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Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à remercier le Bloc québécois d'avoir présenté cette motion concernant des mesures tarifaires des États-Unis. J'aimerais remercier tout particulièrement mon collègue de , qui en est le parrain. J'ai eu l'occasion de travailler de près avec lui pendant de nombreuses années et j'ai toujours été impressionnée par son sérieux, son pragmatisme et sa gentillesse, même lorsque nous étions en profond désaccord.
Il est manifeste que les droits de douane injustifiés imposés par les États-Unis sur les métaux canadiens touchent directement les travailleurs, les entreprises et les communautés au Québec et partout au pays. C'est une situation très sérieuse et notre gouvernement prend ces mesures très au sérieux.
L'imposition de droits de douane sur l'acier, l'aluminium et le cuivre n'est pas une décision abstraite. Ces droits ont des conséquences bien réelles pour les entrepreneurs et les travailleurs du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, mais aussi d'Hamilton ou de Sault‑Ste‑Marie, ainsi que pour les manufacturiers et les PME partout au pays.
Depuis le tout début, depuis le jour 1 des droits de douane injustifiés, notre gouvernement travaille main dans la main avec l'Association de l'aluminium du Canada et l'Association canadienne des producteurs d'acier, avec les chefs d'entreprise, oui, mais aussi avec les travailleurs et avec le secteur de l'aluminium et de l'acier tout entier.
C'est pourquoi nous mettons en place un soutien ciblé de 1,5 milliard de dollars pour les entreprises touchées. Cela comprend un nouveau programme de 1 milliard de dollars de la Banque de développement du Canada, afin de soutenir les liquidités et les investissements, ainsi que 500 millions de dollars additionnels pour appuyer les entreprises directement sur le terrain.
[Traduction]
Nous offrons 1,5 milliard de dollars en aide ciblée aux entreprises touchées par ces droits de douane. Cette aide aidera les entreprises à maintenir leurs activités, à protéger des emplois et à s'adapter aux perturbations.
Bien que nous ne puissions pas contrôler les décisions de la Maison‑Blanche, nous pouvons contrôler notre façon d'y réagir et de préparer notre avenir. Notre approche ne se limite pas à proposer des mesures d'atténuation. C'est aussi une approche de transformation. Nous prenons des mesures concrètes pour soutenir les secteurs les plus touchés tout en travaillant à diversifier nos échanges commerciaux et à accroître nos exportations vers les marchés de partenaires commerciaux fiables partout dans le monde.
Ces efforts ont été l'une des principales priorités du gouvernement au cours de la dernière année, et nous en voyons déjà les résultats concrets. Les exportations du Canada en dehors des États‑Unis ont augmenté de près de 40 %. Nos exportations d'aluminium, en particulier vers l'Europe, ont bondi alors que les producteurs se tournent vers de nouveaux marchés. Les entreprises canadiennes font preuve d'une résilience, d'une souplesse et d'une ambition incroyables, et le gouvernement est toujours là pour les soutenir.
Nous accélérons les investissements dans des secteurs stratégiques et nous renforçons la souveraineté économique du Canada. Dans le cadre de ces efforts, le Canada a maintenant conclu 56 accords différents sur les minéraux critiques avec plus de 10 pays, ce qui fait du Canada un chef de file mondial dans l'économie de l'avenir.
Au cours de la dernière année, le Canada a également signé plus de 20 accords commerciaux et de sécurité sur quatre continents, ce qui nous a permis de renforcer nos liens avec des alliés de confiance et d'ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises canadiennes. Tout en poursuivant nos efforts de diversification, nous continuons à collaborer de manière constructive avec nos partenaires américains afin de parvenir à un accord équitable et durable qui profitera à nos deux économies.
Je crois que je partagerai mon temps de parole avec ma collègue la députée de , car elle souhaite elle aussi participer à ce débat.
Soyons très clairs. Comme l'a dit le , « nous avons besoin d'un bon accord [...] ce que nous ne voulons pas, c'est nous contenter d'un accord médiocre qui nous serait défavorable ». Les risques d'une telle approche sont évidents. Pas plus tard que la semaine dernière, les États‑Unis ont annoncé de nouveaux droits de douane importants sur les produits européens, et ce, malgré la signature d'un accord douanier entre l'Union européenne et les États‑Unis le 27 juillet 2025. Il s'agit là d'un avertissement clair. L'accord doit avoir un poids réel.
Les Canadiens veulent que leur gouvernement se montre ferme et qu'il défende leurs intérêts, et c'est exactement ce que nous faisons.
[Français]
Alors que nous répondons à cette guerre commerciale, nous sommes aussi en train de bâtir une économie plus forte et plus résiliente chez nous. Nous constatons déjà une hausse de près de 40 % des exportations hors des États‑Unis. Nous investissons dans l'économie de demain tout en soutenant les Canadiens pendant cette période de transition quand même très difficile.
Nous avons aussi renforcé notre filet de sécurité sociale. L'assurance-emploi a été rendue plus flexible, avec des mesures temporaires pour soutenir les travailleurs touchés par les droits de douane, notamment par un prolongement des prestations et un accès plus rapide.
Nous avons aussi bonifié les programmes de travail partagé afin d'aider les employeurs à maintenir leurs effectifs et à éviter des mises à pied.
[Traduction]
Nous mettons également en œuvre une stratégie industrielle de défense révolutionnaire, qui stimulera la croissance économique, créera d'excellents emplois et renforcera la souveraineté du Canada dans un monde de plus en plus incertain. Notre leadership est reconnu mondialement, et je suis fière de pouvoir déclarer que le Canada vient d'être choisi, à l'unanimité, pour accueillir la nouvelle banque de la défense, de la sécurité et de la résilience, ce qui témoigne de la confiance de nos alliés dans la stabilité, la crédibilité et la puissance économique du Canada.
Si nous nous battons avec tant d’acharnement pour protéger notre souveraineté et renforcer notre économie, c’est parce que nous croyons au Canada et aux valeurs qui nous définissent en tant que pays et en tant que Canadiens. C’est pourquoi nous avons mis en place une stratégie de compétitivité climatique, afin de garantir que les industries canadiennes restent à la pointe de la production à faibles émissions de carbone. L’aluminium canadien, par exemple, figure parmi les plus propres au monde. C’est là un avantage concurrentiel, et nous avons l’intention de le mettre à profit.
La population et le territoire du Canada sont ses plus grandes richesses. Nous investissons dans la formation et dans le talent qui réside en tous les Canadiens. Nous investissons également dans la beauté et dans la biodiversité de notre territoire. Nous consacrons 4 milliards de dollars à une stratégie de portée historique pour la nature, afin de préserver et de renforcer les infrastructures naturelles du pays. Cette stratégie vient créer de nouvelles aires protégées tout en accordant plus de fonds pour les parcs nationaux et les espaces verts urbains, et elle favorise le leadership autochtone en matière de conservation. Voilà comment nous bâtissons une économie plus résiliente, plus compétitive et plus durable pour le Canada et pour nos enfants.
[Français]
Nous mettons près de 4 milliards de dollars sur la table pour une stratégie historique de protection de la nature, parce que la richesse du Canada repose autant sur ses terres que sur ses talents. Cet investissement soutiendra des projets de conservation partout au pays et contribuera à bâtir une économie plus résiliente, plus compétitive et plus durable. Protéger la nature, c'est aussi bâtir une économie durable et résiliente.
Pour conclure, face à cette guerre commerciale, le Canada agit de façon décisive. Nous soutenons nos travailleurs, nous défendons nos industries, nous diversifions nos échanges commerciaux, nous renforçons nos alliances et, surtout, nous restons unis face à cette menace.
Comme fière Québécoise, comme fière Montréalaise, je ne peux pas passer sous silence la victoire des Canadiens de Montréal lors du match 7 contre les Lightning de Tampa Bay, dimanche dernier. Dans cette grande rivalité avec notre voisin et plus grand partenaire commercial, cette fois-ci, le résultat a été sans appel et certainement satisfaisant. Les Canadiens de Montréal nous l'ont bien rappelé: quand le Canada joue avec détermination, discipline et confiance, nous sommes capables de très grandes choses. Nous savons gagner.
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Monsieur le Président, j'aimerais commencer par remercier nos collègues du Bloc québécois d'avoir présenté cette motion aujourd'hui. En ce moment, il est important pour notre pays que nous soyons unis pour faire face aux droits de douane qui ne sont pas justifiés du côté américain. Je tiens donc à les remercier de ça.
[Traduction]
Je viens de Burlington, en Ontario. Lorsque je regarde vers l'ouest et le sud, depuis mon bureau de circonscription, je vois les aciéries d'Hamilton. Vers l'est, je vois l'usine d'assemblage de Ford, à Oakville. Entre les deux et tout autour de moi, il y a de petites et moyennes entreprises du secteur de l'acier et de l'automobile qui sont de grands exportateurs vers les États‑Unis et qui emploient des dizaines de milliers de personnes dans ma collectivité et les régions environnantes.
La conversation d'aujourd'hui est très importante parce que les droits de douane imposés au titre de l'article 232 constituent une violation directe de l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, l'accord que nous avons signé avec les États‑Unis. Les droits de douane imposent un défi aux entreprises, mais surtout aux habitants de ma collectivité qui cherchent la certitude et la stabilité et qui espèrent que ce problème sera bientôt réglé.
Au cours de la dernière année, j'ai passé beaucoup de temps à discuter avec des propriétaires d'entreprises et des employés de ma collectivité pour comprendre ce que ces droits de douane signifient pour eux. Lorsque les premiers droits de 25 % ont été appliqués aux industries de l'acier, de l'aluminium, de l'automobile et du bois d'œuvre, et maintenant du cuivre, ils ont eu une incidence majeure, mais lorsqu'ils ont été augmentés à 50 %, ce fut dévastateur pour l'économie. Je suis très heureuse que le gouvernement fédéral et le en soient conscients et agissent rapidement pour soutenir ces entreprises. En fait, pas plus tard qu'hier, la et le ont annoncé un nouveau programme de 1 milliard de dollars pour soutenir les entreprises et les secteurs touchés par les droits de douane. De nombreux propriétaires d'entreprises de ma collectivité m'ont dit que cette aide est très importante. En tant que gouvernement, nous devons aider ces entreprises à affronter cette tempête. Nous savons qu'on retrouve dans le Sud de l'Ontario et ailleurs au pays certaines des entreprises les plus novatrices et certains des meilleurs fabricants et des travailleurs les plus qualifiés au monde, mais nous devons les aider à traverser cette période difficile, à se moderniser, à se recycler et à trouver de nouveaux marchés d'exportation pour qu'ils puissent continuer à prospérer.
J'ai eu le plaisir de visiter quelques-unes de ces usines remarquables. Samedi soir dernier, je me suis rendue à l'entreprise Thordon Bearings qui fait partie du groupe Thomson-Gordon, dans ma circonscription. On y fabrique d'incroyables paliers pour navires qui ne nécessitent pas d'huile. Ce sont des pièces écologiques qui sont exportées dans le monde entier. C'est pour nous une belle occasion de mettre en valeur le talent, les compétences et les produits canadiens, de doubler nos exportations, ainsi que de faire briller l'ingéniosité, le savoir-faire et le talent canadiens partout dans le monde.
Je ne veux pas minimiser l'importance de nos relations avec les États‑Unis. En effet, 80 % de la population canadienne habite à moins de 100 kilomètres de la frontière américaine. Les représentants du secteur manufacturier du Sud de l'Ontario me disent souvent qu'entre 50 et 70 % de leurs exportations prennent actuellement la direction des États‑Unis. Nous devons absolument conclure un bon accord avec les Américains, et c'est exactement ce que le gouvernement vise à accomplir. Toutefois, d'ici là, nous devons aussi rendre notre économie plus résiliente et moins dépendante des États‑Unis, afin que nous puissions surmonter ces chocs.
Il y a quelques semaines, j'étais à Washington, D.C., où je me suis entretenue avec quelques collègues étatsuniens. L'une des principales choses qu'il faut comprendre, c'est que nous avons beaucoup d'amis aux États‑Unis. Nous avons de nombreux alliés aux États‑Unis qui souhaitent faire des affaires avec le Canada et continuer à soutenir ce qui a permis à nos deux pays de prospérer: le commerce transfrontalier et l'économie nord-américaine que nous avons développée et qui s'est fortement intégrée au cours des dernières décennies. Toutefois, nous devons aussi leur démontrer que nous sommes un partenaire important, et ils doivent être capables de nous montrer que nous pouvons compter sur eux pour l'avenir.
Quand le évoque le fait que nos relations ont changé de manière irréversible, ce dont il parle, c'est de savoir si les Canadiens et les entreprises canadiennes peuvent s'attendre à ce qu'à l'avenir, les accords que nous signons avec nos partenaires américains soient honorés et respectés. En tant que Canadiens, nous accordons une grande importance à nos relations avec les États‑Unis. Nous apprécions cette relation transfrontalière en ce qui concerne notre économie, notre amitié et nos forces armées, qui ont servi côte à côte dans de nombreux conflits. Nous sommes amis, alliés et partenaires commerciaux, et nous voulons que cela continue. Cependant, les Canadiens ont besoin d'avoir l'assurance que, quand les Américains signent un accord, ils le respecteront.
En ce qui concerne les droits de douane imposés au titre de l'article 232, le changement le plus récent, survenu le 6 avril, va poser de réelles difficultés aux entreprises canadiennes. Voilà pourquoi l'annonce faite hier par le gouvernement est si importante: nous allons continuer à soutenir les entreprises canadiennes.
Il y a quelques semaines, l'Université de Calgary a publié un rapport sur les répercussions des droits de douane imposés au titre de l'article 232 dans l'ensemble de l'économie. Il est vrai que plus de 85 % des exportations du Canada vers les États‑Unis sont toujours couvertes par l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer qu'elles le restent. Cependant, les droits de douane imposés au titre de l'article 232 ont des répercussions disproportionnées en Ontario et au Québec, car ils touchent surtout les secteurs de l'acier, de l'aluminium et de l'automobile. Le pourcentage des exportations ontariennes vers les États‑Unis qui sont frappées par les droits de douane imposés au titre de l'article 232 est de 60 %. Pour les exportations québécoises, ce pourcentage est de 55 %. Le cœur de notre secteur manufacturier est visé, et nous devons le protéger, le développer et assurer son avenir. Notre intention est de mettre en œuvre la Stratégie industrielle de défense, de bâtir le Canada et de veiller à ce que nous ayons toutes les infrastructures dont nous avons besoin, et pour y arriver, nous devons pouvoir compter sur des secteurs de l'acier et de l'aluminium forts et dynamiques. Voilà pourquoi nous offrons des mesures de soutien au secteur de l'acier. Voilà pourquoi nous avons imposé des droits d'importation sur l'acier en provenance de pays avec lesquels nous n'avons pas d'accord de libre-échange. Voilà pourquoi nous accordons une si grande importance à la stratégie d'achat au Canada pour l'acier utilisé dans nos infrastructures. Nous comptons sur ces industries pour bâtir notre pays.
Je termine en disant que la motion et le débat d'aujourd'hui revêtent une importance capitale, car nous devons faire front commun. Nous devons adopter une approche « Équipe Canada ». Nous devons protéger les entreprises, les salariés et les citoyens qui font la force de notre pays et en assurent le bon fonctionnement.
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Monsieur le Président, ma collègue vient un peu d'utiliser la ligne par laquelle je voulais commencer lorsqu'elle a dit qu'on parlait beaucoup des entreprises, de l'industrie et de grands noms d'entreprise, mais que, si nous avions ce débat aujourd'hui, c'était d'abord pour les gens qui travaillent, pour les travailleurs.
Depuis le début de cette crise tarifaire, ce sont 9 700 emplois qui ont été perdus au Québec; des emplois payants, des emplois spécialisés, souvent des emplois dans nos régions. Jusqu'à tout récemment, on pouvait dire qu'on s'en était sauvé parce que l'ACEUM protégeait 85 % de nos exportations, même si certains secteurs étaient plus touchés. Or la réalité d'aujourd'hui au Québec, c'est qu'on a 441 000 emplois manufacturiers en jeu. Ce sont des pères, des mères de famille, des frères, des sœurs. Ce sont des gens que nous avons la responsabilité de protéger.
Quand on entend parler de fermetures, c'est d'abord à ces gens qu'il faut penser. Depuis l'annonce des nouveaux droits de douane par le président Trump le 6 avril dernier, on a vu beaucoup de fermetures dans le secteur du meuble. On parle de Bestar, on parle de Meubles South Shore. Nous avons demandé un suivi de la part du gouvernement. Nous avons demandé des mesures. Ça fait quand même un mois. Il y avait une certaine fermeture au début, mais nous sentons que le débat avance. Toutefois, il se fait tard. Je pense que c'est important que nous fassions la chronologie pour comprendre à quel point le gouvernement est en retard pour agir.
Le décret du président Trump, c'était le 6 avril dernier. Ça fait à peu près un mois. Dès le jour du décret, certaines entreprises étaient en désarroi et allaient chez des consultants en douane et chez des consultants fiscaux pour savoir ce qui se passait. Même les consultants et les avocats ne savaient pas ce qui arrivait. On essayait d'avoir de l'information de la part du gouvernement, et c'était difficile.
Nous avons par la suite posé des questions au gouvernement. La première semaine, le a posé une question au en lui demandant ce qu'il allait faire concernant ce nouveau calcul de droits de douane qui fait, pour certaines entreprises, passer le droit de douane de presque rien à 25 %, ce qui est à peu près le taux le plus élevé au monde. Cette journée-là, le premier ministre n’avait à peu près aucune idée de ce dont nous parlions et il a été assez honnête avec nous. Il nous a dit qu'il allait nous répondre ultérieurement. Nous avons donc été patients. Nous avons attendu une semaine et nous avons de nouveau posé des questions au premier ministre. Le 21 avril, nous lui avons demandé s'il allait laisser ces entreprises mourir en silence.
La réponse a été que nous devions attendre la mise à jour économique. Nous avons donc attendu la mise à jour économique. Quand je loue un film à suspense et qu'il n'y a pas de punch à la fin, je sens parfois que je me suis fait un peu avoir. C'était ça, la mise à jour économique. Il n'y avait aucune mesure pour aider ces entreprises. Il y avait de l'ingérence dans la formation de la main-d'œuvre. Il y avait un fonds souverain sans financement, sans objectif, sans aucune règle de gouvernance, sans investissement privé qui serait attiré par le fonds souverain. Ils avaient eu du temps pour penser à plein de choses pendant le mois, mais ils n'avaient pas pensé aux travailleurs.
Nous nous demandions donc ce qui allait arriver. Lors des demandes prébudgétaires, nous avions fait des demandes constructives. Quand l'entreprise Meubles South Shore a fermé, le a insinué que c'était en raison des nouveaux droits de douane — et c'était le cas —, mais que cette entreprise avait aussi d'autres problèmes de gestion et de gouvernance et que c'était un peu leur faute.
Des voix: Oh! oh!
Jean‑Denis Garon: Oui, monsieur le Président, le ministre des Finances a insinué ça. Les libéraux sont de mauvaise foi, comme d'habitude. On s'est finalement rendu compte que c'était une entreprise qui avait gagné des prix en matière de gestion et d'administration. Il n'y avait donc rien.
Dans la mise à jour économique, le calcul des droits de douane n'était pas bon. Les libéraux étaient encore sur les anciens droits de douane. Je n'ai pas le document avec moi, mais, dans la mise à jour économique, on dit que les droits de douane sont autour de 5 %. Nous avons reçu le gouverneur de la Banque du Canada, hier. Il nous a présenté le Rapport sur la politique monétaire. On convient que ces rapports sont écrits un peu à l'avance. On y dit encore qu'on a des droits de douane autour de 5 %. Or quand on regarde l'étude indépendante de l'Université de Calgary, qu'il faut lire précautionneusement et bien interpréter pour les seuils d'acier et d'aluminium, ou quand on regarde l'étude qui a été produite par le Mouvement Desjardins, qui s'inquiète pour ses membres entreprises, on se rend compte que le droit de douane moyen pour l'économie québécoise est de près de 10 %. C'est l'équivalent de ce que le gouvernement appelle le mauvais accord que l'Europe a signé.
On est à 10 %, et à peu près le quart de toutes les exportations du Québec sont présentement assujetties à des droits de douane. Ma collègue a présenté d'autres chiffres. J'en conviens, nous n'avons pas de chiffres exacts, parce que nous n'avons pas de gouvernement pour nous donner des chiffres exacts. Nous sommes obligés de consulter des études universitaires et des banques, et il y a un problème concernant l'information et la cartographie de l'effet de ces nouveaux droits de douane. Dans les demandes que nous lui avons soumises, nous invitons le gouvernement à nous donner un portrait clair afin que nous sachions qui est affecté par les droits de douane, dans quel secteur, dans quelle province et à quel taux, pour que nous puissions, de façon constructive, proposer des solutions.
Qu'a décidé de faire le président Trump? Avec son nouveau calcul des droits de douane, il a décidé de saccager ce qui est le plus précieux dans le secteur des ressources naturelles, dans un certain sens. Pourquoi? C'est parce que, depuis des années, on veut, au Québec, faire de la deuxième et de la troisième transformation.
On ne veut pas juste produire du bois, du fer et de l'acier. On veut produire des meubles et des machines, entre autres. On veut faire de la deuxième et de la troisième transformation. Avec le nouveau calcul des droits de douane, le président dit que, si, dans la valeur du produit, il y a plus de 15 % d'acier ou d'aluminium, même si c'est 16 %, on impose un droit de douane fixe de 25 %. Ça, c'est une attaque directe à des toutes petites PME qui sont en pleine croissance et qui constituent l'avenir économique de nos régions à bien des égards et qui sont aussi, dans bien des cas, des fournisseurs de plus grandes entreprises.
Dans ma circonscription, il y a de l'aérospatiale. En Montérégie, dans Lanaudière, en Beauce, il y a aussi des enjeux. C'est ce à quoi s'est attaqué le président Trump. Je soupçonne que, d'une certaine façon, il le savait. L'objectif des droits de douane, c'est de faire du dommage. Quand on répète sans arrêt qu'on est protégé, que les droits de douane sont à peu près sans effet, à part pour certains secteurs, à un moment donné, peut-être que ceux qui sont de l'autre côté se disent qu'ils vont faire davantage de dommages.
Nous demandions des mesures, dont une subvention salariale pour les entreprises les plus durement touchées par les nouveaux droits de douane. Le gouvernement, qui n'avait rien prévu dans la mise à jour budgétaire, a plutôt décidé de proposer des mesures qui étaient différentes. Ça a été fait hier par la et le . Quelles sont ces mesures?
Critiquer les décisions et les mesures du gouvernement, ce n'est pas nécessairement partisan. Il y a des raisons très précises qui font que nous trouvons que ces mesures-là sont peut-être bonnes à moyen et à long terme. Que fait le gouvernement? D'abord, il injecte 1 milliard de dollars afin d'accorder des prêts aux entreprises. Nos entreprises les plus petites, les plus touchées, les plus fragilisées sont déjà surendettées et elles ne sont pas capables de s'endetter davantage. Ce que le gouvernement a fait, c'est qu'il a dit qu'on ne paiera pas d'intérêt la première année, qu'on en paiera moins la deuxième et qu'il faudra rembourser après trois ans. Pourquoi le gouvernement fait-il ça? Il le fait pour deux raisons.
D'abord, le gouvernement n'a pas pensé à faire un nouveau programme qui était adapté aux nouveaux droits de douane. Alors, il s'est demandé quel programme il pouvait ressusciter pour pomper de l'argent dans ce programme afin de pouvoir faire une annonce lundi, hier, parce qu'il avait oublié les travailleurs dans la mise à jour budgétaire. C'est essentiellement ce qui est arrivé.
Les propriétaires d'entreprises nous parlent. Le député de a raconté des histoires de propriétaires d'entreprises qui disaient qu'ils n'avaient jamais eu de prêt de 2 millions de dollars. Ils n'ont jamais eu ça de toute leur vie, ils ne sont pas en mesure d'obtenir ça et ils n'ont pas besoin de ça. Ce dont ils ont besoin, c'est de maintenir le lien d'emploi avec leurs employés. Ils emploient des soudeurs et des techniciens. Ce ne sont pas des gens qu'il faut renvoyer à l'école, ce sont des gens qui sont productifs. S'ils ferment momentanément leur entreprise ou s'ils ont à suspendre leur production pendant un bout de temps en pleine pénurie de main-d'œuvre, ils perdront ces gens, qui iront ailleurs.
Le gouvernement nous dit qu'il va y avoir un accord. Voyons voir s'il y a un accord. Voyons quand il y aura un accord. On comprend qu'il y a de l'incertitude pour tout le monde, y compris dans le processus de négociation. Cependant, pour ces entreprises, voir ces travailleurs partir, cela ne donne rien. Cela compromet leur survie.
C'est pour ça que ça prend cette forme de subvention salariale qui maintient le lien d'emploi, d'autant plus que, si ces gens sont licenciés, ils auront recours à l'assurance-emploi.
Rappelons que ça fait longtemps que l'assurance-emploi mérite une réforme. On présente un projet pilote après l'autre, une mesure temporaire après l'autre. On a besoin d'une réforme. Pour ce qui est des fonds publics, ces gens vont avoir besoin d'assurance-emploi. L'assurance-emploi est déjà mise à mal. Pourquoi? D'un point de vue actuariel, la caisse de l'assurance-emploi doit s'équilibrer sur sept ans. On se rappellera qu'on a eu ce qu'on appelle une pandémie de 2020 à 2022, ce qui a mené à des hausses de taux de cotisation pour les entreprises pour être capable de ramener l'équilibre dans la caisse. Cette caisse n'est pas faite pour avoir deux crises en sept ans.
Alors, si on pousse ces gens vers l'assurance-emploi, on brise le lien d'emploi, on fragilise les entreprises, ça coûte de l'argent au Trésor public de toute façon, sinon le même prix qu'une subvention salariale et, ultimement, ça va mener à des hausses de taux de cotisation pour les plus petites entreprises, des entreprises qui ne sont même pas touchées par les droits de douane. En soi, ça, c'est un problème.
On n'a qu'à laisser la caisse de l'assurance-emploi tranquille et qu'à donner des subventions salariales. Combien ça pourrait coûter, des subventions salariales? Il faut l'évaluer. Si on fait un prorata du nombre de fermetures avec une projection de durée, et qu'on compare à ce qui est arrivé pendant la pandémie, on arrive probablement à un montant plus bas que l'exemption de la taxe d'accise que le gouvernement a octroyée pour l'essence afin de faire survivre des entreprises et des emplois.
Je reviens à ce que ma collègue disait dans son précédent discours: ces prêts sont peut-être bons pour de grosses entreprises qui ont les reins solides et pour qui les taux d'intérêt et le coût de financement ne sont pas un problème. Pour des petites entreprises surendettées, par contre, il n'y a rien à faire avec ça et c'est un problème. Il y a des gens, des personnes, des travailleurs, des pères, des mères de famille qui sont laissés pour compte.
La deuxième partie est la plus problématique à court terme, mais elle est intéressante à long terme.
Là, par contre, on vit à court terme. Les entreprises ont commencé à fermer. La crise est arrivée chez BRP, Meubles South Shore, Bestar et j'en passe. La crise est arrivée et les entreprises ferment pour vrai. Le gouvernement nous dit qu'il va mettre 500 millions de dollars dans l'Initiative régionale de réponse tarifaire pour que les entreprises augmentent leur productivité, fassent de la formation et achètent des machines. Par contre, augmenter la productivité, ça prend quand même du temps. On ne peut pas dire qu'on investit aujourd'hui, qu'on demande un prêt et que la productivité aura augmenté de 30 % le mois prochain. Ça n'existe pas, ça. C'est du long terme, la productivité.
Alors, aujourd'hui, depuis le 6 avril, il y a des petites entreprises manufacturières qui exportent souvent exclusivement aux États‑Unis, qui n'ont pas les ressources pour se moderniser immédiatement, et dont le prix de vente à leurs clients américains vient d'augmenter de 25 %. Si on veut que cette mesure fonctionne, il faut presque immédiatement qu'on soit capable de faire des gains de productivité qui baissent les coûts de 25 %. Là encore, ça, ça n'existe pas. C'est une mesure de moyen terme.
On revient donc encore à la fameuse subvention salariale. Une entreprise qui fait face à des droits de douane de 25 % n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Certaines entreprises sont hautement productives, mais il y a des limites à ce qu'elles peuvent faire quand elles font face à un droit de douane de 25 %.
Au Bloc québécois, nous proposons des mesures qui permettent de complémenter celles d'hier, qui s'attaquent à la partie de notre tissu industriel qui est le plus fragile, dans un Québec qui, comme disait Jacques Parizeau, a une économie ayant beaucoup de PME en région. Même s'il y a beaucoup de villes ou de régions qui ont de la grosse industrie, elles sont remplies de petits fournisseurs qui ont besoin d'aide.
J'ai rencontré plus tôt aujourd'hui les représentants de l'industrie du meuble. Je sais qu'ils rencontraient aussi des libéraux, mais ils nous disent que nous sommes à la bonne place. J'ai aussi rencontré les gens du Syndicat des Métallos aujourd'hui, et ils disaient que nous sommes à la bonne place.
Là, le gouvernement nous dit que les manufacturiers exportateurs et Jean Simard sont contents. C'est sûr: les mesures qui ont été annoncées hier vont fonctionner pour des grosses entreprises. Par contre, il y a un chaînon manquant. Les Métallos nous disent qu'il faut prendre soin des travailleurs, qu'il faut cette subvention salariale, et que le régime de l'assurance-emploi n'a pas été réformé depuis on ne sait plus quand. Je ne sais même pas si j'avais le droit de vote la dernière fois qu'on l'a réformé et je ne rajeunis pas. Nous sommes à la bonne place.
Les gens de l'industrie du meuble nous disaient qu'il était déjà trop tard. Ils nous disaient qu'on ne pouvait pas leur demander de complètement changer leur production à court terme. Un fabricant de matelas me disait qu'un lit de format Queen n'existe pas en Europe, parce que ce n'est pas dans la norme européenne. Comment veut-on qu'il aille prendre un prêt pour produire et exporter d'ici deux mois des matelas que ses machines ne peuvent pas faire, alors que la crise est immédiate?
Lors de sa mise à jour économique, le ministre des Finances nous a demandé de danser avec lui et de nous tendre la main. Nous, nous avons presque des maux à l'épaule, à force de tendre la main.
Qu'est-ce que nous demandons? Nous demandons une subvention salariale pour permettre à ces petites entreprises de survivre, une subvention qui est à coût nul, si on compte le fait que les gens congédiés vont bénéficier de l'assurance-emploi.
Nous demandons aussi des droits de douane de sauvegarde permanents contre le dumping. On connaît la question des meubles asiatiques aujourd'hui. Il y a une baisse de la demande mondiale, il y a un ralentissement. On a des problèmes de dumping, il faut des droits de douane de sauvegarde, mais il faut qu'ils soient davantage permanents, notamment avec l'Asie, pour qu'on ne soit pas toujours en train de les renégocier sans arrêt et que les syndicats soient toujours en train de faire le suivi pour savoir si ça a été renégocié.
Il faut racheter une part des droits compensatoires dans l'industrie forestière. Ces gens-là envoient de l'argent qui est en fidéicommis aux États‑Unis, ils finissent par gagner en cours et ils finissent par ravoir l'argent plus tard. C'est un actif, mais ils ne peuvent pas l'utiliser comme garantie pour avoir du financement. C'est un enjeu. Le gouvernement pourrait racheter une partie de ces actifs avec ses liquidités et permettre au secteur forestier de continuer à fonctionner.
Il faut une politique d'achat local contraignante. Au sujet du fameux « Buy Canadian », pour moi, Canadian, c'est une marque de bière. Les libéraux n'ont pas de vraie politique d'achat local. Ils ont une stratégie remplie de trous et remplie d'exceptions. Si ce n'est pas contraignant, les gens vont regarder une seule chose, le gouvernement va regarder une seule chose: le prix. Si on veut tenir compte de l'achat local, ça prend une politique qui est contraignante.
Il faut accélérer et simplifier le programme de remboursement des droits pour les réexportateurs. Présentement, il y a des produits qui contiennent de l'acier et de l'aluminium qui passent la frontière deux, trois, quatre ou cinq fois. C'est ça, la frontière canado-américaine. On paie les droits plein de fois et, finalement, on se les fait rembourser. Entretemps, ces entreprises n'ont pas ces liquidités. Le programme n'est pas assez agile, il n'est pas assez rapide. Ça, c'est aussi à coût nul, parce que ce programme existe déjà.
Ça prend un guichet unique pour que les entreprises puissent aller chercher de l'aide. Il faut que tout le monde ici comprenne que, pour une entreprise qui a 22 employés, qui est gérée par peu de personnel, payer 300 à 400 $ en frais d'avocats et de consultants juste pour comprendre ce qui est en train d'arriver avec ces droits de douane, c'est un problème. Ceux qui sont les mieux placés pour informer ces entreprises-là, c'est Affaires mondiales Canada et le ministère des Finances. Il faut qu'il y ait un guichet unique. Quand on a une petite entreprise, il faut qu' on puisse avoir l'information exacte en prenant le téléphone. En outre, ça va forcer le gouvernement à rester à jour, parce que, présentement, on a l'impression qu'il est toujours à la remorque et qu'il n'est pas à jour. On a l'impression que les calculs ne sont pas justes. On a l'impression, avec les taux de droits de douane qu'on nous donne, qu'il y a quelqu'un qui est confus quelque part. Quand c'est une question de vie ou de mort pour son entreprise, on a besoin d'un guichet unique.
On a surtout besoin d'un portrait détaillé des droits de douane: le nombre d'entreprises, les industries, les secteurs qui sont touchés. On veut le droit de douane moyen, mais on veut aussi le connaître par province. On le veut par région. On veut connaître le nombre d'entreprises touchées.
Il y a des gens intelligents des deux côtés de la Chambre; pas uniquement, mais il y en a. C'est de l'humour. Je le dis pour faire rire, parce que je sais que mes collègues aiment ça. On est capable de proposer de bonnes mesures, mais, pour ça, il faut avoir une cartographie et souvent c'est au gouvernement de faire ça.
C'est dans cet esprit que nous avons déposé la motion. Je pense qu'on doit tendre l'oreille de l'autre côté. Tout ça est constructif. Je prends quelques secondes pour dire que des gens que j'apprécie beaucoup sont sur la Colline du Parlement aujourd'hui. Je ne peux pas dire où ils sont, mais je peux dire que je les salue.
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Monsieur le Président, c'est toujours un privilège d'avoir l'occasion de débattre des motions présentées par les partis de l'opposition. Aujourd'hui, notre honorable collègue de a déposé une motion à propos des défis présentés par les droits de douane américains, en particulier pour notre secteur manufacturier.
J'apprécie la façon dont le Bloc québécois a présenté cette motion aujourd'hui, parce que je pense que les aspects du texte de la motion sont relativement équitables. J'ai des amis de l'autre côté de la Chambre des communes, chez les conservateurs. Toutefois, je trouve qu'il y a toujours un certain piège dans le texte des motions conservatrices. Or, je crois que le travail du Bloc québécois aujourd'hui présente une occasion pour que les députés de tous les partis puissent discuter d'un enjeu crucial, soit l'impact des droits de douane américains, en particulier ceux de la section 232. C'est crucial pour nos communautés partout au pays, y compris au Québec, bien sûr, dans le sud-ouest de l'Ontario et dans les communautés de ma circonscription. Je suis heureux d'avoir l'occasion de présenter la perspective de mes concitoyens de Kings—Hants ainsi que la mienne en tant que secrétaire parlementaire du . Je pense que tout le monde ici comprend que la situation est difficile.
Dans la motion du Bloc québécois, il y a quatre aspects. D'abord, au point a), on condamne l'imposition des nouveaux droits de douane américains entrés en vigueur le 6 avril 2026 comme étant contraires au principe de libre-échange. Nous sommes d'accord sur cet aspect du texte de la motion. Il est important de rappeler à tous les Canadiens que nous avons la meilleure entente avec les États‑Unis, soit l'ACEUM. Plus de 85 % de nos échanges de biens et services se font sans aucun droit de douane. C'est très important pour notre économie nationale.
Cependant, il est vrai que, pour les secteurs touchés par les droits de douane imposés par la section 232, c'est très difficile. C'est difficile pour le secteur de l'acier. C'est difficile pour le secteur de l'aluminium. C'est difficile pour le secteur forestier. Maintenant, avec la modification, il n'est plus simplement question d'un droit de douane sur certains produits non américains, mais il est question d'un droit de douane imposé au prix entier de produits en général. Cette augmentation provient d'une décision de l'administration américaine. Dans certains cas, il y avait un droit de douane de 2 % ou 3 %, et c'est maintenant rendu à plus de 20 %. Il y a beaucoup d'exemples. Nos collègues en ont soulevé aujourd'hui. Nous sommes en accord sur le premier aspect du texte de la motion d'opposition du Bloc québécois.
Au point b), on constate que l’application de droits de douane supplémentaires sur la valeur totale des produits contenant de l’acier, de l’aluminium ou du cuivre touche un nombre croissant d’entreprises, en particulier les PME. Nous sommes d'accord sur ce point. Comme je l'ai mentionné, il s'agit de la façon dont l'administration américaine a décidé d'élargir sa politique de la section 232. C'est problématique pour nos PME partout au pays.
Nous sommes d'accord en général, mais nous avons certaines réserves quant au point c). Ce n'est pas qu'il est problématique, mais c'est que nous sommes déjà en train d'apporter des correctifs et d'aider nos entreprises.
Le point c) de la motion exprime une inquiétude quant au fait que ce nouveau contexte commercial puisse avoir des effets irréparables sur notre secteur manufacturier et sur les employés qui en dépendent. Oui, nous comprenons que la situation est très difficile, mais je pense que, maintenant, il est nécessaire d'aider les secteurs impactés par les droits de douane et, en même temps, créer une économie résiliente.
Je veux soulever certains points importants quant à la perspective de notre gouvernement pour faire face à ce défi que représentent les droits de douane pour les secteurs impliqués, et aussi pour l'économie en général.
Premièrement, nous allons être notre meilleur client dans les domaines de l'acier, de l'aluminium et du bois d'œuvre. C'est la raison pour laquelle le ministre responsable de l'approvisionnement, ici au Canada, se concentre sur la façon d'acheter plus de nos PME, de nos secteurs en général. Je suis fier, je comprends et je sais que les Canadiens sont maintenant fiers des produits de nos compagnies locales. Avec le pouvoir d'achat du gouvernement, nous avons une occasion d'aider nos entreprises partout au pays.
Pour aider les entreprises, je pense que la prochaine étape sera l'agriculture et l'agroalimentaire. Particulièrement au Québec, mais aussi en Ontario et en Atlantique, nous avons beaucoup de fermiers. D'après certains aspects de la politique américaine, je pense qu'il est également important d'aider les fermiers, particulièrement nos petits fermiers, avec une politique d'achat local. Avec le Programme national d'alimentaire scolaire, nous avons l'occasion d'acheter des produits locaux. C'est un aspect de notre politique nationale dans ce contexte.
Dans cet objectif d'être notre meilleur client, je pense au Chantier Irving à Halifax. Nous avons probablement plus de 4 000 travailleurs locaux, des travailleurs qualifiés, qui ont l'occasion de construire et de réparer les navires de la Marine royale canadienne. C'est un bon exemple de notre investissement dans le secteur de la défense. Ce sera une occasion d'aider les membres des Forces armées canadiennes, mais aussi de créer de bons emplois partout au pays.
Il y a d'autres exemples, comme le Chantier Davie à Québec, CEI à Montréal, ou Bombardier. Il y a beaucoup d'exemples partout au pays. C'est l'occasion d'aider ces secteurs maintenant.
Il est également important de trouver d'autres marchés. Nous sommes d'accord sur la proposition de continuer notre bonne relation historique avec les États-Unis et sur l'importance de ce marché pour nos secteurs en général. Cela dit, nous devons trouver d'autres marchés pour aider nos entreprises et diversifier nos relations de libre-échange partout dans le monde.
Je suis très fier du travail de notre gouvernement consistant à trouver de nouveaux marchés et à créer des occasions d'exporter nos produits. Il y a beaucoup de secteurs différents dans ce contexte, mais c'est très important. En Europe, en Amérique du Sud, en Asie-Pacifique, c'est comme l'Inde, comme l'Indonésie, comme la Chine dans certains contextes. Je connais les répercussions sur certains secteurs manufacturiers, mais dans certains aspects, les nouveaux marchés sont très importants.
Au sujet de la façon dont nous pouvons aider les travailleurs impliqués avec la prolongation de l'assurance-emploi, avec les mesures de financement particulières pour les compagnies aux prises avec les droits de douane américains, nous avons plus de 5 milliards de dollars pour un certain programme appelé le Fonds de réponse stratégique pour aider les compagnies dans les secteurs de l'automobile, de l'acier et de la foresterie à absorber les impacts des droits de douane imposés en vertu de l'article 232 et les droits de douane imposés par le département du Commerce des États-Unis.
Nous comprenons l'importance de trouver un chemin, dans le contexte du libre-échange avec l'administration américaine. Cependant, en même temps, nous sommes là. Nous sommes là pour les travailleurs au Québec, en Ontario et partout au pays. En Atlantique, nous avons d'autres exemples de certains produits qui sont ciblés par les droits de douane américains.
Nous avons des programmes en place. Aussi, je suis fier de souligner l'importance des fonds dédiés aux agences de développement régional du Canada. Il y a différentes agences au pays et il y a des fonds spécialement pour aider les compagnies touchées, mais il y a aussi une distribution des fonds disponibles pour aider dans le contexte régional en Atlantique, au Québec, dans les Prairies et dans l'Ouest. Mon collègue de est au courant des programmes qui existent dans l'Ouest du Canada.
Il y a deux autres aspects importants à considérer pour créer une économie résiliente. Il y a les grands projets.
La motion de l'opposition que nous avons aujourd'hui est présentée par mon collègue de , du Bloc québécois. Je vais parler des grands projets au Québec. C'est comme le Port de Montréal à Contrecœur, c'est très important. C'est très important pour Montréal, pour le Québec, mais aussi pour le Canada. C'est un exemple de grand projet dans le but de créer des bénéfices pour beaucoup de secteurs, comme les secteurs touchés par les droits de douane, notamment l'acier et l'aluminium, ainsi que les travailleurs, qui font face à différents défis à cause des droits de douane.
Nouveau Monde Graphite est un bon exemple de projet de minéraux critiques au Québec. C'est un bon exemple d'innovation au Québec et pour le Canada. Alto est aussi important dans le contexte du transport et de l'approvisionnement en produits canadiens. C'est une occasion de soutenir ce secteur.
En Nouvelle-Écosse, il y a le projet de transformation Wind West qui est important pour l'énergie en Atlantique. Il y a le projet Bay du Nord, à Terre-Neuve-et-Labrador. Je comprends et je crois que la première ministre du Nouveau-Brunswick souhaite mettre en place un projet nucléaire au Nouveau-Brunswick.
Nous avons donc beaucoup d'occasions de renforcer notre économie en général.
Je pense qu'il est aussi nécessaire d'investir dans les grands projets pour renforcer notre capacité d'exportation. J'ai mentionné le port de Contrecœur, mais avec le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux, le a plus de 5 milliards de dollars à investir dans les chemins de fer, les ports, les aéroports et les plates-formes logistiques. Il y a beaucoup d'investissements importants visant à catalyser les investissements du secteur privé. C'est un autre exemple de l'importance de travailler et de nous concentrer sur ce qui nous permet d'être maîtres chez nous.
Nous comprenons l'importance de trouver un chemin avec les Américains dans le contexte de l'ACEUM. Cela dit, comme le l'a mentionné, il est impossible de contrôler le président américain, M. Trump. Nous pouvons cependant contrôler nos règlements, nos initiatives ici au Canada et notre vision pour l'économie de nos communautés et de nos régions pour l'avenir. Je pense que cet aspect est absolument crucial dans le contexte à venir.
Après avoir abordé les points a), b) et c) de la motion du Bloc québécois, je vais maintenant lire le dernier point d):
d) demande au gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires afin d'atténuer l'impact de ces tarifs injustifiés, incluant des mesures de soutien direct aux entreprises et aux travailleurs du Québec et du Canada affectés, jusqu'à la restauration d'une entente commerciale avec les États‑Unis.
Nous faisons encore du libre-échange avec les États‑Unis, mais nous aimons l'idée de tracer une voie à suivre dans un contexte de réduction ou d'élimination des droits de douane pour les secteurs touchés. Comme je l'ai mentionné, nous avons plus de 500 milliards de dollars spécifiquement pour les compagnies, pour les secteurs, pour les industries touchés directement par les droits de douane américains.
Nous croyons à l'importance de ces secteurs et de nos travailleurs dans ce contexte. Les répercussions sont connues et elles ne touchent pas seulement le Québec et l'Ontario, mais bien l'ensemble du pays, compte tenu de l'intégration de notre économie continentale avec les États‑Unis. C'est la raison pour laquelle nous allons trouver d'autres marchés. Nous allons continuer d'aider les entreprises, les PME et les travailleurs qui sont touchés par les droits de douane. Nous comprenons que la situation est très difficile et que les compagnies ont peu de marge de manœuvre.
Nous allons aussi continuer d'investir dans les Forces armées canadiennes. Nous avons investi des milliards de dollars afin d'acheter plus d'équipements et de fournir des maisons à nos soldats, au personnel des Forces armées canadiennes. Nous pensons que ces investissements sont cruciaux pour la protection de notre souveraineté, mais aussi pour notre capacité industrielle partout au pays. Cela inclut les compagnies du Québec.
Je vois qu'il ne me reste plus de temps de parole. C'était un plaisir d'avoir l'occasion de souligner les mesures du gouvernement fédéral en général et d'ajouter certains points personnels en même temps. Je suis prêt à répondre aux questions de mes collègues.
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Monsieur le Président, ce qui se joue aujourd'hui dépasse largement une querelle commerciale passagère. Ce que nous observons, depuis le décret du 6 avril de l'administration américaine, c'est un durcissement méthodique, structuré et profondément nuisible des règles du jeu auxquelles nos entreprises étaient jusqu'ici soumises.
Hier encore, les tarifs sur l'acier et l'aluminium, déjà excessifs, reposaient sur une logique proportionnelle. Aujourd'hui, Washington a choisi la brutalité administrative: un tarif uniforme de 25 % appliqué à la valeur totale d'un produit, dès que celui-ci contient plus de 15 % d'acier, d'aluminium ou de cuivre canadien.
Autrement dit, ce n'est plus seulement une taxe sur une matière première. C'est une taxe sur notre capacité à transformer, à innover, à exporter. C'est une taxe sur notre intelligence économique et les conséquences sont immédiates. Des produits autrefois protégés par les accords commerciaux sont désormais frappés de plein fouet. Selon les analyses disponibles, c'est près du quart de nos exportations vers les États-Unis qui se retrouve touché.
Ce chiffre d'un quart, il faut le mesurer. C'est un choc majeur pour notre économie. Pourtant — c'est là où le bât blesse —, la réponse gouvernementale est demeurée jusqu'ici timide, pour ne pas dire insuffisante. L'énoncé économique récent n'anticipait rien et les mesures annoncées par la suite, bien qu'elles témoignent d'une certaine prise de conscience, reposent essentiellement sur de l'endettement supplémentaire pour des entreprises qui, bien souvent, n'en peuvent déjà plus. On leur propose des prêts, alors qu'elles ont besoin d'oxygène. On leur propose des mécanismes administratifs, alors qu'elles ont besoin de prévisibilité.
Pendant ce temps, la réalité, elle, est implacable. Les commandes vont diminuer, peut-être pas aujourd'hui, peut-être pas demain matin, mais dans les mois qui viennent, lorsque les carnets actuels seront épuisés. À ce moment-là, ce ne seront plus des inquiétudes, ce seront des fermetures, ce seront des pertes d'emploi, ce seront des régions entières fragilisées.
En conséquence, il faut cesser de gérer au jour le jour. Il faut agir avec rigueur, avec cohérence et surtout avec ambition.
Il faut d'abord protéger le capital humain. Une subvention salariale temporaire, inspirée de ce que nous avons su faire en temps de crise, permettrait de maintenir les travailleurs en emploi, de préserver l'expertise et d'éviter une hémorragie dont nous mettrions des années à nous remettre.
Ensuite, il faut défendre notre secteur stratégique: le bois, l'aluminium, l'acier. Ce ne sont pas des industries du passé. Ce sont des piliers de notre avenir industriel. Des mesures de sauvegarde s'imposent pour contrer les pratiques déloyales, qu'elles viennent des États-Unis ou d'ailleurs.
Il faut également faire preuve d'intelligence financière. Racheter une partie des droits compensatoires imposés à nos producteurs de bois d'œuvre, par exemple, ce n'est pas une dépense, c'est un repositionnement stratégique.
Il faut surtout cesser d'agir comme si l'achat local était une option. Cela doit devenir une obligation structurante. L'État doit être un levier économique, pas un spectateur.
À cela s'ajoutent des mesures concrètes, pragmatiques: simplifier les mécanismes de remboursement des droits, offrir un accompagnement centralisé aux PME et, surtout, dresser un portrait clair, détaillé, rigoureux des entreprises touchées. Gouverner, c'est comprendre et comprendre, c'est mesurer.
Enfin, je me permets de dire sans détour que c'est 8 milliards de dollars de pertes potentielles pour le Québec, mais qu'en face, il n'y a qu'une réponse de 1,5 milliard de dollars. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: ce n'est pas sérieux, ce n'est pas à la hauteur, ce n'est pas ainsi qu'on protège l'économie.
Il faut appeler les choses par leur nom. Le décret signé par Donald Trump est une attaque directe contre les PME québécoises et canadiennes. C'est une attaque ciblée, assumée et profondément déstabilisante. Nous ne sommes pas devant une simple divergence commerciale. Nous sommes devant une distorsion tarifaire imposée de l'extérieur sans égard aux règles établies.
Le changement du mode de calcul de l'article 232, qui passe de la teneur en métal à la valeur totale du produit, représente exactement le type d'ingérence économique étrangère que la Chambre a toujours dénoncé. Une règle imposée unilatéralement, sans préavis, qui vient fausser la concurrence et punir ceux qui ont fait le bon choix: transformer ici, investir ici, créer de la valeur ici.
Ne nous trompons pas: ces droits de douane sont appliqués de mauvaise foi. Malgré certaines décisions judiciaires aux États‑Unis, la Maison-Blanche contourne l'esprit même de ces jugements pour maintenir ses mesures. Autrement dit, le président américain gouverne selon son bon vouloir. Face à cela, la responsabilité d'Ottawa est claire: protéger les économies du Québec et du Canada, protéger ses travailleuses et ses travailleurs, protéger ses entreprises. Or, que voyons-nous? Nous voyons Ottawa qui tarde, Ottawa qui hésite, Ottawa qui réagit, mais toujours un pas derrière.
Le s'est fait élire avec la promesse de défendre notre économie contre ce type d'agression commerciale. Pourtant, encore aujourd'hui, il demeure sur la défensive comme si la situation allait se résorber d'elle-même. Elle ne se résorbera pas, elle s'aggravera. Il y a aujourd'hui plus de droits de douane qu'au début du présent mandat. Pendant qu'on tergiverse ici, sur le terrain, les conséquences sont bien réelles. Le Québec, déjà plus exposé que le reste du pays aux politiques tarifaires américaines, encaisse le choc de plein fouet.
Dans le secteur manufacturier seulement, ce sont des milliers d'emplois qui ont disparu au cours de la dernière année. Des industries entières, de la foresterie jusqu'à certains segments de la production culturelle, ont vu leur taux d'emploi reculer de manière importante. Avec les nouvelles mesures d'avril, la situation ne va que s'empirer. Pourquoi? C'est parce que ce que l'on taxe désormais, ce n'est plus seulement le métal, c'est le travail, c'est l'ingéniosité, c'est la valeur ajoutée québécoise et canadienne. Chaque produit transformé devient une cible. Chaque entreprise qui a choisi de monter en gamme devient pénalisée. C'est une logique perverse qui récompense la matière brute et sanctionne l'intelligence économique. Cela, nous ne pouvons pas l'accepter.
Appuyer la motion que nous présentons, ce n'est pas un geste symbolique. C'est un geste nécessaire pour défendre la crédibilité même de nos accords commerciaux, notamment l'Accord Canada-États‑Unis-Mexique. Nous avons négocié ces ententes de bonne foi, avec l'objectif de créer un espace économique stable, prévisible et équitable. Or, Washington a décidé de changer les règles du jeu en cours de partie. Ce n'est pas du commerce, c'est de la prédation commerciale. Face à la prédation, on ne répond pas par l'attentisme. On répond par la fermeté. On répond par des mesures concrètes. On répond en étant à la hauteur.
Le 21 avril dernier, à la Chambre, le a posé une question très simple au : y aura-t-il des mesures transitoires pour soutenir nos entreprises et nos travailleurs frappés par les nouveaux droits de douane américains? La réponse a été claire: oui, elles viendront dans la mise à jour économique. Or, le 28 avril, cette mise à jour a été déposée et elle ne répond en rien à l'urgence de la situation. J'insiste sur le mot « rien ». Il n'y a aucune mesure ciblée pour contrer les droits de douane imposés par l'administration de Donald Trump. Il n'y a aucune réponse structurée pour soutenir les entreprises directement touchées. Il n'y a aucune vision pour protéger notre tissu industriel.
À la place, on nous présente des constructions financières improvisées, un soi-disant fonds souverain de 25 milliards de dollars, qui n'a de souverain que le nom et dont le mandat aurait tout aussi bien pu être confié à la Banque de l'infrastructure du Canada, laquelle, soit dit en passant, n'a même pas utilisé l'ensemble des fonds qui lui avaient été alloués. Pendant ce temps, d'ailleurs, la dette augmente et, avec elle, le coût du service de la dette, qui va dépasser les 80 milliards de dollars d'ici quelques années, donc bien davantage que ce qu'on transfère en santé aux provinces. Je le rappelle, Ottawa ne respecte pas sa propre loi.
Pourtant, il y a des propositions. Nous en avions, nous en avons toujours et nous en aurons. Le Bloc québécois avait formulé en amont une série de mesures concrètes, réalistes et adaptées à la crise. Non seulement ces propositions ont été ignorées, mais Ottawa n'a même pas jugé bon de nous consulter. C'est révélateur. C'est révélateur d'un gouvernement qui gouverne en vase clos. C'est révélateur d'un gouvernement qui confond majorité parlementaire et dispense d'écoute. Plus troublant encore, pendant que nos entreprises souffrent, Ottawa se félicite de ses revenus. Ce sont plus de 10 milliards de dollars perçus en droits de douane, dont à peine un peu plus de la moitié a été redistribuée.
Les 4,5 milliards de dollars qui restent dorment dans les coffres d'Ottawa pendant que des PME ferment leurs portes, pendant que des travailleurs perdent leur emploi. Les outils existent, l'argent est là. Ce qui manque, c'est la volonté politique.
Comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement continue de s'appuyer sur des données périmées pour évaluer les répercussions des droits de douane. Ce n'est pas de la gestion de crise, ça. C'est de l'improvisation. Dans une crise économique, l'improvisation, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix: les travailleurs, les régions et les PME. Reconnaître un problème, c'est une chose, et c'est très bien. C'est probablement la première étape. Agir en conséquence, cependant, c'en est une autre.
Dans les moments charnières, les nations qui s'en sortent ne sont pas celles qui espèrent que la tempête passe; ce sont celles qui s'organisent pour y faire face. Si le Canada ne souhaite pas le faire, le Québec va le faire dans tous les cas. Les solutions sont nombreuses, il faut maintenant les mettre en application.
J'espère que la Chambre adoptera la motion du Bloc québécois déposée aujourd'hui dans le cadre de notre journée de l'opposition. Nous sommes rendus là.
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Monsieur le Président, j'ai écouté avec beaucoup d'attention le discours de mon collègue le député de , qui me semble tout à fait pertinent et approprié dans les circonstances, sur cette motion-ci. La situation que le Bloc québécois dénonce, c'est une situation vraiment problématique qui ne date pas d'hier. Nous sommes toujours en constant rattrapage. Nous l'avons vu avec la question des soins de santé. Quand ça a commencé, cette histoire, le fédéral payait 50 % des frais. On est rendu en bas de 20 % et ça prend tout pour essayer de lui faire assumer 6 % des coûts d'augmentation chaque année. Le fédéral n'est pas encore là. Il ne veut pas. Le gouvernement fédéral ne veut pas mettre d'argent dans la santé alors que Québec et les provinces en demandent.
Revenons à cette problématique des accords avec les États‑Unis. Je comprends que le ne peut pas décider d'enlever les droits de douane. C'est le président américain qui les a imposés. Il est quand même arrivé avec des promesses et des engagements là-dessus en nous disant que ça allait se terminer dans les prochains mois, ce qui n'est pas arrivé. Comme le faisait remarquer mon collègue, ça a même augmenté. C'est un constat d'échec.
Si on n'est pas capable de tenir parole et de donner ce qu'on avait promis l'an dernier, ne faudrait-il pas trouver d'autres façons, à tout le moins, pour amoindrir le choc pour les citoyens du Québec et du Canada? Oui, ça coûte de l'argent, mais nous avons parlé d'un certain nombre de choses. Tout ça peut être financé relativement facilement. Mes collègues de et de mentionnaient à l'instant que, quand le fédéral investit, c'est toujours pour sauver les entreprises ailleurs au Canada. C'est très rarement pour le Québec.
Nous avons parlé de faire des coupes dans les subventions aux pétrolières. Ça aussi, c'est un engagement que nous avons pris. On se rappellera que le Canada a signé l'Accord de Paris. Nous avons pris des engagements en matière d'environnement. C'est clair, et tous les observateurs et tous les vérificateurs le confirment année après année: nous n'y arrivons pas, nous n'y arriverons pas et nous ne changeons rien pour que ça arrive. Essayons donc de nous acquitter de nos engagements. Éliminons les subventions aux pétrolières. Ça va nous aider à atteindre les cibles de l'Accord de Paris et ça va nous permettre de récupérer 25,7 milliards de dollars en cinq ans pour favoriser la transition énergétique.
C'est de l'argent qui va pouvoir être utilisé aussi dans d'autres programmes. C'est un peu abstrait, 25,7 milliards de dollars, mais c'est 25 700 millions de dollars. C'est du cash, ça. C'est 5 140 millions de dollars par année ou, si l'on préfère, c'est 428,33 millions de dollars par mois. On peut même y aller encore plus court que ça. C'est 99 millions de dollars par semaine. Pendant 5 ans, nous dégagerions 99 millions de dollars toutes les semaines. Nous pourrions nous en payer, des programmes d'aide pour nos entreprises. Nous pourrions les soutenir, nos travailleurs et nos industries du bois d'œuvre, de l'aluminium et de l'acier. Nous serions capables de soutenir tout le monde qui en a besoin. Malheureusement, on dirait qu'il n'y a pas de volonté politique du côté de ce gouvernement.
Récupérons ces 25,7 milliards de dollars et servons-nous-en. Entre autres, en 2 mois sur les 5 ans, nous pourrions rembourser les 814 millions de dollars qui sont dus aux Québécois parce que le fédéral a décidé de faire un cadeau électoral l'an dernier en versant ces sommes aux citoyens de l'Ouest canadien. Au Québec, nous nous sommes léché la patte, comme on dit chez nous. Ce sont 814 millions de dollars que nous pourrions retourner au Québec. Ça aiderait.
Pourquoi ne pas faire la réforme de l'assurance-emploi et nous attaquer au fameux trou noir que nous parlons de corriger année après année? Je suis ici depuis 2015 et ça fait depuis 2015 que j'en entends parler, du trou noir. Profitons-en et corrigeons ça, nous allons aider les travailleurs québécois et les travailleurs canadiens à passer au travers de la crise tarifaire. Il y a un paquet d'idées comme ça. Il y a nos médias régionaux, et même nos médias nationaux qu'on ne subventionne pas. Je voyais des critiques de commentateurs, des analystes de Radio‑Canada qui critiquaient d'autres médias privés.
J'ai beaucoup de respect pour Radio-Canada et je ne voudrais surtout pas qu'on perde Radio-Canada, mais pourquoi ne pas essayer d'instaurer un peu d'harmonie dans le milieu des médias? Pour ne pas subventionner un peu plus nos entreprises privées dans les médias ou leur donner un peu plus de chance, tout en maintenant les subventions chez Radio-Canada?
Pourquoi ne pas corriger le problème de la Sécurité de la vieillesse? Le gouvernement fédéral précédent a décidé de créer deux classes d'aînés. On augmente les prestations pour nos aînés de 75 ans et plus, mais à ceux de 65 à 75 ans, on dit d'aller s'arranger avec leurs troubles. Peut-être qu'on pourrait les aider. Ce ne serait peut-être pas nuisible en période d'austérité comme celle qu'on vit présentement.
Il y en a d'autres comme ça. Je parlais tantôt de la santé. La hausse des transferts, c'est 6 % par année, c'est 14 milliards de dollars sur cinq ans. Tantôt, je parlais d'en récupérer 25,7 milliards de dollars sur cinq ans, juste en supprimant les subventions aux pétrolières.
Des solutions, il y en a, et je pourrais en énumérer bon nombre d'autres.
Encore une fois, je comprends le message. Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas économiste, mais je le comprends. Je reçois le message du , qui dit qu'il ne peut pas régler la crise tarifaire tout seul et que c'est Donald Trump qui a imposé ces droits de douane. Je comprends ça, je ne suis pas nono, mais il y a d'autres choses qu'on contrôle, par exemple.
Les subventions pétrolières, on les contrôle. La crise des médias, on en contrôle les leviers. Le cadeau électoral qu'on a fait à l'Ouest et dont on prive le Québec — c'est grave, ça — on a le contrôle là-dessus. On peut signer le chèque. Le trou noir sur l'assurance-emploi, on peut le boucher.
J'invite notre premier ministre à utiliser les compétences qu'il dit avoir, ce dont je ne doute pas. Cet homme a occupé d'importantes fonctions en matière d'économie et de finances au cours de sa vie professionnelle. Je ne doute pas de ses compétences, mais pourrait-on profiter de ces compétences-là, parce qu'il ne faut pas oublier que c'est pour ça qu'il a été élu? À tort ou à raison, bon nombre de Canadiens et de Québécois ont cru que cet homme pouvait nous aider à régler la problématique de la crise tarifaire. Or, au bout d'un an, on constate que non seulement il n'a pas réussi à aider, mais que la situation a même empiré.
Laissons un peu ça de côté pour deux minutes et utilisons les leviers que nous avons. Supprimons les subventions aux pétrolières, équilibrons les prestations auprès de nos aînés, remettons l'argent dû aux Québécoises et aux Québécois, soutenons notre industrie des médias, corrigeons les problèmes avec l'assurance-emploi. Je peux en énumérer encore beaucoup, mais je pense que, seulement avec ça, il y a du pain sur la planche. Par contre, il y a de moyens et de besoins.
C'est quelque chose que notre premier ministre est capable de faire. La question est: a-t-il la volonté de le faire?