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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de . C'est avec un immense plaisir que je prends la parole à la Chambre pour participer au débat sur un projet de loi très important, le projet de loi , Loi portant exécution de certaines dispositions de la mise à jour économique du printemps déposée au Parlement le 28 avril 2026.
Aujourd'hui, nous débattons d'une motion gouvernementale d'une grande importance. Cela dit, c'est dommage qu'il ait fallu en arriver là pour faire avancer les travaux du comité et garantir l'adoption du projet de loi. C'est la conséquence directe de l'obstruction des conservateurs. Par exemple, ils ont présenté huit sous-amendements à l'un de leurs propres amendements. D'un point de vue procédural, il est plutôt malheureux que leurs amendements n'aient pas intégré les sous-amendements qu'ils ont ensuite présentés. Ils ont alors enchaîné les manœuvres d'obstruction au comité sur un aspect du projet de loi qu'ils avaient pourtant appuyé, soit la réduction des cotisations au RPC, sachant très bien que le régime de pension est en bonne santé financière.
Il est très regrettable que nous en soyons là aujourd'hui; cela dit, je suis fier de travailler au nom des Canadiens et de faire en sorte que des mesures essentielles en matière d'abordabilité et d'économie soient adoptées à la Chambre avant l'ajournement d'été. En avril, notre gouvernement a présenté la mise à jour économique du printemps 2026, « Un Canada fort pour tous », au moment où les Canadiens faisaient les frais des turbulences géopolitiques trop réelles qui survenaient bien au-delà des frontières du pays. Cette profonde incertitude persiste, alors que le monde continue de connaître une série de transformations fondamentales à un rythme, à une ampleur et à une échelle inégalés depuis des générations.
Ce monde fragmenté est plus complexe, plus instable et, pour beaucoup, plus coûteux et imprévisible qu'avant. Le gouvernement continue de se concentrer sur ce qu'il peut contrôler, à savoir bâtir une économie canadienne forte, diversifier nos partenaires commerciaux à l'étranger, assurer une gestion budgétaire responsable et soutenir les Canadiens qui subissent la pression du coût de la vie au quotidien. Notre objectif est clair: bâtir un pays plus fort, plus résilient et plus abordable. Il ne fait aucun doute que le projet de loi joue un grand rôle dans cet effort.
J'aborde en premier la hausse du prix des aliments, qui est, à juste titre, une préoccupation pour les Canadiens. Le gouvernement s'attache à réduire ces prix, qui exercent une pression importante sur le budget des ménages. Par exemple, afin d'aider les personnes les plus touchées par le coût des aliments, nous avons annoncé en janvier la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui aide plus de 12 millions de Canadiens à se procurer des produits essentiels. Le 5 juin, les premiers chèques ont été envoyés à plus de 12 millions de familles canadiennes. Cela représente en moyenne 1 890 $ pour une famille moyenne de quatre personnes, ce qui représente une augmentation considérable par rapport au remboursement de la TPS, qui a été augmenté de 50 % cette année et qui sera augmenté de 25 % pour les quatre prochaines années.
Notre plan comprend également une aide immédiate aux banques alimentaires grâce au Fonds des infrastructures alimentaires locales, qui a aussi été bonifié par le gouvernement. Le projet de loi prévoit des mesures supplémentaires pour alléger les pressions financières liées aux factures d'épicerie. L'adoption du projet de loi C‑30 aiderait les producteurs à stimuler la production alimentaire nationale grâce à des modifications fiscales temporaires qui permettraient une passation en charges immédiate pour les serres admissibles. Ces dispositions permettraient aux producteurs d'amortir intégralement le coût de construction de nouvelles serres au cours de l'année où les dépenses ont été engagées plutôt que sur plusieurs années. Cet incitatif vise à accroître la production en serre et à renforcer l'approvisionnement alimentaire national tout au long de l'année. Cette mesure devrait entraîner un allégement fiscal de 41 millions de dollars sur 6 ans.
Ce projet de loi contient bien d'autres dispositions. Le projet de loi comprend un certain nombre d'autres mesures. Avant de les évoquer, je tiens également à parler du 11 juin, date à laquelle le a lancé la toute première Stratégie nationale de sécurité alimentaire du Canada. J'en suis très fier, car j'ai contribué à son élaboration. Cette stratégie stimulera la production alimentaire nationale et ouvrira le marché aux détaillants alimentaires indépendants au Canada. Elle favorisera la résilience, les chaînes d'approvisionnement régionales et les infrastructures dont ces chaînes ont besoin pour prospérer et elle permettra en fin de compte de bâtir un système alimentaire plus solide, plus autonome et plus abordable, où la concurrence pourra s'exercer davantage, ce qui, nous le savons, est la clé pour faire baisser les prix. La stratégie est soutenue par plus de 3 milliards de dollars d'investissements sur 10 ans.
Afin de contribuer à la réalisation de cet objectif important, le projet de loi modifierait la Loi sur l'Agence canadienne d'inspection des aliments et la Loi sur les produits antiparasitaires afin d'y inclure la prise en compte de la sécurité alimentaire et du coût des aliments. Pour mettre en œuvre ce changement, le gouvernement propose d'allouer 24 millions de dollars sur 4 ans, puis 9 millions de dollars par année de façon permanente, afin d'aider Santé Canada à renforcer ses capacités d'analyse économique pour optimiser les processus d'examen des produits antiparasitaires. Ces coûts seront entièrement recouvrés au moyen de droits annuels.
Le gouvernement travaille également sans relâche pour résoudre les problèmes liés à l'abordabilité du logement. C'est une évidence: le coût élevé du logement exerce une pression considérable sur le budget des ménages, en particulier pour les jeunes Canadiens. Le gouvernement reconnaît que de nombreux Canadiens qui ont récemment acheté leur première maison ou qui envisagent de le faire continuent d'être confrontés à d'importants problèmes liés au coût de la vie et pourraient bénéficier d'une augmentation de leurs liquidités.
C'est pourquoi le projet de loi propose de prolonger le délai de grâce pendant lequel les acheteurs ne sont pas tenus de commencer à rembourser les retraits de leur REER au titre du Régime d'accession à la propriété. La prolongation proposée passe de deux à cinq ans. La prolongation vise les acheteurs qui font un premier retrait entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028. Elle s'applique déjà aux retraits effectués entre 2022 et 2025. En fin de compte, ce changement représente un allégement pouvant atteindre 4 000 $ par personne, par année, durant les 3 années où la somme n'aura pas à être reversée dans le REER.
L'adoption du projet de loi apporterait également un changement important aux cotisations au Régime de pensions du Canada afin que les Canadiens puissent réduire leurs cotisations et ainsi conserver plus d'argent dans leurs poches. Le Régime de pensions du Canada est essentiel au système canadien de revenu de retraite, car il fournit un revenu de pension stable et prévisible à des millions de Canadiens. Compte tenu des problèmes d'abordabilité auxquels sont confrontés de nombreux ménages au Canada, les ministres des Finances du Canada ont convenu à l'unanimité, en avril, de réduire le taux de cotisation au Régime de pensions du Canada. Ce changement réduirait le taux de cotisation de 40 points de base, le faisant passer de 9,9 % à 9,5 % à compter du 1er janvier 2027. Cette réduction se traduirait par des économies annuelles d'environ 133 $ pour un employé qui gagne 70 000 $ par année, avec des économies équivalentes pour son employeur, et ce, sans mettre à risque la viabilité à long terme du régime.
Nous avons écouté les conservateurs en comité parler sans fin pendant 10 ou 11 heures de la santé et de la viabilité du Régime de pensions du Canada, ce qui, je le reconnais, est une préoccupation, mais lorsque l'actuaire en chef a déposé un rapport au Parlement et a effectué l'analyse pour conclure que le Régime de pensions du Canada est sain et solvable pour les 75 prochaines années, et que les conservateurs ont eux-mêmes préconisé de réduire les cotisations au Régime de pensions du Canada de 40 points de base, laissant une marge de sécurité de 30 points de base dans le régime, c'était certainement une décision judicieuse. C'est logique pour les Canadiens. Compte tenu du fait que les ministres des Finances provinciaux et territoriaux de tout le Canada ont tous approuvé cette mesure à l'unanimité, estimant qu'elle était tout simplement logique, je ne vois pas pourquoi les conservateurs feraient tout ce tapage en proposant huit sous-amendements au comité des finances.
Quoi qu'il en soit, le gouvernement a appuyé les allégements fiscaux. Nous avons mis en œuvre de nombreuses mesures fiscales, notamment une réduction de l'impôt sur le revenu pour 22 millions de Canadiens, la suspension de la taxe d'accise sur le carburant pendant l'été jusqu'à la fête du Travail et l'offre de nouvelles prestations telles que l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Nous avons réduit la taxe sur le carbone pour les consommateurs. Nous avons pris de très nombreuses mesures pour aider les Canadiens à faire face à bon nombre des coûts qu'ils doivent assumer.
Je suis très fier de pouvoir dire qu'en Ontario, grâce à un accord que nous avons signé avec le gouvernement de la province, une exonération de la TVH est actuellement accordée sur l'achat d'une habitation neuve. Cela représente un allègement fiscal pouvant atteindre près de 200 000 $. Il s'agit d'une réduction de 50 % des frais d'aménagement et d'une économie de 13 % sur l'achat d'une habitation neuve, ce qui constitue une aide considérable pour les Canadiens. Personne ne peut le nier.
Pour finir, je tiens simplement à préciser que, comme je l'ai déjà mentionné, le projet de loi permettrait d'augmenter la déduction fiscale pour la mobilité de la main-d'œuvre pour les travailleurs des métiers spécialisés qui se déplacent pour leur travail. Grâce à la relance économique, on constate une augmentation des emplois dans le secteur de la construction, soit 27 000 postes selon les dernières statistiques sur l'emploi. Les travailleurs des métiers spécialisés peuvent ainsi bénéficier d'une déduction majorée de 6 000 $...
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Monsieur le Président, il m'arrive souvent de me demander si cette enceinte n'est pas en train de se transformer en une sorte d'arène sportive, à l'image de la Maison-Blanche de Trump, avec sa cage en forme d'octogone et ses combats organisés pour célébrer les 250 ans de la Déclaration d'indépendance, même si cela n'a évidemment aucun lien avec le présent débat. Par moments, cet endroit ressemble davantage à un champ de tir, où des équipes qui vivent dans des maisons de verre se prennent mutuellement pour cible. C'est difficile à regarder. Je sais bien que j'ai moi aussi ma maison de verre quelque part, mais comme le Parti vert n'a jamais été au pouvoir, nous n'avons pas de bilan pour lequel on pourrait nous critiquer.
Je me souviens très bien du moment où le gouvernement Harper a commencé à avoir systématiquement recours à des projets de loi budgétaires omnibus très volumineux que les libéraux de l'époque dénonçaient parce qu'ils englobaient trop de choses, ne reflétaient pas adéquatement la version initiale du budget ou ne la faisaient pas progresser, et parce que cette façon de faire était devenue une pratique courante.
Nous avons ensuite eu, bien sûr, le gouvernement Harper qui multipliait les motions d'attribution de temps. Je me souviens de la première fois où j'ai commencé à remarquer que c'était devenu une pratique courante. Je suis allée vérifier et j'ai découvert que, sur une période de 40 ans — ce qui n'est pas si loin dans le temps —, cela ne s'était produit qu'environ 10 fois. Comme j'ai commencé à les recenser, j'ai pu constater que les recours à ces motions se comptaient désormais par centaines.
Bien sûr, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, les libéraux ont promis qu'ils ne présenteraient jamais de projets de loi omnibus regroupant de nombreuses mesures différentes dans un seul texte législatif et qu'ils n'auraient certainement pas recours à l'attribution de temps pour limiter le temps alloué à nos travaux. Encore une fois, je dois dire que les deux grands partis vivent dans de très grandes maisons de verre bien équipées, mais qu'ils continuent quand même de jeter des pierres à la maison de verre de l'autre.
Ils ont tous deux eu recours à des projets de loi budgétaires omnibus une fois au pouvoir. Les libéraux l'ont fait d'abord sous l'ancien premier ministre Trudeau, puis sous l'actuel . Ils ont aussi continué de recourir à l'attribution de temps.
Mon propos s'appuie sur ma propre expérience de la procédure parlementaire. Je sais que le Règlement de la Chambre n'autorise pas les députés à lire un discours écrit. Si cette règle était respectée, je crois que les leaders parlementaires pourraient s'entendre plus rapidement sur le nombre d'intervenants à prévoir pour faire adopter un projet de loi à la Chambre.
À écouter le débat sur la motion jusqu'ici, je constate que, comme nous l'a dit le , nous devons recourir à l'attribution de temps, sans quoi ce projet de loi ne pourra être adopté. À cela, je réponds encore une fois que le parti vit dans une maison de verre. C'est comme si un enfant ayant tué ses deux parents implorait la clémence en se disant orphelin.
Pourquoi sommes-nous pressés par le temps? C'est parce que le gouvernement actuel a décidé de réduire le nombre de séances en juin. Il a supprimé deux jours pour accroître la pression et justifier le fait de devoir adopter le projet de loi maintenant. Pourquoi la possibilité de prolonger la session n'est-elle pas abordée? Pourquoi passons-nous sous silence le délai entre le moment où le projet de loi a été présenté pour la première fois, le 29 avril, et la date où la Chambre en a été saisie par la suite?
Au terme de trois heures de débat, le gouvernement a imposé l'attribution de temps pour le projet de loi . Il ne s'agit pas d'un gros projet de loi budgétaire omnibus, mais il est suffisamment chargé pour que je n'aie absolument pas pu prévoir que la section 8 renfermerait les dispositions les plus rétrogrades que j'aie jamais vues en matière de déréglementation des pesticides.
Croyez-le ou non, même si j'ai l'air d'une jeune gamine fraîchement sortie de la faculté de droit, cela fait 51 ans que je travaille sur les questions liées aux pesticides. C'est la pire mesure de déréglementation que j'aie jamais vue, et elle se trouve dans un projet de loi omnibus d'exécution du budget.
Je serais heureuse d'appuyer bon nombre des dispositions contenues dans l'énoncé économique du printemps. Par contre, il y en a certaines que je n'appuierais pas. C'est la nature même d'un projet de loi omnibus. Il y a de nombreux éléments qui touchent à divers projets de loi, et tout se joue en un seul vote et d'un seul coup. Cette fois-ci, il faut ajouter à cela le fait que nous n'avons pas beaucoup de temps.
Qui contrôle le calendrier? C'est le gouvernement qui le contrôle. Qui décide quels projets de loi seront présentés pour un débat, pour les ordres émanant du gouvernement, pour l'ordre du jour? C'est le gouvernement qui s'en charge.
Je dois dire que mes collègues du comité des finances se sont illustrés par l'obstruction systématique la plus extraordinaire que j'aie jamais vue, en termes de créativité. J'ai assisté à tout cela parce que je gardais l'espoir, contre toute attente, que nous en arriverions peut-être à l'étude article par article et que nous pourrions discuter et débattre de mes amendements.
Cependant, encore une fois, la tendance à la Chambre des communes depuis toujours est que les partis de l'opposition utilisent tous les outils à leur disposition. Il y a des décennies, les conservateurs ont laissé la sonnerie retentir pendant des jours. Cela prend du temps, mais le gouvernement se ressaisit et trouve un nouveau moyen de contourner cette tentative particulière de jeter du sable dans l'engrenage. Ce n'est pas rare, mais ce qui l'est, c'est le recours aux motions de programmation, et je m'adresse ici à mes collègues des bancs libéraux.
La première motion de programmation que j'ai trouvée extrêmement révoltante depuis que je suis devenue députée, en 2011, remonte à juin de l'année dernière, avec la motion de programmation sur le projet de loi . Cette motion a donné lieu à la plus extraordinaire prise de pouvoir jamais observée dans un projet de loi. En effet, le projet de loi C‑5 élargissait les pouvoirs du Cabinet d'une manière que je n'aurais jamais cru possible au Canada. En l'adoptant, le gouvernement s'est essentiellement donné le pouvoir d'enfreindre d'autres lois déjà en vigueur, et ce, en toute impunité. Pour ce faire, il s'est appuyé sur une règle anecdotique tirée des archives et inventée par Henri VIII. Ça n'avait jamais été utilisé au Canada. Le projet de loi permettait au gouvernement d'enfreindre d'autres lois déjà adoptées, comme s'il n'y avait rien là. Cet extraordinaire abus de pouvoir apparaissait dans la partie 1 du projet de loi C‑5, qui visait à renforcer le Canada et à réduire les barrières commerciales entre les provinces. Je n'oublierai jamais quand la Chambre a adopté ce projet de loi, car je ressens encore cette impression de m'être fait passer dessus par un bulldozer. La motion de programmation est entrée en vigueur le lundi 16 juin, et on a limité le débat à la deuxième lecture afin qu'il soit renvoyé au comité.
Soit dit en passant, ce lundi-là, le 16 juin, nous n'avions même pas encore un comité en place pour étudier le projet de loi. Le comité a été mis en place le mardi 17 juin, à 15 h 30, un seul comité pour toutes ces dispositions. Ensuite, le comité a pu commencer à entendre des témoins dans l'après-midi. Il a fallu déposer tous les amendements avant le mercredi à midi et ça a continué ainsi jusqu'à l'étape du rapport et jusqu'à la troisième lecture, qui ont eu lieu toutes deux le vendredi 20 juin. Puis, la Chambre a ajourné pour l'été. On nous a dit que mettre en place le Bureau des grands projets était une urgence absolue, qu'il était très important que des projets puissent suivre ce processus et que, pour cette raison, nous ne pouvions pas, comme je l'ai réclamé à l'époque, siéger un peu plus longtemps pendant l'été, discuter de ce projet de loi, en débattre, pour déterminer si cette accumulation extrême de pouvoirs par l'exécutif était un tant soit peu justifiée. Ils ont dit qu'il fallait nous dépêcher, mais c'était il y a un an, et pas un seul projet n'a été nommé au titre du projet de loi .
Revenons-en à la motion no 12 sur le projet de loi . Je suis reconnaissante de la façon dont on a structuré la motion demandant le consentement unanime. À l'étape de la troisième lecture du projet de loi C‑30, j'aurai l'occasion de m'exprimer sur les aspects de cette mesure qui me déplaisent le plus. J'espère contre toute espérance que, demain, le comité des finances jugera bon d'accepter les amendements que j'ai proposés. Comme je l’ai dit, j’ai attendu patiemment tout en admirant l’habileté avec laquelle les conservateurs ont exécuté leurs manœuvres d’obstruction.Je dois dire qu’il est plus divertissant de regarder la peinture sécher. C’est toujours plus intéressant. Par contre, on ne peut nier l'habileté des conservateurs. Même si je n’approuve pas les raisons qui ont poussé les conservateurs à faire de l’obstruction, en tant que personne qui passe plus de temps à observer les gens habitant dans des maisons de verre qu'à y vivre, j'aime parfois voir le karma à l'œuvre.
Je voterai contre la motion no 12 parce que les motions de programmation qui imposent d'agir rapidement, en empêchant tout débat et toute réflexion approfondie, sont un affront à la démocratie. Je constate sans cesse que le gouvernement actuel est sans égal lorsqu'il s'agit d'agir rapidement, mais aussi lorsqu'il s'agit de traiter le Parlement avec un mépris désinvolte. En tant que Canadienne et fervente défenseure de la démocratie parlementaire de Westminster, je trouve personnellement cette façon de faire choquante. Je suis peut-être la seule, mais je pense que les Canadiens veulent que cette institution soit respectée et que chaque projet de loi soit dûment examiné. Pour ma part, je serais prête à dire que si examiner correctement les projets de loi signifie que nous empiétons sur l'été et que nous restons plus longtemps à Ottawa pour le faire, c'est la bonne chose à faire.
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Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon cher collègue de .
Aujourd'hui, je me lève non pas pour faire de la petite politique, mais pour parler de quelque chose de bien simple que tout le monde comprend dans nos régions, sauf les libéraux, évidemment: le respect de l'argent durement gagné.
Chez nous, en Beauce, l'argent ne pousse pas dans les arbres. Les gens gagnent leur argent tôt le matin, les deux mains dans la poussière, derrière un comptoir, sur un chantier ou dans une usine. Quand on le gagne de cette façon-là, on apprend à le respecter. C'est avec ce respect en tête que je vais parler du projet de loi et du portrait économique que nous présente ce gouvernement libéral.
Les libéraux projetaient un déficit de 38 milliards de dollars dans le budget de 2025. Aujourd'hui, pour l'exercice financier en cours, le libéral projette un déficit de 67 milliards de dollars, soit 67 000 millions de dollars. C'est de l'argent. Ce ne sont pas des pinottes.
Le pire, c'est qu'il prévoit encore plus de déficits dans les années à venir. Un déficit, en période de crise, cela peut arriver. Cependant, quand cela devient une habitude, les Canadiens ont le droit de se poser une question bien simple: où sont les résultats libéraux? Il n'y en a pas. Le vrai problème, ce n'est pas seulement l'argent dépensé, c'est ce qu'on obtient en retour.
Prenons le logement, par exemple. Pendant que les gens ont de la difficulté à se loger, en raison de l'inflation terrible des loyers, les libéraux disent qu'ils vont créer une autre couche de bureaucratie avec Maisons Canada et une enveloppe de 13 milliards de dollars.
Les résultats sont modestes. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ancien directeur parlementaire du budget lui-même. Selon son estimation, Maisons Canada permettra de construire 26 000 logements sur cinq ans. Sa conclusion, c'est qu'il s'agit d'une contribution « modeste ». Ce sont 13 milliards de dollars qui sont dépensés par les libéraux pour une contribution modeste, pendant que nos jeunes familles n'arrivent pas à devenir propriétaires et que nos jeunes cherchent désespérément un logement abordable. Les Canadiens ne veulent pas d'annonces, ils veulent plus de maisons. Ils veulent de la construction. Ils ne veulent pas de paroles, ils veulent que les choses avancent.
Parlons maintenant d'une autre dépense épouvantable que je n'arrive toujours pas à comprendre: le port spatial de Canso, en Nouvelle‑Écosse. Je vais expliquer la situation une fois de plus. Le terrain est loué à la province par une entreprise pour 13 500 $ par année. Le gouvernement libéral est allé voir cette entreprise et il lui a offert de lui louer pour 20 millions de dollars par année. En plus, il a dit qu'il ferait quelque chose d'intelligent en le louant pendant 10 ans, pour 200 millions de dollars. C'est de l'argent jeté par les fenêtres. Cela n'a pas de bon sens.
Pourquoi? Qu'y a-t-il sur ce terrain, qui coûte 200 millions de dollars? Il y a une dalle de béton de 25 pieds sur 35 pieds, deux conteneurs maritimes et un chemin de gravier. C'est avec plaisir que j'en construirai une dizaine. Je le ferai sans problème.
À un moment donné, les libéraux vont devoir donner des explications aux contribuables. Cela n'a aucun sens. Nous n'avons pas de réponse. Nous sommes ici depuis plus d'un an et nous posons des questions, mais nous n'avons toujours pas de réponses. Malgré cela, il y a eu 13 rencontres avec l'équipe du ministre, lors desquelles ont a dit qu'on avait une super bonne idée: dépenser 200 millions de dollars pour cette dalle de béton.
Parlons maintenant d'un dossier qui me tient à cœur: le programme de rachat des armes à feu. C'est de l'argent jeté dans les poubelles.
Selon les estimations de l'ancien directeur parlementaire du budget, l'indemnisation pourrait coûter près de 800 millions de dollars. Ça n'inclut même pas les coûts administratifs du programme. C'est près de trois quarts de milliard de dollars pour cibler d'abord des citoyens qui respectent déjà la loi. Pendant ce temps, trop d'armes illégales traversent nos frontières et alimentent la vraie criminalité. C'est là qu'est la cible. Ça prend du courage, mais les libéraux n'en ont pas.
Le problème, ce ne sont pas les chasseurs de Saint‑Georges ni les tireurs sportifs de Sainte‑Marie, ces gens fiers qui respectent la loi. J'ai fait le tour du Québec et j'ai rencontré des centaines de chasseurs et des milliers de tireurs sportifs. Ces familles se sentent injustement ciblées. Ce sont des gens qui font les choses selon les règles, qui suivent les formations, qui obtiennent leur permis et qui respectent chaque loi. Ce gouvernement les traite aujourd'hui comme s'ils étaient le problème. C'est injuste. Je peux assurer une chose: je n'ai pas terminé ma tournée et je ne lâcherai jamais ce dossier.
Comme tout le monde le sait, je viens d'une région développée par des entrepreneurs, des agriculteurs, des manufacturiers qui exportent partout en Amérique. La Beauce est une belle région. J'ai moi-même des commerces. Dans la vraie vie, quand on commande des marchandises d'une valeur de 100 000 $ et qu'on n'en vend que pour 60 000 $, on perd son crédit. Or c'est exactement ce que les libéraux font avec la carte de crédit de nos enfants. Quand on n'équilibre pas les finances, on s'ajuste, on avoue ses erreurs, on recommence, on avance pour les gens. Le gouvernement devrait être là pour les Canadiens et les Canadiennes, pas pour leurs chers amis.
La richesse d'un pays ne vient pas de l'État, mais des entreprises. Ce sont les entreprises qui sont créatrices de richesse. Elles veulent croître, embaucher des gens, conquérir de nouveaux marchés, mais elles se butent à des processus interminables. On approuve des mégaprojets qui prennent des années à aboutir, mais ce ne sont que des annonces. Les entreprises doivent remplir de la paperasse et de la paperasse, ce qui décourage même les meilleures. C'est une question de survie économique. Si on ne s'en occupe pas maintenant, ce sont nos enfants qui vont payer le prix et leur niveau de vie en pâtira.
Le parle de développer des nouveaux marchés. Je suis d'accord là-dessus. Tout le monde est d'accord. Ce sera payant dans 15 ans, mais nous sommes d'accord. En attendant, n'oublions jamais une réalité fondamentale. Je viens de faire une tournée économique au Québec avec certains de mes collègues. Notre principal partenaire sera toujours les États‑Unis. C'est géographique.
Nos entreprises de l'acier et de l'aluminium, par exemple, font face à des droits de douane de 50 %. Depuis le 2 avril, comme je l'ai mentionné ici à la Chambre, les droits de douane sur les métaux étaient initialement de 25 %. Par exemple, pour une porte de garage, ils s'élèvent maintenant à 50 % sur le produit complet. Nos entreprises ne sont pas compétitives. Elles ne sont pas soutenues par ce gouvernement. C'est aussi simple que ça.
Parlons d'autres problèmes qu'il y a chez nous, dans la Beauce, et dans plusieurs régions du Québec. Notre taux de chômage est inférieur à 2,8 %. Nous n'avons pas de bras, pas de gens pour travailler. Le gouvernement doit nous donner les outils nécessaires pour attirer de la main-d'œuvre, produire la marchandise et être compétitif.
La politique uniforme appliquée par les libéraux à Ottawa dans toutes les régions du pays ne fonctionne pas. Il faut être souple, réfléchir de façon intelligente, avoir du doigté et savoir comment soutenir des entreprises. Quand les libéraux dépensent sans obtenir de résultats, ce ne sont pas seulement des chiffres qui apparaissent, ce sont des occasions perdues pour nos régions.
L'agriculture n'est pas seulement un secteur économique important, c'est notre sécurité alimentaire de nos régions. Mon collègue ici, à l'arrière, pourrait parler de cette importance. Nos familles en région, des milliers de producteurs se lèvent le matin pour nourrir les Canadiens. Pourtant, il n'y a pas grand-chose dans le budget à leur intention. Nos agriculteurs se sentent abandonnés. Les coûts de production explosent. On n'a qu'à penser au carburant, au transport, à la machinerie, aux engrais, à l'énergie, aux intérêts sur les emprunts. Qui peut emprunter avec les taux d'intérêt actuels? Pendant ce temps, le consommateur, lui, paie le prix à l'épicerie.
En terminant, je veux dire ceci: quand je viens ici, je pense aux familles qui travaillent très fort, tous les matins. Ils ont de la misère à mettre de la bouffe sur la table. Ils ont de la misère à se loger. Je pense aux manufacturiers de chez nous qui regardent leur marge fondre. Je pense aux entrepreneurs qui prennent des risques, qui créent des emplois et qui font rouler notre économie. Ces gens-là ne demandent pas la lune. Ils demandent d'avoir un gouvernement qui les comprend, qui les respecte, qui gère leur argent comme s'il s'agissait du sien, pour favoriser la productivité, accélérer et faire des projets, et pas juste les annoncer.
Défendons nos travailleurs et nos entreprises contre les droits de douane américains.
Les Canadiens méritent que leur argent soit géré avec rigueur.
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Monsieur le Président, lorsque les historiens étudient le déclin économique d'un pays, ils constatent que l'effondrement commence rarement par un événement catastrophique. Il commence par des habitudes qui s'installent: il y a de l'indiscipline, on utilise des euphémismes, on prétend que l'endettement est synonyme de prospérité, que les dépenses inflationnistes sont stratégiques et que les définitions comptables peuvent être étirées indéfiniment sans conséquence. Cette soi-disant mise à jour économique du printemps présentée par les libéraux n'est pas seulement un exemple du déclin provoqué par leur gouvernance. Ce n'est pas seulement un exercice de redéfinition de l'image des libéraux. C'est aussi une déclaration de la philosophie de gouvernance des libéraux, et cette philosophie est simple: dépenser maintenant, expliquer plus tard, redéfinir les termes si nécessaire et espérer que les Canadiens ne remarqueront pas la facture qui s'en vient.
Les Canadiens n'ont pas besoin d'un doctorat en économie pour se rendre compte que les habitudes des libéraux leur coûtent cher. Quand ils font l'épicerie, ils remarquent que les libéraux ont créé des déficits inflationnistes en imprimant de l'argent. À la pompe à essence, ils remarquent les taxes imposées par les libéraux. Ils remarquent que leurs enfants considèrent désormais l'accession à la propriété non plus comme une attente normale pour les Canadiens, mais plutôt comme le fait de gagner à la loterie. Ils ont remarqué que le libéral était le seul dirigeant du G20 à avoir plongé son économie dans une récession. Ils ont remarqué que le premier ministre libéral leur demandait de faire plus de sacrifices alors qu'il ajoutait des milliards supplémentaires à la dette nationale sans aucune retenue.
En économie publique, il y a un concept qu'on appelle la « défaillance du gouvernement ». Il reconnaît que les gouvernements sont des institutions imparfaites, surtout lorsqu'ils sont dirigés par des libéraux. Comme les marchés, les gouvernement sont soumis à des incitatifs aux effets non souhaités, à une asymétrie de l'information, à une bureaucratie qui souhaite assurer sa propre survie et à l'opportunisme politique des libéraux. Le projet de loi des libéraux est l'incarnation législative d'une défaillance du gouvernement.
Le libéral a promis de faire preuve de discipline. Il a promis de faire preuve de prudence. Il a promis de dépenser moins et d'investir davantage. Au lieu de cela, en un peu plus d'un an, il a presque doublé le déficit laissé par le dernier premier ministre libéral. Pensons-y un peu. Après une décennie d'excès financiers sous l'ancien premier ministre libéral, un nouveau premier ministre libéral est arrivé; il a promis la sobriété mais a tout de suite offert une tournée générale au bar. On n'assiste donc pas à un renouveau, mais à une rechute. Les libéraux utilisent le terme investissement, mais les Canadiens savent que c'est de la gestion budgétaire à crédit.
Quand un ménage doit continuellement utiliser une carte de crédit pour payer ses dépenses ordinaires, non pas en raison d'une urgence ou d'une catastrophe mais à cause de dépenses excessives chroniques, il ne s'enrichit pas: il hypothèque son avenir. Le même principe vaut pour les nations, mais le gouvernement libéral se comporte comme si l'arithmétique fiscale avait disparu. Pour les théoriciens des finances publiques, la viabilité de la dette est importante parce qu'au fil du temps, les intérêts deviennent des intérêts composés, la marge de manœuvre financière diminue et le gouvernement devient incapable de réagir aux véritables crises qui surviennent.
L'organisme indépendant de surveillance budgétaire, le Bureau de la directrice parlementaire du budget, a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, le fait que le gouvernement libéral s'écarte des définitions traditionnelles des dépenses en capital continue de nuire à la transparence. Il ne s'agit pas d'un simple désaccord d'ordre comptable. Cela touche au cœur même de l'intégrité financière de ce gouvernement libéral. Les dépenses en capital impliquent généralement la création d'actifs productifs, c'est-à-dire des éléments qui génèrent une valeur économique future, un service public ou des rendements mesurables, ou encore des infrastructures telles qu'une nouvelle route ou un nouvel hôpital. Cependant, les définitions comptables des libéraux sont devenues élastiques, et tout est soudainement considéré comme du capital. Quand tout est considéré comme du capital, plus rien ne l'est.
Le Bureau de la directrice parlementaire du budget a déclaré sans ambiguïté que l'absence de définitions empêche le libéral de s'assurer que les cibles budgétaires du gouvernement libéral sont atteintes. En gros, le bureau indépendant responsable de contrôler les finances publiques ne peut pas déterminer si les chiffres avancés par ce gouvernement libéral correspondent bien à ce que le gouvernement prétend qu'ils signifient. Cela devrait alarmer tous les députés.
Il n'y a pas que le Bureau de la directrice parlementaire du budget. Le Fonds monétaire international, une institution mondiale que les libéraux aiment tant citer, invite maintenant le Canada à adopter les normes comptables internationales afin d'améliorer la transparence, de permettre la comparabilité dans le temps et de maintenir un lien clair entre les emprunts et la dette. Pourquoi? Parce que la présentation du budget préconisée par ce gouvernement libéral n'inspire plus confiance. Lorsque le Bureau de la directrice parlementaire du budget et le Fonds monétaire international s'accordent pour nous avertir que notre comptabilité manque de transparence, il ne s'agit pas d'un argument partisan, mais bien d'une crise de crédibilité, et la crédibilité est importante.
Dans la théorie des choix publics, on ne part pas du principe que les gouvernements, en particulier un gouvernement libéral comme celui‑ci, agissent en tant que maximisateurs neutres et bienveillants du bien-être public. Au contraire, ils réagissent à des incitations. Les politiciens libéraux préfèrent dépenser aujourd'hui et reporter les coûts à plus tard, que ce soit par des hausses d'impôts, une inflation accrue, des déficits plus importants ou des taux d'intérêt plus élevés. Les bureaucraties libérales cherchent à maximiser le budget aux dépens des contribuables, qui sont souvent privés de toute participation par ces mêmes gouvernements. Les groupes d'intérêt libéraux cherchent à tirer le maximum de leur position privilégiée, siphonnant l'argent des caisses publiques tout en répartissant les coûts sur l'ensemble des Canadiens ordinaires. Cette mise à jour budgétaire du printemps des libéraux nous renvoie à chacune de ces pathologies.
La directrice parlementaire du budget a également averti que les révisions à la hausse répétées des dépenses au cours des cycles de planification ultérieurs « peuvent nuire à la crédibilité des plans budgétaires, affaiblir la confiance dans le cadre budgétaire et susciter des inquiétudes quant à la viabilité financière à long terme ». C'est exactement la crise de crédibilité dans laquelle se trouve le libéral, car une cible budgétaire qui bouge chaque fois que cela arrange le gouvernement n'est pas une cible du tout. C'est une plume qui flotte dans les airs et qui change de direction au gré du vent. Quelles en sont les conséquences? Des coûts plus élevés, une dette plus élevée et une inflation plus élevée. Cela dit, il s'agit peut-être du nouvel ordre mondial dans lequel ce premier ministre libéral souhaite voir vivre les Canadiens.
Les Canadiens paient actuellement 59 milliards de dollars par année en intérêts sur la dette, un montant qui, selon les projections du Bureau de la directrice parlementaire du budget, pourrait atteindre 80 milliards de dollars d'ici la fin de la décennie, soit 13 % des recettes fédérales ou 1 900 $ par année environ pour chaque contribuable canadien. Cet argent n'ira ni aux hôpitaux, ni aux routes, ni à la défense, ni au logement: il servira strictement au service de la dette sur les excès passés des libéraux. Au fond, chaque famille canadienne paie des milliers de dollars juste pour que la machine à endettement des libéraux continue à tourner. Le montant des intérêts sur la dette dépasse désormais celui des transferts fédéraux en santé ou encore les recettes de la TPS. Les Canadiens paient des impôts pour ensuite voir cet argent aller non pas à des services à la population, mais bien au service de la dette sur les dépenses excessives passées des libéraux. Il ne s'agit pas là d'une de ces politiques supposément progressistes dont les libéraux adorent se vanter: il s'agit plutôt de presser les générations futures comme un citron.
Il y a un autre trou noir dans cette mise à jour: les dépenses d'infrastructure. Les libéraux ont fait des promesses, sauf que l'énoncé économique du printemps des libéraux ne détaille pas les dépenses d'infrastructure par année et par ministère. Il n'y a que des énoncés de presse des libéraux sur de prétendus investissements avec, au mieux, un engagement général chiffré. En langage libéral, ça veut dire qu'ils pourraient faire exploser les finances du pays sans pour autant être en mesure d'assurer un suivi des sommes dépensées. En comptabilité, c'est ce qu'on appelle reporter la communication d'information, ce qui m'amène à mon prochain point.
Le Bureau des grands projets des libéraux a été annoncé en grande pompe, mais où sont les rapports d'étape des projets d'infrastructure? Où sont les échéanciers? Où sont les approbations de projets? La directrice parlementaire du budget dénonce l'absence de rapports publics. Le gouvernement libéral a dépensé des centaines de millions de dollars de fonds publics pour accélérer les projets, sans donner la moindre explication. Ce n'est pas un hasard si ce bureau est surnommé le « bureau des séances photo ». Tout ce que l'on sait, c'est que cette toute nouvelle instance bureaucratique regroupe des proches du pouvoir et des dirigeants qui touchent des salaires pouvant atteindre 700 000 $ par année. C'est un exemple classique du problème principal-agent.
Les contribuables sont les principaux, tandis que les institutions gouvernementales libérales et leurs proches du milieu des affaires sont les agents. Lorsque la reddition de comptes est insuffisante, que l'information est asymétrique et que les mandats sont flous, les agents tendent à privilégier le processus au détriment des résultats. C'est exactement ce que l'on observe du côté du bureau des séances photo. Les libéraux empilent les couches de bureaucratie sans produire le moindre résultat mesurable : du pur théâtre administratif sans action, pendant que leurs proches s'enrichissent avec des salaires de cadres pouvant atteindre près de 1 million de dollars par année dans certains cas.
L'enfer libéral du logement en est un autre excellent exemple. Après 11 ans d'échecs, les Canadiens auraient pu espérer qu'il y aurait eu un sentiment d'urgence. Mais non, même après l'affectation de 13 milliards de dollars au fameux programme Maisons Canada, le bureau du directeur parlementaire du budget a projeté que seulement 5 200 logements seront construits par an. Dans un contexte où il y a une crise nationale du logement historique et provoquée par les libéraux, il a explicitement déclaré que cette mesure ne suffirait pas pour atteindre le rythme précédemment ciblé. Je rappelle que le libéral a promis 500 000 logements par année pendant la campagne électorale. Or sa toute nouvelle machine bureaucratique du logement ne peut en construire que 1 %. Les mises en chantier continuent de perdre leur élan, et il n'y a pas de paramètres précis, d'objectifs de cadence ni de plan crédible. Nous avons le marché immobilier le plus inabordable du G7. Le gouvernement libéral n'offre rien d'autre qu'une machine bureaucratique à la place de la construction de logements.
Dans le domaine de l'économie publique, on dit que les obstacles réglementaires perturbent l'offre. Lorsque les gouvernements créent des frictions en retardant la délivrance des permis, en exigeant des approbations en double et en élaborant des cadres qui freinent le développement, les prix montent. La solution ne réside pas dans des subventions illimitées et inconditionnelles qui s'ajoutent aux contraintes de l'offre. La demande ne ferait que gonfler par rapport à une offre artificiellement limitée. La solution consiste à éliminer ces obstacles gouvernementaux et à laisser les constructeurs construire. Malheureusement, les libéraux persistent à gouverner à coups d'annonces et de beaux discours et à mettre des entraves au lieu de passer à l'action.
On en arrive à la plus récente lubie des libéraux: leur fameux fonds d'investissement souverain qui n'a pas d'argent à investir. Il s'agit essentiellement d'une entité qui sert à nous préparer à un communiqué de presse éventuel, dans le but d'emprunter des fonds aux frais des contribuables pour effectuer des investissements à caractère politique. Les libéraux ont déjà la Banque de l'infrastructure, le Fonds de croissance et la Banque de la défense. Les agences, les fonds et les bureaux se multiplient, mais le résultat reste le même: le Canada affiche la pire performance du G7 en matière d'investissements. C'est un cas typique d'échec gouvernemental. Les projets viables attirent les capitaux. Les investisseurs privés appuient les initiatives productives; les autres ne devraient pas être financés par les contribuables pour des raisons de vanité politique.
Nous sommes plutôt en présence de ce que la théorie des choix publics qualifie de maximisation de la rente. Des acteurs proches du pouvoir gravitent autour des décisions de dépense du gouvernement, et une série de consultants, conseillers, initiés, équipes transition, conseils d'administration et groupes de travail siphonnent leur part des fonds publics. Les bénéfices vont à quelques-uns et les coûts sont assumés par tous. Les États inefficaces se développent de cette façon; une réalité que les Canadiens constatent et vivent au quotidien.
Les Canadiens méritent mieux. Ils méritent un appareil gouvernemental moins coûteux pour réussir à mener une vie abordable. Ils méritent une comptabilité transparente, de la discipline et de la prospérité, ainsi qu'un gouvernement qui comprend une vérité économique élémentaire: on ne bâtit pas une prospérité durable à coups d'emprunts et d'entraves.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi et de la motion à l'étude. À mon avis, cette motion est absolument nécessaire à cause du comportement du Parti conservateur du Canada depuis les dernières élections.
Les conservateurs l'oublient volontiers, mais, aux dernières élections fédérales, il y a un peu plus d'un an, les Canadiens ont élu un nouveau . En plus de ce nouveau premier ministre, des dizaines d'autres députés ont été élus. En fait, aujourd'hui, il y a 70 nouveaux députés libéraux à la Chambre des communes. Ils sont ici depuis un peu plus d'un an. Que cela plaise ou non aux conservateurs, ils doivent admettre qu'il y a un nouveau gouvernement qui a un programme législatif et budgétaire très solide.
Nous avons constaté que le Parti conservateur ne cesse de faire de l'obstruction et de faire ce qu'il peut pour empêcher l'adoption des projets de loi. C'est intéressant quand les conservateurs prennent la parole. Ils aiment accuser le gouvernement de ne pas être capable de présenter des projets de loi ou de faire adopter son programme législatif à la Chambre.
Une voix: Bravo!
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, les députés d'en face disent « Bravo! »
Ils devraient se livrer à une introspection et analyser objectivement les raisons pour lesquelles l'adoption de mesures législatives s'est avérée quelque peu problématique. Cette tâche s'est révélée extrêmement difficile, et c'est presque entièrement à cause de l'attitude des conservateurs envers la Chambre des communes et des manœuvres auxquelles ils recourent actuellement dans cette enceinte.
Nous n'avons qu'à penser à ce que nous avons observé la semaine dernière. La semaine dernière, une motion a été adoptée, avec le soutien des conservateurs, pour que la Chambre des communes siège jusqu'à minuit pendant le reste de la session. Cela signifie que ce soir, demain soir, mercredi soir et jeudi soir, nous siégerons jusqu'à minuit pour examiner des projets de loi, et vendredi, nous siégerons jusqu'à 20 heures. La même chose devait se produire la semaine dernière. Les conservateurs ont d’ailleurs voté en faveur de la motion. Je suis intervenu. J’étais très reconnaissant, car en décembre dernier, j’avais encouragé les conservateurs à accepter de siéger tard afin d’avoir plus de jours de séance et de permettre ainsi davantage d’interventions.
Peu après, les conservateurs ont présenté une motion d'ajournement. Ils ont dit vouloir siéger tard, mais ils ont aussitôt présenté une motion d'ajournement. Ce n'est pas la première fois. Ils se plaignent et disent: « Nous voulons plus de temps pour pouvoir débattre de ces questions. » Au bout du compte, les conservateurs ont fait retentir la sonnerie à l'étape du rapport d'un des projets de loi du gouvernement, qu'ils ont pourtant appuyé. C'est vraiment incroyable. Quand on voit les manœuvres des conservateurs concernant le programme législatif, qui comprend le projet de loi d'exécution du budget et la présentation du budget, sans parler d'un certain nombre d'autres éléments dont je veux parler plus en détail, on comprend très facilement pourquoi nous devons recourir à l'attribution de temps.
Parlons de ce programme législatif. De nombreux députés du Parti conservateur ont critiqué le programme législatif du gouvernement aujourd'hui. Tout d'abord, il faut reconnaître qu'il y a eu 26 journées de l'opposition. Chacune a fait l'objet d'une attribution de temps. Elles sont planifiées, tout comme les affaires émanant des députés. Il y a eu 26 de ces journées. Combien de jours avons-nous réellement siégé? Était-ce 130 jours? Il faudrait le vérifier, mais il y en a eu 26 qui n'étaient que des journées de l'opposition. C'est sans parler de...
Une voix: La Chambre les avait approuvés.
L'hon. Kevin Lamoureux: Non, monsieur le Président. Nous n'avons pas à les approuver. Les partis de l'opposition avaient la garantie de disposer de 26 jours, ce qui n'inclut pas les nombreux jours où les conservateurs ont présenté des motions d'adoption.
Voici pourquoi c'est important. Si les conservateurs se donnent la peine de me suivre, ils comprendront mieux pourquoi on a recours à l'attribution de temps. Examinons le programme législatif. Il y a le projet de loi , sur la Loi sur la citoyenneté, le projet de loi , sur la suppression de la taxe sur le carbone, le projet de loi , sur la cybersécurité, le projet de loi , Loi sur l'unité de l'économie canadienne, et le projet de loi , Loi visant à lutter contre la haine, une mesure législative à laquelle le responsable de la lutte contre la criminalité tient tout particulièrement.
Il y a le projet de loi , Loi sur le commissaire à la mise en œuvre des traités modernes, le projet de loi , Loi sur la modernisation du système de justice militaire, le projet de loi , Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, et le projet de loi , qui porte sur l'accord commercial avec la Grande‑Bretagne. Je pense aussi au projet de loi , Loi visant à protéger les victimes, et au projet de loi , sans oublier le projet de loi , Loi sur les mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine. Je parlais à l'instant du projet de loi C‑16. Il y a même eu des manœuvres d'obstruction à l'égard de ce projet de loi.
Le projet de loi , Loi sur Maisons Canada, a été la cible de critiques des conservateurs pendant le discours qui a précédé le mien. Il y a le projet de loi , Loi sur le Traité concernant la reconnaissance et la mise en œuvre de l'autonomie gouvernementale des Métis de la Rivière Rouge, et le projet de loi , Loi concernant l'accès légal. Quand nous avons présenté le projet de loi sur l'accès légal, les conservateurs ont dit qu'il n'en était pas question. Ils allaient s'y opposer et il était hors de question qu'ils permettent son adoption. Nous avons dû présenter le projet de loi , et ils s'y opposent toujours.
Il y a le projet de loi , qui vise à protéger nos élections et nos droits. Les députés s'en souviennent peut-être. Je viens d'y faire référence. Tout le monde était d'accord, mais les conservateurs ont quand même fait retentir la sonnerie parce qu'ils ne voulaient pas vraiment débattre, apparemment.
Le projet de loi , lui, autoriserait certains paiements sur le Trésor pour améliorer l'offre de logements. Les conservateurs parlent beaucoup de logement et d'abordabilité, même si le prix moyen des maisons a diminué depuis que le nouveau a été élu. Le loyer moyen aussi a diminué, mais on ne le saurait pas en écoutant les conservateurs.
Ce n'est pas tout. Il y a le projet de loi , Loi sur les lancements spatiaux canadiens, qui me plaît beaucoup. On parle de toute une industrie qui a du potentiel. Des milliers d'emplois seraient créés. Cependant, tout ce que les conservateurs ont à dire, c'est qu'ils n'aiment pas le projet de loi et n'en veulent pas. Nous devons faire adopter ces mesures législatives.
C'est sans mentionner les projets de lois du Sénat. Je peux dire que le gouvernement du Canada, dirigé par notre nouvellement élu, a un programme législatif très ambitieux, car, malgré tous les obstacles que les conservateurs dressent sur notre chemin, nous voulons et nous allons continuer de nous battre et de proposer des mesures législatives qui vont rendre nos collectivités plus sûres et plus fortes. Comme le premier ministre l'a dit, nous voulons un Canada fort pour tous les Canadiens. Nous travaillons en ce sens. Ce que nous disons, c'est que nous allons bâtir l'économie la plus forte du G7.
Nous n'avons qu'à penser à toutes les mesures que le gouvernement et le ont prises depuis les dernières élections. Je n'ai parlé que du projet de loi. Il y a un certain nombre d'initiatives complémentaires au projet de loi. Tout cela fait partie du processus budgétaire, et c'est la raison d'être du projet de loi , Loi d'exécution de la mise à jour économique du printemps 2026. C'est la prochaine étape pour appuyer les Canadiens et bâtir un Canada plus fort, mais les conservateurs veulent quand même faire de l'obstruction.
Parlons de ce qui s'est passé au comité permanent. D'un côté, les conservateurs disent qu'ils veulent plus de temps. Ils ont eu 30 heures. D'après ce que m'ont dit beaucoup de collègues et de députés d'en face, ils ont passé leur temps à faire de l'obstruction, sans qu'il soit possible de tenir de véritables discussions. C'est ce qui peut se produire quand certains types de motions qui sont présentés. Je sais comment fonctionnent les comités permanents. Quand il y a de la collaboration, de bonnes idées et une volonté de travailler en collaboration, un comité permanent peut être très productif. Je le sais parce que j'ai déjà participé à des comités permanents. Ils offrent énormément d'occasions de collaborer davantage sur un large éventail de questions budgétaires et législatives.
En fait, en ce qui concerne les enjeux législatifs, contrairement à ce qu'affirmeront les conservateurs, la première chose que nous avons faite après avoir formé un gouvernement majoritaire a été de faire avancer des projets de loi d'initiative parlementaire présentés par des députés conservateurs. En huit, neuf ou peut-être douze semaines — je ne suis pas trop sûr — depuis que nous avons obtenu la majorité sous ce , nous avons probablement adopté plus d'initiatives provenant de l'opposition que Stephen Harper ne l'a fait en quatre ans. Je ne serais pas surpris que ce soit le cas.
Je mets au défi les députés d'en face de me montrer la liste des projets de loi d'initiative parlementaire qui ont été adoptés lorsque Stephen Harper était premier ministre et que l'actuel siégeait au Cabinet. Comparons cela à ce que nous avons fait en huit semaines. Il n'y a rien de surprenant là-dedans, compte tenu de la détermination du à travailler en collaboration. Lorsque les autres partis affichent une volonté de collaborer, nous collaborons.
Penchons-nous sur ce qui se passe dans toutes les provinces. Parlons des grands projets. Discutons du projet de loi , dont j'ai fait mention. Cette mesure législative n'a été possible que grâce à la collaboration entre les provinces et Ottawa sous la gouverne du . Ce n'est pas pour rien que le roi du Canada a prononcé le discours du Trône ici à un moment historique. Ce fut un moment marquant de l'histoire du Canada.
Je pense que nous devons tous reconnaître après coup ce qui s'est passé avant les dernières élections fédérales. Les Canadiens s'inquiétaient de l'économie à cause de trois éléments: le président Trump, les droits de douane et le commerce. Nous ne cessons de prendre des mesures pour régler les problèmes — ceux d’hier, d’aujourd’hui ou, évidemment, de demain — rencontrés par les Canadiens.
Il suffit de jeter un œil aux mesures que nous avons prises. Peu après les dernières élections fédérales, de nombreuses réunions ont eu lieu entre le et les premiers ministres provinciaux dans le but, comme nous l'avons dit aux Canadiens lors des dernières élections, de bâtir une économie canadienne unifiée. Compte tenu de la situation aux États‑Unis sous la présidence de Donald Trump et en vue de répondre aux inquiétudes et aux préoccupations des Canadiens, le premier ministre a travaillé main dans la main avec les provinces.
Ce faisant, nous avons été en mesure de parvenir à un consensus. Nous avons été en mesure de présenter le projet de loi. Nous avons été en mesure d'éliminer les obstacles fédéraux et interprovinciaux dont le gouvernement fédéral est responsable, ce qui nous a permis de tenir des discussions et de poursuivre le dialogue avec les provinces afin d'éliminer les obstacles provinciaux qui empêchent le commerce entre les provinces. Nous avons même connu un certain succès à cet égard. Nous poursuivons le dialogue avec les provinces.
Il suffit de regarder ce qui se passe dans une province comme l'Alberta. En Alberta, nous sommes en train de mettre en œuvre le protocole d'accord qui a été conclu par le et la première ministre provinciale. Les conservateurs ont beau critiquer cet accord, mais je crois que la première ministre de l'Alberta a raison, tout comme le gouvernement fédéral, quant à la manière dont nous pouvons réellement bâtir le Canada et en faire une superpuissance énergétique.
Il suffit de regarder le consensus que nous avons réussi à atteindre en collaborant dans le cadre de grands projets d'un océan à l'autre. Il y a eu des investissements importants dans des choses comme l'énergie éolienne et l'expansion des débouchés dans le domaine de l'énergie sur la côte Est, ainsi que dans quelque chose dont je parle souvent, soit l'expansion du port de Montréal. Nous pouvons examiner ce qui se passe en Ontario et la façon dont nous améliorons l'industrie nucléaire dans cette province grâce à de grands projets.
Dans ma province, le Manitoba, le premier ministre est un néo-démocrate, mais nous collaborons avec toutes les formations politiques. Les Manitobains ont compris que, pour la première fois depuis des générations, il y a désormais lieu d'espérer en ce qui concerne le port de Churchill et la possibilité qu'il devienne un point de transit pour des marchandises telles que le gaz naturel liquéfié et certains minerais, sans parler des autres possibilités offertes par le secteur agricole. Ces perspectives sont très concrètes et bien réelles dans ma province.
En Saskatchewan, nous pourrions parler des investissements dans le cuivre dans le cadre des grands projets. Quant au canola, le a su s'en occuper, au moins en partie et bien plus que ce que nous avons vu lorsque le siégeait à la table du caucus. Nous pourrions parler de l'Alberta et de la Colombie‑Britannique, ces deux provinces ensemble, que ce soit à propos de la conclusion d'accords sur les pipelines, le gaz naturel liquéfié et d'autres combustibles fossiles, ou sur l'exploitation minière.
Nous pourrions parler du Nord canadien. Il n'y a pas si longtemps, le se trouvait, je crois, à Yellowknife, dans le Nord canadien. Je ne suis pas sûr à 100 % que c'était à Yellowknife, mais il a annoncé comment nous allions protéger la souveraineté canadienne en investissant littéralement des milliards de dollars. Nous avons un immense potentiel et nous faisons des investissements majeurs d'un océan à l'autre.
Le gouvernement sait que consolider nos infrastructures et améliorer nos corridors économiques, pour ainsi dire, grâce au commerce international, fera la différence pour notre pays. Au chapitre de la main-d'œuvre, c'est la voie de l'avenir. On parle de dizaines de milliers d'emplois. Le va lui-même à la recherche d'investissements. Des milliards de dollars en provenance de l'étranger seront investis au Canada. Les engagements ont été pris. Même qu'au chapitre des investissements étrangers directs depuis 12 mois, si le Canada n'est pas en première position du G7, quoique je pense qu'il l'est, il pourrait fort bien être en première position parmi les pays du G20. Voilà qui entre aussi en compte dans ce qui a été annoncé.
Nous avons des raisons d'être optimistes, car le gouvernement comprend la valeur des investissements et l'importance de développer nos infrastructures. Notre est déterminé à apporter des améliorations là où il le peut et à faire preuve de patience envers les États‑Unis dans le dossier des échanges commerciaux. Nous ne capitulerons pas. Nous continuerons de défendre les intérêts des Canadiens pour obtenir le meilleur accord possible et, lorsqu'il le faut, nous donnerons un coup de pouce aux industries qui sont touchées par les négociations et par ce qui se passe aux États‑Unis.
Il faut reconnaître que nous avons conclu 20 accords commerciaux et de défense, et nous sommes en train d'en conclure d'autres. Je parle souvent de l'importance des États‑Unis, et tous devraient en convenir. J'en conviens moi-même, mais il ne fait aucun doute que le gouvernement et le sont déterminés à trouver des débouchés commerciaux ailleurs qu'aux États‑Unis. C'est ce qui nous a permis de conclure 20 accords commerciaux et de défense, et nous avons également signé des accords commerciaux officiels, qui ont été présentés à la Chambre et adoptés dans le cadre d'un projet de loi sur le commerce international.
Je pourrais aussi parler du potentiel commercial entre le Canada et l'Inde, deux grands pays. J'aimerais beaucoup qu'un accord officiel soit signé cette année. Le a rencontré le premier ministre et la présidente de ce grand pays.
Les possibilités sont bien réelles, et elles ont entraîné une hausse de, je crois, 17 % des exportations vers d'autres pays que les États‑Unis. Le gouvernement continue de travailler, jour après jour, à élargir les débouchés pour les entreprises — petites, moyennes et grandes —, car nous savons que les Canadiens sont les véritables bénéficiaires de ces débouchés, et c'est pour eux que nous continuerons de travailler sans relâche.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de .
Le gouvernement nous a demandé aujourd'hui d'accélérer l'étude de la mise à jour économique de printemps, sous prétexte que le temps presse. Ce que le gouvernement omet de préciser, c'est que cette contrainte de temps est en grande partie de son propre fait.
Soyons clairs sur les conséquences de cette motion. Elle obligerait les députés à présenter et à voter sur tous les amendements qui restent en comité sans autre débat. Il ne s'agit pas du processus législatif habituel. Cette motion revient à demander au Parlement de s'acquitter moins efficacement de sa tâche la plus importante.
Un budget est censé être un énoncé des priorités. Il est censé informer les Canadiens de ce que le gouvernement compte faire, des sommes qu'il prévoit dépenser et de la manière dont il compte financer ces dépenses. Pourtant, quelques semaines seulement après la présentation du budget de 2025, le a commencé à annoncer de nouvelles dépenses de plusieurs milliards de dollars qui n'avaient pas été présentées lors du dépôt du budget. Selon la directrice parlementaire du budget, ces mesures supplémentaires représentent environ 48 milliards de dollars sur cinq ans. En gros, un deuxième budget est dévoilé au coup par coup dans le cadre de conférences de presse et d'annonces, tandis que le Parlement est censé simplement suivre les événements.
L'exemple le plus frappant est le nouveau Fonds pour un Canada fort, un fonds de dette souveraine de 25 milliards de dollars qui n'avait pas été présenté comme un élément central du plan initial du gouvernement. Lorsqu'un gouvernement trouve 25 milliards de dollars pour un tout nouveau fonds de dette souveraine, quelques semaines seulement après la présentation d'un budget, le Parlement doit commencer à se demander si ces programmes sont réellement issus d'un plan économique cohérent et s'ils ne sont plutôt créés à la hâte chaque fois que le gouvernement a besoin d'une nouvelle annonce. La même tendance s'observe dans les nouveaux engagements du gouvernement dans les secteurs de la défense et des affaires internationales. Des milliards de dollars ont maintenant été annoncés pour de nouvelles structures d'approvisionnement en défense, une agence de l'investissement pour la défense et une stratégie industrielle de défense. Pourquoi tant d'engagements financiers énormes continuent-ils à émerger alors que le plan financier du gouvernement était censé être terminé?
Le a également dévoilé l'initiative Une Équipe Canada forte, une stratégie de plusieurs milliards de dollars sur la main-d'œuvre. Puis est arrivée la nouvelle initiative du gouvernement sur l'électricité. On a dit aux Canadiens que des milliards de dollars supplémentaires seraient consacrés aux infrastructures de transport, aux corridors électriques et à la transformation à long terme du réseau électrique du Canada. Encore une fois, le gouvernement a présenté l'annonce comme si c'était une idée qu'il venait d'avoir. Pourquoi ces mesures n'ont-elles pas été prévues dans le budget en premier lieu?
Puis, la semaine dernière, le gouvernement a annoncé une stratégie nationale de sécurité alimentaire de 3 milliards de dollars. Le gouvernement semble croire qu'on peut assurer la sécurité alimentaire grâce à la création de fonds, de pôles, d'agences, de mécanismes de financement, de structures de planification et de cadres administratifs. En réalité, la sécurité alimentaire n'a jamais été assurée par des planificateurs gouvernementaux. Elle a toujours été le fait des agriculteurs, des transporteurs routiers, des transformateurs, des détaillants et des entrepreneurs qui acheminent les denrées alimentaires de la terre à la table. L'annonce prévoit des milliards de dollars pour de nouveaux programmes, mais elle ne mentionne pratiquement pas les politiques qui ont fait grimper le prix des aliments. Pour assurer la sécurité alimentaire, il faut des agriculteurs qui ont les moyens de cultiver, des transformateurs qui ont les moyens de transformer, des camionneurs qui ont les moyens de transporter les marchandises et des entreprises capables d'opérer dans un environnement concurrentiel. Malgré cela, après des années de politiques libérales inflationnistes qui ont fait grimper les coûts tout au long de la chaîne d'approvisionnement, le gouvernement propose maintenant d'ajouter encore des programmes et de l'administration, une autre proposition inflationniste.
Chacune de ces annonces s'accompagne d'une nouvelle facture qui sera payée avec la carte de crédit nationale. Toutes les quelques semaines, le gouvernement présente aux Canadiens une nouvelle annonce, un nouvel engagement, une nouvelle dépense en promettant, une fois de plus, que les dépenses publiques mèneront, d'une manière ou d'une autre, à une future prospérité. Après 10 ans de cette approche, les Canadiens sont cependant en droit de poser la question que voici: puisque les dépenses publiques sont censées être la clé de la croissance économique, pourquoi les milliards de dollars de nouvelles dépenses n'ont-ils pas amélioré la situation?
Le gouvernement veut faire croire aux Canadiens que les nouveaux programmes vont enfin faire baisser le coût de la vie, sauf que ce ne sont que des accroires. Chaque nouveau fonds, chaque nouvelle agence, chaque nouvelle stratégie et chaque nouvelle dépense finit sur la carte de crédit du pays. La facture finit toujours par arriver. Elle prend la forme de déficits supérieurs, d'une dette supérieure, d'intérêts en hausse et, en fin de compte, d'une vie encore plus chère pour les gens mêmes à qui le gouvernement prétend venir en aide.
Le projet de loi n'est que le plus récent exemple de ce qui est maintenant devenu une habitude pour les libéraux: faire grimper les dépenses, faire grimper les emprunts, faire grimper la dette et faire grimper les prix pour les Canadiens. Alors que le avait promis de le gérer de manière judicieuse, le budget fera plus que doubler le déficit qu'avait légué Justin Trudeau. Le déficit passera de 31 à 72 milliards de dollars. Hors pandémie, c'est le pire de l'histoire du Canada. Les Canadiens s'étaient fait promettre qu'on ferait les choses autrement, sauf que la nouvelle approche consiste à dépenser autrement plus que dans les rêves les plus fous de Justin Trudeau.
Le plus inquiétant, c'est qu'en même temps, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession. Le gouvernement s'obstine à dire que la solution passe par une hausse des dépenses. Or, malgré tout ce qui a été dépensé, le Canada est le seul pays du G20 à avoir réussi à mériter cette distinction lamentable. Après 10 ans de résultats décevants, il me semble pourtant que le gouvernement devrait s'arrêter un instant pour réfléchir au fait que le remède qu'il prescrit continuellement aggrave le mal au lieu d'y remédier.
Les Canadiens affichent déjà l'endettement des ménages le plus élevé du G7. Ils composent avec un parc de logements parmi les moins financièrement accessibles du monde développé. Le recours aux banques alimentaires bat de tristes records. Les jeunes familles doivent se contenter de rêver d'accéder à la propriété. Les retraités doivent de plus en plus se serrer la ceinture pour arriver jusqu'à la fin du mois. Les travailleurs qui ont des enfants sont contraints de faire des choix impossibles entre payer l'épicerie, le loyer, le transport ou le nécessaire.
Le n'a pas fait campagne en promettant de doubler les déficits. Il n'a pas fait campagne en promettant d'alourdir l'appareil gouvernemental et de faire des dépenses toujours plus élevées. Il s'est présenté comme l'adulte dans la pièce, comme celui qui rétablirait la discipline budgétaire, qui rendrait au gouvernement sa compétence et qui donnerait une nouvelle orientation économique au pays. Malheureusement, quelques mois plus tard seulement, on se retrouve avec un déficit qui s'élève à 72 milliards de dollars — soit le plus important de l'histoire du Canada si l'on exclut les années de pandémie —, et des milliards de dollars de dépenses supplémentaires qui n'étaient même pas prévues au budget.
Le avait promis qu'il réduirait le ratio dette-PIB, mais ce budget montre qu'il est à la hausse. Il avait promis qu'il ferait preuve de discipline budgétaire, mais les dépenses augmentent plus vite que l'inflation et plus vite que la croissance économique. Il avait promis une relance économique, mais le Canada demeure le seul pays du G20 en récession. Il avait promis d'accélérer la construction, mais bien qu'il ait créé de nouveaux bureaux, de nouvelles agences et de nouveaux processus d'approbation, les Canadiens attendent toujours des résultats.
Le problème, ce n'est pas simplement que ces promesses ont été rompues. Le problème, c'est que le gouvernement ne semble pas avoir tiré de leçons des 10 dernières années. Depuis 10 ans, on promet aux Canadiens que le problème sera réglé grâce à un nouveau programme de dépenses, à un nouveau fonds, à une nouvelle agence ou à une nouvelle stratégie. Or, le problème continue de s'aggraver à mesure que la taille du gouvernement augmente.
Résultat: le pays est plus endetté, il paie plus d'intérêts, sa croissance a ralenti et le coût de la vie y est plus élevé que ce qu'on avait promis aux Canadiens. À un moment donné, il faut juger les gouvernements non pas en fonction de leurs annonces, mais en fonction de leurs résultats. Voilà que le gouvernement demande au Parlement de consacrer moins de temps à l'examen des projets de loi et, parallèlement, il demande aux Canadiens d'accepter plus de dépenses, plus d'emprunts et plus de dettes. C'est le monde à l'envers.
Pourtant, quand un gouvernement annonce de nouveaux engagements à hauteur de 48 milliards de dollars après avoir déposé son budget, il est encore plus important de procéder à un examen minutieux, pas moins. Lorsque les déficits augmentent, les débats ont encore plus d'importance, pas moins. Lorsque les Canadiens ont du mal à payer leur épicerie, leur logement et les produits de première nécessité, la reddition de comptes devient encore plus importante, pas moins. Le Parlement n'a pas été créé pour approuver les annonces du gouvernement les yeux fermés. Le Parlement existe pour remettre en question les mesures annoncées par le gouvernement, demander des explications et veiller à ce que les contribuables comprennent les conséquences que celles-ci auront avant de recevoir la facture.
Après 10 ans marquées par une dette croissante, une hausse des coûts et une baisse du pouvoir d'achat, les Canadiens sont parfaitement en droit de demander si l'augmentation des dépenses contribuera à résoudre le problème ou à l'aggraver. Le gouvernement n'aime peut-être pas cela, mais ce n'est pas une raison pour écourter le débat. C'est justement à cela que sert le débat.
C'est pourquoi les conservateurs appuient l'amendement proposé par mon collègue de . Cet amendement permettrait au comité des finances de poursuivre son étude au lieu de forcer la Chambre à mettre aux voix les articles et les amendements restants sans en débattre. Il rétablirait le principe fondamental selon lequel le Parlement doit examiner les mesures législatives avant de les adopter. Les Canadiens n'ont plus les moyens de continuer ainsi et ils ne peuvent certainement pas se permettre d'accepter un examen moins minutieux des politiques à l'origine de la situation actuelle.