:
Je déclare la séance ouverte. Bienvenue à la 23
e réunion du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et aux motions adoptées par le Comité les jeudis 18 septembre et 11 décembre 2025, nous poursuivons notre étude sur le financement de nouveaux navires pour British Columbia Ferry Services Inc., octroyé par la Banque de l'infrastructure du Canada.
En application du Règlement, notre réunion se déroule en mode hybride.
J'aimerais maintenant faire quelques remarques à l'intention des témoins et des députés.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Pour ceux et celles qui sont en vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour l'activer. On vous demanderait de vous mettre en sourdine à la fin de votre intervention. Dans le bas de l'écran, vous pouvez sélectionner le canal qui vous convient, soit l'anglais, le français ou l'original. Pour m'indiquer que vous souhaitez prendre la parole, veuillez utiliser la fonction « main levée ». Aux participants en présentiel, vous avez une oreillette à votre disposition et pouvez choisir le canal désiré. Veuillez lever la main si vous souhaitez intervenir.
Je rappelle à tous les députés qu'il faut toujours s'adresser à la présidence. Le greffier et moi allons prendre note, dans l'ordre, de ceux qui veulent prendre la parole. Nous allons faire de notre mieux et vous remercions pour votre collaboration.
Mes chers collègues, j'aimerais maintenant présenter les témoins que nous entendrons en première heure de séance.
Nous accueillons l'honorable Gary Anandasangaree, ministre de la Sécurité publique. Le ministre est accompagné de M. Richard Bilodeau, sous-ministre adjoint principal, secteur de la sécurité nationale et de la cybersécurité, au ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile, et de Mme Vanessa Lloyd, directrice adjointe des opérations au Service canadien du renseignement de sécurité.
Je vous souhaite la bienvenue, madame, messieurs.
Monsieur le ministre, nous allons commencer sans tarder, car nous avons hâte d'avoir un échange avec vous. C'est avec plaisir que je vous donne la parole pour votre déclaration liminaire de cinq minutes.
:
Merci, monsieur le président. Mes remarques liminaires seront très brèves, de façon à dégager du temps pour un échange avec les députés.
Avant de commencer, je tiens à reconnaître que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel et non cédé du peuple algonquin anishinaabe.
[Français]
Je vous remercie, monsieur le président, membres du Comité, de m'avoir invité à comparaître devant vous aujourd'hui.
[Traduction]
Bien des résidents de la Colombie-Britannique, et en particulier ceux qui vivent sur les îles côtières, comptent sur les traversiers pour rejoindre le continent. L'année dernière, BC Ferries a décidé de faire construire ses traversiers à l'étranger. Après examen du dossier, la province a appuyé cette décision, à la lumière de la demande croissante pour ce service et des besoins de la population.
Le Comité s'inquiète des conséquences de ce marché pour notre sécurité nationale, et cela est compréhensible. En vertu de la Loi sur Investissement Canada, le ministère de la Sécurité publique peut examiner, à des fins de sécurité, des investissements directs étrangers qui sont faits au pays. Il ne peut, toutefois, examiner des marchés conclus à l'échelle provinciale. Le ministère n'aurait donc pas pu faire un examen de ce dossier pour des fins de sécurité nationale. Les fonctionnaires du ministère ont eu des discussions avec BC Ferries, mais seulement après que Transports Canada nous eut contactés. BC Ferries avait déjà pris une décision au sujet de ses futurs navires.
[Français]
Notre gouvernement entreprend actuellement plusieurs initiatives pour renforcer la sécurité économique et nationale ainsi que notre souveraineté quant aux menaces, lesquelles sont en constante évolution.
[Traduction]
Le gouvernement cherche sans relâche à protéger et à favoriser la sécurité économique du Canada, en soutenant la collaboration nationale et internationale et en cernant ses priorités les plus importantes. La croissance du pays et sa souveraineté sont intimement liées au renforcement de notre sécurité économique. Toute la fonction publique doit être mobilisée, à tous les niveaux de l'État, aux côtés du secteur privé, des communautés et partenaires autochtones, des universitaires et de nos alliés internationaux.
Merci encore une fois, monsieur le président, de m'avoir invité pour cet échange. Je serai heureux de vous entendre et de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
Bonjour aux témoins.
Monsieur le ministre, merci beaucoup de vous joindre à nous aujourd'hui.
En tant que député de Victoria, comme vous le savez, je représente des électeurs qui comptent sur BC Ferries. Ces traversiers sont une infrastructure essentielle de notre région du pays. Ils sont nécessaires au quotidien pour la croissance économique. Ils assurent la vitalité et la connectivité de toute la province ainsi que toutes sortes de services pour toute la côte Ouest du Canada.
Les gens de ma communauté savent de première main que la flotte vieillissante de BC Ferries cause des problèmes réels qui minent notre productivité économique et la diversité économique de la côte Ouest. De notre point de vue, les nouveaux traversiers sont nécessaires et honnêtement, nous en aurions déjà besoin.
Dans la même veine, sachant que le chantier naval de Chine qu'a sélectionné BC Ferries pour construire ces nouveaux navires a aussi produit des traversiers utilisés par nombre de nos alliés — notamment, la France et le Danemark —, je me demande si vous pourriez clarifier une chose. Je vais vous poser une question très directe. Est‑ce que Sécurité publique Canada a des raisons de croire que cet approvisionnement de nouveaux navires par BC Ferries pose un risque à la sécurité nationale du pays?
:
Merci beaucoup de cette question.
Par l'intermédiaire de la présidence, je commencerais en rassurant les membres du Comité. Toute la communauté de la sécurité nationale, y compris le SCRS, prend la question au sérieux et mène des enquêtes en continu, surveille les menaces et, au besoin, les atténue au quotidien.
Comme le ministre l'a dit, dans le cas présent, l'approvisionnement de ces navires n'a pas fait l'objet d'un examen. Vous comprendrez que, compte tenu des préoccupations soulevées par l'ancien ministre des Transports en matière de sécurité nationale, nous sommes au fait de ce risque.
Je peux vous expliquer ce que nous faisons en pareil cas. Nous nous assurons de discuter avec les parties prenantes provinciales et à tous les échelons du gouvernement ainsi qu'avec nos partenaires de l'industrie. Nous voulons garantir que ces entités ont l'occasion de nous signaler — par exemple, au Service canadien du renseignement de sécurité — toute préoccupation durant la construction et la durée du contrat.
Comme le ministre l'a mentionné, il y a aussi les véhicules connectés. Ce n'est pas le cas de ces traversiers, donc certaines craintes que vous pourriez avoir en matière de souveraineté des données ou autres concernant les véhicules électriques ne s'appliquent pas ici. Cela dit, ce sont les représentants de Transports Canada qui pourraient mieux vous renseigner sur la technologie que contiennent ces traversiers en particulier.
Mme Lloyd pourra peut-être ajouter aussi à ce que je vais dire à ce sujet.
De toute évidence, les échanges avec nos alliés sont déterminants non seulement dans le domaine du renseignement, mais dans celui de la sécurité publique, pour comprendre le contexte. Je crois comprendre qu'une partie du processus d'approvisionnement de BC Ferries consistait à comprendre comment d'autres pays s'approvisionnent.
Sans entrer dans les détails du renseignement, évidemment, nous utilisons de l'information provenant de partout dans le monde pour éclairer nos décisions et nous guider dans les conseils que nous prodiguons au gouvernement sur les différents risques. Je parle ici de façon générale, pas nécessairement de cette situation. Un élément clé de notre analyse consiste à comprendre les risques, qu'il s'agisse de la Loi sur Investissement Canada ou, comme le ministre l'a souligné, du travail entrepris par le Bureau des grands projets.
:
Par l'entremise de la présidence, je vous remercie beaucoup.
Je commencerai peut-être par dire au Comité que nos évaluations sous-jacentes des risques n'ont pas changé. L'approche pragmatique et fondée sur des principes de ce gouvernement place la sécurité nationale et la sécurité économique à l'avant-plan. Comme je l'ai mentionné plus tôt, nous recueillons constamment des renseignements sur les menaces à la sécurité économique, comme l'ingérence étrangère, l'espionnage ou les cybermenaces. De plus, comme l'a dit M. Bilodeau, nous produisons constamment des renseignements et de l'information pour informer le gouvernement. Notre travail, à ce stade, est de nous assurer qu'il gère ces partenariats d'une perspective éclairée.
En ce qui concerne ces traversiers en particulier, notre rôle, à ce stade, maintenant qu'une décision a été prise en matière d'acquisition, est d'être à la disposition des responsables de la province et de BC Ferries, s'ils ont des préoccupations. Il s'agit également de veiller à ce qu'ils soient bien outillés, comme la députée l'a mentionné, pour comprendre les divers risques associés à la signature d'un contrat avec une entreprise d'État dans ce contexte particulier. Il s'agit de veiller à ce qu'ils disposent d'outils avant de se rendre dans un pays ou de travailler avec différentes entités, qu'ils comprennent bien à quoi ressemble l'ingérence étrangère et qu'ils sachent parfaitement comment signaler aux organismes de sécurité nationale — le SCRS, la GRC et le Centre canadien pour la cybersécurité — toute préoccupation possible sur ces engagements.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le ministre, c'est un plaisir de vous voir ici.
Madame Lloyd et monsieur Bilodeau, je vous remercie de votre présence.
J'ai quelques questions à poser, mais je vais commencer par Mme Lloyd.
L'acquisition de ces navires représente‑t‑elle une menace pour la sécurité nationale du Canada? Je veux simplement que la réponse soit claire: oui ou non.
De votre point de vue, compte tenu de votre expertise et des fonctions que vous occupez, monsieur Bilodeau, je vais vous demander d'intervenir également, pour que la réponse soit claire pour les Canadiens... De votre point de vue, d'après les renseignements à votre disposition et compte tenu du travail que vous faites, pouvez-vous nous en parler? Est‑ce que cela représente une menace pour les citoyens canadiens, oui ou non?
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 11 décembre 2025, le Comité reprend son étude pour soutenir, diversifier et moderniser les ports du Québec et du Canada.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins pour la deuxième moitié de la réunion d'aujourd'hui.
De l'Administration portuaire de Prince Rupert, nous accueillons Mme Katherine Bamford, vice-présidente, Développement des affaires. Bienvenue.
Nous accueillons également Kevin Moraes, directeur des Relations gouvernementales et externes. Merci, monsieur. Bienvenue.
De l'Administration portuaire Vancouver-Fraser, nous accueillons M. Peter Xotta, président-directeur général, qui se joint à nous par vidéoconférence. Bienvenue, monsieur.
[Français]
Nous recevons également Eddy Métivier, maire de la Ville de Matane.
Je vous souhaite la bienvenue, monsieur le maire.
[Traduction]
Nous allons commencer par notre...
Oui, monsieur.
:
Merci et bonne fin de journée à tous.
Je tiens à remercier le Comité de nous avoir invités à parler de la diversification et de la modernisation des ports.
Je veux souligner que le port de Prince Rupert se trouve sur les terres ancestrales du peuple Ts'msyen de langue Sm'algya̱x.
Située dans le nord de la Colombie‑Britannique, Prince Rupert est l'une des portes d'entrée commerciales stratégiques du Canada, car elle constitue la route d'expédition la plus rapide vers les marchés de l'Asie-Pacifique. L'Administration portuaire de Prince Rupert tire son mandat de la Loi maritime du Canada, qui stipule que les administrations portuaires doivent être à vocation commerciale et gérer les actifs portuaires stratégiques dans l'intérêt national.
Nous prenons ce mandat au sérieux et nous mettons en œuvre des plans de développement qui ont permis au port de Prince Rupert de passer d'un terminal de vrac sec à usage unique à un écosystème diversifié de transport de marchandises qui en fait le troisième port en importance au Canada pour ce qui est de la valeur des échanges commerciaux. Le port de Prince Rupert traite ainsi des échanges commerciaux dont la valeur atteint 60 milliards de dollars par année en ouvrant l'accès aux marchés de l'Asie-Pacifique pour les secteurs des ressources de l'Ouest canadien tels que l'énergie, l'agriculture, la foresterie, les mines et les produits pétrochimiques. Il permet également les importations à destination de l'Ontario et du Québec en plus de soutenir les secteurs de la fabrication et de la consommation, y compris l'industrie automobile.
La réputation du Canada en tant que partenaire commercial sur lequel on peut compter dépend de la fluidité, de l'efficacité et de la fiabilité de ses chaînes d'approvisionnement nationales. La souveraineté économique du Canada est tributaire de la diversification du commerce et d'une plus grande résilience de la chaîne d'approvisionnement. Pour atteindre ces objectifs et répondre aux besoins des expéditeurs canadiens, le Canada doit se concentrer sur trois priorités: construire plus d'infrastructures propices au commerce, accroître la capacité des corridors commerciaux et fournir un environnement réglementaire efficient de telle sorte que les investisseurs puissent tabler sur le fait que les décisions nécessaires seront prises assez rapidement.
À Prince Rupert, nous nous sommes concentrés sur ces priorités.
En collaboration avec l'industrie portuaire et nos partenaires autochtones, nous mettons actuellement en œuvre un plan de développement de 3 milliards de dollars qui doublera le volume des échanges commerciaux pour le porter à 50 millions de tonnes au cours de la prochaine décennie. Plusieurs projets seront mis en œuvre au cours des 6 à 18 prochains mois et contribueront à positionner le Canada en tant que superpuissance énergétique, à améliorer la résilience de la chaîne d'approvisionnement et à accélérer la commercialisation de diverses exportations.
En s'appuyant sur le succès des terminaux énergétiques AltaGas et Pembina, l'installation d'exportation d'énergie de 1,4 milliard de dollars de l'île Ridley, connue sous l'acronyme anglais REEF, sera un terminal en vrac multiliquide à usage partagé qui augmentera considérablement la capacité d'exportation de produits énergétiques canadiens, comme le propane et le butane. Avant la mise en service des terminaux énergétiques à Prince Rupert, le propane canadien était enclavé, et les producteurs ne pouvaient le vendre qu'à des tarifs réduits sur des marchés américains déjà sursaturés. Aujourd'hui, le propane canadien compte pour 14 % des importations de la Corée du Sud, 11 % des importations du Japon et 6 % des importations de la Chine, des chiffres qui augmenteront avec la mise en service du terminal REEF au cours des 12 prochains mois.
Le port travaille en outre à l'expansion de son écosystème de conteneurs en prenant pour base le terminal Fairview exploité par Dubaï Ports World. Avec la capacité annuelle de 1,6 million de conteneurs que nous offrent les terminaux existants, nous nous concentrons maintenant sur la construction d'installations complémentaires pour le transbordement de conteneurs. Plutôt que de nous voir renvoyer des conteneurs vides en Asie, le projet CANXPORT, exploité par Ray-Mont Logistics au montant de 750 millions de dollars, nous permettra de remplir 400 000 conteneurs avec des exportations canadiennes, comme la résine plastique du projet Path2Zero de 10 milliards de dollars de Dow à Fort Saskatchewan, en Alberta.
Nous ne nous arrêtons pas là. Nous prévoyons devenir une porte d'entrée à hauteur de 100 millions de tonnes d'ici 2050, en veillant à ce que le Canada dispose de deux portes d'entrée de grande capacité sur la côte Ouest, ce qui offrira une plus grande résilience, une efficience accrue et de meilleures options aux exportateurs canadiens.
Comme le Comité se penche sur différentes recommandations visant à moderniser les ports canadiens, nous vous invitons à nous aider à mettre en œuvre la prochaine phase de l'expansion de Prince Rupert. Premièrement, il faut établir un processus réglementaire cohérent et efficace pour les projets. Un processus d'examen à guichet unique pourrait être mis en place en faisant en sorte que la Loi maritime du Canada permette aux administrations portuaires de coordonner et de gérer efficacement les processus d'examen liés à l'aménagement portuaire, de concert avec les organismes de réglementation fédéraux compétents. Deuxièmement, on doit veiller à ce que les investissements fédéraux visent à accroître la capacité des corridors et les infrastructures propices au commerce. À Prince Rupert, la préparation des terres pour les projets de nouvelles installations coûte entre 1 et 2 millions de dollars par acre. Les investissements précédents dans le cadre du Fonds national des corridors commerciaux nous ont aidés à aménager des terrains et à construire des infrastructures pour accueillir nos projets actuels. Nous vous prions de bien vouloir tenir compte de ces priorités dans vos délibérations.
Nous vous remercions d'avoir pris le temps d'entendre nos observations, et nous sommes impatients de répondre à vos questions.
:
Merci beaucoup, monsieur le président. Je tiens à vous remercier de nous accorder le privilège de participer aujourd'hui aux délibérations du Comité.
Je tiens également à souligner que je participe à la séance en mode virtuel depuis les territoires traditionnels des peuples Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, que je remercie.
Le Canada traverse une période hors de l'ordinaire dont la presse commerciale a traité en long et en large. Les règles du commerce ont été bouleversées, et les Canadiens sont inquiets. Je pense parler au nom de tous mes compatriotes en remerciant le Comité de son travail, et en remerciant le gouvernement de s'être montré à la hauteur avec un programme audacieux visant à doubler les exportations canadiennes vers les marchés autres que celui des États‑Unis au cours des 10 prochaines années. Il faudra une approche de type Équipe Canada pour accroître la production dans des secteurs comme les métaux et les minéraux, le bois et les produits énergétiques, l'agroalimentaire, la machinerie et l'équipement; pour vendre davantage à des clients qui apprécient les produits canadiens et en ont besoin, en particulier dans la région indo-pacifique où se concentrera 50 % du PIB mondial d'ici 2040; et, surtout, pour transporter par l'entremise des administrations portuaires de plus grandes quantités de marchandises nécessitant un acheminement fiable.
La bonne nouvelle, c'est que le port de Vancouver, le plus grand port du Canada, est au cœur de cette activité. Nous traitons des échanges commerciaux canadiens dont la valeur atteint 350 milliards de dollars par année. Il peut entre autres s'agir aussi bien de produits de consommation de l'Ontario que de bois d'œuvre de la Colombie‑Britannique, en passant par le canola du Manitoba, la potasse de la Saskatchewan et le pétrole de l'Alberta. Quel que soit le produit, il y a de bonnes chances que nous l'expédiions, et 80 % de ces produits sont déjà acheminés vers des marchés non étasuniens.
Des décennies d'investissement dans ce corridor — dont quelque 9 milliards de dollars au cours des 15 dernières années seulement — ont permis d'augmenter d'environ 75 % le volume des échanges commerciaux avec les marchés internationaux à partir du port de Vancouver. Fait intéressant, en poursuivant dans la même veine, on peut s'attendre à 50 % de plus au cours des 10 prochaines années.
Il faut se dire que nous l'avons déjà fait et que nous pouvons le faire à nouveau. Nous devons pour ce faire exploiter toute la capacité des ports canadiens en tant que moteur de la stratégie de diversification du commerce de notre pays. Dans ce contexte, nous nous réjouissons de voir le Comité mener une étude sur les ports du Canada afin d'éclairer et de faciliter les choix stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des audacieux objectifs commerciaux que s'est fixés le gouvernement du Canada. À l'instar de mes collègues de Prince Rupert, nous entrevoyons trois grandes possibilités pour les ports du Canada.
Premièrement, nous devons nous montrer plus efficients dans la délivrance de permis. Nous devons faire en sorte que les projets d'infrastructure qui favorisent l'édification de la nation et le commerce soient menés à bonne fin, comme notre projet du terminal 2 de Roberts Bank, qui permettra d'aménager de nouveaux terrains industriels et d'accroître la capacité de transport par conteneurs pour une valeur de 100 milliards de dollars par année. Grâce au dragage sous le pont Second Narrows, à Burnaby, en Colombie‑Britannique, les pétroliers pourront quitter le terminal de Trans Mountain Westridge en passant sous le pont au maximum de leur capacité, plutôt qu'à 70 %, comme c'est le cas aujourd'hui.
De nouveaux leviers, notamment par l'entremise du Bureau des grands projets, seront utiles. Cependant, nos perspectives les plus intéressantes pourraient nous venir de la modernisation générale de la réglementation, y compris en ce qui concerne la délivrance des permis. Dans un monde idéal, le Bureau des grands projets nous amènera à apporter des changements systémiques à nos cadres réglementaires, notamment en élargissant les pouvoirs de délivrance de permis des administrations portuaires.
À Vancouver, par exemple, nous avons autorisé au cours des dernières années des projets importants, comme le projet d'agrandissement du Centerm et le nouveau terminal céréalier de G3. Chacun de ces projets est d'une valeur d'environ un demi-milliard de dollars.
Nous appliquons des processus d'évaluation environnementale, y compris de vastes consultations auprès des Premières Nations, et nous prenons des décisions dans des délais respectant nos objectifs — dans 91 % des cas —, ce qui est essentiel pour attirer des investissements. J'estime qu'il faut donner aux administrations portuaires le pouvoir d'en faire davantage pour le Canada par l'entremise de la délivrance de permis. Nous avons l'expérience, les compétences et la feuille de route qui en témoigne.
Deuxièmement, nous devons investir dans les infrastructures portuaires et ferroviaires, y compris les routes, les ponts et les tunnels qui les desservent. Les possibilités de croissance des exportations du Canada sont concentrées dans le secteur du vrac — les céréales, la potasse, le charbon sidérurgique — qui dépend en grande partie de la capacité et de la fiabilité des services ferroviaires.
Comme je l'ai mentionné, le gouvernement canadien a contribué au fil des 15 dernières années à des investissements dans deux grandes vagues d'infrastructures de soutien ferroviaire à cette porte d'entrée, par l'entremise du Fonds d'infrastructure de transport de la Porte et du Corridor de l'Asie-Pacifique et du Fonds national des corridors commerciaux. Pour doubler nos exportations, nous devons en faire plus dans ce domaine.
Il nous faut prioriser les investissements dans l'infrastructure de la chaîne d'approvisionnement et d'autres initiatives de renforcement des capacités, y compris l'infrastructure du dernier kilomètre. Nous attendons avec impatience le lancement rapide par le gouvernement du nouveau Fonds pour la diversification des corridors commerciaux de 5 milliards de dollars, annoncé dans le budget de 2025, et nous espérons que les projets soutenant la plus grande porte d'entrée commerciale internationale du Canada seront sérieusement envisagés en vue d'une éventuelle aide financière.
Il ne s'agit pas seulement d'accroître la capacité; il faut rendre les réseaux plus efficaces. Nous devons travailler ensemble pour continuer d'adopter de nouveaux outils et de nouvelles technologies numériques afin d'aider nos partenaires au sein de la chaîne d'approvisionnement à optimiser la mise en commun des données de sorte que l'on puisse transporter les produits plus rapidement et de manière plus sûre et plus durable. Nous avons connu un énorme succès avec certaines de ces initiatives, comme notre programme de gestion active du trafic maritime à Vancouver.
Troisièmement, nous devons chercher à favoriser la stabilité de la main-d'œuvre. Les interruptions de travail fréquentes entachent notre réputation à titre de partenaire commercial. Il est impératif de donner suite aux recommandations de la Commission d'enquête sur les relations de travail dans les ports de la côte Ouest, et ce, sans tarder. Partout dans le monde, nos clients ont les yeux tournés vers nous. Il est essentiel que notre rendement soit à la hauteur de leurs attentes.
Enfin, il va sans dire que pour réussir, nous devons être audacieux, ambitieux et alertes. Il est tout aussi important que nous renouvelions notre engagement à bien faire les choses pour réduire le plus possible les répercussions environnementales et à travailler en étroite collaboration avec les communautés autochtones. À cet égard, le Canada est un chef de file, et le port de Vancouver n'est pas en reste. Ainsi, nous avons obtenu le consentement de 27 nations pour construire le terminal 2 de Roberts Bank, un exemple parmi bien d'autres. Continuons de voir à ce que cette façon de faire bien canadienne nous procure un avantage concurrentiel.
En conclusion, je sais que le Canada est prêt à se mettre au travail, et c'est le cas pour nous aussi, au port de Vancouver. Allons donc de l'avant pour exploiter le plein potentiel des ports de notre pays. Montrons au reste du monde que nous sommes prêts à faire des affaires et à obtenir de bons résultats au bénéfice des Canadiens.
Merci.
:
Merci, monsieur le président.
Je m'appelle Eddy Métivier. Je suis ingénieur. J'ai travaillé pendant près de 30 ans dans le secteur industriel. Je suis le maire de Matane depuis 2021.
Je voudrais vous remercier, monsieur le président, ainsi que les membres du Comité, de me donner l'occasion de vous présenter notre mémoire.
La Ville de Matane est située à 400 kilomètres à l'est de Québec, en bordure de la rive sud du fleuve Saint‑Laurent. Sa population est de 14 316 personnes.
Forte de sa tradition maritime, notre ville a renoué récemment avec un essor économique important dans sa zone industrialo-portuaire. En tant que maire, autant je suis encouragé par ce nouvel essor de notre économie, autant je suis grandement inquiet qu'elle soit fragilisée en raison de la vétusté de notre port de mer construit à la fin des années 1960 par le gouvernement canadien.
Le défi repose sur le fait que le quai commercial, construit vers 1967 par Transports Canada, est en fin de vie utile. Celle-ci sera atteinte en 2033. C'est bientôt. On espère qu'aucun incident maritime ne se produise. Ce pourrait être le cas, par exemple, si un navire entrait malencontreusement dans le port de mer. Le tablier du quai est grandement fragilisé, de sorte que sa capacité portante est de seulement 14 kilopascals, ou kPa, au lieu d'être environ 50 kPa, ce qui constitue la norme.
Il y donc actuellement des pertes d'occasions en matière de transport qui sont dues à la faiblesse et à la fragilité du tablier. Celui-ci est en très mauvais état. Le béton est érodé, et les barres d'armature sont dénudées. La corrosion du tablier et des pieux est sévère, du fait de la propriété grandement corrosive du milieu maritime.
La vétusté du port pose ainsi un très grand risque pour notre économie. Nos entreprises, environ 80, qui gravitent autour de notre parc industriel près du port, sont étroitement liées. Le port fournit 1 140 emplois directs et indirects. C'est pratiquement le dixième des emplois de la Ville de Matane qui est lié au port de mer. Au Québec, le produit intérieur brut, ou PIB, est de 167 millions de dollars par an, et les recettes fiscales sont de 20,5 millions de dollars.
Nous desservons également des flux d'exportation majeurs. Plus de 311 000 tonnes de produits sont transbordées par année. Maintenant, c'est pratiquement déjà les deux tiers qui sont exportés vers l'Europe et l'Asie. À ce moment-là, nous nous conformons à la volonté du gouvernement du Canada.
Notre port est un maillon logistique essentiel pour le Bas‑Saint‑Laurent, la Gaspésie et la Côte‑Nord. Il fait maintenant partie des ports gérés par la Société portuaire du Bas‑Saint‑Laurent et de la Gaspésie.
Le port de Matane est un port en eau profonde de type multi-usage. Il est situé au cœur d'une zone industrialo-portuaire, qui est la seule reconnue au Bas‑Saint‑Laurent par le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie du Québec. Il relie la mer, la route et le rail. Il est muni d'une connexion ferroviaire de classe 1, qui comprend un traversier-rail, et elle est la propriété du Canadien National. Elle se trouve à proximité, justement, de notre port de mer.
Je suis devant vous, aujourd'hui, parce que je suis inquiet quant au fait que le gouvernement du Québec tarde à autoriser la Société portuaire du Bas‑Saint‑Laurent et de la Gaspésie d'aller de l'avant pour le projet, malgré la réfection du port qui fait partie du Plan québécois des infrastructures 2025‑2035 du gouvernement du Québec, malgré mes représentations politiques auprès des ministres, malgré les sommes d'argent remises par le gouvernement canadien, des sommes qui, d'ailleurs, ne sont pas à la hauteur des besoins réels, pour la construction séquencée de deux quais, l'aménagement des aires d'entreposage ainsi que pour la remise à niveau des services.
Le montant est sous-évalué, compte tenu de l'ampleur des travaux. Cela est attribuable à la détérioration extrême du port et à l'inflation postpandémie, parce que l'argent avait été remis en 2020. Les coûts des travaux ont augmenté, il y a eu un manque de vision, un manque d'investissement initial et un manque d'entretien du port à l'époque où il appartenait au gouvernement canadien, qui souhaitait d'ailleurs à ce moment-là s'en départir. C'est également un montant non réaliste par rapport aux changements climatiques. Par exemple, il faut rehausser les brise-lames du port à cause de la montée du niveau des eaux.
Une bonne pratique aurait donc été, pour le gouvernement du Canada, de faire une évaluation sérieuse des besoins en matière de réfection et de modernisation du port, et d'effectuer les travaux en collaboration avec Québec avant de céder le tout à notre province. Il aurait également pu fournir une certaine mise de fonds pour favoriser son entretien futur.
Étant donné le contexte actuel lié à la guerre tarifaire, nous demandons que le gouvernement canadien favorise la diversification de notre économie vers de nouveaux marchés hors Amérique.
Étant donné que le gouvernement du Québec tarde, dans le contexte économique actuel, à autoriser les travaux séquencés de deux quais au port, comme maire, je demande que le gouvernement canadien se rassoie avec Québec afin d'adapter sa contribution au projet du port de Matane pour que la province puisse donner son feu vert à la Société portuaire du Bas‑Saint‑Laurent et de la Gaspésie concernant le projet de réfection du port en deux étapes avec deux quais.
Dans un contexte de guerre tarifaire, une contribution à la décarbonation est donc une occasion à saisir, au bénéfice de la prospérité collective canadienne.
Merci.
:
Merci, monsieur le président.
Merci à tous les témoins qui sont des nôtres aujourd'hui.
Monsieur le président, espérait être présent en sa qualité de député du Nord de la Colombie-Britannique, d'autant plus que Prince Rupert se trouve dans sa circonscription. Malheureusement, il y a eu un décès dans l'une des communautés des Premières Nations, et il ne peut pas être avec nous. Il n'en demeure pas moins que ses commettants sont très inquiets, et il m'a envoyé une liste de questions qu'ils se posent.
Je vais donc m'adresser directement aux représentants de l'Administration portuaire de Prince Rupert.
Pouvez-vous oui ou non confirmer que c'est l'Administration portuaire de Prince Rupert qui doit s'acquitter de l'obligation de la Couronne de consulter les communautés des Premières Nations dont les intérêts sont touchés par les développements dans le port de Prince Rupert, et de leur proposer des accommodements?
:
Le projet du terminal 2 de Roberts Bank est envisagé depuis un certain temps déjà. Il s'inscrit dans une stratégie qui a été élaborée il y a bien des années. L'objectif était, en partie, de réduire la pression sur l'inlet Burrard et de créer un lieu où le commerce canadien pourrait continuer à croître en dehors des zones les plus peuplées de la région.
Le terminal 2 de Roberts Bank est en fait une manifestation et une étape supplémentaire de cette stratégie. On parle d'un terrain d'environ 350 acres qui accueillerait un terminal à conteneurs — une partie des activités du port —, mais la réalisation du projet aurait des effets sur d'autres parties du territoire de compétence du port. Comme je l'ai dit, il permettrait de réduire la pression sur l'inlet Burrard afin de permettre au commerce d'autres marchandises de continuer à se développer.
Les autres investissements que j'ai mentionnés — et mes collègues de Prince Rupert ont parlé de choses similaires — visent à garantir que le rendement concernant le premier et le dernier kilomètre... N'oubliez pas que bon nombre des réseaux qui desservent les installations portuaires, non seulement sur la côte Ouest, mais dans tous les ports, ont été conçus et mis en œuvre il y a de nombreuses années. Bien sûr, il y a eu beaucoup de développement urbain autour. Il est nécessaire de continuer à investir dans la chaîne d'approvisionnement afin de garantir que les économies générées par les nouvelles installations, qu'il s'agisse d'installations minières ou agricoles dans les Prairies, se concrétisent et que le transport soit assuré à l'arrivée au port. Des voies d'évitement plus longues, l'augmentation du nombre de voies d'évitement, une réduction des répercussions des franchissements routiers et le chargement des grains en cas de pluie sont des exemples de mesures d'optimisation qui visent à maintenir la compétitivité de notre pays.
Encore une fois, sur la côte Ouest, Prince Rupert et Vancouver ont un rôle déterminant à jouer pour l'atteinte de cet objectif et le rétablissement de la confiance. Ainsi, il sera possible d'investir dans la capacité de production d'autres régions du pays avec l'assurance que les marchandises pourront être acheminées vers leur destination de manière fiable et compétitive.
Comme je l'expliquais tout à l'heure, plus de 1 144 emplois directs et indirects dépendent du port. Ça représente pratiquement 10 % de la population de Matane, qui est d'environ 14 000 personnes. La fin de vie utile est prévue pour 2033, ce qui arrive à grands pas. Ce sont des projets d'envergure, et cela prend plusieurs années à réaliser. C'est essentiel que ce projet se réalise. Sinon, je ne donne pas cher de Matane et de ses industries.
D'ailleurs, une usine allemande vient de s'établir à Matane. Elle compte 240 employés. Le est venu à Matane. Développement économique Canada pour les régions du Québec, ou DEC, a contribué à la venue de cette usine, qui change la donne chez nous. La filière éolienne est aussi présente, avec Marmen Énergie, qui construit des éoliennes. Québec, justement, veut lancer des projets éoliens qui fourniront une capacité de plus de 8 000 mégawatts. Il y a aussi l'entreprise en démarrage Les Habitations Mont‑Carleton, qui va construire des logements modulaires hautement préfabriqués. On sait qu'il y a une pénurie de logements. Cette entreprise va beaucoup dépendre du port pour exporter ces modules.
Il y a beaucoup d'autres exemples. On envoie aussi de la silice par le port de Matane vers la cimenterie de Port‑Daniel, plutôt que d'utiliser 1 800 camions. Près de 80 000 tonnes de silice partent du port à destination de Port‑Daniel et de Belledune, au Nouveau‑Brunswick, où elles seront entreposées. On protège donc la route et on réduit également les émissions de gaz à effet de serre.
:
Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être avec nous.
Je vais poser mes questions en français, et je vais commencer par une question commune qui fait allusion aux trois témoignages que nous avons entendus aujourd'hui.
Vous avez tous abondé dans le même sens en disant qu'il fallait augmenter la capacité et améliorer l'entretien, qu'il fallait faire mieux avec ce qu'on avait et en ajouter davantage. C'est un peu le résumé que je fais des trois témoignages que j'ai entendus.
Aujourd'hui, vous avez l'occasion de dire à ce comité de quelle façon on pourrait augmenter la capacité correctement tout en ayant un impact minimal sur l'environnement. Parlez-nous des emplois directs et indirects que cela va créer.
Parlez-nous aussi de l'importance de la chaîne d'approvisionnement.
Pour commencer, madame Bamford, vous pouvez aussi nous parler du fait que vous avez dans votre région un corridor de 58 kilomètres qui rejoint l'Asie, que c'est important d'augmenter les corridors commerciaux et que 80 % des exportations ne vont pas aux États‑Unis.
Pouvez-vous nous en parler un peu et donner à ce comité l'occasion de bien comprendre la situation?
:
Je vous remercie de la question.
Je vais me concentrer sur les obstacles réglementaires et le potentiel en ce qui concerne la certitude, les modifications et la cohérence quant aux autorisations, car cela permettra d'augmenter la capacité avec une accélération de la commercialisation.
Je tiens à souligner qu'il faut absolument assouplir la réglementation. Le système d'examen des projets et d'autorisation pour les terrains portuaires au Canada comporte des formalités réglementaires excessives en raison du chevauchement des rôles entre les ministères fédéraux. La situation fait en sorte que nous nous retrouvons avec un processus de consultation fragmenté, des approbations redondantes et à des délais imprévisibles, ce qui a mis des investissements et la diversification des infrastructures commerciales en péril.
En tant que gestionnaire de terres fédérales chargée de faciliter le commerce canadien, l'Administration portuaire de Prince Rupert est la seule entité fédérale responsable d'assurer le développement rapide et durable du port afin qu'il réponde à nos priorités économiques communes. Nous avons besoin d'un cadre moderne qui accorde aux administrations portuaires plus d'autonomie pour s'adapter aux besoins de la chaîne d'approvisionnement, qui changent rapidement.
L'Administration portuaire de Prince Rupert a formulé des recommandations concrètes visant la création d'un processus d'examen à guichet unique. Il en résultera un processus administratif fédéral plus efficace et plus responsable pour le développement portuaire. La mise en œuvre des recommandations permettra de réduire les redondances réglementaires, d'assurer la tenue de véritables consultations et d'accélérer la construction de nouvelles infrastructures dans les ports canadiens. En adoptant une approche « un projet, un examen », on éliminera les chevauchements de compétences et l'on fixera des échéanciers précis pour les examens tout en respectant les normes environnementales, ce qui est essentiel.
Merci.
:
Merci beaucoup de la question.
C'est sûr qu'il y a des occasions d'affaires en matière de transit qui se perdent actuellement, étant donné que le tablier est vraiment à peu près à 28 % de la capacité normale d'un quai quant à la charge qu'il peut supporter.
C'est pour cette raison qu'il faut construire un poste à quai supplémentaire, le poste à quai no 2, qui sera perpendiculaire au premier. Cela va faire en sorte que le quai no 1, actuellement en fin de vie utile, va pouvoir continuer de fonctionner, le temps qu'on fasse le nouveau poste à quai. À ce moment-là, ces deux quais vont permettre une augmentation du tonnage, et on pourra enfin répondre aux besoins des armateurs.
Nous allons passer de 300 000 tonnes métriques par an à près d'un demi-million de tonnes métriques par an pour répondre aux demandes des clients. Nous allons créer 400 nouveaux emplois directs et indirects par année, qui s'ajouteront aux 1 144 emplois actuels. Nous passerons donc de 1 000 emplois à 1 500 emplois. À ce moment-là, le pourcentage de la population de Matane qui dépend du port dépassera 10 %. Nous allons ajouter 54 millions de dollars au PIB du Québec aux 167 millions de dollars actuels. De plus, nous allons ajouter des recettes fiscales de 9 millions de dollars aux 20,5 millions de dollars actuels. Il s'agit donc d'une occasion à saisir.
Le gouvernement canadien est ouvert à l'idée de limiter sa dépendance par rapport à la côte américaine. Nous exportons déjà les deux tiers de nos produits vers l'Asie et l'Europe. C'est pour cette raison que nous voulons aller de l'avant quant à ce projet.
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur le maire, la situation que vous vivez est quand même assez déplorable, et vous n'êtes pas les seuls à vivre de telles situations. Partout au Québec, il y a des quais dans un état lamentable. Dans ma circonscription, à Verchères, un quai est abandonné depuis 30 ans. Je sais qu'il y en a aussi en Gaspésie, sur la Côte‑Nord et aux Îles‑de‑la‑Madeleine. À Québec, il y a moins d'un mois, un quai s'est carrément effondré. Cela est révélateur du manque d'investissements qu'il y a eu de la part du fédéral dans ses propres infrastructures.
Je voudrais vous parler d'un autre aspect de la question.
Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un nouveau fonds pour la diversification des corridors commerciaux, notamment les corridors portuaires. D'une certaine manière, il s'agit d'une nouvelle version du Fonds national des corridors commerciaux. Nous voyons souvent que ces fonds sont utilisés pour de grands projets, des projets très sexy qui font l'objet de belles annonces.
Il arrive souvent aussi qu'on oublie les régions, justement. Les plus petits projets peuvent être oubliés dans la désignation de ces programmes. Les critères liés au programme n'ont pas encore été annoncés. Une représentante du port de Québec a comparu devant le Comité cette semaine. Elle plaidait, entre autres choses, pour que les infrastructures existantes en fassent partie.
Pensez-vous que certains critères, qui pourraient bénéficier à votre région, devraient être pris en compte avant qu'ils soient rendus publics?
:
Je vous remercie de la question, monsieur Albas.
Le rapport de la Banque mondiale est un document que tous les ports de la côte Ouest consultent. Voici ce que j'ai à dire à ce sujet: en 2025, le port de Vancouver a enregistré des volumes records pour la potasse, les céréales, le pétrole, les automobiles et même les conteneurs. Nous avons connu trois années consécutives de croissance pour les conteneurs. La part de marché des conteneurs que nous occupons sur la côte Ouest est restée très stable. C'est le cas, malgré une période difficile ces deux dernières années qui a été marquée par des problèmes de fiabilité, liés à la fois aux conditions météorologiques et à des facteurs internes, notamment la situation de la main-d'œuvre dont j'ai parlé précédemment.
Nous avons recommandé au d'accorder une attention particulière au contexte du travail et de trouver des moyens qui nous permettraient de donner un signal à l'échelle internationale et, en fait, d'offrir une plus grande fiabilité à l'avenir. Ce sera une condition essentielle pour attirer les investissements et, bien sûr, offrir des services fiables aux importateurs et aux exportateurs du pays.
Le a également indiqué que nous devrions faire davantage avec ce dont nous disposons. Je pense ici à l'un des projets que j'ai mentionnés précédemment, à savoir le projet d'agrandissement du Centerm, dans le cadre duquel nous avons augmenté la superficie du terminal de 15 % et sa capacité de 60 %. C'est ce que nous devons faire.
Les investissements que bon nombre de mes collègues ont mentionnés visent à accroître la densité sur le territoire disponible et à utiliser les ressources limitées dont nous disposons — les terres et la capacité ferroviaire vers la côte Ouest — aussi efficacement que possible. Je crois que si nous continuons à investir, tant dans les zones côtières que dans l'amélioration de l'infrastructure du premier et du dernier kilomètre dont j'ai parlé précédemment, nous continuerons à agrandir cette porte d'entrée et nous resterons sur la voie qui nous permettra d'atteindre l'objectif de doubler les exportations canadiennes dont notre a parlé.
:
L'utilisation des mouillages dans l'inlet Burrard, qui relève de la compétence de Vancouver, ainsi que dans la partie sud des îles Gulf, où se trouvent 33 autres mouillages, relève du contrôle administratif de l'administration portuaire. Autrement dit, nous l'administrons, mais nous ne contrôlons pas ces endroits. Ils ne relèvent pas de notre compétence.
Les conditions météorologiques ont une incidence sur l'utilisation de ces mouillages, mais je tiens à souligner, comme je l'ai mentionné dans ma déclaration préliminaire, que ce qu'on appelle la gestion active du trafic maritime, ainsi que notre système centralisé d'établissement des horaires, nous aident à mieux prévoir quand ces événements se produiront.
Je suis heureux de pouvoir dire qu'au cours des deux dernières années, l'utilisation des mouillages dans la partie sud des îles Gulf n'a pas dépassé 50 %, peu importe la période. Le nombre de préoccupations exprimées par les habitants de cette région a considérablement diminué depuis la mise en œuvre de ce système.
C'est un exemple où la technologie, aidée dans certains cas par la réglementation, mais certainement soutenue par le gouvernement fédéral, peut être très utile pour répondre aux préoccupations légitimes exprimées par les habitants de ces régions.
Nous sommes un port et une région portuaire, et il y aura donc des navires, et il sera important d'avoir des endroits où les envoyer de temps à autre. Nous sommes d'avis que les investissements dans la technologie et l'amélioration des communications peuvent être très utiles pour répondre aux préoccupations, et cela a certainement été le cas ces deux ou trois dernières années.
:
Je vous remercie, monsieur le président.
Je remercie les témoins de la Colombie‑Britannique et du Québec. Nous avons eu une très bonne discussion sur les chaînes d'approvisionnement.
Monsieur Barsalou-Duval, j'ai beaucoup aimé votre question sur les petits ports et la place qu'ils occupent ou qu'ils occuperont dans tout cela, mais j'aimerais maintenant aborder, si vous me le permettez, la question du recrutement et du maintien en poste de la main-d'œuvre.
Nous comprenons tous que les ports du Canada font souvent face à des défis uniques et complexes dans le cadre de leurs activités. Je présume que les défis qui doivent être relevés dans les ports du Québec sont différents de ceux qui doivent être relevés au port de Prince Rupert, que ce soit sur le plan de la portée ou de considérations connexes.
Je vais aller droit au but. Que peut faire le gouvernement pour aider les ports à recruter et à retenir la main-d'œuvre pour répondre à leurs besoins?
J'aimerais d'abord entendre les représentants de l'Administration portuaire de Prince Rupert, s'il vous plaît, puis nous entendrons nos invités à l'écran.