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J'ouvre maintenant la séance.
Bienvenue à la 24e réunion du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 11 décembre 2025, le Comité reprend son étude visant à soutenir, diversifier et moderniser les ports du Québec et du Canada.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride, conformément au Règlement.
Voici quelques consignes à l'intention de nos témoins.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous participez par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro, et veuillez vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
Si vous êtes sur Zoom, vous pouvez sélectionner, au bas de votre écran, le canal approprié pour l'interprétation: le parquet, l'anglais ou le français. Les personnes présentes dans la salle peuvent mettre l'oreillette et sélectionner le canal de leur choix.
Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Les députés présents dans la salle sont priés de lever la main s'ils souhaitent prendre la parole. Le greffier et moi-même ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions. Nous vous remercions de votre patience et de votre compréhension à cet égard.
[Français]
Chers collèges, j'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins.
Aujourd'hui, nous avons parmi nous un représentant de l'Administration portuaire de Montréal, à savoir M. Julien Baudry, chef de cabinet et vice-président aux communications et aux relations externes. Nous avons aussi un représentant de l'Administration portuaire du Saguenay, à savoir Carl Laberge, président-directeur général, qui est présent par vidéoconférence.
Bienvenue à vous.
Monsieur Baudry, la parole est à vous pour une déclaration de cinq minutes.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de votre invitation à témoigner.
Le Canada se trouve à un moment charnière. Dans un contexte de bouleversements géopolitiques, de réorganisation des chaînes d'approvisionnement et de concurrence accrue, les ports ne sont plus seulement des infrastructures, ils sont des plateformes de résilience et des instruments de souveraineté économique.
Le port de Montréal, comme tous les autres ports canadiens, ne travaille pas par lui-même. Notre rôle consiste à offrir aux entreprises d'ici des options fiables, compétitives et prévisibles pour accéder au commerce mondial grâce au transport maritime. C'est ce que nous faisons chaque jour, alors que des marchandises d'une valeur de plus de 400 millions de dollars transitent au port de Montréal et que nous soutenons près de 600 000 emplois. De l'Allemagne jusqu'en Inde ou en Chine, en passant par le Maroc, les accords économiques actuels et futurs sont au cœur de ce que nous faisons.
Cependant, nous n'évoluons pas dans un environnement où nous sommes à armes égales avec nos compétiteurs américains.
À l'international, le constat est clair: les ports qui s'imposent comme leaders sont pleinement intégrés, ils gèrent des pôles logistiques, ils mettent au point des plateformes intermodales et ils offrent des services sous licence. Par exemple, le port de New York‑New Jersey, à lui seul, manutentionne plus de conteneurs que toutes les administrations portuaires canadiennes. Ses revenus sont diversifiés, provenant notamment de ponts à péage et d'actifs immobiliers. Il dispose d'une capacité d'investissement soutenue par des processus réglementaires plus simples, prévisibles et plus rapides.
Bref, les champions internationaux ne bâtissent pas uniquement des quais, ils bâtissent des écosystèmes qui permettent de générer et de capter davantage de valeur, tout en offrant aux entreprises une expérience plus fluide.
Un article du Globe and Mail rappelait récemment qu'une grande part de nos fruits et de nos légumes, mais aussi d'autres denrées, même s'ils proviennent de l'étranger, passent par des ports américains. Il s'agit d'une vulnérabilité stratégique qui nous expose aux décisions de l'administration à Washington, capable à elle seule de ralentir, de surtaxer ou d'interrompre des flux essentiels.
La même logique s'applique à plusieurs intrants manufacturiers qui coûtent plus cher parce que les grossistes américains doivent s'acquitter de droits de douane internationaux.
Sur la côte Est américaine, on estime qu'entre 500 000 et 600 000 conteneurs destinés au Canada transitent actuellement par un port américain plutôt que par une infrastructure canadienne. L'incertitude liée aux conflits de travail, combinée à la forte performance des ports américains, contribue largement à cette fuite commerciale. Que ce soit pour rapatrier ces marchandises ou pour répondre à l'ambition canadienne de doubler les exportations hors États‑Unis, les entreprises d'ici ont besoin de capacités.
Permettez-moi d'être clair: le port de Montréal est au rendez-vous. L'année dernière, notre croissance a été supérieure à la moyenne de la côte Est américaine. La bataille est rude, et maintenir des infrastructures centenaires, tout en adoptant des nouvelles technologies ou en s'adaptant aux changements climatiques, est un défi de tous les jours.
En 2025, nous avons atteint un taux d'utilisation de 72,4 %. Si la tendance se maintient, nous serons à 86 % en 2030. Au-delà de 85 %, les coûts grimpent, l'empreinte carbone s'alourdit et les occasions d'affaires se perdent.
[Traduction]
Afficher complet n'est pas une option.
[Français]
Le projet d'expansion à Contrecœur arrive donc à point. Après plus d'une décennie de préparations, 50 consultations et 388 conditions de réalisation, les travaux préparatoires ont commencé.
En tant que premier terminal sobre en carbone de manutention de conteneurs en Amérique, Contrecœur offrira un avantage concurrentiel clair: sa localisation réduira l'empreinte carbone du camionnage et du rail comparativement aux autres options, notamment l'option la plus proche, qui est le port de New York.
Je veux revenir sur un élément important: il y a le port de Montréal, mais également le modèle que nous avons comme port de destination de l'avenir.
L'an dernier, en date du 31 décembre, on estimait que 7 porte-conteneurs sur 10 à l'échelle internationale pouvaient venir dans les eaux du Saint‑Laurent. Parmi les 600 porte-conteneurs qui ont été construits et qui ont été commandés en 2025, le segment qui a la plus forte croissance, c'est exactement celui des porte-conteneurs qui peuvent venir au port de Montréal, soit des porte-conteneurs de 6 500 conteneurs. On parle d'une croissance de plus de 500 %.
Bien entendu, il faut parler des méganavires. Ces méganavires font essentiellement la navette entre l'Asie et des ports du Pacifique, ou encore vers des ports comme le port d'Halifax ou le port de Saint John, avec lesquels nous collaborons et nous travaillons.
En somme, il y a de l'avenir au transport fluvial, mais, pour qu'il y ait davantage d'avenir, je veux formuler trois recommandations.
D'abord, le port de Montréal, comme tous les autres ports canadiens, a besoin d'être capable d'agir comme une véritable agence de développement économique. Nous avons besoin d'être plus agiles et d'avoir des modifications ciblées dans nos lettres patentes pour nous permettre de générer d'autres revenus, mais également de réagir plus rapidement aux fluctuations des marchés et aux demandes des entreprises.
Ensuite, nous avons besoin d'une stratégie nationale pour les chaînes d'approvisionnement qui soit cohérente avec les ports, mais surtout centrée sur le rapatriement des denrées et des produits destinés aux entreprises canadiennes.
Finalement, il faut traiter les ports, mais surtout les corridors, comme des systèmes. La réalité, c'est que le commerce et la sécurité alimentaire ne dépendent pas d'un port ou d'un autre; ils dépendent notamment de l'intermodalité entre le rail, le camionnage et les entrepôts. Les ports qui travaillent ensemble, évidemment, profiteront grandement du fait d'avoir non seulement des infrastructures physiques, mais aussi des infrastructures numériques. Des projets de corridors numériques nous permettent de prendre de meilleures décisions et, surtout, d'offrir plus de prévisibilité et plus de compétitivité aux entreprises qui utilisent nos services.
Je m'arrêterai là. Ça me fera plaisir de répondre aux questions du Comité.
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Bonjour, tout le monde.
Je vous remercie beaucoup de l'invitation à venir vous parler aujourd'hui.
Je vais vous donner un peu d'information à propos du port de Saguenay.
Le port de Saguenay est localisé sur la rivière Saguenay et fait partie de la grande famille des ports du Saint‑Laurent—Saguenay. Le Saint‑Laurent est l'un des axes de navigation les plus importants en Amérique du Nord.
Le port de Saguenay a comme particularité d'avoir été relocalisé au début des années 1980. D'abord situé au centre-ville, à l'époque de l'ancienne ville de Chicoutimi, le port a été déménagé à l'extérieur du centre-ville. Actuellement, il est dans un lieu qui est excentré du centre de la ville, loin des habitations. En déménageant là, on voulait justement pouvoir profiter de l'eau profonde de la rivière Saguenay, qui est un des grands avantages. En effet, on est capable d'accueillir de très grands navires, au Saguenay. On voulait aussi favoriser le développement industriel autour du port, pour qu'il soit un levier de développement économique.
Le port est ouvert à l'année. Comme je le disais, il peut accueillir les plus grands navires au Québec. Le port se distingue entre autres par la grandeur des terrains qu'il a. Actuellement, l'Administration portuaire du Saguenay possède plus de 1 200 hectares de terrain qui sont directement adjacents au port et désignés comme zone industrielle pour accueillir des installations de grande industrie. C'est environ 12 kilomètres carrés de terrain, donc c'est très grand.
Nous sommes en train de planifier la mise sur pied de l'une des plus grandes zones industrielles portuaires au Canada, de concert avec le gouvernement du Québec et la Ville de Saguenay, qui ont tous deux annoncé, avec nous, des investissements importants dans les infrastructures de la zone industrialo-portuaire. Actuellement, nous construisons un système de manutention du vrac multiusager, au coût de 110 millions de dollars, qui sera en fonction à partir du mois de juin. Nous sommes en train de mettre en place des infrastructures qui nous permettront de manutentionner de grands volumes de vrac de manière efficace. Nous avons eu l'appui des gouvernements provincial et fédéral dans ce projet.
Nous nous distinguons par notre emplacement, aussi, qui est plus dans la portion nord du Québec, un peu à l'intérieur des terres grâce à la rivière Saguenay. Donc, ça nous donne un très bon accès à tout l'arrière-pays du nord-ouest du Québec. Nous sommes bien raccordés au réseau de chemin de fer qui existe actuellement, qui se rend jusque dans le secteur de Chibougamau—Chapais, qui est un secteur parmi les plus prolifiques dans le domaine minier actuellement, particulièrement dans les minéraux critiques et stratégiques. Nous avons donc une bonne connexion avec ce réseau.
La région du Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, dans laquelle nous sommes situés, est une région qui est reconnue dans le domaine industriel. Elle est l'une des principales régions productrices d'aluminium, entre autres, en Amérique du Nord. On y trouve beaucoup de métallurgie et beaucoup d'industries. Par ailleurs, un des voisins de Saguenay est la base militaire de Bagotville, une des plus grandes bases militaires au pays.
Ce que nous voyons dans la région, c'est un port qui est en train de développer des actifs en vue d'une transformation industrielle; c'est un port qui a une grande capacité à recevoir des navires; c'est un port bien situé, qui a un bon raccordement aux sections nord du Québec où il y a des projets miniers en cours; c'est un port qui nous fournit un bon lien pour pouvoir commercer avec l'Europe, entre autres, et avec d'autres pays. C'est ce que nous cherchons actuellement.
Nous sommes en train de construire ces infrastructures. Nous avons l'appui du gouvernement du Québec et de la Ville de Saguenay. Nous travaillons aussi avec le gouvernement fédéral et la Banque de l'infrastructure du Canada pour mettre au point les modèles financiers qui nous permettront de terminer ces infrastructures. C'est extrêmement stratégique. Nous pensons avoir un positionnement qui s'insère très bien dans le cadre de ce qu'on cherche à développer au Québec et au Canada actuellement, soit avoir des corridors ouest-est permettant d'exporter nos marchandises, particulièrement dans le domaine minier, dans notre cas, étant donné la proximité de ce qu'on a. Nous voulons aussi être capables d'aller chercher de la valeur ajoutée grâce à l'établissement d'industries autour du port. C'est ce que nous sommes en train de mettre sur pied. Nous prévoyons commencer la construction de ces infrastructures cette année, en fait. Nous sommes avancés à ce point-là.
Voilà où nous nous situons actuellement. Pour continuer sur notre lancée, nous cherchons à avoir l'appui du gouvernement fédéral pour le financement de certaines infrastructures complémentaires dont nous avons besoin. Il y a des programmes qui ont été annoncés la semaine dernière, et nous espérons pouvoir en profiter. D'ailleurs, l'automne dernier, dans le cadre du plus récent budget, le gouvernement avait fait des annonces concernant les infrastructures portuaires. Nous sommes très contents de ces annonces, mais nous aurons besoin de soutien aussi pour les infrastructures industrielles. Nous nous attendons à ce que la Banque de l'infrastructure du Canada, entre autres, nous appuie là-dedans.
Nous sommes une petite administration portuaire canadienne, mais nous connaissons une très forte croissance et nous avons le potentiel d'aider considérablement le Canada à atteindre ses objectifs de transformation et d'exportation de minéraux critiques et stratégiques, grâce à notre capacité et à notre emplacement. Nous avons donc besoin d'avoir les moyens qui vont nous permettre de grandir.
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Merci de votre question.
L'ensemble des ports canadiens, en particulier ce qu'on appelle les ports de destination, ne sont pas valorisés de la même façon que les autres ports, à notre avis. Je vous donne un exemple. L'index en question ne tient pas compte du fait que les navires sont déchargés à 100 % à Montréal et chargés à 100 %. Dans la méthodologie utilisée, cet aspect n'est effectivement pas pris en compte. Or, dans les faits, nous sommes un port très productif.
Cependant, nous pouvons assurément faire mieux. Il ne fait aucun doute que, pour que nous soyons capables d'avoir un aussi bon rendement que les ports les plus performants dans le monde, nous avons besoin d'une meilleure coordination intermodale, notamment en travaillant avec l'ensemble des ordres de gouvernement. À l'heure actuelle, les défis du port de Montréal sont aussi liés aux investissements requis dans l'équipement à l'échelle québécoise ou à l'échelle municipale. Ce travail nous aiderait grandement à améliorer l'ensemble du rendement.
J'insiste sur ce point: la raison pour laquelle certains ports ailleurs dans le monde s'en tirent mieux que nous, c'est que nous ne nous battons pas à armes égales. Ces ports ont plus de revenus, des revenus plus diversifiés et une capacité plus importante de numérisation, notamment parce qu'ils ont à la fois une taille et des effets de réseau qu'on ne connaît pas au Canada.
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Merci, monsieur le président.
Bonjour, chers collègues.
Je remercie les témoins d'être des nôtres aujourd'hui. Bonjour.
Comme nous l'avons déjà entendu dans le cadre de nos délibérations, et comme le et le gouvernement l'ont largement souligné, il est clair, d'après moi, que nous partageons tous le même constat. Le Canada doit diversifier ses partenaires commerciaux et accroître ses exportations partout dans le monde, en mettant l'accent sur l'expansion au‑delà du continent nord-américain.
Le fonds fédéral de 5 milliards de dollars pour la diversification des corridors commerciaux fait partie de la stratégie du gouvernement visant à doubler les exportations vers d'autres pays que les États-Unis au cours des 10 prochaines années. Ce fonds appuiera des projets partout au pays, notamment pour remédier aux goulots d'étranglement commerciaux, tant nationaux que régionaux, qui touchent certains ports canadiens.
J'aimerais connaître l'avis des témoins que nous recevons ce matin. Comment le financement accordé en 2024 dans le cadre du Fonds national des corridors commerciaux et, maintenant, celui prévu dans le nouveau Fonds pour la diversification des corridors commerciaux aideront-ils vos ports à prendre de l'expansion pour atteindre les objectifs en matière d'exportations ailleurs qu'aux États-Unis au cours de la prochaine décennie?
Nous pouvons peut-être commencer par le représentant de l'Administration portuaire de Montréal, puis passer à son homologue de Saguenay.
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Je vous remercie de votre question.
Je veux être assez clair: tout investissement de fonds publics dans un projet au port de Montréal, qu'il soit fait par le gouvernement du Québec ou par le gouvernement fédéral, est essentiellement un levier. Dans le cas du projet de Contrecœur, l'investissement public nous permet de réduire le risque, mais également, par la suite, d'amener l'administration portuaire à faire des investissements qui proviendront du secteur privé.
Donc, chaque investissement qui est fait par l'entremise du Fonds national des corridors commerciaux ne sert pas uniquement au port, mais aussi aux utilisateurs. Dans notre cas, les investissements qui ont été faits dans le passé ont eu pour résultat qu'aujourd'hui, l'Inde est le troisième partenaire du port de Montréal. Pourquoi est-ce le cas? C'est parce que nous sommes en mesure d'avoir des infrastructures qui nous permettent, grâce à des terminaux comme CanEst et à l'augmentation de la capacité ferroviaire, de mieux servir l'ouest du pays.
Au bout du compte, ce n'est pas uniquement le port qui est plus compétitif, c'est le produit qui est dans le conteneur ou dans le bateau qui se retrouve à l'étranger. C'est la même chose dans tous les pays, c'est la même dynamique qu'on voit: l'utilisateur final est celui qui profite de ces investissements.
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Effectivement, comme M. Baudry l'a bien dit, ces investissements, nous les faisons pour les utilisateurs et pour permettre d'avoir des infrastructures plus efficaces et plus compétitives.
J'ai parlé entre autres de notre projet de manutention du vrac, qui va se terminer au mois de juin de cette année. Nous avons eu l'appui du Fonds national des corridors commerciaux, qui a été essentiel pour nous permettre de réaliser ce projet.
Nous avons également besoin d'agrandir nos installations portuaires pour répondre à cette demande, mais aussi à la demande qui va arriver à la suite du développement des projets de minéraux critiques stratégiques et industriels dans la zone industrielle portuaire. L'annonce de l'automne dernier à propos du nouveau Fonds pour la diversification des corridors commerciaux est essentielle à ce développement.
C'est certain qu'une organisation comme la nôtre, qui a des moyens financiers limités, mais des responsabilités importantes dans la desserte de son secteur d'activité, a besoin d'avoir le soutien de ses partenaires, y compris le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral. Dans notre cas, même la municipalité de Saguenay est impliquée, parce que nous gérons des infrastructures publiques pour le bien-être du public, et il y a un niveau de risque qui peut être assez important en amont. Cela dit, c'est payant d'avoir ces infrastructures quand on en a besoin. Il faut dire aussi que ça prend beaucoup de temps pour les développer.
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Merci, monsieur le président.
Je vais commencer par m'adresser à M. Baudry pour mon premier tour de parole.
Bienvenue au Comité. Nous sommes bien contents de vous avoir parmi nous. En fait, nous sommes toujours contents de recevoir des gens.
Le 23 février dernier, au Comité, nous avons eu la chance de recevoir le . À ce moment-là, je lui ai fait part de la situation suivante. Pour le projet d'expansion à Contrecœur, des consultations ont eu lieu dans l'environnement immédiat du port, c'est-à-dire à Verchères et à Contrecœur. Cependant, du côté de Boucherville et de Varennes, il n'y a pas eu de consultations menées à ce sujet. Or, qu'on le veuille ou non, les conteneurs qui vont passer par Contrecœur vont devoir circuler soit sur l'autoroute, soit sur la voie ferrée. Dans un contexte où le projet est équivalent à 60 % de la capacité actuelle de ce qu'il y a à Montréal — on parle de 1,15 million de conteneurs —, ça signifie que beaucoup de conteneurs vont circuler, entre autres par la voie ferrée qui traverse les villes. On s'attend donc à ce qu'il y ait des répercussions perceptibles pour les citoyens de Boucherville et pour les citoyens de Varennes. Quand j'ai fait part de la chose au ministre, il a affirmé que ma demande visant à ce qu'il y ait des consultations à Boucherville et à Varennes, en présence de représentants de Transports Canada, de l'Administration portuaire de Montréal et du Canadien National, était tout à fait raisonnable.
Alors, est-ce que l'Administration portuaire de Montréal serait disposée à participer à de telles consultations?
Il faut savoir qu'en 2017, dans l'étude d'impact, l'augmentation du transport par camion et par rail a été considérée. De plus, lors des consultations qui ont été menées non pas par l'administration portuaire, mais par l'agence, plusieurs citoyens de Boucherville, mais également d'autres municipalités dans l'ensemble de la Montérégie et ailleurs au Québec, ont fait parvenir des commentaires. D'ailleurs, des mémoires ont été envoyés par des gens de Verchères, de Varennes, de Contrecœur, ainsi que de Boucherville.
Comme il s'agissait d'un projet désigné, nous nous sommes d'abord concentrés sur les répercussions du projet. Aujourd'hui, nous n'en sommes plus à l'étape de la consultation. Cependant, l'Administration portuaire de Montréal tient des événements, comme des rencontres d'information. Nous avons des mécanismes pour favoriser le bon voisinage. Nous nous ferons toujours un plaisir de recevoir des questions et d'y répondre.
Quant à la volonté d'aller plus loin et d'être dans une mécanique de consultation, vous vous doutez bien que nous ne sommes pas propriétaires de l'infrastructure ferroviaire; elle appartient au CN. Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, ces questions et ces commentaires ont été acheminés à l'agence et nous y répondrons. Je prends note de la recommandation d'en faire davantage pour ces citoyens et ces municipalités. Nous allons le faire pour continuer de répondre aux questions.
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J'en comprends essentiellement que vous répondrez présent si vous recevez une invitation de la part du bureau du , de Transports Canada, du CN ou de la Ville de Boucherville.
Je comprends que, comme vous le mentionnez effectivement, la voie appartient au CN d'abord et avant tout. Ça n'empêche pas qu'il y a des défis d'arrimage, parce que ce qui va transiter par la voie viendra du port. Donc, l'administration portuaire sera peut-être en mesure de mieux répondre à certaines questions. C'est pour ça que je trouverais important que vous soyez là.
Pour ce qui est des terrains où se déroulent les travaux, où des travaux préparatoires ont commencé, j'ai appris que certains de ces terrains faisaient l'objet de contaminations. Des gens ont fait part à mon bureau de leurs craintes qu'il y ait une contamination possible de l'eau potable, notamment en raison du ruissellement et de la fonte des neiges. Nous avons exploré la question un peu plus loin. Selon les documents de la Ville de Contrecœur, deux lots en particulier font l'objet de certaines contaminations: le lot P‑252 contient du cadmium, du cuivre, du nickel, du plomb, des produits pétroliers et du zinc, tandis que le lot qui est situé au 1920, route Marie‑Victorin contient de l'aluminium, de l'azote ammoniacal, du cadmium, du cuivre, du fer, du nitrate, du nitrite, des sulfures, du vanadium, du zinc, du chrome, du manganèse et du nickel.
Or, en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement, avant qu'une municipalité délivre quelque permis que ce soit, des terrains contaminés comme ceux-là doivent faire l'objet d'un plan de réhabilitation approuvé par le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Évidemment, ça, c'est au gouvernement du Québec. Je comprends que, fidèle aux habitudes de la plupart des entités fédérales, l'Administration portuaire de Montréal n'a pas fait la demande de permis à la ville ni soumis de plan de réhabilitation au gouvernement du Québec.
Néanmoins, j'aimerais savoir quelles sont les intentions du port quant au traitement des terrains contaminés. Est-ce que ça va être traité adéquatement?
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Merci de votre question.
D'abord, il faut savoir que la vaste majorité du site était autrefois destinée à des activités agricoles, notamment la culture du maïs et du soya.
Maintenant, dans la partie plus à l'ouest des terrains, où se trouvent notamment ces deux lots que vous mentionnez, il y a déjà eu des activités industrielles, effectivement. Dans ce cas, il y a eu une caractérisation des sites. Tout ça a également été communiqué aux autorités fédérales.
Puisque nous sommes déjà dans les travaux, les mesures nécessaires ont été mises en place, à commencer par l'installation de barrières pour éviter les ruissellements dans le ruisseau à proximité. Il faut savoir également que, même lorsqu'il y a des travaux sur le site, les véhicules profitent d'un nettoyage mécanique, donc il n'y a pas de contamination au-delà du site. Lorsque les véhicules doivent quitter le site, nous appliquons la réglementation québécoise, c'est-à-dire que nous utilisons le programme Traces Québec.
Je veux vraiment rassurer les membres du Comité: l'ensemble du site est géré de façon exemplaire et nous rendons compte des mesures utilisées aux autorités. Je parle des autorités fédérales, bien entendu. Je veux insister sur un élément aussi: nous ne demandons pas de permis au gouvernement québécois ni à la municipalité, mais le gouvernement du Québec a participé au processus de consultation qui a permis d'obtenir une déclaration de décision favorable. Si nous avons fait le choix de ne pas demander de permis, c'est au même titre que tout mandataire de la Couronne. Nous avons respecté l'orientation fédérale.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins de nous faire profiter de leur expertise.
En mars 2023, le Comité a mené une étude nationale sur les grandes infrastructures portuaires. D'ailleurs, le port de Montréal avait été notre première escale. Nous vous remercions de nous avoir accueillis.
À la suite de cette étude, nous avons formulé 12 recommandations sur la compétitivité, la simplification des processus d'approbation et le besoin d'une plus grande souplesse financière. Dans sa réponse, le gouvernement du Canada a reconnu qu'il s'agissait d'une priorité. Pourtant, trois ans plus tard, nous parlons encore de certains des mêmes enjeux.
Ma question comporte deux volets.
Premièrement, au cours des trois dernières années, avez-vous constaté une élimination concrète des goulots d'étranglement ou des réformes de la part du gouvernement fédéral? Autrement dit, le gouvernement fédéral s'est‑il tassé du chemin pour vous permettre d'agrandir le port et vous laisser faire votre travail?
Deuxièmement, pouvez-vous nous expliquer pourquoi il est si important que nous agissions dès maintenant et que nous fassions avancer les choses, au lieu de passer trois autres années à en parler? Nous perdons des occasions économiques partout dans le monde.
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Oui, il n'y a pas de problème.
Pour répondre à la première partie de la question, je dirais que, dans notre cas, c'est certain que le rôle que nous pouvons jouer, c'est d'avoir des infrastructures qui sont disponibles quand nous en avons besoin. Comme je le disais tout à l'heure, ça prend beaucoup de temps pour développer une infrastructure portuaire. Ça coûte cher. On ne peut pas construire des infrastructures au moment où des événements surviennent, comme ce qu'on a vu se passer la semaine dernière. Il faut prévoir les choses longtemps à l'avance. Il faut avoir une certaine capacité devant soi pour être capable de répondre aux événements. C'est ce que nous pouvons faire et c'est ce que nous nous apprêtons à faire. Toutes les administrations portuaires canadiennes ont ce mandat en tête, je crois. Il s'agit d'être prêt au moment venu. C'est donc une des choses que nous pouvons faire de notre côté ici, au Canada, pour ce qui est de la capacité.
Quand on parle de la résilience climatique, ça dépend vraiment des infrastructures. Nous ne sommes pas tous dans la même position. Il faut nous assurer que, peu importe les événements qui vont se passer, nous allons encore une fois être capables d'avoir des infrastructures qui vont être disponibles, qu'il s'agisse de l'élévation du niveau du quai ou du drainage de nos infrastructures, pour faire face aux événements extrêmes et aussi pour assurer le respect de l'environnement dans le contexte de ces nouveaux événements. C'est important d'avoir une certaine adaptation pour ça. Les infrastructures portuaires ont été construites il y a plusieurs années, pour la plupart d'entre elles, donc il y a des besoins d'adaptation et des besoins d'investissement pour ça qui sont importants, effectivement.
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Comme mon collègue M. Laberge l'a dit, nous avons des infrastructures qui datent. Nous devons à la fois les maintenir, en créer d'autres et apporter des changements technologiques.
Il est certain que les administrations portuaires ont besoin de sources de revenus diversifiées. À titre d'exemple, le port de New York‑New Jersey génère 27 millions de dollars par jour grâce à un péage sur un pont qui a été instauré pour aider le port de New York. Nous ne sommes pas du tout dans ce même type de dynamique pour ce qui est des revenus.
Je veux insister sur le fait que, si on veut également améliorer la résilience, il faut rapatrier les chaînes d'approvisionnement au Canada. Quand votre approvisionnement en fruits et légumes passe par Philadelphie, par exemple, entre Philadelphie et les centres de consommation, que ce soit Toronto, Montréal ou n'importe quelle autre région du Canada, d'autres peuvent prendre certaines décisions qui vont augmenter les coûts.
Aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'on ne rapatrie pas ces chaînes d'approvisionnement? C'est parce qu'on préfère payer un peu plus cher pour avoir plus de résilience ou plus de performance.
J'insiste là-dessus. À titre d'exemple, l'État de la Géorgie a investi, à lui seul, 4,2 milliards de dollars américains dans ses infrastructures portuaires, et ce n'est pas étranger au fait qu'il a réussi à développer une industrie manufacturière importante. Pourquoi est-ce le cas? C'est parce qu'il y a moins de risques dans le système.
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Oui. Merci beaucoup pour la question.
En fait, comme je l'ai dit, nous sommes en train de développer de l'infrastructure ici pour être capables de le faire, mais il y a une autre chose qui est intéressante aussi. Nous allons avoir de la capacité. C'est très grand, donc nous allons pouvoir développer des projets sur plusieurs années. Nous sommes bien connectés actuellement, par voie ferroviaire, au Nord du Québec et à Chibougamau. Il y a cependant moyen aussi d'améliorer ces connexions ferroviaires dans un secteur minier très prolifique, allant du Nord du Québec jusque dans le Nord de l'Ontario. Une voie ferrée ouest-est nous permettrait de faciliter le transport des minéraux, même à partir du Nord de l'Ontario, en traversant tout le Québec, jusqu'au port de Saguenay, afin d'expédier les matières premières ou de faire une transformation supplémentaire.
C'est quelque chose d'unique que nous avons à offrir actuellement. C'est une très grande opportunité pour le Canada. C'est basé sur de l'infrastructure existante et sur de la planification existante qui est déjà bien entamée dans les milieux concernés.
Nous espérons que les gouvernements, entre autres le gouvernement du Canada, vont travailler avec la région et avec les communautés nordiques pour améliorer ces infrastructures afin de permettre la réalisation de projets miniers et la diversification de nos marchés.
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Merci, monsieur le président, et bonjour à tous.
À mon avis, ce qui ressort de nos échanges aujourd'hui, c'est que le gouvernement s'efforce de diversifier le commerce et de veiller à ce que les exportateurs puissent accéder aux marchés du monde entier. Nous savons que des ports modernes et efficaces sont essentiels pour y parvenir. Tous les témoins en ont parlé.
Je me demande si vous pouvez nous dire, de votre point de vue, à quel point les investissements fédéraux dans les infrastructures portuaires, y compris les programmes relatifs aux corridors commerciaux, sont importants pour permettre aux exportations canadiennes d'atteindre les marchés internationaux et pour rendre le Canada plus concurrentiel à l'échelle mondiale.
Je crois que vous pouvez examiner la question sous deux angles. D'une part, il y a les 4,2 milliards de dollars déjà investis dans le cadre du fonds destiné à la diversification des corridors commerciaux. Si je ne m'abuse, le Québec a reçu 847 millions de dollars de ce montant. D'autre part, il y a les sommes allouées ou les nouveaux fonds — les 6 milliards de dollars — dans le cadre du nouveau Fonds pour la diversification des corridors commerciaux. En quoi ces investissements vont-ils accroître notre compétitivité?
Je me demande si vous pouvez résumer le tout en trois ou quatre points. Nous pouvons commencer par M. Laberge.
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Merci beaucoup pour la question.
Il n'y a aucun doute que l'investissement public dans des projets portuaires a un effet de levier très important. Je vous rappelle que les ports ne reçoivent pas d'argent pour le fonctionnement, c'est-à-dire que tout projet que nous réalisons appartient, au bout du compte, à l'État. Donc, il est public, mais il est financé par le secteur privé. Donc, quand on a une contribution publique qui réduit le risque des investissements — c'est le cas à Contrecœur, mais c'est aussi le cas dans d'autres projets que nous avons faits sur l'île de Montréal —, on s'assure que l'actif public prend ensuite encore plus de valeur.
Je veux revenir sur cet effet de levier. À Montréal, mais aussi à Contrecœur, nous allons soutenir près de 1 million d'emplois par année grâce au transport de marchandises. La valeur des marchandises qui transitent à un moment ou à un autre par le port de Montréal équivaut à 10 % du PIB du Québec. Donc, cet effet de levier est important et on en ressent les répercussions jusque dans le foyer des Canadiens. Ce sont des produits qu'on trouve tous les jours. Donc, quand il y a des fonds qui permettent d'aider, ça va dans le bon sens.
Cependant, il est important de pouvoir garder l'équilibre entre le privé et le public. Le privé a un rôle à jouer. Bien entendu, on souhaite que la nouvelle mouture du programme permette un équilibre privé-public encore plus fort et, comme l'a dit mon collègue, davantage de flexibilité et davantage de vision pour que le système portuaire soit plus résilient.
:
Nous reprenons nos travaux.
[Français]
Chers collègues, j'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins.
D'abord, nous recevons par vidéoconférence M. Anick Métivier, président-directeur général de l'Administration portuaire de Trois‑Rivières.
Ensuite, nous accueillons Mme Hélène Reeves, porte-parole de Vigie citoyenne port de Contrecœur.
[Traduction]
Nous accueillons M. Steve Salmons, président et chef de la direction de l'Administration portuaire de Windsor.
Bienvenue, monsieur.
C'est un plaisir de vous accueillir tous ici.
Nous allons commencer par les déclarations préliminaires. Monsieur Salmons, je vous cède la parole. Vous avez cinq minutes, s'il vous plaît.
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Merci, monsieur le président et honorables membres du Comité.
Tout d'abord, permettez-moi de saluer et de remercier chacun d'entre vous de l'attention particulière que vous portez au soutien, à la diversification et à la modernisation du réseau portuaire du Canada. Comme vous le savez peut-être à la suite des nombreuses représentations de mes collègues et de l'Association des administrations portuaires canadiennes, nous plaidons activement depuis un certain temps pour une réforme de la Loi maritime du Canada et, plus récemment, pour des réformes réglementaires qui ne nécessitent pas de modifications législatives. Ces mesures donneraient au réseau portuaire national du Canada la souplesse et les outils nécessaires pour prospérer et atteindre l'objectif de la Loi, qui est de contribuer à la compétitivité, à la croissance et à la prospérité de l'économie canadienne.
Je commence toujours par rappeler que le Canada possède plusieurs côtes. Outre les côtes Est, Ouest et Nord, notre pays dispose d'un corridor Sud sous-exploité, qui représente sa quatrième côte: le réseau de la Voie maritime du Saint-Laurent ou, plus précisément, le réseau des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent. Entouré de deux provinces et de huit États, ce réseau constitue la troisième économie en importance au monde. Pourtant, nous laissons ce corridor fonctionner à moins de 50 % de sa capacité.
S'il est désormais évident pour tous que nous devons réduire notre dépendance au commerce avec les États-Unis et diversifier nos échanges vers d'autres marchés, je soutiens néanmoins que le commerce qui transite par le corridor Sud demeure essentiel à l'économie de notre pays. Les expéditions de céréales, d'agrégats, de sel, de carburants, de minerai de fer, d'acier, d'aluminium et de bien d'autres produits sont tout aussi vitales pour les économies des Grands Lacs que le sont les conteneurs pour les côtes Est et Ouest. C'est la collaboration, et non la concurrence, qui permet au tout de fonctionner.
Windsor reçoit des céréales en provenance de Thunder Bay et expédie des tourteaux protéiques vers la ville de Québec, qui, à son tour, achemine de l'acier et de l'aluminium vers Windsor. De son côté, Windsor expédie de l'asphalte vers l'Autorité portuaire de Hamilton Oshawa. Bref, nous formons un système interdépendant, où la solidité de chaque port contribue à la force de l'ensemble, chacun mettant à profit ses atouts au service de son économie locale. Des économies fortes à l'échelle du réseau des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent signifient un Canada fort.
Malgré le climat géopolitique actuel, les ports américains demeurent, eux aussi, une composante essentielle de ce système. Je ne suis pas en concurrence avec Detroit, Monroe ou Cleveland. Toutefois, leurs gouvernements me font concurrence en offrant un flux constant de financement et de soutien financier afin d'encourager le renouvellement et la diversification des produits dans leurs marchés.
Les gens sont toujours surpris d'apprendre que les ports canadiens ne reçoivent pas de financement annuel du gouvernement fédéral. Nous avons été conçus et mandatés pour être autosuffisants, grâce à tous les outils prévus par la Loi. Or, notre système prend de l'âge, et notre modèle de revenus a atteint un plateau; les restrictions réglementaires limitent nos options de croissance. Pendant ce temps, les Américains avancent — avec ou, je le crains, sans nous. Cleveland, Monroe, Detroit, l'Illinois et Duluth offrent tous un service de transport maritime de conteneurs sur de courtes distances pour relier leur industrie et leurs économies locales aux marchés mondiaux.
Alors que Windsor est déjà en phase de construction et que Hamilton et Québec s'apprêtent à lui emboîter le pas, nous demeurons paralysés par des obstacles réglementaires, le pire étant l'incapacité de l'Agence des services frontaliers du Canada, ou ASFC, à fournir le soutien nécessaire. Pourtant, une étude récemment commandée par les ports des Grands Lacs a largement confirmé que, dans chacun des ports, le transport maritime à courte distance de conteneurs sur les Grands Lacs est plus rapide et moins coûteux pour l'industrie. À Windsor, par exemple, cela permettrait de réduire les délais d'expédition de huit jours et de faire économiser à l'industrie 3 000 $ par conteneur. Tous les coûts de l'ASFC seraient récupérés en moins de 90 jours chaque année. Le transport maritime à courte distance de conteneurs assure la capacité, la sécurité et, surtout, les possibilités de développement des chaînes d'approvisionnement.
La dernière grande vision pour les Grands Lacs remonte à 1959, avec l'ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent. Après près de 70 ans, il est sans doute temps de faire preuve d'audace à nouveau.
Je vous remercie beaucoup de m'avoir donné l'honneur et le privilège de vous faire part de mes observations et de comparaître devant votre comité aujourd'hui. Je vais profiter des dernières secondes qu'il me reste pour saluer mon député, M. Harb Gill, qui représente la circonscription où se trouve le port de Windsor.
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Bonjour, monsieur le président.
Bonjour, mesdames et messieurs les députés membres du Comité.
Vigie citoyenne port de Contrecœur est un regroupement de citoyens soucieux des effets environnementaux, sociaux et économiques du projet de port de Contrecœur.
Parlons d'abord de l'aspect économique.
Récemment, à l'émission The National de CBC News, le professeur Jean‑Paul Rodrigue, spécialiste en trafic maritime de l'Université A&M du Texas, a dit que le projet de port à Contrecœur aurait dû avoir lieu il y a 20 ans, mais qu'il n'est plus pertinent. Il explique que c'est parce que les nouveaux porte-conteneurs sont de plus en plus gros et ne peuvent pas naviguer jusqu'à Contrecœur ni à Montréal à cause du faible tirant d'eau, d'environ 11 mètres. M. Rodrigue est d'avis que cette expansion, au coût de 2,3 milliards de dollars, ne permettrait pas de développer de nouveaux marchés, mais cannibaliserait le marché existant à Montréal. Selon lui, l'avenir est aux ports en eau profonde à partir de Québec.
Une récente étude universitaire d'Éric Pineault, de l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal, conclut également que le port de Contrecœur risque d'être sous-utilisé, non rentable et un fardeau financier pour les contribuables canadiens. L'étude explique que le port de Montréal, loin d'être saturé, rate déjà ses cibles de trafic et ne tient pas compte des changements climatiques qui abaissent le niveau du fleuve, menaçant la viabilité d'un terminal déjà incapable d'accueillir la majorité de la flotte mondiale. Effectivement, le port de Montréal a traité 1,5 million de conteneurs en 2025, soit le même volume qu'en 2014.
Du côté environnemental, la destruction d'un écosystème exceptionnel sur les berges du Saint‑Laurent, voisin de la réserve nationale de faune des Îles‑de‑Contrecœur, serait une perte inestimable.
Il ne viendrait jamais à l'esprit des députés que, dans le parc Stanley, un port abatte 13 000 arbres et bétonne des centaines d'acres.
Préserver la forêt centenaire de Contrecœur est tout aussi essentiel, car elle sert de poumon naturel à côté d'une zone industrielle déjà très lourde.
La qualité de l'air est en jeu, puisque le port ajouterait également les gaz à effet de serre et les émissions polluantes provenant de sa machinerie, des navires à quai qui brûlent du mazout 24 heures sur 24 et des 1 200 camions par jour prévus. Nous craignons pour la santé des citoyens, car un rapport de la santé publique a déjà mentionné un taux plus élevé de maladies pulmonaires et de cancers dans la région.
La santé du fleuve est aussi menacée, car les berges souffrent d'une érosion massive due principalement au batillage des navires commerciaux, qui serait beaucoup augmenté par le projet.
La qualité de l'eau nous préoccupe, car les travaux du port se feront sur des terrains reconnus, dans les règlements de la Ville de Contrecœur, comme étant contaminés en raison de la présence de nombreux métaux et produits pétroliers. Cependant, le port de Montréal ne respectera pas les permis requis pour la construction, et la mairesse dit qu'elle va devoir se plier à l'exigence du port de négocier plutôt une compensation financière à huis clos.
Nous demandons l'aide du Comité pour que le port respecte les règlements de la Ville de Contrecœur, car les contaminants présents pourraient contaminer le fleuve et la station d'eau potable de Contrecœur, située à cinq kilomètres en aval.
Ce non-respect des règlements de la Ville inquiète aussi en raison du fait que le port a confié à DP World, une compagnie des Émirats arabes unis, les travaux terrestres et l'exploitation du port de Contrecœur pour 40 ans. Or, récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec a suspendu ses investissements avec DP World à cause des liens de son PDG avec Jeffrey Epstein. Aux États‑Unis, le Congrès américain s'est opposé aux investissements de DP World dans plusieurs ports, pour des raisons de sécurité nationale. Nous demandons un examen de l'Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement sur les conséquences liées au fait de céder le contrôle du port de Contrecœur à DP World pendant 40 ans.
Pour toutes ces raisons, nous demandons un moratoire sur le projet du port de Contrecœur pour que des experts indépendants réévaluent sa pertinence, étant donné son coût de 2,3 milliards de dollars, dont 580 millions de dollars de subventions, et le fait qu'il ne semble pas être une solution efficace pour diversifier nos marchés et moins dépendre des États‑Unis.
Je vous remercie sincèrement de votre écoute. Cela me fera plaisir de répondre à toutes vos questions.
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Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité, merci de m'accueillir aujourd'hui.
Le port de Trois‑Rivières manutentionne annuellement plus de 4 millions de tonnes de marchandises et assure le passage de 70 000 camions, 11 000 wagons et près de 250 navires. Il dessert des entreprises situées partout au Québec, en Ontario et sur un territoire allant jusque dans l'Ouest canadien qui agissent dans des secteurs clés de l'économie, soit les industries manufacturière, agroalimentaire, minière et énergétique.
Le port de Trois‑Rivières réalise présentement le plus important projet d'investissement de son histoire. Entre 2024 et 2027, plus de 300 millions de dollars auront été investis par l'Administration portuaire de Trois‑Rivières, ses partenaires et les gouvernements du Québec et du Canada pour reconstruire ou construire deux quais et trois terminaux. Ce projet marque l'aboutissement d'un vaste effort de mise à niveau amorcé en 2008 qui aura permis la modernisation d'une large partie des infrastructures du port destinées au transport de marchandises. Cependant, aussitôt complétées, ces installations seront utilisées au maximum. Pour aider les entreprises à accéder aux marchés d'outre-mer, le port de Trois‑Rivières devra être en mesure de déployer des capacités supplémentaires.
Dans le corridor du Saint‑Laurent, plusieurs infrastructures atteignent la fin de leur vie utile. Leur reconstruction n'est plus une question d'entretien, mais une question de continuité économique et de souveraineté logistique. Toutefois, reconstruire à l'identique des infrastructures conçues pour les besoins d'il y a 100 ans serait une erreur. La modernisation doit accompagner la reconstruction. Les chaînes d'approvisionnement ont profondément évolué: les navires sont plus grands, les terminaux se sont spécialisés et l'intégration au réseau ferroviaire et routier s'est accrue. Parallèlement, les ports doivent composer avec des exigences environnementales croissantes et appelées à s'intensifier avec le temps.
Notre réseau portuaire fait aujourd'hui face à un défi d'une ampleur inédite: accompagner les entreprises canadiennes dans la diversification de leurs marchés d'exportation dans un contexte de bouleversement de l'ordre mondial. Plus que jamais, nos entreprises doivent pouvoir compter sur un réseau portuaire solide, agile et résilient. Cette résilience repose sur un réseau portuaire complémentaire, où chaque port du Saint‑Laurent joue un rôle précis. Dans ce réseau, le port de Trois‑Rivières occupe une position stratégique. Situé au cœur du corridor du Saint‑Laurent, il contribue à régulariser les chaînes d'approvisionnement et à donner accès aux marchés mondiaux à des industries clés, notamment les alumineries et les minéraux critiques.
Les ports se doivent d'être à la fois des portes d'accès aux marchés internationaux et des partenaires du milieu local. Ils doivent ainsi allier enjeux mondiaux et besoins locaux. C'est dans ce contexte que s'inscrit le projet d'aménagement de la bande riveraine du port de Trois‑Rivières, situé à proximité du centre-ville, ainsi que dans la continuité du tissu urbain. Pour concrétiser de telles ambitions, nous travaillons de concert avec Transports Canada afin d'obtenir les pouvoirs nécessaires.
Les travaux de votre comité ont mis en lumière les limites du cadre actuel. On demande aux administrations portuaires de gérer des actifs publics multigénérationnels, de faire des investissements massifs et d'être financièrement autonomes tout en jouant un rôle accru dans la transition énergétique et l'intégration au milieu de vie.
Dans ce contexte, trois pistes d'action concrètes se dégagent clairement.
Premièrement, il faut reconnaître explicitement que la reconstruction et la modernisation d'infrastructures existantes sont des investissements stratégiques essentiels à la diversification des marchés et à la résilience économique.
Deuxièmement, on doit accélérer et rendre plus prévisibles les leviers fédéraux, particulièrement pour les projets prêts à démarrer et appuyés par les communautés.
Troisièmement, il s'agit d'adapter le cadre réglementaire afin de permettre aux ports de remplir pleinement leur double rôle, soit d'agir comme des portes d'accès aux marchés mondiaux tout en s'inscrivant comme des partenaires intégrés à leur milieu.
Enfin, un facteur revient constamment: le temps. Les projets sont prêts, les besoins sont répertoriés et les partenaires sont mobilisés. Ce qu'il faut maintenant, c'est une activation rapide, cohérente et prévisible des leviers fédéraux. À cet égard, nous saluons le lancement récent du concours pour le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux et du Fonds d'infrastructure pour l'Arctique.
En conclusion, dans un contexte mondial instable, pour réellement diversifier ses marchés, réduire ses vulnérabilités et renforcer sa souveraineté économique, le Canada doit consolider l'ensemble de son réseau portuaire. Il doit aussi fournir aux ports les outils nécessaires pour agir aujourd'hui et pour les décennies à venir.
Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie tous les témoins d'être des nôtres et de prendre le temps de nous faire part de leurs réflexions.
Le 16 janvier, j'ai eu l'occasion d'être à Windsor avec mes collègues et amis, M. Gill et . Nous avons discuté de divers enjeux locaux avec un certain nombre d'entreprises. J'ai eu une réunion en fin de journée avec la Chambre de commerce de Windsor Essex. Malheureusement, vous n'étiez pas disponible pour y assister. Une personne a toutefois posé quelques questions en votre nom. Je crois franchement qu'il est préférable que nous posions ces questions directement et que nous en discutions ici. Le débat n'en sera que plus complet.
Je suis très heureux que vous ayez parlé de la quatrième côte du Canada, car l'Administration portuaire de Hamilton-Oshawa, qui se trouve tout près de chez moi, a fait de l'excellent travail à cet égard. Nous sommes bien conscients des énormes occasions que nous laissons passer dans le réseau des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent, surtout en ce qui concerne le transport maritime à courte distance, comme vous l'avez expliqué. Vous avez mentionné Cleveland, Duluth, Detroit et d'autres ports américains, qui sont en plein essor.
Que faisons-nous pour rattraper notre retard et nous assurer de prendre les devants en matière de transport maritime à courte distance?
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La réponse n'est pas un manque de volonté ou de préparation de la part des ports. Nous préconisons cette approche depuis des années. En réalité, les ports que j’ai mentionnés, à savoir Hamilton-Oshawa et Québec, disposent d’installations déjà construites et prêtes à être utilisées. Dans le cadre du dernier programme de financement des corridors commerciaux, au début des années 2020, le port de Windsor a obtenu gain de cause. Nous construisons actuellement un terminal qui sera prêt et adapté au transport maritime de conteneurs à courte distance.
Le problème auquel nous faisons face réside en réalité dans l'obtention d'un soutien adéquat de la part de l'ASFC. Nous communiquons régulièrement avec eux. Ils nous répondent constamment que le problème tient à un manque de ressources. Ils ne sont pas en mesure d'apporter leur soutien. Nous avons été très satisfaits de constater, dans le dernier budget, que des directives avaient été données à l'ASFC et à Transports Canada afin qu'ils apportent leur soutien, en commençant par Hamilton et Québec, mais pour être tout à fait franc, cela n'est pas suffisant.
Oui, Hamilton et Québec doivent se mettre au travail, mais le système ne fonctionnera sur les Grands Lacs que si tous les ports y participent. Contrairement aux côtes est et ouest, où l’on accueille des navires transportant entre 8 000 et 12 000 conteneurs, nous parlons en ce moment de 800 à 1 200 conteneurs. C’est comme la tournée d'un laitier. On ramasse quelques centaines de conteneurs, et on en dépose quelques centaines. On traverse les Grands Lacs, et on va les chercher. Ce système sera efficace et couronné de succès quand nous y participerons tous, y compris nos partenaires américains.
Cela dit, nous ne pouvons pas attendre pendant deux ans que Hamilton et Québec se joignent au projet, puis nous tourner vers Windsor, puis vers Thunder Bay et enfin vers Picton. Nous ne pouvons pas attendre une décennie. D’ici la fin de cette décennie, six grands ports américains seront opérationnels.
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Non, ce n'est pas rassurant. Il y a des règlements de la Ville de Contrecœur qui sont des règlements publics qu'on doit respecter. Je ne vois pas en quoi une société fédérale peut dire qu'elle ne respectera pas les règlements de la Ville. Ça me semble très dangereux comme précédent. Ce sont des règlements et des documents publics, et les citoyens ont accès à tous ces documents. Ça, c'est très important.
Je vous dirais aussi, puisque je suis diplômée en droit de l'Université de Montréal, que la Cour d'appel et la Cour suprême se sont prononcées en matière d'environnement et ont dit qu'il fallait pratiquer un fédéralisme coopératif, c'est-à-dire respecter chaque palier de gouvernement, parce que le but ultime est de préserver l'environnement et la santé des citoyens. On ne peut pas mettre ça à risque.
De plus, comme je l'ai dit, la construction va être confiée à DP World, une entreprise des Émirats arabes unis. Alors, si on n'a pas mis en place un processus d'observation des règlements et des lois de tous les ordres de gouvernement, qu'il s'agisse des municipalités, du gouvernement du Québec ou du gouvernement du Canada, on va perdre complètement le contrôle. Alors, comment va-t-on faire?
C'est extrêmement important aussi parce que tous les terrains où se feront les travaux se trouvent sur le bord du fleuve Saint‑Laurent. S'il y a une contamination du fleuve Saint‑Laurent, ça peut être catastrophique. De plus, la station d'eau potable de Contrecœur se trouve à cinq kilomètres en aval. C'est extrêmement inquiétant pour les citoyens.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Salmons, je suis la députée de Guelph. Nous avons beaucoup de choses en commun. Nous nous intéressons tous deux à l'agriculture, aux pièces automobiles et à la prospérité du sud-ouest de l'Ontario. C'est donc un plaisir de vous rencontrer.
Certains de mes collègues ont déjà posé mes questions concernant la manière de réduire le fardeau réglementaire et d'améliorer l'intégration pour parvenir à mettre en place un système multimodal complet. Je vais donc passer à un sujet légèrement différent.
Vous avez indiqué que, grâce au transport maritime à courte distance, Windsor peut économiser 3 000 $ par conteneur et réduire les délais d'expédition de huit jours. Des économistes canadiens spécialisés dans l'alimentation ont déclaré qu'en permettant de moderniser les ports, les chemins de fer et les aéroports, le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux peut réduire les goulots d'étranglement de manière à faire circuler les marchandises plus rapidement et à permettre que les produits périssables arrivent à destination plus vite et à moindre coût.
Compte tenu de l'importance du secteur agricole et de l'emplacement de toutes ces serres, expliquez-nous en quoi l'amélioration du port et du transport intermodal peut faciliter la distribution de denrées alimentaires au Canada et faire baisser les prix de ces denrées alimentaires.