[Traduction]
Bienvenue à la 38e réunion du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.
Conformément à la motion adoptée le jeudi 23 avril, le Comité se réunit au sujet du Budget principal des dépenses 2026‑2027 pendant la première heure, et conformément à la motion adoptée le lundi 4 mai, il se réunit au sujet de l'itinérance au Canada pendant la deuxième heure.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride, conformément au Règlement. Des députés et des témoins participent en ligne.
Avant de commencer, je rappelle à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir mettre leurs appareils en sourdine et de ne pas taper la perche du microphone, dans l'intérêt de nos interprètes.
Vous pouvez participer dans la langue officielle de votre choix. Veuillez sélectionner le canal approprié et vous assurer qu'il est sur la langue dans laquelle vous avez choisi de participer. Si vous comparaissez virtuellement, veuillez cliquer sur l'icône du globe au bas de votre Surface et choisissez la langue officielle de votre choix. En cas d'interruption de l'interprétation, veuillez attirer mon attention et nous suspendrons la séance le temps de corriger le problème.
Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence et attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Les tests de son ont été effectués pour les personnes qui comparaissent virtuellement, et la qualité du son satisfait aux exigences pour l'interprétation.
Conformément au paragraphe 81(4) du Règlement, je vais maintenant mettre en délibération le crédit 1 sous la rubrique Ministère de l'Emploi et du Développement social et souhaiter la bienvenue à la ministre Hajdu, qui se joint à nous ce matin.
Bienvenue, madame la ministre. Vous comparaissez souvent devant nous ces temps‑ci. Nous vous remercions.
Nous accueillons également Paul Thompson, sous-ministre, Robert Wright, sous-ministre du Travail et sous-ministre délégué de l'Emploi et du Développement social, Cliff Groen, sous-ministre délégué de l'Emploi et du Développement social et chef de l'exploitation pour Service Canada, et Serena Francis, dirigeante principale des finances.
Madame Hajdu, vous avez cinq minutes pour faire une déclaration préliminaire.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour, chers collègues. C'est un plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui sur le territoire traditionnel et non cédé du peuple algonquin.
Je suis accompagnée de personnes que vous connaissez très bien, à savoir Paul Thompson, sous-ministre d'EDSC, Cliff Groen, sous-ministre délégué d'EDSC et chef de l'exploitation pour Service Canada, Rob Wright, sous-ministre du Travail et sous-ministre délégué d'EDSC, et Serena Francis, dirigeante principale des finances.
Il s'agit manifestement d'un moment déterminant pour l'ensemble du Canada et tous les Canadiens. Comme vous le savez, notre gouvernement s'efforce de renforcer la sécurité économique et sociale du Canada et de donner à tous les Canadiens une chance équitable de réussir à toutes les étapes de leur vie. Il s'agit notamment d'aider les Canadiens à acquérir les compétences dont ils ont besoin dans un marché du travail en évolution rapide. L'objectif d'EDSC est de veiller à ce que les jeunes Canadiens soient prêts à saisir les occasions qui se présenteront à l'avenir.
[Français]
Nous devons regarder la réalité en face: le Canada doit composer avec une grave pénurie de travailleurs qualifiés.
[Traduction]
Notre mise à jour économique du printemps, intitulée « Un Canada fort pour tous », témoigne de notre engagement ferme à relever ce défi en renforçant la main-d'œuvre actuelle et en préparant les Canadiens aux emplois dont l'économie et les entreprises ont désespérément besoin partout au pays.
Le plan de notre gouvernement s'articule autour de la construction d'infrastructures majeures, de la construction de nouveaux logements et de la création de collectivités prospères. Nous construisons des logements abordables pour les Canadiens, afin qu'une nouvelle industrie puisse s'imposer sur la scène mondiale. Nous modernisons également les infrastructures essentielles et nous renforçons notre capacité en matière de défense nationale.
Pour atteindre tous ces objectifs, il faut une main-d'œuvre hautement qualifiée. C'est pourquoi, dans la mise à jour économique du printemps, nous annonçons un effort national de 6 milliards de dollars visant à recruter, à former et à embaucher 100 000 nouveaux travailleurs des métiers désignés Sceau rouge au cours des cinq prochaines années. C'est un objectif ambitieux. Cette stratégie repose sur trois piliers, à savoir le recrutement, la formation et l'embauche.
Collectivement, nous devons remettre les métiers spécialisés à l'honneur et encourager les jeunes Canadiens à choisir ces carrières bien rémunérées. C'est la raison pour laquelle nous prenons les mesures qui s'imposent. Par exemple, nous investissons 2 milliards de dollars pour aider les jeunes Canadiens à découvrir les métiers spécialisés et à se lancer dans cette voie. Cet investissement s'appuiera sur le travail effectué dans les provinces et les territoires et fournira une expérience de travail rémunérée dans des emplois de premier échelon, des occasions d'établir des liens avec les employeurs et le soutien nécessaire pour faire carrière dans les métiers spécialisés.
Nous aiderons les employeurs à couvrir jusqu'à 10 000 $ du salaire de la première année d'un apprenti, afin de veiller à ce que les travailleurs des métiers spécialisés aient un endroit où mettre leurs compétences en pratique, les acquérir et les perfectionner. Nous moderniserons également le programme du Sceau rouge. Nous élargirons le Programme pour la formation et l'innovation en milieu syndical, afin de soutenir les certifications dans les métiers désignés Sceau rouge, grâce à un financement de 331 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2026‑2027.
En guise de soutien financier direct, les apprentis recevront également un complément hebdomadaire de 400 $ pendant qu'ils suivent leur formation en salle de classe, en plus des prestations d'assurance-emploi auxquelles ils sont admissibles. Nous soutiendrons également les employés pendant les périodes de mise à pied dans leur formation et nous veillerons à ce qu'ils disposent de ce dont ils ont besoin pour rester sur la voie menant à l'obtention du Sceau rouge. Je m'adresse directement à M. Reynolds, car il a lui-même suivi ce parcours et il sait à quel point il peut être périlleux. Nous offrirons également une prime unique de 5 000 $ à l'achèvement de la formation d'apprenti aux personnes qui obtiennent une certification dans un métier désigné Sceau rouge.
[Français]
Les mesures proposées nous aideront à mobiliser les jeunes.
Au bout du compte, c'est l'abordabilité qui est importante.
[Traduction]
Nous avons prolongé l'augmentation temporaire de 40 % des bourses d'études du Canada et l'augmentation temporaire de la limite hebdomadaire des prêts d'études du Canada de 300 $ pour l'année universitaire 2026‑2027. Environ 571 000 étudiants devraient bénéficier de l'augmentation des bourses non remboursables, et 422 000 étudiants pourraient bénéficier de l'augmentation de la limite hebdomadaire des prêts. Ces mesures aideront les Canadiens à avoir accès à l'éducation et à la formation dont ils ont besoin pour participer pleinement à l'économie canadienne.
[Français]
Les mesures annoncées dans le budget de 2025 concernant la main-d'œuvre visaient à relever des défis immédiats. La Mise à jour économique du printemps de 2026 présente pour sa part des mesures proactives. Cela inclut notamment le Fonds pour un Canada fort.
[Traduction]
Comme l'a dit le , « Le prochain chapitre de la croissance du Canada passe d’abord par des investissements sur le territoire national. ». Depuis septembre 2025, le gouvernement a investi plus de 126 milliards de dollars pour faire avancer de grands projets dans le secteur de l'énergie, des minéraux critiques et des infrastructures de transport.
Dans la mise à jour économique du printemps, le gouvernement a annoncé son intention de créer le Fonds pour un Canada fort. Grâce à une contribution fédérale initiale de 25 milliards de dollars, le Fonds investira dans des projets stratégiques et des entreprises qui nous permettent de rester concurrentiels.
Nous n'agirons pas seuls. Les entreprises canadiennes, de concert avec des investisseurs étrangers, contribueront à bâtir l'infrastructure de l'énergie, des transports et des télécommunications qui fera entrer le Canada dans la prochaine génération.
Le renforcement de la main-d'œuvre exige des efforts et des investissements soutenus, mais nous sommes bien équipés pour relever ces défis. C'est de cette façon que nous arriverons à bâtir un Canada fort pour tous.
Merci beaucoup.
:
Merci, monsieur le président.
Bonjour, madame la ministre. Je suis bien heureux de vous voir ici ce matin.
Durant les deux semaines passées dans nos circonscriptions, dans Brome—Missisquoi, j'ai rencontré plusieurs citoyens. J'ai tenu des événements « café avec le député ». Plusieurs personnes sont venues. On m'a beaucoup parlé d'abordabilité, évidemment. Je pense que c'est comme ça un peu partout. On m'a aussi parlé des possibilités d'emploi pour nos jeunes. Il y avait des parents qui étaient là et qui nous ont fait part de leur inquiétude.
Notre gouvernement a beaucoup de projets ambitieux. J'aimerais que vous preniez le temps ce matin de nous expliquer comment l'initiative Une Équipe Canada forte va aider le Canada à recruter, à former et, surtout, à conserver les travailleurs spécialisés nécessaires pour les projets relatifs au logement et les autres projets que nous mettons en branle.
:
Je vous remercie de la question.
C'est une occasion non seulement pour les jeunes, mais pour tout le monde dans le pays. Ce sont de très bons emplois, parce qu'ils sont très bien rémunérés. Ils offrent aussi beaucoup d'avantages sociaux et, souvent, un très bon régime de pension.
[Traduction]
C'est un élément vraiment essentiel, non seulement pour créer des occasions pour les jeunes, mais aussi pour garantir que notre pays dispose d'une main-d'œuvre qualifiée capable de répondre aux défis de notre époque. D'ailleurs, je suis ravie d'apprendre que vous discutez avec les gens dans votre circonscription, car je fais la même chose dans la mienne.
Je me suis rendue dans le nord de l'Ontario. D'ailleurs, la semaine dernière, j'ai visité une petite ville qui s'appelle Marathon, en Ontario, qui connaît actuellement un boom minier. L'une des choses que les employeurs m'ont dites, c'est qu'ils ont du mal à trouver des travailleurs qualifiés capables de travailler dans des domaines précis de l'industrie minière, tant pour la construction dans certains cas que pour l'entretien des mines et des équipements qui y sont utilisés.
Je tiens à souligner qu'il existe plus de 50 métiers désignés Sceau rouge et que c'est assez varié. Le programme nous permettra de nous appuyer sur les efforts qu'ont déjà entrepris certaines provinces et certains territoires pour initier les gens aux métiers, afin qu'ils puissent découvrir ce qu'est le monde du travail. Il s'agira d'expériences rémunérées. L'objectif est également d'accompagner les personnes qui sont déjà engagées dans un parcours de formation aux métiers spécialisés. Mon fils est ingénieur d'exploitation et j'ai pu constater à quel point il peut être difficile pour quelqu'un de passer des premiers jours de sa formation à l'obtention d'une certification Sceau rouge. Nous sommes très enthousiastes concernant les mesures de soutien mises en place pour aider les gens tout au long de ce parcours.
Enfin, de nombreux employeurs pourraient envisager d'embaucher un travailleur des métiers désignés Sceau rouge. Les petites entreprises ont souvent l'impression que ce n'est pas abordable. Il y a pourtant un grand avantage à former ses propres talents, et nous allons recruter davantage d'employeurs — en particulier, espérons‑le, des petits employeurs, mais des employeurs de toutes tailles — pour qu'ils embauchent des apprentis de première année, afin de garantir que les apprentis qui terminent leur formation aient un endroit où effectuer leurs heures, de sorte que le processus de certification se déroule sans heurts et qu'il y ait un apprentissage pratique avec un compagnon ayant obtenu la certification Sceau rouge. Nous devons colmater les brèches, si je puis dire, afin de nous assurer qu'un plus grand nombre de personnes obtiennent leur certification Sceau rouge.
Les chiffres ne sont pas très réjouissants. Dans l'ensemble, environ 32 % des travailleurs des métiers désignés Sceau rouge terminent leur formation et obtiennent leur certification Sceau rouge. On imagine aisément la frustration que peuvent ressentir les jeunes — ou les personnes de tout âge — qui se lancent dans les métiers spécialisés et se rendent compte que leur parcours vers la certification, c'est‑à‑dire le moment où l'on commence vraiment à bien gagner sa vie et où l'on peut véritablement mettre ses compétences en pratique de multiples façons... On peut imaginer la frustration que ressentent les gens lorsqu'ils ne parviennent pas à aller jusqu'au bout après avoir investi massivement dans leur parcours.
Nous avons tenu des tables rondes partout au pays avec des syndicats, des employeurs et des établissements d'enseignement technique et de formation pour discuter du plan. Il est très bien accueilli. Les gens ont le sentiment que nous avons mis le doigt sur certaines lacunes importantes. Nous prévoyons également collaborer avec les provinces et les territoires, notamment pour le recrutement, car certaines provinces mettent en place des crédits d'enseignement coopératif avec des collèges, par exemple, et avec des écoles secondaires pour réintroduire les métiers dans les écoles secondaires, ce qui, pour les personnes de ma génération, fait partie des défis auxquels nous avons été confrontés.
Au cours des deux dernières décennies, voire plus, on a assisté à une dévalorisation des métiers spécialisés et des carrières dans ces métiers. En effet, une personne de métier a déclaré — et je l'ai pris en note — que nous devons travailler ensemble pour redonner leurs lettres de noblesse aux métiers spécialisés. Il s'agit de métiers très techniques et à forte composante scientifique, qui font largement appel aux mathématiques. Il faut être très intelligent pour exercer un métier spécialisé et, d'une manière ou d'une autre, au cours des dernières décennies, la société a sous-estimé la valeur de ces travailleurs et de leurs compétences. Pour redonner leurs lettres de noblesse à ces métiers, il faut notamment mettre en place un programme de premier plan qui indique qu'il s'agit de bons emplois valorisants et que les compagnons ayant obtenu le Sceau rouge sont des formateurs compétents et respectés. Le pays a besoin de ce type de profession. En réalité, nous ne pouvons pas bâtir un Canada fort sans des gens de métiers spécialisés talentueux.
Je vous remercie de la question.
:
Merci beaucoup, madame la ministre.
J'ai beaucoup de sujets à aborder avec vous. À voir mes collègues aller, manifestement, ça va très rapidement.
J'ai, moi aussi, fait beaucoup de travail sur le terrain pendant les dernières semaines.
On sait qu'il y a eu une hausse importante des dépenses liées aux prestations aux aînés. Pourtant, malgré la hausse du budget, les personnes qui sont âgées de 65 à 74 ans continuent d'être exclues de l'augmentation complète de la pension de la Sécurité de la vieillesse. Pourquoi maintenir cette iniquité?
:
Je vous remercie de la question.
Pour les aînés, le coût de la vie est plus élevé pour les plus âgés. C'est la raison pour laquelle le gouvernement approche la pension de cette façon.
[Traduction]
J'ai accompagné de nombreuses personnes âgées. Je sais que plus on vieillit, plus on a besoin d'aide pour rester chez soi.
Cela a été mis en place pendant la pandémie de COVID, si vous vous souvenez bien. Il s'agissait précisément d'aider les personnes âgées à vieillir chez elles. Les gens ont besoin d'appareils fonctionnels. Ils ont souvent besoin de soins spécialisés et peuvent avoir besoin d'un service de livraison de repas et d'aide au transport. Cette augmentation visait à couvrir les coûts très spécifiques auxquels les personnes âgées sont confrontées à mesure qu'elles vieillissent et à les aider à rester chez elles.
Si vous vous souvenez bien, la COVID a notamment été caractérisée par un nombre extrêmement élevé de décès dans les établissements de soins de longue durée...
:
Je vous ai laissé répondre, mais ça ne répond pas à ma question.
Je suis allée sur le terrain. Des aînés vivent dans des coopératives qui coûtent 75 % de leur budget. Ils n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Pour la première fois, des aînés ont des retards de paiement de leur loyer. On m'a parlé de la hausse du coût du panier d'épicerie.
Compte tenu de l'augmentation du coût de la vie, ne pas reconnaître qu'il n'y a eu aucune augmentation de la pension de la Sécurité de la vieillesse pour des gens de 65 à 74 ans, ça n'a simplement pas de bon sens.
Comment le gouvernement compte-t-il protéger le pouvoir d'achat des aînés et des familles vulnérables au cours des prochaines années? En ce moment, ce que vous avez mis en place ne fonctionne pas. Il y a aussi de plus en plus de gens qui se retrouvent dans la rue. Il y a une hausse des demandes de paniers alimentaires. C'est ce que j'ai entendu durant ces deux dernières semaines.
Comment allez-vous augmenter les aides? Qu'est-ce que vous allez faire?
:
Ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas d'augmentation du taux pour les aînés.
[Traduction]
Toutes les prestations sont indexées au taux d'inflation et elles augmentent donc chaque année. L'indexation s'applique à l'ensemble des prestations versées aux aînés, quelle que soit leur tranche d'âge.
De plus, les Canadiens à faible revenu recevront, à compter du 5 juin, une allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui doublera essentiellement le montant lié à la TPS. Cette mesure profitera aux personnes âgées qui doivent faire face à un coût de la vie élevé.
Écoutez, à chaque étape, nous veillons à ce que les Canadiens aient ce dont ils ont besoin en cette période inhabituelle.
Il est important de ne pas induire les Canadiens en erreur. En fait, toutes les prestations sont indexées à l'inflation et elles augmentent chaque année en fonction du taux d'inflation.
:
Je vous laisse répondre, j'essaie de respecter les temps de parole, mais j'ai beaucoup de questions à vous poser.
Pour ce qui est de la méthode d'indexation dont vous parlez, des aînés ont été insultés, parce que l'augmentation sur leur chèque était d'à peine 2 $ ou 3 $. Ce n'est même pas assez pour aller se payer un café. Si c'est ça, la méthode d'indexation et l'augmentation dont vous parlez, ça ne fonctionne pas non plus. Il faudra revenir sur la méthode d'indexation.
Je sais que le gouvernement se vante du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, qui se veut une autre façon d'aider les aînés. Cette année, les projets sont plafonnés à 50 000 $. Le budget total a-t-il été bonifié et, si oui, de combien? Pouvez-vous nous confirmer le montant de l'enveloppe pour le programme Nouveaux Horizons pour les aînés, qui va ouvrir bientôt?
:
Merci beaucoup. J'en serais reconnaissante.
Une autre chose dont j'ai entendu parler ces deux dernières semaines touche aux numéros d'entreprise. Il est de plus en plus exigeant de remplir la demande pour le programme Nouveaux Horizons pour les aînés.
Par exemple, ces dernières années, Les Cercles de fermières du Québec, qui assurent une transmission de savoirs incroyable au Québec, faisaient partie des organismes qui ont eu le plus de projets dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Or, cette année, cet organisme est exclu du programme, parce qu'il n'y a que le club national des Cercles qui a un numéro d'enregistrement, mais les clubs locaux n'en ont pas. Ça fait beaucoup réagir dans les régions, puisque les Cercles permettent de garder des femmes aînées socialement actives et de leur donner la possibilité de se réunir.
On a contacté votre ministère. Est-ce quelque chose qui sera fait pour permettre à ces groupes de déposer une demande pour profiter du programme, qui commence le 2 juin?
:
Merci, monsieur le président.
Mes deux parents étaient des travailleurs de métiers désignés Sceau rouge. Certaines des personnes les plus brillantes que j'aie jamais rencontrées dans ma vie — des gens vaillants — étaient des personnes de métier.
Pendant plus de 10 ans, votre gouvernement a dénigré les travailleurs du secteur de l'énergie et a tenu toutes sortes de propos odieux à l'encontre des travailleurs des sables bitumineux et du secteur de l'énergie en général. Je suis tout à fait d'avis que nous avons besoin d'un plus grand nombre de personnes de métier. C'est évident. Les conservateurs l'ont toujours dit. Je suis heureuse de voir que vous vous ralliez enfin à ce point de vue.
Cependant, ne pensez-vous pas que les mesures prises par votre gouvernement et le Cabinet dont vous faites partie depuis 10 ans ont quelque chose à voir avec le fait que les gens ne se tournent pas vers les métiers? Vous disiez que les répercussions sexospécifiques du secteur de la construction avaient des effets sur les collectivités et vous avez souligné tous les autres facteurs qui empêchaient les jeunes de se lancer dans ces métiers, car ils n'y voyaient pas d'avenir.
:
C'est tout à fait faux, madame Goodridge. En fait, nous soutenons les travailleurs depuis que je siège à la Chambre.
Nous entretenons d'excellentes relations avec les Syndicats des métiers de la construction du Canada, les travailleurs du secteur de l'énergie et les gens de métier. En fait, ce n'est pas la première fois que nous finançons la formation de syndicats, car nous estimons que les syndicats font un travail formidable en matière de formation, tout comme les établissements d'enseignement. Les écoles polytechniques font un travail formidable dans la formation aux métiers, et nous les avons également soutenues.
Cela s'ajoute au travail que nous avons accompli. Nous avons fait la promotion des métiers. Nous avons offert des subventions à l'achèvement et nous avons mis en place des comités pour les travailleurs touchés. Nous avons soutenu les travailleurs touchés à l'aide d'un certain nombre de mesures différentes, notamment des possibilités de recyclage professionnel.
Madame Goodridge, je pense que c'est vous qui, en réalité, dénigrez…
:
Je pense que c'est une question très importante.
Même si je sais que les députés d'en face se moquent beaucoup chaque fois que nous parlons de l'assurance‑emploi, si vous avez déjà perdu votre emploi, comme moi, vous savez que l'assurance‑emploi est en fait un élément très important du rétablissement lorsqu'une personne perd son emploi. Nous avons donc fait deux ou trois choses.
Nous avons augmenté ce que nous appelons les EDMT, qui sont des transferts aux provinces et aux territoires les plus proches du terrain. Nous avons travaillé en partenariat avec les provinces et les territoires pour nous assurer que si l'emploi d'une personne est menacé, elle est immédiatement soutenue par des mesures de soutien globales, elle a accès à l'assurance‑emploi et, plus encore, elle a la possibilité de se recycler et d'obtenir du soutien pour mettre à jour son curriculum vitae et mettre à jour sa capacité de chercher un emploi.
Nous avons également prolongé la période de prestations d'assurance‑emploi pour les travailleurs de longue date. Plus on est âgé et plus on est en poste depuis longtemps, plus il peut être difficile de trouver un emploi, et c'est pourquoi nous avons prolongé la période de prestations d'assurance‑emploi pour les travailleurs de longue date.
Nous avons facilité l'accès à l'assurance‑emploi. Nous avons éliminé le délai de carence d'une semaine et nous avons permis aux gens de conserver les sommes versées à la cessation d'emploi, ce qui signifie que tout ce qui vous est versé pour des vacances, des congés de maladie ou d'autres types de prestations n'est pas retenu de votre assurance‑emploi. Il s'agit de s'assurer que les gens ne ressentent pas immédiatement les effets de la crise financière.
Enfin, nous avons offert le travail partagé aux milieux de travail qui croient que, même s'ils font face à un ralentissement, ils voient la lumière au bout du tunnel, ont de nouveaux clients ou se tournent vers une nouvelle approche. Nous avons permis aux entreprises de former des travailleurs et de les maintenir en poste grâce à l'assurance‑emploi et à un salaire partiel.
Ce que les employeurs diront, c'est que s'ils doivent fermer complètement leurs portes et reprendre leurs activités, il peut être très difficile de récupérer ces travailleurs. L'objectif réel est d'essayer de garder tout le monde sur le marché du travail en premier, mais si ces personnes sont menacées, il s'agit de s'assurer qu'elles ont le soutien financier et pratique nécessaire pour trouver leur prochain emploi.
:
Nous en avons même fait plus au cours des 10 dernières années. En fait, nous avons commencé par abroger certaines lois conservatrices très nuisibles qui venaient d'être adoptées sous les conservateurs de Harper — des lois nuisibles qui rendaient plus difficile pour les syndicats de s'organiser, de négocier et de travailler collectivement avec leurs membres. Nous les avons abrogées. En fait, la première mesure prise par le gouvernement Trudeau en 2015 a été de rétablir le droit des syndicats de négocier et de s'organiser.
La deuxième chose que nous avons faite a été de présenter une loi sur l'équité salariale pour les travailleurs sous réglementation fédérale. Encore une fois, c'était très tôt. Il s'agissait de veiller à ce que les travailleurs aient la possibilité de recevoir un salaire égal pour un travail de valeur égale.
Nous avons également présenté une loi sur la prévention du harcèlement et de la violence pour les travailleurs sous réglementation fédérale. Croyez‑le ou non, il s'agissait d'une lacune dans le secteur sous réglementation fédérale.
Comme vous le savez, nous n'avons pas arrêté. Nous avons pris de nombreuses autres mesures, y compris une loi antibriseurs de grève, un salaire minimum fédéral indexé à l'inflation et l'ajout de congés de maladie payés dans le Code canadien du travail. La liste est longue.
Tout cela a été fait dans le but de créer une main‑d'œuvre fédérale forte, dans certains cas en respectant les codes provinciaux, et dans d'autres cas en inspirant des règles du jeu équitables pour les travailleurs de tout le pays.
Madame la ministre, tout à l'heure, vous avez glissé un mot sur le programme Emplois d'été Canada et sur la problématique de l'emploi chez les jeunes. Malgré tout, je reçois des résolutions de municipalités. Évidemment, les budgets sont encore tellement serrés qu'il est difficile de répondre aux besoins des organismes et des municipalités. Dans un contexte où les jeunes ont de la difficulté à se trouver un emploi, plusieurs organismes communautaires trouvent encore que le programme Emplois d'été Canada est trop rigide. C'est la même chose pour les municipalités.
Quelles mesures pourraient être mises en place pour simplifier l'accès au financement? Je le demande, parce que, manifestement, il y a encore des gens qui n'arrivent pas à se rendre admissibles, et des jeunes qui n'auront pas d'emploi cet été à cause de ça.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci, madame la ministre, d'être ici.
Je dois revenir sur les commentaires que vous avez faits à mon collègue.
Vous ne pouvez pas rester assis ici et dire que, collectivement, nous devons rétablir l'honneur des métiers spécialisés et en faire la promotion comme d'excellentes carrières pour nos jeunes tout en continuant à vilipender les travailleurs qualifiés. C'est votre gouvernement qui a laissé entendre que le fait de faire venir des travailleurs de la construction dans les collectivités rurales avait des répercussions sociales et sexospécifiques néfastes, et c'est votre gouvernement qui a continué à vilipender le secteur canadien de l'énergie et ceux qui y travaillent.
Je ne vais pas accepter de vous entendre dire une chose d'un côté de la bouche et dire le contraire de ce que vous faites de l'autre côté. C'est la vérité. Votre gouvernement n'a jamais appuyé les travailleurs spécialisés.
J'ajouterai à la déclaration que j'ai faite que c'est votre chef, Justin Trudeau, qui a dit au sommet du G20 en Argentine: « Il y a des répercussions sur les hommes et les femmes lorsqu'on fait venir des travailleurs de la construction dans une région rurale. Il y a des répercussions sociales parce que ce sont surtout des travailleurs de la construction masculins. » Le fait d'être le chef d'un État et de dire une telle chose sur la scène mondiale envoie un message. Ce message a été envoyé.
Voilà ce que j'avais à dire. Je souligne l'hypocrisie de votre gouvernement depuis que vous siégez au Cabinet, depuis que vous avez été nommée ministre à l'ère Trudeau.
Nous savons que le secteur canadien des ressources naturelles demeure l'une des plus grandes sources d'emplois bien rémunérés dans les métiers spécialisés et de premier échelon, en particulier pour nos jeunes travailleurs, comme vous l'avez mentionné dans votre déclaration préliminaire. Au cours de notre étude sur l'emploi chez les jeunes, nous avons entendu dire que ces secteurs font face à des obstacles à l'investissement et à l'expansion. Nous savons, comme nous l'avons entendu non seulement au sein de ce comité, mais aussi dans les comités de l'ensemble de la Cité parlementaire, que les politiques anti‑énergie des libéraux comme le projet de loi — le projet de loi anti‑pipelines — et le moratoire sur les pétroliers découragent les investissements et envoient des emplois à l'étranger, au sud de la frontière.
Compte tenu de l'objectif déclaré de votre gouvernement de bâtir un Canada fort et de restaurer l'honneur des métiers, vous devez être en faveur de l'élimination de ces projets de loi nuisibles, qui étouffent notre économie et freinent la création d'emplois. Est‑ce exact?
:
J'aimerais avoir une réponse, mais vous ne répondez pas à la question.
J'ai posé une question précise sur les politiques énergétiques telles que les projets de loi et , qui concernaient l'interdiction des pétroliers que votre gouvernement a fait adopter sous le gouvernement Trudeau. Vous ne répondez pas à cela.
Je tiens également à souligner que des investissements ont quitté notre pays. Nous avions TMX, qui était au Canada. La surréglementation de votre gouvernement, avec vous aux commandes aux côtés de Justin Trudeau, a provoqué un tel désastre que l'entreprise a quitté le pays. Nous l'avons vendue aux États-Unis, et aujourd'hui, elle est rentable.
Nos projets énergétiques génèrent des recettes pour le gouvernement. Est‑ce exact, oui ou non?
:
Merci beaucoup pour cette question, et merci de me donner quelques instants pour y répondre.
Le lancement a été incroyable. Nous avons constaté un réel enthousiasme de la part de pratiquement tous les secteurs concernés. Les employeurs nous ont dit que c'était exactement ce dont ils avaient besoin pour recruter la prochaine génération de talents. Les syndicats nous ont fait savoir qu'ils étaient ravis du soutien apporté à leurs membres, en particulier à leurs apprentis, qui sont souvent confrontés à de faibles taux d'achèvement de leur formation, principalement en raison de problèmes financiers. Bon nombre des mesures que nous mettons en place pour aider les travailleurs sont des aides financières visant à garantir que ce ne soit pas l'argent qui les pousse à abandonner les métiers.
Les formateurs nous ont dit qu'ils voyaient l'intérêt de la phase d'attraction du plan, qui consiste à établir des partenariats avec des organismes au service des jeunes — collèges, écoles secondaires — afin de faire découvrir les métiers aux jeunes, contrairement à ce que disait la députée d'en face. En fait, au cours de la dernière décennie, de nombreux gouvernements ont travaillé à attirer des gens vers les métiers.
Nous constatons que les travailleurs des métiers spécialisés sont de plus en plus âgés. Mon fils a 29 ans et il est le plus âgé des opérateurs sur le chantier. Vous pouvez donc imaginer les défis auxquels sont confrontés les employeurs, et ce dans toute sorte de métiers spécialisés. Il ne s'agit pas seulement des métiers du bâtiment. Cela concerne également tous les métiers de l'automobile.
On constate de la passion et de l'enthousiasme partout au pays. Il y a cet investissement de 6 milliards de dollars, contre lequel les députés du parti d'en face ont voté. Ils aiment bien parler de mesures de soutien pour les travailleurs et les jeunes, mais ils votent contre ces mesures à chaque fois, ce qui me choque beaucoup, car on pourrait penser que c'est quelque chose qu'ils soutiendraient. Il s'agit des métiers spécialisés. Il s'agit de grands projets. Il s'agit des syndicats. Il s'agit des jeunes. Il s'agit pratiquement de tout le monde.
Il y a de l'effervescence et de l'enthousiasme, et tout le monde veut aider. Tout le monde s'est porté volontaire pour aider. C'est très encourageant. Il y a de très bonnes idées sur la manière d'utiliser ce programme pour nous aider à former la prochaine génération de travailleurs qualifiés.
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Bonjour, madame la ministre.
Vous et moi avons déjà parlé de cette question. Je viens d'une famille d'ouvriers spécialisés. Mon père et mon frère sont membres de l'Union internationale des opérateurs de machines lourdes, et mon enfance a été marquée par des déplacements en Ontario — notamment dans le Nord de l'Ontario — pour rendre visite à mon père. Il est décédé en 2010 d'un cancer du pancréas, mais j'aurais tant voulu qu'il soit là pour voir ce moment unique. J'aurais aimé qu'il puisse constater l'engagement et la passion du gouvernement pour soutenir et développer le secteur canadien des métiers spécialisés.
J'étais récemment au Collège Fleming, où se trouve le Kawartha Trades and Technology Centre, et les gens là‑bas sont absolument ravis de ce que nous faisons. J'ai rencontré de nombreux étudiants, en particulier dans le secteur du soudage, et l'établissement n'a même pas assez de places pour accueillir tous ceux qui souhaitent se lancer dans ce domaine.
Mon père était soudeur et mécanicien d'équipement lourd autodidacte, mais ses compétences étaient très prisées. Il a passé beaucoup de temps à Fort McMurray, dans les sables bitumineux, tout comme mon frère. Quand nous parlons de ce sujet, il manque parfois un élément. Oui, ce sont des emplois très bien rémunérés, des emplois hautement qualifiés, mais il y a aussi la fierté associée au fait d'exercer un métier spécialisé. Aujourd'hui, même si mon père n'est plus là, lorsque je parcours le pays, je retrouve sa trace un peu partout dans les projets auxquels il a participé.
À la lumière de nos discussions, j'estime que le gouvernement a vraiment pris la pleine mesure de l'importance de ces emplois. Nous avons adopté une approche très réfléchie pour que les gens puissent aller jusqu'au bout du programme du Sceau rouge.
S'il reste du temps, pourriez-vous nous en dire plus sur certaines des mesures de soutien à cet égard et sur la façon dont nous allons permettre aux gens de compléter leur certification Sceau rouge, du début à la fin?
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Merci beaucoup d'avoir raconté l'histoire de votre père. C'est le vécu de tant de gens de métier. À l'époque, ils apprenaient leur métier par eux-mêmes et ils ont été certifiés dans un contexte bien différent. Je ne sais pas si votre père a pris sa retraite ou non, mais ce sont ces travailleurs spécialisés qui forment aujourd'hui la relève.
Je pense que votre père voyageait beaucoup et, pour reprendre les propos de Mme Falk, être loin de chez soi pose des défis, surtout pour les hommes. Je tiens à reconnaître à quel point cela a dû être difficile pour votre famille.
Mon fils se déplace aussi pour le travail. Dans les métiers spécialisés, on se préoccupe beaucoup des services de soutien en santé mentale, en particulier pour les hommes — les femmes aussi, mais il s'agit souvent d'hommes — qui sont loin de chez eux, qui se sentent seuls et parfois désœuvrés. Ils se retrouvent dans des camps de travail éloignés. Cette préoccupation a été soulevée, et nous nous efforçons de fournir un soutien complet aux travailleurs qui sont loin de chez eux.
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La plupart des programmes de formation, y compris pour les travailleurs des métiers désignés Sceau rouge, relèvent des provinces et des territoires, et nous intervenons à titre de partenaires de soutien.
Tout d'abord, nous transférons 3 milliards de dollars par année aux provinces et aux territoires pour les aider au chapitre de la formation. Celle‑ci prend différentes formes. Vous connaissez sans doute certains établissements. Par exemple, l'organisme Youth Employment Services serait financé, en partie, par des fonds fédéraux. Bien entendu, les provinces et les territoires contribuent eux aussi à la formation professionnelle de diverses façons. Nous les appuyons également au moyen de fonds supplémentaires, comme je l'ai mentionné. Je ne vais pas revenir là‑dessus. Je crois que vous avez déjà entendu ma réponse concernant les mesures relatives à l'assurance-emploi.
Enfin, nous collaborons avec les provinces et les territoires de plusieurs façons importantes dans le cadre de la Stratégie emploi jeunesse. Nous bonifions les transferts en finançant des possibilités d'emploi pour les jeunes partout au pays. Les stages pratiques pour étudiants sont souvent coordonnés par des organismes provinciaux et territoriaux. Nous travaillons en étroite collaboration avec eux pour nous assurer de ne pas faire double emploi et de ne pas empiéter sur les champs de compétence des uns et des autres.
Ce que nous essayons d'offrir, c'est vraiment une approche qui permet aux gens... J'aime dire que toutes les portes mènent au bon endroit: peu importe par où l'on entre, on trouvera du soutien. Évidemment, il subsiste encore des lacunes. C'est pourquoi la mise à jour économique du printemps prévoit un investissement de 6 milliards de dollars dans les métiers désignés Sceau rouge.
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Merci, madame Larouche.
Je remercie également madame la ministre et les fonctionnaires.
[Traduction]
Nous passons maintenant aux votes sur le budget principal des dépenses.
ORGANISATION CANADIENNE D'ÉLABORATION DE NORMES D'ACCESSIBILITÉ
ç
Crédit 1—Dépenses de fonctionnement...11 786 820 $
ç
Crédit 5—Subventions et contributions.......8 500 000 $
(Les crédits 1 et 5 sont adoptés avec dissidence.)
CENTRE CANADIEN D'HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL
ç
Crédit 1—Dépenses du programme..........5 947 344 $
(Le crédit 1 est adopté avec dissidence.)
MINISTÈRE DE L'EMPLOI ET DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL
ç
Crédit 1—Dépenses de fonctionnement................. 1 111 834 762 $
ç
Crédit 5—Subventions et contributions...... 12 513 074 018 $
(Les crédits 1 et 5 sont adoptés avec dissidence.)
Le président: Dois‑je faire rapport de ces crédits du budget principal des dépenses à la Chambre, moins les sommes votées au titre des crédits provisoires?
Un député: Avec dissidence.
Le président: Je vais en faire rapport à la Chambre avec dissidence.
Merci, chers collègues.
Nous allons maintenant suspendre brièvement la séance pour nous préparer à accueillir le prochain groupe de témoins, qui aborderont la question de l'itinérance.
:
Mesdames et messieurs les membres du Comité, veuillez prendre place pour la deuxième heure de la réunion d'aujourd'hui.
J'aimerais prendre quelques instants pour rappeler à ceux qui n'étaient pas présents plus tôt qu'ils peuvent participer à la réunion d'aujourd'hui dans la langue officielle de leur choix. Pour ce faire, assurez-vous de sélectionner le bon canal. Si vous vous trouvez dans la salle, utilisez votre oreillette pour entendre les interventions. Si vous participez virtuellement, veuillez cliquer sur l'icône du globe au bas de votre écran et choisir la langue officielle de votre choix. En cas d'interruption de l'interprétation, veuillez attirer mon attention et nous suspendrons la séance.
Cela dit, une témoin qui devait comparaître virtuellement, Mme Savage, n'a pas réussi le test de qualité du son pour l'interprétation; elle sera donc convoquée à une date ultérieure.
Veuillez adresser tous vos commentaires à la présidence. Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Nous passons maintenant à notre étude sur l'itinérance au Canada. J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins qui comparaissent en personne.
Nous accueillons Sandra Clarkson, présidente-directrice générale de la Calgary Drop-In and Rehab Centre Society, et Gilles Beauregard, coordonnateur de la Table Itinérance Rive-Sud.
Vous disposez chacun de cinq minutes pour faire une déclaration préliminaire.
Nous allons commencer par vous, madame Clarkson.
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Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invitée à comparaître aujourd'hui.
Comme mentionné, je m'appelle Sandra Clarkson, et je suis la présidente-directrice générale du Calgary Drop-In Centre, l'un des plus grands refuges pour sans-abri au pays. Notre centre peut accueillir plus de 1 000 personnes chaque nuit. Je suis également coprésidente du Réseau canadien de transformation des refuges, une collaboration nationale en pleine croissance qui réunit des dirigeants de refuges, des organisations de première ligne, des chercheurs et des partenaires du système qui travaillent ensemble pour moderniser les systèmes d'intervention auprès des sans-abri.
Ce virage est essentiel à la lutte contre l'itinérance au Canada. D'un bout à l'autre du pays, nous constatons que l'itinérance est devenue un enjeu plus complexe. Les refuges doivent de plus en plus composer avec des problèmes tels que la dépendance sévère, la maladie mentale, des besoins de santé chroniques, le vieillissement, les déficiences cognitives et l'itinérance à long terme, alors que les collectivités subissent également de fortes pressions en matière d'abordabilité du logement et font face à un manque de logements supervisés.
Les refuges sont appelés à assumer à la fois des fonctions d'intervention d'urgence, de stabilisation de la santé, de soutien en santé mentale et de fournisseurs de logement de dernier recours. Cette situation n'est ni viable ni acceptable sur le plan humain. Nous avons besoin d'une réponse à l'itinérance qui demeure axée sur le logement, qui s'intègre mieux aux systèmes de santé et de rétablissement, et qui tient compte de la complexité des enjeux auxquels les collectivités font face aujourd'hui.
Le logement doit rester l'objectif central. L'itinérance est fondamentalement un problème de logement. Les refuges d'urgence sont certes importants, mais ils ne peuvent pas devenir des solutions à long terme ni porter tout le fardeau de la crise du logement.
Nous avons besoin d'investissements accrus pour soutenir le logement sous toutes ses formes, notamment les logements très abordables, les logements de transition, les logements temporaires pour soins de répit et les modèles de logement intégrant des services adaptés aux différents niveaux de besoins. Les bâtiments, à eux seuls, ne créent pas la stabilité du logement. Les logements supervisés ne fonctionnent que s'il existe un financement durable. Les investissements fédéraux produisent les meilleurs résultats lorsque la construction de logements va de pair avec le financement des services nécessaires à leur fonctionnement à long terme.
On ne peut pas parler d'itinérance sans parler de toxicomanie. L'approvisionnement en drogues toxiques a nettement accru la complexité des cas observés, tant sur le plan médical que sur le plan comportemental, dans les refuges et dans nos rues. L'un des constats les plus clairs est l'impact profond de la dépendance et de l'approvisionnement en drogues toxiques. Il ne s'agit pas simplement d'un problème de désordre public, mais bien de vulnérabilité humaine, de traumatisme, de santé et de survie. Les collectivités ont besoin de traitements, de services de désintoxication, de soutien en santé mentale, de mesures de réduction des méfaits et de voies de rétablissement à long terme, intégrés aux solutions en matière de logement.
Le programme Vers un chez-soi devrait appuyer la transformation du système. Ce programme a renforcé la coordination et les pratiques axées sur le logement, mais sa prochaine phase devrait également aider les collectivités à moderniser des systèmes devenus obsolètes. Un fonds dédié à la transformation du système de lutte contre l'itinérance pourrait soutenir la mise en place de partenariats intégrés en soins de santé, d'environnements favorisant la stabilisation et le rétablissement, d'initiatives de prévention et de détournement, la modernisation de l'accès coordonné et des voies plus efficaces vers le logement afin que les collectivités puissent aller au‑delà de la gestion de la demande et obtenir de meilleurs résultats. Ce fonds dédié à la transformation permettrait aux collectivités d'innover tout en restant ancrées dans des résultats mesurables.
Les politiques doivent tenir compte des besoins aigus, des pratiques durables et de la prévention. Les politiques fédérales devraient reconnaître que l'itinérance aiguë est un défi distinct qui nécessite une approche intégrée en matière de logements, de soins de santé, de services de santé mentale et de rétablissement. Elles devraient également arrimer les investissements en immobilisations à un financement durable des activités, soutenir la stabilité de la main-d'œuvre et mettre davantage l'accent sur la prévention et le détournement, notamment par la planification de la continuité des soins, la prévention des expulsions et les approches dirigées par les Autochtones. Les collectivités ont besoin de réponses fédérales-provinciales intégrées fondées sur des résultats communs, et non sur des sources de financement isolées.
En conclusion, l'itinérance au Canada est plus complexe et plus aiguë que ce que nos systèmes actuels avaient été conçus pour gérer. La réponse doit rester centrée sur le logement, mais elle doit aussi être mieux intégrée aux mesures de soutien en matière de santé, de traitement des dépendances et de rétablissement. Si nous voulons obtenir de meilleurs résultats, nous devons investir non seulement dans les interventions d'urgence, mais aussi dans la transformation du système, la pérennité des activités et la prévention.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de prendre la parole aujourd'hui. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Bonjour, tout le monde. Je m'appelle Gilles Beauregard. Je suis coordonnateur de la Table Itinérance Rive‑Sud et fier papa de trois enfants ainsi que grand-papa de petits-enfants. Je suis fier de tout ça, et c'est pour cette raison que je le mentionne.
Ça fait 40 ans que je travaille dans le domaine de la dépendance et de l'itinérance au Québec. J'en suis très fier. Je souhaite remercier un peu tout le monde.
Dans les années 2000, j'ai vu comment se passait l'itinérance au centre-ville de Montréal. Ce n'était pas facile. Ça a été les premiers moments où il y a eu du financement pour les groupes en itinérance. Le gouvernement fédéral a d'abord mis sur pied l'Initiative de partenariats de lutte contre l'itinérance. Le programme a ensuite changé de nom pour devenir la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance. Il s'appelle maintenant Vers un chez-soi.
Au fil des années, ce financement pour le Québec est passé de 20 à 35 millions de dollars. Après la pandémie de la COVID‑19, ce montant a augmenté jusqu'à 80 millions de dollars. Je pense que, présentement, 90 millions de dollars sont attribués annuellement au Québec. Ça a changé le visage du Québec. Auparavant, la grande part du financement allait au centre-ville de Montréal. Maintenant, le financement se fait de plus en plus sur l'ensemble du Québec. C'est une bonne chose et un bon coup.
Avant de vous donner des commentaires sur les choses à améliorer, je trouve important de vous mentionner les bons coups que nous avons faits collectivement. Pendant cette période, nous avons vu passer tant des gouvernements libéraux que conservateurs. Tout le monde a donc fait des bonnes choses, et ça, il faut le souligner.
Ça a aussi servi de levier pour le Québec. Au début des années 2000, c'était surtout le fédéral qui donnait des sous. En fait, presque 100 % des sous venaient du fédéral. Au fil des années, le provincial a aussi donné des sous. Sa part est maintenant de 40 %. Certes, le gouvernement fédéral est encore très présent, mais le gouvernement du Québec donne aussi des sous. Évidemment, je ne peux pas parler pour les autres provinces. Je ne peux pas parler pour Mme Clarkson ni pour l'Alberta. Ce que je peux dire, c'est que, pour le Québec, ça a été une bonne chose.
Pour ceux qui ne le savent pas, en matière d'itinérance, il y a une entente entre le Canada et le Québec. Cette entente n'est pas toujours facile à gérer. Malgré tout, les gens s'entendent. Au Québec, l'approche globale est beaucoup privilégiée. Fondamentalement, cette approche mise beaucoup sur le logement, mais aussi — et c'est ce que nous souhaitons avoir — sur des ressources comme le travail de rue et l'accompagnement. Pour nous, il est important que différentes mesures soient mises en place.
Pour ce qui est du programme Vers un chez-soi, qui est en cours, des choses nous inquiètent. Nous souhaitons que son financement soit indexé. Malheureusement, malgré tous les bons coups que nous faisons, malgré tout l'argent qui a été mis là-dedans, la situation de l'itinérance augmente. Il faut continuer la bataille et que cet argent soit indexé. Souvent, nous recevons une enveloppe pour chaque année, mais le montant n'est pas indexé.
Il faudrait aussi avoir la possibilité de reporter des sommes. Administrativement parlant, les sommes qui sont engagées pendant une année ne peuvent pas être reportées l'année d'après. Parfois, ça rend le travail difficile, d'autant plus que les règles administratives ne sont pas si évidentes que ça. Ça amène les groupes à travailler beaucoup sur la reddition de comptes et moins avec les personnes en situation d'itinérance, alors que c'est ce qu'ils voudraient.
Un dénombrement des personnes en situation d'itinérance a été fait au Québec, et on est passé de 10 000 à 12 000 personnes en situation d'itinérance visible. Nous nous attendons à ce que ce nombre continue d'augmenter.
L'itinérance est dans toutes les régions du Québec, et je pense qu'elle doit aussi être dans toutes les régions de l'Alberta. Il y a de l'itinérance un peu partout, et c'est très inquiétant. Des petites villes qui n'avaient pas de problème d'itinérance en ont maintenant. Certains membres du Comité, par exemple Mme Larouche, M. Joseph et Mme Desrochers, sont très présents sur le terrain.
Vous le voyez, il y a de l'itinérance partout. Nous avons encore du travail à faire pour renverser la tendance.
Je termine sur ça.
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C'est sûr que, la prévention, c'est important. Par exemple, des jeunes qui sortent des centres jeunesse se retrouvent sans soutien et finissent dans la rue. Ce n'est pas ce que nous voulons. L'itinérance n'est pas leur parcours de vie. Il faut donc intervenir rapidement auprès de ce type de clientèle. Nous ne voulons pas que ces jeunes se retrouvent en situation d'itinérance. Comme tous les membres du Comité, nous voulons mettre fin à l'itinérance. Il s'agit d'une façon importante de donner la priorité à ces jeunes.
Ces temps-ci, un phénomène nouveau émerge dans les grands refuges, que Mme Clarkson vit sûrement à Calgary. Des gens qui travaillent, qui ont un emploi, se retrouvent dans les centres. Ça n'a pas de bon sens. Il faut travailler avec ce type de clientèle. Quand on parle de cas lourds, c'est plus complexe quand vient le temps d'intervenir. Or ces cas sont moins complexes: comme ces gens ont moins d'expériences d'itinérance, la montagne à gravir est moins haute. Il est important de rejoindre les jeunes de 18 à 25 ans et les travailleurs.
Par contre, quand il s'agit d'intervenir dans des cas complexes, ça veut dire qu'il faut développer des liens. Quand quelqu'un de sa famille, qu'il s'agisse d'un frère, d'une sœur ou d'un oncle, a un problème de toxicomanie et de dépendance, ça prend du temps avant qu'on puisse développer un lien de confiance avec eux; il n'y a pas de baguette magique. Le profil des gens en situation d'itinérance diffère partout au Canada: il y a des jeunes, des personnes âgées et des gens qui travaillent. Leurs parcours sont totalement différents, et c'est la raison pour laquelle il faut aborder chaque cas selon sa particularité. Il y a aussi le cas des Autochtones. Si des gens du Manitoba étaient ici, à côté de moi, ils pourraient nous parler des Autochtones qui vivent à Winnipeg. Ce sont des situations complexes.
Pour ce qui est du Québec, ce qu'il fait de bien, c'est qu'il travaille de façon collective dans les écosystèmes. Il y a plusieurs écosystèmes au Québec — on peut en nommer une quinzaine. Que ce soit à Trois‑Rivières, à Longueuil, à Montréal ou à Laval, chaque écosystème aborde le problème de façon un peu différente. Ça change les choses quand les collectivités travaillent ensemble, quand les collectivités, les villes, les policiers, les groupes communautaires et le palier municipal travaillent collectivement. Travailler en partenariat, ça change considérablement les choses. Il n'y a pas qu'une solution, il y en a plusieurs.
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C'est tout à votre honneur de travailler dans un milieu qui n'est pas toujours facile.
Comme vous l'avez dit, ça brasse beaucoup, mais ça ne brasse pas juste à Montréal et sur la Rive-Sud. Je suis députée et ma ville-centre, c'est Granby. L'itinérance s'est énormément répandue. Même dans les couronnes autour des grands centres, l'itinérance est souvent moins visible, mais en forte croissance.
Au-delà du nombre de gens en situation d'itinérance visible, on pourrait parler aussi de ceux qui sont en itinérance cachée, comme des femmes qui acceptent d'aller sur un divan en échange de certains services, malheureusement, et dans des conditions pas toujours évidentes. Je pense aussi à un témoignage que j'ai entendu, la semaine dernière, d'une mère et de sa fille qui sont obligées de demeurer chez un oncle dans une maison dans des conditions sanitaires douteuses, pour le dire ainsi, parce qu'elles n'ont pas d'autre endroit. Elles n'arrivent pas à trouver quelque chose d'adapté pour elles. Comment cette réalité se manifeste-t-elle actuellement, cette itinérance cachée? Comment est-ce qu'elle se transporte ailleurs que dans les grands centres?
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L'itinérance cachée est encore plus difficile à l'extérieur des grands centres, quand c'est en région, comme à Granby ou différents endroits, parce qu'on a de la difficulté à la voir. Quand c'est à l'extérieur des grands centres, ça devient difficile pour nos équipes d'aller vers les ressources, d'aller vers les gens, parce qu'ils sont très éloignés. Quand nos équipes vont chez eux, les déplacements sont longs, et elles voient très peu de gens.
On avait un colloque sur l'itinérance à Sherbrooke, lundi, et une des choses qui ont été mentionnées, c'est le lien significatif que tu développes avec ton monde. Quand les gens sont loin, ce lien est difficile à établir. Moi, j'ai des difficultés dans la famille. Il faut que j'aille voir la personne, et il faut que je la rencontre, car nous sommes proches. Il faut développer beaucoup de liens avec les gens. L'itinérance cachée est vraiment un grand défi pour les groupes au Québec et partout, j'en suis convaincu. Il faut être très proactif dans ces approches. Il ne faut pas être réactif; il faut aller vers les gens. Il faut essayer de les identifier.
Il est important d'avoir des gens qui font du repérage. Il faut beaucoup de repérage. Essayons de mettre du monde sur le terrain. De plus en plus, au Québec, nous sommes fiers de nos services de police de proximité. Ils ne font pas seulement de l'intervention, mais ils font beaucoup de repérage. Moi, je l'encourage fortement. On travaille avec différents postes de police. Je pense que, du côté de Trois‑Rivières, on a des trucs aussi. Du côté de Longueuil, on a des trucs. Du côté de Montréal, on a l'Équipe mobile de médiation et d’intervention sociale. Il est important qu'on ait beaucoup de gens sur le terrain qui ne font pas nécessairement de l'intervention, mais qui identifient des personnes, et qui sonnent l'alarme s'ils pensent que quelque chose de grave va se passer.
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Merci, monsieur le président.
Je vous remercie du travail que vous faites dans les collectivités.
Plus précisément, madame Clarkson, j'ai eu l'occasion de visiter le Calgary Drop‑In Centre en août 2023 et j'ai pu voir de mes propres yeux le travail spectaculaire que vous faites au service d'une population très vulnérable, et en particulier les réussites de votre programme de campements ciblés. J'ai rencontré bon nombre des personnes que vous avez sorties des campements, et j'ai pu entendre leurs histoires et leur parcours vers le rétablissement.
Pourriez-vous nous parler un peu de ce programme? Je pose la question parce que de nombreuses collectivités ont des problèmes avec les campements, mais leurs gouvernements provinciaux ou locaux n'ont pas assumé le rôle de leadership que Calgary et l'Alberta ont joué pour démanteler les campements.
Pendant la COVID, d'importants campements se sont installés à l'extérieur de notre principal refuge au centre-ville de Calgary, et il devenait très dangereux pour ces gens, les personnes qui essayaient d'avoir accès à nos services et notre personnel de venir travailler.
Nous avons abordé le Service de police de Calgary avec l'idée de travailler en collaboration avec lui pour régler les enjeux de sécurité de ces campements en adoptant une approche axée d'abord sur les services sociaux et ensuite sur l'application de la loi. Nous avons constaté que de nombreuses personnes dans le campement étaient logées dans la collectivité, mais qu'elles utilisaient des tentes pour camoufler des membres du crime organisé.
Nous avons pris le temps d'identifier les individus dans le campement, de dire qui était en situation de vulnérabilité et qui profitait des autres, et nous avons vraiment concentré nos services sociaux sur les personnes les plus vulnérables, en commençant par travailler avec elles. Dans le cadre de cette initiative, nous avons fourni un logement à 32 personnes issues directement du campement. Elle s'appelait « Opération East Side ». Elle a nécessité une étroite collaboration avec plusieurs services municipaux et a très bien fonctionné. C'est une démarche que nous continuerons à préconiser à chaque occasion.
Chers témoins, laissez-moi commencer par vous remercier d'être ici avec nous, mais, surtout, par vous remercier du travail que vous faites chaque jour. C'est un travail incroyablement important. C'est un travail que vous ne devriez pas avoir à faire, parce qu'on espère pouvoir y mettre fin. Je vous remercie d'être là jour après jour auprès des gens qui en ont le plus besoin.
Monsieur Beauregard, comme vous l'avez mentionné, on est déjà en train de réfléchir au renouvellement de la Stratégie nationale sur le logement du Canada, dont un des piliers va porter sur la lutte contre l'itinérance.
Durant les dernières semaines et les derniers mois, j'ai fait beaucoup de travail sur le terrain pour aller à la rencontre des organismes dans différentes parties du Canada. Ce qui ressort des discussions, c'est vraiment l'importance de la prévention, l'importance des jeunes et l'importance de s'attaquer au pipeline avant. Alors, en ce moment, il faut travailler sur les deux axes: il faut continuer de s'assurer qu'on appuie les gens qui sont dans une certaine situation, et, en parallèle, il faut qu'on puisse travailler sur le pipeline pour prévenir ces situations.
Le programme Vers un chez-soi est important. Vous avez parlé des communautés désignées. Nous sommes vraiment preneurs de vos recommandations.
Madame Clarkson, tout à l'heure, je vais vouloir vous entendre parler un peu plus de votre suggestion au sujet de l'initiative qui, selon vous, pourrait aider, et de la manière dont on pourrait réévaluer le programme Vers un chez-soi en gardant ce qui fonctionne bien et en corrigeant ce qui a besoin d'être corrigé.
Évidemment, le programme pour mettre fin aux campements a été renouvelé. Initialement, c'était un programme de deux ans, qui contenait des mesures d'urgence. On l'a renouvelé pour une troisième année avec un appui supplémentaire de 125 millions de dollars, parce qu'on a entendu que cette mesure avait vraiment aidé les organismes à avoir une meilleure compréhension de ce qu'il se passe sur le terrain.
Alors, ma première question porte sur le programme destiné à mettre fin aux campements. Elle s'adresse à vous deux, monsieur Beauregard et madame Clarkson, mais il faut répondre rapidement, parce que j'ai deux autres questions. Est-ce que vous trouvez que ce programme a beaucoup aidé à développer une meilleure coordination entre les acteurs dans les villes où vous travaillez, à avoir une meilleure compréhension des données et à faire un travail de proximité, dans la rue, pour comprendre les besoins des gens qui sont dans les campements?
Monsieur Beauregard, vous avez mentionné l'étude de l'Union des municipalités du Québec selon laquelle une personne itinérante coûte environ 70 000 $ par année à l'État.
[Traduction]
Nous savons que le soutien des provinces à l'échelle du Canada n'est pas uniforme... lorsqu'il s'agit de fournir des services complets. Puisque je suis très au fait de la situation au Québec, madame Clarkson, j'aimerais que vous nous parliez de cet aspect du soutien à la transition en Alberta et dans d'autres provinces que vous connaissez bien. Avec Maisons Canada, nous disposons d'un milliard de dollars, mais tout dépend de la volonté des provinces de s'engager et d'apporter leur soutien.
Veuillez répondre brièvement, s'il vous plaît.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Beauregard, revenons un peu sur ce que je disais concernant les besoins de financement. Ils sont chiffrés: par exemple, chaque année, juste pour la CDC Haut‑Richelieu‑Rouville, il manque un peu plus de 900 000 $ sur l'ensemble du territoire pour maintenir les services actuels. Pour l'intervention, je pense à des groupes comme Actions Dépendances, Maison Oxygène Haut‑Richelieu, Passe-moi la puck ou POSA/Source des Monts. Cinq services et trois organisations sont présentement en péril et risquent de fermer ou de devoir réduire leurs activités d'ici le 31 mars 2027. Je recevais ces informations au début de la semaine.
Pour ce qui est du programme pour mettre fin aux campements, en début d'année, j'ai réuni autour d'une table des gens de différents organismes qui en bénéficient: l'Auberge sous mon toit, le Passant et le Partage Notre‑Dame à Granby. L'automne dernier, on disait que ça ne serait peut-être pas renouvelé après le 31 mars. Finalement, il y a eu des sommes investies. Toutefois, en quoi cette espèce d'incertitude et ce manque de prévisibilité nuisent-ils à vos organisations et au travail que vous faites?
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'avoir pris le temps de venir nous faire part de leurs expériences. Je tiens également à vous remercier de faire le travail difficile et de reconnaître la dignité de chaque personne, car les gens ont une dignité. Sachez que je vous en suis très reconnaissante et que j'apprécie le travail que vous faites. Je trouve parfois que cet endroit est sans nuance. Or, ce n'est pas la vie, qui comporte bel et bien des zones grises.
Beaucoup de politiques sont enfermées dans l'idée que vous avez votre place soit ici, soit là, et si vous ne correspondez à aucune des deux catégories, alors « tant pis, c'est bien dommage ». Il est important que nous ayons cette zone grise et que les gens en reconnaissent l'importance, parce que je crois que c'est là que se produisent de véritables changements et transformations. Lorsque nous prenons en compte la dignité d'une personne, nous devons aller à sa rencontre là où elle se trouve et lui tendre la main.
Cela va évidemment de pair avec les gouvernements provinciaux et municipaux, et avec des services de soutien complets. C'est également essentiel à cet égard. Je dis toujours qu'on peut mener un cheval à l'abreuvoir, mais qu'on ne peut pas le forcer à boire. C'est la même chose pour nous. Nous pouvons tout faire, mais si la volonté n'est pas là... C'est pourquoi nous allons à la rencontre des gens là où ils en sont et les aidons à amorcer ce changement. Je tiens à vous remercier tous pour ce que vous faites.
Ma première question s'adresse à Mme Clarkson.
De votre point de vue au Calgary Drop‑In Centre, comment l'itinérance à Calgary a‑t‑elle évolué au fil du temps en ce qui concerne les personnes qui franchissent vos portes et les défis qu'elles présentent?
:
Nous ne pouvons pas y échapper.
Dans la ville de Calgary, le nombre de logements très abordables... L'accessibilité financière est formidable, mais elle ne répond pas aux besoins de cette population. Ce sont des logements très abordables et supervisés qui sont essentiels, mais nettement insuffisants en ce moment.
En plus des mesures de soutien en santé dont vous parlez, nous menons actuellement une étude. Nous examinons ce qu'il faudrait pour loger dès demain tout le monde au Calgary Drop‑In Centre. Nous examinons en profondeur les besoins de chaque personne en matière de logement et de soutien. Nous estimons qu'à l'heure actuelle, sur une population moyenne d'environ 800 personnes par nuit dans le refuge, plus de 200 d'entre elles ont besoin d'un soutien plus ferme, dont certaines nécessitent une aide 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour leurs besoins criants.