Bienvenue à tous. Il est bon de revoir tout le monde autour de la table.
Je remercie les témoins qui comparaissent devant nous.
Je tiens également à souhaiter la bienvenue à notre nouveau greffier, Jean-Denis Kusion.
Bienvenue à la 20e réunion du Comité permanent de la défense nationale de la Chambre des communes. Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le 16 septembre 2025, le Comité se réunit pour reprendre l'examen de la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord, ou NORAD.
La réunion d'aujourd'hui se déroule de façon hybride, conformément au Règlement. Des députés sont présents en personne et à distance grâce à l'application Zoom. Je demande aux participants de consulter les lignes directrices sur la table. Elles contiennent des mesures qui visent à prévenir les incidents audio et de retour de son, et à protéger la santé et la sécurité des interprètes.
Je rappelle aux témoins et aux députés qu'ils sont priés d'attendre que je les appelle par leur nom avant de prendre la parole. Si vous souhaitez prendre la parole, veuillez lever la main. Pour les députés qui utilisent Zoom, veuillez utiliser la fonction « main levée ». Le greffier et moi-même gérerons l'ordre des interventions du mieux possible.
Pour l'interprétation, veuillez utiliser votre oreillette et sélectionner le canal adéquat: parquet, anglais ou français. Ce service est également disponible sur Zoom. Toutes les observations doivent être adressées à la présidence.
À présent, je souhaite la bienvenue aux témoins qui sont parmi nous.
Il y a le lieutenant-général Jamie Speiser‑Blanchet, commandant de l'Aviation royale canadienne, Peter Hammerschmidt, sous-ministre adjoint, Infrastructure et environnement, et Jonathan Quinn, directeur général, Politique de défense continentale et de capacités avancées. Nous recevons également Neil O'Rourke, directeur général, Flotte et Services maritimes, de la Garde côtière canadienne.
J'invite maintenant M. Jonathan Quinn à faire une déclaration liminaire d'une durée maximale de cinq minutes.
:
Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du comité, merci de m'avoir donné l'occasion de vous parler aujourd'hui de la modernisation du NORAD et de la défense continentale.
Je m'appelle Jonathan Quinn et je suis directeur général de la Politique de défense continentale au ministère de la Défense nationale. Je suis responsable de plusieurs dossiers de politique de défense, y compris la défense continentale, l'Arctique, la relation de défense entre le Canadae et les États‑Unis, ainsi que l'utilisation militaire de capacités avancées telles que l'espace et le cyberespace.
Il est clair depuis un certain temps que le monde devient un endroit de plus en plus dangereux, et que le Canada n'est plus protégé par sa géographie aujourd'hui de la même manière qu'il l'était autrefois. En 1958, le Canada et les États‑Unis ont créé le NORAD, qui demeure le seul commandement militaire binational de ce genre au monde, parce que nos dirigeants de l'époque reconnaissaient que la meilleure façon de défendre notre continent commun contre les menaces aérospatiales était de le faire ensemble. Cela reste le cas aujourd'hui, surtout à mesure que ces menaces deviennent de plus en plus sophistiquées et que l'environnement géopolitique devient de plus en plus instable et complexe.
Au Canada, nous sommes depuis plusieurs années en voie de renforcer considérablement nos capacités de défense intérieures et continentales, y compris par l'entremise du NORAD. En 2017, le gouvernement a publié Protection, sécurité, engagement, une politique de défense engagée dans plusieurs investissements majeurs en approvisionnement, dont plusieurs concernaient la défense du Canada et de l'Amérique du Nord. Beaucoup de ces projets commencent à être mis en service. Puis, en 2022, le gouvernement a annoncé un nouvel ensemble d'investissements précisément axés sur la modernisation des contributions du Canada au NORAD.
[Français]
La modernisation du NORAD, soit le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord, vise à fournir les capacités essentielles pour contrer les menaces présentes en Amérique du Nord, telles que les missiles de croisière avancés et les armes hypersoniques.
Le radar transhorizon de l'Arctique est un de nos programmes phares. Il constituera l'épine dorsale d'un nouveau « système de systèmes » pour détecter et suivre les menaces dans le cadre de nos approches nordiques.
Outre ces investissements dans de nouveaux capteurs, la modernisation du NORAD fournira: des systèmes de commandement et de contrôle à la fine pointe de la technologie pour appuyer la prise de décision rapide et efficace; des armements aériens; d'importants investissements dans les infrastructures et les capacités de soutien opérationnel, particulièrement dans l'Arctique; et du financement consacré à la science et à la technologie pour la défense continentale.
Voici quelques étapes clés à venir concernant ces projets: un premier système de radar transhorizon de l'Arctique devrait être mis en service en 2029; et la livraison des avions de transport et de ravitaillement multirôle entièrement convertis est prévue pour 2027.
Bien que ces investissements dans la modernisation du NORAD soient très ciblés, ils appuieront les objectifs plus larges de défense du Canada. Cela comprend le renforcement des capacités des Forces armées canadiennes dans nos régions nordiques et arctiques.
La publication de la politique « Notre Nord, fort et libre » en 2024 s'appuyait sur ces annonces antérieures pour financer des investissements supplémentaires axés sur la défense du Canada et de l'Arctique.
[Traduction]
Les centres de soutien opérationnel dans le Nord, les aéronefs de détection lointaine et de contrôle, les hélicoptères tactiques destinés à remplacer notre flotte actuelle et les capteurs maritimes sont autant de capacités qui permettront aux Forces armées canadiennes d'élargir leur champ d'action dans les vastes régions du Nord. Le document Notre Nord, fort et libre prévoit également l'acquisition de nouveaux sous-marins de patrouille capables de naviguer dans les glaces, afin d'assurer un effet de dissuasion stratégique sur les trois côtes. Cette dernière politique de défense comporte également l'engagement de renforcer notre contribution à la défense aérienne et antimissile intégrée.
En juillet 2025, le gouvernement a annoncé qu'il avait levé toutes les restrictions sur la défense aérienne et antimissile du Canada, nous permettant de considérer toute la gamme des capacités dont le Canada pourrait avoir besoin pour se défendre efficacement contre les menaces en évolution rapide. À peu près à la même époque, le a annoncé lors du dernier sommet de l'OTAN que le Canada atteindrait le seuil de l'OTAN visant à consacrer 2 % du PIB à la défense pour cet exercice, et il s'est engagé à atteindre la nouvelle cible de 5 % d'ici 2035. Cette annonce est venue avec une injection immédiate de 81 milliards de dollars sur 5 ans pour renforcer les bases de la préparation à la défense du Canada, notamment en investissant dans les infrastructures, les ressources humaines, les flottes de base et le renforcement de nos bases numériques et cybernétiques.
Ensuite, en septembre 2025, la Garde côtière canadienne a intégré le ministère de la Défense nationale. Cette décision a été accompagnée d'un ajustement proposé à son mandat par le projet de loi , qui lui a permis d'apporter des contributions importantes à la connaissance du domaine maritime du Canada. Cela sera particulièrement précieux dans l'Arctique, où les capacités uniques de la Garde côtière canadienne et sa présence toute l'année amélioreront considérablement notre capacité à surveiller nos approches au nord et à dissuader les activités indésirables. Mon collègue, Neil O'Rourke, pourra en dire plus aux députés à ce sujet, s'il y a des questions.
Collectivement, tout cela signifie que la Défense nationale donne la priorité à l'acquisition de capacités pour dissuader les menaces pesant sur le Canada et l'Amérique du Nord et nous défendre contre elles, en particulier celles qui concernent l'Arctique canadien, et qu'elle a un plan pour moderniser nos capacités pour la défense polyvalente. Je prévois que la défense du Canada, de notre Arctique et de l'Amérique du Nord continuera d'occuper une place importante dans les futures annonces de politique de défense et les plans d'investissement, car le Canada s'efforcera d'augmenter les dépenses liées à la défense au cours des 10 prochaines années.
Merci. J'ai hâte de répondre à vos questions.
Je tiens à remercier les témoins de s'être présentés dans un délai très court; néanmoins, cette étude est importante pour le Canada.
Compte tenu des menaces croissantes qui pèsent sur l'Arctique et sur le reste du monde, je veux commencer par évoquer rapidement les propos tenus par l'ambassadeur Hoekstra sur CBC, selon lesquels, si le Canada n'achète pas d'avions de chasse F‑35, les États‑Unis devront prendre le relais et envoyer leurs F‑35 dans l'espace aérien canadien afin d'intercepter toute menace.
Lieutenante-générale Speiser‑Blanchet, quelle est votre opinion à ce sujet? Pouvons-nous maintenir le contrôle souverain de notre espace aérien sans les F‑35?
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Je peux commencer à répondre, puis je passerai la parole à mon collègue, le sous-ministre adjoint chargé de l'infrastructure et de l'environnement.
À l'heure actuelle, nous disposons, dans le cadre du projet relatif à notre future capacité de combat, d'objectifs et de jalons très clairs pour l'ensemble de l'infrastructure nécessaire au soutien de la flotte de F‑35. Il existe des capacités, des structures et des constructions provisoires destinées à atténuer certains retards dans les installations permanentes des escadrons de combat, qui devraient être achevées au début des années 2030.
Lorsque le premier F‑35 arrivera au Canada, à la base de Cold Lake, en 2028, nous prévoyons disposer d'infrastructures provisoires suffisantes pour exploiter les avions F‑35 et pour continuer...
Je vous remercie de la question.
En ce qui concerne Inuvik, nous sommes conscients de devoir apporter rapidement des améliorations à l'infrastructure. En fait, comme vous l'avez noté, les travaux sur la piste sont en cours. Des problèmes liés au pergélisol les ont un peu retardés, mais nous prenons le temps nécessaire pour le faire.
Dans le cadre d'un effort plus large, on veille aussi à ce que, en particulier aux emplacements d'opérations avancés d'Inuvik et de Yellowknife, les investissements dans la construction et les infrastructures commencent très bientôt. Nous nous concentrerons ensuite sur Iqaluit et la base d'opérations déployée à Goose Bay.
Les choses progressent. Le programme de construction sera bientôt lancé pour ces emplacements d'opérations avancés.
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Oui, bien sûr, avec plaisir. Je vais commencer, et étant donné qu'une grande partie des investissements sont liés à la force aérienne, j'inviterai la lieutenante-générale Speiser-Blanchet à vous en dire plus également.
Du point de vue de la modernisation du NORAD, l'accent est mis sur la connaissance du domaine. Nous avons le radar transhorizon dans l'Arctique dont la mise en service est prévue en 2029. Il est basé dans le Sud de l'Ontario. Nous avons le système radar transhorizon polaire, qui sera situé précisément dans l'Extrême-Arctique et mis en service un peu plus tard. Nous devons poursuivre un peu les travaux de recherche et de développement, car l'ovale auroral provoque de l'interférence dans cette partie du monde.
Il y a aussi un réseau complémentaire de capteurs, que nous appelons « crossbow », mais l'information est de nature délicate, alors nous ne pourrons pas entrer dans les détails pour l'instant.
Des investissements très importants sont aussi faits dans les activités de commandement et de contrôle. Les capteurs existants et les nouveaux capteurs émettent une foule de données, et nous devons améliorer notre capacité à les analyser à l'aide de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique, afin de les traduire en renseignements utiles sur le plan opérationnel pour réduire le temps de décision en cas de crise.
De plus, nous investissons dans des ravitailleurs en vol pour étendre la portée de nos avions de chasse. Nous procédons également à des investissements très importants dans nos infrastructures nordiques, dont M. Hammerschmidt pourrait vous parler plus en détail.
Plus récemment, dans le cadre de l'initiative « Notre Nord, fort et libre », nous investissons dans des capteurs maritimes sous-marins et des véhicules sous-marins sans équipage pour nous assurer qu'il n'y a pas d'angles morts dans les approches sous-marines du Canada et de l'Arctique. Il y a aussi les aéronefs de détection aérienne avancée et de contrôle, qui constituent une véritable priorité pour le NORAD afin de commander et de contrôler d'autres avions de chasse depuis les airs et fournir une capacité d'alerte lointaine supplémentaire.
Nous sommes également en train d'installer une nouvelle station terrestre dans l'Arctique pour améliorer la collecte du renseignement dans cette région. Nous avons aussi des projets spatiaux pour les communications polaires et la surveillance depuis l'espace. De plus, comme vous le savez, nous avons un projet en cours pour remplacer notre flotte de sous-marins par une nouvelle flotte, et cela progresse bien.
Ce sont là quelques exemples, mais s'il reste du temps et que j'ai oublié quelque chose, j'inviterais la lieutenante générale Speiser-Blanchet à vous en dire plus.
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La liste était assez complète, alors il n'y a pas grand-chose à ajouter.
Cependant, j'aimerais insister sur les projets spatiaux dont il a été question. Il s'agit du Projet de communications satellites améliorées — Polaire, et du Projet de renforcement des capacités de surveillance spatiale aux fins de défense, qui sont des apports clés et à la fine pointe de ce que le Canada sera en mesure de contribuer pour sa propre défense, et assurément, pour la défense continentale, grâce à ces capacités de classe mondiale.
La capacité future du Centre multinational d'opérations aérospatiales reflète bien les activités de commandement et de contrôle dont M. Quinn a parlé, parce que, comme nous le savons, la défense de l'Amérique du Nord va bien au‑delà des plateformes aériennes que nous utilisons. Il est très important de permettre à ces avions de communiquer. Il s'agit de détecter les menaces, et la connaissance du domaine dont il a parlé est extrêmement importante.
Bon nombre des projets sont conçus pour améliorer notre capacité à détecter les menaces, à décider à l'aide des communications ce qu'il faut faire à leur sujet, et à avoir les effecteurs nécessaires pour, au bout du compte, vaincre ces menaces et avoir la dissuasion crédible qui s'impose pour protéger l'Amérique du Nord.
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Merci, monsieur le président.
Bonjour tout le monde, et merci d'être là. C'est notre première réunion en ce début d'année. Il y a un débat au Québec quant à savoir jusqu'à quand on a le droit de souhaiter « bonne année ». Comme c'est la première fois qu'on se voit, on va se la souhaiter. C'est un plaisir de vous retrouver à ce comité.
Merci également aux témoins de leur présence et de leurs présentations.
Pourraient-ils nous parler des capacités industrielles du Québec? Je pense, en particulier, à Saint-Hubert et à Valcartier. Je pense que ce sont des capacités industrielles clés. Y a-t-il une stratégie industrielle qui ciblerait spécifiquement les capacités québécoises?
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Je vais vous poser une question que nous ne pensions pas nous poser ici. Je ne sais pas si c'est vous qui pourrez y répondre, ou quelqu'un d'autre.
Est-ce qu'il y a une surveillance?
On sait que les relations sont plus tendues maintenant avec notre voisin du Sud. C'est moins stable que ça l'était. Ça demeure quand même un allié, il faut le préciser. La majorité des capacités de surveillance et de défense sont concentrées sur la frontière nord. Or, dans les dernières semaines, il y a eu beaucoup de sensationnalisme autour du plan visant à contrer une invasion américaine, alors qu'on se doute que toute armée dans le monde va avoir ça, de toute façon. Ce n'est rien de nouveau. Ce n'est pas parce qu'on se prépare sérieusement à ça. J'espère qu'on peut tout de suite dégonfler la balloune.
Cette chose étant dite, est-ce qu'il y a quand même quelque chose qui se prépare en ce qui concerne la frontière sud?
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins de leur présence aujourd'hui.
Comme je l'ai fièrement mentionné à la générale Speiser-Blanchet, la 8e Escadre Trenton de la BFC Trenton, qui se trouve dans ma circonscription de Baie de Quinte, est la plaque tournante des opérations de mobilité aérienne de l'ARC et fournit du transport aérien stratégique, du ravitaillement en vol et du soutien aux emplacements arctiques tels que la SFC Alert. Comment ces missions contribuent-elles au rôle du Canada dans l'effort de modernisation du NORAD? Plus précisément, comment le soutien de Trenton à Alert et à d'autres opérations dans le Nord renforce‑t‑il la capacité de dissuasion et d'intervention continentales?
Je vais demander à la générale Speiser-Blanchet de répondre à cette question, si vous me le permettez.
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Je pense que l'on reconnaît généralement la nécessité d'une injection importante d'investissements dans l'infrastructure de tous nos sites qui soutiennent le NORAD. C'était l'un des principaux piliers de l'annonce de la modernisation du NORAD et du financement qui en a découlé.
Des endroits comme Alert ont besoin de beaucoup de travaux sur les pistes, les logements, les installations de ravitaillement en carburant et la logistique — et Trenton aussi —, de sorte que nous avons un programme d'infrastructure qui dirige les ressources vers tous les sites et toutes les bases du pays qui soutiennent la mission du NORAD.
En ce qui concerne la 8e Escadre en particulier, il y aura des investissements dans l'infrastructure qui appuiera le projet de remplacement des avions stratégiques de transport et de ravitaillement en vol, l'ASTRV, au deuxième semestre de cette année. La construction commencera bientôt là‑bas.
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Je vais dire quelques mots, puis la générale Speiser-Blanchet aura peut-être quelque chose à ajouter.
Nous reconnaissons depuis un certain temps que le contexte de la menace évolue de façon assez importante. C'est pourquoi nous sommes sur la bonne voie, depuis au moins 2017, pour vraiment prioriser les investissements dans la défense continentale nationale et la modernisation du NORAD afin d'y faire face.
Pour entrer dans les détails, la technologie des missiles est beaucoup plus sophistiquée. Les missiles de croisière conventionnels ont une portée beaucoup plus longue et peuvent atteindre l'Amérique du Nord à partir de plus loin, de diverses plateformes, y compris des sous-marins, d'autres aéronefs et du sol. Les armes hypersoniques ont déjà été mentionnées aujourd'hui. Il s'agit d'une menace importante.
En plus des menaces aérospatiales, nous voyons beaucoup plus d'activité dans ce que nous appelons la zone grise. Les cybermenaces contre nos infrastructures essentielles, le cyberespionnage et ce genre de choses sont également une préoccupation réelle. La Défense nationale n'est pas nécessairement toujours responsable de la préparation et de la défense contre toute la gamme des menaces, mais nous collaborons étroitement avec nos collègues du gouvernement fédéral à cette fin.
Générale, aimeriez-vous ajouter quelque chose au sujet du contexte de la menace?
Comme il a été mentionné, la Chine et la Russie ont toutes deux des systèmes — des planeurs hypersoniques, des missiles de croisière à longue portée, des systèmes orbitaux fractionnels — qui sont explicitement conçus pour échapper aux systèmes d'alertes nord-américains. C'est ce qui oriente les efforts de modernisation du NORAD et de la défense continentale pour nous adapter au temps d'alerte réduit qui vient avec ces menaces sophistiquées.
À une époque de concurrence stratégique, toutes les parties mettent au point leurs technologies pour mettre en péril l'Amérique du Nord et les alliés occidentaux. Cela nous pousse, bien sûr, à nous attaquer à ce problème et à travailler au développement de capacités de plus en plus létales afin que le Canada puisse continuer d'accélérer la modernisation de sa capacité de défense.
Une transition vers des capacités interopérables de cinquième génération permettra au Canada de demeurer un partenaire fiable au sein du NORAD et, surtout, de l'OTAN, pour contribuer de manière significative à la défense collective.
:
Merci beaucoup de la question.
[Traduction]
Il y a certainement beaucoup d'activité, beaucoup d'intérêt pour l'Arctique et beaucoup de facteurs en jeu, y compris l'évolution de l'environnement physique en raison des changements climatiques. Le Nord canadien se réchauffe entre trois et quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui modifie l'environnement physique de manière à accroître l'intérêt d'adversaires potentiels dans la région. Nous voyons de plus en plus d'activités de la part de la Chine et de la Russie, ainsi que des activités à double usage, des expéditions scientifiques qui peuvent informer les gouvernements pour des opérations militaires futures, entre autres.
C'est quelque chose que nous surveillons de très près avec les capacités existantes, et nous investissons massivement pour améliorer les capacités afin de pouvoir continuer à suivre le niveau d'activité et d'intérêt dans le Nord.
:
Merci encore de la question.
[Traduction]
Au Canada, nous avons tendance à parler de défense aérienne et antimissile intégrée. Le NORAD participe très activement à la défense aérienne et antimissile intégrée depuis de nombreuses années. Bon nombre des investissements dont nous avons discuté aujourd'hui continueront d'améliorer la contribution du Canada à cet égard, en particulier en ce qui concerne la connaissance du domaine. Nous sommes constamment en communication avec nos collègues du NORAD pour déterminer quelles sont les lacunes dans la défense contre les menaces en constante évolution et où le Canada peut apporter une valeur ajoutée grâce à des investissements dans les capacités.
Je tiens également à souligner que dans la politique de défense la plus récente, « Notre Nord, fort et libre », le gouvernement s'est engagé à explorer ce que le Canada peut faire de plus en matière de défense aérienne et antimissile intégrée. Cela fait l'objet d'une analyse active en ce moment, et nous nous attendons à ce que, à mesure que nous progressons vers l'atteinte des nouvelles cibles de défense de 3,5 % et de 5 % de l'OTAN, ce soit un objectif clé et une priorité pour l'investissement de ces fonds supplémentaires.
En ce qui concerne le F‑35, on a fait référence à une déclaration des Américains selon laquelle ils devront prendre en charge cet aspect de la défense du Canada si nous n'achetons pas l'avion. J'aimerais en parler un peu.
Lors des simulations de guerre auxquelles nous avons assisté avec des hauts gradés, nous avons vu que lorsque le F‑35 est utilisé dans un espace de bataille, l'adversaire n'a même pas le temps de répliquer, parce qu'au moment où les munitions tirées par le F‑35 frappent, il est déjà hors de portée, n'ayant jamais été aperçu.
J'ai eu l'occasion de parler à un autre lieutenant-général de la force aérienne — et c'est un très petit club — lors d'une conférence récente. Je lui ai demandé de me donner une seule raison pour laquelle nous avons besoin du F‑35, et il en avait deux. L'une était le système intégré de communications et de ciblage qui est essentiellement un système « pointer et tirer », ce que ne possède aucun de nos aéronefs. L'autre est, à mon avis, déterminante: dès qu'on arrime un missile ou un réservoir de carburant externe sur un Gripen, il devient visible. Ce n'est pas le cas pour le F‑35.
Confirmez ce qui suit pour moi. Nous ne pouvons pas utiliser le Gripen en position opérationnelle avancée dans l'Arctique avec autant de chances de succès que le F‑35. Je crois comprendre qu'un pilote de F‑35 peut voir depuis son cockpit ce que le radar externe détecte et peut régler les ailes, ajuster la vitesse, et ainsi de suite, afin d'optimiser la capacité de furtivité. Je cherche à obtenir la confirmation que le F‑35 peut fonctionner dans une position opérationnelle avancée, alors que le Gripen aura beaucoup de difficulté à le faire. Est‑ce exact?
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Merci, madame Romanado.
Il y a deux changements importants à noter. D'abord, comme vous l'avez dit, la Garde côtière a été intégrée à la Défense nationale. Puis, il y a le projet de loi , qui prévoit une évolution du rôle de la Garde côtière canadienne en matière de sécurité maritime. Si ce projet de loi est adopté, nous pourrons légalement communiquer des informations sur la sécurité à nos partenaires dans les domaines de la sécurité, du renseignement et de la défense. Ce changement va contribuer à notre sécurité et s'inscrit dans la modernisation du NORAD.
Au sujet de notre intégration à la Défense nationale, nous faisons désormais partie, évidemment, de l'équipe de défense. Nous voyons ce changement d'un bon œil pour bien des raisons, y compris les opérations dans l'Arctique, l'infrastructure et l'interopérabilité. La nouvelle structure porte déjà ses fruits. Je me permets de vous en donner quelques exemples brièvement.
La force aérienne a récemment assuré le transport de nos équipages. En général, on change l'équipage à bord de nos bâtiments toutes les quatre semaines. On se sert le plus souvent de transporteurs commerciaux, mais il est de plus en plus difficile de trouver des vols. Depuis quelques semaines, on peut compter sur la force aérienne pour le transport de notre personnel.
La Garde côtière se prépare également à l'éventuelle adoption du projet de loi . Nous cherchons, en effet, à améliorer les capteurs à bord de nos bâtiments. Nous pouvons tirer profit des travaux de recherche qui ont déjà été faits à RDDC et dans les FAC, ce qui est très positif.
Et pour finir, j'aimerais parler de l'échange des savoirs. La Garde côtière canadienne est reconnue mondialement pour ses opérations en eaux glacées. Nous transmettons nos savoirs à nos partenaires de la MRC et des FAC. Des membres de la MRC ont d'ailleurs déjà suivi nos cours de navigation en eaux glacées à l'Institut de la Garde côtière.
Dans les prochaines semaines, nous allons également accompagner des membres des FAC et de la MRC pour un entraînement avec la marine chilienne en Antarctique. Deux de nos commandants, qui ont une grande expérience de la navigation en eaux glacées, vont former des capitaines de la MRC et des membres de la marine chilienne.
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Oui, absolument. Merci beaucoup de m'avoir posé cette question.
Comme le l'a dit, le Canada soutient « la souveraineté et l'intégrité territoriale du Danemark, notamment du Groenland, lesquelles doivent être respectées conformément au droit international. » Comme nous l'avons mentionné, nous allons continuer à collaborer avec le Danemark, le Groenland et les États-Unis pour nous acquitter de notre responsabilité collective, soit celle de défendre et protéger l'Arctique.
Au sujet du cadre théorique d'un accord, dont le président Trump et le secrétaire général de l'OTAN ont discuté en marge du forum de Davos, il reste beaucoup de détails à régler, avec toutes les parties prenantes concernées. Je pense que le Canada y serait favorable. Cette entente prévoit apparemment des exercices de l'OTAN dans l'Arctique, ce que le Canada voit d'un bon œil. Nous sommes l'un des sept pays à la fois de l'Arctique et de l'OTAN, et nous nous attendons à jouer un rôle actif dans la planification de ces exercices, dans l'éventualité où ils auraient lieu.
Nous sommes bien d'accord avec tous nos alliés dans l'Arctique, à savoir que cette région connaît des changements rapides, et, comme nous l'avons mentionné précédemment, que les menaces contre les intérêts du Canada et de ses alliés y évoluent rapidement. Tous les États de l'Arctique doivent collaborer avec leurs partenaires de l'OTAN pour protéger cette région et faire avancer nos intérêts.
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À l'heure actuelle, la Garde côtière canadienne mène une évaluation de nos capacités d'intervention au sens large. Bien entendu, l'ensemble de nos navires sont déjà dotés de capacités considérables, mais nous manquons de marge de manœuvre. Dès l'adoption en bonne et due forme du projet de loi , nous aurons enfin la latitude d'utiliser et de partager les renseignements que nous avons recueillis à des fins de sécurité et de défense.
Par ailleurs, nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires des Forces armées canadiennes pour examiner, à titre d'exemple, les capacités réelles de la Marine royale canadienne, en les comparant avec celles de la Garde côtière canadienne. Nous nous penchons sur toute une série d'enjeux, notamment les navires en cours de construction, ainsi que la modernisation fort nécessaire des navires actuels. Bref, je peux vous confirmer qu'énormément de travaux sont en cours en coulisses. Néanmoins, je ne suis pas en mesure de vous fournir tous les détails lors de la séance d'aujourd'hui.
Je me contenterai de dire qu'un système modernisé de radar fait partie des nombreuses technologies actuellement évaluées et prises en considération.
Les deux navires vont nous donner une capacité différente de celle que nous avons aujourd'hui. Ils vont être capables de naviguer dans le Grand Nord 12 mois par année. J'ajoute qu'il y a encore des discussions avec les Inuits, qui utilisent la glace. C'est très important. Je crois qu'il y a une façon de faire nos activités tout en protégeant la glace utilisée par les habitants du Grand Nord.
Surtout, nous aurons la capacité de nous rendre dans l'Arctique polaire. En raison de capteurs, les deux navires vont nous donner la possibilité de voir ce qui se passe là-bas d'une manière différente de ce dont nous avons parlé aujourd'hui. Ce sont deux navires qui vont nous fournir une connaissance du domaine maritime, qui sera possiblement partagée avec nos partenaires en matière de sécurité et défense, comme on l'a mentionné tantôt.