Je tiens d'abord à souligner que nous nous réunissons sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Il s'agit de la 36 e réunion du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride.
J'aimerais faire quelques rappels aux participants. Avant de prendre la parole, veuillez attendre que je vous nomme. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro et veuillez le mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas. Pour ceux qui sont sur Zoom, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal voulu pour l'interprétation: parquet, anglais ou français. Les personnes qui sont dans la salle peuvent utiliser l'oreillette et sélectionner le canal désiré.
Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 18 septembre 2025, le Comité reprend son étude sur les exportations d'énergies canadiennes.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à notre témoin de la première partie de notre réunion.
Nous accueillons Mme Lana Payne, présidente nationale d'Unifor.
Chers collègues, comme vous le savez, tous nos témoins doivent...
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C'est parfait. Je savais que cela finirait par fonctionner, alors je vais continuer.
Nos membres travaillent dans la production. Ils assurent l'entretien d'une grande partie des plus de 750 000 kilomètres de pipelines au Canada. Ils assurent le fonctionnement des raffineries de pétrole et de gaz, des installations de biocarburants, du transport intermédiaire, de la distribution en aval, des infrastructures à usage industriel et commercial ainsi que des infrastructures de chauffage et de climatisation. Ils construisent et remettent à neuf des réacteurs nucléaires pour Candu Energy. Vous pouvez donc en déduire que nous négocions également des conventions collectives avec certaines des entreprises les plus importantes et les plus rentables de la planète.
Nos membres sont des opérateurs-ingénieurs, des travailleurs spécialisés, des techniciens, des conducteurs de poids lourds, des opérateurs de salles de commande, des opérateurs de navires-citernes, des ingénieurs et des scientifiques nucléaires, ainsi que des cheminots. Notre syndicat représente les travailleurs qui empêchent des explosions et des fuites de se produire dans les infrastructures énergétiques et qui assurent le transport sûr et efficace de pétrole, de gaz et de produits énergétiques partout au pays et dans le monde et nous soutenons la diversité des méthodes sûres de transport des produits, ce qui comprend, entre autres, des pipelines légaux, viables sur le plan commercial, bien réglementés et bien entretenus.
Unifor est le plus grand syndicat du secteur privé au Canada et il appuie l'idée de réduire autant que possible le monopole et la dépendance du pays à l'égard des États-Unis pour les exportations. Si cela signifie qu'il nous faut accroître notre capacité de diversifier nos exportations et de garantir un prix équitable pour nos ressources naturelles, cela signifie aussi que nous devons maintenir et accroître notre capacité industrielle ici, chez nous.
Notre secteur pétrolier et gazier national est souvent qualifié de machine à faire de l'argent pour les actionnaires. Des bénéfices records étaient attendus dans le secteur avant que Trump ne déclenche sa guerre contre l'Iran. Si ces entreprises engrangent autant de bénéfices, c'est parce que celles qui opèrent dans la production et l'exportation redoublent d'efforts pour faire preuve de rigueur en matière d'investissement. Cela signifie qu'elles dépensent le moins possible pour les travailleurs et la maintenance afin de maximiser les profits. De ce fait, elles ont considérablement réduit leurs investissements dans de nouvelles capacités et elles exploitent simplement leurs capacités existantes au maximum.
Évidemment, les redevances, l'impôt sur les sociétés et l'impôt sur le revenu génèrent des recettes pour le gouvernement. Récemment, les taxes sur le carburant ont été réduites pour les consommateurs. Les travailleurs du secteur de l'énergie, leurs salaires et leurs emplois constituent toutefois l'un des seuls autres moyens de conserver une partie de ces recettes dans notre pays. J'entends souvent, tous horizons confondus, que nous soutenons les travailleurs du secteur de l'énergie, mais cela doit aussi se traduire sur les lieux de travail. Nous ne constatons pas ou n'avons pas constaté que le nombre de travailleurs du secteur de l'énergie se maintient, malgré l'augmentation continue des volumes de production et des bénéfices. Nous faisons de l'externalisation, nous sous-traitons à des travailleurs non syndiqués et nous assistons à une forte automatisation pendant que les infrastructures sont poussées à leurs limites.
L'objectif de votre comité est d'examiner comment on peut faire en sorte que le Canada devienne une superpuissance énergétique. Je tiens à préciser que, sans capacité nationale de raffinage et de production de produits chimiques et de plastiques, le Canada ne fait que subventionner la superpuissance énergétique du Sud ou soutenir des économies dans le monde avant même de protéger sa propre économie.
Unifor est de plus en plus préoccupé par la capacité nationale de production de produits chimiques. Les conditions économiques actuelles, la guerre commerciale avec les États-Unis et l'évolution du cadre réglementaire n'ont pas favorisé la poursuite des investissements dans nos secteurs d'aval et des produits chimiques et c'est un problème. Au contraire, nous perdons des capacités importantes, notamment avec les fermetures d'Ineos à Sarnia et de Biox à Hamilton, auxquelles s'ajoutent les retards d'investissement de Shell et de Dow Chemical.
Au lieu d'une résilience énergétique, nous assistons à la poursuite de la délocalisation des capacités de production et à l'augmentation de notre dépendance aux produits énergétiques importés. Parallèlement, des infrastructures énergétiques des secteurs d'aval, notamment des pipelines, sont laissées à l'abandon et se détériorent. Ces deux phénomènes compromettent la sécurité énergétique du Canada et son statut de superpuissance énergétique.
Dans ce contexte, notre syndicat a lancé une campagne intitulée « Luttons contre les fuites de gaz » pour dénoncer les stratégies d'exploitation jusqu'à la défaillance, tout en soulignant qu'il faut investir pour réduire les fuites de méthane et d'autres substances chimiques dans les infrastructures intermédiaires et de distribution. Pour ce faire, il faut recruter des travailleurs du secteur de l'énergie et investir dans cette main-d'œuvre, qui est essentielle au maintien des infrastructures énergétiques.
Je terminerai en ajoutant que, compte tenu du regain d'intérêt pour les stratégies industrielles que nous observons dans notre pays, ce qui nous réjouit vivement, y compris dans le domaine de la défense, nous devons tenir compte des besoins énergétiques liés à ces stratégies pour qu'elles puissent aboutir. Il faut donc comprendre que pour bâtir une économie canadienne plus forte et plus résiliente, on doit d'abord produire davantage d'énergie et, surtout, investir dans les infrastructures énergétiques ainsi que dans les travailleurs qui les entretiennent et en assurent la sécurité.
Merci beaucoup.
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Merci, monsieur le président.
Merci, madame Payne, de prendre le temps de rencontrer le Comité.
Qu'il s'agisse de l'énergie, de la foresterie ou des mines, Unifor représente, comme vous l'avez dit, 15 000 travailleurs de ces secteurs importants. Vous savez que la semaine dernière, deux scieries du Nord de l'Ontario ont fermé leurs portes, ce qui a touché des centaines de travailleurs. Comment le gouvernement peut‑il intervenir pour protéger des emplois bien rémunérés dans le secteur des ressources naturelles?
Je dois préciser qu'Unifor représente en fait environ 120 000 travailleurs dans des secteurs de l'économie qui dépendent des échanges commerciaux. Il s'agit notamment de l'énergie, de la foresterie, de la fabrication et des autres secteurs que vous avez mentionnés. Parmi eux, 15 000 travaillent dans le secteur de l'énergie au Canada.
Nous pouvons faire un certain nombre de choses. Nous devons nous demander comment élaborer des stratégies industrielles visant à soutenir la production et l'emploi au Canada. Nous avons déjà constaté quelques avancées à cet égard. En ce qui concerne le secteur forestier, je viens de participer à un groupe de travail avec plusieurs représentants d'entreprises. Nous avons rédigé notre document final sur la manière dont nous devons d'abord stabiliser l'industrie et nous le soumettrons au gouvernement très bientôt. Qu'il s'agisse des droits sur le bois résineux que nous voyons dans l'industrie ou des droits de douane sur le bois d'œuvre, ce sont des mesures qui perturbent considérablement le fonctionnement de l'industrie. Nous devons soutenir, autant que possible, la chaîne d'approvisionnement du secteur forestier, des scieries aux usines de papier et de pâte à papier.
Comme vous l'avez souligné, nous avons subi une perte de production bien trop importante au cours des six derniers mois au pays. Nous devons trouver les moyens de stabiliser la situation. Pour ce faire, il faut soutenir les infrastructures lorsque nous le pouvons, puis trouver des moyens d'élargir notre marché intérieur pour les produits forestiers et le bois d'œuvre. Nous devons donc réfléchir à la manière dont nous pouvons répondre à deux crises qui touchent notre pays — la crise forestière et la crise du logement abordable. Si nous pouvons trouver un moyen d'améliorer les choses à cet égard, de construire des usines et des logements le plus rapidement possible pour les Canadiens à des prix abordables, nous pourrons alléger quelque peu la pression liée à ce que nous perdons actuellement en raison de notre incapacité à exporter autant que nous le souhaiterions vers les États-Unis, à cause des coûts accablants des droits et des droits de douane.
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Merci, monsieur le président.
Madame Payne, je vous remercie de votre présence parmi nous ce matin. Il va sans dire que le mouvement syndical occupe une place de choix à Hamilton, où il jouit d'une fière tradition. Notre gouvernement a clairement affiché ses objectifs: protéger les emplois canadiens et l'économie canadienne. Notre ambition ne se limite pas à la protection, mais vise également la croissance et la création des occasions que méritent les travailleurs et leurs familles pour l'avenir.
Vous avez mentionné qu'Unifor représente 15 000 travailleurs dans le secteur de l'extraction pétrolière et gazière. Actuellement, nous atteignons des niveaux de production record dans le secteur de l'énergie pétrolière et gazière, ainsi que des exportations record de GNL. Il s'agit de travailleurs hautement qualifiés et spécialisés.
Pouvez-vous me donner un aperçu de la situation actuelle de la main-d'œuvre? Y a‑t‑il des emplois disponibles en ce moment? Ces postes sont-ils pourvus? S'agit‑il d'un milieu de travail concurrentiel? Où ces travailleurs sont-ils formés et intégrés à la main-d'œuvre?
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Il s'agit d'emplois hautement qualifiés. J'ai mentionné certains des métiers que nos membres exercent. Il ne s'agit pas seulement de l'extraction de pétrole et de gaz, mais aussi de l'entretien des pipelines de distribution, de tout ce travail. Nous représentons fièrement les ingénieurs et les scientifiques nucléaires de Candu. Ainsi, dans l'ensemble du secteur de l'énergie, nous comptons de nombreux membres dont l'expérience variée reflète la diversité des lieux de travail et des emplois.
Nous devons continuer à former des gens pour le secteur de l'énergie. Nous assistons à une expansion considérable en Ontario seulement, par exemple dans le domaine du nucléaire. C'est très positif de voir que cela vient s'ajouter à la résilience énergétique du Canada. Les gens doivent posséder toutes sortes de compétences et nous devons donc nous assurer que nos établissements d'enseignement sont correctement et suffisamment financés pour soutenir la formation dans le secteur de l'énergie.
Je reviens également sur cet autre aspect. Il s'agit de veiller à ce que nous conservions nos installations et notre production afin de pouvoir poursuivre notre expansion.
Du côté de l'industrie chimique, je ne vois pas le genre de résilience que nous souhaitons. Nous avons perdu un certain nombre de lieux de travail qui fournissaient des produits importants, des choses que nous utilisons au quotidien et dont nous avons besoin. Si nous voulons bâtir une nation plus souveraine, nous devons examiner tous ces aspects de la production dans notre pays. Les membres de notre syndicat comprennent parfaitement à quel point il est important que nous soyons autosuffisants dans ces domaines.
Nous devons examiner notre chaîne d'approvisionnement dans l'ensemble du secteur énergétique et veiller à ce que nous construisions un secteur énergétique plus résilient au pays pour les Canadiens, afin d'être présents partout où nous le pouvons et de dépendre moins du reste du monde. Je pense que nous nous entendons tous pour dire que le monde est un endroit très difficile en ce moment.
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Ce que nous avons vu dans l'énoncé économique de la semaine dernière concernant cet investissement dans les métiers spécialisés et le perfectionnement des compétences est très important, car ce qui se passe souvent... Nous l'avons constaté et nous y avons largement contribué lorsque nous collaborons avec les établissements d'enseignement public sur les types de métiers spécialisés dont nous avons besoin.
Par exemple, pour vous donner une idée, plusieurs de nos membres du secteur des pièces automobiles ont été reformés pour travailler à l'usine de batteries NextStar. Nous avons travaillé avec les établissements d'enseignement public pour nous assurer qu'ils acquièrent les compétences nécessaires pour passer d'un secteur de l'industrie à un autre.
Quand on parle de métiers spécialisés, oui, il s'agit d'apprentissage et, oui, il s'agit de s'assurer que les employeurs investissent dans ces apprentissages, mais même si le gouvernement investit dans la formation, nous avons également besoin que les employeurs soient ouverts et intègrent l'apprentissage dans leur processus continu de formation des travailleurs. Souvent, on constate que cet aspect fait défaut.
Tout ce que nous pouvons faire — que ce soit les syndicats ou le gouvernement — pour collaborer avec les employeurs afin d'encourager l'apprentissage à tous les niveaux du système est extrêmement important pour garantir que nous avons une population canadienne formée et qualifiée.
Votre déclaration liminaire était fort intéressante, tout comme l'était la discussion que vous avez eue avec mes collègues. Je retiens une chose: vous avez dit que le secteur énergétique est une machine à imprimer de l'argent. Je suis entièrement d'accord avec vous. Maintenant, il reste à savoir ce que ces entreprises font de cet argent.
J'aimerais vous ramener à une adéquation que vous avez faite et que nous n'explorons pas suffisamment, à mon avis. Où se trouve présentement le ratio entre travailleurs et production pétrolière? Si vous avez des données là-dessus, si Unifor a des données là-dessus, je souhaiterais fortement en prendre connaissance.
Je vais finir ma pensée et vous laisser ensuite commenter. Ce que je comprends des interventions des grandes pétrolières, et ce qu'on voit actuellement, c'est qu'elles ne souhaitent pas assumer le risque des investissements en infrastructures. Assurément, ça leur dégage une marche de manœuvre pour se diriger vers l'automatisation, mais leur responsabilité, si je comprends bien votre intervention, est d'investir dans leurs infrastructures. Pourtant, l'argent, elles l'ont. Si je regarde les profits de 2021 à 2024, c'est 131 milliards de dollars que les entreprises pétrolières ont faits. De plus, compte tenu de la géopolitique actuelle, je sais très bien, comme tout le monde, qu'elles sont en train de faire des profits records avec un prix du baril de pétrole très élevé.
J'aimerais que vous nous fassiez part de vos commentaires. Les entreprises pétrolières n'ont-elles pas justement la latitude pour investir davantage dans leurs infrastructures? Selon vous, est-ce le rôle du gouvernement d'investir dans ces infrastructures?
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Merci beaucoup pour ces deux questions. Je vais certainement vous fournir davantage de données sur le rapport entre le nombre de travailleurs dans la production pétrolière et les bénéfices, car je pense que notre équipe de recherche serait ravie de vous préparer ces informations.
Je dirais qu'il faudrait absolument les obliger à investir dans les infrastructures et à les entretenir. La réalité, c'est que ces ressources sont des ressources publiques. Nous permettons aux entreprises de les explorer, de les exploiter et d'en tirer des bénéfices. En contrepartie, nous devons obtenir certaines choses en retour, à savoir des emplois syndiqués bien rémunérés et sûrs, ainsi que des infrastructures sûres, car il est naturellement très important d'assurer la sécurité des communautés dans tout le pays.
Pour ce faire, il faut notamment veiller à entretenir les infrastructures et à ne pas les laisser se détériorer, car cela a également une incidence sur notre environnement. Une grande partie de ces problèmes peut être résolue grâce à une réglementation adéquate et en veillant à ce que ces très grandes entreprises rendent des comptes, et nous pouvons faire davantage à cet égard.
Nous avons présenté un certain nombre de propositions sur la manière dont nous pouvons améliorer la réglementation et la supervision afin que, une fois les installations construites, nous fassions tout notre possible pour les maintenir en sécurité et pour employer des travailleurs du secteur de l'énergie. La réalité est qu'avec toute l'automatisation que nous observons, nous évinçons des travailleurs de ce secteur. Ce que nous devons faire, si cela est vrai et que la technologie en est la cause, c'est d'obtenir en contrepartie un retour sur l'investissement. Je dirais que, après ce retour sur l'investissement, vient la question de ce que nous faisons de nos régimes de redevances dans ce pays. Comment nous assurons-nous que les Canadiens et les gouvernements canadiens reçoivent une part équitable de ces bénéfices afin de pouvoir les réinvestir dans d'autres secteurs de la société?
C'est pourquoi vous entendez probablement de nombreux commentateurs parler actuellement du prix très élevé du pétrole. Il risque d'augmenter encore davantage en raison de ce qui se passe au Moyen-Orient et de la guerre entre les États-Unis et l'Iran; nous devons donc nous y préparer. Si le prix du pétrole et du gaz grimpe encore plus en flèche, comment allons-nous en capter une partie pour nous assurer que les produits restent abordables pour les Canadiens? Je peux vous dire que, d'après bon nombre des personnes que nous représentons, les prix sont déjà très inabordables actuellement, et je pense que la situation ne fera qu'empirer.
Vous avez indiqué un peu plus tôt qu'Unifor avait fait des propositions sur la façon de rendre ces entreprises plus responsables. Je vous encourage à déposer également ces propositions au Comité. Elles pourront être ajoutées ultérieurement au rapport.
Je ne sais pas si vous avez des informations là-dessus, mais je vous signalerais simplement que, quand on regarde la structure de propriété des plus grands acteurs du secteur gazier-pétrolier, on se rend rapidement compte que, à 60 %, ces grandes entreprises appartiennent à des intérêts américains. On se rend aussi compte que, en matière de dividendes au cours des dernières années, ces entreprises ont envoyé tout près de 80 milliards de dollars à leurs actionnaires sans investir nécessairement dans les infrastructures. C'est donc aux alentours de 12 milliards de dollars par année qui nous échappent collectivement.
La grande question que je me pose est la suivante: collectivement, sommes-nous encore gagnants dans la filière gazière-pétrolière? N'y a-t-il pas quelque chose qui nous échappe lorsque des entreprises font des profits records et que les citoyens n'en ont peut-être pas pour leur argent dans ce type d'investissement?
J'aimerais entendre vos commentaires là-dessus.
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Merci, monsieur le président.
Madame Payne, je vous remercie d'être avec nous aujourd'hui.
J'ai écouté votre déclaration d'ouverture. Vous avez parlé de la façon dont on peut aider le Canada à devenir une superpuissance énergétique. Comment se fait-il qu'avec les ressources naturelles que nous avons, nous ne soyons pas présentement une superpuissance?
Nous n'avons pas d'usine de raffinage chez nous. Nous ne pouvons pas exporter de gaz naturel liquéfié du côté de l'Europe. J'aimerais entendre votre point de vue là-dessus. Il me semble que toutes ces choses devraient déjà avoir été faites.
On dit aujourd'hui qu'on veut devenir une superpuissance. Que pensez-vous du fait que nous n'en soyons pas une, malgré tout ce que nous possédons?
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Oh là, c'est une très grande question.
Évidemment, nous aurions pu faire beaucoup de choses différemment, mais nous sommes désormais dans une situation où nous devons agir autrement. Il est extrêmement important d'élaborer une stratégie pour notre secteur énergétique à l'échelle du pays. Cela signifie construire des infrastructures essentielles par tous les moyens possibles. Je sais que vous entendrez le témoignage de Candu Énergie lors de votre prochaine séance; c'est extrêmement important. Nous avons besoin dès maintenant d'une diversité énergétique provenant de toutes les sources.
Je dirais que nous en sommes encore à un stade où nous importons beaucoup d'énergie au Canada. Nous exportons du pétrole et du gaz vers les États-Unis, et nous les récupérons par des pipelines en provenance des États-Unis. Nous avons tous ces pipelines qui circulent du nord au sud, au lieu de nous demander comment rendre le Canada lui-même plus résilient.
Comment faire en sorte de ne pas avoir à importer autant que nous le faisons actuellement, notamment dans l'Est du Canada? Comment résoudre ces problèmes? Cela nécessite, selon moi, une évaluation de la manière dont nous pouvons renforcer notre sécurité au Canada. Oui, cela passe en partie par l'exportation vers d'autres destinations que les États-Unis, mais cela implique également de consolider nos activités dans notre propre pays et de veiller à maintenir, protéger et développer notre propre capacité industrielle.
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Oui. En ce qui concerne le secteur forestier, je dirais que vous avez tout à fait raison. La majeure partie de l'industrie forestière est réglementée à l'échelle provinciale. L'accès à la fibre est déterminé par la compétence provinciale.
Ce dont nous avons vraiment besoin — et je crois que vous verrez des recommandations en ce sens —, c'est que les gouvernements fédéral et provinciaux travaillent en plus étroite collaboration pour s'assurer que nous le faisons. Nous devons soutenir et stabiliser le secteur forestier dans tout le pays, et cela ne peut pas être fait uniquement par le gouvernement fédéral. Vous avez tout à fait raison. Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent travailler main dans la main.
J'espère que nous pourrons y arriver parce que, honnêtement, nous avons besoin d'un secteur forestier durable non seulement pour aujourd'hui, mais aussi pour les générations à venir. C'est un secteur manufacturier. C'est important pour l'économie industrielle de notre pays, et nous devons bien faire les choses. Pendant une décennie, les entreprises ont été essentiellement écrasées par ces droits sur le bois d'œuvre, ce qui a empêché bon nombre d'entre elles d'investir dans des scieries et des usines au Canada. Cela leur a rendu la tâche très difficile. Dans certains cas, elles perdent des investissements un peu partout. La réalité, c'est que nous devons en prendre acte.
Nous devons également en arriver à utiliser les marchés publics provinciaux et fédéraux au Canada pour utiliser davantage de produits du bois. Ce que nous avons vu, c'est presque une éviscération de certaines de ces installations de fabrication. Deux usines de fabrication de meubles au Québec viennent de fermer, essentiellement à cause de ce qui se passe aux États‑Unis.
Comment pouvons‑nous, en tant que gouvernements provinciaux et fédéral, unir nos efforts pour soutenir notre capacité industrielle au Canada? Je crains que si nous ne trouvons pas de solution, il sera trop tard. Une plus grande collaboration est absolument nécessaire.
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Oui. Je crois qu'il y a un certain nombre de choses que nous pouvons faire pour accroître la collaboration entre les provinces. Cela commence par une structure. Je dirais que ce ne sont pas seulement les gouvernements provinciaux et fédéral qui doivent en faire partie, mais aussi les employeurs et les syndicats. Nous pouvons créer une structure tripartite dans laquelle nous élaborons une stratégie industrielle pour le secteur forestier et que nous nous assurons de mettre en œuvre et d'évaluer. Il y a des points de contact à utiliser pour nous assurer que cela fonctionne. Nous pouvons forcer les gens à s'asseoir à la table et à demander: « Comment pouvons‑nous nous assurer que non seulement nous préservons et stabilisons cette industrie, mais que nous la transformons? » Il y a beaucoup à faire.
Je comprends la nature très difficile des droits de douane sur le bois d'œuvre imposés par les États‑Unis. Certaines entreprises canadiennes sont actuellement confrontées à des droits de près de 50 %, auxquels s'ajoutent des droits de douane. Il est presque impossible de fonctionner dans ce genre d'environnement.
La réalité, cependant, c'est que les États‑Unis ont besoin de notre bois d'œuvre. Ils doivent pouvoir compter sur un approvisionnement du Canada et sur un approvisionnement stable et sûr au Canada. Cela signifie également que nous devons examiner nos propres politiques nationales pour nous assurer que nous utilisons le plus de produits du bois possible dans le cadre de l'approvisionnement aux niveaux municipal, provincial et fédéral, puis examiner comment nous pouvons accélérer la construction de logements au Canada afin de régler au moins une partie de ce problème à l'échelle nationale.
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C'est très bien de le rappeler, monsieur le président. Je vais donc parler de foresterie.
Madame Payne, vous êtes peut-être au courant du fait qu'une proposition a été faite au gouvernement fédéral relativement à la crise tarifaire. Cette proposition émanait d'une réflexion commune entre Daniel Cloutier, qui est de chez vous et que vous devez connaître, des gens du secteur forestier et des entreprises. Grosso modo, on demandait au gouvernement d'avaler une partie des droits compensateurs, des droits antidumping et des droits de douane, mais surtout des droits compensateurs et antidumping, puisque cet argent existe à la frontière. Je pense qu'on a présentement dépassé les 13 milliards de dollars, et vous avez très bien fait remarquer qu'aucune entreprise ne peut vivre avec des marges amputées de 45 %. J'attends toujours la réponse du gouvernement.
Quand on regarde le rôle d'Exportation et développement Canada, ou EDC, dont les représentants étaient de passage ici il y a quelque temps, et quand on regarde les rapports d'EDC pour 2022 et 2023, on voit que 9,3 milliards de dollars ont été accordés en soutien financier de toute sorte au secteur pétrolier en 2022. En 2023, c'était sensiblement la même chose. Ça veut dire qu'il y a énormément de capacité fiscale pour les gens du secteur énergétique, mais absolument rien pour le secteur forestier, ce qui laisse souvent l'impression qu'il y a deux poids, deux mesures.
J'aimerais vous entendre me parler de la situation critique qui est vécue présentement par les gens du secteur forestier.
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Je connais très bien M. Cloutier. C'est mon bon ami.
Je crois que la proposition était bonne, car elle aurait permis d'injecter des capitaux dans le secteur forestier. Les entreprises auraient eu des capitaux à investir dans les scieries. Vous savez probablement que bon nombre de nos scieries ont manqué d'investissements pendant un certain temps pour de nombreuses raisons. L'une d'entre elles est que, la plupart du temps, les profits de l'industrie ont essentiellement servi à payer ces droits, ce qui a empêché les mises à niveau dans les scieries.
D'un autre côté, comment pouvons‑nous soutenir l'industrie autrement? Cela peut vouloir dire que, jusqu'à ce que l'industrie se stabilise et se remette sur pied, il faut aussi regarder du côté de l'énergie. L'énergie coûte très cher dans certaines provinces, mais pas dans toutes. Dans certaines provinces, l'énergie représente un coût très important pour l'exploitation de ces scieries. Cela peut être examiné. Je sais que l'Ontario a examiné le coût de l'énergie pour les utilisateurs industriels, en particulier dans le secteur forestier, afin d'essayer de maintenir le secteur et de le protéger en ces temps très difficiles.
Nous devrions, pouvons et devons envisager un certain nombre de choses pour soutenir le secteur forestier, dont l'accès à la fibre n'est pas la moindre.
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Je vous remercie de la question.
Comme vous le savez probablement, nous sommes actuellement dans une phase où le gouvernement fédéral considère le processus d'appel d'offres pour le deuxième lot de trains de VIA. Nous savons que nos membres à Thunder Bay, grâce à leurs connaissances et à leurs compétences, sont tout à fait capables de construire ces trains. Nous avons été d'ardents défenseurs du renforcement de notre propre capacité au pays et de son maintien. Une chose que nous pouvons faire, c'est de veiller à ce que les trains de VIA soient construits à Thunder Bay. Cela profitera également à de nombreuses régions du Québec en ce qui concerne les travaux d'ingénierie.
Dans l'ensemble, comment pouvons‑nous, en tant que pays, nous assurer de conserver notre propre capacité de construction et de fabrication? Si nous voulons protéger la souveraineté de notre pays, il faut aussi protéger l'épine dorsale manufacturière de collectivités comme Thunder Bay. Cela signifie également que nous utilisons de l'acier et de l'aluminium canadiens. Nous devons adopter toutes ces dispositions « Achetez canadien » concernant ce que nous fabriquons. Cela permettra d'employer des Canadiens à tous les égards, non seulement dans la construction de trains, mais aussi dans la chaîne d'approvisionnement de ce qui est nécessaire pour ces trains. Il en va de même pour la façon dont nous construisons les navires.
Toutes ces politiques industrielles que nous examinons en tant que pays... Nous devons construire des choses. Nous sommes un pays industriel. Assurons‑nous de continuer à le faire. Assurons‑nous de protéger les bons emplois au Canada et d'utiliser de bons et de solides fonds d'approvisionnement — des milliards de dollars — pour mettre les Canadiens au travail.
Chers collègues, voilà qui met fin à cette première partie de la réunion. En votre nom, j'aimerais remercier Mme Payne d'avoir comparu et d'avoir répondu à nos questions pendant une heure.
Vous avez peut-être remarqué que j'ai fait preuve d'une grande souplesse au cours de cette heure. Je ne pense pas que Mme Payne s'était déjà jointe à nous. Elle joue manifestement un rôle très actif dans le secteur forestier.
Madame Payne, nous menons actuellement une étude sur le secteur forestier. Nous ne l'avons pas encore terminée et je pense que nos membres ont profité de votre présence pour vous poser des questions sur ce secteur important. Je vous remercie de votre souplesse.
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Nous sommes de retour et nous reprenons nos travaux.
Je souhaite la bienvenue à notre témoin, M. Todd Smith, vice-président du marketing et du développement commercial chez Candu Énergie inc., une société d'AtkinsRéalis.
Nous avons effectué le test de connexion obligatoire.
Je suis heureux de vous voir, monsieur Smith. Bienvenue.
Je pense que vous étiez dans la salle lorsque j'ai parlé de la procédure tout à l'heure.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Vous disposerez de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions et aux observations des membres du Comité.
Monsieur Smith, vous avez la parole.
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Monsieur le président, honorables membres du Comité, bonjour.
Je m'appelle Todd Smith et je suis vice-président du marketing et du développement commercial chez Candu Énergie inc., une société d'AtkinsRéalis. Je me concentre exclusivement sur la construction de nouveaux réacteurs CANDU sur les marchés internationaux. Je vous remercie de me donner l'occasion de vous parler aujourd'hui des possibilités d'exportation pour la technologie des réacteurs nucléaires CANDU du Canada, en particulier dans le contexte de la croissance rapide de la demande mondiale en énergie et des possibilités de construction de nouveaux réacteurs CANDU ici au pays.
Le principal défi en matière d'énergie dans le monde concerne non seulement les objectifs climatiques, mais aussi les problèmes de sécurité énergétique attribuables aux conflits mondiaux et aux menaces géopolitiques, ainsi que l'augmentation de la demande en électricité, l'abordabilité et la production à grande échelle. La croissance démographique, l'industrialisation, l'électrification, les infrastructures numériques et l'intelligence artificielle font grimper les besoins en énergie à des niveaux que de nombreux pays ne sont pas en mesure de combler avec leurs systèmes actuels. Dans de nombreuses régions, on s'attend à ce que la demande d'électricité augmente de 50 à 100 % d'ici deux décennies. Cela représente une excellente occasion qui tombe à point nommé pour la technologie nucléaire canadienne, le CANDU.
Aujourd'hui, j'aimerais répondre à quatre questions.
La première question est la suivante: pourquoi se concentrer sur l'énergie nucléaire et le CANDU? L'énergie nucléaire demeure l'une des très rares technologies capables de fournir de l'électricité à grande échelle 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sur plusieurs générations. Les réacteurs CANDU sont sans pareils parmi les six technologies à grande échelle actuellement disponibles dans le monde. Le CANDU a été conçu à Chalk River, en Ontario, dans les années 1960, par des scientifiques et des ingénieurs dont les principales préoccupations étaient la sécurité énergétique et un approvisionnement fiable en combustibles. Le CANDU est encore aujourd'hui une propriété intellectuelle canadienne. Le réacteur CANDU est le seul à utiliser de l'uranium naturel comme combustible, ce qui réduit la dépendance envers les infrastructures d'enrichissement, ainsi qu'envers les chaînes d'approvisionnement fragiles sur le plan géopolitique. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle des pays comme la Pologne et la Turquie envisagent aujourd'hui de se doter du CANDU.
Les réacteurs CANDU présentent les facteurs de capacité les plus élevés au monde. Les unités CANDU fonctionnent couramment à plus de 90 %. Le Cernavoda 2, un réacteur CANDU en Roumanie, est le réacteur le plus performant au monde, avec un facteur de capacité pendant la vie utile de près de 94 % de sa puissance nominale.
Les réacteurs CANDU conviennent parfaitement à des pays comme les Philippines et d'autres pays de l'ANASE, dont les réseaux électriques se développent, mais n'ont pas encore atteint l'envergure de ceux des grandes économies. Les réacteurs CANDU ont une longue durée de vie utile, pouvant aller jusqu'à 100 ans grâce aux remises à neuf, offrant ainsi des décennies d'approvisionnement prévisible en électricité et de stabilité des prix dans les régions où ils sont exploités.
Les réacteurs CANDU se distinguent également par le fait qu'ils sont construits à temps, sans dépasser le budget. La remise à neuf de la centrale de Darlington en est l'exemple le plus récent. Plus tôt cette année, la dernière de quatre unités CANDU a été remise en service plus tôt que prévu et à un coût de 150 millions de dollars inférieur au budget prévu.
La deuxième question que je voulais aborder est la suivante: quels marchés sont compatibles avec le CANDU?
Plusieurs régions, comme l'Europe centrale et orientale et l'Asie du Sud-Est, peuvent très bien bénéficier des avantages du CANDU pour répondre à une demande croissante. La réputation du Canada à titre de fournisseur fiable et non politisé est un atout déterminant dans les décisions à long terme de ces pays en matière d'infrastructures.
La troisième question est la suivante: quelle est la valeur économique pour le Canada?
Les exportations de réacteurs CANDU comptent parmi les exportations industrielles les plus rentables que le Canada puisse proposer. Près de 100 000 personnes travaillent dans le secteur nucléaire CANDU au Canada. Chaque contrat signé pour la construction d'un réacteur CANDU au pays ou à l'étranger permettra d'augmenter le nombre d'emplois hautement spécialisés et bien rémunérés dans l'écosystème nucléaire de premier plan du Canada.
Chaque réacteur CANDU construit à l'étranger marque le début d'une nouvelle relation internationale, avec des contrats de service et d'approvisionnement en combustible s'étalant sur plusieurs décennies après la construction initiale. C'est ce qui s'est produit avec la Corée du Sud, l'Argentine, la Roumanie et la Chine, où des réacteurs CANDU ont été construits il y a plus de 30 ans.
Enfin, la quatrième question est la suivante: quels sont les facteurs de réussite?
L'industrie canadienne a tout pour réussir. Ce qui compte, maintenant, c'est l'harmonisation à l'échelle nationale. Les principaux facilitateurs du gouvernement du Canada doivent prévoir un engagement de gouvernement à gouvernement, des cadres de financement concurrentiels et la cohérence des politiques à long terme. Les projets nucléaires ne peuvent aller de l'avant sans la confiance des États. L'expertise du Canada en matière de sécurité, de réglementation et de non-prolifération constitue un atout stratégique.
Mesdames et messieurs les députés, je terminerai en disant que la demande mondiale en électricité augmente plus rapidement que jamais depuis l'expansion industrielle de l'après-guerre. La technologie CANDU du Canada est particulièrement bien placée pour répondre à ce besoin tant au pays — en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan et en Alberta — qu'à l'étranger, comme en Pologne, en Turquie et dans le Pacifique Sud. Avec un soutien ciblé, le CANDU peut renforcer les systèmes énergétiques mondiaux tout en apportant des avantages économiques et stratégiques durables au Canada.
Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Oui. Il y a de belles occasions pour la chaîne d'approvisionnement canadienne.
La Roumanie en est rendue à l'étape de la décision finale d'investissement. On souhaite prendre cette décision pour Cernavoda 3 et 4. On sait qu'une décision a été prise en Roumanie, il y a quelques années, au sujet de la construction des centrales Cernavoda 1 et 2. La centrale de Cernavoda 1 doit maintenant être remise à neuf. Des travaux sont en cours à Candu à cet effet afin de prolonger l'exploitation de cette centrale pendant encore 30 à 35 ans. Comme je l'ai mentionné, la centrale Cernavoda 2 est la plus performante parmi les 440 centrales nucléaires en activité aujourd'hui dans le monde, avec un facteur de capacité de plus de 94 %.
La chaîne d'approvisionnement du Canada va tirer un énorme avantage de ces projets. Les composantes de ces centrales proviendront en grande partie du Canada. Pour chaque remise à neuf, environ 70 % des travaux seront réalisés par le Canada. Ce sera le cas avec Cernavoda 1, lorsque nous commencerons le travail là‑bas. Pour Cernavoda 3 et 4, 70 % des composantes pourraient provenir du Canada, ce qui veut dire que notre chaîne d'approvisionnement, qui fait déjà l'envie de nombreux pays dans le monde, se développera.
La certitude politique que procure la décision finale en matière d'investissement — j'espère qu'elle sera prise plus tard cette année — permettra à nos partenaires de la chaîne d'approvisionnement, comme BWXT, Velan, L3Harris et bien d'autres, d'accroître leurs activités et de créer encore plus d'emplois pour répondre à la demande qui découlera du projet en Roumanie.
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Je dirais que les mentalités ont changé à Ottawa au sujet du nucléaire. Il est évident que, si les pays veulent non seulement atteindre leurs objectifs de carboneutralité, mais aussi répondre à l'énorme augmentation des besoins en électricité, il faudra adopter une véritable approche Équipe Canada pour remporter ces contrats à l'étranger.
J'en viens au financement, plus précisément. Exportation et développement Canada, ou EDC, a contribué à tous les projets de construction à l'échelle internationale dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000. Exportation et développement Canada prend également part au projet en Roumanie. Nous avons vu les annonces d'EDC, qui participe évidemment au projet que nous souhaitons réaliser en Pologne. EDC joue également un rôle dans l'appel d'offres concernant la Turquie.
Nous participons activement à un appel d'offres dans ces deux pays, alors que nous progressons vers la décision finale d'investissement en Roumanie. C'est impératif, car les cinq autres acteurs, les technologies que nous connaissons, sont largement soutenus par leurs États respectifs, qu'il s'agisse des Russes, des Chinois, certainement des États-Unis, des Coréens ou des Français. Une véritable stratégie nationale — qui comprend le financement de ces projets — sous-tend tout cela.
Chaque fois qu'EDC a participé à la construction d'une centrale dans un autre pays dans le passé, que ce soit en Corée du Sud, en Chine ou en Roumanie, la dette contractée par EDC pour le projet a été remboursée très rapidement dès que le réacteur a été mis en service, ce qui représente un avantage net pour les contribuables ici en Ontario et au Canada.
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Oui, nous attendons cette stratégie. Nous croyons qu'elle est très importante pour l'économie au Canada, ainsi que pour la sécurité énergétique.
Les ministres de l'Énergie des différentes provinces souhaitent sûrement prendre les décisions au sujet de la technologie. Le gouvernement fédéral peut‑il apporter son aide d'une autre manière? Certainement. Il peut s'engager, par exemple, à financer ces projets, que ce soit par l'entremise d'Exportation et développement Canada ou d'un autre mécanisme. Des fonds ont également été fournis par la Banque de l'infrastructure du Canada. Les détails du nouveau fonds souverain qui a été créé et qui est en cours de mise en place ici, à Ottawa, restent à préciser.
Ce qui se passe à l'échelle internationale... La majeure partie de mon travail se déroule dans différents pays. Les cinq autres pays que j'ai mentionnés fournissent un financement de démarrage pour lancer les travaux de préfaisabilité sur certains sites, que ce soit en Europe centrale, en Europe de l'Est ou dans la région de l'ANASE — l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est —, dans des pays comme les Philippines et l'Indonésie.
Étant donné que le gouvernement canadien est le propriétaire de la technologie CANDU canadienne par l'entremise d'EACL, ou Énergie atomique du Canada limitée, il est très important que le gouvernement fédéral soit également présent. Chez AtkinsRéalis et Candu Energy, nous faisons la promotion de CANDU dans le monde entier. Nous l'avons vu récemment, que ce soit en Pologne ou ailleurs. Vos homologues du gouvernement fédéral, je crois, comprennent qu'il existe un marché important sur lequel les réacteurs CANDU peuvent être exportés. L'approche axée sur la collaboration étroite d'Équipe Canada est très importante.
Je crois comprendre que le , à diverses occasions, prend la parole lors de rencontres bilatérales avec d'autres dirigeants nationaux. Il a parlé de l'expertise canadienne en matière de technologie nucléaire et de CANDU. Il soutient fortement l'idée de construire des réacteurs CANDU à l'étranger pour deux raisons. Tout d'abord, c'est un choix judicieux pour notre économie. Deuxièmement, il est avisé de forger des relations avec des puissances dites moyennes. Ces relations ne consistent pas seulement à construire une usine et à quitter les lieux. Les relations qui se créent lors de la construction d'une centrale CANDU dans un pays durent de 80 à 100 ans, car Candu Energy et AtkinsRéalis continuent de desservir ces centrales pendant de nombreuses décennies. Ces relations bilatérales sont très importantes.
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AtkinsRéalis — et Candu — est le fabricant d'équipement d'origine de la technologie CANDU. Nous commercialisons activement la technologie CANDU à l'échelle mondiale pour le gouvernement du Canada.
En ce qui concerne les petits réacteurs modulaires, nous sommes une entreprise d'ingénierie de 42 000 personnes qui est établie au centre-ville de Montréal depuis plus de 115 ans. C'est une société d'ingénierie qui possède une expertise nucléaire mondiale. Nous sommes l'architecte-ingénieur et l'ingénieur de projet pour le compte d'Ontario Power Generation et de GEH pour le petit réacteur modulaire actuellement en construction sur le nouveau site nucléaire de Darlington, en Ontario.
Par l'entremise de notre bureau du Royaume-Uni, nous travaillons également avec Rolls-Royce et le petit réacteur modulaire au Royaume-Uni. Au sud de la frontière, nous travaillons avec X‑energy. Nous travaillons également avec Natrium, le réacteur de Bill Gates. Notre expertise s'étend à l'échelle mondiale, et chacun de nos bureaux dans le monde travaille sur des petits réacteurs modulaires.
Lorsque le petit réacteur modulaire BWRX‑300 de GVH qui est actuellement en construction en Ontario sera exporté à l'échelle mondiale, il y aura certainement des retombées positives pour l'Ontario et le Canada, mais elles seront loin d'égaler les retombées qui découleront de la construction de réacteurs CANDU à l'étranger. Nous avons déjà évoqué certains chiffres. La construction d'une unité CANDU autonome dans un pays étranger, par exemple, aura une incidence de plusieurs milliards de dollars sur le PIB du Canada. Les petits réacteurs modulaires auront également une incidence, mais cette technologie et sa propriété intellectuelle se trouvent aux États-Unis, ce qui signifie qu'elles seront assujetties à des contrôles à l'exportation et à d'autres contraintes.
Il existe une technologie canadienne, et c'est le réacteur CANDU. Si nous souhaitons obtenir le meilleur rendement de l'investissement et produire les meilleures retombées pour notre pays, il ne fait aucun doute que le CANDU, dont 96 % des composantes sont fabriquées au Canada, aura une incidence considérable. Je suis ravi de constater que le gouvernement fédéral en est conscient.
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Le français de Kénogami est meilleur quand il est traduit.
Je ne voulais pas vous donner l'impression, tout à l'heure, que je n'écoutais pas ce que vous disiez, mais j'étais à la recherche d'un graphique qu'on nous avait envoyé dans le cadre d'une étude que le Comité a faite sur l'électricité propre et sur lequel on peut voir le comparatif des prix. Je me souviens du coût disproportionné qu'on pouvait voir lorsqu'on regardait le coût de l'éolien, du solaire et de l'hydroélectricité, et que, par la suite, on regardait le coût du nucléaire. Je me souviens d'un coût complètement disproportionné pour la production d'un mégawatt.
Des gens sont sceptiques à l'égard du fait que l'énergie nucléaire est une énergie propre, mais je ne veux pas entamer ce débat avec vous. J'ai cependant toujours gardé une forme de scepticisme quant aux coûts associés à la production d'énergie nucléaire. Je lis présentement des articles où je vois les Chinois qui, dans des stratégies de stockage, arrivent à avancer très rapidement.
Le problème de l'énergie éolienne ou solaire est que, si ce n'est pas couplé avec une stratégie de stockage, ce n'est pas ce qu'il y a de plus efficient. On est à la remorque des vents et du temps d'ensoleillement. Peut-être que cette question sera réglée. J'ai l'impression qu'à ce moment-là, les coûts disproportionnés du nucléaire ne seraient peut-être plus justifiés.
J'aimerais entendre vos commentaires à ce sujet. Peut-être pouvez-vous rassurer les membres du Comité?
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Je vous remercie de votre question.
[Traduction]
Il est très important de comparer des pommes avec des pommes dans ce contexte. Lorsqu'on compare l'énergie nucléaire à l'énergie éolienne et solaire, on compare une énergie de base, qui est disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, à une source intermittente d'énergie éolienne et solaire. Vous avez donc tout à fait raison. En Ontario, nous disions que le stockage était le Saint-Graal, car il n'y avait pas assez de stockage.
Nous avons analysé les différentes formes d'électricité à la Société indépendante d'exploitation du réseau d'électricité en Ontario, tant lorsque j'étais ministre que lorsque mes successeurs et mes prédécesseurs occupaient ce poste. Lorsque nous avons comparé le coût de l'énergie éolienne et solaire à celui de l'énergie nucléaire, nous avons veillé à ajouter le stockage à ce coût, afin de pouvoir comparer un approvisionnement plus fiable. Même dans ces conditions, ce n'est pas la même chose que l'énergie nucléaire, qui est disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
L'autre chose au sujet du nucléaire, c'est que, du point de vue de l'utilisation des terres, on parle dans de nombreux cas... Je vais prendre l'exemple de Bruce Power, qui produit maintenant près de sept gigawatts d'électricité à partir d'une parcelle de terrain relativement petite au bord du lac Huron. Il faudrait couvrir des milliers d'acres de terrain pour produire la même quantité d'électricité avec l'énergie éolienne ou solaire. De plus, cette électricité serait toujours intermittente et peu fiable au bout du compte. Lorsqu'on compare le nucléaire à d'autres formes d'électricité, il est très important de comparer des approvisionnements stables.
Lorsque j'étais ministre de l'Énergie de l'Ontario, nous avons mis en place de nouvelles formes d'électricité, ainsi qu'un programme approvisionnement pour le stockage. Au bout du compte, lorsqu'on a comparé l'énergie nucléaire à l'énergie éolienne et solaire en tenant compte du stockage, on a obtenu à peu près le même résultat, soit environ 9 ¢ et demi ou 10 ¢ le kilowattheure.
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Il est important de comprendre les avantages économiques liés à l'énergie nucléaire. J'ai abordé le sujet un peu plus tôt, mais il y a environ 100 000 emplois à l'heure actuelle dans le secteur nucléaire au Canada. Ce sont des emplois bien rémunérés.
Certains emplois ont été créés grâce à la Loi sur l'énergie verte en Ontario, par exemple, mais ils n'ont pas duré très longtemps. Pour être honnête, ces installations énergétiques, qu'elles soient éoliennes ou solaires, ne dureront pas aussi longtemps que les projets nucléaires qui ont été construits ou qui seront construits à l'avenir et qui offriront un rendement stable aux contribuables au cours de leur 80 à 100 années d'existence.
Maintenant, en ce qui concerne l'entreposage des déchets... Une partie du prix par kilowattheure en Ontario — et je me concentre sur l'Ontario parce que c'est là que se trouvent la plupart des réacteurs CANDU au Canada, bien que nous ayons Point Lepreau au Nouveau-Brunswick — est destinée à la gestion du combustible irradié et des déchets provenant des installations nucléaires. Cet argent servira donc à construire un dépôt situé dans une formation géologique en profondeur. Une collectivité — Ignace, dans le Nord-Ouest de l'Ontario — est prête à accueillir ce projet et il profite également du soutien des Premières Nations. La Société de gestion des déchets nucléaires travaille activement sur ce projet.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Smith, le nucléaire est une forme d'énergie que j'apprécie. D'abord, je trouve que c'est fiable. On n'a pas besoin d'eau, on n'a pas besoin de vent.
J'ai une question à vous poser. Pourquoi, au Québec, a-t-on une perception négative du nucléaire? Il me semble que ce serait un bon complément. Il me semble qu'avec tout ce qui s'en vient, on va avoir de la difficulté à répondre aux besoins en électricité.
Je ne sais pas si vous pouvez me répondre, mais on est extrêmement négatif au Québec. Je ne sais pas si ça a changé, mais je voudrais savoir ce que vous pensez de tout ça.
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Eh bien, certains députés autour de la table pourraient avoir des raisons concrètes, contrairement à moi, d'avoir cette opinion. Je vis en Ontario et j'ai grandi au Nouveau-Brunswick. Je sais qu'il y avait deux centrales nucléaires à Gentilly, au Québec. Il s'agissait d'usines CANDU qui étaient des sources fiables de production d'électricité pour la population du Québec.
Il y a quelques semaines, j'ai été conférencier invité à un événement organisé par Investissement Québec, à Trois-Rivières, où de nombreux membres du secteur nucléaire québécois étaient présents. Même s'il n'y a plus de centrales nucléaires en exploitation au Québec, il y a quand même un nombre important d'entreprises qui fournissent des composantes et de l'expertise pour les réacteurs CANDU à l'échelle mondiale.
Je n'ai participé à aucune des décisions qui ont été prises en 2011 et qui ont mené à la fermeture des centrales de Gentilly, mais je sais qu'il y a eu de graves répercussions sur les emplois dans la région de Trois-Rivières et dans d'autres régions du Québec.
L'autre facteur dont il faut tenir compte, c'est que — et ce n'est que mon opinion à titre d'ancien ministre de l'Énergie de l'Ontario — le Québec a la chance, depuis des décennies, de disposer d'une abondante énergie hydroélectrique. Cependant, les possibilités de continuer à construire des centrales hydroélectriques diminuent, et il est donc très important qu'Hydro-Québec et le gouvernement du Québec, quelle que soit sa composition à l'automne, se penchent sérieusement sur le dossier de l'énergie nucléaire. Je crois que l'énergie nucléaire a sa place au Québec.
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Cela aurait un impact important sur le Québec. Plus on construira de réacteurs CANDU au Canada, plus l'économie commencera à se déplacer d'est en ouest. L'uranium de la Saskatchewan sera envoyé sur la côte Est. C'est déjà le cas chez Énergie NB à Point Lepreau, et la société vient de signer un protocole d'entente avec le gouvernement de l'Ontario pour explorer le petit réacteur modulaire en construction à Darlington.
Je crois qu'il pourrait également y avoir un projet nucléaire à Saint John, ou juste à l'extérieur de Saint John à Point Lepreau, pour un autre réacteur CANDU 6 évolué qui pourrait répondre non seulement aux besoins en électricité du Nouveau-Brunswick, mais aussi de l'Île‑du‑Prince‑Édouard, du Québec et peut-être de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
Je sais que le gouvernement fédéral s'intéresse à cette approche pancanadienne en matière d'électricité, et je crois qu'il est tout à fait judicieux d'installer des réacteurs CANDU de façon stratégique dans toute la province, car ils fournissent, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, l'énergie de base nécessaire à un réseau fonctionnel et fiable.
Je vous remercie, monsieur Smith, d'être ici.
Comme vous l'avez souligné dans votre déclaration préliminaire, le monde est à la recherche de sources d'énergie fiables. Ce besoin s'est certainement intensifié en raison de la guerre en Iran. J'ai regardé quelques statistiques aujourd'hui. La Chine représente 80 % du marché des photovoltaïques. En un mois, ses exportations de produits photovoltaïques sont passées de 34 000 à 68 000 mégawatts, ce qui vous donne une idée de la mesure dans laquelle le monde recherche actuellement des sources fiables. Je pense que cela illustre bien l'anxiété mondiale que nous observons ces temps‑ci.
Je crois personnellement — comme la plupart des intervenants du secteur de l'énergie, selon moi — que nos défis en matière de demande d'énergie exigent une approche qui tient compte de toutes les options. Cela comprend certainement l'énergie nucléaire, et le Canada est une puissance nucléaire de premier plan.
De nombreux témoins nous ont dit que l'une des forces du Canada est sa stabilité et que nous pouvons fournir des sources d'énergie fiables. Vous avez dit que pour réussir, nous devons d'abord gagner la confiance des États et que nous avons une réputation de fournisseur fiable et non politisé.
Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?
Je suis tout à fait d'accord pour dire que maintenant, en raison des événements géopolitiques actuels, il y a une demande pour un approvisionnement en électricité stable. Cela remonte à 2022 et à l'invasion non provoquée de l'Ukraine par la Russie, qui a créé un sentiment d'insécurité accru en Europe et ailleurs. La stabilité et la certitude sont donc des éléments essentiels.
Lorsque j'étais ministre en Ontario, le PDG de Bruce Power, Mike Rencheck, disait toujours qu'il est impératif pour nous et pour notre incroyable chaîne d'approvisionnement à l'échelle du Canada d'avoir la certitude, de la part du gouvernement et des décideurs, que ces projets iront de l'avant.
Ces projets ne se concrétisent pas du jour au lendemain. Une planification minutieuse vise à garantir la cadence appropriée, à renforcer la capacité en ressources humaines nécessaire pour construire et exploiter les centrales, ainsi qu'à donner à la chaîne d'approvisionnement le temps dont elle a besoin, en particulier pour les articles à long délai de livraison — certaines des composantes les plus importantes des réacteurs — pour qu'ils soient construits à temps pour respecter la date prévue de leur mise en service.
Le Canada excelle, et il fait véritablement figure d'exception à l'échelle mondiale, pour ce qui est de respecter les échéanciers et le budget, mais tout cela repose sur la certitude que procure le gouvernement. La réalisation du projet de remise à neuf de Darlington, un projet de près de 13 milliards de dollars, en avance sur le calendrier et en deçà du budget, est un résultat rare pour la plupart des autres entreprises nucléaires dans le monde. Tout commence par la certitude politique apportée par le gouvernement.
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Il n'y a pas que les composantes qui viennent du Canada, mais aussi les services d'ingénierie, qui sont fournis par des entreprises comme AtkinsRéalis et d'autres partenaires dans le secteur, comme Kinectrics et Laurentis Energy Partners. Cela s'applique à l'aspect technique.
L'une des forces du Canada, c'est notre organisme de réglementation. La Commission canadienne de sûreté nucléaire est considérée comme l'un des meilleurs organismes de réglementation au monde en matière d'actifs nucléaires. Il est donc très important que la CCSN travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Canada, AtkinsRéalis et Candu dans le cadre des efforts liés à la construction de ces réacteurs partout dans le monde.
Un autre élément très important — lorsque nous sommes dans des endroits comme les Philippines et l'Indonésie, par exemple —, c'est la provenance des travailleurs qui construiront et exploiteront ces usines. Il est essentiel de travailler avec nos partenaires de la chaîne d'approvisionnement, mais aussi avec nos partenaires de l'enseignement postsecondaire. Nous avons une organisation appelée UNENE, soit le Réseau d'excellence universitaire en génie nucléaire. Il m'a fallu environ cinq ans pour comprendre ce que signifie cet acronyme.
Un certain nombre d'établissements d'enseignement canadiens sont actifs au sein de l'UNENE. De plus, l'UNENE en Roumanie s'est associé aux neuf établissements postsecondaires de ce pays pour s'assurer d'avoir le niveau de capacité humaine nécessaire. Ces types de partenariats sont essentiels.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Smith, vous avez parlé tout à l'heure d'un comparatif entre le nucléaire, l'éolien et le solaire avec du stockage. Si vous aviez des informations à déposer au Comité à ce sujet, ce serait fort à propos.
Vous êtes un ancien ministre. Vous comprenez donc lorsqu'on parle des intérêts bien calculés de chacun. Un ministre ontarien calcule les intérêts de l'Ontario et il le fait très bien. Un politicien du Québec calcule les intérêts des Québécois et ça va de soi aussi. Je n'ai pas l'impression que ce que va investir le gouvernement fédéral en électricité propre, et en particulier dans le nucléaire, sera profitable pour le Québec. Je m'explique.
La situation du Québec est particulière. Notre problème, présentement, c'est la gestion de la pointe. Si on arrive à faciliter la gestion de la pointe, le Québec parviendra à fournir suffisamment d'énergie pour électrifier le parc de transports. Si nous arrivons à faire la gestion de la pointe, peut-être pourrons-nous même être davantage des exportateurs d'hydroélectricité vers l'Ontario. Je sais que c'est dans les plans d'Hydro‑Québec.
J'ai l'impression, en voyant ces gens-là sur le terrain qui sont en train de mettre des solutions de gestion de la pointe très développées, que l'avenir du Québec se trouve plutôt là. C'est peut-être différent pour l'Ontario, mais il y a, selon moi, une forme de concurrence où nous aussi voulons aller chercher notre part de financement du gouvernement fédéral pour réussir à faire ça.
Nos objectifs sont communs. C'est le bien commun. Néanmoins, peut-être nos intérêts divergent-ils un peu là-dessus. J'aimerais quand même vous entendre nous parler de la possibilité d'avoir davantage d'interconnexion entre le Québec et l'Ontario.
Il est effectivement très important d'avoir des interconnexions.
Il faut noter que les comparaisons entre l'énergie éolienne, solaire et nucléaire seront accessibles par l'entremise de la Société indépendante d'exploitation du réseau d'électricité en Ontario, et nous pouvons nous assurer de faire le nécessaire à cette fin. En fin de compte, c'est au gouvernement de chaque province et territoire de décider. Nous sommes une confédération, et la souveraineté, en ce qui concerne les décisions énergétiques, revient aux provinces et aux territoires, qui doivent prendre les meilleures décisions pour leurs citoyens.
Je tiens à souligner que, plus que jamais cet hiver, les centrales au gaz de l'Ontario ont dû, de toutes sortes de façons, répondre à la demande de pointe au Québec en raison du verglas affectant le réseau hydroélectrique de cette province.
Nous avons de solides interconnexions. Nous avons en outre noué des relations — lorsque j'étais ministre et auparavant sous l'ancien gouvernement libéral en Ontario — en vue d'intensifier nos échanges commerciaux avec le Québec. Cela va certes dans le sens de l'objectif actuel du gouvernement fédéral.
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Ce serait nos équipes d'AtkinsRéalis. Nous avons rassemblé le financement nécessaire à ce projet au cours des dernières années dans le but de pouvoir nous aussi donner accès à un réacteur produisant un gigawatt.
Je peux vous dire que le CANDU 6 évolué suscite actuellement beaucoup d'intérêt à l'échelle internationale, parce qu'il est adapté à des réseaux comme ceux des Philippines, de l'Indonésie, de la Pologne et de la Türkiye, qui n'ont peut-être pas une infrastructure électrique aussi solide que celle que nous avons ici au Canada.
Ce réacteur de 750 mégawatts, qui est disponible dès maintenant, répond à leurs besoins, et c'est ce que nous proposons dans le cadre des processus concurrentiels auxquels nous participons actuellement.
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Il y a plusieurs choses.
Si l'on décidait de ne pas construire de réacteurs CANDU au Canada, ce serait une terrible erreur qui soulèverait de nombreuses questions au sujet de notre technologie CANDU.
Nous sommes très chanceux d'avoir cette technologie, et nous sommes également extrêmement privilégiés du fait qu'elle est unique en son genre. Elle offre des possibilités qu'aucun autre réacteur n'offre — du combustible d'uranium naturel à la production d'isotopes médicaux en passant par un écosystème nucléaire de premier plan et un organisme de réglementation comme celui que nous avons ici en Ontario et qui est si bien perçu à l'échelle mondiale — autant d'éléments qui font du Canada ce partenaire stable tant recherché.
Nous avons une occasion en or de tirer parti de ces possibilités d'exportation. Toute autre décision nuirait à ce programme au Canada. C'est une véritable chaîne d'approvisionnement CANDU. Je tiens à le souligner. Les 100 000 personnes qui travaillent actuellement dans le nucléaire au pays sont à l'emploi de Candu, directement ou indirectement.
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Outre l'importance de la licence d'exportation et des possibilités qui s'offrent ainsi à nous, nous sommes très préoccupés par ce qui se passe aux Laboratoires Nucléaires Canadiens depuis leur prise de contrôle par des entreprises entièrement américaines.
Cela devrait effrayer quiconque s'intéresse au nucléaire ou travaille dans ce domaine. Les libéraux ont sous-traité la gestion de Chalk River, qui a mis au point le CANDU et qui travaille sur d'autres réacteurs et technologies nucléaires. Notre capacité d'exportation peut être compromise lorsque des entreprises américaines participent à cet effort et qu'un permis d'exportation signé par la Maison-Blanche peut devenir nécessaire.
Nous l'avons vu lorsque la Corée du Sud n'a pas été en mesure d'exporter son réacteur, parce que l'une de ses composantes avait été conçue par des entreprises américaines. C'est ce qui nous préoccupe au plus haut point. Le a sous-traité ce travail à des entreprises appartenant entièrement à des intérêts américains au détriment, si je ne m'abuse, de votre entreprise, AtkinsRéalis, qui gérait les laboratoires canadiens auparavant. S'il en était demeuré ainsi, nous ne serions pas aussi inquiets que nous le sommes actuellement en voyant les libéraux continuer à laisser ce groupe entièrement américain...
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En tant que députée de Durham, je sais que notre collectivité est très chanceuse de bénéficier à la fois de l'énergie qui provient du secteur nucléaire et des emplois qu'il nous apporte. Merci à AtkinsRéalis. J'ai visité vos installations, et j'ai tout de suite voulu savoir si je pouvais... et on m'a répondu que, bien sûr, je pouvais éteindre le faux réacteur.
Je vous remercie. C'est toujours amusant d'appuyer sur des boutons à un endroit où on n'est pas censé le faire.
Ma question porte sur le nucléaire de prochaine génération et sur le travail que fait AtkinsRéalis.
Je me demandais si vous pouviez nous parler de certaines des possibilités liées à l'exportation, notre sujet d'aujourd'hui. Bien sûr, on peut exporter la technologie, on peut exporter l'énergie, mais je pense qu'il y a des choses qu'on peut faire en marge de ces réacteurs, et notamment la production d'hydrogène et d'isotopes médicaux. Pourriez-vous nous parler de ces autres perspectives économiques?
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C'est rassurant de savoir que vous avez provoqué l'arrêt du réacteur sur le simulateur de CANDU et non à Darlington, dans votre circonscription. La situation aurait été tout autre.
La technologie du réacteur canadien à deutérium-uranium, ou CANDU, présente de nombreux avantages indirects. J'ai mentionné les isotopes médicaux qui, je tiens à le souligner, représentent actuellement un marché de 3 milliards de dollars, mais qui devrait atteindre 30 milliards de dollars à l'échelle mondiale d'ici les années 2030. Plus nous construisons de réacteurs CANDU, plus nous avons d'occasions de produire des éléments tels que le cobalt 60, le lutécium 177, le molybdène 99 et l'antimoine 125, qui sont utilisés dans le traitement de diverses formes de cancer et le développement de la théragnostique.
L'un des sous-produits du réacteur CANDU est le tritium. Cet isotope est également en forte demande, car les choses continuent d'évoluer dans le monde de la fusion. La société Ontario Power Generation, ou OPG, dans votre circonscription, vient également d'annoncer un partenariat. J'oublie le nom exact de l'entreprise, mais je sais qu'elle est en train de créer un centre d'excellence en fusion à l'installation d'OPG de Darlington, et le tritium y jouera un rôle important. Il existe une composante des sous-produits du CANDU qui était autrefois considérée comme un déchet, mais qui a aujourd'hui une grande valeur.
Un réacteur CANDU offre de nombreuses possibilités, et je vous remercie de l'avoir souligné.
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C'est aussi notre technologie, qui assure notre souveraineté.
C'est tout à fait logique quand on voit les avantages d'avoir sa propre technologie nationale et de partager les leçons apprises. C'est ce que fait quotidiennement Bruce Power à OPG, mais aussi Conexus, l'ancien groupe des propriétaires de CANDU, qui partage les leçons tirées par l'ensemble du parc CANDU dans le monde. Il y a également la recherche et le développement menés aux Laboratoires Nucléaires Canadiens à Chalk River, ainsi que les travaux réalisés par Énergie atomique du Canada limitée.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, c'est l'écosystème CANDU que nous avons créé ici au Canada, et qui soutient 100 000 emplois. Je peux vous dire qu'avec l'arriéré de travail que nous avons actuellement à CANDU, nous recrutons activement. Il y a les remises en état qui viennent d'être achevées à Darlington, ainsi que celles en cours à Bruce Power; les remises en état à venir du côté de Pickering B; les nouveaux réacteurs possibles à Bruce C; possiblement 10 gigawatts de nouveaux réacteurs à Wesleyville, à Port Hope; la possibilité d'un projet au Nouveau-Brunswick et d'un autre à Point Lepreau; les projets Cernavoda 3 et 4; la remise en état de Cernavoda 1; la remise en état des centrales de Qinshan en Chine; et la centrale de Wolseong, en Corée du Sud. Nous sommes passés de 1 000 employés il y a deux ans à 3 000 aujourd'hui. C'est une augmentation de 200 %.
La croissance n'est pas propre à CANDU. Elle se produit également dans la chaîne d'approvisionnement et chez nos autres partenaires de l'écosystème nucléaire.
À mon avis, il est tout à fait logique de choisir la technologie CANDU. C'est notre technologie au Canada.
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Merci, madame McKelvie.
Chers collègues, je vous remercie.
Je tiens à dire un grand merci à M. Smith pour son témoignage d'aujourd'hui.
Chers collègues, je pense que vous conviendrez que la voix de l’expérience s’est vraiment fait entendre aujourd’hui. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cela me donne peut-être un peu d'espoir qu'il y ait une vie au‑delà de la politique.
Des voix: Ha, ha!
Le président: Merci encore, monsieur Smith. Comme M. Simard le dit toujours, nous sommes heureux de recevoir des mémoires et des renseignements supplémentaires, et nous avons vraiment aimé votre témoignage d'aujourd'hui. Merci beaucoup.
Nous avons eu une bonne réunion, chers collègues.
J'ai deux ou trois choses à dire avant de lever la séance.
Notre prochaine réunion aura lieu le jeudi 7 mai, où nous donnerons des instructions pour la rédaction du projet de rapport en lien avec l'étude sur les exportations d'énergie. Les analystes ont créé un document pour faciliter la rédaction de ces instructions, et celui‑ci vous sera distribué d'ici demain, je crois. Vous vous souvenez peut-être qu'à notre dernier rapport, ils nous avaient fourni un excellent cadre, et nous étions libres d'ajouter, de supprimer ou de modifier des éléments au besoin. Nous pouvons nous en réjouir.
En ce qui concerne la motion visant à inviter Gregory Ebel, président-directeur général d'Enbridge, à comparaître devant le Comité, le greffier a communiqué avec les représentants d'Enbridge et s'est fait dire que, même si M. Ebel n'est pas disponible avant l'ajournement d'été, les responsables seraient disposés à envoyer des cadres supérieurs de l’entreprise. Est‑ce que cela convient au Comité?
Des députés: D'accord.
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J'aimerais ajouter une chose, monsieur le président.
Je pense que nous créerions un précédent important. Quand un comité envoie une invitation et vote sur une motion, ce n'est pas pour que la personne invitée puisse se dédouaner et s'en tirer en proposant d'autres témoins. J'insisterais donc pour indiquer au PDG que nous lui avons envoyé une invitation amicale.
Le Comité est autonome. Il peut prendre ses propres décisions. Maintenant, si nous acceptons ça, n'importe quel chef d'entreprise pourra dire qu'il a un horaire chargé et qu'il ne peut pas venir nous rencontrer; il pourra se défiler de cette façon.
Beaucoup d'argent du gouvernement fédéral est investi dans des infrastructures gazières et pétrolières, et un des principaux acteurs ne semble pas croire que c'est au secteur privé d'investir là-dedans. Je veux l'entendre, car ce témoin est fort pertinent pour l'étude que nous sommes en train de faire. Je ne veux pas entendre des gens qui travaillent avec lui. C'est lui que je veux entendre.
Je pense que nous créerions un précédent embêtant pour la suite des choses.