Bienvenue à la 12e réunion du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la Chambre des communes, qui est connu dans le monde entier comme le puissant comité et le seul comité qui compte vraiment.
Chers collègues, nous accueillons aujourd'hui deux ministres. Nous allons essayer de respecter l'horaire prévu. Nous serons très stricts quant au temps de parole, alors veuillez surveiller vos montres.
Messieurs les ministres, vous disposez chacun de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire. Afin que nous puissions respecter l'horaire, je vous demanderais de vous en tenir à ces cinq minutes.
Monsieur Lightbound, vous êtes le premier. Bon retour parmi nous. Allez‑y, s'il vous plaît, pour cinq minutes.
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Monsieur le président, je vous remercie de surveiller l'heure avec autant d'assiduité, parce que j'ai un vol à prendre, et je pense que ma femme ne me pardonnerait pas de le manquer.
Je suis accompagné aujourd'hui d'Arianne Reza, sous-ministre des Services publics et de l'Approvisonnement, et de Scott Jones, président de Services partagés Canada. Je les remercie de leur présence à mes côtés.
Lorsque les Canadiens ont élu le gouvernement, il y a quelques mois, ils lui ont transmis un message clair: ils veulent un gouvernement qui dépense de façon responsable, qui obtient des résultats concrets et qui protège les services essentiels à long terme. Or c'est exactement ce que nous faisons. Il s'agit de relever les défis, de prendre des décisions difficiles et de poser les bases d'un État plus efficace, plus moderne et mieux préparé pour répondre aux besoins des Canadiens dans un monde en rapide évolution.
Monsieur le président, nous savons tous que le monde change rapidement. Les tensions géopolitiques s'intensifient. Les technologies transforment nos économies. Les règles du commerce mondial sont en train de se réécrire sous nos yeux. Dans ce contexte, le Canada doit être prêt à agir pour protéger sa souveraineté, son économie et les services essentiels sur lesquels les Canadiens comptent chaque jour.
En tant que ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l'Approvisionnement, c'est exactement le mandat que j'ai reçu, soit moderniser le gouvernement pour qu'il soit plus agile, plus responsable et plus efficace.
C'est pour ça que nous modernisons les opérations gouvernementales en simplifiant les systèmes, en réduisant les coûts inutiles et en concentrant nos ressources là où elles comptent le plus, c'est-à-dire dans les services directs à nos citoyens.
Pour ce faire, nous adoptons la même approche pragmatique et axée sur les résultats que celle appliquée plus tôt à Postes Canada, en septembre dernier: nous prenons les décisions nécessaires, parfois difficiles, pour que les services essentiels sur lesquels les Canadiens comptent chaque jour restent fiables et viables à long terme.
[Traduction]
GCtraduction, un outil de traduction alimenté par l'IA qui a été conçu par le Bureau de la traduction, au sein de mon ministère, est un bon exemple de ce genre de transformation. Cette innovation aide les ministères fédéraux à traduire des millions de mots de documents officiels plus rapidement, de façon plus sécuritaire et à moindre coût. En outre, l'outil contribue à réduire le recours à des services externes tout en renforçant la capacité du gouvernement de fournir des services dans les deux langues officielles. C'est précisément ce type d'innovation concrète et axée sur les résultats qui montre aux Canadiens que leur gouvernement est déterminé à se moderniser et à leur offrir de meilleurs services.
L'approvisionnement fédéral est l'un des meilleurs outils dont nous disposons pour créer des occasions et stimuler la croissance partout au pays. Chaque année, le gouvernement du Canada achète pour près de 60 milliards de dollars de biens et de services. SPAC et Services partagés gèrent plus des trois quarts de ces dépenses, mais aujourd'hui, le système peut être lent et complexe et il ne donne pas toujours la priorité aux entreprises et aux travailleurs du pays aussi efficacement qu'il le pourrait.
[Français]
C'est pourquoi le gouvernement a mis en place, en juillet, la Politique provisoire sur l'approvisionnement réciproque pour s'assurer que les entreprises canadiennes ont une chance équitable à l'étranger quand des entreprises étrangères déposent des soumissions au pays.
En septembre, nous avons annoncé la politique « Achetez canadien ». Il s'agit d'une étape majeure, qui permettra que chaque dollar dépensé par le gouvernement fédéral soutienne nos entreprises d'ici, crée de bons emplois et renforce nos chaînes d'approvisionnement.
[Traduction]
Dans le cadre de la nouvelle politique, la priorité sera accordée aux matériaux et aux fournisseurs canadiens, les processus d'approvisionnement seront simplifiés et les petites et moyennes entreprises pourront plus facilement travailler avec le gouvernement fédéral grâce à un programme d'approvisionnement conçu pour elles, qui sera lancé prochainement.
Les petites et moyennes entreprises représentent 98 % des entreprises canadiennes. Elles emploient plus de la moitié de notre main-d'œuvre et génèrent près de la moitié de notre PIB, mais elles demeurent sous-représentées dans l'approvisionnement fédéral. Le programme est une mesure concrète qui vise à changer la situation en offrant davantage de possibilités directement aux entrepreneurs canadiens, en créant de bons emplois et en conservant une plus grande partie de la valeur économique au pays.
[Français]
Quand aux approvisionnements en défense annoncés en octobre, le gouvernement a franchi un tournant important en créant la nouvelle Agence de l'investissement pour la défense, dirigée par Stephen Fuhr, qui est le secrétaire d'État à l'approvisionnement en matière de défense. Il s'agit d'une première en son genre depuis plusieurs décennies, qui démontre notre volonté d'agir et de moderniser nos processus.
Cette agence va accélérer les acquisitions, éliminer les dédoublements et soutenir l'innovation canadienne. Elle va aider les entreprises d'ici à se développer, à percer sur la scène internationale et à fournir aux Forces armées canadiennes les capacités modernes dont elles ont besoin pour nous protéger.
On peut aussi penser à la Stratégie nationale de construction navale.
[Traduction]
En effet, c'est un exemple où ces efforts portent déjà leurs fruits.
[Français]
À ce jour, plus de 36 milliards de dollars en contrats ont été attribués partout au pays, ce qui représente des retombées d'environ 3 milliards de dollars par année pour notre produit intérieur brut et soutient plus de 21 000 emplois au pays. Cela génère de la croissance réelle, des emplois réels et une démonstration concrète du savoir-faire canadien.
Nous allons continuer de miser sur ce succès pour élargir les retombées des marchés publics fédéraux à d'autres secteurs et à d'autres régions afin de renforcer nos fondations économiques et de protéger notre souveraineté.
En ce qui concerne notre souveraineté numérique, la force économique et la défense nationale ne sont pas les seuls piliers de la souveraineté au XXIe siècle...
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Merci, monsieur le président.
Bonjour, tout le monde. Merci de m'accueillir aujourd'hui. C'est la première fois que je participe à une réunion de ce comité. Je suis heureux de voir de nouveaux visages et de retrouver des visages familiers.
Je suis ici pour vous parler de mes priorités en tant que président du Conseil du Trésor. Je tiens tout d'abord à souligner que rien ne peut être accompli sans le travail des fonctionnaires canadiens. Ce sont eux qui assurent la prestation des programmes et des services sur lesquels les gens comptent chaque jour. Par votre intermédiaire, monsieur le président, j'aimerais les remercier de contribuer à bâtir un Canada fort.
Pour appuyer les efforts déployés, le Secrétariat du Conseil du Trésor, ou SCT, établit les règles et fournit des conseils afin que le gouvernement soit bien géré et que les Canadiens soient bien servis.
Je vais tout d'abord vous parler du travail que nous accomplissons au chapitre des dépenses publiques. Comme vous le savez, chaque année, des plans de dépenses détaillés sont présentés au Conseil du Trésor, puis au Parlement, avant que des fonds ne soient dépensés. L'une des principales priorités de notre gouvernement consiste à réduire les dépenses liées aux opérations gouvernementales et à investir davantage dans des domaines prioritaires comme le logement, la défense et les infrastructures. Voilà pourquoi, plus tôt cette année, le et moi-même avons lancé un examen exhaustif des dépenses. Plus de 100 ministères et organismes ont présenté des propositions et j'ai hâte de vous communiquer les résultats dès que possible.
L'une des nombreuses fonctions du SCT consiste à établir les règles régissant la gestion des ministères et le fonctionnement du gouvernement. De plus, nous dirigeons les travaux du gouvernement dans le domaine numérique afin de garantir que nos systèmes informatiques soient fiables et efficaces pour les Canadiens.
Afin d'aider les fonctionnaires à produire des résultats, le SCT utilise l'intelligence artificielle comme nouvel outil important pour le gouvernement. C'est pourquoi, cette année, le SCT a lancé la première stratégie du Canada en matière d'intelligence artificielle pour la fonction publique fédérale. Notre objectif est d'utiliser l'IA de manière responsable afin d'aider les gens à mieux faire leur travail et à offrir des services plus rapides et plus efficaces aux Canadiens.
Pour améliorer la prestation des services, le nouveau gouvernement du Canada a annoncé un examen du fardeau administratif d'une durée de 60 jours. Nous avons recensé près de 500 initiatives dans l'ensemble des organisations fédérales visant à éliminer les règlements trop complexes, à simplifier les processus et à réduire les coûts pour les entreprises. Par exemple, nous permettons aux Canadiens d'accéder plus rapidement à des médicaments importants en simplifiant les processus pour les produits approuvés par des pays dignes de confiance. Ce changement a déjà réduit les délais d'attente d'environ cinq mois pour l'approbation de certains médicaments.
Nous modernisons la réglementation applicable au secteur agricole. Ces changements seront utiles aux agriculteurs canadiens. De plus, ils permettront d'accroître l'efficacité du gouvernement et d'améliorer la prestation des services aux Canadiens.
Par ailleurs, nous avons entrepris un examen de la Loi sur l'accès à l'information. Cette démarche s'appuie sur les commentaires de parties prenantes et de parlementaires comme vous.
Nous continuons également à mettre en œuvre la Loi sur les langues officielles afin de promouvoir et de protéger les langues officielles du Canada. En outre, nous mettons à jour la désignation linguistique des bureaux fédéraux, ce qui fera en sorte que 700 bureaux supplémentaires au Canada deviendront bilingues.
En conclusion, monsieur le président, au SCT, notre objectif est clair: avoir un gouvernement transparent et responsable qui obtient des résultats et qui offre des services de qualité aux Canadiens.
Je suis prêt à répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président. Je suis ravie d'être de retour au comité des opérations gouvernementales.
Monsieur Ali, comme beaucoup de Canadiens, je suis impatiente de voir le budget qui sera présenté la semaine prochaine. Je suis particulièrement préoccupée par le fait que votre gouvernement ait abandonné ses points d'ancrage budgétaires. Je vous rappelle qu'en 2024, dans l'énoncé économique de l'automne, ces points d'ancrage étaient, d'une part, de maintenir à la baisse le ratio de la dette par rapport au PIB et, d'autre part, de préserver la cote de crédit AAA du Canada. Or, au cours des dernières semaines, ces points d'ancrage semblent avoir disparu.
Dans son rapport du 25 septembre, le directeur parlementaire du budget a indiqué ceci: « En raison de déficits budgétaires persistants de plus de 1 % du PIB, le ratio de la dette fédérale au PIB, estimé à 41,7 % en 2024‑2025, devrait s'établir à plus de 43 % à moyen terme. » Il a également dit que ce ratio « ne devrait plus être sur une trajectoire descendante ».
Au sujet de notre cote de crédit AAA, dans un article publié hier dans le Financial Post, on se demande si le Canada la mérite toujours.
Monsieur le ministre, je dirais que, comme l'a déclaré le directeur parlementaire du budget, notre ratio de la dette au PIB augmentera et que le déficit atteindra au moins 68,5 milliards de dollars. Ce n'est pas une somme négligeable, et ce, sans compter les engagements de dépenses qu'a pris votre gouvernement récemment. Il est légitime de se demander si, lorsque votre budget sera déposé mardi, les marchés estimeront que le Canada mérite toujours sa cote de crédit AAA. Je n'en suis pas convaincue.
Le se présente comme un spécialiste des budgets financiers. Cependant, des rapports du directeur parlementaire du budget et d'autres économistes montrent que les Canadiens ont du mal à le voir.
Par conséquent, monsieur le ministre, lorsque votre gouvernement présentera son budget mardi, souhaitez-vous délibérément qu'il échoue afin que des élections soient déclenchées avant que les Canadiens ne ressentent les véritables effets économiques des mesures que prend votre gouvernement?
Monsieur Lightbound, la semaine dernière, la vérificatrice générale a publié un autre rapport qui souligne que votre gouvernement échoue au chapitre des contrats.
Concernant le contrat conclu avec IBM pour le centre d'appels de l'ARC, votre gouvernement est responsable de l'explosion du coût du contrat, qui est passé de 50 millions à 190 millions de dollars, sans que les résultats escomptés pour les Canadiens aient été atteints. Plus tôt cette semaine, les fonctionnaires du ministère ont déclaré que le gouvernement avait appris une très dure leçon.
Monsieur le ministre, lorsque les Canadiens font une erreur dans leur déclaration de revenus, l'agent de l'ARC n'accepte pas leurs excuses selon lesquelles ils ont appris leur leçon. L'agent de l'ARC leur réclame la somme due avec toute la fermeté du gouvernement fédéral. Cependant, lorsque c'est votre gouvernement qui fait des erreurs dans les contrats et qui ne vérifie pas les factures ou n'examine pas minutieusement que l'argent dépensé correspond bien à un service fourni, les responsables de votre ministère estiment qu'il suffit d'en avoir tiré une dure leçon. Au nom des contribuables canadiens, monsieur le ministre, je dirais que non, ce n'est pas suffisant.
Pire encore, ce n'était pas la première fois que la vérificatrice générale livrait ce message. Elle a reproché régulièrement à votre gouvernement son manque de rigueur, ses lacunes sur le plan de la vérification, ainsi que le fait que des contrats de plusieurs millions de dollars ne sont pas attribués dans le cadre d'un processus concurrentiel.
En juin, après avoir présenté son rapport d'audit sur GCStrategies, la vérificatrice générale a très clairement indiqué que le gouvernement n'avait qu'à respecter les règles en matière d'approvisionnement et de passation de marchés qui sont en place. Manifestement, votre gouvernement laisse passer toutes les occasions d'optimiser les ressources et récompense plutôt les amis et les proches du Parti libéral lors de l'élaboration des contrats.
Monsieur le ministre, quand vous et votre gouvernement écouterez-vous la vérificatrice générale et veillerez-vous enfin à ce que vos ministères et organismes suivent les règles relatives aux contrats externes?
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C'est très généreux, parce qu'il y en a quand même beaucoup à dire.
En ce qui concerne le contrat de l'Agence du revenu du Canada dont ma collègue a fait état, d'abord et avant tout, je rappelle qu'il a été attribué dans le cadre d'un processus concurrentiel. Ensuite, il était entendu que ce contrat coûterait 190 millions de dollars sur 10 ans, et c'est exactement ce qu'il a coûté. Alors, si elle souhaite recevoir un breffage technique de la part de nos fonctionnaires, cela nous fera plaisir de lui fournir plus d'information sur ce contrat en particulier. De mon point de vue, il est évident que les contribuables en ont eu pour leur argent et qu'il n'y a aucun problème.
J'aimerais maintenant revenir sur un commentaire de ma collègue au sujet de la situation fiscale du Canada. Il est important de noter que le Canada a une cote de crédit AAA et que nous avons le plus faible ratio de la dette au PIB du G7. L'approche canadienne est même reconnue par le Fonds monétaire international. À ce chapitre, j'aimerais citer Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international.
[Traduction]
Elle a dit: « Au Canada, les autorités n'ont pas hésité à prendre des mesures déterminantes dans un contexte où les relations du pays avec son principal partenaire commercial changent. » Elle a également dit que le Canada se concentrait sur la croissance: « Les secteurs que le Canada a ciblés, soit le logement, l'infrastructure et l'énergie [...] projets stratégiques. Ce sont des secteurs où le Canada peut [...] stimuler sa productivité. » Elle ajoute: « Puis, il y a des pays du G7 qui sont en meilleure posture. L'Allemagne et le Canada se démarquent à cet égard. »
[Français]
Alors, il est important de mettre les choses en contexte en ce qui concerne la situation fiscale du Canada, d'autant plus que nous sommes dans une situation où des investissements sont nécessaires pour augmenter notre productivité, réduire notre dépendance commerciale à l'égard de nos voisins du Sud et augmenter notre résilience. Or c'est exactement ce que nous faisons.
C'est une bonne question.
Je pense que l'impératif de rendre le gouvernement plus efficace est très évident quand on considère que, au Canada, mais aussi ailleurs en Occident et dans le monde, une méfiance s'installe vis-à-vis de nos institutions. En effet, de plus en plus de nos semblables estiment ne pas nécessairement recevoir du gouvernement les services pour lesquels ils paient.
À mon avis, si on veut maintenir la confiance envers nos institutions, il est essentiel que le gouvernement soit le plus efficace possible. À ce chapitre, plusieurs avenues s'offrent à nous. Ma façon d'aborder le mandat qui m'a été confié par le premier ministre, mais que je partage notamment avec mes collègues le et le , c'est de déployer un effort collectif, que je perçois de deux manières. D'abord, les divers ministères doivent procéder à une révision verticale. C'est un peu ce qui a été entamé dans le cadre de la révision des dépenses demandée à tous les ministères. Ceux-ci ont été appelés à établir des moyens de réaliser des gains d'efficacité au sein de leur ministère. Voilà pour la partie verticale.
Je collabore beaucoup, entre autres, avec Services partagés Canada et le Conseil du Trésor pour s'assurer d'avoir des outils, notamment en utilisant les nouvelles technologies de l'intelligence artificielle qui sont au service de plusieurs ministères. À cet égard, je pense à l'outil de traduction développé au Bureau de la traduction.
J'aimerais vous donner quelques chiffres pour sortir un peu de l'abstrait. Il s'agit d'un outil qui a été conçu et déployé il n'y a pas si longtemps, qui a été mis en œuvre en juin 2025, dans cinq organisations, dont le ministère du Patrimoine canadien, le Conseil privé, le ministère des Finances, la Gendarmerie royale du Canada ainsi que mon propre ministère, Services publics et Approvisionnement Canada, ou SPAC.
Jusqu'à présent, donc depuis juin, 95 millions de mots ont déjà été traduits. On prévoit que, dans ces cinq organisations et une autre, environ 465 millions de mots seront traduits.
La traduction d'un mot coûte entre 15 ¢ et 40 ¢ dans le secteur privé. Au Bureau de la traduction, ce coût est de 35 ¢ à 40 ¢. Avec cet outil, cela tombe à 1 ¢ le mot. Cela permet à nos traducteurs, qui font un travail exceptionnel, d'être beaucoup plus efficaces et de revoir les documents une fois qu'une bonne part du travail a été fait.
Quand on est capable de développer un tel outil, que plusieurs de nos collègues du Parlement aimeraient bien obtenir pour traduire les documents — on y travaille et les résultats sont très concluants jusqu'à présent —, on peut imaginer quel genre de gain d'efficacité et de rapidité cela peut permettre.
C'est un exemple parmi d'autres, mais il y en a encore plusieurs à développer et à déployer au sein du gouvernement.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur le ministre, je viens tout juste d'apprendre que le Bureau de la traduction a adopté de nouvelles règles. Sachez que le recours aux interprètes de conférence dans le cadre du Parlement hybride présente à ce jour certaines limites: ce sont des êtres humains. Je conviens qu'il est efficace d'utiliser l'intelligence artificielle pour nous aider à traduire des documents ou des rapports de 3 à 1 000 pages.
Cela dit, quand les spécialistes nous disent que les nouvelles mesures comportent un risque pour la santé et la sécurité des interprètes, que ces mesures vident de leur sens les dispositions relatives à l'assurance-emploi et peuvent aussi aggraver les problèmes liés aux chocs acoustiques, je crois qu'il faut s'en inquiéter. De plus, si nous voulons des services de qualité, j'ai de la difficulté à comprendre que nous devions choisir le plus bas soumissionnaire.
Sauf votre respect, monsieur le ministre, je vous demande, à vous qui êtes Québécois et francophone, comment nous pourrons obtenir des services de qualité quand c'est déjà difficile pour des gens qui ne parlent pas les deux langues officielles. Je n'en reviens pas.
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Je vous remercie de votre question.
D'abord et avant tout, je tiens à remercier les interprètes, qui font un travail exceptionnel. Étant des députés québécois, nous savons à quel point la traduction est fondamentale et essentielle au Parlement. Il en va de même pour tous les députés du pays. Je remercie donc les interprètes, parce qu'ils accomplissent un travail difficile et exigeant sur le plan intellectuel. En fait, l'interprétation simultanée est loin d'être simple. Je les remercie donc et je les salue.
En ce qui a trait aux deux enjeux que vous avez mentionnés, la sécurité et la santé des interprètes sont fondamentales et nous travaillerons toujours en collaboration avec les interprètes pour nous assurer que l'équipement qu'ils utilisent est adéquat et que leur santé et leur sécurité sont protégées.
En ce qui a trait au plus bas soumissionnaire, il faut savoir que, dans le cadre du nouveau processus d'approvisionnement mis en œuvre, chaque interprète doit avoir obtenu une accréditation du Bureau de la traduction, laquelle assure un standard de qualité très élevé.
La sous-ministre aurait peut-être quelque chose à ajouter à cet égard. Je sais qu'un contrat d'approvisionnement est en cours. Il y a donc des limites à ce qu'on peut dire, mais je vais quand même lui céder la parole.
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D'abord, il faut comprendre pourquoi nous mettons en avant l'Agence de l'investissement pour la défense. Des parlementaires de tous les partis font cette demande depuis des années, je dirais même depuis des décennies.
Il faut savoir que ce processus existe aussi dans d'autres pays. Ces derniers ont une agence ou un ministère voué aux approvisionnements militaires. La raison en est que les approvisionnements prennent beaucoup trop de temps et sont beaucoup trop complexes. Dans l'histoire, on a vu plusieurs ratés en matière d'approvisionnement militaire ou de la lenteur, et ces délais ont des coûts.
En ce moment, les approvisionnements militaires sont un monstre à trois têtes: il y a le ministère de la Défense nationale, Services publics et Approvisionnement Canada, ainsi que le ministère de l'Industrie. La coordination entre ces trois ministères, sans point de contact unique, cause des délais considérables, et ces délais ont des coûts.
En ayant tout sous un même toit, cela permet de raccourcir le temps nécessaire pour les approvisionnements et d'obtenir de meilleurs prix. Il est aussi important de s'assurer d'avoir une bonne connexion entre nos capacités, les besoins de la défense et ce que l'industrie canadienne peut fournir. Je pense ici à des entreprises québécoises comme Bombardier et CAE. S'il y a une certaine prévisibilité pour les achats militaires, l'industrie pourra se développer en fonction des besoins de la défense.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie ma collègue de Nipissing—Timiskaming, qui me donne aujourd'hui l'occasion de siéger pour la première fois à ce comité.
Monsieur le président, j'ai l'immense plaisir et l'honneur de siéger aussi au Comité permanent de la défense nationale. J'aimerais donc m'attarder à des questions qui concernent la défense.
Ma question va s'adresser à tous les témoins.
Dans le cadre des travaux du Comité permanent de la défense nationale, une grande majorité des témoins ont parlé de l'Agence de l'investissement pour la défense de manière positive. Ils ont dit que cela allait permettre d'obtenir tous les équipements dont nos militaires ont besoin à temps et dans les limites du budget. C'est donc un bon pas en avant.
Comme vous le savez, les dépenses en défense sont devenues une priorité de plus en plus importante pour notre gouvernement. Celui-ci a dit qu'il voulait dépenser beaucoup plus sur le plan de la défense.
J'aimerais savoir comment nous allons nous assurer que les dépenses en défense seront faites ici, au Canada, et non à l'étranger.
Je laisse les témoins qui le souhaitent répondre à ma question.
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C'est une très bonne question. Elle est fondamentale, parce que nous allons atteindre nos objectifs de 2 % cette année, soit 9 milliards de dollars supplémentaires. Toutefois, l'objectif à terme est de 3,5 % à 5 % de dépenses militaires. Ces investissements sont nécessaires pour la protection du pays.
Comme vous le savez, au Comité permanent de la défense nationale, il faut réparer 50 ans de négligence envers les Forces armées canadiennes. Je peux vous l'affirmer après avoir visité la base militaire de Valcartier, pas très loin de ma région. Ce ne sont pas seulement les grands approvisionnements qui font couler beaucoup d'encre, mais c'est aussi la plomberie et la toiture qui sont à refaire, dans bien des cas. J'ai été sidéré par ce que j'ai vu. Toute personne qui doute de l'importance d'investir dans les Forces armées canadiennes devrait aller faire un tour à la base militaire la plus proche de sa région pour le constater elle-même.
Maintenant, alors que nous allons investir de manière conséquente dans nos Forces armées canadiennes, il est fondamental qu'on en voie les retombées économiques ici, au pays. Par le passé, je crois qu'il y a quand même eu une tendance, parfois justifiée pour des questions d'interopérabilité, d'aller vers des fournisseurs étrangers, souvent américains, pour répondre à nos besoins en matière de défense. Nous l'avons fait aussi parce que les capacités n'étaient pas nécessairement toujours présentes ici, au Canada, pour fournir ce dont les forces avaient besoin.
L'intention d'avoir une Agence d'investissement en défense a été saluée. Comme je le mentionnais plus tôt au cours d'une autre réponse, cela fait des années que, tous partis confondus, nous en parlons. Cela a été relevé comme étant une bonne idée à mettre en avant, une idée qui demande un peu de courage et de volonté politiques. Je suis content de voir que nous avons le courage et la volonté politiques de mettre en œuvre cette initiative. L'idée derrière cette agence est effectivement de raccourcir les délais en matière d'approvisionnement, mais aussi de tisser des liens avec l'industrie canadienne. Il faut aussi voir comment on peut aider l'industrie à développer un double usage, c'est-à-dire civil et militaire. Tisser des liens avec l'industrie fera certainement partie du rôle que devra jouer l'Agence.
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D'abord, j'adore cette question parce que je pense que ça va être une politique phare de notre gouvernement et certainement de mon ministère. C'est la politique « Achetez canadien », dont les grands pans ont été annoncés en septembre par le .
Maintenant, il est vrai que nous travaillons avec le Conseil du Trésor pour son opérationnalisation. Cependant, il est clair que les grands pans sont ceux-ci: accorder la priorité aux entreprises canadiennes; avoir des exigences en matière de contenu canadien; s'assurer d'avoir des approvisionnements réciproques avec d'autres partenaires commerciaux fiables; et donner la priorité aux matériaux canadiens dans les grands approvisionnements ou les grands travaux dans les secteurs stratégiques qui ont été visés par des droits de douane. On pense à l'acier, au bois d'œuvre et à l'aluminium. C'est ce à quoi ça va ressembler. Il y a une consultation en ce moment au sujet de notre politique « Achetez canadien ». Elle ne sera pas de très longue durée, parce qu'il faut agir assez rapidement sur cette question.
Je profite de cette tribune pour dire à tous ceux qui s'intéressent à cette question de soumettre des suggestions au sujet de la politique « Achetez canadien ».
J'ai oublié de mentionner un autre pan fondamental de la politique, et c'est d'aider les petites et moyennes entreprises à soumettre des offres au gouvernement du Canada et à obtenir des contrats de ce dernier. On mentionne souvent, je l'ai entendu de tous côtés, c'est qu'il est compliqué de faire affaire avec le gouvernement du Canada. Il faut simplifier ça. Il faut aider les PME.
Je pense que la sous-ministre est d'accord pour dire qu'il est toujours préférable pour une entreprise d'obtenir un contrat que d'obtenir une subvention. C'est la meilleure carte de visite après pour faire de l'exportation. Il faut le faire de manière responsable, en respectant nos obligations en matière de droit du commerce international. Cependant, il faut être aussi un peu plus pragmatique et réaliste dans notre politique d'achat canadien.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Ma première question s'adresse au ministre Ali.
En tant que députée ici à Ottawa qui représente Kanata, j'ai de nombreux électeurs qui sont des fonctionnaires, bien sûr, et qui communiquent régulièrement avec moi sur diverses questions. J'ai moi-même eu le plaisir d'être fonctionnaire pendant les 13 premières années de ma carrière.
Fait intéressant, la fin de semaine dernière, j'ai eu une conversation avec une électrice qui travaille à Emploi et Développement social Canada, ou EDSC. Elle m'a dit qu'il y a actuellement une liste d'application facultative à laquelle les employés peuvent ajouter leur nom s'ils souhaitent être pris en considération pour un poste ou une occasion au ministère de la Défense nationale, ou MDN.
J'ai trouvé très intéressant que cela se produise en ce moment. J'aimerais en savoir plus sur cette initiative ou sur les mesures que nous prenons pour nous assurer que les fonctionnaires hautement qualifiés ont des possibilités d'emploi dans les domaines où nous investissons.
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Merci, monsieur le président.
Je tiens à souligner qu'effectivement, la documentation que nous recevons est complémentaire, parce qu'il peut y avoir un complément de réponse à une question que nous avons posée. Nous lisons vraiment tout, car c'est notre travail.
Ma question s'adresse à M. Shafqat Ali, le président du Conseil du Trésor.
Vous êtes le gestionnaire des fonds publics. D'après ce que nous entendons, nous nous dirigeons vers un système prépandémique. J'entends par là « austérité » et « perte d'emplois ».
Il y a des gens qui nous regardent aujourd'hui, et c'est pourquoi j'aimerais connaître le nombre de personnes qui seront touchées par cette rationalisation qui semble majeure.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci aux représentants ministériels qui vont rester avec nous pendant encore 40 minutes.
J'aimerais corriger le compte rendu suite aux questions que j'ai posées plus tôt au Conseil du Trésor. Je tiens à souligner que c'est le ministère des Ressources naturelles qui a versé 670 000 $ à KPMG pour obtenir des conseils sur les services de consultation, mais que c'est également l'ancienne présidente du Conseil du Trésor, la , qui a publié de nouvelles lignes directrices et annoncé des plans visant à recentrer les dépenses publiques. Ce plan faisait suite à la proposition du budget de 2023 visant à réduire les dépenses liées aux services de conseils, aux services professionnels et aux déplacements. Le gouvernement s'était fixé pour objectif une réduction des dépenses de 500 millions de dollars pour 2023‑2024, dont 350 millions concernaient l'externalisation et les sous-traitants. Il s'était également fixé un objectif à long terme de 15 milliards de dollars d'économies sur cinq ans. Cette annonce avait également été faite.
Je tenais simplement à apporter cette précision. De toute évidence, je me suis trompée au sujet des 700 000 $ qui ont été dépensés. Ce n'était pas le Conseil du Trésor.
J'ai quelques questions à vous poser, madame Reza.
Lorsque les ministres étaient ici, on a mentionné que la vérificatrice générale avait publié un rapport sur les centres d'appels de l'ARC et constaté des problèmes dans la façon dont Services partagés Canada gérait le contrat.
Je suppose que ma question s'adresse à Services partagés Canada.
Quels processus ont été utilisés pour vérifier le montant des factures?
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Merci pour cette question et pour l'occasion que vous m'offrez de donner des précisions sur le contrat. De nombreux malentendus ont été véhiculés.
Tout d'abord, la valeur totale du contrat conclu en 2013 était de 190 millions de dollars sur 10 ans. Ces conditions restent inchangées. Elles seront modifiées afin de prolonger la durée du contrat et de donner aux ministères plus de temps pour effectuer la migration, souvent dans le but de maintenir les services offerts aux Canadiens.
Les factures ont été vérifiées avant la mise en service. Nous avons vérifié comment elles sont mesurées. Chaque mois, lorsque les factures arrivent, Services partagés Canada les examine.
Mon collègue, Scott Davis, notre dirigeant principal des finances, peut fournir des relevés détaillés de chaque vérification effectuée, mois par mois.
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Divers éléments et fondements clés de la politique ont été annoncés par le en juin, dans le cadre de la politique d'approvisionnement réciproque, puis en septembre, dans le cadre d'analyses sectorielles et d'autres annonces. À SPAC, nous nous employons activement à examiner les différents éléments de l'ensemble du système, en collaboration avec le SCT, afin de nous assurer que les PME et les entreprises en développent du Canada bénéficieront d'un traitement préférentiel, dans la mesure du possible.
À l'heure actuelle, nous nous efforçons de définir ce que cela signifie concrètement. Nous disposons de certains éléments relatifs à la chaîne d'approvisionnement, et nous menons en ce moment une consultation active sur notre page Web. Nous examinons divers aspects de l'approvisionnement, qu'il s'agisse de contenus canadiens, de propriétés intellectuelles canadiennes, de la forme que devraient et pourraient prendre les dispositions des contrats et de la manière dont nous pouvons garantir le maintien de la concurrence. C'est là un élément vraiment essentiel du processus d'approvisionnement, car nous accordons tous une grande importance à l'équité, à l'ouverture et à la transparence de notre système d'approvisionnement, ainsi qu'à la concurrence.
Nous devons examiner comment nous pouvons réellement gérer ce processus et comment nous pouvons le rendre possible, en prenant en considération les fondements qui aideront les PME canadiennes. Nous avons souvent l'occasion de comparaître devant le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires pour parler de l'effet que le programme Soutien en approvisionnement Canada et l'orientation de la politique d'achat au Canada peuvent avoir sur les collectivités pour ce qui est de favoriser ce développement, cet accès aux possibilités d'approvisionnement.
Je vais m'arrêter ici pour voir si les représentants du Secrétariat du Conseil du Trésor souhaitent ajouter quelque chose.
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Je vais commencer à répondre à la question, puis je demanderai à l'un de mes collègues de prendre la relève.
Le programme Soutien en approvisionnement Canada existe depuis de nombreuses années maintenant. Il dispose de bureaux régionaux établis partout au Canada, de six bureaux régionaux, pour être précis. Leur mission consiste à travailler avec les PME canadiennes pour leur montrer comment être compétitives, pour leur expliquer le processus et pour veiller à ce qu'elles puissent s'inscrire dans le système d'approvisionnement électronique pour être en mesure de consulter les appels d'offres et de comprendre à quoi ressemblent les documents d'appel d'offres.
Nous travaillons beaucoup avec elles individuellement. Je pense que les employés du programme communiquent avec environ 50 000 fournisseurs par an. Ils collaborent avec d'autres organismes fédéraux, comme les agences de développement régional, afin de multiplier leurs efforts pour intégrer les PME dans le système et les mettre sur la voie du succès. Parfois, la manière dont nous sollicitions la concurrence dans le cadre d'appels d'offres fédéraux, dont nous regroupons ces appels d'offres et dont nous envisageons la chaîne d'approvisionnement peut être intimidante. Tout à l'heure, nous avons entendu les ministres parler de la construction navale nationale. C'est un excellent exemple, assorti d'un cadre très canadien et de nombreux fournisseurs canadiens.
Pour aborder la question de l'avenir du programme Soutien en approvisionnement Canada, je vais m'en remettre à mon collègue.
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En tant que dirigeant principal de l'information du gouvernement fédéral, cette question relève clairement de ma compétence. Je suis conscient que nous pourrions probablement passer beaucoup de temps à parler de cette question. Mais, comme vous m'avez laissé moins de deux minutes pour le faire, j'ai du mal à décider par où commencer.
Nous faisons des progrès, et nous avons une ambition numérique. Au Secrétariat du Conseil du Trésor, nous mettons en place des politiques, nous investissons dans la technologie et nous investissons dans les personnes et les compétences dont nous avons besoin pour faire avancer certains projets.
Comme l'adoption de l'intelligence artificielle est très en vogue à l'heure actuelle, je vais prendre le temps d'aborder ce sujet dans ma réponse. Cependant, je tiens à souligner qu'il s'agit vraiment d'un travail d'équipe. Comme l'a souligné le président dans sa déclaration préliminaire, même si nous établissons les règles, les lignes directrices et les stratégies — et même si nous avons une stratégie en matière d'intelligence artificielle pour la fonction publique fédérale —, nous travaillons en collaboration avec Services partagés Canada et les dirigeants principaux de l'information des différents ministères et organismes pour faire avancer la transformation du gouvernement. Cette transformation doit se faire non seulement au niveau technologique, mais aussi au niveau opérationnel.
L'adoption de l'intelligence artificielle est une tâche colossale qui nous attend. Des milliers d'idées en ce sens s'épanouissent au sein du gouvernement fédéral, mais nous devons veiller à ce que cette adoption se fasse de manière très responsable et efficace.
Ce sont là les enjeux sur lesquels nous nous concentrons.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Nous sommes entre nous et nous discutons.
Plusieurs de mes questions sont restées sans réponse. Les témoins vont peut-être tous nous dire qu'ils vont nous fournir l'information demandée par écrit, mais nous ne voulons pas augmenter notre charge de travail, car elle est déjà suffisante.
Je vais revenir à la question de tantôt. Étant une femme d'affaires, j'essaie de percevoir les objectifs du gouvernement: veut-il atteindre le seuil de rentabilité, réaliser des gains d'efficience, enlever ou ajouter quelque chose? C'est ce que je sens, mais il ne faut pas oublier que les 360 000 fonctionnaires sont des êtres humains et qu'il y a aussi beaucoup de gens embauchés à forfait.
Comment cela fonctionne-t-il au quotidien? Le ministre vous donne-t-il une information provenant de son mandat et vous devez l'appliquer? Quelle est la suite des choses?
Je vais m'adresser à Mme Reza. Il s'agit d'une question qui m'a traversé l'esprit en regardant le groupe d'experts que nous avons devant nous.
Mme Khalid a déclaré plus tôt que la diversité, l'équité et l'inclusion posaient un problème aux conservateurs, mais compte tenu des deux groupes d'experts que nous avons entendus aujourd'hui, il semble que ces enjeux posent peut-être un léger problème au gouvernement.
Monsieur Trudel, vous avez affirmé que le recrutement commençait par l'évaluation du mérite, ce qui est formidable, et que le prisme de la diversité, de l'équité et de l'inclusion était appliqué par la suite. Cela semble raisonnable, mais, là encore, j'examine les deux groupes d'experts que nous avons accueillis, et je constate que la dernière fois, il y avait six hommes et une femme, et que maintenant, il y a sept hommes et une femme.
Lorsque j'ai abordé le sujet avec M. Ali alors qu'il s'apprêtait à partir, il m'a répondu — ou quelqu'un m'a répondu — que les femmes contribuaient à la discussion en envoyant des messages textes.
Aidez-moi à comprendre. En quoi cela démontre‑t‑il un véritable engagement à trouver les meilleurs talents en fonction du mérite? La question est simple. Comment les Canadiens peuvent-ils prendre au sérieux les efforts du gouvernement en matière de diversité, d'équité et d'inclusion, alors que même les gens assis autour des tables dans la salle ne reflètent pas ces principes?
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Avec tout le respect que je vous dois, ce n'est pas ce que j'observe en ce moment. Mais vous savez quoi? Je vais en rester là.
En fait, madame Reza, pendant la dernière réunion, j'ai mentionné que j'avais quelques questions à vous poser.
La semaine dernière, le dirigeant principal des achats a indiqué au Comité que le gouvernement s'orientait vers un environnement « où l'accent est davantage mis sur la créativité des fournisseurs », et ce, dans le cadre du projet de gestion du rendement des fournisseurs. L'ombudsman de l'approvisionnement vient de nous montrer que le véritable problème était lié au fait que les contrats n'étaient pas suffisamment détaillés. Les ministères n'appliquaient pas les clauses écrites en petits caractères, et des personnes étaient remplacées sans qu'aucune trace ni aucune raison ne soit consignée dans les registres.
J'essaie de comprendre pourquoi la réponse du gouvernement consiste à supprimer encore plus de détails dans les contrats à venir, dans le cadre de cette nouvelle mesure. Si le problème est énoncé clairement — à savoir que le problème n'est pas imputable au processus, mais plutôt au manque de conformité —, pourquoi y répondons-nous en concevant des contrats moins précis, moins contrôlés et plus souples? Cela ne revient‑il pas à dire que, puisque nous avons manqué la cible, il vaut mieux la supprimer?
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Monsieur le président, je peux formuler quelques observations à ce sujet.
Premièrement, en ce qui concerne les conditions négociées avec les syndicats et les agents négociateurs, elles sont évidemment le résultat d'une négociation. Tout ce qui fait l'objet d'une convention collective reflète la contribution des agents négociateurs. En fin de compte, un accord est conclu et des changements sont apportés.
En ce qui concerne les compétences générales et les changements qui s'y rapportent, je pense que ce que vous observez — et dans un instant, je vais donner la parole à M. Trudel —, c'est la grande importance accordée aux connaissances et à la sensibilisation du secteur public sur le plan numérique. Certaines descriptions de poste évoluent en fonction des compétences dont nous avons besoin. Vous constatez que le recrutement reflète cette évolution.
Mon collègue, M. Rochon, joue également un rôle à cet égard, mais je vais peut-être laisser M. Trudel vous parler des autres changements qu'il observe.
Je pense que mon collègue a abordé le premier point. Les conditions d'emploi dont vous parlez sont en fait négociées à la table des négociations. C'est par là que nous commençons. Je pense que vous faites également référence à un changement de génération et aux attentes de la main-d'œuvre qui arrive. Nous le constatons. Il ne fait aucun doute que c'est ce qu'attend la jeune génération qui arrive sur le marché du travail. Elle aspire certainement à beaucoup de mobilité et d'expérimentation au sein de la fonction publique. Je pense en fait que c'est exactement ce que la fonction publique peut offrir de mieux à ses employés. Avec plus d'une centaine d'institutions et un peu moins de 400 000 postes au sein de la fonction publique, cela permet un haut niveau de mobilité.
Je pense que nous devons nous adapter, et peut-être n'y sommes-nous pas encore parvenus, car nous avons conservé notre définition, dans une certaine mesure, de ce qu'est un emploi spécifique, ce qui limite parfois la capacité des gens à essayer différents types d'emplois. Il y a des choses qui devraient être négociées à la table des négociations et qui permettraient en fait de rendre ce mouvement un peu plus fluide.
Je pense que je parle en fait d'un atout dont dispose la fonction publique en tant que premier employeur du pays: la possibilité d'exercer toutes sortes d'emplois différents et d'évoluer au sein de celle‑ci. Je pense que nous devons nous adapter au contexte actuel.
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Je pense qu'il y a deux angles différents à considérer.
La première concerne la manière dont les PME naviguent réellement dans le système. Il y a beaucoup de panneaux indicateurs et beaucoup de travail, et je vais vous en parler.
L'autre aspect, c'est qu'elles doivent être en mesure de répondre aux exigences du gouvernement du Canada et de veiller à ce qu'il y ait une augmentation progressive... En ce qui concerne spécifiquement SPAC, nous effectuons des achats très importants, donc je parle souvent ici des PME, mais je les aborde dans le contexte de la chaîne d'approvisionnement, ou je souhaite les intégrer dans ce cadre plus large.
Chez SPAC, nous examinons la question sous deux angles. Le premier concerne la manière dont nous les intégrons dans le système afin qu'ils puissent être concurrentiels et obtenir certains avantages économiques. Vous avez entendu le ministre parler tout à l'heure de la valeur du premier contrat et de la possibilité de vendre à son propre gouvernement. Le second angle consiste à s'assurer que les exigences ne sont pas trop techniques et trop élevées, afin que nous puissions nous assurer que nous savons avec qui nous faisons affaire.
Monsieur Laporte, vous souhaitiez intervenir?
Chers invités, je tiens encore une fois à vous remercier de votre présence parmi nous aujourd'hui. Vous pouvez rester quelques instants pendant que nous discutons des budgets. Sinon, nous vous remercions d'avoir été avec nous.
Chers collègues, nous allons essayer de vous libérer rapidement. Nous avons trois budgets qui doivent être approuvés par tout le monde.
Le premier budget porte sur la séance d’information avec l’ombud à l’approvisionnement.
Des députés: D'accord.
Le président: Excellent.
Le deuxième budget porte sur la séance d'information avec le au sujet de SPAC. Il s'agit de la séance ayant eu lieu la semaine dernière, et non celle d'aujourd'hui.
Des députés: D'accord.
Le président: Très bien.
Le troisième et dernier budget concerne l'étude de la situation actuelle à Postes Canada. Ce budget est légèrement plus élevé que les deux budgets précédents en raison de l'achat de casques d'écoute pour certaines personnes qui vivent en milieu rural, et qui sont difficiles à joindre.
Des députés: D'accord.
Le président: Excellent.
Chers collègues, c'est ce qui conclut la séance d'aujourd'hui. Je vous souhaite à tous de passer un excellent Halloween. Allez, les Jays!