Bienvenue à la 28e séance du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 11 décembre 2025, le Comité reprend son étude sur le soutien, la diversification et la modernisation des ports du Québec et du Canada. Conformément au Règlement, la séance d'aujourd'hui se déroule en format hybride.
Avant de continuer, j'invite tous les participants présents sur place à consulter les consignes inscrites sur les cartes posées sur les tables devant eux. Ces mesures visent à prévenir les problèmes de son et d'effet Larsen, ainsi qu'à protéger la santé et la sécurité de tous nos participants, y compris, bien sûr, nos interprètes. Vous remarquerez que sur la carte, il y a un code QR. Ce code renvoie à une courte vidéo de sensibilisation à cet égard.
Permettez-moi de formuler quelques consignes à l'intention de nos témoins et de nos membres.
Tout d'abord, avant de prendre la parole, veuillez attendre que je vous invite à le faire. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro, et veuillez le désactiver lorsque vous ne parlez pas.
Pour ceux qui utilisent Zoom, en bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal d'interprétation approprié: parquet, anglais ou français. Ceux qui sont dans la salle sont priés d'utiliser l'oreillette et de sélectionner la chaîne souhaitée.
Je vous rappelle que toutes les interventions doivent être adressées à la présidence.
Les membres présents dans la salle qui souhaitent prendre la parole sont priés de lever la main. Pour ceux qui sont sur Zoom, utilisez la fonction « Lever la main ». Le greffier et moi-même ferons tout en notre possible pour gérer correctement l'ordre des interventions. Nous vous remercions de votre patience et de votre compréhension à cet égard.
Distingués collègues, j'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins de notre première heure. De la Coalition maritime canadienne, nous avons M. Derrick Hynes, président et directeur général par intérim. De l'Association des chemins de fer du Canada, nous avons M. Eric Harvey, président et directeur général. De l'Administration portuaire de Toronto, nous avons M. Atul Sharma, directeur principal des relations avec le gouvernement et les parties prenantes, qui se joint à nous par vidéoconférence.
Soyez les bienvenus.
Nous allons commencer par les déclarations liminaires de chacun. Monsieur Hynes, nous serez le premier. Vous avez cinq minutes.
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Merci, monsieur le président. Mesdames et messieurs les députés, je vous souhaite le bonjour.
La Coalition maritime canadienne représente près de 100 employeurs et exploitants du secteur maritime privé, d'un océan à l'autre et le long du Saint-Laurent. Nos membres travaillent 24 heures sur 24 pour assurer la circulation des marchandises à l'entrée et à la sortie du pays, traitant ainsi plus d'un quart du total des biens échangés par le Canada.
Le statu quo n'est plus une option. Le Canada est aux prises avec une crise économique. Nous devons agir de toute urgence pour améliorer l'efficacité de nos infrastructures de transport. Il est impératif que nous n'hésitions pas à aborder les questions difficiles dans des domaines tels que la productivité du travail, les améliorations technologiques et la connectivité de la chaîne d'approvisionnement.
Nous avons formulé une série de recommandations regroupées en quatre thèmes.
Notre premier thème est la stabilité de la main-d'œuvre. Notre réseau de transport a subi 60 arrêts de travail au cours des deux dernières années. Certes, le droit de grève est un droit fondamental, mais personne ne saurait prétendre que la situation actuelle est acceptable. Les négociations collectives ne fonctionnent pas comme elles le devraient.
Le gouvernement a déjà étudié ce problème. La Commission d'enquête sur les relations de travail dans les ports de la côte Ouest a proposé des solutions. Bien que son rapport ait été publié il y a un an, aucun changement n'a encore été mis en œuvre. Deux recommandations pourraient s'avérer utiles.
La première est la mise en place d'une certification géographique des syndicats le long des ports de la côte Ouest. Cela permettrait, à l'instar de tous les autres grands ports du pays, de n'avoir qu'un employeur et qu'un syndicat, ce qui apporterait davantage de stabilité et de certitude à la table des négociations.
Pour replacer les choses dans leur contexte, précisons qu'à l'heure actuelle, les négociations se déroulent à seulement deux tables. Il en est ainsi en raison d'un accord volontaire entre les parties. Il existe un risque réel que ce nombre grimpe jusqu'à 39 tables au cours de l'année à venir. Cela pourrait facilement devenir chaotique. Selon le rapport de la commission d'enquête, « l'incertitude créée par la structure de négociation principalement volontaire des parties n'est pas compatible avec le besoin de fiabilité de la chaîne d'approvisionnement nationale du Canada ni avec la structure des autres ports au Canada ou dans le monde ».
Le rapport recommande également la nomination d'un médiateur spécial pour maintenir les parties à la table des négociations et les amener à trouver une solution. Les grèves et les lockout seraient suspendus pendant ce processus de médiation. Nous soutenons cette recommandation.
Notre deuxième sujet concerne la disponibilité de la main-d'œuvre.
Nous faisons face présentement à un problème de disponibilité de la main-d'œuvre imposé par le gouvernement. Les modifications législatives de la dernière décennie ont eu un effet tout simplement dévastateur sur la disponibilité des travailleurs. Un exemple en est le congé médical payé de 10 jours que le gouvernement a imposé. Il n'y a aucune autre administration en Amérique du Nord qui impose une telle exigence. Pour aggraver la situation, le gouvernement a imposé trois jours de congé personnel payé environ un an avant l'annonce des 10 jours de congé médical payé, ce qui fait 13 jours. La plupart de ces jours sont désormais pris sans que les employeurs puissent vraiment s'y opposer. Les données semblent indiquer que ces congés payés sont devenus des droits acquis selon le principe du « prenez-les ou perdez-les ». La difficulté de pourvoir les quarts de travail en main-d'œuvre est devenue monnaie courante.
Nous proposons quelques changements, dont le premier est une exemption pour le secteur du déchargement portuaire, car ce modèle d'emploi n'est pas compatible avec un tel avantage. Deuxièmement, si aucune exemption n'est accordée, nous proposons de réduire le nombre de jours de congé de 10 à 5. Troisièmement, les employeurs devraient être autorisés à exiger un certificat médical lorsqu'ils craignent des abus dans la prise de ces congés. La dernière recommandation est de ne pas permettre aux travailleurs de combiner ces congés avec des congés similaires.
Notre troisième sujet concerne le rendement.
Les membres de la Coalition maritime canadienne sont des entreprises du secteur privé qui souhaitent investir dans les infrastructures et la technologie. Des investissements publics devraient être faits lorsqu'il existe une analyse de rentabilité claire et que des partenaires du secteur privé sont présents. La modernisation des ports profite à tous; l'optimisation du débit contribue à augmenter le trafic et à multiplier les d'emplois.
Nous pensons également que le gouvernement peut contribuer à améliorer le rendement des ports grâce aux avancées suivantes: la numérisation des processus de l'Agence des services frontaliers du Canada concernant le dédouanement des conteneurs, l'obligation de documentation électronique tout au long du processus d'expédition et les mesures visant à soutenir le partage de données en temps réel entre les agences fédérales et les partenaires du secteur privé.
Notre dernier sujet concerne la gouvernance.
Nos membres souhaitent investir, mais le processus d'approbation des projets prend trop de temps. Tant à l'échelon fédéral qu'à l'échelon provincial, il y a souvent des examens, et ces derniers donnent lieu à de coûteux retards. Le Bureau des grands projets, récemment créé, pourrait être habilité à prendre la direction des examens de projets par l'intermédiaire d' une approche à guichet unique. En fait, si cela s'avérait plus approprié, les autorités portuaires elles-mêmes pourraient s'en charger dans le cadre de plans d'aménagement du territoire valides.
En ce qui concerne les autorités portuaires, la Coalition maritime canadienne est d'avis que leurs opérations devraient se faire avec plus de transparence et d'obligations redditionnelles.
Premièrement, des critères standard devraient être établis pour la fixation des loyers portuaires. À l'heure actuelle, la visibilité et la transparence dans ce domaine sont limitées.
Deuxièmement, il est nécessaire d'instaurer un code d'emprunt pour les administrations portuaires afin de rendre obligatoire la consultation des parties prenantes. Ce sont nos membres qui finissent par payer le coût de ces emprunts.
Troisièmement, il faudrait créer un document d'orientation qui énonce toutes les exigences en matière de consultation communautaire pour les projets portuaires. L'acceptabilité sociale est essentielle. Nous avons besoin d'un processus clair pour y parvenir.
Enfin, les administrations portuaires, au même titre que l'ensemble des acteurs de l'industrie maritime, devraient être tenues de déclarer toutes les activités de lobbying, par souci de transparence accrue à l'égard de la population.
Merci, monsieur le président.
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Merci, monsieur le président et membres du Comité.
À une époque où les droits de douane américains et l'évolution des politiques commerciales créent de l'incertitude, l'efficacité, la diversification et la modernisation de notre système portuaire n'ont jamais été aussi importantes. Comme plusieurs parties vous l'ont déjà expliqué, les ports du Canada ne sont pas des actifs isolés. Ils sont des éléments essentiels d'une chaîne d'approvisionnement intégrée qui soutient notre résilience économique et notre souveraineté commerciale. Renforcer les ports, c'est donc renforcer l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement qui relie le Canada aux marchés mondiaux.
Les chemins de fer canadiens font partie de cette chaîne d'approvisionnement et contribuent à l'effort collectif. Chaque jour, sur plus de 43 000 kilomètres de voies, les réseaux ferroviaires relient les fermes, les mines et les sites de production aux points d'exportation. L'an dernier, les chemins de fer ont transporté pour 400 milliards de dollars de marchandises, un volume atteignant un niveau record de 348 millions de tonnes métriques, dont la moitié était destinée à l'exportation par les ports canadiens. L'an dernier, les chemins de fer ont aussi enregistré le meilleur rendement jamais observé en matière de sécurité du transport de marchandises, en réduisant le taux d'accidents de 4,8 %. Il est important de souligner qu'il s'agit d'un système financé par le secteur privé. Les chemins de fer ont réinvesti 4,5 milliards de dollars dans leur réseau canadien, l'an dernier seulement, et plus de 35 milliards de dollars au cours des 10 dernières années.
[Traduction]
Lorsqu'il est question de diversification du commerce, d'accès à de nouveaux marchés et de renforcement de notre capacité d'exportation, nous sommes heureux de participer à la discussion, car les chemins de fer peuvent y contribuer. La bonne nouvelle, c'est que notre réseau ferroviaire est fort et résilient. Les chemins de fer canadiens comptent parmi les moins coûteux au monde en matière de tarifs moyens de transport de marchandises, ce qui aide les exportateurs canadiens à rester concurrentiels. Il subsiste toutefois un besoin de capacités portuaires supplémentaires.
Si nous tenons à accroître les exportations au‑delà des États‑Unis, nous devons accélérer l'approbation des projets en mettant l'accent sur le fond et les résultats, plutôt que sur les procédures. Un exemple simple, mais révélateur, concerne la manutention du grain au port de Vancouver. À l'heure actuelle, le grain n'est souvent pas chargé sur les navires lorsque les conditions météorologiques sont défavorables. Dans une région où il pleut souvent, cela a des conséquences bien réelles. Selon le port, cette situation réduit la capacité utile d'environ 7 %. L'industrie ferroviaire est néanmoins encouragée par les travaux qu'effectue Transports Canada, en collaboration avec les parties prenantes, dans ce dossier. Il est maintenant temps d'agir et de régler ce problème de capacité qui existe depuis longtemps.
Comme bon nombre de témoins qui ont comparu devant vous, nous sommes d'avis qu'il faut renforcer le climat d'investissement au Canada, dans l'intérêt de l'ensemble de l'économie. Les capitaux privés sont essentiels à la construction des infrastructures dont nous avons besoin, mais ils ne seront débloqués que dans des conditions concurrentielles.
Les États‑Unis ont mis en place un amortissement permanent de 100 %, créant ainsi une forte incitation à investir au sud de la frontière. Le Canada doit uniformiser les règles du jeu et élargir la portée de la superdéduction à la productivité pour que tous les secteurs bénéficient d'un amortissement immédiat. Une telle politique permettrait de stimuler les investissements, de soutenir la productivité et de faire en sorte que les capitaux soient investis ici, chez nous.
Nous devons également examiner la stabilité de la main-d'œuvre. Au cours des trois dernières années, le secteur canadien des transports a connu plus d'une centaine d'arrêts de travail. En 2024 seulement, cela a entraîné la perte de plus de 1,3 million de jours de travail — un niveau inégalé depuis des décennies. Ces interruptions ont une incidence sur les entreprises, les travailleurs et la façon dont nos partenaires internationaux perçoivent le Canada. La fiabilité est primordiale.
Il est donc essentiel d'instaurer un cadre modernisé qui favorise un règlement rapide des différends, en particulier lorsque des risques de préjudice économique de plus grande envergure sont en jeu. Cela comprend la mise en œuvre rapide des recommandations de la Commission d'enquête sur les relations de travail, notamment l'accréditation à l'échelle de la Colombie‑Britannique, l'évitement de négociations fragmentées et le recours à l'arbitrage exécutoire lorsque l'intérêt national l'exige.
Enfin, nous sommes d'accord avec les témoins du secteur portuaire pour dire qu'une gouvernance efficace exige des nominations diligentes au sein des conseils d'administration, parmi des candidats ayant une solide expérience de la chaîne d'approvisionnement. L'industrie ferroviaire appuie pleinement cette orientation.
Le Canada est bien placé. Nous produisons ce que recherchent les marchés mondiaux, et nous disposons d'une chaîne d'approvisionnement solide et intégrée qui relie la production intérieure à nos ports. Chaque maillon de ce système a un rôle précis à jouer. Il sera indispensable de veiller à ce que l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement fonctionne de manière fiable et concurrentielle pour accéder à de nouveaux marchés.
Merci.
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Merci, monsieur le président.
Je vous remercie de m'avoir invité à m'adresser au Comité des transports au sujet de la modernisation des ports. Il s'agit d'un sujet important qui arrive à point nommé, alors que nous cherchons des moyens de fonctionner de façon plus efficace et plus résiliente.
L'Administration portuaire de Toronto dessert le port de Toronto depuis plus de 150 ans. De nombreuses villes canadiennes se sont développées autour de leurs ports, et Toronto ne fait pas exception. Nous perpétuons bon nombre des traditions issues de ces premiers jours, notamment la cérémonie du « haut‑de‑forme », où nous célébrons l'arrivée du premier navire océanique dans le port.
Bien que l'Administration portuaire de Toronto partage de nombreuses similitudes avec les 16 autres administrations portuaires canadiennes, elle se distingue d'une manière importante. En vertu de la Loi maritime du Canada, nous sommes la seule administration portuaire qui possède et exploite également un aéroport. Même si la croissance et l'avenir de l'aéroport ont récemment suscité de nombreux débats, je vais me concentrer aujourd'hui sur le port et ses possibilités de modernisation.
L'Administration portuaire de Toronto se veut une porte d'entrée pour les importations. Elle accueille chaque année plus de deux millions de tonnes métriques de matériaux en vrac afin d'alimenter l'économie locale. Parmi les principaux produits, mentionnons le sucre provenant d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, principalement destiné à l'industrie des aliments et des boissons; le sel, essentiel à la sécurité des routes de Toronto pendant l'hiver; le ciment, les agrégats et des produits comme les barres d'armature pour les projets de construction locaux.
L'utilisation du port pour les livraisons régionales permet d'éliminer environ 51 000 trajets de camions par année sur des routes et des autoroutes déjà congestionnées. Les activités liées au fret maritime et à l'exploitation de navires soutiennent directement près de 700 emplois au port de Toronto et génèrent près de 500 millions de dollars en retombées économiques.
Au‑delà du transport de marchandises, le port sert également de point de rotation pour l'industrie des croisières des Grands Lacs. En 2026, nous prévoyons près de 50 itinéraires offerts par cinq compagnies de croisière, ce qui amènera plus de 20 000 passagers à Toronto. En tant que port de départ et d'arrivée, Toronto accueille des voyageurs qui y embarquent ou y débarquent, et qui y séjournent souvent quelques jours, contribuant ainsi à l'économie touristique locale.
Malgré une superficie limitée à 52 acres le long du front d'eau, nous entrevoyons un fort potentiel de croissance et d'expansion économique pour Toronto. Cette perspective a d'ailleurs été reconnue par la Ville de Toronto dans son plan d'action économique de 10 ans, intitulé « Sidewalks to Skylines », ainsi que dans le dernier plan d'action économique de la mairesse.
Bien que le gouvernement fédéral ne protège pas directement les terrains à vocation d'emploi, une déclaration claire de principes et d'orientations pourrait témoigner d'un appui à la préservation des zones qui créent des emplois et qui facilitent le commerce national. Plusieurs mesures concrètes peuvent être prises par le gouvernement afin de soutenir et de moderniser les ports, tant à Toronto qu'à l'échelle nationale. Je les ai classées en quatre catégories: les conteneurs dans le corridor des Grands Lacs; la modernisation des infrastructures vieillissantes; l'accès aux capitaux — un point déjà soulevé par d'autres témoins; et l'amélioration de la gouvernance.
Le budget de l'année dernière a reconnu que le transport de conteneurs dans les Grands Lacs pourrait renforcer la résilience locale et stimuler la croissance économique en acheminant les conteneurs là où les marchandises sont réellement nécessaires. La région du Saint-Laurent et des Grands Lacs, qui s'étend sur deux provinces et huit États, représente la troisième économie mondiale. L'amélioration des opérations portuaires et de l'efficacité dans cette région contribuerait grandement à la prospérité économique. Le gouvernement fédéral pourrait également s'attaquer au problème des infrastructures vieillissantes, dont certaines ont près de 100 ans et ont désespérément besoin d'être remplacées ou réparées.
Une autre amélioration possible concerne la facilité d'accès aux capitaux pour les ports. Contrairement aux administrations aéroportuaires, qui peuvent investir en fonction de leur cote de crédit et de leur accès au financement par emprunt, les administrations portuaires doivent obtenir une autorisation gouvernementale pour augmenter leurs limites d'emprunt. Ce processus exige la présentation de demandes à Transports Canada, la collaboration du ministère des Finances, puis l'approbation finale du Conseil du Trésor, ce qui prend beaucoup de temps et peut s'échelonner sur des mois, voire des années.
Un autre domaine fortement alourdi par la bureaucratie est celui des nominations au conseil d'administration. Pour que le conseil d'administration soit efficace, il est essentiel que les nominations fédérales soient faites en temps opportun.
Ce ne sont là que quelques-uns des domaines où, selon moi, le gouvernement peut jouer un rôle déterminant. Je serai heureux de poursuivre la discussion pendant la période des questions et réponses.
Je vous remercie de votre attention.
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Merci, monsieur le président.
Merci à tous nos témoins d'être des nôtres aujourd'hui et de nous faire profiter de leur expertise.
Je vais commencer par vous, monsieur Harvey. Je sais que votre association a établi un partenariat avec d'autres groupes de l'industrie pour souligner la nécessité d'une réforme réglementaire en général. À l'heure actuelle, les pouvoirs conférés au et à son gouvernement par le projet de loi n'ont pas encore été pleinement mobilisés pour faire avancer les choses. Un nouveau bureau a été créé, mais aucun projet n'a encore été inscrit à l'annexe 1.
Selon vous, cet outil devrait‑il être davantage mis à contribution? Qu'aimeriez-vous voir concrètement? Des centaines d'autres projets susceptibles de soutenir la croissance de votre industrie — notamment la construction de ponts, de tunnels et de ponceaux — doivent voir le jour, mais à l'heure actuelle, d'après ce que je crois comprendre, le cadre réglementaire en freine largement la mise en œuvre.
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L'industrie ferroviaire, comme vous l'avez dit, n'est pas la seule à réclamer des approbations de permis plus rapides. Je pense qu'il s'agit d'une demande générale faite par la plupart des industries.
La coalition à laquelle vous faisiez allusion — soit la coalition « Moving Economies » — regroupe des représentants des secteurs maritime, minier, forestier, automobile, etc. Tout le monde s'entend sur le fait qu'au Canada, les délais d'approbation des projets sont longs. Comme l'a signalé l'OCDE, notre pays est à la traîne. Nous arrivons bons derniers à ce chapitre, ce qui est pourtant crucial.
Lorsque le projet de loi a été adopté, nous y avons vu, de manière intuitive, une avancée dans la bonne direction. L'objectif consiste essentiellement à centraliser les processus et à établir un guichet unique pour les approbations afin d'éviter les retards liés aux divers champs de compétence. À ce stade‑ci, je dirais que nous demeurons convaincus que ce bureau donnera suite à ces engagements.
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Je vous remercie, monsieur le président.
Je tiens tout d'abord à remercier chaleureusement les témoins de leur présence parmi nous aujourd'hui. Leurs points de vue nous sont très utiles alors que nous examinons l'ensemble de l'écosystème de nos ports en tant que partie intégrante de nos infrastructures essentielles.
À titre de députée représentant une circonscription du centre-ville de Toronto, je constate directement à quel point le port de Toronto est essentiel à l'acheminement des marchandises vers notre région et notre ville. Ce port s'inscrit dans un système beaucoup plus vaste, grâce à son rattachement au corridor des Grands Lacs et à la stratégie commerciale générale du Canada, d'autant plus que nous cherchons à diversifier nos partenariats au–delà des États-Unis. Je souhaite axer mes prochaines questions sur la manière dont nous pouvons renforcer ce rôle, tant à l'échelle locale qu'au sein de l'infrastructure nationale.
Mes prochaines questions s'adressent aux représentants de l'Administration portuaire de Toronto. Compte tenu de la proximité du port avec les principaux réseaux routiers et ferroviaires, existe‑t‑il aujourd'hui des lacunes quant à l'intégration de ces systèmes? Quels types de mesures concrètes permettraient au port de Toronto d'améliorer l'efficacité de son fonctionnement au sein de la chaîne d'approvisionnement globale?
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À notre avis, si nous devions formuler une seule recommandation à l'intention du Comité sur la manière dont nous pourrions avoir le plus grand impact en matière de stabilité de la main-d'œuvre pour l'année à venir, ce serait la mise en œuvre du rapport de la Commission d’enquête sur les relations de travail. Ce rapport contient des recommandations qui, selon nous, sont susceptibles d'améliorer le régime de relations de travail.
Cette année, les syndicats du port de Saint John et du port de Halifax vont entamer des rondes de négociation, puis ce sera au tour du syndicat du port de Vancouver un peu plus tard. Par ailleurs, le Syndicat des débardeurs du port de Montréal est actuellement en pleine procédure d’arbitrage exécutoire. Par conséquent, le risque demeure très élevé de nous retrouver aux prises avec des arrêts de travail comme en 2023.
L'alliance des organisations syndicales sur la côte Ouest est susceptible d'apporter une plus grande stabilité à ces négociations. Le recours à un médiateur spécial contribuerait à maintenir les parties à la table des négociations, ce qui est précisément notre objectif. Nous souhaitons que les différentes parties parviennent à un accord sans paralyser toute l'économie canadienne, ce qui est inévitablement le cas en cas de blocage d'infrastructures de transport essentielles telles que les chemins de fer et les ports.
Le message que nous souhaitons adresser aux membres du Comité et au gouvernement dans son ensemble est le suivant: il faut suivre les recommandations de ce rapport. Il s'agit d'une solution particulièrement avantageuse, et qui ne coûte rien.
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Si l'intention est de doubler les exportations vers les pays autres que les États‑Unis, il est évident qu'il va devoir y avoir des investissements à plusieurs endroits, par exemple dans nos infrastructures et dans la chaîne logistique, y compris dans le rail.
À une grande échelle, on peut dire qu'il y a des capacités ferroviaires canadiennes disponibles dans l'Est comme dans l'Ouest du pays. Cependant, il est aussi évident que, si on veut doubler les volumes qui se déplacent d'est en ouest, on va devoir investir dans les infrastructures de façon ponctuelle, en se basant sur la demande précise qui découlerait de ces changements. En d'autres termes, les infrastructures actuelles sont adaptées aux volumes qui existent, mais si ces volumes sont destinés à doubler, il est évident qu'il va falloir investir dans telle commodité, dans tel port, etc.
Selon notre analyse, les forces du marché seraient probablement bien placées pour dicter l'endroit où ces investissements devraient se faire.
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Je vous remercie de ce commentaire.
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les chemins de fer ne vendent ou ne produisent pas ce qu'ils transportent. Ça veut dire que nous dépendons exclusivement de la demande de nos clients et du service à donner à destination.
Dans mes remarques d'ouverture, je parlais d'un système intégré. C'est vraiment quelque chose d'important, car, pour nous, dans le secteur ferroviaire, si on double les volumes, il va nécessairement falloir investir dans nos propres infrastructures, de la même manière que d'autres devront investir dans les leurs, notamment les ports, etc. Maintenant, comme je le disais, à quel endroit et dans quelle mesure il faudra investir dépendra, selon nous, de la demande du moment.
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Ces enjeux sont très importants, car ils ont un impact réel sur la performance de notre économie.
Chaque fois qu'il y a un arrêt de travail dans le secteur ferroviaire ou portuaire, nos partenaires commerciaux doivent réacheminer leur trafic vers d'autres destinations. Si le trafic ferroviaire ou portuaire se retrouve paralysé au Canada, un autre pays se chargera de combler le vide.
Ces dernières années, en particulier, en ont malheureusement été une parfaite illustration. En 2024, le Canada a laissé passer de multiples opportunités économiques en raison des arrêts de travail dans le secteur ferroviaire et le secteur maritime. C'est une évidence. Sur le site Web de mon association, nous publions des données qui montrent que chaque fois qu'il y a un arrêt de travail, la diminution du trafic est immédiate; il s'agit d'une conséquence directe.
Bref, il s'agit d'enjeux qui concernent l'ensemble de l'économie canadienne. D'un autre côté, nous devons continuer d'offrir à nos employés de bonnes conditions de travail et des salaires décents, et ne pas porter atteinte à leurs droits; d'un autre côté, nous devons préserver la stabilité et la vitalité de l'économie nationale.
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Dans le but d'assurer une plus grande stabilité à court terme, notamment dans le secteur portuaire de la côte Ouest, nous proposons de mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport de la Commission d’enquête sur les relations de travail. Actuellement, en vertu de l'article 34 du Code canadien du travail, si un groupe de syndicats souhaite négocier collectivement, il a le droit de demander l'autorisation d'aller en ce sens. Pour sa part, l'employeur ne dispose pas d'une telle possibilité.
Conformément aux recommandations de ce rapport objectif et indépendant, nous demandons que l'employeur soit autorisé à invoquer l'article 34 afin que les négociations se déroulent entre un seul syndicat et un seul employeur. À court terme, cela représente pour nous une solution assez simple et susceptible d'apporter davantage de stabilité. À mon avis, nous devons tout faire pour éviter une situation potentiellement chaotique à l'automne prochain, impliquant 39 tables de négociation réparties sur l'ensemble de la côte Ouest. Je ne pense pas qu'une telle situation soit souhaitable.
Pour faire suite aux remarques formulées tout à l'heure par mon collègue, nous avons traversé, au cours des deux dernières années depuis la fin de la pandémie de COVID, une période marquée par une grande instabilité à la table des négociations dans les secteurs de l'aviation, du transport maritime, et du transport ferroviaire. Nous avons assisté à un nombre considérable d'arrêts de travail. Évidemment, personne ici ne conteste le droit de grève, mais nous estimons qu'il doit y avoir certaines limites. Bref, nous devons parvenir à un certain équilibre afin de maintenir toutes les parties à la table des négociations, et éviter qu'éclatent de nouveaux arrêts de travail dont les conséquences risquent d'être très graves.
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Merci de votre question.
Je dirais que le réseau ferroviaire canadien est présentement très bien entretenu. De façon générale, le réseau qui existe est un réseau qui est utilisé. Il y a eu une rationalisation à la fin des années 1990, qui a fait que, maintenant, la majorité du réseau qui existe au Canada est utilisée, entretenue et conforme aux normes établies par Transports Canada.
Là où nous voyons une nécessité, c'est dans l'investissement pour augmenter de façon marginale la capacité ferroviaire lorsque la demande va le justifier dans des endroits très précis. Je parle toujours de la demande en tenant évidemment pour acquis qu'elle va augmenter. C'est ce que tout le monde souhaite.
C'est la raison pour laquelle nous demandons en particulier que l'allocation du coût du capital soit applicable à davantage d'industries, et pas seulement à l'industrie manufacturière. Ce serait vraiment utile pour augmenter la demande et la production dans tous les secteurs.
Au Canada, on a deux chemins de fer principaux, mais aussi des chemins de fer locaux. Ce sont des chemins de fer dont le réseau est plus petit et très localisé, mais je dirais qu'ils ont peut-être besoin d'un appui plus adapté à leur situation. Je parle ici d'un crédit d'impôt semblable à celui qui a été attribué par la province de l'Ontario l'an dernier. Il faut saluer cette mesure de l'Ontario et inviter le gouvernement actuel à reprendre ça et à l'étendre à tous les chemins de fer locaux au Canada.
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Merci, monsieur le président.
Je vais continuer avec vous, monsieur Hynes.
Nous avons reçu des témoins qui nous ont fait part de leur déception quant à certaines politiques du gouvernement fédéral dans le domaine maritime, notamment quant à des décisions relatives à la subvention pour le transport de l'acier.
D'ailleurs, il y a une aciérie chez nous, dans ma circonscription.
Dans le contexte des droits de douane américains, je comprends l'idée du gouvernement fédéral de mettre en place un système de subvention pour financer 50 % du coût de transport de l'acier par voie ferroviaire quand il s'agit de déplacer l'acier d'un endroit à l'autre au Canada. Malheureusement, cette subvention s'applique seulement au transport ferroviaire, et non au transport maritime. D'une certaine manière, ça vient créer une forme de concurrence déloyale, parce que les gens du transport maritime ne bénéficient pas de cette aide, alors que ce serait parfois plus efficace d'utiliser le transport maritime que le transport ferroviaire.
J'aimerais savoir si vos membres vous ont parlé de ça. Quelle est la position de votre organisation là-dessus?
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Vous avez raison, l'aéroport est régi par un accord tripartite dans lequel nous intervenons, tout comme la ville de Toronto et le ministère des Transports, qui représente le gouvernement fédéral.
Étant donné que les municipalités relèvent des provinces, il appartient à la province et à la municipalité de déterminer qui sera le représentant. Ce modèle de gouvernance comprend trois parties parce qu'il y avait dans le passé des bancs de sable dans cette zone que notre organisme prédécesseur, la Commission du havre, a fait combler. À l'origine, ces bancs de sable appartenaient à la ville de Toronto.
Le terrain que nous avons remblayé nous appartenait et nous appartient toujours. La représentation est assurée par l'Administration portuaire de Toronto, dans 78 % des cas, par la ville de Toronto dans 20 % des cas, et par Transports Canada dans environ 2 % des cas.
En ce qui concerne les obstacles, le gouvernement Ford devra certainement régler la question directement avec la ville.
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Ce rapport a été amorcé sous le gouvernement précédent. Il a été commandé par un ancien ministre du Travail à la suite de la grève de 13 jours qui a touché les ports de la côte Ouest en 2023 et qui a eu des répercussions considérables sur l'économie.
Ce rapport, rédigé par deux experts externes, est le fruit de près d'une année d'analyse. Ils ont formulé une série de recommandations. Il y en a sept au total, et quatre d'entre elles portent sur l'accréditation régionale, c'est-à-dire le cadre qui régit les négociations sur la côte Ouest et qui tient compte des idées des intervenants concernant des améliorations qui pourraient être apportées pour renforcer la stabilité dans cette région. La question du médiateur spécial est un aspect des recommandations dont l'objectif serait de maintenir les parties à la table des négociations.
Ce rapport a été achevé puis rendu public il y a environ un an. Je ne saurais trop insister sur le fait que nous n'avons cessé de plaider en faveur de la mise en œuvre de ses recommandations. Nous ne pensons pas qu'elles soient très difficiles à mettre en œuvre. Elles offrent une solution simple et peu coûteuse.
Pour répondre à votre deuxième question, c'est avant tout une question de réputation. M. Harvey en a parlé tout à l'heure. Ces arrêts de travail nuisent gravement à la réputation du Canada. Les entreprises se tournent vers d'autres transporteurs, et certaines d'entre elles ne reviennent pas. Nous avons des concurrents tout le long de la côte, dans les ports de l'est et de l'ouest, qui veulent offrir ces services et s'occuper d'expédier ces produits, et il s'agit parfois de contrats à long terme. Lorsque nous perdons ces contrats, ces clients ne reviennent pas.
Nous souhaitons simplement que nos activités soient plus stables. Nous voulons que les parties restent à la table des négociations afin de conclure des conventions collectives qui répondent aux besoins du syndicat et de l'employeur.
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Merci, monsieur le président.
Mes questions seront destinées à MM. Harvey et Hynes.
Jusqu'à maintenant, dans le cadre de notre étude, nous avons interrogé les responsables d'un nombre non négligeable de ports de la côte atlantique, qui ont tous souligné l'importance du transport ferroviaire pour renforcer leur compétitivité. J'ai également discuté avec les responsables des ports de la côte Est. Ils n'ont pas comparu devant nous, mais ils ont tenu les mêmes propos. Je me demande donc, du point de vue du Canada atlantique, où en est l'état de préparation du réseau ferroviaire, pour ainsi dire.
Monsieur Harvey, vous avez évoqué la nécessité de ne pas attendre pour construire des infrastructures. Nous devons les construire dès maintenant. J'aimerais savoir si vous pourriez tous les deux me donner une idée des priorités en matière de transport ferroviaire, de l'état actuel du réseau ferroviaire et des mesures à prendre pour garantir que les ports du Canada atlantique restent réellement compétitifs.
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Je vous remercie de vos réponses.
Je voudrais aborder quelques aspects de vos recommandations, car je les ai trouvées très intéressantes.
Je suis originaire de l'île du Cap-Breton, et je viens d'une famille de travailleurs syndiqués. La plupart des biens que je possède aujourd'hui auraient été impossibles à accumuler sans un syndicat fort et un secteur privé robuste, dans lequel mon père a travaillé pendant de nombreuses années comme mineur de charbon. Ces conditions m'ont apporté beaucoup d'avantages. En même temps, d'après votre témoignage concernant les défis liés à la chaîne d'approvisionnement, il est clair que la stabilité de la main-d'œuvre, en particulier, a fait défaut.
Vous avez évoqué ce que nous avons manqué en matière d'occasions de faire des affaires avec des entreprises qui utilisent le transport ferroviaire. Je ne sais pas si ces pertes sont quantifiables ou non, mais je voudrais commencer par parler du potentiel commercial.
Vous avez tous deux parlé avec beaucoup d'éloquence des occasions manquées. En ce qui concerne les entreprises qui auraient pu envisager de s'implanter au Canada ou de s'établir quelque part sur la côte Est, dans le Centre du pays ou sur la côte Nord, pourriez-vous nous donner une idée de l'incidence — en citant un exemple si cette incidence n'est pas quantifiable — que la situation a eue sur notre capacité à attirer des entreprises, un aspect qu'aucune fiche signalétique ne met en évidence?
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Merci beaucoup, monsieur Kelloway.
Messieurs Hynes, Harvey et Sharma, je tiens à vous remercier. Malheureusement, notre temps est écoulé. Nous devons accueillir un autre groupe de témoins.
Monsieur Harvey, si vous souhaitez formuler d'autres remarques, je vous invite à les transmettre par écrit à notre greffier; nous les ajouterons aux témoignages.
Sur ce, je tiens à vous remercier tous les trois d'avoir contribué à cette étude très importante.
Chers collègues, nous allons suspendre la séance pendant quelques minutes afin que le greffier puisse préparer la salle pour le prochain groupe de témoins.
La séance est suspendue jusqu'à nouvelle convocation de la présidence.
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Merci, monsieur le président, et honorables membres du Comité. Nous vous sommes très reconnaissants de nous donner l'occasion de participer à votre étude.
Je suis ici aujourd'hui au nom de Picton Terminals, une installation en eaux profondes privée située à l'extrémité est du lac Ontario. Créé à l'origine dans les années 1950 pour servir de terminal maritime de chargement de boulettes de minerai de fer, ce site a fonctionné jusqu'à la fin des années 1970. En 2014, cette propriété a été rachetée par Doornekamp Construction, qui souhaitait qu'elle joue à nouveau un rôle important dans la chaîne d'approvisionnement canadienne.
Depuis l'acquisition de cette installation, Picton Terminals a investi plus de 50 millions de dollars dans la modernisation du port et pour garantir le respect des exigences environnementales et réglementaires. Nous avons réussi à mettre en place des solutions logistiques sur mesure pour des partenaires comme Kimco Steel, Parrish & Heimbecker et Windsor Salt. Ce port, qui était autrefois inutilisé, devrait accueillir plus de 500 000 tonnes de marchandises en 2026.
Dans le contexte économique actuel, qui se caractérise par la fragilité de la chaîne d'approvisionnement, l'évolution des relations commerciales et la nécessité croissante de faire preuve de résilience, l'importance de consolider le réseau de transport canadien n'a jamais été aussi évidente. Le transport maritime reste un élément essentiel et sous-exploité de ce réseau.
La Voie maritime du Saint-Laurent fonctionne en deçà de sa capacité. Cette sous-utilisation exerce une pression croissante sur les réseaux ferroviaires et routiers, ce qui contribue à la pénurie de chauffeurs et à la congestion sur les corridors principaux. Il s'agit là d'indicateurs systémiques d'une dépendance excessive à l'égard des transports terrestres.
Le transport maritime est la solution naturelle de désengorgement. Le développement des corridors maritimes améliore l'efficacité logistique globale, réduit les coûts et les émissions, prolonge la durée de vie de nos infrastructures routières et renforce la sécurité en atténuant la congestion. Cependant, alors que nous avons accordé une attention particulière au développement de l'infrastructure routière et ferroviaire, nous n'avons pas appliqué la même approche systémique à notre réseau maritime. Les flux de conteneurs, par exemple, continuent d'être concentrés dans un nombre limité de grands ports de transbordement. Ces ports sont essentiels, mais ils sont également soumis à une pression croissante. À mesure que la congestion augmente, l'efficacité du système diminue et l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement nationale devient plus vulnérable.
Le Canada a su faire preuve d'une grande efficacité dans le transport de marchandises en vrac via le réseau des Grands Lacs et du Saint-Laurent, mais nous accusons toujours un retard dans le domaine du transport maritime par conteneurs. Cette situation n'est pas due à des facteurs géographiques, mais à la conception du réseau.
Le Canada ne dispose que d'un nombre limité de points d'entrée pour les conteneurs, dont la situation ne reflète pas la répartition de la population et de l'activité économique. Les marchandises à destination du Canada transitent déjà de plus en plus souvent par les ports américains et les corridors terrestres. Si cette tendance se poursuit, le Canada risque de devenir de plus en plus dépendant des points de passage étrangers pour ses propres flux commerciaux.
Si les investissements dans les infrastructures existantes, y compris les projets d'extension comme celui de Contrecoeur, sont importants, le simple fait d'étendre les nœuds existants ne suffit pas pour mettre en place un réseau national résilient. Une approche plus efficace consisterait à étendre le réseau. Dans le bassin des Grands Lacs, où vivent environ neuf millions de Canadiens, on trouve des installations situées à des endroits stratégiques qui pourraient compléter les points d'accès existants, notamment Thunder Bay, Goderich, Windsor et Picton.
Picton Terminals bénéficie d'une situation géographique unique entre Montréal et Hamilton. Cette installation bénéficie d'un accès direct au lac Ontario et de la proximité de la partie est de la région du Grand Toronto. Ce site est propice au transport maritime de conteneurs sur de courtes distances. Son utilisation permettrait de réduire chaque année de plusieurs millions de kilomètres le trafic routier sur l'autoroute 401, réduirait la congestion et améliorerait l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement.
Il ne s'agit pas là d'une simple hypothèse. Picton Terminals et Parrish & Heimbecker viennent de mener à bien un important projet d'extension, dans le cadre duquel ils ont investi environ 50 millions de dollars de capitaux privés pour accroître leur capacité de manutention maritime. Nous permettons ainsi d'acheminer plus efficacement vers les marchés mondiaux environ 1,2 million de tonnes de produits agricoles, notamment du blé, des céréales et des légumineuses. Les camions parcourent des distances plus courtes, la congestion routière et portuaire est réduite et les coûts de la chaîne d'approvisionnement sont moins élevés. Cet exemple montre ce que le Canada peut accomplir lorsqu'il conçoit son système maritime comme un réseau plutôt que comme un ensemble de points d'accès isolés.
En conclusion, Picton Terminals ne demande pas que l'on remplace les ports existants, mais qu'on les complète. Nous demandons au Canada d'exploiter pleinement le potentiel de son réseau maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent.
Nous sollicitons deux recommandations précises. Tout d'abord, le gouvernement fédéral doit réaliser des investissements ciblés afin de renforcer la capacité des infrastructures maritimes dans des installations sous-utilisées comme Picton, pour que celles‑ci bénéficient d'un traitement équivalent à celui des administrations portuaires canadiennes. Deuxièmement, l'Agence des services frontaliers du Canada devra accorder rapidement une désignation et un soutien afin de permettre le traitement des conteneurs.
Le Canada a l'occasion d'établir un réseau portuaire plus équilibré, plus résilient et plus efficace, qui tienne compte des lieux où vivent les Canadiens, des flux de marchandises et des zones de croissance future. Picton Terminals est prêt à contribuer à cet effort.
Merci de votre attention. Je répondrai volontiers à vos questions.
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Je vous remercie, monsieur le président et chers membres du Comité, de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
Je m'appelle Lorna Campbell. Je suis ingénieure professionnelle et présidente-directrice générale de la Port of Sydney Development Corporation.
La Port of Sydney Development Corporation est un organisme à but non lucratif autofinancé qui a été créé en 2002. Notre conseil d'administration est composé de représentants de la communauté, notamment des Premières Nations de Membertou et d'Eskasoni ainsi que de la municipalité régionale du Cap‑Breton. Je suis ici pour vous parler, en m'appuyant sur notre expérience directe, des mesures concrètes qui doivent être prises pour soutenir, diversifier et moderniser les ports canadiens.
Le port de Sydney est un port en eau profonde abrité, accessible toute l'année, situé sur la côte nord-est de l'île du Cap‑Breton. Nous sommes stratégiquement situés à environ dix kilomètres de la route orthodromique de l'Atlantique Nord. Sydney domine le détroit de Cabot et constitue véritablement la porte vers le Nord.
Sydney est un port public détenu par le gouvernement fédéral. Les terrains submergés restent la propriété du gouvernement fédéral, tandis que les actifs portuaires ont été soit transférés, soit vendus. Il n'existe pas d'autorité locale unique officiellement chargée de la gestion et de la coordination de l'ensemble du port. Les recettes générées par l'activité portuaire ne sont pas systématiquement réinvesties dans le port. Des lacunes persistent dans les infrastructures essentielles, ce qui limite notre capacité à nous développer et à être compétitifs.
Le conseil d'administration du port s'est fixé comme priorité de résoudre les problèmes de gouvernance qui perdurent depuis des décennies à Sydney. Le conseil municipal de la municipalité régionale du Cap‑Breton soutient à l'unanimité la création d'une autorité portuaire locale, la société portuaire étant reconnue comme l'acteur local fédérateur chargé de promouvoir la modernisation de la gouvernance en collaboration avec Transports Canada. Ce degré de cohésion reflète à la fois l'urgence de l'enjeu et les opportunités qui s'offrent à nous. Sans une gouvernance portuaire efficace, nous risquons de passer à côté de ces opportunités et de voir les échanges commerciaux et les investissements se détourner vers d'autres destinations. D'un point de vue général, la modernisation des ports canadiens ne concerne pas seulement l'infrastructure, mais aussi la gouvernance, la connectivité et la capacité de réinvestir et d'être compétitifs à l'échelle mondiale.
Les ports servent de point d'entrée, et les chemins de fer relient le Canada aux marchés mondiaux. Nous constatons régulièrement que les ports dotés de liaisons ferroviaires intégrées sont en mesure d'acheminer les marchandises plus efficacement, d'attirer des investissements plus importants et d'accéder à des marchés nationaux et internationaux plus vastes. Sans réseau ferroviaire, même les ports bien situés ont du mal à rester compétitifs, malgré leurs avantages géographiques, qui sont évidents dans le port de Sydney.
À Sydney, nous mettons en place un modèle de gouvernance concret qui répond aux besoins du pays. Nous proposons la création d'une autorité portuaire locale pour le port de Sydney dans le cadre d'un accord de gestion conclu avec Transports Canada. Selon ce modèle, la propriété et la compétence fédérales ne changeraient pas. Toutefois, une autorité locale serait chargée de coordonner les opérations, d'accroître l'efficacité et de réinvestir les recettes générées par l'activité portuaire.
Il est important de noter que ce modèle comblerait une lacune existante en matière de gouvernance et servirait de catalyseur pour faire progresser la planification stratégique et les investissements portuaires. Il permettrait d'accéder plus directement à de nouveaux marchés mondiaux, de soutenir les industries émergentes comme celles de la production éolienne en mer et des minéraux essentiels, de renforcer les capacités de défense et d'améliorer la résilience globale de la chaîne d'approvisionnement du Canada.
Sans réforme de la gouvernance, les investissements dans les infrastructures manquent de coordination et ne sont pas viables à long terme. Sans connectivité, la réforme de la gouvernance ne peut pas générer de croissance économique. Les deux doivent aller de pair.
Du point de vue fédéral, trois mesures concrètes peuvent contribuer à exploiter cette opportunité. Nous vous recommandons ce qui suit: Tout d'abord, mettre en place et soutenir des modèles d'entente de gestion qui permettent la gestion des ports par les autorités portuaires au niveau local; deuxièmement, mettre en place un financement transitoire sans obstacle afin d'accélérer les investissements portuaires stratégiques et la mise en place d'opérations locales durables, afin de combler le fossé entre les contraintes actuelles et l'autosuffisance à long terme; troisièmement, envisager les liaisons ferroviaires et intermodales comme des éléments essentiels de la modernisation portuaire.
En conclusion, le port de Sydney n'est pas une opportunité théorique. Il s'agit d'un exemple, soutenu au niveau local et prêt à être mis en œuvre, qui illustre comment le Canada peut dès aujourd'hui moderniser la gouvernance portuaire, renforcer les chaînes d'approvisionnement et favoriser la diversification commerciale. Avec les bons outils, ce modèle pourrait être reproduit dans d'autres régions du pays.
Merci. J'ai hâte de répondre à vos questions.
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Je vous remercie beaucoup.
Mes questions s'adresseront à vous, monsieur Grech. Je suis allé au port de Picton, et il est étonnant de voir ce que les fonds privés, l'entrepreneuriat et les propriétaires ont réussi à accomplir là‑bas. J'aimerais vous dire un grand merci de la part de quelques agriculteurs de Northumberland, dans ma circonscription. Ils sont très reconnaissants.
J'aimerais donner aux gens un aperçu des services que le port de Picton fournit actuellement et pourrait fournir à l'avenir. Pour ceux qui ne viennent pas de l'Ontario, les navires arrivent actuellement de la Voie maritime du Saint‑Laurent, et Picton se trouve sur la rive nord du lac Ontario. Ces navires passent littéralement par Picton, Northumberland et Cobourg — et de nombreuses autres collectivités — et se rendent à Toronto ou à Hamilton, ou même plus loin, où leurs marchandises sont déchargées et ensuite transportées par camion dans les collectivités de l'Est de l'Ontario.
Est‑ce exact? Ai‑je raison de croire que des gains d'efficacité considérables pourraient être réalisés en déchargeant plus de marchandises à Picton et dans d'autres ports locaux?
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Vous avez tout à fait raison. Comme je l'ai dit plus tôt, il s'agit de créer un autre noeud au sein du réseau.
À mesure que notre population se disperse, les itinéraires d'autobus changent et nos navetteurs changent aussi. Nous allons là où se trouvent les navetteurs. Compte tenu de l'emplacement du terminal de Picton, il y a certainement beaucoup de marchandises qui passent devant cet endroit avant de refaire le trajet en sens inverse.
Et ce n'est pas tout, car il y a même des navires qui passent par Picton. C'est drôle, car lorsqu'un représentant de Parrish & Heimbecker est venu examiner notre site pour déterminer si l'entreprise devrait ou non y construire des installations céréalières, un navire était justement en train de décharger de l'acier. Le représentant de P&H a regardé son téléphone et a dit: « Vous savez, ce navire va à Hamilton pour charger des céréales. Si nous avions déjà construit ces silos, ce navire aurait déchargé l'acier, serait resté à cette installation, aurait rechargé les céréales et serait reparti vers les marchés internationaux. Nous aurions pu éviter que ce navire se rende jusqu'à Hamilton et fasse tout le chemin du retour. »
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Merci beaucoup, monsieur Grech. Je vous suis reconnaissant. J'espère sincèrement, de façon non partisane, que les députés libéraux de l'autre côté ont entendu cela, car il s'agit d'une solution simple et économique qui pourrait grandement aider l'Est de l'Ontario, y compris la circonscription de baie de Quinte.
Je vais maintenant présenter un avis de motion. Je demanderais aux députés libéraux d'écouter la motion très attentivement, car nous l'avons formulée de manière très précise et ciblée. Je pense que c'est une motion assez simple, et j'espère que lorsque nous la présenterons, nous obtiendrons le soutien unanime, car elle est très ciblée.
Voici la motion:
Que, étant donné que, le 25 mars 2026, le président-directeur général de la Banque de l'infrastructure du Canada a déclaré que si le Comité souhaite obtenir une réponse, il s'efforcera de lui en fournir une et a ajouté qu'il est toujours à la disposition du Comité lorsqu'il s'agit de fournir de l'information sur les modalités de remboursement du prêt accordé par la Banque au projet éolien de la rivière Mersey;
a) Le Comité ordonne à la Banque de l'infrastructure du Canada de lui fournir les documents non caviardés sur les modalités de remboursement du prêt accordé au projet éolien de la rivière Mersey dans les 72 heures suivant l'adoption de la présente motion; et
b) Que le Comité donne instruction au président d'assigner le président-directeur général de la Banque de l'infrastructure du Canada à comparaître devant le Comité dans les cinq jours de séance parlementaire suivant l'expiration du délai de 72 heures, si la Banque ne produit pas les documents complets et non caviardés sur les modalités de remboursement.
Nous ne demandons pas qu'on nous envoie un million de documents. Notre demande est très ciblée. Pratiquement aucun motif d'ordre commercial ne peut être invoqué pour éviter de divulguer ces renseignements. Il s'agit d'un secteur très réglementé, et tous ces renseignements devraient être rendus publics.
Comme je l'ai dit, nous avons formulé une demande très ciblée, et j'espère que nous obtiendrons un soutien unanime pour ces modalités de remboursement, ne serait‑ce que pour apporter des éclaircissements.
Je vous remercie.
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Je vous remercie, monsieur le président.
Mes questions s'adressent à Mme Campbell.
Tout d'abord, je tiens à vous remercier, vous et votre conseil d'administration, ainsi que votre personnel, passé et présent, du travail que vous avez accompli dans le dossier du port. Je tiens également à remercier le maire, M. Clarke, et les conseillers, ainsi qu'Eskasoni et Membertou.
À titre d'information, le port de Sydney est réputé pour son trafic de croisière, mais je sais que vos motivations et vos objectifs vont bien au‑delà de ces considérations. J'aimerais que vous présentiez au Comité la situation actuelle du port de Sydney en ce qui concerne les possibilités à court et à long terme en matière de diversification commerciale.
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Sydney est réputée pour son industrie des croisières. L'île du Cap‑Breton est une île magnifique, et nous travaillons en collaboration avec les ports du Canada atlantique, qui sont nos ports partenaires. C'est chez nous que l'on trouve le violon géant appelé Big Fiddle, que certains d'entre vous connaissent peut-être.
Les croisières génèrent environ 70 millions de dollars de retombées économiques directes et indirectes pour l'île, mais ce n'est pas la seule activité du port de Sydney. En effet, le port de Sydney héberge Marine Atlantique, la société qui offre le service obligatoire en vertu de la Constitution de relier Terre‑Neuve‑et‑Labrador au reste du Canada tout au long de l'année. Le port reçoit aussi du charbon destiné à la centrale électrique de Nova Scotia Power pour la production d'énergie, et notre terminal reçoit des produits pétroliers. Il y a donc beaucoup d'activités dans le port et les environs.
Il est important de souligner l'annonce récente de la Garde côtière canadienne selon laquelle le port de Sydney serait le site privilégié pour l'aménagement de la base d'entretien des brise-glaces de classe polaire. C'est une annonce importante pour le port de Sydney. Cette base serait aménagée juste à côté de l'Académie de la Garde côtière canadienne.
Sydney a de vastes terrains à aménager. Nous prévoyons un développement accru dans les domaines de l'approvisionnement et du soutien dans le Nord, de la défense et des services maritimes, et nous avons observé une activité importante en matière de soutien aux projets éoliens extracôtiers le long de la côte nord-est des États‑Unis.
Ce sont donc les possibilités qui se présenteront à court terme, selon nous, pour Sydney. Nous devons donc moderniser notre gouvernance, afin d'être en mesure d'appuyer tous ces développements potentiels, ainsi que les exploitants actuels.
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Comme je l'ai déjà dit, le port de Sydney est un port public. Le gouvernement fédéral demeure propriétaire des terres submergées, mais au fil des ans, les biens fédéraux situés à terre ont été soit vendus, soit cédés.
Nous sommes sous la direction du groupe des ports de Transports Canada, mais Transports Canada a une présence locale limitée sur place. La société portuaire pour laquelle je travaille est un organisme sans but lucratif, et nous sommes l'autorité portuaire du port de Sydney ou nous en sommes responsables en l'absence d'une autre présence dans le port. Nous voyons des possibilités et des parties prenantes qui souhaitent entreprendre des projets, mais il n'y a pas de groupe unificateur ou ce que j'appellerais un catalyseur pour unifier, promouvoir et défendre les intérêts de chacune de ces parties prenantes.
Nous souhaitons créer une administration portuaire locale financée par les revenus générés par les activités portuaires, mais ces revenus sont actuellement versés dans les recettes générales de Transports Canada. Il y a donc une lacune à combler à cet égard.
En 2024, nous avons présenté une proposition concernant le dessaisissement et la possibilité de participer au Programme de transfert des installations portuaires, mais nous ne sommes pas admissibles à ce programme parce qu'il n'y a pas d'actifs fédéraux, à l'exception des terres submergées, qui nous permettent de répondre à ces critères.
Nous ne sommes pas une administration portuaire canadienne, et nous ne répondons pas non plus aux critères pour être une administration portuaire canadienne. Nous proposons donc cette voie pour tenter d'établir une gouvernance qui confère un contrôle local par l'entremise d'une entente de gestion avec Transports Canada qui sera essentiellement conforme à la Loi maritime du Canada, mais qui permettra d'atteindre les objectifs de la Politique maritime nationale.
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Merci, monsieur le président.
Je voudrais parler de mon malaise relativement à la manière dont les choses se passent en ce moment au Comité. Depuis plusieurs semaines, nous faisons défiler les représentants des ports, un peu comme des ballerines, et nous leur faisons chanter la partition libérale pour entretenir le narratif selon lequel tous les pays du monde vont tout à coup s'arracher les marchandises produites ici et le nombre d'exportations va exploser, grâce à « l'effet Carney ». Les ports ne sont pas fous: ils flattent le gouvernement dans le sens du poil pour avoir de l'argent pour répondre à leurs besoins. Je les comprends.
Ce qui me fatigue un peu plus, c'est qu'on présente le cas du port de Montréal comme si ce dernier allait déborder de façon imminente alors que, dans les faits, c'est loin d'être le cas. En effet, ça fait plutôt 10 ans que les volumes au port stagnent. Ça ne bouge à peu près pas. Récemment, la tendance serait même vers la baisse. La question que je me pose est donc la suivante: est-ce que l'agrandissement du port de Montréal est nécessairement une urgence nationale? Moi, je n'en suis pas encore convaincu.
Ce qu'on nous dit, c'est qu'avec le magicien, tout va changer. Il ne faut pas poser de questions et il faut lui faire confiance. On nous dit que ça va bien aller. Moi, j'ai l'impression que, au bout du compte, ce qu'on nous demande, c'est un acte de foi. Au Québec, nous avons déjà joué dans ce film avec des gens comme Pierre Fitzgibbon, qui jouait au casino avec les fonds publics. On dit avoir une foule de projets pharaoniques, comme le port de Montréal et le TGV d'Alto. Bientôt, ça va être le tour des pipelines. Toutefois, pendant ce temps, nous n'avons pas de chiffres et nous avons un gouvernement qui fait de la comptabilité créative pour cacher son déficit astronomique.
Le pire, c'est que, la semaine passée, j'ai eu la chance, si on peut dire ça ainsi, de voir débarquer dans ma circonscription M. Carney et toute sa bande, sans avertissement, pour annoncer un investissement de 1,16 milliard de dollars pour le terminal de Contrecœur. Pourtant, il y a quelques semaines, j'ai averti le ministre qu'il y avait beaucoup de problèmes à régler: l'érosion des berges, l'abandon du quai de Verchères, le réaménagement de la voie ferrée, qui est un défi pour les gens de Boucherville, et l'inquiétude liée à l'augmentation de la circulation ferroviaire. Sur le coup, M. MacKinnon semblait de bonne foi en me disant qu'il ferait un suivi et qu'il travaillerait avec moi pour régler ces dossiers. Cependant, malheureusement, il n'y a eu absolument aucun suivi. Au contraire, il a plutôt débarqué sans avertissement. Disons que ça commence un peu mal pour ce qui est de la collaboration.
Je ne me fais pas d'illusion: je sais que les libéraux ont l'intention de faire ce qu'ils veulent. De toute manière, c'est une question de temps avant qu'ils se rafistolent une majorité. Cependant, j'aimerais quand même voir le gouvernement agir de bonne foi, et je pense qu'il n'y a absolument rien qui l'empêche de faire ça. Avant d'investir des milliards de dollars à l'aveugle, est-ce qu'on peut au moins avoir les hypothèses et les chiffres sur lesquels on se base pour dépenser ces fonds publics, afin qu'on puisse poser des questions et les valider? Finalement, il faut simplement savoir dans quoi on s'embarque. Il me semble que ce n'est pas trop demander et que c'est tout à fait raisonnable.
Ce qui est plus inquiétant encore, c'est que, pendant qu'on est en train de foncer tête baissée dans ce projet dont on ne sait même pas si on a vraiment besoin — peut-être que oui, peut-être que non, je ne suis pas encore convaincu —, trois départs assez intrigants à la direction du Port de Montréal viennent d'avoir lieu. En mars, le responsable du terminal de Contrecœur, Paul Bird, a quitté son poste. En avril, il y a à peine une semaine et demie, la présidente-directrice générale, Julie Gascon, semble avoir été démissionnée. On n'a aucune idée de la raison pour laquelle elle n'est plus en poste. Ce matin, on a appris que le directeur des finances, Alban Fournier, avait quitté ses fonctions au Port. On n'a aucune idée de ce qui s'est passé. Cela dit, il me semble que lorsque le pilote et ses deux copilotes quittent l'avion en plein vol, il y a de quoi s'inquiéter. Personnellement, ça m'inquiète, et je pense que ça devrait aussi inquiéter les membres du Comité. Nous devrions tous nous demander ce qui se passe au Port. J'ai l'impression qu'il y a comme une crise.
J'ai donc deux motions à proposer ce matin, et j'aimerais les présenter aux membres du Comité. La première motion est rédigée ainsi:
Que la Banque d'infrastructure du Canada (BIC) et l'Administration Portuaire de Montréal (ADM) transmettent au Comité dans un délai de 30 jours une copie du contrat de financement relatif au prêt de 1,16G$ accordé pour la construction du terminal de Contrecœur, que la BIC transmette ses analyses de risque et les analyses financières ayant menées à l'octroi du prêt; qu'ADM dépose au Comité ses hypothèses de calcul soutenant la rentabilité du projet ainsi qu'une copie de son entente avec DP World lorsqu'elle sera conclue.
La deuxième motion est rédigée ainsi:
Que le Comité invite l'ancien responsable du terminal de Contrecœur, M. Paul Bird, l'ancienne présidente-directrice générale du Port de Montréal, Mme Julie Gascon, ainsi que l'ancien directeur des finances du Port de Montréal, M. Alban Fournier, à comparaître dans le cadre de l'étude intitulée Soutenir, diversifier et moderniser les ports du Québec et du Canada.
J'aimerais maintenant que nous disposions de ces motions.
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Nous avons une vision d'ensemble, mais nos actions dépendent des occasions qui se présentent. Comme je l'ai dit dans ma déclaration préliminaire, nous élaborons des solutions logistiques sur mesure pour nos partenaires portuaires. Nous avons constaté que les conteneurs sont très populaires. En fait, il y a une forte demande pour exporter des produits agricoles par conteneurs. Comme nous avons maintenant l'installation nécessaire pour traiter les produits en vrac, cela devient beaucoup plus facile.
Plusieurs agriculteurs nous ont demandé si nous allions adopter cette solution. Nous leur avons répondu que pour l'instant, cela n'a pas de sens. Ils font tout le trajet jusqu'à Brampton pour récupérer des conteneurs et, parfois, ils n'en obtiennent même pas un seul, puis ils reviennent chez eux, mais doivent y retourner le lendemain parce que les conteneurs ne sont pas disponibles.
Si nous pouvions créer cette plaque tournante là où se trouve la demande, ce serait beaucoup mieux. Nous savons ce que nous aimerions faire à Picton pour y parvenir. Malheureusement, nous sommes limités par l'espace sur les quais. Maintenant que Parrish & Heimbecker est là, nous nous attendons à recevoir de 20 à 25 navires cette année, et peut-être jusqu'à 60, car le port est en mesure de les accueillir. Nous avons besoin de plus de quais pour faciliter ces activités, car le temps, c'est de l'argent. Il est important que ces navires puissent entrer et repartir, et nous ne voulons pas créer des retards liés à la congestion dont tout le monde parle dans toutes les autres installations. Nous voulons éviter cela.
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Je vous remercie, monsieur.
Je tiens à faire comprendre aux députés ministériels qui sont ici aujourd'hui que lorsqu'une personne demande au gouvernement de simplement faire son travail afin de pouvoir accroître ses activités au profit de sa région, c'est un excellent point de départ.
Monsieur le président, j'ai donné avis d'une motion que j'espérais que nous pourrions traiter rapidement au sujet de B'nai Brith et de sa demande de comparution. Je veux m'assurer auprès du greffier qu'elle est recevable. Je l'ai envoyée vendredi, soit le 10, et elle devrait donc être recevable. Oui, d'accord. Je voulais simplement m'en assurer.
Je propose:
Que, en ce qui concerne la motion adoptée par le Comité le 11 décembre 2025, le Comité invite des représentants de B'nai Brith à témoigner dans le cadre de son étude sur les défis auxquels sont confrontés les aéroports canadiens.
J'espère que c'est une question de bon sens. Ce sont les représentants de l'organisme qui nous ont écrit au départ pour nous dire que c'est un sujet important, et nous devrions donc envisager de les inviter à comparaître.
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Le problème fondamental auquel nous sommes confrontés réside dans une structure de gouvernance fragmentée et dans la nécessité pour l'administration locale de défendre les intérêts des usagers du port, des exploitants de terminaux existants et des promoteurs. Je constate personnellement très souvent, lors de réunions avec les principales parties prenantes, qu’il existe un fort potentiel d’investissement et de diversification des services au sein du port. Notre objectif est de jeter les bases nécessaires pour soutenir tous les utilisateurs des terminaux existants.
Comme vous pouvez le constater, en ce qui concerne la propriété foncière, tout a été cédé. Nous avons affaire à un groupe de personnes fragmenté. Nous avons une initiative locale… Nous entretenons un excellent partenariat avec les utilisateurs actuels du port afin d'accroître les possibilités et de répondre aux besoins de tous les utilisateurs.
Au sein de la société portuaire, nous nous concentrons principalement sur les services maritimes et sur l'amélioration des infrastructures nécessaires aux navires qui entrent au port et qui en sortent. Nos infrastructures sont vieillissantes. J'ai déjà mentionné que nous disposons d'un secteur des croisières très dynamique au terminal que nous exploitons, mais nous avons des infrastructures fédérales héritées du passé qui sont pratiquement hors d'usage. Sans financement transitoire, nous risquons de ne plus pouvoir assurer les activités courantes pour le secteur des croisières. Il faut investir dans l'installation d'auto-accostage sur le site de notre terminal. Le coût est estimé à 10 millions de dollars.
Nous avons d'autres investissements à prendre en compte, en fonction des responsabilités qui nous seraient confiées dans le cadre d'un accord de gestion, si nous parvenons à le conclure, avec Transports Canada. Le financement transitoire, qui se chiffre en dizaines de millions de dollars, nous serait très utile, mais cela ne tient pas compte des travaux de modernisation du tracé de la voie ferroviaire. L'estimation des coûts d'investissement la plus complète que j'ai vue, qui datait de 2017, s'élevait à un peu plus de 100 millions de dollars pour ces réparations. Nous disposons d'un tracé ferroviaire existant qui n'est pas utilisé, mais qui relie notre port à l'intérieur des terres.
Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire du Cap-Breton et de nos exportations d'acier et de charbon. C'était un secteur très dynamique, entièrement centré sur notre port. Avec le déclin et la disparition de ces industries, notre plus grand atout réside sans doute aujourd'hui dans les terrains disponibles autour du port. Notre port est sous-exploité, mais il offre un potentiel considérable pour compléter les activités des autres ports et alléger la pression là où cela s'avère judicieux. Nous considérons le chemin de fer comme un élément clé à cet égard.
En matière d'investissement, nous avons besoin d'un financement transitoire et de conserver les droits portuaires qui sont actuellement versés à Ottawa. Les ports relevant des Administrations portuaires canadiennes et même les petits ports entièrement cédés conservent les recettes générées par les navires en transit afin de les réinvestir dans le port. Nous n'avons pas cette possibilité à Sydney, et nous aimerions en bénéficier.