(i) la décision Cowichan Tribes v Canada a créé une énorme incertitude relativement à la propriété en fief simple, fondement juridique sur lequel reposent les droits de propriété immobilière et foncière des Canadiens et des entreprises,
(ii) cette décision a déjà des effets importants sur la valeur des résidences et le financement des projets,
(iii) l’entente subséquente de reconnaissance des droits des Musqueam a accru l’incertitude et n’a pas apporté de réponse claire concernant la propriété en fief simple, ce qui a aggravé l’incertitude et créé un dangereux précédent susceptible d’avoir de graves conséquences,
(iv) le gouvernement a adopté la Directive du procureur général du Canada sur les litiges civils mettant en cause les peuples autochtones, dont la ligne directrice no 14 recommande aux avocats du gouvernement de ne pas invoquer tous les arguments à leur disposition pour défendre les droits liés à la propriété privée,
a) demande au gouvernement de donner la priorité à la propriété privée dans le cas des Cowichan, en indiquant qu’elle prime tout autre titre;
b) demande au gouvernement de remplacer la ligne directrice no 14 de la Directive du procureur général du Canada sur les litiges civils mettant en cause les peuples autochtones, qui a empêché le gouvernement fédéral de défendre les droits de propriété dans l’affaire Cowichan, par une autre qui exige que le gouvernement défende vigoureusement les droits de propriété, quel que soit le litige;
c) demande au gouvernement de ne conclure aucune autre entente sans protection explicite de la propriété afin que les droits de propriété en fief simple soient garantis dans toutes les ententes futures avec les Premières Nations;
d) demande au gouvernement de publier un plan dans les 30 jours afin de protéger les droits de propriété des Canadiens touchés par la décision Cowichan et l’entente des Musqueam – émanant du premier ministre et comportant des engagements et des échéanciers précis;
e) nomme un comité spécial ayant le mandat d’étudier toutes les mesures juridiques, constitutionnelles et politiques pouvant être prises pour protéger les droits de propriété privée au Canada, pourvu que,
(A) le comité soit formé de 10 membres, dont cinq du parti ministériel, quatre de l’opposition officielle, et un du Bloc Québécois,
(B) les whips des partis reconnus déposent auprès du greffier de la Chambre la liste de leurs membres qui siégeront au comité dans les trois jours de séance suivant l’adoption de cette motion,
(C) les changements apportés à la composition du comité entrent en vigueur dès le dépôt de l’avis du whip auprès du greffier de la Chambre,
(D) les membres du comité puissent se faire remplacer au besoin, conformément à l’article 114(2) du Règlement,
(E) le greffier de la Chambre convoque une réunion d’organisation du comité dans les cinq jours de séance suivant la nomination des membres du comité,
(F) nonobstant l’article 106(2) du Règlement, le président du comité soit un membre de l’opposition officielle, le premier vice-président, un membre du parti ministériel, et l’autre vice-président, un membre du Bloc Québécois,
(G) le quorum du comité soit conforme aux dispositions de l’article 118 du Règlement, et le président soit autorisé à tenir des séances afin de recevoir et de publier des témoignages lorsqu’au moins quatre membres sont présents, dont un membre d’un parti de l’opposition et un membre du parti ministériel,
(H) le comité dispose de tous les pouvoirs d’un comité permanent, ainsi que du pouvoir (i) de voyager au Canada, accompagné par le personnel requis, (ii) d’autoriser la diffusion vidéo et audio d’une partie ou de la totalité de ses délibérations,
(I) les dispositions de l’article 106(4) du Règlement s’appliquent au comité,
(J) le comité bénéficie de la priorité absolue à l’égard de l’utilisation des ressources de la Chambre pour ses réunions,
(K) une instruction soit donnée au comité de tenir au moins 12 réunions et de présenter son rapport provisoire avant le 19 juin 2026.
— Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet d'une question qui touche au fondement même de la sécurité, de la stabilité et de la confiance dans notre pays: la protection du droit privé de la propriété au Canada à la suite de la décision rendue dans l'affaire Cowichan Tribes c Canada.
Depuis des générations, les Canadiens savent que lorsqu'ils achètent une maison, qu'ils remboursent leur prêt hypothécaire, qu'ils élèvent leurs enfants, qu'ils lancent une entreprise ou qu'ils exploitent une terre, cette propriété leur appartient. Cette conviction n'est pas seulement émotionnelle. Elle est fondamentale pour notre économie, notre système financier et la confiance que les Canadiens accordent à la primauté du droit. Aujourd'hui, malheureusement, cette certitude est ébranlée.
Les Canadiens subissent déjà suffisamment de pression en raison de la hausse des coûts, de l'inflation, des logements inabordables et de l'incertitude économique sans avoir à se demander si leur maison leur appartient vraiment. Pourtant, c'est exactement l'inquiétude qui se répand maintenant dans toute la Colombie‑Britannique et ailleurs. La décision Cowichan a soulevé de profondes questions concernant le droit de propriété en fief simple, le fondement juridique sur lequel repose la propriété résidentielle et commerciale de millions de Canadiens, à savoir si ce droit est réellement garanti comme les Canadiens l'ont toujours cru. Au lieu de fournir des précisions, le gouvernement libéral a aggravé la confusion. Au lieu de défendre les intérêts des propriétaires, il a retiré les arguments juridiques qui protégeaient la propriété en fief simple. Au lieu de rassurer les Canadiens, il a négocié des ententes à huis clos. Au lieu de la transparence, les Canadiens ont eu droit à davantage d'incertitude.
Les conservateurs croient que la réconciliation et le droit privé de la propriété peuvent et doivent coexister. Ces principes ne s'excluent pas mutuellement. Nous respectons les droits des Autochtones, nous respectons la Constitution et nous reconnaissons l'importance d'une véritable réconciliation et la nécessité de remédier aux injustices historiques. Je pense que nous pouvons tous convenir que les peuples autochtones sont dignes de respect, de reconnaissance et d'équité. Leurs histoires, leurs cultures et leurs droits constitutionnels constituent une partie essentielle de notre pays. Les obligations issues des traités sont importantes, tout comme les droits garantis par l'article 35.
Cependant, la réconciliation ne peut pas se faire au prix de la déstabilisation des foyers, des exploitations agricoles, des entreprises et des économies de toute une vie des Canadiens ordinaires. Elle ne peut pas se faire dans le secret et sans transparence. Elle ne peut pas avancer tant que les gouvernements refusent de défendre la sécurité juridique dont dépend tout le régime des titres fonciers du Canada. C'est pourquoi les conservateurs ont demandé au gouvernement de changer immédiatement de cap. Comme le l'a déclaré en avril, le gouvernement doit garantir la sécurité juridique, défendre la propriété privée devant les tribunaux et indiquer clairement que les habitations et les titres fonciers des Canadiens seront protégés.
Avant de poursuivre, je tiens à mentionner que je partagerai mon temps de parole avec le député de , un député exemplaire. J'ai hâte d'entendre ce qu'il a à dire.
Comme je le disais, dans la foulée de l'arrêt Cowichan, le gouvernement a le devoir de défendre le droit à la propriété foncière. Le gouvernement se doit donc maintenant de faire valoir devant tous les tribunaux, lorsqu'il est question d'un nouvel accord ou d'un nouveau traité, le fait que la propriété foncière en fief simple l'emporte sur tout autre titre. Les libéraux ne devraient pas avoir donné pour consigne aux avocats fédéraux de ne pas invoquer l'argument de l'extinction, qui faisait jusqu'alors partie de l'arsenal juridique de la Couronne. Cet argument doit être invoqué dans toute future affaire qui se rapporterait aux titres ancestraux. Les libéraux doivent arrêter de faire semblant que l'incertitude actuelle est imaginaire.
L'enjeu n'a rien de théorique. Les conséquences se font déjà sentir. À ce qu'on rapporte, les évaluateurs britanno-colombiens ont fait savoir que le flou qui entoure la question du droit de propriété risque de faire perdre une valeur considérable aux biens fonciers qui se situent dans les régions en cause. De grands projets de lotissement se feraient déjà refuser du financement parce que les prêteurs ne sont plus convaincus de la validité des titres. Les libéraux fédéraux ne font rien pour venir en aide aux personnes qui subissent ces conséquences. Ils ont carrément attendu que la province intervienne. Ils n'offrent aucun filet de sûreté aux propriétaires fonciers, aux gens d'affaires et aux familles qui sont aux prises avec ce cauchemar juridique. Conséquence: la construction domiciliaire ralentit malgré la crise du logement, moins d'emplois sont créés alors que l'économie vacille, les investissements s'amenuisent et l'instabilité prend de l'ampleur dans un marché du logement déjà fragile.
La valeur foncière des biens fonciers des familles de Richmond et du reste de la Colombie‑Britannique chute encore plus dramatiquement que ce qui se constate déjà sur les marchés. Les agriculteurs veulent savoir si leurs terres sont encore protégées. Les gens d'affaires veulent savoir s'ils peuvent toujours offrir leurs immeubles en garantie pour obtenir du financement. Les administrations municipales se demandent si leurs pouvoirs en matière de zonage et d'urbanisme restent effectifs.
L'affaire n'est pas que régionale. Comme je l'ai mentionné plus tôt, elle est de portée nationale. C'est pourquoi, le 20 novembre dernier, j'ai officiellement demandé la tenue d'un débat d'urgence au Parlement, conformément à l'article 52 du Règlement, à la suite de la décision Cowichan. Dans cette demande, les conservateurs affirment que la décision risque de miner les protections inattaquables qui sous-tendent l'ensemble du régime des titres fonciers du Canada. Nous affirmons que l'incertitude concernant la propriété en fief simple pourrait avoir une incidence sur les hypothèques, les assurances, le développement, la gouvernance municipale et la confiance économique partout au pays. Nous affirmons également que les Canadiens se sont sentis pris de court parce que les gouvernements n'avaient pas consulté ou informé les personnes dont les maisons et les entreprises pourraient être touchées.
Comme je l'ai dit alors dans ma lettre, les Canadiens ordinaires ont acheté leur maison de bonne foi, convaincus que leur gouvernement était transparent et honnête avec eux. Au lieu de cela, ils ont découvert, dans les médias, que la certitude juridique de leurs droits de propriété pouvait maintenant être remise en question.
Les conservateurs ont demandé ce débat d'urgence afin que le Parlement puisse répondre à ces craintes de manière ouverte et transparente. Malheureusement, les libéraux ont refusé, et les Canadiens en sont maintenant à se demander si c'est parce que les libéraux veulent éviter de répondre à leurs craintes ou plutôt parce qu'ils négocient simultanément, derrière des portes closes, d'autres accords majeurs de reconnaissance des droits.
Le secret entourant Cowichan ne s'est pas limité à la salle d'audience. Il s'est en fait poursuivi avec l'entente de reconnaissance des droits des Musqueams. Cette entente, signée en février, a reconnu les droits et les titres autochtones des Musqueams sur une grande partie du territoire revendiqué de la région métropolitaine de Vancouver, y compris Vancouver elle-même, Richmond, Burnaby, West Vancouver et Delta. Malgré les énormes répercussions d'une telle reconnaissance dans l'une des régions urbaines les plus densément peuplées du Canada, l'entente ne protège pas explicitement le droit de propriété en fief simple. Ce silence est important. Le gouvernement et les dirigeants de la bande de Musqueam ont par la suite déclaré publiquement que la propriété privée ne serait pas touchée, mais l'entente elle-même ne le mentionne pas clairement.
Lorsqu'il est question de droits constitutionnels, de propriété et de gouvernance des terres qui touchent des millions de Canadiens, cette confusion doit être dissipée, car elle accentue l'incertitude. Elle sème la peur chez les propriétaires et soulève de graves préoccupations chez les Premières Nations voisines dont les terres visées par des revendications territoriales se chevauchent. La nation Squamish a déclaré publiquement qu'elle n'avait pas été suffisamment consultée et qu'elle avait prévenu que l'entente pourrait avoir une incidence sur les terres qu'elle revendique également. Encore une fois, il y a eu du secret et des consultations insuffisantes, ce qui a engendré plus d'incertitude.
Les habitants de la Colombie‑Britannique ont été stupéfaits d'entendre le premier ministre David Eby déclarer que le droit privé de la propriété ne ferait jamais partie des négociations provinciales. Nous devrions réfléchir à ce que cela signifie pour les propriétaires qui nous écoutent à la maison. Si le droit privé de la propriété n'est pas au cœur des négociations concernant les titres de propriété et les compétences dans les régions urbaines, alors qui, exactement, défend les intérêts des millions de Canadiens dont les économies de toute une vie sont liées à leur résidence? Qui défend l'intégrité du système hypothécaire canadien? Qui défend la certitude nécessaire à l'investissement et à la croissance économique?
Ce sont les conservateurs, et nous demandons au gouvernement libéral d'agir immédiatement. Nous exigeons que le gouvernement accorde la priorité au droit privé de la propriété dans le cadre de l'appel de la décision dans l'affaire Cowichan en affirmant de façon claire et sans équivoque que la propriété en fief simple a la priorité sur les revendications en suspens. Nous exigeons également qu'aucun accord futur ne soit signé sans protections explicites pour les propriétaires actuels: il n'y aura plus de confusion, plus de silence, plus d'accords secrets, et plus besoin de laisser les Canadiens se demander si leur maison est protégée.
Les libéraux ne cessent de prétendre que les Canadiens devraient simplement leur faire confiance, mais la confiance passe par la transparence. C'est la transparence qui permet d'instaurer cette confiance. La confiance exige des gouvernements prêts à défendre les personnes qu'ils représentent. Malheureusement, le gouvernement continue de créer de l'incertitude, et celle-ci ne cesse de croître au pays. Cela n'a pas lieu d'être.
Je suis impatient de répondre aux questions de mes collègues.
:
Monsieur le Président, j'interviens au sujet de la motion des conservateurs qui figure à l'ordre du jour aujourd'hui, qui demande au gouvernement libéral de donner la priorité à la propriété privée dans le cas des Cowichan, en indiquant qu'elle prime tout autre titre. Nous faisons cette affirmation parce que la décision dans l'affaire
Cowichan Tribes c. Canada a créé une énorme incertitude relativement à la propriété en fief simple, fondement juridique sur lequel reposent les droits de propriété immobilière et foncière des Canadiens et des entreprises, et je pourrais ajouter les entrepôts, les usines, les hôtels et les tours d'habitation.
Je veux citer la décision de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique, qui a ébranlé la confiance du marché immobilier, des propriétaires d'habitation et des propriétaires fonciers. Voici ce que dit le juge au paragraphe 2193:
Je conviens que le titre autochtone est un droit antérieur et prioritaire sur la terre. Il ne s'agit pas d'une propriété octroyée par la Couronne, mais bien d'une occupation antérieure. Elle est protégée par la Constitution. La question de savoir ce qui reste du titre autochtone après l'octroi d'un titre en fief simple sur les mêmes terres devrait être inversée. La question qui se pose est la suivante: que reste-t-il du titre en fief simple lorsque le titre autochtone est reconnu sur les mêmes terres?
C'est ce qui déstabilise tant de gens qui s'intéressent à l'immobilier. Que signifie réellement un « droit antérieur et prioritaire »?
Voici une autre citation. Elle est tirée du paragraphe 3551, qui se trouve à la fin de cette décision de 800 pages. Elle dit ceci: « Un précédent qui découlera de cette affaire est que l'octroi par la Couronne provinciale d'intérêts en fief simple n'élimine pas et ne remplace pas de façon permanente le titre autochtone, et que les articles 23 et 25 de la [British Columbia Land Title Act] ne s'appliquent pas aux titres ancestraux. »
Avant de devenir député en 2019, j'ai passé de nombreuses années à pratiquer le droit des sociétés, de l'immobilier et de l'aménagement du territoire dans la région métropolitaine de Vancouver. Ces décennies d'expérience en droit m'ont appris ce qui suit avec une clarté absolue: l'existence d'un titre en fief simple sûr et inatteignable est le fondement sur lequel repose la stabilité économique du Canada. Ce principe, hérité de siècles de développement de la common law britannique, n'est pas une doctrine juridique abstraite. C'est l'un des fondements de notre système bancaire, de nos investissements commerciaux, de nos marchés immobiliers et, surtout, de la capacité des Canadiens ordinaires à créer de la richesse et à la préserver. Si nous sapons ce fondement, nous minons la stabilité économique et la résilience civique de la société canadienne.
L'ensemble du secteur immobilier repose sur le principe de l'inattaquabilité, selon lequel lorsqu'une personne est enregistrée comme propriétaire légal d'un terrain, sa propriété ne peut être contestée ni remise en cause. C'est exactement ce qu'indique le titre de propriété. Jusqu'à la décision Cowichan de l'année dernière, personne n'avait jamais remis en cause le principe simple d'inattaquabilité. Une phrase de cette décision mérite d'être répétée: « [Les articles] 23 et 25 de la [Land Title Act] ne s'appliquent pas aux titres ancestraux. » Je n'entrerai pas dans les détails techniques, mais ce sont ces articles qui sous-tendent le principe de l'inattaquabilité du titre. Aujourd'hui, ce principe est moins solide que nous l'avons toujours cru.
Il s'agit d'une première dans la jurisprudence canadienne. D'autres affaires ont été entendues en Colombie‑Britannique, dans lesquelles les tribunaux ont jugé qu'une Première Nation remplissait tous les critères permettant de prouver le titre ancestral. La première d'entre elles fut l'affaire Delgamuukw, jugée par la Cour suprême du Canada en 1997, qui a établi la norme à respecter pour prouver le titre ancestral devant les tribunaux. Dix‑sept ans plus tard, une autre décision majeure, celle concernant la nation Tsilhqot'in, a reconnu un titre ancestral sur une vaste zone isolée de la Colombie‑Britannique couvrant environ 2 000 kilomètres carrés. Toutes les terres en question étaient des terres de la Couronne. La nation Tsilhqot'in était la partie demanderesse dans cette affaire. Sa stratégie en matière de litige avait été délibérément conçue pour éviter tout conflit avec des propriétaires privés.
Dix ans plus tard, dans l'affaire dont nous parlons aujourd'hui, un titre ancestral a été déclaré sur une superficie relativement petite de seulement 800 acres, comparativement aux 2 000 kilomètres carrés dans l'affaire Tsilhqot'in. Cependant, ces terres se trouvent en plein cœur du Grand Vancouver. N'importe quel agent immobilier nous dira que les trois éléments les plus importants en matière d'immobilier sont l'emplacement, l'emplacement et l'emplacement.
L'emplacement en question fait que ces terres ont une très grande valeur. Elles se trouvent au cœur d'une zone industrielle et d'une zone résidentielle du Grand Vancouver. On y trouve environ 150 propriétaires fonciers ainsi qu'un magnifique terrain de golf. Un grand projet de développement a maintenant été mis en suspens. Aucun de ces propriétaires n'a eu l'occasion de plaider sa cause en cour.
Le fait que les plaignants de Cowichan ne se sont pas limités à des terres publiques, mais qu'ils ont inclus des terres privées, rend cette affaire unique. C'est dans ce contexte que nous accusons les libéraux de ne pas être à la hauteur. Une stratégie différente et plus élaborée de la part des plaignants, comparativement aux Tsilhqot'in, qui ont limité leur revendication aux terres publiques, nécessitait une réponse différente et plus énergique de la part des avocats de la procureure générale fédérale.
En 2018, sous la direction de la procureure générale, les avocats du ministère de la Justice ont failli à la tâche. Au paragraphe 2096, le juge a souligné que « Le Canada a d'abord [invoqué] l'extinction, mais il a abandonné le recours à ce moyen de défense dans sa réponse modifiée à la poursuite civile déposée le 22 novembre 2018 », évidemment en réponse directe aux nouvelles directives émanant de la procureure générale.
Ils ont failli à la tâche. Ils ont abandonné leur principal et meilleur moyen de défense, qui dit que l'acte pur et simple de la Couronne d'accorder un titre en fief simple à des personnes tout au long de l'histoire de la Colombie‑Britannique a eu pour effet l'extinction du titre ancestral, dans la mesure où de futurs plaignants pourraient plaider en faveur d'un titre ancestral. Nous disons qu'il est évident que les avocats du gouvernement auraient dû maintenir ce moyen de défense, compte tenu des mesures énergiques prises par les plaignants de Cowichan. Une attaque énergique exige une défense énergique.
Certains affirment que l'affaiblissement des droits de propriété constitue une voie vers la réconciliation, mais les tribunaux canadiens ont déjà mis en garde contre l'effet inverse. Dans l'affaire J.D. Irving c Nation Wolastoqey, jugée au Nouveau‑Brunswick en décembre 2025, la Cour d'appel du Nouveau‑Brunswick a indiqué ceci: « [...] une déclaration de titre ancestral sur des terres privées, qui, par sa nature même, accorde aux bénéficiaires autochtones la possession, l'occupation et l'utilisation exclusives des terres, sonnerait le glas de la conciliation avec les intérêts des Canadiens non autochtones. »
Ce n'est pas de la rhétorique. Il s'agit d'une analyse juridique lucide des conséquences d'une érosion de la certitude en matière de propriété foncière. La Cour suprême de la Colombie‑Britannique, dans l'arrêt Cowichan, a pris le contre-pied de cette approche. Elle a estimé que le titre ancestral pouvait s'étendre à des terres privées, et que le titre ancestral et la propriété en fief simple pouvaient, d'une manière ou d'une autre, coexister sur un même terrain au même moment. À mon humble avis, cela n'est tout simplement pas possible. Ces deux formes de titre revendiquent des droits exclusifs d'occuper et d'aménager le terrain, ainsi que d'en tirer un profit économique. Deux titres exclusifs concurrents ne peuvent pas occuper le même espace juridique sans détruire la certitude qui sous-tend l'ensemble de notre système foncier.
Le résultat, ce n'est pas la réconciliation, mais la confusion. Ce ne sont pas des perspectives économiques, mais une paralysie économique. Ce n'est pas une voie vers l'avenir, mais un pas en arrière vers l'incertitude, à un moment où le Canada a désespérément besoin de stabilité, d'investissements et de confiance.
Si l'arrêt Cowichan est maintenu tel quel, les conséquences seront graves. Il risque de freiner le développement, de déstabiliser les marchés et d'aggraver les divisions au lieu de les apaiser. Le Canada ne peut se permettre un régime de droits de propriété qui laisse les propriétaires, les prêteurs et les investisseurs dans l'incertitude quant à la possibilité de présenter leur titre en fief simple à la banque.
La réconciliation exige de la clarté, de l’honnêteté, de la transparence et du respect, et non l’érosion des fondements juridiques mêmes qui permettent à la société de fonctionner. C’est ce principe que le gouvernement libéral a négligé lorsqu’il a donné pour consigne à ses avocats de ne pas utiliser tous les moyens à leur disposition pour défendre les droits de propriété des Canadiens au Canada. Ils ont manqué à leur devoir, et ce sont les Canadiens qui en paient le prix.
:
Monsieur le Président, je voudrais commencer par m'adresser directement aux Canadiens qui suivent peut-être ce débat aujourd'hui et qui ressentent de l'inquiétude ou de l'incertitude. Comme le l'a clairement indiqué, « le droit à la propriété privée est fondamental [et notre gouvernement] va toujours le défendre ». Les accords fédéraux, y compris ceux relatifs aux titres ancestraux, ont toujours protégé et protégeront toujours la propriété privée.
Avant de commencer, je tiens à rappeler aux députés que la décision rendue dans l'affaire Cowichan fait l'objet d'un appel et que cette affaire est donc toujours devant les tribunaux. À l'heure actuelle, le jugement n'a pas encore été rendu et ne le sera pas tant que la demande de Montrose visant à rouvrir le procès, dont je parlerai plus tard, n'aura pas été tranchée. Compte tenu de l'impact que ce que nous disons aujourd'hui pourrait avoir sur ce contentieux en cours, il est important que tous les députés, y compris moi-même, fassent preuve de discernement et de responsabilité dans leurs propos.
Venons-en à la motion. Le gouvernement souscrit à certains des principes énoncés dans la motion et en tient déjà compte dans de nombreuses négociations. Cependant, nous ne permettrons pas aux conservateurs de continuer à répandre de la désinformation par l'entremise d'un comité spécial. Nous ne permettrons pas que le Parlement soit utilisé pour remettre en cause une affaire judiciaire en cours à l'aide de discours partisans, ce qui pourrait compromettre le déroulement du procès. Le respect du processus judiciaire est essentiel. Les Canadiens n'ont pas besoin du chaos politique des conservateurs et de leurs commentaires mal informés qui s'ajoutent aux questions juridiques complexes en jeu dans cette affaire.
De plus, cette motion est superflue, car elle demande au gouvernement de prendre des mesures que nous prenons déjà. Par exemple, dans l'affaire Cowichan, le gouvernement a défendu la validité des titres en fief simple octroyés par la Couronne et il continuera de le faire en appel.
Comme le l'a dit la semaine dernière, « le droit à la propriété privée est fondamental [et nous défendrons] toujours ce droit ».
Le gouvernement du Canada a déjà pour politique de ne conclure que des ententes sur les droits et les titres qui protègent les droits de propriété privée des Canadiens. Je peux assurer à la Chambre et à la population que nous ne songerons jamais à conclure un accord qui ferait perdre aux Canadiens leur propriété privée. Le fait est que nous signons des accords modernes avec les Premières Nations depuis les années 1970. Aucun de ces traités modernes, aucune entente négociée, ni aucune approche fédérale n'a fait perdre des terres privées à des Canadiens. Il est important de savoir que les ententes sur les titres ancestraux conclues avec le gouvernement fédéral ont toujours protégé et protégeront toujours la propriété privée.
[Français]
Avant d'aller plus loin, je voudrais partager brièvement mon point de vue sur ce débat. Je viens d'une région façonnée par des revendications territoriales modernes fondées sur des traités historiques. Je ne suis pas Autochtone. Je possède une propriété privée dans une zone visée par un traité moderne. J'ai vécu, travaillé et gouverné dans des contextes où les Canadiens autochtones et non autochtones ont appris, parfois de manière imparfaite, mais toujours de manière constructive, à coexister sur le même territoire.
Cette expérience m'a appris une leçon fondamentale: la clé du succès est de ne pas attiser la peur. Il ne s'agit pas de désinformer et ce n'est certainement pas l'opportunisme politique. La clé, c'est de s'asseoir autour d'une table, d'avoir des discussions constructives et de mener à bien, de manière responsable, le difficile travail de réconciliation. C'est ce que fait notre gouvernement et c'est précisément ce que cette motion cherche à saper.
[Traduction]
Cette motion emprunte au vocabulaire de la propriété privée tout en déformant totalement la position du gouvernement, les faits et les récentes ententes du gouvernement fédéral avec des partenaires autochtones. Elle confond également les résultats d'une décision de justice, une décision à laquelle le gouvernement s'oppose totalement, et une entente négociée qui est sans rapport avec les intérêts des Canadiens en matière de propriété privée. Elle laisse supposer que les ententes gouvernementales entraînent la cession de terres privées. Elle laisse supposer que, à cause de l'entente des Musqueam, des Canadiens pourraient perdre leur habitation. Rien de tout cela n'est vrai. Ce qui est vrai, c'est que cette motion est une manœuvre politique opportuniste des conservateurs pour créer de la peur, du stress et des divisions. S'ils avaient vraiment à cœur de répondre aux préoccupations des Canadiens, ils auraient dû présenter une motion basée sur les faits et qui reflète la situation telle qu'elle est, et non une motion qui ne sert que leurs intérêts politiques.
Parlons d'abord de la décision Cowichan. Cette affaire a une longue et complexe histoire. En fait, il s'agit du plus long procès civil de l'histoire du Canada, car il a duré plus de 500 jours. À la base, elle soulève des questions juridiques au sujet des titres autochtones et de leur interaction avec les obligations de la Couronne ainsi que les systèmes de propriété foncière en vigueur. Tout au long de l'affaire, le Canada a toujours défendu la validité des attributions de titres en fief simple par la Couronne, et il continue de le faire aujourd'hui. Cette position n'a pas changé.
Nous reconnaissons également que la propriété privée est un élément fondamental du système juridique canadien. Elle donne aux gens certitude et confiance concernant leurs maisons et leurs entreprises. C'est important pour les Canadiens et pour notre économie. Le Canada a officiellement interjeté appel de la décision parce que nous croyons qu'une plus grande clarté juridique est nécessaire, en particulier en ce qui concerne les intérêts des propriétaires fonciers. Nous présenterons tous les arguments juridiquement viables pour protéger cette clarté. Il est à noter que la cour a statué qu'il incombait à la Colombie‑Britannique, et non au gouvernement fédéral, de négocier de bonne foi en ce qui concerne les terres privées, car la propriété privée et les registres fonciers relèvent de la compétence des provinces.
En effet, l'article 92 de la Loi constitutionnelle établit l'autorité provinciale en matière de droits de propriété, conférant ainsi aux provinces le contrôle législatif de la propriété et de l'utilisation des terres. Les conservateurs continuent d'ignorer le fait qu'il s'agit d'une réalité constitutionnelle et non d'un choix politique. À cette fin, la Colombie‑Britannique a interjeté appel. La Colombie‑Britannique agit dans son champ de compétence et elle cherche à élaborer des mesures pour soutenir les propriétaires privés qui pourraient être touchés.
De façon plus générale, il importe de souligner que le droit à l'égard du titre ancestral est loin d'être constant. Par exemple, dans l'affaire J.D. Irving, Limited et autres c Wolastoqey Nation, la Cour d'appel du Nouveau‑Brunswick est parvenue à une conclusion très différente de celle de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique dans l'affaire Cowichan. Selon la Cour d'appel du Nouveau‑Brunswick, un tribunal pourrait conclure à l'existence d'un titre autochtone sur des terres privées, ce qui pourrait obliger la Couronne à verser une indemnisation, mais le tribunal ne pourrait pas invalider des titres de propriété existants pour les remplacer par des titres autochtones.
Le Canada attend que la Cour suprême du Canada indique si elle accepte d'entendre l'appel de la décision rendue dans l'affaire des Wolastoqey, et nous suivons de près l'évolution du dossier. Deux tribunaux canadiens ont maintenant adopté des approches complètement différentes, d'où l'importance d'obtenir des éclaircissements de la part de la Cour suprême.
Nous sommes conscients que la décision Cowichan a suscité de l'incertitude et de l'anxiété. Les Canadiens doivent pouvoir se sentir en sécurité chez eux et investir en toute confiance. C'est pourquoi, dès 2017, le Canada a insisté pour que les propriétaires privés soient informés des procédures en cours. Depuis la décision rendue l'été dernier, le Canada a également accédé à la demande de Montrose, et nous attendons maintenant une décision.
Pour ceux qui l'ignorent, Montrose est une entreprise qui exerce ses activités à Richmond et qui affirme être le plus important propriétaire foncier de la région visée par le titre ancestral des Cowichans. Montrose a déposé une requête auprès de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique afin de rouvrir le procès et d'être ajouté comme partie au litige. Si le procès est rouvert de façon restreinte, Montrose, un propriétaire privé touché, pourra présenter des éléments de preuves ainsi que son point de vue sur les effets de cette décision. Le juge décidera alors s'il y a lieu ou non de rouvrir le procès de façon restreinte. Cela pourrait influer sur la décision rendue par le juge en août 2025.
Nous avons consenti à cette requête parce que, selon nous, les personnes qui pourraient être directement touchées par un jugement méritent d'être entendues. Les Canadiens savent à quoi s'attendre de la part du gouvernement. Nous avons interjeté appel de la décision dans l'affaire Cowichan, et nous présenterons tous les arguments juridiques viables pour maintenir la validité des intérêts privés.
Cependant, comme je l'ai dit au début de mon discours, les conservateurs croient qu'ils devraient utiliser le Parlement pour contester une affaire qui est devant les tribunaux. Soyons clairs. Le fait d'avoir ces discussions à la Chambre des communes ou au sein d'un comité parlementaire spécial, plutôt que dans une salle d'audience, comme il se doit, pourrait nuire à la position juridique du Canada et pourrait même miner les arguments présentés lors du processus d'appel et qui protégeraient la propriété privée. Nous devons respecter le processus judiciaire et chercher à résoudre cette affaire en s'adressant aux tribunaux.
Les conservateurs ont laissé entendre que la directive sur les litiges civils mettant en cause des peuples autochtones limitait la capacité du Canada à présenter des défenses juridiquement viables dans le cadre du litige à Cowichan, en particulier en raison de la ligne directrice no 14. Cette ligne directrice n'empêche pas le Canada de s'appuyer sur des défenses spécifiques; elle exige qu'il existe une question de principe et des éléments de preuve.
Le Canada examine actuellement les arguments juridiques qu'il pourrait faire valoir lors de l'appel de l'affaire Cowichan, et toutes les défenses possibles demeurent valables. Encore une fois, le gouvernement présentera toujours des arguments valables qui, à son avis, seront retenus par les tribunaux. C'est ce que la loi exige et ce que les Canadiens méritent.
Quelle que soit la directive, le gouvernement n'avancerait jamais d'arguments qui ne reposeraient pas sur des principes et des preuves à l'appui de sa défense.
Le Canada examine actuellement tous les arguments juridiquement valables pour l'appel dans l'affaire Cowichan, et toutes les défenses possibles restent sur la table. Cependant, même si les conservateurs ne sont pas à l'écoute, je tiens à rassurer les Canadiens qui nous regardent: le Canada fera valoir tous les arguments juridiquement valables en appel afin de protéger le droit privé de la propriété.
Je voudrais maintenant parler de l'accord progressif de reconnaissance des droits conclu avec la Première Nation Musqueam, un autre domaine où règne la mésinformation. Cet accord n'est pas apparu du jour au lendemain.
En 2017, les Cowichan et le Canada ont signé un protocole d'entente. En février 2026, ce travail a abouti à un accord-cadre. Il ne s'agit pas d'un accord sur les titres de propriété ni d'une revendication territoriale. Je tiens à être tout à fait claire sur un point qui a suscité des préoccupations: cet accord n'a pas d'incidence sur le droit privé de la propriété. En fait, il ne peut pas en avoir, car il s'agit d'un accord bilatéral entre les Musqueam et le gouvernement fédéral.
Pourquoi est-ce important? Parce que, encore une fois, le droit privé de la propriété relève de la compétence provinciale. Comme je l'ai dit, l'article 92 de la Loi constitutionnelle établit l'autorité des provinces en matière de droits de propriété, ce qui confère aux provinces le contrôle législatif de la propriété et de l'utilisation des terres. Le gouvernement fédéral n'a pas le pouvoir de négocier sur les terres détenues à titre privé par des Canadiens, et cet accord ne tente en aucune façon de le faire.
Il est important de souligner que toutes les discussions sur les titres ancestraux au niveau fédéral protègent la propriété privée. Aucun traité moderne, accord négocié ou approche fédérale n'a jamais fait en sorte que des Canadiens perdent leurs terres privées. Il est aussi important de souligner que les Musqueam eux-mêmes ont été clairs. D'ailleurs, il y a quelques semaines à peine, le négociateur en chef des Musqueam a dit qu'il n'a jamais été question de la propriété privée. Dès le départ, c'était hors de question.
Comme l'indique l'accord lui-même, ce travail consiste à établir des relations, des principes et des processus pour les discussions futures, et non à transférer des terres. Je tiens vraiment à souligner un élément de l'accord pour que nous nous en souvenions tout au long du débat d'aujourd'hui. On peut y lire ceci:
Pendant longtemps, nous, les Musqueam et le Canada, nous nous sommes mal compris. Nous ne faisons qu'un et nous sommes là pour rester. Ce malentendu doit impérativement prendre fin. Nous voulions parvenir à une compréhension mutuelle et c'est pourquoi nous nous sommes réunis pour prendre une décision éclairée.
Dans un esprit de réconciliation et conformément au principe nəća̓ʔmat ct [c'est-à-dire que nous sommes tous unis], nous, les Musqueam, continuerons de collaborer avec le Canada pour promouvoir nos intérêts mutuels, transformer les conflits et les injustices, créer des partenariats dans un esprit d'unité, dans le but d'élaborer des processus pour la prise de décision partagée, le partage des recettes et des avantages, ainsi que la résolution des différends.
Cet accord est l'aboutissement de plus de 10 années de négociations. Le recours à la négociation, plutôt qu'aux tribunaux, favorise la clarté, la stabilité et de meilleurs résultats pour toutes les parties concernées. Je le répète, contrairement à ce que les conservateurs veulent faire croire aux Canadiens, l'accord n'a aucune incidence sur la propriété en fief simple.
Les cartes en ligne qui montrent des terres supposément cédées représentent le territoire ancestral revendiqué par la Première Nation Musqueam, et non un titre ancestral. Les conservateurs confondent les deux, soit par erreur, soit sciemment. Aucune nouvelle reconnaissance n'a été accordée par le gouvernement, et jamais la propriété privée des Canadiens ne sera cédée dans des négociations. Aucune disposition ne prévoit la cession de maisons privées. Il n'y a pas non plus d'atteinte soudaine aux compétences municipales ou provinciales, et l'alarmisme entretenu par les conservateurs n'a aucune assise juridique.
Je rappelle aux députés qu'en matière de leadership, être responsable signifie lire les accords avant de les condamner.
Je vais donner à la Chambre un exemple concret d'entente de reconnaissance de titres: la Haida Nation Recognition Amendment Act, qui est entrée en vigueur en Colombie‑Britannique le 16 mai 2024. Cette loi confirme l'entente « Rising Tide » sur les terres des Haïdas et enchâsse la reconnaissance du titre ancestral des Haïdas dans les lois de la Colombie‑Britannique. Les ententes et les lois prévoyaient des protections importantes comme les suivantes: la propriété privée, la propriété industrielle, les biens résidentiels et les biens à usage commercial ne sont pas touchés par la reconnaissance du titre ancestral des Haïdas; les terres privées, ou la propriété en fief simple, demeurent de compétence provinciale, et la reconnaissance du titre ancestral des Haïdas ne changera aucun droit qui y est associé.
Cela signifie que les licences commerciales, les permis de construction et le zonage restent inchangés pendant la période de transition. Cela signifie que les infrastructures essentielles, telles que les gares maritimes et les autoroutes, continuent d'être exploitées et entretenues par la province. Cela signifie également que les services provinciaux et municipaux fournis par Haida Gwaii, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, des transports, ainsi que des services d'incendie et d'urgence, se poursuivent sans changement.
L'accord et le projet de loi provincial sont entrés en vigueur le 5 juillet 2024. Cela fait près de deux ans et le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. La vie a continué pour tout le monde.
[Français]
C'est à cela que ressemble la coexistence négociée dans une démocratie constitutionnelle.
En ce qui concerne les droits autochtones et les droits issus des traités, nous continuerons à mener des consultations sur les mines et les grands projets d'intérêt national. Rien de tout cela n'est nouveau. Même avant que le titre ne soit établi, la Couronne avait toujours l'obligation de mener des consultations. Le titre clarifie les droits des partenaires autochtones, il n'invente pas des obligations de toutes pièces.
En 2014, lorsque la Cour suprême a confirmé le titre autochtone dans l'arrêt Tsilhqot’in, certains détracteurs avaient prédit le chaos. Ils avaient mis en garde contre un effondrement économique. Ils avaient affirmé que les Canadiens perdraient leurs terres. Rien de tout cela ne s'est produit.
Cela fait 12 années. Ce que nous avons gagné, c'est une clarté quant à la nature et l'emplacement des terres relevant du titre autochtone des Tsilhqot’in. Cette clarté a apporté une certitude aux investisseurs, aux communautés et au gouvernement, ce qui leur a permis de construire.
[Traduction]
L'un des pires préjudices que cause cette motion touche la sphère non pas juridique, mais bien sociale, puisqu'elle invite les Canadiens à redouter la réconciliation. Ce n'est pas ainsi qu'on joue un rôle structurant. Beaucoup de Canadiens n'ont rien appris à l'école au sujet des traités ou des territoires non cédés, certes, mais ce n'est pas parce que les conservateurs ont des connaissances insuffisantes qu'ils doivent tomber dans la mésinformation. Jouer un rôle structurant, c'est expliquer les notions complexes, pas les instrumentaliser pour mieux garnir les coffres du parti.
Soyons sérieux. Nous pouvons protéger la propriété foncière. Nous pouvons protéger les titres et les droits des Autochtones. Nous pouvons faire les deux à la fois sans avoir à rouvrir la Constitution, comme le propose la motion. Après tout, nous n'avons vraiment pas de temps à perdre en chicanes constitutionnelles. Ce que veulent les Canadiens, ce sont des logements qui se bâtissent, des projets qui sont approuvés et une économie qui progresse, et c'est possible de répondre à leurs attentes à même le contexte constitutionnel actuel.
L'espoir n'a rien d'un plan, et la nostalgie n'a rien d'une stratégie. Les conservateurs ne dirigeront jamais le pays s'ils n'apprennent pas à tendre la main à tous les Canadiens, y compris les partenaires autochtones. Pour ce faire, ils doivent renoncer à l'alarmisme et à la mésinformation pour plutôt commencer à apprendre et à bâtir des relations. Ils doivent prendre conscience que la réconciliation et la croissance économique ne sont pas mutuellement exclusives: quand on sait s'y prendre, elles vont de pair.
En terminant, tout comme au début de mon discours, je m'adresse aux Canadiens qui sont à l'écoute en leur disant qu'ils sont toujours propriétaires de leur logement et qu'ils sont toujours libres de le rénover. Le gouvernement est fermement déterminé à protéger le droit privé de propriété. La propriété foncière n'est pas en jeu dans les pourparlers avec les Autochtones sur des traités ou des accords, ni aujourd'hui ni demain.
Nous jetons les bases de la coexistence et de la prospérité, des bases solides, transparentes et stables comme jamais. L'enjeu consiste à savoir si les députés opteront pour les certitudes plutôt que pour le chaos, l'unité plutôt que les clivages ainsi que la gouvernance avisée plutôt que l'alarmisme partisan.
:
Monsieur le Président, je suis heureuse de pouvoir prendre la parole aujourd'hui au nom du Bloc québécois en cette journée de l'opposition.
Tout d'abord, j'aimerais tout simplement mentionner l'idée qui sous-tend mon discours. Je souhaite m'exprimer de façon responsable et nuancée, parce que je pense que c'est à l'avantage de l'ensemble des Québécois et des Canadiens d'être informés. Je salue le dépôt de cette motion de la part des conservateurs, qui nous permet de discuter d'un sujet qui peut toucher l'ensemble des Québécois et des Canadiens. C'est important.
Pour cette raison seulement, j'annonce que le Bloc québécois est en faveur du principe de la motion. J'insiste sur le mot « principe ». Ça ne veut pas dire que nous sommes d'accord sur l'ensemble du libellé de la motion et j'aurai l'occasion, au cours de mon discours, de souligner quelques éléments. Même si je dispose de 20 minutes de temps de parole, je crains de ne pas avoir le temps de me rendre à la fin de mon discours, ce qui est aussi une façon de dire à quel point ce sujet est riche, a une portée énorme et nécessite d'autres discussions.
D'emblée, si nous sommes en faveur du principe de la motion, c'est que la décision dans la cause Cowichan Tribes c Canada crée une incertitude juridique qui est réelle, au Québec et dans l'ensemble du Canada. Ça requiert une réponse du gouvernement et on ne peut pas nier tout simplement la portée de la décision. C'est quelque chose d'innovant au sens de « nouveau », et ça crée des obligations absolument réelles et concrètes pour les gouvernements, que ce soit les gouvernements provinciaux ou le gouvernement fédéral, dans le processus de réconciliation avec les communautés autochtones.
Bien sûr, comme on l'entend depuis ce matin, ça soulève des questions qui sont fondamentales sur le droit foncier au Canada. Quand on parle de terres et quand on parle de droit foncier, évidemment, ça interpelle tout le monde. La décision dans la cause Cowichan Tribes c Canada a soulevé des incertitudes quant au droit à la propriété privée et ça ne peut pas être laissé sans réponse. On a parlé d'incertitude et on a parlé d'inquiétudes. Quand je disais tout à l'heure à l'heure à la qu'il faut éclairer les zones d'ombre, c'est dans ce sens que mon commentaire s'inscrivait. C'est une façon de faire. Il y en a d'autres qui sont complémentaires, mais c'en est une.
J'aimerais mentionner que le droit de propriété n'est pas uniforme. Dans le libellé de la motion, on n'en tient pas compte. Je vais donner l'exemple du Québec parce que nous avons une tradition civiliste. Nous accordons un droit réel et absolu en matière de propriété privée. Le Canada, quant à lui, se base sur le fief simple, comme on le voit dans la motion. Le Canada se base aussi sur les nombreuses décisions juridiques qui ont été rendues, notamment celle qui concerne les tribus Cowichan. Le fief simple, au Canada, est hérité du droit féodal anglais pour décrire ce qui est la forme la plus complète de propriété privée.
Cependant, il est certain que le fait que ça s'attaque aux droits de propriété privée justifie le fait que tous se penchent sur les conséquences. Nous ne le ferons pas nécessairement ici, selon le libellé de la motion, mais il faut aussi tenir compte des particularités juridiques de chacune des provinces et du Québec. J'y reviendrais un peu plus tard.
Le Québec occupe une position juridique distincte en raison du Code civil du Québec, qui est différent du système de la common law, bien sûr. La décision s'appuie sur l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. D'une part, nous avons une tradition civiliste, mais, d'autre part, il y a aussi la Loi constitutionnelle de 1982, qui reconnaît et confirme le titre ancestral autochtone. Je ne sais pas si c'est utile de le rappeler, mais je le rappelle tout de même: le Québec n'a pas signé la Constitution de 1982. Quand on parle de particularité juridique et de contexte, je pense que, ça aussi, il faut en tenir compte. Je voulais que nous en tenions compte aussi et je voulais le rappeler à mes collègues. Dans des discussions futures, dans des discussions élargies, il faudra en tenir compte.
Sans vouloir parler pour l'ensemble de la population, je crois que ce qui pose problème entre autres pour la Colombie-Britannique, particulièrement pour la région de Richmond et la grande région de Vancouver, c'est que la cour a volontairement omis de trancher sur la question de la coexistence du titre ancestral et du fief simple. Tous les enjeux de gouvernance, de consultation, de taxation et de validité des permis demeurent donc sans réponse.
Comme on l'a dit, c'est un enjeu complexe. Si je voulais vraiment simplifier, je dirais qu'il y a deux droits: les titres autochtones et la propriété en fief simple, qui disent qu'on est propriétaire d'un territoire ou d'un terrain, si on parle d'une propriété individuelle. Il y a des distinctions entre les deux, mais nous n'entrerons pas dans les détails. Néanmoins, tous les deux détiennent un droit de propriété. Ils coexistent, mais il est difficile de faire exister des droits absolus sans qu'il y ait une discussion. Je pense que c'est ce que les gens craignent: est-ce qu'il y aurait une hiérarchie entre les droits? Il n'y en a pas, mais on veut des négociations. Il y a des craintes, parce qu'on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants de la question.
Il faudrait qu'un mécanisme clair soit établi pour dissiper la question de la validité des droits de propriété. C'est la question la plus urgente que soulève la situation, et je crois que tous mes collègues l'ont évoquée. Il y a toute la question des craintes de la population et des citoyens de la Colombie-Britannique. J'ai lu plusieurs articles sur le sujet et on voit même que le gouvernement lui‑même, sinon la municipalité de Richmond vont donner de l'information à la population et répondre aux questions. On voit donc qu'il y a une volonté de prise en charge par d'autres ordres de gouvernement afin de répondre aux questions de la population pour rassurer les gens. S'il y a déjà des municipalités et le gouvernement de la Colombie-Britannique lui-même qui ont besoin d'informer la population, cela montre à quel point il y a des questions relativement au jugement dans l'affaire Cowichan Tribes c Canada, auxquelles il faut répondre, même si, il faut le dire, on ne peut pas aller jusqu'au bout des choses dans la réponse. On parle de négociations, donc, il faut qu'il y ait des ententes. Il faut qu'il y ait une solution, et nous ne l'avons pas.
Je voudrais rappeler l'historique du jugement dans l'affaire Cowichan Tribes c Canada. Je disais tout à l'heure que cela innovait parce que la décision a créé un précédent, qui change la donne pour les revendications de titres ancestraux en cours et, évidemment, futures aussi.
La doctrine des titres ancestraux reconnaît que les droits des Autochtones sur leur territoire n'ont pas été éteints par l'arrivée des Européens. Il y a un mécanisme, il y a une jurisprudence qui dirige la décision selon laquelle on peut dire qu'il y a un titre autochtone, selon trois termes: l'occupation suffisante, l'occupation continue et l'occupation exclusive du territoire. C’est donc ce qui confirme le titre ancestral autochtone. La Cour suprême a confirmé le droit exclusif d'occupation à décider de l'usage des terres à Cowichan.
Cette décision de 863 pages a été rendue le 7 août 2025, il y a moins d'un an. La Cour suprême de la Colombie-Britannique a conclu que les descendants des Premières Nations ont démontré l'existence d'un titre autochtone. Ça, c'est déjà fait. Voilà qu'il existe au-delà du système de titres fonciers provincial actuel. C'est la coexistence de deux droits de propriété, de deux droits fonciers au même moment dont je parlais.
La nation de Cowichan souhaitait obtenir une déclaration sur son village pour faire reconnaître un droit de pêche autochtone. C'est autre chose que le titre autochtone, on parle de droit autochtone.
Évidemment, certains groupes et gouvernements se sont opposé à la demande, notamment le Canada, la Colombie‑Britannique et la Ville de Richmond, mais aussi l’Autorité portuaire Fraser Vancouver et deux Premières Nations, soit la nation Tsawwassen et la Bande indienne de Musqueam. Il a fallu 513 jours pour qu'on en arrive à un jugement qui s'est basé plus particulièrement sur la promesse du gouverneur britannique Douglas en 1853. On a pu faire la démonstration. Encore une fois, la cour a décidé d'omettre un jugement ou des indications au sujet de la coexistence du titre ancestral et de la propriété en fief simple, ce qui remet en question des notions qui nous apparaissent éternelles relativement à l'histoire des droits fonciers canadiens. Ça nous déstabilise. On manque d'informations. Il y a aussi des craintes, parce qu'on est devant de l'inconnu quand on innove. C'est ce qui arrive ici.
Je veux revenir sur le fief simple. Je mentionnais que, dans la motion des conservateurs, on ne parlait pas du droit civil, et je vais donc m'attarder un peu à cela. Je serai fort probablement la seule oratrice aujourd'hui qui parlera de la particularité du Québec. Comme je le disais, il y a deux traditions juridiques qui coexistent au Canada: la common law et le droit civil. Le droit civil régit les rapports de droit privé, et la tradition de la common law s'applique au droit public. Dans le reste du Canada, le droit privé et le droit public sont régis par les principes de la common law. Le droit de propriété s'inscrit dans ce cadre juridique unique, ce qui entraîne des différences importantes entre le Canada et le Québec dans la manière dont il est défini, exercé et protégé.
Le fief simple n'existe pas au Québec. La propriété est un droit absolu qui émane de l'article 947 du Code civil. La propriété est un droit réel exercé sur la chose elle-même, directement et sans intermédiaire. L'article 947 en donne la définition suivante: « La propriété est le droit d’user, de jouir et de disposer librement et complètement d’un bien, sous réserve des limites et des conditions d’exercice fixées par la loi. » Cela veut dire qu'en droit civil québécois, la propriété a d'autres caractères essentiels, tels que le fait qu'elle est absolue, qu'elle est exclusive et qu'elle est perpétuelle. La publication du droit au registre foncier québécois rend le droit de propriété opposable, ce qui veut dire que le droit est reconnu et doit être respecté par les tiers.
Au Canada, par contre, c'est différent. L'intérêt en fief simple est un concept directement dérivé de la common law anglaise. C'est la forme la plus complète reconnue en common law, et c'est ce qui se rapproche le plus de la pleine propriété en droit civil. Cependant, il faut préciser que la conception théorique du fief simple est fondamentalement différente de ce que nous avons au Québec.
En common law, la terre est théoriquement détenue par la Couronne et non possédée en propriété absolue, ce qui veut dire que le propriétaire détient un droit réel d'estate dans la terre, et le fief est le droit le plus étendu de toutes les sortes d'estates. Malgré son apparence de pleine propriété, le droit demeure une tenure, ce qui signifie qu'en théorie, la Couronne conserve le titre radical de propriété. Il faut noter que le fief simple n'est pas cédé au décès du titulaire et qu'il peut être aliéné ou transmis par le propriétaire, ou tenant. Les terres de réserves autochtones sont détenues par la Couronne en fiducie pour les communautés autochtones. Ainsi, les membres n'ont pas de fief simple, mais plutôt un droit de possession reconnu par la Loi sur les Indiens. De plus, le droit de fief est opposable à tous, y compris à l'État.
J'aimerais ajouter quelques mots sur la question de la valeur des résidences et le financement des projets, ce qui est également un souci pour mes collègues, en particulier pour ceux de l'opposition officielle, qui a présenté la motion. Je dois admettre que le jugement ou l'interprétation du jugement rendu dans l'affaire Cowichan Tribes c Canada par le milieu des affaires et le milieu de la finance semble avoir déjà eu des répercussions économiques et politiques. On le voit. On peut le lire à travers une imposante revue de presse tant en français qu'en anglais, au Québec et dans l'ensemble du Canada.
Toutefois, il faut garder en tête que, malgré tout, il n'y a pas d'étude ou d'analyse avec des données probantes et robustes qui démontrent un effet général et mesurable sur la valeur des résidences. Je ne dis pas que ça ne peut pas exister ou que ça n'existe pas, je dis qu'on n'a pas de données.
Je parlais tout à l'heure d'information et je crois qu'ici, on est en train de cibler un sujet d'intérêt pour l'ensemble des Québécois et des Canadiens. Il s'agit de déterminer quel est l'impact réel, sans se limiter à une interprétation. Je ne dis pas que c'est seulement une interprétation, car certains de mes collègues ont mentionné justement qu'il y avait des cas de figure réels, concrets. Ils ont rencontré des gens, donc ça existe, mais on souhaiterait aussi avoir des données, parce que ça peut évidemment nourrir, aider, compléter la réflexion, ainsi que nos actions comme parlementaires.
Les juristes et les économistes soulignent d'abord un effet de réputation et de perception à la suite de la décision relativement aux tribus Cowichan. La reconnaissance d'un titre ancestral, pour les acteurs du marché, ça signifie une instabilité et une incertitude nouvelles à long terme pour ce qui est du régime foncier dans la région concernée. Il y a des inquiétudes et de l'insécurité juridique quant à la possibilité de restrictions futures sur l'utilisation du sol et des terres et quant à l'évolution des règles d'aménagement du territoire, mais aussi de la gouvernance dudit territoire.
Il y a aussi des auteurs qui notent que, même en l'absence de chute observable des prix, un doute sur la liquidité future des propriétés et sur la facilité de revendre peut suffire à influencer les décisions d'achat, de vente ou d'investissement. Le marché est fortement lié à la confiance. Un choc juridique comme celui-là peut être un facteur de risque supplémentaire susceptible de peser sur les évaluations foncières et sur la prudence des évaluateurs sans qu'il soit encore possible de le quantifier, comme je l'ai dit plus tôt, de façon rigoureuse. D'ailleurs, comme mes collègues l'ont mentionné, je crois, et comme on le souligne dans plusieurs articles que j'ai lus, la facilité d'obtenir un prêt n'est plus la même; elle est diminuée. Le gouvernement de la Colombie‑Britannique essaie déjà de pallier cette situation.
Je reviens à mon propos. Je me laisse emporter en parlant, mais je savais où je voulais en venir. Lorsque des institutions refusent de reconnaître un lien direct avec les décisions, même le fait de revoir le modèle de risque ou de réclamer des avis juridiques plus détaillés peut augmenter les coûts liés à la diligence raisonnable. Ça peut se traduire par des comportements ou des conditions plus prudents du côté des institutions financières, pour les nouveaux prêts, les refinancements et le resserrement temporaire de l'accès au crédit dans les secteurs les plus directement visés.
Il ne me reste plus beaucoup de temps de parole. J'ai surtout parlé des tribus Cowichan, mais j'aurais pu aussi parler des Musqueam. Je n'ai pas parlé non plus des Wolastoqeys, au Nouveau‑Brunswick, même si la décision rendue semble opposée à ce qui s'est produit en Colombie‑Britannique. Cela démontre encore une fois la complexité et les inquiétudes qui peuvent émaner des décisions prises par des cours comme la Cour du Banc du Roi du Nouveau‑Brunswick et la Cour suprême de la Colombie‑Britannique, relativement à des cas qui sont similaires, sans toutefois être identiques. Je n'entrerai pas dans les détails, mais il y a quand même des similarités, qui font qu'on ne sait pas exactement où ça se dirige, et qu'on a besoin de certitude.
Je n'ai pas eu le temps d'aborder en détail la motion des conservateurs. Évidemment, je peux dire que le Bloc québécois est en faveur du principe. Il y a certainement des modifications que nous souhaiterions apporter à la motion. Je peux dire d'emblée, en toute bonne foi, que c'est un sujet qu'on peut très bien étudier au Comité permanent des affaires autochtones et du Nord, où on pourra en discuter. Les comités sont faits pour ça. Je ne vois pas l'utilité de mettre sur pied un comité spécial, mais je suis prête à discuter et nous verrons par la suite si nous appuyons ou non la motion.
:
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Je suis, comme toujours, honoré de prendre la parole en tant que représentant élu de Kamloops—Shuswap—Central Rockies. Comme je l'ai déjà dit dans cette enceinte, nous avons tous la responsabilité solennelle de représenter et de faire entendre la voix des citoyens qui comptent sur nous pour défendre leurs intérêts ici, au Parlement. Les Canadiens ont besoin que nous soyons vigilants à l'égard des défis et des dangers qui se présentent et que nous prenions des mesures pour les prévenir, les atténuer et les surmonter, y compris les conséquences imprévues causées par les actions ou l'inaction des différents pouvoirs publics. En cette période d'incertitude mondiale, les Canadiens ont peut-être plus que jamais besoin de notre vigilance et de notre intervention.
Je prends la parole au sujet de la motion de l'opposition conservatrice d'aujourd'hui. Celle-ci avance d'emblée que la décision Cowichan Tribes c Canada a suscité une forte incertitude à l'égard de la propriété en fief simple, tant à Richmond, en Colombie‑Britannique, où se trouve le terrain visé, qu'ailleurs dans la province et dans d'autres régions du pays. Tout cela découle de la remise en cause du fondement juridique qui garantit aux Canadiens et aux entreprises la propriété de leurs terres et de leurs habitations, celui-là même qui soutient l'économie et qui a favorisé la croissance, l'investissement, la sécurité et la prospérité. La prévisibilité associée à la propriété en fief simple s'en est trouvée compromise, et avec elle la stabilité et de la sécurité de tous les propriétaires en Colombie‑Britannique et ailleurs au Canada.
Je suis convaincu que nous sommes tous fiers de vivre au Canada, tout en étant conscients des pages plus sombres de notre histoire, des moments où nos ancêtres, y compris le gouvernement fédéral, n'ont pas été à la hauteur. Il est essentiel de reconnaître ces erreurs du passé et d'en tirer des leçons. C'est ainsi que nous parvenons à bâtir un pays plus fort. Cela dit, il ne faut pas oublier que nos réussites comptent aussi, car l'admiration mondiale dont jouit notre pays pour les possibilités qui découlent de sa stabilité et de sa prévisibilité repose sur l'héritage de ceux qui nous ont précédés.
Cependant, la diminution marquée de la prévisibilité dans la foulée de la décision Cowichan a créé un climat d'instabilité qui a restreint les possibilités pour les Canadiens et freiné des investisseurs potentiels. Si d'autres perçoivent le Canada comme un pays en proie à des turbulences et à des conflits internes plutôt que comme un pays stable, ils iront voir ailleurs. L'instabilité et l'insécurité se répercutent sur le Parlement, et tous les élus devraient se pencher sur les moyens de rétablir la stabilité et la sécurité, tant aujourd'hui que pour l'avenir.
La décision Cowichan a déjà des répercussions importantes sur les perspectives des citoyens. La valeur des maisons et le financement des projets sont touchés, et pas juste aux alentours de Richmond, mais partout en Colombie‑Britannique. Quand je rencontre des gens lors d'événements et dans ma circonscription, Kamloops—Shuswap—Central Rockies, ils viennent me demander si leur avenir et leur titre de propriété, pour lesquels ils ont travaillé toute leur vie, sont menacés.
L'instabilité causée par la décision Cowichan a été aggravée après que les libéraux ont négocié en secret l'accord de reconnaissance des droits des Musqueam, sans y prévoir de mesures de protection des droits de propriété, sans faire preuve de transparence et sans consulter les autres Premières Nations possiblement touchées. L'accord conclu avec les Musqueam porte sur un territoire de près de 533 000 hectares, comprenant la région métropolitaine de Vancouver et les terres de Richmond concernées par la décision Cowichan. Les Canadiens se posent des questions, mais le gouvernement libéral refuse d'y répondre.
Quand le a déclaré que « tous les accords fédéraux conclus avec les Premières Nations, les peuples autochtones et les détenteurs de droits protègent le droit à la propriété privée et les droits des peuples autochtones », savait-il que ce n'était pas le cas?
L'Accord de reconnaissance des droits des Musqueam ne contient le mot « privée » qu'une seule fois, et ce n'est pas en référence à la propriété privée. L'Accord avec les Musqueam sur la gestion et l'intendance des ressources marines ne contient ni le mot « privé » ni le mot « propriété ». L'Accord sur la pêche Musqueam ne mentionne ni le mot « privé » ni le mot « propriété ». L'accord qui assure aux Musqueam des revenus provenant de l'aéroport de Vancouver ne contient ni le mot « privé » ni le mot « propriété ».
Aucun de ces accords signés par le gouvernement libéral ne protège le droit privé de la propriété contrairement à ce que le a tenté de nous faire croire; soit le premier ministre n'a aucune idée de ce que contiennent ces accords, soit il a induit les Canadiens en erreur. Si nous voulons parvenir à une véritable réconciliation au Canada, je crois que nous devons aussi connaître la vérité. Avec un premier ministre qui, soit ne sait pas ce que contiennent les accords que son gouvernement signe, soit s'en moque, ou qui est prêt à tromper les Canadiens sur le contenu de ces accords négociés en secret, il n'est pas étonnant que les Canadiens aient des questions à nous poser, puisqu'ils nous ont élus pour que nous les représentions et que nous soyons leur porte-parole.
Les Canadiens subissent déjà suffisamment de pression en raison des coûts élevés et de l'incertitude économique sans avoir à se demander si leur maison leur appartient vraiment. Le gouvernement libéral doit apporter certitude et stabilité en défendant ouvertement le droit privé de la propriété devant les tribunaux, et il doit s'engager par écrit à protéger les maisons et les titres fonciers des Canadiens. Jusqu'à présent, il n'a rien fait de tel.
En tant que conservateurs, nous avons exhorté le gouvernement fédéral à réitérer devant la Cour d'appel l'argument selon lequel la propriété foncière en fief simple a préséance sur tous les autres titres. Nous appelons le gouvernement à prendre les mesures suivantes pour protéger les droits de propriété.
La première étape consisterait à donner la priorité à la propriété privée dans le cas des Cowichan, en faisant valoir que celle-ci a préséance sur tous les autres titres de propriété, et à revenir sur la position actuelle qui enjoint aux avocats fédéraux de ne pas plaider en faveur des droits de propriété et de ne pas invoquer l'argument de l'extinction, comme dans la décision antérieure de 2018.
La deuxième étape consisterait à ne conclure aucune entente sans une protection explicite de la propriété, afin que les propriétaires actuels en fief simple soient protégés dans tous les accords futurs avec les Premières Nations. Il s'agirait ainsi de remédier à l'incapacité du gouvernement libéral à protéger explicitement les habitations des citoyens dans les ententes qu'il a signées. Ces ententes ne protègent pas explicitement la propriété foncière en fief simple, ce qui engendre de la confusion, des craintes, des risques, de l'instabilité et de l'incertitude.
À un moment de l'histoire mondiale où règnent l'instabilité et l'incertitude pour tous, le Canada pourrait être un exemple à suivre, permettant à tous les Canadiens, quelle que soit leur origine, de retrouver ce sentiment de certitude et de stabilité qui correspond à l'image que les autres avaient de nous.
Nous ne pouvons pas rétablir des garanties et la stabilité avec des accords négociés secrètement. J'ai toujours cru que réunir tout le monde à la même table permet de bien comprendre le point de vue de chacun. Si on ne le fait pas, on ne fait qu'alimenter les suppositions, le scepticisme et la méfiance. Si nous voulons promouvoir la confiance et le respect, il faut que le gouvernement respecte tous les Canadiens et rétablisse la confiance des propriétaires de la Colombie‑Britannique et du Canada en créant un comité parlementaire pour étudier toutes les mesures juridiques, constitutionnelles et politiques qui peuvent protéger les droits de propriété au Canada, à la lumière de la décision Cowichan et de l'accord avec les Musqueam.
De cette façon, le gouvernement pourra commencer à rétablir la confiance nécessaire pour aller de l'avant avec le degré de transparence, d'équilibre, de stabilité et d'assurance qu'il y avait auparavant au Canada.
:
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au nom des formidables habitants de l'île de Vancouver, en particulier des personnes âgées, des familles, des travailleurs, des entreprises et, peut-être par-dessus tout, des jeunes de Cowichan—Malahat—Langford.
La circonscription s'étend sur un territoire qui va de Langford à Crofton, de l'île Thetis à Port Renfrew en passant par le lac Cowichan, et qui inclut la magnifique vallée de la Cowichan. De nombreuses Premières Nations y résident aussi, notamment les Cowichans, qui forment la plus grande Première Nation de la Colombie‑Britannique.
Nous aimons où nous vivons. Nous sommes fiers de nos foyers, de nos quartiers et de notre avenir. Nous sommes enracinés dans les terres, les rivières, les forêts, les montagnes et, bien sûr, l'océan, qui font tous partie intégrante de notre âme.
Aujourd'hui, nous sommes tous inquiets. La décision concernant les terres des Cowichans a suscité une incertitude et une division qu'aucune communauté, autochtone ou non, ne devrait subir. Que ce soit sur l'île ou ailleurs en Colombie‑Britannique, la valeur des maisons est en baisse, et les banques refusent de consentir des hypothèques. De plus, les ventes sont au point mort, les entreprises cherchent ailleurs ou s'en vont, et la colère et la division s'intensifient. Les gens s'en prennent les uns aux autres. La situation est aussi bouleversante qu'inacceptable. Le gouvernement libéral n'offre rien, ni clarté, ni plan, ni leadership.
Le libellé de la décision Cowichan décrit le titre autochtone comme un « droit antérieur et prioritaire sur la terre », créant ainsi un précédent qui place le titre autochtone au-dessus du titre en fief simple. En d'autres termes, tous les terrains privés et les terres de la Couronne sont menacés. Cela suscite désormais une crainte réelle quant à savoir si le droit privé de propriété demeurera valide en Colombie‑Britannique et même dans tout le Canada.
Il ne s'agit pas là de questions juridiques abstraites. Ce sont des conversations qui ont lieu chaque soir à Duncan, Langford, Shawnigan Lake et Mill Bay, ainsi qu'au sein des tribus Cowichan. Les parents se demandent si leur maison, leur bien le plus précieux, est toujours protégée. Les aînés se demandent s'ils pourront se permettre de prendre leur retraite et les jeunes familles se demandent si elles pourront rester sur l'île de Vancouver. Les jeunes se demandent à quoi ressemblera le Canada à l'avenir. Les Premières Nations constatent que le processus de réconciliation ne va pas dans la bonne direction.
Pendant tout ce temps, le reste silencieux. Au lieu de faire preuve de leadership, il a adopté sa ligne directrice no 14 en matière de litiges, qui interdit aux avocats du gouvernement fédéral de défendre le droit privé de la propriété. Cette directive leur a lié les mains devant la Cour d'appel de la Colombie‑Britannique et leur liera à nouveau automatiquement les mains devant la Cour suprême du Canada.
Ce n'est pas cela, la réconciliation. C'est un abandon de tous les Canadiens, et cela aggrave les divisions, la colère et le stress parmi les voisins, les amis et les familles, ce qui est exactement le contraire de ce que devrait apporter la réconciliation.
La Colombie‑Britannique mérite mieux, l'île de Vancouver mérite mieux et les tribus Cowichan méritent mieux. La réconciliation ne peut se construire sur des accords négociés en secret ou sur la confusion. Elle ne peut se faire au détriment des propriétaires, de la stabilité même de notre économie ou du cœur de notre pays.
Pendant des décennies, nous avons eu une approche purement canadienne qui conciliait les droits des Autochtones et les besoins de la société dans son ensemble grâce à un processus de traités bien établi. L'article 35 de la Constitution a reconnu et confirmé ces droits. Il a créé un cadre qui a apporté stabilité et prospérité. Ce n'était pas parfait, mais cela fonctionnait, et aujourd'hui, le gouvernement libéral s'en est détourné. Il s'est appuyé sur la déclaration des Nations unies, qui est un organisme non élu. La déclaration n'est pas canadienne et ne fait pas partie de notre système juridique. Elle n'est pas contraignante et n'a jamais eu pour but de passer outre le droit privé de la propriété, et pourtant, les libéraux utilisent la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones comme si c'était le cas.
Les libéraux ont signé une entente de reconnaissance des droits avec les Musqueam. Ce n'est pas un traité devant les tribunaux, mais une entente négociée en secret qui ne protégeait pas explicitement les propriétaires en fief simple ou privés et qui omettait même de les mentionner. Il s'agit d'une entente qui a accordé le titre foncier autochtone des Musqueam sur la majeure partie du Grand Vancouver, dont des terres précédemment accordées aux tribus Cowichan à Richmond, en Colombie‑Britannique. Cette entente a créé un conflit entre deux titres autochtones distincts.
En fait, presque toute la Colombie‑Britannique pourrait faire l'objet de revendications territoriales autochtones qui se chevauchent. Étant donné que la décision Cowichan a établi un précédent selon lequel le titre ancestral prime sur la propriété privée et les titres de la Couronne, la Colombie‑Britannique est dans le pétrin. Ce précédent a maintenant des répercussions dans toute l'île de Vancouver; il crée de la confusion et de la peur de Langford à Ladysmith et dans toute la Colombie‑Britannique. Ce n'est pas ce que j'appelle de la réconciliation. C'est de l'insouciance.
Aujourd'hui, je demande au d'agir de manière décisive, publiquement et immédiatement. Le plan des conservateurs repose sur quatre piliers simples.
Premièrement, donner la priorité à la propriété privée dans l'affaire des Cowichan et rétablir l'accord d'extinction que les libéraux ont abandonné en 2018. Personne ne devrait avoir à se demander si sa maison est vraiment la sienne.
Deuxièmement, ne pas conclure d'entente sans offrir une protection explicite à tous les propriétaires en fief simple, ce que l'entente secrète avec les Musqueam ne fait pas. Le doit corriger cette erreur et garantir que toutes les ententes futures protégeront les maisons des gens.
Troisièmement, publier un plan dans les 30 jours pour protéger les Canadiens touchés par la décision Cowichan dans l'entente avec les Musqueam. Ne pas faire de conférence de presse. Ne pas faire de promesse. Ne pas signer de protocole d'entente. Publier un véritable plan assorti d'échéanciers et d'engagements, qui sera présenté personnellement par le .
Enfin, nommer un comité parlementaire spécial qui examinera tous les outils juridiques, constitutionnels et politiques pouvant servir à protéger les droits de propriété privée partout au Canada.
La crise ne concerne pas uniquement la vallée de la Cowichan. Elle s'est propagée dans toute l'île de Vancouver, mais aussi jusqu'à Richmond et au reste de la Colombie‑Britannique, et elle finira bientôt par frapper le reste du pays. À défaut d'agir, nous léguerons aux générations futures un cadre juridique fracturé et une économie en lambeaux.
Il existe pourtant une meilleure solution, qui respecte aussi bien les droits des Autochtones que les propriétaires fonciers. Elle figure dans la plateforme conservatrice et elle est pragmatique: c'est la réconciliation économique, qui redonnera aux Premières Nations le contrôle de leurs propres recettes tout en allégeant les formalités administratives, en réduisant les pouvoirs du gouvernement, en stimulant les économies régionales, y compris sur l'île de Vancouver, et en traitant les Premières Nations en tant que partenaires pleins et entiers dans la fédération plutôt que comme des pupilles de l'État.
Partout au pays, y compris en Colombie‑Britannique, les chefs des Premières Nations disent la même chose: ils veulent qu'Ottawa prenne moins de place, ils veulent davantage d'autonomie et ils veulent apporter la prospérité à leurs membres. Les conservateurs sont d'accord. La réconciliation se bâtit en partenariat, pas dans l'obscurité. Elle se bâtit dans la transparence, pas dans la confusion. Elle se bâtit dans le respect, pas dans la crainte. Elle se bâtit sur la vérité, pas sur la mésinformation.
La Commission de vérité et réconciliation visait à la fois la vérité et la réconciliation. Sur les deux plans, le a fait chou blanc. Les bonnes gens de Cowichan—Malahat—Langford méritent un gouvernement qui protège leur chez-soi et leur avenir. Les tribus des Cowichan méritent un gouvernement qui respecte leurs champs de compétence et qui privilégie leur indépendance économique. Le Canada mérite un gouvernement qui a conscience que la réconciliation et le droit privé de propriété sont des notions qui ne sont pas incompatibles, mais plutôt essentielles à la stabilité et à l'unité canadiennes.
Le est à la croisée des chemins. Il peut continuer à entretenir le silence et l'incertitude ou poser des actes clairs, transparents et responsables pour restaurer la confiance dans notre système judiciaire et protéger les droits de tous les Canadiens. Les gens de ma circonscription regardent, les tribus Cowichan regardent, les habitants de l'île de Vancouver regardent, et ils attendent. Il est temps que le premier ministre fasse preuve de leadership.
:
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Je prends la parole cet après-midi au sujet d'une décision judiciaire qui suscite de véritables inquiétudes dans ma province et pour m'adresser directement aux Canadiens, en particulier aux Britanno‑Colombiens, qui regardent ce débat et qui veulent en connaître les implications pour eux et pour leur foyer. Commençons par les faits, car les députés d'en face en ont peu parlé dans le cadre du débat.
Le gouvernement désapprouve totalement la décision de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique dans l'affaire Cowichan. Nous avons interjeté appel de cette décision le 8 septembre dernier. Le a d'ailleurs pris la parole à la Chambre et a affirmé clairement à tous ceux qui voulaient l'entendre que le droit privé de la propriété est fondamental, que le gouvernement protégera ce droit et que les accords fédéraux, y compris les accords sur les titres ancestraux, ont toujours protégé et protégeront toujours la propriété privée.
Voilà les faits. Ils sont consignés au compte rendu. Ils ne sont pas contestés, sauf par ceux qui trouvent qu'ils ne concordent pas avec le récit qu'ils préfèrent raconter, un récit qui mène à la méfiance et au racisme envers les Autochtones et, peut-être plus important encore, qui déstabilise l'économie de la Colombie‑Britannique.
Je voudrais m'adresser directement aux propriétaires de Richmond qui ont lu une manchette et qui ont senti leur cœur se serrer. Je veux parler aux familles de ma circonscription, Vancouver Granville, qui ont passé 20 ans à rembourser un prêt hypothécaire et qui se demandent aujourd'hui si le sol sur lequel leur maison est aussi solide qu'elles le croyaient. Je veux m'adresser aux propriétaires de petites entreprises qui ont fait une demande de financement à leur banque et à qui on a posé des questions qu'on ne leur avait jamais demandées auparavant. Ces préoccupations sont légitimes. L'achat d'une maison représente l'investissement le plus important que la plupart des Canadiens auront à faire au cours de leur vie. Lorsqu'un tribunal soulève des questions sur la relation entre le titre autochtone et la propriété en fief simple, les gens ont raison de demander des éclaircissements. Ils méritent une réponse sérieuse, et non un slogan ou une phrase toute faite, alors permettez-moi, si vous le voulez bien, monsieur le président, de leur en donner une.
La réponse du gouvernement à la décision Cowichan est guidée par trois principes. Premièrement, nous croyons à la sécurité de la propriété privée. Les Canadiens qui sont propriétaires de leur maison et de leurs terres doivent pouvoir compter sur ce titre. Il ne devrait pas s'agir d'une position partisane. Il s'agit des assises sur lesquelles les familles basent leur avenir, sur lesquelles les entreprises investissent et sur lesquelles notre économie fonctionne.
Deuxièmement, nous croyons aux principes de réconciliation. La réconciliation n'est pas un slogan ni un obstacle à gérer. Il s'agit d'une obligation constitutionnelle et morale à laquelle le pays travaille depuis des générations, et nous poursuivons ce travail patiemment, légalement et de bonne foi.
Troisièmement, nous croyons à la création d'une prospérité partagée pour les propriétaires de maison, les travailleurs, les entreprises et les communautés autochtones qui ont été exclues pendant trop longtemps de la vie économique de ce pays. Ce ne sont pas des biens concurrents. Ce sont des biens connectés.
Je veux être honnête avec la Chambre et les Canadiens qui nous regardent. Les questions juridiques soulevées dans la décision Cowichan sont vraiment complexes, et la clarté que les Canadiens méritent viendra de l'endroit d'où elle doit provenir dans notre système: des tribunaux d'appel, qui examineront tous les arguments viables et qui entendront toutes les parties. Ce processus est en cours. Il faudra du temps, et aucun d'entre nous ne devrait prétendre le contraire à la Chambre, car les Canadiens méritent, comme je l'ai déjà dit, une réponse sérieuse, et non un slogan. Ils méritent des faits, pas des propos alarmistes.
La motion conservatrice dont la Chambre est saisie demande aux Canadiens de choisir entre le premier principe et le deuxième. Elle leur demande de croire que les droits de propriété et la réconciliation ne peuvent pas exister en harmonie. C'est faux et cela a toujours été faux, et les personnes qui proposent ce faux choix le savent.
Je tiens à être très clair. Les questions juridiques sur lesquelles nous nous penchons dans l'affaire Cowichan n'ont pas été créées par les peuples autochtones. Elles sont le fruit de décisions prises par la Couronne au fil des générations dans une province où la plupart des terres n'ont jamais été visées par un traité. Puisque c'est la Couronne qui a pris ces décisions, c’est à elle qu’il incombe de les résoudre. Aucun gouvernement responsable ne devrait permettre à un propriétaire ordinaire d'être intimidé ou aux peuples autochtones de servir de bouc émissaire pendant que ce travail est effectué.
Voici ce qui échappe à tout le monde: presque toutes les parties à ce litige ont interjeté appel de la décision à la Cour d'appel. Le gouvernement du Canada appelle de la décision. La Colombie‑Britannique appelle de la décision. La Ville de Richmond appelle de la décision. Les Musqueam appellent de la décision. Le chef Wayne Sparrow a parlé publiquement des vives inquiétudes des Musqueam concernant la décision qui a reconnu le titre autochtone sur ce qu'ils affirment être leur propre territoire traditionnel. La Première Nation de Tsawwassen appelle de la décision aux côtés des Musqueam pour des motifs semblables. Les Cowichan eux-mêmes appellent de la décision pour des motifs différents.
On ne peut pas dire que cette affaire soit définitivement tranchée. Il s'agit d'une décision qui n'a satisfait pratiquement personne, qui a apporté une clarté que pratiquement personne ne recherchait et qui est actuellement examinée par nos tribunaux, comme le prévoit notre système.
Ce n'est pas une histoire qui oppose des propriétaires et des peuples autochtones. C'est une histoire qui concerne un pays sérieux doté d'un système judiciaire rigoureux qui fait un travail important. Dans cette histoire, les Premières Nations ont recours à ce système pour obtenir la clarté qui nous est due à tous et que nous méritons. C'est l'histoire que les députés d'en face refusent de raconter parce qu'elle ne favorise pas leurs intérêts politiques. Leurs intérêts politiques et cette mésinformation ont un coût réel, qui est payé en ce moment même dans ma province, la Colombie‑Britannique.
Pas plus tard qu'hier, le conseil des affaires de la Colombie‑Britannique a publié les résultats d'un sondage mené auprès de ses membres. Environ 74 % des répondants revoient leurs plans d'investissement à la baisse en Colombie‑Britannique, et un sur trois embauche moins qu'avant. Quelque 41 % déclarent avoir plus de mal à accéder à du financement externe, et 80 % de ces chefs d'entreprise affirment que la réconciliation demeure un objectif important pour eux.
Pourquoi réduisent-ils leurs investissements? C'est à cause de la mésinformation et de l'incertitude véhiculées par des gens qui voudraient instrumentaliser l'arrêt Cowichan pour en faire un combat politique. À la Chambre, au Parlement, nous devons mettre fin à cette instrumentalisation pour protéger l'économie de la Colombie‑Britannique et le principe d'une véritable réconciliation.
La question est limpide pour les partisans de la réconciliation. Le milieu des affaires est favorable à la réconciliation, mais il est épuisé par l'incertitude. On ne nous demande pas de choisir, mais bien de montrer la voie à suivre. Les conséquences de la situation n'ont rien d'abstrait. On ne construit pas de logements. On ne crée pas d'emplois. Des travailleurs attendent la reprise de projets qui ont été mis en suspens pendant la renégociation du financement. Partout en Colombie‑Britannique, des entreprises reportent leurs décisions, freinent leurs investissements, observent le tapage autour de cette affaire créée par les politiciens, et non par les tribunaux, et concluent qu'en l'absence de garanties, passer à l'action risque de coûter trop cher. Voilà comment se traduit concrètement le comportement irresponsable que le parti d'en face adopte délibérément pour faire des gains politiques.
Les dirigeants politiques de la Colombie‑Britannique sont bien conscients de la gravité de la situation. Le premier ministre de la province a parlé longuement des effets de l'absence de garanties juridiques sur sa province. Des maires se sont exprimés sur le sujet. La Ville de Richmond est devant les tribunaux. En Colombie‑Britannique, un large consensus transcende les lignes de parti — un consensus qui dépasse un seul parti et une seule idéologie, et qui englobe l'ensemble du spectre politique de ma province — quant à l'importance de résoudre cette question sans tarder. Les seules personnes qui ne semblent pas être de cet avis sont les députés conservateurs d'en face, qui ont décidé qu'il est plus utile de semer l'incertitude et de former un comité parlementaire que de résoudre concrètement le problème.
Les conservateurs savent exactement ce qu'ils font. Ils savent que la décision dans l'affaire Cowichan est en appel. Ils savent que le gouvernement du Canada, la province de la Colombie‑Britannique, la Ville de Richmond, la Première Nation de Musqueam et la Première Nation de Tsawwassen se sont tous adressés à la cour d'appel précisément parce que les questions juridiques doivent être résolues. Ils savent que le s'est engagé, clairement et à maintes reprises, à défendre les droits des propriétaires fonciers.
Ils savent que, partout au pays, les traités modernes et les accords négociés ont toujours protégé la propriété privée. Aucun Canadien n'a perdu sa propriété privée à la suite d'une entente négociée. Ils le savent, et ils choisissent chaque jour de dire le contraire à leurs concitoyens parce que la peur est plus utile politiquement que la vérité. Ce n'est pas du leadership, mais un calcul, et les gens qui paient pour ce calcul sont les propriétaires qu'ils prétendent défendre.
Pour conclure, voici une histoire qui montre ce qu'il est possible d'accomplir quand on s'y prend bien. Demain, dans Vancouver Granville, j'assisterai à la cérémonie qui vise à bénir la mise en chantier de Senakw, qui se situe sur le territoire squamish, à l'extrémité du pont Burrard, là où un village existe depuis toujours, aussi bien dans le paysage que dans les histoires et dans le cœur des habitants. La nouveauté, c'est ce qu'on y construit: 6 000 logements locatifs pour une ville où la pénurie se fait cruellement sentir.
Voilà à quoi ressemble une réconciliation en bonne et due forme. En partenariat avec le gouvernement du Canada, la Nation des Squamish fournira des logements dont le loyer sera inférieur de 30 % au prix du marché. La Nation gagne peu à peu son indépendance économique tout en aidant Vancouver à élargir le parc de logements pour répondre aux besoins. Le droit de propriété est respecté, les droits des Autochtones sont honorés, des logements seront bâtis, et l'emploi sera stimulé. La Nation des Squamish deviendra plus prospère, et 6 000 familles de la ville que je représente feront de Senakw leur chez-soi. Voilà à quoi ressemble la réconciliation. Voilà à quoi ressemble la prospérité. Voilà ce qui est possible quand on refuse la fausse dichotomie qu'impose l'opposition. Voilà ce qui se passe, en ce moment même, dans ma circonscription.
Je rassure les propriétaires fonciers de ma circonscription et du reste de la Colombie‑Britannique qui sont dans l'inquiétude: le gouvernement a interjeté appel de l'arrêt Cowichan et il invoque tous les arguments juridiquement valables afin de protéger la notion de fief simple. Du jusqu'au plus simple député, nous convenons ouvertement que la protection du droit privé de propriété constitue une base de l'identité du Canada en tant que pays et nous ne manquerons jamais de la défendre.
:
Monsieur le Président, j'aimerais profiter de mon temps de parole aujourd'hui pour parler des récents accords conclus entre le Canada et les Musqueam. Ces accords s'appuient sur la Loi constitutionnelle de 1982, sur l'orientation fournie par les tribunaux au cours des dernières décennies ainsi que sur les efforts soutenus des groupes autochtones pour faire reconnaître et respecter leurs droits par la Couronne. Pour bien comprendre ces ententes, il faut d'abord commencer par la Constitution.
L'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 prévoit que « [l]es droits existants — ancestraux ou issus de traités — des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirmés ». Cette disposition indique que le Parlement reconnaît que les nations autochtones deviendront des partenaires de la Confédération, sur la base d'une réconciliation juste et équitable entre les peuples autochtones et la Couronne. Les droits existants des peuples autochtones et les droits issus de traités comprennent les droits définis dans les traités historiques ou modernes et les droits et titres ancestraux revendiqués par les nations autochtones dont les revendications territoriales demeurent non résolues.
Les nations autochtones détiennent des droits et des titres sur leur territoire, qui sont reconnus et confirmés par l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Cet article reconnaît ce que les Premières Nations ont toujours su, à savoir qu'elles détiennent des droits ancestraux. Cependant, reconnaître ces droits ne revient pas à en définir la portée. La reconnaissance générale du titre autochtone d'une Première Nation confirme un fait à la fois juridique et historique. Elle constitue également un point de départ essentiel et respectueux pour la négociation d'accords visant à régler leurs revendications. C'est pourquoi la reconnaissance générale des droits ancestraux, y compris le titre, figure souvent dans les ententes conclues entre les gouvernements et les nations autochtones, qu'il s'agisse de traités progressifs ou d'ententes qui ne sont pas des traités.
Les accords comme l'entente de reconnaissance des droits des Musqueam prévoient une reconnaissance générale, mais ils ne créent aucun intérêt juridique à l'égard de terres précises. La reconnaissance spécifique du titre ancestral signifie qu'un groupe autochtone détient un titre ancestral sur des terres précises, dont un droit de propriété légal fondé sur l'utilisation et l'occupation historiques de ces terres. Ce type de reconnaissance peut être accordé soit dans le cadre d'un accord négocié entre les gouvernements et les nations autochtones, soit à la suite d'une décision judiciaire dans une affaire de titre ancestral, comme dans les affaires Cowichan et Tsilhqot'in. En termes simples, cette entente ne crée pas de droits ancestraux pour les Musqueam. Elle ne définit ni la nature ni la portée de leurs droits ancestraux. Elle reconnaît simplement que les Musqueam détiennent des droits ancestraux, dont un titre ancestral sur une partie de leur territoire traditionnel, mais pas sur l'ensemble de ce dernier. Plus important encore, elle établit un processus de discussion visant à déterminer comment et où ces droits pourraient être mis en œuvre à l'avenir. Pour utiliser l'analogie d'une boîte à outils, la reconnaissance générale des droits ancestraux par l'entremise de l'entente de reconnaissance des droits des Musqueam revient à convenir de l'existence d'une boîte à outils. Ce que l'entente ne fait pas, c'est de décider comment les outils seront utilisés ou quels outils seront nécessaires. On examinera ces questions plus tard, ensemble, dans le cadre de discussions et de négociations.
De plus, l'entente de reconnaissance des droits des Musqueam n'a aucune incidence sur les intérêts des tiers, y compris la propriété privée. Elle n'a aucune incidence sur les droits des autres Premières Nations. Elle n'a aucune incidence sur la compétence des gouvernements fédéral et provinciaux ni sur celle des administrations locales. Aucun pouvoir décisionnel concernant les terres, les eaux ou les ressources n'est transféré dans le cadre de ces ententes. L'entente avec les Musqueam ne mentionne pas la propriété privée, car celle-ci n'a jamais fait partie des négociations. Il y a eu beaucoup de commentaires au sujet de ces ententes. Les Canadiens accordent une grande valeur à la propriété privée et reconnaissent également l'importance de faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones.
Compte tenu de l'importance de faire progresser la réconciliation avec les Premières Nations et du besoin de clarté alors que le Canada renforce son économie, il est essentiel que nous soyons clairs sur ce que ces ententes sont et ne sont pas. À cette fin, je tiens à souligner que la propriété privée relève résolument des gouvernements provinciaux. On ne peut pas la soustraire de la compétence des provinces ou aux Canadiens sans leur consentement, et ce n'est pas une réalité que le gouvernement fédéral peut modifier au moyen de ce type d'entente. Le gouvernement du Canada respecte à la fois les intérêts privés existants et les droits des Autochtones protégés par la Constitution dans les domaines de responsabilité du gouvernement fédéral. Les Musqueam ont clairement déclaré qu'ils n'ont pas l'intention d'exiger des propriétés privées dans le cadre de cette entente.
Je vais citer Wayne Sparrow, chef des Musqueam. Il a dit: « Notre approche à l'égard des territoires traditionnels non cédés repose sur le partenariat et les relations avec nos voisins; il ne s'agit pas d'essayer de s'approprier la propriété privée de nos voisins. »
Les traités et autres accords, tels que celui conclu avec les Musqueam, permettent au gouvernement de faire progresser la réconciliation et de traiter les questions relatives aux droits et aux titres autochtones par le dialogue et la coopération, tout en protégeant la propriété privée et en offrant une sécurité juridique à tous les Canadiens. L'accord de reconnaissance des droits des Musqueam ouvre la voie à une approche collaborative pour traiter les droits et les titres des Musqueam, tout en évitant l'incertitude et les coûts élevés liés à un litige devant les tribunaux.
Le Canada a toujours affirmé que la meilleure façon de résoudre les revendications en suspens est de travailler ensemble en partenariat, à l'aide de négociations coopératives et d'un dialogue respectueux, et non à l'aide de litiges. Les litiges relatifs aux revendications territoriales entraînent souvent des résultats imprévisibles et des coûts importants pour les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral, ainsi que pour les Canadiens. Les accords négociés offrent une autre option qui favorise la clarté et la stabilité dans l'exercice des droits des Autochtones.
Des accords comme celui conclu avec les Musqueam visent à créer de la certitude et de la prévisibilité pour les investisseurs, les grands projets, les propriétaires fonciers privés, les groupes autochtones et l'ensemble des Canadiens. En négociant des accords comme celui-ci, le Canada adopte une approche responsable pour résoudre les revendications en suspens, notamment grâce à son travail avec les Musqueam. Ce faisant, nous sommes en mesure de faire progresser la résolution de différends de longue date concernant les terres et les droits, d'une manière qui respecte les droits des peuples autochtones, préserve les droits de propriété privée existants et reflète l'intérêt supérieur de tous les Canadiens.
Cette approche favorise un Canada plus fort et plus uni, où sont respectés à la fois le droit privé de la propriété et les droits autochtones.
:
Monsieur le Président, je suis toujours honoré de prendre la parole à la Chambre au nom des habitants d'Okanagan Lake‑Ouest—Kelowna‑Sud.
J'ai l'honneur de partager mon temps de parole avec le député de .
La semaine dernière, les Canadiens, et surtout les Britanno‑Colombiens, ont appris une nouvelle profondément troublante. Selon un récent sondage du Business Council of British Columbia, près des trois quarts des entreprises entendent diminuer leurs investissements, tandis qu'un tiers prévoit réduire l'embauche en raison de l'incertitude croissante à l'égard de la propriété et des titres fonciers au pays. Cette incertitude n'a rien d'abstrait. Elle est bien réelle. Elle touche les propriétaires fonciers, les employeurs, les municipalités et les investisseurs qui croyaient que, au Canada, la propriété en fief simple était chose certaine.
Depuis la décision rendue dans l'affaire Cowichan, j'ai reçu des appels, et j'ai été un peu abasourdi parce que la Première Nation de Westbank se trouve au cœur de ma circonscription, Okanagan Lake-Ouest—Kelowna-Sud, et juste à côté de la collectivité de West Kelowna. Des membres de la Première Nation de Westbank m'ont posé des questions au sujet de leur propriété et m'ont demandé si leurs investissements étaient garantis. Cela n'a rien de surprenant, puisque le débat d'aujourd'hui porte en fait sur une question simple que se posent les habitants de ma circonscription: la Chambre des communes défendra-t-elle les Canadiens qui ont respecté les règles et investi toutes leurs économies, ou laissera-t-elle l'incertitude juridique et l'inaction miner le droit privé de la propriété au Canada?
Les chefs d'entreprise ont clairement indiqué ce qui est à l'origine de cette inquiétude: l'augmentation des coûts, les retards, la complexité et l'imprévisibilité découlant de cette décision judiciaire, auxquels s'ajoutent des changements de politiques et un cadre juridique en constante évolution. Par conséquent, les investissements sont mis en veilleuse, des emplois sont menacés et la confiance s'effrite.
Ce que nous savons déjà est alarmant. Les titres en fief simple détenus par la Ville de Richmond, le gouvernement fédéral et l'Administration portuaire Vancouver Fraser sont désormais potentiellement atteints d'un vice ou invalides en raison de cette décision. Ce que nous ignorons, toutefois, c'est l'ampleur réelle des répercussions sur les propriétaires fonciers privés, des personnes qui ont travaillé dur, qui ont respecté toutes les règles, qui ont payé leurs impôts et qui ont investi toutes leurs économies dans leur maison et leur entreprise. Ils sont inquiets, et avec raison.
Les députés d'en face réagissent à ces préoccupations en disant que les détracteurs sont alarmistes et qu'ils diffusent de fausses informations. C'est ce que les libéraux ont tendance à faire lorsqu'ils n'ont pas de réponse précise à des questions sérieuses, car il s'agit bien là de questions sérieuses.
Je dirai à ceux qui portent ces accusations que c'est le gouvernement libéral qui a adopté la directive no 14 sur les litiges. Cette directive limitait les arguments que les avocats de la Couronne pouvaient invoquer devant les tribunaux pour défendre les droits de propriété en fief simple. Ce ne sont pas des paroles en l'air. C'est une politique documentée. La directive no 14 sur les litiges est un fait, il ne s'agit pas de propos alarmistes. Cette directive est un fait gênant pour le et son gouvernement, une directive qu'il a refusé d'expliquer, alors qu'elle est toujours en vigueur et qu'elle contient des instructions destinées aux avocats qui sont à son service. On a demandé à plusieurs reprises au premier ministre pourquoi son gouvernement maintient cette directive, et il continue d'éviter de donner une réponse claire.
Pourquoi le libéral a-t-il refusé de défendre les droits de propriété au moment opportun? La question reste sans réponse, mais, maintenant que le mal est fait, nous savons que le premier ministre dit qu'il désapprouve la décision du tribunal. Il affirme maintenant que les droits de propriété privée sont fondamentaux et que son gouvernement les défendra. Je suis heureux que cette motion offre au premier ministre l'occasion d'agir. En effet, cette motion de l'opposition permet au premier ministre de joindre le geste à la parole, ce qui lui est de plus en plus difficile. Choisira-t-il, par son vote, de défendre les droits de propriété privée, ou s'y opposera-t-il une fois de plus?
La motion propose des mesures pratiques, concrètes et réalisables pour rétablir la certitude et la confiance. Premièrement, elle demande au gouvernement de donner la priorité à la propriété privée dans le cas des Cowichan, en indiquant clairement que la propriété en fief simple prime sur tout autre titre. Les libéraux utilisent le terme « arguments valables », ce qui ne signifie pas nécessairement qu'ils présentent tous les arguments. Deuxièmement, la motion demande expressément que la ligne directrice no 14 sur les litiges soit remplacée par une autre qui exigence clairement au gouvernement fédéral de défendre vigoureusement les droits de propriété, quel que soit le litige.
Troisièmement, la motion exige qu'aucune entente ne soit conclue sans protection explicite des droits de propriété en fief simple dans toutes les négociations futures avec les Premières Nations afin que chacun comprenne clairement la situation et ait certaines garanties, ce que ni le gouvernement actuel ni le gouvernement précédent n'ont fait. Quatrièmement, la motion exige que le publie un plan concret dans un délai de 30 jours, comportant des échéanciers, afin de protéger les Canadiens touchés par la décision Cowichan et l'entente conclue avec les Musqueam. Enfin, elle prévoit la création d'un comité parlementaire spécial ayant le mandat d'étudier tous les outils juridiques, constitutionnels et politiques disponibles pour « protéger les droits de propriété privée au Canada ».
Ce ne sont pas des propositions radicales ni idéologiques. Ce sont des propositions responsables. Elles sont controversées uniquement pour quelqu'un qui ne croit pas que les droits de propriété privée sont fondamentaux dans notre système, tant notre système capitaliste que notre système de Westminster. Nous avons toujours respecté ces principes, et le manque de certitude que nous constatons aujourd'hui cause un préjudice réel. Il gèle les investissements, encourage les litiges et plonge les Canadiens dans un vide juridique sans aucune voie claire à suivre. Tout cela se joue en dépit du fait que le et tous ses députés libéraux ou, comme je l'ai lu dans le Toronto Star, ses « deputies », ou adjoints, décrivent tout ce que disent les conservateurs comme étant faux.
Il ne devrait pas en être ainsi. Derrière des portes closes, on négocie en se servant de l'argent des contribuables et sans consulter ni protéger les Canadiens touchés. Les avocats et les experts ne sont pas d'accord. Les poursuites judiciaires se multiplient, et le gouvernement n'arrive pas à protéger les intérêts des gens mêmes qu'il prétend servir.
La Colombie‑Britannique a déjà suffisamment de problèmes. Pensons au bois d'œuvre, aux droits de douane américains et au gouvernement provincial néo-démocrate, qui semble n'avoir aucune idée de ce qu'il fait. Il n'est pas nécessaire d'ajouter à cette liste le chaos entourant les droits de propriété, mais bon, trop tard, semble-t-il. Nous devons nous assurer de retirer ce problème de la liste. Cette motion est un moyen d'y parvenir.
Le dit souvent que nous devrions nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler. Aujourd'hui, avec cette motion, la Chambre peut contrôler quelque chose. Nous pouvons rétablir la certitude et nous pouvons défendre les droits de propriété. Nous pouvons défendre les Canadiens qui, de toute évidence, ont fait tout ce qu'il fallait. C'est pourquoi je voterai en faveur de cette motion. Le premier ministre lui-même a déclaré que « le droit à la propriété privée est fondamental ». Aujourd'hui, nous verrons si ses paroles veulent dire quelque chose.
J'exhorte tous les députés à appuyer cette motion et à envoyer un message clair: au Canada, les droits de propriété privée sont importants. Nous entendons les préoccupations soulevées par les Britanno‑Colombiens. Nous savons que nous avons les moyens d'y faire face. Nous sommes déterminés à faire en sorte que leurs droits et leurs préoccupations soient pris en compte, non pas dans un endroit lointain à un moment encore indéterminé, mais ici et maintenant, dans ce Parlement, dans ce pays.
:
Monsieur le Président, depuis huit mois, pour les Britanno-Colombiens, le silence se fait assourdissant. Après une décision judiciaire qui a soulevé de sérieuses questions sur la validité des droits liés à la propriété privée, ce fut le silence radio. Après que des propriétaires fonciers, des entreprises, des municipalités et des investisseurs aient exprimé à maintes reprises leurs préoccupations, ce fut le silence radio. Après que le conseil municipal de Richmond ait écrit au gouvernement pour obtenir des précisions, ce fut le silence radio. Après que les Canadiens aient demandé tout simplement si le gouvernement libéral croit encore en la défense des principes juridiques des droits de propriété privée au Canada, ce fut encore le silence radio.
Après un tel silence radio, lorsque le a enfin soulevé la question à la Chambre, les Canadiens n'ont obtenu aucune réponse. Ils ont eu droit à des discours prémâchés, à des attaques et à des accusations de médisance, mais ils n'ont toujours pas obtenu la moindre précision. Nous allons donc rétablir certains faits.
Premièrement, malgré ce que le a affirmé à la Chambre, le gouvernement libéral n'a pas immédiatement porté en appel la décision de l'affaire Cowichan. Il a attendu jusqu'à la toute dernière minute pour faire appel, bien après que la Colombie‑Britannique et la ville de Richmond l'aient fait, ce qui est une nette distinction dans leur volonté de défendre les Canadiens. Si les libéraux croyaient vraiment que la décision ne créait aucune incertitude, pourquoi ont-ils attendu que le délai prescrit soit presque écoulé?
Deuxièmement, tout au long de cette controverse, le gouvernement n'a fourni aucune explication publique et claire concernant la décision ni fait de déclaration publique substantielle sur ses implications pour les propriétaires, les entreprises, les municipalités, les prêteurs ou les investisseurs. Il a fallu attendre huit mois avant que les Canadiens n'entendent une mention sérieuse de la part du
Troisièmement, le conseil municipal de Richmond a tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec le gouvernement libéral. Il lui a adressé des lettres pour demander des éclaircissements sur les implications des ententes de Cowichan et de Musqueam, ainsi que sur les préoccupations connexes à la garantie des titres fonciers et à la politique fédérale en matière de litiges. Il ne s’agit pas de préoccupations mineures. Les propriétaires ne peuvent pas renouveler leur prêt hypothécaire. Ces préoccupations étaient soulevées par de dirigeants municipaux élus représentant l’une des collectivités les plus importantes sur le plan économique en Colombie‑Britannique. Quelle réponse ont-ils obtenue? Le silence. Il n’y a eu aucun dialogue constructif, aucune assurance publique et aucune explication détaillée.
Quatrièmement, lorsque les conservateurs posent des questions en comité et à la Chambre, le gouvernement fournit invariablement des réponses vagues et ambiguës. Il se cache derrière des détails juridiques. Il évite de répondre directement. Il réduit chaque réponse à un langage procédural au lieu d’aborder les questions connexes qui préoccupent réellement les Canadiens, à savoir si le gouvernement est en train d’affaiblir les fondements juridiques sur lesquels repose la propriété privée au Canada. Ce n’est pas le niveau de clarté sur lequel les chefs d’entreprise et les investisseurs doivent pouvoir compter.
Finalement, lorsque le a enfin rompu le silence, après des mois de pression, il a tout de même refusé de donner aux Canadiens la seule assurance qu'ils réclamaient. Il n'a pas voulu s'engager clairement à retirer la ligne directrice n° 14 de la directive de 2019, qui, dans les faits, a contraint ses propres avocats à se présenter devant les tribunaux les mains liées. Soyons tout à fait clairs: la question centrale de ce litige est que le gouvernement fédéral, par la voie de la ligne directrice n° 14, a donné pour instruction à ses avocats de limiter leurs arguments concernant la suprématie et l'effet d'extinction des droits en fief simple.
Cette directive a été publiée alors qu'un litige était en cours et a marqué un net revirement dans l'argumentation du gouvernement. Au lieu de défendre sans réserve le caractère certain et définitif des droits de propriété privée, le gouvernement a délibérément restreint les arguments à la disposition de ses propres avocats, créant ainsi une incertitude susceptible d'avoir des conséquences de grande envergure pour les propriétaires fonciers partout au Canada. Cette directive est toujours accessible au public sur le site Web du gouvernement libéral, ce qui laisse les Canadiens dans l'incertitude quant à la position exacte du gouvernement.
Les conservateurs ont été accusés de tenir des propos alarmistes, parce qu'ils ont soulevé ces préoccupations, mais examinons les conséquences réelles de cette incertitude. Les marchés réagissent immédiatement. Les investisseurs réagissent immédiatement. Les prêteurs réagissent immédiatement. Les entreprises réagissent immédiatement.
Les conséquences se font déjà sentir sur le terrain en Colombie‑Britannique. Montrose Properties a publiquement soulevé des préoccupations au sujet de l'incertitude entourant les titres fonciers et la confiance des investisseurs. Les propriétaires du terrain de golf local sont dans l'attente; ils ne savent pas s'ils devraient continuer d'investir dans la croissance ou se préparer à vendre. Les agriculteurs qui exploitent leurs terres depuis des dizaines d'années se demandent maintenant comment gérer leurs activités à long terme alors qu'ils voient la valeur des propriétés diminuer et l'incertitude financière s'accentuer.
Un couple de personnes âgées de la région n'aurait pas été en mesure de vendre sa propriété afin de profiter d'une plus grande sécurité financière à la retraite. Il y a même une entente prévoyant la vente d'un hôtel local qui a été annulée à cause de l'incertitude croissante entourant les titres fonciers et des risques anticipés, et l'établissement n'est même pas situé dans la zone visée par la décision.
Ce ne sont pas des conséquences théoriques. Ce sont de vraies personnes, de vraies entreprises et de vrais gagne-pain qui sont touchés en ce moment. Les Canadiens ne demandent pas des débats sur des notions juridiques abstraites. Il s'agit de questions fondamentales sur la confiance dans l'économie canadienne et dans ses systèmes juridiques.
Ces questions sont très importantes dans ma circonscription, Richmond‑Centre—Marpole. Richmond n'est pas une municipalité comme les autres. C'est l'une des portes économiques du Canada vers l'Indo-Pacifique. On y trouve d'importants réseaux de transport, d'infrastructures et de commerce international, des centres logistiques, des exportateurs, ainsi que des entrepreneurs et des familles qui ont investi toutes leurs économies dans des habitations et des entreprises. C'est un endroit où des immigrants ont choisi de s'établir pour gagner leur vie. C'est pourquoi le conseil municipal de Richmond a soulevé des préoccupations. C'est pourquoi les habitants sont attentifs. C'est pourquoi les entreprises surveillent la situation de près.
La décision Cowichan est lourde de conséquences, mais le gouvernement libéral essaie d'en minimiser l'importance et d'induire les Canadiens en erreur concernant son effet. Les libéraux savent qu'ils ont commis une grave erreur en donnant des instructions restrictives à leurs avocats, et ils essaient maintenant de se dissocier des conséquences. Ils savent que l'effet de cette décision est réel, mais, au lieu d'assumer leurs responsabilités, ils tentent de minimiser le problème et accusent les autres de tenir des propos alarmistes.
Cette décision aura des conséquences profondes et durables non seulement pour Richmond, non seulement pour la vallée du bas Fraser et la Colombie‑Britannique, mais pour tout le Canada. On se souviendra des actions du gouvernement comme d'un chapitre honteux de l'histoire de notre pays. Les Canadiens méritent la transparence. Nous méritons la confiance. Nous méritons de vraies réponses.
:
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Je veux prendre quelques minutes aujourd'hui pour faire la distinction entre les faits et la fiction. À l'heure actuelle, en ce qui concerne les titres ancestraux dans ce pays, il règne une grande confusion. Cette confusion alimente les inquiétudes et, dans certains cas, la mésinformation ne fait qu'aggraver la situation. Je veux être très clair dès le départ: une partie de l'inquiétude que ressentent actuellement les Canadiens est compréhensible et trouve son origine dans le fait que ce domaine du droit n'est pas encore réglé et qu'il est en évolution. Pour de nombreux Canadiens, il ne s'agit pas d'une question abstraite. Il en va de leurs maisons, de leurs entreprises, de leurs communautés et de leur sentiment de sécurité. Lorsque les gens entendent des informations contradictoires sur un sujet aussi fondamental que les droits de propriété, il est tout à fait raisonnable qu'ils posent des questions et qu'ils s'attendent à obtenir des réponses claires.
Depuis des décennies, les tribunaux canadiens ont élaboré le droit des titres ancestraux avec prudence et de manière progressive depuis qu'il a été reconnu pour la première fois en 1973. Dans la décision rendue dans l'affaire Cowichan Tribes c Canada par la Cour suprême de la Colombie‑Britannique, on a adopté une approche nouvelle. On a conclu que le titre ancestral pouvait exister dans des zones comprenant des terres privées en fief simple et on a suggéré que ces intérêts pouvaient en fait coexister. La cour n'a pas invalidé les titres de propriété privée. Elle n'a pas retiré de terres à des particuliers. Ce qu'elle a fait, c'est soulever une nouvelle question juridique complexe concernant la manière précise dont les droits de propriété privée existants pouvaient coexister avec ce que la cour a également déclaré être un droit supérieur de titres ancestraux.
Le gouvernement le dit depuis le début: nous désapprouvons la décision du tribunal dans l'arrêt Cowichan. Nous savons qu'elle suscite de l'incertitude. C'est pourquoi nous avons interjeté appel. Les Canadiens méritent qu'un domaine aussi fondamental que le droit de propriété soit tiré au clair. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à le penser, puisque même les tribunaux ne sont pas unanimes sur la question. Je signale aux députés le fait qu'au Nouveau‑Brunswick, l'affaire Nations wolastoqey c Nouveau‑Brunswick, Canada et autres s'est conclue bien autrement. Selon la Cour d'appel du Nouveau‑Brunswick, un tribunal pourrait conclure à l'existence d'un titre autochtone sur des terres privées, ce qui pourrait obliger la Couronne à verser une indemnisation, mais le tribunal ne pourrait pas invalider des titres de propriété existants pour les remplacer par des titres autochtones.
Il y a donc actuellement au Canada deux décisions judiciaires qui adoptent des approches opposées. Or, c'est justement en raison de cette divergence que les tribunaux doivent tirer les choses au clair, de là les démarches d'appel. C'est crucial. Après tout, lorsque le droit cesse d'être constant, il y a place aux suppositions et aux interprétations contradictoires, ce qui ouvre la porte à la mésinformation et à la déformation des faits. L'incertitude juridique se cristallise, alors les imaginations s'emballent. Certains en profitent alors pour donner l'impression que les ententes qui sont négociées mettent le droit de propriété en péril. Ce n'est pas vrai, point. Il faut le dire sans détour, mais avec respect, car beaucoup de Canadiens se posent des questions de bonne foi.
Par conséquent, je vais donner un exemple concret. Il y a eu des commentaires au sujet de l'entente conclue avec les Musqueam et de ce qu'elle fait ou ne fait pas. Voici les faits. Cette entente n'a aucune incidence sur le droit de propriété des Canadiens. Elle n'accorde aucun nouveau droit. Elle ne définit ni ne détermine la portée d'aucun des droits autochtones des Musqueam et elle ne rattache aucun de ces droits à des parcelles de terre précises. En réalité, elle reconnaît simplement l'existence des droits protégés par l'article 35 de la Constitution et établit un processus structuré permettant au Canada et aux Musqueam de travailler ensemble pour mieux comprendre comment ces droits peuvent être abordés au fil du temps. C'est tout. C'est un cadre de négociation. Ce n'est ni un transfert de terres ni un changement de propriété, et cela n'a aucune incidence sur la propriété privée. Cette entente ne prime pas sur la compétence provinciale et ne confère aucun pouvoir décisionnel aux Musqueam concernant les terres ou les ressources. Autrement dit, elle ouvre la voie au dialogue et à la clarté, et elle ne change rien à la propriété actuelle. En fait, la propriété privée n'a jamais fait partie de ces négociations et n'en fera jamais partie.
Je tiens à rappeler à mes collègues qu'en Colombie‑Britannique, la propriété privée est une question de compétence provinciale. Le gouvernement fédéral ne peut pas régler la question simplement par voie de négociation, et ce n'est pas ce qu'il a fait. Les Musqueam eux-mêmes ont dit clairement que cet accord ne porte pas sur l'appropriation de terres privées. Ainsi, les Canadiens doivent savoir que les affirmations voulant que ce type d'accord puisse menacer leur maison ou leur entreprise ne reposent sur aucun fait. Elles visent uniquement à semer la peur.
Cette distinction est importante. D'une part, il y a des décisions judiciaires qui explorent un territoire inconnu sur le plan juridique. D'autre part, il y a des accords négociés qui sont conçus pour apporter plus de clarté, et non pour créer de l'incertitude. Cette distinction est importante, car les procédures judiciaires et les négociations ont des effets très différents. Les procédures judiciaires peuvent préciser la loi au fil du temps, mais souvent de manière restrictive et progressive, ce qui peut entretenir davantage d'incertitude entretemps. La négociation, quant à elle, permet aux parties de discuter, d'aborder directement leurs préoccupations et d'élaborer des solutions qui tiennent compte des conséquences réelles. Aucun traité moderne, aucune entente négociée et aucune approche fédérale n'a fait perdre des terres privées à des Canadiens. Il en est ainsi depuis 1973, lorsqu'on a parlé pour la première fois de titre autochtone dans l'affaire Calder.
En réalité, les accords négociés ont toujours l’effet inverse. Ils garantissent la prévisibilité et la clarté, protègent explicitement les intérêts privés tout en favorisant la réconciliation. Nous l'avons vu récemment dans l'accord conclu avec la nation Haïda, qui traitait du titre ancestral tout en prévoyant clairement la protection des terrains privés en fief simple. C'est là tout l'intérêt des négociations. Les négociations permettent d'aborder directement la complexité et de parvenir à des résultats équilibrés. Les tribunaux répondent aux questions juridiques. Les négociations permettent de mettre en place des solutions durables. Nous nous engageons à faire en sorte que les négociations se déroulent de manière à clarifier les choses.
Certes, il règne actuellement une certaine incertitude. Les Canadiens se posent des questions légitimes et nous agissons pour y répondre en demandant des éclaircissements auprès des tribunaux, où la question est déjà soulevée. Cela dit, il ne faut pas se servir de cette incertitude pour déformer les faits. Nous continuerons à dialoguer avec les Canadiens en faisant preuve d’honnêteté et de transparence, en reconnaissant ce que nous savons, ce que nous ignorons encore et ce que nous faisons pour y voir plus clair. La peur ne doit pas remplacer les faits. La réconciliation doit progresser grâce à des ententes respectueuses, équilibrées et négociées. En fin de compte, les Canadiens ont confiance que leurs droits et leurs intérêts sont protégés et que la réconciliation avance de manière réfléchie, mesurée et fondée sur les faits. C’est ainsi que l’on instaure la certitude, que l’on renforce la confiance et que nous avancerons ensemble.
Je veux m'attarder sur ce point parce qu'il y a beaucoup de désinformation. Les conservateurs continuent d'agir comme si les titres ancestraux au Canada étaient quelque chose de nouveau, alors qu'ils sont reconnus depuis 1973. De nombreuses tribus de la Colombie‑Britannique, qu'il s'agisse des Nisga'as, des Delgamuukw ou des Tsilhqot'in, se sont adressées aux tribunaux pour faire reconnaître leurs titres ancestraux. Or, pas une seule de ces décisions n'a entraîné la perte de droits de propriété en fief simple. Cela ne s'est tout simplement jamais produit. Laisser entendre que, pour une raison ou une autre, ces tribus vont chercher à mettre la main sur les maisons et les propriétés des gens est tout simplement irresponsable, ne s'appuie sur aucun fait et ne vise qu'à semer la peur et à induire les Canadiens en erreur.
De ce côté-ci de la Chambre, nous continuerons à concilier nos efforts de réconciliation avec les intérêts des Canadiens. Nous l'avons fait dans toutes les affaires autochtones portées devant la Cour suprême et dans lesquelles les tribus autochtones ont eu gain de cause, et nous continuerons de le faire. Pour les Canadiens qui nous écoutent à la maison, le gouvernement est prêt à négocier et est déterminé à protéger les droits de propriété tout en faisant progresser la réconciliation.
:
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui au sujet de la décision de la cour dans l'affaire Cowichan, car elle a, à juste titre, soulevé des questions à la Chambre, dans ma ville, Richmond, en Colombie‑Britannique, et dans tout le Canada.
Je tiens d'abord à dire que le gouvernement n'est pas d'accord avec la décision de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique et qu'il en a immédiatement interjeté appel. Comme l'affaire est devant les tribunaux, il ne serait pas approprié que je commente davantage les aspects liés au litige lui-même. Je ferai toutefois l'historique de l'affaire et parlerai des intérêts privés.
D'entrée de jeu, il est utile de comprendre la portée du litige et le nombre de parties en cause. Outre la Couronne fédérale, il y a cinq autres défendeurs dans le litige: l'Administration portuaire Vancouver Fraser, le gouvernement de la Colombie‑Britannique, la Ville de Richmond, la Première Nation de Musqueam et la Première Nation de Tsawwassen.
Le litige a commencé en novembre 2014. Les Cowichan ont demandé une déclaration du titre ancestral sur 1 846 acres de terres situées dans la ville de Richmond, ainsi qu'une déclaration du droit ancestral de pêcher à des fins alimentaires dans le bras sud du fleuve Fraser. Les terres revendiquées comprennent des terres fédérales qui appartiennent à Transports Canada et qui sont gérées par l'Administration portuaire Vancouver Fraser, des terres municipales de Richmond et des terres détenues par des propriétaires fonciers privés.
Compte tenu de la complexité des enjeux et du nombre de parties en cause, il n'est pas surprenant que cette affaire se soit étendue sur plusieurs années. Le 7 août 2025, la Cour suprême de la Colombie‑Britannique a tranché que les Cowichan détiennent un titre ancestral sur environ 40 % de la zone revendiquée, ainsi qu'un droit ancestral de pêcher pour se nourrir dans le bras sud du fleuve Fraser. Peu après la publication de la décision, toutes les parties ont entrepris des démarches additionnelles dans le cadre du processus judiciaire. Toutes les parties au litige, y compris le Canada, ont fait appel de la décision de la cour.
Certaines des conclusions de la cour pourraient avoir des répercussions importantes, notamment en ce qui concerne les droits de propriété privée. Comme la décision n'est pas tout à fait claire sur certains points, on cherche à obtenir des éclaircissements par l'entremise du processus juridique approprié. Je me suis, moi aussi, efforcé d'obtenir des éclaircissements, et je reconnais que la décision a soulevé des questions et des préoccupations.
Nous savons que le Canada a défendu la validité des titres en fief simple accordés par la Couronne pendant le procès. Le Canada a également défendu le principe de transparence dans ce procès, notamment pour les parties qui ne sont pas directement impliquées dans l'affaire mais qui peuvent être touchées par sa conclusion. En 2017, le Canada a présenté une demande d’ordonnance exigeant que les plaignants avisent les propriétaires privés situés dans la zone revendiquée. La cour a refusé d'exercer son pouvoir discrétionnaire pour obliger les Cowichan à transmettre un avis officiel aux propriétaires fonciers privés. Je tiens à souligner que chaque revendication de titre autochtone est unique et que le raisonnement derrière cette décision ne s'appliquera pas nécessairement à d'autres cas. La décision dépend des faits propres à l'affaire en question.
Cela étant dit, je vais maintenant parler des événements récents.
Trois sociétés immobilières privées affiliées, que j'appellerai Montrose, exercent leurs activités à Richmond et prétendent être le plus grand propriétaire foncier dans la zone de titre déclaré de Cowichan. Montrose a saisi la Cour suprême de la Colombie‑Britannique d'une requête visant à rouvrir le procès, à être ajoutée comme partie au litige et à déposer de nouveaux éléments de preuve et de nouvelles observations. Cette requête permettrait à la société de faire valoir son point de vue quant aux répercussions de la déclaration du titre ancestral sur ses intérêts juridiques et financiers.
Le Canada a déposé une réponse à l'appui de la requête de Montrose. Il est important que toutes les parties soient entendues lorsqu'elles sont directement et grandement touchées par une décision judiciaire. La position du Canada est conforme à la requête qu'il a présentée en 2017 concernant la nécessité d'aviser les propriétaires privés de la tenue du procès.
Si Montrose obtenait gain de cause, elle deviendrait une partie officielle au litige, et le dossier serait rouvert afin que la cour puisse recevoir les éléments de preuve et les observations de la société, notamment des mémoires sur les répercussions de la décision. La requête de Montrose devrait être entendue par la Cour suprême de la Colombie‑Britannique les 25 et 26 mai 2026.
Le gouvernement du Canada respecte le droit de toutes les parties à mener leurs propres stratégies juridiques. L'approche adoptée par le Canada dans ce litige consiste à recourir aux procédures judiciaires appropriées pour lever les incertitudes juridiques, tout en continuant à faire progresser la réconciliation conformément à la Constitution. J'ajouterai que le droit privé de propriété est fondamental et que notre gouvernement le protégera toujours.
Pour le gouvernement du Canada, le droit privé de la propriété ne sera jamais négociable. Cela tient non seulement au fait que notre gouvernement ne mettra jamais en jeu la propriété privée des Canadiens, mais aussi au fait que, comme vous le savez tous, la propriété foncière privée et les titres fonciers relèvent de la compétence des provinces, et non de celle du gouvernement fédéral. Il est important de noter que tout accord sur les titres ancestraux conclu au niveau fédéral protège le droit privé de la propriété. En effet, aucun traité moderne, accord négocié ou approche fédérale n'a jamais conduit à ce que des Canadiens perdent leurs terrains privés.
En tant que députée de Richmond‑Est—Steveston, j'ai travaillé et je continuerai de travailler avec la pour répondre aux préoccupations des résidents, faire part au gouvernement des points de vue de mes concitoyens et défendre les intérêts des habitants de notre ville. Parallèlement, je collaborerai avec le conseil municipal de Richmond et tous les pouvoirs publics pour veiller à ce que les résidents de notre ville soient impliqués et informés sur ces questions au fur et à mesure que les choses avanceront dans les mois et les années à venir.
:
Monsieur le Président, les changements les plus importants dans la vie sont souvent invisibles au premier abord. Les graines germent sous terre avant que les premières pousses n'apparaissent. Un navire qui dévie de son cap d'un seul degré ne fait pas de vagues, mais finit par arriver à un endroit complètement différent. Un littoral peut sembler inchangé pendant des années, tandis que la marée le remodèle silencieusement, un grain de sable à la fois.
Le 7 août 2025, quand la Cour suprême de la Colombie‑Britannique a rendu sa décision concernant les tribus Cowichan, il ne s'est rien passé. Aucun Canadien n'a perdu sa maison. Richmond a continué de fonctionner. Les tribus Cowichan ont répété à maintes reprises qu'elles n'avaient jamais eu l'intention de porter atteinte aux titres de propriété en fief simple. Pourtant, le tribunal a décidé, premièrement, que les Cowichan détiennent un titre ancestral sur des terres à Richmond, et deuxièmement, que les concessions de la Couronne en fief simple sur ces terres portent atteinte de manière indue à ce titre. La cour a certes déclaré que les titres privés en fief simple restaient valides, mais seulement « jusqu'à ce qu'un tribunal en décide autrement ou que les intérêts contradictoires soient résolus par la négociation ». Avec ce « jusqu'à ce que », une graine a été semée. Les propriétaires savent désormais qu'un tribunal pourrait en décider autrement, et ils sont nombreux à être inquiets.
Au paragraphe 3543 d'une très longue décision, la juge a ajouté: « J'accepte qu'une déclaration de titre ancestral puisse entraîner une incertitude pour les détenteurs de titres en fief simple et qu'elle puisse avoir des conséquences sur leurs intérêts fonciers. » En quelques jours, il est devenu évident que l'incertitude s'était installée. En quelques semaines, les premiers signes d'une série croissante de complications se sont manifestés. Quand quelqu'un obtient un prêt hypothécaire, son logement est la garantie du prêt. Si le titre du débiteur hypothécaire est incertain, il va avoir un problème. Quand on vend un bien, on promet un titre valide. Si le titre du vendeur est incertain, il va avoir un problème.
Quiconque prétend comprendre toutes les répercussions de la décision Cowichan Tribes c Canada se fait des illusions. Nous constatons maintenant que des transactions sont retardées, que le financement est réexaminé et que des décisions d'investissement sont suspendues en Colombie‑Britannique. Il semblerait que l'affaire ait déjà fait échouer une transaction de 100 millions de dollars et qu'elle crée des complications en cas de prêt hypothécaire ou d'opération immobilière. L'autorité des services financiers de la Colombie‑Britannique recommande d'obtenir un avis juridique indépendant avant d'acheter un des biens touchés. Les agents immobiliers ajoutent de nouvelles clauses aux contrats d'achat partout dans la province. Les assureurs de titres réévaluent le risque.
L'entente des Musqueam a rapidement fait suite à la décision Cowichan Tribes c Canada, ce qui a ajouté à l'insécurité juridique. Les investisseurs sont frileux et se demandent ce que sera la suite. L'incertitude mine la confiance dans les garanties foncières en Colombie‑Britannique. La décision entraîne des coûts que nous ne n'avons pas les moyens de payer et elle perturbe certains secteurs de l'économie de la Colombie‑Britannique à un moment où on a grand besoin de stabilité.
Le problème, ce n'est pas que les Canadiens ne veulent pas appuyer la réconciliation. En Colombie‑Britannique, nous voulons désespérément vivre en harmonie, mais l'anxiété crée des tensions, et l'incapacité du gouvernement à négocier des traités qui auraient apporté des précisions sur le plan juridique avant que ces enjeux n'atteignent un point critique divise nos collectivités. Pendant des années, les libéraux ont parlé de réconciliation, mais ils se sont traîné les pieds dans les négociations. Ils n'ont pas réussi à négocier un traité avec les tribus des Cowichan, alors ils ont été poursuivis et ont perdu.
Aujourd'hui, les Canadiens ordinaires en paient le prix. Les familles qui essaient d'acheter une maison, les communautés autochtones en quête d'assurance, les municipalités qui planifient des projets d'infrastructure et les entreprises qui se demandent si elles devraient investir en Colombie‑Britannique se heurtent à un flou juridique qui dure depuis des années. Bien qu'ils insistent pour dire qu'ils vont interjeter appel et tout remettre en ordre, les libéraux se sont condamnés à une impasse juridique. Le admet que le droit de propriété est « fondamental ». Le admet que la décision « pourrait avoir des répercussions majeures, notamment sur le droit privé de propriété », des répercussions qui « pourraient s'étendre à l'ensemble du pays ».
Le et les libéraux répètent sans cesse qu'ils présenteront tous les arguments juridiquement « valables », mais il y a un hic: un appel n'est pas une seconde chance. Dans notre système juridique, un argument qui n'a pas été invoqué en première instance est réputé abandonné. On ne peut pas mettre certains arguments de côté pour les utiliser en appel, juste au cas où on n'obtiendrait pas le résultat voulu en première instance. Si c'était permis, les litiges coûteraient encore plus cher et ne se règleraient jamais. En parlant de ce principe, mon père avait l'habitude de dire que « le train ne passe pas deux fois ».
Voici ce que la cour a dit, au paragraphe 2096: « Le Canada a d'abord invoqué l'extinction, mais il a abandonné le recours à ce moyen de défense dans sa réponse modifiée à la poursuite civile déposée le 22 novembre 2018. » Autrement dit, le gouvernement libéral a dit à ses avocats de ne pas plaider que le titre en fief simple prévaut sur toutes les autres formes de titre. En conséquence, ces avocats ont modifié les documents de procédure en 2018 afin de retirer cet argument. De nombreux Canadiens se demandent comment une telle situation a pu se produire. Après vérification, nous avons retrouvé la directive juridique du gouvernement, qui se trouve toujours en ligne, qui encourage fortement les aveux de responsabilité et qui déconseille les moyens de défense, comme l'extinction, qui appuieraient la reconnaissance du titre en fief simple. Il se trouve que le seul argument dont le gouvernement avait besoin dans un procès qui a duré 513 jours est celui qu'il n'a pas présenté. Par conséquent, l'argument ne peut pas être repris en appel.
Les conservateurs ont demandé et redemandé comment le entendait avoir gain de cause en appel en s'appuyant sur un argument qu'il n'a pas le droit d'avancer. En retour, on nous a accusés de propager la « mésinformation », d'alimenter la « peur et [la] mésinformation », de semer la « [...] peur, [de propager] la mésinformation et [de perturber] l'économie de la Colombie‑Britannique », et pire encore.
Nous ne tentons pas de semer la peur et nous ne répandons pas de mésinformation. Je viens d'exposer le problème en termes clairs. Il n'est pas déraisonnable de vouloir comprendre comment le gouvernement abordera ce problème très grave qui crée des divisions troublantes entre les Canadiens. Ces divisions ne sont pas causées par les conservateurs, mais par le gouvernement libéral, qui ne présente pas tous les arguments disponibles, qui dissimule ses erreurs et qui s'attaque à quiconque demande comment il compte régler le problème.
Les Britanno-Colombiens ont acheté leur maison en toute bonne foi. Ils essaient de ne pas les perdre dans le contexte de la hausse généralisée des coûts et d'une crise économique qui est exacerbée par le gouvernement. Ce qui est peut-être le plus frustrant pour les propriétaires avec lesquels je parle, c'est qu'on ne fera pas de sitôt la lumière sur ces questions. Nous en avons pour des mois, et même des années, de procédures judiciaires avant que les tribunaux tirent cette affaire au clair.
L'ordonnance d'appel n'a pas encore été finalisée. Un dossier judiciaire de 513 jours doit toujours être compilé. Des requêtes préliminaires doivent également être entendues avant que l'appel puisse réellement commencer, notamment plusieurs demandes d'intervenants et une requête visant à rouvrir le dossier, présentée par des propriétaires fonciers qui soutiennent qu'ils auraient dû être impliqués dès le départ. Le a indiqué que le Canada appuie cette demande, ce qui fera traîner l'affaire encore plus longtemps si elle est acceptée. Je ne peux m'empêcher de me demander si le gouvernement n'y voit pas, en partie, une occasion de corriger le tir.
C'est l'un de ces cas où le processus suit son cours, mais où nous nous retrouvons dans cette situation en raison d'un manque flagrant de leadership politique. Le gouvernement savait que cette décision approchait. Il savait qu'il y aurait d'autres poursuites judiciaires. Il s'est pourtant retiré du dossier il y a huit ans; il a évité de faire le travail difficile qui s'imposait à l'époque, c'est-à-dire créer un cadre législatif et politique clair en matière de réconciliation, de titres ancestraux, de droits de propriété et de certitude juridique. Au lieu de cela, il a laissé aux tribunaux le soin de tout régler au cas par cas, à travers des litiges constitutionnels massifs et complexes, pendant que le gouvernement nomme des juges militants.
Les longs procès peuvent fonctionner pour les avocats qui facturent à l'heure, mais ils ne fonctionnent pas pour les familles qui essaient d'acheter une maison, pour les entreprises qui essaient d'investir ou pour les Premières Nations qui essaient de se bâtir un avenir stable. La réconciliation exige de la clarté, de l'équité et de la prévisibilité pour tous. Il nous faut un gouvernement qui est prêt à trouver de vraies solutions au lieu de demander continuellement aux tribunaux de faire son travail à sa place.
J'espère que tous les députés appuieront notre motion de l'opposition, en particulier notre demande de nommer un comité spécial multipartite ayant le mandat d'étudier toutes les mesures juridiques, constitutionnelles et politiques pouvant être prises pour protéger les droits de propriété privée au Canada. Les Canadiens autochtones et non autochtones ont besoin que nous travaillions ensemble pour trouver des solutions à l'incompétence du gouvernement dans ce dossier. Le navire doit changer de cap, car il se dirige actuellement vers les rochers.