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Publications de la Chambre

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45e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 102

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 14 avril 2026




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 152
No 102
1re SESSION
45e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 14 avril 2026

Présidence de l'honorable Francis Scarpaleggia


    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

(1000)

[Traduction]

Comités de la Chambre

Patrimoine canadien

    Monsieur le Président, en tant que présidente du Comité permanent du patrimoine canadien, j'ai l'immense honneur et le plaisir de présenter trois rapports à la Chambre aujourd'hui.
    Tout d'abord, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le quatrième rapport du Comité permanent du patrimoine canadien, intitulé « Impacts de l'intelligence artificielle sur les industries créatives ». Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    Ensuite, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le cinquième rapport du Comité permanent du patrimoine canadien sur le projet de loi S‑227, Loi instituant le Mois du patrimoine arabe. Le Comité a étudié le projet de loi et a convenu d'en faire rapport à la Chambre sans proposition d'amendement.
    Enfin, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le sixième rapport du Comité permanent du patrimoine canadien sur le projet de loi S‑210, Loi instituant le Mois du patrimoine ukrainien. Le Comité a étudié le projet de loi et a convenu d'en faire rapport à la Chambre sans proposition d'amendement.
    Le Comité est manifestement très occupé et très productif.
    Monsieur le Président, au nom des conservateurs qui siègent au comité du patrimoine canadien, je tiens à présenter le rapport dissident que nous avons rédigé dans le cadre de l'étude sur l'intelligence artificielle. Je présente ce rapport à la Chambre aujourd'hui. Nous avons tenu une longue réunion, mais, au fil des semaines, nous avons soulevé quelques préoccupations concernant le rapport qui sera publié.

Citoyenneté et immigration

    Monsieur le Président, en tant que présidente du comité de l'immigration et de la citoyenneté, je présente deux rapports aujourd'hui.
     J'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le quatrième rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, intitulé « Reconstituer le programme des étudiants étrangers du Canada ». Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    De plus, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le cinquième rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, qui porte sur la motion adoptée le mercredi 25 mars sur le système d'immigration canadien.
    Monsieur le Président, conformément à l'article 108(1)b) du Règlement, je prends la parole en tant que député de l'opposition officielle pour appuyer l'opinion dissidente annexée au rapport. Nous avons constaté que le gouvernement n'avait pas consulté les collectivités pour savoir si elles pouvaient gérer de façon durable l'afflux massif d'étudiants étrangers. Pendant que les établissements engrangeaient des profits records, les étudiants étrangers se retrouvaient aux banques alimentaires et subissaient les conséquences de la crise du logement locale, exacerbée par leur grand nombre.
    La vérificatrice générale a souligné le manque de surveillance de la part du gouvernement dans un rapport récent qui révélait que le gouvernement n'a enquêté que sur 2,6 % des 153 000 cas présumés de fraude par des étudiants étrangers.
    Pour ces raisons, nos recommandations comprennent notamment les suivantes: premièrement, que l'approbation des permis d'études soit directement liée à la disponibilité des logements, à la capacité des soins de santé et aux emplois dans la région; deuxièmement, que des exigences plus strictes soient imposées en ce qui concerne les compétences linguistiques des étudiants afin d'assurer leur réussite; troisièmement, que les établissements soient tenus financièrement responsables lorsque des étudiants dépassent la durée autorisée de leur séjour ou présentent une demande d'asile.
    Je demande que l'opinion dissidente soit annexée au rapport du comité.
(1005)

Loi visant à faciliter la modernisation de la réglementation en matière d'agriculture

    demande à présenter le projet de loi C‑273, Loi modifiant la Loi relative aux aliments du bétail, la Loi sur les engrais, la Loi sur les semences, la Loi sur les produits antiparasitaires et la Loi sur les aliments et drogues.
    — Monsieur le Président, les Albertains ne m'ont pas élu pour que je reste les bras croisés pendant que les bureaucrates d'Ottawa poussent les exploitations agricoles à la faillite. Les agriculteurs m'ont élu pour réparer ce qui ne fonctionne pas. Aujourd'hui, je présente le projet de loi visant à faciliter la modernisation de la réglementation en matière d'agriculture, un moyen simple et concret d'améliorer la vie des agriculteurs canadiens et de rendre les produits agricoles plus abordables pour toutes les familles qui en dépendent.
    Depuis des années, nos agriculteurs croulent sous le poids des tracasseries administratives, des règles absurdes, des retards qui leur coûtent cher et des obstacles qui les empêchent d'utiliser les mêmes outils sûrs et éprouvés que ceux dont se servent déjà leurs concurrents des États‑Unis, de l'Union européenne, du Royaume‑Uni, de l'Australie et de la Nouvelle‑Zélande. Pendant ce temps, on leur demande de patienter: d'attendre les autorisations, d'attendre les examens et d'attendre alors que leurs coûts grimpent et que leur rendement baisse. Cela ne protège pas les Canadiens. Cela les freine. Lorsque les agriculteurs prennent du retard, les Canadiens le ressentent à l'épicerie.
    Le projet de loi visant à faciliter la modernisation de la réglementation en matière d'agriculture changerait la donne. Il mettrait en place un système fiable permettant de mettre à la disposition des agriculteurs canadiens, dans un délai de 90 jours, les produits déjà approuvés par au moins deux de nos plus proches alliés. On ne parle pas d'années, mais bien de jours. Les évaluations canadiennes seraient maintenues, la sécurité resterait primordiale et le ministre conserverait le pouvoir d'intervenir en cas de préoccupations. Le projet de loi permettrait aux éleveurs de Strathmore d'obtenir les médicaments dont ils ont besoin pour préserver la santé de leurs troupeaux. Il permettrait de donner aux producteurs de pommes de terre de l'Île‑du‑Prince‑Édouard les intrants dont ils ont besoin pour accroître leur production. Aucune nouvelle structure bureaucratique, aucune nouvelle dépense: juste du gros bon sens. Le projet de loi a été rédigé par un agriculteur pour ses collègues sur le terrain. Il vise des rendements plus élevés, des coûts réduits, davantage de nourriture produite ici même au pays et des régions rurales plus fortes. Il offrirait un certain soulagement aux Canadiens qui en ont assez de voir leurs factures d'épicerie grimper.
    Les agriculteurs canadiens sont les meilleurs au monde. Ils ont besoin que le gouvernement se tasse du chemin afin qu'ils puissent nourrir les familles.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Pétitions

Les petites entreprises

    Monsieur le Président, j'ai plusieurs pétitions à présenter aujourd'hui.
    Les pétitionnaires de Mission—Matsqui—Abbotsford reconnaissent que le coût total de la réglementation pour les entreprises canadiennes a atteint 51,5 milliards de dollars. De ce montant, les formalités administratives coûtent à elles seules 17,9 milliards de dollars. Chaque année, les petites entreprises passent en moyenne 735 heures à se conformer à des exigences réglementaires qui n'offrent que peu ou pas d'avantages à la population. Ces entreprises paient au moins 5 fois plus par employé que les grandes entreprises pour se conformer à la réglementation, ce qui fait des lourdeurs administratives inutiles un obstacle important à la croissance ainsi qu'un frein à la productivité et à la compétitivité du Canada.
    Les pétitionnaires demandent donc au gouvernement du Canada de procéder sans délai à l'examen et à l'abolition des exigences et des règlements redondants qui nuisent de façon disproportionnée aux petites entreprises.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, je présente la deuxième pétition au nom des habitants de Mission—Matsqui—Abbotsford qui sont préoccupés par la présence de personnes associées au Corps des Gardiens de la révolution islamique, une organisation inscrite sur la liste des entités terroristes au Canada. Les pétitionnaires signalent que ces individus constituent une menace pour la sécurité nationale et qu'ils pourraient mener des activités au Canada. Ils font également valoir que les sanctions et la fermeture de l'ambassade du Canada en Iran ont retardé le traitement des demandes d'immigration et prolongé la séparation des familles. Ils demandent au gouvernement du Canada d'appliquer la désignation du Corps des Gardiens de la révolution islamique en enquêtant sur les personnes liées à cette organisation, en les expulsant au besoin, en bloquant leurs avoirs et en accélérant les processus d'immigration pour les ressortissants iraniens touchés, tout en soutenant le peuple iranien et en protégeant les valeurs démocratiques.
(1010)

Le maintien de la paix

     Monsieur le Président, c'est un honneur de présenter aujourd'hui la présente pétition signée par des membres du mouvement Peace Train. Ils soulignent que, pour garantir une paix durable, la dissuasion militaire doit s'exercer dans le contexte de solutions à long terme définies grâce à des recherches et à des analyses.
     Ils soulignent également que, dans le cadre de son engagement financier auprès de l'OTAN, le Canada peut et doit établir un centre national consacré au maintien de la paix et il doit contribuer davantage aux missions de maintien de la paix de l'ONU sur le plan du financement, de l'entraînement, de l'équipement et du personnel, et que les principales institutions libres du Canada qui sont vouées à la consolidation de la paix, notamment le Centre Pearson pour le maintien de la paix et le Canadian Institute for Peace and Human Security, ont été dissoutes. Les pétitionnaires citent un rapport du comité de la défense nationale qui recommande que le gouvernement du Canada rétablisse le Centre Pearson pour le maintien de la paix, qu'il lui confie un mandat axé notamment sur la recherche sur les conflits, la prévention des conflits, la médiation et la protection des civils.
     Enfin, les pétitionnaires recommandent que l'Association canadienne des vétérans pour le maintien de la paix préconise également le rétablissement de l'ancien centre pour le maintien de la paix.
    Les appels à l'action des pétitionnaires visent la mise sur pied et le financement, à titre d'élément fondamental de l'engagement de plus en plus ferme du Canada envers la défense et la sécurité, d'un centre canadien indépendant pour la paix qui se consacrerait au maintien de la paix et à la sécurité mondiale grâce à la recherche, à l'éducation, aux politiques et à la formation dans les domaines de la résolution des conflits, de la diplomatie et des opérations de paix pour les civils, les corps policiers et les militaires du Canada, ainsi que la communauté internationale.
     Comme les députés peuvent l'imaginer, compte tenu du conflit mondial qui fait rage en ce moment, cette pétition arrive à point nommé.

La sécurité publique

     Monsieur le Président, c'est un honneur de présenter la pétition e‑7104, qui a recueilli plus de 700 signatures.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'établir un cadre juridique complet pour protéger les mineurs contre les trafiquants de drogue prédateurs, de surveiller les réseaux sociaux afin de cibler le trafic en ligne et exiger des entreprises de réseaux sociaux qu'elles mettent en œuvre des politiques pour le prévenir, d'adopter une loi fédérale contre l'exploitation criminelle des enfants, inspirée de l'approche du projet de loi britannique sur la criminalité et la police, et de donner les moyens à la police d'enquêter de manière approfondie et efficace sur tous les signalements de trafic de drogue et d'exploitation criminelle impliquant des mineurs, et lui imposer de le faire, et assurer la protection des témoins lorsque c'est nécessaire.
     Quelque 60 % des consommateurs de drogues illicites au Canada sont des jeunes de 15 à 24 ans, et les surdoses de drogue sont la principale cause de décès chez les jeunes de 10 à 18 ans dans plusieurs provinces canadiennes.

L'agriculture

     Monsieur le Président, je présente une première pétition au nom de Canadiens des quatre coins du pays qui demandent au gouvernement de revenir sur sa décision de supprimer 665 postes à Agriculture et Agroalimentaire Canada, d'éliminer le programme de recherche en agriculture biologique et régénérative du centre de Swift Current et de fermer les installations de recherche de Lacombe, de Guelph, de Québec, d'Indian Head, de Scott, de Portage la Prairie et de Nappan qui servent notre secteur agricole.

La liberté de religion

    Monsieur le Président, la deuxième pétition que je présente porte sur le projet de loi C‑9.
    J'ai reçu de nombreuses pétitions sur ce projet de loi, qui a été renvoyé à l'autre endroit. On m'a demandé de continuer à les présenter, car le projet de loi va revenir à la Chambre. Les pétitionnaires espèrent que la question particulière concernant la protection attendue de tous les textes sacrés de toutes les religions au pays sera traitée et que, quand l'autre Chambre mènera son étude, elle fera véritablement son travail et entendra les témoins et les parties prenantes qui présenteront des arguments qui, nous l'espérons, aboutiront à ce que veulent les Canadiens, soit la fin du projet de loi C‑9.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D'accord.
    [Le texte des questions et des réponses est disponible sur le site Web des questions écrites.]

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

(1015)

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les taxes sur les carburants

    Que, étant donné que,
(i) les prix de l’essence ont grimpé en flèche,
(ii) les Canadiens paient désormais près de 20 % de plus à la pompe que les Américains en raison des taxes élevées imposées par les libéraux,
la Chambre demande au gouvernement d’adopter le plan conservateur visant à faire économiser 25 cents par litre aux Canadiens en supprimant les taxes fédérales sur l’essence et le diesel pour le reste de l’année 2026, notamment :
a) en supprimant la taxe d’accise sur les carburants pour le reste de l’année 2026, qui coûte 10 cents par litre aux Canadiens;
b) en supprimant la TPS sur l’essence et le diesel pour le reste de l’année 2026, qui coûte 8 cents par litre aux Canadiens;
c) en supprimant définitivement la taxe sur les normes de carburant, qui coûte 7 cents par litre aux Canadiens;
d) en supprimant définitivement la taxe industrielle sur le carbone, qui passera à 170 dollars la tonne et qui devrait entraîner une contraction de l’économie de 1,3 % ainsi que la perte de 50 000 emplois.
    — Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d'York—Durham.
    Le grand Winston Churchill a dit un jour que l'idée qu'un État peut se taxer lui-même pour prospérer est une des illusions les plus simplistes à troubler l'esprit humain. Après plus de 10 ans de gouvernement libéral, la vie est devenue misérable pour les Canadiens, plus inabordable et plus dangereuse que jamais dans l'histoire du pays. Les familles ont du mal à joindre les deux bouts et elles n'ont même pas les moyens de se procurer les produits de première nécessité. Elles veulent simplement un répit.
    Récemment, le premier ministre libéral a déclaré qu'il essayait de trouver des moyens de faire baisser le prix de l'essence. Eh bien, nous avons proposé une idée. Nous lui avons présenté la solution: supprimer temporairement toutes les taxes fédérales sur les carburants pour les Canadiens afin qu'ils économisent à la pompe. D'après ce que je comprends, le premier ministre a fait ce que tout bon libéral ferait et il vient de reprendre notre idée, mais pas au complet. Il n'en a retenu qu'une partie. Notre objectif était de retirer la TPS, la taxe d'accise et, bien sûr, la taxe cachée sur le carbone que les libéraux ont transformée en norme sur les combustibles propres et qui augmentera. Ainsi, les Canadiens auraient économisé 25 ¢ le litre à la pompe.
    Nous devons examiner la situation actuelle. Bien sûr, il y a des facteurs externes auxquels font face tous les pays. Tout le monde est confronté à ces mêmes facteurs, mais nous devons nous demander pourquoi les Canadiens paient, au moins, 20 ¢ de plus par litre que les Américains pour le carburant. La différence tient aux taxes fédérales sur l’essence; nous avons donc proposé la solution suivante aux libéraux, mais, encore une fois, ils ne l’ont pas mise en œuvre pleinement. Les Canadiens auraient économisé 25 ¢ par litre à la pompe. Ce ne sont pas seulement les Canadiens ordinaires qui auraient économisé de l’argent. Cela aurait aidé nos agriculteurs. Cela aurait aidé nos transporteurs. Cela aurait été bénéfique de bien des façons.
     Cela pourrait aussi contribuer à faire baisser le coût des aliments. Nous savons qu’après 10 ans de gouvernement libéral, les Canadiens subissent la plus forte inflation alimentaire de tout le G7. Les Canadiens ont le niveau d’endettement des ménages le plus élevé de tout le G7. Nous savons que les Canadiens sont en difficulté, car le fait que 2,2 millions de Canadiens se rendent dans une banque alimentaire chaque mois n’est pas une statistique dont quiconque devrait se vanter. Le coût des aliments est hors de contrôle dans ce pays. Les solutions proposées par les conservateurs contribueraient à réduire le coût de l’alimentation et de la vie quotidienne des Canadiens. Au total, elles permettraient également aux Canadiens d’économiser 1 200 $ en essence rien que cette année. C’est une économie considérable.
     Même à l’épicerie, les gens peuvent sentir la différence. Il n’y a pas si longtemps, les gens pouvaient s’en sortir avec 100 $ d'épicerie par semaine. De nos jours, les libéraux ont rendu le coût de l’alimentation si élevé que 100 $ ne mènent pas loin. Leur taxe sur le carbone pour les industries et leur norme sur les carburants propres, qu’ils refusent d’abandonner, augmentent le coût de la vie. Elles font grimper le prix des aliments. C’est pourquoi l’insécurité alimentaire est si répandue.
     Dans ma circonscription de Calgary-Est, l’Armée du Salut fait un travail remarquable. Elle vient de signaler une augmentation de 500 % de l’utilisation de son programme de sécurité alimentaire. Cette augmentation de 500 % s’explique par le fait que le coût des aliments ne cesse d’augmenter. Ce sont là des chiffres ou des statistiques à propos desquels on pourrait se demander: « Si 2,2 millions de Canadiens se rendent à une banque alimentaire chaque mois, vivent-il vraiment dans un pays industrialisé? »
    Les Canadiens croulent sous les impôts. Ils paient, en effet, plus d’impôts qu’ils ne dépensent pour se nourrir, se loger et s’habiller, autrement dit pour toutes les choses essentielles. C’est le résultat de dépenses exagérées, d'un recours excessif à la planche à billets et d’un marché submergé de liquidités bon marché. À qui cette situation profite-t-elle? Elle profite toujours aux proches du Parti libéral. Prenons l'exemple du gaspillage de 90 milliards de dollars que représente le projet de train à grande vitesse Alto. Le ministre des Finances se trouve là aussi en conflit d’intérêts présumé. Ce sont de riches proches du Parti libéral qui obtiendraient des contrats et l’argent qui en découle. Ils sont les seuls qui en tireraient profit. Qui paiera la facture? Ce sont les Canadiens, les Canadiens ordinaires qui se trouvent chaque jour face à la réalité d’un gouvernement libéral corrompu.
(1020)
    La norme sur les combustibles propres est également une taxe sur tout. Comme je l’ai déjà dit, les agriculteurs qui produisent nos aliments, les transporteurs qui acheminent leurs produits, et même les entreprises qui les stockent sont tous touchés par la norme sur les combustibles propres, la taxe sur le carbone pour les industries ou les deux. Parfois, c'est de façons cachées, mais ces coûts ne sont pas seulement à la charge des agriculteurs et des transporteurs. En fait, ils sont répercutés sur le prix des produits alimentaires. Ce sont les Canadiens qui les achètent et voient leur coût toujours augmenter qui en font les frais, et ce sont toujours les proches du Parti libéral qui en tirent profit.
     Les libéraux ne maîtrisent nullement la gestion des finances des Canadiens. En fait, nous pensions que Justin Trudeau était le pire gestionnaire financier du Canada, mais le premier ministre s'est fait fort de faire bien pire. Il a doublé le déficit de Justin Trudeau, aussi incroyable que cela puisse paraître. Nous pensions que personne n'y parviendrait, mais c’était sa priorité numéro un en devenant premier ministre.
    L'élimination de la TPS, de la taxe d'accise et de la taxe sur le carbone 2.0, c'est-à-dire de la norme sur les combustibles propres, aiderait les camionneurs et les agriculteurs. Cette suppression contribuerait à faire baisser le coût des aliments. C'est pourquoi les conservateurs proposent la mesure suivante: nous savons que les Canadiens ont du mal à mettre du pain sur la table. Dans nos circonscriptions, nous avons tous été approchés par des mères qui doivent choisir entre acheter des aliments moins nutritifs ou sauter des repas cette semaine-là. Certaines d'entre elles se privent de manger pour pouvoir nourrir leurs enfants. Voilà les choix que doivent faire les Canadiens. Les aînés aussi doivent faire ces choix. Certaines personnes font la file devant les banques alimentaires et y ont recours pour la première fois de leur vie. Auparavant, elles étaient fières d'y être bénévoles, mais maintenant, elles font la file pour pouvoir manger.
    Voilà ce que ça donne, un gouvernement libéral. Il augmente les coûts, et les libéraux ne reculeront pas. Ils augmenteront la taxe sur le carbone pour les industries et celle liée à la norme sur les combustibles propres, ce qui ne fera que rendre les choses plus chères pour les Canadiens.
    Les libéraux feront valoir que cela risquerait de créer un trou dans leur budget. Nous sommes surpris qu’ils s’en soucient, vu tout l’argent qu’ils impriment et dépensent. Toutefois, si nous mettions en œuvre la suppression des taxes sur les carburants au niveau fédéral, les Canadiens réaliseraient davantage d’économies et la baisse des recettes fiscales pour le gouvernement serait moins importante. Ce serait une situation qui profiterait à tout le monde. Surtout, ce serait une victoire pour ces familles qui ont du mal à joindre les deux bouts après dix ans de gouvernement libéral.
     Nous devons relancer notre économie. Nous devons faire en sorte que le Canada redevienne un pays sûr et abordable, ce qu’il n’est plus après 10 ans de gouvernance libérale. Il est devenu la risée du monde entier. Nous devons pouvoir acheminer nos ressources vers les marchés. Nous devons supprimer la taxe sur le carbone pour l'industrie et nous débarrasser du projet de loi C-69 afin de pouvoir mener à bien des projets dans ce pays.
     Nous devons abroger le projet de loi C-48, qui impose un moratoire sur les pétroliers et empêche notre produit de quitter la côte ouest à destination des marchés asiatiques. Nous devons supprimer la norme sur les combustibles propres ainsi que toute la bureaucratie qui bloque la construction dans ce pays. Nous devons remettre notre pays sur les rails afin qu'il redevienne une nation souveraine, indépendante et une superpuissance énergétique. C’est une initiative que seuls les conservateurs seraient en mesure de mener à bien.
    Monsieur le Président, j'ai écouté attentivement le discours de mon collègue et j'aimerais l'informer que, littéralement, au moment où nous parlons, le premier ministre est en train d'annoncer un répit historique pour les Canadiens, puisque les taxes d'accise ne seront pas perçues cet été sur le diésel, le carburant aviation et l'essence. Cette mesure suit la généreuse et nécessaire allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, déjà annoncée. Le gouvernement met en place de solides mesures pour donner aux Canadiens un répit et rendre leur vie plus abordable, ce qui fait suite à un certain nombre d'autres initiatives.
    Voici ce que je voudrais demander au député: n'a-t-il rien de positif à dire sur les mesures d'abordabilité mises en place par le gouvernement?
(1025)
    Monsieur le Président, je pense que le leader du gouvernement à la Chambre arrive à peine, car je viens tout juste d'aborder le sujet.
    Encore une fois, comme les libéraux en ont l'habitude, ils ont volé notre idée, mais pas tout à fait. Ils n'en ont gardé qu'une partie. En fait, ils n'ont éliminé ni la norme sur les combustibles propres ni la taxe sur le carbone pour les industries, sans compter que nous demandons le retrait de la TPS, ce qui permettrait à la population d'épargner 25 ¢ du litre. Cependant, comme d'habitude, les libéraux n'ont fait que la moitié du travail et ils n'ont offert que des demi-mesures, ce qui est leur marque de commerce.
    Pour les libéraux, tout cela n'a pas vraiment d'importance, car tout n'est que politique. À l'heure actuelle, ils peuvent faire cette annonce, mais leur norme sur les combustibles propres est encore là, ce qui accroîtra le prix des aliments. Les Canadiens ne verront aucun allégement des prix à l'épicerie, et le répit à la station-service aurait pu être beaucoup plus grand s'ils avaient seulement adopté le plan des conservateurs dans son intégralité.

[Français]

     Monsieur le Président, je voudrais savoir si mon collègue a calculé l'impact de ces mesures sur l'environnement, d'une part, et sur le déficit, d'autre part. On a évalué que ça ferait augmenter le déficit d'environ 7 milliards de dollars.

[Traduction]

    Monsieur le Président, en réalité, l'incidence sur le déficit serait beaucoup moins importante que les revenus générés. Ce serait en fait un avantage et, au bout du compte, cet avantage profiterait aux Canadiens. Les Canadiens en ressentiraient les effets directement à la pompe, et cela contribuerait directement à réduire le coût des aliments.
    Nous avons proposé cette idée pour de nombreuses raisons. C'est dommage que les libéraux aient une fois de plus négligé de mettre en œuvre l'idée dans son intégralité. Ils n'en ont volé qu'une petite partie. Encore une fois, ce n'est qu'une question de politique pour eux.
    Monsieur le Président, je viens de tenir quatre assemblées publiques dans ma circonscription sur le coût de la vie et l'abordabilité et j'ai présenté l'idée que les conservateurs proposent aux participants de ces assemblées. Les participants ont presque unanimement souhaité que les taxes soient temporairement supprimées afin d'alléger leur fardeau. Cependant, ils ont aussi réclamé à l'unanimité que les grandes sociétés pétrolières et gazières, qui enregistrent des profits records, paient la note. Les participants ont convenu que ces mesures d'allègement étaient nécessaires, mais qu'elles ne devaient pas être prises au détriment des investissements dans les routes, les infrastructures et la santé.
    Quand la coalition des conservateurs et des libéraux pour l'aide aux entreprises parasites prendra-t-elle fin? Quel est le seuil de bénéfices que doivent atteindre les grandes sociétés pétrolières et gazières avant que les conservateurs et les libéraux ne leur demandent de payer un peu plus une fois arrivés au pouvoir, de sorte à réduire le fardeau qui pèse sur les Canadiens ordinaires et à leur faire payer leur juste part pour une fois?
    C'est intéressant, monsieur le Président, car j'ai moi aussi organisé une assemblée publique dans ma circonscription la semaine dernière. Mes concitoyens m'y ont très clairement dit que les libéraux étaient responsables de la crise du coût de la vie qu'ils aimeraient que les taxes fédérales sur les carburants soient supprimées, ce qui les aiderait à faire le plein d'essence et, bien sûr, à payer leur épicerie.
    Là où nos opinions divergent, et là où les libéraux ont freiné la croissance du Canada, c'est que si nous voulons financer adéquatement les routes et les services sociaux, nous avons besoin d'un secteur des ressources florissant, ce à quoi les libéraux se refusent. En laissant nos ressources dans le sol, non seulement nous sommes devenus moins autonomes, mais le monde s'en porte moins bien, car il ne dispose pas de l'énergie propre et à faible émission de carbone que le Canada pourrait lui fournir. Le secteur créerait des emplois bien rémunérés et stimulerait l'économie, ce qui permettrait d'améliorer les routes et les services sociaux dont parle mon collègue.
    Monsieur le Président, quand je me suis levé ce matin, j'ai appelé à la maison, comme je le fais chaque jour où je suis ici, à Ottawa, loin de ma famille, et comme beaucoup d'autres le font sans doute. J'ai demandé: « Quel est le prix de l'essence ce matin? Quel est le prix du diésel? » Dans mon coin de l'Ontario, juste au nord de la région du Grand Toronto, le prix varie entre 165,9 et 175,9 le litre pour l'essence ordinaire et se situe à environ 2 $ pour le diésel. C'est le cas à Uxbridge, à Port Perry, à Cannington, à Beaverton, dans le canton de Brock, et, bien sûr, à Sutton et Keswick, dans le canton de Georgina, qui se trouvent tous dans ma circonscription.
    Nous y voilà. La réalité, c'est que le diésel coûte environ 2 $ et l'essence, 1,75 $ dans un pays qui possède la quatrième réserve de pétrole et de gaz classiques et non classiques. Le Canada, qui devrait profiter de l'instabilité mondiale, se retrouve plutôt à en subir les conséquences.
    La guerre en Iran a assurément fait grimper le cours du pétrole en flèche. C'est une des causes de ce qui se passe à la pompe, mais l'autre est comme on le sait d'origine canadienne: il s'agit des 10 années de politiques de la part du gouvernement, aussi bien sa version actuelle que la précédente. Quels que soient les mots qu'ils emploient, les libéraux sont au moins cohérents dans leur volonté de laisser nos ressources inexploitées. Ils préfèrent voir les Canadiens mourir de faim, grelotter de froid et se retrouver au chômage, au bénéfice d'une idéologie environnementale fantaisiste. Résultat: le diésel coûte 2 $ le litre et l'essence, 1,75 $.
    Bien sûr, nous n'avons pas toutes les infrastructures nécessaires. Nous n'avons pas de raffineries. Nous n'avons pas assez de pipelines. Nous n'avons aucun pipeline qui va d'Est en Ouest, alors il est impossible de faire parvenir nos propres ressources à nos propres concitoyens. C'est pourquoi des endroits situés dans mon coin de pays et plus à l'Est, au lieu d'utiliser l'énergie canadienne, importent de l'énergie de régions du monde où aucun de nous ne voudrait aller en vacances. Par exemple, il y a l'Arabie saoudite où, comme on le sait, les femmes n'ont aucun droit, mais dont nous finançons le régime à coups de milliards de dollars en important son pétrole au lieu d'utiliser le nôtre, qui est extrait par des Canadiens bien rémunérés qui travaillent à la sueur de leur front et par des industries qui sont assujetties à des normes environnementales rigoureuses.
    Au-delà de ces choix stratégiques, le plus grave dans tout cela, c'est qu'on accable les Canadiens de taxes. On laisse nos ressources inexploitées. On paie le gros prix, en fonction des cours mondiaux, alors qu'il coûterait moins cher de consommer nos propres ressources, et pour comble de malheur, on accable les Canadiens de taxes par-dessus le marché.
    Selon l'endroit où l'on vit au pays, les taxes sur le carburant varient entre 40 ¢ et environ 60 ¢ le litre. Il s'agit là de la somme des taxes fédérales et provinciales. Mes collègues auront besoin de patience, car je vais toutes les passer en revue, ce qui risque de me prendre un certain temps. Allons-y. Il y a une taxe d'accise provinciale; des taxes locales sur le carbone pour les consommateurs, dans certaines régions de la Colombie-Britannique; des taxes pour le transport en commun, là encore, dans certaines régions de la Colombie-Britannique; des taxes de vente provinciales; la taxe d'accise fédérale; la taxe de vente fédérale; la taxe liée au Règlement sur les combustibles propres et la taxe sur le carbone pour les industries.
    Mes collègues qui ont bien suivi constateront que ça fait toute une liste, mais étrangement, depuis des mois, les libéraux qualifient toutes ces taxes d'imaginaires. Chaque fois que j'ai posé une question au sujet du Règlement sur les combustibles propres ou de la taxe sur le carbone pour les industries, le leader du gouvernement à la Chambre des communes, qui vient de s'exprimer, a répondu qu'il s'agit de taxes imaginaires.
    Eh bien, aujourd'hui, prenons deux exemples que les libéraux ont qualifiés d'imaginaires. La taxe sur le carbone pour les industries est depuis le début une mesure phare du programme libéral. D'ailleurs, si l'on relit le budget que les libéraux ont présenté à l'automne, on constate qu'il mentionne la taxe sur le carbone pour les industries pas moins de neuf fois et qu'il contient même une promesse d'augmenter cette taxe dans le futur. Alors, en quoi est-ce imaginaire?
    Ensuite, il y a le Règlement sur les combustibles propres ou la taxe liée à la Norme sur les combustibles propres. C'est vraiment dans la loi. Il n'y a rien d'imaginaire là-dedans. On peut aller sur le site Web des lois du ministère de la Justice pour trouver le Règlement sur les combustibles propres. Le gouvernement consacre même une page Web à ce règlement, donc c'est tout sauf imaginaire.
    C'est en raison de cette incertitude et du coût que tout cela représente pour les familles que nous proposons aujourd'hui, en tant que Parti conservateur, en tant qu'opposition officielle, de supprimer toutes les taxes fédérales sur les carburants, ce qui, selon nos estimations, permettrait aux Canadiens d'économiser une vingtaine de dollars sur chaque plein et environ 1 200 $ d'ici la fin de l'année.
(1030)
    Nous financerions cela en utilisant une partie des bénéfices que le gouvernement tirera de l'augmentation de ses recettes due à la hausse des prix du pétrole, car nous savons bien sûr que, lorsque les prix du pétrole augmentent, les gouvernements provinciaux et fédéral perçoivent davantage de recettes fiscales. Nous avons estimé que nous pourrions financer notre proposition avec environ 5 milliards de dollars sur les quelque 9 milliards de dollars qui seront perçus grâce à l'augmentation des recettes pétrolières dans ce pays. Nous utiliserions les ressources existantes sans alourdir la dette ni le déficit.
     Nous avons proposé d'enlever quatre taxes fédérales: suspendre la taxe d'accise fédérale jusqu'à la fin de l'année, suspendre la TPS sur l'essence et le diésel jusqu'à la fin de l'année et éliminer les deux règlements sur les carburants propres, à savoir la taxe liée à la norme sur les carburants propres et la taxe sur le carbone pour les industries. À mon avis, toutes ces mesures sont nécessaires. Isolément, chacune est tout simplement insuffisante pour apporter un réel soulagement aux familles. Je sais que, il y a quelques instants à peine, le premier ministre a annoncé une mesure qui ne constitue même pas une demi-mesure — peut-être un huitième de mesure — en ne suspendant que la taxe d'accise fédérale, et ce, seulement jusqu'en septembre.
    Je vais replacer cela dans son contexte. Le plan que nous avons proposé permettrait d'économiser environ 20 à 25 ¢ le litre. La proposition du premier ministre ne concerne que la taxe d'accise fédérale, qui s'élève à 10 ¢ le litre sur l'essence ordinaire et à 4 ¢ le litre sur le diésel. C'est moins de la moitié de ce que nous avons proposé et pour environ la moitié de la durée que nous avions prévue. Prenons seulement le diésel à titre d'exemple. Comme nous l'avons vu dans les médias, de nombreuses entreprises annoncent des surcharges de carburant pour faire face à la hausse des prix. Une réduction de 4 ¢ le litre ne va pas changer la décision des entreprises à ce sujet. Notre proposition s'élève à 25 ¢, soit environ 1 200 $ par an. La proposition libérale est de 10 ¢ ou 4 ¢, soit quelques dollars seulement, et ce, même pas jusqu'à la fin de l'année.
    Ironie du sort, après les résultats de cette semaine, les libéraux auront les coudées franches pour prendre toutes les mesures les plus ambitieuses qu'ils souhaitent. Après ce qui s'est passé cette semaine, la semaine dernière et les semaines précédentes, les libéraux disposeront d'une majorité à la Chambre des communes, ce qui leur permettra de mettre en œuvre plus facilement des mesures ambitieuses.
     Je pense que les médias ont fait preuve de beaucoup de mauvaise foi hier soir et au cours de la semaine dernière. Ce ne sont pas les élections d'hier soir qui ont donné la majorité aux libéraux. C'est une poignée de députés, dont quatre anciens conservateurs, qui ont pris la décision de quitter leur parti pour se joindre à un autre. Malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à trouver un seul véritable enjeu de fond qui justifierait le revirement du député d'Acadie—Annapolis ou celui de l'un des trois autres anciens députés conservateurs.
     Quitter un caucus pourrait être compréhensible s'il y avait une question de principe défendue par le député qui change de camp, mais il n'y en a aucune. Il n'y a pas de question de conscience, pas de rupture fondamentale de confiance, juste de l'opportunisme pur et simple. Même les déclarations de chacun des députés ayant pris cette décision ne révèlent rien de vraiment substantiel. Dans le cas de la députée de Sarnia—Lambton—Bkejwanong, elle a simplement mentionné en passant que des gens qui lui ont dit à l'épicerie qu'ils aimaient le premier ministre.
     Je vous aime beaucoup, monsieur le Président, ainsi que d'autres députés, mais je ne changerais pas de camp pour vous.
     Le député de Markham—Unionville, lui, s'est contenté de faire une vague allusion à l'unité et à des mesures concrètes. Quelles mesures concrètes? Voilà un an que le premier ministre a été élu. Le député d'Acadie—Annapolis s'est, pour sa part, contenté de dire qu'il s'agissait de tracer une meilleure voie pour l'avenir. Je l'inviterais bien à expliquer de quoi il retourne, mais je ne pense pas qu'il ait le courage politique de le faire. Quant au député d'Edmonton Riverbend, il était tout simplement et visiblement sous le charme du discours du premier ministre à Davos.
     Aucune de ces déclarations ne tient compte de questions vraiment fondamentales, et là est le problème. Les Canadiens le sentent bien. Ils ne sont pas dupes. Ils sentent l'hypocrisie flagrante des députés de notre caucus, des anciens membres du Parti conservateur, qui ont changé de bord. La raison pour laquelle les gens agissent a de l'importance. La raison pour laquelle ils font quelque chose, leur justification ou, dans le cas de ces députés, leur absence de justification, a de l'importance. C'est pourquoi les Canadiens sont si mécontents de ces changements d'allégeance politique, car ils sont sans fondement.
(1035)

[Français]

    Monsieur le Président, revenons sur la motion du Parti conservateur, parce que nous sommes ici pour débattre de cette motion. Comme d'habitude, il y a plusieurs éléments dans la motion. Nous sommes d'ailleurs d'accord sur certains éléments, notre premier ministre l'a annoncé.
    Quel que soit le problème, les conservateurs reviennent toujours sur la taxe sur le carbone industriel, comme si son élimination était une espèce de cure magique. Si on élimine ça, tout va être bien après. Alors, comment le député peut-il justifier le fait de revenir sur l'annulation de la taxe sur le carbone industriel quand cela a été démontré que cette taxe n'a présentement aucun effet sur le prix de l'essence?
(1040)

[Traduction]

    Monsieur le Président, ce n'est pas magique, mais mathématique. Quand on supprime des taxes, le prix des produits baisse dans ce pays. C'est pourquoi nos quatre plans devaient, selon les estimations, faire baisser le prix de l'essence d'environ 25 ¢. Il n'y a là rien de magique. Les libéraux n'ont qu'à faire le calcul et supprimer les taxes pour arriver à un meilleur résultat pour les Canadiens.
     Je ne suis pas contre certaines des mesures qu'ils ont prises, mais ils doivent en faire plus. Ils doivent toutes les mettre en œuvre. Je leur demande de ne pas se contenter de demi-mesures, alors qu'ils peuvent manifestement aller au bout de la démarche et accorder un allégement total.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais renchérir un peu sur ce que mon collègue a dit. La taxe sur le carbone industriel n'a aucun impact sur les prix à la pompe. Alors, finalement, c'est un cadeau déguisé aux pétrolières, un cadeau déguisé en appui à la population, mais ça n'aura aucun effet. Ça va juste aider les pétrolières, qui font déjà des milliards de dollars de profits.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suppose que nous sommes simplement en désaccord sur ce point. Je pense que c'est tout à fait logique que, si nous taxons une entreprise lorsqu'elle produit des biens ou des services, elle refilera ces coûts au consommateur qui achète les biens ou les services en question. Si un agriculteur doit payer des frais supplémentaires pour acheter de l'engrais ou une pièce d'équipement, ces frais seront ajoutés aux produits que nous achetons à l'épicerie. La taxe sur le carbone pour les industries augmente le coût des aliments et du carburant, et ce coût est payé par les consommateurs. C'est aussi simple que ça.
     Monsieur le Président, mon collègue a exposé des principes tout à fait sensés. La hausse des intrants entraîne une augmentation des prix et, si nous maîtrisons ces intrants, nous pouvons offrir un répit à la population. Plus important encore, il a consacré une partie de son intervention à parler de principes et à expliquer pourquoi, à la Chambre, nous devons rester fidèles à nos principes. J'invite le député à en dire plus sur ce sujet.
    Monsieur le Président, mon collègue de Vaughan—Woodbridge a lui-même travaillé dans le secteur manufacturier et il s'y connaît en matière de gestion budgétaire et de maîtrise des coûts. Il s'y connaît également en matière de principes. J'ai appris à le connaître et c'est un homme de principes, contrairement à certains autres qui faisaient autrefois partie de notre caucus.
    De ce côté-ci de la Chambre, notre principe consiste à apporter un soulagement aux Canadiens. C’est là l’objet de la motion de l’opposition à l'étude, et nous estimons que cet ensemble de mesures réduirait les taxes sur les combustibles d’environ 25 %, ce qui ferait économiser 1 200 $ par année aux familles. C’est un principe que, je l’espère, tous les députés de la Chambre soutiendront.
    Avant de passer aux questions et observations, je rappelle au député qu'il doit faire preuve de discernement dans ses propos. Nous ne voulons en aucun cas prêter des intentions à un autre député.
    Nous avons le temps pour une brève question de la part du député de Courtenay—Alberni.
    Monsieur le Président, Statistique Canada a souligné hier que les inégalités continuent de s’aggraver. Les 40 % les plus pauvres ne détiennent plus que 3 % de la richesse, tandis que les 20 % les plus riches en détiennent les deux tiers, et cela alors que les grandes banques font état de 70 milliards de dollars de bénéfices. Pour les cinq plus grandes sociétés pétrolières, ces bénéfices atteignent près de 25 milliards de dollars. De leur côté, les bénéfices des cinq premières chaînes de supermarchés sont passés de 2,4 milliards à 6,3 milliards de dollars.
    À quel moment ou à partir de quel niveau les conservateurs et les libéraux se décideront-ils à imposer une taxe sur les bénéfices excédentaires des grandes entreprises ou un impôt sur la fortune des particuliers afin de s’attaquer aux inégalités dans ce pays? Cette mesure à elle seule ne serait pas suffisante. En réalité, elle ne ferait qu'augmenter le déficit et mettre à mal les investissements dans les infrastructures et la santé qui pourraient aider ces personnes en aval.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de se préoccuper de ceux qui ont le moins les moyens de payer les taxes gouvernementales. Il sait — et je suis sûr qu’il en conviendra — que des mesures telles que la taxe sur le carbone pour les industries et le Règlement sur les combustibles propres sont parfois les taxes les plus pernicieuses, car elles grèvent les personnes qui ont le moins les moyens de payer davantage. Ce sont les personnes à faible revenu qui n’ont d’autre choix que de payer plus pour se rendre au travail et faire leurs courses; ce sont donc elles qui sont les plus touchées par certaines de ces taxes. C’est en partie pour cette raison que notre proposition vise à leur accorder un certain allégement. Donnons un peu de répit aux Canadiens qui en ont le plus besoin.

[Français]

     Monsieur le Président, c'est un grand plaisir de participer à ce débat important. Je vais partager mon temps de parole avec la députée de Cumberland—Colchester.
(1045)

[Traduction]

     Notre gouvernement est conscient des difficultés que rencontrent certains Canadiens pour faire face à leurs dépenses quotidiennes. Rendre la vie plus abordable a toujours été une priorité fondamentale de ce gouvernement. Nous savons que le coût du carburant exerce une pression considérable sur le budget des ménages et qu'il est urgent d'y remédier. Les événements récents au Moyen‑Orient, notamment le blocus partiel du détroit d’Ormuz, ont entraîné une flambée mondiale des prix du pétrole, et les familles canadiennes en subissent les conséquences. C’est pourquoi je suis heureux de pouvoir annoncer que le premier ministre a dévoilé aujourd’hui de nouvelles mesures visant à aider les Canadiens à relever ces défis.
    Comme l'a clairement indiqué le premier ministre, le nouveau gouvernement du Canada mettra à profit l'amélioration des perspectives budgétaires liée à la hausse des prix du pétrole pour apporter une aide ciblée aux ménages et aux entreprises. Plus précisément, nous allégeons la pression sur les prix des carburants à la pompe en suspendant l’application de la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diésel. Cette mesure s'appliquera à compter de la semaine prochaine et jusqu’à la fête du Travail, le 7 septembre 2026, ce qui permettra d’accorder plus de 2,3 milliards de dollars d’allégements aux Canadiens au moment où ils en ont le plus besoin. Cette suspension temporaire des taxes d’accise sur l’essence et le diésel devrait permettre aux Canadiens d’économiser jusqu’à 5,75 $ sur l’essence ordinaire et jusqu’à 2,30 $ sur le diésel lorsqu’ils remplissent un réservoir moyen de 50 litres de carburant.
     Nous traversons une période décisive dans l'histoire du pays, et cela mérite une réflexion et un leadership décisifs. C'est ce que représente l’annonce faite plus tôt dans la journée par le premier ministre. La motion présentée aujourd’hui par les conservateurs, en revanche, est malheureusement tout sauf sérieuse. Les Canadiens attendent et méritent mieux que des calculs sur un coin de nappe. Examinons quelques-uns des problèmes que pose la motion des conservateurs.
     Comme nous le savons, les prix du pétrole sont extrêmement volatils et imprévisibles. Nous savons que les événements récents ont entraîné une flambée mondiale des prix, mais nous savons aussi qu’il est difficile de prévoir ce qui se passera dans 6, 8 ou 12 mois. Les conservateurs affirment que le prix actuel du baril générera entre 9 et 10 milliards de dollars en recettes supplémentaires pour le gouvernement. Cette affirmation repose sur l'hypothèse que le prix du baril restera inchangé d’ici la fin de l’année. Le plan des conservateurs repose sur des prévisions qui sont, au mieux, optimistes.
    De plus, les conservateurs laissent leur ambivalence envers les mesures environnementales prendre le pas sur une approche raisonnable en matière d'environnement et d'économie. Ils savent que le Règlement sur les combustibles propres n’augmente pas le prix que les Canadiens paient à la pompe. Ils savent que la tarification du carbone pour les industries nous rend plus compétitifs dans une économie mondiale à faibles émissions. Ils amalgament délibérément ces questions au lieu de se concentrer sur ce qui importe aux Canadiens.
     Cette mesure s'appuie sur l'une des toutes premières mesures que nous avons prises comme gouvernement, une mesure qui a également permis de réduire les coûts à la pompe: l'élimination de la redevance sur les combustibles pour les consommateurs, qui est entrée en vigueur le 1er avril 2025. Notre gouvernement a supprimé la tarification du carbone pour les consommateurs sur l'essence, le diésel et les combustibles de chauffage résidentiel, tout en veillant à ce que les Canadiens reçoivent la remise finale pendant la période de transition. Parallèlement, nous avons maintenu la tarification du carbone pour les grands émetteurs industriels, en concentrant les réductions d’émissions là où elles sont les plus efficaces, tout en allégeant la pression sur les coûts pour les ménages et en préservant une économie forte et compétitive.
     Je peux assurer aux députés que nous travaillons sans relâche pour relever les défis liés au coût de la vie auxquels sont confrontés trop de ménages à travers le pays, et nous tenons résolument nos promesses envers les Canadiens. Nous avons présenté des plans ambitieux pour repositionner le Canada en vue d’un avenir bien meilleur, mais bien sûr, cela prendra un certain temps.
    Nous savons que les Canadiens ont besoin d'une aide immédiate, et nous répondons à leurs besoins. Je me permets de prendre un moment pour souligner certaines de nos récentes mesures visant à rendre le logement plus abordable au Canada.
    En termes simples, il faut construire plus de logements. Nous avons récemment présenté le projet de loi C‑26, qui contribuera à la construction de logements partout au Canada. Le projet de loi C‑26 prévoit un investissement fédéral de 1,7 milliard de dollars pour les provinces et les territoires afin qu'ils puissent mettre en œuvre des mesures visant à accroître l'offre de logements. Ces fonds peuvent contribuer à réduire les taxes ou les redevances d'aménagement sur la construction de nouveaux logements. Ils peuvent également permettre de faire des investissements supplémentaires dans les programmes provinciaux et territoriaux existants qui visent à construire plus de logements.
    Nous facilitons également la construction de logements partout au pays grâce à des investissements dans les infrastructures sur lesquelles les Canadiens comptent chaque jour. Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre a officiellement lancé le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, qui représente un investissement de 51 milliards de dollars pour réaliser des projets d'infrastructure essentiels, notamment des hôpitaux, des universités, des routes, des ponts, ainsi que des réseaux d'aqueduc et de transport en commun.
    Les investissements dans les infrastructures favorisant le logement réalisés dans le cadre de ce programme contribueront à accélérer la mise en place des infrastructures nécessaires pour soutenir la croissance du secteur du logement. Pour accéder aux fonds destinés aux infrastructures liées au logement et à l'enseignement supérieur, les provinces devront également démontrer leur engagement à réduire les droits d'aménagement lorsque ceux-ci constituent une barrière majeure à la construction de logements. Les provinces et les territoires devront aussi s'engager à ne pas prélever d'autres taxes susceptibles d'entraver l'offre de logements, afin de favoriser le développement immobilier.
    Par ailleurs, nous avons supprimé la taxe sur les produits et services pour les acheteurs d'une première propriété d'une valeur maximale de 1 million de dollars, et nous avons réduit cette taxe pour les acheteurs d'une première propriété neuve valant entre 1 et 1,5 million de dollars. Nous construirons plus rapidement et de manière plus intelligente grâce au lancement de Maisons Canada, un nouvel organisme fédéral qui stimulera les investissements et la coopération entre les secteurs public et privé.
    Outre le logement, nous nous efforçons d'aider les Canadiens à faire face à la pression financière liée aux dépenses quotidiennes. Nous savons tous que l'un des postes de dépenses qui préoccupe le plus les Canadiens est celui du panier d'épicerie. Le coût des denrées alimentaires a augmenté beaucoup trop rapidement dans notre pays. La nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels mise en place par le gouvernement aidera plus de 12 millions de Canadiens à faible et moyen revenu à subvenir à leurs besoins quotidiens.
    Nous avons également réduit les impôts de la classe moyenne. En effet, depuis le 1er juillet 2025, les Canadiens paient moins d'impôts, le gouvernement ayant annoncé l'abaissement du premier taux d'imposition du revenu des particuliers de 15 à 14 %. Cette mesure permettra à près de 22 millions de Canadiens de bénéficier d'un allègement fiscal pouvant atteindre 420 $ par personne, soit une économie pouvant aller jusqu'à 840 $ par an pour les familles à deux revenus.
    En réduisant le coût de la vie au Canada, nous améliorons également la capacité concurrentielle du Canada. Comme les députés peuvent le constater, nous produisons des résultats à cet égard. À l'heure où de nombreux Canadiens subissent la pression de la hausse des coûts, le gouvernement continue de se concentrer sur ce qui importe le plus: soutenir la population et alléger les contraintes financières partout où c'est possible. Nous pouvons prendre des mesures concrètes, responsables et pragmatiques pour aider les familles à subvenir à leurs besoins essentiels, renforcer la sécurité financière des ménages et veiller à ce que la croissance économique bénéficie à tous. Chaque décision que nous prenons doit être guidée par un principe simple: défendre l'intérêt des Canadiens, protéger leur bien-être et contribuer à bâtir un avenir plus stable et plus résilient pour les collectivités de tout le pays.
    À la lumière des résultats des élections partielles d'hier soir, un choix s'impose à nous. Nous pouvons soit travailler tous ensemble, au-delà des clivages politiques, pour continuer d'améliorer la situation des Canadiens, soit nous contenter d'écouter des diatribes contre d'anciens collègues et des attaques personnelles contre d'autres députés, sans collaborer.
(1050)

[Français]

    Nous avons l’occasion, comme Canadiens et comme élus de tous les partis politiques, de continuer à travailler ensemble en comité et à la Chambre. J’espère bien que nous pourrons, en tant que parlementaires représentant nos communautés et préoccupés notamment par les questions d’abordabilité, examiner de façon pragmatique ce que nous pouvons faire ensemble.

[Traduction]

    Je remercie beaucoup la Chambre de m'avoir accordé ce temps de parole, et j'attends avec impatience les questions de mes collègues.
    Monsieur le Président, je trouve inquiétant que le député ait qualifié notre motion de « tout sauf sérieuse », alors qu'elle est manifestement suffisamment sérieuse pour que le premier ministre tienne une conférence de presse à ce sujet. Ce que je trouve peu sérieux, c'est qu'il a pris son temps et qu'au lieu de parler des taxes sur l'essence et des moyens de faire économiser de l'argent aux Canadiens à la pompe, il a surtout parlé du logement.
    Pense-t-il que les Canadiens devraient bénéficier d'une baisse des prix à la pompe, oui ou non?
    Monsieur le Président, étant donné que les quatre premières minutes de mon intervention ont porté sur le prix du carburant, je répondrais que oui, bien sûr, et c'est précisément pour cette raison que nous allons supprimer la taxe d'accise. Cette taxe d'accise existe depuis les années 1990, et nous prenons aujourd'hui l'initiative de la réduire, compte tenu du prix actuel du pétrole sur le marché mondial. La taxe d'accise s'élève à 10 ¢ par litre pour les particuliers qui achètent de l'essence ordinaire. Ce ne sera plus le cas à partir de la semaine prochaine et jusqu'à la fête du Travail. Nous sommes bien sûr sensibles à cette question. Je parlais de tous les éléments de la motion des conservateurs qui ne devraient pas être mis en œuvre.

[Français]

     Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que mon collègue pense du fait que les mesures conservatrices ne tiennent pas compte du système du Québec, qui a son propre système de taxation du carbone, notamment le marché du carbone. Cela fait que le Québec se retrouvait à financer les mesures pour les autres provinces. Qu'est-ce que mon collègue pense de respecter les compétences du Québec et de compenser quand on outrepasse les compétences du Québec?
    Un exemple de cela est le chèque électoraliste versé à toutes les provinces, sauf la Colombie‑Britannique et le Québec, pour rembourser la taxe sur le carbone qui avait déjà été abolie. La Colombie‑Britannique et le Québec ne devraient-ils pas être compensés?
(1055)
    Monsieur le Président, je vais commencer par répondre à la question qui a été posée au début de l'intervention de mon collègue. Oui, je crois que certaines des propositions dans la motion conservatrice ne sont pas réalistes.
    Ce sont des propositions qui, premièrement, ne tiennent pas compte de l'environnement et de son importance; deuxièmement, elles ne tiennent pas compte du fait que les coûts qu'ils proposent d'éliminer n'ont aucun rapport avec le prix à la pompe, comme mon honorable collègue l'a dit plus tôt.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue pour son intervention très perspicace concernant la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui.
    L'économie mondiale est confrontée à une hausse des prix de l'essence due aux conflits qui secouent actuellement le Moyen‑Orient, et à la fermeture partielle du détroit d'Ormuz. Pourriez-vous nous expliquer plus en détail comment le contexte mondial a une incidence sur le prix de l'essence au Canada?
    Je rappelle aux députés qu'ils doivent adresser leurs observations à la présidence.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, comme mon collègue le sait, les prix mondiaux du pétrole sont déterminés en fonction de l'offre et de la demande mondiales. Lorsque certains des principaux producteurs mondiaux ne sont pas en mesure d'acheminer leur pétrole vers les marchés, les prix augmentent. En période d'instabilité, les prix augmentent également. Enfin, lorsque le président des États‑Unis fait certaines déclarations, les prix augmentent. Bref, le conflit au Moyen‑Orient et l'incapacité de certains des principaux pays producteurs d'exporter leur pétrole vers les marchés expliquent l'augmentation du prix de l'essence, non seulement ici au Canada, mais partout dans le monde.
    La marche à suivre est d'accorder un répit temporaire, comme nous l'avons déjà fait. Aujourd'hui, le premier ministre a annoncé une réduction de la taxe d'accise jusqu'à la fête du Travail.
    Monsieur le Président, essentiellement, à l'heure actuelle, le prix du pétrole est très élevé, ce qui signifie que le gouvernement engrange des sommes considérables. Au vu de ce qui se passe, les jeunes se demandent pourquoi le gouvernement refuse de mettre en œuvre l'intégralité de la recommandation du Parti conservateur, puisqu'il a manifestement les moyens de le faire. Cela éviterait d'aggraver la situation déjà difficile des jeunes Canadiens confrontés à ces enjeux.
    Monsieur le Président, une des choses que les conservateurs présument dans leur motion, c'est que le coût du pétrole restera le même pour le reste de l'année, alors que le prix du pétrole fluctue constamment. Le montant de 9 à 10 milliards de dollars que les conservateurs prétendent que le gouvernement percevra repose sur l'hypothèse selon laquelle le prix du pétrole ne diminuera pas au cours des neuf prochains mois.
    Monsieur le Président, je me réjouis de pouvoir contribuer au débat d'aujourd'hui, d'autant plus que nous traversons une période marquée par une grande volatilité géopolitique et par des changements majeurs. Les perturbations des infrastructures énergétiques mondiales, causées par les conflits militaires qui font rage au Moyen-Orient, entraînent une hausse du prix du carburant, ce qui engendre une incertitude économique pour les familles au Canada et partout dans le monde.
    Même si les gouvernements ne peuvent pas contrôler les événements mondiaux, je peux assurer à mes estimés collègues que le Canada met tout en œuvre pour venir en aide aux Canadiens confrontés aux répercussions financières de cette crise et d'autres, non seulement parce que nous savons que c'est la bonne chose à faire, mais aussi parce que nous voulons que davantage de Canadiens puissent subvenir aux besoins de leur famille et contribuer à la prospérité nationale à long terme de notre pays.
     Comme je viens de le dire, la hausse du prix du carburant, attribuable aux conflits mondiaux, pèse de plus en plus lourdement sur le budget des ménages au Canada et partout dans le monde. C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui de nouvelles mesures pour aider les Canadiens à faire face à ces difficultés, comme vient de l'annoncer le premier ministre.
    Le nouveau gouvernement du Canada mettra à profit l'amélioration des perspectives budgétaires liée à la hausse des prix du pétrole pour apporter une aide ciblée aux ménages et aux entreprises. Plus précisément, nous allégeons la pression sur le prix du carburant à la pompe en suspendant l'application de la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel, à compter de lundi prochain, le 20 avril 2026, et ce, jusqu'au 7 septembre 2026, ce qui se traduira par une aide de plus de 2,2 milliards de dollars.
    Cette suspension temporaire des taxes d'accise sur l'essence et le diésel devrait permettre aux Canadiens d'économiser jusqu'à 5,75 $ sur l'essence ordinaire et jusqu'à 2,30 $ sur le diésel lorsqu'ils font le plein d'un réservoir moyen de 50 litres. Désormais, les gens n'auront plus aucune raison de ne pas venir visiter ma magnifique province natale, la Nouvelle-Écosse, cet été.
    L'annonce d'aujourd'hui n'est que la plus récente mesure annoncée par notre gouvernement pour aider les Canadiens à apaiser leurs préoccupations en matière d'accessibilité financière et bâtir un avenir meilleur pour tous.
     Depuis son arrivée au pouvoir, notre gouvernement a pris des mesures importantes, concrètes et ciblées pour laisser plus d'argent dans les poches des Canadiens. Mes collègues se souviendront que l'une des premières mesures prises par le premier ministre l'année dernière a été de mettre fin à l'application de la redevance fédérale sur les combustibles, ce qui a permis aux Canadiens de réaliser directement des économies à la pompe. Notre gouvernement a également levé, au même moment, l'obligation des provinces et des territoires de mettre en place une tarification du carbone répercutée sur les consommateurs à compter du 1er avril 2025.
    Notre allègement fiscal en faveur de la classe moyenne, qui a fait passer le premier taux d'imposition du revenu des particuliers de 15 % à 14 % depuis le 1er juillet 2025, permettra aux familles à deux revenus d'économiser jusqu'à 840 $ en 2026. À l'avenir, cette mesure devrait se traduire par plus de 27 milliards de dollars d'économies d'impôt pour les Canadiens au cours des cinq prochaines années. De plus, la majeure partie de cet allègement fiscal profitera aux personnes dont les revenus se situent dans les deux tranches d'imposition les plus basses, c'est-à-dire celles dont le revenu imposable sera inférieur à 117 045 $ en 2026, et près de la moitié de cet allègement ira aux contribuables de la première tranche, soit ceux dont le revenu sera inférieur ou égal à 58 523 $ en 2026. Cela signifie que cet allègement cible efficacement les Canadiens qui en ont le plus besoin.
    En supprimant la TPS pour les acheteurs d'une première maison neuve dont la valeur est inférieure ou égale à 1 million de dollars et en la réduisant pour ceux qui acquièrent une première maison neuve dont la valeur se situe entre 1 et 1,5 million de dollars, notre gouvernement permet également aux acheteurs d'une première maison d'économiser jusqu'à 50 000 $. Cette mesure donne à un plus grand nombre de Canadiens, en particulier aux jeunes, la possibilité de concrétiser leur rêve d'accéder à la propriété.
    De plus, nous avons présenté le budget 2025, intitulé « Un Canada fort », qui comprend de nombreuses mesures d'aide à l'abordabilité destinées aux Canadiens de tout le pays. Par exemple, nous avons rendu permanent le Programme national d'alimentation scolaire, qui permet à 400 000 enfants de plus chaque année de recevoir des repas sains tous les jours, tout en aidant les familles de deux enfants à économiser 800 $ par année sur leur panier d'épicerie. En rendant ce programme permanent, nous travaillerons avec les provinces, les territoires et nos partenaires autochtones pour l'étendre à un plus grand nombre d'écoles partout au Canada.
(1100)
    Le budget propose également de mettre en place le versement automatique des prestations fédérales destinées aux Canadiens à faible revenu. Cela comprend le crédit pour la TPS et l'Allocation canadienne pour enfants. Nous continuerons à protéger les services de garde, les soins dentaires et l'assurance-médicaments afin de préserver ces services essentiels dont dépendent tant de Canadiens.
    De plus, afin d'aider les Canadiens à assumer le coût des denrées alimentaires et des produits de première nécessité, qui ont mis à rude épreuve le budget de bon nombre d'entre eux, le gouvernement a également annoncé la mise en place de la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui apportera un soutien important à plus de 12 millions de Canadiens. Lorsqu'elle entrera en vigueur ce printemps, cette allocation remplacera l'actuel crédit pour la TPS, tout en étant plus généreuse.
    Premièrement, nous verserons une aide financière ponctuelle dès que possible ce printemps, correspondant à une augmentation de 50 % de la valeur annuelle du crédit pour la TPS pour l'année 2025-2026. Deuxièmement, nous augmenterons la prestation de 25 % pendant cinq ans, à compter de juillet 2026. Au total, cela signifie qu'une famille de quatre personnes recevra jusqu'à 1 890 $ cette année, puis environ 1 400 $ par année au cours des quatre années suivantes. Une personne seule recevra jusqu'à 950 $ cette année et environ 700 $ par an pendant les quatre années suivantes.
    Ce n'est pas tout. Écoutons ce qui suit. Nous avons récemment pris des mesures pour plafonner les frais d'insuffisance de fonds afin de réduire le coût des services bancaires et de les rendre plus équitables pour les Canadiens. À compter de mars 2026, les consommateurs ne devront pas payer plus de 10 $ de frais d'insuffisance de fonds lorsqu'ils n'ont pas assez d'argent dans leur compte de dépôt personnel pour couvrir un paiement. De plus, les consommateurs ne devront pas payer de frais d'insuffisance de fonds plus d'une fois dans une période de deux jours ouvrables pour un même compte de dépôt personnel, et ils ne devront pas payer de frais d'insuffisance de fonds pour un compte de dépôt personnel dont le découvert est inférieur à 10 $.
    Afin de soutenir les Canadiens face aux perturbations actuelles du marché mondial de l'énergie, nous leur apportons une aide rapide, concrète et tangible grâce à un ensemble complet de mesures qui permettront d'augmenter leur pouvoir d'achat. Les Canadiens ont besoin de répit. C'est évident. Il est clair que le gouvernement prend des mesures concrètes pour eux ainsi que pour les générations futures de Canadiens. Merci de m'avoir donné l'occasion de défendre mes arguments.
(1105)
    Monsieur le Président, si les mesures dont parle la députée sont aussi avantageuses qu'elle le prétend, comment explique-t-elle la situation économique actuelle? Notre taux de chômage est près du double de celui des États‑Unis. Nous venons de connaître l'un des pires trimestres, avec un recul du PIB de 0,6 %. Nous sommes à un trimestre d'une récession et l'inflation est en hausse.
    Si les libéraux sont si formidables, pourquoi les Canadiens souffrent-ils autant?
    Monsieur le Président, le gouvernement est tout à fait conscient de la situation que vivent les Canadiens ordinaires, et c'est pourquoi il continue de travailler pour eux afin de rendre le coût de la vie plus abordable, notamment grâce à des mesures comme l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, l'élimination de la tarification du carbone pour les consommateurs, l'augmentation du soutien aux acheteurs d'une première maison ou encore les initiatives visant à accroître l'offre de logements par l'entremise de Maisons Canada.
    Monsieur le Président, au bout du compte, je crois que, lorsque le gouvernement cherche à mettre en place de nouvelles initiatives, il pense toujours à ceux qui en ont le plus besoin, en particulier en période de crise comme celle que nous traversons actuellement.
    Je me demande si la députée peut nous en dire plus sur ce que le gouvernement fait selon elle pour offrir ce soutien.
    Monsieur le Président, le gouvernement est tout à fait conscient des problèmes auxquels doivent faire face les Canadiens en ce moment et il travaille activement à y remédier. J'ai moi-même connu des moments difficiles sur le plan financier et j'ai dû, comme on dit, déshabiller Pierre pour habiller Paul.
    Je sais parfaitement que le gouvernement œuvre dans l'intérêt de tous nos concitoyens et de l'ensemble du Canada et qu'il prend des mesures concrètes pour aider les Canadiens à surmonter ces difficultés et à jouir d'une prospérité durable en bâtissant l'économie la plus solide du G7.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que ma collègue pense du fait qu'il y a plusieurs mesures conservatrices qui pénaliseraient le Québec parce qu'elles diminueraient les taxes alors que le Québec a son propre système, qui comprend la bourse du carbone.
    Ma collègue ne pense-t-elle pas que, chaque fois que de telles mesures sont prises, il devrait y avoir une réflexion afin de trouver une façon de compenser le Québec et de respecter ses champs de compétence?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Je suis des cours de français en ce moment, mais je vais répondre à la question en anglais.

[Traduction]

     J'encourage les conservateurs à se joindre aux efforts que nous déployons pour accroître nos exportations d'énergie, protéger les travailleurs canadiens et renforcer notre compétitivité sur le marché mondial.
    Monsieur le Président, il s'agit là d'une nouvelle illusion qui laisse croire que le premier ministre se soucie du coût de la vie. Pendant quatre mois, un peu plus de quatre mois, il va réduire les taxes de 10 ¢ sur l'essence et de 4 ¢ par litre sur le diésel.
    La députée va-t-elle appuyer une solution qui relève du gros bon sens et qui produira des résultats concrets pour les Canadiens et soutenir notre motion visant à accorder un allégement supplémentaire de 25 ¢ pour le reste de l'année 2026? Va-t-elle le faire?
(1110)
     Monsieur le Président, je pense que la majorité des Canadiens voyageront cet été, puisque c'est la saison touristique. Il s'agira d'économies considérables pour les personnes qui iront rendre visite à leurs amis et à leur famille cette année.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de Mirabel, qui est aussi souvent mon ami.
    On le sait, le prix de l’essence a grimpé en flèche depuis le début de la guerre lancée par Donald Trump aux côtés d’Israël contre l’Iran. L’opération militaire, qui a débuté le 28 février, a mené l’Iran à bloquer le détroit d’Ormuz, où transite 20 % du pétrole mondial. Comme anticipé par les forces américaines, qui avaient prévenu que cela se produirait, ça s’est produit.
    Aujourd'hui, nous étudions la motion des conservateurs et le premier ministre vient d’annoncer qu’il suspend la taxe d'accise jusqu’à la fête du Travail, ce qui représente environ 2,5 milliards de dollars. Il s’agit donc d’une mesure générale, mais il aurait peut-être été plus judicieux qu'elle soit ciblée.
    Dans la motion d’aujourd’hui, les conservateurs proposent une mesure dont le coût total annuel serait de 13 milliards de dollars par année, ce qui creuserait le déficit de 20 %. Avec la situation actuelle des finances publiques, il aurait été nécessaire de proposer des mesures mieux ciblées, des mesures qui coûtent moins cher et qui maximisent leur effet sur le coût de la vie.
    Aussi, les calculs de la motion sont farfelus. Par exemple, la motion évalue qu’en supprimant les normes sur le carburant, on économiserait 7 ¢ le litre. Or, c’est archifaux, parce qu'avec les prix élevés du pétrole actuellement, les biocarburants sont rendus à un prix équivalent à celui des hydrocarbures. Il n’y a donc plus d’économie à faire de ce côté. Cette idée qu'on ferait une économie de 7 ¢ le litre, c'est farfelu. Je rappelle aussi que le Québec a ses propres normes.
    Au fond, ce qu’on nous propose ici, c’est que, puisque le prix de l'essence, des hydrocarbures, augmente, il faut en consommer davantage. Franchement, il fallait y penser.
    Dans leur motion, les conservateurs proposent aussi de supprimer la taxe sur le carbone industriel. Cependant, comme ils le reconnaissent eux-mêmes indirectement dans leur motion, il n'y a même pas une économie de 1 ¢ le litre qui est associée à cette mesure. C’est simplement un cadeau aux pétrolières. Les pétrolières ont des coûts de production et le prix, qui est déterminé au niveau mondial, augmente. Par conséquent, les pétrolières font davantage de profits, et, si on supprimait la taxe sur le carbone industriel pour les pétrolières, elles recevraient un cadeau de plus qui comblerait le déficit et qui enlèverait l’incitatif à moins polluer. Comme je l'ai dit, le prix du pétrole brut dépend des cours mondiaux.
    Concernant la taxe d’accise, je mets en garde le gouvernement et les conservateurs. L'expert Luc Godbout, ainsi que plusieurs autres, estime que, même temporairement, ce n’est pas la voie à suivre. Il y a quelques mois, il disait ceci: « Il faut résister à la tentation de baisser la taxe sur l’essence, tant pour des questions d’équilibre budgétaire que pour des raisons environnementales. » On le sait, ça va être difficile de la remettre en place par la suite puisque les citoyens devront absorber la hausse. Ce que ça prend, comme je le disais, ce sont des mesures ciblées, qui sont plus efficaces. Toutefois, on dirait que, des deux côtés de la Chambre, on préfère y aller avec des traits grossiers.
    Est-il judicieux de permettre de polluer autant qu’aux États‑Unis de Donald Trump, c’est-à-dire sans aucune limite? On le sait, le président Trump a annoncé l’abolition de la norme d’efficience des véhicules, qui a permis d’augmenter, au fil des ans, l’autonomie des véhicules par gallon d’essence consommé, comme on le dit là-bas. Ici, on parle du nombre de litres par kilomètre. Je veux rappeler que cette norme existe depuis bien plus longtemps que l’engagement de l’État dans la lutte contre les changements climatiques. La Corporate Average Fuel Economy, ou CAFE, a été adoptée en 1975 afin de rendre les États‑Unis moins dépendants du pétrole étranger. À l’époque, l'autonomie moyenne des véhicules était de seulement 13 miles par gallon. C'est pour cela qu'elle a été mise en place.
    Abolir une telle norme encourage les constructeurs à vendre de plus gros véhicules, plus polluants, puisque la vente de ces véhicules est plus lucrative. Cela rend aussi l’industrie et les consommateurs plus vulnérables aux chocs de prix et aux chocs pétroliers. À long terme, ce sont les consommateurs qui sont perdants, parce que le raisonnement de Donald Trump, et des conservateurs aujourd’hui, néglige les économies qui proviennent de l’efficacité énergétique, en plus d’ignorer complètement les coûts liés à la santé et à l'environnement.
    Il y a quelques semaines, lors de la dernière semaine où nous siégions, les conservateurs proposaient d’enlever les normes et les incitatifs à l’électrification des transports. Le parti est contre le projet de train à grande vitesse. Nous sommes pour, mais avec des réserves sur la façon dont l’expropriation sera faite, avec les balises qui ont été enlevées dans le projet de loi C‑15. Avec tout ça, les conservateurs cherchent à nous maintenir totalement dépendants du pétrole en s’opposant à toute autre solution. C'est leur réaction à la flambée des prix actuelle. On peut y réfléchir.
(1115)
     Aujourd'hui, l'économiste américain Paul Krugman traite la question dans un texte sur son blogue. Il rappelle que la flambée des prix du pétrole et du gaz conjuguée à la menace de pénuries met en évidence les risques liés à la dépendance aux énergies fossiles, justement. Il démontre que les économies qui dépendent davantage des hydrocarbures sont davantage touchées par l'actuelle flambée des prix que celles qui utilisent d'autres sources. Alors, je repose la question: est-ce que la solution est de rester campés dans notre dépendance aux énergies fossiles?
    Paradoxalement, Krugman explique qu'alors qu'il a démantelé le plan de l'administration précédente visant à développer davantage les énergies renouvelables, Trump avec son aventurisme en Iran a déclenché une ruée mondiale vers l'investissement dans l'énergie solaire, l'énergie éolienne et les batteries. Où le monde va‑t-il se procurer la majeure partie des équipements d'énergies renouvelables dont il y a besoin? C'est en Chine. La Chine, on le sait, c'est l'atelier du monde. Krugman rappelle que le secteur manufacturier chinois est plus important que ceux des États‑Unis, du Japon, de l'Allemagne et de la Corée du Sud réunis.
    Si la Chine est forte dans de nombreux secteurs, elle domine incontestablement le secteur de l'électrotechnique, soit l'ensemble des industries de panneaux solaires, d'éoliennes, de batteries et de véhicules électriques qui sont au cœur de la révolution des énergies renouvelables. Krugman cite le Wall Street Journal, qui dit que le complexe industriel vert chinois règne en maître. La Chine représente plus de 80 % de la production mondiale dans tous ces secteurs, sauf celui des éoliennes où c'est 60 %, l'Europe conservant un rôle significatif. La Chine se sert au premier chef de sa production pour sa propre économie. Ce n'est pas juste pour l'exportation, c'est pour se libérer de la dépendance aux hydrocarbures.
     Krugman rappelle que, sous la présidence de Joe Biden, les États‑Unis avaient pris des mesures indispensables pour développer leurs propres secteurs électrotechnologiques, notamment les batteries et les véhicules électriques. Ils ont cherché à accélérer la croissance des énergies renouvelables en général. Or, l'administration Trump a annulé tous les programmes de Biden sur ce sujet et elle s'efforce aussi activement de bloquer les investisseurs commerciaux privés dans ce secteur. Est-ce que c'est ce qui doit être fait ici aussi? Je pose la question.
     Krugman dit que jusqu'à ce que l'Amérique se libère de l'obsession de Trump pour les énergies fossiles, si jamais elle y parvient, l'avance de la Chine dans la production d'énergies renouvelables sera probablement insurmontable. Il conclut qu'il est pourtant navrant de voir les États‑Unis s'autodétruire et céder à la Chine le secteur d'avenir le plus important. Ce faisant, les États‑Unis s'appauvrissent, accumulent un retard technologique et perdent en influence dans un monde qui se précipite vers la révolution énergétique. Au bout du compte, les États‑Unis ne se contentent pas de brûler des énergies fossiles, ils détruisent aussi leur avenir.
     Ça semble être ce qui est proposé ici et ça semble correspondre aux mesures que le gouvernement prend à la Chambre aussi. Quand le gouvernement dit vouloir être une super puissance énergétique, c'est de pétrole et de gaz qu'il parle. Ça, c'est la fuite en avant. C'est une ressource non renouvelable, et les changements climatiques existent, qu'on le veuille ou non.
     Le signal que la crise actuelle nous envoie, c'est qu'il est urgent de réduire notre dépendance au pétrole et de viser un développement économique moins instable et plus durable. L'Europe choisit ce modèle. On peut faire de même. Cependant, ce qui est embêtant, comme le rappelait Krugman, c'est que tout est produit en Chine actuellement.
     Or, on pourrait jouer un rôle, ici. Le Québec a tout pour jouer ce rôle, parce que, la nouvelle économie propre, c'est là où nous sommes forts. Nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons de l'énergie renouvelable. Nous avons tout pour être un des principaux maillons de la nouvelle chaîne d'approvisionnement des États qui travaillent à réduire leur dépendance aux hydrocarbures. Notre avenir est là. Il faut soutenir le développement d'un tout nouveau créneau, soit la transformation de la ressource dont nous disposons déjà. Donc, il faut embrasser ce virage vers la diminution de notre dépendance aux hydrocarbures pour pouvoir venir concurrencer la Chine, qui a déjà un immense avantage. Cependant, ce n'est pas le choix qu'Ottawa fait jusqu'à maintenant. Ce n'est pas ce qui est proposé dans la motion d'aujourd'hui. Ce sont des occasions manquées pour le Québec.
    Le contexte actuel mondial nous donne l'occasion de profiter pleinement de nos atouts au Québec, de renouer avec notre vraie nature, d'être le pont entre l'Amérique et l'Europe. Or, ce n’est le choix ni du parti de l'opposition officielle ni du gouvernement actuellement, et c'est ce que nous voulons mettre de l'avant.
(1120)
    Monsieur le Président, je trouve très intéressant que mon estimé collègue cite Paul Krugman. Je l'aime bien, moi aussi. Mon collègue et moi avons plusieurs choses en commun et celle-là en est une autre.
    J'aimerais que mon collègue nous en dise un peu plus sur le fait que les conservateurs semblent avoir une fixation sur la réglementation des carburants propres, c'est-à-dire qu'ils veulent éliminer cette réglementation. Mon collègue comprend-il ça? Moi, je ne le comprends pas.
    Quelle est son interprétation de cette fixation qu'ont nos collègues?
     Monsieur le Président, en tant qu'économistes, nous avons certainement en commun plusieurs passions et sujets de discussion.
    Premièrement, Québec a ses propres normes. Si Ottawa changeait cette norme, il n'y a donc rien qui changerait au Québec. Deuxièmement, les conservateurs inventent le chiffre farfelu de 7 ¢ le litre, basé sur une vieille analyse à un moment où le prix du pétrole était moins cher.
    Là, ils arrivent avec ça alors que le prix du pétrole augmente et qu'il est au même niveau que les biocarburants. Vouloir retirer cette norme, c'est juste faire un cadeau aux pétrolières, tout comme l'abolition de la taxe sur le carbone industriel, qui augmenterait leurs profits sans faire diminuer le prix à la pompe. On voit donc ici un lobby qui s'active au profit de l'industrie des hydrocarbures.
    Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue bloquiste qui, je pense, a fait un excellent discours. Nous avons un très bon député dans la circonscription de Joliette—Manawan et nous avons besoin de plus d'interventions de députés comme lui.
    Du côté des conservateurs, il y a beaucoup de déchirage de chemise et on a quasiment l'impression qu'ils blâment le gouvernement pour l'augmentation du prix de l'essence alors que, dans le fond, si on regarde les chiffres et les données, les coûts d'exploitation des pétrolières n'ont pas augmenté lorsque le prix du baril du pétrole a augmenté. Les pétrolières ont seulement augmenté leurs profits.
    Plutôt que de baisser les taxes et les impôts, existe-t-il d'autres mesures qui pourraient cibler directement les pétrolières?
    Monsieur le Président, nous sommes aussi dans un contexte d'inflation où tout coûte plus cher pour les gens. Il y a cet élément. Concernant l'industrie du camionnage, par exemple, les camions ne peuvent pas changer de technologie du jour au lendemain. Il faut que l’on continue à remplir les camions de diésel, ce qui coûte plus cher. Une mesure qui ciblerait cet aspect aurait-elle été plus efficace et moins chère?
    Je rappelle que ce qui est proposé aujourd'hui représente au-dessus de 13 milliards de dollars par année en coûts. Ce n'est pas des pinottes et ça vient creuser autant le déficit. Est-ce la solution la plus efficace? Il faut travailler sur des mesures plus ciblées. On reconnaît l'impact de l'inflation de la guerre causée par Donald Trump et par son allié israélien, mais, faire des mesures qui coûtent une fortune, comme celle-là, est-ce la solution? Faut-il creuser le déficit, au bout du compte? Je ne le crois pas.
    Ce qui est clair, c'est qu'il faut réduire notre dépendance aux énergies fossiles et peut-être aller mieux percevoir les impôts de ces pétrolières, qui sont détenues principalement par des intérêts étrangers. Pour chaque dollar de profit qu'elles font, c'est 75 ¢ qui quittent le Canada. Il y a donc matière à investiguer ici.

[Traduction]

    Monsieur le Président, on sait très bien que le monde consomme davantage de pétrole aujourd'hui et que cette tendance se poursuivra au cours des 40 prochaines années. Nous disposons des moyens les plus efficaces et les plus respectueux de l'environnement pour extraire le pétrole du sol. Nous avons cette capacité et cette ressource. Or, ce que j'entends de la part des députés, c'est qu'ils préfèrent s'approvisionner auprès d'autres pays qui ne sont pas aussi consciencieux que nous en matière d'environnement. Je sais que le Québec lui-même possède d'importantes réserves de pétrole dans son sous-sol, mais il choisit de ne pas les exploiter pour le moment, du moins pas avant de former sa propre nation, si je comprends bien.
    Pourquoi le gouvernement et ces gens ne comprennent-ils pas la réalité, à savoir que l'État fait énormément d'argent en ce moment grâce au prix du pétrole et qu'il ne...
(1125)

[Français]

     Je dois donner un peu de temps au député pour qu'il puisse répondre.
    L'honorable député de Joliette—Manawan a 30 secondes pour répondre.
     Monsieur le Président, il y aurait beaucoup de choses à dire, mais, en 30 secondes, je n'aurai pas le temps de faire le tour.
    Dans la crise actuelle, ce qu'on voit, c'est qu'il y a une pénurie de pétrole et un prix qui augmente. La solution n'est pas pour nous d'exploiter davantage de pétrole, mais de réduire notre dépendance. Si la députée arrêtait de parler pour me laisser répondre dans le peu de secondes dont je dispose, je lui dirais que la solution, ce n'est pas d'être davantage axé sur le pétrole et d'être à la merci des flambées des prix, comme on le voit actuellement. La solution, c'est de s'en départir. L'économiste Paul Krugman rappelle que les pays qui sont moins dépendants au pétrole sont moins touchés.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Joliette—Manawan de son excellent et très intéressant discours, comme toujours. Ses réponses aux questions l'ont été tout autant.
     Si nous sommes ici pour discuter du prix de l'essence, c'est parce qu'il y a une situation réellement inquiétante, angoissante et préoccupante pour les ménages. Si nous sommes ici aujourd'hui à discuter de cette question, c'est notamment sinon exclusivement en raison de l'expédition en Iran — disons-le poliment — du président Trump, qui a fait en sorte que le détroit d'Ormuz, un détroit où transite environ le cinquième des hydrocarbures mondiaux qui approvisionnent plusieurs de nos partenaires commerciaux, est impraticable aujourd'hui. C'est donc une situation inquiétante qui a un effet sur le prix du baril de pétrole et qui s'est répercutée sur le prix à la pompe, qui a récemment augmenté de 2 $. Nous comprenons les gens à la maison d'être inquiets, notamment les personnes qui vont faire le plein.
     Par ailleurs, j'ai récemment consulté des statistiques de Statistique Canada sur le prix d'un litre d'essence sans plomb dans une station-service en libre-service dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, couvrant les 20 dernières années, mais j'ai ajusté ces données en dollars réels de 2025. Ce qui est assez surprenant, c'est que, à long terme, le prix de l'essence augmente très peu en moyenne. Ce n'est pas un problème d'augmentation du prix de l'essence.
    Ce qu'on voit, c'est que le prix de l'essence fluctue énormément. On sait que les ménages sont toujours à la merci des hausses et des baisses de prix et qu'ils sont incapables de prévoir ces prix et de faire un budget, et c'est ce qui est inquiétant. C'est arrivé peu après la pandémie, alors qu'en dollars d'aujourd'hui, le prix de l'essence atteignait presque 2 $ le litre. Le gouvernement n'avait pas décidé de suspendre la taxe d'accise sur l'essence, notamment parce qu'il n'y avait pas de conservateurs prêts à traverser la Chambre. Il n'avait pas besoin de les attirer. Ce n'était pas bien important pour le gouvernement. On est revenu là aujourd'hui. On a un problème de fluctuation du prix de l'essence.
    J'étais en comité hier avec le député de Marc-Aurèle-Fortin. Des experts sont venus nous dire que, au fil des années, les revenus et le pouvoir d'achat réel des ménages ont augmenté, mais pas de tous les ménages. Environ 75 % ou 80 % des Canadiens les plus riches ou les moins pauvres ont vu leurs revenus augmenter, alors que près de 20 % des gens au Québec et au Canada ont vu leurs revenus stagner. Ces 20 % de gens sont ceux qui sont les plus vulnérables. Il y a donc un double phénomène. D'abord, il y a les gens les plus pauvres, dont les revenus stagnent, qui font face à des grosses fluctuations du prix de l'essence et qui sont pris à faire le plein. Toutefois, il y a aussi 80 % des gens qui ont vu leurs revenus augmenter, alors qu'en moyenne, à long terme, le prix de l'essence reste assez, somme toute, stable.
    Qu'est-ce qui arrive à ces gens qui sont capables de faire face aux fluctuations? Nous sommes dans une situation où le nombre de véhicules augmente plus vite que la population et où la taille et la consommation des véhicules ont presque doublé au cours des 20 à 25 dernières années. Il y a des gens qui ont des revenus et qui polluent de plus en plus, et à qui aujourd'hui on va faire un cadeau avec la mesure que le gouvernement propose, et c'est encore pire avec ce que l'opposition officielle propose. Il y a des gens plus pauvres qui sont pris avec des problèmes budgétaires lorsqu'ils passent à la station-service.
     Évidemment, un plus un font deux. Comme mon collègue de Joliette—Manawan l'a dit, le Parti conservateur ne peut à la fois chialer contre le déficit et dire que le gouvernement ne parvient pas à équilibrer son budget, et réclamer un retour à l'équilibre tout en proposant de telles mesures. Rien que de discuter du fond de la motion, c'est se décrédibiliser. Le gouvernement a proposé une mesure aujourd'hui, une mesure temporaire qui vise à suspendre la taxe d'accise sur l'essence. Est-ce que ça va aider les gens les plus pauvres qui font face à un prix de l'essence plus élevé? C'est possible. Est-ce que c'est idéal? Est-ce que c'est suffisamment ciblé? Probablement pas. Est-ce que c'est très coûteux pour le peu de redistribution que ça va entraîner vers les ménages les plus pauvres? C'est à voir.
    Il faudra aussi voir si les pétrolières décident de refiler la baisse de taxe aux consommateurs. Quand les gens sont obligés d'utiliser leur voiture pour aller au travail et qu'ils n'ont pas le choix parce qu'il y a un manque de transport en commun, parce qu'il n'y a pas de petits véhicules électriques abordables, ils sont extrêmement vulnérables à court terme. La demande d'essence de ces consommateurs est fixe, et ce sont des proies pour les pétrolières. Il n'y a rien dans tout ce qui est proposé, que ce soit d'un côté ou de l'autre, pour protéger ces gens-là. Qui nous dit qu'on ne vient pas aujourd'hui de faire un cadeau aux stations-service? Il n'y a rien qui nous le dit.
(1130)
    Dans la motion conservatrice, on verse encore dans le populisme en essayant de faire croire aux gens qu'on est capable, par un claquement de doigts, de faire diminuer le prix de l'essence de façon substantielle. J'invite les conservateurs à la prudence, parce que nous sommes dans un environnement politique où le gouvernement libéral est devenu conservateur. Même les plus conservateurs des conservateurs traversent l'allée. Avant, ils déposaient de motion comme ça pour faire un spectacle, pour faire un show politique. Aujourd'hui, chaque fois qu'ils se lèvent pour déposer une motion comme ça, le gouvernement les imite.
    Ce matin, il ne faut pas penser que le premier ministre se souciait du pouvoir d'achat des ménages il y a deux jours. Il se soucie d'avoir des députés conservateurs. Chaque fois qu'il joue ce jeu, chaque fois que le gouvernement fait une partie de ce que les conservateurs demandent, des gens vont traverser l'allée. J'invite donc les conservateurs à la prudence, car ils poussent le gouvernement libéral à devenir de plus en plus conservateur, à leurs propres frais.
    Comme je l'ai dit, c'est populiste. Les conservateurs nous disent depuis des mois qu'il faut enlever la taxe sur le carbone industriel puisque ça fera baisser le coût à la pompe. Même le gouverneur de la banque centrale, M. Macklem, lors de sa comparution en comité, nous a dit que cette taxe s'applique à des produits largement importés et que ça n'aura aucun effet sur l'inflation. Il a été obligé d'insister et de presque mettre son poing sur la table en pleine réunion du comité et de dire aux conservateurs que, s'il voulait réduire le coût de la vie des ménages, il irait voir ailleurs. Il est important de souligner ça.
    Alors, que faut-il faire? Il faut évidemment cibler les ménages qui sont les plus vulnérables à ces fluctuations. C'est comme ça qu'on va trouver une solution qui est pérenne. Si, chaque fois qu'il y a des fluctuations du prix de l'essence, on prend des mesures temporaires sans prendre de mesures à long terme pour la transition énergétique, le long terme devient une longue séquence de court terme où on ne règle pas les problèmes de fond et où les ménages les plus vulnérables continuent, à chaque crise, d'être encore plus vulnérables. C'est exactement ce à quoi nous assistons aujourd'hui: la prédominance, au Parlement, de politiques à court terme visant à faire des gains politiques, même si, dans ce cas-ci, il est vrai que certains ménages en bénéficieront.
    Je veux dire une chose. Le gouvernement avait annoncé un déficit de 80 milliards de dollars. Il y a quelques semaines, il a ajouté un chèque électoraliste, qu'il a appelé le chèque pour l'épicerie et qui représente un montant total de 4 à 5 milliards de dollars. Avec la mesure annoncée aujourd'hui, on ajoute 2,5 milliards de dollars de nouvelles dépenses. On ne sait plus où on en est dans les dépenses publiques. Pendant ce temps, ce qui a aussi des répercussions sur le pouvoir d'achat réel des ménages, c'est l'accès à des soins de santé et l'accès à des services d'éducation. On parle de l'augmentation de la productivité. C'est la capacité des provinces à offrir ces services et à offrir une éducation préscolaire, primaire, secondaire et universitaire. Les provinces sont égorgées.
    Des fonds ont été alloués pour le transport en commun, mais, comme mon collègue porte-parole en matière de Transports l'a mentionné plusieurs fois, ils sont bloqués à Ottawa. Ça fait partie de la solution à long terme. Nous avons besoin d'infrastructures. Nous voyons dans nos rues que nous avons un problème d'infrastructure. Il faut que l'argent soit transféré aux provinces. Qu'est-ce que ça donne de baisser le prix de l'essence si, chaque fois que les citoyens roulent sur une voie publique, un de leurs pneus de voiture éclate? Il y a un coût associé à ça et ça a une incidence sur les ménages.
    J'aimerais aborder un dernier aspect concernant la hausse des prix de l'essence, soit la productivité. Les hydrocarbures sont un intrant dans la production et lorsqu'un choc comme celui d'aujourd'hui se produit, c'est un choc négatif sur la productivité. Le premier ministre et le gouvernement passent leur temps à nous dire qu'il faut augmenter notre productivité. Une des meilleures politiques pour augmenter la productivité est de cesser d'être aussi vulnérables que nous les sommes aux fluctuations du pétrole. Quand le prix monte, la production coûte plus cher et on produit moins par travailleur et on est moins en mesure d'augmenter les salaires. Ça nuit à l'investissement. Le gouvernement est pétrolier. Notre apport en hydrocarbures est assuré. Nous consommons presque juste des hydrocarbures nord-américains. Alors, nous ne pouvons pas avoir un gouvernement qui nous parle de productivité et qui, en même temps, persiste à rendre nos entreprises plus vulnérables aux fluctuations du prix du pétrole.
    Je pense qu'il serait temps que nous entamions des réflexions à long terme dans ce Parlement. Depuis que j'ai été élu, soit il y a près de cinq ans, je n'en ai jamais vu une seule.
(1135)
    Monsieur le Président, nous voilà sur une lancée. Ça fait deux ou trois économistes de suite qui prennent la parole. Nous allons finir par dominer la Chambre des communes.
    Ma question pour mon estimé collègue, qui est mon compagnon de comité parlementaire, porte sur la nécessité que le soutien gouvernemental soit bien ciblé.
    Considère-t-il que l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, puisqu'elle bonifie le crédit d'impôt sur la TPS, est une aide ciblée à ceux qui en ont vraiment besoin?
    Monsieur le Président, j'apprécie beaucoup le député de Marc‑Aurèle‑Fortin. C'est quelqu'un avec qui c'est très agréable de travailler.
    La réponse est oui. C'est pour ça que nous avons voté en faveur et c'est pour ça que nous avons salué ce chèque. C'est ce que nous disions. Ce chèque, qui est l'ancien remboursement de TPS, tient compte de la composition du ménage, des allocations familiales et du revenu. C'est ciblé et c'est le genre de mesure que nous voulons parce que nous pouvons redistribuer davantage d'argent en dépensant moins.
    Ce qui me surprend, c'est que, il y a quelques semaines, le gouvernement reconnaissait que c'était la bonne façon de faire, mais que, aujourd'hui, en cette journée de l'opposition des conservateurs, il décide que ce n'est plus la bonne façon de faire des mesures ciblées. C'est cette incohérence que je trouve difficile à comprendre. Je me demande même pourquoi le gouvernement n'a pas décidé ce matin de nous dire qu'il devrait peut-être repenser la forme de ce chèque pour être cohérent avec lui-même.
    On ne peut pas dire une chose il y a trois semaines, dire une autre chose aujourd'hui et penser qu'on est cohérent dans sa façon de faire des politiques publiques.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Aux termes de l'article 43(2)a) du Règlement, les temps de parole des conservateurs seront maintenant divisés en deux.
    Je remercie le député de son intervention.
    Nous passons aux questions et observations. La députée de Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest a la parole.
    Monsieur le Président, mon collègue a prononcé un discours éloquent, mais j'aimerais lui demander combien de temps il pense que cela va prendre. Combien d'années faudra-t-il selon lui avant que nous puissions nous affranchir de notre dépendance aux combustibles? Il voudrait changer les choses pour qu'on n'en dépende plus. Pourtant, on sait très bien que cela pourrait prendre des années.
    Dans ma circonscription, Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest, beaucoup de gens n'ont pas les moyens de s'acheter un véhicule électrique. Ils doivent conduire des camions parce qu'ils travaillent dans le domaine agricole, ou bien ils exercent un métier qui nécessite une grande voiture. Ces véhicules ne sont pas électriques à l'heure actuelle.
    Combien d'années cela prendra-t-il? Combien de personnes devront souffrir si nous n'éliminons pas les taxes sur les combustibles?

[Français]

    Monsieur le Président, je me permets de me questionner sur la question elle-même. La structure de la question est un peu comme une forme de sophisme. Ce que la députée nous dit, c'est que, comme la transition va prendre du temps, aussi bien ne pas la faire étape par étape et l'abandonner tout de suite pour tout simplement nous noyer dans le pétrole.
    Nous avons toujours reconnu que ça allait prendre du temps. Nous n'avons pas dit qu'il fallait fermer tous les pipelines. Nous avons dit, en toute cohérence avec ce que dit l'Agence internationale de l'énergie, que nous ne devons pas faire de nouveaux projets. Nous devons opérer une transition, notamment pour la nouvelle énergie qui est nécessaire, et le faire pas à pas.
    Ce que disent les conservateurs, c'est que, comme on ne peut pas faire tout tout de suite, aussi bien ne rien faire, parce que les gens vont souffrir si on ne peut pas faire tout tout de suite. C'est comme un chien qui court après sa queue. Ça ne va pas loin. Moi, je pense qu'il faut y aller par étapes et agir de façon responsable. Il faut des politiques d'incitatifs. Personne ici, au Parlement, a jamais dit que nous n'aurons plus besoin d'hydrocarbures demain matin. Ce n'est jamais arrivé.
(1140)
    Monsieur le Président, mon collègue a souligné à juste titre que l'annonce libérale de ce matin ne va pas nécessairement profiter de façon ciblée aux plus vulnérables et qu'elle aura aussi pour effet d'accroître le déficit.
    Pour aller plus loin, mon collègue peut‑il nous expliquer si cette augmentation du déficit risque d'affecter les plus vulnérables, notamment sur le plan de l'inflation ou d'autres façons?
    Monsieur le Président, je reviens au débat que nous avons eu hier et aux témoins que nous avons reçus au Comité des finances. Nous avons tous convenu qu’il y a un problème de productivité au Canada et qu’il faut augmenter notre richesse collective. Il faut aussi que les revenus des gens, notamment ceux des 20 % des ménages les plus pauvres, augmentent plus rapidement que le coût de la vie. Pour cela, il faut de l’investissement privé.
    Nous convenons également qu’il y a un déficit et que nous ne l’éliminerons pas en deux ou trois ans. Nous sommes tous réalistes à ce sujet. Cependant, chaque dollar emprunté par le gouvernement est une ressource qui n’est pas nécessairement disponible pour des prêts au secteur privé, notamment pour des investissements plus productifs.
    À long terme, il faut se concentrer sur la productivité. Or, continuer de creuser les déficits et d’augmenter les dépenses de façon inconsidérée, jour après jour, chaque fois que les conservateurs présentent une motion de l’opposition est tout à fait incohérent avec ce que dit le premier ministre sur une base quotidienne.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il y a des moments dans la vie publique où un gouvernement est mis à l'épreuve non pas par ses paroles, mais par ce qu'il fait quand la population souffre. Nous en sommes à l'un de ces moments. Dans tout le pays, les Canadiens sont non seulement exaspérés, mais aussi poussés à bout. Ils font des compromis qu'aucune famille dans un pays prospère ne devrait avoir à faire. Ils choisissent entre remplir le réservoir ou le frigo, entre se rendre au travail et payer l'hypothèque, entre éclairer leur maison et avoir de quoi se nourrir. Au cœur de cette pression réside une réalité simple et évitable: le coût du carburant. Ici au Canada, le carburant n'est pas un luxe. Ce n'est pas un choix discrétionnaire. C'est le moteur de notre économie. C'est grâce au carburant qu'une infirmière peut se rendre à son quart de nuit, qu'un entrepreneur peut se rendre sur un chantier, que la nourriture peut être transportée de la ferme jusqu'aux magasins d'alimentation. Quand le coût du carburant monte, le prix de tout le reste grimpe, et pourtant, pendant que les Canadiens ici, chez nous, paient davantage, les coffres d'Ottawa se remplissent. Le gouvernement libéral profite des cours plus élevés du pétrole, tout en obligeant les Canadiens à payer plus cher à la pompe; par conséquent, ils doivent aussi payer plus cher pour se rendre au travail, nourrir leur famille et exploiter une entreprise.
    Je ne passerai pas par quatre chemins: les Canadiens sont pris à la gorge, et le gouvernement libéral en profite. C'est pourquoi les conservateurs réclament la suppression de toutes les taxes sur l'essence pour donner un répit aux Canadiens, et non des demi-mesures libérales qui éliminent les taxes à moitié et seulement pour la moitié du temps.
    La semaine dernière, quand on lui a demandé ce qu'il comptait faire au sujet de la montée du prix de l'essence, le premier ministre libéral a répondu que le gouvernement était en train d'examiner la question. Or, les Canadiens n'ont rien à faire d'un gouvernement libéral qui examine les choses. Ce qu'il leur faut, c'est un gouvernement qui agit. Pendant que le premier ministre libéral suit l'évolution du prix de l'essence, les Canadiens ont de plus en plus de mal à arriver. Chaque jour de retard aggrave leur situation.
    Je veux parler aux députés d'une femme que j'ai rencontrée dans Richmond Hill‑Sud, une mère qui cumule deux emplois, un le jour et l'autre la fin de semaine. Elle fait tout comme il le faut. Elle a un budget. Elle économise par tous les moyens possibles. Elle ne demande pas la charité. Elle demande seulement d'avoir une vraie chance de s'en sortir. La semaine dernière, elle m'a dit que faire le plein d'essence lui coûte maintenant près de 100 $. On ne parle pas d'un véhicule luxueux, mais d'une auto bien ordinaire qui lui permet de se rendre au travail et de reconduire ses enfants à l'école. Elle m'a expliqué qu'elle ne regarde plus le total: elle se contente d'arrêter quand elle n'a plus les moyens de continuer.
    Réfléchissons-y un instant. Au Canada, l'un des pays les plus riches du monde, il y a des gens qui n'ont pas les moyens de faire le plein, non pas par paresse ou à cause de mauvais choix, mais parce que le gouvernement libéral d'Ottawa ajoute des taxes aux prix mondiaux déjà à la hausse. C'est inacceptable. C'est une erreur sur le plan économique. C'est immoral. C'est insoutenable sur le plan budgétaire. Les Canadiens méritent un répit. C'est pourquoi les conservateurs demandent au gouvernement libéral de supprimer la taxe de 25 ¢ le litre sur l'essence pour toute l'année 2026 au lieu de simplement offrir une demi-mesure.
    Examinons quelques faits. Oui, des événements mondiaux tels que le conflit au Moyen‑Orient ont fait grimper les prix du pétrole. Cela explique en partie cette hausse. Mais cela n'explique pas pourquoi les Canadiens, ici chez nous, paient environ 28 ¢ de plus par litre de carburant que les Américains juste au sud de la frontière. Cette différence n'est pas due à la géographie. Elle n'est pas due à la géopolitique. Ce n'est pas une fatalité. C'est une politique fiscale libérale, élaborée ici même, à Ottawa. C'est le résultat d'un gouvernement libéral qui a empilé les taxes les unes par-dessus les autres et qui s'attend à ce que les Canadiens les absorbent sans broncher.
    Pendant que les Canadiens sont aux prises avec des prix plus élevés, le gouvernement libéral profite d'une manne. Selon un ancien conseiller économique libéral, chaque fois que le cours du baril de pétrole augmente de 10 $, cela ajoute environ 2 milliards de dollars aux revenus fédéraux versés dans les coffres d'Ottawa. Au cours des dernières semaines, les prix du pétrole ont augmenté d'à peu près 45 $ à 50 $ par rapport aux prix d'avant la guerre en Iran. Quand nous faisons le calcul, cela se solde par près de 9 à 10 milliards de dollars en revenus supplémentaires dans les coffres du gouvernement; cet argent provient directement des prix plus élevés payés par les Canadiens.
    Voici la question qui se pose: le gouvernement libéral récolte des milliards supplémentaires pendant que les Canadiens paient l'essence plus cher. Pourquoi ne redonne-t-il pas tout cet argent aux Canadiens en annulant toutes les taxes sur l'essence jusqu'à la fin de 2026?
    Les conservateurs offrent une réponse claire, pratique et immédiate. Que le gouvernement prenne 5 milliards à même cette manne et qu'il les redonne aux Canadiens en annulant toutes les taxes fédérales sur l'essence et le diésel jusqu'à la fin de 2026, pas l'an prochain, pas après une autre étude, mais dès maintenant. Cela signifie suspendre la taxe d'accise fédérale de 10 ¢ le litre, suspendre la TPS sur l'essence, ce qui représente environ 8 ¢ le litre d'essence et 4 ¢ le litre de diésel, et éliminer en permanence la taxe supposément liée à la norme sur les carburants propres, qui coûte déjà 7 ¢ le litre et doit passer à 17 ¢ le litre.
(1145)
    Ajoutées les unes aux autres, ces taxes libérales grimpent vite. Elles sont écrasantes. Si nous les supprimons, les Canadiens économiseront environ 25 ¢ le litre d'essence et 21 ¢ le litre de diésel, ce qui représente environ 20 $ chaque fois qu'un parent fait le plein de sa minifourgonnette, pour un total moyen, d'ici la fin de l'année, de plus de 1 200 $ pour une famille de 4 personnes. C'est de l'argent qui pourra être consacré à l'épicerie et au loyer, un répit fort nécessaire. Voici un point essentiel: le gouvernement libéral a les moyens de faire ce qu'il faut, sauf qu'il choisit de ne pas le faire. Pourquoi le gouvernement libéral ne reprend-il pas nos idées conservatrices pour apporter un répit immédiat aux Canadiens ici même, chez nous, en supprimant toutes les taxes sur les carburants et sa chère taxe libérale sur le carbone pour les industries?
    À l'heure actuelle, la priorité du gouvernement libéral est évidente: c'est d'en prendre plus et d'en donner moins, en espérant que les Canadiens ne s'en rendent pas compte. Or, partout au pays, les Canadiens s'en rendent compte. Ils s'en rendent compte chaque fois qu'ils voient le total à la pompe grimper d'une fois à l'autre, chaque fois que les frais de livraison augmentent et chaque fois que la facture d'épicerie atteint de nouveaux sommets, car la hausse du prix du carburant ne s'arrête pas à la pompe. Elle se répercute sur l'ensemble de l'économie. Lorsque les coûts de transport augmentent, les fournisseurs haussent leurs prix. Nous le constatons déjà. La semaine dernière, justement, nous avons appris que les producteurs alimentaires ajoutent désormais de nouvelles surcharges pour le carburant au prix de ce qu'ils vendent. Lorsque les fournisseurs haussent leurs prix, les épiciers répercutent cette hausse. Résultat: les familles d'ici paient plus cher.
     La hausse du prix du carburant et du coût du transport aggrave la crise du coût de la vie dont, après plus de 10 ans de politiques libérales, les familles font les frais. Les banques alimentaires enregistrent désormais plus de 2 millions de visites par mois, y compris pour 700 000 enfants. Une famille de 4 personnes devrait dépenser 17 500 $ en nourriture cette année, soit 1 000 $ de plus que l'année dernière. Le Canada est devenu la capitale de l'inflation alimentaire du G7. Il n'y a pas de quoi se vanter. C'est un signal d'alarme, et la situation découle directement des politiques du gouvernement libéral au pays.
    Selon une récente étude universitaire, la taxe libérale sur le carbone pour les industries sape la compétitivité de notre secteur agroalimentaire et a contribué à une hausse des prix des aliments 48 % plus rapide au Canada qu'aux États‑Unis. Le directeur parlementaire du budget a confirmé que le soi-disant Règlement sur les combustibles propres des libéraux entraîne à lui seul une augmentation de 7 ¢ le litre cette année, hausse qui atteindra 17 ¢ le litre d'ici 2030. Cela commence à ressembler fort à la taxe libérale sur le carbone pour les consommateurs. En outre, la taxe libérale sur le carbone pour les industries grimpe à 170 $ la tonne, ce qui coûte aux travailleurs plus de 1 100 $ par an, fait reculer l'économie de 1,3 % et met en péril 50 000 emplois canadiens. Telles sont les véritables conséquences de l'idéologie libérale. Les libéraux peuvent offrir un soulagement immédiat aux Canadiens ordinaires en supprimant leur taxe sur le carbone pour les industries et en suspendant la taxe punitive de 25 ¢ le litre sur l'essence, y compris la taxe libérale liée à la norme sur les carburants pour toute l'année 2026.
     La crise de l'abordabilité au Canada n'est pas une conséquence involontaire de facteurs mondiaux. Elle est le résultat prévisible de choix politiques délibérés des libéraux ici même, des choix qui font passer l'idéologie avant l'abordabilité et qui traitent les travailleurs canadiens comme une source de revenus plutôt que comme des personnes à servir. Prenons un peu de recul et examinons la situation dans son ensemble. Après une décennie de gouvernement libéral, le Canada est en train de prendre du retard chez nous. L'OCDE fait état d'une faiblesse persistante des investissements des entreprises, la croissance du PIB devrait reculer cette année et, depuis 2015, les taux de croissance du PIB du Canada sont à la traîne par rapport à ceux des États‑Unis. Un rapport récent montre que les investissements des entreprises, en tenant compte de l'inflation et de la croissance de la population active, ont diminué depuis leur sommet de 2014. Plus de la moitié des Canadiens ne vivent pas dans la maison de leurs rêves, l'accessibilité au crédit hypothécaire continue de se détériorer dans tout le pays et les jeunes sont complètement exclus du marché. Ce n'est pas un accident de parcours. C'est une tendance.
     Ici, les Canadiens sont confrontés à des coûts plus élevés, à une croissance plus faible et à moins de possibilités. Et aujourd'hui, au lieu de corriger le tir, le gouvernement libéral persiste dans la même voie. Le premier ministre libéral a promis aux Canadiens qu'il ferait preuve d'un leadership économique sérieux et qu'il réparerait les dégâts causés par le précédent premier ministre libéral, mais les Canadiens attendent toujours, tandis que les coûts augmentent, que les salaires stagnent et que le gouvernement contemple le problème. Les Canadiens se serrent la ceinture depuis assez longtemps. Il est temps que le gouvernement libéral fasse de même.
    D'autres pays sont conscients de la situation. En Australie, en Espagne, en Irlande, en Italie, en Allemagne et en Autriche, on a décidé de réduire les taxes sur le carburant de manière à offrir un répit direct à la pompe. Derrière chaque statistique, il y a de vraies personnes chez nous qui travaillent fort et qui font tout ce qu'il faut, mais qui n'arrivent tout de même pas à se garder à flot. Une mère de deux enfants qui cumule deux emplois ne devrait pas avoir besoin d'une augmentation de salaire juste pour faire le plein.
(1150)
    Monsieur le Président, le prix du carburant est effectivement très élevé. Le cours du pétrole brut est passé d'environ 60 $ le baril à la fin de février à environ 100 $ le baril en ce moment, et il pourrait encore beaucoup monter. Le détroit d'Ormuz demeure fermé. Je ne pense pas que ça ait quoi que ce soit à voir avec les politiques des libéraux.
    Dans leur motion, nos collègues proposent d'éliminer définitivement le règlement relatif à la norme sur les combustibles. Sérieusement? En 2026, ils veulent éliminer définitivement les normes qui s'appliquent aux combustibles? C'est vraiment la position que défendent les conservateurs?
    Monsieur le Président, les conservateurs réclament l'abolition définitive des taxes mises en place par les libéraux. Cela inclut la taxe d'accise fédérale de 10 ¢, la TPS qui s'ajoute à toutes ces taxes, ainsi que la taxe dite liée à la Norme sur les combustibles propres instaurée par les libéraux.
    N'oublions pas que la taxe de 25 ¢ le litre, dont nous demandons la suppression, est un problème créé par les libéraux à Ottawa. On ne peut pas simplement l'imputer aux cours mondiaux du pétrole. À l'heure actuelle, les Canadiens sont aux prises avec un coût de la vie trop élevé. Ils sont 2 millions à dépendre des banques alimentaires, dont 700 000 enfants. De plus, on s'attend à ce qu'il en coûte environ 1 000 $ supplémentaires par famille pour se nourrir cette année.
    Les conservateurs proposent des solutions concrètes. Les libéraux vont-ils les appuyer?

[Français]

    Monsieur le Président, je suis un peu surpris de la proposition que les conservateurs ont mise sur la table aujourd’hui. Je ne suis pas surpris du fait que ce soit encore une fois une proposition propétrole, car nous sommes habitués à ça, mais je suis surpris parce qu’ils nous proposent d’augmenter le déficit de plus de 7 milliards de dollars en raison de toutes les exemptions de taxes.
    Pourtant, ils déchirent leur chemise chaque fois que le gouvernement présente un budget déficitaire, peut-être avec raison, parce que le déficit qu'on a vu dernièrement est assez exagéré. Les conservateurs proposent d’ajouter 7 milliards de dollars au déficit, alors que leur chef nous disait que chaque nouvelle dépense serait accompagnée d’une économie. Où sont les économies proposées par les conservateurs? Nous proposent-ils seulement de creuser encore plus le déficit?
(1155)

[Traduction]

    Monsieur le Président, il ne s'agit pas ici de dépenses déficitaires. Il s'agit de puiser dans les recettes exceptionnelles qu'Ottawa tire de la hausse des prix du pétrole. Le gouvernement libéral ne redistribue pas cet argent, qui appartient aux Canadiens. Il ne le met pas dans les poches des Canadiens alors que ceux-ci sont aux prises avec un coût de la vie trop élevé.
    Même pour ceux qui n'utilisent ni voiture ni transport en commun, la taxe sur les carburants a tout de même une incidence sur les prix qu'ils paient à l'épicerie. Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons appris qu'un grand producteur alimentaire appliquait désormais un supplément pour le carburant à tous les produits vendus en vrac. Cela finira tôt ou tard par se répercuter sur le prix du panier d'épicerie.
    Les conservateurs demandent au gouvernement libéral de faire ce qui s'impose et d'abolir pour le reste de l'année 2026 la taxe de 25 ¢ le litre sur l'essence.
    Monsieur le Président, les conservateurs de ce côté-ci ont écouté les Canadiens et c'est pourquoi nous avons proposé de réduire les taxes sur l'essence. Aujourd'hui, nous avons vu le premier ministre capituler devant les conservateurs parce que nous sommes réellement à l'écoute des Canadiens, mais, comme d'habitude, il n'a pas accepté la mesure dans son intégralité. Il s'agit d'une demi-mesure.
    J'aimerais que mon collègue nous éclaire sur l'importance de cette mesure pour sa circonscription, car je sais que sa circonscription est également une plaque tournante du transport. Pourrait-il nous expliquer ce que signifierait la suppression de toutes les taxes sur l'essence pendant une année entière, et non pas seulement jusqu'à la fête du Travail?
    Monsieur le Président, oui, cette mesure toucherait tous les Canadiens, y compris les habitants de ma circonscription, Richmond Hill‑Sud, que ce soit en faisant baisser le prix des aliments, les frais de transport ou le prix à la pompe.
    Au lieu de se concentrer sur la mise en place de solutions pour résoudre les problèmes d'abordabilité qu'il a lui-même causés, le gouvernement libéral s'acharne à tenter de former un gouvernement libéral majoritaire au moyen d'ententes secrètes et malhonnêtes auxquelles les Canadiens n'ont pas donné leur aval et il s'entête à passer outre à la volonté du peuple. Le gouvernement libéral devrait se concentrer sur les Canadiens plutôt que sur ces ententes secrètes et malhonnêtes.
    Monsieur le Président, à l'heure actuelle, les Canadiens sont frappés de deux côtés: tout d'abord, à l'épicerie, puis à la pompe. Les Canadiens paient le litre d'essence près de deux dollars, soit une hausse de 35 % qui les suit partout: lorsqu'ils vont au travail, à l'école et chez leurs proches. Le pire, c'est que tandis que les Canadiens paient plus cher, le gouvernement libéral en tire davantage de profits. En raison de la hausse des prix de l'essence, le gouvernement fédéral devrait encaisser des milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires, une somme qu'il n'avait pas prévue dans son budget. Alors qu'il engrange ces recettes, les Canadiens se retrouvent avec des factures plus élevées qu'ils n'avaient pas prévues.
    Soyons clairs: l'effet ne s'arrête pas à la pompe. Le coût plus élevé de l'essence a des répercussions sur tout: les coûts d'expédition augmentent, tout comme le coût du travail agricole et celui des aliments. Par conséquent, quand les Canadiens entrent dans un magasin d'alimentation, non seulement ils paient leur épicerie, mais ils subissent aussi les conséquences d'une politique libérale infructueuse, qui persiste aujourd'hui.
    Les conservateurs sont heureux d'avoir réussi à obliger le gouvernement à réduire les taxes sur l'essence, mais ces mesures représentent à peine le quart des mesures d'abordabilité que nous avions exigées. Et ce n'est pas tout: ces demi-mesures ne seront en vigueur que pendant l'été. De toute évidence, le premier ministre achète une victoire politique à court terme, tout en laissant les Canadiens aux prises avec une crise durable de l'abordabilité. Nous savons tous depuis un certain temps que la crise de l'abordabilité libérale n'est pas saisonnière. Par conséquent, les Canadiens posent une question simple: pourquoi le gouvernement libéral profite-t-il de la situation pendant que les familles canadiennes tirent le diable par la queue?
    D'autres pays, tels que l'Australie, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche ont déjà pris des mesures pour procurer aux usagers un allègement direct à la pompe. Ils ont immédiatement réduit les taxes sur le carburant. Ils ont fait un pas en arrière et fourni une certaine latitude à leur population, parce que, dans des circonstances extraordinaires, le gouvernement se doit de prendre moins, et non plus. Par conséquent, je réitère mon entière demande pour le reste de l'année: accordez un répit aux Canadiens, réduisez toutes les taxes fédérales sur l'essence et le diésel et permettez aux Canadiens de garder une plus grande partie de ce qu'ils gagnent parce qu'ils en ont besoin maintenant plus que jamais.
    Le gouvernement promet que ses programmes peuvent mener à l'abordabilité, mais il existe une vérité économique disant qu'un gouvernement ne peut pas créer l'abordabilité en dépensant de l'argent. Chaque dollar dépensé par le gouvernement libéral a d'abord appartenu à un Canadien travaillant et il lui a ensuite été enlevé. Pendant que le gouvernement s'apprête à encaisser des milliards de dollars en revenus supplémentaires dus aux prix élevés de l'essence, revenus qui ne figurent pas dans son budget, les Canadiens sont écrasés par des factures d'épicerie toujours plus lourdes et par des prix à la pompe qu'ils n'avaient pas prévus dans leur budget.
    Les libéraux répondent en disant qu'il s'agit d'un problème mondial et qu'ils n'y peuvent pas grand-chose en quelque sorte, mais les Canadiens ne sont pas dupes. Quand on examine les faits, on voit qu'il ne s'agit pas uniquement d'un problème mondial, car c'en est aussi un qui a ses origines au Canada.
    Le Canada affiche le taux d'inflation alimentaire le plus élevé du G7, alors que ses terres sont parmi les plus fertiles du monde. Nous avons le taux d'inflation alimentaire le plus élevé parmi nos pairs. Il en va de même pour l'énergie. Le Canada fait partie des pays du monde aux ressources naturelles les plus abondantes. Nous disposons d'énormes réserves de pétrole et de gaz, et pourtant, les Canadiens paient des prix parmi les plus élevés. La raison en est que, depuis des années, le gouvernement libéral bloque l'exploitation de ces ressources, décourage les investissements et étouffe la croissance du secteur de l'énergie. Il continue d'ailleurs de le faire.
    Des notions économiques élémentaires nous apprennent que, lorsque les coûts augmentent, les prix augmentent, et que, lorsque l'offre est limitée, les prix augmentent aussi. Les Canadiens vivent cette réalité au quotidien. Si l'on ajoute à cela des années de dépenses excessives, des déficits qui s'accumulent et un dollar qui n'a plus la même valeur qu'avant, quel résultat obtient-on? Des prix du carburant et des aliments plus élevés, et un pouvoir d'achat réduit.
(1200)
    Le gouvernement libéral dit de lui faire confiance, qu'il va prendre votre argent, mais qu'il vous le rendra un jour. Les Canadiens ne veulent pas d'un intermédiaire qui touche sa part au passage. Ils ne veulent pas de prix abordables passés au filtre de l'administration libérale. Ils disent clairement et fermement qu'il faut, en premier lieu, cesser de prélever autant, car ce n'est pas en faisant la charité qu'on crée l'abordabilité, mais en laissant les Canadiens garder ce qu'ils gagnent et en bâtissant une économie qui fonctionne réellement.
     Le premier ministre a doublé le déficit laissé par Justin Trudeau. Aujourd'hui, alors que le prix de l'essence grimpe en flèche, il compte sur les milliards de dollars de recettes supplémentaires attendues pour réduire un tout petit peu son déficit prévu de 80 milliards de dollars. L'annonce des libéraux ne concerne que le tiers des taxes sur le carburant qu'ils perçoivent, pour le tiers de l'année.
     L'impact de la TPS de 7 ¢ le litre sur le prix des carburants et d'autres taxes reste inchangé. Alors que le gouvernement libéral aurait pu le prévoir dans son budget, mais ne l'a pas fait, les Canadiens paient des prix de l'essence plus élevés qu'ils ne pouvaient le prévoir. Le gouvernement libéral engrange, bien sûr, des milliards de bénéfices, et les Canadiens font les frais de l'irresponsabilité budgétaire du gouvernement libéral.
    Cette fin de semaine, j'ai bavardé avec un couple de ma collectivité que je connais depuis près de 20 ans. Ce sont des aînés qui vivent toujours dans la même maison que je visitais quand j'étais au secondaire. Ils m'ont confié qu'ils avaient dû reprendre le travail, car leurs pensions ne suffisent plus à couvrir leurs dépenses de base. Leurs pensions ne leur permettent plus de joindre les deux bouts. Leurs factures d'épicerie ont doublé. Leurs factures de gaz ne cessent d'augmenter. Après avoir travaillé toute leur vie, ils ont dû reprendre le collier, non pas parce qu'ils le veulent, mais parce qu'ils y sont contraints.
    Il fut un temps dans ce pays où les personnes âgées pouvaient quitter la vie active dans la dignité, où elles pouvaient compter sur le fait que leurs économies seraient suffisantes et que leur gouvernement protégerait leur niveau de vie au lieu de le réduire. Cependant, aujourd'hui, l'inflation gruge ces économies, et la hausse des coûts oblige les aînés à faire des choix impossibles. Doivent-ils faire le plein d'essence ou remplir leur réfrigérateur? Doivent-ils rendre visite à leurs petits-enfants ou rester chez eux pour économiser de l'essence? Ce n'est pas le Canada qu'ils ont bâti.
     Il n'y a pas que nos aînés. Les jeunes familles sont aussi touchées. Les parents regardent leurs enfants et se demandent quel genre de pays ils leur laisseront en héritage, car ils se souviennent d'un Canada différent, un Canada où l'on avait les moyens d'acheter de la nourriture, d'acheter de l'essence et de subvenir à ses besoins. Aujourd'hui, une simple visite à l'épicerie peut coûter 300 $ pour deux sacs de nourriture, puis on passe à la pompe et on est frappé de nouveau.
    Les Canadiens en ont assez d'être pris à la gorge et de se faire dire que c'est normal et qu'ils doivent faire confiance aux libéraux pour rétablir l'abordabilité. À qui cette abordabilité est-elle destinée? Où sont les maisons que les libéraux ont promises? Très peu de gens dans ma circonscription profitent du remboursement pour l'épicerie, alors que tout le monde paie plus à la pompe et au magasin d'alimentation. Mes voisins veulent que le gouvernement soit assez humble pour comprendre une vérité simple: il ne peut pas dépenser des fonds pour créer l'abordabilité. Chaque dollar dépensé par le gouvernement libéral a d'abord appartenu à un travailleur canadien, puis il lui a été enlevé.
    Faisons ce qu'il convient de faire. Il faut donner aux Canadiens un véritable répit à la pompe, supprimer toutes les taxes sur l'essence et le diésel pour le reste de l'année et commencer à remettre l'argent là où il doit être, c'est-à-dire dans les poches des gens qui l'ont gagné, parce que dans ce pays, le gouvernement libéral ne doit pas tirer profit des difficultés qu'éprouve la population.
(1205)
    Monsieur le Président, nous venons d'entendre un exposé très clair qui nous montre pourquoi nous ne pouvons pas être en faveur de la motion conservatrice. Tout d'abord, la hausse récente des prix de l'essence est due à la guerre qui sévit au Moyen-Orient. Aspect primordial, comme mon honorable collègue l'a dit très clairement, le cœur de la question réside dans ses propres propos, à savoir que « ce n'est pas en faisant la charité qu'on crée l'abordabilité ».
    Nous croyons que l'aide directe du gouvernement et ses programmes sociaux sont des éléments clés de son rôle et des mesures qu'il prend pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. Ma collègue estime-t-elle que l'Allocation canadienne pour enfants est utile?
    Monsieur le Président, nous réclamons des solutions permanentes pour faire baisser le coût de la vie. Les programmes et les cadeaux ne règlent pas les problèmes à long terme. Ils ne ciblent pas le coût de la vie. La charité n'y changera rien, et le député doit le comprendre.
    Les conservateurs veulent des solutions permanentes et à long terme: l'élimination des taxes inflationnistes, la valorisation du travail et la possibilité pour les Canadiens de garder leur argent, d'assumer leurs responsabilités, de lancer des entreprises et de créer de la richesse. C'est comme ça qu'on assure une croissance économique durable; pas en proposant des mesures temporaires.
    Dans les faits, seul un enfant sur 20 bénéficie du programme mentionné par le député d'en face.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter ma collègue de Newmarket—Aurora pour son excellent discours. Je suis d'accord avec elle: les libéraux devraient suspendre les taxes sur les combustibles jusqu'à la fin de l'année pour venir en aide non seulement aux habitants de London—Fanshawe, qui m'ont fait part de leurs inquiétudes face à la hausse du prix de l'essence, mais à l'ensemble des Canadiens.
    Je me demande si ma collègue pourrait nous en dire plus sur l'avantage de suspendre les taxes sur les combustibles jusqu'à la fin de l'année.
    Monsieur le Président, le Canada est confronté à de graves problèmes, et nous devons agir dès maintenant pour y apporter des solutions durables.
    La proposition que nous mettons de l'avant aujourd'hui offre une solution judicieuse à l'augmentation du coût de la vie et à la flambée du coût de l'essence d'un bout à l'autre du pays. Comme je l'ai mentionné, les Canadiens en subissent les effets à l'épicerie comme à la pompe. Ils n'ont pas le choix d'assumer ces coûts pour se rendre au travail ou déposer les enfants à l'école. Ces coûts pèsent constamment sur leur budget, jour après jour.
(1210)

[Français]

    Monsieur le Président, j’ai deux questions rapides pour ma collègue.
    Premièrement, l’ensemble de ce qui est proposé ici représente un coût annuel de 13 milliards de dollars, ce qui viendrait creuser le déficit d’autant. N’aurait-il pas été préférable de proposer des mesures davantage ciblées?
    Deuxièmement, en ce qui concerne la norme sur les carburants propres, la motion affirme qu’elle permettrait d’économiser 7 ¢ par litre. Or, ces calculs sont fondés sur la différence de prix entre les biocarburants et le pétrole à un moment où ce dernier était moins cher. Cependant, avec la flambée actuelle, les deux sont au même prix. Ainsi, on passe d’une économie de 7 ¢ par litre à aucune économie.
    Pourquoi ma collègue souhaite-t-elle maintenir cette partie de la motion?

[Traduction]

    Monsieur le Président, en ce qui concerne le budget, je ne crois pas qu'il soit approprié que le gouvernement profite de la hausse des prix pour augmenter ses recettes fiscales aux dépens des Canadiens. Le gouvernement aurait plutôt dû présenter un budget structuré, axé sur la réduction des dépenses et l'atteinte de l'équilibre budgétaire, sans alourdir le fardeau des citoyens.

[Français]

    Monsieur le Président, avant de commencer mon discours, je dois vous informer que je vais partager mon temps de parole avec le député de Mont-Saint-Bruno—L'Acadie.
    C'est à mon tour de me prononcer sur la motion de nos collègues du Parti conservateur. Je vais essayer de couvrir cinq thèmes — si je ne me perds pas trop et que je reste discipliné dans mes propos.
    Tout d'abord, j'aimerais rappeler à tous mes collègues que la motion du Parti conservateur contient quatre éléments. Les conservateurs demandent au gouvernement de supprimer la taxe d'accise sur les carburants, de supprimer la TPS sur l'essence et le diésel pour l'année 2026, de supprimer définitivement ce que les conservateurs appellent « la taxe sur les normes de carburant », mais qui est en réalité le règlement sur les normes de carburant, et de supprimer définitivement la taxe sur le carbone industriel. Selon leurs calculs, ces quatre mesures pourraient faire baisser le prix de l'essence de 20 ¢ à 25 ¢ le litre. Bien évidemment, nous ne sommes pas d'accord sur de telles propositions et nous allons voter contre cette motion.
     J'aimerais expliquer pourquoi nous nous trouvons dans cette situation. Je pense que nous l'avons déjà dit plusieurs fois, mais il est important de le rappeler. Le prix du baril de pétrole brut est passé d'environ 60 $ à la fin de février aux alentours de 100 $ aujourd'hui, en raison de la guerre au Moyen‑Orient et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Cette situation est extrêmement préoccupante parce que nous ne savons pas comment tout ça va se terminer. Je ne pense pas qu'on puisse dire aujourd'hui qu'on va maintenant revenir là où on était. On ne peut pas dire ça. On ne peut pas non plus écarter du revers de la main la possibilité que le prix du baril de pétrole atteigne 150 $. On ne le sait pas.
    Le détroit d'Ormuz demeure fermé alors que c'est 20 % de la production mondiale de pétrole qui passe par cet endroit. Des parties extrêmement importantes de l'économie mondiale, surtout en Asie, commencent maintenant à ressentir des pénuries de carburant. Le choc pétrolier que nous sommes en train de vivre présentement est probablement aussi fort sinon plus fort que les chocs pétroliers que l'économie mondiale a subis au cours des dernières décennies. Ce n'est pas une petite perturbation, mais un choc majeur, et nous ne savons pas comment tout cela va se résorber.
    En plus, dans la riposte de l'Iran à l'attaque américaine, beaucoup d'infrastructures énergétiques ont été détruites dans les pays du Golfe. Même si le détroit d'Ormuz rouvrait dès demain matin, on ne pourrait pas reprendre le transport de carburant comme avant le 28 février. L'économie mondiale traverse une période extrêmement préoccupante. Il faut que nous soyons prudents dans les mesures que nous prenons maintenant parce que nous ne savons tout simplement pas ce que l'avenir nous réserve en ce qui concerne l'énergie.
    Au Canada, nous avons suffisamment d'énergie pour nos propres besoins. C'est clair qu'il n'y aura pas de pénurie d'énergie au Canada, contrairement aux années 1970. Toutefois, c'est clair aussi que le prix de cette énergie demeure extrêmement difficile à déterminer, à ce moment-ci. Voilà donc le contexte dans lequel nous nous trouvons. Il est important de le prendre en considération quand on pense à des politiques publiques pour aider les citoyens canadiens, qui font effectivement face à une augmentation majeure du prix de l'essence, laquelle aura des répercussions sur toute la chaîne d'approvisionnement dans l'alimentation, le transport et tout ça.
(1215)
    Dans la proposition conservatrice, une partie demande la suspension de la taxe d'accises sur le carburant. Comme le premier ministre l'a annoncé, nous allons le faire. Pour ce qui est des autres composantes de la motion, nous ne pouvons pas le faire. Je vais essayer de présenter pourquoi je pense que nous ne pouvons pas et nous ne devons pas le faire.
    Tout d'abord, on nous demande de suspendre la TPS. La TPS est une taxe qui, d'ailleurs, a été créée et mise en œuvre par un gouvernement progressiste-conservateur au début des années 1990. Elle est à valeur ajoutée. Ce qui fait que cette taxe est efficace, c'est qu'elle a un taux qui est relativement bas, mais il y a très peu d'exemptions ou d'exceptions. C'est ça qui fait que cette taxe fonctionne. Par exemple, en Europe, le taux de la taxe à valeur ajoutée est beaucoup plus élevé, mais il y a tout un système complexe d'exemptions et d'exceptions. Ça devient extrêmement difficile à gérer.
    D'abord, mieux vaut avoir une taxe à la consommation que d'avoir l'impôt sur le revenu; ça, c'est clair. Ensuite, quand on a une taxe à la consommation, mieux vaut que cette taxe ait un taux relativement bas, mais très peu d'exceptions et d'exemptions. Il faut qu'elle soit facile à administrer. Soyons clairs: il faut aussi qu'une telle taxe, avec la structure de taxe à valeur ajoutée, soutienne, favorise et privilégie les producteurs locaux et nationaux plutôt que les produits qui sont importés. C'est donc pour ça que c'est très complexe. Il faut y penser à deux ou à trois fois avant de commencer à faire des modifications à la TPS canadienne. Mieux vaut ne pas s'y aventurer.
    Nous pensons aussi qu'une autre partie de la motion conservatrice n'est pas du tout appropriée. Elle touche ce qu'ils appellent la taxe sur les carburants propres. En fin de compte, c'est le Règlement sur les combustibles propres. Ce que nos amis proposent, c'est de l'éliminer complètement. Nous sommes en 2026. Je pense que nous devons continuer à avoir des règlements à cet égard pour que l'air qu'on respire dans les villes et les campagnes soit respirable. On ne veut plus retourner dans le bon vieux temps où on pouvait brûler un peu n'importe quoi et au diable l'air qu'on respire. D'ailleurs nos voisins américains semblent vouloir retourner dans ce bon vieux temps. Non, il faut maintenir ces règlements pour que l'air soit respirable. Il faut que nos enfants puissent respirer.
    Au sujet de la taxe industrielle sur le carbone, j'ai toujours pensé que les conservateurs pouvaient comprendre le mécanisme d'une telle taxe. En fin de compte, c'est basé sur le système de prix. C'est le système de prix qui va envoyer les signaux nécessaires pour attribuer les ressources dans une économie. Comme je l'ai déjà dit à la Chambre, c'est quelque chose que des socialistes reconnus ont utilisé, comme Brian Mulroney avec la Loi canadienne sur la qualité de l'air ou Ronald Reagan ou le Clean Air Act. Je pense que c'est quand même important que nous puissions avoir de tels mécanismes dans une économie avancée et ouverte comme l'économie canadienne.
    En terminant, comme je l'ai dit tantôt, nous allons quand même suspendre la taxe d'accises sur l'essence. C'est donner un petit coup de pouce, en effet. Nous avons d'autres mesures que nous avons déjà mises en œuvre pour aider les consommateurs, dont l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui transfère directement des ressources financières dans les comptes des familles canadiennes qui sont les plus touchées par les questions d'abordabilité. C'est donc un programme qui est ciblé et que, s'il le faut, on pourra améliorer à l'avenir.
(1220)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté attentivement le discours du secrétaire parlementaire. Mon collègue a évoqué la hausse du cours du pétrole sur les marchés mondiaux, ainsi que ses répercussions sur le prix de l'essence et du diésel chez nous. Ce qu'il n'a pas dit, c'est que lorsque le prix du carburant augmente, le montant des taxes prélevées en fonction de ce prix augmente lui aussi de manière considérable. Ainsi, le secrétaire parlementaire n'a rien dit sur le fait que, en raison de la hausse des prix à la pompe, le gouvernement va engranger pour 10 milliards de dollars de recettes supplémentaires.
     Hier, j'ai demandé au premier ministre s'il accepterait d'envisager 4 mesures: la suppression de la taxe d'accise sur l'essence et le diésel, la suppression de la taxe liée à la norme sur les combustibles, la suppression de la taxe sur le carbone pour les industries et la suspension de la TPS pour le reste de l'année. À raison de 25 ¢ le litre, la mise en place de ces mesures aurait laissé au total 5 milliards de dollars dans les poches des Canadiens. Pourtant, le premier ministre s'est contenté d'une demi-mesure en annonçant une réduction de 10 ¢ le litre pour l'essence et de 4 ¢ le litre pour le diésel.
    Le secrétaire parlementaire m'expliquerait-il pourquoi le gouvernement ne prévoit mettre cette mesure en place que jusqu'en septembre...
    J'interromps le député pour laisser au secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie la possibilité de lui répondre.
    Monsieur le Président, c'est très difficile à ce moment-ci. Nous ne pouvons pas présumer que le gouvernement recevra 16 milliards de dollars. Nous ignorons si le choc pétrolier nous plongera dans une récession et si les recettes de l'État diminueront. C'est très effronté de la part des conservateurs de prédire aussi clairement qu'il y aura une manne providentielle de 16 milliards de dollars en recettes. Nous ne le savons tout simplement pas en ce moment.

[Français]

    Monsieur le Président, je veux féliciter l’honorable secrétaire parlementaire pour son discours riche en contenu. J’aimerais entendre ses commentaires concernant ce qu’a dit le fiscaliste Luc Godbout il y a quelques mois: « Il faut résister à la tentation de baisser la taxe sur l’essence, tant pour des questions d’équilibre budgétaire que pour des raisons environnementales. »
    À cela j’ajouterais la pression qu’il y aura à la fête du Travail lors du rétablissement de la taxe d’accise. Les pressions ne seront-elles pas tellement fortes de la part de la population qu’il sera difficile de la rétablir en septembre?
    Enfin, n'aurait-il pas été plus judicieux de mettre en place des mesures ciblées, par exemple pour l’industrie du camionnage et pour les personnes qui en ont davantage besoin, plutôt que de suspendre temporairement la taxe d’accise sur l’essence?
(1225)
    Monsieur le Président, je connais très bien Luc Godbout, que mon collègue a cité. Je connais bien ses commentaires et je pense que, d’une façon générale, il a raison. Cependant, le choc que nous subissons actuellement est tellement fort qu’il fallait faire quelque chose rapidement. La mesure la plus rapide à mettre en place, c’est la suspension de la taxe d’accise sur l’essence.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'espère que mon collègue d'en face invitera ses collègues à cesser de nous accuser de faire de l'obstruction, parce qu'aujourd'hui, nous voyons ce qu'une saine opposition peut faire. Nous les avons mis sur la sellette. Nous réclamons l'abolition de la taxe sur l'essence et voilà que le premier ministre annonce qu'il fera les choses à moitié en la suspendant jusqu'à la fête du Travail. Nous ne voulons aucune taxe pour l'année complète. Il ne faut pas se leurrer; cela ne serait pas arrivé si les conservateurs n'avaient pas soulevé la question.
    Je voudrais que mon collègue reconnaisse que, si ce n'était des conservateurs, il n'y aurait pas de répit à la pompe.
    Monsieur le Président, comme tout le monde ici présent, nous lisons les journaux. Nous voyons ce qui se passe aux pompes à essence et les conséquences de la hausse des cours du pétrole. Nous devons donc faire quelque chose. Le moyen le plus rapide d'aider les consommateurs consiste à suspendre la taxe d'accise. Si d'autres mesures doivent être prises ultérieurement, nous les examinerons également.

[Français]

    Monsieur le Président, notre gouvernement a multiplié ses efforts pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens parce qu'il faut agir et on ne peut pas garder les bras croisés. Le contexte mondial actuel évolue rapidement et l'économie mondiale fait face à beaucoup d'incertitude. Le Canada ne fait pas exception, les citoyens et les entreprises le voient tous les jours. Notre gouvernement se concentre donc sur ce qu'il peut contrôler: bâtir une économie plus forte et rendre la vie des Canadiens plus abordable. Nous avons instauré plusieurs mesures pour faire baisser le coût de la vie et permettre aux Canadiens et aux gens de conserver une plus grande partie de leur argent dûment gagné.
     Parlons de l'annonce sur la taxe d'accise. C'est une bonne chose que le chef de l’opposition ait veillé à ce qu'on mentionne le prix de l'essence dans la motion. Les conflits militaires en cours dans le monde nuisent à la capacité des raffineries et aux réseaux de transport du carburant. Le gouvernement est conscient du fait que, à cause de ces conflits, même s'ils sont loin, le consommateur paye plus cher son essence à la pompe ici, au pays. Nous savons que cela crée de l'incertitude et du stress et que cela met de la pression sur les familles qui essayent de boucler les fins de mois.
     Comme le premier ministre l'a indiqué plus tôt aujourd'hui, le gouvernement va offrir un allégement important des coûts du carburant en suspendant la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel à compter du lundi 20 avril jusqu'à la fête du Travail, soit le 7 septembre. En ce moment, la taxe d'accise fédérale est de 10 ¢ le litre pour l'essence et de 4 ¢ le litre pour le diésel. La suspension de cette taxe devrait permettre aux Canadiens d'économiser jusqu'à environ 5,75 $ sur un plein de 50 litres d'essence ordinaire et jusqu'à 2,30 $ sur un plein de diésel. Ça représente un allégement total dépassant 2,3 milliards de dollars. Le prix de l'essence est un exemple parmi tant d'autres du fait que des situations ailleurs dans le monde ont des répercussions ici, au pays, et que cela nécessite une intervention ciblée du gouvernement pour aider les familles au Canada.
     En réduisant le coût de l'essence et du diésel directement à la pompe, nous posons un geste clair pour appuyer les familles face aux difficultés actuelles. C'est un peu plus de 2 milliards de dollars, et nous le faisons sans mettre en danger les finances publiques ou nos autres efforts pour bâtir l'économie la plus forte du G7.
     Les provinces ajoutent aussi leurs propres taxes sur l'essence et le diésel. Elles peuvent également, si elles le souhaitent, mettre en place leurs propres mesures. Pour notre part, nous nous servons de l'amélioration de la situation budgétaire fédérale, qui est liée à la hausse des prix du pétrole, pour offrir un soutien ciblé aux ménages et aux entreprises. C'est un soutien, je tiens à le préciser, qui s'ajoute à des mesures déjà mises en place. Nous savons que trop de familles ont de la difficulté à joindre les deux bouts à la fin du mois. Les gens n'ont pas besoin de promesses abstraites. Ils ont besoin d'un soutien tangible, immédiat et durable. C'est exactement ce que nous mettons en place comme gouvernement.
     C'est pourquoi nous avons lancé la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels. Cette prestation, qui remplace et bonifie l'ancien crédit pour la TPS, offrira un soutien accru à plus de 12 millions de Canadiens à revenu faible ou modeste.
     Concrètement, dès ce printemps, un paiement ponctuel équivalent à une augmentation de 50 % de la valeur annuelle du crédit pour la TPS pour 2025 et 2026 sera versé. Cela représente 3,1 milliards de dollars d'aide immédiate dans les poches des familles. De plus, à compter du mois de juillet de cette année, la valeur de la prestation augmentera de 25 % pour une période de cinq ans, ce qui ajoutera 8,6 milliards de dollars de soutien supplémentaire. Au total, une famille de quatre recevra jusqu'à 1 890 $ cette année et environ 1 400 $ par année au cours des quatre prochaines années. Une personne seule recevra, de son côté, jusqu'à 950 $ cette année et environ 700 $ pour les années suivantes.
(1230)
     C’est un soutien réel pour payer l’épicerie, les factures et les dépenses quotidiennes. C’est aussi pour cela que nous avons éliminé la redevance fédérale sur le combustible pour les consommateurs, une mesure qui est en place depuis maintenant un an et qui a été officialisée par l’adoption du projet de loi C‑4. Avec ce même projet de loi, nous avons aussi baissé les impôts de près de 22 millions de familles canadiennes en faisant passer le taux de la première tranche de revenu des particuliers de 15 % à 14 % en 2026. Cela représente une économie de 420 $ par personne et de 840 $ pour une famille à deux revenus.
    Avec le projet de loi C‑4, nous avons également éliminé la taxe sur les produits et services pour les acheteurs d’une première habitation neuve d'une valeur de 1 million de dollars ou moins, tout en la réduisant dans le cas des propriétés dont la valeur se situe entre 1 million et 1,5 million de dollars. Nous avons aussi conclu un accord avec le gouvernement de l’Ontario afin de réduire encore davantage les taxes pour les acheteurs d’une maison.
    Le gouvernement a aussi pris des mesures concrètes pour rendre le système bancaire plus juste et plus abordable pour les Canadiens. Depuis le mois de mars, les consommateurs ne peuvent plus se faire facturer plus de 10 $ en frais lorsqu’il n’y a pas suffisamment d’argent dans leur compte de dépôt personnel pour couvrir un paiement. Les banques ne peuvent plus imposer ces frais plus d’une fois sur une période de deux jours ouvrables pour un même compte. Surtout, aucuns frais pour insuffisance de fonds ne peuvent être exigés lorsque le découvert est inférieur à 10 $. C’est une autre façon pour notre gouvernement d’aider les Canadiens là où ça compte vraiment.
    Les mesures du gouvernement en faveur de l’accessibilité financière, y inclus celle annoncée aujourd’hui, illustrent bien comment le gouvernement aide les familles canadiennes. Comme l’a dit le premier ministre aujourd’hui, nous ne pouvons pas contrôler ce que font les autres pays, mais nous avons la maîtrise de ce que nous bâtissons chez nous. Ce que nous faisons ici, c’est bâtir un Canada fort et abordable, afin que notre pays ait l’économie la plus forte du G7.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les libéraux sont à pied d'œuvre aujourd'hui, mais je ne pense pas qu'ils étaient préparés à ce que le premier ministre annonce qu'il allait adopter une politique des conservateurs. C'est pour cette raison que la majeure partie de leurs interventions porte sur tout sauf sur la réduction de la taxe sur l'essence. Les libéraux et le premier ministre ont pris une demi-mesure: ils réduisent la taxe de moitié jusqu'à la fête du Travail.
     Voici ma question au député: pourquoi ne pas supprimer toutes les taxes pour le reste de l'année pour faire économiser encore plus d'argent aux Canadiens? Après tout, les Canadiens sont au courant de ce qui se passe. Ils envoient des courriels. Ils réclament un véritable répit à la pompe. Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout en supprimant toutes les taxes pour le reste de l'année au lieu de le faire juste à moitié et jusqu'à la fête du Travail?
(1235)

[Français]

    Monsieur le Président, nous sommes un gouvernement responsable, et nos actions sont ciblées et réfléchies. Dans l'immédiat, notre gouvernement a pris une décision de manière ponctuelle afin d’évoluer au fur et à mesure que se présenteront les défis. Pour le moment, la mesure prise répond aux besoins immédiats des familles.
    Monsieur le Président, je suis déçu de constater que, lorsqu’il y a des échanges en français à la Chambre, des députés anglophones parlent souvent plus fort que les échanges qui ont lieu en français. Ce fut le cas pendant le discours de mon collègue et c’est le cas en ce moment même alors que je m'apprête à poser une question. Cela se produit des deux côtés de la Chambre. C’est une situation vraiment triste.
    Étant donné la flambée actuelle des prix du pétrole, ne faudrait-il pas en faire davantage pour réduire notre dépendance à cette économie, par exemple en développant davantage l’électrification des transports et en faisant plus que ce qui est fait actuellement?
    Monsieur le Président, comme gouvernement, nous prenons des décisions responsables, fondées sur le budget qui a été annoncé.
    Notre gouvernement a pris une décision en veillant à ne pas compromettre le budget en cours ni à créer un déficit qui ne pourrait pas être résorbé. Nous avons donc pris une décision ciblée, limitée dans le temps jusqu’au 7 septembre, afin de voir comment la situation évoluera.
    Nous avons un gouvernement pragmatique. En cas de changement, nous pourrons revenir ici avec des décisions qui pourront être améliorées, au besoin.
    Monsieur le Président, je félicite mon honorable collègue pour son discours.
    La motion conservatrice est basée sur l’hypothèse que le prix du pétrole demeurera le même d’ici la fin de l’année.
    Mon honorable collègue peut-il expliquer pourquoi cette hypothèse est erronée, puisqu’on n’a aucune idée de la façon dont la situation évoluera?
     Monsieur le Président, nous prenons toujours des décisions basées sur les données disponibles.
    Le prix futur du pétrole, pour lequel les données ne sont pas encore publiées et demeurent inconnues, ne peut servir de base à une décision. Notre gouvernement décide aujourd’hui de baisser les prix des carburants parce que les données sont connues et publiées et que nous disposons d’une enveloppe budgétaire qui permet de le faire.
    Voilà pourquoi nous serons toujours un gouvernement pragmatique, agile et à l’écoute pour aider les Canadiens et les Canadiennes.
    Monsieur le Président, je me lève aujourd'hui afin de me battre pour l'élimination de la taxe sur l'essence pour le reste de l'année afin de permettre à chaque Canadien qui conduit d'économiser 25 ¢ le litre, 20 $ pour faire le plein ou 1 200 $ chaque année. Ça fait partie de nos efforts en tant que conservateurs pour rendre la vie plus abordable, pour permettre aux gens travaillants de garder plus d'argent dans leurs poches. Nous voulons énergiser notre économie, littéralement, avec de l'essence plus abordable et renverser l'inflation qu'on a vue depuis 10 ans sous les libéraux.
    Avant de parler de cet enjeu, je vais parler du fait que, hier, le premier ministre a fabriqué une majorité coûteuse que les Canadiens avaient rejetée lors des élections. Il l'a fait à l'aide d'ententes en coulisses qui vont à l'encontre des intérêts de la population, avec l'aide de politiciens qui ont annulé la décision de leurs propres électeurs lors des élections. Ce n'est pas une majorité que les Canadiens ont choisie, c'est une approche que le premier ministre a imposée avec des ententes en coulisses. Ça oblige maintenant le premier ministre à obtenir des résultats, finalement. Ça fait un an qu'il est au pouvoir et il faut regarder les résultats obtenus jusqu'à maintenant. Il a doublé le déficit, il a donné au Canada la pire inflation alimentaire du G7, les pires coûts du logement du G7, le pire niveau d'endettement familial du G7 et la seule économie en déclin du G7. Aucun pipeline n'a été approuvé et aucune loi sur la criminalité n'a été mise en place. Il a remplacé l'ancienne taxe sur le carbone par une nouvelle taxe, mais tout le monde ne souffre pas. Les initiés libéraux continuent de profiter des gros contrats, de l'inflation de leurs investissements, et j'en passe.
    C'est la même chose avec la taxe sur l'essence. Le gouvernement fédéral reçoit 25 ¢ le litre en taxe sur l'essence. Aujourd'hui, le premier ministre a annoncé qu'il ne rendra qu'une fraction de ce montant aux consommateurs, qui sont déjà surtaxés. Il a annoncé qu'il suspendra simplement un tiers des taxes fédérales pour le tiers d'une année. Nous avons proposé d'éliminer toutes les taxes fédérales sur l'essence pour tout le reste de l'année. Notre approche conservatrice aurait permis d'économiser beaucoup plus et aurait soulagé les consommateurs, qui ont besoin de garder plus d'argent dans leurs poches. Nous avons dit qu'il y avait plusieurs façons pour le gouvernement de récupérer les revenus perdus. Par exemple, à cause des plus grands profits des pétrolières qui sont la conséquence des prix plus élevés, le gouvernement récolte beaucoup de revenus, assez pour récupérer les revenus perdus en raison de l'élimination de la taxe sur l'essence pour toute l'année. Malheureusement, les libéraux n'ont pas encore réussi à renverser l'inflation que paient les Canadiens.
    C'est vrai que ce n'est pas le gouvernement du Canada qui a causé l'augmentation du prix mondial, mais il est aussi vrai que les prix sont beaucoup plus élevés au Canada qu'aux États‑Unis, et l'écart s'explique par les taxes. Les libéraux continuent d'appliquer une politique inflationniste. Le premier ministre a créé un déficit budgétaire d'à peu près 75 milliards de dollars, ce qui est beaucoup plus grand que le déficit laissé par Justin Trudeau. Il continue à appliquer toutes les lois antidéveloppement et c'est comme ça qu'il empêche notre économie de grandir.
    Les libéraux s'attendent à ce que les Canadiens abandonnent, qu'ils deviennent complaisants et qu'ils disparaissent afin que les libéraux puissent exercer un pouvoir sans aucune reddition de comptes. Cela n'arrivera pas. Notre pays et sa population valent la peine de se battre pour eux. Nous allons continuer de nous battre pour les gens, pour qu'ils puissent avoir un logement, de la nourriture et de l'énergie abordable. Nous allons continuer de nous battre pour la sécurité des gens. Nous allons continuer de nous battre pour les travailleurs dans le secteur des ressources et pour nos soldats. Nous allons continuer de mener cet effort afin de faire avancer les intérêts de M. et Mme Tout‑le‑Monde. Je vais continuer de mener la charge ici, à la Chambre, partout au pays et lors des prochaines élections, quand les Canadiens reprendront le contrôle. Nous allons rebâtir le pays que nous connaissons, que nous aimons et qui sera abordable pour tout le monde. C'est ça, notre but.
(1240)

[Traduction]

    Je prends la parole aujourd’hui au sujet de la proposition des conservateurs de supprimer toutes les taxes fédérales sur l’essence jusqu’à la fin de l’année, ce qui permettrait aux familles d’économiser environ 25 ¢ par litre, 20 $ par plein et 1 200 $ d’ici Noël.
     Cependant, avant d’en parler, je soulignerai que le premier ministre s’est constitué une majorité coûteuse, contre le souhait des Canadiens aux dernières élections. Il l’a fait en concluant en coulisse des ententes malhonnêtes, contraires aux intérêts des Canadiens, avec l’aide de politiciens qui ont trahi leurs électeurs et leurs concitoyens. Les libéraux voulaient une majorité. Eh bien, un pouvoir absolu s’accompagne d’une responsabilité absolue. Ils vont devoir obtenir des résultats concrets sans rejeter la faute sur d'autres s'ils n'y parviennent pas, et ils vont devoir s’y atteler maintenant. Pour l'instant, pas grand-chose ne bouge.
    Voici le bilan du premier ministre. Il a doublé le déficit et le Canada lui doit la pire inflation alimentaire, le plus fort endettement des ménages, la seule économie en contraction et les coûts de logement les plus élevés du G7. Aucun pipeline n’a été approuvé et aucune modification du Code criminel n’a été adoptée. Il n’a pas remplacé la taxe sur le carbone, mais en a instauré une nouvelle qui, bien qu’actuellement plus faible, augmentera et s’appliquera beaucoup plus largement.
     Il avait promis de réduire les formalités administratives et de lever les obstacles à la construction. Il n’a abrogé aucune des lois anti-développement de l’ère Trudeau, mais a ajouté de nouvelles lois aux anciennes. Il n’a supprimé aucun organisme gouvernemental; il en a créé 12 nouveaux. Il a déclaré que nous étions confrontés à une crise existentielle qui exigeait une action immédiate à une vitesse inimaginable. Le Parlement, en seulement cinq jours, lui a accordé à la hâte des pouvoirs juridiques massifs et sans précédent pour faire approuver des projets, mais il n’a pas utilisé ces pouvoirs pour approuver un quelconque projet près d’un an plus tard: rien.
     En parlant de projets, qu’en est-il des pipelines? Qu’en est-il du fameux pipeline vers le Pacifique, ce grand symbole de notre souveraineté énergétique? Voilà un an que le premier ministre libéral nous promet une rapidité sans précédent. Or le projet n’a ni tracé, ni permis, ni constructeur, ni calendrier de démarrage, ni date d’achèvement. De plus, la seule entreprise susceptible de le construire, Enbridge, a déclaré qu’il était impossible de remplir le pipeline, car les taxes et les lois anti-production que le gouvernement a maintenues en vigueur font qu’il n’y aura pas assez de pétrole pour l’alimenter.
    Enfin, le premier ministre a ajouté une autre condition: que les Albertains dépensent 20 milliards de dollars dans un projet de capture du carbone qui perdra de l’argent chaque année jusqu’à la fin des temps, un projet qui n’a été réalisé nulle part dans le monde et qui n’a ni constructeur, ni permis, ni date de début, ni calendrier. Cette promesse n'est qu'un mirage, une nouvelle illusion.
     Il en va de même pour les taxes. Le gouvernement fédéral prélève 25 ¢ le litre sur l’essence et le diesel. Aujourd’hui, le premier ministre a annoncé qu’il n’en rendrait qu’une fraction aux consommateurs surtaxés. Autrement dit, il ne suspendra qu’un tiers des taxes fédérales pendant un tiers de l’année. C’est insuffisant. Les Canadiens n’ont pas les moyens de faire le plein. Nous voulons que toutes les taxes sur l’essence soient supprimées pour le reste de l’année afin de faire économiser 1 200 $ aux familles canadiennes.
    Nous poursuivrons ce combat. Nous savons que le gouvernement dispose des fonds nécessaires. L'augmentation des bénéfices des sociétés pétrolières, qui se traduit automatiquement et naturellement par plus d'impôts, lui vaut d'engranger 5 milliards de dollars de recettes supplémentaires. Cet argent devrait revenir dans les poches des consommateurs, et pas dans les caisses de l'État. Nous voulons que les prix dans ce pays soient abordables, afin que les Canadiens puissent faire le plein, remplir leur panier d'épicerie, remplir leur réfrigérateur et se nourrir sans vider leur compte en banque. Or, les libéraux sont prêts à leur demander de ne plus s'attendre à cela, de revoir leurs projets à la baisse et de se contenter de moins.
     Nous ne nous contenterons pas de moins. Les Canadiens sont peut-être découragés en ce moment à cause de la situation politique actuelle, mais disons-le clairement: ils ne doivent pas baisser les bras. Nous continuerons de nous battre pour qu'ils aient accès à des logements, à des aliments et à du carburant abordables. Nous nous battrons pour que leurs rues soient sûres. Nous nous battrons pour qu'ils soient bien rémunérés et qu'ils aient de bons emplois. Nous nous battrons pour nos soldats et nos forces de l'ordre, qui assurent notre sécurité.
     Je continuerai de mener ce combat à la Chambre, dans tout le pays et aux prochaines élections, afin que nous, conservateurs, puissions faire en sorte de retrouver le pays que nous connaissons et aimons tous.
(1245)

[Français]

     Monsieur le Président, j'aimerais poser une question au chef de l'opposition officielle. Une décision se prend par gradation. On ne peut pas décider de manière unilatérale sans peser les conséquences. C'est pourquoi nous disons toujours que nous pouvons contrôler ce que nous faisons chez nous, ici.
    Le premier ministre a décidé aujourd'hui de baisser le coût de l'essence de manière pondérée pour contrôler les dépenses, afin de s'assurer que nos finances ne sont pas affectées de manière exagérée. On ne peut pas penser qu'une décision unilatérale permet d'agir de manière ordonnée et structurée.
    Monsieur le Président, ça prend une décision unilatérale parce que les taxes ont été imposées de façon unilatérale par le fédéral. Le gouvernement fédéral a le choix de maintenir ces taxes ou de les éliminer. Le député se demande comment la perte de revenus sera financée. La réponse est que le gouvernement récolte plus de revenus en raison de l'augmentation des profits des compagnies pétrolières liée à la hausse des prix à l'échelle mondiale.
    La question est donc de savoir si le gouvernement choisira de dépenser ces revenus ou de les laisser dans les poches des consommateurs. Les conservateurs veulent mettre ça dans les poches des consommateurs canadiens.
(1250)
    Monsieur le Président, je me questionne au sujet de la rigueur des calculs du Parti conservateur, notamment dans la motion d'aujourd'hui. Par exemple, pour ce qui est de la norme sur les carburants propres, qu'on voudrait supprimer, le Parti conservateur dit qu'on économiserait 7 ¢ le litre. Cela est basé sur une estimation du directeur parlementaire du budget d'il y a quelque temps, où il comparait le coût des biocarburants à celui du pétrole.
    Or, depuis, on subit une flambée des prix du pétrole. Le prix du pétrole a augmenté et a rejoint celui des biocarburants. Si on abolissait cette mesure demain matin, la réduction de 7 ¢ le litre ne tiendrait plus; ce serait plutôt 0 ¢ le litre. Pourquoi ne pas faire preuve d'un peu plus de rigueur dans les calculs quand on présente des motions à la Chambre?
    Monsieur le Président, l'estimation de 7 ¢ le litre ne provient pas seulement du directeur parlementaire du budget, mais elle provient aussi du gouvernement lui-même. Selon un rapport publié par Environnement et Changement climatique Canada, le règlement du gouvernement qui fait augmenter le prix de l'essence de 7 ¢ le litre cette année le fera augmenter de 17 ¢ le litre d'ici 2030. C'est une taxe. Lorsque le gouvernement impose un coût à la pompe et force les citoyens à le payer, c'est une taxe.
    En éliminant cette taxe, on peut réduire le coût à la pompe de 7 ¢ le litre. En outre, nous voulons supprimer la TPS, ce qui représenterait une réduction supplémentaire de 7 ¢ ou de 8 ¢ le litre, selon le jour. Enfin, nous proposons de supprimer la taxe d'accise sur l'essence de 10 ¢ le litre. C'est ainsi que les conservateurs proposent de réduire le coût de l'essence d'environ 25 ¢ le litre pour chaque famille canadienne.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le premier ministre a cédé aujourd'hui aux pressions des conservateurs. Je tiens à féliciter mon collègue de tout son excellent travail. Grâce à lui, les Canadiens font aujourd'hui des économies à la pompe.
    Le premier ministre a réduit les taxes de moitié jusqu'à la fête du Travail. Dans quelle mesure est-il nécessaire que le premier ministre supprime toutes les taxes sur les carburants jusqu'à la fin de l'année?
     Monsieur le Président, c'est vrai que le premier ministre et les libéraux n'auraient rien fait si les conservateurs n'avaient pas pris l'initiative de lutter contre la cherté de la vie. C'est vrai que l'imitation est le plus beau des compliments. Notre seul problème, cela dit, c'est que le premier ministre se contente d'une demi-mesure à court terme, après quoi il reviendra à sa bonne vieille formule. Le premier ministre privilégie un programme coûteux et caractérisé par un fardeau fiscal élevé et un appareil gouvernemental hypertrophié. À long terme, il y revient toujours. Tout le reste n'est que de la poudre aux yeux.
    Les conservateurs sont les seuls à vouloir supprimer complètement les taxes en question. Nous sommes les seuls à vouloir supprimer intégralement la taxe sur le carbone, pour tout le monde, pour de vrai, une fois pour toutes. Nous sommes les seuls qui élimineront cette taxe que représente l'inflation en mettant un frein aux dépenses d'un excès inadmissible. Nous sommes les seuls qui libéreront le potentiel de nos ressources afin de laisser le Canada devenir une véritable puissance énergétique. Les conservateurs, c'est la référence, pas une imitation.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet de notre motion de l'opposition qui vise à supprimer les taxes fédérales sur l'essence et le diésel jusqu'à la fin de 2026. Tous les députés viennent de rentrer de leur circonscription, et je peux dire, comme beaucoup d'autres sans doute, que le principal problème qu'évoquent mes concitoyens, c'est le coût élevé de la vie.
     À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, où le prix de l'essence est présentement l'un des plus élevés de toutes les provinces canadiennes, nous constatons les effets de la hausse des coûts d'une manière que nous n'avions tout simplement jamais vue auparavant. Si je m'emporte dans ce dossier, c'est en raison des témoignages extrêmement pénibles que mon équipe et moi entendons fréquemment de la part de personnes que je représente. Il est question de familles poussées à bout, placées devant des choix que personne ne devrait jamais avoir à faire. En tant que mère de quatre enfants, j'ai moi-même dû travailler très fort toute ma vie pour rester, vivre et travailler dans la province que j'aime, alors ces témoignages et à ces situations me parlent.
     Les Canadiens se font presser comme des citrons. Ils paient plus cher pour se rendre au travail, chauffer leur maison et se nourrir. De surcroît, le gouvernement libéral leur prend davantage d’argent à chaque litre de carburant lorsqu'ils font le plein. Les Canadiens font tout leur possible: ils travaillent dur, gèrent leur budget avec soin et réduisent leurs dépenses là où ils le peuvent, mais ils continuent de perdre du terrain.
     Pour commencer, mettons les choses au clair. Le prix du pétrole augmente dans le monde, et le gouvernement encaisse des milliards de dollars de recettes supplémentaires, tandis que les Canadiens subissent la pression de la hausse du prix à la pompe. La hausse des prix augmente les recettes du gouvernement à un moment où les Canadiens ont du mal à suivre le rythme. La dernière réaction du premier ministre libéral consiste à reconnaître que les conservateurs ont une bonne solution à offrir aux Canadiens, mais il ne propose qu’une mesure temporaire qui ne représente pas une aide substantielle et durable. Leur annonce ne concerne qu’un tiers des taxes sur l’essence qu’ils perçoivent pendant un tiers de l’année. Elle minimise la gravité de la situation dans laquelle les Canadiens se trouvent. Nous avons besoin d’un premier ministre qui prend des moyens proportionnels à la pression que ressentent les Canadiens. La population a besoin d’une aide substantielle et durable. C’est pourquoi les conservateurs proposent une solution substantielle et durable: suspendre les taxes fédérales sur l’essence et le diésel jusqu’à la fin de l’année 2026, supprimer définitivement la taxe liée à la norme sur les carburants et supprimer définitivement la taxe sur le carbone pour les industries.
     Les conservateurs présentent la motion. Un éminent conseiller économique libéral a souligné que chaque hausse de 10 $ du prix du pétrole génère environ 2 milliards de dollars de recettes supplémentaires. Les prix du pétrole sont aujourd'hui supérieurs d'environ 45 à 50 $ au niveau de référence d'avant la crise. Cela signifie que le gouvernement libéral devrait toucher près de 9 milliards, voire 10 milliards de dollars de recettes supplémentaires, une somme qu'il n'avait pas prévue dans son budget, une somme que le gouvernement devrait toucher simplement parce que les prix sont élevés. En échange, les libéraux veulent seulement que les Canadiens économisent 10 ¢ le litre sur l'essence et 4 ¢ sur le diésel. Notre motion permettrait aux Canadiens d'économiser 25 ¢ le litre sur l'essence et 21 ¢ sur le diésel.
     Ce n'est pas un véritable allégement. Les Canadiens paient 35 % de plus en raison de la hausse des prix mondiaux du pétrole, ce qui les oblige à payer, et c'est un point important, près de 20 % de plus que les Américains. Les conservateurs reconnaissent la situation difficile à laquelle les Canadiens sont confrontés. Au lieu de conserver cette manne, nous proposons une approche efficace visant à suspendre les taxes fédérales sur les carburants jusqu'à la fin de l'année 2026 et à éliminer définitivement la norme sur les combustibles propres ainsi que la taxe sur le carbone pour les industries, qui devrait faire reculer l'économie de 1,3 % et entraîner la perte de 50 000 emplois pour les travailleurs canadiens.
    Il s'agit d'une solution réelle et concrète qui permet de réaliser de réelles économies. Encore une fois, cela signifierait une économie de 25 ¢ le litre sur l'essence et de 21 ¢ le litre sur le diésel.
    Dans ma circonscription, j'ai récemment passé plusieurs jours sur la route avec mes jumeaux de 9 ans, Emma et William, pour leurs tournois provinciaux de hockey. Comme pour tant de familles de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, surtout pendant la saison des tournois de Pâques, cela représente une partie très importante de notre vie. Nous parcourons de longues distances dans notre vaste province pour soutenir nos enfants et les encourager, mais les prix exorbitants du carburant rendent plus difficile pour les familles de profiter de ces moments, à une époque où beaucoup ont déjà du mal à joindre les deux bouts.
     Un tournoi nous a amenés à faire l'aller-retour entre Deer Lake et Glovertown, soit environ 600 kilomètres, et un autre entre Deer Lake et Clarenville, soit environ 860 kilomètres. Au total, nous avons fait près de 1 500 kilomètres de route uniquement pour soutenir nos enfants.
(1255)
    Cependant, dans les zones rurales de Terre-Neuve-et-Labrador, la dure réalité ne se limite pas aux tournois de hockey pour les jeunes. Les gens n’ont pas le luxe de pouvoir compter sur le transport en commun. Ils parcourent de longues distances en voiture pour se rendre au travail, acheter leur nourriture et accéder à des services de base comme les soins de santé. Ils doivent souvent parcourir ces distances pour consulter un spécialiste ou se rendre au seul hôpital pédiatrique de la région. Les camionneurs ont besoin de carburant pour livrer des marchandises à nos collectivités. Les petites entreprises ont besoin de carburant pour transporter des marchandises sur de longues distances. Les familles ont besoin de carburant simplement pour pouvoir passer la semaine.
     De plus, nous avons besoin de carburant pour profiter de l’arrière-pays en motoneige et en véhicule tous terrains ou pour accéder à nos chalets. De nombreux propriétaires de chalets dans la région où je vis se déplacent chaque fin de semaine pour pêcher sur la glace, cueillir des baies, couper leur bois de chauffage, chasser l’orignal ou encore profiter de la compagnie de leurs voisins ou de leurs amis. Les propriétaires de petites entreprises comptent sur ces activités pour subvenir à leurs besoins et, lorsque le prix du carburant augmente, ces entreprises sont menacées, sans parler de notre mode de vie rural. Par conséquent, l'augmentation du coût du carburant touche tous les aspects de la vie dans les montagnes Long Range, à Terre-Neuve-et-Labrador, comme partout ailleurs au Canada. Comme me l’a dit un de mes électeurs, supprimons toutes les taxes sur le carburant. Les gens n'ont pas les moyens de payer les hausses actuelles. Cela rend tout le reste plus cher, par exemple la nourriture. C’est ce que vivent les gens chaque jour.
    Partout à Terre-Neuve-et-Labrador, la hausse du prix du diésel, qui fait grimper le coût du transport, se fait particulièrement sentir, car sur une île, une grande partie des aliments, des produits et des services doit être acheminée principalement par semi-remorque. Cela signifie que l'augmentation du coût du carburant se répercute directement sur les prix dans les magasins. Les chefs de famille monoparentale de ma province réclament de l'aide, car leur budget est extrêmement serré. La flambée des prix de l'essence est une source additionnelle de stress pour ces familles.
     Les gens de la Single Parent Association de Terre-Neuve-et-Labrador, basée à St. John's, disent que la hausse actuelle des coûts peut obliger des familles à choisir entre se nourrir et chauffer leur maison. Les gens ressentent déjà les effets de la hausse. L'association a indiqué que près de 30 familles supplémentaires se sont tournées vers elle pour obtenir de l'aide depuis le début de l'année. Aucune de ces familles n’avait eu à demander de l’aide auparavant, et beaucoup de parents sont des professionnels qui travaillent. Certains parents cumulent deux, voire trois emplois, et ne parviennent toujours pas à joindre les deux bouts. Près de 70 % des bénéficiaires de l’aide fournie par la banque alimentaire de l’association sont des enfants de moins de 17 ans. Tel est le coût humain de la hausse des prix du carburant. La direction de l'association dit rester en communication avec le gouvernement dans l’espoir qu’une aide soit bientôt accordée. Mon message à son intention est que les conservateurs se battent à leurs côtés sur cette question pour obtenir une aide qui ne soit pas que temporaire, mais qui puisse être substantielle et durable.
     Nous savons que, lorsque les prix du carburant augmentent, tout augmente. Les aliments coûtent plus cher, car les coûts de transport augmentent. Le chauffage coûte plus cher, et pour les familles de l’ouest de Terre-Neuve qui se chauffent encore au mazout, ces hausses sont particulièrement lourdes à supporter. Ayant passé ma carrière dans l'immobilier, je peux affirmer que, dans de nombreuses zones rurales de notre province, un nombre important de foyers se chauffent encore au mazout. Dans de nombreux cas, il s'agit de personnes âgées vivant avec des revenus fixes, dans des logements anciens qui ont besoin de réparations et de rénovations, ce qui représente un coût supplémentaire qu’ils n'ont pas les moyens de payer. Les coûts augmentent dans le secteur de la construction. Les propriétaires de petites entreprises ont des coûts de production, de livraison et d’exploitation plus élevés. Les fournisseurs ajoutent des surcharges pour le carburant. Les entrepreneurs locaux sont contraints de répercuter ces coûts ou de réduire leurs activités.
    À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement provincial a pris le taureau par les cornes, comme nous le préconisons. Il a réduit de façon permanente la taxe provinciale sur l’essence et le diésel. Voilà comment on tient compte de la pression que subissent les gens, en leur apportant une aide réelle. Ici, au Canada, les libéraux font le contraire. Ils proposent une mesure temporaire qui n’apportera pas l'aide véritable dont les Canadiens ont besoin. Si le gouvernement libéral perçoit des milliards de dollars de recettes imprévues en raison de la hausse du prix du pétrole, le moins qu’il puisse faire est de redonner la moitié de cet argent sous forme d'une aide véritable pour les gens qui lui versent tout cet argent.
     Les Canadiens font déjà tout ce qu’ils peuvent face à la hausse des prix. Ils réduisent leurs dépenses, reportent des achats et font des sacrifices. La question est de savoir si le gouvernement libéral est prêt à agir. Nous proposons un choix clair: une réduction immédiate et substantielle des prix à la pompe, et un plan qui donne la priorité aux Canadiens et leur permet de respirer un peu.
     Le premier ministre a déjà confirmé que les conservateurs proposent de bonnes solutions pour les Canadiens, alors j'exhorte les députés à ne pas se limiter à une réduction des taxes du tiers. Je leur demande d'appuyer notre motion, de se ranger du côté des familles, des travailleurs et des propriétaires de petites entreprises du Canada, pour que tous ces gens obtiennent l'aide qu’ils méritent.
(1300)
    Monsieur le Président, j'ai une question à poser à la députée au sujet de certains points que son chef et elle ont soulevés. Il s'agit d'une question on ne peut plus sérieuse, puisque le cours élevé du pétrole frappe le monde entier, et pas seulement le Canada. Nous ne sommes pas à l'abri.
    Je pose ma question à la députée: les députés conservateurs peuvent-ils prédire l'évolution du cours du pétrole d'ici 6 à 12 mois? Y a-t-il un député conservateur qui est en mesure de mettre fin à la guerre en Libye? À un moment où nous avons du mal à composer avec le prix élevé du pétrole, ces problèmes déstabilisent tous les Canadiens, qui sont forcément inquiets. Il y a des facteurs externes impondérables. C'est une discussion sérieuse.
    La députée peut-elle répondre à la question suivante: peut-elle mettre fin à la guerre en Libye, qui expose les Canadiens au cours élevé du pétrole, partout au pays et dans le monde entier?
(1305)
    Monsieur le Président, je ne peux évidemment pas mettre fin à une guerre, et c'est exactement pourquoi cette proposition est aussi importante. Nous proposons que le gouvernement du Canada, le gouvernement libéral, fasse ce qu'il peut dans le contexte actuel et compte tenu de ce que vivent les familles canadiennes. Il s'agit d'une mesure concrète qui pourrait faire baisser le prix du diésel de 21 ¢ le litre et celui de l'essence, de 25 ¢ le litre.
    Nous savons que nous n'avons aucun contrôle sur les autres pays et sur tout ce qui se passe. Ce que nous pouvons maîtriser, par contre, c'est l'argent que nous pouvons laisser dans les poches des Canadiens. C'est exactement ce que nous proposons.

[Français]

    Monsieur le Président, contrairement à ce que disent les conservateurs, éliminer la taxe industrielle sur le carbone n'aurait aucun impact sur les coûts à la pompe. C'est basé sur le prix mondial du baril plutôt que sur les coûts d'extraction. Dans le fond, la mesure des conservateurs serait juste un cadeau aux pétrolières qui n'aurait aucun impact sur le prix du pétrole.
    Qu'en pense ma collègue?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je siège au Comité permanent de l'environnement et du développement durable. La taxe sur le carbone pour les industries est un des sujets que nous étudions en ce moment. Nous avons entendu de nombreux témoignages selon lesquels cette mesure ne fonctionne tout simplement pas, en raison des fuites de carbone. Cela signifie que, au lieu d'investir dans notre économie, ces producteurs se tournent vers d'autres pays qui n'appliquent pas de taxe sur le carbone pour les industries, ce qui a une incidence sur l'ensemble de l'économie.
    De plus, nous savons que la taxation des engrais et du matériel agricole finit par se répercuter sur les prix à l'épicerie et contribue à l'augmentation du coût de la vie pour les Canadiens. C'est contre cela que les conservateurs se battent.
    Monsieur le Président, l'une des choses que j'aime dans les discours de ma collègue, c'est qu'elle ramène toujours les enjeux à l'essentiel d'une façon très concrète. Les points qu'elle a soulevés trouvent certainement écho dans ma propre circonscription.
    Le gouvernement d'en face ne cesse de chercher des facteurs externes. J'aimerais que la députée explique la différence entre l'effet de ces hausses de prix sur ce que paient les consommateurs et les revenus qu'en tire le gouvernement, puis qu'elle fasse le lien avec le débat qui nous occupe aujourd'hui.
    Monsieur le Président, le gouvernement devrait percevoir entre 9 et 10 milliards de dollars de recettes. Nous lui demandons de retourner la moitié de cette somme aux Canadiens. Qu'est-ce que cela signifie? Qu'ils auront plus d'argent pour faire leurs courses, être présents aux activités de leurs enfants, injecter de l'argent dans l'économie locale, acheter les produits et les services des entreprises locales et se rendre à leur chalet. Il s'agit d'une mesure bien concrète.
     Il y a également une taxe sur l’essence qui a des répercussions sur tout, en particulier à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les régions rurales du Canada. La mesure proposée par les conservateurs est substantielle, et c'est la raison pour laquelle ils la proposent.
     Monsieur le Président, je suis ravi d’être ici cet après-midi. Je partagerai mon temps de parole avec mon collègue de Kingston et les Îles. Je suis heureux de pouvoir chauffer la salle avant sa brillante intervention.
     Je tiens d'abord à remercier les gens de Terrebonne, de Scarborough-Sud-Ouest et d’University–Rosedale d’avoir élu à la Chambre trois femmes, trois candidates libérales dynamiques. Je me réjouis à l'idée d'accueillir ces nouvelles députées dans cette enceinte et de voir le premier ministre et le chef de l’opposition officielle les faire entrer au Parlement pour qu’elles prennent place à la Chambre des communes. C’est un grand jour au Parlement pour les libéraux, car nous constatons que les Canadiens ont une fois de plus fait confiance à notre chef.
     Je suis heureux de pouvoir participer au débat d'aujourd'hui et de souligner les nombreuses mesures annoncées par le gouvernement pour résoudre les problèmes d'abordabilité que les Canadiens connaissent aujourd'hui, comme nous le savons.
     Il est évident que l'impact actuel des conflits militaires sur la capacité mondiale de raffinage et les réseaux de transport de carburant se traduit par une hausse du prix à la pompe pour les Canadiens et les consommateurs du monde entier, ce qui crée un climat d'incertitude et exerce des pressions sur le budget des ménages. Cette situation est exacerbée par un certain nombre de crises survenues au cours des dernières années, que nous aimerions tous oublier, j'en suis sûr, et qui ont ébranlé notre économie et rendu la vie difficile pour les familles. Nous en sommes tous conscients.
     Je suis également heureux d'annoncer que nous prenons des mesures supplémentaires pour aider les Canadiens à faire face à ces difficultés, comme l'ont annoncé plus tôt aujourd'hui le premier ministre et le ministre des Finances. Le premier ministre a clairement indiqué que le gouvernement du Canada mettra à profit l'amélioration des perspectives budgétaires liée à la hausse du prix du pétrole pour offrir un allégement ciblé aux ménages et aux entreprises.
     Plus précisément, nous réduisons la pression associée au prix à la pompe en suspendant l'application de la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel, à compter de la semaine prochaine et jusqu'à la fête du Travail, le 7 septembre, ce qui se traduira par un allégement de plus de 2,3 milliards de dollars. Cette suspension temporaire de la taxe d'accise sur l'essence et le diésel devrait permettre au Canadien moyen d'économiser 5,75 $ sur l'essence ordinaire et jusqu'à 2,30 $ sur le diésel lorsqu'il remplit un réservoir de 50 litres.
    Cette mesure s'appuie sur l'une des premières mesures que nous avons prises depuis notre arrivée au pouvoir, et dont nous avons parlé à maintes reprises à la Chambre. Nous avons réduit le prix à la pompe dans la plupart des provinces et des territoires. Les députés d'en face se souviendront de leurs appels à l'élimination de la redevance sur les combustibles imposée aux consommateurs, et nous avons agi dans ce sens sans la moindre difficulté. Les Canadiens économiseront sur le prix à la pompe dans les provinces et les territoires. Notre gouvernement a également supprimé l'obligation pour les provinces et les territoires d'imposer une tarification du carbone aux consommateurs à compter du 1er avril 2025.
    Parallèlement, le gouvernement est conscient que les Canadiens ne dépensent pas leur argent uniquement en essence. C'est pourquoi nous avons pris des mesures pour atténuer d'autres pressions qui pèsent sur leurs dépenses courantes dans tous les domaines, entre autres, grâce à l'annonce récente de la mise en place de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui s'appuie sur l'ancien crédit pour la TPS. Nous l'augmentons de 25 % pendant cinq ans à compter de juillet 2026.
     En outre, nous verserons un paiement unique, dès que possible ce printemps, qui équivaut à une augmentation de 50 % pour l'exercice 2025-2026. C'est une augmentation significative de la valeur annuelle de l'ancien crédit pour la TPS. Au total, cela signifie qu'une famille de quatre personnes recevra jusqu'à 1 890 $ cette année et environ 1 400 $ pour les quatre prochaines années. Une personne seule recevra jusqu'à 950 $ cette année et environ 700 $ par an pour les quatre prochaines années. Cela rend littéralement la vie plus abordable pour des millions de Canadiens. En effet, l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels apportera un soutien supplémentaire à plus de 12 millions de Canadiens.
(1310)
    Non seulement nous mettons plus d'argent dans les poches de ceux qui en ont le plus besoin, mais nous leur en laissons davantage grâce à notre réduction d'impôt pour la classe moyenne. Depuis le 1er juillet 2025, nous avons abaissé de 1 % le premier taux marginal d'imposition sur le revenu des particuliers, le faisant passer de 15 à 14 %. Cette mesure touche 22 millions de Canadiens. Elle permet à une personne seule d'économiser 420 $ par an et à une famille à deux revenus, 840 $ par an. Cette réduction s'applique aux revenus imposables allant jusqu'à 58 523 $ en 2026, offrant ainsi un allégement considérable aux Canadiens de la classe moyenne en cette période d'incertitude économique.
     Cette mesure s'ajoute à plusieurs autres mesures d'abordabilité que notre gouvernement a mises en œuvre, dont l'une me rend très fier. Il s'agit du financement du Programme national d'alimentation scolaire pour les enfants afin de nourrir 400 000 enfants de plus par an et de garantir la pérennité du programme en le rendant permanent. Nous continuerons à permettre aux familles ayant deux enfants d'économiser 800 $ par an sur leur facture d'épicerie. Ce n'est pas négligeable. Les députés d'en face se moquent de ce programme. Ils l'ont qualifié de « foutaise » et ils ont tenu toute une série de propos négatifs pour le discréditer.
    Avant d'entamer ma carrière politique, j'ai eu l'occasion de siéger au conseil d'administration du Réseau pour une alimentation durable, une organisation qui lutte contre l'insécurité alimentaire. La mise en place d'un programme national d'alimentation en milieu scolaire a été, pendant de nombreuses années, sa principale revendication auprès du gouvernement fédéral. C'est une cause que j'ai régulièrement défendue tout au long de mon mandat au Parlement. C'est formidable de voir ce programme bénéficier d'un investissement fédéral de 200 millions de dollars par an, qui vient s'ajouter aux montants versés par les provinces et les territoires et qui permet de nourrir 400 000 enfants de plus qui, sans cela, n'auraient rien à manger. Je trouve scandaleux que les conservateurs n'aient pas soutenu ce programme. Le fait qu'ils s'en soient moqués et qu'ils n'aient pas pris la défense des enfants qui ont faim est tout simplement consternant.
    Je tiens également à mentionner que nous avons travaillé sur les problèmes d'accès à la propriété. Nous sommes conscients que beaucoup de jeunes Canadiens ont du mal à acheter leur première maison, et c'est une véritable tragédie, rien de moins. Nous devons veiller à augmenter l'offre de logements abordables, mais nous avons également facilité les choses en mettant en place des mesures pour aider les jeunes Canadiens à acheter leur première maison.
     Nous avons mis en place le remboursement pour les acheteurs d'une première maison. Grâce à ce remboursement, nous avons effectivement supprimé la TPS pour les acheteurs d'une première maison neuve d'au plus 1 million de dollars et réduit la TPS pour les acheteurs d'une première maison neuve d'une valeur comprise entre 1 et 1,5 million de dollars. Cette réduction de la taxe, en plus des autres que j'ai mentionnées, permet aux familles d'économiser beaucoup d'argent lors de l'achat de leur première maison, c'est-à-dire jusqu'à 50 000 $ pour une maison d'au plus 1 million de dollars. De jeunes familles canadiennes peuvent ainsi accéder au marché immobilier et concrétiser leur objectif d'accéder à la propriété. Ces 50 000 $ constituent une aide non négligeable et s'ajoutent à la réduction de l'assurance hypothécaire, à la mise en place de comptes d'épargne libres d'impôt permettant aux jeunes familles d'épargner en vue de l'achat de leur première maison, ainsi qu'à tout un ensemble d'autres mesures visant à accroître l'offre de logements au Canada.
     Nous avons également pris récemment des mesures pour plafonner les frais d'insuffisance de fonds, afin de rendre les services bancaires plus équitables pour les consommateurs moyens partout au Canada. Ces frais sont relativement modestes, mais leur plafonnement à 10 $ constitue une amélioration notable qui permettra à certaines des personnes les plus vulnérables du Canada de réaliser des économies considérables.
     En fin de compte, il s'agit d'aider les Canadiens à faire face aux perturbations actuelles du marché mondial de l'énergie. Le gouvernement apporte une aide opportune, significative et concrète aux Canadiens au moment où ils en ont le plus besoin. Nous le faisons sur de nombreux fronts et dans de nombreux postes du budget des ménages canadiens. Notre annonce d'aujourd'hui concernant la suspension de la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel n'est que la dernière d'une longue série de mesures concrètes que nous prenons pour soutenir les Canadiens pendant ces périodes difficiles et les mettre en position de réussir à long terme en bâtissant l'économie la plus forte du G7.
(1315)
     Monsieur le Président, l'annonce faite aujourd'hui se traduit par une réduction de 4 ¢ le litre sur le diésel. C'est grâce au diésel que les camions peuvent acheminer des denrées alimentaires partout au pays. Le diésel est essentiel au bon fonctionnement de toutes les exploitations agricoles canadiennes, et il permet d'acheminer les denrées alimentaires et d'autres marchandises vers des circonscriptions comme celle que je représente.
     Compte tenu de l'ampleur des recettes supplémentaires que perçoit le gouvernement actuellement grâce aux taxes sur l'essence, comment le gouvernement peut-il justifier de ne pas en remettre chaque dollar aux Canadiens, et ce, dès maintenant?
    Monsieur le Président, je suis très heureux de répondre à cette question. Les conservateurs, comme ils le font souvent à la Chambre, s'appuient sur des calculs faits à la va‑vite. Dans ce cas particulier, ils ne se sont pas réellement penchés sur le montant exact des recettes que généreraient les taxes supplémentaires. Ils anticipent des revenus plus élevés, mais ceux-ci ne sont pas confirmés, notamment parce qu'ils ne peuvent pas prédire l'évolution des marchés mondiaux de l'énergie ni les sommes qui seraient perçues par le gouvernement fédéral.
    En fait, nous faisons exactement ce qu'il convient de faire: offrir aux Canadiens un allégement de 10 ¢ le litre à la pompe en réaffectant les 2,3 milliards de dollars de recettes fiscales afin de fournir un soutien direct aux familles canadiennes.
(1320)

[Français]

    Monsieur le Président, j’aimerais poser une question à mon collègue d’en face.
    Il se vante de la nouvelle politique de son gouvernement, inspirée des conservateurs. C'est en fait une réponse directe à ce que les conservateurs demandaient. On voit d’ailleurs que certains conservateurs semblent très inspirés par les libéraux puisqu’ils passent de plus en plus au Parti libéral.
    Cela dit, la décision du gouvernement de réduire de 10 ¢ la taxe d’accise sur l’essence peut avoir un effet positif sur les finances des gens qui utilisent leur véhicule à essence tous les jours, étant donné qu'il y a une explosion du prix de l’essence. Je ne suis pas certain que ces 10 ¢ vont totalement changer la donne. On s’entend, l’augmentation était beaucoup plus élevée que ces fameux 10 ¢.
    Dans ce contexte, l’augmentation des prix de l’essence qu’on voit présentement n'est‑elle pas davantage une illustration de notre dépendance aux énergies fossiles, de laquelle il faudrait se défaire et sur laquelle il faudrait accélérer, plutôt que de prendre des décisions à court terme comme on le fait en ce moment, ce qui, au bout du compte, ne changera pas vraiment la donne?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je sais que le député d'en face sait que le gouvernement cherche, de plusieurs façons, à réduire la dépendance des Canadiens envers les combustibles fossiles. Nous aidons également les Canadiens face à leur situation, c'est-à-dire face aux problèmes d'abordabilité et au coût de la vie à la maison. Dans leur vie quotidienne, ils doivent faire le plein. Nous leur accordons un répit dès maintenant, tout comme nous avons mis en place de nombreuses autres mesures relatives à l'abordabilité pour soulager les familles canadiennes. C'est ce que nous faisons.
     Dans mon intervention, j'ai parlé de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, de la réduction de l'impôt sur le revenu pour 22 millions de Canadiens, de l'élimination de la TPS sur l'achat d'une maison neuve, de l'annulation de la taxe fédérale sur le carbone pour les consommateurs, de la pérennisation du Programme national d'alimentation scolaire du Canada, de la mise en place de la production automatisée des déclarations de revenus et du versement des prestations fédérales, de la réduction des coûts et du renforcement de la concurrence en ce qui concerne les produits de première nécessité au Canada, ce que nous avons fait en trois séries de modifications apportées à la Loi sur la concurrence, ainsi que de la Prestation canadienne pour enfants et du régime de soins dentaires. Toutes ces mesures visent à résoudre les problèmes de coût de la vie que connaissent les Canadiens.
    Monsieur le Président, j'ai l'impression de revoir le film Le Jour de la marmotte. Nous entendons les libéraux adopter des politiques conservatrices, comme la suppression de la taxe sur le carbone. Les conservateurs disaient que le ciel allait nous tomber sur la tête à cause de la taxe sur le carbone. Maintenant, c'est la taxe sur l'essence, ou l'austérité, ou la taxe sur les premiers acheteurs dont mon collègue a parlé, une mesure qui n'a pas rendu le logement plus abordable.
     Ce que nous constatons constamment chez les libéraux et les conservateurs, c'est qu'ils défendent la cupidité sans fin des grandes entreprises. Les grandes sociétés pétrolières, par exemple, affichent actuellement des bénéfices records.
    Quel montant les grandes sociétés pétrolières peuvent-elles engranger en bénéfices records avant que les libéraux ou les conservateurs ne décident de mettre en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels, afin qu'elles paient leur juste part?
    Monsieur le Président, j'apprécie les interventions du député d'en face à la Chambre. C'est un excellent député, et nous sommes tout à fait disposés à collaborer avec lui.
    Ce qui est formidable, c'est que rien ne nous empêche réellement de prendre les bonnes idées de n'importe quel parti à la Chambre et de les mettre en œuvre dans l'intérêt des Canadiens. Nous l'avons d'ailleurs souvent fait avec des propositions provenant de diverses formations politiques. Le Régime canadien de soins dentaires en est un bon exemple. Évidemment, le NPD était aussi un grand défenseur du Programme national d'alimentation scolaire. À certains moments, nous avons collaboré étroitement pour…
    Nous reprenons le débat. Le whip en chef du gouvernement a la parole.
    Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je prends aujourd'hui la parole au sujet de la motion présentée par les conservateurs. Je veux parler du contenu de la motion pendant quelques minutes, puis j'aimerais parler un peu de certaines des observations que le chef de l'opposition a faites aujourd'hui, lorsqu'il a pris la parole il y a environ une heure.
    Je pense qu'il est important de réfléchir à quelque chose que mon collègue de Whitby a essentiellement dit. Les conservateurs semblent avoir élaboré leur plan et ce que nous pouvons lire dans cette motion sur le coin d'une table. Ils n'ont pas beaucoup réfléchi. Ils n'ont pas vraiment cherché de données pour déterminer quel serait le résultat optimal, en tenant compte des recettes additionnelles de la taxe sur l'essence.
    Ce que le premier ministre a proposé aujourd'hui repose sur des données; c'est une approche qui s'appuie réellement sur des chiffres. Plutôt que d'essayer de prédire quel sera le prix du gaz et du pétrole d'ici la fin de l'année, comme tentent de le faire les conservateurs, notre approche consiste à procéder étape par étape, à prendre une mesure pendant quatre mois pour ensuite évaluer où nous en serons à ce moment-là. C'est, selon moi, l'approche fondée sur des données, réaliste et pragmatique qu'il convient d'adopter.
    Je dois avouer que j'ai trouvé plutôt amusant d'entendre les conservateurs dans le cadre du débat d'aujourd'hui se plaindre que les libéraux auraient tout simplement volé leur idée. J'aime à penser que nous venons ici avec des idées et que nous cherchons à les mettre de l'avant pour améliorer la vie des Canadiens. Très franchement, en ce qui me concerne, si les conservateurs veulent dire que c'était leur idée, ils peuvent bien s'en attribuer tout le mérite. Au bout du compte, le plus important, c'est que nous améliorions la vie des Canadiens. Si les conservateurs reconnaissent qu'une telle mesure y contribuera — même si, selon eux, elle n'aide pas autant qu'ils l'auraient pensé ou souhaité —, alors nous pouvons en discuter.
     Comme l'a dit le secrétaire parlementaire avant moi, le gouvernement a pris de nombreuses mesures pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens grâce à une série de décisions au fil des semaines et des mois. Pour n'en citer que quelques-unes, nous avons instauré l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, et nous avons réduit les impôts de 22 millions de Canadiens pratiquement dès le premier jour suivant l'élection du gouvernement. Nous avons supprimé la TPS pour les acheteurs d'une première propriété afin d'aider les personnes qui louent et s'apprêtent à acheter une maison à accéder à la propriété à un prix abordable. Nous avons annulé la taxe fédérale sur le carbone pour les consommateurs, comme cela a été évoqué. Nous avons rendu permanent le Programme national d'alimentation scolaire, mis en place le versement automatisé de prestations fédérales et réduit les coûts tout en renforçant la concurrence dans les services essentiels. Nous avons étendu et pérennisé l'Allocation canadienne pour enfants et réduit le coût des services de garderie et des produits de première nécessité pour les enfants, notamment grâce à des services de garde à 10 $ par jour et à des prêts étudiants sans intérêt. Nous avons mis en place le Régime canadien de soins dentaires, l'assurance-médicaments, le supplément de 500 $ à l'Allocation canadienne pour le logement destiné aux locataires à faible revenu, le Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété et la Prestation canadienne pour personnes handicapées. La liste est encore longue.
    Oui, ces mesures ont un point commun: elles visent à rendre la vie des Canadiens plus abordable, à augmenter l'abordabilité. Malheureusement, elles ont aussi un autre point commun, à savoir l'opposition des conservateurs à chacune de ces mesures. Il devient très difficile de croire les conservateurs lorsqu'ils prétendent ici qu'ils sont là pour améliorer la vie des Canadiens, alors qu'ils ont voté contre tout ce que je viens de citer.
     Je m'oppose à la motion conservatrice d'aujourd'hui, car je pense que le plan présenté ce matin par le gouvernement constitue une bien meilleure approche.
     Je voudrais également revenir sur une remarque faite ce matin par le chef de l'opposition. Je vais être honnête avec vous, monsieur le Président. Je n'aurais pas soulevé ce point s'il ne l'avait pas mentionné à la Chambre. Il l'a d'ailleurs dit en français et en anglais. Avant que mes collègues d'en face ne s'empressent d'invoquer le Règlement sous prétexte que je ne parle pas de ce qui est débattu, je vous assure que je vais parler exactement de ce que j'ai entendu le chef de l'opposition dire ce matin au cours de ce débat.
(1325)
     Il a commencé son intervention en disant que le premier ministre a formé tant bien que mal une majorité en concluant des « ententes en coulisses ». Il a dit que des politiciens « ont annulé la décision » de leurs électeurs. C'est ce qu'il a dit au sujet des députés qui ont décidé de se joindre aux libéraux. Je rappellerai au chef de l'opposition que, dans le passé, on a déjà proposé le projet de loi C‑306, qui aurait interdit le changement d'allégeance politique. Le chef de l'opposition a pourtant voté contre. Il aurait pu voter selon sa conscience. Dans les faits, le député de Selkirk—Interlake—Eastman et le député d'Airdrie—Cochrane ont tous deux voté en faveur de cette mesure législative. À l'époque, ce vote n'a pas été soumis à la discipline de parti. Le chef de l'opposition pouvait voter pour l'interdiction des changements d'allégeance politique, mais il ne l'a pas fait.
    Des voix: Oh, oh!
    L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, voilà que ses députés crient: « Remettons ça! » Je remercie ces députés de m'offrir la transition parfaite à la suite de mon propos.
     Voici où je veux en venir. Pour le chef de l'opposition, ce n'est pas une question de principe. Il ne s'agit pas du principe selon lequel on ne devrait pas changer de camp. Il s'agit de savoir quand ce principe est commode, et ce principe est commode pour le chef de l'opposition en ce moment parce qu'il sert ses intérêts, c'est pourquoi ses députés crient: « Remettons ça! » Oui, bien sûr, ils le veulent maintenant. Ils adoreraient voter sur cette mesure maintenant parce que c'est commode et que cela sert leurs intérêts. La réalité, c'est que, lorsque le chef de l'opposition a eu l'occasion de voter sur le projet de loi C‑306, qui aurait interdit les changements de camp, il a voté contre. Je trouve cela très fort en café qu'il vienne ici ce matin pour accuser le premier ministre de faire quelque chose qu'il a lui-même voté pour maintenir.
    Soit dit en passant, c'est une pratique bien ancrée dans le modèle démocratique de Westminster. Je sais que le Président connaît très bien ce modèle, qu'il en maîtrise les moindres détails. Il fait preuve de réserve, je trouve, car je sais qu'il est très versé dans le domaine.
     En réalité, cela se produit depuis des années. Notre système, l'institution composée de députés, repose sur l'élection de personnes qui appartiennent à un parti politique. Si nous élisons quelqu'un qui, après avoir pris la parole à la Chambre pendant 10 ans, comme la députée de Sarnia—Lambton—Bkejwanong, décide de suivre sa conscience et déclare que ses principes correspondent mieux à ceux d'un autre parti politique, elle, ou n'importe quel député, a alors le droit de changer de camp.
     Le chef de l'opposition peut essayer de dire le contraire. Il peut essayer de dire qu'il s'agit d'ententes en coulisses et tout le reste, mais c'est la réalité de notre régime parlementaire britannique, et c'est pourquoi le chef de l'opposition, le député de Battle River—Crowfoot, a voté contre le projet de loi C‑306 quand il en a eu l'occasion.
(1330)
    Monsieur le Président, pas plus tard qu'hier, Statistique Canada a publié son bulletin Le Quotidien sur la répartition du revenu et de la richesse des Canadiens en 2025, sous le gouvernement libéral. Voici les deux premières phrases de ce rapport: « L'écart de revenu s'est creusé en 2025, les ménages à faible revenu ayant été touchés négativement par la baisse des taux d'intérêt et la faible croissance du revenu d'emploi. L'écart de patrimoine s'est accru tout au long de 2025: les ménages les plus aisés ont tiré profit des augmentations importantes et continues enregistrées sur les marchés financiers. »
    Le député pourrait-il nous dire ce qu'il pense du bilan économique de son gouvernement?
    Monsieur le Président, je ne suis pas en désaccord avec pratiquement tout ce qu'a affirmé le député. Là où je ne suis pas d'accord, c'est lorsqu'il affirme que cette situation serait en quelque sorte entièrement attribuable au gouvernement actuel depuis deux ans. S'il souhaite avoir une conversation honnête et ouverte à ce sujet, nous devrions probablement remonter à la politique économique de Reagan dans les années 1980, lorsque tout cela a commencé. En effet, nous constatons un écart grandissant entre les nantis et les démunis depuis les années 1980, depuis l'avènement de la théorie économique des effets de retombée. C'est là que tout a commencé. Le député tente soudainement de donner l'impression qu'il s'agit d'un problème créé par le gouvernement actuel, mais ce n'est tout simplement pas le cas.
    En réalité, mon collègue a raison sur un point: le Canada a besoin d'une classe moyenne forte. Nous devons tout mettre en œuvre pour que cette classe moyenne demeure prospère et résiliente. C'est pourquoi le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures au fil des ans. Je les ai d'ailleurs toutes énumérées dans mon discours, qu'il a écouté attentivement, j'en suis sûr. Malheureusement, le député a voté contre toutes ces mesures.

[Français]

    Monsieur le Président, j’ai trouvé très intéressant le discours de mon collègue d’en face, dans lequel il se bidonnait un peu à propos des conservateurs qui déchirent leur chemise au sujet des transfuges. Il a dit que les conservateurs semblaient avoir des principes assez flexibles concernant les transfuges. Je pense qu’il soulevait un bon point.
    Cela suscite chez moi une autre réflexion, au sujet de laquelle j’aimerais entendre mon collègue. Les conservateurs sont flexibles quant à leurs principes parce qu’ils ne semblent pas toujours les respecter lorsqu’il est temps de les mettre en place. Or, du côté libéral, on constate que, depuis quelques mois, le gouvernement a carrément aboli la taxe sur le carbone. De plus, il adopte aujourd’hui une position conservatrice sur la question de la taxe d’accise sur l’essence, il finance des pipelines alors qu’il disait vouloir faire la transition énergétique, et il continue de subventionner les pétrolières, alors que, dans sa propre plateforme électorale, il promettait de cesser les subventions aux pétrolières.
    De plus, les libéraux accueillent parmi eux une transfuge qui s’opposait il n'y a pas si longtemps à l’interdiction des thérapies de conversion, qui serait anti-vaccination et qui est aussi contre l’avortement. Alors, sur la question des principes, est-ce que, dans le fond, le problème des libéraux, c’est d’avoir...
(1335)

[Traduction]

    Le whip en chef du gouvernement a la parole.
    Monsieur le Président, je serai le premier à dire que, bien sûr, mon opinion sur les choses évolue en fonction du contexte et de la situation dans laquelle se trouve le monde. En réalité, j'irais même jusqu'à dire que c'est précisément pour cela que nous nous réunissons ici. Les 343 députés que nous sommes ne viennent pas dans cette enceinte uniquement pour prononcer des discours à n'en plus finir, puis s'asseoir ou partir. On peut me traiter d'idéaliste, mais ne venons-nous pas ici dans le but précis d'essayer de convaincre les gens? À ce titre, de temps à autre, je serai le premier à dire que je suis prêt à admettre que ma position sur un sujet est peut-être erronée et que je devrais peut-être l'envisager différemment. Critiquer cela revient à critiquer l'ensemble du processus démocratique, la raison même pour laquelle nous sommes tous les 343 ici réunis.
    Monsieur le Président, j'ai apprécié ce rappel de la façon dont les conservateurs ont tendance à agir selon ce qui leur convient. On dirait que le Parti conservateur fonctionne plutôt selon le principe « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». On ne sait jamais vraiment quelle est leur position. Parfois, leurs propres députés ne le savent pas eux-mêmes.
    J'aimerais que le député donne des explications aux électeurs de Waterloo pour les informer au sujet de ce dont nous débattons aujourd'hui et peut-être de ce qui s'est passé.
    Monsieur le Président, nous débattons d'une motion de l'opposition qui a été en quelque sorte rendue caduque à la suite de ce que le gouvernement a annoncé aujourd'hui. Cela dit, pour répondre au point soulevé par la députée, je dirai que, oui, les conservateurs changent constamment de position sur une question donnée selon le contexte dans lequel ils se trouvent. La députée se souviendra que, lorsqu'un des nôtres a traversé le parquet pour se joindre aux conservateurs, nous ne l'avons jamais traité de la manière dont les conservateurs traitent ceux qui viennent siéger de notre côté.

[Français]

     Monsieur le Président, nous sommes ici aujourd'hui pour discuter d'une proposition conservatrice visant à soutenir les Canadiennes et les Canadiens face à la crise énergétique en cours au Moyen-Orient.
    En bref, nous proposons que la Chambre demande au gouvernement d'adopter le plan conservateur visant à faire économiser, non pas 10 ¢, mais 25 ¢ par litre aux Canadiens en supprimant les taxes fédérales sur l'essence et le diésel pour le reste de l'année 2026. Pour soutenir les Canadiennes et les Canadiens, nous demandons au gouvernement de prendre des mesures immédiates, concrètes et responsables afin de redonner de l'argent à nos jeunes, à nos familles, à nos travailleurs, à nos aînés et à nos industries.
    Notre proposition prévoit quatre mesures d'allégement fiscal immédiates:
a) en supprimant la taxe d’accise sur les carburants pour le reste de l’année 2026, qui coûte 10 cents par litre aux Canadiens; b) en supprimant la TPS sur l’essence et le diesel pour le reste de l’année 2026, qui coûte 8 cents par litre aux Canadiens; c) en supprimant définitivement la taxe sur les normes de carburant, qui coûte 7 cents par litre aux Canadiens; d) en supprimant définitivement la taxe industrielle sur le carbone, qui passera à 170 dollars la tonne et qui devrait entraîner une contraction de l’économie de 1,3 % ainsi que la perte de 50 000 emplois.
     Au total, ça permettrait aux Canadiens d'économiser environ 25 ¢ par litre d'essence, soit une économie de 20 $ chaque fois qu'un parent va aller faire le plein avec sa minifourgonnette, ou plus de 1 200 $ par année pour une famille. Il s'agit de mesures immédiates que le gouvernement peut prendre pour alléger la pression qui pèse sur notre monde. De plus, pour nos entreprises et nos travailleurs, notre plan va permettre d'économiser environ 21 ¢ par litre de diésel afin de leur apporter un soulagement dans un contexte budgétaire déjà difficile, afin que les entreprises puissent conserver leurs employés et rester compétitives.
     Cela va aussi aider les consommateurs, qui finiront par payer le prix si aucune mesure n'est prise pour limiter la hausse des prix du carburant qui obligera les fournisseurs à augmenter leurs prix. Cela se traduit par une hausse des coûts à l'épicerie, une hausse du coût de logement et une hausse du coût du carburant pour tous les Canadiens d'un océan à l'autre.
    Après des années d'inflation, de taxes élevées et d'augmentation des coûts, les Canadiens se sont assez serré la ceinture. Il est temps pour un changement. Il est temps que ce gouvernement libéral coupe dans les taxes en réponse à la crise énergétique actuelle.
     Alors que les prix de l'essence ont soudainement augmenté partout au Canada et ailleurs dans le monde, le plus grand gagnant, présentement, c'est le gouvernement. En effet, on estime qu'il va y avoir une recette fiscale exceptionnelle, imprévue et non budgétée d'un montant total de 9 milliards de dollars. Ce sont 9 milliards de dollars qui vont venir grossir la caisse fédérale.
    Sans hésitation, je pense que ces recettes fiscales supplémentaires devraient revenir aux contribuables, soit les gens dans nos communautés qui travaillent fort tous les jours. C'est pour cette raison que les conservateurs demandent aux libéraux d'utiliser 5 milliards des 9 milliards de dollars de recettes supplémentaires estimées pour supprimer toutes les taxes fédérales sur l'essence et le diésel. Pour être clair, le gouvernement fédéral va percevoir davantage de revenus, grâce à la hausse des prix du pétrole, que ce que ça lui coûterait de suspendre la taxe fédérale sur le carburant pour le reste de l'année. S'il compte encaisser des milliards de dollars supplémentaires grâce à la hausse du prix du pétrole, le moins qu'il puisse faire est de redonner cet argent aux familles et aux entrepreneurs canadiens.
    Ce matin, on a été témoin de ceci. Le gouvernement libéral a, une fois de plus, volé une proposition conservatrice. Toutefois, à partir du plan solide des conservateurs sur l'abordabilité, le gouvernement y est allé d'une demi-mesure, comme on pouvait s'y attendre. Si on regarde les chiffres, les conservateurs ont proposé une suppression totale de toutes les taxes fédérales sur le carburant. C'est une mesure qui remettrait 25 ¢ par litre dans les poches des Canadiens. Les libéraux avaient tout en leur pouvoir, mais ils ont fait le choix de n'éliminer que la taxe d'accise, soit une réduction de 10 ¢. C'est 15 ¢ par litre de moins que dans notre proposition. La proposition libérale est une réduction de 10 ¢ pendant quatre mois, alors que nous proposions une réduction de 25 ¢ pour le reste de l'année en cours.
(1340)
    Sur le diésel, l'écart est encore plus grand. Notre proposition offre un soulagement de 21 ¢ aux camionneurs et aux agriculteurs qui font tourner notre économie. Rappelons que les agriculteurs et les agricultrices travaillent 365 jours par année et qu'ils sont disponibles 24 heures sur 24. Quand nous mangeons, le matin, le midi et le soir, l'agriculture est dans nos assiettes. Nous nous devons de soutenir les agriculteurs à la hauteur de la responsabilité qu'ils ont, celle de nourrir tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. J'en profite pour remercier tous les agriculteurs et les agricultrices.
    Un gouvernement conservateur diminuera la taxe sur le diésel de façon importante pour les agriculteurs et les agricultrices, puisque, notre proposition, c'est 17 ¢ de moins le litre que ce qui est proposé par le gouvernement. C'est une décision consciente du gouvernement de garder l'argent durement gagné par les Canadiens ici, à Ottawa. Nous avons demandé que ces taxes soient supprimées jusqu'à la fin de l'année pour permettre aux familles de quatre personnes d'économiser environ 1 200 $ par année. Or, les libéraux ont fait le choix de mettre fin à cet allégement le 7 septembre, soit quatre mois de moins que dans notre plan.
     Les Canadiens ont le droit de savoir que les libéraux ont réduit le coût sur le carburant de seulement 10 ¢. Ces derniers ont oublié de mentionner la réalité à la pompe: les Canadiens paient toujours, uniquement en taxes, 15 ¢ le litre pour l'essence et 17 ¢ le litre pour le diésel. Ce sont des taxes qui pourraient être réduites pour aider les citoyens en cette période de crise énergétique.
    Le Canada ne peut pas contrôler ce qui est hors de son contrôle. On ne peut pas contrôler le président américain, ni ce qui se passe en Iran, ni le prix mondial de l'énergie. Cependant, le Canada a le pouvoir de forger son propre destin ici même, chez nous. Cela veut dire supprimer les barrières commerciales internes, réduire la bureaucratie et mettre les Canadiens d'abord. Cela dit, le gouvernement libéral avait le plein pouvoir de réduire le coût de l'essence pour les Canadiens, le plein pouvoir de supprimer toutes les taxes qu'il impose à la pompe, le plein pouvoir véritable de soutenir les Canadiens et de rendre la vie plus abordable.
    Pour conclure, j'ai de nombreuses questions à poser. Pourquoi les libéraux n'adoptent-ils pas l'ensemble de notre plan visant à supprimer toutes les taxes fédérales sur l'essence et le diésel? Pourquoi les libéraux ne prennent-ils pas les mesures pour aider les Canadiens à économiser 25 ¢ le litre d'essence? Pourquoi les libéraux ne prennent-ils pas les mesures pour aider les familles de quatre personnes à économiser 1 200 $ d'ici la fin de l'année? Ce sont des questions importantes que se posent les Canadiens et les Canadiennes de ma circonscription et de partout au pays, jour après jour.
(1345)
    Monsieur le Président, mon collègue se demande pourquoi nous n'acceptons pas leur plan, mais je lui renverrais la même question. Pourquoi ne vote-t-il pas pour l'abordabilité de nos familles?
    On n'a qu'à penser aux soins dentaires, à quel point c'est important dans nos régions. Moi, je vois le nombre de personnes qui se sont inscrites dans ma circonscription. Nous avons même organisé des séances d'aide à l'inscription pour les gens. Ça, c'est du concret. Quand je suis entré en politique, c'était pour faire des affaires concrètes. Là, nous avons une occasion concrète de pouvoir le faire. Parler et proposer des choses, c'est bien beau. Cependant, quand arrive le moment de voter pour des actions concrètes, l'opposition n'est pas là, malheureusement.
    Mon collègue a-t-il l'intention de se rallier à nous, à l'avenir, pour voter en faveur des mesures qui aident concrètement les gens?
     Monsieur le Président, le débat d'aujourd'hui porte sur la motion de l'opposition et concerne les taxes sur l'essence, mais mon collègue me parle du plan dentaire libéral. Ce dont nous discutons aujourd'hui, c'est la taxe sur l'essence. La proposition libérale est de 10 ¢ et pour une courte période. Nous, nous parlons d'enlever l'ensemble des taxes, ce qui représente 25 ¢ le litre. C'est de l'argent qui va directement dans les poches des citoyens.
    Présentement, il y a une augmentation importante des revenus. Les libéraux se doivent de retourner cet argent des taxes sur l'essence dans les poches des Canadiens et des Canadiennes.
    Monsieur le Président, j'aimerais aborder les deux derniers points de la motion.
    Premièrement, au sujet de l'idée de supprimer les normes sur les carburants propres, le Parti conservateur évalue que ça permettrait d'économiser 7 ¢ le litre, mais c'est en fait 0 ¢ le litre. Pourquoi? C'est parce que les chiffres du Parti conservateur se basent sur des données passées, à un moment où le prix du pétrole était beaucoup plus bas qu'il ne l'est avec la crise actuelle et la flambée des cours, qui fait que les biocarburants sont maintenant au même niveau que le prix du pétrole. Ces calculs sont donc erronés. Ça ne servirait à rien d’adopter cela.
    Deuxièmement, la dernière partie concerne l’abolition de la taxe sur le carbone industriel. Mon collègue réalise-t-il que cela fera baisser de 0 ¢ le litre le prix de l’essence à la pompe, parce que le prix du pétrole brut est déterminé sur les marchés? On fait un cadeau aux pétrolières qui n’est pas refilé à la pompe parce que le prix du pétrole brut est déterminé à l'échelle internationale avec la flambée des prix. Ça se traduit par plus de profits. Les capitaux étrangers dans le pétrole de l’Ouest représentent environ 75 %, et ils sont rapatriés à l’étranger. Pourquoi s’endetter pour ça?
    Monsieur le Président, j’apprécie encore une fois la question de mon collègue du Bloc québécois.
    Aujourd’hui, je ne suis pas ici pour débattre du calcul des revenus engendrés par les taxes, je suis ici pour les Canadiens et les Canadiennes. Présentement, les Canadiens et les Canadiennes sont étouffés, ils sont égorgés. Nous avons ici la possibilité, en diminuant de façon importante les taxes sur l’essence et sur le diésel, d’aider nos agriculteurs, nos industriels, nos familles et nos aînés. C’est ce que propose le gouvernement conservateur.

[Traduction]

    Monsieur le Président, ma question est très simple. Le député a parlé de ses concitoyens et de la pression qu'ils ressentent à la pompe. Les libéraux ont adopté la moitié de notre plan. Mon collègue peut-il nous expliquer pourquoi ils auraient dû voler toutes les idées que nous proposons dans notre plan conservateur, et pas seulement la moitié?
(1350)

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue, que j’apprécie particulièrement et avec qui j’ai la chance de jouer au hockey.
    Justement, on parle de demi-mesures présentement. Ce que propose le Parti libéral, c’est une mesure qui va durer quatre mois. Nous parlons de l’ensemble de l’année 2026. On ne peut pas offrir une demi-mesure pendant quelques mois et, ensuite, rétablir les taxes.
    On parle de 10 ¢ le litre, comparativement à une proposition de 25 ¢ le litre. C’est une différence importante. On le sait, présentement, les citoyens de ma circonscription, ceux de la circonscription de mon collègue et l’ensemble des concitoyens de mes collègues sont égorgés. Une façon de les aider serait de supprimer l’ensemble des taxes pour toute l’année 2026 afin de démontrer un réel effort du gouvernement canadien à l’égard de leur situation.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est toujours un honneur de prendre la parole au nom des formidables habitants de Vaughan—Woodbridge afin de lutter pour réduire le coût de la vie. Parlant de coût de la vie, je tiens à profiter de l'occasion pour dire qu'il est malheureux que le premier ministre ait formé un gouvernement majoritaire coûteux, non pas au moyen d'élections, mais grâce à des politiciens qui ont trahi leurs concitoyens et leurs principes. Ces principes, ils les ont défendus lors de la dernière campagne électorale et lorsqu'ils ont brigué une charge publique, et ils auront des comptes à rendre lors des prochaines élections.
    Nous réclamons un répit à la pompe. Notre motion d'aujourd'hui demande au premier ministre d'adopter le plan conservateur visant à suspendre toutes les taxes sur le carburant jusqu'à la fin de l'année. Tout à l'heure, le premier ministre a confirmé une fois de plus que les conservateurs ont les solutions dont le Canada a besoin, mais les libéraux semblent vouloir présenter seulement des demi-mesures qui ne procureront pas tous les avantages aux Canadiens.
     Ce matin, le premier ministre a annoncé la suspension de la taxe fédérale d'accise sur l'essence et le diésel. Cette suspension prend effet le 20 avril et s'appliquera jusqu'au 7 septembre. Toute mesure qui réduit le prix du carburant pour les Canadiens va dans le bon sens, mais ce n'est qu'un élément du plan en quatre points de la motion présentée aujourd'hui à la Chambre par les conservateurs. Malheureusement, le gouvernement libéral et le premier ministre font l'impasse sur trois autres points de notre plan et ils ne suppriment pas la taxe jusqu'à la fin de l’année, comme nous le proposons.
     Les conservateurs ont présenté un plan visant à éliminer la taxe d’accise sur l’essence et le diésel, la TPS sur l’essence et le diésel, la taxe sur le carbone pour les industries et la norme sur les combustibles propres jusqu'à la fin de 2026. Cette mesure permettrait de réduire les prix de 25 ¢ le litre et de faire économiser aux familles en moyenne 1 218 $ cette année. L’annonce de ce matin ne porte que sur 10 ¢ de cette taxe sur l’essence, et ce, uniquement jusqu’au 7 septembre.
    Dans ma circonscription, un parent s’est levé ce matin, a attaché ses enfants dans sa voiture et les a conduits à l’école. Il est ensuite allé travailler. Avant tout cela, il s’est arrêté pour faire le plein. Il y a un an, il lui coûtait environ 92 $ pour une fourgonnette. La semaine dernière, il lui a coûté plus de 127 $. La semaine prochaine, ce sera peut-être plus. Au fil des ans, le gouvernement libéral a instauré, par ses choix politiques délibérés, une structure fiscale sur les combustibles qui pèse maintenant sur les Canadiens chaque fois qu’ils passent à la pompe.
     Le premier ministre affirme vouloir gouverner dans un esprit de collaboration, mais nous n'en voyons aucune preuve. Il est temps que la réalité rejoigne ses beaux discours. Il est illusoire de croire que le premier ministre tiendra ses promesses en matière d’abordabilité, alors qu’il compte ne supprimer qu’un seul impôt, la taxe d’accise sur les carburants, et ce, uniquement du 20 avril jusqu’à la fête du Travail.
     Le suivi des prix de la CAA en dit long. Le prix moyen de l'essence au Canada dépasse désormais 1,82 $ le litre, contre 1,32 $ il y a un an et seulement 1,52 $ il y a six petites semaines. Cela représente une hausse de 38 % du coût des trajets pour se rendre au travail, emmener les enfants à l'école et acheminer les aliments vers les marchés. Pour des millions de Canadiens qui vivent déjà au jour le jour, cette crise qui s'ajoute aux crises provoquées par le gouvernement est insupportable.
     C'est pourquoi nous sommes ici pour débattre de cette motion. Les conservateurs ont présenté un plan précis pour apporter un soulagement immédiat à la pompe. Nous demandons au gouvernement de l'adopter. Nous devons apporter un soulagement immédiat aux familles.
    Les membres du gouvernement vont prendre la parole pour nous dire que tout cela dépend des marchés mondiaux du pétrole. Ils évoqueront le Moyen-Orient. Ils parleront du détroit d’Ormuz. Nous avons entendu le premier ministre utiliser, lors d’une conférence de presse, exactement la même description que celle que je viens de donner. Il a affirmé que cela échappe au contrôle du Canada et il se demande ce que nous pourrions bien faire.
     L'argument du marché mondial comporte une faille qui peut être mise en évidence par un simple fait: les Américains sont confrontés au même marché mondial du pétrole, mais les Canadiens paient près de 20 % de plus à la pompe que les Américains. Il s'agit de la même perturbation, et pourtant, lorsqu'une famille américaine s'arrête à une station-service, elle paie nettement moins. La question que la Chambre doit se poser est: pourquoi?
     La réponse, c’est la politique fiscale des libéraux fédéraux. Les Américains ne paient pas la taxe d’accise sur chaque litre de carburant. Ils ne paient pas la norme sur les combustibles propres. La taxe sur le carbone cachée, que le directeur parlementaire du budget a lui-même confirmée, coûte 7 ¢ le litre aux Canadiens, sans aucune remise. Les Américains ne sont pas soumis à une taxe sur le carbone pour les industries qui va grimper à 170 $ la tonne.
(1355)
     Voici précisément ce que les Canadiens paient de plus que les Américains, rien qu’en taxes fédérales sur chaque litre d’essence: 10 ¢ le litre de taxe d’accise sur les carburants, que les conservateurs demandent de supprimer jusqu’à la fin de l’année, et non pas seulement jusqu’à la fête du Travail; 8 ¢ le litre de TPS sur l’essence et le diésel; et 7 ¢ le litre de taxe sur le carbone cachée, sans aucun remboursement. Cela représente 25 ¢ de coûts supplémentaires par litre pour tous les Canadiens. À cela s’ajoute une taxe sur le carbone pour les industries qui s’élève déjà à 110 $ la tonne et qui va passer à 170 $ la tonne.
     Par conséquent, lorsque nous affirmons que les marchés mondiaux sont à l’origine de la hausse des prix, il s’agit certes d’un facteur immédiat, mais il existe des facteurs profondément enracinés, causés par notre gouvernement fédéral, sur lesquels nous pourrions prendre des mesures décisives et agir dès aujourd’hui.
     Il y a une autre dimension à cette crise que le gouvernement espère que les Canadiens ne remarqueront pas: plus le prix du carburant est élevé, plus le gouvernement en tire des recettes. Selon un ancien conseiller économique principal du Parti libéral, Tyler Meredith, chaque augmentation de 10 $ du prix du baril de pétrole rapporte environ 2 milliards de dollars de recettes supplémentaires au gouvernement fédéral grâce aux impôts plus élevés payés par l’industrie pétrolière sur la base de ses profits accrus.
    Pour remettre les choses en contexte, le pétrole se négocie actuellement entre 45 et 55 $ de plus que les niveaux d'avant-guerre. Le gouvernement fédéral pourrait percevoir 9 ou 10 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires si ces prix se maintiennent. Ces chiffres ont été validés par des économistes indépendants, tels qu'Olivier Gervais, directeur des prévisions et de la modélisation à la Banque Scotia.
     Le plan des conservateurs prévoit que 5 milliards de dollars de cette manne de 9 milliards soient reversés aux Canadiens, qui l’ont générée. Soyons clairs: les conservateurs ne demandent pas aux libéraux de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas. Nous leur demandons de restituer de l’argent qu’ils n’ont pas gagné, de l’argent qui afflue directement à Ottawa précisément parce que les Canadiens paient plus cher à la pompe.
     Après des années de demandes de la part des conservateurs et des Canadiens de tout le pays, le gouvernement a supprimé la taxe sur le carbone pour les consommateurs, mais ce que les libéraux tentent de cacher au public, c’est que deux autres taxes restent en vigueur, et que ces deux taxes augmentent.
    La norme sur les combustibles propres passe inaperçue. Elle n’apparaît pas sur le panneau d’affichage du prix à la pompe, mais ces 7 ¢ le litre sont bien là chaque fois que nous faisons le plein. À cela s’ajoute la taxe sur le carbone pour les industries, qui s’élève actuellement à 110 $ la tonne et qui devrait encore augmenter jusqu'à 170 $ la tonne. Les libéraux nous diront que cette taxe ne touche que l’industrie, mais, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, près de 70 % des petites entreprises ont vu leurs coûts d'énergie augmenter, et 32 % d’entre elles ont déjà augmenté leurs prix simplement pour les couvrir. L'analyse de l'Institut Fraser a révélé que la trajectoire vers 170 $ la tonne coûtera au travailleur canadien moyen 1 160 $ de perte de revenu annuel, éliminera 50 000 emplois et fera reculer notre économie de 1,3 %.
     Tout cela pour dire que les libéraux peuvent bien essayer de réduire l'incidence de tout cela autant qu'ils le souhaitent, mais les entreprises n'absorbent pas les taxes. Les taxes se répercutent sur les prix en magasin, et les consommateurs paient plus cher. Chaque fois qu’un député libéral prend la parole à la Chambre et laisse entendre que la taxe sur le carbone pour les industries n’affecte pas les Canadiens ordinaires, il contredit l’expérience vécue par chaque propriétaire de petite entreprise et chaque famille qui a vu sa facture d’épicerie augmenter et le prix à la pompe grimper.
     Pour réitérer, ce plan en quatre points sera présenté à la Chambre...
(1400)
    Je dois interrompre le député afin que nous puissions passer à d'autres points à l'ordre du jour.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Le coût des aliments

    Monsieur le Président, les Canadiens sont plus que jamais pressés comme des citrons quand ils passent à la caisse. Des familles réduisent leurs dépenses pour les produits essentiels, sautent des repas et ont du mal à payer leur épicerie tandis qu'une poignée de géants de l'alimentation continuent d'engranger des profits colossaux. Ce libre marché ne fonctionne pas au service des Canadiens. C'est un système qui favorise le pouvoir des grandes entreprises, un système où les Canadiens paient plus pour avoir moins. Le coût des aliments n'est pas seulement un problème pour les ménages; nous traversons une crise nationale du coût de la vie, et cette crise nécessite des mesures audacieuses.
    Sous la direction d'Avi Lewis, les néo-démocrates sont prêts à s'attaquer de front à la flambée du prix des aliments. Pour ce faire, nous devons lutter contre la manipulation des prix, mettre en place de véritables programmes publics dans le domaine de la distribution alimentaire, renforcer les chaînes d'approvisionnement locales et régionales, et soutenir les producteurs canadiens. Nous l'avons déjà fait par le passé.
    Qu'il s'agisse de protéger les terres agricoles en Colombie‑Britannique ou de mettre en place des services publics qui font passer les gens en premier, le NPD sait qu'en agissant dans l'intérêt du public, nous pourrons réduire les coûts et améliorer le quotidien des Canadiens. Il est temps de reprendre le contrôle aux mains des géants de l'alimentation et de mettre...
    Le député d'Eglinton—Lawrence a la parole.

Les fonds négociés en bourse

    Monsieur le Président, en tant que banquier en voie de rétablissement, vous me pardonnerez si je rechute un instant. Je tiens à saluer l'association canadienne des fonds négociés en bourse et l'incidence profonde que les fonds négociés en bourse ont eue sur les investisseurs du monde entier.
    Le Canada a donné au monde l'une de ses plus importantes innovations financières: les fonds négociés en bourse. Nés à la Bourse de Toronto, les fonds négociés en bourse ont fondamentalement transformé l'accès des investisseurs aux marchés financiers en rendant les investissements plus transparents, efficients et abordables. Aujourd'hui, ils emploient 15 500 Canadiens et gèrent plus de 802 milliards de dollars d'actifs. Les fonds négociés en bourse aiguillent des capitaux vers les entreprises et les infrastructures canadiennes. Ils renforcent nos marchés financiers et permettent aux Canadiens de se constituer un patrimoine en toute confiance. Si nous voulons rester un chef de file mondial en matière d'innovation financière, nous devons garder une longueur d'avance sur les Américains et les autres.
    Je tiens à remercier Prerna Matthews, Alex Perel, Eli Yufest et l'association canadienne des fonds négociés en bourse de leur excellent travail.

La tragédie au festival Lapu Lapu

    Monsieur le Président, il y a un an, une tragédie survenue à Vancouver a plongé dans l'affliction ce qui était jusque-là un joyeux festival Lapu Lapu. À l'approche de cet anniversaire, le deuil et le traumatisme sont toujours bien présents. Pour de nombreuses familles, le chemin vers la guérison se poursuit.
    En dépit de cette douleur, nous avons vu la force d'une communauté unie et empreinte de compassion et de résilience. Des voisins se sont entraidés, des étrangers sont devenus des membres de la famille et les Canadiens de tout le pays se sont montrés solidaires. Dimanche dernier, j'ai participé à une collecte de fonds communautaire visant à soutenir les personnes qui poursuivent leur cheminement vers la guérison. Cet événement nous a rappelé que, malgré le temps qui passe, notre soutien demeure essentiel.
    Ensemble, nous rendons hommage aux personnes que nous avons perdues, et nous appuyons celles qui continuent de travailleur à leur guérison.

La Journée du cinéma canadien

    Monsieur le Président, ce mercredi 15 avril, les Canadiens de tout le pays se rassembleront à l’occasion de la Journée du cinéma canadien, une célébration de notre identité et des histoires que nous racontons sur nous-mêmes. Des salles de classe aux centres communautaires, des bibliothèques aux salons, les gens se réuniront pour regarder des films canadiens, assis côte à côte. Plus de 2 000 projections gratuites auront lieu à travers le pays, avec plus de 200 films, et des millions d’autres personnes se connecteront depuis chez elles pour découvrir des histoires qui reflètent nos collectivités, des histoires qui nous interpellent et qui nous rappellent qui nous sommes et ce que nous avons en commun.
     Je suis particulièrement fière de Sharon Corder et de Jack Blum, de Toronto—St. Paul’s, qui ont cofondé Reel Canada, l’organisme à l’origine de la Journée du cinéma canadien. Leur vision s’est transformée en quelque chose de vraiment spécial: une célébration du Canada à travers tout le pays et le monde entier.
     Demain et dans les jours à venir, j’espère que les Canadiens prendront environ 90 minutes pour trouver un film, se réunir avec d’autres et célébrer les histoires, les artistes, les réalisateurs et les visionnaires qui nous rassemblent.

Les centres de consommation supervisée

    Monsieur le Président, Olivia Chow et le conseil municipal de Toronto sont en train de construire un site d’injection entre une garderie et une école secondaire dans notre magnifique quartier de Downsview. Ce sera un nouveau refuge pour sans-abri à Toronto qui distribuera des pipes et des seringues. Il disposera d’une salle sécurisée où des non-résidents pourront entrer, se procurer une seringue, s’injecter, repartir et errer dans le quartier. Les refuges pour sans-abri de Toronto se sont transformés en sites d’injection de drogue. Aujourd’hui, Olivia Chow veut 700 millions de dollars du gouvernement libéral pour financer la construction de 20 autres refuges de ce type partout à Toronto.
     Venez avec moi faire un tour à l’angle de Jane et Wilson, près du refuge Toronto Plaza. C’est un épicentre de la drogue, de la criminalité et du chaos. Il y a des seringues partout, du trafic de drogue et du racolage. Le carrefour est mort. Olivia veut transformer Jane et Wilson en un nouveau Keele et Wilson grâce à l’argent fédéral, mais nous ne voulons pas que le refuge d’Olivia mette nos enfants en danger et nous ne voulons pas que le gouvernement libéral finance la construction de ces repaires de drogués qui apportent criminalité et chaos dans les rues de Toronto.
     Les habitants de Downsview ne consentent pas à ce refuge, et nous nous y opposerons bec et ongles.
(1405)

[Français]

Marc Bergeron

     Monsieur le Président, aujourd’hui, je souhaite rendre hommage à un citoyen de ma circonscription, Beauport—Limoilou: M. Marc Bergeron, psychoéducateur et coordonnateur de l’initiative 1, 2, 3 Go! Limoilou.
    Depuis 20 ans, M. Bergeron parcourt Limoilou, avec son petit autobus rempli d’activités, où il s’arrête dans tous les parcs. Ce qu’il apporte avant tout, c’est du bonheur, du pur bonheur. Son arrivée ne passe jamais inaperçue. Elle fait sourire, elle fait rire, elle rassemble. Il crée simplement de beaux moments heureux pour les petits et les grands.
    Au fil du temps, son autobus est devenu un véritable lieu de rencontre et un point de repère pour de nombreuses familles. Son engagement nous rappelle que ce sont les gestes du quotidien qui rendent nos quartiers plus humains et plus vivants.
    Alors qu’il s’apprête à prendre sa retraite bien méritée, je tiens à souligner sa grande contribution à notre communauté.
    Je remercie monsieur Bergeron.

[Traduction]

La tragédie à Sarnia

    Monsieur le Président, je suis profondément bouleversée par la terrible tragédie qui s’est produite dimanche sur le campus du Collège Lambton, à Sarnia. Mes pensées vont à la famille de Dane Nisbet et à tous ceux qui le connaissaient. Ce jeune homme de 20 ans, ancien joueur de hockey junior prometteur, a été enlevé aux siens bien trop tôt. Je pense aussi aux deux autres personnes qui ont été blessées.
     Cet acte de violence aussi insensé qu'inutile secoue la collectivité. Nous savons tous qu’il aurait pu être évité. Le principal suspect était déjà visé par une ordonnance du tribunal lui interdisant de posséder des armes à feu, et il a un casier judiciaire long comme le bras. Il a été arrêté en mars pour agression armée et non-observation de ses conditions. En mai dernier, il a été arrêté pour deux chefs d’accusation d’agression armée et de violation d'une ordonnance, et il avait déjà été accusé d’avoir agressé un homme âgé. Cet individu n’aurait jamais dû être en liberté. Il est tout à fait insensé qu’il n'ait pas été en prison.
    À qui la responsabilité? Aux politiques libérales de capture et de remise en liberté qui font que l’on continue de remettre dans nos rues des délinquants dangereux au lieu de les garder derrière les barreaux. Nous devons corriger dès maintenant ces politiques désastreuses afin de protéger des vies innocentes. Les Canadiens méritent plus de sécurité...
    La députée de Humber River—Black Creek a la parole.

L'Iran

    Monsieur le Président, je prends la parole au sujet des rapports profondément troublants qui font état d'exécutions et d'actes de répression en Iran. Six dissidents politiques auraient été exécutés par le régime au cours des dernières semaines.
    Outre la répression politique, on observe également une intensification des activités de persécution et de stigmatisation obsessives, systémiques et persistantes contre le groupe religieux baha'i en Iran. Par exemple, Borna et Peyvand Naimi, deux cousins baha'is, ont été ciblés en raison de leur foi religieuse et sont toujours détenus. Ils auraient été torturés et, comme d'autres, contraints à faire de fausses confessions.
    Cibler des gens en raison de leurs croyances religieuses constitue une grave violation des droits de la personne dans le monde entier. Le Canada doit continuer de dénoncer ces abus, de travailler avec ses alliés et de demander des comptes. Les Iraniens méritent la dignité, la justice et la liberté de vivre sans peur.

Les droits de propriété

    Monsieur le Président, les Canadiens sont actuellement dans une situation économique très difficile, et voilà que le gouvernement libéral met en péril le fondement même de l'accès à la propriété. La décision Cowichan et l'accord secret conclu avec les Musqueam ont jeté une ombre sur le droit à la propriété privée. En ne défendant pas la propriété en fief simple devant les tribunaux et en abandonnant des arguments juridiques clés, le gouvernement a semé la peur et le chaos financier. Les évaluateurs nous préviennent que la valeur des propriétés touchées pourrait chuter de 40 %. Les financements se tarissent et des projets sont déjà en train d'être annulés. Il s'agit là d'un terrible manque de leadership.
    Les conservateurs demandent au premier ministre de rétablir une solide protection juridique de la propriété privée, de veiller à ce que toutes les ententes protègent incontestablement la propriété, de présenter un plan clair dans les 30 prochains jours et de convoquer immédiatement un comité parlementaire.
    Les Canadiens méritent de la certitude et de la sécurité, pas des paroles creuses. Le gouvernement doit protéger la propriété canadienne et redonner confiance à la population dès maintenant.
(1410)

[Français]

Claude Frappier

    Monsieur le Président, le 4 avril dernier, la communauté de Saint‑Paulin disait adieu à l’un de ses plus illustres citoyens, M. Claude Frappier.
    Élu conseiller pour la première fois en 2004, son souci du bien commun le pousse à prendre la charge de maire par intérim en novembre 2020. Réélu maire en 2021, il occupa le poste avec une détermination et un dévouement sans précédent, s’assurant de remplir avec rigueur chacun de ses engagements. La maladie le forcera finalement à ne pas renouveler son mandat.
    M. Frappier était apprécié de tous. Toujours attentif aux besoins des autres, ouvert d’esprit et généreux, il a laissé sur toute la communauté de la MRC de Maskinongé une marque indélébile qui restera gravée dans nos mémoires. L’affluence impressionnante de personnes venues lui rendre hommage le 4 avril dernier en témoigne.
    M. Frappier a été un modèle d’engagement et de dévouement pour le bien de la collectivité et je le remercie.

L'agriculture et l'alimentation dans Compton—Stanstead

     Monsieur le Président, l'agriculture et l'alimentation sont au cœur de l'identité de ma région. De la terre à la table, des femmes et des hommes engagés font rayonner notre savoir-faire. On peut penser par exemple à Karine Vachon et à Jean‑François Bolduc, de la ferme JF Bolduc. Depuis 25 ans, ils innovent, ils améliorent leurs pratiques et ils contribuent à une agriculture plus durable. Leur travail a été reconnu récemment au Gala du Réseau des fermes durables de l'Estrie.
    L'excellence des Cantons‑de‑l'Est rayonne aussi jusque dans nos assiettes. Ma région compte trois finalistes aux Lauriers de la gastronomie québécoise, dont le gala va avoir lieu le 4 mai prochain. La famille Routier-Bolduc, de la fromagerie La Station, figure parmi les finalistes de la catégorie Artisan.e de l'année. Le Manoir Hovey est aussi à l'honneur avec Alexandre Vachon, finaliste comme chef de l'année, et Joanie Métivier, finaliste comme sommelière de l'année. Ce savoir-faire de la terre à la table, c'est ce qu'on doit continuer d'appuyer et de valoriser.

[Traduction]

Le prix de l'essence

    Monsieur le Président, pendant que le premier ministre continue de faire de grandes promesses, les Canadiens, eux, continuent d'éprouver des difficultés. La vérité, c'est qu'il est un illusionniste. En raison de la hausse des prix mondiaux du pétrole, les Canadiens dépensent 35 % de plus pour l'essence, et les taxes libérales aggravent encore la situation, les obligeant à payer près de 20 % de plus que les Américains. Le premier ministre a un peu trop tardé pour annoncer une mesure d'allégement du prix de l'essence, et il est illusoire de croire que cette mesure améliorera réellement le coût de la vie, sachant que la taxe d'accise sur le carburant ne sera suspendue que du 20 avril jusqu'à la fête du Travail.
    Les conservateurs ont présenté un plan visant à éliminer la taxe d'accise sur le carburant, la TPS sur l'essence et le diésel, la taxe sur le carbone pour les industries et la norme sur les combustibles propres pour le reste de l'année. Ce plan réduirait les coûts à la pompe de 25 ¢ le litre, ce qui permettrait à une famille de quatre personnes d'économiser 1 200 $ cette année. Les Canadiens méritent du carburant et de la nourriture abordables. Les conservateurs continueront de lutter contre la crise du coût de la vie. Ils continueront de lutter pour rétablir la croissance économique et rendre la vie de nouveau abordable.

Le cancer du col de l'utérus

    Monsieur le Président, selon la Société de gynécologie oncologique du Canada, nous traversons actuellement une crise sanitaire nationale silencieuse. Le cancer du col de l'utérus est désormais le cancer dont l'incidence augmente le plus rapidement au Canada. L'année dernière, environ 1 650 Canadiennes ont reçu un diagnostic de cancer du col de l'utérus, et 430 d'entre elles en mourront. Le cancer du col de l'utérus était en recul depuis des décennies, mais ces dernières années, les taux sont en hausse. Cette maladie peut être presque complètement évitée grâce à la vaccination contre le virus du papillome humain. Elle est facile à diagnostiquer grâce au dépistage du cancer du col de l'utérus et se soigne très bien lorsqu'elle est traitée à un stade précoce.
     En juillet dernier, le gouvernement a publié un plan d'action visant à éliminer le cancer du col de l'utérus d'ici 2040. En ce mois d'avril, mois de la prévention et du dépistage précoce du cancer, les Canadiennes doivent savoir que la vaccination contre le virus du papillome humain et le dépistage du cancer du col de l'utérus peuvent sauver des vies.

Les prix de l'essence

    Monsieur le Président, les prix de l'essence au Canada ont grimpé en flèche et il est grand temps d'agir. Sans surprise, les libéraux commencent à peine à réagir.
    Les conservateurs ont présenté un plan proposant des solutions concrètes pour les Canadiens confrontés à la crise du coût de la vie provoquée par les libéraux. Voici la solution: supprimer quatre taxes libérales coûteuses sur l'essence. Notre plan suspendrait la taxe d'accise sur les carburants et la TPS jusqu'à la fin de 2026 et supprimerait définitivement la taxe liée à la norme sur les combustibles et la taxe sur le carbone pour les industries. À cause de ces taxes, les Canadiens paient 25 ¢ de plus par litre d'essence et 21 ¢ de plus par litre de diésel. L'élimination de ces taxes permettrait aux Canadiens de garder cet argent dans leurs poches.
    Ce matin, les libéraux ont tenté de s'approprier ce plan, mais, fidèles à eux-mêmes, ils n'ont même pas réussi à le copier-coller correctement. En suspendant uniquement la taxe d'accise sur l'essence — jusqu'en septembre seulement —, les libéraux ont reconnu que l'élimination des taxes est la solution, mais leur plan, qui n'est qu'une demi-mesure, permettrait de réaliser des économies bien moindres que celles que permettrait le plan conservateur.
     Les libéraux vont-ils reconnaître leur erreur cet après-midi et mettre en œuvre dès aujourd'hui l'intégralité de notre plan visant à apporter un véritable répit aux familles canadiennes?
(1415)

La défense nationale

     Monsieur le Président, j'ai une bonne nouvelle. Grâce à la plus forte augmentation annuelle de son budget de défense depuis des générations, le Canada a atteint la cible de 2 % fixée par l'OTAN pour les dépenses en matière de défense avec cinq ans d'avance sur le calendrier prévu. Nous pouvons être fiers de cette réalisation. Je tiens à féliciter le premier ministre et le ministre de la Défense nationale pour le leadership dont ils ont fait preuve pour y parvenir.
    Il ne s'agit pas seulement d'un chiffre, mais d'un message adressé au monde entier: les Canadiens sont déterminés à défendre ce qu'ils ont bâti et à protéger ce qui leur tient à cœur. Le Cap‑Breton le sait très bien, car Sydney a été choisie pour accueillir la prochaine génération de brise-glaces polaires du Canada. Cette initiative créera des emplois, renforcera notre souveraineté dans l'Arctique et placera notre communauté au cœur du renouvellement de la défense.
    Nous nous reconstruisons et nous nous réarmons, et sous le regard du monde entier, le Canada va une fois de plus montrer la voie.

Les taxes sur les carburants

    Monsieur le Président, personne n'est surpris que le premier ministre libéral ait volé une autre idée conservatrice, mais comme un libéral typique, il n'en a pris qu'une partie. Le premier ministre a dit qu'il cherchait des solutions. Nous lui en avons présenté une.
    Les conservateurs demandent que toutes les taxes fédérales sur les carburants soient supprimées pour le reste de l'année, y compris la taxe d'accise, la TPS, la norme libérale sur les combustibles et la taxe sur le carbone pour les industries. Les Canadiens économiseraient 25 ¢ le litre à la pompe, et les familles économiseraient 1 200 $ rien que cette année.
    Au lieu de cela, les libéraux ont annoncé une demi-mesure et ils ont maintenu toutes les taxes libérales sur les carburants qui font grimper le coût de l'essence, du panier d'épicerie et du transport. Les Canadiens paient 20 ¢ de plus le litre que les Américains, et la différence, ce sont les taxes libérales fédérales sur les carburants.
    Aujourd'hui, les conservateurs ont présenté une motion visant à supprimer toutes les taxes fédérales pour le reste de l'année pour les Canadiens. Si le premier ministre veut voler nos idées, il devrait au moins les voler dans leur intégralité.

Les élections partielles fédérales

    Monsieur le Président, hier soir, les Canadiens ont pris une décision importante dans les circonscriptions d'University—Rosedale, de Scarborough‑Sud‑Ouest et de Terrebonne en accordant leur confiance au programme du nouveau gouvernement et du premier ministre.
    Je tiens à remercier tous ceux qui ont fait inscrire leur nom sur le bulletin de vote. Notre démocratie ressort enrichie de leur participation.
    Je souhaite féliciter nos nouvelles collègues, Danielle Martin et Doly Begum, et bien sûr souhaiter la bienvenue à notre collègue Tatiana Auguste qui est de retour parmi nous.
    Le gouvernement a reçu un mandat clair pour continuer à agir sur les questions importantes qui tiennent le plus à cœur aux Canadiens, et c'est précisément ce que nous ferons avec ces trois collègues nouvellement élues et sous la direction du premier ministre.

Questions orales

[Questions orales]

[Traduction]

La fiscalité

     Monsieur le Président, après des semaines de pression de la part des conservateurs, les libéraux ont enfin admis que leurs taxes élevées sur les carburants pèsent lourdement sur les Canadiens à la pompe, mais, comme d'habitude chez les libéraux, le premier ministre s'est révélé être un libéral comme les autres en préférant garder une plus grande part des recettes fiscales exceptionnelles pour le gouvernement plutôt que d'alléger la charge des Canadiens.
    L'annonce faite aujourd'hui par les libéraux n'est tout simplement pas suffisante. Elle ne prévoit qu'un allégement correspondant à un tiers de la charge pour un tiers de l'année. Le plan des conservateurs consiste plutôt à supprimer à 100 % les taxes fédérales sur les carburants pour le reste de l'année. Si les libéraux sont prêts à reconnaître que les conservateurs avaient raison depuis le début, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout en adoptant notre plan dans son intégralité?
    Monsieur le Président, je sais que nous sommes mardi. Il y a tellement de bonnes nouvelles que je ne sais pas par où commencer. Je ne le sais vraiment pas. Regardez-moi ces visages. Ils devraient sourire. Le Fonds monétaire international vient d'annoncer que le Canada devrait se classer au deuxième rang pour la croissance la plus rapide parmi les pays du G7. De plus, nous suspendons la taxe d'accise fédérale sur l'essence à compter du 20 avril, et ce, jusqu'à la fête du Travail. Il est toujours temps de...
(1420)
    Le député de Regina—Qu'Appelle a la parole.
    Monsieur le Président, les beaux jours approchent, ils sont presque là, mais pour l'instant, les automobilistes n'ont pas le sourire aux lèvres, car ils s'attendaient à une réduction de 100 % à la pompe. Selon le plan du gouvernement libéral, celui‑ci continuera de percevoir des taxes sur les bénéfices exceptionnels, et les travailleurs canadiens devront payer plus cher à la pompe.
     Le gouvernement libéral maintient la TPS sur les carburants ainsi que la taxe liée à la norme sur les combustibles, qui ajoute à elle seule 7 ¢ par litre. Il n'offre qu'une réduction d'un tiers sur un tiers de l'année. On ne félicite pas un pharmacien quand il ne nous donne qu'un tiers de notre ordonnance. Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout et réduire, supprimer et éliminer complètement les taxes sur les carburants pour…
     Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a la parole.
    Monsieur le Président, contrairement aux députés de l'opposition, qui n'ont pas de plan, nous en avons un. Depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons baissé le prix de l'essence de 28 ¢ le litre. Nous réduisons les impôts pour les Canadiens. Nous réduisons la TPS pour les Canadiens. Nous réduisons les frais d'aménagement liés à la construction de logements, ce qui, dans ma circonscription, permet d'économiser 200 000 $ par logement. Voilà comment on peut répondre au problème du coût de la vie.

[Français]

     Monsieur le Président, alors que les Canadiens peinent à payer l’épicerie, le gouvernement libéral propose encore une fois des demi-mesures. L’annonce du premier ministre ne touche qu’une fraction des taxes sur le carburant, et seulement pour quelques mois. Il s’agit d’une mesure qui représenterait une réduction d’à peine 10 ¢ le litre d'essence. Pendant ce temps, les prix à la pompe continuent d’exploser. Les Canadiens paient déjà beaucoup plus cher que leurs voisins américains.
    Pourquoi les mêmes vieux libéraux refusent-ils d’offrir un véritable répit aux familles canadiennes?
    Monsieur le Président, nous sommes mardi, mais il y a tellement de bonnes nouvelles que je ne sais pas par où commencer.
    Ce matin, le Fonds monétaire international a indiqué que le Canada aura la deuxième croissance la plus rapide du G7. De plus, nous annonçons la suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diésel. Il s’agit d’une mesure qui laissera 2,4 milliards de dollars dans les poches des Canadiens et des Canadiennes. C’est une excellente nouvelle pour les automobilistes, une excellente nouvelle pour les consommateurs et une excellente nouvelle pour le Canada et l’abordabilité.
    Monsieur le Président, il y aura réellement de vraies bonnes nouvelles quand ce gouvernement-là va faire les choses à 100 %. Pendant trois ans, nous avons demandé d’éliminer la taxe sur le carbone; ils l’ont fait. Maintenant, nous demandons d’enlever toutes les taxes sur l’essence: TPS, taxe d'accise, combustibles propres inclus.
    Le gouvernement est-il prêt à aller jusqu’au bout pour aider les Canadiens qui vivent la vraie réalité quotidienne de payer trop cher pour tout?
    Monsieur le Président, je suis très fier de l'annonce qui a été faite par le premier ministre et le ministre des Finances, qui redonne 2,4 milliards de dollars aux Canadiens pour faire face au coût de la vie, mais nous ne nous arrêtons pas là. Nous avons baissé les impôts pour 22 millions de Canadiens et il y a l'Allocation canadienne pour enfants, le Régime canadien de soins dentaires et l'allocation pour l'épicerie. J'ai de la difficulté à nommer toutes les mesures tellement il y en a. Ce sont toutes des mesures contre lesquelles les conservateurs ont voté. Ils n'ont aucune leçon à nous donner quant à l'aide que nous offrons aux Canadiens pour faire face au coût de la vie.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la modification apportée par les libéraux au prix de l'essence ne représente en réalité qu'une somme dérisoire. Elle ne s'applique qu'à un tiers de l'année et ne concerne qu'un tiers de la taxe. On ne peut pas parler d'allègement quand les Canadiens économisent à peine 10 ¢ le litre d'essence et 4 ¢ le litre de diésel. On ne peut pas parler d'allègement quand les Canadiens doivent toujours payer la TPS et la taxe libérale sur les combustibles. Les Canadiens ne récupéreront que très peu d'argent. Pendant ce temps, les libéraux encaissent des milliards de dollars de recettes provenant de la taxe fédérale sur l'essence.
    Pourquoi cette demi-mesure? Pourquoi ne pas adopter le plan des conservateurs visant à supprimer toutes les taxes libérales sur le carburant, le diésel et l'essence?
    Monsieur le Président, outre toutes ces bonnes nouvelles, je tiens à souligner une autre mesure que le premier ministre et mes collègues ont annoncée aujourd'hui. Cet été, les Canadiens pourront voyager à moindre coût à travers le pays, car nous réduisons la taxe d'accise sur le carburéacteur. Nous allons ainsi réduire le coût des vols intérieurs. Nous pourrons même aller rendre visite au député de Foothills.
    Allez profiter de notre beau pays. Vive le Canada.
(1425)
    Monsieur le Président, les libéraux se livrent à toutes sortes d'acrobaties incroyables. Il n'y a pas si longtemps, ils accusaient tous les conservateurs de prendre des vacances d'été pendant que la planète brûlait et, maintenant, ils disent que nous pouvons voyager dans le monde entier.
    Un voyage n'est pas un gain quand les libéraux collectent des milliards de dollars des recettes tirées de la taxe sur l'essence directement dans les poches des Canadiens qui ont du mal à se procurer les produits de base. Pourquoi les libéraux prennent-ils ces demi-mesures? Pourquoi n'appliquent-ils pas une politique conservatrice en éliminant toutes les taxes libérales sur le carburant afin que les Canadiens puissent se permettre les vacances d'été que nous aimerions tous prendre?
    Monsieur le Président, la réalité, c'est que l'instabilité mondiale a créé une situation qui nous a forcés à réagir, et c'est ce que nous faisons.
    Je félicite le premier ministre et le ministre des Finances d'avoir présenté cette mesure. Presque chaque jour, les agriculteurs qui sont en première ligne me disent qu'ils sont préoccupés par les cultures qu'ils vont semer. L'économie canadienne connaît la deuxième croissance en importance, et nos agriculteurs y contribuent. Depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, le coût du litre d'essence a baissé de 28 ¢, et les Canadiens ont accumulé 2,4 milliards de dollars de plus dans leurs poches. C'est un grand jour.

[Français]

L'industrie des médias d'information

    Monsieur le Président, l'information régionale est en péril et c'est encore plus vrai pour l'information régionale en français, d'où l'importance du Fonds pour les nouvelles locales indépendantes, ou FNLI. Depuis que le CRTC a admis au Fonds 15 stations anglophones du groupe Corus, la part des médias francophones dégringole. Les deux seuls groupes francophones admissibles ont perdu presque la moitié de leur financement, lequel est passé de 26 % à 14 %. Évidemment, la solution, c'est que les GAFAM contribuent au financement des médias, mais il faut d'abord que l'information régionale en français survive.
    Est-ce que le gouvernement va bonifier le Fonds?
    Monsieur le Président, nous savons que, grâce au Fonds, plusieurs médias régionaux francophones reçoivent de l'argent du gouvernement fédéral, justement pour donner de l'information en français. Oui, nous envisageons toutes les options dans un environnement où ces plateformes et ces diffuseurs sont menacés par ces grandes plateformes.
     Monsieur le Président, ce n'est pas un problème de financer les médias d'information régionale en anglais, mais il ne faut pas le faire en pigeant dans la part des médias francophones. Si on ajoute des participants au Fonds pour les nouvelles locales indépendantes, on doit aussi ajouter des sommes. Évidemment, on n'aurait pas ce problème si le premier ministre n'avait pas aboli la taxe sur les services numériques. On aurait pu financer décemment tous nos médias avec la juste part des GAFAM.
    Puisque le premier ministre prive nos médias de ces revenus, va-t-il bonifier le Fonds?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit lors de ma réponse précédente, nous envisageons plusieurs options.
    Monsieur le Président, avec l'ajout de 15 stations anglophones du groupe Global au FNLI sans financement provenant des GAFAM, on déshabille Pierre pour habiller Paul. La conséquence est que 86 % de l'argent du Fonds va aux médias anglophones, et ce sont les médias francophones indépendants régionaux qui paient le prix. Soyons réalistes, il n'existe pas de solution à long terme sans contribution des GAFAM, mais encore faut-il qu'il reste des médias à sauver. Le gouvernement doit renflouer temporairement le Fonds et il doit étendre aux médias électroniques son crédit d'impôt pour la main-d'œuvre journalistique, comme l'a fait Québec.
    Quand est-ce que ça va arriver?
    Monsieur le Président, cette question nous fait voir la vraie face du Bloc québécois, qui est toujours en train de mettre les médias anglophones contre les médias francophones. Je pense que nous pouvons faire les deux choses en même temps.

[Traduction]

La fiscalité

    Monsieur le Président, les demi-mesures temporaires prises par le premier ministre concernant les prix du carburant montrent qu'il se soucie davantage d'augmenter les recettes publiques que d'apporter un réel soulagement aux Canadiens. Les libéraux vont engranger jusqu'à 10 milliards de dollars supplémentaires en taxes, tandis que les Canadiens n'économiseront que 10 ¢ le litre.
    Et c'est reparti: des milliards pour ce gouvernement libéral, mais à peine quelques sous pour les Canadiens.
    Pourquoi les mères de famille, les aînés et les jeunes devraient-ils payer le prix fort à la pompe pour financer les dépenses exagérées du premier ministre?
    Monsieur le Président, permettez-moi d'aider mon collègue d'en face à s'y retrouver.
    Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a réduit les taxes sur l'essence de 28 ¢ le litre. Nous avons réduit l'impôt sur le revenu. Nous avons réduit la TPS. Les mesures que nous avons prises ont permis de réduire le coût d'une maison à Markham—Thornhill, ma circonscription, de 200 000 $ au total. Voilà qui rend la vie plus abordable.
(1430)
    Monsieur le Président, cette annonce ne changera à peu près rien pour les Canadiens qui s'endettent jusqu'au cou avec leurs cartes de crédit uniquement pour faire le plein. Au lieu d'adopter le plan conservateur visant à éliminer toutes les taxes sur les carburants et à faire économiser aux familles canadiennes 1 218 $ jusqu'en 2027, le plan boiteux des libéraux ne leur fera économiser que 10 ¢ le litre pendant quelques mois.
    Personne n'a le monopole des bonnes idées. Pourquoi le premier ministre refuse-t-il d'écouter les conservateurs et d'offrir un réel répit aux Canadiens à la pompe?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue, qui est un homme de cœur. De toute évidence, les conservateurs n'ont pas le monopole des bonnes idées. Je peux assurément le confirmer.
    Ce que je peux dire, c'est que je sais qu'au fond de lui, il sait que la mesure permettra aux Canadiens d'économiser 2,4 milliards de dollars. C'est une mesure responsable. C'est un coup de pouce important pour les familles, les mères au foyer et les gens qui travaillent dans le domaine de la logistique. Cette mesure aidera les agriculteurs, les pêcheurs et tous les Canadiens en cette période difficile.
    Je tiens à dire aux gens à la maison que nous avons toujours été là pour eux et que nous continuerons à nous battre pour eux chaque jour.
    Monsieur le Président, une fois de plus, les libéraux ont montré aux Canadiens que la meilleure solution pour les contribuables se trouve auprès du Parti conservateur du Canada.
    Au lieu de s'engager à offrir un véritable allégement à la pompe pendant le reste de l'année, le premier ministre a annoncé une suspension à court terme qui ne touchera que le tiers des taxes sur le carburant imposées par son gouvernement, et ce, pour seulement le tiers de l'année. Il refuse toujours de suspendre la TPS sur l'essence et le diésel, la taxe sur le carbone pour les industries et la norme sur les combustibles propres.
    Pourquoi les libéraux s'entêtent-ils à proposer des demi-mesures au lieu d'adopter le plan des conservateurs visant à supprimer toutes les taxes fédérales sur l'essence et le diésel afin de faire économiser aux Canadiens 25 ¢ le litre pour le reste de l'année?
    Monsieur le Président, pendant que le chef poursuit sa tournée de balados, de ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer de mettre l'accent sur l'abordabilité pour les Canadiens.
    Pas plus tard que ce matin, le premier ministre a annoncé une suspension de la taxe d'accise fédérale de 10 ¢ le litre. Si l'on ajoute à cela l'élimination de la taxe sur le carbone pour les consommateurs, cela représente une économie de 28 ¢ le litre pour les Canadiens.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer de miser sur l'abordabilité. Nous allons poursuivre nos efforts en ce sens pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, c'est encore trop généreux de qualifier de demi-mesure la dernière proposition annoncée par les libéraux aujourd'hui. Les gens peinent à joindre les deux bouts avec l'augmentation du prix de l'essence et des taxes sur l'essence. Le gouvernement a pourtant décidé de continuer de récolter l'énorme manne providentielle tirée de la TPS, tout cela sur le dos de la population canadienne surtaxée.
    Si le gouvernement avait totalement adhéré à notre plan, une famille de quatre personnes épargnerait plus de 1 200 $ cette année seulement.
    Les libéraux feront-ils ce qui s'impose et adhéreront-ils à notre plan, qui ferait économiser 25 ¢ le litre si on abolissait toutes les taxes fédérales sur l'essence pour les conducteurs du pays jusqu'à la fin de l'année?
    Monsieur le Président, la réalité, c'est que nous pouvons nous concentrer sur deux choses à la fois. Nous pouvons offrir une aide d'urgence aux familles dès maintenant, ce que nous faisons en supprimant la taxe d'accise sur le carburant, mais ce que nous pouvons également faire, et c'est ce que les conservateurs ne comprennent pas, c'est contribuer à faire baisser le coût de la vie à long terme. C'est là qu'interviennent des mesures comme des services de garde abordables, la suppression de la TVH sur les habitations neuves, la mise en place de programmes alimentaires dans les écoles ou l'offre de l'Allocation canadienne pour enfants aux familles.
    Nous voulons être aux côtés des familles dès maintenant, alors que la crise est urgente, mais aussi à long terme. C'est exactement le genre de mesures contre lesquelles les conservateurs votent chaque fois.
    Monsieur le Président, les conservateurs ont présenté un plan visant à supprimer la taxe sur l'essence, la TPS sur l'essence et le diésel, la taxe sur le carbone pour les industries et la taxe liée à la norme sur les combustibles jusqu'à la fin de l'année 2026. Ce plan permettrait de réduire le prix à la pompe de 25 ¢ le litre et ferait économiser jusqu'à 1 200 $ à une famille de quatre personnes cette année.
    Pourquoi le premier ministre libéral floue-t-il les familles canadiennes en ne supprimant pas toutes les taxes pour l'ensemble de l'année?
(1435)
     Monsieur le Président, comme je le dis de temps à autre, les conservateurs d'en face sont ici depuis 10 ans. Je suis ici depuis 10 mois, et devinez quoi? Pendant cette période, j'ai pu annoncer l'allégement fiscal pour les agriculteurs de la Saskatchewan.
    Monsieur le Président, je connais ce député depuis très longtemps. J'ai passé ma carrière à nettoyer ses gâchis. Le NPD et lui ont détruit la Saskatchewan pendant 16 ans, et il s'est maintenant joint aux libéraux qui détruisent l'économie du Canada. Encore une fois, quand il aura fini de ruiner l'économie canadienne, nous devrons réparer les pots cassés afin que tous les Canadiens puissent améliorer leur sort.
    Monsieur le Président, le député a raison. J'ai été témoin de son piètre rendement à l'Assemblée législative de la Saskatchewan. Aujourd'hui, je constate que l'ensemble des 13 députés conservateurs de la Saskatchewan sont tout aussi inefficaces.
    Je rappelle aux députés que nous annonçons aujourd'hui l'exploitation de gisements d'uranium dans le Nord de la Saskatchewan. Cette semaine, j'étais à la Saskatchewan Urban Municipalities Association pour annoncer des projets d'aqueduc et de traitement des eaux usées pour trois villes. Le gouvernement est sur la bonne voie et, comme je l'ai déjà dit, c'est une excellente nouvelle. Ce n'est qu'un début.
    Monsieur le Président, aujourd’hui, les libéraux ont annoncé qu’ils adoptaient un tiers de notre plan d’allégement des coûts de l’essence pour seulement un tiers de l’année, mais les habitants de Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest ne se déplacent pas en voiture seulement pendant l’été. Notre plan prévoit l'élimination de la taxe d’accise, de la TPS et de la taxe liée à la norme sur les combustibles pour l’essence et le diésel jusqu’à la fin de l’année 2026. Cela permettrait de réduire le prix à la pompe de 25 ¢ par litre, soit une économie de 1 200 $ pour une famille de 4 personnes.
    Les libéraux mettront-ils fin à cette ponction fiscale et permettront-ils aux Canadiens d'économiser 25 ¢ le litre?
    Monsieur le Président, les Britanno‑Colombiens se réjouissent d’apprendre que nous investissons en leur faveur et que nous nous attaquons au problème du coût de la vie. Ils se réjouissent d’apprendre que nous réduisons le coût du carburant jusqu’à la fête du Travail. Les Britanno‑Colombiens vont en profiter pour partir découvrir notre pays autant qu’ils le pourront cet été. Peut-être combineront-ils cela avec le laissez-passer Un Canada fort pour partir à la découverte de notre merveilleux pays.

[Français]

L'assurance‑emploi

    Monsieur le Président, nous y revoilà encore. Comme chaque année, les travailleurs saisonniers sont plongés dans le trou noir de l'assurance-emploi. Les travailleurs des pêches, de la forêt, du tourisme et de bien d'autres secteurs n'ont plus un sou de revenu pour des semaines.
    Ça fait plus de 10 ans que les libéraux promettent une réforme globale de l'assurance-emploi et ils devront tenir promesse, mais, dans l'immédiat, les travailleurs saisonniers ont besoin de 15 semaines de plus chaque année.
    Quand les libéraux vont-ils boucher pour toujours le trou noir de l'assurance-emploi?
     Monsieur le Président, l'assurance-emploi est très importante pour tous les travailleurs du pays. C'est la raison pour laquelle nous avons amélioré le programme et ajouté des mesures pour les travailleurs qui font face à des situations très difficiles.

[Traduction]

    Voilà pourquoi nous avons pris des mesures pour garantir que les travailleurs qui traversent une période difficile reçoivent ce à quoi ils ont droit le plus rapidement possible et disposent du temps nécessaire pour assurer leur viabilité financière.

[Français]

     Monsieur le Président, les travailleurs saisonniers ne demandent pas la lune. L'Alliance interprovinciale de l'assurance-emploi l'a calculé: ça coûterait une cenne par 100 $ de salaire pour mettre fin au trou noir pour toujours. C'est une cenne noire.
    Il va falloir que le fédéral comprenne que c'est le travail qui est saisonnier en région, mais que les travailleurs, eux, sont permanents. C'est eux qui font rouler l'économie des régions. Ils ont besoin de 15 semaines de plus chaque année.
     Le gouvernement va-t-il enfin boucher de manière permanente le trou noir de l'assurance-emploi?
(1440)
    Monsieur le Président, il est très important que les travailleurs du Canada aient confiance dans notre système d'assurance-emploi. C'est pourquoi nous avons ajouté des mesures pour soutenir les travailleurs partout au pays.
    Je veux travailler avec ma collègue pour trouver d'autres idées pour aider les travailleurs.

La fiscalité

    Monsieur le Président, encore une fois, le premier ministre libéral confirme que les conservateurs ont les vraies solutions, que ce gouvernement n'a pas changé et qu'il n'est capable de rien régler.
    Les libéraux offrent des miettes. Leur annonce ne touche qu'un tiers des taxes sur le carburant pour un tiers de l'année. Pendant ce temps, ils vont continuer à empocher 10 milliards de dollars par année des poches des automobilistes. La vraie solution, c'est d'abolir toutes les taxes sur l'essence.
     Alors pourquoi, après 10 ans, les libéraux ne sont-ils même pas capables de faire les choses comme il le faut, même à moitié?
    Monsieur le Président, ce qu'on est en train de faire, c'est de travailler sur le pouvoir d'achat des Canadiens de toutes sortes de façons possibles. On ne fait pas juste une chose, on en fait plusieurs. On marche, on mâche de la gomme, on parle à des amis au téléphone, on fait plein d'affaires en même temps.
     On travaille sur l'économie. Les données sur l'emploi d'aujourd'hui rapportent que notre croissance économique est reconnue. On a réduit la taxe sur l'essence. On a aussi un tas de programmes qui vont aider les Canadiens à surmonter cette crise difficile.
    Monsieur le Président, les libéraux le reconnaissent. On est dans une crise difficile. Or, ça fait plus de 10 ans qu'ils sont au pouvoir. Qui a mis le Canada dans cet état? Bien, c'est le gouvernement libéral, qui n'a pas changé et qui est le même depuis 10 ans.
     Les libéraux prétendent faire quelque chose, mais ils le font juste un petit peu. Ils suivent les idées conservatrices, mais ils ne les prennent pas toutes. Ils les prennent juste un petit peu. Résultat: à la fin de la semaine, les gens ont de la misère à payer leur épicerie, ils ont de la misère à payer l'essence à mettre dans leur automobile pour aller à l'épicerie, pour aller à l'école et pour aller travailler. Un libéral va toujours rester un libéral.
    Pourquoi ce premier ministre libéral en garde-t-il plus dans ses poches qu'il en redonne aux Canadiens?
     Monsieur le Président, on sait que les Canadiens en arrachent en ce moment. L'approche des conservateurs, c'est que ça fait depuis l'été qu'ils font de l'obstruction à la Chambre.
    Nous essayons d'avancer. Aujourd'hui même, nous avons mis de l'avant une nouvelle mesure, une mesure ciblée afin d'aider les Canadiens et les Canadiennes et afin d'aider les consommateurs relativement au choc auquel ils font face à la pompe. Ça va les aider directement en remettant de l'argent dans leur poche.
    Monsieur le Président, c'est tout juste un miroir aux alouettes libéral, ce qu'on nous offre aujourd'hui. Le premier ministre ne propose rien de plus que des miettes. C'est une baisse de 10 ¢ alors qu'il va empocher près de 10 milliards de dollars en provenance de la poche des Canadiens.
     Pourquoi le gouvernement ne veut-il pas appliquer le programme du Parti conservateur qui éliminerait la TPS sur l'essence et le diésel, la taxe industrielle sur le carbone et la norme sur les combustibles? Ce serait si simple. Ça aiderait du monde, en plus.
    Monsieur le Président, ce serait si simple et ça aiderait du monde, comme les 26 537 résidants dans sa circonscription qui ont accès au Régime canadien de soins dentaires. Ça serait si simple pour la députée d'appuyer ce programme. Ça serait si simple d'appuyer l'Allocation canadienne pour enfants, qui envoie 67 millions de dollars par année à 10 000 familles dans sa circonscription.
    Quand la députée dit « des miettes », c'est 2,4 milliards de dollars qu'on retourne aux Canadiens en éliminant la taxe d'accise sur l'essence. Ce n'est pas des miettes. C'est majeur.
     Monsieur le Président, ce que je trouve aussi drôle, c'est que les Canadiens paient déjà environ 20 % de plus pour l'essence qu'aux États‑Unis, alors que les libéraux proposent un allégement partiel qui va toucher à peine le tiers des taxes, pour un tiers de l'année. Ce que nous proposons au Parti conservateur, c'est que les libéraux continuent de prendre la plateforme du Parti conservateur, pas à moitié, mais à 100 %. Là, nous allons être d'accord avec eux.
    Monsieur le Président, je suis très fier que nous ayons éliminé la taxe sur le carbone, ce qui a réduit le prix de l'essence au pays de 28 ¢ le litre. Je noterais quand même l'ironie de voir que la députée d'en face a été au gouvernement du Québec qui a mis en place un prix sur la pollution avec le système de plafonnement et d'échange. L'ironie est à son comble.
(1445)
    Monsieur le Président, les mesures annoncées ce matin par le gouvernement libéral sont trop peu trop tard devant l'ampleur de la crise du coût de la vie au Canada. Le prix du diésel aujourd'hui est de 2,75 $ le litre. La baisse de quatre sous le litre annoncée ne change rien pour nos camionneurs. Le gouvernement libéral perçoit toujours la TPS de huit sous le litre, le Règlement sur les combustibles propres de sept sous le litre et les Canadiens paient leur essence 20 % plus cher que les Américains.
    Le gouvernement libéral peut-il arrêter de s'applaudir et commencer à travailler pour tous les Canadiens?
    Monsieur le Président, je suis obligé, comme les gens qui nous regardent à la télé, de lui donner un A en théâtre, mais peut-être un C en mathématiques.
    Honnêtement, ce sont 2,4 milliards de dollars que nous laissons dans les poches des camionneurs. J'ai hâte de voir les gens de Saint‑Nicolas et de Lévis. J'espère qu'il va mettre cette vidéo sur ses plateformes pour informer tous les camionneurs dans la région de Québec que nous sommes là pour eux, que nous comprenons qu'en baissant le prix du diésel, ça va aider aussi en matière d'alimentation. On sait que le prix du diésel a un impact sur la logistique. Nous allons continuer de nous battre pour les Canadiens tous les jours.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, depuis un an, les Canadiens composent avec un monde en mutation rapide et de plus en plus fragmenté, un monde plus complexe, plus instable et plus imprévisible. Dans ce contexte, les Canadiens ont fait comme ils l'ont toujours fait: ils se sont retroussé les manches, ils ont veillé les uns sur les autres et ils se sont adaptés. Nous avons tous un rôle à jouer. C'est le moment pour les Canadiens de bâtir l'avenir ensemble. Hier soir, les habitants de Scarborough‑Sud‑Ouest, de University—Rosedale et de Terrebonne ont affirmé qu'ils avaient confiance en ce plan.
    Le ministre des Finances pourrait-il informer la Chambre des prochaines étapes de notre plan qui vise à bâtir une économie canadienne forte et résiliente en nous donnant un...
    Le ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, le budget de 2025 prévoit des investissements historiques dans le logement, les infrastructures, la productivité, l'innovation et la défense. C'est notre feuille de route afin de développer l'économie la plus dynamique du G7.
    J'aurai le plaisir de présenter la mise à jour économique du printemps à la Chambre le 28 avril prochain. Ce plan aidera les familles. Il aidera le secteur industriel d'ici. Il contribuera à la prospérité du pays et il apportera de bonnes nouvelles aux Canadiens, partout au pays.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, les Canadiens doivent composer avec des dépenses en hausse, l'incertitude économique et des problèmes de logement. La décision Cowichan, en Colombie‑Britannique, suscite de surcroît un nouveau doute quant à la propriété effective des habitations dans la ville de Richmond. Pour des millions de Canadiens, la propriété foncière est le fondement de la stabilité financière, mais les libéraux n'ont pas su défendre résolument ce droit devant les tribunaux.
    Le premier ministre ordonnera-t-il à ses avocats de faire valoir sans équivoque le fait que le droit privé de propriété des Canadiens doit primer, pour enfin donner aux Canadiens les assurances qu'ils exigent?
    Monsieur le Président, je n'irai pas par quatre chemins: les Canadiens peuvent encore acheter ou vendre une habitation, hériter d'une habitation ou rénover leur habitation selon les lois provinciales et les règlements municipaux.
    Comme nous sommes en désaccord avec la décision Cowichan, nous avons interjeté appel le 8 septembre 2025. Nous croyons que la décision doit être éclaircie sur le plan juridique. C'est pourquoi le gouvernement exercera toutes les options juridiques possibles dans le cadre de la procédure d'appel. Nous allons protéger les propriétaires privés et faire respecter la Constitution, sans toutefois semer la peur.
    Monsieur le Président, le gouvernement a interjeté appel à la dernière seconde, mais il faut savoir qu'en 2018, le gouvernement avait ordonné à ses avocats de ne pas invoquer la suprématie de la propriété en fief simple devant les tribunaux de première instance. Malheureusement pour les propriétaires concernés, le gouvernement ne peut pas invoquer en appel un argument qu'il n'a pas présenté initialement.
    Je demande à la ministre de bien vouloir aider les Canadiens et nous tous à comprendre comment le gouvernement compte obtenir gain de cause devant le tribunal avec un argument qu'il ne peut pas présenter.
     Monsieur le Président, je le répète: nous faisons appel de la décision rendue dans l'affaire Cowichan et nous exercerons tous les recours juridiques possibles.
(1450)
     Monsieur le Président, le gouvernement libéral élude la question en se cachant derrière la procédure d'appel et des définitions techniques au lieu d'énoncer sa position de façon limpide et détaillée. C'est son habitude. Que ce soit devant les tribunaux ou dans le cadre d'ententes conclues en coulisses, les libéraux refusent de dire s'ils vont défendre les propriétaires fonciers canadiens. Les Canadiens méritent d'avoir des certitudes.
    Le premier ministre va‑t‑il, oui ou non, ordonner aux avocats de faire valoir le fait que le droit privé de propriété des propriétaires fonciers canadiens doit primer?

[Français]

     Monsieur le Président, je serai claire. Les Canadiens peuvent toujours acheter, vendre, hériter ou rénover leur maison conformément aux lois provinciales et municipales.
    Nous ne sommes pas d'accord sur la décision Cowichan, dont nous avons fait appel le 8 septembre 2025. Nous pensons que cette décision nécessite une clarification juridique. C'est pourquoi le gouvernement poursuivra toutes les options juridiques dans le cadre du processus d'appel.
    Nous protégerons les droits de propriété et nous défendrons la Constitution.

[Traduction]

     Monsieur le Président, le fait d'interjeter appel de cette décision n'est pas la question. Le gouvernement n'a toujours pas précisé si l'argumentation reposera sur la primauté du droit privé de propriété des propriétaires canadiens. Je continuerai de poser cette question jusqu'à ce qu'on y réponde clairement.
    Les libéraux vont-ils défendre cette position sans équivoque devant les tribunaux et dans toutes les ententes futures, oui ou non?
     Monsieur le Président, mon collègue nous a demandé d'exposer clairement la position du gouvernement du Canada. Nous ne sommes pas d'accord avec la Cour suprême de la Colombie-Britannique sur sa décision. Nous avons décidé de faire appel de cette décision afin d'obtenir une issue différente. Lors du procès, nous avons défendu la propriété foncière en fief simple, et nous estimons que des éclaircissements sont nécessaires, notamment en ce qui concerne la question du droit privé de propriété.
    Il s'agit là d'un débat de nature juridique. Il convient donc qu'il déroule dans le cadre de la procédure d'appel, et non à la Chambre des communes.
    Monsieur le Président, la décision rendue dans l'affaire Cowichan a plongé les propriétaires et les Premières Nations de la Colombie‑Britannique dans l'incertitude en remettant en question le caractère inviolable du droit privé de propriété. Les Canadiens ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Ils ne devraient pas avoir à se demander s'ils sont ou non propriétaires de leur propre habitation. Les Cowichans eux-mêmes ont dit qu'ils ne cherchent pas à invalider la propriété privée.
    Le premier ministre ordonnera-t-il à ses avocats de faire valoir en détail devant les tribunaux le fait que le droit privé de propriété des propriétaires canadiens doit également être une priorité?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit à la Chambre, nous faisons appel de la décision, mais je tiens à insister sur le fait que les tribunaux représentent un moyen de régler la question des titres ancestraux et que les négociations en représentent un autre. C'est ce que nous avons fait dans la circonscription du député.
    Nous travaillons avec le gouvernement de la Colombie‑Britannique et la nation haïda. L'accord relatif au titre ancestral des Haïdas est en vigueur en Colombie‑Britannique depuis deux ans. Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. La propriété privée est protégée dans le cadre de l'accord avec les Haïdas.
    Monsieur le Président, cette situation aurait pu être évitée. Le gouvernement libéral a une méthode secrète pour conclure des ententes comme celle qui concerne la reconnaissance des droits des Musqueam, qui est dépourvue de transparence et de protections claires pour la propriété privée, et qui aggrave l'inquiétude des propriétaires privés. Cette entente crée de l'incertitude, bloque des ventes et pourrait faire dérailler le travail de réconciliation déjà accompli.
    Le premier ministre s'engagera-t-il aujourd'hui à ne pas conclure d'ententes à moins qu'elles ne protègent et qu'elles priorisent expressément les droits de propriété privée des propriétaires canadiens?
    Monsieur le Président, comprenons-nous bien. C'est cette bande de conservateurs qui sème la discorde et l'inquiétude au Canada. Le gouvernement s'est montré limpide. Nous soutenons...
    Des voix: Oh, oh!
    Je n'ai pas vraiment entendu tout ce qui a été dit, mais comme il y a eu une interruption, le ministre peut reprendre depuis le début.
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: Il risque de devoir encore recommencer depuis le début si le député de Kamloops— Thompson—Nicola continue.
    La parole est au ministre.
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: Je crois qu'il s'agit de la députée de Lakeland. Le député va…
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: Arrêtons-nous tous un instant. Le silence est censé régner. Malheureusement, je n'entends pas tout ce qui se dit, donc je ne sais pas qui est responsable ni qui a commencé, et cetera.
    Faisons le silence afin que le ministre du Logement et de l'Infrastructure puisse commencer du début afin de répondre à cette question très importante sur ce sujet crucial.
(1455)
     Monsieur le Président, je tiens à insister sur les réserves que la campagne d'angoisse et d'alarmisme que mènent les conservateurs dans ce dossier suscitent parmi les députés de ce côté-ci de la Chambre.
    Il s'agit d'une question est très grave. Le gouvernement est favorable à cet appel. Le gouvernement appuie les droits des propriétaires fonciers privés. Le gouvernement est favorable à la réconciliation. Nous allons suivre la procédure pour faire appel de la décision rendue par la Cour supérieure de Colombie-Britannique. Nous obtiendrons justice et des éclaircissements dans ce dossier.
    Nous n'avons pas besoin des manœuvres politiques des conservateurs, qui ne font qu'empirer les choses pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, ce que je vois aujourd'hui, c'est un gouvernement qui poursuit une politique de confusion qui déplaît à toute la province de la Colombie‑Britannique. Plus tôt dans la journée, pendant la période des questions, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a déclaré que le gouvernement examinera toutes les options juridiques.
    La ministre peut-elle préciser aux Britanno‑Colombiens si cela comprend l'élaboration d'une argumentation visant à protéger le droit à la propriété privée des Britanno‑Colombiens touchés par la décision Cowichan, oui ou non? J'aimerais avoir une réponse claire, de bonne foi.
    Monsieur le Président, le Canada n'est pas d'accord avec la décision de la Cour suprême de la Colombie‑Britannique, que nous avons portée en appel le 8 septembre. Nous sommes déterminés à maintenir la clarté et la stabilité juridiques en ce qui concerne la propriété des terres privées. Il faut plus de clarté juridique pour donner suite à la décision, en particulier en ce qui concerne le droit à la propriété privée.
     Monsieur le Président, la décision rendue dans l'affaire Cowichan a soulevé de réelles inquiétudes quant à la protection des droits de propriété au Canada. À une époque marquée par des coûts élevés et de l'incertitude économique, les Canadiens ne devraient pas avoir à s'interroger sur la validité de leurs droits de propriété.
    En raison de l'accord que les libéraux ont négocié en secret avec les Musqueam, sans la moindre transparence, certains propriétaires ne peuvent plus vendre leur propriété, et les constructeurs ne veulent plus investir, le tout en pleine crise du logement.
    Les libéraux s'engageront-ils à protéger les droits de propriété des citoyens canadiens en veillant à ce qu'aucun accord futur ne soit conclu sans préciser clairement que la protection des droits de propriété constitue une priorité?
     Monsieur le Président, le gouvernement a clairement fait savoir, d'abord en faisant appel de la décision, puis en l'affirmant sans ambiguïté, que nous continuerons de protéger les droits de propriété.
    Le problème, c'est que les conservateurs ne veulent pas écouter. Ce qu'ils veulent, c'est semer la peur, diffuser de fausses informations, alimenter la méfiance envers le marché et générer de l'incertitude économique. Voilà ce qui les motive. Quant à nous, notre objectif est de protéger les droits de propriété, de bâtir une économie forte et de poursuivre nos efforts de réconciliation.
    Monsieur le Président, j'ai organisé une assemblée publique avec des chefs d'entreprise de ma circonscription, et je m'attendais à entendre parler de sujets comme les droits de douane et les formalités administratives. Au lieu de cela, la principale préoccupation, et de loin, était la question suivante: sommes-nous encore propriétaires de nos maisons?
    Des décisions comme l'arrêt Cowichan et l'entente secrète des libéraux avec les Musqueam ébranlent la confiance à l'égard des droits de propriété. Les investissements sont mis sur la glace, les constructeurs annulent leurs projets et l'incertitude gagne du terrain. Les gens commencent à se demander si nous nous dirigeons vers un avenir dicté par le mantra « ne possédons rien et soyons heureux ».
    Est-ce vers cela que le premier ministre veut nous entraîner, ou donnera-t-il instruction à ses avocats de défendre les droits de propriété des propriétaires canadiens, oui ou non?
    Monsieur le Président, la réconciliation et le développement économique vont de pair. Devant les tribunaux, nous défendons la propriété privée. Lorsque nous sommes en négociation avec le gouvernement de la Colombie‑Britannique et les Premières Nations, il s'agit d'une occasion de préciser clairement que la propriété privée est exclue. Ainsi, nous poursuivrons nos démarches tant par voie judiciaire que par la négociation.
(1500)

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, le nouveau gouvernement du Canada a récemment annoncé une nouvelle stratégie pour protéger la nature. S'appuyant sur un investissement de 3,8 milliards de dollars, cette nouvelle stratégie permettra de protéger et de restaurer les habitats essentiels, de veiller à ce que les stratégies industrielles soient complémentaires à nos efforts de conservation et de mobiliser de nouveaux capitaux en faveur de la nature.
    La secrétaire d'État à la nature peut-elle informer les Canadiens de notre nouveau plan pour protéger notre environnement naturel pour des générations à venir?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue le député de Brome—Missisquoi de cette question ainsi que de son engagement envers la nature. Elle est importante et précieuse pour les Canadiens. C'est pourquoi notre gouvernement maintient son objectif de protéger 30 % de nos terres et de nos eaux d'ici 2030. Grâce à « Une force de la nature: la stratégie du Canada pour protéger la nature », nous protégerons la nature plus efficacement et à moindre coût, notamment en mobilisant des capitaux privés. Les Canadiens aiment la nature; nous, aussi. Il faut la protéger; nous le ferons.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, pendant plus de huit heures, les députés libéraux ont fait obstruction pour faire en sorte que le ministre des Finances n'ait pas à comparaître devant le comité de l’éthique pour répondre aux questions concernant son rôle dans l’affectation de milliards de dollars de fonds publics au projet de train à grande vitesse Alto, alors que son partenaire n’est rien de moins que vice-présidente chez Alto. C'est une situation qui soulève de sérieuses questions quant à un possible conflit d’intérêts.
    Si le ministre n’a rien à cacher, demandera‑t‑il aux députés libéraux qui font obstruction de cesser leurs manœuvres et consentira‑t‑il à comparaître devant le comité?
    Monsieur le Président, comme le député le sait, les députés canadiens et les titulaires de charges publiques désignées sont soumis à des règles d’éthique qui sont parmi les plus strictes au monde. Nous nous y conformerons rigoureusement, comme l’a d'ailleurs fait mon collègue, le ministre des Finances.
     Je profite de l’occasion pour rappeler au député d’en face qu’Alto est une société d’État détenue à 100 % par des Canadiens.
    Monsieur le Président, le ministre a reconnu qu'il était en situation de conflit d'intérêts en ce qui concerne Alto, ce qui l'a amené à mettre en place le prétendu filtre anti-conflits d'intérêts. Pourtant, il a présenté plusieurs projets de loi visant à faire avancer le projet, il en a parlé à maintes reprises et il a voté sur ces derniers.
    Au lieu de tirer les choses au clair, des députés libéraux font leur petit numéro au comité pour faire de l'obstruction afin de soustraire le ministre à l'obligation de rendre des comptes. Une question s'impose: est-ce là ce à quoi les Canadiens peuvent s'attendre d'un gouvernement libéral majoritaire?
    Monsieur le Président, puisqu'il en est question, parlons du rêve d'offrir un train à grande vitesse aux Canadiens: un projet linéaire de 1 000 kilomètres qui changera le visage de la mobilité au pays pour les travailleurs, les étudiants et les gens qui vivent dans une ville et qui travaillent, se divertissent ou étudient dans une autre. Ce projet permettra de réduire les gaz à effet de serre dans l'atmosphère et de changer la vie de millions de Canadiens.
    C'est le genre de projet dont rêvaient les conservateurs auparavant. Le gouvernement libéral construira un train à grande vitesse avec ou sans eux.

Le transport ferroviaire

    Monsieur le Président, en février 2025, le premier ministre a annoncé un projet qui entraînera l'expropriation de milliers de propriétaires en Ontario et au Québec, divisera les collectivités et coûtera plus de 90 milliards de dollars aux Canadiens. Dès le premier jour, le gouvernement n'a pas voulu répondre aux questions les plus élémentaires sur le coût, les délais, les répercussions, les tracés ou la construction. Le gouvernement n'est pas visionnaire, mais plutôt vaniteux et irresponsable.
    Le ministre va-t-il enfin écouter les milliers de propriétaires inquiets dans l'Est de l'Ontario, annuler le projet de train à grande vitesse Alto et investir dans les priorités et les infrastructures dont les Canadiens ont réellement besoin?
    Monsieur le Président, il y a à peine trois ans, en 2023, un grand rassemblement de conservateurs s'est réuni en congrès et a débattu solennellement du grand rêve d'un train à grande vitesse au Canada. La conclusion à laquelle sont massivement arrivés les délégués conservateurs, il y a à peine trois ans, était qu'il fallait construire un train à grande vitesse au Canada.
    Aujourd'hui, le chef conservateur affirme cyniquement qu'il y mettrait fin. Les conservateurs avaient l'habitude de voir grand, mais c'est maintenant à nous de le faire.
(1505)

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, au cours de la dernière année, les Canadiens ont dû s’adapter à un monde en pleine mutation et de plus en plus fragmenté, un monde plus complexe, plus instable et, pour beaucoup, plus coûteux et imprévisible.
    Dans ce contexte, les Canadiens ont fait ce qu’ils ont toujours fait: retrousser leurs manches, se soutenir mutuellement et s’adapter. Ce travail nous concerne tous. C’est le moment pour le Canada de bâtir ensemble. Hier, les citoyens de Scarborough-Sud-Ouest, de Terrebonne et d’University—Rosedale ont renouvelé leur confiance en ce plan.
    Le ministre des Finances peut-il informer la Chambre des prochaines étapes de notre plan?
    Monsieur le Président, je vais remercier ma collègue de son excellent travail.
    Effectivement, le budget de 2025 est un plan générationnel pour investir dans le logement, dans les infrastructures, dans l'innovation et la productivité et dans la défense. Nous allons bâtir ensemble l'économie la plus forte du G7.
    J'aurai le plaisir de présenter devant la Chambre le 28 avril prochain l'énoncé économique du printemps. Nous allons continuer de bâtir un Canada inclusif, un Canada fort pour tous les Canadiens.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, l'Iran est un pays qui viole systématiquement les droits de la personne; c'est pourquoi le gouvernement l'a officiellement désigné comme un État soutenant le terrorisme aux termes de la Loi sur l'immunité des États. Or, mercredi dernier, le gouvernement libéral a voté en faveur de l'adhésion de l'Iran au Comité du programme et de la coordination des Nations unies, qui planifie, organise et coordonne les activités des Nations unies liées aux droits de la personne.
    Pourquoi le gouvernement a-t-il voté en faveur de l'adhésion de l'Iran à ce comité?
    Monsieur le Président, le premier ministre a été très clair. Nous veillons actuellement à ce que les civils et les infrastructures civiles soient protégés et à ce que le droit international soit respecté, et nous défendrons la sécurité des Canadiens où qu'ils se trouvent dans le monde. Nous continuerons de surveiller les efforts déployés en Iran.

La santé

    Monsieur le Président, il y a deux mois, la ministre de la Santé s'est qualifiée de « gardienne de la Loi canadienne sur la santé » devant la Chambre; pourtant, après des mois de tergiversations, elle n'a toujours pas agi alors que Danielle Smith élargit le système de diagnostics payants à l'américaine et qu'elle met en place un système de santé à deux vitesses. Les Canadiens ne peuvent plus se permettre ces atermoiements alors que notre système de santé universel est mis à mal.
    Si la ministre est vraiment la gardienne de la loi, pourquoi met-elle autant de temps à l'appliquer et à stopper la dégradation de notre système de santé public?
    Monsieur le Président, je comprends les préoccupations exprimées par mon collègue de l'opposition. Oui, je suis la gardienne de la Loi canadienne sur la santé, et nous travaillons en étroite collaboration avec toutes les provinces et tous les territoires. Nous savons que l'Alberta s'engage dans une certaine direction. Mon ministère est actuellement en pourparlers avec l'Alberta. Je vais m'entretenir avec mes homologues et en discuter avec le député.

Les sciences et l'innovation

    Monsieur le Président, ma question touche au cœur du sujet: le gouvernement respecte‑t‑il la science?
     On entend parler de coupes budgétaires au sein d'Environnement et Changement climatique, notamment en ce qui concerne ses activités de recherche, ainsi qu'au sein d'Agriculture et Agroalimentaire Canada et de ses travaux de recherche essentiels. Des centaines de scientifiques du monde entier ont exprimé leur inquiétude face à la disparition d'un segment entier de nos capacités scientifiques dans le domaine de la taxonomie des insectes.
    Le premier ministre a‑t‑il consulté sa conseillère scientifique en chef au sujet de ces coupes budgétaires avant l'envoi des avis de licenciement?
    Monsieur le Président, comme le sait la députée, nous avons réalisé des investissements sans précédent dans les sciences et la recherche dans le cadre du budget 2024, et maintenant dans le budget 2025, grâce à notre programme de chaires de recherche Impact+. Une partie de notre travail s'inscrit dans le cadre des activités scientifiques du gouvernement, et notre conseillère scientifique en chef, qui travaille d'arrache-pied, nous donne de précieux conseils à ce sujet.
     Plus important encore, et à plus grande échelle, nous réalisons des investissements considérables par l'entremise de chercheurs de l'extérieur du gouvernement. J'ai récemment eu l'occasion de me rendre sur l'île de Vancouver et de visiter Ocean Networks Canada lorsque j'ai accompagné mon collègue le député de Victoria au Pacific Marine Institute for Marine Energy Discovery de l'Université de Victoria et au Centre for Aerospace Research à North Saanich. Je me réjouis à l'idée de poursuivre ce travail avec cette députée et avec le député de Victoria.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

(1510)

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les taxes sur les carburants

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, le plan en quatre points à l'étude à la Chambre aujourd'hui est le suivant: supprimer la taxe d'accise sur les carburants, qui coûte 10 ¢ le litre, pour le reste de l'année 2026; supprimer la TPS sur l'essence et le diésel, qui coûte 8 ¢ le litre, pour le reste de l'année 2026; supprimer définitivement la taxe liée à la norme sur les combustibles propres, qui coûte 7 ¢ le litre; et supprimer définitivement la taxe sur le carbone pour les industries.
    Si l'on observe la situation chez bon nombre de nos alliés un peu partout dans le monde, on constate que l'Australie a réduit de moitié les taxes sur l'essence et le diésel pendant trois mois. L'Allemagne a annoncé une aide de 1,9 milliard de dollars relative au prix du carburant. L'Irlande a réduit ses droits d'accise à hauteur de 10 ¢ le litre. L'Espagne, l'Italie, l'Autriche et le Portugal ont tous pris des mesures en ce sens, mais le Canada, un pays qui produit son propre pétrole, est celui qui en a fait le moins parmi tous ces pays.
     Il est temps que le premier ministre écoute les Canadiens et soutienne notre plan visant à laisser plus d'argent dans les poches des gens et à rendre la vie plus abordable au pays. Il a franchi ce matin la première étape de notre plan conservateur. La Chambre peut désormais faire le reste.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon extraordinaire collègue de Vaughan—Woodbridge de son excellent discours, qui a été interrompu par une série de propos insignifiants lors de la période des questions, selon lesquels les libéraux auraient réinventé l'abordabilité pour la énième fois depuis qu'ils ont provoqué cette crise du coût de la vie quand ils ont pris le pouvoir il y a 11 ans. Je me demande si mon collègue pourrait nous en dire un peu plus sur le caractère superficiel de l'annonce qu'ils ont faite plus tôt aujourd'hui et sur ce à quoi pourrait ressembler un véritable répit pour les familles canadiennes.
    Monsieur le Président, bien sûr, nous ne devrions pas être surpris par le plan annoncé aujourd'hui par le premier ministre libéral. Bien qu'il reprenne l'un des quatre volets de notre plan visant à rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, tout ce que fait le gouvernement libéral, en particulier sous l'actuel premier ministre, c'est prendre des demi-mesures.
    Les libéraux ne cessent de vanter toutes les choses extraordinaires qu'ils comptent accomplir, la manière dont ils vont aider les gens et rendre la vie plus abordable, mais leurs actes ne correspondent jamais vraiment à leurs paroles. Voilà pourquoi notre plan vise à aller encore plus loin et plus en profondeur, afin que les Canadiens puissent économiser plus d'argent.
    Nous voulons supprimer la taxe sur le carbone pour les industries, abolir la norme sur les combustibles, suspendre la taxe d'accise jusqu'à la fin de l'année et, surtout, poursuivre notre combat pour les travailleurs et les travailleuses du pays afin de rendre la vie plus abordable pour eux.
(1515)
    Monsieur le Président, tout d'abord, j'ai écouté très attentivement les observations du député. Il sait que j'ai beaucoup de respect pour lui. Cependant, en toute franchise, ne s'agit-il pas simplement d'une astuce politique facile pour essayer de marquer des points?
    Notre nouveau gouvernement a fait une annonce. Nous suspendons la taxe d'accise sur les carburants, offrant ainsi un véritable répit aux Canadiens. Nous avons également aboli la taxe sur le carbone pour l'essence, ce qui a fait baisser le prix du carburant de plus de 24 ¢ le litre. Ne s'agit-il pas là d'une astuce politique facile pour tenter de sauver un Parti conservateur en déroute?
    Monsieur le Président, mon collègue sait que j'ai aussi beaucoup de respect pour lui. Cela dit, de ce côté-ci de la Chambre, nous savons très bien que les libéraux viennent d'obtenir une majorité coûteuse, non pas à la suite d'un passage aux urnes, mais en recourant à des manœuvres sournoises pour amener des politiciens de la Chambre à trahir leurs propres électeurs et concitoyens.
    Bien entendu, il n'y a rien de politique ni de dérisoire à redonner de l'argent aux Canadiens et aux Canadiennes, qui travaillent très fort. Ceux-ci ne verraient rien de politique ni de dérisoire à l'élimination de la TPS sur l'essence et le diésel, pour une économie de 8 ¢ le litre, à l'abolition permanente de la norme sur les combustibles, pour une économie de 7 ¢ le litre, ni à la suppression de la taxe sur le carbone pour les industries, qui est sur le point de passer à 170 $ la tonne, ce qui est tout à fait inacceptable.
    C'est le gros bon sens. Lorsqu'on ajoute des intrants, les coûts augmentent et le prix de tout s'en ressent. À l'inverse, lorsqu'on élimine ces intrants, les coûts diminuent. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement libéral n'arrive pas à saisir cette réalité pourtant très simple.
    Monsieur le Président, il est clair que le premier ministre a cédé aux pressions des conservateurs aujourd'hui en annonçant qu'il allait réduire le coût à la pompe. Cela n'aurait pas été possible sans le travail acharné effectué de ce côté-ci de la Chambre. Cependant, cette mesure est insuffisante.
    Mon très bon ami et collègue peut-il expliquer pourquoi il est essentiel pour les gens de sa circonscription que nous votions demain en faveur de la motion visant à faire économiser encore plus d'argent aux Canadiens?
    Monsieur le Président, dans ma circonscription, Vaughan—Woodbridge, comme dans de nombreuses circonscriptions partout au pays, les gens trouvent qu'il leur en coûte de plus en plus cher de faire le plein à la station-service. Très simplement, quand on examine les discours qui sous-tendent les mesures annoncées par le gouvernement libéral, comme je l'ai dit dans mon discours, on constate qu'ils ne correspondent jamais à la réalité. Il est très malheureux que le gouvernement ait décidé de ne retenir qu'une partie de notre plan visant à rendre la vie plus abordable pour les Canadiens.
    Le premier ministre a dit qu'il voulait collaborer et travailler avec nous. S'il veut que ses beaux discours correspondent à la réalité, il doit adopter le reste de notre plan, aller jusqu'au bout, supprimer la TPS sur l'essence et le diésel, supprimer la norme sur les combustibles, supprimer la taxe sur le carbone pour les industries et travailler avec nous afin de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de St. Catharines, qui prendra la parole après moi. C'est un grand plaisir de prendre part à ce débat d'aujourd'hui sur cette question qui touche l'ensemble de la population canadienne.
    Notre gouvernement est bien au fait des pressions liées à l'augmentation du coût de la vie au Canada, et plus particulièrement à la hausse du prix des carburants alors que le monde vit de très grandes tensions politiques. Partout au pays, nous avons vu récemment le prix de l'essence augmenter en flèche et cela cause des difficultés financières à bien des Canadiens et des Canadiennes. Aller faire le plein à la station-service est devenu une source d'anxiété pour bien des gens. Nous comprenons bien cette problématique. C'est pourquoi nous avons décidé de mettre en place une mesure concrète pour donner un répit aux consommateurs.
    Comme on le sait, le premier ministre a annoncé il y a quelques heures que le gouvernement va suspendre la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel dès lundi prochain, soit le 20 avril, et ce, jusqu'à la fête du Travail, le 7 septembre prochain. La taxe d'accise fédérale est présentement à dix sous le litre pour l'essence et quatre sous le litre pour le diésel. Pendant cette période, nous estimons que cette suspension temporaire de la taxe d'accise sur l'essence et le diésel permettra aux consommateurs canadiens d'économiser jusqu'à 5,75 $ sur un plein de 50 litres d'essence ordinaire ou encore 2,30 $ sur un plein de diésel. Cette suspension représente un allégement total dépassant 2,3 milliards de dollars en 2026.
    Le nouveau gouvernement du Canada travaille activement à rendre la vie plus abordable pour tous les Canadiens. Par exemple, nous accordons d'importantes réductions d'impôts pour alléger la charge fiscale des Canadiens. En effet, depuis le 1er juillet 2025, les Canadiens paient moins d'impôts, le gouvernement ayant baissé le premier taux marginal d'imposition sur le revenu des particuliers de 15 % à 14 %. Grâce à cette mesure, près de 22 millions de Canadiens bénéficient d'un allégement fiscal pouvant atteindre 420 $ par personne, ce qui représente une économie pouvant atteindre 840 $ par famille à deux revenus cette année.
    Notre gouvernement a également éliminé la TPS pour les premiers acheteurs d'une maison neuve dont le prix peut atteindre 1 million de dollars et a réduit la TPS pour les premiers acheteurs d'une maison neuve dont le prix se situe entre 1 million et 1,5 million de dollars. De plus, nous offrons une aide à plus de 12 millions de Canadiens à faible revenu ou à revenu modeste pour leur permettre de subvenir à leurs besoins quotidiens grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Plus précisément, nous verserons un supplément unique dès que possible ce printemps, équivalant à une augmentation de 50 % de la valeur annuelle du crédit pour la TPS pour 2025‑2026. Cette mesure permettra d'offrir une aide immédiate de 3,1 milliards de dollars à 12 millions de Canadiens qui reçoivent actuellement le crédit pour la TPS. Après ce versement unique effectué au printemps, les familles et les personnes admissibles au Canada recevront à compter du mois de juillet 2026 des versements réguliers bonifiés dans le cadre de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels.
    À titre informatif et au bénéfice de ceux qui écoutent présentement la Chambre des communes à la télévision, les gens qui reçoivent le crédit de TPS n'ont rien à faire. Ils vont avoir l'allocation de l'épicerie. Ils n'ont aucune action à faire, ne serait-ce que remplir leur déclaration de revenus. Si on fait sa déclaration de revenus, justement, on va avoir tous les bénéfices sans rien faire de plus. En effet, la valeur de la prestation augmentera de 25 % pendant cinq ans à partir de juillet 2026, ce qui représentera un soutien supplémentaire de 8,6 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. La prestation sera versée au début de chaque trimestre afin de permettre aux familles d'accéder rapidement aux fonds pour les aider à couvrir leurs dépenses quotidiennes. Grâce à ces mesures, une famille de quatre personnes recevra jusqu'à 1 890 $ cette année et environ 1 400 $ par année pendant les quatre prochaines années grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels.
(1520)
     Une personne seule, quant à elle, recevra jusqu'à 950 $ cette année et environ 700 $ par année pendant les quatre prochaines années.
    Dès son entrée en fonction, le premier ministre a aboli la taxe fédérale sur les carburants à la consommation, applicable à compter du 1er avril 2025, ce qui a permis aux Canadiens de réaliser des économies directes à la pompe. Le gouvernement a également supprimé l'obligation pour les provinces et les territoires d'imposer un prix du carbone aux consommateurs à compter de cette date. Ces mesures ont contribué à réduire le prix de l'essence dans la plupart des provinces et des territoires d'environ 18 ¢ le litre par rapport à 2024‑2025.
     Cette mesure a contribué à réduire l'inflation et à diminuer le coût de la vie pour tous les Canadiens. De plus, notre gouvernement a pérennisé le Programme national d'alimentation scolaire du Canada, qui fournit des repas scolaires à près de 400 000 enfants chaque année, permettant ainsi aux familles participantes ayant deux enfants scolarisés d'économiser environ 800 $ par année sur leurs courses lorsqu'ils vont à l'épicerie.
     Nous avons également instauré les prestations fédérales automatiques, à compter de l'année d'imposition 2026, afin de garantir que jusqu'à 5,5 millions de Canadiens à faible revenu reçoivent automatiquement les prestations auxquelles ils ont droit d'ici l'année d'imposition 2028, notamment l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels et de l'Allocation canadienne pour enfants. De plus, nous avons mis en œuvre des mesures ambitieuses en faveur de la concurrence dans les secteurs des télécommunications et des finances afin de renforcer la concurrence et de réduire les prix, ce qui permet aux Canadiens de changer plus facilement de fournisseur et de payer moins de frais bancaires et de services.
    En conclusion, à une époque où les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et les tensions géopolitiques font augmenter les prix, notre gouvernement agit. Ce que notre gouvernement souhaite faire, c'est de bâtir une économie plus forte afin de créer plus d'occasions d'emplois et de meilleurs salaires. Parallèlement, nous réduisons les coûts pour rendre la vie plus abordable partout au pays. C'est ainsi que nous pourrons offrir à un plus grand nombre de Canadiens et de Canadiennes plus de certitude, de sécurité et de prospérité, maintenant et à l'avenir. De plus, avec la mesure annoncée aujourd'hui par le premier ministre, nous allons donner du répit additionnel aux consommateurs canadiens relativement à l'essence et au diésel. Ils pourront alors économiser un peu de leur argent durement gagné et se procurer d'autres biens dont leur famille a besoin.
     Notre gouvernement bâtit une économie plus forte afin de rendre la vie plus abordable pour tous les Canadiens. À cette fin, nous établissons de nouveaux partenariats commerciaux et d'investissement à l'étranger et renforçons nos atouts au pays afin de créer de belles perspectives de carrière et des salaires plus élevés pour les Canadiens. Comme mes collègues le savent sûrement, je siège au Comité permanent du commerce international. Nous travaillons très fort pour avoir d'autres accords commerciaux afin d'être moins vulnérables face au pays au sud de la frontière. Nous travaillons très fort et cela va donner de bons emplois ici, au Canada.
     De plus, nous mettons en œuvre un certain nombre de mesures concrètes pour garantir que les Canadiens reçoivent le soutien dont ils ont besoin dès maintenant. Le gouvernement a instauré une série de nouvelles mesures pour réduire les coûts, notamment une baisse d'impôt pour 22 millions de Canadiens, une accélération du secteur de la construction résidentielle, ainsi que la production et l'expansion de programmes sociaux essentiels.
(1525)
    Monsieur le Président, ma collègue a brossé un beau tableau de toutes les mesures que nous mettons en place pour aider les Canadiens dans un contexte qui est volatile et complexe. Nous savons que le prix du carburant est très imprévisible en raison de toutes les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement au Moyen-Orient.
    Comment la mesure annoncée aujourd'hui relativement à la taxe d'accise va-t-elle permettre à des transporteurs routiers, notamment ceux du secteur de l'alimentation et de l'agriculture, d'avoir moins de dépenses?
    Monsieur le Président, effectivement, l’essence, ce n'est pas seulement pour les particuliers, c’est aussi partout dans la chaîne d’approvisionnement. Si on réduit de 10 ¢ le prix du litre d'essence ordinaire et de 4 ¢ le prix du litre de diésel, c’est sûr et certain que ça aura un effet sur l’épicerie. On y a fait référence. Toute la chaîne logistique et le transport des marchandises seront touchés, c'est certain.
    Le conflit qui a lieu présentement au Moyen‑Orient, ce n’est pas nous qui l'avons créé, mais ça a des répercussions directes ici au Canada, mais pas seulement au Canada. Cela a des répercussions partout dans le monde. Le conflit qui se déroule a fait augmenter le coût du pétrole, et cela augmente, qu’on le veuille ou non, les coûts de l'approvisionnement.
    Monsieur le Président, ce matin, j’ai écouté l’annonce du gouvernement libéral. On parle de réduire le prix du diésel. Le diésel coûte présentement environ 2,75 $ le litre. Le gouvernement a annoncé une baisse de 4 ¢ le litre.
    Dans l’industrie du camionnage, un camion peut coûter entre 1 300 $ et 1 500 $ par jour en diésel. Est-ce que cette baisse de 4 ¢ va faire une énorme différence? Le gouvernement aurait-il pu être un peu plus généreux?
(1530)
     Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue, qui a eu obtenu la note A tantôt pour la présentation de sa question. Il faut quand même lui reconnaître cette expérience.
    En ce qui a trait à sa question, qui est très sérieuse, nous avons choisi de donner une réduction de 4 ¢ sur le litre de diésel. J’aimerais bien savoir ce que mes collègues pensent de notre plan de suspendre temporairement la taxe d’accise sur l’essence et le diésel. Est-ce qu’ils vont voter pour cela? Vont-ils voter pour notre plan?
    Aussi, les députés conservateurs peuvent-ils prédire avec confiance ce qui va arriver dans 6 à 12 mois? Il faut aussi considérer le fait que nous avons fixé une période, une fenêtre, soit du 20 avril au 7 septembre. Nous verrons comment évoluera la situation géopolitique dans le monde. Nous avons notre mot à dire, mais nous ne contrôlons pas tout ce qui se passe dans le monde, malgré le fait que nous essayons d’entretenir des liens avec tous et de faire avancer une politique inclusive et une bonne compréhension de la démocratie partout dans le monde.
    Monsieur le Président, c’est bien de donner un peu d’air à respirer aux contribuables lorsqu’ils achètent de l’essence, mais on sait que c’est un problème cyclique, qui va disparaître et qui va peut-être revenir. La solution à long terme ne serait-elle pas de financer davantage l’électrification des transports?
    À cet égard, on a vu un désengagement somme toute assez important de la part du gouvernement. Ma collègue est-elle d’accord avec moi pour dire que, si on veut régler cette question de façon définitive, la meilleure chose à faire est d’accélérer l’électrification des transports?
     Monsieur le Président, en ce qui concerne l'électrification des transports, au Québec, la flotte de voitures électriques est importante. C'est là qu'il y a le plus de voitures électriques sur nos routes. Le fédéral et le provincial avaient justement décidé d’investir pour que les gens aient une subvention lorsqu’ils achètent une voiture électrique.
    Je comprends la préoccupation de mon collègue. Nous sommes dans une situation difficile. La plupart des familles voient tous les prix augmenter et se demandent comment elles vont réussir à surmonter ça.
    Nous avons donc décidé de diminuer de 10 ¢ le litre le prix de l’essence ordinaire et de 4 ¢ le litre celui du diésel. Ça va commencer le 20 avril et ça va se poursuivre jusqu’au 7 septembre. On verra comment ça va, mais il faudrait donc que ça arrête dans le détroit d’Ormuz.

[Traduction]

     Monsieur le Président, partout dans le monde, les conflits et l'instabilité, notamment au Moyen‑Orient et avec les perturbations dans le détroit d'Ormuz, ont mis à rude épreuve l'approvisionnement mondial en pétrole. Les prix grimpent, et les Canadiens le ressentent. Ils le ressentent à la pompe, sur leur facture d'épicerie et dans le coût du transport des marchandises à travers le pays. Soyons clairs: les Canadiens ont raison de s'inquiéter. Cependant, dans des moments comme celui-ci, les Canadiens s'attendent à du sérieux. Ils s'attendent à un leadership fondé sur des faits, pas sur des slogans. Ils s'attendent à un plan qui s'attaque à la fois aux pressions immédiates auxquelles ils sont confrontés et aux défis structurels que nous devrons résoudre plus tard. C'est exactement ce que le gouvernement met en œuvre.
    Commençons par la réalité. Le Canada ne contrôle pas le cours mondial du pétrole. Nous ne contrôlons pas les conflits géopolitiques. Nous ne contrôlons pas les perturbations sur les voies maritimes internationales. Nous ne contrôlons pas les décisions de l'OPEP ni celles des autres grands producteurs. Ce que nous pouvons contrôler, et ce que nous devons contrôler, c'est la manière dont nous réagissons. Aujourd'hui, notre réponse est claire: un allégement immédiat pour les Canadiens, associé à une sécurité énergétique à long terme.
    Le premier ministre a annoncé, il y a quelques heures, que le gouvernement suspendrait temporairement la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diésel, d'avril jusqu'à la fête du Travail. Cette mesure entraînera de réelles économies pour les Canadiens. La réduction pourrait atteindre 10 ¢ le litre sur l'essence, somme qui restera dans les poches des Canadiens. Cette mesure entraînera des économies chaque fois qu'un parent fera le plein de sa voiture, chaque fois qu'une petite entreprise fera le plein d'un camion de livraison et chaque fois que des marchandises seront transportées dans le pays. Il s'agit d'une mesure ciblée, car c'est ainsi que nous agissons de manière responsable envers les Canadiens. Elle reconnaît que la flambée des prix que subissent les Canadiens est due à des facteurs extérieurs mondiaux, et non à une politique nationale à long terme. Elle apporte un soulagement sans compromettre la stabilité budgétaire dont dépendent les Canadiens.
     Comparons cette mesure à ce que proposent les conservateurs. Leur motion préconise des changements permanents et radicaux fondés sur des hypothèses concernant les cours du pétrole qu'ils ne peuvent tout simplement pas garantir. Tout leur plan dépend d'une seule chose: que les cours mondiaux du pétrole restent élevés. Nous avons déjà vu à quelle vitesse ils peuvent changer. Après l'annonce d'un cessez-le-feu, ils ont nettement baissé en quelques jours. La question est simple. Allons-nous fonder la politique budgétaire nationale sur des suppositions relatives aux marchés mondiaux du pétrole?
    C'est exactement ce que font les conservateurs. Comme l'indique la lettre adressée par le chef du Parti conservateur au premier ministre, leur plan table sur des milliards de dollars de recettes qui pourraient ne jamais se concrétiser et il prévoit des réductions d'impôts permanentes de plusieurs milliards de dollars qui creuseraient un trou dans les finances publiques. Ce n'est pas un plan sérieux dans une situation grave.
    En ce qui concerne les ressources naturelles, la portée du débat dépasse le simple cadre des impôts. C'est de la sécurité énergétique qu'il s'agit. La crise mondiale actuelle a révélé une vérité fondamentale, c'est-à-dire que les pays qui contrôlent leur avenir énergétique sont plus résilients que les autres qui, eux, sont dans une position vulnérable.
     Le Canada a de la chance. Nous faisons partie des grands pays producteurs d'énergie. Nous disposons des quatrièmes réserves prouvées de pétrole au monde. Nous sommes l'un des principaux producteurs de gaz naturel. Nous mettons en œuvre des projets d'envergure dans les domaines du gaz naturel liquéfié, de l'énergie nucléaire, de l'hydroélectricité et de l'électricité propre. Nous mettons cette force au service de nos propres intérêts, mais aussi de ceux de nos alliés. Les exportations d'énergie canadiennes sont en hausse. Le prolongement de l'oléoduc Trans Mountain achemine des volumes records de pétrole. Les exportations de gaz naturel liquéfié atteignent les marchés mondiaux. Le Canada joue un rôle clé dans la stabilisation de l'approvisionnement en cette période de volatilité. Voilà ce que ça veut dire d'être une superpuissance énergétique.
     Être une superpuissance énergétique signifie autre chose aussi. Cela signifie qu'on bâtit pour l'avenir. Pendant que nous faisons face à la flambée des prix actuelle, nous devons également veiller à ce que les Canadiens ne soient plus exposés à ce risque. C'est pourquoi le gouvernement investit dans l'électricité propre, le gaz naturel liquéfié à faibles émissions, l'énergie nucléaire et les infrastructures qui relient nos ressources aux marchés mondiaux. Nous construisons un système énergétique plus résilient, plus indépendant et plus abordable à long terme.
     Parlons de ce que ferait la motion conservatrice en réalité. En effet, elle ne porte pas seulement sur la taxe d'accise. Elle propose de supprimer le Règlement sur les combustibles propres. Elle propose d'éliminer la tarification du carbone pour les industries. Ce ne sont pas des changements mineurs. Il s'agit de politiques qui génèrent des dizaines de milliards de dollars d'investissements dans le secteur énergétique canadien, des investissements qui financent des projets comme le captage de carbone, les combustibles propres et la production à faibles émissions. Supprimer ces politiques ne rendrait pas le Canada plus fort, et la première ministre de l'Alberta l'a d'ailleurs précisé.
(1535)
    Cela rendrait le Canada moins concurrentiel. Cela signalerait aux investisseurs que le Canada délaisse les politiques mêmes qui nous aident à accéder aux marchés mondiaux et à créer une demande intérieure pour le canola et d'autres cultures afin de favoriser des combustibles plus propres. À l'heure où nos alliés exigent des énergies plus propres et plus responsables, c'est un risque que nous ne pouvons pas nous permettre de prendre.
     Il y a une autre conséquence que les conservateurs n'ont pas abordée. En effet, cette proposition aurait des répercussions concrètes sur le financement des infrastructures municipales. Les recettes de la taxe sur les carburants aident les villes de tout le pays à construire des routes, des réseaux de transport en commun, des infrastructures hydrauliques et des ouvrages résilients face aux changements climatiques. Ce ne sont pas des concepts abstraits; ce sont des ouvrages sur lesquels les Canadiens comptent tous les jours. Remettre en cause ce financement sans proposer de solution de remplacement crédible ferait peser les coûts sur les provinces, les municipalités et nos futurs contribuables. Ce que disent les conservateurs, c'est qu'ils se moquent de l'augmentation des impôts fonciers pour leurs concitoyens. Ils veulent remporter une victoire politique rapide et facile sans penser aux conséquences qu'elle aura chez eux. Je le répète: ce n'est pas responsable.
     Nous adoptons une approche différente. Nous sommes conscients que les Canadiens ont besoin d'aide aujourd'hui, et c'est pourquoi nous prenons des mesures pour réduire le prix de l'essence. Nous agissons de manière ciblée, temporaire et responsable. Nous accompagnons cette mesure d'un plan plus large visant à renforcer l'abordabilité, notamment en réduisant les impôts de la classe moyenne, en offrant de l'aide pour l'épicerie et les besoins essentiels, en investissant dans le logement, en réduisant le coût des services de garde et en favorisant une concurrence accrue dans les secteurs clés. En effet, la crise de l'abordabilité ne sera pas résolue par une seule mesure. Elle sera résolue par un plan global.
     Au fond, le débat d'aujourd'hui se résume à un choix simple: allons-nous réagir à l'instabilité mondiale par des mesures sérieuses et ciblées ou par des promesses permanentes et non financées? Allons-nous construire l'avenir énergétique du Canada ou allons-nous saper les politiques mêmes qui attirent des emplois et des investissements? Offrons-nous aux Canadiens un véritable répit aujourd'hui ou renforçons-nous notre résilience pour demain? Le gouvernement a fait ce choix. Nous apportons un répit immédiat aux Canadiens à la pompe. Nous faisons du Canada une superpuissance énergétique, et nous agissons d'une manière qui renforce notre économie, soutient nos travailleurs et offre aux Canadiens la certitude et la sécurité qu'ils méritent.
    Les Canadiens comprennent que nous ne pouvons pas contrôler ce qui se passe à l'étranger, mais ils comprennent aussi que nous pouvons contrôler la façon dont nous réagissons. Aujourd'hui, nous réagissons de façon responsable en faisant preuve de leadership et en proposant un plan clair pour bâtir un Canada plus fort. Pour ces raisons, j'exhorte tous les députés à rejeter cette motion et à appuyer une solution responsable pour les Canadiens.
(1540)
    Monsieur le Président, dans son discours, le député a parlé de l'importance de la sécurité et de la souveraineté énergétiques. Je crois qu'il a été élu en même temps que moi, en 2015. L'une des premières décisions du Cabinet de son parti a été d'annuler le projet d'oléoduc Northern Gateway, qui avait déjà été approuvé selon certaines conditions. Ils ont fait fuir tous ceux qui voulaient investir dans le projet Énergie Est. Ils ont fait fuir le promoteur privé du projet d'expansion du réseau Trans Mountain, ce qui a forcé sa nationalisation à grands frais.
    Je signale au député que le gouvernement de son parti a passé 10 ans à miner la souveraineté énergétique du Canada. Va-t-il s'excuser d'avoir mis le Canada dans la situation actuelle?
    Monsieur le Président, c'est intéressant. Le député prend la parole pour dire que nous nous opposons à l'exploitation des ressources énergétiques, mais il critique la construction d'un pipeline, l'oléoduc Trans Mountain. Pour être honnête, je m'y opposais à l'époque, mais le premier ministre Trudeau avait raison de dire qu'il fallait le construire parce que la situation serait bien pire aujourd'hui si ce pipeline n'avait pas été construit. Les conservateurs se sont montrés critiques, mais, à l'époque, nous avons fait construire ce pipeline.
    Les conservateurs ont passé des années à essayer d'acheminer le pétrole jusqu'à un terminal maritime, sans succès. Ils ont essayé d'imposer des projets et ont enfreint les droits des gens. Nous allons accomplir des choses, nous allons réaliser des projets de construction et nous allons le faire correctement.
     Uqaqtittiji, je tiens à remercier mon collègue de son excellent discours. Il a très bien exposé ce que les conservateurs ne semblent pas comprendre: ce qui se passerait, par exemple, si on mettait fin définitivement au Fonds de la taxe sur l'essence. Quelle incidence cela aurait-il sur des organismes comme la Fédération canadienne des municipalités, qui compte sur ce fonds?
     Monsieur le Président, c'est une excellente question. Les conservateurs priveraient les municipalités de financement. À l'approche des dernières élections, nous les avons entendus dire qu'ils considéraient les maires et les conseillers municipaux comme des ennemis. Leur chef a passé des semaines à vilipender les maires et les élus, les accusant d'être les méchants de ce pays en matière de logement et d'infrastructures. Ce que nous entendons aujourd'hui montre simplement que rien n'a changé et que les conservateurs priveraient les villes des fonds dont elles ont besoin pour les infrastructures.
    Ma collectivité, St. Catharines, et celles de tous les députés au pays utilisent ces fonds pour construire des routes et des ponts, pour édifier les infrastructures dont elles ont besoin et pour limiter l'augmentation des impôts fonciers. Les conservateurs supprimeraient tout cela et les laisseraient se débrouiller seules. Ils se moquent des impôts fonciers dans leurs propres collectivités, et les calculs approximatifs qu'ils présentent dans cette motion nous le démontrent sans équivoque.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue qui a évoqué le pipeline. Au moment où le projet a été lancé, il y a de nombreuses années, le coût était nettement inférieur. Je crois que le coût annoncé à l'époque était de 4,9 milliards de dollars. C'était lorsque le secteur privé devait acheminer ce pipeline jusqu'à la côte. J'aimerais simplement que le député réponde à une question élémentaire. Je peux y répondre à sa place s'il le souhaite. Le coût du projet était censé s'élever à 4,9 milliards de dollars. Il a fini par coûter bien plus que cela.
     Le député connaît‑il le coût final réel du projet? Il s'est avéré plus près des 30 à 40 milliards de dollars.
    Monsieur le Président, je suppose que c’est pour cela qu’on appelle ce segment la période des « questions et observations ». On peut poser une question pour la forme et y répondre soi-même avant de passer à un autre sujet.
    Cela montre toutefois que les conservateurs s'opposent à ce qu'ils réclament. Lorsqu'ils formaient le gouvernement, ils ont démontré pendant des années leur incapacité à mener quoi que ce soit à bien. C'est ahurissant. Tous les projets qu'ils ont lancés ont été bloqués par les tribunaux, mis en veilleuse, ou tout simplement rejetés. Ces projets auraient bafoué les droits des peuples autochtones, et se seraient opposés aux intérêts des premiers ministres provinciaux à la moindre occasion. Nous avons récemment entendu le chef de l’opposition déclarer qu'il agirait exactement de la même manière. Les conservateurs n'ont tiré aucune leçon pendant le temps qu'ils ont passé dans l’opposition. Le chef de l’opposition, quant à lui, n'a rien appris lorsqu'il faisait partie du Cabinet et qu'il a vu que l'ensemble des projets énergétiques que son gouvernement comptait imposer de force aux Canadiens ont été rejetés et bloqués. Les conservateurs n'ont rien appris, ni lorsqu'ils étaient au pouvoir ni durant leurs années dans l'opposition.
(1545)
    Monsieur le Président, l'annonce que le premier ministre a faite tout à l'heure sur le répit à la pompe pour les Canadiens n'est qu'une mesure improvisée. Par rapport au plan que proposent les conservateurs, les libéraux offrent le tiers de l'allégement pour un tiers de l'année. C'est ce qu'ils offrent pendant que le prix de l'essence et du diésel monte en flèche partout au pays et dans le monde. Selon l'adage, on contrôle seulement ce qu'on peut contrôler. C'est particulièrement vrai dans le contexte de la guerre en Iran, parce que le Canada ne peut pas y faire grand-chose. Par contre, ce que nous pouvons contrôler, ce sont les taxes que les Canadiens paient à la pompe. En ce moment, on parle de 25 ¢ le litre d'essence et de 21 ¢ le litre de diésel en taxes fédérales.
    Ce que les libéraux ont annoncé aujourd’hui ne représente qu’une partie des mesures d’allégement que nous proposons, et ce, seulement jusqu'à la fête du Travail. Les conservateurs, en revanche, proposent d'offrir aux Canadiens un allégement réel et notable à la pompe, et ils ne se contentent pas de supprimer la taxe d’accise fédérale sur l'essence de 10 ¢ le litre. Les libéraux ont pris cette mesure, mais ce qu’ils n’ont pas fait, c’est de supprimer leur dernière taxe, que j’appelle la taxe cachée sur le carbone. Ils parlent d'une norme sur les combustibles propres, mais il s’agit en fait de leur nouvelle taxe sur le carbone fédérale de 7 ¢ le litre. Ils la maintiennent, ainsi que, bien sûr, la portion de la TPS qui s’y ajoute, ce qui représente environ 8 ¢ le litre. Nous avons affaire à une demi-mesure en la matière.
    Ce que les conservateurs réclament, en ce qui concerne l’essence et le diésel, c’est un allégement total de 25 ¢ le litre sur le prix de l’essence et de 21 ¢ le litre sur le prix du diésel pour le reste de l’année 2026. Cela permettrait à une famille de quatre personnes de garder environ 1 200 $ de plus dans ses poches cette année. À chaque plein d'essence, cette famille économiserait 20 $. C'est un allégement réel et notable.
     Je tiens à préciser un point essentiel à ce sujet. Nous pouvons nous le permettre, car, en raison de la hausse du prix du pétrole, les libéraux vont recevoir une manne financière d'environ 10 milliards de dollars de recettes supplémentaires inattendues. La suppression complète des taxes fédérales sur l’essence et le diésel pourrait être financée simplement par les recettes supplémentaires qui vont déjà être perçues et par le fait que les Canadiens paient déjà des prix plus élevés. Offrons aux Canadiens un allégement réel et notable à la pompe.
    Beaucoup de gens ici connaissent sans doute l'histoire de ma famille. Mon père et ma mère ont été pendant de nombreuses années propriétaires d'une entreprise de camionnage. Mon père vient de prendre sa retraite, il y a deux ou trois ans, de l'entreprise, JED Express, que nous sommes fiers d'exploiter à South Mountain, en Ontario, depuis de nombreuses années, voire des décennies. Je suis très fier que mon père ait bâti lui-même une entreprise à partir de rien, jusqu’à en faire l’une des sociétés les mieux gérées du Canada plusieurs années de suite. Mon père profite maintenant d’une retraite heureuse, entre parties de pickleball et parcours de golf. Je tiens à souligner notre expérience dans le camionnage et notre histoire dans ce secteur dans lequel j’ai grandi.
    Lorsque nous parlons de la possibilité de faire baisser les prix pour les Canadiens en ce qui concerne l’alimentation et le transport des marchandises dans tout le pays, notre projet de réduire le prix du diésel de 21 ¢ par litre, soit la totalité de la taxe fédérale sur l’essence, ferait bouger les choses concrètement et plus que ce que proposent les libéraux, c'est-à-dire une réduction du prix du diésel de 4 ¢ par litre. Ce ne sont que quelques sous par rapport aux milliards de dollars de recettes supplémentaires qu’ils percevront au cours des prochains mois grâce à la hausse des cours du pétrole.
    Dans l'industrie du camionnage, très souvent, les tarifs sont déterminés en fonction d'un tarif de base établi par une entreprise de camionnage ou un propriétaire-exploitant et d'un supplément pour le combustible, qui est le prix réel du combustible les jours visés. Au lieu de réduire le prix de l'essence de 4 ¢ le litre, comme le proposent les libéraux — nous le réduirions de 21 ¢ le litre —, nous réduirions immédiatement le supplément pour le combustible, nous réduirions le coût du camionnage et nous réduirions immédiatement le coût du transport des aliments et des marchandises dans tout le pays. C'est une mesure concrète qui permet d'accorder un allègement quand il y a une forte inflation du prix des aliments. Je suis fier de tirer parti de mon expérience dans l'industrie du camionnage et de dire que le plan des conservateurs en ferait plus afin de réduire les coûts que paient les Canadiens pour la nourriture et le transport des marchandises.
(1550)
     Les libéraux ne cessent de proposer des mesures improvisées. Pour le dire autrement, je vais reprendre cette vieille formule que j'utilise souvent en politique et dans le cadre de mon travail: parfois, la meilleure idée est celle que les autres ont déjà trouvée. En effet, c'est la stratégie adoptée par le gouvernement libéral, mais ses mesures sont loin d'être abouties.
    Nous l'avons vu avec la taxe sur le carbone, que les libéraux n'ont abolie qu'après des années et des années de pression incessante de la part des conservateurs. Les libéraux savaient qu'ils étaient dans une position politique si précaire qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de l'abolir. Pendant des années, ils ont défendu les remises, ils ont affirmé que leurs taxes n'entraînaient aucun coût supplémentaire pour les Canadiens, et ils ont soutenu qu'ils pouvaient simplement ajouter ces taxes à la pompe sans faire augmenter le coût des marchandises, l'inflation, le prix du carburant et les coûts d'exploitation des entreprises.
    Aujourd'hui, on se retrouve plutôt avec une mesure qui est loin d'être aboutie. La taxe sur le carbone pour les industries est en vigueur et elle vient d'augmenter, le 1er avril dernier. Elle va faire grimper les dépenses d'exploitation des entreprises, ce qui alimentera l'inflation au pays. Personne ne croit que l'ajout de taxes, où que ce soit dans l'économie, ne se répercute pas sur les prix que paient les consommateurs à l'achat de produits et de services au pays.
     Supprimer la taxe sur le carbone pour les consommateurs tout en conservant celle pour l'industrie, c'est une mesure qui est loin d'être aboutie. C'était aussi une tentative loin d'être aboutie de reprendre l'idée des autres, car les libéraux ont instauré la fameuse Norme sur les combustibles propres. À l'heure actuelle, celle-ci s'élève à 7 ¢ le litre sur l'essence. Les libéraux refusent de la supprimer, et la situation ne va qu'empirer. Non seulement la norme restera en vigueur pour les prochains mois et qui sait jusqu'à quand, mais elle va passer des 7 ¢ le litre actuels à 17 ¢ le litre d'ici 2030.
     Les Canadiens n'ont pas les moyens de payer ça, pas plus les retraités que les jeunes ou les parents qui reconduisent leurs enfants au hockey ou au soccer, qui font simplement l'épicerie ou qui navettent entre la maison et le travail. Ne parlons même pas de vouloir partir en vacances en famille. Cette année, ces 7 ¢ le litre devraient rester dans les poches des Canadiens au lieu de finir dans les coffres des libéraux.
     Nous avons parlé de mesures maladroites. Le gouvernement ne propose pas d'allègements importants et ne prend pas au sérieux l'aide à apporter. Le contraste ne pourrait pas être plus flagrant. Les libéraux veulent offrir un tiers de l'aide sur un tiers de l'année, contrairement à ce que préconisent les conservateurs.
     En définitive, il est important que les Canadiens sachent que les conservateurs sont de leur côté, qu'ils se battent pour eux et qu'ils luttent pour faire baisser les coûts et les factures d'essence à la grandeur du pays. Il est important de savoir qu'au bout du compte, ce sont les hausses constantes et les taxes libérales sur tout qui rendent la vie plus chère à la grandeur du pays.
     Les libéraux refusent obstinément d'aller jusqu'au bout et d'accorder un allègement complet et notable. Ils n'offrent qu'une réduction de 10 ¢ sur le prix de l'essence, alors qu'il était possible d'offrir une réduction de 25 ¢ en supprimant toutes les taxes fédérales.
    C'est très frustrant de voir que les coûts ne cessent d'augmenter. Le coût du gouvernement augmente. Le coût des déficits libéraux augmente. L'inflation augmente. Notre inflation alimentaire est la plus élevée du G7. Un seul autre membre du G7 a une croissance plus faible que la nôtre. En fait, le PIB a reculé au quatrième trimestre de l'année dernière, et les prévisions ne sont pas optimistes.
     Les Canadiens vont constater un effort continu de l'équipe conservatrice pour lutter en faveur d'un allègement réel et notable. Notre motion de l'opposition indique clairement que le plan annoncé par les libéraux ne va pas assez loin pour apporter un allègement notable aux Canadiens. Les libéraux pourraient supprimer la taxe d'accise sur l'essence de 10 ¢ le litre, ce qu'ils ont fait, mais ils pourraient aller plus loin. Ils pourraient supprimer la TPS de 8 ¢. Ils pourraient supprimer la taxe liée à la Norme sur les combustibles propres de 7 ¢. Ils pourraient offrir un allègement de 25 ¢ le litre. Pour le diésel, ce total s'élève à 21 ¢ le litre. Cela pourrait aider les familles et les entreprises à un moment où elles en ont vraiment besoin.
     Nous continuerons à défendre l'abordabilité dans ce pays et nous ferons savoir aux Canadiens que nous sommes de leur côté.
(1555)
     Monsieur le Président, comme gouvernement, nous sommes fiers du travail accompli par le premier ministre qui a permis d'annoncer aujourd'hui la suppression de la taxe d'accise fédérale, comme le député l'a, je l'espère, reconnu dans ses propos.
     Je me suis entretenu aujourd'hui avec des agriculteurs de l'Ontario, des producteurs de maïs et des acteurs du marché de l'éthanol qui contribuent à réduire les émissions liées aux carburants. C'est également un élément très important pour les revenus à la ferme. En effet, les agriculteurs de l'Est de l'Ontario bénéficient de la norme sur les combustibles propres, qui permet de réduire les émissions et d'augmenter les retombées dans les collectivités rurales.
     Le député représente une circonscription rurale de l'Ontario. Des agriculteurs de sa circonscription bénéficient de cette politique. En fin de compte, cette politique réduit les émissions et stimule les revenus d'investissement dans les régions rurales du Canada. Pourquoi les conservateurs s'opposent-ils à cette politique, et pourquoi n'ont-ils absolument rien dit au sujet des agriculteurs de ce pays dans leur programme électoral d'avril 2025?
     Monsieur le Président, nous nous sommes battus pendant des années aux côtés des agriculteurs canadiens pour supprimer la taxe sur le carbone, ce que les libéraux ont refusé de faire pendant des années. Ce n'est qu'après une pression soutenue de la part des conservateurs — et lorsque le premier ministre a pris conscience de la situation politique dans laquelle il se trouvait — qu'il a finalement décidé d'aller de l'avant, et uniquement parce que les conservateurs avaient plaidé en ce sens.
    C'est bien là tout le problème avec les libéraux. Ils affirment que la taxe liée à la norme sur les combustibles coûte 7 ¢ le litre, mais elle va passer à 17 ¢ le litre. Cela inclut le prix du diésel, qui est largement utilisé dans les fermes canadiennes. Ils disent que tout le monde y gagnera en payant 17 ¢ de plus le litre dans les années à venir, sans aucune remise ni aucun avantage direct pour les agriculteurs. On nous a déjà fait le coup: « Ne vous inquiétez pas. Payez cette taxe supplémentaire, cela n'entraînera aucun coût supplémentaire pour l'agriculture ou les entreprises. » C'est tout simplement miraculeux. Maintenant, ils le savent et ils prétendent que la taxe sur le carbone pour les consommateurs a bien eu cet effet.
     Il est grand temps qu'ils fassent de même pour leur norme sur les combustibles qui coûte très cher aux agriculteurs.

[Français]

    Monsieur le Président, je comprends que mes collègues conservateurs soient préoccupés par l’inflation, l’augmentation du coût de la vie et celle du coût de l’essence. On sait que c’est cyclique. On sait que lorsqu’il y a une crise géopolitique, le coût de l’essence augmente.
    Cependant, il existe une solution à long terme, mais je n’entends jamais mes collègues conservateurs en parler. Cette solution, c’est l’électrification des transports. Si nous voulons être moins dépendants de l’essence et des fluctuations de prix, la meilleure solution que nous avons, c’est d’accélérer l’électrification des transports, en particulier au Québec, où l’hydroélectricité est abondante et à un coût très raisonnable.
    Donc, mon collègue ne juge-t-il pas que le gouvernement, en même temps qu’il réduit la taxe sur l’essence, devrait insister davantage sur l’électrification des transports?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis toujours ouvert aux nouvelles technologies et aux nouvelles façons de faire. C'est ainsi que le monde évolue et que les choses évoluent depuis des générations.
    Voici ce qui cloche avec l'approche du Bloc québécois et des libéraux, et je vais donner un exemple. Plus tôt cette semaine, lors de la période des questions, mon collègue le député de Regina—Wascana a posé une question au sujet de l'électrification du parc d'autobus de Regina. Le gouvernement fédéral a offert des centaines de millions de dollars en subventions pour qu'on achète au Canada des autobus électriques qui ne fonctionnent pas en hiver. Ils ne fonctionnent que pendant trois heures entre les recharges. On a complètement gaspillé l'argent des contribuables alors que la technologie nécessaire n'existe pas encore.
    Je suis tout à fait favorable à l'adoption de la technologie et au fait de donner aux municipalités et aux entreprises la possibilité de choisir ce qui leur convient le mieux. Voilà pour le premier aspect. Deuxièmement, lorsque ces technologies ne sont pas tout à fait au point, elles coûtent encore plus cher aux contribuables canadiens.
    Monsieur le Président, je sais que le gouvernement libéral affirme qu'il va réduire les taxes jusqu'en septembre, mais le plan des conservateurs prévoit une exonération totale des taxes jusqu'à la fin de l'année 2026.
    Je profite de cette occasion pour demander à mon collègue de nous expliquer en quoi notre proposition aiderait les habitants de sa circonscription et l'ensemble des Canadiens.
(1600)
    Monsieur le Président, c'est l'occasion de rappeler aux Canadiens que notre plan conservateur prévoit la suspension de toutes les taxes fédérales sur l'essence: la taxe d'accise, la taxe liée à la norme sur les combustibles propres et la TPS, pour un total de 25 ¢ par litre sur le prix de l'essence pour tout le reste de l'année 2026, et pas seulement jusqu'à la fête du Travail comme le proposent les libéraux, qui n'accordent qu'une réduction de 10 ¢ par litre sur une seule de ces taxes. Notre plan permettrait à une famille de quatre personnes d'économiser 1 200 $.
    La phrase que j'entendais très souvent quand j'étais jeune et que je commençais à m'intéresser à la politique, et qui fait de moi un conservateur, est une phrase que j'aimais entendre il y a des années: « L'argent est mieux dépensé par celui qui le gagne que par celui qui le perçoit. » Cet argent doit rester dans les poches des Canadiens pour leur apporter un soulagement réel et significatif face aux prix à la pompe.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de l'Ontario de m'avoir cédé une partie de son temps de parole. Je lui en suis sincèrement reconnaissant et je sais que les résidants de Brandon—Souris le seront également. C'est toujours un honneur de prendre la parole au nom des résidants de Brandon—Souris, la ville du blé, dans l'Ouest du Manitoba.
    La motion importante dont nous sommes saisis est simple, mais, si elle était mise en œuvre pleinement et correctement, elle constituerait un moyen très efficace de s'attaquer à un problème qui touche un grand nombre de Canadiens. Les prix de l'essence au Manitoba sont parmi les plus élevés que nous ayons connus depuis des années. C'est d'ailleurs le principal sujet dont on m'a parlé au cours des dernières semaines, que ce soit lors de mes visites de porte-à-porte ou dans les salles communautaires pendant la période de Pâques.
    Dans un pays aussi vaste que le Canada, se déplacer en voiture est souvent une nécessité plutôt qu'un choix, surtout dans les régions rurales que je représente. Ce n'est un secret pour personne que, depuis des années, les Canadiens sont aux prises avec un coût de la vie trop élevé à cause du gouvernement libéral. Malheureusement, on constate qu'après 11 ans au pouvoir, ses déficits coûteux et ses dépenses incontrôlées ne cessent de croître. Les libéraux n'hésitent pas à utiliser l'argent durement gagné par les contribuables canadiens pour financer des tracasseries administratives, des consultants, des trains majestueux qui ne desservent pas les provinces des Prairies et des projets ratés qui n'apportent rien aux habitants de ma région.
    Après 10 ans de taxes libérales, les habitants de l'Ouest du Manitoba ont grandement besoin d'un répit. On a du mal à le croire, mais les Canadiens continuent de voir les prix augmenter, alors qu'ils paient déjà des prix parmi les plus élevés du G7 pour leurs aliments — que beaucoup de mes concitoyens cultivent — et qu'ils n'ont pas payé leur essence aussi cher depuis des années. Plus tôt ce mois-ci, ils ont vu le prix du litre d'essence continuer de monter en flèche à cause de la guerre qui se poursuit en Iran.
    On ne peut pas reprocher aux Canadiens de penser que nos voisins subissent eux aussi ces prix hors de contrôle, car les libéraux parlent souvent d'une crise mondiale, sauf que ce n'est pas vraiment le cas. En fait, le 1er avril, les Américains payaient 20 ¢ de moins que nous pour un litre d'essence. Comment le gouvernement libéral explique-t-il que, lorsque des défis se présentent, il semble que les Canadiens se retrouvent à être les plus défavorisés du G7? La réponse est simple: les libéraux ne peuvent pas relever ces défis, mais les conservateurs le peuvent.
    Aujourd'hui, quatre taxes libérales sur les carburants sont à l'origine de l'écart considérable entre les prix affichés au Canada et ceux qu'on peut voir chez nos plus proches alliés. Sans égard pour l'annonce faite ce matin, le gouvernement libéral impose actuellement, premièrement, sa taxe d'accise sur les carburants, qui coûte 10 ¢ le litre aux Canadiens. Deuxièmement, il y a la taxe sur le carbone, que le gouvernement a simplement rebaptisée « norme sur les combustibles » et qui ajoute 7 ¢ supplémentaires par litre. La troisième est la taxe sur les produits et services — la TPS —, qui s'applique à l'essence et au diésel, et qui ajoute 8 ¢ de plus à chaque litre de carburant. Enfin, la quatrième est la taxe sur le carbone pour les industries, qui passera à 170 dollars la tonne et entraînera, selon les projections, la perte de 50 000 emplois et un recul de 1,3 % de notre économie.
    Au total, les quatre taxes ajoutent 25 ¢ par litre d'essence et 21 ¢ par litre de diésel que les Canadiens achètent. Chacune de ces taxes s'accumule rapidement à la pompe, mais étant donné que les prix étaient déjà élevés avant même que ces hausses brutales ne nous frappent, les Canadiens ressentent une pression encore plus forte. Tout cela s'ajoute au bilan désastreux des libéraux dans le secteur pétrolier et gazier, secteur dont je suis le fier représentant pour le Manitoba.
(1605)
    Les libéraux parlent de résilience face aux facteurs mondiaux qui influent sur les prix à l'échelle internationale. S'ils avaient permis la construction de pipelines et si nous avions raffiné davantage de pétrole au Canada il y a 10 ans, le Canada aurait été plus résilient devant un conflit mondial qui a des répercussions sur le prix mondial du pétrole et du gaz. Malheureusement, ils ont manqué de vision en faisant obstacle aux grands projets d'infrastructure d'intérêt national qui étaient en cours sous les conservateurs et, maintenant, les Canadiens en paient littéralement le prix.
    Le premier ministre prétend que les libéraux suspendront temporairement la taxe d'accise sur le carburant pendant quelques mois seulement, mais rien n'a encore été fait. Si des progrès tangibles avaient été réalisés pour accroître la capacité nationale au cours des 11 dernières années, les Canadiens auraient été beaucoup mieux protégés contre les prix du carburant auxquels ils font face aujourd'hui. Hélas, les libéraux n'ont pas tenu compte des appels des conservateurs, et voilà où nous en sommes.
    Il s'agit de faits que les libéraux refusent d'admettre et qui privent les Canadiens de leur gagne-pain. Selon de nombreux anciens conseillers économiques libéraux, alors que les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts, les libéraux, eux, profitent de la hausse du prix du pétrole. C'est exact. Les Canadiens seront peut-être choqués d'apprendre que chaque augmentation de 10 $ du prix du baril de pétrole se traduit par une augmentation d'environ 2 milliards de dollars des recettes du gouvernement fédéral. Faisons le calcul. Le prix du pétrole a augmenté de 45 $ à 50 $ au cours des dernières semaines. Donc, si les prix restent à leur niveau actuel, le gouvernement libéral pourrait percevoir de 9 à 10 milliards de dollars de plus cette année. Entretemps, les recettes fiscales dont j'ai parlé tout à l'heure permettront au gouvernement fédéral d'engranger 5 milliards de dollars. C'est de l'argent pris directement dans les poches des Canadiens, qui sont obligés de payer ces prix élevés à la pompe.
    Les agriculteurs du Manitoba sont sur le point de se rendre dans les champs pour les semailles de 2026. Alors que les familles ont déjà resserré leur budget pour faire l'épicerie, il est inadmissible que les libéraux prennent encore davantage d'argent dans les poches des Canadiens pour le consacrer à leurs projets favoris, qui profitent aux proches et à l'élite du Parti libéral. Il faut laisser cet argent dans les poches des Canadiens pour qu'ils puissent continuer à mettre de l'essence dans leur voiture et à se nourrir. Au cours des deux dernières semaines, les conservateurs ont présenté un plan à cette fin.
    Lorsque les familles ont du mal à joindre les deux bouts, les conservateurs défendent les intérêts des Canadiens. En tant que loyale opposition de Sa Majesté, les conservateurs ont présenté dans cette motion une mesure législative qui profiterait aux Canadiens dont les difficultés ont été trop longtemps ignorées par les libéraux, et c'est pourquoi je suis fier d'appuyer cette motion conservatrice aujourd'hui. Elle supprimerait la taxe d'accise sur les carburants et la TPS sur l'essence et le diésel jusqu'à la fin de 2026, et non pas seulement jusqu'en septembre, comme les libéraux l'ont proposé, et notre motion va plus loin en demandant la suppression définitive de la taxe sur les normes de carburant et de la taxe industrielle sur le carbone.
    Il ne s'agit pas d'une politique radicale. Partout dans le monde, les pays alliés ont déjà pris les devants sur le Canada. L'Australie, l'Autriche, l'Allemagne, l'Espagne, l'Irlande et l'Italie ont toutes pris l'initiative de réduire le prix de l'essence ou d'offrir une aide à la pompe. Leurs dirigeants comprennent les difficultés auxquelles leurs citoyens sont confrontés et ils ont réagi de la seule manière qui offre une aide réelle à la pompe. Pendant ce temps, le premier ministre du Canada prétendait que les libéraux étaient encore en train d'« examiner » la situation. Puis, ce matin même, il a suspendu une seule de ces taxes pour quelques mois.
     Cela ne prouve pas que les libéraux agissent dans l'intérêt des Canadiens; cela prouve qu'ils accusent un retard par rapport à nos alliés. Un véritable leadership, c'est prendre des mesures concrètes avant qu'il ne soit trop tard. Certes, les libéraux ont l'habitude de s'approprier nos mesures, ce qu'ils ont clairement tenté de faire aujourd'hui, mais, malheureusement, la suppression d'une seule des taxes fédérales que nous mentionnons dans la motion ne permettra pas d'obtenir les résultats dont les Canadiens ont désespérément besoin.
    La plupart des travailleurs de ma circonscription ne peuvent pas prendre le train ou le bus. Ils ne peuvent pas laisser leur voiture chez eux et se rendre à pied ou à vélo au travail, ou là où ils doivent se rendre. Telle est la réalité pour la plupart des personnes que je représente. Quelle que soit la raison pour laquelle ils doivent se déplacer en voiture, les Canadiens qui le font ne devraient pas être pénalisés par leur gouvernement pour cette raison.
    Sachant que notre cause est juste et que la solution est la bonne, notre parti présente aujourd'hui sa motion en toute bonne foi: nous exhortons les libéraux à accepter pleinement notre proposition pour ses mérites, nous leur demandons de l'examiner rapidement et nous espérons qu'ils la mettront en œuvre intégralement et sans délai. Les Canadiens comptent là-dessus.
(1610)
    Monsieur le Président, la Norme sur les combustibles propres n'est pas sans rappeler ce qu'avait fait le gouvernement Mulroney dans les années 1980, c'est-à-dire imposer aux entreprises d'éliminer le plomb du carburant utilisé par les Canadiens. En réalité, la Norme sur les combustibles propres est l'une des meilleures politiques pour réinvestir dans les collectivités rurales, car, pour les agriculteurs canadiens, notamment les producteurs de canola et de maïs qui fournissent de l'éthanol, il s'agit d'une source importante de revenus. Le député représente la circonscription de Brandon—Souris. Bon nombre des agriculteurs de cette région bénéficieraient de ces mesures à la ferme.
    Voici la question que je pose au député: pourquoi le Parti conservateur s'oppose-t-il autant à une mesure qui soutiendrait concrètement de nombreuses collectivités rurales dans les provinces des Prairies? Selon cette logique, suggère-t-il que nous devrions réintroduire l'essence au plomb au Canada parce que cela pourrait nous faire économiser des miettes? Est-ce là la position du Parti conservateur? Peut-être pourrait-il préciser quelle est la politique environnementale des conservateurs, s'il y en a une, et comment ils en évalueraient le coût.
    Monsieur le Président, malgré tout le respect que j'ai pour le député — et il est le bienvenu dans l'Ouest du Manitoba quand bon lui semble —, je n'ai pas encore trouvé un seul agriculteur de la région qui appuie la politique fiscale des libéraux en ce qui concerne la taxe sur le carbone ou les autres initiatives de grande envergure qui font grimper le prix du carburant.
    D'après ce que m'ont dit les agriculteurs, ils ont besoin de nouveaux débouchés pour exporter leur canola. Il y a beaucoup de gens à nourrir dans le monde. Nous avons besoin de capacités de trituration supplémentaires ici, au pays, pour créer de bons emplois, et nous devons ensuite trouver de nouveaux débouchés pour ces produits. Les libéraux ont tenté de conclure un accord avec la Chine. Je ne sais pas vraiment où ils en sont. Le député a-t-il pu s'y rendre? Je ne me souviens pas si c'est lui ou le ministre de l'Agriculture qui a participé à ce voyage. L'agriculture ne semblait pas occuper une place bien importante.
    Si le député souhaite venir dans l'Ouest canadien pour discuter du canola et de l'avenir de ce secteur, il est le bienvenu. Nous lui ferons part très clairement de notre vision pour l'avenir.

[Français]

    Monsieur le Président, je m’étonne quelquefois d’entendre les récriminations des conservateurs sur les carburants propres, parce que les personnes qui défendent les gens de l’industrie nous présentent ces normes-là comme étant bénéfiques à leur secteur d’activité. De même, les gens de l’industrie nous présentent le captage et la séquestration du carbone, qui ont des coûts astronomiques, comme étant bénéfiques à leur secteur d’activité.
    Je trouve donc étrange d’entendre aujourd’hui les conservateurs pousser les hauts cris là-dessus, surtout qu’on se rend compte que, chaque fois qu’il y a une diminution de taxes sur les carburants, l’industrie augmente ses marges de raffinage. On laisse donc davantage de marge à l’industrie pour absorber ce qu’on pourrait donner aux consommateurs.
    J’aimerais donc entendre mon collègue parler de la distorsion entre la position du Parti conservateur et celle des gens de l’industrie.

[Traduction]

    Je suis désolé, monsieur le Président, mais je suis un peu confus. Je crois que le député a évoqué la séquestration du carbone. Il n'en était pas question dans mon discours.
    Je tiens à préciser au député que notre position actuelle concernant la politique est la suivante: les consommateurs canadiens ont besoin d'une aide immédiate, et c'est le moyen le plus rapide d'accorder un répit aux familles qui ont du mal à faire le plein d'essence et à se nourrir. Je serais toujours favorable à des mesures visant à réduire l'impôt sur le revenu, par exemple, mais, en cette période de crise, les familles ne peuvent pas se permettre d'attendre une réduction d'impôt sur le revenu dont elles n'obtiendront pas les avantages avant de produire leur déclaration de revenus en 2027. C'est pourquoi nous proposons cette politique maintenant. La population a besoin d'une aide concrète et rapide, ce qu'apporte cette politique.
    Monsieur le Président, nous avons vu l'annonce faite ce matin par le gouvernement — sans doute dans le but de devancer l'opposition — de ce qui n'est qu'une demi-mesure, comme l'ont fait remarquer le député et d'autres. Cette demi-mesure est insuffisante pour compenser toutes les autres choses que le gouvernement fait et qui augmentent le prix de l'essence et d'autres produits pour les Canadiens.
    Aujourd'hui, nous avons vécu une expérience surréaliste lors de la période des questions, quand les libéraux se sont attribué le mérite d'avoir réduit le prix de l'essence de, selon eux, 25 ¢. C'est presque comme s'ils n'avaient aucune idée de la façon dont cette taxe a été instaurée au départ. Le gouvernement a maintes fois fait la preuve qu'il aime faire monter le coût du carburant.
    Le député a-t-il quelque chose à ajouter à ce sujet?
(1615)
    Monsieur le Président, il arrive souvent, pendant la période des questions, que les réponses des libéraux à certaines questions donnent l'impression d'être dans un monde parallèle. Aujourd'hui, la situation était incroyable, car nous avons vu des députés libéraux, exactement comme l'a dit le député, feindre l'ignorance quant à la manière dont ces taxes ont atteint leur niveau actuel. Des députés libéraux ont ensuite admis qu'ils soutiennent désormais les pipelines, alors qu'ils ont fait campagne contre eux pendant 10 ans. D'autres députés libéraux, originaires du Québec, se sont dits ravis de se débarrasser de la taxe sur le carbone, alors qu'ils l'ont soutenue et défendue pendant 10 ans.

[Français]

    À l'ordre.
    Conformément à l’article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu’elle abordera lors de l’ajournement ce soir, à savoir: l’honorable député de Courtenay—Alberni, Les personnes handicapées; l’honorable député de Kitchener-Sud—Hespeler, La santé; l’honorable député de Yellowhead, Les services publics et l'approvisionnement.

[Traduction]

    Nous reprenons le débat. Le secrétaire parlementaire du premier ministre a la parole.
    Monsieur le Président, depuis que je siège ici, soit depuis près de sept ans maintenant, j'ai toujours adoré les motions des journées de l'opposition. C'est toujours un grand privilège de prendre la parole dans cette enceinte pour faire valoir le point de vue de mes électeurs de Kings—Hants et de prendre part à l'occasion qui est offerte aux partis de l'opposition, qu'il s'agisse des conservateurs, du Bloc ou du NPD — ou, en fait, des conservateurs et du Bloc pour la législature actuelle —, de présenter leurs positions en matière de politiques afin de débattre de leurs idées. Le rôle de l'opposition est évidemment de demander des comptes au gouvernement, et nous le respectons, mais j'apprécie toujours cette occasion que m'offrent les motions des journées de l'opposition.
     Aujourd’hui, la motion porte essentiellement sur l'abordabilité. Les conservateurs ont énuméré un certain nombre de mesures qu’ils aimeraient mettre en place. Nous sommes d’accord avec eux sur certains points, mais pas sur d’autres. D'abord, je profiterai de cette occasion pour parler de ce qu'a annoncé aujourd'hui le premier ministre. Je sais que les conservateurs sont favorables à cette mesure: la suspension de la taxe d'accise fédérale sur l'essence, qui s'élève à 10 ¢ le litre. Le premier ministre a annoncé que le gouvernement supprimerait cette taxe à compter du 20 avril, et ce, jusqu'à la fête du Travail. En somme, pendant quatre mois, les Canadiens bénéficieront d'une réduction générale de 10 ¢ le litre. Nous pensons que c'est important.
    Nous sommes conscients de ce qui se passe actuellement au Moyen‑Orient avec la guerre contre l'Iran et les répercussions de la fermeture du détroit d'Ormuz. Cela crée des problèmes d'abordabilité pour les Canadiens et aura de multiples conséquences au cours des prochains mois. Cependant, j'ai été déçu de constater que la motion de l'opposition du Parti conservateur ne mentionne pas pourquoi les Canadiens doivent faire face à la hausse du prix du carburant. On ne mentionne pas du tout que cette situation est attribuable à la conjoncture mondiale à laquelle nous devons faire face. Nous avons effectivement l'occasion de nous pencher sur les possibilités d'offrir une aide temporaire aux Canadiens. Nous allons saisir cette occasion. Je sais que cette nouvelle sera bien accueillie dans Kings—Hants et dans tout le pays. Sur cet aspect, nous sommes d'accord.
    Les conservateurs ont beaucoup parlé du fait que cela aurait dû être pour 12 mois. Je dirais que la réponse du gouvernement aujourd'hui est responsable. Elle clarifie la situation pour les quatre prochains mois et prévoit la possibilité de prolonger la mesure. Personne dans cette enceinte, personne à la Chambre et personne au Canada n'a de boule de cristal qui lui permet de voir ce qui va se passer au cours des prochains mois. Le gouvernement a pris une mesure importante pour rendre les choses un peu plus abordables pour les Canadiens. Comme je l'ai dit, une réduction de 10 ¢ le litre est importante pour les personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts, et c'est une mesure que le gouvernement appuie. Elle sera en vigueur pendant quatre mois. À l'heure actuelle, nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de supprimer la taxe pour 12 mois. Voyons ce qui se passera dans les jours à venir. Il va sans dire que nous espérons voir la levée du blocus dans le détroit d'Ormuz, afin que les produits puissent à nouveau faire leur chemin vers le marché mondial. Nous savons que cela aura des conséquences importantes sur l'économie mondiale, y compris ici, au Canada. Comme je l'ai dit, la motion conservatrice ne fait aucune mention des circonstances auxquelles nous sommes tous confrontés à l'heure actuelle, mais sur ce point, nous sommes du même avis.
     J'ai écouté deux de mes collègues qui viennent de prendre la parole: le député de Brandon—Souris et le député de Stormont—Dundas—Glengarry avant lui. Je demanderais à mes collègues de l'autre côté de la Chambre de réfléchir à ma façon de voir les choses. Le député de Brandon-Souris, qui vient tout juste d'intervenir, a déclaré que le gouvernement ne finance pas des programmes qui comptent aux yeux des habitants de sa circonscription. Au sujet de la TPS et des recettes perçues par le gouvernement, je crois que les conservateurs ont dit que les libéraux allaient « empocher » cet argent au lieu de le « redonner aux Canadiens ». Je suis tout à fait en faveur de l'abordabilité. Il est important pour nous de donner de la marge de manœuvre aux Canadiens, et donc non, les libéraux n'empochent pas cet argent. Les recettes perçues par le gouvernement servent plutôt à financer des programmes qui comptent pour les habitants de la circonscription de mon collègue, pour les habitants de ma propre circonscription, et pour l'ensemble de la population canadienne.
    Les conservateurs ne se rendent-ils pas compte que l'Allocation canadienne pour enfants que nous avons instaurée aide tous les Canadiens, y compris ceux qui habitent dans leurs circonscriptions? Je tire fierté de cette mesure parce que le gouvernement a changé la manière d'aider les jeunes Canadiens et les familles. Auparavant, la politique mise en place par les conservateurs permettait aux particuliers qui gagnaient plus de 1 million de dollars d'obtenir des prestations gouvernementales. Je n'ai rien contre nos concitoyens bien nantis, et nous sommes fiers de leur prospérité, mais nous pouvons nous entendre pour dire qu'ils n'ont pas besoin d'assistance publique pour élever leurs enfants. Ils en ont déjà les moyens. Nous avons créé un programme qui accorde des prestations en fonction du revenu dans un souci d'équité afin que les parents disposent des ressources nécessaires pour élever leurs enfants, leur donner une bonne alimentation et peut-être même les faire participer à des programmes de sports ou d'art. Je répète que les conservateurs ne se rendent pas compte que la TPS contribue largement au financement de tout ça.
(1620)
    Qu'en est-il du programme national de garderies? Dans ma circonscription, j'ai pu constater les avantages de ce programme grâce à notre collaboration avec les provinces et les territoires pour élargir l'accès aux services de garde et créer des places supplémentaires pour les enfants. Il s'agit d'une mesure de politique publique essentielle pour permettre aux jeunes Canadiens de prendre un bon départ dans la vie et de bénéficier des ressources dont ils ont besoin. Nous savons que ce programme aura des retombées économiques et des avantages intrinsèques pour les générations et pour les décennies à venir. Encore une fois, il n'est fait aucune mention du fait que la TPS contribue à alimenter les recettes générales que le gouvernement consacre à ces programmes essentiels à l'accessibilité financière.
     Au-delà de ce que cela peut représenter pour les jeunes Canadiens — ce qui est sans doute l'élément le plus important —, la manière dont nous avons réussi à réduire le coût des services de garde à l'échelle du pays constitue une mesure d'accessibilité financière majeure. Cela permet également aux gens de garder plus d'argent dans leurs poches. Malheureusement, on n'entend jamais les membres de la loyale opposition de Sa Majesté dire qu'il s'agit d'une bonne politique publique. En fait, les conservateurs ont toujours voté contre. Leur proposition d'aujourd'hui supprimerait en réalité les recettes qui financent ce type de programmes gouvernementaux. C'est une mesure politique à très court terme qui ne correspond pas à la façon dont le gouvernement entend aller de l'avant.
    Il y a beaucoup de personnes âgées dans ma circonscription. C'est le gouvernement libéral qui a bonifié la pension de la Sécurité de la vieillesse. Cela fait quelques années, mais je rappelle aux députés que c'est le Parti conservateur qui avait dit aux personnes âgées au Canada qu'elles allaient devoir attendre plus longtemps avant de toucher leurs prestations.
    Il y a aussi un programme grâce à la TPS. Les recettes de la TPS servent à financer les programmes sociaux partout au pays. Le Parti conservateur ne mentionne pas que c'est le type de financement que les conservateurs supprimeraient, ce qui pourrait avoir de fortes répercussions sur les programmes sociaux.
    Le gouvernement fait des investissements de portée historique dans la défense et les infrastructures partout au pays. Les conservateurs ont voté pour certains éléments du programme à cet effet. Je rappelle à mes concitoyens que, sous le dernier gouvernement conservateur, quand le pays avait un gouvernement conservateur, les dépenses de défense sont tombées sous le seuil de 1 % du PIB. Je suis extrêmement fier que le premier ministre et notre équipe aient ramené ces dépenses à 2 %. Nous allons continuer de les augmenter, mais cela coûte de l'argent. Nous enregistrons des déficits.
    Le pire dans tout ça, c'est que dès la semaine prochaine, les conservateurs diront sans doute qu'une partie des sommes versées dans les coffres de l'État aurait dû servir à réduire la dette. Nous verrons comment les choses évoluent, mais quoi qu'il en soit, rappelons que la TPS sert à financer des programmes existants et que nous prenons des décisions pour redonner de l'argent aux Canadiens. Il est important de tenir compte du contexte financier, de continuer de soutenir les programmes et de gérer la situation économique du pays, tout en veillant à ce que l'argent retourne dans le portefeuille des Canadiens partout au pays.
    Je tiens à dire quelques mots sur la Norme sur les combustibles propres. Les députés ont peut-être remarqué la question que j'ai posée au député de Brandon—Souris au sujet de l'essence au plomb. Peut-être même que cette question les intéressait. C'était l'époque du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney. Sans entrer dans un long débat sur les différences entre le Parti conservateur fédéral actuel et l'ancien Parti progressiste‑conservateur, il convient de rappeler que ce gouvernement avait déployé des efforts considérables pour éliminer le plomb des combustibles au Canada. Le Canada n'était pas seul. D'autres pays ont fait la même chose. On disait alors que ces mesures amélioraient l'efficacité tout en produisant de bons résultats pour l'environnement, tant et si bien que la population a fini par reconnaître qu'il s'agissait d'une politique publique avisée.
    Nous voici, plusieurs décennies plus tard. En tant que gouvernement, nous avons du pain sur la planche. Nous estimons qu'il est important que le gouvernement réduise les émissions de gaz à effet de serre au pays. Nous avons adapté notre politique, et je soutiens sans réserve le premier ministre sur ce point, mais nous pensons que cela reste essentiel.
    Le programme électoral des conservateurs lors des dernières élections n'abordait pas beaucoup cette question, ce qui n'est pas grave, mais il indiquait que les conservateurs dépenseraient l'argent des contribuables pour tenter d'encourager davantage la réduction des émissions de gaz à effet de serre au pays. Je vous prie donc de m'excuser si je trouve un peu hypocrite que les conservateurs prennent la parole à propos de politiques visant à réduire les émissions et à favoriser l'utilisation de carburants plus propres, tout comme l'opposition entre l'essence au plomb et l'essence sans plomb sous le gouvernement de Brian Mulroney, ainsi que sur le coût de ces mesures. Tout cela malgré le fait que certains des principaux bénéficiaires du Règlement sur les combustibles propres soient les agriculteurs aux quatre coins du pays qui produisent de l'éthanol, qu'il s'agisse de la filière du canola dans l'Ouest canadien ou des producteurs de maïs dans l'Est du pays. Cette mesure soutient les agriculteurs. Les conservateurs aiment se vanter en disant à quel point ils aiment les agriculteurs, mais, avec tout le respect que je leur dois, je n'ai pas beaucoup entendu parler les députés conservateurs de politiques publiques intelligentes à ce sujet.
(1625)
    Ma question est la suivante: comment les conservateurs s'y prendraient-ils différemment? Je suppose qu'ils dépenseraient davantage d'argent des contribuables pour essayer d'obtenir des résultats qui seraient peut-être encore moins efficaces. Qu'est-il advenu de l'idée de faire appel au secteur privé et de l'idée que les signaux du marché peuvent stimuler l'innovation que nous désirons? Je pense qu'il est important de commencer à en parler davantage dans ce pays.
    Les conservateurs aiment parler d'une augmentation de 7 à 17 ¢, ce qui est tiré d'un rapport du directeur parlementaire du budget. Si on interroge les parties assujetties à la Norme sur les combustibles propres, elles nous diront que cette augmentation n'est pas aussi élevée que celle avancée par le directeur parlementaire du budget, mais c'est pourtant ce chiffre que les conservateurs continuent de brandir à la Chambre. Même s'il y a une incidence de 1, 2 ou 3 ¢, cet argent, ces retombées industrielles, restent dans notre pays, où ils viennent soutenir les agriculteurs. Nous voyons des investissements en Alberta, par exemple à Strathcona, où il y a un savoir-faire permettant d'utiliser un mélange de diésel renouvelable pour réduire les émissions, et les avantages intrinsèques réels restent dans notre pays.
    Il y a une flopée de députés conservateurs en provenance de la Saskatchewan et de l'Alberta. La semaine dernière, j'étais à Calgary, où j'ai rencontré des représentants d'entreprises et de la chambre de commerce. Nous avons parlé de l'importance du Règlement sur les combustibles propres. Au Stampede de Calgary, j'ai échangé avec des agriculteurs, qui m'ont parlé de l'importance de la Norme sur les combustibles propres et de la politique sur les biocarburants au Canada. À Regina, là aussi, de vrais agriculteurs m'ont dit que le discours des conservateurs est absurde. Les conservateurs adorent dire que ces personnes sont des lobbyistes, mais non: il s'agit d'agriculteurs.
    Je pense qu'il faut que les deux grands partis commencent à s'entendre sur cette politique publique car, au bout du compte, tout ce que font les conservateurs, c'est porter atteinte à une politique qui fait baisser les émissions au Canada et qui constitue l'un des principaux avantages de la politique de vente directement à la ferme dans l'Ouest et l'Est du Canada, au Québec et en Ontario. Les conservateurs ne le mentionnent jamais. Ils ne parlent jamais des retombées positives.
    Les conservateurs proposent de supprimer la Norme sur les combustibles propres, ce qui, à mon sens, revient en 2026 à dire qu'il faudrait réintroduire l'essence au plomb, qu'il faudrait renoncer à la possibilité de purifier raisonnablement les combustibles de façon à les rendre encore plus écoénergétiques, à réduire les émissions et à en tirer un avantage industriel pour le pays. En somme, il s'agirait de renoncer à tout cela. Renonçons à la confiance qui s'est bâtie au fil du temps, pour le plus grand bien des industries du pays. Allons ensuite plus loin, avec la tarification pour les industries et les plus grands acteurs soumis à des obligations, les plus gros émetteurs, que notre politique vise à inciter à réduire leurs émissions, en supprimant ce qui est probablement l'une des politiques publiques les plus efficaces.
    Je rappellerais aux conservateurs où la tarification du carbone pour les industries a vu le jour au Canada: c'était en Alberta, sous un gouvernement conservateur. C'est lui qui a mis en place des mesures de ce genre car, s'inscrivant dans une tradition conservatrice différente, il avait compris qu'il s'agissait d'une politique publique nécessaire pour trouver un équilibre entre les progrès environnementaux et la capacité concurrentielle des industries.
    J'ai une question pour les conservateurs. J'espère que beaucoup de mes collègues me trouvent pragmatique à la Chambre. Je sais que nous devons trouver un équilibre entre la capacité concurrentielle et les éléments qui sont en place, mais je me demande, en toute humilité, en quoi consiste leur politique publique raisonnable. S'agit-il d'inscrire des milliards de dollars de dépenses dans leur programme tout en ne disposant d'aucun autre outil réglementaire pour mieux accroître les retombées industrielles? Ils joueraient alors sur deux tableaux, car ils devraient révéler aux Canadiens ce que cela leur coûterait vraiment ainsi que les hausses de taxes et d'impôts requises pour se permettre de telles dépenses publiques.
    Pourquoi les conservateurs ne sont-ils pas favorables à une politique de nature réglementaire? Si on parlait aux parties visées, elles diraient que ce n'est pas 7 ¢ le litre, mais même s'il s'agit de 2 ¢, de 3 ¢ ou de 4 ¢ le litre, cette politique génère des retombées industrielles. Elle crée des emplois au Canada. Elle fait vivre les agriculteurs du pays. Que défendent l'opposition et le Parti conservateur? Je sais que les derniers mois ont été insolites pour le Parti conservateur, mais j'espère vraiment que les députés, pour qui j'ai beaucoup de respect, même si j'en connais certains mieux que d'autres, prendront l'initiative de remettre en question la direction du Parti conservateur, car il faut une politique publique mieux réfléchie.
    Puisque je parle des agriculteurs et de la politique sur les biocarburants, un sujet qui est évidemment pertinent dans le débat actuel et dont je parle régulièrement à la Chambre, revenons au 17 avril 2025, une journée dont je me souviens parfaitement. J'assistais au débat de la Fédération canadienne de l'agriculture, car j'ai été brièvement ministre de l'Agriculture au sein du dernier gouvernement du premier ministre. Je me permets de faire remarquer que, lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral du Canada a proposé un plan pour les agriculteurs qui était plus exhaustif que celui des conservateurs. Nous pouvons en discuter, ainsi que des mesures que nous prenons.
    J'ai beaucoup de respect pour le député de Foothills. C'est un bon gars et un grand défenseur de l'agriculture canadienne. Malheureusement, il pouvait difficilement vendre sa salade. Mon collègue de l'intérieur de la Colombie‑Britannique devra le convaincre, mais il n'en reste pas moins que j'aime bien le député de Foothills. Malheureusement, il pouvait difficilement vendre sa salade, car le programme conservateur ne contenait rien de concret pour les agriculteurs, ni sur les programmes de gestion des risques de l'entreprise ni sur la bonification du programme de la Loi canadienne sur les prêts agricoles. Ces mesures figuraient dans notre programme à nous. Le leur ne contenait rien sur le programme Agri-marketing ni sur l'aide relative aux matières premières.
(1630)
    Le député de Brandon—Souris a évoqué l'élargissement des marchés. Je suis fier de dire que j'étais aux côtés du premier ministre en janvier et du premier ministre de la Saskatchewan en septembre. Je suis fier que nous ayons rétabli un accès aux marchés agricoles d'une valeur de 7 milliards de dollars. Les produits de la mer sont d'une importance capitale dans ma région, au Canada atlantique, et cet accès est rétabli.
    Avec tout le respect que je leur dois, les conservateurs doivent ouvrir les yeux. C'est ce que nous faisons. Soit dit en passant, je sais que le député en est conscient, car, lorsque je me rends dans les collectivités de l'Ouest canadien, les gens le reconnaissent. Des gens qui n'ont en aucun cas été des partisans de longue date du Parti libéral disent qu'ils aiment ce qu'ils voient de la part du premier ministre. Ils aiment ce qu'ils voient de la part du gouvernement, et c'est là, selon moi, toute la dynamique.
    La tarification du carbone pour les industries est une mesure pour laquelle, dans de nombreux cas, les gouvernements provinciaux ont pris en charge la gestion de ces programmes et ils ont les moyens d'aller de l'avant. D'accord, c'est très bien. Imaginons un instant que l'on supprime tout cela, que l'on s'en débarrasse complètement.
    Je suppose que la position du Parti conservateur est que nous devrions simplement dépenser des milliards et des milliards de dollars. Les économistes affirment que c'est la manière la moins efficace d'obtenir les résultats qui nous tiennent à cœur, alors que nous devons faire preuve de prudence dans le monde actuel où, franchement, parmi les priorités de politique publique sur le plan géopolitique, c'est la défense qui prime en ce moment. Les pays et les citoyens veulent s'assurer de disposer d'une capacité souveraine sur leur territoire. C'est là-dessus que nous nous concentrons. Nous tenons à bâtir un pays résilient sur le plan économique. Nous nous concentrons sur le développement énergétique. Le gouvernement s'est engagé à le faire. Je peux citer des exemples comme le projet Bay du Nord, dans le Canada atlantique.
    Soit dit en passant, j'aimerais que nous parlions de manière plus positive du secteur pétrolier et gazier au Canada atlantique, où l'on trouve les barils de pétrole dont l'intensité des émissions est parmi les plus faibles au monde. Ce type de projet peut se faire de manière durable. C'est une occasion à saisir. Bien sûr, nous devons continuer à réduire les émissions. Nous devons continuer à travailler sur les résultats environnementaux, mais c'est là une formidable réussite canadienne. Nous parlons beaucoup, à juste titre, du secteur énergétique en Alberta et en Saskatchewan. En tant que Néo‑Écossais et, en fin de compte, en tant que Canadien, je suis profondément fier de ce que cela représente, mais nous devons également parler du Canada atlantique.
    Encore une fois, j'ai du mal à comprendre la vision des conservateurs pour le pays, si ce n'est de se débarrasser de tout et d'une partie de la politique qui permet de générer de réelles retombées industrielles. Éliminons tout simplement les émissions de l'équation. Faisons comme si nous ne nous souciions pas du tout de l'environnement. Il s'agit en fait d'une politique industrielle. Il s'agit de créer des investissements. Strathcona Resources investit plusieurs milliards de dollars en Alberta. Les conservateurs veulent créer une incertitude politique qui ferait disparaître ce genre d'investissements.
    C'est ce que le Parti conservateur aimerait faire, et j'ai du mal à comprendre pourquoi. J'en appelle donc à mes collègues d'en face pour qu'ils remettent en question la vision du député de Battle River—Crowfoot. Je ne prétends pas participer aux réunions du caucus du Parti conservateur. Je vais devoir essayer d'obtenir des bribes d'information de la part d'autres députés pour savoir ce qui s'y passe, mais je prie le ciel pour qu'ils remettent en question la vision du député de Battle River—Crowfoot, même s'il a représenté Carleton aux dernières élections. Nous sommes fiers du député de Carleton de l'actuelle législature.
    Cependant, le député qui représente aujourd'hui Battle River—Crowfoot n'a pas grand-chose à offrir aux agriculteurs. Encore une fois, la politique actuelle du Parti conservateur à l'égard des agriculteurs canadiens se résume à supprimer la taxe sur le carbone pour les industries et la taxe liée à la Norme sur les combustibles propres, qui soutiennent pourtant concrètement les agriculteurs de l'Ouest canadien. Je ne sais pas ce qu'il y a d'autre. Les conservateurs ne parlent pas de gestion des risques de l'entreprise. Ils ne parlent pas de transfert intergénérationnel des actifs agricoles. Ils ne parlent pas des mesures que nous pouvons prendre pour protéger les terres du pays. Je ne vois rien de tout cela.
    Le député était là...
    Une voix: Oh, oh!
    L'hon. Kody Blois: Monsieur le Président, c'était le député de Brandon—Souris, mais il n'y a rien de tout cela dans le programme conservateur. Il n'est qu'un député parmi d'autres. C'est le chef de l'opposition officielle qui contrôle ce caucus d'une main de fer. Je me souviens d'une époque où les députés conservateurs étaient plus indépendants. Nous avons vu ceux qui l'étaient réellement. Ils ont changé de camp pour rejoindre notre équipe et pouvoir faire avancer le Canada. Au bout du compte, nous ne voyons rien de tout cela dans leur programme.
    Je sais que je fais réagir en ce moment. À la Chambre, nous savons que nous disons la vérité lorsque les députés lèvent les yeux de leur ordinateur. Ils sont motivés par mon discours. Il touche une corde sensible, mais, au bout du compte, nous disposons de 10 minutes pour les questions. À mon avis, monsieur le Président, vous devriez simplement donner la parole aux députés de l'opposition. Je vais demander aux autres députés de ne pas intervenir afin que nous puissions poursuivre le débat sur cette question, mais je sais que j'ai touché une corde sensible.
    Je sais que j'ai touché une corde sensible parce que je dis la vérité. Je dis la vérité sur la situation actuelle. Le député d'Okanagan Lake‑Ouest—Kelowna‑Sud chahute. Ce n'est toutefois pas grave. C'est bien. J'aime le plaisanter. Je lui reconnais le mérite qui lui revient. C'est pourquoi je sais que nous sommes d'accord sur les avantages que cela représente pour les Canadiens…
(1635)
    Nous devrons poursuivre les questions et observations pour confirmer cette bonne entente.
     Le député de London—Fanshawe a la parole.
    Monsieur le Président, je prends fièrement la parole au nom des habitants de London—Fanshawe, et je me sens merveilleusement bien à l'idée de les représenter. J'ai récemment fait du porte-à-porte dans London—Fanshawe et j'ai entendu les mêmes préoccupations au sujet de l'abordabilité, du coût de la vie et même du coût des aliments à l'épicerie locale.
    Ce qui est intéressant, c'est que pendant que nous débattons, le gouvernement libéral propose de suspendre une partie des taxes sur les combustibles jusqu'en septembre. L'opposition — c'est-à-dire nous, les conservateurs — propose de suspendre toutes les taxes sur les combustibles jusqu'à la fin de 2026.
    Ma question au secrétaire parlementaire du premier ministre est la suivante: si le plan du gouvernement est adopté, que devrai-je dire aux habitants de London—Fanshawe en octobre, lorsque les taxes sur les combustibles seront rétablies et que le coût de la vie augmentera?
    Monsieur le Président, le député devrait dire à ses électeurs que la motion de l'opposition présentée par son parti ne tient aucunement compte de ce qui se passe au Moyen-Orient. Il devrait dire à ses concitoyens de London—Fanshawe que le gouvernement gèle pendant quatre mois la taxe d'accise sur l'essence d'environ 10 ¢, une mesure économique que nous estimons importante. Il devrait leur dire que le Parti conservateur souhaite essentiellement le retour de l'essence au plomb. Le Parti conservateur veut mettre fin à la politique et suggère de s'opposer à la norme sur les combustibles propres, une bonne politique publique qui vise à réduire les émissions et à appuyer les agriculteurs du Sud-Ouest de l'Ontario. Or, le député s'oppose à cette politique. En plus, même si London—Fanshawe est un peu une circonscription de banlieue, il devrait dire aux gens du Sud-Ouest de l'Ontario que le Parti conservateur ne proposait absolument rien aux agriculteurs canadiens dans sa plateforme. J'espère qu'il encouragera le député de Battle River—Crowfoot à corriger cette lacune dans les prochains jours.
    Uqaqtittiji, j’ai beaucoup apprécié la remarque faite tout à l’heure par mon collègue concernant l’omission, dans cette motion, de toute référence au contexte géopolitique actuel. Le député a souligné à juste titre que les conservateurs excellent dans la désinformation, la mésinformation et la diffusion de propos alarmistes parmi la société canadienne. Je me demande s'il pourrait nous expliquer en quoi la motion des conservateurs fait fi du contexte géopolitique actuel. Que dirait-il aux Canadiens qui suivent les déclarations des conservateurs? Comment cette omission rend-elle leurs propos erronés et trompeurs? Comment cela se répercute-t-il sur les politiques dont nous discutons à la Chambre?
    Monsieur le Président, tout d’abord, je tiens à remercier la députée de Nunavut pour son travail à la Chambre. Nous sommes tout à fait ravis de l’accueillir parmi nos rangs. J’ai déjà pu observer ses contributions au sein du caucus. Nous comptons vraiment sur elle pour le rôle clé qu'elle sera appelée à jouer, notamment en matière de sécurité et de souveraineté dans l’Arctique.
     Je n'ai pas assez de temps pour faire honneur à sa question, mais je tiens à dire ceci: je sais que ses concitoyens seront heureux d'apprendre que nous avons atteint la cible de 2 % pour les dépenses en matière de défense. Je rappelle que les conservateurs avaient réduit ces dépenses sous la barre du 1 %. Or, nous consacrons maintenant des milliards de dollars au renforcement de la sécurité dans l'Arctique. Je sais que la députée sera amenée à jouer un rôle important dans ce domaine.
    Monsieur le Président, il n’y a pas si longtemps, le chef de l’opposition officielle faisait campagne en scandant qu'il fallait abolir la taxe. Il disait que la taxe sur le carbone allait nous mener à la catastrophe. Que s'est‑il passé lorsque la taxe sur le carbone a été supprimée? Le prix de l'essence a baissé pendant un jour ou deux, puis il a recommencé à augmenter. Nous avons vu le prix de l'essence grimper en flèche — tout comme les bénéfices des grandes sociétés pétrolières et gazières.
    Aujourd'hui, les libéraux ont adopté une autre mesure des conservateurs. Ils ont supprimé la taxe sur le carbone, et maintenant, ils suppriment la taxe d'accise sur le carburant. Si les grandes sociétés pétrolières et gazières continuent d'enregistrer des bénéfices faramineux et que le prix du carburant augmente malgré la suppression de cette taxe, vont‑ils enfin imposer une taxe sur les bénéfices exceptionnels à ces entreprises?
(1640)
    Monsieur le Président, je sais que les habitants de Courtenay—Alberni seront certainement heureux de ce que le gouvernement fait aujourd'hui en supprimant la taxe d'accise fédérale de 10 ¢ le litre pour les quatre prochains mois. Nous sommes conscients de ce qui se passe au Moyen‑Orient. Nous savons que cela a des répercussions. Nous sommes fiers du travail que nous avons accompli pour rendre le coût de la vie plus abordable, ce à quoi ce député a contribué au cours de la dernière législature.
    Les questions qu'il pose sont hypothétiques. Nous ne pouvons pas savoir exactement ce qui se passera au cours des prochains mois. Cependant, nous travaillons également avec des sociétés énergétiques de tout le pays pour que ces profits qui pourraient se matérialiser prochainement soient réinvestis dans des projets comme celui de l'Alliance Nouvelles voies en vue de réduire l'intensité des émissions dans l'Ouest canadien.
    Je suis un peu déçu des résultats de la course à la direction du NPD, car le nouveau chef propose de mettre fin à la production d'énergie dans l'Ouest canadien. J'étais récemment sur le terrain, avec des députés néo-démocrates de l'Alberta, et je peux dire à la Chambre qu'ils ne sont pas heureux de l'approche adoptée par le nouveau chef du NPD. J'ai beaucoup de respect pour le député, mais je ne suis pas convaincu que la position défendue par le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique du Canada soit dans l'intérêt du pays en cette période où nous devons, selon moi, faire preuve d'un leadership sérieux.
    Monsieur le Président, à maintes reprises dans son discours, puis dans les observations qui ont suivi, il semble que le député ait voulu établir un parallèle entre ladite norme sur les combustibles propres, comme les libéraux tiennent à l'appeler, et le fait d'éliminer une toxine comme le plomb dans l'essence. Cette comparaison est absurde, et j'aimerais vraiment qu'il s'interroge sur sa pertinence.
    Un autre problème que je souhaite souligner par rapport à son discours, c'est qu'il a parlé de la norme sur les combustibles, de la taxe sur le carbone pour les industries et de toute une série de politiques qui rendent la vie plus chère pour les Canadiens en les qualifiant de moteurs d'investissement dans la politique industrielle. Durant son premier mandat, le gouvernement a fait fuir 200 milliards de dollars du secteur énergétique. Nous avons un gouvernement qui a détruit les investissements dans le secteur au Canada et qui nous laisse en héritage un système de réglementation et de soutien gouvernemental pour l'industrie. Si le gouvernement pouvait seulement s'ôter du chemin, l'industrie pourrait recevoir des investissements, et nous serions vraiment en mesure de renforcer la souveraineté énergétique pour les Canadiens.
    Le député pourrait-il nous dire s'il pense vraiment que la norme actuelle sur les combustibles propres équivaut à retirer le plomb de l'essence?
    Monsieur le Président, il y a beaucoup de choses à dire, et j'espère qu'on me laissera le temps nécessaire pour en faire le survol. Tout d'abord, la production de pétrole et de gaz a augmenté de 34 % au cours des dix dernières années. Je tiens à souligner le bilan du gouvernement précédent. J'aurais aimé voir une approche plus axée sur la compétitivité dans la façon de dynamiser le secteur énergétique. C'est désormais le cas avec notre premier ministre ainsi qu'avec le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. Ils travaillent avec le gouvernement de l'Alberta. J'ai pu constater de mes propres yeux la façon dont ils collaborent avec le gouvernement de la Saskatchewan et d'autres parties prenantes pour dynamiser le secteur énergétique canadien.
    Pour répondre au député et à la façon dont il a présenté les choses, je pense effectivement qu'il y a une comparaison à faire. En effet, l'élimination du plomb dans l'essence était un impératif environnemental. J'espère que nous conviendrons qu'il faut agir pour lutter contre les changements climatiques et réduire les émissions, et qu'il existe un parallèle à faire entre cela et le travail que nous accomplissons pour rendre les carburants plus propres dans ce pays, chose que nous faisons en utilisant des produits tels que les mélanges d'éthanol provenant des agriculteurs canadiens, notamment ceux des provinces de l'Ouest, y compris des Prairies. J'ai eu l'occasion de discuter de vive voix avec des agriculteurs du fait que cette politique en matière de biocarburants ne se contente pas de réduire les émissions et d'améliorer les résultats environnementaux — comme cela s'était fait dans les années 1980 sous l'ancien gouvernement progressiste-conservateur avec l'élimination du plomb contenu dans l'essence —, mais qu'elle constitue également une politique publique importante.
    Ce que je voudrais en tout respect demander au député, c'est ceci: mais quel est leur plan? En avril, leur plan consistait à dépenser davantage de fonds publics pour obtenir moins de résultats. Comment pourrait‑on qualifier cela de politique publique intelligente de la part des conservateurs?

[Français]

     Monsieur le Président, j'ai écouté mon collègue avec beaucoup d'attention. Je connais mon collègue et je sais qu'il est très impliqué dans le domaine de l'agriculture. Toutefois, il y a une chose qui me surprend. Aujourd'hui, il avait la chance de donner une pause à tous les agriculteurs, particulièrement aux transporteurs et à tous ceux et celles qui font en sorte que, quand les aliments arrivent à l'épicerie, ça coûte un peu moins cher. Malheureusement, les libéraux ont choisi volontairement de garder pour eux la grande part de toutes les taxes sur l'essence plutôt que de la redonner aux gens. Cela démontre encore une fois que ce gouvernement ne fait pas confiance aux gens pour gérer leur propre argent. Si les libéraux avaient suivi au complet la solution conservatrice, ils auraient enlevé toutes les taxes sur l'essence afin que les gens aient la possibilité de choisir ce qu'ils vont faire avec cet argent pour arriver à la fin du mois.
    Mon collègue peut-il m'expliquer pourquoi il a mis les gens de côté dans tout son discours aujourd'hui?
(1645)
     Monsieur le Président, aujourd'hui, le premier ministre a annoncé la suspension de la taxe d'accise fédérale sur le carburant pendant quatre mois. C'est bien sûr lié aux circonstances en Iran et à la situation au Moyen‑Orient.
    Je suis très fier de notre plan pour les agriculteurs et les agricultrices partout au pays. En tout respect, quand j'ai consulté la plateforme électorale du Parti conservateur lors des dernières élections, j'ai constaté qu'il n'y avait aucune mesure pour les fermiers et les agriculteurs partout au pays, y compris au Québec. J'espère que mon honorable collègue soulèvera ce point auprès de notre honorable collègue de Battle River—Crowfoot afin de s'assurer que le Parti conservateur aura une meilleure plateforme électorale.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au nom des bonnes gens d'Okanagan Lake-Ouest— Kelowna-Sud. Je tiens à vous informer que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Lethbridge.
    Le débat d'aujourd'hui est important, car il porte directement sur la crise de l'abordabilité que vivent les Canadiens. Souvent, à la Chambre, comme dans la plupart des médias, nous avons tendance à nous concentrer sur les points de désaccord. Aujourd'hui, je commencerai par un point sur lequel j'espère que nous pourrons nous entendre: les Canadiens ont du mal à composer avec la hausse du coût de la vie. Ils veulent des solutions pratiques qui réduisent les coûts dès maintenant.
    Cela m'amène au prix du carburant. Au cours des dernières semaines, les Canadiens ont vu une forte augmentation du prix de l'essence et du diésel. Les familles l'ont ressentie immédiatement, tout comme les agriculteurs, les camionneurs, les gens de métier, les petites entreprises et tous ceux qui dépendent du transport. Certains diront que les événements mondiaux sont en cause, et c'est peut-être vrai, mais les Canadiens ne nous élisent pas pour nous entendre décrire le problème sans rien faire. Ils nous élisent pour que nous trouvions des solutions.
    C'est pourquoi l'opposition officielle conservatrice a lancé le débat sur le prix de l'essence et l'abordabilité. Nous ne restons pas les bras croisés pendant que les Canadiens peinent à joindre les deux bouts. Nous ne nous sommes pas contentés de nommer le problème: nous avons proposé des solutions.
    Nous constatons encore et encore que, lorsque les conservateurs avancent des solutions qui fonctionnent, le gouvernement est ultimement forcé de changer de cap. Il y a autre chose qui n'échappe pas aux Canadiens: le gouvernement ne s'attaque toujours qu'à une partie du problème. Prenons l'exemple du coût de la vie. Le premier ministre a aboli la taxe sur le carbone pour les consommateurs, mais pas la taxe sur le carbone pour les industries ni le prétendu Règlement sur les combustibles propres, et ces mesures continuent de faire grimper les coûts dans tous les secteurs de l'économie. En matière de logement, plutôt que d'éliminer complètement la TPS et ainsi stimuler l'offre, le gouvernement a pris des mesures ciblées qui risquent de faire augmenter la demande sans régler le problème de l'offre. Quant aux grands projets, malgré l'adoption du projet de loi C‑5 avec l'appui des conservateurs, le gouvernement n'a encore désigné aucun projet d'intérêt national ni simplifié les démarches pour alléger le fardeau administratif, comme le prévoit pourtant la loi.
    Toutes ces demi-mesures peuvent faire les manchettes, mais elles changent bien peu de choses dans la vie des Canadiens.
    Cela nous amène à la motion d'aujourd'hui. Une chose est sûre: lorsque le coût du carburant augmente, tout coûte plus cher, et les taxes et politiques gouvernementales ne font qu'aggraver la situation.
    Monsieur le Président, il y a un nouveau rebondissement. Le premier ministre vient d'annoncer que le gouvernement compte suspendre de manière temporaire la taxe d'accise sur l'essence et le diésel à partir de la semaine prochaine, et ce, jusqu'à la fin de l'été, mais seulement à hauteur de 10 ¢ le litre. Cela confirme ce que les conservateurs n'ont cessé de répéter: les taxes à la pompe ont des répercussions réelles, et les Canadiens ont besoin d'un répit.
    Que les choses soient claires: en effet, les Canadiens méritent un allègement. Si le gouvernement fait enfin un pas dans cette direction, je pense que nous devrions le reconnaître, mais nous allons également nous faire un devoir de rappeler ce qu'il laisse sur la table.
    Si l'on posait une question simple aux habitants de ma circonscription: préfèrent-ils un plan qui leur apporte un allègement d'environ 25 ¢ le litre jusqu'à la fin de l'année, ou un plan qui leur apporte un allègement d'environ 10 ¢ le litre pendant quelques mois, d'autant plus que la hausse des prix permet au gouvernement d'encaisser davantage de recettes provenant de la TPS et de l'impôt sur les sociétés? La plupart de mes concitoyens sauraient immédiatement quoi répondre: ils préféreraient notre plan par rapport à celui des libéraux.
    La question qui se pose aujourd'hui à la Chambre est de savoir si nous allons répondre aux besoins des Canadiens, non pas de manière partielle, temporaire ou à moitié, mais grâce à un plan qui réduit les coûts dans l'ensemble de l'économie et protège les Canadiens contre les chocs de prix sur lesquels ils n'ont aucune prise. Suspendre temporairement une petite partie de la taxe tout en laissant en place ces autres redevances et réglementations fédérales ne constitue pas une solution complète.
    L'opposition officielle conservatrice croit que nous pouvons et devons prendre les mesures suivantes: suspendre toutes les taxes fédérales sur les carburants ainsi que la TPS sur l'essence et le diésel, et éliminer définitivement la soi-disant norme sur les combustibles propres ainsi que la taxe sur le carbone pour les industries. Si nous prenons ces mesures, nous pourrions apporter un soulagement tangible et immédiat à la pompe et réduire les pressions inflationnistes dans toute la chaîne d'approvisionnement.
    Pourquoi le combustible est-il si important? Pratiquement tout ce qui compose l'économie canadienne est acheminé par transport routier à un stade ou un autre de la chaîne d'approvisionnement: marchandises, aliments, matériaux de construction et services. Si un produit est transporté, c'est généralement par camion. Quand le prix du carburant augmente, les frais de transport augmentent; quand les frais de transport augmentent, le prix des produits achetés par les Canadiens augmente. C'est ainsi que l'inflation s'installe dans la vie quotidienne.
(1650)
    Il n'y a pas que le camionnage. L'aviation, le transport maritime et le transport ferroviaire dépendent du carburant, tout comme l'exploitation minière, les activités forestières, les grands chantiers de construction et l'équipement lourd. Le carburant constitue un intrant majeur dans l'ensemble de notre économie. Si nous voulons vraiment trouver des solutions à la crise de l'abordabilité, nous ne pouvons pas traiter le coût du carburant comme un problème mineur ou isolé. Le coût du carburant fait grimper le coût de la vie.
    Je veux revenir sur un point que nous entendons souvent de la part du premier ministre, à savoir que nous devrions nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler ici, au Canada, et non sur ce qui nous échappe. Sur ce principe, je suis d'accord. Nous ne pouvons pas contrôler les conflits mondiaux, les goulots d'étranglement internationaux ou les décisions d'autres pays, mais nous pouvons contrôler les taxes et les politiques fédérales qui augmentent les coûts ici, chez nous. La question est donc simple. Si le gouvernement convient aujourd'hui que suspendre la taxe d'accise fédérale aide les Canadiens, pourquoi ne suspend-il pas également la TPS sur l'essence et le diésel? Pourquoi ne pas éliminer les politiques qui font grimper en permanence les coûts pour les industries et les consommateurs canadiens? Pourquoi ne pas faire tout en notre pouvoir pour contrôler ce que nous pouvons et protéger les Canadiens de ce que nous ne pouvons pas contrôler? Voilà l'objet de la motion dont nous sommes saisis.
    Il s'agit aussi de reconnaître que, lorsque les gouvernements tardent à agir, les conséquences sont réelles et souvent permanentes. Je vais donner un exemple concret. À la fin de 2025, les habitants de Crofton, en Colombie‑Britannique, ont été bouleversés d'apprendre que Domtar fermerait définitivement l'usine de pâte à papier dans cette collectivité, ce qui entraînerait la perte d'environ 350 emplois bien rémunérés. Ce fut une tragédie pour ces travailleurs, leur famille et leur collectivité. Bon, je ne vais pas prétendre que la fermeture était entièrement la faute du gouvernement. Ce n'était pas le cas. Cependant, le gouvernement a-t-il fait tout ce qu'il pouvait pour l'empêcher? Eh bien, la réponse est non.
    Ce qui est révélateur, c'est la suite des choses. À la suite de la fermeture, le gouvernement néo-démocrate de la Colombie‑Britannique a annoncé qu'il allégerait la tarification du carbone pour les usines de pâte à papier. Pourquoi a-t-il fait cela? C'est parce qu'il a fallu une fermeture et des pertes d'emplois pour que le gouvernement reconnaisse une réalité économique. Si on impose des coûts à un secteur qui n'est pas concurrentiel à l'échelle internationale, des coûts que les concurrents n'assument peut-être pas, on peut rendre ce secteur moins concurrentiel et accélérer les fermetures et les pertes d'emplois. Pour les habitants de Crofton, cette intervention était trop peu, trop tard.
    C'est exactement le risque que courent les gouvernements lorsqu'ils choisissent de prendre des demi-mesures et de tergiverser. Ils attendent que le mal se fasse, puis ils disent: « Oups, nous ferions mieux de régler cela. » La Chambre a l'occasion d'agir promptement, de choisir de mettre en place des solutions maintenant au lieu de présenter des excuses plus tard. C'est là que le rôle de l'opposition officielle conservatrice est clair: il ne consiste pas seulement à mettre le doigt sur le problème, mais aussi à proposer une solution chaque fois que c'est possible.
    Le gouvernement dit souvent aux Canadiens qu'il se concentre sur l'abordabilité, la compétitivité et la résilience. Ce sont de belles paroles, mais les paroles ne font pas baisser la facture d'épicerie et ne remplissent pas un réservoir d'essence. Si le gouvernement est sérieux, il peut le prouver aujourd'hui, non pas avec des slogans, mais avec un vote. Il pourrait voter en faveur de mesures qui réduisent réellement les coûts. Cela ne devrait pas être si compliqué. Les Canadiens veulent une aide concrète, mesurable et immédiate. Ils veulent que nous trouvions des solutions. Ils veulent que nous réduisions les coûts que le gouvernement contrôle, en particulier lorsque les familles sont prises à la gorge.
    La suspension temporaire d'une taxe est un début, mais les Canadiens méritent un plan complet, un plan comme le nôtre. C'est ce que propose l'opposition officielle. C'est l'occasion pour nous de montrer aux Canadiens que nous les entendons. C'est l'occasion de faire passer les solutions avant les excuses. C'est l'occasion pour nous de voter en faveur de l'abordabilité. Il suffit de voter en faveur de cette motion. C'est aussi simple que cela.
(1655)
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue pour ses observations. Nous venons tous les deux de régions vinicoles. Depuis que je siège à la Chambre, il a toujours été un champion du secteur vinicole canadien. Nous avons collaboré sur quelques dossiers, et je tiens à le saluer pour cela.
    En ce qui concerne la norme sur les combustibles propres, j'ai établi un parallèle avec le fait que les conservateurs souhaitent réintroduire le plomb dans les réservoirs d'essence ou avec la tarification du carbone pour les industries. Ce sont tous des moyens de réduire les émissions et de contourner la construction industrielle.
    Le député pourrait-il simplement m'expliquer si les conservateurs ont une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre au pays? Sinon, leur plan consiste-t-il à faire ce qui était proposé dans leur plateforme d'avril 2025, soit dépenser des milliards et des milliards de dollars, ce qui, en fin de compte, entraînerait un coût pour les contribuables et aurait une incidence sur les habitants de ma circonscription et de la sienne? Qu'en est-il? Peut-il préciser un peu la position des conservateurs sur cette question?
    Monsieur le Président, parlons d'abord de ce qu’on appelle la norme sur les combustibles propres. C’est l’ancienne ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, sous le gouvernement majoritaire de Trudeau, qui a lancé cette initiative. Les libéraux avaient en effet déclaré qu'un seul ensemble de règles suffirait pour la surveillance des formes d’énergie solides, liquides et gazeuses. Ils voulaient réglementer toutes les formes d'énergie avec un seul règlement, mais c'est devenu si lourd et si compliqué que le gouvernement a fini par abandonner la moitié de ce cadre au profit de ce qui existe aujourd’hui.
    Au lieu de collaborer avec l'industrie pour trouver une solution technique qui aurait eu des retombées positives pour notre pays, comme l'utilisation de biocarburants canadiens et ce genre de mesures, on a préféré encourager davantage d'importations en provenance des États‑Unis, qui servent encore aujourd'hui à remplir certains des objectifs environnementaux fixés par le gouvernement. Non seulement ces mesures sont compliquées et irréalistes, mais elles nous rendent en réalité dépendants des États‑Unis à un moment où nous devrions compter sur nos propres ressources.
    Monsieur le Président, j’ai écouté avec attention le brillant discours de mon collègue sur ce sujet, et je voudrais l’interroger sur cette curieuse tendance que nous observons. En effet, depuis que je suis devenu député, il y a près d’un an, les libéraux critiquent vertement les propositions des conservateurs, ils les qualifient d’imprudentes et ils les dénigrent de toutes les manières possibles, puis ils les reprennent à leur compte, mais sans aller jusqu’au bout. Nous avons vu cela avec la taxe sur le carbone pendant des années. Ils étaient prêts à perdre des élections à cause de cette taxe sous leur ancien chef, et ils ne l’ont ensuite abolie qu’en partie. Nous constatons aujourd’hui qu’ils reprennent une proposition des conservateurs, mais, au lieu de réduire le prix de 25 ¢ le litre comme le prévoit notre plan, ils n’accordent aux Canadiens qu’une réduction de 10 ¢ pendant une période plus courte.
    Je me demande ce qu'en pense mon collègue, qui est ici depuis bien plus longtemps que moi, et ce que nous pouvons faire pour mettre fin à cette situation et aider réellement les Canadiens.
    Monsieur le Président, je vais donner un très bon conseil à mon collègue. Il ne devrait pas trop s'attarder sur ce que je dis. Il y a bien d'autres orateurs qui méritent son attention.
    Je vais dire ceci. Au bout du compte, le gouvernement a une possibilité qui s'offre à lui. Chaque fois que les conservateurs proposent d'excellentes mesures politiques, qui sont non seulement bénéfiques pour le Canada, mais aussi populaires auprès des électeurs, le gouvernement n'en met en œuvre qu'une petite partie, et ce sont les Canadiens qui en font les frais. Nous avons moins de logements à cause de ce plan et les coûts sont plus élevés en raison de la taxe sur le carbone pour les industries. J'espère que, dans ce cas, les libéraux pourront s'accorder avec les conservateurs sur le fait que l'accessibilité financière doit être la priorité. Ils ont aujourd'hui l'occasion de soutenir une meilleure solution.
    Monsieur le Président, c'est formidable. J'aime être ici. J'adore échanger avec mes collègues conservateurs.
    En ce qui concerne la question que j'ai posée, le député vient de me répondre qu'il a essentiellement parlé de la politique sur les biocarburants, et je n'ai pas entendu les conservateurs en parler. Nous avons évidemment une politique sur les biocarburants. Elle concerne le Règlement sur les combustibles propres. En fait, lorsque je vais à Calgary ou en Saskatchewan ou que je discute avec des gens de partout au pays, comme les représentants de Grain Farmers of Ontario à qui je viens de parler, ils me disent que nous avons besoin du Règlement sur les combustibles propres parce que, dans ces régions, c'est un moteur important des revenus des exploitations agricoles.
    J'ai plutôt entendu le député parler des biocarburants et mentionner les États‑Unis. Je suppose qu'il s'oriente vers une augmentation des dépenses publiques, car nous pouvons soit réglementer les biocarburants, soit en limiter l'utilisation. Quelle est la position des conservateurs? Est-ce de dépenser davantage de fonds publics et d'octroyer plus de subventions pour obtenir le même résultat? Est-ce bien ce qu'il est en train de dire?
(1700)
    Monsieur le Président, le député devrait savoir que les chaînes d'approvisionnement mettent du temps à réagir à certaines choses. L'administration Trump a supprimé plusieurs politiques bipartites qui avaient été mises en place dans le cadre d'une vaste mesure budgétaire il y a quelques années. En gros, il a supprimé les incitatifs pour la fabrication de biocarburants, qui avait connu une croissance fulgurante. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Canada continue d'importer une grande partie de ses biocarburants: pour pouvoir respecter les normes sur les combustibles propres qui sont en place aujourd'hui. Les libéraux n'ont pas fait grand-chose, car les Américains ont supprimé ces incitatifs.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre de nouveau la parole au nom des formidables habitants de Lethbridge, en Alberta, et de pouvoir exprimer mes préoccupations pour eux.
    Récemment, dans ma circonscription, une usine de transformation de légumes appelée Nortera a annoncé qu'elle fermerait ses portes. C'est une nouvelle grave, car des familles de ma circonscription sont touchées. Ce sont 70 emplois qui seront perdus. Dans une petite ville d'environ 115 000 habitants, c'est une grande perte. La fermeture de l'usine aura également une incidence sur les agriculteurs qui cultivent les aliments transformés à cette usine. Ces agriculteurs ne seront plus en mesure de cultiver pour Nortera. Ils devront donc obtenir d'autres contrats.
    Nous avons demandé aux dirigeants de cette entreprise pourquoi ils avaient pris une telle décision. Ils nous ont répondu qu'ils s'étaient rendu compte que leur entreprise n'était pas compétitive dans le contexte actuel du Canada. Les dirigeants ont donc décidé de délocaliser leur entreprise dans d'autres pays, notamment aux États‑Unis, car c'est là-bas qu'ils ont constaté qu'elle disposait d'un avantage concurrentiel. Le terme « avantage concurrentiel » revêt une importance capitale pour l'avenir de notre économie. À l'heure actuelle, les Canadiens sont fortement désavantagés et, bien entendu, la taxe sur les carburants joue un rôle majeur. Nombreux sont ceux qui affirment que cette taxe contribue à saper la compétitivité du Canada, entraînant des pertes d'emplois et une fuite des capitaux à l'étranger.
    Il y a un peu plus d'un an, s'inspirant du président Trump, le premier ministre a organisé une séance de photos. Il a signé au marqueur noir l'annulation de la taxe sur le carbone, ou c'est du moins ce qu'il a affirmé. La réalité, c'est que, même si les libéraux aimeraient faire croire aux Canadiens qu'elle a disparu, ce n'est pas le cas, et c'est ce que nous avons entendu de la part des députés libéraux d'en face aujourd'hui. Ils ont admis que la taxe sur le carbone existe toujours. Elle porte simplement un nouveau nom. Il y a la taxe sur le carbone pour les industries, et il y a maintenant la taxe liée à la norme sur les combustibles. C'est ainsi qu'on préfère l'appeler, n'est-ce pas? L'effet est cependant le même. Elle porte un autre nom, mais au bout du compte, elle coûte très cher aux Canadiens et pousse des entreprises à la faillite.
    C'est un problème. C'est un problème pour les Canadiens actuellement, mais aussi pour l'avenir de notre pays. Dans d'autres pays, les gens se sont rapidement rendu compte que les taxes sur le carburant ont en réalité une grande incidence sur leur capacité à être concurrentiels et à garder les citoyens au pays. Ils ont donc pris des mesures concrètes pour réduire ces taxes et rétablir cet avantage concurrentiel. À mesure que les prix ont augmenté, ils ont pris des mesures pour alléger le fardeau des consommateurs en réduisant les taxes sur les carburants.
    Par exemple, en Australie, les autorités ont réduit de moitié la taxe d'accise pendant trois mois, ce qui a fait baisser le prix du carburant de 26,3 ¢ le litre. En Espagne, elles ont baissé les taxes de sorte à permettre des économies de jusqu'à 30 ¢ à la pompe. En Irlande, elles ont également réduit les taxes: 20 ¢ sur le diésel et 15 ¢ sur l'essence. D'autres pays, comme l'Australie, ont purement et simplement aboli la taxe sur le carbone, car ils savent que c'est tout simplement absurde. On prétend qu'elle sert la cause de l'environnement, mais, en réalité, les résultats prouvent le contraire. Elle n'atteint pas les objectifs promis. Les particuliers sont clairement pénalisés, et les entreprises sont privées de l'avantage concurrentiel auquel elles ont droit.
     Aujourd'hui, les libéraux ont renoué avec leur habitude d'organiser des séances photo tape-à-l'œil, comme celles où nous avons vu le premier ministre se mettre en scène il y a environ un an, quand il a sorti son gros marqueur pour signer un accord affirmant que la taxe sur le carbone avait disparu, ce qui n'est pas le cas. Nous voilà dans le même genre de situation. Le premier ministre a annoncé sa demi-mesure. Il a dit qu'il allait légèrement réduire les coûts pour les Canadiens. Il compte faire cela en accordant une petite réduction du prix à la pompe, mais seulement jusqu'à la fête du Travail, c'est-à-dire pour quelques mois. Or, ce n'est pas ce que proposent les conservateurs, et ce n'est pas ce que demandent les Canadiens.
    Les Canadiens ont besoin de beaucoup plus pour être bien servis par les politiques du gouvernement. Voilà plus d'une décennie que les taxes pénalisantes sur les combustibles ont des répercussions réelles sur les Canadiens et exercent une pression croissante sur les entreprises partout au pays. En fait, des articles qui viennent de paraître aujourd'hui expriment le point de vue de dirigeants du secteur pétrolier et gazier. Ceux-ci affirment que ces taxes « érodent » la capacité du Canada à soutenir la concurrence ou, autrement dit, qu'elles la détruisent et nous affaiblissent. C'est une honte, parce que, à ce moment-ci de l'histoire, nous avons cruellement besoin du pétrole et du gaz du Canada, et nous avons la capacité d'être forts.
    Nous avons la capacité de soutenir la concurrence. Nous avons la capacité d'être une solution dans un monde qui traverse actuellement une période extrêmement agitée. Nous produisons du pétrole et du gaz en respectant les normes environnementales les plus strictes au monde, dans le respect de la dignité humaine et avec des salaires élevés. C'est formidable. C'est une belle histoire. Pourquoi n'en sommes-nous pas fiers et pourquoi ne voulons-nous pas la prospérité du secteur?
(1705)
    Les industries canadiennes sont clairement désavantagées alors que les libéraux ne cessent de faire grimper les coûts. Bien sûr, cela signifie que nous perdons effectivement notre avantage concurrentiel. Malheureusement, les dégâts causés par les libéraux ne s'arrêtent pas là. Ils ne se limitent pas au secteur industriel ni aux exploitations agricoles. Ces coûts se répercutent sur les mères et les pères, les grands-mères et les grands-pères, les tantes et les oncles, ainsi que sur les étudiants qui se déplacent en voiture, doivent chauffer leur logement, faire leur épicerie ou acheter des articles ménagers. Ces coûts leur sont refilés. Ils le voient bien quand ils essaient de se rendre au travail. Ils le voient bien quand ils essaient de chauffer leur maison ou simplement de faire leur épicerie pour remplir le réfrigérateur. Les Canadiens subissent les conséquences des mauvaises politiques du gouvernement libéral.
     Ce qui est triste, c'est que nous en voyons les conséquences. Dans ma circonscription, la file d'attente devant la banque alimentaire n'a jamais été aussi longue, et notre collectivité n'est pas la seule à connaître cette situation. Le constat est le même dans tout le pays. On assiste en outre à une forte augmentation de la pauvreté infantile. Encore une fois, notre collectivité est durement touchée, mais nous ne sommes pas les seuls. Partout dans le pays, le nombre d'enfants vivant dans la pauvreté est en hausse. Si quelque chose doit toucher le cœur d'un libéral, j'espère que ce sera cette réalité. Laisser des enfants sans nourriture suffisante, sans logement adéquat et sans soins appropriés est inacceptable. Si les membres du gouvernement sont prêts à fermer les yeux sur une telle situation, ils devraient avoir honte.
     C'est pourquoi une conférence de presse des libéraux annonçant des mesures timides ne suffira tout simplement pas. Il s'agit davantage d'une question d'image que de fond. Le premier ministre cherche davantage à préserver son titre qu'à servir les intérêts du peuple canadien, et c'est là le problème. La semaine dernière, lorsqu'on lui a demandé de réagir à la hausse du prix de l'essence, le premier ministre a répondu, avec une certaine naïveté: « Eh bien, je me demande ce que nous pouvons y faire. » On aurait dit qu'il n'y avait jamais pensé auparavant. Bien sûr, pourquoi l'aurait‑il fait? Il a une bonne situation financière. Il ne vit certainement pas les mêmes difficultés. On touche ici au cœur du problème, à savoir que le premier ministre et, j'ose le dire, le gouvernement actuel ne tiennent pas compte des Canadiens ordinaires et de l'incidence que ces taxes punitives ont sur eux.
    Les Canadiens méritent mieux. Ils méritent plus que les demi-mesures que le gouvernement a à offrir. Les conservateurs ont donc proposé une solution. En fait, nous l'avons présentée il y a longtemps. Nous demandons au gouvernement de supprimer la taxe sur les carburants pendant, au moins, toute l'année. Nous avons demandé aux libéraux d'éliminer la TPS sur l'essence et le diésel. Nous avons aussi demandé au gouvernement d'éliminer définitivement la taxe liée à la norme sur les combustibles et la taxe sur le carbone pour les industries. Grâce à ces mesures, le Canada serait plus concurrentiel sur le plan des affaires, et les Canadiens ordinaires en bénéficieraient directement puisque le coût de la vie deviendrait plus abordable. Il s'agit de mesures stratégiques solides et efficaces qui serviraient véritablement les intérêts des Canadiens.
    Voilà pourquoi nous demandons aux députés d'en face de prendre en considération les véritables besoins des Canadiens — plutôt que de s'exhiber dans des séances photo stériles — et de voter en faveur des changements que nous avons proposés ici aujourd'hui. Nous leur demandons de le faire dans l'intérêt du pays et de ceux qui considèrent cet endroit comme leur foyer. Nous avons ici une véritable occasion d'accorder un répit aux Canadiens, de leur faciliter la vie et de les placer au premier plan. Les Canadiens ne demandent pas un traitement de faveur. Ils demandent simplement qu'on les traite de façon équitable. Ils veulent que nous soyons concurrentiels. Ceux qui dirigent des entreprises demandent qu'on leur donne la possibilité de prendre leur place sur la scène mondiale. La mère qui se rend à la pompe pour faire le plein de sa minifourgonnette afin de pouvoir emmener ses enfants à leurs activités sportives ou à l’école ne demande qu’un traitement équitable, un peu de répit. La grand-mère ou le grand-père qui a du mal à payer sa facture de chauffage ne demande qu’un traitement équitable, un peu de répit. L’étudiant en difficulté parce qu’il est au chômage à cause du gouvernement et qui peine à faire le plein pour se rendre à son cours ne demande qu’un traitement équitable, un peu de répit. Ce n’est pas grand-chose.
    Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement de prendre des mesures concrètes, de faire ce qu'il faut et d'agir pour le bien du Canada. Voilà pourquoi nous lui demandons d'aller jusqu'au bout, sans demi-mesures.
(1710)
     La Chambre est-elle prête à se prononcer?
    Des voix: Le vote.
    Le vice-président: Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, nous demandons un vote par appel nominal.
     Conformément à l'article 45 du Règlement, le vote est reporté au mercredi 15 avril, à la fin de la période prévue pour les questions orales.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour dire qu'il est 17 h 30 afin que nous puissions passer à l'étude des affaires émanant des députés.
     D'accord?
    Des voix: D'accord.

Affaires émanant des députés

[Affaires émanant des députés]

[Français]

La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 8 décembre 2025, de la motion portant que le projet de loi C-231, Loi modifiant la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
     Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour donner mon appui au projet de loi C‑231, un projet de loi pour les amis de David. Ce projet de loi, présenté par mon collègue et ami le député de Mégantic—L'Érable—Lotbinière en hommage à son fils David, vise à modifier la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.
    David nous a quittés trop tôt. Il était beaucoup trop jeune. Je tiens à profiter de cette occasion pour remercier mon collègue et sa charmante épouse Caro d'avoir courageusement pris l'initiative de partager leur histoire et celle de leur fils bien-aimé. L'adoption de ce projet de loi pourrait aider de nombreux jeunes Canadiens aux prises avec des dépendances.

[Traduction]

    Dans le cadre de mes fonctions antérieures en tant que ministre du cabinet fantôme en matière de toxicomanie, j’ai pu constater de mes propres yeux le chaos et le carnage que la dépendance peut causer dans la vie des personnes aux prises avec cette maladie et au sein des familles et des collectivités. J’ai rencontré des gens dont la vie avait été profondément bouleversée par la consommation de substances, et pour qui la perspective d'un emploi, d'un logement et de relations stables avait complètement disparu au fil du temps. J’ai également entendu des parents, des conjoints et des enfants qui devaient composer avec l’incertitude, la peur et les cycles incessants de crises, de rechutes, de surdoses et de tentatives de rétablissement. Ces expériences ont mis en évidence le fait que la toxicomanie n’est pas un problème isolé, mais qu’elle se répercute sur l’ensemble du système familial et exerce une pression considérable sur les services de première ligne, dont les services de santé, les forces de l’ordre et les services sociaux.
    Aujourd'hui, je vais raconter une histoire très personnelle. Je tiens à remercier du fond du cœur mon frère de m'avoir permis de raconter une partie de son histoire. Mon frère Brent a commencé à prendre de la drogue à 14 ans. Il était au secondaire, et notre mère venait de mourir du cancer. Sa consommation a évolué très rapidement. Il a vite développé une dépendance et a commencé à consommer des drogues pour venir à bout de ses cours et simplement pour passer à travers ses journées. Il a vécu dans le monde de la dépendance et de la consommation active de drogues pendant plus de 10 ans. Pendant 10 ans, il n'arrivait pas à se sentir normal; il se sentait coincé. Pendant tout son secondaire, le seul moyen qu'il avait de se sentir normal était de prendre de la drogue. Il arrivait à peine à survivre. Tout au long de cette période où il consommait activement, il a eu de nombreux démêlés avec la justice. Notre famille subissait énormément de stress. On a passé des nuits blanches à se demander où il était, comment il allait et s'il allait un jour revenir dans le droit chemin.
    Je lui ai parlé du projet de loi et je lui ai demandé ce qu'il en pensait. L'idée lui a plu. Il trouvait que c'était une bonne idée et que ce genre d'initiative aurait très bien pu l'aider lorsqu'il s'est engagé sur la voie qui l'a mené à la toxicomanie. Il m'a dit qu'il s'est souvent demandé à quoi sa vie aurait pu ressembler si on lui avait offert un traitement après ses premiers démêlés avec la justice en tant que mineur, et à quel point il serait en meilleure posture s'il n'avait pas perdu cette décennie marquée par la toxicomanie et s'il avait pu obtenir plus tôt l'aide dont il avait besoin.
    Après de nombreuses années difficiles, il a reconnu qu'il avait un problème et il s'est engagé sur la voie du rétablissement. Ce parcours ardu n'a pas été sans détours, mais il y a consacré les efforts nécessaires. Je suis extrêmement fière d'annoncer que mon petit frère se remet maintenant de sa dépendance et qu'il ne consomme plus de drogue depuis maintenant plus d'un an. Il se porte très bien. Il en est à sa première année à l'école de métiers qu'il fréquente en vue de devenir plombier et monteur de conduites de vapeur. Il contribue à bâtir le Canada et à bâtir ce dont nous avons besoin, au propre comme au figuré, et il montre tous les jours qu'il est possible de se rétablir.
    Ces expériences ont confirmé l'importance d'une approche bienveillante et fondée sur des données probantes, qui privilégie à la fois la sécurité immédiate et les parcours de rétablissement à long terme, en reconnaissant que la dépendance est un trouble de santé complexe. Une intervention précoce pour traiter la dépendance chez les jeunes est essentielle, car elle peut améliorer considérablement les résultats à long terme en empêchant que l'expérimentation ne débouche sur une consommation chronique de substances.
    En ce qui concerne le projet de loi C‑231, cette idée est véritablement au cœur de ce qu'une véritable réforme devrait permettre d'accomplir: aider les jeunes plus tôt. Pourquoi pas? La plupart des jeunes qui entrent en contact avec le système de justice ne sont pas simplement des délinquants. Ce n'était pas le cas de mon frère. Il était aux prises avec une dépendance, un traumatisme et des problèmes de santé mentale. Il avait besoin que quelqu'un le prenne en charge. Il aurait fallu que le système de justice lui offre le soutien dont il avait besoin, à savoir un traitement contre la dépendance. Si la seule réponse est punitive, nous risquons de passer à côté de l'occasion de changer réellement le cours de la vie de ces jeunes.
(1715)
    L'adolescence est une période où l'intervention peut vraiment donner de bons résultats et où les relations, les mesures de soutien et le traitement peuvent recadrer un jeune avant que d'autres habitudes s'installent. Le renforcement de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents témoignerait d'une compréhension plus réaliste et plus humaine des besoins des jeunes: du soutien au bon moment, la reconnaissance de ses responsabilités combinée à la réadaptation et des services coordonnés qui s'attaquent à la cause première du problème. Menée correctement, une intervention précoce donne aux jeunes une chance réelle de parvenir à la stabilité, au rétablissement et à un avenir bien différent de la situation d'avant.
    Il y a un excellent exemple en Alberta, où il y a un programme de protection des enfants toxicomanes, le PChAD. Ce programme offre aux familles albertaines la possibilité d'imposer légalement à leurs enfants ayant de graves problèmes de toxicomanie un traitement contre leur volonté. Les familles peuvent en faire la demande à la cour et, plus important encore, l'intervention du système est axée sur la stabilisation et le rétablissement du jeune et non sur la punition.
    Lorsqu'un juge délivre une ordonnance au titre de loi sur la protection des enfants toxicomanes, le jeune est placé dans un environnement structuré et supervisé où on veille immédiatement à sa sécurité. Le sevrage peut être géré, au besoin, et un plan de traitement clair est établi. Les familles participent aussi au processus de manière constructive, au lieu d'être livrées à elles-mêmes et d'être dépassées pendant qu'elles tentent de gérer une crise à la maison.
    Les résultats pratiques sont significatifs et très concrets. Ainsi, les parents ne sont pas laissés à eux-mêmes à se demander si leur enfant survivra une autre nuit en situation de crise. Les policiers n'ont pas besoin d'agir constamment comme des intervenants par défaut pour des situations qui sont essentiellement des problèmes de santé. Les services d'urgence ne sont pas le seul filet de sécurité possible. Les jeunes ont une véritable occasion de faire une pause, de reprendre pied et de suivre un traitement avant que leur situation ne s'aggrave.
    Le programme n'est pas parfait. Aucun programme ne l'est. Toutefois, il reflète un principe important: quand un jeune est aux prises avec un problème de dépendance, les interventions précoces et structurées peuvent changer les résultats. J'ai rencontré certains des jeunes qui ont bénéficié du programme, et il a changé leur vie. Le rétablissement est bel et bien possible.
    J'encourage tous mes collègues à envisager d'appuyer le projet de loi pour accorder aux ados de tout le Canada une partie de l'aide qui est disponible s'ils ont la chance de venir de l'Alberta. Le même principe se trouve dans le projet de loi C‑231. Il s'agit de rendre la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents plus cohérente. Le projet de loi nous demande de reconnaître quelque chose de simple, à savoir que, pour bien des jeunes, la toxicomanie est indissociable de leur rapport avec le système de justice. Elle est souvent au cœur de tout cela.
    Si on traite chaque comparution comme un événement isolé, on passe à côté de la tendance et on rate l'occasion d'intervenir. Le projet de loi vise à déceler les problèmes. Il ferait en sorte que, quand le système de justice constate une tendance, il puisse intervenir en conséquence, et pas seulement par la répétition. Il pourrait intervenir en misant sur un traitement, une structure ou une feuille de route axés sur le rétablissement.
    Les députés ont tous des points de vue différents, mais nous avons tous une responsabilité fondamentale en commun: nous sommes ici pour prendre des décisions qui se répercutent sur des personnes bien réelles, en particulier les jeunes qui connaissent des difficultés, mais qui ont encore la possibilité de rebondir. Absolument tout le monde a la possibilité de se reprendre en main, alors pourquoi ne donnons-nous pas cette chance aux jeunes Canadiens? Ce projet de loi ne nous demande pas de choisir entre la responsabilité et la compassion, mais bien de les concilier enfin d'une manière qui tient compte de la réalité.
    Les jeunes ont besoin à la fois de structure et de soutien. Les familles ont besoin d'options, pas de désespoir. Notre système judiciaire a besoin d'outils adaptés à la complexité des situations qu'il examine. C'est ce qu'offre le projet de loi C‑231. Il s'agit d'une étape concrète dans l'établissement d'un système qui intervient plus tôt, qui assure une meilleure coordination et qui donne aux jeunes une chance bien réelle de se reprendre en main.
     Je tiens à dire une chose: la guérison demande beaucoup d'efforts. Les personnes qui choisissent de se rétablir comptent parmi les plus courageuses qu'il m'ait été donné de rencontrer. Elles ne choisissent pas la facilité; elles accomplissent le travail le plus pénible qui soit. Ce que propose le projet de loi de mon collègue le député de Mégantic—L'Érable—Lotbinière, c'est simplement de donner aux jeunes la possibilité de faire les efforts nécessaires pour remettre leur vie sur les rails.
    Je terminerai en disant ceci: s'il est encore temps d'aider un jeune à reprendre sa vie en main, nous avons le devoir d'essayer. Pourquoi ne le ferions-nous pas, pour David, pour les amis de David et pour toutes les familles qui aspirent encore à ce que les choses se passent autrement?
(1720)

[Français]

     Pour David, pour tous les amis de David et pour toutes les familles de partout au Canada qui espèrent une issue différente, nous devrions adopter ce projet de loi.
    Monsieur le Président, je suis heureuse d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C‑231, présenté dans le cadre des affaires émanant des députés, qui propose certaines modifications à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. Par souci de brièveté, je parlerai de la Loi en utilisant son acronyme, soit la LSJPA.
    Je voudrais souligner le travail de mon collègue de Mégantic—L'Érable—Lotbinière, qui est aussi mon voisin de circonscription. Ce sont des circonstances tragiques qui l'ont mené à travailler sur un tel projet de loi qui est d'une importance capitale. Je souhaite le remercier d'avoir travaillé là-dessus et de son implication importante pour nos jeunes, pour changer des vies, des familles et des communautés.
    Je souhaite mettre en évidence que l'objectif sous-jacent du projet de loi est tout à fait louable, puisqu'il vise à modifier la LSJPA pour renforcer l'approche relative aux programmes de traitement des dépendances dans son cadre d'application. Le projet de loi C‑231 reflète les réalités vécues et les défis quotidiens de certains jeunes Canadiens et Canadiennes. Au Canada, les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont plus susceptibles de vivre des troubles de santé mentale et des troubles liés à l'usage de substances que n'importe quel autre groupe d'âge.
    Selon l'Enquête canadienne sur le tabac, l'alcool et les drogues chez les élèves, 37 % des élèves de la 7e à la 12e année — ou du secondaire, pour les gens du Québec — ont déclaré avoir consommé de l'alcool au cours de la dernière année. Au cours de la même période, 18 % des élèves ont consommé du cannabis, 6 % ont utilisé des médicaments sur ordonnance à des fins non recommandées et 7 % ont consommé des drogues illégales. Plus préoccupant encore, 22 % des élèves ont déclaré avoir consommé deux substances lors d'une même occasion au cours de leur vie, tandis que 18 % l'ont fait au cours des 12 derniers mois. Ce sont beaucoup de chiffres. Dans nos circonscriptions, ce que ça représente, ce sont des effets de la consommation sur des jeunes vies, sur des familles et sur des communautés, et il y a des gens qui cherchent des solutions.
    Je veux souligner le travail d'organismes de ma région, comme Virage Santé mentale, comme L'Éveil, ou encore comme Phelps Aide, Mental Health Estrie et les centres de réadaptation en dépendance. Ce sont des gens qui font des miracles avec peu de moyens pour appuyer les jeunes. C'est un travail qui est essentiel et c'est encore plus criant dans les régions, où les ressources sont limitées, où tout le monde se connaît et où ce n'est pas toujours facile d'avoir accès à ces ressources. Avoir davantage d'outils législatifs pour appuyer les jeunes et les familles, je réitère que c'est d'une grande importance.
    Dans ce contexte, le projet de loi C‑231 propose de mettre en évidence et, dans certains cas, de préciser les mesures qui encadrent les programmes de traitement des dépendances pour les adolescents. Par exemple, il exigerait que les agents de police se demandent s'il serait approprié de diriger un adolescent, qui serait soupçonné d'avoir commis une infraction liée aux drogues, vers un programme de traitement des dépendances avant d'engager ou de poursuivre des procédures judiciaires contre lui. Le projet de loi propose aussi de permettre, dans certains cas, au tribunal pour adolescents de reporter la détermination de la peine pour permettre à l'adolescent de participer à un programme de traitement des dépendances. Il propose également de modifier la LSJPA afin d'autoriser le tribunal pour adolescents à inclure, dans certaines ordonnances, l'obligation de suivre un tel programme. Enfin, il prévoit que le simple défaut ou refus de se conformer à cette condition ne peut entraîner une peine de placement sous garde.
    Comme on le sait, la LSJPA établit un régime juridique distinct pour les adolescents ayant commis — ou étant accusés d'avoir commis — une infraction criminelle, régime qui tient compte de leur plus grande vulnérabilité, de leur maturité encore en développement et de leur dépendance à l'égard des adultes. L'un des principes fondamentaux de la LSJPA consiste à protéger le public tout en favorisant la réadaptation et la réinsertion sociale des adolescents ayant commis des infractions. Elle met également en évidence l'importance de prévenir la criminalité en orientant les adolescents vers des programmes ou des organismes communautaires afin de s'attaquer aux causes sous-jacentes de leurs comportements.
(1725)
    Le projet de loi C‑231 est conforme à ces principes fondamentaux du système de justice pénale pour les adolescents et le gouvernement entend l'appuyer tout en proposant certains amendements à l'étape de l'étude en comité. À mon avis, ce projet de loi bénéficierait de certaines modifications afin d'atteindre encore davantage ses objectifs.
    Par exemple, une des modifications proposées dans le projet de loi C‑231 consisterait à imposer aux agents de police une nouvelle obligation de déterminer s'il serait approprié de diriger l'adolescent, avec son consentement, vers un programme de traitement des dépendances avant d'engager ou de poursuivre des procédures judiciaires. Le projet de loi C‑231 pourrait légèrement être élargi afin que cette exigence s'applique également aux procureurs de la Couronne. Cela favoriserait davantage le recours aux programmes de traitement des dépendances et l'orientation vers ces programmes.
    Une telle approche serait également conforme au projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes, qui propose de modifier la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents pour préciser que les procureurs doivent envisager des mesures extrajudiciaires avant d'engager ou de poursuivre des procédures judiciaires. Cette obligation existe déjà pour les policiers en vertu de l'article 6 de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.
    La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents reconnaît aussi que les mesures de déjudiciarisation sont souvent présumées être la solution la plus appropriée et la plus efficace pour traiter la criminalité chez les adolescents, et qu'elles permettent des interventions rapides et adaptées visant à s'attaquer aux causes profondes des comportements délinquants. L'extension de cette exigence au procureur pourrait contribuer à encourager davantage le recours à des programmes de traitement des dépendances tant avant qu'après le dépôt d'accusation.
    Cela dit, il est important que le système de justice pour les adolescents adopte une approche ciblée en matière de déjudiciarisation pour les infractions liées aux drogues. Les infractions pour lesquelles les policiers et les procureurs doivent être tenus d'envisager une orientation vers un programme de traitement des dépendances devraient être les infractions de possession simple. Plus précisément, elles devraient être limitées aux infractions de possession prévues au paragraphe 4(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et au paragraphe 8(1) de la Loi sur le cannabis. Cela permettrait d'harmoniser les modifications proposées à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents avec les mesures de déjudiciarisation ajoutées à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances en 2022. Ces mesures comprennent notamment l'émission d'un avertissement ou l'orientation avec le consentement de la personne vers un programme ou un organisme qui peut lui venir en aide. Toutefois, ces mesures ne peuvent être appliquées qu'aux personnes soupçonnées d'avoir commis une infraction de possession simple.
    Le projet de loi propose également d'ajouter dans certaines dispositions de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents des orientations et des ordonnances visant uniquement des programmes de traitement des dépendances. Cette approche plus restreinte comporte certains risques. D'une part, elle pourrait entraîner des interprétations non intentionnelles et défavorables susceptibles de limiter l'accès à d'autres types de programmes de traitement, notamment ceux axés sur la santé mentale ou sur la modification des comportements et le développement des compétences.
    L'une des raisons pour lesquelles ce projet de loi est si important est qu'il met en lumière l'intersection essentielle entre le système de justice pénale et la santé publique. Toutefois, les enjeux de santé publique ne se limitent pas à la consommation problématique de substances. Par exemple, au Canada, les personnes vivant avec des troubles de santé mentale sont également surreprésentées dans le système de justice pénale. Pour certaines modifications proposées, le fait de faire référence plus largement à des programmes de traitement plutôt qu'uniquement à des programmes de traitement des dépendances ou de la consommation problématique de substances permettrait de maintenir l'objectif du projet de loi tout en évitant d'exclure involontairement d'autres formes importantes de traitement. Par exemple, une approche plus large permettrait de préciser que les tribunaux pour adolescents peuvent reporter la détermination de la peine afin de permettre à un adolescent de participer à divers types de programmes de traitement plutôt que de limiter cette possibilité au seul programme de traitement des dépendances.
    Le projet de loi C‑231 poursuit un objectif important: aider les jeunes aux prises avec une consommation problématique de substances à accéder à des programmes de traitement pour qu'ils puissent recevoir des soins plutôt que d'être sanctionnés par le système de justice. Cela appuie plusieurs de nos engagements électoraux avec des approches qui éloignent les jeunes de la criminalité en offrant un soutien urgent et immédiat pour faire face à la crise des surdoses, tout en assurant la protection du public. Pour ces raisons, le gouvernement est prêt à appuyer ce projet de loi, tout en proposant certains amendements visant à renforcer ses objectifs et à élargir sa portée.
(1730)
    Monsieur le Président, je n’ai pas eu le bonheur ou l’honneur de connaître David, mais j’ai celui de connaître son père. Je ne suis pas toujours d’accord avec lui, mais c’est un homme que je respecte beaucoup et pour qui j’ai beaucoup d’affection.
    Je suis heureux de prendre la parole au nom du Bloc québécois sur ce projet de loi. D'emblée, je peux dire que nous allons appuyer le projet de loi C‑231. Quand je le lis, je dirais que c’est dans l’ADN du Bloc québécois. Depuis sa création, le Bloc québécois a constamment été en faveur de la déjudiciarisation.
    Au Bloc québécois, nous croyons en la réhabilitation. Évidemment, il y a des cas où il faut emprisonner et où il faut sévir. Le Code criminel n’est pas là pour rien. C’est une bonne chose. Nos prisons sont utiles, mais il faut être prudent. Il ne faut pas en faire une panacée. Ce n’est pas toujours utile, ou plus utile, d’emprisonner quelqu’un.
    Nos jeunes en particulier — parce qu’ils sont plus jeunes — sont, de nature, moins expérimentés et moins matures. Ils sont plus susceptibles de commettre des erreurs, parfois bénignes, mais parfois plus graves. Dans un cas comme dans l’autre, comme société, nous nous devons d'être bienveillants et de chercher à les ramener dans le droit chemin plutôt que de les emprisonner dans un processus dont ils pourront difficilement sortir par la suite.
    Nous avons eu des discussions semblables à l’époque sur le projet de loi C‑5. Il s’agissait de discussions pas toujours faciles, où, de notre côté, au Bloc québécois, nous préconisions un appui à la déjudiciarisation. Quand je lis le projet de loi C‑231, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une seconde chance de revenir sur cette question et d’en faire un processus utile, non seulement pour l’ensemble des tribunaux, mais particulièrement lorsqu’il est question de nos jeunes.
    La toxicomanie n’est pas tellement un problème judiciaire autant qu'un problème médical. Enfermer quelqu’un dans une prison, peu importe la durée de l’emprisonnement, ne guérira pas des problèmes de toxicomanie. Par contre, des traitements peuvent le faire. Les traitements réussissent-ils toujours? Non, c’est certain. Cependant, les traitements ne valent-ils pas la peine d’être essayés?
    Que ce soit nos enfants, les enfants de nos proches, de nos voisins, de nos amis ou de parfaits inconnus, lorsque des enfants se retrouvent aux prises avec un problème de toxicomanie, cela vaut la peine d’investir dans des tentatives de réhabilitation. Il n’est pas exclu que cela ne fonctionne pas et que, à un moment donné, il faille dire qu’on n’a pas réussi et recourir à des mesures plus sévères d’incarcération ou d'autres. Soit, mais de prime abord, quand un adolescent est aux prises avec des problèmes de cette nature, c’est non seulement notre devoir, mais aussi notre intérêt, comme société, de procéder avec des mesures parallèles au système judiciaire.
    Au Bloc québécois, nous croyons à la réhabilitation et nous y croyons également pour les adultes, pas seulement pour les adolescents. Cependant, une société doit-elle investir des milliards de dollars pour construire des pénitenciers et engager des gardiens afin d’y garder à l'intérieur des murs des personnes ayant commis des crimes? Dans certains cas, je dirais que oui, mais dans plusieurs autres, je dirais que non.
    Même lorsqu’il s’agit d’adultes aux prises avec un problème de toxicomanie, nous avons souvent dit, au Bloc québécois, que ce sont des cas dans lesquels il faut tenter des mesures de déjudiciarisation. C’est plus rentable pour la société, c’est plus bienveillant à l'égard de l'ensemble de la société et c'est plus efficace, mais encore plus particulièrement lorsqu’il est question des adolescents que de personnes d'âge adulte.
    Nos jeunes ont besoin d’amour, et je pense que le projet de loi C‑231 propose de leur en offrir. C’est de tout cœur que nous serons aux côtés de notre collègue de Mégantic—L'Érable—Lotbinière sur ce projet de loi.
(1735)
     J'écoutais notre collègue libérale qui nous annonçait peut-être l'intention du gouvernement de proposer certains amendements. Il y en aura peut-être, effectivement. Cela dit, je suis heureux de voir que c'est une idée à laquelle l'ensemble des députés de la Chambre se rallient, sans division et sans partisanerie, laquelle est souvent malsaine, malheureusement. Ce n'est pas par mauvaise volonté, mais bien parce qu'on est souvent pris dans les carcans des programmes de partis, des programmes électoraux. C'est la nature des choses. Nous sommes ici parce que nous avons été élus et nous avons été élus sur la base de différents programmes et nous devons défendre des idées.
    Toutefois, il y a des cas comme celui-ci où les idées que nous défendons nous permettent de nous rejoindre sur un dossier en particulier. C'est le cas ici. Je me demande si nous ne sommes pas devant un projet de loi qui serait une de nos rares occasions de procéder par consentement unanime, voire de faire un traitement accéléré. Je rêverais de voir ce projet de loi en vigueur ce printemps, sinon le plus tôt possible.
    Comme je le disais, je n'ai pas eu le bonheur de connaître David, mais je conclurais en lui souhaitant bonne route.
    Je félicite mon ami pour son projet de loi.
(1740)
     Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui sur un sujet que nous évitons souvent d'aborder, qui nous rend inconfortables et que nous n'aimons pas nommer, mais que nous ne pouvons plus continuer d'ignorer: la détresse chez les jeunes. Comme plusieurs l'ont déjà mentionné, 20 % des jeunes avant l'âge de 18 ans vont faire face à des problèmes de santé mentale. C'est donc excessivement important que nous l'abordions.
    Ces problèmes de santé mentale vont mener indirectement ou peut-être trop rapidement vers des troubles de dépendance, qui mènent souvent à des drames qui peuvent être évités. Comme chacun le sait, ces choses arrivent et existent dans les écoles, dans certaines familles, dans les circonscriptions partout au Canada. Pourtant, trop souvent, notre réponse n'est pas à la hauteur. En tant que parents, nous n'avons pas nécessairement toutes les connaissances pour y faire face. Même les spécialistes disposent de temps et de ressources limités. On a de la misère à faire face à ce problème, qui augmente de plus en plus.
    Le problème, c'est que l’on continue à regarder ce que font les jeunes sans vraiment chercher à comprendre ce qu'ils vivent. Ce qu'ils vivent, dans certains cas, c'est de la souffrance. Leur souffrance s'exprime par des gestes et des comportements, et parfois aussi par la consommation. Pour plusieurs adolescents, la consommation n'est pas juste une curiosité. Ce n'est pas seulement quelque chose qu'ils font parce que les autres le font, de façon passagère, pour simplement l'essayer ou pour vivre une expérience. Pour certains, c'est une manière de gérer quelque chose qui leur fait mal. Pour certains, c'est une manière de tenir le coup, de continuer à avancer malgré cette douleur.
    Certains jeunes ne dorment plus et vivent une grande anxiété. Ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe dans leur tête. On le sait: chez les jeunes, le cerveau n'est pas complètement formé. Ils n'ont pas nécessairement assez d'expérience pour avoir des références et se dire que, plus tard, ça va aller bien. Pour certains, à un moment donné, dans leur réflexion du jour, dans la découverte, par exemple, de la drogue, il y a quelque chose qui les apaise. C'est une solution qui n'est pas parfaite ni saine, et certains jeunes le savent. Toutefois, elle est suffisante pour continuer. C'est une solution qui est peut-être temporaire pour eux, mais, trop souvent, ça devient permanent. C'est souvent ainsi que ça commence. À partir de ce moment-là, la consommation devient une réponse. Ce n'est pas la bonne réponse, mais c'est une réponse qui est accessible, facile et régulière.
    Pendant ce temps, le système, lui, est difficile d'accès. Il y a des listes d'attente. Les services varient d'une région à l'autre. Il y a des parents qui cherchent de l'aide sans vraiment savoir où aller. On est mal renseigné, peut-être mal outillé. Pendant ce temps, la substance, elle, est toujours là. Elle est disponible rapidement, sans qu'on ait besoin de prendre un rendez-vous. Son accès est stable. La substance est à l'écoute et ne juge pas. Ces jeunes finissent par s'y accrocher.
    Nous, les adultes, sommes bien intentionnés. Les spécialistes veulent intervenir, mais ils arrivent souvent trop tard, après qu'un délit a été commis, après une arrestation. On arrive souvent une fois que ça a dégénéré. Comment répond-on à l'appel? On répond par une approche pénale, une approche qui fait qu'on n'est pas tenu d'agir en fonction des besoins du jeune. On intervient en fonction des gestes posés, mais on ne s'attarde pas réellement à ce qu'il y a derrière. On met un pansement pour soigner une blessure. Or, s'il y a bien une chose qui est excessivement essentielle, selon moi, c'est la prévention.
    La prévention devrait toujours être une solution qu'on met en priorité. La prévention consiste justement à éviter que ces problèmes surviennent, que ce soit en santé physique ou en santé mentale. Si on ne prévient pas, en tant que société, il faut arrêter d'être étonné que ça recommence. Il faut avoir le courage de dire que le modèle actuel a des limites. Ce n'est pas parce que les intervenants ne font pas leur travail, mais c'est parce que, dans sa structure actuelle, la réponse du système arrive toujours trop tard et souvent au mauvais endroit. C'est exactement pour ça que le projet de loi C‑231 de mon collègue est excessivement important. Il vient introduire quelque chose que nous n'avons pas suffisamment fait jusqu'à maintenant. Il nous permet de prendre du recul et de dire: si, au lieu de simplement punir, on intervenait réellement?
    Concrètement, à quoi sert ce projet de loi? Le projet de loi permet de retarder une sentence pour permettre au jeune d'avoir accès à un traitement. Il permet d'intégrer le traitement dans la décision judiciaire, un traitement qui peut régler la cause du problème. Surtout, le projet de loi envoie un message très important: un jeune qui n'y arrive pas du premier coup ne doit pas être envoyé directement en détention, car, la réalité du traitement, c'est que c'est un parcours qui est imparfait.
(1745)
     Dans un traitement, il y a des rechutes, il y a des reculs et il y a des moments où ça ne fonctionne pas, mais ça ne veut pas dire que c'est un échec pour ce jeune. Ça veut dire qu'il est dans un processus, et le système doit être capable de le comprendre. Le projet de loi nous pousse donc à nous dire que nous devons faire un choix. Nous devons mettre en place une loi et nous devons faire un choix relativement à cette loi. Soit on continue à avoir une approche axée sur les problèmes, soit on adopte une approche axée sur les besoins. C'est un choix qui est politique et qui est excessivement important.
     Un cerveau d'adolescent, c'est modelable, c'est influençable. C'est encore en mesure de créer des bons réflexes et de trouver des bonnes manières de faire face aux problèmes. Toutefois, quand la fenêtre se referme, on perd souvent le jeune et on le perd pour longtemps. Alors, oui, il faut adopter ce projet de loi, mais il faut aussi avoir le courage d'aller plus loin. On doit s'assurer qu'il y a des services, il faut former des intervenants et s'assurer que les programmes existent partout au pays. Surtout, il faut arrêter de travailler en vase clos. C'est un aspect excessivement important. Trop souvent, aujourd'hui, la justice travaille de son côté, la santé travaille de l'autre côté, les services sociaux sont un peu ailleurs là-dedans. Au milieu, il y a le jeune et son entourage, s'il a la chance d'avoir un entourage. Tous ces professionnels doivent naviguer dans un système qui n'est pas fait pour le jeune et le jeune doit lui aussi naviguer dans un système qui n'est pas fait pour lui.
     Cependant, il faut être honnête. Adopter un projet de loi sans accorder les ressources nécessaires, ça ne changera pas grand-chose. Si on dit à un jeune qu'il doit se faire traiter, mais qu'il doit attendre trois, six ou douze mois, dans les faits, c'est lui dire qu'on n'est pas prêt pour lui présentement. Dans la vie d'un adolescent, le choix du moment est très important. Les « fenêtres d'opportunité » s'ouvrent, mais elles peuvent se fermer assez vite aussi.
     Alors, je pense qu'on doit faire mieux. Ce qu'on voit, c'est seulement une partie de l'histoire. La consommation et les délits, c'est une partie de l'histoire, c'est la pointe de l'iceberg. En dessous de ça, il y a d'autres choses. Il y a de la détresse, il y a des traumatismes et il y a des besoins qui ne sont pas comblés. Si on ne s'attaque pas à ça, on ne réglera pas la source même du problème. On doit intervenir tôt. Quand on intervient tôt, il ne s'agit pas d'être indulgent, il s'agit d'être efficace. La prévention, c'est éviter que les problèmes se reproduisent. C'est éviter des situations qui peuvent s'aggraver et éviter des trajectoires qui se brisent.
    Oui, le système judiciaire peut parfois devenir un point de bascule, mais pourquoi attend-on de se rendre là? Pourquoi est-ce qu'on attend que ça casse avant d'agir?
     Il n'y a aucun jeune, à mon avis, qui choisit de souffrir. Je pense que ces gestes, ce sont des signaux envoyés. Ce sont des tentatives de s'en sortir qui peuvent être maladroites et qui peuvent même être dangereuses parfois, mais ce sont des tentatives. Je crois que notre rôle est d'offrir la meilleure réponse possible. Il y a des gens qui interviennent tous les jours. Nous, les parlementaires, ne connaissons pas tout. Nous ne sommes pas des savants concernant chacun des aspects de la société. Alors, nous devons faire appel à des personnes-ressources importantes.
     J'ai eu l'occasion de faire appel à Geneviève Labbé, qui est une psychoéducatrice. Elle est chargée de l'enseignement clinique en dépendance, mais, surtout, elle a 20 ans d'expérience. C'est 20 ans à accompagner des jeunes, 20 ans à soutenir les familles et 20 ans à voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. L'ensemble de mon discours est basé sur des discussions que j'ai eues avec elle. Elle m'a rappelé une chose excessivement importante: derrière chaque jeune, il y a un jeune qui ne va pas bien, qui a des besoins et qui a besoin d'être accompagné. C'est souvent un jeune qu'on peut encore aider.
    Nous avons l'occasion aujourd'hui, avec le projet de loi, de faire les choses autrement. Elles ne seront pas parfaites, mais elles vont être différentes. Nous avons le choix d'agir avec cohérence, avec plus d'humanité et aussi avec plus d'efficacité. Dans le fond, la question est simple: est-ce qu'on agit quand il est encore temps ou est-ce qu'on attend toujours qu'il soit trop tard? Aider un jeune aujourd'hui, ce n'est pas seulement régler un problème, c'est changer une trajectoire. Changer une trajectoire, je pense que c'est excessivement important.
(1750)
     L'honorable député de Mégantic—L'Érable—Lotbinière dispose de cinq minutes pour exercer son droit de réplique.
    Monsieur le Président, tout d'abord, je me permets de remercier tous mes collègues qui ont pris la parole pour le projet de loi C‑231.
    Sincèrement, ça me fait chaud au cœur de voir que nous sommes capables, à la Chambre, de discuter d'un projet de loi aussi difficile, mais d'une manière sensée, d'une manière où on prend en considération le jeune et on prend en considération les ressources. On voit que tellement de gens ont vécu des expériences. C'est ce que j'ai constaté depuis la première fois que j'ai parlé de ce projet de loi. Tellement de gens ont des expériences avec des jeunes qui ont été confrontés à la dépendance que ça m'a ouvert les yeux et ça m'a permis de dire que nous sommes sur la bonne voie.
    Je ne suis pas tout seul là-dedans. Je suis avec mon épouse, Caro, mes filles, Marie‑Soleil et Justine, nos petits-enfants et tous nos proches. Caro a eu l'occasion récemment de participer à un balado pendant une heure dans lequel elle parle de son expérience. C'est un balado avec la Fondation VIVERE. Comme j'ai la chance d'avoir un micro ici, mais pas elle, j'aimerais que les gens s'ils ont deux minutes aillent écouter ce balado. Ils verront l'autre côté de la médaille, celui de la maman qui traverse aussi ces épisodes difficiles. Je veux la remercier de son appui et, comme elle a dit dans ce balado, nous regardons en avant maintenant, même si c'est difficile.
    Si, dans toutes les démarches que nous sommes en train de faire, nous réussissons à sauver un seul jeune, nous serons contents. Nous aurons accompli quelque chose, tout le monde ensemble. Le but, c'est d'en sauver le plus possible, mais, le jour où nous aurons sauvé la vie d'un seul jeune et que nous lui aurons donné un avenir parce que nous aurons pris une bonne décision, nous aurons fait notre travail de parlementaires en améliorant les lois pour aider les gens.
    Je voulais donc remercier la députée de Laurentides—Labelle, le député d'Abitibi—Témiscamingueet le député de Rivière‑du‑Nord du Bloc québécois. J'aimerais aussi remercier la députée de South Shore—St. Margarets, le député d'Argenteuil—La Petite‑Nation et la députée de Compton—Stanstead qui ont parlé aujourd'hui. J'aimerais aussi remercier mes collègues conservateurs, dont le député de Mission—Matsqui—Abbotsford et la députée de Fort McMurray—Cold Lake qui, en passant, a livré un témoignage concernant sa propre famille aujourd'hui pour la première fois depuis qu'elle est députée. Même si elle est la porte-parole en matière de dépendances pour notre parti, elle n'avait jamais partagé cette histoire. C'est le but. Il faut en parler et faire en sorte que ce ne soit pas secret, qu'on comprenne les problèmes, qu'on en parle et qu'on trouve ensemble des solutions. Je remercie aussi mon collègue le député de Montmorency—Charlevoix qui croit beaucoup en la prévention.
    Comme société, il faut qu'on empêche d'arriver où on en arrive présentement avec trop de nos jeunes. Une fois qu'ils sont entrés dans le système, il faut les aider à en sortir. Le projet de loi C‑231, la loi sur les amis de David, c'est ça. Le projet de loi s'appelle ainsi pour une raison. Il y a des milliers de mineurs au Canada, comme David, qui vont se retrouver un jour à faire face à la justice parce que leur vie a été littéralement happée par la drogue. Par choix ou par l'influence des proches, la réaction ne sera pas la même pour tous, malheureusement. Il y en a qui vont garder le contrôle sur la drogue et il y en a, malheureusement, qui vont devenir contrôlés par la drogue. Quand la consommation prend le dessus, malheureusement, la descente est rapide.
    Comment un mineur peut-il payer pour sa consommation quand il est mineur et qu'il n'a pas de revenus, qu'il n'a pas de salaire? C'est évidemment en commettant des crimes. C'est donc une roue qui commence et on doit y mettre fin. Le projet de loi C‑231, comme il est, permet de faire un pas dans la bonne direction. J'ai entendu les recommandations pour les modifications au projet de loi. Ça me semble très sensé si nous pouvons aider plus de jeunes, tout en gardant l'objectif de faire en sorte que les juges parlent de traitement.
    C'est ça, le problème dénoncé par le projet de loi actuellement. Les juges n'ont pas devant leurs yeux, dans la loi, le mot « traitement ». Il faut que nous gardions le mot « traitement » parce qu'il faut que ça devienne un automatisme. Si les policiers prennent la décision de prendre un jeune et de l'amener dans un centre de traitement, il faut que cette décision soit prise avec l'accord du jeune, mais surtout dans le cadre d'un processus judiciaire. Malheureusement, les bonnes intentions, comme je l'ai vécu moi-même, des fois, ce n'est pas assez. Ça prend un mur. Le système de justice est un mur pour certains adolescents qui va faire en sorte qu'ils vont prendre conscience à ce moment-là qu'ils peuvent faire un choix différent pour leur vie.
(1755)
     J'ai hâte d'écouter les propositions et de voir comment adapter le projet de loi C‑231 en comité.
    Je remercie tous mes collègues de la Chambre de l'appui exprimé jusqu'à maintenant pour le projet de loi C‑231. Je pense qu'avec mon épouse, Caro, avec ma famille et avec tous mes collègues, nous pouvons vraiment changer les choses.
    Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Conformément à l'article 93 du Règlement, le vote par appel nominal est différé jusqu'au mercredi 15 avril, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

[Traduction]

    Conformément à l'article 37 du Règlement, la Chambre passe maintenant à l'étude de la motion M‑15, sous la rubrique des affaires émanant des députés.

[Français]

Les dons écologiques

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 3 décembre 2025, de la motion.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour appuyer la motion M‑15, présentée par mon collègue de Brome—Missisquoi et que j'ai le plaisir de coappuyer, qui invite le gouvernement à examiner comment améliorer les incitatifs fiscaux liés aux dons écologiques et à instaurer une parité fiscale entre les dons de terres et les dons en argent destinés aux organismes de conservation.
    Derrière cette motion se trouve un principe très important, celui de donner aux citoyens les moyens de protéger la nature. C'est important parce que le Canada dispose d'un vaste capital naturel. En effet, notre pays abrite 20 % des réserves mondiales d'eau douce, 37 % des lacs sur la planète se trouvent au Canada en plus de 25 % des zones humides mondiales et 24 % des forêts boréales. Nous avons aussi l'un des plus longs littoraux au monde et l'un des plus vastes territoires maritimes. Nos habitats naturels abritent environ 80 000 espèces.
    Le Canada s'est engagé à protéger 30 % de nos terres et de nos océans d'ici 2030. Cet engagement s'inscrit dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité, adopté à Montréal en 2022, et représente l'un des objectifs environnementaux les plus ambitieux de notre époque. Pour l'atteindre, il est nécessaire d'adopter une approche pansociétale fondée sur l'innovation et une collaboration étroite. Cela comprend la participation des peuples autochtones, de plusieurs ministères et organismes fédéraux, de tous les ordres de gouvernement, de l'industrie, des organisations environnementales, des organisations philanthropiques et des propriétaires fonciers privés.
    Cette cible ne dépend donc pas seulement du gouvernement. La réalité du territoire canadien est claire: une grande proportion des milieux naturels les plus riches en biodiversité se trouve sur des terres privées. Que ce soit des forêts, des milieux humides, des rivières ou des prairies naturelles, une part importante de ces écosystèmes appartient à des citoyens, à des familles, à des agriculteurs ou à des entreprises. Autrement dit, la réussite de notre engagement national dépend aussi de la participation volontaire de ces propriétaires. C'est précisément là que les dons écologiques entrent en jeu.
    Grâce au Programme des dons écologiques, des propriétaires peuvent faire don d'un terrain ou d'une servitude de conservation à un organisme reconnu afin d'assurer la protection permanente de ce milieu naturel. En retour, ils reçoivent un avantage fiscal qui reconnaît la valeur de ce geste. Ce programme est l'un des outils de conservation les plus efficaces dont dispose le Canada. Depuis 2007, il a permis de protéger plus de 800 000 hectares de milieux naturels partout au pays, une superficie comparable à celle de l'île du Prince-Édouard. Ces terrains comprennent des forêts anciennes, des habitats essentiels pour des espèces en péril, des milieux humides qui filtrent l'eau et des paysages naturels qui façonnent l'identité de nombreuses communautés partout au pays. Avec l'aide de ce programme, chaque hectare protégé contribue à préserver notre patrimoine naturel en plus de contribuer à protéger notre avenir collectif parce que les écosystèmes naturels jouent un rôle dans la filtration de notre eau et dans la purification de notre air. Ils stockent le carbone et contribuent à atténuer les changements climatiques. Nos écosystèmes naturels soutiennent aussi la pollinisation dont dépend notre production alimentaire et ils réduisent les risques d'inondations et de sécheresses.
    Les retombées positives des écosystèmes naturels sont évaluées à plus de 30 milliards de dollars par année au Canada, ce qui représente une richesse immense pour notre société. Protéger les milieux naturels n'est donc pas seulement une question environnementale, c'est aussi une décision économique intelligente. Les solutions fondées sur la nature, comme la protection des forêts, des zones humides et des bassins versants, figurent parmi les moyens les plus efficaces et les plus rentables pour renforcer la résilience de nos communautés face aux changements climatiques. Les investissements dans la restauration écologique génèrent également des retombées économiques importantes. Autrement dit, protéger la nature n'est pas un frein au développement, c'est un investissement dans un avenir durable.
    Les dons écologiques illustrent parfaitement cette logique. Lorsque le propriétaire décide de faire un don écologique, il renonce volontairement à une partie importante de la valeur marchande de sa propriété afin que ce territoire soit protégé à perpétuité.
(1800)
    Ce geste transforme un actif privé en bien public. Il le fait sans que l’État ait à acheter le terrain ni à assumer immédiatement les coûts de son acquisition. C’est un exemple remarquable de collaboration entre citoyens, organismes de conservation et gouvernements.
    Cependant, pour que ce modèle fonctionne, il doit être soutenu adéquatement. Aujourd’hui, même si le programme des dons écologiques demeure un outil exemplaire, plusieurs aspects du cadre fiscal n’ont pas été modernisés depuis plus de deux décennies. La motion M‑15 propose donc une réflexion simple, mais essentielle: comment adapter nos incitatifs fiscaux pour encourager davantage de Canadiens à participer à cet effort collectif?
    La première dimension de cette réflexion concerne les dons des terrains eux-mêmes. Par exemple, le fait de bonifier les crédits d’impôt pour les dons écologiques pourrait encourager davantage de propriétaires à franchir le pas et accélérer la création d’aires protégées sur des terres privées.
    La motion met également en lumière un autre enjeu, celui du financement des organismes de conservation. Ces organisations jouent un rôle crucial dans la protection des milieux naturels. Elles réalisent des inventaires biologiques, assurent la gestion des sites, effectuent la restauration écologique et veillent au suivi à long terme des terrains protégés. Autrement dit, elles transforment un don de terrain en un véritable projet de conservation durable. Leur travail repose largement sur des contributions privées et philanthropiques.
    Les dons en argent servent à financer des activités essentielles comme les études scientifiques, les frais juridiques, l’acquisition de servitudes de conservation, la restauration d’habitats, les suivis écologiques et la mobilisation communautaire. Sans ces ressources, il devient beaucoup plus difficile de protéger et de gérer efficacement les terrains donnés.
    Or, aujourd’hui, les incitatifs fiscaux pour les dons en argent destinés à la conservation demeurent relativement limités. La motion M‑15 propose donc d’examiner la possibilité d’instaurer une parité fiscale entre les dons de terrain et les dons en argent destinés aux organismes de conservation. Cette idée repose sur la reconnaissance que ces deux formes de contribution sont complémentaires. Les dons de terrain permettent de protéger les milieux naturels, et les dons en argent permettent de s’assurer que ces milieux seront protégés et gérés à long terme. L’un ne peut pas pleinement fonctionner sans l’autre.
    Créer une équité fiscale entre ces deux formes de philanthropie permettrait de renforcer l’ensemble du système de conservation volontaire au Canada, et les retombées pourraient être considérables. Les analyses nationales montrent que chaque dollar investi dans la conservation peut en générer considérablement plus en retombées économiques, sociales et environnementales. Dans certains programmes de conservation, on estime d’ailleurs qu’un dollar public attire au moins un dollar en financement privé, créant ainsi un effet de levier significatif. Soutenir la philanthropie environnementale est donc un exemple d’investissement public très rentable que nous pouvons faire.
    Par ailleurs, il est important de rappeler que les dons écologiques ne concernent pas uniquement les grandes propriétés. De nombreux dons proviennent de familles rurales, d’agriculteurs ou de citoyens qui souhaitent protéger un boisé, un marais ou un lac qui fait partie de leur histoire familiale. Ces propriétaires ne cherchent pas un avantage financier; ils souhaitent laisser un héritage. Le crédit d’impôt ne constitue donc pas un cadeau. Il reconnaît simplement la perte réelle de valeur patrimoniale assumée par le donateur lorsqu’il choisit de protéger un terrain plutôt que de le vendre ou de le développer. Les véritables bénéficiaires de ces dons, c'est l’ensemble des citoyens de nos communautés.
    Comme je l'ai mentionné, les terrains protégés ont des retombées environnementales importantes, notamment sur la filtration de l’eau potable. Ils soutiennent la biodiversité, atténuent les effets des changements climatiques et offrent des espaces naturels qui contribuent à la qualité de vie des communautés. Ces dons représentent des bénéfices collectifs qui s’étendent bien au-delà du terrain lui-même. Avec la motion M‑15, on souhaite mieux reconnaître cette contribution.
    En appuyant la motion, nous ne créons pas seulement un mécanisme fiscal. Nous envoyons un message clair: la conservation volontaire fait partie intégrante de la solution pour protéger la biodiversité au Canada.
    Nous reconnaissons également le rôle essentiel joué par les citoyens, les organismes de conservation, les communautés locales et les peuples autochtones dans la protection du territoire. La transition écologique ne peut pas être uniquement portée par les gouvernements, elle doit être le fruit d’un effort collectif. C’est précisément ce que propose la motion de mon collègue. Elle nous invite à renforcer un modèle qui fonctionne déjà, un modèle fondé sur la générosité, la collaboration et la responsabilité partagée envers notre patrimoine naturel.
    J'insiste: protéger la nature n’est pas un luxe, c'est une nécessité pour la santé de nos écosystèmes, la résilience de nos communautés et le bien-être des générations futures. Chaque forêt protégée, chaque rivière protégée et chaque milieu humide restauré représente un investissement dans notre avenir. Chaque geste de conservation volontaire mérite d’être reconnu et encouragé.
    La motion M‑15 nous offre l’occasion de renforcer ces gestes. Elle propose une approche pragmatique, équilibrée et efficace pour accélérer la protection des milieux naturels au Canada.
(1805)
     Pour toutes ces raisons, j'invite mes collègues à appuyer cette motion, parce que, protéger la nature, c'est protéger notre avenir, et parce que les décisions que nous prenons aujourd'hui façonneront le territoire que nous laisserons aux générations de demain.
    En terminant, je tiens à féliciter mon collègue de Brome—Missisquoi pour son leadership dans ce dossier.

[Traduction]

    Monsieur le Président, en quoi consiste la motion M‑15? Il s'agit d'une motion non contraignante présentée par l'un de nos nouveaux collègues à la Chambre des communes, un libéral. Elle vise à lancer une discussion et à tenir un vote sur une proposition très précise, celle de faire en sorte que le code fiscal traite les dons en espèces à des organismes de conservation ou de préservation de la même façon que les dons de terrains.
    Dans le préambule de la motion, on peut lire: « [...] le gouvernement du Canada s'est engagé à protéger 30 % du territoire d'ici 2030 afin de lutter contre la perte de biodiversité et de renforcer la résilience de nos écosystèmes [...] » C'est bien beau, mais voici où le bât blesse: la Chambre n'a jamais voté pour approuver les objectifs de 30 % d'ici 2030 et de 50 % d'ici 2050 dans le cadre du programme auquel le Canada a adhéré lors de la 15e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique. Au cours de la législature précédente, le ministre de l'Environnement, qui a depuis démissionné en raison du protocole d'entente signé entre le Canada et l'Alberta, a tenté de déposer un projet de loi afin de doter le gouvernement d'un mécanisme pour mettre en œuvre le programme en question. Or, ce projet de loi n'a jamais été adopté. Il n'y a eu aucun vote. Le gouvernement s'est contenté d'adhérer au programme, puis de commencer sa mise en œuvre sans consulter les Canadiens ni la Chambre.
    Pour ce faire, les libéraux passent par des pouvoirs que confère la Loi sur les pêches, par la création de parcs nationaux et par des ententes avec les Premières Nations concernant les aires protégées et de conservation autochtones. Le gouvernement a déjà signé des ententes ou entamé des négociations pour plus de 60 de ces aires protégées et de conservation autochtones, et nous ne savons pas ce que ces ententes contiennent. J'ai posé la question au moyen d'une demande d'accès à l'information, mais je n'ai reçu que 4 ententes signées par le gouvernement. J'ai soumis ma demande il y a 2 ans. Les libéraux avaient 30 jours pour me répondre, mais pour plus de 50 de ces accords, ils ne l'ont pas fait.
    Une tendance s'observe au Canada: le gouvernement et les Premières Nations négocient entre eux pour ensuite faire des annonces publiques qui sèment la confusion et l'incertitude. Présentement, même la question de la propriété privée en Colombie-Britannique est remise en cause.
    En quoi consiste est le programme? Beaucoup de gens qui nous écoutent à la maison n'en ont jamais entendu parler. Les libéraux ont pour but de préserver 30 % des milieux terrestres et marins du Canada d'ici 2030 et 50 % d'ici 2050. L'objectif consiste à assurer la protection de l'habitat afin de maintenir la diversité biologique. Il ne s'agit pas simplement de 30 % ou 50 % du territoire canadien choisis au hasard, mais de 30 % de chaque zone écologique au Canada, c'est-à-dire 30 % de nos régions montagneuses, 30 % du Bouclier canadien, 30 % des prairies, 30 % des forêts-parcs, 30 % de la forêt boréale et ainsi de suite.
    Une grande partie de ces zones comprend d'importantes étendues de terrains de propriété privée. Le gouvernement a besoin d'un mécanisme qui lui permette de transformer ces terrains privés en terrains qui peuvent être reconnus en tant que terres protégées. De plus, étant donné que la Convention sur la diversité biologique établit les normes qui définissent le seuil de conservation ou de préservation, les propriétaires fonciers privés seront tenus soit de vendre leurs terrains, soit de les assujettir à des servitudes ou à des règles de conservation, ce qui limitera considérablement les types d'activités qui y seront autorisées.
    Le mécanisme de don de terrains existe déjà. La motion vise à faire en sorte que le droit fiscal canadien traite les dons en argent à une telle cause de manière équivalente, ce qui est censé favoriser l'atteinte des objectifs du programme. De plus, le gouvernement se sert de cette motion non contraignante pour mettre en œuvre sa philosophie mondialiste cautionnée par un banquier central. Pour les gens qui ne savent pas comment cela fonctionne, selon la définition qui s'applique à l'initiative de conservation de 30 % du territoire d'ici 2030, une aire protégée est un espace géographiquement défini et géré par des moyens légaux ou d'autres moyens efficaces qui vise à assurer la conservation à long terme de la biodiversité. Ces aires comprennent les parcs nationaux et provinciaux officiels, les aires marines protégées, les aires protégées autochtones et d'autres mesures de conservation effective par zone, comme les corridors fauniques et les zones d'aménagement durable.
    Je veux me concentrer sur ce point pendant un instant parce que cette motion porte précisément sur ces autres mesures de conservation effective par zone. C'est en grande partie ainsi que les terrains privés peuvent devenir des terres protégées prises en compte pour atteindre les objectifs de 30 % d'ici 2030 et de 50 % d'ici 2050.
    Il existe au Canada différentes organisations de premier plan qui accomplissent de l'excellent travail. Par exemple, Canards Illimités se sert d'un modèle de servitudes de conservation dans le cadre duquel des propriétaires fonciers consentants imposent des restrictions sur leurs propriétés en échange d'une compensation financière. Ces servitudes subsistent en cas de changement de propriétaire; ainsi, lorsqu'un propriétaire achète un terrain grevé d'une servitude, il est tenu de la respecter. Néanmoins, une fois la servitude établie, elle limite considérablement les actions que le propriétaire foncier est autorisé à entreprendre. Par exemple, si l'on souhaitait réaliser un projet d'aménagement sur ce terrain, comme la construction d'un pipeline, la société de pipeline aurait besoin de l'accord à la fois du propriétaire foncier et du titulaire de la servitude de conservation. On voit bien que cela peut très vite devenir très compliqué. Par ailleurs, chaque servitude constitue un accord individuel entre le propriétaire foncier et le titulaire de la servitude. Elles ne sont pas toutes identiques; ainsi, si l'on gère un grand projet de construction qui s'étend sur plusieurs servitudes différentes, chaque contrat de servitude est rédigé de manière distincte.
    Conservation de la nature Canada se concentre davantage sur l'achat de terres et permettra le maintien des activités agricoles et de certaines pratiques agricoles, mais en tant que propriétaire foncier et détenteur de titres, l'organisme aura le dernier mot lorsqu'il s'agira de décider si d'autres types d'activités économiques seront autorisées sur ces terres désignées pour la conservation.
    Je sais que les deux organismes sont bien intentionnés. En tant que chasseur, je comprends que je peux normalement accéder à ces aires de conservation, même si cela vient généralement avec plus de restrictions que pour l'accès à des terres privées ou à des terres de la Couronne.
    Qui dirige et aide à mettre en œuvre ce programme? Les Nations unies. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal, adopté en décembre 2022, établit 4 objectifs et 23 cibles pour 2030 en vue de stopper et d'inverser la perte de biodiversité.
(1810)
    L'objectif principal prévoit notamment de restaurer 30 % des écosystèmes dégradés et de freiner l'extinction des espèces due à l'activité humaine d'ici 2030. Les réformes financières comprennent la réduction des subventions néfastes de 500 milliards de dollars par année et la mobilisation de 200 milliards de dollars par an pour le financement de la biodiversité.
    L'accent est mis sur les droits des peuples autochtones, la gestion responsable et l'intégration des savoirs traditionnels. Cela signifie que les zones de conservation protégées par les Autochtones reposeront sur les savoirs traditionnels plutôt que sur une gestion des espèces fondée sur la science. Cela va généralement à l'encontre du modèle nord-américain de gestion de la faune, ce qui crée une certaine confusion chez les responsables de la faune.
    La réduction des risques liés aux pesticides et de la pollution ainsi que la réduction de 50 % du gaspillage alimentaire constituent un autre objectif, tout comme la mise en place d'un cadre garantissant un partage équitable des avantages découlant des informations séquentielles numériques, telles que les ressources génétiques que nous cherchons à protéger et à préserver.
    Quel rôle joue le Forum économique mondial dans cet effort? Il agit en tant que facilitateur et rassembleur, en soutenant les mouvements « 30 % d'ici 2030 » et « 50 % d'ici 2050 », il mobilise des capitaux du secteur privé et il élabore des modèles financiers et rassemble des dirigeants politiques et économiques afin de faire progresser la mise en œuvre de ces programmes.
    Le secteur financier mondial et le secteur bancaire ont également un rôle à jouer. Les banques jouent un rôle clé dans l'allocation des capitaux appuyant l'engagement de « 30 % d'ici 2030 ». On estime que le secteur privé devra investir 1,2 billion de dollars par année pour atteindre ces objectifs et combler l'écart de financement pour protéger la biodiversité, écart estimé à 700 milliards de dollars par an.
    Les principaux rôles des banques consistent à mobiliser des capitaux privés grâce à du financement mixte et des obligations vertes, en diminuant les portefeuilles des secteurs nuisibles à l'environnement — par exemple en mettant fin au financement du secteur pétrogazier et d'autres types de développement économique —, en élaborant de nouveaux instruments financiers, en adoptant le cadre de divulgation et de gestion des risques liés à l'environnement, et en promouvant des pratiques durables, ce que le Canada fait déjà dans les domaines de l'agriculture, de la foresterie et des pêches.
    Qu'est-ce que les conservateurs feraient autrement? Je pense que les Canadiens seraient surpris d'apprendre qu'à l'heure actuelle, 89 % des terres du Canada appartiennent à la Couronne et que toute notre eau est administrée sous la direction du gouvernement. Personne ne possède un seul pouce carré de la surface des plans d'eau du Canada. Si la gestion des terres de la Couronne repose sur des cadres de développement durable, ce qui est le cas, et si le gouvernement du Canada, qui est responsable de tous nos océans, les gérait correctement, alors on pourrait facilement affirmer que le Canada a déjà atteint ses objectifs en matière de protection environnementale.
    Rien ne peut se faire sur les terres de la Couronne sans l'autorisation d'un gouvernement provincial, territorial ou fédéral. Aucune activité n'est autorisée en mer sans l'autorisation du gouvernement du Canada. Aucune activité n'est autorisée sur un lac ou une rivière sans le consentement d'une province ou d'un territoire. Ce sont tous des gouvernements élus par les Canadiens. Quant aux 11 % restants du territoire, qui sont des terres privées, 7 % d'entre elles sont classées zone agricole, ce qui signifie que seules les activités agricoles y sont autorisées.
    En réalité, en matière d'environnement, les agriculteurs et les éleveurs comptent parmi les meilleurs gardiens de la terre, car il est dans leur propre intérêt de préserver l'intégrité des sols et de l'écosystème. Les terres d'un agriculteur n'ont de valeur que si elles permettent de continuer à cultiver des végétaux et à produire du fourrage ou des pâturages pour le bétail, ce qui signifie que ces terres sont également très précieuses pour la faune. Le moindre chasseur sait que les pâturages comptent parmi les terrains de chasse les plus prisés auxquels il puisse avoir accès. Les terres marginales, avec leurs arbres et leurs systèmes naturels agissant comme des corridors qui s'entrelacent d'un bout à l'autre de terres agricoles et fourragères hautement productives, abritent une abondance d'ongulés, d'oiseaux migrateurs, de gibier à plumes fréquentant les milieux ouverts et même de certains superprédateurs.
    Il reste donc 4 % de la masse terrestre du Canada pour bâtir des routes, des villes, des municipalités et l'écosystème humain. Pourquoi les terrains et la construction de maisons coûtent-ils si chers au Canada? C'est parce que nous limitons l'accès à nos propres terres. Quatorze millions de personnes ne peuvent accéder qu'à environ 4 % des terres pour l'achat, la construction de logements et le développement.
    Maintenant, selon la motion, le gouvernement compte imposer d'autres restrictions sur les 7 % de terres qui sont actuellement zonées à des fins agricoles. Cela créerait plus d'obstacles et empêcherait l'activité économique nécessaire pour que notre pays continue de fonctionner pour tous les Canadiens. Il est tout simplement insensé de désigner 30 % — et éventuellement 50 % — du territoire du Canada comme des aires protégées pour toujours.
    Je vais donner un exemple. Soucieux d'aider les épaulards résidents du Sud sur la côte Ouest du Canada, le ministère des Pêches et des Océans a créé d'énormes zones d'exclusion pour la pêche et d'autres activités. Ces épaulards se trouvent rarement dans ces zones, car ce sont des animaux migratoires. Les fermetures et les restrictions permanentes sont peu utiles, voire inutiles, lorsqu'il s'agit de protéger ces épaulards. Même si cela permet de cocher des cases, on peut très bien se demander si ce que fait le gouvernement permet véritablement d'obtenir le résultat escompté, soit assurer l'équilibre entre l'intégrité écologique et l'activité économique.
    Les libéraux disent qu'ils peuvent protéger à la fois l'environnement et l'économie, mais les résultats de leurs actions disent tout le contraire. Les conservateurs seraient heureux de nouer des partenariats avec des organismes pour contribuer à la conservation et au rétablissement des espèces en voie de disparition et des espèces en péril, tout en sachant que, si une activité économique nécessaire doit avoir lieu, toutes les personnes concernées seront consultées et la décision sera prise en toute transparence.
(1815)
    C'est à cause de ces exemples et d'une pléthore d'autres que les conservateurs ne peuvent pas, en toute bonne foi, appuyer le programme actuel du gouvernement, parce que nous savons que ce programme limitera exagérément l'activité humaine et économique, et qu'il créera des frictions dans le tissu socioéconomique du pays.

[Français]

    Monsieur le Président, ce soir, c'est avec beaucoup de plaisir et d'intérêt que je me prononce sur la motion de mon collègue de Brome—Missisquoi, qui est aussi mon voisin de circonscription. Nous nous sommes connus dans une autre vie alors qu'il était maire de Bromont. Nous nous connaissons depuis quelques années. C'est une très belle motion. Nous allons en parler. Le Bloc québécois appuie la motion M‑15, qui est une reconnaissance stratégique.
    Je veux saluer les organismes de conservation qui sont les partenaires essentiels de ce type de motion. Le député et moi partageons plusieurs organismes environnementaux dans nos circonscriptions, que ce soit la Fondation SÉTHY, soit la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute‑Yamaska, ou encore le REHY, soit le Regroupement environnement Haute‑Yamaska, qui regroupe des organismes qui touchent un peu à Brome—Missisquoi. Le REHY et surtout la Fondation SÉTHY travaillent vraiment très fort sur la question de la conservation. Je les salue parce qu'ils sont vraiment des partenaires essentiels de cette conservation de nos territoires.
     Revenons à la motion. L'idée des incitatifs fiscaux est bien sûr une très belle idée, parce que le gouvernement ne peut pas se contenter de miser sur la générosité privée. Le gouvernement a aussi sa part à fournir. Il ne peut pas simplement déléguer ça au privé. Il faut protéger la biodiversité, mais ce n'est pas seulement une option, c'est une responsabilité collective. On pourra voir qu'il y a différents acteurs qui peuvent intervenir pour protéger cette biodiversité.
    C'est sûr que c'est un peu intimidant de parler de cette motion alors que mon collègue de Repentigny est notre super porte-parole en matière d'environnement. Nous avons discuté ensemble de cette question et il serait mieux que moi pour en parler: il y a vraiment un sentiment d'urgence. Ce que nous voulons faire à la Chambre, c'est élever le débat et parler de la crise majeure de la biodiversité, qui est au même niveau que celle des changements climatiques. Il ne faut pas l'oublier. On parle souvent de ces changements climatiques, mais la crise de la biodiversité est importante.
     Comme chiffres clés, j'ai envie de dire qu'il y a 1 million d'espèces qui sont menacées et qu'il y a 75 % des milieux terrestres qui sont altérés. Ces données s'appuient sur des références internationales. Nous voulons apporter du concret, parler d'alimentation et d'approvisionnement en eau potable. Il y a aussi un impact de la biodiversité sur la santé. On n'en parle pas assez. Sans biodiversité, il n'y a tout simplement plus de conditions pour vivre.
    Nous voulons finalement rappeler que le gouvernement a des engagements. C'est 25 % du territoire que le gouvernement s'était engagé à protéger d'ici 2025 et 30 % d'ici 2030. Nous constatons qu'on est à environ 13,8 % en ce qui concerne la protection terrestre et à 15,5 % sur le plan marin. Il y a des retards répétés, et parfois un manque de cohérence. Le gouvernement annonce des cibles qui sont ambitieuses, mais ne se donne pas toujours les moyens de les atteindre.
    Ce que nous voulons faire, c'est dire que le fédéral a sa part à fournir. Au Québec, c'est 17 % du territoire qui est protégé. Le Québec agit déjà. Nous voulons aussi insister sur le fait que la protection du territoire est une compétence qui relève du Québec. On se rend compte que le Québec n'a pas attendu Ottawa pour agir et qu'il doit pouvoir continuer de le faire selon ses priorités. C'est important.
     J'ai parlé du fait que le fédéral a sa part à fournir et du fait que le Québec fournit la sienne. Maintenant, j'ai envie de mettre en lumière les organismes qui travaillent vraiment fort et de les nommer comme des acteurs centraux dans cette lutte pour la protection du territoire, qu'il soit marin ou terrestre. Ces organismes ont une expertise de terrain. Avec la Fondation SÉTHY, j'ai d'ailleurs eu l'occasion d'aller parler de biodiversité dans une tourbière à Saint‑Joachim‑de‑Shefford. J'ai eu l'occasion d'aller aspirer des araignées, ni plus ni moins. Ce fut une expérience très intéressante pour constater la richesse et la diversité dans les tourbières de notre région, pour voir et faire un inventaire des espèces d'araignées. Ce fut une connaissance du milieu très intéressante.
    Je tire mon chapeau à ces organismes qui ont cette connaissance du terrain. Leur réalité est celle d'un travail complexe. Celui-ci comporte une partie juridique, une partie scientifique et une partie financière. Pour avoir rencontré souvent les représentants de ces organismes, je peux dire qu'un de leurs problèmes est le manque de financement récurrent pour les aider à accomplir leur mission. Parmi les priorités qui sont recommandées, il y a le renouvellement du Programme de conservation du patrimoine naturel, ou PCPN. On parle aussi de fonds d'investissement en conservation et de bonification des dons écologiques. Les organismes sont ceux qui protègent concrètement le territoire, jour après jour.
(1820)
    Les dons de terrains sont favorisés sur le plan fiscal, alors que les dons en argent le sont moins. Dans la motion M-15, on vient s’attaquer au problème du déséquilibre. On propose comme solution la parité fiscale, ce qui amènerait plus de financement stable et plus de projets. On veut donner pour protéger la nature et cela devrait être encouragé, peu importe la forme que prend ce don.
    On veut aussi insister sur le fait que protéger le territoire contribue à la qualité de vie, donne accès à la nature et assure la protection du territoire. L’accès à la nature, c’est prouvé, a un impact direct sur la santé, qu’elle soit psychologique ou physique. Il existe donc un lien entre la protection des territoires et le développement de nos régions, notamment pour les communautés locales qui vivent de ces magnifiques territoires. Protéger la biodiversité, c’est protéger nos milieux de vie.
    On parle vraiment d’un sous-financement qui demeure chronique. Il y a eu des annonces gouvernementales récemment, mais je veux quand même rappeler que seulement 3 % des projets sont soutenus, soit 31 sur 980, selon une lettre que j’ai reçue d’une coalition d’organismes, et que seulement 10 % des hectares sont protégés et financés.
    Finalement, le problème, ce n’est pas le manque de projets, c’est le manque de financement fédéral. Comme je le rappelais tout à l’heure, on est dans une concertation. Le fédéral aurait sa contribution à apporter, alors que le Québec exerce ses compétences et que les organismes doivent être soutenus sur le terrain. Les organismes sont prêts, les projets existent, les communautés sont mobilisées, mais Ottawa ne suit pas toujours.
    Ce qu’on veut comme impact stratégique, c’est démontrer que le système actuel ne fonctionne pas à plein rendement. Cela justifie la nécessité d’aller plus loin que la motion M‑15, même si c’est déjà très bien. On veut amener une solution concrète et crédible sur le financement à long terme.
    Dans les propositions, il y a la création d’un fonds d’investissement pour la conservation du Canada, à hauteur de 150 millions de dollars. Il s’agit d’un financement de type dotation, d’un soutien à long terme pour la gestion des territoires, qui permet la planification et l’entretien à perpétuité. Le financement ponctuel et les annonces non structurantes sont critiques. Il faut réussir à s’y attaquer, puisque protéger un territoire n’est pas un geste ponctuel, mais un engagement pour les générations à venir.
    Cela a un impact dans les circonscriptions. C’est très pertinent pour renforcer l’ancrage politique, puisqu’il y a 150 organismes de conservation, plus de 13 000 bénévoles et plus de 250 000 hectares protégés. Il y a une présence concrète dans les circonscriptions et un impact direct sur les communautés locales. Derrière chaque projet de conservation, il y a des citoyens, des bénévoles et des organismes enracinés dans nos communautés. Je salue Martine et son équipe de la Fondation SÉTHY.
    On l’oublie, mais les paysages du Sud du Québec sont souvent oubliés. Pourtant, plus de 80 % de la population y vit, et ce sont des zones riches en biodiversité, mais aussi sous pression, avec des espèces à protéger. Cela crée des conflits entre le développement économique et la protection. Il y a donc une nécessité d’une approche intégrée. C’est précisément là où les gens vivent qu’il faut travailler et développer l'économie, puisque la pression sur la biodiversité y est la plus forte.
    Il faut redonner un accès à la nature. C’est un enjeu social et de santé, comme je le mentionnais plus tôt. Les médecins prescrivent maintenant des bains de nature, des bains de forêt. C’est un bien-être physique et mental, alors que l’accès à la nature est de plus en plus limité, que ce soit aux lacs ou aux montagnes. Il faut protéger la nature, mais aussi permettre aux gens d’y avoir accès près de chez eux.
    Finalement, il faut développer une vision complète et adapter les programmes aux communautés autochtones. C'est important de le souligner. Il faut aussi faciliter la conservation sur les terres agricoles. Les agriculteurs nous le répètent: ils veulent faire partie de la solution lorsqu’on parle de protection du territoire. Ils ne veulent pas être constamment blâmés. Il faut continuer à travailler avec eux et faciliter la conservation de ces terres agricoles.
    L’approche fédérale doit être plus uniforme, car elle est parfois inefficace. Il faut donc la retravailler. Cette motion vient aider, parce que les solutions doivent être adaptées aux réalités des territoires, notamment celles des communautés autochtones et du milieu agricole. Nous avons des lacs, des montagnes et des terres à protéger. Finalement, c’est essentiel pour redonner aux prochaines générations. Nous allons travailler pour l’adoption de cette motion.
    Je salue encore une fois mon voisin et collègue de Brome—Missisquoi.
(1825)

[Traduction]

    Monsieur le Président, je veux remercier tous ceux qui nous regardent ce soir au Canada. J'en suis heureux.
    Au fond, la motion M‑15 porte sur la promesse des libéraux de protéger 30 % du territoire d'ici 2030, une promesse qui ne finit pas de finir parce qu'elle se rendra à 50 % d'ici 2050, c'est-à-dire à la moitié du territoire terrestre et maritime du Canada. On y promet aussi de financer les groupes qui font la promotion de ce programme. Ce programme menace l'accès public à de vastes étendues de terre et de cours d'eau où l'on pratique déjà la chasse et la pêche et où l'on valorise les ressources. Cette motion reviendrait à restreindre encore plus l'accès public.
    Les libéraux essaient de nous faire croire que c'est une question de conservation, alors qu'il s'agit de protection. Pour les téléspectateurs, j'ai demandé la semaine dernière à un groupe de l'Université de Victoria quelle est la distinction entre la conservation et la protection. La conservation part du principe que l'on conserve quelque chose pour s'en servir par la suite. Par exemple, des gens que je connais très bien, les pêcheuses et les pêcheurs de saumon, nettoient les berges de rivières et de cours d'eau la fin de semaine afin de favoriser la fraie du saumon. C'est donc de la conservation pour s'en servir plus tard.
    La protection est un concept complètement différent. Ce groupe propose d'augmenter les zones protégées, ce qui revient en réalité à ériger des clôtures autour de certaines régions du pays et à empêcher l'accès à ce qui constituait autrefois des terres publiques. J'aimerais citer le député de Skeena—Bulkley Valley, qui s'est exprimé à ce sujet tout à l'heure. Il a déclaré que ce débat ne portait pas simplement sur la politique de conservation. Il s’agit de savoir qui prend les décisions concernant les terres, les ressources et l’avenir économique de notre pays, si de telles décisions sont prises ici au Canada par des représentants dûment élus et responsables devant leurs concitoyens, ou si elles sont de plus en plus façonnées par des cibles et des cadres internationaux négociés en dehors de nos institutions démocratiques.
    Je vais vous parler en connaissance de cause, car j'ai quelques exemples personnels à vous fournir. Tout a vraiment commencé autour de la zone de gestion intégrée de la côte Nord du Pacifique, où j'ai pris conscience pour la première fois du concept de zones de protection marine, comme on les appelle. Ce qui m’a vraiment frappé, ce sont les fermetures liées à la protection du caribou qui ont eu lieu au sein de ma circonscription. Tout a débuté par une réunion avec le maire et le conseil municipal de Chetwynd. Ils ont dit qu’ils craignaient que nous perdions des scieries et peut-être même des mines de charbon au sein de la région si ces fermetures liées au caribou se concrétisaient. Ils étaient très inquiets des répercussions de cette fermeture sur l’accès aux ressources.
    Les fermetures ont bel et bien eu lieu, malgré les protestations de la population et les nombreuses réunions communautaires qui annonçaient des effets dévastateurs pour l'exploitation du charbon et pour la pratique de la motoneige, de la randonnée dans l'arrière-pays et du ski, etc. Malgré toutes nos recommandations, le gouvernement s'est entêté et a appliqué la politique des fermetures. Depuis, nous avons perdu deux scieries à Chetwyn. Nous ne pouvons plus faire de la motoneige dans les Rocheuses, où les habitants de Chetwyn et de la région de Peace River vont pratiquer leurs loisirs. La fermeture de l'accès aux terres a eu l'effet que nous avions prédit, c'est-à-dire la perte de l'accès public à un territoire et à des cours d'eau auparavant accessibles.
    Les falaises escarpées de Pender, près de Victoria, en sont un autre exemple. Nous avons rencontré des gens qui pêchent à Victoria et qui possèdent des entreprises de petits bateaux. Leur contribution au PIB de la province s'élève à 1,3 milliard de dollars. Dans cette région très importante à proximité de Victoria où les gens pratiquent la pêche, on a proposé la fermeture pour protéger les épaulards résidents du Sud. En fait, ces épaulards ne restent dans cette région que cinq à sept jours par année, et pourtant, ils souhaitent fermer la région en entier pendant toute l'année. Ces fermetures n'ont pas été assouplies même si la population d'épaulards résidents du Sud et celles des autres épaulards se portent à merveille. On ne cesse d'agrandir les zones de protection marine à cause du programme de protection de 30 % du territoire et des cours d'eau d'ici 2030, et de 50% , d'ici 2050.
    Voici un autre exemple qui s'est produit dernièrement sous la gouverne du premier ministre actuel. C'est une fermeture qui est en cours dans les Territoires du Nord‑Ouest. Je vais lire un article paru aux États‑Unis. Ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a pas que les Canadiens qui parlent de ces protections. Il y a eu beaucoup d'influence étrangère dans ce dossier, qui a donné lieu à une grande restriction de l'accès à ces terres publiques. L'article s'intitule « Pew et ses partenaires célèbrent une initiative sans précédent dirigée par des Autochtones... »
(1830)
    L'initiative n'est pas vraiment dirigée par des Autochtones. Elle est dirigée par ces autres groupes, qui ont fini par obtenir l'adhésion de groupes autochtones. Je vais de nouveau citer l'article. On peut y lire ceci:
     Pew et ses partenaires célèbrent une initiative sans précédent dirigée par des Autochtones visant à protéger les Territoires du Nord‑Ouest
    WASHINGTON— [...] L'entente, initialement financée au moyen d'un investissement de 375 millions de dollars canadiens (environ 270 millions de dollars américains) provenant des secteurs public et privé [...]
     L'initiative permettra de protéger [et non de conserver] une vaste zone de forêts intactes, de chaînes de montagnes escarpées, de milieux humides, de lacs et de rivières, ce qui contribuera fortement à l'engagement du Canada de protéger 30 % de ses terres et de ses eaux d'ici 2030.
    Encore une fois, la protection consiste à ériger une grande barrière autour d'une vaste région de territoire potentiellement riche en ressources dans les Territoires du Nord‑Ouest. L'article se poursuit ainsi:
    Les donateurs privés égaleront les fonds versés par le gouvernement selon un ratio de 1 pour 4, ce qui équivaut à 75 millions de dollars canadiens sur 10 ans.
    Les députés savent-ils d'où provient cet argent? L'article indique que l'argent provient de la fondation Pew. Ainsi, la Pew Charitable Trust compte parmi les donateurs internationaux, qui ne sont pas nombreux.
    Une entité étrangère menace donc l'accès du public non seulement à la pêche et à la chasse, mais aussi à l'exploitation minière. Nous savons qu'il est déjà difficile d'exploiter le minerai dans les Territoires du Nord‑Ouest. La dernière mine fermera ses portes à la fin de 2026, et voilà un autre obstacle aux développements futurs.
     Je vais simplement aborder la question sous l'angle des proportions. Quand on parle de proportions de 30 % et de 50 %, qu'est-ce que cela signifie concrètement? Voici une citation tirée d'un article de la Presse canadienne concernant la cible de 25 % d'ici 2025 et ce que la cible de 30 % d'ici 2030 impliquera concrètement. On y lit:
     Pour atteindre la cible de 25 % d'ici 2025, le Canada doit protéger plus de 1,2 million de kilomètres carrés de terres, soit environ la superficie totale du Manitoba et de la Saskatchewan [une superficie colossale]. Atteindre les 30 % revient à ajouter à cela une superficie presque équivalente à celle de l'Alberta.
    C'est énorme. Et ça continue:
    D'ici 2025, le gouvernement fédéral devrait protéger 638 000 kilomètres carrés supplémentaires de zones maritimes et côtières, soit une superficie près de trois fois celle du golfe du Saint‑Laurent. D'ici 2030, il faudrait ajouter une superficie équivalente à celle du golfe.
    Nous en sommes donc arrivés là: sous l'influence d'organisations environnementales non gouvernementales étrangères, des zones clés auxquelles nous avions auparavant librement accès pour pêcher, chasser et exploiter les ressources ont été fermées par ces groupes.
    J'ai rencontré Crawford Patkotak. C'est un dirigeant inuit d'Alaska qui nous a parlé précisément de cette question. Écoutez ce qu'il a à dire sur ces groupes écologistes radicaux:
     Les groupes environnementaux et les groupes de défense des droits des animaux sont les mêmes organisations qui viennent dans nos collectivités et qui essaient de nous diviser, de diviser toutes les entreprises, les tribus et les gouvernements parce qu'ils ont un programme [qu'on appelle l'engagement « 30 % d'ici 2030 »]. Si leur programme était mis en œuvre, nous ne pourrions pas chasser aujourd'hui. Si leur programme était mis en œuvre, nous ne serions pas en mesure d'exploiter le pétrole dans le sol. Cela nous paralyserait sur le plan économique.
    Il a affirmé qu'ils avaient dit à ces groupes d'aller se faire voir ailleurs. Je dirais que Crawford Patkotak est un exemple de dirigeant autochtone qui sait exactement à quel point il est avantageux de pouvoir pêcher, chasser et exploiter ses ressources.
    Par conséquent, la motion M‑15, même si elle part d'une bonne intention, préparerait vraiment le terrain pour qu'il y ait beaucoup plus de fermetures et de zones protégées au Canada, et l'engagement « 30 % d'ici 2030 » fait déjà perdre aux Canadiens l'accès à de précieuses zones de pêche, de chasse et de loisirs, pour ne reprendre que ces exemples parmi tous ceux que j'ai donnés ce soir. Je ne peux tout simplement pas appuyer cela.
(1835)

[Français]

    Monsieur le Président, c'est avec un très grand plaisir que je m'exprime ce soir sur la motion M‑15 de mon collègue. Avant d'aller plus loin, je répondrai aux nombreuses inexactitudes et faussetés qui ont été prononcées par le député de Prince George—Peace River—Northern Rockies. En fait, je ne pense pas qu'un seul des éléments qu'il a mentionnés dans son allocution pourrait être vérifié dans les faits, mais j'y reviendrai.
    J'aimerais d'abord parler d'où nous partons. Lorsque le gouvernement libéral a été élu en 2015, le Canada ne protégeait même pas 1 % de ses espaces côtiers et de ses océans, qui sont nécessaires, notamment pour le secteur de la pêche, qui est essentiel. Aujourd'hui, nous protégeons près de 16 % de nos espaces marins et 14 % de nos espaces terrestres, et tout ça a été fait dans les 10 dernières années. Comment est-ce que nous y sommes arrivés? Nous y sommes arrivés notamment par des investissements historiques de près de 16 milliards de dollars au cours des 10 dernières années dans de nombreuses initiatives de conservation, des initiatives de conservation que mon collègue d'en face ne semble pas du tout comprendre.
    Je vais donner quelques exemples des faussetés qu'il a mentionnées tout à l'heure. Il a dit qu'on mettait une cage de verre, une clôture autour de ces espaces-là. Prenons l'exemple du parc marin du Saguenay—Saint‑Laurent, un espace cogéré par le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec. Dans ce parc, il y a de la pêche, mon Dieu! Il y a de la navigation commerciale et du tourisme dans cet espace-là. Il y a plein d'activités commerciales, mais tout ça est fait d'abord et avant tout dans une perspective de conservation. Quand mon collègue d'en face dit qu'on va mettre une cloche de verre et une clôture autour de tout ça, il ne sait de toute évidence pas de quoi il parle.
    Ce sont des investissements de 16 milliards de dollars que nous avons faits au cours des 10 dernières années. Évidemment, on a entendu le premier ministre et certains de mes collègues annoncer, il y a quelques semaines, un investissement historique de près de 4 milliards de dollars dans le cadre de la stratégie intitulée Une force de la nature: la stratégie du Canada pour protéger la nature. Je vais me permettre de parler un peu de ce que ça implique et de ce que nous avons fait jusqu'à maintenant. Nous avons pris l'engagement de créer de nouveaux parcs nationaux. L'été dernier, nous avons eu un achalandage record. Quand mon collègue dit que ça empêche les Canadiens d'avoir accès à la nature, c'est complètement faux, encore une fois, puisque, l'été passé, nous avons connu un achalandage record dans nos parcs nationaux.
    Il y a de plus en plus de Canadiens et de Canadiennes qui veulent avoir accès à des espaces verts, qui veulent avoir accès à une nature canadienne qui est protégée d'une exploitation industrielle sans limite. C'est exactement ce que nous faisons. Nous créons des aires de conservation et nous voulons créer 15 nouveaux parcs urbains nationaux. Nous avons déjà créé le parc urbain national de la Rouge, près de Toronto. On peut partir du centre-ville de Toronto en train et se rendre au parc urbain national de la Rouge, qui est l'un des parcs nationaux les plus achalandés au pays.
    Évidemment, ce que nous avons fait jusqu'à maintenant découle aussi des objectifs sur lesquels nous nous sommes entendus lors de la COP15 à Montréal en 2022. Rappelons rapidement ce qu'est une COP. C'est la Conférence des Parties et c'est issu du sommet de Rio de 1992, où les pays, conjointement, de façon volontaire et éclairée, ont pris des engagements en matière de lutte contre la désertification, de conservation et de biodiversité et de lutte contre les changements climatiques. Lors de cette conférence qui a eu lieu à Montréal dans un contexte politique international difficile, dans une situation géopolitique qui nous met au défi les uns et les autres, 194 pays se sont engagés conjointement à protéger 30 % de nos espaces terrestres et de nos océans d'ici 2030. Mon collègue d'en face dit qu'il y a un objectif pour 2050, et j'aimerais beaucoup qu'il me montre où est cet objectif-là. Je travaille sur ces questions-là depuis plusieurs décennies et je n'ai jamais vu d'objectif pour le Canada pour 2050. Je suis vraiment désolé, mais il invente des choses qui n'existent tout simplement pas.
    Cette conférence a été qualifiée par les experts d'entente historique, certains allant même jusqu'à parler d'un pari de la nature. Pour nous, évidemment, la conservation est quelque chose de très important, mais c'est aussi quelque chose que nous devons faire en partenariat avec les communautés locales. C'est un travail que Parcs Canada fait depuis de nombreuses décennies de façon exemplaire. On n'a qu'à aller voir ce qui se passe au parc national Banff ou au parc national Jasper pour avoir des exemples très concrets. Or c'est aussi pour nous une façon de travailler à la réconciliation.
(1840)
    Mon collègue le député de Prince George—Peace River—Northern Rockies a mentionné l'exemple des Territoires du Nord‑Ouest. C'est un projet sur lequel j'ai travaillé et sur lequel les 23 nations autochtones des Territoires du Nord-Ouest ont travaillé de façon unanime. C'est la première fois dans l'histoire que ça arrive. Le gouvernement des Territoires du Nord‑Ouest, le gouvernement fédéral et des partenaires canadiens et d'ailleurs dans le monde ont travaillé ensemble pour créer cette nouvelle aire de conservation qui sera, à notre connaissance, la plus importante aire protégée au monde pilotée par des Autochtones. Ça fait à peu près 1 million de kilomètres carrés.
    C'est comme ça que nous allons y arriver. J'ai eu le privilège de mener à la création du premier parc national où nous avons tout fait avec les Autochtones du début à la fin, soit le parc de Pituamkek à l'Île‑du‑Prince‑Édouard. C'est la première fois dans l'histoire du pays où, de A à Z, nous créons un nouveau parc national en partenariat avec les communautés autochtones. En fait, ce sont elles qui sont venues nous voir. Ce sont les membres de la communauté micmaque, qui nous ont dit qu'ils voulaient protéger cette partie très emblématique et très symbolique de leur territoire et qu'ils voulaient en faire un parc national pour que, premièrement, il soit bien protégé, bien conservé, mais que, deuxièmement, les Canadiens et les Canadiennes puissent y aller, puissent découvrir une partie de leur héritage et de leur histoire.
    Cela m'amène à parler du Programme de dons écologiques qui contribue directement aux objectifs de protection de terres du gouvernement du Canada. C'est important de comprendre d'où vient le chiffre de 30 %. Est-ce un chiffre, comme on semblait le suggérer, que nous avons tiré des nuages? Bien sûr que ce n'est pas le cas. Il faut aller voir la science. De nombreux rapports scientifiques ont été produits et ils nous indiquent les façons de protéger la biodiversité. Au cas où les conservateurs l'auraient oublié, l'être humain est un animal qui a besoin d'air et d'eau pure pour vivre. On ne peut pas vivre sans ça et on a besoin d'un écosystème terrestre qui soit en santé. Or, pour ce faire, il faut au moins protéger 30 % de nos terres et de nos océans, d'où cet objectif. Ce n'est donc pas un plafond, c'est un plancher. C'est par ça que nous devons commencer.
    Le Programme des dons écologiques joue un rôle très important puisqu'il permet de faire de la conservation en terres privées. D'ailleurs, le député du Parti conservateur n'a pas mentionné une seule fois le fait que le Programme des dons écologiques est le fait de propriétaires de terrains privés qui s'engagent sur une base tout à fait volontaire et bénévole à mettre de l'avant ces projets. Ces projets sont des piliers essentiels pour atteindre nos objectifs. Ça facilite la protection de milieux naturels situés en terres privées: des forêts, des milieux humides, des terres agricoles. On nous dit qu'on ne peut rien faire et qu'il faut mettre une cloche de verre autour de ça. Pourtant, il y a des terres agricoles qui font partie de ça. C'est une conservation qui est volontaire et qui est essentielle partout au pays.
    Je me permets de donner quelques exemples des bénéfices de ce programme. Depuis 1995, plus de 2 000 dons écologiques ont été réalisés. Il s'agit de plus de 1,3 milliard de dollars en valeur de dons et de plus de 252 000 hectares protégés de manière permanente, soit près de la moitié de l'Île‑du‑Prince‑Édouard. Il y a des défis en lien avec ce programme et je pense que le gouvernement peut faire du travail pour améliorer ce programme, notamment quant à une parité fiscale entre différents types de dons, qu'ils soient en nature ou en argent.
    En conclusion, la protection de notre précieuse nature est non seulement une nécessité pour notre santé avec l'eau et l'air dont nous avons besoin pour vivre, mais elle aussi notre plus grande alliée dans la lutte contre les changements climatiques et une célébration de l'identité canadienne.
(1845)
     L'honorable député de Brome—Missisquoi a cinq minutes pour exercer son droit de réplique.
    Monsieur le Président, nous arrivons aujourd'hui au terme du débat sur la motion M‑15. Au fond, cette motion nous ramène à une question toute simple, mais fondamentale: comment protégeons-nous notre territoire concrètement au Canada, en 2026?
    C’est une question qui peut sembler large, mais qui, sur le terrain, prend une forme très concrète. Comme notre premier ministre l’a si bien exprimé, « [l]a beauté de la nature canadienne — que l’on pense aux lacs, aux forêts, aux montagnes ou aux littoraux — est au cœur de notre histoire, de notre identité et de notre mode de vie. Comme Canadiennes et Canadiens, nous avons la responsabilité de protéger les terres et les eaux dont nous avons hérité ».
    Dans ma circonscription, Brome—Missisquoi, en Estrie, cette réalité-là, nous la vivons tous les jours. Nous sommes dans une région où la richesse de notre territoire fait partie de notre identité. Cette richesse est néanmoins fragile et, surtout, elle repose en grande partie sur des terres privées. Je rencontre régulièrement des propriétaires, des familles, des citoyens engagés, qui veulent protéger leur terre parce qu’ils ont à cœur de préserver ce qu’ils ont reçu et de le transmettre aux générations futures. Ces gens-là font des choix importants qui ont un impact direct sur la biodiversité, sur la qualité de nos milieux de vie, sur l’avenir de nos régions. Or, ils ne peuvent pas le faire seuls.
    À leurs côtés, il y a des organismes de conservation, comme Corridor appalachien ou encore la Société de conservation du Mont Brome, qui travaillent sans relâche pour protéger ces milieux. Ils accompagnent les propriétaires, ils structurent les projets, ils assurent la gestion à long terme des territoires protégés. Bref, ils rendent la conservation possible, concrètement. Ce que ces acteurs du terrain nous disent, c’est que le modèle canadien de conservation volontaire fonctionne, mais qu'il peut faire mieux. Aujourd’hui, notre système reconnaît les dons écologiques de terrains. C’est une bonne chose. Cependant, la réalité de la conservation, ce n'est pas seulement l’acquisition d’un terrain. C'est aussi tout ce qui vient avant et après: la gestion, l’entretien, la protection à long terme. Ça, ça repose en grande partie sur la capacité des organismes à agir.
    La motion M‑15 vient justement poser une question d’équité et de cohérence. Elle nous invite à nous assurer que nos outils fiscaux reflètent bien l’ensemble de cette réalité et que les différentes façons de contribuer à la conservation sont reconnues de manière juste et équilibrée, parce que, finalement, l’objectif est de protéger durablement nos milieux naturels. Cette réflexion s’inscrit aussi dans un contexte plus large. Au cours des derniers jours, le gouvernement du Canada a annoncé une nouvelle stratégie nationale pour la nature, qui reconnaît clairement que nous devrons mobiliser davantage de capitaux privés pour atteindre nos objectifs de conservation. Ça, c’est un point fondamental. Les gouvernements ont un rôle à jouer, mais nous savons que nous n’atteindrons pas nos cibles sans l’engagement des citoyens. Nous n'y arriverons pas sans la contribution du secteur privé. Surtout, nous n'y arriverons pas sans donner les bons leviers comme outils.
    Une grande partie du territoire à protéger se trouve sur des terres privées. Ça veut dire une chose: nous devons travailler avec les citoyens. Nous devons leur donner des outils. Nous devons reconnaître leur contribution. Nous devons nous assurer que le cadre dans lequel ils agissent est cohérent, efficace et adapté à la réalité d’aujourd’hui. C’est exactement ce que vient renforcer la motion M‑15. En améliorant les incitatifs fiscaux, nous venons créer les conditions pour mobiliser davantage de capitaux privés au service de la conservation. Nous venons transformer une volonté en capacité réelle d’agir. C’est exactement l’esprit de la motion M‑15. Ce n’est pas une approche coercitive. Ce n'est pas une approche mur à mur. C’est une approche qui mise sur la collaboration, sur l’engagement volontaire, sur la responsabilité partagée.
    Évidemment, comme dans tout débat sérieux, des préoccupations ont été soulevées, et elles sont importantes. On doit toujours s’assurer que les mesures que l’on met en place sont bien encadrées, responsables, et qu’elles produisent les effets souhaités. La motion M‑15 propose justement de prendre ce pas de recul, d’ouvrir cette réflexion de manière structurée, en s’appuyant sur l’expertise du terrain, sur les organismes, sur les citoyens. C’est une invitation à améliorer ce qui existe déjà. Protéger notre territoire, ce n’est pas un enjeu abstrait. C’est concret, c’est local. Ça commence souvent par des décisions individuelles, des décisions prises par des citoyens qui choisissent de préserver un boisé, de protéger un milieu naturel, de contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux. Notre rôle ici, comme parlementaires, est de nous assurer que ces gens-là sont reconnus, soutenus et encouragés.
    La motion M‑15 envoie le message clair que la protection de notre patrimoine naturel est une responsabilité partagée, qu'à l’heure où le Canada se donne des objectifs ambitieux, il faut aussi se donner les moyens de les atteindre, notamment en mobilisant les capitaux privés, et qu'on a tout intérêt, collectivement, à se donner les moyens d’agir ensemble, de façon intelligente, cohérente et durable.
(1850)
    En conclusion, je tiens à remercier Stéphanie et Anne, de mon bureau, qui m'ont appuyé sans relâche et dont le travail a été essentiel au dépôt de cette motion à la Chambre.
     Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Conformément à l'article 93 du Règlement, le vote par appel nominal est différé jusqu'au mercredi 15 avril, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

Motion d'ajournement

[Motion d'ajournement]

     L'ajournement de la Chambre est proposé d'office conformément à l'article 38 du Règlement.

[Traduction]

Les personnes handicapées

    Monsieur le Président, je prends la parole encore une fois en soirée pour proposer au gouvernement des solutions sensées. Nous entendons chaque jour dire que le système de santé est à bout de souffle. Dans les 34 localités de ma circonscription, Courtenay—Alberni, trop de gens ont déjà du mal à trouver un médecin de famille. Nous devrions alléger la pression sur le système, et non l'alourdir, mais c'est pourtant exactement ce que continue de faire le processus fédéral du crédit d'impôt pour personnes handicapées.
    Des médecins de famille consacrent des heures à remplir des formalités administratives pour le gouvernement du Canada, alors qu'ils pourraient passer ce temps à traiter des patients. Le Collège des médecins de famille du Canada l'a clairement indiqué. En 2022, les quelque 250 000 formulaires relatifs au crédit d'impôt pour personnes handicapées ont mobilisé environ 250 000 heures de travail des médecins, ce qui équivaut à 1 million de consultations perdues. C'est 1 million de rendez-vous qui auraient pu permettre d'offrir aux Canadiens les soins dont ils ont besoin.
    Il y a aussi un autre aspect à ce problème. Partout au pays, de nombreuses personnes qui sont déjà admissibles aux mesures de soutien pour les personnes handicapées dans leur province ou leur territoire ne peuvent pas se prévaloir du crédit d'impôt pour personnes handicapées, non pas parce qu'elles n'y ont pas droit, mais parce qu'elles n'arrivent pas à trouver un médecin pour remplir le formulaire. Pas de médecin signifie pas de formulaire, et sans formulaire, il n'y a pas d'accès. Résultat: ces gens se voient privés à la fois du crédit d'impôt pour personnes handicapées et de la prestation pour les personnes handicapées, laquelle dépend de l'obtention du crédit d'impôt pour personnes handicapées. La prestation qu'ils cherchent à obtenir est modeste — environ 200 $ par mois —, mais elle peut améliorer grandement la vie d'une personne handicapée. C'est parfois ce qui fait la différence entre joindre les deux bouts et sombrer davantage dans la précarité. Au lieu d'éliminer les obstacles, le gouvernement les maintient.
    Nous apprenons également, grâce aux fonctionnaires de l'Agence du revenu du Canada qui doivent composer avec le processus lourd et redondant que j'ai décrit, que ceux-ci refont le travail que les provinces et les territoires ont déjà accompli. L'arriéré croissant des demandes laisse les Canadiens dans l'attente, ce qui est non seulement inefficace, mais aussi profondément frustrant pour le personnel, les médecins et les travailleurs de la santé qui tentent d'aider les gens à s'y retrouver dans le système afin de mener ces démarches à terme.
     Je soulève cette question depuis des années. Ce soir, je tiens à revenir sur une question que j'avais déjà posée en décembre, et qui n'a pourtant toujours pas été abordée. Le budget de 2025 prévoit de dégager 10 millions de dollars pour que les demandeurs puissent s'acquitter d'une taxe de 150 $ afin de se frayer un chemin dans ce même processus défaillant. Au lieu de corriger le système, le gouvernement libéral demande aux personnes handicapées de débourser encore plus d'argent pour espérer s'en sortir. Ce n'est tout simplement pas acceptable; il ne s'agit pas d'une vraie solution.
    Les Canadiens méritent de savoir pourquoi de tels obstacles persistent. Lorsque les personnes admissibles ne peuvent pas accéder aux prestations auxquelles elles ont pourtant droit, cela soulève de graves questions éthiques: la complexité du système sert-elle à limiter l'accès et à rendre la vie plus difficile plutôt qu'à améliorer les résultats? C'est pourquoi j'ai présenté le projet de loi C‑211, qui vise à faciliter l'accès des personnes handicapées aux prestations auxquelles elles ont droit, tout en réduisant la charge administrative qui pèse toujours sur les professionnels de la santé.
    À l'heure actuelle, les Canadiens sont contraints de prouver leur handicap à maintes reprises auprès des différents ordres de gouvernement. Mon projet de loi permettrait de simplifier le processus de sorte que, lorsqu'un handicap est reconnu par une province ou un territoire, il le soit automatiquement à l'échelon fédéral. Il s'agit d'une solution pragmatique et pleine de bon sens. Ce projet de loi permettrait de réduire les obstacles, d'améliorer l'accès aux prestations, et de libérer les médecins de certaines tâches administratives afin qu'ils puissent se concentrer sur les soins aux patients. Le projet de loi garantirait également que personne ne soit exclu simplement parce qu'il ne trouve pas de médecin en mesure de remplir certaines formalités administratives.
    Les Canadiens méritent un système qui fonctionne. Les néo-démocrates continueront de proposer des solutions pratiques qui allègent la pression sur le système de santé, respectent les travailleurs de la santé et veillent à ce que l'aide parvienne aux personnes qui en ont le plus besoin. Il est temps de corriger le processus du crédit d'impôt pour personnes handicapées une fois pour toutes.
(1855)
    Monsieur le Président, le député de Courtenay—Alberni souligne à juste titre que les provinces déterminent déjà l'admissibilité à leurs programmes respectifs, y compris ceux qui sont fondés sur le handicap. Il demande pourquoi la ministre n'accepte pas l'approbation des provinces pour réduire les obstacles à l'obtention du crédit d'impôt pour personnes handicapées. Les formalités administratives ne sont pas en cause. La Prestation canadienne pour les personnes handicapées fournit jusqu'à 2 400 $ par année aux personnes handicapées à faible revenu âgées de 18 à 64 ans qui sont admissibles au crédit d'impôt pour personnes handicapées, entre autres critères. Le montant est indexé à l'inflation et sera ajusté chaque année en juillet pour tenir compte de la hausse du coût de la vie.
    Cette prestation est considérée comme une priorité pour les personnes handicapées parce que, même si les provinces et les territoires jouent un rôle essentiel dans l'offre de soutien et de services aux Canadiens handicapés, ces programmes présentent des différences considérables quant à leurs objectifs, leur structure, leur portée et leur montant. Notre prestation a toujours eu pour but de compléter, et non de remplacer, les mesures provinciales et territoriales de soutien au revenu. C'est parce que notre priorité est de garantir un accès égal aux mesures de soutien pour les personnes handicapées, peu importe où elles vivent au Canada. Nous avons délibérément choisi de fonder les critères d'admissibilité sur le crédit d'impôt pour personnes handicapées plutôt que sur les prestations provinciales et territoriales afin d'éviter de créer des inégalités dans les cas où une personne serait admissible à la prestation dans une province ou un territoire, mais pas dans un autre. Nous voulions que tous les Canadiens aient un accès égal au soutien fédéral en plus du soutien qu'ils reçoivent de leur province ou territoire.
    En nous fondant sur le crédit d'impôt pour personnes handicapées afin de déterminer les critères d'admissibilité, nous garantissons que la Prestation canadienne pour les personnes handicapées est versée de manière uniforme et égale partout au Canada. Nous sommes conscients qu'il peut être difficile de s'y retrouver dans toutes ces prestations et dans leurs exigences; c'est pourquoi nous avons apporté des améliorations. Dans le budget de 2025, nous avons annoncé notre intention de compenser le coût de la demande du crédit d'impôt pour personnes handicapées. De nouveaux paiements de 150 $ seront versés aux bénéficiaires actuels, passés et futurs de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées afin de compenser les coûts associés à la demande du crédit d'impôt pour personnes handicapées. Les paiements devraient être versés avant la fin de 2026‑2027.
    Par ailleurs, le budget fédéral de 2024 a prévu des fonds destinés à soutenir les organismes communautaires à but non lucratif. Ce financement permettra de mettre les personnes handicapées en contact, de manière accessible et adaptée à leur culture, avec les prestations fédérales, provinciales, territoriales ou locales susceptibles de leur venir en aide. Il inclura notamment la Prestation canadienne pour les personnes handicapées et le crédit d'impôt pour personnes handicapées. À l'heure actuelle, 14 organismes communautaires reçoivent des fonds pour aider à surmonter les obstacles et à accroître le recours à ces prestations.
    Voilà quelques-unes des mesures que nous prenons pour aider les Canadiens handicapés en renforçant leur sécurité financière.
    Monsieur le Président, même s'il s'agit d'une question fédérale, il est clair que le gouvernement libéral ne considère pas cela comme son problème. Pendant la pandémie de COVID‑19, les gouvernements ont agi rapidement. On a allégé les formalités administratives, on a fait confiance aux systèmes existants et on a apporté du soutien aux Canadiens au moment où ils en avaient le plus besoin. Il nous faut cette même réactivité aujourd'hui.
    En ce moment, les médecins perdent un temps précieux à remplir des formalités administratives au lieu de s'occuper de leurs patients. Les personnes admissibles au crédit d'impôt pour personnes handicapées et à la Prestation canadienne pour personnes handicapées ne peuvent pas bénéficier des mesures d'aide dont elles ont besoin, car elles ne trouvent pas de médecin pour remplir le formulaire. Parallèlement, les fonctionnaires sont contraints de gérer des procédures redondantes et des arriérés qui ne cessent de s'accumuler. Quand les ressources sont limitées, chaque heure compte et chaque obstacle a son importance.
    Les provinces évaluent déjà l'admissibilité. Le gouvernement doit en prendre conscience et agir en mettant fin aux chevauchements, en soulageant les médecins, en soutenant les citoyens et en laissant les fonctionnaires faire leur travail. Pourquoi le gouvernement libéral n'agit-il pas dès maintenant et ne prend-il pas cette question au sérieux?
(1900)
    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de défendre les intérêts des Canadiens handicapés. Je salue tout le travail qu'il fait dans ce domaine. Je me réjouis de collaborer avec lui sur ce dossier.
    Je saisis l'occasion de rappeler à mes collègues que nous nous employons à aider les personnes handicapées qui sont confrontées à une hausse du coût de la vie. La Prestation canadienne pour les personnes handicapées s'inscrit dans un système de mesures de soutien fondé sur le principe selon lequel l'inclusion est le pilier d'une société forte et résiliente. Il s'agit là d'un travail essentiel. Comme l'a souligné mon collègue, le gouvernement continuera de collaborer avec les provinces et les territoires afin de veiller à ce que les bénéficiaires de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées voient leur situation s'améliorer grâce à cette mesure.
    Notre programme souligne l'engagement du gouvernement fédéral à bâtir un Canada plus abordable et plus inclusif.

La santé

    Monsieur le Président, je suis venu du côté du gouvernement le temps de poser ma question aujourd'hui, car je pense qu'il s'agit d'une question pleine de bon sens, qui n'a rien de partisan. Je crois que n'importe quel député, qu'il soit libéral ou conservateur, devrait pouvoir poser ce genre de question et obtenir une réponse raisonnable.
    J'aurais vraiment préféré ne pas avoir à être ici ce soir. J'ai posé à ma collègue la secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé une question qui me semblait tout à fait raisonnable. Elle n'y a pas vraiment répondu, et c'est pour cette raison que je suis ici ce soir. Je vais essayer de la poser à nouveau et je vais supplier ma collègue d'y répondre cette fois-ci.
    Pour les gens qui sont à l'écoute à la maison, je vais expliquer que le gouvernement libéral, lors de la dernière législature, a dépensé 250 millions de dollars dans un programme appelé PrescripTIon, avec l'objectif louable de faciliter l'envoi d'ordonnances à la pharmacie pour les médecins, comme moi. Je suis originaire de la région de Waterloo et j'ai étudié à l'Université de Waterloo. Beaucoup de mes amis sont des entrepreneurs et des fondateurs d'entreprise dans le domaine des technologies. À ce stade de notre vie, bon nombre d'entre eux occupent des postes de développeurs de logiciels principaux. Je leur ai demandé combien ce genre de projet devrait coûter. Ils m'ont répondu peut-être 1 million de dollars, 5 millions de dollars au maximum. Il n'y a rien qui justifie une facture de 250 millions de dollars.
    Les libéraux avaient ouvert les vannes de la dépense publique. C'est incroyable de dépenser un quart de milliard de dollars pour quelque chose qui aurait dû coûter 250 fois moins cher, mais le pire, c'est que le programme n'a pas fonctionné. Les libéraux en sont conscients, et c'est pourquoi ils l'ont annulé. Après avoir englouti un quart de milliard de dollars de l'argent des contribuables dans un programme inefficace, ils décident d'y mettre fin. Le contribuable, lui, ne reçoit rien.
    Je sais que ma collègue la secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé n'était pas ici lors de la dernière législature. Ce n'est pas elle qui a signé le contrat. Le premier ministre n'était pas là non plus. Il ne s'agit pas de leur imputer un blâme personnel. Toutefois, en tant que pays, en tant que Parlement, nous devons aller au fond des choses. Le Parlement a le devoir sacré de protéger l'argent des contribuables, et 250 millions de dollars, ce n'est pas une somme négligeable. C'est pourquoi nous voulons voir le contrat.
    Au comité de la santé, nous avons présenté une motion en vue d'obtenir ce document. Le gouvernement du Canada a conclu ce contrat au nom des contribuables et a gaspillé 250 millions de dollars de leur argent. Je pense que nos patrons, les contribuables, ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé. La secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé a passé deux heures de notre temps à faire obstruction à la motion afin de ne pas remettre le document.
    Aujourd'hui, le premier ministre a parlé à la presse. Il a dit qu'il déteste l'obstruction et il a critiqué certains députés conservateurs pour leurs discours sur les chats et les chiens. Le premier ministre sait-il que la secrétaire parlementaire fait de l'obstruction en défiant un ordre de production de documents? Est-il satisfait de ce comportement? Pourquoi agit-elle de la sorte? Pourquoi n'arrête-t-elle pas? Pourquoi refuse-t-elle de montrer le contrat aux contribuables afin que nous puissions mettre fin à ce gaspillage et à cette mauvaise gestion et empêcher que ces pratiques perdurent sous le nouveau gouvernement, comme il aime se nommer?
    Je suis assis près de la secrétaire parlementaire et je constate qu'elle a un discours déjà préparé. Je la supplie de le mettre de côté et de se borner à répondre à une question très simple pour les contribuables: pourquoi ne nous laisse-t-elle pas, en tant que Canadiens, contribuables et participants à une société ouverte, voir le contrat, s'il vous plaît?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue et ami de Kitchener‑Sud—Hespeler pour sa question. Même s'il dit avoir temporairement traversé le parquet, j'espère qu'il restera parmi nous pour de bon. Il est agréable d'avoir un ami à nos côtés durant le débat d'ajournement. Comme chacun le sait, les députés peuvent parfois se sentir bien seuls pendant ce débat, alors je remercie mon collègue de sa présence.
    Je pense que mon collègue a mentionné qu'à titre de médecin, il a été témoin, à Kitchener, de l'évolution profonde du système de santé canadien sous l'effet de la transformation numérique au fil des ans, et à juste titre. Kitchener est désormais une véritable capitale de l'innovation numérique, portée par ses institutions municipales et universitaires, et je crois que cette réussite est pour lui une source de grande fierté.
    Le monde change rapidement, et les Canadiens sont légitimement en droit de s'attendre à ce que notre système de santé s'adapte à ces changements. C'est pourquoi, depuis 2001, les gouvernements successifs, tant libéraux que conservateurs, ont investi dans Inforoute Santé du Canada pour rendre l'information plus accessible aux patients et à leurs médecins. C'est également dans cet esprit que nous avons présenté au Sénat le projet de loi S‑5, Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada, pour permettre aux Canadiens d'accéder de façon sécuritaire à leurs données de santé, partout et en tout temps au pays. Il est tout aussi important d'alléger le fardeau administratif des médecins, afin qu'ils consacrent moins de temps à la paperasse et davantage de temps à ce qu'ils aiment et font le mieux: soigner leurs patients.
    Cette question est au cœur du travail accompli par le gouvernement actuel et les gouvernements précédents pour élaborer une feuille de route pancanadienne en matière d'interopérabilité, une feuille de route qui favorise l'adoption et l'utilisation des dossiers médicaux électroniques par les médecins de tout le pays et qui aide ces derniers à partager des données en toute sécurité. PrescribeIT faisait partie de ce travail. Comme le député le sait, puisqu'il a été médecin, de nombreux médecins utilisent encore des télécopieurs. Il est presque impossible de trouver des télécopieurs ailleurs dans un monde fonctionnant par courriels et messages sécurisés en ligne. Cependant, en arrivant au cabinet d'un médecin, on a l'impression d'avoir été transporté à une autre époque. C'est pourquoi le gouvernement précédent a travaillé avec les provinces et les territoires à l'élaboration du système PrescribeIT. L'objectif était de faire évoluer notre système de santé vers un système d'ordonnances électroniques sûr, sécuritaire et efficace qui pourrait apporter des avantages réels aux Canadiens et aux fournisseurs de soins de santé qui les servent chaque jour. Je pense que le député conviendra qu'il s'agissait évidemment d'un objectif louable, comme il l'a mentionné dans ses observations.
    Quelle que soit l'intention initiale, les faits sont très clairs. L'objectif du gouvernement précédent pour PrescripTIon était d'en faire un programme autonome. Or, à tous égards, il était évident que le programme n'atteignait pas cet objectif. Plutôt que de simplement continuer à investir dans un programme qui ne produisait pas les résultats escomptés, nous avons entrepris un processus complet d'examen et de consultation, qui comprenait la participation des provinces et des territoires ainsi que des personnes qui utilisent réellement le programme. Sur la base de ces conclusions, nous avons décidé de mettre fin à PrescripTIon.
    Cependant, le travail visant à rendre le système de soins de santé plus connecté pour les Canadiens doit se poursuivre et se poursuivra. Nous continuons à soutenir des organisations telles qu'Inforoute Santé du Canada, ainsi que les provinces et les territoires, afin de développer de nouvelles solutions numériques innovantes. De plus, nous soutenons ces efforts au moyen du projet de loi S‑5, Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada, qui aiderait les Canadiens à avoir accès à leurs données de santé partout où ils vont.
    Les Canadiens ont droit à un système de santé moderne. Je me réjouis de travailler avec mon collègue pour y parvenir.
(1905)
    Monsieur le Président, commençons le travail tout de suite. Répondez à la question: pourquoi ne voulez-vous pas que l'on voie le contrat?
    Je vous prie de vous adresser à la présidence.
    La secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé a la parole.
    Monsieur le Président, les faits sont clairs. Le programme PrescripTIon a été lancé par le gouvernement précédent dans le but de mettre en place un système national de prescription électronique. Bien qu'il s'agisse d'un objectif important, il faut reconnaître que PrescripTIon n'a pas obtenu le succès escompté auprès des médecins et des pharmacies, ce qui était nécessaire pour que le système devienne autonome. En cette période où nous devons réduire les dépenses et investir davantage, notre gouvernement a décidé de mettre fin au financement de ce programme.
    Il reste un travail important à accomplir pour créer un système de santé numérique interconnecté qui réponde aux besoins de tous les Canadiens. Grâce à un projet de loi tel que la Loi visant un système de soins de santé connectés au Canada, nous construisons l'avenir numérique.

Les services publics et l'approvisionnement

     Monsieur le Président, en cette période de conflits mondiaux et d'insécurité énergétique, le Canada devrait contribuer à la solution en assurant à notre pays et à nos alliés une source d'énergie sûre et fiable. Au lieu de cela, le premier ministre continue de faire obstacle au développement énergétique canadien, tandis que nos alliés cherchent d'autres sources d'approvisionnement, ce qui nous rend vulnérables aux droits de douane injustifiés imposés par Donald Trump. À l'heure actuelle, aucun pétrole canadien n'atteint l'Europe, car les lois libérales ont rendu pratiquement impossible la construction des pipelines ou des installations d'exportation nécessaires pour l'acheminer là-bas. Les conséquences sont graves.
    Alors que le conflit au Moyen‑Orient fait rage, l'administration Trump continue d'assouplir les sanctions sur le pétrole russe. Chaque baril vendu par la Russie se traduit par des recettes supplémentaires pour la machine de guerre de Poutine. Au lieu de soutenir les Canadiens, cet argent finance une dictature qui continue de terroriser les civils ukrainiens. Le Canada ne peut pas contrôler les conflits mondiaux, mais nous pouvons décider si nos ressources parviennent ou non sur le marché mondial. Il est temps que le gouvernement supprime les obstacles qui entravent l'énergie canadienne.
    Les séances photo se sont succédé, avec des dizaines de policiers en toile de fond, pour annoncer des promesses creuses. Le premier ministre et le ministre de la Sécurité publique du Parti libéral se sont engagés à améliorer la sécurité grâce à 1 000 agents de la GRC supplémentaires. La vérificatrice générale a récemment publié un rapport accablant indiquant qu'il manque actuellement 3 400 agents de la GRC. Le recrutement est un échec. Avec seulement 1 500 places disponibles, les postes de formation ne sont toujours pas pourvus. Après une attente d'un an pour que leur dossier soit traité, seuls 6 % des candidats parviennent à franchir toutes les étapes du processus. La GRC n'arrive pas à recruter, à former et à retenir les agents dont nous avons besoin pour protéger la population, et le gouvernement continue de fermer les yeux sur le problème.
    Dans les collectivités rurales, comme celles que je représente dans la circonscription de Yellowhead, les forces de police sont poussées à bout. Elles ne parviennent pas à faire face à la vague de criminalité, tandis que les libéraux repoussent sans cesse une véritable réforme du régime de mise en liberté sous caution. Malgré les annonces, on a vu suffisamment de séances photo. Il est temps de mettre fin aux illusions, d'envoyer des agents sur le terrain et de protéger réellement les Canadiens.
    La vérificatrice générale a clairement indiqué qu'après près d'une décennie, des milliards de dollars et d'innombrables promesses, le gouvernement libéral n'a pas de plan crédible pour régler le problème du système de paie Phénix. Plus de 133 000 fonctionnaires sont toujours pris au piège dans un arriéré d'erreurs de paie, et bon nombre d'entre eux craignent de prendre leur retraite parce qu'ils ne sont pas convaincus qu'ils recevront la paie qui leur est due. Le gouvernement s'apprête maintenant à installer un système de remplacement alors que les problèmes sous-jacents ne sont toujours pas résolus. La vérificatrice générale a prévenu que, si on ne corrige pas les données existantes et si on ne résorbe pas l'arriéré, les mêmes erreurs seront tout simplement reproduites dans le nouveau système.
    Combien tout cela a-t-il coûté? Le système Phénix a coûté 4 milliards de dollars, et le gouvernement prévoit maintenant dépenser 3,5 milliards de dollars de plus pour un système de remplacement qui risque de répéter les mêmes erreurs. Des fonctionnaires ont été trop payés, sous-payés ou pas payés du tout. Il n'est pas étonnant que le personnel de la fonction publique à Ottawa et dans tout le pays ne fasse pas confiance au gouvernement libéral, sans parler des Canadiens, qui ont perdu confiance il y a des années.
    Je pose la question suivante au gouvernement. Pourquoi accorde-t-il la priorité à un passage précipité à un nouveau système de paie au lieu de résorber l'arriéré existant, de nettoyer les données et de veiller à ce que les mêmes erreurs coûteuses ne se répètent pas?
(1910)
    Monsieur le Président, je partage les préoccupations du député à ce sujet, et je suis heureuse de pouvoir continuer la discussion sur le système de paie Phénix, appelé à être remplacé, et ses effets sur les employés de la fonction publique fédérale.
    Nos fonctionnaires travaillent fort pour servir les Canadiens. Chaque jour, ils s'efforcent d'offrir un large éventail de programmes et de services qui ont une incidence positive dans les collectivités de tout le pays. Je tiens à dire clairement qu'il est tout à fait inacceptable que, pendant si longtemps, un grand nombre de nos fonctionnaires aient reçu leur rémunération en retard ou avec des erreurs.
    Le gouvernement est conscient des conséquences de cette situation, et Services publics et Approvisionnement Canada a pris diverses mesures pour y remédier. Le ministère a embauché et formé des conseillers en rémunération additionnels, et il a élargi les services de soutien à la clientèle et les centres d'appels pour relever le défi. En plus de travailler à clore les cas en attente de traitement, le ministère veille désormais à ce que toutes les transactions liées à la paie soient exactes du premier coup. À la fin de l'année dernière, 98,4 % des transactions étaient exactes en moyenne.
    Le ministère utilise également des technologies améliorées et adopte de nouvelles approches pour le traitement des transactions de paie, notamment le traitement en vrac et l'automatisation. Il envisage par ailleurs des solutions axées sur l'intelligence artificielle pour les cas plus simples. Le recours à ces technologies accélère les délais de traitement et diminue le travail manuel, ce qui permet aux conseillers en rémunération de se concentrer sur les cas les plus complexes.
    Malgré de nombreux efforts pour corriger les lacunes du système de paie actuel, celui-ci demeure insoutenable. Nous devons abandonner Phénix une fois pour toutes, et c'est ce que le gouvernement entend faire.
    En mai dernier, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de déployer une nouvelle solution de paie plus fiable, connue sous le nom de Dayforce. Celle‑ci remplacera Phénix ainsi que plus de 30 systèmes de ressources humaines existants. Sa mise en œuvre se fera de manière progressive au cours des prochaines années, et ce rythme est intentionnel. Il s'agit d'éviter les erreurs du passé et de garantir un système fiable qui permet de payer les fonctionnaires correctement et à temps.
    Au cours de cette transition, nous nous appuyons sur les nombreuses leçons apprises — notamment sur la dernière recommandation de la vérificatrice générale, que nous avons acceptée et que nous travaillons à mettre en œuvre. Soulignons également que, dans son dernier rapport, la vérificatrice générale a constaté que nous gérons efficacement le projet de transformation du système de paie et que ce projet permettra d'optimiser les ressources une fois mis en œuvre.
     Même si rien ne peut effacer les perturbations financières du passé, nous pouvons certainement faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus. Si nous voulons rétablir notre lien de confiance avec les fonctionnaires, nous devons agir avec détermination pour résorber le retard accumulé, améliorer notre capacité à gérer les salaires dès aujourd’hui et mettre progressivement en place un nouveau système qui réponde véritablement aux besoins des vaillants fonctionnaires canadiens. C’est exactement ce que nous faisons.
(1915)
    Monsieur le Président, les Canadiens sont en train de perdre confiance dans l'équité de notre système d'immigration.
    La vérificatrice générale a découvert plus de 153 000 cas présumés de fraude relativement à des visas pour étudiants étrangers, mais seulement une fraction d'entre eux font l'objet d'une enquête. Au même moment, le commissaire à l'éthique a conclu qu'une sous-ministre, qui travaillait à l'époque au ministère de l'Immigration, avait enfreint la Loi sur les conflits d'intérêts en accélérant l'embauche d'un ami à un poste de 80 000 $ par année au sein du même ministère. La personne ne parlait pas français et n'avait aucune expérience de travail au gouvernement, ni connaissance de base des systèmes ni expertise en matière de lois fédérales.
    Comme le système est dans l'état le plus lamentable qui soit depuis des années, les cas de fraude demeurent impunis, la ministre évite de rendre des comptes et les copains obtiennent des traitements de faveur. Des décisions semblables, et les différents problèmes informatiques comme ceux du système de paie, minent le travail des fonctionnaires dévoués et démotivent ceux qui suivent les règles.
    Les contribuables canadiens s'attendent à ce que des personnes qualifiées soient aux commandes. Comment peuvent-ils faire confiance au gouvernement alors que les relations sont plus importantes que les compétences?
    Monsieur le Président, nous savons que les problèmes liés au système de paie Phénix ont des conséquences durables pour les fonctionnaires et leurs familles. Services publics et Approvisionnement Canada a renforcé sa capacité à traiter les problèmes de rémunération avec exactitude et en temps opportun. Beaucoup de progrès ont été réalisés, mais certains fonctionnaires continuent d'avoir des problèmes de paie. C'est inacceptable.
    Qu'il s'agisse d'embaucher et de former davantage de conseillers en rémunération ou d'utiliser des services d'intelligence artificielle pour traiter les cas plus simples, je peux assurer au député que le gouvernement prend des mesures concrètes pour régler et atténuer les problèmes de paie dans la fonction publique. Nous mettons également progressivement en place Dayforce, un système de remplacement plus stable et plus fiable qui permettra de mieux servir les fonctionnaires dévoués du Canada et de rétablir la confiance dans le gouvernement du Canada en tant qu'employeur de choix.
     La motion portant que la Chambre s'ajourne maintenant est réputée adoptée. La Chambre s'ajourne donc à demain, à 14 heures, conformément à l'article 24(1) du Règlement.
     (La séance est levée à 19 h 17.)
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