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Monsieur le Président, je suis très fier de prendre la parole au nom de mes concitoyens au sujet du projet de loi . Je tiens à mentionner d'entrée de jeu que je partagerai mon temps de parole avec mon estimé collègue de .
Aujourd'hui, nous débattons d'un projet de loi important qui est particulièrement pertinent pour le processus démocratique auquel les Canadiens participent à toutes les élections fédérales et qui nous permet d'avoir le réel privilège et l'honneur de siéger à la Chambre et de les représenter.
Le projet de loi comporte plusieurs éléments et, bien que mes collègues de tous les partis aient parlé de différents mécanismes prévus dans le projet de loi, je me concentrerai sur deux qui revêtent une importance particulière pour moi.
Avant de le faire, je tiens à être clair: ce projet de loi a du mérite. Bon nombre de ses dispositions, dont notre ministre du cabinet fantôme a parlé, je crois, sont certainement les bienvenues, et le projet de loi mérite d'être examiné plus en profondeur à l'étape de l'étude en comité. Je pense que la plupart de nos collègues ici présents en conviennent. Ils conviendront également que la confiance dans notre démocratie demeure de la plus haute importance pour les Canadiens.
En tant que parlementaires, nous avons tous le devoir de défendre la démocratie et de veiller à ce que les intérêts des Canadiens soient représentés dans ce processus. La confiance démocratique lie l'ensemble des acteurs de nos élections fédérales, et cette confiance se mérite. Parmi les acteurs les plus importants de nos processus démocratiques figurent les électeurs, qui exercent leur droit de vote à chaque élection. Ils méritent d'avoir l'assurance que leur volonté se reflète dans les résultats électoraux de chaque circonscription du pays, quelle qu'en soit l'issue.
Cela m'amène aux deux points les plus importants sur lesquels j'aimerais m'attarder aujourd'hui. Premièrement, il y a le travail de mobilisation accompli par les conservateurs afin de défendre notre démocratie contre les agissements du Comité du bulletin de vote le plus long. Deuxièmement, il y a les lacunes actuelles en matière de protection contre l'ingérence étrangère, qui persistent depuis 11 ans sous le gouvernement libéral.
Nous sommes heureux de voir les libéraux commencer à prendre ces préoccupations au sérieux, mais il est malheureux qu'ils aient choisi d'attendre si longtemps pour apporter des changements concrets. Cela dit, ce n'est rien de nouveau. Comme on le dit souvent, l'imitation est la forme de flatterie la plus sincère, et les conservateurs sont très fiers de susciter un véritable changement depuis les banquettes de l'opposition afin d'assurer un meilleur gouvernement et une meilleure démocratie dans ce pays.
En tant que député de Brandon—Souris, j'ai écouté les préoccupations de mes concitoyens. Pendant et après les élections fédérales de l'année dernière, on m'a clairement dit que les actions du soi-disant Comité du bulletin de vote le plus long avaient considérablement entravé la capacité de nombreux Canadiens à voter. Toute action qui vise délibérément à semer la confusion ou à décourager les électeurs et qui impose un fardeau inutile aux employés d'Élections Canada — qui, dans bien des cas, sortent de leur retraite uniquement pour travailler le jour des élections — ne sert pas les intérêts de notre système démocratique. C'était une initiative tout à fait inacceptable pour les électeurs, mes concitoyens, et j'en ai entendu parler en faisant du porte-à-porte.
En fait, ces efforts ont créé des obstacles, en particulier pour certaines des personnes les plus vulnérables de la société, les aînés et les personnes handicapées, ce que mes concitoyens ont trouvé de très mauvais goût. Les Canadiens doivent pouvoir faire confiance au système, mais ils n'ont pas tort de se demander pourquoi des failles dans la Loi électorale du Canada permettent à des groupes de délibérément perturber le processus électoral.
En juillet 2025, le , qui a été ciblé par de nombreuses campagnes du Comité du bulletin de vote le plus long, et notre ministre du cabinet fantôme pour la réforme démocratique ont écrit au gouvernement libéral pour exiger qu'il mette rapidement en œuvre une mesure législative et accorde la priorité à cette question afin de protéger les élections fédérales canadiennes contre ces manœuvres.
Voilà pourquoi, en octobre 2025, c'est avec fierté que j'ai présenté au Parlement une pétition en réponse aux actions du Comité du bulletin de vote le plus long. Ma pétition avait été signée par des centaines de Canadiens qui exhortaient le gouvernement du Canada à modifier la Loi électorale du Canada afin qu'il soit interdit d'agir à titre d'agent officiel pour plus d'un candidat lors des élections fédérales.
Je suis fier d'avoir participé aux délibérations qui se sont ensuivies au comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Celles-ci ont abouti à un rapport renfermant sept ou huit recommandations et exhortant le gouvernement à agir. Nous sommes ravis de constater que bon nombre de ces recommandations ont été prises en compte dans le projet de loi , et nous sommes heureux que celui-ci reprenne certaines de nos idées et tienne compte d'une partie des préoccupations des pétitionnaires qui ont pris le temps, malgré leur horaire chargé, d'appeler à un changement dans ce domaine.
Les conservateurs réclament depuis longtemps des mesures simples comme celle-ci, dont l'objectif est très clair, pour que la confiance continue d'être à la base des élections générales et partielles au Canada. Après avoir demandé à maintes reprises au gouvernement libéral de faire preuve de sérieux, nous l'avons enfin contraint à présenter une mesure législative — le projet de loi — pour modifier en profondeur la Loi électorale du Canada. Certaines de ces modifications se rapprochent de ce que les conservateurs ont demandé. En revanche, certaines dispositions du projet de loi auraient des répercussions importantes sur les sanctions administratives pécuniaires prévues dans la loi et conféreraient des pouvoirs au commissaire aux élections fédérales. Ce sont là quelques-unes des dispositions qui doivent être étudiées attentivement. Nous sommes donc très favorables au renvoi du projet de loi au comité pour qu'il soit analysé en profondeur dans le cadre du processus législatif.
Dans les circonstances, le plus troublant demeure que quatre élections partielles fédérales ont eu lieu depuis l'élection générale de l'an dernier, et que, durant ces élections partielles, les Canadiens ont voté sous les pressions exercées par le Comité du bulletin de vote le plus long, pas plus tard que la semaine dernière dans la circonscription de . Les libéraux veulent se féliciter d'avoir présenté ce projet de loi. Les Canadiens ont pourtant raison de demander pourquoi il leur a fallu autant de temps pour le rédiger et en débattre malgré les avertissements des conservateurs, du directeur général des élections et d'autres intervenants, qui avaient recommandé des moyens d'éviter ce type de perturbations dès 2024. Les libéraux ont présenté ce projet de loi il y a quelques semaines seulement, mais nous pourrons en discuter plus longuement en comité.
Je me permets d'aborder un autre aspect du projet de loi, c'est-à-dire l'ingérence étrangère. Les Canadiens s'attendent à ce que leurs gouvernements prennent rapidement des mesures décisives pour contrer les menaces à notre démocratie, qu'elles viennent d'ici ou de l'étranger. Cela m'amène à mon deuxième point. J'ai beau m'inquiéter des gestes posés par les Canadiens qui choisissent de contester par l'intermédiaire du Comité du bulletin de vote le plus long, je m'inquiète autant de l'inaction du gouvernement dans la lutte contre les entités étrangères qui cherchent à influencer le résultat de nos élections. L'ingérence d'acteurs étrangers dans les élections au Canada représente une menace omniprésente qui pèse sur la démocratie canadienne. Ces menaces sont réelles, et nous savons d'où elles viennent.
L'Enquête publique sur l'ingérence étrangère dans les processus électoraux et les institutions démocratiques fédéraux a été réalisée avant mon élection à la Chambre. Je tiens néanmoins à remercier la commissaire Hogue pour sa rigueur et le travail approfondi qu'elle a accompli. La commissaire a conclu que « certains États tentent de s'ingérer dans nos institutions démocratiques, y compris nos processus électoraux ». Elle a fait part de préoccupations sérieuses quant aux activités d'ingérence étrangère menées durant la course à l'investiture d'un ancien député de Don Valley‑Nord, en 2019. Depuis, d'autres incidents graves sont survenus.
Le projet de loi prévoit des mesures pour s'attaquer à l'ingérence dans les processus électoraux, notamment l'interdiction pour des étrangers d'exercer une influence indue sur un électeur afin qu'il vote ou s'abstienne de voter ou vote ou s'abstienne de voter pour un candidat donné ou un parti donné à une élection. Il aborde également certains aspects du financement par des tiers lorsque les fonds proviennent d'acteurs étrangers.
Je reconnais qu'après avoir été interrogé par le député de , le ministre responsable a reconnu que le projet de loi permettrait un écart de financement de 10 %. Le ministre a également indiqué qu'il s'engageait à soumettre les dispositions concernées à l'examen du comité en vue du retrait éventuel de certaines d'entre elles ou, à tout le moins, d'une analyse approfondie à l'étape de l'étude par le comité. Nous attendons avec impatience la suite de ce processus.
Malgré les échecs accumulés par les libéraux dans ce dossier jusqu'à présent, je me réjouis de la présentation du projet de loi. Comme membre du comité de la procédure et des affaires de la Chambre, j'ai très hâte d'en discuter en profondeur en comité.
Grâce à ce projet de loi, j'ai espoir que le Canada et les Canadiens pourront enfin prendre les mesures que les conservateurs recommandent depuis un certain temps et qui, nous le savons, contribueront à soutenir et à défendre cette institution démocratique, de même que le processus d'élection des députés. Nous devons donner aux Canadiens l'assurance que les institutions méritent leur confiance. C'est leur droit. C'est pourquoi je suis très heureux d'appuyer le renvoi de ce projet de loi au comité.
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Monsieur le Président, je suis très heureux de me lever à la Chambre aujourd'hui pour parler du projet de loi .
Comme chacun le sait, présentement, le nom de ma circonscription est Richmond—Arthabaska. L'objectif est de changer le nom pour Richmond—Arthabaska—Val-des-Sources. C'est important pour moi. La MRC des Sources est le cœur de la circonscription actuellement et elle n'est pas représentée. Présentement, la MRC des Sources est en plein développement. Il faut savoir que ma circonscription compte 39 municipalités, dont l'ensemble des 7 municipalités de la MRC des Sources. Malheureusement, le nom actuel n'y fait aucunement référence. Je crois donc qu'il serait important, pour faciliter l'identification du territoire pour les électeurs et les électrices, d'y inclure les trois grands pôles, soit Arthabaska, Richmond et Val‑des‑Sources, qui est au cœur.
Le mercredi 21 janvier dernier, j'ai fait l'annonce aux maires et aux mairesses de la MRC des Sources et au préfet, Hugues Grimard, qui saluait cette reconnaissance de la MRC des Sources. Il faut savoir que la ville centre de la MRC des Sources est Val‑des‑Sources, où se trouve la moitié de la population de la MRC. C'est une population de 14 623 habitants sur une superficie de près de 800 kilomètres carrés. La MRC des Sources est composée de 7 municipalités: Danville, Ham‑Sud, Saint‑Adrien, Saint‑Camille, Saint‑Georges‑de‑Windsor, Val‑des‑Sources et Wotton.
Il faut savoir qu'en 1983, la MRC se nommait la MRC de l'Or‑Blanc. Elle s'est ensuite nommée la MRC d'Asbestos, pour finalement devenir la MRC des Sources depuis 2006. Je veux en profiter pour saluer les maires et les mairesses de chacune de ces municipalités. Je veux saluer Mme Martine Satre, la mairesse de Danville, M Serge Bernier, le maire de Ham‑Sud, M. François Pinard, le maire de Saint‑Camille, Mme Émilie Windsor, la mairesse de Saint‑Adrien, M. René Perreault, le maire de Saint‑Georges‑de‑Windsor, M. Hugues Grimard, le maire de la ville de Val‑des‑Sources et le préfet de la MRC, et finalement, M. Jocelyn Dion, le maire de Wotton.
C'était un privilège de pouvoir présenter ce projet à l'ensemble des maires et des mairesses et de pouvoir donner la chance aux citoyens et aux citoyennes de s'identifier à leur circonscription. Pour la petite histoire, j'ai fait campagne au niveau provincial comme député en 2016. Je faisais du porte-à-porte dans la municipalité de Lyster, qui est à l'extrémité de ma circonscription au niveau provincial. On me disait que je n'étais pas dans la bonne circonscription, que j'étais dans la circonscription d'Arthabaska. À l'époque, la circonscription d'Arthabaska comprenait l'ensemble des 11 municipalités de la MRC de l'Érable. C'est là que m'est venue l'idée de dire que la reconnaissance de la circonscription n'était pas présente pour les gens de la MRC de l'Érable. J'ai donc déposé le 9 juin 2017 à l'Assemblée nationale du Québec le projet de loi no 896 pour remplacer le nom de la circonscription d'Arthabaska par Arthabaska-L'Érable. Ça a été beaucoup plus long qu'ici. C'est le 5 juin 2025 que l'Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi no 896 visant à remplacer le nom de la circonscription d'Arthabaska par Arthabaska‑L'Érable.
Les gens vont me dire que le changement de nom de circonscription n'est pas une priorité pour la circonscription ou la Chambre des communes. Je veux rassurer les gens: naturellement, la préoccupation actuelle de tous les élus, c'est le coût de la vie, de l'essence, des loyers et du panier d'épicerie. Ce sont les préoccupations qui occupent notre quotidien ici. Toutefois, il y a d'autres dossiers qui sont secondaires, mais nous nous devons aussi de profiter de l'occasion pour faire ces changements-là.
Je veux donc rassurer les gens. Ce n'est pas parce que j'ai travaillé sur le projet de loi de changement de nom des circonscriptions que je ne travaille pas sur les autres dossiers qui ont une importance capitale pour les citoyens et les citoyennes de Richmond—Arthabaska, qui, je l'espère, sera bientôt, Richmond—Arthabaska—Val-des-Sources. Je travaille aussi pour l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes.
Présentement, les Canadiens et les Canadiennes ont des préoccupations beaucoup plus importantes qu'un changement de nom de circonscription, j'en conviens. Je veux rassurer encore une fois les gens et dire que le quotidien des élus à la Chambre est de poursuivre le travail pour améliorer la qualité de vie des citoyens et donner un peu d'oxygène aux Canadiens et Canadiennes. Cependant, dans cela, il y a des volets un peu plus techniques sur lesquels on peut travailler. Je considère que le projet de loi est un projet de loi de principe, de représentation. Je pense que c'est un correctif que je fais pour la circonscription de permettre à la région d'être représentée à sa juste valeur.
La MRC des Sources a connu des moments difficiles lorsque la mine a fermé. Sur le plan économique, ça avait été beaucoup plus difficile. Présentement, la MRC des Sources est dans un développement économique important et vit une relance importante. Je pense que le moment est idéal pour positionner Val‑des‑Sources à l'intérieur du nom de la circonscription de Richmond—Arthabaska—Val-des-Sources.
Je vais m'arrêter là-dessus. Si jamais il y a des collègues qui ont des questions en lien avec le changement de nom de ma circonscription, ça me fera plaisir d'y répondre.
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Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi . Je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Le projet de loi que le a présenté à la Chambre vise à renforcer le processus démocratique et le processus électoral au Canada. Je me réjouis vivement de constater qu'il semble bénéficier d'un large soutien à la Chambre. Je concentrerai mes remarques sur les modifications apportées à la Loi électorale du Canada.
Je suis très satisfait du nom de ma circonscription, Kingston et les Îles. Ce nom remonte à bien loin dans son histoire, d'ailleurs, à l'époque de l'ancienne députée progressiste-conservatrice Flora MacDonald, d'Edgar Benson, et même bien avant.
Le projet de loi, en particulier les modifications apportées au cadre électoral, mettrait en œuvre des recommandations du directeur général des élections et de la commissaire aux élections fédérales. Il propose de nouveau, tout en les étoffant, des mesures qui figuraient dans le projet de loi initial , qui est mort au Feuilleton en 2025.
Le projet de loi comporte cinq grands volets, dont je parlerai brièvement. Le premier concerne la protection des élections. D'autres députés ont déjà parlé à la Chambre des longs bulletins de vote, un problème qui se réglera. Comme l'a dit le député qui a pris la parole avant moi, ces longs bulletins de vote semblent partir d'une bonne intention, puisque des gens essaient de faire un coup d'éclat pour se faire entendre à propos d'un enjeu qu'ils souhaitent faire progresser, d'où le recours à un bulletin de vote comportant une multitude de noms. Je crois toutefois qu'ils pourraient procéder autrement pour faire valoir leur point de vue et militer en faveur de changements, quels qu'ils soient.
Je suis heureux de constater que nous modifierions la loi pour exiger un seul formulaire de mise en candidature. Je suis aussi favorable à l'idée que chaque candidat doive avoir son propre agent officiel, ce qui devrait réduire considérablement le nombre de noms supplémentaires inscrits sur un bulletin de vote. Au final, il s'agit de rendre le processus démocratique aussi simple que possible, tout en permettant au plus grand nombre possible de personnes qui le font pour les bonnes raisons, c'est-à-dire parce qu'elles souhaitent être élues et non strictement dans le but de dénoncer une politique ou une mesure législative du gouvernement, de se porter candidates.
Le projet de loi prévoit d'autres protections, dont l'établissement de nouvelles règles en ce qui concerne l'influence étrangère, les pots-de-vin, la publication de renseignements trompeurs, et cetera, qui s'appliqueraient à l'année. Il y aurait de nouvelles infractions, comme répandre sciemment de fausses informations dans le but de perturber une élection ou d'influer sur son résultat, trafiquer un système informatique dans le but de perturber une élection et fournir de faux renseignements dans un acte de candidature. Toutes ces infractions s'appliqueraient à l'extérieur du Canada également.
La deuxième partie du projet de loi porte sur la protection des courses à la direction et à l'investiture. En particulier, toute pratique érigée en infraction pour la période électorale — influence étrangère, pots-de-vin, usurpation de qualité, publication de renseignements trompeurs, utilisation non autorisée d'un ordinateur, et cetera — le serait également durant les courses à la direction et à l'investiture.
Je pense que c'est très important. Au cours des dernières années, il a beaucoup été question — je me rappelle que c'était le cas à l'époque où je siégeais au comité de la procédure et des affaires de la Chambre — du laxisme des règles qui encadrent les courses à l'investiture. Certaines courses à l'investiture peuvent devenir très houleuses et susciter une forte mobilisation politique. Il est crucial de voir à ce que cette mobilisation ne dépasse pas le cadre national et à ce qu'elle ne soit pas influencée par des acteurs étrangers. Je me réjouis donc de constater un durcissement à cet égard.
Troisièmement, le projet de loi vise à durcir les règles en matière de financement politique. Il interdirait les contributions anonymes ou non retraçables, comme celles effectuées avec des cryptomonnaies, des cartes prépayées, des mandats et d'autres choses de cette nature. Il garantirait aussi qu'un tiers ne puisse utiliser que des contributions provenant de citoyens canadiens ou de résidents permanents, ou que les fonds ne représentent pas plus de 10 % de ses recettes pour l'année. De plus, il élargirait la portée des interdictions relatives aux contributions étrangères et aux biens ou services fournis par des étrangers tout en appliquant également les interdictions qui concernent le financement étranger aux courses à la direction.
La quatrième volet que renforcerait le projet de loi concerne les outils d'application de la loi. Davantage de catégories d'individus pourraient faire l'objet d'une enquête, dont les conspirateurs, les complices et les instigateurs. Aux infractions s'ajouteraient désormais les tentatives, les complots et les conseils. De plus, le projet de loi augmenterait les sanctions administratives pécuniaires — un élément que je juge extrêmement important — en les faisant passer de 1 500 $ à 25 000 $ pour les particuliers et de 5 000 $ à 100 000 $ pour les entités. C'est essentiel, car si les sanctions sont simplement considérées comme le prix à payer pour faire des affaires, elles ne constituent ni un outil de dissuasion efficace ni une sanction appropriée. Je suis donc très heureux de voir que cette mesure figure également dans le projet de loi.
En outre, les violations commises par des tiers financés par des entités étrangères seraient passibles de sanctions plus sévères. Le projet de loi conférerait de nouveaux pouvoirs à cet égard pour contraindre des personnes à témoigner, à fournir des documents et à respecter des ordonnances de conservation. Il permettrait de conclure des protocoles d'accord avec des organismes fédéraux en collaboration avec des organismes internationaux et élargirait les interdictions visant les entités étrangères menant des activités régulières.
En dernier lieu, le projet de loi vise à mettre en place des mesures de protection concernant la sécurité physique et la protection de la vie privée. Elle supprimerait l'obligation de donner un préavis de cinq jours pour les activités de financement réglementées. Les rapports publiés après l'événement énuméreraient uniquement les municipalités et les provinces. L'adresse domiciliaire du directeur du scrutin ne serait plus publiée. Les partis seraient tenus de remplir certains critères pour pouvoir accéder à la liste électorale préliminaire. De plus, le projet de loi porterait à 3 250 $ le montant remboursable des dépenses liées à la sécurité des candidats. Là encore, c'est très important. L'une des réalités regrettables du processus démocratique actuel est que les candidats doivent se préoccuper davantage de leur sécurité et embaucher du personnel à cet effet. Il est extrêmement important de savoir que ces dépenses seront remboursées. Cela permettrait aux gens de prendre ces questions très au sérieux et de disposer des ressources dont ils ont besoin.
Enfin, pour ce qui est de renforcer tout cela, il y aurait de nouvelles obligations en matière de protection des renseignements personnels pour les partis politiques. Ceux-ci devront mettre en place de meilleures mesures de protection des renseignements personnels, intervenir obligatoirement en cas d'atteinte à la vie privée, veiller à ce que les tiers respectent des normes équivalentes et rencontrer le directeur général des élections une fois par année pour parler de la protection des renseignements personnels. De plus, le projet de loi prévoit l'interdiction d'induire les gens en erreur quant à l'utilisation des données, de vendre ces données ou de les communiquer de façon inappropriée.
Pour résumer, un certain nombre de mesures, en particulier les cinq volets que j'ai abordés aujourd'hui, contribueraient grandement à renforcer la démocratie canadienne et le processus électoral. Nous savons qu'en période électorale, il est très facile de passer à côté de certaines choses ou de ne pas prêter assez attention aux actes d'ingérence étrangère, par exemple. Il sera extrêmement important de savoir que ces sujets sont traités avec sérieux et que les responsables ont les bons outils en main pour gérer les situations à mesure qu'elles se présentent. Nous pourrons ainsi veiller à ce que le processus démocratique et le processus électoral, en particulier, soient respectés.
Une fois encore, je tiens à dire que je trouve encourageant que tant de députés s'entendent là-dessus. J'espère que nous pourrons adopter ce projet de loi rapidement, le renvoyer au comité, y apporter les amendements nécessaires, le cas échéant, puis le renvoyer à la Chambre afin de le mettre aux voix, l'adopter et laisser aux responsables de son application suffisamment de temps pour s'y préparer avant les prochaines élections.
Je répondrai avec plaisir à toutes les questions que l'on voudra bien me poser.
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Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur de prendre la parole au sujet du projet de loi , Loi visant à protéger nos élections et nos droits.
La Loi visant à protéger nos élections et nos droits propose des modifications prioritaires ciblées à la Loi électorale du Canada qui renforceraient la protection et la sécurité des élections canadiennes en limitant les bulletins de vote excessivement longs, l'ingérence étrangère et les hypertrucages, en protégeant les processus de course à l'investiture et de course à la direction, en bloquant les sources de financement étranger, en renforçant les mesures de sécurité personnelle et en renforçant les exigences en matière de protection de la vie privée des partis politiques fédéraux. C'est avec grand plaisir que je m'exprime sur la manière dont ces changements, tels qu'ils sont décrits dans le projet de loi , protégeraient la démocratie et soutiendraient les Canadiens.
Tout d'abord, j'aimerais aborder la question des tactiques de protestation visant à allonger les bulletins de vote. Dans ma circonscription, Carleton, nous avons enregistré un nombre exceptionnellement élevé de candidats qui ne se présentaient pas sérieusement aux élections, mais dans le seul but d'en perturber le processus. Ces tactiques sèment la confusion chez les électeurs, allongent les bulletins de vote, ralentissent le processus électoral, imposent une charge de travail inutile au personnel électoral et elles ont un coût. En fin de compte, elles font augmenter le coût des élections.
Lors des élections fédérales de 2025, le Comité du bulletin de vote le plus long de ma circonscription, Carleton, a inscrit 85 des 91 candidats sur le bulletin de vote. La longueur exceptionnelle du bulletin a nécessité des modifications aux procédures de vote et de comptage des voix. Le bulletin de vote lui-même mesurait près de 97 centimètres et comprenait 2 colonnes de noms. Cette manœuvre du Comité du bulletin de vote le plus long a inutilement compliqué l'expérience des électeurs de la circonscription de Carleton, elle a imposé des coûts supplémentaires à l'appareil électoral local et elle a augmenté la pression exercée sur le personnel des bureaux de scrutin.
Cependant, malgré les tactiques perturbatrices du Comité du bulletin de vote le plus long, je suis fier de dire que le taux de participation dans Carleton a atteint près de 82 % lors des dernières élections. Cela témoigne de la détermination des électeurs de Carleton, qui sont nombreux à avoir patienté bien plus d'une heure pour exercer leur droit de vote. J'ai moi-même attendu pendant une heure et demie. Carleton n'est pas la seule circonscription à avoir eu droit à un bulletin de vote démesuré. Terrebonne y a goûté la semaine dernière. C'est une stratégie qui nuit au déroulement des élections partout où elle est employée.
Les élections devraient être un processus accessible et engageant auquel les Canadiens peuvent participer. Elles ne devraient pas devenir une épreuve qui décourage les gens de se rendre aux urnes ou de se porter volontaires pour servir notre démocratie. Voilà pourquoi le projet de loi propose des mesures concrètes pour remédier à ce problème. Il empêcherait les agents officiels de servir plus d'un candidat à la fois, une tactique qui est utilisée pour organiser et soutenir les campagnes du Comité du bulletin de vote le plus long.
À l'heure actuelle, une personne doit recueillir 100 signatures d'électeurs de la circonscription pour devenir candidate. Cependant, rien ne limite le nombre de candidats pour lesquels un électeur peut signer. Cette situation a permis à certains de coordonner leurs efforts pour gonfler artificiellement le nombre de candidats. Le projet de loi C‑25 changerait cela et n'autoriserait les électeurs à signer qu'un seul acte de candidature. Ceux qui tenteraient de signer plusieurs actes dans le cadre d'une action concertée visant à manipuler le scrutin s'exposeraient à des sanctions. Ces changements sont pratiques, ciblés et nécessaires. Ils garantiraient que le processus de mise en candidature reflète une véritable participation démocratique, et non des manœuvres concertées visant à submerger le système.
Nos élections doivent demeurer accessibles, mais elles doivent aussi demeurer justes et fonctionnelles. Le projet de loi contribuerait à atteindre cet équilibre en protégeant l'intégrité des élections et en veillant à ce que les électeurs déterminent le résultat de ces dernières. Le projet de loi C‑25 nous permettrait également de détecter l'ingérence étrangère, la désinformation et d'autres menaces, et de protéger les élections contre ces atteintes à notre démocratie. Le projet de loi C‑25 renforcerait et sécuriserait davantage les élections fédérales du Canada en veillant à ce que les électeurs soient protégés en tout temps contre les tentatives illégales d'influencer leur vote, et pas seulement lorsque des élections sont déclenchées. Le projet de loi interdirait également les hypertrucages sophistiqués de candidats qui visent à tromper les électeurs.
Il serait également illégal de trafiquer ou de manipuler des systèmes informatiques pour perturber une élection. Tous les crimes de nature électorale visés par les infractions proposées et les infractions déjà en place seraient considérés comme des gestes illégaux, qu'ils soient commis au Canada ou à l'étranger.
Pour lutter contre l'ingérence étrangère, le projet de loi donnerait au commissaire le pouvoir de communiquer avec d'autres pays, dans le cadre d'ententes sur l'échange de renseignements, pour enquêter sur des cas soupçonnés d'ingérence étrangère dans les élections. De plus, le projet de loi ajouterait de nouvelles exigences en matière de protection de la vie privée pour tous les partis politiques fédéraux et de nouvelles exigences en matière de communication de renseignements en cas d'atteinte à la protection des données. C'est important parce que la démocratie repose sur la confiance dans un processus électoral sûr et équitable. Si les électeurs croient que les élections peuvent être influencées par de l'ingérence étrangère ou de la désinformation, que ce soit au Canada ou à l'étranger, cela mine leur confiance dans le système. Ces mesures permettront aux Canadiens de prendre des décisions éclairées en se fondant sur des renseignements exacts.
Au bout du compte, le projet de loi renforcerait l'intégrité de nos élections et ferait en sorte que les résultats reflètent la volonté éclairée de la population. Le projet de loi fermerait l'accès à des sources potentielles de financement étranger dans le processus électoral. Cela protégerait les courses à l'investiture et à la direction contre les menaces, la corruption et l'intimidation.
Pour empêcher l'entrée de fonds étrangers dans notre système, le projet de loi interdirait aux partis politiques d'accepter, pour l'ensemble de leurs activités, des contributions anonymes ou impossibles à retracer, sous forme de cryptomonnaies, de cartes-cadeaux prépayées et de mandats. La disposition actuelle interdit aux tiers d'utiliser des fonds étrangers pour financer des activités partisanes durant les courses à l'investiture et les élections générales; le projet de loi ferait en sorte que cette même interdiction s'applique aussi aux courses à la direction.
Le projet de loi prévoit également une augmentation des amendes que peut imposer Élections Canada aux personnes et aux entités qui enfreignent la Loi électorale du Canada. L'amende maximale applicable à un particulier passerait de 1 500 $ à 25 000 $, alors que celle imposée à une organisation passerait de 5 000 $ à 100 000 $. Par ailleurs, quiconque a comploté avec ces personnes ou ces entités, ou les a conseillées, pourrait également être tenu de rendre des comptes.
Aujourd'hui, j'ai souligné l'importance de la Loi visant à protéger nos élections et nos droits, car elle renforcerait l'intégrité des processus démocratiques canadiens afin que nos élections soient justes et rigoureuses. Alors que des menaces nouvelles et en constante évolution pèsent sur les élections dans le monde entier, la Loi visant à protéger nos élections et nos droits ferait en sorte que les lois électorales du Canada continuent d'être appliquées de manière rigoureuse. La démocratie et le système électoral du Canada sont parmi les plus solides et les plus stables au monde. Les changements proposés dans le projet de loi serviraient à renforcer davantage la démocratie canadienne.
Le renforcement des pouvoirs du commissaire aux élections fédérales dans le cadre de l'enquête permettrait des enquêtes plus approfondies, des résultats plus équitables et une meilleure reddition de comptes, ce qui allégerait le fardeau imposé aux tribunaux. Le projet de loi vise à renforcer notre démocratie, à assurer l'intégrité des élections et à obliger les acteurs malveillants à répondre de leurs actes. Il enverrait un message fort. Le Canada est une démocratie résiliente. Aucun acteur malveillant, au pays ou à l'étranger, ne sera autorisé à s'immiscer dans nos élections. Au contraire, le projet de loi C‑25 défendrait ce que le Parlement représente: des élections rigoureuses, libres et intègres organisées par les Canadiens et pour les Canadiens.
Le Canada est un pays fort et libre. Cette force et cette liberté doivent toujours se refléter dans nos élections et notre gouvernement les défendra toujours. C'est exactement ce que la Loi visant à protéger nos élections et nos droits permettrait de faire.
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Monsieur le Président, c'est un privilège de prendre la parole dans cette enceinte au sujet du projet de loi , une importante mesure législative visant à modifier la Loi électorale du Canada. Ce projet de loi comporte de nombreux éléments louables dont certains, bien franchement, auraient dû être adoptés depuis longtemps. Par exemple, le projet de loi comprend des modifications à la Loi électorale du Canada réclamées depuis longtemps afin de dissuader les tactiques telles que celles utilisées par le Comité du bulletin de vote le plus long, des modifications que le Parti conservateur réclame depuis longtemps. Par ailleurs, le projet de loi vise à renforcer certaines mesures de protection contre l'ingérence étrangère, y compris dans les courses à la direction et les courses à l'investiture. Enfin, le projet de loi apporterait également des changements au régime des tiers, ce qui, selon nous, constitue une amélioration par rapport au régime actuel.
Néanmoins, je tiens à mettre en lumière une pierre d'achoppement: le Parti conservateur soulève en effet depuis des années des questions concernant l'ingérence étrangère. Ce n'est pas nouveau. Nous étions au courant, et le gouvernement était au courant. Des membres de notre caucus, d'anciens candidats et leurs familles ont été la cible d'ingérences étrangères, et les conservateurs dénoncent cette situation depuis des années déjà, mais les libéraux n'ont pas voulu nous écouter. Ils ont refusé de nous prendre au sérieux, et voilà où nous en sommes aujourd'hui. Je salue le projet de loi du gouvernement visant à renforcer notre système électoral, mais je pose la question suivante: pourquoi cela a-t-il pris autant de temps?
Par exemple, le Parti libéral du Canada est resté les bras croisés pendant des années alors que l'ingérence étrangère était littéralement endémique dans notre pays. Franchement, c'est toujours le cas. Rien n'a changé. Il s'agit d'un problème monumental auquel notre pays est confronté, et les libéraux ont traîné les pieds pour y remédier. J'espère que ce projet de loi permettra de renverser la tendance concernant ce problème sans précédent au Canada, mais j'ai quelques doutes. Pourquoi ai-je ces doutes? Parce qu'il a fallu tant de temps et tant d'efforts pour mettre en œuvre une stratégie visant à apporter ce changement nécessaire. Les conservateurs réclament depuis longtemps un renforcement des protections contre l'ingérence étrangère, notamment en ce qui concerne les courses à la direction des partis et les courses à l'investiture, où l'ingérence s'est avérée omniprésente.
L'ingérence étrangère est un problème grave, qui compromet l'intégrité de notre système électoral et menace de nuire — et nuit déjà — aux Canadiens, en particulier à ceux qui appartiennent à divers groupes de la diaspora partout au pays. Le gouvernement, les libéraux, y compris le , ont fait preuve d'une incroyable nonchalance face à ce problème, et j'ai du mal à croire à leur soudain revirement et à leur sincérité.
Je vais prendre l'exemple de Paul Chiang. M. Chiang était le député libéral de Markham—Unionville et, jusqu'à la fin du mois de mars de l'année dernière, le candidat libéral aux élections d'avril dernier. M. Chiang, un ancien policier, a laissé entendre aux médias de langue chinoise, lors d'une conférence de presse en janvier 2025, que la population pourrait livrer l'un de ses adversaires politiques, le candidat conservateur Joe Tay, au consulat de la République populaire de Chine à Toronto en échange d'une prime offerte par la police de Hong Kong. M. Tay était le candidat conservateur dans Don Valley‑Nord et sa tête avait déjà été mise à prix. Un mandat d'arrêt avait été émis contre lui par Hong Kong pour avoir, ô comble de l'ironie, tenu des propos en faveur de la démocratie ici au Canada. Selon la CBC, la prime s'élevait à près de 200 000 dollars canadiens.
Comme si ces propos ne suffisaient pas, lors de son témoignage en décembre 2025 devant le comité de la procédure et des affaires de la Chambre, auquel je siège depuis longtemps, M. Tay a affirmé que son domicile avait été surveillé depuis un véhicule garé devant chez lui pendant la campagne. Il a dit que ses bénévoles avaient été victimes d'intimidation et de harcèlement pendant la campagne, notamment de la part d'un homme qui les suivait partout vêtu d'un trench. M. Tay a également déclaré que la GRC l'avait informé qu'il ne serait pas prudent pour lui de poursuivre sa campagne. Imaginez un peu: un Canadien se présente à une élection au Canada, et la plus haute autorité policière de notre pays informe ce candidat qu'il devrait se retirer de la campagne pour sa sécurité en raison des actes d'agression d'un gouvernement étranger.
M. Tay a ensuite expliqué au comité que, comme sa vie s'était retrouvée en danger de façon exponentielle en raison d'« une menace directe [du Parti communiste chinois] contre notre démocratie pendant l'élection, et que des députés ou des dirigeants la relayaient en même temps, cela a presque donné l'impression d'une approbation aux personnes qui voulaient [lui] faire du mal. C'était comme un feu vert. »
Je suis d'accord avec M. Tay. C'est presque comme si l'ingérence avait été sanctionnée par le parti au pouvoir à l'époque. Ce qui est encore plus préoccupant à ce sujet, c'est que le a soutenu Paul Chiang pendant plusieurs jours et a protégé son candidat au lieu de faire ce qui s'imposait. On a fait passer la politique et le parti avant les principes et la sécurité nationale. Lors d'une conférence de presse à Vaughan, le premier ministre a qualifié M. Chiang de personne intègre ayant servi sa collectivité pendant 25 ans. Il a également dit que M. Chiang avait sa confiance et lui a pardonné son erreur parce que M. Chang avait lui-même de la famille à Hong Kong. Il a accepté les excuses de M. Chiang et s'est dit prêt à passer à autre chose.
Le était prêt à aller de l'avant avec la candidature de M. Chiang alors même que celui-ci participait activement à des manœuvres d'ingérence étrangère. Ce n'est pas là faire preuve d'un leadership digne de ce nom. Paul Chiang a finalement dû se retirer de la course lorsque la pression s'est avérée trop forte, mais pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps? Pourquoi a-t-il fallu qu'on mette autant de pression avant que les mesures qui s'imposaient soient prises? Cela devrait vraiment alarmer tous les députés et, en fait, tous les Canadiens. Il n'y a apparemment pas eu de répercussions. Non seulement le premier ministre n’a pas su faire la bonne chose et a défendu son candidat en toute connaissance de cause, mais Paul Chiang a même été accueilli à nouveau par le Parti libéral lors de son congrès à Montréal, la fin de semaine dernière. Ça en dit long, n’est-ce pas? Depuis ce fiasco, le premier ministre a également noué des liens plus étroits avec la République populaire de Chine, malgré les nombreuses violations des droits de la personne qu'elle commet, et ce, tant sur son territoire qu’à l’étranger, ce qui en a fait sourciller plus d'un.
Pendant ce temps, au comité, le député libéral actuel de se chicane avec des défenseurs des droits de la personne sur la question de savoir si le Parti communiste chinois recourt au travail forcé, arguant que si personne n'a personnellement été témoin de travail forcé ou d'esclavage en Chine, c'est que ces pratiques n'existent tout simplement pas. Ce sont là des propos pour le moins bizarres.
Quelques jours après ces commentaires étranges et choquants, le a participé à une activité de financement du Parti libéral organisée avec le concours du député de . Le premier ministre a alors fait l'éloge des « valeurs » de ce député, affirmant qu'il est « une personne axée sur les résultats » et qu'il « choisit la voie qui crée des débouchés pour les Canadiens ». C'est incroyable. Le premier ministre a non seulement louangé ce député, mais il a aussi refusé de clarifier sa propre position à l'égard des droits de la personne et de la République populaire de Chine. Les Canadiens méritent de connaître sa véritable position.
Nous savons que le n'a pas soulevé la question des droits de la personne lors de son voyage à Pékin, en janvier, avec son nouveau député de . Mais pourquoi ne l'a-t-il pas fait? Par son refus de prendre position, le premier ministre renie les engagements du Canada à ce chapitre et expose davantage la population à des risques, en nous rapprochant d'un gouvernement communiste qui cherche à nuire à nos citoyens et à s'ingérer dans nos élections. Il s'agit d'un gouvernement étranger menaçant qui s'est ingéré dans nos élections et qui a cherché à causer du tort à nos citoyens, allant même jusqu'à en emprisonner deux. Pourquoi a-t-on tant tardé à agir?
La circonscription de Markham—Unionville a été représentée par deux députés. Il y a eu Paul Chiang, qui a encouragé l'enlèvement et l'expulsion d'un citoyen canadien faisant l'objet d'une prime de capture offerte par un régime étranger hostile, et il y a l'actuel de la circonscription, qui a défendu le bilan de la Chine en matière de droits de la personne au comité. Quelle a été la réaction du ? Eh bien, il a protégé et défendu ces deux hommes, et il en a fait l'éloge. Tous deux étaient présents au congrès de son parti la fin de semaine dernière. Le premier ministre s'est acoquiné avec le régime communiste chinois, ce qui montre que cette nouvelle relation s'inscrit dans sa vision d'un nouvel ordre mondial. Or, nous comptons sur lui pour protéger le Canada contre l'ingérence étrangère. Il a eu plusieurs occasions de le faire, mais il les a laissées passer.
Les conservateurs dénoncent cette situation depuis des années. Les libéraux n'ont rien fait, et leur bilan montre que cette question les laisse complètement indifférents. Le comité de la procédure et des affaires de la Chambre a également entendu le témoignage de Nathalie Drouin, conseillère au renseignement auprès du et membre du Groupe d'experts du Protocole public en cas d'incident électoral majeur, dans le cadre de son étude sur l'ingérence étrangère. Mme Drouin a souligné à maintes reprises que la 45e élection générale n'a pas été compromise et qu'elle s'est déroulée en toute sécurité et en toute confiance. C'est certainement ce à quoi on s'attend, mais elle a refusé de se prononcer sur la mesure dans laquelle les élections ont été ciblées par des activités visant à influencer ou à manipuler le processus. Les Canadiens restent donc dans l'incertitude quant à l'ampleur et à la gravité de l'ingérence.
Personne dans cette enceinte ne doute de la validité des résultats des élections en général. Les libéraux ont obtenu un gouvernement minoritaire. Ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est que la conseillère à la sécurité nationale et au renseignement auprès du a refusé de dire combien il y a eu d'incidents comme ceux qui ont impliqué Paul Chiang et Joe Tay. Y a-t-il eu d'autres candidats qui ont été ciblés? Y a-t-il eu d'autres bénévoles, candidats ou proches qui ont été entravés dans leurs activités, surveillés ou intimidés?
Nous ne le savons pas parce que la personne chargée de cette surveillance refuse de le dire, et je suppose que nous ne le saurons jamais, puisqu'elle a maintenant été nommée ambassadrice en France, un poste politique attribué à une bureaucrate, ce qui est une belle affectation si on peut l'obtenir. C'est très inquiétant.
Nous savons que cela s'est déjà produit par le passé. Mon ancien collègue de Steveston—Richmond‑Est Kenny Chiu a perdu son siège en 2021. Il a immédiatement fait part de ses inquiétudes concernant l'ingérence étrangère du gouvernement de la République populaire de Chine. Juste après les élections de 2021, notre chef de l'époque a exprimé publiquement des préoccupations au sujet de cette ingérence étrangère. Personne ne nous a pris au sérieux, dont beaucoup de députés qui siègent encore aujourd'hui sur les banquettes ministérielles, mais il suffit de voir où nous en sommes: six ou sept ans plus tard, il en est toujours question.
Il n'y a pas que le régime de la République populaire de Chine non plus. Malheureusement, l'Iran est aussi en cause. Jusqu'à 700 membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique vivent actuellement au Canada. Ce sont des gens qui font partie du gouvernement iranien même qui a tué 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents en janvier 2020. Il a fallu plus de 4 ans au même gouvernement libéral pour inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des groupes terroristes, et à ce jour, il n'a expulsé qu'un seul des 700 agents qui vivent Canada. Alors que des milliers de Canadiens d'origine persane manifestent pour la liberté et la chute du régime des ayatollahs, des terroristes étrangers mènent des activités terroristes au Canada. Le fait que le gouvernement libéral n'ait expulsé qu'un seul agent du Corps des Gardiens de la révolution islamique prouve non seulement qu'il ne peut pas protéger les Canadiens contre l'ingérence étrangère et le terrorisme, mais aussi qu'il a tardé de manière alarmante à prendre au sérieux le grave problème de l'ingérence étrangère.
Pourquoi ces agents terroristes sont-ils toujours ici? Pourquoi déjà les a-t-on admis au Canada? Les conservateurs ont posé ces questions au gouvernement à d'innombrables reprises, mais on ne nous a jamais donné de réponse convaincante. Le 2 avril, Global News rapportait qu'un membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique avait menti sur leur nom pour entrer au Canada. Il avait même intenté une poursuite pour que sa mère puisse immigrer au Canada. Pourquoi est-il encore ici? On parle d'agents étrangers qui sont chez nous, dans notre pays, pour faire du mal, pour exercer une influence, pour manipuler, pour collecter illégalement des fonds et pour intimider les communautés de la diaspora. Ils ne sont pas ici pour enrichir la société canadienne. Il s'agit d'une menace pour notre sécurité nationale et d'une violation grave des principes relatifs à l'ingérence étrangère. Les conservateurs ont proposé que tous les terroristes du Corps des Gardiens de la révolution islamique soient expulsés du Canada, mais les libéraux ne sont pas d'accord et ils refusent tout simplement d'agir.
Je regrette, mais je n'arrive même pas à croire qu'il y a de quoi débattre. Je n'en reviens pas d'avoir à dire une telle chose ici, à la Chambre des communes. Je n'en reviens pas d'avoir à dire que les terroristes étrangers ne devraient pas pouvoir vivre librement, sans se cacher, et faire leurs petites affaires dans notre pays. Ça tombe sous le sens. Je n'en reviens pas que qui que ce soit à la Chambre puisse ne pas être d'accord là-dessus. C'est absurde. Le gouvernement a le devoir de protéger les gens au Canada, mais refuse de faire le premier pas en ce sens. C'est honteux.
Depuis le début, les conservateurs plaident à la Chambre et aux comités pour un durcissement des mesures de sécurité et pour des actions préventives concrètes à l'égard d'exactement ce genre de problèmes. Le gouvernement a glorifié ses discours prémâchés et ses axes de communication. Nous l'avons prévenu que son incapacité à intervenir, ou son refus de le faire, entraînerait des problèmes. Malgré tout, nous voici en train de débattre d'un projet de loi qui porte sur ces mêmes problèmes, sur lesquels nous revenons sans cesse depuis des années.
Pourquoi a-t-il fallu autant de temps? Le ne peut pas se résoudre à condamner, et encore moins à sanctionner, un candidat qui encourage l'enlèvement et la déportation du candidat du parti politique adverse ou un nouveau député qui défend le recours au travail forcé et à l'esclavage par la Chine. Les libéraux autorisent les terroristes du Corps des Gardiens de la révolution islamique à entrer sur notre territoire, à y rester et à y vivre librement. Ils refusent de les expulser. Cependant, ils s'attendent à ce que l'opposition croie qu'ils prennent maintenant l'ingérence étrangère au sérieux. Voyons donc, monsieur le Président. Je n'ai pas de poignée dans le dos.
L'ingérence étrangère et la réaction du gouvernement à celle-ci fragilisent la démocratie canadienne. Comme on a pu le lire en janvier dernier dans une publication de l'Institut Macdonald‑Laurier, « [q]uand on laisse libre cours aux opérations d'ingérence chinoises au Canada, les partenaires régionaux en tirent des conclusions sur la fiabilité du Canada en tant que partenaire en matière de sécurité ».
Autrement dit, nos alliés ne nous prennent plus au sérieux et ils seront donc réticents à nous communiquer des renseignements, ce qui met les Canadiens en danger. Ce n'est pas ainsi qu'on gère un État de manière responsable. Si le gouvernement ne prend pas cette question au sérieux, comment pouvons-nous espérer que nos alliés le fassent, voire nos adversaires?
Ce n'est pas tout. Les libéraux restent en retrait tandis que les conservateurs mènent la charge pour mieux protéger nos élections, mais ils ne le font pas seulement en ce qui concerne l'ingérence étrangère. Pensons à notre initiative pour remédier au problème du Comité du bulletin de vote le plus long, dont les membres ne sont rien d'autre que des égocentriques en quête de gloire. Le Parti conservateur réclame depuis longtemps des modifications à la Loi électorale du Canada afin de dissuader les agissements de ce comité. Nous saluons les modifications apportées par le gouvernement, mais je me demande encore pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps.
Nous réclamions des mesures pour contrer les agissements de ce groupe, qui cherche non seulement à perturber, mais aussi à manipuler et à compromettre nos élections en ciblant apparemment des circonscriptions très précises. Ses membres ne peuvent pas prétendre être des défenseurs de la démocratie alors qu'ils mettent des bâtons dans les roues aux électeurs et aux scrutateurs, tournant notre système électoral en dérision à leur propre avantage.
C'est intéressant. Jusqu'ici, j'ai participé à sept élections. Il s'agit de mon septième mandat à la Chambre des communes. Lors des trois ou quatre premières fois, je devais verser un dépôt de 1 000 $, qui m'était ensuite remboursé si je respectais la Loi électorale du Canada, si j'agissais comme un candidat responsable et si j'obtenais un nombre raisonnable de votes. Cette mesure visait à empêcher les candidatures frivoles. Elle a été instaurée pour une bonne raison.
Or, la personne qui a contesté cette exigence devant les tribunaux en 2017 est aujourd'hui à la tête du Comité du bulletin de vote le plus long. Cela nous montre qu'il ne s'agit nullement d'un phénomène spontané. Il s'agit plutôt d'une tentative mûrement réfléchie et orchestrée qui vise à tourner en dérision notre processus électoral. Il est tout à fait légitime pour un contestataire de se présenter à des élections et de faire inscrire son nom sur un bulletin de vote, mais il n'est pas acceptable de transformer le bulletin de vote en un outil de protestation. C'est un raisonnement ridicule.
Ce qui est décourageant, c'est que le gouvernement actuel a eu tout le loisir de faire appel de cette décision et de protéger l'intégrité de notre système électoral et qu'il n'a rien fait. C'est sidérant de voir ce que le gouvernement conteste devant les tribunaux et ce qu'il laisse passer. Par exemple, le gouvernement a dit qu'il ne contesterait pas l'élargissement de l'accès à l'aide médicale à mourir, mais quand il s'agit du recours illégal à la Loi sur les mesures d'urgence, il est prêt à se rendre jusqu'à la Cour suprême. Cela montre une fois de plus que les libéraux ne comprennent pas les conséquences de leurs décisions ou de leur indécision.
Nous cherchons désespérément des moyens de contourner le Comité du bulletin de vote le plus long, qui utilise ce fameux bulletin de vote comme moyen de contestation. Ces changements, qui font maintenant partie de la mesure législative à l'étude, nécessitent plus de préposés au scrutin et de scrutateurs ainsi que plus d'efforts et d'argent. C'est l'ensemble de l'œuvre. Tout ce que le gouvernement avait à faire, c'était de faire appel de cette décision et d'expliquer aux Canadiens pourquoi un gouvernement responsable protégerait l'intégrité de notre système électoral. Pourtant, nous y revoilà.
En conclusion, je dirai simplement ceci. Il y a trop longtemps que nous n'avons pas pris de décisions responsables à la Chambre pour protéger l'intégrité de nos institutions et la Loi électorale du Canada, pour nous assurer non seulement que l'ensemble des résultats électoraux sont valides, mais aussi que les résultats sont exacts dans chaque circonscription et dans chaque district électoral, et que la volonté des électeurs peut s'exprimer sans ingérence dans le cadre de ce processus. Il ne faut pas que les résultats des courses à l'investiture, des courses à la direction et des élections soient suspects.
J'ai hâte que le projet de loi soit renvoyé au comité de la procédure et des affaires de la Chambre.
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Monsieur le Président, comme toujours, c'est un privilège de prendre la parole au nom des bonnes gens de Stormont—Dundas—Glengarry, dans l'Est de l'Ontario. Je suis fier chaque fois que j'ai l'occasion de m'exprimer sur les questions dont nous débattons ici, à la Chambre des communes.
Aujourd'hui, nous sommes saisis d'une importante mesure législative, le projet de loi . Je vais d'abord donner quelques éléments de contexte concernant les modifications apportées à la Loi électorale du Canada, parler de l'intérêt particulier que je porte à ce sujet et expliquer pourquoi il est si important de bien faire les choses.
J'ai le plaisir de siéger à la Chambre depuis un peu plus de six ans et j'ai été membre d'un comité parlementaire. Je ne suis membre d'aucun comité en ce moment, mais j'ai siégé au comité de la procédure à plusieurs reprises au fil du temps. Plus précisément, je parle du comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Cette expérience a été une véritable occasion d'en apprendre beaucoup sur le processus démocratique. Si le projet de loi est adopté à l'étape de la deuxième lecture, ce qui, je pense, sera le cas, il sera renvoyé à ce comité pour un examen plus approfondi. C'est là que des témoins viendront s'exprimer et que certains amendements pourront être apportés pour améliorer encore le projet de loi.
Le comité de la procédure et des affaires de la Chambre s'occupe de la Loi électorale du Canada. J'ai participé aux travaux de remaniement des circonscriptions électorales, un volet important de notre processus démocratique qui revient tous les 10 ans. Le Comité s'occupe aussi de questions concernant l'ingérence étrangère, dont je parlerai au cours des 20 minutes dont je dispose aujourd'hui.
Par ailleurs, le Comité s'occupe des liens avec des éléments comme la Loi sur les conflits d'intérêts, que les députés doivent connaître et respecter, le commissaire à l'éthique, le commissaire au lobbying et, bien sûr, l'Administration de ce merveilleux endroit que nous appelons la Chambre des communes, en collaboration avec le Président et le Bureau de régie interne, afin que la Chambre fonctionne bien au quotidien et que nous puissions accomplir la partie la plus importante de notre travail: représenter nos concitoyens, qui vivent dans les 343 circonscriptions du pays.
La loi électorale est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et je tiens à bien faire les choses. Pour mettre les choses en contexte, je répète que j'ai fait l'expérience du processus électoral. J'aurai 39 ans cette année, et j'occupe une charge élective depuis 20 ans, ce qui est plutôt difficile à croire. J'avais seulement 18 ans quand je me suis présenté à une élection pour la première fois. J'estime que mon intégration au monde politique s'est faite en douceur. Je me suis présenté à trois élections municipales, en 2006, en 2010 et en 2014, alors je connais très bien le processus, ainsi que le travail indispensable que font les secrétaires municipaux.
Dans mon cas, j'ai été élu dans le canton de North Dundas, et la secrétaire était Jo‑Anne McCaslin, qui est maintenant à la retraite. J'éprouve une grande gratitude et un grand respect pour le personnel municipal. Par ailleurs, croyez-le ou non, les municipalités offrent le vote par téléphone et par Internet. Il n'y a pas de bulletins de vote en papier à North Dundas. Le vote se fait en ligne ou par téléphone, ce qui a augmenté la participation aux élections municipales, et le processus est efficace.
J'ai également eu l'honneur de me présenter aux élections fédérales à trois reprises, en 2019, en 2021 et en 2025. En ce qui concerne le projet de loi qui nous occupe, présenter sa candidature est important. J'ai été honoré d'être le candidat conservateur dans Stormont—Dundas—Glengarry.
En fait, une des expériences qui m'a le mieux permis de comprendre la Loi électorale du Canada et le fonctionnement d'Élections Canada a été d'être directeur de campagne, un poste que j'ai eu l'honneur d'occuper à six reprises. J'ai été directeur de campagne à trois reprises à l'échelle provinciale pour un ancien collègue provincial et mon bon ami, Jim McDonnell, qui coule maintenant une retraite heureuse à Williamstown, et j'ai eu l'honneur d'être à trois reprises le directeur de campagne de Guy Lauzon, mon prédécesseur dans Stormont—Dundas—South Glengarry, comme on l'appelait à l'époque.
En tant que directeur de campagne, j'ai eu l'occasion exceptionnelle de travailler avec le bureau du directeur du scrutin et l'agent officiel, ou le responsable des finances de la campagne, appelons-le comme on veut. Mon engagement au sein de notre association de circonscription m'a aidé à comprendre l'aspect local de la politique et à travailler avec des bénévoles pour mettre sur pied une campagne.
Il est absolument essentiel que le projet de loi soit satisfaisant. Il modifierait la Loi électorale du Canada, vieille de près de 26 ans, qu'il faut moderniser pour l'adapter à notre époque. Pendant que nous discutons de l'intégrité du scrutin, de la menace d'ingérence étrangère, des rôles des nouvelles technologies et des défis que posent celles-ci pour la sécurité de notre processus démocratique, il est absolument essentiel de bien faire les choses. Pour faire les choses comme il faut, nous suivons une dynamique interne dont nous sommes responsables, et nous devons fournir les ressources et les mesures législatives adéquates à Élections Canada, que ce soit au directeur général des élections ou aux préposés au scrutin sur le terrain.
Lorsque les Canadiens entrent dans l'isoloir, nous voulons que leur expérience soit aussi fluide et facile que possible. Nous voulons que, lorsqu'un Canadien se rend aux urnes, il y ait des préposés au scrutin sur place, et que l'équité et l'intégrité du processus électoral soient assurées pour que les électeurs puissent voter en toute confiance, comme il se doit, dans les élections fédérales. Notre système électoral national utilise des bulletins en papier. C'est un système à l'ancienne, comme je les aime. Le soir des élections, dans des dizaines de milliers de bureaux de scrutin partout au pays, où travaillent des dizaines de milliers de personnes, on ouvre les boîtes de scrutin et on procède au dépouillement manuel des bulletins de vote par anticipation, sur papier, comme le veut la tradition au fédéral. Cela garantit un processus fluide, mais qui demande beaucoup de travail, notamment pour offrir aux électeurs une expérience sans heurts lorsqu'ils se rendent voter. Il y a aussi tout ce qui se passe en coulisses, sans oublier le système de financement politique en place au Canada. Il est important de bien faire les choses pour que tout fonctionne correctement.
Nous devons une fière chandelle aux préposés au scrutin qui se mobilisent dans chacune des collectivités et des circonscriptions du pays. Qu'il s'agisse de ceux qui officient dans les bureaux de vote locaux le jour du scrutin ou lors du vote par anticipation ou encore du personnel travaillant au bureau de scrutin local dans les 343 circonscriptions du pays, leur tâche est extrêmement difficile et intense. Elle est intense, car ils doivent se préparer et mener à bien une élection. Les élections peuvent durer plus longtemps, mais la plupart durent généralement 36 jours. Parfois, selon le scénario et l'organisation, il y a eu une période de préparation pour informer les gens qu'ils doivent s'attendre à des élections, mais, dans notre domaine, des élections surprises peuvent être déclenchées à tout moment au cours d'un mandat. Nous avons donc des préposés au scrutin, du personnel et des directeurs du scrutin dans les collectivités qui sont capables de se mobiliser et d'accomplir un travail très intense en très peu de temps.
Ils doivent redoubler d'ardeur et mettre sur pied un bureau local d'élections. Ils doivent doter ce bureau en personnel. Ils doivent recruter des centaines et des centaines de préposés pour le vote par anticipation et la journée des élections. Non seulement ils doivent les recruter, mais ils doivent aussi les former, s'acquitter des tâches de ressources humaines pour tous ces processus et veiller à ce que les personnes embauchées aient les compétences nécessaires afin d'assurer la fluidité du vote. Ils doivent recevoir les mises en candidature des candidats locaux et vérifier les signatures pour les mises en candidature approuvées, puis prendre en charge le processus de validation du vote après les élections. Faire tout cela en 36 jours — ce qui correspond généralement à la période électorale — et le faire dans 343 circonscriptions au pays, c'est tout un travail.
Il est déjà difficile d'accomplir ce travail essentiel, et la géographie de notre pays le complique davantage. Mon intérêt pour cette question remonte à l'époque où je siégeais au comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Nous avions alors étudié des rapports sur les élections partielles, les élections générales et le processus électoral. Dans un pays aussi vaste que le nôtre, le défi consiste à éviter une uniformisation excessive. Une réglementation et une structure sont nécessaires, mais il faut aussi tenir compte des différences entre les circonscriptions. Stormont—Dundas—Glengarry est une circonscription rurale, mais pas aussi rurale et éloignée que, disons, les circonscriptions de Nunavut, de Territoires du Nord‑Ouest ou de Yukon. Prenons ensuite l'exemple de la circonscription d'Ottawa‑Centre ou de Vancouver‑Centre. Certaines circonscriptions font quelques kilomètres carrés, tandis que d'autres s'étendent sur des milliers de kilomètres carrés. C'est là toute la réalité géographique de l'organisation d'une élection. Les bureaux de scrutin, le personnel, la formation, la distribution des bulletins de vote, toutes ces questions demeurent au cœur des préoccupations. Nous devons veiller à ce qu'Élections Canada puisse présenter au comité de la procédure et des affaires de la Chambre un compte rendu du travail important qu'il accomplit, afin que les parlementaires soient ensuite informés des mesures à prendre.
Je souhaite simplement faire une petite observation au sujet de ce projet de loi. Je tiens à ce que cela figure au compte rendu, et cela touche à une passion personnelle, qui peut paraître un peu pointue. Il s'agit de ce qui ne figure pas dans ce projet de loi, alors que cela avait été proposé lors de précédentes tentatives du gouvernement et avait fait l'objet de discussions alors que nous cherchions des moyens d'améliorer le processus de vote pour la population canadienne. Un élément qui n'a pas été inclus dans ce projet de loi est la modification des jours de vote par anticipation et du nombre d'heures consacrées au vote par anticipation.
Pourquoi est-ce que j'évoque un élément qui ne figure pas dans le projet de loi? Honnêtement, je suis ravi qu'il n'y soit pas. Parfois, certaines mesures semblent raisonnables sur papier, notamment celles visant à améliorer le processus démocratique, mais, comme le dit le vieil adage: « Même la plus fine des crêpes a toujours deux côtés. » Certaines personnes ont réclamé l'augmentation du nombre de jours de vote par anticipation. Bien que, en théorie, l'idée d'ajouter un, deux ou trois jours pour donner aux Canadiens plus de temps pour voter semble bonne, cela poserait des défis logistiques que j'ai déjà soulevés au comité et que je continuerai de soulever. Qu'on me comprenne bien: je ne dis pas que je suis totalement opposé à toute augmentation, mais nous devons entendre le personnel d'Élections Canada à propos de notre capacité de faire deux choses.
Premièrement, il faut être capable de recruter des travailleurs. Pour passer de trois ou quatre jours à six jours de vote par anticipation, il faudrait que la même équipe puisse travailler jusqu'à 10 heures par jour. Il ne s'agit pas seulement des heures d'ouverture des bureaux de scrutin. Les travailleurs doivent arriver au bureau de scrutin entre une demi-heure et une heure avant son ouverture, ils y restent souvent de 15 à 30 minutes après sa fermeture, puis ils rentrent chez eux. Le lendemain matin, ils y retournent. J'ai parlé des circonscriptions rurales et éloignées, dont certaines sont très difficiles d'accès et où il est difficile de recruter du personnel. S'il est déjà difficile de trouver des personnes prêtes à s'engager pendant trois jours consécutifs pour le vote par anticipation, leur demander de le faire pendant quatre ou six jours compromettrait sérieusement notre capacité à recruter efficacement les dizaines de milliers de Canadiens nécessaires pour travailler pour Élections Canada. Il s'agirait là d'une conséquence imprévue de cette mesure.
Par ailleurs, la question de la disponibilité des lieux de vote peut elle aussi poser problème, et c'est pourquoi je suis content qu'aucune modification ne soit apportée au vote par anticipation pour le moment. Si on prolonge la durée du vote par anticipation, il devient plus difficile de réserver les locaux nécessaires, comme les salles paroissiales et communautaires ou les écoles, qui peuvent déjà être occupés par d'autres activités. On pourrait penser qu'ajouter xjours de vote est une bonne chose. Cependant, sur le terrain, surtout en milieu rural, on constate qu'aller voter représente 10 ou 15 minutes de route et que, si un bureau de vote local n'est pas disponible et qu'il faut conduire 15 ou 20 minutes de plus, ça finit par décourager des gens d'aller voter.
L'ajout de jours de vote repose peut-être sur de bonnes intentions, mais dans les faits, ça complique les choses. Certains locaux, dont les bureaux de scrutin habituels les plus proches, risquent de ne pas être disponibles pendant toute la période, et Élections Canada risque de manquer de personnel, comme je l'ai mentionné.
Je m'excuse d'entrer dans des détails techniques, mais je tenais à faire consigner ce point au hansard et à exprimer ma préoccupation. Encore une fois, je ne suis pas contre l'idée d'augmenter le nombre de jours de vote par anticipation à l'avenir, mais il faudra en discuter davantage. Je suis donc heureux que cette mesure ne figure pas dans le projet de loi à l'étude.
Ce projet de loi qui vise à modifier la Loi électorale du Canada comprend une variété de modifications et d'ajouts qui moderniseraient plusieurs points. Comme je l'ai mentionné, plusieurs de mes collègues conservateurs ici présents sont favorables à ce que ce projet de loi soit renvoyé au comité de la procédure et des affaires de la Chambre pour que l'on mène un examen plus approfondi et poursuive les discussions à ce sujet. À vrai dire, le projet de loi est une nette amélioration par rapport à la dernière tentative, le projet de loi , de modifier la Loi électorale du Canada.
Les députés n'arriveront peut-être pas à se rappeler, uniquement avec son numéro, sur quoi portait le projet de loi de la dernière législature. Il s'agissait de la loi néo-démocrate—libérale sur la protection des pensions. Au beau milieu d'une série de changements que le gouvernement proposait dans le cadre de sa coalition avec le NPD, les libéraux se sont fait prendre la main dans le sac à essayer de se donner des avantages en repoussant la date des élections de quelques semaines, afin que ceux à qui il manquait quelques jours de service pour avoir droit à leur pension puissent l'obtenir. C'était une décision très égoïste de leur part et qui, à juste titre, n'a pas plu aux Canadiens. Heureusement, ce projet de loi n'a pas été adopté. Il est mort au Feuilleton lors du déclenchement des élections. L'intention des libéraux et de leurs partenaires de coalition de l'époque, les néo-démocrates, n'était pas réellement de modifier ou d'améliorer la Loi électorale du Canada de manière significative, respectueuse et intègre.
Le projet de loi contient plusieurs dispositions que nous pouvons appuyer. Par exemple, il prévoit l'ajout de nouvelles infractions. Auparavant, la Loi électorale du Canada ne prévoyait aucune infraction spécifique pour la diffusion intentionnelle de renseignements électoraux faux, la manipulation des systèmes informatiques électoraux ou l'utilisation de l'intelligence artificielle ou d'hypertrucages pour usurper l'identité d'autrui. Dorénavant, ces trois actes constitueraient des infractions criminelles. Nous étendons également l'application au-delà du territoire, de sorte que les infractions commises à l'extérieur du Canada seraient prises en compte et que des poursuites pourraient être engagées en cas d'actes malveillants commis par des acteurs situés à l'extérieur du Canada.
Les contributions anonymes seraient interdites. Auparavant, les cryptomonnaies, les mandats et les produits de paiement prépayés constituaient des moyens autorisés pour faire un don à une entité politique ou à un tiers. Cette échappatoire a été éliminée. Ces trois modes de paiement seraient désormais interdits pour une contribution, ce qui mettrait fin aux canaux de financement anonymes et difficiles à retracer.
Des modifications seraient apportées à la divulgation de renseignements personnels. Avant que l'on propose de changer les choses, j'ignorais que l'adresse domiciliaire complète des directeurs du scrutin était publiée dans la Gazette du Canada. Les listes électorales préliminaires étaient largement diffusées à tout parti qui en faisait la demande. Désormais, l'adresse du directeur du scrutin se limiterait à la municipalité et à la province. L'accès aux listes électorales serait limité aux seuls partis admissibles, à savoir ceux qui sont représentés à la Chambre, ceux dont d'anciens candidats se représentent ou ceux qui avaient des candidats dans les deux tiers des circonscriptions lors des dernières élections. Cette mesure vise à garantir la protection des données et de ces informations autant que possible.
En ce qui concerne l'ingérence étrangère, voici un point intéressant dont nous avons discuté. Pour lutter contre l'ingérence étrangère, il avait été interdit aux tiers de recourir à des contributions étrangères pour financer des activités réglementées, mais il ne leur était pas interdit de verser ces contributions. Les courses à la direction ne faisaient l'objet d'aucune restriction en matière de financement étranger. Dans le projet de loi dont nous sommes saisis, il serait désormais interdit aux entités étrangères de verser des contributions à des tiers, quelles qu'elles soient. Le financement étranger serait interdit dans le cadre des courses à la direction, et les activités des entreprises étrangères seraient soumises à une réglementation plus stricte, quel que soit le lieu où elles sont menées.
L'élément le plus important de ce projet de loi réside dans les mesures prises pour s'attaquer aux efforts malveillants déployés par le Comité du bulletin de vote le plus long pour semer le chaos et la confusion dans nos bulletins de vote et dans notre processus démocratique. Nous l'avons constaté dans la circonscription de Carleton lors des dernières élections. Nous l'avons constaté lors de l'élection partielle de Battle River—Crowfoot. Nous venons de le constater lors de l'élection partielle de Terrebonne. Il s'agissait de tentatives menées par un petit groupe qui prétendait protester. Ce n'était pas de la protestation. C'était une utilisation abusive des outils démocratiques dont nous disposons dans ce pays.
Le Comité du bulletin de vote le plus long faisait venir les mêmes 100 personnes pour signer les déclarations de candidature de 100 candidats et une seule personne faisait office d'agent financier pour chacun d'entre eux. Du jour au lendemain, nous nous retrouvions avec un bulletin de vote de trois, quatre ou cinq pieds de long sur lequel figuraient 100 candidats. C'était un mépris total de notre processus démocratique. Ce n'était pas une protestation. C'était une façon de semer le chaos et la confusion et de priver les électeurs de leur droit de vote.
Un changement a maintenant été proposé. Je suis heureux de constater que les libéraux ont tenu compte de notre demande et qu'ils ont précisé dans le projet de loi qu'une personne ne peut signer l'acte de candidature que d'un seul candidat dans une circonscription donnée. Un agent officiel ne peut travailler que dans le cadre d'une seule campagne. Grâce à ces changements, seuls les candidats sérieux seront inscrits sur les bulletins de vote, pas ceux qui se présentent à des fins de protestation politique, obligeant ainsi les électeurs à écrire le nom du candidat sur un bulletin blanc ou créant un bulletin de vote de plus de quatre pieds de long, comme on l'a vu lors des dernières élections. Ce n'est pas ce que veulent les Canadiens. Ils ne veulent pas qu'on se moque du processus démocratique, mais qu'on le respecte. À mon avis, cette modification particulière concernant l'intégrité des bulletins de vote améliorera grandement les choses.
Je conclurai en disant simplement qu'il est important que ce projet de loi soit renvoyé au comité pour qu'il fasse l'objet d'un examen et d'un débat plus approfondis. Je suis impatient de voir les changements qu'apporteront mes collègues à ce projet de loi ainsi qu'à d'autres. Il est vital que nous fassions un bon travail avec la Loi électorale du Canada pour que les Canadiens puissent avoir pleinement confiance dans le système électoral.
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Monsieur le Président, nous débattons aujourd'hui de la Loi visant à protéger nos élections et nos droits, le projet de loi , qui est la réponse du gouvernement à plusieurs événements récents, à l'échelle tant locale qu'internationale, qui ont menacé l'intégrité d'une de nos institutions démocratiques les plus importantes, nos élections, ainsi que la confiance du public à leur égard.
Après les élections de 2021, le gouvernement fédéral a nommé Marie‑Josée Hogue au poste de commissaire en charge de l'Enquête publique sur l'ingérence étrangère dans les processus électoraux et les institutions démocratiques fédéraux. C'est un nom très long et aussi un rapport très long, en sept ou huit volumes. Le rapport final de la commissaire est paru le 28 janvier 2025, il y a environ 14 mois. Je vais lire quelques extraits du rapport parce qu'ils précisent le contexte de ce projet de loi. Voici ce que dit la commissaire à la page 3 de son rapport:
Je retiens d'abord de la preuve qu'il est vrai de dire que certains États tentent de s'ingérer dans nos institutions démocratiques, y compris nos processus électoraux. Le phénomène n'est pas nouveau et n'est pas étonnant: des États tentent, depuis toujours, de s'ingérer dans les affaires d'autres États. La nouveauté réside plutôt dans les moyens que déploient ces États, l'ampleur que semble prendre le phénomène et le fait qu'on en parle publiquement.
Pensons-y. On parle de l'intelligence artificielle, de l'influence des réseaux sociaux sur les gens et de la facilité avec laquelle on peut propager de la désinformation et des renseignements erronés. Tout cela a une incidence sur nos institutions démocratiques. Aujourd'hui, nous discutons de la Loi électorale du Canada.
Pour donner un avant-goût de sa conclusion à la fin des sept ou huit volumes, la commissaire a écrit ceci à la page 17: « Je n'ai trouvé aucune preuve que le résultat global d'une élection ait été influencé par un acteur étranger et je n'ai identifié qu'un petit nombre de circonscriptions individuelles où l'ingérence étrangère a pu avoir un certain effet. »
Si on lit entre les lignes, le rapport dit que, qu'il y ait eu ou non ingérence étrangère dans les élections de 2019, nous aurions eu un gouvernement libéral minoritaire dirigé par le premier ministre Trudeau de l'époque, et les conservateurs auraient formé l'opposition avec le député de , qui était alors chef du Parti conservateur, comme chef de l'opposition. Tel aurait été le résultat, et je crois que c'est ce que la juge Hogue voulait dire lorsqu'elle a déclaré qu'elle ne voyait aucune incidence sur le résultat global de ces élections.
Il en va de même pour 2021. Qu'il y ait eu ou non ingérence étrangère dans l'élection générale canadienne de 2021, nous allions de toute façon avoir un gouvernement libéral minoritaire dirigé par le premier ministre de l'époque, Justin Trudeau, et une opposition conservatrice, avec Erin O'Toole comme chef de l'opposition.
J'accepte les conclusions de la juge Hogue selon lesquelles, lors de ces deux élections, les Canadiens ont obtenu à la fois le gouvernement et l'opposition qu'ils avaient choisis, mais je note que son rapport précise également ceci, ce qui revêt une importance capitale dans le débat actuel: « [J]e n'ai identifié qu'un petit nombre de circonscriptions individuelles où l'ingérence étrangère a pu avoir un certain effet. »
Par conséquent, à l'échelle nationale, les Canadiens ont obtenu le gouvernement qu'ils avaient choisi. Toutefois, à l'échelle locale, il est possible qu'ils n'aient pas obtenu le député que la majorité souhaitait réellement, en raison d'une ingérence étrangère dans notre système électoral. C'est ce que nous retenons de ce rapport.
La juge Hogue approfondit son analyse et se penche sur la circonscription de Steveston—Richmond‑Est. Nous en parlions il y a quelques minutes à peine. Voici ce que dit le rapport Hogue à la page 38: « Le député du Parti conservateur Kenny Chiu, représentant de la circonscription de Steveston—Richmond-Est, a été la cible de fausses histoires liées à sa proposition de mettre en place un registre sur l'influence étrangère. »
Si j'ai un peu de temps à la fin, je reviendrai plus en détail sur ce qui s'est passé avec ce registre, mais pour l'instant, je vais simplement poursuivre avec le rapport Hogue. Il précise ensuite que M. Chiu et le Parti conservateur du Canada ont demandé, très peu de temps après les élections, que ces questions soient portées à l'attention du SCRS.
Le Service canadien du renseignement de sécurité a mené son enquête, mais M. Chiu et le Parti conservateur n'ont connu les résultats que près de deux ans plus tard, à l'automne 2023, et seulement à la suite de reportages médiatiques évoquant de possibles fuites du rapport de renseignement. Le Service canadien du renseignement de sécurité a failli à sa tâche. A-t-il fait du bon travail? Probablement, mais il était tout simplement trop tard. Il a pris trop de temps, et il n'a pas tenu M. Chiu et son parti informés.
Cependant, bien qu'ils fassent manifestement partie de cette histoire, M. Chiu, mon ami et collègue, et la population de Steveston—Richmond‑Est n'en sont pas les sujets principaux. Il est en fait question de la population canadienne et de sa confiance, ou plutôt de son manque de confiance, dans notre système électoral.
La juge Hogue n'a pas pris de gants lorsqu'elle a critiqué la réponse lente et inadéquate du gouvernement à ces allégations. Elle a déclaré: « Je ne pourrais pas remplir mon mandat, qui est de contribuer à renforcer la confiance du public dans nos institutions démocratiques, si je minimisais les lacunes de ces efforts. » Elle a été très critique à l'égard du gouvernement. Elle a ensuite énuméré certaines des lacunes auxquelles elle avait fait allusion. Le gouvernement a réagi lentement à des problèmes qui étaient très urgents et très graves et qui auraient dû recevoir beaucoup plus d'attention. Il n'a pas transmis l'information aux bons décideurs et responsables des politiques, et lorsque l'information leur est finalement parvenue, ces derniers ne savaient pas quoi en faire. Ils n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation. C'était évidemment sous la direction et l'inspiration du gouvernement libéral, qui, à l'époque, ne considérait pas l'ingérence étrangère comme un problème grave. De plus, il y a eu un manque de coordination. Il y a eu confusion au sujet des rôles et des responsabilités. Cependant, la juge a conclu sur une notre plutôt positive. Elle a dit: « Toutefois, dans l'ensemble, je suis convaincue que le gouvernement prend désormais la pleine mesure de la menace d'ingérence étrangère à laquelle le Canada est confronté et qu'il est sérieux dans sa manière d'y répondre. »
La juge Hogue a écrit cela il y a 15 mois, et dans la législature suivante, nous donnons enfin suite à son rapport avec le projet de loi visant à protéger nos élections et nos droits. C'est un pas dans la bonne direction. Nous allons appuyer son renvoi au comité, où j'ai hâte d'aller au fond des choses pour voir si le projet de loi répond vraiment aux préoccupations légitimes des Canadiens qui sont soulevées dans ce rapport au sujet de l'intégrité de nos institutions démocratiques.
Voici une autre citation du rapport Hogue qui, à mon avis, résume bien la situation:
L'ingérence étrangère — et notre peur de l'ingérence étrangère — nous a ébranlés. Certains ont remis en question leur foi en notre système. J'espère pour ceux qui prendront le temps de lire ce rapport que ce qu'ils apprendront — ce que j'ai appris — leur permettra non seulement de mieux comprendre la menace que représente l'ingérence étrangère, mais aussi de contribuer à reconstruire leur confiance dans notre démocratie.
J'espère en effet que le projet de loi fera précisément cela et qu'il contribuera dans une certaine mesure à rétablir la faible confiance que tant de Canadiens ont dans nos institutions démocratiques.
Je souligne que, lors des dernières élections, le taux de participation des jeunes a augmenté, ce qui est une source d'optimisme. Un plus grand nombre de personnes qui pouvaient voter pour la première fois se sont rendues aux urnes. Une fois que les gens ont voté pour la première fois, ils sont susceptibles de le faire lors des élections suivantes. Cette courbe va peut-être dans la bonne direction. Cela dit, dans l'ensemble, le taux de participation électorale n'a malheureusement pas été particulièrement élevé. Dans quelle mesure cela est-il lié au scepticisme des Canadiens quant à l'intégrité de notre système électoral?
Au début de mon discours, j'ai mentionné que le projet de loi dont nous sommes saisis répond non seulement à des enjeux internationaux, dont j'ai, je crois, assez bien parlé, mais aussi à certains problèmes locaux qui se sont manifestés ici même, au Canada. Lors des dernières élections générales et partielles, un groupe local de fauteurs de troubles ou de « petits comiques » a perturbé nos processus électoraux. Ils se font appeler le Comité du bulletin de vote le plus long. Nous avons tous entendu parler de leurs tactiques, l'exemple le plus récent étant l'élection partielle dans Terrebonne. Ils trouvent des failles dans la loi électorale qui leur permettent de présenter un grand nombre de candidats, parfois des centaines, dans une circonscription donnée. Ils disent mener une noble quête visant à mettre en place ce qu'ils appellent un forum des citoyens pour revoir notre bon vieux système électoral majoritaire uninominal à un tour, qu'ils n'apprécient pas. Ils ont trouvé un certain nombre de failles.
Un des participants a d'ailleurs témoigné devant le comité de la procédure et des affaires de la Chambre il y a quelques mois. Ce qu'on a découvert, c'est qu'aux termes de l'actuelle Loi électorale du Canada, on peut faire signer 100 formulaires d'investiture, voire 200, par les mêmes personnes, pour présenter 200 candidats différents. On peut désigner la même personne comme agent financier pour l'ensemble des 200, 100 ou quel que soit le nombre de candidats qu'on parvient à faire inscrire sur le bulletin de vote. Or, nous voulons mettre fin à cette pratique. Nous estimons que c'est inapproprié.
Je voudrais revenir sur les remarques concernant la création d'un forum citoyen. En tant que résidant de la Colombie‑Britannique, je peux dire que j'ai une certaine expérience en la matière. Nous avons une longue expérience des forums citoyens et des institutions citoyennes. Au fil des ans, je crois que nous en avons eu deux ou trois.
Il s'agissait de groupes de personnes responsables, nommées par le gouvernement, qui se réunissaient pour tenir une discussion intelligente et approfondie visant à examiner notre système électoral et, éventuellement, à trouver des options de rechange au système uninominal majoritaire à un tour qui, au fil des ans, a été contesté à maintes reprises. Le forum des citoyens a soumis les options au vote des citoyens de la Colombie‑Britannique à au moins deux reprises. Les deux fois, les citoyens, après les avoir examinées, après avoir fait de leur mieux pour comprendre les différentes options, ont dit qu'ils étaient à l'aise avec le système uninominal majoritaire à un tour et qu'ils voulaient le conserver.
Les petits comiques derrière le Comité du bulletin de vote le plus long connaissent très bien cette histoire. Nous la leur avons racontée. Ils savaient que s'ils devaient se soumettre à nouveau à ce processus — un processus rationnel, un processus juridique appuyé par le gouvernement —, ils subiraient un échec. Ils se sont dit qu'ils allaient essayer autre chose: une guérilla de procédure. Aujourd'hui, c'est ce qu'ils font. Ils ne sont pas sérieux. Ils savent qu'ils ne réussiront pas. Ils savent que leurs actions ne sont rien d'autre que des coups d'éclat qui mettent les gens en colère. Il faut les arrêter. C'est ce que permettrait le projet de loi.
Je suis heureux de constater que les rédacteurs du projet de loi ont donné suite aux recommandations du comité de la procédure et des affaires de la Chambre en apportant quelques changements très importants. Il serait désormais interdit à une personne de signer l'acte de candidature de plus d'une personne qui désire se porter candidat. Il serait également interdit à une personne d'agir à titre d'agent officiel de plus d'un candidat dans la même circonscription.
Nous avons examiné la question très attentivement. Nous avons écouté les experts. Nous avons tenté de garder la plus grande marge de manœuvre possible.
Nous reconnaissons que les Canadiens jouissent d'un droit constitutionnel, garanti par l'article 3 de la Charte, de participer pleinement et librement au système électoral. Nous voulons encourager les gens à se porter candidats et à se présenter en tant qu'indépendants. Il n'est pas nécessaire de se présenter pour un parti politique. Il n'est pas nécessaire d'avoir l'appui d'un parti. Quelqu'un peut simplement se présenter comme candidat indépendant et inviter tous ses amis à l'écouter au cours d'un débat. Tout cela est bon pour la démocratie.
Nous ne voulions pas nous y opposer. Nous avons rendu le processus aussi permissif que possible, et je suis heureux de constater que le gouvernement a donné suite à nos recommandations. Des juristes nous ont dit que ces restrictions constituent des limites raisonnables au droit protégé par la Charte dont jouissent les Canadiens de participer pleinement au processus démocratique.
Je suis d'accord pour dire qu'il faut mettre fin aux absurdités du Comité du bulletin de vote le plus long. Je suis également d'avis que les modifications que nous proposons, et qui se retrouvent dans le projet de loi , sont raisonnables et acceptables. Je voudrais que le projet de loi soit maintenant renvoyé au comité de la procédure en vue d'un examen plus approfondi pour faire en sorte que ces mesures résistent à une contestation fondée sur la Charte et qu'elles offrent l'encadrement nécessaire à ceux qui choisissent de s'engager dans le processus démocratique.
J'aimerais revenir à mes observations sur le registre des agents d'influence étrangers. Notre ancien collègue de Richmond‑Est—Steveston avait présenté un projet de loi d'initiative parlementaire à cet égard. Je me souviens qu'il avait demandé pourquoi le gouvernement ne s'en occupait pas. De nombreuses autres démocraties occidentales ont autorisé et mis en place un tel registre. Il ne s'agit pas seulement de la Chine ou de Pékin; d'autres pays cherchent également à s'ingérer dans les démocraties occidentales.
Nos partenaires commerciaux, nos semblables occidentaux, ont mis en place des registres des agents d'influence étrangers. Pourquoi ne l'avons-nous pas fait? À mon avis, c'est parce que le gouvernement libéral ne prenait pas la question au sérieux. Ce n'était certainement pas le cas à l'époque. M. Chiu, lui, a eu le courage de présenter un projet de loi d'initiative parlementaire. Je cite la juge Hogue:
[En 2021,] le député du Parti conservateur Kenny Chiu, représentant de la circonscription de Steveston—Richmond-Est, a été la cible de fausses histoires liées à sa proposition de mettre en place un registre sur l'influence étrangère.
Il faisait le travail que le gouvernement aurait dû faire et il en a payé le prix. J'ai été très déçu à l'époque. Je suis encore triste quand je pense que M. Chiu n'est plus notre collègue aujourd'hui.
Je tiens à souligner que ce projet de loi est un pas dans la bonne direction. La plupart de ses mesures méritent d'être appuyées. À certains égards, il ne va pas assez loin. Je pense que le comité doit approfondir certains points pour s'assurer que les propositions vont réellement atteindre leurs objectifs. Nous devons également entendre des experts pour nous assurer que le projet pourra résister à d'éventuelles contestations devant les tribunaux, notamment de la part de personnes cherchant à trouver des échappatoires et des moyens de s'ingérer dans nos institutions démocratiques. C'est la raison d'être de ce projet de loi. Nous voulons mettre fin à ce problème.
Nous tenons à soutenir nos institutions démocratiques et assurer le bon déroulement d'élections libres et équitables. Nous voulons nous assurer que les Canadiens ont le gouvernement qu'ils méritent et pour lequel ils ont voté. Nous souhaitons que tous nos concitoyens puissent être représentés dans cette enceinte par le député local qui a remporté la majorité des voix aux élections.