:
Mesdames et messieurs les membres du Comité, bonjour.
Le greffier m'informe que nous avons le quorum et que nous avons respecté le temps alloué pour nous rendre de la Chambre à la salle de comité à la suite du dernier vote.
Je vous souhaite donc la bienvenue à la 37 e réunion du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.
Le Comité se réunit pour la première heure sur le Budget principal des dépenses 2026‑2027, conformément à la motion adoptée le jeudi 23 avril 2026, et pour la deuxième heure sur les mises en chantier dans le cadre des programmes fédéraux, conformément à la motion adoptée le jeudi 5 février 2026.
La réunion se déroule sous forme hybride, ce qui signifie que des témoins ou des députés pourraient comparaître virtuellement.
Si vous comparaissez virtuellement, vous avez la possibilité — tout comme les personnes présentes dans la salle — de participer dans la langue officielle de votre choix. Si vous êtes dans la salle, veuillez vous assurer de sélectionner le canal sur le casque d'écoute qui vous donne la langue dans laquelle vous souhaitez participer. De plus, veuillez éteindre vos appareils avant de commencer, et veuillez vous abstenir de taper la tige du microphone, dans l'intérêt des interprètes. Si vous comparaissez virtuellement, veuillez cliquer sur l'icône du globe au bas de l'écran de Surface et choisir la langue officielle de votre choix.
Veuillez s'il vous plaît m'aviser en cas d'interruption des services d'interprétation. Nous suspendrons la séance le temps de régler le problème.
Avant d'accueillir nos premiers témoins, j'ai un point à régler. J'ai besoin d'un accord pour adopter un budget de 500 $ pour la réunion sur la Modernisation du versement des prestations qui a eu lieu le jeudi 7 mai. C'était pour la technologie logicielle. Sommes-nous d'accord pour les 500 $?
Des députés: D'accord.
Le président: Je vois qu'il y a consensus, monsieur le greffier.
Conformément à l'article 81(4) du Règlement, nous allons maintenant aborder le crédit 1 sous la rubrique Société canadienne d'hypothèques et de logement.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à notre témoin, l'honorable Gregor Robertson, ministre du Logement et de l'Infrastructure. Il est accompagné du sous-ministre Paul Halucha et de la sous-ministre adjointe et dirigeante principale des finances, Secteur de la gestion intégrée, du ministère du Logement, de l'Infrastructure et des Collectivités, Michelle Baron.
Monsieur le ministre, vous disposez de cinq minutes pour faire une déclaration préliminaire, si vous le souhaitez. En avez-vous préparé une?
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Merci, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, de m'avoir invité à parler aujourd'hui du Budget principal des dépenses 2026‑2027 du portefeuille de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada.
Je suis heureux d'être ici pour vous donner un aperçu et vous parler des progrès que nous avons réalisés pour bâtir des collectivités complètes, connectées et résilientes. C'est notre mission.
Comme le président l'a mentionné, je suis accompagné aujourd'hui de Paul Halucha, notre sous-ministre, et de Michelle Baron, notre sous-ministre adjointe et dirigeante principale des finances.
Je vais tout de suite vous parler de LICC, Logement, Infrastructures et Collectivités Canada, de ses partenaires et de la façon dont nous travaillons en étroite collaboration pour investir dans les infrastructures essentielles qui changent réellement la donne dans les collectivités, grandes et petites. Ensemble, nous prenons des mesures pour bâtir des collectivités plus fortes, avec de bons quartiers et des logements abordables.
[Français]
En ce qui concerne le Budget principal des dépenses de 2026‑2027, Logement, Infrastructures et Collectivités Canada sollicite un financement d'un peu plus de 17 milliards de dollars, soit une augmentation nette de 9 076 $ par rapport au budget principal des dépenses de l'exercice précédent. Cette hausse pour 2026‑2027 s'explique principalement par la poursuite de la mise en œuvre du Programme d'infrastructure Investir dans le Canada et du Fonds pour le transport en commun du Canada. Ces deux programmes assurent des investissements fédéraux à long terme stables, qui contribuent à bâtir des collectivités connectées, à soutenir la croissance économique et à créer de bons emplois.
[Traduction]
Bien que le Fonds pour le transport en commun du Canada, le FTCC, et le Programme d'infrastructure Investir dans le Canada, le PIIC, continuent d'avancer, il est également important que nous regardions vers l'avenir et que nous soulignions les progrès que nous faisons pour soutenir l'infrastructure communautaire, investir dans de grands projets et améliorer l'abordabilité du logement. Grâce au nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes de 51 milliards de dollars, le ministère fait des investissements générationnels qui moderniseront l'infrastructure du Canada, débloqueront l'offre de logements et soutiendront la croissance économique. Cela comprend le financement d'infrastructures propices au logement, d'infrastructures de santé et d'infrastructures dans les collèges et les universités.
Nous avançons rapidement. En mars, nous avons annoncé le partenariat Canada‑Ontario pour la construction, qui réduira les droits d'aménagement et augmentera l'abordabilité du logement. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai annoncé un accord global pour livrer environ...
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Merci, monsieur le président.
Je vais revenir dans le vif du sujet et vous raconter une annonce qui a été faite la semaine dernière avec le Yukon et qui prévoit environ 350 millions de dollars d'investissements dans le logement et l'infrastructure dans le cadre du Fonds pour bâtir des collectivités fortes et de Maisons Canada, en partenariat avec le gouvernement territorial du Yukon. Nous faisons de bons progrès, mais il y en a certainement beaucoup d'autres à venir.
Logement, Infrastructures et Collectivités Canada joue également un rôle de chef de file pour soutenir les Canadiens les plus vulnérables par l'entremise de Vers un chez‑soi, du Programme de lutte contre l'itinérance chez les vétérans et de l'Initiative pour les sans‑abri et les campements. Notre gouvernement fournit un financement ciblé pour soutenir la réduction et la prévention de l'itinérance.
En septembre 2025, Maisons Canada a été créé pour construire plus de logements partout au pays et des logements abordables plus rapidement. Depuis son lancement, Maisons Canada a agi rapidement pour lancer des projets de logement. Elle a déjà fait avancer six projets de construction directe à Dartmouth, Longueuil, Ottawa, Toronto, Winnipeg et Edmonton, et s'est engagée à lancer les travaux cette année. De plus, six grands partenariats ont déjà été conclus avec des partenaires provinciaux et communautaires. Nous ne faisons que commencer. Il y a encore beaucoup à venir.
La SCHL et la Banque de l'infrastructure du Canada sont des partenaires importants qui continueront de jouer un rôle essentiel dans l'édification d'un Canada fort. À l'avenir, la SCHL se concentrera sur son rôle principal en tant que principale institution de financement de l'habitation axée sur le marché au Canada, en mettant l'accent sur ses responsabilités en matière d'assurance prêt hypothécaire, de titrisation et de financement de la construction de logements locatifs pour soutenir l'offre de logements. Il y a eu une forte participation au Programme de prêts pour la construction d'appartements, qui permet de construire des niveaux records de logements locatifs partout au pays.
[Français]
La Banque de l'infrastructure du Canada continuera également à jouer un rôle central dans le lancement de notre programme d'infrastructure en accélérant les investissements dans les projets à fort impact qui s'harmonisent avec les priorités nationales. Le budget principal des dépenses dont le Comité est saisi aujourd'hui permet à Logement, Infrastructures et Collectivités Canada de respecter ses engagements ambitieux envers les Canadiennes et les Canadiens. Ces engagements contribuent à faire croître l'économie et à soutenir les travailleurs, les emplois et les industries du Canada.
[Traduction]
Tous les membres du Comité savent qu'en ce moment critique de l'histoire de notre pays, le moment est venu d'investir en nous‑mêmes, de nous renforcer et de nous construire. Nous prenons des mesures pour accroître l'abordabilité du logement et pour construire des infrastructures générationnelles et des collectivités fortes aujourd'hui et à l'avenir.
Je vous remercie et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
Je tiens à féliciter M. le ministre de nous avoir fait l'honneur d'être là aujourd'hui, parce que nous sommes conscients qu'il a énormément de travail. En ce qui a trait à l'enjeu de l'itinérance, nous voyons qu'il se donne à 300 %.
Merci beaucoup, monsieur le ministre.
Avant de vous poser ma question, je veux dire que tout le monde autour de cette table est conscient que l'itinérance est un enjeu qu'on ne doit pas prendre à la légère. Vous l'avez démontré. Aucune province ne peut renverser cette tendance seule. Le fédéral et les municipalités ne peuvent le faire seuls non plus.
Comment renforcer la collaboration avec le Québec, surtout, pour réduire durablement l'itinérance?
On peut parler des autres provinces aussi. On est conscient que le Québec a prouvé qu'il était très conciliant pour collaborer avec le fédéral. C'est pour ça que j'ai mentionné le Québec dans un premier temps.
:
Je vous remercie de la question. J'y répondrai en anglais.
[Traduction]
D'abord et avant tout, nous avons consacré 1 milliard de dollars des 13 milliards de dollars prévus dans le budget de 2025 pour que Maisons Canada appuie les logements supervisés et de transition. C'est l'approche la plus éprouvée pour lutter contre l'itinérance. Nous avons quelques milliers de logements en construction avec Maisons Canada qui seront des logements supervisés et de transition. Nous avons déjà une entente à cet égard entre la province du Québec et Maisons Canada pour construire des centaines de logements supervisés et de transition au Québec. Je m'attends à ce qu'il y en ait beaucoup d'autres, en particulier à Montréal et à Québec, où les maires ont parlé haut et fort du défi et de la nécessité d'investir dans les logements supervisés et de transition.
Nous avons Vers un chez‑soi. Il s'agit du programme global de la Stratégie nationale sur le logement qui offre un soutien aux personnes qui sont sans abri ou qui risquent de le devenir. Près de 112 000 Canadiens ont trouvé un logement stable grâce à Vers un chez‑soi au cours des dernières années. Les services de prévention ont aidé plus de 200 000 Canadiens, et nous devons poursuivre ce travail. Vers un chez‑soi conclura ses travaux en 2028. Nous allons nous engager cet été à parler de la façon dont nous poursuivons le programme Vers un chez‑soi.
L'initiative des sans‑abri et des campements a été financée pour une année supplémentaire, alors elle ne viendra pas à échéance à la fin du mois de mars. Nous avons poursuivi ce travail et nous travaillons avec le gouvernement du Québec pour nous assurer qu'il se poursuivra pendant deux ans dans le cadre du partenariat avec ce gouvernement.
Nous cherchons à vraiment intensifier le travail, parce que l'itinérance s'est aggravée. Cela continue d'être un véritable défi partout au pays. Nous devons continuer à intensifier notre travail, à investir dans les logements qui règlent le problème et à nous assurer que les provinces font leur part en finançant les soutiens en santé et les soutiens globaux avec des logements supervisés qui sont essentiels pour permettre aux gens d'être stables.
Nous devons nous assurer que les villes font aussi leur part. Tous les partenaires doivent s'asseoir à la table, et nous savons certainement que nous avons une grande responsabilité à cet égard.
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
Nous constatons que le nombre de sans-abri continue d'augmenter dans certaines collectivités. Nous constatons également un certain plafonnement, enfin, après de nombreuses années de croissance des dénombrements ponctuels. Nous constatons que la croissance est réduite, mais l'itinérance continue d'être un problème inacceptable que nous devons résoudre.
Beaucoup de données sont recueillies au moyen de dénombrements ponctuels, et il y a actuellement un effectif fantastique de personnes qui travaillent à résoudre le problème de l'itinérance partout au Canada. Beaucoup de bénévoles y travaillent. C'est pourquoi tous les ordres de gouvernement doivent redoubler d'efforts pour investir dans les solutions et aider la communauté des personnes qui examinent la question de l'itinérance.
Le programme Vers un chez‑soi sera essentiel à notre travail à l'avenir pour nous assurer que le gouvernement du Canada fait sa part. Encore une fois, je vais parler de l'importance des logements supervisés et de transition. Nous devons nous assurer que nous construisons des logements qui règlent réellement le problème de l'itinérance. Tant que nous n'aurons pas une offre de logements qui fonctionne pour les personnes qui risquent de vivre dans des conditions difficiles ou qui vivent dans des conditions difficiles, nous n'aurons nulle part où les diriger en dehors des refuges.
Il est important d'avoir l'ensemble du continuum, mais surtout d'investir dans des solutions à long terme.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le ministre, d'abord, je vous remercie beaucoup d'être avec nous aujourd'hui pour parler de cette question si importante.
La question du logement social et de l'itinérance frappe directement la circonscription de Shefford, plus particulièrement la ville de Granby. Je viens de passer deux semaines dans ma circonscription, et il n'y a pas une journée où on ne m'a pas parlé de l'enjeu de l'itinérance et du logement social, communautaire et abordable.
Avant de poser mes questions, je voudrais parler de la dernière fois que vous êtes venu ici. Vous aviez parlé de Vers un chez-soi, un programme fédéral qui peut améliorer la vie des gens en situation d'itinérance. Je pense à des organismes comme Impact de rue Haute‑Yamaska, qui fait un travail exceptionnel chez nous, la maison Le Passant, l'Auberge sous mon toit ou le Partage Notre‑Dame. Cependant, le problème, c'est que Granby n'est toujours pas une communauté désignée, ce qui fait qu'en ce moment, le financement pour la lutte contre l'itinérance va vers Sherbrooke. C'est une demande de la mairesse que Granby soit une communauté désignée, parce qu'actuellement, Granby n'arrive pas à avoir sa part pour lutter contre l'itinérance.
Il y a d'autres communautés qui vivent ces réalités sur la rive sud. Mon territoire se rend jusqu'à Rouville. Or, à peine quelques minutes avant la réunion du Comité, j'ai reçu une lettre de la Corporation de développement communautaire Haut‑Richelieu—Rouville, qui m'a interpellée pour dire que les organismes pour aider les personnes en situation d'itinérance, que ce soit la Maison Oxygène Haut‑Richelieu, Passe-moi la puck ou POSA Source des Monts, ont besoin de financement récurrent. Ça ne fonctionne pas. La hausse de l'itinérance frappe aussi le Haut‑Richelieu et Rouville.
Monsieur le ministre, ce programme est apprécié, mais il faut manifestement l'ouvrir à de nouvelles communautés désignées.
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
Avec le renouvellement de Vers un chez‑soi, il sera important pour les organisations de voir cet engagement à plus long terme. Le défi que nous avons en ce moment, c'est que la Stratégie nationale sur le logement est dans sa dernière étape. Vers un chez‑soi en fait partie, et certaines organisations s'inquiètent de ce qui se passera à l'avenir. Tant que je serai ministre, je veux que cet investissement se poursuive et augmente afin de lutter contre l'itinérance. Le problème continue d'être très difficile partout au pays.
Nous aimerions entendre ce que vos communautés ont à dire pour savoir exactement quel soutien est nécessaire pour faire plus de progrès. Je serais heureux de vous entendre parler des organisations, en particulier, et des collectivités qui ont besoin de soutien. C'est une chose sur laquelle nous pouvons continuer à travailler ensemble.
Il faut s'y attaquer sur le terrain, dans chaque collectivité. Je le sais en raison de mon expérience en tant que maire. Le soutien doit venir du fédéral. Cependant, en ce qui concerne la meilleure façon de résoudre le problème sur le terrain au sein des collectivités, nous avons également besoin de ce savoir et de ce leadership locaux. J'ai hâte d'entendre ce que vous avez à dire sur la meilleure façon de travailler avec vos communautés.
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Merci, monsieur le président.
Bonjour, monsieur le ministre. Je vous remercie d'être ici avec nous aujourd'hui.
D'entrée de jeu, j'aimerais aussi vous remercier de votre ouverture d'esprit et de votre compréhension en ce qui concerne l'itinérance et le cri du cœur du milieu communautaire.
Je suis de la circonscription de Brome—Missisquoi, qui est la circonscription voisine de celle de ma consœur, Mme Larouche. Dans ma circonscription, nous vivons aussi ces défis. Je serai toujours heureux de vous y recevoir afin de rencontrer les gens. Vous serez toujours le bienvenu.
J'ai été maire de la ville de Bromont durant huit années. C'est une ville un peu plus petite que Vancouver. En tant que maires, nous vivons sûrement les mêmes défis, peu importe la grosseur de la ville. On sait qu'à Québec, le chapitre M‑30 de la Loi sur le ministère du Conseil exécutif fait que, souvent, l'argent du fédéral doit passer par Québec. Plusieurs maires, y compris moi-même, ont eu à gérer ça et, souvent, des travaux ont dû être retardés, ont coûté plus cher ou ont carrément été abandonnés.
Au cours des deux semaines que nous venons de passer dans nos circonscriptions, j'ai été invité par l'Union des municipalités du Québec à leurs Assises annuelles. Nous y avons beaucoup parlé du déficit d'infrastructures.
Est-ce que vous pourriez nous faire une mise à jour sur les négociations avec le Québec concernant le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, qui est quelque chose de très important?
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
En matière d'infrastructures, il y a deux nouvelles majeures.
Nous avons réussi à conclure un protocole d'entente avec le gouvernement du Québec afin d'orienter notre collaboration en matière de logement et d'infrastructures. Nous avons mis en place une table de concertation réunissant les deux ordres de gouvernement, dans le but de financer des projets de logements abordables, et de veiller à ce que nos priorités soient alignées. La coordination demeure excellente entre les différents ordres de gouvernement, ainsi que tous nos partenaires communautaires. Comme vous le savez, les infrastructures et le logement vont de pair. En tant qu’ancien maire de Vancouver, je suis tout à fait conscient qu’on ne construit pas de logements sans infrastructures. Conscients de la nécessité d’accélérer les travaux d’infrastructure, nous avons annoncé la signature de l’entente relative au Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, qui totalise un milliard de dollars que le gouvernement fédéral compte investir au Québec afin de moderniser les infrastructures de logement essentielles et d’accélérer les travaux sur les projets de logement. Bref, voilà pour le Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement.
La prochaine étape est le Fonds pour bâtir des collectivités fortes. Nous menons actuellement des négociations très fructueuses avec le Québec et espérons pouvoir vous annoncer de bonnes nouvelles très prochainement. Cela ouvrira la voie à un financement accru des infrastructures liées au logement. Parallèlement, nous concluons des accords en matière de logement et d’infrastructures et nous nous réjouissons à l’idée de prolonger ces nouveaux accords dans le cadre du Fonds pour bâtir des collectivités fortes et de l'agence Maisons Canada.
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
Le Programme de prêts pour la construction d'appartements relève de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la SCHL. Il s'agit d'un programme de prêts destiné spécifiquement au logement locatif. En fait, ce programme connaît un grand succès à l'échelle nationale, notamment grâce à des dizaines de milliards de dollars investis dans le logement locatif. Comme vous l'avez dit, la construction de tous ces nouveaux logements locatifs a contribué à faire baisser les loyers moyens. En réalité, nous n'avons pas construit suffisamment de logements locatifs pendant une génération, voire plus.
Je peux vous fournir une mise à jour des données.
Monsieur Halucha, disposez-vous de données récentes sur les résultats actuels du Programme de prêts pour la construction d'appartements au Québec?
Nous pouvons vous transmettre ce type de renseignements afin que vous puissiez connaître la situation précise dans votre circonscription et votre province.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le ministre, non seulement les groupes communautaires sont à bout, mais les maires de certaines petites municipalités se demandent aussi s'ils vont avoir leur part des fonds de Maisons Canada.
On sait aussi que le Québec possède ses propres outils en habitation, alors, pourquoi est-ce qu'Ottawa continue de multiplier les programmes en imposant ses propres critères, au lieu de transférer davantage de fonds de façon prévisible au Québec? Ce sont des inquiétudes ressenties de Racine à Sainte‑Cécile‑de‑Milton, qui ont peur de ne pas avoir leur part des fonds dans ce programme.
J'ai une autre question, alors je vous demande de répondre en 30 secondes, si c'est possible.
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
Nous accordons une grande importance au logement communautaire par l'entremise de l'agence Maisons Canada. À l'heure actuelle, je pense que la majorité des propositions soumises à ce programme émanent de promoteurs communautaires. On constate une augmentation considérable des capacités des promoteurs communautaires à travers tout le pays.
C'est d'ailleurs ce que l'on constate au Québec. Lorsque je me suis rendu au Québec il y a quelques semaines pour annoncer les projets issus de l'entente conclue avec cette province, plusieurs d'entre eux devaient être mis en œuvre sur le terrain par des acteurs locaux. Bon nombre de ces projets étaient également destinés aux populations vulnérables et aux personnes âgées.
C'est sans aucun doute au cœur même du travail accompli par l'agence Maisons Canada. Le Canada et le Québec s'accordent pour s'assurer que nous mettons l'accent sur l'accessibilité au logement à long terme et sur les besoins des personnes les plus vulnérables. Dans de nombreux cas, ces projets ont pris du retard. Peut-être que par le passé, les risques étaient trop importants, mais l'agence Maisons Canada s'attelle désormais à les mener à bien.
:
De quel problème en particulier? En ce qui concerne spécifiquement la lutte contre l'itinérance, le programme Vers un chez-soi: la stratégie canadienne de lutte contre l'itinérance, constitue notre principale initiative visant à lutter contre ce phénomène et à le prévenir. Ce programme comprend plusieurs volets.
Par exemple, l'Initiative de lutte contre l'itinérance hors refuge et les campements est un volet qui a été reconduit cette année. Ce programme vise à trouver des solutions au problème des campements et à aider les personnes concernées à accéder à un refuge, puis à un logement.
Le programme Vers un chez-soi propose toute une série de mesures de prévention, et 200 000 personnes ont bénéficié de son aide pour éviter de se retrouver à la rue. Ce programme a été mis sur pied en partenariat avec les gouvernements des provinces et des territoires, les autorités municipales, ainsi que différents organismes locaux.
En fin de compte, les associations locales apportent leur aide à ceux qui cherchent un logement ou à ceux qui ont besoin d'un soutien dans la rue, au sens propre du terme. Les travailleurs de terrain bénéficient de ce soutien, souvent dans différentes collectivités.
Du côté des solutions, et j'en ai déjà parlé tout à l'heure, il s'agit de bâtir des logements supervisés et de transition. Nous disposons d'une enveloppe initiale de 1 milliard de dollars par l'entremise de l'agence Maisons Canada. Dans le cadre de cette initiative, plusieurs milliers de logements sont en cours de construction partout au pays, et nous souhaitons en voir beaucoup plus.
Nous comptons sur les gouvernements des provinces pour qu'ils augmentent leurs budgets en santé, et qu'ils mettent en place les mesures d'accompagnement nécessaires afin de permettre aux personnes de s'installer durablement dans des logements d'accompagnement et de transition. Il s'agit d'un volet que nous menons en partenariat avec les provinces. Nous mettons tout en œuvre pour multiplier ces partenariats afin de construire davantage de logements dès que possible et d'y accueillir des résidants.
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Merci, monsieur le ministre. Cela a retenu mon attention lorsque vous en avez parlé.
Voilà qui conclut la période des questions.
Avant de passer au prochain segment de la réunion, je dois poser une question au Comité.
Le crédit 1 sous la rubrique Société canadienne d'hypothèques et de logement, moins la somme de 1 532 929 841,75 $ attribuée dans les crédits provisoires, est‑il adopté?
SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HYPOTHÈQUES ET DE LOGEMENT
ç
Crédit 1 — Remboursement en vertu des dispositions de la Loi nationale sur l'habitation et de la Loi sur la Société canadienne d'hypothèques et de logement..........6 128 083 371 $
(Le crédit 1 est adopté avec dissidence.)
Le président: Dois‑je faire rapport à la Chambre de ces crédits du budget principal des dépenses, moins la somme attribuée dans les crédits provisoires, ou les députés préfèrent-ils attendre après la séance de jeudi pour se prononcer à cet égard?
Des députés: Faites‑en rapport à la Chambre.
Le président: D'accord.
Merci au ministre et aux fonctionnaires de leur comparution.
Nous allons suspendre nos travaux le temps de nous préparer à la prochaine heure.
:
Nous reprenons nos travaux.
Pour ceux qui viennent de se joindre à nous, je vais rappeler quelques consignes.
Vous avez la possibilité de participer à cette séance dans la langue officielle de votre choix. Pour ceux qui sont dans la salle, veuillez sélectionner le canal approprié sur votre casque pour obtenir la langue qui vous convient. Pour ceux qui participent virtuellement, veuillez cliquer sur l'icône en forme de globe au bas de votre écran et choisir la langue officielle qu'il vous faut. S'il y a un problème avec l'interprétation, veuillez me le signaler. Nous suspendrons la séance le temps de le résoudre.
Les témoins participant à distance ont fait l'objet d'un test de son dans les deux langues et ont été autorisés à participer.
Veuillez poser toutes vos questions par l'entremise de la présidence.
Je souhaite la bienvenue aux trois témoins qui forme ce groupe d'experts.
De la Real Property Association of Canada, présent en personne, nous avons Michael Brooks, président-directeur général. De la Société de logement communautaire de Toronto, nous avons Sean Baird, président et chef de la direction. De Wesgroup Properties, nous avons Brad Jones, directeur principal du développement. Ces deux derniers témoins se joignent à nous par vidéoconférence.
Chaque témoin dispose de cinq minutes pour sa déclaration liminaire.
Le premier à parler sera M. Brooks, qui se trouve dans la salle. Monsieur Brooks, vous avez cinq minutes.
REALPAC: Qui sommes-nous? Nous sommes une association professionnelle fondée il y a 55 ans qui représente les propriétaires immobiliers institutionnels, la quasi-totalité des caisses de retraite au Canada, toutes les grandes sociétés d'investissement immobilier cotées à la Bourse de Toronto et les sociétés d'exploitation immobilière, ainsi que l'ensemble des banques et des compagnies d'assurance-vie par l'intermédiaire du groupe de crédit. Appelez cela simplement l’immobilier institutionnel, qui comprend généralement l’immobilier générateur de revenus et toutes les catégories d’actifs, y compris les immeubles multifamiliaux. Nos membres possèdent probablement un quart de million de logements à l'échelle du pays, en tant que propriétaires et investisseurs à long terme.
Aujourd’hui, vous vous penchez sur les mises en chantier qui prennent place dans le cadre des programmes fédéraux de logement. Je voudrais prendre un moment pour définir ce que l’on entend par « perspectives d’avenir » par opposition aux mises en chantier. Pour ceux d’entre vous qui étaient là lorsque M. Moffat a comparu, je pense qu’il a donné une définition technique de ce qu’est une mise en chantier. Ce que je dirais à propos des mises en chantier en général, c’est qu’elles constituent un indicateur décalé de l’activité économique. Une mise en chantier est le résultat d'une décision prise il y a deux, quatre ou cinq ans sur la base d’un budget que le promoteur souhaitait voir se matérialiser. Or, en quoi les logements construits expressément pour la location pourraient‑ils être une proposition risquée? Ils le sont parce que les coûts varient entre le moment où l'on s'engage dans le projet et celui où les logements sont enfin offerts aux utilisateurs finaux aux fins de location.
Les mises en chantier dans leur ensemble peuvent sembler plus solides que le futur oléoduc. Si l'on voulait vraiment disposer d'un indicateur prospectif, il faudrait examiner les ventes de logements neufs destinés à la vente et les engagements de construction de logements construits expressément pour la location, probablement par le truchement de programmes de prêts de la SCHL. Si vous examinez ces données aujourd’hui — à cet égard, je vous recommande un rapport économique récemment publié par la BMO —, il y a tellement de projets de logements construits expressément pour la location en cours que l’on peut dire que nous nous retrouvons avec une légère surabondance de l’offre. Cette surabondance s’accentuera si nous maintenons les niveaux d’immigration actuels dans les années à venir. La BMO indique qu'au Canada, 180 000 logements sont en cours de construction dans le cadre de projets de logements construits expressément pour la location.
Selon Urbanation, le taux d’inoccupation à Toronto et dans la région du Grand Toronto est d’environ 5 %, et le taux de disponibilité est d’environ 8 %. Les économistes estiment que le taux d’équilibre pour les logements neufs construits expressément pour la location se situe entre 3 et 5 %. C’est le chiffre à partir duquel les deux parties ont le choix. Nous aurons des logements locatifs vacants, et comme les propriétaires de ces immeubles chercheront de nouveaux locataires, nous aurons peut-être droit à des stratégies tarifaires encore plus concurrentielles, généralement sous forme de périodes de loyer gratuit. Bien que la mise à jour économique du printemps ait annoncé une augmentation du financement des programmes de prêts pour les logements construits expressément pour la location, j'estime qu’une partie de ces fonds pourrait rester inutilisée, attendu que la demande est appelée à s’essouffler.
Je viens de lire un titre en Nouvelle-Écosse indiquant que Killam Properties déclare ne plus construire de nouveaux projets. Pourquoi? Parce que la rentabilité n'est plus au rendez-vous. Si les loyers baissent, qu'il faut accorder des périodes sans loyer et que la rentabilité du projet n'est plus viable, surtout compte tenu des risques, pourquoi se lancer? C'est, selon moi, la situation du marché locatif vers laquelle nous nous dirigeons.
Ce qui s’est passé dans notre secteur, c’est un peu un effet yo-yo lié à l’immigration. Il y a 3 ans, nous avions entre 1,3 million et 2 millions d’immigrants, travailleurs étrangers temporaires et étudiants compris. J’ai vu les deux chiffres. La réalité se situe quelque part entre les deux. Les loyers ont grimpé en flèche, comme nous le savons tous. Nous avions à l'époque des projections sur les besoins en matière de nouvelle offre, tant pour les logements à vendre que pour les logements à louer. Sauf que, là encore — toujours selon un récent rapport de la BMO sur l'économie —, le Canada est désormais dans un scénario d’immigration nette négative.
Comment pouvons-nous être en situation d’immigration nette négative? Eh bien, c’est parce que les étudiants étrangers doivent partir et que nous avons réduit le nombre de travailleurs étrangers temporaires. Or, lorsqu'on se trouve avec une immigration nette négative, on voit facilement où se trouvent les locataires.
Ils ne sont pas là, et c’est pourquoi l'on observe beaucoup plus de périodes sans loyer. L’immigration doit faire partie du débat sur le logement, et elle doit être normalisée.
Enfin, j’aimerais parler des mesures de relance axées sur la demande, nommément des remboursements de la TPS. Ces mesures sont très utiles, mais il est trop tôt pour dire si elles seront efficaces, d’autant plus que le remboursement supplémentaire de la TPS prend fin en mars.
J'attends vos questions avec impatience.
:
Monsieur le président, distingués membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invité à comparaître.
Je m'appelle Sean Baird. Je suis président et chef de la direction et de la Société de logement communautaire de Toronto, ou SLCT.
La SLCT est la plus grande fournisseuse de logements sociaux au Canada et l'une des principales bâtisseuses publiques de logements très abordables du pays. Elle héberge plus de 100 000 personnes réparties dans 60 000 logements situés à Toronto.
Constitué au fil des décennies grâce à des investissements fédéraux et municipaux, notre portefeuille représente un actif public de 20 milliards de dollars et compte pour une part importante de l'offre de logements très abordables au Canada.
Depuis 2019, la SLCT a obtenu près de 100 millions de dollars de financement fédéral par l'intermédiaire du Fonds pour le logement abordable de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, et nous avons construit plus de 10 000 logements ces dernières années.
Or, nous ne sommes pas seulement un fournisseur de logements, puisque nous offrons une solution pleinement intégrée à la crise du logement, avec la capacité de rénover, de gérer et de construire des logements abordables à une échelle inégalée au Canada. Cette capacité est importante, car la question qui se pose n'est pas seulement de savoir combien de logements le Canada peut construire, mais aussi de déterminer si nous sommes capables d'entretenir et de préserver ce que nous avons déjà.
Je tiens à attirer votre attention sur le cadre de cette étude. Le fait de se pencher sur les mises en chantier qui s'inscrivent aux termes des programmes fédéraux est une démarche louable, mais si nous nous concentrons uniquement sur les mises en chantier, nous risquons de passer à côté de la crise du logement la plus urgente que connaît présentement le pays, c'est‑à‑dire la perte des logements très abordables qui existent déjà.
À la Société de logement communautaire de Toronto, sans nouveaux investissements, le montant de notre arriéré de réparations majeures devrait atteindre 4,7 milliards de dollars d'ici 2034. La part de nos logements en état critique passerait de 4 à 54 % au cours de la prochaine décennie, ce qui ferait en sorte que nous nous retrouverons avec 30 000 logements en mauvais état. Même une hausse sans précédent des mises en chantier de logements neufs aurait du mal à compenser cette perte.
Nous avons déjà résolu ce problème par le passé. En 2019, le gouvernement fédéral s'est engagé à verser 1,34 milliard de dollars dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, et ensemble, nous avons redonné à des milliers de logements un cycle de vie équivalent à celui d'un logement neuf. C'est un scénario qui s'applique tout aussi bien à la plupart des autres fournisseurs de logements abordables à travers le Canada.
La prévention est bien plus rentable que la reconstruction, et chaque logement que nous perdons est un logement que nous aurons du mal à remplacer. Au coût actuel, le remplacement par du neuf d'un logement très abordable nécessite un investissement public initial important et ne génère aucune capacité de remboursement de la dette.
Cela m'amène à mon deuxième point: les logements très abordables ne peuvent pas être financés exclusivement par des prêts.
Ce n'est pas principalement une question de taux d'intérêt, mais bien d'économie. Un ménage qui paie un loyer indexé sur le revenu représentant 30 % d'un revenu modeste ne génère tout simplement pas les rendements nécessaires pour rembourser un prêt immobilier. Même un financement très avantageux ne peut combler cet écart.
Les programmes fédéraux basés sur des prêts sont efficaces pour les logements du marché et les logements destinés aux ménages à revenu moyen, mais ils ne permettent pas de produire des logements avec loyer indexé au revenu à l'intention des Canadiens qui sont au bas de l'échelle. Seules les subventions en capital et les contributions directes peuvent y parvenir, et nous saluons l'accent mis par Maisons Canada sur l'offre de logements très abordables.
C'est quelque chose que nous constatons constamment. Même sur des terrains publics et avec le soutien des municipalités et un financement préférentiel, les projets de logements très abordables nécessitent toujours un investissement public initial substantiel. Sans cela, ils ne peuvent tout simplement pas voir le jour.
Cela revêt une importance systémique. Le parc de logements sociaux du Canada occupe de 3 à 4 % du total des logements, alors que dans d'autres pays de l'OCDE, la moyenne est plus proche de 7 %. Nous en sommes donc à un peu plus de la moitié de cette moyenne. Nous en sommes loin, et nous ne sommes actuellement pas en voie de combler cet écart.
Mes recommandations sont relativement simples.
Premièrement, il faut renouveler et augmenter le financement fédéral en capital pour la réparation et la préservation des logements sociaux existants, avec un engagement clair bien au‑delà de 2027.
Deuxièmement, il faut créer un volet dédié aux logements très abordables au sein des programmes fédéraux, structuré explicitement sous forme de subventions d'investissement, et non pas seulement de prêts.
Troisièmement, il faut mesurer le succès en fonction, non seulement des mises en chantier, mais aussi du nombre de logements préservés, du niveau d'accessibilité financière et du nombre de Canadiens ne consacrant pas plus de 30 % de leur revenu au logement. Il faut montrer toute l'étendue de l'incidence positive que nous pouvons avoir sur les Canadiens.
Lorsque des logements très abordables disparaissent, les pressions s'accentuent sur les soins de santé, les refuges et les services sociaux. La mobilité de la main-d'œuvre diminue et les employeurs ont du mal à trouver des travailleurs. Les coûts publics augmentent, souvent bien au‑delà de ce qu'il en aurait coûté de fournir ces logements au départ.
Les mises en chantier sont importantes, mais l'entretien des logements existants l'est tout autant. Ensemble, nous pouvons préserver ces logements, protéger ces ménages et éviter des coûts sociaux et économiques bien plus élevés en aval.
Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui.
Je m'appelle Brad Jones, et je suis dirigeant principal du développement à Wesgroup Properties, une société située à Vancouver, en Colombie-Britannique.
Wesgroup est l'un des plus grands groupes immobiliers privés du Canada, et il a livré plus de 10 000 logements, ainsi que des locaux commerciaux, dans la région métropolitaine de Vancouver.
J'aimerais aborder une question complexe qui revêt une importance de plus en plus grande dans le cadre de la réponse du Canada en matière de logement, à savoir le moment choisi pour mesurer le nombre de mises en chantier et l'incidence de ce choix sur les décisions politiques en matière de logement.
Lorsque les données sur les mises en chantier, telles qu’elles sont actuellement définies, sont utilisées comme des données en temps réel, cela conduit à des mesures politiques malavisées ou à l’inaction. La SCHL considère que la construction d’un bâtiment de faible hauteur a commencé lorsque les fondations ont été coulées, comme c’est le cas pour une maison unifamiliale ou un projet de maisons en rangée. En ce qui concerne les grands projets d’appartements dotés d’un stationnement souterrain, la construction n’est enregistrée que lorsque la structure en béton atteint le niveau du sol. Dans le cas de la construction d’appartements urbains modernes, cela peut survenir de 12 à 24 mois après le début des travaux.
Dans le cadre d'un projet concret que Wesgroup a mis en œuvre, les ventes ont eu lieu en 2022. Les travaux d'excavation ont eu lieu en 2023, et la coulée des fondations en béton au fond de l'excavation a commencé en 2024. Cependant, ce n'est qu'en janvier 2025, lorsque la structure a atteint le niveau du sol, que ce projet est apparu comme une mise en chantier dans les données de la SCHL. Concrètement, cette activité s'est déroulée pendant plus de 18 mois avant d'être comptabilisée comme une mise en chantier.
À mesure que l'offre de logements au Canada s'oriente vers la construction de gratte-ciel en milieu urbain, ces problèmes apparaissent de manière plus marquée dans les statistiques régionales. Le problème, c'est que le report de la publication de ces données fait passer l'activité de construction des années précédentes dans les chiffres actuels, ce qui donne une image trompeuse des conditions actuelles du marché. Ces statistiques sur les mises en chantier ont été largement utilisées par le gouvernement, les économistes et les médias pour évaluer la santé du marché immobilier et l'activité économique en général. Que ce soit ou non la raison d'être de ces statistiques, c'est ainsi qu'elles sont utilisées, et il faut remédier à ce décalage en tenant compte de cette utilisation.
Ces chiffres servent à évaluer les objectifs fédéraux en matière de logement. Les ministres les ont cités publiquement. Les économistes s'en servent comme indicateurs de la santé du marché. Les gouvernements provinciaux et municipaux s'appuient sur ces statistiques pour évaluer les changements à apporter aux politiques sur le logement. Si les projets d'appartements ne sont enregistrés que 12 à 24 mois après le début des travaux, les décideurs politiques réagissent à une situation qui n'est plus d'actualité.
Dans la région métropolitaine de Vancouver, après avoir pris en compte les différences entre les méthodes de suivi du secteur privé, nos conclusions montrent que les mises en chantier rapportées par la SCHL en 2025 ont dépassé l'activité réelle du marché de plus de 5 000 logements, soit un écart d'environ 24 %. Je vais mettre ces chiffres en contexte. La Colombie-Britannique a enregistré 44 000 mises en chantier en 2025. Ce problème, rien que dans la région métropolitaine de Vancouver, représente 12 % des mises en chantier de la Colombie-Britannique. Il s'agit d'un écart de données important qui conduit de nombreux responsables locaux à retarder la prise de mesures lorsqu'ils envisagent d'ajuster leurs politiques, en affirmant qu'ils n'ont pas constaté de diminution du nombre de mises en chantier.
Cela a également des répercussions plus vastes. En raison de ce décalage dans les données, deux milliards de dollars d’activité économique dans la région métropolitaine de Vancouver et environ 10 000 emplois sont associés à ces mises en chantier, qui ont en réalité eu lieu en 2023 et 2024. Je ne cherche pas à accuser la SCHL de communiquer intentionnellement des données inexactes. Le problème est lié au calendrier méthodologique, à une combinaison entre l’utilisation croissante de ces données pour évaluer en temps réel la santé du marché immobilier et le fait que la méthodologie ne rend plus compte de la manière dont les grands projets de construction urbaine se déroulent dans les grandes villes canadiennes. Il faudrait revoir et moderniser cette approche pour établir que les mises en chantier commencent réellement au moment de la délivrance du permis de construction ou du début des travaux d’excavation, afin de mieux rendre compte de l’activité économique qui est réellement en cours. Nous ne pouvons pas gérer efficacement une crise du logement en utilisant des données qui montrent la situation qui existait sur le marché il y a 12 à 24 mois plutôt que celle qui existe à l'heure actuelle.
Je vous remercie de votre attention.
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Commençons par la question des redevances d'aménagement, que nous avons tous évoquée ces dernières années.
Il est encourageant de constater que des mesures sont prises pour réduire les redevances d'aménagement en Ontario. Je pense que les promoteurs immobiliers de la province attendent de voir concrètement à quoi ces redevances ressembleront et comment ces changements seront mis en œuvre. D'une certaine manière, cela pourrait freiner les projets de construction actuels, car les gens attendent de voir ce qu'il en est. La ville de Toronto et les municipalités de la zone de l'indicatif 905 appliquent les redevances d'aménagement les plus élevées du Canada. C'est là un aspect à prendre en compte.
D'après certains entrepreneurs généraux avec lesquels nous avons discuté et certains de nos membres, les coûts de construction ont bel et bien légèrement baissé. Certains de nos membres vont tout de même se lancer, même si le rendement des investissements dans certains projets est assez faible.
Ce sont là deux aspects clés sur lesquels il convient de se concentrer.
Il y a aussi la question du risque. Quel est le risque que l'immigration reste faible pendant une période prolongée et que davantage de personnes quittent le pays, comme des travailleurs étrangers temporaires et des étudiants? Voilà ce qui se passe sur le plan de la demande. Quand atteindrons-nous un équilibre en matière de demande, où l'on pourra compter sur l'intérêt des gens pour la location d'un appartement?
Vous avez évoqué plus précisément les redevances d'aménagement et certaines autres mesures que le gouvernement provincial de l'Ontario met actuellement en œuvre pour alléger le fardeau imposé par l'État dans le cadre de la construction de logements neufs. Je suppose que la situation est la même pour quelqu'un qui s'apprête à acheter une maison, notamment une maison neuve. Ce nouvel acquéreur doit avoir une certaine confiance dans le marché. Je suppose qu'avant qu'un promoteur dépense des dizaines de millions de dollars pour construire un immeuble d'habitation destiné à la location, il doit avoir une très grande confiance dans le marché.
Y a‑t‑il, à l'heure actuelle, un décalage entre les annonces et les mesures prises par le gouvernement et la réalité de ce qui se passe sur le terrain?
Des annonces ont été faites concernant la réduction de la TPS sur les logements neufs, et une annonce a été faite concernant la réduction de moitié des redevances d'aménagement, mais nous ne savons toujours pas comment cela se passera. En ce qui concerne la TPS, on dit qu'elle sera rétroactive au 1er avril, mais il semble y avoir une certaine incertitude parmi les personnes qui envisagent d'acheter une maison neuve quant à la manière dont les choses se passeront, et ces personnes ne sont pas prêtes à prendre ce risque. Cette incertitude existe sur le marché de la vente de maisons. Cela a‑t‑il également des répercussions sur le secteur de la construction de logements locatifs?
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je tiens à remercier les témoins d'être avec nous aujourd'hui.
[Traduction]
Je peux passer à l'anglais.
Cette discussion est très intéressante. Nous menons actuellement une étude sur les mises en chantier, mais aujourd'hui, vous nous dites tous les trois que cet indicateur ne nous est pas d'une grande utilité pour l'élaboration de nos politiques. J'aimerais en savoir un peu plus à ce sujet.
Avant d'aborder ce sujet, il est tout à fait opportun que nous nous réunissions en ce moment, car nous sommes sur le point d'entamer nos consultations sur le renouvellement de notre stratégie nationale sur le logement. M. Brooks a évoqué certains des programmes qui en faisaient partie et qui se sont révélés très efficaces pour accroître le parc de logements partout au Canada.
Avant d'aborder ma question sur les mises en chantier et de déterminer quel serait un meilleur indicateur ou comment nous pourrions mieux analyser cette question dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, je dirais que l'objectif du programme Maisons Canada est de construire davantage de logements abordables. À l'heure actuelle, le parc de logements abordables au Canada représente 4 % de la totalité des logements. Je comprends votre argument concernant les taux d'immigration. La demande va‑t‑elle répondre à l'offre actuelle? Dans de nombreuses municipalités, y compris dans ma propre circonscription, le taux d'inoccupation est d'environ 1,2 % ou 1,3 %. Il était de 0,8 % il y a environ deux ans. Certains des investissements que nous avons réalisés ont vraiment contribué à cette situation.
Nous voulons doubler le nombre de logements abordables. Nous estimons qu'il est important que chacun puisse trouver un logement à un prix abordable et adapté à ses besoins. Nous ne considérons pas cela comme une aide sociale offerte par l'État. Il est important que nous atteignions cet objectif. Il y aura de nombreuses options, et cette option ne sera pas la seule.
J'ai deux questions à vous poser. Pour gagner du temps, je vais les poser toutes les deux, et vous pourrez y répondre tous les trois.
Si nous ne mesurons pas correctement le nombre de mises en chantier — et je comprends votre argument selon lequel nous construisons un nombre de plus en plus important de gratte-ciel —, quelle serait la meilleure façon de rendre compte de la réalité du marché?
Ma deuxième question concerne les mesures d'incitation. Nous pouvons bien sûr continuer d'accroître nos transferts aux provinces, mais si elles ne font pas leur part et ne réduisent pas les obstacles à une construction plus rapide et plus efficace, nous allons devoir continuer de leur verser des fonds.
J'aimerais connaître votre avis à tous les trois à propos de ces questions, si le temps le permet.
On pourrait peut-être commencer par la salle où se trouve M. Brooks.
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Comme je l'ai indiqué, les ventes constitueraient un meilleur indicateur pour orienter les choix politiques. Elles sont bien plus récentes, comme l'a mentionné M. Jones au cours de l'appel virtuel, et elles reflètent mieux la situation actuelle du marché; elles ne se sont pas axées sur ce qui s'est passé il y a trois ans. Si les ventes s'effondraient comme cela a été le cas dans la région du Grand Toronto il y a 12 à 18 mois, nous le saurions. Nous pourrions alors dire: « Attendez un instant. Nous devrions peut-être mettre en place les deux remboursements de la TPS d'un seul coup, au lieu d'en mettre un en œuvre, d'attendre que la tempête se calme, puis de passer au deuxième. »
J'ai perdu le compte à 30 cas de mise sous séquestre, en ce qui concerne les projets de copropriété de l'ensemble du Canada. Il y en a probablement 40 ou 50, et il y en a beaucoup d'autres dont nous n'avons pas entendu parler. Beaucoup de main-d'œuvre est partie. L'un de mes principaux entrepreneurs généraux, dont vous connaissez tous le nom au Canada, m'a dit qu'auparavant, il y avait un rapport de 80‑20, soit 80 % d'activités dans le secteur privé et 20 % dans le secteur public. Aujourd'hui, il y a un rapport de 90‑10. Les 90 % sont des activités liées au secteur public, aux hôpitaux et aux institutions de ce genre. Cela montre à quel point les activités de construction ont chuté, et ce qu'il en reste.
Le deuxième point concerne les mesures d'incitation. Lorsque nous avons conclu l'accord national sur le logement avec l'Institut pour l'intelliProspérité et l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance en 2023, nous avons pris en compte l'ensemble du continuum.
Je suis fermement convaincu de la nécessité d'un engagement du gouvernement en faveur du logement abordable. Nous avons besoin du programme Vers un chez-soi, et nous avons besoin de larges sommes. Nous devons comprendre qu'il y a des compromis à faire. Nous avons un déficit, et il faut décider où ira le prochain dollar. Il y a tant de besoins à satisfaire, mais nous devons absolument consacrer plus de fonds au logement abordable. Mon collègue de la Société de logement communautaire de Toronto a fait valoir d'excellents arguments au sujet de la nécessité qu'il s'agisse de capitaux propres. Ce financement doit être inconditionnel.
Pour compléter ce qu'a dit M. Brooks au sujet des mises en chantier, nous devons probablement tenir compte d'un certain nombre de mesures. Nous devons notamment surveiller les ventes. Comme il l'a mentionné, il aurait été assez évident, il y a plus d'un an, que les ventes et les préventes de logements neufs avaient chuté de plus de 90 % à Toronto et à Vancouver. Nous devons également surveiller le début des travaux d'excavation, c'est‑à‑dire le véritable démarrage des travaux de construction. Certains projets seraient‑ils annulés ou disparaîtraient‑ils des statistiques? Peut-être, mais il s'agit également d'un indicateur important.
Pour ce qui est des mesures incitatives, la discussion en cours au sujet de la TPS revêt une importance capitale pour le secteur du logement neuf. Je pense que même si l'intervention du gouvernement fédéral dans le secteur du logement locatif a eu des répercussions considérables — la part des logements locatifs parmi les nouvelles constructions ayant probablement atteint un niveau jamais égalé au cours de la vie de la plupart des personnes présentes ici —, nous avons perdu de vue le logement destiné à la vente et l'accession à la propriété. Les seuils de la TPS n'ont pas été révisés depuis 1991, et le prix des logements a bien sûr beaucoup changé depuis.
En ce qui concerne les infrastructures, qui sont au cœur des préoccupations du gouvernement, les taxes municipales n'ont jamais été conçues pour faire face au type de pression que la croissance exerce sur les grands centres urbains. Les régions du Grand Vancouver et de la région du Grand Toronto attirent chaque année au moins environ 40 % des immigrants au Canada. La structure de leurs taxes n'a jamais été conçue pour répondre à ce type de besoin en infrastructures; ils utilisent donc les moyens dont ils disposent. Ils répercutent par exemple ces coûts sur les nouveaux logements.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie l'ensemble des témoins, c'est-à-dire MM. Brooks, Jones et Baird, de venir témoigner aujourd'hui pour cette étude si importante sur la question de la mise en chantier, du logement et de l'habitation.
Cette question a été la thématique de mes deux semaines de relâche parlementaire, lorsque j'ai fait mon travail sur le terrain.
Ça a débuté lundi, il y a déjà deux semaines, par la présentation d'un documentaire de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées de Granby, ou AQDR, intitulé Les héros, les zéros… et les incognitos: Vieillir dans l'ombre. À la base, c'est un documentaire sur la question de l'âgisme envers les personnes aînées, mais, finalement, l'AQDR de Granby a beaucoup parlé du combat qu'elle souhaite mener contre la marchandisation du logement.
Ensuite, je suis allée à une rencontre à Valcourt, lors de laquelle on m'a autant parlé des difficultés que les aînés ont pour se loger, y compris dans une coopérative d'habitation où, pourtant, ils paient seulement 75 % d'un loyer normal. Pour la première fois durant les dernières semaines et les derniers mois, il y a des retards de paiement. Les aînés n'arrivent plus à payer leur loyer dans une coopérative d'habitation pour aînés.
Il y a aussi une jeune femme qui se cherche un logement avec sa mère. Toutes les deux ont des difficultés de santé. Elles n'arrivent pas à se trouver un logement, alors, en ce moment, elles demeurent chez un oncle, dans un logement insalubre, dans des conditions dans lesquelles ni vous ni moi ne souhaiterions habiter.
C'est une question de dignité humaine. C'est vraiment le thème de mes deux dernières semaines de relâche parlementaire.
Je vais d'abord m'adresser à vous, monsieur Jones.
Il y a des témoignages de citoyens qui ont l'impression que, dans plusieurs villes, les nouveaux projets immobiliers sont surtout des projets de logements haut de gamme. Comment est-ce qu'on peut s'assurer que les investissements publics servent aussi la classe moyenne et les ménages plus vulnérables?
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Merci pour cette précision.
Je pense que la situation découle d'une combinaison de plusieurs facteurs.
Le premier est le fait que si vous comparez ces logements à ceux construits, disons, dans les années 1970, 1980 ou avant... qui, dans la plupart des grandes villes, constituent l'essentiel du parc immobilier abordable. Le code du bâtiment actuel a considérablement changé. Les politiques municipales imposent souvent des exigences relatives aux commodités intérieures et extérieures, ainsi que des critères de durabilité. Nous construisons des bâtiments bien plus coûteux que ceux de l'époque, adaptés aux conditions actuelles.
De plus, pour que ces projets atteignent les rendements visés et attirent des capitaux ou des investissements en fonds propres, ils doivent être viables et couvrir les coûts de construction de ces logements. On en arrive à une situation où — je parle surtout des grands centres urbains du Canada — le loyer s'élève, disons, à cinq dollars le pied carré, ce qui est assez élevé pour une famille de la classe moyenne. Ces locataires sont probablement aussi en mesure d'accéder au marché de la copropriété. La seule différence entre la location et l'achat d'un appartement en copropriété est la mise de fonds.
On observe également une augmentation des attentes en matière de qualité dans le logement urbain, car on fait des concessions. L'espace étant un peu plus restreint, on recherche un mode de vie offrant plus de commodités dans ces immeubles.
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Merci pour cette question.
La taxe imposée aux acheteurs étrangers est une mesure politique excessivement punitive. Si nous souhaitons mettre en place ce type de contrôle, nous devrions nous intéresser à ce que l'on appelle souvent le « modèle australien ». L'Australie a adopté une politique qui autorise les acheteurs étrangers à acquérir des logements neufs, mais pas ceux qui existent déjà sur le marché, ce qui contribue à stimuler la construction de nouveaux logements.
Il ne s'agit pas ici d'encourager une spéculation étrangère effrénée sur le marché. Toutefois, certains professionnels, y compris au sein de notre bureau, ont quitté leur pays pour venir travailler ici — dans le but de construire des logements au Canada — et ne peuvent pas acheter de logement au Canada, ou ne peuvent le faire qu'en s'acquittant d'une taxe supplémentaire. Je pense que cette situation nuit clairement à notre capacité d'attirer des talents dans notre pays.
En ce qui concerne le test de résistance hypothécaire, il pourrait être mis en place et supprimé progressivement en fonction de l'évolution des taux d'intérêt du marché. D'autres pays procèdent de cette manière. Le contexte dans lequel le test de résistance hypothécaire a été mis en place était très différent du contexte actuel ou de celui d'il y a 12 mois. La mise en place d'un test de résistance flexible qui n'oblige pas les emprunteurs à payer des taux d'intérêt de 7 %, 8 % ou 9 % serait une mesure tout à fait judicieuse. D'autres pays ont adopté cette approche pour leurs tests de résistance de sorte qu'en cas de hausse des taux d'intérêt, le marché n'est pas complètement paralysé.
Quant à l'amortissement, il s'agit d'une question que les acheteurs et les banques doivent régler entre eux. Notre secteur bancaire fait l'envie du monde entier en raison de sa capacité à prévenir les risques de perte. Au lieu d'adopter une approche unique, il serait judicieux d'accorder une plus grande marge de manœuvre aux banques pour qu'elles puissent prendre des décisions plus éclairées sur ces points essentiels, car ce sont elles qui assument le risque lié à ces clients et à ces projets. Les enjeux liés au marché du logement au Canada varient considérablement d'une région à l'autre. Les problèmes pourraient être plus graves dans votre circonscription de Surrey que dans d'autres régions du pays.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Encore une fois, je remercie les témoins venus pour cette étude tellement intéressante.
Les Larouche étaient des maçons. Du côté de ma mère, les Poirier sont des charpentiers-menuisiers. En ce moment, plusieurs membres de ma famille sont dans le milieu de la construction, donc ce sont nos gros sujets de conversation des soupers du dimanche en famille.
Je vais me tourner vers vous, monsieur Brooks, parce que, justement, le secteur immobilier demande souvent davantage d'incitatifs financiers et moins de réglementation. Pourtant, malgré les programmes fédéraux existants, les logements demeurent inabordables pour plusieurs Québécois.
Selon vous, qu'est-ce qui explique cet écart entre les investissements et les résultats concrets?