:
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue tout le monde. Comme il semble que nous faisons salle pleine aujourd'hui, nous allons nous tenir à carreau.
Je souhaite une bienvenue toute particulière aux élèves de la circonscription Laurentides—Labelle ainsi qu'à madame Gaudreau. J'ai siégé à ses côtés en comité, et je trouve que c'est une députée formidable.
J'espère que cela vous aidera auprès de vos commettants, madame Gaudreau. Vous avez le soutien de tous les partis.
Comme à l'habitude, je commencerai par souligner que nous sommes réunis sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Bienvenue à la 34e réunion du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes. La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride, puisqu'un de nos collègues est en ligne.
Conformément à l'article 81(4) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 26 mars, le Comité entame son examen du budget principal des dépenses pour 2026‑2027, qui lui a été renvoyé le jeudi 26 février.
Conformément à l'article 81(5) du Règlement et à la motion adoptée le mardi 24 février, le Comité entame son examen du budget supplémentaire des dépenses (C), 2025‑2026, qui lui a été renvoyé le jeudi 12 février.
Conformément à la motion adoptée le 4 décembre 2025, le Comité reprendra son étude de la gestion des Laboratoires Nucléaires Canadiens par des sociétés américaines.
Je sais que c'était palpitant, chers collègues. J'ai fait au plus vite.
Je souhaite maintenant la bienvenue à nos témoins.
Je tiens bien sûr à souhaiter une bienvenue toute particulière à l'honorable Tim Hodgson, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Nous avons aujourd'hui presque toute l'équipe de Ressources naturelles Canada avec nous. Bienvenue. Je vais vous nommer, puisque vous pourriez être interrogés par des députés.
Nous avons Greg Orencsak, sous-ministre; Jeff Labonté, sous-ministre délégué; Claudine Pagé, directrice générale, Direction générale du programme des minéraux, Secteur des terres et des minéraux; Francis Brisson, sous-ministre adjoint et dirigeant principal des finances, Secteur de la gestion et des services aux programmes; Frank Des Rosiers, sous-ministre adjoint, Secteur de l'efficacité énergétique et des technologies; Glenn Hargrove, sous-ministre adjoint, Service canadien des forêts; Kimberly Lavoie, sous-ministre adjointe, Nòkwewashk; Drew Leyburne, sous-ministre adjoint, Secteur des systèmes énergétiques; et Erin O'Brien, sous-ministre adjointe, Secteur des carburants.
Je présenterai les autres lors du deuxième tour.
Monsieur le ministre, soyez le bienvenu. Vous disposez de cinq minutes pour vos propos liminaires.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour à tous.
[Traduction]
Merci de m'avoir invité à vous rencontrer aujourd'hui.
Je tiens à souligner que notre réunion se déroule sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Le budget principal que le Comité examine est un plan directeur pour la construction de la sécurité énergétique, le renforcement de notre souveraineté et de notre économie, et la garantie que toutes les régions du Canada peuvent réussir. Parce que nous vivons une rupture mondiale, une période encore plus tumultueuse que la dernière fois que j'ai comparu devant ce comité. Depuis lors, le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix du carburant dans le monde entier.
Nous avons contribué à la plus grande libération de stocks de pétrole jamais réalisée par l'Agence internationale de l'énergie, et notre gouvernement a pris des mesures pour suspendre temporairement la taxe fédérale d'accise sur le carburant dans tout le Canada, ce qui porte à 28 ¢ le montant total des taxes réduites sur un litre d'essence depuis que nous sommes arrivés au gouvernement.
Afin de rendre le Canada plus sûr sur le plan énergétique et moins dépendant de facteurs externes, notre gouvernement s'efforce également d'amener le Canada à son plein potentiel en matière d'énergies propres et conventionnelles. Nous investissons massivement dans l'électricité, le GNL et le nucléaire afin de fournir à tous les Canadiens une énergie propre, fiable et abordable.
En même temps, les chaînes d'approvisionnement continuent de changer. La demande mondiale d'énergie et de minéraux est en hausse. Nos alliés considèrent le Canada comme un partenaire stable et responsable. Pour illustrer la manière dont nous répondons à ce besoin et diversifions les exportations canadiennes au‑delà des États‑Unis, j'aimerais souligner quelques exemples contenus dans ce budget, qui répondent à ces questions avec clarté et détermination.
Tout d'abord, le budget de cette année comprend un engagement total de 2,3 milliards de dollars pour débloquer l'infrastructure, la technologie et la capacité de traitement nécessaires pour transformer les richesses minérales critiques du Canada en occasion à long terme qui renforce notre sécurité économique en répondant à la demande nationale en matière de défense, de fabrication et d'énergie propre et en acheminant les minerais vers de nouveaux marchés mondiaux.
Deuxièmement, avec plus de 392 millions de dollars demandés pour le Programme des énergies renouvelables intelligentes et de trajectoires d'électrification, nous modernisons le réseau canadien pour que l'électricité reste abordable, propre et résiliente.
Nous prenons également des mesures importantes pour soutenir davantage notre secteur forestier dans sa transition vers de nouveaux produits et de nouveaux marchés, notamment en allouant 157 millions de dollars à notre série de programmes de transformation du secteur forestier. Le mandat du Groupe de travail pour la transformation du secteur forestier canadien ayant pris fin la semaine dernière, notre gouvernement répondra à son rapport en exposant sa vision du secteur. J'ai hâte d'en dire plus sur notre ambition de réorienter et de faire grandir le secteur forestier dans les semaines à venir.
En même temps, notre nouveau gouvernement et Ressources naturelles Canada prennent collectivement la responsabilité fiscale et la promesse du de dépenser moins pour pouvoir investir plus. C'est pourquoi il convient de noter que, même si nous offrons davantage aux Canadiens, pour 2026‑2027, Ressources naturelles Canada demande 4,8 milliards de dollars en autorisations budgétaires, soit une diminution de 5 % par rapport à l'année dernière.
Tous les Canadiens ressentent l'urgence en ce moment. Le maintien du statu quo ne permettra pas de répondre aux attentes des travailleurs et de leurs familles, compte tenu des défis et des possibilités qui s'offrent à nous. Pour tenir les promesses que nous avons faites aux Canadiens, nous devons faire preuve d'audace et agir avec détermination. L'approche de notre nouveau gouvernement libéral en matière d'énergie et de ressources naturelles signifie que nous voyons plus grand, que nous construisons plus intelligemment et que nous avançons plus vite en tant que pays qui fait bloc, avec une économie unique et un avenir commun.
Je répondrai avec plaisir à vos questions. Merci.
:
Monsieur le ministre et mesdames et messieurs les fonctionnaires, merci beaucoup d'être parmi nous cet après-midi.
Monsieur le ministre, un des sujets qui est ressorti au cours de notre étude sur les exportations d'énergie a trait à la certitude et à la simplicité réglementaires. Je sais que c'est un point sur lequel vous-même, le et le gouvernement vous êtes fortement concentrés depuis les élections de l'an dernier. Un élément clé est de signer des accords de collaboration et de substitution avec le plus grand nombre possible de provinces et territoires. Ma propre province, la Nouvelle-Écosse, en a signé un il y a environ un mois, lorsque le était à Halifax, avec le premier ministre Houston.
Monsieur le ministre, pouvez-vous faire le point sur l'état d'avancement de ces accords et l'impact positif qu'ils auront, selon vous, sur l'avenir énergétique du pays?
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Ce que les promoteurs nous ont fait clairement savoir, c'est qu'ils aimeraient voir une simplification de la réglementation. Là où il existe un chevauchement entre la réglementation fédérale et les réglementations provinciales ou territoriales, ils souhaiteraient voir cela regroupé en un seul ensemble d'exigences réglementaires et une seule série de consultations.
Selon le concept « un projet, une évaluation », lorsqu'un accord existe entre le gouvernement fédéral et une province et qu'il y a équivalence entre leurs règlements, le gouvernement fédéral se fiera au travail effectué par le gouvernement provincial. Le travail qui sera fait sera considéré comme équivalent à ce que nous aurions fait, et nous ne ferons pas de démarche supplémentaire.
L'exemple le plus parlant est celui de l'installation de liquéfaction de gaz naturel Ksi Lisims LNG. L'automne dernier, le gouvernement de la Colombie-Britannique a approuvé ce qui sera le deuxième plus grand investissement du secteur privé dans l'histoire du pays. Il s'agit d'une nouvelle installation d'exportation d'une valeur de plus de 30 milliards de dollars. Ce projet a été approuvé un lundi à 16 heures par le gouvernement de la Colombie-Britannique, et à 16 h 30, le même jour, par le gouvernement fédéral, en se fondant sur le travail effectué par la province.
Si le principe « un projet, une évaluation » fonctionne bien, c'est ce qui devrait se produire.
:
Merci pour cette excellente question.
Nous travaillons en plus étroite collaboration que jamais avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones, afin de mieux relier nos réseaux d'est en ouest et de fournir aux Canadiennes et aux Canadiens une électricité plus abordable et fiable. Cela s'appuie sur des engagements fédéraux déjà importants en crédits d'impôt à l'investissement, en financement stratégique et en programmes ciblés.
Il convient de souligner que Ressources naturelles Canada s'est engagé à hauteur de 4,5 milliards de dollars au total, de l'exercice 2021‑2022 à l'exercice 2035‑2036, pour soutenir le déploiement de projets de modernisation de réseaux, de stockage d'énergie, d'énergies renouvelables et de transport d'électricité, partout au Canada, ainsi que de projets de développement préliminaire et de renforcement des capacités, afin d'aider les collectivités et les organismes à développer des projets en énergies renouvelables et en modernisation des réseaux.
Ce n'est qu'un début. Nous annoncerons une nouvelle stratégie en matière d'électricité dans les prochaines semaines, et je pourrai en dire plus à ce sujet à ce moment‑là.
Dans votre réponse, vous avez mentionné le stockage. Je pense que le stockage est un aspect sous-estimé, mais crucial, de la question de l'électricité que nous abordons ici. Nous parlons d'énergies renouvelables, qui prendront évidemment une importance croissante dans le panier énergétique au cours des années à venir. Il arrive cependant que ces sources soient intermittentes, le solaire et l'éolien en étant évidemment les meilleurs exemples.
Selon vous, monsieur le ministre, quelle importance revêt le stockage et comment pouvons-nous continuer à accélérer son développement pour exploiter cette énergie, qui n'est pas toujours aussi fiable que les sources traditionnelles?
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Merci, monsieur le président.
Merci beaucoup, monsieur le ministre, d'être parmi nous.
Vous êtes un homme de chiffres, un banquier. J'aimerais donc revenir avec vous sur la construction du pipeline qui sera soutenue par le gouvernement de l'Alberta, qui agira comme promoteur.
Plus tôt cette semaine, nous avons reçu un témoin fort intéressant, soit M. Rory Johnston. Selon lui, comme les coûts de construction d'un pipeline vers l'Ouest du pays sont très élevés, il serait peu probable que l'industrie privilégie cette solution. En somme, il nous a dit que des fonds publics devraient probablement être investis dans la construction du pipeline. Déjà, le gouvernement de l'Alberta le signifie clairement en étant le promoteur. Pour ma part, la question qui me préoccupe est de savoir si le gouvernement fédéral va investir de l'argent dans cette infrastructure.
J'ai vu passer Trans Mountain, dont le coût s'est élevé à 34 milliards de dollars pour les gens du secteur gazier et pétrolier. Cette infrastructure n'est pas rentable. Même M. Johnston nous l'a dit.
Ma question est assez simple. Comme banquier, comme homme de chiffres, pensez-vous qu'un pipeline vers l'Ouest du pays serait rentable?
De plus, le fédéral compte-t-il investir des fonds publics dans cette infrastructure?
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Je ne connais pas M. Johnston.
L'affirmation selon laquelle le coût serait très élevé comporte une quantité incroyable de détails à digérer. Nous pouvons constater la réalité, à savoir que le pipeline Trans Mountain réalise son potentiel et que le réseau est déjà prêt à être agrandi. Il y a une demande pour son expansion en utilisant les droits en place, qui sont conçus pour financer ce pipeline. Il y a clairement une demande commerciale pour des pipelines vers la côte Ouest.
Dans mes déplacements à travers le monde, j'ai constaté que plusieurs pays et entreprises étaient très désireux d'acheter davantage de pétrole canadien à partir de la côte Ouest. Ils seraient ravis si cette occasion se présentait.
Concernant l'argent public, je veux être clair. Nous avons dit que nous allions soutenir la participation autochtone au capital, grâce au Programme de garantie de prêts pour les Autochtones. Il pourrait donc y avoir des scénarios où des fonds publics seraient utilisés à l'égard d'un pipeline, par exemple, pour soutenir la participation autochtone au capital de ce pipeline.
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Ça reste quand même assez évasif. Nous ne savons pas à combien s'élèveraient les fonds publics qui seraient investis dans cette infrastructure.
M. Johnston est un spécialiste en matière de recherche de marché pour le secteur pétrolier. Je pense qu'il connaît bien ces dimensions.
J'aimerais avoir un engagement clair de la part du gouvernement pour que ne se reproduise plus quelque chose comme Trans Mountain. Dans ce cas, le gouvernement a assumé les coûts d'une infrastructure que le privé ne voulait pas assumer.
Cela dit, je comprends que le gouvernement albertain est prêt à s'étirer le cou, mais il y aurait une injustice flagrante. Vous savez, toutes les infrastructures qui servent à exporter de l'énergie au Québec ont été payées par Hydro‑Québec. On n'a jamais reçu le soutien de la part du gouvernement fédéral pour ça. Lorsqu'il a été question de financement pour les lignes électriques à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, ça a soulevé une levée de boucliers assez importante au Québec. Si, rebelote, on devait financer des infrastructures pétrolières à l'aide de l'argent fédéral, ce serait très mal accueilli au Québec.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins.
Monsieur le ministre, vous avez évité de venir devant ce comité pendant des mois, et vous êtes ici aujourd'hui, ce dont je vous remercie. Toutefois, au cours de cette heure, nous sommes censés examiner le budget supplémentaire et le budget principal pour 2026‑2027, puis nous aurons une autre heure pour aborder la gestion des laboratoires nucléaires canadiens par des entreprises américaines.
J'ai cinq minutes pour vous poser des questions sur ce joyau important de l'industrie nucléaire canadienne, dont la gestion est en train d'être cédée à un groupe d'entreprises entièrement américaines.
Quel rôle le a‑t‑il joué dans l'élaboration de la politique gouvernementale en matière nucléaire?
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C'est une excellente question. Merci.
Pour commencer à un niveau très macro, il existe dans le monde quatre ou cinq pays que l'on peut qualifier de chefs de file au chapitre du nucléaire, c'est‑à‑dire qui sont capables d'assurer toute la chaîne, depuis l'extraction de l'uranium jusqu'à l'utilisation de leur propre technologie de réacteur pour produire de l'énergie, en passant par toutes les étapes intermédiaires.
Le Canada fait partie de ces très rares pays. Cela repose sur le travail d'un grand nombre de scientifiques, de travailleurs et de mineurs canadiens, ainsi que sur la remarquable technologie CANDU. Nous sommes aussi le deuxième producteur mondial d'uranium, et nous détenons les plus grands gisements à haute teneur au monde, ce qui est un élément clé pour développer nos exportations vers des pays comme l'Inde, avec qui nous venons de signer une entente d'approvisionnement de 2,6 milliards de dollars.
Au cours des derniers mois seulement, la Commission canadienne de sûreté nucléaire a approuvé deux nouveaux projets miniers d'uranium dans le bassin de l'Athabasca, dans la province d'origine du député, la Saskatchewan. Il s'agit du projet Wheeler River de Denison Mines et du projet Rook I de NextGen Energy, qui soutiendront tous deux des investissements continus dans le secteur canadien des combustibles nucléaires. Le projet minier d'uranium Patterson Lake South est aussi en cours d'examen réglementaire par la CCSN, et nous espérons avoir bientôt de bonnes nouvelles à ce sujet.
Concernant le déploiement de réacteurs nucléaires, nous réalisons des investissements historiques dans le secteur nucléaire canadien, notamment un investissement de 2 milliards de dollars, par l'entremise du Fonds de croissance du Canada, dans le projet de nouvelle centrale nucléaire de Darlington. Il s'agira du premier petit réacteur modulaire construit au sein du G7, ce qui aidera à mobiliser des investissements dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement nucléaire du Canada, qui est parmi les meilleures au monde. Nous avons aussi lancé des discussions bilatérales avec la Pologne, où je me suis rendu au printemps, et celle‑ci pourrait adopter la technologie CANDU du Canada pour son deuxième site de centrale nucléaire.
Parallèlement, nous travaillons sur une stratégie nucléaire qui présentera notre vision pour attirer des milliards de dollars d'investissements et positionner le Canada comme un chef de file de l'innovation dans ce domaine.
:
Il est donc possible que ça atteigne 10 milliards dollars.
J'aimerais revenir sur l'accord conclu entre le Canada et l'Alberta. En le regardant de plus près, on voit qu'il y a un plafonnement du prix de la pollution, qui se situe à 130 $ la tonne.
Selon ce que j'ai lu à propos de l'Alliance nouvelles voies, pour que les projets de captage et de stockage du carbone soient rentables, il faut, à tout le moins, que le prix de la tonne se situe entre 150 $ et 160 $. Selon moi, le captage et le stockage du carbone ne serait plus une stratégie rentable si l'Alberta décidait de fixer le prix à 130 $.
Encore une fois, je fais appel à vos compétences en votre qualité de banquier. Il n'y a plus d'analyse de rentabilité pour le captage et le stockage du carbone.
Quelles sont vos observations à ce sujet?
Chers collègues, j'ai parlé à M. Clark, et il a accepté de me céder une partie de son temps. C'est une prérogative du président dont je vais faire usage aujourd'hui, ce que je fais rarement.
Monsieur le ministre, je sais que vous avez passé une bonne partie de votre vie au Manitoba. Je suis originaire du Manitoba, comme vous le savez, et vous connaissez très bien le port de Churchill, qui est le seul port en eau profonde du Canada dans le Nord. Vous savez aussi que nous étudions les exportations d'énergie et les minéraux critiques, ainsi que leur potentiel pour notre pays.
Churchill fait partie des priorités stratégiques du gouvernement du Canada, et je me demandais si vous pouviez nous parler un peu de votre vision pour le port de Churchill, ainsi que de la façon dont il pourrait s'inscrire dans la diversification de notre commerce et la valorisation de notre potentiel dans le domaine énergétique et des minéraux critiques.
:
Les Jets n'existaient pas quand j'étais enfant, mais je suis fan des Jets, oui.
Le projet du port de Churchill Plus a été renvoyé au Bureau des grands projets en tant que stratégie de transformation à un stade précoce, en raison de son potentiel à accroître la capacité d'exportation du Nord, à renforcer la souveraineté de l'Arctique et à contribuer à un commerce accru et diversifié avec l'Europe et d'autres partenaires, comme vous le savez déjà, monsieur le président.
Comme vous le savez aussi, le Bureau des grands projets travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Manitoba, les partenaires autochtones et l'industrie pour exploiter le plein potentiel du port, ce qui pourrait inclure une route praticable en toutes saisons, une ligne ferroviaire modernisée, une capacité marine de brise-glaces et de nouvelles possibilités d'exportation d'énergie, notamment de GNL et d'autres produits pétroliers. Le GNL est clé pour le statut du Canada en tant que superpuissance énergétique, et nous avons établi des objectifs ambitieux pour l'industrie d'ici 2030 et au‑delà. Churchill pourrait jouer un rôle à cet égard.
Grâce à ce projet Canada-Manitoba, dans le cadre de l'accord prévoyant une seule évaluation qui a été signé cette semaine — ce qui est une bonne chose —, nous créons les conditions pour que de grandes infrastructures nationales puissent progresser au Manitoba.
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur le ministre, alors que le printemps approche et que la température se réchauffe, nous entrons dans la saison des feux de forêt. Nous savons que les feux de forêt deviennent de plus en plus sévères et dangereux partout au pays.
Lorsque j'étais plus jeune, en Nouvelle-Écosse, les feux de forêt ne faisaient pas vraiment partie de notre vie. Je me souviens qu'il y a trois ans, dans ma cour, j'ai regardé le soleil en pensant qu'il avait une teinte un peu étrange, un peu rouge, un peu inhabituelle. Puis soudain, un feu s'est déclaré tout près de chez moi, et plus de 200 maisons ont été détruites du jour au lendemain. Par miracle, il n'y a pas eu de pertes de vie, mais d'un océan à l'autre, c'est un phénomène auquel nous faisons face dans ce pays.
Pourriez-vous faire le point sur ce que fait le ministère pour renforcer la capacité aérienne de lutte contre les feux de forêt au pays?
:
Oui. Je vous remercie pour cette question, qui est extrêmement importante.
Nous nous souvenons tous du président Trump faisant la leçon au président Zelensky en disant qu'il n'avait pas de cartes en main. Chaque soir, avant de m'endormir, je me demande ce que nous devons faire pour avoir les meilleures cartes possible.
Certains de nos meilleurs atouts sont nos minéraux critiques, car, franchement, le Canada possède ce dont le monde a besoin. Nos minéraux critiques sont des actifs stratégiques importants, non seulement pour la sécurité nationale et économique du Canada, mais aussi pour celle de nos alliés, ce qui nous donne un avantage certain.
Nous sommes engagés dans une collaboration constructive avec les États-Unis, afin de bâtir une nouvelle relation économique et sécuritaire fondée sur nos minéraux critiques. Parallèlement, nous jouons un rôle de chef de file dans l'Alliance sur la production de minéraux critiques, afin de renforcer notre coopération avec nos alliés dans le monde entier face aux manipulations délibérées des marchés par d'autres pays.
Jusqu'à présent, dans nos efforts pour rallier tous nos alliés, nous avons annoncé 56 partenariats différents avec chacun de nos alliés du G7, notamment — et je peux ne pas donner la liste complète — le Danemark, la Norvège, la Finlande, le Japon et l'Australie, ainsi que quelques autres.
:
Chers collègues, nous reprenons nos travaux. Bienvenue à tous. Nous avons eu un échange fructueux avec le ministre. Reprenons.
Conformément à l'article 81(4), du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 26 mars, le Comité reprend l'examen du Budget principal des dépenses 2026‑2027, qui lui a été renvoyé le jeudi 26 février.
Je souhaite la bienvenue à nos nouveaux témoins, qui se joignent aux fonctionnaires du groupe précédent. Je ne les ai pas encore nommés.
Toute la famille de Ressources naturelles Canada est ici. Bienvenue à tous.
Nous accueillons Tracy Sletto, présidente-directrice générale de la Régie de l'énergie du Canada. Bienvenue à nouveau. Nous accueillons aussi Jason Reid, premier vice-président du personnel, de l'innovation et des résultats et dirigeant principal des finances, ainsi que Chris Loewen, premier vice-président, Groupe de la réglementation, également de la Régie de l'énergie du Canada.
Nous recevons aussi Stéphane Cyr, vice-président, Services de gestion et dirigeant principal des finances, ainsi que Colin Moses, vice-président, Direction générale des affaires réglementaires et Chef des communications, de la Commission canadienne de sûreté nucléaire.
J'aimerais faire quelques observations à l'intention des nouveaux témoins. Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Je vous rappelle que toutes les interventions doivent être adressées au président. Chaque intervenant disposera de cinq minutes pour son exposé liminaire, puis nous passerons aux questions.
Madame Sletto, vous avez la parole pour cinq minutes au maximum. Je vous en prie.
Bonjour. Merci d'avoir invité la Régie de l'énergie du Canada à comparaître dans le cadre de votre étude du budget principal des dépenses.
Je m'appelle Tracy Sletto et je suis la présidente-directrice générale de la Régie. Je suis accompagnée aujourd'hui de Jason Reid et de Chris Loewen. Dans ma déclaration préliminaire, je donnerai un bref aperçu du mandat de la Régie et passerai en revue notre budget principal des dépenses pour l'exercice 2026‑2027 et expliquerai comment nos fonds sont affectés et ce qu'ils rendent possible.
Permettez-moi de commencer par reconnaître que nous nous trouvons sur le territoire ancestral et traditionnel non cédé de la Nation algonquine Anishinaabe, qui vit sur les terres que nous appelons maintenant Ottawa et en prend soin depuis des temps immémoriaux.
[Français]
Avant de parler de notre budget principal des dépenses, j'aimerais donner un aperçu de la Régie de l'énergie du Canada.
La Régie est l'organisme qui réglemente les infrastructures énergétiques de manière à prévenir les préjudices et à assurer que l'énergie est acheminée de manière sécuritaire, fiable, concurrentielle et durable sur le plan de l'environnement partout au Canada. Cela s'applique à tout pipeline qui traverse une frontière provinciale ou internationale et toute ligne électrique qui traverse une frontière internationale.
Notre mandat comprend aussi un volet économique important, que nous réalisons par le truchement de la réglementation financière, laquelle s'effectue par la surveillance des droits et tarifs des pipelines.
La Régie réglemente également les exportations de produits énergétiques et l'exploration de pétrole et de gaz dans certaines régions du Nord et dans les zones extracôtières du Canada. Elle a aussi comme mandat de produire de l'information sur les questions qui touchent l'énergie.
Enfin, elle fournit des données et des analyses qui éclairent la prise de décision et alimente le dialogue sur l'énergie au Canada. Notre travail est accompli dans le respect des droits et des intérêts des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Dans tout ce que fait la Régie, la surveillance de la sécurité et de l'environnement est toujours à l'avant-plan.
[Traduction]
Les activités de la Régie sont financées au moyen de crédits parlementaires. Toutefois, l'État canadien recouvre environ 95 % des frais de la Régie auprès de l'industrie qu'elle réglemente.
J'aimerais maintenant mettre en contexte le budget principal des dépenses de la Régie pour l'exercice 2026‑2027.
Les dépenses prévues de la Régie s'élèvent à 119,4 millions de dollars et se ventilent entre quatre responsabilités essentielles. La surveillance de la sécurité et de l'environnement compte pour un montant de 30,7 millions de dollars. Ces fonds permettent l'établissement et l'atteinte de nos attentes à l'égard des sociétés de notre ressort pendant tout le cycle de vie des installations énergétiques réglementées. Le processus décisionnel en matière d'énergie reçoit 29,6 millions de dollars, qui permettent à la Commission de rendre des décisions sur les demandes qui lui sont présentées, de tenir ses audiences et de mener ses processus réglementaires. Notre responsabilité essentielle de mobilisation est financée à hauteur de 11,0 millions de dollars. Elle rend possibles la mobilisation et la consultation des peuples autochtones et des parties prenantes aux échelles nationale et régionales par l'entremise d'un dialogue ouvert et réceptif. L'information sur l'énergie reçoit 5,3 millions de dollars, somme qui permet la collecte, le contrôle, l'analyse et la publication d'informations sur l'énergie à l'intention des Canadiens. Enfin, les services internes assurent la réalisation de nos quatre responsabilités essentielles et jouissent d'un budget de 42,9 millions de dollars. Cette somme est consacrée à la surveillance de la gestion, aux communications, aux affaires juridiques, à la gestion financière, à la gestion des ressources humaines et aux fonctions des technologies de l'information.
De ces sommes totales, les paiements de transfert représentent 10,6 millions de dollars du budget de la Régie. Ces fonds servent particulièrement à soutenir la participation des peuples autochtones et des parties prenantes aux activités de la Régie, dont ses processus décisionnels et ses activités de mobilisation et de surveillance de la sécurité et de l'environnement.
Comme l'indiquait notre Plan ministériel 2026‑2027, nos responsabilités essentielles sont guidées par nos quatre priorités stratégiques, à savoir: renforcer la confiance en exécutant notre mandat efficacement; améliorer la compétitivité du Canada à l'échelle mondiale par un leadership en matière d'innovation et de pratiques exemplaires de réglementation; faire progresser la Réconciliation et mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones; et préparer l'avenir énergétique grâce à notre expertise.
Tout au long de l'exercice 2026‑2027, nous poursuivrons la modernisation de notre cadre de réglementation et la simplification de nos processus en la matière, notamment par les initiatives exposées dans le Rapport d'examen du fardeau administratif de la Régie. Au nombre des principaux efforts, on compte le lancement d'un nouveau portail numérique, la réduction importante des délais d'approbation des projets de pipeline courants, la suppression des exigences de rapport obsolètes et inutiles et la mise à jour de notre réglementation sur les pipelines terrestres.
Je termine en vous remerciant de m'avoir donné l'occasion de vous parler du travail de la Régie. Nous nous ferons un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Je m'appelle Colin Moses. Je suis vice-président de la Direction générale des affaires réglementaires. Je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui. Je représente la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Je suis ici au nom du président, Pierre Tremblay, qui est actuellement au Nouveau-Brunswick pour rencontrer des nations et communautés autochtones.
[Français]
J'aimerais commencer par reconnaître que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple anishinabe algonquin.
Le secteur nucléaire du Canada connaît une croissance rapide, ce qui signifie qu'il faut déployer de plus grands efforts en matière de réglementation. La Commission canadienne de sûreté nucléaire, ou CCSN, met l'accent sur une surveillance réglementaire rigoureuse. Nous accordons la priorité aux éléments les plus importants sur le plan de la sûreté, et nous adaptons de nouvelles technologies et de nouveaux projets, tout en maintenant notre engagement à ne jamais faire de compromis sur la sûreté.
[Traduction]
Depuis près de 80 ans, la CCSN est l'organisme indépendant de réglementation nucléaire du Canada. En tant que régulateur du cycle de vie, nous assurons une surveillance rigoureuse et indépendante, afin que la chaîne d'approvisionnement nucléaire canadienne et toutes les activités liées au nucléaire respectent les normes les plus élevées en matière de sûreté, de sécurité et de protection de l'environnement. La Commission est un tribunal administratif quasi judiciaire, indépendant de toute influence politique, gouvernementale ou privée, qui est doté d'une compétence exclusive en matière de sûreté nucléaire au Canada.
[Français]
La confiance du public envers la CCSN est essentielle à la réalisation de l'ensemble des activités nucléaires au Canada. Nous observons un accroissement de l'intérêt envers l'énergie nucléaire, ce qui signifie qu'il est plus important que jamais de communiquer clairement avec le public que nous servons, d'être transparent et de collaborer, ainsi que de maintenir un équilibre délicat entre les intérêts des promoteurs et ceux des titulaires de permis, des Premières Nations et des détenteurs de droits autochtones.
[Traduction]
En tant qu'organisme de la Couronne, la CCSN s'acquitte de son obligation de consulter les nations autochtones dans le cadre de toutes ses activités de réglementation. Nous nous engageons à établir des relations à long terme avec les nations et les communautés autochtones et à faire progresser la réconciliation. Grâce à la collaboration ainsi qu'à un suivi et à une surveillance continus, nous contribuons à garantir la protection des droits et des intérêts des Autochtones, notamment en favorisant leur participation et en leur accordant un soutien financier.
Nous fonctionnons selon un modèle de recouvrement des coûts qui garantit que nos efforts de réglementation s'adaptent à l'activité du secteur tout en limitant l'impact sur les contribuables. Entre 70 et 75 % de nos coûts sont directement recouvrés auprès de l'industrie nucléaire, avec un recouvrement à 100 % appliqué aux installations nucléaires de classe 1, qui comprennent les centrales nucléaires, les installations de gestion des déchets nucléaires, ainsi que les mines et les usines de concentration d'uranium.
Près de 80 % de nos coûts sont liés aux salaires, ce qui reflète la nature hautement technique et spécialisée de notre travail. Les remises à neuf de réacteurs, la construction de nouvelles mines et les nouveaux projets nucléaires, qu'il s'agisse de grands réacteurs ou de petits réacteurs modulaires, entraînent une charge de travail réglementaire accrue. Cela se reflète dans nos prévisions de dépenses pour 2026-2027.
En résumé, la CCSN gère ses ressources avec rigueur grâce à un modèle financier qui garantit une surveillance nucléaire rigoureuse et indépendante, une imputabilité claire et une optimisation des ressources.
Alors que notre charge de travail augmente, la CCSN continue de mettre l'accent sur une surveillance rigoureuse et l'optimisation des ressources. Dans le cadre de notre modèle de recouvrement des coûts, nous réduisons nos efforts dans les domaines présentant une importance moindre sur le plan de la sécurité, afin de concentrer nos ressources là où elles sont le plus nécessaires.
Nous collaborons avec les entreprises et les associations professionnelles afin d'identifier les possibilités de rationaliser les procédures réglementaires, notamment en supprimant les doublons, en modernisant les exigences obsolètes et en améliorant les modalités de communication des informations, sans pour autant affaiblir la surveillance.
La CCSN assure également la coordination et joue un rôle de chef de file dans la collaboration avec ses partenaires fédéraux et provinciaux afin de réduire les chevauchements et de favoriser l'efficacité. Cela inclut notamment nos travaux actuels visant à assurer la bonne conduite de quatre évaluations d’impact en cours, étroitement liées entre elles, concernant des grands projets tels que le stockage dans des couches géologiques profondes et les nouveaux projets de construction nucléaire de Wesleyville, Bruce C et Energy Alberta.
Tous ces efforts contribuent à l'obtention de résultats concrets. Au cours de l'année écoulée, la Commission a rendu plusieurs décisions importantes en matière d'octroi de permis, notamment deux permis pour la construction de nouvelles mines et usines de traitement d'uranium en Saskatchewan, ainsi qu'un permis pour la construction du premier PRM à l'échelle du réseau électrique sur le site du nouveau projet nucléaire de Darlington, faisant ainsi du Canada le premier pays du G7 à lancer la construction d'un PRM.
Ces décisions, ainsi que les renouvellements d'autorisations majeurs, les modifications apportées aux autorisations et d'autres mesures de surveillance réglementaire, témoignent de l'efficacité de notre processus réglementaire et de notre capacité à répondre à une demande croissante.
[Français]
En conclusion, la Commission canadienne de sûreté nucléaire du Canada a deux grandes priorités: protéger l'ensemble de la population canadienne et l'environnement au moyen d'une surveillance rigoureuse des activités nucléaires actuelles et préparer le Canada pour l'avenir du nucléaire.
[Traduction]
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de me joindre à vous. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
Nous ne pouvons pas approuver cette approche « mettre en route et oublier » en matière de gestion du calendrier et des comités. C'est inutile. Le ministre s'est régulièrement montré disponible. C'est fastidieux. Nous avons reçu les rapports ministériels sur le rendement. Nous disposons d'un mécanisme bien établi par lequel les ministères nous fournissent des mises à jour.
Cela implique de nombreux rapports. Nous pouvons toujours demander des précisions. Il n'est pas nécessaire de ralentir le travail des ministères en leur imposant des obligations trop lourdes en matière de rapports d'étape. Nous pouvons toujours demander des précisions.
Cette motion entrave le travail de ce comité. Elle nous empêche de réagir aux événements tels qu’ils se présentent et aux questions au fur et à mesure qu’elles se posent. Nous comprenons bien sûr pourquoi l’opposition soulève cette question en ce moment, mais c’est tout simplement une mauvaise pratique.
Je propose que nous procédions au vote.
:
Dans le fond, c'est plutôt une étude. Ça s'explique aisément. Dans le cadre du Comité, nous avons fait une étude sur la question de l'énergie électrique. Malheureusement, la prorogation est arrivée, et aucun rapport n'a découlé de cette étude.
Dans le cadre de l'étude portant sur les exportations d'énergie, nous avons beaucoup parlé de la question gazière et pétrolière. Nous avons quand même abordé la question de la sécurité énergétique, de façon peut-être détournée. Il y aura peut-être sous peu la présentation d'orientations politiques de la part du ministère responsable de l'électrification.
Je pense que nous aurions intérêt à examiner ça en six séances, ce qui laisserait un peu de latitude pour aborder autre chose. Je voulais avoir des éléments précis pour que nous gardions en tête ces aspects dans nos appels de témoins. Je le vois de cette façon. Ça nous permettrait de compléter note étude.
Nous avons déjà eu une discussion là-dessus. J'en ai même parlé un peu avec le député Claude Guay. Je me souviens que, par le passé, personne n'a accepté de reprendre les témoignages qui avaient été faits dans le cadre d'une étude antérieure dans le but de les utiliser pour faire un rapport à une session ultérieure. Cela s'explique par le fait que, parmi les députés qui étaient membres du Comité pendant ces études, certains ne le sont plus. De plus, des députés qui n'étaient pas membres du Comité pendant ces études ne souhaiteraient pas étudier cet aspect. Nous avions préalablement parlé de faire une étude de six réunions là-dessus. Nous nous étions dit que c'était l'orientation que nous voulions prendre. Je pense que c'est dans l'ordre des choses.
:
Merci, madame la présidente.
[Traduction]
Merci à tous d'être ici. J'apprécie énormément chaque occasion que nous avons de discuter avec nos fonctionnaires. J'apprécie également beaucoup chaque occasion que nous avons de discuter avec des gens de Calgary. Me voici donc doublement satisfait. Je suis ravi d'être ici.
J'espère que nous pourrons commencer par une mise en contexte. C'est l'occasion idéale de savoir comment vous envisagez l'avenir, ce qui, selon vous, sera nouveau ou changera cette année, et comment le budget va appuyer et refléter ces perspectives.
Monsieur Orencsak, vous pouvez commencer, puis nous pourrons peut-être entendre Mme Sletto.
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Merci pour votre question concernant le budget des dépenses du ministère.
Comme l'a mentionné le ministre, nous demandons des autorisations budgétaires de l'ordre de 4,9 milliards de dollars pour cette année. Cela représente une baisse par rapport à l'année dernière, où elles s'élevaient à 5,1 milliards de dollars.
Certaines de ces augmentations reflètent des dépenses supplémentaires consacrées aux priorités du gouvernement. Par exemple, le budget des dépenses tient compte des récentes annonces budgétaires concernant la stratégie sur les minéraux critiques et le fonds pour les infrastructures liées aux minéraux critiques. Nous contribuons également à la stratégie commerciale du gouvernement, notamment par le biais d'investissements dans le Fonds pour le premier et le dernier kilomètre, par exemple.
On constate également une augmentation du budget alloué au programme d'incitation à la production de biocarburants. Cette mesure fait directement suite à certains changements apportés à la politique américaine. Nous constatons également une augmentation de 150 millions de dollars dans le programme des énergies renouvelables intelligentes et des voies d'accès à l'électrification dans les prévisions budgétaires de cette année. Nous observons aussi certains changements dans les investissements destinés à la gestion des feux de forêt, notamment ce dont le ministre a parlé concernant les capacités supplémentaires et les aéronefs destinés à la lutte contre les feux de forêt, y compris pour la prochaine saison de lutte contre les incendies.
:
Le budget de 2026‑2027 de la Régie de l'énergie du Canada, tel que je l'ai présenté dans mes remarques d'ouverture, met en évidence les types d'investissements que nous réalisons dans certains domaines clés. Je vais en souligner quelques-uns que nous jugeons particulièrement importants pour l'année à venir.
En ce qui concerne nos activités de surveillance en matière de sécurité et d'environnement, nous menons des activités de vérification de la conformité très critiques et importantes, et nous avons poursuivi la réalisation d'activités d'inspection des infrastructures énergétiques que nous réglementons. Par exemple, il y a 73 000 kilomètres de pipelines au Canada dont nous voulons nous assurer qu'ils sont exploités et entretenus en toute sécurité. Les activités d'inspection conjointes et de vérification de la conformité sont financées en grande partie par les crédits alloués à notre secteur de surveillance en matière de sécurité et d'environnement.
En ce qui concerne le domaine de l'arbitrage énergétique, je vais simplement souligner certains investissements importants que nous avons réalisés et que nous continuerons de réaliser grâce aux crédits qui nous sont alloués pour améliorer la prise de décision, rationaliser les processus et accroître l'efficience. Cela concerne à la fois la responsabilité essentielle et les services internes qui la soutiennent.
Je mettrais en avant l'investissement dans le lancement de ce qu'on appelle le portail de la REC, qui vient d'être mis à jour et lancé ce printemps avec certains ajouts indispensables. Il aide à numériser et automatiser la façon dont une industrie réglementée interagit avec l'organisme de réglementation et nous aide à gérer et soutenir les processus de prise de décision en tenant compte de ces gains d'efficacité. Nous constatons des résultats très concrets en ce qui concerne la rapidité et l'efficacité de nos processus décisionnels. Il y a de réelles améliorations à cet égard.
Il y a un autre domaine que je voudrais souligner, et c'est celui de l'information sur l'énergie. Nous continuons de fournir aux Canadiens des informations et des analyses énergétiques de très haute qualité et très ciblées, notamment grâce au rapport sur l'avenir énergétique du Canada, publié il y a quelques semaines. Ce rapport a été très bien accueilli et fournit des informations et des analyses qui contribuent à éclairer le dialogue énergétique au Canada. Ce rapport, les bulletins de marché, d'autres profils provinciaux et territoriaux ainsi que ce type de produits sont précisément ce que les fonds alloués à la REC permettent de soutenir.
Je pourrais vous donner de nombreux autres exemples, mais j'ai voulu mettre ceux‑là en avant en réponse à votre question. Merci de l'avoir posée.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
J'espère qu'on va pouvoir éclairer ma lanterne. Tout à l'heure, j'ai posé une question au sur le financement du pipeline qui s'en irait vers l'Ouest. Je lui ai demandé s'il était possible qu'il y ait du financement public, et il m'a répondu que c'était possible par la voie du Programme de garantie de prêts pour les Autochtones.
Ce programme est passé de 5 milliards de dollars à 10 milliards de dollars, et il accordait un maximum de 1 milliard de dollars par projet ou par promoteur. Pour ce qui est du pipeline, on juge que celui-ci risque de coûter de 30 à 40 milliards de dollars.
Est-il possible de le « saucissonner », en quelque sorte, et que plusieurs communautés autochtones soient parties prenantes du financement?
Dans un tel cas, on pourrait, par exemple, atteindre la somme maximum de 10 milliards en prêts pour les communautés autochtones.
Cela fait-il partie des analyses faites au ministère?
Je ne m'attendais pas à autant de candeur. Merci beaucoup.
En ce qui concerne la Régie de l'énergie du Canada, vous avez dit tout à l'heure que vous produisiez des données, des analyses et des études. Je suppose que le fait d'estimer le coût d'une telle infrastructure fait partie de votre mandat. Ce pipeline s'en irait vers l'Ouest. Je suppose que vous avez fait des analyses sur cette base, pour savoir si ce type d'infrastructure pouvait être rentable.
Je vous dis ça parce que je garde toujours à l'esprit l'analyse qu'avait faite le directeur parlementaire du budget quand il a comparu devant ce comité pour dire que le pipeline de Trans Mountain ne serait pas rentable sur une période de 40 ans selon le prix demandé aux utilisateurs.
Avez-vous fait ce type d'analyse?
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Je ne voulais pas vous couper la parole, mais je voulais vous dire qu'une personne, que je trouve tout à fait crédible, est venue nous parler en début de semaine ou la semaine dernière. Il s'agit de M. Rory Johnston, qui fait aussi des études sur les débouchés et les marchés pour le secteur pétrolier.
J'ai aussi parlé au de M. Johnston.
Le fait d'explorer ce que sont les marchés va de pair avec les infrastructures. Si on n'a pas les infrastructures, on n'a pas accès aux marchés. Je suppose donc que ce sont des variables que vous devez prendre en considération, n'est-ce pas?
Quand le gouvernement veut se lancer dans la construction d'infrastructures et dans de grands projets, sur quoi se base-t-il s'il ne dispose pas d'analyses qui indiquent que ces projets sont viables et rentables, et que les retombées économiques associées à de telles infrastructures peuvent être bénéfiques pour l'ensemble des Canadiens?
C'est tout de même affolant, n'est-ce pas?
N'est-ce pas à la Régie que revient ce rôle?
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie beaucoup tous les fonctionnaires pour le travail qu'ils accomplissent pour tous les Canadiens.
Monsieur Orencsak, j'aimerais parler du Fonds du premier et du dernier kilomètre, financé dans le cadre du budget principal des dépenses.
Pouvez-vous nous expliquer comment ce fonds peut accroître la viabilité des projets miniers afin que le Canada puisse exploiter les immenses gisements de ressources dont il est doté?
Le Comité a fait une étude sur les minéraux critiques. Nous sommes donc au courant des avantages qu'offre le Canada et du rôle que le Fonds peut jouer dans le financement du secteur privé. Il s'agit de rendre les infrastructures plus viables et de permettre que nos minéraux, une fois extraits, puissent être acheminés à l'intérieur du Canada ou vers d'autres marchés intéressants.
Vous pouvez demander à l'un de vos adjoints de répondre à ma question, si vous le voulez.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je reviens vers vous, madame Sletto. Je vais essayer d'être plus clair.
Le gouvernement a annoncé son intention ferme, quand même, d'augmenter les corridors commerciaux, d'augmenter le nombre de partenaires étrangers et de faire davantage d'exportations d'énergie dans d'autres pays. Ça ne se fait pas sur un coin de table. Ça se fait à partir d'analyses de marché et d'analyses sur les besoins en matière d'infrastructures.
Lorsque Hydro‑Québec a voulu exporter de l'hydroélectricité aux États‑Unis, la Régie de l'énergie du Québec avait produit des rapports pour établir combien coûterait la ligne qui devrait être construite et ce que ça représenterait au chapitre des retombées économiques pour le Québec. Je suppose que le gouvernement fédéral ne prend pas ses décisions sur un coin de table.
Ce que j'aimerais, dans le cadre de notre étude, et ce qui pourrait nous aider grandement, c'est que vous puissiez déposer au Comité vos études et vos analyses qui vont en ce sens. Si elles n'existent pas, je serais curieux de savoir s'il y en a au ministère, parce que c'est un processus de prise de décision qui suppose des sommes d'argent colossales.
J'aimerais que l'on éclaire un peu plus ma lanterne sur la manière dont on prend des décisions et à partir de quelles informations. J'aimerais aussi savoir si vous êtes en mesure de déposer les études ici, au Comité, pour que nous comprenions un peu mieux là où s'en va le gouvernement.
Merci.
:
Merci, monsieur le député. Je suis très heureux de pouvoir utiliser mon badge aujourd'hui.
Je tiens à m'assurer que je réponds bien à la question que vous posez. Nous disposons de plusieurs moyens pour soutenir la diffusion d'informations sur les feux de forêt et la mise à disposition de matériel destiné à la lutte contre ces incendies.
En ce qui concerne le matériel, nous disposons d'un programme qui octroie des fonds aux provinces et aux territoires pour l'achat de matériel de lutte contre les feux de forêt. Nous le faisons par le biais d'accords de contribution conclus avec ces provinces et territoires. Nous avons conclu 12 ententes à l'échelle du pays.
Nous nous employons également à fournir des modèles et des observations sur le comportement des feux de forêt par l'intermédiaire du ministère et de nos équipes scientifiques. Ces services sont proposés tout au long de la saison des feux de forêt.
Le domaine d'utilisation est assez large, je tiens donc à m'assurer que je réponds pleinement à votre question. Cela vous aide‑t‑il?
:
C'est vrai, mais il y a des limites à tout.
Tout comme M. Martel vient de le faire, je voudrais parler du secteur forestier; monsieur Hargrove, je vous prie donc de rester ici.
Nous savons qu'il s'agit d'un secteur d'une importance capitale à l'échelle du pays. Il regroupe au moins 300 collectivités et environ 200 000 personnes. Bien sûr, il est également confronté à de nombreuses difficultés en ce moment, qui lui sont principalement imposées de l'étranger.
Je sais que le ministère a été chargé de mettre en place le groupe de travail sur la transformation du secteur forestier canadien. Je ne sais pas si cette question s'adresse à vous, monsieur Hargrove, ou à M. Orencsak. Je vous laisse en décider entre vous. Pourriez-vous nous dire où en sont les travaux de ce groupe de travail et quelles seront les prochaines étapes?
:
C'est une excellente question.
Le député a évoqué le Centre interservices des feux de forêt du Canada. Cet organisme est géré conjointement par le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par l'intermédiaire du CIFFC, comme on l'appelle généralement, nous collaborons au‑delà des frontières administratives sur des questions telles que le partage des ressources. Par exemple, lorsque des pompiers et du matériel sont envoyés de la Colombie-Britannique vers la Nouvelle-Écosse, c'est le CIFFC qui assure la coordination. Nous travaillons également avec lui pour coordonner l'intervention des pompiers provenant d'autres pays qui viennent nous prêter main-forte.
C'est l'une des raisons pour lesquelles nous collaborons avec le CIFFC pour l'acquisition et la gestion de ces nouveaux appareils. L'objectif est de pouvoir les gérer dans le cadre d'une collaboration avec les provinces et les territoires, et de veiller à ce qu'un effort collectif soit déployé pour identifier les besoins les plus urgents et affecter ces composantes là où elles sont le plus nécessaires.
Il s'agit là d'un élément essentiel du système à l'échelle du Canada, et le CIFFC y joue un rôle important.
:
Le temps est écoulé. Vous pouvez nous envoyer d'autres informations si vous le souhaitez. Merci.
Au nom du Comité, je tiens à remercier tous les représentants et témoins d'être ici aujourd'hui. Je sais que le temps de parole est limité. Il est difficile pour les députés de poser des questions dans ce laps de temps, et c'est certainement un défi pour vous tous de répondre aux questions dans le temps imparti, compte tenu de la complexité, de l'ampleur et de la portée de l'ensemble du travail que vous accomplissez au service du Canada.
Merci de nous avoir consacré votre temps aujourd'hui et d'avoir participé à cet exercice de reddition de comptes. Je suis certaine que nous nous reverrons tous.
Chers collègues, il ne nous reste plus que deux questions à régler.
Mesdames et messieurs les témoins, vous pouvez rester si vous le souhaitez, ou vous pouvez reprendre le cours de votre vie dès maintenant. Merci.
Chers collègues, nous devons voter sur le budget des dépenses, puisque nous venons d'en discuter en réunion. Les chiffres sont les suivants:
ÉNERGIE ATOMIQUE DU CANADA LIMITÉE
ç
Crédit 1 — Paiements à la société pour les dépenses de fonctionnement et les dépenses en capital..........1 704 470 844 $
(Le crédit 1 est adopté.)
RÉGIE DE L'ÉNERGIE DU CANADA
ç
Crédit 1 — Dépenses du programme..........105 900 587 $
(Le crédit 1 est adopté.)
COMMISSION CANADIENNE DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE
ç
Crédit 1 — Dépenses du programme..........54 062 479 $
(Le crédit 1 est adopté.)
MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES
ç
Crédit 1 — Dépenses de fonctionnement..........884 836 089 $
ç
Crédit 5 — Dépenses en capital..........51 814 394 $
ç
Crédit 10 — Subventions et contributions..........2 455 233 835 $
(Les crédits 1, 5 et 10 sont adoptés.)
AGENCE DES PIPELINES DU NORD
ç
Crédit 1 — Dépenses de programme..........540 000 $
(Le crédit 1 est adopté.)
La vice-présidente (Shannon Stubbs): Dois‑je faire rapport à la Chambre des crédits, moins les montants attribués à titre de crédits provisoires?
Des députés: D'accord.
La vice-présidente (Shannon Stubbs): En ce qui concerne la motion sur la sécurité énergétique et le transport d'énergie que nous avons proposée conjointement, je pense qu'il serait souhaitable que les listes de témoins soient soumises avant le 1er mai.
Plaît‑il au Comité de lever la séance?
Des députés: D'accord.
La vice-présidente (Shannon Stubbs): Merci.