Je précise pour commencer que nous sommes réunis sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe.
Bienvenue à la 23e réunion du Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes. La séance d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride.
Je vous rappelle les points suivants.
Avant de parler, veuillez attendre que je vous donne la parole nommément. Ceux qui participent par vidéoconférence peuvent activer leur micro en cliquant sur l'icône correspondante et sont priés de le désactiver quand ils ne parlent pas. Ceux qui utilisent Zoom — nos témoins du premier groupe y sont tous aujourd'hui — peuvent, au bas de leur écran, sélectionner le canal d'interprétation de leur choix: plancher, anglais ou français.
Que vous participiez en personne ou par Zoom, veuillez lever la main si vous souhaitez parler. Le greffier du comité et moi-même ferons de notre mieux pour maintenir un ordre des interventions unifié. Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 18 septembre 2025, le Comité reprend son étude des exportations d'énergie canadiennes.
Accueillons nos témoins. De l'Université McMaster, nous avons le professeur David Novog, directeur du McMaster Institute for Energy Studies. De Stockage d'énergie Canada, nous avons Andrew Thiele, vice-président, Politique et affaires gouvernementales, et Robert Tremblay, gestionnaire des politiques.
Tous les témoins ont effectué l'essai d'orientation de témoin obligatoire. Ils ont tous réussi — l'un d'entre eux de justesse, mais tous sont maintenant prêts.
Vous disposerez chacun de cinq minutes pour faire votre exposé préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Monsieur Novog, nous allons commencer par vous. Vous avez cinq minutes. Allez‑y, je vous en prie.
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Merci, monsieur le président et merci à vous, mesdames et messieurs les membres du Comité, de m'avoir invité à prendre la parole aujourd'hui.
Comme spécialiste de l'énergie nucléaire, je m'intéresse à divers aspects de la technologie depuis 30 ans. Cela comprend des expériences avec les parcs nucléaires du Japon et de la France, avec Hydro Ontario et les entreprises qui lui ont succédé, et maintenant dans le milieu universitaire.
J'ai assumé des fonctions de conseiller auprès du gouvernement de l'Ontario en matière de planification d'urgence nucléaire et participé à des travaux de R‑D pour la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Je suis actuellement professeur à la faculté de génie de l'Université McMaster et je travaille au réacteur nucléaire McMaster, le RNM. Le RNM est le plus grand réacteur expérimental du Canada. Il produit beaucoup d'isotopes nucléaires essentiels, dont certains sont utilisés au pays et d'autres sont exportés. C'est une infrastructure singulière et unique à l'appui du secteur nucléaire du Canada.
Dans le domaine nucléaire, il existe d'immenses possibilités d'exportation du côté des ventes directes et des services techniques, dont certaines sont déjà en cours de réalisation. Les récentes remises à neuf en Ontario et les nouvelles constructions à la centrale de Darlington placent le Canada au centre des discussions mondiales sur l'énergie nucléaire.
Même si les exportations de la technologie canadienne CANDU remontent à des décennies, le Canada continue d'en tirer profit. Il faut notamment rappeler les projets internationaux de remise à neuf dirigés par des entreprises canadiennes comme Candu Énergie, où toute la chaîne d'approvisionnement liée au Canada effectue un travail essentiel pour les marchés étrangers. Les contrats de services et de composants nets destinés à soutenir les exportations de réacteurs CANDU au fil des ans sont une grande réussite que peu de gens reconnaissent. Le nouveau projet de PRM à Darlington serait un autre tournant dans l'histoire nucléaire canadienne, puisque beaucoup de pays s'intéressent à ce modèle.
Les compétences de premier ordre des gens formés dans les collèges et les universités du Canada sont un facteur essentiel et peu reconnu de notre succès. J'ai passé ma carrière à examiner des choses très complexes, depuis les éléments les plus internes du réacteur jusqu'aux accidents de grande envergure comme celui de Fukushima. J'ai pu constater que la disponibilité de main-d'œuvre, le savoir et l'expertise sont indispensables au succès.
Je voudrais commencer par poser la question suivante: quel est donc le problème? Dans une récente étude de l'Université McMaster sur la planification de la main-d'œuvre, nous avons prédit que les secteurs de l'énergie nucléaire et des isotopes se heurteraient à d'importantes contraintes liées à la main-d'œuvre au cours de la prochaine décennie. Les prévisions indiquent que les besoins en main-d'œuvre directe et dans la chaîne d'approvisionnement pourraient tripler au cours de cette période.
Cela repose sur quatre éléments principaux. Tout d'abord, la Société indépendante d'exploitation du réseau d'électricité de l'Ontario demande 17 gigawatts supplémentaires de capacité pour la province seulement. Compte tenu du facteur de capacité des énergies renouvelables et des difficultés liées au stockage saisonnier, il est probable qu'une grande partie de l'approvisionnement de base sera comblée par le nucléaire. Les 17 gigawatts seraient fournis par environ 60 unités BWRX, comme les 60 réacteurs actuellement en construction à Darlington. Certains de ces réacteurs seront probablement de grande taille. Quoi qu'il en soit, le Canada peut construire en même temps plusieurs réacteurs nucléaires, tout en veillant à soutenir le marché de l'exportation, et cela exercera des pressions importantes sur le marché du travail.
Deuxièmement, la transition de travailleurs d'un secteur à l'autre et l'immigration seront essentielles pour répondre aux besoins de main-d'œuvre. Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux devront collaborer pour promouvoir le développement des compétences et le recyclage des travailleurs.
Troisièmement, à mesure que les entreprises prospères du secteur nucléaire — de l'exploitation minière chez Cameco jusqu'au combustible nucléaire usé de la Société de gestion des déchets nucléaires — tirent parti de la croissance mondiale et de l'expansion nationale, le recrutement devra augmenter considérablement.
Enfin, et on le sait peu, l'observation de projets d'infrastructure à grande échelle comme ceux du Royaume‑Uni montre que les taux d'attrition peuvent atteindre 20 % dans le cas de ces grands mégaprojets.
Pour y remédier, d'excellents programmes ont été mis en place grâce au financement de la recherche par les trois conseils afin de soutenir le corps professoral et les universités, dont plus de 100 personnes hautement qualifiées qui sont passées par mon laboratoire. Par ailleurs, grâce à des initiatives comme le programme facilitant les PRM, Ressources naturelles Canada a augmenté le nombre d'entreprises actives au Canada et soutenu la R‑D dans les universités.
Au moment où le Canada lance simultanément ses mégaprojets dans les secteurs de la défense, du pétrole et du gaz, de l'énergie, de l'intelligence artificielle et des minéraux, une main-d'œuvre limitée va faire l'objet d'une concurrence nationale entre les secteurs en quête de compétences.
Comment faire mieux? Les annonces récentes du gouvernement fédéral au sujet des chaires de recherche Impact+ sont un début prometteur. Cela permettra d'attirer des centaines de compétences de calibre mondial dans les universités et de financer un grand nombre de nouveaux étudiants dans ces domaines. D'autres mesures à court terme — par exemple, l'amélioration de programmes de soutien comme le Programme des chaires de recherche du Canada ou la transition des programmes facilitants de RNCan vers la construction de gros réacteurs — seraient certainement utiles.
Enfin, nous avons désespérément besoin de collaborer avec les dirigeants provinciaux pour garantir un financement durable, ciblé et direct permettant de créer des programmes de formation et des installations comme celle du réacteur de McMaster. Une réponse urgente s'impose dès maintenant pour répondre à la demande à venir.
Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions au sujet de l'étude sur la main-d'œuvre, de l'expansion du nucléaire ou du secteur nucléaire en général.
Merci aux membres du Comité du temps qu'ils m'accordent.
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Merci à vous, monsieur le président, et aux membres du Comité de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
Je m'appelle Andrew Thiele. Je suis vice-président de la Politique et des affaires gouvernementales chez Stockage d'énergie Canada. Je suis accompagné de mon collègue Robert Tremblay, gestionnaire des politiques.
Stockage d'énergie Canada est l'association nationale qui représente les entreprises participant au développement, à la fabrication, à l'intégration et à l'exploitation des technologies de stockage d'énergie partout au pays. Aujourd'hui, je vais me concentrer sur trois messages essentiels. Premièrement, le stockage d'énergie est désormais une infrastructure essentielle pour l'avenir de l'électricité au Canada. Deuxièmement, c'est une possibilité pour le secteur d'activité et pour la chaîne d'approvisionnement, et pas seulement une solution de réseau. Troisièmement, le Canada peut être un chef de file mondial, mais il y faut une politique fédérale pragmatique doublée d'une planification provinciale avisée.
Le réseau électrique du Canada est en train de se transformer rapidement et fait face à une demande croissante et à des pressions croissantes en matière de fiabilité. Le stockage d'énergie offre une capacité solide, une souplesse de répartition et des services de fiabilité essentiels.
Le marché du stockage au Canada s'accélère, lui aussi, rapidement. L'Ontario a plus de 2 800 mégawatts de stockage sous contrat ou en construction, soit l'un des plus importants pipelines d'approvisionnement en Amérique du Nord, et d'autres provinces prennent également des mesures en ce sens. Le Québec peut compter sur des possibilités de plus de 1 200 mégawatts. L'Alberta a déjà déployé plus de 200 mégawatts de stockage et en prévoit jusqu'à 750 d'ici deux ans.
Le stockage est en train de devenir l'un des secteurs industriels propres les plus prometteurs de cette décennie. Le Canada délaisse de plus en plus l'assemblage de véhicules pour se tourner vers la chaîne d'approvisionnement des batteries, dont les piles et les modules de batterie, les systèmes de stockage à l'échelle du réseau, les technologies de stockage de longue durée, le recyclage et la récupération des minéraux critiques.
L'investissement initial dans les véhicules électriques a fait de l'Ontario une plaque tournante pour la transition automobile. La prochaine étape sera une plongée dans la chaîne d'approvisionnement des batteries, où la valeur économique, l'importance de la sécurité et le potentiel d'exportation sont beaucoup plus élevés. La demande de stockage à l'échelle du réseau peut devenir un point d'ancrage national stable pour la capacité de fabrication, même si les marchés des VE connaissent des hauts et des bas cycliques.
Pour l'avenir, l'un des moteurs de la demande de stockage qui connaît une accélération sans équivalent est l'intelligence artificielle et l'informatique de pointe. Ces augmentations de la charge par paliers peuvent prendre des dizaines, voire des centaines de mégawatts à un même endroit. L'expansion de la chaîne peut prendre 10 ans, mais les systèmes de stockage peuvent être déployés et autorisés dans un délai de deux à quatre ans. Le stockage ouvre des possibilités économiques tout en reportant des mises à niveau coûteuses et en soutenant les investissements industriels et informatiques.
Le stockage renforce également le potentiel commercial du Canada en matière d'électricité. Les interconnexions sont des infrastructures essentielles, mais elles ne valent que ce que vaut leur souplesse. Le stockage permet aux provinces d'absorber l'énergie pendant les périodes de faible demande et de la restituer durant les périodes de pointe, ce qui rend les interconnexions plus solides, contrôlables et économiquement rentables. Tout cela renforce la capacité du Canada d'exporter de l'électricité propre au moment voulu.
Le Canada compte déjà un groupe diversifié de leaders en technologies de stockage et d'équipementiers, dont Invinity en Colombie‑Britannique, qui fabrique des batteries à flux de vanadium, Hydrostor en Ontario, chef de file mondial en matière de stockage d'air comprimé, e‑Zinc, qui met au point des solutions de stockage de longue durée à base de zinc, et EVLO, entreprise soutenue par Hydro-Québec, qui renforce l'intégration des systèmes de batterie domestiques. Cette diversité est importante. Le Canada ne fait pas qu'importer du stockage; nous développons une expertise.
Par ailleurs, il est essentiel de comprendre la perspective à court terme de la chaîne d'approvisionnement. Les chaînes d'approvisionnement en batteries restent surtout mondiales, notamment pour les cellules, les sous-composants et les minéraux critiques transformés. Même les principaux équipementiers nord-américains dépendent encore des intrants internationaux à court terme. Le Canada ne peut pas passer du jour au lendemain à un approvisionnement intérieur complet sans risquer des retards, des augmentations de coûts et d'éventuelles répercussions sur la fiabilité.
Cela nous amène à la sécurité énergétique. SEC appuie le principe d'exclure les entreprises étrangères à risque élevé de la participation aux approvisionnements énergétiques canadiens, conformément aux pratiques exemplaires mondiales. Mais ces restrictions doivent être envisagées avec précaution. Des mesures brutales ou mal conçues pourraient retarder des projets, faire augmenter les coûts ou compromettre la participation locale et autochtone.
SEC recommande d'adopter un cadre de transition axé sur le risque et non rétroactif, avec une définition claire et ciblée des entreprises d'État en fonction des seuils de propriété et de contrôle, de ne pas l'appliquer rétroactivement aux projets contractuels existants, et de prévoir une mise en œuvre progressive en commençant par les composants cyber-sensibles.
La gestion des risques liés à la cybersécurité ne part pas de zéro. Les services publics et les organismes de réglementation imposent déjà des normes sous la forme d'exigences en matière d'interconnexion, de contrôles des approvisionnements, de restrictions de l'accès à distance, de gestion des micrologiciels, ainsi que d'évaluation et de certification. Il s'agit de s'appuyer sur cette base de façon intelligente et ciblée.
Le gouvernement fédéral a un rôle central à jouer pour s'assurer que le Canada saisit la pleine valeur économique du stockage tout en protégeant sa sécurité énergétique. Les recommandations de SEC sont donc les suivantes: premièrement, optimiser les crédits d'impôt à l'investissement; deuxièmement, élargir les programmes de déploiement; et, troisièmement, jumeler les restrictions avec la politique industrielle. Les restrictions ne suffisent pas, à elles seules, à créer des chaînes d'approvisionnement; c'est la politique industrielle qui le peut. SEC recommande d'employer des incitatifs financiers fédéraux ciblés pour la chaîne d'approvisionnement de stockage qui seraient axés sur des primes pour contenu national et non sur des restrictions.
En conclusion, le stockage d'énergie est indispensable à l'avenir de l'électricité au Canada et représente une occasion industrielle majeure, si on s'y prend correctement. Grâce à des signaux d'investissement clairs, à des mesures intelligentes de sécurité de la chaîne d'approvisionnement et à des incitatifs fédéraux coordonnés, le stockage peut renforcer la fiabilité, réduire les coûts, favoriser la réconciliation avec les Autochtones et positionner le Canada comme un leader mondial et une superpuissance énergétique.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Je vais commencer par dire un mot du rôle de soutien du stockage pour les interconnexions.
Vous avez dit à juste titre que, auparavant, nous faisions beaucoup de commerce d'énergie entre le nord et le sud. Cela continuera probablement d'être le cas par la suite, mais ce qui est devenu plus clair, ce sont les possibilités de faire du commerce entre l'Est et l'Ouest du Canada.
Le stockage soutient les interconnexions en rendant le commerce plus fiable et plus rentable. Les interconnexions sont plus fortes quand on peut déplacer l'énergie en temps utile, et pas seulement quand elle est disponible. La possibilité de déploiement dans un délai de construction aussi court et ponctuel permet de le faire là où c'est le plus avantageux pour le système.
Pensez aux points d'interconnexion susceptibles de grosse congestion énergétique — trop d'électrons se déplaçant sur un nœud. Le déploiement stratégique du stockage permet de mieux utiliser l'infrastructure existante du point de vue des interconnexions, mais aussi d'en tirer parti à mesure que de nouvelles transmissions entrent en service.
Pour dire un mot sur l'incertitude internationale à laquelle nous faisons face en matière de commerce et de tarifs, la question de l'énergie — à savoir que nous devons garantir la sécurité énergétique au Canada — est d'une importance cruciale pour nous à Stockage d'énergie Canada. Les entreprises de ma province, l'Ontario, qui passent de la fabrication de VE à la fabrication de cellules de batteries pour réseau électrique sont un exemple de développement d'une solide chaîne d'approvisionnement nationale qui nous permettra de garantir notre sécurité énergétique à venir.
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Oui, je serai heureux de prolonger un peu la réflexion sur ces deux commentaires. C'est effectivement quelque chose que SEC continue de faire valoir dans le cadre de multiples processus fédéraux, et par le biais de notre participation au mémoire prébudgétaire et à d'autres processus.
Brièvement au sujet des crédits d'impôt à l'investissement actuels, certaines technologies de stockage — et plus précisément le stockage d'énergie thermique, qui joue un rôle considérable dans la production d'électricité — en sont exclues. Cela signifie que le stockage en soi et les nombreuses possibilités offertes par les divers types de technologies de stockage, au‑delà des avantages à l'échelle du réseau, ne sont pas admissibles à la série de crédits d'impôt qui pourraient modifier considérablement certaines de nos décisions énergétiques.
Quant aux restrictions, dans le budget fédéral de novembre, nous avons constaté une tendance à privilégier les dispositions relatives au contenu national dans les projets. Comme je l'ai dit dans mon exposé, SEC est évidemment très favorable à la création d'une chaîne d'approvisionnement nationale, mais nous ne pouvons pas compromettre les projets en cours, qui permettent d'obtenir des ressources et dont les délais de mise en œuvre pourraient être touchés par des décisions susceptibles de modifier la dynamique à court terme.
Pour aborder cette difficulté — et c'est effectivement un enjeu soulevé dans de nombreuses provinces —, SEC a tendance à se demander: « Comment procéder par étapes pour que les projets puissent se poursuivre tout en relayant un scénario de croissance future des ressources? » Certains éléments pourraient être sécurisés au pays beaucoup plus facilement ou dans un délai beaucoup plus court. C'est à eux que nous invitons le gouvernement à s'intéresser d'abord, après quoi il pourra concrétiser progressivement d'autres mesures plus nombreuses en matière de contenu canadien à plus long terme.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Thiele, j'ai une petite question rapide à vous poser.
Dans votre déclaration préliminaire, vous avez parlé de la réalité à court terme et, entre autres, des intrants nécessaires aux technologies de stockage. Je ne peux pas ne pas y voir un lien avec la filière des minéraux critiques. Dans le cadre d'une étude du Comité, nous avons reçu un témoin qui nous a parlé d'un projet sur les terres rares, entre autres. Il nous a dit à quel point il était difficile de faire le raffinage des terres rares, qui comprennent plusieurs éléments essentiels à la filière batterie.
Pourriez-vous nous fournir plus de détails sur cette question des intrants afin que nous puissions voir comment améliorer la chaîne de valeur canadienne? Bien entendu, on peut améliorer le secteur des minéraux critiques, mais il doit y avoir aussi d'autres secteurs à améliorer, si nous voulons vraiment améliorer notre chaîne de valeur en ce qui a trait au stockage. Pouvez-vous nous en dire plus à cet égard?
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Merci beaucoup, monsieur Tremblay.
Je suis désolé, mais je vais devoir parler rapidement d'une motion.
Messieurs les témoins, je suis désolé de couper votre élan. Je vous invite quand même, si vous en avez la possibilité, à déposer par écrit des informations supplémentaires, en particulier sur la question de la chaîne d'approvisionnement.
Monsieur le président, je voudrais parler rapidement d'une motion qui a été déposée en septembre dernier. Vous avez probablement vu la situation particulière entourant l'entreprise Domtar, qui a racheté, il y a quelques années, Produits forestiers Résolu, par l'intermédiaire de la multinationale Asia Pulp and Paper.
Par le passé, notre comité a déposé des motions pour inviter M. Jackson Wijaya. On nous avait rassurés en nous disant que l'entièreté des installations allait être maintenue au Canada. Maintenant, les choses changent rapidement. Nous avons fait une étude sur le secteur forestier, où on sait que la situation est difficile. Tout de même, le plus grand propriétaire de parterres de coupe du Québec doit répondre, d'une certaine façon, de ses orientations et s'expliquer devant le Comité.
C'est pour cette raison que je vais proposer la motion suivante:
Que, considérant les nombreux refus de Jackson Wijaya aux invitations à témoigner devant ce comité par le passé, et
Considérant les récentes fermetures de l'usine Domtar de Kénogami, et sous la menace de fermeture définitive pesant sur l'usine et étant donné que l'entreprise avait pourtant annoncé un plan d'investissements dans les derniers mois;
En vertu de l'article 108(2) du Règlement, le Comité convoque Jackson Wijaya, propriétaire de Asia Pulp and Paper et unique actionnaire de Domtar, pour témoigner de l'impact d'une telle décision pour les employés de l'usine et des intentions de l'entreprise concernant ses autres installations au Québec et au Canada; et
Qu'un rapport de cette étude soit préparé et présenté à la Chambre et que, conformément à l'article 109 du Règlement, le gouvernement dépose une réponse complète au rapport.
Monsieur le président, il y a eu des discussions préalables, et je sais que mon collègue M. Hogan a peut-être quelques modifications à proposer. Si elles portent sur ce dont nous avons parlé, je n'y vois pas d'objection, mais je veux juste prendre deux ou trois secondes pour donner du contexte.
Domtar a fermé des installations chez moi, au Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, de façon temporaire. On sait qu'il y aura probablement une fermeture définitive, ce qui ne cadre pas avec ce qui nous a été présenté par le passé.
Au moment de la transaction, nous avions eu des discussions avec le ministre , selon lesquelles le gouvernement avait semblé vouloir avoir des garanties. Le passage de M. Wijaya pourrait être l'occasion de vérifier si ces garanties ont été respectées. Tout un volet de ce problème touche des installations hydroélectriques au Québec. C'est au gouvernement du Québec de régler ça, mais je veux simplement faire comprendre à mes collègues que l'enjeu est quand même grand.
Beaucoup d'employés sont présentement dans une situation précaire à cause de cette situation. La motion a été déposée en septembre. Nous avons laissé à l'entreprise amplement de temps pour nous présenter ses intentions. J'ai l'impression que, aujourd'hui, six mois plus tard, nous n'avons pas avancé.
Plusieurs intervenants politiques, en particulier du Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, aimeraient bien entendre ce que M. Wijaya a à dire.
Je suis prêt à écouter ce que mes collègues ont à dire là-dessus.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie M. Simard de sa motion. C'est une discussion importante pour le Comité, et elle arrive à point nommé en raison de la rédaction de notre rapport. C'est une question très grave. Je lui suis toujours reconnaissant de défendre le secteur forestier. C'est un secteur très important. Nous devons être là pour les collectivités et les travailleurs touchés.
J'aimerais proposer un amendement qui modifierait deux paragraphes.
Tout d'abord, j'aimerais remplacer « convoque » par « invite ». D'après ce que je comprends, il me semble que vous invitez des témoins à comparaître plutôt que les convoquer. C'est à mon avis une façon plus amicale d'entamer cette conversation avec Domtar, à tout le moins.
Quant au dernier paragraphe, comme nous avons un rapport sur les forêts en cours, je propose de le remplacer par « Que ce témoignage soit inclus dans le rapport du Comité de l'étude sur le secteur forestier ».
C'est l'amendement que je propose, monsieur le président.
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Merci, monsieur Thiele.
Le stockage de l'énergie thermique est très semblable à celui des batteries ou du type de stockage de l'énergie électrique auquel on pourrait penser, sauf qu'il prend de l'électricité et la renvoie ensuite dans le réseau sous forme de chaleur utile plutôt que d'électricité.
La lacune que nous constatons dans les avantages fiscaux accordés à l'économie propre, c'est que, dans les notes explicatives de la Loi de l'impôt sur le revenu, la définition du stockage d'énergie catégorise précisément le stockage d'énergie comme étant de l'électricité à l'entrée comme à la sortie, contrairement à d'autres technologies. En effet, la biomasse, le nucléaire, l'énergie solaire thermique concentrée et le captage et stockage du carbone, permettent toutes de produire de l'énergie électrique ou thermique, au choix.
Le changement que nous demandons, c'est que le stockage de l'énergie soit traité de la même façon, qu'il s'agisse d'énergie électrique ou thermique. Le stockage de l'énergie thermique est principalement utilisé pour fournir de l'électricité comme source de chaleur dans les systèmes industriels ou les systèmes urbains de chauffage.
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Ça varie selon la province.
L'Ontario a un programme assez bien établi, appelé le ICI, ou l'initiative de conservation industrielle, qui récompense la réactivité de la demande pendant les périodes de pointe.
Dans ma province, l'Alberta, nous sommes en train de réformer notre structure des tarifs d'électricité, et c'est certainement quelque chose que nous préconisons sous forme de redevances par rapport à la demande.
Cela varie vraiment d'une province à l'autre. Dans de nombreuses provinces de la Couronne, les tarifs d'électricité ont toujours été beaucoup plus simples, pour le bien de leurs réseaux électriques, sous forme de réglementation.
Il y a certainement du travail à faire, mais il y a un bon exemple ici en Ontario.
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Merci, monsieur le président.
C'est toujours agréable de voir un représentant de l'Université McMaster au Comité. Étant moi-même un fier diplômé en génie de McMaster, je connais M. Stephenson depuis une trentaine d'années maintenant, ce qui est plutôt fou.
Monsieur Novog, ma première série de questions s'adresse à vous.
Dans votre déclaration préliminaire, vous avez parlé de la remise à neuf internationale des réacteurs CANDU comme d'une occasion d'exportation pour les talents canadiens. Vous avez parlé de la conception de petits réacteurs modulaires et des possibilités d'exportation pour le Canada. Quand je pense à Hamilton, je pense aux possibilités qu'offrent les petits réacteurs modulaires à l'échelle locale, le centre industriel de Hamilton, la production de fours électriques à arc, les centres de données et l'énergie de quartier. Les gens ne savent pas vraiment que Hamilton a un réseau énergétique de quartier très robuste.
Comment voyez-vous l'avenir du nucléaire, tant au Canada qu'à l'étranger, dans le monde? Quelles sont les tendances que nous observons?
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Je vous remercie de la question. Je suis toujours heureux d'appuyer les comités parlementaires dans la mesure du possible.
À l'échelle mondiale, c'est une période de construction immense pour le nucléaire, où il y a une confluence de besoins énergétiques, d'expansion énergétique, de véhicules électriques, de centres de données et de décarbonisation de l'industrie lourde. Quand on regarde ce qui se fait ailleurs dans le monde, on constate que tous ces éléments se rejoignent. Il y a des années déjà, au sommet des Nations unies sur le changement climatique, on s'était engagé à tripler la capacité nucléaire mondiale, ce qui nous ferait passer d'environ 400 réacteurs à plus d'un millier.
À l'échelle mondiale, il y aura beaucoup de construction, principalement dans les pays nucléaires existants comme la France, le Royaume‑Uni, le Canada, les États‑Unis et ceux d'Asie.
Je suis vraiment emballé par ce que l'avenir nous réserve au Canada. Je suis professeur dans l'industrie nucléaire depuis longtemps, et j'ai suivi de près les joies et les vicissitudes du secteur. Or, ce n'est que maintenant que je m'aperçois que le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et les administrations municipales se concertent en faveur de l'énergie nucléaire.
Bien que je n'aie pas entendu de discussions portant sur Hamilton, cette ville a une importante base industrielle et les besoins en grandes sources de chaleur sont de l'ordre de centaines de mégawatts pour la production d'acier et des fours à arc. Je peux vous donner des exemples. Au Texas, il y a un projet de la société Dow visant à coupler un réacteur nucléaire avec une usine de produits chimiques de la société. Ce serait la première fois que nous verrions un mariage intime de chaleur et d'électricité combinées dans une même installation industrielle. Ce serait un excellent exemple sur lequel nous appuyer lorsque nous examinons ce qui est possible dans des régions comme Hamilton et ailleurs pour obtenir de l'électricité fiable et la chaleur nécessaire à certains de ces procédés. C'est vraiment là que réside l'avenir de l'énergie nucléaire — la production combinée de chaleur et d'électricité pour soutenir à la fois le réseau et l'industrie.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je n'entrerai pas dans la rhétorique pour ce qui est de savoir si le Canada peut être une superpuissance énergétique. Il y a des témoins qui ont répondu à ça, la semaine dernière. Cependant, ce que j'aimerais savoir, en particulier de votre part, monsieur Thiele, c'est où se positionne le Canada sur le plan du stockage d'énergie. Personnellement, je vois comme un avantage le fait qu'un gros acteur comme Hydro-Québec ait développé une expertise en matière d'hydroélectricité et développe encore aujourd'hui des technologies autour de ça.
Je ne sais pas si vous avez des modèles, mais j'aimerais savoir où se situe le Canada, comparativement à ses voisins américains, en ce qui concerne les possibilités qui s'offrent dans la chaîne d'approvisionnement.
Tout à l'heure, je vous ai parlé de minéraux critiques. Je vais vous laisser répondre et je ne vais pas vous demander de faire notre travail, mais, si vous étiez en mesure de fournir au Comité un genre de tableau qui nous expliquerait la position qu'occupe présentement le Canada quant à ce que sont ses possibilités, ses avantages et, peut-être, ses inconvénients en lien avec la chaîne de valeur, ça nous permettrait peut-être de nourrir notre réflexion lors de la rédaction du rapport. Je vais vous laisser répondre dans le peu de temps qu'il reste.
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Merci, monsieur le président.
Merci à tous nos témoins. J'ai toujours appris quelque chose en vous parlant par le passé.
Monsieur Novog, nous ne nous sommes pas rencontrés, mais j'aimerais revenir sur certains de vos propos, particulièrement en ce qui concerne les défis liés à la main‑d'œuvre.
Je pense que les gens ne savent pas toujours combien de personnes peuvent être employées par des projets dans le domaine nucléaire. Comme vous l'avez souligné, nous avons de nombreux projets à l'étude au pays et nous voulons appuyer et accroître notre capacité d'exporter cette expertise et ces produits — les ventes et les services techniques, comme vous l'avez dit dans votre déclaration préliminaire. Nous avons besoin de 17 gigawatts, soit une nouvelle production d'électricité équivalente à ce qu'il faudra pour des centaines de milliers de maisons. Il faudra aussi former des dizaines de milliers d'employés et de travailleurs.
Pouvez-vous donner au Comité une idée de la composition et de l'ampleur du problème? Quel pourcentage d'entre eux devront avoir un diplôme universitaire, une formation dans une école professionnelle ou une formation sur le tas en plus d'une autre série de compétences? Sur quoi le gouvernement fédéral devrait‑il se concentrer à votre avis?
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Merci, monsieur le président, de me donner l'occasion de m'adresser au Comité aujourd'hui.
Je vais me concentrer sur le principal obstacle qui empêche le Canada d'approvisionner le monde en énergie: la Loi sur l'évaluation d'impact, aussi appelée projet de loi , ainsi que sur les grands régimes d'autorisation qui freinent des milliards de dollars d'investissement et limitent, au bout du compte, la prospérité des Canadiens. Concrètement, le processus est long, coûteux et chargé d'incertitudes politiques. Dans ces conditions, peu d'entreprises sont prêtes à investir le temps et les sommes nécessaires pour déposer une demande d'approbation.
La loi et les régimes actuels comportent six obstacles majeurs.
Premièrement, des décisions politisées interviennent très tard dans le processus, ce qui rend l'issue imprévisible après des années de travail et de dépenses.
Deuxièmement, les examens se chevauchent et les responsabilités se multiplient en raison de recoupements ministériels et de compétences, ce qui entraîne des duplications.
Troisièmement, les délais sont excessifs, difficiles à prévoir et souvent prolongés, ce qui retarde les chantiers.
Quatrièmement, la très faible tolérance au risque des organismes de réglementation élargit indûment la portée des examens, au lieu de cibler les impacts réellement importants et propres au projet.
Cinquièmement, l'absence de coordination dans la délivrance des permis après l'évaluation d'impact, par de multiples organismes de réglementation, peut retarder la construction.
Sixièmement, la consultation manque de clarté. L'imprévisibilité des consultations autochtones nuit à la réconciliation, à la participation autochtone et à la confiance des investisseurs.
Je reconnais les efforts de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada pour améliorer le système actuel. Toutefois, l'approche du projet de loi instaure un régime à deux vitesses, avec des projets favorisés et d'autres non, sans régler le problème de fond au Canada. Ce qu'il faut, c'est une réforme législative en profondeur afin que tous les grands projets puissent être examinés et approuvés rapidement, efficacement et de façon prévisible, sans interférence politique.
À quoi ressemblerait un système idéal? Dans les deux prochains mois, le Business Council of Alberta déposera un rapport important sur la réforme des approbations de projets, et nous le remettrons au Comité.
Voici six changements clés qui permettraient d'optimiser l'évaluation d'impact et l'approbation des grands projets.
Premièrement, s'assurer que les projets sont évalués par le bon ordre de gouvernement et le bon organisme de réglementation. Concrètement, les projets réalisés dans une province devraient être examinés de plein droit par celle‑ci; l'approbation de tous les pipelines fédéraux devrait relever de la Régie de l'énergie du Canada, en vertu de la Loi sur la Régie canadienne de l'énergie; et nous devrions appliquer le principe « un projet, un examen, une décision ».
Deuxièmement, mettre fin aux décisions politiques de dernière minute en instaurant un processus en deux étapes: d'abord, une décision politique précoce pour déterminer si le projet est dans l'intérêt public national; ensuite, une décision indépendante et apolitique du régulateur sur la façon dont le projet peut aller de l'avant.
Troisièmement, raccourcir les délais et empêcher qu'ils soient prolongés. Il faudrait fixer un délai maximal ferme de deux ans sous le régime de la Loi sur l'évaluation d'impact, avec l'objectif d'être concurrentiels par rapport aux États-Unis; limiter les délais de la Régie à 250 jours, voire moins pour les projets à faible risque; et éliminer toute possibilité d'ingérence politique pour prolonger les échéanciers.
Quatrièmement, recentrer la portée des examens en réintroduisant la notion de qualité pour agir, afin de cibler uniquement les risques propres au projet.
Cinquièmement, simplifier la délivrance des permis et les conditions en confiant à l'organisme de réglementation désigné la coordination de tous les examens fédéraux et des décisions connexes, et en alignant ces décisions sur celle rendue à l'issue de l'évaluation d'impact.
Sixièmement, clarifier la consultation autochtone. Il faut que la Couronne tienne pleinement compte des démarches entreprises par les entreprises et les considère comme contribuant à son devoir de consultation; que la consultation s'inscrive dans les délais maximaux d'examen; et que les collectivités autochtones disposent des moyens nécessaires pour participer aux projets, en bénéficier et, si elles le souhaitent, détenir une participation.
Nous demandons aussi au gouvernement de ne pas négliger l'aspect culturel. Le système a été conçu pour éviter les dérives lors de la réalisation de grands projets. Des milliers de fonctionnaires ont été embauchés pour cela, mais beaucoup ont vu, et voient encore, leur rôle comme strictement limité à leur domaine d'expertise. Cette approche a freiné, et risque encore de freiner, l'atteinte de nos objectifs de prospérité et de réconciliation économique réelle.
Il faut que le processus et la fonction publique abordent les approbations sous l'angle de l'économie et de la prospérité. Nous avons besoin d'une culture qui encourage la réalisation de projets ambitieux, et qui les concrétise rapidement et en toute sécurité, au bénéfice des Canadiens.
Ces changements, tant concrets que culturels, donneront aux promoteurs et aux investisseurs la confiance nécessaire pour investir au Canada, tout en protégeant les droits environnementaux, sociaux, économiques et autochtones. Si nous voulons permettre au Canada de faire croître son économie, de diversifier son réseau commercial mondial et d'améliorer le sort des Canadiens, ces mesures doivent être prises d'urgence.
Merci.
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Merci de me donner l'occasion de témoigner sur la nécessité urgente pour le Canada d'accroître ses exportations d'énergie. C'est un impératif, non seulement pour le secteur, mais pour l'ensemble du pays.
Je m'excuse d'avance si certaines de mes remarques semblent particulièrement directes. Je ne suis pas un politicien, mais il est temps que quelqu'un dise enfin les choses telles qu'elles sont sur ce sujet.
Je suis ici pour lancer un appel urgent à l'action. La demande mondiale de pétrole atteint encore des records. L'an dernier, l'Agence internationale de l'énergie a affirmé que, selon son scénario de base, la demande continuera de croître au moins jusqu'en 2050.
Malgré cette croissance prévue pendant des décennies, nous nous dirigeons vers une crise d'approvisionnement. En 2012, la production américaine de pétrole de schiste a commencé à exploser. Depuis, elle a représenté 117 % de toute la croissance de la production hors OPEP, parce que la production diminuait ailleurs. Autrement dit, le schiste américain a été, de loin, la principale source de nouveaux barils au cours de la dernière décennie. Or, selon les estimations, en raison de la maturité géologique des gisements et des pressions exercées par les investisseurs, la production américaine de schiste aurait maintenant atteint un sommet.
Qu'est‑ce que cela signifie? La montée du schiste américain a profondément bouleversé le marché pétrolier. Elle a provoqué plusieurs chutes de prix, fait fuir les investisseurs et entraîné une baisse importante des investissements en exploration et dans les grands projets à long terme. Par conséquent, non seulement la production américaine devrait culminer cette année, mais la production totale hors OPEP atteindra également un sommet, alors que 75 des 79 pays non membres de l'OPEP sont désormais en déclin permanent.
Pourquoi est‑ce si important? Parce que la production hors OPEP représente 68 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. En temps normal, ce ne serait pas un problème majeur, puisque l'OPEP disposait historiquement d'une capacité excédentaire significative, servant d'assurance en cas de baisse ailleurs. Ce n'est plus la réalité.
Depuis avril dernier, l'OPEP a remis sur le marché la majorité de la production qu'elle avait volontairement restreinte pendant le choc de la COVID. Comme les pays hors OPEP, elle n'a pas investi de façon substantielle dans de nouvelles capacités. Nous estimons que l'OPEP ne dispose plus que d'environ 1,5 million de barils par jour de capacité excédentaire, soit l'équivalent de 18 mois de croissance de la demande, ce qui est très peu.
Le monde n'a jamais fait face à un défi énergétique d'une telle ampleur. Avec une hausse projetée de 19 millions de barils par jour d'ici 2050, un déclin accéléré des champs existants, un schiste américain à son sommet, une production hors OPEP qui plafonne et une capacité excédentaire de l'OPEP presque épuisée, je pose une question très simple: d'où viendront les futurs barils nécessaires?
C'est ici que le Canada entre en scène. Le Canada détient les quatrièmes réserves pétrolières mondiales et produit 5,5 millions de barils par jour selon les normes environnementales les plus élevées qui soient. Nous n'avons rien, et je répète, rien à nous reprocher. Cette production profite à tous les Canadiens, d'un océan à l'autre, par les redevances et les impôts qu'elle génère. En 2025, Ressources naturelles Canada, Suncor et Cenovus ont versé ensemble 16,9 milliards de dollars en redevances et impôts. À titre de comparaison, les six plus grandes banques du pays ont payé 16,2 milliards de dollars en impôts cette même année.
Malgré cette richesse, nous nous livrons depuis plus de 10 ans à une forme d'autosabotage économique, en entravant notre secteur pétrolier et gazier par des lois punitives et des coûts excessifs, fondés sur une incompréhension des réalités énergétiques et sur l'illusion que le Canada peut, à lui seul, changer la trajectoire mondiale des émissions. Aucun autre pays ne s'infligerait cela. Nous avons simplement cédé des parts de marché à des pays dont les normes environnementales sont souvent bien inférieures, au prix d'un lourd coût économique. Cette situation doit prendre fin.
Que devrions-nous faire? Le Canada dispose aujourd'hui d'une capacité excédentaire limitée en matière de pipelines et, avec certains projets d'expansion, celle‑ci augmentera d'environ 770 000 barils par jour d'ici 2030. Ce n'est pas suffisant. Il est crucial de conserver une capacité excédentaire, car le prix de nos 5,5 millions de barils par jour est fixé par le baril marginal. S'il y a un seul baril de trop par rapport à la capacité des pipelines, le prix de l'ensemble de la production chute.
Le temps presse. On estime qu'il faut au minimum huit ans pour construire un grand pipeline. Cela nous amènerait au‑delà de 2030 et pourrait entraîner un nouvel élargissement des écarts de prix, avec des conséquences importantes sur les revenus, les redevances et les recettes fiscales. Selon nos estimations, un pipeline d'un million de barils par jour pourrait générer 5 milliards de dollars supplémentaires en redevances chaque année. Cela permettrait d'embaucher 13 000 médecins additionnels et d'offrir des soins à près de 17 millions de Canadiens.
Des attentes de huit heures à l'urgence avec nos enfants, c'est un choix. Des infrastructures déficientes, c'est un choix. Des quartiers, comme le mien à Toronto, cambriolés chaque semaine faute de budgets policiers adéquats, c'est un choix. Nous n'avons pas à accepter cette situation.
Nous avons devant nous une occasion exceptionnelle. Pour la saisir, nous devons reconnaître une vérité simple: le monde a besoin de plus d'énergie canadienne. Avec la crise d'approvisionnement qui s'annonce, nous faisons partie des quatre seuls pays capables d'augmenter l'offre. Et, malgré ce que l'on entend, les acheteurs de pétrole s'intéressent d'abord au prix, à la disponibilité et à la fiabilité, non à l'empreinte carbone d'un baril.
Davantage de production pétrolière canadienne, c'est un meilleur niveau de vie pour tous. Refuser de saisir cette occasion historique et continuer d'entraver notre industrie en ne faisant pas des nouveaux pipelines une priorité nationale soutenue par des gestes concrets plutôt que par des discours reviendrait, selon moi, à une grave erreur économique.
Merci.
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Pour les investisseurs et pour les Canadiens, il est difficile de comprendre qu'il disait, il y a sept ans, qu'il fallait tout laisser dans le sol et qu'il affirme aujourd'hui le contraire pour gagner des votes. On a l'impression que les investisseurs ne croient ni l'une ni l'autre des versions de .
Ma collègue, la , a proposé une motion pour adopter la Loi sur la souveraineté canadienne, laquelle abrogerait le projet de loi , le projet de loi , la taxe fédérale sur le carbone industriel, que les États-Unis n'imposent pas au niveau fédéral, ainsi que le plafond imposé au secteur pétrolier et gazier, qui, selon les estimations, supprimerait 54 000 emplois et retrancherait 21 milliards de dollars au PIB d'ici 2032.
Quel signal cela envoie‑t‑il aux investisseurs lorsque les libéraux disent vouloir construire un pipeline, mais votent contre l'abrogation de ce qu'ils qualifient eux-mêmes de lois anti-développement, comme le projet de loi , qui vise à interdire la construction de pipelines, et l'interdiction des pétroliers prévue au projet de loi ?
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Je vais commencer par les points négatifs, puis je conclurai sur une note plus positive.
Depuis 10 ans, l'intérêt mondial pour investir au Canada, et plus particulièrement dans le secteur pétrolier et gazier, a été sérieusement ébranlé. À mon avis, tous les indicateurs économiques majeurs en témoignent.
Cela dit, je constate un optimisme grandissant dans l'industrie — je m'appuie ici sur des conversations avec de nombreux dirigeants — selon lequel le ton a changé de façon significative. Nous sommes passés d'un pays qui semblait vouloir s'autosaboter à un pays qui commence à reconnaître l'apport du pétrole et du gaz à notre économie. À tout le moins, dans les paroles, on observe une volonté plus affirmée de soutenir ce secteur.
Il demeure cependant un scepticisme important quant à savoir si ces discours, tenus depuis un an, se traduiront en gestes concrets. Nous espérons que cela se concrétisera. Le secteur est à l'aube d'un important cycle haussier. Il suffirait que le gouvernement s'écarte et élimine… Vous avez mentionné plusieurs lois.
Plusieurs dirigeants de grandes entreprises canadiennes de transport et d'infrastructures me disent — pour revenir à mon point sur la mobilité du capital — qu'ils continuent, malgré les discours récents, à privilégier les investissements aux États-Unis plutôt qu'au Canada.
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Merci, monsieur le président.
Merci à nos témoins d'être parmi nous.
Monsieur Legge, j'aimerais vous poser quelques questions.
Vous avez parlé des défis, mais aussi des possibilités de corriger certains problèmes. D'entrée de jeu, je suis tout à fait d'accord avec vous. Le secteur pétrolier et gazier a été un moteur de prospérité remarquable. Le a dit que le cadre réglementaire devait être amélioré. Et l'un des mandats du Bureau des grands projets est justement de repérer des façons d'améliorer les processus.
Votre liste a retenu mon attention. Sur cinq des six points, on pourrait faire des progrès concrets même sans changer la loi. Des ajustements culturels et réglementaires pourraient déjà nous faire avancer, et on peut évidemment aussi envisager des changements législatifs. Pour moi, une amélioration graduelle demeure une amélioration. Il ne faut pas attendre la perfection et laisser le mieux devenir l'ennemi du bien.
Pourriez-vous préciser ce que nous pourrions faire dès maintenant, même sur le plan des processus et de la culture organisationnelle, pour gagner en efficacité et atteindre l'objectif du , soit accélérer les approbations et passer plus vite à l'action?
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La culture dévore la stratégie au déjeuner. J'ai dirigé et transformé plusieurs organisations, et cela s'est vérifié. Nous pouvons avoir toutes les ambitions et toutes les réformes réglementaires du monde, mais si la fonction publique n'intègre pas que ces projets sont dans l'intérêt national, qu'ils vont aider les Canadiens à payer l'épicerie, le logement, et ainsi de suite, et qu'ils vont améliorer la capacité du Canada à attirer des capitaux, comme l'a dit mon collègue, rien n'avancera réellement.
Le virage culturel doit venir en premier, et il faudra du temps et des efforts soutenus. Franchement, ceux qui ne sont pas capables d'embarquer dans un cadre réglementaire plus rapide et plus concurrentiel, et dans un meilleur climat d'investissement, devraient être remplacés.
Sur d'autres points, par exemple, laisser les provinces décider et réglementer les projets qui se déroulent sur leur territoire est une démarche déjà amorcée, mais qui devrait être reconnue de plein droit. Une modification législative serait nécessaire, mais, dans les faits, cette approche pourrait être mise en œuvre dès maintenant. Dans plusieurs provinces, elle l'est déjà.
Le transfert de l'approbation de tous les pipelines au Canada à la Régie de l'énergie du Canada nécessite également une modification législative, mais cette mesure devrait être adoptée sans délai. Par ailleurs, la Loi sur l'évaluation d'impact confère à l'Agence et aux autres organismes de réglementation le pouvoir de restreindre la portée des examens. Or, dans le passé, ces organismes ont souvent utilisé la totalité des délais prévus et intégré au processus d'approbation des considérations d'ordre académique qui n'avaient pas d'incidence réelle sur la réalisation d'un grand projet.
Ce sont là quelques mesures qui pourraient être appliquées immédiatement.
Pour que le Canada devienne pleinement concurrentiel par rapport à son principal concurrent, les États-Unis, où les délais peuvent être ramenés à 28 jours, comme il a été mentionné, il faudra combiner des changements procéduraux et des modifications législatives.
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Merci, monsieur le président.
Avant de commencer, je veux m'assurer que nos invités ont accès à l'interprétation. Est-ce que ça fonctionne pour vous, messieurs?
Ça ne semble pas fonctionner, comme d'habitude. À un moment donné, au lieu d'entendre ma voix, vous allez entendre la jolie voix harmonieuse des interprètes, qui sont toujours sympathiques et fantastiques. Ici, il est toujours important de bien s'entendre avec les interprètes quand on est francophone, sinon on n'est pas entendu.
Il semble que ça fonctionne maintenant.
Monsieur Legge, votre déclaration préliminaire m'a laissé un peu perplexe, et je vais vous expliquer pourquoi. Vous avez parlé de la politisation des décisions, de la tolérance au risque, en parlant des risques environnementaux, et de décisions apolitiques. Je trouve ça étrange, parce que vous n'êtes probablement pas sans savoir que votre présence ici est elle-même politique. C'est un peu contre-intuitif de demander à des politiciens de prendre des décisions apolitiques.
La question que nous nous posons, dans le cadre de nos travaux de comité, c'est si la construction d'infrastructures gazières et pétrolières se fait dans l'intérêt collectif. Ce que vous faites est politique, puisque vous défendez l'intérêt de vos membres. Est-ce que l'intérêt de vos membres va de pair avec l'intérêt collectif? C'est la question qu'on doit se poser. Moi, je ne suis pas convaincu que ce soit dans l'intérêt collectif que de construire des infrastructures gazières et pétrolières. Je vous explique pourquoi, et vous pourrez me donner votre opinion là-dessus par la suite.
La dernière infrastructure gazière et pétrolière qui a été construite au Canada, c'est l'oléoduc Trans Mountain. Ça nous a coûté, collectivement, 34 milliards de dollars, soit un peu plus de 800 $ par personne au Canada, y compris les enfants. Tout à l'heure, votre collègue disait que, si on voulait qu'il y ait moins d'attente dans les hôpitaux et moins de criminalité, il fallait peut-être investir dans les infrastructures gazières et pétrolières. Je pense, à l'inverse, qu'on ne devrait pas le faire. Ces 800 $ par personne auraient peut-être permis à des gens d'attendre moins longtemps dans les hôpitaux. Je ne pense pas que, à long terme, les entreprises que vous représentez aient intérêt à investir de leur propre argent dans des infrastructures. Si elles avaient à le faire, elles l'auraient fait dans le cas de Trans Mountain. D'ailleurs, je rappelle que nous finançons toujours, à raison de 7 $ par baril, les entreprises pétrolières qui utilisent cet oléoduc.
Ce n'est pas tout, il y a quelque chose qui m'embête encore plus. J'aimerais savoir qui sont vos membres, parce que, quand on regarde la structure de propriété des grandes entreprises gazières et pétrolières, on se rend rapidement compte que, à 60 %, ce sont des entreprises américaines. Dans un contexte où on essaie de se sevrer du marché américain, il y a de grandes entreprises américaines qui font du lobbying pour s'assurer que des projets d'infrastructure se font.
Bref, je ne suis pas convaincu que ce soit dans l'intérêt collectif que de construire des infrastructures gazières et pétrolières, et je laisse l'aspect environnemental de côté.
J'aimerais connaître votre opinion. En quoi la construction de ces infrastructures gazières et pétrolières est-elle dans l'intérêt collectif?
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Dans la mesure où mon collègue témoin a présenté des données précises sur les retombées économiques des impôts et des redevances versés par les grandes entreprises des sables bitumineux, il convient de rappeler que le secteur pétrolier et gazier constitue le principal secteur d'exportation du pays. Il s'agit également du secteur qui verse le plus d'impôts au Canada et du secteur présentant le multiplicateur économique le plus élevé.
Les avantages économiques associés à la croissance du secteur, à l'augmentation de la production et à l'accès à des marchés autres que celui des États-Unis, tout en continuant d'approvisionner ce pays, sont relativement évidents compte tenu de l'impact économique global de l'industrie. Les salaires versés en Alberta contribuent notamment au financement des régimes de retraite et des paiements de péréquation. Il s'agit d'un secteur vital et essentiel. Il est dans l'intérêt public de poursuivre l'augmentation de la production et de soutenir cet objectif par la mise en place de nouvelles infrastructures de transport vers de nouveaux marchés.
Le pipeline Trans Mountain a rapporté un milliard de dollars au gouvernement fédéral au cours de sa première année d'exploitation, en raison de l'augmentation de sa capacité et de sa capacité d'exportation. Si plusieurs projets similaires d'expansion de la production et des exportations par l'entremise d'autres pipelines avaient été réalisés, les retombées supplémentaires en matière de recettes fiscales et de redevances auraient été importantes. Les effets économiques du secteur pétrolier et gazier, ainsi que ceux associés à l'expansion de notre capacité commerciale vers d'autres marchés, sont solides et convaincants.
Avec l'abandon de projets comme Northern Gateway et Énergie Est, le Canada a perdu une capacité de production de 1,6 million de barils par jour, ainsi que les recettes fiscales et les redevances correspondantes. Il s'agit d'une occasion considérable manquée. Il faut espérer que des solutions permettront d'assurer une croissance future.
Je félicite le gouvernement précédent d'avoir pris les devants et d'avoir mené à bien le projet TMX. C'était une police d'assurance importante pour protéger la plus grande industrie au Canada, qui vaut 100 milliards de dollars et représente 25 % de nos exportations nettes. La seule raison pour laquelle ces mesures ont été prises sont les lois désastreuses qui pendant des années ont obligé les entreprises privées à quitter le pays, et elles continuent de le faire, pas seulement dans le secteur pétrolier et gazier, mais aussi dans d'autres secteurs.
Il est très simpliste d'examiner cette police d'assurance uniquement en fonction des droits de péage par année. Si vous regardez la diminution de l'écart — la décote pour le pétrole lourd canadien —, vous verrez qu'il a été réduit d'au moins 10 $ par baril. D'après les calculs approximatifs que je viens de faire, cela représente au moins 1,8 milliard de dollars supplémentaires par année. De ce montant proviennent directement les redevances et les taxes qui servent à construire des hôpitaux, des écoles, des routes, etc., chaque année; il s'agit donc d'une rente permanente.
Honnêtement, en tant que citoyen, je suis stupéfait de devoir expliquer pourquoi il est important de défendre le secteur le plus important de l'économie canadienne. Les raisons devraient être tout à fait évidentes.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci, messieurs, d'être ici aujourd'hui. J'apprécie vraiment votre témoignage.
Monsieur Legge, vous avez parlé de certitude réglementaire, du double emploi et des chevauchements entre les provinces et le gouvernement fédéral, et je suis convaincu que vous êtes sur la bonne voie. C'est évidemment un sujet de crispation pour beaucoup d'industries, et pas seulement dans le secteur de l'énergie.
Au moment où nous nous parlons, le gouvernement fédéral travaille à des ententes sur le principe « un examen par projet » avec diverses provinces et divers territoires. Pour l'heure cela concerne l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick. Le Manitoba, l'Île-du-Prince-Édouard et, semble‑t‑il, l'ensemble des 13 administrations s'y conformeront, espérons‑le, le plus tôt possible.
Pensez-vous que c'est ainsi que nous devons nous y prendre, et que faudrait‑il faire, à votre avis, pour que cette approche soit encore meilleure?
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Nuttall, je veux revenir sur votre commentaire qui laisse croire que le Québec est un assisté social de l'Alberta. J'aime ça, parce que ce type d'affirmation démontre peut-être la bonne interprétation qu'on doit faire du secteur gazier et pétrolier.
Il n'y a pas si longtemps, quand je suis arrivé ici, en 2019, mes collègues conservateurs passaient leur temps à dire que le Québec ne consommait pas de pétrole en provenance de l'Alberta. Quand ils ont vu les graphiques démontrant que la majorité des produits pétroliers consommés au Québec venaient de l'Alberta, ils ont dû changer leur discours. Je vais donc essayer de vous faire changer de discours.
De 1970 à 2015, selon les chiffres du gouvernement fédéral, on a dû dépenser, collectivement, 70 milliards de dollars pour rendre les technologies des sables bitumineux efficientes. Si on prend 20 % de ça, ça fait 14 milliards de dollars en provenance du Québec. Est-ce que vous savez quel montant a été investi par le gouvernement fédéral et l'Alberta dans les infrastructures de barrages du Québec? Ils n'y ont pas investi un sou. C'est choquant, n'est-ce pas? Ils n'y ont pas investi un maudit sou, à telle enseigne que Jean Chrétien, dans un éclair de génie, avait dit à l'Edmonton Journal que, s'il avait offert au Québec ce qu'il avait donné à l'Alberta en aide gouvernementale, il aurait remporté tous les sièges du Québec. Je vous donne ça comme exemple.
De plus, il y a quelque chose qui a été abondamment documenté et qui s'appelle le mal hollandais. De 2002 à 2007, le Québec a perdu 55 000 emplois dans son secteur manufacturier parce que le secteur énergétique faisait augmenter la valeur du dollar américain, ce qui faisait que nous n'étions plus compétitifs.
Chaque année, le Québec achète 3 milliards de dollars de produits pétroliers en provenance de l'Alberta, et vous avez le culot de dire que c'est vous qui payez nos services publics, par le truchement de la péréquation, et de présenter le Québec comme un assisté social.
Eh bien, je vous dirais bien humblement, cher ami, que c'est pour ça que nous avons de sérieux doutes quand vous vous présentez ici et que vous demandez au gouvernement de vous dérouler le tapis rouge pour des infrastructures gazières et pétrolières. Votre discours se fait au service des gazières et des pétrolières. Le rôle des élus qui sont ici, c'est d'être au service des citoyens, même si ça semble vous déplaire, et parmi ces citoyens se trouvent des gens du Québec qui n'ont aucun intérêt à ce qu'une portion de leur impôt serve à défendre l'intérêt des gazières et des pétrolières...
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Je vous remercie de m'accueillir ici aujourd'hui.
Ma première question s'adresse à M. Nuttall.
Vous avez parlé des paiements de transfert. C'est un sujet intéressant. Terre-Neuve-et-Labrador a longtemps été une province démunie, peut-être depuis la Confédération, mais sous les gouvernements conservateurs, nous avons misé sur les recettes pétrolières et le pétrole extracôtier, et 25 % de notre PIB provient maintenant du pétrole et du gaz. Nous sommes maintenant une province légèrement démunie. Récemment, sous le nouveau gouvernement libéral, et en raison de la réglementation contre le pétrole qui a tari les investissements dans les ressources extracôtières, nous avons dû à nouveau compter sur les paiements de transfert.
Pourriez-vous développer un peu ce que vous avez dit tout à l'heure au sujet des paiements de transfert et de leur lien avec le pétrole et le gaz? Plus précisément, y a‑t‑il une analyse de rentabilisation pour le gaz naturel extracôtier de Terre-Neuve-et-Labrador, et peut-être une occasion pour nous de nous passer à nouveau des paiements de transfert et d'être autosuffisants?
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Je vous remercie tous les deux de votre présence.
Monsieur Nuttall, en qualité de banquier d'investissement en reprise, je me souviens de vous avoir vu sur BNN. Vous avez été très direct dans certaines des entrevues que j'ai regardées. C'est bien de vous voir ici et de constater que c'est toujours le cas.
L'Agence internationale de l'énergie a produit un rapport intitulé « Oil 2025 », c'est une prévision à long terme. Le rapport indique que la demande mondiale de pétrole pourrait augmenter d'environ 2,5 millions de barils par jour entre 2024 et 2030, la croissance annuelle s'estompant avec le temps, pour plafonner à environ 105,5 millions de barils par jour et atteindre un sommet vers 2030, le taux de croissance ralentissant par la suite.
J'aimerais avoir une idée de la situation. Compte tenu des perspectives à moyen terme de l'Agence internationale de l'énergie, de quel type d'ententes d'écoulement avons-nous besoin pour le pétrole et le gaz canadiens? En ce qui concerne la durée, le prix et la qualité du crédit, de quoi avons-nous besoin pour garantir la durabilité à long terme de l'acheminement du pétrole canadien vers les marchés?
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Vous avez cité l'Agence internationale de l'énergie. En général, elle se situe à la limite basse des prévisions en matière de demande. Traditionnellement, ses prévisions n'ont pas été excellentes.
Les opinions divergent sur la question de savoir si le pic de la demande sera atteint en 2030 ou en 2050. Au bout du compte, il y a la croissance de la demande et la nécessité de compenser ce qu'on appelle le « déclin de la production ». D'après l'étude de l'AIE portant sur 15 000 champs pétroliers à la fin de l'année dernière, les taux de déclin sont en hausse. Pour le Canada cela signifie que notre rôle ne consiste pas seulement à répondre à la croissance de la demande, mais aussi à aider à compenser les baisses de production.
Je pense que dans un avenir relativement proche, il y aura une forte demande pour chaque baril que nous pourrons produire. C'est pourquoi, compte tenu de l'échéancier pour la construction d'un nouveau pipeline d'un million de barils par jour vers la côte Ouest — s'il s'agit bien de 8 à 10 ans —, nous sommes maintenant engagés dans une course contre la montre.
Cependant, je ne suis pas préoccupé par la demande s'agissant de notre pétrole. Le ministre qui était en Inde a dit que l'Inde achèterait tous les barils dont nous disposerions. Elle veut notre gaz naturel. Je pense qu'il y a une soif mondiale pour des barils canadiens supplémentaires.