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Chers collègues, la séance est ouverte. Je tiens d'abord à souligner que nous nous réunissons sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Bienvenue à la 41e réunion du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes.
Je veux juste faire un commentaire avant de commencer cette réunion. Comme le greffier, je crois, en a informé tous les membres du Comité par courriel plus tôt aujourd'hui, nous avons dû annuler la comparution du deuxième groupe de témoins d'aujourd'hui à la dernière minute en raison de problèmes de connectivité qui ont empêché les témoins de terminer leur essai de participation. Cet essai est essentiel et obligatoire pour les témoins qui comparaissent en mode virtuel.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride. J'aimerais rappeler aux participants les points suivants:
Avant de prendre la parole, veuillez attendre que je vous nomme. Je reconnais ma propre hypocrisie en tant que vice-présidente, mais quoi qu'il en soit, poursuivons... Si vous participez par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro. Veuillez vous mettre en sourdine si vous ne parlez pas...
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Je déclare à nouveau la séance ouverte.
Je remercie notre collègue, M. Simard, d'avoir soulevé ce problème.
Comme j'allais le dire, j'aimerais rappeler aux témoins que les membres du Comité peuvent poser des questions en français ou en anglais. Si vous avez besoin de l'interprétation, veuillez prendre un moment maintenant pour préparer votre oreillette et sélectionner le canal d'écoute dont vous aurez besoin, afin de profiter pleinement du court temps alloué aux questions et réponses. Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence, mais je suis un peu souple à ce sujet, comme nous le savons.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 23 avril 2026, le Comité reprend son étude sur l'électrification, l'autosuffisance énergétique et la sécurité énergétique intérieure du Canada.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins. La liste a été préparée pour moi en ordre alphabétique, mais je vais procéder dans l'ordre dans lequel les témoins nous présenteront leurs exposés aujourd'hui. Nous accueillons George Christidis, directeur général de l'Association nucléaire canadienne, Dale Austin, directeur général, Relations gouvernementales, chez Cameco Corporation, et Sam Boutziouvis, vice-président, Relations gouvernementales, Nucléaire, chez AtkinsRéalis.
Je souhaite la bienvenue à nos témoins. Vous disposerez chacun de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions des députés.
Monsieur Christidis, nous allons commencer par vous. Vous avez cinq minutes.
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Merci beaucoup. Quel plaisir et quel honneur pour moi d'être ici aujourd'hui. Merci, madame la présidente.
Bonjour, mesdames et messieurs les membres du Comité. C'est un privilège de comparaître devant vous aujourd'hui au nom de l'Association nucléaire canadienne.
Depuis plus de 60 ans, l'Association nucléaire canadienne est la voix de l'industrie nucléaire canadienne. Elle représente 200 membres canadiens de toute la chaîne de valeur nucléaire, et deux de ses membres importants sont ici avec moi aujourd'hui.
L'énergie et l'électricité ne sont plus seulement des questions d'infrastructure. Elles sont au cœur de notre compétitivité économique, de notre sécurité énergétique et de notre cohésion sociale. Les emplois, les investissements et les innovations qui découlent de ce secteur façonneront le genre de pays que nous bâtirons.
Le secteur nucléaire soutient environ 89 000 emplois directs et indirects partout au pays. Il contribue à notre PIB à hauteur de plus de 22 milliards de dollars chaque année. Le Canada est en train de construire le premier petit réacteur modulaire. Il a remis à neuf ses grands réacteurs en Ontario — des investissements de 26 milliards de dollars — dans le respect des délais et du budget, et est un chef de file mondial, en Saskatchewan, dans la production d'uranium et de combustible nucléaire. Notre pays fournit la moitié du cobalt 60 dans le monde. Il est un chef de file en médecine nucléaire. Lorsqu'il est question d'énergie, il est question de tout ça.
J'aimerais vous faire part de paroles qu'on a récemment prononcées au sujet du Canada et qui se rapportent directement au travail de ce comité: le Canada est un partenaire de confiance — pas seulement un fournisseur de ressources, mais un partenaire de confiance. C'est exactement ce que représente le secteur nucléaire canadien non seulement au pays, mais aussi sur la scène mondiale. Des décennies d'opérations sécuritaires, de réglementation parmi les plus sévères au monde et d'intendance responsable ont fait du Canada un partenaire de choix pour les pays qui bâtissent leur avenir nucléaire, du Royaume-Uni, de la France, de la Pologne et de la Roumanie aux pays nucléaires émergents de l'Asie. Cette confiance se mérite et doit continuer de se mériter.
Voici le point le plus important pour le Comité: notre capacité à livrer de l'énergie au monde dépend entièrement de ce que nous construisons chez nous, et ce que nous devons construire chez nous est important. De l'Ontario au Nouveau‑Brunswick, où le nucléaire alimente les collectivités en énergie depuis des décennies, en passant par l'Alberta et la Saskatchewan, qui misent activement sur l'énergie nucléaire dans le cadre de leurs stratégies énergétiques à long terme, il existe maintenant un rare consensus national sur le rôle de l'énergie nucléaire. Le Comité doit en prendre note.
Selon une étude commandée par l'Association nucléaire canadienne, le Canada aura besoin d'une capacité supplémentaire de production d'électricité pouvant atteindre 150 gigawatts d'ici 2050. C'est le double ou le triple de ce que nous produisons aujourd'hui. Cette demande est alimentée par l'électrification industrielle, la croissance démographique, la montée des centres de données d'intelligence artificielle et la transition complète vers une économie carboneutre. Afin de répondre à la demande, le Canada aura besoin de toutes les sources d'énergie propre disponibles. Aucune technologie ne permet d'y parvenir à elle seule: l'ampleur de la demande exige plus d'hydroélectricité, d'énergie solaire, d'énergie éolienne et nucléaire — tous ces secteurs ont un rôle à jouer. La question n'est donc pas de savoir quelle technologie l'emportera. La question est de savoir comment nous pouvons déployer rapidement ces technologies.
Le nucléaire est l'une des technologies les plus avantageuses sur le plan économique pour répondre à ce besoin. Notre analyse montre que les coûts en capital ajustés en fonction de la durée de vie pour le nucléaire sur un horizon de 40 à 60 ans pourraient représenter moins de la moitié de ceux des énergies renouvelables confirmées. Le total des coûts de système pour les contribuables pourrait être jusqu'à 60 % inférieur. Les crédits d'impôt à l'investissement dans le nucléaire pourraient rapporter 95 ¢ par dollar d'ici 20 ans, comparativement à 50 ¢ pour d'autres technologies.
Cependant, le nucléaire ne peut pas relever ce défi sans des conditions favorables, et c'est ce qui nous amène ici aujourd'hui.
En ce qui concerne les investissements, nous saluons la décision du gouvernement de mettre en œuvre rétroactivement le crédit d'impôt à l'investissement dans les technologies propres pour les petits projets nucléaires avancés. C'était la bonne décision, et cette mesure donne aux promoteurs de projets la confiance dont ils ont besoin pour aller de l'avant. Nous demandons maintenant au gouvernement d'offrir cette certitude aux grandes installations nucléaires au moyen du crédit d'impôt à l'investissement dans l'électricité propre et d'étendre l'admissibilité à ce crédit à la chaîne d'approvisionnement nucléaire élargie et à l'extraction de l'uranium.
En ce qui concerne la réglementation, nous demandons au gouvernement d'exempter les projets nucléaires de la Loi sur l'évaluation d'impact et de rétablir la Commission canadienne de sûreté nucléaire, ou CCSN, en tant que seul organisme de réglementation fédéral. La CCSN est un organisme de calibre mondial dont les assises sont solides. Son cadre réglementaire doit être modernisé afin de tenir compte de l'ampleur des projets nécessaires pour répondre à la demande en électricité. Le cadre actuel ajoute de trois à cinq ans aux calendriers des projets. Ce n'est pas une petite inefficacité, c'est un handicap stratégique.
Notre étude sur la main-d'œuvre est sans équivoque: la disponibilité de la main-d'œuvre déterminera si les ambitions nucléaires du Canada seront réalisées à temps et à grande échelle. On s'attend à ce que la pénurie de main-d'œuvre commence vers 2030, alors que de 20 à 30 % de la main-d'œuvre actuelle dans le secteur nucléaire atteindra l'âge de la retraite. Nous demandons au gouvernement fédéral de travailler avec les provinces pour attirer les talents, soutenir les programmes d'apprentissage, accroître la participation des communautés autochtones et des groupes sous-représentés et aligner nos systèmes de formation sur l'ampleur des besoins.
L'ampleur du défi énergétique du Canada n'est pas une crise. C'est une occasion à saisir. Le Canada dispose de la technologie, des ressources, de l'expertise et des partenariats nécessaires pour être un chef de file. Si nous créons les conditions propices, le Canada sera en mesure de répondre non seulement à sa propre demande croissante, mais aussi à la demande croissante de partenaires du monde entier qui se tournent vers lui précisément pour ce type d'expertise. Le leadership n'est pas statique. Il se méritera par les décisions que nous devons prendre maintenant en matière d'investissements, de réglementation et de main-d'œuvre, et par notre engagement à long terme à livrer la marchandise.
L'Association nucléaire canadienne est impatiente de soutenir les travaux du Comité.
Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente.
Bonjour. Je suis heureux de comparaître devant le Comité aujourd'hui au nom de Cameco Corporation.
En cette période d'incertitude et de changements géopolitiques, le Canada a une rare occasion de tirer parti de ses avantages stratégiques et concurrentiels en matière d'énergie nucléaire et d'être un chef de file dans les domaines que le Comité étudie.
Cameco est une société d'énergie nucléaire entièrement intégrée dont le siège social se trouve à Saskatoon, en Saskatchewan. Les services publics du Canada et du monde entier comptent sur Cameco pour fournir des solutions de combustible nucléaire et des technologies de réacteurs servant à la production d'une énergie nucléaire sûre, fiable et sans carbone. Nos activités au Canada comprennent la prospection, l'exploitation, le raffinage et la conversion de l'uranium de même que la fabrication de combustible nucléaire. Parmi nos autres activités, mentionnons l'enrichissement d'uranium grâce à notre partenariat avec Global Laser Enrichment, ainsi que la propriété, la surveillance et le contrôle canadiens complets du premier réacteur à eau légère moderne, éprouvé et en exploitation au monde, l'AP1000, grâce à notre partenariat avec Brookfield dans Westinghouse.
La position de chef de file de Cameco dans le secteur nucléaire, exploitée de manière appropriée, peut permettre au Canada de fournir une énergie de base propre et stable, un approvisionnement en combustible nucléaire sûr par un pays allié, et une chaîne d'approvisionnement nationale plus forte et plus résiliente dotée de capacités nucléaires exportables, ainsi que d'assurer un renforcement de la sécurité énergétique et de la sécurité nationale. L'énergie nucléaire peut être la pierre angulaire de la croissance économique à long terme, de l'électrification, de la sécurité énergétique et de l'influence géopolitique. La croissance de la demande d'électricité, stimulée par l'électrification et l'expansion industrielle et économique, nécessite une énergie à grande échelle, fiable et à faible teneur en carbone, qui peut être livrée au cours de la présente décennie.
La seule technologie capable de respecter ce délai est le réacteur AP1000 déployable et éprouvé de Cameco. La diversification du secteur nucléaire canadien en vue d'inclure l'AP1000 de Cameco permettrait de renforcer la sécurité énergétique et la sécurité nationale, d'offrir des débouchés pour la chaîne d'approvisionnement mondiale, d'élargir et de diversifier le commerce international et d'offrir des avantages géopolitiques stratégiques qui peuvent être le moteur de l'avenir nucléaire moderne du Canada.
Le monde a fait un choix en matière de technologie nucléaire. Ce choix, ce sont les réacteurs à eau légère, y compris le petit réacteur modulaire à eau légère BWRX‑300 de GE Vernova Hitachi fabriqué par l'Ontario Power Generation ici, à Darlington, en Ontario. Plus de 90 % — et ce chiffre continue d'augmenter — des réacteurs du monde sont à eau légère. En fait, parmi les nouveaux réacteurs en construction dans le monde, 66 sur 68 sont des réacteurs à eau légère. L'exploitation, au Canada, de cette occasion mondiale ouvrirait des possibilités d'exportation, des partenariats internationaux et le potentiel économique du pays. Le réacteur AP1000 pourrait moderniser le secteur nucléaire canadien et renforcer la pertinence de la chaîne d'approvisionnement nucléaire, le talent et l'innovation du Canada dans le monde entier.
L'uranium est un produit pour lequel il n'y a absolument aucun substitut. Les réacteurs nucléaires ne peuvent pas fonctionner sans ce métal. Par conséquent, l'uranium dépend fortement du commerce. Quatre-vingt-dix pour cent de la production mondiale d'énergie nucléaire se fait dans des pays qui produisent peu ou pas d'uranium. En raison de cet important déséquilibre entre la production d'énergie nucléaire et la production d'uranium, les programmes d'énergie nucléaire des pays du monde entier se tournent vers Cameco et le Canada pour les aider à gérer leur dépendance commerciale à l'uranium.
Le Canada est le deuxième producteur d'uranium en importance dans le monde, et Cameco a des capacités importantes dans ce domaine, qui sont soutenues par plus de 465 millions de livres de réserves d'uranium. Notre énorme richesse géologique en uranium offre un levier important si elle est utilisée de façon stratégique et si elle est soutenue par une compréhension de la dynamique du marché de l'uranium. La sécurité énergétique et la sécurité nationale figurent en tête de liste des priorités de la plupart des gouvernements dans le monde. Les pays qui ont des programmes d'énergie nucléaire civils se tournent vers le Canada comme source stable et sûre d'uranium. Le Canada doit envisager l'exploitation délibérée, stratégique et tactique de ses ressources en uranium pour renforcer son avantage économique et géopolitique non seulement à l'échelle mondiale, mais aussi ici, au pays.
Tous les réacteurs nucléaires en service et les nouveaux réacteurs ont besoin de combustible nucléaire. Le Canada, la Saskatchewan, l'Ontario et Cameco sont des chefs de file mondiaux dans la transformation de l'uranium en combustible nucléaire. Nous exploitons la plus grande raffinerie d'uranium au monde et les plus grandes installations de conversion d'UO2 et d'UF6 en Ontario. Les activités de fabrication de combustible de Cameco et les activités de production en eau légère de Westinghouse produisent des grappes de combustible qui sont utilisées dans 65 % des réacteurs du monde occidental.
Cameco, Westinghouse et nos partenaires de la chaîne d'approvisionnement en combustible nucléaire ont permis à d'importants alliés dans le monde — surtout en Europe centrale et de l'Est — de se libérer de l'emprise de la Russie pour ce qui est de l'approvisionnement en combustible nucléaire, ce qui a considérablement amélioré leur sécurité énergétique et stratégique. C'est particulièrement vrai pour nos alliés.
Le moment est venu de maximiser les avantages du Canada en matière de combustible nucléaire et de jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration de la sécurité énergétique mondiale. Un cycle de combustible nucléaire sûr, soutenu par un pays fiable comme le Canada et un partenaire commercial fiable comme Cameco, revêt une importance stratégique pour nos alliés et nos partenaires commerciaux.
Le Canada doit diversifier ses capacités nucléaires afin de tirer le meilleur parti des possibilités mondiales offertes par son secteur nucléaire de premier plan. La diversification des marchés, la croissance de la chaîne d'approvisionnement et de l'économie, la sécurité énergétique et la sécurité nationale doivent être fondées sur la force de l'industrie nucléaire canadienne et l'accès aux marchés mondiaux de la technologie AP1000. Le Canada bénéficie du fait que Cameco est un champion canadien qui exerce un contrôle stratégique sur de nombreuses installations et technologies nucléaires importantes à l'échelle mondiale, grâce à des contrats d'uranium durables et à long terme.
Alors que l'industrie nucléaire mondiale gagne en rentabilité, le succès de Cameco est vraiment un succès d'intérêt national. Chaque dollar de profit que Cameco gagne revient à Saskatoon.
Merci beaucoup. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente, distingués membres du Comité et chers collègues. Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui.
AtkinsRéalis soutient l'objectif de développer une économie et un pays plus forts, plus résilients et plus indépendants. Être fort au pays nous permet de projeter notre force à l'étranger et d'être de meilleurs partenaires pour nos alliés. C'est logique à l'époque où nous vivons.
Le Canada — y compris un certain nombre de provinces, comme on l'a souligné — s'apprête à prendre une décision de portée historique au sujet de l'avenir énergétique du pays. Mon collègue George a expliqué comment la demande d'électricité est appelée à augmenter et pourquoi. Je ne répéterai pas ce qu'il a dit. La nouvelle génération de grands réacteurs nucléaires jouera un rôle essentiel pour répondre à cette demande tout en maintenant la fiabilité et en réduisant les émissions.
La question dont nous sommes saisis et, avec tout le respect que je vous dois, dont votre comité est saisi, n'est pas simplement de savoir quelle capacité nucléaire le Canada devrait renforcer. Il s'agit de savoir quel genre de pays nucléaire le Canada veut être. Allons-nous demeurer un pays capable de concevoir, de construire, d'exploiter et d'exporter sa propre technologie nucléaire, ou allons-nous progressivement devenir dépendants de la conception d'un autre réacteur, de la propriété intellectuelle de quelqu'un d'autre et d'une chaîne d'approvisionnement basée principalement dans un autre pays? C'est une question dont le Comité est saisi.
La réponse est claire. Le Canada doit adopter une stratégie nucléaire canadienne ancrée dans la technologie CANDU. Le CANDU est plus qu'un concept de réacteur. Il représente une capacité industrielle canadienne complète. Peu de pays dans le monde peuvent revendiquer la propriété et le contrôle de l'ensemble de la chaîne de valeur nucléaire. Le Canada le peut. Notre uranium est extrait en Saskatchewan par mon collègue à ma gauche. Nos ingénieurs conçoivent les systèmes dans un certain nombre d'entreprises. Nos fabricants produisent des composants essentiels. Nos exploitants exploitent les réacteurs. Nos travailleurs les entretiennent et les remettent en état pendant des décennies. Cette capacité est un atout stratégique national. Une fois perdue, il serait extraordinairement difficile et coûteux de la rebâtir.
Les arguments économiques sont convaincants. Les fonds publics aideront à soutenir la prochaine génération de projets nucléaires. Les gouvernements canadiens ont donc la responsabilité de déterminer où les avantages de ces investissements se feront sentir au bout du compte. Lorsque le Canada choisit et construit des réacteurs CANDU, la grande majorité des dépenses liées aux projets reste au Canada. Des entreprises canadiennes reçoivent les contrats d'ingénierie. Des fabricants canadiens produisent les composants. Des travailleurs canadiens occupent les emplois spécialisés. Des collectivités canadiennes bénéficient de l'activité économique à long terme qui en découle.
En revanche, si nous adoptons la technologie des réacteurs d'un autre pays, une partie importante de cette valeur quitte inévitablement le pays par l'entremise de composants importés, du recours à la propriété intellectuelle d'un autre pays et de services d'ingénierie acquis à l'étranger. La question n'est pas de savoir si les partenariats internationaux ont de la valeur. Ils en ont. La question est de savoir si les Canadiens peuvent bénéficier du rendement économique maximal des investissements qui seront faits dans les grands réacteurs nucléaires conventionnels.
Au‑delà de l'économie, il y a une considération industrielle plus large qui complète la forte ambition du Canada. Le secteur nucléaire canadien soutient un écosystème très sophistiqué de fournisseurs, de fabricants, de fournisseurs de services, d'ingénieurs, de chercheurs et de gens de métier qualifiés. Ces capacités ont été développées au fil des décennies grâce à la conception, à la construction, à l'exploitation, à la remise en état et à la prolongation de la durée de vie des réacteurs CANDU.
Cependant, ces capacités industrielles ne se maintiennent pas indéfiniment. Si la demande intérieure de réacteurs conçus au Canada diminue, les compétences spécialisées s'éroderont, les chaînes d'approvisionnement s'affaibliront, et l'expertise migrera ailleurs. En ce moment charnière, comme on l'a souligné — je vais simplement le répéter, en fait —, l'Ontario, la Saskatchewan, l'Alberta et le Nouveau‑Brunswick se préparent ou envisagent de mettre en place des processus de sélection technologique pour les grands réacteurs nucléaires conventionnels.
Récemment, , ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, a annoncé l'élaboration d'une nouvelle stratégie transformatrice en matière d'énergie nucléaire pour le Canada, qui sera publiée à la fin de l'année. La stratégie consiste à s'appuyer sur des décennies d'innovations canadiennes, y compris la technologie CANDU, les abondantes ressources en uranium, une main-d'œuvre de premier ordre et un régime de sécurité nucléaire respecté à l'échelle mondiale. Cette stratégie doit encourager les dirigeants provinciaux à choisir le CANDU. Le gagne-pain, l'expertise et les débouchés futurs des travailleurs, que George a décrits plus tôt, sont liés aux décisions qui sont prises actuellement.
Le passage à une autre technologie de réacteur aurait des conséquences importantes pour la main-d'œuvre nucléaire et la chaîne d'approvisionnement du Canada. À la suite du succès du programme de remise en état et de prolongation de la durée de vie des réacteurs CANDU, qui a jusqu'à présent été exécuté dans le respect des délais et du budget, le fait de supplanter une technologie nationale éprouvée causerait des perturbations importantes. Plutôt que de miser sur l'élan créé par des décennies d'investissements et d'expertise, le Canada risque de revivre les leçons de l'ère de l'Avro Arrow, alors que la perte d'une capacité nationale stratégique a eu des conséquences qui se sont étendues bien au‑delà du projet immédiat lui-même — et qui se poursuivent aujourd'hui.
En ce qui concerne la sécurité énergétique, les réacteurs CANDU fonctionnent à l'aide d'uranium naturel, une ressource que le Canada possède en abondance, comme M. Dale l'a indiqué. Dans un environnement géopolitique de plus en plus incertain, la résilience de la chaîne d'approvisionnement n'est plus une préoccupation abstraite, mais une nécessité stratégique.
Enfin, le Canada a exprimé l'ambition d'être un chef de file mondial de la technologie nucléaire, y compris dans le développement et le déploiement de petits réacteurs modulaires. Ces ambitions sont renforcées par un solide programme national de grands réacteurs. Les pays sont beaucoup plus susceptibles d'acheter des technologies qui sont activement déployées et soutenues dans les pays où elles sont fabriquées.
Un solide programme national de réacteurs CANDU renforce la crédibilité du Canada en tant qu'exportateur nucléaire, de même que notre réputation en tant que partenaire technologique de confiance. Les décisions qui seront prises au cours des prochaines années façonneront le paysage énergétique et industriel du Canada pendant des générations. Il ne s'agit pas simplement d'une décision en matière d'approvisionnement ou de sélection de technologies, et il ne s'agit pas d'une décision en matière d'électricité. Il s'agit de décider si le Canada continuera de posséder des capacités nucléaires souveraines, de soutenir un écosystème industriel de classe mondiale et de profiter pleinement des avantages économiques de ses propres investissements dans l'énergie.
L'occasion qui s'offre à nous et à vous, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité, est de tirer parti de cet héritage pour veiller à ce qu'il demeure une source de force pour le Canada pour les décennies à venir. Il s'agit de bâtir une économie et un pays plus forts, plus résilients et plus indépendants.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Merci de votre patience, madame la présidente.
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Bien sûr. Nous entretenons des relations depuis plus de 50 ans avec des pays comme la Corée, la Chine, la Roumanie et l'Argentine, où il existe déjà des réacteurs CANDU, que nous sommes en train de remettre à neuf. Partout où nous allons, monsieur, il est question de la création de relations qui dureront plus de cent ans avec ces pays afin de remettre à neuf ces réacteurs, de prolonger leur cycle de vie et de vendre plus de réacteurs CANDU.
C'est ce que nous disent constamment ces pays: nous voulons faire partie de l'écosystème CANDU. Nous voulons une plus grande localisation. Nous voulons que vous formiez nos travailleurs. Nous voulons faire partie du système CANDU. Nous voulons en profiter davantage sur le plan de l'économie et de la création d'emplois. Ces pays cherchent à augmenter leur production d'électricité propre. Ces pays, comme la Pologne et la Turquie, où nous nous trouvons actuellement, et aussi l'Argentine, cherchent à faire du Canada un partenaire et un allié de confiance. Nous avons célébré cette semaine le 50e anniversaire de notre relation avec la République de Corée du Sud. Nous cherchons à établir un partenariat plus étroit avec ce pays, tant à l'intérieur de ses frontières, pour remettre à neuf les réacteurs et en construire davantage, qu'à l'extérieur, pour étendre nos partenariats à l'étranger.
On nous fait confiance. Nous sommes les bienvenus. Nous apportons l'expertise nécessaire. Nous sommes prêts à suggérer des efforts de localisation en matière de formation. Nous avons une excellente facilité de crédit à l'exportation qui soutient grandement les technologies canadiennes et, en particulier, le nucléaire. Nous avons un service de délégués commerciaux qui est d'une importance capitale alors que nous sommes à la recherche de partenaires et de pays qui s'intéressent à la technologie canadienne CANDU.
La technologie CANDU a fait ses preuves. Elle a fait ses preuves grâce à l'exploitation des réacteurs au Canada et dans le monde, et en particulier en Roumanie. Si vous me le permettez, puisque Cernavoda 2 est l'un des meilleurs réacteurs au monde, je dirai que des clients potentiels, qui viennent en particulier des pays d'Europe de l'Est, se rendent à Cernavoda pour visiter le réacteur afin de voir par eux-mêmes ce à quoi l'avenir pourrait ressembler pour leur pays.
Merci.
Je vais utiliser une expression éculée: il nous faut une approche de type Équipe Canada. Il n'y a aucun pays, aucun vendeur et aucun acheteur d'une technologie qui ne souhaite pas la participation ou la présence du gouvernement du Canada. Nous devons agir avec le gouvernement du Canada, en collaborant.
Cela inclut… J'ai oublié de le mentionner, et je m'en excuse. Nous avons un système de réglementation de calibre mondial qui est fondé sur des principes et pour lequel la demande est très forte dans chaque pays où nous vendons des réacteurs CANDU. Des consultations sont déjà en cours avec notre organe de réglementation afin d'en apprendre davantage sur les codes et les normes et sur le fonctionnement des systèmes de sécurité entourant cette technologie qui a largement fait ses preuves.
Il faut une approche de type Équipe Canada avec la chaîne d'approvisionnement en place. De plus, en raison de l'incroyable demande dont mes deux collègues ont parlé et que je n'ai pas manqué de confirmer, tout le monde devra mettre la main à la pâte afin de répondre à la demande canadienne et à la demande internationale pour de grands réacteurs nucléaires conventionnels.
Je pense que nous sommes tous en mesure de relever ce défi.
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La mine de Cigar Lake est vraiment géniale. C'est un dépôt époustouflant. Cameco exploite deux des plus grandes mines d'uranium de haute qualité au monde, à Cigar Lake et à McArthur River. On produit environ 30 millions de livres par année grâce à ces deux mines.
Nous sommes un pays commerçant et nous devons donc vendre cet uranium partout dans le monde. Il s'agit d'un système d'approvisionnement mondial. Le Canada est le deuxième plus grand producteur d'uranium au monde. Des pays du monde entier comptent sur nous. Devons-nous tout garder pour nous? Nous disposons de réserves plus que suffisantes pour alimenter tous les réacteurs que nous aimerions construire, que Sam aimerait construire et que GE Vernova aimerait construire. Ce ne sera pas un problème.
Ce qu'il faut tenter de comprendre, c'est qu'avec l'augmentation de la demande mondiale d'uranium, nous nous attendons à ce que cette demande commence à s'intensifier vers le milieu des années 2030. Comment y répondrons-nous? Que devons-nous faire pour nous assurer que les mines d'uranium seront en activité lorsque la demande se fera sentir sur le marché? Nous ne voulons pas répondre à cette demande en amont parce que cela détruirait la valeur de la ressource, mais nous tenons à nous assurer que cette ressource sera disponible lorsque la demande commencera à se faire sentir.
Ici même, au Canada, l'Ontario considère construire entre 10 et 12 grands réacteurs nucléaires, dont la mise en service commencerait au milieu des années 2030. Nous établirons des projections afin de nous assurer qu'il y a suffisamment d'uranium disponible pour répondre à cette demande.
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Si j'ai bien compris, la question est de savoir ce que nous faisons pour réduire notre propre empreinte carbone. Il s'agit d'une excellente question.
Actuellement, nous travaillons en collaboration avec la province de la Saskatchewan, qui vient d'annoncer la mise en place d'une liaison électrique nord-sud qui nous permettra de nous alimenter en électricité. Pour l'instant, bon nombre de nos mines fonctionnent au propane; nous étudions donc les moyens de passer à l'électricité.
Il va sans dire que nous étudions actuellement les technologies des microréacteurs et leur potentiel. Je dirais que nous n'en sommes qu'aux tout premiers stades, mais il existe certainement des possibilités pour que les microréacteurs desservent non seulement nos sites miniers du Nord de la Saskatchewan, mais aussi, à terme, fournissent de l'électricité à nos communautés partenaires du Nord.
Comme nous l'avons mentionné précédemment, le gouvernement de la Saskatchewan est actuellement en train de décider s'il convient ou non d'intégrer l'énergie nucléaire à faible émission de carbone au réseau électrique, ce qui contribuera évidemment à réduire les émissions, d'autant plus que cette énergie commencera à remplacer le charbon dans le réseau de la Saskatchewan.
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Le Canada a les moyens d'observer l'évolution de ce secteur. La question est de savoir quelle technologie de fusion s'imposera. Il existe une certaine concurrence sur le marché. Le volet « combustible à l'eau lourde et au tritium » issu des réacteurs CANDU constitue un élément majeur de l'opportunité dont dispose le Canada pour s'appuyer sur cette base et explorer cette voie.
Le Canada est très bien placé dans la mesure où de nombreuses entreprises du secteur nucléaire et de leurs chaînes d'approvisionnement s'intéressent au potentiel de la fusion, mais celle‑ci est encore un peu lointaine.
Si je peux revenir un peu en arrière, si cela ne vous dérange pas, sur certaines des questions que vous avez posées à M. Austin et à M. Boutziouvis, je tiens à réaffirmer l'importance des décisions qui doivent être prises dès maintenant. La fusion sera une technologie formidable à l'avenir. Nous ne savons pas encore à quoi ressemblera cet avenir. Ce secteur va devoir se structurer et se développer. Ce à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui, c'est la nécessité de prendre des décisions importantes concernant le cadre réglementaire, le volet financier, le crédit d'impôt pour les investissements informatiques. Cette réflexion nous permettra de renforcer le secteur essentiel des infrastructures énergétiques.
À un moment critique où nous sommes confrontés à une récession et à des incertitudes en matière de sécurité nationale et de sécurité énergétique, ce secteur va créer des emplois et favoriser l'innovation, mais notre cadre réglementaire doit être prêt, tout comme notre environnement financier, notre main-d'œuvre, et nos chaînes d'approvisionnement.
Je sais que cela revient un peu à faire un détour, mais je tiens vraiment à souligner l'importance de ce point. C'est pourquoi nous attendons avec impatience que le gouvernement mette en place une stratégie en matière d'énergie nucléaire.
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J'ai un conseil personnel à vous formuler.
Le nucléaire suppose certains risques, que vous connaissez aussi. Si vous parlez à quelqu'un de ma génération, vous verrez que, ce que nous gardons à l'esprit, c'est Tchernobyl et ses torts environnementaux irrécupérables. Demander un allégement des évaluations d'impact, à mon avis, n'est pas une bonne idée. Je vous le dis en tant que politicien. Je pense que vous allez voir une levée de boucliers plus importante que le gain que vous allez faire.
Pourquoi est-ce que je pense ça? Vous avez peut-être vu, comme moi, la récente décision qu'une juge a rendue quant à la gestion des déchets à Chalk River. Lorsqu'il est question d'énergie nucléaire, les gens n'ont pas les connaissances techniques, mais ils ont quand même des réticences, parce que le nucléaire peut supposer des répercussions environnementales considérables sur la santé des gens.
À mon avis, venir devant un comité de la Chambre des communes et demander un allégement des évaluations d'impact n'est pas judicieux, du point de vue des communications. Il est possible de trouver des aménagements, mais il reste que, dans l'esprit d'une majorité de personnes au sein de la population, un danger est associé à l'énergie nucléaire.
Je vous dis ça de façon tout à fait amicale. Tout ce que nous cherchons ici, c'est de nous assurer que le Canada et le Québec sont viables sur le plan énergétique. Si on veut aller de l'avant et donner cours à certains projets, qui ne se feront peut-être pas au Québec s'il s'agit du nucléaire, il faut y réfléchir. C'est dans l'intérêt collectif. Or, je le dis dans l'intérêt collectif aussi, je ne pense pas que ce soit une bonne avenue pour vous que de demander une réduction des évaluations d'impact.
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D'accord. Je vous présentais la chose comme je l'avais comprise.
J'aimerais revenir sur un deuxième élément.
Des programmes fédéraux permettent d'obtenir des allégements fiscaux et certains crédits d'impôt. Or, quand je regarde la distinction entre les coûts d'un projet nucléaire et ceux d'un projet d'énergie intermittente, qu'il s'agisse d'énergie éolienne ou d'énergie solaire, je vois une disproportion énorme. Ça veut dire que, au bout du compte, la disproportion du crédit d'impôt est énorme aussi.
Si vous disiez qu'une compagnie comme Hydro‑Québec pouvait avoir un crédit d'impôt pour la construction d'un barrage, ça représenterait des coûts gigantesques. C'est un mauvais exemple, puisque Hydro‑Québec ne paie pas d'impôt au gouvernement fédéral, mais c'est pour vous dire que ce sont des proportions énormes.
Si on accorde ces mêmes avantages à des projets nucléaires, ça risque d'accaparer de l'argent public de façon considérable. J'ai donc une petite réticence à cet égard, d'autant plus qu'on sait que les projets éoliens et solaires qui ont des stratégies de stockage par batteries avancent très rapidement.
Est-ce que nous devons mettre toutes nos ressources dans le même panier, en l'occurrence le panier du nucléaire?
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Devrions-nous aller en ce sens? Eh bien, cela va dépendre en grande partie des résultats d'une analyse de rentabilisation.
Je rappelle que Cameco est une société cotée en bourse. Comme je l'ai indiqué dans mon intervention, nous disposons d'une technologie liée à l'uranium que nous nous efforçons actuellement de mettre en place.
L'enrichissement de l'uranium ne verra le jour au Canada que s'il existe une analyse de rentabilité justifiant cette activité, et cette analyse repose sur la construction d'un nombre important de réacteurs à eau ordinaire sur notre territoire. Même dans ce cas, je dirais qu'il s'agit d'un projet d'enrichissement à long terme. Le gouvernement fédéral devrait déployer des efforts considérables pour apporter les modifications nécessaires aux politiques, à la réglementation, et aux traités afin que le pays puisse se lancer dans l'enrichissement de l'uranium. La complexité du processus ne devrait pas nous décourager, et après tout, le Canada est déjà parvenu à déployer de multiples réacteurs à eau ordinaire.
Comme je l'ai dit, nous disposons de capacités d'enrichissement de l'uranium auprès de partenaires fiables en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, et aux États-Unis. D'ailleurs, Cameco collabore au quotidien avec des entreprises étrangères d'enrichissement de l'uranium dans le cadre de ses activités commerciales.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Christidis, je suis désolé, je ne voulais pas vous bousculer tout à l'heure. Je demeure quand même perplexe lorsqu'il est question d'énergie nucléaire.
J'ai cherché tantôt une étude qu'on nous avait déjà présentée lors d'une séance du Comité. Je pense que c'est une étude réalisée par Hatch. Je n'ai pas retrouvé l'étude, mais, dans de vieilles notes que j'avais, j'ai vu que le coût de l'énergie solaire est de 2,5 à 10 ¢ par kilowattheure; pour l'énergie éolienne, c'est de 3 à 12 ¢ du kilowattheure; pour l'énergie hydroélectrique, c'est de 3 à 10 ¢ du kilowattheure. Or, dans le cas de l'énergie nucléaire, on parle de 10 à 22 ¢ du kilowattheure. C'est donc un investissement quand même assez important dès le départ, et c'est sans compter la gestion des déchets.
Je sais qu'il y a des défis concernant les sources d'énergie intermittentes comme l'énergie solaire et l'énergie éolienne, mais les capacités de stockage avancent quand même assez rapidement. Les Chinois sont d'ailleurs en train d'en faire la démonstration.
Je comprends ce que vous me dites à propos des emplois, mais, à long terme, est-ce que l'investissement dans le nucléaire en vaut la peine?
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Nous pouvons vous faire part en détail de nos points de vue qui sont tout ce qu'il y a de plus clairs concernant la réglementation.
Dans l'ensemble, il faut que toutes les industries, dans leurs cadres réglementaires respectifs, puissent bien comprendre le processus à suivre, les échéanciers à respecter, la nécessité de réduire les chevauchements et l'importance accordée à la sécurité. Dans cet environnement où, il faut bien le dire, il existe un besoin criant d'industrialisation, d'emplois et d'investissements, le régime réglementaire sera très important pour attirer des investissements et atteindre ces objectifs climatiques, énergétiques et sociaux.
C'est une tendance mondiale suivant laquelle tous les régimes de réglementation, que ce soit en Europe, au Royaume‑Uni, aux États‑Unis ou en Asie, tiennent compte d'une combinaison de ces facteurs pour atteindre de multiples objectifs.
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Excusez-moi, madame la présidente. Puis‑je avoir 30 secondes?
Monsieur Malette, si vous me le permettez, je vais présenter les choses le plus simplement possible. La Commission canadienne de sûreté nucléaire est une autorité de calibre mondial. Auparavant, c'est elle qui effectuait ces évaluations. On devrait lui permettre de le faire à nouveau. La Commission est l'organisme de réglementation du cycle de vie qui convient pour le nucléaire.
Il est tout à fait logique que le Comité et le gouvernement envisagent un regroupement du point de vue de la réglementation, car, premièrement, la réglementation du cycle de vie et les transitions harmonieuses sont extrêmement importantes dans ce contexte et, deuxièmement, il faut éviter autant que possible le dédoublement des efforts en la matière.
Pour revenir au premier point, la Commission canadienne de sûreté nucléaire devrait être l'organisme de réglementation du cycle de vie du nucléaire.
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Tout à fait, madame la présidente. J'aimerais beaucoup que cette information soit envoyée au Comité.
C'est drôle, parce que je suis plus vieux que mon collègue du Bloc québécois, et j'ai plus d'images en tête que celles de l'accident à Tchernobyl. Je sais que l'énergie nucléaire est utilisée partout dans le monde. Il s'agit d'un accident lié à une technologie utilisée par un certain pays. Je sais que vous offrez des technologies beaucoup plus sécuritaires pour les Canadiens. C'est vrai pour l'ensemble d'entre vous.
Les derniers sondages que j'ai vus indiquent que la population canadienne et la population québécoise sont de plus en plus ouvertes à l'énergie nucléaire. Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour encourager les Canadiens à voir l'énergie nucléaire pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une source d'énergie propre? Vous l'avez tous mentionné, il s'agit d'une source d'énergie prévisible, durable et à faible émission, à un moment où nous essayons de réduire nos émissions. Alors, qu'est-ce qui pourrait être fait de plus, que ce soit par vous, par le gouvernement ou par nous tous ensemble?
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J'estime que l'opinion publique à ce sujet a davantage évolué que ce que vous pouvez croire. Ainsi, les jeunes de la nouvelle génération n'hésiteront pas à mettre le nucléaire de l'avant pour lutter contre les changements climatiques. Nous constatons une augmentation importante du nombre de personnes qui s'interrogent sur le rôle que peut jouer le nucléaire dans la lutte contre les changements climatiques... mais aussi dans la création d'emplois et les investissements. Je dois dire que le bilan de sécurité de l'industrie canadienne permet d'envisager avec beaucoup de confiance la mise en œuvre de cette solution.
Je sais qu'on parle souvent de Tchernobyl, ce qui est tout à fait compréhensible. Cependant, il est question ici d'une technologie désuète mise en service par un régime soviétique obsolète dont les mécanismes de réglementation avaient été abolis. Tout cela n'a rien à voir avec ce qui se fait actuellement.
Si vous me permettez de vous en dire un peu plus, j'aimerais souligner que le Japon est en train d'élargir la portée de son bouquet énergétique nucléaire. Je vous parle bel et bien du Japon, un pays qui a vécu une expérience très difficile avec le nucléaire, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui se rend maintenant compte qu'il a absolument besoin des technologies nucléaires pour atteindre ses objectifs en matière de climat, de sécurité énergétique et d'innovation.
Je vais m'arrêter ici, mais ce serait ma réponse à cette question.
Monsieur Austin, la question que je vais vous poser sera probablement ma dernière, étant donné le temps qu'il me reste.
En tant que secrétaire parlementaire, je passe beaucoup de mon temps auprès de l'industrie minière. Je sais que, comme vous l'avez dit tout à l'heure, Cameco est un grand producteur d'uranium.
D'une part, quels sont vos défis?
D'autre part, quelles sont les occasions que vous avez d'en faire encore plus ou de faire les choses mieux?
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Je ne sais pas trop si je dois vous remercier.
Quelles possibilités s'offrent à nous et quelles difficultés devrons-nous surmonter? Commençons par les possibilités qui sont exactement celles que mes deux collègues et moi-même vous avons fait miroiter aujourd'hui. L'avenir de l'énergie nucléaire au Canada est extrêmement prometteur. Il en va de même à l'échelle de la planète, et le Canada est bien placé pour en tirer parti.
Nous avons une chaîne d'approvisionnement pleinement fonctionnelle en minéraux critiques et en uranium à valeur ajoutée. Ce sont des ressources que nous avons ici même, au Canada. Nous avons de nombreuses technologies appartenant à des Canadiens que nous pouvons exporter dans le monde entier. Toutes ces technologies auront besoin d'uranium, et c'est de l'uranium que Cameco extrait en abondance dans le Nord de la Saskatchewan. C'est une occasion en or.
Quelles difficultés se dressent devant nous? Mes collègues et moi-même vous en avons parlé aujourd'hui. Il y a d'abord la main-d'œuvre. Comment allons-nous former les gens dont nous avons besoin pour extraire l'uranium de manière efficace et efficiente? Cameco a la chance d'avoir d'excellentes relations avec ses partenaires autochtones du Nord de la Saskatchewan. Ils veulent travailler dans nos mines. Leurs entreprises veulent soutenir nos activités minières. Nous sommes le plus grand employeur industriel d'Autochtones au pays. Comment pouvons-nous tirer parti de cette population qui est intéressée et disposée à travailler et à vivre dans le Nord, où elle réside d'ores et déjà?
Outre la main-d'œuvre, il y a la question de l'infrastructure du Nord. Lorsque le gouvernement fédéral parle de soutenir le Nord, il pense le plus souvent à la région située au nord du 60e parallèle. Il y a une bande d'intense activité économique juste au sud du 60e parallèle, là où se trouve la majorité de nos mines d'uranium. Nous avons besoin de routes, d'autoroutes et d'infrastructures pour transporter cette ressource, d'autant plus que nous allons devoir le faire en quantité nettement plus élevée. Comment allons-nous faire passer cette ressource du Nord de la Saskatchewan à l'Ontario, avant de l'expédier vers le reste du monde?
Ce sont les deux points que je soulignerais.
Je remercie tous les témoins de leur présence aujourd'hui.
Je remercie tous les députés de leurs questions qui nous ont permis d'entendre ces importantes réponses.
Nous vous rappelons de bien vouloir effectuer un suivi en nous transmettant par écrit tout complément d'information pouvant nous être utile.
Chers collègues, c'est tout le temps que nous avons aujourd'hui avec ce groupe de témoins.
Je dois rappeler à tout le monde que notre prochaine réunion aura lieu le mardi 9 juin. Nous tiendrons alors une rencontre informelle d'une heure avec le comité britannique sur la sécurité énergétique et la carboneutralité, avant de reprendre l'étude en cours pendant la deuxième heure de séance. Veuillez également noter que les analystes auront besoin de vos recommandations pour le rapport sur l'exportation de l'énergie avant que la Chambre n'ajourne ses travaux pour l'été.
Merci à tout notre personnel de soutien, aux interprètes, aux greffiers et aux analystes, et merci de la patience de tout le monde face aux difficultés techniques que nous avons connues.
Monsieur le secrétaire parlementaire, nous vous écoutons.