Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.
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Madame la Présidente, ça me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui. Pour moi, ce sera la première fois que je le fais à propos du projet de loi S‑228, Loi modifiant le Code criminel (actes de stérilisation). Nous sommes maintenant à l'étape de la troisième lecture.
Comme porte-parole du Bloc québécois en matière de relations avec les Autochtones et de développement du Nord, je dois dire que j'ai assisté à plusieurs témoignages au Comité permanent des affaires autochtones et du Nord. On ne peut pas rester insensible à ce que des femmes autochtones, mais aussi des femmes issues de minorités ethniques ont vécu. On sait que ces femmes, et les femmes en situation de handicap également, sont les plus touchées par quelque chose qui ne devrait tout simplement pas exister. C'est dans l'ordre de l'inacceptable, voire de la terreur, pour les femmes.
Arriver aujourd'hui et offrir au nom du Bloc québécois notre soutien à l'adoption rapide de ce projet de loi, c'est certain que c'est pour moi une victoire en soi, une victoire qui est celle de toutes les femmes et de leur entourage. On sait que quand un drame ou une tragédie se produit, nous sommes tous touchés par ce que des gens près de nous vivent. Voilà, je dis donc que ce sera leur victoire à elles aussi parce que je crois que nous nous entendons des deux côtés de la Chambre pour pouvoir adopter enfin ce projet de loi, un projet de loi qui est, somme toute, simple.
Rappelons que c'est un projet de loi qui modifie le Code criminel pour préciser que, pour l'application du paragraphe 268(1), « un acte de stérilisation constitue une blessure ou une mutilation ». Selon le projet de loi, un « acte de stérilisation », s'il faut le rappeler également, « s'entend du sectionnement, de l’occlusion, de la ligature ou de la cautérisation de l’ensemble ou d’une partie des trompes de Fallope, des ovaires ou de l’utérus d’une personne ou de tout autre acte exécuté sur une personne qui a pour effet d’empêcher la procréation de façon définitive, que l’acte soit ou non réversible par une opération chirurgicale ultérieure ».
On parle de voies de faits graves et, comme on l'a déjà fait pour la question du viol, on souhaite préciser dans le Code criminel qu'il s'agit vraiment d'une voie de fait grave. On veut faire en sorte, même si certaines personnes ont parlé de symboles, d'aller plus loin que le symbole. On souhaite vraiment faire en sorte de toujours renforcer la protection de ces femmes qui voient leur intégrité physique être menacée. On veut les protéger, mais également leur assurer qu'elles pourront avoir accès aux mêmes soins de santé que toute autre femme et que leur consentement libre et éclairé sera nécessaire et pris en compte.
C'est certain que je souhaitais, comme porte-parole, m'assurer qu'il n'y aurait pas d'effet involontaire d'un acte médical. Plusieurs personnes sont venues témoigner et certaines ont exprimé des craintes. On veut toujours que ça ait l'effet souhaité. C'est vraiment ce que nous avons essayé de faire: faire tomber toutes les craintes qu'il y aurait pu y avoir relativement au projet de loi. Ça a fonctionné. C'est certain qu'une partie des craintes était exprimée par la communauté médicale, mais toutes les réponses qui ont été données ont pu, comme je l'ai dit, faire tomber les craintes qu'il y avait.
Par exemple, dans le projet de loi, la définition que j'ai lue tout à l'heure exige que l'acte soit exécuté avec l'effet, c'est-à-dire le but premier, « d'empêcher la procréation de façon définitive ». Un des exemples que nous avons vu est celui d'un patient qui consentirait à un traitement de chimiothérapie, ce qui pourrait causer de façon indirecte la stérilisation. Nous nous sommes assurés que cela ne serait pas visé par le projet de loi. Ce ne serait donc pas intégré au Code criminel.
Encore une fois, la finalité assure que le projet de loi ne s'applique qu'à l'égard d'un acte délibérément stérilisant. J'ai donné un exemple, mais il y en a d'autres. L'idée est vraiment de cibler une volonté délibérée, un acte fait sans l'obtention du consentement libre et éclairé du patient. Nous tenions vraiment à cet élément tant pour les médecins que pour tout le monde. S'il y avait une situation ayant un effet secondaire de stérilisation, ce n'est pas ce qui est compris dans le projet de loi.
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Ensuite, il y avait également l'article 45 du Code criminel. L'article 45 protège les médecins qui visent à sauver des vies dans des situations d'urgence. En effet, dans une situation d'urgence, obtenir un consentement libre et éclairé peut être éminemment difficile. Si une vie est à risque et qu'il y a une mesure à prendre, c'est certain que c'est différent. On ne considère pas que ce sera une infraction au Code criminel. L'article 45 va défendre le corps médical.
C'était un peu l'idée qu'on avançait lors de la dernière étude. Il s'agissait de faire tomber toutes les craintes qu'il pouvait y avoir, parce que ça fait toujours peur quand on ne sait pas exactement l'impact que ça pourrait avoir. On pourrait alors être réticent à valider cela.
Les deux côtés de la Chambre s'entendent maintenant sur l'adoption du projet de loi, notamment à la lumière de tous les témoignages qu'il y a eu. Rappelons qu'il y a eu des témoignages lors de la présente législature, mais que le projet de loi avait déjà été étudié lors de la législature précédente. Ça fait donc longtemps qu'on travaille sur le projet de loi. On avait fait tomber plusieurs murs. Là, on arrive à la toute fin. Ça veut dire qu'il y a un consensus aussi. Je pense que c'est la façon de faire la plus rigoureuse et la plus responsable, même si, au fond de nous, nous sommes absolument en faveur d'un projet de loi comme celui-ci, qui vise à mettre fin à toute discrimination pour ce qui est de la stérilisation. Cependant, nous devons aussi écouter l'ensemble des acteurs de la société et, là, il y a un consensus très fort.
À l'approche de ma conclusion, je ne lirai pas toutes les statistiques que j'ai devant les yeux ou toutes les demandes qui sont faites à l'international. Par exemple, les Nations unies réclament l'adoption de mesures législatives pour protéger toutes les femmes de ce type d'injustice ou même de crime, disons‑le. On ne fait que renforcer le Code criminel. J'espère qu'on pourra se donner ensuite les moyens. Oui, c'est inscrit dans le Code criminel, mais on sait très bien que le Code criminel en lui-même ne fait pas tout.
Il faut qu'on puisse soutenir les femmes et qu'on puisse avoir des conversations et de la collaboration avec différents organismes gouvernementaux et non gouvernementaux pour s'assurer de couvrir l'ensemble du problème, parce que c'est éminemment complexe. Comme je le disais, pour moi, ce qui revient toujours, c'est vraiment de protéger les femmes, de pouvoir leur assurer que leur corps leur appartient et que personne ne peut choisir pour elles. Ce que je dis s'applique à peu près tous les dossiers en matière d'affaires autochtones qu'on voit passer à la Chambre et auxquels on prend part. On doit consulter les femmes, les respecter et s'assurer qu'elles sont des parties prenantes des décisions qui sont prises pour elles.
En terminant, je salue toutes les femmes qui nous écoutent.
Madame la Présidente, je tiens d'abord à m'excuser. Je ne vais pas vous livrer ici un discours enflammé, fustigeant le gouvernement pour ses nombreux échecs et son incapacité apparente à comprendre les besoins du pays. Il y a un temps pour cela, mais ce n'est pas maintenant, car la question dont nous débattons n'est pas partisane. Ce n'est pas une question de gauche ou de droite, mais on pourrait dire que c'est une question de droiture et d'injustice, ou du moins de la nécessité de s’assurer qu’une injustice historique ne se répète jamais.
Il y a quatre ans, le comité sénatorial des droits de la personne a publié son rapport sur la stérilisation forcée ou contrainte de personnes au Canada. Pour beaucoup de gens, ce rapport a été révélateur. Les Canadiens connaissent vaguement l'histoire de la stérilisation forcée dans notre pays. Parfois, notre histoire est loin d'être une source de fierté.
Au début du XXe siècle, on a vu naître un mouvement, qui était fondé sur une conception erronée de la dignité humaine et de l'essence même de l'humanité. L'idée était qu'il fallait s'efforcer de créer des êtres humains parfaits, ce qui signifiait que ceux qui étaient considérés comme imparfaits ne devraient pas être autorisés à avoir des enfants. L'État obligerait les personnes jugées inaptes à se faire stériliser afin qu'elles ne puissent pas se reproduire. Il s'agissait, et il s'agit toujours, d'un point de vue répréhensible.
Malheureusement, c'est ma province, l'Alberta, qui a ouvert la voie dans ce triste chapitre de notre histoire. La Sexual Sterilization Act, une loi provinciale, a été adoptée en 1928 et plus de 2 800 femmes ont été stérilisées avant qu'elle ne soit abrogée en 1972. Ces femmes se sont vu priver du privilège d'avoir des enfants parce que la société estimait qu'elles avaient un problème. De plus, elles n'ont pas eu voix au chapitre. Beaucoup ont été stérilisées à un jeune âge. Elles ne savaient même pas ce qu'on leur faisait, ce qui est loin d'être le comportement d'une société et d'un gouvernement qui étaient censés protéger ses citoyens.
L'Alberta a peut-être ouvert la voie, mais elle n'a pas été la seule province à se livrer à ces actes honteux. Ce qui est encore plus répréhensible, c'est le fait que l'État ait jugé certains groupes de personnes indignes d'avoir des enfants. Des jeunes et des minorités d'origine autochtone ont été ciblés. De plus, bon nombre de ces personnes ont été déclarées mentalement déficientes. En raison de cette classification, leurs droits ont été bafoués et elles ont été stérilisées sans leur consentement.
Les Canadiens comprennent maintenant que ces actes étaient répréhensibles; ils sont le fruit d'une autre époque et d'une vision tordue de l'humanité qu'ont certaines personnes. Nous savons que de tels actes ne doivent plus jamais se reproduire, mais il n'y a rien dans nos lois qui permet de le garantir.
Le projet de loi S‑228 permettrait de remédier à la situation. Il propose en effet de préciser un article du Code criminel afin de mettre fin à la perpétuation de la discrimination systémique, de la colonisation et du racisme, qui touchent de manière disproportionnée, quoique pas exclusive, les Autochtones et les personnes racisées. Ce texte mettra un terme aux stérilisations effectuées sans le consentement de la personne visée.
L'article 268 du Code criminel traite des voies de fait graves. Je crois que nous conviendrons tous que stériliser une personne sans son consentement constitue une forme de voies de fait graves.
Le projet de loi S‑228 ajouterait l'article 268.1 au Code criminel du Canada afin de définir ce qui constitue un acte de stérilisation et de préciser que cet acte relève bel et bien de cet article. Il s'agit d'une modification toute simple, mais importante, car elle nous permettra d'éviter de répéter les erreurs du passé. Nous tenons à ce qu'il n'y ait aucun malentendu.
Je dois dire que, pendant l'étude du comité sénatorial, certains témoins et sénateurs ont signalé que le libellé de la version originale du projet de loi S‑228 était trop compliqué et risquait d'avoir des conséquences inattendues, surtout dans les cas où une opération chirurgicale doit être effectuée d'urgence et ceux où une intervention médicale provoque une stérilisation. Le texte a donc été corrigé. Après consultation auprès du ministre de la Justice et de juristes, le projet de loi a été simplifié, même s'il continue d'inscrire noir sur blanc dans le Code criminel que la stérilisation forcée constitue une forme de voies de fait graves. Cet acte serait illégal et donnerait lieu à des poursuites.
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Certains députés se posent peut-être des questions sur l'enjeu du consentement. Qu'en est-il des situations où une personne, pour des raisons médicales ou autres, souhaite réellement être stérilisée? Serait-ce toujours considéré comme une voie de fait? Après tout, selon le Code criminel, le consentement ne peut pas constituer un argument de défense contre une accusation de voies de fait graves. La jurisprudence à ce sujet est très claire. Il existe toutefois une jurisprudence concernant les cas où le patient ou le décideur substitut est incapable de donner son consentement, et où il y a une souffrance grave démontrable ou une menace imminente pour la vie ou la santé du patient. Dans ce cas, le médecin a le devoir de faire ce qui est immédiatement nécessaire, et ce, sans avoir à obtenir le consentement de son patient.
Par ailleurs, l'article 45 du Code criminel exonère de toute responsabilité pénale tout médecin qui pratique une opération chirurgicale si l'opération « est pratiquée avec des soins et une habileté raisonnables », et s'il est raisonnable de pratiquer l'opération, étant donné l'état de santé de la personne et d'autres circonstances.
S'il s'agit d'une situation qui appartient au passé, alors pourquoi devrions-nous nous en préoccuper aujourd'hui? Pourquoi ce projet de loi est-il nécessaire? Comme l'a souligné le rapport du Sénat à l'issue des auditions des témoins, il ne s'agit pas seulement d'une question historique. La conclusion du rapport est que la stérilisation forcée persiste au Canada, qu'elle est sous-déclarée et sous-évaluée, et qu'il faut y mettre un terme. Comme par le passé, les personnes marginalisées tendent à être surreprésentées parmi les victimes, notamment les femmes issues de minorités ethniques, les femmes handicapées, les femmes autochtones, ainsi que les femmes placées en établissement.
La justice exige qu'ici, à la Chambre, nous remédiions à cette situation. La stérilisation forcée est manifestement une question de droits de la personne. En effectuant une stérilisation non consentie, on commet des voies de fait graves qui devraient faire l'objet de poursuites sous le régime du Code criminel. C'est aussi simple que cela. Les mesures législatives, bien sûr, ne suffisent pas. Le projet de loi ne peut pas réparer les traumatismes et les préjudices déjà subis par les victimes, mais il contribuerait grandement à prévenir de futures violations et à offrir aux survivants une certaine justice.
Pour reprendre un cliché, les gens qui n'apprennent pas des erreurs commises dans le passé sont condamnés à les répéter, mais c'est devenu un cliché parce qu'il y a beaucoup de vrai là-dedans. Avec le projet de loi S‑228, nous avons l'occasion, à la Chambre, de montrer que nous avons effectivement appris du passé et que nous nous soucions du présent et, bien sûr, de l'avenir. Nous voulons mettre fin une bonne fois pour toutes à la stérilisation forcée au Canada. Nous avons l'occasion de faire quelque chose de concret. J'encourage les députés à faire ce qu'il faut et à appuyer le projet de loi.
Madame la Présidente, je me réjouis de prendre la parole aujourd'hui à l'étape de la troisième lecture du projet de loi S‑228, Loi modifiant le Code criminel.
D'entrée de jeu, je tiens à remercier la sénatrice Yvonne Boyer, marraine de ce projet de loi du Sénat, pour son leadership, sa détermination et ses efforts inlassables dans ce dossier. La sénatrice Boyer est une voix puissante pour les survivants et les femmes autochtones de toutes les régions de notre pays, et son travail a permis d'attirer l'attention à l'échelle nationale sur une pratique qui n'aurait jamais dû avoir lieu au Canada.
Je tiens également à remercier le député d'Haliburton—Kawartha Lakes, qui a parrainé le projet de loi à la Chambre des communes et fait en sorte qu'il franchisse les étapes du processus parlementaire.
Je tiens plus particulièrement à saluer toutes les personnes qui ont survécu à ces actes, car leur courage, leur persévérance et leur volonté de partager des expériences profondément personnelles nous ont menés là où nous en sommes aujourd'hui. Leurs voix sont au cœur de cette discussion depuis le tout début. Si le projet de loi existe, c'est parce que ces survivants ont refusé de garder sous silence leur vécu et qu'ils ont exigé qu'on leur rende des comptes, qu'on leur accorde une reconnaissance et qu'on prenne des mesures.
Aujourd'hui, peu importe leur allégeance politique, tous les députés ont l'occasion de faire un grand pas en avant. L'objectif du projet de loi S‑228 est clair. Il vise à préciser que tout acte de stérilisation effectué sur des personnes sans leur consentement libre et éclairé constitue une voie de fait grave au titre du Code criminel.
Le projet de loi ne créerait pas de nouvelle infraction criminelle. Il ne modifierait pas le droit du consentement. Il ne modifierait pas les pratiques médicales légitimes. Il rendrait plutôt explicite ce que de nombreux Canadiens s'attendent raisonnablement à voir déjà reconnu par la loi: réaliser un acte de stérilisation sans le consentement libre et éclairé constitue l'une des violations les plus graves de l'autonomie corporelle et doit être traitée en conséquence.
Le projet de loi porte essentiellement sur le consentement. Le consentement est l'un des principes fondamentaux du droit pénal et du système de santé. Il doit être donné librement et être éclairé et volontaire. Il ne peut pas être obtenu par la coercition, la manipulation, la pression, les menaces, la tromperie ou l'abus de pouvoir.
Ces principes ne sont pas nouveaux. Ils sont déjà profondément ancrés dans le droit canadien, mais les expériences racontées par des personnes survivantes montrent pourquoi la clarté est importante. Pour de nombreuses personnes survivantes, en particulier les femmes autochtones, la question n'a jamais été simplement ce que prévoit la loi sur papier. La question était de savoir si le système reconnaissait la gravité de ce qui leur était arrivé. La question était de savoir s'il y avait suffisamment de clarté et de reddition de comptes. Voilà pourquoi le projet de loi S‑228 est important. Il enverrait un message clair: la stérilisation sans consentement libre et éclairé constitue non seulement un manquement à l'éthique médicale, mais aussi une violation grave de l'autonomie corporelle qui relève du droit pénal.
Les discussions au sujet du projet de loi nous ont aussi permis de revenir sur un chapitre difficile de l'histoire de notre pays. Nous savons qu'il y a eu des stérilisations forcées au Canada. Nous savons aussi que les femmes autochtones sont touchées de manière disproportionnée. Nous savons que de nombreuses survivantes ont connu des problèmes physiques, émotionnels, psychologiques, culturels et intergénérationnels à long terme. Nous savons que ces problèmes ont alimenté la méfiance envers les institutions et les systèmes qui étaient censés protéger ces femmes.
Les histoires vécues par les survivantes étaient à la fois poignantes et bouleversantes et elles nous ont rappelé à tous qu'au bout du compte, c'est pour les gens que nous créons des lois. Derrière chaque discussion sur le droit pénal, chaque amendement et chaque étude de comité, il y a des gens dont la vie a été bouleversée. Ce projet de loi tient compte de leur réalité.
De nombreuses personnes ont insisté, pendant l'étude du comité, sur le fait que le projet de loi devait être clair et éviter toute forme de conséquences inattendues. Selon moi, cet équilibre est atteint. Certaines personnes se sont demandé s'il pourrait toucher les interventions médicales légitimes et effectuées avec le consentement des principales intéressées. La réponse est non. Le projet de loi ne touche pas aux soins médicaux légitimes. D'autres ont voulu savoir si les médecins qui agissent de bonne foi dans une situation d'urgence pourraient faire l'objet de poursuites pénales. Là aussi, la réponse est non.
Cette mesure législative vient simplement préciser une règle de droit. Elle ne changerait rien au cadre juridique régissant les traitements médicaux d'urgence. Elle ne supprimerait pas non plus les mécanismes qui protègent actuellement les professionnels de la santé qui agissent de manière raisonnable et diligente. Elle ne modifierait en rien les principes de longue date qui encadrent les situations où il faut exécuter une intervention médicale d'urgence pour sauver la vie d'une personne. Ces balises demeurent inscrites dans la loi et elles continueront d'exister.
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Ce point a été renforcé par les témoignages entendus lors de l'étude en comité. Autrement dit, le projet de loi S‑228 renforcerait la responsabilité en cas de stérilisation non consensuelle tout en maintenant les soins médicaux appropriés. Ces deux objectifs ne sont pas incompatibles. En fait, ils sont complémentaires. Un système de santé fort dépend de la confiance, et la confiance dépend du consentement.
Un aspect du projet de loi qui mérite une attention particulière est l'utilisation d'une disposition de « précision ». Le projet de loi ne vise pas à réinventer le droit pénal. Il préciserait plutôt comment les principes existants s'appliqueraient dans un contexte précis. Le Parlement a recours à ce type de disposition lorsqu'il souhaite dissiper tout doute et offrir une plus grande certitude quant à l'application de la loi. C'est précisément ce que ferait le projet de loi. Il apporterait plus de clarté aux tribunaux, aux procureurs, aux forces de l'ordre et, surtout, aux survivantes et aux Canadiens. Il renforcerait le fait que la stérilisation sans consentement libre et éclairé est une conduite d'une extrême gravité.
Une autre caractéristique importante de ce projet de loi est qu'il reflète une approche collaborative. Il ne s'agit pas d'une question partisane. Ce projet de loi a vu le jour au Sénat, a été présenté par la sénatrice Boyer, est parrainé à la Chambre des communes par un député conservateur et bénéficie de l'appui de députés de tous les partis. C'est ainsi que le Parlement devrait fonctionner lorsqu'il traite de questions touchant à la dignité humaine fondamentale. Il y a des moments où nous sommes en profond désaccord, mais il devrait aussi y avoir des moments où nous nous rallions autour de principes communs. Le respect de l'autonomie corporelle est l'un de ces principes. Le respect du consentement donné librement et en toute connaissance de cause en est un autre, tout comme la dignité de chacun. Le projet de loi S‑228 reflète ces valeurs.
Je tiens également à rendre hommage aux nombreux organismes, défenseurs des droits, universitaires, professionnels de la santé et chefs de file communautaires qui contribuent à ce dialogue. Nous avons entendu des personnes ayant une expertise dans les domaines de la justice en matière de reproduction, de la santé des Autochtones, de l'éthique médicale, des droits des femmes et du droit pénal. Bien que les témoins aient abordé la question sous des angles différents, il y avait un large consensus sur l'importance d'affirmer l'autonomie corporelle et de renforcer le principe du consentement donné librement et en connaissance de cause. Ce large appui témoigne de la force du projet de loi et de la gravité de la question dont il traite.
Le projet de loi s'inscrit également dans le cadre d'efforts plus larges visant à faire progresser la réconciliation. La réconciliation ne peut reposer que sur des mots; il faut agir, être à l'écoute, prendre en compte les expériences des peuples autochtones et mettre en œuvre des mesures concrètes quand des torts sont causés. Aucun projet de loi ne peut à lui seul réparer les torts subis par les survivants. Aucune modification législative ne peut à elle seule rétablir la confiance du jour au lendemain. Aucune mesure ne peut à elle seule aborder tous les aspects de cette question. Ça ne signifie pas pour autant que le Parlement devrait ne rien faire.
Ce sont souvent des mesures concrètes et ciblées qui permettent de réaliser des progrès substantiels. Le projet de loi S‑228 appartient à cette catégorie de mesures. Il permettrait de reconnaître les torts subis, de renforcer la responsabilité, d'améliorer la clarté et d'affirmer des principes fondamentaux d'une société libre et démocratique.
Tout au long du débat, il a été question d'autonomie corporelle. Ce concept est parfois abordé dans un langage juridique, médical ou politique, mais, au fond, l'autonomie corporelle signifie quelque chose de simple: chaque personne a le droit de prendre des décisions concernant son propre corps, ces décisions doivent revenir à l'individu, et les interventions ayant des conséquences permanentes ne peuvent pas être imposées par la contrainte, la pression, la manipulation ou l'abus d'autorité. Ces principes ne devraient pas prêter à controverse; ils devraient nous unir, et je crois que c'est le cas.
L'adoption du projet de loi S‑228 ne mettrait pas un terme à cette conversation. D'importantes discussions se poursuivraient sur la sécurité des patients, la réconciliation et la responsabilité. Ces discussions doivent se poursuivre, mais le Parlement est appelé aujourd'hui à se prononcer sur une question précise: le Code criminel devrait-il établir clairement que les procédures de stérilisation pratiquées sans consentement libre et éclairé constituent des voies de fait graves? Je crois que la réponse est oui.
Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour appuyer le projet de loi S‑228, Loi modifiant le Code criminel (actes de stérilisation). Ce projet de loi s'attaque à une pratique qui ne devrait même pas exister. Chaque Canadien a le droit de prendre des décisions médicales pour lui-même, sans coercition, intimidation ou recours à la force. Lorsque ce droit est violé, les conséquences peuvent durer toute la vie.
Le projet de loi S‑228 reconnaîtrait explicitement la stérilisation forcée ou contrainte comme des voies de fait graves en vertu du Code criminel. Selon le Code criminel, « [commet] des voies de fait graves quiconque blesse, mutile ou défigure le plaignant ou met sa vie en danger ». Le projet de loi S‑228 préciserait qu'une procédure de stérilisation est considérée comme une blessure ou une mutilation. Il renforcerait également le principe selon lequel la stérilisation ne doit jamais avoir lieu sans le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause.
Le Code criminel prévoit, à juste titre, une exemption pour les professionnels de la santé. Or, il subsiste un vide à l'égard de la stérilisation forcée. Même lorsqu'elle est pratiquée par un professionnel autorisé dans un établissement de santé, il s'agit d'une intervention invasive aux conséquences irréversibles. Cela dit, le débat ne se limite pas aux seules définitions juridiques. On parle ici de femmes en situation de vulnérabilité qui sont contraintes de prendre une décision dont les répercussions les suivront toute leur vie. Il s'agit aussi de la dignité humaine et de la responsabilité collective que nous avons de protéger les personnes susceptibles d'être victimes de mauvais traitements ou d'exploitation.
Il serait tentant de croire que la stérilisation forcée appartient uniquement au passé. Pourtant, et c'est pour le moins troublant, des allégations et des cas documentés ont été signalés au cours des 20 dernières années. C'est une pratique choquante, mais son lien avec l'eugénisme l'est encore davantage. L'eugénisme a laissé sa marque sur les lois et les politiques du Canada, en particulier au début du XXe siècle. Certaines de ces lois ont perduré jusqu'aux années 1980. Tant qu'elles étaient en vigueur, des personnes ont été jugées inaptes à se reproduire en raison de leur handicap, de leur race, de leur situation économique et sociale et d'autres critères. Ces idées néfastes ont conduit à l'adoption de lois sur la stérilisation dans certaines provinces et à des politiques qui ont touché de façon disproportionnée les Autochtones, les personnes handicapées et d'autres groupes vulnérables. Des milliers de personnes ont ainsi été stérilisées, souvent sans leur consentement éclairé.
Si ces lois ont fini par être abrogées, les mentalités qui ont conduit à leur adoption n'ont pas disparu pour autant. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a mis en évidence que les stérilisations forcées et sous la contrainte se sont poursuivies bien après l'abrogation des lois officielles sur l'eugénisme, et que le recours à ces pratiques était encore signalé ces dernières décennies.
Les leçons du XXe siècle sont claires. Chaque fois qu'une société commence à juger de la valeur d'une vie humaine en fonction de l'origine ethnique, d'un handicap, de la condition sociale ou de toute autre caractéristique, les droits de la personne sont menacés. Quand les personnes sont traitées comme des problèmes à gérer plutôt que comme des êtres méritant dignité et respect, les abus s'ensuivent.
Nous avons aujourd'hui l'occasion de condamner davantage cette idéologie. Le projet de loi S‑228 affirme que chaque Canadien possède une valeur égale, une dignité égale et une protection égale devant la loi. Les femmes autochtones, les femmes handicapées et d'autres ont été touchées de manière disproportionnée. Beaucoup ont décrit des situations de coercition survenues à des moments d'extrême vulnérabilité, par exemple pendant leur convalescence après un accouchement, lorsqu'elles étaient sous l'effet de médicaments ou lorsqu'elles étaient soumises à des pressions importantes de la part de figures d'autorité. Ces témoignages exigent toute notre attention.
Il faut un courage extraordinaire pour partager des expériences aussi intimes. Beaucoup se sont exprimées publiquement, non seulement pour qu'on reconnaisse ce qui leur est arrivé, mais aussi pour qu'on s'assure que les générations futures soient protégées contre des préjudices similaires. L'une de ces survivantes est Katy Bear, une femme crie originaire de ma province, la Saskatchewan, où, malheureusement, ce genre de situation s'est produit bien trop souvent. Elle a raconté avoir été contrainte à la stérilisation peu après avoir accouché, à l'âge de 21 ans. Je vais vous lire un extrait de ce témoignage, tiré d'un article de CBC News. On peut y lire ceci:
Mme Bear explique qu'elle n'avait jamais envisagé une ligature des trompes avant de subir cette intervention au Royal University Hospital, à Saskatoon, en 2005, alors qu'elle était encore hospitalisée pour se remettre de la naissance de son quatrième enfant.
« [Le personnel de santé] m'a dit qu'il s'agissait d'un moyen de contraception », se souvient Mme Bear.
« On m'a dit que, comme j'avais 21 ans et quatre enfants, je ne devrais probablement pas en avoir d'autres, que les services à l'enfance et à la famille allaient me retirer mes enfants. »
« Je me suis dit: “C'est une menace.” »
Elle a expliqué qu'à l'époque, son compagnon et elle avaient tous deux un emploi et étaient propriétaires de leur logement.
« Personne ne m'a jamais dit que le ministère me surveillait parce qu'on me considérait comme une mauvaise mère », a-t-elle déclaré.
« Ils ont fait rouler mon lit d'hôpital jusqu'à la salle, m'ont tendu un formulaire de consentement et m'ont dit: “Signez simplement ceci, c'est tout ce que vous avez à faire.” »
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Malheureusement, son histoire n'est pas la seule, loin de là. Nicole Rabbit, qui est membre du Cercle des survivants pour la justice reproductive, a comparu devant le comité sénatorial qui étudiait le projet de loi S‑250, le prédécesseur de cette mesure législative. Dans son témoignage, elle a parlé de sa propre expérience et des répercussions que la stérilisation forcée a eues sur sa famille, sur plusieurs générations. Elle a raconté que, rien que dans sa famille, elle, sa mère et sa nièce avaient été stérilisées contre leur gré. Cela s'est étendu sur plusieurs générations. En réfléchissant aux préjudices causés par ces pratiques, Mme Rabbit a déclaré au comité: « C'est comme si vous aviez effacé une génération. »
Tous les députés devraient sentir tout le poids de ces paroles. Chaque vie humaine a une valeur intrinsèque. Aucun gouvernement, aucune institution et aucune autorité ne devrait avoir le pouvoir de décider qu'une personne est moins digne d'avoir une famille à cause de son appartenance ethnique, d'un handicap, de circonstances économiques ou de ses origines. Les expériences dont les survivantes ont fait part nous rappellent les conséquences de l'oubli ou de la non-application de ce principe. La stérilisation forcée n'est pas simplement un acte médical pratiqué sans consentement. C'est une violation qui touche les familles, les communautés et les générations futures. Le préjudice va bien au-delà d'un moment dans une chambre d'hôpital. Elle laisse des séquelles durables que les survivants portent pendant des années et, souvent, des décennies.
D'autres femmes autochtones ont raconté des expériences semblables devant des comités parlementaires et dans les médias. Certaines ont décrit un sentiment de deuil persistant. D'autres ont parlé d'une perte de confiance dans les institutions médicales et de la difficulté de discuter de ce qui s'est passé, même avec des membres de la famille proche. Les répercussions de la stérilisation forcée ou réalisée sous la contrainte ne se limitent pas à la procédure elle-même, loin de là. Pour de nombreuses survivantes, cette expérience a eu une incidence sur les relations familiales, le bien-être émotionnel et les plans de vie. Elle peut également créer un sentiment durable de trahison institutionnelle et une rupture de la confiance dans les institutions qui sont censées fournir soins et protection.
Je rappelle à la Chambre que les institutions sont composées de personnes et que le Parlement a la responsabilité de répondre à ces injustices. Le projet de loi S‑228 est une étape importante dans ce processus. Désigner clairement la stérilisation forcée ou réalisée sous la contrainte comme une voie de fait grave renforcerait les protections prévues dans le Code criminel et affirmerait l'importance du consentement éclairé, qui devrait s'appliquer à toutes les interventions par des professionnels de la santé, sans exception. On offrirait également une plus grande certitude aux victimes et aux survivants. Le droit pénal devrait refléter clairement la gravité d'un comportement qui altère de façon permanente la capacité de reproduction d'une personne sans son véritable accord.
Par définition, le consentement éclairé ne se limite pas à la simple signature d'un formulaire. Il implique que la personne comprenne la nature de l'intervention, ses conséquences et les options qui s'offrent à elle. Il doit être donné librement et sans contrainte. Un consentement obtenu par l'intimidation, la manipulation ou la coercition n'en est pas un. Ce principe devrait être incontestable. Le projet de loi offre au Parlement l'occasion de réaffirmer ce principe de manière concrète.
Je tiens tout particulièrement à rendre hommage aux personnes qui ont rendu possible la présentation de ce projet de loi. La sénatrice Yvonne Boyer est une leader exceptionnelle qui a accompli un travail remarquable en défendant les victimes et en veillant à ce que leurs témoignages ne soient pas ignorés. Son action aux côtés d'organisations autochtones, de conseillers juridiques et de dirigeants communautaires a largement contribué à sensibiliser davantage le public à cette question partout au Canada.
Avant tout, je tiens à rendre hommage aux victimes. À ceux qui ont courageusement raconté leur expérience, je tiens à exprimer toute ma gratitude. Leur volonté de s'exprimer a permis de mettre en lumière un problème dont, malheureusement, de nombreux Canadiens ignoraient tout. Leur engagement a contribué à ouvrir la voie à un changement concret. Si ce projet de loi ne peut à lui seul effacer la souffrance que beaucoup ont endurée, il peut contribuer à garantir une protection plus solide pour l'avenir et à établir un cadre clair en matière de responsabilité.
Ce projet de loi est court, mais il traite d'une grave injustice. Il porte sur l'autonomie corporelle, le consentement, la dignité humaine, l'égalité entre les personnes et le devoir de l'État de protéger les personnes ayant été lésées par les systèmes qui étaient censés les protéger. Le projet de loi S‑228 modifierait le Code criminel afin qu'il soit parfaitement clair qu'un acte de stérilisation pratiqué sans le consentement de la personne « constitue une blessure ou une mutilation » pour l'application de voies de fait graves. Il définirait également ce qu'est un « acte de stérilisation » et tout acte qui a pour effet d'empêcher la procréation de façon définitive.
À première vue, certains pourraient se demander pourquoi ce changement est nécessaire. Nous avons déjà des lois contre les voies de fait, des règles régissant le consentement dans le domaine de la santé, et des normes médicales et des contrôles déontologiques. Néanmoins, la triste réalité, c'est que ces protections n'ont pas toujours offert le même niveau de protection à tout le monde. Elles n'ont pas toujours été suffisamment claires. Elles n'ont pas toujours été appliquées. Dans ce pays, pour un trop grand nombre de femmes, en particulier les femmes autochtones, racialisées, handicapées ou en situation de vulnérabilité, on n'a pas tenu la promesse de les protéger et d'obtenir leur consentement.
La stérilisation forcée n'est pas une simple erreur médicale. Ce n'est pas un problème administratif non plus. C'est une atteinte profonde à l'intégrité d'une personne. Elle prive quelqu'un de la possibilité de prendre l'une des décisions les plus personnelles qui soient. Elle entraîne des conséquences sur le corps, l'esprit, la famille, la culture et l'avenir d'une personne, des conséquences qui peuvent se faire sentir pendant des générations. Dans ma culture, on dit que sauver une vie, c'est sauver un monde entier. En conséquence, quand on empêche quelqu'un de donner la vie, on l'empêche de créer un monde entier.
Aucune personne ne devrait être forcée à renoncer à la possibilité d'avoir des enfants. Aucune personne ne devrait avoir à donner son consentement alors qu'elle souffre, qu'elle a peur, qu'elle est sous l'effet de médicaments, en plein accouchement ou sous l'emprise d'une personne en position d'autorité. Personne n'est moins digne de respect en raison de sa situation de pauvreté, de son identité, de son handicap, de sa race, de son âge, de sa situation familiale ou de son statut social. Le consentement obtenu par la force ou sous la contrainte n'est pas un consentement, quelle que soit la situation. Le consentement donné par une personne qui n'a pas été correctement informée n'en est pas un non plus.
Si quelqu'un se demande pourquoi un projet de loi comme celui-ci est nécessaire en 2026, c'est qu'il a de la chance. Il a de la chance de ne pas connaître quelqu'un qui s'est retrouvé dans cette situation. Il a de la chance de ne pas avoir vécu cela dans sa communauté.
Le projet de loi vise à préciser certaines choses en matière de droit pénal. Il montrerait aux survivantes que le Parlement les comprend. Il indiquerait au système de santé que des formulations vagues ne suffisent pas. Il signalerait aux procureurs, à la police, aux organismes professionnels et aux institutions qu’il ne s’agit pas d’une zone grise et que ce genre de décisions ne se prend pas à la hâte. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire simplement parce qu’on estime que c’est la meilleure solution dans les circonstances. Il s'agit de violence et d'une violation, et le pays aura une loi qui stipule clairement que cela doit être traité comme tel.
Je tiens à saluer la sénatrice Yvonne Boyer ainsi que toutes les personnes qui ont donné l'occasion aux députés qui sont intervenus ce matin à la Chambre d'affirmer clairement qu'il s'agit non seulement d’une réalité que le Canada reconnaît, mais aussi d’un problème contre lequel nous préviendrons par des mesures concrètes.
Tous les députés reconnaissent la dignité de chaque personne. Nous croyons en la liberté individuelle, mais cette liberté n’existe pas vraiment lorsque le corps d’une personne peut être contrôlé par une autre. Nous croyons à la responsabilité, mais celle-ci n’existe pas vraiment si les personnes qui commettent ou permettent de causer un préjudice grave à un autre être humain ne subissent aucune conséquence claire. Nous croyons à l’égalité devant la loi, mais celle-ci n’existe pas vraiment si les personnes vulnérables sont plus à risque de ne pas être entendues, crues ou protégées. Aujourd'hui, la Chambre a l’occasion de faire ce qui s'impose, non seulement pour les générations passées, mais aussi pour les générations futures et pour celles qui souffrent encore aujourd’hui des séquelles de ces expériences.
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L'histoire à l'origine de ce projet de loi est cruelle. Le Canada a pratiqué pendant longtemps la stérilisation forcée, qui est souvent liée au racisme, à l'eugénisme, à la colonisation et au préjugé que certaines vies sont moins vulnérables que d'autres. Ces idéologies ne sont pas des théories inoffensives. Elles façonnent des politiques, des institutions et des pratiques médicales. Elles nuisent aux Premières Nations, aux Métis, aux Inuits et aux autres peuples autochtones au Canada. Elles nuisent aux femmes noires et racisées. Elles nuisent aux personnes handicapées, aux personnes démunies et aux personnes placées dans des institutions, qui ne sont plus maîtresses de leur propre vie. En reconnaissant les erreurs du passé à la Chambre, en les consignant dans le compte rendu pour que les prochaines générations en aient conscience, nous n'affaiblissons pas le Canada, et nous le rendons plus fort.
Nous devons aussi reconnaître honnêtement que ces événements ne font pas seulement partie du passé. Des survivantes se sont manifestées au cours des dernières années. Elles révèlent avoir subi des pressions dans des moments où elles étaient particulièrement vulnérables. Elles révèlent avoir subi des procédures qu'elles ne comprenaient pas, qu'elles n'avaient pas choisies librement et auxquelles elles n'avaient pas consenti. Elles parlent aussi de la honte, du chagrin, de la peur, de la méfiance et des blessures profondes qui en découlent, qui deviennent une deuxième blessure en plus de la stérilisation forcée qu'on leur a fait subir, sans leur consentement, dans notre pays. Comme beaucoup d'entre elles ont dû vivre cette douleur en silence, tous ceux et celles qui interviennent au sujet de ce projet de loi à la Chambre ce matin leur prêtent leur voix. Nous voulons qu'elles sachent qu'elles n'ont pas à souffrir en silence et que même quand elles doivent le faire, les députés souffrent avec elles.
Lorsque les survivantes racontent ce qu'elles ont vécu, notre premier devoir est de les écouter, et notre deuxième devoir est d'agir. Le projet de loi S‑228 ne réparerait pas tous les préjudices commis au pays, mais c'est un début. Le droit criminel est un outil. Bien entendu, les soins de santé relèvent en grande partie de la compétence des provinces et des territoires. La réglementation des professions relève des collèges et des organismes de réglementation professionnelle. Les hôpitaux, les autorités sanitaires, les écoles de médecine et les gouvernements ont tous du travail à faire. Il faut améliorer la formation sur le consentement éclairé. Il faut que la sécurité culturelle devienne réalité. Il faut des mécanismes de déclaration clairs.
Ce que nous avons accompli ce matin à la Chambre, et ce que mes collègues ont accompli avec le projet de loi S‑228, n'est qu'un début. Nous avons envoyé un message fort sur ce que nous sommes prêts à tolérer dans notre pays. Espérons qu'en agissant ainsi, nous veillerons non seulement à ce que ces atrocités ne se reproduisent pas pour les générations futures, mais que nous apporterons également du réconfort aux personnes qui sont venues ici pour défendre ce projet de loi, en leur faisant savoir que leur plaidoyer, leurs actions, ce qu'elles ont accompli et les messages qu'elles ont véhiculés jusqu'ici ont été entendus, que leurs sacrifices et leurs actions ont de l'importance, et qu'elles ont contribué à la solution pour les générations futures.
J'invite tous les députés à se rallier à la cause des survivants et de ceux qui n'ont jamais pu venir au monde, aujourd'hui et toujours, en votant en faveur de ce projet de loi.
Madame la Présidente, je remercie mes collègues de tous les partis d'avoir parlé de cet important projet de loi de manière si positive. Je sais qu'on en a déjà parlé à quelques reprises, y compris aujourd'hui, mais j'aimerais revenir brièvement sur la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd'hui.
Comme nous le savons tous, le projet de loi n'est pas une initiative d'un ministère et ne repose pas sur une approche théorique. C'est plutôt le résultat du travail acharné qui est mené depuis le début par des survivantes afin d'amener les politiciens à changer les choses. Tout a commencé avec les personnes courageuses qui ont fait part de leur propre expérience concernant la stérilisation forcée. Pour bon nombre d'entre elles, ce fut une expérience très éprouvante sur le plan émotionnel. Elles ont dû revivre des traumatismes pour que d'autres n'aient pas à les subir. Elles ont témoigné non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour les générations futures.
Aujourd'hui, le Parlement se prépare à prendre une décision, et je tiens à dire à ces survivantes qu'elles ont toutes été entendues. Pendant trop longtemps, bon nombre de ces personnes ont eu le sentiment qu'elles étaient laissées pour compte, qu'on faisait fi de leur situation ou même qu'on ne les croyait pas. Pendant trop longtemps, elles ont dû vivre ces expériences seules, mais elles ont persévéré. Elles se sont organisées pour défendre cette cause. Elles ont sensibilisé les parlementaires et les Canadiens, et c'est grâce à leur détermination que nous sommes ici aujourd'hui pour examiner un projet de loi qui établirait sans équivoque que la stérilisation sans consentement éclairé est une infraction criminelle grave.
Je tiens à rendre hommage et à adresser mes remerciements aux personnes qui, par leur travail, nous ont amenés jusqu'ici. Je vais en nommer un certain nombre. Elles ne sont pas forcément à Ottawa actuellement, et je sais qu'il ne faut pas dire qui se trouve à la tribune. Je risque d'en oublier certaines, auquel cas je m'excuse profondément. Je remercie très sincèrement Susan Anderson, Katy Bear, Kahsenniyo Kick, Silvia Mckay, Morningstar Mercredi, la survivante et administratrice Nicole Rabbit ainsi que l'ancienne Shirley Tolley, de Kitigan Zibi. Je salue par ailleurs la multitude d'autres survivantes et survivants, de proches, de militants et de personnes influentes dont, même si je ne les nommerai hélas pas, le travail et l'apport ont été tout aussi déterminants.
J'offre aussi toute ma gratitude à la directrice générale Harmony Redsky, à la coprésidente du conseil d'administration Claudette Dumont Smith ainsi qu'aux employées Jessica Danforth et Alisa Lombard, du Cercle des survivants pour la justice reproductive. C'est grâce à leurs efforts de tous les instants, notamment au chapitre de l'aide aux survivants et de la conscientisation partout au pays, qu'il a été impossible de fermer les yeux plus longtemps sur le problème. Leur travail a contribué à transformer des histoires personnelles en un appel national à la justice.
Je salue par ailleurs la sénatrice Yvonne Boyer, qui est depuis des années l'inlassable porte-étendard des survivants. Déjà longtemps avant que les projecteurs publics soient braqués sur ce dossier, elle était à l'écoute des victimes tout en déployant des efforts pour que le droit canadien tienne compte de ce qu'elles avaient subi.
Je tiens également à souligner la contribution de deux de mes collègues, la députée de Cloverdale—Langley City et mon collègue et voisin de banquette, le député de Cariboo—Prince George, qui ont échangé leur place dans la rotation pour faire en sorte que ce projet de loi puisse avancer très rapidement. Sans leur soutien, nous ne serions pas en train d'en débattre en ce moment. C'est grâce à eux que ce projet de loi a pu être priorisé.
Je remercie tous les partis de leurs contributions. Je remercie également les députés de mon équipe qui ont parlé de cette question avec beaucoup de passion. Je suis vraiment reconnaissant du soutien offert par mes collègues de tous les partis.
Comme on l'a dit — et je sais que mon temps de parole tire à sa fin —, ce projet de loi est le fruit de plusieurs années de travail. Une version précédente du projet de loi est morte au Feuilleton à la dernière législature, mais les survivants et la sénatrice Boyer ont fait de l'excellent travail pour veiller à ce qu'il soit remis à l'ordre du jour. Je sais que certains aspects du projet de loi n'ont pas toujours fait l'unanimité. Certains ont soulevé des préoccupations concernant sa mise en œuvre, et d'autres ont abordé l'angle des interactions entre le droit pénal et la pratique médicale, mais ce sont là de bonnes conversations à avoir. Ces points sont importants et valent la peine d'être abordés. Nous avons retravaillé certains aspects et nous sommes arrivés à un résultat qui est acceptable pour nous tous, en tant que législateurs fédéraux.
Aujourd'hui, nous avons l'occasion de réagir. Alors que le Parlement s'apprête à ajourner ses travaux pour l'été, nous sommes à un moment décisif. Le résultat du vote sera très important, mais ce qui l'est encore plus, c'est le message qu'il enverra. Si le projet de loi S‑228 est adopté avec une forte majorité, le Parlement fera savoir aux survivants qu'il les croit. Le Parlement signalerait ainsi qu'il reconnaît le tort qui leur a été causé et qu'il défend énergiquement le consentement éclairé. Personne ne devrait voir son avenir reproductif compromis par la coercition, la mésinformation ou l'abus de pouvoir.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Madame la Présidente, si vous demandez l'opinion de la Chambre vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour dire qu'il est midi afin que nous commencions à débattre de la motion de l'opposition.
Que, étant donné que le gouvernement libéral a plongé le Canada dans la seule récession parmi les pays du G20, que la Banque Scotia et la Banque de Montréal ont toutes deux revu à la baisse leurs prévisions de croissance à moins de 1 %, et que le dernier rapport du directeur parlementaire du budget fait état d’un ralentissement de la croissance et d’une détérioration des perspectives budgétaires et indique que le déficit sera plus important que prévu et que le gouvernement a seulement 1 % de chances d’atteindre ses cibles budgétaires, la Chambre demande au gouvernement de renoncer aux politiques coûteuses et inflationnistes qui ont plongé le Canada dans la seule récession des pays du G20.
Comme c'est aujourd'hui le dernier jour désigné de la période des subsides se terminant le 23 juin 2026, la Chambre procédera, comme d'habitude, à l'étude et à l'adoption des projets de loi portant affectation de crédits.
Les honorables députés acceptent-ils que les projets de loi soient maintenant distribués?
Madame la Présidente, avant de commencer, je tiens à vous aviser que je partagerai mon temps de parole avec mon bon ami, lui aussi Calgarien et, parfois, voisin de siège dans l'avion, le député de Calgary Crowfoot.
Les 2,2 millions de Canadiens affamés qui font la file devant les banques alimentaires en raison de l'augmentation du prix des denrées alimentaires provoquée par les politiques inefficaces du gouvernement libéral n'ont rien de théorique. Un père de Windsor qui perd son emploi et qui doit dire à ses enfants attablés que les temps vont se corser à cause des politiques inefficaces du gouvernement libéral, ça n'a rien de théorique. Une mère seule qui va à l'épicerie et qui se demande ce qu'elle peut ou ne peut pas acheter cette semaine et quelle quantité elle pourra réellement manger à cause des politiques libérales inefficaces, ça n'a rien de théorique non plus.
C'est le premier ministre qui a déclaré pouvoir remettre le Canada sur les rails. Il s'est présenté comme le gars qui aurait la croissance économique la plus rapide du G7. C'est ainsi qu'il s'est présenté pendant la campagne électorale. Ce qu'il a fini par faire, c'est plonger le Canada en pleine récession libérale. En fait, le Canada est le seul pays du G20 dans cette situation. Le premier ministre est le seul dirigeant du G7 à avoir provoqué le déclin de son économie au cours de trois des quatre derniers trimestres. Il n'est premier ministre que depuis un an, et il obtient déjà des résultats désastreux. Pendant ce temps, ce sont les Canadiens qui paient la note: les files devant les banques alimentaires ne cessent de s'allonger, les cas d'insolvabilité se multiplient, sans compter toute la douleur et toute la souffrance que nous observons partout au pays à cause de politiques inefficaces.
La semaine dernière, la directrice parlementaire du budget, dont le poste est indépendant, a publié un rapport très cinglant à l'égard du gouvernement par rapport à ses prétendues cibles budgétaires, qui ne semblent même plus exister. Premièrement, les députés se souviendront qu'à l'époque où Chrystia Freeland siégeait ici, elle a déclaré que le ratio dette-PIB allait diminuer. Les libéraux en étaient tellement convaincus qu'ils ont complètement supprimé cette mesure comme cible budgétaire. Pouf, ils l'avaient rejeté, mais voilà qu'ils l'ont réintroduit en catimini. Cependant, pas plus tard que la semaine dernière, la directrice parlementaire du budget a fustigé les libéraux en démontrant que, contrairement à leurs allégations, le ratio dette-PIB allait augmenter.
Dans leur plus récent budget, les libéraux ont présenté une autre cible budgétaire, le ratio déficit-PIB. Cependant, la directrice parlementaire du budget les a sévèrement critiqués la semaine dernière, car elle estime à moins de 1 % la probabilité que le gouvernement atteigne cette cible budgétaire. Il est encore moins probable qu'un libéral réponde à une question dans cette enceinte. Ensuite, les libéraux ont dit qu'ils allaient équilibrer les dépenses de fonctionnement, mais nous avons appris la semaine dernière que le gouvernement allait, en fait, dépenser 7 milliards de dollars de plus que ce qu'il a essayé de faire croire aux Canadiens.
Ce sont toujours de fausses promesses, de fausses poignées de main et de faux protocoles d'entente. Tout ce qui concerne ce gouvernement est faux. Les libéraux se présentent comme les rois de l'économie ou comme des gens capables de gérer l'économie, mais, au bout du compte, ils se plantent toujours. Il y a plus de coûts, plus de dettes, plus d'impôts, et tout est mis sur la carte de crédit nationale. Au bout du compte, ce sont les Canadiens qui doivent payer pour tous les échecs des libéraux.
La directrice parlementaire du budget a déclaré que « les investissements des entreprises restent faibles », ce que nous signale la Banque du Canada depuis des années. En fait, il y a de nombreuses années, la sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, a déclaré que le Canada se trouvait déjà en situation d'urgence. On nous dit que c'est une question de productivité, qui n'a pas augmenté. La productivité et le coût de la vie ou le mode de vie des gens, leur niveau de vie, c'est exactement la même chose, et c'est pourquoi les Canadiens tirent le diable par la queue.
La directrice parlementaire du budget a déclaré que « [les entreprises] report[ent] leurs projets d'expansion en raison du climat d'incertitude accru ». Elle a également affirmé que le contexte « d'incertitude persistante [...] frein[e] les investissements des entreprises et les dépenses des ménages ». Les entreprises n'investissent pas, ne prennent pas d'expansion ou n'embauchent pas parce qu'elles n'ont pas confiance dans la direction que prend l'économie.
On le voit bien dans les chiffres. Au cours de la dernière année seulement, 1 billion de dollars d'investissements canadiens nets ont quitté le Canada pour les États‑Unis, et depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre, 20 milliards de dollars d'investissements nets ont également quitté le Canada.
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Les libéraux se vantent de la vigueur de l'économie et répètent à l'envi que la situation des Canadiens est enviable. Pourquoi, dans ce cas, n'en voyons-nous aucune manifestation? Ils choisissent leurs annonces et misent sur tout ce qui risque de plaire aux Canadiens, mais chaque fois que les Canadiens font leur épicerie, font le plein, paient un article ou un autre ou remplissent leur déclaration de revenus, ils voient bien que le pays est en pleine récession à cause des libéraux; ils en ressentent les effets. Parce que, quand les prix augmentent, l'effet est direct. Quand leur salaire stagne et que leurs revenus sont insuffisants, ils en subissent les contrecoups. Le gouvernement libéral continue de dire aux 2,2 millions de Canadiens qui font la queue devant les banques alimentaires qu'ils n'ont faim qu'en théorie, que leur faim n'est que théorique, que leur manque de nourriture et d'argent n'est que théorique, que leur incapacité d'honorer leurs paiements hypothécaires n'est elle aussi que théorique. Or, dans les faits, les conséquences sont bien réelles.
Les Canadiens souffrent. Les libéraux refusent même de les écouter. Pour tout dire, le premier ministre est tellement déconnecté de la réalité qu'il affirme que le coût de la vie n'a jamais été aussi bas en 10 ans, ce qui est complètement faux. Les Canadiens paient leur épicerie de plus en plus cher parce que les taxes et les impôts sont élevés et à cause du fardeau que le gouvernement libéral fait peser sur les épaules des entreprises. Comme si ce n'était pas suffisant, il accable les Canadiens, les agriculteurs, les camionneurs et les autres secteurs d'activités d'une taxe sur le carbone pour les industries qui ne fait pas juste augmenter le prix des aliments, mais de tout ce qui entre dans la chaîne d'approvisionnement. Dans leur tête et selon leurs calculs, les libéraux pensent que seuls les plus gros émetteurs et les grandes sociétés délient les cordons de la bourse. Or, que font les sociétés et les entreprises? Elles refilent la facture au suivant, et le suivant, c'est M. et Mme Tout-le-Monde. Voilà pourquoi les Canadiens n'arrivent plus.
Avec les libéraux au pouvoir, le Canadien moyen consacre aujourd'hui 120 % de son chèque de sa paie à des produits de première nécessité comme la nourriture et le logement. Les libéraux ont fait doubler le coût du logement et fait grimper le coût des aliments. Le premier ministre a fait cadeau aux Canadiens de la plus forte augmentation du prix des aliments de tout le G7. C'est pourquoi les Canadiens consacrent maintenant la majeure partie de leur chèque de paie au logement. Ils achètent le reste à crédit ou empruntent de l'argent. Les ménages canadiens sont de plus en plus endettés, au point où ils sont maintenant les plus endettés de tout le G7. Ils dépendent de plus en plus du crédit simplement pour acheter des produits de première nécessité.
Pourtant, le gouvernement ne devrait pas être à court de solutions. Au cours des 10 dernières années, les conservateurs ont proposé des solutions, mais pour chaque solution, il semble que le gouvernement libéral trouve le moyen d'embêter les Canadiens avec deux ou trois problèmes de plus. Par exemple, ce que les conservateurs feraient et ce que nous proposons, c'est d'abroger toutes les lois hostiles à l'exploitation des ressources naturelles que le gouvernement libéral a adoptées. Débarrassons-nous des dispositions héritées du projet de loi C-69, le projet de loi anti-pipelines. Construisons des pipelines au Canada, ainsi que des usines de gaz naturel liquéfié, des mines, des barrages et toutes les infrastructures dont le Canada a besoin pour acheminer ses ressources vers les marchés et les distribuer dans le monde entier. Éliminons les lois hostiles à l'exploitation des ressources naturelles. Débarrassons-nous de l'interdiction des pétroliers. Mon collègue de Calgary Signal Hill a présenté un projet de loi à la Chambre pour mettre fin à l'interdiction des pétroliers. Construisons des pipelines. Construisons un pipeline à destination de la côte Ouest, mais n'oublions pas qu'une fois arrivés sur la côte Ouest, les hydrocarbures doivent pouvoir être transportés jusqu'aux marchés asiatiques. Nous devons nous débarrasser de l'interdiction des pétroliers. Débarrassons-nous aussi de la taxe sur le carbone pour les industries, ce qui rendra le Canada plus concurrentiel sur la scène internationale.
Le monde a besoin de ce que le Canada a à offrir. Nous avons tout cela sous nos pieds. Il suffit que le gouvernement libéral se tasse du chemin pour que nous puissions produire davantage et exporter ces ressources à travers le monde. Nous devons réduire les impôts, qu'il s'agisse de l'impôt des particuliers, des entreprises ou des sociétés, afin de créer un environnement plus propice à l'investissement, pour que les investisseurs ne fuient pas le Canada, mais qu'ils y reviennent. Reportons le paiement de l'impôt sur les gains en capital, comme le prévoit le plan des conservateurs. Toute entreprise qui réinvestit ses gains en capital pourra reporter l'impôt sur ces gains, ce qui permettra d'inciter davantage de gens à investir dans la création d'emplois et l'achat d'équipement, et de ramener plus d'investissements au Canada, au lieu de les laisser s'échapper comme l'ont fait les libéraux au cours des 10 dernières années. Le gaspillage du gouvernement semble sans fin, qu'il s'agisse des 20 milliards de dollars versés à des initiés liés aux libéraux ou des 90 milliards de dollars liés au gâchis du projet ferroviaire.
Débarrassons-nous de tout cela. Remettons le Canada sur les rails et faisons de lui le pays le plus prospère au monde.
Je suis désolé, madame la Présidente, mais le député aurait-il oublié de livrer la moitié de son discours? Peut-être n'aurait-il pas dû partager son temps de parole. Il a accusé les libéraux de choisir les données à leur convenance, puis il s'est concentré sur un rapport datant d'il y a neuf jours, mais il semble avoir oublié tout le rapport publié vendredi dernier, qui indique qu'il y a eu 90 000 emplois de plus au Canada, que le chômage a baissé, que le travail à temps plein a bondi et que tous les secteurs de l'économie ont progressé. Il est fascinant de constater que le député s'est levé à la Chambre pour accuser le gouvernement de choisir des données de manière sélective, mais qu'ensuite, il n'a même pas pris la peine de dire un mot sur les incroyables nouvelles pour notre économie publiées vendredi dernier.
Je me demande s'il voudrait bien expliquer à la Chambre comment il a pu passer complètement à côté de cet élément dans son discours.
Madame la Présidente, c'est le député qui est déconnecté de la réalité et qui est carrément à côté de la plaque. Va-t-il vraiment se targuer du fait que, sous la direction du gouvernement libéral actuel, le Canada arrive avant-dernier parmi les pays du G7 pour le taux de chômage? Depuis le début de l'année, le pays a perdu 120 000 emplois de plus à cause des libéraux. Pour tout dire, le Canada affiche un déficit net d'emplois sous la direction de ce gouvernement libéral incompétent. Les libéraux continuent de multiplier les fausses annonces, les fausses poignées de main et les faux protocoles d'entente. La solution est simple: le gouvernement libéral doit se tasser du chemin.
Madame la Présidente, je salue mon collègue pour son discours. Il a beaucoup aimé citer les données du directeur parlementaire du budget. J'aimerais lui poser une question à ce sujet.
Le directeur parlementaire du budget a dit que si, demain matin, nous devions acheter le projet Trans Moutain, un projet d'oléoduc dans l'Ouest canadien qui est maintenant finalisé, nous perdrions l'argent. Il s'agit d'un projet qui devait coûter au départ environ 6 milliards de dollars et il nous a coûté 34 milliards de dollars. Alors, ce n'est pas rentable. Quand on achète un oléoduc et qu'on doit le revendre, on perd de l'argent.
J'aimerais que mon collègue soit clair. Est-ce qu'il est d'accord avec le gouvernement sur le fait d'utiliser des fonds publics pour acheter des projets d'oléoduc?
Madame la Présidente, nous n'avions pas besoin d'acheter un pipeline. Le Canada n'avait pas besoin d'acheter un pipeline. C'est à cause des mauvaises politiques libérales, qui nuisent à l'exploitation des ressources naturelles et qui ont fait fuir les investissements et les promoteurs, que le gouvernement a non seulement acheté le pipeline que l'on connaît, mais qu'il a dépassé de beaucoup le budget établi et qu'il a raté la totalité des échéanciers. C'est d'ailleurs typique de ce gouvernement libéral là: son incompétence l'empêche systématiquement de respecter les budgets et les calendriers.
Madame la Présidente, je viens d'une région rurale et quand je vais à l'épicerie, il y a tellement de gens qui se plaignent du prix de tout que le moindre voyage à l'épicerie peut me prendre deux heures de mon temps. Les aliments coûtent extrêmement cher. C'est bien sûr sans parler du coût de l'essence. Je n'ai jamais entendu personne me dire que la vie n'avait jamais été aussi facile.
Je me demande si le député pourrait nous en dire un peu plus. M'a-t-il bien entendu? J'ai du mal à sortir de l'épicerie avant deux heures parce que tout coûte cher et que les gens me tiennent responsable du prix des aliments.
Madame la Présidente, contrairement au premier ministre, qui ne fait pas son épicerie lui-même et qui se moque que les politiques des libéraux fassent grimper le prix des produits alimentaires, quand je fais mon épicerie, tout comme le député, j'y passe au moins deux heures tellement il y a de personnes qui m'arrêtent pour me dire à quel point elles ont du mal à joindre les deux bouts. En fait, la semaine dernière, alors que je faisais mon épicerie au Superstore du coin, une mère seule m'a dit qu'elle avait dû emménager de nouveau avec son ex-mari violent parce qu'elle n'avait pas les moyens de payer la garderie et de vivre ailleurs, et que l'épicerie passait au dernier rang. Elle fait partie de ces gens qui doivent remettre des produits sur les tablettes. C'est le résultat des politiques libérales désastreuses. C'est le résultat direct. Il n'y a rien de théorique dans les souffrances que subissent les Canadiens sous le gouvernement libéral incompétent.
Madame la Présidente, les conservateurs s'époumonent à essayer de nous convaincre. Est-ce qu'il y a une récession ou pas? Ils essaient d'ouvrir ce débat technique. Cependant, tout ce débat occulte le vrai débat, qui a trait au pouvoir d'achat et à la productivité canadienne. Nous avons un problème: nous n'avons pas de croissance. Nous avons un problème de productivité.
Les conservateurs ne pensent-ils pas qu'il serait plus efficace de débattre des problèmes de fond plutôt que de débattre de définitions à la Chambre?
Madame la Présidente, nous sommes en pleine récession libérale, et voici la solution à nos problèmes de productivité: enlever le gouvernement libéral du chemin, abroger toutes les lois hostiles à l'exploitation des ressources afin que nous puissions obtenir davantage...
Madame la Présidente, le Canada est en récession, mais les libéraux, et même certains de leurs apologistes parmi les experts, affirment qu'il ne s'agit que d'une récession théorique. Je me permets d'entrer dans les détails théoriques quelques instants. En théorie, la croissance économique — l'indicateur qui nous permet de mesurer la vigueur de notre économie nationale — est en baisse. En théorie, 40 000 Canadiens de plus sont sans emploi depuis le début de l'année. En théorie, à cause du coût de la vie, des millions de Canadiens n'ont pas les moyens de se procurer des produits de première nécessité, comme de la nourriture. En théorie, sous les libéraux, les familles canadiennes sont les plus endettées au monde, ce qui signifie qu'elles n'ont plus un sou en poche et qu'elles ne peuvent pas nous sortir d'une récession en augmentant leur consommation.
En théorie, les jeunes Canadiens abandonnent le rêve de devenir propriétaires et, du même coup, de fonder une famille, car, en théorie, le Canada a les logements les moins abordables parmi les pays comparables. En théorie, depuis 11 ans, les libéraux adoptent des lois et des décrets ministériels qui empêchent le Canada d'acheminer ses richesses naturelles vers les marchés mondiaux et de fournir des emplois bien rémunérés aux Canadiens. En théorie, le déluge de nouvelles dépenses du ministre des Finances libéral et l'explosion de la dette fédérale, dont les jeunes Canadiens savent qu'ils devront assumer le fardeau, feraient rougir d'embarras Chrystia Freeland et Bill Morneau. En théorie, la directrice parlementaire du budget a dit que le ministre des Finances a induit les Canadiens en erreur dans son budget.
Aujourd’hui, nous débattons de la récession que les libéraux ont causée et nous exigeons des mesures concrètes pour y remédier. J’entends déjà les libéraux protester haut et fort: « Et les droits de douane? Et la guerre en Ukraine? Et la guerre en Iran? » Ces événements mondiaux affectent toutes les autres économies du monde. J'aimerais dire une chose avant que les libéraux ne rétorquent avec indignation: « Les conservateurs ne savent-ils pas que le Canada est plus vulnérable parce que nous dépendons plus des États‑Unis sur le plan commercial que les autres pays? » Ces mêmes libéraux ont affirmé que leur chef conclurait un accord commercial avec les États‑Unis dès l’été 2025. Ces mêmes libéraux ont passé les 11 dernières années à empêcher activement le Canada de diversifier ses marchés d’exportation en bloquant systématiquement la construction des infrastructures énergétiques nécessaires pour exporter les ressources énergétiques canadiennes vers le reste du monde.
Le pétrole et le gaz canadiens sont de loin les principales exportations du Canada. En comparaison, tout le reste paraît modeste. Les exportations de pétrole et de gaz se chiffrent à 160 milliards de dollars par an. Le premier ministre a dit que son expérience l'avait préparé à ce moment et il a assuré aux Canadiens qu'il défendrait avec succès les intérêts du Canada en négociant un accord avec les Américains tout en diversifiant les échanges commerciaux. Qu'a fait le premier ministre? Il a alléché les Canadiens en disant qu'il était temps de construire. Il a alléché les Canadiens en affirmant que son gouvernement ferait en sorte que de grands projets soient menés à bien à un rythme autrefois jugé inimaginable. J'ai pensé que cela signifierait peut-être que, un an après ces affirmations, un projet de pipeline serait en voie d'être approuvé. Je pouvais me l'imaginer sans peine.
En fait, je pouvais imaginer un projet comme l'oléoduc de la côte nord du Pacifique que le gouvernement conservateur précédent avait approuvé et que les libéraux ont annulé quelques jours seulement après leur assermentation, en novembre 2015, une décision approuvée par l'actuel premier ministre lors d'une séance de comité consacrée à l'énergie en 2021. Il y a cinq ans, il a dit qu'il appuyait l'annulation du projet Northern Gateway, et maintenant, tout à coup, il se gratte la tête en disant: « Oui, nous devrions peut-être réaliser de grands projets », mais les projets ne se concrétisent pas.
L'oléoduc Northern Gateway n'a pas été construit; le gouvernement l'a annulé. D'ailleurs, le premier ministre s'y opposait. Avec cet oléoduc, on acheminerait aujourd'hui 525 000 barils de pétrole par jour vers les marchés mondiaux. Aux prix actuels, cela rapporterait à l'économie canadienne environ 20 milliards de dollars par année. Serions-nous en récession aujourd'hui si l'économie canadienne exportait 525 000 barils de plus chaque jour? Je ne sais pas, mais ce serait mieux que la situation actuelle. Qu'en serait-il si le Canada avait aussi construit un pipeline sur la côte Est? Imaginons ce que cela signifierait pour la sécurité énergétique mondiale et pour l'économie canadienne. Les occasions gâchées par les libéraux ont contribué à la récession actuelle. Les libéraux ont empêché le Canada de faire partie de la solution pour les marchés mondiaux coupés du Moyen‑Orient et pour ceux qui veulent cesser de financer la machine de guerre de Vladimir Poutine.
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Jusqu'à présent, le gouvernement s'est contenté de créer un soi-disant Bureau des grands projets qui disposera de pouvoirs exceptionnels d'exemption à la législation canadienne. Or, ce bureau a été mis sur pied il y a presque un an, et aucun grand projet n'a encore été réalisé.
En plus des mesures économiques destructrices que les libéraux ont imposées au Canada, 11 années incessantes d'endettement, d'accumulation de déficits et d'impression d'argent ont laissé les Canadiens criblés de dettes et incapables de se procurer les produits de première nécessité. Aussi mauvais qu'aient été Bill Morneau et Chrystia Freeland, l'actuel ministre des Finances est encore pire. Il pourrait finir par rivaliser avec Allan MacEachen et Marc Lalonde pour le titre de pire ministre des Finances de l'histoire du Canada. Les députés se souviennent-ils de ces deux hommes? Dans les années 1980, ils ont accumulé des déficits si colossaux que, lorsque les libéraux ont été défaits en 1984, le Canada en était réduit à émettre de nouvelles dettes uniquement pour payer les intérêts de la dette existante. Il a fallu plusieurs gouvernements successifs — conservateurs, libéraux, puis conservateurs à nouveau — pour remettre de l’ordre dans les finances du Canada après cette période désastreuse sous les libéraux. Maintenant, le gouvernement actuel menace de nous ramener à cette période sombre. Après Pierre Trudeau, il y a eu un consensus sur l'importance de l'équilibre budgétaire et sur le fait que tous les gouvernements devraient viser cet objectif. Pourtant, malgré leur promesse de 2015, les libéraux semblent avoir renoncé à cet objectif.
La semaine dernière, une série de rapports accablants a remis en cause la crédibilité même du gouvernement et du ministre des Finances. La directrice parlementaire du budget a publié un rapport indiquant que le déficit sera supérieur de plusieurs milliards de dollars à ce qu'avait annoncé le ministre des Finances dans son budget. Il sera plus élevé cette année, l'année prochaine et toutes les années suivantes incluses dans les prévisions.
La directrice parlementaire du budget a déclaré que les dépenses seront plus élevées. Elle a ajouté que les emprunts seront plus importants. Elle a précisé que les recettes fiscales attendues seront inférieures, car elle s'attend à ce que les Canadiens aient des revenus moins élevés que ceux prévus par le ministre des Finances. Elle a déclaré que, d'après le test de résistance du gouvernement, qui « s'appuie sur des décennies d'histoire économique et financière canadienne, y compris sur les récessions, les crises financières et les effondrements des prix du pétrole qui sont survenus, et utilise des milliers de combinaisons pour montrer l'éventail des possibilités[,] la probabilité que le ratio du déficit au PIB diminue [...] est inférieure à 1 % ».
C'était la plus récente cible budgétaire des libéraux, celle qu'ils avaient mise au point après l'abandon de la cible précédente. Ils avaient affirmé que le déficit allait diminuer chaque année en pourcentage du PIB jusqu'en 2031. La directrice parlementaire du budget a estimé que les chances que cela se produise sont inférieures à 1 %. En 11 ans, les libéraux ont multiplié les promesses concernant les cibles budgétaires et les garde-fous, sans en respecter une seule.
Le ministre des Finances est comme un marin qui oublie d'attacher la chaîne de l'ancre au bateau, puis jette l'ancre à l'eau et doit retourner au magasin d'accastillage pour en acheter une nouvelle, tandis que tout le monde sur le quai se moque de lui. Je ne peux qu'imaginer à quoi ressemblera l'ancre, c'est-à-dire la cible budgétaire, de l'année prochaine. La plus récente, celle qui gît déjà au fond de l'océan sans chaîne, laissant le budget dériver vers les rochers, n'a jamais été une bonne ancre, d'ailleurs. D'ailleurs, la directrice parlementaire du budget souligne que selon le FMI, le Canada serait mieux servi par son ancienne ancre ou cible budgétaire, à savoir un ratio dette-PIB en baisse, mais cette ancre a elle aussi été jetée par-dessus bord et gît au fond de l'océan. Elle a été jetée par-dessus bord sans chaîne je ne sais combien de fois.
De plus en plus de Canadiens se demandent pourquoi les libéraux ne peuvent pas présenter un plan pour rétablir l'équilibre budgétaire qu'ils avaient instauré en 2015. Bon nombre de témoins reçus par le comité des finances ont demandé au gouvernement d'agir en ce sens. Toutefois, le ministre, dans son arrogance et son orgueil, refuse et fait la leçon à ceux qui lui demandent simplement de tenir la promesse que son gouvernement a faite en 2015. Ce ne sont pas seulement la directrice parlementaire du budget, les témoins du comité des finances et les conservateurs qui remettent en cause le bien-fondé et la crédibilité des budgets du gouvernement; deux des principales banques canadiennes ont publié des rapports dans lesquels elles révisent à la baisse leurs prévisions pour l'économie canadienne, les ramenant à moins de 1 %.
Le Canada est en récession, et les perspectives budgétaires du gouvernement se détériorent et manquent de crédibilité. Les conservateurs demandent donc à la Chambre d'exhorter le gouvernement à mettre fin à 11 années de déficits persistants et de promesses budgétaires non tenues, et à maîtriser ses dépenses et ses emprunts avant que la situation ne lui échappe pour de bon.
Madame la Présidente, le député a parlé des analystes libéraux au début de son discours. Voici ce qu'a dit un analyste: « Il est risqué, sur le plan politique, de prétendre que le ciel va nous tomber sur la tête alors que les prochains chiffres qui seront publiés dans un mois ou deux montreront que ce n'est pas le cas. Une semaine plus tard [...] [l]es chiffres sur l'emploi sont meilleurs que ceux du dernier trimestre. L'Institut C.D. Howe et un autre économiste soutiennent qu'il n'y a pas de récession. »
La Chambre sait-elle de quel analyste il s'agit? C'est Fred DeLorey, ancien directeur de campagne conservateur d'Erin O'Toole, qui a dit cela sur les ondes de CBC.
Le député aimerait-il faire des observations sur l'analyse de son ami conservateur?
Madame la Présidente, voilà un autre libéral qui voudrait dire aux Canadiens qu'ils n'ont jamais eu la vie aussi belle et qui nie que nous sommes en récession, que le directeur parlementaire du budget et les économistes du secteur privé ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance et qu'ils induisent la Chambre en erreur avec leurs budgets.
Madame la Présidente, les conservateurs nous répètent qu'il faut investir dans les énergies fossiles. Ils sont d'accord pour approuver un nouveau projet de pipeline dans l'Ouest du pays.
On se rappelle que le gouvernement Trudeau avait acheté un pipeline qui a coûté 34 milliards de dollars, et que, si on devait le vendre demain matin, on perdrait de l'argent, finalement.
J'aimerais que mon collègue nous dise si, à son avis, l'utilisation de fonds publics pour faire l'achat d'un nouveau pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes.
Madame la Présidente, le député parle de l'oléoduc Trans Mountain. Je rappelle que les conservateurs ne demandaient pas au gouvernement d'acheter cet oléoduc ni de s'occuper lui-même de sa construction. Ils lui demandaient plutôt de cesser de modifier constamment les règles du processus d'approbation afin que Kinder Morgan s'engage à construire le pipeline à ses propres frais.
Les conservateurs ne croient pas que le secteur public devrait s'imposer et s'immiscer dans ce qui devrait être laissé aux investisseurs privés. Tassons le gouvernement du chemin pour que de vrais investisseurs privés investissent, avec leur propre argent, dans l'infrastructure énergétique du Canada et contribuent ainsi à l'augmentation de notre production. Il ne s'agit pas de subventionner quoi que ce soit. Il faut que le gouvernement se tasse du chemin.
Madame la Présidente, le gouvernement libéral ne cesse de nous dire à quel point les Canadiens sont chanceux.
Je suis ici pour dire que 2,2 millions de personnes ont recours aux banques alimentaires et que le pourcentage d'aînés qui font partie de ce groupe a augmenté, passant de 6,9 % à 8,3 %. Le député peut-il expliquer à la Chambre pourquoi les libéraux ne se soucient plus des aînés?
Madame la Présidente, le gouvernement libéral semble tout simplement inconscient des difficultés des vrais Canadiens, qu'il s'agisse des aînés, des jeunes ou de quiconque, en fait.
Le gouvernement libéral semble se concentrer davantage sur les grandes structures bureaucratiques, se donnant ainsi plus de pouvoir pour utiliser les fonds publics afin de s'ingérer dans ce qui serait normalement des décisions d'investissement privé. Je ne peux qu'imaginer où son fonds souverain va nous mener dans le monde de l'aide aux entreprises parasites et de l'enrichissement des initiés. Je ne crois pas que les libéraux comprennent ce qui se passe sur le terrain.
Madame la Présidente, quand on a été un enseignant, on sait que la répétition est un outil pédagogique. Je vais donc reposer la question de mon collègue de Rimouski—La Matapédia. Est-ce que, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes? Est-ce que, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes? Est-ce que, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes? Est-ce que, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes? Je sais que la présidence n'est pas toujours patiente, alors je ne la répéterai pas une cinquième fois.
La question est claire: est-ce que, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, ce sont des dépenses inflationnistes, oui ou non?
Madame la Présidente, je ne le sais pas, c'est probablement le cas.
Nous n'avons pas demandé au gouvernement fédéral d'emprunter des fonds publics pour construire ce pipeline. Nous lui avons demandé de s'écarter du chemin afin qu'une entreprise privée investisse son argent sans que cela nuise au Trésor public et qu'elle permette à la construction de se faire d'elle-même.
Je ne sais pas pourquoi le Bloc semble vouloir demander aux conservateurs de défendre cette décision. Nous ne l'avons jamais défendue.
Madame la Présidente, je n'arrive pas à croire que j'ai été absent de la Chambre pendant toute une fin de semaine. Je suis ravi d'être de retour.
Je partagerai mon temps de parole avec le député de Beauport—Limoilou, mon estimé collègue.
C'est un plaisir de participer à ce débat pour parler du plan du gouvernement visant à préserver la viabilité financière dans une économie canadienne qui affiche des résultats supérieurs aux attentes.
Vendredi, les Canadiens se sont réveillés avec de bonnes nouvelles sur deux fronts. Tout d'abord, les résultats de l'Enquête sur la population active de mai ont montré que notre plan, qui vise à bâtir une économie forte et résiliente et à créer des emplois bien rémunérés pour les Canadiens, porte ses fruits. Même si les conservateurs préfèrent ne pas en parler, ces résultats publiés la semaine dernière confirment que l'économie canadienne est plus solide que prévu.
Avec la création de 88 000 emplois nets, un chiffre bien supérieur aux prévisions du marché, qui tablaient sur 10 000 emplois, l'économie canadienne a enregistré en mai des résultats près de 9 fois supérieurs aux attentes. Autrement dit, d'une année à l'autre, le Canada a créé 147 000 emplois, malgré une incertitude économique sans précédent, des tensions commerciales et une instabilité géopolitique. Depuis décembre 2024, le Canada a créé plus d'emplois par habitant que les États‑Unis, avec 2,8 emplois par tranche de 1 000 habitants, soit près du double du taux étatsunien.
La seconde bonne nouvelle, c'est qu'en se levant vendredi, 12 millions de Canadiens ont constaté qu'ils avaient reçu le premier versement de la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui augmente de 50 % le Crédit pour la TPS/TVH cette année, ce qui représente près de 1 900 $ pour une famille moyenne de quatre personnes. Cette allocation sera maintenue pendant encore quatre ans et augmentera de 25 %. Cette mesure offre un soutien important aux personnes qui en ont le plus besoin, dans un contexte où de nombreuses familles ont du mal à composer avec le prix élevé des aliments et des produits de première nécessité.
Évidemment, rien de tout cela ne sera mentionné dans la motion de l'opposition conservatrice d'aujourd'hui. Ce ne sera pas mentionné dans les slogans mesquins des conservateurs. Dans leurs vidéos sur les médias sociaux ou leurs courriels de collecte de fonds, nous n'entendrons pas parler des emplois créés au Canada ni des mesures de soutien pour payer l'épicerie. En effet, nous savons que ce qui est une bonne nouvelle pour les familles, les industries et les travailleurs canadiens, est une mauvaise nouvelle pour les politiciens conservateurs, qui, franchement, n'ont rien d'autre à proposer à la Chambre que des discours éculés, insultants et répétitifs où l'on affirme que rien ne va plus au Canada.
En réalité, à la fin de la semaine dernière, le discours des conservateurs s'est effondré. Ils n'ont même pas pu maintenir ce discours pendant plus d'une semaine. Ils se sont empressés de qualifier une situation de « récession théorique », alors que ce n'était clairement pas le cas.
Je ne vois pas comment les Canadiens peuvent prendre le Parti conservateur au sérieux lorsque ses membres affirment chaque jour à la Chambre qu’ils comprennent ce que vivent les familles canadiennes, pour ensuite revenir ici en sautillant, tout joyeux, prêts à bondir sur le moindre signe que l’économie canadienne est en difficulté. Ils font même des annonces prématurées, comme on les a vu faire la semaine dernière en parlant des emplois, alors que les chiffres ont dépassé de huit fois les attentes. Cela montre clairement la position actuelle du Parti conservateur, c'est-à-dire qu'il cherche tout ce qui est négatif pour soutenir sa version des faits.
Alors que les conservateurs dénigrent les entreprises, les innovateurs et les travailleurs canadiens chaque fois qu'ils en ont l'occasion, nous saisissons l'occasion qui nous est donnée aujourd'hui de rétablir les faits dans le cadre du débat sur la motion de l'opposition. Je tiens à dire au député que le plan financier du gouvernement demeure axé sur la responsabilité financière, et ce, non pas pour le bien du gouvernement, mais pour créer la capacité d'investir dans la force économique à long terme de notre pays et accroître son autonomie.
Conformément à cette approche, la mise à jour économique du printemps 2026 qui a été présentée récemment est la prochaine étape du plan du gouvernement visant à bâtir un Canada plus fort, plus autonome et plus résilient pour tous les Canadiens. Ce plan stimule la construction d'un plus grand nombre de logements abordables et des principales infrastructures qui transforment notre économie en créant des liens solides pour acheminer les biens vers les marchés étrangers, tout en réduisant les coûts pour aider les Canadiens à améliorer leur sort. Nous présentons une mise à jour claire et transparente sur le rendement de l'économie canadienne dans un contexte mondial de plus en plus incertain.
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Nous faisons avancer de grands projets qui unissent et transforment notre pays, nous accélérons la construction de logements, nous créons une toute nouvelle industrie du logement et nous forgeons de nouveaux partenariats en matière d'économie et de sécurité. Nous prenons des mesures décisives pour protéger la souveraineté économique du pays, pour renforcer les industries stratégiques et pour mettre le Canada sur la voie d'une croissance à long terme. Il s'agit d'une approche pragmatique et fondée sur des principes qui fait passer l'économie canadienne de la dépendance à la résilience.
Évidemment, certains des plus gros avantages à long terme de cette transformation ne se feront pas sentir avant quelque temps. Pour que les Canadiens reçoivent l'aide dont ils ont besoin dès maintenant, le gouvernement leur donne aujourd'hui un coup de pouce qui leur servira de tremplin vers un avenir meilleur.
Depuis plus d'un an, le nouveau gouvernement du Canada ne ménage aucun effort pour rendre la vie des Canadiens plus abordable. Près de 22 millions de Canadiens gardent une plus grande partie de leur argent durement gagné grâce à la baisse d'impôt pour la classe moyenne, qui permettra aux familles à deux revenus d'économiser jusqu'à 840 $ cette année. Les acheteurs d'une première maison économisent jusqu'à 50 000 $ grâce à l'élimination ou à la réduction de la TPS sur les maisons neuves. Grâce à l'entente que nous avons signée avec l'Ontario, ce chiffre passe à 13 %, soit jusqu'à environ 130 000 $ d'économies à l'achat d'une maison neuve, en plus d'une réduction de 50 % des droits d'aménagement. Cela pourrait représenter une réduction pouvant atteindre 200 000 $ sur le prix d'achat d'une première maison.
Nous avons également éliminé la tarification du carbone pour les consommateurs, ce qui a fait baisser le prix de l'essence d'environ 18 ¢ le litre dans la plupart des provinces et territoires. Nous avons réduit les factures des Canadiens à la pompe d'un montant allant jusqu'à 10 ¢ le litre d'essence ordinaire et 4 ¢ le litre de diésel en suspendant la taxe d'accise sur le carburant pour tout l'été. De plus, la semaine dernière, plus de 12 millions de Canadiens ont commencé à recevoir des centaines de dollars de plus dans leur compte bancaire grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels.
Ce sont des mesures importantes alors que nous vivons des moments difficiles. Dans un monde où règne l'instabilité géopolitique, les gouvernements doivent repenser la façon dont ils réagissent aux vents contraires qu'ils doivent affronter et renforcer la résilience pour face face à l'avenir. Sur le plan financier, la résilience économique, renforcée par les mesures de soutien temporaires offertes par le gouvernement pour relever les défis immédiats, a entraîné une amélioration de 11,5 milliards de dollars dans les projections du solde budgétaire pour 2025‑2026. On parle d'une réduction de 11,5 milliards de dollars du déficit prévu grâce à la résilience de l'économie canadienne.
Cette force continuera de se répercuter dans les années à venir. Ainsi, par rapport au budget de 2025, cela améliorera le solde budgétaire de 10,7 milliards de dollars par année, en moyenne, pour les exercices 2026‑2027 à 2029‑2030, sans compter les nouvelles mesures. Cette marge de manœuvre permet au gouvernement d'améliorer l'abordabilité et de rehausser le niveau de vie des Canadiens au moyen de mesures stratégiques ciblées et responsables, en particulier dans les domaines du carburant, de l'alimentation et du logement. Cette tendance à investir davantage dans les Canadiens a commencé dans le budget de 2025, qui a marqué un changement stratégique dans la gestion des finances publiques par le gouvernement fédéral: il a commencé à mettre l'accent sur une augmentation des dépenses en capital en vue de mobiliser les investissements, et ce, tout en maintenant un degré élevé de responsabilité financière.
Avec des investissements importants pour soutenir les infrastructures, l'innovation et la productivité et pour développer les capacités industrielles nationales, le budget de 2025 établit un plan clair pour bâtir l'économie la plus forte du G7.
Le gouvernement reste également déterminé à mettre en œuvre avec rigueur les mesures d'efficacité prévues dans le budget de 2025, notamment l'examen exhaustif des dépenses, qui permettra aux Canadiens d'économiser 60 milliards de dollars sur cinq ans. Comme la mise en œuvre est bien entamée, nous mettons maintenant l'accent sur des examens horizontaux ciblés et continus, en commençant par des efforts visant à limiter les dépenses consacrées à la gestion externe et à d'autres services de consultation.
Nous traversons une période difficile, mais ce sont des mesures nécessaires, et nous continuerons de nous efforcer de dépenser moins pour investir davantage dans les Canadiens. Les Canadiens doivent composer avec un monde en évolution rapide et de plus en plus fragmenté. L'économie mondiale a connu une rupture profonde il y a plus d'un an. La sécurité économique, la politique industrielle et la concurrence géopolitique façonnent de plus en plus les investissements, le commerce international et les décisions financières. Le conflit au Moyen‑Orient, qui a perturbé des voies maritimes essentielles et compromis la sécurité énergétique, a fait grimper les prix de l'énergie, ce qui met en évidence la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales et accentue une incertitude déjà élevée.
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Le Canada s'attaque évidemment à ce problème en diversifiant ses échanges commerciaux. Nous avons conclu 20 nouveaux accords en matière de commerce et de sécurité au cours de la dernière année et nous poursuivrons ce travail afin de diversifier et de renforcer l'économie canadienne.
Madame la Présidente, je tiens simplement à rappeler au député d'en face que son gouvernement est au pouvoir depuis 11 ans et que les Territoires du Nord-Ouest, qui devraient être l'un des puissants moteurs économiques de notre pays, a de graves ratés. Depuis que les libéraux ont pris le pouvoir, les Territoires du Nord‑Ouest sont entrés en récession six fois, à savoir en 2016, en 2019, en 2020, en 2022, en 2024 et en 2025, à la suite de l'adoption des politiques libérales destructrices d'emplois par le premier ministre précédent et le premier ministre actuel. Le premier ministre actuel ne semble pas vouloir régler la situation non plus. Il vient de transformer 30 % des Territoires du Nord‑Ouest en parc.
Ma question au député est la suivante: les Territoires du Nord-Ouest sont-ils en récession, oui ou non?
Madame la Présidente, nous avons entendu les avis des banques, de l'Institut C.D. Howe et de Desjardins. Les conservateurs semblent adorer dénigrer l'économie et les travailleurs canadiens et ils se précipitent à tenir un discours qu'ils finissent par découvrir, d'ici la fin de la semaine, être faux. Cependant, la Banque de Montréal a déclaré que le rapport sur l'emploi du mois de mai « devrait faire taire les voix alarmistes sur la récession ». La RBC a déclaré qu'il y a encore des signes d'une amélioration générale du marché du travail. Selon l'Institut C.D. Howe, les derniers chiffres sur l'emploi montrent qu'il est trop tôt pour utiliser cette désignation en se fondant uniquement sur deux petites contractions trimestrielles de l'économie. Desjardins dit: « selon notre analyse, l'économie canadienne »...
Madame la Présidente, j'étais en train de répondre à la question du député à propos de la motion de l'opposition. Celle-ci allègue plusieurs choses qui sont complètement fausses. Je suis certain que le député d'en face se soucie vraiment des faits et des chiffres qu'avancent les institutions financières canadiennes dans leurs rapports économiques.
Madame la Présidente, j'espérais que mon collègue pourrait nous en dire davantage sur l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Combien de personnes y sont admissibles et qu'est-ce que cela représente pour les Canadiens d'un océan à l'autre en cette période d'incertitude?
Madame la Présidente, c'est une excellente question, et je suis heureux d'avoir l'occasion de parler plus en détail des mesures d'abordabilité proposées par le gouvernement.
Évidemment, nous avons fait des compressions et trouvé des mesures d'optimisation au sein de la fonction publique fédérale. Nous avons réduit les dépenses de fonctionnement de 60 milliards de dollars sur cinq ans, ce qui nous a permis de dégager une marge de manœuvre budgétaire pour réaliser des investissements de portée historique et accorder des déductions et des baisses d'impôt, mais nous avons également préservé et, en fait, renforcé les prestations fédérales.
Nous avons ajouté l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui a été versée vendredi dernier à 12 millions de familles canadiennes. C'est une bonne nouvelle. Des habitants de ma circonscription m'ont dit avoir reçu jusqu'à 500 $ dans leur compte bancaire. Cela va les aider. Il s'agit d'un soutien à court terme, temporaire et ciblé, ce qui correspond précisément à ce que le gouverneur de la Banque du Canada, devant le comité, a déclaré être nécessaire en cette période de crise où nous ne savons pas combien de temps va durer la flambée des prix du pétrole.
Nous savons que les familles canadiennes sont en difficulté. C'est pourquoi nous continuons à mettre en place des mesures visant à améliorer l'accessibilité financière qui les aideront à traverser cette période difficile, pendant que nous bâtissons une économie plus forte et plus résiliente en réalisant les investissements nécessaires, en attirant des investissements privés et en assurant la croissance pour les générations à venir.
Madame la Présidente, il est étonnant d'entendre le député parler comme si tout allait bien. Circulez, il n'y a rien à voir, nous dit-il. Il laisse entendre que notre gouvernement fait tout ce qu'il faut et que tout le monde trouve réponse à ses besoins. De toute ma vie, je n'ai jamais entendu parler d'un partenaire narcissique qui était aussi enclin à la manipulation.
De toute évidence, le député ne vit pas dans le monde réel. Il devrait peut-être descendre des nuages et parler aux habitants de sa circonscription. Je pense qu'il ne s'y est peut-être pas rendu depuis un certain temps. Je suis à peu près certaine qu'il n'y habite plus. Il devrait peut-être parler aux gens de sa circonscription ainsi qu'à ceux de Whitby, de Clarington et d'Oshawa. Il devrait leur parler de leurs difficultés, car la réalité quotidienne de tous ces gens est plus difficile que ce qu'il tente de leur faire croire à grand renfort de manipulation.
Madame la Présidente, cela me donne l'occasion de souligner beaucoup d'annonces que j'ai faites dans la circonscription du député. Nous avons fourni de l'aide aux refuges pour femmes de sa circonscription. Elle était introuvable...
Madame la Présidente, son parti a voté contre la Stratégie nationale sur le logement. Il n'a pas soutenu ces organisations.
Qu'en est-il du programme national d'alimentation en milieu scolaire? Notre gouvernement a investi 1 milliard de dollars sur cinq ans et a ensuite rendu ce programme permanent. J'ai vu ce programme livrer de la nourriture à des enfants qui en ont désespérément besoin dans sa circonscription...
Madame la Présidente, je suis sûr que vous l'avez entendu. Dans cet échange, la députée d'Oshawa a crié: « C'est un mensonge ».
Je suis désolé. Le député voisin, le député d'York—Durham, trouve cela drôle.
La députée d'Oshawa a crié: « C'est un mensonge ». Elle devrait savoir que ce sont des propos non parlementaires. Je vous prie respectueusement de lui demander de retirer ses paroles.
Madame la Présidente, je n'étais pas debout et je n'avais pas la parole. J'ai crié un commentaire, comme nous le faisons souvent. Je suis désolée qu'on m'ait entendue, mais ce qu'il a dit est catégoriquement faux. Je suis toujours là pour Oshawa...
Madame la Présidente, la députée d'Oshawa ne reconnaît pas que ce qu'elle a dit était non parlementaire. Au mieux, elle est désolée qu'on l'ait entendue.
Le Règlement de la Chambre est très clair. On ne peut pas accuser quelqu'un de mentir, et encore moins le traiter de menteur. La députée doit retirer ses paroles et s'excuser sans réserve pour ce qu'elle a dit.
Madame la Présidente, par deux fois, la députée a contesté votre autorité, parce qu'elle vient encore d'ajouter un bémol à ses excuses. Elle doit retirer ses propos sans réserve et s'excuser de ce qu'elle a dit.
Madame la Présidente, je suis reconnaissant d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui.
Quand j'ai pris connaissance de la motion aujourd'hui, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à une histoire que mon père me racontait quand j'étais petit. Il me racontait une histoire sur les clubs optimistes.
Au Québec comme un peu partout dans les provinces au Canada, il y a des clubs optimistes, qui sont vraiment essentiels à la communauté. Ils travaillent fort. Je pense notamment à ceux de Beauport—Limoilou qui, lors des tournois de baseball, viennent vendre des hot-dogs et remettent les profits aux jeunes. Chacun sait qu'il y a des clubs optimistes dans sa communauté.
Quand j'étais jeune, mon père me racontait une petite histoire pour me faire réfléchir. Devant le succès des clubs optimistes, il me racontait l'histoire de deux gars. Le premier dit à l'autre que les clubs optimistes semblent bien fonctionner et qu'ils devraient créer un club de pessimistes. Le deuxième lui répond qu'il pense que ça ne fonctionnera pas. Quand j'ai lu la motion, ça m'a rappelé un peu cette histoire, et je vais expliquer pourquoi. Je crois qu'il est important de ramener des faits dans le débat d'aujourd'hui.
Oui, l'économie mondiale traverse une période d'incertitude. Oui, les défis sont réels. Cependant, présenter le Canada comme un échec économique relève davantage du pessimisme que d'une analyse sérieuse. La réalité, c'est que le Canada demeure aujourd'hui dans une position économique remarquable lorsqu'on le compare à plusieurs de ses partenaires du G7.
Le Canada devrait afficher la deuxième croissance la plus rapide du G7 cette année et l'année prochaine. Notre système bancaire, au sein duquel j'ai travaillé pendant plus de 20 ans, est reconnu comme l'un des plus solides au monde. Notre taux de chômage demeure historiquement faible malgré les turbulences économiques mondiales. Des millions d'emplois ont été créés depuis la pandémie et le Canada continue d'attirer des investissements majeurs dans des secteurs d'avenir comme les minéraux critiques, l'intelligence artificielle, les batteries, l'aérospatiale et les technologies propres.
N'oublions pas un élément fondamental. Le Canada partage avec les États‑Unis la plus longue frontière internationale au monde. Cette proximité nous donne un accès privilégié à la plus grande économie de la planète. Chaque jour, des milliards de dollars en biens et services traversent cette frontière, soutenant des millions d'emplois des deux côtés. Peu de pays du G7 bénéficient d'un avantage géographique et commercial aussi important.
Toutefois, cet avantage comporte également son lot de défis. Lorsque l'économie américaine ralentit, lorsque des tensions commerciales émergent ou lorsque des décisions politiques sont prises à Washington, les répercussions se font rapidement sentir ici, au Canada. Notre niveau d'intégration économique avec les États‑Unis nous expose davantage que plusieurs autres pays aux soubresauts de leur économie et aux incertitudes de cette politique commerciale.
C'est précisément pourquoi il est essentiel de regarder notre performance économique dans son contexte. Il faut la regarder avec positivisme. Malgré les turbulences des dernières années, malgré les perturbations des chaînes d'approvisionnement, malgré les hausses mondiales de l'inflation et malgré les incertitudes liées à notre principal partenaire commercial, le Canada demeure l'une des économies les plus stables et les plus résilientes du G7.
C'est pourquoi il faut évaluer la performance économique du Canada avec rigueur et honnêteté. Que nous disent les chiffres? Ils nous disent que l'économie canadienne est plus forte et plus résiliente que plusieurs ne l'avaient anticipé.
Les résultats de l'Enquête sur la population active pour le mois de mai démontrent que notre plan fonctionne. Alors que plusieurs analystes prévoyaient la création de seulement 10 000 emplois, ce sont plutôt 88 000 emplois qui ont été créés en un seul mois. C'est incroyable. Ce n'est pas une petite différence. C'est presque neuf fois ce qu'attendait le marché.
Le taux de chômage a également diminué pour s'établir à 6,6 %, en baisse par rapport à son sommet de 7,1 % enregistré en août dernier. Ces chiffres démontrent une chose très simple: malgré les vents contraires, malgré les incertitudes mondiales et malgré les tensions commerciales avec notre principal partenaire économique, le marché du travail au Canada demeure résilient.
Plus encore, au cours des 12 derniers mois, le Canada a créé 147 000 emplois. Depuis décembre 2024, le Canada crée davantage d'emplois par habitant que les États‑Unis. Le Canada a créé 2,8 emplois pour chaque tranche de 1 000 habitants, soit près du double du rythme observé chez nos voisins du Sud. Ce sont des résultats dont nous pouvons être fiers.
Il ne s'agit pas seulement du nombre d'emplois. La qualité des emplois compte également. Les gains observés récemment proviennent principalement des emplois à temps plein, particulièrement dans le secteur de la construction.
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Pourquoi est-ce si important? C'est parce que cela démontre que les investissements que nous réalisons sont dans les infrastructures, le logement et les grands projets économiques qui produisent des résultats concrets. C'est une bonne nouvelle pour les citoyens et la circonscription de Beauport—Limoilou. Cela démontre également que notre décision d'harmoniser davantage nos investissements publics avec la saison de la construction porte ses fruits. Pendant ce temps, les salaires continuent d'augmenter plus rapidement que l'inflation. Depuis plus de trois ans maintenant, les revenus des travailleurs progressent à un rythme supérieur à la hausse des prix. Cela signifie que davantage d'argent va dans les poches des familles canadiennes. Voilà la réalité que vivent des millions de travailleurs partout au pays.
Bien sûr, certains défis demeurent. Je pense notamment à l'emploi chez les jeunes. Même si le taux de chômage chez les jeunes a diminué de 0,9 %, marquant un premier recul depuis janvier, nous savons que plusieurs jeunes Canadiens éprouvent encore des difficultés à intégrer le marché du travail. C'est précisément pourquoi notre gouvernement agit. Dans la mise à jour économique du printemps, nous avons annoncé plus de 6 milliards de dollars en investissements dans notre initiative Une Équipe Canada forte. Cette initiative vise à mobiliser la main-d'œuvre canadienne dans les métiers spécialisés et à répondre aux besoins croissants de notre économie.
Grâce à ces investissements, nous prévoyons créer plus de 100 000 nouvelles carrières bien rémunérées dans les métiers spécialisés d'ici 2030. Nous facilitons l'accès à l'apprentissage. Nous soutenons la formation. Nous accompagnons les jeunes vers des emplois stables, bien rémunérés et recherchés partout au pays. Nous continuons de protéger les programmes essentiels comme Emplois d'été Canada et le groupe de jeunes pour le climat.
L'opposition nous demande aujourd'hui de conclure que l'économie canadienne est en échec. Les faits racontent une tout autre histoire. Ils nous montrent une économie qui continue de créer des emplois malgré l'incertitude mondiale. Ils nous montrent des salaires qui progressent plus rapidement que l'inflation. Ils nous montrent des investissements qui stimulent la construction et renforcent notre capacité productive. Ils nous montrent un pays qui demeure l'une des économies les plus solides du G20 malgré les défis mondiaux.
Notre gouvernement demeure concentré sur une priorité claire: bâtir l'économie la plus forte du G7. C'est l'objectif du budget de 2025. C'est l'objectif de la mise à jour économique du printemps. C'est l'objectif de chacune des mesures que nous mettons en place pour soutenir les travailleurs, attirer les investissements, renforcer la compétitivité du Canada.
Les Canadiens ne nous demandent pas de céder au pessimisme. Ils nous demandent de bâtir l'avenir. C'est exactement ce que nous faisons. Nos accords de libre‑échange avec l'Europe et la région indo‑pacifique font du Canada l'un des pays les mieux positionnés du monde pour le commerce international.
La véritable question est la suivante. Sommes-nous mieux placés pour affronter cette période que la plupart de nos partenaires internationaux? La réponse est oui, parce que nous disposons d'institutions solides, nous avons des ressources naturelles stratégiques recherchées partout dans le monde, nous avons accès à plus de 1,5 milliard de consommateurs grâce à nos accords commerciaux, et, surtout, parce que nous pouvons compter sur le talent, l'innovation et la résilience des Canadiennes et des Canadiens.
Plutôt que de sombrer dans le pessimisme, nous devons reconnaître les défis tout en ayant confiance dans les forces extraordinaires de notre économie et dans le potentiel immense des Canadiens. C'est exactement ce que notre gouvernement s'efforce à faire: investir dans la productivité, dans les infrastructures, dans le logement, dans les échanges commerciaux et dans les travailleurs qui bâtissent notre prospérité collective.
Madame la Présidente, ce qui me préoccupe en partie avec la motion de l'opposition des conservateurs, c'est que, fidèles à leur habitude, ils induisent les Canadiens en erreur.
Le premier intervenant a affirmé qu'il y a eu une perte nette d'emplois depuis que le premier ministre est entré en fonction, ce qui n'est tout simplement pas vrai, et le deuxième intervenant a déclaré que les exportations sont sur la mauvaise voie, ce qui n'est pas vrai non plus. Les conservateurs sont très doués pour insinuer continuellement que tout va mal au Canada et ils semblent prendre un malin plaisir à dénigrer le pays.
J'aimerais que mon collègue nous parle de ce qui est important, selon lui, en ce qui concerne la croissance du Canada et les améliorations qu'on observe dans de nombreux secteurs.
Madame la Présidente, effectivement, je vois que mon collègue fait partie du club des optimistes. J'en suis content et nous allons sûrement faire quelque chose de bien avec ça.
Le Canada est vraiment une superpuissance en matière d'énergie propre et conventionnelle. Nous disposons de vastes gisements de minéraux critiques, alors nous sommes bien outillés. Je le vois puisque je fais partie du Comité permanent du commerce international. J'ai vu les ententes que nous sommes en train de signer un peu partout dans le monde. Comme je l'ai dit plus tôt, c'est près de 1,5 milliard de consommateurs dans le monde avec lesquels nous pouvons faire affaire.
C'est sûr qu'en diversifiant notre économie et en continuant d'amener des investissements ici, nous sommes vraiment en train de préparer l'avenir, et les gens le savent. Les gens savent que nous vivons des turbulences présentement, mais ils croient en nous malgré ça et nous le ressentons vraiment.
Madame la Présidente, on a malheureusement déjà entendu, tôt en ce lundi, quelques propos dérangeants de la part du whip du gouvernement et du secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre. Je trouve très regrettable qu'ils continuent d'accuser les conservateurs de détester le Canada. J'aime ce pays, et le député de Winnipeg‑Nord le sait.
Je trouve très choquant qu'il continue de nous accuser de dénoncer le gouvernement pour ses échecs des 11 dernières années, alors qu'il est tout à fait justifié de le faire. Il y a plus de Canadiens que jamais qui font appel aux banques alimentaires, y compris des Canadiens diplômés d'études postsecondaires, qui font la queue devant les banques alimentaires parce que leurs emplois ne leur rapportent pas assez pour faire face à la hausse du prix des aliments sous le gouvernement libéral. Il y a plus de Canadiens de moins de 35 ans exclus du marché immobilier que jamais auparavant.
De quoi exactement les libéraux pensent-ils pouvoir être si fiers?
Madame la Présidente, je ne sais pas si la question s'adressait vraiment à moi, mais je vais prendre le temps d'y répondre. Lors de mon allocution, j'ai pris le temps de raconter une histoire que mon père me racontait quand j'étais jeune à propos des optimistes et des pessimistes. L'idée derrière tout ça, c'est que si on veut bâtir un Canada fort, si on veut regarder vers l'avant, il faut faire partie du club des optimistes. Si on est pessimiste, on n'ira nulle part ensemble et le mot « ensemble » n'existe pas.
C'est ce que nous sommes en train de bâtir et je trouve ça triste de voir les députés des partis de l'opposition dire une chose à la Chambre et faire autre chose, c'est-à-dire voter contre des mesures qui viennent aider, comme le Régime canadien de soins dentaires et l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. J'aimerais les voir tomber du côté optimiste avec nous.
Madame la Présidente, j'offre mes salutations à mon collègue avec qui je travaille d'ailleurs très bien au Comité permanent des finances, mon collègue qui a passé, comme il l'a dit, 20 ans dans les banques.
J'aimerais savoir si, dans le club des optimistes dont il fait partie, ces optimistes pensent que, 34 milliards de dollars pour un pipeline du pétrole le plus sale au monde et le financement d'un nouveau pipeline, ça fait partie de ce qu'il a appelé dans son discours la stratégie canadienne pour devenir une superpuissance d'énergie propre. J'aimerais savoir si les optimistes trouvent ça propre.
Madame la Présidente, j'apprécie beaucoup mon collègue au Comité permanent des finances. Je sais aussi qu'il aime beaucoup faire des clips et je pense qu'il vient d'en faire un beau.
Je fais effectivement partie du club des optimistes, mais je fais aussi partie du club des « et » et non des « ou ». Je crois que, pour bâtir une économie forte, il ne faut pas être dans l'idée de se demander si on fait cette chose-ci ou cette chose-là. Il faut être dans le club des « et », c'est-à-dire qu'il faut bâtir. Il faut aller vers l'avant, et les gens veulent qu'on soit dans le « et » et non dans le « ou ».
Les gens ne veulent pas nous voir choisir entre un projet dans l'Ouest et un projet dans l'Est. Ils veulent les deux. C'est ça, la nouvelle stratégie. C'est dire que nous allons accumuler les investissements et les projets pour justement sortir le Canada de cette période mondiale difficile en diversifiant notre économie, en aidant nos entreprises à faire des affaires autrement et en doublant les exportations. C'est ce que nous sommes en train de faire. Nous travaillons dans le « et » et non dans le « ou ».
Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de prendre la parole à la Chambre, mais c'est particulièrement vrai quand c'est devant vous.
Je vais prendre une seconde pour dire qu'il faut évidemment bâtir un Québec fort et que, pour bâtir un Québec fort, ça prend des gens d'avenir. J'ai vu beaucoup de jeunes en fin de semaine. J'ai fait la tournée de La grande journée des petits entrepreneurs. Je sais qu'il y en a dans chacune de nos circonscriptions.
Je voulais aussi prendre une seconde pour saluer l'ensemble des élèves du primaire et du secondaire ainsi que les finissants. Ils sont en période d'examens. On le sait, on est en juin , il fait soleil et on a envie de sortir. J'ai envie de leur dire de continuer à étudier et à travailler fort, qu'ils sont notre avenir, que je pense à eux et que je vais leur souhaiter un bel été après l'année scolaire. C'est en étudiant comme ça qu'ils vont être capables de mieux pondérer les faits et peut-être de faire moins de désinformation que ce qu'on trouve souvent dans les motions déposées par les conservateurs et dans les discours des libéraux, comme celui que mon collègue de Beauport—Limoilou vient de nous faire.
Je viens de demander au député de Beauport—Limoilou s'il considère que, des pipelines du pétrole le plus sale au monde, c'est propre. Il nous a répondu que non, pour faire du propre il faut faire du sale parce que si on veut faire du propre, il faut dire oui au sale. On va prendre le pétrole le plus sale pour être en mesure de faire du propre. Là, ces gens viennent s'exprimer à la Chambre toute la journée pour dire que la motion qui est devant eux n'est que de la désinformation. On voit que le niveau du débat est souvent pas très haut.
Dans le type de débat comme celui d'aujourd'hui, avec la motion que nous étudions, il y a des tonnes de nuances. La motion conservatrice nous renvoit un peu là où nous étions la semaine dernière avec la dernière journée de l'opposition conservatrice. On commence en disant qu'on est le seul pays en récession parmi ceux G20, que tout va mal, qu'il faut mettre fin aux dépenses inflationnistes.
La dernière fois que j'ai fait un discours, j'ai expliqué qu'on allait probablement savoir si on est en récession aujourd'hui dans les prochains mois, lorsque les données seront révisées et lorsqu'on aura le prochain ou les deux prochains trimestres de données étant donné qu'on est dans une situation particulière.
Il y a des députés conservateurs clips sur nous. Nous sommes devenus le « Bloc libéral » qui nie l'existence d'une récession. Je ne dis pas que tout le monde devrait en avoir suivi, mais c'est des gens qui n'ont jamais suivi un cours d'économie de leur vie. Ils ont étudié en kinésiologie, puis ils vont sur les réseaux sociaux nous expliquer ce qu'est une récession.
Le problème avec ça, c'est que pendant qu'on débat de la définition on ne débat pas du fond. On ne débat pas du fait qu'au Canada, on a un problème de croissance qui est très faible et qui est endémique, et ce, depuis plusieurs années. On ne débat pas du fait que, sur les cinq derniers trimestres, on a plus de trimestres négatifs que de trimestres positifs. On ne débat pas du fait que, pour les 20 à 25 % des gens les moins riches dans notre économie, le coût de la vie a augmenté davantage que le pouvoir d'achat. On ne débat pas du fait que c'est vrai qu'il faut aider ces gens et que c'est vrai que ça prend des prestations. Nous avons voté en faveur de la nouvelle allocation, que le gouvernement désigne comme étant pour l'épicerie, mais qui est un remboursement de TPS bonifié. Nous sommes en faveur de ça.
En revanche, ce n'est pas un plan de société de constamment rajouter de nouvelles prestations et de la pression fiscale quand on est incapable de générer de la croissance et incapable de négocier un accord de libre-échange avec les Américains ou même incapable de dire quelle serait la stratégie de négociation avec les États‑Unis. On peut débattre de ce qu'est une récession ou pas. Le comité à l'Institut C.D. Howe qui date les récessions au Canada dit qu'il faut au moins un trimestre de décroissance, que la décroissance du trimestre doit être importante et que ça soit suffisamment répandu dans l'économie.
L'économiste en chef de Desjardins disait la semaine dernière que 50 % des secteurs sont touchés. Normalement, on parle d'une récession lorsque 60 % des secteurs sont touchés. Il y a une question de jugement du comité, mais ça n'enlève pas le fait que ça ne va pas bien. Là, les libéraux nous répètent qu'ils créent des jobs. Or, depuis toujours, les gouvernements se vantent de créer des jobs.
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J'invite les gens d'ici à aller voir entre autres les travaux d'un économiste qui a étudié au Québec et qui, je pense, est à la Federal Reserve Bank de San Francisco aujourd'hui, Nicolas Petrovsky‑Nadeau. Il nous explique combien de création d'emploi ça prend par trimestre pour que le chômage arrête de monter. Ce n'est pas parce qu'on crée des emplois qu'on a performé.
Les libéraux nous disent qu'ils ont fait mieux que ce que les analystes prédisaient. C'est sûr. Quelle est la meilleure façon au monde de ne pas décevoir les attentes? C'est quand il n'y a pas d'attente. Quand les analystes pensent qu'on va être extrêmement mauvais et qu'on n'est pas si mauvais, on ne déçoit pas les attentes. C'est de ça qu'ils se vantent. Or, nous allons voter contre cette motion parce que, encore une fois, les conservateurs ne définissent pas ce qu'est une dépense inflationniste.
Je pense que le whip en chef du gouvernement n'écoute pas parce que je parle en français. Il n'a même pas son oreillette. Quand on parle en français à la Chambre, personne n'écoute, à part vous, monsieur le Président, qui êtes très bon en français et que nous apprécions beaucoup. Les députés de Whitby et de Beauport—Limoilou, je les ai écoutés. Toutefois, pendant que je parle, eux se tapent dans la mitaine, jasent, se racontent des blagues et rient. Le plus drôle, c'est que je suis en train de rire d'eux et qu'ils ne s'en rendent pas compte. Ça ne les intéresse pas, la Chambre des communes. On parle ici d'un officier des libéraux, le whip, le gars qui fait la discipline chez les libéraux. Or, il n'écoute pas.
Dans cette motion des conservateurs, il y a de la désinformation. On ne sait pas ce qu'est une dépense inflationniste, mais il y a quand même un fond de vrai, c'est-à-dire de faire le diagnostic quant au mauvais état de l'économie canadienne. J'ai parlé de la question de la croissance. On a un problème soutenu de croissance. Le gouvernement n'est pas d'accord. Il nous dit que, selon certaines prévisions du Fonds monétaire international, nous allons être les meilleurs du G7. Or, ce n'est pas encore arrivé. Si les libéraux avaient été bons, ils nous parleraient des trimestres qui viennent de passer. À la place, ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils ont été tellement mauvais dans les trimestres passés qu'ils vont se servir d'une prévision du Fonds monétaire international qui date quand même d'un certain temps. Attendons de voir ce qui arrive avec les prévisions.
Dans le même discours, le député de Whitby nous a dit que son gouvernement a fait autre chose que les prévisions, mais qu'il a été mauvais. Là, les libéraux nous disent qu'ils seront les meilleurs du G7 parce qu'il existe des prévisions. C'est champion, ça. C'est l'art de torturer les chiffres jusqu'à ce qu'ils parlent. Des aveux sous la torture, on sait ce que ça vaut. Ça ne vaut à peu près rien.
On décompose le PIB alors même qu'on a un gouvernement qui n'a pas encore commencé sa négociation commerciale avec les États‑Unis. Soit, Donald Trump n'est pas un monsieur facile. Toutefois, le gouvernement n'a pas de stratégie. Nous essayons de savoir quelle est la stratégie. Nous, les séparatistes au Bloc québécois, nous nous sommes fait critiquer lors de la campagne électorale pour avoir dit que nous allions collaborer avec le gouvernement dans sa stratégie pour faire en sorte que les relations avec les États‑Unis se normalisent le plus possible. Nous la cherchons, la stratégie. Il n'y a pas de stratégie.
Depuis que le premier ministre est en poste, depuis l'arrivée de ce qu'on appelle le nouveau gouvernement, on a constamment, trimestre après trimestre, une baisse importante des exportations. On a dépassé les 4 % de baisse, trimestre après trimestre, dès le premier trimestre de 2026. Ça, c'est parce qu'on n'a pas d'accords commerciaux. Pour cacher ça, que font les libéraux? Ils nous disent qu'ils ont augmenté nos exportations vers l'Europe. Quand on décompose les chiffres, on se rend compte que c'est essentiellement l'aluminium renvoyé vers l'Europe en grand volume, avec des prix assez élevés, qui est venu changer ces statistiques. On n'a pas d'accord commercial. Pourquoi ne tient-on pas une journée de l'opposition là-dessus? Ce serait intéressant de la part des conservateurs.
De plus, on n'a pas d'ancrage budgétaire fiable. On ne sait même plus comment évaluer la performance du gouvernement, parce que le gouvernement ne sait plus à quoi se comparer lui-même. On avait le ratio dette-PIB avant. Ils nous ont dit que ça ne marchait plus, alors c'est devenu le ratio déficit/PIB. La directrice parlementaire du budget est aussi intervenue. Soit dit en passant, les libéraux l'ont choisie eux-mêmes et l'ont imposée eux-mêmes à la Chambre. C'est une nomination qui ne faisait pas consensus, surtout en raison de la façon dont ça a été fait. La directrice parlementaire du budget est évidemment compétente, mais ils l'ont nommée eux-mêmes. Là, elle arrive et nous dit qu'ils ne seront pas capables de respecter leur ancrage budgétaire chaque année.
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Au Comité permanent des finances, nous avons reçu Luc Godbout. Je pense que c'était la semaine dernière. Luc Godbout est titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke. Ce sont des gens qui font un travail extraordinaire, qui sont reconnus et qui ne sont pas partisans. Ce n'est pas une gang de bozos de l'opposition qui ne font que chialer, comme on le dit de l'autre côté de la Chambre. Les témoins nous disent qu'ils ne comprennent pas quels sont les ancrages budgétaires du gouvernement et que ça en prendrait. Ils nous disent qu'ils ne sont même pas capables de nous dire s'ils sont bons ou s'ils sont mauvais parce que les libéraux changent les règles quand les règles ne font plus leur affaire. Ça, c'est un point dans la motion conservatrice qui est valide.
Que nous dit-on d'autre dans la motion? On parle de dépenses inflationnistes ou pas inflationnistes. Ça, c'est de la rhétorique politique. Que nous disaient d'autre les gens de la chaire de recherche de l'Université de Sherbrooke? Ils nous disaient que nous sommes comme dans un « chiard » de dépenses. On fait un budget, on dépose un budget, on vote des crédits, puis on se retrouve dans une situation où le ministre des Finances a une bulle au cerveau et ajoute une nouvelle prestation, un nouveau truc, un nouveau chèque. C'est mal planifié, de telle façon que même les universitaires ne sont plus capables de faire le suivi du déficit au cours de l'année.
Ça, c'est un problème. C'est un problème de planification. C'est un problème de rigueur. Le ministre des Finances, dans le dernier cycle budgétaire, a décidé de présenter un budget à l'automne au lieu de le présenter à l'hiver. Il n'était pas prêt, donc il a changé les prestations avant la mise à jour, ce qui fait que nous étudions toujours les lois budgétaires l'une après l'autre au Comité permanent des finances et que nous ne sommes plus capables de faire le suivi. Ça, c'est de la mauvaise gestion.
Que nous a dit M. Godbout, le titulaire de la chaire de recherche et professeur de l'Université de Sherbrooke, quand il est venu? Il nous a dit qu'il faut que le gouvernement soit clair sur ce qui est une dépense en capital et ce qui est une dépense courante. Le gouvernement fait ses propres règles qui ne sont pas conformes aux principes comptables généralement reconnus. La sécurité aux matchs de la FIFA, ça devient un investissement dans le budget. Ça prend des règles claires parce que le gouvernement camoufle des dépenses courantes et il appelle ça des investissements. Selon ce que le professeur de l'Université de Sherbrooke nous a dit, on donne des crédits d'impôt à des entreprises qui vont peut-être investir et on appelle ça un investissement. On ne fait ça dans aucune comptabilité publique au monde. Même au Royaume‑Uni, où on comptabilise les investissements séparément, où on a le bilan, l'état des résultats ou l'équivalent dans les comptes publics, personne ne fait ça. C'est de la mauvaise gestion.
Je ne sais pas ce que les conservateurs appellent des dépenses inflationnistes, parce que tout peut entrer dans cette catégorie. Je posais une question tantôt à un député conservateur. Je lui demandais si, 34 milliards de dollars de fonds publics pour un pipeline, c'était une dépense inflationniste ou pas. Il m'a quasiment dansé un set carré au lieu de me répondre. Les conservateurs ne veulent pas répondre. Qu'est-ce qui est une dépense inflationniste? Est-ce que ce serait une dépense inflationniste d'augmenter de 10 % la pension de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes de 65 à 74 ans, qui sont victimes d'une discrimination libérale et qui souffrent de l'augmentation du coût de la vie? On ne le sait pas.
Au-delà de ça, ce que je remarque, c'est qu'on n'a pas de solution. Personne ne présente des solutions. Le gouvernement nous dit que tout va bien et que le Fonds monétaire international pense que tout va bien aller. De notre côté, nous proposons des solutions. La semaine dernière, le député de Whitby nous disait, lors de la dernière journée d'opposition, que les oppositions ne font que chialer. Or, nous avons été les premiers, après les syndicats, la FTQ, le Syndicat des métallos et la Fédération des chambres de commerce du Québec, à dire que, à la suite des nouveaux calculs des droits de douane par l'administration américaine depuis avril, il fallait une subvention salariale. Une subvention salariale est nécessaire pour protéger les entreprises qui sont victimes de ces nouveaux calculs de droits de douane et qui ne sont plus capables d'augmenter les stocks.
Ça, c'est une chose. L'emploi va bien parce que les entreprises accumulent des stocks, mais ça ne peut pas durer éternellement. Lorsqu'on aura des problèmes dans ces entreprises, il faudra maintenir le lien d'emploi, pour que les employés ne soient pas obligés de recevoir de l'assurance-emploi, pour que ces employés ne partent pas chez des compétiteurs et pour qu'on fasse en sorte de libérer de l'espace dans les calculs actuariels qui mènent à l'équilibre de la caisse d'assurance-emploi. Il faut faire en sorte que, en pleine crise tarifaire, on ne se retrouve pas avec des augmentations de cotisations à l'assurance-emploi chez des entreprises qui, peut-être, manquent un petit peu d'air aujourd'hui. Nous proposons des solutions comme ça et, ce qu'on nous dit essentiellement, c'est que nous ne voulons pas bâtir un Canada fort en construisant des pipelines, et que, finalement, nous n'avons jamais de solutions.
Je comprends qu'il y a eu un accord séparé pour l'infrastructure avec Québec. Nous en sommes contents. Ça fait des années que les libéraux nous disent que ça prend des conditions et que nous avons tort. Or, ils font un accord séparé et tout va bien. Nous demandons une augmentation des fonds pour le transport en commun. C'est une solution qui permettrait de désengorger les autoroutes dans nos villes, au lieu de faire un train à grande vitesse qui n'existe pas avec un plan d'affaires qui n'a aucun sens en expropriant des gens de façon sauvage, comme Alto est en train de le faire. Ce serait une bonne idée.
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Parlons de l'industrie forestière. La scierie Saint-Michel vient de fermer. Ces gens-là font face depuis des années à des droits de douane qui n'ont aucun sens. Ils sont obligés de verser des droits compensateurs qui sont immobilisés aux États-Unis. Ces entreprises gagnent leur cause devant les tribunaux 10 ans plus tard. Elles récupèrent leur argent, mais elles ont eu le temps de faire faillite.
Or, il s'agit d'un actif. Nous disons au gouvernement de racheter ces droits compensateurs. C'est un actif qui ne serait même pas comptabilisé au déficit et qui permettrait à ces entreprises d'avoir de l'air et de la liquidité. On nous répond qu'on a déjà tout fait ce qu'on pouvait faire. On accorde des prêts à des entreprises qui sont sur le bord de fermer, mais on refuse de mettre cette mesure en place. Ensuite, on nous reproche de ne pas faire de propositions.
Si le gouvernement veut bâtir son pays fort, le Québec et les provinces ont aussi des responsabilités. Pensons aux hôpitaux dont les toits coulent de partout et aux infrastructures. Les gouvernements du Québec et des provinces sont plus proches des gens que le gouvernement fédéral.
Comment se fait-il que l'afflux de demandeurs d'asile qui a dépassé la capacité du Québec à les accueillir ait coûté 733 millions de dollars, que l'Assemblée nationale demande unanimement cette somme et que jamais elle ne soit versée? Cela aiderait aussi à donner de l'air aux gens. Après tout, les gens ne paient pas seulement de l'impôt fédéral; ils paient aussi des impôts dans leur province. Quand les provinces sont étranglées financièrement, cela n'aide pas les contribuables. Quand une personne malade a de la difficulté à obtenir les services dont elle a besoin, cela ne l'aide pas davantage. Quand on a de la difficulté à recruter des enseignants, cela n'aide pas les enfants. Cela fait aussi partie des choses à faire: transférer cet argent qui est dû au Québec.
On nous dit qu'on investit, qu'il faut de la productivité et qu'il faut s'adapter aux changements climatiques. Le gouvernement veut acheter des pipelines et, en même temps, il ferme les centres de recherche du ministère de l'Agriculture dans la circonscription du ministre de la Transformation du gouvernement. Ces centres servent justement à s'adapter aux changements climatiques, à développer de nouvelles espèces et à être plus productifs en milieu agricole. Dans le milieu agricole, le consensus est unanime. Ces centres de recherche sont névralgiques pour notre avenir alimentaire. On les ferme pour des économies qui représentent pratiquement 0 % du budget fédéral. Pourtant, on les ferme.
Je ne parlerai pas du gouverneur général, parce que certains n'aiment pas cela, mais on sait ce que j'en pense.
Nous sommes dans une situation où nous faisons des propositions pour aider nos entreprises. Prenons l'exemple d'une politique de l'aérospatiale. On a une politique de la nature, une politique énergétique et des politiques pour à peu près tout. Pourtant, des députés libéraux de ma région se promènent en disant qu'on n'a pas besoin d'une politique de l'aérospatiale et qu'on donne des subventions. C'est un cycle long. L'aéronautique et l'aérospatiale sont des secteurs qui fonctionnent sur des décennies. Il faut arrimer le militaire, le civil et les besoins de tout le monde afin que nous achetions nos propres produits. On nous dit qu'on n'en a pas besoin. C'est le temps d'acheter des avions et il se promène en Suède pour essayer de convaincre quelqu'un d'ouvrir une usine ici plutôt que de commander des appareils, puis on nous dit qu'on n'a pas besoin de stratégie.
On nous dit également que l'industrie ne le demande pas. Pourtant, nous avons reçu l'Association des industries aérospatiales du Canada, ou AIAC, au Comité permanent des finances et ses représentants nous ont dit qu'il fallait une politique industrielle de l'aérospatiale. Ils nous l'ont dit clairement. Si on en avait une aujourd'hui, on ne serait pas en train de danser le tango avec toutes les entreprises du monde pour déterminer quel avion mettre de l'avant, car les commandes arriveraient. C'est ce qui se passerait.
Je ne veux pas dire que tout ce que font les libéraux est mauvais. La superdéduction à la productivité est une bonne mesure et je pense qu'elle devrait être étendue. Je pense que le gouvernement a choisi des gagnants, mais que sa situation budgétaire est devenue tellement mauvaise qu'il ne peut plus se permettre de le faire. C'est un problème. Il y a de bonnes choses qui ont été faites, mais c'est insuffisant.
J'entends le gouvernement dire que l'opposition ne fait que chialer, qu'elle ne fait que crier et qu'elle ne fait que faire de la désinformation. Sait-on à quel point il est difficile, politiquement, de dire qu'on sait que la récession va arriver plus tard? Il serait facile de crier à la récession, comme les conservateurs. Sait-on à quel point il est difficile politiquement de rester rigoureux, de tenir son bout et de faire la part des choses? Nous le faisons. Quand nous le faisons, ils sont contents. Lorsque nous proposons des solutions qui viennent du terrain et de l'industrie, dans le même discours, nous devenons des chialeux de l'opposition minoritaire qu'on n'écoute plus.
J'invite donc les libéraux, maintenant qu'ils sont majoritaires, à réduire leur niveau d'arrogance et de suffisance. Ils doivent arrêter de dire qu'ils sont la meilleure invention depuis le pain tranché et commencer à considérer les bonnes idées qui viennent de l'autre côté de la Chambre. J'ai de très bonnes relations avec les autres membres du Comité permanent des finances. Je vois le député de Marc-Aurèle-Fortin entrer à la Chambre. Je pense que nous sommes en mesure d'apporter notre contribution, mais, pour cela, ça prend un minimum d'écoute.
Madame la Présidente, j'aimerais donner la chance à mon cher collègue de m'expliquer l'état d'esprit des gens de Mirabel. Le gouvernement leur a dit que les terres agricoles allaient être coupées en deux parce qu'on allait faire passer un projet de train à grande vitesse. On n'a pas nécessairement donné beaucoup d'explications, et il y a beaucoup de questions qui sont posées, mais il n'y a pas beaucoup de réponses.
Je suis certain que mon collègue est capable de m'en parler beaucoup.
Madame la Présidente, cette question concerne les travaux des subsides, parce que nous venons voter des crédits pour ce projet.
Le ministre des Transports, dans son insensibilité, a décidé, dans le projet de loi C‑15, de faire des gens qui sont le long du corridor d'Alto des citoyens de deuxième classe. Il a décidé de leur enlever des recours et de leur enlever le droit de remettre en question la nécessité d'une expropriation pour un train. Par son comportement, le ministre des Transports est en train de détruire le peu d'acceptabilité sociale qu'il y avait autour de ce projet.
Les gens de chez nous sont victimes de gestes de harcèlement de la part d'Alto. Il y a des drones qui ont volé sans autorisation. Maintenant, on a arrêté de les faire voler, car on n'avait même pas le droit de le faire. Il y a des gens d'Alto qui cognent aux portes, qui ne s'identifient pas et qui n'ont pas de carte de visite.
Ce sont des gens qui ont déjà été expropriés, qui connaissent ça et qui ont eu dans leur famille ou dans leur entourage des drames familiaux comme des suicides, des familles brisées et des dépressions. Ce n'est pas du folklore. Les cinq dernières terres qui ont été rétrocédées suite à la saga de l'aéroport l'ont été en 2024. Alors, c'est ce qu'on est en train de faire avec un train qui n'existe pas, qui n'a pas de plan d'affaires et qui n'a pas d'analyse coût-avantage.
Les articles du projet de loi C‑15 sont une injustice. Alors, les gens de Mirabel pensent qu'on doit mettre fin à ce projet puis repartir de zéro.
Madame la Présidente, le député a beaucoup parlé de l'absence de stratégie en matière de commerce. En réalité, rien n'est plus faux. Le député devrait le savoir.
Par exemple, le premier ministre et le gouvernement se sont engagés à examiner les possibilités d'exportation au-delà de la frontière canado-américaine. Nous avons conclu une vingtaine d'accords liés au commerce et à la défense. Nous avons adopté des lois sur les accords commerciaux avec l'Irlande du Nord, l'Angleterre et l'Indonésie. Nous sommes en train de négocier des accords commerciaux avec les Philippines et l'Inde. Nous avons un premier ministre qui est très proactif dans la promotion des exportations canadiennes.
Contrairement à ce que le député a laissé entendre, au premier trimestre, il y a eu une augmentation nette des échanges commerciaux entre les États‑Unis et le Canada.
Nous allons négocier le meilleur accord possible. Il sera dans l'intérêt des Canadiens. L'accord commercial ne sera pas nécessairement dans l'intérêt des conservateurs ou du Bloc, mais il sera dans l'intérêt des Canadiens.
Je me demande si le député voit l'approche holistique que nous adoptons comme une stratégie.
Madame la Présidente, on dirait que nous n'avons pas assisté à la même campagne électorale. Quand j'étais en campagne électorale l'année passée, je n'ai pas vu le premier ministre faire une trentaine de jours de campagne en disant qu'il allait faire une entente avec l'Indonésie. Ce n'était pas ce que le premier ministre disait durant la campagne électorale. Il disait que 80 % de notre commerce se faisait avec les États‑Unis, qu'il était le meilleur pour négocier avec M. Trump et que ce dernier allait le respecter. Ce n'est pas arrivé.
Après, on s'est mis à dire qu'on avait des accords de libre-échange avec tous les pays du G7, mais aucun de ces accords n'a été signé avec le premier ministre. La diversification des échanges commerciaux, je suis favorable à ça. C'est une bonne chose. Notre accord avec la Corée du Sud a été signé par les conservateurs. La réalité est que le premier ministre actuel a fait campagne en disant qu'il allait rapidement être en mesure de conclure un accord avec les États‑Unis, et que ce n'est pas arrivé.
Est-ce que les libéraux ont une stratégie? C'est peut-être le cas, mais, compte tenu du degré de transparence du gouvernement, nous ne connaissons pas la stratégie. Si les libéraux veulent de l'aide, s'ils veulent que nous collaborions, s'ils veulent des idées et s'ils pensent que nous sommes assez intelligents pour collaborer, peut-être qu'ils devraient nous parler de ce qui se passe plutôt que de garder le secret. Il y a de plus en plus de choses dans ce gouvernement qui sont concentrées sur le bureau du premier ministre. C'est inquiétant parce que, en ce qui a trait à la concentration du pouvoir au bureau du premier ministre, nous pensions avoir atteint la fin de l'exercice avec le gouvernement Trudeau.
Madame la Présidente, dans son discours, le député a demandé au gouvernement d'être moins arrogant. Les libéraux sont majoritaires. Ils peuvent donc faire adopter tout ce qu'ils veulent. Ils gagneraient toutefois à se montrer plus humbles quant à leur bilan.
Je tiens à souligner que le ministre des Finances a récemment comparu devant le comité des finances. Il n'a répondu ni aux questions du député ni aux miennes. En fait, il a ignoré les questions des députés de l'opposition.
Le député n'est-il pas d'avis que le gouvernement devrait se montrer un peu plus humble, compte tenu de son bilan?
Madame la Présidente, c'est vrai que le gouvernement est devenu de plus en plus arrogant avec la majorité qu'il s'est achetée. D'abord, le ministre des Finances, on l'a vu lors de l'étude de tous les crédits, n'a jamais répondu à une question de sa carrière politique. Ça n'a pas commencé la semaine dernière.
Regardons les chauffeurs au rabais. Il y a eu des morts à cause des chauffeurs au rabais, des enfants décédés. Lors du débat en comité sur les chauffeurs au rabais, les libéraux ont voté en faveur d'un comité à huis clos, et on apprend que le président du comité va aux événements de ceux qui sont responsables de ça. Avec le projet de loi C‑30 d'aujourd'hui, ils assouplissent les lois sur les pesticides. Ils cachent ça dans un projet de loi budgétaire. On apprend que la ministre de la Santé participe à des événements de compagnies de pesticides qui poussent ça depuis des années.
Le Parlement existe pour une raison. Il vaut mieux que ce qu'ils sont en train d'en faire. Les travaux parlementaires, moi, j'y crois. Nous travaillons fort là-dessus. Nous lisons les projets de loi. Je suis en contact avec le secrétaire parlementaire et député de Whitby. Nous avons des idées. Nous soumettons des amendements. Or, le gouvernement en place a décidé que la majorité, pour lui, était une licence pour qu'il n'y ait plus de démocratie dans cette enceinte. Je pense que ça en dit beaucoup sur le premier ministre, qui se prend davantage pour un PDG que pour un premier ministre.
Madame la Présidente, les Canadiens n'avaient pas besoin d'un rapport de la directrice parlementaire du budget pour savoir que l'économie se porte mal. Ils le savaient déjà en voyant leur facture d'épicerie augmenter, leurs paiements hypothécaires doubler et les jeunes renoncer à devenir propriétaires.
Depuis des années, nous tirons la sonnette d'alarme, mais les libéraux continuent d'affirmer que tout va bien. Or, la directrice parlementaire du budget confirme maintenant le contraire: un déficit qui s'alourdit, une croissance qui faiblit, des salaires qui diminuent et à peine 1 % de chances d'atteindre la cible budgétaire.
Selon mon collègue, pourquoi les libéraux ont-ils mis aussi longtemps à admettre ce que les Canadiens savaient déjà, et pourquoi s'entêtent‑ils à maintenir des politiques coûteuses qui font augmenter le coût de la vie?
Madame la Présidente, c'est que le diable est dans les détails. Il faut regarder les chiffres et les décomposer un peu. Le premier ministre nous dit aux périodes de questions orales que les salaires en moyenne ont augmenté plus vite que l'inflation. Toutefois, il faut regarder les gens en bas de l'échelle. Être riche au Canada, aujourd'hui, ce n'est pas un problème. On est encore capable d'acheter des grosses voitures. L'essence à 2 $ le litre, on est capable de se le payer. On est capable d'aller au restaurant. Le problème, c'est que ça stagne pour les 20 à 25 % de gens qui vivent d'une paie à l'autre. Pour ces gens-là, il n'y a pas eu d'augmentation du pouvoir d'achat.
Depuis 10 ou 11 ans, nous avons ce gouvernement. On s'entend que le premier ministre précédent n'était pas trop un gars d'économie. Même son ministre des Finances s'était sauvé, c'est dire. Ce gouvernement y va à coups de prestations et de nouveaux chèques sans jamais reconnaître le problème. C'est correct en période de crise d'aider les gens, mais de toujours observer que 20 % des gens dans son pays s'appauvrissent sur le plan du pouvoir d'achat et de leur verser des chèques, c'est tout sauf un projet de société. C'est tout pour que les gens perdent confiance dans nos institutions. Moi, ça m'inquiète.
Madame la Présidente, le député a parlé d'Alto tout à l'heure, et je sais à quel point l'expropriation est un sujet qui touche une corde sensible chez les habitants de sa circonscription. Cela dit, au-delà du problème des expropriations, faisons quelques calculs simples: puisque le projet coûtera 90 milliards de dollars, selon l'étude de McGill, qu'il n'y aura que 12 millions de passagers par année et que l'emprunt prévoit, disons, 4 % d'intérêt, on parle d'un prix d'environ 300 $ le billet.
Le député pense-t-il que les libéraux ont le moindrement fait leurs devoirs pour déterminer combien devrait coûter le projet au juste pour être viable sur le plan financier?
Madame la Présidente, c'est un projet qui n'a pas de plan d'affaires. Nous posons des questions et Alto répond en payant de la publicité à coups de millions de dollars plutôt que de répondre par des faits.
Pour la première année de pleine opération, selon des chercheurs de l'Université McGill, Alto a surestimé le nombre de passagers de 15 millions par année. Selon l'étude de l'Université McGill, il faudra, au fil des ans et en dollars d'aujourd'hui, verser plus de 50 milliards de dollars en subventions, juste pour le fonctionnement de ce projet. Il va falloir que le gouvernement débourse d'emblée 15 % du coût du projet. Ils vont devoir exproprier plus de terres que ce dont ils ont besoin pour les revendre à des promoteurs immobiliers pour financer 15 % du projet. Ça, c'est s'il n'y a pas de dépassement de coût, et il va y avoir des dépassements de coût. Regardons-les travailler. Regardons comment ils arrivent chez les gens. Au-delà des expropriations, les gens de chez nous et l'ensemble des Québécois et des Canadiens ont raison d'être inquiets d'Alto pour leurs impôts.
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Portage—Lisgar.
J'entends appuyer la motion de l'opposition dont nous sommes saisis. Elle dit que le Canada est devenu le seul pays du G20 à être tombé en récession.
Même si les députés peuvent s'obstiner sur la définition du mot récession et les économistes, sur celle d'une récession théorique, il n'en reste pas moins qu'ils ne devraient pas faire abstraction des signes qui se manifestent. Ce que les Canadiens veulent savoir, ce n'est pas quelle est la définition d'une récession, c'est-à-dire deux trimestres d'affilée de croissance nette négative du PIB, mais bien pourquoi ils ont l'impression d'être dans une position faible et instable, pourquoi les investissements des entreprises ralentissent, pourquoi les familles perdent leurs repères financiers et pourquoi les débouchés semblent de plus en plus hors de leur portée. C'est sans doute là-dessus que porte l'essentiel de leurs inquiétudes.
Le Canada ne devrait pas tolérer de devenir une aberration parmi les économies avancées. Voilà pourquoi les conservateurs sont très désolés d'apprendre que le Canada est en récession. Nous avions pourtant lancé des avertissements sur les conséquences des dépenses inflationnistes irréfléchies sur notre économie et notre pays. En récession, les ménages revoient leurs plans à la baisse, les entreprises reportent des décisions, les jeunes abaissent leurs attentes et la population en général se demande si elle arrivera encore à profiter des retombées de la croissance.
De nombreux Canadiens ont ressenti ces difficultés financières bien avant qu'on annonce que nous étions en récession, car le lien entre les Canadiens et l'économie ne s'exprime pas en rapports trimestriels ou en points de pourcentages. Ce lien s'exprime lorsque l'épicerie coûte plus cher que prévu, lorsque les jeunes se demandent s'ils pourront un jour accéder à la propriété et lorsque les collectivités perdent des possibilités.
Le but de cette motion est que nous nous demandions si notre approche actuelle produit les résultats promis aux Canadiens. Le PIB réel du Canada a diminué au cours de trois des quatre derniers trimestres. Les investissements en capital des entreprises ont chuté de 0,7 % au premier trimestre de cette année, un cinquième trimestre baissier consécutif. Les entreprises quittent le Canada. Le Canada est au deuxième rang du G7 pour le taux de chômage le plus élevé, soit 6,9 %, et 112 000 Canadiens ont perdu leur emploi rien qu'au cours des quatre premiers mois de l'année. Le recours aux banques alimentaires a atteint 2,2 millions de visites par mois, ce qui est le niveau le plus élevé jamais enregistré et le double de ce qu'il était en 2019. Un Canadien sur quatre souffre maintenant d'insécurité alimentaire.
Ce ne sont pas des indicateurs abstraits. Il ne s'agit pas de détails techniques. Ils reflètent la pression que les ménages subissent chaque jour. Les Canadiens sont maintenant plus prudents lorsqu'il s'agit de dépenser, d'investir et de planifier leur avenir. Les gens se demandent si les salaires suivent le rythme, si les possibilités diminuent et si leurs enfants auront les mêmes chances de réussite qu'eux.
Les Canadiens sont aussi appelés à adopter de grands changements technologiques alors même que les ménages et les entreprises deviennent plus prudents et sont moins en moyens. Les gens se demandent si leur chèque de paie leur permettra de subvenir à leurs besoins, si les possibilités s'amenuisent et si l'avenir leur offrira plus ou moins de sécurité.
Les récessions ne sont pas seulement des périodes de contraction. Ce sont des tests. Elles montrent si l'économie a créé la capacité de production, les conditions d'investissement et la résilience nécessaires pour se rétablir et croître. C'est pourquoi cette motion mérite une attention sérieuse.
Alors que la récession suscite des préoccupations croissantes, le gouvernement a annoncé de grandes ambitions en matière d'intelligence artificielle et d'infrastructure numérique. Ces ambitions méritent d'être débattues sérieusement, car les infrastructures numériques n'existent pas seulement sur papier. L'intelligence artificielle nécessite des centres de données. Les centres de données ont besoin d'une capacité de calcul, elle-même de nature très physique. Il faut une source d'énergie fiable. Tout cela mérite un débat sérieux, car on demande aux Canadiens d'assumer deux réalités en même temps: la faiblesse économique d'aujourd'hui et la transition économique de demain.
(1330)
Les travailleurs et les familles vivent déjà des difficultés croissantes, et nous savons que le nouveau système d'intelligence artificielle que les libéraux essaient de mettre en place pourrait même changer le sens du travail. À mesure que les tâches seront automatisées, les entreprises auront probablement besoin de moins de travailleurs. Certains secteurs deviendront plus productifs avec moins de travailleurs. C'est pourquoi, à l'ère de l'intelligence artificielle et de l'automatisation, nous devons être honnêtes quant à l'avenir et à quoi il ressemblera. Si les Canadiens sont déjà aux prises avec des problèmes d'abordabilité, de faible croissance et d'incertitude, les questions qui se posent sont les suivantes: préparons-nous les gens à la transition que les libéraux proposent? Informons-nous les gens de ce qui s'en vient avec l'intelligence artificielle et l'infrastructure numérique que les libéraux sont en train de construire? Créons-nous suffisamment de croissance pour absorber les perturbations que l'intelligence artificielle apportera? Renforce-t-on la capacité de production?
En ce moment, ce que ressentent les Canadiens ne se résume peut-être pas à des pressions économiques: il y a aussi l'incertitude entourant la transition. Les gens sont conscients que les systèmes évoluent et que la technologie s'intègre de plus en plus dans la vie quotidienne. Les décisions qui étaient autrefois prises par des personnes risquent d'être de plus en plus influencées par les systèmes numériques, et les gens se posent des questions plus profondes. À mesure que ces systèmes gagnent en puissance, que reste-t-il de l'humain? Cette question ne doit pas être écartée. Alors que nous bâtissons des infrastructures numériques et que nous nous adaptons à l'intelligence artificielle, nous devons veiller à ce que le jugement humain conserve toute sa valeur. Cette étincelle divine en nous doit être préservée en misant sur la dignité humaine. Nous tirons notre dignité du travail, du fait de subvenir aux besoins de nos familles, de l'apprentissage et du bénévolat pour aider les autres, même sans être payés ni récompensés. C'est grâce à cette dignité et à cette charité que notre société s'est construite. Nous devons veiller à ce que les personnes ne soient jamais réduites à des aspects techniques, à des profils, à des résultats, à des points de données ou à de simples codes QR.
La technologie devrait renforcer la capacité humaine, et non la diminuer. Si nous entrons dans une période de profonds changements, notre responsabilité ne consiste pas simplement à mettre en place des systèmes plus intelligents, mais à mettre en place des systèmes qui reconnaissent la valeur des gens et qui existent pour les servir. La question est de savoir si les Canadiens participeront à la prospérité que créent les nouvelles technologies, si les travailleurs qui sont remplacés et qui perdent leur emploi pourront s'adapter aux changements technologiques, si les entreprises pourront s'adapter et croître, si les familles pourront planifier leur avenir et si les collectivités en bénéficieront. On ne peut pas se fixer simplement comme objectif d'augmenter notre capacité technologique en multipliant les déficits budgétaires. Notre objectif doit être d'accroître les possibilités, car ce sont ces possibilités, et non les déficits, qui renforcent la confiance et qui stimulent les investissements.
C'est ce qui rend cette récession si tangible. Ce n'est pas à cause des définitions théoriques. Les économistes peuvent débattre de la définition de « récession théorique », mais les Canadiens ne vivent pas dans la théorie. Les Canadiens doivent payer leur épicerie. Ils doivent composer avec un manque d'emplois. Ils vivent dans une économie qui se contracte. Ils doivent faire la queue devant les banques alimentaires. Ils doivent annuler des projets et remettre des rêves à plus tard. Ils doivent choisir entre chauffer leur maison et acheter de la nourriture. Ils vivent dans l'incertitude et se demandent si leurs enfants auront les mêmes possibilités qu'eux. Voilà pourquoi ce débat est important. C'est parce que les récessions ne se mesurent pas en trimestres. Elles se mesurent à l'aune de l'espoir des gens: croient-ils encore que demain s'annonce meilleur?
Si les Canadiens commencent à douter de l'utilité de leurs efforts et à perdre confiance dans leurs perspectives d'avenir, nous ne devons pas prendre cette situation à la légère. Nous devons y voir un avertissement: nous ne devons pas nous contenter de gérer le déclin, mais rétablir les conditions requises pour permettre aux gens de construire, d’investir, de contribuer, de croire en l’avenir et, une fois encore, de s’unir au sein d’un Canada prospère.
Madame la Présidente, je sais que la députée a lu son discours, mais elle l'a peut-être écrit la semaine dernière parce que le taux de chômage national qu'elle a mentionné dans son discours ne correspond pas à celui qui a été publié vendredi. Elle devrait peut-être mettre ses chiffres à jour. Elle devrait peut-être aussi réfléchir au fait que le rapport publié vendredi dernier indique que le Canada a connu une augmentation nette de 90 000 emplois en mai, que le nombre d'emplois à temps plein a bondi et que tous les secteurs de l'économie ont connu une croissance.
Je suis curieux. Même si elle a peut-être rédigé ce discours mercredi dernier, pourquoi n'a-t-elle pas du tout évoqué, dans le discours de 10 minutes qu'elle vient de prononcer, le nouveau rapport publié vendredi, qui montrait une nette amélioration rien qu'au mois de mai?
Madame la Présidente, il est vraiment regrettable que les libéraux refusent de reconnaître la situation dans laquelle ils se trouvent. Ils recourent à tous les moyens pour détourner l'attention. Ils vont même jusqu'à éluder le terme « récession ». Ils tentent de le redéfinir. Ils essaient d'utiliser les données sur l'emploi liées aux emplois d'été pour gonfler le taux d'emploi.
C'est désolant. Les Canadiens souffrent. Ils ont besoin de vérité, d'honnêteté et de transparence, mais n'obtiennent aucune de ces choses de la part du gouvernement.
Madame la Présidente, plus tôt au cours du débat, on a parlé de rigueur et de transparence. Je dois avouer qu'aujourd'hui, j'entends beaucoup de rhétorique. On essaie de persuader, on n'essaie pas de convaincre avec des idées.
Oui, il y a des Québécois et des Canadiens qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, mais j'aimerais que l'on propose des solutions.
On a proposé un fonds souverain de 25 milliards de dollars, qui est une dette qui sert à financer d'autres grands projets, au sujet desquels on prend des décisions derrière des portes closes, sans que la population ait quoi que ce soit à dire. Il s'agit notamment de pipelines, qui représentent des dettes immenses et qui n'aident pas à réduire notre dette climatique.
On sait qu'il n'y a pas de définition de la chose, mais j'aimerais savoir si ma collègue est d'accord pour dire qu'il s'agit là de mesures inflationnistes.
Madame la Présidente, dans les pays qui possèdent un fonds souverain, celui-ci repose sur la richesse. Il ne repose pas sur la dette, comme celui que le gouvernement libéral tente de mettre en place.
La question de la députée portait également sur les pipelines. Chaque jour, le Canada importe 550 000 barils de pétrole. Nous disposons des troisièmes réserves de pétrole exploitables en importance sur la planète, et pourtant nous continuons d'importer du pétrole d'autres pays. Cette occasion manquée, le fait de ne pas exploiter pleinement notre potentiel et de ne pas exploiter nos ressources naturelles, est l'une des raisons pour lesquelles nous sommes en récession. Nous essayons de résoudre le problème à l'aide de stratagèmes créatifs, comme la création d'un fonds de dette souveraine, en prétendant qu'il s'agit d'une source de richesse. Cela ne résoudra pas le problème.
Madame la Présidente, l'économie locale de la région de London, et en particulier celle de London—Fanshawe, a été durement touchée par les politiques libérales. En mars, le taux de chômage s'élevait à 9,1 %. En avril, il atteignait 9,2 %, soit le taux le plus élevé du pays.
Ma collègue pourrait-elle nous en dire plus sur les enjeux économiques dans sa circonscription?
Madame la Présidente, malheureusement, les problèmes économiques de ma circonscription sont très similaires à ceux de beaucoup d'autres régions du pays. Les gens doivent prendre des décisions difficiles: faut-il allumer le chauffage à la maison ou mettre sur la table un repas suffisamment nutritif pour nourrir sa famille? Ce sont des décisions difficiles que les gens doivent prendre. Certaines familles font la file devant les banques alimentaires. Parmi elles, on trouve des familles dont les deux parents travaillent, mais qui n'arrivent tout simplement pas à joindre les deux bouts. Nous devons agir afin de réduire le coût de la vie pour les Canadiens moyens.
Madame la Présidente, quand un camion est coincé dans un fossé, il y a deux façons d'aggraver le problème. La première est de continuer à appuyer sur l'accélérateur en prétendant que les pneus qui tournent sont le signe que nous avançons. L'autre consiste simplement à accuser la boue, la route et la personne qui nous a indiqué le chemin sans jamais admettre que le problème pourrait être le conducteur. Voilà où en est l'économie canadienne aujourd'hui. Le gouvernement fait du surplace depuis des années, il projette de la boue de tous les côtés et il dit à tout le monde que si on attend encore un peu, le pays va enfin commencer à avancer. Cependant, nous voyons maintenant ce qui se passe vraiment: nous n'avançons pas. Au contraire, nous prenons du retard.
La motion à l'étude dit ce que des millions de familles savent déjà: le Canada a été plongé dans la seule récession parmi les pays du G20. La Banque Scotia et la Banque de Montréal ont toutes deux revu à la baisse leurs attentes en matière de croissance. Le dernier rapport de la directrice parlementaire du budget fait état d'un ralentissement de la croissance, d'une détérioration des perspectives financières et d'un déficit plus important que prévu. Ces mots peuvent sembler très éloignés de la vraie vie, mais c'est exactement là que se situent les mauvaises nouvelles. Elles concernent le renouvellement du prêt hypothécaire, la note d'épicerie, les réparations qui ne peuvent pas attendre et le solde de la carte de crédit qui était censé être payé, mais qui est en fait plus élevé que prévu.
La directrice parlementaire du budget a exprimé en chiffres ce que les Canadiens ressentent déjà. Elle prévoit une croissance du PIB réel de seulement 1,1 % en 2026 et de 1,6 % en 2027. Ce n'est pas là le signe d'une économie en plein essor. Elle indique également que le déficit devrait passer de 36,3 milliards de dollars à 72 milliards de dollars. Il ne s’agit pas simplement d’une erreur d’arrondissement. C’est l’équivalent budgétaire de promettre de reculer dans l’allée, pour finir par enfoncer la porte du garage.
Le gouvernement n'a pas raté sa cible de justesse, mais de plusieurs milliards de dollars. Il a affirmé aux Canadiens qu'il maîtrisait les dépenses, mais il faut toujours finir par payer les factures. Les chiffres sont bien plus difficiles à manipuler que ne le sont les discours des libéraux. On a promis une chose aux Canadiens, mais les chiffres révèlent aujourd'hui une tout autre réalité. Comme d'habitude, ce sont bien sûr les Canadiens qui doivent payer la note.
Il y a ensuite la cible budgétaire, qui faisait autrefois l'objet de débats. Il s'agit de la promesse faite par le gouvernement lui-même d'empêcher le déficit de devenir incontrôlable. Elle est censée montrer aux Canadiens que quelqu'un, au sein du Cabinet, sait encore quand il faut cesser d'emprunter, cesser de dépenser et cesser de prétendre que le budget s'équilibrera tout seul. La directrice parlementaire du budget affirme qu'il y a moins de 1 % de chances que le gouvernement tienne cette promesse. Ce n'est pas une cible budgétaire. Au mieux, c'est un billet de loterie. Personne ne pourrait se présenter dans une banque avec 1 % de chances de faire tenir son budget familial en se disant responsable. Aucun propriétaire de petite entreprise ne pourrait dire à ses employés qu'il n'y a que 1 % de chances que les chèques de paie soient honorés et ainsi parler d'un plan.
Une économie en perte de vitesse se manifeste bien avant que quiconque ne lui donne un nom. Elle se manifeste quand les chantiers se vident, quand l'atelier reste désert, quand le camion reste garé dans la cour et quand un jeune employé qui devait commencer lundi se fait dire qu'il ne peut pas le faire faute de travail. Voilà ce que signifie la faible croissance dans le monde réel: moins d'heures de travail, moins d'augmentations, moins de commandes et moins de chances pour les jeunes de se lancer dans leur carrière.
Le gouvernement veut nous faire croire que tout cela était tout simplement inévitable. Il dit qu'il y a eu des pressions mondiales. Bien sûr que oui. Tous les pays du G20 ont été confrontés à des hausses de taux d'intérêt, à des problèmes de chaîne d'approvisionnement, à l'inflation, à la guerre, à des chocs énergétiques et à l'incertitude mondiale. La différence, c'est que le Canada est maintenant décrit comme le seul pays du G20 à être en récession. Lorsque tout le monde doit faire face à la tempête, mais qu'il n'y a qu'un bateau qui commence à prendre l'eau, il est peut-être temps de voir ce qu'a fait le capitaine.
Ce ne sont pas les dépenses du gouvernement qui enrichissent un pays. Un pays s'enrichit lorsque les gens peuvent bâtir, investir, produire, embaucher, exporter, prendre des risques et réussir. Il s'enrichit lorsqu'un soudeur peut quitter l'atelier le vendredi et démarrer sa propre entreprise le lundi, ou lorsqu'une mine qui donne du travail à des mineurs canadiens peut être approuvée avant qu'on ne décide d'aller voir ailleurs.
Le pays a tout ce qu'il faut pour être extrêmement prospère. Nous ne manquons pas de capacités. Le gouvernement ne cesse de transformer ces capacités en retards, en coûts plus élevés et en chèques de paie réduits pour les Canadiens. Imaginons quelqu'un qui veut bâtir quelque chose dans ce pays. Imaginons une boutique dans une petite ville, une mine dans le Nord, un terminal céréalier, une usine de transformation, une ligne électrique ou un projet énergétique. Cela commence par une idée, des travailleurs prêts à aller de l'avant, des fournisseurs et la conviction que le Canada est un endroit où on peut encore accomplir quelque chose de concret en faisant de vrais efforts.
(1345)
Ces investisseurs se butent ensuite au processus que le gouvernement a mis en place. Il y a d'abord les délais pour l'obtention des permis, puis une nouvelle règle à satisfaire, puis une consultation qui mène à une autre consultation. Au fil du temps, le financement devient plus coûteux. Les investisseurs en viennent à se demander pourquoi le même projet pourrait avancer beaucoup plus vite ailleurs. Après un certain temps, la question n'est plus de savoir si le projet a du sens, mais de savoir combien de temps et d'argent les gens sont prêts à perdre avant de décider simplement d'abandonner. Le document de consultation du gouvernement sur la réalisation de grands projets est d'ailleurs extrêmement révélateur à ce sujet.
Alors que les conservateurs, les provinces, les travailleurs, l'industrie et les investisseurs signalent depuis des années que le Canada est devenu trop lent et trop incertain, le gouvernement admet maintenant la même chose, mais il le fait par écrit. Selon son propre document, « les grands projets font l'objet d'un processus décisionnel complexe et qui prend beaucoup de temps ». Il y a des dédoublements et une mauvaise coordination entre les ministères. On peut aussi lire dans le document que « la réalisation de grands projets est parfois complexe et coûteuse, en plus d'entraîner de longs délais, y compris dans les secteurs des mines, des ports et aéroports, des pipelines, des installations nucléaires et des infrastructures de transport ». Il reconnaît même que, par le passé, « il a souvent fallu plus de cinq ans pour qu'un projet obtienne toutes les décisions nécessaires au niveau fédéral afin que la construction puisse débuter ».
Le projet de loi C‑69 a été adopté en 2019. Les libéraux ont prétendu qu'il rétablirait la confiance, qu'il protégerait l'environnement et qu'il faciliterait la progression des bons projets. Dans les faits, il est plutôt devenu un symbole de lenteur et d'incertitude. Je n'ai sans doute pas besoin de rappeler que la Cour suprême a plus tard déclaré qu'il n'y avait pas que les délais occasionnés qui posaient problème. Les libéraux sont allés trop loin en permettant au gouvernement fédéral de transformer un processus fédéral limité en un examen beaucoup plus vaste de projets qui relèvent bien souvent des provinces.
Les libéraux soutiennent avoir réglé le problème en modifiant la loi, mais ils admettent encore aujourd'hui que le processus d'approbation des grands projets est toujours lent, coûteux, abscons et mal coordonné, au point de s'étirer parfois sur plus de cinq ans. Le premier ministre veut donner l'impression qu'il est celui qui a relancé les chantiers du pays, mais le système qu'il prétend aujourd'hui vouloir réparer a été mis sur pied, défendu et vanté par son propre parti, le Parti libéral.
Le Canada n'a pas besoin de normes environnementales moins rigoureuses. Il a besoin de normes claires, de calendriers concrets et de décisions qui se prennent pour vrai. L'agent va là où on veut de lui. Les emplois sont créés par les projets qui vont de l'avant. Les débouchés se multiplient quand les gens ont le droit de bâtir des choses. Si le gouvernement continue de rendre le Canada plus lent, plus onéreux et plus incertain, qu'il ne s'étonne pas si les investisseurs commencent à regarder ailleurs.
Ce que les conservateurs demandent n'est pas très compliqué: renoncer aux décisions coûteuses et inflationnistes qui ont contribué à plonger le Canada dans cette situation; rétablir la discipline et les dépenses fédérales; cesser d'utiliser de l'argent emprunté pour remplacer la croissance du secteur privé; faire du Canada un endroit où il est à nouveau possible de faire approuver et de réaliser de grands projets; réduire les coûts des travaux, des investissements, de l'énergie, du transport et de la construction résidentielle; cesser de pénaliser les secteurs qui paient la note; et se concentrer sur les chèques de paie, la production, le logement, l'alimentation, les ressources énergétiques, les exportations et les débouchés.
Le Canada n'est pas pauvre, il n'est pas faible et il n'est pas destiné à échouer. Le pays a tout ce qu'il faut pour réussir, sauf un gouvernement fédéral décidé à ne plus trouver des excuses et à faire en sorte qu'il soit plus simple d'avoir du succès. Nous pourrions vivre dans un pays où l'on fait des investissements parce que les processus d'approbation sont simples, que les impôts sont concurrentiels, que les ressources énergétiques sont fiables, que les travailleurs sont respectés et que les projets vont de l'avant. Nous pourrions vivre dans un pays où la prochaine génération héritera d'autres choses que des dettes et des excuses. Il faut d'abord admettre que l'approche actuelle est un échec lamentable.
Le gouvernement a fait grimper les factures, a affaibli l'économie et a aggravé le déficit. Maintenant qu'il utilise des euphémismes pour qualifier son propre échec, il voudrait que nous soyons impressionnés. Les Canadiens méritent mieux qu'un gouvernement qui leur demande de se contenter de peu. Notre pays n'est ni petit, ni pauvre, ni dépourvu de promesse. C'est l'un des plus grands pays au monde. Il regorge de ressources, de talents et de gens courageux qui continuent de croire que l'avenir peut être meilleur.
Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'un gouvernement qui a suffisamment confiance dans les Canadiens pour les laisser bâtir, travailler, rêver et prospérer de nouveau. Il est temps d'arrêter de faire du surplace en prétendant qu'il s'agit de progrès. Il est temps de changer de cap.
Madame la Présidente, les députés conservateurs ne cessent de répéter que rien ne va plus au Canada. Ils se réjouissent des ralentissements de l'économie canadienne, car ils y voient une occasion de marquer des points politiques faciles. C'est triste, et c'est insultant pour les Canadiens. C'est insultant pour les entreprises et pour les travailleurs canadiens.
Les chiffres sur l'emploi publiés récemment montrent que 88 000 nouveaux emplois ont été créés en mai. Le chômage est en baisse, les salaires augmentent plus rapidement que l'inflation, et le Fonds monétaire international a conclu que le Canada est l'économie la plus forte du G7. Le député d'en face peut-il reconnaître que le Canada ne va pas mal?
Madame la Présidente, les Canadiens s'en sortent très bien, malgré le gouvernement.
Le député prétend qu'il ne s'agit là que d'une récession théorique. Est-ce que les agents de recouvrement appellent juste « théoriquement » pour réclamer l'argent prêté? Est-ce qu'une mère saute « théoriquement » des repas pour pouvoir nourrir sa fille? S'agit-il là uniquement d'aspects théoriques? Non.
La crise à laquelle ce pays est confronté est évidente depuis de nombreuses années. Non seulement le gouvernement en est responsable, mais il refuse d'admettre qu'il en est la cause. Il est temps de changer de cap et de reconnaître que le gouvernement tourne à vide et qu'il laisse tomber les Canadiens. La vie n'est pas facile pour tout le monde. Il est temps de l'accepter et de changer de cap.
Nous pouvons et devons faire mieux pour les gens que nous sommes ici pour représenter.
Madame la Présidente, je trouve que cette analogie est parfaite. Les libéraux tournent à vide dans la boue, s'efforçant de prouver aux Canadiens qu'ils améliorent la situation économique, alors qu'en réalité ils échouent, ils reculent et aggravent les choses. Ils reculent au lieu de rester stables ou au lieu d'aller de l'avant, ce dont les gens de ce pays ont précisément besoin, en particulier les Manitobains et les jeunes Canadiens d'un bout à l'autre du pays.
Je me demande si le député, qui est ici depuis plus longtemps que moi, pourrait nous parler un peu plus de ce qu'il faudrait pour enfin amener les libéraux à faire un peu d'introspection, à ravaler leur fierté et peut-être à changer de cap, afin que les Canadiens s'en sortent mieux.
Madame la Présidente, j'ai tendance à penser que c'est la nature des libéraux qui est ainsi. Au cours des 10 dernières années, je les ai vus incapables d'accepter les choses telles qu'elles sont. C'est comme s'ils ne parlaient pas aux gens qui vivent dans le monde réel et qui ont à subir la pression des prix qui augmentent.
Ce qui me dérange vraiment, c'est qu'à l'instar de ce que tout le monde fait dans la vie, le gouvernement pourrait très bien admettre qu'il s'est trompé. Pourtant, il ne le fait pas. Nous n'avons pas à constamment nous donner comme excuse que les choses ne vont pas bien. Nous ne devrions pas toujours rejeter la faute sur les autres. Le gouvernement devrait accepter sa part de responsabilité. L'autre jour, j'ai entendu un ministre essayer de mettre la faute sur le dos de Stephen Harper. Onze ans plus tard.
Il est temps d'admettre que, si les choses ne vont pas bien, c'est à cause des politiques en vigueur. Il est temps d'accepter les idées qui sont proposées par les conservateurs, dans un esprit de collaboration, pour tenter de faire progresser le pays. Changer les politiques et changer de cap améliorerait le sort de tout le monde.
Madame la Présidente, on voit l'amour de mon collègue pour ses concitoyens et la volonté qu'il a que le Canada s'en sorte bien, sinon mieux, sur le plan économique.
Je n'ai pas obtenu de réponse satisfaisante à mes questions lorsque nous avons parlé de rigueur et de transparence. Le Parti conservateur parle de mesures inflationnistes et je me demande si mon collègue considère qu'un fonds souverain est une mesure inflationniste, puisque ce fonds souverain du gouvernement n'est pas créé à partir d'argent déjà engrangé. Il s'agit d'une dette.
C'est la même chose pour la question des grands projets et celle des pipelines dans l'Ouest. On dépense, mais ces dépenses sont-elles des dépenses inflationnistes, selon les conservateurs?
Madame la Présidente, le Canada a fait figure de pionnier quand est venu le temps de préconiser l'enrichissement par l'endettement. L'idée d'un fonds souverain est bonne si le pays est capable de créer de la richesse et s'il en crée bel et bien. Mais nous avons plutôt décidé d'extraire aussi peu que possible notre pétrole et notre gaz au cours de la dernière décennie.
L'idée de financer des projets au Canada est bonne, mais si l'argent pour ce faire est entièrement emprunté et que l'on qualifie cet endettement de progrès, nous sommes en présence encore une fois d'un gouvernement qui refuse d'admettre que c'est à cause de ses politiques que les Canadiens sont en difficulté.
Nous sommes capables de faire mieux et nous avons le devoir de le faire.
Monsieur le Président, de toute évidence, les Canadiens ne sont pas dupes. Ils comprennent que les transitions sont difficiles. Ils comprennent le genre de situations que nous vivons depuis quelques années, qu'elles soient dues à la COVID‑19 ou aux droits de douane injustifiés qui les touchent tous.
Selon le député d'en face, que pensent les Canadiens de lui et de son parti en le voyant se réjouir des difficultés qu'ils vivent?
Monsieur le Président, la députée dit que les transitions sont difficiles. Voilà encore une excuse bien étrange. Élire un gouvernement conservateur pour que ce pays puisse à nouveau prospérer ne serait pas une transition difficile.
Déclarations de députés
[Déclarations de députés]
[Français]
Les banques alimentaires de Prescott—Russell—Cumberland
Monsieur le Président, je me lève aujourd'hui afin de reconnaître le travail extraordinaire des banques alimentaires de Prescott—Russell—Cumberland et de remercier les bénévoles dévoués qui, jour après jour, soutiennent nos concitoyens avec dignité et compassion.
Les banques alimentaires sont essentielles à la sécurité alimentaire de notre région. Dès le début de mon mandat, je me suis engagée à travailler étroitement avec ces organismes.
Au cours de la dernière année, j'ai visité les banques alimentaires de Hawkesbury, de Vankleek Hill et de Clarence-Rockland. Partout, j'ai vu des équipes engagées qui font face à une demande grandissante avec des ressources souvent limitées.
Je tiens à remercier sincèrement les bénévoles et le personnel des banques alimentaires. Leur engagement est un pilier de notre communauté.
Je m'engage à continuer de travailler à leurs côtés et à être une voix forte pour les citoyens de Prescott—Russell—Cumberland, qui comptent sur nous.
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner la réalisation vraiment remarquable d'un jeune étudiant de Plumas, au Manitoba. Lenjo Uebersax, un élève de l'École primaire de Plumas, a été désigné le meilleur élève de 8e année du programme Mathletics au Canada et il se classe au 30e rang dans le monde. C'est une grande réalisation. Comme l'a expliqué son enseignant, Mark Dodds, il s'agit de « l'un des plus grands concours scolaires au monde ».
Plus récemment, dans le cadre du programme Mathletics, Lenjo a terminé tout le programme de mathématiques de la 9e année et, vendredi dernier, il a commencé le programme de mathématiques de la 10e année de façon indépendante. La directrice de l'École primaire de Plumas, Fiona Rempel, a félicité Lenjo au nom de l'école, en soulignant que son éthique de travail et sa détermination exceptionnelles font rayonner sa petite école.
Les réalisations de Lenjo sont bien méritées. Félicitations à Lenjo pour son succès remarquable. Nous avons hâte de suivre son cheminement académique.
Monsieur le Président, je prends la parole pour rendre hommage à Kai Smart, un étudiant de l'Université de la Colombie‑Britannique avec qui j'ai collaboré dans le cadre d'une collecte de fonds en faveur de la santé mentale. Le 20 mars, à 23 ans, Kai a tragiquement trouvé la mort dans une avalanche au Japon.
Je voudrais vous faire part de quelques mots écrits par les parents de Kai, John et Julia, qui ont décrit Kai comme un homme des montagnes, un explorateur du monde et quelqu'un qui aimait les gens de tous horizons. C'était un skieur passionné et un aventurier. Au cours de sa courte vie, il a vécu plus de choses que beaucoup d'autres en une vie entière.
Ce qui frappait chez Kai, c'était sa façon d'aborder le monde. Il savait tisser des liens avec les gens au-delà des frontières, des langues et des cultures. Partout où il allait, il rayonnait de curiosité, de courage, de gentillesse et d'humilité tout en mettant les autres à l'aise, en les inspirant et en leur donnant le sentiment d'être plus vivants.
« Vivez comme Kai » est devenu une devise au sein de la communauté montagnarde où il avait élu domicile. À sa mémoire, la famille Smart a créé un fonds commémoratif destiné à soutenir les jeunes qui ont une incidence positive sur la société.
Monsieur le Président, je prends la parole pour rendre hommage à cinq jeunes Edmontoniens extraordinaires qui représentent fièrement l'Alberta et le Canada sur la scène internationale.
L'équipe Gladius, du club River City Robotics, a participé au FIRST Tech Challenge, un défi dans le cadre duquel les élèves conçoivent, construisent et programment leurs propres robots du début à la fin. À leur deuxième année seulement, ces élèves ingénieux ont conçu un robot qui leur a rapporté le prix Inspire, le prix le plus prestigieux du concours. Cette victoire les a menés au championnat mondial FIRST, à Houston, en tant que membres de l'une des 14 équipes canadiennes participantes, et ils ne se sont pas contentés de regarder. Ils ont en effet gagné de multiples matchs contre les meilleures équipes du monde, dont les membres sont beaucoup plus âgés et beaucoup plus expérimentés.
Sam, Jack, Luke, Tavin et Walter, ainsi que leurs encadreurs Kevin, Shawn et Angela, sont exactement les innovateurs dont nous aurons besoin.
Félicitations à l'équipe Gladius. Ils font la fierté d'Edmonton, de l'Alberta et du Canada.
Monsieur le Président, le Canada est une nation spatiale. Nous avons apporté des technologies, des travaux de recherche, des scientifiques et des ingénieurs de grande valeur, et nous sommes un chef de file mondial dans le domaine de l'exploration spatiale.
Nous pouvons désormais ajouter une nouvelle distinction à notre palmarès. Le premier Canadien à avoir orbité autour de la Lune, l'astronaute canadien Jeremy Hansen, est à Ottawa aujourd'hui après le succès de la mission Artemis II.
Cette mission a suscité l'ambition des Canadiens et constitue un symbole d'espoir pour la poursuite de notre exploration de la dernière frontière.
Nous saluons la contribution de M. Hansen et, au nom de tous les Canadiens du pays, nous le remercions de son service.
Monsieur le Président, l'été est heureusement à nos portes et son arrivée s'accompagne de l'ouverture tant attendue de nos marchés agricoles locaux et du début de la saison des festivals partout dans Barrie—Springwater—Oro‑Medonte.
Nous avons la grande chance d'avoir deux grands marchés agricoles locaux en activité cette année. Le marché agricole de Barrie se déroule de nouveau en plein air tous les samedis, de 9 heures à 13 heures, sur la rue Collier. À Springwater, le marché agricole d'Elmvale commencera sa saison le 11 juin et se déroulera de 15 heures à 19 heures au stationnement municipal d'Elmvale. Nous avons également la chance d'avoir plusieurs festivals fantastiques dans notre région au cours des prochaines semaines, dont le festival Troubadour, le Kempenfest, le festival Boots and Hearts et de nombreuses célébrations de la fête du Canada, notamment à Elmvale, à Hawkstone et à Barrie.
Enfin, cette fin de semaine, le spectacle aérien de Barrie présentera les Snowbirds, ce qui sera l'une des dernières occasions pour les habitants de les voir en spectacle pendant des années.
J'encourage tous les habitants à sortir et à se rendre dans l'un ou l'autre de ces excellents marchés et festivals, et je leur souhaite à tous un bel été.
Monsieur le Président, samedi dernier marquait le 20e anniversaire du décès du sergent Greg Stobbart, de la Police provinciale de l'Ontario, un résidant bien-aimé de Burlington qui a perdu la vie après avoir été heurté par un automobiliste négligent durant une sortie d'entraînement à vélo. M. Stobbart était un agent dévoué comptant 25 années d'expérience, un athlète motivé, ainsi qu'un père et un ami profondément aimé.
Face à une perte inimaginable, l'épouse de M. Stobbart, Eleanor McMahon, a choisi le courage. Elle a fondé Share the Road Cycling Coalition, qui est depuis devenue une des organisations de sécurité routière les plus influentes au Canada. Les efforts de Mme McMahon ont mené à l'adoption de la « loi de Greg », qui exige de laisser au moins un mètre de distance lors d'un dépassement en Ontario et renforce les peines imposées aux conducteurs qui blessent ou tuent des usagers vulnérables de la route. Du deuil est née une mission: Mme McMahon a transformé la sécurité routière en Ontario et sauvé des vies.
Grâce au Share the Road Gran Fondo organisé pour le 20e anniversaire, qui aura lieu à Milton, et au Ontario Bike Summit, nous nous souvenons du sergent Stobbart, nous honorons sa mémoire et nous poursuivons ensemble le travail.
Monsieur le Président, c'est avec une profonde tristesse que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à un ami cher, un fonctionnaire dévoué et un leader remarquable, Murray Fearrey, qui nous a quittés le 28 mai.
Murray a passé toute sa vie à Haliburton, où il est né et a grandi, et s'est consacré à servir sa région, qu'il aimait profondément. Son engagement au service public s'est étendu sur près de six décennies, à partir de 1971. En tant que préfet et maire de Dysart, puis pendant 12 ans en tant que président du conseil de comté, il a exercé ses fonctions avec un dévouement, une intégrité et une compassion inébranlables, accordant toujours la priorité aux besoins de la population.
L'influence de Murray est visible partout, du parc Head Lake à l'aréna, sans oublier le club de curling, la bibliothèque, l'hôpital, le centre de soins de longue durée et bien d'autres lieux encore. Il a contribué à façonner des institutions dont bénéficieront les générations futures grâce à son travail.
Au-delà de ses nombreuses réalisations, Murray était bien sûr un ami de confiance, une source de sages conseils et un véritable gentleman dont le leadership constant lui a valu le respect de tous ceux qui le connaissaient. J'adresse mes plus sincères condoléances à sa compagne Donna, à ses enfants, à ses amis et à ses collègues. Qu'il repose en paix.
Monsieur le Président, dans les années 1950, les Québécois d'aujourd'hui étaient des Canadiens français qui travaillaient pour les anglais. Au gré de la Révolution tranquille, qui fut aussi économique, la nation québécoise s'est bâtie et avec elle, une classe d'entrepreneurs pleinement québécois. Qui dans son garage, qui dans son sous-sol ou sur son bateau, ces petits entrepreneurs partis de rien, souvent avec l'aide des caisses Desjardins de l'époque, ont construit le Québec des PME.
Un de ces entrepreneurs est Robert Thibert, qui a démarré son entreprise dans un garage en découpant des garde-boue en caoutchouc. Thibert est devenu une entreprise énorme dans la distribution des pièces de véhicules divers. C'est déjà impressionnant, mais au-delà d'un homme dont j'ai peine à croire qu'il pouvait avoir la sévérité parfois requise des gens d'affaires, Robert Thibert est un homme doux, à l'écoute, loyal et généreux. À preuve, les près de 2 millions de dollars qu'il a donnés ou récoltés pour les bonnes causes dans son coin de pays, tout autour de Châteauguay.
Saluons la grande générosité et le sens des affaires d'un Québécois bâtisseur, comme chaque région du Québec devrait en avoir.
Monsieur le Président, au moment où nous célébrons la saison de la fierté partout au Canada, nous nous rappelons que les droits et les libertés dont beaucoup jouissent aujourd'hui ne devraient jamais être tenus pour acquis. Dans 65 pays du monde, il est toujours illégal de se dire 2LGBTQIA+ et, dans 12 pays, des personnes sont toujours condamnées à la peine de mort simplement parce qu'elles sont qui elles sont.
Je tiens à souligner le travail du caucus canadien de la fierté, dont on connaît bien le travail au Canada, mais qui joue également un rôle de plus en plus important sur la scène internationale. Grâce aux contacts qu'il entretient avec des parlementaires étrangers, des défenseurs des droits de la personne, des missions diplomatiques et des organismes de la société civile, le caucus contribue à faire progresser l'engagement du Canada à l'égard de la dignité, de l'inclusion et de la protection des droits de la personne à l'échelle mondiale.
J'invite tous mes collègues de tous les partis à se joindre à nous demain à midi sur la Colline du Parlement pour le lever du drapeau de la fierté. Célébrons ensemble la saison de la fierté et réaffirmons l'engagement du Canada envers l'égalité, l'inclusion et la protection des droits de la personne pour tous. Je souhaite à tous une bonne célébration de la fierté.
Monsieur le Président, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être tombé en récession. Maintenant, les libéraux veulent que les Canadiens ergotent sur le terme à utiliser: récession théorique, simple ralentissement, véritable récession. Or, même le premier ministre lui-même a admis qu'il n'y a pas de différence entre une récession théorique et une récession.
Les familles ne sont pas assises autour de la table de cuisine à débattre de définitions. Elles se préoccupent plutôt de la hausse de leurs paiements hypothécaires, de l'augmentation constante de leurs factures d'épicerie et de la croissance insuffisante de leur salaire. Notre économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres. Selon la directrice parlementaire du budget, il y a moins de 1 % de chances que le gouvernement atteigne sa propre cible budgétaire. Pendant ce temps, la Banque du Canada prévient qu'un Torontois sur dix pourrait ne pas être en mesure de renouveler leur hypothèque l'année prochaine.
Les Canadiens ont travaillé fort, respecté les règles et fait tout ce qu'on leur demandait. Ils ne devraient pas perdre encore plus de terrain parce que le gouvernement n'arrive pas à maîtriser ses dépenses. Les Canadiens ont besoin d'un plan sérieux pour rétablir la croissance, protéger les chèques de paie et redonner espoir à l'économie canadienne.
Monsieur le Président, la fin de semaine dernière, je me suis jointe à des résidants de ma collectivité, à London, pour participer à la vigile et à la marche qui sont organisées chaque année en souvenir d'une famille de London. On soulignait le cinquième anniversaire de l'attaque terroriste qui a coûté la vie à Salman, Madiha, Yumnah et Talat Afzaal parce qu'ils étaient musulmans. J'ai également eu le privilège de passer du temps avec des membres de la famille Afzaal, dont le courage et la résilience continuent d'être une source d'inspiration pour tous nos concitoyens.
Je tiens à remercier la Youth Coalition Combating Islamophobia d'avoir organisé cette importante commémoration et de ses efforts soutenus pour bâtir un monde qui favorise l'inclusion et la compassion. Je tiens également à remercier mes collègues qui sont venus à London pour m'accompagner lors de cet événement.
Alors que nous soulignons le legs de la famille Afzaal, renouvelons notre engagement à lutter contre l'islamophobie, à rejeter la haine sous toutes ses formes et à bâtir un Canada où tout le monde peut vivre en sécurité et dans la dignité. La famille Afzaal ne sera jamais oubliée.
Monsieur le Président, le premier ministre libéral a plongé le Canada en pleine récession. Notre économie s'est contractée pendant trois des quatre derniers trimestres. Nous sommes le seul pays du G20 à connaître un ralentissement économique. Même si le gouvernement tente de minimiser la situation, les familles savent que quelque chose ne va pas. Elles le ressentent chaque jour à la caisse. Les Manitobains sont inquiets. J'ai discuté avec des agriculteurs, des familles et des propriétaires de petites entreprises, et ils disent tous la même chose. Tout coûte plus cher: les aliments, l'essence, les engrais et le logement.
Alors que le recours aux banques alimentaires atteint des sommets, le premier ministre dépense près de 195 000 $ en repas de luxe servis en avion. C'est scandaleux. Le gardien de la rigueur budgétaire a déclaré que le gouvernement n'avait aucune chance d'atteindre ses propres cibles budgétaires. La croissance ralentit, le chômage augmente et les entreprises quittent le Canada.
Les Manitobains ne peuvent pas se permettre le leadership déconnecté de la réalité du premier ministre ni son train de vie luxueux. Il est temps que les libéraux remplacent leurs politiques coûteuses et inflationnistes par des solutions qui font passer les Canadiens et les Manitobains en premier, et non en dernier.
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour saluer une étoile montante dans ma circonscription, Sackville—Bedford—Preston.
En juillet, Elayce Clayton, 10 ans, de North Preston, se rendra à Dublin, en Irlande, pour représenter le Canada à la Coupe du monde de danse 2026, la deuxième compétition de danse en importance au monde. Son talent lui a valu une prestation en solo à la compétition, où elle fera assurément la fierté de notre région et de notre pays. Bien qu'elle soit très jeune, Elayce se prépare pour ce moment depuis toujours. Selon sa mère, la jeune fille a le rythme dans le sang depuis l'âge de 2 ans.
Formée en jazz, en danse contemporaine et en hip-hop, Elayce a une brillante carrière de danseuse devant elle. Mais d'abord, elle se rendra à Dublin. Peu importe où sa passion pour la danse la mènera ensuite, tous les habitants de la Nouvelle‑Écosse seront là pour l'encourager. J'offre mes félicitations à Elayce.
Monsieur le Président, le premier ministre est le seul dirigeant de tout le G20 à plonger l'économie de son pays dans une récession. Selon ses propres mots, il y a récession quand le PIB d'un pays décline pendant deux trimestres de suite.
Statistique Canada confirme que le pays nage en pleine récession à cause des libéraux. La directrice parlementaire du budget a publié un rapport accablant contre les pseudo-cibles budgétaires du gouvernement. Aucune ne sera atteinte. Les libéraux ne respecteront pas le ratio dette-PIB qu'ils ont fixé. Ils vont passer largement à côté des prévisions budgétaires de 7 milliards de dollars qu'ils ont eux-mêmes établies, et la possibilité qu'ils respectent leur ratio dette-PIB est inférieure à 1 %. Même la possibilité qu'ils répondent pour vrai à une question est plus élevée.
Nous avons des solutions. Nous ferions passer à la trappe les lois libérales qui nuisent à l'exploitation et qui bloquent les ressources et les infrastructures du pays. Nous réduirions les taxes et les impôts des particuliers et des entreprises afin de stimuler la croissance de l'économie canadienne et nous exempterions de l'impôt sur les gains en capital les entreprises qui réinvestissent ici, au Canada. Le gouvernement libéral est incompétent et il n'a qu'une chose à faire: se tasser du chemin.
Monsieur le Président, le 10 avril, avec un retour sain et sauf sur Terre, un nouveau chapitre passionnant s'est ouvert dans l'exploration spatiale.
[Traduction]
Pour la première fois en plus de 50 ans, l'être humain a quitté l'orbite de la Terre et s'est dirigé vers la Lune à bord de la mission Artemis II. En plus de constituer un moment marquant pour les sciences et pour l'exploration spatiale, cette mission a aussi permis au Canada de briller. Premier Canadien à participer à une mission lunaire, le colonel Jeremy Hansen se joint aux grands explorateurs qui ont su repousser les limites du possible. Ses compagnons astronautes et lui incarnent le courage, la détermination et le sens de l'excellence qui définissent les plus grandes réalisations de l'humanité.
[Français]
Pour les Canadiens, l'exemple du colonel Hansen est une source de fierté et d'inspiration. Au nom de ma communauté, Vaudreuil, de tous les députés à la Chambre et de tous les Canadiens et les Canadiennes, je tiens à féliciter le colonel Hansen et l'ensemble de l'équipage d'Artemis II pour leur mission historique. Je les remercie d'avoir inspiré une nouvelle génération à repousser les frontières du possible.
Monsieur le Président, pendant que 2,2 millions de Canadiens font la file pour les banques alimentaires, les libéraux refusent toujours de révéler aux citoyens que nous sommes le seul pays du G20 en récession parce que, de toute évidence, ce serait relié aux décisions qu'ils ont prises depuis 11 ans et à leur manque de vision. Regardons la réalité: la croissance économique est au ralenti, la productivité recule, le marché du travail est affaibli, les déficits dépassent déjà les prévisions du budget.
Après une semaine à éviter la question, est-ce que le premier ministre peut nous dire si, oui ou non, nous sommes en récession? La première étape pour régler un problème, c'est de le reconnaître.
Monsieur le Président, le député d'en face a manifestement manqué le rapport étincelant sur l'emploi qui est sorti vendredi dernier. S'il l'avait lu, il aurait remarqué que le Canada a créé quelque 88 000 emplois. La bonne nouvelle ne s'arrête toutefois pas là. Dans notre province de Québec, deuxième province où le taux de chômage est le plus bas, le taux de chômage a diminué pour les femmes, pour les jeunes et pour les hommes. Partout au pays, c'est une bonne nouvelle pour le Canada. Nous allons continuer de bâtir le Canada très fort.
Monsieur le Président, mon collègue n'est peut-être pas au courant, mais, le 15 mai 2016, le premier ministre, qui était alors gouverneur de la Banque d'Angleterre, a dit: la définition technique d'une récession théorique, c'est deux trimestres consécutifs sans croissance ou en décroissance. Regardons ce qui se passe au Canada. Dans trois des quatre derniers trimestres, l'économie a ralenti. Ce n'est pas deux trimestres, mais bien trois des quatre derniers trimestres.
Qu'est-ce que ça va prendre pour que le premier ministre comprenne que son plan ne fonctionne pas et que les actions libérales des 11 dernières années nous ont menés directement en récession?
Monsieur le Président, malgré les bonnes nouvelles que nous avons eues en matière d'emploi et de chômage vendredi dernier, nous savons qu'il reste des gens au pays qui ont des problèmes d'abordabilité. C'est pour ça que, vendredi également, est arrivé dans les comptes de banque de 12 millions de Canadiens l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, donnant à une personne seule 543 $ et à un couple avec deux enfants 1 086 $. Ça, c'est de l'aide ponctuelle pour les Canadiens qui en ont besoin.
Monsieur le Président, sous la direction du premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession. Ces derniers jours, nous avons pu constater à quel point les chiffres sont inquiétants. Statistique Canada indique que les investissements des entreprises sont en baisse depuis cinq trimestres consécutifs. La productivité de la main-d'œuvre a reculé au cours de trois des quatre derniers trimestres.
Si le plan du premier ministre fonctionne, pourquoi les entreprises canadiennes constatent-elles une baisse constante de leurs investissements et de leur productivité? Les libéraux vont-ils admettre que nous sommes en récession et que leur plan ne fonctionne absolument pas?
Monsieur le Président, quelle belle journée pour être Canadien, alors que l'astronaute canadien Jeremy Hansen nous rend visite sur la Colline. Il a su rassembler tout le pays.
Les conservateurs aiment les chiffres. Je sais qu'ils aiment les chiffres, alors en voici un pour eux: 88 000. L'économie canadienne a créé 88 000 emplois au mois de mai. C'est une réussite remarquable.
De ce côté-ci de la Chambre, nous allons nous employer à bâtir un Canada fort. Il est temps qu'ils se joignent à nous.
Monsieur le Président, il y a lieu de se réjouir de chiffres positifs en matière d'emploi, mais le fait est qu'il y a encore des milliers d'emplois de moins qu'il y en avait au début de l'année.
Sous l'actuel premier ministre libéral, l'épargne des ménages a atteint son niveau le plus bas depuis des années. Les familles ont du mal à faire face au coût des produits alimentaires, du logement et d'autres produits de première nécessité. Certains Canadiens consacrent désormais plus de 120 % de leurs revenus uniquement à la nourriture et au logement. Mais, pour les libéraux, il ne s'agit que d'une récession théorique.
Le premier ministre va-t-il expliquer aux Canadiens pourquoi leur situation n'a fait que s'aggraver en théorie seulement au cours de la décennie passée sous le gouvernement libéral?
En fait, monsieur le Président, vendredi dernier à Halifax, j’ai eu l’honneur d’annoncer le versement du supplément unique prévu dans le cadre de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui couvrira 50 % du montant annuel de l'Allocation.
De ce côté-ci de la Chambre, nous allons bâtir une économie forte. Je sais que le parti du député voit toujours le verre à moitié vide, mais de notre côté, le verre est à moitié plein. Le premier ministre est en train de bâtir une économie forte pour tous les Canadiens. Nous allons continuer à investir au Canada et à bâtir un Canada fort.
Monsieur le Président, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession en ce moment, et ce n'est pas surprenant, compte tenu du bilan du premier ministre libéral. L'économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres. La productivité nationale se détériore. Les investisseurs tournent le dos à notre pays. Le gouvernement augmente ses dépenses et la dette nationale. Même la personne que le premier ministre a lui-même choisie pour assurer le suivi de notre économie nationale a dû revoir à la baisse les prévisions. Un gouvernement qui refuse de reconnaître le problème ne peut certainement pas le régler.
Le premier ministre admettra-t-il que le Canada est en récession?
Monsieur le Président, le député dit que les investisseurs tournent le dos à notre pays. Qu'en est-il des 20 milliards de dollars que Shell vient d'investir au Canada? Qu'en est-il des 8 milliards de dollars investis dans les Forces armées canadiennes à Goose Bay? Qu'en est-il des parcs éoliens en Nouvelle‑Écosse? Qu'en est-il des réacteurs de la centrale nucléaire de Darlington, dans sa province?
De l'autre côté de la Chambre, ils disent qu'il n'y a pas d'investissements dans notre pays. Ils devraient se réveiller et voir la réalité.
Monsieur le Président, j'aimerais que le ministre s'intéresse autant aux emplois des Canadiens qu'au sien.
La directrice parlementaire du budget a déclaré que le gouvernement libéral avait 1 % de chances d'atteindre sa cible budgétaire, ce qui est tout de même supérieur à la probabilité d'obtenir une réponse claire du gouvernement pendant la période des questions. Derrière les chiffres, il y a des gens, des gens qui font la queue devant les banques alimentaires, des gens qui se retrouvent au chômage, des jeunes qui n'arrivent pas à obtenir ce premier emploi si important. La région de London, qui comprend St. Thomas et Elgin, a perdu 600 autres emplois au cours du dernier mois, ce qui porte le nombre d'emplois perdus à plus de 21 000 en deux ans et demi.
Le ministre ne me dira peut-être pas qu'il y a une récession, mais le dira-t-il à ces Canadiens?
Monsieur le Président, je ne m'intéresse pas à l'emploi du député, mais je m'intéresse aux 18 000 emplois que nous avons créés à Darlington. Je m'intéresse aux 2 000 emplois que nous avons créés à Contrecœur. Je m'intéresse aux 8 000 emplois à LNG Canada. Je m'intéresse aux 5 000 emplois que nous allons créer à Ksi Lisims. Je pourrais continuer.
Le député devrait commencer à s'inquiéter pour son emploi.
Monsieur le Président, cette fois, c'est clair. Le premier ministre abandonne la culture face aux géants américains du numérique. Non seulement il capitule sur la hausse des redevances exigées aux plateformes de diffusion en continu comme Netflix, Prime ou Disney, mais on apprend qu'il exigera que le CRTC annule jusqu'aux derniers sous de contribution au contenu québécois et canadien. Même le maigre 5 % qu'Ottawa tentait d'imposer, c'est trop pour le premier ministre. D'un seul trait, il éradique 10 ans de combat à la défense de nos créateurs.
Est-il au moins conscient qu'il menace ouvertement l'avenir de la culture québécoise?
Monsieur le Président, il y a juste le Bloc québécois qui peut se lever à la Chambre et voter contre trois quarts de milliard de dollars pour la culture, pour CBC/Radio‑Canada, pour Téléfilm Canada et pour l'Office national du film du Canada.
Ensuite, les députés du Bloc québécois vont cracher sur les 600 millions de dollars offerts à une industrie de la culture qu'on aime et qu'on doit soutenir. Pendant qu'ils font semblant d'appuyer la culture, nous agissons.
Monsieur le Président, on avait annoncé que sa nomination serait une catastrophe. C'en est une. Le premier ministre abandonne à nouveau la culture québécoise face à Washington. L'Union des artistes et tout le milieu culturel l'ont dénoncé dans les médias samedi. Leur lettre s'intitule « Chronique d'une disparition annoncée » parce que c'est ce qui attend notre culture si le premier ministre ne se découvre pas une de ces proverbiales colonnes.
L'Union européenne, elle, exige des redevances aux géants du Web. Elle permet même à ses États membres d'en rajouter. Pourquoi le premier ministre est-il incapable de se tenir debout?
Monsieur le Président, il n'y a pas plus catastrophique que ce genre de question, surtout venant de quelqu'un qui était jadis le président de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, ou ADISQ. Plus tôt, l'ADISQ a dit que c'était un bel investissement.
Nous, les libéraux, allons investir dans la culture pendant que les députés du Bloc québécois font encore semblant d'aider et ne font rien.
Monsieur le Président, il prépare au moins ses réponses. Ce sont 3,4 milliards de dollars qui vont disparaître de la création au Québec et au Canada. Le ministre va y mettre 600 millions de dollars qu'il prend dans la poche des contribuables. Il parle d'une annonce qu'il a faite il y a près d'un an, avant toutes les catastrophes des décisions du premier ministre, qui se met à genoux face aux Américains. Il menace même l'existence de la convention sur la diversité des expressions culturelles, dont l'origine est au Québec. Ça, je le sais. J'y étais quand on l'a fait.
Pourquoi le premier ministre renonce-t-il et cède-t-il à l'existence d'une culture québécoise et française propre?
Monsieur le Président, pendant que mon collègue invente n'importe quoi et qu'il parle de trahison, nous allons continuer d'investir dans la culture québécoise, dans la culture canadienne, pas en attendant des années, mais en investissant maintenant.
C'est un peu fort de la part du député de l'autre côté de parler de trahison pendant qu'il se présente à la Chambre des communes chaque jour pour détruire le pays que j'aime.
Monsieur le Président, sous la gouverne du coûteux premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession. Au cours des derniers jours, nous avons appris beaucoup de choses sur l'état lamentable de notre économie sous son gouvernement. Alors que le coût de la vie monte en flèche, notre économie s'est contractée pendant deux trimestres consécutifs. Les entreprises fuient le pays. Les investissements de capitaux sont en chute libre depuis cinq trimestres consécutifs, et la Banque Scotia a déclaré que notre croissance n'atteint pas la moitié de celle des États‑Unis.
Le premier ministre reconnaîtra-t-il enfin que ses politiques ont causé la récession libérale, ou est-il tellement déconnecté de la réalité qu'il pense que le désespoir économique des Canadiens est le fruit de leur imagination?
Monsieur le Président, je tiens à rappeler à ma collègue de l'opposition, qui vient de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, que l'emploi est à la hausse dans notre province. Je lui rappelle aussi encore une fois que près de 1 milliard de dollars seront investis dans les ports pour petits bateaux, ce qui favorisera la croissance des collectivités rurales, côtières et autochtones qui vivent de la pêche, une activité essentielle à la vie rurale de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
Il y a aussi des mesures de soutien pour le logement, la construction de routes, les infrastructures, les centres communautaires, et j'en passe. Nous sommes dans une période de croissance et j'espère que la députée se ralliera à nous.
Monsieur le Président, de toute évidence, les séances de photos et les annonces creuses des libéraux ne permettront pas aux Canadiens en difficulté de payer leur hypothèque. La directrice parlementaire du budget vient de confirmer qu'il y a moins de 1 % de probabilité que le gouvernement libéral atteigne ses propres objectifs en matière de déficit. Il emprunte déjà 7 milliards de dollars de plus qu'il ne l'a admis et il fait gonfler une bureaucratie hypertrophiée à 86 milliards de dollars. La situation économique générale ne s'améliore pas, elle empire.
Le premier ministre libéral nous dira-t-il si nous sommes en récession, ou si les Canadiens se portent juste théoriquement moins bien après une décennie de règne libéral?
Monsieur le Président, je rappelle à la députée d'en face que nous contribuons à l'économie et à la création d'emplois et que nous voyons des résultats maintenant parce que nous aidons les gens à trouver du travail, que nous investissons dans les jeunes de Terre‑Neuve‑et‑Labrador grâce à des mesures comme le programme d'apprentissage, qui les accompagne tout au long du processus menant à la désignation Sceau rouge, et que nous avons des emplois dans la construction.
C'est ce qu'il faut pour bâtir un Canada fort. Les slogans creux et les réponses négatives ne sont pas utiles. J'invite la députée à travailler avec nous.
Monsieur le Président, le Canada, sous la direction du premier ministre, est le seul pays du G20 à être en récession. On ne nous a pas expliqué pourquoi le gouvernement nous a laissé tomber et nous a plongés dans une récession. Tout d'abord, on a parlé de récession théorique, mais lorsque les Canadiens se sont rebiffés, on a évoqué les droits de douane. Quand cet argument a cessé de fonctionner, le gouvernement a dit qu'il n'y avait pas assez de dépenses et d'immigration. Quoi?
Lorsque les Canadiens doivent voler pour 10 milliards de dollars d'épicerie en raison de la crise de l'abordabilité, est-ce que leur faim est théorique?
Monsieur le Président, les loyers sont en baisse partout au Canada. Pendant 20 mois consécutifs, les loyers ont baissé, ce qui est une tendance positive. Nous investissons dans les logements abordables pour que les Canadiens aient les moyens de se loger. Nous investissons dans des remises et des remboursements au moyen de l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, l'allocation pour enfants et les programmes alimentaires, et ce, partout au pays.
De ce côté-ci de la Chambre, nous votons pour l'abordabilité. Les députés d'en face votent contre.
Monsieur le Président, j'espère qu'un jour le gouvernement répondra vraiment aux questions et assumera ses responsabilités, mais il semble que ce ne sera pas aujourd'hui.
Lorsqu'on a appris que le Canada était en récession, je me suis immédiatement demandé quand le gouvernement allait demander un autre chèque en blanc. Il emprunte déjà davantage que ce qu'il a indiqué dans son budget. Selon la mise à jour économique du printemps, il allait emprunter 65 milliards de dollars cette année. Pourtant, le gardien de la rigueur budgétaire affirme qu'on empruntera 72 milliards de dollars.
J'aimerais savoir quelle somme le premier ministre demandera aux Canadiens pour régler le problème.
Monsieur le Président, nous faisons des investissements sans précédent dans les infrastructures communautaires du Canada: 51 milliards de dollars iront dans le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, qui investit dans les centres communautaires, les infrastructures nécessaires à la construction de logements et le transport en commun dans nos collectivités. Ces investissements sont inégalés et visent à rendre le Canada plus abordable et à créer des emplois partout au Canada pour nos jeunes, dont 100 000 nouveaux gens de métier qui seront formés grâce à l'appui de la Chambre. Les députés d'en face n'appuient aucune de ces mesures. Ils sont tout simplement négatifs. Ils devraient appuyer le programme.
Monsieur le Président, sous la direction du premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 en récession. L'économie s'est contractée pendant deux trimestres consécutifs. Le PIB par habitant n'a augmenté que de 1,5 % en sept ans et la productivité de la main-d'œuvre a diminué pendant quatre années d'affilée. Même la directrice parlementaire du budget a dit qu'il y a moins de 1 % de chances que le gouvernement atteigne sa cible budgétaire.
Le premier ministre va-t-il nous dire si nous sommes en récession ou si la situation des Canadiens s'est juste théoriquement détériorée après une décennie de gouvernement libéral?
Monsieur le Président, les Britanno-Colombiens me parlent du fait qu'ils sont conscients que notre économie fait actuellement face à des vents contraires. Ils sont conscients que les États‑Unis imposent des droits de douane jamais vus depuis la Grande Dépression. Ils sont conscients du travail que nous faisons pour investir dans la main-d'œuvre et dans de bons emplois pour les gens, et ils sont conscients que les chiffres de l'emploi sont en hausse. Les Britanno‑Colombiens sont optimistes et souhaitent que nous poursuivions le travail que nous faisons.
Monsieur le Président, les libéraux nous ont plongés dans la tourmente économique. C'est un fait. Le premier ministre libéral est le seul premier ministre à être aux commandes du pays, qui est en récession. C'est un fait. Les banques canadiennes anticipent maintenant un recul de l'économie. La Banque Scotia prévoit une croissance d'à peine 0,8 % pour le Canada contre 1,9 % pour les États‑Unis. Les projections de la BMO annoncent une croissance encore anémique, soit 0,5 % pour 2026. Le pire, c'est que les libéraux empruntent déjà des milliards de dollars de plus que ce qu'ils avaient prévu dans leur budget hors de prix.
Le premier ministre admettra-t-il enfin que le Canada est théoriquement dans une vraie récession?
Comme je l'ai dit, monsieur le Président, les Britanno-Colombiens savent que nous devons faire face aux vents contraires qu'ont soulevés la conjoncture géopolitique et les droits de douane. Les États‑Unis ont complètement bouleversé leur approche du commerce international en élevant les droits de douane à des niveaux inédits depuis la Grande Dépression. Les Canadiens veulent savoir ce que nous mettons en œuvre pour remédier à la situation. Ils veulent que les échanges commerciaux se diversifient. Ils veulent que nous investissions dans les grands projets et ils veulent que nous investissions dans les travailleurs d'ici. Pourquoi nos collègues refusent-ils de se rallier à nous en vue de ces investissements?
Monsieur le Président, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 en récession, et le premier ministre n'a aucun respect pour les sacrifices que les Canadiens font chaque jour. Nous savons que les familles réduisent leurs dépenses. Les entreprises retardent les investissements. La productivité est en baisse. Un ancien dirigeant d'une banque centrale est aux commandes de notre économie, et la directrice parlementaire du budget, qu'il a nommée, dit qu'il y a 99 % de chances pour qu'il entraîne l'économie dans le fossé.
Est-ce que le premier ministre admet que le Canada est en récession, ou croit-il que les Canadiens se portent mieux après 10 ans de règne libéral?
Monsieur le Président, au lieu de dénigrer l'économie avec délectation, ce que l'opposition fait tous les jours, ces députés devraient nous aider à lui redonner de la vigueur. Ils n'aiment pas rappeler que 88 000 nouveaux emplois ont été créés, comme le dit le rapport du mois de mai. Ils n'aiment pas souligner que les salaires ont augmenté plus rapidement que l'inflation chaque mois depuis notre arrivée au pouvoir. Ils n'aiment pas souligner que les loyers ont baissé de 9 %. À Windsor, alors que nous avons investi dans Central Stampings et dans Unique Tool & Gauge, les conservateurs s'opposent à ce que nous investissions dans leurs propres collectivités.
Ils devraient se rendre à la raison et bâtir le pays avec nous.
Monsieur le Président, il y a encore une dérive du premier ministre. Il veut pouvoir réautoriser par décret des pesticides interdits par la science. Dans une mesure enfouie dans l'omnibus budgétaire C‑30, il veut se donner le droit d'infirmer les décisions de Santé Canada en invoquant des concepts non définis comme la sécurité économique. Les chercheurs et les organismes pour la santé et l'environnement sont unanimes: c'est une mesure anti-science au service des grandes entreprises de l'agrochimique. Ils sont ici aujourd'hui pour demander une seule chose.
Est-ce que le gouvernement va retirer cette dérive du projet de loi C‑30?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
Je voudrais dire d'abord quelque chose à mon collègue et je vais être très claire: la santé des Canadiens sera toujours au centre des préoccupations premières du gouvernement canadien. Par contre, nous pouvons aussi travailler avec le secteur agricole et protéger la souveraineté alimentaire du Canada. Comme je le dis d'habitude, on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps.
Monsieur le Président, les libéraux cachent dans le projet de loi C‑30 une mesure qui permet de réautoriser des pesticides interdits par la science. C'est le pire recul depuis la création de la Loi sur les produits antiparasitaires en 2002. Non seulement la ministre de la Santé ne s'en choque pas, elle s'est même vantée d'être la seule de l'histoire à avoir assisté à un événement de CropLife Canada. CropLife Canada est une association d'entreprises de l'agrochimique incluant notamment le géant des pesticides Bayer.
Pourquoi est-ce que la ministre de la Santé défend les profits des multinationales au lieu de défendre la santé?
Monsieur le Président, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire et l'Agence canadienne d'inspection des aliments dépendent effectivement du ministère de la Santé. Il m'est donc tout à fait naturel de m'engager avec les secteurs que je représente, parce que je dois les rencontrer pour connaître leurs préoccupations.
En ce qui concerne le premier point que le député a soulevé, je ne comprends pas, parce que normalement, quand je suis responsable de quelque chose, il faut que je rencontre les intervenants. Je vais le répéter: jamais nous n’allons autoriser un produit qui mettrait la vie de qui que ce soit en danger.
Monsieur le Président, mentionnons des faits. Sous ce premier ministre, le Canada est le seul pays du G20 à être tombé en récession. La directrice parlementaire du budget réduit ses prévisions de croissance. La RBC, la banque TD et la BMO ont revu leurs perspectives à la baisse. Les Canadiens voient leur niveau de vie reculer. Pourtant, le premier ministre refuse toujours de prononcer le mot « récession ».
Je vais donc lui poser à nouveau cette simple question: sommes-nous en récession ou est-ce que les Canadiens ne sont que théoriquement plus pauvres qu'avant, après une décennie libérale?
Monsieur le Président, les faits sont têtus. L'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit que le Canada va avoir la deuxième croissance la plus forte des pays du G7. Dans la dernière année, les investissements directs étrangers au Canada sont le double de nos pairs du G7. Ça fait 38 mois que les salaires augmentent plus vite que l'inflation au pays. C'est sans compter que le mois dernier, et c'est particulièrement têtu comme fait et ça déplaît aux conservateurs de voir de bonnes nouvelles pour l'économie canadienne, 88 000 emplois ont été créés au Canada, parce que l'économie canadienne est beaucoup plus résiliente. Elle est résiliente entre autres grâce aux efforts de ce gouvernement.
Monsieur le Président, mentionnons un autre chiffre. Il y a 45 000 Canadiens de moins en emploi qu'au début de l'année. Ce sont des faits qui ne mentent pas.
La directrice parlementaire du budget vient de démolir complètement le récit économique du premier ministre et du ministre d'en face: croissance plus faible, déficits plus élevés, productivité en recul, seul pays du G20 en récession. Pire encore, la directrice parlementaire du budget dit que le gouvernement a 99 % de chances de rater sa propre cible budgétaire.
Comment le premier ministre libéral, qui se présente comme un grand économiste, appelle-t-il une économie qui recule, des Canadiens qui s'appauvrissent et un gouvernement qui n'a pas de chances d'atteindre ses cibles? Les Canadiens, eux, appellent ça une récession.
Monsieur le Président, je conçois que, pour les conservateurs, le moindre vent de face auquel nous sommes confrontés sur le plan de l'économie canadienne semble faire leur bonheur. Cependant, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous levons le matin en nous demandant ce que nous pouvons faire en dépit des circonstances extérieures, en dépit de la guerre tarifaire illégale et injustifiée que nous subissons. Que pouvons-nous faire pour bâtir l'économie du Canada?
Eh bien, c'est la plus grosse mine de graphite dans les pays du G7 avec Nouveau Monde Graphite, c'est le projet de train à grande vitesse de Québec à Toronto, c'est de certifier le port de Québec comme port de conteneurs international, c'est 150 avions d'Airbus et c'est 88 000 emplois créés le mois dernier. C'est ce que nous faisons de ce côté-ci de la Chambre.
Monsieur le Président, j'ai un petit rappel à faire au ministre. Les meilleures années de gestion du pays l'ont été sous les conservateurs.
Une croissance plus faible et un déficit plus élevé, voilà ce qu'est le constat alarmant de la directrice parlementaire du budget. Résultat: la croissance du PIB par habitant au Canada demeure parmi les plus faibles du G20; l'économie canadienne s'est contractée au cours des deux derniers trimestres; sous ce premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 en récession.
J'ai une question à choix multiple simple pour le premier ministre: le Canada est-il entré dans une récession ou dans une récession théorique?
Monsieur le Président, nous sommes concentrés sur la croissance économique et nous travaillons fort là-dessus. Notre plan fonctionne. Le taux de chômage chez les jeunes est en déclin de près de 1 %. Cela signifie 22 000 emplois pour nos jeunes. En plus, nous investissons 6 milliards de dollars dans les métiers spécialisés pour recruter, embaucher et former 100 000 jeunes. Nous bâtissons un Canada fort pour tous de ce côté-ci de la Chambre.
Monsieur le Président, en tout respect, j'ai demandé si nous étions en récession ou en récession théorique. Encore une fois, il n'y a pas de réponse. Pour régler un problème, il faut d'abord reconnaître le problème. Pourtant, les libéraux refusent toujours d'admettre que le Canada est le seul pays du G20 en récession. Selon la directrice parlementaire du budget, les libéraux vont ajouter 318 milliards de dollars à la dette nationale d'ici 2031, en supposant qu'il n'y ait aucune autre mesure de mise en place. La carte libérale est sans limites.
Le gouvernement va-t-il enfin cesser sa mauvaise gestion, qui a plongé le Canada, malheureusement, en récession?
Monsieur le Président, notre gouvernement a un plan pour transformer les bases de notre économie et pour la rendre plus résiliente. Nous créons des dizaines de milliers d'emplois, notamment à Darlington et à Contrecœur.
Nous investissons dans les hôpitaux, dans les centres communautaires, dans le transport en commun, dans le logement abordable. Nous créons les conditions d'une prospérité durable et nous bâtissons un Canada fort d'un bout à l'autre du pays.
Monsieur le Président, sous ce premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 en récession. Le rapport de la directrice parlementaire du budget confirme que le déficit pourrait atteindre 72 milliards de dollars en 2026. Pendant ce temps, le pouvoir d'achat des Canadiens stagne depuis 2015. Pour les Québécois, ça veut dire que la facture d'épicerie, l'hypothèque et l'essence sont plus chères.
Est-ce que ce sont des factures théoriques ou est-ce que le premier ministre va avouer que le Canada est en récession?
Monsieur le Président, depuis cet été, nous avons créé plus de 165 000 emplois ici, au Canada. Ce sont 88 000 emplois qui ont été créés juste au mois de mai. Si on regarde, par exemple, les États‑Unis, on voit que le Canada crée des emplois. Le nombre d'emplois créés par habitant au Canada est presque le double de celui des États‑Unis. C'est quand même très intéressant de voir qu'autant de Canadiens sont optimistes et entrevoient l'avenir de façon positive.
Monsieur le Président, les jeunes méritent de grandir dans des communautés sécuritaires, unies et riches en opportunités.
La secrétaire d'État à l'enfance et à la jeunesse pourrait-elle expliquer à la Chambre ce que l'entente historique conclue avec le Québec la semaine passée signifie pour la jeunesse québécoise et canadienne?
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Terrebonne de sa question.
Notre gouvernement a investi 10 milliards de dollars au Québec et les jeunes vont en profiter. On va bâtir des campus modernes pour étudier, des hôpitaux et des salles d'urgence. On va améliorer le transport en commun pour aller à l'école et au travail. Nous bâtissons une économie forte pour nos jeunes et pour notre avenir.
Monsieur le Président, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession, et notre économie est dans une situation très précaire. L'économie a reculé lors de trois des quatre derniers trimestres, le PIB par habitant affiche un taux de croissance annualisé d'à peine 0,2 % par année depuis sept ans, l'investissement en capital recule depuis cinq trimestres consécutifs et les taux de faillites atteignent des sommets qu'on n'a pas vus depuis 2009.
À quel moment les libéraux vont-ils arrêter de parler de récession théorique et commenceront-ils à reconnaître que les Canadiens s'étaient fait promettre la croissance et la responsabilité financière, mais ont eu une récession à la place?
Monsieur le Président, c'est dans des moments comme celui-ci que je me rappelle ces paroles célèbres du philosophe pragmatiste William James: « Le pessimisme est l'outil des faibles; l'optimisme, celui des puissants. » Aucune citation ne saurait mieux expliquer les déboires du Parti conservateur du Canada à la Chambre. Soyons honnêtes. Malgré les vents contraires, il y a lieu d'être optimiste à propos de l'économie canadienne: dépenses des consommateurs en hausse de 1,5 %, hausse des salaires qui dépasse l'inflation chaque mois depuis que le gouvernement actuel est au pouvoir, et 88 000 emplois créés en mai. C'est 800...
Monsieur le Président, si le déni suffisait à faire croître l'économie, nous serions sans aucun doute en tête du G20. Le Canada est en récession. La Banque Scotia prévoit une croissance de seulement 0,8 % cette année, et la Banque de Montréal, de 0,5 %. Par ailleurs, la Banque du Canada avertit qu'un propriétaire sur 10 à Toronto risque d'être incapable de renouveler son prêt hypothécaire. Les libéraux peuvent bien essayer de balayer cette récession du revers de la main, mais les Canadiens ne peuvent pas faire abstraction des pertes d'emplois, des fermetures d'entreprises et des retraites repoussées.
Le premier ministre reconnaîtra-t-il que la récession est bien réelle, ou continuera‑t‑il de la banaliser en parlant de récession théorique?
Monsieur le Président, je souhaite que les Canadiens comprennent à quoi les conservateurs choisissent de consacrer leur temps en cette période marquée par l'anxiété et l'incertitude. Ils choisissent de mettre l'accent sur les mauvaises nouvelles économiques et d'adopter un ton pessimiste, alors que les Canadiens ont besoin d'espoir.
Les Canadiens ont besoin d'un gouvernement qui les soutient. C'est précisément ce que fait le gouvernement grâce à l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui vient en aide à 12 millions de personnes. Nous saluons également la création de 88 000 emplois, ce qui dépasse les attentes de 800 %. Voilà le genre de gouvernement que les Canadiens méritent.
Monsieur le Président, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession et, au cours des derniers jours, nous avons appris beaucoup de choses sur l'état lamentable de l'économie sous sa gouverne. Samedi soir, dans un pub de Lake Cowichan, des travailleurs m'ont dit que leur plus grande préoccupation était de savoir s'ils auraient les moyens de payer l'épicerie. Or, le coup d'éclat recyclé des libéraux pour l'épicerie ne s'applique plus dès qu'un couple gagne 59 000 $ de revenus, ce qui signifie qu'il ne profite aucunement aux travailleurs à temps plein.
La semaine dernière, à la Chambre, le premier ministre s'est moqué des Canadiens qui souffrent. Va-t-il arrêter de rire et commencer à se soucier des Canadiens pour qu'ils aient les moyens de se nourrir?
Monsieur le Président, les Canadiens méritent des faits, et non les tactiques de peur des conservateurs. Qualifier l'économie de ceci ou de cela sans fournir de contexte n'aide ni les travailleurs ni les entreprises. En fait, la Banque du Canada nous a mis en garde contre cette pratique.
Les économies du monde entier sont confrontées à un climat d'incertitude mondiale, mais le Canada résiste mieux à ces vents contraires que bon nombre de ses pairs. L'économie est stable, nous créons des emplois et nous continuons d'aider les Canadiens à traverser ces moments difficiles.
Nous continuerons de nous concentrer sur l'abordabilité, la croissance économique et la création d'emplois, alors que les conservateurs, eux, continuent d'essayer de semer la peur.
Monsieur le Président, sous la direction du premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 en récession. L'économie s'est contractée pendant deux trimestres consécutifs, ainsi que pendant trois des quatre derniers trimestres. La productivité est en baisse. Les entreprises sont en difficulté. Les familles travaillent fort, mais elles n'arrivent pas à améliorer leur sort. L'emploi, le logement et le rêve de fonder une famille apparaissent aux jeunes comme étant hors de portée. L'économie canadienne se détériore au lieu de s'améliorer.
Le premier ministre nous dira-t-il si nous sommes en récession, ou croit-il que les Canadiens n'ont que théoriquement du mal à payer leurs factures?
Monsieur le Président, il semble que le toner de la photocopieuse des conservateurs soit épuisé, puisqu'ils ont tous reçu la même photocopie de la même question. Il est dommage que le chef conservateur ne fasse pas confiance à ses députés pour poser leurs propres questions. Ils pourraient poser des questions sur les entreprises de leur circonscription ou sur ce qui se passe dans leur province. Or, ils posent toujours la même question.
Il faut s'en tenir aux faits. L'économie canadienne est en pleine croissance. En fait, le Canada a surpassé les États‑Unis en ce qui concerne le taux d'emploi. Grâce au travail acharné des Canadiens, 88 000 emplois ont été créés au Canada au cours du dernier mois.
Nous avons un plan et nous ne ménageons aucun effort pour améliorer le sort des Canadiens.
Monsieur le Président, sous la gouverne du premier ministre libéral, le Canada est devenu le seul pays du G20 en récession. Les entreprises n'investissent plus au Canada. Même les banques ont perdu confiance. La Banque Scotia et la Banque de Montréal prévoient un taux de croissance inférieur à la moitié de celui des États‑Unis.
La première étape pour régler un problème, c'est d'admettre qu'il y en a un. Le premier ministre libéral admettra-t-il aux Canadiens que nous sommes en récession ou continuera-t-il à leur dire qu'ils ne souffrent qu'en théorie après une décennie de règne libéral?
Monsieur le Président, mon collègue conservateur de l'Alberta n'a sûrement pas pris connaissance des derniers chiffres sur l'emploi dans notre province. En Alberta, il y a 104 000 emplois de plus qu'à la même période l'an dernier. C'est la plus forte croissance sur 12 mois parmi les provinces. C'est grâce à la résilience des travailleurs et des entreprises de l'Alberta qui bâtissent, qui embauchent, qui investissent et qui contribuent à faire croître l'économie canadienne.
Les conservateurs de l'Alberta devraient cesser de dénigrer leurs propres concitoyens et reconnaître le travail qu'ils font pour améliorer l'économie.
Monsieur le Président, les membres libéraux du comité de la santé bloquent la tenue d'une enquête sur le scandale de 300 millions de dollars de PrescripTIon. Voilà plus d'un mois qu'ils empêchent le comité de tenir de nouvelles réunions pour essayer d'obtenir des réponses. Ils ont mis fin aux réunions. Ils ont fermé les caméras. Ils ont empêché la ministre de la Santé de témoigner. Maintenant, ils se livrent à de petits jeux politiques répugnants en utilisant les Canadiens atteints du VIH comme excuse pour balayer la vérité sous le tapis.
Si les libéraux n'ont rien à cacher, vont-ils jouer franc jeu et permettre la tenue d'une enquête exhaustive pour faire toute la lumière sur le scandale de 300 millions de dollars de PrescripTIon?
Monsieur le Président, je vais le répéter encore une fois. Inforoute Santé du Canada a connu des problèmes de gouvernance. Une personne du gouvernement fédéral siège au conseil d'administration et on a pris les mesures nécessaires. Le PDG est parti et nous avons un directeur par intérim pour l'instant.
Les personnes concernées sont en train de revoir ensemble les mandats pour voir comment on peut mieux faire pour régler les problèmes de gouvernance.
Monsieur le Président, malgré le fait qu'ils ont versé 300 millions de dollars à Inforoute Santé du Canada pour ce ratage total qu'était le projet PrescripTIon du gouvernement, les libéraux n'ont manifestement aucune envie de savoir pourquoi et comment cet argent a été gaspillé. Ils ont voté contre chaque tentative d'aller au fond des choses.
Les conservateurs ont été clairs: nous sommes prêts à travailler tout l'été pour faire la lumière sur cette affaire. Les Canadiens veulent entendre les témoignages de la ministre et de l'ancien PDG.
La ministre va-t-elle dire à ses collègues libéraux d'arrêter de faire de l'obstruction et de faire toute la lumière sur ce scandale?
Monsieur le Président, je vais me répéter encore. Avant de continuer, je voudrais parler de l'étude qui est faite sur le sida au Comité permanent de la santé, que les conservateurs sont en train de bloquer. Je veux juste leur dire qu'il y a une crise au pays, particulièrement au Manitoba. C'est la première chose que je dirais.
La deuxième chose que je dirais, c'est que, oui, le conseil d'administration est en train de revoir la gouvernance et le mandat. Il va le faire et nous aurons des nouvelles d'ici la fin de l'été.
Monsieur le Président, les responsables d'Inforoute Santé du Canada ont gaspillé 300 millions de dollars de l'argent des contribuables dans le programme PrescripTIon. Ils ont gaspillé 1 milliard de dollars sur 10 ans sans rien obtenir de concret en retour. Pendant six semaines, ils n'ont pas produit les documents que le comité de la santé leur a ordonné de produire.
La ministre de la Santé dit maintenant que le mandat de cette organisation totalement dysfonctionnelle sera revu. Peut-elle nous dire combien de temps prendra cet examen et combien d'argent il coûtera? Pourquoi ne prend-elle pas la décision qui s'impose aujourd'hui et ne retire-t-elle pas dès maintenant son financement annuel de 50 millions de dollars?
Monsieur le Président, je remercie le député de sa question. La première chose que je dois dire, c'est que, au gouvernement canadien, nous faisons attention à chaque dollar que nous dépensons. C'est pour cela que, lorsque nous avons réalisé que Inforoute Santé du Canada ne remplissait pas complètement la mission, nous avons décidé de mettre fin au financement. Ça, c'est la première chose.
Par contre, il faut aussi savoir que le système de santé canadien a besoin d'être modernisé, et Inforoute Santé du Canada, même s'il y a eu des problèmes de gouvernance, a fait un bon travail. Le Programme de transcription par IA a eu beaucoup, beaucoup de...
Monsieur le Président, nous en sommes à la huitième semaine d'obstruction par les libéraux au comité de la santé. Ils cherchent désespérément à dissimuler le scandale du programme PrescripTIon à 300 millions de dollars et les centaines de millions de dollars gaspillés dans un programme inefficace qui a enrichi des proches du Parti libéral sans servir à réaliser la moindre ordonnance.
Les Canadiens sont en colère et ils exigent des libéraux qu'ils mettent fin à leurs manœuvres d'obstruction, mais il semble que ces derniers ont surtout peur de se faire encore crier après par le premier ministre. Les libéraux doivent mettre fin à cette opération de dissimulation qui perdure depuis deux mois afin que les conservateurs puissent obtenir les réponses que les Canadiens méritent.
Monsieur le Président, ces questions, rédigées par le chef de l’opposition, ne convainquent vraiment personne.
Ce qui convainc les gens, c'est cette attitude qui vient des banquettes conservatrices selon laquelle il faut condamner le Canada pour les vents contraires et les défis que le pays doit affronter. Les membres de la clique anti‑Canada, comme les gens les appellent, se pointent le nez dès qu'il y a l'ombre d'une mauvaise nouvelle pour l'économie canadienne, mais lorsque nous leur rappelons les 88 000 nouveaux emplois qui viennent d'être créés, ils retournent se cacher dans leur trou.
Monsieur le Président, notre gouvernement a comme objectif de construire et de bâtir une économie canadienne plus forte et plus résiliente pour protéger nos emplois et nos industries. À mesure que ce plan se met en place, nous offrons également un soutien et une aide pour rendre la vie abordable.
Le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement peut-il donner des informations à la Chambre sur la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels et sur ses bienfaits pour les familles canadiennes?
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. On me pose enfin une bonne question. Ma collègue a raison de le souligner.
Vendredi dernier, le 5 juin, ce sont 12 millions de Canadiens qui ont reçu la nouvelle allocation canadienne pour l'épicerie, dont 3 millions de Québécois. Pour une famille de quatre personnes, cela peut représenter jusqu'à 1 890 $ par année pour aider à assumer le coût de l'épicerie.
Ce n'est pas la seule bonne nouvelle que nous avons eue vendredi dernier. Le Canada a créé 88 000 emplois et, pour un 38e mois consécutif, les salaires augmentent plus vite que l'inflation.
Notre plan fonctionne pour un Canada fort et pour une économie prospère pour tout le monde.
Monsieur le Président, la police de Durham vient de mettre au jour un important réseau de tourisme criminel en portant 1 500 accusations contre des dizaines de criminels non citoyens, principalement d'origine roumaine et indienne. Aujourd'hui, les reportages sur le gang Bishnoi se multiplient. Ce réseau d'extorsion violent recrute des ressortissants indiens que les libéraux ont laissés entrer au Canada avec des visas d'étudiant étranger.
Les politiques frontalières laxistes des libéraux et leurs politiques de capture et de remise en liberté ont fait du Canada un véritable terrain de jeu pour les criminels internationaux. Quel ministre sera enfin congédié pour cet échec lamentable?
Monsieur le Président, je souhaite féliciter la police de Durham, la police de Peel et les nombreux services de police du pays, qui travaillent très fort, jour après jour, dans leur lutte contre le crime organisé. Ils ont procédé à de nombreuses arrestations et ont porté de nombreuses accusations, et le système de justice pénale s'occupera de ces criminels.
Ce sont des groupes criminels internationaux organisés, dont les activités coordonnées font des ravages dans de nombreux pays, mais le Canada sévit et punira ces criminels.
Monsieur le Président, la police de Durham est occupée parce que les libéraux n'ont pas de politiques de filtrage, n'ont pas de système de justice pénale et laissent ces personnes entrer au pays, ce qui est un problème. C'est le même processus permissif qui a récemment permis à un terroriste du Corps des Gardiens de la révolution islamique d'obtenir un permis de visiteur.
Quel est le meilleur moyen d'empêcher des criminels qui n'ont pas la citoyenneté canadienne de commettre des crimes au Canada? D'abord, il faut les empêcher d'entrer au pays. Les libéraux peuvent-ils dire aux victimes de ces criminels violents qui ne sont pas citoyens canadiens comment ils sont entrés au Canada?
Monsieur le Président, les députés savent-ils ce que les victimes me demandent dans ma collectivité? Elles me demandent combien de temps les enquêtes prendront. Pour accélérer les enquêtes et fournir de nouveaux outils aux forces de l'ordre, il faut que le projet de loi C‑22 soit adopté. Pourtant, les conservateurs à la Chambre ont retardé ce projet de loi et se sont rangés aux côtés des géants des médias sociaux au lieu de se ranger aux côtés des Canadiens pour qu'on puisse assurer la sécurité publique.
Monsieur le Président, je ne pense pas que quiconque au Canada gobe ça. Tout le monde voit bien ce qui s'est passé ici. Pendant une décennie, les libéraux ont mené une politique d'immigration massive et d'ouverture des frontières, avec en prime un système judiciaire woke et des politiques de portes tournantes en matière de mise en liberté sous caution. Aujourd'hui, partout au pays, les Canadiens respectueux des lois comme les nouveaux arrivants en paient le prix.
Les libéraux ont rejeté notre projet de loi conservateur de bon sens qui aurait garanti que les non-citoyens reconnus coupables de crimes graves soient condamnés en fonction de leurs crimes, et non de leur passeport. Pourquoi ont-ils fait cela? Pourquoi poursuivent-ils cette folie et permettent-ils à des réseaux criminels composés de non-citoyens de continuer à harceler...
Monsieur le Président, ces groupes criminels ont des liens avec de nombreux pays dans le monde, et les forces de l'ordre constatent que ces criminels opèrent non seulement depuis le Canada, mais aussi depuis de nombreux pays différents.
Les députés savent-ils ce qui aiderait? Cela aiderait de pouvoir enquêter sur ces crimes au Canada et d'adopter le projet de loi C‑22. Le Canada est l'un des seuls pays occidentaux à ne pas disposer d'un cadre sur l'accès légal.
Quand les conservateurs vont-ils se montrer plus sévères envers la criminalité? Le gouvernement est prêt à faire le travail.
Monsieur le Président, les familles de ma circonscription, Milton‑Est—Halton Hills‑Sud, ont eu une bonne nouvelle à leur réveil vendredi dernier. L'enquête sur la population active du mois de mai a révélé une forte hausse de l'emploi, preuve encourageante que notre plan économique porte ses fruits. Par ailleurs, l'Agence du revenu du Canada a commencé à verser la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, que le gouvernement a instaurée et qui représente une augmentation de 50 % par rapport à l'ancien crédit pour la TPS.
Le secrétaire d'État responsable de l'Agence du revenu du Canada et des Institutions financières pourrait-il informer la Chambre de la manière dont notre plan économique définit une trajectoire à long terme axée sur la croissance et la résilience, tout en rendant la vie plus abordable pour les Canadiens dès aujourd'hui?
Monsieur le Président, la députée de Milton‑Est—Halton Hills‑Sud pose encore une fois une excellente question aujourd'hui.
J'ai été fier d'annoncer la semaine dernière, à Halifax, que l'Agence du revenu du Canada avait commencé à verser l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Grâce à cette prestation, nous allons bâtir un Canada fort, soutenir les familles et renforcer notre économie. La création de 88 000 emplois rien que le mois dernier en est la preuve.
Tandis que les conservateurs voient le verre à moitié vide et dénigrent notre économie, nous bâtissons un Canada fort.
Monsieur le Président, dans la vallée, Bill est entrepreneur en rénovation. Il m'a appelé pour me dire qu'à la fin de mai, son carnet de commandes est généralement plein pour toute la saison. Or, nous sommes en juin, et il n'a que deux chantiers de prévus. Les gens se soucient davantage de mettre de la nourriture sur la table que de réparer un toit qui fuit ou un porche cassé. Bill pense qu'il devra peut-être se tourner vers un autre métier.
Le premier ministre va-t-il dire à Bill que le Canada est en récession ou va-t-il lui dire qu'il est simplement, d'un point de vue théorique, à court de travail?
Monsieur le Président, de nombreux signes témoignent des progrès réalisés par l'économie canadienne. Les dépenses de consommation ont augmenté de 1,5 % et le PIB par habitant a progressé de près de 1 %. Les salaires ont dépassé le rythme de l'inflation, et les nouveaux chiffres de l'emploi pour le mois de mai ont été publiés vendredi dernier. Je sais que les conservateurs préfèrent ignorer complètement et délibérément ces chiffres, mais l'économie canadienne a créé 88 000 emplois nets, soit 800 % de plus que prévu, et elle a récupéré 80 % des emplois perdus à cause des menaces tarifaires des États‑Unis.
C'est une bonne nouvelle pour le Canada. Voilà qui pose les bases pour une suite favorable.
Monsieur le Président, l'Alberta étudie actuellement plusieurs tracés pour un nouveau pipeline destiné au transport de bitume dilué ainsi que des emplacements pour les terminaux d'exportation dans le Nord de la Colombie‑Britannique, mais la nation Nisga'a affirme que ni le gouvernement albertain ni le gouvernement libéral fédéral n'ont discuté du projet avec son gouvernement. La réconciliation, ce n'est pas consulter les Premières Nations une fois que les décisions ont été prises.
Le gouvernement s'engagera-t-il dès aujourd'hui à mener de véritables consultations, à trouver des compromis et à obtenir des Premières Nations concernées leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, ainsi qu'à maintenir l'interdiction des pétroliers sur la côte Nord de la Colombie‑Britannique?
Monsieur le Président, lorsque le promoteur du projet aura choisi un tracé, il aura l'obligation de consulter et, au besoin, de trouver des compromis. Or, puisqu'il n'y a pas encore de projet, l'obligation de consulter ne s'applique pas pour l'instant.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 10 pétitions.
Monsieur le Président, conformément à l'article 32(2) du Règlement et à la politique sur le dépôt de traités au Parlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le traité intitulé « Accord entre le gouvernement du Canada et l'Agence spatiale européenne sur la protection des informations classifiées », qui a été conclu à Colorado Springs le 14 avril 2026.
Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur à présenter à la Chambre des communes, dans les deux langues officielles, les rapports suivants: le rapport de l'Association interparlementaire Canada-France concernant sa mission à Paris, France, du 4 au 8 mars 2024; le rapport de l'Association interparlementaire Canada-France concernant le 80e anniversaire du Jour J à Juno Beach en Normandie, France, du 2 au 8 juin 2024; le rapport de l'Association interparlementaire Canada-France concernant la 50e réunion annuelle tenue à Halifax, Nouvelle‑Écosse, et à Montréal, Québec, entre le 1er et le 6 septembre 2025; et le rapport de l'Association interparlementaire Canada-France concernant la neuvième conférence de Paris tenue à Paris, France, du 15 au 17 décembre 2025.
Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, les rapports suivants: le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la mission bilatérale, tenue à Varsovie, en Pologne, à Riga, en Lettonie, et à Tallinn, en Estonie, du 9 au 15 novembre 2024; le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la réunion du Comité permanent des parlementaires de la région arctique, tenue à Happy Valley-Goose Bay, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, au Canada, les 2 et 3 septembre 2024; le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la réunion du Comité permanent des parlementaires de la région arctique, tenue à Oulu, en Ostrobotnie du Nord, en Finlande, du 22 au 24 septembre 2025; le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la réunion du Comité permanent des parlementaires de la région arctique et à la conférence de 2025 d'Arctic Frontiers, intitulée Beyond Borders, tenues à Tromsø, en Norvège, du 25 au 28 janvier 2025; le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la première partie de la session ordinaire de 2025 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tenue à Strasbourg, en France, du 27 au 31 janvier 2025; le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la troisième partie de la session ordinaire de 2025 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tenue à Strasbourg, en France, du 23 au 27 juin 2025; et le rapport de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la quatrième partie de la session ordinaire de 2025 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tenue à Strasbourg, en France, du 29 septembre au 3 octobre 2025.
Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, les rapports suivants: le rapport de l'Association législative Canada-Chine et du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant leur participation à la 46e assemblée générale de l'Assemblée interparlementaire de l'ANASE, qui a eu lieu à Kuala Lumpur, en Malaisie, du 16 au 22 septembre 2025; le rapport de l'Association législative Canada-Chine et du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant leur participation à la 45e assemblée générale de l'Assemblée interparlementaire de l'ANASE, qui a eu lieu à Vientiane, au Laos, du 17 au 22 octobre 2024; le rapport du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant la visite annuelle des coprésidents à Tokyo, Fukuoka et Kumamoto, au Japon, du 17 au 22 février 2025; le rapport du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant la 23e réunion bilatérale, tenue à Vancouver, en Colombie‑Britannique, et à Whitehorse, au Yukon, du 1er au 6 septembre 2025.
Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 30e rapport du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre. Le Comité signale que, conformément à l'article 91.1(2) du Règlement, le Sous-comité des affaires émanant des députés s'est réuni pour examiner les ordres portant deuxième lecture des projets de loi d'initiative parlementaire présentés au Sénat et a recommandé que les affaires suivantes énoncées dans ledit rapport ne soient pas désignées non votables et qu'elles soient examinées par la Chambre.
Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le troisième rapport du Comité de liaison, intitulé « Dépenses et activités des comités — Du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 ».
Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, deux rapports du Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Il s'agit pour débuter du sixième rapport, qui porte sur le projet de loi C‑223, Loi modifiant la Loi sur le divorce, et dans lequel le Comité demande une prolongation afin d'entendre des témoins et de terminer l'étude du texte.
Vient ensuite le septième rapport du Comité permanent de la justice et des droits de la personne, qui porte sur le projet de loi C‑235, Loi modifiant le Code criminel dans le but de prolonger le délai préalable à la libération conditionnelle. Le Comité a étudié ce projet de loi et il a décidé d'en faire rapport à la Chambre avec des propositions d'amendement.
Conformément à l'article 97.1(3)a) du Règlement, une motion portant adoption du sixième rapport est réputée avoir été proposée, la question est réputée avoir été mise aux voix et un vote par appel nominal est réputé avoir été demandé et reporté au mercredi 10 juin, à la fin de la période prévue pour les questions orales.
— Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter le projet de loi C‑283, Loi instituant le Mois du patrimoine somalien. S'il est adopté, le projet de loi désignerait juillet comme le Mois du patrimoine somalien au Canada. Je tiens à remercier le député d'York-Sud—Weston—Etobicoke d'avoir coparrainé ce projet de loi avec moi. J'espère que tous les députés appuieront le projet de loi.
Le Canada compte de nombreux Canadiens d'ascendance somalienne qui ont fait, et qui continuent de faire, des réalisations importantes dans les collectivités d'un bout à l'autre de notre pays; ils ont marqué notre vie socioéconomique et politique. Le Mois du patrimoine somalien nous donnerait non seulement l'occasion de célébrer ce patrimoine, mais aussi de saluer la contribution des Canadiens d'origine somalienne à notre pays, ainsi que le soutien que le Canada leur a apporté. Chaque année, en juillet, les Canadiens d'origine somalienne auraient une raison de plus de célébrer leur fierté de faire partie de notre nation et de dire: « Somalia hanoolaato ».
(Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)
— Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter un projet de loi visant qui vise à éliminer une échappatoire, présente dans le Code canadien du travail, qui permet aux employeurs de recourir à des gestionnaires externes comme travailleurs de remplacement pendant une grève ou un lock-out. Je remercie le député de Courtenay—Alberni d'appuyer ce projet de loi.
Au cours de la dernière législature, le NPD a fait adopter une loi fédérale antibriseurs de grève qui s'imposait depuis longtemps afin de rétablir l'équité dans les négociations collectives et de protéger les droits des travailleurs. Ces droits sont toutefois brimés quand les employeurs peuvent faire appel à des gestionnaires venant d'autres endroits pour effectuer le travail des employés en grève ou en lock-out, ce qui crée un déséquilibre dans les relations de travail et prolonge les conflits. Nous avons pu voir cette tactique lors d'une récente grève de Rogers à Abbotsford, en Colombie‑Britannique : des techniciens du Syndicat des Métallos ont passé plus de quatre mois sur la ligne de piquetage pendant que des gestionnaires externes faisaient le travail à leur place et agissaient donc comme briseurs de grève. Aucun travailleur ne devrait voir son droit de grève bafoué de la sorte.
Le projet de loi éliminerait cette échappatoire et protégerait les négociations collectives libres et équitables pour les travailleurs canadiens. J'exhorte tous les députés à l'appuyer.
(Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)
Loi sur la reconnaissance du service en temps de guerre
— Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, à l'étape de la première lecture, le projet de loi S‑246, Loi sur la reconnaissance du service en temps de guerre. Le projet de loi prévoit l'élaboration d'un cadre national pour la reconnaissance de certains services militaires en temps de guerre, ainsi qu'un échéancier pour la désignation du service en temps de guerre s'il répond aux critères, en remontant jusqu'à la guerre de Corée et pour les conflits futurs.
Le projet de loi a été adopté à l'unanimité à l'autre endroit. Il fait suite à des décennies de plaidoyer de la part d'anciens combattants pour la reconnaissance du service moderne en temps de guerre et signifierait que les futurs vétérans n'auraient pas à se battre pour leur propre reconnaissance. Les membres des Forces armées canadiennes risquent leur vie pour notre liberté, et le projet de loi ferait en sorte qu'ils soient reconnus à leur juste valeur.
(La motion est adoptée et le projet de loi est lu pour la première fois.)
Que, conformément à l'article 27(1) du Règlement, à compter du mardi 9 juin 2026 et jusqu'au vendredi 19 juin 2026, la Chambre siégera jusqu'à minuit, à l'exception des vendredis, où elle siégera jusqu'à 20 heures.
Le vice-président adjoint (John Nater): Le vote porte sur la motion.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Monsieur le Président, c'est toujours un honneur de présenter une pétition au nom de mes concitoyens. Je prends la parole pour la 13e fois au nom des habitants de Dauphin, au Manitoba, afin de présenter une pétition sur la hausse du taux de criminalité.
Les habitants de Dauphin et de la région de Parkland exigent que le gouvernement libéral abroge ses politiques laxistes en matière de criminalité, qui ont entraîné une recrudescence de la criminalité dans toute la région. Depuis 2015, le nombre de crimes violents a augmenté de 54 % et le nombre d'agressions sexuelles a bondi de 75 % d'un bout à l'autre du pays. Les pétitionnaires se disent profondément préoccupés par les faits rapportés dans la presse locale. Par exemple, un article paru en novembre mentionnait que le détachement de la GRC de Dauphin recherchait un individu visé par trois mandats d'arrestation distincts. Nos collectivités autrefois sûres sont devenues des endroits où les gens craignent pour leur vie parce que les politiques de capture et de remise en liberté du gouvernement ont permis à des récidivistes violents d'être mis en liberté sous caution au lieu d'être en prison.
Les habitants de Dauphin et de la région de Parkland exigent que le gouvernement libéral abroge ses politiques laxistes en matière de criminalité, qui menacent directement leurs moyens de subsistance et leur collectivité. J'appuie sans réserve les bonnes gens de Dauphin.
Monsieur le Président, je présente une autre pétition signée par des habitants de la région d'Indian Head, dans le Sud de la Saskatchewan, qui exhortent le gouvernement à revenir sur sa terrible décision de fermer la Ferme expérimentale d'Indian Head.
La ferme dispose de plus d'un siècle de données sur des éléments tels que l'état du sol, les niveaux d'humidité et toutes sortes de facteurs qui ont une incidence sur la saison de croissance. Ce centre a généré des centaines de millions de dollars en retombées économiques pour le secteur agricole de la Saskatchewan et de l'ensemble du Canada grâce aux recherches précieuses qu'il a menées et aux innovations qu'il a réalisées dans tous les domaines, allant des variétés de cultures à la lutte antiparasitaire.
Le gouvernement libéral, qui a réussi à trouver de l'argent pour la culture du riz respectueux de l'égalité des sexes au Vietnam, semble incapable de trouver assez d'argent pour maintenir cet important centre en activité. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de revenir sur sa terrible décision et de maintenir la Ferme expérimentale ouverte pour les générations à venir.
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une autre série de pétitions, cette fois signées par des habitants de Smooth Rock Falls, en Ontario. Ils poursuivent leurs appels à l'action pour que le gouvernement désigne la Transcanadienne comme un projet d'intérêt national.
[Français]
Chaque jour, des centaines de voyageurs sont mis en péril sur la route transcanadienne 11, un axe essentiel qui relie les communautés du Nord de l'Ontario.
[Traduction]
Smooth Rock Falls n'est qu'une des nombreuses collectivités qui appuient la pétition, et cela se poursuivra, de village en village, jusqu'à ce que des mesures soient prises.
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au nom des Canadiens qui sont préoccupés par la mauvaise gestion de l'économie au pays, et qui constatent que le gouvernement libéral se sert de sa nouvelle majorité à la Chambre pour continuer de mal gérer l'économie et de mettre les jeunes gens dans une situation difficile.
Les Canadiens veulent qu'on leur rende des comptes. Ils veulent qu'on modifie la Loi sur le Parlement du Canada pour que les députés qui ont quitté leur parti et traversé le parquet, donnant ainsi une majorité au premier ministre libéral, soient tenus de se présenter devant leurs électeurs lors d'une élection partielle. De cette façon, ils retrouveront confiance dans le processus démocratique.
Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir pour moi de me lever à la Chambre pour représenter la plus belle région du Canada, la Beauce. Aujourd'hui, j'ai l'honneur de présenter la pétition e‑7232, signée par 10 354 chasseurs et tireurs sportifs.
Au cours des derniers mois, j'ai eu l'occasion de rencontrer des citoyens, des fédérations de chasseurs et de pêcheurs, des clubs de tir, des propriétaires d'armes à feu responsables partout au Québec, qui ont signé cette pétition. Leur message est clair: le programme de rachat d'armes à feu est une dépense massive qui ne traite pas la cause profonde de la violence au Canada. Ces citoyens croient fermement que la santé mentale et le soutien aux personnes en détresse constituent les véritables piliers de la prévention de la violence et du renforcement de la sécurité dans nos communautés.
Les propriétaires d'armes à feu légaux sont déjà soumis à des règles strictes. Plutôt que de gaspiller des fonds publics pour confisquer des biens acquis légalement, le gouvernement doit investir là où les besoins sont les plus urgents dans nos communautés. Tant que la protection de nos communautés sera ignorée, le problème continuera. C'est pourquoi les 10 354 pétitionnaires demandent au gouvernement de mettre fin au programme de rachat d'armes à feu et de rediriger immédiatement ces fonds vers des services concrets, notamment le soutien aux organismes communautaires, les soins de santé mentale et les ressources pour les personnes itinérantes.
(1620)
[Traduction]
Questions transformées en ordres de dépôt de documents
Monsieur le Président, si les questions nos1091, 1092, 1093, 1094, 1095, 1096, 1097, 1098, 1099, 1100, 1101, 1102, 1103, 1104 et 1105 pouvaient être transformées en ordres de dépôt de documents, les documents seraient déposés immédiatement sous forme électronique.
Monsieur le Président, en ce qui concerne la motion de l'opposition, j'ai pensé qu'il était vraiment important pour nous d'essayer de brosser un tableau différent de celui que les conservateurs essaient de dépeindre pour les Canadiens, jour après jour.
En tant qu'économie et en tant que société, le Canada se porte en fait très bien par rapport aux autres pays du G20. Nous continuons de travailler chaque jour à bâtir une économie plus forte et plus saine. Nous parlons souvent de l'importance d'avoir une économie forte. En fait, le premier ministre a clairement indiqué que nous allions bâtir l'économie la plus forte du G7. Nous sommes déterminés à le faire, à déployer les efforts et le travail nécessaires pour atteindre cet objectif.
Le Canada a ce que le monde veut de façon très concrète. Je ne dis pas cela à la légère, car, en fin de compte, si nous parlions au premier ministre ou à l'un des ministres qui se sont rendus à l'étranger, en particulier le ministre de l'Agriculture, la ministre de l'Industrie ou la ministre des Affaires étrangères, nous constaterions que, partout où ils vont, ils entendent constamment parler de la volonté d'investir et de participer à l'économie ou à la société canadiennes, d'une manière ou d'une autre.
Les députés d'en face ne devraient pas s'en surprendre. Nous avons été très dynamiques lors des dernières élections fédérales, il y a un peu plus d'un an, lorsque les Canadiens ont choisi un nouveau gouvernement et un nouveau premier ministre dont le mandat est très clairement d'établir des relations plus solides et de chercher des moyens d'exporter nos produits au-delà de la frontière canado‑américaine.
Je suis sincèrement encouragé par le rythme auquel, depuis un an, nous réussissons à conclure des accords commerciaux et de défense avec des pays de partout sur la planète. Certaines des mesures législatives qui sont passées par ici viennent par exemple d'être adoptées en Indonésie et au Royaume‑Uni, ou plutôt en Angleterre et en Irlande du Nord. Je trouve réjouissant de voir ces mesures législatives progresser et les échanges commerciaux, s'étendre. Ce qui ne revient pas à minimiser les relations entre le Canada et les États‑Unis. En fait, les échanges commerciaux entre nos deux pays ont augmenté de manière substantielle pendant la même période. Je trouve important de rappeler à quel point le Canada compte sur le commerce.
Si les gens se demandent pourquoi le gouvernement tient tant à trouver de nouveaux débouchés, ils devraient jeter un œil du côté du nombre d'emplois qui dépendent des échanges commerciaux. Je l'ai dit et je le répète: le Canada représente environ 0,25 % de la population mondiale, mais sa contribution au commerce international est nettement plus élevée. Nous devrions nous en souvenir quand nous cherchons des moyens de rendre l'économie plus vigoureuse et plus saine. Les exportations vont dans les deux sens et elles fournissent de l'emploi à des centaines de milliers de personnes, littéralement, mais ce n'est pas tout ce qui nous intéresse, comme gouvernement. Nous sommes conscients que, bien qu'il soit important d'accroître les exportations et de trouver de nouveaux débouchés commerciaux, nous devons aussi bâtir les infrastructures nationales et investir dans ces infrastructures.
(1625)
Nous avons un gouvernement qui s'attache tout particulièrement à mettre en place des infrastructures dans le cadre de grands projets. Lorsque le premier ministre affirme, non seulement aux Canadiens, mais aussi au monde entier, que nous voulons être une superpuissance énergétique, cela signifie qu'il faut être prêts à nous tourner vers l'intérieur du Canada pour déterminer comment nous allons y parvenir.
Si l'on tient compte de cet élément dans le commerce et l'importance de collaborer avec d'autres administrations, on voit qu'une approche Équipe Canada a été adoptée pour bâtir une économie plus forte et plus saine. En effet, lorsque nous parlons de grands projets, il s'agit en réalité de travailler avec les parties prenantes, les provinces, les territoires et les dirigeants autochtones, et d'examiner les projets qui contribueront à bâtir l'économie, que ce soit dans le secteur de l'énergie ou dans le domaine des exportations de produits manufacturés, ce qui revêt une importance cruciale.
Au bout du compte, nous constatons des résultats concrets. Nous entretenons des relations avec les provinces, les territoires, les dirigeants autochtones et d'autres intervenants, et nous avons vu se réaliser de grands projets dans toutes les régions de notre grand pays. Je peux parler de l'énergie éolienne du Canada atlantique et d'autres sources d'énergie. Par le passé, j'ai souligné l'expansion du port de Montréal. Il s'agit d'un investissement majeur qui permettra d'accroître considérablement la capacité d'exportation du Canada.
Je peux parler de l'énergie nucléaire en Ontario. Il y a quelque temps, j'étais aux Philippines dans le cadre d'une mission gouvernementale de promotion du commerce, où j'ai rencontré des représentants du gouvernement de l'Ontario, je crois, et du gouvernement fédéral. Plus important encore, il y avait des représentants du secteur de l'énergie nucléaire aux Philippines. Ils expliquaient qu'ils voyaient dans le Canada une occasion d'accroître leur approvisionnement en énergie nucléaire, particulièrement en Ontario, ce qui explique les investissements fédéraux. Nous pouvons jouer un rôle de premier plan non seulement en Ontario ou au Canada, mais aussi à l'étranger.
En poursuivant notre chemin d'est en ouest, nous pouvons parler du Manitoba et des possibilités d'exploitation minière qui y sont offertes dans le cadre de grands projets. L'un de mes projets préférés, et je sais que la députée de Churchill—Keewatinook Aski en est une ardente défenseure, est celui du port de Churchill. Nous pouvons parler des possibilités qu'il offre.
Même le premier ministre du Manitoba est favorable à ce projet, dont il fait la promotion, encouragé par les possibilités qu'il recèle. Je crois qu'il nous donnerait l'occasion d'agrandir le port pour en faire un port ouvert toute l'année, qui pourrait permettre d'exporter du gaz naturel liquéfié et d'autres types de minéraux, des minéraux rares et d'autres produits. Pour la première fois depuis des générations, nous assistons à des progrès importants, et il y a un sentiment d'espoir et d'optimisme que nous allons dans la bonne direction en travaillant ensemble et en collaborant.
Passons à la Saskatchewan, où nous pouvons parler des mines de cuivre, du canola et de la potasse. Le gouvernement fédéral collabore bien avec le gouvernement provincial pour reconnaître le potentiel que la Saskatchewan peut offrir à l'ensemble du pays.
(1630)
Nous avons signé un protocole d'entente avec l'Alberta il n'y a pas si longtemps. Compte tenu du nombre de députés de l'Alberta, il était préoccupant que les conservateurs n'appuient pas ce protocole d'entente. Nous avons maintenant un accord de mise en œuvre, ce qui va encore plus loin, car le gouvernement du Canada, en collaboration avec la province de l'Ontario, est en excellente position pour favoriser davantage l'exploitation des ressources énergétiques en Alberta. Travailler en collaboration peut changer les choses.
Pensons à la Colombie‑Britannique. C'est un chef de file national dans des domaines comme le gaz naturel liquéfié et l'exploitation minière. Je pense au cuivre et à d'autres choses. Pensons aussi au Nord, où nous investissons des milliards de dollars pour assurer la souveraineté économique du Nord. Là-bas, nous constatons que la promotion de l'énergie peut favoriser la croissance et les diverses activités militaires, ce qui contribue à protéger la souveraineté dans le Nord.
Au bout du compte, le gouvernement fédéral montre très clairement comment, en travaillant en collaboration, nous pouvons bâtir une économie et une société plus fortes et plus saines auxquelles tous les Canadiens pourront participer.
C'est une occasion exceptionnelle. Des entités politiques de divers ordres de gouvernement et les représentants d'administrations municipales de toutes les tailles travaillent main dans la main parce que leurs membres savent que, à l'issue de la dernière élection nationale, la collaboration s'impose. C'est ce qui est en train de se passer, et les résultats parlent d'eux-mêmes. Il y a d'autres initiatives fédérales qui catalysent des investissements, quelque chose de tellement nécessaire et pour quoi nous ne ménageons aucun effort, comme le fonds d'investissement souverain, mieux connu sous le nom de Fonds pour un Canada fort.
Le fonds d'investissement souverain a le potentiel de faire toute la différence pour les Canadiens, y compris en leur donnant la possibilité d'y contribuer. Je pense que le lancement de ce fonds et l'accès à cette ressource à Calgary, où se trouve le Bureau des grands projets, pourraient être des atouts de taille. Nous serons en mesure de travailler en concertation, en ne ménageant aucun effort possible pour que les projets d'envergure soient mis en chantier et qu'ils se concluent avec beaucoup de succès.
Depuis un an, il y a aussi eu des engagements de taille au chapitre des investissements au Canada. On parle non pas de millions, mais bien de milliards de dollars. Ce n'est pas rien. C'est parce que nous sommes conscients de la conjoncture. Nous savons qu'il faut cesser de confiner notre vision à la frontière canado‑américaine. Parallèlement, nous cherchons aussi des moyens d'améliorer nos relations avec les États‑Unis. Il y a beaucoup d'échanges entre les politiciens et la population de nos deux pays. Le Canada et les États‑Unis entretiennent une relation exceptionnellement étroite, et ce n'est pas près de changer.
(1635)
Cela dit, il est important de ne pas céder. Le Canada doit rester ferme et déterminé. Au bout du compte, il doit obtenir le meilleur accord possible dans le contexte actuel. Contrairement à ce que laissent entendre certains députés d'en face, nous sommes prêts à y consacrer le temps et les ressources nécessaires. Nous pouvons compter sur un Cabinet et des ministres qui jouent un rôle de premier plan dans ce dossier et qui agissent dans l'intérêt des Canadiens. Nous allons continuer dans cette direction, en sachant que les échanges entre nos deux pays s'élèvent, si je ne m'abuse, à près de 3,6 milliards de dollars chaque jour.
Ce qui est encourageant, c'est que les échanges commerciaux ont en réalité augmenté d'une année à l'autre. Il est donc injuste d'insinuer qu'il se passe autre chose dans les échanges internationaux ou dans la relation commerciale entre le Canada et les États‑Unis. Le premier ministre et le gouvernement mesurent pleinement l'importance des enjeux commerciaux pour nos deux pays. Nous sommes également conscients de la nécessité de faire progresser, de promouvoir et de concrétiser ces grands projets. Nous sommes déterminés à y parvenir.
J'ai une citation que je voudrais partager avec les députés. C'est une citation importante qui, selon moi, en dit long depuis les dernières élections fédérales, il y a un peu plus d'un an. Le Fonds monétaire international, le FMI, est un organisme auquel contribuent, en substance, plus de 190 pays. Il exerce une grande influence à l'échelle mondiale. Au sujet du Canada et de son approche, il dit que nous « mett[ons] l'accent de façon stratégique sur les investissements favorisant la croissance ». Cette organisation prévoit que le Canada affichera la deuxième croissance en importance parmi les pays du G7 en 2026.
Lorsqu'on met cela en contexte et qu'on examine, d'un point de vue économique, ce que nous avons pu accomplir au cours de la dernière année, on constate que les résultats souhaités se concrétisent. Comme on l'a souligné à plusieurs reprises, rien qu'en mai, 88 000 emplois ont été créés. Le Canada est dans une excellente situation financière pour prendre les mesures nécessaires afin de soutenir les Canadiens, comme l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui aide les Canadiens. En effet, la semaine dernière, 11 millions de familles ont bénéficié de ce programme. Nous avons réduit la taxe sur l'essence, la taxe d'accise fédérale, en la suspendant jusqu'à la fête du Travail. La question de l'abordabilité est importante pour ce gouvernement.
Je me rends compte que je manque de temps. J'espère pouvoir, peut-être en réponse à une question, fournir plus de détails sur l'environnement. Cependant, chaque fois que je parle de possibilités économiques, de progrès et de grands projets, je crois sincèrement, tout comme le gouvernement, que le développement durable passe par l'environnement, avec la participation des peuples autochtones. Cela signifie inclure les provinces et les territoires, travailler en collaboration, et ensemble, nous pouvons bâtir un Canada fort...
Monsieur le Président, je regrette d'avoir manqué mon rendez-vous pour un traitement de canal aujourd'hui.
Je veux revenir sur les propos du député d'en face, qui a reconnu l'importance de l'économie. Les libéraux manquent à leurs responsabilités envers les Canadiens depuis beaucoup trop longtemps. Ils avaient la possibilité d'agir il y a 10 ans, mais ce n'est qu'aujourd'hui qu'ils admettent l'existence d'un problème. Résultat: les Canadiens ne sont pas protégés contre tout ce qui se passe dans le monde.
Je n'ai tout simplement jamais entendu de telles absurdités de toute ma vie. Le gouvernement libéral cumule les échecs et laisse passer des occasions depuis des années, mais il agit comme si c'était une nouveauté. C'est incroyable. Il aurait fallu agir il y a 10 ans. Les Canadiens ne seraient pas obligés de faire la file pour se nourrir. Dans ma circonscription, des gens doivent désormais passer une entrevue pour accéder à une banque alimentaire. Comment le gouvernement a-t-il laissé les Canadiens en arriver là? C'est un fiasco économique.
Monsieur le Président, c'est regrettable, mais je suppose que le député est fidèle au chef du Parti conservateur, qui parcourt le pays en répétant que tout va mal au Canada, que le ciel est sur le point de nous tomber sur la tête et que nous vivons une période sombre. À force d'écouter les conservateurs, on croirait vivre sous un nuage noir permanent.
Le Canada peut se mesurer à n'importe quel pays du G7 ou du G20, que ce soit sur le plan de l'économie ou du rendement global. Aucun autre pays, parmi ces pays et probablement parmi les autres pays du monde, n'attire autant d'investissements étrangers par habitant. Or, pour les conservateurs, les bonnes nouvelles n'existent pas. Quand on en parle, ils...
Monsieur le Président, quand j'entends le député de Winnipeg-Nord parler de bonnes nouvelles et dire à quel point les Canadiens sont chanceux d'avoir le gouvernement actuellement qui est en place, je me questionne vraiment. Je me demande si je ne suis pas en train de rêver et si quelqu'un ne devrait pas me réveiller. C'est quand même extraordinaire. L'autocongratulation libérale devient gênante à un certain moment.
Quand des chiffres sortent, on peut les décortiquer et les interpréter comme on veut, mais certains ne trompent pas. Au premier trimestre de 2026, 35 000 emplois ont été perdus dans le secteur du commerce de détail. Le commerce de détail, c'est le bout de la ligne. Ce sont les commerces qui vendent des vêtements, les épiceries et les dépanneurs. C'est là où les gens vont magasiner pour leurs besoins de tous les jours. La perte de 35 000 emplois au premier trimestre de 2026 signifie que les gens n'ont plus les moyens de s'approvisionner dans leurs commerces habituels. C'est un chiffre alarmant qui démontre que les Canadiens et les Québécois sont présentement beaucoup plus en détresse financière qu'optimistes, contrairement à ce que laisse croire mon collègue.
À un moment donné, le gouvernement va-t-il prendre des mesures pour aider concrètement les gens à payer l'épicerie et les besoins de base?
Monsieur le Président, le député a raison de dire que, parfois, les gens — et j'inclus les politiciens des deux côtés de la Chambre — présentent les statistiques de façon sélective.
Je vais donner un chiffre qui me semble important. Depuis les dernières élections fédérales, le nombre d'emplois a augmenté de plus de 150 000 postes. Les députés peuvent bien choisir les chiffres qui leur conviennent, mais, au bout du compte, il y a 150 000 emplois de plus depuis que le premier ministre a été élu à ce poste. Il faut tenir compte des circonstances entourant cette élection.
Le Canada conserve sa note de crédit AAA et, pour la première fois depuis des générations, nous investissons dans l'armée canadienne. Nous avons même dépassé la cible de 2 % du PIB.
Monsieur le Président, je suis tout simplement surprise. C'est une journée de l'opposition des conservateurs, et je ne pense pas que nous ayons même le nombre de députés requis à la Chambre.
J'aimerais demander à mon collègue s'il peut simplement...
C'est la période des questions et observations, n'est-ce pas? Voici ma question: le député pourrait-il nous parler de toutes les mesures positives que le gouvernement prend pour rétablir le pays...
Je suis curieux. Ma collègue d'en face mentionne le fait qu'il y a très peu de députés conservateurs présents alors que c'est leur journée de l'opposition. Comme vous, je pensais que c'était un appel au quorum, mais est-ce que c'est permis de noter l'absence ou la présence des députés à la Chambre?
Monsieur le Président, je remercie la députée de sa question. Si on se penche sur ce qui s'est passé depuis les 13 ou 14 derniers mois, c'est-à-dire depuis que les Canadiens ont élu l'actuel premier ministre, on constate que nous avons accompli beaucoup de choses.
Quelqu'un a fait une analogie avec un marathonien pour parler de la réaction du gouvernement, et surtout de celle du premier ministre, à la situation économique du pays et à ce qui se passe dans la société canadienne, grâce à de bonnes mesures législatives et financières qui permettent d'aider nos concitoyens. Les Canadiens le voient bien et ils nous encouragent à continuer d'aller de l'avant. Il n'y a que les conservateurs qui semblent s'opposer systématiquement à nos mesures.
Monsieur le Président, je trouve passablement lamentable que le député prenne la parole pour dire que tout est merveilleux. Je vais lui poser une question que j'ai posée ce matin. Est-ce qu'il parle avec les habitants de sa circonscription? Les gens ont du mal à joindre les deux bouts.
Chez les conservateurs, nous nous battons pour ces gens-là, et nous leur parlons tous les jours. Une de mes concitoyennes m'a parlé de l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels. Je tiens d'ailleurs à rétablir les faits, parce que les libéraux disent sans cesse que nous avons voté contre cette mesure, ce qui est absolument faux. J'ai donc demandé à ma concitoyenne en quoi l'allocation lui était utile. Elle m'a dit que l'allocation lui donne 1,31 $ par semaine, ce qui lui permet peut-être d'acheter un paquet de nouilles ramen de plus.
Je me demande si le député est conscient que la mise en place de tous ces programmes ne fait que confirmer l'échec du gouvernement.
Monsieur le Président, je me demande si la députée d'en face réalise qu'en réalité, le salaire moyen a augmenté chaque mois davantage que le taux d'inflation depuis les dernières élections fédérales.
En fin de compte, il y a certaines personnes qui vivent des difficultés financières, et il en a toujours été ainsi. Il va sans dire que nous voulons tous essayer d'apporter notre aide là où nous le pouvons, et c'est sur ce point que je voudrais interpeller la députée d'en face. Le programme d'alimentation scolaire est un bon programme, et il a été rendu permanent par le premier ministre et par le gouvernement actuel. Certains députés du Parti conservateur l'ont qualifié de « foutaise » et ont dit qu'il était inexistant. Il permet de nourrir 400 000 jeunes enfants, mais ils sont contre.
Parfois, on se demande à quel point l'hypocrisie règne de l'autre côté de la Chambre.
Monsieur le Président, comment le député perçoit-il la réaction que cela suscite dans les négociations commerciales lorsque l'opposition laisse entendre que le Canada se trouve dans une situation désastreuse, alors que la plupart des économistes et des experts ne partagent pas du tout ce point de vue? Les conservateurs présentent la situation comme si le Canada était en train de sombrer dans une crise sans précédent, alors qu'en réalité, c'est tout le contraire; or, cela donne un avantage et une position de force aux États‑Unis dans les discussions commerciales.
Le député pourrait-il nous donner son avis là-dessus?
Monsieur le Président, je remercie le député de sa question, car il y a beaucoup de vérité dans son propos. Dire au monde entier que l'économie du Canada est mauvaise, que nous ne pouvons pas lui faire confiance, que tout va mal, et ainsi de suite, comme les députés conservateurs le font les uns après les autres, eux qui ne cessent de parler en mal du Canada, est une façon d'avantager les États-Unis au détriment du Canada, en fin de compte.
Prenons le cas du député de Bowmanville—Oshawa-Nord. Après s'être rendu aux États‑Unis et avoir rencontré le président Trump et le vice-président, il a déclaré dans son compte rendu que les Canadiens étaient tout simplement en train de piquer une crise...
Monsieur le Président, pour répondre à ce que le secrétaire parlementaire laisse entendre, à savoir que l'économie canadienne se porte bien, je lui demanderais de venir dans la région de London. Il ne s'agit pas seulement de l'augmentation du recours aux banques alimentaires, mais aussi de ce qu'observent les organismes qui les soutiennent. J'en discutais avec un représentant d'Urban Roots, un organisme qui cultive des aliments naturels pour en faire don à divers autres organismes, y compris la banque alimentaire de London, et ce représentant m'a dit avoir vu les besoins augmenter au cours de la dernière année.
J'aimerais que le député nous dise ce qu'il en pense.
Monsieur le Président, je peux assurer au député que la situation varie d'une région à l'autre du pays. Le gouvernement continue de porter attention à toutes les régions du pays, et nous faisons tout notre possible, y compris en mettant sur pied le Programme national d'alimentation scolaire pour les enfants, programme contre lequel le député d'en face a voté. Nous soutenons aussi financièrement les banques alimentaires.
Le gouvernement fait preuve de beaucoup plus de compassion que ce que nous avons vu de la part des conservateurs au cours des dernières...
Monsieur le Président, on peut définir une récession comme deux trimestres consécutifs pendant lesquels la croissance du PIB stagne ou recule. Selon cette définition, le Canada est en récession. Le gouvernement a minimisé la gravité de ces deux trimestres consécutifs de croissance stagnante ou négative et il a brossé le tableau d'une économie dont la solidité est sous-jacente. Cependant, ce tableau ne tient pas compte de la situation dans son ensemble. Voici le tableau d'ensemble: au cours de trois des quatre derniers trimestres, le PIB global a diminué. Cela fait suite à des années de baisse du PIB par habitant.
Le PIB par habitant est un indicateur plus important que le PIB global. Voici pourquoi. Dans quelques dizaines d'années, il serait nettement préférable de vivre dans un pays où 40 millions de Canadiens gagnent le double de leur salaire actuel que de vivre dans un pays où 100 millions de Canadiens gagnent le même salaire qu'aujourd'hui. Le premier pays aurait une économie plus petite que le deuxième, il serait plus cohésif, plus prospère et plus durable sur le plan environnemental et il afficherait des niveaux de revenu plus élevés pour les particuliers. De nombreux PDG préféreraient le deuxième, car le marché total accessible serait élargi, mais le Canadien moyen en serait appauvri.
Si l'on examine les trois dernières années, le PIB par habitant brosse un tableau sombre. En 2023 et 2024, le Canada était effectivement en récession en ce qui concerne le PIB par habitant. En 2022, le PIB par habitant était de 60 735 $. En 2023, il a diminué de 458 $. En 2024, il a encore diminué de 539 $. Sur une période de deux ans, le PIB par habitant a chuté de près de 1 000 $ par personne, ce qui représente une baisse d'environ 1,6 %.
Si l'on examine les six dernières années, le tableau n'est guère plus réjouissant. Avant le début de la pandémie, le PIB par habitant était de 59 681 $ en 2019. L'année dernière, il était de 60 073 $, une augmentation de seulement 392 $ en six ans. Cela correspond à un taux de croissance annuel composé de 0,1 %, ce qui revient au même que zéro. Pendant ce temps, le coût de la vie a monté en flèche.
Le tableau est tout aussi sombre si l'on examine l'année dernière. Bien que le PIB par habitant ait légèrement augmenté de 0,2 % au cours du dernier trimestre, qui était le premier trimestre de 2026, par rapport au trimestre précédent, il n'en reste pas moins que le PIB par habitant a diminué au cours des deuxième et quatrième trimestres de l'année dernière. Par conséquent, au dernier trimestre, le PIB par habitant n'a augmenté que de 0,2 % par rapport à l'année précédente, ce qui revient au même que zéro. Autrement dit, le PIB par habitant au cours de la première année du nouveau gouvernement libéral suit la même trajectoire que sous l'ancien gouvernement libéral.
Dans le contexte global, il ne s'agit pas seulement de la baisse du PIB, mais aussi de la productivité. Comme l'a dit un économiste lauréat du prix Nobel: « La productivité, ce n'est pas tout, mais à long terme, c'est presque tout. La capacité d’un pays à élever le niveau de vie de sa population dépend presque entièrement de sa capacité à augmenter la production par travailleur. »
Le portrait de la productivité semble sombre. Selon les données annuelles de Statistique Canada, la productivité de la main-d'œuvre a diminué au cours de chacune des quatre dernières années. La productivité est passée de 67,70 $ l'heure travaillée en 2020 à 63,20 $ l'heure en 2024, une baisse de près de 7 %. Il y a deux ans, le 26 mars 2024, la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, a qualifié d'« urgence » le faible taux de productivité du Canada. Depuis, la productivité semble avoir plafonné, voire diminué. L'urgence semble être devenue encore plus grande.
Selon les mesures trimestrielles de Statistique Canada, la productivité de la main-d'œuvre dans le secteur des entreprises a diminué au cours de la dernière année. Au premier trimestre de 2025, l'indice, mesuré par rapport à une valeur de 100, était de 104,7. Au dernier trimestre, il s'est établi à 104,074, une baisse de 0,5 % en un an seulement. Sous le nouveau gouvernement libéral, l'urgence en matière de productivité s'est aggravée par rapport à ce qu'elle était sous l'ancien gouvernement libéral.
(1655)
À ce stade-ci, je rappelle à la Chambre que je partagerai mon temps de parole.
Lorsque la Banque du Canada a sonné l'alarme au sujet de la productivité, elle a mentionné le faible niveau d'investissement des entreprises comme l'une des causes profondes. Les investissements des entreprises ont chuté au cours de la dernière décennie. Selon une analyse récente de Steven Globerman, de l'Institut Fraser, les investissements des entreprises dans les usines, les immobilisations, l'équipement et la propriété intellectuelle, exprimés en pourcentage du PIB, sont passés de 13,8 % en 2014 à 11,1 % l'année dernière, et ce déclin s'est poursuivi sous le nouveau gouvernement libéral. Selon le communiqué de Statistique Canada du 29 mai dernier: « Au premier trimestre de 2026, les dépenses en immobilisations des entreprises ont diminué de 0,7 %, affichant leur cinquième baisse trimestrielle consécutive. » Steven Globerman a qualifié la situation de crise des investissements des entreprises. Non seulement nous traversons une crise de la productivité, mais aussi une crise des investissements des entreprises. Ce n'est pas moi qui utilise le mot « crise ». C'est le mot utilisé par la Banque du Canada et un organisme de recherche réputé.
Les facteurs fondamentaux ne se sont pas améliorés au cours des 12 derniers mois sous le nouveau gouvernement libéral: ni le PIB par habitant, ni la croissance de la productivité, ni les dépenses en immobilisations des entreprises. En fait, dans de nombreux cas, la situation s'est aggravée. Sauf indication contraire, les données que je cite dans mon discours proviennent de Statistique Canada, notamment des tableaux 36-10-0706-01, 36-10-0480-01 et 36-10-0206-01.
À mon sens, aucune des mesures prises par le nouveau gouvernement libéral sous la gouverne du nouveau premier ministre au cours de la dernière année n'a fondamentalement modifié la trajectoire de l'économie, et les premières données publiées au cours des quatre derniers trimestres confirment cette analyse. Le PIB par habitant du Canada stagne, voire recule. La productivité du Canada stagne, voire recule. Les investissements en capital des entreprises canadiennes continuent de stagner, voire de purement et simplement reculer.
Tout cela tient au fait que le gouvernement n'a pas mis en œuvre les réformes fondamentales nécessaires pour redresser l'économie. Il n'a pas procédé à une réforme fiscale en profondeur des régimes d'imposition des particuliers et des sociétés. Or, il nous faut une réforme fiscale d'une ampleur et d'une ambition comparables à celle de 1971 ou à celle des années 1980 sous le gouvernement de Brian Mulroney. Le gouvernement n'a pas mis en place une réforme fiscale d'une ampleur et d'une ambition comparables à celles de l'ancien premier ministre Chrétien et du ministre des Finances Martin, qui, en 1995, ont présenté un budget révolutionnaire qui a recentré le gouvernement fédéral et équilibré le budget en 36 mois.
Il n'a pas réformé le régime de concurrence, qui en aurait pourtant bien besoin afin d'encadrer les oligopoles et de rendre l'économie nationale plus concurrentielle, car pour l'instant, ce régime rend nos marchandises inintéressantes pour les marchés étrangers. En pourcentage du PIB, les exportations ont piqué du nez, passant d'environ 43 % en 2000 à approximativement 33 % ces jours-ci.
Le gouvernement n'a pas non plus procédé à la réforme réglementaire attendue. Nous devons alléger la réglementation, qui étouffe les investissements et empêche les entreprises de grossir. Le gouvernement a reconnu implicitement que son approche réglementaire ne fonctionne pas. Non seulement il n'a encore désigné aucun projet d'intérêt national au titre du projet de loi C‑5, mais il s'est au contraire engagé dans d'autres consultations dans le but de présenter d'autres mesures législatives censées modifier son approche réglementaire.
Jusqu'au début d'avril, le gouvernement pouvait dire qu'il n'avait pas la latitude nécessaire pour procéder à ces réformes fondamentales parce qu'il n'était pas majoritaire. Cette excuse ne tient plus la route. Selon les données préliminaires des 12 derniers mois, le nouveau gouvernement libéral s'en va exactement dans la même direction que l'ancien gouvernement libéral dans plusieurs dossiers, du PIB par habitant à la productivité en passant par les investissements en capital des entreprises. Le gouvernement a le choix: soit il reconnaît que rien ne va plus, alors il fait marche arrière et réforme de fond en comble le régime fiscal, le régime de concurrence et les politiques réglementaires et budgétaires, soit il continue de mener le Canada vers son déclin économique. Si le gouvernement ne reconnaît pas les graves obstacles fondamentaux qui se dressent sur le chemin de notre économie, il ne résoudra jamais le problème.
Monsieur le Président, j'aimerais faire deux brèves observations. Le député donne l'impression qu'il s'agit d'une question d'investissements étrangers. Or, les investissements étrangers sont aujourd'hui plus élevés qu'ils ne l'ont été depuis vingt ans. Je ne comprends pas très bien comment il peut y voir une baisse. En ce qui concerne les exportations, nous enregistrons une hausse d'au moins 17 % vers les pays autres que les États‑Unis, et les exportations vers les États‑Unis sont également en hausse par rapport à l'année dernière.
D'où le député tire-t-il réellement ses chiffres et ses conclusions?
Monsieur le Président, le député d'en face commet l'erreur de ne tenir compte que des profits et des pertes, autrement dit de l'état des résultats au lieu du bilan. Le bilan est sans équivoque. Les dépenses d'investissement des entreprises ont diminué au cours de chacun des cinq derniers trimestres consécutifs. C'est l'indicateur le plus important, car les investissements se déprécient à mesure qu'ils sont injectés. Or, le fait que les investissements des entreprises n'ont pas suivi le rythme de cette dépréciation au Canada et qu'ils ont diminué au cours des cinq derniers trimestres représente une statistique beaucoup plus alarmante que les pertes et profits dont il parle.
Monsieur le Président, c'est vrai que l'économie canadienne ne va pas bien. C'est vrai aussi que plusieurs politiques des libéraux ont contribué à ce qu'on soit en récession théorique.
Cependant, en faisant un bilan exagérément catastrophique et sans nuance, les conservateurs ne se discréditent-ils pas? Qu'en pense mon collègue?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
[Traduction]
Ce n'est pas moi qui ai utilisé le mot « urgence », mais bien la sous-gouverneure de la Banque du Canada, ce mot étant très fort pour quelqu'un qui est normalement plutôt opaque en ce qui a trait à la direction de l'économie.
Ce n'est pas moi qui ai utilisé le mot « urgence », mais bien Steven Globerman de l'Institut Fraser, un organisme de recherche renommé et l'un des plus grands centres de recherche économique du Canada.
Le fait est qu'aucune mesure n'a encore été prise pour régler les problèmes fondamentaux de notre économie. C'est pourquoi les Canadiens peinent toujours à payer les dépenses de la vie quotidienne et les autres dépenses essentielles.
Monsieur le Président, j'apprends toujours beaucoup de mon collègue lorsqu'il prend la parole à la Chambre.
Les habitants de ma circonscription me disent constamment qu'ils ont du mal à subvenir à leurs besoins fondamentaux, comme se nourrir. Je sais que je ne suis pas la seule à entendre de tels commentaires. Je suis sûre que tous les députés présents dans cette enceinte en ce moment, tous ceux qui ont été élus au cours de la dernière année, sont du même avis. Les données nous montrent que nous sommes en récession. Nous savons qu'il y a des problèmes au Canada, mais les libéraux continuent de le nier. Selon mon collègue, quel est le danger de nier de tels problèmes lorsqu'ils sont aussi flagrants? Je sais que les libéraux entendent les mêmes choses que nous. Quel est le danger du déni?
Monsieur le Président, en niant la réalité, nous risquons d'assister à un exode des cerveaux de notre pays vers notre voisin du sud. Selon l'étude de la Banque TD publiée le 21 mai, les travailleurs les plus qualifiés du Canada partent en masse vers les États‑Unis pour bénéficier d'une fiscalité moins lourde et de meilleurs salaires. Elle indique que « le Canada ne se dépeuple pas, mais il se vide de ses élites » et que « sans progrès sur ce front, le Canada continuera d'alimenter l'économie de l'innovation américaine ».
Statistique Canada confirme que, rien qu'en 2023, 18 590 résidents canadiens ont émigré de façon permanente aux États‑Unis. Une étude de la Banque du Canada réalisée en 2024 a révélé que 40 % de ceux qui se classent parmi le 1 % de Canadiens ayant les revenus les plus élevés ont déjà quitté le Canada pour les États-Unis. Elle a également montré que près de la moitié de ceux qui appartiennent au 2 % à 10 % de Canadiens ayant les revenus les plus élevés sont également déjà partis.
Monsieur le Président, je participe au débat d'aujourd'hui pour parler du plan du gouvernement qui vise à maintenir la stabilité financière du pays et à fournir un peu plus de précisions sur l'économie canadienne.
Le plan financier du gouvernement demeure ancré dans la responsabilité financière. Le gouvernement ne cherche pas ainsi à répondre à ses propres besoins, mais bien à donner des moyens au pays et à investir dans la force économique à long terme et dans une plus grande autonomie. Conformément à cette approche, la récente « Mise à jour économique du printemps 2026 » représente une nouvelle étape dans les efforts que déploie le gouvernement pour bâtir un Canada plus fort, plus indépendant et plus résilient. Elle fait progresser l'initiative pour la construction de logements et de maisons plus abordables. Il y est aussi question d'infrastructures majeures qui transforment et relient notre économie tout en réduisant les coûts afin d'aider les Canadiens à améliorer leur sort.
Il est absolument essentiel de présenter un compte rendu clair et transparent à propos de l'économie canadienne et de sa performance dans un monde de plus en plus incertain, et de ne pas semer la peur. Nous faisons avancer de grands projets qui relient et transforment notre pays, qui dynamisent la construction de logements et qui créent de nouveaux partenariats économiques. Nous prenons des mesures décisives pour protéger notre souveraineté économique et positionner le Canada en vue d'une plus grande croissance à long terme. Notre approche est pragmatique et fondée sur des principes. Cela dit, il faudra du temps pour obtenir des résultats à long terme.
Pour veiller à ce que les Canadiens aient le soutien dont ils ont besoin en ce moment, le gouvernement offre des mesures provisoires. Depuis plus d'un an, le gouvernement du Canada s'efforce de rendre la vie plus abordable. Près de 22 millions de Canadiens conservent une plus grande partie de ce qu'ils gagnent grâce à la réduction d'impôt pour la classe moyenne. Les acheteurs d'une première maison économisent jusqu'à 50 000 $ grâce à l'élimination ou à la réduction de la taxe sur les produits et services sur les habitations neuves. L'élimination de la tarification du carbone pour les consommateurs a fait baisser le prix de l'essence de 18 ¢ le litre. Le gouvernement a suspendu temporairement la taxe d'accise fédérale sur le carburant. La semaine dernière, plus de 12 millions de Canadiens ont commencé à recevoir des centaines de dollars grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Ce sont des mesures importantes.
Dans un monde marqué par l'instabilité géopolitique, les gouvernements doivent repenser leur manière d'affronter les difficultés. D'un point de vue financier, en particulier à la lumière de ces défis, nous prévoyons des améliorations pouvant atteindre 11,5 milliards de dollars au solde budgétaire projeté. Cette vigueur se répercutera sur les exercices ultérieurs en améliorant le solde budgétaire, par rapport au budget de 2025, de 10,7 milliards de dollars par année en moyenne de 2026‑2027 à 2029‑2030, avant les nouvelles mesures. Cette marge de manœuvre financière permet au gouvernement d'accroître l'abordabilité et de rehausser le niveau de vie des Canadiens en prenant des mesures stratégiques ciblées.
Avec le dernier budget, le gouvernement a amorcé un tournant stratégique dans la gestion des finances publiques. Le budget vise à accroître les dépenses fédérales en immobilisation afin de stimuler les investissements tout en préservant les programmes essentiels dont dépendent tant de Canadiens. Avec des investissements importants dans les infrastructures, l'innovation et les capacités industrielles, le budget de 2025 définit un plan clair pour bâtir l'économie la plus forte du G7.
Le gouvernement reste également déterminé à faire preuve de rigueur. Cela passe notamment par l'examen complet des dépenses, qui permettra de réaliser plus de 60 milliards de dollars d'économies et de recettes au cours des cinq prochaines années. Les efforts sont ciblés, à commencer par la maîtrise des dépenses liées à la gestion externe et à d'autres services de consultation. Ces mesures difficiles sont nécessaires. Elles visent à réduire les dépenses afin de pouvoir investir davantage dans les Canadiens.
Les Canadiens évoluent dans un monde en mutation rapide et de plus en plus fragmenté. La sécurité économique, la politique industrielle et la concurrence géopolitique influencent de plus en plus les décisions en matière d’investissement, de commerce et de finance. Bien sûr, le conflit au Moyen‑Orient a perturbé des voies maritimes essentielles, et les dommages subis par les infrastructures énergétiques ont fait grimper les prix de l’énergie, soulignant la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales et aggravant un climat d’incertitude déjà très lourd.
Malgré ce contexte, l'économie canadienne a poursuivi son expansion, enregistrant une croissance de 1,9 % en 2025. L'activité intérieure est restée solide, malgré la hausse des droits de douane et les répercussions de ces derniers sur les tensions commerciales. Les chaînes d'approvisionnement nord-américaines ont mieux résisté aux perturbations que prévu, l'Accord Canada-États‑Unis-Mexique protégeant environ 85 % des exportations de biens canadiens contre ces récentes mesures prises par les États‑Unis.
(1710)
Les entreprises et les travailleurs font preuve d'une résilience remarquable, même si l'incertitude est grande. Contrairement à ce que prétendent les pessimistes, les entreprises continuent d'investir, de diversifier leurs fournisseurs et de percer de nouveaux marchés. À l'heure actuelle, le Canada continue d'attirer des capitaux mondiaux importants et il se trouve à la tête des pays du G7 pour ce qui est des flux d'investissement direct étranger par habitant. L'enquête menée par Statistique Canada en 2026 sur les dépenses en immobilisations indique que les entreprises prévoient d'accroître leurs dépenses en immobilisations cette année. À la lumière de cette capacité d'adaptation du Canada, le Fonds monétaire international s'attend à ce que le Canada se classe au deuxième rang du G7 pour ce qui est du rythme de croissance au cours de 2026 et 2027.
La résilience du marché du travail ne s'est pas démentie. Depuis 2024, le Canada a créé plus d'emplois par habitant que les États‑Unis. Au mois de mai seulement, l'économie canadienne a créé 88 000 emplois; on l'a déjà mentionné plusieurs fois aujourd'hui. Le secteur privé a créé la majorité de ces emplois et ces derniers sont tous à temps plein. Le taux de chômage a chuté à 6,6 %. La croissance des salaires, qui est supérieure à l'inflation depuis maintenant plus de trois années consécutives, fait constamment augmenter le revenu réel.
Dans l'ensemble, l'économie canadienne fait preuve de résilience malgré un contexte de tensions commerciales importantes et de grande incertitude géopolitique. La plupart des économistes et des experts chevronnés sont d'accord pour le dire.
Je tiens à rappeler aux députés que, malgré tous les défis auxquels le monde est confronté, le Canada part d'une position de force. Le fardeau de la dette nette du Canada est aujourd'hui inférieur à celui de tous les autres pays du G7. Il est même inférieur aux niveaux enregistrés par ces pays avant la pandémie. Le Canada affiche également l'un des déficits les plus faibles du G7 en pourcentage de son économie. Le défi financier qui se pose donne au gouvernement la capacité et la responsabilité d'agir pour bâtir une économie plus forte, rendre la vie plus abordable, créer des emplois bien rémunérés, prendre soin les uns des autres et façonner notre avenir.
Le Canada fait également bonne figure parmi 30 autres économies avancées. L'économie canadienne est l'une des deux seules du G7, avec celle de l'Allemagne, à conserver une note de crédit AAA auprès de la plupart des agences de notation mondiales. Cette note AAA renforce la confiance des investisseurs et nous permet d'emprunter à des coûts inférieurs à ce qui serait possible autrement.
Nous savons que certains des résultats prendront du temps. C'est pourquoi notre gouvernement se tient aux côtés des Canadiens en cette période d'incertitude et de changements rapides, en agissant de manière responsable pour offrir des mesures de soutien aujourd'hui et en réalisant des investissements judicieux à long terme qui renforcent l'économie canadienne. Cela signifie mettre en place les mécanismes nécessaires pour garantir que les Canadiens prospèrent aujourd'hui et demain, soutenir les travailleurs et les jeunes, améliorer la situation dans le secteur du logement, lutter contre la criminalité financière et investir dans des collectivités fortes.
Nous devons être sur la bonne voie. Tous les députés devraient collaborer vraiment pour promouvoir le Canada, et non semer la peur et donner assez d'ascendant et de soutien à ceux qui tirent parti de la situation pour rabaisser l'économie canadienne, sa vigueur et l'effet unificateur que nous constatons.
Nous défendrons fermement les intérêts des Canadiens, et les Canadiens ne fléchiront pas et continueront de faire ce qu'ils font bien.
Conformément à l'article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu'elle abordera à l'heure de l'ajournement ce soir, à savoir: le député de Mont‑Riding, La santé; le député de Kitchener‑Sud—Hespeler, La santé.
Monsieur le Président, quand le député d'en face est dans sa circonscription et qu'il parle aux Canadiens qui font la file aux banques alimentaires, qui sont confrontés à l'insolvabilité des consommateurs et qui ont du mal à payer l'épicerie, je me demande si la réponse qu'il leur donne est que nous sommes à 100 % sur la bonne voie. Est-ce que ce sont les statistiques qu'il leur donne?
Est-ce acceptable pour les Canadiens qui vivent dans sa circonscription? Ce n'est vraiment pas acceptable dans ma circonscription, quand je parle à des gens qui en arrachent.
Monsieur le Président, la députée d'en face soulève un point très important, à savoir qu'en ces temps difficiles, il est important que le gouvernement soutienne les citoyens canadiens, en particulier les plus vulnérables.
Qu'a fait le gouvernement? Nous avons réduit les impôts de la classe moyenne, ce que le député de l'opposition n'a pas approuvé. Nous avons offert le programme pour l'épicerie et les besoins essentiels. Nous avons éliminé la TPS pour les acheteurs d'une première maison. Nous suspendons la taxe d'accise sur le carburant. Nous avons également lancé le programme de prestations fédérales automatiques afin d'offrir plus de soutien à ces personnes. La députée d'en face n'a pas appuyé ces mesures visant à aider ses concitoyens.
Monsieur le Président, j'aime bien mon collègue de Mississauga—Lakeshore. On devrait l'entendre plus souvent parler à la Chambre.
J'aimerais notamment l'entendre parler des prévisions et des ancrages budgétaires évoqués par la directrice parlementaire du budget. Celle-ci prévoit que le déficit sera supérieur de 6,5 milliards de dollars, pour atteindre un total de 71,8 milliards de dollars, par rapport à la mise à jour économique publiée il y a à peine un mois.
J'ai trouvé cela intéressant. Les libéraux nous disaient à quel point le déficit était moins lourd que prévu et que la situation était meilleure. C'est un peu comme si je donnais 100 $ à mon adolescent pour aller acheter de la pizza et qu'il est fier de me remettre 5 $ à la fin. On ne sait pas ce qu'il a fait avec le reste, mais ce n'est pas de la bonne gestion. J'aimerais entendre mon collègue parler de cela.
Dans les circonstances actuelles, où s'en va le déficit?
Monsieur le Président, le député pose sa question en s'appuyant sur ce que disent certains économistes. J'aimerais, pour ma part, citer quelques institutions économiques.
Selon Desjardins, « le PIB réel s’est contracté pendant deux trimestres consécutifs », mais selon son analyse, « [p]lus de la moitié des industries au Canada ont connu une expansion au cours des six derniers mois, et les consommateurs ont continué d’augmenter leurs achats de biens et de services ».
Puis, RBC a affirmé ceci: « nous continuons de croire que les indicateurs sous-jacents concernant le marché de l’emploi et le PIB sont meilleurs que ne le laissent entrevoir les données sur la croissance globale ».
Selon la Banque TD, « [p]our le deuxième trimestre, on devrait s'attendre à une certaine reprise ».
Finalement, selon la Banque Nationale, « deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB peuvent signifier des choses très différentes selon la situation de la population. L'économie canadienne a enregistré une légère contraction au premier trimestre, à la suite d'un déclin au quatrième trimestre. Pourtant, le PIB réel par habitant a augmenté de près de 1 % au premier trimestre [...]
Monsieur le Président, de toute évidence, en tant qu'ancien ministre des Finances de l'Ontario, le député comprend très bien les turbulences que peuvent subir les économies. Peut-il parler un peu de la façon dont l'approche gouvernementale contribue à stabiliser et à faire croître l'économie canadienne?
Monsieur le Président, il est important que tous les ordres de gouvernement reconnaissent l'importance de stimuler la croissance économique lorsque les temps sont durs. C'est contracyclique. C'est ce qui est en train de se produire.
Nous devons tracer la voie pour permettre à nos concitoyens de passer au travers de la tempête. Nous ne pouvons pas nous contenter de tenir à la Chambre des propos qui font peur aux gens sans rien faire pour les aider. Nous devons approuver les mesures qui visent justement à les soutenir dans cette situation.
Monsieur le Président, derrière chaque annonce du gouvernement, il y a un problème qui se fait de plus en plus criant, comme la criminalité, la dette ou le coût de la vie. Les Canadiens ont arrêté de croire aux promesses des libéraux parce qu'ils peuvent maintenant les soumettre à l'épreuve des faits. Et le verdict est que, chaque fois, les libéraux ne sont pas à la hauteur.
Quand le gouvernement et le député vont-ils admettre qu'ils ne peuvent pas se contenter d'annonces s'ils veulent obtenir des résultats...
Monsieur le Président, il serait formidable que nous adoptions certains des projets de loi sur la criminalité dont la Chambre est saisie, de même que certains articles sur la mise en liberté sous caution. Nous luttons contre la criminalité. De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes conscients de ses effets sur les collectivités comme la mienne. Nous inversons le fardeau de la preuve et rendons la mise en liberté sous caution plus difficile à obtenir par les criminels. Nous durcissons les peines pour les criminels violents et les récidivistes. Nous criminalisons le contrôle coercitif afin de lutter contre la violence familiale. Nous mettons fin à la détention à domicile pour les criminels qui commettent...
Monsieur le Président, je suis fière de prendre la parole aujourd'hui pour appuyer cette motion, car elle donne l'heure juste sur ce que les libéraux ont fait à notre pays. La réalité, c'est que le Canada est en récession. Il ne s'agit pas d'un ralentissement économique ni d'une période difficile. C'est une récession. En fait, nous sommes le seul pays du G20 à être entré en récession. Les Canadiens de Newmarket—Aurora y sont confrontés chaque jour. Ils paient de plus en plus cher pour leur épicerie. Ils voient leurs paiements hypothécaires augmenter. Ils se demandent si leurs enfants auront les moyens d'acheter une maison dans le quartier où ils ont grandi. Ils se posent une question simple: comment en sommes-nous arrivés là? La réponse, ce sont les 11 années de piètres politiques libérales et de dépenses illimitées.
Les chiffres ne mentent pas. La Banque Scotia a révisé à la baisse les prévisions de croissance du Canada à 0,8 % pour cette année, et la Banque de Montréal en a fait de même à 0,5 %. Ensuite, il y a la directrice parlementaire du budget, une agente indépendante et impartiale de ce Parlement, et son dernier rapport ne ménage pas ses mots. La croissance ralentit, les perspectives financières s'assombrissent et le déficit est plus élevé que promis. La probabilité que le gouvernement atteigne sa propre cible budgétaire est de 1 %. N'oublions pas que cela arrive après que le gouvernement a choisi de laisser tomber sa dernière cible budgétaire, qu'il n'a pas non plus été capable d'atteindre.
Un étudiant qui présenterait un plan d'affaires ayant seulement 1 % de chance de réussir échouerait son cours. Un conseil d'administration montrerait la porte à un PDG qui présenterait une stratégie ayant seulement 1 % de chance d'atteindre ses objectifs. Or, les députés ministériels demandent aux Canadiens de leur faire confiance avec les finances nationales alors qu'ils n'ont que 1 % de chance de tenir leurs promesses. N'oublions pas qu'ils ont révisé cette cible budgétaire après avoir déjà échoué à atteindre la précédente.
Je dois indiquer que je partagerai mon temps de parole.
Le gouvernement dira que c'est à cause de tous les facteurs externes, des perturbations mondiales, de l'incertitude entourant les droits de douane et de forces indépendantes de sa volonté. Les Canadiens ont déjà entendu cette rengaine. Ils l'ont entendue lorsque l'inflation a atteint des sommets jamais vus en 40 ans. Ils l'ont entendu lorsque le coût du logement a monté en flèche. Ils l'ont entendu quand la dette a doublé. Le gouvernement libéral a toujours une excuse, mais n'est jamais responsable de rien. Voici ce qu'il est incapable d'expliquer: tous les autres pays du G20 connaissent une croissance. Le Canada, lui, est en marge. Il fait figure d'exception. Même le Mexique, qui partage également une frontière avec les États‑Unis et qui a été fortement touché par les droits de douane, a réussi à éviter la récession.
Le fait que le Canada soit le seul pays parmi les 20 plus grandes économies du monde à être en récession est un problème de politique locale. Pourtant, le gouvernement libéral continue de réagir de la même manière: il nie la situation, il dépense davantage, il impose plus de taxes et de règlements et il alourdit la dette. Il continue de rendre la vie plus chère pour les Canadiens qui sont déjà pris à la gorge.
Je vais parler directement de ce que cela signifie pour les familles que je représente dans Newmarket—Aurora. Deux jeunes personnes en couple, qui travaillent et qui font tout ce qu'il faut, m'ont dit qu'elles ne peuvent pas verser une mise de fonds parce que leur loyer a englouti chaque dollar qu'ils avaient épargné. La propriétaire d'une petite entreprise sur Davis Drive m'a dit que sa clientèle diminue, tout simplement parce que les gens n'ont plus d'argent à la fin du mois. Un aîné à revenu fixe m'a confié qu'il n'aurait jamais pensé devoir choisir entre payer ses factures et faire l'épicerie.
(1725)
C'est très inquiétant pour moi, parce j'ai la même conversation avec mon grand-père, qui habite Aurora. Les personnes âgées, qui ont passé leur vie à travailler dur et qui ont tout donné, se retrouvent avec un revenu fixe à être forcées de faire des choix impossibles. Ces gens ne sont pas des statistiques. Ce sont des voisins et des amis. Ce sont des membres de familles. Ils méritent un gouvernement qui est honnête par rapport aux problèmes qu'il a causés et qui est résolu à les régler. C'est exactement le but de cette motion.
La motion ne demande pas l'impossible. Elle ne demande pas au gouvernement de réparer toutes ses erreurs en un clin d'œil. Elle demande quelque chose de bien simple: renoncer aux politiques coûteuses et inflationnistes qui ont plongé le Canada dans la situation actuelle; mettre fin aux dépenses irresponsables qui font grimper la dette et gardent les taux d'intérêt élevés pendant plus longtemps; arrêter d'ajouter de nouvelles taxes et d'alourdir le fardeau réglementaire des entreprises qui essaient d'embaucher, d'investir et de croître; et mettre fin à la gestion budgétaire à crédit pour lesquelles les générations futures vont être forcées de payer.
Sur ce dernier point, je discutais avec un groupe de jeunes il y a quelques semaines, et ils m'ont dit qu'ils avaient l'impression d'être à bord d'un autobus dont le conducteur ne se souciait pas des passagers ni de la direction dans laquelle ceux-ci souhaitaient aller. Ils se sentaient comme ces passagers, parce que le gouvernement les conduisait vers une montagne de dette dont ils allaient finir par hériter.
Le gouvernement pourrait commencer par son programme de rachat d'armes à feu de 750 millions de dollars, son projet de train de 90 milliards de dollars, les 25 milliards de dollars de dette qu'il va contracter pour le prétendu fonds souverain, ou encore les 20 milliards de dollars dépensés en consultants. Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d'autres. Je parle des conditions nécessaires à une croissance réelle et durable au Canada, non pas d'annonces politiquement opportunes, mais du type d'environnement économique où les entreprises se développent, où les investisseurs peuvent investir, où les travailleurs gagnent davantage et où les entreprises peuvent réellement améliorer leur sort.
La motion dont nous sommes saisis est simple. Elle est honnête. Elle est nécessaire. Le Canada est en récession, seul pays du G20 à l'être. Les banques ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance. La directrice parlementaire du budget a tiré la sonnette d'alarme. Les chiffres ne mentent pas, même si les arguments avancés par le gouvernement tentent de les occulter.
Les conservateurs se feront toujours les défenseurs de la responsabilité financière, de la croissance économique et des Canadiens qui travaillent fort et qui méritent un gouvernement qui respecte chaque dollar qu'ils gagnent à la sueur de leur front, et qui s'investisse autant qu'eux.
Sur ce, j'exhorte tous les députés à appuyer cette motion.
Monsieur le Président, je n'ai pas encore eu l'occasion de travailler avec la députée d'en face au cours de cette législature. J'aimerais connaître son avis sur les mesures de soutien que nous avons mises en place pour les jeunes, notamment dans l'énoncé économique du printemps, qui prévoit des possibilités de formation pour les jeunes. Je crois que, dans son discours, elle a parlé des jeunes et de l'importance de les soutenir.
J'aimerais savoir si elle appuierait ces initiatives, qui visent à former les jeunes dans le cadre de programmes d'apprentissage.
Monsieur le Président, j'ai parlé des jeunes parce que j'entends ces préoccupations depuis un certain temps. Bien sûr, pour les jeunes, tout tourne autour de la première occasion d'emploi. C'est l'occasion de se bâtir une carrière et d'avoir un avenir ici, dans notre pays. La plupart des préoccupations sont liées au fait que le chômage est fortement concentré chez les jeunes. C'est inquiétant pour eux, car ils me disent qu'ils ne peuvent plus simplement se présenter ou envoyer un curriculum vitae et obtenir un emploi. Beaucoup d'entre eux n'arrivent pas à trouver un travail. Quand ils en dénichent un, parce que certaines industries, en particulier les métiers, n'ont plus d'employés d'expérience pour les former, leur avenir leur paraît en fait très sombre.
Monsieur le Président, je trouve intéressant que ma collègue mentionne le fait que les jeunes peinent à trouver un emploi dans l'économie actuelle.
Je le soulignais tout à l'heure au député de Winnipeg‑Nord. Au premier trimestre de 2026, ce sont 35 000 emplois qui ont été perdus dans le secteur du commerce de détail. Ce sont justement des emplois qui sont souvent accessibles aux plus jeunes et à ceux qui ont peut-être moins de formation générale.
D'un autre côté, par contre, les conservateurs sont tout à fait d'accord sur des investissements massifs dans le développement de l'industrie des énergies fossiles. Ce sont des milliards de dollars qui vont en contribution aux pétrolières, notamment sous forme d'allégements fiscaux, entre autres.
Ma collègue serait-elle d'accord pour alléger un peu le fardeau des contribuables, dont les jeunes familles qu'elle semble vouloir défendre dans sa circonscription? On en arrache aussi dans ma circonscription, Drummond.
Serait-elle prête à ce qu'on repense un peu les subventions accordées aux pétrolières et à redistribuer une partie de ces milliards de dollars aux contribuables qui en arrachent en ce moment?
Monsieur le Président, l'une de mes priorités est d'être la voix des jeunes qui en arrachent aujourd'hui.
Comme je l'ai déjà mentionné, la situation est très préoccupante pour eux en raison de l'importance cruciale du premier emploi. Ils sont à la recherche d'un premier emploi dans toutes sortes d'industries, mais nous constatons que les investissements des entreprises ont diminué pendant cinq trimestres consécutifs et qu'il y a plus d'entreprises qui ferment leurs portes qu'il y en a qui naissent. Le commerce de détail, qui est l'un des principaux employeurs pour nos jeunes, est particulièrement touché.
À l'heure actuelle, le gouvernement ne prend aucune mesure pour éliminer les obstacles auxquels les entreprises se heurtent lorsqu'elles veulent prendre de l'expansion, en ce qui concerne la fiscalité et la réglementation excessive.
Monsieur le Président, la députée est un atout pour le pays, c'est indéniable. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir compter sur elle, et son électorat aussi.
Je vais picosser un peu. Je sais que la députée a écouté le discours du député libéral qui a dit tout à l'heure qu'il avait l'impression que le gouvernement fait économiser 60 milliards de dollars aux contribuables. Or, je ne vois rien de tel dans les documents. Je ne constate rien de tel dans nos discussions, aujourd'hui, sur la motion de l'opposition. Au contraire, nous rappelons le gouvernement libéral à l'ordre étant donné que sa stratégie économique est un échec pour les Canadiens. C'est un échec pour le pays, et il dure depuis 11 ans. Il faut changer de perspective.
La députée en dirait-elle davantage sur le fait que les libéraux, dont les dépenses dépassent les 60 milliards de dollars de déficit qu'ils avaient projetés, semblent assez déconnectés de la réalité? Le déficit est maintenant beaucoup plus élevé. Alors même que le déficit fracasse des records, les députés libéraux continuent de prétendre à tout venant qu'il ont fait économiser de l'argent aux contribuables.
Monsieur le Président, il n'y a pas d'économies. En fait, si on regarde les projections, on constate qu'il y a encore plus de coûts. Même dans l'énoncé économique du printemps ou le budget lui-même, il y a des centaines d'annonces qui ont été faites et qui n'ont pas été incluses dans ces projections.
(1735)
[Français]
Loi sur Maisons Canada
Projet de loi C‑20 — Avis de motion d'attribution de temps
Monsieur le Président, il n'a pas été possible d'arriver à un accord visé aux articles 78(1) ou 78(2) du Règlement en ce qui concerne l'étape de la troisième lecture du projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
En vertu des dispositions de l'article 78(3) du Règlement, je donne avis que, à la prochaine séance de la Chambre, un ministre proposera une motion prévoyant pour les délibérations à cette étape un certain nombre de jours ou d'heures.
[Traduction]
Travaux des subsides
Motion de l'opposition — Les politiques fiscales du gouvernement
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet de la motion de l'opposition. D'entrée de jeu, je dois dire que j'ai passé pas mal de temps à la Chambre aujourd'hui à écouter le débat. Je ne peux pas m'empêcher de penser aux commentaires qui ont été faits à la suite de certaines nouvelles économiques. On sent chez les conservateurs une forme de ravissement, presque de jubilation. Ils se réjouissent de cette occasion de donner une importance exagérée aux nouvelles et d'en faire des questions partisanes au lieu de chercher à offrir une aide sincère.
Je me fais chahuter, mais j'aimerais mentionner les propos de Fred DeLorey, un ancien directeur de campagne pour les conservateurs, lors d'une entrevue à CBC News diffusée il y a environ trois ou quatre jours. Selon lui: « Prétendre que le ciel est en train de nous tomber sur la tête est un jeu politique dangereux parce que dans un mois ou deux, quand le nouveau bilan sera publié, les chiffres indiqueront que le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. À peine une semaine plus tard [l]es données sur l'emploi sont meilleures qu'elles ne l'étaient au dernier trimestre. Selon l'Institut C.D. Howe, et d'autres économistes le confirment, il ne s'agit pas d'une récession. »
Je ne parle pas d'un collaborateur du Parti conservateur des années 1980 ou 1990. C'est la personne qui a dirigé la campagne nationale du Parti conservateur du Canada il y a à peine deux élections. C'est ce qu'il a dit. M. DeLorey critique vertement l'approche adoptée par le chef de l'opposition dans ce dossier, c'est-à-dire essayer par tous les moyens de faire croire que le ciel est en train de nous tomber sur la tête.
Voyons un peu la chronologie des événements. M. DeLorey la regarde lui aussi, et c'est de cela qu'il parle dans la citation que je viens de lire. Voici quelle est la chronologie: le vendredi 29 mai, les chiffres sur la croissance pour le premier trimestre sont sortis, et la croissance au Canada a été de -0,04 %. C'est une croissance négative, en effet. Si on a deux trimestres consécutifs avec une croissance négative, on est en récession.
Pourquoi les conservateurs applaudissent-ils? C'est exactement de cela que je parle. Ils profitent de l'occasion. Ils applaudissent parce que notre économie ne va pas aussi bien qu'elle le pourrait.
Voici ce qui est arrivé. Un vendredi matin, le chef de l'opposition est sorti en trombe par une des portes principales de l'édifice dans lequel nous nous trouvons pour tenir une conférence de presse d'urgence où il a annoncé que nous sommes en pleine récession et que tout est la faute du premier ministre. Il n'en finissait plus.
Le chef de l'opposition s'en est pris à un journaliste parce qu'il a posé une simple question. En effet, un des journalistes a dit que certains économistes n'abondaient pas dans le même sens que lui, et il lui a demandé s'il ne sautait pas un peu vite aux conclusions. Le chef de l'opposition s'en est pris au journaliste et il lui a demandé quel média il représentait. C'est en plein le style d'attaques à la Trump.
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, c'est exactement ce qui est arrivé. Les conservateurs peuvent chahuter autant qu'ils veulent, mais c'est ce qui s'est produit un vendredi matin devant l'édifice dans lequel nous nous trouvons. Le chef de l'opposition n'a pas pu attendre une demi-heure pour digérer les chiffres. Il a fallu qu'il agisse immédiatement.
Sautons à vendredi dernier, le 5 juin, lorsque nous avons pris connaissance des chiffres sur l'emploi dans le rapport pour le mois de mai. Il s'est créé, net, près de 90 000 emplois au Canada, ce qui a contribué à faire baisser le taux de chômage. Le nombre d'emplois à temps plein a grimpé en flèche. Plusieurs secteurs ont connu une croissance économique importante.
Qu'a fait le chef de l’opposition? S'est-il précipité à l'extérieur pour tenir une autre conférence de presse? Non, il ne l'a pas fait. Il est littéralement en train de se cacher. Il a disparu. Il n'a pas dit un mot.
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, en passant, comme mes collègues d'en face me chahutent à ce sujet, je ne l'ai pas entendu faire de discours aujourd'hui. Quand va-t-il faire un discours à ce sujet? Il n'a pas dit un seul mot. Il ne veut littéralement pas en parler.
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, dois-je moi-même invoquer le Règlement? Vous allez finir par devoir intervenir.
(1740)
Le chef de l'opposition est resté complètement muet. Vouloir soutenir que le ciel nous tombe sur la tête, c'est bien beau, sauf qu'une semaine plus tard, il refuse ne serait-ce que de commenter le fait que les statistiques sur l'emploi se sont améliorées et que l'économie n'est peut-être pas en pleine récession, finalement.
Mes collègues n'aiment pas m'écouter, alors je vais me permettre de revenir à Fred DeLorey, le gestionnaire de campagne au cours de l'avant-dernière élection générale. En passant, un certain nombre de conservateurs à la Chambre se sont portés candidats lorsqu'il était directeur de campagne. Voici ce qu'il a dit il y a trois ou quatre jours à peine: « S'engager sur cette voie aussi résolument que le fait [le chef de l'opposition], c'est douteux. On croirait presque qu'il espère qu'il y ait une récession. Je connais très bien le jeu de la politique partisane. Je suis un conservateur pur et dur, vous savez. Je tiens à remporter les prochaines élections. Or, à trois ans de celles-ci, ce n'est pas en criant toutes les semaines que le ciel nous tombe sur la tête qu'on y arrivera. »
Ce sont les mots d'un ancien directeur de campagne du Parti conservateur, qui a dirigé les élections de 2021 pour le Parti conservateur du Canada et qui a déclaré sans détour aux nouvelles de CBC que le chef de l’opposition souhaite voir une récession s'abattre sur le pays.
Voilà ce à quoi nous avons affaire. Le chef de l’opposition ne peut pas prétendre diriger un jour le pays s'il se précipite sur les tribunes pour annoncer que le ciel est en train de nous tomber sur la tête, que la fin du monde est proche et que nous connaissons le pire recul économique de l'histoire du Canada, puis, une semaine plus tard, ne pas dire un mot...
Monsieur le Président, le député ne peut pas se précipiter à l'extérieur de la Chambre et dire un jour que tout s'écroule, puis affirmer la semaine suivante que tout va bien. Ça ne tient pas debout. Les conservateurs peuvent chahuter, exprimer leur désaccord et remettre mes propos en question autant qu'ils le veulent. Qu'ils fassent comme bon leur semble. Le fait est que ce discours s'impose, et c'est exactement ce que voient la grande majorité des Canadiens lorsqu'ils regardent agir le chef de l'opposition.
Malheureusement, j'ai l'impression que les conservateurs se contentent de répéter que tout va mal, sans vraiment regarder la réalité en face. Ils peuvent bien rouspéter, lever les yeux au ciel ou dire que je ne comprends rien, mais je crois qu'il est temps pour eux de se livrer à un exercice d'introspection et de se demander pourquoi ils ont perdu les dernières élections et pourquoi ils ne décollent toujours pas dans les sondages. C'est à cause du chef de l'opposition et de ses jeux politiques constants. Les Canadiens ne le croient tout simplement plus.
Les conservateurs n'ont pas à aimer cela, mais c'est la réalité. Espérons qu'ils pourront prendre un peu de temps cet été pour réfléchir à la stratégie qu'ils devraient adopter, car, comme nous l'avons vu au cours des dernières années, la stratégie qu'ils utilisent actuellement et qui a mené à la motion de l'opposition d'aujourd'hui n'est pas une réussite. Je ne pense pas que ça arrivera. J'espère qu'ils pourront en tirer des leçons et comprendre qu'ils peuvent apporter leur contribution à la Chambre et à la démocratie, mais pas avec l'approche qu'ils ont choisie, et plus particulièrement avec celle du chef de l'opposition.
Monsieur le Président, plus tôt aujourd'hui, j'ai parlé avec des grands-parents de ma circonscription qui étaient assis à la tribune et qui écoutaient mon collègue, notre porte-parole en matière de finances, parler de l'état de notre économie. Je ne savais pas qu'ils allaient venir. Je suis très heureuse d'avoir pu les rencontrer en bas. En écoutant les députés libéraux...
Monsieur le Président, la députée ne peut pas faire allusion à la présence ou à l'absence de quelqu'un à la tribune. Vous pourriez peut-être lui rappeler les règles.
Le whip en chef du gouvernement a raison. La députée ne peut pas mentionner la présence actuelle ou passée de membres du public à la tribune. J'avais l'intention d'interrompre la députée une fois qu'elle aurait fini.
Je vais la laisser terminer si elle peut être brève.
Monsieur le Président, les grands-parents ont entendu les députés libéraux balayer du revers de la main les préoccupations relatives à la récession, la dette sans cesse croissante et le coût de la vie. Ils m'ont dit qu'ils aimeraient pouvoir raconter au gouvernement ce qu'ils vivent en tant que personnes âgées qui peinent à joindre les deux bouts. Ils ont parlé du coût de l'épicerie qui n'arrête pas d'augmenter, de leurs enfants adultes qui ont du mal à avancer dans la vie, et de leurs petits-enfants qui vont grandir dans un monde où la vie est moins abordable que celui dont ils ont hérité.
Mon collègue peut-il m'expliquer pourquoi tant de Canadiens ordinaires comprennent que nous sommes en récession alors que le gouvernement libéral continue de minimiser les difficultés économiques bien réelles que vivent les familles au quotidien?
Monsieur le Président, la députée a-t-elle dit aux gens de sa circonscription qu'elle a voté contre chacun des projets de loi que nous avons présentés et qui visaient à améliorer la vie des Canadiens? Nous avons littéralement réduit les impôts pour la tranche d'imposition la plus basse. Nous avons mis en place le Programme national d'alimentation scolaire. Nous avons instauré un régime de soins dentaires. Nous avons instauré un régime d'assurance-médicaments. Nous avons accompli tant de choses au fil des ans, alors que la députée est passée à la Chambre pour en prendre connaissance et voter. Elle a littéralement voté contre toutes ces mesures.
Monsieur le Président, le whip en chef du gouvernement sait très bien qu'il ne peut pas faire de remarques sur la présence ou l'absence d'un député à la Chambre, que ce soit aujourd'hui ou par le passé. Je lui rappellerais de consulter le Règlement qu'il est responsable de faire respecter au nom du gouvernement...
Je remercie le député de Brandon—Souris. J'ai pensé que le whip en chef du gouvernement avait habilement contourné cette restriction dans sa réponse.
Je vais laisser quelques secondes au whip en chef du gouvernement pour qu'il puisse conclure sa réponse, puis nous passerons aux questions et observations.
Monsieur le Président, je ne sais pas de quoi parle le député de Brandon—Souris. Je réponds à la question de la députée de Cloverdale—Langley City. Elle est présente à la Chambre en ce moment même. Nous le savons tous.
Le fait est que la députée qui m'a posé une question il y a un instant, et qui était présente à la Chambre lorsqu'elle l'a fait, essaie soudainement de me demander d'expliquer les choses aux gens de sa circonscription, alors qu'elle a voté contre toutes les mesures qui ont été proposées pour améliorer la vie de ces gens.
Monsieur le Président, d'un côté, les conservateurs sont catastrophistes. Ils exagèrent les difficultés. De l'autre côté, les libéraux sont jovialistes. Ils disent que tout va bien.
J'aimerais savoir ce que mon collègue pense du fait que la Banque Scotia et la Banque de Montréal ont toutes deux revu à la baisse leurs prévisions de croissance, qui sont de moins de 1 %.
Par ailleurs, le dernier rapport de la directrice parlementaire du budget fait état d'un ralentissement de la croissance et d'une détérioration des perspectives budgétaires, avec un déficit plus important que prévu et une probabilité que le gouvernement respecte sa prévision budgétaire de seulement 1 %.
Monsieur le Président, ces mêmes organisations avaient prévu que la croissance de l'emploi ne serait pas celle que nous avons connue en mai. Ces mêmes organisations avaient prévu que le chômage ne baisserait pas autant qu'il l'a fait. Ces mêmes organisations avaient prévu que l'emploi à temps plein ne connaîtrait pas la hausse qu'il a connue.
Oui, il y a des prévisions, mais il y a aussi la réalité. La réalité, c'est que vendredi dernier, notre pays a affiché d'excellents chiffres en matière d'emploi. Le chef de l'opposition n'a même pas encore daigné faire un commentaire à ce sujet. Pourtant, il y a une semaine, alors que le taux de croissance était de -0,04 %, il s'est précipité dehors, a fait comme si le ciel lui tombait sur la tête et a déclaré qu'il y avait une récession à grande échelle. Pour lui, ce n'est que du théâtre.
Monsieur le Président, je ne sais pas si mon collègue a entendu la même chose que moi dans ma circonscription. J'entends des gens dire qu'ils comprennent que le Canada est confronté à de nombreux défis sur le plan géopolitique, commercial et ainsi de suite. Ils veulent que les Canadiens se serrent les coudes et travaillent ensemble dans l'intérêt de tous les Canadiens.
Le député a laissé entendre que le débat d'aujourd'hui vise presque à célébrer les difficultés économiques du Canada. Le député peut-il nous dire s'il entend la même chose de la part de ses électeurs que moi en ce qui concerne la nécessité de travailler ensemble dans l'intérêt des Canadiens?
Monsieur le Président, je pense que la députée va un peu loin lorsqu'elle utilise le mot « célébrer », mais je comprends où elle veut en venir.
Ce que j'essayais de dire, c'est que les conservateurs sont très enthousiastes. Je peux presque garantir aux députés qu'il y a une semaine, le 31 mai, lorsque ces chiffres ont été publiés et que le Canada affichait un taux de croissance négatif de 0,04 %, ils ont réagi avec enthousiasme parce qu'ils y ont vu une occasion, et c'est ce qu'ils n'ont cessé de faire depuis. Tout ce que j'essayais de dire lorsque j'ai prononcé ce discours à la Chambre, c'est que cela ne leur permettra pas de former le gouvernement. Plus tôt ils l'apprendront, mieux je suppose que ce sera pire pour nous.
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui sur ce sujet très préoccupant.
Je partagerai mon temps avec la formidable nouvelle députée de Long Range Mountains, qui est fantastique et apporte à la Chambre une grande expertise. Je suis ravie de partager mon temps avec elle.
Je voudrais aussi saluer Susan, qui nous regarde peut-être depuis la maison, comme elle le fait souvent pour ce genre de discours. Je la remercie, ainsi que tous mes amis de Cornerstone, pour leur soutien.
On parle de récession. Que l'on soit en baisse de 0,1 % ou en hausse de 0,1 %, le fait est que l'économie ne se porte pas très bien, peu importe que le gouvernement prétende que nous ne sommes pas en récession ou qu'il s'agit simplement d'une récession théorique, comme certains aiment à le dire. En fait, selon Sean Speer, envoyé spécial du Hub, tout cela n'est qu'une question de sémantique un peu ridicule: « Les vraies questions sont: à quel point l'économie va-t-elle mal, depuis combien de temps va-t-elle mal, pourquoi va-t-elle mal, et quelles sont les différentes idées pour qu'elle cesse d'aller mal. »
Il y a une crise de la productivité au Canada, et tout le monde le sait. Le premier ministre l'a même admis. Je pense que l'élection du premier ministre tient en partie à son curriculum vitae, mais, plus d'un an après le début de son mandat, son programme et son plan économiques ne semblent pas fonctionner. C'est même un peu difficile de savoir en quoi consistent son plan et son programme économiques. Si son objectif est vraiment d’améliorer la productivité, il est difficile de voir en quoi ses annonces économiques mènent aux changements et grandes réformes nécessaires pour relancer l'économie de notre pays. Bien sûr, les droits de douane imposés par le président Trump pèsent sur notre économie, mais nous avions de graves difficultés économiques avant même qu'il ne soit question de lui. La Banque du Canada a déclaré qu'il s'agissait d'une crise de la productivité. La première sous-gouverneure Carolyn Rogers a déclaré: « Il y a péril en la demeure. Il faut agir ».
S'il est vrai que nous traversons une crise économique liée à la productivité, le programme du premier ministre ne prévoit rien pour y remédier. Il affirme que nous agissons plus rapidement que jamais, mais il n'y a pas eu de réforme fondamentale. Il n'y a pas eu de réforme sérieuse de la concurrence, de la fiscalité ou de la réglementation. En fait, dans ces trois cas, nous pourrions qualifier le premier ministre non pas d'acteur audacieux, mais de partisan du statu quo. Il incarne le statu quo. Il n'est pas prêt à s'attaquer aux banques, aux compagnies aériennes, aux entreprises de télécommunications ou aux autres oligopoles que nous devons confronter pour améliorer la productivité au pays. Il doit agir plus vite.
En ce qui concerne la concurrence, nous devrions nous attaquer en profondeur à la mise en commun des bénéfices des institutions financières, en particulier les banques, en augmentant la concurrence pour offrir des prix plus bas aux Canadiens. Si nous voulons envoyer un message aux États-Unis, faisons-le par l'intermédiaire du CANZUK, la proposition de partenariat stratégique et d'union géopolitique entre le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni. Si British Airways veut assurer une correspondance Toronto-Vancouver ou Toronto-Halifax, pourquoi ne pas le lui permettre et inviter n'importe quelle compagnie aérienne des pays du CANZUK à le faire?
En ce qui concerne la fiscalité, nous devrions immédiatement prendre des mesures pour réduire l'impôt sur les gains en capital des entreprises et des particuliers qui réinvestissent au Canada et dans les entreprises canadiennes. Nous avons besoin d'une réforme fiscale visant à réduire les impôts des entreprises et des particuliers et à réduire considérablement la complexité.
En ce qui concerne la réglementation, nous avons besoin de normes de service pour la délivrance des permis. Nous devons préapprouver les projets dans certaines régions du pays pour les réaliser plus rapidement. Nous devrions travailler plus étroitement avec les dirigeants autochtones de tout le pays pour choisir les projets, les préapprouver et en réduire les risques, afin de libérer et d'attirer des capitaux privés. Si le premier ministre voulait vraiment construire un pipeline, il aurait déjà commencé ses consultations auprès des groupes autochtones. Nous risquons de laisser passer ce temps précieux sans prendre les décisions qui s'imposent. Au lieu de cela, on nous sert des annonces et des discours et on ajoute des couches de bureaucratie, comme le Bureau des grands projets, qui, soit dit en passant, est en soi un aveu que le processus réglementaire ne fonctionne pas. Il y a la société d'État Maisons Canada aussi, puis le fonds souverain, qui sera financé, bien sûr, par la dette.
(1755)
Pour le reste de mes observations, j'aimerais parler d'un autre risque qui, à mon avis, est de plus en plus présent et auquel le gouvernement devrait accorder plus d'attention. Le plan financier du premier ministre pour le pays nous met sérieusement en danger. En doublant la taille des déficits du premier ministre Trudeau, le premier ministre menace la stabilité financière de notre pays. Si nous nous retrouvons en difficulté économique dans le monde, nous serons moins outillés pour y faire face. Nous empruntons des sommes records cette année et au cours des deux prochaines années. Cette année, nous emprunterons 510 milliards de dollars sur le marché, puis nous devrons en emprunter 594 milliards sur le marché, puis 563 milliards en 2027-2028.
Nous faisons principalement des emprunts à court terme dans la courbe de rendement, ce qui signifie qu'il faut refinancer la dette tous les deux ou trois ans. C'est comme si on signait un prêt hypothécaire d'un ou deux ans lors de l'achat d'une maison. Il faut aller à la banque et, sans surprise, le taux d'intérêt est révisé chaque fois. Lorsque 40 % de la dette publique est détenue par des acteurs financiers non bancaires, c'est-à-dire des fonds spéculatifs et des spéculateurs financiers, nous courrons un grand risque si ces fonds spéculatifs et ces acheteurs ne peuvent pas continuer d'acheter. Face à cette situation, le plan financier du premier ministre consiste à emprunter plus d'argent, et ce, à un niveau jamais vu.
Si un événement économique, une crise de la dette souveraine, une guerre ou autre chose survient entièrement à l'étranger, les coûts du service de notre dette vont exploser. Ils s'élèveront déjà à 80 milliards de dollars dans quelques années à peine, et cet argent ne pourra pas être utilisé à des fins plus productives. Ce montant est une prévision établie en fonction des taux d'intérêt actuels ou de taux moindres. Qu'arrivera-t-il si les taux d'intérêt augmentent? Le premier ministre, qui a dirigé deux banques centrales et présidé le Conseil de stabilité financière, devrait savoir qu'il ne faut pas accroître les déficits et la dette du Canada et nous exposer à davantage de risques. Je ne suis pas le seul de cet avis.
La Banque du Canada nous prévient que nous pourrions faire face à des problèmes. Elle dit que l'augmentation des valorisations des actions et des titres de créance ainsi que la hausse des sommes empruntées par des fonds de couverture pour acheter des titres de dette souveraine sont des vulnérabilités. « Il est donc plus probable que, advenant un nouveau choc ou une combinaison de chocs, plusieurs vulnérabilités se matérialisent simultanément. », a déclaré la première sous-gouverneure, Carolyn Rogers.
La Banque du Canada prévient le gouvernement qu'il pourrait y avoir de l'instabilité économique, et nous sommes exposés à un risque lié à l'entité qui finance le gouvernement en achetant notre dette. Cette exposition mettra en péril notre note de crédit AAA. Nous pouvons dire adieu à la cible budgétaire. En fait, la directrice parlementaire du budget a déjà dit que le gouvernement a moins de 1 % de chances de maintenir cette cible. Les décisions du premier ministre en matière de responsabilité financière sont tout à fait imprudentes et entraîneront — et pourraient entraîner — plus de souffrance plus tard.
Certes, l'un de ces événements pourrait ne pas se produire, mais personne n'avait prévu la crise financière de 2007 et 2008, ou très peu de gens l'avaient fait. Cependant, cela pourrait arriver, et compte tenu de cette possibilité et des risques croissants, la décision de l'actuel premier ministre d'augmenter la dette et les déficits ne peut être qualifiée que d'imprudente, car elle mettra en péril la capacité du gouvernement à financer les programmes sociaux. Les banquiers et les détenteurs d'obligations seront payés d'abord, et les programmes sociaux canadiens passeront après. Comme je l'ai dit, on aurait pu penser que le premier ministre serait plus sensible à certains de ces risques mondiaux et qu'il adopterait une approche beaucoup plus responsable sur le plan financier en ce qui concerne les dépenses du gouvernement.
Je n'aurai peut-être pas l'occasion de saluer tout le monde qui viendra à Midland cette fin de semaine, car c'est le festival de la meilleure tartelette au beurre de l'Ontario. J'invite tout le monde à venir. Je suis ravi de faire la promotion de ce grand événement qui se tiendra dans ma circonscription cette fin de semaine.
Je serai également ravi de répondre à toute question des députés concernant mes observations.
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon extraordinaire collègue de son discours, notamment pour sa conclusion. Il se pourrait que j'aille faire un tour par là pour goûter à quelques tartelettes au beurre.
Son discours décrivait fidèlement ce que mes concitoyens me disent et, j'en suis sûr, ce que les concitoyens de la plupart de nos collègues à la Chambre leur disent. Ils subissent les effets de la récession. Ils subissent les effets des politiques inflationnistes du gouvernement qui ont fait baisser leurs salaires et fait grimper le coût de la vie.
J'aimerais que le député nous explique un peu plus pourquoi il pense que les libéraux sont incapables d'admettre que leurs 11 années de dépenses inflationnistes ont eu des conséquences désastreuses sur l'économie, sur les revenus des ménages et sur l'endettement des ménages, et quelles conséquences cela pourrait avoir sur la suite des choses
Monsieur le Président, mon remarquable collègue, qui contribue beaucoup aux travaux de la Chambre, pose une excellente question.
C'est du déjà vu. Le gouvernement a mis trop de temps à admettre qu'il y avait un problème d'inflation. De plus, il a réagi trop tardivement au déclin économique et à la stagnation du pays. Pourquoi? C'est parce que, comme les libéraux sont au pouvoir depuis 11 ans, s'il y a un problème à admettre, eh bien ils auraient sûrement pu faire quelque chose pour le régler.
Monsieur le Président, j'ai l'impression que c'est l'Halloween et que je me suis déguisé en député de Simcoe-Nord, mais c'est un hasard. Il ne faut pas s'inquiéter, nous ne nous sommes pas appelés avant de commencer notre journée.
J'aimerais lui poser une question. Il a parlé beaucoup des risques dans son intervention. Un des risques majeurs que je vois actuellement a été soulevé par un de ses collègues sur sa page Facebook. Je dois lui en donner le crédit. Il mentionne que la croissance du PIB sous Mark Carney a diminué de zéro...
Je disais donc qu'il y a eu une diminution de 0,6 % du PIB sur une période de 365 jours, selon Statistique Canada. Selon Yahoo! Finance Canada, Brookfield a connu une croissance boursière de 19,56 % sur une période de 365 jours. D'un côté, on a un PIB qui décroît de 0,6 % et, de l'autre, on a une augmentation, du côté de Brookfield, de près de 20 %.
Est-ce que c'est normal? J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
[Traduction]
Je dois dire que j'aime bien les couleurs choisies par le député du Bloc aujourd'hui pour agencer sa cravate à son habit.
Le député soulève une distinction importante. En économie, il existe ce qu'on appelle une reprise en K. C'est-à-dire que les gens fortunés qui ont des actifs s'en tirent très bien — comme ceux qui ont investi dans Brookfield —, et que les gens qui n'ont ni actifs ni fortune ont du mal à joindre les deux bouts. Ils sont aux prises avec la hausse des coûts, du prix des aliments et du prix de l'essence. C'est ce qui se passe actuellement dans l'économie. Il y a ceux qui s'en tirent bien et ceux qui s'en tirent moins bien. Il se trouve que tous ceux qui semblent bien s'en tirer connaissent très bien le premier ministre.
Monsieur le Président, le député a une vaste expertise dans le domaine du commerce. Pour ma part, comme on le sait, je viens d'une circonscription et d'une région qui dépendent fortement des ressources, du commerce, de la foresterie et des échanges commerciaux entre le Nord et le Sud. Le taux de chômage se situe actuellement à 8,5 % dans ma circonscription.
Le député pourrait peut-être parler du fait que l'économie ne se vit pas de la même manière d'une région à l'autre et expliquer aux députés d'en face pourquoi leurs politiques économiques nuisent à certaines circonscriptions comme la mienne.
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son excellente question. Je la remercie de souligner que l'économie n'est pas uniforme d'un bout à l'autre du pays.
Le gouvernement se réjouit des chiffres sur l'emploi qui ont été publiés vendredi, des chiffres mensuels qui, soit dit en passant, sont révisés de façon assez substantielle. Le taux de chômage varie d'une région à l'autre du pays. Les emplois qui sont créés ne vont pas nécessairement aux 80 000 personnes qui ont perdu leur emploi au cours des derniers mois. C'est un défi. Nous essayons de montrer au gouvernement que différentes régions du pays vivent des difficultés économiques et qu'il devrait y prêter attention.
Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au nom des habitants de Long Range Mountains, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Ils comptent parmi les personnes les plus industrieuses et autonomes qui soient, et ils demandent l'équité et la stabilité économique, non seulement pour eux et pour la génération actuelle, mais aussi pour leurs enfants et leurs petits-enfants afin qu'ils puissent s'épanouir chez eux.
Je prends la parole aujourd'hui pour appuyer la motion de l'opposition conservatrice, qui porte sur la dure et froide réalité que connaît le pays. Les libéraux ont officiellement plongé le Canada en récession, et les dernières données montrent que la situation ne fera qu'empirer pour les Canadiens ordinaires.
Le premier ministre libéral est le seul dirigeant du G7 et du G20 à avoir plongé son pays en récession, après avoir provoqué le déclin de l'économie canadienne au cours de trois des quatre derniers trimestres. Les libéraux veulent qualifier cette récession de théorique, mais il n'y a rien de théorique dans le fait d'avoir le ventre vide ou de rentrer du travail et d'annoncer à ses enfants qu'on a plus d'emploi. Ce sont les travailleurs canadiens ordinaires qui en paient le prix. Dans les collectivités de ma province, cela veut dire que des familles font des choix qu'elles n'auraient jamais imaginé devoir faire. Elles paient leur épicerie avec une carte de crédit. Elles tardent à avoir des enfants ou à envisager la retraite, et elles se demandent si elles auront les moyens de garder leur maison acquise grâce à tant d'efforts.
Les libéraux adorent mettre les difficultés économiques du Canada sur le compte de facteurs mondiaux. Ils pointent du doigt les droits de douane internationaux et les conflits géopolitiques, mais tous les pays du G7 sont confrontés aux mêmes perturbations mondiales, aux mêmes droits de douane internationaux et aux mêmes difficultés mondiales. Pourtant, aucun de ces pays n'est en récession, sauf le Canada. Avec ce premier ministre, ses dépenses inflationnistes, ses lourdeurs administratives et ses lois anti-exploitation, notre économie a stagné et la productivité du Canada a été étouffée. Maintenant, le Canada a officiellement la dette des ménages la plus élevée du G7, le pire coût du logement du G7 et le deuxième taux de chômage en importance du G7. Ce n'est pas un signe de réussite, et c'est pour cela que les Canadiens sont en difficulté.
L'abordabilité s'est tellement détériorée que les familles de travailleurs perdent du terrain. Ce qui décourage mes concitoyens, c'est d'entendre des ministres libéraux prendre la parole à la Chambre et leur dire qu'il faut de l'abordabilité et non des slogans à l'emporte-pièce. Ils les entendent dire que les programmes gouvernementaux fonctionnent, que les annonces trouvent un écho et que les Canadiens se portent mieux grâce aux politiques libérales, mais dans ma collectivité, des familles me posent une question très simple: si les choses vont si bien, alors pourquoi y a-t-il tant de gens en difficulté?
La directrice parlementaire du budget signale que la probabilité que ce gouvernement libéral dépensier atteigne sa propre cible budgétaire de diminution du ratio du déficit au PIB est inférieure à 1 %. Pire encore, les libéraux empruntent déjà bien au-delà de leur propre budget. Dans leur mise à jour économique du printemps, ils ont affirmé que le déficit serait de 65,3 milliards de dollars cette année, mais la directrice parlementaire du budget prévoit un déficit de 71,8 milliards de dollars. Qu'en est-il des contribuables? Ils sont ensevelis sous des montagnes de dettes libérales. Selon les projections, les frais de la dette fédérale devraient grimper de 46 %. D'ici 2030‑2031, 13,1 ¢ de chaque dollar de recettes fédérales iront directement au paiement des intérêts de ce gouvernement libéral dépensier qui vit à crédit.
Les Canadiens ordinaires sont obligés de se serrer la ceinture et de faire des sacrifices. Les effets dévastateurs sont évidents. L'insolvabilité chez les consommateurs au Canada a atteint son plus haut niveau depuis 2009. À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, le nombre de cas d'insolvabilité continue d'augmenter, et derrière chaque cas d'insolvabilité se trouve une famille qui a atteint son point de rupture. Ce sont des Canadiens qui ont travaillé dur, qui ont payé leurs factures et qui ont essayé de s'en sortir, mais ils perdent du terrain parce que l'épicerie, le carburant, le mazout pour se chauffer, le logement et le loyer coûtent plus cher, ce qui a augmenté la pression sur le budget des ménages d'une manière que de nombreuses familles ne peuvent tout simplement pas absorber.
Alors que les Canadiens ordinaires ont du mal à joindre les deux bouts, le premier ministre a dépensé près de 195 000 $ en frais de traiteur afin d'offrir à bord de seulement trois vols des repas haut de gamme et de couteux services d'accueil aux frais du contribuable. La ministre libérale de l'Environnement s'est récemment rendu au Brésil et a dépensé 467 000 $ en hébergement de luxe, ainsi que 650 000 $ de plus rien que pour louer, aménager et exploiter un seul pavillon promotionnel. Cela représente plus de 1 million de dollars dépensés pour un seul voyage à l'étranger par les élites libérales. Tout cela se produit sous un premier ministre qui a récemment déclaré à New York qu’« un pays qui ne peut se nourrir, s’approvisionner en carburant ou se défendre n’est pas véritablement souverain », alors qu’il a créé une réalité où des millions de Canadiens ordinaires qui travaillent dur dépendent des banques alimentaires tandis qu’il offre de somptueux repas au-dessus des nuages et que sa ministre séjourne dans des hôtels de luxe. Nous ne pouvons pas faire tourner l’économie avec des bureaucrates libéraux dépensiers et des menus conçus pour le gratin; il nous faut une véritable croissance du secteur privé.
(1810)
Sous le premier ministre libéral, nous traversons une période de marasme entrepreneurial où les petites entreprises qui ferment leurs portes sont plus nombreuses que celles qui ouvrent leurs portes. Les investissements des entreprises sont à la baisse depuis cinq trimestres consécutifs. Les investissements en capital ont encore reculé de 0,7 % au cours du premier trimestre de cette année seulement, et plus de 20 milliards de dollars d'investissements nets ont quitté notre économie depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre libéral.
Quand les capitaux quittent le pays, la productivité s'effondre. La productivité de la main-d'œuvre a diminué au cours de trois des quatre derniers trimestres, ce qui a une incidence directe sur notre marché du travail. D'après la directrice parlementaire du budget, « [l]e marché du travail s'est affaibli, en phase avec le ralentissement général de l'économie ». À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, nous affichons le taux de chômage le plus élevé de tout le pays. Au cours des 3 premiers mois de cette année, 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement sur leur dette, tandis que les taux de défaut de paiement des prêts hypothécaires ont grimpé de 32 % d'une année par rapport à l'autre.
Ces chiffres représentent une véritable souffrance humaine. Je reçois régulièrement des témoignages de gens de partout dans ma circonscription, Long Range Mountains, qui me racontent des histoires déchirantes. Clayton, de Corner Brook, a contacté notre bureau. C'est une personne âgée qui a besoin de soins à domicile, mais il envisage d'y renoncer, car, avec la hausse du coût du chauffage, du loyer et de l'épicerie, il n'en a tout simplement plus les moyens.
J'entends sans cesse parler de jeunes qui quittent la province. Depuis des générations, les habitants de Terre‑Neuve‑et‑Labrador voient leurs fils, leurs filles, leurs frères, leurs sœurs et leurs amis quitter la région pour saisir des occasions ailleurs au Canada. Nous connaissons la douleur des adieux à l'aéroport. Nous savons ce que c'est que manquer des anniversaires, des fêtes, des repas de Noël et des moments importants en famille parce que des occasions se présentent ailleurs. Une étude récente sur les tendances migratoires au Canada a révélé que Terre‑Neuve‑et‑Labrador affichait le taux d'émigration nette le plus élevé du pays, perdant l'équivalent de plus de 10 % de sa population au profit d'autres provinces. Aucune province canadienne n'a perdu proportionnellement plus d'habitants que Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Nous sommes la seule province du Canada à enregistrer une perte migratoire nette vers toutes les autres provinces du pays.
Au cours des 30 dernières années, Terre‑Neuve‑et‑Labrador a enregistré, parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans, des pertes nettes équivalentes à la quasi-totalité de sa population actuelle dans cette tranche d'âge. Quand les jeunes pensent pouvoir bâtir une vie meilleure ailleurs, ils partent. Quand les libéraux ne parviennent pas à créer les conditions propices à la croissance, à l'investissement et à l'ouverture de débouchés, les familles font des choix difficiles, et c'est là la réalité déchirante à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, une province riche en ressources naturelles et en potentiel inexploité.
La perte de possibilités n'est pas le seul problème. Le coût des produits alimentaires augmente d'année en année, et 53 % des travailleurs canadiens déclarent que l'abordabilité des aliments s'est considérablement détériorée au cours de la dernière année. Plus d'un travailleur canadien sur trois est désormais contraint de s'endetter simplement pour acheter de la nourriture. Certaines familles consacrent jusqu'à 120 % de leur revenu total uniquement à l'alimentation et au loyer. C'est incroyable. La demande auprès des banques alimentaires à l'échelle nationale a doublé depuis 2019 et atteint le triste record de 2,2 millions de visites mensuelles. Plus de 137 000 habitants de Terre‑Neuve‑et‑Labrador vivent dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire. Plus du tiers des enfants de notre province vivent dans des ménages qui ont du mal à mettre chaque jour de la nourriture sur la table. Ce n'est pas une statistique qui devrait exister dans un pays aussi prospère que le Canada.
Nous ne pouvons pas nous sortir de la crise de la dette libérale en empruntant. Nous ne pouvons pas atteindre la prospérité économique en augmentant les impôts, et nous ne pouvons certainement pas nous sortir d'une récession provoquée au départ par les dépenses des libéraux déconnectés de la réalité en dépensant davantage.
Depuis des mois, les conservateurs signalent que ce programme inflationniste va affaiblir la croissance, faire fuir les investissements des entreprises et laisser les familles de travailleurs payer la note. Aujourd'hui, les données nous donnent raison. Les habitants de Long Range Mountains et tous les Canadiens méritent un revirement immédiat. Ils méritent un premier ministre qui leur dira la vérité et qui présentera un véritable plan pour renverser ces politiques libérales inefficaces.
Il est temps de mettre fin à la récession libérale. Il est temps de plafonner les dépenses coûteuses des libéraux, d'éliminer la taxe sur le carbone inflationniste des libéraux, de réduire les formalités administratives et de libérer le potentiel de nos ressources naturelles et de notre main-d'œuvre.
Les conservateurs comprennent l'immense pression que subissent les Canadiens ordinaires, et nous continuerons à les soutenir pour faire renaître l'espoir, récompenser le travail acharné, rétablir le rêve de devenir propriétaire et donner au secteur privé les moyens de croître et de prospérer afin que les Canadiens puissent à nouveau croire en l'avenir de notre grand pays.
Monsieur le Président, j'ai eu l'occasion de visiter la circonscription de la députée, il y a quelques années. C'est une magnifique circonscription avec des gens phénoménaux. J'ai écouté son discours très attentivement. Elle a mentionné quelque chose qui, je pense, fait l'unanimité ici. Personne ne veut que les jeunes soient obligés de partir de chez eux pour trouver du travail. Je pense que nous voulons tous offrir aux jeunes qui le souhaitent la possibilité de rester dans leur province d'origine et y trouver un bon emploi pour faire leur vie et fonder une famille.
Cela dit, je sais que dans l'énoncé économique du printemps que nous avons publié récemment, nous avons présenté l'initiative Une Équipe Canada forte, qui permettra d'offrir aux jeunes les programmes d'apprentissage et de perfectionnement dont ils ont besoin pour contribuer à la construction des logements dont parle la députée. Convient-elle que ce pourrait être une bonne initiative pour aider les jeunes à demeurer dans leur province d'origine?
Monsieur le Président, je remercie la députée d'en face d'avoir visité ma belle province.
Ma réponse est la suivante: si notre économie n'offre pas de débouchés à nos gens de métier, nous pouvons les former autant que nous le voulons, mais ils ne resteront pas dans la province s'ils n'y trouvent pas d'emplois bien rémunérés. Notre secteur pétrolier et gazier extracôtier a vu la province perdre une grande quantité d'investissements: ces derniers ont diminué de 40 % au cours de la dernière décennie. Voilà un exemple qui illustre bien comment nous laissons tomber les jeunes de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
Monsieur le Président, je félicite ma collègue de Terre‑Neuve‑et‑Labrador pour son discours. C'était un excellent discours jusqu'au moment où elle s'est présentée comme la solution de remplacement à ce qui se passe, avec les slogans habituels du Parti conservateur, avec les mêmes propositions qui mettent en valeur davantage le pétrole et le gaz que les ressources naturelles et les énergies renouvelables.
Bref, je veux quand même me focaliser sur la partie de son discours que j'ai appréciée, soit celle des régions qui se voient désertées parce qu'il y manque d'opportunités d'emploi et de développement à long terme pour les jeunes qui veulent s'y installer. C'est inacceptable que les jeunes familles veuillent aller s'installer à l'extérieur de Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Les Terre‑Neuviens devraient avoir la chance et l'occasion de faire leur vie dans leur province d'origine.
On vit un problème dans ma région présentement. C'est l'incompréhension du gouvernement relativement à une situation pour laquelle il y aurait une solution très, très facile, et ça met en péril notre secteur manufacturier. J'aimerais entendre ma collègue parler davantage de solutions concrètes à des problèmes réels plutôt que du coup de baguette magique qui, selon elle, réglerait tout avec un gouvernement conservateur.
Monsieur le Président, je suis d'accord avec le député. Les régions rurales de Terre‑Neuve‑et‑Labrador et du reste du Canada regorgent de potentiel et de possibilités inexploités. L'économie de Terre‑Neuve‑et‑Labrador repose sur les ressources naturelles, mais de nombreux projets sont empêtrés dans des formalités réglementaires. Il y a tellement de propriétaires de petites et moyennes entreprises qui portent un fardeau fiscal. Ils portent également un fardeau réglementaire dont ils ne parviennent pas à se libérer. Les ressources naturelles sont le moteur des économies rurales partout au Canada, mais surtout à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Les conservateurs proposeraient donc des solutions axées sur ces ressources pour stimuler les débouchés dans les régions rurales du Canada, en particulier dans ma province.
Monsieur le Président, le discours de ma collègue m'a vraiment touchée, parce que je viens d'une région rurale de la Colombie‑Britannique. Peu de gens qualifieraient Kelowna de rurale, mais c'est juste au nord de chez moi, et le taux de chômage y est maintenant le plus élevé au pays, à plus de 9 %. Ça se répercute sur toutes les régions environnantes, y compris ma circonscription. Les habitants de ma circonscription me parlent constamment de ce dont la députée a parlé. Ils ont du mal à se procurer de quoi manger, et c'est bien réel. Nous ne cherchons pas à susciter la controverse; c'est la réalité. J'en entends constamment parler à mon bureau. Je le vois dans les banques alimentaires.
Quel danger y a-t-il à nier qu'il y a un problème dans notre pays? Quel danger y a-t-il à ce que les libéraux continuent de nier cela?
Monsieur le Président, ma mère disait souvent que, pour régler un problème, il faut admettre qu'il existe. C'est exactement le problème que nous voyons dans notre pays en ce moment. Si nous essayons de faire diversion en faisant de beaux discours, en parlant de notre chef et en nous enthousiasmant, nous ne nous attaquons pas aux vrais problèmes. C'est le problème quand on nie la réalité.
Monsieur le Président, nous savons tous que nous traversons l'une des périodes les plus dangereuses et les plus marquées par les divisions que le monde ait connues depuis des générations. Nous savons tous que la pression qui pèse sur les Canadiens ne vient pas d'une seule direction, mais de toutes les directions à la fois. Nous savons que notre plus proche allié et partenaire commercial a imposé des droits de douane à des niveaux que nous n'avons jamais vus de mémoire d'homme. Des guerres font rage en Europe et au Moyen-Orient. Des chaînes d'approvisionnement qui ont mis des décennies à se construire sont en train de se briser en temps réel. Tout cela se déroule dans un contexte de transformation technologique qui définit ce à quoi ressembleront le travail et l'économie dans une décennie, voire dans moins d'une décennie.
Ce n'est pas une période normale, et la plupart des Canadiens le savent. Ils le ressentent à la caisse de l'épicerie et au moment de renouveler leur prêt hypothécaire. Un jeune le ressent lorsqu'il fait des calculs en vue d'acheter sa première maison. Nous comprenons tous cela. Nous comprenons tous les préoccupations et les risques, et nous comprenons tous qu'il nous appartient de trouver des moyens d'améliorer la situation.
Aucun compte rendu honnête de la façon dont nous en sommes arrivés là ne désigne un seul coupable ou une seule année. Cela a pris des décennies, sous des gouvernements de toutes allégeances, dans un pays où il est tout simplement devenu trop difficile de construire, trop difficile de lancer des projets d'envergure, trop difficile d'empêcher nos meilleurs talents, nos chercheurs et nos entreprises de partir ailleurs, et trop difficile de transformer des idées en industries. Ce ne sont pas là des accusations partisanes. C'est l'héritage que nous avons tous reçu ici, dans cette Chambre, et le résultat de décennies d'action.
La question pour la Chambre n'est pas de savoir si nous traversons une période difficile. Tout le monde sait que c'est le cas. La question est de savoir ce qu'un gouvernement sérieux doit faire à ce sujet. Le gouvernement a choisi de se concentrer sans relâche sur ce qui est sous son contrôle. Nous avons créé le Bureau des grands projets pour faire en sorte que des projets d'intérêt national se réalisent et qu'ils ne restent pas bloqués dans les files d'attente. Nous avons adopté la Loi sur l'unité de l'économie canadienne afin d'éliminer les obstacles au commerce intérieur qui rendaient plus facile le commerce avec un autre pays qu'avec une province voisine, ce qui était absurde. La superdéduction à la productivité donne aux entreprises une raison d'investir ici et maintenant. Maisons Canada construit déjà des milliers de logements. Grâce à une approche Équipe Canada solide, nous investissons 6 milliards de dollars pour former 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés, car nous ne pouvons pas construire ce que nous approuvons sans la main-d'œuvre nécessaire.
Voici la partie dont les députés d'en face ne parleront jamais, car elle ne sert pas leurs intérêts: nous procédons en collaboration avec les gens, et non contre eux. Des premiers ministres provinciaux de toutes les allégeances politiques — libéraux, conservateurs et néo-démocrates —, et même Danielle Smith, ont constaté que le gouvernement est un partenaire avec lequel ils peuvent collaborer. Voilà à quoi ressemble réellement le fait de gouverner en temps de crise. Il faut mettre de côté la partisanerie, prendre les moyens nécessaires et collaborer.
J'en arrive à la motion du chef de l'opposition dont nous sommes saisis aujourd'hui, qui n'a certainement pas été rédigée dans cet esprit. Ce n'est pas une main tendue pour bâtir. Ce n'est pas une proposition visant à réfléchir à la manière dont nous pourrions travailler ensemble. Ce n'est même pas un bilan honnête de la situation actuelle. Il s'agit, encore une fois, d'une mise en scène théâtrale.
Je vais prendre un instant pour m'attarder sur un mot précis qui est au cœur de cette performance. La motion ne parle pas d'un « trimestre difficile ». Elle ne parle pas d'un « ralentissement ». Dès la toute première ligne, elle utilise le mot le plus fort qui soit: « récession ».
Il existe une entité que nous reconnaissons tous, dont l'entière mission consiste à déterminer si ce terme s'applique. Il s'agit du Conseil des cycles économiques de l'Institut C.D. Howe. Bénéficiant de la confiance tant des conservateurs que des libéraux, c'est l'entité à laquelle on s'en remet pour déterminer si nous sommes effectivement en récession, et ce n'est pas ce qu'elle a dit. Ce n'est pas une organisation libérale. Ce n'est pas un communiqué de presse libéral ou conservateur qui tranche la question. C'est le Conseil qui a déclaré la crise financière de 2008 et le ralentissement causé par la COVID‑19. Quand la situation se présente réellement, c'est le Conseil qui la nomme, pas les politiciens.
Il y a trois jours, le Conseil des cycles économiques a examiné exactement les mêmes données que celles que le chef de l'opposition brandit, mais a refusé d'utiliser ce terme. L'Institut C.D. Howe considère que le déclin est si léger, une variation de 1 %, que les conditions sont très loin de celles qui ont accompagné les récessions par le passé. En termes très clairs, l'Institut C. D. Howe a souligné que ce sont précisément des termes de ce genre, attribués par des politiciens à des chiffres comme ceux‑là, qui causent des problèmes graves, parce qu'ils sont conçus pour paraître officiels et alarmants.
L'entité qui agit comme l'arbitre de notre pays, celle qui a déclaré la récession de 2008 et le ralentissement causé par la COVID‑19, s'est penchée sur la question et n'a pas voulu tirer cette conclusion. Pourtant, le chef de l'opposition a décidé que son travail consiste à utiliser un mot plus grave que celui utilisé par l'arbitre de notre pays quand est venu le temps de rédiger le libellé de la motion. La question se pose, même si la motion a été rédigée de manière à l'esquiver: pourquoi?
Pourquoi le chef de l'opposition fait-il fi des experts, comme il a l'habitude de le faire, en choisissant de prononcer le mot le plus effrayant qu'il ait pu trouver? Pourquoi veut-il qu'un ralentissement soit perçu comme une catastrophe? Pourquoi tient-il à semer la peur dans le cœur des Canadiens, qui vivent déjà des difficultés, ce que nous reconnaissons tous? C'est parce que, pour lui, la catastrophe est une sorte d'autorisation.
(1825)
Un ralentissement exige que le gouvernement stabilise le navire et continue à bâtir, mais seule une catastrophe pourrait justifier un changement de politiques comme ce qui est demandé dans cette motion. Qu'on se le dise: renoncer à nos politiques, c'est mettre fin aux soins dentaires dont bénéficient actuellement les aînés. C'est dire aux travailleurs dont les enfants fréquentent le centre de la petite enfance Butterfly Kisses, une garderie de sa propre circonscription qui a réduit les frais pour les familles, qu'ils ne pourraient plus avoir accès aux subventions qui rendent les services de garde abordables. Renoncer à nos politiques, c'est aussi éliminer le Programme national d'alimentation scolaire qui nourrit les enfants avant qu'ils ne s'assoient à leur pupitre pour apprendre.
Que ce soit dans Carleton ou Battle River—Crowfoot, les Canadiens demandent la même chose. Ils demandent des soins dentaires, des services de garde, ainsi que de la certitude et de la stabilité au sein du gouvernement. Ils recherchent des dirigeants qui ne se contentent pas de leur dire que tout ira bien, mais qui leur montrent la voie à suivre et prennent des mesures pour y parvenir en établissant un consensus.
Le chef de l'opposition veut pouvoir se tenir au milieu des ruines. C'est précisément pour cela qu'il cherche à justifier un changement de politiques: en parlant de récession et en dramatisant la situation. On le comprend en l'écoutant attentivement. On ne peut pas faire croire aux gens que le plancher se dérobe sous leurs pieds pour une variation de moins de 1 %. Il ne peut y parvenir qu'en essayant d'abord de convaincre le pays que la situation est catastrophique.
Le chef de l'opposition a besoin d'une catastrophe. Il a besoin d'une situation catastrophique, mais pas parce que les données lui donnent raison — ce n'est pas le cas — mais parce que, sans cela, il ne peut pas convaincre les Canadiens. Sans cela, il n'y a pas grand-chose pour justifier son leadership toxique. Voilà le vrai clivage à la Chambre, et il est on ne peut plus frappant. D'un côté, on s'efforce de convaincre les Canadiens, de concert avec les premiers ministres provinciaux, les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates, qu'il est temps de travailler et de bâtir ensemble, et de l'autre, ils disent que ce que nous essayons de bâtir ensemble est voué à l'échec afin que personne ne s'oppose à ce qu'ils commencent à tout démolir.
De ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer de bâtir. Ces efforts donnent des résultats dans les collectivités et dans la vie des gens.
Dans ma province, la Colombie‑Britannique, la fusion qui a mené à la création d'Anglo Teck a permis d'établir à Vancouver le siège social d'un champion mondial de l'industrie minière, ce qui a permis de créer des milliers d'emplois au Canada et d'obtenir des milliards de dollars d'investissements au Canada. Des gens de talents choisissent d'investir des capitaux au Canada au même moment où les députés d'en face insistent pour dire que le Canada est en train de s'effondrer.
Selon les prévisions de l'OCDE, qui n'est pas du tout un organisme libéral, le Canada se classera, cette année et l'année prochaine, au deuxième rang des pays du G7 pour son taux de croissance...
Comme il est 18 h 30 et puisqu'il s'agit du dernier jour désigné de la période des subsides se terminant le 23 juin 2026, il est de mon devoir d'interrompre les délibérations et de mettre aux voix sur‑le‑champ toute question nécessaire à l'expédition de la motion de l'opposition.
[Traduction]
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Que le crédit 5, au montant de 17 968 133 395 $, sous la rubrique ministère de la Défense nationale — Dépenses en capital, du Budget principal des dépenses pour l'exercice se terminant le 31 mars 2027, soit agréé.
— Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée d'Halifax
Je suis reconnaissant de pouvoir intervenir au sujet des priorités budgétaires du gouvernement pour l'exercice 2026‑2027, telles qu'elles sont présentées dans le budget principal des dépenses.
Le budget principal des dépenses donne une vue d'ensemble des fonds et des ressources qu'il faut aux ministères afin de fournir les programmes et les services dont les Canadiens ont besoin. Le Parlement doit donner son aval aux dépenses avant que le gouvernement soit légalement autorisé à débourser les derniers publics. Dans une perspective de transparence et de vérification, les comités parlementaires ont la possibilité d'écouter les ministres et des fonctionnaires ainsi que de les interroger afin de déterminer si les dépenses proposées cadrent avec les grandes priorités du gouvernement. Les Canadiens sont aussi à même d'apprendre comment le gouvernement entend utiliser l'argent de leurs impôts. Les montants qui figurent dans le budget principal sont reportés dans une loi de crédit qui, une foi adoptée, donne au gouvernement le pouvoir légitime d'engager les dépenses.
En ce qui concerne le Budget principal des dépenses 2026‑2027, j'aimerais préciser que les dépenses prévues émanent du budget de 2025. Comme le budget l'a clairement indiqué, le gouvernement est déterminé à assurer une gestion financière rigoureuse. Cela signifie moins de dépenses de fonctionnement afin que nous ayons plus d'argent pour construire un Canada fort. Étant donné que le budget 2025 a été déposé à l'automne, plutôt qu'au printemps, comme les années précédentes, il est possible de mieux harmoniser le budget principal des dépenses avec les décisions budgétaires. Par conséquent, le budget principal des dépenses de 2026‑2027 tient compte des nouvelles dépenses de 14,7 milliards de dollars annoncées dans le budget de 2025, y compris dans des domaines clés comme la défense, les infrastructures et le logement. Les mesures qui sont encore en cours d'élaboration seront présentées plus tard dans les budgets supplémentaires des dépenses.
Comme je l'ai mentionné, faire des investissements dans des domaines prioritaires signifie que le gouvernement dépense moins et investit plus pour bâtir l'économie la plus forte du G7. Par conséquent, les dépenses décrites dans l'actuel budget principal des dépenses reflètent également certaines économies découlant de l'examen complet des dépenses effectué par le nouveau gouvernement du Canada. L'année dernière, nous nous sommes clairement engagés à dépenser moins pour le fonctionnement de l'appareil gouvernemental afin de pouvoir consacrer davantage d'argent aux travailleurs, aux entreprises et aux infrastructures d'intérêt national qui feront croître notre économie et renforceront notre pays. L'examen complet des dépenses, lancé en juillet, a été essentiel pour respecter cet engagement à faire des dépenses responsables et à utiliser l'argent efficacement, de manière à obtenir des résultats pour les Canadiens.
L'examen exigeait que les organisations fédérales présentent des propositions d'économies afin de dépenser moins pour le fonctionnement quotidien de l'appareil gouvernemental. Il ciblait des programmes et des activités qui n'étaient pas essentiels à leur mandat fédéral, qui faisaient double emploi ou qui ne correspondaient pas aux priorités du gouvernement. Les organisations ont également envisagé des moyens d'optimiser les modèles de travail en tirant parti des technologies existantes et émergentes, comme l'intelligence artificielle, où elles peuvent rendre le gouvernement plus efficace et efficient. Certains des résultats de cet examen ont été présentés dans le budget, et des économies de 13 milliards de dollars par année d'ici 2028‑2029 ont été cernées dans l'ensemble des ministères.
(1835)
Il s'agit notamment de ramener la fonction publique à un niveau viable, par exemple en réduisant la taille de la fonction publique d'environ 16 000 équivalents temps plein.
Le gouvernement comprend la portée de l'examen. C'est pourquoi les réductions sont gérées avec équité et compassion, en misant le plus possible sur l'attrition et les départs volontaires. Le gouvernement reste déterminé à soutenir les fonctionnaires touchés avec compassion et transparence. J'en profite d'ailleurs pour remercier nos fonctionnaires de leur dévouement et de leur volonté à fournir des services aux Canadiens.
Nous tirons également parti de tous les outils dont nous disposons pour limiter les départs involontaires, dont l'incitatif à la retraite anticipée. L'incitatif à la retraite anticipée permet aux employés admissibles de prendre leur retraite sans être pénalisés en cas de départ anticipé. Environ 7 000 employés ont déjà présenté une demande à cet égard. Les plans ministériels du gouvernement déposés en mars fournissent plus de détails sur l'examen et sur la façon dont les ressources financières seront utilisées pour atteindre les résultats prévus.
Avant d'entrer dans les détails du budget principal des dépenses, j'aimerais parler du cycle de production de rapports financiers et expliquer pourquoi il est si important. J'ai déjà mentionné la raison d'être du budget principal des dépenses, mais tous les besoins en matière de financement n'y figurent pas. Le gouvernement doit donc également présenter des budgets supplémentaires des dépenses tout au long de l'année. Les budgets supplémentaires des dépenses peuvent inclure du financement pour de nouvelles initiatives, pour répondre à des besoins urgents comme les interventions en cas de catastrophe, ou pour des postes budgétaires qui n'étaient pas prêts à temps pour être inclus dans le budget principal des dépenses. Ces documents sont déposés à différents moments au cours de l'exercice: le budget supplémentaire des dépenses (A) au printemps, le budget supplémentaire des dépenses (B) à l'automne et le budget supplémentaire des dépenses (C) à l'hiver, au besoin.
Ensemble, les budgets supplémentaires des dépenses et le budget principal des dépenses font partie de l'ensemble des documents budgétaires. Cet ensemble de documents budgétaires comprend également les plans ministériels, qui énoncent les priorités des organisations fédérales, et les rapports sur les résultats ministériels, qui montrent comment les ministères se sont comportés et qui aident les Canadiens à évaluer l'efficacité avec laquelle l'argent de leurs impôts a été utilisé.
Les comptes publics sont un autre document important du présent cycle financier. Si le budget des dépenses présente les dépenses prévues, les comptes publics fournissent les états financiers consolidés et vérifiés du gouvernement du Canada pour chaque exercice se terminant le 31 mars. Ils expliquent en détail comment les fonds ont été dépensés et comment les recettes ont été perçues.
Le gouvernement est bien conscient de l'importance qu'ont la transparence et la reddition de comptes aux yeux des Canadiens. C'est pourquoi nous continuons d'accorder la priorité à la manière dont le budget est présenté. Les parlementaires et tous les Canadiens ont accès à énormément de documents explicatifs en ligne. Les outils en ligne utilisés à cette fin dans l'InfoBase du gouvernement du Canada présentent le budget principal des dépenses et les budgets supplémentaires des dépenses ainsi que d'autres données liées aux finances gouvernementales, aux gens et aux résultats.
Monsieur le Président, un autre discours a été prononcé aujourd'hui, probablement un peu plus regardé que celui-ci, par notre chef, à Calgary, au sujet de l'unité nationale.
Quand je pense à la situation financière actuelle du Canada, je ne peux m'empêcher de me demander à quel point les choses seraient différentes si les pipelines en chantier en 2015 avaient été achevés. À l'heure actuelle, notre pays importe des milliards de dollars de pétrole de pays comme l'Algérie, l'Arabie saoudite et le Nigeria vers la côte Est. Or, ce pétrole est soumis à des règles moins rigoureuses que celui provenant de l'Alberta et de la Saskatchewan.
Le ministre pense‑t‑il que c'est juste? Est-il conscient des conséquences pour l'économie canadienne?
Monsieur le Président, comme nous le savons, nous vivons à une époque marquée par une instabilité et des défis à l'échelle mondiale. C'est précisément le moment d'agir.
Notre nouveau gouvernement, sous la direction du premier ministre, l'un des meilleurs que le pays ait connus, rassemble les nations, prend des mesures audacieuses et obtient des résultats. Il est formidable de voir tous les ordres de gouvernement unir leurs efforts, aller de l'avant, harmoniser leurs priorités et bâtir un Canada fort.
Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que mon collègue pense du fait que la directrice parlementaire du budget a mis en doute la capacité du gouvernement à maintenir l'un de ses ancrages budgétaires, c'est-à-dire son objectif de réduire le ratio déficit-PIB.
Elle prévoit que le déficit sera supérieur de 6,5 milliards de dollars à ce qui était prévu dans la mise à jour économique. Elle prévoit également que le ratio dette‑PIB va quand même diminuer, passant de 2 % à 1,5 % d'ici l'exercice financier 2030-2031, mais elle estime à moins de 1 % les chances qu'Ottawa affiche chaque année une baisse du ratio déficit‑PIB.
Monsieur le Président, le nouveau gouvernement est déterminé à investir dans les priorités fondamentales qui comptent le plus pour les Canadiens et à prendre des mesures audacieuses à cette fin. Comme nous l'avons vu dans un rapport publié vendredi dernier, ces mesures ont mené à la création de 90 000 emplois au Canada et à la réduction du taux de chômage.
Le gouvernement fait ce qu'il faut pour bâtir l'économie la plus forte du G7, et il concentre ses efforts à produire des résultats pour les Canadiens.
Monsieur le Président, j'aimerais comprendre comment les indicateurs positifs que nous commençons à voir, notamment la plus forte croissance du G7 et les investissements étrangers par habitant les plus élevés, influeront sur le budget des dépenses.
Monsieur le Président, le budget principal des dépenses et le budget supplémentaire des dépenses, ainsi que d'autres données liées aux finances publiques, sont présentés dans la base de données des dépenses, un outil numérique que les gens peuvent consulter. Cet outil est essentiel pour fournir aux parlementaires et aux Canadiens des renseignements supplémentaires sur l'utilisation des fonds publics. Si ce n'est pas déjà fait, j'encourage mes collègues à consulter cet excellent outil.
Le budget principal des dépenses représente un total de 502,8 milliards de dollars de dépenses budgétaires qui permettront à 130 organismes d'offrir les programmes et les services sur lesquels les Canadiens comptent...
Monsieur le Président, le contexte mondial en matière de sécurité est aujourd'hui instable et incertain. Nous sommes confrontés à de réels défis, tant militaires que non militaires, qui exigent une réponse tout aussi ferme et coordonnée. Le Canada doit être prêt à se défendre et à défendre ses alliés.
Notre gouvernement a annoncé le plan de reconstruction de la défense le plus ambitieux depuis une génération. Aujourd'hui, avec le Budget principal des dépenses de 2026‑2027, nous traduisons cet engagement en moyens financiers. Je suis vraiment heureuse de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour aborder ce sujet, au nom de ma circonscription, Halifax. Halifax abrite la plus grande base de défense du pays. La BFC Halifax, sous une forme ou une autre, existe depuis le XVIIIe siècle, bien avant la création du Canada tel que nous le connaissons. L'armée et les membres des Forces armées canadiennes font partie intégrante de l'histoire de la région et contribuent déjà à façonner son avenir.
Notre ville mène d'incroyables projets pour les Forces armées canadiennes. Nous construisons les destroyers de classe Fleuves et rivières et nous accueillons le programme DIANA de l'OTAN, ainsi que le carrefour sécurisé de l'innovation pour la défense. Alors que le Canada prépare son prochain grand marché d'approvisionnement en matière de défense pour la nouvelle flotte de sous-marins, les possibilités pour Halifax sont encore plus nombreuses.
Le gouvernement demande 50,7 milliards de dollars pour le ministère de la Défense nationale. Cela représente 15 milliards de dollars de plus que l'année précédente, soit une augmentation de 42 % du financement. Ce montant comprend 5,1 milliards de dollars en nouveaux fonds de fonctionnement, 7,1 milliards de dollars en immobilisations et 2,3 milliards de dollars en subventions et contributions.
Ces chiffres n'ont rien d'abstrait. Ils représentent de véritables capacités et de véritables investissements dans des personnes bien réelles: les militaires qui portent l'uniforme et défendent ce pays jour après jour.
L'année dernière, le Canada a atteint pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin l'objectif consistant à consacrer 2 % du PIB à la défense, soit cinq ans avant la date prévue. L'atteinte de ce seuil de 2 % constitue une étape fondamentale dans le renouvellement de la défense du Canada et une manifestation claire de notre détermination dans un monde de plus en plus dangereux. Nous travaillons maintenant à concrétiser le nouvel engagement des pays de l'OTAN en matière d'investissement dans la défense: consacrer 3,5 % du PIB aux dépenses de base en matière de défense et 1,5 % aux infrastructures générales de défense et de sécurité, pour un engagement total de 5 % du PIB d'ici 2035.
Comme l'a souligné le premier ministre à la conférence CANSEC, le Canada atteint déjà l'objectif de 1,5 % pour les infrastructures de défense essentielles. Ces estimations permettent de poursuivre sur cette lancée. Le nouveau gouvernement du Canada tient sa promesse de réaliser des investissements historiques dans les membres des Forces armées canadiennes et d'accélérer encore davantage ces investissements dans les années à venir. Dans un monde de plus en plus divisé et dangereux, le Canada assume pleinement la responsabilité de défendre sa souveraineté et de renforcer sa position en tant que partenaire et allié fiable.
Le gouvernement s'est engagé à rebâtir et à réarmer les Forces armées canadiennes et à y réinvestir, et nous tenons cette promesse. La force d'une armée dépend de celle de ses membres, et le gouvernement a clairement indiqué que les militaires canadiens méritent d'être traités en conséquence. Les 1,3 milliard de dollars prévus dans ce budget des dépenses reflètent l'augmentation salariale historique que nous avons accordée aux membres des Forces armées canadiennes, la plus importante depuis une génération. De meilleurs salaires permettent un meilleur recrutement, ce qui se traduit par une meilleure fidélisation et une force plus compétente et mieux préparée.
Les résultats sont déjà visibles. Le recrutement au sein des Forces armées canadiennes n'a jamais été aussi élevé depuis 30 ans. Au cours du dernier exercice financier, nous avons dépassé nos objectifs de recrutement avec l'arrivée de plus de 6 700 nouveaux membres de la Force régulière. Nous investissons également 274,9 millions de dollars dans le recrutement et la formation au sein des Forces armées canadiennes afin de moderniser la manière dont nous attirons et formons la prochaine génération de militaires. Nous mettons en place un système de recrutement et de formation plus solide et nous y consacrerons les ressources nécessaires pour garantir son succès.
Une enveloppe de 274,5 millions de dollars est allouée aux services de santé des Forces canadiennes, car notre devoir de prendre soin des militaires ne s'arrête pas à la fin d'une opération. Les Forces canadiennes continuent de bâtir une armée plus moderne, plus efficace et plus inclusive, s'appuyant sur des outils numériques et des processus fondés sur les données. Des efforts sont actuellement déployés pour améliorer l'efficacité, réduire les délais et adapter les systèmes de recrutement et de formation aux besoins changeants de l'organisation et des Canadiens.
Les paroles ne défendent pas le Canada, mais les capacités, oui. Les Forces armées canadiennes doivent être prêtes à intervenir dans l'Arctique, partout en Amérique du Nord, par l'intermédiaire du NORAD, dans le cadre de défense collective de l'OTAN et partout où la stabilité mondiale exige une contribution canadienne. Le budget des dépenses comprend une somme de 7,3 milliards de dollars pour le soutien en service et faire en sorte que notre équipement reste disponible, fiable et durable. De plus, 1,2 milliard de dollars sont prévus pour que l'équipement de la flotte soit prêt à s'adapter et à répondre à un environnement de sécurité plus rapide et plus complexe. La préparation, c'est aussi investir dans la suite des choses.
(1850)
C'est pourquoi nous avons prévu 12,8 milliards de dollars pour de grands projets d'acquisition en plusieurs étapes, des destroyers de la classe River, des navires de soutien interarmées, des aéronefs multimissions canadiens et des investissements dans les infrastructures essentielles qui serviront le Canada pendant des décennies. Ces capacités nous permettront de défendre notre souveraineté dans le Nord, de protéger nos approches maritimes et de mener nos opérations côte à côte avec nos alliés.
La Garde côtière canadienne fait partie du budget principal des dépenses du ministère de la Défense nationale. Les 4 milliards de dollars prévus ici servent à financer ses missions essentielles, comme la recherche et le sauvetage, le déglaçage, les interventions environnementales et les sciences de la mer. Dans le portefeuille de la Défense, la Garde côtière en fera maintenant davantage en échangeant des renseignements, en coordonnant ses activités avec ses partenaires de la défense et en améliorant la posture de sécurité. Dans un pays qui compte trois océans et le plus long littoral du monde, ce n'est pas rien.
Aucun pays ne se défend seul, ni le Canada ni ses alliés. Cela se reflète dans les 3,3 milliards de dollars en subventions et contributions, pour financer des programmes, des organisations et des partenaires dont le travail contribue à la réalisation du mandat de défense du Canada. Une part importante soutient l'Ukraine grâce au Programme d'instruction et de coopération militaires, car le Canada a un intérêt direct dans la lutte pour un ordre international fondé sur des règles.
Nous investissons dans des initiatives de l'OTAN qui renforcent l'interopérabilité, l'échange de renseignements et la prise de décisions collectives dans l'ensemble de l'alliance. Nous redoublons également d'efforts pour renforcer la base industrielle de défense du Canada. Ce budget des dépenses comprend des investissements initiaux pour le nouveau Programme de résilience de l'industrie canadienne de défense, qui vise à renforcer la capacité de production nationale et la souveraineté du Canada.
Il s'agit entre autres d'enveloppes destinées à la production de nitrocellulose, un matériau énergétique essentiel en artillerie qui est en forte demande dans les armées de nos alliés. Les programmes comme Innovation pour la défense, l'excellence et la sécurité ou Mobilisation des idées nouvelles en matière de défense et de sécurité continuent d'engager des innovateurs, des chercheurs et l'industrie dans la mission de défense, transformant ainsi l'expertise canadienne en ressource canadienne.
En février, nous avons publié la première Stratégie industrielle de défense du Canada, qui repose sur un cadre simple: construire de préférence au Canada, s'associer lorsque c'est impossible et faire les achats judicieux qui s'imposent. Le budget permettra de concrétiser cette stratégie.
Il faut bien sûr dépenser davantage, mais aussi dépenser judicieusement. Grâce à l'examen exhaustif des dépenses, le ministère de la Défense nationale entend réduire son budget de fonctionnement d'environ 460 millions de dollars entre 2026‑2027 et 2028‑2029 en poursuivant sa stratégie de dessaisissement de la flotte, en rationalisant son portefeuille immobilier, en accroissant son recours aux marchés de services écoénergétiques et en modernisant ses processus opérationnels internes et d'approbation de projets.
Le contexte de sécurité mondial ne ralentit pour personne. Nous recommençons à bâtir. À l'instar d'une mise de fonds, le budget principal des dépenses de 2026‑2027 confirme l'attachement du ministère à investir dans les ressources humaines, dans l'état de préparation et dans les partenariats qui font la force du Canada. Nos dépenses sont motivées et elles se feront sans tarder. Nous rebâtissons les Forces armées canadiennes avec l'ambition qui s'impose, vu la conjoncture. J'exhorte tous les députés à appuyer le budget des dépenses.
Monsieur le Président, la députée vient d'Halifax, où j'ai servi dans la marine pendant de nombreuses années.
Ce sont 50 milliards de dollars destinés au « plan de reconstruction de la défense le plus ambitieux depuis une génération », à des navires, à des sous-marins, à des avions de chasse, à l'Agence de l'investissement pour la défense et à la stratégie d'investissement pour la défense. Tout cela semble impressionnant, mais voici ce qui en est en réalité. À cause des libéraux, le Canada se retrouve sans stratégie nationale de sécurité ni stratégie nationale de défense. Des experts et, pire encore, nos alliés dénoncent cette situation. Bien sûr, les libéraux ont un plan intitulé « Notre Nord, fort et libre », qui n'est pas une stratégie, selon lequel le Canada doit publier une stratégie de sécurité nationale tous les quatre ans, mais elle n'existe toujours pas.
La députée d'Halifax convient-elle qu'ils mettent la charrue devant les boeufs et que, sans stratégie de sécurité nationale, l'Agence de l'investissement pour la défense et la Stratégie industrielle de défense sont vouées à l'échec?
Monsieur le Président, je suis totalement en désaccord avec le député. Je ne pense pas que nous mettons la charrue devant les boeufs. Je suis vraiment emballée par la Stratégie industrielle de défense. Je suis emballée par la vision et le travail acharné de notre ministre de la Défense nationale et par ce qu'il a accompli jusqu'à maintenant. Je suis très fière de tous les membres du secteur de la défense à Halifax, dont je connais un bon nombre de mieux en mieux, qui sont entrés en fonction il y a à peine plus d'un an.
Je me réjouis de continuer à travailler en partenariat avec eux. Jusqu'à maintenant, l'accueil que j'ai reçu a été empreint de gratitude, d'optimisme et d'espoir en l'avenir du Canada et de nos forces armées.
Monsieur le Président, en ce qui concerne les subsides et les crédits, pour moi, un élément majeur de la dernière année, ce sont les coupes budgétaires annoncées en science et en recherche. Ce qu'on va économiser sur cinq ans, c'est environ 27 à 35 millions de dollars. Est-ce que ça vaut la peine de faire cette économie sur cinq ans lorsqu'on sait que le déficit est de plus de 70 milliards de dollars? On économisera 27 à 35 millions de dollars à peine en faisant des coupes dans la science et la recherche.
Ce qu'on constate aussi aujourd'hui dans le projet de loi C‑30, c'est qu'on va permettre l'utilisation de davantage de pesticides, sans savoir quel cocktail ça va donner et sans connaître les effets sur la santé humaine, parce qu'on va aussi effectuer des coupes dans la science et la recherche qui permettrait de trouver des solutions de rechange.
Monsieur le Président, je suis vraiment emballée par le double emploi des dépenses dans le cadre de notre stratégie. L'Université Dalhousie a un excellent programme de sciences et de recherche océaniques, et elle tire parti des dépenses en défense pour faire avancer les sciences et la recherche océaniques. C'est un élément très important qui nous permettra d'accroître l'innovation et la recherche.
Nous venons tout juste d'annoncer une excellente nouvelle aujourd'hui: la conférence Our Ocean aura lieu à Halifax, en 2027, une première en 14 ans pour le Canada. Cette conférence réunira tous les grands esprits de la science et de la recherche pour continuer à faire avancer nos priorités communes.
Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue de son soutien aux membres des Forces armées canadiennes et à leur famille.
La députée a beaucoup parlé de la stratégie industrielle de défense, et une question précédente laissait entendre qu'il n'y avait pas de stratégie de défense. En fait, la stratégie industrielle de défense indique très clairement les 10 capacités souveraines établies par le Canada en matière d'approvisionnement et de souveraineté.
J'aimerais que la députée nous en dise un peu plus sur ce qu'elle entend sur le terrain dans sa circonscription à propos de ces 10 capacités souveraines.
Monsieur le Président, ces derniers temps, j'ai surtout parlé de célébrations. Nous venons de célébrer le 85e anniversaire du NCSM Sackville . Nous l'avons symboliquement remis en service, ce qui était fantastique. Il y a eu la commémoration de la bataille de l'Atlantique. J’ai pu annoncer un financement destiné à améliorer et à augmenter l’offre de logements pour les membres des Forces armées canadiennes à Halifax et dans l’ensemble de la municipalité régionale d’Halifax.
Mes interventions ont été de nature beaucoup plus festive ces derniers temps, mais je suis sûre que mes concitoyens ont beaucoup à dire sur ces 10 priorités, et je ne manquerai pas de leur en parler sous peu.
Monsieur le Président, Maritime Launch Services loue un terrain à la Province de la Nouvelle‑Écosse pour environ 13 500 $ par an. Pourtant, dans le cadre de l'accord fédéral dont nous allons débattre ce soir, Maritime Launch Services reçoit 55 000 $ par jour. C'est une augmentation de 400 000 %.
La députée pense-t-elle que c'est vraiment une bonne façon d'optimiser les ressources?
Monsieur le Président, je suis très enthousiaste par les capacités de lancement que nous étudions actuellement en Nouvelle‑Écosse. Comme je ne connais pas les détails de l'entente avec le gouvernement provincial, je ne peux pas m'exprimer davantage à ce sujet.
Je commencerai par là où on devrait toujours commencer, soit l'exercice du jugement. Archibald Lampman, un poète canadien qui a travaillé ici même à Ottawa, a écrit un jour: « Le moteur de la grande machine tourne sans fin, froidement et aveuglément, sans que ni voix ni son issu de la volonté humaine n'en perturbe le grondement profond et incessant. »
Si je commence ainsi, c'est parce que les Canadiens accueillent avec ahurissement la décision concernant Maritime Launch Services. Ils se demandent si c'est une véritable tentative d'asseoir la souveraineté spatiale du Canada ou si c'est quelque chose d'autre. Beaucoup de ceux qui ont examiné cette décision de près se posent des questions. Plus ils l'examinent et plus ils font des recherches, plus cela ressemble à une décision prise à la hâte et qui, par hasard, favorise des initiés et des lobbyistes proches du Parti libéral qui gravitent autour de Maritime Launch Services.
Les députés libéraux interviendront à la Chambre pour affirmer que cette dépense de 200 millions de dollars est un investissement nécessaire pour assurer la place du Canada dans l’économie spatiale mondiale. Ils justifieront cette dépense, tout comme les libéraux justifient toujours le déficit budgétaire, en invoquant la croissance économique, la nécessité de saisir l’occasion, l’investissement dans notre avenir et la protection de notre souveraineté. Nous avons déjà entendu tout cela, maintes et maintes fois, avec les supergrappes, la caisse noire environnementale de Technologies du développement durable Canada, la plantation de milliards d’arbres et les subventions aux usines de batteries pour véhicules électriques. Je pourrais continuer longtemps. Les libéraux trouveront toujours de nouvelles façons de gaspiller l’argent des contribuables dans des projets qui profitent à leurs amis et à leurs proches, mais ces projets tombent toujours à l'eau et ne laissent derrière eux que des dettes et des questions sans réponse.
Examinons les dépenses pour ce que l'on appelle la « souveraineté spatiale », les 20 millions de dollars prévus dans cette allocation. S’il s’agissait véritablement d’un investissement national, nous construirions bien sûr un actif national. À titre d’exemple, lorsque la Norvège a décidé qu’elle avait besoin de sa propre capacité souveraine de lancement, elle a agi avec la rigueur d’un État souverain. Elle a construit ses propres infrastructures, elle est propriétaire du terrain, de la rampe de lancement et de la capacité. Elle dispose d’un actif directement sous son contrôle. À qui appartient la NASA? Au peuple américain, par l'intermédiaire du gouvernement américain.
À qui appartiendra Maritime Launch Services, le port spatial dont nous parlons? C'est là que les choses deviennent un peu nébuleuses. Les renseignements disponibles en ligne à l'heure actuelle laissent entendre que 26 % de l'entreprise est détenue par des particuliers et que près de 12 % appartient à des propriétaires institutionnels; pour le reste, soit 60 %, aucun renseignement n'est fourni. Les libéraux disent qu'il s'agit d'un bien national qui est nécessaire à notre souveraineté spatiale, mais ils font exactement le contraire de ce que font les autres pays démocratiques quand il s'agit de créer des capacités spatiales souveraines et de les protéger. En fait, nous ne bâtissons pas un véritable actif national.
Au lieu de cela, nous contribuons à la situation financière d'une entreprise privée. Nous payons 200 millions de dollars pour avoir le privilège d'utiliser une installation qui ne nous appartient pas, dans des conditions qui nous privent d'un atout souverain et le laissent à une entité privée. C'est la différence entre acquérir un actif et assumer une obligation. Ce n'est pas la même chose, ne nous y trompons pas. Dans les faits, on donne des fonds publics qui servent à créer du capital-investissement, un stratagème qu'un investisseur de Brookfield approuverait sans aucun doute. Le gouvernement prétend qu'il s'agit de faire croître l'économie, mais quand on regarde les chiffres de près, on constate que la réalité est tout autre.
Il ne s'agit pas d'un acteur du marché, mais d'un acteur à la charge des fonds publics. Quand 97 % des revenus d'une entreprise proviennent d'un seul contrat financé par les contribuables, il ne s'agit pas d'une entreprise commerciale, mais d'une pupille de l'État. On nous dit que le port spatial de la Nouvelle‑Écosse est en plein essor, mais regardons ce qu'il en est cette semaine. On nous demande d'applaudir des vols d'essai suborbitaux qui ne génèrent aucun revenu et qui ne servent qu'à faire de la publicité en faveur de notre relation avec une société étrangère. Dans ce cas-ci, un lancement sera très bientôt réalisé en partenariat avec T‑Minus Engineering, qui mettra sa technologie à l'essai en sol canadien. Qui est T‑Minus Engineering? C'est une société privée hollandaise.
La position du gouvernement repose sur l'affirmation voulant que nous achetons de la capacité, mais est-ce vraiment le cas? Comment le gouvernement libéral peut-il prétendre acheter de la capacité alors que le cadre réglementaire qui régit cette capacité n'existe même pas encore? Le ministre des Transports a avoué à la Chambre que nous avons besoin du projet de loi C‑28, Loi sur les lancements spatiaux canadiens, pour établir un cadre adéquat.
(1905)
Entretemps, les libéraux contournent le processus législatif, interprètent la Loi sur l'aéronautique désuète à leur guise pour y intégrer les principes de l'aéronautique, et font avancer les choses sans les protections en matière de sécurité, d'environnement et de finances qui, de leurs propres aveux, sont nécessaires. Je tiens à le répéter. Deux fusées suborbitales Barracuda appartenant à des intérêts néerlandais seront testées, et l'entreprise ne versera rien à Maritime Launch Services. Grâce à la divulgation publique, nous pouvons voir qu'il s'agit, encore une fois, d'une entreprise dont 90 % des revenus proviennent d'un seul contrat avec le gouvernement du Canada. Le gouvernement prétend que cette entente protège l'intérêt national, mais il ne tient aucunement compte du fait qu'en ce qui a trait à la plateforme de lancement et aux tests qu'on mène actuellement, le gouvernement du Canada assume les responsabilités légales et financières finales.
Dans sa forme actuelle, le projet de loi C‑28 prévoit que le ministre a le pouvoir de choisir quels exploitants privés sont indemnisés et la somme que les contribuables paieront en cas d'accident ou de déversement catastrophique au-dessus de l'océan. Ce genre d'accidents arrive véritablement. La responsabilité incomberait au gouvernement du Canada. Encore une fois, si ces fusées fonctionnent mal, causent des dommages ou contaminent l'eau, la responsabilité n'incombe pas à l'entreprise publique, c'est-à-dire l'entreprise néerlandaise que j'ai mentionnée, ni à Maritime Launch Services, mais aux contribuables canadiens. Nous étatisons le risque d'une défaillance catastrophique tout en privatisant les bénéfices potentiels pour des actionnaires et des lobbyistes.
Je me permets d'aborder maintenant l'absurdité financière qui est au cœur de cet accord. Le gouvernement provincial loue ce terrain pour environ 13 500 $ par année, alors que, dans le cadre de cet accord fédéral, Maritime Launch Services reçoit 55 000 $ chaque jour de l'année. Ce n'est pas un investissement. Il s'agit d'un transfert de richesse excessif et indéfendable. Alors que le public en supporte la responsabilité, la structure de l'entreprise présente toutes les caractéristiques d'une opération conçue pour enrichir les initiés plutôt que pour lancer des satellites. Nous avons assisté à une dilution massive du capital, avec l'émission de centaines de millions d'actions alors que les initiés réduisent leur propre exposition.
Les libéraux sont restés totalement muets à ce sujet. Ce n'est pas ainsi que fonctionne un marché sain et productif. Il s'agit là d'un renversement des principes du marché, où le gouvernement utilise les fonds publics pour protéger une entreprise des rigueurs de la concurrence ou des risques inhérents à son activité. Le gouvernement estime que nous devons payer ce prix pour participer au jeu. Je pense quant à moi que nous payons un supplément pour que des entreprises privées comme Maritime Launch Services puissent jouer le jeu.
Certains pourraient se demander pourquoi les conservateurs ne sont pas assez ambitieux, pourquoi ils ne sont pas en faveur du type d'investissement que cette solution représente pour notre souveraineté spatiale. Eh bien, l'ambition n'est pas en cause ici. Nous voulons tous un secteur spatial canadien robuste, mais l'ambition sans discipline est une politique qui mène à l'échec. Selon les propres critères du gouvernement, la capacité n'est pas démontrée. Il n'y a pas de valorisation. La propriété est absente, et le risque est entièrement public. Ce n'est pas un investissement. C'est une obligation qui s'accompagne d'une exposition à un ralentissement. Les Canadiens paient d'avance et assument le risque et la responsabilité d'une capacité qui n'existe pas encore. On nous demande de faire confiance à la grande machine qui avance sans relâche, indifférente aux contribuables.
En tant que conservateurs, nous refusons de participer à ce pari avec l'argent des autres. Pour ces raisons, nous ne pouvons pas appuyer cette attribution des ressources. Encore une fois, je rappelle au gouvernement qu'il ne s'agit pas d'un cas de problème — un manque de souveraineté spatiale — et de solution — MLS. Le problème est que cette solution a été imposée aux contribuables canadiens. Les conservateurs ne l'appuieront pas et se battront contre un gouvernement qui fait passer ses propres besoins et ceux de ses proches avant notre capacité souveraine à faire progresser ce domaine de manière appropriée.
Monsieur le Président, je pense que nous devons tous comprendre l'importance de notre souveraineté et le fait que le gouvernement ne cherche pas à faire de l'argent. Le gouvernement cherche à faciliter les choses et à bien soutenir chaque Canadien. À l'heure actuelle, le gouvernement soutient non seulement l'industrie en ces temps difficiles, mais aussi les particuliers en leur offrant des mesures comme l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels.
Le député veut-il soutenir les Canadiens? N'est-ce pas plutôt un subterfuge pour en savoir un peu plus sur notre mode de fonctionnement afin d'en faire une question partisane?
Monsieur le Président, nous débattons d'une somme de 20 millions de dollars que nous verserons chaque année pendant 20 ans à une entreprise privée pour un actif que nous ne posséderons jamais. Comme je l'ai mentionné, lorsque les Norvégiens ont voulu créer des capacités spatiales souveraines avec environ 30 millions de dollars, ils l'ont fait eux-mêmes. Dans notre cas, nous allons débourser 200 millions de dollars. J'aimerais que le député d'en face nous dise ce que 200 millions de dollars permettront de réaliser dans le contexte économique actuel. Il y a tellement d'autres priorités qui seraient préférables dans ce contexte. Si, toutefois, le ministère de la Défense nationale a besoin de ces capacités, il devrait être propriétaire de l'actif, l'exploiter et en faire profiter les Canadiens plutôt que Maritime Launch Services.
Monsieur le Président, je veux poser une question à mon collègue pour connaître la position de son parti sur une demande qui nous est chère, au Bloc québécois, et qui m'a été réitérée encore hier. J'étais aux Îles‑de‑la‑Madeleine, et des aînés sont venus me voir en me demandant où en était la demande du Bloc québécois que la pension de la Sécurité de vieillesse soit augmentée pour les aînés de 65 à 74 ans.
C'est une revendication qui coûterait un peu plus de 3 milliards de dollars par année et qui ferait du bien à nos aînés, dont le pouvoir d'achat s'est amenuisé et qui n'ont pas toujours la capacité de faire davantage de gains. Quelle est la position de mon collègue sur notre demande?
Monsieur le Président, nous sommes ici pour parler des 20 millions de dollars que le ministère de la Défense nationale verserait à une entreprise privée. Même si je reconnais que le député se soucie des aînés, le fait est que, pendant que l'opposition, que ce soit le Bloc québécois, le NPD, le Parti vert ou le Parti conservateur, parle d'autre chose que de ce que fait réellement le gouvernement, celui-ci prend l'argent des contribuables et le verse à des intérêts privés. On observe déjà des signes que l'entreprise réalise des profits énormes alors que, il y a un an, elle informait ses investisseurs qu'elle n'était pas en situation de continuité de l'exploitation, ce qui signifie qu'elle était au bord de la faillite. Je reconnais que, sous les libéraux, non seulement les aînés sont au bord de la faillite, mais Maritime Launch Services l'était aussi. Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi de dépenser des fonds publics pour renflouer la Maritime Launch Services plutôt que pour soutenir les aînés? C'est de cela que nous sommes censés parler, et c'est ce dont je vais parler ce soir.
Monsieur le Président, quelle étrange journée! Monsieur le Président, quelle journée étrange ! Aujourd’hui, nous avons rendu hommage à un astronaute qui incarne les sommets atteints par le Programme spatial canadien, et tous les députés l’ont applaudi, comme il se doit. Cependant, les libéraux tentent aujourd’hui de défendre un usage aberrant des deniers publics où un terrain loué 13 500 $ par année est reloué au gouvernement pour 20 millions de dollars par année.
La question que je pose à mon collègue est la suivante: est-il important que le gouvernement fasse preuve d'une transparence totale dans cette affaire et qu'il divulgue tous les documents relatifs à cette entente afin de montrer aux Canadiens ce qui s'est passé exactement?
Monsieur le Président, je comprends ce que dit le député. Le gouvernement est complètement muet dans cette affaire, où il n'y a aucune transparence. Il prétend que Maritime Launch Services apporte une solution à un problème qui, pourtant, n'a pas été bien défini. Comme je l'ai dit, la Norvège a dépensé environ 40 millions de dollars pour créer sa propre infrastructure, qui appartiennent à la population. Les libéraux paieraient la somme de 200 millions de dollars empruntée à des créanciers obligataires, tandis que les contribuables seraient obligés de régler la facture en fin de compte. Nous méritons des réponses. Le député devrait peut-être s'adresser au comité de la défense nationale et demander une ordonnance de communication à ce sujet.
Monsieur le Président, c'est un privilège de partager mon temps de parole avec le député, qui a si bien expliqué pourquoi la loyale opposition de Sa Majesté s'oppose à cet élément.
J'aimerais commencer mon intervention en citant un extrait du discours d'installation de Son Excellence la très honorable Louise Arbour, 31e gouverneure générale du Canada. Voici un extrait du discours qu'elle a prononcé à l'autre endroit, ce matin, à l'intention des invités et des dignitaires rassemblés, ainsi que de tous les Canadiens:
L'humanité a toujours cherché à aller plus loin, à repousser les horizons. Et plus haut encore, comme l'a fait cette année notre astronaute canadien Jeremy Hansen en s'envolant vers l'espace.
Comment ne pas être éblouis à l'idée que ses yeux ont vu des lieux qu'aucun être humain n'avait encore contemplés?
Je vous le dis avec confiance : ne freinons pas notre élan vers le progrès par peur de la différence.
La polarisation extrême est dangereuse, mais le consensus excessif l'est tout autant.
C'est à travers nos différences, et notre droit fondamental de les exprimer, que nous cultiverons l'esprit critique, la créativité et l'innovation. C'est à travers nos différences que nous bâtirons notre avenir collectif.
Au Canada, nous avons le grand privilège de vivre dans une démocratie bien établie. Nos institutions stables nous permettent d'exprimer librement nos opinions.
Je cite ici Son Excellence, car je trouve déplorable que certains nouveaux députés ne semblent pas encore comprendre quelle est notre mission et pour qui nous la remplissons, et que d'autres paraissent l'avoir oublié. L'exercice du rôle d'opposition, tel qu'il est assumé par la loyale opposition de Sa Majesté, et, en réalité, par tous les députés qui ne font pas partie du gouvernement, c'est-à-dire non pas les membres du parti au pouvoir, mais ceux qui siègent au sein de l'exécutif, consiste à demander des comptes. Or, dans le présent débat, notamment en ce qui concerne les 20 millions de dollars par année ou les 200 millions de dollars sur 10 ans, certains ont accusé les conservateurs de déloyauté pour avoir posé des questions légitimes. Mettons donc les choses au clair.
Le Canada devrait pouvoir lancer des charges utiles canadiennes depuis le sol canadien. C'est un objectif légitime. Le Canada a une fière tradition dans le domaine spatial, comme l'a rappelé Son Excellence en évoquant le récent succès de la mission du colonel Jeremy Hansen. Pensons aussi au Canadarm et au Canadarm2, à Marc Garneau, le premier Canadien à aller dans l'espace — c'était l'année de ma naissance —, à Roberta Bondar, la première canadienne à aller dans l'espace, à Chris Hadfield, l'astronaute canadien qui a été commandant de la Station spatiale internationale, sans oublier les nombreux Canadiens et Canadiennes qui ont apporté une contribution remarquable à l'exploration spatiale.
Selon l'Agence spatiale canadienne, un lancement commercial ferait partie de la progression naturelle du secteur spatial canadien, et je souscris à cet objectif. La question n'est pas de savoir si le Canada devrait se doter de sa propre capacité de lancement, comme mon collègue l'a souligné précédemment. La question est de savoir si les contribuables en ont eu pour leur argent avec ce marché de 200 millions de dollars sur 10 ans, et nous devons être clairs à ce sujet. Ce n'est pas la capacité du Canada de lancer des engins dans l'espace qui est en cause.
Lorsque, par exemple, les conservateurs votent contre un budget qui prévoit des dépenses pour la défense nationale, les députés libéraux poussent des cris d'orfraie en les accusant de détester les forces armées et de ne pas aimer le Canada. C'est pénible à entendre.
(1920)
Je crois que les libéraux ne sont pas dupes. Nous nous sommes tous présentés aux élections et nous avons été élus pour servir le peuple de notre grand pays. Beaucoup parmi nous ont déjà revêtu l'uniforme pour servir notre pays. Je remercie les hommes et les femmes qui nous ont précédés ainsi que les hommes et les femmes qui servent aujourd'hui notre pays dans les forces armées, dont les moindres ne sont pas ceux qui ont fait le sacrifice ultime.
Il ne s'agit pas d'un manque de loyauté envers le Canada. En fait, c'est tout le contraire. Il s'agit de nous acquitter de notre responsabilité de demander des comptes au nom des contribuables. Nous sommes la représentation qui est nécessaire en échange de la taxation et nous avons posé des questions très simples au sujet des 20 millions de dollars. Le gouvernement a annoncé une entente de 200 millions de dollars sur 10 ans pour la location d'une rampe de lancement qui constituerait une base spatiale en Nouvelle‑Écosse. Le gouvernement dit qu'il le fait pour le ministère de la Défense nationale, les Forces armées canadiennes et l'appareil d'État canadien dans son ensemble ainsi que pour nos alliés et nos partenaires. Il dit que la plateforme de lancement devrait être mise en service d'ici la fin de 2026, avec sa capacité opérationnelle initiale, et que 90 % de l'argent doit être dépensé au Canada.
Ce sont des promesses importantes, mais elles soulèvent des questions fondamentales en matière de reddition de comptes. Premièrement, comment a-t-on déterminé le coût de 200 millions de dollars? Deuxièmement, y a-t-il eu un processus concurrentiel ou s'agissait-il d'un contrat à fournisseur unique? Troisièmement, qu'est-ce que les contribuables ont reçu la première année, étant donné que Maritime Launch affirme que l'accord est rétroactif au 1er avril 2025? L'entreprise reçoit 20 millions de dollars par année, et le premier versement de 20 millions de dollars était dû avant le 31 mars 2026. Quatrièmement, quels sont les jalons, les retenues, les récupérations ou les droits d'annulation qui protègent les contribuables si le site n'est pas prêt d'ici la fin de 2026? Cinquièmement, quelle diligence raisonnable a-t-on exercée à l'égard de la situation financière de Maritime Launch? Dans ses déclarations annuelles de 2025, l'entreprise indique que le port spatial est « en construction » et que la dépréciation commencera au moment où le port spatial sera prêt à être utilisé.
Je ne suis pas ici aujourd'hui pour dire que le projet est mauvais ou que le...
Une voix: Oui, vous l'êtes.
Michael Barrett: Monsieur le Président, le député vient d'arriver et il ne prêtait pas attention. Il est complètement à côté de la plaque. C'est le genre de personne qui vient ici et qui se met à crier que les gens sont déloyaux parce qu'ils ont fait leur travail en demandant des comptes aux libéraux pour 20 millions de dollars. Nous aimons le Canada. Ils n'ont pas des droits exclusifs sur l'amour du Canada. Nous aimons notre pays. Le député, qui a revêtu l'uniforme pour notre pays, le sait très bien et devrait agir en conséquence.
Je ne dirais pas que ce projet est mauvais, mais je dirais que les libéraux doivent faire preuve de diligence raisonnable au nom des Canadiens. C'est leur responsabilité. Le Parlement doit s'assurer que l'argent a été bien géré. Si tout a été fait correctement, le gouvernement et l'entreprise devraient être en mesure de le démontrer. Nous les invitons à le faire. Je serais heureux qu'ils le fassent, mais ils ne l'ont pas fait.
Dans cet esprit, je propose:
Que la motion soit modifiée par substitution, au montant de « 17 968 133 395 $ », du montant de « 17 948 133 395 $ ».
Monsieur le Président, je ne sais pas exactement si les conservateurs ont quelque chose contre le Canada atlantique ni comment ils justifient leur position en ce qui concerne la perspective de réaliser des lancements spatiaux au Canada.
Une voix: C'est honteux!
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, le député d'en face dit que c'est honteux, mais n'oublions pas que les conservateurs ont tendance à s'opposer à tout ce que le gouvernement veut faire. Nous avons pris des engagements clairs pour les Forces canadiennes et le secteur du développement industriel, que ce soit pour les lancements spatiaux ou les Forces canadiennes, et je parle des 2 %. On dirait que peu importe ce que nous cherchons à faire, les conservateurs veulent être négatifs et rejeter la proposition.
Y a-t-il quelque chose dans les dépenses gouvernementales que le député approuve, que ce soit pour les forces armées ou le centre de lancement spatial?
Monsieur le Président, je suis désolé de tirer le secrétaire parlementaire de sa sieste. Il a manqué la partie de mon discours où j'ai dit: « « Le Canada devrait pouvoir lancer des charges utiles canadiennes depuis le sol canadien. » C’est là un objectif légitime. Le député n'a aucune idée de ce que nous faisons ici. Ce type est un député de longue date et ne semble pas comprendre ce que nous sommes censés faire. Nous devons vous demander des comptes. Nous vous surprenons sans cesse en train de donner de l’argent à des proches du Parti libéral.
Nous les avons surpris, à maintes reprises, en train de graisser la patte à des proches du Parti libéral. Nous soutenons les Forces armées canadiennes. Nous sommes en faveur des capacités de lancement souveraines. Les libéraux doivent nous fournir des justificatifs, et non pas se contenter de distribuer 20 millions de dollars à tout va.
Je rappelle aux députés qu'il faut s'adresser à la présidence et non directement au Président. Je leur rappelle également qu'il faut respecter les règles de bienséance.
Nous passons aux questions et observations. Le député de Red Deer a la parole.
Monsieur le Président, je vais poser la question que mon autre collègue a posée. La province de la Nouvelle‑Écosse louait le terrain pour environ 13 500 $ par an, alors que, dans le cadre de l'entente avec le fédéral, Maritime Launch Services reçoit 55 000 $ chaque jour de l'année.
Le député pourrait-il expliquer précisément en quoi une majoration de 400 000 % par rapport au taux de location provincial sert les intérêts des contribuables canadiens?
Monsieur le Président, c'est la question que mon collègue vient de soulever. C'est ce que nous demandons au gouvernement d'expliquer, et comme il ne le fait pas, nous nous opposons à l'octroi de 20 millions de dollars pour cette année. Nous n'avons rien contre l'idée. C'est l'exécution qui nous pose problème. Que retirent les contribuables de cet investissement? Nous soutenons sans réserve les ambitions spatiales du Canada, mais nous devons savoir ce que nous obtenons en échange de ces 20 millions de dollars. C'est ce que les Canadiens attendent de nous.
En réalité, il ne s'agit pas de 20 millions de dollars, mais bien de 200 millions de dollars. Des améliorations sont-elles apportées aux installations? De quels services continus bénéficions-nous en échange de cet argent? S'agit-il d'un investissement pour les Canadiens ou d'un investissement dans une entreprise privée, qui deviendra propriétaire de cette infrastructure, et non le Canada?
Ce sont là les garanties dont nous avons besoin. Nous devons comprendre pourquoi et comment, et pour une raison quelconque, le gouvernement refuse de les fournir à la Chambre et aux Canadiens. Voilà pourquoi nous nous opposons à cette dépense.
Monsieur le Président, une chose que je trouve qui ne fait pas partie du débat actuel, c'est l'iniquité certaine entre l'industrie forestière et l'industrie gazière-pétrolière en matière de fonds gouvernementaux qui sont acheminés vers ces deux différentes industries.
Là, on parle de milliards de dollars en subventions pour l'industrie gazière-pétrolière, alors que, du côté de l'industrie forestière, il n'y a rien. Pourtant, on sait pertinemment que l'industrie forestière est celle qui est la mieux placée pour combattre les gaz à effet de serre et que l'industrie gazière-pétrolière est celle qui est la plus néfaste pour la planète.
Mon collègue trouve-t-il que ça a du sens que, année après année, de budget en budget, de crédits en crédits, on subventionne l'industrie qui pollue plutôt que celle qui est meilleure pour la planète?
Monsieur le Président, ce que nous cherchons à comprendre, bien sûr, c'est comment le gouvernement établit ses priorités en matière de dépenses. Imaginons comment nous pourrions appuyer des secteurs comme celui de la foresterie si le gouvernement ne dépensait pas de l'argent pour des projets dont il ne peut pas nous prouver qu'ils ne constituent pas une récompense pour des initiés bien connectés, ce qui est une pratique que nous avons observée chez les libéraux. Nous voulons des justificatifs. Nous voulons qu'ils soutiennent le formidable secteur des ressources naturelles du Canada, ainsi que nos capacités militaires et de lancement.
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon estimé collègue de Lac‑Saint‑Jean. Je suis sûr qu'il fera très bon usage de ce temps.
Comme nous parlons aujourd'hui des crédits, nous pouvons aborder n'importe quel aspect de l'utilisation des fonds publics. Je vais revenir rapidement sur notre déception relativement à la mise en œuvre du budget, au projet de loi C‑31, entre autres, et à l'absence de réponse à l'un des principaux soucis que nous avons.
Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Nous répétons constamment que nos PME ont besoin d'aide. Nous essayons également d'expliquer aux gens des autres provinces canadiennes, du Canada anglais, que le tissu économique du Québec est particulier avec ses PME, qui ont besoin de soutien. Nous pensons que la subvention salariale apporterait une aide dans le contexte actuel compte tenu des nouveaux droits de douane. Cependant, nous n'avons pas de réponse. Il n'y a pas de son, pas d'image. Il n'y a pas eu de consultations avant la présentation des mesures budgétaires.
On continue de subventionner l'industrie pétrolière à tour de bras. Encore une fois, dans ces projets de loi, on donne davantage de pouvoir au gouvernement, et des pouvoirs discrétionnaires qui, je vais le dire sincèrement, font peur.
Si on a regardé les médias ce matin, on a vu les nouvelles concernant les produits phytosanitaires, les herbicides et les pesticides. Je sais de quoi je parle, puisque j'ai été longtemps porte-parole en matière d'agriculture et d'agroalimentaire. Nous avons étudié ces questions à fond au comité.
Ce que nous constations, particulièrement en ce qui a trait à l'Agence canadienne d'inspection des aliments, ou ACIA, et à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, ou ARLA, qui s'appelle maintenant la Direction de la réglementation des pesticides, ou DRP, c'est un manque d'efficacité. Lorsqu'il y avait une urgence dans une production agricole et qu'on demandait une homologation d'urgence, cela tardait. Parce qu'on n'est pas pressé, parce qu'il manque de ressources ou pour toutes sortes de raisons, cela peut prendre plusieurs années.
Cela faisait trois ou quatre ans que nous étudiions la possibilité de permettre l'utilisation de drones pour l'épandage de pesticides, alors que ces mêmes pesticides sont déjà autorisés pour l'épandage par avion. L'épandage par avion se fait à plus haute altitude, sur de plus grandes superficies et avec de plus grandes quantités. La logique veut que, si l'on utilise un drone, on utilise une quantité moindre de pesticides, et seulement à l'endroit dans le champ où c'est nécessaire. C'est exactement ce que l'on veut. Ça prend trois ou quatre ans pour approuver ça. On se gratte la tête et on réfléchit.
C'est ce que nous dénoncions. Maintenant, pour régler le problème, sait-on ce que le gouvernement fait? Il dit que, lorsque la DRP refuse un produit, le Cabinet peut décider que ce produit est autorisé pour des raisons économiques. C'est une pente bien glissante. Elle ressemble à celles que nous avons vues dans des projets de loi précédents. Dans à peu près chaque projet de loi que nous votons, le gouvernement donne à ses ministres le pouvoir d'annuler l'application d'autres lois.
C'est super préoccupant. Je ne pense pas que le fait de savoir que le Cabinet des ministres peut décider d'autoriser un produit qui a été interdit va augmenter la confiance du public. On utilise déjà plusieurs produits qui sont interdits en Europe. Ce qu'il faut, ce sont des ressources et de l'efficacité à la DRP et à l'ACIA. Il ne faut pas donner à des élus, qui ne sont pas des scientifiques, le pouvoir d'autoriser l'utilisation de produits toxiques.
On va se le dire, ces produits servent à tuer des bibites ou à éliminer des maladies. Ça fait quelque chose. Les personnes qui les appliquent, ces produits, ce sont nos agriculteurs, les gens qui nous nourrissent. Souvent, un produit est interdit non seulement pour ses effets sur le sol, mais aussi pour les risques qu'il représente pour la personne qui procède à l'épandage.
On est en train de nous dire que c'est tant pis, qu'il faut y aller et qu'il faut sauver la récolte. Je n'ai pas l'impression qu'on réagit suffisamment fort à ce changement. Je pense qu'il y a un problème majeur de gouvernance antidémocratique actuellement. Le gouvernement libéral se donne continuellement le pouvoir d'annuler l'application de lois.
(1935)
Ça ne va pas assez vite au Canada. On n'est pas assez efficace. Ce n'est pas trop compliqué, on va gérer ça comme une entreprise. Si une loi nous ralentit, nous l'enlevons. C'est ce qu'on est en train de faire avec le fameux TGV d'Alto.
Si on a vu les points de presse aujourd'hui, on a vu la réponse de mon chef. Nous sommes dans l'obligation d'être contre ce projet parce que c'est fait tout croche et parce que le gouvernement empiète sur les droits de nos concitoyens. Moi, comme député de Berthier—Maskinongé, je ne peux pas accepter que mes concitoyens deviennent des citoyens de seconde zone parce qu'on veut faire passer un train sur leurs terres et qu'on veut que ça aille vite sans que ça ralentisse. Donc on va leur enlever le droit de parler à un commissaire indépendant et on va leur enlever le droit de contester le prix offert pour la terre.
De plus, on sait qu'on va peut-être devoir traverser des zones sensibles, par exemple la tourbière de Lanoraie. On se dit que, le TGV, c'est facile, on n'a qu'à rajouter une ligne dans le projet de loi pour dire qu'on n'a pas besoin d'évaluation environnementale. C'est comme ça qu'on gère le Canada, actuellement. Je pense que les citoyens vont finir par s'en rendre compte à force de la répétition de cette mauvaise manie de se donner des pouvoirs absolus. C'est une dérive démocratique. Voilà ce que je pense.
Les Parlements ont voté des lois au fil des années. Je ne dis pas qu'il ne faut pas adapter nos lois. Je ne dis pas qu'il ne faut pas les revoir régulièrement et les vérifier. Si on a rajouté 28 réglementations et qu'on n'en a jamais enlevé, peut-être qu'on peut en enlever une ou deux parce que les nouvelles compensent sur le même point. Ça se peut. Par contre, il faut faire ça intelligemment. Il faut prendre le temps. Il faut consulter les partis de l'opposition. Il faut faire des débats sains et complets. Ce n'est pas ce qu'on fait actuellement.
On nous propose plutôt des attributions de temps, donc nous n'avons pas le temps. On fait ça très vite. On veut partir en vacances. C'est l'été, on va clore la période des travaux, mais on veut quand même faire adopter ses 7, 8, 10 ou 12 projets de loi. Ça fait qu'on va rester jusqu'à minuit et on va gérer ça. C'est dans cette situation-là que nous nous trouvons.
Je rêve d'un monde où les campagnes électorales dureront un mois et demi, comme c'est censé durer et que, dans l'intervalle, les élus travailleront ensemble pour le bien commun. Ce n'est pas un monde où on se dit qu'on va négocier avec des députés pour être majoritaire et puis faire ce qu'on veut sans devoir parler aux autres. C'est ce que nous vivons présentement. C'est ce que vis, et c'est un grave danger.
Je l'ai déjà dit et je me répète, mais je vais le dire encore parce qu'on dirait qu'il y en a qui ne m'entendent pas de l'autre côté de la Chambre. Au Bloc québécois, nous sommes une opposition constructive. Nous ne faisons pas juste chialer. Nous avons fait des propositions. Une bonne idée, ça serait d'éliminer les subventions pétrolières. Les libéraux nous écoutent tellement qu'ils augmentent les crédits.
Il y a les subventions salariales, comme je l'ai dit tantôt. Il y a la réforme de l'assurance-emploi. Quand les gens perdent leur emploi, il y en a 40 % qui n'ont pas accès aux prestations. C'est du vol qualifié, ça, parce qu'ils ont payé des prestations. Ils y sont obligés, mais ils ne sont pas admissibles. C'est comme si je facturais aux gens une assurance habitation en disant que je ne les indemniserai jamais. Je ne suis pas sûr qu'ils me paieraient longtemps, à moins de ne pas regarder leurs comptes. Or, nous, nous les regardons. Il y a les cadeaux électoraux qui ont été faits dans la campagne électorale et pour lesquels nous avons demandé un remboursement. Il y a l'accueil des réfugiés.
Je vais revenir à l'agriculture, parce que je m'ennuie un peu de l'agriculture. J'ai vu les gens de l'UPA aujourd'hui dans leur point de presse en opposition au TGV. Il y a un argument, là. On a fermé les centres de recherche. On devrait investir en recherche et en innovation, pas faire des coupes. Au moment où on donne le pouvoir au Conseil des ministres d'approuver n'importe quel produit phytosanitaire, on coupe dans les agences chargées de les réglementer et de les approuver. C'est le contraire de ce qu'il faut faire. Moi, je rêve d'un gouvernement qui priorisera l'agriculture. Moins de 1 % du budget alloué à l'agriculture, dans un pays comme le Canada, c'est une honte. Ça devrait être au moins 2 %. C'est la base de toute chose. On s'apprête à mettre 5 % en défense.
Est-ce qu'on sait comment on prenait une ville au Moyen-Âge? On ne l'attaquait pas; on l'encerclait et on attendait qu'il n'y ait plus de nourriture à l'intérieur. C'est comme ça qu'on affaiblit un territoire. On a beau avoir la meilleure armée du monde, si on n'est pas capable de la nourrir, si on a des perturbations de commerce international et qu'on n'est pas capable d'assumer l'autonomie alimentaire, on va avoir un méchant problème.
(1940)
Il faut donc faire des choix judicieux et, de grâce, cesser cette dérive autoritaire.
Monsieur le Président, je pense que tout au long du processus budgétaire, le gouvernement a accordé une grande attention aux questions agricoles et, en particulier, à la fiscalité. Le député a parlé de la manière dont nous pourrions contribuer à rendre la vie plus abordable. Pas plus tard que vendredi dernier, l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels a été versée, une mesure qui vient en aide à 11 millions de Canadiens. Ce n'est pas tout. Nous pourrions parler de la taxe d'accise sur le carburant. Le prix du carburant a baissé de 10 ¢ le litre.
Si le député faisait une analyse juste, il se rendrait compte qu'à bien des égards, le gouvernement est là pour favoriser l'abordabilité dans le secteur agricole, qu'il s'agisse du canola dans l'Ouest ou de la création d'occasions d'exportation...
Monsieur le Président, malgré sa mauvaise argumentation, je trouve quand même que le secrétaire parlementaire est sympathique. S'il était juste, il admettrait lui-même que l'exemption de la taxe d'accise est dans les poches des pétrolières aujourd'hui. C'est ce que nous avons toujours dit et c'est ce que nous disons depuis des années: il faut arrêter d'alléger les taxes de ces entreprises-là, car ce sont de vrais rapaces. Elles vont tout siphonner.
On me parle de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, mais c'est une transformation de l'allocation familiale. Ce ne sont pas toutes des nouvelles sommes. Oui, il y a une somme bonifiée. Cependant, sait-on quelle est une bonne façon de stimuler l'économie, de la faire rouler et d'aider des gens qui en ont vraiment besoin? Il s'agit d'indexer la pension de la Sécurité de la vieillesse pour les gens de 65 à 74 ans, comme pour ceux de 75 ans et plus.
On me dit que 3 milliards de dollars par année, c'est trop cher, mais il semblerait que 200 milliards de dollars pour un TGV, ce n'est pas trop cher. Je ne sais pas lequel vaut le plus cher pour les libéraux, mais ces gens ont besoin d'argent, et on ne parle même pas de 100 $ par mois.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours toujours intéressant. Mon collègue a fait mention du projet Alto, soit le TGV qui devrait relier Québec à Toronto. Pendant des années et des années de préparation, c'était un TGF, mais, d'un coup de baguette magique, par un premier ministre démissionnaire, voilà qu'on a viré ça en TGV.
Mon collègue a soulevé un point très important. On fait actuellement des expropriations à l'endroit qui a porté la plus grande fracture émotive en matière d'expropriation, c'est-à-dire à Mirabel. Bref, les gens d'Alto n'auraient pas pu faire plus croche que ce qu'ils font actuellement. Le député, qui représente une circonscription agricole, pourrait-il nous dire quel est l'impact pour les agriculteurs lorsqu'on fait de l'expropriation tout à fait irresponsable?
Monsieur le Président, je remercie mon estimé collègue de cette très intéressante question encore une fois. Ce qui a été vécu à Mirabel, avec l'aéroport supposément international qui n'a pas fonctionné, c'est qu'on a dû retourner près de 90 % des terres qu'on avait volées aux gens. Les gens ont dû les racheter au prix d'aujourd'hui. C'est ça qui s'est passé. Là, Alto s'en vient chez nous, même si Mirabel a une cicatrice historique. Moi, je n'ai pas le goût que Berthier—Maskinongé vive ces horreurs.
Là, on s'en vient chez nous en terrorisant les gens sur 10 kilomètres de large en nous disant de ne pas nous inquiéter, car on a seulement besoin de 60 mètres. Premièrement, il va y avoir un chantier autour de ça. Puis, pourquoi prendre 10 kilomètres de large? On a l'air de s'enligner pour prendre plus de terres que ce dont on a besoin. Va-t-on vouloir revendre les terres autour du fameux train en faisant de la spéculation foncière pour financer ce projet pharaonique?
Monsieur le Président, j'ai trouvé le discours de mon collègue très intéressant, notamment la première partie où il parlait de la dérive démocratique. Ça me frappe parce que j'ai été élu l'année dernière et je constate que, tous les quelques mois, le gouvernement arrive en effet avec une loi pour écarter plein d'autres lois en disant que, à partir de maintenant, on va ramener le plus de pouvoir possible vers le pouvoir discrétionnaire de certains ministres.
Selon mon collègue, quel est le risque avec tout ça?
Monsieur le Président, c'est très court pour évaluer ce risque.
Le risque, c'est que n'importe qui décide n'importe quoi. Je vais faire un parallèle. Pendant la COVID‑19, les gens du Parti conservateur voulaient que nous votions sur des motions pour enlever les mesures sanitaires dans les avions. Nous étions d'accord, mais nous avions la sagesse de dire que nous n'étions pas des microbiologistes et des épidémiologistes. Nous demandions donc qu'on ajoute: avec l'accord de la santé publique.
Le danger, c'est que des gens qui ne connaissent rien décident, parce qu'il y a des pressions de lobbys et des pressions économiques, d'autoriser entre autres des produits phytosanitaires sur nos terres. Plus tard, ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui vont payer le prix de ça. C'est épouvantablement très grave.
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours, et surtout de sa dernière réponse, que je trouve infiniment intelligente, pleine de sens et de sagesse.
Comme le disait aussi mon collègue dans son discours, au Bloc québécois et au Lac‑Saint‑Jean, nous ne nous contentons pas de simplement constater les défis économiques. Nous proposons des idées ambitieuses, mais surtout réalisables pour assurer la croissance de notre économie régionale. C'est dans cet esprit-là que je souhaite attirer l'attention de la Chambre sur une opportunité bien concrète pour notre territoire. C'est l'implantation d'une unité ou d'une sous-unité de la réserve des Forces armées canadiennes dans le Nord du Lac‑Saint‑Jean.
À l'heure où le gouvernement fédéral annonce des investissements historiques en matière de défense et cherche à accroître ses effectifs militaires pour atteindre près de 39 000 membres d'ici 2032, le Lac‑Saint‑Jean possède tous les atouts pour accueillir une unité de réserve. Le projet envisagé à Saint‑Félicien bénéficie d'ailleurs d'un fort soutien à l'échelle locale et régionale. D'ailleurs, le maire de Saint‑Félicien était ici présent sur la Colline pour faire la promotion de ce beau projet aujourd'hui avec les gens du ministère de la Défense nationale.
Je dois dire qu'on avait déjà amorcé ce travail il y a plusieurs années. Une étude de faisabilité avait confirmé le potentiel de ce projet, mais les élections fédérales de 2021 avaient interrompu les démarches. Il y avait même eu des discussions au début des années 2000. Or, aujourd'hui, le contexte n'a jamais été aussi favorable. Le gouvernement fédéral cherche à renforcer les capacités des Forces armées canadiennes, à accroître le recrutement des réservistes et à investir davantage en matière de défense. Notre projet répond directement à ces objectifs, tout en générant des retombées économiques durables pour le Lac‑Saint-Jean. C'est une occasion gagnant-gagnant pour le ministère de la Défense nationale comme pour notre région.
D'ailleurs, la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada soulève une question importante, celle de la capacité des territoires à soutenir la croissance, à répondre aux besoins actuels des Forces armées canadiennes. C'est précisément là que le Lac‑Saint‑Jean se distingue. Cette circonscription, que je suis fier de représenter, dispose d'atouts bien réels: un appui régional solide, exprimé de façon claire par les élus municipaux et régionaux; des infrastructures déjà en place qui peuvent soutenir concrètement des activités de formation, de recrutement et d'appui opérationnel; et surtout, une population engagée. On ne part pas de zéro. On parle d'un territoire qui est déjà organisé et structuré, qui est capable d'accueillir un projet de réserve.
Il faut souligner la position stratégique de Saint‑Félicien et du Nord du Lac‑Saint‑Jean, qui est véritablement la porte d'entrée vers des territoires plus nordiques. Dans un contexte où les enjeux liés à l'Arctique et à la souveraineté du Nord prennent une importance grandissante, cette localisation devient un atout concret pour la stratégie mise en avant par ce gouvernement.
Dans ma circonscription, nous avons des idées ambitieuses, mais réalisables pour faire croître notre économie régionale. Je sais que c'est la première fois que je parle de cette initiative, mais on constatera qu'il s'agit ici d'un projet qui n'est pas improvisé du tout. C'est un projet solide et bien documenté qui peut avoir un impact réel pour l'atteinte des objectifs du fédéral en matière de défense. Qui plus est, ce genre de projet, ce n'est pas seulement une question militaire, c'est aussi une question de développement régional, de présence du fédéral dans nos milieux et de retombées économiques concrètes pour nos communautés.
En effet, la circonscription de Lac‑Saint‑Jean est cinq fois moins représentée en matière d'emplois fédéraux par rapport à la moyenne des autres régions canadiennes. On l'a démontré avec l'étude qu'on a fait faire. C'est donc une iniquité à laquelle on doit absolument remédier. Avec l'implantation d'une réserve militaire, c'est l'occasion rêvée de créer des emplois, de retenir nos jeunes talents, de diversifier notre économie et de renforcer le poids politique de nos régions. Je le répète: dans ma circonscription, nous avons des idées ambitieuses, mais surtout réalisables pour faire croître notre économie régionale, parce qu'au Lac‑Saint‑Jean, nous ne demandons pas seulement d'être observateurs. Nous voulons être des acteurs centraux pour le développement de nos communautés.
Si le gouvernement est sérieux dans sa démarche et veut réellement atteindre les objectifs de modernisation et de croissance des Forces armées canadiennes, il doit absolument miser sur des régions comme la nôtre. Chose certaine, le fédéral ne pourra pas atteindre ses objectifs de recrutement en se limitant aux grands centres urbains. Les régions ont donc un rôle essentiel à jouer. Comme mentionné plus tôt, le Lac‑Saint‑Jean possède les infrastructures et les ressources nécessaires pour accueillir une unité de réserve. Ce projet, comme je le dis, est réaliste, pertinent et bénéfique pour tous.
En terminant, le message que je porte aujourd'hui est assez simple. Le Lac‑Saint‑Jean est prêt et il peut réellement fournir sa part d'efforts. J'espère sincèrement avoir une oreille attentive de ce gouvernement.
Puisque je parle d'oreille attentive, je dois dire que ça aura pris des mois, voire des années, avant que le fédéral lève le petit doigt pour l'industrie forestière. Lorsqu'il le fait, il s'entête quand même à ne pas répondre à la demande prioritaire de la filière du bois, à savoir le rachat des droits compensateurs et antidumping, qui dorment aux États‑Unis, dans le but de mettre en place un programme de prêts et de garanties de prêts à la hauteur des sommes retenues.
(1950)
Ce qui manque au gouvernement en place en ce qui concerne l'industrie forestière, c'est une chose: c'est de comprendre la réalité des gens qui vivent de la forêt. Cette réalité-là, moi, je la comprends. Avant d'avoir la chance de représenter les gens de Lac-Saint-Jean, je travaillais sur les machines à papier, à l'usine qui s'appelait Resolu à l'époque et qui s'appelle maintenant Domtar. Je sais ce que c'est, la réalité.
La réalité d'un travailleur ou d'une travailleuse de la forêt, c'est se lever très tôt le matin, faire des quarts de 12 heures et travailler en rotation selon un horaire « 3‑2‑2‑3 ». Est-ce que quelqu'un de l'autre bord peut me dire ce qu'est un horaire de travail en rotation « 3‑2‑2‑3 »? C'est trois quarts de travail de jour, deux jours de congé, deux quarts de travail de nuit, trois jours de congé et après, on recommence: trois quarts de travail de nuit, deux jours de congé, deux quarts de travail de jour, trois jours de congé. C'est ça, la réalité des travailleurs et des travailleuses dans usine de pâtes et papiers.
Quelle est la réalité d'un gars qui va récolter le bois dans la forêt? C'est de savoir si, quand il va revenir, il va avoir assez d'argent pour payer les versements de sa machine, qui vaut une fortune. Quand quelqu'un dans une scierie se lève le matin et se fait dire qu'il y a finalement une fermeture temporaire, c'est ça, sa réalité.
Quand c'est une petite communauté forestière, ça veut aussi dire que tout le monde est mis à pied. Pour le garagiste, le gars du dépanneur ou l'épicerie du village, ça veut dire que les gens ne peuvent plus dépenser cet argent-là. Ça veut dire qu'ils vont déménager ailleurs pour trouver du travail. Ça veut dire que les écoles vont fermer. C'est ça, la réalité des gens de l'industrie forestière.
Pendant ce temps, le gouvernement nous dit qu'il va annoncer 10 milliards de dollars sur 10 ans. On parle de 10 milliards de dollars sur 10 ans qui ne sont même pas financés pour l'industrie forestière. On vient de donner 14 milliards de dollars pour un an à l'industrie gazière et pétrolière et on me dit qu'on agit pour l'industrie forestière. La réalité des gens de l'industrie de la forêt, c'est que cette industrie est en crise. C'est maintenant qu'il faut leur venir en aide.
Pendant ce temps, le gouvernement chante les louanges de son ministre des Finances, qui, par le fait même, est député d'une région forestière. C'est quand même à se taper sur la tête. Ce ministre des Finances garroche l'argent par les fenêtres vers les gens de l'industrie gazière et pétrolière, mais, dans sa cour arrière, des scieries ferment. C'est ça, la réalité des gens de l'industrie de la forêt. C'est foncièrement choquant et aberrant de voir l'attitude de ce gouvernement-là depuis des années, qui ne lève pas le petit doigt pour l'industrie forestière, pour les travailleurs et les travailleuses.
Qui plus est, ils font vivre une industrie qui est la mieux placée pour combattre les gaz à effet de serre, la mieux placée pour combattre les changements climatiques. Pendant ce temps-là, on donne l'argent à celle qui est la moins bien placée pour le faire. Pire encore, on le donne à celle qui accentue les changements climatiques. C'est de la folie.
J'espère que le gouvernement va finir par comprendre la réalité d'un travailleur et d'une travailleuse. J'espère qu'il va finir par comprendre que cette industrie-là est circulaire. Il faut aller chercher le bois. Après, il faut le ramener avec des trucks. Après, on fait des copeaux. On envoie ça dans des machines à pâte à papier pour faire de la pâte. Il faut faire de la pâte kraft aussi. Après, on envoie ça dans les scieries.
Le gouvernement actuel est inconscient. Il ne réalise pas l'importance que cela a chez nous, dans les régions forestières du Québec.
Monsieur le Président, le député a tort de dire que le gouvernement ne réalise pas l'importance de ces industries. Bien sûr que le gouvernement réalise leur importance. C'est pourquoi nous leur apportons un soutien financier, qu'il s'agisse de l'industrie forestière, de l'industrie de l'aluminium ou de l'industrie sidérurgique. Nous comprenons parfaitement le stress et l'inquiétude qui règnent au sein de ces secteurs.
Ma question porte davantage sur les réserves et la souveraineté dans l'Arctique, qui sont hautement prioritaire. Il n'y a pas si longtemps, le premier ministre s'est rendu dans le Nord et s'est engagé à investir près de 35 milliards de dollars dans les forces armées afin de protéger la souveraineté du Canada dans le Nord.
Le Bloc appuie-t-il cet investissement dans le Nord canadien afin d'assurer la défense et la souveraineté de cette région...
Monsieur le Président, si mon collègue avait écouté la question, il aurait compris que je veux une unité de la Réserve des Forces armées canadiennes à Saint-Félicien, dans le Nord du Lac-Saint-Jean.
Ce qu'il a dit par rapport au fait que j'avais tort concernant l'industrie forestière, c'est lui qui est complètement dans le champ. Des scieries ferment aujourd'hui; je l'invite à venir rencontrer les travailleurs et les travailleuses qui viennent de perdre leur emploi, qui viennent de se faire mettre à pied parce que le gouvernement n'a rien fait. Il ne s'est pas tenu debout face aux Américains en ce qui concerne les droits compensateurs illégaux. C'est ça qui est arrivé.
Nous en sommes à la sixième guerre commerciale et ils sont encore en train de se demander ce qu'ils vont faire pour répondre à l'affront de la part des Américains. Ils n'ont rien fait. Pendant ce temps-là, il y a des droits de douane imposés à l'industrie automobile. Ils font un chèque pendant la campagne électorale, cela prend une semaine. Ils ne font absolument rien pour l'industrie forestière, alors que cela fait des années que nous subissons les droits de douanes.
Monsieur le Président, mon collègue a dit qu'il était chanceux de représenter les gens de sa circonscription, Lac‑Saint‑Jean. J'aimerais amicalement le corriger. À ce que je sache, il n'a pas gagné la loterie pour venir ici. Il a dûment gagné le respect et le soutien des gens de sa circonscription.
Mon collègue a mis en lumière l'inefficacité de ce gouvernement depuis les 11 dernières années, mais, si on regarde vers l'avenir, j'ai été enthousiasmé par la proposition qu'il a faite. C'est beau, d'avoir un gars du Bloc québécois qui a parlé avec enthousiasme de l'avenir du Nord canadien à partir du Lac‑Saint‑Jean. Moi, je trouve ça très intéressant.
Il a parlé aussi de l'impact du gouvernement fédéral dans sa région. Je ne veux pas lancer une guerre entre le Lac‑Saint‑Jean et le Saguenay, mais mon collègue pourrait-il nous instruire sur l'importance de la base militaire de Bagotville, qui a été établie pendant la Seconde Guerre mondiale par le Canada afin de justement protéger l'industrie de l'aluminium qui permettait de construire l'aviation qui allait libérer le monde du nazisme?
Monsieur le Président, mon collègue connaît très bien son histoire. C'est effectivement la raison pour laquelle la base de Bagotville a été créée. C'était pour protéger les alumineries, qui formaient un secteur névralgique pour l'effort de guerre.
En effet, il y a de bons emplois fédéraux, mais je voudrais dire à mon collègue que ces emplois sont à La Baie. Lorsqu'on parle de La Baie et de Saint‑Félicien, il y a toujours bien deux heures et demie de route environ entre les deux. C'est moins loin de faire la route entre ma ville, Alma, et la circonscription de mon collègue. On peut donc se l'imaginer. Il y a quand même une grande distance, et c'est la raison pour laquelle on a fait faire cette étude qui a carrément démontré que le nord du Lac‑Saint‑Jean est sous-représenté en matière d'emplois fédéraux.
Pour ce qui est de défendre le Nord canadien, mon rêve, c'est qu'un jour l'armée du Québec et l'armée du Canada fassent des exercices conjoints pour défendre l'Arctique.
Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord sur ce que notre collègue de Louis-Saint-Laurent—Akiawenhrahk disait. Notre collègue de Lac‑Saint‑Jean n'a pas gagné à la loterie. Il est chanceux, c'est vrai, parce qu'il a une belle circonscription, mais ces gens du Lac‑Saint‑Jean sont vraiment chanceux de pouvoir compter sur lui.
Je constate qu'il connaît très bien ses dossiers. Il nous en a parlé avec passion. C'est tout à son honneur. Je ne peux pas croire que le gouvernement va faire la sourde oreille à ces demandes. Comme l'expliquait le député de Lac‑Saint‑Jean, on va, en installant une base au Lac‑Saint‑Jean, atteindre les objectifs de recrutement qui étaient souhaités et permettre à des gens qui ont perdu leur emploi d'en retrouver un. En fait, c'est du gagnant-gagnant.
Je l'ai écouté et je ne peux pas croire qu'il n'y a pas déjà eu un signe de la part des membres du gouvernement pour dire qu'on y va, qu'on accepte, qu'on peut compter sur eux, qu'ils seront là. Or ça ne semble pas être le cas. Mon collègue a-t-il une idée de ce que le gouvernement va répondre à cette proposition, qui a du sens et qui est au bénéfice de tout le monde?
Monsieur le Président, c'est une super belle question. En fait, je dois dire qu'il y a de l'ouverture de la part du gouvernement. Nous avons eu des rencontres aujourd'hui. Ce que j'espère, c'est que, outre cette ouverture politique, il y aura de l'ouverture de la part du ministère de la Défense. Je suis persuadé que nous pouvons convaincre les gens du ministère de la Défense de créer cette unité ou cette sous-unité.
Nous avons l'appui, ce qui est rare, du maire de Roberval, du maire de Dolbeau-Mistassini, du préfet de la MRC Domaine‑du‑Roy, du préfet de la MRC Maria‑Chapdelaine. Plusieurs municipalités vont voter des résolutions à leur conseil de ville pour appuyer cette idée. Il y a un cégep à Saint‑Félicien et les réservistes ont 50 % de leurs études postsecondaires payées par l'armée lorsqu'ils en font. Je trouve donc que c'est un parfait projet pour le nord du Lac‑Saint‑Jean.
Je pense que nous savons tous que la fraude au Canada est un problème croissant. Des articles à ce sujet paraissent maintenant dans les médias pratiquement chaque semaine. Selon les données du Centre antifraude du Canada, les Canadiens ont perdu 638 millions de dollars à cause de la fraude en 2024. Les pertes signalées au Centre depuis 2021 ont maintenant dépassé les 2 milliards de dollars. Le taux de fraudes signalées demeure faible: on estime que seulement 5 à 10 % des cas de fraude sont signalés. Le problème est donc sous-estimé et se chiffre en milliards de dollars.
Nous savons que les fraudeurs ciblent généralement les personnes les plus vulnérables, comme les aînés, les nouveaux Canadiens et les jeunes. La fraude bancaire, en particulier, est une préoccupation importante au Canada. Pourtant, les enquêtes menées par les institutions financières se terminent souvent ainsi: les banques rejettent la faute sur les clients, qui leur avaient fait confiance pour protéger leur argent. Cette situation soulève la question de la véritable responsabilité des banques envers leurs déposants et du rôle que le gouvernement fédéral doit jouer pour les réglementer adéquatement, ou non.
Je tiens à faire part à la Chambre de quelques exemples concrets qui ont été portés à mon attention récemment par des habitants de Vancouver Kingsway. Pour le premier exemple, je vais lire un extrait de la lettre que j'ai reçue:
« Mon père, un retraité de 67 ans, m'a appelé au début du mois de septembre. Il était en panique. Il venait de se rendre compte qu'on l'avait escroqué et qu'il avait perdu toutes ses économies, et plus encore. Il a été victime de ce que nous croyons être une escroquerie par séduction. On lui a dit qu'il investissait dans de la cryptomonnaie. Il possédait un portefeuille qui affichait des rendements incroyablement élevés. Lorsqu'il a voulu retirer son argent, on lui a exigé des frais supplémentaires de 90 000 $ américains. Sa “partenaire”, qui devait payer les frais pour participer à l'investissement, a soudainement dit qu'elle n'avait plus d'argent. C'est à ce moment-là qu'il s'est rendu compte de ce qui se passait.
« [...] En passant en revue les détails de l'arnaque, nous nous sommes rendu compte que mon père n'a pas acheté cette cryptomonnaie d'une manière habituelle. On lui a dit d'aller à la banque pour transférer de l'argent à différents endroits. D'abord localement, à Vancouver, puis à New York, et enfin au Vietnam.
« Mon père a ouvert un nouveau compte à la BMO en avril 2025, et c'est là que les transactions ont commencé. Tous les 10 à 14 jours, mon père se rendait à la même succursale de la rue Mainland, à Yaletown, et transférait entre 100 000 et 300 000 dollars américains à des comptes au Vietnam sous prétexte d'acheter des pièces automobiles. Chaque fois qu'il transférait l'argent, le même directeur de succursale approuvait le transfert, sans poser de questions. À la fin du mois d'août, il avait épuisé la plupart de ses REER, réhypothéqué sa maison, contracté des prêts personnels et emprunté auprès de sa famille et de ses amis. Je suis sidéré par le fait que le directeur de cette succursale n'ait jamais remarqué les signaux d'alarme: un tout nouveau client, un retraité âgé, qui dépense près de 2 millions de dollars pour acheter des pièces d'automobiles à partir d'un compte bancaire personnel.
« J'ai déposé une plainte contre BMO [...] On refuse de me dire si mon père a déjà fait l'objet d'une déclaration au CANAFE. On m'a répondu qu'il avait approuvé les virements bancaires dans lesquels il était précisé que s'il était incité à investir dans la cryptomonnaie, il ne devait pas le faire. Or, aucun de ces virements ne contient ce genre de formulation. De plus, BMO affirme avoir mis en place une politique de prévention de la fraude visant les aînés. De toute évidence, cette politique n'a pas été respectée dans ce cas précis. BMO n'a assumé aucune responsabilité pour ce qui s'est passé. La banque a déclaré qu'elle ne rendrait ni ne rembourserait aucune somme et que tout cela était entièrement de la faute de mon père.
« Mon père est décédé d'un malaise soudain le 5 janvier 2026. Des mois de stress et d'incertitude, d'embarras et de souffrance émotionnelle s'étaient accumulés. Il n'avait plus rien. Contraint de vendre son condo pour rembourser une partie de ses dettes, il semblait sur le point de se retrouver sans abri.
« La fraude est monnaie courante. On en entend parler tout le temps. Je ne comprends tout simplement pas comment la banque a pu laisser passer le transfert de sommes aussi importantes sans y prêter attention. À ce stade, elle s'en fiche tout simplement [...]
« Mais je veux que quelque chose de positif ressorte de son décès — plus de gens doivent entendre des histoires comme celle-ci pour que les choses changent vraiment.
« Le manque de responsabilité de la BMO a changé le cours de ma vie. Mon père ne pourra pas voir grandir ma famille et celles de mes sœurs. Il ne pourra jamais nous aider financièrement. Nous nous retrouvons maintenant avec la facture de son décès et de la faillite de sa succession. C'est une fin dévastatrice. »
(2005)
Le deuxième exemple est celui de Mme L., une femme de 79 ans qui a été victime d'une fraude financière dévastatrice ayant causé la perte d'une part considérable des fonds qu'elle avait mis de côté toute sa vie pour sa retraite. Des individus se faisant passer pour des représentants des forces de l'ordre l'ont contrainte à vendre ses placements de retraite détenus dans des comptes enregistrés et à transférer cet argent à l'étranger depuis des succursales locales de la RBC et de la TD. Elle a perdu environ 400 000 $ de ses économies de toute une vie. Pour couronner le tout, elle doit en plus payer une importante somme d'impôt à l'Agence du revenu du Canada, malgré la perte d'une grande partie de son épargne-retraite. Même si on lui a volé cet argent, elle a retiré des fonds de son REER, et ces fonds sont imposables. Elle doit donc payer de l'impôt sur de l'argent qu'elle n'a plus.
Le NPD a récemment présenté sept amendements au projet de loi C‑15, Loi no 1 d'exécution du budget de 2025, dans le but de renforcer la protection des Canadiens victimes de fraudes bancaires. Malheureusement, les libéraux et les conservateurs se sont unis pour les rejeter, et nous ne voyons aucune mesure à cet égard dans le budget des dépenses. Nos amendements auraient obligé les banques à rembourser les clients victimes de fraudes visant les consommateurs, à moins qu'ils n'aient fait preuve de négligence grave à l'égard de ces fraudes. Les banques auraient également été tenues de communiquer des données anonymisées sur les fraudes visant les consommateurs, afin que nous puissions mieux comprendre l'ampleur de ce problème. L'Agence de la consommation en matière financière du Canada aurait été tenue de mener régulièrement des contrôles inopinés des pratiques et politiques antifraude des banques, de publier des statistiques détaillées sur la fraude et de rendre public son rapport annuel sur la fraude, afin que nous puissions nous assurer que les banques appliquent réellement les politiques qu'elles prétendent avoir mises en place. Les amendements visaient également à rendre contraignantes les décisions de l'ombudsman des services bancaires et d'investissement.
Ces mesures ont été recommandées par des organisations de défense des consommateurs, notamment Option consommateurs et Démocratie en surveillance, qui ont fait valoir que sans mécanismes obligatoires de contrôle, de transparence et de responsabilisation, les règles antifraude existantes resteraient inefficaces.
Le Royaume‑Uni a récemment adopté de nouvelles règles imposant le remboursement des consommateurs victimes d'une fraude par paiement effectué par le payeur autorisé, une arnaque dans laquelle l'escroc convainc la victime d'effectuer un paiement, sauf en cas de négligence grave de leur part. Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur a récemment été modifiée afin d'imposer aux institutions financières une obligation de remboursement en cas de fraude portant atteinte au compte bancaire d'un consommateur.
Je voudrais citer Démocratie en surveillance, qui souligne ceci:
Il ne suffit pas d'exiger des banques qu'elles mettent en place des politiques et des procédures. La Loi sur les banques a été modifiée en 2018 afin d'y ajouter [...] deux dispositions [...] qui imposent aux banques de disposer de politiques, de procédures et de formations pour garantir la protection des intérêts financiers de leurs clients [...] Or, ces dispositions n'obligeaient pas l'[Agence de la consommation en matière financière du Canada] à vérifier auprès des banques leur conformité et, par conséquent, elle n'a rien fait pour s'en assurer [...]
Les nouvelles mesures antifraude bancaire n'auront que peu d'effet si l'[Agence de la consommation en matière financière du Canada] n'est pas tenue de procéder à des vérifications régulières et inopinées et de poursuivre et sanctionner les infractions [...]
Pour sa part, Option consommateurs a déclaré:
Nous estimons qu'une approche fondée sur une plus grande responsabilisation des banques permettra non seulement à des milliers de Canadiens victimes de fraude de pouvoir récupérer leur argent, mais elle permettra aussi de diminuer l'occurrence de ces fraudes. En effet, en faisant porter une responsabilité plus grande aux banques, le régime législatif créerait un véritable incitatif pour ces entreprises à déployer des mesures adéquates de prévention pour limiter leurs pertes.
L'exemple du Royaume-Uni est éloquent à cet égard. Selon le Payment Systems Regulator, après l'entrée en vigueur du nouveau cadre de protection des consommateurs, le nombre de réclamations pour fraudes [...] a diminué d'environ 15 % entre octobre 2024 et juin 2025, par rapport à la même période [l'année précédente].
Avec l'avènement de l'intelligence artificielle et les progrès technologiques, la perspective de voir les risques de fraude augmenter au pays est peu rassurante. Imaginons une personne âgée qui reçoit un appel téléphonique et qui entend la voix générée par ordinateur du directeur de sa banque ou de son petit-enfant, qui lui demande de transférer de l'argent quelque part. Ce genre de technologie existe déjà, mais nous fonctionnons avec des lois désuètes. Même si le gouvernement a prévu de mettre en place un organisme pour les crimes financiers dans le cadre du budget, ce qui est un pas dans la bonne direction, il peut et doit en faire beaucoup plus pour aider à protéger les Canadiens contre la fraude dans ce pays. Les néo-démocrates apporteront certainement leur contribution pour que nous y parvenions ensemble.
Monsieur le Président, le député soulève une question qui, je le sais, touche de très nombreuses personnes. Tous les députés sont sincèrement préoccupés par ces individus sans scrupules, dont beaucoup vivent à l'étranger. Avec l'évolution des technologies liées à Internet, les fraudes téléphoniques, les appels automatisés et les innombrables courriels, les escroqueries prennent des formes très diverses. Malheureusement, ce sont souvent les personnes vulnérables de la société qui sont ciblées, mais cela va encore plus loin. Peter, un aîné que je connais très bien, s'est lui aussi fait escroquer des centaines de milliers de dollars. Je pense qu'il est important de souligner que le Centre antifraude du Canada est une organisation qui fait de l'excellent travail.
Je remercie le député de ses observations sur le budget. Nous...
Monsieur le Président, mon collègue a raison. Le problème est stupéfiant. Si le Centre antifraude du Canada a déclaré que les Canadiens ont perdu 638 millions de dollars à cause de la fraude en 2024, et que seulement 5 % à 10 % des cas sont signalés, cela signifie qu'on perd entre 6 et 12 milliards de dollars par année à cause de la fraude dans ce pays.
Je sais que nous ne pouvons pas y mettre fin complètement, mais ce que nous pouvons et devons faire, c'est prendre des mesures. Le gouvernement devrait vraiment examiner les amendements proposés par le NPD, car nous pouvons confier davantage de responsabilités aux banques, qui sont des experts financiers, pour qu'elles surveillent les signaux d'alerte et posent éventuellement des questions, de sorte que lorsque des personnes vulnérables se rendent dans une banque et qu'elles se font escroquer, il y ait au moins des mesures concrètes pour y remédier.
Monsieur le Président, je remercie le député d'avoir lancé ce débat à la Chambre. Il est consternant que des gens soient dépouillés, particulièrement à l'âge d'or, de toutes leurs économies et de l'héritage qu'ils espèrent transmettre à leurs enfants. Je remercie le député d'avoir soulevé ce débat.
L'un des problèmes, c'est que les responsables des banques ne comprennent pas nécessairement la situation; lorsqu'une personne qui semble avoir toutes ses facultés se présente à une banque, ils hésitent à poser des questions ou même à bloquer une transaction. Les gouvernements provinciaux peuvent faire une grande différence. À l'heure actuelle, si une personne n'est plus capable de prendre de bonnes décisions pour elle-même, les membres de sa famille qui s'inquiètent de la situation doivent souvent obtenir une ordonnance du tribunal. Au fond, c'est comme un interrupteur qui indique qu'une personne n'a plus l'autonomie de prendre ses propres décisions.
Je sais que le député a le numéro de David Eby dans ses contacts. Est-il prêt à discuter avec la province pour changer les lois provinciales afin qu'elles ne servent pas d'interrupteur?
Oui, monsieur le Président, il faudra une approche intergouvernementale. Le député a tout à fait raison de dire que les provinces ont un rôle à jouer, mais le gouvernement fédéral réglemente les banques et le secteur bancaire.
Une de mes enfants a un handicap, et chaque année, en janvier ou février, je verse une contribution à son régime enregistré d'épargne-invalidité. Comme je ne fais qu'une seule contribution par année, je dois répondre à des questions pendant environ 20 minutes pour qu'on évalue mon niveau de connaissance en investissement. Pourtant, je viens de donner l'exemple d'une personne âgée qui est entrée dans une banque et qui, juste après avoir ouvert un compte, a envoyé des centaines de milliers de dollars au Vietnam, et à qui on a posé une question.
Je pense que les banques peuvent et doivent en faire beaucoup plus pour signaler ces problèmes, et peut-être pouvons-nous au moins aider certains de ces aînés qui se font escroquer des économies de toute une vie.
Monsieur le Président, mon collègue a soulevé des bons points. J'ai aimé qu'il parle de la protection qui est offerte au Québec dans ce domaine-là.
J'aimerais parler avec lui du monde des entreprises. Dans Berthier—Maskinongé, nous avons vécu un petit miracle ce matin. Nous avons participé à un événement où on faisait la relance de Duchesne et Fils, qui était sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité depuis plusieurs mois. Tous les élus ensemble, soit le député de l'Assemblée nationale du Québec, le préfet de la MRC, le maire et moi-même, avons travaillé en équipe et aidé le Groupe Zohar, qui a repris ça. Nous étions contents. Les visages des employés étaient tellement différents d'il y a quelques semaines, quand on a fait une conférence de presse pour sonner l'alerte en disant qu'on avait besoin de plus de temps. C'est ce qu'il faut qu'on vive.
Des entreprises, nos PME au Québec, ont besoin d'aide. On voit des fermetures. Cela rendait d'autant plus le moment de ce matin spécial. Mon collègue ne croit-il pas que notre proposition de subvention salariale, que je n'arrête pas de répéter ici, serait quelque chose de pertinent?
Monsieur le Président, tout d'abord, je suis de tout cœur avec ces employés et je suis d'accord avec mon honorable collègue pour dire que le secteur des PME est essentiel à la croissance du Canada. Ce que je dirais, c'est que le Québec est un chef de file au pays, lui qui préconise des changements à la façon de tenir les banques responsables de ces situations de fraude. Je pense donc que nous devons étudier l'exemple du Québec et appliquer également ces mécanismes très valables au niveau fédéral.
Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui à propos du Budget principal des dépenses 2026‑2027, de la défense nationale et des efforts du gouvernement pour reconstruire, réarmer et mieux financer les Forces armées canadiennes.
Nous savons tous que les menaces qui pèsent sur le monde ont changé. Celles que nous devons affronter sont nombreuses et se multiplient, qu'il s'agisse d'incursions dans l'Arctique canadien ou d'attaques contre notre cyberespace. Le Canada ne peut pas affronter ces menaces avec les outils d'hier. La première tâche du gouvernement est d'assurer la sécurité des Canadiens. Notre gouvernement protège les Canadiens et soutient nos alliés grâce à une approche qui a pour effet de transformer le domaine de l'approvisionnement pour la défense. Le Canada a besoin de forces armées prêtes et résilientes qui sont capables de recruter et de conserver du personnel qualifié et qui disposent du système de formation, des infrastructures et des capacités modernes qu'il faut pour réussir dans l'environnement complexe et instable d'aujourd'hui, sur le plan de la sécurité.
La défense et la sécurité sont devenues la priorité absolue du pays, comme en témoigne la hausse considérable des dépenses prévues dans le Budget principal des dépenses 2026‑2027. Nous demandons 50,7 milliards de dollars pour le ministère de la Défense nationale. Cela représente 15 milliards de dollars de plus que l'année précédente, soit une augmentation d'environ 4 % du financement. Ce montant comprend 5,1 milliards de dollars supplémentaires en fonds de fonctionnement, 7,1 milliards de dollars en fonds d'investissement et 2,3 milliards de dollars en subventions et contributions. Il s'agit d'investissements importants dans la sécurité du Canada, notre souveraineté, nos alliances et nos militaires, qui se dévouent sans compter au service du Canada.
L'année dernière, le Canada a consacré 2 % de son PIB à la défense pour la première fois en près de quarante ans, devançant ainsi son calendrier initial. Avec le budget principal des dépenses, nous poursuivons sur cette lancée, en vue d'atteindre le nouvel engagement de l'OTAN en matière d'investissement dans la défense, soit 5 % du PIB d'ici 2035. Cet engagement comprend 3,5 % pour les besoins essentiels de défense et 1,5 % pour les dépenses plus larges liées à la défense et à la sécurité. D'ailleurs, le premier ministre a souligné lors du CANSEC que le Canada atteignait déjà l'objectif de 1,5 % pour les infrastructures de défense essentielles.
Le budget des dépenses nous permettra de soutenir les militaires, de renforcer notre état de préparation et d'établir les partenariats dont le Canada a besoin dans un monde de plus en plus dangereux. Une partie importante de ce financement, soit 1,3 milliard de dollars, correspond à l'augmentation de salaire historique de l'année dernière pour les membres des Forces armées canadiennes afin de mieux refléter les défis uniques et les sacrifices d'une vie de service. L'augmentation de la rémunération favorise également le recrutement et le maintien en poste, renforce l'état de préparation et assure aux militaires une plus grande certitude dans l'exercice de leurs fonctions. Le budget des dépenses comprend également 274,9 millions de dollars pour les efforts de recrutement et d'entraînement des Forces armées canadiennes. Cet investissement permettra de mettre à jour les processus et les systèmes afin d'améliorer l'expérience des candidats et d'accroître le bassin de membres potentiels. Il permettra également de moderniser l'entraînement afin que les nouveaux membres deviennent rapidement opérationnels et puissent commencer à contribuer plus tôt dans les fonctions pour lesquelles ils se sont engagés. Il y a aussi 274,5 millions de dollars pour les Services de santé des Forces canadiennes afin de prendre soin des militaires qui servent au Canada et à l'étranger. La rémunération, les avantages sociaux, les soins de santé et les soutiens prévisibles sont tous nécessaires pour favoriser la disponibilité militaire.
Il est tout aussi essentiel de disposer des moyens nécessaires pour défendre le Canada, soutenir la sécurité en Amérique du Nord et contribuer, aux côtés de nos alliés et de nos partenaires, à la paix et à la stabilité. Les Forces armées canadiennes doivent être prêtes à intervenir ici comme à l'étranger, à protéger la souveraineté du Canada dans l'Arctique, à renforcer la sécurité continentale dans le cadre de missions du NORAD, à participer aux efforts collectifs de défense par l'entremise de l'OTAN et à soutenir d'autres missions visant à faire régner la paix et à restaurer la stabilité dans le monde. Le budget comprend le financement de ces opérations, de la formation militaire et des activités de renforcement des capacités. Il prévoit aussi 7,3 milliards de dollars pour le soutien en service afin de garantir la disponibilité, la fiabilité et la durabilité à long terme de l'équipement militaire. Par ailleurs, une somme de 1,2 milliard de dollars est demandée pour maintenir la disponibilité opérationnelle de la flotte, afin de donner à l'équipe de la défense les orientations et les ressources nécessaires pour faire face à un environnement de sécurité toujours plus complexe.
Le Canada doit également investir massivement dans ses capacités futures. C'est pourquoi nous avons prévu 12,8 milliards de dollars pour des achats échelonnés qui permettront aux Forces armées canadiennes d'opérer efficacement aujourd'hui et dans les décennies à venir, notamment grâce à des destroyers de la classe Fleuves et rivières, à des navires de soutien interarmées, à des aéronefs multimissions canadiens. Nous avons aussi prévu d'autres investissements importants dans l'équipement et les infrastructures. Ces mesures permettront au Canada de mieux affirmer sa souveraineté dans le Nord, de protéger ses approches maritimes, de soutenir ses opérations de déploiement, de participer à la défense continentale et de travailler en étroite collaboration avec ses alliés.
(2020)
La Garde côtière canadienne figure elle aussi dans le budget principal des dépenses de la Défense nationale. Les 4 milliards de dollars qui lui sont réservés financeront ses immobilisations, son fonctionnement ainsi que des subventions et des contributions. La Garde côtière canadienne continuera de s'acquitter de ses missions cruciales en matière de recherche et de sauvetage, de déglaçage, d'interventions environnementales, de navigation sécuritaire et d'océanographie. Cela dit, en relevant de la Défense nationale, elle jouera un rôle accru à l'égard de la sécurité nationale en se concertant avec les partenaires en matière de sécurité et de défense pour mettre en commun de l'information, coordonner ses activités ainsi qu'améliorer l'entraînement, la planification stratégique et l'innovation. Après tout, dans un pays bordé par trois océans qui possède le plus long littoral du monde, l'expertise maritime de la garde côtière constitue un atout national qui fait notre immense fierté.
Ce sont là autant d'investissements nécessaires pour optimiser l'état de préparation du Canada dans une conjoncture délicate. Il convient de planifier, d'agir de manière stratégique et de faire preuve de la discipline voulue afin de focaliser nos ressources de manière à en tirer un maximum de retombées.
Nous savons par ailleurs que nous n'arriverons à rien en faisant bande à part. Défendre le Canada tout en favorisant la stabilité mondiale constitue un effort national qui requiert des partenariats solides entre le gouvernement, l'industrie et le milieu universitaire, de même qu'avec nos alliés. Voilà pourquoi les subventions et les contributions de la Défense nationale sont nettement en hausse. Le budget principal des dépenses prévoit en effet 3,3 milliards de dollars pour financer des programmes, des organismes et des bénéficiaires dont les activités aident le Canada à s'acquitter de son mandat dans le domaine de la défense. Une bonne partie de ces fonds bénéficieront à l'Ukraine, sous forme d'entraînement militaire et d'un programme de coopération. Il y a aussi des contributions aux initiatives de l'OTAN qui profitent à tous nos alliés tout en protégeant l'accès du Canada au processus décisionnel commun, aux renseignements, aux ressources et à l'interopérabilité.
Nous renforçons également l'industrie canadienne de la défense. Cela passe notamment par la mise en place d'un nouveau programme visant à renforcer la résilience de cette industrie. Ce budget des dépenses comprend les investissements initiaux destinés à ce programme, qui renforcera la souveraineté canadienne et augmentera la capacité de production des entreprises canadiennes du secteur de la défense. Il permettra également de soutenir la capacité du Canada à produire de la nitrocellulose, un matériau énergétique essentiel et très recherché pour l'artillerie.
Nous collaborons avec des innovateurs, des universitaires, des experts en défense et en sécurité ainsi que d'autres partenaires par l'intermédiaire de programmes tels que IDEeS, Innovation pour la défense, l'excellence et la sécurité, et MINDS, Mobilisation des idées nouvelles en matière de défense et de sécurité. Tous ces partenariats contribuent à transformer l'expertise canadienne en capacité de défense. Ils soutiennent l'innovation, la production nationale et la capacité du Canada à contribuer à la sécurité de ses alliés de façon plus résiliente et indépendante.
En conclusion, les Canadiens s'attendent à ce que leur gouvernement protège le pays, qu'il appuie les militaires et qu'il gère les fonds publics de manière responsable. Nous tenons à les rassurer en les informant que la Défense nationale continue de réaliser des économies grâce à l'examen exhaustif des dépenses.
Le plan ministériel prévoit une réduction des dépenses de fonctionnement d'environ 460 millions de dollars à compter de l'exercice 2026‑2027 jusqu'à l'exercice 2028‑2029. Parmi ces mesures, il y a la poursuite de la stratégie de dessaisissement de la flotte, la rationalisation du portefeuille immobilier, l'accroissement du recours aux marchés de services écoénergétiques ainsi que la modernisation des processus opérationnels internes et d'approbation de projets. Ce travail renforce le principe même qui sous-tend le budget. Nous dépensons de manière ciblée, en concentrant nos ressources et en améliorant la rentabilité pour l'équipe de la Défense, les militaires et les Canadiens. Nous investissons dans les gens. Nous investissons dans la préparation. Nous investissons dans les partenariats.
Le Budget principal des dépenses 2026‑2027 met le Canada sur la voie de la concrétisation du nouvel engagement de l'OTAN concernant les investissements dans la défense et il reflète l'engagement du gouvernement à réinvestir pour rebâtir et réarmer les Forces armées canadiennes.
Le monde a changé, et les investissements du Canada en matière de défense changent avec lui.
Monsieur le Président, pendant que nous débattons de milliards de dollars de dépenses du gouvernement, les Canadiens et les habitants de Windsor ont appris aujourd'hui l'ouverture du pont international Gordie‑Howe, et ce, de la bouche de responsables du Michigan, rien de moins. Le gouvernement reste muet à ce sujet. Comme ma collègue le sait, ce projet accuse des années de retard et dépasse le budget de près d'un demi‑milliard de dollars.
Si le gouvernement ne peut même pas nous tenir informés d'un des plus grands projets d'infrastructure de l'histoire du pays, un projet payé par les Canadiens, soit dit en passant, comment les Canadiens peuvent-ils lui faire confiance pour gérer correctement les milliards de dollars qu'il nous demande d'approuver aujourd'hui?
Monsieur le Président, je suis certaine que mon collègue sait que ce projet a vu le jour sous l'ancien premier ministre Stephen Harper. Je tiens également à souligner qu'il s'agit d'un partenariat avec un autre pays, au sud, qui n'a pas été pleinement coopératif tout au long du processus.
Je ne doute pas que mon collègue et la Chambre auront bientôt de bonnes nouvelles au sujet de ce projet.
Monsieur le Président, en ce qui a trait à la question des dépenses en matière de défense, ce qui a été fait dans les derniers mois est en effet assez spectaculaire. On a investi 60 milliards de dollars de plus en 10 mois.
Ce qu'il faut dire, c'est que le Canada était un grand retardataire, et que, depuis 2014, il ne fournissait pas sa part d'efforts. La crainte qu'on peut avoir, c'est que, lorsqu'on donne un gros coup de collier, il y a plusieurs risques: des risques dérapage, des risques que l'argent soit mal investi.
Ma collègue ne reconnaît-elle pas que le Canada s'est traîné les pieds et qu'il s'est réveillé alors que l'instabilité mondiale est devenue beaucoup plus criante?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue d'avoir souligné les progrès considérables réalisés récemment par le gouvernement en matière de dépenses, notamment l'atteinte de l'objectif de 2 % fixé par l'OTAN pour les dépenses de défense, avec cinq ans d'avance, ainsi que l'augmentation incroyable et sans précédent de la solde de tous les militaires.
Hier, c'était la journée nationale de reconnaissance des Forces armées canadiennes. Je tiens à saisir cette occasion pour exprimer ma gratitude et ma reconnaissance, au nom de tous les députés, j'en suis sûr, envers les Forces armées canadiennes et les hommes et femmes en uniforme qui veillent à notre sécurité.
Monsieur le Président, ma collègue a souligné bon nombre des investissements que le gouvernement consacre à la défense, mais il y a également des retombées sur l'emploi et des effets positifs sur l'économie. Peut-elle nous en dire un peu plus sur l'incidence que ces investissements dans la défense pourraient avoir sur l'emploi et l'économie?
Monsieur le Président, il est certain que, lorsque le gouvernement investit dans la défense, il investit dans les gens. Il investit dans les Canadiens. Je suis sûre que nous pouvons tous parler à différentes entreprises dans nos circonscriptions qui ont un rôle à jouer dans le secteur de la défense. Je constate qu'il y en a beaucoup plus dans ma circonscription que je ne le pensais, depuis que je parle des excellents investissements que notre gouvernement a faits.
Je suis convaincue que nous verrons une augmentation réelle et positive du nombre de personnes et d'entreprises qui se manifesteront, qui pourront bénéficier de cet investissement important et qui pourront jouer un rôle et apporter leur contribution grâce à cela.
Monsieur le Président, en vertu du droit spatial international, le Canada est l'État responsable des lancements et il assume l'entière responsabilité juridique et financière de toute catastrophe liée à un lancement. Pourquoi les contribuables canadiens doivent-ils assumer le risque d'un échec catastrophique à l'échelle publique, alors que les gains financiers potentiels sont privatisés au profit des lobbyistes et des actionnaires des entreprises?
Monsieur le Président, quelle question décevante de la part de mon collègue!
Aujourd'hui, à la tribune, nous avons accueilli le colonel Jeremy Hansen, qui fait la fierté de l'Agence spatiale canadienne et qui a été le premier Canadien à s'aventurer au-delà de la Lune. Les investissements que nous faisons dans l'espace et l'innovation pour asseoir le rôle du Canada dans ce secteur nouveau et en croissance sont absolument essentiels et déterminants pour nous tailler une place dans le monde.
J'espère que tous les députés appuieront nos astronautes et l'innovation dans le secteur spatial.
Monsieur le Président, tout à l'heure, j'ai fait mention d'un projet dont nous faisons la promotion. Il s'agit de mettre en place une unité de réserve dans le Nord du Lac‑Saint‑Jean. Présentement, le ministère de la Défense nationale cherche à dépenser plus d'argent et à recruter plus de gens.
Si je transmets le dossier à ma collègue, est-ce qu'elle pourrait transmettre un bon mot pour moi et donner son appui au projet d'unité de réserve à Saint‑Félicien?
Monsieur le Président, je ne sais pas quelle influence j'aurais actuellement en tant qu'humble députée d'arrière-ban, mais je me ferai un plaisir d'examiner toutes les suggestions que mes collègues me feront parvenir, et je serais heureuse d'en discuter à tout moment. Le gouvernement libéral est axé sur la collaboration et sur l'édification d'un Canada fort avec l'aide de tous les députés.
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec mon collègue le député de Terra Nova—Les Péninsules.
J'interviens pour appuyer fermement l'amendement proposé par mon collègue le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands—Rideau Lakes visant à empêcher le versement de 20 millions de dollars des contribuables à Maritime Launch Services, comme le prévoit le budget principal des dépenses du gouvernement.
Ce versement de 20 millions de dollars issus des recettes fiscales s'inscrit dans le cadre d'un bail de 10 ans, pour un montant de 200 millions de dollars, que les libéraux ont conclu avec Maritime Launch Services en vue de louer un terrain comprenant une dalle de béton et un stationnement en gravier. « Ne vous inquiétez pas », disent les libéraux. « Ce n'est pas n'importe quel stationnement en gravier. Ce n'est pas n'importe quelle dalle de béton. C'est le site du nouveau port spatial souverain du Canada. »
Il va sans dire que ce bail de 200 millions de dollars soulève toutes sortes de questions. Les libéraux ont refusé de se montrer transparents à ce sujet. En effet, à chaque occasion ou presque, ils ont fait de l'obstruction et ils ont refusé de répondre aux questions les plus élémentaires. Ce n'est pas tout. Ils ont caché ce bail aux Canadiens. Ils ne veulent pas que les Canadiens sachent où vont ces 200 millions de dollars payés par les contribuables.
Quelles questions ce bail de 200 millions de dollars soulève-t-il? Pour commencer, le gouvernement aurait pu acheter le terrain du site du port spatial situé dans la région de Canso pour environ 2,5 millions de dollars, mais il a préféré louer ce terrain pour 20 millions de dollars par année, ce qui coûtera de 200 millions de dollars aux contribuables sur une période de 10 ans. Où est la logique là‑dedans?
Pour Maritime Launch Services, c'est une très bonne affaire. La raison, c'est que l'entreprise n'est pas propriétaire du terrain. Elle le loue à la Nouvelle‑Écosse pour la somme de 13 500 $ par année, puis elle le loue à son tour à Ottawa avec un profit de 1 300 %. Ça doit être agréable d'être Maritime Launch Services. Ce n'est pas aussi agréable pour les contribuables ordinaires.
On pourrait penser que Maritime Launch Services apporte un certain caractère technique et un certain degré d'expertise à l'établissement de ce qui est censé devenir le premier port spatial souverain du Canada, mais on se demande alors quelle est cette entreprise. Il s'avère que Maritime Launch Services n'est rien de plus qu'une petite entreprise qui emploie six personnes. Malgré son nom, Maritime Launch Services n'a jamais vraiment lancé quoi que ce soit. L'entreprise existe depuis 10 ans et elle n'a rien lancé dans l'espace, absolument rien.
Par bonté envers Maritime Launch Services, disons que sur une période de deux ans, l'entreprise a lancé deux fusées suborbitales, dont l'une était une fusée miniature du club de modèles réduits de fusées de l'Université York. Je répète, il s'agissait d'une fusée miniature d'un club universitaire de modèles réduits de fusées. C'est à cette entreprise que les libéraux confient le soin de concevoir le premier port spatial souverain du Canada. Ce n'est pas sérieux.
(2035)
Le président du conseil d'administration, c'est Sasha Jacob, un homme qui a un passé, et ce passé n'est pas très joli, puisqu'il implique des infractions à l'égard de valeurs mobilières. En effet, Sasha Jacob a la désolante distinction d'avoir été mis à l'amende pour 100 000 $ à la suite d'infractions et d'irrégularités dans le domaine des valeurs mobilières. Ce n'est pas idéal, c'est le moins qu'on puisse dire. Une question s'impose donc: pourquoi les libéraux font-il des affaires, à hauteur de 200 millions de dollars, avec une entreprise dont le président a été condamné à payer 100 000 $ d'amende pour avoir commis des infractions relatives à des valeurs mobilières?
Puisque les activités de Martime Launch Services s'étendent à une collaboration avec des clubs universitaires de modèles réduits de fusée, il ne faut probablement pas s'étonner que l'entreprise ne soit pas des plus florissante. D'ailleurs, ses états financiers pour 2025 affichent des pertes de 47 millions de dollars, ce qui est énorme, et des revenus de moins de 15 000 $. Dans le rapport de l'auditeur indépendant, on peut lire que « les incertitudes sur le plan financier mettent sérieusement en doute la capacité de l'entreprise à rester en affaires ».
Autrement dit, Maritime Launch Services était au bord de la faillite quand les libéraux l'ont renflouée en signant un juteux bail de 200 millions de dollars pour 10 ans pour louer un terrain qui n'appartient même pas à l'entreprise. C'est vraiment à n'y rien comprendre. Comment se peut-il qu'une entreprise qui compte 6 employés, qui n'a effectué aucun lancement spatial et dont le président du conseil d'administration a commis des infractions relatives à des valeurs mobilières, une entreprise au bord de la faillite, ait réussi à conclure un bail de 200 millions de dollars au gouvernement fédéral pour lui louer un terrain qui ne lui appartient même pas et qui consiste en une dalle en béton et un stationnement en gravier?
La réponse à cela, ce qui n'a rien de surprenant quand il s'agit des libéraux, c'est que Maritime Launch Services est confortablement associée à des proches du Parti libéral, tout simplement. Le président du conseil d'administration dont j'ai parlé, M. Jacob, a des liens avec Gerald Butts, collaborateur important du Parti libéral. Ajoutons que Stephen McNeil, l'ancien premier ministre libéral de la Nouvelle‑Écosse, siège comme par hasard au conseil consultatif de Maritime Launch Services.
De plus, le lobbyiste en chef de Maritime Launch Services n'est nul autre qu'un ancien membre haut placé du personnel du ministre de la Justice, dont la circonscription se trouve, heureux hasard, à côté du site de lancement. Cela explique peut-être comment Maritime Launch Services a obtenu ce bail très avantageux.
Le but de ce bail n'est pas de développer le premier port spatial souverain du Canada. C'est plutôt que des proches du Parti libéral s'enrichissent pendant que les contribuables paient la note. C'est exactement ce qui s'est passé jusqu'à maintenant. On peut penser, entre autres, à la question des dates. En effet, bien que le bail ait été conclu le 1er avril 2026, il a été antidaté au 1er avril 2025.
Pourquoi a-t-il été antidaté à 2025? C'est qu'en raison de cette date d'effet rétroactive, les libéraux ont acheminé immédiatement 20 millions de dollars à Maritime Launch Services, ce qui a permis de renflouer l'entreprise alors qu'elle était au bord de la faillite.
Les députés peuvent-ils deviner ce qui s'est passé ensuite? Le président du conseil d'administration, M. Jacob, a immédiatement décidé de vendre 3 millions de dollars d'actions qui ne valaient auparavant rien, empochant ainsi la coquette somme de 1,8 million de dollars. Ce doit être agréable d'être M. Jacob. Ce doit être agréable d'être un proche du Parti libéral. Je trouve que cela ressemble fort à un vaste stratagème de gonflage et de largage.
Compte tenu des questions et du nuage qui planent sur Maritime Launch Services, ainsi que du manque total de transparence des libéraux, il est important que 20 millions de dollars de l'argent durement gagné des contribuables ne soient pas versés à cette entreprise tant qu'on n'aura pas répondu à ces questions fondamentales et que...
Monsieur le Président, à entendre les conservateurs, on croirait qu'il n'est question que d'un terrain, mais ce n'est pas du tout le cas. Je ne comprends pas ce qu'ils ont contre le fait que les Maritimes disposent d'une plateforme de lancement. La région est naturellement bien située en raison de l'océan, ce qui est un aspect très important. Ce n'est pas seulement une question de terrain. Nous devons construire la plateforme de lancement et l'infrastructure nécessaire, et 90 % des travaux seront réalisés par des Canadiens.
Les conservateurs essaient de donner l'impression que les 200 millions de dollars ne servent qu'à une seule chose, alors qu'en réalité, cette somme finance bien davantage. Le député peut‑il admettre qu'il s'agit de bien plus qu'un terrain loué?
Monsieur le Président, examinons ce qu'il s'est passé depuis la signature du bail. Aucune fusée n'a été lancée et rien n'a été construit. Il n'y a qu'une dalle de béton et un stationnement en gravier. Or, quelqu'un s'est enrichi: M. Jacob. Il a vendu 3 millions d'actions et il en a tiré 1,8 million de dollars.
Pourquoi les libéraux n'ont-ils pas, par exemple, insisté pour conclure une convention de blocage, ce qui est pratique courante, au lieu de permettre au président d'une entreprise à deux doigts de la faillite de s'en tirer avec 1,8 million de dollars?
Monsieur le Président, je veux remercier mon collègue, que j'apprécie beaucoup et qui, je le souligne, sait compter. Lorsqu'il met son nez dans les finances publiques, on peut toujours être certain qu'il va trouver du gaspillage de la part du gouvernement fédéral, comme il en a fait la démonstration dans son discours.
Un des exemples les plus forts de gaspillage de la part du gouvernement fédéral, c'est lorsque le gouvernement fédéral a dépensé l'argent de la taxe sur le carbone qu'il avait annulée pour verser un remboursement. Ça, le Québec l'a payé, mais il n'a jamais rien reçu.
Est-ce que mon collègue est d'accord avec moi pour dire que, rembourser une taxe qui n'a jamais été payée, c'est la démonstration évidente d'un gaspillage de fonds publics? J'aimerais que mon collègue réponde à cette question bien précise.
Monsieur le Président, je comprends le problème soulevé par le député. Il montre bien à quel point la taxe sur le carbone, que le gouvernement libéral a maintenue pendant des années et que les conservateurs lui demandaient d'abolir, était un fiasco et une politique mal conçue du début à la fin. Bien sûr, techniquement, il a supprimé la taxe sur le carbone pour les consommateurs, mais il a maintenu une taxe cachée sur le carbone pour les industries qui augmente le coût de tout. C'est pourquoi je conviens que, oui, cela met en évidence l'incompétence et la mauvaise gestion crasses des libéraux.
Monsieur le Président, lorsque les libéraux parlent du contrat de location de Maritime Launch Services, ils disent qu'il s'agit d'un investissement et que cela assure en quelque sorte notre souveraineté spatiale au Canada.
Lorsque la Norvège a voulu créer son propre port spatial, elle a collaboré avec le secteur privé. Cela dit, pour environ 60 millions de dollars canadiens d'aujourd'hui, elle a été en mesure de détenir 90 % de l'actif et de s'associer à un promoteur du secteur privé.
Ce que nous voulons dire, c'est qu'en consacrant 200 millions de dollars dans un actif que nous ne posséderons jamais et dont 60 % des actions ne sont pas comptabilisées parce que nous ignorons à qui elles appartiennent, on commet une grave erreur. Ce n'est pas une solution, c'est une mauvaise affaire pour les contribuables.
Monsieur le Président, les libéraux disent qu'il s'agit d'un investissement, et il s'agit bel et bien d'un investissement. Il s'agit d'un investissement dans les proches du Parti libéral, et M. Jacob s'en est sorti comme un bandit en l'espace de quelques semaines lorsque les libéraux ont conclu ce bail.
Pourquoi Maritime Launch Services? C'est la question centrale. Seuls les libéraux pourraient réussir à dépenser 20 millions de dollars par année sur des terres qui appartiennent déjà aux contribuables, et c'est ce que représente ce bail. Il y a beaucoup de fumée, et il n'y a généralement pas de fumée sans feu.
Au lieu de fournir des réponses et des précisions, nous n'avons vu que des faux-fuyants. Voilà pourquoi l'amendement proposé par le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands—Rideau Lakes est nécessaire. Il vise à mettre un terme à l'attribution de fonds publics supplémentaires à cette entreprise douteuse jusqu'à ce qu'on réponde à ces questions.
Monsieur le Président, « vers l'infini et au-delà ». Est-ce que je parle d'un programme spatial ou de notre déficit? Je parle peut-être des deux. Partout au Canada, les enfants admirent Buzz l'Éclair et Chris Hadfield en ce qui concerne les étoiles et ce qui se cache au-delà. Qu'il s'agisse de vrais astronautes ou d'astronautes fictifs, les Canadiens admirent ces modèles.
Le Canada a une longue tradition de participation à l'exploration spatiale, comme en témoigne le satellite Alouette I, qui a été lancé sous l'ancien premier ministre conservateur Diefenbaker et qui a fait du Canada le troisième pays à concevoir et à construire un satellite, et le bras canadien, qui est un impressionnant bras robotisé utilisé dans la navette spatiale et la Station spatiale internationale. Même Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a fait ses études ici même, au Canada.
Nous avons de nombreuses réalisations dont nous pouvons être fiers et le Canada joue décidément dans la cour des grands, y compris Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Dans ma circonscription, dans la ville de St. Lawrence, nous avons une plateforme de lancement. Nous avons la plateforme de lancement NordSpace. L'année dernière, de nombreux habitants de Terre‑Neuve‑et‑Labrador et scientifiques du monde entier se sont rassemblés dans St. Lawrence pour assister au premier vol d'essai de NordSpace. La cerise sur le sundae, c'est que la mission inaugurale s'appelait « Getting Screeched In ».
NordSpace est une entreprise qui appartient entièrement à des intérêts canadiens. Elle investit dans notre province et dans la défense et elle planifie d'ouvrir un bureau à St. John's pour les contrôles de mission. C'est une bonne chose parce que le Canada a besoin d'une solide force spatiale. Le système de localisation GPS, Internet, les vecteurs de la communication et de nombreux éléments essentiels au fonctionnement de la société et de nos forces armées se trouvent dans l'espace. Nous devons être en mesure de fournir et protéger ces services pour les Canadiens. L'espace n'est plus seulement une question d'exploration et de découverte. C'est une question de sécurité nationale, de croissance économique, de progrès scientifique et d'innovation.
Les pays qui sont des chefs de file dans le domaine spatial contribueront à façonner l'avenir. Le Canada en a fait partie et devrait toujours figurer parmi eux. Nos ingénieurs, nos scientifiques et nos entrepreneurs ont montré à maintes reprises qu'ils peuvent rivaliser avec les meilleurs au monde. Ils ont cependant besoin d'un gouvernement qui soutient l'innovation de manière responsable, qui dépense judicieusement l'argent des contribuables et qui veille à ce que l'argent investi soit profitable aux Canadiens.
J'ai passé quelques jours à faire des recherches sur NordSpace, son entreprise et ses modèles d'affaires. L'entreprise n'aurait reçu que 10 millions de dollars. Avec cet argent, elle a construit une belle route et un beau port spatial, elle a mis au point sa technologie et elle a même fait un lancement d'essai. Comparons ce port spatial à celui dont tout le monde parle: Maritime Launch Services en Nouvelle‑Écosse.
La société Maritime Launch Services a été constituée en 2016, mais ce n'est que cette année que les choses ont commencé à bouger et c'est ce qui inquiète Canadiens. Nous avons entendu dire qu'un contrat de 200 millions de dollars a été conclu avec Maritime Launch Services, mais nous savons très peu de choses sur ce que prévoit ce contrat. Jusqu'à présent, tout ce que ce contrat de 200 millions de dollars semble inclure, c'est une dalle de béton au milieu d'une gravière.
Étant de nature curieuse, j'ai pris l'avion et je me suis rendu à Canso, en Nouvelle‑Écosse, pour voir cette plateforme de lancement de mes propres yeux. Après une courte promenade de trois kilomètres, j'ai facilement compris certaines des préoccupations à son sujet. Comme le site n'est qu'à trois kilomètres de la ville, je pouvais voir des maisons depuis la plateforme de lancement. Je comprends pourquoi les habitants de Canso s'inquiètent. Des affiches étaient placardées partout dans la ville pour protester contre la construction de cette plateforme de lancement si près de chez eux.
De plus, il n'y avait pas grand-chose à voir; c'était plutôt décevant. Il y avait un conteneur maritime, une roulotte de chantier et une petite plateforme en béton. Honnêtement, elle n'était même pas plus grande que mon entrée. Ce n'est pas un grand terrain. Ça m'a certainement semblé plutôt dispendieux pour ce que c'est. L'entreprise loue le terrain auprès de la Nouvelle‑Écosse pour moins de 15 000 $ par année, puis elle facture apparemment 20 millions de dollars par année au ministère de la Défense nationale, qui ne sera même pas propriétaire du terrain lorsque celui-ci sera aménagé.
Pour ajouter du carburant à cette fusée, on me dit que le gouvernement fédéral a antidaté ce bail pour une année complète. Comment en arrive-t-on à ça? Je serais le propriétaire le plus heureux au monde si j'avais des locataires qui disaient: « Je vais antidater mon bail et payer une année complète avant d'emménager ». Ce serait fantastique.
Comme par hasard, ce bail lucratif est arrivé juste à temps pour sauver les meubles. Selon des rumeurs, cette entreprise était au bord de la faillite avant de bénéficier de cette entente. Comme si cela ne suffisait pas, dès que l'entente a été signée, certains actionnaires ont vendu leurs parts et se sont débarrassés de ces actions à un prix gonflé. Non seulement ils ont été renfloués, mais ils se sont aussi enrichis. Ils se sont enrichis avec l'argent des contribuables canadiens, et c'est exactement pourquoi il nous faut de la transparence.
(2050)
Les Canadiens ne s'opposent pas aux investissements dans les infrastructures. Ils ne sont pas non plus contre l'innovation ni le développement d'une industrie spatiale plus forte. En revanche, ils refusent de signer un chèque en blanc sans savoir où va l'argent.
Quand un gouvernement dépense l'argent des contribuables, il doit rendre des comptes: expliquer les coûts, justifier ses décisions et livrer les résultats. Si le projet est vraiment dans l'intérêt des Canadiens, le gouvernement n'a aucune raison de ne pas dévoiler les détails du bail. Les faits feront le reste.
Je ne suis pas ici que pour critiquer ou pointer des gens du doigt. Je suis ici pour poser des questions, dénoncer le problème et obtenir des réponses pour les Canadiens. Pour tout dire, je donne aux libéraux l'occasion de s'expliquer, de rendre le bail public, de faire connaître les détails du financement et de justifier une dépense de plus de 200 millions de dollars pour une plateforme spatiale en Nouvelle‑Écosse, alors qu'une installation presque identique a été construite à Terre‑Neuve pour à peine 5 % du coût.
Les Canadiens ont le droit de le savoir. De grosses sommes d'argent sont en cause. On ne parle pas 16 $ pour du jus d'orange ni de 200 000 $ pour des services de luxe à bord du jet privé du premier ministre, mais bien de 200 millions de dollars, avec un grand m. La base spatiale coûtera plus de 54 000 $ par jour pendant 10 ans. Or, 54 000 $, c'est plus que le salaire annuel du Canadien moyen. Le salaire médian des Téneliens est inférieur à 35 000 $ par année.
Les conservateurs savent que les Canadiens ont droit à la transparence. Les Canadiens ont le droit de savoir comment le gouvernement libéral dépense leur argent. J'espère sincèrement que les ministériels diront ouvertement aux Canadiens, qu'ils convaincront les Canadiens, qu'ils montreront aux Canadiens qu'il ne s'agit pas d'une autre caisse noire environnementale des libéraux ni d'un autre scandale UNIS des libéraux, avec des proches des libéraux ou des membres de la famille Trudeau qui empochent des millions de dollars puisés à même l'argent des contribuables.
Néanmoins, jusqu'à présent, de ce côté-ci de la Chambre, notre petit doigt nous dit que c'est louche. Beaucoup de Canadiens estimeront même qu'il s'agit d'une dépense inutile dans son intégralité. Pourquoi les contribuables canadiens devraient-ils mettre la main à la poche pour une deuxième table de lancement dans le Canada atlantique alors qu'il y a déjà une table de lancement tout à fait fonctionnelle et quasi identique qui est en service dans le Canada atlantique? Il en coûterait sans doute beaucoup moins que 200 millions de dollars pour transporter les fusées jusqu'à celle qui se trouve dans ma circonscription.
Voilà les questions simples que se posent les Canadiens, et nous voulons des réponses satisfaisantes, alors, qu'on nous les donne. S'il existe une solide analyse de rentabilité, qu'on nous la montre. S'il s'agit vraiment d'un investissement judicieux, qu'on en publie les détails pour permettre aux Canadiens de tirer leurs propres conclusions. D'ici là, les Canadiens continueront de se demander pourquoi on dépense autant d'argent sans fournir de réponses.
Malheureusement, il n'y a pas que les fusées qui vont vers l'infini et au-delà. Il y a aussi le déficit du Canada. Nous dépensons plus d'argent en paiements d'intérêts que le gouvernement fédéral n'en dépense en paiements pour les soins de santé. Nous dépensons plus d'argent pour rembourser le déficit que ce que nous percevons en TPS. Cela signifie que les 5 % que nous dépensons tous sur tout ce que nous achetons en magasin vont directement aux banquiers.
Le budget du premier ministre engendre une dette générationnelle. D'ici 2029, plus de 12 % de notre budget sera consacré au service de la dette. Pour chaque tranche de 8 $ que nous percevons, 1 $ sera utilisé pour le service de la dette. C'est énorme. La dette est une menace qui pèse sur la prochaine génération de Canadiens, mettant en péril l'avenir de toute notre économie, et ce n'est pas parce que les Canadiens ne paient pas d'impôts. Nous payons largement assez d'impôts. C'est parce que les impôts ne sont pas utilisés à bon escient.
Voilà, mes amis, pourquoi cette économie ne décolle pas. Elle est tout simplement en train de s'effondrer avec panache.
Monsieur le Président, à Winnipeg, Magellan Aerospace fabrique des satellites et des plateformes satellitaires. J'ai l'impression que mes collègues d'en face sous‑estiment la capacité du Canada à affirmer sa souveraineté dans l'espace, à l'utiliser à des fins nationales comme internationales, et à développer ses industries aérospatiales et spatiales en conséquence.
Soit dit en passant, l'un des plus ardents défenseurs de ce projet est le premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle‑Écosse. Il comprend les retombées pour l'industrie aérospatiale. Aux dernières nouvelles, il n'est pas libéral.
Au bout du compte, le député ne reconnaît-il pas que, malgré ses réserves, il s'agit dans l'ensemble...
Monsieur le Président, je viens de donner aux libéraux l'occasion de s'expliquer. Je viens de poser toutes les questions que les Canadiens se posent. Malgré cette occasion en or, le député, au lieu de répondre, a plutôt choisi de détourner le débat en m'attaquant et en laissant entendre, à tort, que les conservateurs et moi ne soutenons ni l'industrie spatiale ni la souveraineté canadienne dans l'espace. Pourquoi les libéraux n'ont-ils pas simplement expliqué aux Canadiens à quoi a servi cet argent et comment ils entendent réellement renforcer la souveraineté du Canada dans l'espace.
Monsieur le Président, ce que je constate relativement à ces investissements, c'est qu'il y a une grosse lacune. Les libéraux prétendent continuellement qu'ils sont là pour aider la population. À un moment donné, c'était même comique. Je me souviens de l'ancien premier ministre, qui disait que le gouvernement était là pour aider et qu'on allait continuer d'aider pour aider. On avait l'impression qu'il n’allait nulle part avec ça.
Or, au Québec, on a demandé certaines choses. Notamment, lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre a versé beaucoup d'argent aux communautés de l'Ouest canadien pour rembourser une taxe sur le carbone qui n'avait même pas été payée. Cela a été fait avec l'argent des taxes des Québécois, et, au Québec, on n'a rien reçu. On estime que c'est 814 millions de dollars qui sont dus au Québec.
Jusqu'à maintenant, le gouvernement fédéral a fait la sourde oreille à cette demande, mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons aussi demandé de l'aide pour les aînés, qui ont travaillé toute leur vie. Or, le gouvernement fédéral persiste et maintient deux classes d'aînés.
Qu'est-ce que mon collègue en pense? Le gouvernement libéral ne devrait-il pas faire preuve d'un peu plus de sympathie vis-à-vis les contribuables?
Monsieur le Président, je pense que mon collègue d'en face a décrit à peu près la même situation, où le gouvernement libéral fait une utilisation des deniers publics que les contribuables canadiens désapprouvent et où il privilégie ses favoris. Dans le cas présent, le député d'en face prétend que le gouvernement a pris l'argent des contribuables du Québec pour le donner plutôt au Canada anglais. Je pense que nous sommes sur la même longueur d'onde. Le député est d'accord pour dire que le gouvernement libéral prend l'argent de tout le monde et le distribue ensuite à ses heureux élus. C'est franchement très frustrant.
Monsieur le Président, nous devons être fiers de l'histoire de l'aérospatiale au Canada, car, comme mon collègue l'a souligné, nous avons été le quatrième pays à mettre un satellite en orbite. En 1962, nous avons lancé le satellite Alouette I, et c'est nous qui l'avons construit.
[Français]
Nous avons fait le train d'atterrissage des modules d'exploration lunaire. Cela s'est fait à Longueuil, au Québec. Il y a actuellement six modules d'exploration lunaire qui sont là, qui reposent chacun sur quatre pattes et qui ont été faits à Longueuil. Nous devons être fiers de l'histoire et de l'héritage de l'aérospatiale au Canada.
J'aimerais entendre l'opinion de mon collègue sur ce qui suit. Comment se fait-il que, cette année, le gouvernement fédéral, malheureusement, dépense mal 200 millions de dollars pour l'industrie aérospatiale du Canada?
Monsieur le Président, je suis d'accord. Le Québec est un chef de file de l'aérospatiale, avec les avions construits par Bombardier. Ce que nous avons fait au Canada est incroyable. Nous avons beaucoup de raisons d'être fiers. Investir n'est pas une erreur, mais gaspiller l'argent en est une. Nous avons construit une rampe de lancement qui est presque identique aux photos que j'ai vues et à ce que j'ai pu observer quand je suis allé sur place. La rampe de lancement à Terre‑Neuve‑et‑Labrador est presque identique, mais elle coûte 5 % du prix. Nous ne sommes pas en train de remettre en question l'idée de consacrer de l'argent à un projet. Nous nous opposons à votre gaspillage d'argent pour remplir les coffres des proches du Parti libéral.
Je m'excuse, monsieur le Président. Ce n'est pas vous qui avez gaspillé l'argent. Ce sont les libéraux. J'ai fait une erreur.
Monsieur le Président, comme personne d'autre ne veut prendre la parole, je me ferai un plaisir de faire part de mes réflexions concernant le budget des dépenses. Je vais commencer par faire quelques observations à propos de ce que nous avons entendu de la part des conservateurs, les uns après les autres. Franchement, je suis très déçu que les conservateurs veuillent jouer au jeu de la corruption politique alors que, en réalité, ils ne peuvent pas étayer leurs accusations. Au lieu de cela, ils mettent un chapeau de conspirationniste et se lancent dans des théories du complot.
Au bout du compte, jetons un coup d'œil aux possibilités qui s'offrent au Canada. Le premier ministre a dit très clairement que, en tant que pays, nous voulons bâtir une économie plus forte et plus saine, comme je l'ai dit plus tôt aujourd'hui. Si nous considérons l'industrie aérospatiale, nous constatons que, à bien des égards, le gouvernement du Canada a reconnu l'importance de cette industrie et l'a soutenue directement et indirectement.
Examinons les résultats concrets obtenus jusqu’à présent et les enjeux dont nous parlons. Les députés veulent-ils parler de l'industrie spatiale et de son potentiel? Regardons ce qui se passe dans certains pays européens, qui ont compris l'intérêt de miser sur l'industrie spatiale et les retombées économiques considérables qu'une telle décision a eues sur leur économie. Je crois que nous pouvons avoir une agence spatiale et un secteur de l'aérospatiale capables de travailler en étroite collaboration et, à terme, de bâtir un pays plus fort et en meilleure santé. En effet, lorsqu’on parle des emplois directs et indirects pour l’avenir, certains estiment que plus de 200 000 emplois de qualité seront créés. Voilà le genre d'initiatives que nous devrions envisager sérieusement, comme le fait le gouvernement. Il fait plus que cela: il prend des mesures concrètes à cette fin.
En ce qui concerne la plateforme de lancement que, si je puis dire...
Des voix: Dites-le.
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, j'essaie de veiller à ce que mes propos restent parlementaires.
En ce qui concerne la plateforme de lancement que le Parti conservateur dénigre, soyons très clairs. Je l'ai déjà dit tout à l'heure, dans ma question à l'intervenant précédent: le premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle‑Écosse est l'un des plus ardents défenseurs de ce projet. Encore une fois, ce n'est pas un libéral, mais les conservateurs n'en démordent pas. Ils ne s'encombrent pas des faits et ils ne tiennent pas compte des retombées économiques pour la Nouvelle‑Écosse. D'ailleurs, ce n'est pas seulement cette province qui profitera de ce projet.
De mon point de vue, le fait que ce site de lancement de classe mondiale soit situé en Nouvelle‑Écosse en fait l'endroit idéal pour accueillir ce projet.
Une voix: C'est un stationnement.
L'hon. Kevin Lamoureux: Non, monsieur le Président, ce n'est pas un stationnement.
Les députés doivent bien comprendre la proposition. Ces 200 millions de dollars ne serviront pas uniquement à l'acquisition du terrain, contrairement à ce que les conservateurs tentent de nous faire croire. Cette somme inclut les infrastructures, notamment la construction d'une plateforme de lancement qui renforcera la position du Canada de sorte que d'autres pays se tourneront vers nous pour mettre leurs satellites en orbite. C'est une question de souveraineté.
Les députés sont-ils en faveur de la souveraineté canadienne? Les députés pensent-ils qu'Elon Musk devrait avoir le droit de dire: « Non, j’ai d’autres choses à lancer qui sont plus importantes que ce que le Canada souhaite lancer, donc je vais m’en tenir à celles-là »? Les conservateurs sont-ils prêts à céder notre souveraineté en matière d’espace et de satellites à Elon Musk? On serait porté à le croire; en effet, quelle est leur réponse? Ils ne proposent aucune alternative ni ne formulent de critiques pour expliquer pourquoi le Canada ne devrait pas disposer d’une rampe de lancement spatiale.
L'idée me plaît. Venez à Winnipeg et visitez Magellan Aerospace. On y trouve des travailleurs acharnés et de premier ordre, issus de toutes les origines ethniques, qui, en fait, y travaillent tous les jours de la semaine et qui sont en train de bâtir l'industrie aérospatiale du Manitoba. Le volet spatial y occupe une place très importante. Les députés peuvent constater que nous fabriquons des satellites à Winnipeg. Il y a des satellites fabriqués à Winnipeg qui tournent aujourd’hui en orbite. Ils sont là. C’est bien réel. Cela signifie des emplois.
(2105)
Je peux assurer aux députés que tous les membres du caucus libéral national sont conscients de l'intérêt d'avoir une plateforme de lancement en Nouvelle‑Écosse. Mes collègues d'en face devraient avoir honte de ne pas appuyer cette initiative visant à en construire une en Nouvelle‑Écosse.
Une voix: Qu'en est-il du Manitoba?
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, le Manitoba a des atouts, mais il n'y a pas d'océan à proximité.
Une voix: Oh, oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, nous avons enfin un gouvernement qui envisage réellement d'agrandir le port de Churchill, et il y a là des possibilités, peut-être pour les fusées. Nous pourrions peut-être en discuter. Je ne veux pas trop m'étendre sur le sujet, car les conservateurs vont commencer à critiquer cette initiative. Notre industrie aérospatiale offre toutes sortes de possibilités. En ce qui concerne la Nouvelle‑Écosse, je sais que mes collègues comprennent la véritable valeur des investissements que le gouvernement consacre à notre industrie aérospatiale et à notre industrie spatiale.
Pensons au fait que les forces armées pourront conclure des contrats pour obtenir un satellite et que le gouvernement canadien sera alors en mesure de dire: « D'accord, ce satellite est une priorité et il sera lancé. » C'est ça, la souveraineté dans l'espace. Elle permet au gouvernement du Canada de ne pas dépendre d'autres gouvernements, ni d'Elon Musk, pour lancer un satellite canadien ou pour mettre quelque chose en orbite. Pourquoi les conservateurs ne joignent-ils pas leur voix à celle du premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle‑Écosse? Je souligne, en passant, que le gouvernement de la Nouvelle‑Écosse a approuvé l'emplacement.
Une voix: Oh, oh!
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, un député a dit que l'endroit choisi était un mauvais choix. Le gouvernement provincial ne semble pas être de cet avis. On dirait que les conservateurs fédéraux cherchent simplement à dénigrer la Nouvelle‑Écosse.
Nous pouvons regarder ce que nous avons accompli au cours de la dernière année, avec un nouveau gouvernement et un nouveau premier ministre élus il y a un peu plus d'un an, pour savoir ce que nous avons réellement présenté: des mesures budgétaires, du soutien à l'agence spatiale et à l'industrie aérospatiale, et des mesures comme des investissements dans les Forces canadiennes, pour lesquelles nous avons atteint l'objectif de financement de 2 % avant la fin de l'année dernière. L'actuel chef du Parti conservateur siégeait au Cabinet lorsque les conservateurs étaient incapables d'atteindre la cible de 1 %. Pourtant, nous avons atteint l'objectif de 2 % avant la fin de l'année, seulement quelques mois après les dernières élections fédérales.
Que l'on parle des mesures budgétaires ou des mesures législatives, nous avons déjà présenté à la Chambre des communes les mesures nécessaires pour que nous puissions aller de l'avant avec la rampe de lancement. Les conservateurs s'y sont malheureusement opposés, mais le fait est que cela a déjà été présenté et que nous allons de l'avant. Malgré l'opposition que suscite cette initiative, nous continuerons d'aller de l'avant, car c'est la bonne chose à faire. Nous pourrions appliquer ce principe à de nombreux éléments du budget.
Nous parlons du budget principal des dépenses, de l'étude des crédits. Le budget contient plusieurs initiatives au sujet desquelles j'aimerais vraiment que les conservateurs changent d'avis. Ils voient toujours le verre toujours à moitié vide, mais il y a une autre façon de voir les choses. Autrement dit, il faut avoir une attitude positive. Cela ne fait pas mal. Les députés peuvent à la fois être membres d'un parti de l'opposition et avoir une attitude positive. C'est ce qui fait défaut au Parti conservateur.
(2110)
Prenons l'exemple des grands projets. Oui, l'aire de lancement spatial va coûter de l'argent, mais je crois que l'investissement rapportera beaucoup sur le plan de la souveraineté, des emplois et de bien d'autres choses, notamment des avantages pour nos agences aérospatiales et spatiales.
Il y a beaucoup d'autres enjeux dans le cadre de grands projets qui auront des retombées tout aussi positives pour les Canadiens, pratiquement d'un océan à l'autre. Plus tôt aujourd'hui, j'ai entre autres parlé du potentiel de l'énergie éolienne et des autres énergies exploitées dans le Canada atlantique. Le gouvernement fédéral investit aujourd'hui dans des grands projets de développement énergétique du Canada atlantique. J'ai aussi parlé du port de Montréal et du projet qui pourrait créer des milliers d'emplois à Montréal et au Québec, mais aussi accroître nos exportations. Il y aura des possibilités pour tout le Canada.
Plus tôt aujourd'hui, j'ai parlé de l'Ontario et des grands projets. Les premières retombées positives qui me viennent à l'esprit sont les débouchés dans le domaine de l'énergie nucléaire. Le premier ministre parle de faire du Canada une superpuissance énergétique, et nous sommes sérieux à ce sujet. Nous reconnaissons l'importance du développement durable, et c'est pourquoi nous continuons de travailler avec les provinces, les communautés autochtones, les municipalités et les nombreux autres acteurs. Nous sommes conscients que, pour que ces mégaprojets fonctionnent, nous devons reconnaître et comprendre l'importance du développement durable. L'énergie nucléaire est quelque chose de très réel et de très tangible, et le premier ministre et le gouvernement la soutiennent par l'entremise de grands projets.
D'autres pays s'intéressent à l'énergie nucléaire, et le Canada a un rôle à jouer à cet égard. J'ai donné l'exemple des Philippines. Ce pays a actuellement des discussions avec le Canada, en particulier avec la province de l'Ontario et Hydro Ontario, si j'ai bien compris, sur la façon dont il peut tirer parti de l'expertise que le pays a à offrir en matière d'énergie nucléaire.
Passons de l'Ontario au Manitoba. Qu'il s'agisse de l'exploitation minière ou du port de Churchill, pour la première fois au Manitoba, nous avons un plan visant à développer le port de Churchill et à pouvoir exporter toutes sortes de produits différents, du gaz naturel liquéfié, avec son potentiel, à certains minéraux, en passant par d'autres types d'exportations. Voilà le genre...
Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Le député d'en face manque de pertinence, que ce soit à l'égard de sa propre personne ou de la motion. J'aimerais qu'on le rappelle à l'ordre et qu'il aborde peut-être des questions comme Maritime Launch Services, le bail ou le ministère de la Défense nationale...
Monsieur le Président, pas de problème. Le député ne m'a pas vexé. S'il ne suit pas le débat de ce soir, ce n'est pas grave. J'espère toutefois que ce recours au Règlement n'a pas empiété sur mon temps de parole, car j'en ai encore beaucoup à dire.
Les grands chantiers et les projets de construction revêtent une grande importance pour le Canada, et le projet spatial est tout aussi important. Si le député avait écouté tout à l'heure, il saurait que certains intervenants n'ont même pas prononcé le mot « spatial » dans leur discours, mais je le remercie de prêter une oreille attentive à ce que je dis. Je lui demande de suivre mon raisonnement.
Je vais poursuivre sur les grands projets. Le Manitoba a déjà procédé à des lancements de fusées. Il y a des possibilités de renouer avec ce genre d'activités à l'avenir. Toutefois, le Canada ne dispose pas aujourd'hui d'une plateforme spatiale capable de mettre en orbite des objets comme des satellites. Voilà pourquoi nous devons nous en donner les moyens.
Comme je l'ai dit, on parle de projets de construction. Au Manitoba, le premier ministre et de nombreux dirigeants locaux collaborent avec le gouvernement du Canada afin de trouver des moyens de nous doter d'un port supplémentaire, un port viable et performant.
J'espère que les conservateurs n'adopteront pas, à l'égard de la province du Manitoba, la même attitude qu'ils ont envers la Nouvelle‑Écosse. En fait, s'ils étaient représentés en Nouvelle‑Écosse, ils seraient peut-être un peu plus réceptifs aux propos du premier ministre progressiste-conservateur sur la Nouvelle‑Écosse, ainsi qu'à ceux de mes collègues du caucus libéral.
Passons maintenant à la province de la Saskatchewan et aux grands projets. Pensons à ce qui est proposé pour gérer des questions telles que les mines de cuivre. Pensons à ce qui se passe avec le canola, la potasse et certains autres projets à l'étude dans la ville de Calgary, où se trouve justement le Bureau des grands projets.
Je passe maintenant à la province de l’Alberta et à la question de la superpuissance énergétique et d’une plus grande souveraineté. La souveraineté est importante pour le gouvernement. Je vais aborder ce sujet sans plus attendre, car nous agissons aussi sur ce front. Non seulement avons-nous conclu un protocole d’accord avec la première ministre conservatrice progressiste de l’Alberta, mais nous disposons d’une stratégie, d'un plan, en cours qui élargit la possibilité de devenir une superpuissance énergétique.
Passons à la Colombie‑Britannique. Qu'il s'agisse de l'exploitation du cuivre ou, encore une fois, du gaz naturel liquéfié, ces activités font partie des grands projets.
Je vais parler du Nord. Il n'y a pas très longtemps, alors qu'il était à Yellowknife, le premier ministre a parlé de l'importance de la souveraineté dans le Nord. Le gouvernement envisage d'investir plus de 30 milliards de dollars pour renforcer la souveraineté du Canada dans le Nord. Il s'agit là d'engagements importants. Le gouvernement est conscient de l'importance d'investir dans les Canadiens et dans les projets qui feront du Canada le pays le plus fort du G7 et celui qui connaît la croissance la plus rapide par habitant.
On commence déjà à voir des résultats, que ce soit dans le domaine de la construction ou sur le marché de l'emploi: la semaine dernière, il a été annoncé que 88 000 emplois ont été créés au mois de mai. Au cours de la dernière année, on a enregistré une augmentation nette de plus de 100 000 emplois. Je crois que le chiffre s'élève à un peu plus de 150 000. De nombreux indicateurs le confirment, comme celui des investissements. Au Canada, les investissements étrangers par habitant sont plus élevés que dans n'importe quel autre pays du G20. On pourrait sans doute affirmer qu'ils sont les plus élevés au monde.
(2115)
Voilà le genre de choses que les conservateurs passent toujours sous silence. Ils ont adopté une mentalité selon laquelle rien ne va plus au Canada et ils doivent marteler ce message à l'intérieur et à l'extérieur de la Chambre, qu'il soit vrai ou non, et il ne l'est pas. Voilà le message qu'ils veulent faire circuler.
Je pense qu'ils doivent tourner la page et reconnaître ce que le gouvernement du Canada a accompli, c'est-à-dire collaborer avec les intervenants, les provinces, les peuples autochtones et toutes sortes de personnes qui nous donnent l'occasion de bâtir une économie plus forte et plus saine, une société plus saine et une économie qui fonctionne pour tous les Canadiens. Voilà notre objectif.
C'est pourquoi nous avons présenté un projet de loi visant à établir une opportunité dans le domaine aérospatial et une souveraineté spatiale. Nous comprenons les précieuses contributions que la Nouvelle‑Écosse en particulier peut apporter en mettant sur pied cette industrie ici, au Canada. C'est quelque chose dont nous devrions être fiers et que nous devrions préconiser. En fin de compte, cela revient à améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens.
Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue « verbatim ». Il est très éloquent, il a toujours quelque chose à dire, même quand il n'a rien à dire.
La raison pour laquelle nous avons des préoccupations relativement à ça, c'est que 200 millions de dollars sont dépensés de façon très spéciale pour un endroit qui n'est pas du tout développé. Cela fait déjà des années que c'est comme cela.
Juge-t-il que les 200 millions de dollars dépensés pour ce qui s'est fait jusqu'à maintenant méritent des félicitations ou, au contraire, que c'est bien mal parti? Justement par respect pour l'industrie aérospatiale canadienne, qui a des racines de plus de 60 ans dans notre pays et qui fait partie de l'avenir du développement économique du Canada, trouve-t-il que c'est bien parti, le site là-bas, en Nouvelle‑Écosse?
Monsieur le Président, cela fait partie de l'avenir du Canada et de l'économie. Comme je l'ai dit, on estime que, si nous faisons bien les choses, ce projet pourrait créer environ 225 000 emplois directs. Selon moi, nous ferons bien les choses.
Quant aux 200 millions de dollars dont on ne cesse de parler, ils ne servent pas uniquement à l'achat des terrains. L'entreprise doit construire les infrastructures qui nous permettront de mettre des satellites en orbite. Voilà de quoi il est question lorsque nous parlons des 200 millions de dollars. Ce projet permettra au Canada de dire: « C'est un satellite important, et nous voulons qu'il soit lancé en priorité. » À l'heure actuelle, nous n'en avons pas la capacité. Beaucoup diraient que ce n'est pas normal. C'est pourquoi nous devons continuer à faire avancer ce dossier. C'est une question de souveraineté.
Monsieur le Président, quand j'écoute mon collègue, je constate son enthousiasme pour les mesures budgétaires de son gouvernement. Je l'écoute nous dire à quel point tout va bien et c'est merveilleux.
Toutefois, il y a quelque chose que je ne comprends pas et mon collègue pourra peut-être me l'expliquer. Si son gouvernement a autant de succès en économie, comment se fait-il qu'il le fasse sur le dos de nos aînés? Comment se fait-il que le gouvernement libéral, il y a quelques années, ait décidé que les aînés de 65 à 74 ans seraient traités moins bien que les aînés de 75 ans et plus? Ça ne coûterait pas une fortune pour rétablir ça. Ça fait des années que le Bloc québécois le demande.
Dans un geste de solidarité, ce gouvernement ne pourrait-il pas reconnaître la contribution des aînés à l'économie canadienne en rétablissant leur pouvoir d'achat au même titre que les personnes âgées de 75 ans et plus? Par la même occasion, pourrait-il bonifier la pension de vieillesse? Le Bloc québécois demandait une hausse de pension des aînés de 10 %, ce qui n'est pas beaucoup.
J'aimerais comprendre ce que pense mon collègue à ce sujet. Comment peut-il m'expliquer ça?
Monsieur le Président, l'ancien premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'était engagé, dans le cadre du programme électoral libéral, à augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes de 75 ans et plus. Nous avons tenu cet engagement. L'argument avancé était que, généralement, à mesure que les gens vieillissent, ils épuisent leurs fonds de retraite et leurs frais médicaux ne cessent d'augmenter. D'autres enjeux entrent également en ligne de compte.
L'idée d'accorder une augmentation substantielle aux personnes de 75 ans et plus se justifiait dans la mesure où Justin Trudeau s'y était engagé pendant la campagne électorale, dans le cadre du programme électoral libéral. Le député reproche à Justin Trudeau et au gouvernement de l'époque d'avoir tenu une promesse de leur programme électoral. Or, dans la mesure du possible, nous devrions nous efforcer de respecter les engagements pris dans le cadre du programme électoral.
Monsieur le Président, je sais que les conservateurs ont présenté cet amendement pour parler du lancement de fusées depuis la Nouvelle‑Écosse et Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Je crois comprendre que ce sont les deux seuls lieux au Canada qui conviennent pour ce faire, et c'est essentiel pour notre souveraineté.
Je me demande si le député peut nous parler de l'importance des questions qui touchent à la souveraineté du Canada.
Monsieur le Président, si les conservateurs avaient un député de la Nouvelle‑Écosse, je pense qu'ils changeraient peut-être d'avis sur la question.
L'analyse globale de la députée est juste.
J'exhorte les députés du Parti conservateur du Canada à considérer ce projet comme une initiative pour le Canada atlantique. C'est l'endroit idéal où construire une plateforme de lancement, car l'océan Atlantique est juste à côté, ce qui serait très pratique pour la rentrée atmosphérique et tout le reste. La somme de 200 millions de dollars n'est pas seulement pour le terrain.
Comme je l'ai dit plus tôt, le premier ministre de la Nouvelle‑Écosse, qui se trouve être un progressiste-conservateur, est l'un des plus grands défenseurs du projet, au même titre que ma collègue.
Monsieur le Président, je veux examiner les états financiers de Maritime Launch Services. Je pense que c'est très révélateur parce que la situation de l'entreprise semblait extrêmement précaire avant l'injection de fonds par le gouvernement. Selon ses états financiers de 2025, l'entreprise avait 47 millions de dollars de pertes, 14 980 $ de revenus et environ 70 000 $ en liquidités à la fin de 2024. Nous avons entendu à maintes reprises ce soir qu'un actionnaire avait en fait encaissé des actions qui ne valaient rien après l'injection de 20 millions de dollars, ce qui lui a rapporté 1,8 million de dollars.
N'est-il pas vrai que le gouvernement a effectivement sauvé une entreprise en difficulté et subventionné une entreprise au bord de la faillite?
Monsieur le Président, j'encourage le député d'en face à peut-être écrire cette question et à voir comment le premier ministre de la Nouvelle‑Écosse y répondrait.
Voici une occasion à saisir. Maritime Launch Services peut fournir, dans le cadre d'un contrat, un service qui permettrait au Canada d'exercer sa souveraineté spatiale. Il s'agit d'une occasion viable sur laquelle nous travaillons avec la province du Manitoba et d'autres intervenants et qui améliorera notre industrie ici, au Canada, au bénéfice de tous les Canadiens. Je considère cela comme une bonne chose.
Monsieur le Président, mon collègue d'en face vient d'une ville où se situe le Musée canadien pour les droits de la personne, un musée extraordinaire, soit dit en passant.
Le problème, c'est que ce gouvernement, dans le budget de 2023, avait émis l'intention de légiférer pour avoir une loi beaucoup plus musclée afin de contrer les produits issus du travail forcé. En 2024, la même intention de ce gouvernement se trouvait dans le budget de 2024, mais, coup de théâtre, depuis l'arrivée du nouveau premier ministre, cette intention n'apparaît plus dans le budget de 2025. Elle a été abandonnée. Aujourd'hui, nous votons donc sur des crédits où il n'y a pas de fonds destinés à renforcer une loi pour contrer les produits issus du travail forcé.
Comment mon collègue, qui a dans sa propre ville le Musée canadien pour les droits de la personne, peut-il accepter un tel abandon de la part de son gouvernement?
Monsieur le Président, j'ai eu la chance de me rendre à Houston pour voir comment nous pouvons collaborer avec notre astronaute, Jeremy Hansen.
Le député en a parlé dans son discours, mais j'aimerais qu'il nous dise, peut-être, pourquoi nous avons besoin d’avoir une capacité indépendante de lancement, de mener des activités de recherche et développement et d’avoir accès à l’espace, tout en collaborant avec d’autres pays partout dans le monde.
Monsieur le Président, je remercie la députée de sa question, car je trouve que c'est une excellente façon, je l'espère, de clore la discussion à ce sujet. Nous avons un choix à faire: allons-nous compter sur Elon Musk pour établir les priorités canadiennes quant à l'envoi de satellites en orbite, ou devrions-nous assurer notre souveraineté spatiale, ce qui veut dire que le gouvernement du Canada pourra définir ses priorités tout en développant ses industries, que ce soit notre industrie aérospatiale ou spatiale, qui génère des centaines de milliers d'emplois directs et indirects? Je choisis la seconde option.
Monsieur le Président, j'aimerais d'abord préciser que je vais partager mon temps de parole avec le député de Richmond—Arthabaska.
[Traduction]
Tout d'abord, je tiens à dire que c'était vraiment fantastique de rencontrer l'astronaute Jeremy Hansen aujourd'hui sur la Colline du Parlement. Jeremy est le beau-frère du chef des pompiers de Barrie, Kevin White, qui est marié à la sœur de Jeremy. Je tenais à le mentionner pour Kevin.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, quand des avions alliés survolaient des cibles et s'apprêtaient à les bombarder, ils étaient frappés par des tirs de canons antiaériens. À la Chambre, nous savons que nous avons trouvé une bonne cible quand les libéraux commencent à se justifier et à trouver des excuses pour des choses qui n'ont absolument aucun sens, et qu'ils parlent plus fort pour essayer de faire valoir leur point de vue. Un point essentiel du débat de ce soir, c'est que les Canadiens sachent que le gouvernement dépense 200 millions de dollars pour un projet de port spatial lié aux proches du Parti libéral dans une région rurale de la Nouvelle‑Écosse. Plus on en apprend au sujet de cette décision, plus elle semble illogique.
Comme le ministre des Finances l'a laissé entendre en comité plénier il y a deux semaines, il ne s'agit pas d'innovation ni de bonne gestion économique. En fait, c'est une histoire de proches du Parti libéral, de connexions politiques, d'initiés bien placés et de contribuables à qui on demande une fois de plus de payer la note pour un projet qui, pour commencer, n'aurait jamais dû recevoir un tel appui du gouvernement. Les Canadiens paient en fait 50 000 $ par jour pour ce projet.
Qu'obtiennent-ils exactement pour cet argent? Ils obtiennent un chemin de gravier, deux conteneurs maritimes et une dalle de béton qui a vu le lancement de deux fusées en tout et pour tout, qui n'ont atteint l'espace ni l'une ni l'autre. Un de ces lancements a été mené par un club d'étudiants amateurs de fusées de l'Université York. Les Canadiens paient 50 000 $ par jour pour ce qui est en fait le projet d'expo-sciences le plus coûteux au pays. Pourtant, malgré l'absence d'infrastructures, de recettes, de lancements et de toute réussite commerciale établie, le gouvernement fédéral a décidé de donner à cette entreprise 20 millions de dollars par an pour les 10 prochaines années.
La question qui fait débat ce soir, c'est que les Canadiens ont le droit de savoir, déjà, pourquoi ces chiffres n'ont absolument aucun sens. Maritime Launch Services a déclaré un chiffre d'affaires annuel inférieur à 15 000 $. Dans le même temps, l'entreprise a fait état de pertes se chiffrant à plusieurs dizaines de millions de dollars et ne disposait que d'environ 70 000 $ de trésorerie. Des auditeurs indépendants ont ouvertement averti qu'il existait une incertitude réelle quant à la capacité même de l'entreprise à poursuivre ses activités. En clair, cette entreprise était au bord de la faillite. Au lieu de se retirer, le gouvernement libéral s'est au contraire engagé encore plus fermement dans ce projet. Ce n'est pas la première fois que les Canadiens voient ce schéma se reproduire. Quand les Canadiens ordinaires ont des difficultés financières, les libéraux leur disent de mieux gérer leur budget, mais quand des entreprises ayant des liens politiques ont des difficultés financières, les libéraux ouvrent soudainement leur portefeuille.
Les liens d'initiés entourant ce projet sont impossibles à ignorer. L'ancien premier ministre libéral Stephen McNeil a publiquement soutenu le projet avant même que l'étude environnementale ne soit terminée. Puis, après avoir défendu le projet sur le plan politique, il a opportunément rejoint le conseil consultatif de l'entreprise. Les Canadiens en ont assez de ce système de portes tournantes où les politiciens libéraux soutiennent des projets pendant leur mandat, puis s'associent ensuite d'une manière ou d'une autre aux mêmes entreprises qui bénéficient de ce soutien gouvernemental.
Le lobbyiste en chef de Maritime Launch Services a apparemment déjà été un membre haut placé du personnel du ministre de la Justice. L'entreprise aurait fait du lobbying auprès du ministre de la Justice à 14 reprises, plus que le député actuel et l'ancien député de la région. Les Canadiens n'ont pas besoin d'une théorie du complot pour voir ce qui se passe. La situation est claire. D'anciens politiciens libéraux, d'anciens membres du personnel politique libéral et des proches du Parti libéral bien connectés gravitent tous autour d'une entreprise qui reçoit maintenant des centaines de millions de dollars en fonds publics.
Malgré tous ces liens politiques, le projet lui-même n'a toujours aucun sens sur le plan pratique. Le modèle d'affaires initial reposait sur le lancement de la fusée Cyclone-4M. Le problème, c'est que cette fusée n'a jamais été construite. C'est comme si on dépensait 200 millions de dollars pour construire un aéroport pour des avions qui n'existent pas encore.
(2135)
Jamais, au grand jamais, les Canadiens ne toléreraient un tel niveau d'incompétence dans aucun autre secteur. Pourtant, le gouvernement, bien qu'il n'ait constaté ni fusée éprouvée, ni marché confirmé, ni cadre réglementaire, ni revenu substantiel, et malgré une instabilité financière massive, a tout de même estimé que c'était précisément là qu'il fallait investir ces 200 millions de dollars durement gagnés par les contribuables..
Le gouvernement ne fait pas que négliger les signaux d'alerte; il s'en moque carrément.
L'associé fondateur de l'entreprise s'est retrouvé impliqué dans une affaire de fausses déclarations auprès de la NASA, portant sur des allégations de facturation frauduleuse et de non-respect des protocoles de sécurité. Le président du conseil d'administration a fait l'objet de sanctions de la part de l'Organisme canadien de réglementation des investissements pour des manquements en matière de conformité et de supervision. Le partenaire aérospatial ukrainien à l'origine du projet avait déjà fait l'objet d'allégations de corruption, de projets internationaux abandonnés et de différends financiers majeurs. N'importe lequel de ces éléments aurait dû inciter à la prudence, mais au lieu de cela, les proches du Parti libéral ont continué de s'investir dans ce projet.
Le plus incroyable dans tout cela, c'est l'arrangement foncier qui est en place. Maritime Launch Services n'est même pas propriétaire du terrain. L'entreprise loue des terres de la Couronne auprès de la province de la Nouvelle‑Écosse pour moins de 13 000 dollars par an, et pourtant, l'accord conclu avec le gouvernement fédéral fait payer aux contribuables des montants nettement plus élevés pour ce même terrain, procurant à l'entreprise une marge de profit de 1 300 %.
Les Canadiens en arrachent. Ils n'arrivent pas à obtenir de prêts hypothécaires. Les jeunes n'ont pas les moyens d'acheter une propriété, les familles réduisent leurs dépenses d'épicerie et les personnes âgées ont du mal à payer leurs factures, mais, d'une manière ou d'une autre, le gouvernement libéral a trouvé le moyen de garantir à des initiés ayant des liens politiques ce qui semble être un rendement de 1 300 % lié à des terrains appartenant à l'État. Sans parler du fait que des actions pratiquement sans valeur d'une entreprise aux portes de la faillite ont été vendues pour un bénéfice de 1,8 million de dollars. Ce n'est ni du développement économique ni de l'innovation, comme le dirait le ministre des Finances. C'est du copinage pur et simple.
Pourquoi le gouvernement fédéral s'investit-il avec tant d'acharnement dans un projet qui ne dispose même pas encore des bases les plus élémentaires pour réussir? Le Canada n'a même pas de cadre réglementaire pleinement établi pour les lancements orbitaux commerciaux. L'évaluation environnementale a été sommaire. Le projet a radicalement modifié l'ensemble de son modèle opérationnel. Le site lui-même est sous-développé. Il y a eu deux lancements, qui se sont tous deux soldés par un échec. Pourtant, le gouvernement souhaite investir 200 millions de dollars dans le projet.
À un moment donné, les Canadiens cesseront d'y voir une décision commerciale et commenceront à comprendre de quoi il en retourne: un projet bénéficiant d'une protection politique, maintenu à flot par des initiés libéraux bien connectés au moyen de l'argent des contribuables. Les Canadiens méritent des gouvernements qui investissent en fonction du mérite, de la viabilité et de l'intérêt public, et non en fonction de qui connaît tel ministre, ancien premier ministre ou membre du personnel libéral. À l'heure actuelle, les Canadiens paient 50 000 $ par jour pour une foire scientifique ratée, alors que les seules choses qui semblent vraiment décoller sont les profits et les relations des proches du Parti libéral.
Monsieur le Président, je me demande souvent s'il y a quelqu'un dans les officines conservatrices qui décerne une étoile dorée chaque fois qu'un député d'en face mentionne le mot « corruption ». Les conservateurs essaient constamment d'intégrer ce mot dans chaque discours qu'ils prononcent.
Ma question au député d'en face est la suivante: croit-il que le premier ministre de la Nouvelle‑Écosse — qui, comme je l'ai souligné, est un progressiste-conservateur — a tort d'appuyer ce projet lui aussi?
Monsieur le Président, si la corruption et le copinage reviennent sans cesse sur le tapis, c'est parce que nous observons ce genre de pratiques constamment et que les initiés et les lobbyistes bien branchés du Parti libéral en profitent, alors que les Canadiens souffrent énormément à cause du gouvernement libéral. C’est pour cette raison qu’on parle sans cesse de ces sujets.
La deuxième partie de la question du député portait sur l'appui au projet donné. Les conservateurs souhaitent, et je pense que c'est ce que la plupart des Canadiens souhaiteraient eux aussi, que ce projet fasse l'objet d'une certaine reddition de comptes et d'une certaine transparence. Comme je l'ai mentionné plus tôt, il y a beaucoup de questions qui doivent être soulevées. Nous essayons de mettre en lumière certaines de ces préoccupations, non seulement pour sensibiliser davantage les Canadiens, mais aussi pour nous assurer que nous faisons preuve de responsabilité et de transparence dans le cadre de ce projet.
Monsieur le Président, je ne sais pas si mon collègue était là tantôt quand j'ai posé ma question au sujet des entreprises, mais, au Bloc québécois, nous pensons que nos PME au Québec et assurément partout ailleurs au Canada ont besoin d'un soutien direct, rapide, efficace, pour éviter des fermetures.
On a vu récemment, au cours des dernières semaines, des fermetures dans le domaine du meuble. Je racontais tantôt que, ce matin, dans Berthier—Maskinongé, on a eu un événement très heureux. On a assisté à la relance de l'usine Duchesne et Fils, de Yamachiche, qui était sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. Grâce au travail collaboratif des élus, nous avons réussi à exercer des pressions et à faire en sorte que les repreneurs aient les conditions favorables pour que ça fonctionne. D'ailleurs, je profite de l'occasion pour les saluer et les remercier encore une fois, ainsi que les gens du centre d'aide aux entreprises qui ont eu un impact important dans ce dossier.
Alors que nous réussissons à sauver une entreprise dans un contexte où nous en voyons plusieurs fermer, nous sommes inquiets pour celles qui ferment et nous sommes inquiets pour celles qui ne sont pas encore fermées, mais qui sont en difficulté. J'aimerais savoir si mon collègue soutient notre proposition de subvention salariale pour maintenir le tissu économique de nos régions.
Monsieur le Président, c'est la même chose dans ma circonscription. Beaucoup d'entreprises souffrent maintenant en raison des droits de douane, mais aussi à cause des règles et des lois imposées par 11 années de ce gouvernement libéral. Je pense que nous avons besoin de soutenir les entreprises.
[Traduction]
Nous devons soutenir les entreprises dans nos circonscriptions. Cela ne fait aucun doute. En ce qui concerne bon nombre des mesures législatives, des règlements, des politiques et des formalités administratives qu'on impose aux entreprises, nous pouvons grandement aider les entreprises en veillant à ce que le gouvernement se tasse du chemin et les laisse prospérer par elles-mêmes.
Bien sûr, nous devrions aussi toujours être là pour soutenir les entreprises, mais le gouvernement est là pour créer un environnement propice à la réussite. Il ne contribue pas vraiment à la réussite...
Monsieur le Président, nous parlons de 200 millions de dollars pour cette plateforme de lancement. Dans ma circonscription, une scierie a récemment fermé ses portes, ce qui a entraîné la perte de 190 emplois. Ces 200 millions de dollars auraient été très utiles pour ce genre de situation.
Le député de Taiaiako'n—Parkdale—High Park et moi avons débattu de cette question plus tôt, et il a parlé de la nécessité d'avoir un cap Canaveral canadien. Je me demande si le député pourrait faire une comparaison entre Maritime Launch Services et cap Canaveral.
Monsieur le Président, il n'y a vraiment pas grand-chose à comparer, car nous avons, comme je l'ai dit, une route en gravier avec une dalle en béton. Comparez cela à cap Canaveral. Les députés peuvent le constater s'ils survolent la région. Si quelqu'un s'y est déjà rendu, il sait que c'est un site très bien établi. Cela ne fait aucun doute.
Les enjeux ici sont la transparence, la reddition de comptes et le fait qu'une somme considérable provenant des contribuables ait été versée à cette entreprise qui était au bord de la faillite. Il y a bien plus de questions que de réponses pour l'instant. Nous devons continuer à faire pression sur ce dossier.
Monsieur le Président, en tant qu'élus, quel est notre rôle ici? Nous avons un rôle législatif en ce qui concerne les projets de loi, nous devons nous assurer de la saine gestion des finances publiques et nous représentons les citoyens et les citoyennes de nos circonscriptions. Nous sommes les yeux, la voix et les oreilles des citoyens.
Tantôt, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre disait que nous étions contre le développement de l'aérospatiale. Nous ne sommes pas contre le développement de l'aérospatiale, nous sommes contre la mauvaise gestion des finances publiques. Présentement, nous nous trouvons face à un scandale financier avec Maritime Launch Services, une compagnie privée qui loue 135 hectares de terres au gouvernement provincial de la Nouvelle‑Écosse. Cette compagnie privée prend son contrat et décide de louer le terrain au gouvernement libéral fédéral pour 20 millions de dollars par année pendant 10 ans, pour un total de 200 millions de dollars.
Ma question est simple pour les gens du gouvernement libéral: si c'était leur propre argent, auraient-ils signé ce contrat? La réponse est claire. C'est sûr que personne ici ne l'aurait fait. Il n'y a pas un Canadien ou une Canadienne qui aurait signé un contrat comme celui-là. Pourquoi le gouvernement libéral a-t-il accepté de signer un contrat comme celui-là? Le site de Maritime Launch Services, c'est un chemin en gravier, il y a deux conteneurs maritimes et une dalle de béton de 25 pieds par 35 pieds. Ce sont les infrastructures qu'on loue pour 20 millions de dollars par année pendant 10 ans.
Au cours des dernières journées, j'ai posé des questions au ministre des Finances. Qui a signé ce contrat? Qui a lu le contrat? Quand le ministre a-t-il été informé de ce contrat? Je lui ai demandé s'il avait rencontré les gens de Maritime Launch Services. Il ne s'en souvenait pas. Je lui ai rappelé la date exacte à laquelle il les a rencontrés. Je lui ai demandé si son chef de cabinet avait déjà rencontré les gens de Maritime Launch Services. Il ne pouvait pas le savoir. À l'époque où il était ministre de l'Industrie, son chef de cabinet les a rencontrés à 14 reprises, sept fois en 2023 et sept fois en 2024. Je répète qu'il les a rencontrés à 14 reprises. C'est impossible que le ministre ne se rappelle pas qu'il a eu ces rencontres importantes avec son chef de cabinet.
Le ministre prend présentement les préoccupations des Canadiens tellement à la légère qu'il m'a offert de rencontrer des astronautes. Ce ne sont pas des astronautes que je veux rencontrer. Ce sont des gestionnaires aguerris, qui vont s'assurer de faire des contrats qui sont à la hauteur des attentes des Canadiens et des Canadiennes, qui nous ont élus ici pour assurer la saine gestion des finances publiques. Nous ne pouvons pas accepter ça. Les Canadiens et les Canadiennes travaillent fort tous les jours pour gagner leur paie, pour pouvoir payer leur maison, leur voiture et leur épicerie. Ils nous envoient une partie de leur salaire en impôts ici. Notre rôle, ici, c'est d'être de bons gestionnaires et de donner des services à notre population canadienne. C'est ça, notre rôle. C'est d'être de bons gestionnaires.
Présentement, le gouvernement fédéral est un très mauvais gestionnaire. Ça, c'est un cas. Après ça, on se demande pourquoi le déficit du pays, qui était de 700 milliards de dollars à l'arrivée des libéraux il y a 10 ans, est maintenant de 1 400 milliards de dollars. On additionne de mauvaises décisions comme celles-là. Je peux dire que, présentement, la frustration des Canadiens et des Canadiennes est immense.
Plusieurs personnes me le disent. Frédéric m'a dit qu'on ne répond jamais aux questions et que c'est sûr que je n'aurai jamais de réponse. Nathalie se demande pourquoi on ne répond pas et ajoute que les ministres sont tous comme ça quand vient le temps de rendre des comptes. Mathieu dit que ce n'est pas facile de répondre à une question si simple.
(2150)
Stéphane dit qu'il a rarement vu quelqu'un détourner une question si simple. Patrick dit que de ne jamais répondre aux questions, c'est incroyable. Sébastien dit que le ministre n'est jamais capable de répondre et qu'il faut toujours qu'il écoule le temps. Guylaine dit qu'il patine et qu'il ne répond jamais à mes questions. Sylvie dit que c'est incroyable à quel point on se moque de nous et qu'on nous prend vraiment pour des cruches. C'est ce que les gens m'écrivent présentement au sujet de ce dossier. Comment veut-on que les Canadiens et les Canadiennes aient confiance dans le gouvernement libéral quand on voit un dossier comme celui-là?
Le 13 août 2024, le ministre des Finances et du Revenu national avait rencontré les représentants de Maritime Launch Services. L'ancien ministre provincial libéral de la Nouvelle‑Écosse siège au comité consultatif de Maritime Launch Services. Je rappelle que Maritime Launch Services a signé son entente avec le gouvernement provincial de la Nouvelle‑Écosse et, comme par hasard, à son comité consultatif, il y a l'ancien premier ministre de la Nouvelle‑Écosse.
Selon le Halifax Examiner, l'ancien premier ministre de la Nouvelle‑Écosse a rédigé une lettre de soutien en faveur de l'entreprise avant même que le projet ne soit soumis à une évaluation environnementale. M. McNeil a été nommé au conseil consultatif de Maritime Launch Services en 2023 après avoir annoncé sa démission en 2021.
On a le droit de se poser des questions. Comment peut-on accepter une transaction comme celle-là? Qui a signé cette entente-là? Quelqu'un l'a acceptée, quelqu'un y a apposé sa signature. Il y a un moment où le ministre a su que cette entente allait être signée. Quand a-t-il été mis au courant de ça? Nous ne pouvons pas, comme députés mandatés pour être les yeux, la voix et les oreilles de nos conconcitoyens, accepter ça. C'est notre rôle de le dénoncer haut et fort.
Ce qui me ferait plaisir aujourd'hui, c'est que les députés libéraux qui ont appris ça, eux aussi, au cours des dernières semaines soient aussi outrés que nous et qu'ils disent que c'est inacceptable. En effet, c'est l'argent des citoyens et des citoyennes de leur circonscription également, et ils en souffrent aussi. Les Canadiens et les Canadiennes nous envoient leur argent pour lequel ils travaillent fort. Ce qu'ils veulent, c'est que nous soyons conscients de la valeur de chacun des dollars qu'ils nous envoient. Le ministre trouve ça drôle.
Le ministre entre à la Chambre et il trouve ça drôle. On parle d'une location de terrain, monsieur le ministre, que vous avez faite à 20 millions de dollars par année...
Ce qu'on ne peut pas faire directement, on ne peut pas le faire indirectement. On ne peut pas indiquer la présence ou l'absence d'un député. Cela s'applique aux ministres aussi.
Je laisse le député terminer ses commentaires en une minute.
Monsieur le Président, je peux dire que, de mon côté, je trouve qu'il n'y a rien de drôle dans la situation actuelle.
Ce qui est drôle, par contre, c'est que le site se trouve dans une circonscription libérale. L'ancien collaborateur du ministre de la Justice était lobbyiste pour le projet. L'ancien premier ministre libéral de la Nouvelle-Écosse siège au comité consultatif. De plus, la présidente de l'Agence spatiale canadienne a déclaré qu'elle n'avait jamais été consultée au sujet du choix du site.
Le ministre, cette semaine, me disait qu'il voulait me présenter des astronautes pour que je comprenne pourquoi il avait choisi ce site. La présidente de l'Agence spatiale canadienne n'a pas été consultée. Je pense que tout a été dit. Tout est en place. C'est un scandale financier, et, de ce côté-ci de la Chambre, nous allons nous tenir debout par respect pour les Canadiens et les Canadiennes.
Monsieur le Président, le député semble un peu contrarié que cela se passe dans une circonscription libérale. Toutes les circonscriptions de la Nouvelle‑Écosse sont libérales. Quant à lui, le premier ministre de la Nouvelle‑Écosse est un progressiste-conservateur.
Ce à quoi nous assistons, c'est une collaboration entre le gouvernement fédéral et le gouvernement progressiste-conservateur de la Nouvelle‑Écosse visant à développer un secteur de lancements spatiaux, qui présente un intérêt certain en ce qui a trait au potentiel de création d'emplois. Ce secteur aura des répercussions non seulement en Nouvelle‑Écosse, mais aussi dans ma ville, Winnipeg, où l'on fabrique des satellites et où l'on souhaite que le Canada dispose de la souveraineté nécessaire pour pouvoir lancer ces satellites.
Si vous êtes si opposé à la Nouvelle‑Écosse, dans quelle province préféreriez-vous que la plateforme de lancement soit installée?
Je rappelle au secrétaire parlementaire que je ne peux pas répondre à ces questions, mais je vais demander au député de Richmond—Arthabaska d'y répondre.
Monsieur le Président, c'est pathétique d'entendre le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre parler. Le secrétaire parlementaire, présentement, fait une « job de bras » pour le gouvernement libéral qui est indéfendable. C'est indéfendable.
Nous ne sommes pas contre le développement aérospatial. Nous sommes contre un scandale financier. Là, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre essaie de défendre ça. Je salue le courage du secrétaire parlementaire de faire le sale travail pour son parti. C'est tout à son honneur, mais ce n'est pas à l'honneur de son parti parce que, présentement, c'est un scandale financier et nous allons nous tenir debout pour notre monde.
Monsieur le Président, mon collègue a dit une chose qui m'interpelle parce que c'est une chose que j'ai ressentie moi aussi.
Selon les commentaires des citoyens, lorsqu'ils ont vu les échanges entre mon collègue et le ministre des Finances, les citoyens ne comprenaient pas pourquoi le ministre ne répond pas. J'avoue que, dans la dernière année, c'est une des choses que j'ai constatées et qui me sidèrent un peu. Lorsque nous nous retrouvons en comité et que nous posons des questions, on dirait que, le but premier des ministres du gouvernement, c'est de ne surtout pas répondre et d'étirer tout simplement le temps. Je ne comprends vraiment pas à quoi ça sert.
Mon collègue a-t-il une justification ou une hypothèse à partager avec nous?
Monsieur le Président, je remercie mon collègue que j'apprécie tout particulièrement et qui vit dans un coin de pays incroyable.
C'est triste. Souvent, nous le disons, par exemple à la période de questions orales, qui porte bien son nom. C'est une période de questions, mais ce n'est pas une période de réponses. En comité, c'est la même chose. Nous posons des questions et, malheureusement, nous n'avons pas de réponses. Il y a des Canadiens et des Canadiennes qui écoutent la période de questions orales et qui écoutent les séances de comités. Malheureusement, tout ce que ça fait, c'est que ça augmente le cynisme à l'égard de la politique. Les gens voient bien que nous n'avons pas de réponse de la part du gouvernement. C'est encore plus le cas quand c'est des scandales financiers comme celui-là.
Monsieur le Président, effectivement, il y a des choses absurdes, il y a du gaspillage de fonds publics et il y a des scandales financiers avec ce gouvernement. Ça n'arrête pas.
Une des choses que le chef de parti de mon collègue a déjà dites, c'est qu'il était contre le favoritisme d'État. C'était en réponse à une question de mon collègue de Jonquière, lorsque celui‑ci lui demandait s'il faut arrêter de subventionner l'industrie gazière et pétrolière, entre autres cette année à coup de 14 milliards de dollars. Le chef conservateur avait dit que, effectivement, il faut se battre contre le favoritisme d'État.
Est-ce que mon collègue va clamer haut et fort, comme son chef, qu'un des pires scandales financiers du gouvernement en place dans les crédits sur lesquels nous votons, c'est qu'il y a 14 milliards de dollars en subvention provenant de l'argent des contribuables qui s'en vont directement dans les poches des gens qui font le plus de profits record, c'est-à-dire les pétrolières et les gazières?
Comme il est 22 heures, il est de mon devoir d'interrompre les délibérations et de mettre aux voix sur-le-champ toute question nécessaire à l'expédition des travaux des subsides.
Convoquez les députés.
(2230)
[Traduction]
Travaux des subsides
Motion de l'opposition — Les politiques fiscales du gouvernement
Le vote suivant porte sur l'amendement. Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
Des voix: Non.
[La présidence donne lecture de la motion.]
Le Président: Si un député participant en personne désire que l'amendement soit adopté ou adopté avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Une voix: Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
(2255)
[Français]
(L'amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)
(Vote no 139)
POUR
Députés
Aboultaif Aitchison Albas Allison Anderson Arnold Au Baber Bailey Baldinelli Barlow Barrett Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt) Berthold Bexte Bezan Block Bonk Borrelli Boulerice Bragdon Brassard Brock Calkins Caputo Chambers Chong Cobena Cody Cooper Dalton Davidson Davies (Vancouver Kingsway) Davies (Niagara South) Dawson Deltell DeRidder Diotte Doherty Dowdall Duncan Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake) Falk (Provencher) Gallant Gazan Généreux Genuis Gill (Calgary Skyview) Gill (Brampton West) Gill (Calgary McKnight) Gill (Windsor West) Gill (Abbotsford—South Langley) Godin Goodridge Gourde Groleau Guglielmin Gunn Hallan Hardy Ho Hoback Holman Jackson Jansen Jivani Johns Kelly Khanna Kibble Kirkland Kmiec Konanz Kram Kramp-Neuman Kronis Kuruc Kusie Kwan Lake Lantsman Lawrence Lawton Lefebvre Leslie Lewis (Essex) Lewis (Haldimand—Norfolk) Lloyd Lobb Mahal Majumdar Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk) Mantle Martel Mazier McCauley McKenzie McLean (Calgary Centre) McPherson Melillo Menegakis Moore Morrison Motz Muys Nater Patzer Paul-Hus Poilievre Redekopp Reid Rempel Garner Richards Roberts Rood Ross Rowe Ruff Scheer Schmale Seeback Shipley Small Steinley Stevenson Strahl Strauss Thomas Tochor Tolmie Uppal Van Popta Vien Viersen Vis Wagantall Warkentin Waugh Williamson Zimmer
Total: -- 140
CONTRE
Députés
Acan Al Soud Ali Alty Anand Anandasangaree Auguste Bains Baker Bardeesy Barsalou-Duval Battiste Beaulieu Beech Begum Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River) Bendayan Bittle Blois Bonin Brière Brunelle-Duceppe Carney Carr Casey Chagger Champagne Champoux Chang Chartrand Chatel Chen Chenette Chi Clark Connors Cormier Coteau Dandurand Danko DeBellefeuille d'Entremont Deschênes Deschênes-Thériault Desrochers Dhaliwal Dhillon Diab Duclos Duguid Dzerowicz Earle Ehsassi El-Khoury Erskine-Smith Eyolfson Fancy Fanjoy Fergus Fisher Fonseca Fortier Fortin Fragiskatos Fraser Fry Fuhr Gaheer Gainey Garon Gasparro Gaudreau Gerretsen Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan) Gladu Gould Grant Greaves Guay Guilbeault Gull-Masty Hanley Harrison Hepfner Hirtle Hodgson Housefather Hussen Iacono Idlout Jaczek Jeneroux Joly Joseph Kayabaga Kelloway Khalid Klassen Lalonde Lambropoulos Lamoureux Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles) Lapointe (Sudbury) Larouche Lattanzio Lauzon Lavack Lavoie LeBlanc Leitão Lemire Lightbound Long Louis (Kitchener—Conestoga) Ma MacDonald (Malpeque) MacDonald (Cardigan) MacKinnon (Gatineau) Malette (Bay of Quinte) Maloney Martin May McGuinty McKelvie McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam) McKnight McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke) Ménard Mendès Michel Miedema Miller Mingarelli Morrissey Myles Naqvi Nathan Nguyen Noormohamed Normandin Ntumba Oliphant Olszewski O'Rourke Osborne Perron Petitpas Taylor Powlowski Provost Ramsay Rana Robertson Rochefort Romanado Royer Sahota Saini Sarai Sari Savard-Tremblay Sawatzky Schiefke Sgro Sheehan Sidhu (Brampton East) Sidhu (Brampton South) Simard Sodhi Solomon Sousa Ste-Marie St-Pierre Sudds Tesser Derksen Thompson Turnbull Valdez van Koeverden Vandenbeld Villeneuve Watchorn Weiler Wilkinson Yip Zahid Zuberi
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Une voix: Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée avec dissidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Une voix: Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée avec dissidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Une voix: Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée avec dissidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Une voix: Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée avec dissidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Des voix: Avec dissidence.
Le Président: Je déclare la motion adoptée avec dissidence.
(Le projet de loi, lu pour la troisième fois, est adopté.)
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Des voix: Avec dissidence.
Le Président: Je déclare la motion adoptée avec dissidence.
(Le projet de loi est lu pour la deuxième fois et la Chambre se forme en comité plénier, sous la présidence de Tom Kmiec.)
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
Monsieur le Président, vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour que le résultat du vote précédent s'applique à ce vote-ci, les libéraux votant oui.
Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de participer au débat d'ajournement.
Les Canadiens de tout le pays exigent que le comité de la santé enquête sur le scandale PrescripTIon à 300 millions de dollars des libéraux. Lorsque les conservateurs ont demandé à la vérificatrice générale d'enquêter, la secrétaire parlementaire libérale de la ministre de la Santé a présenté une motion afin d'éteindre les caméras enregistrant la réunion du comité. Depuis, elle refuse de s'expliquer devant le comité. Elle refuse de s'expliquer devant le Parlement. Elle refuse de s'expliquer devant les médias. Elle refuse de s'expliquer devant ses concitoyens, et elle refuse de s'expliquer devant les Canadiens.
Aujourd'hui, les libéraux se livrent à une manœuvre politique encore plus répugnante. Ils se servent des Canadiens atteints du VIH comme excuse pour cacher la vérité. Ils se cachent derrière une étude sur le VIH, une étude que les conservateurs ont publiquement accepté d'appuyer, pour empêcher le comité de la santé de travailler et pour empêcher la tenue d'une enquête sur PrescripTIon. Même les organismes de lutte contre le VIH dénoncent maintenant la politisation de cette question par les libéraux. Pensons-y un instant. Les libéraux cherchent si désespérément à dissimuler le gaspillage de 300 millions de dollars de l'argent des contribuables qu'ils se servent des Canadiens atteints du VIH comme d'un bouclier politique.
Ma question est simple. La secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé s'engagera-t-elle aujourd'hui à appuyer la tenue d'une enquête complète sur le scandale PrescripTIon, oui ou non?
Monsieur le Président, le gouvernement a agi de manière responsable en annonçant la fin du financement fédéral de PrescripTIon, car nous avons toujours prévu que les provinces et les territoires assument eux-mêmes les coûts une fois le système fonctionnel. Depuis que nous avons pris cette décision, nous avons déjà vu la province de Québec se joindre à nous et signer un accord pour financer l'utilisation de PrescripTIon dans toutes les pharmacies du Québec. Maintenant que le Québec est de la partie, nous espérons que d'autres provinces voudront bientôt lui emboîter le pas.
Depuis un mois, les conservateurs empêchent le comité de la santé de débattre de questions qui sont importantes pour les Canadiens, comme l'état d'urgence sanitaire déclaré dans la province du député, le Manitoba, en raison de la forte augmentation des infections au VIH. Il est honteux que les députés d'en face se livrent à cette obstruction sans fin. Le député de Kitchener‑Sud—Hespeler, membre du comité de la santé, a déclaré ouvertement qu'il ne croyait pas que les parlementaires pouvaient faire quoi que ce soit pour aider le Manitoba.
Je m'excuse, mais, quand une province déclare l'état d'urgence, tous les députés de ce côté-ci de la Chambre se mobilisent. En face, les députés s'affairent à préparer des vidéos pour les réseaux sociaux.
Monsieur le Président, ma question est très simple. La secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé appuie-t-elle la tenue d'une enquête sur les 300 millions de dollars dépensés pour PrescripTIon, oui ou non?
Monsieur le Président, encore une fois, les conservateurs préfèrent entraver le travail du comité de la santé et bloquer notre motion visant à étudier l'urgence de santé publique dans la province du député, le Manitoba, plutôt que d'aider les Canadiens.
Le député d'en face prétend que nous bloquons les travaux du comité. C'est un peu fort, quand on sait qu'un membre conservateur du comité a fait de l'obstruction en prononçant un discours sur la Magna Carta et en qualifiant de façade l'urgence de santé publique au Manitoba.
Les Canadiens ont élu le nouveau gouvernement pour qu'il se concentre sur la résolution des problèmes auxquels notre pays est confronté. J'invite les députés d'en face à poser leur téléphone, à se joindre à nous et à se mettre au travail.
Monsieur le Président, je suis très heureux d'être ici si tard. J'espère que certains libéraux seront suffisamment fatigués pour fournir accidentellement des réponses aux questions et quelques précisions sur ce qui est arrivé au programme PrescripTIon.
Nous sommes ici pour débattre de cette question pendant le débat d'ajournement parce que, le 28 mai, j'ai fait remarquer à la ministre de la Santé qu'elle avait dit à la Chambre avoir parlé au conseil d'administration d'Inforoute Santé du Canada, et que son PDG, Michael Green, qui touchait un salaire de 1 million de dollars, avait été congédié par la suite. Le seul problème, c'est que le président du conseil d'administration a dit que la ministre de la Santé ne lui avait jamais parlé. Il y avait donc une contradiction évidente. Nous avons soulevé une question de privilège au comité parce que, de toute évidence, quelqu'un ne disait pas la vérité.
Pendant cette période de questions, la ministre a répondu qu'elle voulait dire qu'elle avait parlé à son représentant au conseil d'administration. J'ai donc demandé dans une question complémentaire si son représentant avait parlé au président du conseil d'administration. Elle a dit qu'elle n'allait pas « entrer dans des considérations de qui a dit quoi ». Eh bien, pourquoi diable ne le ferait-on pas? C'est important. C'est important, car cela a à voir avec la façon dont l'organisation est gouvernée.
À la même période des questions, la ministre a ensuite déclaré: « Inforoute Santé du Canada une entité séparée du gouvernement. » Est-ce vrai? Comment est-ce possible? Si la ministre nomme le président du conseil d'administration, nomme ensuite la personne qui la représente directement au sein du conseil, puis donne à celle-ci l'instruction de licencier le PDG, comment peut-on affirmer que cet organisme est indépendant?
Je pense sincèrement que c'est ainsi que les organismes en viennent à être mal gérés. C'est ainsi qu'ils en arrivent à gaspiller 300 millions de dollars dans un programme qui n'a pas fonctionné, alors qu'il aurait dû fonctionner et coûter 5 millions de dollars.
La ministre transforme la responsabilité en un véritable « chat de Schrödinger ». Si elle prend une bonne décision, comme licencier le PDG qui touche un salaire d'un million de dollars, c'est parce qu'elle est aux commandes, mais si l'organisme commet une erreur, il devient soudainement indépendant et ne relève plus de son autorité. Cela ne peut durer. Est-elle responsable de ce qui se passe à Inforoute Santé du Canada, ou ne l'est-elle pas? Est-elle responsable de la façon dont l'organisme dépense l'argent des contribuables, ou ne l'est-elle pas? A-t-elle le pouvoir de licencier le PDG, ou ne l'a-t-elle pas?
Je vais dire à la Chambre qui a le pouvoir de nous congédier tous: le contribuable. Pourquoi la ministre ne dit-elle pas qui a dit quoi à la Chambre, afin que les contribuables puissent décider qui doit être congédié? Pourquoi ne se présente-t-elle pas devant le comité pour répondre à ces questions au lieu d'envoyer des attachés qui, franchement, ne répondent pas à nos questions? Malgré tout, je suis optimiste ce soir, donc allons‑y.
Monsieur le Président, comme l'a déclaré la ministre, tout financement futur doit être conforme au mandat d'Inforoute Santé du Canada et offrir un avantage pour les Canadiens. Il doit donc soutenir la modernisation du système de santé canadien et améliorer la façon dont l'information sur la santé est communiquée dans tout le pays.
Le gouvernement continuera de faire ce qu'il faut pour que les Canadiens aient accès à un système de santé moderne et intégré qui répond à leurs besoins.
Monsieur le Président, j'ai posé plusieurs questions très précises. J'ai demandé si Inforoute Santé du Canada est indépendante ou non. J'ai demandé si la ministre de la Santé surveille son financement ou non. J'ai demandé si la ministre de la Santé a le pouvoir de congédier le chef de la direction d'Inforoute Santé du Canada. J'ai demandé à la ministre si elle accepterait de comparaître devant le comité de la santé pour expliquer ces choses plus en détail. La députée n'a répondu à aucune de ces questions.
Il est 23 heures. Faire fonctionner la Chambre coûte de l'argent. Des dizaines de milliers de personnes ont voté pour moi afin que je puisse poser ces questions. Des dizaines de milliers de personnes ont voté pour la députée afin qu'elle puisse répondre à ces questions. Pourquoi ne veut-elle pas simplement y répondre et respecter la Chambre, la présidence et la masse?
Monsieur le Président, je tiens à rappeler encore une fois aux gens que le député d'en face a continué de faire obstruction à notre comité de la santé dans le cadre de l'étude très importante sur le VIH au Manitoba, la province du député. Il a déclaré ouvertement qu'il ne croyait pas que nous puissions agir en tant que parlementaires pour aider les Manitobains. Franchement, c'est tout simplement honteux et déplorable.
De ce côté-ci de la Chambre, nous allons toujours travailler pour améliorer la santé des Canadiens. Nous considérons toujours une crise de santé publique comme urgente.
La motion portant que la Chambre s'ajourne maintenant est réputée adoptée. La Chambre s'ajourne donc à demain, à 10 heures, conformément à l'article 24(1) du Règlement.
(La séance est levée à 23 h 21.)
ANNEXE
ALLOCUTION de Son Excellence la très honorable Louise Arbour Gouverneure générale du Canada devant les deux Chambres du Parlement à la salle du Sénat, à Ottawa le lundi 8 juin 2026
Son Excellence la très honorable Louise Arbour est accueillie par le très honorable Mark Carney, premier ministre du Canada, l’honorable Raymonde Gagné, Présidente du Sénat, et l’honorable Francis Scarpaleggia, Président de la Chambre des communes.
[Français]
Le très hon. Mark Carney (premier ministre, Lib.): Votre Excellence la très honorable Louise Arbour, la très honorable Mary Simon et Monsieur Whit Fraser, le très honorable Richard Wagner, juge en chef du Canada, anciens gouverneurs généraux, anciens premiers ministres, dirigeants autochtones et distingués invités.
[Traduction]
Comme nous l’a rappelé l’aînée Verna McGregor, cet endroit est riche en histoire.
Ce sont les terres ancestrales de la Nation algonquine Anishinabeg depuis toujours.
C’est l’entrée du canal Rideau, qui a transformé le commerce au cours du 19e siècle.
C’est l’endroit où des soldats canadiens se sont engagés sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, notamment à la crête de Vimy, où selon plusieurs le Canada est devenu une nation indépendante.
C’était l’emplacement de la station de train où sir Winston Churchill est arrivé pour rallier le soutien des Alliés quand l’issue de la Seconde Guerre mondiale était incertaine.
C’est l’édifice où les premiers ministres du Canada se sont réunis pour négocier le rapatriement de la Constitution, l’établissement de notre Charte des droits et libertés et l’enchâssement des droits des peuples autochtones dans cette charte.
[Français]
Des chapitres importants de l’histoire du Canada se sont écrits ici. Des moments marqués par le sacrifice et le leadership. Des moments qui ont contribué à bâtir notre nation.
Aujourd’hui, en tant que siège du Sénat du Canada, cet édifice est le lieu où sont débattues, peaufinées et examinées avec soin les décisions qui façonneront les prochains chapitres de l’histoire de notre pays.
[Traduction]
Tout au long de l’histoire canadienne, dès que le destin du monde était menacé, le Canada se montrait présent et s’affichait comme le pays souverain, ambitieux et bienveillant qu’il est.
Nous nous retrouvons encore aujourd’hui dans l’un de ces moments cruciaux de l’histoire.
C’est pourquoi, il y a un an, Sa Majesté le roi Charles III est venu ouvrir la session parlementaire.
C’est pourquoi le respect de nos institutions est essentiel.
Et c’est pourquoi nous sommes tous appelés à comprendre la perspective de chacun et à favoriser le bien commun.
[Français]
À compter d’aujourd’hui, Sa Majesté aura une nouvelle représentante au Canada.
Le Canada, quant à lui, aura une nouvelle commandante en chef et une nouvelle gardienne de l’ordre constitutionnel.
Aujourd’hui, la très honorable Louise Arbour devient la 31e gouverneure générale du Canada.
La Couronne est le fil conducteur de notre vie constitutionnelle. Comme Sa Majesté l’a affirmé elle-même dans cette enceinte: « elle symbolise fièrement le Canada aujourd’hui, dans toute sa richesse et son dynamisme ».
[Traduction]
Le gouverneur général est le gardien de notre ordre constitutionnel, un symbole d’unité et, surtout, le garant de notre engagement à l’égard de la paix, de l’ordre et de la bonne gouvernance.
Les Canadiennes et les Canadiens confient au gouverneur général la mission de défendre nos institutions.
De défendre nos valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de durabilité.
De représenter notre volonté de bâtir un pays plus fort et plus juste pour tous.
Ces responsabilités exigent un jugement sûr, des connaissances approfondies et un dévouement sans faille envers la primauté du droit.
Ce sont précisément ces principes qui ont guidé la brillante carrière de notre nouvelle gouverneure générale, Son Excellence la très honorable Louise Arbour.
[Français]
Son Excellence a occupé les plus hautes fonctions au sein du système judiciaire canadien, y compris à la Cour suprême du Canada.
Pourtant, son héritage ne se limite pas au travail qu’elle a accompli au sein de la magistrature.
Certaines de ses réalisations les plus marquantes en tant que juriste se sont déroulées en dehors des salles d’audience du Canada.
En tant que haute-commissaire, elle a exhorté le système des droits de la personne des Nations Unies à se montrer digne des personnes qu’il prétendait servir.
Elle a donné une voix à ceux dont la dignité était bafouée, là où les personnes au pouvoir préféraient le silence.
[Traduction]
À chaque étape de sa carrière distinguée, Son Excellence Louise Arbour a défendu et prôné la justice, la dignité et l’égalité.
À La Haye, où son travail lui a fait demander des comptes aux plus puissants.
Aux Nations Unies, où elle a défendu les plus vulnérables.
Au Canada, où dans le milieu universitaire, les plus hauts tribunaux et la fonction publique, elle a défendu la justice pour tous.
[Français]
Depuis plus de 50 ans, dans toutes les fonctions qu’elle a occupées, la très honorable Louise Arbour a toujours été animée par la même conviction.
La conviction que, pour qu’une société soit libre, les institutions de cette dernière doivent être tenues de rendre des comptes.
Que ce sont les lois qui font le rempart entre les plus puissants et les plus démunis.
Que la dignité de chaque être humain ne doit pas dépendre de facteurs aléatoires tels que la situation géographique, la citoyenneté ou des considérations de commodité.
Et que le rôle du Canada dans ce monde est de mettre ces principes en pratique et d’aider les autres pays à faire de même.
[Traduction]
Le gouverneur général est le gardien des valeurs que nous chérissons, de la démocratie que nous faisons rayonner ainsi que de la Constitution qui protège nos libertés et des institutions qui en font la promotion.
Dans ces fonctions, Son Excellence incarnera ce que le Canada a de meilleur à offrir aux Canadiennes et Canadiens et au reste du monde.
Un Canada qui est un bastion de justice, de sécurité et de prospérité pour tous.
Un Canada qui est un phare pour un monde à la dérive.
Un Canada qui est lucide quant aux défis auxquels nous sommes confrontés et qui reste fidèle aux valeurs que nous défendons.
Un Canada qui n’est pas seulement fort, mais également bon.
Un Canada qui n’est pas seulement prospère, mais aussi équitable.
[Français]
Votre Excellence, au nom du gouvernement du Canada et de l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens: merci d’avoir accepté d’assumer cette nouvelle fonction — pour le bien du Canada.
Et maintenant, j’ai le plaisir d’accueillir la 31e gouverneure générale du Canada, la très honorable Louise Arbour.
[Traduction]
Son Excellence Louise Arbour (gouverneure générale du Canada): Chers Canadiens.
[Français]
Je suis profondément honorée de me présenter devant vous ici aujourd’hui. Ces lieux ont été érigés sur le territoire traditionnel de la nation algonquine anishinaabeg, un peuple fier qui prend soin de ces terres et les enrichit de sa culture depuis des millénaires.
[Traduction]
Dans cette salle du Sénat qui nous accueille aujourd’hui sont examinées avec rigueur les lois qui façonneront notre avenir.
[Français]
Comme la Cour suprême du Canada et la Chambre des communes, le Sénat contribue au dialogue à travers lequel la démocratie canadienne s’exprime.
[Traduction]
Je tiens à remercier le premier ministre Carney, ainsi que Sa Majesté le roi Charles III, de m’avoir accordé cette occasion de servir une autre grande institution canadienne en tenant un nouveau rôle au cours des prochaines années.
Je tiens également à remercier la très honorable Mary Simon pour son travail remarquable.
Son Excellence s’est tenue aux côtés des Canadiennes et Canadiens à des moments marquants, de la pandémie de COVID-19 aux difficultés économiques, en passant par les profonds bouleversements du contexte mondial.
Première gouverneure générale autochtone du Canada, elle a exercé un mandat historique et en phase avec son temps. J’admire la main que Son Excellence a tendue à toute la population canadienne. Elle nous a fait comprendre que la réconciliation est un processus de toute une vie qui nous demande avant tout d’écouter et de faire preuve d’empathie.
Écouter les voix qui remettent en question notre conception de l’histoire.
Écouter les savoirs environnementaux et spirituels autochtones, des savoirs très raffinés mais longtemps ignorés.
Écouter des langues que peu d’entre nous connaissent, mais qui vibrent d’un océan à l’autre depuis des siècles.
Et s’ouvrir à un avenir dans lequel les Premières Nations, les Inuits et les Métis ne sont plus mis de côté.
[Français]
J’ai pour ma part appris l’importance de comprendre le point de vue des autres, tant par mon éducation qu’au cours de ma vie professionnelle. En fait, j’ai vécu à la fois le confort et l’inconfort de l’homogénéité.
J’ai grandi à Montréal, dans un milieu confortablement homogène.
J’ai grandi en uniforme, éduquée exclusivement par des femmes: ma mère et les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame. Jusqu’à mes 20 ans, j’ai été entourée de camarades de classe toutes francophones, blanches et catholiques, comme moi.
J’ai ensuite travaillé dans un autre milieu très homogène — un milieu essentiellement anglophone et masculin. Et malgré la promesse que je m’étais faite à 20 ans, de ne plus jamais porter d’uniforme, j’ai revêtu ma toge de juge sans la moindre conscience des surprises que nous réserve la vie.
J’ai eu par la suite la chance inouïe de travailler à l’étranger. J’ai découvert la richesse des liens que l’on tisse avec des gens avec qui on croyait n’avoir rien en commun.
Mon travail, tant comme juge qu’au service de la communauté internationale, m’a exposée à une grande diversité de perspectives. Il en va de même pour le privilège d’avoir vécu à l’étranger et travaillé dans des pays très différents du Canada. J’ai connu des régions marquées par la guerre et la pauvreté, où les gens aspirent, comme nous tous, à vivre dignement, en paix et en sécurité.
J’ai toujours été saisie par le fait que tout, au fond, est une question de point de vue.
[Traduction]
Je me souviens d’un jour où, dans les années 1990, alors que je me trouvais devant le siège des Nations Unies à New York, j’ai été confrontée à mes propres préjugés. En croisant un groupe de touristes chinois, j’ai demandé à une jeune femme ce qu’elle pensait de la ville. Elle m’a répondu: « C’est tellement vieux! » Sa réponse m’a surprise.
J’ai alors compris que je l’avais étiquetée en la voyant comme une personne issue d’une civilisation à la splendeur séculaire en train de contempler une ville dynamique dans un pays plus jeune. En fait, il était plus probable qu’elle soit originaire de Shenzhen ou de Shanghai, ces métropoles futuristes aux tours de verre scintillantes.
C’était moi qui, en regardant New York et en regardant cette femme, avais fait des suppositions.
Tout est question de point de vue.
[Français]
Je vois le Canada avec le regard de quelqu’un qui l’a connu de près comme de loin, toujours avec admiration. Un pays qui n’a pas peur de se réinventer.
Notre avenir est notre projet commun, un projet qui nous appelle à concilier les multiples perspectives qui façonnent notre identité collective.
Nous ne partageons pas tous la même compréhension de notre histoire.
Nous ne partageons pas tous non plus les mêmes origines. Nous, ou nos ancêtres, venons de différentes régions du monde.
Les peuples ont toujours voyagé. Je pense notamment aux familles inuites, qui parcourent depuis toujours le vaste territoire de l’Arctique.
L’humanité a toujours cherché à aller plus loin, à repousser les horizons. Et plus haut encore, comme l’a fait cette année notre astronaute canadien Jeremy Hansen en s’envolant vers l’espace.
Comment ne pas être éblouis à l’idée que ses yeux ont vu des lieux qu’aucun être humain n’avait encore contemplés?
Je vous le dis avec confiance: ne freinons pas notre élan vers le progrès par peur de la différence.
[Traduction]
La polarisation extrême est dangereuse, mais le consensus excessif l’est tout autant.
C’est à travers nos différences, et notre droit fondamental de les exprimer, que nous cultiverons l’esprit critique, la créativité et l’innovation. C’est à travers nos différences que nous bâtirons notre avenir collectif.
Au Canada, nous avons le grand privilège de vivre dans une démocratie bien établie. Nos institutions stables nous permettent d’exprimer librement nos opinions.
Nous devons continuer de protéger la sphère publique dans laquelle se déroulent nos débats nationaux: les écoles et les universités, les médias, les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile. De même que les théâtres, les salles de concert et les musées, les salles d’audience et les chambres de nos assemblées législatives.
Le règlement harmonieux de nos divergences trouve sa plus belle expression dans la Charte canadienne des droits et libertés. La Charte assure que nos droits individuels, si chers à nos yeux, ne soient soumis qu’aux restrictions raisonnables nécessaires à la bonne marche d’une démocratie libre et pacifique.
Voilà ce que signifie vivre dans un État de droit. Dans une société ouverte comme la nôtre, le droit ne vise pas à restreindre, mais plutôt à garantir davantage de liberté pour tout le monde.
Notre système constitutionnel et notre cadre culturel nous permettent de rêver, d’explorer, d’innover et de faire des expériences.
Notre humour a cette touche d’autodérision. Nous croyons au leadership d’équipe. Nous ne confondons pas modestie et faiblesse. Et nous ne jugeons pas de la valeur d’une personne à l’épaisseur de son portefeuille.
Nous ne prétendons pas être parfaits, mais nous avançons dans cette direction.
Nous avons cette remarquable capacité de prendre du recul, d’analyser nos échecs et d’en tirer des leçons. Ce faisant, nous cherchons à comprendre, et non pas simplement à blâmer les autres.
Et nous savons que nous n’en faisons pas encore assez — pas assez les uns pour les autres ni pour les milliards de personnes qui, partout dans le monde, nous regardent avec une admiration tout à fait justifiée.
Notre pays couvre près de 7 p. 100 de la superficie terrestre du globe et détient 20 p. 100 de ses réserves d’eau douce, alors que nous ne comptons que pour un 0,5 p. 100 de la population mondiale.
Notre pays dispose des talents et des ressources dont le monde aura grand besoin au cours des prochaines décennies.
Les jeunes du Canada sont des citoyens du monde: ils sont instruits, profondément sensibilisés aux enjeux climatiques et dotés d’une remarquable maîtrise du numérique. Pourtant, tous ne parviennent pas à réaliser pleinement leur potentiel, freinés par les vents contraires des inégalités. En cela, nous échouons à les soutenir. Il est donc de notre responsabilité commune de corriger la trajectoire.
Plus nous ferons avancer notre projet commun de bâtir un avenir radieux pour le Canada, plus notre influence rayonnera sur la scène internationale. Pour y parvenir, nous devons faire preuve d’une ambition soutenue et audacieuse.
[Français]
Pour propulser le Canada à la hauteur de son potentiel, il nous faut adopter une perspective nouvelle — ambitieuse et confiante — sur nous-mêmes et sur notre place dans le monde de demain.
Certains se souviendront peut-être de la parabole des trois maçons.
Un voyageur rencontre trois maçons au travail et leur demande: « Que faites-vous? »
Le premier répond: « Je taille des pierres. » Le deuxième dit: « Je construis un mur. »
Le troisième répond: « Je construis une cathédrale. »
Je suis consciente qu’il est parfois difficile de se sentir partie prenante du projet ambitieux de construire le Canada de demain.
Nous sommes tous inévitablement préoccupés par le quotidien: les exigences de nos enfants, de nos collègues, le coût de la vie.
Mais il n’en demeure pas moins que chacun et chacune, à sa façon, contribue à ce que deviendra le Canada.
[Traduction]
L’édification de notre pays est le fruit de notre effort collectif. Il en va de même pour notre influence dans le monde.
Notre savoir-faire nous place déjà parmi les chefs de file mondiaux dans de nombreux domaines, de l’intelligence artificielle éthique aux technologies propres, en passant par les industries créatives et la recherche médicale.
Les nouvelles technologies à notre portée n’ont jamais été aussi puissantes, en plus d’être extrêmement attrayantes et largement accessibles.
Il faut toutefois veiller à ce que leur aspect pratique ne nous pousse pas à négliger les profonds bouleversements sociétaux qu’elles entraînent.
Vu le volume colossal des informations auxquelles nous pouvons accéder instantanément, il peut être très tentant de ne pas prêter suffisamment attention à la fiabilité des sources.
La ligne de démarcation entre connaissance et croyance, entre vérité et mensonge, entre faits et suppositions, devient de plus en plus floue. L’intelligence artificielle pourrait représenter une menace non seulement pour notre mode de vie et notre façon de travailler, mais aussi pour le contrôle que nous avons sur notre propre destinée.
Ces défis ne sont pourtant pas insurmontables.
Si nous demeurons vigilants, nous saurons les relever en nous appuyant sur des institutions publiques toujours dignes de confiance, un système d’éducation solide à tous les niveaux, des investissements soutenus dans la science, la recherche et le développement, ainsi que sur un secteur privé qui respecte les normes d’intégrité auxquelles s’attend la population canadienne.
[Français]
Je tiens maintenant à m’adresser en particulier aux jeunes du Canada.
C’est aujourd’hui que vous commencez à construire le monde dans lequel vos enfants grandiront. Votre tâche immédiate est de vous construire vous-mêmes: apprenez, explorez, rêvez, mais, aussi, écoutez, hésitez, reculez.
Vous avez entre les mains, comme les générations qui vous ont précédés, des outils qui n’existaient pas quand vos parents sont nés. Surprenez-nous.
Et ne sous-estimez pas la chance que vous avez de grandir ici, même si vous êtes préoccupés, à juste titre, par les grands enjeux de notre époque: la santé de notre planète, la distribution inéquitable de la richesse, la violence des conflits armés.
Mais faites-vous confiance. Le Canada vous offre une grande liberté et d’immenses possibilités.
[Traduction]
Le monde a les yeux rivés sur le pays que nous construisons ensemble.
L’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, évoquait souvent les trois piliers des Nations Unies: sécurité, développement et droits de la personne.
Selon lui, la sécurité ne peut exister sans développement, le développement ne peut exister sans sécurité, et aucun des deux ne peut exister sans la protection des droits de la personne.
Cela s’applique autant au Canada qu’à tout autre endroit du monde.
Alors que nous mettons en œuvre des initiatives d’envergure pour renforcer notre sécurité et stimuler notre économie, notamment dans l’Arctique, il nous faut rester attentifs aux droits des personnes que cela touche directement, et il nous faut toujours veiller à une juste répartition des responsabilités et des avantages.
Notre sécurité collective repose avant tout sur la confiance que nous avons les uns envers les autres.
Bien sûr, je ne peux pas parler de sécurité sans saluer la contribution essentielle que les Forces armées canadiennes apportent à la paix, à la stabilité et à la sécurité, dans le monde et ici même, chez nous, lors de situations de crise.
Je lisais récemment un commentaire de la générale Jennie Carignan, chef d’état-major de la Défense, qui a décrit les Forces armées comme étant depuis longtemps des « exportateurs de sécurité ». Je pense qu’aujourd’hui, ce travail essentiel s’accompagne d’un regain de l’attention portée à la défense de notre vaste territoire.
[Français]
À nos membres en uniforme, j’exprime ma profonde reconnaissance pour votre service, votre professionnalisme et votre engagement envers l’excellence. Je suis également très solidaire de vos familles, qui partagent les sacrifices que cet engagement implique.
[Traduction]
Je suis ravie de voir que vos efforts de recrutement portent leurs fruits, et que davantage de Canadiens et Canadiennes, d’une grande diversité de genres, d’origines et de points de vue, choisissent d’embrasser la carrière militaire.
Les Forces font des progrès notables pour favoriser l’inclusion dans la dignité. C’est une modernisation qui s’appuie sur une fière tradition de respect et d’honneur et qui renforcera votre efficacité, le moral de vos membres et également votre influence, car vous refléterez plus fidèlement le pays que vous avez pour mission de protéger.
C’est pour moi un immense honneur d’assumer le rôle de commandante en chef du Canada.
[Français]
À l’aube de mes nouvelles fonctions, je suis consciente du privilège qui m’est accordé, d’aller à la rencontre de Canadiennes et de Canadiens partout au pays et de découvrir la richesse des idées et des idéaux qui les animent.
Je me prépare à être surprise et confrontée à mes propres stéréotypes et biais inconscients, comme ce jour où une jeune Chinoise m’a fait sourire en trouvant que tout, à New York, était vieux. Je me ferai un plaisir d’apprendre et de partager avec vous mes réflexions sur le bonheur de découvrir les autres.
Et quand je serai appelée à représenter le Canada à l’extérieur du pays ou à accueillir des dignitaires étrangers chez nous, c’est cette richesse de voix canadiennes que j’ai l’intention de porter.
En particulier, j’espère pouvoir incarner chaque jour l’esprit d’empathie qui est au cœur de notre grand projet de réconciliation.
[Traduction]
Ensemble, nous pouvons mettre à profit nos ressources extraordinaires, nos talents multiples, notre savoir-faire collectif et notre imagination sans limites.
Le monde a les yeux rivés sur nous, non pour copier ce que nous faisons, mais plutôt pour s’inspirer d’un pays qui cherche à bâtir un avenir porteur de sécurité, de prospérité et de dignité pour tous.