi C‑9 dit que c'est fini.
    Comme je le disais tantôt, l'intimidation, il y en a dans nos écoles, dans nos rues, sur le Web. C'est ça, l'intimidation. Par la haine, on cherche à intimider les gens et je ne comprends pas ou je comprends mal qu'on puisse en arriver là. Je pense que ça ne devrait pas arriver. Je pense que, dans une société, même imparfaite, où les individus se respectent les uns les autres et respectent les divergences d'opinions, l'intimidation devrait être bannie.
(2255)
    Or, ici, on voit que l’intimidation a servi notamment à empêcher ou à entraver l’accès à des lieux publics. Je pense ici à certaines écoles, à certains lieux de culte et à certains centres communautaires qui ont fait l’objet de toutes sortes de gestes d’intimidation inacceptables. Peu importe la religion à laquelle on adhère, ou même si l’on n’adhère à aucune religion, chacun a ce droit. On a aussi le droit de ne pas croire en Dieu. On a le droit de ne pas avoir de religion. On a le droit d’être indécis. On a le droit de n’avoir tout simplement aucun intérêt pour la question. Tout cela est parfaitement légal. Cependant, empêcher des gens d’accéder à leur lieu de culte, c'est un manque de respect. Ce faisant, on crée…
(2300)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Il se fait tard, mais je ne crois pas qu'il y ait quorum à la Chambre en ce moment.
    Après le compte:
    Il y a quorum.

[Français]

    Le député de Rivière‑du‑Nord peut poursuivre son discours et reprendre là où il en était.
    Monsieur le Président, je me permets de remercier mon collègue conservateur. Je ne me souviens pas du nom de sa circonscription, mais, grâce à lui, j'ai un auditoire attentif. Je pense que c'est la première fois que je suis en plein discours et que je vois tout le monde entrer à la Chambre pour l'écouter. Je remercie donc mon collègue.
    J'étais en train de parler de l'infraction que constituerait le fait d'intimider pour empêcher ou entraver l'accès à des lieux de cultes. Faire ça, ce n'est pas acceptable. C'est un manque de respect et ça crée des frustrations, qui vont ensuite engendrer des gestes de violence, bien souvent. Alors, on doit s'attaquer à cette problématique. Évidemment, il faut toutefois permettre les manifestations. Nous y tenons au Bloc québécois, nous sommes très attachés à ces valeurs de droits et de libertés.
     Je vois que certains de mes collègues commencent à sortir. Je dois être un peu plus ennuyant que je l'étais. Je m'en excuse.
     Nous sommes attachés à la liberté de circuler, la liberté de parler, et la liberté de penser. Des gens qui manifestent devant des endroits publics, nous n'avons rien contre ça. Nous pensons que, d'une certaine façon, c'est une belle expression de la démocratie quand c'est fait avec respect. Cependant, entraver l'accès, par exemple manifester devant une église pour empêcher les gens qui fréquentent cette église d'y aller, ou les intimider pour leur enlever le goût d'y revenir, ça, c'est irrespectueux et ce n'est pas acceptable. Le projet de loi C‑9 s'attaque à ce problème.
     Il y a aussi la question des infractions au Code criminel qui sont commises et qui sont en plus motivées par la haine. On doit faire quelque chose avec ça. Le projet de loi C‑9 s'y attaque. Les peines pourront être alourdies jusqu'à 10 ans de plus. Alors, commettre un vol ou une autre infraction au Code criminel, c'est une chose. Il y a des sanctions prévues. Il y a un certain nombre d'éléments de preuve qui doivent être fournis pour chacune de ces infractions. Par contre, si on est en mesure d'établir que l'infraction en question a été commise en plus pour des motifs haineux, alors la peine pourra être alourdie de façon conséquente et importante.
     Malheureusement, je pense que c'est une bonne chose. Je dis que c'est malheureux parce que, comme probablement la plupart d'entre nous, je souhaiterais que nous n'ayons jamais à faire ça ou à nous préoccuper de ce problème. C'est parce que nous devrions vivre dans une société où personne ne commet de crimes, premièrement, et deuxièmement, où quand quelqu'un en commet, il faudrait que ce ne soit surtout pas pour des motifs haineux qui ne sont pas acceptables dans notre société. Alors, ce sont toutes des choses importantes que nous accueillons avec beaucoup de plaisir, quoique ce ne soit pas le bon mot. Nous sommes bien d'accord avec ça.
    Parce que nous trouvions que le projet de loi C‑9 était incomplet et comportait certaines lacunes, le Bloc québécois a proposé certains amendements. Nous sommes heureux de constater que le ministre, après discussion, en est venu à la conclusion que ça avait du sens. Il y a des amendements qui ont été proposés et qui ont été adoptés.
     Le premier, c'est de rétablir le consentement préalable du procureur général avant d'intenter des procédures pour ces dispositions sur les crimes haineux. Quand on parle de haine, on parle d'un certain nombre de choses qui découlent souvent de la frustration, due souvent au manque de respect et, de fil en aiguille, on en vient à des situations où les parties sont à l'opposé l'une de l'autre de façon plutôt sanguine, disons. Sans cette obligation d'obtenir le consentement du procureur général, on risquerait de se retrouver avec des procédures qui pourraient avoir peu de chances de succès ou qui pourraient, à la rigueur, devenir des poursuites frivoles. On ne veut pas ça.
    Alors, je pense qu'on a besoin d'une certaine rigueur, d'un certain calme et d'une certaine sagesse quand on veut traiter de ces infractions motivées par la haine. Moi, j'aime bien penser qu'il y a des gens au bureau du procureur général qui vont veiller au grain. C'est un amendement du Bloc québécois qui visait à enlever du projet de loi C‑9 l'abolition du consentement préalable du procureur général. Cela va donc demeurer en place et va assurer une gestion diligente et raisonnable de toute cette question.
(2305)
    Il y a ensuite la définition de la haine. Il y avait une définition dans le projet de loi C‑9 qui nous apparaissait un peu boiteuse. En fait, c’était une espèce d’exercice consistant à reprendre la décision de la Cour suprême dans l’arrêt Keegstra en modifiant quelques mots pour essayer d’obtenir un libellé un peu plus sexy ou jazzy.
    Je pense que c’était une mauvaise idée. Nous avons demandé qu'on s'en tienne à la définition prévue par la Cour suprême dans l’arrêt Keegstra, et le ministre de la Justice a accepté de le faire. Nous avons donc modifié le projet de loi C‑9 pour retenir le texte mot à mot proposé par la Cour suprême. Cela nous évitera des déboires judiciaires, des décisions qui retarderaient l’application de la loi, voire qui pourraient entraver ou annuler certains procès.
    Finalement, il y a la question dont on parle depuis tantôt. Quand on parle du projet de loi C‑9, j’ai l’impression qu’on ne parle que de ça. On constatera que j’ai attendu avant d'en parler, parce que je me suis tellement souvent exprimé là-dessus que tout le monde sait ce que j’en pense. Je parle de la question de l’exception religieuse.
    Le Code criminel s’attaquait déjà à la haine, aux infractions haineuses, à la propagande haineuse et à l’antisémitisme à l’article 319 du Code criminel. Or, il y avait un anachronisme en raison d'un paragraphe de cet article. Je n'ai pas le texte devant moi, mais je crois qu'on y indique qu'une personne ne sera pas déclarée coupable à ces infractions si on peut prouver qu'elle a propagé la haine de bonne foi en se basant sur un texte religieux auquel elle croit.
    Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Comment peut-on propager la haine de bonne foi? Ça m'apparaît antinomique. Le Canada a consacré lui aussi la liberté de religion, comme le Québec. Dans un État qui se veut laïc, comment peut-on dire qu’une personne peut tordre et torturer des textes religieux pour leur faire dire des choses servant à propager la haine, et qu'il s'agit d'une bonne défense? Je regrette, mais ça m’apparaît inacceptable.
    Nous en sommes venus à un compromis avec le ministre de la Justice, parce que des gens ont quand même fait beaucoup de propagande contre l'abolition de l'exception religieuse en prétendant que les gens ne pourraient plus lire la Bible, le Coran ou la Torah. Je trouve cela désagréable, parce que des citoyens, par naïveté ou parce qu’ils ont fait confiance à des élus auxquels ils croyaient, ont accepté cette idée et ont aujourd’hui une certaine crainte relativement au projet de loi C‑9.
    Nous avons ajouté le paragraphe 319(2), qui prévoit que le Code criminel n’a « pas pour effet d’interdire à une personne de communiquer une déclaration sur une question d’intérêt public, y compris une déclaration de nature éducationnelle, religieuse, politique ou scientifique faite dans le cadre d’une discussion, d’une publication ou d’un débat, si, ce faisant, elle ne fomente pas volontairement la haine contre un groupe identifiable [...] [ou] ne fomente pas volontairement l’antisémitisme en cautionnant, en niant ou en minimisant l’Holocauste ».
    Ça indique clairement qu’une personne peut faire une déclaration de nature religieuse dans la mesure où elle ne le fait pas dans le but de propager la haine. Ça m'apparaît être un compromis acceptable.
    Je vais m’arrêter là. Je sens que mon temps de parole est écoulé. Ça m'a fait plaisir de m'adresser à la Chambre au sujet de cette question.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député du Bloc met vraiment en évidence la nécessité d’adopter un projet de loi de cette nature. Malheureusement, il y a trop de gens dans la société qui veulent jouer un rôle destructeur en ce qui concerne les tensions et les comportements raciaux. La haine qui règne est bien réelle. C'est l'une des raisons pour lesquelles je pense qu'il est très important que ce projet de loi soit adopté. Au cours des dernières années, j'ai constaté qu'une certaine frange de la société s'est enhardie, et nous assistons à une recrudescence de comportements racistes et de haine qui sont inacceptables. Je pense que le projet de loi changerait les choses.
    Mes amis conservateurs devraient se rendre compte qu'il n'aurait aucune incidence sur la liberté de religion. Je me demande si le député peut nous dire ce qu'il pense de la question de la liberté de religion.
(2310)

[Français]

    Monsieur le Président, je l’espère moi aussi. Je souhaiterais qu’un projet de loi comme celui-ci puisse être adopté à l’unanimité.
    Je l’ai déjà dit et je le répète, ça fera 11 ans à l'automne que je siège à la Chambre, et je n’ai rencontré aucun député qui était de mauvaise foi. Je suis en profond désaccord avec bon nombre d’entre eux sur bien des questions, mais je pense que chacun défend ses points de vue de bonne foi parce qu’il y croit vraiment.
    Je fais également confiance à l’intelligence de tout le monde et je pense que, en lisant attentivement les dispositions du Code criminel sur la haine et sur l’exception religieuse, on devrait assez facilement en venir à la conclusion qu’il faut avancer et se débarrasser de cette disposition archaïque qui nous empêche d’aller de l’avant.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola.
    Avant de commencer, je tiens à rendre hommage à Joan Loehr, une résidante éminente de Kamloops—Thompson—Nicola. Sa famille et elle ont beaucoup donné à la communauté. Elle laisse dans le deuil ses enfants Geoffrey, Regan, Kent, Joel, Jarett et Mary. Que la lumière éternelle brille sur elle.
    Le député de Winnipeg‑Nord vient de parler de la liberté de religion. Il a dit qu'il n'y aura aucune incidence sur les droits et les discours religieux. Mon collègue a parlé de l'intention du législateur. La Cour suprême du Canada s'est penchée sur la question de l'intention du législateur — il me semble que c'était cette année — dans une affaire où le Parlement avait clairement exprimé la volonté que la loi reflète cet objectif. Cette question avait été débattue et intégrée dans un amendement, et pourtant, la Cour suprême a tranché autrement.
    Dans ce contexte, l'incertitude que ce projet de loi créerait pose problème. Qu'en dit le député?

[Français]

    Monsieur le Président, c'est plutôt clair. Personne n'est capable de me dire que ça se peut, propager la haine de bonne foi, que ça se peut, prendre un texte religieux et lui faire dire que la haine est une bonne chose; la haine des juifs, la haine des musulmans, la haine des chrétiens, la haine des catholiques, la haine des Noirs, la haine des Blancs, la haine de Dieu sait qui. Tout ça est possible, mais peut-on s'entendre pour dire que c'est de la mauvaise foi? Propager la haine de bonne foi, c'est impossible. Le faire en se basant sur un texte religieux, c'est encore plus impossible.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours et de tout son travail dans le cadre de l'étude de ce projet de loi, qui a requis beaucoup d'efforts, d'écoute et de conciliation. Pour ma part, j'étais heureux d'être présent à son discours du début à la fin.
    Je veux entendre les commentaires de mon collègue sur les amendements que le Bloc québécois a réussi à faire adopter dans le cadre de l'étude du projet de loi C‑9, notamment sur celui qui vise à rétablir le consentement du procureur général pour entamer les poursuites pour l'infraction de fomenter la haine. Pourquoi est-ce important d'obtenir ce gain-là?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Gaspésie—Les Îles‑de‑la‑Madeleine—Listuguj, qui a toujours des questions judicieuses. C'est toujours un plaisir de travailler avec lui.
    La question du consentement préalable du procureur général est importante, parce qu'on veut éviter les dérives et les abus. Le projet de loi C‑9 vise à éviter certains abus de nature haineuse. On va essayer de le faire en évitant que les poursuites sur cette question soient exagérées ou servent peut-être à monter des groupes les uns contre les autres. Plutôt que de laisser les gens intenter les poursuites sans balise, on a le procureur général qui est un expert en la matière, qui va être en mesure de baliser les poursuites judiciaires et de s'assurer qu'on ne vise que les situations qui contreviennent de manière évidente aux dispositions du Code criminel.
(2315)

[Traduction]

    Monsieur le Président, la position du Bloc me préoccupe, et j'espère que le député pourra m'éclairer un peu à ce sujet.
    Un des exemples que les députés du Bloc ont sans cesse invoqué pour défendre la suppression de l'exemption de bonne foi, c'est celui de M. Charkaoui, qui a été condamné à juste titre pour incitation à la haine contre les Juifs au Québec. Le député a parlé de lire attentivement la loi, et, s'il lisait attentivement le Code criminel, il verrait que ce type d'activité est déjà interdit. Ce n'est pas parce que l'exemption religieuse figure maintenant dans la loi que la police n'a pas pu porter d'accusations. C'est parce que la police a choisi de ne pas le faire.
    Je ne comprends pas pourquoi le Bloc n'a cessé de citer cet exemple, dont il a été démontré qu'il n'avait aucun rapport avec la défense fondée sur la bonne foi.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Il soulève un bon point. La situation d'Adil Charkaoui, à l'époque, a choqué tout le monde au Québec, et probablement même partout au Canada. Je n'ai pas le texte devant moi, mais cet individu a utilisé des textes bibliques pour dire quelque chose qui ressemblait à ceci: Seigneur, élimine tous les ennemis d'Allah, n'en épargne aucun. C'était manifestement une incitation à la haine contre les Juifs. Cependant, il n'y a pas eu de poursuite du procureur général dans ce dossier. On dirait que mon collègue a des informations que je n'ai pas. Il semble savoir pourquoi il n'y a pas eu de poursuite. Moi, je ne le sais pas.
    Je sais une chose, par contre. J'ai pratiqué le droit pendant 30 ans avant d'être au Parlement et je sais une chose. Des dossiers au bureau du procureur de la Couronne, il y en a un bon nombre. Avant de décider d'attribuer des dossiers à un avocat pour lui dire d'intenter un recours, le directeur du bureau va regarder s'il y a des chances raisonnables de succès ou pas. Il va se demander s'il s'engage dans une affaire qui n'a pas d'allure ou si ça a du sens.
    Dans le cas de Charkaoui, si j'avais été le directeur du bureau de la Couronne à ce moment-là, c'est clair que, avec un texte comme celui qu'on retrouve à l'alinéa 319(3)b) du Code criminel, qui permet la propagation de la haine lorsqu'elle est faite de bonne foi en se basant sur un texte religieux, j'aurais probablement dit que mes chances de succès sont à peu près nulles et je n'aurais pas donné de temps à perdre à des avocats sur un tel dossier.

[Traduction]

    Uqaqtittiji, je me réjouis que le député ait évoqué l'importance de rétablir l'obligation d'obtenir le consentement du procureur général avant de donner suite à des accusations. Je me demande s'il pourrait expliquer à la Chambre pourquoi ce contrôle est si important, d'autant plus qu'on nous dit, au cours des débats, que les conservateurs font ceci et les libéraux font cela. Pourrait-il préciser pourquoi il est si important de s'assurer du consentement du procureur général et en quoi un contrôle approprié est particulièrement important dans ce type de mesure législative?

[Français]

     Monsieur le Président, je l'ai dit à l'instant et je ne veux pas me répéter, mais ça m'apparaît important d'avoir des balises. Nous travaillons avec des concepts qui sont explosifs. La haine fait exploser des colères sur Internet, dans la rue, dans les écoles, et un peu partout. Nous voulons essayer de nous attaquer à la haine. Bon Dieu, faisons-le avec une certaine sagesse et gardons cette balise, cette gestion générale, qu'on remet à un expert, en l'occurrence le procureur général. Ça m'apparaît être la façon la plus sage et la plus efficace de nous attaquer à cette problématique.
    Nous avons juste assez de temps pour une très courte question.
    L'honorable députée de Shefford a la parole.
    Monsieur le Président, je vais être brève. J'ai bien écouté mon collègue. Juge-t-il que, les amendements proposés en comité, ce sont vraiment les éléments pour s'assurer que le projet de loi s'attaque vraiment à ces discours haineux qui ne devraient pas avoir lieu? Juge-t-il que nous avons la ceinture pour bien attacher tout ça?
    Monsieur le Président, je vais d'abord remercier ma collègue de sa question et du travail important qu'elle fait ici, notamment au sujet de la condition féminine et des aînés. Son travail est précieux.
    Je garde effectivement espoir à propos du fait que le projet de loi C‑9 va nous aider à lutter contre ce fléau, cette gangrène, comme je le disais tantôt, que constitue la haine dans notre société.
(2320)

[Traduction]

     Je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet du message du Sénat sur le projet de loi C‑9, Loi visant à lutter contre la haine. D'entrée de jeu, je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à l'élaboration et à l'étude du projet de loi: le ministre de la Justice, les députés et les sénateurs de tous les partis qui ont participé au débat, les témoins qui ont comparu devant le comité, ainsi que les représentants d'organismes communautaires, les chefs religieux, les juristes, les défenseurs des droits et les Canadiens qui ont relaté leur expérience et donner de leurs points de vue tout au long du processus.
    Aujourd'hui, nous étudions un message du Sénat qui comprend un amendement au projet de loi C‑9. Le gouvernement appuie cet amendement. J'y reviendrai dans un instant. Je pense que nous devrions d'abord nous rappeler la raison d'être du projet de loi. Au fond, il porte sur des enjeux fondamentaux. Il vise à protéger l'ensemble des Canadiens contre la haine et à garantir que chacun ait le droit de pratiquer sa religion, de se réunir dans un centre communautaire, de se rendre dans un camp d'été axé sur la religion, de vénérer qui il souhaite et d'être la personne qu'il veut être, et ce, en toute sécurité.
    Nous sommes un pays empreint de diversité. Dans Toronto‑Centre comme partout au pays, on trouve des gens de toutes les confessions religieuses, des gens de toutes sortes d'origines, de cultures, d'ethnies, d'identités et de convictions. Cette diversité, il faut la célébrer. Cette diversité, elle fait notre force. Elle enrichit notre société, nos économies et nos valeurs tout en confortant notre ouverture. La tolérance fait partie de notre identité. Néanmoins, il faut regarder les choses en face: une vague de haine inouïe déferle. Pensons notamment à la multiplication aussi cruelle que disproportionnée des attaques antisémites depuis deux ans. Quoique les Juifs en particulier soient pris pour cible, toutes les formes de haine gagnent du terrain.
    Il importe d'ailleurs de mettre un nom sur les formes de haine. Le fait de nommer l'antisémitisme, l'islamophobie, l'homophobie ou le racisme anti-Noirs ne diminue aucunement la douleur d'autrui. Le fait d'en nommer une ne minimise pas l'importance des autres, pas plus qu'il ne les amalgame. Nommer les formes de haine, c'est mettre en lumière les groupes, les personnes et les familles qui les subissent indûment.
    Partout au pays, les Canadiens voient des individus s'en prendre à des lieux de culte, proférer des menaces à l'endroit de groupes confessionnels ou de communautés culturelles, faire de l'intimidation, prendre part à des manifestations haineuses ou harceler des particuliers donnés. À l'entrée du Temple Emanu‑el, la synagogue où j'ai passé mon enfance, où j'ai célébré ma bar-mitsva et où j'ai fait ma confirmation, un endroit que je fréquentais la paix au cœur, comme le font encore d'innombrables familles, les portes vitrées ont été criblées de 20 balles. Il y avait des gens à l'intérieur, mais par la grâce de Dieu, personne n'a été blessé.
    C'est ce qui se produit dans bien des synagogues au pays. Nous le savons, et c'est l'une des principales raisons d'être du projet de loi C‑9. Il est très triste que nous soyons obligés d'en arriver là au Canada, mais c'est ainsi, et nous le faisons pour les personnes qui sont directement touchées. Je leur ai parlé. Je les connais. Ce sont des membres de ma propre famille. Ces incidents ne sont pas que de simples statistiques. Les gens ont peur. Ils sont anxieux. Ils nous demandent ce que va faire le gouvernement pour les protéger. Ils se sentent vulnérables. Ils veulent une loi pour protéger leurs centres communautaires, leurs écoles et leurs lieux de culte, et nous devons veiller non seulement à ce qu'ils soient entendus, mais aussi à ce que des mesures soient prises à cet égard.
    C'est l'objet de ce projet de loi, car aucun Canadien ne devrait vivre dans la peur. Aucun Canadien ne devrait être intimidé lorsqu'il se rend dans une synagogue, une mosquée, une église, un temple, un centre communautaire ou un rassemblement culturel où les gens pratiquent leur foi ou célèbrent leur patrimoine.
    Je suis allé récemment à Québec avec des collègues, et nous nous sommes rendus à la mosquée qui a été la cible d'une fusillade. Nous avons rencontré deux survivants. Ils avaient encore des balles dans le corps. Ils se souviennent de cet acte tragique d'islamophobie et vivent avec ces blessures. Aujourd'hui, ce sont les attaques antisémites qui sont en hausse, et à l'époque, c'étaient des attaques islamophobes. Il y a parfois eu des attaques contre la communauté 2ELGBTQ. Tout récemment, nous avons souligné l'anniversaire de l'attaque dans la boîte de nuit où tant de membres de cette communauté ont été massacrés.
(2325)
    Le projet de loi C‑9 répond à ces réalités tragiques. Il créerait de nouveaux outils importants dans le Code criminel pour lutter contre les comportements motivés par la haine et pour mieux protéger les communautés et les gens, les familles et les enfants qui sont visés par de tels comportements alors qu'ils souhaitent simplement vivre leur vie dans notre grand pays.
    Entre autres mesures, le projet de loi érigerait en infraction l'obstruction de l'accès aux lieux principalement utilisés par un groupe identifiable ainsi que l'intimidation de personnes qui cherchent à accéder à ces lieux. Aujourd'hui, quand on se rend dans une synagogue, on voit des voitures de police tout autour.
    Des voix: Oh, oh!
    Evan Solomon: Monsieur le Président, les députés de l'opposition piaillent. Qu'ils viennent donc à la synagogue où je me trouvais pour y piailler. Les gens qui la fréquentent ont peur. Grâce au projet de loi, ce ne serait plus le cas. Ce n'est pas un slogan, et ce n'est pas un sujet qui doit diviser ou servir à marquer des points. Il s'agit d'appuyer un projet de loi qui protégerait les gens et qui préviendrait la peur et d'intimidation.
    Le projet de loi créerait de nouvelles infractions à caractère haineux qui pourraient s’appliquer lorsqu’une infraction criminelle motivée par la haine est commise contre un groupe identifiable. Cela reflète une triste réalité, à savoir que les crimes motivés par la haine ne causent pas seulement du tort aux victimes individuelles, car ils envoient aussi un message à l’ensemble de la communauté. Ils suscitent la peur, ils créent un climat d’intimidation et ils font en sorte que des communautés se sentent prises pour cible. Lorsqu’une personne commet un crime motivé par la haine contre un groupe religieux, une communauté ethnique ou tout autre groupe identifiable, les répercussions vont bien au-delà de la victime individuelle. Le projet de loi C‑9 reconnaît cette réalité et veillerait à ce que notre droit pénal tienne compte des répercussions plus vastes que peuvent avoir les crimes motivés par la haine.
    Le projet de loi vise également l'affichage public de symboles haineux utilisés pour inciter à la haine, tels que les symboles d'organisations terroristes répertoriées. Ces symboles sont depuis longtemps associés à la terreur et à l'intimidation, à la persécution et à la discrimination, et ils ont été utilisés tout au long de l'histoire pour menacer, terroriser et déshumaniser.
    En ce qui concerne l'objectif du projet de loi, soyons clairs et ne le déformons pas pour gagner du capital politique. Je sais que, comme tout le monde ici, mes collègues de l'opposition souhaitent, en toute bonne foi, protéger les Canadiens. Nous ne cherchons pas à réglementer ou à restreindre le débat légitime. Nous ne cherchons pas non plus à limiter les divergences politiques. En fait, nous défendons cela chaque jour. Nous ne voulons pas non plus restreindre les discours académiques ou l'expression religieuse. Ceux-ci sont protégés. La liberté de religion est protégée en vertu de l'article 2 de la Charte. Les Canadiens restent libres d'exprimer leurs opinions, d'être en désaccord les uns avec les autres et de participer au débat public. Ce projet de loi vise plutôt les comportements qui incitent à la haine et cherchent à intimider ou à cibler des communautés, et ces aspects sont importants.
    Le Sénat a proposé un amendement visant à inclure le nœud coulant parmi les symboles de haine visés par le projet de loi. Nous soutenons cet amendement, car il n'est pas question, au fond, de limiter les libertés religieuses. Nous avons le droit, garanti par la Charte, de pratiquer nos croyances religieuses sincères, mais pas de susciter la haine ou d'inciter à la violence, et nous avons le droit d'être protégés lorsque nous nous retrouvons face à des propos incitant à la haine ou promouvant la violence à l'endroit d'un autre groupe identifiable, quel que soit l'endroit où cela se produit.
    Le projet de loi C‑9 est nécessaire. Il est urgent, car il protège nos citoyens, nos communautés et nos écoles de façon très précise et ciblée, sans restreindre la liberté d'expression ou la liberté d'expression religieuse. Il protège les communautés qui se sentent menacées.
    Mes collègues de l'opposition disent qu'ils veulent protéger toutes les communautés. Ils ont maintenant l'occasion d'agir rapidement dans ce dossier.
    Monsieur le Président, tous les députés veulent lutter contre l'antisémitisme, l'islamophobie et la haine sous toutes ses formes. Ce qui nous préoccupe, c'est que le projet de loi est symbolique et ne fait qu'ajouter des mots dans un domaine où il y en a déjà trop.
    Le ministre peut-il me dire qui l'on pourra arrêter après l'adoption du projet de loi C‑9 que l'on ne peut pas arrêter en ce moment, et en quoi cela permettra d'éliminer l'islamophobie, l'antisémitisme et la haine, comme il le prétend.
(2330)
     Monsieur le Président, il faut faire preuve de bon sens. Il ne s'agit pas que des mots; ce projet de loi deviendrait une loi.
    C'est là la mesure la plus importante qu'un gouvernement puisse prendre, c'est-à-dire examiner très sérieusement la mesure législative et la modifier afin d'assurer la sécurité des citoyens dans les lieux de culte et les établissements scolaires. En ce qui concerne l'affichage de symboles haineux, une nouvelle catégorie a également été créée. Elle permettrait de donner des orientations à la police en cas d'obstruction ou d'intimidation devant les écoles, les universités, les centres communautaires et les lieux de culte.
    La députée sait bien qu'il ne s'agit pas là de simples mots. Ce serait la loi.

[Français]

     Monsieur le Président, aucune personne ne devrait se sentir en danger à cause de qui elle est, de sa pratique religieuse ou de son lieu de culte. Malheureusement, au Canada, nous avons constaté une augmentation des crimes haineux et plusieurs organismes, dont des organismes de défense de droits de la personne, nous appellent à agir. Devant une telle situation, je crois que la population s'attend à ce que nous élevions le niveau du débat et que, comme parlementaires, nous travaillions ensemble.
    J'aimerais donc demander à mon collègue pourquoi, comme parlementaires, nous devrions laisser la partisanerie de côté dans un débat si important pour nous assurer de pouvoir adopter cette importante mesure législative d'ici la fin des travaux parlementaires.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député du travail qu'il accomplit pour rassembler les communautés et assurer leur sécurité.
    Il est extrêmement important que nous ayons un débat approfondi et équitable sur la façon dont nous protégeons les communautés. Cependant, ce n'est pas le moment de semer davantage la division. Ce n'est pas le moment de faire obstacle aux lois de protection que les dirigeants de ces communautés et l'opposition prétendent vouloir protéger. Le projet de loi C‑9 est exactement ce que les communautés demandent, c'est-à-dire des lois qui les protègent, elles et leurs lieux de culte, et qui donnent à la police des lignes directrices sur la façon de les protéger.
    Ce n'est pas le moment de semer la division ni de dresser les Canadiens les uns contre les autres en répandant de fausses idées sur ce que ferait le projet de loi. Le projet de loi est clair. Il protégerait non seulement la liberté de religion, mais aussi les communautés. Il est temps de voter pour protéger les communautés et d'écouter leurs dirigeants.
    Monsieur le Président, je suis heureux que le ministre soit parmi nous. Nous avons travaillé ensemble dans le milieu des médias au Canada , et je m'entends bien avec lui.
    Cela dit, le bilan de son gouvernement au chapitre des libertés civiles et de la liberté d'expression ne pourrait pas être plus accablant. Le ministre évoque notamment les horreurs vécues par la communauté juive, et je partage ses préoccupations. J'ai d'ailleurs moi-même tiré la sonnette d'alarme lorsque des lacunes ont été constatées dans l'application des lois en vigueur. Inciter au génocide est illégal. Empêcher une personne d'accéder à un lieu de culte est illégal. Menacer de violence ou de causer du tort l'est tout autant.
    Si les lois existantes ne sont pas appliquées, qu'est-ce qui fait croire au ministre que celles-ci le seront?
    Monsieur le Président, il est toujours bon d'entendre mon collègue de l'opposition, qui, je le sais, a longuement réfléchi à l'équilibre entre la sécurité et les libertés civiles. C'est précisément le rôle de cette Chambre: débattre franchement de ces enjeux et définir où se situe cet équilibre.
    Malheureusement, trop souvent de nos jours, les gens de différentes communautés, qu'il s'agisse des juifs dans les synagogues, des musulmans dans les mosquées et des membres de la communauté 2ELGBTQ, ne sont pas protégés. Il nous faut donc de nouvelles lois bien conçues pour protéger à la fois les libertés et les gens.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole au nom des citoyens de Longueuil—Saint‑Hubert. Il y a des journées à la Chambre qui sont remplies de procédure et de routine, et il y a des journées comme celle-ci, où le Parlement fait exactement ce pour quoi il existe. Ce sont des moments qui donnent tout son sens à la fonction que nous occupons. Mes collègues ont expliqué les mécanismes du projet de loi C‑9. Je vais consacrer mon temps de parole à la réalité qu'il vient reconnaître.
    Commençons par dire les choses simplement: la haine est réelle au Canada. Elle existe aujourd'hui, en 2026, dans nos milieux de travail, dans nos écoles, dans nos lieux de culte, dans nos quartiers. Les données de Statistique Canada le confirment année après année: les crimes haineux déclarés à la police ont augmenté de façon marquée. Des synagogues sont visées, des mosquées sont visées et des personnes sont ciblées pour leurs origines, leur foi, leur orientation ou leur identité de genre. Parmi les groupes les plus touchés, il y a constamment les Canadiens noirs.
    Je vais parler de ces communautés qu'on cible. Les communautés noires font partie du tissu de ce pays depuis ses débuts. Elles ont contribué à le bâtir, à le défendre, à le soigner, à l'enseigner.
    Au Québec, la communauté haïtienne s'est enracinée depuis plus de 60 ans. Elle a donné des infirmières et des médecins qui ont porté notre système de santé à bout de bras. Elle a donné des enseignants, des entrepreneurs, des artistes et des élus à la Chambre et à l'Assemblée nationale. Pourtant, ces mêmes communautés vivent une double réalité que ce Parlement doit avoir le courage de nommer. Les Canadiens noirs sont surreprésentés dans nos prisons. Les rapports du Bureau de l'enquêteur correctionnel les documentent depuis des années. En même temps, ils sont surreprésentés parmi les victimes: victimes des crimes haineux, victimes d'intimidation, victimes des gestes conçus pour rappeler qu'ils seraient toujours regardés autrement.
    Le projet de loi C‑9 dit à cette communauté et à toutes les communautés ciblées par la haine que, quand on est visé, la loi le voit. L'amendement sur le nœud coulant en est l'expression la plus claire. Ce symbole porte une histoire de terreur que toutes les familles noires connaissent sans qu'on ait eu besoin de la leur enseigner. Quand il apparaît sur un chantier ou dans un vestiaire — et il apparaît encore —, son message est compris en une seconde. Jusqu'à maintenant, la victime qui signalait ces gestes s'est heurtée à un labyrinthe juridique. Désormais, le droit canadien dira clairement que ce symbole utilisé pour intimider ou promouvoir la haine est une infraction. Confronter la haine anti-Noirs, ça veut dire la nommer. C'est exactement ce que fait cet amendement.
    Je vais souligner d'où vient cet amendement: le Sénat. Ce sont des sénatrices et des sénateurs qui ont écouté leur communauté, qui ont étudié ce projet de loi avec rigueur et qui ont vu que nous pouvions le renforcer. Je les remercie. C'est notre système parlementaire à son meilleur: deux chambres qui se complètent pour produire une meilleure loi.
    L'infraction autonome de crime haineux, au cœur du projet de loi dès le départ, termine ce travail. La haine prend des formes qui ne laissent aucun symbole derrière elles: des menaces, de la violence, de l'intimidation répétées. Cette infraction donne au système judiciaire les outils pour poursuivre ces actes pour ce qu'ils sont: des accusations. Pour les victimes, peu importe leur communauté, le calcul change: signaler en vaudra la peine.
    Aucune loi ne règle à elle seule des décennies d'inégalité. Ce que cette loi peut faire, elle le fait. Elle reconnaît une souffrance longtemps vécue sans être nommée et elle dit aux Canadiens noirs et haïtiens, ainsi qu'à toutes les communautés que la haine a touchées, que leur gouvernement voit ce qu'ils vivent et le prend au sérieux.
(2335)
    Les symboles utilisés pour promouvoir volontairement la haine n'ont pas leur place au Canada. Voter pour ce projet de loi sera l'un des votes dont je serai le plus fier à la Chambre.
    J'invite tous mes collègues de tous les partis à le faire avec moi.
(2340)

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola. Avant de commencer, je tiens à rendre hommage à Hafiza Zalmay et à la féliciter d'avoir obtenu son baccalauréat en administration des affaires. Son mari et elle sont originaires d'Afghanistan. C'est une grande réalisation et j'adresse donc mes meilleurs vœux à Mme Zalmay.
    Mon collègue fait partie d'un gouvernement déterminé à faire adopter ce projet de loi. Tout le monde veut protéger les gens et leurs institutions religieuses, mais comme ma collègue de Nanaimo—Ladysmith vient de le souligner, alors que j'écoutais le discours du ministre, c'est exactement la même chose. À l'heure actuelle, personne ne peut empêcher quelqu'un d'entrer dans un lieu de culte sans enfreindre la loi. Oserais-je dire qu'il n'y a pas grand-chose dans ce projet de loi qui, si quelqu’un le faisait, ne constituerait pas déjà une infraction à la loi?
    Cependant, il y a tellement d'éléments controversés. Pourquoi les libéraux insistent-ils sur ce point alors que les défenseurs de la liberté d'expression et des libertés civiles ont mis en garde contre les dangers potentiels...
    Je dois interrompre le député.

[Français]

    Je dois donner la chance au député de répondre.
     Monsieur le Président, c'est une question étonnante venant de mon collègue, qui est avocat. Le projet de loi C‑9 vise justement à mieux protéger les Canadiens contre la haine et l'intimidation, qu'ils soient noirs, musulmans, des personnes juives ou issues de toute autre communauté.
     Tous méritent de vivre en sécurité, dans le respect et surtout dans la paix et la tranquillité. C'est ça, la loi.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    J'entends dans son discours, comme dans celui de son collègue libéral qui le précédait, un certain attachement à la liberté de religion, et j'en suis. Au Bloc québécois, nous y sommes aussi attachés. Je voudrais savoir ce qu'il pense de la question.
    À son avis, doit-on continuer de protéger la liberté de religion et s'assurer que l'État ne met pas le nez dans ces questions, entre autres comme on l'a fait au Québec avec la Loi sur la laïcité de l'État?
    Cela lui semble-t-il important? Est-il attaché à la liberté de religion autant qu'on l'est au Bloc québécois?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Je lui répondrai que non. Je suis attaché à la liberté tout court. Quand il s'agit de la liberté d'expression, on dit que, quand on n'a plus rien à dire, on se tait.
    De plus, il est vraiment étonnant que ce soit mon collègue du Bloc québécois qui me pose cette question, alors que son parti a récemment proposé de sortir les Québec du cadre du multiculturalisme, à moins que mon collègue soit en décalage avec son parti.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais citer Joseph Neuberger, qui a fait publier un article dans un des journaux de Toronto. Je le cite: « Je m'exprime en tant que criminaliste ayant plus de 32 ans d'expérience et en tant que président de l'Association canadienne du droit juif. » Il a apporté la précision suivante: « La liberté de religion au Canada est fermement protégée par la Charte. Cette protection est bien établie et robuste. Le projet de loi C-9 n'affaiblit pas ce principe ».
    Mon collègue ne convient-il pas qu'il y a beaucoup de mésinformation qui nuit à tous les Canadiens en raison de son caractère assurément trompeur?

[Français]

    Monsieur le Président, je siège au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration. Parfois, je vois ce qui se passe au Comité en provenance de mes collègues conservateurs. C'est l'amalgame. Ils disent des choses qui nuisent vraiment à la cohésion sociale. Parfois, j'ai donc l'impression que je ne suis pas au Canada, parce qu'au Canada, c'est ça: il y a la liberté d'expression.
    Mon collègue du Bloc québécois vient de me demander si je suis pour la liberté de la religion. Moi, je suis pour tout ce qui a trait à la liberté, du moment que ça respecte tout le monde et que ça ne heurte personne, du moment que ça ne nuit pas à la cohésion sociale.

[Traduction]

    Monsieur le Président, bien qu'il soit tard, c'est toujours un privilège de prendre la parole à la Chambre, surtout sur une question aussi importante.
    Je prends toutefois la parole le cœur un peu lourd, car je me rends compte que ce sera probablement la dernière fois que je pourrai m'exprimer de manière approfondie sur ce projet de loi et faire part de mes préoccupations concernant, tout d'abord, la manière autoritaire dont le gouvernement a mené ce débat. Il est regrettable que le gouvernement ait décidé de mettre fin au débat à peine quelques minutes après qu'il ait commencé. L'ironie de couper court au débat et de le censurer sur un projet de loi qui traite de la liberté d'expression ne m'échappe pas, pas plus qu'elle n'échappe aux Canadiens.
     Je tiens à dire d'emblée que je comprends l'objectif louable qui sous-tend le projet de loi C‑9. Je pense que c'est un objectif soutenu par tous les députés à la Chambre. C'est certainement mon cas. Cependant, nous savons ce que l'on dit des bonnes intentions et de l'endroit qu'elles pavent. L'objectif louable, bien sûr, est l'élimination des discours et des comportements haineux dans notre société. Nous partageons tous le même but.
    Après 11 ans, les Canadiens ne font tout simplement pas confiance au gouvernement libéral pour préserver et protéger leurs libertés. C'est tout le contraire. Il existe des antécédents et une tendance qui justifient la méfiance que nourrissent les croyants partout au Canada. On a imposé un critère idéologique pour déterminer l'admissibilité à du financement pour les emplois d’été, ce que je n’ai pas oublié, et je ne pense pas que les communautés chrétiennes, juives ou musulmanes partout au Canada l’aient oublié non plus. Il y a eu la suppression, ou la proposition de suppression, du statut d’organisme de bienfaisance pour les organisations qui défendent et font la promotion de la vie. Les députés ministériels défendent toujours ces positions.
    Je signale que je vais partager mon temps de parole.
    Au cours des délibérations du Sénat, le professeur Haskell a déclaré: « Nous avons observé que, quand les gouvernements libéraux ont promis que les chrétiens pratiquants ne seraient pas lésés par de nouvelles lois, ils n’ont pas tenu leur promesse. » L'histoire nous a appris à ne pas croire le gouvernement libéral lorsqu'il dit: « Faites-nous confiance. »
    C'est pourquoi le projet de loi C‑9 a rassemblé les chrétiens de toutes les confessions, de l'Église Unie à l'Église catholique, en passant par l'Église anglicane et les églises évangéliques partout au Canada. Or, ils ne sont pas les seuls à être unis contre cette mesure. Chose fascinante, le gouvernement libéral a réussi à rallier toutes les confessions religieuses contre sa proposition. Ce soir, nous avons entendu les libéraux dire à de nombreuses reprises que les Canadiens et les communautés ont réclamé cette mesure, mais c'est tout le contraire, et nous avons des lettres qui le prouvent. Les lettres que nous ont envoyées le conseil rabbinique de Toronto, le Conseil national des musulmans canadiens et l'Alliance évangélique du Canada le prouvent. La réalité, d'après ce que je vois, c'est que tous les groupes confessionnels s'opposent à ce projet de loi. Ils ne le réclament pas, ils s'y opposent.
    Je voudrais m'attarder un peu sur l'aspect le plus préoccupant du projet de loi C‑9, à savoir la suppression d'une disposition qui protège depuis longtemps la liberté de religion et la possibilité de tenir des discussions civilisées de fond sur des questions touchant au cœur même des croyances sans que le gouvernement s'en mêle. Malheureusement, les libéraux ont conclu un pacte faustien avec les bloquistes pour retirer cette protection du Code criminel.
    Je ne suis pas d'avis que c'est ce qui se passait. C'est l'avis du ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, qui a dit que certains passages de la Torah et de la Bible sont catégoriquement « haineux » et que les procureurs devraient avoir le pouvoir discrétionnaire de porter des accusations.
    Ce qui est profondément troublant dans tout ce débat, dans tous les mois où nous avons discuté de cette question, c'est que jamais le ministre n'a renié ses commentaires. Jamais il n'a cherché à clarifier ses propos ni à les nuancer ou à expliquer aux communautés religieuses ce qu'il entendait par là. Pour ajouter l'insulte à l'injure, aucun membre du Cabinet du premier ministre n'a dit quoi que ce soit à ce sujet. En fait, à ma connaissance, aucun député du Parti libéral, même lorsqu'on le lui demandait débat après débat, n'a pris ses distances par rapport à ces commentaires. Quelle doit être la conclusion? La seule conclusion logique à tirer, c'est que les députés libéraux partagent cet avis. Si c'est le cas, nos craintes sont fondées.
(2345)
    Le fait est que les Canadiens devraient pouvoir discuter et débattre de questions controversées, même si elles ne nous plaisent pas, même si nous les trouvons répugnantes. Peu importe. C'est ce qu'on peut faire lorsqu'on vit dans une société libre. Le gouvernement ne devrait pas décider de ce qu'est la vérité religieuse. Je ne veux pas que le ministre de la Culture puisse décider arbitrairement si Jésus-Christ était le Messie, ni s'il n'y a en fait aucun autre Dieu que Dieu, et si « Mahomet est son messager ». Ce n'est pas le rôle du gouvernement.
    Cependant, l'un des aspects les plus pernicieux de l'amendement qui a supprimé cette protection est peut-être qu'il reposait sur une fausseté. Il reposait sur l'idée qu'il y avait eu au Québec un cas qui n'avait pas pu faire l'objet de poursuites en raison de cette protection religieuse. C'est complètement faux et, peu importe le nombre de fois où le Bloc voudra évoquer cet exemple de M. Charkaoui, cela ne le rendra pas plus vrai.
    Je tiens également à souligner ce point au sujet de l'amendement du Sénat, car cela fait bien sûr partie de ce dont nous discutons ce soir. L'amendement du Sénat vise à ajouter un symbole supplémentaire à la liste des éléments constitutifs d'une infraction dans le Code criminel. Commençons par une évidence. L'utilisation d'un symbole peut, bien sûr, être haineuse, mais je répondrais que si c'est le cas, cela constitue déjà un crime.
    À plusieurs reprises, des services de police canadiens ont poursuivi des individus pour avoir exprimé leur haine à l'aide d'un symbole. Bien sûr, un nœud coulant peut sans aucun doute être utilisé comme symbole de haine. Cependant, cela me semble un peu étrange de l'inclure ici. J'ai l'impression que cette mesure revient à importer un problème américain au Canada et à s'en servir pour semer la division et attiser la peur. Le Canada n'a pas la même histoire que les États-Unis avec ce symbole.
    De plus, le fait d'aborder la question des symboles revient à ouvrir une boîte de Pandore. Qui déciderait quels symboles sont haineux? Selon le projet de loi, le gouvernement pourrait décider d'ajouter n'importe quelle nouvelle entité à une liste d'entités terroristes et ses symboles deviendraient alors des symboles haineux. Le simple fait de les afficher suffit-il à justifier des poursuites ou l'intention est-elle importante? Ces questions demeurent sans réponse.
    Si nous devions choisir des symboles, j'en aurais plusieurs à proposer. Qu'en est-il de la faucille et du marteau? Si nous voulons parler d'un symbole de haine contre lequel des Canadiens se sont battus et qui a coûté bien des vies, notamment pendant la guerre de Corée, alors nous devrions parler de la faucille et du marteau. Cela ne fait que prouver le caractère sélectif de ce que les libéraux considèrent comme de la haine. Tous conviennent que brûler des églises est un geste haineux, mais les conservateurs ont dû forcer la main au gouvernement, à son corps défendant, pour inscrire Samidoun sur la liste des entités terroristes. Cela démontre que ce n'est pas une question de haine, mais plutôt de ce avec quoi les libéraux sont en désaccord — voilà le problème avec ce type de censure.
    Il y a une culture de censure qui s'insinue progressivement au sein du gouvernement libéral: le projet de loi C‑9, la loi libérale sur la censure; le projet de loi C‑22, la loi libérale sur la surveillance; le projet de loi C‑35, la loi libérale sur l'identification numérique pour tous; le projet de loi C‑36, la commission numérique de type Stasi des libéraux. Nous régressons vers une forme d'immaturité que nous nous imposons nous-mêmes, incapables d'exercer notre propre jugement sans intervention extérieure, en l'occurrence de l'État. Pourquoi le gouvernement libéral a-t-il peur de la liberté? Quand un gouvernement a peur de ses citoyens, il cherche à les censurer.
    Je terminerai par une citation du grand Frederick Douglass, un grand abolitionniste:
    La liberté est dénuée de sens là où le droit d'exprimer ses pensées et ses opinions a cessé d'exister. C'est, parmi tous les droits, celui que redoutent les tyrans. C'est le droit qu'ils abattent en premier lieu. Ils en connaissent la puissance. Les trônes, les empires, les principautés et les pouvoirs fondés sur l'injustice et le mal ne manqueront pas de trembler si l'on permet aux hommes de réfléchir à la justice, à la tempérance et au jugement qu'ils s'apprêtent à rendre.
    Nous assistons aux prémices d’un gouvernement tyrannique au Canada, et c’est là le problème. Le projet de loi C‑9 n’est qu’un début. Ce n’est pas la fin.
(2350)
    Monsieur le Président, je suis absolument révolté. J’ai entendu le député d’en face défendre l’utilisation du nœud coulant comme symbole de haine. C’est absolument répugnant.
    Retirez ces propos. C’est tout à fait inacceptable, monsieur. Il y a des rassemblements de suprémacistes blancs dans des communautés partout au pays, y compris à Hamilton, et qu’un député de la Chambre défende l’utilisation du nœud coulant comme symbole de haine est tout à fait inacceptable. Retirez ces propos.
(2355)
    Je rappelle aux députés qu'ils doivent s'adresser à la présidence.
    Le député d'York—Durham a la parole.
    Quel commentaire ridicule, monsieur le Président. J'invite le député à écouter attentivement et à se reporter à la transcription, que nous pourrons examiner ensemble. Je me ferai un plaisir de l'éclairer. J'ai dit que le noeud coulant pouvait évidemment être utilisé comme symbole de haine. J'ai simplement souligné que le Canada et les États‑Unis ont une histoire très différente en ce qui concerne ce symbole, et qu'il convient de le reconnaître.
     Monsieur le Président, je ne remercierai jamais assez le député de York—Durham, non seulement pour son discours de ce soir, mais aussi pour le leadership exceptionnel dont il a fait montre dans l'étude du projet de loi C‑9, pour ses rencontres avec les communautés religieuses, les membres de la communauté juive, de la communauté musulmane et de la communauté chrétienne partout au pays, avec des personnes qui ont fait part de leurs préoccupations, des personnes que le gouvernement prétend protéger, mais qui ont le sentiment que c’est tout le contraire.
    L'une des observations qui m'ont le plus marqué dans l'intervention de mon collègue concerne le caractère sélectif de notre définition de la haine et de l'application des lois contre la haine. Je souligne qu'un peu plus tôt à la Chambre, un député libéral a dressé une liste des groupes victimes de haine au pays, et que, les deux fois où il l'a fait, il a omis de mentionner les chrétiens, alors que 123 églises chrétiennes ont été incendiées ou vandalisées au cours des cinq dernières années.
    Au moment même où je prononce ces mots, les libéraux maugréent et rient, ce qui illustre parfaitement mon propos. Que pense mon collègue du fait que, en ce moment même, les libéraux se moquent de l'idée que les chrétiens puissent être la cible de la haine?
    Monsieur le Président, participer à ce débat a été pour moi une expérience extraordinaire qui m'a permis de rencontrer d'autres groupes confessionnels et de discuter avec eux, ce que je n'aurais pas eu l'occasion de faire autrement. J'ai rencontré des groupes musulmans à Toronto et des groupes juifs dans ma circonscription. Malgré notre foi et notre vision du monde différentes, nous étions tout à fait d'accord sur le projet de loi C‑9. C'était en fait assez étonnant.
    Mon collègue soulève un excellent point, qui est la nature sélective de ce que le gouvernement considère comme de la haine. Il souligne un très bon exemple, à savoir que, peu importe les listes que les libéraux utilisent ou les groupes qu'ils désignent, ils semblent en exclure certains et en inclure d'autres. Malheureusement, cette situation nous amène à conclure qu'il y a des gens qui, selon eux, sont plus égaux que d'autres. C'est pourquoi nous sommes si préoccupés lorsqu'ils se livrent à la censure, car nous savons quels groupes, selon eux, méritent d'être protégés et quels groupes, selon eux, ne méritent pas d'être protégés.
    Monsieur le Président, j'ai une question au sujet du fait que le député vient de mentionner que le noeud coulant symbolise autre chose ici, au Canada. J'aimerais savoir ce que, selon le député, le nœud coulant symbolise au Canada par rapport aux États‑Unis. Il y a quelques années à peine, on a placé des nœuds coulants sur plusieurs chantiers de construction à Toronto pour intimider la communauté noire.
    Pensez-vous que les noeuds coulants ont a été placé là avec une intention bienveillante?
    Je rappelle à la secrétaire d'État qu'elle doit adresser ses observations à la présidence.
    Je ne pense rien à ce sujet, mais j'invite le député d'York—Durham à répondre.
     Monsieur le Président, j'invite la secrétaire d'État à faire son travail et à veiller à ce que ces personnes soient poursuivies au titre des lois existantes, plutôt que de proposer de nouvelles lois pour censurer les Canadiens. Comme je l'ai clairement indiqué dans mon discours, un nœud coulant peut être utilisé comme symbole haineux. Je maintiens ces propos. C'est possible. J'ai simplement souligné qu'il s'agit ici d'un contexte culturel et factuel différent.
    Monsieur le Président, ce qui me choque le plus dans le projet de loi C‑9, c'est la quantité de mésinformation qui circule, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de la Chambre. Les conservateurs en diffusent dans les médias sociaux au moyen de dizaines de milliers de...
    Le député d'York—Durham a la parole.
(2400)
    Monsieur le Président, je reconnais qu’il existe de profondes divergences d’opinion concernant ce projet de loi. J’ai essayé, tout comme d’autres députés, de toujours exposer notre point de vue en m’appuyant sur des faits. Nous pouvons être en désaccord sur l’interprétation à donner, mais nous ne nous livrons en aucun cas à ce que les députés d'en face laissent entendre. Leur seule critique consiste à affirmer que nous répandons de la mésinformation.
    Comme il est minuit, conformément à l'ordre adopté le mardi 9 juin 2026, la Chambre s'ajourne à plus tard aujourd'hui, à 10 heures, conformément à l'article 24(1) du Règlement.
    (La séance est levée à minuit.)
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