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Chers collègues, je déclare la séance ouverte.
Je commencerai, comme à notre habitude, par rappeler que nous nous réunissons sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Bienvenue à la 40e réunion du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes. La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride.
Je rappelle aux participants les points suivants. Avant d'intervenir, veuillez attendre que je vous donne la parole. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro, et veuillez l'éteindre lorsque vous ne parlez pas.
Je tiens à rappeler aux témoins que les membres du Comité peuvent poser des questions en anglais ou en français. Si vous avez besoin d'interprétation, veuillez prendre un moment maintenant pour préparer votre oreillette et sélectionner à l'avance le canal d'écoute dont vous avez besoin, afin de profiter pleinement du temps alloué aux questions et réponses.
Pour les membres participant en personne ou via Zoom, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole. Le greffier du Comité et moi-même ferons de notre mieux pour respecter un ordre de parole cohérent. Pour rappel, toutes les interventions doivent être adressées à la présidence.
Conformément au paragraphe 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 23 avril, le Comité reprend son étude sur l'électrification, l'autonomie énergétique et la sécurité énergétique intérieure du Canada.
Je souhaite la bienvenue à notre témoin. Nous en avons un pour cette première heure et deux pour la deuxième, chers collègues. Du Pembina Institute, nous accueillons Kevin Lockhart, directeur du secteur des bâtiments. Il se joint à nous, bien sûr, par vidéoconférence. Il a passé le test d'intégration obligatoire pour les témoins.
Monsieur Lockhart, vous disposerez de cinq minutes pour votre déclaration liminaire, après quoi nous passerons aux questions et aux commentaires.
Bienvenue.
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Bonjour, et merci de me donner l'occasion de vous faire part du point de vue du Pembina Institute sur l'électrification, l'autonomie énergétique et la sécurité énergétique intérieure du Canada.
En 2026, dans un contexte de marchés énergétiques et de politique mondiale de plus en plus instables, devenir une superpuissance énergétique signifie fournir l'électricité la plus propre et la plus rentable possible afin d'attirer les investissements et de stimuler la croissance économique et la compétitivité. Les analyses de rentabilisation en faveur d'investissements dans les systèmes énergétiques canadiens sont de plus en plus solides grâce à la gestion de la demande et à l'efficacité énergétique, à la modernisation et à l'extension du réseau, ainsi qu'au développement continu de l'électricité propre distribuée et à grande échelle.
Le Canada possède une longue tradition de production d'électricité propre et bénéficie d'un point de départ compétitif par rapport à d'autres pays. Nous pouvons nous appuyer sur ces atouts pour assurer notre croissance. L'électricité est au cœur de la transformation de notre économie nationale et d'un environnement durable. Elle contribuera à rendre l'énergie plus abordable, à renforcer la résilience économique et à lutter contre le changement climatique. Aujourd'hui, le système énergétique canadien repose sur l'offre d'énergie, la demande d'énergie et le flux d'électrons, de la production à l'utilisation finale.
À l'avenir, l'ambition du Canada en tant que superpuissance énergétique signifie que nous devons optimiser l'utilisation des infrastructures existantes, mais aussi tirer parti de l'efficacité énergétique, des ressources énergétiques distribuées, du stockage local d'énergie et des technologies de réponse à la demande, qui contribuent tous à équilibrer les exigences de croissance de la charge et l'expansion rentable du réseau.
C'est le gouvernement fédéral qui est le mieux placé pour créer les conditions de marché qui encourageront les investissements dans un marché intégré pour les bâtiments écoénergétiques, les véhicules électriques et les procédés industriels.
Le Pembina Institute souhaite encourager le gouvernement du Canada à veiller à ce que sa stratégie en matière d'électricité tienne compte de l'ensemble du système énergétique canadien. Cela commence par mettre l'accent sur l'efficacité énergétique et l'utilisation efficace des ressources énergétiques. Les investissements dans le logement, par l'entremise de programmes tels que Maisons Canada, le Fonds pour bâtir des collectivités fortes et le catalogue de conception de logements, peuvent être mis à profit pour promouvoir des codes du bâtiment ambitieux et des niveaux élevés d'efficacité énergétique qui contribueront à réduire le gaspillage d'énergie et les émissions, tout en garantissant la stabilité des coûts des services publics et en offrant des conditions de vie plus sûres, plus saines et plus résilientes.
Comme l'indique l'une des recommandations du Conseil consultatif canadien de l'électricité:
Aligner les investissements fédéraux dans le logement sur les normes écoénergétiques les plus strictes [...] Ces deux mesures sont essentielles pour garantir que les solutions à la crise du logement n'entraînent pas, directement ou par le biais des tarifs de l'électricité, des factures d'énergie trop élevées pour les ménages nouveaux et existants.
Le gouvernement peut également contribuer à développer les marchés grâce à l'électrification des secteurs clés. Une économie canadienne électrifiée peut tirer parti des bâtiments, des transports et des processus industriels comme une occasion de renforcer la nation en matière de croissance économique, d'abordabilité et d'action climatique. Cela permettra de maintenir les coûts énergétiques tout en doublant les réseaux électriques du pays pour répondre à la demande croissante. Ensemble, ces secteurs peuvent soutenir une stratégie industrielle « faite au Canada » et créer des occasions en matière de chaîne d'approvisionnement et d'exportation pour les secteurs du bâtiment et de l'automobile, ainsi que pour les technologies de réseau et les minéraux critiques.
Il est nécessaire d'assurer stabilité et flexibilité grâce à des ressources intégrées. Des programmes tels que le Programme des énergies renouvelables intelligentes et de trajectoires d'électrification, le volet Soutien aux services publics et le Programme des installations industrielles et manufacturières vertes ont déjà contribué à relever les occasions d'intégrer des technologies émergentes, telles que les services de recharge de véhicules à réseau, tant dans les bâtiments que dans les espaces industriels.
Le fait de continuer à soutenir ces programmes peut favoriser l'adoption de technologies similaires, susceptibles d'améliorer la résilience du système et d'offrir une stabilité ainsi qu'un rempart flexible contre les perturbations liées aux conditions météorologiques ou aux cyberattaques, permettant ainsi aux services publics de puiser dans des ressources résilientes en cas de besoin critique.
Nous devons continuer à bâtir et à soutenir notre main-d'œuvre. La mise en place d'un système d'énergie propre d'ici 2050 pourrait générer jusqu'à 10 millions d'emplois-années dans le secteur de la construction. Parallèlement, le Canada est confronté à des pénuries de main-d'œuvre persistantes. En plaçant les travailleurs au cœur de ces plans, nous pouvons garantir que les emplois créés sont de haute qualité, accessibles et capables de soutenir les travailleurs et les communautés pendant une période de changements économiques importants.
Enfin, et ce point est essentiel, nous devons renforcer le leadership autochtone. Le Canada a réalisé d'importants progrès pour assurer la stabilité énergétique dans les communautés canadiennes isolées. Un soutien prévisible à long terme peut garantir que ces communautés continuent de se tourner vers un avenir fondé sur l'énergie propre. Nous espérons voir le gouvernement fédéral continuer à promouvoir et à accélérer le leadership autochtone dans les projets d'électricité propre, les partenariats et les possibilités en matière d'équité.
Sur ce, merci de m'avoir donné l'occasion de m'exprimer. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Comme nous pouvons le constater — et je vais prendre l’exemple des bâtiments, puisque c’est mon domaine de compétence —, en créant un système intégré composé de bâtiments, de systèmes de transport et de processus industriels et en y intégrant des ressources énergétiques, le bâtiment peut servir de support à l’électrification et d’hôte pour les ressources d’électrification. Pour ce faire, la première étape consiste à améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment et à réduire sa demande énergétique, ce qui passe soit par la construction de nouveaux bâtiments à haut rendement énergétique, soit par la rénovation des bâtiments existants. Compte tenu de l’état de notre parc immobilier — dans lequel bon nombre des bâtiments que nous possédons aujourd’hui seront encore debout en 2050 —, ces travaux de rénovation revêtent une importance considérable.
Il y a également le développement et la mise en œuvre de ressources énergétiques. Il pourrait s'agir, par exemple, d'une combinaison d'énergie solaire ou d'autres énergies renouvelables associées à des accumulateurs électriques. Outre le fait que ces équipements offrent une grande souplesse et une bonne stabilité, ils génèrent des emplois, non seulement dans ce domaine, mais aussi dans celui de l'innovation liée à ces technologies, comme les systèmes de contrôle intelligents.
Notre travail nous a permis de constater que le Canada dispose de tous les atouts nécessaires pour développer des voies d'innovation et créer des possibilités d'exportation.
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Merci, monsieur le président. Je remercie également nos témoins de leur présence.
Notre étude porte à la fois sur la sécurité énergétique et, plus précisément, sur les perspectives qui existent dans le secteur de l’électricité. Nous savons que notre avenir énergétique est un avenir électrique. L’électrification constitue un élément important de l’autosuffisance énergétique. Dans cette optique, nous souhaitons également que cet avenir soit abordable. J’ai aimé les observations que M. Malette a formulées à cet égard. J'estime que c’est un aspect que notre comité ne doit jamais perdre de vue, afin de ne pas se retrouver en décalage par rapport aux citoyens et à leur quotidien.
Vous avez évoqué un système intégré, en précisant qu’il ne se limitait pas au transport, qu'il englobait aussi la distribution, ainsi que des ressources et des actifs. Vous avez notamment mentionné des accumulateurs décentralisés, et ces termes ont retenu mon attention. Pourriez-vous nous en dire davantage sur la technologie des accumulateurs, son état actuel et la façon dont vous envisagez cet avenir décentralisé?
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Pour en revenir aux observations formulées par M. Malette au sujet de l'abordabilité, y a‑t‑il également des occasions dans ce domaine pour les consommateurs? On entend souvent dire que les réseaux électriques sont conçus pour faire face à ces périodes de pointe et que leur entretien coûte cher; par conséquent, ce mégawattheure supplémentaire risque parfois de poser des problèmes.
Comme vous l’avez déjà mentionné, un nombre de plus en plus important de gens possèdent, dans leur garage, un véhicule électrique équipé d’une batterie. À l’heure actuelle, une batterie de véhicule électrique standard pourrait alimenter mon domicile pendant trois jours.
Je me demande simplement si ces technologies permettraient peut-être aux consommateurs de tirer profit de leur capacité de stockage pour revendre leur électricité au réseau pendant les périodes de pointe. Je pense bien sûr à ma province natale, l'Alberta, en particulier, où les tarifs en période de pointe peuvent être plutôt attrayants.
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Je ne comptais pas poser de questions sur ce sujet, mais je vais revenir un instant sur la question posée par mon collègue M. Hogan.
À l'occasion d'une discussion avec des représentants d'Hydro‑Québec, j'ai compris qu'il est possible pour des clients industriels de renvoyer dans le réseau l'excédent qu'ils n'ont pas consommé, lorsqu'ils diminuent la consommation de leurs activités. Cependant, ce n'est pas possible pour des clients résidentiels de le faire, en raison de considérations techniques et sécuritaires.
Je ne sais pas si vous avez ce type d'information, mais, juste pour donner un autre éclairage, j'aimerais que vous nous donniez votre point de vue là-dessus.
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Je suis d'accord avec vous. Selon moi, sur le plan technique, il y a une distinction à faire quant à la possibilité de repousser de l'énergie dans le réseau. Je pense que, pour ce qui est des maisons et des ménages, il faut plutôt penser à des formes d'efficacité énergétique.
Le plan d'Hydro‑Québec à cet effet est quand même assez bien développé. D'ici 2035 — cette date m'a étonné, alors j'ai posé la question pour savoir si c'était véritablement en 2035, et on m'a dit que c'était le cas —, on pense pouvoir récupérer de 1 600 à 1 800 mégawatts à l'aide de l'efficacité énergétique et des programmes qui permettent de faire de la gestion de pointe. C'est un potentiel énorme, qui pourrait être réalisé à l'aide d'équipements plus performants et d'investissements dans le domaine des thermopompes pour en accroître l'efficacité.
Je sais que le gouvernement du Québec a déjà ce plan en place, et je sais que l'électrification ne se développe pas de la même façon dans l'ensemble du pays. Le Québec a déjà un plan, qui sera complété d'ici 2035. De votre côté, vous avez peut-être une vision plus pancanadienne.
D'autres provinces ont-elles déjà fait des projections?
Il y aura une loi fédérale sur l'efficacité énergétique qui, je l'espère, n'empiétera pas sur les champs de compétence.
Est-ce que les autres provinces sont déjà prêtes à mettre en place ce type de solution en matière d'efficience énergétique?
Si vous avez des données à ce sujet, elles seraient intéressantes pour le Comité.
Je veux revenir là-dessus. Dans l'ensemble du bouquet énergétique du Québec, il y a 40 % d'hydroélectricité. Si on regarde l'ensemble du Canada, on constate que 17 % du bouquet énergétique est constitué d'électricité. On ne parle pas seulement d'hydroélectricité, on parle de tous les types d'électricité confondus.
La Chine a actuellement 32 % d'électricité dans son bouquet énergétique. Donc, vouloir doubler la part de l'électricité dans le bouquet énergétique canadien d'ici 2050, c'est rattraper la Chine d'aujourd'hui.
Pour vous, est-ce un objectif ambitieux, ou est-ce que, dans ce contexte, le gouvernement aurait pu fixer une cible plus imposante pour 2050?
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En ce qui concerne l'augmentation de la capacité de production d'électricité, deux éléments entrent en ligne de compte.
Premièrement, nous pouvons contribuer à compenser ces besoins en matière de capacité de production d'électricité grâce à divers programmes d'efficacité énergétique, comme des rénovations de bâtiments, des mesures d'efficacité énergétique ou d'autres initiatives, ou grâce à des ressources distribuées. Nous pouvons ensuite nous appuyer sur ces solutions pour répondre à ces besoins et nous concentrer véritablement sur les collectivités locales grâce à ces mesures.
D'un autre côté, nous pouvons intégrer ces ressources distribuées à nos sources de production. Je précise une fois de plus qu'il ne s'agit pas uniquement d'énergies renouvelables, par exemple. Il s'agit aussi de la production locale associée au stockage par batterie. Ce stockage par batterie contribue à réduire la nécessité d'ajouter des ressources, en particulier des centrales pour répondre aux périodes de pointe, dont les taux d'émissions sont habituellement élevés. Ce faisant, nous contrebalançons la nécessité de construire de nouvelles infrastructures, nous réduisons le coût des nouvelles infrastructures nécessaires, et nous réalisons des économies en matière d'émissions.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Lockhart, dans votre déclaration liminaire, vous avez parlé du potentiel de création d'emplois dans le domaine de l'électrification.
Au début de cette étude, notre comité a reçu M. Normand Mousseau, de l'Institut de l'énergie Trottier. Il nous a parlé de la chaîne de valeur qui devait être associée à l'électrification, et, surtout, du fait que le Canada n'a pas suffisamment insisté pour s'inscrire dans le développement de cette chaîne de valeur.
Une thermopompe qu'on achète aujourd'hui, même si elle a le symbole d'une entreprise canadienne, a probablement été faite en Chine. C'est la même chose pour les stratégies de stockage.
Avez-vous des données ou de l'information sur les secteurs d'activité qu'il serait important ou intéressant de mettre en priorité et de développer, tant sur le plan de l'efficacité des bâtiments que de façon plus large?
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Merci, monsieur le président.
Je reviens au thème de l'intelligence artificielle et des centres de données pour l'intelligence artificielle.
Dans votre déclaration liminaire, vous avez dit que le Canada se dirige vers une économie électrifiée, que nous devons doubler le réseau électrique national tant pour la production que pour la distribution, et que l'électrification de l'économie canadienne créera des débouchés importants dans l'industrie, les transports et le secteur du bâtiment.
On parle de souveraineté énergétique, et cela comprend notre souveraineté industrielle ou économique. Considérant que le Canada vient d'annoncer la Stratégie du Canada sur la puissance de calcul souveraine pour l'intelligence artificielle et que les systèmes d'intelligence artificielle font partie intégrante de l'économie canadienne et continueront d'en faire partie — ce qui suppose d'importants besoins en électricité pour les centres de données destinés à cette capacité de calcul d'intelligence artificielle au Canada —, quelles pratiques exemplaires pourraient être nécessaires pour répondre aux besoins en électricité des centres de données? Comment pouvons-nous veiller à ce que le Canada effectue la transition vers l'énergie la plus propre et la plus efficace au monde pour la souveraineté de notre économie?
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Merci. C'est une question intéressante.
Lorsque je travaillais à la Ville de Hamilton, nous avons tenté d'introduire des exigences en matière de construction adaptées aux véhicules électriques. Il y a eu une résistance plutôt forte, principalement de la part des services publics, ce qui est assez surprenant, car ils n'étaient pas certains de pouvoir satisfaire à la demande en électricité.
À ce sujet, nous avons la Stratégie nationale d'électrification, qui vient d'être annoncée. Selon vous, quel élément de la stratégie pourrait‑on accélérer afin que le Canada soit un chef de file et puisse fournir la quantité d'énergie qui sera requise à l'avenir?
Chers collègues, c'est ainsi que se termine cette partie avec notre premier groupe de témoins.
Puis‑je remercier M. Lockhart en votre nom?
Monsieur Lockhart, vous avez eu toute notre attention pendant l'heure complète. Habituellement, nous accueillons plus d'un témoin, alors je vous remercie de votre témoignage. Comme nous le disons toujours, nous sommes disposés à recevoir plus de renseignements, un mémoire, si vous voulez transmettre cela au Comité.
Sur ce, chers collègues, je vais suspendre la séance. Nous allons accueillir sous peu les autres témoins en ligne. Nous allons faire une pause de cinq à sept minutes.
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Chers collègues, nous reprenons nos travaux.
De toute évidence, le voyage en Scandinavie était un bon voyage. Nos trois membres se sont donné des surnoms, ce qui est agréable à entendre.
Permettez-moi de souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres du Comité. Messieurs Strauss, Au et Baber, c'est un plaisir de vous voir. Certains d'entre vous auront l'occasion de prendre la parole sous peu.
Permettez-moi de souhaiter la bienvenue à nos deux témoins pour la prochaine heure.
De l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable, nous accueillons M. Luis Calzado, directeur général. D'IDEA Contrôle, nous accueillons M. Martin Tremblay, qui est directeur du développement des affaires.
Tous les témoins qui comparaissent à distance ont effectué les tests requis.
J'ai quelques observations à l'intention de nos témoins. Les membres du Comité peuvent poser leurs questions en anglais ou en français. Si vous avez besoin de l'interprétation, veuillez prendre un moment maintenant pour préparer votre oreillette et sélectionner le canal d'écoute dont vous aurez besoin à l'avance afin que nous puissions profiter au maximum du temps réservé aux questions et réponses. Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Vous aurez chacun cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux séries de questions.
Monsieur Calzado, nous allons commencer par vous, puis ce sera au tour de M. Tremblay.
Monsieur Calzado, vous avez la parole.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre de commune, je vous remercie de me recevoir aujourd'hui.
Je m'appelle Luis Calzado. Je suis président-directeur général de l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable, ou AQPER.
L'AQPER représente des acteurs des filières éoliennes, solaires et d'autres partenaires industriels de l'écosystème énergétique. Notre rôle est de mobiliser l'expertise du secteur et de contribuer de façon concrète à la transition énergétique, à la décarbonation et à l'économie de la sécurité énergétique du Québec et du Canada.
Au Québec, malgré une électricité presque entièrement renouvelable, les énergies fossiles représentent encore 50 % de la consommation, ce qui accentue les besoins en électrification. Hydro-Québec prévoit d'ailleurs une croissance de 35 % de la demande d'ici 2035, et une hausse de 50 % d'ici 2050. À cela s'ajoute notre dépendance au marché externe. En raison des importations d'hydrocarbures, le Québec affiche une balance commerciale largement déficitaire dans le secteur de l'énergie, à hauteur de 3,5 milliards de dollars, malgré les exportations d'électricité vers les États‑Unis. Investir dans les énergies renouvelables, c'est donc investir dans un Canada économiquement fort.
Le Canada dispose d'un potentiel énergétique renouvelable encore largement sous-exploité. Le secteur de l'éolien illustre ce retard. Malgré ses excellents gisements, le pays produit moins que d'autres pays membres du G7. À titre de comparaison, les régions à fort potentiel des États‑Unis, notamment le Midwest et le Texas, produisent environ dix fois plus d'électricité que le Canada.
Le secteur de l'énergie renouvelable a des avantages. Les énergies renouvelables offrent des avantages déterminants dans un contexte de transition rapide. D'abord, leur déploiement est relativement court. Les projets peuvent être livrés en cinq ou six ans. Ensuite, leurs coûts sont compétitifs. Depuis 2010, le coût de l'énergie éolienne a diminué de 40 %, et celui de l'énergie solaire, de 90 %. Une autre baisse de 30 à 50 % est attendue d'ici 2035.
Par ailleurs, les retombées économiques et industrielles des énergies renouvelables sont considérables. On estime que l'activité économique générée par l'utilisation industrielle de 1 térawatt d'énergie électrique rendue possible par la production éolienne, solaire et hydraulique pourrait contribuer annuellement à plus de 250 millions de dollars du produit intérieur brut, ou PIB, réel au Québec. Cela correspond à la production annuelle d'environ 75 éoliennes. Les 11 000 mégawatts d'éolien prévus au Québec d'ici 2035 représentent 35 milliards de dollars en investissements, 18 milliards de dollars en valeur ajoutée, plus de 112 000 emplois à temps plein, 2,6 milliards de dollars en revenus fiscaux pour le Québec, et presque 1 milliard de dollars pour le gouvernement du Canada.
Dans un contexte où la demande mondiale continue d'augmenter, notamment dans l'éolien et le solaire, le Canada et le Québec ont l'occasion de bâtir une grappe industrielle forte. Pour réussir la transition énergétique et l'électrification partout au pays, il sera essentiel que les autorités publiques jouent un rôle de premier plan dans l'affrontement de certains défis structurants.
Le premier défi, c'est celui de la capacité du réseau de transport et de distribution. La vitesse à laquelle nous pourrons développer des énergies renouvelables dépend directement de la capacité des réseaux à les intégrer. Des investissements majeurs sont urgents au Québec comme ailleurs au Canada. La décision d'Hydro-Québec d'investir 10 milliards de dollars pour renforcer son réseau de transport par l'ajout de postes électriques et de lignes à haute tension sur trois grands axes est certainement un pas dans la bonne direction. Les producteurs ont besoin de prévisibilité quant à l'évolution du réseau, afin de pouvoir planifier et optimiser le développement de nouveaux projets.
Le deuxième défi est de nature réglementaire. Le délai et la complicité des processus d'approbation représentent un défi majeur pour l'atteinte des objectifs d'électrification et de décarbonation. Nous appelons tous les paliers de gouvernement à accélérer le processus d'autorisation et à optimiser la réglementation applicable au projet d'énergie renouvelable.
Le troisième défi concerne la main-d'œuvre qualifiée, qui devra être suffisante. Sans cette capacité et sans coordination, nous connaîtrons des retards et des hausses de coûts, et nous raterons des occasions économiques.
En conclusion, les orientations mises en avant dans la Stratégie nationale de l'électrification vont dans la bonne direction et permettront de relever plusieurs des défis que nous venons de soulever. Nous croyons notamment qu'il est essentiel de maintenir un appui soutenu aux investissements dans la production, le transport et la distribution d'électricité, afin d'accroître l'offre énergétique du pays. Nous saluons également la volonté d'accélérer et de simplifier le processus d'autorisation, un levier incontournable pour réaliser les projets dans les délais requis.
La prévisibilité des politiques publiques et la stabilité du cadre réglementaire seront tout aussi importantes pour attirer les investissements privés nécessaires au développement des infrastructures énergétiques. Enfin, les efforts visant à former et à mobiliser la main-d'œuvre qualifiée devront demeurer une priorité afin de soutenir le développement requis.
J'aimerais conclure ma présentation en affirmant que, investir dans l'électricité, c'est investir dans l'économie canadienne. C'est un choix économiquement rationnel, et non seulement une obligation environnementale.
Je vous remercie de votre attention. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
Membres du Comité, je vous remercie de me donner cette occasion de comparaître aujourd'hui devant vous et de vous expliquer notre vision de la gestion optimale de l'énergie électrique.
IDEA Contrôle est un manufacturier canadien. Nous travaillons au service de la gestion de la puissance électrique du côté industriel depuis 2009. Nous sommes des équipementiers, et nous soutenons le marché industriel quant à ses besoins relatifs à la gestion des pointes électriques, mais aussi quant à ses projets de décarbonation. Nous gérons aussi sa stratégie pour soutenir le réseau de distribution lors de périodes hivernales, que l'on appelle au Québec la gestion de la demande de puissance, ou GDP. Nous sommes donc des fabricants de stockage d'énergie électrique et de contrôle avec des stratégies et des algorithmes d'intelligence artificielle pour maximiser la gestion énergétique.
Mes remarques d'aujourd'hui porteront sur trois points.
Le premier point, c'est la tendance en matière de capacité disponible des réseaux depuis notre création en 2009. C'est évident, la demande de puissance électrique sur les réseaux de chaque province est en continuelle croissance. La volonté de décarboner et d'électrifier les transports a un effet important sur la capacité des réseaux, et elle ajoute beaucoup de pression lors des fortes demandes de puissance. On parle même de pénurie de puissance électrique disponible pour des nouveaux projets industriels. Les innovations techniques depuis 2009 pour aider le réseau se sont souvent résumées à acheter de la puissance de nos voisins en période de pointe. Les innovations techniques ont été quand même très peu présentes en ce qui a trait à la gestion de la pointe du réseau.
Le deuxième point dont je veux discuter avec vous, c'est l'importance d'aider l'industrie quant à sa gestion de la demande de puissance journalière et à sa participation aux événements réseau. Nos réseaux ont des idées de solutions très axées sur la production d'énergie. Les producteurs d'électricité parlent de l'idée d'ajouter de la production d'énergie électrique pour solutionner le problème de manque de puissance. On parle d'ajout d'énergie éolienne, de panneaux solaires, et même de batteries.
Vous le savez, la stratégie de stockage d'énergie est une solution logique pour les réseaux. Par exemple, en Ontario, dernièrement, on a mis en place une installation pouvant fournir une puissance de 250 mégawatts pour répondre aux pointes journalières du réseau. Nous sommes persuadés que la solution ne doit pas nécessairement être planifiée du côté du réseau seulement. Nous devons régler le problème à la source, du côté du client, du côté industriel. C'est vraiment du côté du consommateur que le problème se crée, et nous devons l'aider à s'équiper pour contrôler la puissance électrique.
Dans une industrie où la demande de puissance enregistrée est une conséquence qui est facturable mensuellement, très peu de gestionnaires connaissent la mécanique de cette facturation. C'est donc encore moins facile pour eux de trouver des solutions pour diminuer cet effet. Il est difficile pour un gestionnaire industriel de contrôler sa demande de puissance de façon manuelle. Il faut absolument utiliser les technologies nécessaires pour aider ces industries. Cette logique de stockage d'énergie n'est pas seulement une logique pour le réseau, mais aussi pour le client industriel.
Je vous rappelle que nous ne sommes pas contre l'ajout de sources de production d'énergie pour solidifier les réseaux, au contraire, mais, dans cette équation, les entreprises sont laissées pour compte. Une autre solution doit s'ajouter aussi. Il s'agit d'aider les entreprises à s'équiper pour ce qui est de leur gestion de la puissance. Nous sommes convaincus du fait que, en solidifiant le côté du client industriel, nous solidifions aussi le réseau lors des pointes journalières.
Troisièmement, la solution de stockage d'énergie électrique avec l'intelligence artificielle dans nos industries est une alliance forte. Le stockage d'énergie et la gestion contrôlée par l'intelligence artificielle créent une synergie optimale entre le réseau et son client. Tous les mois, le stockage aide le client industriel à diminuer le montant de sa facture. Lors des pointes critiques du réseau, cette alliance doit être mise à contribution dans le réseau. Au lieu d'acheter de la puissance chez les voisins, il faut acheter cette puissance de délestage ou de stockage aux clients. Il y a une synergie entre l'aspect financier et la puissance.
Notre mission, chez IDEA Contrôle, est donc d'accélérer la rentabilité des projets de décarbonation pour les industriels et de sécuriser le réseau électrique en déployant nos capacités flexibles lors des périodes de forte demande du réseau.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Tremblay, vous savez que je suis un de vos admirateurs depuis que j'ai visité vos installations. Chaque député ici présent a déjà rencontré quelqu'un qui veut présenter un projet industriel et qui se fait inévitablement dire, en particulier au Québec, que, s'il n'a pas de bloc d'énergie, il lui sera difficile de recevoir du soutien des gouvernements parce que son projet s'en trouvera fragilisé. Vous offrez donc une solution à ce genre de problème. De plus, vous faites partie d'une grappe industrielle, d'une chaîne de valeur, qui se dessine et qu'on veut voir s'établir dans le secteur hydroélectrique.
Je vais arrêter de vous lancer des fleurs et je vais vous poser des questions. Il serait important que nous comprenions le principe, ou le défi que pose la gestion de la puissance électrique. Vous ne pourrez pas me répondre en cinq minutes, mais il serait important de fournir des documents à nos analystes pour que nous puissions intégrer dans notre rapport une section qui porte sur ce défi, que nous oublions trop souvent, afin de pouvoir expliquer ce qu'est le défi lié à la gestion de la puissance électrique.
Je donne un exemple que vous m'avez déjà fourni, soit celui d'un projet industriel présenté au Québec qui nécessitait plus de 5 mégawatts, pour lequel vous êtes parvenu à réduire la consommation en deçà du niveau établi. Par conséquent, on n'a pas eu besoin de demander l'acquisition d'un bloc d'énergie à Hydro‑Québec, et le projet a pu aller de l'avant grâce au système de stockage que vous avez offert au promoteur du projet.
J'aimerais que vous nous parliez de certaines applications précises, qui peuvent fonctionner dans le secteur industriel, mais qui peuvent aussi fonctionner, je crois, dans le secteur militaire. Vous avez d'ailleurs participé au salon CANSEC 2026 la semaine dernière.
Quant au secteur minier, dans le Nord, vous offrez peut-être des applications qui pourraient répondre aux besoins des communautés nordiques en région éloignée. Pouvez-vous nous parler des systèmes que vous vendez qui pourraient répondre à de tels besoins?
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Vous avez bien raison, IDEA Contrôle a travaillé à un nouveau projet d'usine qui exigeait initialement une capacité en puissance de plus de 5 mégawatts. Le promoteur de ce projet devait donc répondre automatiquement à un appel d'offres du gouvernement pour que cette capacité d'énergie lui soit accordée.
Souvent, le distributeur nous limite au poste électrique. Il est donc important de contrôler la puissance de ce poste.
Aujourd'hui, on est en train de construire l'usine, qui possède un stockage d'énergie limitant la demande de puissance à moins de 5 mégawatts. La puissance demandée initialement était pourtant supérieure à cette quantité d'énergie. Nous avons donc raccourci les délais de construction de cette usine en lui donnant le potentiel de puissance dont elle avait besoin dans un délai de six mois. Autrement, elle aurait été obligée d'attendre deux ans avant de recevoir l'autorisation d'acquérir le bloc d'énergie d'Hydro-Québec.
À l'extérieur du réseau, le stockage d'énergie stabilise effectivement les réseaux autonomes grâce à une meilleure gestion de la génératrice. On peut diminuer de 20 à 25 % la consommation de mazout d'une génératrice se trouvant dans un réseau isolé dans le Nord, simplement en appliquant une stratégie d'optimisation de la capacité de production de la génératrice. Donc, si la consommation de diésel diminue de 20 à 25 %, ça réduit la fréquence du transport de 25 fois, entre autres avantages. La logistique nécessaire au transport de cette énergie dans le Nord s'en trouve également allégée.
La batterie est un très bon complément à toutes les technologies, même à celles dont M. Calzado nous a parlé dans les secteurs des énergies éolienne et solaire. Pour l'énergie solaire, il ne faut pas oublier qu'à cause des nuages, le temps n'est pas toujours ensoleillé. De toutes les énergies renouvelables qui assurent une stabilité, c'est la batterie qui l'emporte, tant pour le réseau électrique que dans le secteur industriel.
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Comme l'a mentionné M. Tremblay, nous exploitons l'hydroélectricité au Québec depuis bien des années. Nous ne profitons pas au maximum de l'énergie éolienne, toutefois. Les premiers projets ont vu le jour il y a 20 ans. Pour l'instant, les éoliennes ne génèrent que 4 000 mégawatts, mais le Québec s'est fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir.
Quant à l'énergie solaire, nous avons établi des cibles à atteindre, mais les projets avancent lentement. Je pense qu'on peut être plus ambitieux. Bien des sources d'énergie peuvent s'inscrire dans la transition énergétique, mais cette transition ne doit pas être considérée comme une fin en soi. Elle peut également contribuer à notre économie.
Comme je l'ai indiqué, nous avons estimé le nombre d'emplois qui ont été créés par les éoliennes jusqu'à présent, ceux qui seront créés par la production de 4000 mégawatts de plus d'ici 2029, puis par les 11 000 mégawatts qui sont prévus d'ici 2035.
Les énergies renouvelables procurent donc des avantages économiques à la province. Elles peuvent également attirer de nouvelles entreprises au Québec et au Canada.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Tremblay, il va falloir mettre au clair la question de la gestion de la puissance électrique. Avec le soutien des analystes, nous vous enverrons peut-être quelques questions, parce que j'aimerais que ça se retrouve dans le rapport. C'est un angle mort dont on ne traite généralement pas quand on parle d'électrification.
Je m'adresse à la fois à vous, monsieur Calzado, et à vous, monsieur Tremblay. En réponse à une de mes questions, vous avez parlé de la possibilité d'étendre le crédit d'impôt à 50 %. Il existe un autre outil qui serait peut-être intéressant.
Dans le dernier budget, le gouvernement fédéral a prévu un amortissement accéléré pour les infrastructures gazières. Ça veut dire que, dans les trois premières années, vous pouvez déjà amortir 100 % des coûts des infrastructures que vous achetez.
Si on étendait cette mesure à la production d'électricité et aux technologies qui y sont associées, pour vous, cela vous permettrait-il, monsieur Tremblay, de vendre votre technologie et, dans le cas de l'AQPER, de voir vos membres développer plus de projets?
Qu'en serait-il si on avait la même configuration que le secteur gazier en matière d'amortissement accéléré?
Monsieur Calzado, vous avez une expertise qui couvre les initiatives en matière d'énergie propre, de stockage d'énergie, de production durable et d'électrification. Le transport de l'énergie fait partie de vos champs d'expertise.
Selon votre expérience, pouvez-vous me dire si, lors de l'acheminement de l'électricité vers des régions, comme au Québec ou dans le Nord de l'Ontario, où elle parcourra 300, 400, voire 500 km, il y a une perte d'énergie lors de ce transport? Pouvez-vous nous donner le pourcentage de mégawatts perdus?
On dit qu'il faut augmenter la production. Moi, je viens d'une région du Nord de l'Ontario, où se trouvent des villes comme Cochrane, Hearst, Chapleau et Timmins. Nous sommes de grands utilisateurs d'énergie en raison de nos usines de sciage, nos usines de contreplaqué et nos mines, qui sont de catégorie mondiale.
Comment pouvons-nous adapter nos stratégies en matière de gestion énergétique pour mieux servir ces communautés qui dépendent de l'énergie?
Que pouvons-nous faire pour l'avenir?
Plusieurs mines vont ouvrir dans les quatre ou cinq années qui viennent.
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Je vais vous donner un exemple.
Bien entendu, la gestion de la pointe est toujours un atout pour diminuer l'impact de ces industries sur le poste électrique de votre région. Je vous donne un exemple, justement, dans une région du Québec, où il y avait deux projets de décarbonation. Cependant, le poste électrique manquait de puissance, à ce moment-là, pour faire les deux projets en même temps. Donc, nous avons proposé des stratégies aux distributeurs, comprenant le stockage d'énergie. Nous avons été capables de faire les deux projets de décarbonation, même si ça ajoutait des charges électriques. Ça dépassait la puissance que le poste pouvait fournir. En installant une batterie à l'intérieur d'une des usines pour équilibrer sa demande de puissance et pour calibrer les deux usines devant un poste dont la puissance était limitée, nous avons réussi quand même à faire passer le projet.
Donc, la pointe de la demande de puissance ne se produit pas pendant des périodes qui sont longues. Elle se produit pendant de courtes périodes. Je vous dirais même qu'il pourrait y avoir une réunion de ces industries pour protéger le poste électrique, et non pas l'industrie à proprement parler.
Certaines régions minières envisagent justement d'aider le réseau en installant un système de stockage pour que leurs usines aient moins d'impact sur le poste électrique de leur coin.
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Merci, monsieur le président.
Merci, messieurs Calzado et Tremblay, pour cet échange.
J'aurais une question sur les crédits d'impôt à l'investissement que nous avons au Canada.
Monsieur Calzado, vous le savez bien, les crédits d'impôt qu'offre le Canada pour les investissements dans les énergies non polluantes sont parmi les plus élevés du G7.
Il s'agit d'un crédit d'impôt remboursable qui oscille entre 15 et 60 %, sur toutes les dépenses d'investissement dans des projets d'énergies renouvelables et la fabrication de technologies non polluantes. Ce crédit d'impôt a pour but d'inciter le secteur privé à investir dans des projets d'énergies renouvelables en réduisant les dépenses en capital pour les exploitants et les fabricants.
Monsieur Calzado, pourriez-vous nous dire toute l'importance de ces crédits d'impôt pour encourager le secteur privé à investir dans des projets d'énergies renouvelables?
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Ces crédits sont importants parce qu'ils nous aident à obtenir les capitaux nécessaires à la production d'énergie propre. Comme je l'ai mentionné, les projets au Québec sont le fruit d'un partenariat entre les entreprises de technologies non polluantes et les communautés d'accueil.
Nous aimerions, toutefois, que ces entreprises bénéficient des crédits d'impôt dans leur intégralité, ce qui les aiderait à obtenir du financement.
L'objectif, c'est de produire de l'énergie propre le plus rapidement possible. Les crédits d'impôt sont une mesure positive, mais, quitte à me répéter, le mieux serait que les producteurs indépendants, qui fournissent les technologies non polluantes, profitent de ces crédits d'impôt dans leur totalité. Ils pourraient ainsi investir les capitaux qu'il leur reste dans d'autres projets d'énergies renouvelables et contribuer à la transition énergétique.
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Merci, messieurs. C'est un moment opportun pour clore la discussion.
Mes chers collègues, permettez que je remercie les témoins, au nom du Comité.
Vous avez fait d'excellents exposés, et nous avons eu une bonne discussion avec vous.
Nous avons entendu différentes idées de l'est et de l'ouest du pays, mais cette séance a été très productive.
Au nom des membres du Comité, je vous remercie de nouveau et je vous rappelle que nous serions heureux de recevoir des mémoires ou de l'information complémentaire, comme nombre de mes collègues vous l'ont proposé. Ces informations complémentaires nous sont utiles, et nous vous encourageons à nous les envoyer.
Sur ce, chers collègues, la séance est levée.