J'espère que vous passez une bonne semaine jusqu'à maintenant.
[Traduction]
Je pensais que nous ne nous reverrions pas avant la nouvelle année, mais comme vous le savez, je célèbre Hanoukka, et je n'aurais imaginé meilleur cadeau de Hanoukka que de me retrouver ici avec vous tous aujourd’hui.
Monsieur le ministre, je vous remercie de me donner l’occasion de participer à une discussion qui s'inscrit en prolongement de notre étude sur le secteur de l’automobile.
Chers collègues, vous vous souviendrez peut-être que nous avons adopté une motion le 22 octobre 2025. À l’époque, nous parlions de Stellantis. C’est sur ce thème que nous avions décidé d'inviter le ministre Champagne à se joindre à nous aujourd’hui.
Monsieur le ministre, je vais vous donner l’occasion de nous dire quelques mots en guise de prélude, après quoi, comme vous l’avez constaté au fil des ans en cette enceinte, nos collègues vous poseront une série de questions.
Je me dois également de souhaiter la bienvenue à Charles Vincent, sous-ministre adjoint principal, Secteur de l’industrie, et à Benoit Tessier, directeur général, Secteur de l’industrie, qui accompagnent le ministre.
Messieurs, merci pour votre présence. Soyez les bienvenus.
[Français]
Monsieur le ministre, vous avez la parole.
:
Monsieur le président, je remercie mes collègues de m'avoir invité à comparaître devant le Comité permanent de l'industrie et de la technologie pour parler d'un secteur qui me tient particulièrement à cœur, à savoir le secteur de l'automobile.
Je veux remercier MM. Vincent et Tessier, que nous connaissons déjà. Ce sont deux collègues qui ont eu un rôle clé à jouer durant cette période.
[Traduction]
Merci, monsieur le président et distingués membres du Comité. Je suis heureux d’être ici avec vous. Pour une raison ou une autre, vous m'avez manqué.
[Français]
Je vous remercie de m'accueillir pour discuter non seulement de la situation particulière entourant l'usine d'assemblage de Stellantis, à Brampton, en Ontario, mais aussi des mesures que prend le gouvernement pour soutenir et défendre les travailleurs du secteur de l'automobile canadien, qui constituent le fondement de cette industrie vitale pour le Canada.
[Traduction]
Le mois dernier, comme certains d’entre vous s’en souviendront, j’ai eu l’honneur de déposer le budget de 2025 à la Chambre des communes. Plus que toute autre chose, ce budget se voulait une marque de confiance envers l’industrie et les travailleurs canadiens, ainsi qu’une reconnaissance du fait que notre monde est en train de changer profondément, à une rapidité sans précédent, à une échelle sans précédent et selon une portée sans précédent. Certains disent que c'est comme en 1945 et d'autres évoquent la chute du mur de Berlin. C'est la route commerciale de l’ordre économique mondial. Cela touche aux chaînes d’approvisionnement, à la technologie, à l’informatique quantique et à l’intelligence artificielle. Que vous soyez sur un plancher d’usine, à une table de cuisine ou sur le terrain en Saskatchewan, vous sentez ce qui est en train de se produire. C’est énorme et rapide, avec des impacts qui touchent tout le monde. Voilà le contexte dans lequel nous évoluons.
Comme vous le savez tous — en tant que membres du comité de l’industrie —, les États-Unis, notre principal partenaire commercial, sont en train de modifier fondamentalement leurs relations commerciales. Comme je l’ai dit, la rapidité et l’ampleur de ces changements sont à l’origine d’une grande incertitude. Cela étant, nous devons nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler.
Je veux simplement placer les choses en perspective. Il y a quelques jours, nous avons rencontré les gens du Fonds monétaire international qui publie ce qu'on appelle l’indice d’incertitude mondiale. Histoire de vous donner une idée de ce que nous vivons comme nation et comme monde, il faut savoir que le monde est plus incertain aujourd’hui qu’il ne l’était en 2008, et pas juste un peu. L'indice d'incertitude a presque doublé par rapport à 2008.
Voilà l’état actuel du monde. C’est ainsi que nous fonctionnons. C’est pourquoi nous devons tracer la voie de l’industrie canadienne. C’est ce que nous avons fait et ce que nous faisons, sachant que le Canada a ce que le monde veut et ce dont il a de plus en plus besoin.
[Français]
Comme mes chers collègues le savent, le Canada dispose d'atouts enviables, puisqu'il est bordé par trois océans. C'est le seul pays à avoir conclu des accords commerciaux de libre-échange avec tous les autres pays du G7, ce qui lui donne un avantage comparatif incroyable pour les industries canadiennes. Il a accès à 1,5 milliard de consommateurs sur une base préférentielle et il est une superpuissance énergétique possédant des réserves de ressources naturelles parmi les plus importantes au monde. Son réseau électrique étant composé à 85 % d'électricité propre, il offre un potentiel considérable pour alimenter l'économie verte de demain.
Le Canada possède la capacité financière de faciliter des investissements générationnels et de transformer son économie. Mes collègues se souviendront que, selon le Fonds monétaire international, deux pays dans le monde se distinguent. Ces deux pays, et non cinq, dix, ou vingt, sont l'Allemagne et le Canada, qui possèdent vraiment cette capacité financière d'investir en vue de s'adapter à la nouvelle économie mondiale.
Plus que tout, le Canada dispose de la meilleure main-d'œuvre. Je peux le dire, puisque nous rencontrons des travailleurs et des travailleuses de partout au pays. C'est grâce à leur excellence, à leur savoir‑faire et à leur vision que nous réussissons à attirer des investissements générationnels au pays et, évidemment, à contribuer à bâtir l'économie la plus forte du G7.
[Traduction]
C'est cette conviction inébranlable à l’égard de l’industrie et des travailleurs canadiens qui guide toutes mes décisions de ministre des Finances et du Revenu national, tout comme elle a guidé toutes mes décisions de ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, notamment dans le cas des ententes que nous avons signées avec Stellantis, et je sais que c’est ce dont vous voulez parler. Je suis heureux que nous puissions mettre les choses au point, car nous allons présenter des faits aux Canadiens qui nous regardent aujourd’hui.
L’industrie automobile du Canada est un des socles de notre économie. En 2024, elle a contribué pour environ 16,8 milliards de dollars à l’activité économique. Elle emploie directement plus de 125 000 Canadiens. C’est à la fois énorme et étonnant. Je parle ici de familles qui dépendent des excellents emplois directs que l’industrie leur fournit, ainsi que de centaines de milliers d’emplois indirects.
La force du secteur canadien de l’automobile est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles Stellantis a choisi, en 2023, de signer des ententes historiques avec le gouvernement de l’Ontario et le gouvernement du Canada. C’est aussi la raison pour laquelle les actions récentes de Stellantis sont inacceptables.
Permettez-moi d’être très clair sur une chose: nous avons été profondément déçus par les changements de production récemment annoncés par Stellantis. Sa décision d’annuler les plans de production pour l’usine d’assemblage de Brampton va à l’encontre des engagements que l'entreprise a pris envers le Canada, les travailleurs canadiens et notre gouvernement. En collaboration avec notre gouvernement et le gouvernement du premier ministre Ford, ainsi qu’avec le syndicat, Stellantis s’était clairement engagée à investir au Canada et dans l’usine de Brampton. Ce n'est pas le genre d’engagement qu’on peut rejeter du revers de la main, et nous travaillons d'arrache-pied pour contraindre Stellantis à rendre des comptes, comme ma collègue, la ministre de l’Industrie, l’a récemment expliqué au Comité.
[Français]
Nous tenons à ce que Stellantis respecte l'ensemble de ses engagements envers les travailleurs, envers l'industrie et envers le Canada. Soyez assurés que nous n'hésiterons pas à faire valoir tous nos droits pour contraindre l'entreprise à rendre des comptes, comme c'est prévu dans le cadre du contrat.
[Traduction]
Chers collègues, j’espère que vous avez lu toutes les pages et toutes les clauses du contrat, parce que nous allons faire référence à des clauses très précises pour que vous puissiez comprendre comment elles se recoupent avec d'autres,
[Français]
Comme vous l'avez appris le 23 octobre dernier, ma collègue la et moi, nous avons annoncé une réduction, par décret, de 50 % de la remise qui avait été accordée à Stellantis, à la suite de sa décision d'annuler ses projets de production à Brampton. Cette décision de réduire les contingents tarifaires de Stellantis témoigne clairement de la volonté du Canada d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour défendre ses intérêts.
[Traduction]
Toutes les personnes ici présentes — de tous les partis politiques — doivent être conscientes du fait que notre pays est confronté à de nouvelles réalités d'ampleur mondiale, ce qui a entraîné des défis nationaux. C’est pourquoi nous devons prendre des mesures audacieuses pour défendre notre industrie.
Chers collègues, vous vous souviendrez que nous avons réagi rapidement aux droits imposés par les États-Unis sur les véhicules fabriqués au Canada en adoptant des contre-mesures tarifaires de 25 % sur les véhicules à passagers importés des États-Unis. De plus, nous avons mis en place un cadre de remise fondé sur la performance qui permet aux constructeurs automobiles qui maintiennent leurs investissements et leur production au Canada d’importer un certain nombre de véhicules assemblés aux États-Unis en franchise de droits, en vertu de l’ACEUM. En abaissant ces quotas dans les cas de Stellantis et de GM, nous avons montré que ce cadre ne sera accessible qu’à ceux qui respectent leurs engagements envers le Canada et envers les travailleurs canadiens.
Je veux être très clair: les entreprises qui ont pris des engagements envers le Canada et nos travailleurs doivent les respecter, un point, c'est tout. Nous restons concentrés sur la protection des emplois canadiens et le soutien aux travailleurs et à leurs familles. Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour le faire.
[Français]
Au printemps, les Canadiens ont confié à notre gouvernement un mandat clair, celui de défendre les intérêts du Canada et bâtir une économie forte et résiliente. Ils nous ont accordé leur confiance, parce que nous leur avons présenté une vision pragmatique pour relever les défis historiques auxquels notre économie est confrontée.
En conclusion, nous avons toujours su que l'évolution de notre relation commerciale avec les États‑Unis pouvait avoir des conséquences bien réelles. Nous savons aussi que le Canada peut et saura répondre à ces défis avec détermination et confiance. Le budget de 2025 en est un exemple.
[Traduction]
Pour conclure, je dirais que nous demeurons tout aussi fermement déterminés à appuyer l’industrie canadienne de l’automobile et ses travailleurs que nous l’étions le jour où ces accords ont été signés, et nous n’hésiterons pas à prendre des mesures énergiques pour protéger nos industries et nos travailleurs. Nous investissons dans un Canada fort, et nous veillerons à ce que l’aide aille à ceux qui investissent dans l’avenir du Canada.
Sur ce, monsieur le président, je serai très heureux de répondre aux questions de mes collègues.
Je vous remercie encore une fois de m’avoir invité au Comité.
[Français]
Je vous remercie.
:
C'est une excellente question.
J'aimerais rappeler une chose à mes collègues qui, je pense, seront contents. Certains se rappellent peut-être qu'en 2024, la firme Bloomberg avait mentionné que le Canada déclassait la Chine relativement à la chaîne d'approvisionnement liée aux véhicules électriques. Le Canada s'est positionné de façon intéressante.
Aujourd'hui, nous mettons l'accent sur un investissement, mais nous en avons reçu plusieurs. Honda a investi au Canada. Volkswagen a investi au Canada.
Je comprends qu'on veuille aller au fond des choses, mais il faut les remettre dans leur contexte. À l'époque, l'industrie de l'automobile était en pleine transformation. Je peux dire à mes collègues ce que nous avons réussi à faire. Ce qui me surprend, c'est de constater qu'un de mes collègues ne voit pas l'ensemble de l'œuvre. Le monde regarde le Canada d'une façon bien différente.
Imaginez, l'une des plus grandes usines que Volkswagen a ouvertes à l'extérieur de l'Allemagne est au Canada. L'entreprise a choisi le Canada. C'est à Bécancour qu'on a choisi de faire entrer le Québec dans l'industrie automobile. On a réussi à avoir l'usine NextStar, qui va faire des batteries. On a réussi à avoir un investissement de Stellantis.
Il faut comprendre qu'à l'époque, la géopolitique était très différente. Souvenons-nous de la loi américaine sur la réduction de l'inflation. Le Canada s'est positionné pour défendre l'industrie, défendre ses travailleurs. Nous voulions positionner le Canada d'une façon enviable.
Comme j'essayais de l'expliquer à mes collègues plus tôt, il faut comprendre que ces contrats suivent des modèles internationaux. Ce n'est pas unique au Canada. Ces contrats sont, d'une certaine façon, standards. Quand il y a des engagements, ils s'étalent habituellement sur une décennie. On n'y parle pas seulement des emplois, mais aussi des achats locaux, des investissements, ce qui se fait en recherche-développement. Je peux vous dire que ce que nous avons réussi à obtenir, au moyen de ces contrats, pour les travailleurs, pour l'industrie et pour le Canada est solide. Il suffit de regarder l'ensemble de l'œuvre pour voir que nous avons réussi à attirer des investissements.
Ce que nous voulions faire, à l'époque, c'était positionner le Canada dans l'industrie automobile du XXIe siècle. Quand ça fait 100 ans qu'on fait la même chose et qu'on passe du moteur à combustion au moteur électrique, il y a évidemment une transition technologique à faire. Les habitudes des consommateurs, la chaîne d'approvisionnement, la technologie, tout ça évolue.
Les gens ont porté un certain regard. Or, si on prend le modèle T de Ford, il a fallu pas mal de temps avant que ça devienne un succès. Je rappellerai à mes collègues que Tesla a mis 17 ans avant d'enregistrer un profit. Il y a un changement de technologie.
Je pense que l'électrification des transports demeure notre Étoile du Nord. Oui, je suis fier de ce que nous avons été capables de négocier pour le Canada. C'est vrai que nous allons nous battre pour avoir pour faire respecter les dispositions que nous avons mises dans ce contrat pour protéger les travailleurs, notre industrie et le Canada. Je peux dire que toutes ces dispositions ont été hautement négociées.
C'est pour ça que je suis content de venir faire la lumière sur tout ça au Comité. Beaucoup de choses se disent, mais peu de gens étaient là à l'époque. Ceux qui étaient là et qui sont devant vous aujourd'hui peuvent répondre à ces questions. Ils peuvent même vous parler de la transaction et des négociations. Ils peuvent vous parler des réunions qui ont eu lieu pour arriver à ces dispositions.
J'ai donc le plaisir d'être ici en toute transparence. Je pense que tout le monde ici devrait s'allier. Ce que nous voulons, c'est défendre les travailleurs.
:
Merci. C'est une excellente question.
Comparez le Canada avec le reste du G7. Nous attirons beaucoup de talents. Je pense que les gens de la Colombie‑Britannique le savent. Nous avons attiré un nombre record de talents, et le budget prévoit 1,7 milliard de dollars à cette fin. Nous voulons attirer les meilleurs et les plus brillants dans nos ateliers, nos usines, nos instituts de recherche, nos collèges et nos universités. Le Canada est l'un des rares pays du G7 dont les industries sont très fortes, du secteur de l'automobile jusqu'à... Nous construisons des voitures, des avions et des navires. Cela me rappelle le chantier naval de la Colombie‑Britannique. Nous avons des minéraux critiques, et beaucoup diraient qu'ils sont semblables à ce qu'était le pétrole au XXIe siècle. Nous sommes l'un des rares pays — Colombie‑Britannique comprise — à posséder un certain nombre de minéraux critiques, ainsi que la technologie pour les raffiner. Nous avons beaucoup d'énergie. Beaucoup de gens diraient que l'énergie est, sur bien des plans, le substitut de la croissance. Encore une fois, nous sommes le seul pays du G7 à avoir conclu des accords de libre-échange avec tous les autres membres du G7.
C'est pourquoi j'ai confiance. C'est pourquoi j'ai dit que je crois au Canada. Si vous comparez le Canada à de nombreux autres pays, vous conclurez que nous avons une base très solide. Certes, il y a des obstacles, comme je l'ai déjà dit, mais nous avons la capacité financière. Nous avons fait des investissements générationnels dans le logement, les infrastructures, la souveraineté, la production et la compétitivité. C'est exactement ce que les gens voient au Canada, plus la stabilité, la prévisibilité et la primauté du droit. Les gens veulent investir dans une administration qui offre ces services. C'est pourquoi je dis que, du point de vue de la Colombie‑Britannique, ce budget parle aux gens. Quand je suis passé à la Chambre de commerce du Grand Vancouver, j'ai vu que ce budget leur parle. Les gens comprennent que c'est quelque chose.
Vous avez parlé de la super déduction au titre de la productivité. C'est quelque chose dont nous parlons dans ce pays depuis que je vais à l'école. Le sujet fait parler et couler beaucoup d'encre. Nous nous attaquons au problème. Même l'ancien directeur parlementaire du budget a dit que le Canada avait reçu de bonnes notes pour sa vision de la viabilité et de la transparence financières.
C'est pourquoi ce comité a un rôle important à jouer. Il est formidable que vous examiniez ce que nous avons fait dans le cas de Stellantis. Le monde a besoin de plus de Canada. Le rôle du Comité est certainement de se demander comment nous pouvons renforcer notre industrie, comment nous pouvons renforcer ce que nous faisons pour les travailleurs et comment nous pouvons positionner le Canada pour qu'il réussisse au XXIe siècle. C'est pourquoi je pense que le monde nous regarde. Vous avez vu combien de fonds veulent investir chez nous. Vous avez vu hier une annonce de Microsoft qui, je sais, est très présente en Colombie‑Britannique.
Nous allons continuer de travailler fort pour bâtir l'économie la plus forte du G7. Dans ce nouveau monde, le Canada peut miser sur énormément d'atouts pour réussir dans l'économie du XXIe siècle.
:
Merci d'avoir posé la question.
Les Canadiens peuvent juger par eux-mêmes. Quand vous avez un contrat... et je suis content parce que...
Chers collègues, j'ai parlé d'une entente en particulier. Si ceux qui nous regardent à la maison veulent voir l'entente au complet... en fait, il y a différentes ententes. Beaucoup de choses ont été affirmées ici sans le bénéfice des avis d'un conseiller juridique.
Si vous examinez le contrat — je m'adresse aux gens qui nous regardent à la maison —, vous verrez que les engagements en termes de contribution par l'entreprise représentent plus de quatre pages. Ce n'est pas seulement une question d'emplois pour lesquels nous allons évidemment nous battre. Il s'agit également d'un certain nombre d'initiatives en matière d'investissement dans la R‑D au Canada, de dépenses en capital au Canada, pour nous assurer de réduire les impacts environnementaux, de créer un plan de durabilité environnementale et une chaîne d'approvisionnement chez nous, et de limiter le travail pouvant être fait à l'extérieur du pays — nous avons même des garanties pour cela.
Au fil du temps, la profession juridique a évolué dans la fourniture des outils nécessaires à votre protection. Je tiens à souligner aux gens qui nous regardent à la maison que ces ententes comportent des engagements sur plus d'une décennie. L'entente dont nous parlons est beaucoup plus solide qu'elle l'aurait été dans le passé. Non seulement faut‑il lire l'entente — et c'est ce que j'ai tenté d'expliquer à mes collègues, s'ils veulent aller au fond des choses —, mais il faut aussi lire l'entente de contribution spéciale avec NextStar et comprendre la concomitance entre ces deux contrats. C'est ainsi qu'on peut comprendre l'ensemble des engagements contractuels pris par Stellantis et ses sociétés affiliées.
C'est ce que j'ai essayé d'aider mes collègues à mieux comprendre, parce que j'étais aux manettes à l'époque et que j'ai dirigé les négociations. J'ai donc compris ce qu'étaient ces recoupements. J'étais là à l'époque. C'est pourquoi je dis qu'avant de sauter aux conclusions, les gens doivent vraiment lire ces deux contrats en parallèle.
Grâce à ce que nous avons fait avec les fonctionnaires, je pense que nous avons une protection solide. C'est pourquoi, comme je l'ai dit, ce que nous avons vu à Stellantis est inacceptable. Je crois comprendre que le gouvernement a l'intention d'émettre un avis de défaut d'exécution. Il y a des dispositions très fermes pour défendre les engagements qui ont été pris.
Et effectivement, pendant les négociations, nous avons beaucoup communiqué avec les travailleurs et l'entreprise pour essayer de faire en sorte, à ce moment‑là, de parvenir à la meilleure entente possible pour protéger les installations de Brampton et de Windsor, d'obtenir une usine de batteries et, en même temps, d'avoir un certain nombre de dispositions qui nous guideraient au sujet des sommes à verser. Ce que mes collègues ne veulent pas entendre quand ils parlent de milliards — c'est pourquoi j'ai mentionné les comptes publics du Canada, et il est bon que les Canadiens le sachent —, c'est que 40 millions de dollars ont été déboursés en vertu de l'entente de contribution spéciale. Les comptes publics sont très clairs à ce sujet.
Beaucoup de conditions préalables qui doivent être remplies avant que d'autres montants soient déboursés. C'est pourquoi je dis qu'à mon avis, compte tenu des circonstances et des négociations que nous avons eues et des investissements que nous avons pu attirer au pays, compte tenu du temps... Il faut remonter à 2023. Tous les pays se battaient pour attirer ces investissements chez eux; cela se jouait entre nous et les États‑Unis.
Consultez les dossiers. Ne me croyez pas sur parole. Bloomberg a dit que nous étions en avance sur la Chine dans l'établissement d'une chaîne d'approvisionnement. Ce n'est pas moi qui ai dit cela; c'est Bloomberg.
À un moment donné, et avec le recul... J'ai entendu beaucoup de commentaires aujourd'hui de la bouche de gens qui n'étaient peut-être pas en négociation à l'époque, mais je peux vous dire que, lorsque nous avons annoncé ces investissements, nous étions avec les travailleurs, les syndicats et l'entreprise, parce que nous nous attendions à ce que l'entreprise respecte toutes ses obligations contractuelles.