Je tiens à remercier le Comité de me donner l'occasion de m'exprimer au sujet du projet de loi , Loi concernant certaines mesures liées à la sécurité de la frontière canadienne et à l'intégrité du système d'immigration canadien et d'autres mesures de sécurité connexes liées à la sécurité.
Je m'appelle Hartland Elcock et je suis avocat général adjoint et vice-président de l'Association des banquiers canadiens, l'ABC. Je suis accompagné de Michael Donovan, membre et président du groupe d'experts de la lutte contre le blanchiment d'argent de l'Association des banquiers canadiens, et premier vice-président et chef de la lutte contre le blanchiment d'argent à la Banque Canadienne Impériale de Commerce.
Nous sommes tous deux ravis d'être ici aujourd'hui pour parler du projet de loi . L'ABC est le porte-parole de plus de 60 banques au Canada, qui emploient plus de 300 000 Canadiens et qui contribuent à la croissance économique et à la prospérité du pays. Nos membres prennent très au sérieux la lutte contre le blanchiment d'argent, contre le financement du terrorisme et contre le contournement des sanctions. Ils comptent parmi les entités déclarantes les plus actives du régime canadien de lutte contre le blanchiment d'argent et ils consacrent des ressources importantes à leurs programmes de lutte contre ce fléau, notamment par leurs contrôles internes et la formation de leurs employés. Une grande partie de cet investissement vise avant tout à apporter continuellement des améliorations, afin de s'adapter à l'évolution des exigences de conformité et à la nature changeante des risques. Leur objectif est de véritablement détecter, dissuader et signaler les activités suspectes, afin de réduire le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et le contournement des sanctions.
La participation de nos membres, intervenants majeurs dans le régime de lutte contre le blanchiment d'argent, va au‑delà de la conformité. Les banques jouent un rôle de premier plan dans les partenariats public-privé avec le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières, le CANAFE. Le projet Guardian, qui fait partie de ces triples partenariats, vise à repérer les transactions ou les tentatives de transactions à propos desquelles il existe des motifs raisonnables de soupçonner un blanchiment d'argent lié au trafic de fentanyl. Ce projet, qui a entraîné des alertes opérationnelles au CANAFE, met en évidence les indicateurs de transactions suspectes pour toutes les entités déclarantes.
L'ABC et ses membres participent aussi activement à l'amélioration continue du régime de lutte contre le blanchiment d'argent au Canada. Par exemple, au palier fédéral, l'ABC et ses membres siègent depuis longtemps au Comité consultatif sur le blanchiment d'argent et le financement des activités terroristes. Nous préconisons, en outre, une transparence totale en matière de propriété effective au Canada et un échange d'information accru entre entités du secteur privé à des fins de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement des activités terroristes. Ces changements constituent un progrès pour le régime de lutte contre le blanchiment d'argent au Canada.
Conformément à la position de nos membres et à leur investissement dans le régime canadien de lutte contre le blanchiment d'argent, nous proposons des modifications ciblées au projet de loi , dont aucune ne change la substance du texte, ainsi que de nouveaux règlements pour aider le projet de loi à atteindre ses objectifs stratégiques, tout en atténuant les conséquences négatives.
Plus précisément, l'ABC propose les modifications ciblées suivantes, afin de clarifier les changements que le projet de loi propose d'apporter au régime. Elles renforcent l'approche fondée sur les risques, préservent l'efficacité des récentes améliorations apportées au régime de lutte contre le blanchiment d'argent, comme l'échange d'information entre entités du secteur privé, et favorisent la transparence et la prévisibilité. Ces modifications sont les suivantes.
Reporter l'entrée en vigueur des sanctions administratives pécuniaires accrues jusqu'à ce que des critères réglementaires soient établis pour garantir leur application transparente et prévisible, en réservant les sanctions les plus élevées aux problèmes graves et systémiques.
Ajouter un pouvoir de réglementation pour établir des critères permettant d'évaluer si un programme de conformité est raisonnablement conçu, fondé sur les risques et efficace, et pour garantir la stabilité de ces critères.
Supprimer la limite d'un an à la prolongation d'un accord de réparation en matière de conformité, afin d'éviter l'application arbitraire d'amendes supplémentaires importantes, en particulier lorsque le retard est indépendant de la volonté de l'entité déclarante.
Se fier uniquement au jugement de l'entité déclarante pour déterminer si le nom d'un client est manifestement fictif, car il s'agit d'un critère hautement subjectif.
Exempter les banques de l'obligation d'inscription au CANAFE en raison de la surveillance existante.
Modifier l'infraction proposée relative au fait de fournir de faux renseignements, afin de tenir compte de l'intention de tromper. Ce serait conforme à d'autres dispositions semblables du Code criminel, et cette modification permettra d'éviter de déclencher l'infraction lorsque des renseignements sont fournis, ou non, de bonne foi.
Préciser que, tout comme une violation, une infraction présumée avoir été commise avant l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions proposées et du projet de loi ne sera pas soumise à leur application.
Je vous remercie encore une fois.
Je cède la parole à Michael Donovan pour de dernières observations.
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Merci pour vos commentaires.
La différence majeure avec le projet de loi n'est pas notable pour nos membres qui sont très respectueux des règles. Ils ont une forte culture de conformité et investissent massivement dans leurs activités, tant du point de vue de la conformité que, comme je l'ai dit dans ma déclaration, du point de vue de la collaboration directe avec le CANAFE pour faire progresser la formation dans ce domaine afin de fournir à toutes les entités déclarantes des indicateurs clés sur la déclaration de formes précises de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme. Les banques sont donc des chefs de file dans le régime de lutte contre le blanchiment d'argent.
Cependant, nous estimons qu'il est important d'apporter des amendements mineurs à ce projet de loi afin de l'aider à atteindre son objectif stratégique, qui est de mettre en place un cadre de conformité et de surveillance plus solide pour les 35 000 entités déclarantes.
L'inscription obligatoire en est un exemple. Nous souscrivons au principe de l'inscription obligatoire. Il est important que le CANAFE puisse identifier toutes les entités déclarantes. Il doit connaître sa base d'entités déclarantes. À notre avis, les banques ne devraient pas être incluses dans ce programme, simplement parce que cela ferait double emploi pour elles. Les banques sont déjà supervisées par le BSIF. Un programme d'inscription est déjà en place à cet effet.
De même, les banques fournissent déjà des évaluations au CANAFE pour soutenir ses opérations de conformité, comme c'est courant dans le secteur des services financiers. Le CANAFE entretient des relations solides avec toutes les banques présentes au Canada et les connaît bien. Nous pensons donc qu'il n'est pas nécessaire que les banques fournissent ces données d'inscription. Cela ferait double emploi et pourrait créer des conflits entre les différents régimes d'inscription.
Cela ne signifie pas pour autant que nous ne sommes pas favorables à l'inscription obligatoire. Comme je l'ai dit, l'inscription obligatoire est très importante, en principe, pour le régime, et elle est cruciale. Le projet de loi représente une avancée cruciale pour le CANAFE, qui disposera ainsi de ces renseignements sur un ensemble plus large d'entités déclarantes, dont le nombre s'élève à 35 000.
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Mesdames et messieurs, je vous remercie de m'offrir la chance de comparaître devant vous. Je viens vous parler au nom de la Police provinciale de l'Ontario et, plus largement, des membres de l'Association canadienne des chefs de police.
Mon rôle n'est pas de commenter explicitement les questions relevant de la compétence fédérale, bien qu'elles soient intrinsèquement liées à ce projet de loi et à notre mission globale en matière de sécurité publique. Je me concentrerai sur les domaines critiques dans lesquels le projet de loi actuel et le projet de loi connexe, à savoir les projets de loi et , ainsi que les mandats et les rôles de nos partenaires fédéraux chargés de l'application de la loi et du renseignement, convergent avec ceux du milieu de l'application de la loi au Canada au sens large.
Dans cette optique, je me concentrerai plus particulièrement sur les menaces à la sécurité publique que représentent la criminalité transnationale organisée et les entités terroristes et extrémistes. Je traiterai de la convergence de ces acteurs, les acteurs étrangers malveillants, de la répression transnationale et de l'impact dévastateur des marchandises illicites, notamment les stupéfiants et les armes, ainsi que de la traite de personnes et de la fraude transnationale, y compris les cryptomonnaies et le blanchiment d'argent conventionnel et dans les opérations commerciales, qui ont un impact quotidien sur la sécurité publique et l'intégrité de notre système de justice pénale.
La sécurité des frontières, la sécurité nationale, l'intégrité de notre système d'immigration et les autres mesures de sécurité connexes mentionnées dans le titre de cette loi sont essentielles à la sécurité publique. Cela inclut la sécurité et la sûreté de nos citoyens dans leur vie quotidienne, car ils sont touchés par la criminalité et par les menaces plus insaisissables que sont la criminalité transnationale, les complots terroristes ou l'ingérence d'acteurs étrangers. C'est la détection, la prévention et l'atténuation de ces effets néfastes sur les Canadiens et la perturbation de leurs auteurs qui constituent notre responsabilité commune, ce que nous appelons notre mission.
Je souhaite communiquer clairement le rôle de la Police provinciale de l'Ontario et des services de police du Canada dans cet environnement opérationnel, la complexité de notre tâche, les défis auxquels nos enquêteurs sont confrontés quotidiennement et à quel point des lois telles que le projet de loi et d'autres facteurs inclus dans le projet de loi sont absolument nécessaires pour nous permettre de remplir cette mission et d'améliorer la sécurité des Canadiens. À mon avis, certains ne relèvent que du bon sens, comme l'accès légal.
Tout d'abord, la Police provinciale de l'Ontario compte environ 10 000 membres. Il s'agit du deuxième service de police en importance au Canada et l'un des plus importants services déployés en Amérique du Nord. Tout en fournissant des services de première ligne à plus de 300 collectivités, elle est responsable de vastes territoires qui comprennent des points de passage frontaliers maritimes et terrestres, des infrastructures essentielles et des moyens de transport à proximité des principaux points d'entrée. La PPO fournit également une multitude de services d'enquête spécialisés, dont des capacités de renseignement et d'enquête liées à la criminalité transnationale organisée et au terrorisme, ainsi que des services de soutien sophistiqués aux enquêtes liées à la cybercriminalité, à la surveillance physique et électronique et d'autres services.
Récemment, nous avons assisté à des événements importants dans les relations internationales qui méritent notre attention. Les États‑Unis ont mené des opérations militaires dans les Caraïbes qui ont fait des victimes civiles. En réaction, des partenaires de renseignement de confiance ont fait part de leurs préoccupations concernant les pratiques opérationnelles et ont ajusté leur coopération en matière de renseignement. Nous avons assisté à une escalade des conflits mondiaux, à des changements démographiques, à une polarisation, à un manque de cohésion sociale et à un impact accru d'acteurs étrangers sur le plan national, ce qui compromet la confiance dans nos institutions publiques, y compris la police.
Ces événements sont importants pour nous, non pas parce que la Police provinciale de l'Ontario joue un rôle dans la politique étrangère, mais parce qu'ils illustrent une réalité plus large. L'environnement géopolitique a changé. Les événements au Moyen‑Orient, en Ukraine et au Venezuela ont une incidence sur la sécurité publique dans nos petites villes. De plus, les cadres de partenariat qui régissent la sécurité internationale depuis des décennies sont en train de changer. Pour les forces de l'ordre canadiennes, cela signifie que nous devons réfléchir à la manière dont nous renforçons notre propre capacité opérationnelle, dont nous exploitons nos ressources en matière de renseignement, dont nos normes législatives garantissent l'interopérabilité à l'échelle nationale et avec nos alliés et, en fin de compte, dont nous renforçons et maintenons la sécurité nationale et frontalière dans cet environnement, en améliorant la sécurité de nos collectivités à l'échelle nationale.
Il n'y a pas lieu de s'alarmer. Il s'agit simplement de reconnaître que notre société, les menaces qui pèsent sur elle et les solutions à y apporter nécessitent des partenariats plus complexes et une gestion plus prudente. Les forces de l'ordre canadiennes doivent faire preuve d'une efficacité opérationnelle toujours plus grande. Pour cela, nous avons besoin de votre aide.
Dans ce contexte de changements géopolitiques, je tiens à décrire les défis opérationnels très concrets auxquels les forces de l'ordre canadiennes sont confrontées chaque jour. Il ne s'agit pas de théories, mais de réalités opérationnelles, encore d'actualité aujourd'hui.
À titre d'exemple, ce mois‑ci, la Police provinciale de l'Ontario a saisi 46 kilogrammes de fentanyl au cours d'une seule opération. Cela équivaut à 460 000 doses vendues dans la rue. Il ne s'agit là que d'une seule mesure de répression contre les réseaux de trafic qui, selon les estimations fédérales en matière de santé, ont causé environ 18 décès par jour, soit 1 377 décès apparents par intoxication aux opioïdes au cours du premier trimestre de 2025.
La Police provinciale de l'Ontario et de nombreux services se sont fortement investis dans la lutte contre ces réseaux de trafic, surtout en ce qui concerne le fentanyl et la cocaïne. Il est primordial que nous réussissions à contrer ces menaces, d'où notre discussion d'aujourd'hui.
La première réalité est que des organisations criminelles sophistiquées — les cartels mexicains, les réseaux de trafic sud-américains, les opérations de production chinoises et les organisations criminelles transnationales en général — utilisent notre pays comme un maillon essentiel des chaînes d'approvisionnement mondiales. Il ne s'agit pas d'organisations conventionnelles de trafic de stupéfiants et de blanchiment d'argent. Elles opèrent avec une sophistication sans précédent. Cela a conduit à l'inscription de sept organisations criminelles sur la liste des entités terroristes en 2025.
Selon le renseignement, au moins sept grandes organisations criminelles transnationales mènent des opérations dans notre pays. Elles ont systématiquement infiltré des agents dans les chaînes logistiques maritimes et les installations d'exportation canadiennes. Elles ont noué des relations avec des employés corrompus des secteurs public et privé, notamment des travailleurs portuaires, des superviseurs d'entrepôts et des responsables des transports et de la délivrance de permis. Elles comprennent les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement canadienne et les exploitent méthodiquement.
Le défi ne réside pas dans l'existence du crime organisé, mais bien dans l'ampleur, la sophistication et l'intégration de ces réseaux dans des entités commerciales légitimes. Un seul superviseur ou camionneur longue distance corrompu peut permettre la réalisation de multiples opérations de trafic, chacune générant des centaines de milliers de dollars de produits de la criminalité. Les modifications proposées dans le projet de loi seront sans aucun doute utiles à cet égard, et nous les accueillons favorablement, mais elles ne sont pas suffisantes.
La technique d'enquête la plus sophistiquée contre le crime organisé aujourd'hui est l'accès légal efficace et raisonnable, y compris l'interception des communications criminelles, comme le prévoit la partie VI du Code criminel, mais les forces de l'ordre canadiennes se heurtent à des obstacles monumentaux à cet égard. Les criminels communiquent sur des applications de médias sociaux cryptées. C'est ainsi qu'ils mettent en œuvre des stratagèmes de blanchiment d'argent, se livrent à des complots terroristes et à des meurtres, et pourtant, nos lois ne reconnaissent pas l'évolution de la technologie et des outils et procédures nécessaires pour démanteler ces complots, et n'y donnent pas suite.
En tant qu'officier responsable de cette capacité au sein de la Police provinciale de l'Ontario et du centre d'assistance technique conjoint des corps policiers partenaires, je peux vous assurer qu'il s'agit là d'un obstacle quotidien absolu qui a des conséquences réelles pour nos citoyens. Le projet de loi contenait les mises à jour nécessaires en matière d'accès légal pour lutter efficacement contre la criminalité moderne, facilitée par la technologie, afin de protéger les victimes et de poursuivre les contrevenants.
La deuxième menace et réalité est que les communautés et les territoires des Premières Nations qui bordent notre frontière sont systématiquement utilisés et exploités comme couloirs de contrebande et zones de transit pour les marchandises de contrebande. En mai 2025, le projet Panda de la Police provinciale de l'Ontario a démantelé un réseau criminel opérant au sein des Six Nations et a mis au jour des organisations criminelles transnationales fabriquant des produits contrefaits, dont jusqu'à 500 millions de cigarettes contrefaites par an sur le territoire des Premières Nations. Ces opérations emploient des membres de la communauté et créent un cycle dans lequel les incitations économiques l'emportent sur le bien-être à long terme de la communauté.
Akwesasne, Tyendinaga et les communautés situées le long de la voie maritime du Saint‑Laurent sont également devenues des voies de contrebande principales pour les armes à feu et ont accueilli la production de marchandises illicites. En octobre 2025, le projet Chase de la Police provinciale de l'Ontario a exécuté plusieurs mandats de perquisition, saisissant plus de 110 000 plants de marijuana d'une valeur marchande de plus de 120 millions de dollars.
Il ne s'agit pas seulement d'un problème d'application de la loi chez les Premières Nations, mais de l'exploitation efficace d'une occasion. Il s'agit d'une menace à laquelle seront également confrontées les régions en plein essor de notre pays, comme le Cercle de feu de l'Ontario et son accès à des minéraux rares. Pour relever ce défi, il faut à la fois une application efficace de la loi et une collaboration. Le projet de loi fournit des outils pour la sécurité des frontières et l'application de la loi, et ceux‑ci nous aideront. Là encore, le pouvoir législatif en matière d'interception légale sophistiquée, tel que décrit dans le projet de loi , facilitera l'acquisition de renseignements, les enquêtes criminelles et les poursuites.
La troisième menace est celle que les forces de l'ordre n'ont que récemment commencé à prendre pleinement en compte. Des gouvernements étrangers mènent des opérations de sécurité au Canada par l'intermédiaire de réseaux de mandataires et de groupes criminels organisés. Ces activités ont des répercussions dévastatrices sur les Canadiens, surtout ceux qui font partie de certaines diasporas. Le directeur du SCRS a abordé cette question avec brio dans son intervention de la semaine dernière.
En septembre de cette année, par exemple, le gang Bishnoi a été désigné comme une entité terroriste. Cette organisation opère à l'échelle mondiale et compte environ 700 membres, dont une présence importante en Ontario.
C'est à la fois une organisation criminelle se livrant à l'extorsion, aux agressions et aux meurtres, et un instrument de répression transnationale, qui cible des personnes en fonction de leur affiliation politique ou de leur position vis‑à‑vis du gouvernement.
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Bonjour, monsieur le président et membres du Comité.
Je suis le commissaire adjoint Derek Santosuosso, du service des opérations techniques de la GRC, responsable de l'administration du Registre national des délinquants sexuels.
Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour vous présenter le point de vue de la GRC sur le projet de loi , en mettant l'accent sur les modifications proposées à la Loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels, la LERDS.
La GRC accueille favorablement les modifications proposées dans le projet de loi , car elles contribueraient de manière significative à renforcer sa capacité à protéger la sécurité publique de deux façons: 1) en soutenant ses efforts en matière de renseignement et d'enquête pour détecter, enquêter et perturber le marché des drogues illégales, y compris le fentanyl; et 2) en améliorant sa capacité à divulguer les informations qu'elle recueille en vertu de la Loi sur l'enregistrement des renseignements sur les délinquants sexuels à ses partenaires nationaux et internationaux dans le domaine de la police et de l'application de la loi.
Premièrement, les modifications proposées par le projet de loi à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et à la Loi sur le cannabis garantiront que les membres de la GRC sont exemptés de l'application de toute disposition du Code criminel qui crée des infractions inchoatives liées à la drogue — c'est‑à‑dire liées à un acte criminel qui n'a pas été commis ou qui n'a pas encore été commis — lorsqu'ils mènent des enquêtes légales. Cela permettra d'éviter que nos membres encourent une responsabilité pénale lorsqu'ils mènent des activités autrement illicites dans le cadre d'une enquête légale liée à la drogue.
Deuxièmement, et cela revêt une importance particulière à mes yeux, les modifications proposées à la LERDS dans le projet de loi renforceront la capacité de la GRC à partager des informations sur les délinquants sexuels inscrits avec ses partenaires nationaux et internationaux afin de mieux protéger la sécurité publique.
Le Registre national des délinquants sexuels, ou RNDS, géré par la GRC est un système national d'enregistrement des délinquants sexuels reconnus coupables d'infractions sexuelles désignées en vertu du Code criminel et condamnés par un tribunal à se présenter chaque année à la police. Au 13 novembre, le RNDS comptait un peu moins de 71 000 personnes.
Le cadre juridique qui régit l'administration du RNDS par la GRC est défini dans le Code criminel et la Loi sur l'enregistrement des renseignements sur les délinquants sexuels, la LERDS. Le Code criminel exige que les personnes se conforment à la LERDS. La LERDS énonce les obligations spécifiques auxquelles doivent se conformer les délinquants sexuels inscrits, telles que fournir des informations à jour sur leur lieu de résidence ou leurs projets de voyage à l'intérieur et à l'extérieur du Canada.
Les informations contenues dans le RNDS aident la police à prévenir et à enquêter sur les crimes à caractère sexuel en fournissant des informations à jour sur les délinquants sexuels condamnés et une liste instantanée des délinquants sexuels inscrits et vivant dans une zone géographique particulière.
La LERDS régit également les circonstances dans lesquelles les informations du RNDS peuvent être consultées, utilisées ou divulguées. Il est important de souligner que les informations contenues dans le RNDS ne sont pas publiques et ne sont accessibles qu'à la police.
Actuellement, la LERDS autorise la GRC à divulguer des informations sur les voyages internationaux prévus d'un délinquant sexuel inscrit à un service de police étranger uniquement si cela est nécessaire pour aider à la prévention ou à l'enquête d'un crime à caractère sexuel. Ces informations comprennent le nom, la date de naissance, les dates de départ et de retour, ainsi que toutes les adresses ou tous les lieux de séjour pendant le voyage, le numéro de passeport et la photo, les antécédents criminels, les condamnations pour infractions sexuelles, et les informations sur les victimes, le sexe et l'âge. Le seuil est élevé.
Les modifications proposées à la LERDS dans le projet de loi amélioreraient également la capacité de la GRC à partager des informations sur les délinquants sexuels inscrits au registre, tant à l'échelle internationale que nationale, avec ses partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux chargés de l'application de la loi, lorsqu'il existe des motifs raisonnables de croire que la divulgation de ces informations aidera à vérifier le respect de la LERDS, à obtenir ou à exécuter un mandat, ou à prévenir ou enquêter sur un crime à caractère sexuel.
Par exemple, cela permettrait à la GRC de partager des renseignements avec Passeport Canada lorsqu'il existe des motifs raisonnables de croire que la divulgation aidera à prévenir un crime de nature sexuelle et que ces renseignements pourraient être utilisés dans le cadre de décisions relatives à la délivrance, au renouvellement ou à la révocation d'un passeport.
Bon nombre des autres modifications proposées à la LERDS sont le résultat d'années de mise en œuvre de la LERDS et de l'identification de lacunes imprévues qui doivent être comblées. Par exemple, les modifications exigeraient que les délinquants sexuels signalent les changements apportés aux informations relatives à leur véhicule motorisé tout au long de l'année, clarifieraient les caractéristiques physiques d'un délinquant sexuel qui peuvent être enregistrées — telles que les tatouages — et permettraient au RNDS de montrer des photos d'identité judiciaires obtenues légalement aux victimes ou aux témoins de crimes sexuels afin de faire avancer les enquêtes. À l'heure actuelle, un avocat pourrait faire valoir que les tatouages n'étaient pas visibles et n'auraient pas dû être enregistrés. Or, pour un enfant victime, un tatouage peut être plus mémorable que d'autres caractéristiques physiques.
La priorité de la GRC est d'assurer la sécurité publique, et les modifications proposées nous aideraient à atteindre cet objectif.
Monsieur le président et membres du Comité, je vous remercie de m'avoir donné l'occasion d'être parmi vous cet après-midi et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Merci beaucoup, monsieur le président, et merci à nos témoins d'être présents aujourd'hui.
Je vais commencer par vous, monsieur Morris. J'approuve votre franchise et vous remercie pour les renseignements que vous avez partagés avec nous aujourd'hui. Vous avez probablement encore beaucoup à nous dire, et j'espère que tous mes collègues et moi-même vous donnerons l'occasion de le faire aujourd'hui.
Venant du milieu des forces de l'ordre, je peux vous affirmer qu'il existe des lacunes importantes dans les outils dont dispose la police pour faire en sorte que les choses soient légales en ce qui concerne l'enquête. De plus, il y a un équilibre à trouver entre, comme vous l'avez décrit, l'environnement du projet de loi qui doit être amélioré — il est lent, lourd et pas aussi flexible qu'il devrait l'être — et les exigences des forces de l'ordre et des procureurs pour réussir à poursuivre le crime organisé, et le besoin des Canadiens de protéger leur vie privée. Pour ceux qui ne comprennent peut-être pas comment les choses fonctionnent, cela a certainement suscité des préoccupations importantes.
Je suppose que de manière générale, ma question porte sur la façon dont nos lois actuelles ne parviennent manifestement pas à aider les forces de l'ordre dans de multiples enquêtes, qu'il s'agisse de crime organisé, de blanchiment d'argent, de drogues, d'armes ou autres, ainsi que dans certaines de nos enquêtes sur l'exploitation sexuelle.
Quels éléments, à votre avis, qui devraient être pris en compte dans ce projet de loi et qui n'y figurent pas actuellement devraient être ajoutés?
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La chose la plus importante, à mon sens, qui devrait être incluse dans ce projet de loi, qui présente selon moi de nombreux aspects positifs, est l'accès légal. Mon raisonnement est très simple.
Je comprends la tension et la juxtaposition entre la vie privée et la sécurité, mais il s'agissait d'un pouvoir d'enquête dont nous disposions déjà en vertu de la partie VI du Code criminel, et nous en bénéficions avec le plus haut degré d'autorisation judiciaire. En vertu du Code criminel, nous devions démontrer la nécessité de l'enquête, puis obtenir l'autorisation judiciaire pour procéder à l'interception électronique.
Nous ne demandons pas un nouveau pouvoir. Nous demandons le pouvoir dont nous jouissons déjà depuis la refonte du Code criminel, et plus particulièrement de la partie VI, en 1974. La seule différence est que les modes de communication de tous ont changé et que ces modes de communication, que ce soient des médias sociaux ou d'autres moyens, permettent l'anonymisation et le chiffrement. Les complots criminels sont abordés dans le cadre de communications en personne ou à l'aide d'un appareil. Par conséquent, il est nécessaire d'avoir une personne de confiance, telle qu'un agent infiltré ou un informateur confidentiel, ou d'avoir accès aux communications, ce qui peut être obtenu par l'intermédiaire d'une autorisation judiciaire.
Le cryptage et les mécanismes de cette communication ne nous permettent pas de recueillir les renseignements ou les preuves indispensables pour prévenir, détecter, dissuader ou procéder à une atténuation des risques. Je tiens à être clair à ce sujet. Ce que nous demandons, c'est la possibilité d'utiliser des logiciels, communément appelés techniques d'enquête sur les appareils. Nous avons la capacité technologique et investigatrice de le faire. Ce qui nous manque, c'est le cadre législatif qui nous permettrait de les mettre en œuvre et de les utiliser efficacement. Je veux dire par là que la loi, en particulier les articles 37 et 38 de la Loi sur la preuve au Canada, ne nous permet de divulguer ces informations que d'une manière qui nous permette de les utiliser efficacement et concrètement, afin que cette technique reste à notre disposition pour des considérations futures.
Nous ne demandons pas la modification des critères très stricts actuellement en vigueur pour obtenir ces informations, car cela constituerait une atteinte à la vie privée. Pour illustrer mon propos, je dirais que, lorsqu'un criminel verrouille sa porte et que nous avons des raisons valables de croire... nous utilisons un bélier pour enfoncer la porte. Lorsque des preuves sont enfermées dans un coffre-fort ou derrière une serrure, nous sommes légalement autorisés à forcer la serrure. Rien ne nous en empêche. Le cryptage n'est qu'une forme de serrure, et il ne constitue pas une atteinte plus importante à la vie privée que celle que nous avons connue dans les années 1980 pour obtenir des preuves... par le truchement de sondes ou d'autres formes d'interception électronique.
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Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Merci beaucoup d'être ici aujourd'hui.
Monsieur Morris, mes questions s'adressent d'abord à vous. Si les représentants de la GRC souhaitent apporter des précisions, qu'ils n'hésitent pas à intervenir.
Tout d'abord, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier nos forces de l'ordre pour leur travail acharné et leurs efforts visant à assurer la sécurité des Canadiens, en particulier la Police provinciale de l'Ontario, qui vient de battre un record en saisissant pour 6,5 millions de dollars de fentanyl, soit 460 000 doses vendues dans la rue. Cette saisie a été effectuée récemment à Windsor. J'ai remarqué qu'elle était le fruit d'une enquête qui a duré plus d'un an. Merci beaucoup.
Je vais poser une question fondée sur le communiqué de presse du 16 octobre publié sur le site Web de l'Association des chefs de police de l'Ontario, qui appuie les projets de loi et .
On peut y lire: « Moderniser l’accès légal à la preuve ne signifie pas étendre la surveillance ni restreindre les libertés civiles. Il s’agit de s’assurer que la police puisse, avec une autorisation judiciaire appropriée, obtenir des preuves essentielles dans des affaires complexes impliquant la cybercriminalité, l’exploitation d’enfants, le crime organisé et d’autres infractions graves. »
Si le projet de loi représente un point de départ important pour renforcer le cadre d'application de la loi au Canada, comment les pouvoirs supplémentaires proposés dans le projet de loi permettront-ils réellement de moderniser les capacités de perquisition et de saisie et de compléter l'application de la loi pour faire face à ces menaces complexes?
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Alors, il faudra vérifier.
Malheureusement, le temps est aussi écoulé depuis une trentaine de secondes, ce qui m'amène, au nom de tous les députés et l'équipe, à remercier les trois témoins qui ont bien voulu participer à cette réunion ce matin. Je les remercie de leur présence et de leur préparation pour cette réunion importante pour nous, et je leur souhaite une bonne journée.
Pour les députés et l'équipe, permettez-moi de résumer ce qui nous attend au cours des deux prochaines semaines.
Le 20 novembre prochain, jeudi dans deux jours, nous avons des témoins supplémentaires sur le projet de loi . La date et l'heure limites pour proposer des amendements au projet de loi C‑12 sont le vendredi 21 novembre à midi. Des courriels nous ont déjà été envoyés par le greffier hier et au cours des dernières semaines. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à le contacter.
Le 25 novembre, la semaine prochaine, nous étudions à nouveau le projet de loi C‑12 pendant la première heure et avec des témoins. Pendant la deuxième heure, nous allons en commencer et terminer l'étude article par article. Le jeudi suivant, le 27 novembre, nous retournerons à l'étude sur la gestion de la frontière, et nous aurons à la fin de cette réunion du 27 novembre une présentation de la part des analystes de la Bibliothèque du Parlement pour la rédaction du projet de rapport.
Madame DeBellefeuille, la parole est à vous.
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Monsieur le président, je voulais juste faire un commentaire sur la séance d'aujourd'hui.
D'abord, parce que nous avons eu des problèmes d'interprétation à distance, je suis extrêmement frustrée de ne pas avoir pu entendre la réponse à ma question. Je pense que mon privilège parlementaire a été atteint, si on peut dire ainsi. J'ai déjà sensibilisé notre greffier et je sais qu'il fait son possible. Cependant, quand nous étudions un projet de loi si technique et qu'il est prévu d'en faire l'étude article par article, j'aimerais souligner l'importance d'avoir des interprètes en cabine ici. Ce que j'ai vécu est inacceptable. Vous n'avez pas permis de prolonger la réunion pour que je puisse entendre la réponse. Pour moi, c'est très frustrant. C'est comme si les droits des francophones ne comptaient pas et que seul comptait le paramètre du temps. Je suis très déçue de votre décision et je tenais à vous le dire.
L'autre chose qui faciliterait les travaux du Comité, si c'est possible, serait de recevoir les mémoires dans les deux langues officielles pour être capable de mieux se préparer. Ce qui s'est passé avec l'Association des banquiers canadiens tantôt est un peu déplorable. Ses représentants citaient leur mémoire à tout vent, mais c'est un mémoire auquel nous n'avons pas eu accès. Je ne sais pas si le greffier a des plaintes à faire au Bureau de la traduction au sujet du fait que la traduction est longue à obtenir, par exemple. Je ne sais pas si le mémoire de l'Association des banquiers canadiens a été reçu la semaine dernière ou seulement ce matin, auquel cas je pourrais comprendre, mais il est très difficile pour nous de nous préparer quand nous n'avons pas les mémoires de nos témoins.
En terminant, je voudrais m'assurer que ceux qui fournissent leurs notes d'allocution dans les deux langues peuvent les faire parvenir aux interprètes en cabine ici ou à l'extérieur, car c'est plus facile pour les interprètes. J'ai remarqué qu'une interprète à distance interprétait à la vitesse de la lumière et j'ai tenu pour acquis qu'elle avait le texte sous les yeux, parce qu'il est impossible qu'une interprète soit aussi rapide que ça. Cependant, il serait bon de demander que tous les mémoires que nous recevons à l'avance soient transmis aux interprètes pour nous assurer d'un meilleur déroulement des travaux.
Je vais vous le dire sincèrement: je sais qu'ici, autour de la table, je suis la seule unilingue francophone. Cependant, il y a des unilingues anglophones et je pense que, s'ils vivaient ce que je vis, peut-être qu'il y aurait des changements plus rapides. J'ai trouvé vraiment frustrant ce que j'ai vécu tantôt. Si ça avait été l'inverse, c'est-à-dire qu'un anglophone n'aurait pas pu entendre la réponse à cause de problèmes d'interprétation, je ne sais pas si ça aurait été acceptable. Je me pose la question. Je vous laisse là-dessus. Je sais que vous faites de votre mieux. Cependant, si je ne le dis pas, il n'y a rien qui va changer.
Je vous remercie de votre écoute.
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Madame DeBellefeuille, permettez-moi de vous répondre très rapidement, parce que le temps est ce qu'il est.
D'abord, nous allons demander à la GRC de fournir par écrit la réponse qui a été formulée oralement, mais que vous ne pouviez pas entendre pour des raisons techniques, d'après ce que j'ai pu comprendre. Nous avons essayé à deux reprises, mais ça n'a pas marché.
Ensuite, au sujet des documents qui ne sont pas soumis au greffier dans les deux langues officielles, tout le monde ici en subit les conséquences. Le greffier va certainement en prendre note et voir avec les prochains témoins comment ça pourra être amélioré.
Troisièmement, je crois que tout le monde a saisi, même si certains l'utilisent moins, que l'interprétation à distance est de moins bonne qualité. Ça n'a rien à voir avec la qualité des interprètes, et ces derniers font ce qu'ils peuvent et certains le font étonnamment bien, malgré la distance. Je crois que c'est un problème qui a été souligné par le greffier à plusieurs reprises au Bureau de la traduction.
Enfin, pour ce qui de faire suivre les documents aux interprètes, le greffier a aussi bien pris note de votre remarque très pertinente.
Sur ce, merci à tous et bonne journée.
La séance est levée.