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J'ouvre maintenant la séance.
Bonjour à tous et à toutes.
Bienvenue à la 16e réunion du Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 18 septembre, le Comité se réunit aujourd'hui dans le cadre de son étude sur la gestion de la frontière Canada—États‑Unis.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins que nous recevons, en personne comme par vidéoconférence, pendant la première heure et demie de la rencontre.
Nous recevons par vidéoconférence Ranatiiostha Swamp, chef de police intérimaire du Service de police mohawk d'Akwesasne.
Nous recevons également deux représentants de la Fédération de la police nationale: Brian Sauvé, président, et Lucas Bédard, administrateur de la région de l'Atlantique et du Centre.
Enfin, nous recevons à titre personnel la professeure agrégée Leah West.
Vous êtes tous les bienvenus.
Monsieur Swamp, vous disposez de cinq minutes pour faire votre allocution d'ouverture.
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Bonjour. Je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant vous aujourd'hui.
Je m'appelle Ranatiiostha Swamp. Je suis chef intérimaire du service de police mohawk d'Akwesasne. Je vous remercie de me donner l'occasion de parler aujourd'hui des réalités particulières du travail de la police à Akwesasne et de leur lien avec la gestion de la frontière entre le Canada et les États‑Unis.
Akwesasne n'est pas seulement une communauté des Premières Nations, c'est aussi l'une des régions les plus complexes d'Amérique du Nord sur le plan géographique. Notre territoire s'étend sur deux pays, deux provinces et l'État de New York. Ces frontières traversent des quartiers et, dans certains cas, des maisons, ce qui crée des défis opérationnels sans équivalent ailleurs au Canada.
En raison de cette géographie, le service de police mohawk d'Akwesasne patrouille et applique les lois en Ontario et au Québec. Il doit passer par l'État de New York pour s'acquitter de ses fonctions. Les organisations criminelles exploitent cette complexité et obligent un petit service de police des Premières Nations à travailler à une échelle transnationale avec des ressources limitées.
Notre communauté fait face à d'importants problèmes transfrontaliers en matière de sécurité publique, comme le trafic de fentanyl et d'opioïdes, le trafic d'armes à feu, l'immigration clandestine, la contrebande terrestre et la contrebande par bateau le long du fleuve Saint‑Laurent. Ce qui traverse Akwesasne touche des collectivités dans tout le Canada et les États‑Unis, ce qui montre bien le rôle de première ligne de la police d'Akwesasne dans la sécurité nationale et transfrontalière.
Nous entretenons des partenariats solides avec l'Agence des services frontaliers du Canada, la Gendarmerie royale du Canada, la Police provinciale de l'Ontario, la Sûreté du Québec, la patrouille frontalière des États‑Unis, la Homeland Security Investigations, la police de l'État de New York, le Federal Bureau of Investigation, la Drug Enforcement Administration des États‑Unis, la Garde côtière des États‑Unis et, surtout, la police tribale mohawk de Saint‑Régis, dans la partie sud d'Akwesasne. Ces relations permettent des partenariats, l'échange de renseignements et une intervention multipartite rapide, mais beaucoup de collaborations restent informelles. Des ententes officielles visant à rationaliser les pouvoirs et les cadres opérationnels communs entre le Canada, les États‑Unis et nos trois instances dirigeantes — le Conseil des chefs de la nation mohawk, le Conseil mohawk d'Akwesasne et le Conseil tribal mohawk de Saint‑Régis — sont essentielles pour améliorer la sécurité publique et la responsabilité.
En ce qui concerne les projets de loi et , nous appuyons l'intention de renforcer les pouvoirs de l'ASFC et de la Garde côtière, d'accélérer le contrôle des précurseurs de drogues et d'élargir l'échange de renseignements, ce qui renforcerait la capacité opérationnelle du service de police mohawk d'Akwesasne. En ce qui concerne la mise en œuvre, nous recommandons de reconnaître le service des Premières Nations comme étant un partenaire essentiel; d'inclure un financement ciblé pour l'infrastructure, la technologie, le personnel et la formation; d'officialiser les protocoles de coordination transfrontalière; et d'appliquer les pouvoirs renforcés avec transparence et sous le contrôle de la collectivité.
Nous soulignons également que les politiques frontalières doivent respecter les droits des Premières Nations en vertu du Traité de Jay de 1794, qui garantit la libre circulation des membres des Premières Nations. L'application moderne de la loi ne doit pas restreindre les déplacements des familles, les cérémonies culturelles, la chasse, la pêche, la cueillette ou la gouvernance communautaire. Le renforcement de la sécurité frontalière doit aller de pair avec des approches tenant compte de la culture et confirmant les droits.
Pour relever ces défis, le service de police mohawk d'Akwesasne a besoin du soutien fédéral et provincial dans trois domaines.
Le premier concerne l'infrastructure opérationnelle. Une présence policière permanente sur l'île de Cornwall, en Ontario, est essentielle pour améliorer l'accessibilité, la visibilité et les interventions d'urgence. Nos installations maritimes doivent également être agrandies et dotées d'un vrai quai, d'un entreposage sécurisé et d'une capacité de mise à l'eau rapide.
Le deuxième domaine concerne la technologie et le renseignement. Il est essentiel de disposer d'un système de surveillance moderne, d'un système radar maritime amélioré, de communications sécurisées et de systèmes de renseignement en temps réel interopérables avec ceux des partenaires fédéraux et américains.
Le troisième domaine concerne le personnel et la durabilité. Le service de police mohawk d'Akwesasne fait face quotidiennement à des problèmes fédéraux, mais il reste financé comme un petit service local. Un soutien fédéral stable et à long terme est nécessaire pour la dotation en personnel, la formation spécialisée, les ressources en santé mentale et le recrutement. Notre mandat est axé à la fois sur la communauté et sur la frontière, et le financement doit en tenir compte.
Nous devons également reconnaître qu'Akwesasne est autonome, avec des responsabilités intrinsèques sur les terres et les eaux. Une gestion efficace de la frontière doit traiter les services de police des Premières Nations comme des partenaires à part entière. La confiance de la communauté est essentielle au succès de l'application de la loi. Le service de police mohawk d'Akwesasne offre des services de police adaptés à la culture, ce que les organismes fédéraux ne peuvent faire seuls. Le soutien aux méthodes policières des Premières Nations renforce la sécurité publique et favorise la réconciliation.
Akwesasne n'est pas une faille dans la sécurité frontalière. Nous sommes un partenaire essentiel. Avec des outils appropriés, des cadres transfrontaliers et une collaboration fédérale soutenue, le service de police mohawk d'Akwesasne continuera de protéger la communauté tout en renforçant la sécurité des Canadiens et des Américains.
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Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Bonjour.
Merci de m'avoir invité.
Je m'appelle Brian Sauvé. Je suis sergent à la GRC, ainsi que président-directeur général de la Fédération de la police nationale, seul agent négociateur accrédité représentant près de 20 000 membres de la GRC, qui servent des collectivités partout au Canada.
Je suis accompagné aujourd'hui de notre administrateur de la Région Atlantique-Centre, Lucas Bédard, qui a 17 ans d'expérience dans la police fédérale en tant que membre de la GRC, plus précisément de la division C, c'est‑à‑dire au Québec.
La frontière canado-américaine est un corridor essentiel pour le commerce, les voyages et l'activité économique, mais elle est également en première ligne dans la lutte contre le crime organisé et un large éventail d'activités de contrebande. La protection de notre frontière est essentielle pour préserver la sécurité nationale du Canada.
En vertu de son mandat de police fédérale, la GRC est chargée de surveiller le territoire entre tous les points d'entrée officiels et d'y appliquer les lois. Les agents de la GRC, qui sont spécialement formés pour ce rôle, mettent en œuvre des compétences spécialisées en matière d'application de la loi, de collecte de renseignements et de techniques d'enquête. De plus, nos membres travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues américains afin de repérer les menaces émergentes et de les contrer. La formation et l'expérience opérationnelle des agents de la GRC leur permettent de relever les défis juridiques, géographiques et technologiques complexes du Canada.
Les récentes discussions sur l'élargissement des pouvoirs et du mandat de l'ASFC entre les points d'entrée négligent le fait que, selon les propres chiffres de l'agence, il lui manque déjà 3 000 agents pour remplir son mandat actuel. Plutôt que de dédoubler les mandats, le gouvernement fédéral devrait investir dans le renforcement du programme de police fédérale de la GRC, qui est déjà équipé pour mener à bien cette tâche. La Fédération de la police nationale comprend les investissements annoncés à ce jour, notamment 1,3 milliard de dollars dans les infrastructures et les technologies frontalières, ainsi que le renforcement des effectifs de la GRC et de l'ASFC, et elle s'en félicite. Cependant, il ne s'agit là que de premières mesures pour sécuriser davantage la frontière.
Au cours de l'année écoulée, la Fédération de la police nationale a collaboré avec les services de police canadiens et américains afin de cerner des possibilités d'amélioration. Ces discussions ont abouti aux recommandations suivantes.
Premièrement, nous recommandons d'investir dans des équipements modernes et de simplifier les processus d'approvisionnement. Afin de bien surveiller la très longue frontière du Canada, nos membres doivent être en mesure d'obtenir, d'adopter pleinement et de déployer rapidement des outils technologiques modernes. Le système d'approvisionnement actuel peut être lent et lourd, ce qui limite la capacité de la GRC de réagir rapidement face aux menaces émergentes.
En août, la GRC a lancé un corridor de patrouille par drone qui couvre l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba sur une largeur d'environ un mille marin le long de la frontière, du sol jusqu'à 500 pieds dans les airs. Grâce à cette technologie, la GRC a pu étendre sa couverture à des zones éloignées et à haut risque, améliorer sa connaissance de la situation et soutenir les patrouilles fondées sur le renseignement, en ciblant les activités transfrontalières illicites.
En adoptant des politiques d'approvisionnement plus souples, notamment en accordant des exemptions pour des raisons de sécurité nationale dans les cas liés à la sécurité frontalière, et en investissant dans des équipements modernes, nous pouvons faire en sorte que nos membres aient rapidement accès aux équipements voulus pour des opérations efficaces.
Deuxièmement, nous recommandons d'élargir et de renforcer les équipes frontalières spécialisées et intégrées. Quand les organismes canadiens et américains travaillent ensemble et échangent des informations, ils sont beaucoup plus efficaces que lorsqu'ils travaillent seuls. Ces partenariats sont essentiels pour lutter contre la criminalité transfrontalière et assurer la sécurité de nos collectivités. Par exemple, en décembre 2024, en Alberta, une équipe intégrée de police des frontières a saisi 189 kilogrammes de cocaïne au point d'entrée de Coutts. Plus récemment, en juillet, la même équipe a intercepté un camion transportant près de 67 kilogrammes de cocaïne.
Ces initiatives réunissent la GRC, l'ASFC et les organismes d'application de la loi américains afin de renforcer l'échange de renseignements, d'harmoniser les enquêtes et de faciliter la coordination des opérations.
Troisièmement, nous recommandons de renforcer les ressources policières fédérales. La police fédérale est la pierre angulaire du cadre de sécurité nationale du Canada, mais le manque chronique de ressources continue d'entraver notre programme de sécurité frontalière. Les exigences opérationnelles croissantes, associées à un personnel limité, à des technologies obsolètes et à des lacunes en matière d'infrastructure, mettent à rude épreuve les forces de l'ordre de première ligne et limitent leur capacité de s'adapter à l'évolution des menaces.
Depuis plusieurs années, la Fédération de la police nationale demande que le gouvernement fédéral établisse un financement dédié et garanti pour les services de police fédéraux et qu'il mette fin au soutien des services de police contractuels. Sans financement dédié, les services de police fédéraux subissent l'impact de ressources limitées et sont moins à même de former leurs membres, de pourvoir des postes essentiels, de mener des enquêtes et de continuer de bien fonctionner.
Nos membres sont déterminés à sécuriser les frontières du Canada, mais ils ont besoin des outils, des agents et de l'engagement soutenu nécessaires pour réussir. La Fédération de la police nationale continuera de préconiser des politiques qui permettent d'atteindre ces objectifs et qui permettent à nos membres de continuer de sécuriser efficacement les frontières canadiennes.
Je suis prêt à répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Je me concentrerai sur deux éléments essentiels de toute stratégie sérieuse de lutte contre le crime organisé transnational à la frontière canado-américaine: l'échange de renseignements et l'accès légal.
Je serai directe. Les organismes d'application de la loi canadiens continuent de fonctionner en vertu de pouvoirs juridiques tellement dépassés qu'ils en sont dysfonctionnels. Ce problème n'est pas nouveau, et c'est précisément pourquoi la situation est si exaspérante.
Le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement a répété dernièrement ce que ceux d'entre nous qui travaillent dans ce domaine savent depuis plus d'une décennie. Ses conclusions étaient longues, mais je me concentrerai sur cinq d'entre elles.
Premièrement, la GRC et le SCRS se heurtent à des obstacles sérieux et persistants lorsqu'ils veulent accéder au contenu de communications.
Deuxièmement, l'absence de réponse législative à l'arrêt Spencer de la Cour suprême continue d'entraver la capacité d'enquêter sur les menaces à la sécurité nationale.
Troisièmement, l'absence d'obligation légale pour les fournisseurs de services de communication de maintenir des capacités d'interception légale et l'absence d'obligations générales de conserver des données créent des lacunes opérationnelles et le risque que les données recherchées dans le cadre d'un mandat ne soient pas disponibles.
Quatrièmement, un accord entre le Canada et les États‑Unis sur l'accès aux données, dans le cadre de ce qu'on appelle communément le CLOUD Act, permettrait enfin de lever les obstacles liés aux sphères de compétences qui empêchent depuis longtemps d'obtenir l'autorisation judiciaire d'accéder aux plateformes basées aux États‑Unis qui fournissent des services numériques dans ce pays, sans compromettre la protection des renseignements personnels ou le cryptage.
Cinquièmement, mon sujet de prédilection, le dilemme entre le renseignement et la preuve reste entier et continue de nuire à la capacité de la GRC d'enquêter et de poursuivre en cas de menaces graves.
Rien de tout cela n'est nouveau. Aucune des conclusions du comité des parlementaires n'est surprenante, et pourtant nous en sommes là. Pourquoi?
C'est en partie parce que les fonctionnaires ont du mal à expliquer la nature réelle et l'urgence du problème. Les récents témoignages devant ce comité sur le projet de loi le montrent bien, avec des exemples trop inoffensifs, de vagues mises en garde sur les risques et une volonté limitée de s'atteler véritablement aux questions relatives à la protection des renseignements personnels soulevées depuis des années. Cette dynamique ne renforce pas la confiance, elle la sape, et la confiance est déjà extrêmement faible sur cette question.
Les tentatives passées de réforme de l'accès légal ont laissé sceptiques les défenseurs des libertés civiles et de la vie privée, et l'absence de consultations soutenues ne fait que creuser ce fossé. Les dernières consultations approfondies sur cette question remontent à 2016. Le contexte juridique, technologique et sécuritaire a évolué depuis, mais les discussions, elles, n'ont pas changé.
Dans le même ordre d'idées, plusieurs gouvernements ont tenté, en réponse à une crise, de mettre en œuvre une réforme de l'accès légal, comme c'est devenu la norme dans la plupart des réformes en matière de sécurité nationale, dans le cadre d'un projet de loi omnibus. En plus d'être d'un grand cynisme et d'être antidémocratique, cette approche menace notre sécurité nationale. Nos organismes de sécurité et d'application de la loi ne devraient pas avoir à attendre une crise politique pour disposer des outils et des pouvoirs nécessaires pour défendre le Canada. Les Canadiens méritent un débat approfondi sur les lois qui touchent à la protection des renseignements personnels. Ces lacunes ne nuisent pas seulement à la sécurité intérieure; elles compromettent directement notre capacité de coopérer avec nos partenaires américains au sujet des menaces qui les préoccupent: la production de fentanyl, le terrorisme, la traite des personnes, le matériel d'abus pédosexuels et le crime organisé.
Pour mettre en œuvre toute entente relative au CLOUD Act, le Canada devra mettre à jour le Code criminel afin de permettre la collecte autorisée de renseignements de base sur les abonnés au moyen d'une ordonnance de communication. Nous devrons aussi donner aux juges canadiens le pouvoir de délivrer des ordonnances de communication visant des entreprises situées à l'étranger qui fournissent des services numériques dans ce pays.
Plus généralement, le Canada a besoin de toute urgence de règles légales claires qui précisent quels renseignements peuvent être légalement communiqués aux forces de l'ordre et ceux pour lesquels il faut une autorisation judiciaire préalable. Dans un monde qui repose sur des échanges continus de données et qui s'appuie sur l'analyse par l'IA, où toute information peut être révélatrice, cette question ne peut être laissée à l'appréciation des forces de l'ordre au cas par cas, celles‑ci s'en remettant aux tribunaux. Sans règles claires, les organismes sont dans l'incertitude, et les erreurs peuvent avoir de graves conséquences, tant pour la protection des renseignements personnels que pour la sécurité.
Si nous voulons être un partenaire crédible et fiable des États‑Unis et si nous voulons protéger les Canadiens contre les réseaux criminels transnationaux, nous devons cesser de considérer l'accès légal comme un problème à réexaminer la prochaine fois que le public ne sera pas attentif. Nous avons besoin d'une conversation sérieuse, réfléchie et transparente sur la réforme.
J'espère que le rapport du Comité marquera enfin le début de cette conversation.
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Tout d'abord, chef Swamp, je vous remercie pour votre présentation. Elle était très intéressante.
Je suis vraiment impressionné par la lourde charge que vous devez supporter. Je vais vous poser trois questions à la fois, car je sais que le temps presse.
Tout d'abord, Akwesasne est parfois qualifié de corridor de contrebande pour le crime organisé, la traite de personnes et d'autres activités semblables. J'aimerais que vous réagissiez à cette déclaration. Il s'agit d'un problème grave dans votre région.
Ma deuxième question concerne les fonctions que vous exercez. Convenez-vous que vos forces de police doivent souvent assumer des responsabilités de l'ASFC ou de la GRC sans bénéficier d'une aide adéquate ni d'autres genres de soutien?
Troisièmement, vous avez mentionné que la coopération et la coordination sont très importantes. J'en conviens, mais quelle est la situation actuelle pour ce qui est de la coopération et de la collaboration entre la GRC, l'ASFC et les forces frontalières américaines? La répartition des tâches ou les distinctions entre les compétences constituent-elles parfois un obstacle à ce genre de collaboration?
J'espère que vous pourrez répondre aux trois questions à la fois.
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Ces trois points font partie de notre quotidien.
En ce qui concerne la première question, relative au corridor d'Akwesasne, oui, malheureusement, nous faisons l'objet d'une image négative à l'échelle internationale. Cela s'explique par le fait que nous sommes une communauté de Premières Nations et que nous sommes accessibles par voie maritime. En réalité, la majorité des membres de notre collectivité respecte la loi. Nous sommes fortement exploités par le crime organisé en raison de notre géographie complexe.
Pour répondre à votre deuxième question, oui, nous avons nos fonctions de police de première ligne, auxquelles s'ajoutent des responsabilités fédérales supplémentaires concernant la traite de personnes et le passage de clandestins. Nous devons être plus ou moins polyvalents. Nous entretenons une relation continue avec le service d'immigration de l'ASFC.
En ce qui concerne votre troisième question, relative à nos relations actuelles, nous entretenons des relations très solides avec la GRC, l'ASFC et le département de la sécurité intérieure des États-Unis dans tous nos domaines de responsabilité coordonnés des deux côtés de la frontière. Nous demandons respectueusement que ces relations se poursuivent. Nous devons simplement les renforcer et les améliorer.
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J'ai déjà donné quelques exemples précis des défis liés à l'approvisionnement. Je crois comprendre que le procède actuellement à un examen des modalités d'approvisionnement, et nous avons soumis nos observations à cet égard.
Mon collègue, M. Bédard, aura peut-être également des remarques à formuler. Dans le secteur de Swanton, le déploiement de postes de commandement mobiles, la surveillance aérienne à distance de la frontière à l'aide de drones et l'utilisation d'outils radar, par exemple, dans la voie maritime le long du lac Saint-François ou dans ces zones particulières, ainsi que la mise à jour continue des infrastructures sont autant de défis auxquels la GRC est confrontée.
Si nous considérons vraiment la sécurité frontalière comme une question de sécurité nationale, je pense que tout gouvernement en place a la possibilité de contourner ces règles d'approvisionnement et de faire appel au fournisseur de confiance qu'il juge approprié.
Je ne sais pas si M. Bédard a quelque chose à ajouter.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci aux témoins d'être des nôtres.
Kwe, monsieur Swamp. Quand nous avons commencé l'étude sur la sécurité de la frontière, je me disais qu'il était impossible que vous n'y participiez pas. Alors, je vous remercie beaucoup d'avoir accepté l'invitation. Je suis la députée de la circonscription où se trouve Dundee, en plus d'autres postes frontaliers. Il y a une grande collaboration avec le grand chef Abram Benedict. Je suis contente que vous soyez là.
J'aimerais que vous nous parliez de votre recommandation. Nous en sommes aujourd'hui à notre dernière séance consacrée à cette étude et nous avons un objectif: recueillir des recommandations pour être capables de demander au gouvernement d'apporter des améliorations afin d'assurer une meilleure sécurité des frontières.
Vous avez parlé de votre besoin d'agrandissement des infrastructures maritimes. Tout le monde sait que Dundee, le lac Saint‑François et Akwesasne sont très sollicités par voie maritime. Les gens du crime organisé ont de gros bateaux équipés de moteurs puissants pour aller vite. Même la Gendarmerie royale du Canada n'a peut-être pas l'équipement nécessaire pour poursuivre les gens du crime organisé qui utilisent des bateaux à haute performance.
Lorsque vous parlez d'agrandissement des infrastructures maritimes, pouvez-vous préciser quels seraient les besoins? Si ces agrandissements étaient faits et que vous aviez l'équipement nécessaire, qu'est-ce que ça changerait dans l'exercice de votre travail pour assurer une meilleure sécurité des frontières?
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Vous comprenez bien la complexité de la situation dans cette région, en particulier à Dundee, jusqu'à la zone du barrage.
En ce qui concerne les opérations maritimes, nous avons heureusement beaucoup progressé dans ce domaine. Nous avons mis en œuvre deux équipes opérationnelles, qui sont en place depuis 2017. Nous avons ainsi créé un hangar à bateaux pour abriter nos unités maritimes. Malheureusement, à l'heure actuelle, nous avons déjà dépassé ses capacités. Nous ne sommes pas en mesure de répondre à la demande et aux exigences en matière de temps de réponse. Nous ne disposons pas des capacités de déploiement rapide d'une unité maritime, en raison du manque d'équipement et de ressources.
De plus, nous sommes confrontés à une forte contre-surveillance. Le crime organisé au sein de notre collectivité exploite cette situation. Nous sommes une petite communauté. C'est là que se trouve notre hangar à bateaux. Nous avons identifié, dans le passé, des personnes qui se sont placées stratégiquement pour mener des activités de contre-surveillance.
Nous devons être en mesure d'utiliser les ressources disponibles dans les zones immédiates et extérieures afin de pouvoir déployer nos ressources dans ces différentes zones et travailler en collaboration avec la GRC, l'ASFC et la patrouille frontalière des États-Unis.
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J'ai beaucoup aimé cette étude. Je suis reconnaissante à Mme d'avoir décidé de proposer que l'on étudie cette question, car cette étude sur la gestion des frontières nous a révélé beaucoup de choses.
J'ai constaté, au cours de mes recherches et de mes conversations avec des membres de la GRC, de l'ASFC, etc., que certains éléments troublants ont été mis en évidence, en particulier en ce qui concerne l'ASFC. Mark Weber, le président du Syndicat des douanes et de l'immigration, a, par exemple, témoigné de la culture de travail toxique qui règne à l'ASFC. Le taux de roulement empêche, très franchement, d'embaucher les nouveaux agents que nous aimerions avoir.
Monsieur Sauvé, les agents de la GRC signalent-ils des tendances similaires? Si oui, s'agit‑il d'un problème généralisé au sein de la GRC également, à votre connaissance?
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Je suis ravi d'être ici. En fait, cela tombe bien, car j'ai rencontré M. Bédard dans mon bureau il y a quelques semaines à propos de cette question.
Je suis le député de Thunder Bay—Rainy River, ce qui signifie que je couvre une zone qui s'étend de Thunder Bay à la frontière du Manitoba. C'est une vaste zone frontalière. Les habitants de l'ouest de ma circonscription, autour du lac des Bois et de Rainy River, sont très mécontents du manque de patrouilles frontalières dans la région, principalement parce que des Américains pêchent du côté canadien sans respecter toutes les règles qu'ils sont censés respecter.
Depuis plusieurs années, je m'efforce d'obtenir une augmentation du nombre des agents de la GRC et de l'ASFC qui travaillent dans cette région. Je crois comprendre que la GRC tente de recruter davantage de personnel pour cette région, mais sans grand succès jusqu'à présent. Il y avait autrefois 25 membres de la GRC en poste entre White River et la frontière du Manitoba. Je crois qu'il n'y en a plus que trois aujourd'hui.
Pourquoi ne peut‑on pas envoyer davantage d'agents de la GRC dans une région comme le Nord-Ouest de l'Ontario afin qu'ils participent aux activités de police fédérale? Dans le cadre de ce budget, nous nous sommes engagés à embaucher 1 000 nouveaux agents. Je crois que l'allocation de recrutement a été augmentée de 1 000 $.
Premièrement, quel est le problème? Deuxièmement, les mesures que nous avons prises dans ce budget permettent-elles de résoudre le problème?
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Cela dépendra des observations supplémentaires de M. Bédard.
Dans ma déclaration préliminaire, j'ai mentionné un engagement soutenu envers le mandat de police fédérale de la GRC. Nous avons constaté un changement de priorités chez différents gouvernements, ce qui modifie la réponse, avec le bassin de ressources humaines limité du programme de police fédérale. Par exemple, un gouvernement particulier peut considérer la cybercriminalité ou le blanchiment d'argent international comme le problème du moment. La GRC réagit en transférant des ressources vers ce domaine, au détriment de la sécurité frontalière, de la sécurité nationale ou d'autres domaines. Aujourd'hui, nous considérons la sécurité frontalière comme un enjeu, et nous transférons donc peut-être des ressources d'autres unités, en attendant que des ressources adéquates viennent les remplacer afin de maintenir un mandat durable.
M. Bédard peut commenter à partir de son expérience à Montréal, qui est très probablement semblable à votre expérience au siège social à London, en Ontario.
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Essentiellement, comme M. Sauvé l'a dit, tout se résume à des mandats prioritaires. Je parle du Québec, mais c'est semblable à l'Ontario, puisqu'il s'agit d'un mandat de police fédérale.
Les enquêtes de sécurité nationale sont probablement en tête de liste. Les services de protection viennent en deuxième position. Ensuite, il y a un certain nombre d'autres choses qui entrent en jeu: le fentanyl, qui relève de l'Unité mixte d'enquête sur le crime organisé, puis la frontière. Lorsque vous n'avez pas suffisamment de membres pour combler toutes ces lacunes, vous finissez par faire des choix, et ces choix finissent par créer d'autres lacunes. Des problèmes se présentent alors, et vous devez les résoudre. Vous continuez à assembler les pièces du puzzle autour de vous.
En bref, il faut disposer d'un effectif complet pour pourvoir les postes à Rainy River, Valleyfield ou Saint-Georges-de-Beauce. Tant que cela ne sera pas fait, nous continuerons à vivre ces...
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Non, à moins qu'il y ait un autre Sauvé.
Des voix: Oh, oh!
Brian Sauvé: Ce ne serait pas ma recommandation. En fait, nous avons un rapport complet sur la GRC et sur la façon dont le modèle intégré que nous proposons sert probablement le mieux les intérêts du Canada à bien des égards.
Je dirais que oui. Dans le cadre des services de police contractuels, les ressources sont protégées par contrat, que la GRC doit respecter. Cela peut être difficile à croire, car c'est loin derrière nous, mais nous sortons encore de la pandémie dans les établissements d'enseignement postsecondaire. Notre académie de formation à la Division Dépôt a fermé pendant six mois. Elle a ensuite dû redémarrer progressivement. Lorsque vous parlez de six mois, il ne s'agit pas d'une seule troupe: 24 troupes sur 32 ont vu leur formation interrompue. Elles ont dû recommencer.
Nous commençons tout juste à retrouver un rythme normal de recrutement après la pandémie de COVID. Je l'ai souvent dit: former un agent de police n'est pas comme appuyer sur un interrupteur. C'est un interrupteur à variateur. Il faut l'augmenter progressivement pour les amener à être prêts à entrer en service.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Sauvé, permettez-moi de répéter en français certains de vos propos tenus en anglais. Vous avez de 18 500 à 19 000 agents répartis un peu partout au Canada. Ce nombre est à peu près le même depuis quelques années. Vos responsabilités augmentent. Le crime organisé est de plus en plus organisé et doté de technologies que la GRC ne possède même pas.
Vous avez dit quelque chose d'intéressant, à savoir que, si le gouvernement décrète que la priorité est la lutte contre l'écoblanchiment ou le blanchiment d'argent, alors les ressources y sont consacrées. Aujourd'hui, c'est la question des frontières. Il y a quelques mois, c'était le vol d'autos. Il y a donc un déplacement des ressources.
Pouvez-vous nous dire quel secteur est actuellement dégarni du fait que les ressources sont plutôt concentrées sur l'actuelle priorité du gouvernement, à savoir la surveillance des frontières? Quel secteur en souffre actuellement? Est-ce que ce sont les enquêtes?
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La CLOUD Act permettrait à un juge de rendre une ordonnance de production au Canada, sous réserve d'une modification du Code criminel, qui serait exécutoire aux États-Unis simplement en la signifiant à une entreprise américaine, comme si elle avait été signifiée.... Inversement, une ordonnance de production américaine pourrait être signifiée à une entreprise au Canada pour obtenir des données. Pour que cela fonctionne, il faut des autorités juridiques symétriques, ou du moins équivalentes, sinon exactement parallèles.
Nous ne disposons actuellement d'aucune méthode correspondant aux fondements américains pour émettre un bref d'assignation afin d'obtenir des renseignements de base sur les abonnés. À l'heure actuelle, au Canada, il faut un mandat à cette fin, de sorte que nous ne pourrions pas accepter un bref d'assignation américain pour obtenir des renseignements de base sur des abonnés, le signifier au Canada et le faire autoriser si nous avions un accord au titre de la CLOUD Act. L'accord permet la reconnaissance mutuelle des autorités et garantit que vous disposerez d'autorités parallèles, mais nous ne disposons tout simplement pas de ces autorités parallèles au Canada dans l'état actuel des choses.
L'importance réelle d'un accord au titre de la CLOUD Act, surtout pour les Canadiens — je pense que nos forces de l'ordre en seraient les principaux bénéficiaires —, réside dans le fait que de nombreux Canadiens utilisent des logiciels et des fournisseurs de services basés aux États-Unis qui n'ont pas de présence physique au Canada. Par conséquent, ils ne peuvent pas faire l'objet d'ordonnances de production légales au Canada, car ils n'y exercent pas d'activité physique. Cela constitue un obstacle majeur à l'accès légal aux données pour les pays qui fournissent des services au Canada, mais qui n'y exercent pas d'activité.
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Très bien. Je vous prie de m'excuser, monsieur le président.
Madame West, vous m'avez peut-être vu sourire. Soyons clairs. Si j'ai souri, c'est que les libéraux ont présenté un projet de loi qui vise à atteindre son objectif sans respecter les moyens constitutionnels. Ils veulent réaliser les objectifs de l'application de la loi, ce que nous voulons tous, je pense, mais en fin de compte, les parties 14 et 15 contiennent des éléments louables qui ne sont pas nécessairement conformes à la Constitution.
Ce n'est pas votre réponse qui m'a fait sourire, mais plutôt votre remarque: « Eh bien, je suppose que vous avez droit à votre opinion. » Vous avez un doctorat en droit. J'ai vérifié vos titres de compétences. Vous êtes hautement qualifiée. Ce n'est pas seulement une opinion. C'est quelque chose que partagent plusieurs personnes.
Je ne sais pas exactement ce qu'a fait mon collègue. J'ai principalement poursuivi des infractions commises sur Internet à l'encontre d'enfants, je connais donc très bien l'accès légal et l'arrêt Bykovets. Les parties 14 et 15 ont échoué parce que l'opinion publique s'est opposée à ce que je qualifierais, à mon avis, d'éléments clairement préoccupants. Je pense que vous et moi ne sommes pas seuls à penser que certains éléments des parties 14 et 15 étaient inconstitutionnels. Je ne cherche pas à insister lourdement sur ce point. Je cherche à faire valoir que tous les membres du gouvernement peuvent demander d'adopter immédiatement les parties 14 et 15. Ce n'est tout simplement pas ainsi que cela fonctionne, à moins que vous ne souhaitiez que la loi soit invalidée.
Je tiens simplement à vous offrir l'occasion de commenter cela, s'il vous plaît.
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Je suis fermement convaincu que les policiers ont leur importance. Si l'on veut prévenir la criminalité, en particulier la criminalité organisée, il faut compliquer la tâche des criminels et augmenter leurs chances d'être arrêtés. Les personnes chargées de ces enquêtes jouent un rôle essentiel dans la prévention de ces crimes, et il est essentiel qu'elles disposent des ressources et des fonds nécessaires pour accomplir la tâche importante que nous leur confions.
Je ne suis pas un ancien procureur ni un diplômé en droit, mais je participe depuis des décennies aux discussions sur l'accès légal. J'étais président du comité national sur le crime organisé de l'ACCP et président du comité national sur la sécurité lorsque nous avons présenté la stratégie canadienne d'application de la loi, qui a donné lieu à la Réponse intégrée canadienne au crime organisé, ou RICCO, que vous connaissez tous.
J'ai participé à de nombreuses consultations sur l'accès légal, d'abord lorsqu'elles ont été menées par le procureur général de l'époque, Allan Rock, puis par le solliciteur général Wayne Easter avant 2005. J'ai également été très actif dans la défense et les témoignages devant le Comité au nom du milieu policier lorsque le gouvernement Harper a présenté les projets de loi et .
Si vous me le permettez, j'aimerais m'adresser de nouveau à vous, madame West. J'apprécie et je respecte beaucoup votre opinion, mais nous avons également l'avis du ministère de la Justice sur le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui.
Si je comprends bien, le critère de constitutionnalité d'un projet de loi repose sur quatre principes. Le premier est de savoir s'il s'agit d'un objectif urgent et important. Nous avons entendu aujourd'hui de nombreux témoins et d'autres personnes nous dire que l'objectif de la loi et de l'action est important pour la société et suffisamment significatif pour justifier les limites à un droit garanti par la Charte. Il ne s'agit certainement pas d'une question banale ou d'un inconvénient administratif.
Le principe suivant est que le texte législatif doit être rationnellement lié à l'objectif, et je pense que cela est clairement énoncé.
Un autre principe est qu'il doit causer le moins de préjudice possible. Si d'autres moyens permettent d'atteindre l'objectif, cela pourrait donner lieu à réflexion, mais les représentants du ministère de la Justice nous ont indiqué qu'en réalité, le préjudice causé est minime.
Enfin, son effet doit être proportionné, et les avantages de la mesure doivent être proportionnels aux effets négatifs de la loi.
Nous avons entendu de nombreux témoignages, et la plupart des Canadiens sont conscients que le crime organisé, en particulier à nos frontières, représente un risque important pour la sécurité nationale et que nous avons des obligations envers nos voisins en ce qui concerne le travail que nous accomplissons.
Il y a eu plusieurs tentatives législatives à cette fin. Je vous remercie de votre opinion, mais je pense que nous devons approfondir un peu plus le débat sur la constitutionnalité du projet de loi.
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Monsieur le président, je vous remercie d'être assez généreux pour me donner quelques secondes de plus, étant donné le délai pour l'interprétation.
Madame West, ce que vous dites est intéressant. Je veux vous dire que j'ai une grande admiration pour vous. Vous êtes une femme de tête, qui a aussi tenu tête à un ancien ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, alors je vous en félicite.
En tant que députés, nous avons vu une réaction tellement grande de la société civile contre les parties 14 et 15 du projet de loi . Selon moi, c'est parce qu'on n'a pas tenu compte de l'opinion publique et que la société civile n'a pas participé aux consultations. La société civile ne sait peut-être pas à quel point la transmission de renseignements en temps réel est importante. Je pense que c'est ce qui a manqué pour que tout le monde soit sur la même longueur d'onde. Je pense que la société civile comprend les défis, mais qu'elle ne comprend peut-être pas l'urgence d'avoir un encadrement plus précis. Je pense que c'est un frein.
Nous aurons à rédiger un rapport à la suite de notre étude sur la sécurité des frontières. Si notre rapport devait retenir une seule de vos recommandations pour améliorer la sécurité de la frontière, quelle serait-elle?
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Nous avons été très encouragés par l'augmentation de l'indemnité de recrutement des cadets. J'ai dit tout à l'heure que la GRC a connu une augmentation record du nombre de candidats au cours de la dernière année et qu'elle s'attend à un autre record cette année. Elle prévoit donc augmenter la capacité de formation du Dépôt l'année prochaine d'environ 10 recrues de plus que cette année.
À la veille des négociations contractuelles, et j'espère le renouvellement des contrats au‑delà de 2032... Je sais que près de 450 ou 500 de nos membres en service dans les provinces sous contrat ont un rôle de police fédérale dans leur profil de ressources humaines et aimeraient être transférés hors de, disons, Gods Lake Narrows, au Manitoba, par exemple, ou Cold Lake, en Alberta, pour occuper des postes dans les domaines de la sécurité nationale, du contrôle des frontières ou de la protection des personnes de marque.
À mesure que de nouveaux cadets terminent leur formation et que nous recrutons des policiers plus expérimentés pour occuper différents postes, ces personnes pourront accéder à des fonctions plus importantes, et Rainy River verra arriver davantage de membres de la GRC.
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Merci beaucoup, monsieur Powlowski.
Nous avons parlé du recrutement à la GRC, et nous pensons que c'est très positif. Nous commençons à voir de réels progrès. J'étais là en 2013, et à l'époque, en raison d'importantes réductions d'effectifs à la GRC, les 13 unités intégrées de lutte contre les produits de la criminalité à travers le pays ont été fermées. Ce ne sont pas seulement les effectifs, mais aussi le savoir-faire qui ont été perdus lors de la fermeture de ces bureaux.
Nous avons constaté certaines difficultés en matière de poursuites. Je pense notamment à l'affaire E‑Pirate en Colombie-Britannique. Les poursuites ont échoué pour plusieurs raisons très complexes, mais je pense que le manque d'expertise y a contribué.
Monsieur Bédard, vous travaillez dans les services de police de première ligne. Pourriez-vous nous parler de la capacité de la GRC à mener les enquêtes de plus en plus complexes que requiert le blanchiment d'argent? Le contexte législatif dans son ensemble devient très difficile, alors vous pourriez peut-être nous parler de notre capacité à y faire face.