[Français]
Je déclare maintenant la séance ouverte.
[Traduction]
Bienvenue à la 34e séance du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.
Conformément à l'ordre de renvoi du vendredi 13 mars 2026, le Comité se réunit pour étudier le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
La réunion d'aujourd'hui se déroule de façon hybride. Les témoins comparaissent dans la salle et à distance.
Avant de commencer, je rappelle à tous les députés qu'ils peuvent participer à la réunion d'aujourd'hui dans la langue officielle de leur choix. Si vous êtes dans la salle, veuillez sélectionner le bon canal devant vous afin de pouvoir participer pleinement. Pour ceux qui sont en ligne, cliquez sur l'icône du globe au bas de votre écran et vous verrez les langues officielles parmi lesquelles choisir.
S'il y a interruption de l'interprétation, je vous prie de le signaler. Nous suspendrons la séance jusqu'à ce que le problème soit corrigé.
Le greffier m'a informé que toutes les personnes qui comparaissent à distance ont passé un test de son et que leur système a été approuvé.
Je rappelle aux députés de mettre leurs cellulaires en mode silencieux. Nous vous prions de ne pas tapoter sur la membrane du micro qui est devant vous afin de ne pas blesser nos interprètes.
Je souhaite la bienvenue aux témoins à cette réunion sur le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
Nous accueillons M. Mitch Gascoyne, partenaire et vice-président principal, Développement, de l'entreprise CentreCourt.
Par vidéoconférence, nous accueillons aussi M. Laurent Levesque, président-directeur général, et M. Maxime Pelletier, directeur, Affaires publiques, de l'entreprise UTILE.
Nous avons aussi M. Samuel Watts, président-directeur général, de Mission Bon Accueil.
Chaque témoin disposera de cinq minutes pour faire sa déclaration préliminaire.
Avant de présenter le premier intervenant, je constate qu'une députée a levé la main.
Je cède la parole à Mme Falk.
:
Merci, monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, de m'avoir invité à comparaître aujourd'hui.
Je m'appelle Mitch Gascoyne. Je suis associé de l'entreprise CentreCourt, l'un des plus importants promoteurs de tours d'habitation de la ville de Toronto et du Canada.
Depuis sa création en 2010, CentreCourt a livré plus de 12 000 logements, pour une valeur totale d'aménagement de plus de 6 milliards de dollars. Mon point de vue aujourd'hui s'appuie sur la réalité concrète de ce qu'il faut pour mener à bien un projet. Je parlerai des facteurs qui garantissent sa viabilité financière et de ceux qui peuvent le faire stagner.
Avant d'aborder le cas de Maisons Canada, je tiens à replacer la situation actuelle du marché dans son contexte, car les chiffres sont frappants. Mes collègues de l'entreprise BILD ont souligné qu'en 2025, les ventes de logements neufs dans la région du Grand Toronto ont atteint à peine plus de 5 000 unités. Cela constitue le niveau le plus bas depuis le début du suivi, en 1991, et une baisse de 80 % de la moyenne de 10 ans. Je peux vous dire que, pour notre secteur, ces chiffres reflètent une dure réalité.
Les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la SCHL, confirment ce que nous constatons actuellement à Toronto. En 2025, le nombre de mises en chantier affiche le niveau le plus bas depuis 2009, passant pour la première fois derrière Calgary, Montréal et Vancouver. L'activité de construction résidentielle par habitant a atteint son niveau le plus bas depuis 1996. Cela est dû à un effondrement des mises en chantier de copropriétés. En fait, jusqu'à présent, aucune nouvelle copropriété n'a été lancée en 2026 dans la Ville de Toronto.
La cause profonde de ce ralentissement n'est pas une faible demande en logements ni le manque de volonté de construire. Dans de nombreux cas, les projets des promoteurs sont prêts, et les terrains sont approuvés. Le problème réside dans le fait que le coût global de la construction de logements reste trop élevé par rapport à ce que le marché peut absorber. Soulignons que cela n'est pas dû à des coûts de construction et fonciers élevés, car ces deux éléments ont considérablement baissé depuis qu'ils ont atteint leurs sommets. Les valeurs foncières ont chuté de manière significative, et les coûts de construction ont baissé. Ce qui n'a pas évolué jusqu'à très récemment, c'est le fardeau fiscal et les frais.
Il existe un autre aspect tout aussi important. Pour attirer les capitaux nécessaires, les constructeurs de nouveaux logements, surtout dans les immeubles locatifs, rivalisent avec toutes les autres occasions d'investissement offertes dans le monde. Les investisseurs et les prêteurs qui examinent aujourd'hui un projet de location le comparent aux occasions qui s'offrent ailleurs dans le monde. Le rendement doit refléter cette réalité. À l'heure actuelle, même avec le soutien de la SCHL, il est difficile de trouver des projets de location offrant un rendement compétitif et ajusté au risque. Il faut que cela change.
Je tiens à reconnaître les mesures importantes que le gouvernement a commencé à prendre dans ce domaine. La suppression de la TVH et la réduction des droits d'aménagement par le gouvernement fédéral et par la province de l'Ontario sont des mesures significatives et nécessaires. Dans le cadre de nos projets, nous avons transmis ces économies directement à nos acheteurs, ce qui nous a permis de constater une reprise de l'activité réelle, bien que précoce.
Nous sommes sur la bonne voie, et je tiens à préciser que le secteur est très heureux de la rapidité avec laquelle les changements s'opèrent. Il s'agit désormais de rendre ces mesures permanentes plutôt que temporaires et de les étendre dès que les conditions le permettront.
Le programme Maisons Canada s'inscrit parfaitement dans cette approche plus large, et j'appuie l'orientation du projet de loi . À mon avis, le rôle le plus important de ce programme est d'apporter des capitaux catalyseurs aux projets de logements abordables. Même avec des améliorations notables au niveau des coûts, il subsiste un écart important entre le coût de construction et les moyens financiers dont disposent ces projets. La viabilité économique du logement abordable n'est tout simplement pas réalisable sans une forme de soutien gouvernemental. C'est précisément là qu'un fournisseur de capitaux flexible, peu coûteux et faisant preuve de plus de patience, peut permettre la mise en chantier des projets de construction de logements abordables.
D'après ce que j'ai compris, l'orientation de Maisons Canada consiste à travailler en véritable partenariat avec le secteur privé. C'est exactement ce qu'il faut, car, au Canada, 95 % des logements sont construits par des promoteurs et des constructeurs privés. Il est vraiment utile que ce programme comble les lacunes que le marché ne peut pas compenser à lui seul, surtout les projets de construction de logements abordables.
Précisons également que Maisons Canada et la réforme fiscale et des droits ne s'opposent pas, mais qu'ils se complètent. Il est important d'alléger le fardeau financier qui pèse sur les logements neufs, sur les logements du marché et sur les logements abordables, tant à la location qu'en propriété. Les fonds de Maisons Canada sont affectés au segment de logements abordables, où les mécanismes du marché ne suffisent pas à eux seuls. Ensemble, ces deux leviers couvrent l'ensemble des besoins du Canada en matière de construction.
Je tiens à souligner que le programme Maisons Canada doit être considéré comme un complément au soutien de la SCHL et non comme un substitut. On ne saurait trop insister sur le rôle que joue la SCHL sur le marché actuel. Presque tous les projets de logements locatifs construits au Canada s'appuient sur ses produits, autant pour le financement de la construction que pour le refinancement. Sans elle, le nombre de mises en chantier de logements locatifs sur ce marché serait nettement inférieur. Le programme Maisons Canada élargit la gamme d'outils fédéraux en facilitant une intervention plus souple au niveau des projets. Le soutien de ces deux organismes est nécessaire, et les deux doivent être dotés de ressources suffisantes.
Mes échanges avec les responsables du programme Maisons Canada m'ont convaincu qu'ils ont pour objectif de construire autant de logements que possible aussi vite que possible.
La raison de cette hâte est claire: le Canada ne construit pas suffisamment de logements. Dans toutes nos grandes villes, le nombre de mises en chantier est en baisse, et le carnet de commandes raccourcit. Or, il est crucial de lancer dès aujourd'hui les projets qui permettront de livrer des logements en 2030 et au‑delà. Pour aller de l'avant, deux éléments doivent aller de pair.
Premièrement, nous devons continuer à réduire les taxes sur les logements neufs afin que l'offre se compose de logements viables sur le marché et de logements abordables, tant en accession à la propriété qu'en location.
Deuxièmement, nous avons besoin que le programme Maisons Canada investisse de manière stratégique dans les projets abordables que le marché ne peut pas réaliser à lui seul. C'est en combinant ces deux leviers que nous comblerons le fossé. L'offre est la solution. Une offre abordable, une offre conforme au marché: il nous faut tout cela. Il faut que ce soit financièrement viable. C'est là que réside le véritable test de ce projet de loi et de la politique sur le logement qui en découlera.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Monsieur le président, membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de témoigner ici aujourd'hui.
[Traduction]
Je m'appelle Sam Watts, et je suis président-directeur général de l'entreprise Mission Bon Accueil, à Montréal. J'ai aussi été nommé membre du Conseil national du logement du Canada, où j'ai présidé le groupe de travail qui a rédigé le rapport du Conseil publié le 25 mars, intitulé Augmenter le secteur du logement hors marché au Canada. Dans ce rapport, j'ai plaidé avec force en faveur d'une initiative qui, aujourd'hui, ressemble à Maisons Canada. Le rapport que nous avons publié constitue l'une des sources sur lesquelles s'appuient mes remarques d'aujourd'hui.
[Français]
Je dois dire que je comparais devant vous en tant que fervent partisan du projet de loi .
Avant de parler de ces choses, j'aimerais parler un peu des autres défis, et pas simplement de la construction de maisons.
Le défi auquel on fait face n'est pas celui posé par un système brisé. Le défi est qu'on évolue à l'intérieur d'un système conçu pour répondre à la réalité des personnes dans le besoin dans les années 1970. Or on est en 2026. Les gouvernements successifs ont simplement essayé de faire la même chose, mais ces choses fonctionnaient il y a 50 ans. Les parties du filet de sécurité canadien qui répondent aux plus vulnérables doivent être reconstruites pour correspondre à la réalité du XXIe siècle.
[Traduction]
Le projet de loi est un pas dans la bonne direction, mais il s'attaque à un problème en aval. Oui, nous avons désespérément besoin de plus de logements abordables, mais le programme Maisons Canada doit s'accompagner d'activités parallèles en amont. Ces dernières permettraient de réduire le débit entrant dans la catégorie des besoins de logement prioritaires, un problème qu'aucun programme de construction ne peut résoudre à lui seul.
[Français]
Les efforts en amont dont je parle comprennent des ententes entre tous les ordres de gouvernement pour financer le soutien au loyer ciblé et les services d'accompagnement. Quatre murs et un toit sont importants, mais le soutien qui aide les gens à maintenir leur stabilité résidentielle est la partie critique de l'équation.
[Traduction]
Je propose que nous allions de l'avant avec le projet de loi . Cependant, il faut bien comprendre que Maisons Canada n'est pas la seule pièce du casse-tête.
Je vais proposer un amendement au projet de loi . Il s'agit d'une question que le Comité a déjà abordée, à savoir la définition du logement abordable. M. Whitzman, qui était présent ici, a souligné qu'il existe de nombreuses définitions différentes du logement abordable.
On trouve une de ces définitions sur le site Web de Maisons Canada qui, je pense, fait l'unanimité parmi ceux d'entre nous qui travaillent dans le secteur. Voici ma suggestion: pourquoi ne pas l'insérer dans le projet de loi au lieu de l'abandonner dans un site Web? On peut modifier un site Web, mais il est un peu plus compliqué de modifier une loi.
[Français]
Je demande au Parlement du Canada de rendre permanent ce qui est conçu.
[Traduction]
Afin de poursuivre ces bonnes intentions, faisons en sorte qu'elles deviennent loi.
Outre ce projet de loi, j'ai quatre demandes à présenter au gouvernement du Canada. Il ne s'agit pas d'amendements à ce projet de loi, mais de conditions en amont dans lesquelles il devrait être adopté.
[Français]
Premièrement, Maisons Canada devrait établir un financement permanent et consacré aux logements de transition et aux logements avec soutien.
[Traduction]
Ce financement est important, parce qu'il constitue un élément essentiel à l'accès à un logement permanent: il permet aux gens de s'engager dans le processus.
Deuxièmement, le gouvernement fédéral doit négocier avec les provinces et les territoires afin de mettre en place un fonds ciblé de protection des loyers. Comme la protection des loyers relève des provinces — elle ne peut être mise en œuvre de manière unilatérale —, il est urgent que le gouvernement fédéral prenne les rênes de ce projet. Protéger les logements locatifs permet aux gens de conserver leur logement et revient bien moins cher que de construire des logements pour eux.
[Français]
Troisièmement, lorsque des fonds publics sont créés pour des logements abordables, l'abordabilité doit être maintenue à perpétuité.
[Traduction]
Il faut éviter à tout prix que les logements abordables deviennent inabordables.
Ma quatrième demande devrait être facile à accorder. Le président-directeur général de Maisons Canada devrait être nommé membre d'office au Conseil national du logement. Si le programme Maisons Canada devient le principal instrument fédéral en matière de logement, ses dirigeants devraient rendre des comptes à l'ensemble de l'écosystème qu'il sert.
J'ai une autre chose à signaler. Au sein du gouvernement du Canada, le secteur du logement compte de nombreux acteurs: Logement, Infrastructures et Collectivités Canada, la SCHL, le programme Maisons Canada et la Société immobilière du Canada. En l'absence de mécanismes de coordination officiels — étant membre du Conseil, je gravite depuis un certain temps en marge des organismes gouvernementaux —, les malentendus sont inévitables, et nous devons remédier à cela.
En conclusion, le programme Maisons Canada montre la voie à suivre. Mais, en fin de compte, sa crédibilité se mesurera non pas au nombre de logements construits, mais au nombre de vies transformées.
Merci beaucoup.
:
Monsieur le président, je ne veux pas être bref, mais il est possible que je le sois.
C'est la deuxième fois que j'assiste à ce genre de chose en comité. En plus, ça vient du Bloc québécois, alors que des témoins québécois sont venus du Québec pour parler de l'itinérance et du logement abordable. Vous savez, au Québec, nous avons une expertise extraordinaire. C'était une occasion en or d'étaler cette expertise et d'en faire profiter le Canada.
Quand je vois que c'est le Bloc québécois qui empêche des témoins venant du Québec de s'exprimer en comité, je suis sidéré. La dernière fois, je disais à Mme Larouche qu'elle avait manqué une très bonne occasion en votant contre le budget de 2025, alors qu'en comité, elle applaudit tous les programmes et de toutes les mesures financées par ce budget. Je ne vais pas employer le mot auquel je pense, parce que je suis en comité et que j'ai beaucoup de respect pour elle.
Ce matin, à cause du Bloc québécois, les témoins venant du Québec viennent eux aussi de manquer une bonne occasion, parce que c'était une occasion en or de parler au nom des Québécois et de montrer aux Québécois que le Bloc québécois défend vraiment leurs intérêts à Ottawa. Ce n'est pas moi qui le dis: c'est le Bloc québécois qui vient de prouver aux Québécois qu'il ne défend pas vraiment leurs intérêts à Ottawa. En effet, si je viens du Québec et que c'est un député du Bloc québécois qui m'empêche de m'exprimer en comité, ça soulève des questions.
Je vais parler de la motion de Mme Larouche. Cette motion demande la production de plusieurs milliers de pages de documents provenant de plusieurs ministères. Une motion semblable a été proposée hier au Comité permanent des comptes publics, où les membres débattent actuellement d'un amendement. Ça pourrait coûter des millions de dollars, et ça ne serait pas réalisable dans les délais proposés par la motion. Il n'est pas réaliste de s'attendre à ce qu'un tel volume de documents soit produit en respectant l'échéancier suggéré. Cela obligerait les fonctionnaires à passer au crible des millions de documents répartis dans plusieurs ministères.
Une des répercussions serait que chaque dollar consacré à la compilation des documents est un dollar non investi dans les services aux Canadiens et, surtout, aux Québécois. À un moment où les Canadiens et les Québécois s'attendent à recevoir des services rapides, cette motion détournerait les fonctionnaires du traitement des demandes.
Notre priorité devrait être l'amélioration de la prestation des services, et non la création d'un fardeau administratif pour les fonctionnaires.
Selon le processus, les comités ont le droit de demander de l'information, mais ces demandes doivent être ciblées et raisonnables. Si cette motion était adoptée, elle créerait un précédent permettant de faire des demandes illimitées et non ciblées, ce qui est important. Rassembler des documents de partout dans le gouvernement est un travail qu'on va accomplir pour rien. Ce n'est pas important.
À Ottawa, on est conscient qu'il faut utiliser les ressources des comités à bon escient. Je suis un député québécois qui siège en comité à Ottawa, mais si j'étais un Québécois actuellement au Québec et que je voyais ce genre de chose, je me poserais des questions et, aux prochaines élections, je donnerais une méchante volée au Bloc québécois, parce qu'il faut avoir du respect pour les Québécois.
Le Bloc québécois dit qu'il est à Ottawa pour représenter et défendre les intérêts du Québec. Or ce n'est pas comme ça qu'on défend les intérêts du Québec en comité. En effet, les témoins qui sont là sont des Québécois, des experts venant du Québec pour parler du logement, de l'itinérance, de Maisons Canada, du projet de loi , de l'élaboration de la notion du continuum, des services et des maisons de transition avec services.
Je vais être clair: je suis sidéré et choqué. Si les Québécois savaient comment le Bloc québécois se comporte à Ottawa et, surtout, en comité — et ils seront au courant, parce que je suis là, maintenant —, ils n'iraient jamais voter pour lui.
Je laisse la parole à quelqu'un d'autre.
:
Non, nous ne sommes pas contre la production de documents, mais produire autant de documents provenant de plusieurs ministères et plateformes dans un délai de 30 jours, c'est insensé.
Je rappelle également qu'une motion très similaire a été présentée hier devant le Comité des comptes publics qui est justement en train d'en débattre afin de donner à cette demande une portée plus raisonnable et plus réaliste. Nous devrions faire la même chose ici. Ce contexte est important parce qu'il montre que même les membres d'un comité qui a l'habitude de traiter des tonnes de documents reconnaissent que les demandes de cette ampleur font l'objet d'une collaboration étroite et de partenariats.
Je veux également dire un mot sur notre capacité à faire ce que propose cette motion. Le délai prévu ne correspond tout simplement pas à la manière dont fonctionne le gouvernement. Pour produire un aussi gros volume de documents, il faut que les fonctionnaires passent au peigne fin des millions de documents provenant de plusieurs ministères. C'est impossible de faire cela en quelques jours, ni même en 30 jours, comme le prévoit la motion.
Cela m'amène à parler de l'impact financier de cette motion. Nous ne pouvons ignorer le fait que ce genre de demande risque de coûter des millions de dollars. Chaque heure consacrée par un fonctionnaire à l'examen de ces documents est financée par les contribuables canadiens. Si nous multiplions ce coût par le nombre d'équipes — dans ce cas‑ci, par le nombre de ministères et de semaines de travail —, il grimpe rapidement.
Ce n'est pas seulement une question d'argent. Les occasions ratées ont aussi un coût très réel. Par occasions ratées, je veux dire ce qui se passe aujourd'hui avec les témoins. Près d'une douzaine de témoins étaient prêts à exprimer leur point de vue sur Maisons Canada, le sujet de notre étude aujourd'hui. C'est une occasion ratée. Pour chaque dollar dépensé et chaque heure consacrée à la compilation de documents comme ceux‑ci, c'est du temps, de l'argent et des ressources gaspillés alors que nous pourrions travailler sur les sujets sur lesquels notre groupe s'était déjà entendu de se pencher.
Pendant que les Canadiens s'attendent, à juste titre, à recevoir leurs prestations en temps opportun, à ce que leurs demandes soient traitées plus rapidement et à ce que les services publics soient plus réactifs, cette motion va à l'encontre de tout ce que vous essayez de faire. Elle détourne les fonctionnaires de leurs responsabilités essentielles à cet égard. Réfléchissons‑y un instant.
De plus, durant la période des questions, notre a signalé, avec diligence et à maintes reprises, que les fonctionnaires essaient de réintégrer dans le système des groupes de personnes de 60 ans susceptibles d'avoir été lésées à cause de cette technologie. Les fonctionnaires nous ont conseillé, aux 343 députés que nous sommes, de communiquer avec toute personne de notre circonscription ayant été touchée par ce problème.
Nous demandons aussi à ces mêmes fonctionnaires, ceux qui traitent actuellement les demandes d'assurance‑emploi, qui facilitent aux aînés l'accès à leurs prestations, qui aident les nouveaux arrivants à s'y retrouver dans le système d'immigration et qui veillent à ce que les programmes soient offerts efficacement, d'interrompre leur travail pour trier ces documents. Il est contre-productif de leur imposer ce fardeau. Les obliger à trier des millions de pages de documents ralentit considérablement la prestation d'autres services dans d'autres secteurs.
Voilà le compromis que l'opposition demande aux fonctionnaires de faire. À mon avis, les Canadiens n'approuveraient pas ce compromis en ce moment. En tant que parlementaires, ici en comité et à la Chambre, nous devrions consacrer notre énergie à améliorer la prestation des services, à mieux faire fonctionner le gouvernement pour les citoyens et à l'obliger à rendre des comptes de manière efficace et proportionnée. Notre équipe a examiné la motion. Dans sa forme actuelle, elle ne vise pas cet équilibre. Elle crée plutôt un fardeau administratif qui risque de compromettre les services sur lesquels comptent les Canadiens.
Soyons clairs, les comités ont tout à fait le droit de demander de l'information. C'est un élément fondamental de leur rôle, qui consiste à garantir la transparence et la reddition de comptes. Ce droit s'accompagne toutefois d'une responsabilité dont les députés de l'opposition n'ont pas tenu compte aujourd'hui. Si nous parlons de demandes ciblées, pertinentes et réalisables, cette motion ne répond à aucune de ces exigences. Elle n'est pas ciblée. Elle ne définit pas clairement sa portée de manière à permettre aux ministères d'y répondre avec efficacité. Au lieu de cela, elle ratisse extrêmement large et porte sur de grandes quantités de documents qui n'ont peut‑être qu'un lien ténu avec le sujet à l'étude. Ce manque de précision n'est pas un problème pratique. C'est un problème de procédure. C'est extrêmement préoccupant.
De plus, si nous adoptons ce genre de motions sans un examen attentif, nous risquons d'établir un précédent qui ouvrirait la voie à des demandes illimitées et non ciblées de documents à la grandeur du gouvernement. Aujourd'hui, c'est ce dossier et demain, ce pourrait en être un autre. À la longue, cette approche risque d'engorger le système, ce qui rendra plus difficile, et non plus facile, la tâche des comités qui souhaitent obtenir des renseignements dont ils ont réellement besoin et d'entendre les témoignages d'experts afin d'élaborer et de renforcer les programmes que nous devons offrir.
Toute demande bien formulée de documents précis, dans un délai raisonnable, en consultation avec tous les membres du comité et nos fonctionnaires, nous permettra d'obtenir des renseignements bien précis qu'une demande générale portant sur tout et n'importe quoi... C'est justement le problème avec cette motion. Une demande formulée avec soin permet aux ministères de répondre rapidement et avec plus d'exactitude, tout en permettant aux comités de travailler plus efficacement.
C'est la norme qui préside à notre travail ici. Il est particulièrement important de ne jamais l'oublier quand nous pensons au travail que nous accomplissons et de ce qui a déjà été fait dans ce dossier, comme en ont parlé nos ministres quand le Bloc a soulevé la question du Cúram.
Depuis octobre, notre a maintes fois répété que nous sommes en train d'intégrer un vieux programme à une nouvelle technologie. Actuellement, environ 30 000 personnes sont touchées, sur les millions de personnes qui ont été transférées. La ministre a affirmé aux 343 députés et aux personnes âgées que toute personne encore lésée par ce système peut s'adresser directement à elle. C'est ce qu'elle a répété publiquement, à maintes reprises et avec diligence, durant la période des questions afin que tout le monde le sache.
Cet engagement a été pris en toute transparence. La a comparu devant le Comité, de même que le . Les fonctionnaires de leurs bureaux respectifs et des ministères concernés ont déjà témoigné et ont répondu aux questions. Je me demande si ma collègue du Bloc était présente avant de présenter cette motion.
Si ces témoins ont déjà offert des séances d'information technique aux porte-parole et s'ils ont tout fait pour que les députés comprennent tous les détails, je ne vois pas ce que la production de millions de documents et d'énormes quantités de pages pourrait apporter, à part de démontrer que n'importe qui peut, s'il le souhaite, paralyser notre fonction publique.
À la demande du Comité, les fonctionnaires nous ont également fourni une répartition régionale des coûts de ce programme et d'autres renseignements d'ordre financier. Ce n'est pas négligeable. Cela fait beaucoup d'information. Ce sont des renseignements détaillés qui nous aident à mieux comprendre notre rôle de surveillance en tant que gouvernement et à nous aider à le remplir. L'idée voulant qu'il y a eu un manque de transparence ne tient tout simplement pas la route.
Les ministères ont pris un engagement. Ils ont communiqué des renseignements. Ils étaient disposés à fournir l'information et à répondre aux questions.
:
Un mot pour féliciter mon collègue d'avoir compris que je sais bien lire et que je suis aussi très douée pour prendre des notes. Je vous en remercie, cher collègue.
Est‑ce que cet exercice pourrait nous aider à mieux comprendre le véritable problème ou est‑ce que le but est simplement de rassembler une quantité colossale de documents difficiles à parcourir, longs à produire et coûteux à compiler? Conformément à cette motion, vous voulez que tout cela soit fait dans les 30 jours après son adoption.
Je pencherais plutôt pour la deuxième option et c'est pourquoi je pense que nous devons examiner cette question de manière beaucoup plus exhaustive et travailler en équipe. Hier, notre a rappelé l'importance de travailler en équipe au sein du gouvernement, de créer des partenariats et de supprimer les obstacles à la transparence. Demandons uniquement les documents qui ont un lien direct avec ces objectifs, sans imposer de délai précis ou en imposant un délai que les ministères pourront respecter.
Cette motion ne fait pas appel au travail d'équipe. Je signale à mon collègue que je ne suis pas en train de lire mes notes.
Nous devons trouver une façon d'atteindre un juste équilibre entre la reddition de comptes et la faisabilité. Après tout, notre objectif n'est pas de produire de la paperasse, mais plutôt de stimuler la réflexion et de nous assurer que nous avons l'information dont nous avons besoin pour remplir notre rôle efficacement, sans imposer de fardeaux inutiles à ce système et sans détourner des ressources destinées à servir les Canadiens, comme nous le faisons actuellement.
Nous avons convoqué tous ces témoins ici aujourd'hui pour qu'ils nous parlent de la mise en œuvre du projet de loi portant sur la constitution de Maisons Canada. Nous avons réuni ici tous ces spécialistes en la matière, dont certains de nos fonctionnaires parmi les plus expérimentés. Nous les avons fait venir ici, nous avons payé les frais liés à leur participation en tant que témoins, puis nous les renvoyons chez eux avant même la fin de notre première série de questions.
Si vous parlez de gens aux prises avec de véritables défis, je vous signale que ces personnes ont aussi du mal à trouver un logement abordable et à avoir accès aux services et qu'elles comptent sur les programmes gouvernementaux. Elles s'attendent à ce que nous, parlementaires, gérions de manière responsable les ressources publiques et accordions la priorité aux résultats qui améliorent leur quotidien. Une motion qui coûterait des millions de dollars aux contribuables, qui exigerait des mois et des mois de travail qu'il faudrait exécuter dans un délai de 30 jours... Je ne pense pas que cette motion contribue à l'obtention de résultats ou améliore le quotidien de ces personnes.
Elle nous oblige à aller dire à nos électeurs que, malheureusement, nous sommes en train d'intégrer à une nouvelle technologie un programme vieux de 60 ans qui n'a cessé d'être modifié depuis. Si nous avons des personnes vulnérables dans nos circonscriptions qui sont lésées par ce changement, ce programme devrait nous aider à leur venir en aide. C'est notre travail d'aider nos électeurs. Ce n'est pas en essayant d'obtenir des tonnes de documents, alors que la a déjà fourni l'information nécessaire en toute transparence, tout comme le .
Cette motion peut sembler favoriser la reddition de comptes, mais en réalité, elle risque aussi d'être contre-productive. J'invite mes collègues à prendre un peu de recul, à envisager une approche plus équilibrée et à tenir compte du travail qui a déjà été fait. Prenons acte des renseignements qui ont déjà été fournis et cherchons plutôt à cerner les lacunes qui demeurent. Nous pourrions ainsi les corriger efficacement sans pour autant créer un fardeau indu. Nous pourrions, par exemple, modifier la motion pour en restreindre la portée ou préciser certains documents particuliers ou des délais précis. Nous pourrions également établir un calendrier plus réaliste, mieux adapté à la complexité de cette tâche. Cette motion offre plusieurs options.
À mon avis, la meilleure chose à faire, c'est de garder la motion dans sa forme actuelle. Nous devons trouver une façon d'exercer ce genre de pouvoir en tant que comité. Nous devons nous fixer une norme qui nous permette d'atteindre un équilibre entre la transparence et le côté pratique, la reddition de comptes et notre responsabilité. Nous avons les outils nécessaires pour faire notre travail efficacement. Nous devons nous demander si nous agissons avec sagesse.
Le cas échéant, je proposerais que nous adoptions une approche plus ciblée, plus réaliste et plus mesurée, qui servirait à la fois les intérêts du Comité et ceux des Canadiens, et qui nous aiderait à mettre en œuvre beaucoup plus efficacement ce qui est actuellement proposé.
:
Je vous remercie, monsieur le président.
Il est assez intéressant de voir qu'on reproche au gouvernement libéral de manquer de transparence, alors que nous connaissons tous le travail qui a été fait à ce jour. La et le , ainsi que leurs fonctionnaires et leurs bureaux respectifs, sont tous venus témoigner à ce sujet. Les fonctionnaires ont offert des breffages techniques aux porte-parole. À la demande du Comité, ils nous ont fourni des répartitions régionales des coûts. Il y a déjà eu beaucoup de transparence et d'engagement dans ce dossier. Depuis des mois et des semaines, tous les partis ne cessent de poser des questions à la Chambre au sujet du système Cúram. Je ne vois pas comment on peut prétendre qu'il n'y a pas de transparence.
Comme l'ont mentionné mes collègues, cette motion porte sur la production de millions de pages provenant de plusieurs ministères. Cette tâche pourrait coûter des millions de dollars et ne pourrait pas être réalisée dans les délais proposés dans la motion. Un délai de 30 jours est tout à fait irréaliste, d'autant plus que les députés de l'opposition ne cessent de répéter que nos aînés constituent une population vulnérable et qu'ils doivent recevoir leurs prestations de la Sécurité de la vieillesse à temps. C'est exactement ce que le ministère s'efforce de faire pour que les citoyens âgés soient bien servis et reçoivent leurs prestations, mais aussi toutes les prestations versées au titre des nombreux autres programmes gérés par ce ministère.
Emploi et Développement social Canada, ou EDSC, compte 40 000 fonctionnaires. C'est l'un des plus grands ministères du gouvernement. J'ai l'habitude de dire que tous les programmes relevant de ce ministère interviennent à un moment ou l'autre dans la vie d'une personne, entre sa naissance et son décès.
Il est tout à fait irréaliste de penser qu'un délai de 30 jours est raisonnable pour produire tous ces documents. Tous les gens qui nous regardent aujourd'hui, les Québécois et les Canadiens de partout au pays, doivent se demander avec perplexité, si c'est vrai que ce système pose un problème et qu'il y a des dysfonctionnements ou des problèmes à résoudre, à quoi cela servira de faire perdre du temps à ce comité qui travaille sur tant d'autres études et projets de loi importants dont dépendent les Canadiens? L'un d'entre eux est le projet de loi qui vise à fournir des logements abordables en temps opportun. Je suis certaine que de nombreux Canadiens qui nous regardent ont du mal à comprendre aujourd'hui.
Cela obligerait la fonction publique à examiner des millions de documents provenant de plusieurs ministères. Même si nous ne savons pas combien cela coûterait, vous pouvez en avoir une bonne idée si vous avez travaillé dans le secteur privé... Quand les ressources du ministère sont utilisées à cette fin, le travail qui doit être fait dans d'autres domaines ne se fait pas. Cela coûte cher. Les ressources coûtent cher, elles ne sont pas gratuites.
Chaque dollar que nous dépensons doit nous garantir que les Canadiens reçoivent les services auxquels ils s'attendent et au moment opportun. Cette motion détournerait les fonctionnaires du traitement des demandes. Je ne vois pas quel est le lien entre cette motion et les questions à l'étude.
Nous devons miser sur l'amélioration de la prestation des services et non sur la création d'un fardeau administratif. Ayant travaillé dans le secteur privé pendant de nombreuses années, je peux vous dire que ce n'est pas la bonne façon de dépenser l'argent, ni dans le secteur privé, ni dans le secteur public. Les Canadiens ne veulent pas que nous dépensions l'argent de leurs impôts pour produire davantage de documents, pour les passer au crible et pour accaparer le temps des comités, non seulement du nôtre, mais celui des autres qui se penchent sur cette même question.
Je pense que l'information qui nous a été transmise par notre gouvernement, par les ministères concernés et par les fonctionnaires est amplement suffisante. Si, pour une raison quelconque, nous avons besoin que les fonctionnaires nous fournissent plus de détails techniques et d'explications, je suis certaine qu'ils seraient tout à fait disposés à venir rencontrer les membres du Comité et leur donner toute information supplémentaire dont ils disposent afin de mieux nous faire comprendre à quel point il est complexe de remplacer un système vieux de 60 ans par un nouveau système moderne de versement des prestations. Ce n'est pas une mince affaire, je suis certaine que tout le monde autour de cette table en convient. Voilà donc où nous en sommes.
Ce n'est pas une situation facile. Je comprends la frustration que peuvent ressentir les députés de l'opposition. Les choses vont peut‑être changer dans un proche avenir, et c'est leur façon d'exprimer leur mécontentement. Je comprends vraiment cela.
Si nous voulons continuer à travailler ensemble et à répondre aux besoins des Canadiens, nous devons prendre du recul et nous demander si nous utilisons vraiment le temps de notre comité et d'autres comités pour faire ce que les Canadiens attendent de nous. N'est‑il pas regrettable que nous n'ayons pas pu continuer à entendre les témoins que nous avons convoqués ici pour discuter du projet de loi ? En ce moment, nous parlons davantage des réponses qui nous ont déjà été fournies par les fonctionnaires et par les ministres.
En ce qui concerne les questions qui restent sans réponse, je suis certaine que tous les renseignements que les membres du Comité souhaitent avoir nous seront fournis dans un délai réaliste.
Je vous remercie, monsieur le président.
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Merci, monsieur le président.
D'emblée, je dirai à M. Seeback, par votre entremise, monsieur le président, que je vais donner lecture de notes. Je les ai écrites en écoutant le débat, qui est effectivement un débat et non une obstruction systématique.
La motion de l'opposition exige un travail technique et administratif dont il est impossible de s'acquitter dans le délai prescrit de 30 jours. J'ai travaillé dans le domaine de l'électronique et je suis mariée à un brillant mathématicien qui réussit très bien dans le domaine des technologies de l'information, les TI, dont il est couramment question au quotidien chez moi et à la table familiale. Je peux donc affirmer qu'une demande portant sur tous les courriels et toutes les communications électroniques échangées depuis le 1er janvier 2017 entre cinq grands ministères et le cabinet du premier ministre nécessite la récupération et le traitement de volumes énormes de données non structurées qui s'échelonnent sur près d'une décennie.
Voici ce que ce travail nécessiterait au plan technique.
Tout d'abord, pour l'extraction et la découverte des données, il faudrait faire des recherches par mot clé dans les serveurs de six entités distinctes afin de saisir chaque communication qui a un lien avec la plateforme actuelle et le comportement de la MVP, soit la Modernisation du versement des prestations. Selon une estimation prudente, cette entreprise pourrait porter sur un nombre de fichiers distincts qui se situe entre un demi-million et un million.
Deuxièmement, la motion exige explicitement un caviardage conforme aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur l'accès à l'information. Selon les normes de l'industrie régissant l'examen des documents sous l'angle juridique — je m'appuie sur mes connaissances générales en gestion de projets de TI —, l'examen manuel ou même assisté par intelligence artificielle visant à déceler les renseignements sensibles ou personnels identifiables prend environ deux à trois minutes par page.
Troisièmement, il faut des ressources humaines. Pour passer en revue 500 pages à raison de deux minutes par page, il faut compter 16 666 heures-personnes. Pour mener à bien ce projet dans un délai de 30 jours, le gouvernement devrait immédiatement réaffecter environ 104 équivalents temps plein. Ce personnel travaillerait exclusivement à ce projet pendant 40 heures par semaine. À supposer qu'il n'y ait aucune erreur, ni retard pour des raisons d'ordre technique. Or, dans le monde technique, il y a des marges d'erreur et des délais. Faites un simple calcul. Multipliez ces chiffres par deux ou trois s'il s'agit d'un million de pages. Autre calcul: s'il y a entre un demi-million et un million de fichiers distincts, on arrive à un total deux ou trois fois plus élevé.
Quatrièmement, l'extraction de sommaires de données et le suivi des délais de traitement, des arriérés et des taux d'erreur dans la plateforme actuelle sur une période de neuf ans supposent qu'on interroge les bases de données existantes et normalise les données à partir d'itérations de différents systèmes. Techniquement, il ne s'agit pas d'une simple fonction d'exportation, mais d'un travail d'analyse et de sémantique très complexe qui exige habituellement des semaines d'efforts de validation si on veut garantir l'exactitude demandée par le Comité.
Exiger ce volume de données techniques vérifiées, caviardées et synthétisées en 30 jours, c'est ne tenir aucun compte de la réalité de l'architecture des TI et des protocoles de gouvernance des données. Il est évident que, en présentant cette motion et cet amendement, les conservateurs n'ont aucunement réfléchi, qu'ils n'ont pas tenu compte des détails techniques et qu'ils n'ont fait aucun calcul. En fin de compte, la motion du Bloc et l'amendement des conservateurs trahissent un manque profond de connaissances techniques concernant le cycle de vie opérationnel d'un projet d'infrastructure de TI à grande échelle comme la MVP.
Exiger l'équivalent de neuf ans de registres détaillés des systèmes, de sommaires du rendement et de communications entre six organismes gouvernementaux distincts dans un délai de seulement 30 jours n'est pas une recherche légitime de transparence. Il s'agit d'une tentative délibérée de compromettre la capacité administrative et technique de la fonction publique. En tant que spécialiste technique, j'y vois clair: cet ensemble d'exigences impossibles à satisfaire va, c'est certain, paralyser les ministères pour des motifs d'ordre politique. C'est une tactique de sabotage procédural qui vise à paralyser la prestation de services essentiels avant que la majorité ministérielle ne puisse être instaurée.
Les Canadiens sont plus intelligents que l'opposition ne le pense. Ils voient bien qu'il ne s'agit pas d'inadvertance. C'est un effort délibéré pour saboter le système de l'intérieur, tout en faisant fi de tous les principes fondamentaux de la gouvernance des données et de l'architecture des systèmes.
Ce ne sont là que quelques-uns de mes calculs et quelques-unes de mes réflexions à prendre en considération. C'est techniquement très difficile. Il est impossible de respecter le délai de 30 jours. L'examen de tous ces documents présente un risque pour notre système. J'invite donc les deux partis de l'opposition à revoir leur proposition.
Merci.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci à mon collègue.
Monsieur le président, je voudrais d'abord intervenir, par votre entremise, puis revenir à mes observations antérieures, mais sur un ton légèrement différent, car je ne crois pas que l'hostilité soit de mise. Il y a place pour une vraie collaboration. En fait, il y a une possibilité réelle de collaboration, et c'est toujours ainsi que nous obtenons les meilleurs résultats. Au fond, tous ceux qui sont ici présents ont un même objectif commun.
Il a été formidable d'apprendre à connaître tous ceux qui siègent parmi nous, leurs antécédents et ce qu'ils ont à apporter. L'un a exercé un métier, tel autre a été en travail social et un autre en finance sociale. J'ai œuvré en éducation. Nous avons un chauffeur de camion parmi nous. C'est tellement intéressant de voir tout ce monde réuni au sein du Comité.
Nous formons le Comité des ressources humaines. Nous étudions les programmes sociaux et nous cherchons à aider tous ceux qui peuvent avoir des points de vulnérabilité ou des handicaps. Vu tous nos atouts et nos antécédents, nous pouvons vraiment travailler ensemble. Nous voulons tous de la transparence. Nous voulons tous une responsabilisation. Nous voulons tous nous assurer que les Canadiens, surtout ceux qui comptent le plus sur les programmes ou services gouvernementaux, sont bien servis.
Nous divergeons peut-être d'opinion sur les moyens à prendre. Il est vraiment important de tenir compte dans nos échanges de la réalité propre au ministère en cause. Le Comité est l'un des seuls qui traitent avec plus de cinq ministères différents. Pour moi, c'est l'un des plus importants, compte tenu de mes antécédents.
Le ministère est également au service des Canadiens les plus vulnérables. Il s'agit des aînés, des personnes ayant un handicap, des familles à faible revenu et des travailleurs qui ont besoin d'un soutien rapide pour joindre les deux bouts. Pour bon nombre d'entre eux, ces programmes ne sont pas seulement utiles; ils sont essentiels. Nous demandons au ministère ou au Comité de se charger d'une tâche supplémentaire, la tâche de grande envergure prévue dans la motion. Il faut réfléchir à l'ensemble des répercussions en aval. Nous savons où se situe le compromis.
Le Comité a déjà un programme très chargé. Il y a une liste interminable de motions, d'études et de rapports qui le mobilisent déjà. Les fonctionnaires consacrent déjà beaucoup de temps à appuyer ce travail, à préparer des documents, à répondre à des demandes et à comparaître. Nous espérions les entendre aujourd'hui.
Il ne fait aucun doute que l'information a été fournie. Que la transparence a été assurée. Il ne fait aucun doute, je le dis par votre entremise, monsieur le président, que nous voulons tous contribuer à renforcer nos programmes et nos mesures de soutien pour tout le monde, ce qui est l'objectif fondamental du système Cúram, sa mission et la vision qui le guide.
Nous avons l'occasion non pas de bloquer la proposition, mais de trouver une meilleure voie à suivre qui respecte le rôle du Comité et tienne compte des réalités opérationnelles du ministère. La motion, dans sa forme actuelle, a une très vaste portée. Il faudra étudier et produire des millions de pages de documents provenant de divers ministères. Il s'agit d'une entreprise considérable, qui aurait inévitablement pour effet de réduire les ressources consacrées à la prestation des services. Au cœur de tout ce que nous faisons, c'est la prestation des services qui compte le plus. Parmi nous, personne ne souhaite empêcher la prestation de ces services. Personne ne veut que les aînés attendent leurs prestations, que les familles attendent le soutien qui leur revient, que les travailleurs aient du mal à se prévaloir des programmes sur lesquels ils comptent.
La question est de savoir comment obtenir l'information dont nous avons besoin d'une manière efficace, réaliste et responsable. La , l'a clairement soutenu à la Chambre. La solution réside également dans la façon dont nous travaillerons maintenant ensemble pour redéfinir l'approche. Peut-être faudrait‑il limiter la portée de la motion ou se concentrer sur des délais précis, madame Larouche.
Nous pouvons nous limiter à des types précis de documents, échelonner la demande en commençant par un ensemble plus modeste et délimité de documents, quitte à en ajouter d'autres au besoin. Il faudrait modifier les délais pour que les ministères puissent répondre à la demande sans compromettre la prestation des services.
Je m'adresse à Mme Larouche, ma collègue d'en face. Tous ceux qui sont ici présents souhaitent sans doute la même chose, au bout du compte, c'est‑à‑dire faciliter la prestation des services. Nous avons tous reconnu qu'il y avait eu des perturbations dans les services à certains aînés. La l'a clairement reconnu, elle a donné de l'information et des explications sur les détails et les causes de ce qui s'est passé, et elle a élaboré un plan pour l'avenir afin d'aider ceux qui ont éprouvé des problèmes à cause de cet énorme système.
Votre volonté d'aider toutes les personnes vulnérables qui n'ont peut-être pas reçu leurs prestations de la SV est louable, mais je tiens à ajouter qu'en exigeant que les fonctionnaires consacrent des centaines d'heures à la production de documents au sujet d'un système qui, nous le savions, avait 60 ans et avait clairement besoin d'une remise à niveau technologique...
Il y a parfois des accidents de parcours. Il y a aussi divers moyens de préserver l'esprit de la responsabilisation tout en rendant les progrès plus réalisables. En définitive, il ne s'agit pas de demander le plus d'information possible, mais la bonne information. Nous aurons plus de chances d'obtenir des renseignements utiles si nous abordons de façon plus ciblée l'étude du modèle de prestation du système, plutôt que de ratisser très large en réclamant la totalité des documents.
Il vaut aussi la peine de reconnaître le travail déjà accompli au Comité. Des ministres ont déjà comparu, des fonctionnaires ont donné des séances d'information et des données ont été communiquées, y compris des ventilations selon les régions et des renseignements sur les coûts. C'est là une base solide sur laquelle bâtir. Au lieu de partir de zéro en soumettant une demande de cette ampleur, nous pourrions aller de l'avant en nous appuyant sur ce qui a déjà été fait, quitte à combler les lacunes. C'est une approche plus axée sur la collaboration.
Étant donné la nature du ministère en cause, nous savons que sa clientèle compte vraiment. Dans un ministère qui est au service de certains des Canadiens les plus vulnérables, il existe un lien direct entre la capacité et la prestation de services. Si nous pouvons trouver une façon d'atteindre nos objectifs en matière de reddition de comptes tout en protégeant cette capacité, tout le monde y gagnera: le Comité, le ministère et, surtout, les Canadiens.
J'invite mes collègues à considérer qu'il s'agit ici d'une occasion de collaborer afin de redéfinir la motion, de formuler quelques demandes et de veiller à ce que ce que nous demandons soit à la fois utile et réalisable. Si nous recherchons le même résultat final, il ne reste qu'à trouver comment y arriver.
Je signale aussi ce que nous demandons déjà. Il ne s'agit pas d'un ministère neutre de l'appareil gouvernemental, car il est au service de personnes qui sont parmi les plus vulnérables chez nous. Les aînés en question comptent sur le versement ponctuel de leurs prestations pour couvrir une partie de leurs coûts de base. Il peut s'agir de personnes handicapées qui naviguent dans des systèmes très complexes pour accéder aux soutiens dont elles ont besoin. Dans certains cas, il s'agit de familles à faible revenu qui essaient de rester à flot. Parfois, il s'agit de travailleurs qui ont un emploi saisonnier ou même précaire et dépendent de programmes comme l'assurance-emploi pour se tirer d'affaire quand il n'y a pas de travail. Pour certains de ces prestataires, ce ministère n'est pas un recours facultatif; il est essentiel.
La réalité doit guider notre réflexion sur la motion à l'étude, car chaque demande supplémentaire que nous adressons à ce ministère a des conséquences. Les demandes ne sont pas traitées en vase clos. Quand on demande aux fonctionnaires de consacrer temps et attention à la compilation d'un volume massif de documents qui se chiffrent par millions de pages venant de plusieurs ministères — il y en a quatre ou cinq qui ont témoigné au Comité —, on leur demande également de se détourner du travail qui permet d'aider directement les Canadiens.
Il faut faire un compromis, que nous l'admettions ou non. Pour être honnête, nous devons y réfléchir.
Il est aussi question de la capacité supplémentaire qu'il faudrait. Le ministère est déjà sous pression. Il gère déjà un très grand nombre de demandes de services, de renseignements et de prestations. Il s'efforce d'abréger les délais de service et d'améliorer la réponse aux Canadiens qui, bien franchement, ne peuvent pas se permettre ces retards. C'est pourquoi la a dit très clairement à tous les Canadiens, au cours de nombreuses périodes des questions, que s'il y avait une interruption dans leurs prestations de la Sécurité de la vieillesse, ils devaient communiquer directement avec leur député ou la ministre.
Je tiens à revenir sur un autre point déjà soulevé qu'il vaut la peine de réitérer plus vigoureusement. Le Comité a déjà beaucoup de travail à faire dans ce dossier. Nous avons une très longue liste de motions venant des différents partis. Nous avons des études et des rapports auxquels nous essayons de travailler.
Les fonctionnaires ont déjà consacré beaucoup de temps à appuyer les travaux du Comité, à préparer des documents, à répondre à des demandes, à comparaître et à fournir les renseignements détaillés qui sont demandés. Ce n'est pas rien; à dire vrai, c'est énorme.
Le travail des comités a été l'une des choses qui m'ont prise au dépourvu lorsque je suis devenue députée. J'ai cinq diplômes universitaires, et je ne pense pas avoir jamais eu autant de choses à lire de toute ma vie.
Quels sont mes diplômes? J'ai un diplôme de biologie prémédicale. J'ai un diplôme d'études professionnelles de niveau postsecondaire. J'ai deux grades universitaires de l'Université Memorial: un en programmes d'études et enseignement, et l'autre en leadership en éducation, avec une spécialité en politique rurale et développement économique. J'ai aussi un diplôme en leadership international et en éducation comparative.
Merci à mon collègue d'en face de sa question sur mes diplômes. Je les ai énumérés.
Chaque élément de la liste des travaux est assorti d'attentes et a son calendrier. Je parle de la quantité de lecture et de préparation pour un comité comme celui‑ci, chargé de tous ces ministères. Il est vraiment important que nous prenions le temps nécessaire, que nous fassions preuve de diligence raisonnable et que nous accomplissions notre travail. La demande formulée dans la motion ne remplace aucun de ces travaux existants; elle y ajoute des éléments. Elle se superpose à des études en cours, à des exigences de rapport et à des demandes d'information. Tout ce travail est appuyé par le même bassin de fonctionnaires au sein d'un système aux ressources limitées.
À propos des rapports, du nombre de documents demandés par la motion à l'étude, il y a une question de capacité qui se pose. Il y a aussi un problème de capacité.
Nous cherchons constamment à étendre la portée de notre demande sans admettre qu'il y a des limites à ce qui peut être livré, du moins dans un délai raisonnable. Trente jours, c'est très peu, compte tenu de ce que vous demandez.
Le principe de proportionnalité devient aussi très important. Oui, les comités ont le droit de demander des documents. Tous les députés ont le droit d'en demander, mais il faut que les demandes soient ciblées et fondées sur une juste appréhension des réalités opérationnelles.
À l'évidence, la motion n'est aucunement ciblée. Elle ratisse extrêmement large. Il faudrait que les fonctionnaires examinent des millions de documents de natures diverses et qu'ils aient accès à différents ministères afin de repérer tout ce qui pourrait être visé par la motion.
Il faudrait ensuite que ces documents soient examinés, caviardés pour protéger la vie privée et tenir compte des considérations juridiques, traduits dans les deux langues officielles puis compilés pour production. C'est une tâche énorme, même pour une bonne année de travail, et la motion fixe un délai de 30 jours.
Ajoutons cette tâche à la charge de travail existante, et tenons compte de l'interminable liste de motions et de rapports qui sont déjà sur le feu. Il devient très clair que la motion n'est pas seulement ambitieuse, mais irréaliste. Elle est irréaliste du point de vue des délais et des coûts. Quand je parle de coûts, je songe aux coûts subis par les Canadiens.
La motion n'est pas réaliste non plus à cause de l'impact sur la prestation des services. Il importe aussi de tenir compte du travail déjà fait dans ce dossier. Ce contexte est vraiment important ici. Le a déjà témoigné à ce sujet. La aussi. Des fonctionnaires de divers ministères ont aussi témoigné. Il y a eu des séances d'information technique. La ministre a proposé de multiples séances d'information technique aux membres de tous les partis. Je pense même que Mme Larouche y a assisté.
Ce n'est pas rien. C'est un niveau élevé de transparence et d'engagement. Nous devons nous demander ce que nous avons à gagner en demandant des millions de pages supplémentaires en plus de ce qui a déjà été fourni. En tirerons-nous une compréhension vraiment meilleure? Allons-nous simplement créer un volume d'information difficile à traiter, longue à produire et coûteuse à compiler? Une information plus abondante n'est pas forcément meilleure. C'est ce que j'avais l'habitude de dire à mes élèves lorsque j'enseignais. En fait, les demandes trop générales peuvent parfois embrouiller les choses au lieu de permettre d'y voir clair. Les renseignements clés peuvent être ensevelis sous des montagnes de paperasse, ce qui rend le travail des comités, soucieux d'efficacité, plus difficile et non plus facile.
Par contre, une approche ciblée met l'accent sur des renseignements précis qui sont réellement nécessaires. Ils peuvent être produits plus rapidement. On peut les analyser plus efficacement et plus rapidement. Il est ainsi possible d'atteindre l'objectif de responsabilisation tout en évitant d'imposer des contraintes inutiles à un système déjà lourdement surchargé. C'est le juste équilibre que nous essayons tous d'atteindre, je crois. J'ajouterai que les Canadiens s'attendent à ce que nous soyons responsables non seulement dans la façon dont nous demandons des comptes au gouvernement, ce sur quoi je suis tout à fait d'accord, mais aussi dans l'utilisation que nous faisons des ressources publiques.
La motion à l'étude entraînerait des coûts de millions de dollars. On peut affirmer sans risque que l'effort nécessaire pour donner suite à la motion va au‑delà de ce que les députés souhaitent, à mon avis. À un moment où les Canadiens ont des problèmes d'abordabilité et comptent recevoir du gouvernement des services de meilleure qualité et plus rapides, nous devons maintenant nous soucier de l'affectation des ressources. Chaque dollar consacré à la compilation de documents est un dollar qui ne sert pas à améliorer les services. Chaque heure consacrée à l'examen des dossiers est une heure qui n'est pas consacrée à aider quelqu'un à obtenir une prestation, à résoudre un problème ou à se procurer le soutien dont il a besoin. C'est ce que je considère comme un coût de renonciation.
Dans un ministère qui sert certaines des personnes les plus vulnérables de notre pays, ce coût de renonciation est encore plus élevé. La marge d'erreur peut être encore plus faible; les conséquences du retard peuvent être plus grandes, et l'espoir que le gouvernement soit là au besoin est plus pressant. Je reviens à ce que j'ai dit au début, en insistant encore plus sur le fait que nous devons vraiment faire attention à la façon dont nous gérons notre temps, notre programme et à ce que nous espérons accomplir avec nos motions. C'est‑à‑dire qu'il nous faut être réfléchis et réalistes.
Le Comité a déjà beaucoup de pain sur la planche: une liste interminable de motions, d'études et de rapports réclament son attention. Le ministère et des fonctionnaires ont déjà pris des engagements envers lui. Sauf erreur, des ministres comparaîtront dans une quinzaine de jours pour parler d'un autre sujet. Des renseignements ont déjà été produits de bonne foi. Nous avons déjà proposé aux membres et aux députés de tous les partis et aux députés des séances pour assurer la transparence. Elles ont permis à la ministre de cerner des secteurs pour déterminer comment certaines données ont pu être omises dans le nouveau système. Ce n'est pas un système parfait. Les responsables sont en train de moderniser un système qui a 60 ans. Malheureusement, il était inévitable que certains passent entre les mailles du filet. La a dit très clairement et de façon transparente que, si des aînés n'ont pas reçu leurs prestations de la SV, ils peuvent communiquer directement avec leur député ou avec elle pour obtenir leur argent.
Les questions qui se posent sont les suivantes: quelle est la bonne façon de procéder? Quelle est la bonne chose à faire? Le ministère, dans ce cas‑ci, l'a déjà montré. À mon avis, demander des millions de pages de documents dans plusieurs ministères avec un délai déjà irréaliste alors que le ministère a déjà du mal à servir certains des Canadiens les plus vulnérables, ce n'est pas la bonne approche.
L'information dont nous disposons comporte certaines lacunes. Cernons-les. Si des documents précis permettent d'éclaircir un point, demandons-les. S'il faut modifier des délais pour tenir compte de réalités opérationnelles, modifions-les. Ce sont là des mesures constructives.
En maintenant une motion de cette envergure sans l'améliorer, on risque de faire plus de mal que de bien. On risque de détourner des ressources qui devraient être consacrées à la prestation de services. On risque de submerger tant les ministères que le Comité par le volume au lieu d'être pertinents et d'agir. On risque de créer un précédent selon lequel une approche générale et peu ciblée des demandes serait la norme et non l'exception.
Dans ce cas précis, nous ne souhaitons pas instaurer cette norme et alourdir encore la charge des ministères. Nous voulons créer une exception bien ciblée. Quel élément du programme en question l'a empêché d'assurer correctement l'intégration des aînés? Quel élément du programme a empêché certains de ces transferts d'aboutir? Ces éléments devraient figurer dans la motion sous forme de demandes précises, et non pas « prenons chaque information concernant le ministère, mettons‑la dans une boîte, caviardons‑la, traduisons‑la et compilons‑la pour le Comité ». Cette demande ne semble pas vraiment sérieuse. Elle risque de submerger les ministères et le Comité. Elle risque de créer un précédent selon lequel les demandes générales et non ciblées seraient la norme et non l'exception.
Je pense que nous pouvons tous faire mieux, ensemble. Nous pouvons renforcer la reddition de comptes tout en respectant les capacités du système et les besoins des Canadiens. Ce ministère vient en aide à certains de nos concitoyens les plus vulnérables, à certaines des personnes les plus vulnérables. Cet équilibre est vraiment important et essentiel.
À ce sujet, nous pouvons examiner quels sont précisément les éléments qui n'ont pas permis de combler les lacunes lors de la mise en place du nouveau système d'intégration des données. Quelles lacunes précises ont empêché ce transfert au sein du système d'information? Ce sont là les types de modèles de prestation de services qui doivent être mis en œuvre dans le cadre d'une initiative comme celle‑ci, et non une liste exhaustive de tout ce qui pourrait contenir les mots « Cúram », « technologie », « mise à jour » ou « données » dans un document, qui est ensuite extrait.
Il ne faut pas non plus oublier qu'une fois que vous aurez obtenu tous ces renseignements, vous devrez utiliser les ressources disponibles au sein de vos propres services pour les examiner et vous faire votre propre idée de certains de ces différents modèles de prestation de services. La capacité...
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Je ne fais que renchérir sur ce que mon collègue a dit. Ce n'est pas vraiment ainsi qu'un comité devrait fonctionner. Je suis d'accord avec lui sur ce rappel au Règlement.
Passons donc à la motion elle-même. En réalité, cette motion demande la production littéralement de millions de pages de documents provenant de plusieurs ministères — des millions de pages. Il ne s'agit pas d'une demande vraiment ciblée. Il ne s'agit pas d'une demande dont la portée est clairement définie. C'est une demande d'une ampleur qui, pour être franche, est tout à fait sans précédent au sein du Comité.
Si nous prenons certaines de ces demandes pour essayer d'en déterminer la portée réelle, on ne peut pas simplement dire qu'on veut connaître chaque frappe effectuée sur un clavier et que tout cela soit rassemblé dans un dossier pour que nous puissions l'examiner.
Même si nous avons entendu, à plusieurs reprises, pendant la période des questions, que cette question avait été posée à notre et qu'elle y avait répondu de manière cohérente et avec une certaine transparence en disant que...
Des députés: Oh, oh!
Jessica Fancy: Oh, c'est aussi sujet à débat, mais si je ne l'avais pas dit, vous auriez alors fait un rappel au Règlement pour ne pas l'avoir dit.
La a déjà dit que nous essayons d'assurer l'intégration d'un programme vieux de 60 ans. Nous servons plusieurs millions d'aînés. Je crois qu'au total, un peu moins de 30 000 d'entre eux n'avaient pas encore été entièrement intégrés au système en raison de problèmes administratifs... La ministre nous a dit que si des aînés dans les circonscriptions de députés n'ont pas reçu leurs versements, elle les invite à contacter leur député ou son bureau de circonscription. Elle a également précisé que si des aînés n'avaient pas reçu leurs versements, ils devaient contacter son ministère.
Lorsqu'on a un système vieux de 60 ans et qu'on tente de le faire entrer dans l'ère de la technologie, il y a parfois des accrocs en cours de route. Elle a fait preuve de transparence à ce sujet au sein du ministère. Nous constatons que ce chiffre ne cesse de baisser à mesure que nous nous efforçons de faire parvenir leurs chèques aux aînés.
Il n'y a pas lieu de faire des suppositions à ce sujet.
La semaine dernière, une motion similaire a également été présentée publiquement au comité des comptes publics. Des députés ont immédiatement fait part de leurs inquiétudes. Je crois qu'ils débattent encore de ces motions également. Cette demande, je le répète, est d'une ampleur considérable et ne peut être mise en œuvre telle que rédigée.
Je pense que cela devrait nous donner à réfléchir, car les mêmes problèmes qui se posent là‑bas se posent également ici. Produire des millions de pages de documents coûtera des millions de dollars. Il ne s'agit pas d'une estimation abstraite, mais bien d'une réalité opérationnelle de ce qui est demandé dans cette motion.
Nous avons ici une motion de près de deux pages qui recense tous les différents types de systèmes d'information, de communications électroniques et d'évaluations des risques. Si vous demandez à toutes ces équipes de passer au crible ces énormes quantités de documents, monsieur le président, comme des courriels, des notes d'information, des rapports techniques, des dossiers contractuels et de la correspondance interne, ce n'est que le début de ce que cela pourrait représenter.
Il faudrait ensuite examiner chaque document ligne par ligne pour des raisons de protection de la vie privée — car il y a aussi la partie concernant les passages expurgés pour protéger la vie privée —, de conformité juridique, de confidentialité et de sécurité nationale. Non seulement nous avons potentiellement des millions de dossiers répartis dans six ministères différents, mais cinq types de documents distincts au sein de chacun de ces ministères, et tous doivent être expurgés ligne par ligne pour des raisons de protection de la vie privée, de conformité juridique et de confidentialité avant de pouvoir être transmis.
Combien de temps pensez-vous que cela prendrait? Eh bien, dans cette motion, ils prévoient 30 jours.
Ensuite, il faudra traiter ces documents. Puis, en plus de tout cela, il faudra les traduire, car nous sommes un pays bilingue. Ensuite, ils seraient assemblés, puis transmis. Vous voyez combien de fois j'ai dit « ensuite ».
Il ne s'agit pas simplement de prendre un dossier ou une boîte sur une étagère. C'est un projet qui s'étend sur plusieurs mois, voire une année, et qui mobilise d'importantes ressources humaines et financières.
Cependant, la motion prévoit un délai de 30 jours, ce qui ne correspond pas à la réalité de ce qu'ils exigent réellement. J'ai le sentiment que cela n'est tout simplement pas faisable pour nos services actuels ni équitable pour nos fonctionnaires qui ont d'autres tâches à accomplir, comme l'intégration de certains aînés qui ont été laissés pour compte lors de la transition vers ce nouveau système.
Je pense qu'il est vraiment important que nous le disions clairement... car ces attentes ont leur importance. Lorsque nous fixons des attentes qui ne peuvent être satisfaites, nous ne renforçons pas la reddition de comptes. Au contraire, nous la minons.
J'aimerais maintenant parler de l'impact réel sur la fonction publique d'une motion comme celle‑ci. Pensez‑y: chaque heure consacrée à la compilation de documents est une heure qui n'est pas consacrée à la prestation des services dont dépendent les Canadiens. Ce n'est pas vraiment rhétorique. C'est bien réel.
Les fonctionnaires qui seraient chargés de répondre à cette demande massive de documents et de motions sont ceux‑là mêmes qui traitent les demandes de prestations. Ce sont eux aussi qui gèrent ce programme. Ils répondent en outre aux demandes de renseignements et veillent à ce que les Canadiens bénéficient des services sur lesquels ils comptent. Quand nous détournons ces ressources, cela a également des conséquences directes. Ces conséquences se traduisent par un ralentissement du traitement des dossiers, une augmentation des arriérés et des délais de réponse plus longs. Les Canadiens en ressentent les effets.
Je tiens également à souligner que, tout au long du processus au cours duquel notre a été interrogée au sujet du logiciel Cúram et de l'intégration, elle a également tenu deux séances d'information technique à l'intention de tous ceux qui souhaitaient obtenir des renseignements supplémentaires. Rien de tout cela ne figure dans la motion dont nous sommes saisis.
Monsieur le président, à une époque où les Canadiens attendent de nous efficacité, réactivité et service rapide, je pense que cette motion détournerait des ressources considérables des tâches habituelles des fonctionnaires et des priorités pour les consacrer à une tâche d'ordre purement administratif d'une ampleur extraordinaire.
Mesdames et messieurs, la question que nous devons nous poser à ce sujet est la suivante: pensons-nous que c'est la meilleure utilisation des ressources publiques? Pensez-vous que c'est le moyen le plus efficace d'assurer le contrôle dont nous avons déjà discuté — à savoir l'identification du problème, la recherche de solutions et les possibilités offertes au public de comprendre comment et pourquoi cela s'est produit — ou sommes-nous en train de créer une charge qui l'emporte sur les avantages?
Le contrôle est d'une importance capitale. Comme comité, nous avons le droit de demander des renseignements. C'est là un rôle fondamental. Nous pouvons le faire, mais ce droit s'accompagne d'une responsabilité. J'avais l'habitude de dire à mes étudiants qu'on choisit parfois ce qu'on fait, puis on en assume les conséquences. C'est tout à fait similaire. Quand nous demandons des renseignements, cela s'accompagne également de cette responsabilité. C'est une responsabilité qui doit être ciblée et raisonnable.
Quand j'examine si cette mesure est ciblée, je constate qu'elle ne vise aucun objectif précis. Elle touche six services différents utilisant cinq types de systèmes interministériels distincts. Je constate même que l'amendement prévu au point c) mentionne quatre autres types de systèmes distincts dans le domaine des communications électroniques. Cette motion n'est pas ciblée.
Il est de notre devoir de faire preuve de bon sens. Il est tout à fait déraisonnable d'exiger que toutes ces demandes non ciblées de documents émanant d'un ministère soient traitées dans un délai de 30 jours.
Nous avons également la responsabilité de veiller à ce que nos demandes soient proportionnées à notre objectif. Dans le cas présent, cette motion ne définit pas vraiment ses objectifs. Telle que rédigée, elle ne satisfait pas aux normes que nous avons établies au sein du Comité. Au contraire, les auteurs de la motion tentent actuellement de créer un précédent pour des demandes de documents illimitées et non ciblées à l'échelle du gouvernement. Je ne pense vraiment pas que ce soit...
Monsieur le président, pour ce qui est de créer un précédent... Je suis d'accord avec mon collègue pour dire que ce qui se passe avec ce logiciel Cúram, c'est du sérieux. On tente d'intégrer un programme vieux de 60 ans, dont toutes les données étaient sur papier.
Malheureusement, il est vrai qu'au cours de l'extraction de toutes ces données sur papier provenant de millions d'aînés en vue de les intégrer dans une plateforme plus numérique, certaines personnes sont passées entre les mailles du filet: moins de 30 000 personnes sur les millions qui ont été intégrées. Notre a été très claire: oui, nous savons que certaines personnes sont passées entre les mailles du filet dans ce processus. Oui, c'est la raison pour laquelle cela s'est produit. C'est ce qui arrive lorsqu'on traite des millions de pages de documents imprimés. C'est ce qui arrive lors de l'intégration de millions de personnes à la fois.
On vous invite à contacter votre député si vous n'avez pas reçu votre versement de la Sécurité de la vieillesse ou si l'intégration ne s'est pas faite correctement, ou encore à vous adresser au bureau de circonscription de votre député. Contactez le ministère. Contactez la . Tout s'est fait dans la transparence la plus totale.
Ce n'est pas une mince affaire, ce genre de précédent, car une fois qu'il est établi, il n'existe pas en vase clos. Il façonne certaines attentes que nous avons pour l'avenir, non seulement au sein du Comité, mais de l'ensemble des comités permanents. Il crée un modèle susceptible d'être reproduit dans ces comités, dans les différents ministères et pour divers types de dossiers. L'effet cumulatif de tout cela, je dirais, est assez considérable. Cela mettrait à rude épreuve les capacités de la fonction publique.
Nous disons toujours que nos fonctionnaires sont déjà au maximum de leurs capacités, voire qu'ils travaillent au‑delà de leurs capacités. Des demandes comme celle‑ci... ils les acceptent, dépassant ainsi les limites de leur mandat pour répondre à un problème sur lequel nous avons déjà clairement fait preuve de transparence en essayant d'y remédier. Parfois, quand on sait que les choses se sont un peu mal passées, on fait preuve de transparence, on règle le problème et on fait savoir aux gens « voici ce qui s'est passé » et « voici ce que nous faisons ».
Cette demande détournerait les ressources de ces six ministères. Elle modifierait fondamentalement le mode de fonctionnement des ministères: l'accent serait déplacé de l'obtention de résultats vers la gestion de la production de documents. Je ne pense pas que c'est une mesure raisonnable ou responsable, monsieur le président. Je ne pense pas non plus qu'elle est viable. Je ne pense pas vraiment que c'est ce que les Canadiens attendent de nous.
Je voudrais également aborder, monsieur le président, un point qui est souvent négligé dans ce genre de conversations ou de discussions, à savoir si les renseignements sont déjà fournis. Comme je l'ai dit, quand tout cela s'est produit, notre a tenu deux journées de séances d'information technique auxquelles les députés étaient autorisés à assister, afin de discuter de cette situation et des raisons pour lesquelles elle s'est produite. Quand nous [inaudible] une motion comme celle‑ci, cela laisse l'impression qu'il y a eu également un manque de transparence. Dans le cas présent, il n'y a pas eu de manque de transparence. Ce n'est pas corroboré par les faits. La a comparu devant nous. Le a également comparu devant nous. Des fonctionnaires des deux ministères ont également comparu devant nous. Des fonctionnaires ont été mis à disposition, des séances d'information techniques ont eu lieu...
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Mes collègues parlent de respect. C'est la plus grande valeur que je mets en place dans ma vie depuis longtemps. Je donne des conférences à des jeunes décrocheurs et j'écris le mot « respect » au tableau. Je dis aux jeunes que s'ils respectent les gens dans la vie, les gens vont les respecter. Je leur dis qu'il y a un effet miroir.
Aujourd'hui, pourquoi sommes-nous ici? C'est parce que nous avons le plus grand scandale financier de l'histoire du pays, à savoir un projet qui est passé de 1,6 milliard à 6,6 milliards de dollars. Il y a donc un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars. Notre collègue parlait de respect.
La députée libérale Mme Fancy disait que ça nous éloigne de notre responsabilité. Quelle est notre responsabilité? Notre rôle premier est de légiférer. Notre rôle est aussi de faire une saine gestion de l'argent que les Canadiens et les Canadiennes nous envoient ici, à Ottawa. Ça, c'est le respect que nous devons aux Canadiens et aux Canadiennes.
En plus, le projet dont nous parlons ici et pour lequel il y a un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars ne fonctionne pas. Ce sont les employés de l'État eux-mêmes qui nous disent que ça ne fonctionne pas. Nous demandons des milliers de pages d'information et la députée Fancy nous dit que c'est irresponsable, que ça va coûter quelques millions de dollars. On parle de 5 milliards de dollars en dépassement de coûts. Ce qui est irresponsable, c'est de ne pas faire la lumière sur le plus grand scandale financier de l'histoire du pays. Ça, ce serait irresponsable de ne pas faire la lumière là-dessus.
Ce qu'on doit faire, c'est fournir des réponses à nos questions, comme la motion le demande, parce que quelqu'un a donné des autorisations, quelqu'un qui a dit oui pour un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars. Quelqu'un a accepté que le logiciel ne fonctionne pas, qu'il ne donne pas les résultats attendus et qu'on poursuive dans cette direction.
C'est notre rôle comme législateurs. Nous avons été élus par la population canadienne, et la population canadienne s'attend à des résultats. Je dis toujours à mes concitoyens que c'est un grand privilège d'être leurs yeux, leur voix et leurs oreilles ici à Ottawa. Ce devrait être ce qui nous porte tous, être les yeux, la voix et les oreilles de nos concitoyens.
Quand nous sommes devant un scandale financier comme celui-là, à savoir un dépassement de coût de 5 milliards de dollars, si nous voulons faire notre travail, nous nous devons d'être les yeux, la voix et les oreilles de nos concitoyens et de demander des réponses. C'est notre rôle comme législateurs.
Nous avons demandé à la ministre Hajdu et au ministre Lightbound de venir nous donner des réponses. À combien de temps avons-nous eu droit? Nous avons eu droit à une heure, soit à 30 minutes par ministre. Avons-nous eu assez de temps pour poser les questions et avoir les réponses auxquelles nous nous attendions? Bien sûr que non.
On parle d'un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars et je n'ai que 30 minutes; pas 30 minutes pour moi seulement, mais 30 minutes pour que l'ensemble de mes collègues posent des questions au ministre. C'est complètement ridicule. Pour revenir au mot « respect », c'est un manque de respect envers nous, les législateurs, que de nous donner seulement 30 minutes pour poser des questions sur un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars. C'est ça, le respect que le gouvernement libéral a pour les législateurs qui ont été élus démocratiquement dans chacune des circonscriptions pour représenter leurs concitoyens et leurs concitoyennes.
Les gens travaillent fort pour gagner leur paie et ils nous envoient pratiquement la moitié de leur paie ici à Ottawa. On fait un dépassement de coûts de 5 milliards de dollars et il ne faudrait pas que nous posions de questions parce que ça va occasionner du travail du côté des employés de l'État. Ce qui serait irresponsable, ce serait de ne pas le faire.
Je tenais à être ici parce que je siège au Comité permanent des finances et que c'est un dossier inacceptable pour moi. En plus, ce matin, dans un article du Journal de Montréal, on parlait du fait que les aînés ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Une fois que le loyer est payé, ils ont de la difficulté à payer leur épicerie. Avec le logiciel Cúram, 86 000 aînés n'étaient pas capables de recevoir les prestations qui leur étaient dues.
C'est de l'argent qui leur est dû. Ils ont déboursé cet argent. C'est notre devoir de pouvoir le leur redonner. Ils doivent attendre huit à neuf mois pour recevoir leur argent. Certains de nos aînés sont en situation de détresse. C'est ça, la situation de 86 000 aînés au pays. Notre rôle serait-il donc de ne pas poser de questions, d'accepter ça?
Je vais continuer à me battre pour nos aînés et je vais continuer à me battre pour les Canadiens et les Canadiennes qui travaillent fort et qui nous accordent leur confiance en nous donnant une grande partie de la paie qu'ils gagnent chaque semaine. Ils nous demandent d'offrir des services aux Canadiens et aux Canadiennes en échange d'un montant d'argent qu'ils nous envoient chaque semaine et nous nous devons de le gérer de façon efficace et responsable.
Ce que nous voyons présentement dans ce dossier, ce n'est pas de la saine gestion. Ce n'est pas de la gestion efficace et responsable. Nous nous devons d'avoir des réponses, nous nous attendons à des réponses et je vais continuer à me battre pour que nous puissions avoir les réponses, parce que quelqu'un quelque part a accepté ces dépassements de coûts de 5 milliards de dollars, quelqu'un a accepté que ce logiciel ne soit pas fonctionnel.
J'ai tendu la main à la ministre pour aller rencontrer sur le terrain les employés qui utilisent le système Cúram. Ce sont eux qui l'utilisent au quotidien. J'ai proposé à la ministre que nous y allions ensemble. Je ne l'utilise pas, le système informatique. La ministre ne l'utilise pas non plus. J'ai proposé que nous allions rencontrer les gens qui l'utilisent, pour comprendre quels sont les défis qu'ils vivent au quotidien, pour que nous puissions trouver une voie de passage, trouver une piste de solution. Nous nous devons d'avoir des réponses.
De notre côté, nous allons poursuivre le travail. Vous comprendrez que, lorsque mon collègue parlait de respect, ce qui serait irrespectueux serait de ne pas faire le travail que nous faisons présentement. Nous nous devons d'avoir les réponses auxquelles nous nous attendons. Nous nous devons de respecter les Canadiens et les Canadiennes qui, eux aussi, se posent des questions. Où sont ces 5 milliards de dollars en dépassement de coûts? Que s'est-il passé dans la chaîne de décision?
Un ensemble de mesures ont été demandées dans la motion. Nous allons nous assurer d'avoir les réponses nécessaires pour que nous puissions faire la lumière sur ce dossier. Nous allons nous assurer d'avoir les réponses auxquelles nous nous attendons.
Merci, monsieur le président.
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Je peux préciser. J'attendais ce moment depuis longtemps. Je l'avais inscrit à mon agenda bien avant que l'ordre du jour ne soit modifié.
J'ai été vraiment surprise. Vous savez, nous voilà en train de discuter d'une motion d'une ampleur sans précédent. Elle reflète une motion similaire présentée la semaine dernière au comité des comptes publics, où les membres débattent toujours des amendements en raison de leur volume considérable et de la complexité du sujet.
Lorsque nous examinons des motions, je pense qu'il faut s'assurer qu'elles soient sensées, précises, mesurables, réalisables, pertinentes et assorties d'un délai précis. Franchement, j'ai l'impression que nous avons traité des motions similaires au comité de la science et de la recherche. Il y avait d'énormes demandes de documents, et une fois qu'on a vraiment examiné l'ampleur de ce qui était demandé, le nombre de pages et, surtout, le coût lié à la traduction — car il est très important que toutes ces informations soient disponibles dans les deux langues officielles —, nous avons finalement changé d'avis et adopté une motion plus ciblée, beaucoup plus sensée, pour ainsi dire. Or, ce n'était pas tout, puisque la traduction aurait littéralement pris des années.
Produire les documents demandés dans cette motion coûtera des millions de dollars. Il est simplement impossible d'y parvenir dans le délai proposé, c'est‑à‑dire 30 jours seulement. S'attendre à ce que les fonctionnaires passent au crible des millions de documents de plusieurs ministères en quelques semaines est tout simplement irréaliste. Ces personnes travaillent déjà à pleine capacité pour fournir aux Canadiens les services dont ils dépendent au quotidien.
Cela m'amène à parler de l'impact. Chaque heure consacrée à la compilation de documents est une heure qui n'est pas consacrée au traitement des demandes par le ministère, à la réponse aux questions ou à la prestation de services en temps utile aux Canadiens. Et cela se produit à un moment où les Canadiens attendent de l'efficacité. Nous le constatons. Ils demandent de l'efficacité, ainsi que de la réactivité. Cette motion détourne véritablement les fonctionnaires de leurs responsabilités principales et ralentit la prestation des services à un moment où nous ne pouvons absolument pas nous le permettre.
Bien que je reconnaisse que les comités ont le droit de demander des informations, il est important d'examiner le contexte plus large des conséquences. Les demandes doivent être ciblées et raisonnables. Si cette motion est adoptée, elle crée une situation sans précédent, avec des documents non ciblés à l'échelle du gouvernement, nécessitant probablement plusieurs milliers d'heures de traduction, et ce n'est tout simplement pas une approche durable ou adaptée pour l'exercice du contrôle.
Je reviens à ce que je disais au début. Cela nous détourne aussi d'un travail tout aussi important ici, au sein de ce comité. Nous devrions travailler au projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada. Jeudi dernier, ce comité n'a pas pu entendre des témoins qui avaient pris du temps dans leur journée — certains ayant réorganisé leur emploi du temps, d'autres voyageant jusqu'ici — pour comparaître devant nous au sujet de l'important projet de loi C‑20. Deux de ces témoins m'ont écrit personnellement pour me dire à quel point ils étaient déçus de ne pas avoir pu répondre aux questions et exprimer pleinement ce qui leur tenait à cœur dans cet important projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada. Leurs témoignages comptent; leurs points de vue sont importants. Nous avons dû annuler leurs témoignages parce que ce comité était accaparé par des débats procéduraux liés à cette motion.
Nous devons à ces témoins, et nous devons aux Canadiens, de rester concentrés sur le travail législatif devant nous et de ne pas nous laisser entraîner dans ces détours inutiles. Le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada, est significatif, et le Comité a la responsabilité de lui accorder toute l'attention qu'il mérite. Continuer sur cette voie de demandes vastes et non ciblées de documents ne fait que retarder davantage ces travaux. D'autres comités l'ont compris et ont renoncé à ce genre d'approche.
Je tiens à souligner que nous avons déjà constaté beaucoup de transparence dans ce dossier. La ministre de l'Emploi et des Familles, le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l'Approvisionnement et lieutenant du Québec et des fonctionnaires des deux ministères sont déjà venus témoigner.
Les fonctionnaires ont donné des séances d'information techniques aux porte-parole. Ils ont fourni des données régionales ainsi que des estimations des coûts à la demande du Comité. Il y a déjà eu une participation significative, beaucoup de transparence.
Compte tenu de tout cela, et du travail important que nous devons faire en ce qui concerne le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada, et du fait que cette motion n'est pas sensée — car elle n'est ni précise, ni mesurable, ni réalisable, ni pertinente, et que le délai qui y est rattaché est irréaliste —, je pense sincèrement que cela aura un impact considérable sur la prestation des services par nos fonctionnaires, qui travaillent déjà très fort pour les Canadiens.
Je suis très préoccupée par le précédent que cela crée, surtout si l'on considère que cela pourrait représenter des années de traduction pour un projet qui pourrait ne pas même aboutir aux résultats escomptés. C'est aussi une énorme perturbation pour le travail fondamental autour du projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
C'est pourquoi je ne soutiens pas cette motion. J'aurais souhaité que nous parlions aujourd'hui de Maisons Canada, mais il est important que je souligne en quoi cela peut constituer, pour parler franchement, une utilisation inefficace des fonds publics que de suivre cette motion. Nous pourrions utiliser notre temps de manière responsable, ciblée, et vraiment nous concentrer sur le travail que les Canadiens attendent de nous.
Merci, monsieur le président, de m'avoir donné la parole aujourd'hui. J'espère revenir un jour parler de Maisons Canada, pour aborder ces questions importantes en matière de logements et d'infrastructure, relativement auxquelles j'ai le privilège de travailler au service des Canadiens.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
J'apprécie vraiment la rigueur avec laquelle vous dirigez ce comité. Puis‑je vous adresser mes plus sincères compliments?
Je remercie tous les membres de m'avoir incluse aujourd'hui dans les travaux de ce comité.
Je sais que M. Genuis — et vous-même, monsieur le président — avez souligné que nous devrions rester concentrés sur l'amendement devant nous aujourd'hui, mais je voudrais moi aussi, avec l'indulgence du Comité, prendre seulement 30 secondes pour dire que j'aimerais que l'on puisse parler des travailleurs à la demande et de la façon dont ce comité peut aider à défendre leurs droits en matière d'assurance-emploi et mieux les soutenir, alors que la nature de l'emploi change dans notre pays.
Voilà pour mes 30 secondes. Je vais maintenant parler de l'amendement.
J'espère que les membres autour de cette table comprendront que bon nombre d'entre nous sommes ici depuis très longtemps. J'ai siégé au comité des comptes publics. Je siège actuellement au comité des opérations gouvernementales et à celui de la condition féminine. Je sais comment on peut utiliser la procédure de la Chambre et celle des travaux en comité pour faire traîner les choses. Je ne pense pas que ce soit ce que veulent les Canadiens.
Quand je regarde le texte de cette motion, de ces amendements...
Des députés: Oh, oh!
Iqra Khalid: On peut continuer? Vous avez fini de rire? Très bien.
Quand je regarde le texte de cette motion, ce que je constate, forte de mes 10 années d'expérience en tant que parlementaire, ce n'est pas qu'un seul député de l'opposition compte réellement lire ces millions de documents, mais qu'ils sont prêts à dépenser des millions pour faire appel à la fonction publique afin de les obtenir, puis les faire traduire, dans le seul but de ralentir l'excellent travail que ce comité accomplit en général. Je crois que nous avons dépassé ce stade. Nous devrions l'avoir dépassé, car quel est, en fin de compte, l'objectif ici? Que cherchons-nous à accomplir?
Pour rappel, je siège au comité des opérations gouvernementales. Nous procédons actuellement à un examen exhaustif des dépenses. Nous cherchons à comprendre comment la fonction publique dépense ses fonds, comment trouver des gains d'efficience, et à veiller à ce que notre institution démocratique, notre institution parlementaire, soit bien soutenue, tout en respectant les fonds publics des contribuables canadiens.
En entrant ici, en voyant ce qui est proposé, je suis franchement consternée. À ma connaissance, le Comité a déjà reçu des mémoires et les documents demandés, et les fonctionnaires viennent aussi témoigner devant les membres du Comité. Par ailleurs, les membres peuvent interroger les témoins, comme ils le veulent, sur des points bien précis et recevoir des informations ciblées. Quand je vois une motion comme celle‑ci, je me demande pourquoi nous aurions besoin de tous ces documents? Et pourquoi en aurions-nous besoin en 30 jours?
Les membres en face siègent ici depuis aussi longtemps que moi, voire plus. Ils connaissent bien les limites des ressources de la Chambre. Quand on réduit le délai tout en élargissant la portée des documents à fournir, et en respectant la règle selon laquelle tous ces documents doivent être traduits dans nos deux langues officielles, il y a lieu de se demander pour quelle raison on le fait?
Nos comités sont des outils pour promouvoir la démocratie. Ils permettent non seulement d'assurer la surveillance de l'État, mais aussi de répondre à de nouvelles questions que les Canadiens soulèvent dans les domaines de compétence de nos comités, ceux pour lesquels nous sommes mandatés. Quand je nous vois utiliser les ressources des comités... dans quel but? Je ne sais pas. Je suis sûre que l'opposition nous le dira dans quelques semaines ou quelques mois. Pourquoi gaspiller tout ce temps? Pourquoi ne pas discuter dès maintenant des enjeux de notre génération, en particulier dans ce comité, celui des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées? C'est irréel, pour être honnête. Comme je l'ai dit, j'ai déjà vu beaucoup d'ordonnances de communication être décrétées, dont certaines avec un certain succès. Nous avons fait passer des milliers d'heures aux services de la Chambre pour traduire des documents que personne ne lisait vraiment.
C'est un manque de respect envers les ressources disponibles pour nous, députés. Pour moi, une motion exigeant des millions de pages dans des délais irréalistes est une insulte aux ressources de notre Chambre. Nous, parlementaires, pouvons faire mieux et devons faire mieux. Nous sommes élus pour donner l'exemple. Nous sommes élus pour porter les préoccupations de nos électeurs et représenter les Canadiens ici. Ce que nous faisons de notre précieux temps à cette table est de débattre si des millions de pages de documents peuvent être produites et traduites en 30 jours selon toutes les règles de la Chambre. Nous pouvons assurément faire mieux.
La pression sur les fonctionnaires est énorme, et pas seulement aujourd'hui. Je me souviens particulièrement qu'en période de COVID, nos ressources étaient très limitées. Il y avait beaucoup de manœuvres à la Chambre. Les gens formidables qui nous soutiennent dans les comités — qui nous soutiennent dans notre travail de parlementaires — étaient débordés. Il y a eu de nombreux cas où certains ont dû consulter un thérapeute à cause de l'atmosphère toxique qui règne ici, liée au manque de ressources et de soutien.
Pour revenir à la motion, quel est l'objectif ici? Pourquoi ne respectons-nous pas nos fonctionnaires et le travail qu'ils accomplissent? Pourquoi devons-nous les utiliser comme cheval de bataille pour faire avancer notre propre programme politique, quel qu'il soit? Cela n'a vraiment aucun sens.
L'autre aspect que j'aimerais souligner, c'est que quand on retire des ressources...
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Merci, monsieur le président.
Je vais même retirer mes mots et présenter mes excuses à mon collègue.
Donc, nous allons parler de chiffres. Dans la région de l'Atlantique, le 26 janvier 2026, il y avait 3 038 demandes en souffrance. Le 28 février 2026, il y en avait 1 364. Maintenant que nous sommes en avril, ce n'est plus 1 364 demandes. Dans la région du Québec, c'est très important, parce que ça me tient vraiment à cœur, le 26 janvier 2026, il y avait 11 535 demandes en souffrance. Le 28 février 2026, il y en avait 9 222. Maintenant que nous sommes en avril, il y en a moins. Dans la région de l'Ontario, le 26 janvier 2026, il y avait 34 544 demandes en souffrance. Le 28 février 2026, il y en avait 24 496. Dans la région de l'Ouest et des territoires, le 26 janvier 2026, il y avait 35 112 demandes en souffrance. Le 28 février 2026, il y en avait 31 515.
Je ne vais pas énumérer tous les chiffres. Il y a d'autres régions, et certaines sont en attente. Je ne vais pas inventer des chiffres pour ne pas fausser les informations. Ce n'est pas dans mes habitudes. Malgré les arrérages, il y a un travail qui s'est fait rapidement. Ça se voit. Ce travail est phénoménal. Nous n'allons pas dévier les ressources.
Cette motion n'a aucun sens. Elle va coûter très cher en argent et en ressources. Je ne sais pas. J'entends parler mes collègues, qui parlent de millions de pages; cela va coûter très cher en ressources et en argent.
Nos fonctionnaires, monsieur le président, ne sont pas des robots. Ça, nous allons le dire.
J'aimerais rappeler quelque chose à mes collègues ou revenir à l'essentiel: les arrérages des demandes de la Sécurité de la vieillesse sont le sujet qui anime la conversation aujourd'hui. Depuis le début de l'année, les équipes du ministère travaillent sans relâche à traiter toutes les demandes. L'inventaire et le travail fonctionnent très bien, même si ce n'est pas terminé. À titre d'exemple, le 26 janvier dernier, il y avait 3 038 demandes en souffrance pour la région de l'Atlantique. Après un mois, soit le 28 février, il restait 1 364 demandes en souffrance.
Pourquoi est-ce que je vous dis ça? C'est parce que, bien que le travail avance, nous n'arrêterons pas tant et aussi longtemps que toutes les demandes ne seront pas traitées. J'aimerais d'ailleurs rappeler que ces demandes sont principalement des demandes papier, qui contiennent des erreurs et qui demandent à nos équipes d'accompagner les citoyens et les citoyennes dans leur démarche. Il faut surtout savoir qu'une erreur pourrait avoir une incidence sur les prestations qu'une personne aînée pourrait recevoir pour le reste de sa vie. Là, je parle de toute une vie, monsieur le président, du reste de sa vie. Donc, la précision est encore plus importante…
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Merci, monsieur le président.
Nous sommes conscients que des millions de documents ne vont pas être lus dans l'immédiat. Je le réitère, avec tout le respect que j'ai pour mes collègues, surtout qu'ici, sur le sujet abordé actuellement, le Bloc québécois pose des questions tous les jours à la Chambre, et que notre gouvernement y répond chaque fois. Afin de faire le pont de manière efficace ou pour les gens à la maison qui suivent nos travaux, la preuve en est grande, ça reste dans la motion.
Dans ma circonscription, j'ai croisé une dame de 76 ans qui m'a dit qu'elle me regarde tous les jours, qu'elle voit ce que je fais en comité, qu'elle écoute le Bloc québécois, les conservateurs et les libéraux, et qu'elle pense qu'elle va devenir libérale. Ça, c'est un petit détail.
Donc, afin de faire le pont de manière efficace, ou pour les gens à la maison qui suivent nos travaux, j'aimerais revenir sur le contexte qui nous mène aujourd'hui à débattre de l'amendement de Mme Falk et, du même coup, de la motion de Mme Larouche. Je vais lire cette dernière afin que les gens qui suivent nos travaux puissent entendre le contenu et juger si c'est important ou pas.
Que le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées demande au ministère de l'Emploi et du Développement social, au ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, au Conseil Privé ainsi qu’au cabinet du premier ministre de transmettre au greffier du Comité, dans un délai de 30 jours suivant l’adoption de la présente motion, tous les rapports, correspondances, courriels et documents relatifs à la gestion de la Modernisation du versement des prestations depuis le 1er janvier 2017, que les ministères et le cabinet chargés de produire les documents appliquent les caviardages, conformément aux obligations légales prévues par la Loi sur la protection des renseignements personnels et la Loi sur l’accès à l’information.
Vous savez, ce qui intéresse les gens qui attendent actuellement leur versement de Sécurité de la vieillesse, c'est de payer leur loyer et de remplir le frigo, ce n'est pas de détourner des fonctionnaires de leur travail pour fournir des milliers de pages aux partis de l'opposition. Je vais le dire, même s'ils n'aiment pas ça, mais peut-être qu'ils ne les liront pas. Mais bon, ce n'est pas grave.
Savez-vous combien de citoyens m'ont parlé de ce dont nous discutons actuellement? Il n'y a eu qu'une seule dame, dans ma circonscription. Je ne sais pas si, dans leurs circonscriptions, mes collègues ont des personnes qui font face à la situation, mais j'ai toujours été témoin à la Chambre, quand les députés de l'opposition posent la question à notre gouvernement, la ministre ou son lieutenant demande toujours s'il y a du monde dans des circonscriptions dans cette situation et, le cas échéant, de leur apporter les dossiers. Jusqu'à présent, aucun dossier n'a été soumis. Je ne sais pas s'ils rencontrent du monde dans cette situation, mais aucun dossier n'a été soumis.
Il est vraiment dommage de constater que le Bloc québécois, aidé par les conservateurs, ralentit les travaux du Parlement en déposant des motions qui ne sont pas liées aux sujets étudiés.
Lorsque Mme Larouche a présenté sa motion, il y avait des témoins venant du Québec, des experts qui nous parlaient du logement pour les étudiants et de l'itinérance. Mme Larouche a déposé sa motion, qui a bridé les témoins, ce qui m'a énervé parce que, personnellement, en aucun cas, je n'accepterai que l'on manque de respect à quelqu'un qui vient du Québec à Ottawa pour parler au gouvernement. C'est une chose que je n'ai jamais cautionnée.
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Comme je l'ai dit, monsieur le président, finalement, j'aurais dû intervenir plus tôt. J'ai été respectueuse, j'ai laissé les gens s'exprimer, je les ai écoutés. J'ai même accepté des attaques personnelles. J'aurais dû intervenir, mais je n'avais pas le goût d'aller là aujourd'hui.
Revenons à la motion. Si nous demandons des chiffres et des explications, c'est parce que ces logiciels ne sont pas juste des bibittes informatiques du gouvernement. Ils servent aussi les gens et ont des répercussions concrètes sur leur vie.
On n'en est pas à un scandale informatique près au fédéral. Je vais vous rappeler un cas dont j'ai parlé dans un discours à la Chambre et qui m'a marquée. En 2019, quand je venais d'être élue, une des premières personnes qui est venue cogner à la porte de mon bureau était une mère de famille accompagnée de son bébé. J'ai accepté de rencontrer cette femme dans mon bureau, et elle s'est mise à pleurer. Ça m'a profondément troublée. C'était une mère de famille qui était une employée du gouvernement fédéral et qui n'avait pas reçu ses prestations à cause de Phénix. Elle avait maintenant un bébé et, au lieu de profiter de son congé de maternité, elle devait se battre parce que l'argent n'entrait pas. Alors, les logiciels ont des répercussions concrètes sur les gens. Je l'ai compris très tôt.
Il y a des gens qui, jusqu'à tout récemment, avaient encore des problèmes avec Phénix. Pendant la pandémie, il y a eu ArriveCAN, qui a dépassé les coûts prévus et qui a mal servi les gens. Ça a eu des impacts sur la santé psychologique des gens, et même sur leur santé physique. Alors, ce sont des exemples de programmes informatiques fédéraux qui ont eu des répercussions sur la vie des Québécoises et des Québécois.
Je pourrais aussi vous présenter l'historique du projet Cúram. Il est très long. Bien sûr, il fallait moderniser le système de versement des prestations destinées aux aînés. Cependant, des drapeaux orange et des drapeaux rouges ont été levés il y a longtemps.
C'est d'abord la vérificatrice générale qui a sonné l'alarme il y a deux ou trois ans, en disant qu'il y aurait des dépassements de coûts importants dans le cadre du projet Cúram. C'est ma collègue Nathalie Sinclair‑Desgagné, alors membre du Comité permanent des comptes publics, qui m'a alertée en premier en me disant qu'il allait y avoir des problèmes pour des aînés à cause de Cúram, que la vérificatrice générale l'avait dit, mais que personne ne l'écoutait et que personne ne semblait s'en préoccuper. On a eu des discussions à ce sujet pendant la prorogation du Parlement, en février 2025, mais on n'a pas pu venir en parler à la Chambre, parce qu'il y avait eu prorogation avant l'élection. C'est extrêmement dommage, parce qu'on n'a pas eu l'occasion de dénoncer plus tôt le cas de Cúram.
L'an passé, en juin, un syndicat des employés de la fonction publique a dénoncé, au-delà du dépassement de coûts déploré par la vérificatrice générale, le fait que le programme ne fonctionnerait pas et qu'il y aurait des problèmes avec le versement des prestations. Mes chers collègues libéraux, en face, tentent de défendre les fonctionnaires en insistant pour dire que ça n'a pas de bon sens, ce qu'on demande aux fonctionnaires. Or, ces mêmes fonctionnaires trouvent que ce qui n'a pas de bon sens, c'est Cúram. D'ailleurs, ils ont donné au projet, dans les médias, la note d'un sur dix. Quand on donne une note d'un sur dix à un logiciel, on ne peut pas dire que c'est une grande réussite.
Donc, à la suite de tout ça, on a communiqué avec nous. Nous avons essayé à la fin de l'année dernière de voir ce qui se passait avec Cúram, mais le gouvernement n'a pas bougé. Il a fallu que des médias s'intéressent à la question Cúram au début de l'année 2026. Donc, des années après le début de la mise en place de ce système, des années après que la vérificatrice générale a sonné l'alarme et des mois après que les fonctionnaires ont dit que ça ne fonctionnerait pas et qu'il y aurait des problèmes avec le versement des prestations, il a fallu que des médias, particulièrement au Québec, s'intéressent à cette question et soulèvent des cas.
Bien sûr, le Bloc québécois a été à l'avant-plan de ce dossier parce qu'il a été à l'écoute des fonctionnaires, de la vérificatrice générale et des aînés qui avaient des problèmes. Cependant, nous n'avons pas été les seuls. On dit que les conservateurs suivent ce dossier sans comprendre pourquoi. Je pense que M. Lefebvre a encore une fois démontré qu'il y avait également des cas, dans sa circonscription, d'aînés qui ont dû attendre leurs prestations à cause de Cúram.
Nous avons interrogé la à la Chambre à la fin du mois de janvier, quand nous sommes revenus. Au début, la réponse de la ministre était qu'il y avait quelques cas seulement. Nous avons continué à lui poser des questions. Sa réponse est passée de quelques cas à moins d'un pour cent des cas. Encore une fois, pour les réponses claires de la ministre dont parlent mes collègues, on repassera.
Il a fallu que nous insistions, parce que nous n'avions pas eu toutes les réponses à nos questions à la Chambre. Lorsque la ministre est venue au Comité, même pas pour parler de Cúram, mais pour parler d'un autre projet de loi, il a fallu qu'une question lui soit posée par un collègue d'en face pour que la ministre réponde qu'il y avait 85 000 cas. Voilà que le chat était sorti du sac. Alors que nous avions interrogé la ministre lors de plusieurs séances à la Chambre, il a fallu que la ministre soit interrogée en comité par un de ses propres collègues libéraux pour qu'elle réponde qu'il y avait eu 85 000 cas.
Nous avons donc posé des questions par rapport à ce chiffre. Cependant, à la Chambre, on nous a répété que, 85 000 cas, ce n'était pas grave. Mes collègues libéraux me disaient que ces gens n'avaient qu'à les appeler. Voulaient-ils vraiment que ces 85 000 personnes les appellent un par un, au lieu d'essayer de trouver une solution plus globale et plus efficace? Ces 85 000 cas ne sont pas juste quelques cas qui peuvent être réglés en appelant le ministère. C'est plus important.
Nous aurions plutôt voulu sentir dans les réponses de la ministre une volonté réelle de trouver un plan d'action, de chercher les réponses à ces questions et de chercher des solutions. Nous aurions voulu savoir quel était le plan de match, quel était le plan de contingence et ce qu'on allait faire maintenant qu'on avait ce chiffre-là.
Bien entendu, le chiffre a diminué lorsqu'on a posé des questions. Étrangement, le mois suivant, on est passé de 85 000 cas à, je pense, 67 000 cas. Cependant, encore là, on a mis plus d'énergie à tenter de mettre le couvert sur la marmite qu'à réellement essayer de faire la lumière sur ce qui se passait avec Cúram.
Nous avons aussi réussi à faire adopter une motion ici, au Comité, parce que ça n'avait pas fonctionné à l'époque, je pense. Au Comité, nous voulions que les ministres viennent. Nous avons proposé une motion pour qu'ils viennent deux heures chacun. C'est la motion qui a été adoptée. Par contre, au lieu de deux heures pour chaque ministre, on a eu une heure pour les deux ministres. Ça, ce n'est pas respecter une motion votée par ce comité. En une heure, quelles questions peut-on vraiment poser?
C'est pour ça que j'ai été obligée de demander des documents et que j'ai été obligée de faire très vite dans mes tours de parole. J'ai dû proposer une motion pour avoir des documents supplémentaires.
Quand on fait un calcul mathématique, on voit que les ministres se sont présentés pour quatre fois moins longtemps qu'ils l'auraient dû. C'était censé être deux heures par ministre. Finalement, ce n'était même pas une heure par ministre. C'était une heure pour les deux ministres.
Je tiens à le dire, parce qu'il a été extrêmement frustrant, malgré la volonté de ce comité, de ne pas avoir eu l'information qu'on voulait. C'est pour ça qu'on a proposé une motion lors de cette réunion pour obtenir des documents supplémentaires et plus d'informations.
Je tiens aussi à rappeler qu'au Comité permanent des comptes publics, il y a eu une motion proposée par le Bloc québécois et adoptée à l'unanimité, que même les libéraux ont appuyée, pour faire la lumière sur l'affaire et la dépolitiser.
Là, en face, on essaie de nous accuser de faire de la politique, alors qu'une enquête publique indépendante telle que celle qui a été demandée, c'est exactement la volonté du Bloc. Nous voulions nous sortir de là. Nous voulions que des gens puissent faire la lumière sur la situation de la façon la plus objective possible. Nous voulions sortir de la partisanerie qu'on observe.
Il y a eu beaucoup de tentatives de la part des libéraux, tant au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées qu'au Comité permanent des comptes publics, d'essayer de bloquer des informations, de ne pas tout dire et d'édulcorer les choses. La preuve, c'est que malgré le fait que les libéraux aient voté en faveur d'une motion, au Comité permanent des comptes publics, demandant une enquête publique et indépendante, il y a eu un débat à la Chambre et, lorsqu'il a été temps de voter, tous les libéraux, y compris ceux qui s'étaient montrés favorables à la motion en comité parlementaire, ont voté contre la motion à la Chambre.
Alors, quand on me parle de démocratie, moi, je trouve ça extrêmement inquiétant. Où sont leurs convictions? Quand, en comité, des députés votent pour une motion, mais qu'ensuite, à la Chambre, ils votent contre la même motion pour laquelle ils étaient en faveur en comité, je trouve que c'est un affront à la démocratie. Mon collègue , député d'Abitibi—Témiscamingue, avait fait un travail extraordinaire pour que cette motion soit adoptée à l'unanimité à son comité. Il était très fier que le débat se transporte à la Chambre.
Lors de ce débat à la Chambre, on a entendu des préoccupations par rapport au sort des aînés. Malgré tout ce qui s'est dit, malgré des préoccupations exprimées, c'est finalement le Président de la Chambre qui a tranché. Évidemment, le Président étant libéral, il a voté contre la motion pour la mise en place d'une enquête publique et indépendante. Il n'y a donc pas eu d'enquête publique, et ce, malgré l'adoption à l'unanimité d'une motion du Comité permanent des comptes publics en ce sens.
Nous en sommes là aujourd'hui. À la suite de cet affront démocratique de la part des libéraux, qui ont voté contre la motion à la Chambre, alors qu'ils avaient voté pour en comité, mon collègue a essayé de présenter au Comité permanent des comptes publics la même motion que j'ai voulu déposer ici pour avoir des documents supplémentaires. Il y a alors eu de l'obstruction systématique à ce comité. Je l'ai appris le soir même.
Le lendemain matin, il y avait une réunion de notre comité. Il fallait que je demande les informations nécessaires pour essayer à mon tour, parce qu'au Comité permanent des comptes publics, ça n'avait pas fonctionné.
Nous avons donc été obligés de redemander les documents supplémentaires, cette fois à notre comité, ce qui n'était pas le plan de match. Si les libéraux avaient collaboré au Comité permanent des comptes publics, s'ils avaient répondu aux questions, s'ils avaient adopté la motion de mon collègue, nous n'en serions pas là.
Essentiellement, la motion demande ce que l'enquête publique aurait pu faire: aller chercher des documents, regarder toutes les informations. Comme ça n'a pas pu se faire au Comité permanent des comptes publics, nous avons été obligés de présenter la motion ici. Depuis ce temps, il y a de l'obstruction systématique. Pourtant, ça a des répercussions réelles sur les aînés.
Il s'adonne qu'en ce moment, je siège aussi au Comité permanent de la condition féminine, qui fait une étude sur la situation des femmes aînées. J'entends dire qu'il n'y a pas d'aînés qui se préoccupent de ça, que c'est une perte d'argent public que de s'intéresser à des aînés qui ne reçoivent pas leurs prestations. Pourtant, la mise en place d'un logiciel a occasionné des dépassements de coûts de 277 %, soit 5 milliards de dollars.
On m'a souvent dit que c'était une perte de temps. D'autres collègues libéraux m'ont aussi accusée de vouloir faire perdre de l'argent venant des citoyennes et des citoyens. Or, l'argent des citoyens et des citoyennes est déjà perdu dans ce 5 milliards de dollars de dépassement de coûts, dans ce dépassement de coûts de 277 %. L'argent des citoyennes et des citoyens est déjà perdu, car des aînés ont eu de la difficulté pendant neuf mois à recevoir leur pension. C'est un cas démontré. Bien entendu, il y a toujours un retard dans le versement d'une première prestation. Bien entendu, quand il y a des cas plus complexes, c'est toujours plus long. Sauf que là, neuf mois, ça commence à être un délai qui dépasse la normale.
On sait que des aînés ne vivent que de leurs prestations, soit le Supplément de revenu garanti et la pension de la Sécurité de la vieillesse. Ils ne vivent pas d'autre chose. De plus, ce sont des revenus fixes qui sont déjà insuffisants dans le contexte actuel d'inflation.
C'est ce qui se dit en ce moment au Comité permanent de la condition féminine, dans le cadre de l'étude sur les femmes aînées. D'ailleurs, l'ancienne présidente de la FADOQ, qui est maintenant la présidente de l'Association nationale des retraités fédéraux, est venue dire à ce comité la semaine dernière que les retards de prestations avaient des conséquences majeures. Elle a dit que des aînés ne vivaient que de leurs revenus fixes et que, pendant des mois, ils ne comptaient que sur ça pour payer, non pas un voyage dans le Sud, mais leur logement, leurs médicaments et leur épicerie. C'est elle-même qui l'a dit: ça a des conséquences majeures et importantes. Elle a même dit que, dans certains cas, ça pouvait être dramatique. On parlait de la situation des aînés et on est revenu sur le logiciel Cúram.
Ce ne sont pas des retraités, ce n'est pas une députée du Bloc québécois, ce n'est pas une députée conservatrice qui sont venus dire ça en comité, c'est quelqu'un qui représente des aînés.
Pour toutes ces raisons, ça a des conséquences sur les aînés.
Au Bloc québécois, nous avons déposé notre projet de loi parce que la situation financière des aînés est déjà précaire. Il est inacceptable que des aînés de 65 à 74 ans n'aient toujours pas leur revenu. De plus, ces gens attendent leur pension de la Sécurité de la vieillesse à cause des problèmes liés au système Cúram. Ils vivent des situations dramatiques.
Dans les banques alimentaires et dans des ressources en itinérance, j'ai entendu parler du fait qu'il y a une hausse d'aînés qui font des demandes d'aide alimentaire et qui se retrouvent à la rue en situation d'itinérance.
De plus, les nouvelles de la fin de semaine n'étaient pas très bonnes. En effet, on voit aussi que des aînés sont inquiets et qu'ils ont de plus en plus de difficulté à joindre les deux bouts avec leur revenu fixe, et ça les met dans des situations financières extrêmement précaires. Imaginez qu'en plus de ne pas arriver à joindre les deux bouts, ces gens ne reçoivent pas de prestations pendant des mois.
Ce n'est pas une perte de temps, ce que nous demandons, c'est une recherche d'informations. Je vais m'arrêter maintenant.
Comme je l'ai dit, ce n'est pas nous qui faisons de l'obstruction systématique en ce moment. Nous, au Bloc québécois, aurions voulu trouver une solution. Si vous voulez que nous reparlions de démocratie, j'y reviendrai plus tard.
Je veux être claire: tout ce que nous demandions, c'était des informations, ce qui est tout simplement légitime en démocratie. Ce qui n'est pas légitime, ce sont toutes les démarches libérales en ce moment qui sont antidémocratiques.
Merci beaucoup, monsieur le président.
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Merci, monsieur le président.
Je souhaiterais poser quelques questions et faire quelques remarques concernant l'article 2, ainsi que formuler quelques commentaires sur le débat que nous menons actuellement au cours de l'étude article par article de ce projet de loi.
Je tiens à encourager les membres en leur rappelant que le respect envers les autres membres et les autres partis reste essentiel, même dans le cadre d'une situation de majorité. Lors des précédentes sessions de ce comité, nous n'avons pas toujours été d'accord, mais je pense que nous avons réussi à travailler ensemble de manière assez efficace. Nous avons été productifs au cours de l'année écoulée.
Je suis un peu déçu de la façon dont cette réunion se déroule jusqu'à présent. Je ne pense pas que cela soit conforme aux règles. Je pense que le gouvernement aurait pu parvenir à ses fins de toute façon, mais il n'a tout de même pas respecté les règles.
Pour replacer les choses dans leur contexte, le Comité avait convenu d'une série de quatre séances consacrées au projet de loi . Soit quatre séances, soit huit heures, pour entendre différents témoins, ce qui n'est sans doute pas très long pour un projet de loi qui vise à créer une quatrième agence du logement et dont le texte est assez volumineux. Nous avons consacré à peu près autant de temps à un projet de loi d'initiative parlementaire qui était certes important, mais beaucoup plus court.
Nous avons fait preuve d'une grande souplesse quant au nombre de réunions que nous avons accepté de tenir. Nous n'avons pas terminé le nombre de réunions initialement convenu. Techniquement parlant, dans un certain sens, nous avons eu quatre séances à ce sujet, mais en raison de la décision des députés du parti ministériel de faire obstruction, nous n'avons pas eu l'occasion de terminer la quatrième séance.
Bien que l'entente précédente n'ait pas été respectée, et bien qu'aucune convocation à la réunion n'ait indiqué qu'une étude article par article était prévue, le gouvernement a utilisé sa majorité pour tenter de passer directement à l'étape suivante, et il y est parvenu. Ce n'est pas ainsi que les comités sont censés fonctionner. Ce n'est certainement pas une manière collaborative de mener à bien ce travail.
Il y a de nombreux débats importants à mener sur la question du logement. Nous avions également convenu de lancer une nouvelle étude sur le logement à l'issue de l'examen article par article de ce projet de loi. Notre message est le suivant: le gouvernement doit respecter les ententes et les engagements pris dans le cadre de ce comité. Penser qu'il suffit de passer outre et de faire avancer ces dossiers, c'est ignorer les réalités du fonctionnement des comités et ce qui est nécessaire pour qu'ils soient productifs.
En tant qu'Opposition officielle, nous nous engageons à continuer à nous acquitter de notre rôle en soulignant l'importance de ce principe pour les travaux de ce comité.
Je tiens également à dire, monsieur le président, que le président est habilité à rendre des décisions, et il se peut que je ne sois pas d'accord avec ces décisions. Ces décisions peuvent être contestées. Il n'est d'ailleurs pas difficile de deviner quel serait le résultat d'une contestation dans le contexte de ce comité, mais il est établi, sur le plan procédural, que l'on peut soulever des rappels au Règlement si l'on estime que les règles ne sont pas respectées et que l'on peut contester les décisions du président. Que le président affirme que nous ne pouvons pas les contester défie toute logique et va à l'encontre du processus normal.
Je suis déçu que nous en soyons là, car, techniquement, cette réunion de comité a débuté il y a deux séances. À cette occasion, nous avons entendu des experts qui témoignaient devant le Comité au sujet du logement. Lors de cette réunion, notre collègue du Bloc a présenté une motion que nous avons appuyée, visant à demander au gouvernement de fournir des documents relatifs à la reddition de comptes concernant une autre étude. Il s'agissait d'une motion qui figurait dans l'avis de convocation. Nous n'avons pas présenté cette motion, mais nous avons vivement soutenu la demande de reddition de comptes adressée au gouvernement.
Le gouvernement ne souhaitait pas remettre ces documents; il a donc recouru à l'obstruction parlementaire au cours de trois séances. Dans ce contexte, il est paradoxal que le leader à la Chambre avance que les comités seraient plus productifs si les libéraux parvenaient à leurs fins alors qu'ils sont ceux qui pratiquent activement l'obstruction parlementaire — non seulement au sein de ce comité, mais aussi dans de nombreux autres — concernant les demandes de documents. Ces demandes de documents sont essentielles pour permettre aux comités de mener à bien leur travail. L'une des raisons qui ont motivé cette obstruction systématique des libéraux était leur sentiment qu'une majorité était en passe de se former, grâce à laquelle ils n'auraient jamais à remettre des documents qu'ils ne souhaitent pas produire.
Leur objectif, en manipulant la composition de ces comités, n'est pas de renforcer la collaboration. Nous collaborions efficacement auparavant, et nous obtenions des résultats. La situation d'un Parlement minoritaire exigeait la collaboration. Elle nous y contraignait tous. Personne ne pouvait faire exactement ce qu'il voulait. À présent, le gouvernement semble penser qu'il n'a pas à collaborer avec les autres ni à travailler avec eux. Surtout, les conséquences pour les Canadiens seront négatives car, lorsque tous les députés travaillent ensemble... Bien que cette collaboration soit moins fréquente dans le cadre d'un gouvernement majoritaire, j'espère que nous pourrions envisager d'y revenir.
Nous en sommes aujourd'hui à l'étude article par article parce que — au lieu de présenter des contre-propositions et des amendements, ou d'essayer de trouver un compromis sur la demande de renseignements concernant le logiciel Cúram — le gouvernement est resté campé sur ses positions, a fait obstruction pendant trois séances et vient maintenant, sans tarder, d'utiliser sa majorité pour étouffer ces demandes de reddition de comptes. Les Canadiens s'en trouveront lésés, car ils n'auront pas accès aux informations concernant ce logiciel. Nos délibérations relatives au projet de loi ont également été compromises par la décision du gouvernement de faire obstruction de manière à empêcher les témoins de s'exprimer. Nous nous retrouvons dans une situation où nous voyons déjà le gouvernement ignorer les conventions et les règles habituelles pour tenter de passer outre les préoccupations de l'opposition.
C'est ce contexte qui nous amène ici à l'étude article par article, et...
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Merci, monsieur le président.
J'aimerais porter à votre attention, monsieur le président, une question de privilège concernant les réponses des témoins. Je n'ai pas les précédents devant moi. Je ne les ai pas mémorisés, mais les précédents sont évidents et bien établis. Il y a eu de nombreux cas, tant en comité qu'à la Chambre, où le fait, pour des témoins, de ne pas fournir de documents ou de ne pas répondre à des questions a été considéré comme une atteinte au privilège des députés.
Les comités ne sont pas simplement des lieux de discussion. Ce sont des instances parlementaires dotées de pouvoirs précis. Les comités ont le droit de demander des renseignements, et c'est ce que j'ai fait en l'espèce.
Je comprends les limites auxquelles sont soumis les fonctionnaires. Je comprends que, surtout lorsqu'ils comparaissent devant un comité, ils agissent largement selon les directives qu'ils ont reçues des ministres; ils veulent donc s'en tenir aux contraintes qui cadrent avec leur orientation politique, mais cela ne change rien à l'attente selon laquelle des réponses doivent être fournies.
Dans le contexte du privilège, je pense aussi qu'il ne s'agit pas seulement d'une simple question. C'est une question importante dans le cadre du travail et du fonctionnement que ce comité est censé assurer. Ce que j'essaie de comprendre par cette question, c'est comment nous en sommes arrivés à une situation où le gouvernement n'a pas annoncé ni rendu public l'horaire qu'il comptait suivre, puis a pris le Comité par surprise en décidant de passer à l'étude article par article, alors que cela n'avait été annoncé nulle part et ne figurait dans aucun avis de réunion.
Le Comité a le droit de savoir, et le public a le droit de savoir, comment nous en sommes arrivés là et ce que le gouvernement prévoit de faire; ils ont droit à des explications quant au manque de reddition de comptes qui nous a menés à cette situation. Voilà pourquoi j'ai posé ces questions aux témoins, et le compte rendu montrera très clairement qu'elles sont restées sans réponse. J'ai simplement demandé à quel moment l'invitation initiale avait été envoyée. Il ne s'agissait pas de savoir quand la confirmation avait été envoyée. Il s'agissait de savoir quand l'invitation initiale avait été envoyée.
Je comprends que les fonctionnaires suivent les travaux du Comité dans la mesure où ils touchent à leurs dossiers, mais il me semble évident que les fonctionnaires ne se présentent pas simplement devant un comité en pensant qu'on pourrait peut-être leur demander de comparaître. Ces comparutions découlent d'invitations transmises par la présidence et par les voies parlementaires. C'est manifestement ce qui s'est passé, et le témoin, pour une raison ou une autre, a laissé passer plusieurs occasions de répondre à une question simple: à quel moment cette invitation a‑t‑elle d'abord été envoyée? Cela touche très clairement au privilège.
Dans le contexte du privilège, j'ai examiné certaines réunions du Comité pendant mon absence. Je tiens à préciser, comme le président l'a déjà souligné, que ce n'est pas le président qui tranche les questions de privilège. Le Président statue sur les questions de privilège prima facie. Le rôle de la présidence consiste à déterminer s'il s'agit d'une question qui touche au privilège.
À la suite de la décision de la présidence, si celle‑ci conclut qu'il s'agit d'une question touchant au privilège, une motion de privilège est alors mise en branle, et le Comité peut, au moyen de cette motion, entreprendre un certain nombre de démarches. La première étape consiste à soulever la question de privilège, ce que je viens de faire, puis il revient à la présidence de décider s'il s'agit d'une question touchant au privilège. C'est manifestement le cas.
J'attends avec intérêt la décision de la présidence.
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Je vous remercie, monsieur le président.
Il vaut la peine de souligner, après toute l'agitation de ce matin, que nous sommes ici pour parler du projet de loi et passer à l'étude article par article. Je comprends que les libéraux ont, en quelque sorte, joué les cartes qu'ils avaient en main. Ils savaient qu'ils auraient leur majorité et qu'ils exerceraient un contrôle complet sur les comités. Donc, plutôt que de nous laisser passer au vote sur un ordre de production de documents qui était tout à fait raisonnable, présenté par notre collègue du Bloc, ils ont fait traîner les choses, ont fait de l'obstruction et ont tout fait pour que ces documents ne voient jamais le jour. Très bien. C'était une carte qu'ils avaient à jouer, et ils ont choisi de la jouer.
Dès qu'ils ont eu leur pleine majorité et que les comités ont été remaniés, ils ont décidé de mettre fin à cette obstruction et de passer immédiatement à ceci. Manifestement, un certain nombre de personnes étaient au courant, puisqu'elles étaient prêtes à entamer l'étude article par article. Cela respecte les règles telles qu'elles ont été établies. J'ai déjà siégé à des comités où la présidence ou le greffier comprenait que les choses risquaient de changer, ou que le sujet de la réunion serait différent de ce que nous pensions, comme c'était le cas aujourd'hui. Nous n'avons pas reçu d'avis de réunion parce qu'il s'agissait d'une reprise, les libéraux ayant fait de l'obstruction pendant plusieurs réunions.
Il aurait été utile de recevoir un courriel du greffier indiquant que nous ne recevrions pas d'avis de réunion pour cette séance et qu'on soupçonnait que, si l'obstruction prenait fin à ce sujet, nous passerions à l'étude article par article. C'est déjà arrivé dans d'autres comités, et je pense que ce serait une chose raisonnable à faire. Je demanderais, monsieur le président, qu'on envisage cela à l'avenir.
Lors d'une de nos réunions précédentes, au cours des dernières semaines, nous avions discuté du fait que si les réunions devaient changer et que le sujet devait changer, vous consulteriez les vice-présidents. Je ne crois pas que cela ait été fait pour cette réunion. Il faut beaucoup de préparation pour faire une étude article par article. Ce n'est pas quelque chose pour lequel, en tant que députés, nous pouvons simplement nous présenter. Cela exige énormément de travail, et hier, lorsque nous avons commencé à penser que cela pourrait arriver, certains membres du personnel ont dû travailler très fort.
Je veux souligner le travail de certains membres de notre équipe, qui se sont préparés et sont restés debout très tard pour faire un travail remarquable afin que nous soyons aussi prêts que possible, mais les choses n'avaient pas à se dérouler ainsi. Elles se sont déroulées ainsi parce que les libéraux ont décidé de faire de l'obstruction jusqu'à ce qu'ils obtiennent leur majorité, de sorte que les documents en question ne verraient jamais le jour, et qu'ils sauteraient les témoins que nous étions censés entendre pour aller directement à l'étude article par article. Ils ont leur majorité, donc ils peuvent faire ce genre de choses, mais cela ne veut pas dire que c'est la bonne chose à faire. Je demanderais que nous envisagions de ne pas faire certaines choses simplement parce que nous le pouvons, mais de garder à l'esprit qu'il faut faire ce qui est juste, pour les bonnes raisons.
Cela dit, je vais céder la parole. Merci, monsieur le président.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie beaucoup mes collègues de leur collaboration ce matin.
[Traduction]
Monsieur le président, je tiens tout d'abord à remercier mes collègues de tous les partis pour l'esprit de collaboration dont nous avons fait preuve dans le cadre de cette importante mesure législative, le projet de loi , qui constitue Maisons Canada. Nous ne sommes peut-être pas d'accord sur la façon de procéder, mais nous avons eu des discussions importantes et approfondies au cours des dernières semaines et je sais que nous partageons tous l'objectif de résoudre la crise du logement.
Je tiens à remercier les représentants de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada d'être ici et de nous aider dans cette lecture article par article, ainsi que d'avoir accompli un énorme travail ces derniers mois dans le but de faire avancer ce dossier.
Nous avons clairement exposé la tâche à accomplir. Il n'existe pas de solution unique à la crise du logement. Au cours des trois dernières réunions, les témoins nous ont fait comprendre qu'il fallait sortir des sentiers battus et prendre des mesures audacieuses, et c'est exactement ce que nous faisons. Nous proposons une approche globale et multiforme pour atteindre l'objectif de créer des quartiers de qualité avec des logements abordables. Nous donnons les moyens au secteur privé de construire en nous attaquant aux formalités administratives, aux taxes et aux coûts. Nous aidons les provinces et les collectivités à mettre en place des infrastructures favorables à la construction de logements.
Nous nous attaquons également au problème des sans-abri et venons en aide aux plus vulnérables. Nous nous efforçons d'augmenter le parc de logements abordables. Je sais que c'est une question qui nous tient tous à cœur, dans chacun de nos quartiers et chacune de nos collectivités.
Cette semaine même, dans la mise à jour économique du printemps, et conformément à ce dont nous avons longuement discuté en comité, nous avons proposé de nouvelles mesures importantes visant à garantir que le Canada dispose de la main-d'œuvre qualifiée nécessaire pour construire toutes les habitations dont nous avons besoin. Un investissement majeur de 6 milliards de dollars a été consenti dans les métiers spécialisés, afin de contribuer à former la main-d'œuvre que requiert notre ambitieux plan de logement et d'infrastructures. Nous enrichissons ainsi notre arsenal de solutions.
La nouvelle société d'État Maisons Canada contribuera à la mise en œuvre des projets du gouvernement, qui vise la construction rapide d'un plus grand nombre de logements pour les Canadiens qui en ont le plus besoin, ce qui profitera également à l'ensemble du secteur du logement, tant commercial que non commercial. La nouvelle société d'État contribuera à rétablir l'accessibilité financière, à augmenter considérablement l'offre de logements de tous types pour sortir les gens de la rue et à construire des logements destinés aux ménages à revenus moyens, qui sont actuellement mal desservis.
Le projet de loi confère à Maisons Canada la possibilité d'offrir à ses partenaires une gamme flexible d'outils financiers, notamment des subventions, des prêts à faible taux d'intérêt, des garanties de prêt et des prises de participation. Il permettra également à Maisons Canada d'acquérir et d'aménager des terrains ainsi que de construire des logements sur des terres publiques. Cette nouvelle approche nous permettra d'accélérer les délais de construction, d'améliorer la productivité et de soutenir un secteur de la construction résidentielle plus innovant.
En sa qualité de société d'État, Maisons Canada bénéficiera de la supervision, des pouvoirs, des fonctions et des outils nécessaires pour remplir son mandat de constructeur de logements abordables. Par sa conception même, elle sera appelée à jouer un rôle de promoteur, de bailleur de fonds et de catalyseur, afin d'accélérer la construction de logements abordables. Elle jouira d'une bonne autonomie opérationnelle et devra tant lancer les chantiers qu'attirer des capitaux privés, tout en rendant des comptes au Parlement.
[Français]
Maisons Canada travaille déjà avec les municipalités et les provinces. Plusieurs ententes intéressantes ont d'ailleurs été annoncées au cours des dernières semaines et des derniers mois. Ce sont des projets comme les 750 logements qu'on construit au Nunavut pour répondre aux besoins criants en logement dans le nord du Canada, les nouveaux logements à Saint‑Calixte et à Joliette, ainsi que les logements bâtis en partenariat avec La Maison d'Ariane pour soutenir des femmes et des enfants victimes de violence. Tout récemment, on a annoncé 8 projets de logements abordables qui permettront la construction de plus de 1 100 nouveaux logements locatifs ici, à Ottawa.
Le dialogue entre les municipalités et les provinces continue d'évoluer. On sait qu'on devra tous travailler ensemble, main dans la main, pour résoudre la crise. Les partenaires se mettent au travail pour trouver des solutions aux questions de zonage, de délais d'émission de permis et de tout ce qui ralentit la construction de plus de logements.
Le a laissé entendre que de nombreux refuges pour femmes sont admissibles à un financement de Maisons Canada. En effet, 1 milliard de dollars sont réservés pour le logement de soutien et de transition. C'est une précision importante, parce que même si le terme « refuge » est souvent utilisé de façon générale, en réalité, la plupart des refuges pour femmes fonctionnent comme des logements de soutien et de transition. Il est désormais évident que si un refuge pour femmes offre ce type de service, il répond aux critères d'admissibilité pour ce financement. On a aussi entendu que le gouvernement travaille étroitement avec le milieu des refuges pour femmes afin de clarifier ces critères.
Alors, Maisons Canada va vraiment être là pour construire plus de logements partout dans le continuum, que ce soient des logements de transition, des coopératives de logement social, des logements très abordables ou des logements abordables.
Si on veut affronter la crise du logement, il serait important qu'on adopte ce projet de loi et qu'on fasse avancer cette mesure législative.
Je remercie tout le monde autour de la table de travailler fort pour qu'on puisse aller de l'avant.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
En ce qui concerne l'article 33, le NPD propose certains amendements. Notant que, bien que le projet de loi prévoie des exigences en matière de rapports au Parlement, l'amendement du NPD propose la présentation d'un rapport annuel au Parlement sur les progrès concrets et les résultats obtenus par le programme « Maisons Canada » dans la réalisation de ses objectifs légaux. Le rapport proposé exigerait que le Parlement reçoive les objectifs annuels pour l'année à venir, ainsi que les résultats obtenus par rapport aux objectifs de l'année précédente.
Les indicateurs relatifs à ces objectifs et aux rapports d'étape comprendraient le nombre de nouveaux logements construits grâce au financement du programme « Maisons Canada », la municipalité et la province où ils sont construits, leur niveau d'abordabilité — c'est‑à‑dire le montant en dollars versé par le gouvernement fédéral —, ainsi que le nombre de logements créés sur des territoires domaniaux et leur niveau d'abordabilité.
L'amendement propose que le rapport au Parlement définisse le logement abordable comme suit: « un logement est considéré comme abordable si son coût total ne dépasse pas 30 % du revenu brut du ménage qui l’habite », sans toutefois préciser ce seuil dans la loi elle-même.
La partie 2a) de l'amendement exigerait la communication d'informations sur le type de logements créés en fonction de la population desservie, c'est‑à‑dire les logements de transition, les maisons individuelles, les logements pour personnes âgées, les logements étudiants, etc. La partie 2b) ajouterait l'obligation de rendre compte de l'utilisation du territoire domanial. La partie 2c) exigerait que le rapport utilise et établisse des bases de référence et des critères permettant de mesurer les résultats. La partie 2d) exigerait que le rapport indique la proportion de logements publics et hors marché dans l'offre totale de logements au Canada, ventilée par province, territoire et municipalité.
La partie 3 exige que le rapport comprenne les chiffres nationaux agrégés des dénombrements ponctuels des personnes en situation d'itinérance, y compris une répartition régionale de ces dénombrements, notamment pour les communautés du Nord et les régions isolées; une annexe présentant une analyse comparative des données actuelles par rapport aux données des 10 années antérieures; une annexe utilisant l’ensemble des données longitudinales issues des dénombrements ponctuels pour établir une prévision des chiffres pour les cinq prochaines années; et des données ventilées sur les dénombrements ponctuels, dans la mesure du possible, par âge, identité de genre, appartenance autochtone, statut d’ancien combattant et situation de handicap.
Cela permettrait également d'établir les données démographiques nationales relatives aux besoins, en se fondant sur une définition de la notion de besoins impérieux en matière de logement qui tient compte de l’abordabilité, de la qualité et de la taille des logements, ainsi que du surpeuplement et de la sécurité d’occupation.
Enfin, le rapport présenterait un indice de précarité en matière de logement indiquant le nombre de logements surpeuplés dans les territoires, en s'appuyant sur un seuil défini et des indicateurs appropriés, avec une ventilation par territoire et en incluant les communautés isolées.
Monsieur le président, je dirai simplement qu'il me semble essentiel, à mesure que cette nouvelle entité se met en place, qu'il y ait de la transparence et que le public canadien sache quels sont les objectifs et comment ils sont atteints, selon les différents indicateurs que j'ai présentés. Il est également important qu'il y ait une base de référence pour l'évaluation.
Je note également que cet amendement a été rédigé en collaboration avec la députée du Nunavut avant qu'elle ne rejoigne les libéraux. On peut supposer qu'elle en aura fait part au caucus libéral, et j'espère que cet amendement recevra un soutien.