:
Je déclare maintenant la séance ouverte.
Bonjour, tout le monde.
Je vais aller lentement parce que je sais qu'il y a des membres du Comité et des témoins qui sont ici, mais pas à leur siège.
Je vous souhaite la bienvenue à la 41e réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride, conformément au Règlement. Certains députés sont présents dans la salle et d'autres participent à distance au moyen de l'application Zoom.
J'aimerais rappeler aux participants les points suivants.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Toutes les observations doivent être adressées à la présidence et, comme les témoins le constateront, cela vaut aussi pour les questions d'un député à l'autre.
Je rappelle aux témoins que les membres du Comité peuvent poser des questions en français ou en anglais. Si vous avez besoin d'interprétation, prenez un moment pour régler votre oreillette avant le début de la question afin que nous ne perdions pas de temps pendant les séries de questions.
[Français]
Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement, le Comité reprend l'examen des Comptes publics du Canada 2024 et des Comptes publics du Canada 2025, renvoyés au Comité le mardi 17 décembre 2024 et le vendredi 7 novembre 2025, respectivement.
[Traduction]
J'aimerais souhaiter la bienvenue à tous nos témoins. Du ministère du Patrimoine canadien, nous accueillons Francis Bilodeau, sous-ministre; Andrew Brown, sous-ministre délégué; Joëlle Montminy, sous-ministre adjointe principale, Affaires culturelles; et Véronique Côté, dirigeante principale des finances.
Merci, monsieur Bilodeau, d'être venu avec votre équipe, et merci à vous tous d'être là.
Monsieur Bilodeau, vous avez environ cinq minutes. J'ai tendance à faire preuve de souplesse en ce qui concerne le temps, car je veux m'assurer que vous avez l'occasion de présenter vos observations.
Je vous cède la parole.
:
Tout d'abord, je vous remercie, monsieur le président, de nous accueillir ici aujourd'hui.
[Français]
Je suis très heureux d'être ici aujourd'hui en soutien à votre important travail.
J'aimerais d'abord souligner que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel et non cédé de la nation anishinabe algonquine.
[Traduction]
Comme vous l'avez mentionné, je suis accompagné de mes collègues de Patrimoine canadien, et nous sommes heureux de soutenir le Comité dans son examen des comptes publics du ministère pour les exercices 2023‑2024 et 2024‑2025.
[Français]
Les comptes publics, comme vous le savez, constituent un élément essentiel de la surveillance parlementaire. Ils fournissent un compte rendu transparent et complet de l'utilisation des fonds publics au cours de l'exercice précédent, et ils reflètent notre responsabilité collective d'assurer une saine gestion, la reddition des comptes et l'obtention de résultats pour les Canadiens.
Patrimoine canadien joue un rôle essentiel dans la vie culturelle, civique et économique du Canada. Par ses programmes et ses politiques, le ministère favorise un environnement où les Canadiens peuvent vivre des expériences culturelles dynamiques, célébrer notre histoire et bâtir des collectivités fortes et inclusives.
[Traduction]
Le ministère investit dans l'avenir et contribue à renforcer le sentiment d'identité et d'unité canadiennes en appuyant les éléments qui définissent qui nous sommes en tant que Canadiens: nos langues officielles et les langues autochtones; les arts et la culture; le système sportif et nos athlètes; la diversité, l'inclusion et la lutte contre le racisme; enfin, les commémorations et célébrations importantes du patrimoine.
[Français]
Les comptes publics présentent les autorisations de dépenser réelles du ministère ainsi que ses dépenses pour l'exercice. Comme il est indiqué dans nos rapports, le Rapport sur les résultats ministériels 2023 à 2024 et le Rapport sur les résultats ministériels 2024 à 2025, les dépenses ministérielles sont principalement versées par le truchement de programmes de subventions et de contributions, qui représentent la majeure partie de nos dépenses et qui soutiennent des particuliers, des organisations et des collectivités partout au pays. À même un budget d'environ 2,1 milliards de dollars, des dépenses de 1,9 milliard de dollars, donc environ 90 %, sont versées sous forme de subventions et de contributions.
Année après année, Patrimoine canadien continue de se concentrer sur l'obtention de résultats pour les canadiens, guidé par un engagement ferme en faveur de la transparence, d'une saine gestion financière et de l'amélioration continue.
Au titre de notre responsabilité essentielle Créativité, arts et culture, nous avons continué à appuyer les créateurs, les travailleurs culturels et les industries dans leur adaptation à un environnement numérique en rapide évolution. Le financement a favorisé la production et la découvrabilité du contenu canadien, tout en soutenant un secteur culturel diversifié et innovant qui contribue à la fois à la résilience économique et à la souveraineté culturelle.
[Traduction]
Dans le domaine du sport, les programmes ministériels ont soutenu la participation et l'excellence, allant du sport de base jusqu'au sport de haut niveau. Les investissements ont également contribué à des environnements sportifs plus sûrs et plus inclusifs, en cohérence avec notre engagement envers l'intégrité et le bien-être dans le sport.
[Français]
Par nos activités liées à la responsabilité essentielle Diversité et inclusion, le ministère a soutenu les communautés devant affronter des obstacles systémiques, du racisme et de la discrimination. Ces investissements ont permis de faire progresser l'équité et l'inclusion, tout en renforçant la cohésion sociale partout au Canada.
Enfin, dans le cadre de notre mandat lié à notre responsabilité essentielle Patrimoine et célébrations, Patrimoine canadien a offert aux Canadiens des occasions de se rapprocher de leur histoire, de participer à des événements nationaux et de célébrer des valeurs et des identités communes.
[Traduction]
Les rapports ministériels sur les résultats démontrent que, dans l'ensemble de ces secteurs, les programmes sont conçus pour atteindre des résultats mesurables, appuyés par des indicateurs de rendement clairs. Cela garantit que les fonds sont non seulement dépensés de manière responsable, mais qu'ils produisent également des résultats concrets pour les Canadiens.
En ce qui concerne la gestion financière, Patrimoine canadien continue de fonctionner selon un cadre rigoureux de contrôles internes, de gestion des risques et de surveillance. Le ministère collabore étroitement avec les organismes centraux afin d'assurer une pleine conformité aux politiques financières et aux exigences en matière de rapports.
[Français]
Comme l'indiquent les Comptes publics, des écarts entre les dépenses prévues et les dépenses réelles peuvent survenir pour diverses raisons, dont le Comité est au courant — j'en suis certain —, notamment le calendrier de mise en œuvre des programmes, l'échéance ou le renouvellement de financements temporaires ainsi que l'évolution des priorités. Ces écarts sont analysés et présentés de manière transparente dans nos rapports publics, y compris le Rapport sur les résultats ministériels.
Il importe de souligner que le ministère s'engage à améliorer continuellement ses pratiques, tant en matière de rapports financiers que de prestations des programmes. Nous révisons régulièrement nos méthodes afin d'accroître l'efficience, l'efficacité et les responsabilités.
[Traduction]
En terminant, Patrimoine canadien demeure engagé envers une gestion prudente des fonds publics et l'obtention de résultats qui importent pour les Canadiens. Nous continuerons à veiller à ce que nos investissements contribuent à un Canada fort, inclusif et dynamique, qui reflète la diversité de sa population et favorise un sentiment d'appartenance commun.
Encore une fois, nous vous remercions, monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité, de nous avoir donné l'occasion de comparaître aujourd'hui. Nous ferons de notre mieux pour répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur Bilodeau.
Cela dépendra de la nature du soutien recherché, mais pour ce qui est des programmes offerts par Patrimoine canadien, je pense notamment à ceux qui relèvent, en gros, du cadre du multiculturalisme et de la lutte contre le racisme, comme le sous-ministre vient de le mentionner. Ce cadre comprend deux ou trois volets différents, dont un volet consacré aux activités. Celui‑ci permet aux organismes communautaires de tout le pays de présenter une demande de financement afin d'organiser des activités qui mettent en valeur le caractère multiculturel du pays. Il s'agit à la fois de célébrer le multiculturalisme canadien et de rassembler les gens.
Comme mentionné, nous avons des programmes qui visent à lutter contre la discrimination et le racisme à l'échelle du pays. De nombreux organismes communautaires y ont également recours pour soutenir leurs activités, appuyer leurs communautés et favoriser le sentiment d'appartenance partout au pays.
Ce ne sont là que quelques exemples liés au programme du multiculturalisme.
:
C'est tout à fait exact, monsieur le sous-ministre.
La quasi-totalité du financement destiné à la revitalisation des langues autochtones est versée à des partenaires autochtones, qui décident eux-mêmes de la façon d'utiliser ces fonds pour appuyer la revitalisation et la protection de leurs langues. Il s'agit d'un travail continu auquel nous participons chaque année en collaboration avec un comité directeur de mise en œuvre concertée, qui reconnaît le principe des distinctions dans la revitalisation des langues autochtones. Nous travaillons étroitement avec ce comité directeur.
Diverses stratégies ont été élaborées, chacune étant adaptée aux réalités particulières de chaque communauté. Dans bien des cas, les communautés mettent à profit le savoir-faire des aînés autochtones. Malheureusement, bon nombre d'entre eux arrivent aujourd'hui à un âge avancé, et il est donc vraiment urgent d'essayer de recueillir ces connaissances dès maintenant et de s'en servir pour enseigner les langues aux jeunes. Nous cherchons souvent des personnes qui sont, disons, en âge d'enseigner afin qu'elles puissent, à leur tour, transmettre leur langue aux plus jeunes et ainsi contribuer à sa revitalisation.
Il existe une variété de stratégies, et nous en confions la mise en œuvre aux peuples autochtones eux-mêmes.
Nous avons suivi la voie tracée par la Loi sur les langues autochtones, qui a été approuvée par le Parlement en 2019. Une des mesures prévues est un examen indépendant de la Loi sur les langues autochtones, et le y travaille depuis l'automne dernier. Nous sommes d'ailleurs sur le point de conclure un contrat avec les personnes qui dirigeront cet examen indépendant.
Une fois le processus lancé, nous pouvons nous attendre à ce que, d'ici peut-être 18 mois, le responsable principal de l’examen présente un rapport contenant des recommandations et d'éventuelles modifications législatives — en somme, des changements que le gouvernement fédéral devrait apporter pour mieux soutenir la revitalisation des langues autochtones.
:
Merci, monsieur le président.
À ma demande et avec l'appui de plusieurs collègues de chaque parti politique, soit le Parti libéral, le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique, j'ai demandé à la directrice parlementaire du budget de se pencher sur la situation concernant la Coupe du monde de l'association internationale de football, ou FIFA.
La directrice parlementaire du budget a donc révélé la semaine dernière que des investissements publics de l'ordre de 1 000 millions de dollars avaient été accordés à la FIFA, ce qui représente environ 82 millions de dollars par match. Pour une minute jouée, la FIFA veut 1 million de dollars des contribuables. Ce sont 473 millions de dollars qui proviennent du fédéral, une facture qui ne pourra que gonfler parce que l'aspect de la sécurité ne peut pas être comptabilisé à ce stade-ci.
De plus, s'il y a des dérapages ou des besoins particuliers, c'est le gouvernement fédéral qui assumera les frais, auxquels il faudra ajouter les exonérations de taxes. Comme on l'a vu dans le reportage de Radio‑Canada, ce genre de contrats comporte des ententes secrètes. Cela équivaut à donner les clés du pays.
Pourrait-on connaître les détails sur les compensations données à la FIFA en matière d'exonération de taxes?
Pourriez-vous transmettre au Comité les données sur les recettes qui seront perdues par le Conseil du Trésor? On parle notamment d'exonération de taxes sur tout ce qui sera généré pendant 10 ans par la FIFA.
Est-ce bien le cas?
:
Comme vous l'avez bien dit, c'est pour un usage temporaire. On parle de plus de 1 000 millions de dollars en investissements, dont 473 millions de dollars pour ce qui est du soutien fédéral.
Les Québécois ont rejeté la FIFA, qui, disons-le, a une réputation de bandit à cravate sur la scène internationale. Cette réputation est liée notamment aux exigences de ne pas tenir d'événements en même temps. Il aurait fallu renoncer au Grand Prix, dont la date avait déjà été changée, au festival Juste pour rire, au Festival international de jazz de Montréal, aux Francos de Montréal. C'était le genre d'exigence formulée.
Heureusement, le Québec et la Ville de Montréal n'ont pas accepté. Toutefois, nous devons quand même payer la facture. En effet, si on fait une règle de trois, on arrive à plus de 100 millions de dollars d'argent des Québécois qui seront donnés à la FIFA pour tenir cet événement.
Comment avez-vous évalué les retombées économiques pour les Québécois? Comment justifiez-vous cette dépense pour les contribuables québécois et canadiens?
On se rappelle que les subventions des ordres de gouvernement pour permettre la tenue de matchs de soccer en Ontario et en Colombie‑Britannique s'élèveront à près d'un million de dollars par minute de jeu.
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Dans le budget, ça a été présenté comme un investissement, alors que c'est une aberration comptable majeure et éhontée.
Le déficit devrait être beaucoup plus élevé que ça, parce que ce n'est pas un investissement, c'est une dépense nette. L'argent qui est investi en matière de sécurité ne donnera pas d'infrastructure et ne pourra pas être amorti sur plusieurs années.
De plus, des garanties devaient être faites dans l'étude économique. Cependant, alors que le prix des billets est autour de 1 370 $ pour des billets éloignés et de 3 100 $ pour un billet rapproché pour un match du Canada contre la Bosnie‑Herzégovine, il n'y a pas eu de flambée de demande hôtelière tant à Toronto qu'à Vancouver. Selon Destination Vancouver, il y a eu une diminution de 20 % des réservations d'hôtels par rapport à l'an dernier.
Cet événement sera-t-il un flop?
Pendant combien de temps devra-t-on payer ces mauvaises décisions, et ce, toujours sans connaître les tenants et les aboutissants des contrats qui ont été divulgués et sans savoir pourquoi, ni à quel prix, on a donné des exonérations de taxes?
On ne le saura pas.
Pourquoi cette décision a-t-elle été prise?
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Globalement, si vous examinez la répartition des financements dans les chiffres de 2025‑2026 qui se trouvent devant vous, celle‑ci est à peu près la même que celle de l'année dernière. Les secteurs des arts et de la culture représentent probablement environ un tiers du financement total, et celui du sport un peu moins.
Pour l'année que j'ai sous les yeux, sur un budget total d'environ deux milliards de dollars, environ 430 millions ont été consacrés à la créativité dans le domaine des arts, environ 297 millions au sport et 208 millions à la diversité et à l'inclusion, tandis que les langues officielles représentent environ 600 millions de dollars. L'Initiative de journalisme local, qui fait partie des exemples que vous citez, relève du domaine de la créativité et des arts. On y consacre directement environ 20 millions de dollars. Le Fonds du livre bénéficie également d'un financement, tout comme le Fonds des médias du Canada et, bien sûr, le secteur audiovisuel, qui est financé par l'entremise du Fonds des médias du Canada, mais aussi, par exemple, grâce au financement accordé à TV5.
Comme l'a mentionné Mme Montminy, le secteur audiovisuel, qui fait partie du domaine des arts et de la culture, est probablement le principal destinataire de nos financements, mais nous soutenons également plusieurs autres secteurs culturels et artistiques.
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Merci, monsieur le président.
Je suis fasciné de voir, aujourd'hui, que toutes les questions libérales portent sur des points de nature ethnique. Ça s'inscrit dans la promotion du multiculturalisme, dans lequel on ne construit pas le vivre-ensemble. On veut financer des éléments communautaires de façon à viser davantage un repli qu'une vision du vivre-ensemble, que ce soit au Québec ou dans l'ensemble du Canada. Visiblement, le ministère embarque là-dedans.
Je ne sais pas si c'est à cause de l'interprétation, mais j'ai entendu parler de « médias ethniques » financés par le ministère. Or, le gouvernement a indiqué, dans l'énoncé budgétaire, son intention de consulter avant de mettre en œuvre un éventuel crédit d'impôt pour soutenir la main-d'œuvre journalistique dans les régions. On ne soutient même pas nos médias régionaux. C'est une catastrophe. Ils sont tous branchés sur un respirateur artificiel, particulièrement au Québec. Pourtant, on va multiplier le financement de « médias ethniques » pour que les gens vivent de plus en plus dans un esprit de ghettoïsation.
Est-ce vraiment ça, la vision du Patrimoine canadien?
Quand allez-vous enfin financer les médias indépendants en région pour sauver les nouvelles régionales, dans l'intérêt supérieur de l'ensemble de la population?
:
Chez nous, dans ma circonscription, Radio‑Canada n'a plus son bulletin de nouvelles depuis 2018, malgré le fait que la loi dit que chacune des régions doit être représentée. Il y a donc un problème majeur. Ça, c'est la société d'État. On peut imaginer à quel point les médias indépendants sont devenus vulnérables. On se partage une enveloppe dans laquelle un joueur majeur anglophone est allé chercher 70 % des fonds.
Je veux vous poser une autre question par rapport aux festivals régionaux. On voit que le ministère se retire de plus en plus de ce type d'événement. La survie même de ce qui fait la diversité et la beauté des régions dépend des festivals dans les villages. Qu'il s'agisse de la Foire gourmande ou du festival H2O, ces organisations ont perdu énormément de financement, notamment parce que vous jugez qu'un artiste doit absolument venir de la région.
Cependant, les artistes de l'Abitibi‑Témiscamingue sont moins nombreux. La vitalité de nos festivals et leur capacité d'attirer les foules passent notamment par la présence d'artistes de renommée nationale, comme ceux du Québec. À Ottawa, on considère le Québec comme une région, mais on ne considère pas qu'un artiste venant de Montréal pour se produire à Ville‑Marie est un artiste local. Il ne peut pas être subventionné, et il ne peut pas contribuer au succès d'un événement.
On a coupé dans le financement des festivals, ce qui fait que la survie même de ces événements touristiques est menacée.
Quand allez-vous rétablir le financement de nos grands événements culturels en région?
:
Nous avons prévu des investissements dans le cadre du budget de 2025 afin d'augmenter le financement des festivals locaux et communautaires. Nous avons aussi réinvesti dans le programme qui sert à financer les grands festivals, comme les festivals de jazz et de blues. Il y a donc eu des investissements dans le budget de 2025 pour continuer d'augmenter les fonds.
Ce à quoi vous faites allusion, c'est le programme qui appuie les festivals communautaires, pour lesquels il y a effectivement beaucoup de demandes. C'est la répartition du financement qui fait en sorte que certains ont pu connaître une baisse de financement. On sait que, depuis la pandémie de COVID‑19, les coûts ont aussi augmenté pour plusieurs organismes. Nous sommes très conscients de ça, et nous essayons de continuer le plus possible à soutenir la vitalité de ces festivals, qui sont très importants dans les régions.
Pour ce qui est de l'admissibilité des artistes pouvant participer aux festivals, à savoir s'ils doivent être locaux ou canadiens, encore là, elle dépend des programmes. Dans le programme des grands festivals, il peut y avoir des artistes d'un peu partout, mais, dans le programme des festivals communautaires, une composante prévoit que les artistes doivent être locaux.
Je vais reprendre sur une ligne similaire à celle de mon collègue, M. Deltell. Ma magnifique circonscription de Yellowhead compte sept réserves autochtones. Au cours de l'année écoulée, j'ai commencé à échanger avec elles. Le message qui ressort clairement est que nous devons préserver les langues et les cultures autochtones, surtout au vu de certains résultats: Aujourd'hui, près de 70 langues autochtones sont menacées de disparition.
Le rapport publié à propos de cette conférence — 10 millions de dollars dépensés en quatre jours — est quelque peu préoccupant. Selon certaines sources, un aîné de Norway House serait rémunéré environ 20 000 $ par an pour enseigner sa langue, alors que le commissaire gagne plus de 216 000 $ et que les administrateurs touchent plus de 150 000 $. Les enseignants qui sont en première ligne sont nettement moins bien rémunérés.
Je vais commencer par vous poser quelques questions d'ordre général. La création de cette commission visait-elle à soustraire le gouvernement aux décisions, de sorte que ce soit la commission qui prenne toutes les décisions et que le gouvernement n'en soit responsable d'aucune?
:
Absolument, nous avons des objectifs. En fait, nous en avons beaucoup, et je pense que l'un des défis est d'en faire le suivi.
Par exemple, le sous-ministre a parlé des langues autochtones. Nous avons des objectifs précis en ce qui concerne le nombre de personnes au Canada qui sont en mesure de tenir une conversation dans une langue autochtone. C'est un sujet sur lequel nous espérons faire rapport bientôt, grâce au recensement de 2026. Nous prévoyons disposer de nouvelles données, pour comprendre l'effet des investissements dans les langues autochtones, par exemple.
Nous examinons d'autres types d'activités que nous soutenons — les festivals et les célébrations à travers le pays, comme la fête du Canada, par exemple. L'une des choses que nous mesurons et qui nous intéressent, c'est le nombre de participants — le nombre de Canadiens — à ces grands festivals, et pas seulement à ceux qui sont peut-être davantage axés sur la communauté locale. Nous avons également des indicateurs précis en matière de langues officielles.
Nous avons parlé des cinq grands axes de nos programmes. Je tenais à souligner que nous avons effectivement des objectifs clairs qui s'appliquent à tous ces domaines. Nous cherchons notamment à déterminer dans quels domaines nous atteignons nos objectifs, où nous rencontrons des difficultés à les atteindre, et comment nous pouvons améliorer nos programmes afin d'offrir de meilleurs résultats aux Canadiens.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
C'est un plaisir de vous accueillir au Comité ce matin.
Madame Rogers, vous avez écrit un article sur la productivité au sujet duquel j'aimerais vous poser quelques questions.
Lorsque je regarde le dernier budget déposé par le gouvernement, je vois la somme exorbitante que les contribuables canadiens doivent débourser pour le service de la dette. Dans ce budget, le gouvernement du Canada va dépenser 59 milliards de dollars uniquement pour payer les intérêts sur la dette. C'est plus que ce qu'il consacre actuellement aux soins de santé. Cela contraste également fortement avec l'engagement pris par le gouvernement il y a environ un an, selon lequel le déficit ne serait que d'environ 30 milliards de dollars. Selon le budget, le déficit s'élève en réalité à bien plus de 60 milliards de dollars.
Est‑ce que tout l'argent consacré au service de la dette nuit à la productivité? Si ce montant diminuait et que le gouvernement devait consacrer moins d'argent au service de la dette, cela libérerait des fonds pour des baisses d'impôts et des investissements dans les infrastructures. Seriez-vous d'accord pour dire que l'argent consacré au service de la dette a un effet sur la productivité?
:
Je vous remercie de votre question.
[Traduction]
Permettez-moi de parler un peu des données et de l'étiquette de « récession technique ».
Quand il se passe beaucoup de choses dans l'économie, comme c'est le cas en ce moment, et que les divers secteurs sont tirés dans des directions opposées, les données seront bruitées.
La première chose que je dirais, c'est qu'il faut faire attention de ne pas faire une rotation excessive pour un chiffre ou un indicateur en particulier. Lorsqu'on a deux trimestres de contraction annualisée du PIB, on répond à la définition de récession, mais le simple fait de devoir mettre le terme « technique » devant indique qu'il faut regarder au‑delà de cet indicateur. Il faut se pencher sur l'emploi. Il faudrait peut-être examiner certains des principaux indicateurs. Nous savons, par exemple, que les données éclair — qui représentent l'alerte précoce — sur le PIB pour le mois d'avril nous indiquent qu'il y a eu une légère reprise. Nous devons faire attention de ne pas accorder trop d'importance à un indicateur en particulier. Je commencerais par là.
Pour ce qui est de votre question sur ce que la Banque peut faire pour y répondre, nous prendrons notre prochaine décision dans un peu plus d'une semaine à partir de mercredi. Nous entreprendrons nos délibérations sur cette décision plus tard cette semaine. Je ne vais pas me prononcer au sujet de ces délibérations, mais nous allons tenir compte de toutes les données économiques actuelles, y compris celles de la semaine dernière. Nous aurons d'autres données plus tard cette semaine sur le marché du travail. Tous ces éléments seront pris en compte lorsque nous réfléchirons à notre prochaine décision en matière de politique monétaire.
:
Nous allons l'examiner à court terme. Nous commencerons plus tard cette semaine nos délibérations sur notre prochaine décision concernant le taux directeur. Cette décision sera prise mercredi prochain. Nous en délibérerons bientôt.
Pour revenir à vos autres questions, oui, dans son discours, mon collègue a fait valoir que le chômage chez les jeunes était une préoccupation pour l'économie. Ce n'est pas inhabituel quand on voit un ralentissement économique ou un marché du travail lent comme celui que nous voyons en ce moment, avec certains des vents contraires auxquels l'économie fait face.
Les jeunes sont habituellement l'un des premiers groupes frappés par un marché du travail difficile. Ils essaient d'obtenir leur premier emploi. Les employeurs embauchent moins. Ils accordent plus d'importance à l'expérience, alors ils n'embaucheront peut-être pas autant de nouveaux employés. Il n'est pas inhabituel que le taux de chômage chez les jeunes soit plus élevé que le taux de chômage global, mais c'est préoccupant. Nous surveillons la situation.
Dans son discours, mon collègue a dit que nous devions nous demander si nos programmes d'éducation préparaient nos jeunes pour les emplois offerts dans notre économie. Lorsque nous traversons une période de changement structurel, nous savons que ces types d'emplois vont changer et nous voulons nous assurer de préparer le marché du travail à la fois pour l'économie et pour les jeunes qui vont chercher un emploi.
:
Merci, monsieur le président.
Madame Rogers, le déficit de la Banque du Canada atteint maintenant 9 milliards de dollars, notamment parce qu'elle a acheté la dette du Canada pendant la pandémie. Elle a besoin de cinq ans pour ramener le tout à l'équilibre budgétaire, si et seulement si nous ne traversons pas de nouvelles crises économiques, ce qui est loin d'être fait. Les dernières données nous poussent à être craintifs sur ce plan.
De ce fait, la Banque du Canada enrichit aussi les banques canadiennes à hauteur de 9 milliards de dollars, alors qu'elles font des profits monstres et que les dividendes de la Banque du Canada ne seront pas versés avant 2030.
Comment justifiez-vous cette décision, alors qu'on est peut-être en train de traverser une nouvelle crise économique? On a traversé la crise du papier commercial, et à ce moment-là, la Banque du Canada n'avait pas eu de déficit. Pourquoi celui de la COVID‑19 doit-il être investi dans les banques, et pourquoi est-ce la Banque du Canada, et, en l'occurrence, les contribuables canadiens qui paient pour ça?
:
Je vais être plus claire en anglais.
[Traduction]
Vous voulez connaître mon avis sur la productivité au Canada et ses conséquences sur les finances publiques et sur les finances de la Banque du Canada? Ai‑je bien compris la question? D'accord.
Je vais commencer par les finances de la Banque du Canada, parce que la réponse est assez simple. La productivité n'a pas d'effets directs — ou n'a pas vraiment d'effets — sur notre bilan ou sur notre résultat net. Dans le discours que j'ai prononcé sur le lien entre la productivité et notre politique monétaire, j'expliquais que les économies dotées d'un taux de productivité élevé pouvaient accélérer leur croissance tout en évitant les pressions inflationnistes. Autrement dit, comme ces économies s'emballent, reprennent ou se développent rapidement sans entraîner d'inflation, la banque n'a pas à intervenir pour essayer de les freiner afin de préserver un équilibre entre l'offre et la demande et éviter la poussée inflationniste causée par une forte croissance.
Comme je l'ai dit dans ma réponse à la question précédente, la productivité tient lieu de coussin dans l'économie; elle amortit les chocs et les poussées subites de croissance et protège contre certaines pressions inflationnistes. C'est dans cette perspective que nous voyons la productivité dans le contexte des décisions sur la politique monétaire.
En un sens, la productivité exerce les mêmes effets sur la situation financière globale du gouvernement. Comme elle permet à l'économie de croître, si les gains sont répartis dans l'ensemble de l'économie, la qualité de vie de toute la population s'améliore.
À la base, la productivité est l'augmentation des résultats générés par heure de travail exécuté. Si votre entreprise fabrique une quantité accrue de produits pour chaque heure travaillée, vous réalisez plus de profits. La même chose s'applique à l'échelle nationale. Les pays qui accroissent leur PIB par heure de travail deviennent plus riches. En supposant que cette richesse est distribuée partout dans l'économie, tout le monde en tire parti.